Benoît XVI évoque
l’apparition de la Vierge Marie en 1842 à Rome
A l’origine de la
congrégation Notre Dame de Sion
JANVIER 20,
ROME, Dimanche 20 janvier
2008 (ZENIT.org)
– Benoît XVI a évoqué, avant l’angélus, l’anniversaire de l’apparition de la
Vierge Marie à Rome, en l’église Saint-André delle Fratte, le 20 janvier 1842.
« Que la Mère de
Dieu dont on rappelle aujourd’hui l’apparition à Alphonse Ratisbonne, en
l’église Sant’Andrea delle Fratte, obtienne du Seigneur pour tous ses disciples
l’abondance de l’Esprit saint, de façon à ce qu’ensemble nous puissions
atteindre l’unité parfaire, et offrir ainsi le témoignage de foi et de vie dont
le monde a un besoin urgent ».
L’église, située à deux
pas de la pace d’Espagne, et qui a reçu d’illustres visiteurs comme sainte
Thérèse de Lisieux (lors de son voyage à Rome, son père, elle et sa sœur
étaient logés dans un hôtel voisin) et saint Maximilien Kolbe, qui y a célébré
une première messe, abrite en effet une chapelle ornée d’un tableau
représentant la Vierge Marie.
Elle ressemble très fort
à représentation de la Médaille « miraculeuse » montrée par la Vierge
Marie à sainte Catherine Labouré, en 1830 à Paris.
Cette médaille avait été
offerte à Rome par les jeunes filles d’un proche de sa famille, M. Théodore de
Bussière, au jeune Alphonse Ratisbonne, juif non pratiquant de Strasbourg,
alors fiancé, et en voyage en Italie. M. de Bussière lui avait aussi communiqué
sur un papier la prière du « Memorare », mais en lui demandant de
bien vouloir la recopier pour lui rendre l’original. Ratisbonne avouera avoir
été surpris de la force de cette prière.
M. de Bussière, qui
devait faire des démarches pour les funérailles d’un autre ami, l’ambassadeur
de France à Rome, le comte de la Ferronnays, qui avait décidé de prier pour le
jeune homme, a proposé à Ratisbonne, en visite de congé, de l’accompagner. Au
sortir de la sacristie, il a trouvé Ratisbonne à genoux et en larmes. Il
réussit à dire : « Oh, Monsieur de La Ferronnays a tant prié pour moi », et
puis : « Que Dieu est bon ».
Il fera plus tard ce
récit : « J’étais depuis un instant dans l’église lorsque tout d’un coup,
je me suis senti saisi d’un trouble inexprimable ; j’ai levé les yeux, tout
l’édifice avait disparu à mes regards. Une seule chapelle avait pour ainsi dire
concentré la lumière et au milieu de ce rayonnement parut, debout sur l’autel,
grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle
qu’elle est sur ma médaille ; elle m’a fait signe de la main de m’agenouiller,
une force irrésistible m’a poussée vers elle, la Vierge a semblé me dire :
c’est bien ! Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout compris.»
Le 31 janvier, il fut
baptisé en l’église du « Gesù », et, lui qui détestait l’Eglise et le
clergé, devint prêtre, à l’instar de son frère aîné Théodore, et il fonda, avec
celui-ci, la congrégation (masculine et féminine) de Notre-Dame
de Sion. Il repose non loin de Jérusalem, à Aïn Karim.
La congrégation de
Notre-Dame de Sion est engagée dans le dialogue avec le Judaïsme et promeut
l’étude de l’hébreu et la connaissance de la tradition juive. Plusieurs membres
ont reçu le titre de « Justes parmi les Nations » de la part du
gouvernement d’Israël pour leur engagement pendant la seconde guerre mondiale
pour sauver des Juifs.
Des familles ont été
cachées notamment chez les religieuses de Rome, sur le Janicule : les
femmes sous l’habit religieux, les hommes étant logés dans la serre. Les
supérieures de l’époque ont reçu le titre posthume de « Justes ».
Anita S. Bourdin
SOURCE : https://fr.zenit.org/articles/benoit-xvi-evoque-l-apparition-de-la-vierge-marie-en-1842-a-rome/
Conversion
de Mr Alphonse Ratisbonne. La Conversion. Nº 3, 1850
L’apparition de la Vierge
à Alphonse Ratisbonne
Juif et athée, le jeune
Alphonse Ratisbonne cédant au zèle apostolique de l'un de ses compatriotes
strasbourgeois, M. de Bussière, accepta de porter la Médaille miraculeuse et de
copier, puisqu'il se refusait à le prononcer, le "Souvenez-vous" de
Saint Bernard de Clairvaux.
Le 20 janvier 1842, il
accompagna M. de Bussière dans l'église de Saint-André delle Fratte à Rome
et la Vierge Marie lui apparut, les mains ouvertes et étendues, lui
faisant signe de s'agenouiller.
Il écrira plus tard : « J’étais depuis un instant dans l’Eglise lorsque
tout d’un coup, je me suis senti saisi d’un trouble inexprimable ; j’ai levé
les yeux, tout l’édifice avait disparu à mes regards. Une seule chapelle avait
pour ainsi dire concentré la lumière et au milieu de ce rayonnement parut,
debout sur l’autel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la
Vierge Marie, telle qu’elle est sur ma médaille ; elle m’a fait signe de la
main de m’agenouiller, une force irrésistible m’a poussée vers elle, la Vierge
a semblé me dire : c’est bien ! Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout
compris.»
De cette apparition,
Alphonse Ratisbonne retira des lumières extraordinaires sur les mystères de la
foi. Le 31 janvier, il fut baptisé, communia et reçut la confirmation.
Marie-Alphonse
Ratisbonne, devenu prêtre en 1848, s'installa en Palestine et consacra sa
vie au catéchuménat des convertis d'origine juive, au sein de la double
congrégation (masculine et féminine) de Notre-Dame de Sion qu'établit et
dirigea, pendant plus de cinquante ans, son frère Théodore.
SOURCE : https://www.etoilenotredame.org/page/l-apparition-de-la-vierge-a-alphonse-ratisbonne
Frères
Alphonse et Théodore Ratisbonne
LA CONVERSION FULGURANTE
D’ALPHONSE RATISBONNE
Père Antoine d’Augustin
Curé-recteur de la
basilique Notre-Dame des Victoires à Paris
Rome, jeudi 20 janvier
1842. Un jeune avocat juif, athée, libre penseur et dilettante, entre dans
l’église Sant’Andrea delle Fratte (Saint-André des Buissons) à Rome pour en
sortir quelques minutes plus tard, chrétien, prêt à mourir pour défendre la foi
en Jésus-Christ. « Si quelqu’un m’avait dit dans la matinée de ce
jour : « Tu t’es levé juif, tu te coucheras chrétien », je
l’aurai regardé comme le plus fou des hommes », écrira Alphonse
Ratisbonne (1814-1884). Et pourtant…
Une enfance aisée. Comme
saint Paul, Alphonse Ratisbonne est fils d’Abraham. Et comme lui, il va vivre
une conversion fulgurante ! À sa naissance, le 1er mai 1814 à Strasbourg
(Bas-Rhin), il reçoit, avec celui d’Alphonse, le nom de Tobie. Sa famille,
d’origine juive, est nombreuse, aisée, connue. Son père est banquier, adjoint
au maire de Strasbourg et président du consistoire israélite du Bas-Rhin.
Alphonse reçoit une instruction religieuse mais abandonne la foi à
l’adolescence. « J’étais juif de nom, mais je ne croyais même pas en Dieu »,
écrit-il plus tard. Inscrit au collège royal de Strasbourg, il y reçoit une
solide formation littéraire et scientifique.
Une haine des chrétiens. En
1825 – il a alors 11 ans – un évènement important bouscule toute la famille.
Théodore, son frère aîné, se convertit au catholicisme. Pire encore, il entre
au séminaire et est ordonné prêtre en 1830. Alphonse, tout comme ses proches,
s’indigne. « Tout jeune que j’étais, cette conduite de mon frère me
révolta, et je pris en haine son habit et son caractère […] La conversion de
mon frère, que je regardais comme une inexplicable folie, me fit croire au
fanatisme des catholiques, et j’en eus horreur », raconte-t-il. C’est le
début pour lui d’un fort sentiment anti-chrétien. Alphonse refuse de revoir son
frère et coupe toute relation avec lui. En 1840, Théodore quitte
Strasbourg : il est nommé vicaire à la paroisse Notre-Dame
des Victoires, à Paris. Il y rejoint le curé, l’Abbé Desgenettes, fondateur
de l’Archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie pour la conversion
des pécheurs. L’association de prière, dont il devient le sous-directeur, en
est à ses débuts, mais porte déjà des fruits de conversions miraculeuses en
abondance. Si Alphonse a enterré son frère, Théodore, lui, prie et fait prier
Notre Dame des Victoires pour sa conversion. Alphonse aussi est à Paris pour
ses études. Il y fait son droit puis revêt la robe d’avocat. Devenu orphelin de
mère, puis de père, il hérite d’une fortune importante qu’il dépense
abondamment en plaisirs et frivolités. En 1841, le jeune avocat se fiance à
Flore, une de ses nièces. L’âge tendre de la jeune femme, qui a alors 16 ans,
retarde le mariage.
L’ange envoyé de Dieu. En
attendant l’heure de l’union, Alphonse part en voyage. C’est ainsi qu’il quitte
Paris en novembre pour un périple de plusieurs mois. L’époque romantique a mis
au goût du jour les voyages vers l’Orient : l’Italie, la Sicile, Malte,
Constantinople et le Levant l’attendent ! Ratisbonne arrive à Rome le
6 janvier 1842. Parmi les édifices et quartiers romains visités, le Ghetto,
quartier des Juifs, lui fait une très vive impression. Devant tant de misère,
pitié et indignation le submergent. « Je dois dire, sans crainte
d’exagérer, que jamais de ma vie je n’avais été plus aigri contre le
christianisme que depuis la vue du Ghetto. Je ne tarissais point en
moqueries et en blasphèmes. » Au cours d’une de ses visites de la ville
éternelle, il rencontre un ami de collège, Gustave de Bussières, dont le frère,
le baron Théodore de Bussières, fervent catholique, s’est fait connaître par
ses voyages en Sicile et en Orient, dont il a publié les récits. Alphonse lui
raconte ses projets de voyage. Gustave l’invite alors à rencontrer son frère
pour lui demander conseil. Alphonse accepte par politesse. Le 15 janvier, avant
de partir pour Naples, il se rend donc, bon gré, mal gré chez Théodore de
Bussières pour la visite promise. Alphonse ne le sait pas encore : comme Raphaël
pour Tobie, il est l’ange que Dieu lui donne. La conversation est légère, mais
prend vite des tournures passionnées quand Alphonse partage ses impressions de
Rome. Puis, le dialogue glisse sur le terrain religieux… Ratisbonne en profite
pour égratigner un peu plus la foi catholique. Son hôte plein d’audace lui
lance alors un défi. « Enfin, me dit M. de Bussières, puisque vous
détestez la superstition et que vous professez des doctrines si libérales,
puisque vous êtes un esprit fort si éclairé, auriez-vous le courage de vous
soumettre à une épreuve bien innocente ? – Quelle épreuve ? – Ce
serait de porter sur vous un objet que je vais vous donner… Voici ! C’est
une médaille de la Sainte Vierge. Cela vous paraît bien ridicule, n’est-ce pas
? Mais quant à moi, j’attache une grande valeur à cette médaille. »
Un jeu sans
conséquence ? Ce défi, qualifié de puéril par Alphonse, est relevé
avec humour. Même pas peur ! Et voilà que Monsieur de Bussières lui passe
la médaille au cou, puis complète l’épreuve : « Il s’agit de
réciter matin et soir le Memorare [Souvenez-vous], prière très courte et très
efficace, que saint Bernard adressa à la Vierge Marie. – Qu’est-ce que votre
Memorare ? m’écriai-je ; laissons ces sottises ! […]
Cependant mon interlocuteur insista : il me dit qu’en refusant de réciter
cette courte prière, je rendais l’épreuve nulle, et que je prouvais par cela
même la réalité de l’obstination volontaire qu’on reproche aux Juifs. Je ne
voulus point attacher trop d’importance à la chose, et je dis : Soit !
Je vous promets de réciter cette prière ; si elle ne me fait pas de bien,
du moins ne me fera-t-elle pas de mal ! » Alphonse relève le
défi, et la Sainte Vierge le prend au sérieux… La médaille qu’il porte est
celle dont Marie avait dit à sainte Catherine Labouré, le 27 novembre
1830 : « Faites frapper une médaille sur ce modèle. Les
personnes qui la porteront recevront de grandes grâces. Les grâces seront
abondantes sur les personnes qui auront confiance. »La confiance en Marie
ne fait pas défaut à M. de Bussières, ni à l’un de ses amis, le comte de
Lafferonnays, qui prient ensemble pour ce jeune Juif. Ratisbonne, lui, à force
de lire et relire la prière imposée dans le but d’y découvrir sa valeur finit
par la savoir par cœur, et se surprend à la réciter plusieurs fois malgré
lui.
Une apparition et
une conversion. Le 20 janvier 1842, Alphonse se rend dans un café de Rome
pour y lire les journaux. En sortant, il rencontre la voiture de Monsieur de
Bussières qui l’invite pour une promenade. Sur le chemin, il lui faut s’arrêter
à l’église Saint-André des Buissons, près de la Trinité des Monts, régler les
derniers préparatifs des funérailles de son ami, Monsieur de Laferronnays, mort
brutalement, et devant être enterré le lendemain. Théodore de Bussières propose
à Alphonse de l’attendre dans la voiture, mais ce dernier préfère sortir voir
l’église. Il entre alors avec lui. Dix minutes plus tard, Monsieur de Bussières
le retrouve en larmes, prosterné devant l’autel de saint Michel. Un véritable
miracle a eu lieu. « Ratisbonne tire sa médaille, l’embrasse, nous la
montre et s’écrie : Je l’ai vue, je l’ai vue ! », raconte M. de
Bussières. Alphonse explique : « J’étais depuis un instant dans
l’église, lorsque tout d’un coup je me suis senti saisi d’un trouble
inexprimable. J’ai levé les yeux ; tout l’édifice avait disparu à mes
regards ; une seule chapelle avait, pour ainsi dire, concentré toute la
lumière et au milieu de ce rayonnement a paru debout sur l’autel, grande,
brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu’elle est
sur ma médaille. Une force irrésistible m’a poussée vers elle, la Vierge m’a
fait signe de la main de m’agenouiller, elle a semblé me dire : C’est
bien ! Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout compris. » Les
écailles tombent de ses yeux : Alphonse voit désormais la lumière !
Il acquiert la foi et la connaissance. « J’ai tout compris », dit
Alphonse : le poids de son péché, l’amour de la Vierge pour les pécheurs,
la toute-puissance de la miséricorde de Dieu. Comme dans l’Évangile, Marie est
restée silencieuse. Mais Alphonse a été éclairé sur tous les mystères de la vie
du Christ que Marie méditait dans son cœur. Le fruit de cette apparition est sa
conversion totale. Il demande aussitôt le baptême, veut entrer à la Trappe,
mourir martyr et convertir ses frères…
Frère Marie. Après
sa conversion, naît dans son cœur une véritable dette de reconnaissance.
D’abord pour Monsieur de Laferronnays. « Ô, comme ce monsieur a prié
pour moi », s’est écrié Alphonse dans l’église Saint-André. Un proche de
la famille témoigne en effet que le comte a prié avec ardeur pour la conversion
du jeune homme. Ensuite, pour son frère Théodore et l’Archiconfrérie de
Notre-Dame des Victoires. Le 12 avril 1842, quelques mois après le miracle, il
écrit une longue lettre à l’Abbé Desgenettes en action de grâces. « C’est
à vous, Monsieur le Curé, à vous qui avez fondé l’Archiconfrérie pour la
conversion des pécheurs, c’est à vous que les pécheurs doivent compte des
grâces qu’ils ont obtenues. » Il résume ainsi l’événement qui a
bouleversé sa vie : « Si je ne devais vous raconter que le fait
de ma conversion, un seul mot suffirait : le nom de Marie ! » Le
31 janvier 1842, onze jours après son illumination, il reçoit les trois
sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation et eucharistie).
Théodore de Bussières est son parrain. Le 20 juin, il devient Frère Marie, de
la Compagnie de Jésus, dans laquelle il sera ordonné prêtre en 1848, avant de
rejoindre son frère dans la Congrégation Notre-Dame de Sion que celui-ci a
fondée en 1843. Il s’installe alors en Palestine, y fonde successivement deux
monastères et consacre le reste de sa vie au catéchuménat des convertis
d’origine juive, pendant plus de trente-cinq ans. Il meurt le 6 mai 1884 au monastère
Saint-Pierre de Sion (dit monastère Ratisbonne, aujourd’hui Centre d’études
salésien) dans un faubourg de Jérusalem.
Alphonse Ratisbonne a
goûté à la communion des saints. Le Ciel et la Terre se sont unis pour demander
sa conversion, qui aura été double : retournement de son cœur vers Dieu en
même temps qu’accomplissement de sa foi juive. Grâce obtenue par Marie, fille d’Israël,
dont le Cœur Immaculé est le refuge des pécheurs. Il écrit à l’Abbé Théodore le
4 février 1842 : « Un frère de sauvé ! Et une victoire de
plus pour Notre Dame des Victoires ! » Et ce ne fut ni la première,
ni la dernière !
SOURCE : https://www.notrehistoireavecmarie.com/fr/esc/la-conversion-fulgurante-dalphonse-ratisbonne/
Marie-Alphonse
Ratisbonne's tomb in Notre-Dame de Sion monastery's cemetery in Ein Kerem,
Jerusalem.
Conversion fulgurante :
Ratisbonne, de la haine antichrétienne aux jésuites
Isabelle
Cousturié | 31 juillet 2017
Alphonse Ratisbonne
(1814-1884), athée d'origine juive de la moitié du XIXe siècle, est un cas
exemplaire de conversion soudaine grâce à l'intervention de la Vierge Marie. Il
a témoigné de cette rencontre dans une lettre bouleversante à l'abbé Dufriche-Desgenettes,
envoyée en 1842, l'année de son entrée dans la Compagnie de Jésus.
Rien ne prédisposait
Alphonse Ratisbonne (1814-1884), neuvième et dernier enfant d’une famille de
banquiers juifs de Strasbourg, à se tourner un jour vers le Christ. Bien au
contraire, il n’y a pas plus révolté que lui contre toute forme de
religion. Et plus encore contre le catholicisme, après la conversion de son
frère aîné, Théodore, en 1825, qui — dira-t-il — avait porté « un rude
coup » à sa famille. Il a lui même raconté son itinéraire de conversion
dans une lettre qu’il
a envoyée au fondateur et directeur de l’archiconfrérie de
Notre-Dame-des-Victoires, l’abbé Dufriche-Desgenettes, l’année de son entrée
dans la Compagnie de Jésus, en 1842.
Lire aussi :
Y
a-t-il encore des conversions soudaines comme celle de saint Paul ?
De la « haine »
aux premiers frissons de l’âme
Lorsque son frère aîné,
Théodore, prend la décision de se convertir au catholicisme et d’entrer dans
les ordres, le jeune Alphonse n’a que 11 ans. « La désolation » que
provoque cette décision dans son entourage, et le fait qu’il exerce son
ministère dans la même ville, sous les yeux de son « inconsolable
famille », fait grandir en lui un fort ressentiment qui le porte à
« haïr » tout ce qu’il représente :
« Tout jeune que
j’étais, cette conduite de mon frère me révolta, et je pris en haine son habit
et son caractère. Élevé au milieu de jeunes chrétiens, indifférents comme moi,
je n’avais éprouvé jusqu’alors ni sympathie ni antipathie pour le christianisme
; mais la conversion de mon frère, que je regardais comme une inexplicable
folie, me fit croire au fanatisme des catholiques, et j’en eus horreur (…)
son habit me repoussait, sa présence m’offusquait ; sa parole grave et
sérieuse excitait ma colère ».
Quelques années plus
tard, sa fureur atteint de telles proportions qu’elle aurait dû rompre à jamais
tous rapports entre eux. Une période qu’il raconte avec lucidité :
« Un enfant était à
l’agonie, mon frère Théodore ne craignit point de demander ouvertement aux
parents la permission de le baptiser, et peut-être allait-il le faire, quand
j’eus connaissance de sa démarche. Je regardais ce procédé comme une indigne
lâcheté ; j’écrivis au prêtre de s’adresser à des hommes et non à des enfants,
et j’accompagnai ces paroles de tant d’invectives et de menaces, qu’aujourd’hui
encore je m’étonne que mon frère ne m’ait pas répondu un seul mot. Il continua
ses relations avec le reste de la famille ; quant à moi, je ne voulus plus le
voir, je nourrissais une haine amère contre les prêtres, les églises, les
couvents, et surtout contre les Jésuites, dont le nom seul provoquait ma
fureur ».
Après des études de droit
à Paris, Alphonse Ratisbonne, entre dans la banque familiale, à Strasbourg,
auprès de son oncle, un homme fortuné extrêmement généreux, qui lui passe tous
ses caprices (chevaux, voitures, voyages, mille générosités en tout genre…). Si
bien que le jeune homme ne pense qu’à s’amuser :
« Je n’aimais que
les plaisirs : les affaires m’impatientaient, l’air des bureaux m’étouffait ;
je pensais qu’on était au monde pour en jouir ; et, bien qu’une certaine pudeur
naturelle m’éloignât des plaisirs et des sociétés ignobles, je ne rêvais
cependant que fêtes et jouissances, et je m’y livrais avec passion. »
Mais en son cœur, il ne
se sent pas heureux au milieu d’une telle abondance. Quelque chose lui manque.
Il annonce alors ses fiançailles avec sa nièce Flore, âgée de 16 ans. Pendant
ses fiançailles, une petite révolution s’opère en lui. Lui qui ne croyait à
rien voit en sa fiancée son bon ange :
« La vue de ma
fiancée éveillait en moi je ne sais quel sentiment de dignité humaine ; je
commençais à croire à l’immortalité de l’âme ; bien plus, je me mis
instinctivement à prier Dieu… Sa pensée élevait mon cœur vers un Dieu que je ne
connaissais pas, que je n’avais jamais invoqué ».
Premiers pas sur
« le chemin de Damas »
Mais Flore étant encore
trop jeune pour le mariage, on éloigne le jeune homme quelque temps de
Strasbourg. Il part alors en Italie où, à Rome, deux événements le mettront sur
le chemin de la conversion : sa rencontre avec Théodore de Bussières, frère
d’un de ses amis d’enfance, et grand ami de son propre frère, converti lui
aussi au catholicisme après avoir abandonné le protestantisme, pour qui il
éprouve donc « une profonde antipathie », et sa visite du Ghetto (quartier
des Juifs), où la misère qu’il y découvre suscite en lui « pitié » et
« indignation » :
« Quoi ! Est-ce donc
là cette charité de Rome qu’on proclame si haut ! Je frissonnais d’horreur (…)
Jamais de ma vie je n’avais été plus aigri contre le christianisme que depuis
la vue du Ghetto. Je ne tarissais point en moqueries et en blasphèmes (…) ».
Mais imprévus et
coïncidences se succèdent, et dans une sorte de jeu avec le père de son ami
d’enfance, le baron de Bussières, qui ne cesse de lui parler des grandeurs du
catholicisme, Alphonse relève avec ironie chaque défi que celui-ci lui pose,
dont celui, fondamental, de porter sur lui une médaille de la Sainte Vierge, à
laquelle il tient tout particulièrement. Jusqu’à finir par lui promettre de
réciter matin et soir le Memorare, prière très courte et très
efficace que saint Bernard adressa à la Vierge Marie, se disant : « Après
tout, si elle ne me fait pas de bien, du moins ne me fera-t-elle pas de mal !
».
« Souvenez-vous, Ô
très pieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais ouï dire qu’aucun de ceux qui ont eu
recours à votre protection, imploré votre secours et demandé votre suffrage,
ait été abandonné. Plein d’une pareille confiance, je viens, Ô vierge des
Vierges, me jeter entre vos bras, et, gémissant sous le poids de mes péchés, je
me prosterne à vos pieds. Ô Mère du Verbe, ne dédaignez pas mes prières, mais
écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. »
À son propre étonnement,
les paroles du Memorare s’emparent de son esprit pour ne plus le
lâcher, « comme ces airs de musique qui vous poursuivent et vous
impatientent, et qu’on fredonne malgré soi, quelque effort qu’on fasse »,
avouera-t-il plus tard.
Le
« foudroiement »
Puis, un beau jour, le 20
janvier 1842, alors qu’il aurait dû rentrer à Rome, Alphonse tombe sur
Marie-Théodore de Bussières, le converti, l’ami de son frère, qui lui
propose une promenade. Il lui demande de l’accompagner un instant à l’église
Saint-André delle Fratte. Dix minutes plus tard, celui-ci retrouve Alphonse
agenouillé devant la chapelle Saint-Michel, comme en extase, le visage plein de
larmes, les mains jointes. Son expression est indéfinissable.
« J’étais depuis un
instant dans l’église lorsque tout d’un coup, je me suis senti saisi d’un
trouble inexprimable ; j’ai levé les yeux, tout l’édifice avait disparu à mes
regards. Une seule chapelle avait pour ainsi dire concentré la lumière et au
milieu de ce rayonnement parut, debout sur l’autel, grande, brillante, pleine
de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu’elle est sur ma médaille ;
elle m’a fait signe de la main de m’agenouiller, une force irrésistible m’a
poussé vers elle…
Je saisis la médaille que
j’avais laissée sur ma poitrine ; je baisai avec effusion l’image de la Vierge
rayonnante de grâce… Oh ! C’était bien elle ! Je ne savais où j’étais ; je ne
savais si j’étais Alphonse ou un autre ; j’éprouvais un si total changement,
que je me croyais un autre moi-même… Je cherchais à me retrouver et je ne me
retrouvais pas… La joie la plus ardente éclata au fond de mon âme; je ne pus
parler ; je ne voulus rien révéler ; je sentais en moi quelque chose de
solennel et de sacré… Le bandeau tomba de mes yeux ; non pas un seul
bandeau, mais toute la multitude de bandeaux qui m’avaient enveloppé
disparurent successivement et rapidement, comme la neige et la boue et la glace
sous l’action d’un brûlant soleil ».
Le 31 janvier 1842,
Marie-Alphonse Ratisbonne est baptisé, fait sa première communion et reçoit la
confirmation. Ordonné prêtre en 1848, il s’installe en Palestine et
consacre dès lors sa vie au catéchuménat des convertis d’origine juive, au sein
de la double congrégation (masculine et féminine) de Notre-Dame de Sion
qu’établit et dirige, pendant plus de cinquante ans, son frère Théodore.
Sant'Andrea
delle Fratte, Cappella della Madonna del Miracolo, Roma
Le rendez-vous mystique
d’Alphonse Ratisbonne (1842)
Le jeudi 20 janvier
1842, Alphonse Ratisbonne (1814 – 1884), jeune avocat d’origine
juive, libre penseur et hostile à l’Église catholique, pénètre dans l’église de
Sant’Andrea delle Fratte (Saint-André-des-Buissons), à Rome. Il en ressort
quelques minutes plus tard « prêt à mourir pour défendre la foi en
Jésus-Christ ». Il n’était pourtant pas du tout disposé à se convertir.
Les raisons d'y croire
La conversion d’Alphonse
est humainement incompréhensible : avant le 20 janvier 1842, il ne se
sent absolument pas concerné par les choses de la foi et est même plutôt
défavorable aux catholiques. C’est également le cas de sa famille. Alphonse ne
connaît rien à l’Église catholique, à l’Évangile, à la Vierge Marie, et ne
fréquente presque aucun catholique.
Lorsque son frère
Théodore se convertit et entre au séminaire, toute sa famille et lui-même
s’indignent, lui reprochent son parcours et choisissent de rompre ses relations
avec lui. La conversion d’Alphonse, qui a lieu douze ans après celle de son
frère, n’a donc absolument pas pour but, conscient ou inconscient, de renouer
avec lui.
La veille de sa
conversion, Alphonse se rend à un bal organisé par le prince Torlonia, célèbre
et mondain aristocrate romain, sans manifester la moindre velléité spirituelle.
Quelques heures seulement
avant sa conversion, Alphonse visite le ghetto juif de Rome, dans lequel vivent
4 000 personnes dans des conditions déplorables. Il se met
publiquement en colère contre l’Église catholique, responsable à ses yeux de
cette situation.
Ce n’est d’ailleurs pas
de son propre chef qu’il entre dans l’église de Sant’Andrea delle Frate le
20 janvier 1842, mais uniquement pour accompagner le baron de Bussière,
qui rencontre le curé pour organiser des funérailles.
La conversion d’Alphonse
est causée par une apparition de la Vierge Marie qui ne peut être une illusion
ou une hallucination : Alphonse n’a jamais souffert de troubles mentaux ni
de pathologies oculaires, et encore moins d’une addiction à des substances hallucinogènes.
L’apparition telle qu’il la décrit n’est pas une image pieuse, même si elle
ressemble à la représentation de la médaille, mais c’est la Reine des anges,
Mère de Dieu, montée au ciel et vivante, « pleine de majesté et de douceur »,
à l’instar de toutes les apparitions authentifiées par l’Église depuis
2 000 ans.
En janvier 1842, Alphonse
est fiancé avec une jeune fille. Sa conversion subite entraîne leur séparation
irrémédiable, car il choisit de se consacrer entièrement à Dieu en prenant
l’habit religieux et en devenant prêtre.
Cinq jours avant cette
apparition, Alphonse accepte, en se moquant de la « sottise » de la
piété chrétienne, une médaille miraculeuse (diffusée à la suite des apparitions
mariales à sainte Catherine Labouré , douze ans auparavant) que lui offre
le baron Théodore deBussière, qui lui demande par ailleurs de réciter deux fois
par un jour une prière à Marie. Pour Alphonse, la promesse faite par la Vierge
à sainte Catherine Labouré dans la chapelle de la rue du Bac à Paris s’est
pleinement réalisée : tous ceux qui porteront la médaille miraculeuse et
invoqueront Marie recevront des grâces exceptionnelles.
« Elle ne m’a point
parlé, mais j’ai tout compris ». Ces paroles d’Alphonse rejoignent les
propos les plus élaborés des témoins de la mystique, à commencer par sainte
Thérèse d’Avila : une expérience visuelle authentique n’est jamais close
sur elle-même, mais débouche toujours sur une connaissance infuse de la
doctrine de l’Église – connaissance que nul ne peut évidemment
naturellement faire sienne en une fraction de seconde. Alphonse a écrit
plusieurs ouvrages d’une justesse doctrinale et d’une profondeur spirituelle
impressionnantes, comme son Monument à la gloire de Marie, dès 1847.
À partir de sa conversion
et jusqu’à son décès le 6 mai 1884 (soit pendant quarante-deux ans) toute
l’existence d’Alphonse est placée sous le regard du Christ : foi,
espérance, charité, ordination sacerdotale, fondations diverses…
L’énergie folle,
surhumaine, qu’il met à servir Jésus, témoigne de la vérité de sa
conversion : création des Sœurs de Sion avec son frère, du couvent de
l’Ecce Homo à Jérusalem, une école, un orphelinat pour filles, le monastère de
Saint-Jean sur la colline d’Ein Karem, un deuxième orphelinat...
En savoir plus
Alphonse Ratisbonne a une
enfance aisée. Né le 1er mai 1814 dans une famille juive d’Alsace, connue,
respectée et matériellement à l’aise, il est un enfant aimé, recevant une
éducation soignée, sur tous les plans. Son père, banquier, adjoint au maire de
Strasbourg et président du consistoire israélite du Bas-Rhin, exerce une
influence profonde sur lui. Selon sa volonté, le jeune garçon reçoit un
enseignement religieux traditionnel qu’il abandonne radicalement à
l’adolescence. « J’étais juif de nom, mais je ne croyais même pas en Dieu »,
se souvient-il quelques années plus tard. Sa scolarité est bonne, sans aucune
difficulté. Il reçoit une solide formation littéraire et scientifique au
collège royal de Strasbourg.
En 1825, un événement
provoque un choc dans la famille Ratisbonne. Son frère, Théodore, demande le
baptême. Contrairement à ce que vivra Alphonse, ce n’est pas une conversion
fulgurante occasionnée par une expérience mystique. Néanmoins, il fait
dorénavant de la foi catholique l’axe de sa vie et entre au séminaire. Il sera
ordonné prêtre cinq ans plus tard, au grand dam de ses parents et de ses amis,
et de son propre frère, qui lui reproche non seulement d’avoir abandonné la foi
de ses pères, mais également d’avoir cédé aux sirènes de ses amis catholiques.
« Tout jeune que j’étais, cette conduite de mon frère me révolta, et je
pris en haine son habit et son caractère […]. La conversion de mon frère,
que je regardais comme une inexplicable folie, me fit croire au fanatisme des
catholiques, et j’en eus horreur », explique-t-il ultérieurement. Alphonse
est devenu antichrétien, rompant même les relations avec son frère aîné qu’il
refuse de revoir.
Un autre événement, qui
passe presque inaperçu aux yeux d’Alphonse, mérite d’être évoqué sur le plan
spirituel : en 1840, Théodore est nommé vicaire à la paroisse
Notre-Dame-des-Victoires à Paris. Il y rencontre le curé, l’abbé Desgenettes,
fondateur de l’Archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie pour la
conversion des pécheurs, et... voyant de la Vierge. Les deux hommes prient
constamment pour la conversion de la famille Ratisbonne, et pour celle
d’Alphonse en particulier.
Ce dernier entreprend à
Paris des études juridiques et revêt bientôt la robe d’avocat. Puis ses parents
meurent et il hérite d’une fortune considérable qui lui permet de mener une vie
de dilettante. En 1841, il se fiance à Flore, âgée de seize ans. En attendant
le mariage, Alphonse part en voyage à travers l’Europe. Son périple, qui doit
le mener en Orient, doit durer de longs mois.
Il arrive à Rome le
6 janvier 1842. Outre les monuments historiques de la cité éternelle, il
se rend dans le ghetto juif, visite qui ne fait que renforcer son sentiment
antichrétien : « Je dois dire, sans crainte d’exagérer, que jamais de
ma vie je n’avais été plus aigri contre le christianisme que depuis la vue du
Ghetto. Je ne tarissais point en moqueries et en blasphèmes. » Un peu plus
tard, au cours d’une de ses visites de la ville, il rencontre un ami de
collège, Gustave de Bussière, fervent catholique, comme son frère, le baron
Théodore de Bussière, voyageur et écrivain. Alphonse en profite pour lui dire
ses projets de voyage. Gustave l’invite à rencontrer son frère pour lui
demander conseil. Alphonse accepte sans savoir que cette rencontre est providentielle.
Le 15 janvier, avant
de partir pour Naples, il se rend chez Théodore de Bussière. La conversation
est courtoise, mais prend une tournure différente lorsque Alphonse commence à
parler du ghetto juif. Théodore exprime sa foi totale en Jésus-Christ tandis
que le jeune avocat égratigne l’Église catholique, le clergé et la piété
populaire. Le baron interrompt alors la discussion et lance le défi suivant à
son interlocuteur : « Puisque vous détestez la superstition et que
vous professez des doctrines si libérales, puisque vous êtes un esprit fort si
éclairé, auriez-vous le courage de vous soumettre à une épreuve bien
innocente ? » Alphonse, intrigué, lui demande de quelle épreuve il
peut bien s’agir. « Ce serait de porter sur vous un objet que je vais vous
donner… Voici ! C’est une médaille de la Sainte Vierge. Cela vous paraît
bien ridicule, n’est-ce pas ? Mais, quant à moi, j’attache une grande
valeur à cette médaille. » Ne sachant que répondre, et manquant de rire,
Alphonse regarde la médaille, puis il se tourne vers Théodore à qui il dit
accepter son défi, qu’il qualifie pourtant de puéril. À cet instant, il ignore
totalement qu’il s’agit d’un exemplaire de la médaille miraculeuse de la rue du
Bac à Paris.
Puis le baron prévient
qu’il y a aussi une seconde épreuve : réciter matin et soir le Memorare
(« Souvenez-vous ») à Marie, inspirée par saint Bernard de Clairvaux.
Alphonse n’y tient plus. Il propose de laisser là cette « sottise »
et de prendre congé. Cependant, Théodore de Bussière insiste, lui expliquant
que son refus de réciter la prière rendrait l’épreuve nulle et qu’en
s’obstinant de la sorte, Alphonse prouverait l’obstination légendaire du peuple
juif. « Je ne voulus point attacher trop d’importance à la chose, et je
dis : "Soit ! Je vous promets de réciter cette prière ; si
elle ne me fait pas de bien, du moins ne me fera-t-elle pas de
mal !" », lance l’avocat sceptique.
Le 20 janvier 1842,
Alphonse se rend dans un café de Rome pour y lire les journaux. En sortant, il
croise Théodore de Bussière qui l’invite à se rendre jusqu’à l’église de
Sant’Andrea delle Fratte, où il a rendez-vous avec le curé pour préparer les
funérailles d’un ami mort brutalement trois jours auparavant, M. de
La Ferronnays. Parvenu devant l’édifice, Théodore propose à son ami de
l’attendre dans la voiture, mais ce dernier préfère visiter l’église, qu’il ne
connaît pas encore. Les deux hommes y pénètrent ensemble. Dix minutes se
passent. Théodore cherche Alphonse pour le prévenir que l’entrevue avec le
prêtre est terminée. Mais lorsqu’il retrouve le jeune avocat juif, il manque de
défaillir : Alphonse est en larmes, prosterné devant l’autel de saint
Michel. Il tire sur sa médaille, l’embrasse, en criant : « Je l’ai
vue, je l’ai vue ! » Théodore ne comprend rien et ignore ce qui vient
de se passer.
L’explication viendra de
la bouche même d’Alphonse quelques instants plus tard : « J’étais
depuis un instant dans l’église, lorsque, tout d’un coup, je me suis senti
saisi d’un trouble inexprimable. J’ai levé les yeux ; tout l’édifice avait
disparu à mes regards ; une seule chapelle avait, pour ainsi dire,
concentré toute la lumière et, au milieu de ce rayonnement, a paru debout sur
l’autel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie,
telle qu’elle est sur ma médaille. Une force irrésistible m’a poussée vers
elle, la Vierge m’a fait signe de la main de m’agenouiller, elle a semblé me
dire : "C’est bien !"Elle ne m’a point parlé, mais j’ai
tout compris. »
Le doigt de Dieu est là. Alphonse
est converti, éclairé en une fraction de seconde sur tous les mystères de la
vie du Christ, sur le poids de ses péchés, et sur l’infini amour de Dieu. Avec
la fougue du néophyte, il demande aussitôt le baptême, manifeste son désir
d’être moine à la Trappe, de mourir martyr et de convertir ses frères. Six mois
se passent. Informé de l’événement, le clergé romain, après enquête, reconnaît
l’authenticité de la conversion d’Alphonse, qu’elle juge inexplicable par des
causes naturelles.
Alphonse prie désormais
pour celles et ceux qui furent l’objet de son dédain : les catholiques en
général, son frère Théodore, les frères de Bussière et M. de
La Ferronnays, qu’il n’a jamais rencontré mais dont il sait, par un
parent, qu’il a beaucoup prié pour sa conversion avant de mourir. Le
12 avril 1842, il écrit une longue lettre à l’abbé Desgenettes en action
de grâces. Ce que la Vierge avait promis à sainte Catherine Labouré douze ans
plus tôt s’est réalisé : ceux qui porteraient la médaille miraculeuse et
prieraient Marie recevraient des grâces formidables.
Le 31 janvier 1842,
soit onze jours seulement après l’apparition, il reçoit le baptême, la
confirmation et l’eucharistie. Théodore de Bussière est son parrain. Le
20 juin suivant, il prend l’habit religieux chez les Jésuites. Il est
ordonné prêtre en 1848, puis quitte la Compagnie de Jésus pour rejoindre son
frère dans la congrégation Notre-Dame de Sion, que Théodore a fondée cinq ans
auparavant. Il s’installe en Palestine, où il fonde monastères, écoles et
orphelinats. Il consacre toutes ses forces au catéchuménat des convertis
d’origine juive et musulmane.
Il rend son âme à Dieu le
6 mai 1884 au monastère Saint-Pierre de Sion (dit monastère Ratisbonne,
aujourd’hui centre d’études salésien) dans un faubourg de Jérusalem. Pas une
seconde il n’a oublié celle qu’il a rencontrée quarante-deux ans plus tôt.
Patrick Sbalchiero
Au delà
« Si quelqu’un
m’avait dit dans la matinée de ce jour " Tu t’es levé juif, tu
te coucheras chrétien ", je l’aurai regardé comme le plus fou des
hommes », a témoigné plusieurs fois Alphonse de Ratisbonne, converti
subitement, devenu prêtre catholique, sans aucun signe précurseur ni aucune
préparation.
Aller plus loin
René Laurentin et Patrick
Sbalchiero (dir.), Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie, Paris,
Fayard, 2007, p. 822-823.
En complément
Jean Guitton, La
Conversion de Ratisbonne, Wesmael-Charlier, 1964.
René Laurentin, Alphonse
de Ratisbonne, vie authentique, Paris, F.-X. de Guibert, 1980 et 1993,
2 volumes.
Théodore de Bussière, Le
Converti de la Médaille miraculeuse : Alphonse Ratisbonne, Paris, Téqui,
1998.
Alphonse Ratisbonne écrit
à l’abbé Dufriche-Desgenettes (fondateur et directeur de l’Archiconfrérie de
Notre-Dame des Victoires) en 1842 (année de son entrée dans la Compagnie de
Jésus) pour raconter sa conversion. Un long extrait de cette lettre est
disponible en
ligne .
Sur le site Internet
Notre Histoire avec Marie, l'article « La
conversion fulgurante d'Alphonse Ratisbonne ».
Alphonse
Ratisbonne, Priester aus Frankreich, jüdischer Konvertit zum Katholizismus,
1865
The Conversion of
Alphonse Ratisbonne
Apr 29, 2014 / Written
by: Armando
Santos
Born in 1814, Alphonse
Ratisbonne was from a family of wealthy, well-known Jewish bankers in
Strasbourg, France. In 1827, Alphonse’s older brother, Thèodore, converted to
Catholicism and entered the priesthood, thus breaking with his anti-Catholic
family whose hopes now lay in the young Alphonse. At 27, Alphonse was
intelligent and well mannered. He had already finished his law degree, and
decided to travel to Italy before marrying and assuming his responsibilities in
the family business. However, God had other plans for him.
While in Rome, Alphonse
visited works of art, and strictly out of cultural curiosity, a few Catholic
churches. These visits hardened his anti-Catholic stance, and nourished his
profound hatred for the Church. He also called on an old schoolmate and close
friend, Gustave de Bussières. Gustave was a Protestant and several times had
tried, in vain, to win Alphonse over to his religious convictions. Alphonse was
introduced to Gustave’s brother, Baron de Bussières, who had recently converted
to Catholicism and become a close friend of Father Thèodore Ratisbonne. Because
of the Baron’s Catholicism and closeness with his turncoat brother, Alphonse
greatly disliked him.
On the eve of his
departure, Alphonse reluctantly fulfilled his social obligation to leave his
calling card at the Baron’s house as a farewell gesture. Hoping to avoid a
meeting, Alphonse intended to leave his card discreetly and depart straight
away, but was instead shown into the house.
The Baron greeted the
young Jew warmly, and before long, had persuaded him to remain a few more days
in Rome. Inspired by grace, the Baron insisted Alphonse accept a Miraculous
Medal and copy down a beautiful prayer: the Memorare. Alphonse could hardly
contain his anger at his host’s boldness of proposing these things to him, but
decided to take everything good-heartedly, planning to later describe the Baron
as an eccentric.
During Alphonse’s stay,
the Baron’s close friend, Count de La Ferronays, former French ambassador to
the Holy See and a man of great virtue and piety, died quite suddenly. On the
eve of his death, the Baron had asked the Count to pray the Memorare one
hundred times for Alphonse’s conversion. It is possible that he offered his
life to God for the conversion of the young Jewish banker.
A few days later, the
Baron went to the church of Sant’Andrea delle Fratte to arrange for his friend’s
funeral. Alphonse reluctantly went with him, all the while making violent
criticisms of the Church and mocking Catholic practices. When they arrived, the
Baron entered the sacristy to arrange the funeral while Alphonse remained in
the church.
When the Baron returned
just a few minutes later, the young man was gone. He searched the church, and
soon discovered his young friend kneeling close to an altar, weeping. Alphonse
himself tells us what happened in those few minutes he waited for the Baron: “I
had only been in the church a short while when, all of a sudden, I felt totally
uneasy for no apparent reason. I raised my eyes and saw that the whole building
had disappeared. Only one side chapel had, so to say, gathered all the light.
In the midst of this splendor, the Virgin Mary appeared standing on the altar.
She was grandiose, brilliant, full of majesty and sweetness, just as she is in
the Miraculous Medal. An irresistible force attracted me to her. The Virgin
made a gesture with her hand indicating I was to kneel.”
When de Bussières talked
to Alphonse, he no longer found a Jew, but a convert who ardently desired
baptism. The news of such an unexpected conversion immediately spread and
caused a great commotion throughout Europe, and Pope Gregory XVI received the
young convert, paternally. He ordered a detailed investigation with the rigor
required by canon law, and concluded that the occurrence was a truly authentic
miracle.
Alphonse took the name
Maria Alphonse at baptism, and, wishing to become a priest, was ordained a
Jesuit in 1847. After some time, and at the suggestion of Pope Pius IX, he left
the Jesuits and joined his brother Thèodore in founding the Congregation of Our
Lady of Sion, dedicated to the conversion of the Jews. Father Theodore spread
his congregation throughout France and England, while Father Maria Alphonse
went to the Holy Land. In Jerusalem, he established a house of the congregation
on the plot of land where the praetorium of Pilate had formerly stood.
The two brothers died in
1884, both famed and well-loved for their exceptional virtues.
SOURCE : https://americaneedsfatima.org/articles/the-conversion-of-alphonse-ratisbonne
Maria Alphonse Ratisbonne
A converted Jew,
born at Strasburg on
1 May, 1814; died at Ain Karim near Jerusalem,
on 6 May, 1884. He belonged to a wealthy and
prominent Jewish family in
Alsace. After studying law at Paris he
became a member of his uncle's famous banking firm, and in 1841 was betrothed to
the daughter of his oldest brother. As she was only sixteen years old, the
marriage was postponed, and Ratisbonne entered upon a pleasure trip to the
Orient. Though nominally a Jew,
he was a radical infidel, a scoffer at religion, and, after the conversion of
his brother Theodor,
a rabid enemy of everything Catholic.
On his intended tour to the Orient, he came to Rome,
where on 20 January, 1842, he was miraculouslyconverted
to Catholicism in
the Church of S. Andrea delle Fratte by an apparition of the Blessed
Virgin. After his conversion he
assisted his brother, Theodor,
in founding the Sisterhood of Our Lady of Sion in 1843, was ordained priestin
1847, and entered the Society
of Jesus. Desirous, however, to devote himself entirely to the conversion
of the Jews,
he left the society with
the consent of Pius
IX, transplanted the Sisters of Sion to Jerusalem in 1855, and built for
them in 1856 the large Convent of Ecce Homo with a school and
an orphanage for
girls. In 1860 he erected the Convent of St. John on the mountain at Ain Karim,
together with a church and another orphanage for
girls. Here Alphonse laboured with a few companions (Pères de Sion) for the
conversion of Jews and
Mohammadens until his death. For boys he erected the orphanage of
St. Peter, near the Gate of Jaffa outside
of Jerusalem,
with a school for
mechanical arts in the city.
Sources
De Bussière, L'enfant de
Marie (Paris, 1859); Hewit, Two miraculous conversions from Judaism in Catholic
World, XXXIX New York, 1884), 613-26; Rosenthal, Convertitenbilder aus dem 19,
Jahrh., III,I (Schaffhausen, 1869), 194-237; Narrazione storica della
prodigiosa apparizione di Maria SSma Immacolata e istantanea conversione alla
fede cattolica dell' ebreo Maria Alfonso Ratisbonne, avvenuta in Roma il 20 gennaio
1842, nela chiesa parrocchiale di S. Andrea delle Fratte, de' PP. Minimi di S.
Francesco di Paolo (Rome, Vatican Press, 1892).
Ott,
Michael. "Maria Alphonse Ratisbonne." The Catholic
Encyclopedia. Vol. 12. New York: Robert Appleton
Company, 1911. 20 Jan.
2019 <http://www.newadvent.org/cathen/12659a.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by Daniel Humm.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. June 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D.,
Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2026 by New Advent LLC.
Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/12659a.htm
Alphonse de RATISBONNE
(1814 – 1884)
Converted from Judaism by
the Miraculous Medal
Alphonse de Ratisbonne
was the son and the inheritor of a family of Jewish Bankers from
Strasbourg. During his childhood, his elder brother, Theodore, converted
to Catholicism. He was even ordained a priest. The family naturally
reacted with horror and hostility. Alphonse resolved to never have
anything to do with his brother and, furthermore, developed a violent antipathy
to the Catholic faith. Though an atheist, he experienced a tremendous
love and a profound loyalty for his own people. He devoted his efforts
and money to the purpose of improving the social condition of less fortunate
Jews.
At 27, Alphonse became
engaged and then noticed a subtle change concerning his religious sentiments:
“A certain change
overcame me concerning my religious ideas. I believed in nothing; the sight of
my fiancée awoke in me a feeling about human dignity. I began to believe in
the immortality of the soul; instinctively, I began to pray to God; I even
thanked him for my good fortune; but, nevertheless, I remained dissatisfied…..”
Since his fiancée was
only 16 years old, it was considered appropriate to postpone the marriage.
Therefore, in order to while away the time Alphonse decided to take a
sightseeing trip to Italy (1841-1842).
A curious challenge
After spending time in
Naples, he stayed in Rome. While there he visited Baron Théodore de
Bussières, who happened to be the brother of one of his best friends.
Their conversations turned to religion. Ratisbonne mocked and attacked
the Church repeatedly. Finally the Baron offered him a curious challenge:
“Wear the Miraculous
Medal 1
and recite one short prayer daily to Mary:
Remember, O most gracious
Virgin Mary, that never was it known that anyone who invoked thy protection,
implored thy help, or sought thy intercession, was left forsaken. Inspired with
this confidence, I fly unto thee, O Virgin of virgins, my mother; to thee I
come; before thee I stand, sinful and sorrowful. O Mother of the Word
Incarnate, despise not my petitions, but in thy clemency hear and answer me.
Amen.”
The youthful Jew
grudgingly accepted: for him it was a way of proving the inanity of these
“detestable superstitions”.
On the 20th of January,
1842, the last day of his stay in Rome, Ratisbonne entered, by chance, the
church of St. Andrew of the Brothers. He recounts the incident himself:
“I was in the church but
an instant, when all of a sudden I felt myself overtaken by an inexplicable
anxiety. I raised my eyes and noticed that the entire edifice had disappeared
from my view; a single chapel had, so to speak, concentrated all the light, and
in the center of this radiation there appeared standing on the altar, tall,
brilliant, full of majesty and tenderness, the Virgin Mary, just as She appears
on my medal and now an irresistible force pushed me toward her. The
Virgin signaled to me to kneel down, and seemed to say to me; that is
fine! She did not speak, but I understood everything.”
At the same instant
Alphonse felt freed of his blindness:
“At the moment of the
gesture, the blindfold fell from my eyes; not only one blindfold, but the whole
bundle of blindfolds that had kept me enfolded in their grasp disappeared
successively and rapidly, just as snow, mud and ice disappear under the action
of a brilliant and burning sun…
In some strange way I
felt myself to be completely naked, as though a tabula rasa. The world had
become as nothing to me; the prejudices against Christianity no longer existed;
my childhood prejudices evaporated; God’s love had replaced my other loves.”
In the beginning, he was
able to clearly perceive the brilliance of that divine light. He tried three
times to raise his eyes to Her but in those three attempts he found himself
incapable of raising his eyes higher than her own hands, from which graces and
blessings seemed to cascade in the form of luminous rays.
“O my God, he cried out,
only a half hour ago I was in the act of blaspheming and I felt a profound
mortal hatred against the Catholic religion. All those who know me know
full well that humanly speaking, I nourished the strongest reasons to remain
Jewish. My family is Jewish as well as my fiancée and uncle who are all
Jewish. On becoming Catholic I am sacrificing all my hopes and worldly
interests. Yet, I’m no fool.”
Just eleven days later
(31 January, 1842), Alphonse was baptized, confirmed and made his first Holy
Communion.
Shortly afterwards,
having broken his engagement, he entered religious life and was ordained a
priest. He spent the rest of his days working and praying for the
conversion of his people. He settled in the Holy Land and, with his
brother Theodore, founded a religious order whose mission it was to pray for
the conversion of the Jews. He had a convent built on the very site of
Pilate’s palace, the same spot where the Roman governor showed the poor scourged
and bleeding Jesus to the crowd, suggesting that He be freed, and where the
Jews cried: “Crucify Him! May His blood be upon us and our children!” (Mt
27:25).
Father Mary-Alphonse de
Ratisbonne died in the year 1884, at Ain Karem, St. John
the Baptist’s birthplace which is near Jerusalem.
Pamietniki
obejmujace okres od roku 1863 do 1908 Cz. 1, Paris : [s.n.], 1908
(Paris : Imprimerie Leve )
January 20, 1842: The
Conversion of Alphonse Ratisbonne, Apostle of the Miraculous Medal
by .famvin
| Jan 16, 2025 | Association
of the Miraculous Medal, Formation,
Outstanding
Vincentians
Alphonse Ratisbonne
(1814–1884) was a French lawyer and banker of Jewish heritage whose life underwent
a profound transformation following his conversion to Catholicism. He later
became a priest and dedicated himself to religious service.
Early Life and Family
Background
Born in Strasbourg on May
1, 1814, Alphonse was the youngest of thirteen children in the Ratisbonne
family, a prominent lineage of Jewish bankers. His father, Auguste Ratisbonne,
served as the president of the Provincial Council of Alsace. The family was
well-integrated into French secular society and upheld strong values of social
justice. Alphonse’s mother passed away when he was four years old, leading his
extended family to take an active role in his upbringing. In 1827, his older
brother, Théodore, converted to Christianity and was ordained as a Catholic
priest in 1830, a decision that initially caused familial tensions.
Education and
Professional Career
Alphonse pursued legal
studies in Paris and subsequently joined the family banking enterprise. He
became engaged to his 16-year-old niece, with plans to marry once she reached
an appropriate age. Despite his professional success, Alphonse harbored critical
views toward Catholicism, particularly after his brother’s conversion.
Travels and Sojourn in
Rome
With his marriage
postponed due to his fiancée’s age, Alphonse embarked on a journey to the
Middle East, intending to visit Jerusalem. During his travels, he stopped in
various European cities, including Naples and Malta, eventually arriving in
Rome in January 1842.
Encounter with the Baron
de Bussières
While in Rome, Alphonse
reconnected with an old acquaintance, Baron Théodore de Bussières, a Catholic
convert from Protestantism. Aware of Alphonse’s skepticism, the baron
introduced him to the Miraculous Medal and encouraged him to wear it and recite
the “Memorare” prayer daily. Although initially reluctant, Alphonse agreed,
more out of politeness than conviction.
Vision at Sant’Andrea
delle Fratte
On January 20, 1842,
while accompanying Baron de Bussières during funeral preparations at the Church
of Sant’Andrea delle Fratte, Alphonse experienced a vision of the Virgin
Mary. He described seeing the Virgin enveloped in radiant light, leading to an
immediate and profound internal transformation and an intuitive understanding
of Catholic mysteries.
“We stopped for a few
minutes at the church of Santa Andrea delle Fratte. He [Baron Théodore de
Bussières, a fervent convert to Catholicism] proposed to wait in the carriage,
but I preferred to get off to see the church. Funeral arrangements were being
made and I inquired the name of the deceased. Theodore replied: ‘He was one of
my friends, Count Laferronays; his unexpected death is the reason for the
sadness you have noticed in me these days.’”
“Suddenly I was seized by a certain disturbance and I saw a veil before me; it seemed to me that the church was all dark, except for one chapel, almost as if all the light of the church itself was concentrated in that chapel… In the presence of the Virgin, although she did not say a word to me, I understood the horror of the state in which I was, the deformity of sin, the beauty of the Catholic religion, in a word: I understood everything”.
Conversion and Baptism
When the vision ended,
Alphonse emerged profoundly changed. Alphonse sought instruction in the
Catholic faith and was baptized on January 31, 1842, adopting the name
Marie-Alphonse to honor the Virgin Mary’s influence in his life. His swift and
deep conversion was widely regarded as miraculous. Witnesses, including the
Baron, were astonished by his transformation, which was as complete as it was
sudden. Alphonse later attributed his conversion to the intercession of the
Virgin Mary and the grace associated with the Miraculous Medal.
This dramatic event not
only solidified devotion to the Miraculous Medal but also became a rallying
point for Catholic evangelization.
Priestly Vocation and
Founding of the Congregation of Our Lady of Sion
Inspired by his
conversion, Alphonse decided to devote his life to God’s service. He entered
the Society of Jesus and was ordained a priest in 1847. Together with his
brother Théodore, he founded the Congregation of the Sisters of Our Lady of Sion in 1847, a
religious order dedicated to promoting understanding and reconciliation between
Jews and Christians.
Mission in the Holy Land
In 1855, Alphonse
relocated to the Holy Land, where he established several religious and
educational institutions, including convents, schools, and orphanages in
Jerusalem and Ein Karem. His work focused on education and fostering interfaith
dialogue, aiming to build bridges between Jewish and Christian communities.
Later Years and Legacy
Alphonse Ratisbonne
passed away on May 6, 1884, in Ein Karem, near Jerusalem. His life and work
left a significant impact on Jewish-Christian relations, and his conversion
remains a notable testament to faith and spiritual transformation. The
Congregation of Our Lady of Sion continues its mission worldwide, promoting
dialogue and reconciliation among diverse religious communities.
Basilica
di Sant'Andrea delle Fratte, Roma
Barokowa,
rzymska bazylika Sant'Andrea delle Fratte
Basilica
of Sant'Andrea delle Fratte in Rome, Italy
Madonna del Miracolo
Festa: 20 gennaio
Apparizione: Sant'Andrea
delle Fratte, Roma, 20 gennaio 1842
Il 20 gennaio 1842, a
Roma, all’interno della chiesa di Sant’Andrea delle Fratte, la Vergine Maria
«bella e maestosa come raffigurata sulla Medaglia Miracolosa», apparve
sull’altare della chiesa, nella cappella di San Michele Arcangelo, ad Alphonse
Ratisbonne, un giovane e ricco ebreo alsaziano, convertendolo all’istante al
credo cattolico. La storia della sua conversione è indubbiamente la grazia più
significativa e importante, tra quelle a noi conosciute, ottenuta per mezzo
della “Medaglia Miracolosa”, che la Madonna ha donato il 27 novembre 1830 a
Santa Caterina Labouré, nella celebre apparizione che ebbe luogo nel convento
parigino delle Figlie della Carità, in Rue du Bac. La conversione dell’ebreo
Ratisbonne ebbe da subito alta risonanza in tutto il mondo, anche grazie alla
pubblicazione della commovente lettera autobiografica che scrisse, il 12 aprile
1842, all’amico sacerdote Dufriche-Desgenettes, parroco delle celebre chiesa
parigina di Nostra Signora delle Vittorie (dove a quel tempo risiedeva anche il
fratello maggiore di Ratisbonne, Théodore, da alcuni anni convertitosi al
cattolicesimo e divenuto sacerdote). Da allora Sant’Andrea delle Fratte, meglio
conosciuta come il Santuario romano della Madonna del Miracolo, è considerata
uno dei più importanti Santuari mariani internazionali.
Storia di una conversione
miracolosa
Nel 1842, Alphonse-Charles-Tobie Ratisbonne, un giovane ventottenne alsaziano, appartenente a una importante e facoltosa famiglia di banchieri ebrei, in attesa di sposarsi con la sua Flora, aveva deciso di trascorrere alcuni mesi in viaggio fino a Costantinopoli, per riprendersi da alcuni seri problemi di salute che da tempo lo affliggevano.
Durante il viaggio, anche su pressante invito di due importanti famiglie ebraiche presso le quali si era recato in visita a Napoli, i Culmann e i Rothschild, decise di andare a Roma, dove ritrovò un vecchio compagno di studi, il barone Gustave de Buissières.
Durante il suo soggiorno romano, Ratisbonne era solito trascorrere momenti di svago a casa de Buissières, e non esitava ad ironizzare sulla religione cattolica, che considerava una “istituzione di pazzi”, specialmente alla presenza di Théodore de Buissières (in passato grande amico di Théodore Ratisbonne), che da alcuni anni, da protestante, si era convertito al cattolicesimo.
Il 15 gennaio 1842, mentre Alphonse si preparava a lasciare Roma, decise di andare a salutare Théodore de Buissières, dal quale ricevette una sfida: lo scettico Ratisbonne avrebbe dovuto indossare una “Medaglia Miracolosa” (identica a quelle che santa Caterina Labouré distribuiva dopo la celebre apparizione del 1830), sino al suo ritorno in Francia, e avrebbe inoltre dovuto recitare, due volte al giorno, al mattino e alla sera, la celebre preghiera mariana di San Bernardo di Chiaravalle, il “Memorare”.
Ratisbonne accettò la sfida, e indossò la medaglia, che avrebbe comunque poi voluto donare come ricordo alla sua fidanzata, nella piena convinzione che quelle forme di “superstizione”, come egli amava chiamarle, non avrebbero provocato in lui un benchè minimo cambiamento spirituale.
Giovedì 20 gennaio 1842, Ratisbonne (che nel frattempo aveva posticipato di qualche giorno la sua vacanza romana), accompagnò il suo amico barone nella chiesa di Sant’Andrea delle Fratte, poiché questi doveva organizzare il funerale di un suo caro amico da poco scomparso, il conte La-Ferronays. Il giovane banchiere alsaziano, mentre attendeva l’amico Théodore, decise nel frattempo di visitare la chiesa, per ammirarne le bellezze artistiche.
Appena giunto dinanzi alla cappella dedicata a San Michele Arcangelo, si trovò improvvisamente solo e fu lì che avvenne il miracolo: egli vide d’un tratto una piccola sfera di luce che all’improvviso esplose in migliaia di frammenti di un bagliore accecante, che gli trafissero il cuore con l’amore della Vergine Maria e vide poi la Madonna ritta davanti a lui, avvolta nella luce e circondata da palpitanti raggi di sole.
Ratisbonne descrisse così la sua miracolosa conversione: «La Chiesa di Sant’Andrea delle Fratte è piccola, povera e quasi sempre deserta. Quel giorno ero solo o quasi solo. Nessun oggetto d'arte attirava la mia attenzione. Passeggiavo macchinalmente girando gli sguardi attorno a me. Ricordo soltanto che un cane nero scodinzolava dinanzi a me... Ben presto anche quel cane disparve.
La Chiesa intera disparve; io non vidi più nulla... O meglio, mio Dio, io vidi una sola cosa! ... Come potrei parlarne? La parola umana non può facilmente esprimere ciò che è inesprimibile… Ero da pochi istanti nella chiesa di S. Andrea, quando, improvvisamente, mi sentii afferrato da un turbamento inesprimibile.
Alzai gli occhi; l'edificio intero era come scomparso ai miei sguardi; una sola cappella aveva concentrato tutta la luce. In un grande fascio di luce, mi è apparsa, dritta, sull'altare, alta, brillante, piena di maestà e di dolcezza, la Vergine Maria, quale si vede sulla Medaglia Miracolosa; una forza irresistibile mi ha spinto verso di Lei. La Vergine mi ha fatto segno con la mano di inginocchiarmi. Mi è parso che dicesse: “Bene!” Non mi ha parlato, ma io ho compreso tutto…
Le parole non bastano per dare un’idea dei doni ineffabili che sgorgano dalle mani della nostra Madre! La misericordia, la tenerezza e la ricchezza dei Cieli ne fluiscono a torrenti riversandosi sulle anime dei protetti da Maria! … La Vergine non pronunciava alcuna parola, ma compresi perfettamente... Provavo un cambiamento così totale che credevo di essere un altro, la gioia più ardente scoppiò nel profondo dell'anima; non potei parlare...
Non saprei render conto delle verità di cui avevo acquisito la fede e la conoscenza. Tutto quello che posso dire è che il velo cadde dai miei occhi; non un solo velo, ma tutta la moltitudine di veli che mi aveva circondato, scomparve... Uscivo da un abisso di tenebre, vedevo nel fondo dell'abisso le estreme miserie da cui ero stato tratto a opera di una misericordia infinita... Tanti uomini scendono tranquillamente in questo abisso con gli occhi chiusi dall'orgoglio e dall'indifferenza...
Mi si chiede come ho appreso queste verità, poiché è certo che non ho mai aperto un libro di religione, non ho mai letto una sola pagina della Bibbia: tutto quello che so è che, entrando in chiesa, ignoravo tutto, e uscendone, vedevo tutto chiaro...
Non avevo alcuna conoscenza letterale ma interpretavo il senso e lo spirito dei dogmi, tutto avveniva dentro di me, e queste impressioni, mille volte più rapide del pensiero, non avevano solamente commosso l'animo, ma l'avevano diretto verso una nuova vita...
I pregiudizi contro il Cristianesimo non esistevano più, l'amore del mio Dio aveva preso il posto di qualsiasi altro amore… Quando arrivò il barone De Bussières mi trovò col volto rigato di pianto. Non potei rispondere alle sue domande... Tenevo in mano la medaglia che avevo appesa al collo e coprivo di baci l'immagine della Vergine... Era Lei, sicuramente Lei!
Non sapevo dove ero, non sapevo se ero Alphonse o un altro; provavo in me un tale cambiamento che mi pareva essere un altro; cercavo di ritrovare me stesso e non mi ritrovavo... Non riuscivo a parlare; non volevo dire niente; sentivo in me qualche cosa di solenne e di sacro che mi costringeva a cercare un sacerdote».
Tutti i cattivi pensieri e le avversità che Ratisbonne nutriva nei confronti del cristianesimo scomparvero dalla sua mente, ed il suo modo di pensare mutò in maniera talmente radicale che abbandonò tutto, lasciò la fidanzata che doveva sposare, e il 31 gennaio si fece battezzare.
Pochi anni dopo entrò nella Compagnia di Gesù (proprio con quei gesuiti contro i quali egli stesso confessava che «ardeva in lui dell’odio il più mortale»), e fu ordinato sacerdote nel 1848.
Si trasferì in Terra Santa, al seguito del fratello maggiore Théodore, nel
movimento da questi fondato nel 1843 a Parigi, le Religiose di Nostra Signora
di Sion, per pregare ed impegnarsi a un dialogo costruttivo con gli ebrei tendente
all’unità, e per fondare una nuova sede dell’Istituto, nei pressi dell'antico
pretorio di Pilato, dove venne rinvenuto il “Lithostrotos” di cui parla il
Vangelo di Giovanni.
Ratisbonne morì santamente ad Ain Karim il 6 maggio 1884, nella stessa terra
dove il Figlio di quella “Meravigliosa Regina” che gli era apparsa
convertendolo, era morto sulla croce anche per la sua salvezza.
«La Lourdes romana»
Subito dopo la diffusione della notizia del prodigioso miracolo, che aveva ormai fatto il giro di tutta Roma, la Santa Sede decise di iniziare un processo per chiarire cosa fosse realmente accaduto.
Il cardinale Vicario Costantino Patrizi, delegò il suo promotore fiscale, Francesco Anivitti, di occuparsi con tutta la celerità e accuratezza degli atti del processo. Furono sottoposti ad un rigoroso esame ben nove testimoni, tra cui Ratisbonne, i quali sotto giuramento deposero quanto avevano visto e udito.
Il cardinal Patrizi, dopo aver accuratamente studiato gli atti processuali, e dopo aver udito il parere di molti Consultori di sana dottrina e specchiata virtù e pietà, con Decreto del 3 giugno 1842, dichiarò e definì la conversione di Alphonse-Marie Ratisbonne «essere veramente miracolosa», concedendo inoltre la facoltà di pubblicarne il racconto degli atti processuali.
Da allora, il 20 gennaio di ogni anno, nel cuore del centro storico di Roma, nella Basilica di Sant’Andrea delle Fratte (affidata nel 1585 da Sisto V alla cura dei Padri Minimi di San Francesco di Paola), si fa memoria, con una solenne e maestosa cerimonia, dell’unica apparizione certificata della Vergine Maria nella città eterna.
Per le numerose conversioni registrate dinanzi alla veneratissima immagine posta nella cappella dell’apparizione, Papa Benedetto XV ha definito questo importante santuario mariano “la Lourdes romana”. Nel corso degli anni è stato inoltre arricchito di numerose indulgenze e privilegi: Pio XII, nel 1942, elevò la chiesa a Basilica e Giovanni XXIII, nel 1959, la insignì del titolo cardinalizio.
Numerosi santi sono venuti a pregare nel Santuario della Madonna del Miracolo: da santa Maria Crocifissa di Rosa, fondatrice delle Ancelle della Carità, a san Giovanni Bosco (che si recò nel Santuario il Sabato Santo del 1880, per affidare alla Vergine Maria l’approvazione delle Costituzioni dei Salesiani), fino a santa Teresa di Lisieux, che nel 1887, durante il suo soggiorno romano, dimorava con la sua famiglia a pochi metri di distanza.
Furono devoti alla Madonna del Miracolo anche san Vincenzo Pallotti e san Luigi Guanella, san Luigi Orione e la beata Maria Teresa Ledóchowska. San Massimiliano Maria Kolbe, che il 29 gennaio 1918 celebrò la sua Prima Messa proprio all’altare dell’apparizione, fu tra i più assidui frequentatori del santuario romano. Anche San Giovanni Paolo II venerò l’immagine della Madonna del Miracolo, durante la sua visita pastorale del 28 febbraio 1982.
Autore: Dario Di Maso
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/97176
Église
Sant'Andrea delle Fratte à Rome
Apparition de la Sainte
Vierge à Alphonse de RATISBONNE (Rome, 1842) : https://www.marypages.com/apparition-de-la-sainte-vierge-marie-%C3%A0-alphonse-ratisbonne-(rome-1842)-fr.html
Alphonse de RATISBONNE
(1814-1884) : https://conversion-religion-catholique.com/siecle/19eme-siecle/alphonse-de-ratisbone
Our Lady of the Miracle –
January 20 (Madonna del Miracolo). Prof. Plinio Corrêa de Oliveira : https://www.traditioninaction.org/SOD/j112sdOLMiracles_1-20.htm
Our Lady of the
Miraculous Medal, Rome, Italy, 1942 : https://www.divinemysteries.info/our-lady-of-the-miraculous-medal-rome-italy-1842/
Feast day of Our Lady of the Miracle : https://www.marypages.com/rome-(italy)-en.html