jeudi 13 août 2015

Saint HIPPOLYTE de ROME, prêtre et martyr

Saint Hippolyte de Rome

Martyr ( 235)

Le plus important théologien du IIIe siècle dans l'Église romaine et le premier antipape (217-235). 

S'opposant à saint Calixte 1er, il est exilé en Sicile puis se réconcilie avec l'Eglise avant d'être martyrisé, persécuté par l'empereur Maximin.

Hippolyte de Rome est traditionnellement un prêtre romain mort en martyr avec le pape Pontien en 235. (source: Editions du Cerf)


Mémoire des saints martyrs Pontien, pape, et Hippolyte, prêtre de Rome. Celui-ci, théologien de renom, s’était érigé en chef d’une communauté dissidente. Lors de la persécution de Maximin, tous deux furent déportés en Sicile et soumis ensemble aux travaux forcés et probablement couronnés ensemble du martyre, avant 236. Leurs corps furent ensuite rapportés à Rome: Pontien fut enterré au cimetière de Calliste sur la voie Appiene, et Hippolyte, sur la voie Tiburtine.


Martyrologe romain


Littérature chrétienne du IIIe s. (II) : Hippolyte de Rome









« Je l’ai saisi et je ne le laisserai plus échapper » (Ct 3, 4). Ô bienheureuse femme qui s’est jetée aux pieds du Christ pour être emportée avec lui dans le ciel. C’est là ce que disent Marthe et Marie : « Nous ne te laissons pas échapper ». Monte vers le Père et présente la nouvelle offrande. Offre Ève qui désormais ne s’est plus égarée mais s’est saisie passionnément avec la main de l’arbre de vie. Ne me laisse plus sur la terre pour que je ne m’y égare plus, mais emporte-moi dans le ciel. Ô sainte femme qui ne voulait plus être séparée du Christ.
Commentaire sur le Cantique, 25

I - NOTICE BIOGRAPHIQUE

Hippolyte de Rome est contemporain d’Origène qui l’entendit prêcher à Rome en 212. Il est grec d’expression et de pensée, peut-être est-il d’origine orientale. Il se déclare lui-même disciple d’Irénée. 



Sa carrière ? Prêtre, antipape, martyr. 

Hippolyte s’opposa au pape Calliste qui adoucit la discipline pénitentielle et il persévéra dans son opposition sous les deux papes suivants : Urbain et Pontien. Exilés l’un et l’autre en Sardaigne, le pape Pontien et Hippolyte s’y réconcilièrent. 

II - ŒUVRES

Sur la célèbre statue d’Hippolyte (IIIe s. ?) découverte en 1551 se trouve gravée la liste de ses œuvres et son calcul de la date de Pâques (de 222 à 233). Une controverse oppose ceux qui disent que ces œuvres sont celles de deux auteurs différents (Hippolyte et Josipe : avis de P. Nautin) et ceux qui affirment qu’elles relèvent toutes de la main d’Hippolyte. Parmi les nombreuses œuvres d’Hippolyte, citons :
1. Les Philosophoumena

C’est l’œuvre principale (10 livres) d’Hippolyte qui y réfute, en dépendance d’Irénée, toutes les hérésies de son temps. Il joint à cette réfutation une médiocre histoire de la philosophie grecque.
2. L’Antéchrist

Cette œuvre est l’étude la plus étendue sur la question dans la littérature patristique. La fin du monde n’est pas imminente, dit l’auteur.
3. Traités exégétiques

Commentaire sur Daniel

Ce commentaire serait le plus ancien traité d’exégèse connu de l’Église chrétienne. La chaste Suzanne est la préfiguration de l’Église, l’épouse immaculée du Christ, persécutée par deux peuples : les Juifs et les païens. 


Pour la première fois dans la littérature patristique, nous voyons apparaître les dates du 25 décembre (un mercredi - 42e année de l’empereur Auguste) et du 25 avril pour désigner le jour de la naissance et de la mort du Christ. 


Ce passage semble être une interpolation, très ancienne cependant.

Commentaire sur le Cantique des Cantiques

Il s’agit d’homélies prononcées, semble-t-il. L’interprétation du Cantique est allégorique. L’Epoux est le Christ et l’Épouse est l’Église ou l’âme individuelle. S. Ambroise s’inspire de ce traité dans son commentaire du psaume 118.
4. Homélies

Sur la Pâque

Nous n’avons plus cette œuvre, mais nous avons une homélie postérieure qui copie certainement celle d’Hippolyte. Elle consiste en une typologie - phrase par phrase - d’Exode 12, 1-14 et 43-49. Le plan divin du salut y est triomphalement proclamé, la victorieuse descente aux enfers y est évoquée.
Contre les Juifs
5. La Chronique

La Chronique a comme but de retracer l’Histoire du monde ! Il doit durer 6.000 ans, il compte 5.738 ans et la fin en est donc très éloignée !
6. La Tradition apostolique

Après la Didachè, c’est la plus ancienne et la plus importante des Constitutions ecclésiastiques. Elle donne le rituel de l’ordination, de l’Eucharistie, du baptême. Elle sert de base à l’histoire de la liturgie romaine et elle est pour nous la source la plus riche pour la connaissance de la vie de l’Église durant les trois premiers siècles. 

Elle date de 215. 


Tombée très tôt en oubli en Occident, l’œuvre joua un rôle très important dans la formation de la liturgie des Églises d’Orient. 

On notera qu’Hippolyte fixe par écrit les traditions liturgiques pour réagir contre des innovations. Les usages liturgiques mentionnés remontent donc sans doute au IIe siècle. 

Le Canon (Prière eucharistique) de S. Hippolyte est le plus ancien que nous connaissions. La deuxième prière eucharistique de la liturgie actuelle en est directement inspirée. 
Au temps de S. Justin, l’improvisation était de règle.


Voici le plan de la Tradition apostolique


I Prologue 

- Règles concernant le clergé 
• pour l’élection et la consécration d’un évêque 
• pour la liturgie eucharistique 
• pour diverses bénédictions 
• pour l’ordination des prêtres, des diacres. 
- Notes sur les confesseurs, les veuves, les vierges, etc… 
II Règlements concernant les laïcs : métiers, etc… 
• le baptême (formule du Symbole), 
• la consignation (confirmation), 
• la sainte oblation (communion). 
On a reconnu les sacrements de l’initiation chrétienne. 
III Diverses observances de l’Église 
• La fraction du pain, 
• l’agape, 
• le jeûne, 
• les heures de la prière, etc… 

NOTES SUR LA THÉOLOGIE D’HIPPOLYTE
1. La christologie

Sa christologie est défectueuse, très entachée de subordinatianisme.
2. La sotériologie

Sa doctrine de la rédemption - sotériologie - est en dépendance directe de celle de saint Irénée : thème de la récapitulation dans le Christ et de la déification de l’humanité.
3. L’ecclésiologie

L’ecclésiologie d’Hippolyte rappelle, sous l’aspect hiérarchique, celle de saint Irénée : la succession apostolique est garante de la vérité de son enseignement. L’Église est la fiancée et l’Epouse du Christ. Fait surprenant, jamais Hippolyte ne lui donne le titre de Mère. 


Sous l’aspect spirituel, l’Église est - pour Hippolyte - « la société des saints qui vivent dans la justice » (Comm. sur Daniel 1, 17). Hippolyte en exclut les pécheurs, même repentants. Hippolyte, qui s’oppose au pape, « l’imposteur Calliste » qui pardonne les péchés, est un rigoriste.

4. La rémission des péchés

Hippolyte accuse en termes passionnés le pape légitime Calliste d’ouvrir son « école » à tous, même aux plus grands pécheurs . 


Il lui reproche d’invoquer pour se justifier la parabole de l’ivraie. 


Hippolyte a toujours reconnu, cependant, à l’Église « le pouvoir de remettre les péchés » (Trad. apost. 3), mais il s’insurge avec la dernière violence contre le prétendu laxisme du pape Calliste. 
CONCLUSION

Parce qu’il veut lutter contre toute hérésie, Hippolyte se présente lui-même comme le disciple d’Irénée, mais il n’en a ni l’équilibre ni l’esprit de synthèse. Son œuvre en grande partie perdue est d’une étendue prodigieuse, comparable à celle des œuvres d’Origène dont il n’a certes pas le génie ni la valeur spirituelle. 



Une préoccupation constante parcourt l’œuvre d’Hippolyte, c’est celle de la communauté chrétienne contemporaine : la date de la fin du monde. Les montanistes avaient alerté les esprits en annonçant une venue imminente du Paraclet et la crainte règne : la Parousie ne serait-elle pas proche ? Où est le temps où les chrétiens voulaient hâter de leurs prières cette venue attendue avec amour et espoir ? Le « Maran Atha » de saint Paul et de l’Apocalypse repris par l’auteur de la Didachè s’est tu :

Tu ne comprends pas qu’en cherchant la date de la parousie, tu t’exposes au danger puisque tu désires voir arriver le jugement.
Comm. Daniel, IV, 21
Nous devons au traditionalisme d’Hippolyte d’avoir conservé dans la Tradition apostolique des sources liturgiques de grande valeur.

Une comparaison s’impose : le savant prêtre Hippolyte qui écrit à Rome est assez semblable au savant rhéteur d’Afrique qui à Carthage écrit en latin : même vaste et brillante érudition, même rigorisme, même intransigeance passionnée qui conduisit les deux écrivains au schisme. Mais cette comparaison même fait ressortir toute la différence : on peut et on doit parler du génie de Tertullien dont la pensée théologique est puissante. Hippolyte, malgré ses mérites, manque d’envergure et son érudition est assez superficielle et mal assimilée.
APPENDICE

Nous voulons d’abord illustrer la typologie d’Hippolyte. Voici d’abord dans le commentaire sur Daniel la chaste Suzanne, nouvelle Eve et image de l’Église :

Quand l’Église désire recevoir le bain spirituel, deux servantes doivent de toute nécessité l’accompagner car c’est par la foi au Christ et par l’amour de Dieu que l’Église la pénitente, reçoit le bain.
Comm. Daniel, 1, 16
Comme jadis dans le Paradis, le diable s’était dissimulé sous la forme du serpent, de même il s’était caché dans les vieillards pour perdre Eve une seconde fois.
Comm. Daniel, 1, 18
Nous trouvons dans une homélie sur David et Goliath cette sorte de définition de la typologie qui dit clairement que le Nouveau Testament est l’accomplissement de l’Ancien :

Ce qui est arrivé n’est rien d’autre que ce qui avait été préfiguré.
David et Goliath, 3
Le véritable David c’est le Christ :

Le véritable David est venu. Il a détruit la mort, comme on détruit un lion, et libéré le monde du péché comme d’un ours, il a chassé le loup, le séducteur, il a écrasé avec le bois (de la croix) la tête du serpent (Goliath), il a sauvé Adam du plus profond de l’Hadès comme une brebis de la mort.
David et Goliath, 2

Au commentaire sur le Cantique, nous trouvons cette belle image qui se trouve aussi chez Origène et sera reprise par Grégoire de Nysse :

Le parfum répandu c’est le Logos (le Verbe) envoyé par le Père pour répandre la joie dans le monde et en descendant, il remplit tout.
Comm. Cant., II, 6
La chair du Christ est la Jérusalem nouvelle, la Cité de Dieu :

Les gardes m’ont trouvée, ceux qui gardaient la ville : qui sont ceux qui l’ont trouvée sinon les anges assis près du tombeau ? Et cette ville qu’ils gardaient n’était-ce pas la Jérusalem nouvelle de la chair du Christ ?
Comm. Cant. XXIV.
Et voici toute une imagerie populaire :

L’Église comme un navire en pleine mer est secouée mais ne sombre pas. Le Christ est son pilote, la Croix est son mât, les deux gouvernails sont les deux Testaments… et les marins se tiennent à bâbord et à tribord, ce sont les anges qui montent la garde !
Antéchrist, 59
Le repas messianique, image de l’Eucharistie :

Quand la Sagesse de Dieu s’écrie : « Venez, mangez mon pain, buvez le vin que je vous ai préparé », elle ne désigne rien d’autre que la chair divine du Sauveur et son sang précieux qu’il nous donne à manger et à boire pour la rémission de nos péchés.
In Prov., 9

Nous citons un dernier texte dans le but de marquer combien le thème de la déification constant chez les Pères grecs (déification de l’homme par l’incarnation du Verbe) est déjà présent chez Hippolyte :

C’est en croyant au Dieu véritable que tu pourras éviter les peines de l’enfer, que tu auras part à l’immortalité, qu’au royaume des cieux, tu deviendras le compagnon de Dieu et le cohéritier du Christ. Affranchi des passions, des souffrances, de tous les maux, te voilà déifié. C’est le Christ, Dieu parfait, qui a décidé de laver le péché des hommes, de rénover pleinement l’homme ancien ; ayant imité la bonté de celui qui est bon, tu lui deviendras semblable et tu seras honoré par lui, car Dieu ne s’appauvrit pas en te faisant Dieu pour sa gloire.

Source :
Soeur Gabriel Peters, Lire les Pères de l’Église. Cours de patrologie, DDB, 1981. 


Avec l’aimable autorisation des Éditions Migne.

SOURCE : http://www.patristique.org/Litterature-chretienne-du-IIIe-s-I-Hippolyte-de-Rome.html

SAINT HIPPOLYTE ET SES COMPAGNONS *

Hippolyte vient de hyper, au-dessus, et lithos, pierre, comme si on disait fondé sur la pierre, qui est J.-C. Ou bien de in, dans, et polis, ville, ou bien il veut dire très poli. Il fut en effet fondé solidement sur J.-C. qui est la pierre, en raison de sa constance et de sa fermeté. Il fut de la cité d'en haut par le désir et l’avidité : il fut bien poli par l’âpreté des tourments.

Hippolyte, après avoir enseveli le corps de saint. Laurent, vint à sa maison, et en donnant la paix à ses esclaves et à ses servantes, il les communia ** tous du sacrement de l’autel que le prêtre Justin avait offert. Et quand on eut mis la table; avant qu'ils eussent touché aux mets, vinrent des soldats qui l’enlevèrent. et le menèrent au César. Quand Dèce le vit, il lui dit en souriant: « Est-ce que tu es devenu magicien aussi, toi, qui as enlevé le corps de Laurent. » Hippolyte lui répondit : « Je n'ai pas fait celacomme magicien, mais en qualité de chrétien. » Alors Dèce rempli de fureur commanda qu'on le dépouillât de l’habit qu'il portait en 'sa qualité de chrétien *, et qu'on lui meurtrît la bouche à coups de pierres. Hippolyte lui dit : « Tu ne  m’as pas dépouillé, mais tu  m’as mieux vêtu. » Dèce lui répliqua: « Comment es-tu devenu fou au. point de ne pas rougir de ta nudité ? Sacrifie donc maintenant et tu vivras au lieu de périr avec ton Laurent. » Que ne mérité-je, reprit Hippolyte, de devenir l’imitateur du bienheureux Laurent dont tu as osé prononcer le nom de ta bouche impure! » Alors Dèce le fit fouetter et déchirer avec des peignes de fer. Pendant ce temps-là, Hippolyte confessait à haute voix qu'il était chrétien ; et comme il se riait des tourments qu'on lui infligeait, Dèce le fit revêtir des habits de soldat qu'il portait auparavant, en l’exhortant à rentrer dans son amitié et à reprendre son ancienne profession de militaire. Et comme Hippolyte lui disait qu'il était le soldat de J.-C., Dèce outré de colère le livra au préfet Valérien avec ordre de se saisir de tous ses biens et de le faire périr dans les tourments les plus cruels. On découvrit aussi que tous ses gens étaient chrétiens; alors on les amena devant Valérien. Comme on les contraignait de sacrifier, Concordia, nourrice d'Hippolyte, répondit pour tous les autres : « Nous aimons mieux mourir chastement avec le Seigneur notre Dieu que de vivre dans le désordre. » Valérien dit: « Cette race

* Hippolyte portait donc encore la robe blanche dont on revêtait les nouveaux baptisés.d'esclaves ne se corrige qu'avec les supplices. » Alors en présence d'Hippolyte rempli de joie, il ordonna qu'on la frappât avec des fouets garnis de plombs jusqu'à ce qu'elle rendît l’esprit : «' Je vous rends grâces, , Seigneur, dit Hippolyte, de ce que vous avez envoyé ma nourrice la première. dans l’assemblée des saints. » Ensuite Valérien fit mener Hippolyte avec les gens de sa maison hors de la porte de Tibur. Or, Hippolyte les raffermissait tous : « Mes frères, leur disait-il, ne craignez rien, parce que vous et moi, nous avons un seul Dieu. » Et Valérien ordonna de leur couper la tête à tous sous les yeux d'Hippolyte, et ensuite il le fit lier par les pieds au cou de chevaux indomptés afin qu'il fût traîné à travers les ronces et les épines, jusqu'au moment où il rendit l’âme, vers l’an du Seigneur 256. Le prêtre Justin put soustraire leurs corps et les ensevelir à côté de celui de saint Laurent Quant aux restes de Concordia, il ne put les trouver, car ils avaient été jetés dans un cloaque. Or, un soldat nommé Porphyre, qui croyait que Concordia avait dans ses vêtements de l’or et des pierres précieuses, . alla trouver un cureur de cloaques appelé Irénée, qui était chrétien, sans être connu comme tel, et lui dit : « Garde-moi le secret, et retire Concordia, car mon espoir est qu'elle avait de l’or ou des perlés dans ses habits. » Irénée lui dit : « Montre-moi l’endroit et je garde le secret; alors si je trouve quelque chose, je t'en informerai. » Lors donc que le corps eut été retiré, et qu'ils n'eurent rien trouvé, le soldat s'enfuit aussitôt et Irénée, ayant appelé un chrétien nommé Habondus, porta le corps à saint Justin. Celui-ci ci le prit avec respect et l’ensevelit à côté de saint Hippolyte et des autres martyrs. Quand Valérien apprit cela, il fit prendre Irénée et Habondus qu'il ordonna de jeter tout vivants dans le cloaque : saint Justin enleva aussi leurs corps et les ensevelit avec les autres.

Après cela, Dèce monta avec Valérien sur un char doré et ils allèrent tous deux à l’Amphithéâtre pour tourmenter les chrétiens. Alors Dèce fut saisi par le démon et se mit à crier : « O Hippolyte, tu me tiens lié avec des chaînes bien rudes. » Valérien criait de son côté. « O Laurent, tu me traînes enlacé dans des chaînes de feu. » Et à l’instant Valérien expira. Dèce rentra chez lui, et pendant trois jours qu'il fut tourmenté par le démon, il criait: « Laurent, je t'en conjure, cesse un instant de me tourmenter. » Et il mourut ainsi misérablement. Triphonie, sa femme, qui était d'un caractère cruel, quand elle vit cela, quitta tout pour venir trouver saint Justin avec sa fille Cyrille, et se fit baptiser par lui avec beaucoup d'autres personnes. Le jour suivant, comme Triphonie était en prières, elle rendit l’esprit. Son corps fut enseveli par le prêtre Justin à côté de celui de saint Hippolyte. Quand on apprit que l’impératrice et sa fille s'étaient faites chrétiennes, quarante-sept soldats vinrent avec leurs femmes chez le prêtre Justin afin de recevoir le baptême. Denys, qui succédait à saint Sixte, les baptisa tous. Mais Claude, qui était empereur, fit égorger Cyrille qui ne voulait pas sacrifier, et avec elle les autres soldats. Leurs corps furent ensevelis avec les autres dans le champ Véranus. Il faut remarquer qu'il  est ici expressément question de Claude comme successeur de Dèce qui fit martyriser saint Laurent et saint Hippolyte. Or, Claude ne succéda pas à Dèce; il y a plus: d'après les chroniques, à Dèce succéda Volusien, à Volusien Gallien, et à celui-ci Claude. Il paraît donc ici plausible de dire ou bien que Gallien porta deux noms, et qu'il s'appela Gallien et Dèce, d'après Vincent dans sa chronique et Geoffroi dans son livre, ou bien que Gallien a pris pour coadjuteur un homme nommé Dèce qu'il aura fait César, sans que pourtant ce dernier ait été empereur, selon le récit de Richard dans sa chronique. Saint Ambroise s'exprime ainsi dans la préface de saint Hippolyte : « Le bienheureux martyr Hippolyte, regardant J.-C. comme son véritable chef, aima mieux être son soldat que d'être le chef des soldats. Il ne persécuta pas saint Laurent qui avait été confié à sa garde, mais il le suivit. En cherchant les trésors de l’Eglise, il en trouva un que le tyran ne lui ravirait point, mais que la piété pouvait seule posséder. Il trouva un trésor d’où découlaient toutes les richesses; il méprisa la fureur d'un tyran, afin d'être éprouvé avec la grâce du roi éternel ; il ne craignit point d'avoir les membrés disloqués, afin de ne pas être broyé dans les liens éternels. — Un bouvier nommé Pierre avait attelé ses bœufs à son char, le jour de la fête de sainte Marie-Magdeleine ; il pressait son attelage en proférant des malédictions, quand tout à coup ses bœufs et son char furent consumés par la foudre. Quant au bouvier, qui avait proféré ces imprécations, il était en proie à des douleurs atroces; un feu le rongeait de telle sorte que les chairs et les nerfs de sa jambe tout entière ayant été consumés, ses os paraissaient à découvert; enfin sa jambe finit par se séparer de sa jointure. Il alla alors à une église dédiée à Notre-Dame, et cacha sa jambe dans un trou de cette église en priant avec larmes la Sainte Vierge de lui obtenir sa guérison. Or, une nuit, la Sainte Vierge lui apparut avec saint Hippolyte auquel elle demanda de guérir Pierre. Aussitôt saint Hippolyte prit la jambe dans le trou où elle était et en un instant il la replaça comme une greffe qu'on ente sur un arbre. Mais au moment où le saint fit cela, Pierre ressentit des douleurs si vives que par ses cris il réveilla tous les gens de sa maison. Ils se lèvent, allument de la lumière et trouvent Pierre avec ses deux jambes et ses deux cuisses. Se croyant le jouet d'une illusion, ils le palpaient de toutes les manières et reconnaissaient qu'il avait des membres véritables. A peine peuvent-ils l’éveiller; enfin ils s'informent auprès de lui comment cela lui est arrivé. Il pense lui-même qu'on se moque de lui; mais enfin après avoir vu, il finit par se convaincre de ce qui existait ; il en resta stupéfait. Cependant sa cuisse nouvelle; plus faible que l’autre pour supporter son corps, était en même temps plus courte. Comme témoignage du miracle, il boita pendant un an. Alors la Sainte Vierge lui apparut une seconde fois avec saint Hippolyte auquel elle dit qu'il devait achever cette cure. Il s'éveilla et se trouvant entièrement guéri, il se fit reclus. Le diable lui apparaissait très fréquemment sous la forme d'une femme nue qui le portait au crime; plus il opposait de résistance, plus l’impudence de cette femme augmentait. Or, une fois qu'elle le tourmentait beaucoup, Pierre enfin prit une étole de prêtre et la mit au cou du démon qui, en se retirant, ne laissa là qu'un cadavre en putréfaction dont l’odeur était tellement infecte que de tous ceux qui le virent, il n'y eut personne qui ne pensât que ce fût le corps d'une femme morte que le diable avait pris.

* Bréviaire romain ; — Actes anciens de aces saints.

** Ce ne fut que vers le XIe siècle qu'on cessa de donner les saintes espèces de l’Eucharistie aux fidèles qui se communièrent alors de leurs propres mains.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii


August 13

St. Hippolytus, Priest and Martyr

From Prudent. hymn. 11. De Cor. ed. a P. Chamillard, in usum Delphini, p. 278.

A.D. 252.

ONE of the most illustrious martyrs who suffered in the reign of Gallus 1 was St. Hippolytus, one of the twenty-five priests of Rome, who had the misfortune for some time to have been deceived by the hypocrisy of Novation and Novatus, and to have been engaged in their schism; but this fault he expiated by his public repentance, and a glorious martyrdom. He was apprehended, and interrogated on the rack in Rome; but the prefect of the city having filled it with Christian blood, went to Ostia to extend the persecution in those parts of the country, and ordered our saint and several other Christians who were then in prison at Rome, to be conducted thither after him. St. Hippolytus being brought out of prison, many of those who had been under his care, came to beg his last advice and blessing, as he was going to martyrdom; and he vehemently exhorted them to preserve the unity of the church. “Fly,” said he, “from the unhappy Novatus, and return to the Catholic church. Adhere to the only faith which subsists from the beginning, which was preached by Paul, and is maintained by the chair of Peter. I now see things in a different light, and repent of what I once taught.” After he had thus undeceived his flock, and earnestly recommended to all the unity of holy faith, he was conducted to Ostia. The prefect, who was gone before the prisoners the same day, as soon as they arrived, ascended his tribunal, surrounded with his executioners, and various instruments of torture. The confessors were ranged in several companies before him, and by their emaciated faces, the length of their hair, and the filth with which they were covered, showed how much they had suffered by their long imprisonment. The judge, finding that he was not able to prevail with any of them by torments, at length condemned them all to be put to death. Some he caused to be beheaded, others to be crucified, others burnt, and some to be put out to sea in rotten vessels, which immediately foundered. When the venerable old man, Hippolytus, was in his turn brought to him loaded with chains, a crowd of young people cried out to the judge, that he was a chief among the Christians, and ought to be put to death by some new and remarkable kind of punishment. “What is his name?” said the prefect. They answered: “Hippolytus.” The prefect said: “Then let him be treated like Hippolytus, and dragged by wild horses.” By this sentence he alluded to Hippolytus, the son of Theseus, who, flying from the indignation of his father, met a monster, the sight of which affrighted his horses, so that he fell from his chariot, and, being entangled in the harness, was dragged along, and torn to pieces. 2 No sooner was the order given but the people set themselves to work in assisting the executioners. Out of the country, where untamed horses were kept, they took a pair of the most furious and unruly they could meet with, and tied a long rope between them instead of a poll, to which they fastened the martyr’s feet. Then they provoked the horses to run away by loud cries, whipping and pricking them. The last words which the martyr was heard to say as they started, were: “Lord, they tear my body, receive thou my soul.” The horses dragged him away furiously into the woods, through brooks, and over ditches, briers, and rocks: they beat down the hedges, and broke through every thing that came in their way. The ground, the thorns, trees, and stones, were sprinkled with his blood, which the faithful that followed him at a distance weeping, respectfully sucked up from every place with spunges, and they gathered together all the mangled parts of his flesh and limbs, which lay scattered all about. They brought these precious relics to Rome, and buried them in the subterraneous caverns called catacombs, which Prudentius 3 here describes at large. He says that the sacred remains of St. Hippolytus were deposited in this place near an altar, at which the faithful were fed with the heavenly banquet, and the divine sacraments, and obtained the speedy effect of their requests to God. He testifies, that as often as he had prayed there when he was at Rome, for the remedy of his infirmities, whether of body or mind, he had always found the desired relief; but professes that he was indebted to Christ for all favours received, because he gave to his martyr Hippolytus the power to obtain for him the divine succour. He adds, that the chapel which contained these sacred relics shone within with solid silver with which the walls were incrustated, and on the outside with the brightest marble like looking-glass, which covered the walls, the whole being ornamented with abundance of gold. He says, that from the rising to the setting of the sun, not only the inhabitants of Rome, but many from remote countries, resorted in great numbers to this holy place, to pay adoration to God; and that especially on the martyr’s festival, on the Ides or 13th of August, both senators and people came thither to implore the divine mercy, and kiss the shrine which contained the relics. He moreover describes a sumptuous great church which was built in honour of the martyr near his tomb, and which was thronged with multitudes of devout Christians. He mentions 4 the effigies of the saint’s martyrdom skilfully drawn over his tomb. 5

It is the reflection of St. Austin, 6 that if, with the martyrs, we seriously considered the rewards that await us, we should account all trouble and pains in this life as nothing; and should be astonished that the divine bounty gives so great a salary for so little labour. To obtain eternal rest, should require, if it had been possible, eternal labour; to purchase a happiness without bounds, a man should be willing to suffer for a whole eternity. That indeed is impossible; but our trials might have been very long. What are a thousand years, or ten hundred thousand ages in comparison to eternity? There can be no proportion between what is finite and that which is infinite. Yet God in his great mercy does not bid us suffer so long. He says, not a million, or a thousand years, or even five hundred; but only labour the few years that you live; and in these the dew of my consolations shall not be wanting; and I will recompense your patience for all with a glory that has no end. Though we were to be loaded with miseries, pain, and grief our whole life, the thoughts of heaven alone ought to make us bear its sharpest trials with cheerfulness and joy.

Note 1. Decius raised the seventh general persecution against the church, which he carried on with the utmost cruelty during his whole reign, though this did not much exceed two years; for presuming to rage against God, says Lactantius, (l. de Mort. Pers. n. 4,) he was immediately thrown down. Having marched against the Carpi, a Scythian nation, who had possessed themselves of Dacia and Mœsia, in Thrace, he was surrounded by the barbarians and a great part of his army was cut off; his eldest son was killed in the battle: Decius himself, in his flight, sunk in a morass, together with his horse, and there perished. His body could never be found, and he was deprived of the honour of a funeral. His death, which happened on the 27th of October, 251, restored peace to the church for a short time. Gallus, then his general on the Tanais, to whose treachery his misfortune is ascribed, succeeded him in the empire, and created his son Volusianus, Cæsar. Hostilius, the second son of Decius, was acknowledged his colleague in the throne, but soon died, whether by a natural distemper or through some contrivance of Gallus, is uncertain. The new emperor having purchased an ignominious peace of the Scythians, by subjecting the empire to an annual tribute, and yielding up a considerable territory to them, instead of taking warning from the chastisement of Decius, soon renewed the persecution. The great plague which began in 250, and ravaged several provinces of the empire during ten years, was a pretence made use of for spilling the blood of the Christians. Gallus commanded sacrifices everywhere to be made to Apollo for averting that scourge. This gave occasion to the reviving of the persecution, which, as even Dodwell confesses, was hotter and more bloody than it had been under Decius, and continued till Gallus and Volusianus, in the year 254, the third of their reign, were slain at Interamne, now called Terni; where Æmilianus (who having quelled the Goths in Thrace, had been proclaimed emperor by his army) gave them battle; but three months after, Æmilianus being slain by his own soldiers near Spoletto, Valerian, who commanded the army in Gaul, got possession of the throne, and for some time gave peace to the church. The reign of Gallus was remarkable for nothing but the blood of many martyrs, and a continual train of misfortunes, especially the great pestilence. See Eus. l. 7, c. 1, and in Chron. ad an. 253; Orosius, l. 7; St. Cyprian, &c. [back]

Note 2. Ovid. Metam. l. 15, fab. 14. [back]

Note 3. Hym. de Cor. hymn. 20, (alias 4,) de S. Hippol. v. 154. The catacombs here described by Prudentius are those in which St. Hippolytus was interred, in the Veran field, near the road to Tibur. The other most famous among those near Rome, are the catacombs of St. Agnes, St. Sebastian, and St. Pancras. See Aringhi, l. 3, c. 12. [back]

Note 4. Ovid. Metam. l. 15, fab. 14, v. 123. [back]

Note 5. The curious ancient subterraneous chapel at Royston, in Hertfordshire, upon the edge of Cambridgeshire, still standing, founded for hermits, was dedicated in honour of St. Laurence and St. Hippolytus, and the high altar, under the patronage of St. Catharine of Alexandria, whose images with those of many other saints are still seen carved in the rock walls. Stukeley imagines this chapel, with the famous cross on the highway there, called Roheys-Cross, to have been founded by the lady Roisia, daughter of Alberic de Vere, earl of Oxford, and widow of Geoffrey de Magneville, earl of Essex, who died in 1148, in the reign of Henry II. She was certainly after her second marriage to Pain de Beauchamp the foundress of the nunnery of Chikesand of Gilbertins in Bedfordshire, to which she afterwards retired, and in which she died and was buried, as Leland testifies. See Stukeley’s Origenes Roystonianæ in the first part of his Palæographia Britannica, Lond. 1742; but Parkin, rector of Oxburgh, in Norfolk, in his answer to this work, printed an. 1744, shows this chapel to have been much older, founded by the Saxons; and thinks it and the cross on the meeting of the Roman roads Ermin-street, and Ikening-way, so called from Royes, probably a Saxon or British saint; for near High-cross in Hertfordshire was a nunnery called Roheyney, or Roheenia.

  St. Hippolytus was honoured in the neighbourhood of Royston with so great devotion, that a few miles off, a town was called from him Hippolytes, and by corruption now Eppallets or Pallets. The church of this town was dedicated under the invocation of St. Hippolytus; and in it horses were blessed at the high altar with an incredible concourse, this saint being honoured as patron of horsemen. See Sir Henry Chancey’s Hist. of Hertfordshire, p. 398.


N. B. The church honours several illustrious saints of the name Hippolytus, a Greek word, signifying a conductor of horses. St. Hippolytus, priest and martyr, honoured on this day, is supposed by many authors to be the same with the soldier of that name who guarded St. Laurence, was baptized by him in prison, and afterwards was drawn by wild horses; but others affirm that they were different persons. [back]

Note 6. S. Aug. Enar. in Ps. 93, p. 224. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VIII: August. The Lives of the Saints.  1866

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/8/131.html

St. Hippolytus of Rome

Martyr, presbyter and antipope; date of birth unknown; d. about 236. Until the publication in 1851 of the recently discovered "Philosophumena", it was impossible to obtain any definite authentic facts concerning Hippolytus of Rome and his life from the conflicting statements about him, as follows:
  • Eusebius says that he was bishop of a church somewhere and enumerates several of his writings (Church History VI.20.22).
  • St. Jerome likewise describes him as the bishop of an unknown see, gives a longer list of his writings, and says of one of his homilies that he delivered it in the presence of Origen, to whom he made direct reference (Illustrious Men 61).
  • The Chronography of 354, in the list of popes, mentions Bishop Pontianus and the presbyter Hippolytus as being banished to the island of Sardinia in the year 235; the Roman Calendar in the same collection records under 13 August the feast of Hippolytus on the Via Tiburtina and Pontianus in the catacomb of Callistus (ed. Mommsen in "Mon. Germ. Hist.: auctores antiquissimi", IX, 72, 74).
  • According to the inscription over the grave of Hippolytus composed by Pope Damasus, he was a follower of the Novatian schism while a presbyter, but before his death exhorted his followers to become reconciled with the Catholic Church (Ihm, "Damasi epigrammata", Leipzig, 1895, 42, n.37).
  • Prudentius wrote a hymn on the martyr Hippolytus ("Peristephanon", hymn XI, in P.L., LX, 530 sqq.), in which he places the scene of the martyrdom at Ostia or Porto, and describes Hippolytus as being torn to pieces by wild horses, evidently a reminiscence of the ancient Hippolytus, son of Theseus.
  • Later Greek authors (e.g. Georgius Syncellus., ed. Bonn, 1829, 674 sqq.; Nicephorus Callistus, "Hist. eccl.", IV, xxxi) do not give much more information than Eusebius and Jerome; some of them call him Bishop of Rome, others Bishop of Porto. According to Photius (Bibliotheca, codex 121), he was a disciple of St. Irenæus. Oriental writers, as well as Pope Gelasius, place the See of Hippolytus at Bostra, the chief city of the Arabs.
  • Several later legends of martyrs speak of Hippolytus in various connections. That of St. Laurence refers to him as the officer appointed to guard the blessed deacon, who was converted, together with his entire household, and killed by wild horses (Acta SS., August, III, 13-14; Surius, "De probatis Sanctorum historiis", IV, Cologne, 1573, 581 sqq.). A legend of Porto identifies him with the martyr Nonnus and gives an account of his martyrdom with others of the same city (Acta SS., August, IV, 506; P.G., X, 545-48).
  • A monument of importance is the large fragment of a marble statue of the saint discovered in 1551 which underwent restoration (the upper part of the body and the head being new), and is now preserved in the Lateran museum; the paschal cycle computed by Hippolytus and a list of his writings are engraved on the sides of the chair on which the figure of Hippolytus is seated; the monument dates from the third century (Kraus, "Realencyklopädie der christlichen Altertumer", 661 sqq.).
  • The topographies of the graves of the Roman martyrs place the grave of Hippolytus in the cemetery on the Via Tiburtina named after him, mention the basilica erected there, and give some legendary details concerning him. (De Rossi, "Roma sotterranea", I, 178-79); the burial vault of the sainted confessor was unearthed by De Rossi (Bullettino di archeologia cristiana, 1882, 9-76).
The discovery of the "Philosophumena" has now made it possible to clear up the most important period of the life of St. Hippolytus through his own evidence, and at the same time to test and correct the conflicting accounts contained in the old authorities. We proceed on the assumption that Hippolytus was really the author of the aforesaid work, an hypothesis almost universally accepted by investigators today.

Hippolytus was a presbyter of the Church of Rome at the beginning of the third century. There is no difficulty in admitting that he could have been a disciple of St. Irenæus either in Rome or Lyons. It is equally possible that Origen heard a homily by Hippolytus when he went to Rome about the year 212. In the reign of Pope Zephyrinus (198-217) he came into conflict with that pontiff and with the majority of the Church of Rome, primarily on account of the christological opinions which for some time had been causing controversies in Rome. Hippolytus had combated the heresy of Theodotion and the Alogi; in like fashion he opposed the false doctrines of Noetus, of Epigonus, of Cleomenes, and of Sabellius, who emphasized the unity of God too one-sidedly (Monarchians) and saw in the concepts of the Father and the Son merely manifestations (modi) of the Divine Nature (Modalism, Sabellianism). Hippolytus, on the contrary, stood uncompromisingly for a real difference between the Son (Logos) and the Father, but so as to represent the Former as a Divine Person almost completely separate from God (Ditheism) and at the same time altogether subordinate to the Father (Subordinationism). As the heresy in the doctrine of the Modalists was not at first clearly apparent, Pope Zephyrinus declined to give a decision. For this Hippolytus gravely censured him, representing him as an incompetent man, unworthy to rule the Church of Rome and as a tool in the hands of the ambitious and intriguing deacon Callistus, whose early life is maliciously depicted (Philosophumena, IX, xi-xii). Consequently when Callistus was elected pope (217-218) on the death of Zephyrinus, Hippolytus immediately left the communion of the Roman Church and had himself elected antipope by his small band of followers. These he calls the Catholic Church and himself successor to the Apostles, terming the great majority of Roman Christians the School of Callistus. He accuses Callistus of having fallen first into the heresy of Theodotus, then into that of Sabellius; also of having through avarice degraded ecclesiastical, and especially the penitential, discipline to a disgraceful laxity. These reproaches were altogether unjustified. Hippolytus himself advocated an excessive rigorism. He continued in opposition as antipope throughout the reigns of the two immediate successors of Callistus, Urban (222 or 223 to 230) and Pontius (230-35), and during this period, probably during the pontificate of Pontianus, he wrote the "Philosophumena". He was banished to the unhealthful island (insula nociva) of Sardinia at the same time as Pontianus; and shortly before this, or soon afterward, he became reconciled with the legitimate bishop and the Church of Rome. For, after both exiles had died on the island of Sardinia, their mortal remains were brought back to Rome on the same day, 13 August (either 236 or one of the following years), and solemnly interred, Pontianus in the papal vault in the catacomb of Callistus and Hippolytus in a spot on the Via Tiburtina. Both were equally revered as martyrs by the Roman Church: certain proof that Hippolytus had made his peace with that Church before his death. With his death the schism must have come to a speedy end, which accounts for its identification with the Novatian schism at the end of the fourth century, as we learn from the inscription by Damasus.

The fact that Hippolytus was a schismatic Bishop of Rome and yet was held in high honour afterwards both as martyr and theologian, explains why as early as the fourth century nothing was known as to his see, for he was not on the list of the Roman bishops. The theory championed by Lightfoot (see below), that he was actually Bishop of Porto but with his official residence in Rome, is untenable.

This statement, made by a few authorities, results from a confusion with a martyr of Porto, due perhaps to a legendary account of his martyrdom. Moreover De Rossi's hypothesis, based on the inscription by Damasus, that Hippolytus returned from exile, and subsequently became an adherent of Novatian, his reconciliation with the Roman Church not being effected until just before his martyrdom under the Emperor Valerian (253-60), is incompatible with the supposition that he is the author of the "Philosophumena." The feast of St. Hippolytus is kept on 13 August, a date assigned in accordance with the legend of St. Laurence; that of Hippolytus of Porto is celebrated on 22 August.

Hippolytus was the most important theologian and the most prolific religious writer of the Roman Church in the pre-Constantinian era. Nevertheless the fate of his copious literary remains has been unfortunate. Most of his works have been lost or are known only through scattered fragments, while much has survived only in old translations into Oriental and Slavic languages; other writings are freely interpolated. The fact that the author wrote in Greek made it inevitable that later, when that language was no longer understood in Rome, the Romans lost interest in his writings, while in the East they were read long after and made the author famous. His works deal with several branches of theology, as appears from the aforementioned list on the statue, from Eusebius, St. Jerome, and from Oriental authors. His exegetical treatises were numerous: he wrote commentaries on several books of the Old and New Testaments. Most of these are extant only in fragments. The commentary on the Canticle of Canticles, however, has probably been preserved in its entirety ("Werke des Hippolytus", ed. Bonwetsch, 1897, 343 sqq.); likewise the fullest extant commentary on the Book of Daniel in 4 books (ibid., 2 sqq.). Eight of his works, known by their titles, dealt with dogmatic and apologetic subjects, but only one has come down entire in the original Greek. This is the work on Christ and Antichrist ("De Antichristo", ed. Achelis, op. cit., I, II, 1 sqq.); fragments of a few others have been preserved. Of his polemics against heretics the most important is the "Philosophumena", the original title of which is kata pason aireseon elegchos (A Refutation of All Heresies). The first book had long been known; books IV to X, which had been discovered a short time previously, were published in 1851. But the first chapters of the fourth and the whole of the second and third books are still missing. The first four books treat of the Hellenic philosophers; books V to IX are taken up with the exposition and refutation of Christian heresies, and the last book contains a recapitulation. The work is one of the most important sources for the history of the heresies which disturbed the early Church. Origen is cited in some manuscripts as the author of the first book. Photius attributes it to the Roman author Caius, while by others it has been ascribed also to Tertullian and Novatian. But most modern scholars hold for weighty reasons that Hippolytus is undoubtedly its author. A shorter treatise agains heresies (Syntagma), and written by Hippolytus at an earlier date, may be restored in outline from later adaptations (Libellus adversus omnes haereses; Epiphanius, "Panarion"; Philastrius, "De haeresibus"). He wrote a third antiheretical work which was universal in character, called the "Small Labyrinth". Besides these Hippolytus wrote special monographs against Marcion, the Montanists, the Alogi, and Caius. Of these writings only a few fragments are extant. Hippolytus also produced an Easter cycle, as well as a chronicle of the world which was made use of by later chroniclers. And finally St. Jerome mentions a work by him on Church laws. Three treatises on canon law have been preserved under the name of Hippolytus: the "Constitutiones per Hippolytum" (which are parallel with the eighth book of the Apostolic Constitutions), the Egyptian Church Ordinance, in Coptic, and the "Canones Hippolyti". Of these works the first two are spurious beyond doubt, and the last, the authenticity of which was upheld even by Achelis (Die Canones Hippolyti, Leipzig, 1891), belongs in all probability to the fifth or sixth century.

The works of Hippolytus have been edited by Fabricius, "S. Hippolyti episcopi et mart. opera" (2 vols., Hamburg, 1716-18); by Gallandi in "Bibliotheca veterum patrum", II, 1766; in Migne, P.G., X; by Lagarde (Leipzig and London, 1858); and by Bonwetsch and Achelis, "Hippolytus" I, pts. I and II (Leipzig, 1897), in "Die gr. chr. Schriftsteller", a series published by the Berlin Academy. The "Philosophumena" was edited by Miller, as the work of Origen (Oxford, 1851); by Duncker and Schneidewin as the work of Hippolytus (Göttingen, 1859), and in P.G., XVI. The "Canones Hippolyti" were edited by Haneberg (Munich, 1870); by Achelis, "Die ältesten Quellen des orientalischen Kirchenrechts", I, in "Texte und Untersuchungen", VI (Leipzig, 1891), 4.

Kirsch, Johann Peter. "St. Hippolytus of Rome." The Catholic Encyclopedia. Vol. 7. New York: Robert Appleton Company, 1910. 14 Aug. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/07360c.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Judy Levandoski.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. June 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/07360c.htm