dimanche 1 décembre 2013

Bienheureux CHARLES de FOUCAULD, religieux, ermite, missionnaire et martyr


Charles de Foucauld (1858-1916)

Charles de Foucauld (Frère Charles de Jésus) naquit à Strasbourg, en France, le 15 septembre 1858. Orphelin à six ans, il fut élevé, avec sa soeur Marie, par son grand-père, dont il suivit les déplacements dus à sa carrière militaire.

Adolescent, il s'éloigna de la foi. Connu pour son goût de la vie facile, il révéla cependant une volonté forte et constante dans les difficultés. Il entreprit une périlleuse exploration au Maroc (1883-1884). Le témoignage de la foi des musulmans réveilla en lui la question de Dieu:  "Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse".

De retour en France, touché par l'accueil affectueux et discret de sa famille profondément chrétienne, il se mit en quête. Guidé par un prêtre, l'abbé Huvelin, il retrouva Dieu en octobre 1886. Il avait 28 ans. "Aussitôt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui".

Un pèlerinage en Terre Sainte lui révéla sa vocation:  suivre Jésus dans sa vie de Nazareth. Il passa sept années à la Trappe, d'abord à Notre-Dame des Neiges, puis à Akbès, en Syrie. Il vécut ensuite seul dans la prière et l'adoration près des Clarisses de Nazareth.

Ordonné prêtre à 43 ans (1901), il partit au Sahara, d'abord à Beni-Abbès, puis à Tamanrasset parmi les Touaregs du Hoggar. Il voulait rejoindre ceux qui étaient le plus loin, "les plus délaissés, les plus abandonnés". Il voulait que chacun de ceux qui l'approchaient le considère comme un frère, "le frère universel". Il voulait "crier l'Évangile par toute sa vie" dans un grand respect de la culture et de la foi de ceux au milieu desquels il vivait. "Je voudrais être assez bon pour qu'on dise:  Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître?".

Le soir du 1 décembre 1916, il fut tué pas une bande qui avait encerclé sa maison.

Il avait toujours rêvé de partager sa vocation avec d'autres:  après avoir écrit plusieurs règles religieuses, il pensa que cette "vie de Nazareth" pouvait être vécue partout et par tous. Aujourd'hui, la "famille spirituelle de Charles de Foucauld" comprend plusieurs associations de fidèles, des communautés religieuses et des instituts séculiers de laïcs ou de prêtres.

SOURCE : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20051113_de-foucauld_fr.html


Bienheureux Charles de Foucauld

Ermite, prêtre, missionnaire ( 1916)

Charles de Foucauld a été béatifié le 13 novembre 2005.

Officier à la vie dissolue et scandaleuse, il se convertit à Paris. Il se fait moine puis ermite à Nazareth et enfin au Sahara. Sa vie  magnifique a suscité de nombreuses familles religieuses.  


"Charles de Foucauld a eu une influence notable sur la spiritualité du XXe siècle et il reste, en ce début du troisième millénaire, une référence féconde, une invitation à un style de vie radicalement évangélique, et cela au-delà même de ceux qui appartiennent aux différents groupements dont sa famille spirituelle, nombreuse et diversifiée, est formée.

Accueillir l'Évangile dans toute sa simplicité, évangéliser sans vouloir imposer, témoigner de Jésus dans le respect des autres expériences religieuses, réaffirmer le primat de la charité vécue dans la fraternité, voilà quelques-uns seulement des aspects les plus importants d'un précieux héritage qui nous incite à faire que notre vie consiste, comme celle du bienheureux Charles, à 'crier l'Évangile sur les toits… [à] crier que nous sommes à Jésus'" (source: site du Vatican, homélie de la messe de béatification)

Charles de Foucauld (1858-1916) 

"Ordonné prêtre à 43 ans (1901), il partit au Sahara, d'abord à Beni-Abbès, puis à Tamanrasset parmi les Touaregs du Hoggar. Il voulait rejoindre ceux qui étaient le plus loin, 'les plus délaissés, les plus abandonnés'. Il voulait que chacun de ceux qui l'approchaient le considère comme un frère, 'le frère universel'. Il voulait 'crier l'Évangile par toute sa vie' dans un grand respect de la culture et de la foi de ceux au milieu desquels il vivait. 'Je voudrais être assez bon pour qu'on dise:  Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître?'." (source: site du Vatican, biographie)

"Charles de Foucauld, une vie déroutante" (site de la Fraternité séculière

"Charles de Foucauld (1858-1916), qui a longuement vécu dans le désert algérien, a été béatifié au Vatican, le 13 novembre 2005." (site internet de l'Église d'Algérie)

- "Charles de Foucauld a été ordonné prêtre dans la chapelle du Grand Séminaire de Viviers, après avoir passé un an à la Trappe de Notre Dame des Neiges. Ainsi, il a été prêtre du diocèse de Viviers et rattaché à notre diocèse jusqu’à sa mort." (Le Père Charles de Foucauld - Un prêtre du Diocèse de Viviers - Église catholique en Ardèche)

- Bienheureux Charles de Foucauld (1858 - 1916) La vie de Charles de Foucauld est marquée par la conversion et le désir d'aller vers les plus lointains. Il a été béatifié en 2005 par Benoît XVI. (Témoins - site de l'Église catholique en France)

- La première et la plus sûre méthode pour découvrir et connaître Charles de Foucauld est de lire ses Ecrits et sa Correspondance. (diocèse de Lyon - témoins de la foi)

- ...À Paris, guidé par l’abbé Huvelin, il retrouve Dieu à 28 ans. «Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui»... (diocèse de Paris)
Un internaute nous suggère: "Il pourrait être patron des professeurs de langue, lui qui a appris la langue Touareg et écrit le dictionnaire"

Mon Père, 
Je m’abandonne à toi, 
fais de moi ce qu’il te plaira. 
Quoi que tu fasses de moi, 
je te remercie. 
Je suis prêt à tout, j’accepte tout. 
Pourvu que ta volonté se fasse en moi, 
en toutes tes créatures, 
je ne désire rien d’autre, mon Dieu. 
Je remets mon âme entre tes mains. 
Je te la donne, mon Dieu, 
avec tout l’amour de mon cœur, 
parce que je t’aime, 
et que ce m’est un besoin d’amour 
de me donner, 
de me remettre entre tes mains 
sans mesure, 
avec une infinie confiance 
car tu es mon Père

Charles de Foucauld






MESSE ET BÉATIFICATION DES SERVITEURS DE DIEU:

CHARLES DE FOUCAULD,
MARIA PIA MASTENA
MARIA CROCIFISSA CURCIO


HOMÉLIE DU CARDINAL JOSÉ SARAIVA MARTINS

Basilique Vaticane

Dimanche 13 novembre 2005



1. Ce dimanche, trente-troisième du temps ordinaire, est l'avant-dernier de l'année liturgique, qui arrive à sa conclusion. Une année qui s'achève est toujours un rappel à penser au mystère du temps qui passe, qui fuit inexorablement, à la fin de la vie.

A ce sujet, la Parole de Dieu de ce dimanche, suscite une interrogation concrète:  "Comment devons-nous vivre dans l'attente du retour de Jésus?". La réponse nous est proposée par Jésus en personne, à travers la Parabole des talents, que l'on vient d'entendre. Il en découle immédiatement une conséquence. Tout ce que nous sommes et tout ce que nous possédons, nous devons l'engager et le mettre au service du Seigneur et de notre prochain, en un mot, le transformer en charité!

En ce sens, se révèle extraordinairement vraie l'affirmation selon laquelle, devant Dieu, nous n'emporterons que ce que nous avons donné et non ce que nous avons accumulé, parce que ce que nous donnons nous le plaçons à la banque de l'amour. C'est pour cette raison que Jésus loue les deux hommes qui ont su faire fructifier les talents qu'ils ont reçus:  c'est précisément ce qu'ont fait les saints, dans la logique divine de l'amour et du don total de soi. Et c'est précisément ce qui, sans aucun doute, distingue et unit à la fois les splendides figures des trois nouveaux bienheureux:  Charles de Foucauld; Maria Pia Mastena et Maria Crocifissa Curcio.

2. Charles de Foucauld, méditant en présence de l'Enfant-Jésus pendant la période de Noël 1897-1898 sur le passage de l'Evangile de saint Matthieu qui a été proclamé en ce dimanche, retient l'obligation faite à celui qui a reçu des talents de les faire fructifier:  "Il nous sera demandé compte de tout ce que nous avons reçu... Et puisque j'ai tant reçu, il me sera beaucoup demandé! Si j'ai beaucoup plus reçu que la plupart des hommes... la conversion, la vocation religieuse, la Trappe, la vie d'ermite, Nazareth, la communion quotidienne, et tant d'autres grâces, il me sera beaucoup demandé...".

La béatification de Charles de Foucauld nous en est la confirmation:  conduit véritablement par l'Esprit de Dieu, il a su utiliser et faire fructifier les nombreux "talents" qu'il avait reçus et, correspondant heureusement aux inspirations divines, il a suivi un chemin vraiment évangélique sur lequel il a attiré des milliers de disciples.

Le Saint-Père Benoît XVI rappelait récemment que "nous pouvons résumer notre foi en ces mots:  Iesus Caritas, Jésus Amour", qui sont les mots mêmes que Charles de Foucauld avait choisis comme devise qui exprimât sa spiritualité.

La vie aventureuse et fascinante de Charles de Foucauld offre une preuve convaincante de la vérité de ces paroles du Souverain Pontife. On peut, en effet, découvrir sans peine comme un fil rouge qui, à travers tous les changements et toutes les évolutions, pénètre de part en part l'existence du Frère Charles; comme l'écrit, en 1889, l'abbé Huvelin au Père Abbé de Solesmes:  "Il fait de la religion un amour".

Charles lui-même révélait ainsi, à un ami de lycée resté agnostique, ce qu'il appelait "le secret de ma vie":  "L'imitation est inséparable de l'amour... J'ai perdu mon coeur pour ce Jésus de Nazareth crucifié il y a mille neuf cents ans et je passe ma vie à chercher à l'imiter autant que le peut ma faiblesse".

Dans la correspondance avec Louis Massignon, on peut analyser la liberté que Charles a acquise dans sa manière d'apprendre à aimer:  "L'amour de Dieu, l'amour du prochain... Là est toute la religion... Comment y arriver? Pas en un jour puisque c'est la perfection même:  c'est le but auquel nous devons tendre toujours, dont nous devons nous rapprocher sans cesse et que nous n'atteindrons qu'au ciel".

En 1882 déjà, nous trouvons la fameuse phrase de Mt 25, qu'il cite si souvent et qui l'accompagne jusqu'à la méditation finale de 1916, quand il met en parallèle présence eucharistique et présence dans les plus petits: 

"Il n'y a pas, je crois, de parole de l'Évangile qui ait fait sur moi une plus profonde impression et transformé davantage ma vie que celle-ci:  "Tout ce que vous faites à un de ces petits, c'est à moi que vous le faites". Si on songe que ces paroles sont celles de la Vérité incréée, celles de la bouche qui a dit "ceci est mon corps... ceci est mon sang", avec quelle force on est porté à chercher et à aimer Jésus dans "ces petits", ces pécheurs, ces Pauvres".

Charles de Foucauld a eu une influence notable sur la spiritualité du XX siècle et il reste, en ce début du troisième millénaire, une référence féconde, une invitation à un style de vie radicalement évangélique, et cela au-delà même de ceux qui appartiennent aux différents groupements dont sa famille spirituelle, nombreuse et diversifiée, est formée.

Accueillir l'Évangile dans toute sa simplicité, évangéliser sans vouloir imposer, témoigner de Jésus dans le respect des autres expériences religieuses, réaffirmer le primat de la charité vécue dans la fraternité, voilà quelques-uns seulement des aspects les plus importants d'un précieux héritage qui nous incite à faire que notre vie consiste, comme celle du bienheureux Charles, à "crier l'Évangile sur les toits... [à] crier que nous sommes à Jésus".

3. Saint Paul, dans la deuxième lecture extraite de la Lettre aux Thessaloniciens, rappelle la nécessité d'être vigilant, car nous ne savons pas quand le Fils de Dieu reviendra juger notre oeuvre, sur la base des dons reçus. La vie du chrétien est véritablement une longue veille, un temps d'attente du Seigneur. Mais nous, ainsi que le rappelle l'Apôtre, nous sommes:  "tous fils de la lumière" (Th 5, 5) parce qu'à travers le baptême nous sommes incorporés au Christ, Lumière du monde. C'est une lumière bien visible et lumineuse qu'a faite briller la bienheureuse Maria Pia Mastena, qui vécut sa condition de religieuse dans la recherche continuelle de tenter de ramener sur le visage de ses frères, la splendeur de la Sainte Face, pour laquelle elle avait tant d'amour. Le visage de l'homme, notamment lorsqu'il est déformé par le péché et par les malheurs de ce monde, ne pourra resplendir que lorsqu'il sera conforme à celui du Christ, martyrisé sur la Croix et transfiguré par la gloire du Père. Mère Mastena ressentit la forte tension missionnaire de:  "Porter le Visage de Jésus parmi les hommes du monde entier, dans les lieux les plus pauvres et les plus abandonnés". En regardant la sainteté de la Bienheureuse Mère Mastena, il est légitime de reconnaître en elle une grande artiste qui a su imprimer en elle-même l'Image de Jésus, en assumant, à travers l'exercice d'un si grand nombre de vertus, le "Visage des visages", le plus beau Visage qui soit parmi les fils des hommes. Elle a réussi à faire transparaître, sur ses traits personnels, le Visage du Seigneur dans les expressions de la miséricorde, de la charité, du pardon, du service à plein temps aux personnes les plus démunies. Avec de grands sacrifices, de grandes difficultés, avec foi et ténacité, en 1936, Maria Pia Mastena fonda la Congrégation des Religieuses de la Sainte Face, en transmettant à ses consoeurs son projet de vie, qu'elle résumait par la définition suivante:  "diffuser, réparer, rétablir le Visage du Christ chez nos frères". Ainsi expliquait-elle aux jeunes Soeurs, en quelques mots d'une grande intensité, le charisme des religieuses de la Sainte Face:  "Lorsque l'un de nos frères est triste et souffrant, il est de notre devoir de faire revenir le sourire sur son visage... Telle est notre mission:  faire sourire le visage du doux Jésus sur le visage de notre frère!".

Dans un monde de personnes distraites vis-à-vis des choses éternelles, l'exemple resplendissant de la Bienheureuse Mère Mastena dont le visage laissait transparaître, comme en filigrane, le visage souriant du Christ est plus que jamais actuel. Toute la personne de Mère Maria Pia était remplie de la présence du Christ Crucifié et Ressuscité, de manière si évidemment surabondante que cela la poussait à le servir chez tous les pauvres et à s'identifier à l'Eucharistie célébrée et adorée. Nous avons écouté lors de la première lecture le célèbre hymne alphabétique qui conclut le livre des Proverbes, ainsi appelé parce que l'initiale de chaque verset compose l'alphabet hébreux. La littérature sapientielle choisit une femme comme modèle et incarnation du grand thème de ce dimanche:  l'engagement du croyant dans la multiplicité de ses dons et dans les diverses situations existentielles. Mais au-delà de la célébration de la femme parfaite dans ses différents aspects, c'est la richesse humaine qui est célébrée comme "supérieure aux perles" par sa valeur et qui donne consistance à toutes les activités extérieures; une richesse intérieure dévoilée et construite par le septième don de l'Esprit Saint:  la crainte de Dieu, c'est-à-dire la capacité à suivre les indications divines pour diriger sa vie selon le dessein de Dieu.

4. Le serviteur paresseux et arrogant de la parabole des talents trouve son contrepoint positif dans la figure féminine qui nous est présentée dans le livre des Proverbes. Par son charisme maternel et son génie féminin vient parfaitement s'inscrire dans ce contexte la bienheureuse Maria Crocifissa Curcio, femme habile et active, attentive à prendre soin des besoins de son prochain, jusqu'à en faire un membre de "sa famille". Mère Maria Crocifissa a su elle aussi "se procurer la laine et le lin" et les travailler volontiers "de ses propres mains" pour faire croître la famille qui lui avait été confiée par Dieu. Elle trouva dans l'esprit du Carmel, et très concrètement dans le charisme contemplatif et missionnaire de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, l'élan pour fonder la congrégation carmélite des Missionnaires de Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus.

L'amour de Jésus l'a conduite sur un chemin qui a souvent été difficile et amer, en lui faisant faire l'expérience de ce que signifie être "crucifiée", comme Jésus, par amour pour ses frères, toujours présents dans ses attentions, même dans les moments de plus grande intimité avec Dieu. Elle écrivait dans son Journal spitrituel:  "La seule pensée de pâtir pour mes frères me remplissait l'âme de joie... Ma tendresse croît toujours... et c'est avec cette tendresse que j'aime les petites filles que la Providence m'a confiées, j'aime le monde entier aime la nature avec toutes ses beautés" (4 avril 1928).

Mère Maria Crocifissa fut une femme simple et forte, saisie par l'amour de Dieu, toute tendue vers le ciel, mais attentive à se pencher vers la terre, en particulier sur l'humanité souffrante et nécessiteuse. Elle sut tirer de sa foi profonde et de l'amour passionné pour l'Eucharistie l'inspiration et la nourriture permanente pour sa recherche de la sainteté. La bienheureuse Mère Curcio a su conjuguer, dans les événements ordinaires de sa vie quotidienne, la prière et l'action, en entendant cette dernière comme un secours aux pauvres, et plus précisément, comme un accueil et une formation de la jeunesse la plus laissée pour compte. C'est précisément par sa normalité et son sens du concret qu'elle est un modèle auquel l'on peut s'inspirer encore aujourd'hui, car son message est d'une grande actualité.

5. Très chers frères et soeurs, si nous allons, en fin de compte, à la signification première de la parabole des talents, encore très actuelle pour nous, nous devons dire que Dieu confie sa parole à notre administration et à notre responsabilité, pour que nous investissions dans ce trésor, c'est-à-dire pour que la Parole de Dieu soit un motif d'inspiration de notre vie, sans peur de nous compromettre, parce que nous n'avons pas à nous comporter comme le serviteur qui, animé par une fausse prudence humaine, enterra son talent. L'avertissement que nous donne Jésus conserve pour nous toute sa force. Nous devons en effet nous demander:  comment participer aux richesses de Dieu, sans les transmettre au monde?

Une Eglise - c'est-à-dire nous-mêmes - qui ne ferait pas courir de risque à son héritage en s'engageant courageusement dans la cité des hommes, non seulement trahirait sa mission, mais aurait déjà tout perdu.

Apprenons des nouveaux bienheureux à vivre une foi contagieuse, communicative, parce qu'une foi "inoffensive", qui ne dit rien à personne, qui ne se traduit pas en témoignage, demeure un don "inutilisé".

A l'exemple de ces témoins du Christ Ressuscité, nous devons nous aussi ne jamais cesser de faire fructifier les talents que nous avons reçu jusqu'à entendre à nouveau ces splendides paroles que l'on peut considérer comme une sorte de formule évangélique de béatification:  "C'est bien, serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Seigneur" (Mt 25, 21).



Bienheureux Charles de Foucauld (1858 - 1916)

"Je veux habituer tous les habitants à me regarder comme leur frère, le frère universel"

La vie de Charles de Foucauld est marquée par la conversion et le désir d'aller vers les plus lointains. Il a été béatifié en 2005 par Benoît XVI.
Né le 15 septembre 1858 à Strasbourg, Charles de Foucauld se trouve orphelin dès l'âge de 5 ans. Il commence une vie à la fois passionnante et tourmentée. Pendant ses études secondaires, il perd la foi, troquant le goût de l'étude pour celui d'une vie facile et de joyeuses compagnies. Il entre à St Cyr, d'où il réussira à sortir parmi les derniers de sa promotion ! Lié à une compagne, il refuse de rompre avec elle lors de son envoi en Algérie et quitte l'armée. Apprenant que son régiment va partir en opération, il laisse son amie et est réintégré en Algérie ! Nous sommes en 1881.
Mais il sent que cette existence n'est pas pour lui. Il rejoint définitivement la vie civile à 24 ans. Entre 1882 et 1884, il prépare et réalise une expédition osée au Maroc. C'est un succès ! Pourtant la recherche d'une autre Aventure le taraude : « L'Islam a produit en moi un profond bouleversement. La vue de cette foi, de ces hommes vivant dans la continuelle présence de Dieu m'a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines ».
A la fin d'octobre 86, il rencontre l'abbé Huvelin à Paris, se confesse et communie. C'est alors un nouveau départ.
Après sept années de recherche contemplative (en Terre Sainte, à la Trappe en France puis en Syrie), il quitte la vie monastique et revient à Nazareth chez les Sœurs Clarisses (1897). Il y partage son temps entre le travail manuel, de longues heures d'adoration et de méditation de l'Ecriture. C'est là que se mûrit sa vocation profonde.
Il quitte Nazareth, et après une année de préparation, il est ordonné prêtre le 9 juin 1901 dans le Diocèse de Viviers. Il demande à revenir au Sahara et il part à Beni Abbès. Il y restera deux années avec ce désir : « Je veux habituer tous les habitants à me regarder comme leur frère, le frère universel ».
En août 1905, voulant toujours rejoindre les plus lointains et sur l'invitation de son ami Laperrine, il s'installe à Tamanrasset. Il va y mener une existence tiraillée entre la prière, l'étude, les contacts avec les Touaregs et une relation contestée avec les soldats français présents la région.
Le 1er décembre 1916, fait prisonnier par un groupe de guerriers sénoussites, il est tué par son jeune gardien pris de panique. Nous sommes en pleine guerre mondiale. Le grain est jeté en terre.
Peuple chrétien confié à un évêque.Chrétien qui a reçu le sacrement de l'Ordre pour être signe du Christ pasteur.

Que nous laisse-t-il en héritage ?

C'est tout d'abord sa conversion. En quête de sens, il a vu de nombreux musulmans prier le Dieu Unique. Cela provoque en lui une longue interrogation qui l'amènera à renouer avec la foi de son enfance, une foi qui se centrera de plus en plus sur son « Bien Aimé et Frère et Seigneur Jésus ».
Sa motivation profonde est d'aller vers les plus lointains. C'est cela qui le pousse vers le Sahara. Il n'y va pas dans un souci de vie érémitique, mais pour rencontrer les plus démunis et prendre la dernière place... toujours occupée ! Comme l'écrivait l'abbé Huvelin, « Jésus a tellement pris la dernière place que nul ne saurait la lui ravir ».
En homme de foi et en savant, il entre avec respect dans l'étude de la langue et de la culture de l'autre. Et il préfèrera « crier l'Evangile par toute sa vie » plutôt que de le déclamer sur les toits. Il passe de longues journées à travailler sur les poésies touarègues (6000 vers transcrits et déchiffrés), et laisse un dictionnaire touareg de 4 volumes qui fait encore autorité.
L'Eucharistie reste le centre de sa vie, dans l'adoration et la célébration. Elle le pousse à rencontrer Jésus dans le pauvre et l'autre différent. Il célèbre la messe régulièrement, dès qu'il le peut et se sentira profondément frustré lorsqu'il se trouvera seul sans pouvoir le faire.
Sa postérité spirituelle continue de faire tache d'huile, autour d'une vocation vouée à la « vie de Nazareth ». Partout à travers le monde, des groupes de religieuses, de prêtres et de laïcs vivent de l'esprit de Nazareth. Charles de Foucauld, à travers ombres et lumières, nous a ouverts au sens de la fraternité universelle. Cette dimension de toute vie évangélique est une urgence pour notre temps. Il nous invite à sortir de nos frilosités et de nos enfermement et à poursuivre le chemin tracé.
Mgr Claude Rault
Évêque de Laghouat (Algérie)
SOURCE : http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/la-vie-spirituelle/saintete-et-saints/temoins/bienheureux-charles-de-foucauld-1858--1916.html



Bienheureux Charles de Foucauld

Sa vie

Charles de Foucauld est né en 1858 à Strasbourg dans une famille aristocratique. En 1864, il perd ses deux parents et est confié aux soins de son grand-père maternel. Bien qu’élevé dans la religion catholique, il perd la foi vers l’âge de seize ans.

En 1876, il entre à l’école militaire. Lorsque son grand-père meurt, deux ans plus tard, il reçoit un gros héritage qu’il aura tôt fait de dilapider.

En effet, il a la réputation de mener une vie de fêtard et d’indiscipline. Il s’affiche avec une femme aux mœurs légères, Mimi, qu’il fait passer pour sa femme. Devant son refus de la répudier, il est renvoyé de l’Armée. Il réintègrera le Régiment en 1881 pour le quitter à nouveau, huit mois plus tard, afin d’entreprendre un voyage d’exploration et de reconnaissance du Maroc. Il est frappé par la foi et la prière des Musulmans.

De retour en France, il retrouve sa famille dont sa cousine Marie de Bondy, dont il est très près. Il réfléchit et s’interroge sur la spiritualité et la foi. Sa conversion a lieu dans l’église Saint-Augustin, fin octobre 1886. Étant allé y trouver l’abbé Huvelin pour recevoir des leçons sur la religion catholique, l’abbé Huvelin lui demanda de se confesser sur le champ et de communier ensuite. C’est alors que tout a basculé pour lui. Il dira plus tard : « Aussitôt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui...».

En décembre 1888, Charles effectue un pèlerinage en Terre Sainte. Il est marqué par Nazareth et par la vie humble et cachée que Jésus y a vécue pendant 30 ans. Il se sent appelé à suivre le Christ sur ce chemin de pauvreté. Aussi, de retour en France, il donne ses biens à sa sœur pour chercher une communauté religieuse. La Trappe semble convenir à son idéal de pauvreté et de vie cachée. Il entre à la Trappe de Notre-Dame des Neiges, en France. Puis, plus tard, il part pour Akbès (Syrie) dans une Trappe plus pauvre. Mais cela ne ressemble pas encore assez à Nazareth pour lui. Il rédige donc un projet de congrégation religieuse pour que des religieux vivent comme il imagine que Jésus vivait à Nazareth. Il demande à être dispensé des vœux. En octobre 1896, on l'envoie à Rome pour des études et en janvier 1897, l'Abbé général des Trappistes le laisse libre de suivre sa vocation.

Deux mois plus tard, il s’engage chez les Clarisses, à Nazareth, où il mène une vie d’ermite dans une petite cabane du jardin. Solitude, prière, adoration, méditation de l'Évangile et humble travail constituent son lot quotidien. Il y reste 3 ans et retourne en France en vue de demander la prêtrise. Il est ordonné le 9 juin 1901.

À Béni Abbès, il fonde un Ermitage dans le but d’accueillir une communauté de moines. Il côtoie les Touaregs, ces « hommes bleus » du désert. Il apprend leur langue et étudie leurs chants et leurs poésies.
En 1906, un compagnon se joint à lui mais il tombe malade et repart.

En janvier 1908, il tombe malade et est sauvé de la mort par la bonté et les soins des Touaregs.

En 1909,1911 et 1913, il fait trois voyages en France pour présenter son projet d'une association de laïcs : « Union des frères et sœurs du Sacré-Cœur ». « De fervents chrétiens de toutes conditions capables de faire connaître par leur exemple ce qu'est la religion chrétienne, et de faire “voir” l'Évangile dans leur vie ». 

(Règlement -Conseils) -1909-1913. À Tamanrasset, il fait construire un fort pour protéger les populations locales. C’est là qu’il meurt, le 1er décembre 1916, lors d’un pillage. Un de ses ravisseurs, affolé par l’arrivée des militaires, tire une balle qui met fin à la vie terrestre du frère Charles de Jésus.

Bien qu’il soit mort presque seul et sans communauté, il existe aujourd’hui une vingtaine de groupes différents (congrégations religieuses et associations de laïcs) qui vivent l'Évangile à travers le monde, suivant les intuitions de Charles de Foucauld.

Sa spiritualité

« Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Le Christ est venu dans le monde, s’abaissant au rang de créature, Lui, le Créateur et se faisant obéissant jusqu’à la mort sur une Croix.

C’est en s’incarnant que Dieu a choisi de nous sauver. Charles de Foucault en imitateur du Christ n’a pas voulu emprunter d’autre chemin que celui du Christ… l’incarnation rédemptrice. L’imitation de la vie humble et cachée de l’ouvrier de Nazareth constitue le cœur de la spiritualité du frère Charles. Il a vécu de nombreuses année au cœur des masses, avec les Touaregs du désert, ne cherchant pas à les convertir par la parole, mais en les aimant et en partageant leur vie.

« Si vous avez de l’amour les uns pour les autres, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples. » (Jean 13, 35)

Citations

« L'heure la mieux employée de notre vie est celle où nous aimons le plus Jésus. »

« L'adoration du Saint-Sacrement est le repos, le rafraichissement, la joie. » (à Mme Bondy, 19 janvier 1903).

« De son tabernacle, Jésus rayonnera sur ces contrées et attirera à Lui des adorateurs… Ma présence fait-elle quelque bien ici ? Si elle n’en fait pas, la présence du Saint-Sacrement en fait certainement beaucoup : Jésus ne peut être en un lieu sans rayonner. »

« Nous voici aux portes de l'éternité. On s'y croit presque ici, en regardant ces deux infinis du grand ciel et du désert: vous qui aimez à voir se coucher le soleil qui en descendant chante la paix et la sérénité éternelles, vous aimeriez à regarder le ciel et les grands horizons de cette petite Fraternité. Mais le mieux, le vrai infini, la vraie paix est aux pieds du divin Tabernacle. Là, ce n’est plus en image, mais en réalité qu’est tout notre bien, notre amour, notre vie, notre tout, notre paix, notre béatitude : là est tout notre cœur et toute notre âme, notre temps et notre éternité, notre Tout. »

(à Mme de Bondy, le 4 février 1903)


« Vous n'étiez pas plus près de la Sainte Vierge, pendant les neuf mois qu'elle vous porta dans son sein, que vous l'êtes de moi quand vous venez sur ma langue dans la communion ! »

Pour en savoir plus sur le Bienheureux frère Charles, cliquez sur le lien suivant : Association Famille Spirituelle Charles de Foucauld  http://www.charlesdefoucauld.org/fr/presentation.php


Charles de Foucauld (1858-1916)


CHARLES DE FOUCAULD (Brother Charles of Jesus) was born in Strasbourg, France on September 15th, 1858. Orphaned at the age of six, he and his sister Marie were raised by their grandfather in whose footsteps he followed by taking up a military career.

He lost his faith as an adolescent.His taste for easy living was well known to all and yet he showed that he could be strong willed and constant in difficult situations. He undertook a risky exploration of Morocco (1883-1884). Seeing the way Muslims expressed their faith questioned him and he began repeating, “My God, if you exist, let me come to know you.”

On his return to France, the warm, respectful welcome he received from his deeply Christian family made him continue his search. Under the guidance of Fr. Huvelin he rediscovered God in October 1886.He was then 28 years old. “As soon as I believed in God, I understood that I could not do otherwise than to live for him alone.”

A pilgrimage to the Holy Land revealed his vocation to him: to follow Jesus in his life at Nazareth.He spent 7 years as a Trappist, first in France and then at Akbès in Syria. Later he began to lead a life of prayer and adoration, alone, near a convent of Poor Clares in Nazareth.

Ordained a priest at 43 (1901) he left for the Sahara, living at first in Beni Abbès and later at Tamanrasset among the Tuaregs of the Hoggar. He wanted to be among those who were, “the furthest removed, the most abandoned.” He wanted all who drew close to him to find in him a brother, “a universal brother.” In a great respect for the culture and faith of those among whom he lived, his desire was to “shout the Gospel with his life”. “I would like to be sufficiently good that people would say, “If such is the servant, what must the Master be like?”

On the evening of December 1st 1916, he was killed by a band of marauders who had encircled his house.
He had always dreamed of sharing his vocation with others: after having written several rules for religious life, he came to the conclusion that this “life of Nazareth” could be led by all. Today the “spiritual family of Charles de Foucauld” encompasses several associations of the faithful, religious communities and secular institutes for both lay people and priests.

SOURCE : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20051113_de-foucauld_en.html



CHARLES DE FOUCAULD. Le Modèle unique : http://immaculata.ch/archiv/foucauld1.htm

Voir aussi : http://www.croire.com/Definitions/Vie-chretienne/Charles-de-Foucauld

http://www.lejourduseigneur.com/Web-TV/Focus/Croire-une-autre-vie/Charles-de-Foucauld-frere-universel-des-hommes

http://www.youtube.com/watch?v=qqxIS4t7-8A