lundi 30 décembre 2013

Bienheureuse EUGENIA RAVASCO, fondatrice


Eugenia Ravasco (1845-1900)

  
Née à Milan le 4 janvier 1845 dans une famille aisée, elle fut confiée très tôt à des oncles et tantes, après la mort prématurée de ses parents. Elle fut très jeune attirée par le mystère de l'Eucharistie et par le culte des Coeurs de Jésus et de Marie Immaculée. 

En 1863, elle prit conscience de sa vocation et elle se con-sacra à Dieu malgré les réticences de sa famille. Elle enseigna d'abord le catéchisme et collabora avec les Filles de l'Immaculée dans l'Oeuvre de Sainte-Dorothée et fut Dame de Charité de "Santa Caterina in Portoria". Le 6 décembre 1868, elle fonda la Congrégation religieuse des Filles des Sacrés Coeurs de Jésus et de Marie avec la mission de "faire le bien", notamment à l'égard de la jeunesse. Le projet éducatif de Mère Ravasco était d'éduquer les jeunes et de les former à une vie chrétienne solide, laborieuse et ouverte. 

En 1878, à une époque d'hostilité ouverte contre l'Eglise, elle ouvrit une Ecole "normale" féminine pour former des "maîtresses chrétiennes" au service de la société. En collaboration avec plusieurs prêtres, elle organisa des exercices spirituels, des retraites, des services religieux et de saintes missions populaires, heureuse de voir de nombreux coeurs, chez des personnes de toute extraction sociale, se tourner vers Dieu. 

En 1884, avec d'autres consoeurs, elle émit sa profession perpétuelle. Elle oeuvra également au développement et à la pérennité de l'Institut, qui fut approuvé par l'Eglise diocésaine en 1882 et devint de droit pontifical en 1909.

 En 1892, elle fit construire à Genève une "Maison pour les jeunes ouvrières" et fonda en 1898 l'Association Sainte-Zita pour les jeunes travailleuses. 

Elle mourut des suites d'une grave maladie le 30 décembre 1900.




CHAPELLE PAPALE POUR LA BÉATIFICATION DE SIX SERVITEURS DE DIEU 

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

II Dimanche de Pâques, 27 avril 2003

1. "Rendez grâce à Yahvé, car il est bon, car éternel est son amour!" (Ps 117, 1). Voici ce que chante l'Eglise aujourd'hui, en ce deuxième dimanche de Pâques, Dimanche de la "Divine Miséricorde". Dans le Mystère pascal, se révèle pleinement le dessein salvifique réconfortant de l'amour miséricordieux de Dieu, dont les saints et les bienheureux du Paradis sont les témoins privilégiés.

Par une coïncidence providentielle, j'ai la joie d'élever aux honneurs des autels six nouveaux bienheureux précisément en ce Dimanche où nous célébrons la "Divine Miséricorde". En chacun d'eux, de manière différente, s'est manifestée la tendre et surprenante miséricorde du Seigneur:  Jacques Alberione, prêtre, Fondateur de la Famille paulinienne; Marco d'Aviano, prêtre, de l'Ordre des Frères mineurs capucins; Maria Cristina Brando, vierge, Fondatrice de la Congrégation des Soeurs victimes expiatrices de Jésus-Sacrement; Eugenia Ravasco, vierge, Fondatrice de la Congrégation des Filles des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie; Maria Domenica Mantovani, vierge, Co-fondatrice de l'Institut des Petites Soeurs de la Sainte-Famille; Giulia Salzano, vierge, Fondatrice de la Congrégation des Soeurs catéchistes du Sacré-Coeur.

2. "Ceux-là (ces signes) ont été mis par écrit... pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom" (Jn 20, 31). La Bonne Nouvelle est un message universel destiné aux hommes de tous les temps. Il est personnellement adressé à chacun et demande à être traduit concrètement dans la vie. Lorsque les chrétiens deviennent des "évangiles vivants", ils se transforment en "signes" éloquents de la miséricorde du Seigneur et leur témoignage atteint plus facilement le cæur des personnes. En tant qu'instruments dociles entre les mains de la Divine Providence, ils marquent profondément l'histoire. C'est ce qui s'est produit pour ces six nouveaux bienheureux, qui proviennent de la chère Italie, une terre féconde en saints.

3. Le bienheureux Jacques Alberione comprit la nécessité de faire connaître Jésus-Christ, Chemin, Vérité et Vie, "aux hommes de notre temps, par les moyens de notre temps" - comme il aimait à dire -, et il s'inspira de l'Apôtre Paul, qu'il définissait "le théologien et l'architecte de l'Eglise", demeurant toujours docile et fidèle au Magistère du Successeur de Pierre, "phare" de vérité dans un monde souvent privé de solides références à des idéaux. "Que ce soit un groupe de saints qui utilise ces moyens", aimait à répéter cet apôtre des temps nouveaux.

Quel formidable héritage laisse-t-il à sa Famille religieuse! Puissent ses fils et ses filles spirituelles conserver intact l'esprit des origines, pour répondre de façon adaptée aux exigences de l'évangélisation du monde d'aujourd'hui.

4. C'est à une époque et dans un contexte différents que resplendit la sainteté du bienheureux Marco d'Aviano, dans l'âme duquel brûlait le désir de prière, de silence, d'adoration du mystère de Dieu. Ce contemplatif itinérant sur les routes d'Europe fut au centre d'un vaste renouvellement spirituel, grâce à une courageuse prédication accompagnée de nombreux prodiges. Prophète désarmé de la miséricorde divine, il fut poussé par les circonstances à s'engager activement pour défendre la liberté et l'unité de l'Europe chrétienne. Le bienheureux Marco d'Aviano rappelle au continent européen, qui s'ouvre en ces années à de nouvelles perspectives de coopération, que son unité sera plus solide si elle se fonde sur les racines chrétiennes communes.

5. Ce que Dieu a accompli à travers Maria Cristina Brando est surprenant. Elle possède une spiritualité eucharistique et expiatrice, qui se partage en deux voies, comme "deux branches qui partent du même tronc":  l'amour de Dieu et l'amour pour le prochain. Le désir de prendre part à la passion du Christ est comme "transvasé" dans ses oeuvres éducatives, qui ont pour objectif de rendre les personnes conscientes de leur dignité et de leur permettre de s'ouvrir à l'amour miséricordieux du Seigneur.

6. La bienheureuse Eugenia Ravasco se consacra entièrement à la diffusion de l'amour pour les Coeurs du Christ et de Marie. En contemplant ces deux Coeurs, elle se passionna pour le service du prochain et donna sa vie avec joie pour les jeunes et les pauvres. Elle sut s'ouvrir avec clairvoyance aux urgences missionnaires, en consacrant une attention particulière à ceux qui étaient "loin" de l'Eglise.

L'expression:  "faire le bien par amour du Coeur de Jésus" et "brûler du désir du bien des autres, en particulier de la jeunesse", résume bien son charisme, qu'elle a légué à son Institut.

7. C'est dans le même sillage que se place la bienheureuse Maria Domenica Mantovani. Cette digne fille de la terre véronaise,  disciple du bienheureux Giuseppe Nascimbeni, s'inspira de la sainte Famille de Nazareth pour se faire "toute à tous", toujours attentive aux nécessités du "pauvre peuple". Sa façon d'être fidèle en toute circonstance, jusqu'au dernier souffle, à la volonté de Dieu,  par qui elle se sentait aimée et appelée,  fut  extraordinaire.  Quel bel exemple de sainteté pour chaque croyant!

8. Que dire, ensuite, de la bienheureuse Giulia Salzano? Anticipant l'avenir, elle fut une apôtre de la nouvelle évangélisation, dans laquelle elle unit l'action apostolique à la prière, offerte sans relâche en particulier pour la conversion des personnes "indifférentes".

Cette nouvelle bienheureuse nous encourage à persévérer dans la foi et à ne jamais perdre confiance en Dieu, qui fait tout. Appelés à être les apôtres des temps modernes, puissent les croyants s'inspirer également de la bienheureuse Giulia Salzano, "afin de communiquer à toutes les créatures la charité immen-se du Christ".

9. "Eternelle est la miséricorde de Dieu!", qui resplendit en chacun des nouveaux bienheureux. A travers eux, Dieu a accompli de grandes merveilles! O Seigneur, ta miséricorde est véritablement éternelle! Tu n'abandonnes pas celui qui a recours à Toi. En même temps que ces nouveaux bienheureux, avec une dévotion filiale, nous te répétons:  Jésus, en Toi je place ma confiance! "Iesu, ufam Tobie!":  les paroles de sainte Faustine Kowalska.

Aide-nous, Marie, Mère de la Miséricorde, à proclamer à travers notre existence que "la miséricorde de Dieu est éternelle". Maintenant et toujours. Amen! Alléluia!

© Copyright 2003 - Libreria Editrice Vaticana



Bienheureuse Eugénie Ravasco

fondatrice de l’Institut des Filles des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie ( 1900)

Béatifiée le 27 avril 2003  à Rome  par Jean Paul II.


"La bienheureuse Eugenia Ravasco se consacra entièrement à la diffusion de l'amour pour les Coeurs du Christ et de Marie. En contemplant ces deux Cœurs, elle se passionna pour le service du prochain et donna sa vie avec joie pour les jeunes et les pauvres. Elle sut s'ouvrir avec clairvoyance aux urgences missionnaires, en consacrant une attention particulière à ceux qui étaient 'loin' de l'Église. 

L'expression: 'faire le bien par amour du Cœur de Jésus' et 'brûler du désir du bien des autres, en particulier de la jeunesse', résume bien son charisme, qu'elle a légué à son Institut." 

(source: homélie du pape Jean-Paul II pour sa béatification)


À Gênes en Ligurie, l’an 1900, la bienheureuse Eugénie Ravasco, fondatrice de l’Institut des Filles des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, à qui elle confia le soin de former les jeunes filles et de subvenir aux besoins des petits enfants malades.


Bl. Eugenia Ravasco

Eugenia Ravasco was born on 4 January 1845 in Milan, Italy, the third of Francesco Matteo and Carolina Mozzoni Frosconi’s six children. When she was three years old her mother died and her father moved to Genoa where his two brothers lived, taking with him his eldest son, Ambrose, and the youngest daughter, Elisa. Eugenia remained in Milan with her Aunt Marietta Anselmi, who became a second mother to her and carefully educated her in the faith.

In 1852, the family was reunited in Genoa and following her father’s death in March 1855, Eugenia went to live for some time with her uncle Luigi Ravasco and her aunt Elisa and their 10 children. Luigi Ravasco was careful to give his nephews and nieces a Christian upbringing. He was well aware of the anticlericalism on the rise in Italy at the time and of the efforts of the Freemasons, and was especially worried about Eugenia’s brother, Ambrose, who had come under the influence of this spreading problem.

From early adolescence, Eugenia was deeply influenced by her uncle’s responsible Christian example and his generosity towards the poor. Unlike her shy younger sister, Elisa, Eugenia was expansive and energetic and loved to serve others. Eucharistic worship, together with devotion to the Sacred Hearts of Jesus and Mary, became an essential part of her spirituality.

On 21 June 1855, Eugenia made her First Communion and Confirmation in St Ambrose’s Church and from that day on, whenever she passed a church she would enter it to pray. God was preparing her for greater things.

In December 1862, her Uncle died, leaving Eugenia with the responsibility of caring for the family. With the help of God and the advice of Canon Salvatore Magnasco, she valiantly faced the problems caused by her brother. Aunt Marietta joined Eugenia to help the family. Both made every effort to rescue Ambrose, but without success.

Although her aunt wanted her to marry, Eugenia prayed that the Lord would show her the path to take, since she felt a growing inner call to religious life. On 31 May 1863 she received an answer as she entered the Church of St Sabina to pray. Fr Giacinto Bianchi, an ardent missionary of the Sacred Heart, was celebrating Mass. When she heard him say to the faithful, “Is there no one out there who feels called to dedicate themselves to doing good for love of the Heart of Jesus?”, Eugenia understood that God was speaking to her, calling her to him through the Sacred Heart of Jesus.

Eugenia found a spiritual director to help her discern what she was feeling, and shortly thereafter she began to teach catechism in the parish church to the disadvantaged young girls of the city. Her aunt and those close to her were against this, especially because these girls were unmannered and street-wise. But Eugenia persevered, accepting with patience the humiliations that she received from all sides. Little by little, she won the young girls over, organizing day trips and games for them and gaining their trust. She reached out to the most uneducated, neglected girls who, left to themselves, were in danger of going down the same errant path as her brother Ambrose.

As time went on, Eugenia felt that God was calling her to found a religious order that would form “honest citizens in society and saints in Heaven”. Other young women had also joined her in this effort. On 6 December 1868, when she was 23 years old, she founded the religious congregation of the Sisters of the Sacred Hearts of Jesus and Mary. Canon (later Archbishop) Magnasco had prepared her carefully and she continued, together with the sisters, to teach catechism and to open schools.

Despite open hostility towards the Church and the activity of the Freemasons, Mother Eugenia opened in 1878 a school for girls to give them Christian instruction and to prepare “Christian teachers” for the future. She proved courageous in the face of the persecution and ridicule she received from the local press. She also gave particular attention to the dying, the imprisoned and those away from the Church. Notwithstanding her poor health, she travelled around Italy and to France and Switzerland, opening new communities and attracting religious vocations.

In 1882 the Congregation received diocesan approval and in 1884, together with her sisters, Mother Eugenia made her perpetual profession. She guided the foundations and her sisters with love and prudence, giving them as model the Sacred Hearts of Jesus and Mary. Her apostolic ideal in life was “to burn with the desire to do good to others, especially to youth”, and to “live in abbandonment to God and in the hands of Mary Immaculate”. Mother Eugenia Ravasco died on 30 December 1900 in Genoa, consumed by illness. And in 1909 the Congregation she founded received Pontifical approval.
Today the Congregation of the Sisters of the Sacred Hearts of Jesus and Mary (also known as the “Ravasco Institute”) are present in Albania, Italy, Switzerland, Argentina, Bolivia, Chile, Colombia, Mexico, Paraguay, Venezuela, Africa and the Philippines. They continue their work in schools, parishes and missions and are especially dedicated to serving youth and the needy and to promoting the dignity of women.