mardi 13 août 2013

Saint PONTIEN, Pape et martyr


Saint Pontien

Pape (18 ème) de 230 à 235 et martyr ( 235)

Un pape qui eut à s'affronter à saint Hippolyte qui s'opposait aux réformes entreprises par l'évêque de Rome. Mais l'empereur les réconcilia dans le martyre. Hippolyte fut condamné aux mines en Sardaigne. Et à quelque temps de là, saint Pontien le fut également, et tous deux, rendirent ainsi ensemble le témoignage de l'unique foi en Jésus-Christ. 


Mémoire des saints martyrs Pontien, pape, et Hippolyte, prêtre de Rome. Celui-ci, théologien de renom, s’était érigé en chef d’une communauté dissidente. Lors de la persécution de Maximin, tous deux furent déportés en Sicile et soumis ensemble aux travaux forcés et probablement couronnés ensemble du martyre, avant 236. Leurs corps furent ensuite rapportés à Rome: Pontien fut enterré au cimetière de Calliste sur la voie Appienne, et Hippolyte, sur la voie Tiburtine.


Martyrologe romain


St Pontien, pape et martyr

Saint Pontien, pape (203-235). Dès le pape Libère, on célèbre sa déposition, en même temps que celle de St Hippolyte mort avec lui en déportation en 235, anniversaire du retour de leurs dépouilles à Rome. Le déplacement de sa fête au 19 novembre (au XIIème siècle) est dû à une erreur du Martyrologe suivi par la liturgie du Latran.

Leçon des Matines avant 1960

Neuvième leçon. Pontien, Romain de naissance, gouverna l’Église sous Alexandre Sévère. Celui-ci relégua le saint Pontife dans l’île de Sardaigne avec le Prêtre Hippolyte, parce qu’ils professaient la foi chrétienne. C’est là, qu’après avoir été affligé en bien des manières pour la foi de Jésus-Christ, il termina sa vie, le treizième jour des calendes de décembre. Transporté à Rome avec le concours du clergé, sous le pontificat de Fabien, son corps fut enseveli dans le cimetière de Calixte, sur la voie Appienne. Pontien siégea quatre ans, quatre mois et vingt-cinq jours. En deux ordinations faites au mois de décembre, il ordonna six Prêtres, cinq Diacres et sacra six Évêques, pour diverses régions.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

L’Église se recommande aujourd’hui d’un saint Pape du temps des persécutions. Déporté par sentence de l’empereur Maximin dans une île de la Méditerranée, il y souffrit d’indignes traitements qui lui valurent la couronne du martyre. Fabien, deuxième successeur de Pontien, ramena son corps au cimetière de Calliste.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Pontien mourut en Sardaigne le 28 septembre 235, mais dès le temps du pape Libère on célébrait à Rome sa déposition, avec celle d’Hippolyte, le 13 août, jour où le pape Fabien avait transporté à Rome les deux corps et les avait ensevelis, le Pontife dans la nécropole papale de Callixte, et Hippolyte dans une crypte spéciale près du cimetière de Cyriaque : Idib. aug. Ypoliti in Tiburtina, et Pontiani in Calisti.
Selon Jean-Baptiste De Rossi, un graffite de la crypte papale de la voie Appienne rappellerait cette translation de Pontien (voir image plus bas)

Si les mots supplémentaires proposés par l’illustre archéologue sont exacts, l’auteur de ce graffite voulut faire allusion à la vindicatio posthume de Pontien à son rang de Pontife romain.

Comme on le voit, l’exil, selon le concept juridique romain, comportait la mort civile ; aussi Pontien, condamné avec son compétiteur Hippolyte aux travaux forcés du bagne in insula nociva, et mis dès lors dans l’impossibilité de gouverner l’Église, discinctus est, selon l’expression du Catalogue libérien, c’est-à-dire abdiqua sa charge. Cette abdication contribua peut-être à faire cesser à Rome le schisme qui divisait l’Église depuis le temps de Callixte ; pape et antipape, au jour de leur commune épreuve pour l’unique foi au Christ, se donnèrent fraternellement la main et souffrirent ensemble ; aussi, sous Fabien, la communauté chrétienne tout entière reçut à Rome les dépouilles vénérées des deux martyrs exilés, et de préférence même à Pontien, elle dota l’ancien docteur, naguère adversaire de Callixte, mais maintenant réuni à l’Église catholique, de statues, d’inscriptions et d’un culte devenu vite populaire et fervent.

La date de ce jour, pour la fête de Pontien, n’a donc aucun fondement historique. D’autre part, outre le Calendrier Philocalien, le Sacramentaire Léonien lui-même nous atteste que le martyr Pontien était célébré à Rome avec Hippolyte le 13 août, et il nous a conservé jusqu’aux collectes de sa fête.

D’après la liste des reliques transportées par Paschal Ier à Sainte-Praxède, celles du pape Pontien seraient, elles aussi, dans cette église. Toutefois la basilique de Saint-Laurent in I.ucina se flatte, dès 1112, de posséder le corps, ou tout au moins quelques reliques insignes de saint Pontien.

La messe [1] Statuit est du commun, sauf la lecture évangélique.

L’esprit humain est naturellement porté à désirer, pour accomplir le bien, des circonstances solennelles, glorieuses, où l’on peut prendre des poses tragiques et faire des gestes grandioses. L’Esprit de Dieu veut au contraire que nous accomplissions toujours, même les plus héroïques sacrifices, avec simplicité, naturel et humilité. Considérons ce saint Pape qui, exilé de Rome, démissionnaire de ses sublimes fonctions, condamné aux travaux forcés dans les mines de Sardaigne. Épuisé finalement par les mauvais traitements subis, y meurt après trois mois seulement de séjour, ayant bu jusqu’à la dernière goutte l’amer calice du martyre. En succombant, il a certainement touché, comme Celui dont il avait été vicaire, le fond de l’humiliation ; mais grâce à ces souffrances, Pontien est devenu un glorieux martyr et la fin du schisme lui est due.

[1] Avant 1942.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Saint Pontien, pape et martyr, régna de 231 à 235. En compagnie du prêtre Hippolyte, le célèbre écrivain (22 août), il fut exilé à cause de la foi en Sardaigne, où il succomba à ses souffrances ; il fut enterré à Rome, dans la catacombe de Calixte. On a découvert l’épitaphe primitive du pape dans la chapelle de Sainte Cécile.

SOURCE : http://www.introibo.fr/19-11-St-Pontien-pape-et-martyr

Ces deux noms méconnus rappellent pourtant de manière forte une époque difficile de l'histoire de l'Église.
Pontien signifie pont en latin et Hippolyte a en grec le sens de qui délie les chevaux. Les deux hommes mourront en martyrs, rassemblés près du Christ, mais le déroulement de leur vie est tout autre, surtout de la part d'Hippolyte.

Pontien fut élu Pape en 230. Son élection fut controversée, précisément de la part d'Hippolyte. Lui était un intellectuel puissant, maître réputé à Rome par la profondeur de sa pensée et sa connaissance des saintes Écritures. Or ce théologien s'opposait au Pape et s'était autoproclamé chef d'une communauté dissidente ; il estimait que les Papes de l'époque, en ce IIIe siècle, n'étaient pas fidèles à la vraie tradition ecclésiale, par adaptation excessive aux goûts du monde.

Ainsi, au milieu de Rome, deux Églises s'affrontaient : l'une gouvernée par le Pape légitime et l'autre entraînée par un théologien contestataire. Face à cette division mortifère, l'empereur fit arrêter et le pape Pontien et Hippolyte le rival, les condamnant tous deux aux travaux forcés. Déportés en Sardaigne, soumis à une dure détention, les voilà obligés de se rassembler sur l'essentiel : la confession de foi au Christ selon le Credo des apôtres, premiers témoins de son Évangile.

L'Église de Rome vénèrera ensemble comme martyrs les saints Pontien et Hippolyte : ils moururent en déportation, en suppliant tous les baptisés de rétablir l'unité de l'Église de Rome. Le nouveau Pape Fabien fit ramener leurs reliques de la prison de Sardaigne dans la Ville éternelle. Le 13 août est l'anniversaire de ce transfert et de la réunion définitive du courageux pape Pontien et de son rival, ardent et sans doute sincère. Dieu a reconnu les siens.

Rédacteur : Frère Bernard Pineau, OP


Pope St. Pontian

Pope from 230-235 who holds the distinction of being the first pontiff to abdicate. Perhaps a Roman by birth, he was elected to succeed St. Urban I and devoted much of his reign to upholding the condemnation of the heretical aspects of Origenism and struggled against the schismatic movement which supported the antipope St. Hippolytus.
In 235, Pontian was arrested by Roman officials at the instigation of the persecution of the Church by Emperor Maximinus I Thrax.
With St. Hippolytus, St. Pontian was exiled to the infamous mines of Sardinia and, in order to make certain that the Church was not deprived of its leadership, Pontian stepped down, the first pope ever to do so. He and Hippolytus reconciled on the the Island and both died martyrs on Sardinia. Their remains were returned to Rome under Pope St. Fabian.


Pope St. Pontian

Dates of birth and death unknown. The "Liber Pontificalis" (ed. Duchesne, I, 145) gives Rome as his native city and calls his father Calpurnius. With him begins the brief chronicle of the Roman bishops of the third century, of which the author of the Liberian Catalogue of the popes made use in the fourth century and which gives more exact data for the lives of the popes. According to this account Pontian was made pope 21 July, 230, and reigned until 235. The schism of Hippolytus continued during his episcopate; towards the end of his pontificate there was a reconciliation between the schismatic party and its leader with the Roman bishop. After the condemnation of Origen at Alexandria (231-2), a synod was held at Rome, according to Jerome (Epist. XXXII, iv) and Rufinus (Apol. contra Hieron., II, xx), which concurred in the decisions of the Alexandrian synod against Origen; without doubt this synod was held by Pontian (Hefele, Konziliengeschichte, 2nd ed., I, 106 sq.). In 235 in the reign of Maximinus the Thracian began a persecution directed chiefly against the heads of the Church. One of its first victims was Pontian, who with Hippolytus was banished to the unhealthy island of Sardinia. To make the election of a new pope possible, Pontian resigned 28 Sept., 235, the Liberian Catalogue says "discinctus est". Consequently Anteros was elected in his stead. Shortly before this or soon afterwards Hippolytus, who had been banished with Pontian, became reconciled to the Roman Church, and with this the schism he had caused came to an end. How much longer Pontian endured the sufferings of exile and harsh treatment in the Sardinian mines is unknown. According to old and no longer existing Acts of martyrs, used by the author of the "Liber Pontificalis", he died in consequence of the privations and inhuman treatment he had to bear. Pope Fabian (236-50) had the remains of Pontian and Hippolytus brought to Rome at a later date and Pontian was buried on 13 August in the papal crypt of the Catacomb of Callistus. In 1909 the original epitaph was found in the crypt of St. Cecilia, near the papal crypt. The epitaph, agreeing with the other known epitaphs of the papal crypt, reads: PONTIANOS, EPISK. MARTUR (Pontianus, Bishop, Martyr). The word mártur was added later and is written in ligature [cf. Wilpert, "Die Papstgräber und die Cäciliengruft in der Katakombe des hl. Kalixtus" (Freiburg, 1909), 1 sq., 17 sq., Plate III]. He is placed under 13 Aug. in the list of the "Depositiones martyrum" in the chronographia of 354. The Roman Martyrology gives his feast on 19 Nov.

SOURCES

Liber Pontificalis, ed. DUCHESNE, I, Introd., xxiv sq., 145 sq.; DE ROSSI, Roma Sotteranea, ii, 73 sqq.