mardi 23 septembre 2014

Saint PIO de PIETRELCINA, prêtre et mystique


CANONISATION  DE PADRE PIO DE PIETRELCINA

HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II

Dimanche 16 juin 2002


L'image évangélique du "joug"

1. "Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger" (Mt 11, 30).

Les paroles adressées par Jésus aux disciples, que nous venons d'entendre, nous aident à comprendre le coeur du message de cette célébration solennelle. Dans un certain sens, nous pouvons en effet les considérer comme une merveilleuse synthèse de l'existence tout entière de Padre Pio de Pietrelcina, aujourd'hui proclamé saint.

L'image évangélique du "joug" évoque les nombreuses épreuves que l'humble capucin de San Giovanni Rotondo dut affronter. Aujourd'hui, nous contemplons en lui combien le "joug" du Christ est doux et son fardeau vraiment léger lorsqu'on le porte avec un amour fidèle. La vie et la mission de Padre Pio témoignent que les difficultés et les douleurs, si elles sont acceptées avec amour, se transforment en un chemin privilégié de sainteté, qui s'ouvre sur des perspectives d'un plus grand bien, connu seulement par le Seigneur.

La "glorification dans la croix"

2. "Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ" (Ga 6, 14).

N'est-ce pas précisément la "glorification dans la croix" qui resplendit le plus chez Padre Pio? Comme la spiritualité de la Croix vécue par l'humble capucin de Pietrelcina est actuelle! Notre époque a besoin d'en redécouvrir la valeur pour ouvrir son coeur à l'espérance.

Au cours de toute son existence, il a cherché à se configurer toujours davantage au Crucifié, en ayant clairement conscience d'avoir été appelé à collaborer de façon particulière à l'oeuvre de la rédemption. Sans cette référence constante à la Croix on ne peut pas comprendre sa sainteté. 


Dans  le  dessein de Dieu, la Croix constitue le véritable instrument de salut pour l'humanité tout entière et la voie explicitement proposée par le Seigneur à ceux qui veulent le suivre (cf. Mt 16, 24). Le saint Frère du Gargano l'avait bien compris, lui qui écrivait en la fête de l'Assomption en 1914:  "Pour arriver à atteindre notre objectif ultime il faut suivre le divin Chef, qui ne désire conduire l'âme élue par d'autre voie que celle qu'il a parcourue; qui est celle, je le dis, de l'abnégation et de la Croix" (Epistolario II, p. 155).

Généreux dispensateur de la miséricorde divine

3. "Je suis Yahvé qui exerce la bonté" (Jr 9, 23).

Padre Pio a été le généreux dispensateur de la miséricorde divine, étant disponible pour tous à travers l'accueil, la direction spirituelle et, en particulier, l'administration du sacrement de la Pénitence. J'ai eu moi-même le privilège, pendant ma jeunesse, de profiter de sa disponibilité envers les pénitents. Le ministère du confessionnal, qui constitue l'un des traits caractéristiques de son apostolat, attirait des foules innombrables de fidèles au couvent de San Giovanni Rotondo. Même lorsque ce singulier confesseur traitait les pèlerins avec une dureté apparente, ceux-ci, ayant pris conscience de la gravité de leur péché et sincèrement repentis, revenaient presque toujours en arrière afin de recevoir l'accolade de paix du pardon sacramentel.

Puisse son exemple inciter les prêtres à accomplir avec joie et assiduité ce ministère, si important aujourd'hui aussi, comme j'ai voulu le répéter dans la Lettre aux prêtres à l'occasion du dernier Jeudi saint.

La source de la fécondité spirituelle

4. "Seigneur tu es mon unique bien".

Ainsi avons-nous chanté dans le Psaume responsorial. A travers ces paroles, le nouveau saint nous invite à placer Dieu au-dessus de tout, à le con-sidérer comme notre unique et plus grand bien. 


En effet, la raison ultime de l'efficacité apostolique de Padre Pio, la racine profonde de tant de fécondité spirituelle se  trouve dans cette union intime et constante avec Dieu, dont les longues heures passées en prière et au confessionnal étaient le témoignage éloquent. Il aimait à répéter:  "Je suis un pauvre frère qui prie", convaincu que "la prière est la meilleure arme que nous ayons, une clef qui ouvre le Coeur de Dieu". Cette caractéristique fondamentale de sa spiritualité se poursuit dans les "Groupes de prière" qu'il a fondés et qui offrent à l'Eglise et à la société la formidable contribution d'une prière incessante et confiante. Padre Pio unissait à la prière une intense activité caritative dont la plus belle expression est la "Casa Sollievo della Sofferenza". Prière et charité, voilà une synthèse plus que jamais concrète de l'enseignement de Padre Pio, qui est aujourd'hui reproposé à tous.

Enseigne-nous...

5. "Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre... de l'avoir révélé aux tout-petits" (Mt 11, 25).
Comme ces paroles de Jésus apparaissent appropriées lorsqu'on les applique à ta personne, humble et bien-aimé Padre Pio.

Nous te prions de nous enseigner à nous aussi l'humilité du coeur, afin de pouvoir être comptés au nombre des tout-petits de l'Evangile, auxquels le Père a promis de révéler les mystères de son Royaume.

Aide-nous à prier sans jamais nous lasser, assurés que Dieu connaît ce dont nous avons besoin, avant encore que nous le demandions

Obtiens pour nous d'avoir un regard de foi capable de reconnaître immédiatement chez les pauvres et les personnes qui souffrent le visage même de Jésus.

Soutiens-nous à l'heure du combat et de l'épreuve et, si nous chutons, fais en sorte que nous fassions l'expérience de la joie du sacrement du Pardon.

Communique-nous ta tendre dévotion à l'égard de Marie, Mère de Jésus et notre Mère.

Accompagne-nous dans le pèlerinage terrestre vers la patrie bienheureuse, où nous espérons parvenir nous aussi afin de contempler pour l'éternité la Gloire du Père, du Fils et de l'Esprit Saint, Amen!


© Copyright 2002 - Libreria Editrice Vaticana




DISCOURS DU PAPE JEAN PAUL II 

AUX PÈLERINS VENUS POUR LA CANONISATION 

DE PADRE PIO DE PIETRELCINA

Lundi 17 juin 2002

Très chers frères et soeurs,

1. C'est une grande joie de vous rencontrer à nouveau, au lendemain de la canonisation solennelle de l'humble capucin de San Giovanni Rotondo. Je vous salue avec affection, chers pèlerins et fidèles venus à Rome en aussi grand nombre pour cette circonstance particulière. J'adresse tout d'abord une pensée aux évêques présents, aux prêtres et aux religieux. Un souvenir spécial va ensuite aux chers frères capucins qui, en communion avec toute l'Eglise, louent et rendent grâce au Seigneur pour les merveilles qu'il a accomplies en ce confrère exemplaire. Padre Pio est un authentique modèle de spiritualité et d'humanité, deux caractéristiques propres à la tradition franciscaine et capucine.

Je salue les adhérents aux "Groupes de prières de Padre Pio" et les représentants de la famille de la "Casa Sollievo della Sofferenza", une grande oeuvre de soin et d'assistance aux malades, née de la charité du nouveau saint. Je vous embrasse, chers pèlerins provenant de la  noble terre où Padre Pio naquit, ainsi que des autres régions d'Italie et de toutes les parties du monde. A travers votre présence, vous témoignez à quel point la dévotion et la confiance à l'égard du saint Frère du Gargano ont été largement diffusées dans l'Eglise et sur tous les continents.

2. Mais quel est le secret de tant d'admiration et d'amour envers ce nouveau saint? Il est tout d'abord un "frère du peuple", caractéristique traditionnelle des capucins. En outre, c'est un saint thaumaturge, comme en témoignent les événements extraordinaires qui constellent sa vie. Cependant, Padre Pio est surtout un religieux aimant sincèrement le Christ crucifié. Au cours de sa vie, il a participé au mystère de la Croix également d'une façon physique. Il aimait joindre la gloire du Thabor au mystère de la passion, comme nous le lisons dans l'une de ses lettres:  "Avant de nous exclamer nous aussi avec saint Pierre "Oh! comme il est bon d'être ici", il faut tout d'abord monter au Calvaire, où l'on ne voit que la mort, des clous, des épines, de la souffrance, des ténèbres extraordinaires, des abandons et des évanouissements" (Epistolario III, p. 287).

Padre Pio accomplit son chemin exigeant d'ascèse spirituelle en profonde communion avec l'Eglise. Des incompréhensions passagères avec certaines autorités ecclésiastiques ne réussirent pas à modifier son attitude d'obéissance filiale. Padre Pio fut, dans une égale mesure, un fils de l'Eglise fidèle et courageux, suivant également dans ce sens l'exemple lumineux du Poverello d'Assise.

3. Que ce saint capucin, auquel tant de personnes s'adressent de tous les lieux de la terre, nous indique les moyens pour parvenir à la sainteté, qui est le but de notre vie chrétienne. Combien de fidèles de toute condition sociale, provenant des lieux les plus différents et des situations les plus difficiles, accouraient vers lui pour lui poser des questions! Il savait offrir à tous ce dont ils avaient le plus besoin, et qu'ils cherchaient souvent à tâtons, sans même en avoir pleinement conscience. Il leur transmettait la parole réconfortante et éclairante de Dieu, permettant à chacun de puiser aux sources de la grâce à travers son dévouement assidu au ministère de la confession et la fervente célébration de l'Eucharistie.

Il écrivait ainsi à l'une de ses filles spirituelles:  "N'aie pas peur de t'approcher de l'autel du Seigneur pour te rassasier de la chair de l'Agneau immaculé, car personne ne réunira mieux ton esprit que son roi, rien ne le réchauffera mieux que son soleil, et rien ne l'adoucira mieux que son baume" (ibid., p. 944).

4. La Messe de Padre Pio! Il s'agissait pour les prêtres d'un rappel éloquent de la beauté de la vocation sacerdotale; et pour les religieux et les laïcs, qui accouraient à San Giovanni Rotondo également très tôt le matin, il s'agissait d'une catéchèse extraordinaire sur la valeur et l'importance du sacrifice eucharistique.

La Messe était le coeur et la source de toute sa spiritualité:  "Il y a dans la Messe - avait-il l'habitude de dire - tout le Calvaire". Les fidèles, qui se rassemblaient autour de son Autel, étaient profondément frappés par l'intensité de son "immersion" dans le Mystère et il ils percevaient que le "Père" participait en personne aux souffrances du Rédempteur.

5. Saint Pio de Pietrelcina se présente ainsi devant tous - prêtres, religieux, religieuses et laïcs - comme un témoin crédible du Christ et de son Evangile. Son exemple et son intercession incitent chacun à un amour toujours plus grand envers Dieu et à une solidarité concrète à l'égard de notre prochain, en particulier du plus démuni.

Que la Vierge Marie, que Padre Pio invoquait sous le beau titre de "Sainte Marie des Grâces", nous aide à suivre les traces de ce religieux tant aimé par de si nombreuses personnes!

Avec ce souhait, je vous bénis de tout coeur, vous tous ici présents, ainsi que les personnes qui vous sont chères et ceux qui s'engagent à marcher dans le sillage spirituel du cher saint de Pietrelcina!



HOMÉLIE DE S.EM. LE CARDINAL JOSÉ SARAIVA MARTINS

LORS DE LA MESSE D'ACTION DE GRÂCE 

POUR LA CANONISATION DE PADRE PIO

Lundi 17 juin 2002

"Nul n'a plus grand amour que celui-ci:  donner sa vie pour ses amis
" (Jn 15, 13). Les amis du Seigneur sont innombrables, il est impossible de compter tous les témoins de l'Evangile qui ont consacré leur vie au Christ.

Le Psalmiste rappelle que "Dieu est admirable dans ses saints" (Ps 67, 36); et il est vrai qu'Il continue à "faire" des choses extraordinaires à travers ses serviteurs bons et fidèles. Aujourd'hui notre attention est fixée, de façon tout à fait particulière, sur l'un d'entre eux:  Padre Pio de Pietrelcina, que le Christ a appelé son "ami" et qu'hier le Successeur de Pierre a inscrit dans l'Album des Saints.

Autour de l'autel, le coeur rempli de joie, nous voulons rendre grâce au Seigneur et au Saint-Père Jean-Paul II pour avoir offert l'humble frère capucin comme modèle de sainteté à toute l'Eglise et comme intercesseur pour nous auprès de Dieu.

Il a été dit, de façon frappante, que Padre Pio est le "saint du peuple". C'est vrai qu'il fut "un humble frère capucin qui a étonné le monde par sa vie entièrement consacrée à la prière et à l'écoute de ses frères", comme l'a rappelé le Pape dans l'homélie lors de sa béatification (cf. ORLF n. 18 du 4 mai 1999). Une multitude de personnes ressent un "appel" spirituel très fort pour lui. Cette attirance peut certainement être comprise comme une réponse au besoin de transcendance, de surnaturel, qui touche l'homme d'aujourd'hui, à travers la singularité d'une phénoménologie mystique indéniable, comme celle du nouveau saint.

1. "Demeurez en mon amour:  aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés" (Jn 15, 9b; 14, 34), dit Jésus à ses disciples. Le saint du Gargano, Padre Pio, a compris et vécu, en profondeur, ce commandement du Maître. En effet, toute sa vie a été une hymne véritable et sublime à l'amour du Christ et de ses frères. L'amour, dans cette double dimension - verticale et horizontale - est l'axe central, le coeur, le centre et le sommet de sa profonde spiritualité.

Le nouveau saint capucin est avant tout, comme saint Paul, un amoureux du Christ. Pour lui, comme pour l'Apôtre, la vie, c'est le Christ, le Christ crucifié, au point de s'identifier avec lui, en reproduisant dans sa propre chair la souffrance de la Croix du Christ. Il pouvait répéter, comme l'auteur de l'Epître aux Galates vient de nous le dire, dans la deuxième lecture:  "Je porte dans mon corps les marques de Jésus" (Ga 6, 17). Mais la croix de Padre Pio, portée par amour pour le Christ, a toujours été illuminée par la splendeur de la Résurrection, qui est donc une source inépuisable d'espérance.

Sans hésiter, il orientait les pénitents qui se confiaient à lui, avec les paroles qu'il avait lui même entendues:  "Sous la croix, on apprend à aimer, et je ne la donne pas à tout le monde, mais seulement aux âmes qui me sont les plus chères" (La Croce sempre pronta, 100 pagine di Padre Pio, Città Nuova 2002, p. 3)

Il exprima cet amour total pour le Christ qui était le sien, en aimant inten-sément ses frères. Le frère des stigmates donna la preuve de cet amour en particulier dans l'exercice du ministère pénitentiel qu'il pratiqua pendant cinquante ans, inlassablement, du matin au soir. Ceux qui s'adressaient à lui étaient des hommes et des femmes, des malades et des bien portants, des riches et des pauvres, des jeunes et des moins jeunes, des ecclésiastiques et des laïcs, des personnes simples ou cultivées. Et il les accueillait toutes avec zèle, il savait les écouter, il leur adressait des paroles qui étaient celles d'un guide spirituel empli de sagesse, et il mettait dans leur coeur une grande sérénité intérieure. Il était pour tous un père et un frère, un instrument de la grâce divine, et surtout un pont entre l'infinie miséricorde de Dieu et la déconcertante misère humaine.

2. Au discours sur l'amour, Jésus associe le thème de la joie, cette joie d'une communauté qui se sent visitée, aimée, protégée et sanctifiée par son Dieu:  "Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j'ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète" (Jn 15, 10-11).

Il s'agit d'une joie complète qui, par de nombreux aspects, semble être en contradiction avec toutes les inquiétudes et les souffrances qui menacent actuellement l'homme. Alors que nous sommes ici à prier et à nous réjouir dans le Seigneur, en de nombreux endroits du monde, règnent la violence, la vexation et la mort. Ces tensions qui nous troublent et la conscience de notre faiblesse pourraient nous inciter à chercher dans l'événement de la canonisation de Padre Pio une sorte de fuite hors de la réalité qui nous entoure.

Aujourd'hui, toutefois, Padre Pio, avec toute la force de son charisme, prononce pour nous tous le ferme refus d'une foi "désincarnée", qui cherche un prétexte pour fuir nos responsabilités. Le témoignage de Padre Pio est en même temps une condamnation de celui qui voudrait éliminer du monde l'image de Dieu comme plénitude de la joie de l'homme. Mais il s'agit également d'un défi pour les croyants, afin qu'ils soient toujours plus conscients que la joie véritable sera certes conquise dans l'éternité, mais que, sur cette terre, il est déjà possible de la vivre à l'avance en restant unis dans le Seigneur. Il n'y a pas de joie durable et véritable sans Dieu. Celui qui cherche Dieu trouve toujours le bonheur, alors que celui qui cherche le bonheur, en revanche, ne trouve pas toujours Dieu.

Padre Pio, dans une lettre à son père spirituel, nous laisse entrevoir un moment de joie complète, celle qu'il goûte après la communion:  "Je voudrais, pour un seul instant, vous montrer ma poitrine, pour vous faire voir la plaie que Jésus, plein de douceur, y a amoureusement ouvert dans mon coeur!... Le nombre de ses miséricordes, dont mon coeur est empli, est infini... Il m'a aimé; parmi tant de créatures, c'est moi qu'il a placé devant" (Au Père Agostino, Pietrelcina, 3 décembre 1912, Epist. I, 105, 316)

3. Pour le saint de Pietrelcina, entre la joie et la paix il existe un lien indéfectible de réciprocité et d'interdépendance, qui permet même de lire les parcours les plus difficiles de l'existence comme des moments de purification visant à une découverte plus profonde de la présence de Dieu dans l'histoire universelle et individuelle.

La joie est, en effet, le fruit de la paix du coeur, mais d'une paix conquise jour après jour par la prière, par le sacrifice personnel, par la disponibilité envers les autres.

Le chrétien ne peut se dispenser de chercher la paix, mais il doit s'appliquer de toutes ses forces à la réaliser d'abord à l'intérieur de lui-même, puis l'étendre à l'environnement dans lequel il vit. Padre Pio apporta la paix à des milliers de consciences troublées par le péché, en donnant sa vie, en participant dans sa propre chair aux souffrances du Christ rédempteur:  "homme des douleurs qui sait ce qu'est la souffrance" comme nous l'a rappelé le Prophète Isaïe dans la première lecture.

Le saint de Pietrelcina sut également semer la paix dans les coeurs à travers les  longues  heures de prière et la célébration du sacrement du pardon qui absorba tout  son temps, ainsi qu'au moyen de différentes oeuvres caritatives:  les maisons de santé qu'il créa à San Giovanni Rotondo, l'Institut de formation des Tertiaires de la Vierge des Douleurs, et bien sûr la "Casa sollievo della sofferanza".

Je voudrais citer un passage d'une de ses lettres à son père spirituel, que l'on pourrait appeler l'Hymne à la paix de Padre Pio:  "La paix est la simplicité de l'esprit, la sérénité de la pensée. La tranquillité de l'âme, l'assurance de l'amour. La paix est l'ordre, l'harmonie en chacun de nous:  elle est une jouissance perpétuelle, qui naît du témoignage de la bonne conscience; c'est la sainte allégresse d'un coeur dans lequel règne Dieu" (Au Père Agostino, Pietrelcina, 10 juillet 1915, Epist. I, 268, 606)

4. Alors que la renommée de Padre Pio était déjà largement répandue et que le stigmatisé de San Giovanni Rotondo était déjà beaucoup sollicité, il arrivait qu'on lui dise en certaines occasions:  "Padre Pio, vous êtes vraiment tout à tous", et il répondait:  "Ce n'est pas exact! Je suis tout à chacun. Chacun peut dire:  Padre Pio est mien" (Santi e Sante nell'Ordine Cappuccino, vol. III et Post. Gen. Cap., 1982, p. 343).

Très chers amis, en retournant dans nos maisons, nos communautés, nos villages ou nos villes, en rentrant dans nos familles, nous emportons avec nous la conviction que saint Pio de Pietrelcina est "tout" à nous, tout à chacun, mais c'est pour nous mener au Christ, car cela a été et continue d'être son premier et son plus grand désir.

Chers frères capucins, à vous qui avez donné à l'Eglise beaucoup de saints, depuis le début de la fondation de votre Ordre, jusqu'à nos jours, à vous qui êtes présents ainsi qu'à tous vos confrères répartis à travers le monde pour annoncer l'Evangile de l'amour et de la paix, je voudrais adresser une invitation à être des bâtisseurs de paix, dans la simplicité avec laquelle vous êtes des "frères du peuple", à travers votre vie et à travers le témoignage de votre fraternité. Le monde a besoin de votre témoignage de simplicité, de sérénité, de sourire, de votre "Paix et bien" pour continuer à espérer, à croire et à aimer.

Et à vous tous, fidèles et fils spirituels de Padre Pio, je voudrais rappeler, pour conclure, les paroles du Pape Jean-Paul II aux jeunes, lors de son récent voyage en Bulgarie:  "Acceptez... avec un humble courage la proposition que Dieu vous fait. Dans sa toute-puissance et sa tendresse, il vous appelle à être des saints. Ce serait une folie que de se glorifier d'un tel appel, mais ce serait faire preuve d'irresponsabilité que de le repousser. Cela équivaudrait à signer sa propre faillite existentielle. Léon Bloy, écrivain catholique français du XX siècle a écrit:  "Il n'y a qu'une tristesse, [...] celle de n'être pas des saints" (La femme pauvre, II, 27)" (Rencontre avec les jeunes à Plovdiv; cf. ORLF n. 22 du 28 mai 2002).

En réalité, ces paroles valent aussi pour nous tous. En effet, c'est seulement en accueillant l'appel de Dieu à être saints, très chers fidèles, que "nous porterons des fruits et que notre fruit demeurera"; c'est seulement ainsi que nous serons "le sel de la terre et la lumière du monde", "artisans de paix et témoins d'amour" (ibid.). Tout comme notre bien-aimé nouveau saint, Padre Pio de Pietrelcina.




BÉATIFICATION DU PÈRE PADRE PIO DE PIETRALCINA

HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II

Dimanche 2 mai 1999
   
«Chantons au Seigneur un chant nouveau!»


 1. L'invitation de l'antienne d'ouverture exprime bien la joie de nombreux fidèles qui depuis longtemps attendent l'élévation aux honneurs des autels du Padre Pio de Pietrelcina. Cet humble frère capucin a étonné le monde par sa vie entièrement consacrée à la prière et à l'écoute de ses frères.

D'innombrables personnes se sont rendues au couvent de San Giovanni Rotondo pour le rencontrer et les pèlerinages, même après sa mort, n'ont pas cessé. Quand j'étais étudiant ici, à Rome, j'eus moi-même l'occasion de le connaître personnellement et je rends grâce à Dieu qui me donne aujourd'hui la possibilité de l'inscrire sur la liste des bienheureux.

Ce matin, guidés par les textes de la liturgie du cinquième dimanche de Pâques à l'intérieur de laquelle se place la célébration de sa béatification, nous relisons les aspects marquants de son expérience spirituelle.

2. «Ne soyez donc pas bouleversés: Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi» (Jn 14, 1). Dans la page évangélique qui vient d'être proclamée, nous avons entendu les paroles de Jésus aux disciples, qui avaient besoin d'un encouragement. En effet, l'allusion à son départ prochain les avait jetés dans le désarroi. Ils craignaient d'être abandonnés, de rester seuls, et le Seigneur les réconforte par une promesse précise: «Je pars vous préparer une place», puis: «Je reviendrai vous prendre avec moi; et là où je suis, vous y serez aussi» (Jn 14, 2-3).

A cette affirmation, les Apôtres répondent par la voix de Thomas: «Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas; comment pourrions-nous savoir le chemin?» (Jn 14, 5). L'observation est pertinente et Jésus ne se dérobe pas devant la question implicite. La réponse qu'il donne restera au long des siècles une lumière limpide pour les générations à venir: «Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie; personne ne va vers le Père sans passer par moi» (Jn 14, 6).

La «place» que Jésus va préparer est dans la «maison de son Père»; là, le disciple pourra être éternellement avec le Maître et participer à sa joie elle-même. Cependant, pour atteindre ce but, le chemin est unique: c'est le Christ, auquel le disciple doit progressivement se conformer. La sainteté consiste précisément en ceci: ce n'est plus le chrétien qui vit, mais le Christ qui vit en lui (cf. Ga 2, 20). But exaltant, qui s'accompagne d'une promesse tout aussi réconfortante: «Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père» (Jn 14, 12).

3. En écoutant ces paroles du Christ, notre pensée va à l'humble frère capucin du Gargano. Avec quelle évidence elles se sont réalisées pour le Bienheureux Pio de Pietrelcina!
«Ne soyez donc pas bouleversés; vous croyez en Dieu... ». Qu'a été donc la vie de cet humble fils de saint François, si ce n'est un exercice constant de foi, affermi par l'espérance du ciel, afin de pouvoir être avec le Christ?

«Je pars pour préparer une place... et là où je suis, vous y serez aussi». Quel autre but a eu la très exigeante ascèse à laquelle Padre Pio s'est soumis depuis sa tendre enfance, si ce n'est l'identification progressive au divin Maître, pour être «là où il était»?

Les personnes qui se rendaient à San Giovanni Rotondo pour participer à sa Messe, pour lui demander conseil ou pour se confesser, découvraient en lui une image vivante du Christ souffrant et ressuscité. Sur le visage du Padre Pio resplendissait la lumière de la résurrection. Son corps, marqué par les «stigmates», faisait appraître la relation profonde entre la mort et la résurrection, qui caractérise le mystère pascal. Pour le Bienheureux de Pietrelcina, la participation à la passion a eu des accents d'une intensité toute spéciale: les dons singuliers qui lui furent accordés et les souffrances intérieures et mystiques qui les accompagnaient lui permirent de faire l'expérience d'être associé constamment aux souffrances du Seigneur, avec une conscience permanente que «le Calvaire est la montagne des saints».

4. Les épreuves qu'il dut supporter en conséquence, peut-on dire, de ses charismes particuliers ne furent pas moins douloureuses, elles furent même peut-être encore plus cuisantes humai- nement parlant. Dans l'histoire de la sainteté, il arrive quelquefois que l'élu, par une permission spéciale de Dieu, soit l'objet d'incompréhensions. Quand cela se vérifie, l'obéissance devient pour lui un creuset de purification, un chemin d'assimilation progressive au Christ, un affermissement de la sainteté authentique. A ce sujet, le nouveau bienheureux écrivait à l'un de ses supérieurs: «J'agis seulement pour vous obéir, le bon Dieu m'ayant fait connaître que c'est l'unique chose qui lui plaise le plus et pour moi l'unique moyen d'espérer le salut et de chanter victoire» (Lettres I, p. 807).
Lorsque la «tempête» s'est abattue sur lui, il a pris pour règle de son existence l'exhortation de la première lettre de saint Pierre que nous venons d'écouter: Approchez-vous du Christ: il est la pierre vivante (cf. 1 P 2, 4). De cette manière, il est devenu lui aussi une «pierre vivante», pour la construction de l'édifice spirituel qui est l'Eglise. Et de cela, aujourd'hui nous rendons grâce au Seigneur.

5. «Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel» (1 P 2, 5). Combien ces paroles apparaissent pertinentes lorsqu'on les applique à l'extraordinaire expérience ecclésiale qui s'est développée autour du nouveau Bienheureux! De nombreuses personnes qui l'ont rencontré directement ou indirectement ont retrouvé la foi; à son école, dans tous les coins du monde, les «groupes de prière» se sont multipliés. Aux personnes qui accouraient vers lui, il proposait la sainteté, leur répétant: «Il semble que Jésus n'ait pas d'autre soin à prodiguer que de sanctifier votre âme» (Lettres II, p. 155).
Si la Providence divine a voulu q'il agisse sans jamais se déplacer de son couvent, presque «planté» aux pieds de la Croix, cela n'est pas sans signification. Le divin Maître dut un jour le consoler, dans un moment d'épreuves particulières, en lui disant que «sous la croix on apprend à aimer» (Lettres I, p. 339). 
ur; ou mieux encore la «source» même de l'amour. Purifié par la souffrance, l'amour de ce fidèle disciple attire les cœurs au Christ et à son Evangile exigeant du salut.

6. En même temps, sa charité se répandait comme un baume sur les faiblesses et les souffrances de ses frères. Padre Pio unissait ainsi au zèle pour les âmes l'attention aux souffrances humaines, se faisant, à San Giovanni Rotondo, le promoteur d'une structure hospitalière, appelée par lui «Casa Sollievo della Sofferenza» (Maison du Soulagement de la Souffrance). Il a voulu en faire un hôpital de première catégorie, mais surtout il se préoccupa qu'on y pratique une médecine vraiment hu- manisée, où les relations avec les malades soient empreintes de la sollicitude la plus chaleureuse et de l'accueil le plus cordial. Il savait bien que ceux qui sont malades et qui souffrent ont besoin non seulement d'une utilisation correcte des moyens thérapeutiques, mais aussi et surtout d'un climat humain et spirituel qui leur permette de se retrouver eux-mêmes dans la rencontre avec l'amour de Dieu et la tendresse de leurs frères.

Avec la «Casa Sollievo della Sofferenza», il a voulu montrer que les «miracles ordinaires» de Dieu passent par notre charité. Nous devons nous rendre disponibles pour le partage et le service généreux de nos frères, en nous servant de toutes les ressources de la science médicale et de la technique.

7. L'écho que cette béatification suscite en Italie et dans le monde est un signe que la réputation du Padre Pio, fils de l'Italie et de François d'Assise, est parvenue à rejoindre tous les continents. Je suis heureux de saluer tous ceux qui se sont rassemblés ici, en commençant par les Autorités italiennes, qui ont voulu être présentes: Monsieur le Président de la République, Monsieur le Président du Sénat, Monsieur le Président du Conseil des Ministres, qui conduit la délégation officielle, les nombreux ministres et les différentes personnalités. L'Italie est vraiment dignement représentée! Mais aussi de nombreux fidèles d'autres nations sont venus ici pour rendre hommage au Padre Pio.

A tous ceux qui sont venus des environs ou de plus loin j'adresse mon salut affectueux, avec une pensée spéciale pour les Pères Capucins. A tous un merci cordial!

8. Je voudrais conclure avec les paroles de l'Evangile de cette messe: «Ne soyez donc pas bouleversés: vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi». C'est à cette exhortation du Christ que se réfè- re le conseil que le nouveau Bienheureux ne se lasse pas d'adresser aux fidèles: «Reposez-vous totalement sur le cœur de Jésus comme un enfant entre les bras de sa mère». Que cette invita- tion pénètre aussi dans notre esprit pour devenir source de paix, de sérénité et de joie! Pourquoi avoir peur si le Christ est pour nous le Chemin, la Vérité et la Vie? Pourquoi ne pas avoir confiance en Dieu qui est Père, notre Père?

Puisse «sainte Marie de toutes grâces», que l'humble capucin de Pietrelcina a invoquée avec une dévotion tendre et constante, nous aider à garder le regard fixé sur Dieu. Puisse-t-elle nous prendre par la main et nous pousser à rechercher inlassablement la charité surnaturelle qui jaillit du côté transpercé du Crucifié.

Et Toi, Bienheureux Padre Pio, du ciel, tourne ton regard vers nous qui sommes réunis sur cette place et sur ceux qui prient sur la place Saint-Jean de Latran et à San Giovanni Rotondo. Intercède pour tous ceux qui, dans toutes les parties du monde, s'unissent spirituellement à cette béatification, faisant monter vers toi leurs supplications. Viens au secours de chacun et donne la paix et le réconfort à toutes les âmes. Amen!

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/1999/documents/hf_jp-ii_hom_02051999_padre-pio_fr.html


PADRE PIO DE PIETRELCINA

«Mais pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil» (Ga 6, 14).

Padre Pio de Pietrelcina, comme l'Apôtre Paul, plaça la Croixde son Seigneur au sommet de sa vie et de son apostolat, comme sa force, sa sagesse et sa gloire. Enflammé d'amour pour Jésus Christ, il se conforma à lui dans l'offrande de lui-même pour le salut du monde. En suivant et en imitant le Crucifié, il fut si généreux et si parfait qu'il aurait pu dire: «Avec le Christ, je suis fixé à la croix: je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi» (Ga 2, 19-20). Et les trésors de grâce que Dieu lui avait accordés avec une largesse singulière, il les distribua sans répit par son ministère, servant les hommes et les femmes qui accouraient à lui toujours plus nombreux, et engendrant une multitude de fils et de filles spirituels.

Ce digne disciple de saint François d'Assise naquit le 25 mai 1887 à Pietrelcina, dans l'archidiocèse de Bénévent, de Grazio Forgione et de Maria Giuseppa De Nunzio. Il fut baptisé le lendemain et reçut le nom de François. À 12 ans, il fit sa Confirmation et sa première communion.

À 16 ans, le 6 janvier 1903, il entra au noviciat de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins à Morcone, où, le 22 du même mois, il revêtit l'habit franciscain et prit le nom de Frère Pio. Une fois achevée l'année du noviciat, il fit profession en émettant les vœux simples et, le 27 janvier 1907, les vœux solennels.

Après l'ordination sacerdotale, qu'il reçut le 10 août 1910 à Bénévent, il resta dans sa famille jusqu'en 1916, pour des raisons de santé. En septembre de la même année, il fut envoyé au couvent de San Giovanni Rotondo et il y demeura jusqu'à sa mort.

Enflammé de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain, Padre Pio vécut pleinement sa vocation qui consistait à participer à la rédemption de l'homme, selon la mission spéciale qui caractérisa toute sa vie et qu'il réalisa par la direction spirituelle des fidèles, la réconciliation sacramentelle des pénitents et la célébration de l'Eucharistie. Le moment le plus éminent de son activité apostolique était celui où il célébrait la messe. Les fidèles qui y participaient y percevaient le sommet et la plénitude de sa spiritualité.

Dans le domaine de la charité sociale, il s'appliqua à soulager les souffrances et les misères de nombreuses familles, principalement par la fondation de la «Casa Sollievo della Sofferenza», inaugurée le 5 mai 1956.

Pour Padre Pio la foi était la vie: il voulait tout et faisait tout à la lumière de la foi. Il s'investissait continuellement dans la prière. Il passait la journée et une grande partie de la nuit en dialogue avec Dieu. Il disait: «Dans les livres nous cherchons Dieu, dans la prière nous le trouvons. La prière est la clé qui ouvre le cœur de Dieu». Sa foi le porta constamment à accepter la volonté mystérieuse de Dieu.

Il était en permanence immergé dans les réalités surnaturelles. Non seulement il était l'homme de l'espérance et de la confiance totale en Dieu, mais, par la parole et par l'exemple, il inspirait ces vertus à tous ceux qui l'approchaient.

L'amour de Dieu le remplissait, répondant à toutes ses attentes; la charité était le principe qui dirigeait ses journées: aimer Dieu et le faire aimer. Sa préoccupation particulière: grandir et faire grandir dans la charité.

Il manifesta le maximum de sa charité envers le prochain en accueillant, pendant plus de 50 ans, de très nombreuses personnes, qui accouraient à son ministère et à son confessionnal, à son conseil et à son réconfort. Il était comme assiégé : on le cherchait à l'église, à la sacristie, au couvent. Et il se donnait à tous, faisant revivre la foi, distribuant la grâce, portant la lumière. Mais il voyait l'image du Christ particulièrement dans les pauvres, en ceux qui souffrent ou qui sont malades, et il se donnait spécialement à eux.

Il a exercé de manière exemplaire la vertu de prudence, il agissait et conseillait à la lumière de Dieu.

Son intérêt était la gloire de Dieu et le bien des âmes. Il a traité toutes les personnes avec justice, loyauté et grand respect.

La vertu de force a brillé en lui. Il ne tarda pas à comprendre que son chemin serait celui de la croix, et il l'accepta aussitôt avec courage et par amour. Il fit l'expérience pendant de nombreuses années des souffrances de l'âme. Pendant des années, il supporta les souffrances de ses plaies avec une admirable sérénité.

Quand il fut objet d'enquêtes et que l'on restreignit son ministère sacerdotal, il accepta tout avec résignation et profonde humilité. Devant des accusations injustes et des calomnies, il sut toujours se taire, faisant confiance au jugement de Dieu, de ses supérieurs et de sa propre conscience.

Il employait habituellement la mortification pour obtenir la vertu de tempérance, conformément au style franciscain. Dans sa mentalité et dans son mode de vie, il était tempérant.

Conscient des engagements pris dans la vie consacrée, il observait avec générosité les vœux professés. Il a été obéissant en tout aux ordres de ses supérieurs, même lorsqu'ils étaient difficiles. Son obéissance était surnaturelle dans l'intention, universelle dans son étendue et intégrale dans son exécution. Il pratiqua l'esprit de pauvreté avec un total détachement de lui-même, des biens terrestres, des commodités et des honneurs. Il a toujours eu une grande prédilection pour la vertu de chasteté. Son comportement était modeste partout et avec tous.

Il s'estimait sincèrement inutile, indigne des dons de Dieu, rempli à la fois de misères et de faveurs divines. Face à l'admiration que lui portait beaucoup de monde, il répétait: «Je veux être seulement un pauvre frère qui prie».

Sa santé, depuis sa jeunesse, ne fut pas très florissante et, surtout au cours des dernières années de sa vie, elle déclina rapidement. «Sœur la mort» le frappa, alors qu'il était préparé et serein, le 23 septembre 1968, à l'âge de 81 ans. Ses obsèques furent célébrées en présence d'une foule tout à fait extraordinaire.

Le 20 février 1971, à peine trois ans après sa mort, parlant aux supérieurs de l'Ordre des Capucins, Paul VI disait de lui: «Regardez quelle renommée il a eue, quelle audience mondiale il a rassemblée autour de lui! Mais pourquoi? Peut-être parce qu'il était un philosophe? Parce qu'il était un sage? Parce qu'il avait des moyens à sa disposition? Parce qu'il célébrait la Messe avec humilité, confessait du matin au soir, et était, c'est difficile à dire, un représentant de notre Seigneur marqué de ses stigmates. C'était un homme de prière et de souffrance».

Déjà durant sa vie il jouissait d'une grande renommée de sainteté, due à ses vertus, à son esprit de prière, de sacrifice et de consécration totale au bien des âmes. Au cours des années qui ont suivi sa mort,la renommée de sa sainteté et de ses miracles est allée en se développant, devenant un phénomène ecclésial, répandu dans le monde entier, auprès de toutes les catégories de personnes.

Ainsi Dieu manifestait à l'Église sa volonté de glorifier sur terre son fidèle serviteur. Il ne se passa pas beaucoup de temps avant que l'Ordre des Frères Mineurs Capucins n'accomplît les étapes prévues par la loi canonique pour mettre en route la Cause de béatification et de canonisation. Toute chose examinée, le Saint-Siège, selon les normes du Motu proprio «Sanctitas clarior», concéda le Nihil obstat le 29 novembre 1982. L'Archevêque de Manfredonia put ainsi procéder à l'introduction de la Cause et à la réalisation du procès de reconnaissance (1983-1990). Le 7 décembre 1990, la Congrégation pour les Causes des Saints en reconnut la validité juridique. Une fois achevée la Positio, on discuta, comme d'habitude, pour savoir si Padre Pio avait pratiqué les vertus à un degré héroïque. Le 13 juin 1997, se tint l'assemblée spéciale des Consulteurs théologiens qui eut un résultat positif. Dans la session ordinaire du 21 octobre suivant, Mgr Andrea Maria Erba, Évêque de Velletri-Segni, étant chargé de la cause, les Cardinaux et les Évêques ont reconnu que Padre Pio de Pietrelcina a pratiqué à un degré héroïque les vertus théologales, cardinales et les autres.

Le 18 décembre 1997, en présence de Jean-Paul II, fut promulgué le décret sur l'héroïcité des vertus.
Pour la béatification de Padre Pio, la postulation a présenté au dicastère compétent la guérison de Madame Consiglia De Martino, de Salerne. À propos de ce cas, se déroula le Procès canonique régulier auprès du tribunal ecclésiastique de l'archidiocèse de Salerno-Campagna-Acerno, de juillet 1996 à juin 1997. Le 30 avril 1998, se tint, au siège de la Congrégation pour les Causes des Saints, l'examen du Conseil médical et, le 22 juin de la même année, l'assemblée spéciale des Consulteurs théologiens. Le 20 octobre suivant, au Vatican, se réunit la Congrégation ordinaire des Cardinaux et des Évêques membres du Dicastère. Le 21 décembre 1998, en présence de Jean-Paul II, fut promulgué le décret sur le miracle.

Le 2 mai 1999, place Saint-Pierre, au cours d'une célébration eucharistique solennelle, Sa Sainteté Jean-Paul II, de par son autorité apostolique, déclara Bienheureux le Vénérable Serviteur de Dieu Pio de Pietrelcina et établit la date du 23 septembre pour sa commémoration liturgique.

Pour la canonisation du Bienheureux Padre Pio, la postulation a présenté au dicastère compétent la guérison du petit Matteo Pio Colella de San Giovanni Rotondo. Le cas a été soumis à un procès canonique régulier devant le tribunal ecclésiastique de l'archidiocèse de Manfredonia-Vieste, du 11 juin au 17 octobre 2000. Le 23 octobre suivant, la documentation fut transmise à la Congrégation pour les causes des saints. Le 22 novembre 2001, à la Congrégation pour les causes des saints, on a procédé à l'étude de la consultation médicale. L'assemblée spéciale des théologiens consulteurs s'est tenue le 11 décembre et, le 18 du même mois, la session ordinaire des cardinaux et évêques. Le 20 décembre, en présence de Jean-Paul II, on a promulgué le décret sur le miracle. Le décret de canonisation a été promulgué le 26 février 2001.


Saint Pio of Pietrelcina

Francesco, named in honor of St. Francis of Assisi, was born to Giuseppa and Grazio Forgione, peasant farmers, in the small Italian village of Pietrelcina on May 25, 1887. From his childhood, it was evident that he was a special child of God. Francesco was very devout even as a child, and at an early age felt drawn to the priesthood. He became a Capuchin novice at the age of sixteen and received the habit in 1902. Francesco was ordained to the priesthood in 1910 after seven years of study and became known as Padre Pio.

On September 20, 1918, Padre Pio was kneeling in front of a large crucifix when he received the visible marks of the crucifixion, making him the first  stigmatized priest in the history of Church. The doctor who examined Padre Pio could not find any natural cause for the wounds. Upon his death in 1968, the wounds were no longer visible. In fact, there was no scaring and the skin  was completely renewed. He had predicted 50 years prior that upon his death the wounds would heal. The wounds of the stigmata were not the only mystical phenomenon experienced by Padre Pio.

The blood from the stigmata had an odor described by many as similar to that  of perfume or flowers, and the gift of bilocation was attributed to him. Padre Pio had the ability to read the hearts of the penitents who flocked to him for confession which he heard for ten or twelve hours per day. Padre Pio used the confessional to bring both sinners and devout souls closer to God; he would know just the right word of counsel or encouragement that was needed. Even before his death, people spoke to Padre Pio about his possible canonization. He died on September 23, 1968 at the age of eighty-one. His funeral was attended by about 100,000 people.

On June 16, 2002, over 500,000 Padre Pio devotees gathered in Rome to witness Pope John Paul II proclaim Padre Pio, Saint Pio of Pietrelcina. The Padre Pio Foundation and many benefactors traveled to Rome, San Giovanni Rotondo, Pietrelcina, Piana Romana and many other holy places to celebrate Padre Pio’s Canonization.



The Last Mass of St. Pio of Pietrelcina

The Final Mass of St. Pio of Pietrelcina (Padre Pio) celebrated in the Church of Santa Maria delle Grazie on September 22, 1968, the day before his death.
Padre Pio was born Francesco Forgione on May 25, 1887 in Pietrelcino, Italy. Raised in a pious Catholic family, Francesco entered the friary in 1903 and one year later received the Capuchin habit, taking the name Pio. He was ordained a priest and transferred to several sites until 1916, when he arrived in San Giovanni Rotondo, where he remained for the last 52 years of his life.
Padre Pio is admired for his fervant love of Christ and the Virgin Mary and is known as the great mystic of modern times.
He experienced a wide variety of supernatural abilities and miraculous events including: the reading of souls; prophecy; bilocation (being in two places at once); the odor of sanctity; discernment of spirits; living on very little sleep; miraculous healings; personal visits from Jesus and Mary; and daily communication with his guardian angel.
Padre Pio’s most famous spiritual gift is the stigmata, which he received in 1918 while praying before a crucifix. He is said to have bled from the five wounds of Christ for the rest of his life, which caused him great suffering and embarrassment.
Because of Padre Pio’s great holiness and gifts, the devil is said to have waged war on the friar throughout his life, which included physical attacks resulting in cuts, bruises and other visible marks.
Padre Pio was devoted to all those who sought his help, but he was especially devoted to the souls in purgatory. He once said, “More souls of the dead from purgatory, than of the living, climb this mountain to attend my Masses and seek my prayers.”
In 1940, Padre Pio began plans to open a hospital in San Giovanni Rotondo, to be named the Casa Sollievo della Sofferenza or Home for the Relief of Suffering. The hospital opened in 1956, and is considered one of the most efficient hospitals in Europe.
In 1956, construction began on a new church of Santa Maria delle Grazie to accommodate the many pilgrims who came to visit Padre Pio. Designed by Giuseppe Gentile Boiano, the church was consecrated by the Bishop of Foggia in 1959. This church remains the central focus of the sanctuary today.
In 1962, Bishop Karol Wojtyła, later Pope John Paul II, wrote to Padre Pio to ask him to pray to God for Dr. Wanda Poltawska, a friend in Poland who was suffering from cancer. Later, Dr. Poltawska’s cancer was found to have regressed; medical professionals were unable to offer an explanation for the regression. It is also rumored that during this time that Padre Pio had predicted Wojtyła would become Pope.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/videos/stpadrepiolastmass/


PADRE PIO DA PIETRELCINA

“Far be it from me to glory except in the Cross of our Lord Jesus Christ” (Gal 6:14).

Like the Apostle Paul, Padre Pio da Pietrelcina placed at the centre of his life and apostolic work the Cross of his Lord as his strength, his wisdom and his glory. Inflamed by love of Jesus Christ, he became like him in the sacrifice of himself for the salvation of the world. In his following and imitation of the Crucified Christ he was so generous and perfect that he could have said: “I have been crucified with Christ; it is no longer I who live, but Christ who lives in me” (Gal 2:20). And the treasures of grace which God had granted him so lavishly and unceasingly he passed on through his ministry, serving the men and women who came to him in ever greater numbers, and bringing to birth an immense host of spiritual sons and daughters.

This worthy follower of Saint Francis of Assisi was born on 25 May 1887 at Pietrelcina in the Archdiocese of Benevento, the son of Grazio Forgione and Maria Giuseppa De Nunzio. He was baptized the next day and given the name Francesco. At the age of twelve he received the Sacrament of Confirmation and made his First Holy Communion.

On 6 January 1903, at the age of sixteen, he entered the novitiate of the Capuchin Friars at Morcone, where on 22 January he took the Franciscan habit and the name Brother Pio. At the end of his novitiate year he took simple vows, and on 27 January 1907 made his solemn profession.

After he was ordained priest on 10 August 1910 at Benevento, he stayed at home with his family until 1916 for health reasons. In September of that year he was sent to the friary of San Giovanni Rotondo and remained there until his death.

Filled with love of God and love of neighbour, Padre Pio lived to the full his vocation to work for the redemption of man, in accordance with the special mission which marked his entire life and which he exercised through the spiritual direction of the faithful: the sacramental reconciliation of penitents and the celebration of the Eucharist. The pinnacle of his apostolic activity was the celebration of Holy Mass. The faithful who took part witnessed the summit and fullness of his spirituality.

On the level of social charity, he committed himself to relieving the pain and suffering of many families, chiefly through the foundation of the Casa Sollievo della Sofferenza (House for the Relief of Suffering), opened on 5 May 1956.

For Padre Pio, faith was life: he willed everything and did everything in the light of faith. He was assiduously devoted to prayer. He passed the day and a large part of the night in conversation with God. He would say: “In books we seek God, in prayer we find him. Prayer is the key which opens God's heart”. Faith led him always to accept God's mysterious will.

He was always immersed in supernatural realities. Not only was he himself a man of hope and total trust in God, but by word and example he communicated these virtues to all who approached him.

The love of God filled him, and satisfied his every desire; charity was the chief inspiration of his day: to love God and to help others to love him. His special concern was to grow in charity and to lead others to do so.

He demonstrated to the full his love of neighbour by welcoming, for more than fifty years, countless people who had recourse to his ministry and his confessional, his counsel and his consolation. He was almost besieged: they sought him in church, in the sacristy, in the friary. And he gave himself to everyone, rekindling faith, dispensing grace, bringing light. But especially in the poor, the suffering and the sick he saw the image of Christ, and he gave himself particularly to them.

He exercised to an exemplary degree the virtue of prudence, acting and counselling in the light of God.

His concern was the glory of God and the good of souls. He treated everyone with justice, frankness and great respect.

The virtue of fortitude shone in him. He understood very early in life that his would be the way of the Cross, and he accepted it at once with courage and out of love. For many years, he experienced spiritual sufferings. For years he endured the pains of his wounds with admirable serenity. 

When he had to submit to investigations and restrictions in his priestly ministry, he accepted everything with profound humility and resignation. In the face of unjust accusations and calumnies he remained silent, trusting always in the judgement of God, of his immediate superiors and of his own conscience.

He habitually practised mortification in order to gain the virtue of temperance, in keeping with the Franciscan style. He was temperate in his attitude and in his way of life.

Conscious of the commitments which he had undertaken when he entered the consecrated life, he observed with generosity the vows he had professed. He was obedient in all things to the commands of his Superiors, even when they were burdensome. His obedience was supernatural in intention, universal in its scope and complete in its execution. He lived the spirit of poverty with total detachment from self, from earthly goods, from his own comfort and from honours. He always had a great love for the virtue of chastity. His behaviour was modest in all situations and with all people.

He sincerely thought of himself as useless, unworthy of God's gifts, full of weakness and infirmity, and at the same time blessed with divine favours. Amid so much admiration around him, he would say: “I only want to be a poor friar who prays”. 

From his youth, his health was not very robust, and especially in the last years of his life it declined rapidly. Sister Death took him well-prepared and serene on 23 September 1968 at the age of eighty-one. An extraordinary gathering of people attended his funeral. 

On 20 February 1971, barely three years after the death of Padre Pio, Pope Paul VI, speaking to the Superiors of the Capuchin Order, said of him: “Look what fame he had, what a worldwide following gathered around him! But why? Perhaps because he was a philosopher? Because he was wise? Because he had resources at his disposal? Because he said Mass humbly, heard confessions from dawn to dusk and was – it is not easy to say it – one who bore the wounds of our Lord. He was a man of prayer and suffering”.

Even during his lifetime, he enjoyed a vast reputation for sanctity, because of his virtues, his spirit of prayer, sacrifice and total dedication to the good of souls.

In the years following his death, his reputation for sanctity and miracles grew steadily, and became established in the Church, all over the world and among all kinds of people.

God thus showed the Church his desire to glorify on earth his faithful servant. In a short time the Capuchin Order took the steps prescribed by canon law to begin the Cause of Beatification and Canonization. After examining the case, the Holy See, in accordance with the norm of the Motu Proprio “Sanctitas Clarior”, granted the nihil obstat on 29 November 1982. The Archbishop of Manfredonia was thus enabled to introduce the Cause and set up the informative process (1983- 1990). On 7 December 1990, the Congregation for the Causes of Saints recognized its juridical validity. When the Positio had been completed, there was the usual discussion on whether the Servant of God had exercised the virtues to a heroic degree. On 13 June 1997 the Special Meeting of the Theological Consultors was held and gave a positive judgement. In the Ordinary Session on 21 October 1997, with Bishop Andrea Maria Erba of Velletri‑Segni, the Proposer of the Cause, together with the Cardinals and Bishops, recognized that Padre Pio da Pietrelcina had lived to a heroic degree the theological, cardinal and associated virtues.

On 18 December 1997, in the presence of Pope John Paul II, the Decree on heroic virtue was promulgated.

For the Beatification of Padre Pio, the Postulation presented to the competent Congregation the healing of Signora Consiglia De Martino of Salerno. The regular canonical process on this case was held at the Ecclesiastical Tribunal of the Archdiocese of Salerno-Campagna-Acerno from July 1996 to June 1997. On 30 April 1998 at the Congregation for the Causes of Saints the Medical Board examined the miracle, and on 22 June 1998 the Special Meeting of Theological Consultors gave its judgement. On 20 October 1998 the Ordinary Congregation of the Cardinals and Bishops belonging to the Congregation was held in the Vatican. On 21 December 1998 in the presence of Pope John Paul II the Decree on the miracle was promulgated.

On 2 May 1999, in the course of a solemn concelebrated Mass in St Peter's Square, Pope John Paul II by his apostolic authority beatified the Venerable Servant of God Padre Pio of Pietrelcina, naming 23 September as the date of his liturgical feast.

For the canonization of Blessed Padre Pio of Pietrelcina the Postulation presented to the competent Dicastery the cure of the young Matteo Pio Colella of San Giovanni Rotondo. The regular canonical process on the case was held at the Ecclesiastical Tribunal of the Diocese of Manfredonia-Vieste from 11 June to 17 October 2000. On 23 October the documents were forwarded to the Congregation for the Causes of Saints. On 21 November 2001 the medical testimony was examined by the same Congregation. The Theological Consultors held a special Congress on 11 December and on 18 December the ordinary Session of Cardinals and Bishops took place. On 20 December, in the presence of John Paul II, the Decree on the miracle was promulgated. Finally, on 28 February 2002 the Decree of Canonization was promulgated.


BEATIFICATION OF PADRE PIO OF PIETRELCINA

HOMILY OF HIS HOLINESS JOHN PAUL II

Sunday, 2 May 1999


“Sing a new song to the Lord!”.

1. The summons of the entrance antiphon captures well the joy of so many of the faithful who have long awaited the beatification of Padre Pio of Pietrelcina. By his life given wholly to prayer and to listening to his brothers and sisters, this humble Capuchin friar astonished the world.

Countless people came to meet him in the friary of San Giovanni Rotondo and, since his death, the flow of pilgrims has not ceased. When I was a student here in Rome, I myself had the chance to meet him personally, and I thank God for allowing me today to enter Padre Pio's name in the book of the blessed.

Guided by the texts of this Fifth Sunday of Easter, which provides the context for the beatification, let us this morning trace the main features of his spiritual experience.

2. “Do not let your hearts be troubled. Believe in God and believe also in me” (Jn 14:1). In the Gospel just proclaimed, we heard these words of Jesus to his disciples who were in need of encouragement. In fact, his allusion to his imminent departure had thrown them into turmoil. They were afraid of being abandoned, of being alone, and the Lord consoled them with a very specific promise: “I am going to prepare a place for you”, and then, “I will come again and will take you to myself, that where I am you may be also” (Jn 14:2-3).

Through Thomas, the Apostles reply to this reassurance: “Lord, we do not know where you are going; how can we know the way?” (Jn 14:5). The remark is apt, and Jesus does not avoid the question which it implies. The answer he gives will remain for ever a light shining for generations still to come: “I am the way and the truth and the life; no one comes to the Father but by me” (Jn 14:6).

The “place” that Jesus goes to prepare is in “the house of the Father”; there the disciple will be able to be with the Master for all eternity and share in his joy. Yet there is only one path that leads there: Christ, to whom the disciple must be conformed more and more. Holiness consists precisely in this: that it is no longer the Christian who lives, but Christ himself who lives in him (cf. Gal 2:20). An exhilarating goal, accompanied by a promise which is no less consoling: “Whoever believes in me will also do the works that I do, and greater works than I will they do, because I am going to the Father” (Jn 14:12).

3. We hear these words of Christ and think of the humble friar of Gargano. How clearly were they fulfilled in Bl. Pio of Pietrelcina!

“Do not let your hearts be troubled. Believe ...”. What was the life of this humble son of St Francis if not a constant act of faith, strengthened by the hope of heaven, where he could be with Christ?

“I am going to prepare a place for you ... that where I am you may be also”. What other purpose was there for the demanding ascetical practices which Padre Pio undertook from his early youth, if not gradually to identify himself with the Divine Master, so that he could be “where he was”?

Those who went to San Giovanni Rotondo to attend his Mass, to seek his counsel or to confess to him, saw in him a living image of Christ suffering and risen. The face of Padre Pio reflected the light of the Resurrection. His body, marked by the “stigmata”, showed forth the intimate bond between death and resurrection which characterizes the paschal mystery. Bl. Pio of Pietrelcina shared in the Passion with a special intensity: the unique gifts which were given to him, and the interior and mystical sufferings which accompanied them, allowed him constantly to participate in the Lord's agonies, never wavering in his sense that “Calvary is the hill of the saints”.

4. No less painful, and perhaps even more distressing from a human point of view, were the trials which he had to endure as a result, it might be said, of his incomparable charisms. It happens at times in the history of holiness that, by God's special permission, the one chosen is misunderstood. In that case, obedience becomes for him a crucible of purification, a path of gradual assimilation to Christ, a strengthening of true holiness. In this regard, Bl. Pio wrote to one of his superiors: “I strive only to obey you, the good God having made known to me the one thing most acceptable to him and the one way for me to hope for salvation and to sing of victory” (Letter I, p. 807).

When the “storm” broke upon him, he took as his rule of life the exhortation of the First Letter of Peter, that we have just heard: Come to Christ, a living stone (cf. 1 Pt 2:4). He himself thus became a “living stone” for the building of that spiritual house which is the Church. For this we today give thanks to the Lord.

5. “You too are living stones, built into a spiritual house” (1 Pt 2:5). How fitting are these words if we apply them to the extraordinary ecclesial experience which grew up around the new blessed! So many people, meeting him directly or indirectly, rediscovered their faith; inspired by his example, “prayer groups” sprang up in every corner of the world. To all who flocked to him he held up the ideal of holiness, repeating to them: “It seems that Jesus has no interest outside of sanctifying your soul” (Letter II, p. 155).

If God's Providence willed that he should be active without ever leaving his convent, as though he were “planted” at the foot of the Cross, this is not without significance. One day the Divine Master had to console him, at a moment of particular trial, by telling him that “it is under the Cross that one learns to love” (Letter I, p. 339).

The Cross of Christ is truly the outstanding school of love; indeed, the very “well-spring” of love. Purified by suffering, the love of this faithful disciple drew hearts to Christ and to his demanding Gospel of salvation.

6. At the same time, his charity was poured out like balm on the weaknesses and the sufferings of his brothers and sisters. Padre Pio thus united zeal for souls with a concern for human suffering, working to build at San Giovanni Rotondo a hospital complex which he called the “House for the Relief of Suffering”. He wanted it to be a first-class hospital, but above all he was concerned that the medicine practised there would be truly “human”, treating patients with warm concern and sincere attention. He was quite aware that people who are ill and suffering need not only competent therapeutic care but also, and more importantly, a human and spiritual climate to help them rediscover themselves in an encounter with the love of God and with the kindness of their brothers and sisters.

With the “House for the Relief of Suffering”, he wished to show that God's “ordinary miracles” take place in and through our charity. We need to be open to compassion and to the generous service of our brothers and sisters, using every resource of medical science and technology at our disposal.

7. The echo stirred by this beatification in Italy and throughout the world shows that the fame of Padre Pio, a son of Italy and of Francis of Assisi, has gone forth to embrace all the continents. And I gladly greet those who have gathered here — in the first place the Italian authorities who have chosen to be present: the President of the Republic, the President of the Senate, the Prime Minister, who leads the official delegation, and the many other ministers and distinguished guests. Italy is represented most worthily! But also the many faithful from other nations have gathered here to pay homage to Padre Pio.

My affectionate greeting goes to all who have come from near and far, with a special thought for the Capuchin Fathers. To everyone I offer heartfelt thanks.

8. Let me conclude with the words of the Gospel of this Mass: “Do not let your hearts be troubled. Have faith in God”. There is a reference to this exhortation of Christ in the advice which the new blessed never tired of giving to the faithful: “Abandon yourselves fully to the divine heart of Jesus, like a child in the arms of his mother”. May these words of encouragement fill our hearts too and become a source of peace, serenity and joy. Why should we fear, if Christ for us is the Way, and the Truth and the Life? Why should we not trust in God who is the Father, our Father?

May “Our Lady of Graces”, whom the humble Capuchin of Pietrelcina invoked with constant and tender devotion, help us to keep our gaze fixed on God. May she take us by the hand and lead us to seek wholeheartedly that supernatural charity flowing forth from the wounded side of the Crucified One.

And you, Bl. Padre Pio, look down from heaven upon us assembled in this square and upon all gathered in prayer before the Basilica of St John Lateran and in San Giovanni Rotondo. Intercede for all those who, in every part of the world, are spiritually united with this event and raise their prayers to you. Come to the help of everyone; give peace and consolation to every heart. Amen!

© Copyright 1999 - Libreria Editrice Vaticana


CANONIZATION OF ST PIO OF PIETRELCINA, CAPUCHIN PRIEST

HOMILY OF JOHN PAUL II

Sunday, 16 June 2002

 
1. "For my yoke is easy and my burden light" (Mt 11,30).

Jesus' words to his disciples, which we just heard, help us to understand the most important message of this solemn celebration. Indeed, in a certain sense, we can consider them as a magnificent summary of the whole life of Padre Pio of Pietrelcina, today proclaimed a saint.

The evangelical image of the "yoke" recalls the many trials that the humble Capuchin of San Giovanni Rotondo had to face. Today we contemplate in him how gentle the "yoke" of Christ is, and how truly light is his burden when it is borne with faithful love. The life and mission of Padre Pio prove that difficulties and sorrows, if accepted out of love, are transformed into a privileged way of holiness, which opens onto the horizons of a greater good, known only to the Lord.

2. "But may I never boast except in the cross of Our Lord Jesus Christ" (Gal 6,14).

Is it not, precisely, the "glory of the Cross" that shines above all in Padre Pio? How timely is the spirituality of the Cross lived by the humble Capuchin of Pietrelcina. Our time needs to rediscover the value of the Cross in order to open the heart to hope.

Throughout his life, he always sought greater conformity with the Crucified, since he was very conscious of having been called to collaborate in a special way in the work of redemption. His holiness cannot be understood without this constant reference to the Cross.

In God's plan, the Cross constitutes the true instrument of salvation for the whole of humanity and the way clearly offered by the Lord to those who wish to follow him (cf. Mk 16,24). The Holy Franciscan of the Gargano understood this well, when on the Feast of the Assumption in 1914, he wrote: "In order to succeed in reaching our ultimate end we must follow the divine Head, who does not wish to lead the chosen soul on any way other than the one he followed; by that, I say, of abnegation and the Cross" (Epistolario II, p. 155).

3. "I am the Lord who acts with mercy" (Jer 9,23).

Padre Pio was a generous dispenser of divine mercy, making himself available to all by welcoming them, by spiritual direction and, especially, by the administration of the sacrament of Penance. I also had the privilege, during my young years, of benefitting from his availability for penitents. The ministry of the confessional, which is one of the distinctive traits of his apostolate, attracted great crowds of the faithful to the monastery of San Giovanni Rotondo. Even when that unusual confessor treated pilgrims with apparent severity, the latter, becoming conscious of the gravity of sins and sincerely repentant, almost always came back for the peaceful embrace of sacramental forgiveness. May his example encourage priests to carry out with joy and zeal this ministry which is so important today, as I wished to confirm this year in the Letter to Priests on the occasion of Holy Thursday.

4. "You, Lord, are my only good".

This is what we sang in the responsorial psalm. Through these words, the new Saint invites us to place God above everything, to consider him our sole and highest good.

In fact, the ultimate reason for the apostolic effectiveness of Padre Pio, the profound root of so much spiritual fruitfulness can be found in that intimate and constant union with God, attested to by his long hours spent in prayer and in the confessional. He loved to repeat, "I am a poor Franciscan who prays" convinced that "prayer is the best weapon we have, a key that opens the heart of God".

This fundamental characteristic of his spirituality continues in the "Prayer Groups" that he founded, which offer to the Church and to society the wonderful contribution of incessant and confident prayer. To prayer, Padre Pio joined an intense charitable activity, of which the "Home for the Relief of Suffering" is an extraordinary expression. Prayer and charity, this is the most concrete synthesis of Padre Pio's teaching, which today is offered to everyone.

5. "I bless you, Father, Lord of heaven and earth, because ... these things ... you have revealed to little ones" (Mt 11,25).

How appropriate are these words of Jesus, when we think of them as applied to you, humble and beloved Padre Pio.

Teach us, we ask you, humility of heart so we may be counted among the little ones of the Gospel, to whom the Father promised to reveal the mysteries of his Kingdom.

Help us to pray without ceasing, certain that God knows what we need even before we ask him. 

Obtain for us the eyes of faith that will be able to recognize right away in the poor and suffering the face of Jesus.

Sustain us in the hour of the combat and of the trial and, if we fall, make us experience the joy of the sacrament of forgiveness.

Grant us your tender devotion to Mary, the Mother of Jesus and our Mother.

Accompany us on our earthly pilgrimage toward the blessed homeland, where we hope to arrive in order to contemplate forever the glory of the Father, the Son and the Holy Spirit. 
Amen.

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CANONIZATION OF ST PIO OF PIETRELCINA

JOHN PAUL II

ANGELUS

Sunday, 16 June 2002


 
At the end of this solemn celebration, I want to greet and thank the Cardinals, Archbishops and Bishops present, the Minister General of the Capuchins and all Padre Pio's confreres.

I also want to thank the official Delegation of the Italian Government led by Vice Premier and other Italian civil and military authorities.

I want to thank in a special way all the pilgrims gathered in this square and in the neighbouring streets, I must say with courage, especially those who have faced the sacrifice of having had to stand for a long time in this heat. I also greet the faithful gathered in prayer at San Giovanni Rotondo and all who are following the rite on television. As I urge each one to walk in the footsteps of St Pio of Pietrelcina, I am pleased to announce that his liturgical commemoration will be inserted in the Roman Calendar to be observed as an obligatory memorial on 23 September, the day of his birth in heaven.

* * *

The Holy Father greeted in French, English, Spanish, Portuguese and Polish the pilgrims who came for the canonization of Padre Pio and were waving their national flags in reply to the Pope's greeting.

I greet you cordially, dear French-speaking pilgrims who have come for the canonization of Padre Pio. After the example of the new saint, may you love Christ untiringly, in fidelity to the Church. I wholeheartedly bless you all.

I am pleased to greet the English-speaking pilgrims present at today's celebration. Through the intercession of Padre Pio may you grow in loving union with the Crucified Lord and in joyful witness to the mystery of his redemptive grace, everywhere present in the world.

I greet with affection the Spanish-speaking pilgrims and encourage them to progress in Christian life, helped on their way by the rich spiritual message of the new saint, Padre Pio. I cordially bless you all.
Dear pilgrims who have come from the various Portuguese-speaking countries. I greet you all. May you grow in the love of Christ and of his Cross. May St Pio of Pietrelcina obtain this grace, whose protection we invoke upon you with our Blessing.

"May Mary rest her motherly hand on your head". The wish that Padre Pio once addressed to one of his spiritual daughters, he addresses to you today. Let us entrust to the motherly intercession of Our Lady and to St Pio of Pietrelcina the journey of holiness of the whole Church at the beginning of the new millennium.

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BEATIFICAZIONE di PADRE PIO DA PIETRELCINA

CONGREGAZIONE DELLE CAUSE DEI SANTI

CAUSA DI BEATIFICAZIONE e CANONIZZAZIONE

del SERVO DI DIO

PIO DA PIETRELCINA

(in secolo: Francesco Forgione)


SACERDOTE PROFESSO

dell'ORDINE DEI FRATI MINORI CAPPUCCINI
(1887-1968)

DECRETO SULLE VIRTÚ


«Per me non ci sia altro vanto che nella croce del Signore nostro Gesù Cristo» (Gal 6, 14).

Padre Pio da Pietrelcina, come l'Apostolo Paolo, al vertice della sua vita e del suo apostolato pose la Croce del suo Signore come sua forza, sua sapienza e sua gloria. Infiammato d'amore per Gesù Cristo, si conformò a Lui nell'immolazione di sé per la salvezza del mondo. Nella sequela e nell'imitazione di Cristo Crocifisso fu così generoso e perfetto che avrebbe potuto dire: «Sono stato crocifisso con Cristo e non sono più io che vivo, ma Cristo vive in me» (Gal 2,19). E i tesori di grazia che Dio gli aveva concesso con singolare larghezza senza sosta egli dispensò con il suo ministero, servendo gli uomini e le donne che a lui accorrevano sempre più numerosi e generando una immensa moltitudine di figli e figlie spirituali.

Questo degnissimo seguace di San Francesco d'Assisi nacque il 25 maggio 1887 a Pietrelcina, nell'arcidiocesi di Benevento, da Grazio Forgione e Maria Giuseppa De Nunzio. Fu battezzato il giorno successivo col nome di Francesco. A 12 anni ricevette il sacramento della Cresima e la prima Comunione.

A 16 anni, il 6 gennaio 1903, entrò nel noviziato dell'Ordine dei Frati Minori Cappuccini a Morcone, ove il 22 dello stesso mese vestì l'abito francescano e si chiamò Fra Pio. Terminato l'anno di noviziato, emise la professione dei voti semplici e, il 27 gennaio 1907, quella dei voti solenni.

Dopo l'ordinazione sacerdotale, ricevuta il 10 agosto 1910 a Benevento, restò in famiglia fino al 1916 per motivi di salute. Nel settembre dello stesso anno fu mandato al convento di San Giovanni Rotondo e vi rimase fino alla morte.

Acceso dall'amore di Dio e dall'amore del prossimo, Padre Pio visse in pienezza la vocazione a contribuire alla redenzione dell'uomo, secondo la speciale missione che caratterizzò tutta la sua vita e che egli attuò mediante la direzione spirituale dei fedeli, mediante la riconciliazione sacramentale dei penitenti e mediante la celebrazione dell'Eucaristia. Il momento più alto della sua attività apostolica era quello in cui celebrava la Santa Messa. I fedeli chevi partecipavano, percepivano il vertice e la pienezza della sua spiritualità.

Sul piano della carità sociale si impegnò per alleviare dolori e miserie di tante famiglie, principalmente con la fondazione della «Casa Sollievo della Sofferenza», inaugurata il 5 maggio 1956.

Per il Servo di Dio la fede era la vita: tutto voleva e tutto faceva alla luce della fede. Fu assiduamente impegnato nella preghiera. Passava la giornata e gran parte della notte in colloquio con Dio. Diceva: «Nei libri cerchiamo Dio, nella preghiera Lo troviamo. La preghiera è la chiave che apre il cuore di Dio». La fede lo portò sempre all'accettazione della volontà misteriosa di Dio.

Fu sempre immerso nelle realtà soprannaturali. Non solo egli era l'uomo della speranza e della fiducia totale in Dio, ma infondeva queste virtù in tutti quelli che lo avvicinavano, con le parole e con l'esempio.

L'amore di Dio lo riempiva, soddisfacendo ogni sua attesa; la carità era il principio ispiratore della sua giornata: Dio da amare e da far amare. Sua particolare preoccupazione: crescere e far crescere nella carità.

Espresse il massimo della sua carità verso il prossimo accogliendo, per oltre 50 anni, moltissime persone, che accorrevano al suo ministero e al suo confessionale, al suo consiglio e al suo conforto. Era quasi un assedio: lo cercavano in chiesa, nella sagrestia, nel convento. Ed egli si donava a tutti, facendo rinascere la fede, distribuendo grazia, portando luce. Ma specialmente nei poveri, nei sofferenti e negli ammalati, egli vedeva l'immagine di Cristo e si donava specialmente per loro.

Ha esercitato in modo esemplare la virtù della prudenza, agiva e consigliava alla luce di Dio.

Suo interesse era la gloria di Dio e il bene delle anime. Ha trattato tutti con giustizia, con lealtà e grande rispetto.

Rifulse in lui la virtù della fortezza. Egli comprese ben presto che il suo cammino sarebbe stato quello della Croce, e l'accettò subito con coraggio e per amore. Sperimentò per molti anni le sofferenze dell'anima. Per anni sopportò i dolori delle sue piaghe con ammirabile serenità. Accettò in silenzio i numerosi interventi delle Autorità, e di fronte alle calunnie tacque sempre.

Usò abitualmente la mortificazione per conseguire la virtù della temperanza, in conformità allo stile francescano. Era temperante nella mentalità e nel modo di vivere.

Consapevole degli impegni assunti con la vita consacrata, ne osservò con generosità i voti professati. È stato obbediente in tutto agli ordini dei suoi Superiori, anche quando erano gravosi. La sua obbedienza era soprannaturale nell'intenzione, universale nella estensione e integrale nell'esecuzione. Esercitò lo spirito di povertà con totale distacco da se stesso, dai beni terreni, dalle comodità e dagli onori. Ha sempre avuto una grande predilezione per la virtù della castità. Il suo comportamento era dovunque e con tutti modesto.

Si reputava sinceramente inutile, indegno dei doni di Dio, ricolmo di miserie e insieme di favori divini. Fra tanta ammirazione del mondo, egli ripeteva: «Voglio essere soltanto un povero frate che prega».

La sua salute, fin dalla giovinezza, non fu molto florida e, soprattutto negli ultimi anni della sua vita, declinò rapidamente. Sorella morte lo colse preparato e sereno il 23 settembre 1968, all'età di 81 anni. I suoi funerali furono caratterizzati da un concorso di popolo del tutto straordinario.

Il 20 febbraio 1971, ad appena tre anni dalla morte del Servo di Dio, Paolo VI, parlando ai Superiori dell'Ordine Cappuccino, disse di lui: «Guardate che fama ha avuto, che clientela mondiale ha adunato intorno a sé! Ma perché? Forse perché era un filosofo? Perché era un sapiente? Perché aveva mezzi a disposizione? Perché diceva la Messa umilmente, confessava dal mattino alla sera, ed era, difficile a dire, rappresentante stampato delle stimmate di nostro Signore. Era un uomo di preghiera e di sofferenza».

Già durante la sua vita godeva vasta fama di santità, dovuta alle sue virtù, al suo spirito di preghiera, di sacrificio e di dedizione totale al bene delle anime.

Negli anni successivi alla sua morte, la fama di santità e di miracoli è andata sempre più crescendo, diventando un fenomeno ecclesiale, diffuso in tutto il mondo, presso ogni categoria di persone.

Così Dio manifestava alla Chiesa la volontà di glorificare in terra il suo Servo fedele. Non trascorse molto tempo che l'Ordine dei Frati Minori Cappuccini compì i passi previsti dalla legge canonica per iniziare la Causa di beatificazione e canonizzazione. Esaminata ogni cosa, la Santa Sede, a norma del Motu Proprio «Sanctitas Clarior», concesse il nulla osta il 29 novembre 1982. L'Arcivescovo di Manfredonia poté così procedere all'introduzione della Causa e alla celebrazione del processo cognizionale (1983-1990). Il 7 dicembre 1990 la Congregazione delle Cause dei Santi ne riconobbe la validità giuridica. Ultimata la Positio, si discusse, come di consueto, se il Servo di Dio abbia esercitato le virtù in grado eroico. Il 13 giugno 1997 si tenne il Congresso Peculiare dei Consultori teologi con esito positivo. Nella Sessione Ordinaria del 21 ottobre successivo, essendo Ponente della Causa l'Ecc.mo Mons. Andrea Maria Erba, Vescovo di Velletri-Segni, i Padri Cardinali e Vescovi hanno riconosciuto che Padre Pio da Pietrelcina ha esercitato in grado eroico le virtù teologali, cardinali ed annesse.

Il giorno 18 dicembre 1997, alla presenza di Giovanni Paolo II, fu promulgato il Decreto sull'eroicità delle virtù.

Per la beatificazione di Padre Pio, la Postulazione ha presentato al competente Dicastero la guarigione della signora Consiglia De Martino di Salerno. Sul caso fu celebrato regolare Processo canonico presso il Tribunale Ecclesiastico dell'arcidiocesi di Salerno-Campagna-Acerno dal luglio 1996 al giugno 1997 e fu riconosciuto valido con decreto del 26 settembre 1997. Il 30 aprile 1998 si tenne, presso la Congregazione delle Cause dei Santi, l'esame della Consulta Medica e il 22 giugno dello stesso anno, il Congresso peculiare dei Consultori Teologi. Il giorno 20 ottobre seguente, in Vaticano, si riunì la Congregazione ordinaria dei Cardinali e dei Vescovi, membri del Dicastero, Ponente Mons. Andrea M. Erba, e il 21 dicembre 1998, fu promulgato, alla presenza di Giovanni Paolo II, il Decreto sul miracolo.

SOURCE : http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/csaints/documents/rc_con_csaints_doc_19990502_padre-pio_it.html


San Pio da Pietrelcina (Francesco Forgione)


Pietrelcina, Benevento, 25 maggio 1887 - San Giovanni Rotondo, Foggia, 23 settembre 1968

Francesco Forgione nasce a Pietrelcina, provincia di Benevento, il 25 maggio 1887. Il 22 gennaio 1903, a sedici anni, entra in convento e da francescano cappuccino prende il nome di fra Pio da Pietrelcina. Diventa sacerdote sette anni dopo, il 10 agosto 1910. Nel 1916 i superiori pensano di trasferirlo a San Giovanni Rotondo, sul Gargano, e qui, nel convento di S. Maria delle Grazie, ha inizio per Padre Pio una straordinaria avventura di taumaturgo e apostolo del confessionale. Il 20 settembre 1918 il cappuccino riceve le stimmate della Passione di Cristo che resteranno aperte, dolorose e sanguinanti per ben cinquant’anni. Muore il 23 settembre 1968, a 81 anni. Dichiarato venerabile nel 1997 e beatificato nel 1999, è canonizzato nel 2002.

Etimologia: Pio = devoto, religioso, pietoso (signif. Intuitivo)

Martirologio Romano: San Pio da Pietrelcina (Francesco) Forgione, sacerdote dell’Ordine dei Frati Minori Cappuccini, che nel convento di San Giovanni Rotondo in Puglia si impegnò molto nella direzione spirituale dei fedeli e nella riconciliazione dei penitenti ed ebbe tanta provvidente cura verso i bisognosi e i poveri da concludere in questo giorno il suo pellegrinaggio terreno pienamente configurato a Cristo crocifisso.

Quando muore, il 23 settembre 1968, a 81 anni, le stimmate scompaiono dal suo corpo e, davanti alle circa centomila persone venute da ogni dove ai suoi funerali, ha inizio quel processo di santificazione che ben prima che la Chiesa lo elevasse alla gloria degli altari lo colloca nella devozione dei fedeli di tutto il mondo come uno dei santi più amati dell’ultimo secolo. 

Francesco Forgione era nato a Pietrelcina, provincia di Benevento, il 25 maggio 1887.
I suoi genitori, Grazio e Giuseppa, erano poveri contadini, ma assai devoti: in famiglia il rosario si pregava ogni sera in casa tutti insieme, in un clima di grande e filiale fiducia in Dio e nella Madonna. Il soprannaturale irrompe assai presto nella vita del futuro santo: fin da bambino egli riceveva visite frequenti di Gesù e Maria, vedeva demoni e angeli, ma poiché pensava che tutti avessero queste facoltà non ne faceva parola con nessuno. Il 22 gennaio 1903, a sedici anni, entra in convento e da francescano cappuccino prende il nome di fra Pio da Pietrelcina. Diventa sacerdote sette anni dopo, il 10 agosto 1910. Vuole partire missionario per terre lontane, ma Dio ha su di lui altri disegni, specialissimi. 

I primi anni di sacerdozio sono compromessi e resi amari dalle sue pessime condizioni di salute, tanto che i superiori lo rimandano più volte a Pietrelcina, nella casa paterna, dove il clima gli è più congeniale. Padre Pio è malato assai gravemente ai polmoni. I medici gli danno poco da vivere. Come se non bastasse, alla malattia si vanno ad aggiungere le terribili vessazioni a cui il demonio lo sottopone, che non lasciano mai in pace il povero frate, torturato nel corpo e nello spirito. 

Nel 1916 i superiori pensano di trasferirlo a San Giovanni Rotondo, sul Gargano, e qui, nel convento di S. Maria delle Grazie, ha inizio per Padre Pio una straordinaria avventura di taumaturgo e apostolo del confessionale. Un numero incalcolabile di uomini e donne, dal Gargano e da altre parti dell’Italia, cominciano ad accorrere al suo confessionale, dove egli trascorre anche quattordici-sedici ore al giorno, per lavare i peccati e ricondurre le anime a Dio. È il suo ministero, che attinge la propria forza dalla preghiera e dall’altare, e che Padre Pio realizza non senza grandi sofferenze fisiche e morali. 

Il 20 settembre 1918, infatti, il cappuccino riceve le stimmate della Passione di Cristo che resteranno aperte, dolorose e sanguinanti per ben cinquant’anni. Padre Pio viene visitato da un gran numero di medici, subendo incomprensioni e calunnie per le quali deve sottostare a infamanti ispezioni canoniche; il frate delle stimmate si dichiara “figlio dell’obbedienza” e sopporta tutto con serafica pazienza. Infine, viene anche sospeso a divinis e solo dopo diversi anni, prosciolto dalle accuse calunniose, può essere reintegrato nel suo ministero sacerdotale. 

La sua celletta, la numero 5, portava appeso alla porta un cartello con una celebre frase di S. Bernardo: “Maria è tutta la ragione della mia speranza”. Maria è il segreto della grandezza di Padre Pio, il segreto della sua santità. A Lei, nel maggio 1956, dedica la “Casa Sollievo della Sofferenza”, una delle strutture sanitarie oggi più qualificate a livello nazionale e internazionale, con 70.000 ricoveri l’anno, attrezzature modernissime e collegamenti con i principali istituti di ricerca nel mondo. 

Negli anni ‘40, per combattere con l’arma della preghiera la tremenda realtà della seconda guerra mondiale, Padre Pio diede avvio ai Gruppi di Preghiera, una delle realtà ecclesiali più diffuse attualmente nel mondo, con oltre duecentomila devoti sparsi in tutta la terra. Con la “Casa Sollievo della Sofferenza” essi costituiscono la sua eredità spirituale, il segno di una vita tutta dedicata alla preghiera e contrassegnata da una devozione ardente alla Vergine. 

Da Lei il frate si sentiva protetto nella sua lotta quotidiana col demonio, il “cosaccio” come lo chiamava, e per ben due volte la Vergine lo guarisce miracolosamente, nel 1911 e nel 1959. In quest’ultimo caso i medici lo avevano dato proprio per spacciato quando, dopo l’arrivo della Madonna pellegrina di Fatima a San Giovanni Rotondo, il 6 agosto 1959, Padre Pio fu risanato improvvisamente, tra lo stupore e la gioia dei suoi devoti. 

“Esiste una scorciatoia per il Paradiso?”, gli fu domandato una volta. “Sì”, lui rispose, “è la Madonna”. “Essa – diceva il frate di Pietrelcina – è il mare attraverso cui si raggiungono i lidi degli splendori eterni”. Esortava sempre i suoi figli spirituali a pregare il Rosario e a imitare la Madonna nelle sue virtù quotidiane quali l’umiltà,la pazienza, il silenzio,la purezza,la carità.“Vorrei avere una voce così forte – diceva - per invitare i peccatori di tutto il mondo ad amare la Madonna”. 

Lui stesso aveva sempre la corona del rosario in mano. Lo recitava incessantemente per intero, soprattutto nelle ore notturne. “Questa preghiera – diceva Padre Pio – è la nostra fede, il sostegno della nostra speranza, l’esplosione della nostra carità”. 

Il suo testamento spirituale, alla fine della sua vita, fu: “Amate la Madonna e fatela amare. Recitate sempre il Rosario”. 

Intorno alla sua figura in questi anni si sono scritti molti fiumi di inchiostro. Un incalcolabile numero di articoli e tantissimi libri; si conta che approssimativamente sono più di 200 le biografie a lui dedicate soltanto in italiano. “Farò più rumore da morto che da vivo”, aveva pronosticato lui con la sua solita arguzia. Quella di Padre Pio è veramente una “clientela” mondiale. Perché tanta devozione per questo san Francesco del sud? 

Padre Raniero Cantalamessa lo spiega così:“Se tutto il mondo corre dietro a Padre Pio – come un giorno correva dietro a Francesco d’Assisi - è perché intuisce vagamente che non sarà la tecnica con tutte le sue risorse, né la scienza con tutte le sue promesse a salvarci, ma solo la santità. Che è poi come dire l’amore”.

Autore: Maria Di Lorenzo



Voir aussi : http://www.ewtn.com/padrepio/man/index.htm