dimanche 30 mars 2014

Saint PIERRE REGALADO, religieux franciscain


Saint Pierre Regalado

Saint Pierre Regalado naquit à Valladolid en l’an 1390, de parents nobles et riches des biens de la terre, mais plus riches encore du bien inestimable de la vertu. Il reçut au baptême le nom de son aïeul. L’enfant pouvait à peine connaître ses parents quand la mort vint lui ravir son père, pour l’introduire dans le céleste royaume, qu’il avait mérité par une charité sans limite. Dès lors tout le soin de son éducation retomba sur sa mère, Marie Castanilla.

Elle s’en acquitta avec le zèle qu’on pouvait attendre d’une femme aussi profondément chrétienne que sincèrement dévouée au bonheur de son fils. Elle s’appliqua à inculquer à cette jeune âme les principes d’une piété solide. Souvent elle le prenait avec elle quand elle allait se confesser au couvent de Saint-François. L’exemple de la mère déposait dans le cœur de l’enfant de précieuses semences qui ne devaient pas tarder à germer. Il aimait à la voir fréquenter les sacrements, et lorsqu’elle s’approchait de la Table-Sainte, il sentait dans son âme innocente des désirs enflammés de se nourrir du pain de vie.

Marie de Castanilla n’oublia pas non plus de faire donner à son fils l’instruction que réclamait sa noble origine, car elle le destinait à une brillante carrière. Mais Dieu avait des vues plus hautes sur le jeune Pierre. Celui-ci entendait parfois des voix intérieures qui l’appelaient à la vie monastique. Ayant pris conseil de ses directeurs, il résolut de se mettre au nombre des fils de saint François, bien qu’il n’eut alors que treize ans. Il était l’unique fils de sa mère, et c’était sur lui que reposaient les espérances d’une illustre famille.

Mais ces pensées humaines ne furent pas capables de toucher cette grande chrétienne. Sacrifiant son fils avec allégresse et générosité, elle fit elle-même toutes les démarches nécessaires pour faciliter son admission.

Le jeune novice – Sa profession

Pierre prit bientôt l’habit franciscain, et son noviciat commença. Il fit de tels progrès que les religieux ne furent pas longtemps à reconnaître le précieux trésor dont ils étaient enrichis : ils avaient plus à apprendre du novice que le novice de son Père maître. Saint François était la règle et le modèle de toutes ses actions. Pendant tout le cours de son noviciat qui dura un an, jamais il ne se relâcha sur un seul point de sa première ferveur. Aussi son admission à la profession ne souffrit-elle aucune difficulté : il prononça ses vœux à l’âge de quatorze ans : les règles canoniques le permettaient à cette époque.

Le jeune religieux profès, se considéra dès lors comme chargé de tous les emplois pénibles et difficiles. Il éprouvait une joie toute particulière à soigner ses frères malades, et si les infirmités étaient plus rebutantes et les malades plus exigeants, c’était une nouvelle raison de se donner plus généreusement.

Mais comme le relâchement inséparable de la faiblesse et de la misère humaine s’était introduit même dans le sévère institut de saint François, Pierre ne trouvait pas le stimulant ni les moyens nécessaires pour imiter la vie pénitente de son saint Patriarche. Il gémissait en secret de cette situation, mais n’osait entreprendre une vie plus austère, de peur de se singulariser. Dieu entendit les soupirs de son cœur. Depuis longtemps déjà il préparait à son serviteur ce qu’il désirait si ardemment.

Pierre de Villacreces et la réforme

En effet, à l’époque où notre Saint se signalait par de si beaux débuts, une nouvelle lumière se levait sur le monde. C’était la réforme franciscaine entreprise par quelques religieux fervents et désireux de rétablir dans toute la rigueur primitive l’observance de la règle de saint François.

C’est pour cette raison qu’on leur donna le nom d’Observantins. Ils commencèrent par se retirer dans les solitudes et les forêts, afin de préparer dans une vie pénitente, la rude et difficile mission qu’ils entreprenaient. Le plus célèbre d’entre eux, en Espagne, fut Pierre de Villacreces ; c’était un religieux d’une sainteté et d’une science remarquables. Au moment où saint Pierre Regalado prononçait ses vœux, il y avait déjà vingt ans qu’il vivait dans une caverne, loin de tout commerce humain. Quand il en sortit, il se présenta au monde dans un habit si pauvre, et avec un visage si décharné, qu’il n’avait plus d’un homme vivant qu’une faible apparence.

Une première fois qu’il voulut s’établir avec quelques religieux dans l’ermitage de Notre-Dame de la Solcéda qui lui paraissait propre à ses desseins. Il fut obligé de l’abandonner, on ne sait pour quel motif. Il lui fallait donc chercher de nouveau un endroit convenable. Dieu lui-même se chargea de l’indiquer.

Couvent d’Aguilera

A quelques temps de là, les habitants d’Aguilera, village situé entre Aranda et Roa, dans le diocèse d’Osma, avaient aperçu dans les airs des lumières miraculeuses, des globes de feu descendant du ciel. Ils portaient le fait à la connaissance de l’évêque, qui reconnut à ces indices que Dieu s’était réservé ce lieu pour quelque dessein de sa providence. Il fit donc bâtir un ermitage et une chapelle que desservit un prêtre séculier. Le bruit de l’événement miraculeux arriva aux oreilles de Villacreces, et sa première pensée fut de demander à l’évêque d’Osma, son proche parent, la cession de cet ermitage. Le prudent prélat, qui connaissait la solide vertu du réformateur et le besoin que les Frères Mineurs avaient de la réforme, ne fit aucune difficulté, et prit même l’entreprise sous sa protection.

Pierre Villacreces et Pierre Regalado

Pendant qu’il négociait ainsi, Villacreces cherchait à s’attacher des religieux fervents. Dans ce but il vint à Valladolid. La vue de cet homme de Dieu remplit tous ceux qui le virent, d’étonnement et d’édification. Il allait pieds nus, pauvrement vêtu ; il rappelait le temps de saint François, et son exemple prêchait plus que ses paroles la réforme qu’il désirait établir. Dans les couvents, beaucoup de religieux souffraient du relâchement général et n’attendaient qu’une occasion favorable pour embrasser la réforme. Saint Pierre Regalado était à leur tête.

Quand il sut que Villacreces avait la permission du Général, d’admettre dans sa compagnie tous les religieux qui voudraient l’imiter, il alla le trouver ; il lui exposa ses intentions et le supplia ardemment de l’emmener à l’ermitage où il se rendait. Le réformateur apprécia du premier coup d’œil la grande vertu de ce jeune homme, et conçut les plus belles espérances au sujet des entreprises qu’il pouvait établir sur un aussi solide fondement ; il l’admit donc avec beaucoup de joie.

Il entre dans la réforme

Pierre Regalado se mit en route avec lui, et peu de jours après ils arrivèrent à Aguilera : toute leur communauté se composait de quatre religieux, y compris le Père Villacreces. Celle-ci reçut leur vœu d’obéissance et leur donna de ses mains le sac qui devait être le nouvel habit des réformés : puis ils se déchaussèrent.

Le réformateur étant ensuite allé rendre compte de ce qui s’était passé, à l’évêque d’Osma, celui-ci en demeura si édifié qu’il fit agrandir le petit couvent de manière à ce qu’il put servir de résidence à douze religieux. C’était le nombre fixé par Villacreces lui-même. Plus tard saint Pierre Regalado abolit cette règle.

Notre Saint passa dans ce couvent d’Aguilera les onze années suivantes, adonné à l’exercice de toutes les vertus et pratiquant d’effrayantes austérités. Sa nourriture se composait d’un peu de légumes mal assaisonnés : ses jeûnes étaient continuels, car pendant longtemps il observa les neuf carêmes, dits de saint François, qui comprenaient presque toute l’année. Le reste du temps il jeûnait encore souvent au pain et à l’eau ; et jamais il ne se permit de prendre le soir la plus légère collation. Le dimanche seulement il avalait deux bouchées de pain afin de rompre le jeune, par respect pour ce saint jour.

Son assiduité à la prière n’était pas moins remarquable. Il arriva à un tel degré de contemplation que les ravissements et les extases lui étaient familiers. Quand son esprit était ainsi fixé en Dieu, une céleste splendeur entourait son corps. Elle était si brillante qu’elle fit croire plus d’une fois que le couvent brûlait. Un jour, on accourut même d’un village voisin, Gumiel de Mercado, distant de plus d’une lieue, pour éteindre l’incendie imaginaire. Sa ferveur dans l’oraison se trahissait par une grande abondance de larmes : à la fin il fut même obligé de porter un linge sur son bras pour pouvoir les essuyer.

Cependant au milieu de tous ces exercices de piété, Pierre trouvait encore le temps d’étudier et de se préparer à recevoir le sacerdoce. La théologie fit ses plus chères délices. Une fois prêtre, il manifesta au dehors toute l’ardeur et la charité qui consumaient son cœur pour le salut des pécheurs. Sa parole opérait des merveilles dans les âmes. C’est à partir surtout de ce moment que l’on put dire qu’il vivait plutôt au ciel que sur la terre. Il n’avait plus de désir que pour la vertu.

Il passe au couvent d’Abrojos

En 1415, saint Villacreces qui vivait encore, le prit avec lui pour aller fonder un nouveau couvent à Abrojos, qui se trouvait relativement assez proche d’Aguilera. Cette fondation se fit dans une pauvreté extrême. Souvent on n’avait pas d’huile pour la lampe du Très-Saint-Sacrement : on manquait aussi de livres pour chanter la messe. Villacreces disait alors à ses religieux que la pauvreté est une huile qui brûle avec une clarté bien plus vive que celle de la terre, en même temps qu’elle exhale une odeur plus suave que les parfums ; et il ajoutait que si l’on ne pouvait chanter, il fallait pleurer et gémir en attendant les célestes harmonies.

C’est dans ce couvent que Pierre reçut l’office de portier. Comme son cœur compatissant ne pouvait voir une misère sans chercher à la soulager, il fit de telles aumônes que les religieux finirent par murmurer et avertirent le supérieur. Un jour, une pauvre veuve, privée de tout secours humain, et chargée de trois enfants encore en bas âge, vient frapper à la porte. C’était l’heure du dîner. Pierre court au réfectoire où étaient rassemblés les religieux, et prend précipitamment de nombreux morceaux de pain, qu’il met dans le pan de son habit. Il se dirigeait déjà vers la porte quand le supérieur l’arrêtant : « Frère Pierre, lui dit-il, vous êtes bien empressé : qu’avez-vous dans le pan de votre habit ? » Le Saint se troubla, mais reprenant aussitôt son calme habituel : « Mon père, ce sont des roses que je vais donner à une pauvre femme qui en a besoin. » - « Montre-les de suite, » répliqua le supérieur, Pierre ouvrit alors modestement sa robe, et tous purent voir avec admiration des roses plus belles que celles qui s’épanouissent dans les jardins de la terre. Le supérieur lui dit alors : « Allez, mon frère, au nom du Seigneur et donnez ces roses à la pauvre femme : désormais distribuez tout ce qu’il vous plaira, car c’est pour cela que la divine bonté est si libérale à notre égard.

Cependant Villacreces s’occupait avec le Saint de rédiger des règles qui assurassent la permanence de la Réforme. En 1417 Villacreces put en porter la rédaction au concile de Constance. Deux bulles favorables accordèrent tout ce qu’on avait sollicité. Il leur était permis de prendre les constitutions établies par saint François lui-même au couvent de Sainte-Marie-des-Anges ; on devait surtout chercher la pauvreté dans les édifices. Le silence, l’abstinence devaient être perpétuels. Les religieux jeûnaient depuis la Toussaint jusqu’à Pâques : ils ne boiraient pas de vin. Le vendredi ils jeûnaient au pain et à l’eau : le lundi, mercredi, et samedi, ils y ajoutaient quelques légumes : les autres jours ils se permettaient un peu de poisson. Le sel et le poivre devaient être absents de leur table, et le pain qu’ils mangeaient devait avoir été quêté de porte en porte. Qu’il fut blanc ou noir, dur ou tendre, disent les constitutions, il faut le manger avec joie. Mais quand tout aliment manquait, et que le frère économe venait déclarer ses fonds épuisés, on avait recours à la sainte patience, jusqu’à ce qu’il plut à Dieu de secourir ses serviteurs. Tel était le régime de vie ordinaire des Réformés. Cette austérité forte et généreuse formait les saints, et dans les deux couvents dont nous parlons, il serait facile d’en énumérer plusieurs qui édifiaient les populations environnantes.

Jamais saint Regalado n’avait goûté plus douce paix ni plus grand bonheur. Il va sans dire qu’il savait comme tous les saints renchérir sur ce que la règle demandait à tous les religieux.

Mort de Villacreces – Regalado élu vicaire

Cependant son frère spirituel jouissait de l’œuvre due à ses travaux et à sa ferveur. Désormais la Réforme était fondée, et il avait de dignes auxiliaires qui sauraient fort bien la maintenir. Sa mission était terminée ; Dieu l’appela à lui et récompensa ses mérites en le mettant en possession de la gloire des bienheureux. Pierre ressentit cruellement la perte de son Père spirituel : sa sérénité habituelle se troubla même quelque peu. Sa vertu bien connue, son admirable prudence, la sévérité avec laquelle il gardait la rigueur de l’institut, enfin tout l’assemblage des vertus nécessaires pour poursuivre l’œuvre commencée, firent que tous les religieux jetèrent les yeux sur lui. D’un avis unanime ils le désignèrent pour succéder à leur supérieur défunt. Le Saint accepta le gouvernement comme un fardeau que Dieu plaçait sur ses épaules pour procurer le bien de l’Eglise et de ses frères. Doux et affable pour ceux qui pratiquaient l’humilité, il se montrait d’une sévérité inexorable pour les rebelles et les orgueilleux : aucun vice ne l’exaspérait autant que l’orgueil. Son exemple montrait le chemin et rendait suave le joug du Seigneur.

Jamais il n’usa de chaussures, et ses voyages ne furent jamais pour lui une raison d’omettre ses jeûnes accoutumés, ni de se dispenser de l’oraison : toujours il les faisait à pied. Il défendit avec une constante ardeur les droits de la nouvelle réforme qui eut beaucoup d’ennemis dès ses commencements. Ils le firent beaucoup souffrir, mais sa patience triompha des humiliations comme des calomnies et des persécutions.

Ses vertus et ses miracles

Dieu savait aussi le récompenser des efforts généreux qu’il tentait pour procurer sa gloire. Sa foi fut souvent récompensée par d’éclatants prodiges. Il était persuadé que Dieu le secourait toujours, dans l’accomplissement de sa charge, et lui donnerait les forces nécessaires. Un vendredi matin, après avoir présidé l’assemblée des frères, il quitta Aguilera, et avant midi, dans l’espace d’une heure, il arrivait à Abrajos qui se trouvait à quatorze lieues de là, et convoquait le chapitre.

Un autre jour, dans ses courses apostoliques, il se trouva arrêté par le Duero dont les eaux avaient grossi et comme il n’y avait pas de barque dans l’endroit, il fit le signe de la croix, étendit son manteau sur les eaux, et passa ainsi à l’autre bord.

Un jour qu’il prêchait à Quintanas, village peu éloigné du couvent, un jeune homme vint le trouver, et lui demanda très humblement l’habit de son Ordre. Le Saint y consentit, mais comme il ne devait rentrer à Aguilera que plus tard, il différa de le recevoir. « Mais, lui dit-il, dès ce moment vous pouvez vous considérer comme membre de la communauté, soumis à l’obéissance. » Or, pendant son absence le jeune homme mourut. A son retour le Saint vint réclamer son corps.

« Ce saint jeune homme est frère de mon Ordre, dit-il.

- Nullement, répliquèrent les parents : il a bien manifesté le désir d’être des vôtres, mais il n’a jamais reçu votre habit.

Le Saint connaissant combien l’intention du jeune homme avait été agréable à Dieu, leur répondit.

- Allez donc, ouvrez le sépulcre et vous verrez vous-mêmes s’il n’est pas revêtu de cet habit. »

On y courut et à la grande satisfaction de tous, le jeune homme qu’on avait enveloppé dans un linceul, se trouva en effet revêtu de l’habit franciscain.

Parmi les vertus de ce grand serviteur de Dieu, celle qui jeta le plus d’éclat, fut sans contredit sa charité. Les œuvres merveilleuses qu’il opérait pour le bien du prochain sont une preuve manifeste de l’incendie d’amour qui consumait son cœur. En quelque endroit qu’il trouvât un nécessiteux, il l’embrassait, le consolait, et ne le faisait partir qu’après avoir entièrement secouru sa misère. Si par hasard il rencontrait en chemin un pauvre malade, il le relevait avec douceur, et l’aidait à marcher. Mais si les jambes lui refusaient tout service, alors le Saint le plaçait sur ses épaules et l’emmenait au couvent où il lui prodiguait les remèdes et les soins, jusqu’à ce qu’il fût complètement rétabli. Pour toute récompense, il ne demandait à l’indigent que la faveur de lui baiser les pieds.

Il avait aussi une extrême compassion envers les pauvres lépreux : il les assistait encore avec plus de soin : il baisait leurs plaies dégoûtantes, et souvent le ciel récompensa l’ardeur de sa charité en accordant la guérison à plusieurs de ces malheureux.

En récompense d’une vie aussi sainte, Dieu se plaisait à favoriser son serviteur du don des miracles.

Une nuit, après le chant de Matines, il ordonna aux religieux de revêtir les ornements sacrés, et précédés de la croix et du bénitier, il les conduisit au bord du Duero qui coulait près de là. Les religieux muets d’étonnement, ne pouvaient s’expliquer une détermination aussi étrange, mais il y avait à peine quelques instants qu’ils étaient sur la rive qu’ils virent venir à eux le cadavre d’une femme qui s’était précipitée dans le fleuve pour défendre sa chasteté. Leur surprise cessa alors, et fit place à l’admiration. On retira le cadavre et on lui donna une sépulture honorable, en louant Dieu d’avoir révélé le fait à son serviteur.

Un autre jour la cloche appela les religieux au réfectoire : c’était l’heure du dîner. Aussitôt l’économe court avertir le Saint qu’il n’y a plus qu’une seule bouchée de pain dans le couvent. « Puisque le signal d’aller au réfectoire est donné, répondit-il, qu’on s’y rende. Dieu pourvoira à nos besoins. On venait de bénir la table, et les religieux étaient à peine assis, qu’on sonna à la conciergerie. Le portier y courut, et trouva une mule chargée de pain et de provisions. Après les avoir apportées au réfectoire, il revint à la porte, mais il n’y rencontra plus l’animal et malgré toutes les recherches qu’il fit, il ne parvint jamais à découvrir le chemin par lequel il était venu ni à connaître le conducteur qui l’avait amené.

Il serait trop long de raconter tous les prodiges que Dieu opéra par l’intermédiaire de son serviteur. Sa renommée s’étendit si loin que les personnes pieuses des pays les plus reculés se recommandaient à ses prières au milieu des plus grandes affaires et que toujours le succès répondit à leur confiance. Pleins de vertus et de mérites, le corps macéré par d’indicibles pénitences, l’âme enrichie des plus admirables dons de l’Esprit-Saint. Pierre allait bientôt jouir de la récompense due à ses glorieux travaux. Il laissait du reste la Réforme bien affermie.

Mort de saint Pierre

Au commencement du carême 1456, il tomba gravement malade, et comprit facilement que la maladie était mortelle. La perte d’un tel père jetait les religieux dans un extrême abattement : lui seul conservait un visage joyeux. Il les consolait et les exhortait à toujours persévérer dans la rigueur qu’ils avaient jusqu’alors pratiquée.

Il avait une invincible répugnance pour toute espèce de nourriture, de telle sorte qu’il lui était impossible de prendre aucun aliment. Le médecin désireux de lui offrir quelque chose qui put lui plaire à son goût, lui demanda un jour s’il mangerait bien une perdrix. Il répondit que oui ; mais sa réponse contrista tout le monde, car à cette époque on ne pouvait facilement le satisfaire. Or le médecin quittait à peine le couvent, qu’une perdrix poursuivit par un milan vint se réfugier auprès de lui. Il la prit et revint joyeux trouver le Saint. Saint Pierre reçut le petit animal, et tout en lui faisant de nombreuses caresses, il arrangea ses plumes, et lui dit : « Cher petit oiseau, Dieu t’a arraché des griffes cruelles de ton ennemi, sera-ce une raison pour que tu meures de mes mains ? Non, va, et loue par tes chants ton Créateur et ton Sauveur. » Et il la lâcha, au grand étonnement de tous ses frères qui admiraient la douceur de son esprit.

Cependant le mal empirait toujours et la mort avançait à grands pas. Saint Pierre voulut s’y disposer le mieux qu’il pût. Il demanda donc à recevoir le viatique. Quand le prêtre eut apporté dans son humble cellule le Dieu de l’Eucharistie, Pierre se leva sur sa couche, et d’une voix entrecoupée de sanglots demanda pardon à ses frères des scandales qu’il leur avait donnés. Ceux-ci pleuraient et protestaient qu’eux seuls devaient implorer ce pardon. Lorsque le moribond eut reçu la Sainte-Hostie, les religieux jugèrent que le moment était venu de lui administrer l’Extrême-Onction. « Non, répondit-il, attendez plutôt l’évêque de Palencia, c’est lui qui doit me rendre ce dernier office. » On lui obéit, et peu d’heures après le prélat arrivait et avait le bonheur d’assister un Saint à sa dernière heure. Quand il eut reçu l’Extrême-Onction, Pierre fit ranger ses religieux autour de sa pauvre couche et leur ordonna de commencer les prières pour les agonisants. Quelques instants après il leva les mains au ciel et expira doucement en disant : Seigneur, je remets mon esprit entre vos mains. C’était le trente mars : il était âgé de 66 ans.


Saint  Pierre Regalado est né à Valladolid en 1390. Il est le fils de Pierre Regalado et Marie de la Costanilla, tous les deux natifs de Valladolid. A 14 ans, il est reçu dans l’Ordre des Franciscains et va vivre à l’ermitage de La Aguilera fondée en 1404 par le Père Pierre de Villacreces, qui a commencé la reforme de l’Ordre en Espagne, en essayant de revenir au style de vie simple de Saint François et de ses premiers frères qui vivaient parmi les gens humbles des faubourgs des villes et des citées. Pierre Regalado fut un enthousiaste promoteur de cette façon de vivre. En habitant ce couvent il pt se consacrer à la prière, partager les besoins et les inquiétudes des gens simples de ces villages et annoncer la bonne nouvelle de Jésus. E1412 il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe dans l’ancien ermitage (actuellement Chapelle de la Gloire). En 1415 il est nommé supérieur de ce couvent ainsi que de celui de l’Abrojo prés de Valladolid. Dieu le récompensa en lui donnant le don de la prophétie et du miracle. Il meurt le 30 mars 1456, il est béatifié en 1683 par Innocent XI et sanctifié le 29 Juin 1746 par Benoit XIV. Sa fête est célébrée le 13 mai jour du transfert de son corps à l’urne de la chambre où on vénère actuellement ses restes. Il est le patron des toreros pour avoir apprivoisé un taureau échappé des arènes de Valladolid, aux portes du couvent de l’Abrojo à Laguna de Duero (Valladolid).

HISTOIRE

Des évènements de grande importance historique se sont déroulés entre les murs du Sanctuaire. Il a été  visité par les Rois Catholiques, en particulier par la reine Isabel qui disait à son cortège: “entrez doucement, que vous marchez sur des os de saint”. Le Cardinal Cisneros, surmontant la résistance de la noblesse de Castille nomme, ici, héritier de la Couronne au prince Charles, futur Empereur Charles I d’Espagne et V d’Allemagne. Le même Cisneros, peu de mois avant de mourir à Roa en 1517, écrivit d’ici à l’ambassadeur en Flandres   Diego López de Ayala afin de  terminer les préparatifs du voyage du prince Charles, qui un an plus tard passera ici sa première Semaine Sainte espagnole. Ensuite tous les descendants de sa dynastie visiteront ce Santuaire: Philipe II, Marguerite d’Autriche et Philipe III qui passait de longne période dans la région avec son favori le Duc de Lerma, Philipe IV qui fut guéri par Pierre Regalado et qui est intervint personnellement à Rome pour accélérer son procès en canonisation. Mais c’est surtout la multitude de gens humble de ce terroir du Duero qui a écrit les plus belles pages de ce Sanctuaire et de son très aimé Saint Pierre Regalado.

 LE SANCTUAIRE

La Chapelle de la Gloire.- Elle fût édifiée en 1593 à la place du premier ermitage qui est à l’origine du sanctuaire. Elle a été construite par Juan López de Zúñiga, Duc de Peñaranda et Vice-roi de Naples sous le règne de Philipe II. Sur la gauche se trouve la dalle du premier tombeau du Saint, sur la droite une urne d’ébène, d’écaille et de cristal, au centre un gisant du Saint en albâtre, couronnement  du sépulcre que la reine Isabel demanda à la Comtesse de Haro, Doña Mencia de Mendoza de faire ériger.

Le reliquaire qui se trouve dans cette chapelle est un cadeau de Vatican au Duc de Peñaranda et contient des reliques de Saints du début du christianisme. Sur la sépulture des ducs on peut lire cette épitaphe:  Ici repose son Excellence Juan de Zúñiga Abellaneda y Bazan, Duc de Peñaranda, propriétaire et Comte de Miranda, par sa nièce et épouse Son Excellence Dª María de Zuñiga, dont le grand héroe fut gentilhomme de chambre de sa Majesté.

De son Conseil d’Etat et du Suprème de la guerre, Vis-roi et grand Capitaine du Royaume de Catalogne et de Naples, Président des Conseils Suprèmes d’Italie et de Castille. Mort le 4 septembre 1648. 

L’Église.-  Elle fut édifiée en 1438 par Saint Pierre Regalado et dédiée à l’Annonciation ; c’est ici que l’on ensevelit son corps. Incendiée en 1699, elle fût reconstruite en 1709. Le revêtement actuel lui donne une allure de style  renaissance et d’art toscan. La nef est surmontée par la taille d’un Christ du XVI siècle. De chaque coté du crucifix,  sous la voûte se trouve le symbole marial  du pot avec des lis, thème que se répète sous la coupole, dont les pendentifs sont décorés par quatre peintures représentant Saint François, Saint Antoine, Saint Diego et Saint Bonaventure. Sur les murs se trouve un portrait de Père Villacreces (1360-1422) et quinze  toiles ou serges, oeuvres de Frère Diego  de Frutos (XVIII s.) représentant des scènes de la vie de Saint Pierre Regalado et soulignant la ressemblance de Pierre Regalado et Jésus dans l´Evangile. Voici la séquence chronologique et thématique:

1. Pierre reçoit l´habit franciscain (1404) ; 

2. La prière ardente du Saint fait l´évêque Pierre de Castilla s´exclamer : « C´est vraiment la maison  de Dieu » (Domus Dei) ; 

3. Laissez les enfants venir vers moi ; 

4. Les aliments se transforment en roses ; 

5. Il s s´occupe  des malade et handicapés; 

6. Il ramasse le cadavre d´ une femme noyée pour l´enterrer ; 

7. Au milieu des railleries un enfant loue le saint ; 

8. Il apprivoise un taureau à Valladolid ; 

9. Il traverse la rivière  sur sa cape ; 

10. En compagnie des Anges ; 

11. Il visite  Fr. Lope e Salinas à Fresneda (Janvier 1456) ; 

12. Il reçoit l'Onction de l´évêque D. Pedro de Castilla et guérit  D. Diego Gómez de Sandoval, neveu du prélat (mars 1456) ; 

13. Il secoure un mendiant dès sa sépulture ; 

14. Pauvres et malades devant le sépulcre  du Saint ; 

15. La Reine Isabelle visite son sépulcre.
           
 Ces toiles datant du débout du XVIII ème s. font partie d´une grande production du franciscain Diego de Frutos, qui se partage entre ce Sanctuaire et le couvent de St. François  à Valladolid, démoli en 1863, et dont les œuvres ont été emmenées au Musée National de Sculpture de Valladolid. À l´occasion  de la canonisation du Saint en 1746  certaines de ces toiles ont été exposées au Vatican. En 2003-2004 le gouvernement régional de Castilla et León restaure toute la collection

 La Chapelle Baroque  (1692). Elle a étée construite comme chapelle funéraire, est un endroit riche de symboles.  Il s’agit de la sépulture d’un croyant, où la mort a étée vaincue par la vie.  Le dessus de ce sépulcre n’est pas une dalle froide mais une voûte ovale traversée par la lumière de la lanterne et des fenêtres  latérales inondées de couleurs. Les lunettes peintes sous la voûte ont été pour Saint Pierre Regalado d’autres sources de lumière et représentent Marie dans le mystère de son Assomption et  plusieurs Saints Franciscains  qui éclairent le chemin de Saint Pierre Regalado. Dans les fenêtres des symboles se rapportant à Marie comme l’Arche de l’alliance, La rose mystique , le palmier, la fontaine, la tour de David, le cyprès, le lys…

Les retables baroques , de l’école de Valladolid, (XVIII s.) débordent  de vie: Saint Joseph et Saint Antoine avec l’Enfant dans ses bras, la vie qui commencent, les colonnes remplies de grappes généreuses, les pilastres décorés avec des volutes en mouvements ascendant et qui s’ouvrent en forme de palmier, et surmontant le tout. Dans le retable principal l’ensemble de Saint Pierre Regalado témoin de l’expérience de Marie, la première croyante. Les anges dans une espèce de danse accompagnent  Pierre cheminant avec un bâton, pendant qu’un ange sur sa droite   lui porte le chapeau qui le protégeant du soleil et du vent.  Le désir d’aller au devant de ceux qui ont besoin de lui, lui donne des ailes. L’artiste a respecté deux objectifs: nous laisser un magnifique retable et nous permettre de voir l’urne qui garde les restes sacrés du Saint et qui se trouvent dans la chambre attenante.

Les cadres qui pendent sur les murs sont assez confus, ils représentent Saint Pierre Regalado priant, le passage du Duero sur la cape, les viandes transformées en roses, Ils sont de la fin du XVII siècle ou début du XVIII siècle.

La chambre (1692). La décoration de ses murs est remarquable. Trois toiles de l’école de Velázquez racontent trois scènes différentes:

·        La reine Isabel, la conquête de Granada terminée,  en laissant là son mari, revient en Castille. Elle vénère le corps du Saint enterré ici depuis 36 ans. La reine émue par l’état du corps du Saint souhaite garder une relique et veut donner au cadavre une sépulture plus digne. La Comtesse de Haro se chargera de sa réalisation.

·        Guérison de l’Infant Philipe IV par la relique du Saint, lorsque le cortège royal passe par Aranda de Duero.

·        Depuis sa mort le Saint continue d’aider ses amis les pauvres.

         La coupole de la Chambre est un hymne à l’Immaculée.

        Le sépulcre. Les restes du Saint sont conservés dans une urne d’albâtre au centre de la chambre. Elle fut construite en 1910 avec les restes originaux du sépulcre que la Reine Isabel demanda à la Comtesse de Haro en 1492 réalisé à Burgos par l’atelier des Colonia et que les troupes de Napoleon détruisirent en occupant le couvent en 1808. Les panneaux de l’urne représentent:

    1º Epitaphe en latin, en lettre gothique, indiquant que Saint Pierre Regalado a participé à la résurrection du Seigneur à qu’il a servi avec ces mots: Repose ses chairs parés *brillent ses os en repos * Il servi toujours le Christ * Abandonna le monde dés l’enfance * Méprisa les honneurs de ce monde * Pierre, Vicaire de Domus Dei et de Scala Coeli * Mourut ici, sous la règle de la pauvreté de Saint François * Sans chercher aucun honneur mondain, seulement la grâce du Christ * La Comtesse de Haro embellit son sépulcre * En remerciement, il prit éternellement pour elle * Il mit fin au travail de la chair le deuxième jour de la Résurrection du Seigneur, en l’an 1456.

    2ª La prière de Saint Pierre Regalado et ses frères sauvent une femme dans le Duero

    3ª Saint Pierre Regalado avec  Saint Louis de Toulouse et Saint Antoine de Padoue

    4º Saint Pierre Regalado reçoit la Sainte Onction.

L’urne est couronnée par cinq anges, quatre avec le blason de Ordre Franciscaine, des Ducs de Peñaranda et le la ville de Valladolid, berceau du Saint et le cinquième lève les yeux fermés comme symbole de la foi qui contemple la victoire de la vie sur la mort.

SOURCE : http://www.magacor.com/sanpedroregalado/frances.htm

St. Peter Regalado

St. Peter Regaldo lived at a very busy time. The Great Western Schism (1378-1417) was settled at the Council of Constance (1414-1418). France and England were fighting the Hundred Years’ War, and in 1453 the Byzantine Empire was completely wiped out by the loss of Constantinople to the Turks. At Peter’s death the age of printing had just begun in Germany, and Columbus’s arrival in the New World was less than 40 years away.

Peter came from a wealthy and pious family in Valladolid, Spain. At the age of 13, he was allowed to enter the Conventual Franciscans. Shortly after his ordination, he was made superior of the friary in Aguilar. He became part of a group of friars who wanted to lead a life of greater poverty and penance. In 1442 he was appointed head of all the Spanish Franciscans in his reform group.

Peter led the friars by his example. A special love of the poor and the sick characterized Peter. Miraculous stories are told about his charity to the poor. For example, the bread never seemed to run out as long as Peter had hungry people to feed. Throughout most of his life, Peter went hungry; he lived only on bread and water.

Immediately after his death on March 31, 1456, his grave became a place of pilgrimage. Peter was canonized in 1746.


St. Peter de Regalado

(REGALATUS)

A Friar Minor and reformer, born at Valladolid, 1390; died at Aguilera, 30 March, 1456. His parents were of noble birth and conspicuous for their wealth and virtue. Having lost his father in his early youth, he was piously educated by his mother. At the age of ten years Peter begged to be admitted into the Seraphic Order, which favour was granted him three years afterwards in the convent of his native town. In 1404 he became one of the first disciples of Peter de Villacreces, who in 1397 had introduced into Spain the reform of the Observance of which he became one of the most zealous propagators. In the newly-founded convent at Aguilera Peter found the life of solitude, prayer, and eminent poverty, which had always been the greatest object of his desire. In 1415 he became superior of the convent at Aguilera and, on the death of Peter de Villacreces (1422), also of that at Tribulos or del Abroyo. He observed nine Lents, fasting on bread and water, and was endowed with the gift of miracles and prophecy and of every virtue. When his body was exhumed thirty-six years after his death, at the instance of Isabella the Catholic, it was found incorrupt and placed in a more precious tomb. He was beatified by Innocent XI, 11 March, 1684, and canonized by Benedict XIV, 29 June, 1746. His feast is celebrated 13 May, the day of the translation of his body. In art he is represented with flames bursting from his heart.

Sources

CLARY, Lives of the Saints and Blessed of the Three Orders of St. Francis, II (Taunton, 1886), 150-9; DAZA, Excelencias de lao ciudad de Valladolid, con la vida y milagros de s. fray Pedro Regalado etc. (Valladolid, 1627), Lat. tr. in Act. SS., III, March, 850-64; Relatio pro canonizatione, ibid., 864-70; WADDING, Ann. Min., XII, 2-9, 445-74; BERGUIN, St. Pierre Régalat, prêtre de l'ordre des Frères Mineurs de l'Observance, restaurateur de la discipline régulière en Espagne (Périgueux, 1898).

Heckmann, Ferdinand. "St. Peter de Regalado." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert Appleton Company,1911. 30 Mar. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/11766b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Douglas J. Potter. Dedicated to the Immaculate Heart of the Blessed Virgin Mary.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. February 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Saint Peter Regalado

(St Pierre Regalat, San Pedro Regalado)

Feast Day – March 30
The life of this great servant of God appeared to be merely the unfolding and an ever stronger exemplification of the virtues which he received in holy baptism. Born in 1390 of wealthy and devout parents at Valladolid in Spain, he lost his father at an early age; but he himself became the comfort of his pious mother, who with joy and gratitude to God recognized in her little son distinct signs of future holiness.

One could notice nothing childish in him. He loved places of retirement, where he would sit for hours in deepest devotion. Not only did the saintly child meditate upon the sufferings of Christ, but he wished also to have a share in them by inflicting pain on his tender body.

When he was ten years old, he importuned his mother to permit him to consecrate himself entirely to God in the Franciscan Order. The prudent woman first tried his vocation for a long time; but after three years, when she could no longer doubt that the call came from God, she gave her consent despite his youthful age; and thirteen-year-old Peter was also granted admittance into the convent, a thing frequently done in those days. Although he was a child, he practiced all the austerities and virtues of a perfect religious.

Just at that time there was being introduced into Spain a stricter observance of the rule, and peter attached himself to it with lively zeal. From Valladolid he traveled with his teacher and superior, Father Peter of Villagarcia, to the quiet little convent of Aguilar in the diocese of Osma, where he prepared himself for the priesthood by earnest study and still more earnest prayer. He had been a priest but a short time when his teacher, who had set out on a journey to establish new convents of this reform movement, believed that he could find no one in Augilar better fitted for the superiorship than his pupil, Peter Regalado. In this position he proved himself so efficient that, after the death of Father Peter of Villagarcia in the year 1442, he was appointed head of all the convents of the movement in Spain. Whatever he, as superior, taught the brethren, they saw him observe most perfectly in his own life. Perhaps to enable him to better supervise the convents, Peter had the ability to bilocate, as he was often known to be at two different convents at exactly the same time taking care of important matters.

Saint Peter Regalado kept almost continuous silence; the greater part of the night he devoted to prayer; Holy Mass he celebrated with such devotion that often he was not able to refrain from tears. He scourged his body sometimes even until he bled; his bed was the bare floor or a little straw; nine times a year he kept a forty-day fast, mostly on bread and water. Religious poverty he observed most rigorously, for which reason he had to suffer much opposition and even persecution. He accepted that, however, in patience and meekness out of love for God.

His love of neighbor was so great that he often brought the poor and the sick with him into the convent and cared for them with great love. God rewarded his faithful service with most extraordinary graces. At prayer he was so filled with seraphic ardor that he was seen raised above the ground, with flames radiating from his body. On occasion there occurred a prodigy such as was once observed in the life of St Francis: the flames rose above the roof of the convent through not damaging it. The bishop of Osma, who one saw this prodigy himself, cried out:

“Truly, that is the abode of God.”

It seemed that the body of the holy man possessed the agility and ease which our glorified bodies will one day have, because he crossed over rivers as though they were solid ground; and often he was found at the same hour at convents far distant from one another, transacting business pertaining to his office.

God almighty announced the praises of His servant through the mouths of babes. On one occasion, Peter said to a babe in the arms of his mother: “May the Lord bless you, my dear child! Oh, what a beautiful and brilliant soul you have!” At this the babe turned to him and said to the amazement of its mother: “But still more beautiful is your soul, which God has adorned with so many graces.”

Soon, however, the great mass of the people was to praise him.

Saint Peter Regalado died in the sixty-sixth year of his life, on March 31, 1456, and immediately the veneration of the people began. His grave was glorified by innumerable miracles.

In 1492, the Catholic Queen Isabella requested to have several fingers taken from the saint as relics. This was done, and the amputation of the fingers caused blood to flow from the wounds for some time, as if the saint were still alive. This took place 36 years after the death of the saint.

Pope Innocent XI beatified him, and Pope Benedict XIV solemnly enrolled Saint Peter Regalado among the saints.

from: The Franciscan Book Of Saints, ed. by Marion Habig, OFM

SOURCE : http://www.roman-catholic-saints.com/saint-peter-regalado.html

Peter Regalatus, OFM (RM)
(also known as Peter Regalado)
Born in Valladolid, Spain, 1390; died March 30, 1456; canonized by Benedict XIV in 1746; another feast day was March 30. The nobly born, 13-year-old Peter entered the Franciscan order in his hometown, after convincing his widowed mother that all would be well. He later migrated to Aguilar del Campo in New Castile, which had been established by Father Peter Villacretios. There today's saint began his efforts at reforming this and several other friaries--primarily through his own example of austerity, penance, and prayer. The feast of the translation of his relics is today (Benedictines, Husenbeth). 

May 13

St. Peter Regalati, Confessor

THIS saint was descended of a noble family, and having lost his father in his infancy, in the thirteenth year of his age, he extorted with great difficulty his mother’s consent to enter himself in the Franciscan friars at Valladolid, of which city he was a native. By his extraordinary fervour he was distinguished among his brethren. When F. Peter Villacretios, who had established a rigorous reformation of his Order of Aquileria, in the diocess of Osma, founded a second retired convent more like a prison than a house, at Tribulos on the Deuro, near Aquileria, our saint, at his earnest request, was admitted one of this colony. By the austerity of his penance, his assiduity in contemplation, and the sublime gift of prayer with which he was endowed, he seems to have equalled the most eminent saints of his Order. The sufferings of our divine Redeemer were the principal entertainment of his soul, and he lived in a constant union with God. Upon the death of F. Villacretios he succeeded him in the government of his reformed congregation, and died at Aquileria on the 30th of March, in the sixty-sixth year of his age, of our Lord 1456. He was canonized by Benedict XIV. in 1746, and his name is placed in the Roman Martyrology on the 13th of May, the day of the translation of his relics. On his extraordinary raptures, miracles, and heroic virtues, see the process and bull of his canonization, p. 73. 121. and 544. Also the relations made in the tribunal of the Rota, published by Benedict XIV. de Canoniz. l. 2. Append. 7. t. 2. p. 629. ad. p. 672. and his life compiled by F. Daza, a Spanish Franciscan, published by Henschenius on the 30th of March, t. 3. Mart. p. 853.

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume V: May. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/5/132.html