mardi 22 octobre 2013

Saint JEAN-PAUL II, Pape



HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Place Saint-Pierre


IIe Dimanche après Pâques (ou de la Divine Miséricorde), 27 avril 2014



Au centre de ce dimanche qui conclut l’Octave de Pâques, et que saint Jean Paul II a voulu dédier à la Divine Miséricorde, il y a les plaies glorieuses de Jésus ressuscité.

Il les montre dès la première fois qu’il apparaît aux Apôtres, le soir même du jour qui suit le sabbat, le jour de la résurrection. Mais ce soir là, nous l’avons entendu, Thomas n’est pas là ; et quand les autres lui disent qu’ils ont vu le Seigneur, il répond que s’il ne voyait pas et ne touchait pas les blessures, il ne croirait pas. Huit jours après, Jésus apparut de nouveau au Cénacle, parmi les disciples, Thomas aussi était là ; il s’adresse à lui et l’invite à toucher ses plaies. Et alors cet homme sincère, cet homme habitué à vérifier en personne, s’agenouille devant Jésus et lui dit « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20,28).

Les plaies de Jésus sont un scandale pour la foi, mais elles sont aussi la vérification de la foi. C’est pourquoi dans le corps du Christ ressuscité les plaies ne disparaissent pas, elles demeurent, parce qu’elles sont le signe permanent de l’amour de Dieu pour nous, et elles sont indispensables pour croire en Dieu. Non pour croire que Dieu existe, mais pour croire que Dieu est amour, miséricorde, fidélité. Saint Pierre, reprenant Isaïe, écrit aux chrétiens : « Par ses plaies vous avez été guéris » (1P 2,24 ; Cf. Is 53,5).

Saint Jean XXIII et saintJean Paul II ont eu le courage de regarder les plaies de Jésus, de toucher ses mains blessées et son côté transpercé. Ils n’ont pas eu honte de la chair du Christ, ils ne se sont pas scandalisés de lui, de sa croix ; ils n’ont pas eu honte de la chair du frère (Cf. Is 58,7), parce qu’en toute personne souffrante ils voyaient Jésus. Ils ont été deux hommes courageux, remplis de la liberté et du courage (parresia) du Saint Esprit, et ils ont rendu témoignage à l’Église et au monde de la bonté de Dieu, de sa miséricorde.

Il ont été des prêtres, des évêques, des papes du XXème siècle. Ils en ont connu les tragédies, mais n’en ont pas été écrasés. En eux, Dieu était plus fort ; plus forte était la foi en Jésus Christ rédempteur de l’homme et Seigneur de l’histoire ; plus forte était en eux la miséricorde de Dieu manifestée par les cinq plaies ; plus forte était la proximité maternelle de Marie.

En ces deux hommes, contemplatifs des plaies du Christ et témoins de sa miséricorde, demeurait une « vivante espérance », avec une « joie indicible et glorieuse» (1P 1,3.8). L’espérance et la joie que le Christ ressuscité donne à ses disciples, et dont rien ni personne ne peut les priver. L’espérance et la joie pascales, passées à travers le creuset du dépouillement, du fait de se vider de tout, de la proximité avec les pécheurs jusqu’à l’extrême, jusqu’à l’écœurement pour l’amertume de ce calice. Ce sont l’espérance et la joie que les deux saints Papes ont reçues en don du Seigneur ressuscité, qui à leur tour les ont données au peuple de Dieu, recevant en retour une éternelle reconnaissance.

Cette espérance et cette joie se respiraient dans la première communauté des croyants, à Jérusalem, dont parlent les Actes des Apôtres (Cf. 2, 42-47), que nous avons entendus en seconde lecture. C’est une communauté dans laquelle se vit l’essentiel de l’Évangile, c'est-à-dire l’amour, la miséricorde, dans la simplicité et la fraternité.

C’est l’image de l’Église que le Concile Vatican II a eu devant lui. Jean XXIII etJean Paul II ont collaboré avec le Saint Esprit pour restaurer et actualiser l’Église selon sa physionomie d’origine, la physionomie que lui ont donnée les saints au cours des siècles. N’oublions pas que ce sont, justement, les saints qui vont de l’avant et font grandir l’Église. Dans la convocation du Concile, saint Jean XXIII a montré une délicate docilité à l’Esprit Saint, il s’est laissé conduire et a été pour l’Église un pasteur, un guide-guidé, guidé par l’Esprit. Cela a été le grand service qu’il a rendu à l’Église. C’est pourquoi j’aime penser à lui comme le Pape de la docilité à l’Esprit Saint.

Dans ce service du Peuple de Dieu, saint Jean Paul II a été le Pape de la famille. Lui-même a dit un jour qu’il aurait voulu qu’on se souvienne de lui comme du Pape de la famille. Cela me plaît de le souligner alors que nous vivons un chemin synodal sur la famille et avec les familles, un chemin que, du Ciel, certainement, il accompagne et soutient.

Que ces deux nouveaux saints Pasteurs du Peuple de Dieu intercèdent pour l’Église, afin que, durant ces deux années de chemin synodal, elle soit docile au Saint Esprit dans son service pastoral de la famille. Qu’ils nous apprennent à ne pas nous scandaliser des plaies du Christ, et à entrer dans le mystère de la miséricorde divine qui toujours espère, toujours pardonne, parce qu’elle aime toujours.



© Copyright - Libreria Editrice Vaticana




Totus tuus ego sum, Maria


(« Je suis tout à toi, Marie »)


HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Parvis de la basilique Saint-Pierre

Dimanche 1er mai 2011



Chers frères et sœurs!

Il y a six ans désormais, nous nous trouvions sur cette place pour célébrer les funérailles du Pape Jean-Paul II. La douleur causée par sa mort était profonde, mais supérieur était le sentiment qu’une immense grâce enveloppait Rome et le monde entier: la grâce qui était en quelque sorte le fruit de toute la vie de mon aimé Prédécesseur et, en particulier, de son témoignage dans la souffrance. Ce jour-là, nous sentions déjà flotter le parfum de sa sainteté, et le Peuple de Dieu a manifesté de nombreuses manières sa vénération pour lui. C’est pourquoi j’ai voulu, tout en respectant la réglementation en vigueur de l’Église, que sa cause de béatification puisse avancer avec une certaine célérité. Et voici que le jour tant attendu est arrivé! Il est vite arrivé, car il en a plu ainsi au Seigneur: Jean-Paul II est bienheureux!

Je désire adresser mes cordiales salutations à vous tous qui, pour cette heureuse circonstance, êtes venus si nombreux à Rome de toutes les régions du monde, Messieurs les Cardinaux, Patriarches des Églises Orientales Catholiques, Confrères dans l’Épiscopat et dans le sacerdoce, Délégations officielles, Ambassadeurs et Autorités, personnes consacrées et fidèles laïcs, ainsi qu’à tous ceux qui nous sont unis à travers la radio et la télévision.

Ce dimanche est le deuxième dimanche de Pâques, que le bienheureux Jean-Paul II a dédié à la Divine Miséricorde. C’est pourquoi ce jour a été choisi pour la célébration d’aujourd’hui, car, par un dessein providentiel, mon prédécesseur a rendu l’esprit justement la veille au soir de cette fête. Aujourd’hui, de plus, c’est le premier jour du mois de mai, le mois de Marie, et c’est aussi la mémoire de saint Joseph travailleur. Ces éléments contribuent à enrichir notre prière et ils nous aident, nous qui sommes encore pèlerins dans le temps et dans l’espace, tandis qu’au Ciel, la fête parmi les Anges et les Saints est bien différente! Toutefois unique est Dieu, et unique est le Christ Seigneur qui, comme un pont, relie la terre et le Ciel, et nous, en ce moment, nous nous sentons plus que jamais proches, presque participants de la Liturgie céleste.

«Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.» (Jn 20,29). Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus prononce cette béatitude : la béatitude de la foi. Elle nous frappe de façon particulière parce que nous sommes justement réunis pour célébrer une béatification, et plus encore parce qu’aujourd’hui a été proclamé bienheureux un Pape, un Successeur de Pierre, appelé à confirmer ses frères dans la foi. Jean-Paul II est bienheureux pour sa foi, forte et généreuse, apostolique. Et, tout de suite, nous vient à l’esprit cette autre béatitude : «Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux» (Mt 16, 17). Qu’a donc révélé le Père céleste à Simon? Que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Grâce à cette foi, Simon devient «Pierre», le rocher sur lequel Jésus peut bâtir son Église. La béatitude éternelle de Jean-Paul II, qu’aujourd’hui l’Église a la joie de proclamer, réside entièrement dans ces paroles du Christ: «Tu es heureux, Simon» et «Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.». La béatitude de la foi, que Jean-Paul II aussi a reçue en don de Dieu le Père, pour l’édification de l’Église du Christ.

Cependant notre pensée va à une autre béatitude qui, dans l’Évangile, précède toutes les autres. C’est celle de la Vierge Marie, la Mère du Rédempteur. C’est à elle, qui vient à peine de concevoir Jésus dans son sein, que Sainte Élisabeth dit: «Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur!» (Lc 1, 45). La béatitude de la foi a son modèle en Marie et nous sommes tous heureux que la béatification de Jean-Paul II advienne le premier jour du mois marial, sous le regard maternel de Celle qui, par sa foi, soutient la foi des Apôtres et soutient sans cesse la foi de leurs successeurs, spécialement de ceux qui sont appelés à siéger sur la chaire de Pierre. Marie n’apparaît pas dans les récits de la résurrection du Christ, mais sa présence est comme cachée partout: elle est la Mère, à qui Jésus a confié chacun des disciples et la communauté tout entière. En particulier, nous notons que la présence effective et maternelle de Marie est signalée par saint Jean et par saint Luc dans des contextes qui précèdent ceux de l’Évangile d’aujourd’hui et de la première Lecture: dans le récit de la mort de Jésus, où Marie apparaît au pied de la croix (Jn 19, 25); et au début des Actes des Apôtres, qui la montrent au milieu des disciples réunis en prière au Cénacle (Ac 1, 14).

La deuxième Lecture d’aujourd’hui nous parle aussi de la foi, et c’est justement saint Pierre qui écrit, plein d’enthousiasme spirituel, indiquant aux nouveaux baptisés les raisons de leur espérance et de leur joie. J’aime observer que dans ce passage, au début de sa Première Lettre, Pierre n’emploie pas le mode exhortatif, mais indicatif pour s’exprimer; il écrit en effet: «Vous en tressaillez de joie», et il ajoute: «Sans l’avoir vu vous l’aimez; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire, sûrs d’obtenir l’objet de votre foi: le salut des âmes.» (1 P 1, 6. 8-9). Tout est à l’indicatif, parce qu’existe une nouvelle réalité, engendrée par la résurrection du Christ, une réalité accessible à la foi. «C’est là l’œuvre du Seigneur – dit le Psaume (118, 23) – ce fut une merveille à nos yeux», les yeux de la foi.

Chers frères et sœurs, aujourd’hui, resplendit à nos yeux, dans la pleine lumière spirituelle du Christ Ressuscité, la figure aimée et vénérée de Jean-Paul II. Aujourd’hui, son nom s’ajoute à la foule des saints et bienheureux qu’il a proclamés durant les presque 27 ans de son pontificat, rappelant avec force la vocation universelle à la dimension élevée de la vie chrétienne, à la sainteté, comme l’affirme la Constitution conciliaire Lumen gentium sur l’Église. Tous les membres du Peuple de Dieu – évêques, prêtres, diacres, fidèles laïcs, religieux, religieuses –, nous sommes en marche vers la patrie céleste, où nous a précédé la Vierge Marie, associée de manière particulière et parfaite au mystère du Christ et de l’Église. Karol Wojtyła, d’abord comme Évêque Auxiliaire puis comme Archevêque de Cracovie, a participé au Concile Vatican II et il savait bien que consacrer à Marie le dernier chapitre du Document sur l’Église signifiait placer la Mère du Rédempteur comme image et modèle de sainteté pour chaque chrétien et pour l’Église entière. Cette vision théologique est celle que le bienheureux Jean-Paul II a découverte quand il était jeune et qu’il a ensuite conservée et approfondie toute sa vie. C’est une vision qui est synthétisée dans l’icône biblique du Christ sur la croix ayant auprès de lui Marie, sa mère. Icône qui se trouve dans l’Évangile de Jean (19, 25-27) et qui est résumée dans les armoiries épiscopales puis papales de Karol Wojtyła: une croix d’or, un «M» en bas à droite, et la devise «Totus tuus», qui correspond à la célèbre expression de saint Louis Marie Grignion de Montfort, en laquelle Karol Wojtyła a trouvé un principe fondamental pour sa vie: «Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio Te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, Maria – Je suis tout à toi et tout ce que j’ai est à toi. Sois mon guide en tout. Donnes-moi ton cœur, O Marie» (Traité de la vraie dévotion à Marie, nn. 233 et 266).

Dans son Testament, le nouveau bienheureux écrivait: «Lorsque, le jour du 16 octobre 1978, le conclave des Cardinaux choisit Jean-Paul II, le Primat de la Pologne, le Card. Stefan Wyszyński, me dit: "Le devoir du nouveau Pape sera d’introduire l’Église dans le Troisième Millénaire". Et il ajoutait: «Je désire encore une fois exprimer ma gratitude à l’Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, envers lequel je me sens débiteur avec l’Église tout entière – et surtout avec l’épiscopat tout entier –. Je suis convaincu qu’il sera encore donné aux nouvelles générations de puiser pendant longtemps aux richesses que ce Concile du XXème siècle nous a offertes. En tant qu’évêque qui a participé à l’événement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et qui seront appelés à le réaliser à l’avenir. Pour ma part, je rends grâce au Pasteur éternel qui m’a permis de servir cette très grande cause au cours de toutes les années de mon pontificat». Et quelle est cette «cause»? Celle-là même que Jean-Paul II a formulée au cours de sa première Messe solennelle sur la place Saint-Pierre, par ces paroles mémorables: «N’ayez pas peur! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ!». Ce que le Pape nouvellement élu demandait à tous, il l’a fait lui-même le premier: il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant avec une force de géant – force qui lui venait de Dieu – une tendance qui pouvait sembler irréversible. Par son témoignage de foi, d’amour et de courage apostolique, accompagné d’une grande charge humaine, ce fils exemplaire de la nation polonaise a aidé les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d’appartenir à l’Église, de parler de l’Évangile. En un mot: il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, car la vérité est garantie de liberté. De façon plus synthétique encore: il nous a redonné la force de croire au Christ, car le Christ est Redemptor hominis, le Rédempteur de l’homme: thème de sa première Encyclique et fil conducteur de toutes les autres.

Karol Wojtyła est monté sur le siège de Pierre, apportant avec lui sa profonde réflexion sur la confrontation, centrée sur l’homme, entre le marxisme et le christianisme. Son message a été celui-ci: l’homme est le chemin de l’Église, et Christ est le chemin de l’homme. Par ce message, qui est le grand héritage du Concile Vatican II et de son «timonier», le Serviteur de Dieu le Pape Paul VI, Jean-Paul II a conduit le Peuple de Dieu pour qu’il franchisse le seuil du Troisième Millénaire, qu’il a pu appeler, précisément grâce au Christ, le «seuil de l’espérance». Oui, à travers le long chemin de préparation au Grand Jubilé, il a donné au Christianisme une orientation renouvelée vers l’avenir, l’avenir de Dieu, transcendant quant à l’histoire, mais qui, quoi qu’il en soit, a une influence sur l’histoire. Cette charge d’espérance qui avait été cédée en quelque sorte au marxisme et à l’idéologie du progrès, il l’a légitimement revendiquée pour le Christianisme, en lui restituant la physionomie authentique de l’espérance, à vivre dans l’histoire avec un esprit d’«avent», dans une existence personnelle et communautaire orientée vers le Christ, plénitude de l’homme et accomplissement de ses attentes de justice et de paix.

Je voudrais enfin rendre grâce à Dieu pour l’expérience personnelle qu’il m’a accordée, en collaborant pendant une longue période avec le bienheureux Pape Jean-Paul II. Auparavant, j’avais déjà eu la possibilité de le connaître et de l’estimer, mais à partir de 1982, quand il m’a appelé à Rome comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j’ai pu lui être proche et vénérer toujours plus sa personne pendant 23 ans. Mon service a été soutenu par sa profondeur spirituelle, par la richesse de ses intuitions. L’exemple de sa prière m’a toujours frappé et édifié: il s’immergeait dans la rencontre avec Dieu, même au milieu des multiples obligations de son ministère. Et puis son témoignage dans la souffrance: le Seigneur l’a dépouillé petit à petit de tout, mais il est resté toujours un «rocher», comme le Christ l’a voulu. Sa profonde humilité, enracinée dans son union intime au Christ, lui a permis de continuer à guider l’Église et à donner au monde un message encore plus éloquent précisément au moment où les forces physiques lui venaient à manquer. Il a réalisé ainsi, de manière extraordinaire, la vocation de tout prêtre et évêque: ne plus faire qu’un avec ce Jésus, qu’il reçoit et offre chaque jour dans l’Église.

Bienheureux es-tu, bien aimé Pape Jean-Paul II, parce que tu as cru ! Continue – nous t’en prions – de soutenir du Ciel la foi du Peuple de Dieu. Tant de fois tu nous as béni sur cette place du Palais Apostolique. Aujourd'hui, nous te prions : Saint Père  bénis nous. Amen.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana 

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2011/documents/hf_ben-xvi_hom_20110501_beatificazione-gpii_fr.html



La mémoire liturgique du bienheureux Jean-Paul II sera le 22 octobre

Le 12 avril 2011 - E. S. M. - La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a émané le décret fixant au 22 octobre, date de l'inauguration de son pontificat, la mémoire liturgique du bienheureux Jean-Paul II, inscrite au calendrier diocésain de Rome et de la Pologne. Du jour de la béatification au 1er mai 2012 il sera possible de célébrer une messe d'action de grâce en des lieux et jours fixés par les évêques diocésains. En fonction de circonstances locales et d'exigences pastorales particulières, il sera aussi possible de célébrer une messe en l'honneur du bienheureux, un dimanche de l'année liturgique pris entre les nº 10 et 13 des jours liturgiques. 

Pour les congrégations religieuses, les mêmes dispositions sont à déterminer par les supérieurs. Pour les calendriers particuliers, la demande d'inscription de la mémoire facultative du bienheureux Jean-Paul II devra être soumise au niveau national par la Conférence épiscopale à ce dicastère, par l'évêque pour son diocèse et par le supérieur général pour sa congrégation. Le choix du bienheureux comme titulaire d'une église requiert l'autorisation du Saint-Siège, sauf lorsqu'il est déjà inscrit au calendrier local ou particulier. Dédicace et qualité de la fête dépendent de la Congrégation pour le culte divin. 

L'Osservatore Romano a enfin publié le texte de la collecte qui sera utilisée pour la messe en honneur du pape Jean-Paul II :

"Dieu, riche en miséricorde, tu as appelé le bienheureux Pape Jean-Paul II à guider ton Eglise répandue dans le monde entier ; forts de son enseignement, accorde-nous d'ouvrir nos cœurs avec confiance à la grâce salvifique du Christ, unique Rédempteur de l'homme. Lui qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles".



Sa Sainteté Jean-Paul II

Biographie en bref

[Mis à jour: 30.06.2005]



Karol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d'octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d'Emilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932, leur père, ancien Sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant sa naissance.

Il fut baptisé le 20 juin 1920, dans l'Eglise paroissiale de Wadowice, par le prêtre François Zak, fit sa Première Communion à 9 ans et reçut la Confirmation à 18 ans. Conclues ses études secondaires près l'Ecole Marcin Wadowita de Wadowice, il s'inscrit en 1938 à l'Université Jagellon de Cracovie et à un cours de théâtre.

L'Université ayant été fermée en 1939 par l'occupant nazi, le jeune Karol dût travailler sur un chantier de l'usine chimique Solvay afin de gagner sa vie et d'échapper à la déportation en Allemagne.

A compter de 1942, ressentant sa vocation au sacerdoce, il suivit les cours de formation du Séminaire clandestin de Cracovie. Il fut à la même époque l'un des promoteurs du Théâtre Rapsodique, lui aussi clandestin.

Après la Seconde Guerre Mondiale, il poursuivit ses études près le Grand Séminaire de Cracovie à peine réouvert, mais également à la Faculté de théologie de l'Université Jagellon, jusqu'à son ordination sacerdotale survenue à Cracovie le 1er novembre 1946 des mains du Cardinal Adam Stefan Sapieha.

Il fut ensuite envoyé à Rome par le Cardinal Sapieha et poursuivit ses études doctorales sous la direction du Dominicain français, le P.Garrigou-Lagrange. Il soutint en 1948 sa thèse en théologie consacrée à la Foi dans l'oeuvre de saint Jean-de-la-Croix (Doctrina de fide apud Sanctum Ioannem a Cruce). Durant ce séjour romain, il occupa son temps libre pour exercer son ministère pastoral auprès des émigrés polonais de France, de Belgique et des Pays-Bas.

Il rentra en 1948 en Pologne pour être vicaire en diverses paroisses de Cracovie et Aumônier des étudiants jusqu'en 1951 lorsqu'il reprit ses études philosophiques et théologiques. En 1953, il soutint près l'Université catholique de Lublin une thèse intitulée "Mise en valeur de la possibilité de fonder une éthique catholique sur la base du système éthique de Max Scheler". Il accéda ensuite à l'enseignement professoral de la théologie morale et d'éthique sociale au Grand Séminaire de Cracovie et à la Faculté de théologie de Lublin.

Le 4 juillet 1958, Pie XII le nomma Evêque titulaire de Ombi et auxiliaire de Cracovie et, le 28 septembre suivant, il reçut la consécration épiscopale des mains de l'Archevêque Eugeniusz Baziak, en la cathédrale du Wawel (Cracovie).

Le 13 janvier 1964, il fut nommé Archevêque de Cracovie par Paul VI qui, le 26 juin 1967, l'éleva au cardinalat, du titre de S.Cesareo in Palatio, une diaconie élevée au rang presbytéral pro illa vice.
Après avoir participé au Concile Vatican II (1962-1965), où il offrit notamment une importante contribution à l'élaboration de la constitution Gaudium et spes, le Cardinal Wojtyła prit part à toutes les assemblées du Synode des Evêques.

Au cours du second Conclave de 1978, il fut élu Pape par les Cardinaux le 16 octobre et prit le nom de Jean-Paul II. Le 22 octobre, Jour du Seigneur, il entamait solennellement son ministère pétrinien de 263º successeur de l'Apôtre Pierre. Son pontificat de près de 27 années allait être l'un des plus longs de l'histoire de l'Eglise.

Jean-Paul II a exercé le ministère pétrinien avec un inlassable esprit missionnaire, prodiguant toutes ses énergies poussé par la sollicitude pastorale envers toutes les Eglises et par la charité ouverte à l'humanité tout entière. En 26 années de pontificat, le Pape Jean-Paul II a accompli 104 voyages apostoliques hors d'Italie et 146 visites dans ce pays. Comme Evêque de Rome, il a visité 317 des 333 paroisses de son diocèse.

Plus qu'aucun de ses prédécesseurs, il a rencontré le Peuple de Dieu et les Responsables des nations: aux 1166 audiences générales du mercredi ont participé plus de 17.600.000 pèlerins, sans compter toutes les autres audiences spéciales et les cérémonies religieuses [plus de 8 millions de pèlerins seulement au cours du Grand Jubilé de l’An 2000]; outre les millions de fidèles qu’il a rencontrés au cours de ses visites pastorales en Italie et dans le monde. Nombreuses sont les personnalités gouvernementales reçues en audience: il suffit de rappeler les 38 visites officielles et les 738 audiences ou rencontres de chefs d’Etat, ainsi que les 246 audiences et rencontres de premiers ministres.

Son amour pour les jeunes l'a poussé à lancer en 1985 les Journées mondiales de la Jeunesse, et les 19 JMJ de son pontificat ont rassemblé des millions de jeunes dans diverses parties du monde. D'autre part, son attention à la famille s'est exprimée par la tenue de Rencontres mondiales des Familles entreprises à son initiative en 1994.

Il a promu avec succès le dialogue avec les juifs et avec les représentants des autres religions, les invitant parfois à des rencontres de prière pour la paix, en particulier à Assise.

Sous sa direction l'Eglise s'est approchée du troisième millénaire et a célébré le grand Jubilé de l'An 2000, selon les orientations indiquées dans la Lettre apostolique Tertio Millennio adveniente. Celle-ci s'est ensuite ouverte à la nouvelle époque, en recevant ses indications dans la Lettre apostolique Novo Millennio ineunte, dans laquelle il montrait aux fidèles le chemin de l'avenir.

Avec l'Année de la Rédemption, l'Année mariale et l'Année de l'Eucharistie il a promu le renouveau spirituel de l'Eglise.

Il a donné une impulsion extraordinaire aux canonisations et aux béatifications, pour montrer d'innombrables exemples de la sainteté d'aujourd'hui, qui soient un encouragement pour les hommes de notre temps. Jean-Paul II a procédé à 147 cérémonies de béatification (1338 Bienheureux) et à 51 de canonisation (482 Saints). Il a proclamé Docteur de l'Eglise sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Il a considérablement élargi le Collège des Cardinaux, en a créant 231 en 9 Consistoires, plus 1 in pectore, dont le nom n'a jamais été révélé. Il a également présidé 6 réunions plénières du Sacré Collège.

Jean-Paul II a présidé 15 Synodes des Evêques: 6 Assemblées ordinaires (1980, 1983, 1987, 1990, 1994 et 2001), 1 générale extraordinaire (1985), 8 spéciales (1980, 1991, 1994, 1995, 1997, 1998 [2] et 1999).

Au nombre de ses documents majeurs, on compte 14 encycliques, 15 exhortations apostoliques, 11 constitutions apostoliques et 45 lettres apostoliques.

Il a promulgué le Catéchisme de l'Eglise catholique, à la lumière de la Tradition, interprétée avec autorité par le Concile Vatican II. Il a également réformé le Codes de droit canonique latin et oriental, a créé de nouvelles institutions et réorganisé la Curie romaine.

A titre privé, en tant que Docteur, a également publié cinq livres: "Entrer dans l'espérance" (octobre 1994); "Don et Mystère: en ce 50 anniversaire de mon ordination sacerdotale" (novembre 1996); “Triptyque romain”- Méditations poétiques (mars 2003); “Levez-vous et allons!” (mai 2004) et “Mémoire et Identité” (février 2005).

Jean-Paul II est décédé au Vatican le 2 avril 2005 à 21 h 37', tandis qu'on entrait déjà dans le Jour du Seigneur, Octave de Pâques et Dimanche de la Divine Miséricorde.

Les funérailles de Jean-Paul II se sont déroulées le 8 avril 2005, alors que depuis son décès plus de trois millions de fidèles étaient venus à Rome saluer sa dépouille, attendant jusqu'à 24 heures avant d'entrer dans la Basilique St. Pierre.

Le 28 avril, le nouveau Pape Benoît XVI a accordé la dispense des 5 années après la mort pour l'ouverture de la Cause en béatification-canonisation de Jean-Paul II. La procédure canonique a été ouverte le 28 juin suivant par le Cardinal Camillo Ruini, Vicaire général pour le diocèse de Rome.



Les racines de Karol Wojtyla : un pape marqué par les drames du 20e siècle

Karol Wojtyla nait à Wadowice le 18 mai 1920, second fils d’un père militaire et d’une mère institutrice. Deux ans plus tôt, la Pologne recouvrait l’indépendance politique perdue à la fin du 18e siècle.

Karol Wojtyla a été marqué dans sa jeunesse par la disparition de tous ses proches. Il est âgé de 9 ans quand sa mère décède. Quelques années plus tard, son frère aîné meurt prématurément. Puis le père meurt en 1941. Ces épreuves familiales ont pris place dans un contexte historique difficile. Karol Wojtyla a partagé le sort d’une Pologne particulièrement atteinte par les drames du 20e siècle. En 1939, la Pologne perd à nouveau son autonomie avec sa partition entre l’Allemagne nazie et l’URSS. Après la guerre, elle connaîtra le totalitarisme communiste jusqu’en 1989.

Le pape Jean-Paul II visitera la Pologne communiste dès le début de son pontificat en 1979, puis de nouveau en 1983 et en 1987. Les rassemblements populaires suscités par ses visites, son soutien explicite au syndicat Solidarnosc, auront joué un rôle décisif dans la chute du pouvoir communiste en Pologne (1989), premier acte de la débâcle du bloc de l’est. L’action polonaise de Jean-Paul II aura été une des illustrations d’un pontificat marqué par les droits de l’homme et la propagation des conflits armés. En 1979, dès sa première encyclique, Jean-Paul II déclarait : « La paix se réduit au respect des droits inviolables de l’homme […], tandis que la guerre naît de la violation de ces droits et entraîne encore de plus graves violations de ceux-ci ».

L’un des derniers combats de Jean-Paul II aura été son opposition au déclenchement de la guerre en Irak par les États-Unis. Le 13 janvier 2003, devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, il déclarait : « Non à la guerre ! Elle n’est jamais une fatalité. Elle est toujours une défaite de l’humanité« .

L’expérience ouvrière dans la Pologne occupée : la préoccupation sociale du pontificat

Avant d’entrer au séminaire, Karol Wojtyla a suivi des études de lettres, à l’université Jagellon de Cracovie. Le travail obligatoire imposé par l’occupant nazi interrompra ses études. A partir de la rentrée de 1940 et pendant presque 4 ans, Karol Wojtyla travaillera comme ouvrier dans une carrière de pierre d’abord, puis dans une usine chimique. Jean-Paul II gardera de cette expérience une grande préoccupation pour les problèmes sociaux. En 1979, lors de son voyage au Mexique, il déclarait aux ouvriers de Monterrey : « Je n’oublie pas les années difficiles de la guerre mondiale où j’ai moi-même fait directement l’expérience d’un travail physique comme le vôtre […]. Je sais parfaitement combien il est nécessaire que le travail ne soit pas source d’aliénation et de frustration, mais qu’il corresponde à la dignité supérieure de l’homme« .

Dans l’encyclique Centesimus annus (1991) Jean-Paul II met également en garde contre une forme radicale de capitalisme : « La solution marxiste a échoué, mais des phénomènes de marginalisation et d’exploitation demeurent dans le monde, spécialement dans le Tiers-monde, de même que des phénomènes d’aliénation humaine, spécialement dans les pays les plus avancés […]. Il y a même un risque de voir se répandre une idéologie radicale de type capitaliste qui refuse jusqu’à leur prise en considération, admettant a priori que toute tentative d’y faire face directement est vouée à l’insuccès, et qui, par principe, en attend la solution du libre développement des forces du marché.« 

De la résistance par la culture au Conseil pontifical pour la culture

Le jeune ouvrier n’a pas renoncé aux activités culturelles. Il intègre une troupe théâtrale d’avant-garde qui déploiera ses activités dans la clandestinité. Karol Wojtyla écrira plusieurs compositions poétiques et théâtrales dont certaines, comme la pièce La boutique de l’orfèvre, ont eu par la suite un écho en dehors des frontières polonaises. La création littéraire n’aura pas été délaissée par Jean-Paul II : il sera le premier pape à publier un recueil de poésies (Triptyque romain, en 2003).

L’occupant nazi comme plus tard le pouvoir communiste cherchera à briser les racines culturelles de l’identité polonaise. Les activités estudiantines et théâtrales de Karol Wojtyla constitueront une forme de résistance à l’oppression idéologique et politique. Devenu le pape Jean-Paul II, il déclarera le 2 juin 1980, à l’UNESCO à Paris : « Je suis fils d’une Nation qui a vécu les plus grandes expériences de l’histoire, que ses voisins ont condamnée à mort à plusieurs reprises, mais qui a survécu et qui est restée elle-même. Elle a conservé son identité, […] non en s’appuyant sur les ressources de la force physique, mais uniquement en s’appuyant sur sa culture. »

Cette histoire personnelle rencontrait la conviction du concile Vatican II. Celui-ci faisait de la culture l’enjeu essentiel d’une rencontre entre l’Église et les hommes. Jean-Paul II aura donc fait de la culture un axe majeur de son pontificat. En 1982, il crée le Conseil pontifical pour la culture, et en 1993, il lui intègre le Conseil pontifical pour le dialogue avec les non-croyants (créé par Paul VI en 1965). La création de ce nouveau dicastère, présidé depuis le début par le cardinal français Paul Poupard, recevait la mission de promouvoir la rencontre entre les cultures et l’Évangile. Là encore, aux yeux du Pape, un caractère de résistance était attaché à cette mission. En décembre 2000, Jean-Paul II déclarait : « Une culture qui refuse de se référer à Dieu perd son âme en même temps que son orientation, devenant une culture de mort. » (Message pour la 34e Journée mondiale de la Paix).

Sacerdoce et vie intellectuelle : un pontificat face aux défis de la foi

Karol Wojtyla entre en 1942 au séminaire de Cracovie. Du fait de l’occupation nazie le séminaire était réduit à la clandestinité. Karol Wojtyla a donc conservé son emploi d’ouvrier pendant les deux premières années de séminaire.

Le 1er novembre 1946, l’archevêque de Cracovie, Mgr Sapieha (que Pie XII venait tout juste de créer cardinal) ordonne prêtre Karol Wojtyla, et l’envoie poursuivre ses études à Rome, à l’université pontificale de l’Angelicum. À Rome, le père Wojtyla sera hébergé au séminaire belge, ce qui lui vaudra de conserver une grande aisance en français. Après avoir soutenu sa thèse en juin 1948 sur le mystique espagnol saint Jean de la Croix, il sera rappelé à Cracovie début 49, pour y exercer une activité pastorale. En 1953, il soutiendra une thèse sur le philosophe allemand Max Scheler, à l’université polonaise Jagellon, fermée l’année suivante par le pouvoir communiste. Professeur vacataire à l’université de Lublin en 1954, il devient titulaire de la chaire d’éthique en 1957.

Le pape Jean-Paul II écrira une encyclique sur les fondements de la théologie morale (Veritatis splendor, en 1993), et une autre sur les rapports entre foi et raison (Fides et ratio, en 1998).

Les occupations intellectuelles du père Wojtyla ne l’ont pas empêché de développer une activité pastorale. Celle-ci s’est orientée en direction des jeunes. Jean-Paul II aura conservé, sa vie durant, une réelle proximité avec les jeunes qui s’exprimera de façon particulièrement forte à travers les Journées Mondiales de la Jeunesse ou « JMJ » (dont Paris en 1997, Rome en 2000 et Toronto en 2002). Ce contact privilégié avec la jeunesse aura comporté une double note de confiance et d’exigence. Aux participants des « JMJ » de Rome, Jean-Paul II déclarait : « Il ne vous sera peut-être pas demandé de verser votre sang, mais de garder la fidélité au Christ, oui certainement ! […] En l’an 2000, est-il difficile de croire ? Oui, c’est difficile ! On ne peut pas le nier. C’est difficile, mais avec l’aide de la grâce c’est possible. »

Évêque au moment du concile : un pontificat marqué par Vatican II

Le père Wojtyla est ordonné évêque auxiliaire de Cracovie le 28 septembre 1958. Comme tout évêque catholique, il est convoqué au concile Vatican II, ouvert par le pape Jean XXIII le 11 octobre 1962, et clôturé par le pape Paul VI le 7 décembre 1965. Mgr Wojtyla sera invité à apporter sa contribution personnelle au Concile, en étant impliqué dans le travail de rédaction de la constitution pastorale Gaudium et spes.

C’est pendant le Concile, le 13 janvier 1964, que Paul VI nomme Mgr Wojtyla archevêque de Cracovie. Le nouvel archevêque prendra ses fonctions le 8 mars 1964. C’est encore de Paul VI que Mgr Wojtyla recevra le cardinalat, le 28 juin 1967. Du 7 au 13 mars 1976, Paul VI invitera le cardinal Wojtyla à prêcher les exercices de carême de la Curie romaine. Paul VI meurt le 6 août 1978. Mgr Wojtyla est cardinal électeur et prend part au conclave : Jean-Paul Ier est élu le 26 août 1978. Celui-ci meurt un mois plus tard, le 28 septembre 1978. Le cardinal Karol Wojtyla est élu pape le 16 octobre 1978.

Le pape Jean-Paul II se fixera comme objectif la mise en œuvre du concile Vatican II. Le lendemain de son élection, il déclarait : « Nous voulons tout d’abord souligner l’importance permanente du IIe Concile oecuménique du Vatican, et ceci signifie pour nous l’engagement formel de l’appliquer soigneusement. » C’est dans cette perspective que Jean-Paul II réformera le droit de l’Église catholique par la promulgation du nouveau Code de droit canonique, en 1983. Il aura encore voulu offrir un exposé des fondamentaux de la foi catholique, par la publication du Catéchisme de l’Église catholique en 1992. C’est encore l’héritage du concile qui explique l’attachement de Jean-Paul II à l’effort œcuménique. L’encyclique Ut unum sint de 1995, ouvrant aux communautés chrétiennes non catholiques la discussion sur les modalités d’exercice du ministère pontifical, en sera l’un des signes marquants. Les efforts de rapprochement avec le judaïsme et le dialogue interreligieux seront aussi des aspects du pontificat à situer dans la perspective du Concile. À l’égard du judaïsme, Jean-Paul II posera des gestes hautement symboliques, dont l’objectif sera de favoriser le rapprochement avec l’Église catholique1. À cette fin, Jean-Paul II a conduit un « examen de conscience » au sujet des fautes commises à l’encontre des juifs au cours de l’histoire de l’Église2. En outre, Jean-Paul II aura donné une visibilité au dialogue interreligieux par exemple à travers sa rencontre avec des jeunes musulmans au grand stade de Casablanca, en 1985, sa visite à la mosquée des Omeyyades à Damas, le 6 mai 2001, et encore les deux rencontres de prière interreligieuse à Assise, en 1986 et en 2002. Tous ces actes procédaient de la conviction du pape Jean-Paul II que le déploiement de l’héritage conciliaire était la manière adéquate de faire entrer l’Église catholique dans le 3e millénaire.

1 Pour mémoire : première visite d’un pape dans une synagogue avec la visite de Jean-Paul II à la grande synagogue de Rome, le 13 avril 1986, au cours de laquelle Jean-Paul II qualifie les juifs de « frères aînés des chrétiens ; établissement de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Israël à partir du 15 juin 1994 ; discours à Yad Vashem (mémorial de la Shoah, à Jérusalem) le 23 mars 2000 ; prière du pape au Mur occidental du Temple de Jérusalem, le 26 mars 2000.

2 Démarche de repentance du 12 mars 2000, au cours de laquelle le pape a demandé pardon pour les fautes de l’Eglise, notamment à l’égard du « peuple de l’Alliance et des bénédictions ».



L’anthropologie chrétienne dans l’enseignement de Jean Paul II

Prof. Graham Rose, Johannesburg:

Introduction

Suivant en cela l’enseignement du Pape, qui a toujours mis l’accent sur la personne concrète, nous allons commencer par saluer la personne, Karol Wojtyla. Je rends hommage à sa famille, à sa foi et à sa Pologne bien-aimée, qui l’ont façonné. À l’occasion du cinquantième anniversaire de son ordination sacerdotale en 1996, il a rappelé qu’il a eu l’occasion de connaître " pour ainsi dire, de l’intérieur " tant le nazisme que le communisme (1). Ce fut certainement pour lui une expérience formatrice. À propos des diverses influences intellectuelles qui ont contribué à former la pensée anthropologique du Pape, un commentateur décrit " son immersion en Thomas d’Aquin, son recours à la méthode phénoménologique pour saisir et décrire la richesse des expériences spirituelles, sa perspective personnaliste sur l’épanouissement humain, et son attention théologique centrée sur l’Incarnation, considérée comme la clé de la nature et de la destinée de l’homme " (2). Nous rendons hommage à ces sources et aux penseurs qui les ont inspirées. Ils ont porté des fruits abondants dans la philosophie de Jean Paul II.

I Son attention théologique centrée sur l’Incarnation

Dans la phrase introductive de sa toute première encyclique, Redemptor hominis, le Pape nous indique ce qui est au cœur de toute sa pensée, à savoir " le Rédempteur de l’homme, Jésus-Christ, centre du cosmos et de l’histoire ". Près de trente ans plus tard, dans Fides et ratio – après avoir qualifié le premier chapitre de Gaudium et spes de " condensé d’anthropologie biblique, source d’inspiration aussi pour la philosophie " – il ajoute qu’il " constitue un des points de référence constants de mon enseignement " (FR 60). Ce " texte magnifique ", comme il l’a appelé, affirme dans son essence que " l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe Incarné ". C’est le Christ qui " révèle pleinement l’homme à lui-même ". (GS 22 ; RH 9)

Nous trouvons ici les bases d’une anthropologie profondément chrétienne, que le Pape développera dans Fides et ratio : " La Révélation fait entrer dans notre histoire une vérité universelle et ultime " (FR14).

II " L’homme ", oui, mais chaque homme, chaque personne

Dans Redemptor hominis, le Pape nous dit que le Christ incarné est entré " d’une manière unique et absolument singulière, dans le mystère de l’homme, et qui est entré dans son ‘cœur’ " (RH8). Plus loin, il souligne qu’il ne se réfère pas à l’homme de manière abstraite, mais à l’homme " réel ", " concret " et " historique ". C’est donc à chaque homme que nous avons affaire ici. Cette affirmation très claire nous donne un aperçu du personnalisme qui informe à la fois sa philosophie et son anthropologie.

Le Pape cite deux penseurs juifs – Martin Buber et Emmanuel Levinas – qui, s’appuyant sur la tradition personnaliste de l’Ancien Testament, ont marqué sa pensée dans le passé (3). Pour certains, sa philosophie est " située dans la grande tradition du personnalisme chrétien qui s’est développée dans notre pays, en grande partie sous l’influence des catholiques français " (4).

Toujours à propos de l’accent mis sur la personne humaine, le Pape a souvent abordé le thème de la subjectivité en philosophie au cours des derniers siècles. Pour lui, cela a permis à de nombreux penseurs d’arriver à une vision plus adéquate de l’homme comme personne (5). Toutefois, dans sa conception de la personne humaine, il distingue très nettement entre subjectivité et subjectivisme, en rejetant bien entendu ce dernier.

III Le but transcendant de la personne humaine

Dans Fides et ratio, le Pape affirme que la vérité de la Révélation chrétienne nous permet de nous débarrasser des conditionnements de la " mentalité immanentiste ". Pour lui, " l’homme et la femme sont toujours appelé à diriger leurs pas vers une vérité qui les transcende " (FR15). La transcendance de la personne humaine consiste donc dans le fait que Dieu est notre but, et celui de toutes les créatures (RH10). En Christ et par lui, nous sommes appelés et habilités à partager le mystère divin de la vie trinitaire. La philosophie contemporaine, pour sa part, a échoué à prendre en compte cette dimension transcendante de l’homme.

En considération de la nature transcendante de la fin ultime de notre voyage humain, face à laquelle tout le reste est relatif, la vie sur terre est décrite comme " avant-dernière " dans Evangelium vitae (EV2). De la nature transcendante de la personne humaine découle sa dignité, et c’est ce que nous allons maintenant examiner.

IV La dignité de la personne humaine

Dans Redemptor hominis, le Pape nous dit que par le fait qu’en Christ " la nature humaine a été assumée, non absorbée ", elle s’en trouve élevée, en nous aussi, à une " dignité sans égale " (RH8). Il se fonde sur Gaudium et spes, qui avait affirmé la " dignité éminente de l’homme " (GS 91). C’est pourquoi il insiste, dans Evangelium vitae, sur la " grandeur et le prix de la vie humaine, même dans sa phase temporelle ", qui demeure " une réalité sacrée " (EV2).

C’est de cette grande vérité que découlent les droits humains. Pour le Pape, cela a été, depuis le début, une conséquence immédiate et évidente, souvenir de son expérience de et sa réponse à la suppression des droits humains sous les régimes totalitaires. On en trouve un exemple dans sa défense du droit d’association des travailleurs durant la crise de Solidarnosc au début des années 1980 dans sa patrie. La dignité de l’homme et la défense des droits humains représentent pour lui le critère central de l’authenticité du développement humain, comme il l’affirme dans Sollicitudo rei socialis (SRS 33). Les différents systèmes politiques sont évalués en fonction de leur capacité de réduire l’exploitation de l’homme (6).

L’une des grandes vérités qui découlent de la dignité de l’homme et la confirme est la faculté qu’il a de raisonner. Ce point est au centre de l’encyclique Fides et ratio. Le Pape regrette que le manque de confiance dans la capacité de connaissance de l’homme soit très répandu (FR 5). Cette faculté est libérée par la Révélation (FR 20), et les conséquences du péché sont effacées par l’Incarnation. Il existe aussi une connaissance propre à la foi. Même si la philosophie et la théologie ont des origines et des buts différents, leur unité fondamentale doit être rétablie (FR 45-48). En ce sens, le Pape appelle à une philosophie capable de " s’assurer de la capacité de l’homme de parvenir à la connaissance de la vérité, une connaissance qui parvient à la vérité objective… " (FR 82). Son anthropologie chrétienne est un exemple d’une telle philosophie.

V Devenir chaque jour plus humain : liberté, vérité et amour

Dans son livre qui a pour sous-titre Karol Wojtyla’s Existential Personalism (7), Andrew Woznicki souligne la contribution du Pape au développement du thomisme. Le Pape, dit-il, " accepte dans sa la totalité la métaphysique de la personne telle que l’a développée l’Aquinate… tout en donnant davantage d’importance à l’expérience qu’à l’essence ". Sa perspective est plus dynamique, plus active : " Le sujet de l’homme est vu comme une personne en acte " (8). De ce fait, la personne est conçue non pas comme " une entité toute faite (mais comme) une créature qui doit devenir elle-même " (9).

Dans ce cheminement, la voie est bien tracée : elle est christocentrique. Nous devons simplement " entrer dans le Christ " (RH 10). Il me semble que nous avons ici une conception authentiquement paulinienne, comme mouvement vers et dans le Christ (10).

Dans le cadre de cet exposé, je me limiterai à quelques réflexions faites par le Pape dans son encyclique Veritatis splendor (11). Pour lui, la question du rapport entre liberté et vérité est fondamentale (VS 84). À maintes reprises, il insiste sur le fait que la liberté doit être au service du bien véritable de la personne. Même la liberté de conscience " n’est jamais une liberté affranchie ‘de’ la vérité, mais elle est toujours et seulement ‘dans’ la vérité " (SV 64). Il déplore que " ce lien essentiel entre vérité-bien-liberté a été perdu en grande partie par la culture contemporaine " (VS 84).
Comme le fit le Christ en Jean 8,32 : " la vérité vous libèrera ", il affirme le lien essentiel entre liberté et vérité et nous oriente vers une trinité fondée sur l’amour. Le Christ nous révèle que " la liberté s’accomplit dans l’amour, c’est-à-dire dans le don de soi " (VS 87). On retrouve ici l’écho de la pensée d’Édith Stein, et en particulier de son sens de l’empathie mûri dans la prière, qui l’a poussée à donner sa vie en sacrifice pour son peuple. Ce qu’elle a dit dans son étude Scientia crucis, elle l’a mis en pratique par sa mort. Elle a ainsi participé à la Vérité du Christ selon laquelle la liberté est atteinte dans le don de soi par amour.

Dans ce cheminement, nous devenons plus humains et nous grandissons en Christ, le Bien absolu (VS6). Cette croissance n’est pas uniquement individuelle, mais se répand dans et par les autres, se traduisant par un développement de la société humaine. C’est pourquoi nous allons maintenant parler de la vertu de solidarité.

VI La solidarité

Dans ce processus de maturation, le sujet comme personne devient, le dit le Pape, " plus responsable, plus ouvert aux autres " (RH 15) ; la " perfection de l’homme… consiste dans un rapport vivant de donation et de fidélité envers l’autre " (FR 32). Le développement humain découle de la " valeur positive et morale de la conscience croissante de l’interdépendance entre les hommes et les nations " (SRS 38).

S’élevant contre l’individualisme insidieux qui a cours aujourd’hui, le Pape appelle à un engagement de solidarité et de charité, qui commence dans la famille (CA49). La relation authentique et responsable entre l’homme et la femme, en particulier dans la famille, est une expression privilégiée de la solidarité (12). Dans nombre de discours, et en particulier dans Familiaris consortio, le Pape met en valeur le rôle de la famille, conçue comme une " communion de personnes ". C’est là l’une des convictions anthropologiques les plus profondes et les plus fondamentales du Pape (13). Une autre expression importante de la solidarité se trouve dans l’action en faveur de la justice sociale et de l’amour, et l’intégration dans la société des pauvres, des nécessiteux et des faibles (RH15). Nous trouvons ici le corps de la doctrine sociale de l’Église, à laquelle le Pape a contribué de façon si grande et si riche. Pour ne citer qu’un exemple, on peut rappeler la priorité donnée à la personne dans son encyclique sur le travail Laborem exercens. Une autre expression de la solidarité se trouve dans l’enseignement du Pape sur l’État et la culture, tel qu’il est présenté au chapitre cinq de Centesimus annus. Il y dénonce le totalitarisme, qui prend racine dans la négation de la transcendance de la personne humaine (CA44). Au contraire, la vraie démocratie et la vraie culture encourageront à la fois la promotion véritable de l’individu et celle de la " subjectivité " de la société (CA 45, 50-1).

Dans Sollicitudo rei socialis le Pape définit la vertu de solidarité comme étant " la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun " (SRS 38). Dans l’exercice de cette vertu, nous arrivons à " voir l’‘autre’ – personne, peuple ou nation – non comme un instrument quelconque… mais comme notre ‘semblable’, une ‘aide’ " (SRS 39). Enfin, cette vertu favorise la communion, qui est le Corps du Christ, la vie dans le Dieu Un et Trine.

VII Du phénomène au fondement : la réhabilitation de la métaphysique

Il a été dit que l’anthropologie du Pape est " expliquée métaphysiquement et décrite phénoménologiquement " (14), et qu’il a critiqué la phénoménologie de Max Scheler précisément à cause de son défaut de métaphysique. Le phénomène a besoin d’être fondé.

C’est le grand appel lancé par Fides et Ratio : la recherche de l’être a été abandonnée (FR 5) ; la raison n’a plus le courage de sonder les réalités humaines ultimes ; nous semblons incapables d’aller " au-delà du particulier et du concret ", de " démontrer l’universalité des contenus de la foi " (FR 69).
D’où l’appel urgent du Pape en faveur d’une philosophie qui ait une " portée authentiquement métaphysique " (FR 83). Une fois encore nous revenons à l’importance centrale de la personne chrétienne dans l’anthropologie de Jean Paul II (15). " C’est par excellence la personne qui atteint l’être et, par conséquent, mène une réflexion métaphysique " (FR 83).

VIII L’Église

À toutes les étapes de ce bref exposé sur l’anthropologie chrétienne de Jean Paul II, on retrouve une référence forte et récurrente à la responsabilité de l’Église, dont le rôle est précisément d’affirmer la vérité sur l’homme, une vérité qui ne peut être mise pleinement en lumière que par le mystère du Verbe Incarné (GS 22).

Le Pape a intitulé le dernier chapitre de Centesimus annus : " L’homme est la route de l’Église ". Ce faisant, il revient à son point de départ. Après avoir affirmé que " l’Église ne peut pas abandonner l’homme ", il cite cette phrase de Redemptor hominis : " cet homme est la première route que l’Église doit parcourir en accomplissant sa mission […], route tracée par le Christ lui-même, route qui, de façon immuable, passe par le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption " (CA 53 qui cite RH 14).
Ayant ainsi décrit la route de l’Église, on peut dire : c’est la route de Jean Paul II. La route du Bon Pasteur est la vraie route de son troupeau. Son anthropologie est authentiquement chrétienne : à la fois mystique et très pratique. Elle est entièrement mise au service de la vérité de la personne humaine (Totus tuus !) et de la société, pour nous rendre pleinement libre dans le Christ, en participant à la vie du Dieu Un et Trine.

Comme l’a dit le Pape lui-même – et nous lui laisserons le dernier mot – " l’anthropologie chrétienne est donc en réalité un chapitre de la théologie " (CA 55).

Notes

1. Jean Paul II, Ma vocation, don et mystère, Bayard, 1996.

2. Thomas McGovern, The Christian Anthropology of John-Paul II – déchargé sur Internet. Il cite ici Juan Louis Lorda, Antropologia del Concilio Vaticano II a Juan Pablo II, Madrid, 1996, p. 112

3. Cité par McGovern, op.cit. Jean Paul II, Entrez dans l’espérance, Plon, 1994.

4. Kenneth Schmitz, At the Center of the Human Drama: the Philosophical Anthropology of Karol Wojtyla/ Pope John-Paul II, Catholic University Press, pp 35-36 cité par Mark et Louise Zwick dans leur article sur l’Internet, Witness to Hope : la biographie de Jean Paul II par George Weigel y est contestée.

5. Dans son essai Subjectivity & the Irreducible in Man cité dans John F. Crosby, The Selfhood of the Human Person, Catholic University of America Press, Washington DC, 1996, p 82.

6. Jean Paul II, Discours aux Nations Unies, cité par Donal Door, L’option préférentielle pour les pauvres.

7. Andrew N Woznicki, A Christian Humanism, Karol Wojtyla’s Existential Personalism, Mariel Publications, New Britain, Ct 06053, 1980.

8. Ibid., p. 17

9. Ibid., p. 30.

10. S’inspirant également de la conception de saint Paul ; on peut y trouver des similitudes avec la pensée de Teilhard de Chardin.

11. Un exposé plus complet devrait aborder également l’ouvrage du Pape Amour et Responsabilité et les notes de sa retraite de 1996 à Paul VI, Signes de contradiction.

12. Je reconnais qu’une analyse des affirmations du Pape sur les femmes serait nécessaire ici, y compris Mulieris Dignitatis et ses lettres et discours aux femmes.

13. McGovern, op.cit.

14. Woznicki, op.cit., p 59 ; voir aussi p. 28.

15. Crosby, op.cit., p 82. L’auteur se réfère au danger chez Aristote que l’accent mis sur la cosmologie ne finisse par réduire l’homme au monde… et ce faisant, ne rende pas justice à l’homme.





HOMILY OF POPE FRANCIS

St. Peter's Square


Second Sunday of Easter (Divine Mercy Sunday), 27 April 2014



At the heart of this Sunday, which concludes the Octave of Easter and which Saint John Paul II wished to dedicate to Divine Mercy, are the glorious wounds of the risen Jesus.

He had already shown those wounds when he first appeared to the Apostles on the very evening of that day following the Sabbath, the day of the resurrection. But, as we have heard, Thomas was not there that evening, and when the others told him that they had seen the Lord, he replied that unless he himself saw and touched those wounds, he would not believe. A week later, Jesus appeared once more to the disciples gathered in the Upper Room. Thomas was also present; Jesus turned to him and told him to touch his wounds. Whereupon that man, so straightforward and accustomed to testing everything personally, knelt before Jesus with the words: “My Lord and my God!” (Jn 20:28).

The wounds of Jesus are a scandal, a stumbling block for faith, yet they are also the test of faith. That is why on the body of the risen Christ the wounds never pass away: they remain, for those wounds are the enduring sign of God’s love for us. They are essential for believing in God. Not for believing that God exists, but for believing that God is love, mercy and faithfulness. Saint Peter, quoting Isaiah, writes to Christians: “by his wounds you have been healed” (1 Pet 2:24, cf. Is 53:5).

Saint John XXIII and Saint John Paul II were not afraid to look upon the wounds of Jesus, to touch his torn hands and his pierced side. They were not ashamed of the flesh of Christ, they were not scandalized by him, by his cross; they did not despise the flesh of their brother (cf. Is 58:7), because they saw Jesus in every person who suffers and struggles. These were two men of courage, filled with the parrhesia of the Holy Spirit, and they bore witness before the Church and the world to God’s goodness and mercy.

They were priests, and bishops and popes of the twentieth century. They lived through the tragic events of that century, but they were not overwhelmed by them. For them, God was more powerful; faith was more powerful – faith in Jesus Christ the Redeemer of man and the Lord of history; the mercy of God, shown by those five wounds, was more powerful; and more powerful too was the closeness of Mary our Mother.
In these two men, who looked upon the wounds of Christ and bore witness to his mercy, there dwelt a living hope and an indescribable and glorious joy (1 Pet 1:3,8). The hope and the joy which the risen Christ bestows on his disciples, the hope and the joy which nothing and no one can take from them. The hope and joy of Easter, forged in the crucible of self-denial, self-emptying, utter identification with sinners, even to the point of disgust at the bitterness of that chalice. Such were the hope and the joy which these two holy popes had received as a gift from the risen Lord and which they in turn bestowed in abundance upon the People of God, meriting our eternal gratitude.

This hope and this joy were palpable in the earliest community of believers, in Jerusalem, as we have heard in the Acts of the Apostles (cf. 2:42-47). It was a community which lived the heart of the Gospel, love and mercy, in simplicity and fraternity.

This is also the image of the Church which the Second Vatican Council set before us. John XXIII and John Paul II cooperated with the Holy Spirit in renewing and updating the Church in keeping with her pristine features, those features which the saints have given her throughout the centuries. Let us not forget that it is the saints who give direction and growth to the Church. In convening the Council, Saint John XXIII showed an exquisite openness to the Holy Spirit. He let himself be led and he was for the Church a pastor, a servant-leader, guided by the Holy Spirit. This was his great service to the Church; for this reason I like to think of him as the the pope of openness to the Holy Spirit.

In his own service to the People of God, Saint John Paul II was the pope of the family. He himself once said that he wanted to be remembered as the pope of the family. I am particularly happy to point this out as we are in the process of journeying with families towards the Synod on the family. It is surely a journey which, from his place in heaven, he guides and sustains.

May these two new saints and shepherds of God’s people intercede for the Church, so that during this two-year journey toward the Synod she may be open to the Holy Spirit in pastoral service to the family. May both of them teach us not to be scandalized by the wounds of Christ and to enter ever more deeply into the mystery of divine mercy, which always hopes and always forgives, because it always loves.



© Copyright - Libreria Editrice Vaticana



Sa Sainteté Jean-Paul II à Poznań en 1987

PAPAL MASS

ON THE OCCASION OF THE 


HOMILY OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Saint Peter's Square

Divine Mercy Sunday, 1 May 2011



Dear Brothers and Sisters,

Six years ago we gathered in this Square to celebrate the funeral of Pope John Paul II. Our grief at his loss was deep, but even greater was our sense of an immense grace which embraced Rome and the whole world: a grace which was in some way the fruit of my beloved predecessor’s entire life, and especially of his witness in suffering. Even then we perceived the fragrance of his sanctity, and in any number of ways God’s People showed their veneration for him. For this reason, with all due respect for the Church’s canonical norms, I wanted his cause of beatification to move forward with reasonable haste. And now the longed-for day has come; it came quickly because this is what was pleasing to the Lord: John Paul II is blessed!

I would like to offer a cordial greeting to all of you who on this happy occasion have come in such great numbers to Rome from all over the world – cardinals, patriarchs of the Eastern Catholic Churches, brother bishops and priests, official delegations, ambassadors and civil authorities, consecrated men and women and lay faithful, and I extend that greeting to all those who join us by radio and television.

Today is the Second Sunday of Easter, which Blessed John Paul II entitled Divine Mercy Sunday. The date was chosen for today’s celebration because, in God’s providence, my predecessor died on the vigil of this feast. Today is also the first day of May, Mary’s month, and the liturgical memorial of Saint Joseph the Worker. All these elements serve to enrich our prayer, they help us in our pilgrimage through time and space; but in heaven a very different celebration is taking place among the angels and saints! Even so, God is but one, and one too is Christ the Lord, who like a bridge joins earth to heaven. At this moment we feel closer than ever, sharing as it were in the liturgy of heaven.

“Blessed are those who have not seen and yet have come to believe” (Jn 20:29). In today’s Gospel Jesus proclaims this beatitude: the beatitude of faith. For us, it is particularly striking because we are gathered to celebrate a beatification, but even more so because today the one proclaimed blessed is a Pope, a Successor of Peter, one who was called to confirm his brethren in the faith. John Paul II is blessed because of his faith, a strong, generous and apostolic faith. We think at once of another beatitude: “Blessed are you, Simon, son of Jonah! For flesh and blood has not revealed this to you, but my Father in heaven” (Mt 16:17). What did our heavenly Father reveal to Simon? That Jesus is the Christ, the Son of the living God. Because of this faith, Simon becomes Peter, the rock on which Jesus can build his Church. The eternal beatitude of John Paul II, which today the Church rejoices to proclaim, is wholly contained in these sayings of Jesus: “Blessed are you, Simon” and “Blessed are those who have not seen and yet have come to believe!” It is the beatitude of faith, which John Paul II also received as a gift from God the Father for the building up of Christ’s Church.

Our thoughts turn to yet another beatitude, one which appears in the Gospel before all others. It is the beatitude of the Virgin Mary, the Mother of the Redeemer. Mary, who had just conceived Jesus, was told by Saint Elizabeth: “Blessed is she who believed that there would be a fulfilment of what was spoken to her by the Lord” (Lk 1:45). The beatitude of faith has its model in Mary, and all of us rejoice that the beatification of John Paul II takes place on this first day of the month of Mary, beneath the maternal gaze of the one who by her faith sustained the faith of the Apostles and constantly sustains the faith of their successors, especially those called to occupy the Chair of Peter. Mary does not appear in the accounts of Christ’s resurrection, yet hers is, as it were, a continual, hidden presence: she is the Mother to whom Jesus entrusted each of his disciples and the entire community. In particular we can see how Saint John and Saint Luke record the powerful, maternal presence of Mary in the passages preceding those read in today’s Gospel and first reading. In the account of Jesus’ death, Mary appears at the foot of the cross (Jn 19:25), and at the beginning of the Acts of the Apostles she is seen in the midst of the disciples gathered in prayer in the Upper Room (Acts 1:14).

Today’s second reading also speaks to us of faith. Saint Peter himself, filled with spiritual enthusiasm, points out to the newly-baptized the reason for their hope and their joy. I like to think how in this passage, at the beginning of his First Letter, Peter does not use language of exhortation; instead, he states a fact. He writes: “you rejoice”, and he adds: “you love him; and even though you do not see him now, you believe in him and rejoice with an indescribable and glorious joy, for you are receiving the outcome of your faith, the salvation of your souls” (1 Pet 1:6, 8-9). All these verbs are in the indicative, because a new reality has come about in Christ’s resurrection, a reality to which faith opens the door. “This is the Lord’s doing”, says the Psalm (118:23), and “it is marvelous in our eyes”, the eyes of faith.

Dear brothers and sisters, today our eyes behold, in the full spiritual light of the risen Christ, the beloved and revered figure of John Paul II. Today his name is added to the host of those whom he proclaimed saints and blesseds during the almost twenty-seven years of his pontificate, thereby forcefully emphasizing the universal vocation to the heights of the Christian life, to holiness, taught by the conciliar Constitution on the Church Lumen Gentium. All of us, as members of the people of God – bishops, priests, deacons, laity, men and women religious – are making our pilgrim way to the heavenly homeland where the Virgin Mary has preceded us, associated as she was in a unique and perfect way to the mystery of Christ and the Church. Karol Wojtyła took part in the Second Vatican Council, first as an auxiliary Bishop and then as Archbishop of Kraków. He was fully aware that the Council’s decision to devote the last chapter of its Constitution on the Church to Mary meant that the Mother of the Redeemer is held up as an image and model of holiness for every Christian and for the entire Church. This was the theological vision which Blessed John Paul II discovered as a young man and subsequently maintained and deepened throughout his life. A vision which is expressed in the scriptural image of the crucified Christ with Mary, his Mother, at his side. This icon from the Gospel of John (19:25-27) was taken up in the episcopal and later the papal coat-of-arms of Karol Wojtyła: a golden cross with the letter “M” on the lower right and the motto “Totus tuus”, drawn from the well-known words of Saint Louis Marie Grignion de Montfort in which Karol Wojtyła found a guiding light for his life: “Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, Maria – I belong entirely to you, and all that I have is yours. I take you for my all. O Mary, give me your heart” (Treatise on True Devotion to the Blessed Virgin, 266).

In his Testament, the new Blessed wrote: “When, on 16 October 1978, the Conclave of Cardinals chose John Paul II, the Primate of Poland, Cardinal Stefan Wyszyński, said to me: ‘The task of the new Pope will be to lead the Church into the Third Millennium’”. And the Pope added: “I would like once again to express my gratitude to the Holy Spirit for the great gift of the Second Vatican Council, to which, together with the whole Church – and especially with the whole episcopate – I feel indebted. I am convinced that it will long be granted to the new generations to draw from the treasures that this Council of the twentieth century has lavished upon us. As a Bishop who took part in the Council from the first to the last day, I desire to entrust this great patrimony to all who are and will be called in the future to put it into practice. For my part, I thank the Eternal Shepherd, who has enabled me to serve this very great cause in the course of all the years of my Pontificate”. And what is this “cause”? It is the same one that John Paul II presented during his first solemn Mass in Saint Peter’s Square in the unforgettable words: “Do not be afraid! Open, open wide the doors to Christ!” What the newly-elected Pope asked of everyone, he was himself the first to do: society, culture, political and economic systems he opened up to Christ, turning back with the strength of a titan – a strength which came to him from God – a tide which appeared irreversible. By his witness of faith, love and apostolic courage, accompanied by great human charisma, this exemplary son of Poland helped believers throughout the world not to be afraid to be called Christian, to belong to the Church, to speak of the Gospel. In a word: he helped us not to fear the truth, because truth is the guarantee of liberty. To put it even more succinctly: he gave us the strength to believe in Christ, because Christ is Redemptor hominis, the Redeemer of man. This was the theme of his first encyclical, and the thread which runs though all the others.

When Karol Wojtyła ascended to the throne of Peter, he brought with him a deep understanding of the difference between Marxism and Christianity, based on their respective visions of man. This was his message: man is the way of the Church, and Christ is the way of man. With this message, which is the great legacy of the Second Vatican Council and of its “helmsman”, the Servant of God Pope Paul VI, John Paul II led the People of God across the threshold of the Third Millennium, which thanks to Christ he was able to call “the threshold of hope”. Throughout the long journey of preparation for the great Jubilee he directed Christianity once again to the future, the future of God, which transcends history while nonetheless directly affecting it. He rightly reclaimed for Christianity that impulse of hope which had in some sense faltered before Marxism and the ideology of progress. He restored to Christianity its true face as a religion of hope, to be lived in history in an “Advent” spirit, in a personal and communitarian existence directed to Christ, the fullness of humanity and the fulfillment of all our longings for justice and peace.

Finally, on a more personal note, I would like to thank God for the gift of having worked for many years with Blessed Pope John Paul II. I had known him earlier and had esteemed him, but for twenty-three years, beginning in 1982 after he called me to Rome to be Prefect of the Congregation for the Doctrine of the Faith, I was at his side and came to revere him all the more. My own service was sustained by his spiritual depth and by the richness of his insights. His example of prayer continually impressed and edified me: he remained deeply united to God even amid the many demands of his ministry. Then too, there was his witness in suffering: the Lord gradually stripped him of everything, yet he remained ever a “rock”, as Christ desired. His profound humility, grounded in close union with Christ, enabled him to continue to lead the Church and to give to the world a message which became all the more eloquent as his physical strength declined. In this way he lived out in an extraordinary way the vocation of every priest and bishop to become completely one with Jesus, whom he daily receives and offers in the Church.

Blessed are you, beloved Pope John Paul II, because you believed! Continue, we implore you, to sustain from heaven the faith of God’s people. You often blessed us in this Square from the Apostolic Palace: Bless us, Holy Father! Amen.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana 

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2011/documents/hf_ben-xvi_hom_20110501_beatificazione-gpii_en.html



Blessed Pope John Paul II

Karol Józef Wojtyła, known as John Paul II since his October 1978 election to the papacy, was born in the Polish town of Wadowice, a small city 50 kilometers from Krakow, on May 18, 1920. He was the youngest of three children born to Karol Wojtyła and Emilia Kaczorowska. His mother died in 1929. His eldest brother Edmund, a doctor, died in 1932 and his father, a non-commissioned army officer died in 1941. A sister, Olga, had died before he was born.

He was baptized on June 20, 1920 in the parish church of Wadowice by Fr. Franciszek Zak, made his First Holy Communion at age 9 and was confirmed at 18. Upon graduation from Marcin Wadowita high school in Wadowice, he enrolled in Krakow’s Jagiellonian University in 1938 and in a school for drama.
The Nazi occupation forces closed the university in 1939 and young Karol had to work in a quarry (1940-1944) and then in the Solvay chemical factory to earn his living and to avoid being deported to Germany.

In 1942, aware of his call to the priesthood, he began courses in the clandestine seminary of Krakow, run by Cardinal Adam Stefan Sapieha, archbishop of Krakow. At the same time, Karol Wojtyła was one of the pioneers of the “Rhapsodic Theatre,” also clandestine.

After the Second World War, he continued his studies in the major seminary of Krakow, once it had re-opened, and in the faculty of theology of the Jagiellonian University. He was ordained to the priesthood by Archbishop Sapieha in Krakow on November 1, 1946.

Shortly afterwards, Cardinal Sapieha sent him to Rome where he worked under the guidance of the French Dominican, Garrigou-Lagrange. He finished his doctorate in theology in 1948 with a thesis on the subject of faith in the works of St. John of the Cross (Doctrina de fide apud Sanctum Ioannem a Cruce). At that time, during his vacations, he exercised his pastoral ministry among the Polish immigrants of France, Belgium and Holland.

In 1948 he returned to Poland and was vicar of various parishes in Krakow as well as chaplain to university students. This period lasted until 1951 when he again took up his studies in philosophy and theology. In 1953 he defended a thesis on “evaluation of the possibility of founding a Catholic ethic on the ethical system of Max Scheler” at Lublin Catholic University. Later he became professor of moral theology and social ethics in the major seminary of Krakow and in the Faculty of Theology of Lublin.

On July 4, 1958, he was appointed titular bishop of Ombi and auxiliary of Krakow by Pope Pius XII, and was consecrated September 28, 1958, in Wawel Cathedral, Krakow, by Archbishop Eugeniusz Baziak.

On January 13, 1964, he was appointed archbishop of Krakow by Pope Paul VI, who made him a cardinal June 26, 1967 with the title of S. Cesareo in Palatio of the order of deacons, later elevated pro illa vice to the order of priests.

Besides taking part in Vatican Council II (1962-1965) where he made an important contribution to drafting the Constitution Gaudium et spes, Cardinal Wojtyła participated in all the assemblies of the Synod of Bishops.

The Cardinals elected him Pope at the Conclave of 16 October 1978, and he took the name of John Paul II. On 22 October, the Lord’s Day, he solemnly inaugurated his Petrine ministry as the 263rd successor to the Apostle. His pontificate, one of the longest in the history of the Church, lasted nearly 27 years.

Driven by his pastoral solicitude for all Churches and by a sense of openness and charity to the entire human race, John Paul II exercised the Petrine ministry with a tireless missionary spirit, dedicating it all his energy. He made 104 pastoral visits outside Italy and 146 within Italy. As bishop of Rome he visited 317 of the city’s 333 parishes.

He had more meetings than any of his predecessors with the People of God and the leaders of Nations. More than 17,600,000 pilgrims participated in the General Audiences held on Wednesdays (more than 1160), not counting other special audiences and religious ceremonies [more than 8 million pilgrims during the Great Jubilee of the Year 2000 alone], and the millions of faithful he met during pastoral visits in Italy and throughout the world. We must also remember the numerous government personalities he encountered during 38 official visits, 738 audiences and meetings held with Heads of State, and 246 audiences and meetings with Prime Ministers.

His love for young people brought him to establish the World Youth Days. The 19 WYDs celebrated during his pontificate brought together millions of young people from all over the world. At the same time his care for the family was expressed in the World Meetings of Families, which he initiated in 1994.

John Paul II successfully encouraged dialogue with the Jews and with the representatives of other religions, whom he several times invited to prayer meetings for peace, especially in Assisi.

Under his guidance the Church prepared herself for the third millennium and celebrated the Great Jubilee of the year 2000 in accordance with the instructions given in the Apostolic Letter Tertio Millennio adveniente. The Church then faced the new epoch, receiving his instructions in the Apostolic Letter Novo Millennio ineunte, in which he indicated to the faithful their future path.

With the Year of the Redemption, the Marian Year and the Year of the Eucharist, he promoted the spiritual renewal of the Church.

He gave an extraordinary impetus to Canonizations and Beatifications, focusing on countless examples of holiness as an incentive for the people of our time. He celebrated 147 beatification ceremonies during which he proclaimed 1,338 Blesseds; and 51 canonizations for a total of 482 saints. He made Thérèse of the Child Jesus a Doctor of the Church.

He considerably expanded the College of Cardinals, creating 231 Cardinals (plus one in pectore) in 9 consistories. He also called six full meetings of the College of Cardinals.

He organized 15 Assemblies of the Synod of Bishops – six Ordinary General Assemblies (1980, 1983, 1987, 1990, 1994 and 2001), one Extraordinary General Assembly (1985) and eight Special Assemblies (1980,1991, 1994, 1995, 1997, 1998 (2) and 1999).

His most important Documents include 14 Encyclicals, 15 Apostolic Exhortations, 11 Apostolic Constitutions, 45 Apostolic Letters.

He promulgated the Catechism of the Catholic Church in the light of Tradition as authoritatively interpreted by the Second Vatican Council. He also reformed the Eastern and Western Codes of Canon Law, created new Institutions and reorganized the Roman Curia.

As a private Doctor he also published five books of his own: “Crossing the Threshold of Hope” (October 1994), “Gift and Mystery, on the fiftieth anniversary of my ordination as priest” (November 1996), “Roman Triptych” poetic meditations (March 2003), “Arise, Let us Be Going” (May 2004) and “Memory and Identity” (February 2005).

In the light of Christ risen from the dead, on 2 April a.D. 2005, at 9.37 p.m., while Saturday was drawing to a close and the Lord’s Day was already beginning, the Octave of Easter and Divine Mercy Sunday, the Church’s beloved Pastor, John Paul II, departed this world for the Father.

From that evening until April 8, date of the funeral of the late Pontiff, more than three million pilgrims came to Rome to pay homage to the mortal remains of the Pope. Some of them queued up to 24 hours to enter St. Peter’s Basilica.





CON OCASIÓN DE LA 



HOMILÍA DEL SANTO PADRE BENEDICTO XVI

Plaza de San Pedro 

Domingo 1 de mayo de 2011


Queridos hermanos y hermanas:

Hace seis años nos encontrábamos en esta Plaza para celebrar los funerales del Papa Juan Pablo II. El dolor por su pérdida era profundo, pero más grande todavía era el sentido de una inmensa gracia que envolvía a Roma y al mundo entero, gracia que era fruto de toda la vida de mi amado Predecesor y, especialmente, de su testimonio en el sufrimiento. Ya en aquel día percibíamos el perfume de su santidad, y el Pueblo de Dios manifestó de muchas maneras su veneración hacia él. Por eso, he querido que, respetando debidamente la normativa de la Iglesia, la causa de su beatificación procediera con razonable rapidez. Y he aquí que el día esperado ha llegado; ha llegado pronto, porque así lo ha querido el Señor: Juan Pablo II es beato.

Deseo dirigir un cordial saludo a todos los que, en número tan grande, desde todo el mundo, habéis venido a Roma, para esta feliz circunstancia, a los señores cardenales, a los patriarcas de las Iglesias católicas orientales, hermanos en el episcopado y el sacerdocio, delegaciones oficiales, embajadores y autoridades, personas consagradas y fieles laicos, y lo extiendo a todos los que se unen a nosotros a través de la radio y la televisión.

Éste es el segundo domingo de Pascua, que el beato Juan Pablo II dedicó a la Divina Misericordia. Por eso se eligió este día para la celebración de hoy, porque mi Predecesor, gracias a un designio providencial, entregó el espíritu a Dios precisamente en la tarde de la vigilia de esta fiesta. Además, hoy es el primer día del mes de mayo, el mes de María; y es también la memoria de san José obrero. Estos elementos contribuyen a enriquecer nuestra oración, nos ayudan a nosotros que todavía peregrinamos en el tiempo y el espacio. En cambio, qué diferente es la fiesta en el Cielo entre los ángeles y santos. Y, sin embargo, hay un solo Dios, y un Cristo Señor que, como un puente une la tierra y el cielo, y nosotros nos sentimos en este momento más cerca que nunca, como participando de la Liturgia celestial.

«Dichosos los que crean sin haber visto» (Jn 20, 29). En el evangelio de hoy, Jesús pronuncia esta bienaventuranza: la bienaventuranza de la fe. Nos concierne de un modo particular, porque estamos reunidos precisamente para celebrar una beatificación, y más aún porque hoy un Papa ha sido proclamado Beato, un Sucesor de Pedro, llamado a confirmar en la fe a los hermanos. Juan Pablo II es beato por su fe, fuerte y generosa, apostólica. E inmediatamente recordamos otra bienaventuranza: «¡Dichoso tú, Simón, hijo de Jonás!, porque eso no te lo ha revelado nadie de carne y hueso, sino mi Padre que está en el cielo» (Mt 16, 17). ¿Qué es lo que el Padre celestial reveló a Simón? Que Jesús es el Cristo, el Hijo del Dios vivo. Por esta fe Simón se convierte en «Pedro», la roca sobre la que Jesús edifica su Iglesia. La bienaventuranza eterna de Juan Pablo II, que la Iglesia tiene el gozo de proclamar hoy, está incluida en estas palabras de Cristo: «Dichoso, tú, Simón» y «Dichosos los que crean sin haber visto». Ésta es la bienaventuranza de la fe, que también Juan Pablo II recibió de Dios Padre, como un don para la edificación de la Iglesia de Cristo.

Pero nuestro pensamiento se dirige a otra bienaventuranza, que en el evangelio precede a todas las demás. Es la de la Virgen María, la Madre del Redentor. A ella, que acababa de concebir a Jesús en su seno, santa Isabel le dice: «Dichosa tú, que has creído, porque lo que te ha dicho el Señor se cumplirá» (Lc 1, 45). La bienaventuranza de la fe tiene su modelo en María, y todos nos alegramos de que la beatificación de Juan Pablo II tenga lugar en el primer día del mes mariano, bajo la mirada maternal de Aquella que, con su fe, sostuvo la fe de los Apóstoles, y sostiene continuamente la fe de sus sucesores, especialmente de los que han sido llamados a ocupar la cátedra de Pedro. María no aparece en las narraciones de la resurrección de Cristo, pero su presencia está como oculta en todas partes: ella es la Madre a la que Jesús confió cada uno de los discípulos y toda la comunidad. De modo particular, notamos que la presencia efectiva y materna de María ha sido registrada por san Juan y san Lucas en los contextos que preceden a los del evangelio de hoy y de la primera lectura: en la narración de la muerte de Jesús, donde María aparece al pie de la cruz (cf. Jn 19, 25); y al comienzo de los Hechos de los Apóstoles, que la presentan en medio de los discípulos reunidos en oración en el cenáculo (cf. Hch. 1, 14).

También la segunda lectura de hoy nos habla de la fe, y es precisamente san Pedro quien escribe, lleno de entusiasmo espiritual, indicando a los nuevos bautizados las razones de su esperanza y su alegría. Me complace observar que en este pasaje, al comienzo de su Primera carta, Pedro no se expresa en un modo exhortativo, sino indicativo; escribe, en efecto: «Por ello os alegráis», y añade: «No habéis visto a Jesucristo, y lo amáis; no lo veis, y creéis en él; y os alegráis con un gozo inefable y transfigurado, alcanzando así la meta de vuestra fe: vuestra propia salvación» (1 P 1, 6.8-9). Todo está en indicativo porque hay una nueva realidad, generada por la resurrección de Cristo, una realidad accesible a la fe. «Es el Señor quien lo ha hecho –dice el Salmo (118, 23)– ha sido un milagro patente», patente a los ojos de la fe.

Queridos hermanos y hermanas, hoy resplandece ante nuestros ojos, bajo la plena luz espiritual de Cristo resucitado, la figura amada y venerada de Juan Pablo II. Hoy, su nombre se añade a la multitud de santos y beatos que él proclamó durante sus casi 27 años de pontificado, recordando con fuerza la vocación universal a la medida alta de la vida cristiana, a la santidad, como afirma la Constitución conciliar sobre la Iglesia Lumen gentium. Todos los miembros del Pueblo de Dios –obispos, sacerdotes, diáconos, fieles laicos, religiosos, religiosas– estamos en camino hacia la patria celestial, donde nos ha precedido la Virgen María, asociada de modo singular y perfecto al misterio de Cristo y de la Iglesia. Karol Wojtyła, primero como Obispo Auxiliar y después como Arzobispo de Cracovia, participó en el Concilio Vaticano II y sabía que dedicar a María el último capítulo del Documento sobre la Iglesia significaba poner a la Madre del Redentor como imagen y modelo de santidad para todos los cristianos y para la Iglesia entera. Esta visión teológica es la que el beato Juan Pablo II descubrió de joven y que después conservó y profundizó durante toda su vida. Una visión que se resume en el icono bíblico de Cristo en la cruz, y a sus pies María, su madre. Un icono que se encuentra en el evangelio de Juan (19, 25-27) y que quedó sintetizado en el escudo episcopal y posteriormente papal de Karol Wojtyła: una cruz de oro, una «eme» abajo, a la derecha, y el lema: «Totus tuus», que corresponde a la célebre expresión de san Luis María Grignion de Monfort, en la que Karol Wojtyła encontró un principio fundamental para su vida: «Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio Te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, Maria -Soy todo tuyo y todo cuanto tengo es tuyo. Tú eres mi todo, oh María; préstame tu corazón». (Tratado de la verdadera devoción a la Santísima Virgen, n. 266).

El nuevo Beato escribió en su testamento: «Cuando, en el día 16 de octubre de 1978, el cónclave de los cardenales escogió a Juan Pablo II, el primado de Polonia, cardenal Stefan Wyszyński, me dijo: “La tarea del nuevo Papa consistirá en introducir a la Iglesia en el tercer milenio”». Y añadía: «Deseo expresar una vez más gratitud al Espíritu Santo por el gran don del Concilio Vaticano II, con respecto al cual, junto con la Iglesia entera, y en especial con todo el Episcopado, me siento en deuda. Estoy convencido de que durante mucho tiempo aún las nuevas generaciones podrán recurrir a las riquezas que este Concilio del siglo XX nos ha regalado. Como obispo que participó en el acontecimiento conciliar desde el primer día hasta el último, deseo confiar este gran patrimonio a todos los que están y estarán llamados a aplicarlo. Por mi parte, doy las gracias al eterno Pastor, que me ha permitido estar al servicio de esta grandísima causa a lo largo de todos los años de mi pontificado». ¿Y cuál es esta «causa»? Es la misma que Juan Pablo II anunció en su primera Misa solemne en la Plaza de San Pedro, con las memorables palabras: «¡No temáis! !Abrid, más todavía, abrid de par en par las puertas a Cristo!». Aquello que el Papa recién elegido pedía a todos, él mismo lo llevó a cabo en primera persona: abrió a Cristo la sociedad, la cultura, los sistemas políticos y económicos, invirtiendo con la fuerza de un gigante, fuerza que le venía de Dios, una tendencia que podía parecer irreversible. Con su testimonio de fe, de amor y de valor apostólico, acompañado de una gran humanidad, este hijo ejemplar de la Nación polaca ayudó a los cristianos de todo el mundo a no tener miedo de llamarse cristianos, de pertenecer a la Iglesia, de hablar del Evangelio. En una palabra: ayudó a no tener miedo de la verdad, porque la verdad es garantía de libertad. Más en síntesis todavía: nos devolvió la fuerza de creer en Cristo, porque Cristo es Redemptor hominis, Redentor del hombre: el tema de su primera Encíclica e hilo conductor de todas las demás.

Karol Wojtyła subió al Solio de Pedro llevando consigo la profunda reflexión sobre la confrontación entre el marxismo y el cristianismo, centrada en el hombre. Su mensaje fue éste: el hombre es el camino de la Iglesia, y Cristo es el camino del hombre. Con este mensaje, que es la gran herencia del Concilio Vaticano II y de su «timonel», el Siervo de Dios el Papa Pablo VI, Juan Pablo II condujo al Pueblo de Dios a atravesar el umbral del Tercer Milenio, que gracias precisamente a Cristo él pudo llamar «umbral de la esperanza». Sí, él, a través del largo camino de preparación para el Gran Jubileo, dio al cristianismo una renovada orientación hacia el futuro, el futuro de Dios, trascendente respecto a la historia, pero que incide también en la historia. Aquella carga de esperanza que en cierta manera se le dio al marxismo y a la ideología del progreso, él la reivindicó legítimamente para el cristianismo, restituyéndole la fisonomía auténtica de la esperanza, de vivir en la historia con un espíritu de «adviento», con una existencia personal y comunitaria orientada a Cristo, plenitud del hombre y cumplimiento de su anhelo de justicia y de paz.

Quisiera finalmente dar gracias también a Dios por la experiencia personal que me concedió, de colaborar durante mucho tiempo con el beato Papa Juan Pablo II. Ya antes había tenido ocasión de conocerlo y de estimarlo, pero desde 1982, cuando me llamó a Roma como Prefecto de la Congregación para la Doctrina de la Fe, durante 23 años pude estar cerca de él y venerar cada vez más su persona. Su profundidad espiritual y la riqueza de sus intuiciones sostenían mi servicio. El ejemplo de su oración siempre me ha impresionado y edificado: él se sumergía en el encuentro con Dios, aun en medio de las múltiples ocupaciones de su ministerio. Y después, su testimonio en el sufrimiento: el Señor lo fue despojando lentamente de todo, sin embargo él permanecía siempre como una «roca», como Cristo quería. Su profunda humildad, arraigada en la íntima unión con Cristo, le permitió seguir guiando a la Iglesia y dar al mundo un mensaje aún más elocuente, precisamente cuando sus fuerzas físicas iban disminuyendo. Así, él realizó de modo extraordinario la vocación de cada sacerdote y obispo: ser uno con aquel Jesús al que cotidianamente recibe y ofrece en la Iglesia.

¡Dichoso tú, amado Papa Juan Pablo, porque has creído! Te rogamos que continúes sosteniendo desde el Cielo la fe del Pueblo de Dios. Desde el Palacio nos has bendecido muchas veces en esta Plaza. Hoy te rogamos: Santo Padre: bendícenos.  Amén.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana 

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2011/documents/hf_ben-xvi_hom_20110501_beatificazione-gpii_sp.html


IN OCCASIONE DELLA


OMELIA DEL SANTO PADRE BENEDETTO XVI


Domenica, 1° maggio 2011



Cari fratelli e sorelle!

Sei anni or sono ci trovavamo in questa Piazza per celebrare i funerali del Papa Giovanni Paolo II. Profondo era il dolore per la perdita, ma più grande ancora era il senso di una immensa grazia che avvolgeva Roma e il mondo intero: la grazia che era come il frutto dell’intera vita del mio amato Predecessore, e specialmente della sua testimonianza nella sofferenza. Già in quel giorno noi sentivamo aleggiare il profumo della sua santità, e il Popolo di Dio ha manifestato in molti modi la sua venerazione per Lui. Per questo ho voluto che, nel doveroso rispetto della normativa della Chiesa, la sua causa di beatificazione potesse procedere con discreta celerità. Ed ecco che il giorno atteso è arrivato; è arrivato presto, perché così è piaciuto al Signore: Giovanni Paolo II è beato!

Desidero rivolgere il mio cordiale saluto a tutti voi che, per questa felice circostanza, siete convenuti così numerosi a Roma da ogni parte del mondo, Signori Cardinali, Patriarchi delle Chiese Orientali Cattoliche, Confratelli nell’Episcopato e nel Sacerdozio, Delegazioni Ufficiali, Ambasciatori e Autorità, persone consacrate e fedeli laici, e lo estendo a quanti sono uniti a noi mediante la radio e la televisione.

Questa Domenica è la Seconda di Pasqua, che il beato Giovanni Paolo II ha intitolato alla Divina Misericordia. Perciò è stata scelta questa data per l’odierna Celebrazione, perché, per un disegno provvidenziale, il mio Predecessore rese lo spirito a Dio proprio la sera della vigilia di questa ricorrenza. Oggi, inoltre, è il primo giorno del mese di maggio, il mese di Maria; ed è anche la memoria di san Giuseppe lavoratore. Questi elementi concorrono ad arricchire la nostra preghiera, aiutano noi che siamo ancora pellegrini nel tempo e nello spazio; mentre in Cielo, ben diversa è la festa tra gli Angeli e i Santi! Eppure, uno solo è Dio, e uno è Cristo Signore, che come un ponte congiunge la terra e il Cielo, e noi in questo momento ci sentiamo più che mai vicini, quasi partecipi della Liturgia celeste.

“Beati quelli che non hanno visto e hanno creduto!” (Gv 20,29). Nel Vangelo di oggi Gesù pronuncia questa beatitudine: la beatitudine della fede. Essa ci colpisce in modo particolare, perché siamo riuniti proprio per celebrare una Beatificazione, e ancora di più perché oggi è stato proclamato Beato un Papa, un Successore di Pietro, chiamato a confermare i fratelli nella fede. Giovanni Paolo II è beato per la sua fede, forte e generosa, apostolica. E subito ricordiamo quell’altra beatitudine: “Beato sei tu, Simone, figlio di Giona, perché né carne né sangue te lo hanno rivelato, ma il Padre mio che è nei cieli” (Mt 16,17). Che cosa ha rivelato il Padre celeste a Simone? Che Gesù è il Cristo, il Figlio del Dio vivente. Per questa fede Simone diventa “Pietro”, la roccia su cui Gesù può edificare la sua Chiesa. La beatitudine eterna di Giovanni Paolo II, che oggi la Chiesa ha la gioia di proclamare, sta tutta dentro queste parole di Cristo: “Beato sei tu, Simone” e “Beati quelli che non hanno visto e hanno creduto!”. La beatitudine della fede, che anche Giovanni Paolo II ha ricevuto in dono da Dio Padre, per l’edificazione della Chiesa di Cristo.

Ma il nostro pensiero va ad un’altra beatitudine, che nel Vangelo precede tutte le altre. E’ quella della Vergine Maria, la Madre del Redentore. A Lei, che ha appena concepito Gesù nel suo grembo, santa Elisabetta dice: “Beata colei che ha creduto nell’adempimento di ciò che il Signore le ha detto” (Lc 1,45). La beatitudine della fede ha il suo modello in Maria, e tutti siamo lieti che la beatificazione di Giovanni Paolo II avvenga nel primo giorno del mese mariano, sotto lo sguardo materno di Colei che, con la sua fede, sostenne la fede degli Apostoli, e continuamente sostiene la fede dei loro successori, specialmente di quelli che sono chiamati a sedere sulla cattedra di Pietro. Maria non compare nei racconti della risurrezione di Cristo, ma la sua presenza è come nascosta ovunque: lei è la Madre, a cui Gesù ha affidato ciascuno dei discepoli e l’intera comunità. In particolare, notiamo che la presenza effettiva e materna di Maria viene registrata da san Giovanni e da san Luca nei contesti che precedono quelli del Vangelo odierno e della prima Lettura: nel racconto della morte di Gesù, dove Maria compare ai piedi della croce (cfr Gv 19,25); e all’inizio degli Atti degli Apostoli, che la presentano in mezzo ai discepoli riuniti in preghiera nel cenacolo (cfr At 1,14).

Anche la seconda Lettura odierna ci parla della fede, ed è proprio san Pietro che scrive, pieno di entusiasmo spirituale, indicando ai neo-battezzati le ragioni della loro speranza e della loro gioia. Mi piace osservare che in questo passo, all’inizio della sua Prima Lettera, Pietro non si esprime in modo esortativo, ma indicativo; scrive, infatti: “Siete ricolmi di gioia” – e aggiunge: “Voi lo amate, pur senza averlo visto e ora, senza vederlo, credete in lui. Perciò esultate di gioia indicibile e gloriosa, mentre conseguite la meta della vostra fede: la salvezza delle anime” (1Pt 1,6.8-9). Tutto è all’indicativo, perché c’è una nuova realtà, generata dalla risurrezione di Cristo, una realtà accessibile alla fede. “Questo è stato fatto dal Signore - dice il Salmo (118,23) - una meraviglia ai nostri occhi”, gli occhi della fede.

Cari fratelli e sorelle, oggi risplende ai nostri occhi, nella piena luce spirituale del Cristo risorto, la figura amata e venerata di Giovanni Paolo II. Oggi il suo nome si aggiunge alla schiera di Santi e Beati che egli ha proclamato durante i quasi 27 anni di pontificato, ricordando con forza la vocazione universale alla misura alta della vita cristiana, alla santità, come afferma la Costituzione conciliare Lumen gentium sulla Chiesa. Tutti i membri del Popolo di Dio – Vescovi, sacerdoti, diaconi, fedeli laici, religiosi, religiose – siamo in cammino verso la patria celeste, dove ci ha preceduto la Vergine Maria, associata in modo singolare e perfetto al mistero di Cristo e della Chiesa. Karol Wojtyła, prima come Vescovo Ausiliare e poi come Arcivescovo di Cracovia, ha partecipato al Concilio Vaticano II e sapeva bene che dedicare a Maria l’ultimo capitolo del Documento sulla Chiesa significava porre la Madre del Redentore quale immagine e modello di santità per ogni cristiano e per la Chiesa intera. Questa visione teologica è quella che il beato Giovanni Paolo II ha scoperto da giovane e ha poi conservato e approfondito per tutta la vita. Una visione che si riassume nell’icona biblica di Cristo sulla croce con accanto Maria, sua madre. Un’icona che si trova nel Vangelo di Giovanni (19,25-27) ed è riassunta nello stemma episcopale e poi papale di Karol Wojtyła: una croce d’oro, una “emme” in basso a destra, e il motto “Totus tuus”, che corrisponde alla celebre espressione di san Luigi Maria Grignion de Montfort, nella quale Karol Wojtyła ha trovato un principio fondamentale per la sua vita: “Totus tutus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio Te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, Maria – Sono tutto tuo e tutto ciò che è mio è tuo. Ti prendo per ogni mio bene. Dammi il tuo cuore, o Maria” (Trattato della vera devozione alla Santa Vergine, n. 266).

Nel suo Testamento il nuovo Beato scrisse: “Quando nel giorno 16 ottobre 1978 il conclave dei cardinali scelse Giovanni Paolo II, il Primate della Polonia card. Stefan Wyszyński mi disse: «Il compito del nuovo papa sarà di introdurre la Chiesa nel Terzo Millennio»”. E aggiungeva: “Desidero ancora una volta esprimere gratitudine allo Spirito Santo per il grande dono del Concilio Vaticano II, al quale insieme con l’intera Chiesa – e soprattutto con l’intero episcopato – mi sento debitore. Sono convinto che ancora a lungo sarà dato alle nuove generazioni di attingere alle ricchezze che questo Concilio del XX secolo ci ha elargito. Come vescovo che ha partecipato all’evento conciliare dal primo all’ultimo giorno, desidero affidare questo grande patrimonio a tutti coloro che sono e saranno in futuro chiamati a realizzarlo. Per parte mia ringrazio l’eterno Pastore che mi ha permesso di servire questa grandissima causa nel corso di tutti gli anni del mio pontificato”. E qual è questa “causa”? E’ la stessa che Giovanni Paolo II ha enunciato nella sua prima Messa solenne in Piazza San Pietro, con le memorabili parole: “Non abbiate paura! Aprite, anzi, spalancate le porte a Cristo!”. Quello che il neo-eletto Papa chiedeva a tutti, egli stesso lo ha fatto per primo: ha aperto a Cristo la società, la cultura, i sistemi politici ed economici, invertendo con la forza di un gigante – forza che gli veniva da Dio – una tendenza che poteva sembrare irreversibile.

Swoim świadectwem wiary, miłości i odwagi apostolskiej, pełnym ludzkiej wrażliwości, ten znakomity syn Narodu polskiego pomógł chrześcijanom na całym świecie, by nie lękali się być chrześcijanami, należeć do Kościoła, głosić Ewangelię. Jednym słowem: pomógł nam nie lękać się prawdy, gdyż prawda jest gwarancją wolności.

[Con la sua testimonianza di fede, di amore e di coraggio apostolico, accompagnata da una grande carica umana, questo esemplare figlio della Nazione polacca ha aiutato i cristiani di tutto il mondo a non avere paura di dirsi cristiani, di appartenere alla Chiesa, di parlare del Vangelo. In una parola: ci ha aiutato a non avere paura della verità, perché la verità è garanzia della libertà.]

Ancora più in sintesi: ci ha ridato la forza di credere in Cristo, perché Cristo è Redemptor hominis, Redentore dell’uomo: il tema della sua prima Enciclica e il filo conduttore di tutte le altre.

Karol Wojtyła salì al soglio di Pietro portando con sé la sua profonda riflessione sul confronto tra il marxismo e il cristianesimo, incentrato sull’uomo. Il suo messaggio è stato questo: l’uomo è la via della Chiesa, e Cristo è la via dell’uomo. Con questo messaggio, che è la grande eredità del Concilio Vaticano II e del suo “timoniere” il Servo di Dio Papa Paolo VI, Giovanni Paolo II ha guidato il Popolo di Dio a varcare la soglia del Terzo Millennio, che proprio grazie a Cristo egli ha potuto chiamare “soglia della speranza”. Sì, attraverso il lungo cammino di preparazione al Grande Giubileo, egli ha dato al Cristianesimo un rinnovato orientamento al futuro, il futuro di Dio, trascendente rispetto alla storia, ma che pure incide sulla storia. Quella carica di speranza che era stata ceduta in qualche modo al marxismo e all’ideologia del progresso, egli l’ha legittimamente rivendicata al Cristianesimo, restituendole la fisionomia autentica della speranza, da vivere nella storia con uno spirito di “avvento”, in un’esistenza personale e comunitaria orientata a Cristo, pienezza dell’uomo e compimento delle sue attese di giustizia e di pace.

Vorrei infine rendere grazie a Dio anche per la personale esperienza che mi ha concesso, di collaborare a lungo con il beato Papa Giovanni Paolo II. Già prima avevo avuto modo di conoscerlo e di stimarlo, ma dal 1982, quando mi chiamò a Roma come Prefetto della Congregazione per la Dottrina della Fede, per 23 anni ho potuto stargli vicino e venerare sempre più la sua persona. Il mio servizio è stato sostenuto dalla sua profondità spirituale, dalla ricchezza delle sue intuizioni. L’esempio della sua preghiera mi ha sempre colpito ed edificato: egli si immergeva nell’incontro con Dio, pur in mezzo alle molteplici incombenze del suo ministero. E poi la sua testimonianza nella sofferenza: il Signore lo ha spogliato pian piano di tutto, ma egli è rimasto sempre una “roccia”, come Cristo lo ha voluto. La sua profonda umiltà, radicata nell’intima unione con Cristo, gli ha permesso di continuare a guidare la Chiesa e a dare al mondo un messaggio ancora più eloquente proprio nel tempo in cui le forze fisiche gli venivano meno. Così egli ha realizzato in modo straordinario la vocazione di ogni sacerdote e vescovo: diventare un tutt’uno con quel Gesù, che quotidianamente riceve e offre nella Chiesa.

Beato te, amato Papa Giovanni Paolo II, perché hai creduto! Continua – ti preghiamo – a sostenere dal Cielo la fede del Popolo di Dio. Tante volte ci hai benedetto in questa Piazza dal Palazzo! Oggi, ti preghiamo: Santo Padre ci benedica! Amen.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana 

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2011/documents/hf_ben-xvi_hom_20110501_beatificazione-gpii_it.html


Le troisième voyage apostolique en Pologne, 1987


ANLÄSSLICH DER 




PREDIGT VON PAPST BENEDIKT XVI.


Sonntag, 1. Mai 2011


Liebe Brüder und Schwestern!

Vor nunmehr sechs Jahren befanden wir uns auf diesem Platz zur Begräbnisfeier von Papst Johannes Paul II. Groß war der Schmerz über den Verlust, aber noch größer war die Erfahrung einer unendlichen Gnade, die Rom und die ganze Welt umfing: die Gnade, die wie die Frucht des ganzen Lebens meines geliebten Vorgängers und besonders seines Zeugnisses im Leiden war. Schon an jenem Tag spürten wir den Duft seiner Heiligkeit ausströmen, und das Volk Gottes hat auf viele Weisen seine Verehrung für ihn zum Ausdruck gebracht. Daher wollte ich, daß sein Seligsprechungsprozeß unter entsprechender Beachtung der Vorschriften der Kirche ziemlich rasch vorangehen konnte. Und heute ist der erwartete Tag gekommen; er ist schnell gekommen, weil es dem Herrn so gefallen hat: Johannes Paul II ist selig!

Herzlich möchte ich euch alle grüßen, die ihr zu diesem freudigen Anlaß so zahlreich aus allen Teilen der Welt nach Rom gekommen seid: Kardinäle, Patriarchen der katholischen Ostkirchen, Mitbrüder im Bischofs- und Priesteramt, die offiziellen Delegationen, Botschafter und Vertreter des öffentlichen Lebens, Gottgeweihte und gläubige Laien. Mein Gruß gilt ebenso allen, die über Radio und Fernsehen mit uns verbunden sind.

Dieser Sonntag ist der Zweite Sonntag der Osterzeit, den der selige Johannes Paul II. nach der Göttlichen Barmherzigkeit benannt hat. Daher wurde dieses Datum für die heutige Feier gewählt, weil nach dem Plan der Vorsehung mein Vorgänger genau am Vorabend dieses Festtages Gott seinen Geist befohlen hat. Heute ist außerdem der erste Tag des Marienmonats Mai; und es ist auch der Gedenktag des heiligen Josef des Arbeiters. Diese Elemente treffen zusammen und bereichern so unser Gebet; sie helfen uns, die wir noch Pilger in Raum und Zeit sind. Im Himmel hingegen ist die Feier unter den Engeln und Heiligen ganz anders! Und doch ist Gott einer, und einer ist Christus, der Herr, der wie eine Brücke Erde und Himmel verbindet. Und in diesem Augenblick fühlen wir uns mehr denn je nahe, als nähmen wir gleichsam teil an der himmlischen Liturgie.

„Selig sind, die nicht sehen und doch glauben!“ (Joh 20,29). Im heutigen Evangelium spricht Jesus diese Seligpreisung aus, die Seligpreisung des Glaubens. Sie berührt uns auf besondere Weise, da wir versammelt sind, um eben eine Seligsprechung zu feiern, und noch mehr, da heute ein Papst seliggesprochen wird, ein Nachfolger Petri, der dazu berufen war, die Brüder im Glauben zu stärken. Johannes Paul II. ist selig durch seinen starken und großherzigen, seinen apostolischen Glauben. Und sogleich denken wir an jene andere Seligpreisung: „Selig bist du, Simon Barjona; denn nicht Fleisch und Blut haben dir das offenbart, sondern mein Vater im Himmel“ (Mt 16,17). Was hat der himmlische Vater dem Simon offenbart? Daß Jesus der Christus ist, der Sohn des lebendigen Gottes. Durch diesen Glauben wird Simon zu „Petrus“, zum Fels, auf den Jesus seine Kirche bauen kann. Die ewige Seligkeit Johannes Pauls II., die die Kirche heute freudig verkündet, besteht ganz in diesen Worten Christi: „Selig bist du, Simon“, und „Selig sind, die nicht sehen und doch glauben!“ Es ist die Seligpreisung des Glaubens, den auch Johannes Paul II. als Gabe von Gott Vater für den Aufbau der Kirche Christi erhalten hat.

Aber unsere Gedanken gehen zu einer anderen Seligpreisung, die im Evangelium allen anderen vorausgeht. Es ist jene der Jungfrau Maria, der Mutter des Erlösers. Ihr, die soeben Jesus in ihrem Schoß empfangen hat, sagt die heilige Elisabeth: „Selig ist die, die geglaubt hat, daß sich erfüllt, was der Herr ihr sagen ließ“ (Lk 1,45). Die Seligpreisung des Glaubens hat ihr Vorbild in Maria. Wir alle freuen uns, daß die Seligsprechung von Johannes Paul II. am ersten Tag des Marienmonats stattfindet, unter dem mütterlichen Blick Marias, die durch ihren Glauben den Glauben der Apostel gestützt hat und fortwährend den Glauben ihrer Nachfolger stützt, besonders jener, die auf den Stuhl Petri berufen sind. Maria kommt in den Erzählungen der Auferstehung Christi nicht vor, aber ihre Anwesenheit ist gleichsam überall verborgen: Sie ist die Mutter, der Jesus jeden einzelnen der Jünger und die ganze Gemeinschaft anvertraut hat. Im besonderen stellen wir fest, daß der heilige Johannes und der heilige Lukas Marias wirkliche und mütterliche Gegenwart an jenen Stellen anführen, die dem heutigen Evangelium und der ersten Lesung vorausgehen: im Bericht über den Tod Jesu, wo Maria zu Füßen des Kreuzes erwähnt wird (Joh 19,25); und am Beginn der Apostelgeschichte, die sie in der Mitte der zum Gebet im Abendmahlssaal versammelten Jünger zeigt (Apg 1,14).

Auch die heutige zweite Lesung spricht uns vom Glauben, und es ist genau Petrus, der voller geistlichem Enthusiasmus schreibt und den Neugetauften den Grund ihrer Hoffnung und ihrer Freude angibt. Gerne möchte ich anmerken, daß Petrus in diesem Abschnitt zu Beginn seines ersten Briefes nicht in der Aufforderung, sondern im Indikativ spricht. Er schreibt nämlich: „Ihr seid voll Freude“ – und er fügt hinzu: „Ihn habt ihr nicht gesehen, und dennoch liebt ihr ihn; ihr seht ihn auch jetzt nicht; aber ihr glaubt an ihn und jubelt in unsagbarer, von himmlischer Herrlichkeit verklärter Freude, da ihr das Ziel des Glaubens erreichen werdet: euer Heil“ (1 Petr 1,6.8-9). Alles steht im Indikativ, weil es eine neue Wirklichkeit gibt, die durch die Auferstehung Christi bewirkt ist, eine Wirklichkeit, die dem Glauben zugänglich ist. „Das hat der Herr vollbracht“ – wie es im Psalm heißt –, „vor unseren Augen geschah dieses Wunder“ (Ps 118,23), vor den Augen des Glaubens.

Liebe Brüder und Schwestern, heute erstrahlt vor unseren Augen im vollen geistlichen Licht des auferstandenen Christus die Gestalt des geliebten und verehrten Johannes Paul II. Heute wird sein Name der Schar der Heiligen und Seligen hinzugefügt, die er während der fast 27 Jahre seines Pontifikates heilig- und seliggesprochen hatte. Dabei hatte er nachdrücklich an die allgemeine Berufung zum hohen Maß des christlichen Lebens – zur Heiligkeit – erinnert, wie sie die Konzilskonstitution Lumen gentium über die Kirche bekräftigt hatte. Alle Glieder des Volkes Gottes – Bischöfe, Priester, Diakone, Laien, gottgeweihte Männer und Frauen – wir alle sind auf dem Weg zur himmlischen Heimat, in welche uns die Jungfrau Maria vorausgegangen ist, die mit dem Geheimnis Christi und der Kirche auf einzigartige und vollkommene Weise verbunden ist. Karol Wojtyła hat zuerst als Weihbischof und dann als Erzbischof von Krakau am Zweiten Vatikanischen Konzil teilgenommen; er wußte ja, daß das letzte Kapitel des Dokumentes über die Kirche Maria zu widmen bedeutete, die Mutter des Erlösers zum Bild und Vorbild der Heiligkeit für jeden Christen und für die ganze Kirche zu machen. Diese theologische Sicht hat der selige Johannes Paul II. als Jugendlicher entdeckt und dann während seines ganzen Lebens bewahrt und vertieft – eine Sicht, die im biblischen Bild von Christus am Kreuz und seiner Mutter Maria unter dem Kreuz zusammengefaßt ist. Es ist ein Bild, das sich im Johannes-Evangelium findet (Joh 19,25-27) und das in das Bischofs- und dann in das Papstwappen von Karol Wojtyła aufgenommen wurde: ein goldenes Kreuz, ein „M“ rechts unten und das Motto „Totus tuus“, das vom bekannten Wort des heiligen Ludwig Maria Grignion von Montfort stammt, in dem Karol Wojtyła ein Grundprinzip für sein Leben gefunden hat: „Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio te in mea omnia; præbe mihi cor tuum, Maria.“ – „Ich bin ganz dein, und alles, was ich habe, ist dein. Dich nehme ich zu mir als mein alles; schenke mir dein Herz, o Maria“ (Abhandlung über die wahre Andacht zu Maria, Nr. 266).

In seinem Testament schrieb der neue Selige: „Als das Konklave der Kardinäle am 16. Oktober 1978 Johannes Paul II. wählte, sagte der polnische Primas Kardinal Stefan Wyszyński zu mir: »Die Aufgabe des neuen Papstes wird es sein, die Kirche ins Dritte Jahrtausend zu führen«.“ Und weiter führte er aus: „[Ich möchte] noch einmal Dankbarkeit gegenüber dem Heiligen Geist für das große Geschenk des Zweiten Vatikanischen Konzils zum Ausdruck bringen, als dessen Schuldner ich mich gemeinsam mit der ganzen Kirche – und vor allem mit dem gesamten Episkopat – fühle. Ich bin überzeugt, daß es den neuen Generationen noch lange aufgegeben sein wird, die Reichtümer auszuschöpfen, die dieses Konzil des 20. Jahrhunderts uns geschenkt hat. Als Bischof, der an dem Konzilsgeschehen vom ersten bis zum letzten Tag teilgenommen hat, möchte ich dieses große Erbe all jenen anvertrauen, die in Zukunft gerufen sein werden, es zu verwirklichen. Ich selbst aber danke dem Ewigen Hirten dafür, daß er mir erlaubt hat, dieser großartigen Sache während all der Jahre meines Pontifikats zu dienen.“ Und was ist diese „Sache“? Es ist dieselbe, die Johannes Paul II. in seiner ersten feierlichen Messe auf dem Petersplatz mit den denkwürdigen Worten angesprochen hat: „Habt keine Angst! Öffnet, ja reißt die Tore weit auf für Christus!“. Was der neugewählte Papst von allen erbat, das hat er selbst als erster vorgemacht: Er hat die Gesellschaft, die Kultur, die Bereiche der Politik und der Wirtschaft für Christus geöffnet. Mit der Kraft eines Riesen – die er von Gott erhalten hat – hat er eine Tendenz umgedreht, die unumkehrbar erscheinen mochte. Mit seinem Zeugnis des Glaubens, der Liebe und des apostolischen Mutes, das von einer großen Menschlichkeit begleitet wurde, hat dieser beispielhafte Sohn der polnischen Nation den Christen auf der ganzen Welt geholfen, keine Angst zu haben, sich Christen zu nennen, zur Kirche zu gehören und vom Evangelium zu sprechen. Mit einem Wort, er hat uns geholfen, keine Angst vor der Wahrheit zu haben, denn die Wahrheit ist die Garantie der Freiheit. Noch einmal ganz kurz, er hat uns die Kraft wiedergegeben, an Christus zu glauben, weil Christus Redemptor hominis, der Erlöser des Menschen ist – das Thema seiner ersten Enzyklika und der Leitgedanke aller anderen.

Als Karol Wojtyła den Stuhl Petri bestieg, brachte er sein tiefgehendes Nachdenken über die Auseinandersetzung zwischen Marxismus und Christentum mit, in deren Mitte der Menschen steht. Seine Botschaft war diese: Der Mensch ist der Weg der Kirche, und Christus ist der Weg des Menschen. Mit dieser Botschaft, die die große Hinterlassenschaft des Zweiten Vatikanischen Konzils und seines „Steuermanns“, des Dieners Gottes Papst Paul VI. ist, hat Johannes Paul II. das Volk Gottes geleitet. So hat es die Schwelle des Dritten Jahrtausends überschritten, die er gerade mit Blick auf Christus die „Schwelle der Hoffnung“ genannt hat. Ja, mittels des langen Wegs der Vorbereitung auf das Große Jubiläum hat er den Christen eine neue Orientierung auf die Zukunft hin gegeben, auf eine Zukunft mit Gott, welcher die Geschichte übersteigt, doch ebenso auf die Geschichte einwirkt. Diesen Dienst der Hoffnung, der in gewisser Weise dem Marxismus und der Fortschrittsideologie überlassen worden war, hat er zu Recht wieder für das Christentum beansprucht, indem er ihm das authentische Aussehen der Hoffnung wieder gab, in der Geschichte in einem Geist der „Erwartung“ zu leben, in einer persönlichen wie gemeinschaftlichen Existenz zu leben, die sich an Christus orientiert, der die Fülle des Menschen und die Vollendung seiner Suche nach Gerechtigkeit und Frieden ist.

Schließlich möchte ich auch Gott Dank sagen für die persönliche Erfahrung, die er mir gewährt hat, über eine lange Zeit Mitarbeiter des seligen Papstes Johannes Paul II. gewesen zu sein. Schon früher hatte ich Gelegenheit, ihn kennen und schätzen zu lernen. Doch ab 1982, als er mich als Präfekt der Kongregation für die Glaubenslehre nach Rom berief, konnte ich ihn 23 Jahre lang aus der Nähe erleben und habe seine Person immer mehr geschätzt. Mein Dienst wurde durch seine spirituelle Tiefe und den Reichtum seiner Intuition getragen. Sein beispielhaftes Beten hat mich immer berührt und erbaut: Er tauchte ein in die Begegnung mit Gott, auch inmitten der vielfältigen Obliegenheiten seines Dienstes. Und dann sein Zeugnis im Leiden: Der Herr hat ihm allmählich alles genommen, aber er ist stets der „Fels“ geblieben, wie Christus es gewollt hat. Seine tiefe Demut, die in der inneren Einheit mit Christus wurzelte, hat es ihm erlaubt, die Kirche weiter zu leiten und der Welt eine noch beredtere Botschaft zu geben – gerade in der Zeit, als seine physischen Kräfte abnahmen. So hat er in einzigartiger Weise die Berufung eines jeden Priesters und Bischofs verwirklicht: ganz eins zu werden mit jenem Jesus, den er täglich in der Kirche empfängt und darbringt.

Selig bist du, geliebter Papst Johannes Paul II., weil du geglaubt hast! Wir bitten dich, stärke vom Himmel her weiter den Glauben des Volkes Gottes. So oft hast du uns auf diesem Platz vom Palast aus gesegnet. Heute bitten wir dich: Heiliger Vater, segne uns! Amen.

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana 

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2011/documents/hf_ben-xvi_hom_20110501_beatificazione-gpii_ge.html