mercredi 4 septembre 2013

Bienheureuse DINA BÉLANGER, religieuse et mystique


BÉLANGER, DINA (baptisée Marie-Marguerite-Dina-Adélaïde), dite Marie Sainte-Cécile-de-Rome, religieuse de Jésus-Marie, musicienne, auteure et mystique, née le 30 avril 1897 à Québec, fille unique d’Octave Bélanger, teneur de livres, et de Séraphia Matte ; décédée le 4 septembre 1929 au couvent Jésus-Marie de Sillery, Québec ; depuis mai 1990, son tombeau se trouve dans la chapelle de la maison provinciale de Jésus-Marie à Sillery.

Dina Bélanger passe sa jeunesse dans la paroisse Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, qui fait partie du quartier Saint-Roch, à Québec. Elle fait ses études primaires et secondaires aux couvents de Saint-Roch, de Jacques-Cartier et au pensionnat Bellevue tenus par les Dames de la Congrégation de Notre-Dame. Dès l’âge de huit ans, elle commence des études musicales qu’elle poursuit jusqu’en 1914 avec ses éducatrices religieuses. Cette année-là, Joseph-Arthur Bernier, organiste à la paroisse Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, devient son professeur. Il décèle chez Dina un excellent talent musical dont il parle à l’abbé Omer Cloutier, curé de la paroisse. Celui-ci conseille aux parents de Dina de la faire étudier à l’Institute of Musical Art de New York. C’est ainsi que, de 1916 à 1918, Dina Bélanger fréquente ce conservatoire tout en demeurant chez les Religieuses de Jésus-Marie à l’Our Lady of Peace Residence. Elle remporte de brillants succès en musique, notamment en harmonie, qui requiert un esprit mathématique dont elle avait hérité de son père.

À son retour à Québec, Dina Bélanger habite chez ses parents, donne de brillants concerts en faveur d’œuvres de charité de Québec et assiste sa mère comme bénévole à la paroisse Notre-Dame-de-Jacques-Cartier. Toutefois, l’appel du Christ, qu’elle a entendu dès sa jeunesse, l’amène à tout quitter pour entrer au couvent Jésus-Marie de Sillery le 11 août 1921. Elle a 24 ans. Elle fait profession religieuse le 15 août 1923, sous le nom de Marie Sainte-Cécile-de-Rome, puis se rend à Saint-Michel (Saint-Michel-de-Bellechasse), non loin de Québec, au couvent Jésus-Marie, où elle enseigne la musique. Elle n’y demeure toutefois que cinq semaines : après avoir soigné une élève malade, elle contracte la fièvre scarlatine et doit revenir à Sillery, où la maladie dégénère, vu sa faible constitution, en tuberculose.

À partir de ce temps, Dina Bélanger consume sa vie dans l’amour et la souffrance, en enseignant par intermittence la musique aux jeunes, qui découvrent en elle une amie privilégiée du Seigneur. Elle meurt le 4 septembre 1929, à l’âge de 32 ans, après huit ans de vie religieuse.

C’est par son autobiographie, écrite à la demande des supérieures de sa communauté et publiée en 1934 sous le titre Une vie dans le Christ, que Dina Bélanger se fait connaître après sa mort. Le récit de son expérience humaine et de son cheminement spirituel fait découvrir en Dina Bélanger une mystique, c’est-à-dire une personne qui perçoit à un degré élevé la présence de Dieu en elle et dans le monde. Selon le pape Jean-Paul II, « elle avait des dons de musicienne qui l’ont sans doute préparée à l’accueil de la présence divine et à la louange qui va au-delà des mots ». D’un point de vue théologique, la vie mystique de Dina Bélanger, vécue en compagnie de Marie, est centrée sur le mystère de l’Amour, et la symbolique du cœur sert de fil conducteur pour traduire cette expérience. D’une manière originale, elle entre dans le mystère du Cœur de Jésus : le Cœur sensible ou le Sacré-Cœur où elle se « cache » dans un premier mouvement. Puis, après des épreuves intérieures, elle est introduite dans le Cœur de la Trinité où elle expérimente une union intime à la Trinité. Dans un troisième mouvement, elle perçoit le mystère du Cœur eucharistique de Jésus et son Cœur agonisant tandis qu’une mission pour les prêtres et les personnes consacrées lui est confiée par l’Esprit-Saint. Enfin, elle consume sa vie dans « l’Essence du Cœur de Dieu » dans un quatrième et dernier mouvement. Ainsi, elle vit une spiritualité christocentrique : Dina est identifiée au Christ, son « divin Substitué » qu’elle offre sans cesse au Père pour actualiser le mystère rédempteur sur la terre. Dina enrichit l’Église d’une compréhension élargie du mystère de l’Amour, dans la perspective doctrinale du Corps mystique et de l’union du baptisé à la Très Sainte Trinité. Par son témoignage prophétique, écrit à la demande de ses supérieures, elle touche les jeunes, les parents, les prêtres, les personnes consacrées, les artistes, les malades, enfin tous ceux qui, en la regardant, s’ouvrent à l’Amour.

De 1934 à 1953, 43 000 exemplaires, français et anglais, d’Une vie dans le Christ seront vendus ainsi qu’un demi-million d’extraits de l’autobiographie. Au cours de ces années, l’ouvrage sera aussi traduit en allemand, en italien, en espagnol, en tamoul et des extraits, notamment en hollandais et en chinois. La période du Deuxième Concile du Vatican marquera un certain arrêt, mais depuis 1970 l’ouvrage soulève un intérêt constant. Ainsi se réalise la promesse du Christ faite à Dina peu avant son entrée au couvent : « tu feras du bien surtout par tes écrits ».

Après la mort de Dina Bélanger, de nombreuses faveurs ont été obtenues par son intercession et le procès diocésain pour sa béatification a commencé à Québec en 1939. Elle a été béatifiée à Rome le 20 mars 1993. Première « sainte » née à Québec, berceau de la civilisation chrétienne et française en Amérique, Dina Bélanger arrive au terme d’une longue lignée de spirituels et de mystiques qui ont illustré le pays pendant 350 ans d’histoire et qui pour la plupart étaient originaires de France. Même si toute sa vie a été intérieure et cachée, elle mérite de figurer à côté des grandes mystiques des origines du pays, notamment Marie de l’Incarnation [Guyart*], Marie-Catherine de Saint-Augustin [Simon*] et Marguerite Bourgeoys*. En elle, c’est le « printemps spirituel » du pays qui revit.


Les archives sur Dina Bélanger ont malheureusement été détruites dans l’incendie du couvent Jésus-Marie de Sillery, Québec, en 1983. Après la mort de Dina Bélanger, les autorités de la communauté ont fait dactylographier les manuscrits de son journal et en ont confié la publication à dom Léonce Crenier. Le texte est paru sous le titre Une vie dans le Christ : Marie Sainte-Cécile de Rome (Dina Bélanger), religieuse de Jésus-Marie (1897–1929) ; autobiographie et témoignages (2 vol., Sillery, 1934). Depuis, l’ouvrage a connu cinq éditions en français et autant en anglais, sans compter les traductions dans plusieurs autres langues.

Parmi tous les ouvrages et articles consacrés à Dina Bélanger et dont on trouve une liste partielle dans Congregatio Pro Causis Sanctorum, Beatificationis et Canonizationis servae Dei Mariae a S. Caecilia Romana (in saec. Dinae Bélanger), sororis professae e Congregatione religiosarum Iesu et Mariae (1897–1929) ; relatio e voti del congresso speciale, 25 ottobre 1988 (Rome, 1988), mentionnons : Ghislaine Boucher, Dina Bélanger, Marie Sainte-Cécile-de-Rome, 1897–1929 ; itinéraire spirituel (Montréal, 1983) ; H.-M. Guindon, Toute à toi ; Marie dans la vie spirituelle de la vénérable Dina Bélanger (Montréal, 1989) ; Irène Léger, Courage d’aimer : Dina Bélanger, religieuse de Jésus-Marie (en religion Marie Ste-Cécile de Rome), 1897–1929 (Montréal, 1986) ; Fernand Ouellette, Dina Bélanger (Saint-Laurent, Québec, 1998).





Dina Bélanger1

fidélité de l'amour!

      Présenter Dina Bélanger est à la fois une joie profonde et un défi. J'ai lu son " Autobiographie ". J'en suis sorti bouleversé. Elle fascine et enchante. Tenter de résumer sa vie en quelques pages apparaît impossible, voire téméraire. On me pardonnera de ne citer que quelques moments particuliers de sa vie, préférant renvoyer le lecteur à ses écrits; ainsi il découvrira le cheminement d'une âme privilégiée, une grande mystique…! Elle fut comparée à : Thérèse d'Avila, Jean de la Croix, Thérèse de Lisieux, ...

     Dina est née à Québec le 30 avril 1897, en la paroisse Saint-Roch. Ses parents étaient des chrétiens hors du commun. Très tôt on remarquera la vivacité de son intelligence, elle fera avec grand succès des études musicales à New York. Elle donnera des concerts au profit d'œuvres de charité entre 1918 et 1921. Elle entrera au noviciat des Religieuses de Jésus-Marie à Sillery en 1921, elle fera sa profession religieuse le 15 août 1923. Le 4 septembre 1929, elle partira à la rencontre de son Époux les mains et le cœur chargés des tendresses de Dieu. Dix ans après sa mort, le 4 septembre 1939, grâce à son intercession, le petit Jude Chiasson de Lamèque au Nouveau Brunswick sera guéri d'une hydrocéphalie…Le 20 mars 1993 le Pape Jean-Paul II déclara cette mystique et musicienne, bienheureuse , au lendemain de la béatification il senti le besoin de dire : " tous les âges et tous les états de vie peuvent trouver en Dina Bélanger un modèle de fidélité à l'appel du Seigneur……… " (p 6)1

      S'il nous est possible de percevoir les grâces insignes de cette personne privilégiée, c'est que, dès le début, sa supérieure; profondément impressionnée par la densité de ce vécu hors du commun, l'obligea à écrire ce qui faisait son quotidien : " …c'est donc au début de mars 1924 que je dis à ma protégée : vous allez écrire votre vie ma chère sœur, … et elle de répondre en toute humilité : vous le voulez ma Mère, … oui, je ferai ce que vous demandez… " (p. 15) Plus tard, Dina dira : " ………l'obéissance était ma règle du plus parfait…… " (p. 198) Dina, dans une profonde et constante rencontre avec Dieu au sein de son quotidien, son travail, aura été du sel qui ne s'est pas affadi…(cf. Mt 5, 13).2

     Personne ne peut aller au désert de son histoire personnelle, ni vivre les lentes exigences évolutives de la route ascendante menant à la rencontre avec Dieu, sans dire comme Job : " je ne te connaissais que par ouï-dire, mais, maintenant mes yeux t'ont vu…(Job 42, 4).

      Quel chemin parcourir pour devenir contemplatif? Comment unir prière et vie intérieure pour que l'engagement soit efficace et que l'être atteigne à sa plénitude? Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret…(cf. Mt 6, 6)

      Sa rencontre avec Dieu se fit d'une façon personnelle, car Dieu ne se lie pas comme un politicien avec une foule de partisans tout entichés de la couleur de leur parti, attendant les consignes de la campagne. Mais Dieu lui réserve des surprises, car elle dit ceci : " …je vois Dieu constamment… " (p. 251) .

      Chacun est un être original. Dieu nous a fait uniques. Nous ne sommes pas des fac-similés portant chacun son numéro qui la différencie des autres. Sur chacun d'entre nous, Dieu a incliné son visage (cf. Ps 42, 2) et, avec des mains d'artiste, nous a moulés selon son cœur de créateur qui jamais ne se répète.

     Depuis le commencement, nous sommes le reflet plus achevé, parmi la création, d'une nouvelle facette de Dieu. Toutefois, comme nous ne sommes pas de simples œuvres fixées sur la toile ou des fossiles, mais bel et bien des vies créatrices, nous pouvons être l'argile qui se rebelle contre le potier (cf. Is 45, 9). ou alors apporter nous-mêmes à l'œuvre de Dieu quelque chose d'irremplaçable, être témoin de son amour (cf. Prov 14,5) les " malaks "(prophémi)[ceux qui annoncent les bienfaits, l'amour de Dieu].

      Notre venue dans le monde, Dieu la veut en lien avec lui et c'est dans cette seule relation qu'elle aura son sens. Séparée de lui, elle dévalerait les pentes et s'assécherait telle une branche coupée qu'entraîne le vent dominant (cf. Jer 13,24). C'est avec elle que Dieu réalise son projet dans l'histoire. C'est en réalisant ce projet qu'elle parvient à sa propre plénitude créatrice.

      Dans cette relation, elle n'a jamais dit : me voilà arrivée. Cette rencontre se présente à elle loin de tout rivage. Dieu n'est pas seulement un horizon (cf. Es 40,22) qui l'attire de par son éloignement. Il est devenu, au fond d'elle, source inépuisable de suggestion, de don, d'inspiration… " …oui, je suis heureuse, parce que mon bonheur n'est pas dans les événements qui se présentent, mais en Dieu seul…si je puis dire : je laisse faire Jésus et je ne m'occupe que de lui …… je suis sûre de mon divin Ouvrier, j'ai foi en sa bonté et en son amour… " (p. 205).

     Par conséquent, elle prépare en même temps, au sein du travail créateur, l'avenir de Dieu; dans l'histoire et la profondeur d'une intimité qui, à partir du mystérieux jaillissement de vie qui lui est offerte, l'appelle par son nom (cf. Es.42,6). Elle n'est ni paralysée dans une intimité sans histoire, ni vide dans une histoire sans intimité. Cette relation avec Dieu entraîne une rencontre (cf. Mt 28,9) et un projet inépuisables, " …tous mes trésors infinis sont à toi. Par ma très sainte Mère, donne-les aux autres âmes… " (le 18 janvier 1928)

      Souvent elle se retire dans sa chambre, ferme la porte et rencontre Dieu (cf. Mt 6, 6). Là, elle éprouve jusqu'à des limites insoupçonnées la présence de celui qui possède les clés ouvrant la porte du sens et de la plénitude, plénitude pour laquelle elle est faite et qui, offerte dans les ruptures du chemin, unifie tout. Son cœur grandit dans les voies de l'Éternel… (cf.2 Chr 17,16) " …ah! que je voudrais expliquer combien Jésus est doux… " (p. 294)

      Elle éprouve là, avec une surprenante clarté, sa propre identité dont elle ne peut se démettre entre les mains de personne puisque Dieu lui-même se livre à elle. Il se rapproche de sa solitude au plus près de son intimité, mais aussi du plus loin de son inaccessible. À partir de cette rencontre, il lui ouvre des possibilités toujours nouvelles, tel un fleuve d'eau vive qui jaillit (cf. Ps 36, 10) du cœur même de son être.

Les formes de prière

      La prière vocale est celle qu'elle dit avec les lèvres et exprime par des paroles. Cette prière, personnelle ou non, exprimant son être devant Dieu, parle aussi de Dieu à son être. Quand elle dit " Notre Père ", " …mon Père que votre volonté soit faite! Voilà la parole que Notre Seigneur me donne à méditer… " (p. 287) , non seulement elle exprime sa filiation devant Dieu, mais Dieu aussi exprime devant elle sa paternité, " que de fois dans la soirée, à une heure tardive, à la pâle lueur de lampe du sanctuaire, me suis-je avancée bien près de Jésus, agenouillée à la balustrade pour entendre sa voix et poursuivre mes confidences… " (p. 96).

      La méditation est fondamentalement fondée sur l'esprit. À travers pensées et images, Dieu lui est de plus en plus compréhensible, elle reçoit une lumière nouvelle et s'oriente vers ce bout de chemin illuminé. " …comment puis-je définir mes oraisons? Un festin d'amour, la vue d'un rayon de Dieu, le goût de l'Infini ……une improvisation au souffle de l'Esprit … du bonheur inconnu à la terre : ah! si le monde soupçonnait les délices du paradis, il ne s'abuserait pas lui-même en cherchant vainement quelque consolation en dehors du vrai Bien… " (p. 223).

      Dans la contemplation, attentive, l'affectivité est imprégnée de sentiments. Sentiments et paroles se simplifient. La présence de Dieu se fait plus proche, centrale. C'est alors que la volonté intervient et accueille celle de Dieu lui-même, " ..je pris Jésus comme professeur… " (p. 113)

      Toute forme de prière personnelle est orientée et porte à la contemplation où toute parole, symbole et pensée finissent par s'effacer à l'approche lumineuse de Dieu. C'est la raison pour laquelle elle voudrait parler de la contemplation en tâchant de décrire l'itinéraire de sa relation personnelle avec Dieu.

Contempler mène à la rencontre.

      La prière est une rencontre entre Dieu (cf. Mt 28,8) et sa créature. Comme toute rencontre entre les personnes, elle a besoin d'être cultivée dans le temps et l'espace. Paroles, sentiments, images, dans lesquels s'exprime la relation, prennent naissance peu à peu. Des silences de qualité s'imposent aussi chez elle, pour cheminer vers une communication au-delà des mots " ……je me sens de plus en plus envahie par l'Amour… " (p. 230)

      Toute rencontre se situe dans l'histoire d'une relation existentielle. Elle est ouverte à tout ce qu'il y a d'inattendu et de nouveau. Impossible de prévoir l'initiative de Dieu (cf. Am 4,12); tout comme de connaître parfaitement les dynamismes qu'elle recèle. La rencontre survient, dans la relation, car elle s'ouvre sans conditions à l'initiative de Dieu, et à sa vérité profonde et nue. "…je me suis endormie en goûtant le présence sensible de mon bon Maître… " (p 291). Du fond de son être, elle est orientée vers une rencontre inépuisable (cf. Mt 28, 9) puisqu'elle a Dieu pour objet, à la recherche d'un TOI indicible. Toute autre rencontre apparaîtra tôt ou tard dérisoire.

      Dieu n'est pas du genre à accompagner juste un bout de chemin et puis s'en aller à la première bifurcation, il se révèle sur la route (cf. Lc 24,17) comme à Emmaüs. Il est principe et fin, l'alpha et l'oméga (cf.Apoc.1, 8). À l'horizon de cette relation se trouve la plénitude eschatologique " ………béni soit le moment où je commencerai au ciel mon cantique d'actions de grâces. Bénie soit l'aurore du jour sans crépuscule où je modulerai selon les harmonies divines : Loués soient à jamais Jésus et Marie…bénie soit l'étreinte éternelle où je serai perdue dans l'Amour……… " (p. 192)

Communion de tout l'être.

      Nous nous rencontrons pour communiquer. Dina, s'exprime devant Dieu et l'écoute (cf. Mt 15,10; cf. Mc 7,14) s'exprimer devant elle, " la vie religieuse c'est la conversation ininterrompue de l'âme avec l'Époux; c'est l'état d'oraison partout.. " (p.121). Son attitude est empreinte de vigilance à ces rendez-vous qu'elle ne veut pas manquer, et Dieu parle à tout son être. Elle pense devant Dieu et lui exprime ce qu'elle voit clairement, elle lui parle de son quotidien, elle lui présente ceux qu'elle connaît, elle formule des suppliques pour eux, elle adore, et des éléments de réponse surgissent en son esprit. " j'ai soumis ma demande, j'ai obtenu très facilement la permission. Comme on s'arrange bien avec le bon Dieu et la Très Sainte Vierge, ou plutôt comme Notre Seigneur dispose tout pour arriver à ses desseins… " (p. 290)

      Elle s'exprime devant Dieu du fond de son cœur, où s'engendrent les grands sentiments qui imprègnent sa vie. Inévitablement, ses pas prendront la direction que ces sentiments auront marqués et qui, par la suite seront porteurs des grâces de ces rencontres, pour la route à poursuivre. Son imagination met à jour de profondes réalités plus ou moins déguisées. Elle se permet aussi de tracer à grands traits les nouvelles possibilités qui surgissent en elle et qui la fascinent ou la terrifient, " maman guérirait-elle…? ".(p.92)

      Si elle apprend à l'écouter, il lui dira bien des vérités sur elle-même. La rencontre sera plus " intense " à l'occasion de l'eucharistie…. le corps de Jésus devient le froment qui lui donne les forces pour la route ascendante la menant à un plus grand abandon à la disponibilité au projet du Père. " …encore à un moment où je ne m'y attendais pas du tout : mon bon Maître m'a présenté le calice divin… " (p. 287)

      Dieu s'exprime à elle, dans sa fréquentation de l'Écriture, l'Esprit qui est en elle traduit cette Parole en un message qui lui est destiné dans le contexte où elle vit, " c'est l'union étroite avec Dieu… " (p. 121). Dans n'importe quelle situation, elle peut caresser l'espoir de communiquer un message inédit.

      Dieu lui parle (cf. I R 14,11), en outre à travers de nombreux saints et prophètes. Leur engagement nous est révélé à travers les signes de l'histoire. Sa sensibilité d'artiste perçoit la création comme une présence fidèle et permanente de Dieu. Dans son quotidien, Dieu lui parle particulièrement à l'improviste : à travers les gens de son entourage, " celui qui a trouvé un ami a trouvé un trésor… " (p. 95).

      La Parole lui arrive de multiples façons comme une communication totale. Elle ne s'adresse pas seulement à l'oreille. " je te confie mes secrets comme à Jean, mon bien-aimé, au soir de la dernière Cène… " (p. 309). Elle atteint toutes les dimensions de son être et s'ouvre un chemin jusqu'au cœur de sa vie. Elle peut la voir, la toucher, la sentir, l'entendre, la savourer. Elle se déplace, fait son chemin et laisse partout la trace de son passage. Elle ne peut l'enfermer ni la fixer dans ses écrits, son esprit, bien qu'elle soit limpide comme le jour. Elle est fidèle, et répondra à ces attentes. Elle est efficace, mais ne l'oblige pas à suivre le rythme de ses saisons et projets. Elle se dirige concrètement vers elle dans toute son originalité, elle lui est familière et transparente.

      Pour pouvoir pleinement écouter Dieu (cf. Jer 38,20), elle a dû au cours de sa courte vie (1897-1929), développer ses aptitudes contemplatives, les laisser résonner par la suite dans le silence, pour atteindre ainsi le cœur comme une parole accueillie par tout l'être. " ..nous parlons de la Parole qui est vie… " " ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché…, nous vous l'annonçons… " (cf.1Jn 1, 1-3)

      Développer sa manière de regarder la réalité est un long exercice. Elle gardera une modestie du regard pour ne s'attacher qu'à une grande réalité : " Voici ton Dieu " (Ex 32, 4) et ce qui n'est rien que de l'or brillant ne pourrait l'aveugler et l'arrêter au milieu du chemin. Aussi est-il nécessaire de réfléchir aux résistances qui se présentent dans cette communion avec Dieu.

Les résistances à la rencontre.

      Dans toute relation entre personnes surgissent des résistances. Il est notoire que nous avons tous notre territoire et le défendons contre tout étranger qui s'en approche. Dieu nous apparaît quelquefois comme une menace, comme celui que nous ne désirons pas voir, car nous voulons continuer à vivre (cf. Ex 20, 19), mais Dina se livre totalement à son créateur.

      Comme pour un château avec ses murailles, ses fossés, ses ponts-levis, ses postes de garde permanente lorsqu'elle semble distraite, elle se tourne vers son Dieu. Pas question de rompre cette communion, Dina développera à un niveau élevé ce sens de la proximité avec Dieu.

      Alors que certaines personnes peuvent se refermer lorsqu'elles sentent la présence de Dieu, et semblent déstabilisées, elle, pour sa part, se sent plus forte et capable de dominer la situation, comme un mystère exigeant l'invitant à progresser lentement dans la compréhension d'une réalité qui doit lui révéler son "heure" (cf. Mt 24,36). Ce qui est perçu d'autrui, est reçu et accueilli, puis, organisé selon l'expérience passée, mais ne viendra pas éteindre cette soif qu'elle a de rencontrer son Dieu, la bonté et la fidélité se rencontrent (cf. Ps 85, 11).

      Parfois, nous nous sentons arrivés à une étape sûre et nous avons peur de passer à une autre; pour sa part Dina souhaitera ardemment en arriver à cette union. Jamais elle n'esquivera la rencontre même si elle doit la payer par de grands sacrifices (cf. Ps 54,8).

      Les résistances ont bien des noms et leurs symptômes sont aussi variés que : la peur; l'obscurité, la sécheresse, les tentations, la dispersion, l'ennui… Dina connaîtra ce chemin quand elle dira : " …aridités, sécheresses, dégoûts, tentation de découragement et de désespoir… " (p 215) .

     Pour certains la contemplation peut être ressentie comme une perte de temps, comme de moindre importance que l'urgence de travailler, comme impossible à cause des impacts d'une dure réalité qui envahit notre propre intimité, comme une évasion vers des mondes qui adouciraient la réalité et nous en éloigneraient.
      Passer par ces résistances est inévitable, et il faut user de discernement (cf. Prov. 8,12). Ce passage fait aussi partie du chemin de la prière. Il peut parfois se transformer en une véritable lutte contre la mort (cf. He 12, 4), mais c'est une pâque vers une nouvelle plénitude.

L'union dans la gratuité

      Pour Dina, c'est la voie par laquelle, elle avance vers une plus profonde union avec Dieu. L'Esprit entre dans son être comme l'eau dans une éponge (cf. Ex Sp 335). Quand une éponge est plongée dans l'eau, des bulles brillantes, séduisantes, viennent à la surface. Passer par ses résistances la plonge davantage dans le mystère de Dieu. Les vaines apparences s'évanouissent et laissent place à la présence de Dieu. Elle laisse Dieu être Dieu en elle. Mais Dieu n'arrive pas comme un envahisseur qui l'anéantit et la réduit à l'esclavage. Il a un pouvoir de fascination (cf. Mt 9,28) il aura pour Dina cette parole fantastique : " …ma petite moi-même… " (p 321) et encore " …viens, ma petite moi-même. Laisse-moi te faire pénétrer dans le sanctuaire de la Très Sainte Trinité….. "(p. 347).

      Dieu est communion, présence où elle peut être pleinement elle-même, aimée telle qu'elle est. Elle prend conscience de ce qu'elle est, d'autant mieux qu'elle a la possibilité d'être elle-même. Se sentant aimée dans toute sa réalité, sa fragilité, elle s'accepte elle-même comme étant en chemin. L'empreinte de l'École Française (Grignon de Montfort, et autres) a laissé en elle une certaine rigidité, mais elle l'accueille et l'intègre en sa personne dans cet enlacement qui l'unit à Dieu, à un très haut niveau.

      Le mot adoration peut exprimer cette expérience de communion, vécue comme confiance et abandon au Dieu de l'histoire. " C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte " (Mt 4, 10) ; qui l'unit et la livre à l'ambiance protégée du silence contemplatif, mais aussi au monde, à la construction du Royaume de Dieu (cf. Mc 12, 34).

      Elle ne veut se livrer qu'à Dieu seul (cf. Mt 4,10 ; cf. Lc 4,8). Pas question d'adorer des idoles (projets, personnes..) qui pourraient s'emparer d'elle et la réduire à l'esclavage en échange d'une lumière médiocre, temporaire, d'une efficacité, d'une vaine gloire de courte vision, qui prétendrait la protéger de cette voie exigeante, pavée de sacrifices, de prières, mais débouchant sur le chemin créateur la menant vers son Bien-Aimé. " …Notre Seigneur continue de me garder dans les parterres de la Très Sainte Trinité. Ce matin il m'a dit : ici, tout est abnégation absolue de toi et tout est jouissance absolue en Dieu seul… " (p. 330).

      Affrontée au " non-savoir " sur Dieu, sur l'avenir…, elle affirme, au nom d'un savoir plus profond, que son mystère et celui de l'histoire résident en Dieu, Père de bonté, source inépuisable de nouvelles possibilités. Le mystère n'est plus simplement obscurité et non-sens, mais gestation d'un sens caché et d'un avenir inconnu, qui verra le jour en son temps (cf. Jn 14, 18). Le Royaume de Dieu est semé dans son coeur, et il germera pour produire du cent pour un, ainsi, atteindra la plénitude de la moisson (cf. Mt 4, 26-29) " …durant la méditation de ce matin Notre Seigneur m'a plongée plus avant dans le cœur de la très aimable Trinité…Là, m'a-t-il dit, plus rien de terrestre ni d'humain ne peut t'atteindre… " (p. 284).

      En laissant Dieu être Dieu avec tout son mystère en elle, elle fait taire les paroles et les projets qui peuvent nuire au silence qui protège une rencontre de qualité dans une discrétion reconnaissante. Tous les " autres " aussi trouveront là un espace où ils pourront être eux-mêmes, sans être emprisonnés dans la communion ni rejetés, et sans non plus être sous-estimés, sans contrainte (cf. 2 Cor 9,7). Dans la mesure où elle laisse Dieu être Dieu (cf.1 Jn 4,8; cf. 2 Cor 13,11) dans le silence contemplatif, elle laisse les autres à leur devenir, finalement, elle peut être elle-même.

      L'adoration du Seigneur de l'histoire est une expérience de gratuité. Elle reçoit quelque chose qu'elle ne peut provoquer ni exiger. Le don de Dieu (cf. Jn 4, 10), comme l'amour, le pardon, l'amitié…, dimensions fondamentales de la vie, ne peuvent être exigés. Dans le silence contemplatif, elle accueille la proximité de Dieu (cf. Ps 119,151), et s'offre à lui et à son dessein en toute gratuité, " … si tu savais comme tu me fais plaisir ………la plus grande joie que puisse me causer une âme , c'est de me laisser l'élever jusqu'à ma divinité……… " (p. 360) .

     Elle fera naturellement don de sa vie, À l'encontre d'une attitude d'investisseur qui comptabilise tout ou de parieur qui de tout entend retirer des gains…, elle fait don de son temps, de ses activités, …de son être dans sa totalité… Donner gratuitement ce qu'elle a reçu gratuitement ayant rapport à son être tout entier. L'adoration atteint les derniers replis de son cœur, auxquels elle n'a pas accès par sa réflexion ou sa conscience; elle se libère de la peur et de la convoitise qui pourraient l'empêcher de faire don de sa vie avec tout ce que cela comporte de confiance et de partage joyeux (cf.Est.5, 9). " …ma petite épouse, l'offrande de toi-même est agréable à mon Père, …après la grâce de l'union parfaite et constante de ma volonté à celle de mon Dieu, nulle faveur divine ne pouvait me causer une joie plus grande que cette confirmation… " (p. 333).

     Au plus profond de la société, dans le mystère de Dieu, son projet peut choquer. Mais, Dina démontre ici sa Foi totale, elle veille sans réserve (cf. Prov. 31, 27). Son grand besoin de cette expérience d'adoration où Dieu est chaque fois plus Dieu en elle, où chaque fois plus elle-même est en Dieu, devient cette union génératrice de bénédictions plus abondantes pour le monde. " le ciel c'est la possession de Dieu, Dieu vit en moi, je le possède, donc, je jouis du ciel sur la terre.. " (p. 127).

      Aussi, trouvons-nous de nombreuses personnes qui donnent gratuitement tout ce qu'elles ont au service de la Vie et du Royaume. Comment expliquer leur sens de la gratuité et leur allégresse? Au-delà de toute explication, ces gens, avec une discrète simplicité, tels des artistes qui par des couches successives font surgir autant de tableaux de leurs pinceaux créateurs, ils deviennent des annonciateurs de Dieu (cf. Act 8,25). Par leur vie donnée, ils témoignent des fruits de la prière et de la contemplation reconnaissante à Dieu ; ils ont choisis la meilleure part pour la joie du Seigneur...(cf. Mt 23,27). " …Jésus m'aime! Je l'ai senti! Cela a duré deux secondes peut-être. Quelles délices!… "(p. 271) et encore : " ……j'ai entendu la voix de Jésus me dire : tu ne me posséderas pas plus au ciel… " (p. 214).

      Voilà une expérience de communion (cf.1 Jn 1,3) source d'allégresse. Rencontrer Dieu mène à découvrir la beauté de la création, de l'ordre, de la perfection. Reconnaître et accueillir sa transcendance, qui renverse toute situation, dans une contemplation faite de louanges et chants, c'est permettre à l'être d'unifier sa dispersion intérieure et de panser ses blessures, d'où naît avec force un nouvel engagement toujours plus novateur. " …ce matin, à la fin de ma méditation, j'ai compris soudainement et clairement que mon devoir maintenant , et mon emploi dans l'éternité jusqu'à la fin du monde, est et sera de rayonner , par la Très Sainte Vierge, le Cœur de Jésus sur toutes les âmes,….. " (p. 273).

     Dina, aura ces paroles prophétiques le 4 août 1925 : " …au ciel, je veux rassasier l'Amour infini du bon Dieu. Pour réaliser mon idéal, il me faut réaliser les trésors infinis de Notre Seigneur; ce bon Maître a dit : demandez et vous recevrez, eh bien! Au ciel, je serai une petite mendiante d'amour : la voilà, ma mission! Et je la commence immédiatement!… "

Léonard Bélanger, s.j.                                      Montréal, le 20 septembre 2004

(1) BÉLANGER, Dina, Autobiographie, Les Religieuses de Jésus Marie, Sillery, 1995, 406p. 

(2) Les références bibliques sont de la Bible de Jérusalem.

Blessed Dina Bélanger (AC)
(also known as Marie Sainte-Cecile of Rome)


Born in Québec, Canada, 1897; died 1929; beatified by Pope John Paul II in 1993. When Dina joined the Sisters of Jesus-Marie in Rome (founded by Saint Claudine Thevenet), she took the name Marie Sainte-Cecile of Rome to honor the patron of musicians because she was herself an accomplished pianist. During the course of her life as a sister, her devotion to the Blessed Sacrament transformed her into a woman of infectious joy despite illness. Her autobiography was published in Québec in 1984 (Catholic World News, May 1, 1997).



Dina Bélanger1

Faithful in Love!

      To present Dina Bélanger is at the same time a profound joy and a challenge. I read her "Autobiography". I was overwhelmed. She fascinates and she delights. To try to summarize her life in a few pages appears to be impossible, even bold. Will you forgive me if I cite only a few moments of her life, preferring to send back the reader to her writings; in this way you, the reader, will discover the development of a privileged soul, a great mystic…! Dina was compared to: Teresa of Avila, John of the Cross, Thérèse of Lisieux.

      Dina was born in Quebec on April 30, 1897, in the parish of Saint Roch. Her parents were not common Christians. Early on, the liveliness of her intelligence was noted. She would complete successful studies in music in New York. She would perform in concert for charitable works between 1918 and 1921. She would enter the novitiate of the Religious of Jesus-Mary in Sillery in 1921. She would make her religious profession on August 15, 1923. On September 4, 1929, she would depart to meet her Spouse with hands and a heart charged with the tenderness of God. Ten years after her death, on September 4, 1939, thanks to her intercession, the little Jude Chiasson of Lamèque in New Brunswick would be cured of hydrocephalus … On March 20, 1993 Pope John Paul II declared this mystic and musician, blessed. The day after the beatification, he felt the need to say: "all ages and all walks of life will find in Dina Bélanger a model of fidelity to the call of the Lord …" (p.6)

      If it is possible for us to perceive the distinguished graces of this privileged person, it is because, right from the start, her superior, profoundly impressed by the depth of this uncommon life, imposed upon her to write what she did on a daily basis: "…So it was, that at the beginning of March 1924, during her spiritual interview, I said to our privileged soul: "You must write your life my dear sister, …and she answered with complete humility : is that your wish, Mother, … yes, Mother, I will do as you ask…" (p.15) Later, Dina would say : "…obedience was my most perfect rule …" (p. 198). Dina, in a profound and constant encounter with God in the bosom of her daily life, her work, would be the salt which has not lost its flavor … (cf. Mt. 5, 13)

      No one can go into her personal history, nor live the slow evolutionary demands of an ascending road leading to the encounter with God, without saying as Job did: "I had heard of you by word of mouth only, but, now my eye has seen you …(Job 42,4).

      What road does one take to become a contemplative? How does one unite prayer and interior life so that the commitment becomes effective and the being attains its fullness? But you, when you pray, go to your inner-room, close the door behind you, and pray to your father who is there, in secret… (cf. Mt. 6, 6)

      Dina's encounter with God was carried out in a personal manner, for God does not unite Himself like a politician with a group of supporters obsessed with the color of their party, waiting for campaign instructions. God reserved surprises for this person, for she said: " …All the time, I see God …" (p. 250).

      Each is an original being. God created us unique. We are not facsimiles, each one wearing his or her own number which differentiates it from the others. On each one of us, God has inclined his face (cf. Ps 42, 2) and, with the hands of an artist, He has molded us according to His Heart as the Creator who never repeats Himself.

      Right from the beginning, we are the more complete reflection, amid creation, of a new facet of God. However, since we are not simple works placed on canvas or fossils, but by and large creative lives, we can be the clay which rebels against the potter (cf. Is 45, 9), or therefore to bring to God's work something irreplaceable, to be witness of His Love (cf. Prov 14, 5) the "malaks" (prophemi)[those who announce the kindness, the love of God].

      God wants our arrival in this world to link with Him and it is in this relationship only that it will have meaning. Separated from Him, it would fall down the slopes and dry up like a broken branch taken by the forceful wind (cf. Jer 13, 24). It is with our arrival that God realizes His project in history. It is by realizing this project that our arrival attains its own creative fullness.

      In this relationship, Dina never said: I have arrived. This encounter presented itself far from the shore. God is not simply an horizon (cf. Es 40,22) which attracts through its distance. He became, within her, an endless source of suggestions, of gifts, of inspirations … "yes, I am happy, because my happiness lies not in the events which take place but in God alone … if I can say: I let Jesus have his way and concern myself only with Him … I am sure of my divine Craftsman, I believe in His Goodness and in His Love …" (pp. 188-189).

      Consequently, Dina prepared for God's future at the same time in history and in the depth of an intimacy which, starting from the mysterious outpouring of life offered to her, called Him by His name (cf. Es. 42,6). She was neither paralyzed in an intimacy without history, nor a vacuum in a history without intimacy. This relationship with God led to an encounter(cf. Mt 28,9) and an inexhaustible project, "all my infinite treasures belong to you. Through my holy Mother, give them to other souls…" (18 January 1928).

      Often she retired to her room, closed the door and met God (cf. Mt 6,6). There she experienced, to unsuspected limits, the presence of Him who possesses the keys opening the door to meaning and to fullness, a fullness for which she was created and which, offered in the abrupt changes on the way, unified everything. Her heart grew in the ways of the Eternal … (cf. 2 Chr 17,16) "… The Heart of Jesus is an abyss of tenderness … that is all I can say, because I have no words with which to express what I now understand …" (p. 293).

      Dina experienced there, with surprising clarity, her own identity which she could not dismiss herself in the hands of any person since God Himself gave Self to her. He brought her solitude to the closest intimacy with Himself, but also to the farthest inaccessibility. Starting from this encounter, He always opened new possibilities for her, as a stream of living water flowing out from the very heart of His Being.

The forms of prayer

      The vocal prayer is said with the lips and is expressed with spoken words. This prayer, whether personal or not, expressed her being before God and spoke also of God to her being. When she said "Our Father", "… Father, your will be done! That is the text Our Lord has given me to meditate on …" (p. 274), not only did she express her relationship before God, but God also expressed His paternity before her, " Often late in the evening, by the dim glow of the sanctuary lamp, I went up close to Jesus, kneeling at the altar rail so as to hear his voice and share my secrets with Him! …" (p. 93).

      The meditation is fundamentally based in the spirit. Through thoughts and images, God Himself is more and more understandable. Dina received a new light and oriented herself towards the end of this illuminated way. " … how can I describe my prayer? - A celebration of love, a glimpse of God, a taste of the Infinite … an improvisation in harmony with the Spirit of love ... Happiness unknown on earth: Oh! If the world could have any suspicion of the delights of paradise, it would not do violence to itself by vainly seeking consolation anywhere else than in genuine Goodness." (p. 223).

      In attentive contemplation, affectivity is filled with sentiments. Sentiments and spoken words are simplified. The presence of God is rendered closer and centered. It is here that the will intervenes and receives God Himself, "… I took Jesus as my professor …" (p. 110)

     All forms of personal prayer are aimed and lead to contemplation where every spoken word, symbol and thought end up being eclipsed by the luminous approach of God. It is the reason by which Dina would want to speak of contemplation by trying to describe the path of her personal relationship with God.

Contemplation leads to the encounter

      Prayer is an encounter between God (cf. Mt 28,8) and His creature. Like every encounter between people, it must be cultivated in time and space. Spoken words, sentiments, images, in which the relationship is expressed, are born little by little. Quality of silence imposes itself on prayer, in order to reach its goal toward a communication beyond words "… I feel that I am more and more possessed by Love …" (p. 230).

      Every encounter is found within an existential relationship. It is open to everything unexpected and new. It is mpossible to foresee God's initiative (cf. Am 4.12), as to know perfectly the dynamism which it receives. The encounter occurs, in the relationship, because it is opened unconditionally to God's initiative and to His profound and naked truth. " … I fell asleep savoring the sensible presence of my good Master …" (p. 278). From the depth of her being, Dina was guided toward an inexhaustible encounter (cf. Mt 28, 9) since she has God as her goal, searching for an inexpressible YOU. Every other encounter would appear sooner or later as derisive.

      God is not the kind to accompany only part of the way and then leave at the first crossroads, "… he reveals himself on the way…" (cf. Lc 24, 17) as at Emmaus. He is the beginning and the end, the alpha and the omega (cf. Apoc. 1, 8). At the horizon of this relationship is found the eschatological fullness " … Blessed be that moment when I will commence in heaven my canticle of thanksgiving. Blessed be the dawn of that day without end when I will set to divine harmonies the words: Praised for ever be Jesus and Mary! Blessed be that eternal embrace in which I will be enfolded in Love!" (30 June 1924) (p. 178).

Communion of the whole being

      We meet in order to communicate. Dina, expressed herself before God and listened to Him (cf. Mat 15, 10; cf. Mc 7, 14) expressing Himself before her, " … Religious life is an uninterrupted exchange between the soul and her Bridegroom; everywhere one is at prayer …" (p. 116). Her attitude was imprinted with vigilance during these encounters which she did not want to miss, and God spoke to her whole being. She thought before God and expressed to Him what she saw clearly. She spoke to Him of daily activities. She presented to Him what she knew. She formulated supplications for them. She adored and elements of responses flowed out of her spirit. "I made my request and obtained permission very easily. How easy it is to come to an agreement with God and the Most Blessed Virgin! Or rather, how well Our Lord arranges everything so as to achieve his ends! " (p. 276).

      Dina expressed herself before God from the depth of her heart, where were born the great feelings which filled her life. Inevitably, her footsteps would take the direction that her feelings would indicate and which, accordingly would be the carriers of the graces of these encounters to show the way to follow. Her imagination brought to light profound realities which were more or less disguised. She allowed herself also to trace with great strokes the new possibilities which arose in her and which fascinated or terrified her, "Was Maman going to recover?" (p. 89).

      If she learned to listen to Him, He would tell her many truths about herself. The encounter would be more "intense" during the Eucharist .. the body of Jesus became the wheat giving her the strength for the ascending way which would bring her to a greater abandon and availability for the Father's project . "… Again, just when I was not expecting it at all … my dear Master gave me this divine chalice. "(p. 274).

      God expressed Himself to her, in her association with Scripture; the Spirit who was in her translated this Word in a message aimed within the context where she lived, "it is a close union with God …" (p. 120).

      God spoke to her (cf. I R 14, 11), moreover through a number of saints and prophets. Their commitment was revealed through historic signs. Her artistic sensibility perceived creation as a faithful and permanent presence of God. In her daily routine, God spoke to her unexpectedly through the people around her, "Whoever has found a friend is in possession of a real treasure …" (p. 92.)

      The Word came to her in many ways as total communication. It did not come through the ear only. "I am entrusting my secrets to you as I did to John, my beloved, at the Last Supper". (p. 293). It attained the complete dimension of her being and opened a path to the heart of her life. The Word could see her being, touch it, feel it, hear it, savor it. It moved around, made its way and left behind the mark of its passage. It could not enclose her nor set it in her writings, her spirit, even though it was clear like the day. It was faithful, and would respond to these expectations. It was efficient but did not force her to follow the rhythm of the seasons and projects. It directed itself concretely towards her in its total originality. It was familiar and transparent.

      In order to be able to listen fully to God (cf. Jer 38, 20), she had to, during her short life, develop contemplative skills, to allow them to resonate following a period of silence, in order to attain in this way the heart as a word welcomed by the whole being. "we speak of the Word who is life …" "what we have heard, what we have seen with our eyes, what we have contemplated, what our hands have touched .., we announce it to you…" (cf. 1 Jn 1, 1-3).

      To develop one's manner of looking at reality is a long experience. She would keep a modest look in order to be attracted only to a great reality: "Here is your God" (Ex 32, 4) and that which is nothing but brilliant gold would not blind her and stop her in the middle of the road. Also it was necessary to reflect upon the resistances which present themselves in this communion with God.

The resistances to the encounter

      In every relationship between persons there arise resistances. It is well-known that we all have our space and we defend it against every stranger who approaches it. God at times appears to us as a menace, like someone we dare not wish to see, because we wish to continue to live. (cf. Ex 20, 19). However, Dina abandoned herself totally to Her Creator.

     Like a chateau with its ramparts, its moats, its drawbridges, its permanent sentries when Dina seemed to be distracted, she turned toward her God. There was no question of severing this communion. Dina would develop, to a higher level, the meaning of the closeness with God.

     Since certain persons can withdraw when they feel the presence of God, and appear to be destabilized, she, on her part, sensed that she was stronger and capable of dominating the situation, like a mystery demanding the invitee to progress slowly in the comprehension of a reality which must reveal its "hour" (cf. Mt 24, 36). What one can see of the other is received and welcomed, then, organized according to a past experience, but will not come to extinguish this thirst that she had in meeting her God, where goodness and faithfulness meet. (cf. Ps 85, 11)

     At times, we feel that we have arrived at a safe stage and we are frightened to move to the next; for her part, Dina would greatly hope to arrive at this union. Never would she dodge the encounter even if she had to expend great sacrifices (cf. Ps 54, 8).

     Resistances have many names and their symptoms are also varied as: fright, obscurity, dryness, temptation, waste, boredom … Dina would know this road she said: "Aridity, dryness, aversion, temptation, to discouragement and despair …" (p. 215).

     For certain people, contemplation can be a waste of time, like less important than the urgency to work, like impossible because of the impacts of a hard reality which invades our own intimacy, like an invasion toward worlds which would ease reality and move us away from it.

     To pass through these resistances is inevitable and one must use discernment (cf. Prov. 8, 12). This passage is also part of the way of prayer. It can at times transform itself into a veritable battle against death (cf. He 12, 4), but it is a passover toward a new fullness.

Union in an unwarranted nature

      For Dina, it was the way by which she advanced toward a more profound union with God. The Spirit entered into her being like water in a sponge (cf. Ex Sp 33). When a sponge is immersed in water, brilliant and attractive bubbles come to the surface. Experiencing these resistances immersed her to a greater degree in the mystery of God. The useless appearances vanished and left room for the presence of God. She allowed God to be God in her. But God did not enter like an invader which annihilated her and reduced her to slavery. He had power of fascination (cf. Mt 9, 28). He would have for Dina this fantastic word: "…my little Own Self …" (p. 323) and again " … come, my little Own Self. Let me take you into the sanctuary of the Most Blessed Trinity." (p. 323).

      God is communion, a presence where she could fully be herself and loved for who she was. She was aware of what she was, more so that she was capable of being herself. Feeling loved in all its reality, her frailty, she accepted herself as being on her way. The imprint of The French School (Grignon de Montfort and others) left her in a certain strictness but she accepted and integrated it in her person in this embrace uniting her to God at a very high level.

      The word adoration can express this experience of communion, lived in confidence and abandon to the God of history. "It is the Lord your God whom you adore, and only Him shall you serve" (Mt 4,10), who united her and delivered her to the atmosphere protected from the contemplative silence, but also from the world, to the creation of the Kingdom of God (cf. Mc 12, 34).

      Dina wished to devote herself to God only (cf. Mt 4, 10; cf. Lc 4.8). There was no question of adoring idols (projects, persons…) which could seize her and reduce her to slavery in exchange for a mediocre and temporary light, for effectiveness, for a vain glory of a short vision, which would pretend to protect her from the demanding way, paved with sacrifices, with prayers, but opening up to the creature road bringing her towards her Beloved. "…Our Lord continues to keep me in the infinite regions of the Most Blessed Trinity. This morning, he said to me: Here, everything is total self-denial, and everything is absolute joy in God alone. (p. 311).

      Confronted with the "non-knowing" of God, of the future…, she maintained, in the name of a more profound knowledge, that its mystery and that of history reside in God, the Father of goodness, an inexhaustible source of new possibilities. The mystery was not simply obscurity and meaningless, but gestation of a hidden meaning and of an unknown future, which would see daylight in its time (cf. Jn 14, 18). The Kingdom of God was planted in her heart and would germinate in order to produce a hundred for one, in this way attaining the fullness of the harvest (cf. Mt 4, 26-29) "… During my meditation this morning, Our Lord plunged me deeper into the Heart of the most lovable Trinity …There, he said to me, nothing earthly or human can touch you …" (p. 271).

      By allowing God to be God with all His mystery in her, Dina silenced the words and projects which could tarnish the silence which protected an encounter of quality in a grateful discretion. All the "others" also would find there a space where they could be themselves, without being imprisoned in communion nor rejected, and even without being underestimated with constraint (cf 2 Cor 9, 7). In the manner in which she allowed God to be God (cf. 1 Jn 4, 8; cf. 2 Cor 13, 11) in contemplative silence, she allowed the others to their own demise; finally, she could be herself.

      The adoration of the Lord of history was a gratuitous experience. She received something which she could not provoke nor demand. The gift of God (cf. Jn 4, 10) like love, pardon, friendship…, fundamental dimensions of life, could not be demanded. In contemplative silence, she welcomed God's closeness (cf. Ps 119, 151), and she offered herself to Him and His plan gratuitously, "…If only you knew how much pleasure you give me … … The greatest joy a soul can give me is to allow me to raise her up to my Divinity…" (p. 335).

      Dina would of course give the gift of her life. With the encounter of an attitude as an investor who accounts for everything or who expects to derive profits …, she gave the gift of her time, of her activities, … of her total being … To give gratuitously what she received gratuitously connecting with her whole being. Adoration attained the last withdrawals of her heart, to which she did not have access through her reflection or her conscience. She freed herself from fear and covetousness which could prevent her from giving the gift of her life and all confidence and joyous sharing (cf. Est. 5, 9). "…My little Bride, the offering of myself in you is pleasing to my Father, … After the grace of perfect and constant union of my will with that of God, no personal, divine favor could cause me greater joy than this confirmation …" (p. 314).

      In the depth of society, in the mystery of God, her project could be shocking. But Dina demonstrated here her total faith; she was vigilant without reservation (cf. Prov. 31, 27). Her great need for this experience of adoration, where God each time is more God in her, where each time she was more herself in God, became this union generating more abundant blessings for the world. " Heaven means possessing God; God is living in me, I possess him; thus I am enjoying heaven on earth." (p. 121)

      Also, we could find many persons who gave gratuitously all that they have for the service of the Life and of the Kingdom. How can we explain their meaning of gratuitousness and their elation? Beyond all explanation, these people, with a discreet simplicity, like artists who by successive layers bring forth so many paintings from their creative brushes, become the announcers of God. (cf. Act 8, 25). By their given life, they are witnesses of the benefits of prayer and contemplation grateful to God; they have chosen the better part for the joy of the Lord … (cf. Mt. 23, 27). "…Jesus loves me! I felt it! It lasted two seconds perhaps. What a delight! …" (p. 265) and still: " … And I heard the voice of Jesus tell me: You will not possess me any more completely in heaven …" (p. 214).

      Here was an experience of communion (cf. 1 Jn 1,3), a source of elation. To encounter God led to the discovery of the beauty of creation, of order, of perfection. To recognize and acquire its transcendence, which turns every situation upside down, in a contemplation carried out with praises and chants, is to permit the being to unify its interior scattering and to bandage its wounds, from which is forcibly born a new engagement always more innovative. " … This morning, at the end of my meditation, I was suddenly given to understand clearly that my duty now, and my task in eternity, until the end of the world, is and will be, through the Most Blessed Virgin, to send forth rays from the Heart of Jesus on all souls …(p. 266).

      Dina would have these prophetic words on August 4, 1925: " …In heaven, I want to satisfy the infinite Love of God. In order to realize my ideal, I must realize the infinite treasures of Our Lord; this good Master said: Ask and you will receive. In heaven I shall be a little beggar for love : that is my mission! And I am going to begin it at once…(pp. 237-238).

Léonard Bélanger, s.j.                                      Montréal, September 20, 2004

Translated by Normand A. Léveillée, distant cousin of Dina     November 2004
(1) The Autobiography of Dina Bélanger, 3rd Edition, Religious of Jesus and Mary Sillery, 1995, 383p. 
(2) The biblical references are from the Jerusalem Bible (French Edition); freely translated by NAL.


Blessed Dina Bélanger

Sr. Marie de Sainte-Cécile de Rome

Feast Day - September 4


Blessed Dina Bélanger was born to the young couple, Octave and Séraphia, on April 30 1897, in Quebec and was baptized the same day.

As she grew, it was evident that Dina was blessed with a special relationship with Our Lady from an early age. She writes that "God wrapped the protective cloak of the Blessed Virgin around me." Her mother recounts that she began to make the sign of the cross when she was still in her cradle and was kneeling beside her mother praying the "Hail Mary" before she was two. This disposition to spiritual things was aided by her temperament: she was timid but very honest, sensitive and well ordered, although she had a strong will which her father quickly addressed before it became troublesome.

Her parents raised her to be generous and charitable and encouraged her to share her toys and sweets with her playmates. She accompanied her mother in her charitable works with the poor and sick. Dina grew in love for God and the things of Heaven; so much so that while on retreat at the age of seven she yearned and prayed to be taken to heaven and was disappointed when she awoke the next morning to realize she was still on earth.

As a girl, she attended school at the convent at her parish where she consecrated herself to Our Lady. Already at eight years old, her classmates and teachers recognized her virtue. Although the teasing of her classmates was a source of suffering for her, she nevertheless acknowledged her great desire to be a saint. This desire was manifested in her "little sacrifices of love" by which she secretly mortified herself. She chose not to eat sugar or to season her food, she slept without a pillow, and would not cross her feet. These are just a few of the choices her parents noticed, although she undertook them silently, that she made out of love for the Lord before she had reached the age of 10.

When she was 14, she began boarding school at Bellevue College of the Sisters of the Congregation of Notre Dame. Being away from her family and the home she had always known was a great trial for her. Her parents offered to take her home, but Dina set her will to become accustomed to her new environment. It was during these years at Bellevue College that she consecrated all of her love to the Lord in a vow of virginity.

She continued to grow in virtue during her time at Bellevue and her relationship with the Lord continued to blossom. She came to feel the sentiments of the Lord Himself - His burning desire for souls and His great thirst for His creatures. On one occasion she had the opportunity to visit the Convent of Jesus and Mary with her class. The visit greatly impacted her and her desire for religious life grew, yet she did not know that it was to this very convent that the Lord would call her.

Having completed boarding school at the age of 16, she returned home and asked permission to enter the religious life. To her disappointment, her spiritual director and pastor recommended that she wait for several more years. Although hurt by the decision, she surrendered in obedience to their will. Three years later, at the age of 19, Dina boarded a train bound for New York with two other young women to advance her skill at the piano at the New York Conservatory. Her talent at the piano was soon more evident than ever. She used this opportunity, as well, for self denial. She was genuinely surprised when her playing met with success and it took much mortification for her to play in public.

Young Dina continued her growth in virtue during this time at the Conservatory and she continued to hear the voice of Our Lord that she had first heard at age 11. He spoke to her about suffering, the cross, and about her mission to give herself as an offering for the world. She was constantly guided by "the Host" and "the Star" - Our Lord and the Blessed Mother. She soon heard the Lord's explicit call to the religious life and received permission from her spiritual director to enter within the following six months. She promptly requested entrance into the convent she had visited with her class as a young adolescent, the Convent of Jesus and Mary in Quebec.

On August 11, 1921, Dina finally entered through the convent doors. Her parents accompanied her and willingly gave her over to the Divine will. As she began her postulancy, she became homesick for her family and her childhood home. Yet she resisted this impulse in order to fulfill the will of the Lord. She encountered struggle in the common life with her religious sisters as she had at the boarding school, but again she embraced it in love. It was in the midst of this struggle that she received the great grace of an exchange of hearts with Jesus and Mary. Because these Two Hearts are so united in purpose and love, Dina received the Hearts of Jesus and Mary in exchange for her own.

During her novitiate, she worked writing texts for liturgical feasts and teaching piano. Her mystical experiences and conversations with the Lord continued and she often asked for sufferings to unite with His. Our Lord, in answer, presented the fervent novice with a chalice adorned with the instruments of His Passion. At her profession of vows, He would present her with a greater chalice in anticipation of her desire. As a sign of His desire to betroth her, Our Lord also presented her with a ring.

After she made her first vows, Mary Sainte Cécile of Rome, Dina's religious name, was sent to teach music at another convent for five weeks. During her time there, she caught scarlet fever while tending to a sick child. This illness, along with the interior trials she was suffering at this time, just fed the flames of her love. As she improved slightly, she began teaching music lessons again. This assignment too, lasted for a short time until her health required that she be placed in the infirmary again. At the request of her superior, she wrote her biography during the spring and early summer months of 1924.

Over the next few years, her illness steadily progressed. The scarlet fever she had contracted had given way to tuberculosis. By July of 1929, she was too weak to write and her condition deteriorated until her death on September 4 of that same year. She was fully conscious when she died peacefully after nine years of religious life. She died gazing upon an image of the Eucharistic Heart of Jesus. She was beatified by Pope John Paul II in 1993.

Quotes by Blessed Dina Bélanger           

"My task throughout eternity, and until the end of the world, is and will be to radiate, through the most Holy Virgin, the Heart of Jesus on all souls."

"Love and let Jesus and Mary have their way."

"The veil of mystery has been torn asunder. He is there, my God, infinite Unity, adorable Trinity, under the appearance of a small piece of bread."

                                                       Novena Prayer to Blessed Dina Bélanger

Father of everlasting goodness, You put into the heart of Dina Bélanger the burning desire to offer you on behalf of all mankind, the infinite riches of the Heart of Jesus  present in the Eucharist, and, to live, like Mary, closely united to Him whom she loved with an undivided heart. May we, like her, find our joy in faithfully doing your Will, and since you revealed to her your great desire to pour out upon the world the abundance of your graces hear the prayer which we make for your greater glory, and which we entrust to her intercession. Amen.

  Followed by the Our Father, Hail Mary and Glory Be.