Réflexion de Louis-André Naud à l’intention du Conseil presbytéral,
    Archidiocèse de Québec, Février 2013


    EN CETTE ANNÉE DE LA FOI : LE DON DE L’INDULGENCE ET LA PURIFICATION DU COEUR !

     L’Année de la foi et les différentes suggestions pastorales qu’elle présente entrainent chacun et chacune d’entre nous, les baptisés,  à regarder finalement « en qui et en quoi » nous croyons vraiment. Elles nous conduisent au mystère de la vie reçue à l’occasion de notre baptême dans la mort et la résurrection du Christ. La vie nouvelle du Seigneur ressuscité à laquelle nous participons nous dévoile le don gratuit du salut qui s’applique à chacun et chacune d’entre nous, avec ce privilège de se recevoir fils et fille du même Père, frère et sœur en son Fils, femme et homme nouveaux, guidés par son Esprit pour être toujours plus libérés du mal et du péché qui y conduit. Le baptême nous a fait enfant de Dieu et il nous a donné la possibilité d’une constante libération. C’est dans cette dynamique de vie nouvelle que s’inscrivent les indulgences plénières ou partielles proposées par l’Église en cette Année de la foi.

    La conversion, le pardon et la réconciliation

    Sauvés par le Christ à notre baptême, nous avons sans cesse à nous abreuver des eaux de cette  fontaine pour ajuster notre vie à la venue du Royaume de Dieu. Notre grande conversion ou notre adhésion comme adulte dans la foi est suivie d’autres moments de retournements nécessaires vers le Seigneur, la fragilité de nos vies nous demandant des espaces de purification et d’ajustement à la Bonne Nouvelle de Jésus. Le sacrement de pénitence et de réconciliation est le signe par excellence de l’accueil de notre conversion permanente par le Père et son pardon. D’autres moyens s’offrent à nous pour manifester notre désir de conversion et réparer certains torts que nous avons pu causer. L’Église parle d’ « appel particulier de l’Évangile, de pardon mutuel, de partage, de refus de l’injustice et de combat pour la justice, d’engagement apostolique qui implique le don et la générosité, de jeûne, de prière et de partage » (Notes pastorales du Rituel de la Pénitence et de la Réconciliation). Le don des indulgences s’inscrit comme un autre moyen, privilégié, pour nous approcher davantage du Seigneur et être libre en lui.

    L’indulgence, un autre don du Seigneur

    L’Église, Corps du Christ dont nous sommes les membres, a la mission de délier le cœur de ce qui peut l’empêcher de vivre pleinement de la liberté d’enfant de Dieu. « C’est au nom du Christ que nous sommes en ambassade, et par nous, c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Corinthiens  5, 20). Comme le Père de la parabole sur la miséricorde (Luc 15, 11-32), elle nous offre le moyen privilégié de l’indulgence pour purifier notre cœur et nous engager davantage comme disciple du Maître. Elle n’oblige pas, elle offre, par des manières simples et conduisant au Seigneur : eucharistie, sacrement du pardon, prière pour le Saint-Père, catéchèse, etc., en des lieux déterminés.

    Une histoire, une théologie, un sens spirituel

    L’histoire de l’indulgence peut être trompeuse. Sa pratique a posé question à certains moments de l’Église et elle fut un des points concrets de divergence lors de la réforme protestante. On l’a parfois trop matériellement maniée. La théologie parle de « la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée » (Catéchisme de l’Église catholique, nos 1471-1479), c’est-à-dire des restes que le péché, pourtant pleinement pardonné, a laissés au fond du cœur. On parlera aujourd’hui de blessures profondes, de cicatrices récentes, de tendances à recommencer ce qui emprisonne, de désespérances, de réparations difficiles des torts causés, d’irresponsabilités face au Corps de l’Église, etc. Le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation accorde le pardon de Dieu et elle réconcilie le pénitent avec le Seigneur. Le pardon est total. Mais l’être pécheur a encore à s’ajuster pour mieux vivre de sa foi en Jésus-Christ et en témoigner davantage dans son entourage. L’indulgence peut l’aider spirituellement à être plus libre et lui donner plus d’assurance dans son engagement à transformer le monde et à faire communauté. L’indulgence rappelle aussi notre communion avec les saints et saintes du ciel et les personnes défuntes pour qui nous pouvons prier; elle peut aider ceux qui, dans l’au-delà, sont progressivement illuminés par Dieu. Elle nous rappelle fondamentalement notre appartenance au Christ et à son Église qui nous porte dans sa prière et nous conduit vers la rencontre du Père.

    Le Pape Benoît XVI, par la Pénitencerie apostolique, nous offre ce moyen de conversion et de pardon durant l’Année de la foi. Une pratique qui pourra nous solidifier dans l’appel de notre Église à être des artisanes et des artisans actifs de la nouvelle évangélisation.

    SOURCE : http://beta.ecdq.org/anneedelafoiaquebec/annee-de-la-foi-indulgence-pleniere/le-don-de-lindulgence-et-la-purification-du-coeur/