samedi 2 janvier 2016

Saint ABEL, patriarche

Julius Schnorr von Carolsfeld, Caïn et Abel, Gravure en bois pour «Die Bibel in Bildern», circa 1860.


Saint Abel

Ancien Testament : Fils d'Adam et Eve (Livre de la Genèse)

qui, selon la lettre aux Hébreux, "offrit à Dieu un sacrifice de grande valeur". D'ailleurs la prière eucharistique I, ou canon romain, fait mention de lui dans la prière d'offrande et de consécration. La tradition en fait le premier des martyrs et la première figure du Christ.

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/323/Saint-Abel.html

Caïn et Abel, panneau en ivoire provenant de la cathédrale de Salerne, v. 1084.


Livre de la Genèse, chapitre 4

01 L’homme s’unit à Ève, sa femme : elle devint enceinte, et elle mit au monde Caïn. Elle dit alors : « J’ai acquis un homme avec l’aide du Seigneur ! »

02 Dans la suite, elle mit au monde Abel, frère de Caïn. Abel devint berger, et Caïn cultivait la terre.

03 Au temps fixé, Caïn présenta des produits de la terre en offrande au Seigneur.

04 De son côté, Abel présenta les premiers-nés de son troupeau, en offrant les morceaux les meilleurs. Le Seigneur tourna son regard vers Abel et son offrande,

05 mais vers Caïn et son offrande, il ne le tourna pas. Caïn en fut très irrité et montra un visage abattu.

06 Le Seigneur dit à Caïn : « Pourquoi es-tu irrité, pourquoi ce visage abattu ?

07 Si tu agis bien, ne relèveras-tu pas ton visage ? Mais si tu n’agis pas bien…, le péché est accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer. »

08 Caïn dit à son frère Abel : « Sortons dans les champs. » Et, quand ils furent dans la campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.

09 Le Seigneur dit à Caïn : « Où est ton frère Abel ? » Caïn répondit : « Je ne sais pas. Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? »

10 Le Seigneur reprit : « Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi !

11 Maintenant donc, sois maudit et chassé loin de cette terre qui a ouvert la bouche pour boire le sang de ton frère, versé par ta main.

12 Tu auras beau cultiver la terre, elle ne produira plus rien pour toi. Tu seras un errant, un vagabond sur la terre. »

13 Alors Caïn dit au Seigneur : « Mon châtiment est trop lourd à porter !

14 Voici qu’aujourd’hui tu m’as chassé de cette terre. Je dois me cacher loin de toi, je serai un errant, un vagabond sur la terre, et le premier venu qui me trouvera me tuera. »

15 Le Seigneur lui répondit : « Si quelqu’un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois. » Et le Seigneur mit un signe sur Caïn pour le préserver d’être tué par le premier venu qui le trouverait.

16 Caïn s’éloigna de la face du Seigneur et s’en vint habiter au pays de Nod, à l’est d’Éden.

17 Il s’unit à sa femme, elle devint enceinte et mit au monde Hénok. Il construisit une ville et l’appela du nom de son fils : Hénok.

18 À Hénok naquit Irad, Irad engendra Mehouyaël, Mehouyaël engendra Metoushaël, et Metoushaël engendra Lamek.

19 Lamek prit deux femmes : l’une s’appelait Ada et l’autre, Silla.

20 Ada mit au monde Yabal : celui-ci fut le père de ceux qui habitent sous la tente et parmi les troupeaux.

21 Son frère s’appelait Youbal ; il fut le père de tous ceux qui jouent de la cithare et de la flûte.

22 Silla, quant à elle, mit au monde Toubal-Caïn qui aiguisait les socs de bronze et de fer. La sœur de Toubal-Caïn était Naama.

23 Lamek dit à ses femmes : « Ada et Silla, entendez ma voix, épouses de Lamek, écoutez ma parole : Pour une blessure, j’ai tué un homme ; pour une meurtrissure, un enfant.

24 Caïn sera vengé sept fois, et Lamek, soixante-dix-sept fois ! »

25 Adam s’unit encore à sa femme, et elle mit au monde un fils. Elle lui donna le nom de Seth (ce qui veut dire : accordé), car elle dit : « Dieu m’a accordé une nouvelle descendance à la place d’Abel, tué par Caïn. »

26 Seth, lui aussi, eut un fils. Il l’appela du nom d’Énosh. Alors on commença à invoquer le nom du Seigneur.

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/Gn/4

Cain and Abel with offerings; Cain killing Abel. Speculum Humanae Salvationis Production: Germany; 15th century.

Lukisan Kain dan Habel abad ke-15, Speculum Humane Salvationis, Jerman.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, Chapitre 23

29 Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les sépulcres des prophètes, vous décorez les tombeaux des justes,

30 et vous dites : “Si nous avions vécu à l’époque de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.”

31 Ainsi, vous témoignez contre vous-mêmes : vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes.

32 Vous donc, mettez le comble à la mesure de vos pères !

33 Serpents, engeance de vipères, comment éviteriez-vous d’être condamnés à la géhenne ?

34 C’est pourquoi, voici que moi, j’envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes ; vous tuerez et crucifierez les uns, vous en flagellerez d’autres dans vos synagogues, vous les poursuivrez de ville en ville ;

35 ainsi, sur vous retombera tout le sang des justes qui a été versé sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel.

36 Amen, je vous le dis : tout cela viendra sur cette génération.

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/Mt/23

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc, chapitre 11

46 Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt.

47 Quel malheur pour vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués.

48 Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux-mêmes ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.

49 C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; parmi eux, ils en tueront et en persécuteront.

50 Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde,

51 depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération.

52 Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »

53 Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui et à le harceler de questions ;

54 ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/Lc/11

Caïn tue Abel avec une massue, mosaïque, cathédrale de Monreale, XIIe siècle


Lettre aux Hébreux, chapitre 11

01 La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas.

02 Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi.

03 Grâce à la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, et donc ce qui est visible n’a pas son origine dans ce qui apparaît au regard.

04 Grâce à la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice plus grand que celui de Caïn ; à cause de sa foi, il fut déclaré juste : Dieu lui-même rendait témoignage à son offrande ; à cause de sa foi, bien qu’il soit mort, il parle encore.

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/He/11

Lettre aux Hébreux, chapitre 11

24 Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle, et vers le sang de l’aspersion, son sang qui parle plus fort que celui d’Abel.

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/He/12

Caïn qui tue son frère Abel (ici au moyen d'une mandibule animale), enluminure du XVe siècle.

Caín asesina a Abel, pintura del sieglu XV


CAÏN et ABEL

Première interprétation spirituelle

L'histoire de Caïn et Abel vient après la première préfigure du Christ et de l'Eglise. Leurs personnes préfigurent la diversité de deux peuples et par leurs noms et leurs activités mêmes ils offrent le type des mœurs et des désirs de l'un et de l'autre. Caïn, en effet, cultivait la terre et Abel paissait les brebis. Chacun fit à Dieu une offrande tirée des fruits de son labeur ; mais Dieu regarde les offrandes d'Abel sans porter ses regards sur celles de Caïn. Or, le jour et le lieu du sacrifice ne sont pas différents pour l'un et l'autre, et pour Dieu qui voit tout, comment une chose peut elle être sous son regard, une autre hors de son regard ? Mais par cette figure, il nous est enseigné que le regard de Dieu est la marque des objets qu'il a agréés et que, bien que toutes choses Lui soient soumises, son regard ne va qu'à celles qui en sont dignes. Rien n'avait été dit précédemment des mœurs de Caïn qui pût rendre son sacrifice désagréable à Dieu. Mais dans les événements qui suivirent, se découvre la prescience de Dieu qui ne reçoit pas le sacrifice de celui qui devait marcher contre son frère. En effet, c'est la science que Dieu a du futur qui confère aux faits leur crédit; celui qui devait tuer n'est pas digne du regard de Dieu comme s'il avait déjà tué. Or, la culture de la terre porte le signe des œuvres de la chair et tout fruit de la chair consiste en vices qui, dans l'horreur qu'en a Dieu, écartent d'eux son regard. Il n'y a pas de regard pour le sacrifice qui est tiré des œuvres de la terre, et seules parmi les graisses sont agréées les prémices des brebis, entendons que le sacrifice du fruit intérieur et de notre moi lui-même est agréable, toutes choses qui, parmi les prémices des brebis, attirent sur elles par leur agrément le regard de la volonté divine. Puisque en effet " les prémices c'est le Christ ", " premier-né des créatures, premier-né d'entre les morts ", prince des prêtres, " afin qu'il occupe en tout la première place ", brebis Lui-même et selon sa naissance corporelle une parmi les brebis, le sacrifice d'Abel est déjà agréable sous la figure de l'Église qui par la suite devait offrir, tiré des prémices des brebis, le sacrifice du saint Corps. Celui dont le sacrifice n'a pas été reçu en veut à celui dont le sacrifice a été reçu, et, contrairement au décret de Dieu qui l'avertissait de s'apaiser le réprouvé tue l'approuvé. Convaincu, l'interrogation divine le pousse à avouer pour se repentir; mais, aggravant son crime, il nie ; désespérant de la résurrection, il pense qu'il sera anéanti par la mort, mais gémissant et tremblant, il est réservé au jugement d'une septuple vengeance et est maudit par toute la terre qui recueille le sang de son frère. Or, le nom de Caïn signifie " éclat de rire " ; celui d'Abel " larmes ".

Le crime de Caïn préfigure la Passion

Est-ce que ces faits passés ne sont pas accomplis dans les peuples ? L'oblation du plus jeune a été agréée, le peuple juif en veut au peuple chrétien; vainement averti par les prophètes, il brûle de le massacrer. Il ne cherche même pas à obtenir le pardon par l'aveu qui mène au repentir, mais, impudent, il nie le crime commis contre Dieu. Sans espoir de relever sa gloire et tombé, après la prise de Jérusalem, au pouvoir de ses vainqueurs, gémissant et tremblant il est réservé, au jugement de la vengeance, séparé d'avec les saints par la signification même des noms puisque le Seigneur dit : " Malheur à ceux qui rient car ils pleureront! " Et encore "Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés " Et pour enseigner que tout s'accordait à la préfigure de l'un et l'autre peuple, le Seigneur a dit : " Voici que je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes : vous tuerez les uns dans vos synagogues, vous persécuterez les autres de cité en cité, si bien que viendra sur vous tout le sang juste qui a été répandu sur la terre depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie fils de Barrachiel que vous avez tué entre le temple et l'autel."... Le sang d'Abel ainsi est réclamé, à celui qui, d'après ce qui avait été préfiguré en Caïn, a persécuté les justes et a été maudit par la terre qui, ouvrant sa bouche, a recueilli le sang de son frère. Dans le corps du Christ, en effet, en qui sont les Apôtres et l'Église, c'est le sang de tous les justes que leur race et leur postérité tout entière a pris sur elle selon leurs propres cris : " Que son sang soit sur nous et sur nos fils "

La vocation des Gentils

Ainsi, les faits ont vérifié, par leur accomplissement ce qui avait été préfiguré dans l'histoire de Caïn, et ceux sur lesquels a été poursuivie la vengeance du même crime ne peuvent être séparés de l'exemplaire que nous offre cette préfigure. Or, dans cette parole: " N'est-il pas vrai que si tu offres droitement, mais que tu ne divises pas droitement, tu as péché ? ", outre la réalité présente, le type du futur est contenu ; ne plaisent en effet à Dieu que la communion, le partage et l'amitié. Ainsi donc, bien que le peuple qui attend par la Loi les promesses de Dieu, offre droitement ses sacrifices à Dieu en observant les préceptes, cependant, s'il ne met pas en commun avec l'ensemble des nations cette Loi même de Dieu, qui est " l'ombre des choses à venir", il a péché. Ne divisant pas droitement, il est convaincu de crime. Caïn de fait en jalousant son frère n'avait pas eu part à la grâce du sacrifice regardé, par Dieu et, parce qu'il ne divisait pas droitement, il fut constitué pécheur. En accord avec cet exemplaire, si ceux qui sont sous la Loi ne partagent pas les sacrifices agréables à Dieu des fidèles venus des nations, même s'ils observent droitement la Loi, ils sont coupables.

Saint Hilaire de Poitiers. Traité des Mystères

SOURCE : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Hilaire/mystere.htm#CAÏN_ET_ABEL

Jan van Eyck (circa 1390–1441), Hubert van Eyck (circa 1366–1426), Ghent Altarpiece, 1432,  St Bavo's Cathedral

Jan van Eyck (circa 1390–1441), Hubert van Eyck (circa 1366–1426), Ghent Altarpiece, 1432,  St Bavo's Cathedral


Caïn et Abel

Le 29 avril 2021

Que nous révèle l’histoire de Caïn et Abel, pour vivre la fraternité aujourd’hui ?

Marie-Claude Jean, pastorale des familles

Structure du texte

Genèse 4,1-16 : un récit qui traite de la difficulté à vivre la fraternité.

Dans la première partie (Gn 4,1-7), la terre est donnée à Caïn. Caïn est sédentaire. Il est cultivateur : son rôle est de prendre soin de la terre. Celle-ci donne du fruit.

Puis au verset 8 tout change : Caïn commet un meurtre.

Caïn provoque sa propre chute en refusant d’écouter la parole de Dieu ; sa destinée change. Dieu a cherché à le prévenir. Dans la seconde partie (Gn4,9-16), le sol devient stérile ; le cultivateur lié à sa terre devient nomade !

Que s’est-il passé pour en arriver là ?

L’humain connut Eve sa femme. Dans cet acte sexuel, André Wénin (1) soutient qu’Adam a possédé Eve comme un objet en lui imposant une relation unilatérale. Il l’a dominée.

Par la suite : « j’ai procréé un homme avec le Seigneur ». Eve parle en « je ». Elle évince Adam qui l’a possédée, et à son tour elle prend possession de « l’homme » Caïn. Elle occulte l’humain et déplace la paternité vers Dieu.

Nous voyons qu’une double violence relationnelle précède la naissance de Caïn et va marquer son histoire dès le commencement.

Abel, va naître ensuite. Mais pour Eve, il n’est qu’un « ajout ». Il est et sera « frère de » et non « fils de ». Elle n’a aucune considération pour lui. Abel en hébreu signifie « fumée, buée, vanité ». Elle a déjà évincé l’humain de sa relation avec Caïn, Abel ne viendra pas troubler cette relation qui ressemble à une fusion, donc à un véritable enfermement pour l’ainé.

C’est là, dans la conception et la naissance des deux frères, que Marie Balmary (2) situe les soubassements de la violence de Caïn dans la relation inadéquate entre ses parents.

Devenus adulte, l’aîné cultive le sol, le cadet prend soin des animaux : deux labeurs juxtaposés, pouvant être complémentaires.

Arrive ensuite l’épisode de l’offrande.

Caïn est le premier à offrir le fruit de son travail à Dieu. Mais il parait évident, qu’il ne s’implique pas beaucoup dans ce don. Il offre des fruits de la terre, point ! On sent là une certaine fierté et peut-être aussi une certaine arrogance. Il a essayé de venir par ses œuvres. Il a fait de Dieu un récepteur et non un donateur. De plus cette offrande ne répond pas à ce qui est requis par la loi : il n’y a pas de sang versé ! Alors qu’Abel choisit les plus belles bêtes de son troupeau à offrir en sacrifice.  Son offrande est empreinte d’humilité et de soumission.

Mais est-ce que Dieu se détourne de Caïn à cause de son don ?

Dieu s’intéresse à l’offrande d’Abel. Mais par la suite, Abel disparait du récit, qui se centre sur Caïn pour que le lecteur puisse s’identifier à lui.

Caïn ressent une injustice, il a mal, il est jaloux de son frère, il souffre de ce qu’il n’a pas : la considération de Dieu. En tuant son frère il brise ainsi la relation à son prochain, mais aussi il rompt sa relation avec Dieu, et aussi sa relation avec la terre qu’il cultivait jusqu’à présent. Or François nous dit que l’existence humaine repose sur ces trois relations, car « tout est lié » (3)

Mais Dieu n’abandonne pas Caïn pour autant. Il se fait proche de lui, il l’invite à entrer dans un dialogue. Il le met en garde contre la jalousie et la colère.  Il lui propose un choix : relever ou pas la tête, voir ou non son péché, afin de grandir en s’ouvrant à la fraternité.  Caïn se trouve en face d’une épreuve que tout humain a à affronter tout au long de sa vie : réussir à maîtriser la part d’animalité qui est en chaque homme, pour croître en ressemblance vers Dieu.

Dieu laisse à Caïn comme à tout humain, la liberté de choisir et de décider seul de sa conduite.

Est-il alors capable de lire dans cette contrariété, ce refus, qu’il est aimé de Dieu ?

Que fait Caïn ?

 Il ne dit rien ; aucune parole ne sort de sa bouche. Son agressivité est refoulée. Alors il va l’exprimer autrement : en acte : il tue son frère. Il le nie comme sujet. Il cherche à retrouver la considération de Dieu. Son frère en est l’obstacle, alors il faut l’éliminer ! Il n’a pas compris que la source du problème : c’est lui, et non son frère pour lui.

Or Dieu ne le condamne pas. Il demande à Caïn une confession pour lui donner l’opportunité de faire quelque chose de bien. Mais Caïn ment, ne se repent pas. En tuant son frère, il se tue un peu lui-même, car il vient de supprimer « le miroir » qui pourrait lui révéler qui il est, lui permettre de se construire en tant qu’humain. Privé de son frère, il est comme perdu, devient « errant » à la recherche de lui-même et de Dieu.

Puis il reconnait enfin son crime. Il se plaint des conséquences. Il a peur de mourir. Dieu le rassure. Il place sur lui un signe de protection pour épargner sa vie, même celle d’un assassin.

Caïn s’en va. Il se retire. En quelque sorte, il naît enfin à sa propre existence.

Que peut nous dire ce texte ?

D’une part, ce texte nous invite à réfléchir à la façon dont la violence se fraie un chemin dans le cœur humain et comment elle peut aboutir à des drames, si l’être humain n’a pas la volonté de l’enrayer, de la maîtriser en demandant l’aide de Dieu. Car l’homme ne peut pas être sauvé contre son gré, et « l’homme ne peut pas se sauver tout seul » ! (4)

Tout nouveau-né trouve la violence en venant au monde. Elle le précède. Sa propre naissance est un acte violent. Grandir en humanité ne consiste pas à refuser cette violence inévitable, mais à l’intégrer en la « domptant » pour qu’elle devienne une bonne violence ouvrant à plus de vie.

« Ainsi Dieu qui est la VIE, s’emploie à travailler ce mal pour en faire un chemin d’épanouissement, tout en se risquant à associer l’humain comme partenaire dans cette tâche. » (5)

D’autre part, Dieu pose la question : « Où est ton frère ? » Et l’homme d’aujourd’hui comme Caïn, répond : « Suis-je le gardien de mon frère ? »  Or, le pape François nous rappelle que par essence nous sommes tous frères. Il nous invite à nous faire « proche ou prochain » de chaque Homme, en mettant de côté nos haines, nos différences. L’amour de l’autre, voilà ce que le chrétien doit développer, en le reconnaissant comme son frère, ayant une place unique dans le cœur de Dieu et dans ce monde. « Toute personne est utile. Le tout est supérieur à la partie ». (Fratelli Tutti p.154)

(1) André Wénin « D’Adam à Abraham ou les errances de l’humain » Lecture de Gn1,1-12,4 Ed Cerf

(2) Marie Balmary « Abel ou la traversée de l’Eden » Ed Grasset 1999

(3) Pape François « Laudato Si’ » p.56

(4) Pape François « Fratelli Tutti » p.25

(5) André Wénin « La Bible pour penser l’humain…ou devenir humain » article du Cairn Pardès 2002 N° 32-33 p.87-94

SOURCE : https://www.catholique-lepuy.fr/actualites/cain-et-abel/


Biserica evanghelică, sat VALEA LUNGĂ; comuna VALEA LUNGĂ, județul Alba

Paintings of Cain and Abel ; Evangelical church in Valea Lungă, Alba


La "fraternité" dans la Bible commence mal ! Mais cet échec a justement quelque chose à nous dire. Qu'il apparaisse dès le début de l'histoire humaine significatif : les relations fraternelles n'iront jamais de soi, mais Dieu y est à l'oeuvre.

Avant les frères, les parents.

La relation fraternelle se greffe sur une relation parental, d'emblée problématique. Ève "enfanta Caïn , et elle dit : "J'ai acquis un homme avec AdonaÏ" Triple problème : elle acquiert (jeu de mots hébreu avec le nom de Caïn), elle possède son fils ; elle désigne celui-ci non comme un bébé mais comme un homme ; elle évoque le don de Dieu, ce qui n'est pas mauvais, mais du coup, elle évacue Adam, le prive de sa paternité. Ce pauvre Caïn débute mal dans la vie, sans un père pour couper un cordon ombilical maintenu serré ! "Puis elle continua à enfanter son frère Abel.". De lui, elle ne dit rien : d'ailleurs son nom signifie "buée...brouillard...", quelque chose d'inconsistant, bien incapable de briser la relation fusionnelle entre Ève et Caïn.

Le sacrifice

Il existe des milliers de commentaires, dans le christianisme comme dans le judaïsme, pour justifier l'attitude de Dieu qui "considéra Abel et son offrande, tandis que Caïn et son offrande, il ne considéra pas." Dieu ne peut être injuste, il doit y avoir une faute cachée chez Caïn, un vice de forme dans l'offrande. Ou bien le Seigneur veut-il réparer l'injustice en se préoccupant du méprisé, du "brouillard" ? Mais on peut comprendre aussi autre chose. Qui dit à Caïn que Dieu ne "considère pas " son offrande ? A quoi l'a-t-il vu ? Rien n'est dit, comme si en fait, tout se passait à l'intérieur de Caïn, dans son regard jaloux. Rien objectivement ne peut justifier cette jalousie : c'est lui le "chouchou" de sa mère ! Ne serait-ce pas une façon de suggérer que tout enfant est en relation de rivalité envers ses frères et sœurs, et qu'il va falloir faire avec.

Dialogue avec Dieu

Dieu se préoccupe de Caïn, ce n'est pas avec Abel qu'il dialogue. Il lui propose un une décision à prendre : dominer l'animalité qui est en lui, "tapie" à l'entrée de son cœur. Le texte est ici difficile à comprendre, mais il semble qu'il y ait derrière un référence au serpent du chap.3, qui a insufflé en Ève la "convoitise", le désir de ce qu'elle n'a pas. Dieu offre le dialogue, la parole comme antidote à cette animalité, mais Caïn s'y refuse. Il ne parle pas non plus à son frère, dans le texte original. il passe aux actes, et à la violence.

Après le fratricide, Dieu n'abandonne pas Caïn. Celui-ci parle pour la première fois, pour nier, et même refuser toute responsabilité envers son frère. Illusion, car Dieu, lui, est le "gardien" d'Abel, et il pousse Caïn à sortir de lui-même et à "écouter" le sang de son frère. Dieu ne maudit pas Caïn, mais constate qu'il est "maudit", marqué par la mort, du fait de la mort donnée. Le "signe" qu'il met sur lui a pour rôle de le protéger d'éventuelles vengeances (de qui ? on ne voit pas bien, mais l'important est que ce premier meurtre ouvre la porte à d'autres, et que Dieu veut la vie). Caïn sera "errant et fugitif" : celui qui a éliminé l'autre, son frère, pour occuper toute la place, ne peut se trouver lui-même ; il a refusé sa place dans la fratrie, il n'a plus de place nulle part.

Que tirer de ce rapide survol pour nous-mêmes ?

Quelle que soit la situation familiale, le texte dénonce un chemin de mort, celui qui consiste à laisser dominer en soi l'envie, la jalousie, l'esprit de concurrence, profondément ancré en chacun, mais "maitrisable". Ce que Dieu veut nous faire comprendre, c'est que c'est la relation à l'autre - et d'abord au premier "autre" semblable et différent, qu'est le frère ou la sœur -, qui permet à l'être humain de dépasser le rêve de la toute -puissance, et devenir ce qu'il est, en acceptant que l'autre soit "autre", et en cherchant la complémentarité.

SOURCE : https://abbaye-veniere.fr/8a-fraternite-cain-abel.php

Antonio Balestra (1666–1740), L'anima di Abel ascende al cielo, circa 1725, Castelvecchio Museum


Le personnage d'Abel dans le Nouveau Testament

Deux discours de Jésus dans les Évangiles présentent Abel, l'un comme le premier juste assassiné, l'autre comme le premier prophète assassiné :

Matthieu 23,34-36 

C'est pourquoi, voici que moi, j'envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes. Vous en tuerez et mettrez en croix, vous en flagellerez dans vos synagogues et vous les pourchasserez de ville en ville, pour que retombe sur vous tout le sang des justes répandu sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l'autel. En vérité, je vous le déclare, tout cela va retomber sur cette génération.

Luc 11,49-51 

C'est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et persécuteront, afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde, depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie qui a péri entre l'autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare, il en sera demandé compte à cette génération.

Ces textes sont au point de départ d'une interprétation de la figure d'Abel comme une préfiguration de Jésus-Christ.

Pour sa part l'épître aux Hébreux cite deux fois Abel :

Hébreux 11,4 

Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice meilleur que celui de Caïn. Grâce à elle, il reçut le témoignage qu'il était juste, et Dieu rendit témoignage à ses dons.

Grâce à elle, bien que mort, il parle encore.

Ce verset interprète le regard favorable de Dieu sur Abel par la foi et la justice de ce dernier. Il fait allusion à la voix d'Abel qui parle après sa mort (Genèse 4/10). Plus loin dans la même épître, le sang d'Abel est surpassé par le sang de l'aspersion qui renvoie sans doute à la mort de Jésus.

Hébreux 12,22-24 

Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et des myriades d'anges en réunion de fête, et de l'assemblée des premiers-nés, dont les noms sont inscrits dans les cieux, et de Dieu, le juge de tous, et des esprits des justes parvenus à l'accomplissement, et de Jésus, médiateur d'une alliance neuve, et du sang de l'aspersion qui parle mieux encore que celui d'Abel.

SOURCE : http://www.theovie.org/Lire-et-interpreter-la-Bible/Pour-une-premiere-approche-de-la-Bible/Un-vieux-texte-pour-dire-notre-humanite/Textes-bibliques/Le-personnage-d-Abel-dans-le-Nouveau-Testament

Titian (1490–1576), Cain and Abel, circa 1542, 298 x 282, Santa Maria della Salute,  Punta della Dogana, the Dorsoduro sestiere  of Venice


Pourquoi Caïn a-t-il tué Abel ?

Le chapitre 4 du livre de la Genèse raconte le meurtre d'Abel par son frère Caïn, et c'est le premier meurtre de la Bible. Pourquoi Caïn a-t-il tué Abel ? 

La réponse de Antoine Nouis, pasteur de l'Eglise réformée de France, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire Réforme.

Sophie de Villeneuve : La Genèse raconte que Dieu a refusé l'offrande de Caïn, tandis qu'il a accepté celle d'Abel, ce qui a rendu Caïn tellement furieux qu'il a tué son frère. Mais pourquoi a-t-il refusé son offrande ?

Antoine Nouis : C'est une question difficile, qui a suscité plusieurs hypothèses. La Bible dit que Caïn offre des produits du sol, et Abel un premier-né de son troupeau. C'est très différent. Les premiers-nés renvoient à la notion de prémices. Dans le Premier Testament, on apporte la première partie de son troupeau, ou de sa récolte, pour dire que tout ce que nous recevons vient de Dieu. Et, par reconnaissance, on offre à Dieu les premiers résultats de son travail. Quand j'étais pasteur en paroisse, on me demandait parfois : Que doit-on donner à l'Église ? Je répondais : Vous décidez en conscience, mais si vous décidez de lui donner 3% de vos revenus, faites en sorte que ce soient les 3 premiers pour cent de votre revenu, et non les derniers. Cela représente la même somme, mais donner les trois premiers manifeste un acte de foi, qui signifie que tout ce que nous avons appartient à Dieu. L'Épître aux Hébreux dit que c'est "par la foi" qu'Abel apporta son offrande, mais pas Caïn. L'auteur pensait qu'il y avait plus de foi dans l'offrande d'Abel que dans celle de Caïn qui, lui, n'offre qu'une partie quelconque de ses récoltes.

Mais je crois que ce n'est pas le cœur du texte. Ce qui est important, c'est qu'il dit que la différence existe dans notre monde. La grande question qu'il pose, c'est : Que faisons-nous de la différence ? Il y a autour de moi des gens plus doués, plus intelligents, plus riches que moi. Il y aura toujours des gens mieux dotés que moi de certaines qualités. Comment vais-je gérer cette différence, le sentiment de jalousie qui peut m'habiter ? Il me semble que c'est là le cœur du récit.

Le texte dit que Caïn est très irrité, que son visage est abattu. Il n'est clairement pas content, et Dieu le lui fait remarquer.

A. N. : Oui, Dieu lui demande : "Pourquoi es-tu abattu", et surtout il lui dit : "Le péché est tapi à ta porte comme une bête qui te convoite, mais toi, domine-le". Nous avons tous autour de nous des sujets de jalousie. Le texte nous dit que ce sentiment est une menace, et Dieu nous demande de le dominer. Ce sentiment est une bête prête à nous manger. La jalousie est quelque chose qui peut me ronger. Un verset des Proverbes dit que la jalousie est comme la carie des os. Dieu dit à Caïn que s'il s'abandonne à son sentiment de jalousie, il va se faire ronger de l'intérieur.

Jusqu'à tuer son frère ?

A. N. : Effectivement, dans l'histoire de Caïn et Abel, cela se termine dans le drame et le meurtre.

Pour la suite de l'histoire, en quoi est-ce important ?

A. N. : Bien sûr. En plaçant le meurtre d'Abel par Caïn au tout début de l'histoire de l'humanité, la Bible nous rappelle que la violence extrême, fratricide, et la relation à l'autre dans sa différence, sont au fondement de notre humanité, de notre civilisation. On peut dire qu'une civilisation se juge à la manière dont elle régule cette violence première qui est évidemment destructrice pour toute société.

Malgré l'exhortation divine, Caïn n'arrive pas à se dominer, et il tue Abel sans rien lui dire.

A. N. : Le texte hébreu dit exactement au verset 8 : "Caïn dit à son frère Abel. Et quand ils furent aux champs, il le tua." La phrase "Caïn dit à son frère Abel" est rompue. On attendrait qu'il lui dise quelque chose, qu'il est jaloux, mécontent… Les commentaires de ce texte disent que c'est une rupture qui fait sens, qu'il y a là un grand silence. Caïn dit quoi ? Rien du tout. Les commentaires disent qu'une des causes de la violence, c'est justement qu'entre les deux frères, il n'y a pas eu de parole. Quand il y a de la jalousie qui n'est pas exprimée par des mots, quand il n'y a pas d'explication entre les frères, cela débouche sur de la violence.

Donc c'est aussi une explication de la violence ?

A. N. : Oui. Et de temps en temps d'ailleurs, les commentaires rabbiniques sont sévères aussi pour Abel. Abel aussi aurait pu aller voir son frère, le sachant miné par la jalousie, et les deux frères auraient pu s'expliquer. Caïn a tué Abel, mais la responsabilité de la violence est portée par les deux, parce que tous deux ont été incapables de parole pour tenter de surmonter leurs différends.

Dans la suite du texte, Caïn est banni par Dieu, mais il a une descendance, et devient le père d'une grande lignée : il n'est donc pas si maudit ?

A. N. : Certes, mais cette grande lignée périra dans le déluge. On cite dans la Genèse toute la descendance de Caïn, et cette généalogie se termine par une phrase énigmatique : l'un de ses descendant, Lamek, dit à ses deux femmes : "J'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. C'est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek soixante-dix sept fois." Cela évoque une sorte de multiplication de la violence. La civilisation créée par Caïn s'est construite dans la violence et a péri dans la violence.

Tout cela raconte des choses très anciennes. Est-ce que cela nous parle encore aujourd'hui ?

A. N. : Bien sûr : c'est le grand thème du rapport à la différence. Comment est-ce que j'accueille et accepte la différence de mon frère ? C'est une question de tous les jours, c'est le fondement de l'éthique, et cela concerne aussi bien les relations entre les personnes qu'entre les communautés ou les peuples. Si le texte de Caïn et Abel est situé au tout début de la Bible, c'est pour montrer que cette relation au frère dans la différence est la question fondatrice posée à notre humanité, et donc à nous aujourd'hui.

N'est-ce pas aussi une question d'amour ? Caïn n'a-t-il pas souffert de s'être senti mal aimé ?

A. N. : Certaines lectures de ce texte disent en effet que Caïn, à l'origine, aurait été mal accueilli. Mais je dirais que ce qui est important, c'est ce qu'on est aujourd'hui. Nous avons une histoire, nous avons plus ou moins été aimés par nos parents, plus ou moins gâtés par la vie… Que faisons-nous, aujourd'hui, avec cette réalité ? Et comment accueillons-nous la différence d'autrui ? C'est l'essentiel de ce texte.

Propos recueillis par Sophie de Villeneuve - 2013

SOURCE : http://croire.la-croix.com/Definitions/Bible/Ancien-Testament/Pourquoi-Cain-a-t-il-tue-Abel

Offrandes d’Abel et de Caïn, vitrail de la Création, début du XVIe siècle, église de la Madeleine de Troyes.


Pourquoi l’offrande d’Abel a-t-elle été agréée et pas celle de Caïn ? 

Jean-Michel Castaing - publié le 04/06/23

Ami de Dieu, Abel s'est davantage impliqué que son frère Caïn dans son offrande en Lui donnant des animaux dont il était propriétaire et donc en payant de sa personne.

Beaucoup de lecteurs de la Bible sont scandalisés par l'attitude de Dieu à l'égard des deux fils d'Adam et Ève, Abel et Caïn. En effet, Dieu tourne un regard favorable vers Abel et son offrande ("les premiers-nés de son troupeau, les morceaux les meilleurs") mais n'agrée pas le présent de Caïn ("des produits de la terre") : "Le Seigneur tourna son regard vers Abel et son offrande, mais vers Caïn et son offrande, il ne le tourna pas" (Gn 4, 4-5). Aux yeux de beaucoup de croyants, cette réaction passe encore pour une discrimination intolérable. "Comment le Créateur ose-t-Il favoriser ainsi un des fils d'Adam et Eve au détriment de son frère ?" Comment expliquer le jugement de Dieu ? Peut-Il donner l'exemple d'une justice arbitraire sans ébranler du même coup tout l'édifice de sa création ? Cette différence dans l'agrément des offrandes de deux frères est-elle justifiée ? 

Abel prend sur lui dans son offrande

En fait, il existe bien un fossé entre l'offrande d'Abel et celle de son frère. Abel offre à Dieu ce qui lui appartient : les aînés de son troupeau et leur graisse. De son côté, Caïn se contente de donner ce qui n'est pas à lui : des fruits de la terre. Dans cette différence réside la raison profonde pour laquelle Dieu a regardé favorablement le don d'Abel : le cadet a donné de lui-même tandis que son frère a simplement offert un présent prélevé sur la nature. L'implication d'Abel était beaucoup plus profonde, dans ce geste de remerciement, que celle de son frère parce qu'il a été présent dans son offrande tandis que Caïn est resté extérieur à la sienne. Abel prend sur lui quand son frère prend à la nature !

Abel, figure du Christ

C’est ainsi que se manifeste et se conforte l'amitié. Un ami donne du sien pour remercier ou dépanner un ami. Son implication est existentielle. Il n'en va pas différemment avec Dieu. L'offrande qui plaît à Dieu est celle qui vient du cœur, celle pour laquelle on est prêt à prendre de son bien pour Le lui donner. "Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé" dit le psaume (Ps 50, 19). Rien ne touche davantage Dieu qu’un cœur qui se donne ou une offrande dans laquelle on a mis tout notre amour. Telle est la leçon d'Abel. Une amitié se consolide avec des dons coûteux, voire avec le don de soi. Car qu'est-ce que l'homme peut offrir de plus que sa propre existence ? 

Telle est également la leçon du mystère de Pâques. Jésus a tout donné à Dieu, tout ce qui lui appartenait, c'est-à-dire sa propre vie jusqu'à la mort sur le Calvaire. Et le Père a agréé le sacrifice de son Fils en le ressuscitant et en le faisant asseoir à sa droite, signe d'amitié suprême. Abel est bien une figure prophétique du Christ. Quant à nous qui sommes souvent chiches de nos dons, résistons au démon de la jalousie à laquelle succomba Caïn. Dieu nous aime tous, malgré nos faiblesses et nos ladreries !

Lire aussi :Les peuples de la Bible : les Qénites, descendants de Caïn

Lire aussi :Comment Adam et Ève ont-ils eu des descendants ?

SOURCE : https://fr.aleteia.org/2023/06/04/pourquoi-loffrande-dabel-a-t-elle-ete-agreee-et-pas-celle-de-cain/

Theophanes the Greek, Abel, 1378, Church of the Transfiguration on Ilina Street


1. ABEL. Nous le considérerons exclusivement comme personnage figuratif de l’avenir ; toutefois, avant d’indiquer les divers prototypes dont il a été l’image, il sera bon de noter les traits historiques qui ont servi de fondement à son caractère typique.

I. Abel dans l’histoire. —

Abel (hébreu : Hébel, « souflle, vanité ou deuil », suivant les rabbins et les anciens commentateurs, ou mieux « fils », de la forme habal qui se lit dans les inscriptions assyriennes ; F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6’édit., Paris, 1896, t. i, p. 290) fut le second fils d’Adam et d’Eve et le frère cadet de Caïn. Les deux frères se montrèrent d’humeurs et de dispositions différentes. Bien qu’ils aient puisé la vie à la même source et qu’ils aient reçu la même éducation, ils furent entièrement dissemblables de goûts et de sentiments. Abel fut pasteur de troupeaux et Caïn agriculteur. Gen., iv, 2. Ils se partagèrent ainsi, dès l’origine de la société, les deux arts nourriciers de l’humanité, la culture de la terre et l’élevage des animaux domestiques. Le genre de vie des-deux frères laisse pressentir la divergence de leurs, goûts et île leur caractère. S. Cyrille d’Alexandrie, Glaphyr. in Gaies., 1. de Gain et Abel/n. 2, P. G., t. lxix, col. 33. Cette différence se manifeste plus nettement dans les sacrifices qu’ils offrent au Seigneur. Caïn, agriculteur, consacra des produits de la terre ; Abel, pasteur de brebis, des animaux de son troupeau. Caïn ne lit qu’une simple oblation, n’offrit qu’un sacrifice non sanglant ; à en juger par le contraste et les termes employés, Abel immola des victimes. Caïn ne consacra au Seigneur que des fruits ordinaires ; s’il n’offrait pas les plus mauvais de sa récolte, il ne choisissait pas les meilleurs ; Abel sacrifiait les prémices, les premiers nés et les plus gras de ses agneaux. Jéhovah regarda favorablement Abel et ses présents, mais il ne considéra ni Caïn ni ses dons. Gen., iv, 3-5. Dieu cependant ne voyait pas tant la différence des dons eux-mêmes que la diversité des dispositions avec lesquelles ils étaient faits. « C’est par la foi, nous apprend saint Paul, Hebr., xi, 4, qu’Abel a offert un sacrifice plus abondant que Caïn, » nXziova. 6u<rt’av, une victime meilleure en raison de la foi de l’offrant, plutôt que par sa nature et ses qualités propres. « Dieu ne considérait pas les présents de Caïn et d’Abel, mais leurs cœurs, de sorte que celui dont le cœur lui plaisait, lui plaisait aussi par son présent. » S. Cyprien, De oratione dominica, n. 21, P. L., t. iv, col. 536. Dieu envisageait surtout l’intention et avait pour agréable le sacrifice fait d’un cœur droit et sincère. S. Chrysostome, In Gen., homil. xviii, n.5, P. G., t. un, col. 155-156. La différence de résultats et d’efficacité auprès de Dieu est un indice de la diversité des consciences. S. Jean Chrysostome, Ad populum Antioclienum, homil. xii, n. 4, P. G., t. xlix, col. 132. Cf. S. Pierre Chrysologue, Serm., cix, P. L., t. lii, col. 502 ; Basile de Séleucie, Orat., îv, n. 3, P. G., t. lxxxv, col. 68-09. Poussé par la jalousie, S. Clément de Rome, I Cor., iv, 7, dans Funk, Opéra Patrum apostolicorum, Tubingue, 1887, t. I, p. 66 ; S. Nil, Narrât., H, P. L., t. lxxix, col. 608, et à l’instigation de Satan, S. Ignace d’Anlioche, . Ad Philip., xi, 3, l’unk, ibid., P. G., t. ii, col. 118 ; AdSmym., vii, l, t. ii, col. 148 ; Pseudo-Athanas, Quæst.ad Antiochum ducem, q. lvii, P. G., t. XXVIII, col. 632, Caïn fut violemment irrité de la préférence que Dieu avait manifestée à son frère, et son animosité intérieure se trahit par l’abattement de son visage. Il ne tint aucun compte des paternels avertissements du Seigneur et, dominé par la rancune, il résolut de se venger, fl proposa un jour à Abel de sortir au dehors et lorsqu’ils furent dans les champs, il se jeta sur son frère et le tua. Gen., iv, 8. Par ce meurtre, la mort qui était la peine du péché d’Adam, Gen., iii, 19, fil son entrée dans le monde. Rom., v, 12. La première victime ne fut pas un coupable, mais un innocent et un juste. Ce coup prématuré, qui frappait leur fils, montrait à Adam et à Eve la grandeur du châtiment de leur faute. Théodoret, Quæst. in Genesim, quæst. xlvi, P. G., t. lxxx, col. 145 ; Photius, Ad Amphiloeh. , quæst. xi, P. G., t. ci, col. 120. La voix du sang de l’innocente victime s’éleva jusqu’au Seigneur et Jéhovah interrogea Caïn pour lui faire avouer son crime. Mais le fratricide impénitent mentit impudemment, disant qu’il ignorait où était son frère ; il ajouta insolemment : « En suis-je le gardien ? » Cependant, le sang d’Abel criait vengeance vers le ciel, et Dieu porta contre le coupable une terrible sentence. Gen., iv, 9-12.

II. Abel figure de l’avenir. —

Considéré successivement ou simultanément par les Pères et les écrivains ecclésiastiques dans les différentes situations et sous les divers aspects de sa courte vie, Abel a été la figure :

1° des justes trop souvent persécutés par les impies ;

2° de Jésus-Christ, innocente victime immolée pour l’expiation du péché.

1° Abel figure des justes persécutés.

Sous ce rapport, Abel a été envisagé en tant que faisant contraste et opposition à Caïn, l’impie fratricide. Tandis que l’auteur de la Sagesse, X, 3, désigne Caïn comme « l’injuste, […], qui, dans sa colère, s’était éloigné de la sagesse et avait péri par le coup qui le rendait meurtrier de son frère », Jésus lui-même appelle Abel, « le juste, » Sûcaioç, et il le met au nombre des prophètes et des saints dont le sang retombera sur les Juifs. Matth., xxiii, 32-35. Saint Paul, Hebr., xi, 4, dit qu’en raison de la foi avec laquelle il avait offert son sacrifice, Abel avait reçu de Dieu le témoignage qu’il était « juste », puisque Dieu avait accepté ses présents. Saint Jean, I Joa., iii, 10-12, indique comme signes distinctifs entre les enfants de Dieu et les enfants du diable, la justice et l’amour fraternel, et il cite Caïn « qui était du malin et qui tua son frère. Et pourquoi le tua-t-il ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises et que celles de son frère étaient justes ». Ainsi, Abel est présenté par l’Écriture comme la première personnification du bien. Caïn, qui représente le mal, le hait et l’immole à sa cruelle jalousie. Après avoir méprisé les paternels avis de Dieu, il s’enfonça de plus en plus dans le péché et fut le père d’une postérité perverse. Seth avait été substitué à Abel, Gen., iv, 25, et ses descendants persévérèrent longtemps dans la voie droite et furent les représentants du bien. Ainsi apparurent dès l’origine les deux grandes catégories d’hommes qui se partagent l’humanité entière ; ainsi furent inaugurées l’opposition et la lutte perpétuelle entre le bien et le mal. Cette antinomie constante i sera à travers les siècles l’épreuve des bons, mais aussi le principe de leur mérite et de leur glorification au ciel. Sa préfiguration mystique dans la personne d’Abel a été signalée par les écrivains ecclésiastiques. L’auteur des Homélies clémentines, homil. ii, n. 16, P. G., t. ii, col. 85, a écrit : « Adam avait été formé à l’image de Dieu. De ses deux fils, nés après son péché, l’aîné est mauvais et représente les mauvais ; le cadet est bon et représente les bons. » Les deux frères, dit saint Ambroise, De Caïn et Abel, l. I, c. i, n. 4, P. L., t. xiv, . col. 317, représentent deux catégories opposées d’hommes : l’une rapporte toutes choses à elle-même ; l’autre rapporte tout à Dieu et se soumet à son gouvernement. Tous deux sont de la même race, mais d’esprit contraire. Abel est la figure des bons, Caïn celle des méchants. Le second fils d’Adam est meilleur que le premier, dit-il ailleurs. Exhortalio virginilatis, c. vi, n. 36, P. L., t. xvi, col. 347. Il est immaculé, tandis que Caïn est couvert de taches ; il s’attache à Dieu et provient tout à fait de Dieu, tandis que son frère est une possession mondaine et terrestre. Il annonce la rédemption du monde, alors que de son frère procède la ruine du monde. Par l’un est préparé le sacrifice du Christ, par l’autre, le fratricide du diable. A ses yeux, De Caïn et Abel, l. I, c. ii, iii, P. L., t. xiv, col. 318, 320, les deux frères figurent les deux peuples, juif et païen. Caïn représente le peuple juif, peuple fratricide ; Abel, les païens devenus chrétiens, qui adhèrent à Dieu, s’occupent des choses célestes et s’éloignent des terrestres. Ils représentent enfin l’ordre suivant lequel se manifeste la sagesse humaine. Abel, quoique le plus jeune, l’emporte en vertu sur son frère ; en nous, le mauvais homme naît avant le bon. Le travail de la terre a précédé la garde des troupeaux ; si le mauvais homme apparaît le premier, il est inférieur au rapport de la grâce. La jeunesse est le temps des passions ; la vieillesse, l’époque du calme et de la paix. Saint Augustin expose les mêmes vérités en termes différents. Le temps durant lequel les hommes qui naissent succèdent à ceux qui meurent, est le développement de deux cités. Caïn qui est né le premier des deux ancêtres de l’humanité appartient à la cité des hommes, Abel qui est le second appartient à la cité de Dieu. De civ. Dei, XV, i, P. L., t. xli, col. 437. La cité de Dieu, qui est pèlerine ici-bas, a été préfigurée par Caïn et Abel. Elle comprend deux groupes d’hommes, les terrestres et les célestes. Ibid., XV, xv, 1, col. 456. Depuis Abel, le premier juste tué par son frère, l’Église avance dans son pèlerinage au milieu des persécutions du monde et des consolations de Dieu. Ibid., XVIII, li, 2, col. 614. La cité de Dieu a commencé à Abel lui-même, comme la mauvaise cité à Caïn. Elle est donc ancienne cette cité de Dieu, qui tolère la terre, espère le ciel et qui est appelée Jérusalem et Sion. In Ps. cxii enarrat, no 3, P. L., t. xxxvii, col. 1846. Du meurtre d’Abel par Caïn, saint Jean Chrysost., In Gen., homil.xii, n. 6, P. G., t. liii, col. 103-166, conclut que les chrétiens ne doivent pas craindre ici-bas les adversités et les maux, mais qu’ils doivent plutôt prendre garde de faire du mal aux autres. Quel est, en effet, le plus malheureux, du meurtrier ou de sa victime ? Il est clair que c’est le meurtrier. Abel a toujours été célébré comme le premier témoin de la vérité. Son meurtrier a mené une vie misérable ; il avait été maudit par Dieu et il était regardé comme un homme abominable. Quelle différence encore dans l’autre vie ! Abel régnera durant toute l’éternité avec les patriarches, les prophètes, les apôtres et tous les saints et avec Jésus-Christ. Caïn endurera perpétuellement les tourments de l’enfer. Ceux qui l’imiteront auront part à ses souffrances ; les bons, fidèles imitateurs d’Abel, partageront son bonheur. Théodoret, Quæst. in Gen.', q. xlv, P. G., t. lxxx, col. 145. considérait Abel comme le premier fruit de la justice, prématurément coupé dans sa racine. L’auteur du Liber de promissionibus et praedictionibus Dei, part. I, c. vi, P. L., t. li, col. 737, reconnaissat dans Abel et Caïn l’image de deux peuples, les chrétiens et les juifs. Rupert, De Spiritu Sancto, l. VI, c. xviii-xx, P. L., t. cxlvii, col. 1752-1754, appelle Abel le premier des martyrs et il reconnaît en lui la figure de tous les bons comme Caïn est la figure de tous les méchants. Il a été suivi et imité par les martyrs de Rome et en particulier par le diacre saint Laurent, mis à mort à cause des trésors de l’Église ; les persécuteurs suivaient les traces de Caïn. Ailleurs, Comment, in XII proph. min., l. VI, t. clxviii, col. 196, il donne Abel, dont le nom signifie lamentation, comme le premier des pénitents qui annonce au monde la consolation de la rédemption. Le prémontré Adam Scot, Serm. v, n. 2, P. L., t. cxcvm, col. 480, propose Abel comme modèle aux religieux qui s’offrent à Dieu par la profession solennelle. Dans les prières de la recommandation de l’âme, l’Église invoque « saint Abel » pour qu’il intercède en faveur du chrétien qui subit les derniers combats de la vie. Abel était cité en tête des patriarches, des apôtres et des martyrs, nommés dans les dyptiques d’une église irlandaise (missel de Stowe). Duchesne, Origines du culte chrétien, Paris, 1889, p. 200. Les peintres chrétiens, en représentant Jésus-Christ dans les limbes, ont généralement placé Abel au milieu des saints qu’il venait délivrer ; ils l’associent aussi au triomphe du Sauveur dans le ciel. Grimoüard de Saint-Laurent, Guide de l’art chrétien, Paris, 1874, t. v, p. 53 ; Mgr X. Barbier de Montault, Traité d’iconographie chrétienne, Paris, 1890, t. i, p. 260.

2o Abel, figure de Jésus-Christ.

Abel a représenté Jésus-Christ à trois titres distincts :

1. parce qu’il était pasteur de brebis ;

2. à cause du sacrifice qu’il a offert ;

3. en raison de sa mort violente.

1. Comme pasteur de troupeau.

Abel, qui était pasteur de brebis, dit saint Isidore de Séville, Allegorisæ quædam Script, sac, n. 5, P. L., l. lxxxiii, col. 99-100, fut le type du Christ, le véritable et bon pasteur, qui devait venir gouverner les peuples fidèles.

2. Comme sacrificateur.

Le sacrifice d’Abel est le premier des sacrifices offerts par des mains pures ; il a figuré, comme les sacrifices subséquents, le sacrifice du Fils unique de Dieu sur la croix et dans l’eucharistie. Le sacrifice d’Abel fut agréable au Seigneur, parce qu’il était fait des prémices du troupeau. S. Ambroise, Epist., xxxv, n. 9, P. L., t. xvi, col. 1079-1080. Ces prémices plurent au Seigneur, non pas en tant que créatures dégénérées par suite du péché, mais en raison du mystère de grâce qui s’y reflétait. Le sacrifice d’Abel prophétisait donc que nous serions rachetés du péché par la passion du Seigneur, qui est l’Agneau de Dieu. Abel a offert des premiers-nés pour représenter le premier-né des créatures. Id., De Incarnat. Dom. mysterio, c. i, n. 4, P. L., t. xvi, col. 819. La victime d’Abel fut agréable à Dieu, celle de Caïn lui fut désagréable. Jésus-Christ n’a-t-il pas manifesté clairement par là qu’il devait s’offrir pour nous afin de consacrer dans sa passion la grâce d’un nouveau sacrifice et d’abolir le rite du peuple parricide ? Id., In Ps. xxxix enarrat., n. 12, P. L., t. xiv, col. 1061. Pour signifier la passion de notre rédempteur, Abel a offert en sacrifice un agneau ; il a tenu dans ses mains cet agneau qu’Isaïe a annoncé et que Jean-Baptiste a montré du doigt. S. Grégoire le Grand, Moral, in Job., l. XXIX, n. 69, P. L., t. lxxvi, col. 515-516. L’Église dans sa liturgie a reconnu le sacrifice d’Abel comme une figure du sacrifice eucharistique. Dans une préface du Sacramentaire léonien, P. L., t. lv, col. 148, le prêtre chantait : « Immolant constamment l’hostie de la louange, dont le juste Abel a été la figure. » Chaque jour, les prêtres de l’Église romaine récitent à l’autel cette prière qui suit de près la consécration et qui répond à l’épiclèse des Grecs : « Daignez, Seigneur, regarder d’un œil favorable le sacrifice eucharistique comme vous avez daigné accepter les présents de votre enfant le juste Abel, le sacrifice du patriarche Abraham et celui du souverain prêtre Melchisédech. » L’art chrétien a fait ressortir, au cours des siècles, le caractère figuratif du sacrifice d’Abel. Sur des sarcophages des anciens cimetières chrétiens, les Offrandes de Caïn et d’Abel figurent le sacrifice eucharistique. Abel offre un agneau et Caïn une gerbe ou une grappe de raisin. À première vue on s’étonne de constater que Dieu agrée le sacrifice de Caïn aussi bien que celui d’Abel. On a voulu interpréter le geste du Seigneur comme un geste de répulsion ; mais l’examen attentif des dessins n’autorise pas cette interprétation. Si donc les sculptures ont été fidèlement dessinées par Bosio, il faut en conclure que les sculpteurs de ces sarcophages antiques oubliaient les intentions personnelles de Caïn et ne considéraient que la matière de son offrande, le froment ou le raisin, qui signifiaient l’eucharistie aussi bien que l’agneau d’Abel. Une mosaïque de Saint-Vital de Ravenne, qui est du vie siècle, représente à côté de Melchisédech, qui offre sur l’autel le pain et le vin, Abel élevant les mains au ciel et prenant part au même sacrifice. Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, 2e édit., Paris, 1877, p. 2-3 ; Grimoüard de Saint-Laurent, Guide de l’art chrétien, t. iv, p. 29-31 ; t. v, p. 69 ; t. vi, p. 344-346. Sur une plaque gravée, de la fin du xiie siècle, Abel sacrificateur est joint aussi à Melchisédech ; il offre un agneau que Dieu accepte et bénit. Ce vers latin donne la signification de la gravure : Hec data per justum notat in cruce victima Christum. Au portail de la cathédrale de Modène, qui est du xiie siècle, on a gravé cet autre vers : Primus Abel justus defert placabile munus. Caïn est encore représenté avec Abel ; mais son sacrifice qui est « maigre » est repoussé par Dieu. Le vers : Sacrificabo macrum, non ilabo pingue sacrum, lu à rebours, fait dire tout le contraire à Abel : Sacrum pingue dabo, non macrum sacrificabo. Mgr Barbier de Montault, Traité d’iconographie chrétienne, Paris, 1890, t. ii, p. 53, 90-91. Sur la croix de Hohenlohe, du xiiie siècle, Abel et Caïn offrent, l’un un agneau, l’autre une gerbe de blé, sans qu’il y ait entre eux aucune différence ; Dictionnaire d’archéologie chrétienne, t. i, col. 61-66.

3. En raison de sa mort violente.

Abel, tué par Caïn en haine du bien, est encore par ce côté une figure de Jésus-Christ qui, plus juste et plus innocent qu’Abel, a été la victime de la jalousie des Juifs. Cette signification mystique de la mort d’Abel a été esquissée dans le Nouveau Testament. Aux scribes et aux pharisiens hypocrites, qui élevaient des sépulcres aux prophètes, ornaient les monuments des justes et se prétendaient meilleurs que leurs pères qui avaient répandu le sang des prophètes, Jésus-Christ annonça qu’ils étaient les dignes fils des meurtriers des prophètes et qu’ils rempliraient la mesure de leurs pères. Ils tueront, crucifieront et flagelleront les nouveaux prophètes et docteurs qui leur seront envoyés ; ils les poursuivront de ville en ville ; mais tout le sang juste versé sur terre depuis celui du juste Abel retombera sur eux et le châtiment mérité par tant de crimes atteindra la génération actuelle. Matth., xxiii, 29-36. Avant de tuer les apôtres, les Juifs devaient frapper de mort Jésus, reconnu juste et innocent par Pilate, et appeler, sur leurs têtes et sur celles de leurs enfants, la vengeance de son sang. Matth., xxvii, 24-25. C’était par jalousie qu’ils l’avaient livré aux juges, Matth., xxvii, 18, comme Caïn avait tué Abel. Déjà, dans le cours de sa vie publique, ils avaient voulu le lapider à cause du bien qu’il accomplissait. Joa., x, 32. Les vignerons homicides qui, après avoir frappé, tué ou lapidé les serviteurs du père de famille, se saisirent de son fils, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent, Matth., xxi, 35-39, étaient l’image des Juifs, qui immolèrent le Fils de Dieu. La mort de Jésus ne ressemblait pas seulement à celle d’Abel par ces circonstances extérieures ; elle avait une plus grande vertu auprès de Dieu. Le sang d’Abel avait crié vengeance vers le ciel, Gen., iv, 10, et ainsi en raison de sa foi, ce juste avait encore parlé après sa mort. Hebr., xi, 4. Mais le sang répandu de Jésus, le médiateur de la nouvelle alliance, avait été plus éloquent que celui d’Abel, Hebr., xii, 24 ; celui-ci criait vengeance ; celui du Sauveur criait pour implorer la clémence et le pardon.

Les Pères ont développé cet aspect nouveau d’Abel, figure du Christ. Plusieurs ont célébré Abel comme le premier des martyrs. « Imitons, mes frères bien-aimés, écrivait saint Cyprien, Epist., lvi.De exhortatione martyrii, n. 5, P. L.,t. iv, col. 353, le juste Abel qui a inauguré le martyre, puisque le premier il a été occis pour la justice. » Abel, dit-il ailleurs, De orat. domin., n. 24, col. 536, qui avait offert à Dieu un sacrifice, a été lui-même plus tard sacrifié au Seigneur de telle sorte que, donnant le premier l’exemple du martyre, il a annoncé le premier, par la gloire de son sang, la passion du Seigneur, lui qui avait eu la justice de Dieu et sa paix. Et encore, De bono patientiæ, n. 10, col. 628, les patriarches, les prophètes et les justes, qui ont été d’avance les images du Christ, ont tous été des modèles de patience. Tel Abel, le premier martyr et le premier juste persécuté, qui n’a pas résisté à son frère fratricide, mais s’est courageusement laissé tuer comme une victime humble et douce. Abel, écrit saint Athanase, De decretis Nicœnæ synodi, n. 4, P. G., t. xxv, col. 432, a souffert le martyre pour la vraie doctrine qu’il avait apprise d’Adam. Écoutons saint Augustin, Op. imp. contra Julianum, l. VI, no 27, P. L.,t. xlv, col. 1575 : Caïn fut l’auteur de la mort d’Abel. La mort de cet homme juste fut l’œuvre de l’homme méchant. Abel, qui a supporté le mal pour le bien, n’a pas inauguré la mort, mais le martyre, étant la figure de celui que le peuple juif, son méchant frère, a tué. L’Église, dit-il ailleurs, Enarrat. in Ps. cxviii, serm. xxix, t. xxxvii, col. 1589, n’a pas manqué d’exister dès le commencement, du genre humain. Saint Abel en a été les prémices, lui qui a été immolé en témoignage du sang du futur médiateur, qui devait être versé par un frère impie. Et encore, 'Contra Faustum, l. XII, c. ix-x, t. xlii, col. 258-259 : Le Nouveau Testament, qui honore Dieu par l’innocence de la grâce, est préféré à l’Ancien, qui honorait le Seigneur par des œuvres terrestres, de même que le sacrifice de Caïn est rejeté, alors que celui d’Abel est accepté. À cause de cette préférence, Abel, le frère cadet, est tué par Caïn, le frère aîné ; ainsi le Christ, chef du peuple le plus jeune, est tué par le peuple plus ancien des Juifs ; l’un est immolé dans les champs, l’autre au Calvaire. Interrogé par Dieu, Caïn répond qu’il ne sait où est son frère et qu’il n’en est pas le gardien ; interrogé sur le Christ par la voix des Écritures qui est la voix de Dieu, le peuple juif ne sait ce qu’on lui demande. Caïn ment, les Juifs nient faussement. Ils devaient garder le Christ, en recevant la foi chrétienne. La voix divine les accuse dans l’Écriture. Le sang du Christ a sur terre une grande voix, quand tous les païens l’ayant entendue, lui répondent : Amen. Cette voix éclatante de son sang, c’est celle que son sang exprime par la bouche des fidèles rachetés par lui. De son côté, saint Grégoire de Nazianze, Orat., xvi, n.16, P. G., t. xxxv, col. 956, s’écrie : « Elle est terrible l’oreille de Dieu, entendant la voix d’Abel qui parle par son sang muet. » D’après saint Chrysostome, Adversus Judæos, viii, 8, P. G., t. xlviii, col. 939-940, Abel a été tué, parce qu’il avait offert une meilleure victime que Caïn. A-t-il été privé de la couronne du martyre ? Qui oserait le soutenir ? Au témoignage de saint Paul, il faut le placer au nombre des premiers martyrs. Selon Basile de Séleucie, Orat., iv, n. 1, P. G., t. lxxxv, col. 64-65, le juste Abel a passé le premier les portes de la mort. Il était en cela l’ombre du Christ. Il convenait de présager le dogme assuré de la résurrection par le sang d’un juste. La mort, qui frappait un innocent, devait être un jour vaincue, et le Christ est le premier qui soit ressuscité. L’auteur du Liber de promissionibus et prædictionibus Dei, part. I, c.vi, P. L., t.li, col. 738, dit qu’Abel est la figure du Christ, pasteur de brebis, qui a été tué par le peuple juif. Un sermon, attribué à saint Léon le Grand, Serm., iii, De pascha, P. L.,t. li,co. 1134, contient cette vérité que le Messie a été immolé dans la personne d’Abel. Saint Maxime de Turin, Homil., lv, P. L., t. lvii, col. 355-356, répète que, pour figurer Jésus-Christ, le juste Abel a été tué et l’innocent égorgé par l’impiété pour ainsi dire judaïque de son frère. Saint Paulin de Noie écrit de son côté, Epist., xxxviii, n. 3, P. L., t. lxi, col. 359 : Dès le commencement des siècles, le Christ a souffert dans tous les siens ; en la personne d’Abel, il a été tué par son frère. Alcuin, Comment. in Joan., l. I, P. L.,t. c, col. 768, dit dans le même sens : Au premier âge du monde, Abel le juste a été tué par son frère. Le meurtre d’Abel préfigure la passion du Sauveur ; la terre qui ouvre sa bouche et boit le sang de la victime, c’est l’Église qui reçoit le sang du Christ versé par les Juifs pour le mystère de sa rédemption. Saint Paschase Radbert, Exposit. in Matth., l.IX, c. xx, P. L.,t. cxx, col. 675, expose deux aspects du caractère figuratif d’Abel. Abel est la première figure du Christ : il l’a représenté, en offrant et en immolant un agneau ; il montrait ainsi l’agneau qui devait venir. Lui-même a été immolé pour le préfigurer et être par son sang un témoin fidèle. Ici encore, la tradition monumentale a exprimé la même idée que la tradition écrite. Sur un vitrail de Cantorbéry, qui date du xiiie siècle, Abel, par sa triste mort, figure le Christ immolé. Signat Abel Christi pia funera funere tristi. Barbier de Montault, Traité d’iconographie, t. ii, p. 16.

Les écrivains ecclésiastiques, dont nous avons rapporté jusqu’ici les témoignages, n’ont envisagé qu’un seul aspect du caractère figuratif d’Abel. D’autres en ont réuni tous les traits épars et ont fait une description d’ensemble. Saint Cyrille d’Alexandrie, Glaphyr. in Genes., l. I. n. 3, P. G., t. lxix, col. 40-44, a reconnu dans Caïn et Abel le mystère du Christ par qui nous avons été sauvés. Gain représente Israël, le premier-né de

Dieu ; Abel, qui était pasteur, est la figure d’Emmanuel, le chef du troupeau ; comme juste, il préfigure le Christ innocent qui, en sa qualité de prêtre, a offert un sacrifice supérieur aux sacrifices de la loi. Israël jaloux a fait périr le Christ, et le sang de Jésus crie vengeance contre les Juifs déicides. Parmi les œuvres de saint Chrysostome on a imprimé un morceau apocryphe, De sacrificiis Caini, de donis Abelis, etc., P. G., t. lxii, col. 719-722. dont l’auteur remarque dans Abel plusieurs traits de ressemblance avec le Christ. De même que le Sauveur fut le chef de ceux qui ont été régénérés après la loi, et le premier juste ; ainsi Abel a été le prince de la justice parmi les premiers hommes. Il fut aussi le premier qui ait combattu pour la justice et qui ait été couronné par Dieu. En cela encore, il a été l’image du Christ qui a souffert pour la justice. Le sang d’Abel a beaucoup d’affinité avec le sang du Christ. Ils enseignent au monde entier la piété. Ils crient tous deux, l’un en suppliant, l’autre en accordant le pardon. Abel, qui était innocent, meurt le premier, portant la peine du péché de son père coupable ; le Christ meurt pour expier les fautes du genre humain tout entier. Un commentaire de l’Apocalypse, inséré parmi les œuvres de saint Ambroise, In Apoc. exposit., P. L., t. xvii, col. 813, contient un tableau analogue. Caïn est la représentation du peuple juif ; Abel, celle du Christ. Le sacrifice de Caïn symbolise les sacrifices temporels du judaïsme ; le sacrifice d’Abel, en tant qu’il est l’offrande des prémices du troupeau, symbolise les apôtres, qui sont les premiers-nés de l’Église ; en tant qu’il est l’offrande de la graisse des victimes, la foi des apôtres. Le Christ a offert à son Père les apôtres et leur foi. Caïn, meurtrier d’Abel, est la figure des Juifs qui font mourir Jésus-Christ et qui, en punition de ce crime, sont devenus un peuple maudit, vagabond sur la terre. L’abbé Rupert, De Trinitate et operibus ejus, In Genes., l. IV, c. ii, iv et v, P. L., t. cxlvii, col. 326, 328-330, a appelé Abel le premier témoin de Jésus-Christ. Son sacrifice, qui vaut par la foi, est la figure de la passion. Tout ce qu’a fait Abel est une parabole du Christ. Pasteur de brebis, il représente le bon pasteur, tué par Anne et Caïphe. Le sacrifice de Caïn est la pâque juive, qui est morte et inanimée ; le sacrifice d’Abel est la pâque chrétienne, qui contient le véritable Agneau de Dieu offert sous les apparences du pain et du vin. Le sacrifice eucharistique est gras ; il est esprit et vérité. Abel, assassiné dans la campagne, annonce Jésus-Christ qui a souffert en dehors des portes de Jérusalem. Enfin, saint Brunon d’Asti, évoque de Segni, Exposit. in Gen., P. L., t. clxiv, col. 172-173, a reconnu dans Abel, pasteur, le Christ dont nous sommes les brebis et que les Juifs, ses frères, ont fait cruellement mourir. Caïn est l’image du peuple juif ; Abel, celle du Christ crucifié en dehors de la ville ; son sang qui crie, celle du Christ qui demande pardon. Il crie encore, pour représenter l’Église qui garde le souvenir de la passion. Les théologiens et exégètes modernes n’ont pas oublié l’enseignement de l’antiquité sur Abel, figure du Christ.

Signalons seulement Bossuet, Élévations sur les mystères, 8e semaine, 4e élévation ; Œuvres complètes, Besançon, 1836, t. iii, p. 58-59, et Mgr Meignan, Les prophéties contenues dans les deux premiers livres des Rois, Paris, 1878, p. lv, et L’Ancien Testament dans ses rapports avec le Nouveau, De l’Éden à Moïse, Paris, 1895, p. 195-201.

E. Mangenot.

Dictionnaire de théologie catholique

Texte établi par Alfred Vacant et Eugène MangenotLetouzey et Ané, 1909

SOURCE : https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_de_th%C3%A9ologie_catholique/ABEL

"БИБЛИЯ ДЛЯ БЕДНЫХ" (1692-1696 гг.) ВАСИЛИЯ КОРЕНЯ.

La Bible pour les pauvres (1692-1696) par Vasily Koren.

Abel's murder. The Koren Picture-Bible


« D’une fraternité assassine à une fraternité réconciliée » 

Pasteur François Clavairoly

Sur un site de conflit entre catholiques et protestants au XVIIe, le pasteur Clavairoly parle de réconciliation entre frères ennemis d’autrefois. « L’histoire de Caïn et Abel alerte et met ainsi en garde contre les fondamentalismes chrétiens, notamment, mais aussi juifs, musulmans et bouddhistes, de même que contre les extrémismes et contre tous les réarmements identitaires qui sous couvert de cohérence doctrinale excommunient, humilient et parfois même tuent, au nom d’une quête désespérée, devenant agressive car vraiment peu confiante, d’une reconnaissance par Dieu. »

Genèse au chapitre 4 les versets 4 à 9 :

Au temps fixé, Caïn présenta des produits de la terre en offrande au Seigneur.

04 De son côté, Abel présenta les premiers-nés de son troupeau, en offrant les morceaux les meilleurs. Le Seigneur tourna son regard vers Abel et son offrande,

05 mais vers Caïn et son offrande, il ne le tourna pas. Caïn en fut très irrité et montra un visage abattu.

06 Le Seigneur dit à Caïn : « Pourquoi es-tu irrité, pourquoi ce visage abattu ?

07 Si tu agis bien, ne relèveras-tu pas ton visage ? Mais si tu n’agis pas bien…, le péché est accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer. »

08 Caïn dit à son frère Abel : « Sortons dans les champs. » Et, quand ils furent dans la campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.

09 Le Seigneur dit à Caïn : « Où est ton frère Abel ? » Caïn répondit : « Je ne sais pas. Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? »

Un texte de la Genèse relate la brève histoire de Caïn et Abel qui parle de fraternité, mais surtout de nos fraternités espérées et déçues, de nos proximités humaines heureuses et malheureuses, de nos voisinages faciles et si vite conflictuels, de nos couples aimants et vacillants, de nos enfants si étonnants et si lointains, si fragiles et si souffrants, de notre cité si vulnérable. Ce récit parle de « nous », de nos vies blessées, de ce que j’appelle nos larmes intérieures et qui ne sont connues que de nous seuls, dans le soir de nos replis et de nos vies brisées, et de notre vivre ensemble dans une société fracturée.

Cette histoire est notre histoire mais elle n’est pas le dernier mot de la bible. Elle est placée en son début, comme pour suggérer qu’une suite est possible et réelle, y compris après que le pire a été commis pour dire qu’une promesse est contenue dans ce drame, la promesse d’une histoire à vivre, la promesse d’une fraternité sans cesse recommencée.

Et même si l’on ne saura jamais vraiment pourquoi Dieu a regardé favorablement l’offrande d’Abel et non pas celle de Caïn, même si nous donnions toutes les justifications possibles pour trouver une excuse à Dieu qui aurait eu finalement raison de préférer une offrande animale à celle de Caïn, car une offrande animale est plus élaborée alors que celle de Caïn, plus simple et peut-être, comme le suggère la tradition rabbinique, un peu moins préparée et moins bien présentée, il reste que ce regard posé sur l’une et non pas sur l’autre, instaure chez l’un des frères un sentiment d’incompréhension puis d’injustice et, finalement, provoque une colère.

Nos vies sont ainsi marquées par un tel malaise, par ce « quelque chose qui ne va pas », par ce serpent qui dénote et inquiète, venu d’on ne sait où et comme déjà là dans le jardin d’Eden, ou encore comme dans la tragédie d’Hamlet où il est annoncé que « tout ne va pas bien ».

Le récit parle de notre identité faite de tout cela, faite très tôt de mal être, d’incompréhension, de sentiment d’injustice et puis de colère. Ce récit est comme un récit d’initiation pour aider à grandir s’il était encore possible : la fraternité est mise à l’épreuve car depuis son origine c’est ainsi, elle est éprouvée, la famille y est mise en danger, la cité des hommes mise en péril, et la tragédie est là, telle qu’elle a été écrite et jouée jadis dans le monde grec, à l’époque même où s’écrivait ce fameux texte de la Genèse. Caïn et Abel, c’est une tragédie grecque dans un théâtre biblique.

Deux frères, deux hommes libres et à égalité sont amenés à vivre une rivalité. Et l’un des deux fera le choix, sans aucun argument, de l’affirmation identitaire au point de nier l’identité de l’autre.

Dans la tragédie grecque, chaque protagoniste possède ou croit posséder un droit absolu qu’il doit faire prévaloir.

Et dans notre récit biblique, il s’agit de la revendication d’une reconnaissance, celle de l’égalité des offrandes.

Cette tension tragique entre l’égalité revendiquée et la rivalité, une rivalité exacerbée à cause de ce qui est perçu comme une injustice, cette tension constitue bien le nœud de l’intrigue. La question posée est alors la suivante : devant ce sentiment d’injustice, l’identité, celle de Caïn, autrement dit la nôtre-même, serait-elle mise en cause à ce point que la seule solution soit le recours à la violence et au refus du dialogue ?

Devant le sentiment d’injustice, de déclassement, de perte, d’échec, de tristesse, tout s’effondre- t-il, le discernement, l’intelligence, la délibération, la raison ? A cause de ce sentiment, faut-il alors passer à l’acte sans le truchement de la parole et devenir extrémiste ?

Faut-il rester dans la confrontation sans trêve, supprimer l’autre différent, excommunier et refuser la fraternité ?

Je veux lire le récit de la Genèse au sujet de Caïn et d’Abel non pas tant comme une tragédie grecque que comme une parabole. Je propose d’y trouver la bonne information qui sera le sujet d’un étonnement et d’une joie : notre identité, en effet, ne se fonde pas dans la méchante revendication d’une égalité avec d’autres hommes ou d’un droit à leur égard ou d’un passe-droit.

Notre identité est placée sereinement en Christ, lui qui pourtant a été déclassé, cassé, défiguré, déshumanisé, déchu, désarticulé, humilié et désinscrit, en quelque sorte, de la liste des méritants en quoi que ce soit.

En lui, donc, nous n’avons vraiment rien à revendiquer ni à faire valoir ; il n’avait en effet, lui non plus, plus rien d’humain sur la croix. Il n’avait plus rien de légitime, plus rien de valable aux yeux des hommes, plus rien de conforme à ce que la raison peut invoquer pour justifier son existence et sa cause.
En lui, nous croyons que nous n’avons rien à faire pour être acceptés.

Ni offrande, même la plus délicieuse, ni œuvre, même la meilleure, ni même bonne doctrine, la plus orthodoxe ou la plus libérale qui soit. Notre identité est en Jésus-Christ, celui qui a été rejeté et méprisé par tous. Et, si celui-là, précisément, objet de dérision et de condamnation, a été le premier relevé d’entre les morts, le premier réhabilité, le premier remis debout, alors, avec lui, nous le serons aussi sans aucun doute.

L’identité n’est pas fondée dans notre capacité à exprimer notre raison d’être par une doctrine, une performance ou par une offrande, comme Caïn s’en inquiétait jadis au point de tuer son frère. Notre identité ne se fonde pas dans une autonomie que nous revendiquerions tel un héros nietzschéen, et pas non plus dans le pouvoir d’une institution prestataire de biens sacrés qui promettrait le salut, mais en Christ seul.

L’histoire de Caïn et Abel alerte et met ainsi en garde contre les fondamentalismes chrétiens, notamment, mais aussi juifs, musulmans et bouddhistes, de même que contre les extrémismes et contre tous les réarmements identitaires qui sous couvert de cohérence doctrinale excommunient, humilient et parfois même tuent, au nom d’une quête désespérée, devenant agressive car vraiment peu confiante, d’une reconnaissance par Dieu.

L’identité est offerte et reçue, non pas acquise, par quelque attitude ou prestation humaine, ni par une conformité intellectuelle, physique, doctrinale ou morale qu’on n’atteint jamais en fait, sauf à se mentir à soi-même, ni par quelque que comportement que l’Église s’arrogerait le droit de prescrire, c’est une identité offerte pour que s’exerce par l’intelligence de la foi la libre responsabilité humaine.

Dans cette perspective, ici vraiment protestante, je crois que l’on peut affirmer que la foi est confiance, qu’elle n’est pas obscure, qu’elle ne se laisse pas renvoyer du côté de l’obscurantisme c’est à dire du côté de l’obéissance servile en attente d’une récompense divine, la foi n’est pas obscure mais bien du côté de la confiance, de l’intelligence critique et du discernement de ce qui advient.

« Croire c’est penser », écrira Paul Ricœur, et ouvrir son intelligence. Contre Caïn pour qui croire en revient toujours à se justifier, y compris par la force, et donc toujours à se comparer, à être en compétition, et finalement haïr.

Croire et penser, la prière et l’intelligence, la conviction et la réflexion, Fides et Ratio, la foi et la raison, les deux sœurs jumelles qui se chamaillent depuis l’origine des temps, même si elles se déchirent parfois, sont ici à vrai dire inséparables.

Et l’identité, l’identité dont la définition et les malheurs sont vivement débattus dans notre pays par des responsables politiques de gauche et de droite, l’identité chrétienne n’est plus déterminée par à un courant de pensée ni ne sera qualifiée par la valeur d’un portefeuille culturel ou financier, mais bien en Christ. Elle est délibérément décentrée, décalée : l’identité est en Christ, de sorte que chacun, quel qu’il soit et quoi qu’il ait fait, se trouve situé à équidistance de l’autre différent, comme il l’est à l’égard du salut, de sorte qu’il est frère et que nous sommes frères et sœurs à jamais. L’identité est délibérément fraternelle, assumant l’altérité.

Je reviens alors à la page de la Genèse qui rapporte cette phrase de Caïn au moment où on lui demande où est son frère : « Lo Yadarty » dit le texte hébreu, « Je ne sais pas », en une forme de mensonge de l’indifférence et qui en rajoute même, en faisant mine de s’interroger en disant : « Achomer Ari Anoki », « Suis-je le gardien de mon frère ? »

Je suggère donc que le message contenu dans cette page invite à répondre positivement et avec courage à la question posée en disant « Je sais bien où est mon frère » et en effaçant l’interrogation, pour affirmer avec confiance : « Oui, je suis le gardien de mon frère et de ma sœur ». Et d’agir en citoyen responsable dans la vie de la cité pour que la promesse se réalise qui nous fasse passer d’une fraternité assassine en une fraternité réconciliée.

Tournez la tête à gauche et à droite, regardez votre voisine et votre voisin de banc, et vous découvrirez une sœur, un frère. Souriez, car vous êtes mis en mémoire par Dieu lui-même, lui le mystérieux visiteur de vos vies, présent ce jour, presque incognito, mais gardant en mémoire ce que vous aurez fait en faveur de votre frère et de votre voisin, et surtout, gardant dans sa mémoire et à tout jamais votre nom et votre existence fragile, vulnérable, ne pesant pas grand-chose mais ayant un prix infini à ses yeux.

Ecoutez, il est là, présent, et il se veut votre frère en Jésus, de sorte que vous saurez le reconnaître sans difficulté : un être humain, comme toi et moi, tout simplement,
Amen.

Pasteur Clavairoly - juillet 2017

SOURCE : https://dioceseparis.fr/d-une-fraternite-assassine-a-une.html

Biblia Złota Klasyków M. Herzig, [1899] (Wiedeń : M. Herzig i Sp.) Współtwórcy: Chełmicki, Zygmunt (1851-1922) Tł,Sýkora, Jan Ladislaw (1852-1928)

Cain and Abel offering ;  Biblia złota klasyków T. 1 (1899) ; National Library of Poland

ABEL

Selon le Livre de la Genèse, Abel, le berger, était le second fils d'Adam et d'Ève. Il fut tué par son aîné, Caïn, l'agriculteur, son sacrifice ayant été agréé par Dieu et celui de son frère refusé (iv, 1-9). Il semble qu'il ne faille plus retenir l'explication courante selon laquelle cette histoire se référerait à un conflit récurrent entre sédentaires et nomades, avec une préférence pour les seconds. La tradition biblique la plus ancienne met l'accent, en effet, sur le travail de la terre et sur ses qualités (Gen., ii, 15, etc.). En fait, le récit est tronqué et incomplet ; il faut voir sa signification dans le mouvement qui l'intègre dans un ensemble littéraire plus vaste.

L'étymologie du nom d'Abel est peu certaine. Il peut y avoir un lien avec hevel, « souffle », « vapeur », « vanité », ce qui soulignerait une symbolisation de la vie particulièrement brève et tragique du personnage (cf. « Vanité — hevel — des vanités... », Éccl., i, 2). On peut établir aussi une relation avec l'akkadien aplu ou ablu, « fils », en parallèle avec l'emploi des mots Adam (« humanité ») et Enoch (« homme »).

La haggadah (ensemble de traditions populaires juives) exploite largement l'histoire de Caïn et Abel à l'intérieur de récits parénétiques nombreux et significatifs (voir le midrash Bereshit Rabbah 22 ; Philon, De Virtutibus, et jusqu'à la traduction grecque des Septante dans ses éléments interprétatifs). Le Nouveau Testament mentionne Abel plusieurs fois : l'Évangile selon saint Matthieu (xxiii, 25) le place comme type du juste persécuté en tête de la lignée des prophètes exécutés ; l'Épître aux Hébreux (xii, 24) oppose son sang versé au sacrifice bien supérieur de Jésus. Les Pères de l'Église verront dans la mort d'Abel une préfiguration de celle du Christ et un prototype des persécutions et du martyre chrétiens. Le canon de la messe romaine place le sacrifice d'Abel à côté de ceux d'Abraham et de Melkisédeq.

André PAUL, « ABEL  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 2 janvier 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/abel/

SOURCE : http://www.universalis.fr/encyclopedie/abel/

BOWYER BIBLE GENESIS 068. Cain & Abel make an offering. Genesis cap 4 vv 3-7. Vos


Abel the Patriarch

Memorial

23 January

9 December (in Eucharistic Prayers)

20 March (Orthodox calendar)

26 December (Armenian calendar)

28 December (Coptic calendar)

2 January (Syrian Orthodox calendar)

Profile

Old Testament patriarch. Second son of Adam and EveShepherd. First human being to die, and the first murder victim, killed by his brother in a fit of jealously after Abel had been given God’s favour.

Died

murdered by his older brother Cain

Canonized

Pre-Congregation

Patronage

dying people

Additional Information

Catholic Encyclopedia

History of the Old Testament

Legends of the Patriarchs and Prophets

Mother Stories of the Bible

My Bible History

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New Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge

Practical Commentary on Holy Scripture, by Bishop Friedrich Justus Knecht

Practical Explanation and Application of Bible History

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Readings

The man had relations with his wife Eve, and she conceived and bore Cain, saying, “I have produced a man with the help of the LORD.” Next she bore his brother Abel. Abel became a keeper of flocks, and Cain a tiller of the soil. In the course of time Cain brought an offering to the LORD from the fruit of the soil, while Abel, for his part, brought one of the best firstlings of his flock. The LORD looked with favor on Abel and his offering, but on Cain and his offering he did not. Cain greatly resented this and was crestfallen. So the LORD said to Cain: “Why are you so resentful and crestfallen? If you do well, you can hold up your head; but if not, sin is a demon lurking at the door: his urge is toward you, yet you can be his master.” Cain said to his brother Abel, “Let us go out in the field.” When they were in the field, Cain attacked his brother Abel and killed him. – Genesis 4:1-8

MLA Citation

“Abel the Patriarch“. CatholicSaints.Info. 23 January 2023. Web. 18 May 2026. <https://catholicsaints.info/abel-the-patriarch/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/abel-the-patriarch/

James Tissot (1836–1902), Cain leads Abel to death / Caïn menant Abel à la mort, circa 1896, gouache paint on board, 23.9 x 18.7, Jewish MuseumUpper East Side of ManhattanNew York City.


New Catholic Dictionary – Abel the Patriarch

Article

Second son of Adam and Eveslain by his brother Cain because the latter’s oblation was not accepted favourably by God as was Abel’s. For his death in this way he is regarded as a type of Our Saviour. His death symbolizes, too, the bloody sacrifice of the Cross and the unbloody one of the altar. He is mentioned in the Canon of the Mass, and his name holds first place in the Litany for the Dying.

Additional Information

Christian Iconography

MLA Citation

“Abel the Patriarch”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info. 27 January 2016. Web. 19 May 2026. <https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-abel-the-patriarch/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-abel-the-patriarch/

BOWYER BIBLE GENESIS 072. Cain slaying Abel. Genesis cap 4 v 8. Bloemaert


Abel, Patriach (AC)

Abel, the second son of Adam, was killed by his brother Cain who was jealous that God preferred gentle Adam's offering to his own (Genesis 4). Cain's legacy was descendants and the record of brute masculine strength. Abel, however, left far more. Unwittingly, Abel bequeathed a spirit that has proven invaluable in tempering the cruelties of the sons of Cain. He left the conviction that the worth of a sacrifice depends not upon the nature of the offering, but upon the disposition of the offer. Faint faith receives but faint reward, while he who has much gets more. Even Jesus mentions Abel, calling him the first martyr (Matt. 23:35). Abel is invoked in the litany for the dying, and there is a reference to his sacrifice in the Canon of the Mass (Benedictines, Mead).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0102.shtml

Daniele Crespi (1590–1630). Abel assassiné par Caïn, circa 1618, 184 x 126, Collection particulière


Abel

(From the Hebrew word for Vanity, "probably so called from the shortness of his life"--Gesenius; Greek Abel, whence English form).

Abel was the second son of Adam. Vigouroux and Hummelauer contend that the Assyrian aplu or ablu, const. Abal, i.e. "son," is the same word, not a case of orthographic coincidence, especially as Hebrew and Assyrian are closely related tongues. Some, with Josephus (Ant., I, ii), think it means "Sorrow" or "Lamentation". Cheyne holds that "a right view of the story favours the meaning shepherd, or more generally herdsman"; Assyrian ibilu (Ency. Bib., s.v.) "ram, camel, ass, or wild sheep."

Cain, the first-born, was a farmer. Abel owned the flocks that lived upon the soil. The two were, therefore, doubly brothers, by birth and by calling.

Abel is not mentioned in the Old Testament except in Genesis 4St. Augustine makes him a type of the regenerate, and Cain of the natural, man. "Cain founded a city on earth, but Abel as a stranger and pilgrim looked forward to the city of the saints which is in heaven" (City of God XV.1). The descendants of Cain were wicked, but, as nothing is said about those of Abel, it is supposed that he had none; or at least that no son was alive at the birth of Seth, "whom God has given me for Abel", as Eve expressed it (Genesis 4:25).

The Abelians, or Abelites, a sect in northern Africa mentioned by St. Augustine (de Haer., lxxxvii), pretended that they imitated Abel by marrying, yet condemned the use of marriage. They adopted children who also married and lived in the same manner as their foster-parents. The biblical account of the sacrifices of the brothers and of the murder of Abel states that Cain offered "of the fruits of the earth", Abel "of the firstlings of his flock, and of their fat". Cain's offerings are not qualified, Abel's show that he gave with generosity and love, and therefore found favour with GodJosephus says (Ant., I, ii), "God was more delighted with the latter (Abel's) oblation, when He was honoured with what grew naturally of its own accord than He was with what was the invention of a covetous man, and gotten by forcing the ground." St. John gives the true reason why God rejected Cain's sacrifice and accepted that of Abel: "his own works were wicked; and his brother's just" (1 John 3:12). God said later, "I will not receive a gift of your hand" (Malachi 1:10). The love of the heart must sanctify the lifting of the hands. Cain offered dans Deo aliquid suum, sibi autem seipsum (de Civ. Dei, XV, vii), but God says to all what St. Paul wrote to the Corinthians, "I seek not the things that are yours, but you" (2 Corinthians 12:14).

In Hebrew, Christian, and Arabic traditions and legends it is said that God showed his acceptance of Abel's sacrifice by sending fire to consume it, as in 1 Kings 18:38Cain thereupon resolved to kill his brother, thinking the latter would supplant him as Jacob did Esau later; or because he thought the seed of Abel would have the honour of crushing the serpent's head (Genesis 3:16), following Jewish tradition, makes the plain of Damascus the scene of the murder, and interprets the name of the city sanguinem bibens (blood-drinking). A traveller quoted with approval by the Rev. S. Baring-Gould (Legends of the Old-Testament Characters) places the scene half a mile from Hebron; but there is no such local tradition in the neighbourhood of Hebron. The Damascus referred to is certainly the Syrian city. The Koran (Sura v, 30, etc.) agrees with the Bible in the main facts about the sacrifices and murder, but adds the legend that God sent a raven which by scratching in the earth showed Cain how to bury his brother. According to Jewish tradition, Adam and Eve were taught by the raven how to bury their son, and God rewarded the raven by granting three things: (1) his young were to be inviolable, (2) abundance of food, (3) his prayer for rain should be granted (Pirke Rab: Eliezer, XXI).

In the New Testament Abel is often mentioned. His pastoral life, his sacrifice, his holiness, his tragic death made him a striking type of Our Divine Saviour. His just works are referred to in 1 John 3:12; he is canonized by Christ himself (Matthew 23:34-35) as the first of the long line of prophets martyred for justice' sake. He prophesied not by word, but by his sacrifice, of which he knew by revelation the typical meaning (Vigouroux); and also by his death (City of God XV.18). In Hebrews 12:24, his death is mentioned, and the contrast between his blood and that of Christ is shown. The latter calls not for vengeance, but for mercy and pardon. Abel, though dead, speaketh (Hebrews 11:4), Deo per merita, hominibus per exemplum (Piconio), i.e. to God by his merits, to men by his example. For a rabbinic interpretation of the plural Hebrew meaning "bloods", in Genesis 4:10, see Mishna San., IV, 5, where it is said to refer to Abel and to his seed. The Fathers place him among the martyrs. Martyrium dedicavit (St. Aug., op. cit., VI, xxvii); he is associated with St. John the Baptist by St. Chrysostom (Adv. Judaeos, viii, 8); others speak in similar terms. In the Western Church, however, he is not found in the martyrologies before the tenth century (Encycl. théol., s.v.).

In the canon of the Mass his sacrifice is mentioned with those of Melchisedech and Abraham, and his name is placed at the head of the list of saints invoked to aid the dying. The views of radical higher criticism may be summed up in the words of Cheyne: "The story of Cain and Abel is an early Israelitish legend retained by J as having a profitable tendency" (Encycl. bib., s.v.). The conservative interpretation of the narrative differs from that of the radical school of critics, because it accepts the story as history or as having at least a historic basis, while they regard it as only one of the legends of Genesis.

Sources

Patristic references in P.G. and P.L.; GEIKIE, Hours with the Bible; ID., The Descendants of Adam; ID., Creation to Patriarchs (New York, 1890); HUMMELAUER, Cursus Scrip. Sac. (Paris 1895); PALIS in VIG., Dict. de la Bible. FOR LEGENDS SEE: The Bible, the Koran, and the Talmud, tr. from the Germ by WEIL (London, 1846), 23-27; STANLEY, Sinai and Palestine; Id., Legends about Cain and Abel, 404, sqq.; BARING-GOULD, Legends of the Old Testament Characters (London 1871) I, 6; GUNKEL, The Legends of Genesis (tr., Chicago, 1901). For a strong presentation of the HISTORICITY of the Old Test., against the claims of the critical school, consult ORR, The Problems of the Old Testament (New York, 1906); DRIVER, Genesis (1904).

Tierney, John. "Abel." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907. 2 Jan. 2017 <http://www.newadvent.org/cathen/01035c.htm>.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. March 1, 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/01035c.htm


Duomo di Milano. Statua di Caino e Abele. Foto di Giovanni Dall'Orto, 18-7-2003.

Cathedral in Milan, Italy. Statues of Cain and Abel. Picture by Giovanni Dall'Orto, July 18

Sanamu ya marumaru kwenye Kanisa kuu la Milano inayoonyesha Kaini alivyomuua Abeli.


Legends of the Patriarchs and Prophets – Cain and Abel, by Sabine Baring-Gould

Chapter

After that the child given to Satan died, says Tabari, Adam had another son, and he called him Seth, and Seth was prophet in the room of his father, after the death of Adam.

Adam had many more children; every time that Eve bore, she bare twins, whereof one was male, the other female, and the twins were given to one another as husband and wife.

Now Adam sought to give to Abel the twin sister of Cain, when she was old enough to be married, but Cain (Kabil, in Arabic) was dissatisfied. Adam said to the brothers, Cain and Abel, “Go, my sons, and sacrifice to the Lord; and he whose sacrifice is accepted, shall have the young girl. Take each of you offerings in your hand and go, sacrifice to the Lord, and he shall decide.”

Abel was a shepherd, and he took the fattest of the sheep, and bore it to the place of sacrifice; but Cain, who was a tiller of the soil, took a sheaf of corn, the poorest he could find, and placed it on the altar. Then fire descended from heaven and consumed the offering of Abel, so that not even the cinders remained; but the sheaf of Cain was left untouched.

Adam gave the maiden to Abel, and Cain was sore vexed.

One day, Abel was asleep on a mountain. Cain took a stone and crushed his head. Then he threw the corpse on his back, and carried it about, not knowing what to do with it; but he saw two crows fighting, and one killed the other; then the crow that survived dug a hole in the earth with his beak, and buried the dead bird. Cain said, “I have not the sense of this bird. I too will lay my brother in the ground.” And he did so.

When Adam learned the death of his son, he set out in search of Cain, but could not find him; then he recited the following lines:

Every city is alike, each mortal man is vile,
The face of earth has desert grown, the sky has ceased to smile,
Every flower has lost its hue, and every gem is dim.
Alas! my son, my son is dead; the brown earth swallows him!
We one have had in midst of us whom death has not yet found,
No peace for him, no rest for him, treading the blood-drenched ground.

This is how the story is told in the Midrash: Cain and Abel could not agree, for, what one had, the other wanted; then Abel devised a scheme that they should make a division of property, and thus remove the possibility of contention. The proposition pleased Cain. So Cain took the earth, and all that is stationary, and Abel took all that is movable.

But the envy which lay in the heart of Cain gave him no rest. One day he said to his brother, “Remove thy foot, thou standest on my property: the plain is mine.”

Then Abel ran upon the hills, but Cain cried, “Away, the hills are mine!” Then he climbed the mountains, but still Cain followed him, calling, “Away, the stony mountains are mine!”

In the Book of Jasher the cause of quarrel is differently stated. One day the flock of Abel ran over the ground Cain had been ploughing; Cain rushed furiously upon him and bade him leave the spot. “Not,” said Abel, “till you have paid me for the skins of my sheep and wool of their fleeces used for your clothing.” Then Cain took the coulter from his plough, and with it slew his brother.

The Targum of Jerusalem says, the subject of contention was that Cain denied a Judgment to come and Eternal Life; and Abel argued for both. The Rabbi Menachem, however, asserts that the point on which they strove was whether a word was written zizit or zizis in the Parascha.

“And when they were in the field together, the brothers quarrelled, saying. “Let us divide the world. One said, “The earth you stand on is my soil.’ The other said, “You are standing on my earth.’ One said, “The Holy Temple shall stand on my lot;’ the other said, “It shall stand on my lot.’ So they quarrelled. Now there were born with Abel two daughters, his sisters. Then said Cain, “I will take the one I choose, I am the eldest;’ Abel said, “They were born with me, and I will have them both to wife.’ And when they fought, Abel flung Cain down and was above him; and he lay on Cain. Then Cain said to Abel, “Are we not both sons of one father; why wilt thou kill me?’ And Abel had compassion, and let Cain get up. And so Cain fell on him and killed him. From this we learn not to render good to the evil, for, because Abel showed mercy to Cain, Cain took advantage of it to slay Abel.”

Saint Methodius the Younger refers to this tradition. He says: “Be it known that Adam and Eve when they left Paradise were virgins. But the third year after the expulsion from Eden, they had Cain, their first-born, and his sister Calmana; and after this, next year, they had Abel and his sister Deborah. But in the three hundredth year of Adam’s life, Cain slew his brother, and Adam and Eve wailed over him a hundred years.”

Eutychius, Patriarch of Alexandria, says, “When Adam and Eve rebelled against God, He expelled them from Paradise at the ninth hour on Friday to a certain mountain in India, and He bade them produce children to increase and multiply upon the earth. Adam and Eve therefore became parents, first of a boy named Cain, and of a girl named Azrun, who were twins; then of another boy named Abel, and of a twin sister named Owain, or in Greek Laphura.

“Now, when the children were grown up, Adam said to Eve, “˜Let Cain marry Owain, who was born with Abel, and let Abel have Azrun, who was born with Cain.’ But Cain said to his mother, “˜I will marry my own twin sister, and Abel shall marry his.’ For Azrun was prettier than Owain. But when Adam heard this, he said, “˜It is contrary to the precept that thou shouldst marry thy twin sister.’

“Now Cain was a tiller of the ground, but Abel was a pastor of sheep. Adam said to them, “˜Take of the fruits of the earth, and of the young of the sheep, and ascend the top of this holy mountain, and offer there the best and choicest to God.’ Abel offered of the best and fattest of the first-born of the flock. Now as they were ascending the summit of the mountain, Satan put it into the head of Cain to kill his brother, so as to get Azrun. For that reason his oblation was not accepted by God. Therefore he was the more inflamed with rage against Abel, and as they were going down the mount, he rushed upon him and beat him about the head with a stone and killed him. Adam and Eve bewailed Abel a hundred years with the greatest grief…. And God cast out Cain whilst he was still unmarried into the land of Nod. But Cain carried off with him his sister Azrun.”

The Rabbi Zadok said, “This was the reason why Cain slew Abel. His twin sister and wife was not at all good-looking. Then he said, “˜I will kill my brother Abel, and carry off his wife.'”

Gregory Abulfaraj gives this account of the strife: “According to the opinion of Mar Theodosius, thirty years after he was expelled from Paradise, Adam knew his wife Eve, and she bore twins, Cain and his sister Climia; and after thirty more years she bore Abel and his twin sister Lebuda. Then, seventy years after when Adam wanted to marry one of the brothers with the twin sister of the other, Cain refused, asking to have his own twin sister.”

The Pseudo-Athanasius says, “Up to this time no man had died so that Cain should know how to kill. The devil instructed him in this in a dream.”

Leonhard Marius on Genesis iv. says, “As to what instrument Cain used, Scripture is silent. Chrysostom calls it a sword; Prudentius, a spade; Irenæus, an axe; Isidore says simply, steel; but artists generally paint a club, and Abulensis thinks he was killed with stones.” Reuchlin thinks, as iron was not discovered till the times of Tubal-cain, the weapon must have been made of wood, and he points out how much more this completes the type of Christ.

Cain and Abel had been born and had lived with Adam in the land of Adamah; but after Cain slew his brother, he was cast out into the land Erez, and wherever he went, swords sounded and flashed as though thirsting to smite him. And he fled that land and came to Acra, where he had children, and his descendants who live there to this day have two heads.

Before Cain slew his brother, says the Targum of Jerusalem, the earth brought forth fruits as the fruits of Eden; but from the day that blood was spilt upon it, thistles and thorns sprang up; for the face of earth grew sad, its joy was gone, the stain was on its brow.

Abel’s offering had been of the fattest of his sheep, the Targum adds, but Cain offered flax.

Abel’s offering, say certain Rabbis, was not perfect; for he offered the chief part to God, but the remainder he dedicated to the Devil; and Cain offered the chief part to Satan, and only the remainder to God.

The Rabbi Johanan said, Cain exclaimed when accused by God of the murder, “My iniquity is greater than I can bear,” and this is supposed to mean, “My iniquity is too great to be atoned for, except by my brother rising from the earth and slaying me.” What did the Holy One then? He took one letter of the twenty-two which are in the Law, and He wrote it on the arm of Cain, as it is written, “He put a mark upon him.”

After Abel was slain, the dog which had kept his sheep guarded his body, says the Midrash. Adam and Eve sat beside it and wept, and knew not what to do. Then said a raven whose friend was dead, “I will teach Adam a lesson,” and he dug a hole in the soil and laid his friend there and covered him up. And when Adam saw this, he said to Eve, “We will do the same with Abel.” God rewarded the raven for this by promising that none should ever injure his young, that he should always have meat in abundance, and that his prayer for rain should be immediately answered.

But the Rabbi Johanan taught that Cain buried his brother to hide what he had done from the eye of God, not knowing that God can see even the most secret things.

According to some Rabbis, all good souls are derived from Abel and all bad souls from Cain. Cain’s soul was derived from Satan, his body alone was from Eve; for the Evil Spirit Sammael, according to some, Satan, according to others, deceived Eve, and thus Cain was the son of the Evil One. All the children of Cain also became demons of darkness and nightmares, and therefore it is, say the Cabbalists, that there is no mention in Genesis of the death of any of Cain’s offspring.

When Cain had slain his brother, we are told in Scripture that he fled. Certain Rabbis give the reason: He feared lest Satan should kill him: now Satan has no power over any one whose face he does not see, thus he had none over Lot’s wife till she turned her face towards Sodom, and he could see it; and Cain fled, to keep his face from being seen by the Evil One, and thus give him an opportunity of taking his life.

With regard to the mark put upon Cain, there is great diverging of opinion. Some say that his tongue turned white; others, that he was given a peculiar dress; others, that his face became black; but the most prevalent opinion is that he became covered with hair, and a horn grew in the midst of his forehead.

The Little Genesis says, Cain was born when Adam was aged seventy, and Abel when he was seventy-seven.

The book of the penitence of Adam gives us some curious details. When Cain had killed his brother, he was filled with terror, for he saw the earth quivering. He cast the body into a hole and covered it with dust, but the earth threw the body out. Then he dug another hole and heaped earth on his brother’s corpse, but again the earth rejected it.

When God appeared before him, Cain trembled in all his limbs, and God said to him, “Thou tremblest and art in fear; this shall be thy sign.” And from that moment he quaked with a perpetual ague.

The Rabbis give another mark as having been placed on Cain. They say that a horn grew out of the midst of his forehead. He was killed by a son of Lamech, who, being shortsighted, mistook him for a wild beast; but in the Little Genesis it is said that he was killed by the fall of his house, in the year 930, the same day that Adam died. According to the same authority, Adam and Eve bewailed Abel twenty-eight years.

The Talmud relates the following beautiful incident.

God had cursed Cain, and he was doomed to a bitter punishment; but moved, at last, by Cain’s contrition, he placed on his brow the symbol of pardon.

Adam met Cain, and looked with wonder on the seal or token, and asked, –

“How hast thou turned away the wrath of the Almighty?”

“By confession of sin and repentance,” answered the fratricide.

“Woe is me!” cried Adam, smiting his brow; “is the virtue of repentance so great, and I knew it not! And by repentance I might have altered my lot!”

Tabari says that Cain was the first worshipper of fire. Eblis (Satan) appeared to him and told him that the reason of the acceptance of Abel’s sacrifice was, that he had invoked the fire that fell on it and consumed it; Cain had not done this, and therefore fire had not come down on his oblation. Cain believed this, and adored fire, and taught his children to do the same.

Cain, says Josephus, having wandered over the earth with his wife, settled in the land of Nod. But his punishment, so far from proving of advantage to him, proved only a stimulus to his violence and passion; and he increased his wealth by rapine, and he encouraged his children and friends to live by robbery and in luxury. He also corrupted the primitive simplicity in which men lived, by the introduction amongst them of weights and measures, by placing boundaries, and walling cities.

John Malala says the same: “Cain was a tiller of the ground till he committed the crime of slaying his brother; after that, he lived by violence, his hand being against every man, and he invented and taught men the use of weights, measures, and boundaries.”

The passage in Genesis “Whosoever slayeth Cain, vengeance shall be taken on him sevenfold,” has been variously interpreted. Cosmas Indopleustes renders it thus, “Whosoever slayeth Cain will discharge seven vengeances;” that is, he will deliver him from those calamities to which he is subject when living.

But Malala renders it otherwise; he says it is to be thus understood: “Every murderer shall die for his sin, but thou who didst commit the first homicide, and art therefore the originator of this crime, shalt be punished sevenfold; that is, thou shalt undergo seven punishments.” For Cain had committed seven crimes. First, he was guilty of envy; then, of treachery; thirdly, of murder; fourthly, of killing his brother; fifthly, this was the first murder ever committed; sixthly, he grieved his parents; and seventhly, Cain lied to God. Thus the sin of Cain was sevenfold; therefore sevenfold was his punishment. First, the earth was accursed on his account; secondly, he was sentenced to labor; thirdly, the earth was forbidden from yielding to him her strength; fourthly, he was to become timid and conscience-stricken; fifthly, he was to be a vagabond on the earth; sixthly, he was to be cast out from God’s presence; seventhly, a mark was to be placed upon him.

The Mussulmans say that the penitence of Cain, whom they call Kabil, was not sincere. He was filled with remorse, but it was mingled with envy and hatred, because he was regarded with disfavor by the rest of the sons of Adam.

Near Damascus is shown a place at the foot of a mountain where Cain slew Abel.

The legends of the death of Cain will be found under the title of Lamech.

“Half a mile from the gates of Hebron,” says the Capuchin Friar, Ignatius von Rheinfelden, in his Pilgrimage to Jerusalem, “begins the valley of Mamre, in which Abraham saw the three angels; the Campus Damascenus lies toward the west; there, Adam was created; and the spot is pointed out where Cain killed his brother Abel. The earth there is red, and may be moulded like wax.” Salmeron says the same, “Adam was made of the earth or dust of the Campus Damascenus.” And St. Jerome on Ezekiel, chap. xvii., says: “Damascus is the place where Abel was slain by his brother Cain; for which cause the spot is called Damascus, that is, Blood-drinking.” This Damascus near Hebron is not to be confused with the city Damascus.

MLA Citation

Sabine Baring-Gould. “Cain and Abel”. Legends of the Patriarchs and Prophets, 1881. CatholicSaints.Info. 23 December 2019. Web. 19 May 2026. <https://catholicsaints.info/legends-of-the-patriarchs-and-prophets-cain-and-abel-by-sabine-baring-gould/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/legends-of-the-patriarchs-and-prophets-cain-and-abel-by-sabine-baring-gould/

Albrecht Dürer (1471–1528), Cain Killing Abel, 1511, woodcut print, National Gallery of Art, Washington, D.C.


History of the Old Testament, Part 05 – Cain and Abel

Article

1. Adam and Eve had many children; of these, the eldest were Cain and his brother Abel. Cain was a husbandman, and wicked; but Abel, a shepherd, was just and good. Both offered sacrifice to God – Abel, a lamb; Cain, of the fruits of the earth. God, who knew the secrets of their hearts, looked with favor on the sacrifice of Abel, but turned away His face from the sacrifice of Cain.

2. When Cain saw this, his mind was filled with anger and jealousy against his brother. His countenance fell; and though God chid him in kindness, telling him if he did well he would be rewarded equally with Abel, yet Cain would not be appeased.

3. So, nourishing his anger and giving way to his spite, Cain one day asked Abel to go with him into the fields. There he rose up against his brother and slew him. As soon as the blood of the innocent Abel stained the ground, God cried out to Cain: “Where is thy brother?” But Cain, hardened in his crime, answered he did not know, nor was he his brother’s keeper.

4. But God, from whom nothing can be hid, told Cain that Abel’s blood cried to Him for vengeance, and, because he had dared to touch his brother, he should be a fugitive and a vagabond on the face of the earth. When Cain heard this sentence of God, he gave way to despair, saying: “My sin is too great to be pardoned.” So God set a mark upon him, and he went forth, a wanderer and a fugitive upon the face of the earth.

5. The murdered Abel is a figure of Jesus Christ, while Cain is a figure of the traitor Judas and the people who put our Saviour to death.

MLA Citation

Bishop Richard Gilmour. “Cain and Abel”. Bible History, 1894. CatholicSaints.Info. 19 July 2015. Web. 19 May 2026. <https://catholicsaints.info/history-of-the-old-testament-part-05-cain-and-abel/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/history-of-the-old-testament-part-05-cain-and-abel/

Prentmaker: Johann Sadeler (I), naar ontwerp van: Michiel Coxie (I), uitgever: Gerard de Jode, 1585. Kaïn slaat zijn broer Abel dood met het kaakbeen van een ezel. Op de achtergrond zijn twee offeraltaren te zien. Kaïns offer wordt geweigerd, de rook gaat naar beneden. Het offer van Abel wordt wel door God geaccepteerd. Op de achtergrond verschijnt God als een lichtstraal uit de hemel aan Kaïn. Onderaan een verwijzing naar de Bijbeltekst in Gen. 4 in het Latijn. Deze prent maakt deel uit van een album.


My Bible History, OT 06 – Cain and Abel

Cain and Abel were the first children of Adam and Eve. Cain grew up to be a farmer, Abel became a shepherd. Cain was envious and cruel; Abel was loving and kind.

One day, Cain and Abel both offered gifts to God. Cain offered some fruit and grain that he had raised. Abel brought some little lambs from his flock.

God looked into the heart of Cain and saw that it was full of wickedness. He therefore refused Cain’s gift.

But when God looked in the heart of Abel. He saw it filled with goodness. He therefore accepted Abel’s gift with pleasure.

This made Cain more jealous than ever. He made up his mind to kill Abel.

Some time later. Cain asked Abe! to go with him into the fields. When they had walked some distance. and there were no other people near. Cain struck down his brother Abel and killed him.

God saw everything that Cain had done. He asked Cain, “Where is your brother Abel?”

Cain tried to hide his sin from God.

He answered, “I know not. Am I my brother’s keeper?”

God rebuked him. saying. “What have you done? The voice of your brother’s blood cries out to Me. Cursed shall you be upon the earth that has received your brother’s blood. When you plow it, it shall not yield to you its fruit. You shall be a wanderer and a vagabond upon the earth.”

Hearing how he was to be punished. Cain cried out in despair, “My sin is too great to be pardoned! I must hide myself from Your face. Everyone that finds me will kill me.”

But God answered, “No, it shall not be so. Whoever kills Cain shall be punished seven-fold.”

And God set a mark upon Cain as a sign. so that no one should kill him. Cain went forth to wander over the earth. and to suffer for his sin. His children also suffered for their father’s sins.

We should not be like Cain who tried to hide his sins from God. If we fall into sin, we should at once be sorry for our sin, go to Confession, and resolve never to sin any more.

– from My Bible History in Pictures, by Bishop Louis LaRavoire Morrow, D.D., 1934; it has the Imprimatur of Archbishop Michael J O’Doherty of Manila, Philippines

SOURCE : https://catholicsaints.info/my-bible-history-ot-06-cain-and-abel/

William Blake (1757–1827), The Body of Abel Found by Adam and Eve, 1825, inktempera and gold on mahogany wood, 43.3 x 32.5, Tate Britain

William BlakeLe Corps d'Abel découvert par Adam et Ève, circa 1825


Practical Commentary on Holy Scripture – Cain and Abel

Genesis 4:1-16

Adam and Eve had many children; the first two were Cain and Abel. Cain was a husbandman, or tiller of the earth; Abel was a shepherd. Abel was just,1 but the works of Cain were evil. Now it happened one day that they offered a sacrifice2 to God in gratitude for the benefits He had bestowed upon them. Abel offered the firstlings3 of his flock, and Cain, fruits of the earth. The Lord regarded Abel and his gifts with favour, but for Cain and his offerings He had no regard.4 Seeing this, Cain was exceedingly angry, and his countenance fell.5

And the Lord said to Cain: “Why6 art thou angry, and why is thy countenance fallen? If thou do well, shalt thou not receive? but if ill, shall not sin forthwith be present at the door?7 But the lust thereof shall be under thee8, and thou shalt have dominion over it.” But Cain did not heed9 the Lord. One day he said to his brother: “Let us go forth abroad.” Abel, suspecting no evil, went out with him; and when they were in the field, Cain rose up against Abel, his brother, and slew him.

Then the Lord said to Cain: “Where10 is thy brother Abel?” Cain replied in an insolent manner: “I know not; am I my brothers keeper?”11 And the Lord said to him: “What hast thou done? The voice of thy brother’s blood crieth to me12 from the earth. Now, therefore, cursed shalt thou be upon the earth, which hath opened her mouth13 and received the blood of thy brother from thy hand. When thou shalt till it, it shall not yield to thee its fruit. A fugitive14 and a vagabond15 shalt thou be upon the earth.”

And Cain, in despair, said to the Lord: “My iniquity is greater16 than that I may deserve pardon. Behold! Thou dost cast me out this day from the face of the earth. Everyone, therefore, who findeth me, will kill me.” The Lord said to him: “No, it shall not be so; but whosoever shall kill Cain shall be punished sevenfold.”17 And He set a mark18 upon Cain, that whosoever found him should not kill him. And Cain went out from the face of the Lord, and dwelt as a fugitive19 on the earth.

Commentary

God is omniscient. God knew the minds of both Cain and Abel. He saw Cain’s envy and bloodthirstiness, and knew what crime he had committed, even though Cain would not acknowledge it.

God is holy. Therefore the offering of the righteous Abel was well pleasing to Him, but He took no pleasure in the offering of the evil-minded Cain.

God is just. In what way did God show His justice in this story? First by the words: “If thou do well, shalt thou not receive?” and those other words: “The voice of thy brother’s blood crieth unto me.” Secondly by the fact that He punished the murderer most terribly.

Envy is a capital sin, because, as we have seen in the case of Cain, it leads to many other sins. Cain began by being envious of his brother, and then, because he did not check this feeling, there grew up in his heart a fierce anger against Abel. He did not resist this anger, but rather cherished it, so that it turned into bitter hatred, and kindled in his heart the terrible desire to kill his brother. Then, as he did not resist this thirst for blood, it grew, until at last it led him to commit the horrible crime of fratricide.

Murder. The deadly blow which Cain dealt Abel was intentional and premeditated; and such an action is called murder. Cain was not only a murderer, but also a fratricide, i.e. the murderer of his brother.

The sins which cry to heaven for vengeance. We can see by this story of Cain and Abel, whence comes the expression of sins crying to heaven for vengeance. Willful murder is counted among them, because of the words of God: “The blood of thy brother crieth etc.”

The forgiveness of sins. Is it true that Cain might have obtained forgiveness if he had done penance? His sin was indeed great, but God’s mercy is infinitely greater; and the murderer would have been forgiven by God if he had but repented and confessed his terrible sin. Our faith teaches us explicitly that all sins can be remitted if only they are confessed with the proper dispositions. It was Cain’s own fault that he did not obtain forgiveness. He would not confess his sin, though God Himself questioned him. We cannot get our sins forgiven unless we confess them. Moreover, Cain had no true contrition, and all hope of pardon depends on that. He, however, had given up hope, and despaired of God’s mercy.

Free-will. There are those who yield to their evil passions, and then say that they could not help it. Is it true that they could not have helped it? Could not Cain have acted differently from what he did? God Himself had said to him: “Keep your lust under.” We are not obliged to follow our evil inclinations, for we have free-will, and can overcome our passions if we choose.

The necessity of grace. Grace is, however, necessary to enable the free-will of man to choose what is right. Cain had received sufficient grace, and if he had corresponded with it, he would have been quite able to overcome his envy and hatred, and would never have become a murderer. Even after his sin he would have been able to obtain pardon, if he had not resisted the grace of God which urged him to repent.

The wonderful working of divine grace for the good of man is shown to us very plainly in this story of Cain. Think howr much God did both to keep him from sinning, and to bring him to repentance, after he had sinned, so that his soul might be saved. First, He drew Cain’s attention to his ruling passions of envy and anger, in order to bring him to a knowledge of himself. Then He promised him a reward and blessing if he would correct himself, and threatened him with speedy punishment if he let himself be led on to do an evil deed. Lastly, He stirred him up, and exhorted him not to be led away by his evil desires, but to have dominion over them. Even after the terrible deed was done, Almighty God did not at once reject the murderer, and even while reproaching him for his crime, tried to move his heart. He wished Cain to recognise the horror of his deed, to abhor it, and repent of it. He even asked him where his brother was, in order to make the confession of his guilt easier to him. It was only when Cain proved to be hard-hearted and impenitent that God pronounced judgment on him. Even then, the sentence was not an eternal one; it was only temporal (“cursed be thou on the earth”), and might have led him to repentance and amendment. God protected the life of this wretch by a special mark, in order to give him more time for repentance. How good and merciful is God who, as it were, pursues the sinner so indefatigably, and tries in so many ways to move his heart, so as to save him from eternal damnation!

Resistance of grace. Sins against the Holy Ghost. Man, having free-will, is able to resist grace which, much as it may move him and incline him towards what is good, does not force him. Cain’s terrible example shows us to what resistance of grace can lead. He wrould not listen to God’s loving exhortation to overcome his envy and anger, but cherished them in his heart, till his anger waxed fiercer and turned to hatred, and, finally, led him to murder his own brother. Once again, after his crime, Cain resisted the promptings of God’s grace. He hardened his heart and sinned directly against God by his lies, defiance and impenitence. It was only after God had pronounced sentence on him, and he already felt its effects, that he acknowledged his guilt. He did not, however, implore for pardon contritely and confidently, but despaired of God’s mercy. Which of the sins against the Holy Ghost did he commit? First, he envied his brother on account of the grace God had given him; secondly, he hardened his heart against God’s admonitions; and, finally, he despaired of God’s mercy.

A right intention is the chief thing. Saint Paul says (Hebrews 11:4): “By faith Abel offered to God a sacrifice exceeding that of Cain.” What was wanting in Cain’s sacrifice? His faith in God and in the promised Saviour was not firm and living, and therefore his worship of God was wanting in reverence and thankfulness. He worshipped Him outwardly, but not inwardly. The gifts which he offered were good, but the intention with which he offered them was not good. Let us learn from this that God does not look merely on our outward works and gifts, but that He looks especially to our intention. “The Lord seeth the heart.”

The worship of God by sacrifice. Cain and Abel both brought gifts to God. What did they offer? Fruits and beasts. How did they offer these visible gifts? They burnt them, i.e. destroyed them by fire. They wished to express by this that they kept back nothing of these gifts for themselves, that they desired to offer them wholly to God, from whom all good things come, and to whom all things belong. From whom had Cain and Abel learnt how to offer sacrifice to God? Obviously, from their parents, Adam and Eve. We see, therefore, that men offered sacrifice to God from the very first: that so long as there have been men to worship Him, there have been sacrifices. Sacrifice is the highest and most perfect form of worship, and is essential to religion. The Catholic religion, being the most holy and perfect of all religions, must possess the most holy and perfect of sacrifices. What is this holiest sacrifice, most pleasing to God? It is Jesus Christ Himself, who once sacrificed Himself on the Cross in a bloody manner, and who continually offers Himself for us in the holy Mass in an unbloody manner.

Abel is the second type of Jesus Christ. Abel was just; a shepherd; envied by his brother; slain by him; and his blood cried for vengeance. Jesus Christ is the Most Just, and the Good Shepherd of mankind. Out of envy He was persecuted and slain by His brethren, the Jews. His Blood cries continually for grace and pardon for sinful man.

The homeless, wandering Cain is a type of the Jewish people who resisted God’s grace, and who, since they slew their God, have been homeless and scattered over the whole earth.

Eve, weeping over the body of her beloved son, slain by the hand of his brother, is a type of the sorrowful Mother of God who stood, sorrowing, at the foot of the Cross on which hung her divine Son, slain by His brethren, the Jews.

Application

Envy is very easily aroused in our hearts. Have you never felt envious when others have been praised or rewarded? Detest envy, and overcome all temptations to it, for it is a hateful sin, and the source of many other sins. “Through the envy of the devil death came into the world, and they follow him who are of his side” (Wisdom 2:24). If you let envy get possession of you, you are imitating the devil, and are his child. Do you wish, to be a child of the devil? If not, be not envious and jealous of others, but rather rejoice when good befalls them. Drive away envy, for from envy came the first murder.

The divine admonition to overcome the desire to sin applies to everybody. If God required of Cain that he should master his evil desires, how much more does He require it of us Christians, to whom so many graces have been given? Examine yourself and see what sin you are most inclined to, whether it be lying, or greediness, or laziness, or disobedience, or anger, or sinful curiosity, and resolve never to give way to it, but to overcome it at once. Resist the beginnings of sin. If Cain had stifled his envy in the beginning, he would not have become a fratricide! God warns you through your conscience, in the same way that He warned Cain. Do not resist these warnings, or you will grow up hard hearted.

If you have sinned through thoughtlessness or weakness, go at once and confess your sin to the priest, who is the representative of God, and God will forgive you. He who does not make a good confession, is hard hearted, like Cain.

Footnotes

1 Just. He feared and loved God, and believed in the future Saviour.

2 Sacrifice, i.e. visible gifts for the purpose of thanking God for the benefits already received, and of imploring further blessings from Him.

3 Firstlings, i.e. the first born and best and finest of his flock.

4 No regard. We are not told how Almighty God manifested His pleasure and displeasure. Probably, as at the sacrifice of Elias (Old Test. LXIII), He sent down fire from heaven, which consumed Abel’s offering, whereas Cain’s, notwithstanding every effort on his part, remained unconsumed.

5 His countenance fell. i.e. it became dark and pale with anger. Envy was the cause of his anger. He envied his brother for being in God’s favour, and feared that he would receive greater benefits than himself. Instead of winning God’s approval by contrition and amendment, he was seized with rage against his innocent brother, although God lovingly warned him in time.

6 Why. By these questions God wished to bring Cain to self-knowledge, and a realization of the terrible condition of his soul.

7 At the door. i.e. it will swiftly overtake you.

8 Under thee. i.e. you must not let these evil passions of envy and anger master you, but subdue them at once and rule over them.

9 Did not heed. He did not take God’s warning to heart. He did not subdue his anger, and therefore it gained more and more mastery over him, till it grew into the fiercest hatred. He could no longer endure the sight of his brother, and at last resolved to kill him. His evil passions quite blinded him. He did not think of the grief which his act would cause his parents, nor did he remember the threats of Almighty God. He enticed his brother into the field, and turning on him struck him dead. What must Adam and Eve have felt when they saw their dear Abel lying dead in his blood, slain by his own brother’s hand? Perhaps, blinded by bitter tears, they exclaimed: “Alas, that we must survive this, our son’s crime! Woe to us that we ever sinned! Cain has got his bad passions from us: this terrible deed is the consequence of our sin!”

10 Where. By asking this question God wanted to give Cain the opportunity of honestly and contritely confessing his crime. Had he done so, God would have forgiven him and lessened bis punishment. But instead of doing this, Cain made an insolent and defiant reply.

11 Keeper. This was as much as to say: “Why dost thou ask me? I am not his keeper!” Being blinded by his passions, Cain believed that he could hide his crime from God, and defiantly lied to Him. After that, God reproached him for what he had done, and pronounced sentence on him.

12 Crieth to me. Can blood cry out? Almighty God meant this: “Your evil deed is such that it demands punishment from heaven; in other words, it cries out to heaven for punishment and vengeance.

13 Mouth, i.e. thou hast with thine own hand shed thy brother’s blood which, flowing on to the ground, has been sucked up by it.

14 Fugitive, i.e. without a home.

15 Vagabond, i.e. thou shalt never find rest, but shalt always wander to and fro on the earth.

16 Greater. Cain’s defiance changed to despair. He believed that he could not obtain forgiveness, and despaired of God’s mercy. He would have liked to hide himself from God. Why did Cain wish to hide himself from God? Because he no longer regarded Him as a loving father, but only as a severe judge; and now the thought of the presence of that God whom he had so offended was torture and terror to him. Having no longer any hope of attaining to eternal life, he clung the more anxiously to this earthly life, and was filled with dread, lest others should kill him, as he had killed Abel. As the expulsion of Adam and Eve from paradise had taken place about 120 years before, there were probably a great number of people on the earth by this time.

17 Sevenfold. It was God’s will to preserve the life of this murderer, in order that he might serve as a warning to other men.

18 Mark. This mark was a sign on his face or brow, by which everyone might know who Cain was: that he was a man punished by the hand of God, and on account of his sins condemned to wander about on the earth, and that, being punished by God, he might not be killed by any man.

19 Dwelt as a fugitive. Weighed down by the curse of God, and tormented by his evil conscience, the fratricide thenceforward led a most miserable life. Day and night the image of his murdered brother was before his eyes, and he wandered to and fro on the earth, without comfort and without joy. The punishment of Cain was threefold. In the selfishness of his envy he had believed that, if Abel were dead, he would, firstly, receive more blessings from God, secondly, that the earth would produce more under his cultivation, and, thirdly, that he himself would be happier. The exact opposite took place. Firstly, God cursed him; secondly, the earth was barren under his touch; thirdly, he was a prey to constant fear and unrest, and never knew another happy moment.

SOURCE : https://catholicsaints.info/practical-commentary-on-holy-scripture-cain-and-abel/


Rodolfo Amoedo (1857–1941), O sacrifício de Abel, 1878, 116.5 x 89.5, Museum Dom João VI, Rio de Janeiro, Brazil


How Abel Represents Christ

The Bible didn’t mention a lot of information about Abel. He was a righteous man who was martyred for God’s sake before having any offspring. His name was not kept alive, but his sound was not stopped as St. Paul says, “... through it he being dead still speaks” (Hebrew 11:4). In spite of the little information we have about him, we are able to see him representing Christ.

Similarities between him and Christ:

He was known to be righteous, “By faith Abel offered to God a more excellent sacrifice than Cain, through which he obtained witness that he was righteous, God testifying of his gifts” (Hebrew 11:4).
Christ himself is perfectly righteous, most holy, Giver of holiness, who is alone sinless, “For Christ also suffered once for sins, the just for the unjust, that He might bring us to God, being put to death in the flesh but made alive by the Spirit” (1Peter 3:18), “And if anyone sins, we have an Advocate with the Father, Jesus Christ the righteous… If you know that He is righteous, you know that everyone who practices righteousness is born of Him” (1John 2:1, 29). St. Peter rebuked the Jews by saying, “But you denied the Holy One and the Just, and asked for a murderer to be granted to you, and killed the Prince of life, whom God raised from the dead, of which we are witnesses” (Acts 3:14). St. Stephen also did the same saying, “Which of the prophets did your fathers not persecute? And they killed those who foretold the coming of the Just One, of whom you now have become the betrayers and murderers” (Acts 7:52). Even His enemies testified for His righteousness, as Pilate’s wife, for example, who said to her husband, “Have nothing to do with that just Man, for I have suffered many things today in a dream because of Him” (Matthew 19:27). Pilate himself testified before the multitude saying, “Certainly this was a righteous Man” (Matthew 27:24), and the Centurion, after watching what had happened, glorified God, saying, “Certainly this was a righteous Man” (Luke 23:47).

Cain was the firstborn son of Adam and Eve, according to the flesh, but he lost this privilege because his wickedness to Abel, whom spiritual character appeared through the acceptance of his sacrifice, and also through his entire life which was like a blessed aroma smelled by God, to be the firstborn, according to the spirit. Abel, the younger brother, represents Christ, the second Adam, who replaced Adam, as the spiritual firstborn since Adam lost this privilege because of his disobedience and fall. Therefore Christ is called firstborn among many brethren, “For whom He foreknew, He also predestined to be conformed to the image of His Son, that He might be the firstborn among many brethren,” “When He again brings the firstborn into the world, He says: ‘Let all the angels of God worship Him’” (Roman 1:6). He also became the firstborn from the dead, “He is the head of the body, the church, who is the beginning, the firstborn from the dead” (Colossians 1:18), “Jesus Christ, the faithful witness, the firstborn from the dead, and the ruler over the kings of the earth” (Revelation 1:5). In addition, Jesus was the descendant of Abraham, who wasn’t the firstborn among his brothers according to the flesh; and He chose Isaac, who was younger than Ishmael, to come from his descendants, and Jacob the younger than his brother; and from Perez, who was born after his brother Zerah (Genesis 38:27-30)… All of them were firstborn according to the Spirit.

Abel was a shepherd, “Abel was a keeper of sheep, but Cain was a tiller of the ground” (Genesis 4:2). Shepherding represents care, responsibility, and dispensation to lead the body and its capabilities. 

Abel represents Christ, the good Shepherd who gives His life for His flock, which they may have life, and that they may have it more abundantly, “I am the good shepherd. The good shepherd gives His life for the sheep… I am the good shepherd; and I know My sheep, and am known by My own… My sheep hear My voice, and I know them, and they follow Me. And I give them eternal life, and they shall never perish; neither shall anyone snatch them out of My hand” (John 10:11, 14, 15, 27, 28). He is the Shepherd who cares about everyone to save him, and to restore he who was lost (Luke 15:1-7) not allowing any of His flock to be preyed.

Abel offered a bloody sacrifice from of the firstborn of his flock and of their fat (Genesis 4:3, 4). 

The sacrifice represents Christ who offered Himself as unblemished Lamb for our sake. He carried our sins and produced for us eternal salvation to be accepted to God the Father “Behold! The Lamb of God who takes away the sin of the world” (John 1:29, 36), “knowing that you were not redeemed with corruptible things, like silver or gold, from your aimless conduct received by tradition from your fathers, but with the precious blood of Christ, as of a lamb without blemish and without spot” (1Peter 1:18, 19). He is standing to intercede for us forever through His sacrifice, “Behold, in the midst of the throne and of the four living creatures, and in the midst of the elders, stood a Lamb as though it had been slain” (Revelation 5:6).

Abel died by his old brother’s hand unjustly, and he didn’t defend himself. 

Christ also died by His old brothers’ hand, i.e. the Jews. He died unjustly while He was sinless; and He didn’t defend Himself, as Isaiah prophesied, “He was oppressed and He was afflicted, Yet He opened not His mouth; He was led as a lamb to the slaughter, And as a sheep before its shearers is silent, So He opened not His mouth” (Isaiah 53:7).
 
Abel is dead, though speaks as if he is alive. The Lord said to Cain, “The voice of your brother's blood cries out to Me from the ground” (Genesis 4:10). It is a roaring sound, not conquered by death and locked up in the grave. It is the sound of the slain oppressed who abides with the crucified living One.

Abel’s blood represents the blood of Christ, which is still crying out expressing the redeeming act and continuous intercession. St. Clement of Alexandria says, “It was impossible for the blood to cry out unless it is of the incarnate Word, for the righteous man of the Old, i.e. Abel, represented the Righteous of the New, i.e. Christ the Word of God. The interceding act of the old blood is fulfilled through the new blood. The blood, which is the Word, cries out to God declaring that the Word is suffering.” “... through it he being dead still speaks” (Hebrew 11:4), “you have come to Mount Zion and to the city of the living God, the heavenly Jerusalem, to an innumerable company of angels, to the general assembly and church of the firstborn who are registered in heaven, to God the Judge of all, to the spirits of just men made perfect, to Jesus the Mediator of the new covenant, and to the blood of sprinkling that speaks better things than that of Abel” (Hebrew 12:22-24).   

SOURCE : http://wiscopts.net/spiritual-library/273

William-Adolphe BouguereauEl Despertar de la Tristeza (Abel es hallado muerto por Adán y Eva),1888, 203 x 252, National Museum of Fine Arts, Argentina, Buenos Aires


ABEL WAS A TYPE OF JESUS CHRIST

Abel was a shepherd.  (Genesis 4:2)

It was as a shepherd that he presented his offering unto God.  (Genesis 4:4)

Though giving no cause for it, Abel was hated by his brother.  (Genesis 4:8)

Cain was jealous of his brother Abel and it was out of envy the Cain slew Abel.  (Genesis 4:7)

Abel did not die a natural death.  (Genesis 4:8)

Abel met a violent end at the hand of his brother.  (Genesis 4:8)

Punishment was meted out upon his murderer.  (Genesis 4:11,12)

The offering Abel presented was an offering ‘unto God.’  (Hebrews 11:4)

The offering which Abel presented was ‘the firstlings of his flock’, a ‘lamb.’  (Genesis 4:4)

In bringing his offering ‘by faith’ he demonstrated that he believed the Word of God.  (Hebrews 11:4)

The offering which Abel presented is described as an ‘excellent’ one.  (Hebrews 11:4)

God had ‘respect unto Abel and to his offering’. God accepted the offering of Abel.  (Hebrews 11:4)

In the presentation of his offering, Abel ‘obtained witness that he was righteous.’  (Hebrews 11:4)  Abel was already saved and made righteous.

After Abel’s presentation of his offering, God publicly ‘testified’ of His acceptance of it.  (Hebrews 11:4)

Abel’s offering still ‘speaks’ to God. By it Abel ‘being dead yet speaketh.’  (Hebrews 11:4)

Christ was pictured by the life of Abel

Our Lord is a Shepherd: ‘the Good Shepherd.’  (John 10:11)

It was as a  Shepherd that Jesus Christ presented His offering to God.  (John 10:11)

Jesus, though giving no cause for it, Jesus was hated by His brethren according to the flesh the Jews. (John 15:25)

It was through ‘envy’ that Jesus was delivered up to be crucified.  (Matthew 27:18)

Our Lord did not die a natural death. He was slain by ‘wicked hands.’  (Acts 2:23)

Jesus was crucified by ‘the house of Israel’, His brethren according to the flesh.  (Romans 9:5)

After His death, our Lord’s murderers were punished by God.  (Mark 12:9)

The Lord Jesus was presented an offering ‘to God.’  (Ephesians 5:2)

The offering He presented was Himself; a ‘lamb.’  (II Peter 1:19)

In presenting Himself as an offering He was obedient to ‘the Word of God.’  (Hebrews 10:7-9)

The offering Christ offered was an  ‘excellent’ one. It was ‘a sweet smelling savor.’  (Ephesians 5:2)

God accepted His offering: the proof being that He is now ‘seated at the right hand of God.’ (Hebrews 10:12)

While presenting Himself on the Cross as an offering to God, ‘He obtained witness that He was righteous’ The centurion saying, ’This is a righteous man.’  (Luke 23:47)

God publicly testified His acceptance of the offering by raising Him from the dead.  (Acts 2:36)

Christ’s offering now ‘speaks’ to God.  (Hebrews 12:24)

SOURCE : http://www.biblelineministries.org/articles/basearch.php3?action=full&mainkey=ABEL+WAS+A+TYPE+OF+JESUS+CHRIST

Giorgio Vasari, Sacrificio di Caino e Abele, Galleria Napoletana (Museum of Capodimonte)


Sant' Abele Secondogenito di Adamo ed Eva

Personaggi biblici

Etimologia: Abele = figlio, dal sumerico

Gesù nel Vangelo (Matteo 23, 35) cita esplicitamente Abele in una serie di invettive contro gli scribi e farisei, per i tanti che perirono e periranno con violenza senza colpa alcuna, “perché ricada su di voi tutto il sangue innocente versato sopra la terra, dal sangue del giusto Abele fino al sangue di Zaccaria, figlio di Barachia, che avete ucciso tra il santuario e l’altare…”.

Poche volte Abele è nominato lungo il racconto biblico e sempre come esempio di uomo innocente e giusto, cioè vissuto e operato al cospetto di Dio e osservante delle sue leggi.

Del resto il capitolo 4 della Genesi che riporta la sua vicenda, arriva fino al versetto 8, quindi abbastanza breve. Il capitolo inizia con i progenitori che da qui in poi saranno chiamati come Adamo ed Eva e non più come “l’uomo e la donna”; essi usciti dal paradiso terrestre generarono un figlio, Caino, del quale Eva disse: “Ho formato un uomo con il favore del Signore”; nacque poi un altro figlio Abele il cui nome in ebraico rimanda a qualcosa di fragile, inconsistente come il fumo.

I due fratelli cresciuti, incarneranno i due modelli sociali del tempo; Caino agricoltore era legato stabilmente alla terra che coltivava; Abele pastore era un nomade in movimento per la ricerca del pascolo per le sue bestie.

Ambedue offrivano in sacrificio a Dio il risultato del loro lavoro, Caino offriva i frutti del suolo e Abele i primogeniti senza macchia del suo gregge.

E Dio gradì i doni di Abele offerti con fede ma non gradì quelli di Caino; probabilmente lo scrittore sacro del testo, intendeva dire che il lavoro di Abele dava frutti abbondanti procurandogli benessere, mentre il lavoro di Caino, denso di difficoltà, dava minori risultati e benessere; quindi ciò suscitava l’invidia di Caino per il fratello.

Bisogna però dire che già in questo primo episodio che riguarda due fratelli, ricorre il tema caro alla Bibbia, quello della libera scelta di Dio nel suo operato.

È lui che preferisce Abele a Caino, Isacco a Ismaele, Giacobbe ad Esaù, Giuseppe a Ruben, Davide a Saul; quasi sempre non è il primogenito ad essere privilegiato, contrariamente alle regole sociali e familiari del tempo, “perciò Caino ne fu molto irritato e il suo volto fu abbattuto”.

Il Signore riprendendolo per la sua ira gli lanciò un monito; alla porta di ogni uomo è presente il peccato, cioè il serpente tentatore; ma l’uomo con la sua libertà lo può dominare.

Ma Caino non volle vincerlo, anzi cedette alla tentazione e in un alterco avuto nei campi con Abele, avvenne la tragedia (la prima nel mondo creato), che lo scrittore sacro condanna in una sola frase: “Caino si scagliò contro suo fratello Abele e lo uccise”.

Sull’esempio di quanto già successe con Adamo, anche con Caino s’instaurò con Dio una specie d’interrogatorio, nel quale Caino negò di sapere dov’era il fratello. Poi il Signore pronunciò la condanna: “Che cosa hai fatto? Sento la voce del sangue di tuo fratello che grida a me dal suolo! Sii tu dunque maledetto dalla terra, che per mano tua ha spalancato la bocca per bere il sangue di tuo fratello. Quando lavorerai il suolo, esso non ti darà più i suoi frutti; ramingo e fuggiasco sarai sulla terra”.

Seguì il pentimento di Caino, che ormai si sentiva solo e isolato, indifeso, senza la protezione della famiglia o della tribù e con la paura che chiunque lo incontrasse lo uccidesse, ma ancora una volta il Signore si mostra misericordioso con chi si pente e disse: “Chiunque ucciderà Caino, sarà punito sette volte tanto!”.

Il delitto di Caino spezzò l’armonia della famiglia e della società, arrecando nel contempo un grandissimo dolore ai suoi genitori Adamo ed Eva; ormai il peccato era entrato nel mondo e sarà compagno nefasto della vita di ogni singolo uomo, portandone tanti alla perdizione; ma con l’ultima misericordia usata da Dio verso Caino, Egli non abbandona il peccatore al suo destino, ma lo tutela accogliendolo sotto la sua suprema giurisdizione, a cui appartengono tutte le vite anche quelle dei criminali.

Il nome Abele non è solo un nome ebraico, ma anche cristiano, adottato sia dai cattolici sia dai protestanti; in quanto nel “Nuovo Testamento” lo stesso Gesù lo presenta come un ‘martire giusto’.
Il sacrificio di Abele per la ricchezza di motivi umani che lo contraddistinse, fu naturalmente ispiratore di poesia. Nella letteratura italiana ricordiamo l’oratorio di Pietro Metastasio “La morte di Abel” (1782) e l’ “Abele” di Vittorio Alfieri una fusione di tragedia e opera in musica.

Innumerevoli sono le opere figurative dei migliori artisti, che raffigurano la scena del fratricidio. Come spesso accade, l’uccisore è ricordato più della vittima e anche nel caso dei primi due fratelli del genere umano, di Caino si ha memoria più lunga di quella di Abele; sia pure come esempio negativo e volendo indicare con questo nome una persona, senza onore non legata da amore fraterno.

Autore: Antonio Borrelli

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/92478

Lubin Baugin, Adam et Ève pleurant la mort d'Abel, 1650-1655, 51 x 64, musée du Louvre - https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010503361

Abel

hebräischer Name: הֶבֶל

Gedenktag katholisch: 23. Januar, 25. März, 9. Dezember

bedacht im Eucharistischen Hochgebet I

als erster Märtyrer der Menschheitsgeschichte, der damit dem Typos des gekreuzigten Jesus Christus entspricht: 24. März

Gedenktag orthodox: 20. März, vorletzter Sonntag im Advent

Gedenktag armenisch: 26. Dezember

liturgische Feier am 2. Donnerstag nach dem Verklärungssonntag

Gedenktag koptisch: 28. Dezember

Gedenktag äthiopisch-orthodox: 28. Dezember

Gedenktag syrisch-orthodox: 2. Januar

Name bedeutet: der Hauch (hebr.)

Hirte, erster Märtyrer der Menschheitsgeschichte

† 13. Oktober 3643 v. Chr. (nach jüdischer Zeitrechnung)

Abel war der zweite Sohn von Adam und Eva. Als Hirte brachte er Gott ein Opfer dar, das dessen Wohlgefallen fand, aber damit auch den Neid seines Bruders Kain hervorrief, der ihn deshalb erschlug (1. Mose 4, 4 - 8). Abel wurde so der erste Tote und das erste Gewaltopfer der Weltgeschichte.

Die Lehrerzählung erläutert damit, wie nach der ersten Sünde des Ungehorsams (1. Mose 3) die Gewalttaten in die Welt kommen. Sie spiegelt die Spannung zwischen Nomaden und sesshaften Stadtbewohnern: aus Sicht der noch nomadischen Israeliten galten die Städter als gottlos und lasterhaft, während die naturverbundenen Nomaden sich Gott näher fühlten. Im Neuen Testament wird Abel als Zeuge und Vorbild des Glaubens (Hebräerbrief 11, 4) beschrieben. Die Orthodoxen Kirchen rechnen ihn zu den vor Gott Gerechten, weil sein Opfer angenommen wurde.

Catholic Encyclopedia

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Autor: Joachim Schäfer - zuletzt aktualisiert am 31.08.2023

Quellen:

• Otto Wimmer, Hartmann Melzer: Lexikon der Namen und Heiligen, bearb. u. erg. von Josef Gelmi. Tyrolia, Innsbruck, 1988

korrekt zitieren: Joachim Schäfer: Artikel Abel, aus dem Ökumenischen Heiligenlexikon - https://www.heiligenlexikon.de/BiographienA/Abel.htm, abgerufen am 19. 5. 2026

Die Deutsche Nationalbibliothek verzeichnet das Ökumenische Heiligenlexikon in der Deutschen Nationalbibliografie; detaillierte bibliografische Daten sind im Internet über https://d-nb.info/1175439177 und https://d-nb.info/969828497 abrufbar.

SOURCE : https://www.heiligenlexikon.de/BiographienA/Abel.htm


Abel Aartsvader, Kanaän; herder, rechtvaardige & martelaar; † ca 3700 (volgens Joodse overlevering).

Feest 2 januari[102] & 25 maart[107] & 30 juli[014;127] & 9 december[106]; 28 december[107].

Hij was de tweede zoon van Adam en Eva en oefende het beroep van schaapherder uit. Hij werd gedood door zijn oudere broer Kaïn (Genesis 04,01-16).
In de ogen der christenen is hij in zekere zin een voorafschaduwing van Jezus. Abel wordt in de Joodse traditie en door Jezus in het evangelie 'rechtvaardig' genoemd (Matteus 23,35). Hij wordt beschouwd als een martelaar, omdat hij door zijn broer werd gedood op het moment dat hij zijn offer opdroeg.
Hij is patroon van stervenden.

Bronnen

[014; 101a; 102; 106; 107; 127; 500; Dries van den Akker s.j./2001.12.08]

© A. van den Akker s.j. / A.W. Gerritsen

SOURCE : https://heiligen-3s.nl/heiligen/12/09/12-09-00--3700-abel.php

Le Dieu des secondes chances : L'histoire de Caïn et Abel19 août 2021 : https://www.nationalshrine.org/blog/the-god-of-second-chances-the-story-of-cain-and-abel/

Cain and Abel: The Iconography : https://www.christianiconography.info/abel.html

Larry Peterson : Saint Abel the Just; His was the first recorded death in Human History; Feast Day, January 3 : https://www.catholic365.com/article/9778/saint-abel-the-just-his-was-the-first-recorded-death-in-human-history-feast-day-january-3.html

Paul-Henri Michel. « L'iconographie de Caïn et Abel »Cahiers de civilisation médiévale Année 1958 Volume 1 Numéro 2 pp. 194-199 : http://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1958_num_1_2_1049

Maia Benidze. La lecture typologique de l’iconographie de Caïn et Abel : de la Bible aux images. DESE- Doctorat d’études supérieures européennes. Littératures de l’Europe Unie, Université d'État Ivané Javakhichvili de Tbilissi : https://www.lilec.it/lingueeuro/didactique/travaux/Benizde/ART%20ET%20LITTERATURE.pdf

Maia Benidze, Le changement du paradigme du mythe de Caïn et Abel dans la littérature européenne du XX siècle, 2017, Doctorat d’Etudes Supérieures Européennes (DESE) Les Littératures de l’Europe Unie Litterature dell’Europa Unità, Università Statale di Tbilissi Ivane Javakhishvili Alma Mater Studiorum -Università di Bologna : https://press.tsu.edu.ge/data/image_db_innova/MAIA_BENIDZE_THESE_2017_TSU.pdf