Dédicace des basiliques
de St Pierre et de St Paul
Saint Pierre de Rome au Vatican dont "la gigantesque coupole développe sa courbe exactement au-dessus du premier pasteur de l'Eglise" (Pie XII) et Saint Paul hors-les Murs sur la voie d'Ostie au lieu même où fut enseveli l'Apôtre des Nations.
- vidéo sur la webTV de la CEF: La dédicace d'une église.
Mémoire de la dédicace des basiliques des saints Pierre et Paul, Apôtres, à
Rome. La première, édifiée par l'empereur Constantin sur la colline vaticane,
au-dessus de la tombe de saint Pierre, mais délabrée par le cours des temps et
reconstruite sur un plan plus grandiose, fut de nouveau consacrée en ce jour;
la seconde, construite sur la voie d'Ostie par les empereurs Théodose et
Valentinien, puis détruite par un déplorable incendie et entièrement
reconstruite, fut consacrée le 10 décembre 1854. La commémoraison commune de
leur dédicace, est, d'une certaine manière, un signe de la fraternité des deux
Apôtres et de l'unité de l'Église.
Martyrologe romain
Basilica di San Pietro in Vaticano in Vaticano (1506 - 1626), Città del Vaticano, entro il territorio di Roma
Piazza San Pietro
Basilica di San Paolo fuori
le Mura (Roma)
The Basilica of Saint Paul Outside
the Walls, with a statue of St. Paul standing
in front
Dédicace des Basiliques
des Saints Apôtres Pierre et Paul
(en 324)
Après avoir célébré, le 5
août, la Dédicace de Sainte-Marie-des-Neiges, plus connue sous le nom de
Sainte-Marie-Majeure, le 29 septembre celle de Saint Michel et le 6 novembre
celle de Saint-Jean-de-Latran, l'Église fête aujourd'hui la Dédicace des basiliques
de Saint-Pierre et de Saint-Paul à Rome. Tous ces anniversaires se placent
pendant le Temps après la Pentecôte, période pendant laquelle nous donnons
toutes nos pensées à l'Église dont nos temples sont l'image vivante.
La basilique de
Saint-Pierre au Vatican et celle de Saint-Paul-hors-les-Murs, construites
toutes deux par les soins de Constantin à l'endroit même de leur martyre, le
cèdent à peine en importance à celle de Saint-Jean-de-Latran. Saint-Pierre
s'élève sur l'emplacement du cirque de Néron et sous son maître-autel reposent
les restes sacrés du Chef des Apôtres; elle est devenue comme le centre du
monde chrétien. Déjà remarquable au IVe siècle, elle fut agrandie plus tard,
puis reconstruite au XVIe siècle, parce qu'elle tombait de vétusté. Elle fut
consacrée par le pape Urbain VIII le 18 novembre 1626.
La basilique de
Saint-Paul est située à l'autre extrémité de la ville, sur le tombeau du grand
Apôtre des nations. Ayant été presque complètement détruite par un incendie en
1823, cette église fut reconstruite avec une magnificence inouïe les papes
Grégoire XVI et Pie IX, et consacrée par ce dernier le 10 décembre 1854. On
maintient néanmoins la célébration des anniversaires des deux Dédicaces sous la
date primitive du 18 novembre.
Dom Gaspar
Lefebvre, Missel
SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/dedicace_des_basiliques_des_saints_apotres_pierre_et_paul.html
Dédicace des Basiliques
des Saints Apôtres Pierre et Paul
« Je puis te montrer les sépulcres des
Apôtres, puisque, soit que tu ailles au Vatican, soit que tu te rendes sur la
voie d’Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui fondèrent cette église [1].
»
On ignore la date exacte
de la dédicace des deux anciennes basiliques dédiées aux Apôtres. C’est au XIe
siècle qu’apparaît dans le martyrologe de Saint-Pierre l’annonce de la dédicace
de la basilique au 18 novembre. Au siècle suivant, les calendriers du Latran et
du Vatican ajoutent au même jour la dédicace de Saint-Paul.
Cet anniversaire demeura
localisé à Rome jusqu’en 1568 quand saint Pie V l’inscrit au calendrier général
sous le rite double. Léon XIII l’éleva au rang de double majeur en 1897.
Même si ces deux fêtes
sont distinctes, la liturgie, au bréviaire unit la dédicace du Latran et celles
des deux basiliques des Apôtres : à l’Office, en effet [2], les lectures du 1er
nocturne se suivent (Livre de l’Apocalypse [3]) et au 3ème nocturne, on lit le
9 novembre l’homélie prévue pour l’anniversaire de la dédicace (St Ambroise) et
le 18 novembre, l’homélie prévue pour l’octave de la dédicace (St Grégoire).
[1] EUSEB., Hist. Eccl.,
II, 25, 7.
[2] Au moins jusqu’en
1960.
[3] Le Commun de la
dédicace emploie lui le livre des Chroniques.
Leçons des Matines avant 1960
Au premier nocturne.
Du livre de l’Apocalypse de l’Apôtre saint Jean. Apoc.
21, 18-27. [4]
Première leçon. La muraille était bâtie de pierres de
jaspe ; mais la ville elle-même était d’un or pur semblable à du verre très
clair. Et les fondements de la muraille de la ville étaient ornés de toutes
sortes de pierres précieuses [5]. Le premier fondement était de jaspe, le
second de saphir, le troisième de chalcédoine, le quatrième d’émeraude, le
cinquième de sardonix, le sixième de sardoine, le septième de chrysolithe, le
huitième de béryl, le neuvième de topaze, le dixième de chrysopase, le onzième d’hyacinthe,
le douzième d’améthyste.
Deuxième leçon. Les douze portes étaient douze perles
: ainsi chaque porte était d’une seule perle, et la place de la ville était
d’un or pur comme un verre transparent. Je ne vis point de temple dans la
ville, parce que le Seigneur tout-puissant et l’Agneau en sont le temple. Et la
ville n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer, parce que la
gloire de Dieu l’éclairé, et que sa lampe est l’Agneau.
Troisième leçon. Les Nations marcheront à sa lumière,
et les rois de la terre y apporteront leur gloire et leur honneur. Ses portes
ne se fermeront point pendant le jour ; car là il n’y aura pas de nuit. Et l’on
y apportera la gloire et l’honneur des Nations. Il n’y entrera rien de souillé,
ni aucun de ceux qui commettent l’abomination-et le mensonge, mais ceux-là
seulement qui sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau.
Au deuxième nocturne.
Quatrième leçon. Parmi les sanctuaires vénérés
autrefois des Chrétiens, les plus célèbres et les plus fréquentés étaient ceux
dans lesquels des corps de Saints avaient été ensevelis, ou bien dans lesquels
se trouvait quelque vestige ou quelque souvenir des Martyrs. Au nombre de ces
lieux saints et au premier rang, l’on distingua toujours cette partie du
Vatican appelée Confession de saint Pierre. Les Chrétiens, en effet, y
accouraient de tous les points de l’univers, comme à la pierre ferme de la foi
et au fondement de l’Église, et vénéraient avec une religion et une piété
souveraines, l’emplacement consacré par le sépulcre du prince des Apôtres.
Cinquième leçon. L’empereur Constantin le Grand vint
là huit jours après avoir reçu le baptême ; il déposa le diadème, et, prosterné
à terre, versa des larmes abondantes. Après quelques instants, ayant pris une
houe et un hoyau, il se mit à creuser le sol. Il en tira douze corbeilles de
terre, en l’honneur des douze Apôtres, désigna l’emplacement destiné à la
basilique du prince des Apôtres et y fit commencer la construction d’une
église. Le Pape saint Sylvestre la dédia le quatorze des calendes de décembre,
en y observant les mêmes rites que pour la consécration de l’église de Latran,
qui avait eu lieu le cinq des ides de novembre. Il y érigea un autel de pierre,
qu’il oignit du saint chrême, et ordonna que dès lors on ne construirait plus
que des autels en pierre. Saint Sylvestre dédia encore la basilique de l’Apôtre
saint Paul, élevée à grands frais sur la route d’Ostie, par le même empereur
Constantin. Cet empereur donna de grandes richesses à ces basiliques et les
orna de splendides présents.
Sixième leçon. La basilique vaticane menaçant ruine
par l’effet du temps, elle a été, grâce à la dévotion de beaucoup de Pontifes,
totalement reconstruite sur un plan plus vaste et plus magnifique. Urbain VIII
l’a solennellement consacrée l’an mil six cent vingt-six, en la date même où
elle l’avait été lors de sa première érection. Quant à la basilique de la voie
d’Ostie, un terrible incendie la consuma presque entièrement, en mil huit cent
vingt-trois. Par les soins infatigables de quatre Papes, elle a été plus
splendidement réédifiée, et comme vengée de son désastre. Pour la consacrer,
une occasion très favorable s’offrit à Pie IX : la proclamation récente du
dogme de l’Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie avait attiré à
Rome, des régions les plus éloignées de l’univers catholique, un grand nombre
de Cardinaux et d’Évêques. Il la dédia donc solennellement, entouré de cette
magnifique couronne de membres du Sacré Collège et de Pontifes, le dix décembre
mil huit cent cinquante-quatre, et fixa à ce jour la mémoire de cette
solennelle Dédicace.
Au troisième nocturne.
Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 19,
1-10.
En ce temps-là : Jésus étant entré dans Jéricho,
traversait la ville. Et voici qu’un homme, nommé Zachée, chef des publicains,
et fort riche. Et le reste.
Homélie de saint Grégoire, Pape.
Septième leçon. Si nous désirons être vraiment sages
et contempler la sagesse même, reconnaissons humblement que nous ne sommes que
des insensés. Renonçons à une sagesse dangereuse, apprenons une folie digne de
louanges. C’est pour nous y engager qu’il est écrit : « Dieu a choisi ce qui
est insensé selon le monde pour confondre les sages ». C’est pour cela encore
qu’il a été dit : « Si quelqu’un d’entre vous paraît sage selon ce siècle,
qu’il devienne fou pour être sage ». C’est pour cela enfin que les paroles de
l’Évangile nous attestent que Zachée, ne pouvant voir à cause de la foule,
monta sur un sycomore afin de contempler le Seigneur à son passage. Le mot sycomore
signifie, en effet, figuier fou.
Huitième leçon. Zachée, qui était très petit de
taille, monta donc sur un sycomore et vit le Seigneur ; car ceux qui
choisissent humblement ce que le monde taxe de folie, contemplent avec clarté
la sagesse de Dieu. La foule empêche notre petitesse de voir le Seigneur parce
que le tumulte des sollicitudes du siècle accable l’infirmité de l’esprit
humain, de telle sorte qu’il ne peut porter ses regards vers la lumière de la
vérité. Mais nous montons sagement sur le sycomore, si nous gardons avec soin
en notre esprit cette folie que nous conseillent les préceptes divins. Qu’y
a-t-il en ce monde de plus insensé que de ne pas chercher à recouvrer les biens
que l’on a perdus ; d’abandonner ce qu’on possède à ceux qui le ravissent ; de
ne pas rendre injure pour injure, mais au contraire de n’opposer que la
patience à un surcroît d’outrages ?
Neuvième leçon. Le Seigneur nous ordonne, en quelque
sorte, de monter sur le sycomore, quand il nous dit : « Ne redemandez point
votre bien à celui qui vous le ravit », et aussi : « A quiconque vous frappe
sur une joue, présentez encore l’autre ». Du haut du sycomore on aperçoit le
Seigneur qui passe ; car, grâce à cette sage folie, on voit la sagesse de Dieu,
non point encore d’une manière complète et durable, mais par la lumière de la
contemplation, et comme en passant. Au contraire ceux qui paraissent sages à
leurs propres yeux ne le sauraient apercevoir, car, arrêtés par la foule de
leurs orgueilleuses pensées, ils n’ont pas encore trouvé le sycomore pour
contempler le Seigneur
[4] Cette lecture fait suite à celle du 1er nocturne
de la Dédicace de la Basilique du Latran.
[5] De toutes sortes de pierres précieuses, dont les
diverses beautés représentent très bien les dons divers que Dieu a mis dans ses
élus, et les divers degrés de gloire. Remarquez aussi que les pierres
précieuses sont ici presque les mêmes que celles qui composent le rational du
Souverain Pontife. (Bossuet.)
Dom Guéranger, l’Année
Liturgique
QUOD DUCE TE MUNDUS
SURREXIT IN ASTRA TRIUMPHANS, HANC CONSTANTINUS VICTOR TIBI CONDIDIT AULAM.
Parce que le monde sous ta conduite s’est élevé triomphant jusqu’aux cieux,
Constantin vainqueur construisit ce temple à ta gloire. C’était l’inscription
qui, dans l’ancienne basilique vaticane, se détachait en lettres d’or au sommet
de l’arc triomphal [6]. Jamais en moins de mots le génie romain ne s’exprima si
magnifiquement ; jamais n’apparut mieux la grandeur de Simon fils de Jean sur
les sept collines. En 1506, la sublime dédicace tombant de vétusté périt avec
l’arc sous lequel, à la suite du premier empereur chrétien, peuples et rois, le
front dans la poussière, s’étaient pressés durant douze siècles en présence de
la Confession immortelle, centre et rendez-vous du monde entier. Mais la
coupole lancée dans les airs par le génie de Michel-Ange, désigne toujours à la
Ville et au monde le lieu où dort le pêcheur galiléen, successeur des Césars,
résumant dans le Christ dont il est le Vicaire les destinées de la ville
éternelle.
La seconde gloire de Rome
est la tombe de Paul sur la voie d’Ostie. Cette tombe, à la différence de celle
de Pierre qui continue de plonger dans les profondeurs de la crypte vaticane,
est portée jusqu’à fleur de terre par un massif de maçonnerie, sur lequel pose
le vaste sarcophage. On fut à même de constater cette particularité en 1841,
lorsque l’on reconstruisit l’autel papal. Il parut évident que l’intention de
soustraire le tombeau de l’apôtre aux inconvénients qu’amènent les débordements
du Tibre, avait obligé de soulever ainsi le sarcophage de la place où d’abord
Lucine l’avait établi [7]. Le pèlerin n’a garde de s’en plaindre, lorsque par
le soupirail qui s’ouvre au centre de l’autel, son œil respectueux peut
s’arrêter sur le marbre qui ferme la tombe, et y lire ces imposantes paroles,
tracées en vastes caractères de l’époque constantinienne : PAULO APOSTOLO ET
MARTYRI. A Paul Apôtre et Martyr [8].
Ainsi Rome chrétienne est
protégée au nord et au midi par ces deux citadelles. Associons-nous aux
sentiments de nos pères, lorsqu’ils disaient de la cité privilégiée : « Pierre,
le portier, fixe ! à l’entrée sa demeure sainte ; qui niera que cette ville
soit pareille aux cieux ? A l’autre extrémité, Paul, de son temple, en garde
les murs ; Rome est assise entre les deux : là donc est Dieu [9]. »
Donc aussi la présente
fête méritait d’être plus qu’une solennité locale ; l’Église mère, en
l’étendant à toute Église dans ces derniers siècles, a mérité la reconnaissance
du monde. Grâce à elle, nous pouvons tous ensemble aujourd’hui faire en esprit
ce pèlerinage ad limina [10] que nos aïeux accomplissaient au prix de tant de
fatigues, ne croyant jamais en acheter trop cher les saintes joies et les
bénédictions. « Célestes monts, sommets brillants de la Sion nouvelle ! là sont
les portes de la patrie, les deux lumières du monde en sa vaste étendue : là,
Paul comme un tonnerre fait entendre sa voix ; là, Pierre retient ou lance la
foudre. Par celui-là les cœurs des hommes sont ouverts, par celui-ci les cieux.
Celui-ci est la pierre de fondement, celui-là l’ouvrier du temple où s’élève
l’autel qui apaise Dieu. Tous deux, fontaine unique, épanchent les eaux qui
guérissent et désaltèrent [11]. »
L’Église romaine a
consigné, dans les Leçons des Matines, ses traditions concernant les basiliques
dont la dédicace fait l’objet de la fête de ce jour.
Pour célébrer les saints
Apôtres, il nous plaît d’emprunter aux bibliothèques de nos frères séparés
d’Angleterre cette Séquence que la vénérable Église d’York chantait encore, il
y a quatre siècles, en leur honneur.
SÉQUENCE.
En cette mémoire
solennelle du Prince des Apôtres, que l’harmonie de notre louange, inspirée par
l’amour, se fasse jour en cantiques joyeux.
Avec lui vénérons, digne
comme lui de nos chants, l’Apôtre des nations ; ainsi la louange réunira ceux
que l’amour unit dans la vie et que la mort elle-même n’a pu séparer.
Leur louange, c’est que
dans Rome, siège de l’empire, ils renversèrent l’idolâtrie ; que dans cette
Rome, l’Église fondée et soutenue par eux gouverne l’univers.
Le fondement de l’Église,
c’est la foi de Pierre, comme la doctrine de Paul en est le soutien ; au
premier la clef signifiant la puissance, au second celle qui ouvre les horizons
de la science : toutes deux concourent à l’œuvre commune.
Car c’est ainsi que le
troupeau, que le peuple fidèle se félicite, au milieu des tempêtes de cette
vie, d’avoir en Pierre un pasteur et un guide ; tandis que Paul par ses
enseignements le fortifie, l’anime et le guérit dans ses maux.
L’un répand la parole de
vie, l’autre aux croyants de cette parole ouvre les deux ; ce que l’un prêche,
l’autre en montre la vérité par des miracles sans nombre.
Ils appellent au salut,
celui-ci les Juifs, celui-là les nations ignorantes du chemin de la vie ; tous
deux dirigent les appelés, tous deux combattent pour eux, repoussant l’assaut
de l’ennemi,
Ne craignant pas de faire
face à la force toute-puissante de l’empire, encourant l’un le supplice de la
croix, l’autre celui du glaive.
En la même ville, en un
même jour, ils souffrent la mort et passent aux cieux où sont récompensés les
justes. Puissent-ils, priant pour nous, nous préserver de tout mal, et nous
amener à partager leur bienheureux sort. Amen.
Enfin mettant à profit ce
jour pour rappeler et pour compléter les enseignements qui nous furent donnés
dans la fête générale de la Dédicace des Églises, terminons par cette autre
Séquence, digne d’Adam de Saint-Victor auquel on l’attribua longtemps. Toutes
les allégories du temps des figures y sont relevées à l’honneur du grand
mystère de l’union du Christ et de l’humanité, qu’exprime la consécration des
temples chrétiens.
SÉQUENCE. Qu’ils sont
aimés les tabernacles et les parvis du Seigneur des armées ! O architecte
incomparable ! ô temple édifié de telle sorte, que l’affermissent, au lieu de
l’ébranler, les pluies, les flots débordés, les tempêtes ! Belles sont ses
fondations, qui remontent aux jours où de gracieuses figures l’annonçaient sous
les ombres ! C’était le côté d’Adam endormi produisant Eve : première image
d’une union qui doit durer toujours. C’était l’arche faite du bois : elle sauve
Noé, navigue sûrement sur les eaux du déluge où périt le monde. C’est Sara
chargée d’ans et sa fécondité tardive, et son rire de bonheur quand elle
allaite celui dont le nom signifie notre joie. Rébecca présente l’eau qu’elle a
puisée au serviteur, porteur du message, et abreuve aussi ses chameaux. Elle se
pare des bracelets, des pendants d’oreilles, pour se montrer telle qu’il
convient à une vierge. Par Jacob la synagogue est supplantée, tandis que, ne se
confiant qu’à la lettre, elle s’égare. Aux yeux chassieux de Lia bien des
choses échappent, qui font la force de Rachel la voyante et rendent égaux ses
droits. Veuve longtemps, Thamar voilée donne à Juda deux fils. Là, Moïse est
trouvé dans sa corbeille de jonc par la jeune fille qui se baigne au fleuve. Là
l’agneau mâle est immolé, rassasiant Israël, le teignant de son sang. Là la mer
Rouge est traversée, les Égyptiens sont engloutis sous les flots profonds. Là
est l’urne remplie de la manne ; là, mais dans l’arche de l’alliance, sont les
dix commandements de la loi. Là sont gardés les ornements du temple, et aussi
les vêtements d’Aaron dont le premier est l’éphod du pontife. Là Bethsabée,
veuve d’Urie, élevée en gloire, s’assied sur le trône royal. Dans sa robe d’or
et sa parure variée, elle est devant le prince semblable aux filles des rois.
Là vient s’instruire à la divine sagesse de Salomon la reine du midi ; bien que
noire, elle est belle, tout imprégnée de myrrhe et d’encens, toute parfums.
Toutes ces figures annonçant sous les ombres l’avenir, le plein jour de la
grâce nous en a révélé la portée. Maintenant unis au bien-aimé, goûtons sa
paix, chantons des psaumes ; car c’est le jour des noces. Les trompettes
éclatantes du festin en annoncent l’ouverture, le psaltérion l’achèvement.
L’Époux ! C’est lui que chantent, unique mélodie, les millions de voix qui sans
fin disent : Alléluia ! Amen.
[6] De Rossi, Inscript,
christ. T. II, 345.
[7] Voir XVI Septembre,
en la Légende de saint Corneille.
[8] Dom Guéranger, Sainte
Cécile et la Société romaine aux deux premiers siècles, ch. VI.
[9] Janitor ante fores
fixit sacraria Petrus :
Quis neget has arces
instar esse poli ?
Parte alia Pauli
circumdant atria muros :
Hos inter Roma est : hic
sedet ergo Deus.
Inscription de la porte
de Rome qu’on appelait au VIe siècle la porte de Saint-Pierre. (De Rossi,
Inscript. II, 99.)
[10] Ad limina
Apostolorum, aux seuils des basiliques des Apôtres, où l’on se prosternait
avant d’entrer dans les basiliques mêmes.
[11] Venant. Fortunat.
Miscellanea, III, VII.
Bhx Cardinal
Schuster, Liber Sacramentorum
Je puis te montrer les
sépulcres des Apôtres, puisque, soit que tu ailles au Vatican, soit que tu te
rendes sur la voie d’Ostie, tu trouveras les trophées (trópaia) de ceux qui
fondèrent cette église [12]. » Ces paroles du prêtre Caïus disputant avec
Proclus, chef des Cataphrygiens à Rome, démontrent que, dès le IIe siècle, les
chapelles funéraires élevées à la mémoire des deux Princes des Apôtres sur
leurs tombeaux par le pape Anaclet, étaient considérées, même par les
hérétiques, comme la double pierre angulaire de l’Église romaine ; le symbole
de son apostolicité et de sa divine transcendance.
Il n’y a donc pas lieu de
s’étonner si, à peine la paix eut-elle été octroyée à l’Église par Constantin,
le pape Silvestre lui suggéra de faire, de ces deux principaux sanctuaires de
la foi catholique, des édifices correspondants par leur majesté et par leur
beauté à l’importance assumée par les deux tombeaux vis-à-vis de l’univers
chrétien.
Le vœu du Pape fut bien
accueilli par le fils de sainte Hélène, qui, sur la voie Cornelia comme sur la
voie d’Ostie, érigea deux véritables domus regales, selon l’expression du Liber
Pontificalis, resplendissantes d’or, et riches d’un patrimoine immobilier
considérable qui s’étendait jusqu’en Orient.
La première chose que fit
donc Constantin fut de blinder, pour ainsi dire, et de protéger d’un épais
revêtement de bronze la chambre sépulcrale des deux apôtres. Il en résulta une
sorte de cube de bronze ex aere cypro... ad caput, ped. V., ad pedes, ped. V,
ad latus dextrum, ped. V, ad latus sinistrum, ped. V, subter, ped. V, supra,
ped. V. Le biographe du pape Silvestre dans le Liber Pontificalis, nous assure
naïvement qu’à l’intérieur de cette énorme masse de métal les deux loculi
apostoliques avaient été mis en sûreté puisqu’il devenait impossible de les mouvoir
: quod est immobile.
Sur l’un et l’autre
sépulcres, le pieux Empereur déposa une grande croix d’or du poids de cent
cinquante livres. Sur celle de saint Pierre se trouvait cette inscription :
CONSTANTINVS AVG. ET HELENA AVG. HANC DOMVM REGALEM (auro decorant quam) SIMILI
FVLGORE CORVSCANS AVLA CIRCVMDAT. Le Liber Pontificalis nous assure en outre
que, sur la voie d’Ostie, Constantin fit de même pour le Docteur des Nations.
A propos des tombes
apostoliques, il convient donc de distinguer deux monuments différents : la
chambre sépulcrale, domus regalis, et la coruscans aula qui l’entourait,
c’est-à-dire la basilique elle-même.
Le sanctuaire, — ad
corpus, la domus regalis — c’est-à-dire les deux chambres sépulcrales, étaient
devenues à peu près inaccessibles dès le temps du pape Hormisdas, si bien qu’il
était à peine permis aux fidèles de faire descendre, pour les approcher du
sépulcre, des voiles — brandea — à travers les ouvertures ou cateractae
pratiquées dans la pierre tombale. Dans la basilique de Saint-Paul, sous
l’autel papal, on voit encore la pierre constantinienne avec les trois
ouvertures pratiquées au milieu pour le passage des voiles et des encensoirs
votifs.
Les dimensions de la
basilique constantinienne sur le sépulcre de saint Paul étaient un peu
restreintes, à cause de la position même de la tombe apostolique qui se
trouvait comme enfermée entre la voie d’Ostie et un autre iter vetus du côté du
Tibre. Bien vite la nef se trouva donc trop étroite pour la foule des pèlerins
qui s’y pressaient ; aussi en 386 les empereurs Valen-tinien II, Théodose et
Arcadius, par une lettre au préfet de Rome Salluste, en ordonnèrent la
reconstruction sur un plan nouveau et plus vaste. Conformément à ce nouveau
plan, on laissa intact à sa place l’autel du pape Silvestre sur la tombe de
l’Apôtre, mais on changea l’orientation de la basilique. Là où était l’entrée
primitive, sur la voie d’Ostie, s’éleva au contraire l’abside du nouvel
édifice, lequel fut prolongé d’une centaine de mètres du côté du Tibre ; et
autour de l’entrée on ouvrit une grande cour ou paradysus au centre de laquelle
saint Léon le Grand fit restaurer la fontaine rituelle, ou cantharus, pour les
ablutions.
Lors du transfert de la
résidence impériale à Constantinople, Rome chrétienne sentit plus vivement le
besoin de se serrer autour du Pontife romain, et de considérer les deux
basiliques des Princes des Apôtres comme le véritable Palatin ou le nouveau
palais royal — domus regalis — de la religion catholique. Pierre et Paul, tels
sont donc les nouveaux souverains de Rome ; et comme, selon le cérémonial
antique, les chambellans de la cour portaient le nom de cubicularii, lorsque
Léon le Grand, au dire du Liber Pontificalis, institua une garde d’honneur
autour des deux tombeaux apostoliques, il accorda à ceux qui la composaient le
titre glorieux de cubicularii beati Pétri, cubicularii beati Pauli, dont les
possesseurs se prévalent dans plusieurs inscriptions sépulcrales parvenues
jusqu’à nous.
Pendant ce temps,
l’affluence des fidèles, même des pays les plus lointains ad limina
Apostolorum, ne faisait que croître ; aussi le pape Simplice se vit-il obligé
d’instituer un service permanent de prêtres attachés aux deux basiliques
vaticane et ostienne : ut presbyteri manerent propter poenitentes et
baptismum... regio I ad sanctum Paulum, regio VI vel VII ad sanctum Petrum
[13].
La liturgie romaine, à
son âge d’or, reflète cet état de choses. Rome ignore encore le concept
juridique de la cathédrale médiévale, en opposition avec les autres églises
inférieures. Grâce à la liturgie stationnale, le Pape n’avait pas alors
d’église déterminée où il célébrât normalement les divins offices, mais il se
rendait ici ou là, en tel ou tel sanctuaire, selon qu’on fêtait tel ou tel
martyr. Si cependant on voulait à tout prix retrouver, dans cette première
période, une institution canonique quelconque préludant au concept médiéval de
nos cathédrales, il faudrait certainement reconnaître cette primauté à la
basilique vaticane.
C’est là, en effet,
autour de la tombe du premier fondateur de l’Église romaine, que sont
régulièrement ensevelis ses successeurs. C’est là que, dans les circonstances
les plus solennelles de la liturgie, a lieu, comme nous l’avons déjà vu, la
station eucharistique, pour la Théophanie, pour l’Ascension, pour la Pentecôte,
pour toutes les grandes pannuchis qui suivent le samedi des Quatre-Temps. Le
Pape, les prêtres et les diacres romains ne sont consacrés qu’à Saint-Pierre.
C’est là que le nouveau Pape inaugure son pontificat ; c’est là aussi qu’il le
termine par sa sépulture. C’est là, dans le baptistère damasien, que le Pape
baptise ordinairement, et que, s’inspirant d’une pensée théologique profonde,
il s’assied avec majesté sur la chaire de bois vénérée par la tradition comme
celle où siégeait saint Pierre, pour enrôler solennellement les nouveaux
agneaux dans le troupeau chrétien par la Confirmation.
C’est pour cette raison
qu’Ennodius de Pavie, parlant de cette antique chaire de l’Apôtre conservée au
Vatican, l’appelle simplement : sella gestatoria confessionis Apostolicae [14]
; et de même, lorsque dans l’épigraphe sépulcrale du pape Sirice il est
question de son exaltation au suprême pontificat, on dit que, parmi les
acclamations du peuple, il fut intronisé sur la Chaire de saint Pierre qui se
trouvait alors dans le consignatorium damasien :
FONTE • SACRO • MAGNVS •
MERVIT • SEDERE • SACERDOS
CVNCTVS • VT • POPVLVS •
PACEM • TVNC • SOLI • CLAMARET.
Il mérita de siéger comme
pontife dans le saint baptistère,
lorsque le peuple eut
proclamé qu’il était en communion avec lui seul.
Vénérée de toutes les
générations catholiques, enrichie et ornée de tout ce que, durant de longs
siècles de civilisation chrétienne, le génie inspiré par la foi a su produire
de meilleur, la basilique vaticane que, pour la défendre contre les Sarrasins,
Léon IV avait jadis entourée de la « cité léonine » fortifiée, assuma
sur-le-champ, dans l’ancienne pensée médiévale, la signification de symbole de
la primauté pontificale. Cette idée est heureusement exprimée dans ces vers,
qu’on lisait jadis sous la mosaïque absidale restaurée par Innocent III :
SVMMA • PETRI • SEDES •
EST • HAEC • SACRA • PRINCIPIS • AEDES
MATER • CVNCTARVM • DECOR
• ET • DECVS • ECCLESIARVM
DEVOTVS • CHRISTO •
TEMPLO • QVI • SERVIT • IN • ISTO
FLORES • VIRTVTIS •
CAPIET • FRVCTVSQVE • SALVTIS
Voici le siège suprême de
Pierre et le temple consacré au Prince des Apôtres.
Voici la mère, la gloire
et l’ornement de toutes les Églises.
Celui qui, en ce temple,
adore pieusement le Christ,
Obtiendra les fleurs de
sa vertu et, un jour, le fruit du salut éternel.
L’histoire des tombes
apostoliques de la voie d’Ostie et du Vatican est parallèle en tout. Quand, en
410, Alaric saccagea la Ville, il fit savoir aux Romains terrifiés que ceux qui
voulaient échapper au massacre devaient se mettre à l’abri dans les basiliques
des deux Apôtres. Nous savons en effet par saint Jérôme que Marcella et sa
compagne Principia, laissant l’Aventin, se réfugièrent à Saint-Paul « pour y
trouver ou un asile, ou un tombeau ».
Saint Grégoire le Grand
atteste que, de son temps, les deux tombes apostoliques étaient illustrées par
un tel nombre de miracles que le peuple fidèle, par respect, n’osait même pas
s’en approcher.
Après l’invasion des
Sarrasins, Jean VIII, imitant l’œuvre de Léon IV à Saint-Pierre, entoura lui
aussi la basilique de Saint-Paul d’une nouvelle cité fortifiée qu’il voulut
appeler Johannipolis.
Durant tout le haut moyen
âge, à côté des moines chargés par saint Grégoire II de la célébration
solennelle des divins offices dans la basilique du Docteur des Nations, le clergé
hebdomadier et les prêtres des titres de la Ière région continuèrent sans
interruption d’exercer leurs attributions primitives touchant l’administration
des sacrements.
Pierre Mallius rapporte
ainsi la liste des prêtres chargés de la célébration quotidienne du sacrifice
solennel sur la Confession apostolique de la voie d’Ostie :
Tit. Sabinae
» Priscae
» Balbinae
» de Fasciola
» S. Xysti
» Marcelli
» Susannae
Mais une seule messe
quotidienne, selon l’ancienne coutume, dans chaque église, et sur l’unique
autel érigé en chaque temple, ne pouvait suffire aux foules de pèlerins qui
affluaient tous les jours ad limina Apostolorum. Aussi Grégoire III décida-t-il
que, dans la basilique de Saint-Paul, on célébrerait normalement cinq messes,
mais sur cinq autels différents, et à la condition que les moines de l’abbaye,
qui déjà administraient les revenus de la basilique, en verseraient les
honoraires aux prêtres officiants.
Aux jours les plus
solennels de l’année, l’honneur d’officier sur la tombe du Docteur des Gentils
était réservé au Pape. Après Noël, après Pâques, avant le Carême, à l’occasion
des scrutins des catéchumènes, pour le Natale des Apôtres, la liturgie romaine amenait
le Pontife, le clergé et les fidèles de Rome sur la voie Cornélia et sur la
voie d’Ostie, aux tombeaux des saints Pierre et Paul, pour y célébrer les
vigiles nocturnes et la station solennelle.
Les sanctuaires
sépulcraux des Apôtres étaient alors le véritable centre religieux de la Ville,
ce que Rome pouvait présenter de plus important et de plus sacré à tout
l’univers catholique ; aussi n’est-il pas étonnant qu’à l’occasion des plus
grandes fêtes, les cérémonies des deux basiliques fussent, d’une certaine
manière, faites collectivement par le clergé tout entier et par le peuple de
l’Église romaine.
Comme ils l’avaient fait
pour la basilique vaticane, les anciens recueils nous ont conservé les
inscriptions qui ornaient jadis celle de la voie d’Ostie, et qui reflètent
toute la dignité du sanctuaire apostolique. En voici quelques exemples :
HIC • POSITVS • CAELI •
TRANSCENDIT • CVLMINA • PAVLVS
CVI • DEBET • TOTVS •
QVOD . CHRISTO • CREDIDIT • ORBIS
Paul, enseveli en ce
lieu, s’élève plus haut que le ciel,
lui à qui le monde entier
est débiteur de sa foi au Christ.
Voici l’inscription qu’on
lisait autrefois sur l’abside du baptistère :
HAEC • DOMVS • EST •
FIDEI • MENTES • UBI • SVMMA • POTESTAS
LIBERAT • ET • SANCTO •
PVRGATAS • FONTE • TVETVR.
C’est ici le siège de la
foi, d’où le souverain Dominateur
Délivre les âmes, les
purifie dans la fontaine sacrée et en assume la protection.
Quelque vénérables que
fussent en tout temps les deux basiliques des Apôtres, nous ne trouvons toutefois,
dans l’ancienne tradition liturgique romaine, aucune commémoration de leur
dédicace. Le martyrologe hiéronymien et les Sacramentaires conservent à ce
sujet un silence absolu ; le calendrier de l’Antiphonaire de Saint-Pierre, qui
est pourtant du XIIe siècle, l’ignore, et il faut arriver jusqu’à Pierre
Mallius pour trouver la première mention de la fête de la dedicatio basilicarum
Petri et Pauli. Ce silence, dans les documents de la basilique vaticane
eux-mêmes, est décisif.
Mais comment en arriva-t-on
à déterminer la date du 18 novembre ? C’est précisément ce que nous ignorons,
encore que le fait d’avoir réuni les deux dédicaces révèle la pénétration d’une
pensée symbolique dans une fête qui, à l’origine, devait sans doute avoir le
caractère d’un simple souvenir chronologique.
Le 9 novembre, on célèbre
à Rome la dédicace de l’église du Sauveur, et le 18 celle des basiliques des
deux Apôtres. N’y a-t-il pas entre ces deux dates, à dix jours de distance,
quelque chose d’artificiel, de conventionnel ? Comme nous n’entendons pas
l’affirmer, nous n’oserons pas davantage l’exclure.
Quoi qu’il en soit, dans
l’Ordo Romanus de Cencius, cette fête a déjà revêtu un caractère solennel. Le
Pape et les cardinaux chantent au Vatican les vêpres et les vigiles, passant la
nuit à Saint-Pierre où, le matin, la messe stationnale est célébrée. On assigne
XII den. pro implendo saccone domini papae, et III sol. pro lignis in camera
domini Papae [15]. Admirable simplicité du beau moyen âge !
Cependant, ni la
basilique vaticane, ni celle qui s’élève actuellement sur la voie d’Ostie, ne
sont plus celles qu’avaient tant admirées les pieux pèlerins du moyen âge. En
effet, le temple de saint Pierre, tombant de vétusté et démoli au XVIe siècle,
fut reconstruit avec une splendeur plus grande et consacré à nouveau par Urbain
VIII le 18 novembre 1626.
En 1823, tandis que Pie
VII agonisant évoquait dans son délire les jours heureux où, simple moine, il
résidait dans l’abbaye de Saint-Paul, et qu’il se sentait angoissé par la
vision d’un grand feu, un terrible incendie détruisit presque entièrement la
basilique du Docteur des Nations. Les flammes épargnèrent à peine le transept,
où se dressait l’autel de l’Apôtre sous l’arc triomphal de Léon le Grand. On ne
dit rien de l’événement au Pape mourant, et ce fut la seule douleur qui fut
épargnée à ce saint Pontife.
Léon XII, ayant succédé à
PieVII, commença immédiatement à réparer l’immense désastre. Bientôt, grâce aux
soins continuels de quatre papes, la basilique de Saint-Paul ressuscita de ses
cendres plus belle et plus glorieuse qu’auparavant.
Pie IX consacra le
nouveau temple le 10 décembre 1854, entouré d’une couronne de cardinaux et
d’évêques, telle qu’on n’en vit plus depuis lors, venus à Rome des parties du
monde les plus éloignées pour la proclamation du dogme de l’Immaculée
Conception. Mais pour ne pas séparer, même en cette circonstance, les deux
Apôtres dans les honneurs de la sainte liturgie, il fut établi que
l’anniversaire de la dedicatio Petri et Pauli continuerait d’être célébré,
comme par le passé, le 18 novembre.
Et ainsi, par un
admirable conseil de la Providence, il est advenu que toute l’Église catholique
célèbre chaque année la dédicace des quatre basiliques patriarcales de Rome,
celles du Divin Sauveur, de Saint-Pierre, de Saint-Paul et de
Sainte-Marie-Majeure. Comme chaque diocèse, en effet, célèbre la dédicace de sa
cathédrale, ainsi l’univers catholique fête aussi, par un rite annuel, celle de
la quadruple cathédrale papale, comme pour reconnaître, moyennant cette fête
symbolique, que, malgré les confins fixés à chaque diocèse, l’Église du Christ
est une, et elle est fondée sur Pierre, qui, de la Ville aux sept collines,
continue sa divine mission de paître les agneaux et de gouverner les brebis du
Christ sur toute la terre.
La messe est la même que
le 9 novembre.
Nous empruntons au Sacramentaire
Léonien ces deux collectes, qui toutefois appartiennent à la dédicace d’une
basilique de Saint-Pierre toute différente de celle du Vatican :
Deus, qui beati Petri
Apostoli dignitatem ubique facis esse gloriosam ; praesta, quaesumus, ut et doctrina
semper ipsius foveamur et mentis.
Super Oblata. — Suscipe,
Domine, quaesumus, hostias quas maiestati tuae in honorem beati Apostoli Petri,
cui haec est basilica sacrata, deferimus, et eius precibus nos tuere. Per
Dominum.
Comme on le voit, et à la
différence du concept moderne, dans l’antique tradition romaine les fêtes de
dédicaces d’églises n’étaient pas envisagées comme festum Domini, mais comme
une solennité en l’honneur du Saint sous le vocable duquel l’église était
placée.
Pour compléter ce que
nous avons déjà dit, nous rapportons ici volontiers une antique inscription,
qu’on lisait jadis sur la façade de Saint-Pierre :
QVI • ECCLESIAM • PETRI •
SACRASTI • NOMINE • CVIQVE
AGNOS • MANDASTI •
PASCERE • CHRISTE • TVOS.
EIVSDEM • PRECIBVS •
CONSERVA • HAEC • ATRIA • SEMPER
PRAESIDIO • VT • MANEANT
• INVIOLATA • TVO. O Christ, vous qui avez voulu que cette église fût consacrée
au nom de Pierre,
auquel vous avez commandé
de paître vos agneaux :
par ses prières défendez
toujours cet édifice,
afin que sous votre
protection il ne soit jamais violé.
Dans l’abbaye de
Saint-Paul, riche encore de nos jours des souvenirs de nombreux saints et
d’insignes pontifes qui y professèrent la vie monastique, on peut lire ces
beaux vers, composés par Alcuin :
SERVA • PAVLE • TVI •
VENERANDI • SACRARIA • TEMPLI NE • LATRO • DEPOPVLANS • VASTET • OVILE • TVVM.
Gardez, ô Paul, votre
saint temple, afin que l’adversaire
ne puisse jamais dévaster
votre bercail.
[12] Euseb., Hist. Eccl.,
II, 25, 7.
[13] Lib. Pontif. (Ed.
Duchesne), I, 249.
[14] Apolog. pro.Synodo.
P. L., LXIII, col. 206.
[15] P. L., LXXVIII, col.
1096.
Dom Pius Parsch, le Guide
dans l’année liturgique
« La Jérusalem céleste »
La fête de la Dédicace. —
La fête d’aujourd’hui est un pèlerinage spirituel aux deux saints tombeaux de
la chrétienté, à Saint-Pierre et à Saint-Paul de Rome. Les deux basiliques sont
un bien commun de la Sainte Église tout entière ; il est donc bien compréhensible
que nous célébrions tous la dédicace de ces deux églises. Saint-Pierre est en
particulier l’église dans laquelle nous célébrons les plus grandes fêtes de
l’année ecclésiastique. A quatorze reprises, nous nous y rendons pour l’office
stationnal. C’est là que nous célébrons le dimanche joyeux de l’Avent
(Gaudete), la troisième messe de Noël, l’Épiphanie, la Quinquagésime, le
dimanche de la Passion, le lundi de Pâques, l’Ascension, la Pentecôte ; de
plus, c’est là que nous célébrons le samedi des Quatre-Temps de chaque
trimestre. C’est donc à Saint-Pierre que nous recevons les plus grandes grâces
attachées aux fêtes de l’année ecclésiastique. Nous devons remercier
aujourd’hui pour ces grâces. A Saint-Paul hors les murs, nous ne nous rendons
que quatre fois au cours de l’année. Pourtant saint Paul est notre parrain de
baptême, il est le témoin de notre renouvellement baptismal (Sexagésime,
mercredi après le quatrième dimanche de carême, mardi de Pâques) ; de plus,
c’est lui qui nous instruit le plus souvent le dimanche : la plupart des
Épîtres sont de-lui.
Voici comment Dom
Herwegen décrit les caractères essentiels de Saint-Pierre de Rome : La Ville
éternelle possède deux églises principales : Saint-Jean de Latran et
Saint-Pierre. La basilique du Latran, la mère de toutes les églises du monde,
était la propre cathédrale des fidèles de Rome. C’est là que s’accomplissaient
l’ouverture du carême, l’administration solennelle du baptême à Pâques, etc.
Mais, de son côté, la basilique Saint-Pierre était l’église des étrangers, des
pèlerins qui venaient visiter la tombe du Prince des Apôtres.
C’est là que
s’accomplissaient les cérémonies dans lesquelles s’exprime le caractère
mondial, universel, de l’Église Romaine, par exemple la messe de l’Épiphanie et
jadis aussi la messe du jour en la fête de Noël. Ainsi s’explique l’Introït de
ces deux fêtes et toutes leurs lectures et leurs chants, dans le sens d’une
proclamation de la royauté universelle du Christ et de sa majesté royale. Qu’il
me suffise de mentionner ici rapidement quelques textes dont le sens ressort de
leurs paroles mêmes : « Un enfant nous est né et un fils nous a été envoyé ; la
souveraineté est le manteau de ses épaules » (Introït de Noël). « Le Fils, qui
est le rayonnement de la gloire de son Père et l’empreinte de sa substance, et
qui soutient toutes choses par sa puissante parole, après nous avoir purifiés
de nos péchés, s’est assis à la droite de la majesté divine au plus haut des
cieux... Mais il dit au Fils : Ton trône, ô Dieu, demeure à jamais et
éternellement ; le sceptre de ta royauté est un sceptre de droiture » (Épître).
« Toutes les limites de la terre ont vu le salut de notre Dieu. Chantez à Dieu
dans la jubilation, terre tout entière ! Le Seigneur a révélé son salut aux
yeux de toutes les nations » (Graduel). « Voici, dit l’Introït de l’Épiphanie à
Saint-Pierre, qu’est arrivé le Grand Roi, le Seigneur ; la royauté est dans sa
main, et la puissance et l’empire universel. Mon Dieu, donnez votre jugement au
Roi et votre justice au Fils du Roi. » « Lève-toi, poursuit l’Épître, sois une
lumière, Jérusalem, car voici que vient ta lumière, et la gloire du Seigneur
s’est levée sur toi. » L’Évangile parle du Roi de Juda nouveau-né, auquel, à
l’Offertoire, les rois de Tharsis apportent leurs adorations, et les rois
d’Arabie et de Saba leurs présents. « Tous les rois de la terre l’adorent, tous
les peuples le servent. » Les deux messes sont donc pleines de textes de
l’Écriture concernant la royauté du Christ.
La prière des Heures nous
parle de la construction et de l’histoire des deux basiliques. Parmi les lieux
saints qui étaient spécialement en honneur chez les premiers chrétiens, ceux où
reposaient les corps des saints martyrs recevaient plus que d’autres des
visites. Mais on témoignait une grande vénération à cette partie du Vatican où
se trouvait le tombeau de saint Pierre. De toutes les régions du monde les
chrétiens y venaient en pèlerinage, comme au rocher de la foi et au fondement
de l’Église. C’est là que vint aussi l’empereur Constantin, huit jours après
son baptême, qu’il déposa sa couronne, se prosterna à terre en humble posture
et versa d’abondantes larmes Il creusa le sol à la pioche et à la pelle et
emporta de ce lieu douze corbeilles de terre, en l’honneur des douze apôtres,
dont il se servit pour marquer l’enceinte de la future basilique qu’il voulait
faire élever au Prince des Apôtres. Celle-ci fut consacrée le 18 novembre par
le pape Silvestre 1er (voir au 31 décembre). Le pape y érigea un autel de
pierre qu’il oignit du Saint -Chrême et il ordonna que désormais les autels
devraient être construits en pierre. La nouvelle église Saint-Pierre fut
consacrée par Urbain VIII, le 18 novembre 1626. La basilique Saint-Paul, qui
avait été détruite par un incendie en 1823, fut reconstruite à grands frais et
consacrée par le pape Pie IX, le 10 décembre 1854, à l’occasion de la
définition du dogme de l’Immaculée Conception. — Pour l’explication de la fête
et de la messe de la Dédicace, voir Appendice, p. 993.
Lecture d’Écriture
(Apocalypse, XXI, 18-27). — L’Église interrompt la lecture de l’Écriture
occurrente et nous présente une peinture apocalyptique de la Jérusalem céleste
Cette lecture se rattache aux pensées du temps actuel de l’année ecclésiastique
Remarquons le dessein de l’Église : les deux fêtes de la Dédicace en novembre
ont des leçons dont les textes se suivent (9 nov. : XXI, 9-18 ; 18 nov. : XXI,
18-27. La lecture du 3e nocturne est empruntée à l’octave de la Dédicace, de
sorte que ces deux fêtes sont en étroite liaison). Les leçons nous montrent la
Jérusalem céleste dans son achèvement : « La muraille de la ville était
construite en jaspe, et la ville elle-même était d’un or pur, semblable à un
pur cristal. Les pierres fondamentales du mur de la Ville étaient ornées de
toutes sortes de pierres précieuses... Les douze portes étaient douze perles ;
chaque porte était d’une seule perle Les rues de la ville étaient d’un or
pur... On n’y voyait pas de temple, car Dieu, le Seigneur, le Tout-Puissant,
est son temple ainsi que l’Agneau. La ville n’avait besoin ni du soleil ni de
la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illuminait et l’Agneau était
son flambeau. Les nations marcheront à sa lumière et les rois de la terre y
apporteront leur magnificence et leurs trésors. Ses portes ne sont point
fermées chaque jour et il n’y a pas de nuit. On y apportera ce que les nations
ont de plus magnifique et de plus précieux Il n’y entrera rien de souillé,
aucun artisan d’abomination et de mensonge, mais ceux-là seulement qui sont
inscrits dans le livre de vie de l’Agneau. » De ce passage il résulte que ces
deux fêtes de Dédicace célébrées à la fin de l’année appartiennent au
symbolisme de l’automne ecclésiastique ; elles représentent pour nous la
Jérusalem céleste.
SOURCE : http://www.introibo.fr/18-11-Dedicace-des-Basiliques
Greco, Les
Apôtres Pierre et Paul, circa 1587, 121,5 x 105, musée de l'Ermitage
Dedication of the
Basilicas of Sts. Peter and Paul
As the commemorative
feast of the dedication of the arch-basilica of the Lateran is kept by the
whole Western church, so also is that of the other greater patriarchal
basilicas at Rome, St Mary Major on August 5, and St Peter’s and St Paul’s
together on this day, November 18th.
Amongst all the places
which the blood of martyrs has rendered illustrious, that part of the Vatican
Hill which was consecrated with the blood and enriched with the relics of the
Prince of the Apostles has always been the most venerable.
“The sepulchers of those
who have served Christ crucified”, says St John Chrysostom, “surpass the
palaces of kings ; not so much in the greatness and beauty of the buildings
(though in this also they go beyond them) as in other things of more
importance, such as the multitude of those who with devotion and joy repair to
them. For the emperor himself, clothed in purple, goes to the tombs of the
saints and kisses them ; humbly prostrate on the ground he beseeches the same
saints to pray to God for him ; and he who wears a royal crown looks on it as a
great privilege from God that a tentmaker and a fisherman, and these dead,
should be his protectors and defenders, and for this he begs with great
earnestness.”
The martyrdom of St Peter
took place according to tradition at the circus of Caligula in Nero’s gardens
on the Vatican Hill, and he was buried nearby. It is held by some that in the
year 258, to avoid desecration during the persecution of Valerian, the relics
of St Peter, together with those of St Paul were translated for a time to the
obscure catacomb now called St Sebastian’s ; but they came back to their
original resting-place, and in 323 the Emperor Constantine began the building
of the basilica of St Peter over the tomb of the Apostle.
For nearly twelve hundred
years this magnificent church remained substantially the same, a great papal
establishment gradually growing up between it and the Vatican Hill. This was
made the permanent residence of the popes on their return from the exile at
Avignon, and by the middle of the fifteenth century the old church was found to
be inadequate.
In 1506 Pope Julius II
inaugurated a new building designed by Bramante, whose erection was carried on
over a period of a hundred and twenty years, undergoing many alterations,
additions and modifications at the hands of various popes and architects,
especially Paul V and Michelangelo.
The new basilica of St
Peter, as we see it today, was consecrated by Pope Urban VIII on November 18,
1626, the day of its original dedication. The high altar was set up over the
Apostle’s resting-place, which until 1942 had been inaccessible for many centuries.
Though St Peter’s must always yield in dignity to the cathedral of St John
Lateran, it has nevertheless for long been the most important church of the
world, both in fact and in the hearts of Catholic Christians.
The martyrdom of St Paul
took place some seven miles from that of St Peter at Aquae Salviae (now called
Tre Fontane) on the Ostian Way. He was buried about two miles therefrom, on the
property of a lady named Lucina, in a small vault.
Early in the third
century, according to Eusebius (Hist. eccl., ii, 25, 7), a Roman priest, Caius,
refers to the tombs of SS. Peter and Paul : ” I can show you the trophies
[tombs] of the apostles. If you go to the Vatican or on the road to Ostia you
will see the trophies of those who founded this church.”
Constantine is said to
have begun a basilica here too, but the great church of St Paul
Outside-the-Walls was principally the work of the Emperor Theodosius I and Pope
St Leo the Great. It remained in its primitive beauty and simplicity till the
year 1823, when it was consumed by fire.
The whole world
contributed to its restoration, non-Christians as well as non-Catholics sending
gifts and contributions. During the course of the work the fourth-century tomb
was found, with the inscription PAULO APOST MART : To Paul, apostle and martyr
; it was not opened.
The new basilica, on the
lines of the old one, was consecrated by Pope Pius IX on December 10, 1854, but
the annual commemoration was appointed for this day, as the Roman Martyrology
records.
“We do not”, says St Augustine, “build churches or appoint priesthoods, sacred rites and sacrifices to the martyrs, because, not the martyrs, but the God of the martyrs, is our God. Who among the faithful ever heard a priest, standing at the altar set up over the body of a martyr to the honour and worship of God, say in praying : We offer up sacrifices to thee, Peter, or Paul, or Cyprian ? We do not build churches to martyrs as to gods, but as memorials to men departed this life, whose souls live with God. Nor do we make altars to sacrifice on them to the martyrs, but to their God and our God.”
SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/basilicas-of-peter-and-paul/
Guido Reni, San Pietro
e San Paolo apostolo, circa 1605
The Dedication of the
Churches of SS. Peter and Paul, at Rome
THE VATICAN church,
dedicated in honour of St. Peter, is the second patriarchal church at Rome, and
in it reposes one half of the precious remains of the bodies of SS. Peter and
Paul. The tombs of the great conquerors and lords of the world have been long
since destroyed and forgotten; but those of the martyrs are glorious by the
veneration which the faithful pay to their memory. Amongst all the places which
the blood of martyrs has rendered illustrious, that part of the Vatican hill
which was consecrated with the blood and enriched with the relics of the prince
of the apostles, has always been most venerable. “The sepulchres of those who
have served Christ crucified,” says St. Chrysostom, 1 “surpass
the palaces of kings, not so much in the greatness and beauty of the buildings
(though in this also they go beyond them) as in another thing of more
importance, namely, in the multitude of those who, with devotion and joy,
repair to them. For the emperor himself, who is clothed in purple, goes to the
sepulchres of the saints, and kisses them; and, humbly prostrate on the ground,
beseeches the same saints to pray to God for him; and he who wears a royal
crown upon his head, holds it for a great favour of God, that a tent-maker and
a fisherman, and these dead, should be his protectors and defenders, and this
he begs with great earnestness.” And St. Austin, or another ancient father. 2 “Now
at the memory of the fisherman the knees of the emperor are bowed, and the
precious stones of the imperial crown shine most where the benefits of the
fisherman are most felt.”
The body of St. Peter is
said to have been buried immediately after his martyrdom, upon this spot, on
the Vatican hill, 3 which
was then without the walls, and near the suburb inhabited by the Jews. The
remains of this apostle were removed hence, into the cemetery of Calixtus, but
brought back to the Vatican. Those of St. Paul were deposited on the Ostian
Way, where his church now stands. The tombs of the two princes of the apostles,
from the beginning, were visited by Christians with extraordinary devotion
above those of other martyrs. Caius the learned and eloquent priest of Rome, in
210, in his dialogue with Proclus, the Montanist, 4 speaks
thus of them: “I can show you the trophies of the apostles. For, whether you go
to the Vatican hill, or to the Ostian road, you will meet with the monuments of
them, who by their preaching and miracles founded this church.” The Christians,
even in the times of persecution, adorned the tombs of the martyrs, and the
oratories which they erected over them, where they frequently prayed.
Constantine the Great, after founding the Lateran church, built seven other
churches at Rome, and many more in other parts of Italy. The first of these
were, the churches of St. Peter on the Vatican hill (where a temple of Apollo,
and another of Idæa, mother of the gods, 5 before
stood) in honour of the place where the prince of the apostles had suffered
martyrdom, and was buried: 6 and
that of St. Paul, at his tomb on the Ostian road. The yearly revenues which
Constantine granted to all these churches, amounted to seventeen thousand seven
hundred and seventy golden pence, which is above thirteen thousand pounds
sterling, counting the prices, gold for gold; but, as the value of gold and
silver was then much higher than at present, the sum in our money at this day
would be much greater. These churches had also a yearly income of above one
thousand six hundred pounds upon the spices which Egypt and the East furnished.
The churches of St. Peter had houses at Antioch, and lands round about that
city; at Tarsus, in Cilicia, and at Tyre: also in Egypt, near Alexandria, in
the province of Euphrates, and elsewhere. A part of these lands was appointed
every year to furnish a certain quantity of spikenard, frankincense, balm,
storax, cinnamon, saffron, and other precious drugs for the censers and lamps.
Anastasius gives a large account of the rich vessels of gold and silver which
Constantine gave for the service of these churches; but, perhaps, confounded
some later presents with those of this emperor. 7 These
churches were built by Constantine in so stately and magnificent a manner as to
vie with the finest structures in the empire, as appears from the description
which Eusebius gives us of the church of Tyre; for we find that the rest were
erected upon the same model, which was consequently of great antiquity. 8 St.
Peter’s church on the Vatican, being fallen to decay, it was begun to be rebuilt
under Julius II., in 1506, and was dedicated by Urban VIII., in 1626, on this
day, the same on which the dedication of the old church was celebrated. 9 The
precious remains of many popes, martyrs, and other saints, are deposited partly
under the altars of this vast and beautiful church, and partly in a spacious
subterraneous church under the other. But the richest treasure of this
venerable place consists in the relics of SS. Peter and Paul, which lie in a
sumptuous vault beyond the middle of the church towards the upper end, under a
magnificent altar, at which only the pope says mass, unless he commissions
another to officiate there. This sacred vault is called, The confession of St.
Peter, or, The threshold of the Apostles, (Limina Apostolorum,) to which devout
persons have flocked, in pilgrimages, from the primitive ages.
Churches are dedicated
only to God, though often under the patronage of some saint; that the faithful
may be excited to implore, with united suffrages, the intercession of such a
saint, and that churches may be distinguished by bearing different titles. 10 “Neither
do we,” says St. Austin, “erect churches, or appoint priesthoods, sacred rites,
and sacrifices to the martyrs; because, not the martyrs, but the God of the
martyrs, is our God. Who, among the faithful, ever heard a priest, standing at
the altar which is erected over the body of a martyr to the honour and worship
of God, say, in praying: We offer up sacrifice to thee, O Peter, or Paul, or
Cyprian; when at their memories (or titular altars) it is offered to God, who
made them both men and martyrs, and has associated them to his angels in
heavenly honour.” 11 And
again: 12 “We
build not churches to martyrs as to gods, but memories as to men departed this
life, whose souls live with God. Nor do we erect altars to sacrifice on them to
the martyrs, but to the God of the martyrs, and our God.” Constantine the Great
gave proofs of his piety and religion by the foundation of so many magnificent
churches, in which he desired that the name of God should be glorified on
earth, to the end of time. Do we show ours by our awful deportment and devotion
in holy places, and by our assiduity in frequenting them? God is everywhere
present, and is to be honoured by the homages of our affections in all places.
But in those which are sacred to him, in which our most holy mysteries are
performed, and in which his faithful servants unite their suffrages, greater is
the glory which redound to him from them, and he is usually more ready to
receive our requests: the prayers of many assembled together being a holy
violence to his mercy.
Note 1. S. Chrys. in
2 Cor. Hom. 26, t. 10, p. 625, ed. Ben. [back]
Note 2. S. Aug. ol.
Serm. 28, de Sanctis, nunc Append. Serm. 205, t. 5, p. 341, ed.
Ben. [back]
Note 3. See
Onuphrius de 7, Urbis Basilicis. [back]
Note 4. Ap. Eus.
Hist. l. 2, c. 25. [back]
Note 5. See
Bianchini, Præf. in Pontific. p. 72. [back]
Note 6. Foggini de
Rom. S. Petri Itin. Exerc. 17, p. 403. [back]
Note 7. Anast. Bibl.
in Sylvestro, ap. Muratori Scr. Ital., t. 3, par. 3, p. 105. [back]
Note 8. In countries
where architecture was at a low ebb, churches resembled other buildings. St.
Sulpicius Severus tells us, “that in the deserts of Lybia, near Cyrene, he went
with a priest, with whom he lodged, into a church which was made of small rods
or twigs interwoven one with another, and not much more stately and ambitious
than the priest’s own house, in which a man could hardly stand upright. But the
men who frequented these churches were men of the golden age, and the purest
morals.” (S. Sulpic. Sev. Dial, 1, c. 2, p. 391.) Bede informs us, that
anciently there was not a stone church in all the land, but the custom was, to
build them all of wood, so that when Bishop Ninyas built one of stone, it was
such an unusual thing, that the place was called from it Candida Casa, Whitern,
or Whitchurch. (Hist. l. 3, c. 4.) The same author mentions, (l. 3, c. 25,)
that Finan, the second bishop of Lindisfarne, built a church in that island fit
for a cathedral see, which yet was not of stone, but only timber sawed, and
covered with reed, and so it continued till Eadbert, the seventh bishop, took
away the reed, and covered it all over, both roof and sides, with sheets of
lead. Of the low rough manner of building, in use among our ancestors, we have
an example yet standing, in part of a church within half a mile of Ongar, in
Essex. The walls are only trunks of trees reared upright, of mass’s height,
closed with mortar on the inside; with a covering of thatch. Such churches our
most illustrious saints frequented. But then their houses were not of a finer
taste. [back]
Note 9. The Vatican church, the finished masterpiece of architecture, was begun by the famous Bramante Lazari, who died in 1514: and continued by Raphael Urbin, the prince of painters, and a great architect: then by Michael Angelo Buonarota, whose name stands first in the list of modern statuaries and architects, and is one of the foremost in that of painters. The designs of the great cupola and principal parts of this church were his work, and the edifice, as it now stands, is chiefly his plan. He was succeeded in the execution of this work by Barozzi, who was followed by James de la Porta, and Maderno. The church was finished under Paul V. by Bernini. For the description both of the old and new church see Fontana, de Basilica Vaticana, 3 vols. in folio, at Rome, in 1694, and Ciampini, de Templ. Vatican. The authors of Roma Subterranea, and Foggini, de Rom. S. Petri, Itin. et Episcop Romæ, 1741.
St. Peter’s church, from the outside of the walls, including the
portal, is seven hundred English feet long, and five hundred and nine broad.
St. Paul’s, in London, five hundred and nineteen long, and two hundred and
fifty broad, according to the dimensions taken by the able mathematician, F.
Christopher Maire, S. J.
St. Paul’s church stands
on the Ostian road, five miles from the Forum of Rome, supported by one hundred
and forty pillars of white marble, taken out of Antoninus’s baths. In a
subterraneous vault under the patriarchal altar lie half the relics of SS.
Peter and Paul. It belongs to a rich abbey of Benedictin monks of the
congregation of Mount Cassino. [back]
Note 10. See Catech.
of Montpell. t. 2, near the end. [back]
Note 11. S. Aug. l.
8, de Civ. Dei, c. 27, t. 7, p. 217. [back]
Note 12. Ib. l. 22,
c. 10, p. 673. See this point treated at large by Thomassin, Tr. sur la
Discipline de l’Eglise, and among the Protestants by Hooker, On Ecclesiastical
Polity, b. 5. [back]
Rev. Alban
Butler (1711–73). Volume XI: November. The Lives of the
Saints. 1866.
SOURCE : http://www.bartleby.com/210/11/181.html
Bartolmeo
Vivarini, Saint Pierre et Saint Paul, 1482. Venise, Santa
Maria Gloriosa dei Frari
Dedicazione delle
basiliche dei Santi Pietro e Paolo Apostoli
- Memoria
Facoltativa
I Principi degli
Apostoli, Pietro e Paolo, sono sempre associati nella liturgia della Chiesa
Romana. Le due basiliche, trofei del martirio di Pietro e Paolo, furono erette
sul sepolcro dei due apostoli. Meta di ininterrotto pellegrinaggio attraverso i
secoli, sono segno dell'unità e della apostolicità della Chiesa di Roma. (Mess.
Rom.)
Martirologio
Romano: Dedicazione delle basiliche dei santi Pietro e Paolo, Apostoli,
delle quali la prima, edificata dall’imperatore Costantino sul colle Vaticano
al di sopra del sepolcro di san Pietro, consunta dal tempo e ricostruita in
forma più ampia, in questo giorno fu nuovamente consacrata; l’altra, sulla via
Ostiense, costruita dagli imperatori Teodosio e Valentiniano e poi distrutta da
un terribile incendio e completamente ricostruita, fu dedicata il 10 dicembre.
Nella loro comune commemorazione viene simbolicamente espressa la fraternità
degli Apostoli e l’unità della Chiesa.
La memoria della dedicazione delle basiliche dei Ss. Pietro Paolo apostoli è una nuova occasione, la quarta nel corso dell'anno, per riflettere sulla figura e sull'opera dei due Principi degli apostoli e anche sul culto eccezionale tributato loro nei secoli. Giunti ormai al termine della loro vita, S. Pietro e S. Paolo furono indotti dalle circostanze a tentare un piccolo bilancio di ciò che il Signore aveva operato per mezzo di loro. Scrivendo "a coloro che hanno ricevuto in sorte con la stessa preziosa fede per la giustizia del nostro Dio e salvatore Gesù Cristo", S. Pietro dichiarava tra l'altro: "credo giusto, finchè sono in questa tenda del corpo, di tenervi desti con le mie esortazioni, sapendo che presto dovrò lasciare questa mia tenda, come mi ha fatto intendere anche il Signore nostro Gesù Cristo. E procurerò che anche dopo la mia partenza voi abbiate a ricordarvi di queste cose. Infatti, non per essere andati dietro a favole artificiosamente inventate vi abbiamo fatto conoscere la potenza e la venuta del Signore nostro Gesù Cristo, ma perchè siamo stati testimoni oculari della sua grandezza... Questa voce noi l'abbiamo udita discendere dal cielo mentre eravamo con lui sul suo santo monte" (2Pt 1,13-18).
Da parte sua, S. Paolo confidava al suo "vero figlio nella fede", S. Timoteo: "Rendo grazie a colui che mi ha dato la forza, Cristo Gesù Signore nostro, perchè mi ha giudicato degno di fiducia, chiamandomi al ministero... così la grazia del Signore nostro ha sovrabbondato insieme alla fede e alla carità che è in Cristo Gesù... Appunto per questo ho ottenuto misericordia, perchè Gesù Cristo ha voluto dimostrare in me, per primo, tutta la sua magnanimità, a esempio di quanti avrebbero creduto in lui per avere la vita eterna" (2Tm 1,12-16).
La loro qualità di 'salvati', il ministero tra il popolo di Dio e infine la suprema testimonianza con l'effusione del sangue, attirarono ai Ss. Pietro e Paolo un culto di cui sono chiara manifestazione le basiliche di cui si commemora in questo giorno la dedicazione, che venne fatta rispettivamente dai papi Silvestro (314-335) e Siricio (384-399). Particolarmente la basilica di S. Pietro, è spesso agli onori della cronaca quotidiana per le solenni cerimonie pontificie che vengono predisposte tra le sue mura o sul vasto piazzale antistante: negli occhi e nel cuore di tutti è, ancora la splendida visione d'insieme degli scanni per i circa 2.500 padri del Vaticano II, il concilio annunciato da papa Giovanni proprio dalla basilica di S. Paolo fuori le mura.
Autore: Piero Bargellini
SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/30100
Dedicazione delle Basiliche dei Santi Pietro e Paolo apostoli
Significato della
Dedicazione
Il rito della Dedicazione
ha inizio a partire dal VII secolo con l’obiettivo di valorizzare e “dedicare”
uno spazio particolare a Dio, come richiama la preghiera di Salomone per il
tempio di Gerusalemme: "Signore, Dio d'Israele, non c'è un Dio come
te…Ora, Signore, Dio d'Israele…Ma è proprio vero che Dio abita sulla terra?
Ecco, i cieli e i cieli dei cieli non possono contenerti, tanto meno questa
casa che io ho costruito! Volgiti alla preghiera del tuo servo e alla sua
supplica, Signore, mio Dio, per ascoltare il grido e la preghiera che il tuo
servo oggi innalza davanti a te! Siano aperti i tuoi occhi notte e giorno
verso questa casa, verso il luogo di cui hai detto: "Lì porrò il mio
nome!". Ascolta la preghiera che il tuo servo innalza in questo luogo. Ascolta
la supplica del tuo servo e del tuo popolo Israele, quando pregheranno in
questo luogo. Ascoltali nel luogo della tua dimora, in cielo; ascolta e
perdona!” (1Re 8,22ss). Testo che va compreso alla luce della I lettera di
Pietro: “Avvicinandovi a lui, pietra viva…pietre vive siete costruiti anche voi
come edificio spirituale, per un sacerdozio santo e per offrire sacrifici
spirituali” (1Pt 2,3ss).
Dalla casa alla chiesa
Cristo è il Tempio santo
per eccellenza: glorificato nel suo corpo risorto, Egli è il luogo in cui si
manifesta la presenza di Dio: “E’ giunto il momento, ed è questo, in cui i veri
adoratori adoreranno il Padre in spirito e verità” (Gv 4,23). Rimanendo in Lui,
si fa esperienza di Cristo stesso nella Comunità dei credenti: “Siete tempio di
Dio, e lo Spirito di Dio abita in voi; il tempio di Dio è santo, e questo
tempio siete voi” (1Cor 3,16ss): quanti sono uniti nella fede e nell’amore sono
uniti a Cristo formano il suo Corpo mistico (1Cor 10,17). Questo spiega perché
all’inizio delle comunità cristiane non ci sono luoghi particolari, ma i fedeli
si radunavano presso le case per ascoltare la Parola e celebrare l’eucaristia.
Solo quando il numero dei cristiani divenne più grande, si rese necessario
trovare spazi più ampi, e da qui “domus ecclesiae”, cioè la “casa delle
chiesa”, della comunità dei credenti. Uno spazio “dedicato” al culto a Dio, ma
senza dimenticare che le pietre più importanti sono e restano le persone che si
radunano, le pietre vive.
Le pietre e la pietra, in
san Giovanni Crisostomo
E’ sempre importante
essere attenti alla verità dei segni, come ricorda san Giovanni Crisostomo: “Vuoi
onorare il corpo di Cristo? Non permettere che sia oggetto di disprezzo
nelle sue membra cioè nei poveri, privi di panni per coprirsi. Non onorarlo qui
in chiesa con stoffe di seta, mentre fuori lo trascuri quando soffre per il
freddo e la nudità.
Colui che ha
detto: «Questo è il mio corpo», confermando il fatto con la parola, ha
detto anche: Mi avete visto affamato e non mi avete dato da mangiare (cfr.
Mt 25, 42), e: Ogni volta che non avete fatto queste cose a uno dei più
piccoli tra questi, non l’avete fatto neppure a me (cfr. Mt 25, 45). Il
corpo di Cristo che sta sull’altare non ha bisogno di mantelli, ma di anime
pure; mentre quello che sta fuori ha bisogno di molta cura. Impariamo dunque a
pensare e a onorare Cristo come egli vuole…Con questo non intendo certo
proibirvi di fare doni alla chiesa. No. Ma vi scongiuro di elargire, con questi
e prima di questi, l’elemosina. Dio infatti accetta i doni alla sua casa
terrena, ma gradisce molto di più il soccorso dato ai poveri. Nel primo
caso ne ricava vantaggio solo chi offre, nel secondo invece anche chi riceve”.
Le Basiliche dei santi
Pietro e Paolo
Pio IX scelse di riunire
in una sola celebrazione l’anniversario delle basiliche dedicate ai due grandi
apostoli, luoghi che ancora oggi accolgono milioni di pellegrini che si recano
alle tombe dei due grandi Santi. “Pietro, che per primo confessò la fede nel
Cristo, Paolo, che illuminò le profondità del mistero; il pescatore di Galilea,
che costituì la Chiesa delle origini con i giusti d’Israele, il maestro e il
dottore, che annunciò la salvezza a tutte le genti” (dal Prefazio dei santi
Pietro e Paolo). Di loro le due Basiliche custodiscono le reliquie, la memoria,
la profezia.


