lundi 9 octobre 2017

Saint JEAN (GIOVANNI) LEONARDI, prêtre et fondateur



Actes du Pape Benoît XVI

Saint Jean Léonard

Audience générale du 7 octobre


, le

Texte original italien dans l'Osservatore Romano du 8 octobre (*)

Chers Frères et Sœurs,
Après-demain, le 9 octobre marquera le 400e anniversaire de la mort de saint Jean Léonard, fondateur d'un ordre religieux, celui des Clercs réguliers de la Mère de Dieu, canonisé le 17 avril 1938 et choisi comme patron des pharmaciens le 8 août 2006. On fait aussi mémoire de lui pour son grand élan missionnaire. Avec Mgr Jean-Baptiste Vivès et le père jésuite Martin de Funès, il conçut et contribua à l'institution au Saint-Siège d'une Congrégation spécifique pour les missions, celle de la Propaganda Fide, et ainsi à la fondation future par le Pape Urbain VIII du Collège urbain de Propaganda Fide ; au cours des siècles, ce séminaire allait former des milliers de prêtres, dont beaucoup de martyrs, destinés à l'évangélisation des peuples. Saint Jean Léonard est donc une figure lumineuse de prêtre que j'ai la joie de présenter en exemple à tous les prêtres en cette Année du sacerdoce. Il mourut en 1609 d'une influenza contractée alors qu'il prodiguait ses soins à tous ceux qui, dans le quartier romain de Campitelli, étaient atteints par l'épidémie.

De la pharmacopée au sacerdoce

Giovanni Leonardi naquit en 1541 à Diecimo, dans la province de Lucques en Toscane. Dernier de sept frères, son adolescence fut rythmée par une foi vécue en un milieu familial sain et laborieux, et en outre par la fréquentation assidue d'un magasin d'épices et médicaments dans son village natal. À 17 ans, son père l'inscrivit à un cours régulier d'épicerie à Lucques, avec l'idée d'en faire un pharmacien, un épicier ou apothicaire, disait-on alors. Pendant une dizaine d'années, le jeune Jean Léonard fréquenta attentivement et assidûment les cours, mais quand, selon les normes établies dans l'antique République de Lucques, il eut acquis la reconnaissance officielle qui l'autorisait à ouvrir sa propre officine, il commença à se demander si le moment n'était pas venu de réaliser un projet qu'il avait à cœur depuis toujours. Après mûre réflexion, il décida de se diriger vers le sacerdoce. Aussi laissa-t-il le dispensaire pour acquérir la formation théologique nécessaire, avant d'être ordonné, puis de célébrer sa première messe le jour de l'Épiphanie 1572. Toutefois, il n'en abandonna pas pour autant sa passion pour la pharmacopée, parce qu'il sentait que la médiation professionnelle de pharmacien lui aurait permis de réaliser pleinement sa vocation, celle de transmettre aux hommes, moyennant une vie sainte, « la médecine de Dieu », c'est-à-dire Jésus-Christ crucifié et ressuscité, « mesure de toutes choses ».

Poussé par la conviction que tous les êtres humains ont besoin d'une telle médecine plus que de toute autre chose, saint Jean Léonard chercha à faire de la rencontre personnelle avec Jésus-Christ la raison fondamentale de son existence. « Il est nécessaire de repartir du Christ », aimait-il à répéter souvent. Le primat du Christ au-dessus de tout devint pour lui le critère concret de jugement et d'action, et le principe moteur de l'activité sacerdotale qu'il exerça alors que se répandait un vaste mouvement diffus de renouveau spirituel dans l'Église, grâce à l'éclosion de nouveaux instituts religieux et au témoignage lumineux de saints comme Charles Borromée, Philippe Néri, Ignace de Loyola, Joseph Calasanz, Camille de Lellis, Louis de Gonzague. Avec enthousiasme, il se livra à l'apostolat auprès des enfants par la Compagnie de la Doctrine chrétienne qui réunissait autour de lui un groupe de jeunes avec lesquels, le 1er septembre 1574, il fonda la Congrégation des Prêtres réformés de la Bienheureuse Vierge, ultérieurement appelée ordre des Clercs réguliers de la Mère de Dieu. Il recommandait à ses disciples de n'avoir « devant les yeux de l'esprit que l'honneur, le service et la gloire du Christ Jésus crucifié », et, en bon pharmacien accoutumé à opérer des dosages selon des références précises, il ajoutait : « Levez un peu plus vos cœurs vers Dieu, et avec lui mesurez les choses ».

L'éducation des enfants

Mû par le zèle apostolique, en mai 1605, il envoya au Pape Paul V à peine élu un mémoire où il suggérait les critères d'un renouveau authentique de l'Église. Après avoir fait remarquer qu'il était « nécessaire que ceux qui aspirent à la réforme des mœurs humaines cherchent spécialement et avant toute autre chose la gloire de Dieu », il ajoutait qu'ils doivent resplendir de « l'intégrité de leur vie et l'excellence de leurs mœurs pour ainsi conduire doucement à la réforme, plus qu'y astreindre ». Il faisait en outre observer que « celui qui veut mettre en œuvre une sérieuse réforme religieuse et morale doit, premièrement, comme un bon médecin, faire le diagnostic des maux dont souffre l'Église, pour être en mesure de prescrire pour chacun d'eux le remède le plus approprié ». Et il notait que « le renouveau de l'Église doit s'opérer de pair dans les chefs et dans les sujets, en haut et en bas. Il doit commencer par celui qui commande et s'étendre à ceux qui sont soumis ». C'est pourquoi, alors même qu'il sollicitait du Pape de promouvoir une « réforme universelle de l'Église », il se préoccupait de la formation chrétienne du peuple et spécialement des enfants, à éduquer « dès leurs premières années […] dans la pureté de la foi chrétienne et des saintes traditions ».

Chers Frères et Sœurs, la figure lumineuse de ce saint invite les prêtres en premier lieu, mais aussi tous les chrétiens, à tendre constamment à la « pleine mesure de la vie chrétienne », qui est la sainteté, chacun naturellement selon son propre état de vie. En effet, il n'y a que la fidélité au Christ qui puisse déclencher le renouveau ecclésial authentique. Au cours de ces années, celles du passage culturel entre le XVIe et le XVIIe siècle, commencèrent à se dessiner les prémices de ce qui allait devenir la culture contemporaine caractérisée par une scission indue entre foi et raison, et dont les effets négatifs sont la marginalisation de Dieu accompagnée de l'illusion d'une possible autonomie totale de l'homme, lequel choisit alors de vivre « comme s'il n'y avait pas de Dieu ». C'est là la crise de la pensée moderne que, à diverses reprises, j'ai eu l'occasion de mettre en évidence et qui aboutit souvent à diverses formes de relativisme. Jean Léonard comprit quel était le vrai remède à ces maux spirituels, et il le synthétisa dans l'expression « Le Christ par-dessus tout », le Christ au centre du cœur, au centre de l'histoire et du cosmos. Et il affirmait avec force que l'humanité a un extrême besoin du Christ parce qu'il est notre « mesure ». Il n'y a pas de milieux qui ne puissent être atteints par sa force ; il n'y a pas de maux qui ne puissent trouver en lui leur remède, il n'y a pas de problèmes qui ne se résolvent en lui. « Ou bien le Christ, ou bien rien ! » Telle était son ordonnance pour tout type de réforme spirituelle et sociale.

Purifier et embellir l'Église

Il existe encore un autre aspect de la spiritualité de saint Jean Léonard que je souligne avec joie. En plusieurs circonstances, il eut à rappeler que la rencontre vivifiante avec le Christ se réalise dans son Église, sainte mais fragile, enracinée dans l'histoire et dans un avenir parfois obscur, où le bon grain et l'ivraie croissent ensemble (cf. Mt 13, 24), et pourtant toujours sacrement de salut. Ayant clairement conscience que l'Église est le champ de Dieu (cf. Mt 13, 24), il ne se scandalisait pas de ses faiblesses humaines. Pour faire obstacle à l'ivraie, il choisit d'être lui-même le bon grain ; c'est-à-dire qu'il décida d'aimer le Christ dans son Église, et de contribuer à en faire un signe de plus en plus transparent de sa personne. Il voyait l'Église avec beaucoup de réalisme, avec sa fragilité humaine, mais aussi comme le « champ de Dieu », l'instrument de Dieu pour le salut de l'humanité. Et pas seulement. Par amour du Christ, il travailla avec ardeur à purifier l'Église, à l'embellir, à la rendre plus sainte. Il comprit que toute réforme se fait à l'intérieur de l'Église et jamais contre l'Église. En quoi saint Jean Léonard fut véritablement extraordinaire, son exemple demeurant toujours actuel. Certes, toute réforme intéresse les structures, mais en premier lieu elle doit s'adresser au cœur des fidèles. Seuls les saints, hommes et femmes qui se laissent guider par l'Esprit divin, prêts à opérer des choix radicaux et courageux à la lumière de l'Évangile, rénovent l'Église et contribuent de façon déterminante à construire un monde meilleur.

Chers Frères et Sœurs, la vie de saint Jean Léonard fut toujours illuminée par la « Sainte Face » de Jésus, conservée et vénérée dans l'église cathédrale de Lucques et devenue symbole éloquent et synthèse indiscutable de la foi qui l'animait. Conquis par le Christ, comme l'apôtre Paul, il montra à ses disciples et continue à nous montrer à nous-mêmes l'idéal christo-centrique pour lequel « il est nécessaire de se dépouiller de tout intérêt personnel et de ne considérer que le service de Dieu », en « n'ayant sous les yeux de l'esprit que l'honneur, le service et la gloire de Jésus crucifié ». Il fixait le regard sur le visage maternel de Marie, à côté du visage du Christ. Il la choisit comme Patronne de son ordre, elle fut pour lui à la fois maîtresse, sœur et mère, et il en éprouva la constante protection. Que l'exemple et l'intercession de ce « fascinant homme de Dieu » soit, particulièrement en cette Année du sacerdoce, un rappel et un encouragement à tous les prêtres et à tous les chrétiens de vivre avec passion et enthousiasme leur vocation personnelle.

(*) Traduction de Fr. Michel Taillé pour La DC. Sous-titres de La DC.



Saint Jean Léonardi

Prêtre, fondateur des Clercs de la Mère de Dieu ( 1609)

Originaire de Lucques en Toscane. Fils de pharmacien et pharmacien lui-même jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans, il devint prêtre à trente ans et fonda, deux années plus tard, à Lucques, la congrégation des Clercs de la Mère de Dieu (1574). Il prêche et il confesse inlassablement tandis que les théories nouvelles de la Réforme séduisent la jeunesse. Ses succès lui valent une violente persécution. Menacé de mort, il s'enfuit à Rome où il prend saint Philippe Néri comme père spirituel. Quand saint Philippe quittera Rome, saint Jean Leonardi installa sa communauté dans la maison que son père spirituel lui laissait. Saint Jean Leonardi aurait voulu partir pour les missions lointaines. Dans ce but, en 1603, il jette les bases du séminaire pour la Propagation de la Foi, destiné à la formation des prêtres indigènes envoyés par les missionnaires. Il meurt de la peste qu'il a contractée en se dévouant auprès des malades lors d'une épidémie.

Lors de l'audience générale du 7 octobre 2009, Benoît XVI a évoqué saint Jean Leonardi, patron des pharmaciens dont on célèbre le 9 octobre le 400e anniversaire de la mort. 

Né en 1541 en Italie, Giovanni Leonardi abandonna ses études de pharmacie pour celles de théologie, en vue de son ordination sacerdotale et, avec l'évêque Juan Vives et le jésuite Martín de Funes, il contribua à l'établissement d'une congrégation spécifique du Saint-Siège pour les missions: le Collège Urbanien de Propaganda Fide qui a formé de nombreux prêtres pour l'évangélisation des peuples. Son zèle apostolique le porta même à envoyer au Pape Paul V un mémoire dans lequel il fit des propositions pour un vrai renouveau de l'Église. Il n'abandonna, toutefois, jamais sa passion pour la pharmacopée, convaincu que "la médecine de Dieu est Jésus-Christ... à la mesure de toutes choses".

"Le lumineux portrait de ce saint invite d'abord les prêtres et tous les chrétiens à viser constamment au plus haut de la vie chrétienne: la sainteté. C'est seulement de la fidélité au Christ que pourra jaillir un renouveau ecclésial authentique. Au cours de ces années, dans le paysage culturel et social des XVI et XVII siècles, ont commencé à se dessiner les prémices de la future culture contemporaine caractérisée par une séparation impropre entre la foi et la raison, qui a entraîné, parmi ses effets négatifs, une mise à l'écart de Dieu, avec l'illusion d'une possible et totale autonomie de l'être humain choisissant de vivre comme si Dieu n'existait pas... Il a souvent souligné la crise de la pensée moderne qui a si souvent amenée les formes de relativisme. Jean Leonardi a pressenti quel était le vrai remède pour les maux spirituels et l'a résumé dans la phrase: "Christ avant tout"... Il n'y a pas d'endroit qui ne puisse être touché par sa force... Voilà quelle était sa recette pour tout type de réforme spirituelle et sociale". Jean Leonardi, "en diverses circonstances, a souligné que la rencontre vivante avec le Christ se réalise dans son Église, sainte mais fragile, enracinée dans l'histoire et pleine d'avenir parfois obscur, où le blé et l'ivraie poussent ensemble, mais elle reste toujours instrument de salut. Avec la conscience lucide que l'Église est le champ de Dieu, il ne se scandalisa pas de ses faiblesses humaines. Pour mettre l'ivraie en évidence, il choisit d'être le bon grain: il décida d'aimer le Christ dans son Église et contribua à en faire, chaque fois davantage, un instrument transparent du Christ".

"Il comprit -a conclu le Pape- que toute réforme doit se faire dans l'Église et jamais contre l'Église. C'est en cela que Jean Leonardi fut extraordinaire et son exemple est toujours actuel. Toute réforme doit, bien sûr, toucher aux structures, mais elle doit, d'abord, s'inscrire dans le cœur des croyants. Seuls, de saints hommes et femmes qui se laissent guider par l'Esprit divin, prêts à prendre des décisions radicales et solides à la lumière de l'Évangile, renouvellent l'Église et contribuent, de façon décisive, à construire un monde meilleur".

(source: VIS 091007 - 520)

Mémoire de saint Jean Léonardi, prêtre. Après avoir été aide-pharmacien à Lucques en Toscane, il reçut le sacerdoce et, à partir de là, pour enseigner aux enfants la doctrine chrétienne, restaurer la vie apostolique du clergé et propager la foi chrétienne, il fonda un Ordre de Clercs réguliers, appelé ensuite de la Mère de Dieu, ce qui lui causa bien des tribulations, puis il jeta à Rome les bases du Séminaire de la Propagation de la foi, et il mourut  en 1609, victime de sa charité lors d’une épidémie de peste.


Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1988/Saint-Jean-Leonardi.html


Saint Jean (Giovanni) Leonardi

Prêtre et fondateur des « Clercs réguliers de la Mère de Dieu » (o.m.d.)


Giovanni Leonardi naît en 1541, à Diecimo, un village de la petite république de Lucques (aujourd'hui en Toscane). Ses parents sont de modestes propriétaires terriens.

En 1567 il se rend dans la capitale pour y devenir pharmacien. Il se joint à une association de jeunes s'engageant à une vie radicalement évangélique, dirigée par un père dominicain. Abandonnant la pharmacie il se met à l'étude de la théologie.

Ordonné prêtre en 1572, il se consacre à la formation chrétienne des jeunes dans sa paroisse de Lucques puis fonde une « Compagnie de la Doctrine chrétienne », dont le but est de faire passer par l'enseignement les prescriptions du concile de Trente dans la vie des paroisses.

En 1574, cette communauté devient l'institut religieux des « Clercs réguliers de la Mère de Dieu ». Leur but est de travailler à l'approfondissement de la foi et de la dévotion.

Son esprit réformateur lui vaut des inimitiés, et il est expulsé de son pays, la République de Lucques. Mais il a le soutien du pape Clément VIII (Ippolito Aldobrandini, 1592-1605) qui l'invite à Rome pour y réformer plusieurs communautés religieuses. Avec ses clercs il travaille à répandre le culte marial, la dévotion aux quarante heures et la communion fréquente. Le sanctuaire de Sainte Marie in Portico leur est confié en 1601 et ils y font renaître le culte marial autour de l'ancienne et vénérable icône.

Le pape, qui l'estime pour ses qualités de fermeté et de discernement, l'emploie à diverses tâches délicates comme la réforme de la congrégation bénédictine de Montevergine. Jean Leonardi fonde ensuite avec Jean Vivès le séminaire de la Propaganda Fide (Propagation de la foi).

Il passe de la terre au ciel le 09 octobre 1609 en se dévouant auprès de ses frères atteints de l'épidémie d'influenza qui sévissait alors à Rome. Il laisse à sa mort deux maisons de Clercs de la Mère de Dieu, une à Lucques et l'autre à Rome. Trois autres furent ouvertes au XVIIe siècle.

L'institut des « Clercs réguliers de la Mère de Dieu » recevra l'approbation pontificale en 1614. La règle définitive de sa communauté n'est publiée qu'en 1851.

Giovanni Leonardi est béatifié en 1861 et canonisé en 1938. Sa dépouille repose dans l'église Sainte Marie in Portico de Rome. Liturgiquement il est commémoré le 9 octobre. 

Le 8 août 2006 le pape Benoît XVI l’a déclaré patron des pharmaciens.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :





Sources principales : vatican.va ; wikipédia.org  (« Rév. x gpm »).


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Saint Jean Leonardi, le Christ comme remède

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Le fondateur des clercs réguliers de la Mère de Dieu, saint Jean Leonardi (1541-1609), fut un acteur de la réforme catholique et un fidèle serviteur de l'Église. Patron des pharmaciens depuis 2006, il est fêté le 9 octobre.


Né quatre ans avant l'ouverture du concile de Trente (1545-1563), ordonné prêtre huit ans après son achèvement, Jean (Giovanni) Leonardi fut l'un de ceux qui permirent à l'Église catholique romaine de se purifier, de se revivifier, après l'émergence du protestantisme. Luther et ses partisans avaient, non sans quelque raison, raillé l'ignorance et les abus d'une partie des clercs. Dans le droit fil des décrets tridentins, Jean Leonardi travailla à éradiquer ces deux maux. Mais il le fit « dans l'Église et jamais contre l'Église », selon les termes de Benoît XVI dans l'une de ses catéchèses.

Juste après avoir reçu le sacerdoce en 1571, Jean Leonardi se consacra, à Lucques, en Toscane, à l'enseignement du catéchisme auprès des enfants et des laïcs. Dès 1574, il fonda une compagnie de prêtres – les clercs réguliers de la Mère de Dieu – chargés d'œuvrer à l'approfondissement de la foi et au développement de la dévotion chez les fidèles. La nouvelle congrégation fut approuvée par l'évêque de Lucques, mais le zèle de Jean Leonardi déplut aux autorités de la ville, fortement tentées par le protestantisme. Menacé dans sa vie même, le fondateur dut s'enfuir et s'en vint à Rome avec ses clercs.

Ils y furent accueillis avec bienveillance par le pape Grégoire XIII et poursuivirent leur tâche contre l'ignorance en matière d'instruction religieuse. Peu à peu, Jean Leonardi se fit remarquer par sa sagesse et sa fermeté: le Saint-Siège lui confia des missions délicates auprès de certaines maisons religieuses, où le laisser-aller et les abus s'étaient immiscés. Jean Leonardi y ramena la discipline et la dignité, avec une ligne de conduite invariable: il faut « repartir du Christ », prendre le Christ comme « mesure de toute chose ».

Doté d'une âme de réformateur mais aussi d'évangélisateur, Jean Leonardi aurait aimé partir dans les contrées lointaines afin d'apporter la Bonne Nouvelle aux autochtones. Son âge l'en empêcha; il eut alors l'idée, avec l'Espagnol Jean-Baptiste Vivès, d'un collège dédié aux futurs prêtres issus des pays de mission: le collège de Propaganda Fide (actuelle Université pontificale urbanienne), qui prit réellement son essor à partir de 1627. Jean Leonardi, pour sa part, était décédé en 1609, après avoir soigné des malades lors d'une terrible épidémie de grippe.

Canonisé par Pie XI en 1938, saint Jean Leonardi a été proclamé en 2006 patron des pharmaciens: dans sa jeunesse, il avait en effet appris et exercé la profession d'apothicaire. Devenu prêtre, il en avait gardé l'esprit, toujours soucieux de donner aux hommes « la médecine de Dieu » incarnée en Jésus-Christ.

Aller à sa rencontre: * Un texte: Catéchèse de Benoît XVI du 7 octobre 2009, La Documentation catholique n° 2436. * Un site: celui des clercs réguliers de la Mère de Dieu – 



Saint John Leonardi

7 October 2008, 10:04 pm
Also known as
  • Giovanni Leonardi
  • Jean Leonardi
Profile

Worked as a pharmacist‘s apprentice while studying for the priesthood. After ordination on 22 December 1572, he worked with prisoners and the sick. His example attracted some young laymen to assist him, most of whom became priests themselves. This group formed Clerks Regular of the Mother of God of Lucca, a congregation of diocesan priests which, for reasons having to do with the politics of the Reformation and an unfounded accusation that John wanted to form the group for his own personal aggrandizement, provoked great opposition. The Clerks were confirmed on 13 October 1595 by Pope Clement VIII, but John was exiled from Lucca for most of the rest of his life. John was assisted in his exile by Saint Philip Neri, who gave him his quarters – and his pet cat!

In 1579 he formed the Confraternity of Christian Doctrine, and published a compendium of Christian doctrine that remained in use until the 19th century. He died from a disease caught while tending plague victims. By the deliberate policy of the founder, the Clerks have never had more than 15 churches, and today form only a very small congregation. The arms of the order are azure, Our Lady Assumed into Heaven; and its badge and seal the monogram of the Mother of God in Greek characters.

Born

St John Leonardi (1542-1609) priest and reformer

22 October, 2012

John saw orthodox preaching and good living by priests as the planks of the reform process that had just begun with the Council of Trent.

John Leonardi of Lucca in Tuscany, Italy, was a priest who imbibed the best of the reform spirit of the Council of Trent. He saw that raising the standard of formation of the clergy would have its effect on the people. He also inspired the founding of the College of Propaganda Fide in Rome, where St Oliver Plunkett was educated and taught before he returned to Ireland. Patrick Duffy tells John’s story.


Dedicated to instruction

John Leonardi was born in 1541 in Lucca in Tuscany and trained as a pharmacist. After some time as a member of a lay confraternity, he studied for the priesthood and was ordained in 1571. He dedicated himself to the catechetical instruction of children and youth. He saw orthodox preaching and good living by priests as the planks of the reform process that had just begun with the Council of Trent (1545-1563).



Founded order for reform of the clergy

John founded the Order of Clerks Regular of the Mother of God in 1574 and in 1595 they were formally recognised as a religious congregation. The bishop of Lucca supported him, but there were many influential families in the city who resented his preaching and opposed him, forcing him into exile from his own city.



Seminary training

John went to Rome and was encouraged by his spiritual director, St Philip Neri, to send members of his congregation on the foreign missions. In 1603, together with the Spanish prelate G.B.Vives, he was responsible for a project to give seminary training for priests who would go on overseas missions. This later became the “College for the Propagation of the Faith” and still exists today. John died in Rome in 1609.


Leaders to reform first


The Office of Readings for his feastday has a letter from him to Pope Paul V emphasising that the reformation of men’s morals would be best aided by the reformation of the morals of the leaders of the Church:


As regards the remedies required by the Church as a whole, its reformation must be undertaken among high and low alike, among its leaders as well as its children; we should therefore direct our attention first towards those who have charge of the rest, so that reform begins among those from whom it should be communicated to others.”


ST. JOHN LEONARDI

MONDAY, OCTOBER 09, 2017
On Oct. 9, the Catholic Church honors the memory of Saint John Leonardi, who studied to become a pharmacist but eventually chose the life of the priesthood. He founded a religious order, and helped establish the Vatican department now known as the Congregation for the Evangelization of Peoples.
Declared the patron of pharmacists in 2006 because of his original career path, St. John Leonardi was hailed by Pope Benedict XVI during a 2009 general audience as a “luminous priestly figure” whose life offers a model for contemporary clergy. In that address, the Pope highlighted the saint's Christ-centered approach to the social and spiritual problems of his day.
The 16-century Italian priest saw that humanity “stands in extreme need of Christ,” Pope Benedict recalled. Thus, St. John Leonardi's apostolate proceeded in the knowledge that “there is no area that cannot be touched by his power; there is no evil that cannot find a remedy in him, no problem that is not resolved” in the person of Jesus Christ.
Born to middle-class parents during 1541 in the Tuscan region of Lucca, John (or Giovanni) Leonardi was the youngest of seven children. He enrolled at age 17 in courses to become a pharmacist, studied diligently for 10 years and became certified to practice the trade. But the young apothecary had long been interested in the priesthood, and soon turned to the study of theology to prepare for ordination.
Ordained in 1572, John soon became the spiritual director to a small group of young men looking to pursue vocations to the priesthood. They organized a communal form of life near a local church, and began the process that would lead to the formation of the present day Order of the Mother of God (also known as the Clerks Regular of the Mother of God).
Civic leaders in Lucca opposed the formation of a new religious order, however, and acted to stop its formation. While ultimately ineffective, their efforts forced John Leonardi to spend most of the remainder of his life outside Lucca, with special exceptions granted by its government under the influence of the Pope.
In keeping with the spirit of the Catholic Counter-Reformation launched by the Council of Trent, John Leonardi and his congregation of priests sought to deepen the knowledge and practice of the faith among clergy and lay Catholics. In a letter written to Pope Paul V during the early 17th century, he stressed the universal call to holiness of life for all members of the Church.
“As regards the remedies required by the Church as a whole, its reformation must be undertaken among high and low alike, among its leaders as well as its children,” he told the Pope. But he believed that priority should be given to the formation of pastors, “so that reform begins among those from whom it should be communicated to others.”
John received Papal approval for the Order of the Mother of God in 1595, and he was also appointed to oversee the reform of two important monasteries. Although the order's work was largely limited to Italy, John followed the suggestions of his spiritual director St. Philip Neri by founding a seminary for foreign missionaries, which became the present-day College for the Propagation of the Faith.
St. John Leonardi died in Rome on Oct. 9, 1609, having contracted a deadly illness while caring for victims of a plague outbreak. Pope Pius XI canonized him in 1938.


Corpo di san Giovanni leonardi, Roma, Santa Maria in Portico in Campitelli


San Giovanni Leonardi Sacerdote


- Memoria Facoltativa

Diecimo, Lucca, 1541 - Roma, 9 ottobre 1609

Nato a Diecimo, nella lucchesia, nel 1541 Giovanni Leonardi a 26 anni fa il farmacista. Quando la prospera repubblica viene colpita da una grave crisi decide di soccorrere i poveri e l'esperienza lo porta a diventare prete nel 1572. Ama l'insegnamento, lo fa prima con i bambini e poi con gli adulti. Nel 1574 fonda la famiglia religiosa dei «Chierici regolari della madre di Dio» e diventa un protagonista della riforma cattolica. A Lucca cominciano a non amarlo e così, nel 1584 mentre si trova a Roma, viene bandito in perpetuo dalla sua città perché disturba l'ordine pubblico e manca di rispetto all'autorità costituita. A Roma, però, cresce il suo prestigio e Clemente VIII lo manda a riordinare congregazioni religiose e riformare monasteri. Muore a Roma nel 1609 e viene proclamato santo da Pio XI nel 1938. (Avvenire)

Etimologia: Giovanni = il Signore è benefico, dono del Signore, dall'ebraico

Martirologio Romano: San Giovanni Leonardi, sacerdote, che a Lucca abbandonò la professione di farmacista da lui esercitata, per diventare sacerdote. Fondò, quindi, l’Ordine dei Chierici regolari, poi detto della Madre di Dio, per l’insegnamento della dottrina cristiana ai fanciulli, il rinnovamento della vita apostolica del clero e la diffusione della fede cristiana in tutto il mondo, e per esso dovette affrontare molte tribolazioni. Pose a Roma le fondamenta del Collegio di Propaganda Fide e morì in pace in questa città, sfinito dal peso delle sue fatiche.

Nella Bolla della sua canonizzazione, san Giovanni Leonardi è definito uno dei maggiori apostoli del secolo della Riforma cattolica. Un impegno, il suo, che gli costò opposizioni, calunnie e persino la messa al bando dal suo paese natale, ma che non diminuì in alcun modo la sua azione profetica. Nato a Diecimo presso Lucca nel 1541, da una famiglia di modesti proprietari terrieri, fu mandato a Lucca per imparare l’arte dello speziale, come si chiamava allora il farmacista. Lì frequentò il gruppo dei cosiddetti “Colombini”, impegnati a vivere da autentici cristiani assistendo i poveri e i pellegrini. Avvertita la vocazione al sacerdozio, a 26 anni, su consiglio del suo direttore spirituale, abbandonò la professione di farmacista per iniziare gli studi ecclesiastici e nel 1571 celebrò la sua prima Messa. Da allora si dedicò alla predicazione, alla confessione e soprattutto all’insegnamento della dottrina cristiana secondo le norme emanate dal Concilio di Trento. Con l’aiuto di alcuni “Colombini” cominciò a riunire nella chiesa di S. Giovanni i ragazzi del rione per un tipo di catechesi che, per quei tempi, costituiva una novità e per questo spinse il vescovo a conferirgli l’incarico di insegnare la dottrina in tutte le chiese di Lucca: alle “lezioni” del santo accorrevano anche gli adulti, conquistati dal suo metodo. Dalla città questo apostolato si estese anche alle parrocchie vicine, promuovendo una confortante ripresa della vita cristiana in un ambiente caratterizzato, oltre che dalla decadenza dei costumi, dalla presenza di alcuni predicatori eretici.

Per dare continuità alla sua iniziativa, il Leonardi fondò una Compagnia della Dottrina Cristiana gestita da laici, con regolari statuti approvati dal vescovo, la quale si diffuse in altre città italiane come Pescia, Pistoia, Siena, Napoli e Roma. A Lucca, inoltre, egli si impegnò nella promozione della pratica delle Quarantore e della Comunione frequente. Un ulteriore passo si ebbe nel 1574, quando prese avvio la Confraternita dei preti Riformati, i cui membri avrebbero poi preso il nome di Chierici Regolari della Madre di Dio. A questo punto lo zelo del santo si scontrò con l’opposizione di gruppi comprendenti non solo eretici, ma anche sacerdoti e laici, che mal sopportavano la sua azione riformatrice e che costrinsero i membri della congregazione ad abbandonare la chiesa di S. Maria della Rosa per trasferirsi in quella di S. Maria Corteorlandini. Nel 1581 l’autorità diocesana riconobbe il nuovo Ordine, che due anni dopo tenne il suo primo Capitolo generale in cui il Leonardi fu eletto superiore generale. Egli partì per Roma per ottenere l’approvazione dello statuto che era stato approvato dal vescovo nel 1584, e durante la sua assenza si scatenò una furiosa campagna denigratoria contro di lui da parte dei magnati della città che, sobillati da alcuni sacerdoti ed eretici, emisero un decreto con cui lo bandivano in perpetuo come nemico della patria, con l’accusa di perturbare l’ordine pubblico e di non rispettare le autorità costituite. Un’inchiesta sollecitata dal santo per accertare le presunte colpe non ebbe esito, ma si continuò ugualmente a perseguitarlo. Persino alcuni membri della sua comunità entrarono in conflitto tra loro, ma egli comunque dimostrò sempre magnanimità e carità verso i suoi persecutori. A Roma, dove rimase in esilio per alcuni anni, si fece apprezzare dalla Curia per le sue qualità di sacerdote e per la coerenza della sua condotta. Entrò in amicizia con san Filippo Neri che lo presentò a papa Clemente VIII e questi nel 1582 lo incaricò di dirimere una delicata situazione creatasi nel santuario della Madonna dell’Arco, in diocesi di Nola, circa l’amministrazione delle offerte dei pellegrini. Condotta felicemente a termine questa missione, il Pontefice lo inviò come Visitatore apostolico alla congregazione di Montevergine, un insigne ramo dell’Ordine benedettino nell’avellinese, per promuoverne la riforma: egli durante cinque anni visitò tutti i monasteri personalmente, rendendosi conto dei disordini e degli abusi che avevano determinato lo scadimento di quella famiglia religiosa; soppresse i monasteri con meno di dodici membri e negli altri varò norme uniformi circa il vitto, il vestito e le suppellettili in ossequio al voto di povertà. Inoltre, eliminò le ingerenze laicali nella vita delle comunità monastiche, provvide alla nomina delle cariche e creò un noviziato pilota che servisse di esempio agli altri monasteri.

Il Papa gli ordinò di recarsi a Lucca per visitare i suoi discepoli, che egli esortò alla carità e all’osservanza delle Costituzioni. Analoghi compiti di riforma gli furono poi affidati tra i benedettini di Vallombrosa, dove il santo rimosse le cariche, corresse gli abusi, ai novizi ordinò la confessione e la comunione settimanali, e a tutti la meditazione e gli esercizi spirituali. Intanto a Roma gli veniva affidata la chiesa di S. Maria in Portico, dove introdusse subito il regolare insegnamento della dottrina cristiana; inoltre fu chiamato come direttore spirituale nel monastero delle Cappuccine di S. Urbano e in quello delle Oblate di Santa Francesca Romana. Fu anche mandato in visita alla comunità del Chierici regolari delle Scuole Pie (gli Scolopi), diventando amico del loro fondatore, san Giuseppe Calasanzio. Tra il 1607 e il 1608, con il prelato spagnolo G. Battista Vives e il gesuita Martin de Funes, progettò una congregazione di preti che avessero come scopo precipuo la propaganda cristiana tra gli infedeli: nacque così nel 1603 quello che poi sarebbe diventato il Collegio Urbano di Propaganda Fide, del quale il santo è considerato il cofondatore. In quello stesso anno il card. Baronio, collaboratore di san Filippo Neri, che era stato nominato Protettore della Congregazione, lo volle superiore generale della stessa, nonostante l’opposizione dei notabili lucchesi che non avevano cessato di essergli ostili perché ritenevano che il Leonardi sarebbe stato un inviato dell’Inquisizione che essi non volevano a Lucca.

Il santo visse i suoi ultimi anni a Roma, dove morì l’8 ottobre 1609. Dapprima sepolto in S. Maria in Portico, fu poi traslato nella chiesa di S. Maria in Campitelli, divenuta la sede generalizia dell’Ordine. Beatificato da Pio IX nel 1861, fu canonizzato da Pio XI il 17 aprile 1938. Di particolare interesse tra gli scritti del santo è il celebre Memoriale a Paolo V per la riforma generale di tutta la Chiesa: in esso l’autore rivolge al Pontefice un caldo invito a promuovere una serie di interventi quali, ad esempio, la celebrazione di sinodi nazionali, che consentano un’attenta diagnosi dei mali che travagliano la Chiesa; il potenziamento della catechesi dei fanciulli perché «fin dai primi anni siano educati nella purezza della fede cristiana e nei santi costumi»; il rinnovamento del clero che, a suo avviso, «è la necessaria premessa per la riforma anche dei laici». Un documento, come si vede, di evidente portata profetica.


Autore: Angelo Montonati