mercredi 22 juin 2016

Saint ALBAN proto-martyr d'ANGLETERRE




Saint Auban

martyr ( v. 304)

(Aubin, Alban, Albain, Albane, Albans, Albe), martyrisé à Verulam ou Verulanium (en 287?), actuellement la ville de St Albans, au nord de Londres(*).

Les Anglais voient en lui leur premier martyr. 

Son biographe, Bède le Vénérable, dit de lui qu'il était un païen charitable qui avait recueilli chez lui à Verulanium, un prêtre chrétien poursuivi par la police. Celui-ci le convertit et le baptisa. 

Quand les policiers arrivèrent, ils arrêtèrent saint Alban qui, pour sauver le prêtre, avait revêtu son uniforme religieux. Il fut mis à mort à sa place. 

(*) information fournie par un internaute qui nous écrit: "Saint Alban était au Moyen Âge dans le diocèse de Londres et elle est elle-même devenue cathédrale et siège diocésain depuis la Renaissance. Par ailleurs la forme Auban est beaucoup plus rare que la forme Alban, y compris en Angleterre où ce culte est le plus développé. En France, le culte de saint Alban a sans doute été développé par l'évêque saint Germain d'Auxerre au Ve siècle."

- La ville où il vivait, dans le Hertfordshire, porte son nom, et possède une ancienne église abbatiale, devenue cathédrale.

Il y a un village Saint-Auban dans les Alpes-Maritimes, dans la vallée de l'Esteron, un bourg nommé Saint-Auban dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans la vallée de la Durance et un village de Saône-et-Loire (71) Saint-Albain.

Informations aimablement communiquées par le diocèse de Digne:

Albanus, en français Alban, Auban, quelquefois Albin, est né à Vérulam, à 30 kilomètres, au nord de Londres, fut martyrisé en l’an 304; sa fête figure, dans le martyrologe romain au 22 juin.

Le poète Venance Fortunat, qui vivait dans la Gaule méridionale à la fin du VIe siècle écrivait de lui : «La gloire de son triomphe a été si éclatante qu’elle s’est répandue dans toute l’Eglise».

En Grande-Bretagne, autour du sanctuaire élevé en son honneur, se trouve la ville de Saint-Albans, (Voir pour les détails: La revue des Saints N°51, juin 1931)

Lyon a une paroisse sous le titre de Saint-Albans.

Saint-Alban, côtes d'Armor: "Saint-Alban doit son nom au premier martyr insulaire de Vérulamium, devenu depuis Saint-Alban (à 50 km de Londres). Condamné et exécuté le 22 juin de l'an 209." Il est le patron de l'église paroissiale.

Saint-Auban est chef-lieu de canton dans les Alpes-Maritimes. Il y a Saint-Auban sur l’Ouvèze, dans la Drôme; Saint-Auban d’Oze, dans les Hautes-Alpes. Dans les Alpes de Hautes Provence, au terroir de la commune de Château-Arnoux, un quartier porte, de temps immémorial, le nom de Saint-Auban.
d’après le livre du Père Corriol, ancien Curé de Saint-Auban, 1ère Edition 1939, 2ème Edition 1947, 3ème Edition 1957

À Verulam en Grande Bretagne, vers 287, saint Alban, martyr. On rapporte que, soldat non encore baptisé, il avait recueilli dans sa maison un clerc qui lui donna les enseignements de la foi chrétienne. En changeant d’habit, il se livra lui-même à la place de son hôte, et pour ce motif, subit la flagellation, des tourments atroces et fut décapité.
Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1366/Saint-Auban.html





Le martyre d'Alban, enluminure attribuée à Matthieu Paris tirée de la Vie de Saint Alban
manuscrit du XIIIe siècle, Bibliothèque du Trinity College de Dublin, (cote MS E. I. 40, folio 38r).


LE XXII JUIN. SAINT ALBAN, PREMIER MARTYR DE L'ANGLETERRE.

Que les cieux se réjouissent, que l'île des Saints triomphe, que l'univers entonne à sa suite un chant de victoire : partout enfin le sang du témoignage a rougi la terre; Alban, protomartyr de la Bretagne féconde (1), scelle aujourd'hui la conquête de l'extrême Occident. Déjà sans doute et dès les premiers jours, sous les pas de l'Epoux venu jusqu'à elle dans sa course de géant (2), Albion avait multiplié les fleurs ; plus tard, Eleuthère, Lucius, avaient par d'autres plants accru les charmes du jardin nouveau où, loin de la stérile Judée, l'Homme-Dieu oubliait les dédains de la fille de Sion. Mais si Jésus aime les parterres d'où s'exhale le parfum de la confession et de la louange (3), les rieurs de la paix ne sauraient pourtant seules composer le diadème de ce Fils très puissant du Dieu des armées (4); le sang versé par lui au grand combat a relevé la beauté qu'il tenait de sa Mère (5) ; et pour lui complaire, la parure de l'Epouse doit joindre aussi l'éclat de la pourpre à la blancheur des lis (6).

Gloire donc au protomartyr ! gloire à celui par qui Albion, pleinement prête pour les noces de l'Agneau, marche l'égale des plus illustres Eglises et s'assied avec elles au banquet des forts (1). Du haut du ciel, le chœur glorieux des Apôtres et la blanche armée des Martyrs tressaillent comme aux plus beaux jours de cette lutte de trois siècles, qui semble ne s'être tant prolongée que pour permettre à l'antique Bretagne d'avoir aussi sa part au triomphe. Car la persécution va maintenant finir; et c'est du sol breton, touché en dernier lieu par la vague du sang des martyrs, que s'élèvera la délivrance. Le 22 juin 3o3, sur les bords d'un affluent de la Tamise, Alban, nouvel Etienne, meurt en priant pour ses bourreaux ; le 25 juillet 3o6, Constantin, échappé aux embûches de Galère, est proclamé dans York, et c'est de là qu'il part pour arborer dans le monde entier l'étendard du salut.

Mais voici qu'aux combats d'où la Croix est sortie victorieuse, succède la lutte de l'hérésie qui donne à Satan le pouvoir de reprendre sur Dieu les nations que le baptême avait acquises à son Christ. Tandis que l'Orient s'égare dans la méconnaissance du mystère de l'Homme-Dieu, l'Occident se heurte à la notion du libre arbitre et de la grâce: fatale pierre d'achoppement que l'ennemi retrouvera plus tard. Pour le moment, rejetée de l'Eglise avec Pelage qui l'avait lancée, elle ne produit qu'un ébranlement passager. Or le point d'arrêt des efforts de l'enfer est ici derechef le tombeau d'Alban : les derniers troubles causés par l'attaque pélagienne viennent s'éteindre et mourir à cette tombe. Aussi, députés par le continent pour soutenir au delà du détroit la cause de la grâce, est-ce au martyr breton que Loup de Troyes et Germain d'Auxerre défèrent l'honneur de la victoire qui donne la paix à l'Eglise d'Occident. Et pour montrer que cette seconde défaite de l'enfer était bien le complément de celle qui, un siècle plus tôt, avait terminé l'ère sanglante, on vit les deux saints évêques ouvrir avec respect la glorieuse tombe, et réunir aux restes du héros des reliques de ses prédécesseurs les Apôtres et les saints Martyrs, dont le triomphe se trouvait ainsi définitivement affermi.

Le puits de l'abîme était fermé pour mille années (1) : années de puissance et d'honneurs pour Alban, que les divers peuples appelés à se succéder dans la grande île britannique révérèrent à l'envi. L'Anglo-Saxon dépassa le Breton dans les magnificences de la basilique qui remplaça la première église bâtie, sur le tombeau du martyr, au siècle même de son triomphe ; le Danois voulut faire du saint corps sa plus noble conquête; et sous les princes Normands, l'abbaye fondée par Offa de Mercie vit les papes et les rois élever de concert au plus haut point ses prérogatives et sa gloire. Il n'y eut point, au delà de la Manche, d'église monastique qui fût comparable à celle-ci en privilèges (2) ; et de même que le bienheureux Alban était reconnu comme le premier martyr de l'Angleterre, de même l'Abbé de son monastère était tenu pour le premier en dignité parmi les Abbés du royaume (3).

Alban avait régné mille ans avec le Christ (4).

L'époque était arrivée où devait se rouvrir pour un temps le puits de l'abîme, où Satan déchaîné allait séduire de nouveau les nations. Vaincu jadis par les Saints, puissance lui était donnée de reprendre la guerre et de les vaincre à son tour (1). Le disciple n'est point au-dessus du maître (2): commele Seigneur, Alban fut rejeté par les siens. Haï sans cause, il vit détruire le monastère illustre, orgueil d'Albion dans les beaux temps de son histoire ; à grand'peine fut sauvée la vénérable église où si longtemps l'athlète de Dieu avait reposé, répandant au loin ses bienfaits. Mais lui-même, qu'eût-il fait dans ce sanctuaire où des rites étrangers venaient bannir ceux des aïeux, et condamner la foi pour laquelle les martyrs étaient morts ? Alban fut chassé avec honte, et ses cendres jetées au vent.

La trop courte Légende dédiée par l'Angleterre fidèle à son protomartyr, résume ainsi les combats de l'athlète du Seigneur.

Au temps où les édits des empereurs Dioclétien et Maximien sévissaient contre les chrétiens, Alban, païen encore, reçut dans sa maison un clerc qui fuyait les persécuteurs. A la vue de cet homme adonné jour et nuit aux veilles et à la prière, il fut soudain touché de la grâce divine et pris du désir de partager sa foi et sa piété. Instruit peu à peu par ses salutaires exhortations, il quitta donc les  ténèbres  de  l'idolâtrie et  se  fit chrétien de tout cœur.

Cependant les persécuteurs, à la poursuite de ce clerc, parvinrent à l'habitation d’Alban. Revêtant la casaque qui servait d'habit à son hôte et son maître, il se présenta en sa place aux soldats qui le lièrent et l'amenèrent au juge. Celui-ci, se voyant trompé, commanda aux bourreaux de frapper le saint confesseur, et enfin, constatant qu'on ne pouvait triompher de lui par les tourments ni le détourner de son attachement à la religion chrétienne, il le condamna à avoir la tête tranchée.

Alban étant donc arrivé au sommet d'une montagne voisine, l'exécuteur qui devait le frapper, poussé par un mouvement divin, jette son glaive et se prosterne aux pieds du Saint, avec la volonté de plutôt mourir lui-même en la compagnie du martyr ou en sa place. Décapité néanmoins au lieu même, Alban reçut la couronne de vie promise par Dieu à ceux qui l'aiment. On décapita également ce soldat qui avait refusé de frapper le confesseur ; bien qu'il n'eût pas été lavé dans les eaux du baptême, il n'en demeure pas moins assuré toutefois qu'il fut purifié par le bain de son sang et rendu digne d'entrer dans le royaume des cieux. Le martyre d'Alban eut lieu près de Vérulam, le dix des calendes de juillet.

J’étais étranger, et vous  m’avez reçu, dira le Seigneur à ses élus au grand jour du jugement (1) ; et les élus auront besoin que le Seigneur explique sa divine parole, et leur dise que ce qu'ils ont fait au plus petit de ses frères, c'est à lui qu'ils l'ont fait. Pour vous, ô Alban, vous le savez à l'avance ; l'heure suprême où méchants et bons entendront la sentence éternelle, ne révélera au monde sur ce point que ce qui fut l'expérience de vos premiers pas dans les voies du salut. En abritant dans votre maison, païenne encore, cet inconnu qui fuyait les bourreaux, vous pensiez ne céder qu'aux instincts d'un cœur naturellement généreux et fidèle aux lois de l'hospitalité. Pourtant c'était un bien autre inconnu qui frappait alors à la porte de votre demeure; lorsque partit l'étranger, le Christ même était devenu votre hôte. Bientôt il vous conviait en retour à habiter dans sa propre maison, et la triomphale porte du martyre vous donnait accès au palais des cieux.

Tracée par votre sang, la route qui mène à Dieu est largement ouverte dans la grande île. Longtemps l'ennemi sembla ne pouvoir y dresser ses embûches. On vit y entrer à flots pressés vos concitoyens de la terre. Des peuples que vous n'aviez pas connus vinrent à leur tour, estimant à honneur de rattacher au nom d'Alban leurs origines, laissant passer le droit de la conquête  après  celui dont faisait preuve le cœur de fils qui  battait en eux pour le protomartyr. Ainsi fûtes-vous et  la tige de cette efflorescence surnaturelle qui fit l'Ile des Saints, et l'unité de la nation elle-même dans les phases si diverses de son histoire. Près du lit de repos où vous attendiez la résurrection, dans le temple splendide que vous dédièrent les peuples reconnaissants, vous aviez convié les fils de Benoît au ministère de la divine louange pour célébrer les bienfaits du passé, les bénédictions de chaque jour, et mériter à la patrie la continuation des faveurs du ciel. Ils étaient grands les siècles où, par ses Saints, Dieu gouvernail ainsi le monde ; et bien triste est l'égarement de ceux qui pensentavoirservi la cause du Seigneur et celle des peuples, en supprimant les hommages rendus par les générations qui nous ont précédés à ces illustres protecteurs.

O Alban, traité comme l'a été le Roi des Saints, comme lui aussi ne vous souvenez point des injures.  Protomartyr, bien plutôt  applaudissez aux triomphes de ces  autres athlètes qui sont venus renforcer la phalange placée sous votre commandement dans l'éternelle patrie.  Et si l'ère  des martyrs semble une fois  de plus  close pour un temps, considérez ceux de  vos enfants dont la constance a survécu à tant d'assauts ; bénissez les fam'lles dans  lesquelles vit toujours  la fo: des vieux âges : nobles races, dont mille fois les pères s'exposèrent comme vous à la mort pour  abriter les  ministres  du  Seigneur ; maintenez les nouveaux fils du cloître à la hauteur des traditions dont le dépôt leur fut confié au sein de la tempête ; multipliez sur tous les points les ouvriers appelés à réparer les ruines.

De nouveau retentit dans Albion la voix du Seigneur. Et comme si Dieu voulait que son histoire encore ici se rattachât à la vôtre, la sainte vertu de l'hospitalité, qui fut pour vous le principe du salut, a été pour elle dans nos temps l'occasion du retour aux croyances des ancêtres. Comme vous elle a reçu les prêtres venus d'au delà de la mer et que chassait la persécution ; comme vous déjà ne semble-t-il pas qu'elle ait entendu la divine parole : J’étais étranger, et vous m’avez accueilli ? Puisse-t-elle, comme vous toujours qui êtes son protecteur et son père, aller jusqu'au bout de l'invitation céleste, et conclure avec l'antique rédacteur des Actes de votre martyre : « La vérité connue sera la joie de notre île ; grande sera l'allégresse, lorsque seront brisés les liens du mensonge ! Pour moi, sans plus tarder, j'irai à Rome, j'y laisserai mon erreur, j'y mériterai la réconciliation et le pardon de mes fautes ; ce livre même qui est dans mes mains, je le présenterai à la revision de ceux qui sont dans cette ville : afin que s'il renferme quelque chose d'autrement dit qu'il ne convient, le Seigneur Jésus-Christ daigne par eux le corriger, lui qui, étant Dieu, vit et règne dans tous les siècles des siècles. Amen (1). »

1. Ven. Fortun. De Virginit. 155.

2. Psalm. XVIII, 6.

3. Cant. VI, I.

4. Psalm. XLIV, 4.

5. Cant. V, 10.

 6. Ibid. VI, 6.

7. Apoc. XIX, 7.

8. Apoc. XX, 3.

9. MATTH. Paris, edit. 1684, p. 1020.

10. Ex regest. Honor. III, Privileg. de omnibus libertatibus S. Albani.

11. Apoc. XX, 4.

12. Apoc. XIII, 7.

13. JOHAN. XV, 18-25.

14. MATTH. XXV, 25.

15. Acta S. S. Albani, Amphibali et Sociorum, anno DXC Anglice scripta, v, 46. Bolland. Junii IV, p. 139.

Dom Guéranger. L'Année liturgique

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/pentecote/pentecote03/042.htm


Saint Alban, église St Mary, Sledmere, East Riding of Yorkshire



Saint Alban

Proto-Martyr d’Angleterre

Fête le 20 juin

Communion anglicane

Verulamium, Hertfordshire [act. Saint Albans] – † Holmhurst Hill 287 ou v. 304

Autres mentions : 22 juin – 17 juin

Autre graphie : Alban ou Albans

209 ? martyre de saint Alban, soldat romain converti au christianisme… L’histoire de saint Alban, le premier martyr anglais, nous est rapportée par Bède dans son « Histoire ecclésiastique des Angles ».
Soldat romain de la garnison proche de Verulamium, saint Alban souffrit la mort le 22 juin, durant la persécution de Dioclétien ou, en 209, victime des persécutions de Septime Sévère, près de la cité romaine de Verulam, ou en latin Verulamium, cité de Grande-Bretagne (auj. Saint Albans, Hertfordshire). Il fut torturé et décapité à Holmhurst Hill pour avoir refusé de livrer un prêtre persécuté qui avait trouvé refuge chez lui. La cathédrale de St Albans s’élève sur l’emplacement présumé où fut décapité le premier martyr chrétien en Angleterre. Peu après sa mort, une église dut être construite pour abriter son tombeau où l’on dit que saint Germain d’Auxerre vint en pèlerinage, en 429. Au Ve siècle, la tombe de saint Alban était un lieu de pèlerinage ; dès le début du VIIIe siècle, il y eut une église et une châsse ; en 793, Offa II, roi de Mercie, fonda un monastère et une nouvelle église dans laquelle furent déposées les reliques de saint Alban. On a soulevé des doutes quant au fait que les persécutions de Dioclétien ne s’étendirent pas, tout au moins officiellement, à la Grande-Bretagne ; mais il existe des traditions suffisamment solides pour étayer le récit de Bède, même si elles ne permettent pas, évidemment, d’en vérifier tous les détails.







22 Juin : Saint Alban, proto-martyr d'Angleterre


HOMÉLIE POUR LA FETE DE SAINT-ALBAN, d'après la Vie des Saints, d'Aelfic



Saint Alban le Premier Martyr de Grande-Bretagne

Il y avait alors un empereur païen nommé Dioclétien,
qui avait été choisit pour être empereur de toute la terre,
bien qu'il soit le destructeur de la race humaine, 
286 ans après l'Incarnation du Christ;
et il règna 20 ans, ce cruel assassin,
et ainsi il tua, et fit tuer,
tous les Chrétiens qu'il peut trouver,
et brûla les églises, et vola l'innocent,
et son impie persécution sans cesse s'étendit
dix ans durant sur toute la terre,
jusqu'à ce qu'elle parvienne aussi en Angleterre,
et là tue nombre de ceux qui croyaient en Christ.

Un d'entre eux fut Alban, le noble martyr,
qui fut en effet tué dans cette persécution
pour la Foi en Christ, de la manière que nous allons vous raconter.
En ces jours parvint en Angleterre
la meurtrière persécution de l'infâme empereur,
et les meurtriers capturaient partout les Chrétiens
avec une fureur sans limites; il advint qu'un prêtre leur échappa
qui s'enfuit secrètement vers la maison d'Alban,
et là resta caché de ses acharnés persécuteurs,
et Alban le reçut, bien qu'il ne fut pas baptisé.
Alors le prêtre, autant qu'il aimait Dieu,
commença à chanter ses offices, et à jeûner sévèrement,
et jour et nuit à louer son Seigneur,
et par la même à enseigner la vraie Foi
à l'honorable Alban, jusqu'à ce qu'il advint
qu'il se mette à croire dans le Vrai Dieu, et à renoncer au paganisme,
et devenir un vrai Chrétien, débordant de Foi.
Alors le prêtre demeura avec l'honorable homme
jusqu'à ce que le magistrat qui persécutait les Chrétiens
l'y découvre, et avec grande colère
ordonna qu'on le fasse comparaître devant lui au plus tôt.

Alors arrivèrent les messagers à la maison d'Alban,
mais Alban sortit à la rencontre des persécuteurs
avec le vêtement à capuche du prêtre, comme si c'était lui,
et il ne voulut pas le trahir auprès des méchants persécuteurs.
Il fut dès lors enchaîné, et emmené sur le champs
vers l'impie juge, qui était occupé à offrir à ses divinités
des sacrifices diaboliques, avec tous ses complices.
Alors le juge devint diaboliquement enragé,
aussitôt qu'il eut détenu ce martyr résolu,
parce qu'il avait accueilli le prêtre fugitif,
et s'était livré pour être tué à sa place.
Alors il ordonna de l'amener au sacrifice païen, et dit
qu'il lui ferait subir le terrible châtiment
qu'il avait préparé pour le prêtre s'il avait pu le détenir,
à moins qu'il ne se soumette vite à ses honteuses divinités;
mais Alban ne fut pas effrayé par ses terribles menaces,
parce qu'il était ceint des armes de Dieu
pour le combat spirituel, et répondit qu'il ne
se soumettrait pas à son ordre, ni ne plierait devant son idolâtrie.

Aussitôt le juge lui demanda,
"De quelle famille es-tu, et quel est ton rang parmi les hommes?"
Alors Alban répondit à l'infâme :
"En quoi cela te concerne, de quelle famille je proviens?
mais si tu désires entendre la vérité, je te dirai prestement
que je suis Chrétien, et qu'à jamais je louerai le Christ".

Alors lui répondit le juge : "Dis-moi ton nom,
sans attendre, puisque je te le demande".
Le champion de Dieu répondit alors au meurtrier,
"On m'appelle Alban, et je crois dans le Sauveur,
qui est le Vrai Dieu, qui fit toutes créatures;
vers Lui montent mes prières, et c'est Lui que toujours je louerai".

Le meurtrier répondit au glorieux homme,
"Si tu désires la félicité d'une vie éternelle,
alors tu ne dois pas retarder ton sacrifice
aux grands dieux, avec complète soumission".
Alban lui répondit  : "Tes sacrifices aux divinités,
que tu offres aux démons, ne peuvent t'aider,
ni servir ta cause, mais tu recevras comme récompense
les châtiments éternels dans l'immense enfer".

Voilà! Alors le juge s'irrita fortement,
et ordonna de fouetter le saint martyr,
espérant qu'ainsi il ferait plier la résistance de son esprit
vers sa propre forme de culte, par le moyen du fouet;
mais le bienheureux fut renforcé par Dieu,
et supporta le fouet avec un excès de patience,
et d'un esprit joyeux il en remercia Dieu.

Alors le juge comprit qu'il ne pourrait pas vaincre
le saint homme par de sévères tortures,
pas plus que le détourner du Christ, et donc ordonna de le faire périr
par décapitation, pour le Nom du Sauveur.
Alors les païens firent ce que le juge leur commandait,
et dirigèrent le Saint vers sa décapitation;
mais ils furent retardés un long moment à un pont,
et y furent arrêtés jusqu'au soir à cause de l'énorme foule
d'hommes et de femmes qui s'y amassait,
et venaient vers le martyr, et l'accompagnaient.
De sorte qu'il advint que l'incroyant juge
resta sans manger en ville jusqu'au soir,
et sans l'avoir prévu, jeûnant contre sa volonté.

Voilà! Alors Alban voulut se hâter vers la mort,
et il descendit vers les flots puisqu'il ne pouvait franchir le pont,
et levant les yeux au ciel, priant le Sauveur,
et les flots s'assèchèrent devant lui,
et laissèrent un large passage devant ses pieds, comme il l'avait demandé à Dieu.
Alors l'exécuteur, qui devait le tuer,
fût touché par ce miracle, et jetta au loin son épée,
et courrut vite, aussitôt qu'ils avaient franchit l'eau,
et il tomba rempli de foi à ses pieds,
désirant mourrir avec lui plutôt que de le tuer.
Il fût dès lors unit, d'une foi résolue,
au saint homme qui allait être décapité;
et l'épée gisait luisante devant eux,
et nul d'entre eux ne fût prêt à le tuer.

Il y avait à portée de main du saint homme
une belle colline, ornée de plantes,
bien en tout, et avec une pente raide.
Alors Alban s'y dirigea vite,
et aussitôt pria Dieu qu'Il lui fasse jaillir de l'eau
en haut de la colline, et ainsi fît Dieu.
Alors l'eau de source jaillit aux pieds d'Alban,
afin que l'on puisse comprendre sa puissance auprès de DIeu,
et le flot s'écoula de la colline escarpée.

Il fut alors décapité pour le Nom du Sauveur,
en haut de la colline, et partit vers son Seigneur
par un glorieux martyre, rempli de la vraie Foi;
mais son meurtrier ne put vivre en bonne santé,
parce que ses deux yeux s'exorbitèrent,
et tombèrent sur terre avec la tête d'Alban,
ce qui lui fît comprendre qui venait-il de tuer.

Ils décapitèrent ensuite le fidèle soldat,
qui ne voulut pas décapiter le saint homme,
et il gisa aux côtés d'Alban, croyant en Dieu,
baptisé dans son sang, et partit pour le Ciel.

Ensuite, quand les exécuteurs retournèrent vers leur maître,
et lui rapportèrent les signes merveilleux qu'Alban avait accomplis,
et comment son exécuteur était devenu aveugle,
et alors il leur ordonna de cesser la persécution, et parla avec révérence
des saints martyrs, qu'il ne parvint pas
à détourner de la Foi en Dieu par les terribles tourments.

Durant cette même persécution furent aussi massacrés
Aaron et Julius, et nombre d'autres,
tant hommes que femmes, à travers toute l'Angleterre,
morts sous les tortures pour la Foi en Christ,
et ils partirent victorieux vers la vraie Vie.
Alors la persécution s'arrêta, et les Chrétiens sortirent
hors des bois, et hors des déserts, où ils avaient été cachés,
et vinrent parmi eux, et restaurèrent le Christianisme,
et réparèrent les églises qui avaient été détruites,
et demeurèrent là en paix dans la vraie Foi.
Alors ils bâtirent une magnifique église
au saint Alban, là où il fut enterré,
et bien souvent des miracles y eurent lieu
à la louange du Sauveur qui vit à jamais dans l'éternité.

The Homily for the Feast of St. Alban from Aelfic's Lives of the Saints
Source: "The Passion of Saint Alban"



Tropaire de Saint Alban ton 4

Ton saint martyr Alban dans son combat/
A gagné la courrone de la vie, O Christ notre Dieu;/
car renforcé par Toi et avec un coeur pur/
il parla avec force devant les juges de ce monde,/
T'offrant sa sainte tête à Toi, le Juge de tous.

Office à la mémoire de saint Alban de Verulamium, Protomartyr de Grande-Bretagne [en anglais]


Tombeau de Saint Alban:


L'actualité de saint Alban en Occident? :
"La Fraternité de saint Alban et saint Serge fut fondée en 1928 par des membres des "Eglise Orthodoxe Orientale" et "Eglise Occidentale". Elle existe afin de prier et d'oeuvrer à l'unité Chrétienne, et offrir des opportunités aux Chrétiens Orthodoxes et Chrétiens de traditions Occidentales de se rencontrer et d'apprendre à se connaître mutuellement, et ainsi d'approfondir la compréhension de la spiritualité, théologie et culte de chacun"

"The Fellowship of St Alban and St Sergius was founded in 1928 by members of the Eastern Orthodox and Western Christian Churches. It exists to pray and work for Christian unity, and provides opportunities for Orthodox Christians and Christians of Western traditions to meet and get to know one another, and so to deepen their understanding of each other's spirituality, theology and worship."

Note JMD : il est à regretter que l'Orthodoxie occidentale ne soit même pas mentionnée dans l'intitulé ci-dessus - c'est pourtant la seule solution réellement canonique, seule fidèle à la Foi apostolique pour l'Europe occidentale, ce retour à la vraie Foi. 

Enfin, l'existence d'une telle fraternité, malgré le gros manque que je cite et qui la rend donc incomplète, c'est fort réjouissant. 

On ne se réunit pour prier pour l'autre que si on a, au moins un peu, pris conscience qu'il n'existe pas la moindre Eglise où tout soit "comme il faut aux yeux de Dieu", tant dans les dogmes que dans la praxis.. 

Si on reste dans l'illusion, on ne sait pas prier sincèrement pour la sanctification de l'autre (et la sienne), ni pour l'Unité des Chrétiens. On ne sait que prier pour une uniformisation "sous sa coupe à soi", ce qui n'est bien entendu pas de Dieu. Ouvrez la fenêtre et contemplez la non-uniformisation dans la Création de Dieu! Qu'Il soit bénit!

JMD

http://www.amdg.be - retranscription du texte des "Petits Bollandistes", 7ième édition, Bar-le-Duc 1876 : 

La lumière de l'Evangile fut portée en Angleterre dès le temps des Apôtres. Le nombre des chrétiens s'y accrut beaucoup par la conversion du roi Lucius, qu'on place en 180. La fureur des premières persécutions ne pénétra pas dans ces îles lointaines, ce qui permit à l'Eglise de cultiver eu paix et de développer les germes de la Foi. D'ailleurs, l'Angleterre étant comme un monde séparé du monde romain, on peut présumer que beaucoup de fidèles, persécutés ailleurs, s'y retirèrent pour y trouver un peu de repos. Mais Dioclétien, plus clairvoyant, ou plutôt plus impitoyable que les autres persécuteurs, ensanglanta ces contrées paisibles. Nous apprenons de Gildas et de Bède que plusieurs Chrétiens y remportèrent la couronne du martyre.

Le premier, et un des plus célèbres de ces héros chrétiens, fut saint Alban, dont la mort a été illustrée par plusieurs miracles, et dont le sang, après avoir rendu témoignage à Jésus-Christ, a été une semence de chrétiens et une source de bénédictions pour l'Angleterre.  "La gloire de son triomphe", dit Fortunat, « a été si éclatante, qu'elle s'est répandue par toute l'Eglise". Alban, jeune encore, se rendit à Rome pour se perfectionner dans les belles-lettres. De retour en Angleterre, il s'établit à Vérulam *, où il jouissait d'une grande considération parmi le peuple, non moins à cause de son rang qu'à cause de ses richesses et des dignités dont il était revêtu. Il ne connaissait point Jésus-Christ, mais son âme, enrichie des plus heureuses dispositions, semblait n'attendre que l'instant de la grâce pour s'ouvrir aux lumières de la Foi et pour ne plus rechercher que le trésor des biens éternels. Bon envers tout le monde, charitable envers les indigents, Alban ouvrait sa maison à tous les malheureux. 

* Il ne reste plus aucun vestige de l'ancienne ville de Vérulam, si l'on excepte quelques fondations de murailles et quelques morceaux de pavé marqueté. On y a souvent trouvé, en creusant, des pièces de monnaie romaine. La Werlame coule à l'orient de la ville; à l'occident est le grand chemin construit par les Romains et appelé Wallingstreet.

Il reçut chez lui un saint prêtre nommé Amphibale, qui fuyait pour se soustraire aux inquisitions des persécuteurs. Il le traita avec toute sorte d'égards et même de respects. L'homme de Dieu passa ainsi quelque temps caché à l'oeil des bourreaux. Alban, qui l'observait, était singulièrement édifié de sa conduite; surtout il admirait avec quelle ferveur il passait les jours et une partie des nuits en prière. Il eut envie de connaître une religion qui inspirait une piélé si merveilleuse. Un jour, il renvoya ses serviteurs, et demeurant seul avec son hôte, il lui dit:

"Comment se fait-il que toi, qui es Chrétien, tu aies pu parcourir tout un pays où ta religion est en horreur, et arriver sain et sauf jusque dans cette ville? » Amphibale lui répondit: « Mon Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, a protégé mes pas et m'a gardé constamment de tout danger. C'est lui qui, pour le Salut de plusieurs, m'a dirigé vers cette province, afin qu'annonçant aux nations la foi qu'Il a prèchée lui-même, je Lui prépare un peuple choisi" , - « Mais», dit Alban, "quel est donc ce Fils de Dieu? Prétendez-vous dire que Dieu est né? Ces choses me paraissent bien nouvelles, et j'en entends parIer aujourd'hui pour la première fois. Je serais curieux de savoir comment vous expliquez tout cela, vous autres chrétiens».

Alors le bienheureux Amphibale, commençant à lui exposer les mystères de l'Evangile, parla en ces termes: " Notre Foi nous enseigne à reconnaître Dieu le Père, et Dieu le Fils qui, pour notre Salut, a daigné se revêtir d'une chair semblable à la nôtre, et naître miraculeusement d'une Vierge. Quand les temps furent accomplis, un Ange du ciel descendit vers cette Vierge, nommée Marie, pour lui annoncer le mystère qui allait s'accomplir en elle; et Marie répondit : Je suis la servante du Seigneur: qu'il me soit fait selon votre parole. Ainsi cette Vierge mérita de donner naissance à son Dieu, à son Seigneur, à Celui de Qui elle avait reçu elle-même l'existence. Elle devint mère sans perdre sa virginité. C'est ce qu'avaient depuis longtemps prédit les Prophètes, à qui Dieu avait révélé ce mystère dans les siècles passés. Si donc tu crois toutes ces choses, les promesses de Salut faites aux Chrétiens s'accompliront aussi en toi : quand tu seras Chrétien, tu pourras, en invoquant le Nom du Christ, guérir les infirmes et les malades; aucune adversité ne sera capable de t'abattre; enfin tu finiras ta vie par le martyre, et par une bienheureuse mort, tu quitteras cette terre pour aller vivre avec le Christ. C'est pour t'annoncer tout cela que je suis venu dans cette ville; le Seigneur veut récompenser ainsi l'hospitalité généreuse que tu m'as donnée".

Alban dit alors: « Si je viens à croire au Christ, quel honneur devrai-je lui rendre? » Le prêtre lui répondit: « Crois que le Seigneur Jésus est un seul Dieu avec le Père et le Saint-Esprit, et tu seras par là même très-agréable à ses yeux ». Alban répliqua:  "Que dis-tu? Tu parles comme un insensé, car mon esprit ne peut trouver un sens à cette parole, et ma raison se refuse à l'admettre. Si les habitants de cette ville entendaient ce que tu viens de me dire de ton Christ, ils ne tarderaient pas à punir tes discours blasphématoires selon la rigueur des lois portées contre votre secte. Pour moi, je suis bien disposé à ton égard; mais je crains fort qu'il ne t'arrive malheur". Il se retira donc tout ému, sans vouloir écouter davantage les paroles du prêtre, ni prêter l'oreille à ses enseignements.

Ampbibale, resté seul, passa toute la nuit en prière, tandis qu'Alban se retira dans sa chambre pour prendre son repos. Mais pendant qu'il dormait, il eut une vision que Dieu lui envoya pour l'instruire, et dont il fut tellement touché qu'il se leva sur l'heure, vint trouver son hôte, et lui dit: « Si ce que tu prêches au sujet du Christ est véritable, daigne me donner l'explication d'un songe mystérieux que je viens d'avoir. J'ai vu descendre du Ciel un homme qu'une foule immense d'autres hommes a saisi pour lui faire souffrir des tourments de toute espèce. Ils lui ont lié les mains, ont frappé sur son corps à coups de verges, et mis ainsi toute sa chair comme en lambeaux. Puis ils ont suspendu à une croix ce corps ainsi déchiré, après l'avoir dépouillé de tous ses vêtements; ils ont étendu violemment ses bras sur cette croix; ils ont percé de clous ses pieds et ses mains : ils lui ont ouvert le côté d'un coup de lance, et de cette blessure j'ai cru voir sortir du sang et de l'eau. Ils l'avaient injurié longtemps en disant: Salut, Roi des Juifs; si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix à cette heure, et nous croirons en toi. Mais lui, sans leur répondre, a jeté ce cri : Mon Père, je remets mon âme entre vos mains. Et aussitôt après il expira. Ensuite j'ai vu descendre de la croix son corps inanimé, dont le sang s'épanchait par de larges blessures : on l'a mis dans un sépulcre de pierre qu'on a scellé et autour duquel on a placé des gardes. Mais, Ô miracle ! ce cadavre revient à la vie; il sort du tombeau sans briser les portes scellées; j'ai vu de mes yeux comment il est ressuscité d'entre les morts. Des hommes vêtus d'habits blancs comme la neige sont descendus du ciel : ils ont pris avec eux cet homme ressuscité, et. sont retournés au ciel ensemble. Une multitude innombrable d'hommes revêtus pareillement de robes blanches suit le vainqueur de la mort, ne cessant jamais de chanter ses louanges et de bénir le Père en disant : Béni soit Dieu le Père et son Fils unique. Tous sont dans une paix inaltérable à laquelle aucun bonheur ne saurait être comparé. Telle est la vision que j'ai eue cette nuit : explique-la-moi, je t'en supplie, et ne crains pas de me dire entièrement tout ce que signifient ces choses ".

A ce récit, la bienheureux Amphibale comprit que Dieu avait daigné visiter le coeur d'Alban, et il en conçut une joie inexprimable. Aussitôt, tirant l'image de la croix du Seigneur qu'il portait toujours sur lui: «Voilà», dit-il, « le signe qui te fera connaître ce que signifie et ce que présage ta vision. L'homme que tu as vu descendre du ciel est mon Seigneur Jésus-

Christ, qui n'a pas refusé de subir le supplice de la croix pour nous laver par son sang du péché auquel la prévarication d'Adam, notre premier père, nous avait rendus sujets. Ceux qui l'ont saisi et affligé par de si cruels tourments sont les Juifs, le peuple choisi de Dieu, à qui il avait promis d'envoyer du Ciel son Fils : or, quand il est venu, ils ont refusé de Le recevoir. Après une si longue et si pénible attente, ils n'ont pas voulu reconnaître l'Auteur de leur Salut; mais ils l'ont contredit sans cesse, lui ont rendu le mal pour le bien, et n'ont répondu que par la haine à l'amour qu'Il leur avait témoigné. Enfin, remplis d'envie contre lui, ils ont bien osé le saisir, cet Homme-Dieu que les Gentils eux-mèmes jugeaient innocent: ils l'ont saisi, et l'ont fait mourir sur une croix, C'est ainsi que ce Seigneur très-miséricordieux nous a rachetés au prix de son sang, qu'il a vaincu la mort en mourant lui-même, et qu'étant élevé sur la croix, Il a tout attiré à lui. Il est aussi descendu dans les cachots ténébreux de l'enfer; il a brisé les liens des justes qui y étaient captifs; et enchaînant le diable, il l'a rejeté au plus profond de l'abîme".

Alban fut saisi d'admiration en entendant ces paroles, et il s'écria:

"Oui, les choses que tu viens de dire touchant le Christ sont vraies, et l'on ne saurait les accuser de fausseté. C'est le Christ que j'ai vu cette nuit combattre et vaincre le démon. Je veux donc désormais prêter une oreille docile à tes enseignements. Dis-moi, puisque ta science est si grande, quels sont mes devoirs envers le Père et le Saint-Esprit, maintenant que je reconnais le Fils pour mon Seigneur et mon maître». Le prêtre, rempli d'une grande joie, s'écria : « Je rends grâces à mon Seigneur Jésus-Christ de ce que tu as appris à invoquer de toi-même ces trois Noms sacrés. Crois donc que ces trois Personnes que tu viens de nommer sont un seul et même Dieu, et confesse généreusement cette Foi".- « Oui», répondit Alban, « telle est ma ferme croyance. Il n'y a point d'autre Dieu que mon Seigneur Jésus-Christ qui, pour le Salut des hommes, a daigné se revêtir de leur nature, et souffrir la mort de la croix : il est un seul Dieu avec le Père et le Saint-Esprit, en dehors de qui il n'y a point d'autre Dieu".
Plusieurs fois il répéta avec ferveur celte profession de Foi; il se prosternait devant l'image de la Croix du Sauveur, et comme s'il y eût vu Jésus présent lui-même, il implorait avec larmes le pardon de ses pêchés, il baisait la place des pieds et des mains, comme s'il eût touché véritablement les plaies sacrées du Christ, et que sa vision de la nuit précédente se fût transformée en une réalité. Des larmes coulaient en abondance sur son visage et baignaient le signe du Salut qu'il tenait embrassé. "Je renonce au démon", disait-il, « je déteste tous les ennemis du Christ; je me donne et je me confie à ce divin Seigneur qui, le troisième jour, est ressuscité d'entre les morts". Amphibale, voyant ses bonnes dispositions et jugeant qu'il était déjà parfait Chrétien dans son coeur, le baptisa au nom de la très-sainte Trinité. Puis il lui dit: « Sois sans crainte: le Seigneur est avec toi, et sa grâce ne te manquera jamais. C'est de lui-même que tu as appris par révélation les mystères de notre Foi, que les autres hommes recoivent ordinairement par la prédication d'un homme faible comme eux; c'est pourquoi je suis maintenant tranquille sur ton compte. Je vais donc reprendre ma route pour aller continuer ailleurs les travaux de mon ministère". -  "Non", dit Alban; " je te prie de ne pas me quitter si tôt, mais de passer encore une semaine avec moi, afin que tu m'apprennes en détail tout ce qui concerne les autres dogmes et les pratiques du culte chrétien ». Amphibale, voyant que la résolution qu'il avait prise de quitter ce lieu remplissait Alban d'une si grande tristesse, consentit à sa demande. Chaque jour donc, vers le soir, le maître et le disciple, fuyant le tumulte des hommes, se retiraient dans une maison à l'écart, et y passaient ensemble toute la nuit à louer Dieu. Ils se cachaient ainsi pour n'être pas découverts par les infidèles qui cherchaient à connaître la vraie religion, moins pour l'embrasser que pour la persécuter.

Néanmoins, quelque temps après, un Gentil audacieux parvint à découvrir leur secret, et fit connaître au magistrat tout ce qui s'était passé entre eux. Il n'omit rien de ce qui était propre à perdre les innocents, en allumant contre eux la fureur du juge. En effet, celui-ci fut aussitôt enflammé de colère: il ordonna qu'on lui amenât Alban et celui qui l'avait instruit dans la Foi Chrétienne, afin de les obliger à offrir un sacrifice aux dieux du pays. S'ils ne voulaient pas y consentir, ils devaient être saisis, enchaînés, et égorgés eux-mêmes en guise de sacrifice sur l'autel des dieux. Ces ordres, toutefois, ne purent être donnés d'une manière si secrète qu'ils ne parvinssent à la connaissance d'Alban qui, désirant sauver du péril le prêtre qui l'avait instruit, l'exhorta à sortir de la ville. Pour faciliter son évasion, il la revêtit de sa propre chlamyde qui était brodée d'or. Cet habit était alors celui des principaux du pays, et par là même si honoré qu'il commandait à tous le respect envers quiconque en était revètu. Ayant donc jugé qu'Amphibale serait sous cet habit plus garanti contre les insultes et les violences, il prit lui-même le manteau de son cher maître, sachant bien que c'était un moyen de s'attirer la fureur des barbares. Alors Amphibale, cédant aux prières d'Alban, partit avant l'aurore et se dirigea du côté de l'aquilon, conduit quelque temps par son généreux disciple. Enfin ils se dirent adieu et se séparèrent. Qui pourrait rester insensible au souvenir de toutes les larmes qu'ils versèrent dans cette cruelle séparation? Le prêtre se rendit dans le Pays de Galles, pour y continuer ses travaux apostoliques. Alban, revêtu de la robe de son maître, revint seul à sa demeure, attendant paisiblement l'exécution des ordres qui avaient été donnés contre lui.

Quand le jour fut venu, une troupe nombreuse de soldats furieux se précipite tout à coup sur la maison d'Alban: ils pénètrent partoul, visitent avec soin toutes les chambres, fouillent jusque dans les coins les plus obscurs, et remplissent tout de désordre et de tumulte. Enfin ils arrivent dans cet endroit solitaire où Alban avait coutume de venir prier avec Amphibale; ils entrent; ils le voient revêtu d'un habit étranger, prosterné devant la croix du Sauveur, et se livrant à la prière. Alors ils se précipitent en foule, et lui demandent à grands cris de leur livrer le prêtre qu'il a reçu chez lui.

Alban, pour toute réponse, leur dit:  "Pourquoi le cherchez-vous? Il est sous la garde de Dieu; et maintenant, avec ce tout-puissant secours, il ne craint pas vos menaces". Les satellites, irrités de voir cette proie leur échapper, sentirent redoubler leur fureur; et tournant contre Alban lui-même tout leur ressentiment, ils mirent aussitôt la main sur lui. On l'attrache, on l'entraîne, on le charge de chaînes pesantes, on le tire par les vêtements et par les cheveux; on le conduit enfin, après mille injures, après mille traitements inhumains, jùsqu'au temple des idoles, où le juge se trouvait avec le peuple de la ville accouru de tous côtés en ce lieu. Alban, voulant montrer à tous qu'il était disciple et serviteur de la Croix, portait sans cesse dans ses mains le signe du Salut. Quand les Gentils virent ce signe sacré qui leur avait été inconnu jusqu'alors, ils furent étonnés et troublés; le juge, cependant, regarda avec en visage irrité l'homme de Dieu et la croix qu'il tenait entre ses mains. Alban, loin d'être effrayé de sa colère, le méprisa tellement qu'il ne daigna pas lui répondre sur son rang et sa famille; mais à l'interrogation qui lui fut faite sur ce sujet, il ne répondit qu'en faisant connaître son nom et en déclarant à haute voix qu'il était Chrétien.

Le juge lui dit « Alban, fais-moi savoir où est ce prêtre envoyé de je ne sais où pour mettre le trouble dans cette ville, qui y est entré secrètement, et que tu as reçu dans ta maison. Si sa conscience n'était pas agitée de remords, s'il ne doutait pas luj-mème de la bonté de sa cause, il se serait présenté devant nous pour rendre compte de sa doctrine, au lieu de laisser ce soin à son disciple. Mais, au contraire, il a fait voir par son exemple combien ses enseignements sont vains et trompeurs, puisqu'au lieu de défendre celui qu'il a gagné par ses belles paroles, il l'abandonne làchement dès qu'il voit le péril. Je pense que cela suffira pour te faire voir que tu as accordé trop de confiance à un homme infatué de chimères, qui t'a poussé jusqu'à cet excès de folie de compter pour rien tous les biens de ce monde et de mépriser ouvertement nos grands dieux. Or, nous ne pouvons pas laisser impunie l'injure qui leur est faite: le contempteur des dieux doit être puni de mort. Mais comme il n'est personne qui ne puisse tomber dans l'erreur, il est aussi toujours possible d'en sortir. Tu peux donc te réconcilier encore avec les dieux que tu as offensés; tu rentreras dans leurs bonnes grâces en te séparant de la secte perfide dans laquelle tu t'es laissé entraîner. Ecoute les conseils que je te donne dans ton intérêt: fais aux dieux de grands sacrifices : alors, non-seulement ils te pardonneront tes crimes et tes offenses, mais encore ils augmenteront ta fortune et tes honneurs, et combleront tous tes désirs, ainsi qu'ils ont coutume de faire pour leurs serviteurs fidèles ».

Alban, sans être effrayé par ces menaces, ni séduit par cette feinte douceur, répondit: « Tu as parlé longuement, ô juge; mais la longueur de tes discours ne peut m'empêcher d'en  apercevoir la fausseté. Le prêtre dont tu parles serait certainement venu à ton audience, si cela nous avait paru bon à l'un et à l'autre. Mais, pour moi, je n'ai pu consentir à ce qu'il m'accompagnât ici, parce que je connais trop ce peuple méchant et prompt à mal faire; quant à lui, bien qu'il ne redoute pas la véritable justice, il ne peut souffrir les juges qui ne savent pas discerner le vrai du faux dans leurs jugements. J'avoue que j'ai embrassé sa doctrine, mais je ne saurais m'en repentir; la suite te fera voir que je n'ai pas cru sur la foi d'un ignorant ou d'un imposteur. Les malades et les infirmes, recouvrant leur santé première rendront témoignage à la vérité de notre Foi. Cette Foi m'est plus chère que toutes les richesses dont tu me parles, plus précieuse que tous les honneurs par la vue desquels tu veux me tenter. Car supposons un homme comblé d'honneurs et de richesses au gré de ses désirs, ne faudrait-il pas qu'enfin il meure? Tout son or pourra-t-il le tirer du sépulcre et le ramener parmi les vivants? Mais à quoi bon prolonger ce discours? Je ne sacrifie pas à tes faux dieux; car tous mes ancêtres les ont servis sans en recevoir d'autre salaire que leur damnation éternelle. Aidé du secours de mon Dieu, je ne crains pas les supplices dont tu me menaces". Quand il eut ainsi parlé, un sourd murmure s'éleva parmi la foule : les uns étaient attendris; d'autres poussaient des cris d'insulte; mais le bienheureux Alban paraissait insensible aux menaces du juge et aux clameurs du peuple irrité.

On lui intima de nouveau l'ordre de sacrifier aux dieux : une troupe furieuse de Gentils se précipita vers lui pour l'y contraindre; mais sa fermeté demeura inébranlable, et rien ne put l'amener à commettre un tel forfait. Alors, sur l'ordre du juge, on l'étendit pour le battre de verges. Mais tandis qu'on le frappait rudement, il se tourna vers le Seigneur et dit avec un visage serein : « Seigneur Jésus-Christ, daignes garder mon âme pour qu'elle ne soit pas ébranlée, et qu'elLe ne tombe pas du rang élevé où votre bonté l'a placée. C'est à vous, Seigneur, que j'ofl're le sacrifice de rua vie; et je désire répandre mon sang pour votre amour». Ces paroles no purent être étouffées par le bruit épouvantable des coups de fouet. Les bras des bourreaux se fatiguèrent sans que la constance du Martyr fût ébranlée. Le juge alors, sachant que le courage cède quelquefois plus facilement à la durée des tourments qu'à leur violence, le fit conduire dans une étroite et affreuse prison, où il le retint pendant près de six mois entiers.

Mais le Ciel ne tarda pas à venger l'injure faite au serviteur de Dieu. Depuis le jour où il fut arrêté, jusqu'à celui où il consomma par sa mort son glorieux sacrifice, la pluie et la rosée ne vinrent plus rafraîchir la terre: les vents retinrent leur souffle bienfaisant; chaque jour les ardeurs du soleil desséchaient de plus en plus les campagnes, et même pendant les nuits la chaleur était excessive; les sillons et les arbres refusèrent de rendre aux laboureurs le fruit de leurs travaux; en un mot, toute la nature combattit contre les méchants pour venger le juste opprimé. Les habitants de Vérulam furent bientôt réduits à l'extrémité par ce fléau; mais ce châtiment, si rude qu'il fût, ne put les ramener à des sentiments meilleurs. Ils se réunirent donc, et dirent : "C'est par un art magique que notre terre est ainsi désolée : tout a péri dans nos campagnes; c'est le Christ, le Dieu d'Alban, qui a brûlé nos moissons et ruiné les espérances de nos récoltes". Ils se firent donc amener Alban, qui parut devant eux les pieds nus, le visage exténué, et tout le corps couvert de la poussière du cachot. Quand ils le virent ainsi méconnaissable à cause des rigueurs qu'on lui avait fait souffrir, ils furent touchés de compassion, et, après avoir longtemps discuté entre eux, ils résolurent de le traiter plus humainement. Ses parents, de leur côté, firent valoir en sa faveur son rang et sa naissance, ajoutant que, puisqu'on ne pouvait le convaincre d'avoir excité aucun tumulte ni sédition, il était indigne de voir un homme noble et illustre chargé de fers comme s'il eût été un voleur. Le peuple les écouta volontiers; de grands cris s'élevèrent pour demander sa délivrance; et aussitôt, par le jugement de la multitude, il fut délivré de ses chaines et proclamé libre.

Une faveur de ce genre ne pouvait être agréable à Alban : il s'était préparé au martyre, et il craignait de voir encore cette fois son triompha différé. Il se leva donc au milieu de la foule, et montrant à tous la croix du Seigneur, il se prosterna devant elle, et fit cette prière: "Seigneur Jésus, ne permettez pas que la malice du diable profite de la concorde de tout ce peuple pour me ravir ma couronne. Daignez réprimer son audace et rendre inutiles toutes ses ruses perfides ». Puis, se tournant vers la foule, il dit:
«Qui peut vous conduire à changer ainsi de sentiments? Si vous êtes indécis, consultez les lois de votre cité : elles vous indiqueront ce que vous avez à faire. Pourquoi tardez-vous? Ne savez-vous pas que je suis l'irréconciliable ennemi de vos dieux? En effet, comment pouvez-vous croire dignes d'adoration ceux qui, loin d'avoir quelque chose de divin, sont l'ouvrage de la main des hommes? Vous êtes témoins vous-mêmes qu'ils ne peuvent rien voir, rien entendre; est-il quelqu'un d'entre vous qui ait jamais souhaité d'être semblable aux dieux auxquels il rend ses hommages? Comment donc qualifier ces êtres que vous adorez, étant contraints cependant d'avouer qu'ils sont d'une condition inférieure à la vôtre? O folie déplorable! Demander la vie à ceux qui ne l'ont jamais eue; offrir des prières à des dieux qui ne peuvent entendre; demander du secours à des dieux qui ne sauraient faire le moindre mouvement pour se sauver eux-mêmes ! Malheur aux idoles, et malheur à quiconque est assez insensé pour leur rendre hommage!»

Les Gentils, entendant ces fermes et courageuses paroles, virent bien que la prison n'avait pas changé les dispositions d'Alban, et qu'il ne fallait pas espérer qu'aucun autre essai du même genre pût l'ébranler. Les sentiments de justice et de commisération qui les animaient naguère disparurent en face de leur zèle aveugle pour les faux dieux, et, après avoir délibéré ensemble, ils prononcèrent contre lui la peine de mort. Ilss choisirent pour l'exécution un lieu appelé Rolmhurst *, situé à quelque distance de la ville [* Ce lieu, appelé depuis Derswoldwood, a servi d'emplacement à la ville de Saint-Alban]; mais ils furent un certain temps avant de s'accorder sur le genre de supplice qu'ils devaient lui faire subir. Les uns disaient : "c'est un disciple de la croix : il faut le crucifier». D'autres voulaient qu'il fût enterré vif, parce que c'était le supplice ordinaire de ceux qui blasphémaient contre les dieux; d'autres enfin proposaient de lui crever les yeux et de l'envoyer dans cet état à la recherche de son maître fugitif. Mais le juge et la plus grande partie du peuple décidèrent qu'on lui trancherait la tête. Alban, chargé une seconde fois de ses chaînes, sortit donc du tribunal pour être conduit au supplice; et le peuple, laissant le juge bien loin derrière lui, se précipita en foule sur le. chemin qui conduisait au lieu de l'exécution, chacun s'efforçait de devancer les autres pour mieux jouir de ce sanglant spectacle; et comme le Martyr marchait au milieu d'eux, ils le chargeaient d'injures en disant: « Sors, ennemi des dieux, de cette ville souillée par ta présence: va recevoir le châtiment de ton impiété; on va te traiter comme tu le mérites, et tes crimes vont être punis". Au milieu de ces injures, le saint Martyr demeurait en paix et gardait le silence, mettant sa confiance eu Dieu.

Une si grande multitude était accourue de toutes parts que le chemin, quoique large et spacieux, étaitL encombré par les flots pressés du peuple; d'autre part, ce jour-là la chaleur était si forte que la terre semblait brûlante sous les pieds de la foule. Cependant on avançait toujours; enfin on arriva sur le bord d'une rivière très-rapide *, qui devint pour la marche du peuple un obstacle fort embarrassant [* Cette rivière était la Coln, qui passe entre l'ancien Vérulam et la nouvelle ville de Saint-Alban]. Beaucoup se tenaient arrêtés sur la rive; car la pont était trop étroit pour qu'il fût possible à tous d'y passer. Alors quelques-uns, ne pouvant supporter ce retard, se jetèrent à la nage, malgré la profondeur et la rapidité du courant, et parvinrent ainsi jusqu'à la rive opposée. D'autres voulurent en faire autant; mais, emportés par les eaux, ils furent submergés et périrent misérablement. La vue de cet accident jeta un grand trouble parmi le peuple, et des cris de douleur se firent entendre de tous côtés. Alban fut, lui aussi, touché de ce spectacle: il pleura la perte de ces malheureux, et, se mettant à genoux, il éleva les yeux vers le ciel et son âme vers le Christ, en disant: « Seigneur Jésus, du côté duquel j'ai vu couler du sang et de l'eau, faites que les flots s'abaissent et se séparent, afin que tout ce peuple puisse venir sans danger jusqu'au lieu où il sera témoin de mon martyre". Chose admirable ! à peine Alban se fut-il agenouillé que le lit de la rivière, se desséchant aussitôt, laisse un libre passage à la foule impatiente. Mais là ne se bornent pas les miracles du saint Martyr: ceux que les eaux avaient entrainés et submergés sont, par un nouvel effet de la prière d'Alban, retrouvés sains et saufs, comrne s'ils n'avaient éprouvé aucun accident.

Alors un des soldats qui conduisaient Alban au supplice obtint, par les mérites du serviteur de Dieu, la grâce d'arriver lui-même au Salut. Car, voyant les merveilles qui venaient de s'opérer à sa prière, il se sent touché de repentir, jette au loin son épée, et se prosterne aux pieds du Saint en confessant son erreur et demandant pardon avec larmes. " O Alban », lui dit-il, " ton Dieu est le Dieu véritable, et il n'y en a point d'autre que lui. Cette rivière dont le cours s'est arrêté à ta prière fait bien voir qu'aucune autre divinité ne saurait opérer un semblable prodige". Cette conversion ne fit qu'accroître la fureur des autres satellites, bien qu'elle parût auparavant déjà portée à son comble. Ils saisissent leur compagnon que la grâce avait touché, et ils lui disent: « Ce ne sont pas les prières d'Alban qui nous ont ouvert tout à coup un passage, mais c'est le dieu Soleil que nous adorons qui a daigné dessécher par sa chaleur bienfaisante le lit de la rivière, afin que sains et saufs nous pussions assister avec joie à la mort de son ennemi. Quant à toi, qui t'efforces d'obscurcir par de fausses interprétations la connaissance que nous avons des bienfaits des dieux, tu vas subir la peine que méritent tes blasphèmes». Ils le saisissent alors, frappent avec violence cette bouche qui venait de rendre témoignage à la Vérité, jusqu'à ce qu'ils lui eussent brisé les dents. Puis ils déchirent les autres membres de ce nouvel athlète avec une égale fureur, et le laissant pour mort sur le sable de la rive, ils se hâtent de continuer leur route afin d'assouvir leur insatiable cruauté sur la personne d'Alban lui-même.

Qui pourrait retracer sans émotion les souffrances qu'eut alors à endurer le bienheureux Martyr, lorsque, traîné avec violence au milieu des rochers et des broussailles, son corps déchiré laissait de tous côtés des traces sanglantes? Enfin l'on parvint au sommet de la montagne, où devait se consommer le sacrifice du généreux serviteur du Christ. La foule était innombrable, et la chaleur du soleil leur faisait endurer le tourment d'une soif ardente, en sorte que, accablés par le poids de cette température brûlante, plusieurs semblaient près de périr. Ils frémissaient de rage contre Alban, et disaient: « Voilà que ce magicien nous a réduits, par ses maléfices, aux dernières angoisses: il nous abat par la force de ses sortilèges : débarrassons-nous donc de lui, et nous retrouverons le repos que sa malice nous a fait perdre". Le charitable Alban s'attendrit tout à la fois sur leurs maux et sur l'aveuglement de leur esprit, et il fit cette prière pour ses persécuteurs impies: "Seigneur Dieu tout-puissant, qui avez créé l'homme du limon de la terre, ne permettez pas que personne souffre à mon occasion. Qu'une agréable fraicheur remplace cette chaleur excessive, et que, par votre miséricorde, un vent favorable tempère l'ardeur des rayons du soleil". A peine avait-il achevé sa prière, qu'aussitôt elle est exaucée; bien plus, une fontaine abondante jaillit aussitôt à ses pieds. Admirable puissance du Christ! La terre brûlée de toutes parts n'offrait que le triste aspect de la désolation; et cependant, à la voix du Martyr, une source d'eau vive jaillit du milieu de la poussière et coule de toutes parts en ruisseaux abondants. Le peuple se voit ainsi délivré miraculeusement du tourment de la soif. Mais ce bienfaît insigne ne les empêche pas d'être encore altérés du sang de leur bienfaiteur.

Alors ils saisissent Alban, et l'attachent par les cheveux à un poteau pour le décapiter. Un bourreau, choisi dans la foule pour accomplir au nom de tous le forfait exécrable, lève bien haut le glaive homicide et tranche d'un seul coup la tête du Martyr (303). Le corps retombe sans vie, tandis que la tête, retenue par les noeuds de la chevelure, reste suspendue au poteau où on l'avait attachée : quant à la croix que le Saint avait toujours coutume de porter entre ses mains, elle tomba sur le gazon, rougie de son sang précieux; et un chrétien, que les païens ne connaissaient pas pour tel, put l'enlever secrètement et l'emporter. Le bourreau qui venait de consommer le crime était encore au même lieu, lorsque tout aussitôt, par un juste elfet de la vengeance divine, ses yeux sortent de leur orbite, et tombent à terre près du corps du Martyr. A la vue de ce terrible châtiment, plusieurs ne purent s'empêcher d'en reconnaître la justice. Mais voilà que tout à coup se présente le soldat que l'on avait laissé pour mort au milieu du chemin. D'autre part survient le juge qui était d'abord resté dans la ville, mais qui, entendant parler des miracles qui avaient accompagné le supplice, voulait voir par lui-même ce qui se passait. On lui présente le soldat que ses blessures précédentes avaient tout défiguré. Le juge lui dit par dérision: « Tu me parais malade: il faut aller implorer le secours d'Alban pour qu'il daigne guérir tes membres brisés. Cours, hâte-toi, va prendre sa tête, rapproche-la du tronc; donne-lui la sépulture, rends-lui les honneurs usités dans votre secte; et tu verras que cela te servira de remède contre les coups que tu as reçus". Le soldat, rempli de ce zèle que donne une foi vive, répondit:
« Je crois fermement que le bienheureux Alban peut, par ses mérites, m'obtenir une guérison complète, et surtout m'obtenir la faveur bien plus précieuse de trouver grâce devant la Majesté divine. Tout ce que tu dis par dérision pourra, par la puissance de Dieu et l'intercession d'Alban, s'accomplir en moi". Alors, s'approchant du poteau avec respect, il détache les noeuds de la chevelure, et, prenant la tête du saint Martyr, il la pose auprès du tronc. Aussitôt il se sent guéri: et, par un miracle visible aux yeux de tous, il recouvre à l'instant une santé parfaite. Alors, rempli d'une force nouvelle, il rend les derniers devoirs au saint Martyr, creuse une fosse, y dépose le corps et le recouvre de terre. Puis, il se met à prêcher avec courage devant tout le peuple la puissance du Christ et les mérites d'Alban.

A cette vue, les païens, saisis d'une nouvelle fureur, se dirent entre eux:

"Que ferons-nous? Sera-t-il donc impossible de faire périr cet homme? Nous l'avions déjà accablé de coups; et maintenant nous ne voyons plus en lui nulle trace de blessure. Que ferons-nous donc maintenant?" L'un d'eux dit alors: « Cet homme est magicien : le seul moyen que nous ayons de le faire périr, c'est de couper ses membres en morceaux; autrement ses sortilèges émousseront le tranchant du glaive, et il sera impossible de le mettre à mort". On suivit ce conseil barbare; le généreux soldat du Christ souffrit avec constance ce cruel supplice, et, persévérant jusqu'au dernier soupir dans la sainte foi, il mérita de partager avec Alban l'honneur de la couronne.

La nuit suivante, Notre-Seigneur Jésus-Christ fit connaître par des signes évidents la gloire de son serviteur. Au milieu des ténèbres, une immense croix lumineuse parut sur le tombeau d'Alban: elle s'élevait de la terre au ciel, et l'on y voyait des Anges descendant et montant sans cesse, et chantant pendant toute la nuit des hymnes et des cantiques de louange. Quelques païens ayant vu ce miracle, en appelèrent d'autres pour jouir du même spectacle; et ainsi ce prodige prépara les voies à un grand nombre de conversions parmi les infidèles de ce pays.

La fête de saint Alban se célèbre le 22 juin comme au jour de son martyre.

On le représente tantôt faisant jaillir une fontaine en priant Jésus-Christ de montrer la sainteté de sa cause; tantôt portant sa tête entre ses mains, pour marquer le genre de son martyre.



CULTE ET RELIQUES.

Sous le règne de Constatin le Grand, on bétit une magnfique église à l'endroit où saint Alban avait souffert le martyre et où était son tombeau. Les miracles qui s'opérèrent bientôt dans cette église par l'intercession du Saint portèrent si loin sa réputation de sainteté que, lorsque saint Loup et saint Germain allèrent en Grande-liretagne extirper l'hérésie pélagienne, le grand évêque d'Auxerre recueillit des parcelles de terre imbibée du sang du premier Martyr de ce pays et les apporta religieusement en France. Les Saxons ayant détruit l'église de Saint-Alban, Offa, roi des Merciens, en fît bâtir une autre, avec un monastère sous le nom du Saint, l'an de Notre-Seigneur 793, et le 33ième de son règne. Il donna à ce monastère des revenus considérables, et l'exempta de la taxe appelée le "denier de Saint-Pierre" à laquelle il avait soumis toutes les familles de son royaume.  Les papes [de Rome] accordèrent à ce monastère les plus grands privilèges. Il fût détruit sous Henri 8; mais tes hahitants de la ville donnèrent une somme d'argent pour qu'on leur laissât l'église, qui subtiste encore aujourd'hui et qui est paroissiale.

On sauva une partie des reliques de saint Alban, qui se gardent précieusement chez les Anglais de Vallidolid, il y en a aussi une petite portion à Saint-Omer. Le diocèse de Troyes possède plusieurs ossements de ce Saint. Ces reliques précieuses, longtemps vénérées dans l'abbaye de Nesle-la-Reposte, furent transférées au couvent des Bénédictines de Villenauxe-la-Grande. Elles y restèrent jusqu'à la suppression des communautés religieuses. Le 8 mai 1791, elles furent transportées solennellement à l'église paroissiale de Villenauxe, où elles furent trouvées intactes, à l'époque de l'ouverture des églises. Ce respect des choses saintes fut le résultat de l'énergique attitude des habitants du pays, qui, fortement attachés à leurs châsses n'eussent jamais permis aux révolutionnaires de donner suite à leurs sacrilèges desseins. L'authenticité de ces reliques a été publiquement reconnue par Mgr de Boulogue, le 11 septembre 1819.

L'antique châsse de saint Alban, restaurée et embellie, appartient aujourd'hui à la cathédrale et renferme les chefs de saint Bernard et de saint Malachie.

L'Angleterre, pendant plusieurs siècles, a honoré saint Alban comme un de ses principaux patrons, et elle a obtenu du Ciel des grâces signalées par son intercession. Ce fût en l'invoquant que saint Germain fit remporter aux Anglais, sans effusions de sang Chrétien, une victoire complète sur des ennemis aussi dangereux pour les âmes que pour les corps. On ne voit plus rien de sa châsse, qu'Offa, Egfrid son fils, et plusieurs rois avaient décorée avec magnificence; mais on a couvert d'une pierre de marbre le lieu où ses cendres sont renfermées. Sur la muraille qui est vis-:à-vis on a gravé quelques vers, dont le sens est que la châsse du Saint était anciennement en cet endroit.

Nous nous sommes servis, pour refaire cette Vie, des Actes des Martyrs, par les RR. PP. Bénédictins de la Congrégation de France; de la Vie des Saints du diocèse de Troyes, par l'abbé Defer; de Godescard, et de Notes fournies par m. l'abbé Caillet.


que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!
Jean-Michel






St. Alban

First martyr of Britain, suffered c. 304. The commonly received account of the martyrdom of St. Alban meets us as early as the pages of Bede's "Ecclesiastical History" (Bk. I, chs. vii and xviii). According to this, St. Alban was a pagan living at Verulamium (now the town of St. Albans in Hertfordshire), when a persecution of the Christians broke out, and a certain cleric flying for his life took refuge in Alban's house. Alban sheltered him, and after some days, moved by his example, himself received baptism. Later on, when the governor's emissaries came to search the house, Alban disguised himself in the cloak of his guest and gave himself up in his place. He was dragged before the judge, scourged, and, when he would not deny his faith, condemned to death. On the way to the place of execution Alban arrested the waters of a river so that they crossed dry-shod, and he further caused a fountain of water to flow on the summit of the hill on which he was beheaded. His executioner was converted, and the man who replaced him, after striking the fatal blow, was punished with blindness. A later development in the legend informs us that the cleric's name was Amphibalus, and that he, with some companions, was stoned to death a few days afterwards at Redbourn, four miles from St. Albans. What germ of truth may underlie these legends it is difficult to decide. The first authority to mention St. Alban is Constantius, in his Life of St. Germanus of Auxerre, written about 480. But the further details there given about the opening of St. Alban's tomb and the taking out of relics are later interpolations, as has recently been discovered (see Livison in the "Neues Archiv", 1903, p. 148). Still the whole legend as known to Bede was probably in existence in the first half of the sixth century (W. Meyer, "Legende des h. Albanus", p. 21), and was used by Gildas before 547. It is also probable that the name Amphibalus is derived from some version of the legend in which the cleric's cloak is called an amphibalus; for Geoffrey of Monmouth, the earliest witness to the name Amphibalus, makes precisely the same mistake in another passage, converting the garment called amphibalus into the name of a saint. (See Ussher, Works, V, p. 181, and VI, pg. 58; and Revue Celtique, 1890, p. 349.) From what has been said, it is certain that St. Alban has been continuously venerated in England since the fifth century. Moreover, his name was known about the year 580 to Venantius Fortunatus, in Southern Gaul, who commemorates him in the line:

Albanum egregium fecunda Britannia profert. 

("Lo! fruitful Britain vaunts great Alban's name.")
("Carmina", VII, iii, 155).

His feast is still kept as of old, on 22 June, and it is celebrated throughout England as a greater double. That of St. Amphibalus is not now observed, but it seems formerly to have been attached to 25 June. In some later developments of the legend St. Alban appears as a soldier who had visited Rome, and his story was also confused with that of another St. Alban, or Albinus, martyred at Mainz.

Thurston, Herbert. "St. Alban." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907. 22 Jun. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/01252b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Christine J. Murray.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. March 1, 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.





Alban of Great Britain M (RM)

3rd or 4th century. There were probably already Christians in the British Isles in the first century. In fact, by the end of the second century a great many of the inhabitants of southern England were Christians. However, Alban is the first recorded Christian martyr of the island. The traditional date of his death is 304, during the persecution under the Emperor Diocletian; but many scholars now date it as early as 209, during the persecution under the Emperor Septimus Severus. This date was derived from a study of the Turin manuscript of a Passio Albani.


The first known reference to him, outside the Turin manuscript, is in the 5th century life of Saint Germanus of Auxerre. Gildas, writing c. 540, gives the core of the tradition. Saint Bede gives an amplified account, which includes a lively description of the beheading and more details of signs from heaven.

Alban was a pagan, supposed to have been a Roman soldier, who, during the persecution of Diocletian, took pity on a fleeing Christian priest and sheltered him in his own home. When he saw that the priest spent day and night in prayer, he was moved by the grace of God. They spent several days talking together and Alban was so impressed by the priest's sanctity and devotion that he became a Christian and wanted to imitate the piety and faith of his guest. Encouraged and instructed by the priest, Alban renounced his idol worship and embraced Christ with his whole heart.

He was a leading citizen in the old Roman city of Verulamium (Verulam), Hertfordshire, England, now called Saint Albans. The town was originally a collection of huts of wattle and daub that stretched along Watling Street, and later destroyed by the army of Boadicea, the warrior queen.

The story continues that the Roman governor of the city, hearing a rumor that a priest was hiding in the house of Alban, sent a search party of soldiers to find him. Seeing them approach, Alban took the priest's cloak and put it over his own head and shoulders, and helped him to escape. Thus disguised, Alban opened the door to the soldiers and was arrested in mistake for the priest. He was bound in fetters and brought before the governor, who was attending a sacrifice to the pagan gods. When the cloak was removed and his true identity was discovered, the governor was furious. He then declared himself to be a Christian, whereupon the governor angrily ordered him to be taken before the altar. He was threatened with all the tortures that had been prepared for the priest if he did not recant.

Alban faced his anger calmly and, ignoring his threats, declared that he could not sacrifice to the gods. Upon Alban's refusal to deny his faith, the governor enquired of what family and race he was. "How can it concern you to know of what stock I am?" answered Alban. "If you want to know my religion, I will tell you--I am a Christian, and am bound by Christian obligations." When asked his name, he replied: "I am called Alban by my parents, and I worship and adore the true and living God, who created all things." He was then commanded to sacrifice to the Roman gods, but he refused and was cruelly scourged. Alban bore the punishment with resignation, even joy. When it was seen that he could not be prevailed upon to retract, he was sentenced to decapitation.

On the way to his execution on Holmhurst Hill, the crowds that gathered to honor his heroism were so great that his passage was delayed because they could not reach the bridge over the river. Alban, who seemed to fear that any delay might deprive him of the martyr's crown, decided to cross at another point, and going down to the water's edge he prayed to God and stepped into the river which he then forded without difficulty. Both Gildas and Bede have accepted the tradition that this was a miracle and that the waters dried up completely in answer to the saint's prayer.

They add that a thousand other people crossed over with him, while the waters piled up on either side, and that this miracle converted the appointed executioner. Still accompanied by a huge throng of people, Alban climbed the hill to the place of execution. But, on his arrival there, the executioner threw down his sword and refused to perform his office. He said that if he were not allowed to take Alban's place then he would share his martyrdom. Confessing himself to be a Christian, the soldier was replaced by another. Then he took his stand beside Alban, and they faced death together. Alban was beheaded first, then the soldier was baptized in his own blood to share the glory of martyrdom. The third martyr was the priest, who when he learned that Alban had been arrested in his place, hurried to the court in the hope of saving Alban by turning himself in.

According to Bede, the governor was so impressed by the miracles that followed Alban's martyrdom that he immediately ended the persecutions, and Bede states that these miracles were still occurring in his lifetime at the intercession of England's protomartyr.

On the hill where these martyrdoms took place a church was later erected, and, 400 years later, Offa, the king of Mercia, founded on the same site the Benedictine Abbey of Saint Albans. According to Constantius of Lyons, Saint Germanus of Auxerre, at the end of a mission to England to combat the Pelagian heresy, chose the Church of Saint Alban as the place in which to thank God for the success of his mission. He brought back from England a handful of earth from the place where Alban, the soldier, and the priest were martyred (Attwater, Benedictines, Delaney, Encyclopedia, Gill, Morris).

The Proto-Martyr of England is portrayed in art as a warrior with a cross and shield. He may be depicted (1) crowned with laurel; (2) with a peer's coronet, holding a crossing; (3) with his head cut off; (4) with his head in a holly bush; (5) spreading his cloak under the sun; or (6) as his executioner's eye drops out (Roeder). Alban is especially venerated in Saint Albans and Angers (Roeder). 




Chasse de Saint Alban, St Albans Cathedral


June 22

St. Alban, Protomartyr of Britain

From Bede, Usher’s Collections, &c., his Ancient Life, and the English-Saxon abstract of it, in Bibl. Cotton. Julius, A. x.

A.D. 303

THE CHRISTIAN faith had penetrated into England in the times of the apostles, and had received an increase by the conversion of King Lucius, in the year 180. But the first persecutions seem not to have reached this island, where, perhaps, the Christians, in times of danger, retired to places distant from the Roman colonies; or the mildness of their governors, in a province so remote as to seem another world, might sometimes shelter them. But the rage of Dioclesian penetrated into these recesses, and many of both sexes here received, by unheard of torments, the crown of martyrdom, as Gildas and Bede testify. The first and most renowned of these Christian heroes was St. Alban, whose death was rendered more illustrious by many miracles and other extraordinary circumstances, and whose blood was an agreeable sacrifice to God, a glorious testimony to the honour of his name, and to his holy faith, and a fruitful seed of divine blessings on his country. So great was the glory of his triumph, that his name was most famous over the whole Church, as Fortunatus assures us. 1 A copy of the ancient Acts of his Martyrdom was published by Bishop Usher, and the principal circumstances are mentioned by St. Gildas, and recorded by venerable Bede. 2

Alban 3 seems to have been a Roman name, and this saint seems to have been a person of note, as some ancient monuments quoted by Leland, Usher, Alford, and Cressy affirm. He was a native of Verulam, 4 which was for many ages one of the strongest and most populous cities in Britain, till having suffered much by sieges under the Saxon conquest it fell to decay, and the present town of St. Alban’s rose up close by its ruins, of which no vestiges are now to be seen, except some broken foundations of walls and chequered pavements; and Roman coins have been often dug up there. 5 The river Werlame ran on the east, and the great Roman highway, called Watlingstreet, lay on the west side of the town. Alban travelled to Rome in his youth to improve himself in learning and in all the polite arts, as appears by authorities which the judicious Leland produces. Being returned home he settled at Verulam, and lived there with some dignity; for he seems to have been one of the principal citizens of the place. Though a stranger to the Christian faith he was hospitable and compassionate, and in recompense of his charitable disposition God was pleased to conduct him to the light of the gospel, and to discover to him the inestimable jewel of immortal life. He was yet a Pagan when the edicts of the emperors against the Christians began to be put rigorously in execution in Britain. A certain clergyman, called by some writers Amphibalus, sought by flight to escape the fury of the persecutors, and Alban afforded him a shelter, and kindly entertained him in his house. Our saint was much edified by the holy deportment of this stranger, and admired his faith and piety, and in particular his assiduity in prayer, in which the faithful servant of God watched night and day. Alban was soon engaged to listen to his wholesome admonitions and instructions, and in a short time became a Christian. And with such ardour did he open his heart to the divine grace, that he was at once filled with the perfect spirit of this holy religion, and rejoicing that he had found so precious a treasure he no longer regarded anything else, despising for it the whole world and life itself. He had harboured this apostolic man some days when an information was given in to the governor, that the preacher of the Christian religion, after whom the strictest inquiry was making, lay hid at Alban’s house. Soldiers were despatched thither to make diligent search after the man of God; but he was then secretly fled. Christ promises that he who receives a prophet, in the name of a prophet, shall meet with the recompense of a prophet. This was fulfilled in Alban, who, by entertaining a confessor of Christ, received the grace of faith, and the crown of martyrdom. He exchanged clothes with his guest, that the preacher might more easily escape in that disguise to carry the news of salvation to others; and himself put on the stranger’s long robe, called Caracalla. 6 Alban earnestly desiring to shed his blood for Christ, whom he had but just learned to know, presented himself boldly in this habit to the soldiers, and was by them bound and led to the judge, who happened at that very time to be standing at the altar, and offering sacrifice to his idols. When he saw Alban he was highly provoked at the cheat which the saint had put upon him by substituting himself for his guest, and ordering him to be dragged before the images of his gods, he said: “As you have chosen to conceal a sacrilegious person and a blasphemer, the punishment which he should have suffered shall fall upon you, in case you refuse to comply with the worship of our religion.” The saint answered with a noble courage, that he would never obey such an order. The magistrate then asked him of what family he was? Alban replied: “To what purpose do you inquire of my family? If you would know my religion, I am a Christian.” The judge asked his name? To which he answered: “My name is Alban, and I worship the only true and living God, who created all things.” The magistrate said: “If you would enjoy the happiness of life, sacrifice instantly to the great gods.” Alban replied: “The sacrifices you offer are made to devils, who neither help their votaries nor grant their petitions. Whoever shall sacrifice to these idols, shall receive for his reward the everlasting pains of hell.” The judge, enraged beyond measure at these words, commanded the holy confessor to be scourged; and seeing him bear with an unshaken constancy, and even with joy, the most cruel tortures, he at last condemned him to be beheaded. An exceeding great multitude of people went out to behold his execution, and the judge remained almost alone in the city without attendance. In the road was a river, and the stream in that part, which was pent up by a wall and sand, was exceedingly rapid. So numerous was the crowd that was gone out before, that the martyr could scarcely have passed the bridge that evening had he waited for them to go before him. Therefore, being impatient to arrive at his crown, he went to the bank, and lifting up his eyes to heaven made a short prayer. Upon this the stream was miraculously divided, and the river dried up in that part, so as to afford a passage to the martyr and a thousand persons.

This river must have been the Coln, which runs between Old Verulam and new St. Alban’s. The executioner was converted at the sight of this miracle, and of the saintly behaviour of the martyr, and throwing away his naked sword, he fell at the feet of the saint, begging to die with him, or rather in his place. The sudden conversion of the headsman occasioned a delay in the execution. In the mean time the holy confessor, with the crowd, went up the hill, which was a most pleasant spot, covered with several sorts of flowers, about five hundred paces from the river. There Alban falling on his knees, at his prayer a fountain sprung up, with the water whereof he refreshed his thirst. A new executioner being found, he struck off the head of the martyr, but miraculously lost his eyes, which fell to the ground at the same time. Together with St. Alban, the soldier, who had refused to imbrue his hands in his blood, and had declared himself a Christian, was also beheaded, being baptized in his own blood. This soldier is mentioned in the Roman Martyrology. Capgrave calls him Heraclius; some others Araclius. Many of the spectators were converted to the faith, and following the holy priest, who had converted St. Alban, into Wales, to the number of one thousand, received the sacrament of baptism at his hands, as Harpsfield’s memoirs relate; but these converts were all cut to pieces by the idolaters for their faith. The priest was brought back and stoned to death at Radburn, three miles from St. Alban’s, as Thomas Radburn, who was born in that place, Matthew Paris, and others affirm, from ancient records kept in St. Alban’s abbey. This priest is called by Geoffrey of Monmouth, and others, St. Amphibalus, though Bishop Usher conjectures that Greek name to have been borrowed from his garment, the Caracalla. Bede testifies, that St. Alban suffered martyrdom on the 22nd of June, some say in the year 286, but most in 303, when Dioclesian began his great persecution; to which Constantius put a stop in Britain the year following. Some moderns are offended at the above-mentioned miracles; but the ingenious Mr. Collier writes thus concerning them: “As for St. Alban’s miracles, being attested by authors of such credit, I do not see why they should be questioned. That miracles were wrought in the church at that time of day, is clear from the writings of the ancients. To imagine that God should exert his omnipotence, and appear supernaturally for his servants, in no age since the apostles, is an unreasonable fancy; for since the world was not all converted by the apostles, why should we not believe that God should honour his servants with the most undisputed credentials? Why then should St. Alban’s miracles be disbelieved, the occasion being great enough for so extraordinary an interposition?” &c. These miracles of stopping the river, and of the spring rising in the place where St. Alban was beheaded, are expressly mentioned by Gildas, Bede, and others. The place was called in the Anglo-Saxon language, Holm-hurst, Hurst signifying a wood; and this place was once overgrown with trees, as Bishop Usher proves. In aftertimes it obtained the name of Derswoldwood, and was the spot on which the present town of St. Alban’s is built. In the time of Constantine the Great, a magnificent church of admirable workmanship was erected on the place where the martyr suffered, and was rendered illustrious by frequent great miracles, as Bede testifies. 7 The pagan Saxons destroyed this edifice; but Offa, king of the Mercians, raised another in 793, with a great monastery, on which, he bestowed most ample possessions. 8 Several popes honoured it with the most singular privileges and exemptions, and all the lands possessed by it were freed from the payment of the Romescot or Peterpence. The church is still standing, having been redeemed from destruction when the abbey was suppressed under Henry VIII. It was purchased by the townsmen to be their parochial church, for the sum of four hundred pounds, which, according to the present value of money, would be above seven times as much. 9 Our island for many ages had recourse to St. Alban as its glorious protomartyr and powerful patron with God, and acknowledged many great favours received from God, through his intercession. By it St. Germanus procured a triumph without Christian blood, and gained a complete victory both over the spiritual and corporal enemies of this country. Of the rich shrine of St. Alban, most munificently adorned by Offa, by his son Egfrig, and many succeeding kings and others, nothing is now remaining, as Weever writes, 10 but a marble stone to cover the place where the dust of the sacred remains lies. Over against which, on a wall, some verses are lately painted, says the same author, to tell us there was formerly a shrine in that place. 11 A village in Forez in France, a league and a half from Rouanne, bears the name of St. Alban, famous for mineral waters, abounding with nitrous salt, described by Mr. Spon and Piganiol, t. 2. p. 9. ed. 3. ann. 1754.

Note 1. Fortun. Poëm. [back]

Note 2. Hist. l. 1, c. 1. [back]

Note 3. Called in English-Saxon, Albaner. [back]

Note 4. Verulam was called in the English-Saxon, Watlinga Ceaster. [back]

Note 5. See the map and description of the ancient Verulamium, published by Dr. Will. Stukelie in 1720, among the prints of the Society of Antiquaries. [back]

Note 6. The Caracalla was a long garment like the habit of a modern monk, sometimes with and sometimes without a hood or cowl. It was originally Gaulish; Antoninus Basianus, son of the Emperor Severus, was surnamed Caracalla, because he introduced the frequent use of this kind of garment at Rome. See Aurelius Victor, Ferrarius de Re Vestiaria Rom. Hoffman Lexic. Univ.
  Thomas Walsingham assures us, that this large woollen garment of St. Alban was kept in the church of Ely, in a great chest: which was opened in the reign of Edward II. in 1314. The upper part appeared yet stained with the martyr’s blood, which looked as fresh as if it had been but just spilt. [back]


Note 7. See Analecta Henschenii de S. Albano, and Papebroke, t. 4, Junij. [back]

Note 8. Offa, king of Mercia, founded the monastery of St. Alban’s in the year 793, of his reign thirty-three; and in a council held at Celchyth in his dominions, in which were present fifteen bishops, with several kings, governors, and noblemen, he endowed the same with very large estates. (See Stow’s Chronicle.) In the journey of devotion which he made after this to Rome, he excepted the lands of this abbey from paying the Peterpence, when he engaged each family in his kingdom which enjoyed the yearly revenue of above thirty silver pence, to pay one silver penny a year to the see of Rome, Adrian I. being then pope. His dominions then comprised the counties of Hereford, Worcester, Gloucester, Warwick, Stafford, Derby, Chester, Salop, Nottingham, Northampton, Oxford, Buckingham, Leicester, Bedford, Huntingdon, Cambridge, Norfolk, Suffolk, Essex, Middlesex, and half Hertfordshire. See the MS. life of King Offa, quoted by Spelman and Wilkins, p. 159. [back]

Note 9. The abbot of St. Alban’s took the first place among the mitred abbots in the parliament: the others sat according to the seniority of their summons. This precedency was granted to St. Alban by Pope Adrian IV. in 1154. “Sicut B. Albanus protomartyr est Anglorum, ita et Abbas, sui monasterii sedem primam habet in parliamento,” which was confirmed by several kings. See Reyner, Stevens, vol. 1, p. 170, and Monast, Angl. vol. 1, p. 80. Dr. Brown Willis’s Hist. of Mitred Abbeys, vol. 1, p. 13.

  Before the dissolution of monasteries in England, twenty-seven abbots, sometimes twenty-nine, and two priors, almost all Benedictins, held baronies, and sat in parliament. The abbeys which enjoyed this privilege were, 1. St. Alban’s, valued at the dissolution, according to the king’s books in Dugdale, at £2102 per ann. according to vulgar computation; in Speed, at £2510 per ann. 2. Glastenbury, dedicated to the B. Virgin, valued at £3311 in Dugdale; at £3500 in Speed. 3. St. Austin’s at Canterbury, which was returned into the exchequer to be endowed with £1413 per ann. the cathedral priory of Christ’s-church in that city being valued at £2387. 4. Westminster-abbey, valued at £3471 in Dugdale; at £3977 in Speed. Maitland, (Hist. of London and Westminster, p. 391,) observes, that £3977 at the time of the dissolution was a sum equal to £20,000 at present; and that Westminster-abbey was with this yearly income far the richest in all England. It also surpassed all the other abbeys by the surprising treasure of rich plate and precious ornaments. 5. Winchester-abbey, founded by St. Byrinus and Kynegilse, the first Christian king of the West-Saxons, dedicated to the Holy Trinity, but in later ages called St. Swithin’s, was valued at £1507. 6. St. Edmund’s-bury, built by King Canutus. valued at £1659, in Dugdale; at £2336 in Speed. 7. Ely, where the valuation of the abbey restored by St. Ethelwold was £1084, that of the bishopric £2134. 8. Abingdon, founded by Cedwalla and Ina, kings of the West-Saxons, in honour of the B. Virgin, valued at £1876. 9. Reading-abbey, built by King Henry I. valued at £1938. 10. Thorney, in Cambridgeshire, refounded by St. Ethelwold, in honour of the B. Virgin Mary, valued at £508. 11. Waltham, which was founded a noble collegiate church by Earl Harold, in 1062, and made by Henry II. a royal abbey of regular canons of St. Austin, under the title of the Holy Cross, was valued at £900 in Dugdale; at £1079 in Speed. 12. St. Peter’s in Gloucester, founded by Wulfere and Ethelred, kings of Mercia, valued at £1550, made a cathedral by Henry VIII. 13. Tewksbury, valued at £1598. It was founded in 715 by Doddo, a prime nobleman of Mercia, who became a monk at Pershore. 14. Winchelcomb in Gloucestershire, valued at £759. It was founded by Offa and Kenulph, kings of Mercia. 15. Ramsay in Huntingdonshire, founded by Ailwyne, alderman of England, and earl of the East-Angles, in honour of the B. Virgin and St. Bennet, rated at £1716. 16. Bardney in Lincolnshire. After being demolished by the Danes in 870, who slew there three hundred monks, it was rebuilt by William the Conqueror. 17. Crowland, valued at £1087 in Dugdale; at £1217 in Speed. 18. St. Bennet’s in Hulm, in Norfolk, founded about the year 800, valued at £585. This abbacy was given by Henry VIII. to the bishops of Norwich, in exchange for the estates formerly belonging to that see, then valued at the yearly income of £1050. From which time the bishops of Norwich remain the only abbots in England. The great monastery of the Holy Trinity in Norwich was valued at £1061 per ann. 19. Peterburgh-abbey, begun by Peada, king of Mercia, in 665; rebuilt by Adulf, chancellor to King Edgar, who became himself a monk, and died abbot of this house. The revenues of this abbey were rated, in the twenty-sixth year of Henry VIII. at £1921, according to the clear value, in Dugdale, and at £1972, according to the computed value. Henry VIII. spared this church, out of regard to the ashes of his injured queen Catherine, and converted the abbey into an episcopal see, which is now charged in the king’s books, worth £414. 20. Battel-abbey in Sussex, founded by William the Conqueror, in honour of St. Martin, valued at £880. 21. Malmesbury in Wiltshire, valued at £803. 22. Whitby, anciently called Streaneshalch, founded by King Oswy in favour of St. Hilda in 657. It was destroyed by the Danes; but rebuilt for monks after the Conquest, in honour of St. Peter and St. Hilda. 23. Selby in Yorkshire, begun by William the Conqueror, in honour of St. Peter and St. Germanus, rated at £729. 24. St. Mary’s at York, built in the reign of William Rufus, valued at £2085 in Speed. The other mitred abbeys were those of Shrewsbury, Cirencester, Evesham, Tavistock, and Hide at Winchester. (See Brown Willis’s History of Mitred Abbeys.) Also two priors had seats in the House of Lords, namely, of Coventry, and of the knights of St. John of Jerusalem. This last was styled Primus Angliæ Baro, and was the first lay baron, though a religious man. See Bishop Tanner’s Notitia Monastica, according to whose most exact calculation, at the suppression of religious houses in England, the sum total of the revenues of the greater monasteries amounted to £104,919. Of the lesser, £29,702. Of the head house of the knights hospitallers, or of Malta, in London, £2385. Of twenty-eight other houses of that Order, £3026. Of seven houses of Trinitarians, (which are all we find the valuation of, the rest probably having no real foundations,) £287.


  By an act which was passed in the parliament in March, 1535, by the suppression of one hundred and eighty-one lesser monasteries, a revenue of £32,000 per ann. came to the crown, besides £100,000 in plate and jewels. By the greater houses, suppressed in 1539, the king obtained a revenue of £100,000 per ann. besides plate and jewels. The houses of the knights of Malta were seized by the king in 1540. Afterwards, in 1548, were granted to King Edward VI. and suppressed, ninety colleges, one hundred and ten hospitals, and two thousand three hundred and seventy-four chantries and free chapels. The churches in all the northern kingdoms, as Denmark, Sweden, &c. were stripped much more naked by the change of religion.

  The revenues of the clergy were laid only at a fourth part of the revenues of the kingdom in the twenty-seventh of Henry VIII. as may be seen in Compl. Hist. vol. 2, p. 185. And Mr. Collier, in his Eccl. Hist. vol. 2, p. 108, saith the revenues of the monks never did exceed a fifth part; and considering the leases they granted upon small rents, and easy fines, it may truly be affirmed their revenues did not exceed a tenth part of the nation. Thus Bishop Tanner, pref. p. 7.

  Monasteries in England are no more; yet justice is due to an order of men which was formerly an illustrious part of this nation, and abounded with persons eminent for birth, learning, and piety. The veil which death throws over the ashes of good and great men is sacred; and to cast dirt upon their shrine is shocking to the most savage barbarians. Yet this some have made a point of merit. Bishop Burnet says the monks were become lewd and dissolute when their Order was suppressed among us. But Mr. Henry Wharton, under the name of Anthony Harmer, in his Specimen of Errors in Burnet’s History of the Reformation, answers this slander in the following words. (p. 42.) “God forbid that any professors of Christianity, much less the greatest pretenders to it, should be guilty of such monstrous wickedness, or that any others should believe it of them without evident proof. Surely if the monks had been guilty of any such thing, it could not have escaped the knowledge of their visiters, who searched and divulged all their faults with the utmost industry. Nor would it have been unknown to Bale, brought up among them; nor omitted by him in his English Votaries, wherein he hath set himself to defame the monastic order, and the unmarried clergy with insatiable malice.” The same learned Protestant divine and historian, in answer to another charge of Bishop Burnet, importing, that the monks about the end of the eighth century had possessed themselves of the greatest part of the riches of the nation, shows (p. 40,) that the monks had not then probably gained possession of the hundredth part of the riches of the nation, though they afterwards, in the tenth, eleventh, and twelfth centuries, increased exceedingly in number and possessions. “But, after all,” says he, “they will never be found to have possessed above a fifth part of the nation: and considering they were wont to lease out their lands to laymen for easy fines and small rents, they did not in reality possess the tenth part of the riches of the nation. Then for that other charge, that the best part of the soil being in such ill hands, it was the interest of the nation to have it put to better uses, it is altogether erroneous. From the beginning to the end, none ever improved their lands and possessions to better advantage than the monks, by building, cultivation, and all other methods, while they kept them in their own hands. Of this Croyland is to this day a manifest instance. And when they leased them out to others, it was the interest of the nation to have such easy tenures continued to great numbers of persons who enjoyed them. To this it may be added, that they contributed to the public charges of the nation equally with the other clergy; and the clergy did always contribute in proportion above the laity. So that we cannot find to what better uses these possessions have been since put.” &c.

  Bishop Tanner also observes, that the church lands, after the Conquest, contributed to all public burdens equally with the laity. Walsingham (p. 180,) and Patrick (in Ms addit. to Gunton, p. 321,) say, that 2 Richard II. A. D. 1379, every mitred abbot paid as much to the tax as an earl; and 6s. 8d. for every monk in his monastery. In 18 Edward II. A. D. 1289, the abbot of St. Edmond’s-bury paid £666 13s. 4d. to the fifteenth. See Cowell’s interpreter, sub voce Quinsieme. Also Rymer, vol. 2, p. 75, and Stevens, App. p. 108. See a justification and apology for monks and monastic Orders in Monasticon Favershamense, or a survey of the monastery of Feversham, by Tho. Southouse, of Gray’s-Inn, Lond. 1634.

  Of the Benedictin Order were all our cathedral priories, except Carlisle, and most of the richest abbeys in England. Reyner (vol. 1, p. 217,) says, that the revenues of the Benedictins were almost equal to those of all the other Orders. Sir Robert Atkyns says, there were in England before the Reformation, 45,009 churches and 55,000 chapels; now only about 10,000. Dr. Bentley, under the name of Philoleutherus Lipsiensis, in Remarks upon a late Discourse of Free-Thinking, says, that out of 10,000 parish churches there are 6000, the yearly income of which does not exceed £50 each. On the present state of the church revenues in England, see that treatise, and Dean Prideaux, on the Original and Right of Tithes. [back]


Note 10. Funeral Monuments, p. 555. [back]

Note 11.

Nought but this marble stone of Alban’s shrine is left:

The work of all form else hath changing tune bereft.


Papebroke mentions another St. Alban, martyr, whose relics are honourably preserved at Burano near Venice.

  Some have thought St. Alban of Mentz, who is much honoured in a famous church and monastery founded in 804, which bear his name at Mentz, to be our English protomartyr, as appears from Sir Thomas More’s book against Tindal; and from Ruinart’s Notes on the History of the Vandalic Persecution. But Rabanus Maurus, in his Martyrology says, he was an African bishop, who being banished by Huneric for the faith, coming to Mentz, there fell into the hands of the Huns, and was by them put to death for the faith. Mabillon, Annal. Ben. l. 28, and Papebroke, Junij, t. 4, p. 68, upon this authority of Rabanus, take St. Alban of Mentz to have been an African; but Ruinart, the most judicious scholar of Mabillon, justly calls it in question. Monsignor Georgi, in his Notes on Usuard’s Martyrology, inclines to the opinion of Ruinart. The great collegiate church of Namur was founded in honour of St. Alban by Albert II. earl of Namur, in 1047. The abbot of St. Alban’s near Mentz, enriched it with precious relics; and it is possessed of a large portion of the cross, which was sent by Henry, emperor of Constantinople, to his brother Philip, earl of Namur, in 1205. This church was made an episcopal cathedral by Paul IV. in 1559. St. Alban of Mentz is honoured on the 21st of June. See Papebroke, t. 4, Junij, p. 86, and Serarius, Rerum Mogunt. cum annotationibus et Supplemento a Georgio Christiano Joannis, pp. 176, 177, printed at Francfort, in 1722. [back]


Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VI: June. The Lives of the Saints.  1866.





Saint Alban, First Martyr of Britain

June 22, 304

There were probably Christians in the British Isles already in the first century. However, Alban is the first recorded Christian martyr. The traditional date of his death is 304, during the persecution under the Emperor Diocletian. Alban was a pagan, and a soldier in the Roman Army. He gave shelter to a Christian priest who was fleeing from arrest, and in the next few days the two talked at length, and Alban became a Christian. When officers came in search of the priest, Alban met them, dressed in the priest's cloak, and they mistook him for the priest and arrested him. He refused to renounce his new faith, and was beheaded. He thus became the first Christian martyr in Britain. The second was the executioner who was to kill him, but who heard his testimony and was so impressed that he became a Christian on the spot, and refused to kill Alban. The third was the priest, who when he learned that Alban had been arrested in his place, hurried to the court in the hope of saving Alban by turning himself in. The place of their deaths is near the site of St. Alban's Cathedral today.
  

A Prayer For Saint Alban


Almighty God, by whose grace and power thy holy martyr Alban triumphed over suffering and was faithful even unto death: Grant to us, who now remember him with thanksgiving, to be so faithful in our witness to thee in this world, that we may receive with him the crown of life; through Jesus Christ our Lord, who liveth and reigneth with thee and the Holy Spirit, one God, for ever and ever.




Orthodoxy’s Western Heritage – St. Alban the Martyr

Commemorated June 22 

According to recent findings, St. Alban is shown to be not only the protomartyr of Britain, but the earliest martyr of Latin Europe" whom we know. It is thus fitting that he should be first in our series on Western saints.

     Based on the 8th-century account of the Venerable Bede, hagiographers have placed St. Alban's martyrdom in the early 4h century, during the fierce Diocletian persecutions. In a guide to St. Alban's Cathedral, built over the site of his martyrdom, we find, however, the following interesting information which, according to the work of Dr. John Morris of London, places the date of execution nearly a century earlier to June 22, 209.

    "The search for the source on which Gildas, about 540, and thence Bede, about 700, drew for their accounts of the martyrdom was rewarded by the discovery in 1901 of a copy in Turin of Constantius' life of St. Germaine, originally written in about 480 .... Constantius gives the day of St. Alban's execution as June 22nd, but not the year. He does, however, state that the Roman Emperor involved was Septimus Severus, and says 'Then the emperor Severus went to Britain...When it became clear that there were very many Christians there, with his customary fury he ordered them all to be put to the sword.' Gildas, copying from this, apparently read 'Severus' as an adjective, and, in a gloss, supposed the emperor was the notorious anti-Christian, Dioclelius. Bede omitted the 'supposed' and incorporated the gloss in the text and so the Diocletian dating became established."

    "In any case, Dr. Morris points out, it couldn't have been in that emperor's time, because he ruled only in the East. Maximlan ruled the West of the empire and under him Constantius was responsible for Spain, Gaul and Britain. His wife, Helene, was a Christian. A contemporary account emphatically states that while this Caesar 'showed willing' by knocking down a few meeting places of the Christians, he killed none.

      "Returning now to Severus: he was in England from the summer of 208 till his death in 211. He had his wife and two sons with him. In 209 he went north with the elder son to deal with the Caledonians, leaving his youngest son Geta Caesar in charge of Britain for three or four months till his return. The Turin MS says that after St. Alban's death, 'Then the evil Caesar, aghast at such wonders, ordered the persecutions to end, without the orders of the emperors, setting down in his report that the religion actually prospered from the slaughter of the saints..." To this baffling passage Morris offers the solution that the evil Caesar was in fact the acting one Geta, and so confidently places the martyrdom on June 22, 209."

     This same "Guide" also states that St. Alban "was almost certainly a high-born native of Verulamium who had probably held military rank, privileged with Roman citizenship in the same way as was the Jew, St. Paul of Tarsus..."

     Enlightened by this piece of brilliant research, we shall continue with the life of the saint, quoting from Saints of the British Isles by A; Bond and N. Mabin:
    
 Whilst this persecution was raging, St. Alban, a resident of Verulam (now known as Saint Albans), was still a pagan. Nevertheless, when the priest Amphibalus sought his help he freely gave it. The holy priest was being pursued by the persecutors and Alban gave him a hiding place. Such was his faith that even at this time of stress Amphibalus never ceased to praise his God. Alban:was converted by this example of a holy life and began to imitate it by the Grace of God. Thus it happened that, on seeing this, the priest instructed Alban in the Faith,

    "After a few days it came to the ears of the civil government that Saint Alban was sheltering a fugitive in his home. Soldiers were sent to search the house. On their arrival they were met by Saint Alban who was wearing the robes of the priest and thus the soldiers conveyed Saint Alban to the judge. It so happened that the judge was offering a sacrifice to the idols when the saint was brought before him. When he saw Saint Alban in the priestly attire, he was enraged, for he recognized the captive and realized that the priest had been permitted to escape. Even so, because of Saint Alban's position and his former loyalty to the Empire and the Roman deities, the judge tried to be lenient. He offered Saint Alban freedom if he would offer the sacrifice. This the Saint steadfastly refused to do. Saint Alban declared himself to be a Christian, and feared not the threats of the civil authorities. He so incensed the judge by his boldness and zeal, that Saint Alban was ordered immediately to be taken and scourged. By the beating, the judge hoped for a submission to the Roman civil authority, since his words had not prevailed. Even the most cruel tortures did not shake Saint Alban's faith, and on seeing this the judge ordered him to be put to death.

    "As Saint Alban was led out of Verulam, by Divine instinct all the townspeople followed him, leaving. the place deserted and. the judge alone. The people, knowing what was to hap: pen, attempted to help the Saint by pulling down the bridge over which he was to pass, which spanned the river dividing the town from the place of execution. This bridge crossed over a very fast-flowing river which had too rapid a course to allow a ford. The desire now came upon Saint Alban to meet his Lord soon and thus he stood on the river bank and, looking towards Heaven, he prayed for help. At once the river dried up and Saint Alban was able to pass over on dry land. The executioner who accompanied him was so overcome by this wonder that he threw his sword down and begged to be allowed to suffer with, or in place of, the prisoner. Thus his role changed from persecutor to companion in the Faith. His fellow executioners hesitated at this and so Saint Alban went on alone to the top of Holmhurst Hill where he prayed for water. Forthwith a spring appeared from out of the ground, and the river that had dried up returned to its natural course, as a testimony of its obedience.
  
  "Here it was that the martyr's head was severed from the body and he received the crown of life which is the promise of God. He who struck the final blow was not to look upon the martyr's holy body because, in recompense for his deed, his eyes dropped out and fell to the ground. The soldier who had cast down his sword suffered at the same time. Of him it is true to say that he was surely baptized in his own blood and thereby rendered worthy to enter into the Kingdom of Heaven. Convinced by the signs and miracles accompanying the death of Saint Alban, even the judge came to honor the martyred Christian and so afterwards ordered the cessation of the persecution Of Christians...

    "Very soon after his death the remains of St. Alban were buried in a church built on the site of his martyrdom. Saint Germain, Bishop of Auxerre in Gaul, whilst on a visit to Britain in 429 in order to quell the heresy of Pelagianism, is recorded as praying at the shrine of the Saint. Great must have been his devotion to Saint Alban for he caused a church in his own diocese to be dedicated in the Saint's honor.

"The site of martyrdom can still be seen today, although sadly, due to the ravages of: protestantism, the precious relies are now lost."




Sant' Albano d'Inghilterra Martire


Verolamium (Inghilterra orientale), III secolo - m. 305 c.

Etimologia: Albano = Albanus, dal latino, proveniente da una delle città chiamate Alba

Emblema: Palma

Martirologio Romano: In località Verulam, chiamata poi Saint Albans, in Inghilterra, sant’Albano, martire, che, come si narra, non ancora battezzato, si consegnò al posto di un sacerdote di passaggio che aveva accolto in casa sua e dal quale era stato istruito nella fede cristiana scambiando con lui la veste; per questo, dopo aver subito percosse e altre atroci torture, morì infine decapitato.

E' il primo martire cristiano d’Inghilterra, dove ha prestato servizio nell’esercito romano (e romana è forse la sua origine). Abita a Verolamium, la città-fortezza costruita dai governatori imperiali nel sud-est dell’Isola, presso il fiume Ver. Ed è pagano, sicché non ha nulla da temere quando nell’Isola arriva una persecuzione anticristiana, forse quella di Settimio Severo (192-211); piuttosto che quella di Diocleziano (284-305). Albano un giorno si vede arrivare in casa uno dei perseguitati. Lo accoglie e lo nasconde. Poi, parlando con lui arriva dapprima a conoscere meglio la fede dei cristiani, e infine a condividerla: diventa cristiano anche lui proprio nel momento del peggior rischio. 

Ma fa anche di più, Albano. Quando gli entrano in casa i soldati per prendere il cristiano nascosto, lui ne indossa gli abiti e si fa arrestare al posto suo: "Quello che cercate sono io". Seguono il processo, la condanna e l’uccisione, sulla riva orientale del Ver. Sembra inoltre che Albano, prima di morire, abbia convertito anche uno dei carnefici. Sul luogo di supplizio, cessate le persecuzioni, viene poi eretto un martyrium, come si chiamavano monumenti e santuari innalzati sulle tombe dei martiri. E lì, intorno all’anno 429, arriva in pellegrinaggio il vescovo Germano di Auxerre (Gallia), che riporta in patria un po’ di terra raccolta sul luogo del martirio. 

Ma nello stesso V secolo la Britannia, abbandonata dalle truppe romane, viene invasa da tribù germaniche (Angli, Sassoni, Juti) che cancellano l’ordinamento romano e disperdono la prima organizzazione cristiana. La ri-evangelizzazione dell’Isola comincia al tempo di papa Gregorio Magno (590-604). E così riprende vigore il culto per Albano come santo e martire, testimone della fede in Cristo e dell’amore fraterno. Sul luogo del martirio viene fondata un’abbazia, intorno alla quale col tempo nasce un borgo, costruito con le pietre della diroccata Verolamium. Infine il borgo si trasforma in città, che porta oggi il suo nome: Saint Albans, a nord dell’area metropolitana di Londra, con la splendida cattedrale dedicata a lui. La Chiesa cattolica lo festeggia il 22 giugno e quella anglicana il 17; ma pare che ciò sia dovuto a un errore di scrittura: un antico copista avrebbe scambiato il numero romano XXII per un XVII.


Autore: Domenico Agasso