vendredi 3 octobre 2014

Sainte MÈRE THÉODORE (ANNE-THÉRÈSE) GUÉRIN, religieuse et fondatrice

THÉODORE GUÉRIN (1798 – 1856)

« Quelle force l’âme tire de la prière! Quel calme divin elle trouve dans le coeur de Jésus. Mais quel confort peut-il exister pour ceux qui ne prient pas? ». Ces mots, écrits par la Mère Théodore Guérin après avoir survécu un gros orage en mer, représentent peut-être l’un des meilleurs exemples de sa vie et de son ministère. Mère Théodore tira littéralement sa force de la prière, de conversations avec Dieu, avec Jésus et avec la Sainte Vierge. Tout au long de sa vie, elle encourageait la prière alors qu’elle cherchait à partager l’amour de Dieu avec tous les gens qu’elle rencontrait.

La Mère THÉODORE, ANNE-THÉRÈSE GUÉRIN, naquit le 2 octobre 1798 dans le village d’Étables en France. Sa dévotion envers Dieu et envers l’Église catholique naquit à un très jeune âge. Elle fut autorisée à faire sa première communion à l’âge de dix ans et annonça alors au curé qu’un jour elle entrerait au couvent.

En tant qu’enfant, Anne-Thérèse recherchait souvent la solitude le long du rivage rocheux de son village, où elle consacrait de nombreuses heures à la méditation, la réflexion et la prière. Elle fut instruite par sa mère, Isabelle Guérin, qui concentra ses leçons sur la religion et les Saintes Écritures, renforçant ainsi l’amour de l’enfant envers Dieu. Le père d’Anne-Thérèse, Laurent, qui servait dans l’armée de Napoléon, était loin de chez lui pendant des années à la fois. Lorsqu’Anne-Thérèse avait 15 ans, son père fut assassiné par des bandits sur son voyage de retour pour retrouver sa famille. La perte de son mari détruisit presque Isabelle, et pendant de longues années, Anne-Thérèse prit la responsabilité de s’occuper de sa mère et de sa petite soeur, ainsi que de la maison et du jardin de la famille.

À travers ces longues années de privations et de sacrifices, en fait pendant toute sa vie, la foi de la Mère Théodore en Dieu ne vacilla ou ne déclina jamais. Elle savait dans les profondeurs de son âme que Dieu était avec elle et serait son compagnon pour l’éternité.

Anne-Thérèse avait presque 25 ans lorsqu’elle entra au Couvent des Soeurs de la Providence à Ruillé-sur-Loir, une communauté de religieuses récemment établie servant Dieu en enseignant les enfants et en soignant les pauvres, les malades et les mourants.

Alors qu’elle enseignait et s’occupait des malades en France, on demanda à la Mère Théodore, qu’on n’appelait alors que Soeur St Théodore, de guider un petit groupe missionnaire de Soeurs de la Providence aux États-Unis, pour établir un couvent, ouvrir des écoles et partager l’amour de Dieu avec les pionniers du diocèse de Vincennes dans l’état d’Indiana. De nature humble et se sentant indigne de la tâche, la Mère Théodore ne pouvait pas s’imaginer apte à une telle mission. Elle était de santé fragile. Lors de son noviciat chez les Soeurs de la Providence, elle tomba gravement malade. Les remèdes guérirent le mal mais affectèrent sévèrement son système digestif; pendant le reste de sa vie, elle ne put se nourrir que d’aliments mous et de liquides sans saveur. Son état physique ajoutait à ses doutes sur l’acceptation de cette mission. Néanmoins, après de nombreuses heures de prière et de longues consultations avec ses supérieurs, elle accepta finalement la mission, craignant que sinon, personne ne s’aventurerait dans la nature pour partager l’amour de Dieu.

Munies de pas beaucoup plus que leur désir ardent de se soumettre au service de Dieu, Mère Théodore et les cinq Soeurs de la Providence qui l’accompagnaient arrivèrent au but de leur mission à Saint-Mary-of-the-Woods en Indiana le soir du 22 octobre 1840, et s’empressèrent immédiatement de gravir le chemin étroit et boueux qui menait à la minuscule cabane en rondins servant de chapelle. Elles s’agenouillèrent en prière devant le Saint Sacrement pour remercier Dieu de leur avoir permis d’achever leur voyage et demander sa bénédiction pour leur nouvelle mission.

C’est là, sur cette terre en pente, coupée dans le ravin, entourée de forêt dense que la Mère Théodore allait établir un couvent, une école et un patrimoine d’amour, de compassion et de justice qui continue de nos jours.

À travers des années de chagrin et des années de paix, la Mère Théodore se fia à la providence divine et à sa propre ingéniosité et foi pour conseils et direct ion. Elle encouragea les Soeurs de la Providence à « s’en remettre aux mains de la providence ». Dans ses lettres à la France, elle déclarait, «Mais notre espoir se trouve dans la providence de Dieu, qui nous a protégées jusqu’à maintenant et qui fournira à nos besoins futurs d’une façon ou d’une autre ».

En automne 1840, la mission de Saint-Mary-of-the-Woods ne consistait qu’en une minuscule chapelle en rondins qui servait également d’habitation au curé, flanquée d’une petite ferme où vivaient la Mère Théodore, les soeurs de France et plusieurs postulantes. Pendant ce premier hiver, des vents violents venant du nord firent trembler la petite ferme. Les soeurs avaient souvent froid et faim. Mais elles transformèrent un porche en chapelle et étaient réconfortées par la présence du Saint Sacrement dans l’humble couvent. La Mère Théodore disait, «Avec Jésus à nos côtés, que pouvons-nous craindre? ».

Pendant les premières années à Saint-Mary-of-the-Woods, la Mère Théodore dut faire face à de nombreux obstacles: des préjudices anti-catholiques, et particulièrement contre des femmes religieuses catholiques; des trahisons; des malentendus; la séparation de la congrégation d’Indiana de celle de Ruillé; un incendie dévastateur qui détruisit toute une récolte laissant les soeurs pauvres et affamées; et de fréquentes maladies graves. Elle persévéra envers et contre tout, ne désirant qu’une chose, «Qu’en tout et partout, la volonté de Dieu soit accomplie ». Dans sa correspondance à ses amis, la Mère Théodore reconnaissait ses tribulations. Elle écrivit: «Si cette pauvre petite communauté s’établit un jour, ce sera sur la Croix; et c’est ce qui me donne confiance et me fait espérer, souvent contre tout espoir ».

Moins d’un an après son arrivée à Saint-Mary-of-the-Woods, la Mère Théodore ouvrit la première école de la congrégation, et en 1842, établit des écoles à Jasper, Indiana et St Francisville, Illinois. Au moment de sa mort, le 14 mai 1856, la Mère Théodore avait ouvert des écoles dans plusieurs villes d’Indiana, et la congrégation des Soeurs de la Providence était forte, viable et respectée. La Mère Théodore attribuait toujours la croissance et le succès des Soeurs de la Providence à la bonne volonté de Dieu et de Marie, Mère du Seigneur, à qui elle dédia le ministère de Saint-Mary-of-the-Woods.

La sainteté de la Mère Théodore était évidente pour tous ceux qui la connaissaient, dont beaucoup d’entre eux la décrivaient comme une « sainte ». Elle possédait la capacité de tirer le meilleur des êtres, de leur permettre d’atteindre plus qu’ils ne croyaient possible. L’amour de la Mère Théodore était l’une de ses caractéristiques principales. Elle aimait Dieu, les êtres que Dieu avait créé, les Soeurs de la Providence, l’Église catholique et ses supérieurs. Elle n’excluait personne de son ministère ou de ses prières car elle avait dédié sa vie à aider les gens à connaître Dieu et à vivre une meilleure existence.

Mère Théodore savait que seule, elle ne pouvait rien accomplir, mais qu’avec l’aide de Dieu, tout était possible. Elle acceptait les difficultés, les ennuis et les injustices envers elle comme faisant partie de sa vie. Au milieu des persécutions, Mère Théodore demeura entièrement et fidèlement consacrée à Dieu.

La Mère Théodore mourut seize ans après son arrivée à Saint-Mary-of-the-Woods. Durant ces années fugaces, elle toucha d’innombrables vies, et continue à le faire de nos jours.

Le don qu’elle offre aux générations qui se succèdent est sa vie en tant que modèle de sainteté, vertu, amour et foi.

Source : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20061015_guerin_fr.html


Sainte Théodore, figure franco-américaine de femme dans l'Église

Le pape a canonisé dimanche quatre nouveaux saints, dont une Française, qui fonda aux États-Unis une congrégation de Soeurs de la Providence

Française et américaine : Mère Théodore Guérin, bretonne, fondatrice au XIXe siècle aux États-Unis de la congrégation des Soeurs de la Providence de Sainte- Marie-des-Bois et canonisée dimanche 15 octobre en la basilique Saint-Pierre par Benoît XVI, a réuni ce week-end à Rome les coeurs des deux rives de l'Atlantique (1).

Comme ces Américaines, étudiantes de l'université Saint-Mary-des-Bois (Indiana), qui arborent fièrement le portrait de la nouvelle sainte sur leur tee-shirt Dans le train qui les amenait à Rome, elles ont rencontré des Français du diocèse de Saint-Brieuc, dont la sainte est originaire. « Nous sommes pareils », s'étonne presque Jenny, dont c'est le premier voyage sur le Vieux Continent.

Américaine, Mère Théodore ? Sans aucun doute, pour Liz Gibulskin. Cette ancienne élève de l'université américaine raconte comment la religieuse française a débarqué dans l'Indiana en 1840, après des semaines de voyage, «sans rien» : «Il n'y avait pas même de maison, et la religieuse a dû loger dans une famille de trappeurs. De ce rien, elle a tout construit.» Une école pour filles d'abord, puis une université, et diverses autres fondations pour l'éducation d'enfants (orphelinat), dans l'Indiana et le Connecticut.

« Aventurière », « pionnière », cette femme était cependant ancrée dans une spiritualité « bien française », souligne Soeur Henri-Dominique Besson, de la Providence de Ruillé, congrégation d'origine de sainte Théodore Guérin. En France, reconnaît-elle, « nous n'aurions pas osé demander sa canonisation : pas assez d'argent, et sans doute aussi trop de discrétion ». Mais la religieuse est heureuse de voir reconnue par l'Église cette « spiritualité de simplicité d'abandon total à la Providence » incarnée par Mère Théodore.

Elle a créé la première université pour les femmes aux États-Unis

«Elle fut toujours disponible pour les missions que l'Église lui demandait, elle trouvait la force et l'audace pour les mettre en oeuvre dans une infinie confiance en la divine Providence», a souligné dimanche - en français - Benoît XVI. Pour Soeur Elian Keane, anglaise, de la congrégation de la Providence, c'est ce qui l'avait «amenée à dire oui», «à répondre à l'appel de l'évêque de l'Indiana et quitter sa Bretagne natale».

Américaines comme Européennes, toutes se reconnaissent dans cette femme dont l'obéissance était aussi courage, observe Soeur Martine Meuwissen, supérieure de la Providence de Ruillé : « Mère Théodore a su résister à l'évêque de l'Indiana, qui cherchait à s'immiscer dans la communauté pour imposer ses propres vues, au détriment du travail des religieuses ».

À plusieurs reprises, Mgr de La Hailandière avait demandé la démission de Mère Guérin et voulu faire rentrer la Bretonne en France. « Il l'a même enfermée dans son diocèse en 1846 », raconte en souriant une religieuse américaine. Mère Théodore, soutenue par sa communauté, tint bon jusqu'à ce que Rome accepte la démission de l'évêque : « Une manière de rappeler que nous, religieuses, nous sommes d'abord au service de Dieu et non des évêques », glisse Soeur Henri-Dominique.

« Mère Théodore a créé la première université pour les femmes aux États-Unis », souligne Jenny, ancienne élève : aujourd'hui encore, seules les filles peuvent y étudier, et « nous veillons à ce que cela reste ainsi », ajoute-t-elle en riant. L'éducation mise en place par sainte Théodore était très moderne pour l'époque, et son esprit continue aujourd'hui, au-delà des rives de l'Atlantique, à Taïwan, au Sri Lanka, ou encore à Madagascar. Là, témoigne Soeur Sosthine Ratsimanahirana, « sa manière d'être auprès des plus pauvres, et au plus proche de leurs besoins, reste on ne peut plus d'actualité ».

Isabelle DE GAULMYN

(1) Benoît XVI a en outre procédé dimanche à la canonisation de l'évêque mexicain Rafael Guizar Valencia (1878-1938), du prêtre italien Filippo Smaldone (1848-1923), fondateur des salésiennes des Sacrés-Coeurs, et de l'Italienne Rosa Venerini (1656-1728), fondatrice des Mères Pies.

SOURCE : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Sainte-Theodore-figure-franco-americaine-de-femme-dans-l-Eglise-_NG_-2006-10-15-517061

Saint Mother Theodore Guerin

St. Theodore (Anne-Thérèse) Guerin was born October 2, 1798, in Etables, France. She entered the Sisters of Providence of Ruille-sur-Loir in 1823. Mother Theodore educated children and cared for the sick poor in France for 17 years. In 1840, in response to a request from the bishop of Vincennes, Indiana, Mother Theodore led a group of five Sisters of Providence to the United States to establish a motherhouse and novitiate, to educate children of pioneer families and to care for the sick poor.

Mother Theodore and her companion sisters arrived in the remote forest wilderness of Saint Mary-of-the-Woods, Indiana, the evening of October 22, 1840. The following summer, Mother Theodore opened an Academy, now known as Saint Mary-of-the-Woods College which is the oldest Catholic women’s college in the the United States. In March 1842, she opened a school in Jasper, Indiana. In the years that followed, Mother Theodore established schools throughout Indiana, two orphanages in Vincennes and free pharmacies at Saint Mary-of-the-Woods in Vincennes.

Mother Theodore died May 14, 1856. In October 1998, Mother Theodore received the title “Blessed” during a beatification ceremony in St. Peter’s Square at the Vatican. On July 2, 2006, word came from the Vatican that Mother Theodore was going to be canonized into sainthood on Oct. 15, 2006. A shrine honoring Mother Theodore is located in the Church of the Immaculate Conception at Saint Mary-of-the-Woods

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/theodore-guerin/