lundi 28 avril 2014

Sainte GIANNA BERETTA MOLLA , mère de famille


Gianna BERETTA MOLLA (1922-1962)  

Gianna Beretta est née à Magenta (Milan) le 4 octobre 1922. Dès son enfance, elle accueille avec une adhésion totale le don de la foi et une éducation fortement chrétienne qu'elle reçoit de ses parents extraordinaires. Ceci la porte à considérer la vie comme un don merveilleux de Dieu, à avoir confiance en la Providence, à être certaine de la nécessité et de l'efficacité de la prière.

Durant les années de lycée et d'université, alors qu'elle s'adonne avec sérieux aux études, elle traduit sa foi en s'engageant dans un apostolat généreux pour les jeunes de l'Action Catholique Italienne et charitable pour les personnes âgées et les pauvres avec la Conférence St-Vincent-de-Paul.

Docteur en médecine et en chirurgie en 1949 à l'Université de Pavie, elle ouvre en 1950 un dispensaire à Mesero, près de Magenta. Elle se spécialise en pédiatrie à l'Université de Milan en 1952 et préfère parmi ses assistés les mamans, les enfants, les personnes âgées et les pauvres.

Alors qu'elle remplit sa charge de médecin, qu'elle ressent et pratique comme une «mission», elle accroît encore son engagement dans l'Action Catholique, en se donnant sans compter pour les «plus jeunes». En même temps, elle exprime en faisant du ski et de l'alpinisme sa grande joie de vivre et son bonheur de jouir de l'œuvre de Dieu dans la nature. Elle s'interroge, prie et fait prier pour sa vocation qu'elle considère aussi comme un don de Dieu. En choisissant l'appel au mariage, elle y répond avec tout son enthousiasme et elle s'y donne totalement «pour former une famille vraiment chrétienne».

Elle se fiance avec l'Ingénieur Pierre Molla et, durant les fiançailles, elle est radieuse par son comportement et par son sourire. Elle en remercie sans cesse le Seigneur. Elle se marie le 24 septembre 1955 dans la basilique St-Martin à Magenta. Elle est une femme heureuse. En novembre 1956, elle devient maman pour la première fois: Pierre Louis naît; puis en décembre 1957, c'est Mariolina; en juillet 1959, c'est Laure la troisième. Elle sait harmoniser avec simplicité et équilibre ses devoirs de mère, d'épouse, de médecin et sa grande joie de vivre.

En septembre 1961, vers le 2ème mois d'une nouvelle grossesse, elle connaît la souffrance et le mystère de la douleur: un fibrome à l'utérus apparaît. Il faut l'opérer. Tout en sachant les risques que cela comporte de continuer la grossesse, elle supplie le chirurgien de ne pas recourir à l'avortement, mais de sauver la vie qu'elle porte en elle et elle se confie à la prière et à la Providence.

La vie est sauve. Elle remercie le Seigneur et passe les 7 mois qui la séparent de la naissance avec une force d'âme incomparable et avec une ardeur de chaque instant comme mère et médecin. Anxieuse, elle craint que son bébé puisse naître souffrant et demande à Dieu que cela lui soit épargné.

Quelques jours avant l'accouchement, tout en se confiant pleinement à la Providence, elle est prête à donner sa vie pour sauver celle de son enfant: «Si vous devez décider entre moi et l'enfant, n'hésitez pas: choisissez, et je l'exige, l'enfant. Sauvez-le». Le matin du 21 avril 1962, Jeanne Emmanuelle est née, saine et sauve. Le matin du 28 avril, malgré tous les efforts et les soins pour sauver aussi la mère, au milieu de douleurs indicibles, après avoir répété: «Jésus, je t'aime. Jésus, je t'aime», elle meurt saintement.

Elle avait 39 ans. Son enterrement est une grande manifestation unanime de profonde émotion, de foi et de prière. Elle repose aujourd'hui au cimetière de Mesero, à 4 km de Magenta.

«Immolation préméditée», c'est ainsi que Paul VI a défini le geste de la Bienheureuse Gianna à l'Angélus du 23 décembre 1973 en évoquant «Une jeune mère du diocèse de Milan qui, pour donner la vie à sa fille, a sacrifié la sienne dans une immolation préméditée». La référence christologique au Calvaire et à l'Eucharistie du Saint Père est évidente.

Elle a été béatifiée par Jean Paul II le 24 avril 1994, lors de l'Année Internationale de la Famille.

SOURCE : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20040516_beretta-molla_fr.html

CHAPELLE PAPALE POUR LA CANONISATION DE 6 BIENHEUREUX

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

VI Dimanche de Pâques, 16 mai 2004 


1. "C'est ma paix que je vous donne" (Jn 14, 27). Au cours du temps pascal, nous entendons souvent cette promesse de Jésus à ses disciples. La paix véritable est le fruit de la victoire du Christ sur le pouvoir du mal, du péché et de la mort. Ceux qui le suivent fidèlement deviennent les témoins et les artisans de sa paix.

Sous cette lumière, j'ai plaisir à contempler les six nouveaux saints, que l'Eglise présente aujourd'hui à la vénération universelle:  Luigi Orione, Hannibal Marie di Francia, Josep Manyanet y Vives, Nimatullah Kassab Al-Hardini, Paola Elisabetta Cerioli, Gianna Beretta Molla.

2. "Ces hommes qui ont voué leur vie au nom de notre Seigneur Jésus Christ" (Ac 15, 26). Ces paroles des Actes des Apôtres peuvent tout à fait s'appliquer à saint Luigi Orione, homme entièrement voué à la cause du Christ et de son Royaume. Des souffrances physiques et morales, des épreuves, des difficultés, des incompréhensions et des obstacles en tous genres ont marqué son ministère apostolique. "On aime et on sert le Christ, l'Eglise, les âmes - disait-il - si l'on est en croix et crucifié ou bien on ne les aime pas et on ne les sert pas du tout" (Ecrits, 68, 81).

Le coeur de ce stratège de la charité fut "sans frontières, car il était dilaté par la charité du Christ" (ibid., 102, 32). La passion pour le Christ fut l'âme de sa vie audacieuse, l'impulsion intérieure d'un altruisme sans réserve, la source toujours fraîche d'une inébranlable espérance.

Cet humble fils d'un paveur proclame que "seule la charité sauvera le monde" (ibid, 62, 13) et il répète à tous que "la joie parfaite ne peut se trouver que dans le parfait dévouement de soi- même à Dieu et aux hommes, à tous les hommes" (ibid.).

3. "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole" (Jn 14, 23). Dans ces paroles évangéliques nous voyons se dessiner le profil spirituel d'Annibale Maria di Francia, que l'amour pour le Seigneur poussa à consacrer son existence tout entière au bien spirituel de son prochain. Dans cette perspective, il ressentit en particulier l'urgence de réaliser le commandement évangélique:  "Rogate ergo... - Priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson" (Mt 9, 38).

Il laissa aux Pères Rogationnistes et aux Soeurs Filles du Divin Zèle la tâche de se consacrer de toutes leurs forces à ce que la prière pour les vocations soit "incessante et universelle". C'est cette même invitation que le Père Annibale Maria Di Francia adresse aux jeunes de notre temps, en la résumant dans sa célèbre exhortation:  "Tombez amoureux de Jésus Christ".

De cette intuition providentielle est né dans l'Eglise un grand mouvement de prière pour les vocations. Je souhaite de tout coeur que l'exemple du Père Annibale Maria Di Francia guide et soutienne cette action pastorale également à notre époque.

4. "Mais le Paraclet, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit" (Jn 14, 26). Depuis le début, le Paraclet a suscité des hommes et des femmes qui ont rappelé et diffusé la vérité révélée par Jésus. L'un d'entre eux fut Saint Josep Manyanet y Vives, véritable apôtre de la famille. S'inspirant de l'école de Nazareth, il réalisa son projet de sainteté personnelle et se consacra, avec un dévouement héroïque, à la mission que l'Esprit lui avait confiée. Il fonda à cette intention deux Congrégations religieuses. Un symbole visible de son aspiration apostolique est également la cathédrale de la "Sagrada Familia" à Barcelone.

Que saint José Manyanet bénisse toutes les familles et vous aide à apporter les exemples de la Sainte Famille dans vos foyers!

5. Homme de prière, amoureux de l'Eucharistie qu'il aimait adorer longuement, saint Nimatullah Kassab Al-Hardini est un exemple pour les moines de l'Ordre libanais maronite comme pour ses frères libanais et pour tous les chrétiens du monde. Il s'est donné totalement au Seigneur dans une vie de grand renoncement, montrant que l'amour de Dieu est la seule véritable source de joie et de bonheur pour l'homme. Il s'est attaché à chercher et à suivre le Christ, son Maître et Seigneur.

Accueillant à ses frères, il a soulagé et guéri beaucoup de blessures dans les coeurs de ses contemporains, leur témoignant la miséricorde de Dieu. Puisse son exemple éclairer notre route, susciter chez les jeunes en particulier un vrai désir de Dieu et de la sainteté, pour annoncer à notre monde la lumière de l'Evangile!

6. "L'ange... me montra la Cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel" (Ap 21, 10). L'image splendide proposée par l'Apocalypse de Jean exalte la beauté et la fécondité spirituelle de l'Eglise, la nouvelle Jérusalem. Paola Elisabetta Cerioli, dont l'existence porta d'abondants fruits de biens, est un témoin singulier de cette fécondité spirituelle.

En contemplant la Sainte Famille, Paola Elisabetta eut l'intuition que les communautés familiales réussissent à rester solides lorsque les liens de parenté sont renforcés et cimentés par le partage des valeurs de la foi et de la culture chrétienne. Afin de diffuser ces valeurs, la nouvelle sainte fonda l'Institut de la Sainte-Famille. En effet, elle était convaincue que les enfants ont besoin d'une famille saine et unie, généreuse et stable pour grandir sûrs et forts. Que Dieu aide les familles chrétiennes à accueillir et à témoigner en toute circonstance l'amour de Dieu miséricordieux.

7. Gianna Beretta Molla fut une simple messagère de l'amour divin, mais elle le fut de façon profondément significative. Quelques jours avant son mariage, dans une lettre à son futur mari, elle écrivait:  "L'amour est le plus beau sentiment que le Seigneur ait placé dans l'âme des hommes".

A l'exemple du Christ, qui "ayant aimé les siens... les aima jusqu'à la fin" (Jn 13, 1), cette sainte mère de famille resta héroïquement fidèle à l'engagement pris le jour de son mariage. Le sacrifice extrême qui scella sa vie, témoigne que seul celui qui a le courage de se donner totalement à Dieu et à ses frères se réalise lui-même.

Puisse notre époque redécouvrir, à travers l'exemple de Gianna Beretta Molla, la beauté pure, chaste et féconde de l'amour conjugal, vécu comme une réponse à l'appel divin!

8. "Que votre coeur ne se trouble ni ne s'effraie" (Jn 14, 28). Les existences terrestres de ces six nouveaux saints nous poussent à persévérer sur notre propre voie, en nous en remettant à l'aide de Dieu et à la protection maternelle de Marie. Du ciel, puissent-ils à présent veiller sur nous et nous soutenir à travers leur puissante intercession.
 
© Copyright 2004 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/2004/documents/hf_jp-ii_hom_20040516_canonizations_fr.html

Gianna Beretta Molla

·        médecin

·        mère de famille

·        sainte

Aperçu biographique

Gianna (Jeanne, en français) Beretta est née à Magenta (diocèse de Milan), le 4 octobre 1922, dixième de 13 enfants. Toute jeune elle accueillit sans réserve le don de la foi et l’éducation chrétienne limpide qu’elle reçut de ses parents, et qui l’amènent à considérer la vie comme un don merveilleux de Dieu, à avoir confiance dans la Providence, à être certaine de la nécessité et de l’efficacité de la prière. Sa première communion à l’âge de cinq ans et demi marque chez Gianna un moment important, et fut le début d’une fréquentation assidue de l’Eucharistie qui devint soutien et lumière de son enfance, de son adolescence et de sa jeunesse.

Les difficultés et les souffrances ne lui manquent pas durant ces années: changements d’écoles, santé délicate, déménagements de la famille, maladie et mort de ses parents. Mais tout cela ne la troubla pas, étant donné la richesse et la profondeur de sa vie spirituelle; au contraire, elle affina sa sensibilité et renforça ses vertus.

Pendant les années passées au lycée et à l’Université, c’est une jeune fille douce, décidée et réservée; et, tout en se consacrant avec soin à ses études, elle traduit sa foi en un engagement généreux d’apostolat auprès des jeunes d’Action Catholique, et de charité auprès des personnes âgées et des nécessiteux dans les Conférences St-Vincent-de-Paul. Diplômée en médecine et chirurgie en 1949 à l’Université de Pavie, elle ouvre en 1950 un dispensaire médical; elle se spécialise en pédiatrie à l’Université de Milan en 1952, et a une prédilection spéciale, parmi ses malades, pour les mamans, les enfants, les personnes âgées et les pauvres.

Dans son œuvre de médecin, qu’elle ressent et pratique comme une mission, elle développe son engagement généreux dans l’Action Catholique, en se consacrant aux très jeunes filles, et, dans le même temps, elle exprime dans le ski et l’alpinisme, sa grande joie de vivre et de jouir des grandeurs de la création. Elle s’interroge, en priant, et en faisant prier, sur sa vocation qu’elle considère aussi comme un don de Dieu. Ayant choisi la vocation au mariage, elle s’y donne avec tout son enthousiasme pour «former une famille vraiment chrétienne».

Elle se fiance avec l’ingénieur Pietro Molla et vit ses fiançailles dans la joie et dans l’amour. Elle se marie le 24 septembre dans la Basilique de San Martino à Magenta. C’est une épouse heureuse. Au mois de novembre 1956, elle devient maman d’un premier fils, Pierluigi; au mois de décembre 1957, d’une fille, Mariolina; au mois de juillet 1959, d’une autre fille, Laura. Elle sait harmoniser, avec simplicité et équilibre, les devoirs de mère, d’épouse, de médecin, et la grande joie de vivre.

Au mois de septembre 1961, à la fin du deuxième mois de grossesse, elle est frappée par le mystère de la souffrance, avec un fibrome à l’utérus. Avant l’intervention nécessaire, tout en sachant le risque que la poursuite de la grossesse comportait, elle supplie le médecin de sauver la vie qu’elle porte dans son sein, et se confie à la Providence. La vie est sauvée, elle remercie le Seigneur et passe les sept mois qui la séparent de l’accouchement avec une force incomparable et avec un engagement sans changement de mère et de médecin. Elle a peur que l’enfant qu’elle porte dans son sein puisse naître malade, et demande à Dieu qu’il n’en soit pas ainsi.

Quelques jours avant l’accouchement, tout en se confiant toujours en la Providence, elle est prête à donner sa vie pour sauver celle de son enfant. «Si vous devez décider entre moi et l’enfant, aucune hésitation: choisissez, et je l’exige, l’enfant». Le matin du 21 avril 1962, elle donne le jour à Gianna Emanuela, et, le matin du 28 avril, malgré tous les efforts et tous les soins pour sauver les deux vies, au prix de très grandes souffrances, après avoir répété l’invocation «Jésus je vous aime, Jésus je vous aime», elle meurt saintement. Elle avait 39 ans.

Ses funérailles furent une grande manifestation unanime d’émotion profonde, de foi et de prière. Elle fut béatifiée par le Pape Jean-Paul II, le 24 avril 1994, Année Internationale de la Famille, et canonisée le 16 mai 2004. Aujourd’hui, Gianna Emanuela est devenue médecin, comme sa mère.

Rayonnement dans le monde

La séculaire façade de Maderno, à la Basilique St-Pierre, n’avait jamais offert au monde un tel tableau: une maman tenant dans ses bras l’un de ses quatre enfants. Cette photo inhabituelle, Place Saint-Pierre, interpellait le regard des pèlerins et les télévisions, parmi les portraits des six bienheureux canonisés le 16 mai 2004. Sa fille, Gianna Emanuela, reconnaît la dimension nouvelle qu’a pris la maternité de sa mère après sa mort héroïque. Pour sa béatification, l’Église a en effet reconnu un miracle qui a permis à une jeune maman brésilienne de porter à terme sa grossesse, à Grajau, en 1977.

Une autre jeune maman brésilienne, de la ville de Franca, Elisabetta Arcolino, a également demandé l’intercession de la sainte et elle a ainsi pu mettre au monde une petite fille, à la stupéfaction des médecins, puisque la rupture des membranes, à la 16e semaine, a fait que l’enfant s’est développée sans liquide amniotique! Elle est née le 31 mai 2000, à la 32e semaine, par césarienne: elle pesait 1820g, mais aucune complication n’a suivi, pas même respiratoire. Elle s’appelle... Gianna Maria.

On comprend le nombre et l’enthousiasme des pèlerins du Brésil présents place Saint-Pierre dimanche. Mais comment cette jeune maman italienne, qui a par ailleurs connu la souffrance de deux fausses couches, est-elle devenue la protectrice de Ginna Beretta Molla avec Pierluigi et Mariolinaces mamans brésiliennes? Avant son mariage, jeune médecin, elle avait pensé partir au Brésil comme missionnaire laïque auprès des pauvres dont s’occupait son beau-frère, Francesco Molla, médecin, prêtre capucin, missionnaire, dans un hôpital construit avec l’aide d’un autre frère. Une vocation qu’elle accomplit maintenant, au Brésil et dans le monde, car ce ne sont pas les deux seules grâces obtenues par son intercession dont les témoignages soient arrivés à Rome.

Une famille modèle

Son mari, Pietro Molla, était là, à la canonisation de son épouse, ému, fatigué et victime d’un léger malaise, mais il a pu aller saluer Jean-paul II à la fin de la célébration, accompagné de Gianna Emanuela, qui a embrassé le pape affectueusement.

Dans une lettre à son fiancé, sainte Gianna écrivait : «Je veux former avec toi une famille vraiment chrétienne, un petit Cénacle où le Seigneur se sente chez lui, nous guide et nous aide à réaliser nos projets». Elle écrivait encore: «En vivant ainsi, Pietro, jour après jour, nous atteignons cette sainteté conjugale que Dieu attend de nous… Je veux former avec toi une famille riche d’enfants comme l’ont été les belles familles dans lesquelles nous sommes nés et où nous avons grandi».

Les archives de famille, présentées par le film réalisé par la télévision catholique canadienne «Salt & Light» manifestent cette tendresse des deux époux et le bonheur de leur vie de famille. Pietro Molla y lit certains passages des lettres de sa femme avec une grande émotion. Leurs enfants, Pierluigi, Lauretta et Gianna Emanuela (car Marionila est décédée à l’âge de 7 ans), participaient eux aussi à cette grande fête de famille, pleins de gratitude et offrant cette douleur qui ne peut s’effacer, celle d’avoir grandi sans leur maman: une douleur et une offrande que le pape polonais connaît, et qu’a exprimée Gianna Emanuela dans le film «Salt & Light».

par Loyola Gagné, s.s.s. - à partir de nouvelles de l'agence FIDES

P.S.: La fête de Ste Jeanne Beretta Molla, 1922-1962* est le 28 avril.

SOURCE : http://www.cursillos.ca/action/modeles/07m-gianna.htm


Sainte Gianna Beretta Molla, Patronne de la Télévision  Sel et Lumière.
Récemment, nous recevons pas mal de courrier à Sel + Lumière nous demandant d’expliquer la belle amitié qui existe entre nous et la famille d’une nouvelle sainte dans l’Eglise, Gianna Beretta Molla.  Je suis heureux de pouvoir partager avec la grande famille de téléspectatuers et lecteurs, cette amitié et cette grâce qui est la nôtre.
Gianna Beretta est née à Magenta (Milan) le 4 octobre 1922. Dès son enfance, elle accueille avec une adhésion totale le don de la foi et une éducation fortement chrétienne qu’elle reçoit de ses parents extraordinaires. Ceci la porte à considérer la vie comme un don merveilleux de Dieu, à avoir confiance en la Providence, à être certaine de la nécessité et de l’efficacité de la prière.
Durant les années de lycée et d’université, alors qu’elle s’adonne avec sérieux aux études, elle traduit sa foi en s’engageant dans un apostolat généreux pour les jeunes de l’Action Catholique Italienne et charitable pour les personnes âgées et les pauvres avec la Conférence St-Vincent-de-Paul.
Docteur en médecine et en chirurgie en 1949 à l’Université de Pavie, elle ouvre en 1950 un dispensaire à Mesero, près de Magenta. Elle se spécialise en pédiatrie à l’Université de Milan en 1952 et préfère parmi ses assistés les mamans, les enfants, les personnes âgées et les pauvres.
Alors qu’elle remplit sa charge de médecin, qu’elle ressent et pratique comme une «mission», elle accroît encore son engagement dans l’Action Catholique, en se donnant sans compter pour les «plus jeunes». En même temps, elle exprime en faisant du ski et de l’alpinisme sa grande joie de vivre et son bonheur de jouir de l’œuvre de Dieu dans la nature. Elle s’interroge, prie et fait prier pour sa vocation qu’elle considère aussi comme un don de Dieu. En choisissant l’appel au mariage, elle y répond avec tout son enthousiasme et elle s’y donne totalement «pour former une famille vraiment chrétienne».
Elle se fiance avec l’ingénieur Pierre Molla et, durant les fiançailles, elle est radieuse par son comportement et par son sourire. Dans une lettre à son fiancé, Pietro Molla, Gianna écrivait: « Je veux former avec toi une famille vraiment chrétienne, un petit Cénacle où le Seigneur se sente chez lui, nous guide et nous aide à réaliser nos projets ».   Elle écrivait encore: « En vivant ainsi, Pietro, jour après jour, nous atteignons cette sainteté conjugale que Dieu attend de nous… Je veux former avec toi une famille riche d’enfants comme l’ont été les belles familles dans lesquelles nous sommes nés et où nous avons grandi ».  Ils se sont mariés en 1955 à Magenta en Italie.     
En novembre 1956, elle devient maman pour la première fois: Pierre-Louis naît; puis en décembre 1957, c’est Mariolina; en juillet 1959, c’est Laura la troisième. Elle sait harmoniser avec simplicité et équilibre ses devoirs de mère, d’épouse, de médecin et sa grande joie de vivre.
En septembre 1961, vers le 2ème mois d’une nouvelle grossesse, elle connaît la souffrance et le mystère de la douleur: un fibrome à l’utérus apparaît. Il faut l’opérer. Tout en sachant les risques que cela comporte de continuer la grossesse, elle supplie le chirurgien de ne pas recourir à l’avortement, mais de sauver la vie qu’elle porte en elle et elle se confie à la prière et à la Providence.
La vie est sauve. Elle remercie le Seigneur et passe les 7 mois qui la séparent de la naissance avec une force d’âme incomparable et avec une ardeur de chaque instant comme mère et médecin. Anxieuse, elle craint que son bébé puisse naître souffrant et demande à Dieu que cela lui soit épargné.
Quelques jours avant l’accouchement, tout en se confiant pleinement à la Providence, elle est prête à donner sa vie pour sauver celle de son enfant: «Si vous devez décider entre moi et l’enfant, n’hésitez pas: choisissez, et je l’exige, l’enfant. Sauvez-le». Le matin du 21 avril 1962, Jeanne-Emmanuelle est née, saine et sauve. Le matin du 28 avril, malgré tous les efforts et les soins pour sauver aussi la mère, au milieu de douleurs indicibles, après avoir répété: «Jésus, je t’aime. Jésus, je t’aime», elle meurt saintement.
Elle avait 39 ans. Son enterrement est une grande manifestation unanime de profonde émotion, de foi et de prière. Elle repose aujourd’hui au cimetière de Mesero, à 4 km de Magenta.
«Immolation préméditée», c’est ainsi que Paul VI a défini le geste de Gianna à l’Angélus du 23 décembre 1973 en évoquant «Une jeune mère du diocèse de Milan qui, pour donner la vie à sa fille, a sacrifié la sienne dans une immolation préméditée».
Gianna a été béatifiée par Jean-Paul II le 24 avril 1994, lors de l’Année Internationale de la Famille.  Lors de sa béatification, le Pape a dit que « l’acte de Gianna en faveur de la vie n’était possible qu’après une vie de préparation. »  Dix ans plus tard, en mai 2004, Jean Paul II a proclamé Gianna Sainte de l’Eglise Catholique.
La première fois que j’ai entendu parler de Gianna Beretta Molla, j’étudiais les Ecritures à Jérusalem, vers la fin des années 80 et au début des années 90. A cette époque, j’avais été frappé par cette image d’une jeune mère de famille qui a pris une décision héroïque pour permettre à son enfant de vivre à tout prix. J’ai aussi entendu dire que le mari de cette femme était encore en vie ainsi que leurs enfants. Je me souviens que j’avais pensé que cela aurait été magnifique de rencontrer de telles personnes, et d’apprendre quelque chose sur leur itinéraire vers la sainteté en tant que famille.  Je n’imaginais pas ce que l’avenir me réservait!
Nommé aumônier de l’Université de Toronto en 1994,  j’étais très frappé par l’absence de réels héros ou héroïnes dans la vie des jeunes. J’ai également réalisé que l’Eglise tardait à faire connaître les modèles magnifiques des nouveaux saints et bienheureux aux jeunes d’aujourd’hui.  Je me suis mis au travail pour parler des saints et saintes, des bienheureux et bienheureuses aux jeunes qui fréquentaient notre aumônerie.
Nos efforts ont été couronnés et bénis lors de la fête de la Toussaint à l’université de Toronto en 1999. Les étudiants ont lancé une collecte de fonds pour les nouveaux vitraux de la belle chapelle de l’université. Au lieu des trois vitraux prévus, la collecte correspondait à 12 vitraux. Les professeurs et les paroissiens et la communauté catholique de l’université sélectionnèrent ensemble les saints et bienheureux destinés à nous entourer dans cette chapelle. Et parmi eux, à l’unanimité, il y avait les bienheureux Pier Giorgio Frassati, Teresa de Calcutta, Jean XXIII, Gianna Beretta Molla, Thérèse Bénédicte de la Croix, chacun ayant quelque chose à dire à une telle communauté universitaire.
Nous vivons à une époque où la vie est si bon marché et disponible.   L’avortement est le plus grand symptôme de la culture de la mort.   C’est une époque où l’engagement permanent est discrédité dans de nombreux milieux, où la vie humaine et la vie de famille sont assiégées, où le sacrifice et la vertu sont absents de tant de vies, où certains, dans des professions médicales, ont de moins en moins le souci de la dignité et du caractère sacré de chaque vie humaine, où la souffrance est considérée comme une nuisance sans signification rédemptrice, où la bonté, la joie, la simplicité, et la beauté sont suspectes, Gianna Beretta Molla nous montre une voie alternative d’une extraordinaire beauté.
Je réflechis souvent à ce qu’a dit le cardinal Carlo Maria Martini, sj, ancien archevêque de Milan.  Il a appelé Gianna « Femme, mère, et amante de la vie », à sa béatification en 1994.  L’acte de Gianna était héroïque, dans la mesure où chaque jour de sa vie elle s’est préparée à cet acte final. Sa décision pour la vie a été l’épanouissement naturel et le sommet d’une vie extraordinairement vertueuse faite de sainteté, de détachement, et de joie paisible. Sainte Gianna Molla continue de rappeler à l’Eglise et au monde la nécessité d’une éthique de vie constante, des premiers instants de la vie jusqu’aux derniers. Nous sommes appelés à l’héroïsme par notre choix de vie au quotidien. Pour la plupart, nous ne sommes pas prêts à une action héroïque. Nos vies ne nous y ont pas préparés. Mais nous pouvons et nous devons nous préparer pas à pas au détachement de nous-mêmes. Si nous le demandons à Sainte Gianna Molla, elle nous donnera le courage de faire le prochain pas.
Sainte Gianna Molla, prie pour nous tous.  Donne-nous l’amour et le goût pour la vie.


Saint Gianna Beretta Molla

St. Gianna Beretta was born in Magenta (Milan) October 4, 1922. Already as a youth she willingly accepted the gift of faith and the clearly Christian education that she received from her excellent parents. As a result, she experienced life as a marvellous gift from God, had a strong faith in Providence and was convinced of the necessity and effectiveness of prayer.

She diligently dedicated herself to studies during the years of her secondary and university education, while, at the same time, applying her faith through generous apostolic service among the youth of Catholic Action and charitable work among the elderly and needy as a member of the St. Vincent de Paul Society. After earning degrees in Medicine and Surgery from the University of Pavia in 1949, she opened a medical clinic in Mesero (near Magenta) in 1950. She specialized in Pediatrics at the University of Milan in 1952 and there after gave special attention to mothers, babies, the elderly and poor.

While working in the field of medicine-which she considered a “mission” and practiced as such-she increased her generous service to Catholic Action, especially among the “very young” and, at the same time, expressed her joie de vivre and love of creation through skiing and mountaineering. Through her prayers and those of others, she reflected upon her vocation, which she also considered a gift from God. Having chosen the vocation of marriage, she embraced it with complete enthusiasm and wholly dedicated herself “to forming a truly Christian family”.

She became engaged to Pietro Molla and was radiant with joy and happiness during the time of their engagement, for which she thanked and praised the Lord. They were married on September 24, 1955, in the Basilica of St. Martin in Magenta, and she became a happy wife. In November 1956, to her great joy, she became the mother of Pierluigi, in December 1957 of Mariolina; in July 1959 of Laura. With simplicity and equilibrium she harmonized the demands of mother, wife, doctor and her passion for life.

In September 1961 towards the end of the second month of pregnancy, she was touched by suffering and the mystery of pain; she had developed a fibroma in her uterus. Before the required surgical operation, and conscious of the risk that her continued pregnancy brought, she pleaded with the surgeon to save the life of the child she was carrying, and entrusted herself to prayer and Providence. The life was saved, for which she thanked the Lord. She spent the seven months remaining until the birth of the child in incomparable strength of spirit and unrelenting dedication to her tasks as mother and doctor. She worried that the baby in her womb might be born in pain, and she asked God to prevent that.

A few days before the child was due, although trusting as always in Providence, she was ready to give her life in order to save that of her child: “If you must decided between me and the child, do not hesitate: choose the child – I insist on it. Save him”. On the morning of April 21, 1962, Gianna Emanuela was born. Despite all efforts and treatments to save both of them, on the morning of April 28, amid unspeakable pain and after repeated exclamations of “Jesus, I love you. Jesus, I love you», the mother died. She was 39 years old. Her funeral was an occasion of profound grief, faith and prayer. The Servant of God lies in the cemetery of Mesero (4 km from Magenta).

“Conscious immolation», was the phrase used by Pope Paul VI to define the act of Blessed Gianna, remembering her at the Sunday Angelus of September 23, 1973, as: “A young mother from the diocese of Milan, who, to give life to her daughter, sacrificed her own, with conscious immolation”. The Holy Father in these words clearly refers to Christ on Calvary and in the Eucharist.

St. Gianna was beatified by Pope John Paul II on April 24, 1994, during the international Year of the Family.




Information:
Feast Day:
April 28

Born:
October 4, 1922, Magenta, Italy

Died:
April 28, 1962, Monza, Italy

Canonized:
May 16, 2004 by Pope John Paul II

Patron of:
mothers, physicians, preborn children

Saint Gianna Beretta Molla was born in Magenta (Milan), Italy, on 4 October 1922, the 10th of 13 children. Already as a young girl she willingly accepted the gift of faith and the clearly Christian education that she received from her excellent parents. As a result, she experienced life as a marvellous gift from God, had a strong faith in Providence and was convinced of the necessity and effectivneess of prayer.



She diligently dedicated herself to studies during the years of her secondary and university education, while, at the same time, applying her faith in generous apostolic service among the elderly and needy as a member of the St. Vincent de Paul Society. After earning degrees in medicine and surgery from the University of Pavia in 1949, she opened a medical clinic in Mesero (near Magenta) in 1950. She specialized in pediatrics at the University of Milan in 1952 and thereafter gave special attention to mothers, babies, the elderly and the poor.


While working in the field of medicine—which she considered a "mission" and practiced as such—she increased her generous service to Catholic Action, especially among the "very young" and, at the same time, expressed her joie de vivre and love of creation through skiing and mountaineering. Through her prayers and those of others, she reflected on her vocation, which she also considered a gift from God. Having chosen the vocation of marriage, she embraced it with complete enthusiasm and wholly dedicated herself "to forming a truly Christian family."

She became engaged to Pietro Molla and was radiant with joy and happiness during the time of their engagement, for which she thanked and praised the Lord. They were married on 24 September 1955 in St. Martin's Basilica in Magenta, and she became a happy wife. In November 1956, to her great joy, she became the mother of Pierluigi; in December 1957 of Mariolina; in July 1959 of Laura. With simplicity and equilibrium she harmonized the demands of mother, wife, doctor and her passion for life.

In September 1961, towards the end of the second month of pregnancy, she was touched by suffering and the mystery of pain; she had developed a fibroma in her uterus. Before the required surgical operation, and conscious of the risk that her continued pregnancy brought, she pleaded with the surgeon to save the life of the child she was carrying, and entrusted herself to prayer and Providence. The life was saved, for which she thanked the Lord. She spent the seven months remaining until the birth of the child in incomparable strength of spirit and unrelenting dedication to her tasks as mother and doctor. She worried that the baby in her womb might be born in pain, and she asked God to prevent that.

A few days before the child was due, although trusting as always in Providence, she was ready to give her life in order to save that of her child: "If you must decide between me and the child, do not hesitate: choose the child—I insist on it. Save the baby." On the morning of 21 April 1962 Gianna Emanuela was born. Despite all efforts and treatments to save both of them, on the morning of 28 April, amid unspeakable pain and after repeated exclamations of "Jesus, I love you. Jesus, I love you," the mother died. She was 39 years old. Her funeral was an occasion of profound grief, faith and prayer. The body of the new blessed lies in the cemetary of Mesero (4 km. from Magenta).

Gianna was beatified by Pope John Paul II on April 24, 1994, and officially canonized as a saint on May 16, 2004. Gianna's husband Pietro and their last child, Gianna, were present at the canonization ceremony.

St. Gianna is a patron saint for mothers, physicians, and unborn children.