Bienheureux Henri
Planchat, Ladislas Radigue et 3 compagnons
Martyrs de la
Commune (+ 1871)
- Leur «histoire de douleur» est une «histoire d’espérance» - Cinq prêtres martyrs de la Commune béatifiés à Paris le 22 avril 2023 - Cinq martyrs de la Commune prochainement béatifiés - Il y a 150 ans, le chemin de croix du père Planchat (Vatican News)
- décret reconnaissant le martyre de cinq prêtres français assassinés en 1871 par les communards
décret du 25 novembre 2021 - biographies (en italien)
Le 26 mai 2021 a marqué le 150e anniversaire du massacre de la rue Haxo, lors duquel 50 prisonniers périrent, exécutés par la Commune deux jours avant la reprise totale de Paris par les troupes versaillaises d’Adolphe Thiers. Parmi les victimes de ce massacre figurent 10 ecclésiastiques, dont le père Henri Planchat (1823-1871), religieux de Saint-Vincent-de-Paul actif dans l’évangélisation du monde ouvrier...
- Eglise Notre-Dame des otages, histoire
- Les martyrs de la rue Haxo (diocèse de Paris)
Henri Planchat, né le 8 novembre 1823, ordonné prêtre le 21 décembre 1850
Ladislas Radigue (Arman Pierre), né le 8 mai 1823, ordonné prêtre le 22 avril 1848
Polycarpe Tuffier (Jules) né le 14 mars 1807, ordonné prêtre en 1830
Marcellin Rouchouze (Jean Marie) né le 14 décembre 1810, ordonné prêtre en 1852
Frézal Tardieu (Jean Pierre Eugène) né le 18 novembre 1814, ordonné prêtre en
1840
«Les circonstances dans
lesquelles ils furent impliqués et ont été victimes (et évidemment pas eux
seulement, mais plusieurs dizaines d’autres personnes massacrées par la folie
violente des révolutionnaires) constituent une histoire embrouillée et complexe
où se mêlent des instances de toutes sortes, se superposent conditions
anciennes et nouvelles, idéologies sociales et sentiment antireligieux, appels
à la vérité mais aussi fleuves de mensonges au point de former un mélange qui
empoisonne l’homme»
le cardinal Marcello
Semeraro dans son homélie, lors de la messe de béatification célébrée en
l’église Saint-Sulpice
Cinq prêtres martyrs de
la Commune béatifiés à Paris
Reconnus martyrs de la
foi par le Pape, le père Henri Planchat et quatre religieux prêtres sont
béatifiés ce samedi 22 avril à Paris. Tous sont morts le 26 mai 1871 lors du
massacre de la rue Haxo, un épisode sanglant de l’Histoire de France. Leur
«histoire de douleur» est une «histoire d’espérance», affirme dans son homélie
le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour la Cause des Saints.
Entretien réalisé par
Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican
Leur martyre a commencé
durant la Semaine Sainte 1871. Le Jeudi Saint, 6 avril, le père Mathieu Henri
Planchat, de l’Institut de Saint Vincent de Paul, est arrêté; le 12 avril
suivant, mercredi de Pâques, c’est au tour des pères Ladislas Radigue,
Polycarpe Tuffier, Marcellin Rouchouze et Frézal Tardieu, de la Congrégation
des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie et de l’Adoration Perpétuelle du
Saint-Sacrement. Leur mort advint ensuite le 26 mai lors du massacre de la rue
Haxo. Ce jour-là, cinquante prisonniers périrent, exécutés par la Commune deux
jours avant la reprise totale de Paris par les troupes versaillaises d’Adolphe
Thiers.
«Les circonstances dans
lesquelles ils furent impliqués et ont été victimes (et évidemment pas eux
seulement, mais plusieurs dizaines d’autres personnes massacrées par la folie
violente des révolutionaires) constituent une histoire embrouillée et complexe
où se mêlent des instances de toutes sortes, se superposent conditions
anciennes et nouvelles, idéologies sociales et sentiment antireligieux, appels
à la vérité mais aussi fleuves de mensonges au point de former un mélange qui
empoisonne l’homme», a affirmé le cardinal Marcello Semeraro dans son
homélie, lors de la messe de béatification célébrée en l’église Saint-Sulpice.
26/05/2021
Il y a 150 ans, le
chemin de croix du père Planchat
Ce 26 mai marque le 150e
anniversaire du massacre de la rue Haxo, lors duquel 50 prisonniers périrent,
exécutés par la Commune deux jours avant la reprise totale de Paris par les ...
Le bien ne fait pas de
bruit
L’histoire de ces
martyrs, a poursuivi le préfet du Dicastère pour la Cause des Saints, «devient
aussi un avertissement pour aujourd’hui» et une «histoire
d’espérance». Citant Benoît XVI, le cardinal italien a rappelé que si parfois
le bien «peut sembler mis en échec par l'abus et la ruse, il continue en
réalité d'œuvrer dans le silence et dans la discrétion en portant des fruits à
long terme. Tel est le renouveau social chrétien, fondé sur la transformation
des consciences, sur la formation morale, sur la prière» (homélie du 14
juin 2008).
Précurseur du
catholicisme sociale, le père Henri Planchat a dédié son ministère à
l’évangélisation du monde ouvrier, et aux enfants de la Première communion. Son
rayonnement était paradoxal dans une société anticléricale et désireuse de se
passer de Dieu. L’exemple de cet humble et fidèle serviteur peut encore
inspirer les chrétiens, estime le père Yvon Sabourin, membre de la congrégation
des religieux de Saint Vincent de Paul et postulateur de la cause en
béatification du père Planchat. Sabourin
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Il y a 150 ans, le chemin
de croix du père Planchat
Ce 26 mai marque le 150e
anniversaire du massacre de la rue Haxo, lors duquel 50 prisonniers périrent,
exécutés par la Commune deux jours avant la reprise totale de Paris par les
troupes versaillaises d’Adolphe Thiers. Parmi les victimes de ce massacre
figurent 10 ecclésiastiques, dont le père Henri Planchat (1823-1871), religieux
de Saint-Vincent-de-Paul actif dans l’évangélisation du monde ouvrier, et dont
la cause de béatification est actuellement en cours.
Cyprien Viet – Cité du
Vatican
Victime paradoxale d’un
régime qui prétendait défendre les plus pauvres, le père Henri Planchat fut
un précurseur du catholicisme social, qui allait trouver à la fin du XIXe
siècle une reconnaissance et un élan encouragé au sommet de l'Église grâce à
l’encyclique de Léon XIII, Rerum
Novarum. Premier prêtre ordonné au sein de la congrégation des religieux de
Saint-Vincent-de-Paul, le père Planchat a consacré son sacerdoce à lutter pour
la justice sociale, aux côtés des ouvriers et de leurs familles dans les
quartiers populaires de Grenelle puis de Charonne.
Issu d’un milieu
bourgeois et intellectuel, cet étudiant en droit à Paris découvre sa vocation
en se mettant au service des plus démunis aux côtés des membres de la Société
de Saint-Vincent-de-Paul, fondée en 1833 par le bienheureux Frédéric Ozanam
(1813-1853) à partir de l'héritage spirituel du grand apôtre de la charité.
Ordonné prêtre en 1850 (le premier à recevoir l'ordination parmi les religieux
de Saint-Vincent-de-Paul), le père Planchat choisit de servir humblement le
peuple de Paris, victime des injustices causées par la révolution industrielle
et par le matérialisme de la bourgeoisie, dont l’avidité avait été libérée par
le mot d’ordre de François Guizot, chef du gouvernement du roi
Louis-Philippe : «Enrichissez-vous!».
Durant plus de 20 ans, le
père Planchat participera à des propositions pastorales très innovantes pour
l’époque: patronages pour les apprentis, incubateurs économiques, bibliothèques
populaires, clubs ouvriers, œuvres au service des familles immigrées… Les
religieux de Saint-Vincent-de-Paul voulaient alors soulager la misère des
pauvres et les ramener à la foi par la charité. C’est pourtant au nom d’une
supposée affiliation de l’Église catholique à la bourgeoisie que le père
Planchat sera exécuté par les communards.
Un contexte de guerre
civile
La Commune de Paris
s'était formée en 1871, sur le modèle de la Commune de 1792 qui avait alors
renversé le roi Louis XVI. Au terme de l'hiver 1870-71, le contexte est celui
d’une France exsangue, profondément humiliée et déchirée: les armées
prussiennes, après avoir vaincu triomphalement l’empereur Napoléon III à Sedan,
campent aux portes de Paris. Les corps constitués de la IIIe République,
proclamée le 4 septembre 1870, sont réfugiés à Versailles. Dans la capitale, la
Garde nationale refuse d'accepter la défaite et, organisée en fédération, fonde
la Commune le 26 mars 1871, cherchant à établir une République démocratique et
sociale tout en rêvant de repousser l'envahisseur. C’est dans le contexte de
cette dissidence qu’une brève mais cruelle guerre civile va opposer les
"communards" (appelés aussi les "fédérés") aux
"Versaillais", affiliés au chef de l’État Adolphe Thiers, qui
deviendra ensuite président de la République.
Réagissant aux défaites
sanglantes infligées par l'armée versaillaise, qui procède à des exécutions
sommaires, la Commune adopte le 5 avril 1871 le "décret des otages",
stipulant que toute personne soupçonnée de complicité avec le gouvernement de
Versailles sera immédiatement emprisonnée et jugée dans les 48 heures par un
grand jury. Alors que le nouveau régime républicain au pouvoir à Versailles n’a
en réalité aucune sympathie pour l’Église catholique, le clergé se retrouve
objet d’une hostilité de principe des dirigeants de la Commune, dont beaucoup
sont mus par une idéologie anticléricale. «Pour Auguste Blanqui, il
fallait éliminer le monothéisme, il fallait éliminer la religion. Pour lui, la
religion c’était l’opium du peuple», explique le père Yvon Sabourin,
religieux de Saint-Vincent-de-Paul et postulateur de la cause de béatification
du père Planchat.
Le lendemain de ce
décret, le Jeudi Saint, 6 avril, au début du Triduum pascal, le père Planchat
est arrêté et immédiatement emprisonné. Dans une lettre à son frère, trois
jours avant sa mort, après s'être confessé, il demande de prier «pour tous
les hôtes de la prison», incluant donc ses geôliers dans ses intentions. Il
ajoute: «Notre sacrifice est accompli».
Les combats
s’intensifient durant la «semaine sanglante» du 21 au 28 mai, qui se
terminera par la victoire des Versaillais après des combats au corps-à-corps,
qui feront des milliers de morts. Dans ce contexte de chaos, le 26 mai sera la
date du calvaire du père Planchat et de ses compagnons d’infortune, parmi
lesquels neuf autres hommes d’Église et 36 gendarmes. Extirpés de la prison de
la Roquette, ils vivront une marche particulièrement humiliante sous les huées
de la foule, jusqu’à leur exécution.
Un chemin d’humiliation,
à l’image de la passion du Christ
«En sortant de la prison,
ils croisent une foule haineuse qui crie: à bas les curés, les calotins,
fusillez-les!», raconte le père Sabourin. Le chemin va durer trois
kilomètres, à travers des rues qui vont mener jusqu’à la mairie du XXe
arrondissement. Le maire ordonne alors de les fusiller au poste de commandement
de la rue Haxo, qui sera deux jours plus tard le dernier lieu de retranchement
des chefs de la Commune.
Ce moment à la fois
tragique et festif prend la forme d’une kermesse macabre. «Des centaines
de personnes suivent le cortège, une fanfare les accompagne avec des tambours.
C’est vraiment impressionnant. Dans le quartier, il y a à la fois des gens
haineux qui veulent la mort des prêtres, et des gens qui pleurent, notamment
les enfants du patronage», explique le père Sabourin, qui a pu lire les
témoignages de nombreux témoins directs de ces évènements.
Le cortège se déroule
dans un climat confus et fébrile, le sort des otages suscitant de vives
tensions parmi les dirigeants de la Commune eux-mêmes. Certains membres du
courant socialiste s'opposent, sans succès, à l'exécution des religieux. «Les
otages sont conduits jusqu’à la rue Haxo. Sur le balcon, les chefs communards
discutent. Certains prennent la défense des prêtres et ne veulent pas les
exécuter, d’autres veulent laisser faire… Cela fait penser au chemin de croix
du Christ. C’est comme avec Pilate qui s’en lave les mains», remarque le père
Sabourin.
«La foule est là. Une
jeune cantinière, très vindicative, tire un coup de revolver, et finalement le
commandant donne l’ordre de fusiller les otages, dix par dix. C’est un
véritable massacre. Certains corps reçoivent jusqu’à 72 coups de baïonnette. Le
père Planchat reçoit huit balles de fusil. On lui a cassé les cervicales avec
une baïonnette. On lui a brisé les bras. Son corps, encore intact aujourd’hui,
exhumé en 2017, nous montre toute cette violence, résultat de la haine qui
habite le cœur des gens qui ne savent pas ce qu’ils font.» «Laissez-moi
prier!» sera le dernier mot du père Planchat avant qu’il ne s’effondre,
agrippé à un militaire.
Une cause relancée en
2005
Après 1871, le père
Planchat et ses compagnons feront rapidement l’objet d’une dévotion locale,
mais la procédure en béatification lancée peu après leur mort s’est ralentie en
raison de différents évènements qui ont secoué la France: la séparation de
l’Église et de l’État, les expulsions des congrégations religieuses, ou encore
les deux guerres mondiales. Plus récemment, le climat politique post-Mai 68 a
favorisé une vision "romantique" de la Commune de Paris, ce qui rendait
difficile, pour le grand public, une compréhension objective de ces évènements
et de leur caractère tragique.
Ce 150e anniversaire
donne donc l’occasion de redonner une visibilité à cette tragédie oubliée, dans
l’espoir que la reconnaissance formelle du martyre puisse ouvrir la voie à une
ultérieure béatification. Depuis 2005, le travail historique a été
relancé. «La cause des martyrs de la Commune semble une cause oubliée»,
regrette le père Sabourin, qui précise que la positio, c'est-à-dire
le rapport du postulateur, n’est pas un jugement historique sur la
Commune, mais une reconnaissance du don de la vie de ces prêtres exécutés.
«On a retrouvé son corps
les yeux ouverts, tournés vers le ciel. Nous avons une admiration devant ce
signe qui nous montre non pas la haine, mais l’amour. Cette cause n’a pas pour
objectif de chercher des coupables, mais de montrer de bons prêtres, qui ont
donné leur vie. C’est montrer à quel point l’amour est plus fort que la haine.
Le sang des martyrs est semence de chrétiens», souligne le père Sabourin.
Ce prêtre est une source
d’inspiration personnelle pour son engagement comme religieux de
Saint-Vincent-de-Paul. «Le père Henri Planchat avait un ministère
extraordinaire, il était connu des gens, il avait gagné le cœur de la
population ouvrière», ce qui était exceptionnel pour l’Église de
l’époque. «C’est celui qui avait le plus d’amour pour les pauvres, les
ouvriers, les immigrés italiens de ces quartiers. Les Frères de
Saint-Vincent-de-Paul allaient dans les quartiers populaires de Grenelle, de
Charonne. Aujourd’hui aussi, il faut aller à la rencontre des gens, en faisant
du porte-à-porte, du cœur à cœur, et non pas attendre qu’ils viennent dans nos
églises», souligne le postulateur.
Les commémorations à
Paris
Plusieurs évènements sont
organisés cette semaine dans le cadre de cette commémoration. Le père Yvon
Sabourin tiendra une conférence ce jeudi 27 mai à 18h dans l’église construite
sur le lieu du massacre du 26 mai 1871, l’église Notre-Dame-des-Otages, au 81
rue Haxo.
Le samedi 29 mai se
tiendra une marche des martyrs, le long du parcours que suivirent les otages,
avec un départ à 17h depuis le square de la Roquette, l’ancien site de la
prison de la Roquette jusqu’à la rue Haxo. Enfin, le dimanche 30 mai à 11h se
tiendra une messe solennelle présidée par l’archevêque de Paris, Mgr Michel
Aupetit, en l’église Notre-Dame-des-Otages.
La cause du père Planchat
est associée à celle de quatre religieux de Picpus assassinés avec lui. De
nombreux autres prêtres figurent parmi les victimes de la Commune, parmi
lesquels des jésuites, des dominicains, des prêtres diocésains, et l’archevêque
de Paris en personne, Mgr Georges Darboy, exécuté le 24 mai 1871 à la prison de
la Roquette.
Plus de renseignements
sont à retrouver sur le site du diocèse de Paris.
SOURCE : https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-05/commune-paris-pretres-martyrs.html
Eugène
Atget, Place of the massacre of rue Haxo in May 1871 during the Paris
commune / 'Emplacement du massacre des Otages, Villa des Otages, 83 [ou
85] rue Haxo, 20ème arrondissement, Paris.' Lieu du massacre des victimes, 26
mai 1871. Albumen silver print, 16.9 x 21.5, Musée Carnavalet, Paris
« À mort les calotins !
», le massacre des otages de la rue Haxo
Anne Bernet - publié
le 27/05/21 - mis à jour le 21/04/23
Après l’exécution de Mgr
Darboy et de ses cinq compagnons, la Commune de Paris est emportée par sa folie
meurtrière. Ce seront les tueries des 25 et 26 mai avenue d’Italie et rue Haxo,
où meurent dans la confusion mais dignement seize autres prêtres et religieux,
avec une quarantaine d’otages. (3/3)
Dans quelques jours, les
troupes versaillaises auront repris Paris. Adolphe Thiers avait eu la
possibilité de sauver l’archevêque de Paris et 74 autres otages avec lui en les
échangeant contre Auguste Blanqui, mais s’en était bien gardé. Il fera donner
à Mgr Darboy des obsèques nationales solennelles. Pour
l’heure, l’annonce de l’assassinat de l’archevêque est pain bénit. Maintenant,
les Communards n’ont plus de pitié à attendre ; ils sont tous voués à la mort,
les vrais coupables comme les innocents, les idéalistes comme les
assassins.
Les communards
s’entretuent
Cette certitude exacerbe
la colère des dirigeants extrémistes et celle d’une base militante peu
nombreuse mais qui fait régner la terreur dans des quartiers entiers. En
certains endroits, des fédérés qui, par humanité, refusent d’obéir à des ordres
d’une cruauté insensée, sont abattus sur place par leurs camarades.
C’est le cas de la
Barrière d’Enfer où un officier communard, comprenant l’impossibilité pour les
Filles de la Charité d’évacuer en moins d’une heure la pouponnière et
l’orphelinat qu’elles dirigent là, qui accueillent nouveaux-nés et enfants
infirmes, ne se résolvant pas à sacrifier les 700 petits de l’établissement,
renonce à le faire sauter, et, du même coup, sape les défenses de ce faubourg,
crime qui lui vaut d’être aussitôt fusillé pour haute trahison. Ce genre
d’exemples, et ils se multiplient en cette semaine sanglante de la fin mai,
donne à réfléchir et même ceux qui désapprouvent les violences de leurs
camarades n’osent plus le dire… Ainsi s’expliqueront les tueries du 25 mai
avenue d’Italie et du 27 rue Haxo.
Lire aussi :L’héroïsme des Filles de la Charité dans la tourmente de la
Commune
Au cours du siège,
l’école Saint-Albert-le-Grand d’Arcueil, tenue par des dominicains et des
dominicaines, a servi d’ambulance. Elle l’est restée maintenant que Paris
insurgé est sous le feu des troupes versaillaises qui bombardent la capitale et
y font de nombreux blessés. On devrait savoir gré aux religieux de leur aide.
Ce n’est pas le cas. Le quartier est sous la coupe d’un certain Serizier,
membre fondateur de l’Internationale, anticlérical, et brute alcoolique que
même ses adjoints craignent. Le bonhomme a mis le XIIIe arrondissement en
coupe réglée. Il veut la peau des dominicains d’Arcueil et ne s’en cache pas,
répétant à qui veut l’entendre : « Tous ces curés-là ne sont bons qu’à
être brûlés ! »
Un subterfuge, de
sinistre mémoire
Les accusations
délirantes de la presse communarde concernant les prétendus
« crimes » du clergé permettent à travers tout Paris perquisitions et
visites domiciliaires dans les sanctuaires et les presbytères. À défaut de
cadavres, dont les extrémistes ont compris qu’ils ne trouveraient pas trace,
reste, et c’est bien plus sûr, l’accusation de trahison, et celle, récurrente
car elle sert depuis la révolution de 1830, de l’existence de caches d’armes
destinées aux ennemis du peuple dans les maisons religieuses. On dit aussi
qu’il existerait des passages secrets et des souterrains qui, creusés sous la
capitale, permettraient d’en sortir et communiquer avec les Versaillais. Pur
délire mais il se trouve des gens pour y croire.
Lire aussi :Le père Henri Planchat, victime de la Commune, apôtre de la
charité
L’existence de tels
passages justifie la fouille de Saint-Albert-d’Arcueil, l’établissement se
trouvant relativement proche des lignes gouvernementales. Bien entendu,
Serizier et ses sbires ne découvrent ni armes ni passages secrets mais, avec
l’aide de quelques faux témoins, ils affirment que les dominicains font des
signaux de fumée aux Versaillais depuis leur jardin. Il n’en faut pas davantage
pour justifier l’incarcération de toutes les personnes présentes dans la
maison.
Le 19 mai, cinq
religieuses, cinq femmes employées comme domestiques, l’enfant de l’une d’entre
elles sont arrêtés et conduits à la Conciergerie. On emmène également 22 hommes
adultes, religieux et laïcs, et neuf grands élèves, tous conduits à Bicêtre.
Ils en sont extraits le 25 mai, alors que les dernières barricades du quartier
menacent de tomber au pouvoir des gouvernementaux.
Après s’être largement
signé, le religieux se retourne vers ses compagnons et leur dit en souriant : «
Pour le Bon Dieu, mes amis ! »
Tandis qu’on les entraîne
vers la place d’Italie, siège du pouvoir communard de l’arrondissement, en leur
affirmant qu’ils vont être libérés, l’un des dominicains, le père Rousselin,
saisi d’un mauvais pressentiment, réussit à se détacher du convoi de
prisonniers, et, avec la complicité de commerçants et riverains qui lui donnent
des vêtements pour cacher sa robe et un grand chapeau pour dissimuler son
visage, se perd dans la foule. Les autres, confiants, sont arrivés place
d’Italie.
On les fait entrer dans
la mairie. Dehors, des excités hurlent : "À mort les calotins !". Un
semblant de commission qui fait mine de siéger leur affirme qu’ils sont libres.
Il convient seulement, par précaution, de les faire sortir un à un. Un
subterfuge du même genre, de sinistre mémoire, a déjà servi, les 2 et 3 septembre 1792, lors des grands massacres des
prisons parisiennes, à envoyer à la mort des gens qui, convaincus de ne
rien risquer, ne se rebiffaient pas contre leur sort… C’est, en fait, à une
réédition de ces événements que l’on assiste en cette fin mai à Paris.
Tirés comme des lapins
Poussé vers la sortie, le
prieur, le père Raphaël Captier, en arrivant sur le seuil et voyant au dehors
des hommes qui épaulent leurs fusils, comprend ce qui les attend. Après s’être
largement signé, le religieux se retourne vers ses compagnons et leur dit en souriant
: "Pour le Bon Dieu, mes amis !".
À peine est-il dehors
qu’on lui tire dessus. Les pères Henri Cotrault, Pie-Marie Chatagnaret, Thomas
Bourard et Constant Delhorme sont à leur tour précipités dans la rue et sont,
selon les mots des témoins, "coursés et tirés comme des lapins". Le
personnel laïc de l’école connaît le même sort : Antoine Gauquelin, professeur
de mathématiques, Hermand Voland, surveillant, Sébastien Dintroz, infirmier,
Joseph Petit, qui, à 22 ans, sera le plus jeune des martyrs, économe-adjoint,
les domestiques Aimé Gros, Joseph Cheminal, Antoine Marcé sont abattus les uns
après les autres.
Lire aussi :Ces prêtres victimes de l’anticléricalisme des Communards… et
des Versaillais
Dans quelques jours, le
quartier libéré, les corps des religieux seront ramenés à Saint-Albert pour y
être enterrés dans la chapelle. Le père Rousselin portera, quant à lui, la
"flétrissure" de son évasion le restant de ses jours, objet des
moqueries impitoyables des élèves, incapables d’admettre qu’il se soit
soustrait au martyre… Pour sordide qu’elle soit, la fin des dominicains d’Arcueil
et de leur personnel n’est rien en comparaison du calvaire qui attend d’autres
otages détenus à La Roquette.
Un nom à se faire couper
le cou
En milieu de journée, le
26 mai, ordre est donné aux gardiens de la prison de livrer aux fédérés qui se
présentent aux guichets soixante prisonniers. Le directeur de La Roquette
parlemente et parvient à ramener la liste fatale à cinquante noms. Dans le
désordre du moment, nul ne comprend comment le choix s’opère, sinon peut-être
en fonction de haines personnelles ou de partis pris. 39 otages sont des
militaires, dix des ecclésiastiques. Il y a parmi ceux-là trois jésuites de la
maison de la rue de Sèvres, les pères Anatole de Bengy, Jean Caubert et Pierre
Olivaint.
À l’instar des pères Clerc et Ducoudray, leurs confrères de
Sainte-Geneviève, fusillés l’avant-veille avec Mgr Darboy, ils incarnent pour
la gauche anticléricale et maçonnique un catholicisme de combat, contrerévolutionnaire,
avec lequel il faut en finir une fois pour toutes. Lors de leur incarcération,
on les a inscrits comme "serviteurs d’un nommé Dieu, en état de
vagabondage", ce qui pourrait être une plaisanterie de mauvais goût si
l’on n’avait ajouté ce chef d’accusation plus grave : "complices des
Versaillais".
Lire aussi :Mai 1871, l’assassinat de l’otage Mgr Darboy, archevêque de
Paris
Le nom à particule du
père de Bengy a excité l’ire des fédérés : "Ça, c’est un nom à se faire
couper le cou ! » Le jésuite réplique : « On ne tue pas les gens pour
leur nom…" En quoi il se trompe. Comme il décline son âge, 47 ans, un autre
siffle : "Ben mon vieux, t’as bien assez vécu comme cela !"
Pierre Olivaint ne porte
pas un patronyme aristocratique mais il existe contre lui d’autres charges.
Encore étudiant, il a été, au côté de Frédéric Ozanam, l’un des fondateurs de la Conférence
Saint-Vincent-de-Paul et ce rôle d’évangélisateur des quartiers populaires fait
enrager les "sans Dieu", tout comme ses succès de prédicateur, l’un
des plus talentueux de la Compagnie de Jésus. Cela mérite la mort. Quant au
père Caubert, être un fils de saint Ignace suffit à le condamner.
L’homme à abattre :
le père Henri Planchat
Le père Henri Planchat,
premier prêtre de la jeune congrégation des religieux de saint Vincent de Paul,
lui aussi proche d’Ozanam, s’est, depuis son ordination, en 1850, voué à
rechristianiser les milieux populaires, d’abord dans les faubourgs de Grenelle et
Javel, puis au milieu des immigrés italiens, rappelant à temps et à contretemps
à des gens qui, parfois ne le savent même pas, "qu’il existe un
Dieu".
Démuni, tout donné à
Dieu, il est devenu une figure populaire et aimée. On ne compte plus les
conversions qu’il a obtenues, les couples illégitimes qu’il a mariés, les
enfants et adultes qu’il a baptisés. Cet apostolat de "la canaille" a
contrarié le clergé diocésain qui a multiplié les attaques venimeuses à son
encontre, au point que son supérieur, Léon Le Prévost, a dû, un temps,
l’éloigner de Paris afin de le soustraire aux calomnies.
Nommé directeur d’un
orphelinat à Arras, Henri Planchat a regagné la capitale pour prendre en main
le patronage Sainte-Anne-de-Charonne, qui s’occupe des jeunes apprentis, dans
un esprit proche des œuvres salésiennes de Jean Bosco à Turin. Toujours préoccupé par le sort des
ouvriers transalpins, il a fondé une association qui deviendra la Mission
italienne.
Planchat est un homme à
abattre. On l’a déjà tenté pendant le siège de Paris, en cherchant à
l’intimider pour l’amener à cesser son aide aux pauvres, aux malades, aux
blessés.
Si son dévouement
inépuisable le fait aimer, il lui vaut aussi la haine de ceux aux yeux desquels
un vrai prêtre constitue le plus redoutable obstacle à la déchristianisation
orchestrée des masses prolétaires. Planchat est un homme à abattre. On l’a déjà
tenté pendant le siège de Paris, en cherchant à l’intimider pour l’amener à
cesser son aide aux pauvres, aux malades, aux blessés. À la fin de leur
entretien, l’officier chargé de l’effrayer est tombé à genoux et s’est
confessé, puis il est revenu demander le mariage religieux…
C’est bien la preuve que
le personnage est dangereux ! Début avril 1871, son nom était en tête de liste
pour les arrestations d’otages mais l’on n’a pas trouvé de volontaires pour se
charger de la besogne. En désespoir de cause, la Commune a proposé cinq francs
à un chômeur père de famille s’il arrêtait le cureton. Indigné, l’ouvrier a
rétorqué : "Cinq francs pour arrêter l’homme qui, hier, alors qu’il ne me
connaissait pas, est venu m’en donner vingt pour payer mon loyer ! Non, ce
n’est pas mon affaire."
Il refuse d’abandonner
les pauvres
On ira chercher ailleurs
des militants pour faire le travail. Prévenu de sa prochaine incarcération par
des amis qu’il compte à la mairie, le père Planchat a refusé d’abandonner ses
pauvres et ses gamins. Il a seulement éloigné son assistant, le jeune père de
Broglie, parce qu’il porte, lui aussi, "un nom à se faire couper le
cou".
« Avez-vous rencontré
dans Paris un petit prêtre à la soutane râpée, aux souliers troués, très pauvre
parce qu’il donne tout ? Si vous l’avez rencontré, citoyen, c’est mon fils ! »
Le 6 avril, en dépit des
protestations des femmes du quartier qui demandent la liberté de « celui
qui nourrit leurs enfants », Henri Planchat est incarcéré à Mazas. Il
possède des réseaux, agissants, qui vont se démener pour le faire libérer. En
vain… Ni les démarches de sa mère, qui fait le tour des responsables
communards, répétant : "Avez-vous rencontré dans Paris un petit prêtre à
la soutane râpée, aux souliers troués, très pauvre parce qu’il donne
tout ? Si vous l’avez rencontré, citoyen, c’est mon fils !"
Lire aussi :Prière pour obtenir des grâces par l’intercession du père Henri
Planchat
Ni les pétitions, qui,
pourtant, feront libérer quelques prêtres, ni les sollicitations d’un apprenti
du patronage, le petit Hurbec, qui se prive pour chaque jour apporter à manger
à son bienfaiteur, dédaigne les coups, menaces, insultes, rétorquant crânement
qu’il est « normal qu’il nourrisse quelques jours l’homme qui le nourrit
depuis des années », ne permettront l’élargissement de ce redoutable
"ennemi de l’humanité"... Lors du transfert de Mazas à La Roquette,
le père Planchat a eu la joie de se retrouver dans la même voiture que son ami
de jeunesse, le père Olivaint. Les deux religieux se sont mutuellement
confessés et exhortés à la mort.
Le courage du séminariste
Paul Seigneret
En cellule à La Roquette,
Henri Planchat s’est lié d’amitié avec le prisonnier de la cellule voisine,
l’abbé Paul Seigneret, l’un des séminaristes de Saint-Sulpice. Âgé de 25 ans,
né à Angers, le jeune homme a dû renoncer à la vie monastique et quitter
Solesmes en raison d’ennuis de santé. Non sans difficultés, il est parvenu à
entrer au séminaire Saint-Sulpice où il poursuit ses études depuis quatre ans.
Il n’a pu regagner
l’établissement à la rentrée, en raison du siège de Paris. Il s’est alors
engagé comme ambulancier dans l’armée de la Loire. L’armistice, fin janvier
1871, la fin du siège ont laissé croire à une reprise de la vie normale. Paul
et quelques dizaines de ses camarades, désireux de reprendre leurs études, ont
regagné le séminaire. C’était quelques jours avant l’insurrection
parisienne.
Ces lettres, destinées à
ses parents à Angers, et à certains de ses camarades de séminaire, disent sa
résignation à la volonté de Dieu, son acceptation du martyre qui le menace...
Ces garçons ont assisté,
médusés, à l’intrusion des fédérés dans le séminaire, à la fouille de la
maison, toujours à la recherche de "souterrains communiquant avec les
Versaillais" et à la mise à sac de la cave de l’établissement. Au terme de
ces investigations, on a emmené Monsieur Isnard, le supérieur. Les professeurs
ont alors pensé plus sûr de renvoyer les séminaristes dans leurs familles. S’agissant
des provinciaux, il fallait des passeports. Paul Seigneret et six autres ont
été arrêtés alors qu’ils allaient en réclamer à l’Hôtel de Ville, en
soutane.
Il écrit à ses parents
Les protestations de Mgr
Darboy, qui a tenté d’obtenir leur libération, n’ont rien donné. Depuis, l’abbé
Seigneret prie, beaucoup, et écrit. Ces lettres, destinées à ses parents à
Angers, et à certains de ses camarades de séminaire, disent sa résignation à la
volonté de Dieu, son acceptation du martyre qui le menace, son espoir que son
éventuel sacrifice épargnera la vie des autres séminaristes détenus avec lui,
et, très humainement, la peur atroce qu’il éprouve, non de la mort mais des
souffrances qui pourraient l’accompagner et qu’il supplie humblement le Ciel de
lui épargner, redoutant de n’avoir pas la force de les supporter.
Lire aussi :Les martyrs de la Commune, une béatification qui oblige
Est-ce pour conjurer
cette angoisse qu’il a passé ses jours et ses nuits d’emprisonnement à la
fenêtre de sa cellule, à réciter le rosaire en alternance avec le père Planchat
? Est-ce cela, aussi, qui a attiré l’attention des geôliers et qui conduit, ce
26 mai, à ajouter son nom à la liste des otages désignés pour le supplice ?
Peut-être.
À moins qu’il faille
uniquement faire nombre... Les cinq derniers ecclésiastiques voués à la mort
sont quatre pères des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie, plus vulgairement appelés
picpuciens, les pères Radigue, Tuffier, Rouchouze et Tardieu, qui, tous,
occupaient des charges importantes dans l’Ordre, raison pour laquelle ils n’ont
pas quitté la maison, et un prêtre auvergnat, natif de Saint-Flour, l’abbé Noël
Sabatier, vicaire de Notre-Dame de Lorette.
Les 49 otages sont
rassemblés
Depuis l’exécution de Mgr Darboy et des cinq autres otages, le
24 mai, les ecclésiastiques, conscients que l’avancée des troupes versaillaises
vers l’est parisien signe leur arrêt de mort, se sont montrés étrangement
sereins. L’approche du martyre ne les effraie pas. Leur unique souci est de
bien mourir et de sauver, s’il se peut, encore quelques âmes.
Le père Olivaint s’est voué,
mission impossible, à la conversion du "capitaine Pigère", cette fille
déguisée en homme qui semble nourrir une haine spéciale du catholicisme et se
vante d’avoir "descendu l’archevêque". Henri Planchat, moins
ambitieux, se borne à exhorter des fédérés qu’il connaît un peu, et réussit à
confesser discrètement l’un d’entre eux.
Enfin, les otages sont
rassemblés. Ils ne sont pas 50, comme convenu, mais 49, détail qui paraît
échapper à l’escorte, pressée d’en finir. Au vrai, que veut-on faire de ces
hommes ? Au sein même de la Commune, et des autorités de ce quartier de
Belleville, tous ne sont pas d’accord.
Il y a ceux qui ne voient
pas la nécessité de tuer encore, maintenant qu’ils ont compris que cela ne fera
pas reculer Thiers, et espèrent, en épargnant les otages, la clémence du
vainqueur, et ceux qui, au contraire, dans une surenchère de haine, veulent
tout tuer, brûler, détruire avant de mourir. Ces contradictions expliquent les
hésitations et contrordres qui vont suivre, ajoutant aux souffrances des
otages.
Le calvaire des condamnés
Dans une mise en scène
digne des grandes journées de la Terreur, les prisonniers, entourés de gardes
nationaux en tête desquels parade la capitaine Pigère à cheval, remontent
lentement, deux à deux, en priant à haute voix, la longue rue des Pyrénées qui
conduit à Belleville. Beaucoup de passants sont atterrés en reconnaissant le
père Planchat.
Des riverains entrouvrent
les portes de leurs immeubles ou de leurs boutiques et chuchotent :
"Mais sauvez-vous, voyons !" Aucun prisonnier ne s’y risque :
soif du martyre chez les prêtres qui ne veulent pas laisser passer si belle
occasion de gagner leur paradis, peur atroce, chez les autres, en esquissant un
geste de fuite, de se vouer à une mort plus douloureuse que la fusillade.
Le parcours devient
Golgotha. C’est à qui cognera, frappera, mordra au sang les prisonniers, leur
arrachera les cheveux.
Un garde national,
exaspéré devant les réactions de pitié des passants, braille : "Ce sont
des prisonniers versaillais !" C’est faux, mais cela fait entrer en rage
une partie des curieux qui se précipitent sur les malheureux et les bourrent de
coups. Le père de Bengy tombe et se casse un bras. On le relève sans
ménagement. On l’oblige à reprendre son chemin de croix. Désignant le père
Tuffier, doyen du groupe, qui ne se traîne plus et ralentit les autres, un
gavroche crie : "Qu’est-ce j’aimerais me payer ce vieux-là !"
La capitaine Pigère,
enragée, pousse le Picpucien à coup de crosse ; l’abbé Seigneret, qui veut
aider le vieillard, est frappé à son tour. Le parcours devient Golgotha. C’est
à qui cognera, frappera, mordra au sang les prisonniers, leur arrachera les cheveux.
À côté de cela, il se trouve des gens pour solliciter une dernière bénédiction
des martyrs, telle cette ouvrière qui tend en pleurant son bébé au père
Olivaint.
Le signal du massacre
On fait halte à la mairie
de Belleville, sous prétexte de laisser aux condamnés le temps de rédiger leur
testament. En réalité, certains officiers fédérés aimeraient épargner les
otages, ou conserver une monnaie d’échange et cela, les jusqu’au-boutistes ne
le veulent pas. On ramène les prisonniers rue de Belleville. Dans la foule, des
femmes exigent qu’on les abatte ici même mais les fédérés préfèrent continuer
jusqu’à la cité Vincennes, au 83-85 de la rue Haxo, l’actuelle villa des
Otages.
Lire aussi :Prêtres martyrs sous la Commune : comment s’associer à leur
béatification ?
On les pousse dans la
cour. Le vieux père Tuffier trébuche et tombe, malgré l’assistance de l’abbé
Seigneret, qui s’écroule à son tour. En les voyant à terre, la foule se
précipite, s’acharne sur eux à coups de pieds et de poings. On les piétine.
Avant de perdre conscience, le séminariste gémit : "Ô mes chers parents..."
puis, dans un dernier sursaut : "Je pardonne à mes bourreaux ! Je
veux qu’il ne leur soit fait aucun mal !" Ce seront ses derniers mots. Il
est achevé d’une balle en plein cœur.
Il supplie qu’on épargne
les pères de famille
Encore hésitants, les
fédérés ne se décident pas à donner le signal du massacre. Le père Planchat
s’approche d’un responsable, supplie qu’on épargne les laïcs, et d’abord les
pères de famille. Furieuse, la capitaine Pigère lui décharge son pistolet
dessus en criant : "Je vais t’en f…, moi, des pères de famille." Le
prêtre n’est que légèrement blessé mais le coup de feu sert de signal et l’on
pousse les prisonniers dos au mur, en commençant par les militaires. Le jeu
cesse vite d’amuser et, pour le corser, un rigolo suggère "de les tirer au
vol, comme des pigeons", en exigeant qu’ils sautent par-dessus un petit
muret.
Le père Olivaint regarde
l’homme : "Je veux bien mourir pour ma religion mais je tiens à ce
que ce soit avec dignité." Comme lui, tous les ecclésiastiques refusent
d’obtempérer. Alors, on les abat au petit bonheur la chance, chacun tirant
comme à la foire sur qui bon lui semble. Henri Planchat reçoit sept ou huit
balles, qui ne le tuent pas. Tombé à genoux, il se redresse, avant qu’un
dernier projectile, probablement tiré par la capitaine Pigère, qui se vantera
"d’avoir tué treize prêtres", lui fasse éclater le crâne.
Le massacre se poursuit encore
une demi-heure. Puis, pour être sûrs d’avoir achevé la besogne, les cadavres
sont mitraillés et lardés de coups de baïonnette. On en relèvera quarante-sept
sur le corps du père de Bengy. Le lendemain, on les jettera, nus, dans une
fosse d’aisance.
Lire aussi :Ces prêtres victimes de l’anticléricalisme des Communards… et
des Versaillais
Lire aussi :Semaine sanglante de 1871 : « Ils ont tué l’archevêque de Paris
! »
Lire aussi :Après la Commune, la mémoire et le pardon
Le père Henri Planchat,
victime de la Commune, apôtre de la charité
Anne Bernet - publié
le 21/03/23 - mis à jour le 22/04/23
Fusillé par la Commune de
Paris, le père Henri Planchat a été le premier prêtre de la congrégation des
religieux de Saint Vincent de Paul. Celui que l’on appelait l’apôtre des
faubourgs dévoua toute sa vie aux pauvres "dans un esprit d’hostie".
Reconnu martyr de la foi, il sera proclamé bienheureux le 22 avril 2023.
Il aura fallu plus de
cent cinquante ans pour voir aboutir partiellement les causes des martyrs de la
Commune, fusillés en mai 1871 à Paris. Partiellement, car seuls les religieux
de Saint Vincent de Paul et les picpuciens se seront acharnés à obtenir ces
béatifications quand d’autres congrégations, des plus prestigieuses, et
l’archevêché de Paris ont renoncé dès le centenaire à défendre des dossiers
alors jugés politiquement gênants.
Parmi eux, la figure du
père Henri Planchat se distingue. Si, comme ses compagnons de supplice, il a
été mis à mort en haine de la foi, il est évident que les bourreaux ont voulu,
en s’acharnant sur lui, empêcher à l’avenir toute action missionnaire et
caritative en faveur d’un prolétariat citadin devenu chasse gardée de la
révolution, donc nécessairement coupé de Dieu et de l’Église.
Secourir les âmes en
perdition
Henri Planchat est né le
8 novembre 1823 à La Roche-sur-Yon en Vendée, où son père est alors magistrat.
C’est d’ailleurs la carrière que ses parents lui destinent et, sans révolte, le
jeune homme entame à Paris ses études de droit, et adhère à la
jeune Conférence Saint-Vincent de Paul, à peine créée par Frédéric Ozanam.
Prenant sur ses loisirs,
il se fait bénévole du patronage de Vaugirard, qui dispense des cours aux
apprentis et de la bibliothèque populaire, deux œuvres éducatives dévouées à la
jeunesse ouvrière. Il fait dans ces cercles la connaissance de deux autres
laïcs, Jean-Léon Le Prévost, alors marié, qui sera le fondateur des Religieux
de Saint-Vincent de Paul, et de M. Olivaint, futur jésuite et future victime,
lui aussi, des communards.
Pour Henri, ces plongées
dans la misère de son temps sont une révélation mais, au-delà de l’aspect
matériel de ce qu’il découvre, ces situations économiques tragiques auxquelles
il convient, bien sûr, de remédier, il est surtout frappé par la misère morale
et spirituelle de tout un peuple et de toute une jeunesse.
S’il est nécessaire de
nourrir et soigner les corps, il l’est plus encore de secourir les âmes en
perdition. Même si, afin de satisfaire son père, il poursuit ses études jusqu’à
la licence, sa décision est prise : il sera prêtre. Et pas n’importe quel
prêtre ! Dans le journal intime qu’il rédige, il note, peu après son
entrée au séminaire de Saint-Sulpice où il est entré à l’automne 1847 :
"Le prêtre doit être un homme de travail entièrement livré à sa tâche.
Dans le monde, pour une
cause terrestre, le triomphe d’une idée, d’un système, d’un parti, certains
vont jusqu’à sacrifier leur tranquillité, leur fortune et même leur vie !
Pourquoi le prêtre n’aurait-il pas un zèle au moins égal alors qu’il s’agit
pour lui d’une cause supérieure : celle de Dieu et celle des
âmes ?"
Aimer les pauvres d’un
amour de préférence
Désireux de "devenir
un prêtre selon le cœur de Dieu", il place son sacerdoce sous la
protection de Notre-Dame à laquelle il se consacre entièrement. En 1848, il
écrit encore : "Henri est heureux : il entrevoit pour bientôt la
joie sainte et la paix dans l’immolation entière et irrévocable de tout son
être au Seigneur" et d’ajouter, à la veille de son sous-diaconat, l’année
suivante : "Je prends la résolution de me tenir à l’égard de Dieu
dans un esprit d’hostie, à l’égard du prochain dans un esprit de
servitude."
Lire aussi :Prêtres martyrs sous la Commune : comment s’associer à leur
béatification ?
Un idéal complété par les
souhaits qu’il émet au matin de son ordination, le 21 décembre 1850, au
séminaire Saint-Sulpice : "Toujours aimer les pauvres d’un amour de
préférence, les recevoir, les rechercher et les servir comme il recevrait, rechercherait
et servirait le Seigneur qui se cache en leur personne. Ne pas adopter l’air
d’un bourgeois en soutane mais devenir un prêtre d’une vie exemplaire." Il
est en effet persuadé que "la foi ne peut être ranimée, les âmes
converties que par la sainteté parfaite".
Ces vœux, prononcés dans
l’exaltation de sa première messe, sont-ils tenables ? Oui puisque, le
matin de Noël, abandonnant tout espoir de carrière ecclésiastique comme il a
abandonné tout espoir de réussite mondaine, il part pour le quartier Grenelle
rejoindre son ami Le Prévost et la naissante congrégation des religieux de
Saint Vincent de Paul dont il sera le premier prêtre.
Cent paroles à Dieu
Dans cette banlieue qui
deviendra le XVe arrondissement s’entassent près de dix mille ouvriers, et
de nombreux immigrés italiens, réduits au chômage par les révolutions de 1848,
sans aides ni espoir de trouver du travail ; la plupart ne sont pas baptisés,
et ne font pas baptiser des enfants au demeurant nés hors mariage. Ils vivent
et meurent "comme des païens, pour ne pas dire comme des bêtes".
À sa sœur qui trouve cet
apostolat peu reluisant, il explique : "Si tu avais parcouru comme
moi la banlieue de Paris, tu admettrais que cela vaut bien la Chine, et que
cette mission, pour être plus inconnue, plus ignorée du monde, ne peut avoir
moins de mérites devant Dieu."
Peu à peu, malgré les
insultes et les rebuffades qui sont son quotidien, Planchat parvient à se faire
admettre dans ces milieux si hostiles à ce qu’il incarne, et commence à
convertir. Il s’épuise à la tâche, tombe malade, doit accepter une longue
convalescence puis, au bout de deux ans, revient à Grenelle et se remet à
l’œuvre.
Toujours aimer les
pauvres d’un amour de préférence, les recevoir, les rechercher et les servir
comme il recevrait, rechercherait et servirait le Seigneur qui se cache en leur
personne.
Il a l’idée de créer une
association réunissant ses convertis et les familles qu’il a ramenées à la foi
et à la pratique, l’Association ouvrière de la Sainte Famille, qui se fixe pour
objectif "l’entraide et le soutien mutuels mais aussi l’évangélisation des
ouvriers par les ouvriers".
Il ne cesse pas pour
autant sa propre mission et multiplie les visites à domicile afin de connaître
son troupeau. Quand on lui demande comment il réussit où tant d’autres
échouent, il réplique que tout le secret est "de dire cent paroles à Dieu
contre une seule aux hommes". C’est aussi de s’oublier entièrement, de
tout souffrir, de tout donner.
Lire aussi :Les martyrs de la Commune, une béatification qui oblige
Qu’il pleuve, qu’il vente
ou qu’il neige, de jour comme de nuit, il est là pour tous ceux qui ont besoin
de son ministère, indifférent aux moqueries qu’attirent sa pauvre soutane
verdie et son air fragile. À des blanchisseuses qui l’insultent, il répond en
offrant des médailles et des images, de sorte que ces femmes, saisies de honte,
lui donnent 5 francs, une grosse somme, pour dire des messes à leur intention.
Un jour de grand froid, ses confrères le voient rentrer pieds nus : il a
donné ses souliers à un homme qui en avait, dit-il, plus besoin que lui…
Il se consume en
pénitences
Cette sainteté dérange un
clergé moins bon que lui. En 1861, le curé de Saint-Jean-Baptiste-de-Grenelle
déclenche contre l’abbé Planchat une campagne diffamatoire si violente que ses
supérieurs doivent l’éloigner de Paris et l’envoyer à Arras prendre la sous-direction
d’un établissement d’éducation pour les orphelins et les apprentis. Il y fait
merveille, là encore, suscitant des vocations sacerdotales et mendiant pour
assurer à ses protégés de quoi financer ses études.
En 1863, il est rappelé à
Paris afin de prendre en charge le patronage Sainte-Anne de Charonne, rue de la
Roquette, qui accueille plus de trois cents gamins issus de ce quartier très
pauvre. Matériellement, c’est un succès mais Henri n’en est pas satisfait. Son
but n’est pas d’offrir des loisirs et un repas chaud, mais de faire et refaire
des chrétiens.
Lire aussi :Mai 1871, l’assassinat de l’otage Mgr Darboy, archevêque de
Paris
S’il n’y arrive pas, lui
seul est en faute : il ne prie pas assez, ne s’humilie pas assez, ne
souffre pas assez. Il se consume en pénitences et en oraison, remet tout entre
les mains de Notre-Dame de la Salette.
Cela paie : des centaines d’adolescents, souvent de jeunes voyous,
changent de vie, prennent l’habitude de se confesser et font, sur le tard,
indifférents aux ricanements de leurs copains, leur première communion.
Mieux encore, beaucoup
entraînent à leur suite leurs parents. En parallèle, il secourt tous ceux qui
en ont besoin : malades, orphelins, vieillards, pauvres, chômeurs,
immigrés italiens, fondant à leur intention ce qui deviendra la Mission
italienne de Paris.
Après avoir fait sa
connaissance, des gens s’exclament : "Avant de connaître l’abbé
Planchat, j’ignorais ce qu’était un prêtre…" Se rend-il compte qu’il
dérange, non plus le clergé parisien, qui a fini par s’habituer à ses façons,
mais toute une frange d’extrémistes qui tiennent le prolétariat parisien pour
le laboratoire de leurs idéaux révolutionnaires ? Ils tiennent l’abbé
Planchat à l’œil, guettent l’occasion de le perdre.
La capitale se soulève
Avec la guerre de 1870 et
le siège de Paris, un nouvel apostolat s’ouvre à ce missionnaire
insatiable : celui des soldats et des blessés auprès desquels il se
dévoue, là encore, sans compter. L’armée le lui reproche. Qu’importe, il
continue, "hostie immolée". Il faut aussi s’occuper des réfugiés et
d’une population qui, par cet hiver glacial, crève de faim et de froid, mais
qu’il nourrit quand même, on ne sait trop comment.
Mais il n’en peut plus,
et l’avoue. Le 28 janvier 1871, Paris capitule, le 18 mars, les Allemands
retirés, la capitale se soulève et s’érige en Commune insurrectionnelle.
D’emblée, le nouveau pouvoir affiche sa haine du catholicisme et du clergé.
Rigault, le préfet de police, le dit sans fard : "Notre révolution
est faite contre Dieu, la religion, les prêtres. Il ne doit rien rester de tout
cela." Ses amis et lui s’y emploieront.
Lire aussi :Après la Commune, la mémoire et le pardon
Dans la première
quinzaine d’avril, l’archevêque, Mgr Darboy, et 200 prêtres et religieux
parisiens sont arrêtés sous divers prétextes fumeux. Planchat devrait l’être,
lui aussi, mais les communards hésitent, inquiets de sa popularité et des
réactions du quartier. Ils ont promis 5 francs à un père de famille sans
travail pour se charger de la besogne ; l’homme répond :
"Ce n’est pas à moi
qu’il faut vous adresser pour arrosement ce prêtre-là qui fait du bien même à
ceux qu’il ne connaît pas. En apprenant que je ne pouvais plus payer mon loyer,
il est venu chez moi la semaine dernière et m’a laissé 20 francs. S’il est
curé, c’est par dévouement. On dit qu’il est riche et instruit, qu’il aurait pu
faire n’importe quoi d’autre, même député !"
Un effroyable chemin de
croix
On s’adressera ailleurs.
Averti de la menace, le 6 avril, l’abbé Planchat éloigne son jeune assistant,
l’abbé de Broglie et lui ordonne de se mettre en lieu sûr. Deux heures plus
tard, malgré les supplications des femmes du quartier, Henri Planchat est
arrêté et emprisonné. Toutes les interventions de la population de Charonne
pour le faire libérer, celles de sa mère, qui fait le siège du responsable
communard de la Justice, expliquant :
Lire aussi :Prière pour obtenir des grâces par l’intercession du père Henri
Planchat
"Avez-vous rencontré
dans Paris un petit prêtre au chapeau rougi, à la soutane râpée, aux souliers
troués, très pauvre parce qu’il donne tout aux autres, qui ne va chez les
riches que pour demander l’aumône ? Si vous l’avez rencontré, c’est mon
fils !", n’y changeront rien.
Henri Planchat ne
quittera la prison de la Roquette que le 26 mai, pour aller à la mort. Il sera
massacré, au terme d’un effroyable chemin de croix, rue Haxo en fin
d’après-midi avec neuf autres prêtres, un séminariste, trente-six gendarmes et
quatre civils.
Quand, le 29 mai, après
l’entrée des Versaillais dans Paris, l’on exhumera les corps des suppliciés,
Mme Planchat répondra aux condoléances qui lui sont adressées : "La
mort de mon fils, un malheur ? Non ! C’est un honneur qu’il faut
dire ! Je ne pouvais ambitionner pour lui et pour moi plus belle
récompense."
SOURCE : https://fr.aleteia.org/2023/03/21/le-pere-henri-planchat-victime-de-la-commune-apotre-de-la-charite/
Ladislas, Polycarpe,
Frézal et Marcellin, les quatre martyrs picpuciens
Anne Bernet - publié
le 21/04/23
Parmi les otages fusillés
par la Commune le 26 mai 1871, figurent cinq prêtres qui seront béatifiés ce 22
avril 2023. Quatre d’entre eux étaient prêtres de la congrégation des
Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie appelés aussi "picpuciens". Les
pères Ladislas, Polycarpe, Frézal et Marcellin se voulaient éducateurs : ils
seront par leur martyre confesseurs de la foi.
Lorsque le père Coudrin,
en pleine Terreur, jette les bases de ce qui deviendra à quelques années de là,
la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie, son ambition, partagée par
bien d’autres prêtres et fidèles de l’époque, est de rechristianiser la France
et d’expier les crimes de la Révolution. Pourtant, dans les années 1830, Rome
réorientera ceux que l’on appelle familièrement les picpuciens, du nom du
quartier parisien de Picpus où se trouve leur maison mère, vers les missions
lointaines, et d’abord l’Océanie, qui s’ouvre à peine à l’Évangile et où tout
est à faire.
Victimes de naufrages, de
l’insalubrité qui règne à bord des navires au cours de voyages qui durent près
d’un an, des maladies tropicales, du climat, parfois du mauvais vouloir
d’autochtones peu accueillants aux Occidentaux et capables de supprimer ceux
qu’ils perçoivent comme un danger, les religieux picpuciens compteront un
certain nombre de martyrs tombés pour le Christ en terre païenne.
Paradoxalement, ceux que l’Église s’apprête à béatifier n’ont, pour diverses
raisons, jamais eu l’occasion de quitter l’Europe et c’est à quelques kilomètres
à peine de chez eux qu’ils ont trouvé, le 26 mai 1871, en plein Paris,
l’occasion de verser leur sang pour la foi.
L’une des tâches que le
père Coudrin a voulu à l’origine pour ses fils est l’enseignement ; il pense en
effet, avec raison, que, pour faire renaître une France chrétienne, il convient
d’éduquer les nouvelles générations selon les préceptes évangéliques. Les
picpuciens fondent donc un certain nombre de collèges qui seront souvent autant
de pépinières de vocations pour leur ordre.
La très jeune vocation du
père Polycarpe
C’est ainsi que Jules
Tuffier, né à Malzieu en Lozère le 14 mars 1807, est scolarisé dans
l’établissement que l’ordre possède à Mende. L’esprit particulier de la maison
le séduit assez pour le conduire à demander son admission au noviciat de Paris
de très bonne heure puisqu’il n’a que 13 ans. Admis aux vœux dès 1823, Jules
Tuffier, qui prend en religion le nom de Polycarpe, est ordonné prêtre en 1830.
La carrière du jeune prêtre le conduit d’abord comme aumônier à l’hospice des sourds
d’Yvetot en Normandie, puis comme professeur dans les collèges de l’ordre à
Cahors, Mende, où il a fait ses études, puis Laval. Il reste peu de temps dans
cette dernière ville puisque, arrivé en 1862, il est, l’année suivante, muté à
Paris afin d’assumer la charge de procureur de la Maison mère.
Lire aussi :Comment s’associer à la béatification des martyrs de la Commune
?
Le père Marcellin ne
voulait pas être prêtre
Jean-Marie Rouchouze, né
le 14 novembre 1810 à Saint-Julien en Jarez dans la Loire, est, lui aussi,
vivement attiré par le charisme des pères de Picpus, congrégation où son frère
et sa sœur ont déjà demandé à entrer. Il sera l’un des tout derniers à faire
profession religieuse, en 1837, entre les mains du père Coudrin, le fondateur,
très malade. Il prend alors le nom de Marcellin. Malgré d’évidentes capacités
intellectuelles, le jeune homme, qui enseignera dans divers collèges en
Belgique et en France, refuse, par humilité, de recevoir le sacerdoce, s’en
jugeant indigne. Cependant, en 1852, une visite au curé d’Ars l’amène à changer
d’avis car Jean-Marie Vianney l’a poussé à accepter l’ordination, l’assurant
que "Dieu a des vues sur lui". Devenu prêtre, le père Marcellin est
appelé à Paris par son frère aîné qui exerce alors le supériorat et fait de lui
son assistant, l’emmenant dans ses voyages romains. Il devient ainsi l’un des
responsables de la congrégation, indispensable à son bon fonctionnement.
Le père Frézal, un
consolateur né
Comme le père Tuffier,
Jean-Pierre Tardieu est originaire de la Lozère puisqu’il est né à Chasserade
le 18 novembre 1814. Entré au noviciat en 1837, il prononce ses vœux en 1839 et
reçoit comme nom de religion celui, original, de Frézal. Bien qu’il soit doué
pour les tâches administratives et l’enseignement, puisqu’il assure la
direction du noviciat de Vaugirard, puis de celui de Louvain, et enfin d’Issy,
le père Tardieu est surtout connu pour ses dons d’empathie. C’est un
consolateur né qui, en cas de deuil ou de malheurs, sait comme personne trouver
les mots qui apaiseront la douleur, non seulement de ses élèves mais aussi de
nombreuses personnes venues le trouver afin de trouver réconfort auprès de lui.
À ce talent s’ajoute celui d’être un remarquable confesseur. À ceux qui lui
demandent où il puise ces capacités, il répond qu’il les trouve dans la prière,
ajoutant en souriant qu’il "vaut mieux parler à Dieu que parler de
Dieu". Peut-être n’en rêve-t-il pas moins, alors qu’il voit partir vers les
missions lointaines, et peut-être le martyre, tant de garçons qu’il a formés,
tandis qu’il doit rester en France, d’un autre destin, plus glorieux à ses
yeux, lui qui écrit dans des notes personnelles : "Mon Dieu, accordez-moi
de tendre continuellement vers Vous par amour et par reconnaissance, et
d’arriver par Vous à la palme du martyre…" Il sera exaucé.
Lire aussi :Les martyrs de la Commune, une béatification qui oblige
Le père Ladislas,
pédagogue dans l’âme
Le plus jeune du groupe,
né en 1823 en Normandie est Arnaud Radigue. À la mort prématurée de sa mère, il
est confié à un oncle prêtre qui l’inscrit au collège de la Congrégation des
Sacrés Cœurs de Jésus et Marie à Séez. Il passe directement de là au noviciat
en 1843, est ordonné prêtre en 1848. Celui que l’on appelle désormais le père
Ladislas rêve, lui aussi, de missions lointaines, mais, obéissant et doté d’un
heureux caractère, il ne s’insurge pas contre la volonté des supérieurs de lui
confier un poste de formateur au noviciat, puis, en 1863, celui de maître des
novices. Pédagogue dans l’âme, il se révèle aussi un excellent directeur
spirituel et son talent pour apaiser les querelles et les heurts, alors que,
dans les années 1860, Picpus connaît une crise de croissance pénible, attire
assez sur lui l’attention pour qu’il se voie confier en 1870 le rôle de prieur
de la Maison mère.
Lire aussi :Descendants du père Ladislas Radigue, ils assistent en famille
à sa béatification
C’est ainsi, par les
hasards, providentiels, de leurs parcours personnels, que les quatre hommes,
arrivés à des postes clefs de leur congrégation, se trouvent rassemblés à Paris
en cette tragique période 1870-1871. Dès la fin mars 1871, au lendemain du
retrait allemand de la capitale, tandis que le gouvernement se montre incapable
d’assurer l’ordre et préfère se réfugier à Versailles, le père Radigue, inquiet
de la tournure des événements, conscient que se prépare une flambée de haine
anti-religieuse, décide, comme beaucoup d’autres responsables de communautés parisiennes,
d’évacuer vers la province tous les religieux dont la présence à la maison mère
n’est pas indispensable. Sage précaution puisque la maison de Picpus, quartier
populaire, est l’une des premières visées par les Communards. Ceux-ci y
déboulent le 12 avril, s’y livrent à une perquisition en règle, et arrêtent les
quatre supérieurs encore présents sur place. Au père Rouchouze qui leur demande
les raisons de cette arrestation que rien, légalement, ne justifie, on
réplique, et cela résume tout : "Vous dites la messe, vous portez des
scapulaires et nous, nous ne voulons plus de ces superstitions."
Ils tomberont ensemble
Il s’agit bel et bien
d’une volonté politique d’éradiquer le catholicisme. Comme le dira l’archevêque
de Paris, Mgr Darboy, à un prêtre détenu avec lui qui s’inquiète de savoir
s’ils devaient être exécutés, s’ils tomberaient victimes d’une querelle
politique ou tués en haine de la foi : "Ce n’est pas parce que je
suis M. Darboy et vous M. Untel qu’ils veulent nous tuer mais bien parce que je
suis l’archevêque de Paris et vous l’un de mes prêtres", ce qui, selon les
critères de l’Église, fonde le martyre. C’est d’ailleurs à peu près ce
qu’écrit, de sa cellule de La Roquette, qu’il illumine de son inentamable bonne
humeur le père Radigue : "Je me trouve très honoré de souffrir pour
la religion de Jésus-Christ. Je ne me regarde pas du tout comme un prisonnier
politique. Je suis donc saintement fier de me trouver à la suite de tant de
glorieux confesseurs qui ont su rendre témoignage à Jésus-Christ." De son
côté, le vieux père Tuffier répète à des confrères saisis d’angoisse
: "Nous sommes les ministres d’un Dieu mort sur la croix."
Et c’est à sa suite que,
le 26 mai, le vieux religieux consommera, avec ses trois frères, rue Haxo, son
sacrifice. Son chemin de croix aura été l’un des plus douloureux de cette
sinistre journée puisque les persécuteurs, agacés de voir ce vieillard retarder
la marche de la colonne d’otages, s’acharneront à le frapper et qu’il lui faudra,
pour arriver au lieu du supplice, le bras secourable du petit abbé Seigneret,
séminariste de 25 ans ajouté par pure cruauté, car il n’avait encore reçu que
les ordres mineurs, à la liste des condamnés. Ils tomberont ensemble, massacrés
à la baïonnette et au pistolet, sous les coups de la "capitaine
Pigère", passionaria communarde qui, convertie contre toute
attente par le souvenir de ses victimes, mourra, en 1893, religieuse, en quasi
odeur de sainteté… Le sang des martyrs est semence de chrétiens.
Le vendredi 26 mai, la
récréation ne se prit pas dans le préau, à cause du mauvais temps, mais dans le
corridor des cellules. Elle se prolongea plus longtemps que de coutume, ce qui
parut d'un mauvais augure.
« Le Père [Radigue],
prieur de Picpus, se retira alors dans sa cellule pour y prendre un repos dont
il avait grand besoin. Je l'y suivis, raconte le Père Tauvel, pour lui tenir
compagnie, et j'eus avec lui un entretien suprême dont le souvenir ne
s'effacera jamais de ma mémoire.
« Ce fut alors qu'il me
[dit avoir enduré par anticipation toutes les souffrances de l'agonie
après avoir entendu le bruit de la fusillade de l'archevêque]. Il m'exprima
aussi combien il avait été sensible aux marques d'affection que sa soeur lui
avait données durant notre détention à Mazas.
« Elle a fait,
ajouta-t-il, bien des démarches pour me délivrer. J'ai laissé agir son bon
coeur ; mais j'ai toujours pensé qu'elle ne réussirait pas. Maintenant plus que
jamais j'en suis persuadé ; car je ne conserve aucun espoir. Mon sacrifice est
fait. C'est un mauvais quart d'heure à passer ; mais j'ai la confiance que,
devant le bon Dieu, cela doit mettre bien des comptes à net. Les martyrs
n'étaient-ils pas des pommes comme nous? Étaient-ils tous de grands saints
avant leur supplice? Plusieurs ne doivent-ils pas la gloire dont ils jouissent
à la mort violente qu'ils ont eu le bonheur de rencontrer? Du reste, j'ai
compris clairement pendant mon agonie que la grâce de Dieu peut seule nous
donner la force de souffrir la mort pour son nom. Quel avantage, ajoutait-il,
d'appartenir à une congrégation ! Et quelle consolation de penser que nous ne
sommes pas seuls dans le combat et qu'on ne nous abandonnera pas après notre
mort! »
Il était environ 4
heures, et le geôlier n'était pas encore venu fermer les portes des cellules.
Le brigadier Ramain s'avance d'un air dégagé, tenant une liste à la main, et va
se placer au milieu du corridor, dans ua espace occupant la largeur de deux
cellules et laissé libre pour donner du jour à l'intérieur. Tous les
prisonniers de la quatrième section sont groupés en face de lui :
Messieurs, dit-il, faites
attention ; répondez à l'appel de vos noms. Il en faut quinze. »
Cette parole fit courir
un frisson, dit M. Perny.
L'appel commença par les
Pères Tuffier, Radigue, Tardieu et Rouchouze, de la congrégation de Picpus ;
les Pères Olivaint, Caubert, de Bengy, M. Seigneret, M. Sabattier, vicaire de
Notre-Dame de Lorette, M. Planchat, et cinq laïques.
A l'appel de leurs noms,
tous se hâtaient de répondre. « Présent, présent, » cria le Père Tuffier ; «
Présent, » dit le Père Olivaint. Le Père Caubert, au lieu de répondre, rentra
dans sa cellule un instant, — peut-être pour consommer le reste de
l'eucharistie, — et reparut aussitôt. Ramain avait eu le temps de dire :
« Mais, messieurs, je
vous en prie, ne soyez donc pas effrayés.
— Et quand nous le
serions, lui répondit un jeune prêtre, certes avec vous nous sommes bien payés
pour cela. »
Le Père de Bengy rectifia
son nom mal écrit, mal prononcé:
« Si vous voulez dire de
Bengy, c'est moi, me voici, »
Le jeune Seigneret
embrassa le sergent-major Evrard : « A bientôt ! » serra la main de son
condisciple M. Gard et vint se ranger avec les victimes. Quelques-uns, pris au
dépourvu, étaient en pantoufles, sans chapeau; ils demandèrent de passer dans
leurs cellules.
« Non, non, leur dit-on;
pour ce qui vous reste à faire, vous êtes bien comme cela. Suivez-moi,
descendons au greffe et partons ! »
On les mit sur deux rangs
et ils défilèrent entre leurs compagnons. Paul Seigneret, en passant près de la
cellule entr'ouverte de M. Petit, secrétaire de l'archevêché, le salua d'un
geste et d'un sourire.
Au greffe, on adjoignit
aux quinze victimes trente-cinq gendarmes ou soldats, et tout le monde se mit
en marche. Au moment de franchir le seuil de la prison, le Père Olivaint donna
son bréviaire au concierge.
« Tenez, mon ami, dit-
il, voici mon livre. »
A l'instant, un forcené
galonné s'en empare et le jette au feu, d'où le concierge le retira quelques
instants plus tard.
Alors commença la voie
douloureuse depuis la Roquette jusqu'à l'extrémité de Belleville, trois
kilomètres environ, et un trajet de trois quarts d'heure, presque toujours en
montant. Voici l'itinéraire qui fut suivi : la rue de la Roquette jusqu'au
Père-Lachaise, le boulevard à gauche, la chaussée de Ménilmontant, la rue de
Puebla, la rue des Rigolles jusqu'à la mairie du XX° arrondissement, la rue de
Belleville jusqu'à la rue Haxo, qu'on tourne à droite, et au n° 83 on trouve la
cité Vincennes, séparée de la rue Haxo par une grille. Après avoir traversé un
espace bordé de maisonnettes et de petits jardins potagers, on arrive dans une
grande cour en face d'un bâtiment occupé par les Communards. Au delà, sur la
gauche, un verger ou plutôt un terrain vague, inégal, avec au centre un
soupirail carré donnant sur une future fosse d'aisance.
Le cortège sort de la
Roquette un peu après 4 heures. Une foule compacte stationne sur la place et
accueille les prisonniers de ses vociférations. Ils étaient rangés deux à deux,
les gendarmes d'abord, les prêtres ensuite, dont quatre ou cinq seulement portaient
la soutane. Un homme à cheval ouvrait la marche, annonçant que c'était un
convoi de Versaillais faits prisonniers le matin à la Bastille. L'escorte se
composait de cent cinquante hommes armés, gardes nationaux du 173e bataillon,
renforcés des Enfants perdus de Bergeret et d'autres bandits volontaires. Au
début, c'était le silence; les boutiques et les fenêtres se fermaient. En
arrivant en face de la grande fabrique d'eau de Seltz, sur la chaussée de
Ménilmontant, l'homme à cheval fait appeler les ouvriers : la foule s'échauffe,
hurle; les femmes et les enfants font entendre des cris plus stridents, des
injures plus ignobles.
Après avoir suivi la rue
de Puebla, on entre, par la rue des Rigolles, dans la cour de la mairie du XX°
arrondissement. Le cortège fait halte une demi-heure. Peut-être délibère-t-on
sur le lieu de l'exécution; mais la foule s'impatiente, menace, et enfin voit
s'ouvrir la porte principale de la mairie sur la rue de Belleville. Au moment
du défilé, un membre du comité des cinq, adossé en face à la grille de
l'église, criait à tue-tête :
« Allez,
fusillez-moi ces hommes-là ! »
A partir de ce moment,
une cantinière, le revolver à la main, prend la tête du cortège ; on y
introduit une musique militaire. Clairons et tambours font de leur mieux et
jouent une marche de chasseurs. Un peloton de gardes nationaux, les otages
entre deux rangs de baïonnettes et un peloton fermant la marche. On remarquait
un prêtre exténué qui n'avançait qu'en se soutenant sur l'épaule de son
compagnon. Un jeune Parisien de quatorze ans regarda et dit :
« Je voudrais bien me payer ce vieux - là ! »
La foule braillait :
« A la cour martiale ! Mort aux curés ! Mort
aux gendarmes ! »
Devant les maisons n°
169, 171, 173, la furie redoubla. Un peu plus loin, à hauteur du n° 229,
quelqu'un dit à un garde national :
«Où mène-t-on ces
gens-là?
— On les conduit au ciel,
» dit-il.
Et il sort des rangs,
laisse couler la foule, se jette dans une maison, s'y déguise et disparaît. Des
gens, soucieux du bon renom du quartier, murmuraient :
« Ça ne porte pas de
chance à Belleville, c'est une mauvaise note pour les gardes nationaux de par
ici. »
A l'entrée de la rue Haxo
on fit hâter le pas. Un jeune homme dansait, jonglait avec son fusil devant le
cortège. Il y avait un instant d'hésitation. Un autre jeune garçon s'élança et
commanda la marche. Des fédérés, massés au n° 88 de la rue Haxo, applaudissent.
On approche une charrette attelée, un homme y monte tenant un drap rouge :
« Citoyens, crie-t-il,
votre dévouement méritait bien une récompense. Voici des otages que nous vous
amenons pour vous payer de vos longs sacrifices. A mort! à mort !
— Bravo ! hurle la foule.
Vive la Commune. A mort ! »
Un misérable brigadier
d'artillerie alla se poster à la porte de la Cité-Vincennes, et, à mesure qu'un
prisonnier passe à sa portée, il lui assène un coup de poing. Un Père de
Picpus, sous ce choc, trébuche, tombe. On le relève à coups de crosse.
Arrivés au fond de
l'allée qui fait face à la grille, les otages tournent à gauche, longent le
bâtiment et entrent dans la cour envahie par la canaille. On entasse les
prêtres contre le grand mur du fond, les gendarmes ensuite. Dix minutes
s'écoulent ; les assassins hésitent. Deux capitaines d'insurgés essayent de
gagner du temps ; mais, menacés de mort, ils détalent. Alors un autre officier
monte sur un petit mur d'appui et brandit son sabre. La cantinière braille :
« Pas de pitié pour les
Versaillais ! ce sont des assassins. Pas de calotins, pas de gendarmes. »
Et elle tire. C'est le
signal. On décharge les armes, on les recharge, on essaie une sorte de feu de
peloton; les martyrs s'agenouillent, s'affaissent, des femmes à califourchon
sur le mur invectivent bourreaux et victimes. Le tumulte dura un quart d'heure.
A 7 heures tout était fini : on détroussait les cadavres.
LES MARTYRS. TOME XV. La Commune et la Grande Guerre (1871-1914). Recueil
de pièces authentiques depuis les origines du christianisme jusqu'au XXe
siècle. R. P. Dom H. LECLERCQ. PARIS 1924. Nihil Obstat. FR. FERDINANDUS
CABROL, Abbas Farnburgensis. Die 12 Martii 1924. Imprimatur. Turonibus, die 19
Martii 1924. + ALBERTUS, ARCHIEPISC. TURONEN.
Église
Notre-Dame-des-Otages, à Paris 20è, France
Notre-Dame-des-Otages'
church, in Paris XX, France
Chiesa di Notre-Dame-des-Otages, costruita per onorare le vittime sul luogo degli omicidi
Nef de l'église Notre-Dame-des-Otages à Paris
Henri Planchat et les
martyrs de la rue Haxo
05 mai 2026
Emmanuel Tarbé
Le 22 avril 2023, le père
Henri Planchat, prêtre de la Congrégation des Frères de Saint-Vincent de Paul
et quatre religieux de Picpus, de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et
de Marie (Ladislas Radigue, Polycarpe Truffier, Jean-Marie Rouchouze et Frézal
Tardieu) ont été béatifiés par le Pape François. Fusillés par des communards le
26 mai 1871 rue Haxo, dans le XXe arrondissement de Paris, ils sont morts
martyrs «en haine de leur foi».
Un prêtre au service des pauvres
Né dans une famille
pieuse, Henri Planchat fait, selon le souhait de son père, des études de droit
à Paris. Mais à peine son diplôme d’avocat obtenu, il entre au séminaire
d’Issy-les-Moulineaux. Ordonné prêtre le 21 décembre 1850, il rejoint trois
jours plus tard la jeune congrégation des Frères de Saint-Vincent-de-Paul,
fondée par Jean-Léon Le Prevost, dont il devient le premier prêtre.
Son apostolat le conduit
dans les faubourgs populaires de Grenelle et de Vaugirard, puis dans le
quartier de Charonne où il prend la direction du patronage Sainte-Anne. Là, il
accueille près de 500 garçons et apprentis, visite les malades, régularise des
centaines de mariages, prépare adultes et enfants aux sacrements. On le
surnomme le «chasseur d’âmes».
L’arrestation du Jeudi
Saint
Lorsque la Commune de
Paris éclate, le 18 mars 1871, le père Planchat refuse de fuir, malgré les
pressantes mises en garde de ses proches. Durant la Semaine sainte, il doit
préparer des enfants à leur première communion et ce souci pastoral lui sera
fatal. Le Jeudi Saint, 6 avril 1871, un groupe de fédérés investit le patronage
Sainte-Anne et il est arrêté.
Transféré à la Préfecture
de Police, puis à la prison Mazas le 13 avril avec une vingtaine d’autres
ecclésiastiques, parmi lesquels les quatre pères de Picpus, il y demeurera 39
jours. Aucun d’eux ne pourra célébrer la -Messe, mais tous se confessent les
uns aux autres et communient grâce à des hosties soigneusement dissimulées.
Le massacre du 26 mai
Le vendredi 26 mai 1871,
les troupes versaillaises sont en train de reprendre la capitale quartier par
quartier. Et dans ce chaos, le colonel fédéré Émile Gois se présente à la
prison de la Grande Roquette pour réclamer «des curés» et «des gendarmes» à
exécuter. Cinquante prisonniers sont désignés: trente-six gendarmes, quatre civils
et dix hommes d’Église.
La colonne traverse
Belleville sous les insultes d’une foule excitée et après trois kilomètres de
marche, les otages arrivent vers dix-huit heures au 85 rue Haxo. Au pied d’un
muret bordant un terrain vague, un coup de feu donne le signal. La fusillade,
désordonnée, dure près d’une demi-heure. Le père Planchat, qui avait demandé
d’échanger sa vie contre celle des gendarmes car beaucoup étaient pères de
famille, tente de se relever en s’agrippant aux jambes d’un communard et murmure
«Laissez-moi prier». Il reçoit une balle dans la tête et meurt martyr à 48 ans.
À deux pas du lieu du
massacre, l’église Notre-Dame-des-Otages, inaugurée en 1938, perpétue leur
mémoire. Une inscription sur l’autel tirée de Tertullien: Sanguis
martyrum, semen christianorum, «le sang des martyrs est semence de chrétiens»,
rappelle la fécondité de leur martyre.
Cinq martyrs de la
Commune seront prochainement béatifiés
Ce jeudi 25 novembre, le
Pape François a reçu le cardinal Semeraro, préfet de la Congrégation pour les
Causes des Saints. Il a autorisé son dicastère à promulguer plusieurs décrets,
parmi lesquels celui reconnaissant le martyre de cinq prêtres français
assassinés en 1871 par les communards.
Cyprien Viet – Cité du
Vatican
Le décret rendu public
aujourd’hui reconnaît le martyre des Serviteurs de Dieu Henri
Planchat, prêtre profès de l'Institut des Religieux de Saint Vincent de Paul,
et Ladislas Radigue et 3 Compagnons, prêtres profès de la Congrégation des
Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, et de l'Adoration perpétuelle du Saint
Sacrement (communément appelés les pères de Picpus), tués en haine de la foi le
26 mai 1871 à Paris.
Henri Planchat, né à
Bourbon-Vendée le 8 novembre 1823, a fait ses études de théologie à Paris, où
il rencontre le Serviteur de Dieu Jean-Léon Le Prevost, fondateur des Frères de
St Vincent de Paul. Il devient prêtre le 21 décembre 1850. Trois jours plus
tard, il entre dans la nouvelle congrégation vincentienne et est envoyé en
Italie pour y terminer ses études. De retour en France, après avoir exercé son
ministère pastoral dans diverses villes françaises, il est transféré à Paris en
1863 où il poursuit son assistance spirituelle populaire, se consacrant au soin
des malades, des soldats employés sur le champ de bataille, des familles et à
la catéchèse des enfants. Arrêté le 6 avril 1871 au patronage de Sainte Anne,
il est fusillé le 26 mai de la même année.
Ladislas Radigue, né le 8
mai 1823 à Saint Patrice-du Désert (France), il est entré dans la Congrégation
des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie et de l'Adoration Perpétuelle du Saint
Sacrement en 1843, et a été ordonné prêtre le 22 avril 1848. Il fut d'abord
Maître des Novices, de 1863 à 1869, année où il remplaça le défunt Supérieur
Général de la Congrégation, puis devint Supérieur de la Maison Mère dans le
district de Picpus. Il est arrêté le 12 avril 1871, puis transféré à la prison
de Mazas, puis à celle de la Roquette, et enfin fusillé le 26 mai, avec ses
confrères et d'autres ecclésiastiques.
Les autres pères de
Picpus dont le martyre, le même jour, est officiellement reconnu, sont:
Polycarpe Tuffier, né le
14 mars 1807 à Malzieu (France), a fait sa profession religieuse en 1823 dans
la Congrégation des Sacrés-Cœurs. Ordonné prêtre en 1830, après une courte
période où il s'occupe d'activités paroissiales, il est transféré à Paris où il
travaille comme aumônier pendant quelque temps. De 1847 à 1858, il est
également Supérieur du collège, avant de devenir Procureur du siège principal
de la Congrégation en 1862.
Marcellin Rouchouze, né
le 14 décembre 1810 à Saint-Julien-en-Jarez (France), il entre dans la
Congrégation des Sacrés-Cœurs a fait sa profession religieuse en 1837. Professeur
de latin, de mathématiques et de philosophie, il est envoyé en Belgique pour
travailler dans les collèges de la Congrégation et est ordonné prêtre en 1852.
Frézal Tardieu, né le 18
novembre 1814 à Chasseradès a fait sa profession religieuse dans la
Congrégation des Sacrés-Cœurs en 1839. Ordonné prêtre en 1840, il a été maître
des novices à Vaugirard, à Louvain (Belgique) et Issy. En 1860, nommé
Conseiller général de la Congrégation, il s'était installé à Paris où il
enseignait la théologie dogmatique.
Victimes du chaos
politique
Leur martyre s’inscrit
dans un contexte historique très complexe. Après la défaite de la France dans
la guerre franco-prussienne, le 4 septembre 1870, un groupe de députés
républicains déclare la fin de l'empire de Napoléon III et proclame le retour
de la République. En opposition au nouveau gouvernement républicain de
Versailles, du 18 mars au 28 mai 1871, la "Commune de Paris"
nouvellement formée met en place une administration dissidente, inspirée par
des idéaux socialistes libertaires.
L'armée régulière
française assiège Paris pour mettre fin à la Commune et entre dans la ville le
21 mai 1871. La bataille dans les rues de la ville est violente et sanglante et
dure une semaine, avec des milliers de morts, des incendies et des
destructions. Les communards s’attaquent aux soldats, aux membres du clergé et
à des citoyens considérés comme opposés à la Commune.
Un régime hostile à
l’Église
La Commune avait des
implications antireligieuses évidentes: pour surmonter l'ancien régime et
promouvoir de nouvelles formes d’organisation de la société, certains
Communards considéraient la religion chrétienne et ses représentants comme un
obstacle à éliminer. Ces serviteurs de Dieu ont été arrêtés simplement parce
qu'ils étaient prêtres. Le critère de «haine de la foi», nécessaire pour la
reconnaissance formelle du martyre, est également confirmé par la férocité
perpétrée contre les religieux par la foule en colère et le pillage des lieux
et du mobilier servant au culte. Dans la Maison Mère de la Congrégation des
Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, les espèces eucharistiques et les objets
sacrés ont été profanés.
Les Serviteurs de Dieu
étaient conscients des risques qu'ils couraient. Ils auraient pu quitter Paris,
mais ont préféré rester et exercer leur service ministériel. Par exemple, le
futur bienheureux Henri Planchat, averti de la possibilité d'une arrestation,
est resté à son poste pour confesser les fidèles en vue de Pâques. Pendant leur
emprisonnement, les serviteurs de Dieu ont prié et confessé les autres
prisonniers.
La renommée de leur
martyre et des signes s'est répandue immédiatement après leur assassinat et
s'est poursuivie au fil des ans jusqu'à nos jours. Ces décrets ouvrent donc la
voie à leur béatification, qui sera probablement organisée à Paris dans les
prochains mois.
Le bienheureux Titus
Brandsma bientôt saint
Le décret reconnaît
aussi:
- le miracle
attribué à l'intercession du bienheureux Titus Brandsma, prêtre profès de
l'Ordre des Carmes, né le 23 février 1881 à Bolsward (Pays-Bas) et tué en haine
de la foi le 26 juillet 1942 à Dachau (Allemagne) ;
- le miracle attribué à
l'intercession de la bienheureuse Marie de Jésus (née Carolina
Santocanale), fondatrice de la Congrégation des Sœurs Capucines de l'Immaculée
de Lourdes ; née le 2 octobre 1852 à Palerme (Italie) et morte le 27 janvier
1923 à Cinisi (Italie) ;
- les vertus héroïques du
serviteur de Dieu Antonio Bello, évêque de Molfetta-Ruvo
Giovinazzo-Terlizzi, né le 18 mars 1935 à Alessano (Italie) et mort le 20 avril
1993 à Molfetta (Italie) ;
- les vertus héroïques du
serviteur de Dieu Jean de Jésus-Marie (né Jean de San Pedro y
Ustarroz), prêtre profès de l'Ordre des Carmes Déchaussés ; né le 27 janvier
1564 à Calahorra (Espagne) et mort le 28 mai 1615 à Monte Compatri (Italie) ;
- les vertus héroïques du
serviteur de Dieu Giorgio Guzzetta, prêtre de la Confédération de
l'Oratoire de Saint Philippe Neri ; né le 23 avril 1682 à Piana dei Greci
(Italie) et mort le 21 novembre 1756 à Partinico (Italie) ;
- les vertus héroïques de
la servante de Dieu Natalina Bonardi, Fondatrice de la Congrégation des
Sœurs de Sainte Marie de Lorette ; née le 4 décembre 1864 à Cuneo (Italie) et
morte le 25 juillet 1945 à Vercelli (Italie) ;
- les vertus héroïques de
la servante de Dieu Maria Dositea Bottani, Supérieure générale de la
Congrégation des Sœurs Ursulines de la Vierge Immaculée de Gandino, née le 31
mai 1896 à Pianca (Italie) et morte le 2 septembre 1970 à Bergame (Italie) ;
- les vertus héroïques de
la servante de Dieu Odette Vidal Cardoso, fidèle laïque, née le 18 février
1931 à Rio de Janeiro (Brésil) et morte dans cette ville le 25 novembre 1939.
SOURCE : https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2021-11/decrets-reconnaissance-martyrs-commune.html
Les martyrs de la rue
Haxo
Paris Notre-Dame – 15
avril 2021
Le 26 mai 1871, alors que
la Commune de Paris vit ses dernières heures, cinquante otages sont fusillés,
rue Haxo. Parmi eux : trente-six gendarmes, quatre civils et dix
ecclésiastiques. Cinq de ces derniers sont sur le point d’être béatifiés. La
paroisse érigée sur ces lieux, N.-D.-des-Otages, s’apprête à commémorer les 150
ans de cet événement.
Par Isabelle Demangeat @LaZaab
L’événement est peu
connu. De fait, sur les lieux, au 85, rue Haxo, dans le vingtième
arrondissement de Paris, il n’en reste plus beaucoup de traces. Les vestiges
d’un mur en pierre qu’il faut réussir à dénicher. Et une plaque commémorative.
Sur celle-ci une date est gravée : le 26 mai 1871.
À l’époque, le régime de
la Commune de Paris vit ses toutes dernières heures. Quelques semaines plus
tôt, il s’est formé dans la capitale. Adolphe Thiers et le gouvernement en
place se sont retranchés à Versailles (Yvelines). Le peuple communard conteste
la décision de capitulation de la France face aux Prussiens qui ont déjà
investi la capitale. Une fois élus, les mouvements communalistes veulent ériger
une société plus égalitaire, défendant le droit des plus pauvres. En quelques
semaines, plusieurs décrets ou lois en ce sens sont adoptés. Comme l’égalité
salariale entre hommes et femmes, la réduction du temps de travail des
ouvriers… et aussi la séparation des Églises et de l’État. « La Commune ne
veut pas que les prêtres, religieux et religieuses jouent un rôle social,
explique le P. Jacques Benoist, historien en mission d’études à
N.-D.-des-Otages (20e). Considérant leur action comme paternaliste et donc
attentatoire à la dignité des pauvres. » L’idéal doit être uniquement
politique, en aucun cas religieux. Les penseurs de ce régime, Théophile Ferré,
Jules Vallès ou encore Louise Michel, promeuvent un humanisme de réformes
sociales, politiques et morales. Un « humanisme athée » selon les
mots du P. Henri de Lubac, théologien. L’Église par ailleurs est considérée
comme bourgeoise. En ce sens, elle est soupçonnée de conspirer avec le régime
de Versailles.
Le 5 avril, la Commune
adopte un décret dit « des Otages ». Celui-ci institue que
« tous accusés, retenus par le verdict du jury d’accusation, seront les
otages du peuple de Paris ». « À partir de ce moment, dans le courant
du mois d’avril, près de trois cents suspects sont arrêtés, raconte le P.
Jacques Benoist. Des hommes, des femmes, des gendarmes, des religieux et des
prêtres ». Tous considérés comme des ennemis de la Commune, ils sont
envoyés à la prison Mazas située près de la gare de Lyon (12e). Parmi
eux : Mgr Georges Darboy, archevêque de Paris, arrêté le 4 avril. Mais
aussi, le 6, jour du Jeudi saint, le P. Henri Planchat, religieux de St-Vincent
de Paul. Alors qu’il vit dans le quinzième arrondissement, il se rend tous les
jours dans le quartier, totalement déchristianisé, de Charonne (20e) pour
animer un patronage. « Il ne jouait aucun rôle politique, souligne le P.
Yvon Sabourin, religieux de St-Vincent de Paul, postulateur de sa cause en béatification.
Mais il était très, trop, populaire dans le quartier de Charonne. »
Un massacre
Les jours passent.
L’armée de Thiers prend, le 1er mai, le fort d’Issy-les-Moulineaux
(Hauts-de-Seine). Le 21 mai, elle entre dans Paris. C’est l’affolement. Le mercredi
24 mai, le « préfet de police », Raoul Rigault, obtient de faire
fusiller l’archevêque de Paris ainsi que des Jésuites. Pour l’exemple ?
« Blanquiste invétéré, Rigault était connu pour sa ligne justicière,
raconte le P. Sabourin. Selon son secrétaire, Gaston Da Costa, il était animé
par un seul désir : la vengeance. » Début mai, c’est lui qui avait
obtenu de transférer certains otages à la prison des condamnés : la prison
de la Grande Roquette. Le vendredi 26 mai, un certain colonel Émile Gois s’y
rend et exige de « prendre » cinquante otages. Parmi eux :
trente-six gendarmes, quatre civils et dix ecclésiastiques dont un séminariste,
un prêtre séculier, quatre Picpuciens, trois Jésuites, et le P. Planchat.
Encadrés de gardes nationaux, ils sillonnent les rues de l’est parisien, sous
les huées et les quolibets de la foule. On les emmène à la Villa Vincennes,
située rue Haxo, lieu de retranchement des chefs de la Commune. Là, le P.
Planchat supplie qu’on épargne les gendarmes et civils, pères de famille, et
qu’on prenne uniquement la vie des ecclésiastiques. Pour seule réponse, il
reçoit un coup de crosse de fusil sur la tête. « Une femme, venue assister
à la fusillade, se rue sur le P. Polycarpe Tuffier en essayant de lui arracher
la langue », raconte le P. Sabourin soulignant ainsi le caractère
anticlérical de l’entreprise : « C’était à cause de la foi qu’ils
annonçaient que ces hommes ont été tués. » Tous les otages sont fusillés,
de plusieurs balles. Les corps sont jetés dans une fosse de la salle de bal de
la villa. « Ce n’était pas une simple fusillade, remarque le P. Sabourin.
Mais un vrai massacre. » Trois jours plus tard, le lundi de la Pentecôte,
les corps sont repris par les différentes congrégations. Celui du P. Planchat
est inhumé au sanctuaire de la paroisse N.-D.-de-la-Salette (15e). La suite est
aussi dramatique. Des milliers de fédérés furent massacrés par les Versaillais
dans Paris fumant et ensanglanté. « Ces ecclésiastiques ne sont pas, à
proprement parler, les “martyrs de la Commune de Paris” », souligne le P.
Sabourin. Certains membres du Conseil et de nombreux citoyens se sont opposés à
leur exécution. « Mais ils sont quand même du sang sur les mains de la
Commune. »
Le regard du curé, le P.
Stéphane Mayor
« Nous ouvrirons à
la rentrée prochaine un patronage au nom du P. Planchat, nous avons proposé
cette année, pour le Carême, un parcours autour de figures de martyrs, nous
organisons un événement commémoratif fin mai… Nous verrons bien où le Seigneur
veut nous mener à la suite de tout cela. Ces martyrs nous rappellent que la
radicalité de l’amour pour Jésus est possible. L’idée n’est pas de réattiser
une haine mais de montrer aux fidèles que nous pouvons aimer jusqu’au bout,
pour la foi, pour l’amour des autres et pour le Salut. La fécondité de tels
actes est mystérieuse. Mais quand on met de l’amour dans le monde, il n’est
jamais perdu. Je me suis converti ici, dans ce quartier, à l’âge de 21 ans.
Était-ce grâce à ces martyrs ? Je ne sais pas. L’Église repose sur le
Christ, une personne qui a donné son sang. Plus que de grands discours, plus
que des techniques pastorales, c’est le don de soi, par amour, qui donne du
fruit. Ces martyrs nous le rappellent aujourd’hui, dans ce quartier encore très
déchristianisé et alors que, à la suite des différents confinements, nous
pouvons observer un relâchement de la pratique religieuse. »
SOURCE : https://dioceseparis.fr/les-martyrs-de-la-rue-haxo-55826.html
Le massacre de la rue
Haxo
Les derniers instants du
père Henri Planchat et de ses compagnons massacrés lors de la Commune de Paris,
à la Cité de Vincennes rue Haxo, le 26 mai 1871.
Dès l’arrivée des
prisonniers en face de la grille de la Cité de Vincennes, Gois les fit ranger
le long de la chaussée. Il discuta quelques instants avec les officiers de
l’escorte, puis envoya deux émissaires au secteur, afin sans doute d’y chercher
des instructions précises.
C’est alors, semble-t-il,
que Parent, prenant conscience de sa responsabilité dit à Varlin et à Pyat,
membres de la Commune, qui l’entouraient :
« Si vous avez de l’influence, c’est le moment de l’exercer. Empêchez ces
assassinats, si vous le pouvez. »
— Ce serait plutôt à toi d’intervenir, répondit Varlin.
Les émissaires revinrent
rue Haxo, mais sans ordre. A ce moment, un homme, monté sur une charrette,
haranguait la foule, un drapeau rouge à la main :
« Citoyens, disait-il, le dévouement de la population mérite une récompense.
Voici des otages que nous vous amenons pour vous payer de vos longs sacrifices.
A mort ! A mort ! »
Ses derniers mots furent
couverts par des applaudissements, et les cris redoublèrent de violence :
« Vive la Commune ! A mort ! A mort ! »
Cependant, à l’une des
fenêtres d’une maisonnette, sise en face de l’entrée du secteur, au n° 88,
un groupe de membres de la Commune venaient d’apparaître. Le général Eudes
était parmi eux, coiffé du chapeau mou de ses Enfants perdus et ceint
de son écharpe rouge.
A sa vue, un officier –
Gois peut-être – s’avança vers la maison, en essayant de faire taire la
populace.
« Ce sont là, lui dit-il, les otages que nous sommes allés prendre à la
Roquette... Où faut-il les conduire ?
— C’est toi qui les a amenés ici, répondit sèchement Eudes ; je n’ai
aucun ordre te donner.
— Citoyens, dit alors l’officier furieux, nous avions cru trouver ici une
Cour martiale ; il n’y en a pas. Que faut-il faire des otages ?
La réponse jaillit
aussitôt de toutes les poitrines : « A mort ! A mort ! [1] »
Sur une poussée brutale,
la grille de l’allée du secteur s’ouvrit aussitôt, et Gois entra, suivi des
prisonniers. Un brigadier d’artillerie, d’une taille et d’une force
extraordinaires, se tenait à l’entrée, et assénait à chaque condamné un
vigoureux coup de poing. Le P. Tuffier, dont la couronne de cheveux blancs et
la haute stature avaient attiré l’attention de la foule tout au long du
parcours, trébucha sur la marche du seuil. Le coup de poing achevant de lui
faire perdre l’équilibre, il tomba la face contre terre, mais un fédéré, d’un
coup de crosse dans les reins, l’obligea à se relever. Il en fut de même pour
l’abbé Seigneret, qui lui donnait le bras. Ayant reçu un coup de crosse de
pistolet sur la tête, au dire du concierge, il faillit s’écrouler sur la porte
de sa loge, mais quelques misérables le saisirent et le traînèrent jusqu’au
fond de l’allée, où il eut beaucoup de peine à se relever [2].
Mêlée aux gardes débordés,
la foule s’était engouffrée dans l’allée. Hommes, femmes et enfants frappaient
à loisir leurs victimes, les bousculant et les entraînant jusqu’au pavillon de
l’horloge, puis à la murette du terrain vague. En même temps, des rues, des
maisons et des jardins avoisinants, montait une clameur immense, qui couvrait
par instants les grondements sourds de la canonnade et les airs de valse, joués
par les musiques allemandes sur les glacis des remparts tout proches [3].
Se sentant perdus, des
gendarmes fouillèrent dans leurs sacs, confectionnèrent à la hâte de petits
paquets, contenant de l’argent, d’humbles souvenirs ou un billet d’adieu, et
prièrent leurs bourreaux de les transmettre à leurs familles. Leur demande fut
accueillie par des sarcasmes, et leur envoi déchiré ou saisi [4].
Cinq ou six minutes
s’étaient écoulées depuis l’entrée des otages au secteur. Sur le balcon du
pavillon de l’horloge, Parent, Varlin et Pyat discutaient, agitant
« écharpes et ceintures pour obtenir le silence, sans pouvoir y
parvenir ». « Nous avons essayé, par tous les moyens possibles, de
persuader à la foule de suspendre l’exécution, le temps de réunir une cour
martiale ou un conseil de guerre, le temps enfin de soustraire les victimes à
sa rage », dira Pyat devant le tribunal militaire de Versailles [5].
Par contre, le capitaine Dalivous, qui présida au massacre avec le colonel
Benot – l’incendiaire des Tuileries – affirmera que Parent, ayant reçu d’un
officier garibaldien la sentence de mort rédigée par Ranvier, la lut à la foule
et lui demanda s’il fallait épargner les prisonniers ou les mettre à mort. « Alors,
poursuivait Dalivous, comme des cris se firent entendre : “A mort ! A
mort !”, une troupe de cent cinquante hommes se ruèrent sur le détachement
où je me trouvais, le long de la maison blanche, et m’arrachèrent les otages
des mains, d’abord dix qu’on commença à massacrer, et un à un
ensuite [6]. »
Quoi qu’il en soit de ces
divergences, il y eut sans nul doute un moment d’hésitation très prononcée. Le
noble comportement des victimes en imposait à leurs bourreaux. « Il semble
que la dignité de leur attitude douce et sérieuse, lisons-nous dans l’acte
d’accusation des meurtriers, que l’aspect touchant de leurs regards, sans haine
et sans peur, aient un instant fait hésiter les assassins qui les approchaient,
car on resta là plusieurs minutes sans oser les toucher, malgré les excitations
et les cris de mort qui partaient des rangs plus éloignés de la foule [7]. »
Soudain, une jeune fille
de dix-neuf ans – la cantinière au filet blanc, qui portait au képi le chiffre
du 174e bataillon de fédérés – s’avança un revolver à la main, et apostropha
les membres de la Commune :
« Ils n’en finiront pas, ces fainéants-là !... Tas de lâches, vous
n’allez donc pas commencer ! »
Trois gendarmes furent alors
poussés, à coups de crosse, jusqu’à la murette. Comme le P. Planchat,
s’oubliant lui-même, suppliait les bourreaux d’épargner les pères de famille,
les gendarmes et les otages civils, et s’offrait pour eux en holocauste avec
les prêtres, ses frères, la jeune vivandière, exaspérée par cette héroïque, se
précipita sur lui et le plaqua au mur : « Je m’en vais t’en f... des
pères de famille ! » ; puis, à bout portant, elle déchargea sur
lui son arme. Ce fut le signal du massacre [8].
Une fusillade désordonnée
éclata aussitôt, sans commandement, au hasard. Les trois gendarmes
s’affaissèrent. Introduits tour à tour dans l’arène sanglante, leurs camarades
tombèrent sur leurs cadavres, puis les prêtres et les quatre policiers. Des
misérables, dit-on, voulurent forcer leurs victimes à sauter la murette, pour
le plaisir de les tirer au vol. Quelques gendarmes sautèrent, et furent abattus
dans leur élan. Par contre, un prêtre ayant protesté : « Je veux bien
mourir, mais je ne veux pas faire de gambades », il fut saisi à bras le
corps, et jeté dans le charnier [9].
Cette monstrueuse tuerie
dura près d’une demi-heure [10].
Dalivous et ses sbires chargeaient et déchargeaient leurs armes sans répit.
D’une muraille voisine, d’autres fédérés exécutaient un feu plongeant, au
risque d’atteindre leurs complices eux-mêmes. Cependant, juchées sur les murs
d’enceinte, des femmes applaudissaient les assassins et outrageaient les
victimes. « On les tirait comme des lapins », dira plus tard un des
exécuteurs à Maxime Vuillaume, qui l’avait accompagné en ce sinistre lieu [11].
Décrire pareil massacre,
dans ses moindres détails, est évidemment impossible, d’autant que les récits
des témoins oculaires sont entremêlés de divergences, infimes d’ailleurs. De
tous les témoignages recueillis par le tribunal militaire de Versailles, il en
est pourtant qui sont particulièrement suggestifs, tel celui-ci :
Alors qu’un marin fédéré
visait un jeune garde dans toute la force de l’âge, le maréchal des logis
Geanty, le P. Tufier, des Sacrés-Cœurs de Picpus, s’élança sur l’assassin, le
bouscula et se plaça devant la victime. Son geste déchaina contre lui un
redoublement de violences et d’insultes. « Trois coups pour
celui-là ! », vociféraient une dizaine de mégères. Pour toute
réponse, le noble prêtre esquissa un geste de bénédiction, ce qui leur fit dire
que le « vieux » demandait grâce.
Le P. Tuffier tomba au
troisième coup. On le crut mort, mais bientôt, se relevant d’un mouvement
convulsif, il courut vers la muraille comme pour chercher une issue. Les
exécuteurs se ruèrent sur lui, et l’un d’eux, un tout jeune homme, lui brûla la
cervelle. « As-tu vu, dira-t-il ensuite, comme la cervelle du vieux prêtre
m’a sauté après ? » Ce coup de feu jeta le Père la face contre terre.
Un des bourreaux, d’un coup de pied, le remit sur le dos, et, s’apercevant
qu’il râlait encore, il l’acheva. Alors, une cantinière, de ses mains crispées,
tenta de lui arracher la langue, mais, ne pouvant y parvenir, elle souilla de
ses ordures le visage du martyrs [12].
Lorsque tous les otages
furent tombés, un feu de peloton fut exécuté sur leurs corps entassés. Puis les
meurtriers, piétinant leurs victimes, les lardèent de coups de baïonnette.
Quelques jours après, on put constater qu’un cadavre portait la trace de 69
balles, et qu’un autre – celui du P. de Bengy – avait été percé de 72 coups de
baïonnette [13].
Au lendemain de ces
journées sanglantes, les confrères du P. Planchat s’employèrent pieusement à
recueillir les témoignages qui leur permettaient d’établir, d’une façon
précise, les détails de son martyre. Rien ne fut plus malaisé. Certains témoins
oculaires se refusaient à parler, par crainte de représailles ; d’autres,
ne pouvant dominer leur émotion, fondaient en larmes [14].
L’un de ces derniers
pourtant, Louis Menny, leur confait ce précieux témoignage :
« Pendant qu’on s’apprêtait à fusiller les otages, je parvins à m’établir
sur le mur de l’enceinte, non loin de l’endroit où se trouvait
M. Planchat. J’ai vu fusiller d’abord un groupe d’otages ; puis ceux
qui restaient furent tués successivement. M. Planchat, le fut un des
derniers. Il reçut d’abord plusieurs coups de fusil ; puis, étant tombé,
il se releva, élevant la main vers le ciel en manière de prière, disant même à
haute voix : “Laissez-moi prier.” Une femme habillé en cantinière, et qui
paraissait particulièrement acharnée contre les otages, tira un coup de
revolver contre M. Planchat. Ce fut son coup de grâce... [15] »
Longtemps après – vers
1890 – le R. P. Imhoff, secrétaire général des Frères de Saint-Vincent-de-Paul,
devait recueillir un autre témoignage, plus explicite encore, qui confirme et
complète celui de M. Menny. Il lui fut donné par M. Nicolas Schmitt,
témoin oculaire du massacre. Cet homme en effet, alors qu’il avait environ 17
ans, avait été embrigadé malgré lui par les fédérés, mais avait réussi à leur
fausser compagnie et à troquer son uniforme contre des vêtements civils ;
puis il avait suivi le cortège des condamnés et s’était placé sur le mur qui
longe la rue du Borrégo.
J’ai particulièrement
remarqué un prêtre dont la bonne figure et le front élevé ont attiré mon
attention, déclarera-t-il lui-même au Procès informatif. Je ne le connaissais
pas personnellement alors, mais je l’ai parfaitement reconnu, il y a trois ans,
en voyant un de ses portraits, rue de Dantzig, où j’assistais à une réunion de
la Sainte-Famille, et où j’ai eu l’occasion de faire connaître à M. Imhoff
les faits que je rapporte aujourd’hui [16]... »
Son récit – il convient
de le préciser – nous semble d’autant plus digne de foi, que nous avons pu
vérifier l’exactitude de chacun de ses dires, lors de la reconnaissance du
corps de notre vénéré P. Planchat, qui eut lieu le 3 mars 1959 [17]... Le voici donc, dans sa
simplicité :
« M. Planchat n’était pas très
éloigné du mur qui longe la rue du Borrégo, où je me trouvais. Il était en
soutane et portait la barbe. Parmi les victimes, c’était un de ceux qui
excitaient le plus la commisération des honnêtes gens mêlés à la foule hissée
sur le mur.
Des gens de toute sorte,
des Vengeurs de Flourens, des Garibaldiens, Enfants perdus de la Commune,
Guérillas à chapeau blanc, débris de divers bataillons réguliers, étaient
occupés au massacre. Il n’y avait pas de fusillade régulière, mais chacun
tirait à discrétion dans le tas et sur qui il lui plaisait de tirer.
M. Planchat avait
déjà reçu sept ou huit balles. A genoux, dans l’attitude de la prière, il
s’affaissait à chaque balle, puis se relevait. Un officier de Garibaldiens
s’était avancé tout auprès des victimes. M. Planchat, instinctivement,
s’accrocha à lui pour se maintenir. Le misérable se mit à le frapper à coups de
sabre. Bien des gens étaient indignés : « Comme il doit souffrir, ce
prêtre ! Et ce bandit, s’il pouvait être atteint à son tour ! »
M. Planchat se cramponnait solidement à l’officier, quand celui-ci,
poussant un cri, porta sa main à la tête et s’affaissa. Il venait d’être frappé
lui-même par une balle destinée ceux qu’il voulait assassiner.
Une dernière balle vint
frapper M. Planchat en plein front, et sa cervelle rejaillit jusqu’au mur
sur lequel j’étais grimpé.
Je le vois encore, je le
vois levant les yeux au ciel, joignant les mains et tombant sur le côté. »
Source : Père Victor
Dugast, s. v., Le père Planchat, apôtre des faubourgs, Éditions Guy
Victor, 1962.
[1] D’après la déposition de Lequesne, habitant au
n° 92 de la rue Haxo, et le récit de l’abbé Raymond, cités par
M. Maignen, op. cit., p. 254 et 255, confirmés par Maxime Vuillaume, op.
cit. p. 201-202.
[2] D’après le récit de l’abbé Raymond et celui de
l’abbé Carré, cités par M. Maignen, op. cit., p. 255 et 260.
[3] D’après l’enquête de M. Maignen, op. cit., p.
256, confirmée par Maxime Vuillaume, op. cit., p. 205.
[4] Picpus sous la Commune, p. 125.
[5] Déposition de Félix Pyat, citée par
M. Maignen, op. cit., p. 261-262.
[6] Déposition du capitaine Dalivous, cité par
M. Maignen, op. cit., p. 260.
[7] Acte d’accusation du procès de Versailles, cité par
M. Maignen, op. cit., p. 263.
[8] Cf. Picpus sous la Commune, p. 125-126, et les
témoignages du R. P. Duval, SUMP, p. 458, n° 161, et du T. R. P. Bousquet,
supérieur général des SS. CC. SUMP, p. 463, n° 174. « Il reste bien prouvé
que notre héros a intercédé en faveur de braves pères de famille, faisant
abnégation de sa propre vie », dit par ailleurs M. Maignen, après une
enquête sérieuse ; op. cit., p. 270.
[9] SUMP, témoignage du frère Lemarchant, SS. CC., p.
455. n° 153.
[10] Témoignage du comte d’Hérisson. cité par M.-A.
FABRE, op. cit., p. 196, confirmé par Augustin Fleury, apprenti tourneur, qui
déposa devant le tribunal militaire (cf. MM. p. 265).
[11] D’après Maxime Vuillaume, op. cit., p. 207.
[12] Confirmé par l’abbé Raymond, cf. M. Maignen,
op. cit., p. 265-266, et par les RR. PP. Duval et Bousquet, SUMP, p. 459,
n° 163, et p. 463 n° 176. D’après le R. P. Duval, ceux qui
procédèrent à l’exhumation des cadavres, durent laver à grande eau la tête du
P. Tuffier.
[13] D’après G. Laronze. op. cit., p. 623, et M.-A.
Fabre, op. cit., p. 196.
[14] MM, p. 266.
[15] SUMP, témoignage de Louis Menny, ouvrier, p. 477,
n° 207.
[16] SUMP, témoignage de M. Nicolas Schmitt,
ouvrier, p. 466, n° 185.
[17] Cf. Épilogue de cet ouvrage. p. 250.
SOURCE : https://dioceseparis.fr/le-massacre-de-la-rue-haxo.html
Profile
Profile
Martyrs of the Paris Commune
Blessed
Jean-Pierre-Eugène Tardieu
Blessed
Mathieu-Henri Planchat
Father
François-Eugéne Captier
Father
Jean-Marie-Noël Sabatier
Father
Louis-Ferdinand Bourard
Servant of God
Antoine-Gézelin Marce
Servant of God
François-Hermand Volant
Servant
of God François-Sébastien-Siméon Dintroz
Servant of God
Germain-Joseph Petit
Servant of
God Louis-Eugéne-Antoine Gauquelin
Servant of God
Marie-Joseph Cheminal
Servant
of God Paul-Marie-Joseph-Claude Seigneret
Servant of God Théodore
Cathala
24-27 May 1871
Additional
Information
Catholic
Encyclopedia: Martyrs of the Paris Commune
Catholic
World: The Martyrs of Arcueil
New
Catholic Dictionary: Paris Commune
The
Holiness of the Church in the Nineteenth Century
other
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en français
Wikipedia:
Massacre de la rue Haxo
MLA
Citation
“Martyrs of the Paris Commune“. CatholicSaints.Info.
14 March 2022. Web. 26 May 2026.
<https://catholicsaints.info/martyrs-of-the-paris-commune/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/martyrs-of-the-paris-commune/
Blessed Mathieu-Henri
Planchat
Also
known as
Enrico Planchat
Profile
While studying theology in Paris, France,
Mathieu-Henri joined the Religious of Saint Vincent de Paul, worked with
its founder, Venerable Jean-Léon
Le Prevost, and spent much of his non-study time ministering to the poor. Ordained a priest on 21
December 1850.
On 24
December 1850,
he joined the Vincentian Institute, and became its first priest,
all other members being religious brothers. He worked for the material and
spiritual good of families, young
people, soldiers and
his religious brothers. He urged Eucharistic Adoration and frequent Communion
to the people. Martyred in
the persecutions of
the Paris
Commune.
Born
8
November 1823 in
La-Roche-sur-Yon, Vendée, France
shot on 26 May 1871 in Paris, France
25
November 2021 by Pope Francis (decree
of martyrdom)
beatification celebrated
in Paris, France
Additional
Information
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images
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en français
Religieux de
St-Vincent de Paul
fonti
in italiano
Dicastero delle Cause dei Santi
MLA
Citation
“Blessed Mathieu-Henri
Planchat“. CatholicSaints.Info. 26 April 2023. Web. 26 May 2026.
<https://catholicsaints.info/blessed-mathieu-henri-planchat/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-mathieu-henri-planchat/
Also
known as
Father Ladislas
Ladislao Radigue
Armando Pietro Pietro
Profile
Armand joined the Picpus
Fathers on 7 March 1845.
He was ordained a priest on 22 April 1848,
and served the Fathers as
novice master for 20 years. Chosen Vicar-General of the Fathers in 1868,
and then superior of the Picpus mother
house in Paris, France. Martyred in
the persecutions of
the Paris
Commune.
Born
8 May 1823 in
Saint-Patrice-du-Désert, Orne, France
shot on 26 May 1871 in Paris, France
25
November 2021 by Pope Francis (decree
of martyrdom)
beatification celebrated
in Paris, France
Additional
Information
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in italiano
Dicastero delle Cause dei Santi
MLA
Citation
“Blessed Armand
Radigue“. CatholicSaints.Info. 26 April 2023. Web. 26 May 2026.
<https://catholicsaints.info/blessed-armand-radigue/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-armand-radigue/
Also
known as
Father Polycarpe
Polycarpo
Giulio Tuffier
Profile
After studying at
the college of
the Picpus
Fathers, Jules joined the congregation,
making his profession on 14 May 1823. Ordained a priest in 1830,
he served as a parish priest,
chaplain to convents,
and superior of teaching Fathers at
several colleges.
Procurator and General Councilor of the Fathers.
He was known for the depth of his preaching. Martyred in
the persecutions of
the Paris
Commune.
Born
16 March 1807 in
Malzieu, Lozère, France
shot on 26 May 1871 in Paris, France
25
November 2021 by Pope Francis (decree
of martyrdom)
beatification celebrated
in Paris, France
Additional
Information
other
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sites
en français
Paroisse catholique Notre Dame des Otages
fonti
in italiano
Dicastero delle Cause dei Santi
MLA
Citation
“Blessed Jules
Tuffier“. CatholicSaints.Info. 26 April 2023. Web. 26 May 2026.
<https://catholicsaints.info/blessed-jules-tuffier/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-jules-tuffier/
Also
known as
Father Marcellin
Marcellino
John Mary Rouchouze
Profile
A member of the Picpus
Fathers, making his professon to the Servant of God Marie
Joseph Coudrin, the founder of the Fathers,
on 2
February 1837.
Jean-Marie taught Latin, mathematics and philosophy in Congregation schools in Belgium.
Reluctantly ordained to
the priesthood on 5 June 1852.
Secretary-General of the Fathers in Paris, France. Martyred in
the persecutions of
the French Commune.
Born
14
December 1810 in
Saint-Julien-en-Jarez, Loire, France
shot on 26 May 1871 in Paris, France
25
November 2021 by Pope Francis (decree
of martyrdom)
beatification celebrated
in Paris, France
Additional
Information
other
sites in english
fonti
in italiano
Dicastero delle Cause dei Santi
MLA
Citation
“Blessed Jean-Marie
Rouchouze“. CatholicSaints.Info. 26 April 2023. Web. 26 May 2026.
<https://catholicsaints.info/blessed-jean-marie-rouchouze/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-jean-marie-rouchouze/
Blessed
Jean-Pierre-Eugène Tardieu
Also
known as
Father Frézal
Frézal Tardieu
Giovanni Pietro Eugenio
Profile
A member of the Picpus
Fathers, making his profession on 6
April 1839. Ordained a priest in 1840,
he served as novice master in places in France and Belgium.
General Councilor of the Fathers in Paris, France where
he also taught theology,
and was noted for his charity. Martyred in
the persecutions of
the French Commune.
Born
18
November 1814 in
Chasseradès, Lozère, France
shot on 26
May 1871 in Paris, France
25
November 2021 by Pope Francis (decree
of martyrdom)
beatification celebrated
in Paris, France
Additional
Information
other
sites in english
fonti
in italiano
Dicastero delle Cause dei Santi
MLA
Citation
“Blessed
Jean-Pierre-Eugène Tardieu“. CatholicSaints.Info. 26 April 2023. Web. 26
May 2026.
<https://catholicsaints.info/blessed-jean-pierre-eugene-tardieu/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-jean-pierre-eugene-tardieu/
Beati Martiri della
Comune di Parigi Beatificati nel 2023
Festa: 26 maggio
† Parigi, Francia, 26
maggio 1871
Padre Henri Planchat, dei
Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli, padre Ladislao Radigue, padre Policarpo
Tuffier, padre Marcellino Rouchouze e padre Frézal Tardieu, consiglieri del
superiore generale della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria nonché
dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare (ovvero i padri
di Picpus), sono tra le cinquanta vittime del massacro di rue Haxo, perpetrato
nel corso dell’insurrezione della Comune di Parigi, precisamente il 24 maggio
1871, nel corso di quella che passò alla storia come la “settimana
sanguinante”. Gli insorti, considerando la Chiesa cattolica un’eredità del
passato regime monarchico, avevano duramente perseguitato ecclesiastici e
religiosi, catturandone molti, compreso lo stesso arcivescovo di Parigi. Padre
Planchat e gli altri quattro religiosi vissero i loro ultimi giorni restando
fedeli al ministero esercitato lungo tutta la vita. Furono beatificati il 22
aprile 2023 nella chiesa di San Sulpizio a Parigi, sotto il pontificato di papa
Francesco. I resti mortali di padre Planchat sono venerati nella chiesa della
Madonna di La Salette a Parigi, mentre quelli di padre Radigue, padre Tuffier,
padre Rouchouze e padre Tardieu si conservano nella cripta dei fondatori della
Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria nel cimitero di Picpus a
Parigi. La memoria liturgica di tutti e cinque ricorre il 26 maggio, giorno
della loro nascita al Cielo.
La Comune di Parigi
In seguito all’insurrezione scoppiata a Parigi il 18 marzo 1871, che a sua volta seguiva l’assedio della città durante la guerra franco-prussiana si venne a formare una forma di governo alternativa a quella della Repubblica di Francia, proclamata il 4 settembre 1870 dopo la sconfitta di Sedan e la cattura dell’imperatore Napoleone III.
Il programma della Comune di Parigi, come si venne a chiamare l’insurrezione, conteneva istanze di riforme sociali e politiche, come la richiesta di un maggiore coinvolgimento del popolo e di garantire un migliore accesso all’istruzione, anche femminile.
Tuttavia, prevedeva anche la soppressione di quanto fosse collegato alla
religione cristiana, considerata eredità del passato regime monarchico, e una
liberazione dall’influenza del clero. Questa ultime richieste vennero sfruttate
da alcuni capi della Comune per fomentare odio contro la fede e contro il
clero.
L’arresto dell’arcivescovo e il “decreto degli ostaggi”
Il 4 aprile furono arrestati monsignor Georges Darboy, arcivescovo di Parigi, e altri ecclesiastici. La notte dello stesso giorno venne cinta d’assedio la scuola di Santa Genoveffa, retta dai padri Gesuiti, e i suoi membri religiosi furono catturati.
Il 5 aprile 1871, il Consiglio della Comune adottò il “decreto degli ostaggi”:
chiunque potesse essere sospettato di connivenza col Governo di Adolphe Thiers,
fuggito a Versailles all’inizio dell’insurrezione, doveva essere considerato
ostaggio del popolo di Parigi.
L’assalto al patronato di Sant’Anna
Il 6 aprile 1871, Giovedì Santo, alcuni soldati federati giunsero al patronato di Sant’Anna, nel quartiere di Charonne. Un commissario, con la pistola in pugno, notificò l’arresto al direttore, padre Henri Planchat, dei Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli: venne subito condotto al Municipio del ventesimo arrondissement, dove subì un interrogatorio.
Il Venerdì Santo gli venne annunciato il trasferimento alla Prefettura. Lì
padre Planchat rimase, in totale isolamento, fino al giovedì dell’Ottava di
Pasqua, il 13 aprile. In quel giorno, insieme ad altri religiosi prigionieri,
venne trasferito al carcere preventivo di Mazas.
L’assalto ai padri di Picpus
Il 12 aprile, mercoledì dell’Ottava di Pasqua, alle quattro del pomeriggio, la casa madre della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare, in rue de Picpus, che comprendeva sia religiose sia religiosi, fu assaltata dagli insorti.
Alle 23, furono arrestati dodici sacerdoti e un religioso fratello. Il 5 maggio, settantaquattro suore, compresa madre Beniamina le Blais, superiora generale, e dieci novizie, vennero arrestate e condotte alla prigione di Saint-Lazare. Molti degli uni e delle altre vennero rilasciati o fuggirono, mentre rimasero in carcere i quattro consiglieri del superiore generale: padre Ladislao Radigue, padre Policarpo Tuffier, padre Marcellino Rouchouze e padre Frézal Tardieu.
Vennero condotti in carrozza, a due a due, accompagnati da un membro della
Guardia Nazionale, fino alla prigione della Conciergerie. Vi giunsero a
mezzanotte e vi trascorsero cinque giorni. La sera del 17 aprile, i quattro
religiosi vennero trasferiti a Mazas.
La “settimana sanguinante”
Il 21 maggio, l’esercito regolare cinse d’assedio Parigi. Da quel momento in poi, in tutta la città, infuriarono atroci battaglie tra l’esercito e i Comunardi o Federati, in quella che passò alla storia come la “settimana sanguinante”.
L’indomani, i capi della Comune decretarono di uccidere, sul posto e
immediatamente, tutti i sacerdoti prigionieri a Mazas. Tuttavia, il direttore
della struttura, contrario a una fucilazione in un carcere preventivo, ottenne
di trasferire i prigionieri a La Grande Roquette, sede del carcere per
condannati a morte. L’arcivescovo monsignor Darboy fu tra i primi per i quali
la condanna venne eseguita.
Durante la prigionia
Nel corso della loro detenzione, i padri di Picpus e padre Planchat continuarono a pregare, a volte anche col Breviario. S’impartivano l’assoluzione a vicenda e ascoltavano le Confessioni degli altri detenuti.
Continuarono a essere isolati e a non poter celebrare la Messa, ma alcune
donne, di nascosto, riuscirono a portare loro la Comunione.
Il massacro di rue Haxo
Il 26 maggio, lo scontro tra i Federati e l’esercito giunse al culmine. Alle 15 dello stesso giorno, il colonnello Emile Gois, addetto alla giustizia militare, si diresse alla prigione di La Grande Roquette, dove si trovavano più di cento ostaggi. Di propria iniziativa, comandò al direttore della prigione di consegnargli cinquanta detenuti.
Vennero selezionati trentatré guardie di Parigi, due gendarmi, quattro sospetti di spionaggio e dieci ecclesiastici, scelti a caso. Erano tre Gesuiti, ovvero i padri Jean Caubert, Pierre Olivaint e Anatole de Bengy; il già citato padre Planchat; i quattro padri di Picpus prima menzionati; don Jean-Marie-Noël Sabatier, vicario della chiesa della Madonna di Loreto, e Paul Seigneret, allievo del Seminario di San Sulpizio.
Circondati dalle Guardie Nazionali del 173° Battaglione, i prigionieri
camminarono a piedi fino a Villa Vincennes, al civico 85 di rue Haxo,
strattonati, picchiati e insultati dalla folla, fino al muro che circondava un
terreno vuoto. Un colpo di pistola diede il via a una fucilazione
incontrollata; in meno di mezz’ora, i condannati vennero tutti uccisi.
La causa di padre Planchat, di padre Radigue e dei loro compagni
Padre Henri Planchat, padre Ladislao Radigue e gli altri tre padri di Picpus furono immediatamente considerati martiri; tale fama si mantenne nel tempo, portando all’apertura della loro causa di beatificazione per il riconoscimento del loro martirio.
Un primo processo informativo fu celebrato presso la Curia di Parigi dall’8
marzo 1897 all’8 agosto 1900, ma fu necessaria una nuova inchiesta diocesana
dal 29 ottobre 2015 al 4 maggio 2016. La Congregazione delle Cause dei Santi
emise il decreto di convalida giuridica degli atti il 27 ottobre 2016.
Il decreto sul martirio e la beatificazione
La “Positiio super martyrio”, consegnata nel 2020, è stata presentata ai Consultori Storici il 20 ottobre 2020, essendo la causa di tipo antico o storica.
L’11 maggio 2021 i Consultori Teologi della Congregazione delle Cause dei Santi espressero parere affermativo circa l’effettivo martirio dei sei religiosi. I Cardinali e Vescovi membri della stessa Congregazione, riuniti nella Sessione Ordinaria del 19 ottobre dello stesso anno, confermarono tale parere positivo.
Il 25 novembre 2021, ricevendo in udienza il cardinal Marcello Semeraro, Prefetto della Congregazione delle Cause dei Santi, papa Francesco autorizzò la promulgazione del decreto con cui padre Planchat, padre Radigue e compagni venivano dichiarati martiri.
La Messa con il Rito della Beatificazione, presieduta dal cardinal Semeraro, fu
celebrata il 22 aprile 2023, nella chiesa di San Sulpizio a Parigi. La memoria
liturgica dei cinque Beati venne fissata al 26 maggio, giorno della loro
nascita al Cielo.
La memoria e il culto
Sul luogo del massacro di rue Haxo venne costruita, per mandato dei padri Gesuiti, una cappella provvisoria, a cui seguirono altre strutture, fino alla chiesa vera e propria, che nel 1961 divenne la chiesa parrocchiale intitolata alla Madonna degli Ostaggi (Notre-Dame des Otages).
Padre Planchat riposa nella chiesa della Madonna di La Salette a Parigi, mentre
i resti degli altri, dal 21 ottobre 2010, si trovano nella cripta dei fondatori
della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria nonché dell’Adorazione
Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare, nel cimitero di Picpus a
Parigi.
Le schede
95362 - Henri
Planchat, sacerdote dei Religiosi di San Vincenzo de’ Paoli, 47 anni
99958 - Ladislao (Armand-Pierre) Radigue, sacerdote della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria, 48 anni
99959 - Policarpo (Jules) Tuffier, sacerdote della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria, 64 anni
99960 - Marcellino (Jean-Marie) Rouchouze, sacerdote della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria, 70 anni
99961 - Frézal (Jean-Pierre-Eugène)Tardieu, sacerdote della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria, 56 anni
Autore: Emilia Flocchini
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/99957
Beato Enrico
Planchat Sacerdote e martire
Festa: 26 maggio
>>> Visualizza la
Scheda del Gruppo cui appartiene
Bourbon-Vendée, Francia,
8 novembre 1823 - Parigi, Francia, 26 maggio 1871
Henri Planchat nasce a
Bourbon-Vendée, attuale La Roche-sur-Yon, nel dipartimento francese della Vandea,
l’8 novembre 1823. Figlio di un avvocato, studia dal 1837 a Parigi, poi a
Vaugirard. Lì conosce le Conferenze di San Vincenzo de’ Paoli e inizia a
dedicare il suo tempo libero ai poveri della zona. Col tempo matura la
vocazione a entrare tra i Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli, che ha conosciuto
a Vaugirard. Entra in Seminario e tre giorni dopo l’ordinazione sacerdotale,
ricevuta il 21 dicembre 1850, si presenta al fondatore dei Fratelli di San
Vincenzo de’ Paoli, don Jean-Léon Le Prevost (Venerabile da dal 1998): diventa
quindi il primo membro sacerdote di quelli che, successivamente, saranno
chiamati Religiosi di San Vincenzo de’ Paoli. Percorre giorno e notte i
sobborghi di Parigi, rendendosi disponibile a ogni opera di carità e
guadagnandosi il soprannome di “cacciatore di anime”. Anche ad Arras, dove vive
per due anni, compie atti di generosità pura, restando sempre unito a Dio.
Quando scoppia la guerra franco-prussiana, non fa mancare la sua assistenza
anche ai soldati feriti. Tuttavia, l’insurrezione popolare denominata la Comune
di Parigi porta con sé un’autentica persecuzione contro la Chiesa e i suoi
rappresentanti. Pur essendo estraneo ai conflitti politici, padre Planchat
viene arrestato il 6 aprile 1871 presso il Patronato di Sant’Anna nel quartiere
di Charonne, di cui è direttore. Tradotto nel carcere di Mazas, poi in quello
de La Grande Roquette, viene fucilato, il 26 maggio dello stesso anno, presso
una villa in rue Haxo: insieme a lui ci sono tre padri Gesuiti, quattro
sacerdoti della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e Maria, un sacerdote
diocesano e un seminarista diocesano. Padre Planchat è stato beatificato il 22
aprile 2023 a Parigi, nella chiesa di San Sulpizio, sotto il pontificato di
papa Francesco. Con lui sono stati elevati agli altari i quattro Sacerdoti di
Gesù e Maria suoi compagni di martirio. La sua memoria liturgica ricorre il 26
maggio, giorno della sua nascita al Cielo, mentre i suoi resti mortali sono
venerati nel santuario della Madonna di La Salette a Vaugirard-Parigi.
Un giovane entusiasta per la carità
Nato l’8 novembre 1823 a Bourbon-Vendée (oggi La Roche-sur-Yon), nel dipartimento francese della Vandea, Henri Planchat trascorre un’infanzia e un’adolescenza veramente pie, dapprima nella cittadina natale, poi a Chartres e a Lilla dove il padre, magistrato, viene successivamente trasferito.
Nel 1837 il ragazzo è posto come convittore nel Collegio Stanislas di Parigi. Vi rimane tre anni, dopo i quali continua gli studi nell’Istituto dell’abate Poiloup a Vaugirard [allora sobborgo di Parigi]. Gli anni trascorsi a Vaugirard sono decisivi per il futuro orientamento della sua vita. Egli conosce l’attività delle Conferenze di San Vincenzo de’ Paoli. Ne è conquistato, e vi si dedica con tutto l’entusiasmo.
Consacra il tempo libero dagli studi ai poveri della zona; si assume la
direzione della biblioteca popolare creata dalla Conferenza parrocchiale;
rivolge le sue cure ai fanciulli delle scuole; trascorre le domeniche nel
patronato che i Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli (oggi chiamati Religiosi di
San Vincenzo de’ Paoli) hanno aperto da poco nella Rue du Regard, occupandosi
degli apprendisti. Ed ogni domenica, immancabilmente, il pio giovane termina la
giornata ai piedi di Nostra Signora delle Vittorie.
La vocazione religiosa e sacerdotale
Il giovane che con tanto entusiasmo si dedica all’apostolato dei poveri di Vaugirard ha davanti a sé uno splendido avvenire. Glielo garantiscono il prestigio del nome paterno, il censo, le relazioni familiari, l’intelligenza non comune, gli studi giuridici brillantemente compiuti. Matura invece nel suo animo la vocazione sacerdotale e il desiderio di consacrarsi totalmente al servizio del popolo più umile nell’istituto dei Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli da lui conosciuto a Vaugirard.
Appena conseguito il diploma di avvocato, entra nel Seminario di Issy. Il giovane seminarista non nasconde le sue aspirazioni all’apostolato tra le classi più umili. A taluni suoi compagni sembra impossibile che un giovane, cui potrebbe essere aperta la via ad una splendida carriera ecclesiastica, possa vagheggiare così modesto ideale: ancor meno comprendono che un tale seminarista possa compiacersi di una cella del tutto disadorna e di una tenuta esteriore quanto mai dimessa.
Ma Henri Planchat dà loro una risposta rivelatrice dell’animo con cui si
prepara al sacerdozio: «Non ci si va a confessare da coloro che hanno nei loro
appartamenti delle belle pendole e dei bei tappeti, quando ci si vuol
convertire».
Il primo membro sacerdote dei Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli
Ordinato sacerdote il 21 dicembre 1850, si presenta tre giorni dopo a Jean-Léon Le Prevost, già funzionario del Ministero dei Culti e presidente della Conferenza di San Vincenzo della parrocchia di San Sulpizio, superiore della piccola comunità dei Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli da lui stesso fondata con Clément Myionnet, Maurice Maignen e Louis Paillé.
È accolto, primo sacerdote, nella nascente Congregazione. Da questo momento,
tutta la sua vita sarà un continuo atto d’immolazione, terribile e splendido,
per quel popolo che egli ha tanto amato e dal quale sorgeranno i suoi
carnefici.
Padre Planchat, “cacciatore di anime”
Ed eccolo percorrere, giorno e notte, le strade di Grenelle [altro sobborgo di Parigi] dove si addensa una popolazione operaia che vive nell’indifferenza e nella dimenticanza delle pratiche religiose, anzi nell’ostilità a Cristo e alla Chiesa.
Il “cacciatore di anime”, piene le tasche di medaglie, di immagini, di libri buoni, va alla scoperta del suo mondo; penetra in ogni vicolo, si spinge nelle zone più malfamate, entra nelle più sudice baracche, nelle stamberghe più infette.
Non si commuove per le ingiurie né per le minacce. Le une e le altre sono spesso occasione di intavolare una conversazione che terminerà con la confessione. In breve tutti sono abituati a vedere quel prete allampanato percorrere instancabile le strade del quartiere, entrare in ogni casa.
Si comincia ad andargli incontro per confidargli pene e necessità; lo si chiama, gli si segnalano poveri vergognosi, ammalati bisognosi, cuori inaspriti dalla miseria e dalla sofferenza. Egli corre da tutti, portando a tutti il conforto e l’aiuto desiderato.
Sin dai primi mesi i risultati sono ammirevoli: comunioni tardive, ritorni
clamorosi alla pratica cristiana, conversioni in punto di morte, celebrazioni
di matrimoni (giungerà a celebrarne sino a cinquecento all’anno).
La malattia, il viaggio in Italia e il ritorno all’opera
Un tale apostolato non può non logorare la fibra del Planchat. Dopo un anno egli cade ammalato, e alla malattia fisica si aggiungono, torturanti, le pene dello spirito. Un soggiorno di parecchi mesi in Italia gli permetterà di ritrovare le forze per continuare il suo ministero.
Nell’aprile del 1853 è di nuovo a Grenelle, guarito. Riprende con rinnovato ardore il suo apostolato. Consacra le sue cure agli apprendisti e ai ragazzi del patronato. Ne organizza un altro per le giovani operaie. Stabilisce l’“opera della Sacra Famiglia” per meglio assistere le famiglie già raggiunte dalla sua parola. Predica ritiri per le prime comunioni dei bambini e degli adulti.
Tutto ciò non gli basta. Vi sono, come prima e più di prima, le estenuanti
corse, di giorno e di notte, in cerca degli ammalati, dei vecchi, dei
peccatori. Sbocciano così, innumerevoli, i fioretti di Padre Planchat.
Padre Planchat e le lavandaie
In una delle sue corse apostoliche gli capita di passare davanti ad una
lavanderia. La vista del prete, e per di più un prete dall’aspetto tanto
povero, eccita l’allegria delle operaie che lo coprono di sarcasmi. Planchat,
senza turbarsi, entra nel locale, distribuisce a tutte medaglie, immagini e
rosari e rivolge loro un discorsetto che le scuote profondamente. Quando parte,
lo raggiunge la padrona che, con le lacrime agli occhi, lo prega di accettare un’offerta
per una Messa secondo le intenzioni sue e delle operaie.
La sua preghiera per un moribondo
Una sera si dirige alla casa di un moribondo lontano da Dio. Non ostante le sue insistenze, non può avvicinare l’infermo. È cacciato con insulti e minacce. Ma il buon sacerdote non vuole abbandonare quell’anima. Discende in strada, vede poco lontano un paracarro e nonostante il vento glaciale che soffia implacabile vi si siede e comincia a recitare il rosario.
Le ore passano e Planchat continua a sgranare la corona. A mezzanotte è sempre
al suo posto, pregando per il povero morente. Ed ecco che, dalla casa, esce di
corsa una donna, la quale, stupita di vederlo a quell’ora e in quel luogo, lo
prega di salire subito dall’ammalato. Henri Planchat giunge a tempo per
confessarlo, dargli l’estrema unzione e riceverne l’ultimo respiro.
Anche nel freddo dell’inverno
È inverno. Si è recato sino all’estremità della piana d’Issy per assistere una moribonda. Nevica, è passata la mezzanotte, ed egli non è rincasato. I confratelli sono ormai inquieti. Finalmente appare Henri Planchat coperto di neve e intirizzito dal freddo. Non è solo. Ha raccolto per strada un soldato che si è smarrito nella pianura e un disgraziato senza tetto, che ha scovato in una macchia. Li riscalda, dà loro da mangiare e procura loro un alloggio.
Un’altra notte d’inverno la portinaia sorprende il Planchat che cerca di entrare in casa senza farsi notare. Cammina con una andatura che non è quella abituale. Alla portinaia che gli chiede: «Ma che ha ai piedi, Reverendo ? », «Nulla, nulla », risponde, cercando di farsi più piccolo.
Ma la spietata portinaia lo squadra con maggiore attenzione ed allibisce. Planchat rientra senza scarpe, con le calze bagnate e ghiacciate. Cerca di scusarsi. «Le ho date sull’esplanade des Invalides a un poveretto che ne era privo. Che volete ? Era più vecchio di me ». Chi conosce Parigi e sa quali quartieri aristocratici e mondani sia necessario attraversare per giungere dagli Invalides a Vaugirard, converrà che siamo in pieno eroismo.
È ancora inverno. Henri Planchat è appena rientrato, sfinito, dopo una giornata di intenso ministero, quando lo chiamano nuovamente per assistere un moribondo. Senza indugio riparte. Lo accompagna, per sostenerlo, uno dei giovani apprendisti del patronato.
Ma le forze hanno un limite. A un certo momento padre Planchat vacilla e cade
svenuto lungo il marciapiede. Il ragazzo tenta invano di rianimarlo. Accorre
gente. Lo trasportano in una casa vicina, dove a poco a poco rinviene. Appena
può sostenersi sulle gambe, riparte alla ricerca dell’ammalato. Rientrerà solo,
nel cuore della notte glaciale, quando avrà terminato la sua opera sacerdotale.
Siamo, come si vede, a quelle altezze dell’eroismo dove si muovono solo i
grandi santi.
Per due anni ad Arras
Lo zelo di Henri Planchat desta la suscettibilità del parroco di Grenelle e dei suoi vicari a tal punto che i superiori giudicano opportuno, pro bono pacis, di allontanare il loro confratello.
Lo mandano ad Arras, dove per due anni coadiuva l’abate Halluin nella direzione
di un importante orfanotrofio e nell’assistenza agli apprendisti. Ad Arras,
come a Vaugirard, i fioretti di padre Planchat continuano a sbocciare deliziosi
e commoventi.
Il patronato di Sant’Anna
Continueranno a sbocciare anche nell’immenso, popoloso quartiere di Charonne, dove i superiori lo mandano nel 1863 a dirigere il patronato di Sant’Anna aperto al pianterreno di una povera casa di Rue de la Roquette che il proprietario ha trasformato in scuderia.
Henri Planchat vi giunge in un pomeriggio domenicale recando un gran cesto di fragole che distribuirà ai ragazzi dopo l’istruzione. Ma il locale non permette di sviluppare l’opera. Il sacerdote deve confessare i suoi giovani tra le zampe dei cavalli. Per le funzioni religiose deve condurli nelle chiese di S. Ambrogio o di S. Margherita, disturbando l’ordine delle funzioni parrocchiali.
Nello spazio di un mese il patronato si trasferisce nella Rue des Bois su un vasto terreno circondato da orti. In breve tempo i locali sono sistemati, si orna la cappella. Tutto è pronto per iniziare l’attività nella nuova sede. Padre Planchat non ha dimenticato nulla di ciò che può rendere accogliente il nuovo patronato.
Sant’Anna diventa subito un alveare brulicante, dove si radunano cinquecento fanciulli e apprendisti, ai quali si aggiungono numerosi operai, che vengono al patronato a cercare con le sane distrazioni anche i mezzi per continuare a vivere da buoni cristiani.
Non basta. Padre Planchat apre nel patronato anche un posto di soccorso, dove i
bisognosi trovano cibo, vestiario e, soprattutto, la buona parola che ammonisce
e conforta. E anche a Charonne, come a Vaugirard, i catechismi, le confessioni,
le conferenze ai giovani del patronato, i ritiri per le famiglie degli operai,
le istruzioni per le prime comunioni dei suoi ragazzi e di quelli inviatigli
dai sacerdoti delle altre parrocchie.
Un apostolato ad ampio raggio
E poi le corse per il quartiere in cerca di altre anime da salvare, di altri poveri da soccorrere, di altre famiglie da rappacificare. E poi le peregrinazioni per i quartieri del centro in cerca dei soccorsi che gli permettano di continuare l’assistenza ai poveri, o in cerca di lavoro per i suoi giovani. E poi l’apostolato tra gli operai italiani di Charonne, intensissimo, che egli, conoscendo la loro lingua, si assume anticipando il ministero della Missione Italiana di Parigi.
E poi l’aiuto da prestare agli altri confratelli, in altre zone della città. E
poi l’apostolato di emergenza, non meno estenuante, come per esempio tra i colerosi
di Montmartre. Perché l’apostolato di Henri Planchat ha, sì, un centro, che è
Charonne: ha una sede, che è Sant’Anna della rue des Bois; ma, in realtà, si
estende a tutti i quartieri dell’immensa città, dove ci sia un’anima che ha
bisogno del sacerdote.
Padre Planchat nella “fossa dei leoni”
E, ovunque, continuano a sbocciare i fioretti di padre Planchat. Sbocciano nella zona malfamata della rue de Montreuil, dove nemmeno la polizia osa avventurarsi. Vi è là una scarpata che gli abitanti della zona chiamano “la fossa dei leoni”. Lui vi si reca, perché in una baracca di quella fossa sta morendo, solo e senza cure, un miserabile canceroso.
La sua presenza richiama la gente, la sua bontà gli permette di essere
ascoltato. Conosce, così, una coppia non sposata che, toccata dalle sue parole,
gli chiede di benedire il matrimonio e di battezzare i figli. Ciò che sarà
fatto, non alla chetichella, ma con un bel corteo in carrozza e una bella
cerimonia al municipio e in chiesa. Il tutto pagato, naturalmente, dal povero
sacerdote. E gli sposi, commossi, diranno: «Prima di conoscere padre Planchat
non sapevamo che cosa fosse un prete».
Altri episodi di carità
I fioretti sbocciano nel grande ospedale del Faubourg St-Antoine, dove lui si reca per portare la S. Eucaristia ad una ricoverata. Prima di comunicarla, il sacerdote rivolge all’inferma delle parole che commuovono profondamente tutte le compagne della corsia. Esse, partito il sacerdote, dicono all’ammalata: «Senti, Elise, quando il tuo prete tornerà, non scordarti di dirgli che siamo pronte, tutte e diciotto, a confessarci».
Sbocciano sull’omnibus che lo riporta da Charonne a Vaugirard, quando s’accorge di non avere la piccola somma necessaria per pagare il biglietto. Ha dato poco prima l’ultimo spicciolo a un povero. Il fattorino lo invita a discendere. Padre Planchat, allora, chiede umilmente l’elemosina ai compagni di viaggio.
Sbocciano nel patronato di Sant’Anna, quando ad una donna, da molto tempo lontana dai sacramenti, egli toglie dalle braccia un piccino di pochi mesi perché la mamma possa confessarsi. E mentre la donna, nel confessionale, ritrova la via di Dio, il buon sacerdote cammina su e giù per il cortile cercando di calmare il marmocchio che urla disperatamente.
Sbocciano quando, una mattina, rientrato già stanco per il pranzo, all’atto di
sedersi a mensa è chiamato per un morente. Invano si cerca di fargli prendere
almeno la minestra. Egli si alza immediatamente dicendo: «Tenetela al caldo; è
questione di pochi minuti». E parte. Rientrerà a sera inoltrata senza aver
preso, in tutta la giornata, altro nutrimento che la solita mezza tazza di
caffè della mattina.
Durante la guerra franco-prussiana
E i fioretti sbocceranno, continui, quando, scoppiata la guerra franco-prussiana, egli organizzerà un meraviglioso servizio di assistenza spirituale e materiale dei soldati, e quando si recherà con l’abate de Broglie sul campo di battaglia per portare ai combattenti i soccorsi del sacro ministero.
Perché si abbia una idea, ben pallida, del lavoro apostolico di Henri Planchat,
si sappia che nel solo patronato di Sant’Anna, dal luglio al dicembre del 1870,
oltre al suo abituale ministero tra i giovani e i poveri del quartiere, egli
accoglie, confessa e comunica quattromila soldati. Saranno ottomila nel
febbraio successivo!
Una vita continuamente unita a Dio
Un tale uomo non può non essere un gigante dello spirito. Solo l’ardore e l’elevatezza della sua vita interiore possono spiegare il movente di un’attività che ha costantemente del miracoloso. La sua fede era piena, totale, fermissima.
Il suo amore per Dio, divorante. All’altare, dimentico di essere udito dall’assistente, prorompeva in accese esclamazioni d’amore. Le pie giaculatorie uscivano ad ogni istante dalle sue labbra. La sua unione con Dio era continua. Diceva: «Bisogna dire cento parole a Dio e una sola agli uomini».
Un confratello gli chiede come riesca a conciliare la sua incontenibile
attività con le esigenze del raccoglimento interiore. Risponde: «Sono proprio
queste opere che mi aiutano a tenermi unito a Nostro Signore Gesù Cristo. Tutte
le mie relazioni con i poveri, si tratti di problemi temporali o di miserie
spirituali, mi costringono a ricorrere per ciascuna al cuore di Nostro Signore
Gesù Cristo per ottenere da Lui il consiglio, la parola che consola,
l’ispirazione per gli interventi di carità, infine, per tutte le assistenze che
rispondono al bisogno del momento».
La perquisizione
Lo stesso giorno in cui inizia l’insurrezione della Comune di Parigi, il 18 marzo 1871, una folla d’insorti assale il patronato di Sant’Anna, sotto il pretesto di cercare delle armi, ma se non ne trovano, nonostante una perquisizione da cima a fondo.
Padre Planchat, che si è sempre tenuto estraneo dai contrasti politici, ma si è
invece curato di preparare bambini e adulti alla Comunione pasquale, non pensa
minimamente a prendere delle misure di cautela, o a moderare il proprio zelo.
L’arresto
Il 6 aprile 1871, Giovedì Santo, alcuni soldati federati arrivano a Sant’Anna. Un commissario, con la pistola in pugno, notifica l’arresto a padre Planchat, il quale viene subito condotto al Municipio del ventesimo arrondissement e subisce un interrogatorio.
Il Venerdì Santo gli viene annunciato il trasferimento alla Prefettura. Lì padre Planchat rimane, in totale isolamento, fino al giovedì dell’Ottava di Pasqua, il 13 aprile. In quel giorno, insieme ad altri religiosi prigionieri, viene trasferito al carcere preventivo di Mazas.
In tutto vi sono imprigionati venticinque ecclesiastici, compresi padre
Ladislao Radigue, padre Policarpo Tuffier, padre Marcellino Rouchouze e padre
Frézal Tardieu, consiglieri del superiore generale della Congregazione dei
Sacri Cuori di Gesù e di Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo
Sacramento dell’Altare, ovvero i padri di Picpus.
Nel carcere per condannati a morte
Nei trentanove giorni seguenti, i prigionieri si trovano in condizioni penose, senza la possibilità di celebrare Messa, ma riescono a confessarsi a vicenda. Lo stesso avviene quando il direttore del carcere di Mazas ottiene il loro trasferimento a La Grande Roquette, sede del carcere per condannati a morte.
Avviene il 21 maggio, giorno in cui l’esercito regolare cinge d’assedio Parigi.
Da quel momento in poi, in tutta la città, infuriano atroci battaglie, in
quella che passò alla storia come la “settimana sanguinante”.
Lettere dal carcere
Nei luoghi della sua detenzione, padre Planchat scrive numerose lettere. Il 19 maggio 1871, da Mazas, si rivolge alla signorina Erdeven: «Ho tre volte bisogno di preghiere per mantenermi pronto a ricevere il colpo di grazia che può arrivare, sia senza preavviso sia senza confessione; per mantenermi nell’amicizia di Dio tramite il solo soccorso diretto della sua grazia; per non perdere a causa delle vigliaccherie, ahimè troppo frequenti, della mia miserabile volontà, il merito di questa croce benedetta inviata da Dio, per il mio bene e per quello del mio caro gregge».
Al signor Derny, da La Grande Roquette, comunica, il 23 maggio 1871: «Abbiamo
potuto confessarci. Preghi e faccia pregare per tutti noi, non solo per me.
Addio, mio caro amico, faccia sempre, ai nostri cari bambini e a tutti, il
maggior bene possibile; la ricompensa lassù è infinita». Lo stesso giorno
comunica al fratello Eugène: «Il nostro sacrificio è compiuto. […] Non sono
triste, te l’assicuro: prego per tutti; pregate per me e per tutti gli abitanti
della prigione».
Il martirio
Il 26 maggio, lo scontro tra gli insorti e l’esercito regolare giunge al culmine. Alle 15 dello stesso giorno, il colonnello Emile Gois, addetto alla giustizia militare, si dirige alla prigione di La Grande Roquette, dove si trovano più di cento ostaggi. Di propria iniziativa, comanda al direttore della prigione di consegnargli cinquanta detenuti.
Vengono selezionati trentatré guardie di Parigi, due gendarmi, quattro sospetti di spionaggio e dieci ecclesiastici, scelti a caso. Sono tre Gesuiti, ovvero i padri Jean Caubert, Pierre Olivaint e Anatole de Bengy; padre Planchat; i quattro padri di Picpus prima menzionati; don Jean-Marie-Noël Sabatier, vicario della chiesa della Madonna di Loreto; Paul Seigneret, allievo del Seminario di San Sulpizio.
Circondati dalle Guardie Nazionali del 173° Battaglione, i prigionieri camminano a piedi fino a Villa Vincennes, al civico 85 di rue Haxo, strattonati, picchiati e insultati dalla folla, fino al muro che circonda un terreno vuoto.
Un colpo di pistola dà il via a una fucilazione incontrollata; in meno di
mezz’ora, i condannati sono tutti uccisi. Padre Ladislao ha quarantasette anni.
Le sue spoglie riposano ora nel santuario della Madonna de La Salette a
Vaugirard-Parigi, accanto a quelle del suo fondatore.
La causa di padre Planchat, di padre Radigue e dei loro compagni
Padre Henri Planchat, padre Ladislao Radigue e gli altri tre padri di Picpus vengono immediatamente considerati martiri; tale fama, perdurata nel tempo, ha condotto all’apertura della loro causa di beatificazione per il riconoscimento del loro martirio.
Un primo processo informativo è stato celebrato presso la Curia di Parigi
dall’8 marzo 1897 all’8 agosto 1900, ma si è resa necessaria una nuova
inchiesta diocesana dal 29 ottobre 2015 al 4 maggio 2016. La Congregazione
delle Cause dei Santi ha emesso il decreto di convalida giuridica degli atti il
27 ottobre 2016.
Il decreto sul martirio e la beatificazione
La “Positio super martyrio”, consegnata nel 2020, è stata presentata ai Consultori Storici il 20 ottobre 2020, essendo la causa di tipo antico o storica.
L’11 maggio 2021 i Consultori Teologi della Congregazione delle Cause dei Santi hanno espresso parere affermativo circa l’effettivo martirio dei sei religiosi. I Cardinali e Vescovi membri della stessa Congregazione, riuniti nella Sessione Ordinaria del 19 ottobre dello stesso anno, hanno confermato tale parere positivo.
Il 25 novembre 2021, ricevendo in udienza il cardinal Marcello Semeraro, Prefetto della Congregazione delle Cause dei Santi, papa Francesco ha autorizzato la promulgazione del decreto con cui padre Planchat, padre Radigue e compagni venivano dichiarati martiri.
La Messa con il Rito della Beatificazione, presieduta dal cardinal Semeraro, è stata celebrata il 22 aprile 2023, nella chiesa di San Sulpizio a Parigi. La memoria liturgica dei cinque Beati venne fissata al 26 maggio, giorno della loro nascita al Cielo.
Autore: Carlo Snider
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/95362
Beato Ladislao
(Armand-Pierre) Radigue Sacerdote e martire
Festa: 26 maggio
>>> Visualizza la
Scheda del Gruppo cui appartiene
Saint-Patrice-du-Désert,
Francia, 8 maggio 1823 – Parigi, Francia, 26 maggio 1871
Armand-Pierre Radigue
nacque l’9 maggio 1823 a Saint-Patrice-du-Désert, in Normandia, figlio di
contadini. Alla morte della madre, fu educato da uno zio sacerdote. Diventato
allievo della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria nonché
dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare (ovvero i padri
di Picpus) a Séez, manifestò il desiderio di entrare nella stessa
Congregazione. Entrò in noviziato nel 1843, assumendo il nome religioso di
fratel Ladislao. Vestì l’abito della Congregazione e professò i voti perpetui
il 7 marzo 1845. Fu ordinato sacerdote il 22 aprile 1848, quell’anno Sabato
Santo. Non poté partire per le missioni estere, come desiderava, ma seguì i
futuri missionari, prima come maestro dei novizi e restando addetto alla loro
formazione anche come vicario generale della Congregazione e, infine, come
superiore della Casa madre. In anni difficili per la Congregazione, fu uomo di
pace e di servizio. Allo scoppio dell’insurrezione della Comune di Parigi, fece
evacuare la Casa madre, rimanendo con pochi religiosi. Il 12 aprile la casa
venne assediata e i religiosi rimasti arrestati. Con i tre confratelli che
condividevano con lui il governo della Congregazione, ovvero padre Policarpo
Tuffier, padre Marcellino Rouchouze e padre Frézal Tardieu, fu incarcerato
prima a Mazas, poi a La Grande Roquette. In tutta la prigionia, padre Ladislao
continuò a preoccuparsi del bene delle persone a lui affidate, specie
ascoltando la Confessione sacramentale degli altri prigionieri. Venne fucilato,
il 26 maggio dello stesso anno, presso una villa in rue Haxo: insieme a lui e
ai confratelli, c’erano tre padri Gesuiti, un sacerdote diocesano, un
seminarista diocesano e padre Henri Planchat, dei Religiosi di San Vincenzo de’
Paoli. Con quest’ultimo e con i confratelli è stato beatificato il 22 aprile
2023 a Parigi, nella chiesa di San Sulpizio, sotto il pontificato di papa Francesco.
I resti mortali dei quattro padri di Picpus uccisi in rue Haxo sono venerati
nella cripta dei fondatori, presso il cimitero di Picpus a Parigi. La loro
memoria liturgica ricorre invece il 26 maggio, giorno della loro nascita al
Cielo.
Una vocazione precoce
Armand-Pierre Radigue nacque l’9 maggio 1823 a Saint-Patrice-du-Désert, nella
regione francese della Normandia e nella diocesi di Séez, secondo dei cinque
figli di una coppia di contadini. Sua madre, morta a ventisette anni,
profondamente credente, ebbe un presentimento circa la vocazione di suo figlio.
Di fatto, dopo la morte della madre, Armand-Pierre fu educato da uno zio
sacerdote. Studiò nell’istituto della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e
di Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare
(ovvero i padri di Picpus) a Séez: col suo buon carattere, divenne amico di
tutti gli alunni.
Non missionario, ma formatore di missionari
Nel 1843 entrò nel noviziato della stessa Congregazione, situato alla periferia di Parigi, assumendo il nome di fratel Ladislao in onore di un suo fratello, cui era molto affezionato. Vestì l’abito della Congregazione e professò i voti perpetui il 7 marzo 1845. Fu ordinato sacerdote il 22 aprile 1848, quell’anno Sabato Santo.
Desiderava partire per le missioni estere, ma ne fu impedito dai numerosi
ostacoli, politici e non solo, dell’epoca. Divenne dunque formatore in
noviziato, fino a essere nominato, nel 1863, maestro dei novizi. Direttore
spirituale eccellente e attento educatore, padre Ladislao rese il noviziato un
luogo di allenamento alla vita missionaria, a cui erano indirizzati molti dei
giovani in formazione.
Uomo di pace, di dovere e di servizio
Nel difficile periodo che la Congregazione affrontò tra il 1852 e il 1853, a causa di problemi interni, fu uomo di pace. Nel 1870 divenne priore della Casa madre dei padri di Picpus, rimanendo contemporaneamente formatore in noviziato.
Il confratello padre Malige disse di lui: «Padre Radigue era anzitutto un uomo
di dovere. Non è forse la sua fede attiva in Gesù Cristo che ha reso Ladislao
un uomo di servizio?».
Nella persecuzione della Comune di Parigi
Allo scoppio dell’insurrezione della Comune di Parigi, il 18 marzo 1871, padre Ladislao ebbe la lucidità di far evacuare la maggior parte dei confratelli della Casa madre, inviandoli fuori dalla capitale francese. Rimasero solo lui e pochi altri religiosi.
Il 12 aprile, mercoledì dell’Ottava di Pasqua, alle quattro del pomeriggio, la casa madre della Congregazione sia maschile sia femminile fu assaltata dagli insorti. Padre Ladislao cercò d’impedire la perquisizione della propria cella, fin nelle carte personali, e domandò: «Cosa cercate lì dentro? Noi non facciamo affatto politica». Gli fu replicato: «Non è affatto la vostra politica che temiamo, ma voi dite la Messa e portate degli scapolari. Noi non vogliamo più queste superstizioni».
Alle 23, furono arrestati dodici sacerdoti e un religioso fratello. Il 5 maggio, settantaquattro suore, compresa madre Beniamina le Blais, superiora generale, e dieci novizie, vennero arrestate e condotte alla prigione di Saint-Lazare.
Molti degli uni e delle altre vennero rilasciati o fuggirono, mentre rimasero
in carcere i quattro consiglieri del superiore generale: padre Ladislao, padre
Policarpo Tuffier, padre Marcellino Rouchouze e padre Frézal Tardieu.
La prigionia
Vennero condotti in carrozza, a due a due, accompagnati da un membro della Guardia Nazionale, fino alla prigione della Conciergerie. Vi giunsero a mezzanotte e vi trascorsero cinque giorni. La sera del 17 aprile, i quattro religiosi vennero trasferiti a Mazas.
In prigione, trovarono altri ecclesiastici, considerati ostaggi del popolo
parigino perché sospettati di connivenza col Governo di Adolphe Thiers, fuggito
a Versailles all’inizio dell’insurrezione. Di fatto, però, i comunardi
perseguitavano la Chiesa cattolica perché la ritenevano un’eredità del passato
regime monarchico e un ostacolo alle loro istanze sociali.
Nel carcere dei condannati a morte
Nei trentanove giorni seguenti, i prigionieri si trovarono in condizioni
penose, senza la possibilità di celebrare Messa. Padre Ladislao rimase fino
all’ultimo preoccupato del bene delle anime a lui affidate, ovvero, in quel
momento, dei compagni di prigionia: più volte ascoltò la loro Confessione
sacramentale.
Lo fece anche quando il direttore del carcere di Mazas ottenne il loro
trasferimento a La Grande Roquette, sede del carcere per condannati a morte.
Avvenne il 21 maggio, giorno in cui l’esercito regolare cinse d’assedio Parigi.
Da quel momento in poi, in tutta la città, infuriarono atroci battaglie, in
quella che passò alla storia come la “settimana sanguinante”.
La sua lettera al superiore generale
Il 3 maggio 1871, padre Ladislao scrisse al superiore generale dei padri di Picpus:
«Posso dirvi, mio amatissimo Padre, che non sono mai stato così felice della mia vita; ho riconosciuto quanto il Signore sia buono, e quale assistenza conceda a coloro che mette alla prova per la gloria del suo nome. Ho perfino compreso un po’, dopo averlo gustato, il “sovrabbondo di gioia in ogni tribolazione” di san Paolo. Non è forse vero, Padre mio, che agli occhi della fede, non siamo da compiangere? Quanto a me, mi trovo onoratissimo di soffrire per la religione di Gesù Cristo. Non mi considero affatto un prigioniero politico. Non voglio avere altra politica che quella di Gesù, mio Salvatore».
Nella stessa lettera afferma anche: «Sono dunque santamente fiero di trovarmi
al seguito di tanti gloriosi confessori, che hanno reso testimonianza a Gesù
Cristo. Penso al glorioso apostolo Pietro nella sua prigione; tutti i giorni
bacio con amore un fac-simile delle sue catene, che sono felice di possedere
[si riferisce, evidentemente, alle catene che l’ammanettano]. Penso al grande
san Paolo, leggendo le sue sofferenze negli Atti e nelle sue Lettere. Quanto
soffro è nulla al confronto; è molto per me, perché sono debole. Passo in
rassegna tanti altri santi e sante che sono lodati per aver sofferto quel che
io soffro, e mi domando dunque perché non mi dovrei trovare felice di ciò che
ha costituito la felicità dei santi».
Il martirio
Il 26 maggio, lo scontro tra gli insorti e l’esercito regolare giunse al culmine. Alle 15 dello stesso giorno, il colonnello Emile Gois, addetto alla giustizia militare, si diresse alla prigione di La Grande Roquette, dove si trovavano più di cento ostaggi. Di propria iniziativa, comandò al direttore della prigione di consegnargli cinquanta detenuti.
Vennero selezionati trentatré guardie di Parigi, due gendarmi, quattro sospetti di spionaggio e dieci ecclesiastici, scelti a caso. Erano tre Gesuiti, ovvero i padri Jean Caubert, Pierre Olivaint e Anatole de Bengy; padre Henri Planchat, dei Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli, direttore del patronato di Sant’Anna; padre Ladislao e gli altri tre padri di Picpus; don Jean-Marie-Noël Sabatier, vicario della chiesa della Madonna di Loreto, e Paul Seigneret, allievo del Seminario di San Sulpizio.
Circondati dalle Guardie Nazionali del 173° Battaglione, i prigionieri
camminarono a piedi fino a Villa Vincennes, al civico 85 di rue Haxo,
strattonati, picchiati e insultati dalla folla, fino al muro che circondava un
terreno vuoto. Un colpo di pistola diede il via a una fucilazione
incontrollata; in meno di mezz’ora, i condannati vennero tutti uccisi.
La causa di padre Planchat, di padre Radigue e dei loro compagni
Padre Henri Planchat, padre Ladislao Radigue e gli altri tre padri di Picpus furono immediatamente considerati martiri; tale fama si mantenne nel tempo, portando all’apertura della loro causa di beatificazione per il riconoscimento del loro martirio.
Un primo processo informativo fu celebrato presso la Curia di Parigi dall’8
marzo 1897 all’8 agosto 1900, ma fu necessaria una nuova inchiesta diocesana
dal 29 ottobre 2015 al 4 maggio 2016. La Congregazione delle Cause dei Santi
emise il decreto di convalida giuridica degli atti il 27 ottobre 2016.
Il decreto sul martirio e la beatificazione
La “Positiio super martyrio”, consegnata nel 2020, è stata presentata ai Consultori Storici il 20 ottobre 2020, essendo la causa di tipo antico o storica.
L’11 maggio 2021 i Consultori Teologi della Congregazione delle Cause dei Santi espressero parere affermativo circa l’effettivo martirio dei sei religiosi. I Cardinali e Vescovi membri della stessa Congregazione, riuniti nella Sessione Ordinaria del 19 ottobre dello stesso anno, confermarono tale parere positivo.
Il 25 novembre 2021, ricevendo in udienza il cardinal Marcello Semeraro, Prefetto della Congregazione delle Cause dei Santi, papa Francesco autorizzò la promulgazione del decreto con cui padre Planchat, padre Radigue e compagni venivano dichiarati martiri.
La Messa con il Rito della Beatificazione, presieduta dal cardinal Semeraro, fu
celebrata il 22 aprile 2023, nella chiesa di San Sulpizio a Parigi. La memoria
liturgica dei cinque Beati venne fissata al 26 maggio, giorno della loro
nascita al Cielo.
La memoria e il culto
Sul luogo del massacro di rue Haxo venne costruita, per mandato dei padri Gesuiti, una cappella provvisoria, a cui seguirono altre strutture, fino alla chiesa vera e propria, che nel 1961 divenne la chiesa parrocchiale intitolata alla Madonna degli Ostaggi (Notre-Dame des Otages).
I resti di padre Ladislao e dei suoi confratelli, dal 21 ottobre 2010, si
trovano nella cripta dei fondatori della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù
e di Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare,
nel cimitero di Picpus a Parigi.
Preghiera per ottenere grazie attraverso l’intercessione dei Martiri di Picpus
Dio, nostro Padre, Ti rendiamo grazie per i nostri
Fratelli: Ladislao, Marcellino, Frézal e Policarpo.
Li hai chiamati a vivere e morire al servizio
dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria.
Per amor Tuo, hanno deciso di lavorare con zelo
per la salvezza dei loro fratelli e delle loro sorelle,
fino al punto di accettare la prigione
e la morte violenta
in comunione con la Passione del Tuo Figlio,
che è morto per noi sulla croce.
In questo modo hanno partecipato
alle Sue sofferenze per il Suo Corpo che è la Chiesa.
Ti preghiamo per loro intercessione
di concederci le grazie che Ti chiediamo ....
Fa’ che non siamo mai separati dal Tuo Amore.
Aiutaci a superare tutte le nostre difficoltà
attraverso l’amore per Colui che per primo ci ha amati,
Gesù Cristo, nostro Signore. Amen.
Vi preghiamo gentilmente di informarci delle grazie ricevute
attraverso l’intercessione dei Martiri di Picpus:
Communauté Pierre Coudrin
P. Bernard Couronne SSCC
Vice-Postulateur
37, Rue de Picpus
75012 Paris – France
E-mail: berdcour@club-internet.fr
oppure:
Congregazione dei Sacri Cuori
Postulazione Generale
Via Rivarone, 85
00166 Roma – Italia
E-mail: postulazione@ssccpicpus.com
Internet: www.ssccpicpus.com
Autore: Emilia Flocchini
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/99958
Beato Policarpo
(Jules) Tuffier Sacerdote e martire
Festa: 26 maggio
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Scheda del Gruppo cui appartiene
Le Malzieu, Francia, 14
marzo 1807 – Parigi, Francia, 26 maggio 1871
Jules Tuffier, figlio di
Jean-Paul Tuffier e di Suzanne Martin, nacque il 14 marzo 1807 a Le Malzieu,
nella regione francese dell’Occitania. Fu collocato, ancora bambino, nel
collegio dell’Adorazione a Mende, retto dai religiosi della Congregazione dei Sacri
Cuori di Gesù e di Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo
Sacramento dell’Altare (ovvero i padri di Picpus). Lì maturò la vocazione a
entrare nella stessa Congregazione: emise la professione religiosa il 14 maggio
1823. Diventato sacerdote nel 1830, fu parroco, cappellano dei non udenti e
direttore del collegio dei Petits-Carmes a Cahors, lasciando un buon ricordo di
sé. Nel 1871, allo scoppio dell’insurrezione della Comune di Parigi, era nella
Casa madre in rue de Picpus a Parigi, come economo. In quella veste, fu uno dei
pochi religiosi a rimanere dopo l’evacuazione della struttura. Il 12 aprile,
però, venne arrestato e condotto, con gli altri tre consiglieri del superiore
generale, nella prigione della Conciergerie, quindi a quella di Mazas e,
infine, a quella de La Grande Rochelle. In carcere padre Policarpo si mostrò
sereno, disposto a sopportare le prove per testimoniare la fede in Gesù
crocifisso. Venne fucilato, il 26 maggio dello stesso anno, presso una villa in
rue Haxo: insieme a lui e ai confratelli, c’erano tre padri Gesuiti, un
sacerdote diocesano, un seminarista diocesano e padre Henri Planchat, dei
Religiosi di San Vincenzo de’ Paoli. Con quest’ultimo e con i confratelli è
stato beatificato il 22 aprile 2023 a Parigi, nella chiesa di San Sulpizio,
sotto il pontificato di papa Francesco. I resti mortali dei quattro padri di
Picpus uccisi in rue Haxo sono venerati nella cripta dei fondatori, presso il
cimitero di Picpus a Parigi, mentre la loro memoria liturgica ricorre il 26 maggio,
giorno della loro nascita al Cielo.
Alunno e religioso dei padri di Picpus
Jules Tuffier, figlio di Jean-Paul Tuffier e di Suzanne Martin, nacque il 14 marzo 1807 a Le Malzieu, nella regione francese dell’Occitania. Sua madre lo collocò, ancora piccolo, nel collegio dell’Adorazione a Mende, retto dai religiosi della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare (ovvero i padri di Picpus), affidandolo a padre Régis Rouchouze.
Non aveva ancora dodici anni quando, nel mezzo di una ricreazione, sentì
risuonare all’orecchio queste parole: «Signor Jules Tuffier, passate al
noviziato». Giunto a Parigi il 3 maggio 1820, il giovane vi pronunciò i voti,
prendendo il nome di Policarpo, il 14 maggio 1823. Stava per essere ordinato
sacerdote nel 1830, quando esplose la rivoluzione di luglio.
I primi incarichi
Tra il 1831 e il 1858, padre Policarpo venne inviato alla periferia di Rouen, a Notre-Dame de Paix, a Yvetot come cappellano dei non udenti, quindi come superiore del collegio dei Petits-Carmes dal 1847 al 1858, a Cahors.
A lui si deve in gran parte la prosperità di quella struttura in quel periodo. Anzitutto, fece costruire la cappella, mentre nel 1850 approfittò della legge favorevole alla libertà d’insegnamento per organizzare lezioni di latino, greco e scienze. Sei anni più tardi raccolse le primizie dei suoi sforzi, nel vedere numerosi dei suoi allievi ricevuti con tutti gli onori a Tolosa, col grado di baccellieri in lettere.
Da Cahors, padre Policarpo passò a Mende, quindi, nel 1862, a Laval. L’anno
successivo, il capitolo generale gli conferì l’incarico di economo della casa
madre, che rivestì fino alla morte. Fu anche molto apprezzato come predicatore.
Nella persecuzione della Comune di Parigi
Allo scoppio dell’insurrezione della Comune di Parigi, il 18 marzo 1871, padre Ladislao Radigue, il superiore della Casa madre, ebbe la lucidità di far evacuare la maggior parte dei confratelli della Casa madre, inviandoli fuori dalla capitale francese. Rimasero solo lui e pochi altri religiosi.
Il 12 aprile, mercoledì dell’Ottava di Pasqua, alle quattro del pomeriggio, la casa madre della Congregazione sia maschile sia femminile fu assaltata dagli insorti. Alle 23, furono arrestati dodici sacerdoti e un religioso fratello. Il 5 maggio, settantaquattro suore, compresa madre Beniamina le Blais, superiora generale, e dieci novizie, vennero arrestate e condotte alla prigione di Saint-Lazare.
Molti degli uni e delle altre vennero rilasciati o fuggirono, mentre rimasero
in carcere i quattro consiglieri del superiore generale: padre Ladislao, padre
Policarpo, padre Marcellino Rouchouze e padre Frézal Tardieu.
La prigionia
Vennero condotti in carrozza, a due a due, accompagnati da un membro della Guardia Nazionale, fino alla prigione della Conciergerie. Vi giunsero a mezzanotte e vi trascorsero cinque giorni. La sera del 17 aprile, i quattro religiosi vennero trasferiti a Mazas.
In prigione, trovarono altri ecclesiastici, considerati ostaggi del popolo
parigino perché sospettati di connivenza col Governo di Adolphe Thiers, fuggito
a Versailles all’inizio dell’insurrezione. Di fatto, però, i comunardi
perseguitavano la Chiesa cattolica perché la ritenevano un’eredità del passato
regime monarchico e un ostacolo alle loro istanze sociali.
Nel carcere dei condannati a morte
Nei trentanove giorni seguenti, i prigionieri si trovarono in condizioni penose, senza la possibilità di celebrare Messa. Il 21 maggio, il direttore del carcere di Mazas ottenne il loro trasferimento a La Grande Roquette, sede del carcere per condannati a morte.
Lo stesso giorno, l’esercito regolare cinse d’assedio Parigi. Da quel momento
in poi, in tutta la città, infuriarono atroci battaglie, in quella che passò
alla storia come la “settimana sanguinante”.
Una figura consolante
Padre Policarpo riuscì a guadagnarsi, senza ricercatezza e affettazione, la stima e l’affetto di più di un compagno di prigionia. «Il primo ostaggio che ho salutato a La Moquette, martedì mattina, è stato il vostro venerabile cugino», scrisse il signor Perny a don Hermet, parroco di Villereau presso Loiret; «la sua cella si trovava di fronte alla mia. Ancor prima che si aprissero le nostre celle, l’avevo intravisto tramite lo sportello della porta. La sua figura raggiante, espansiva, appagata, mi ha attirato a lui al primo contatto».
Anche per lettera cercava di trasmettere la serenità che provava. Scrisse ad
esempio alla signora Langlois, il 25 aprile 1871: «Nella vostra vita avete
trovato più di una volta delle grandi pene. Ebbene, le pene sono per l’anima il
fuoco che purifica l’oro e lo libera da ogni impurità. Per il sacerdote, è la
sola gloria che l’apostolo san Paolo gli permette di accettare. Esse ci
ricordano che siamo ministri di un Dio morto sulla croce. Usciremo da questa
prova migliori, bisogna sperare, e, di conseguenza, più degni di annunciare il
Dio crocifisso».
Il martirio
Il 26 maggio, lo scontro tra gli insorti e l’esercito regolare giunse al culmine. Alle 15 dello stesso giorno, il colonnello Emile Gois, addetto alla giustizia militare, si diresse alla prigione di La Grande Roquette, dove si trovavano più di cento ostaggi. Di propria iniziativa, comandò al direttore della prigione di consegnargli cinquanta detenuti.
Vennero selezionati trentatré guardie di Parigi, due gendarmi, quattro sospetti di spionaggio e dieci ecclesiastici, scelti a caso. Erano tre Gesuiti, ovvero i padri Jean Caubert, Pierre Olivaint e Anatole de Bengy; padre Henri Planchat, dei Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli, direttore del patronato di Sant’Anna; padre Policarpo e gli altri tre padri di Picpus; don Jean-Marie-Noël Sabatier, vicario della chiesa della Madonna di Loreto, e Paul Seigneret, allievo del Seminario di San Sulpizio.
Circondati dalle Guardie Nazionali del 173° Battaglione, i prigionieri
camminarono a piedi fino a Villa Vincennes, al civico 85 di rue Haxo,
strattonati, picchiati e insultati dalla folla, fino al muro che circondava un
terreno vuoto. Un colpo di pistola diede il via a una fucilazione incontrollata;
in meno di mezz’ora, i condannati vennero tutti uccisi.
Il compianto degli ex allievi
Alla sua morte, coloro che l’avevano avuto come insegnante e superiore ai
Petits-Carmes manifestarono, una volta di più, il loro affetto, scrivendo:
«Quando si è diffusa in questa città la notizia che i federati della Comune di
Parigi l’avevano fucilato sulle colline di Belleville, gli amici che aveva
lasciato qui, i suoi ex allievi, oggi sacerdoti, magistrati, pubblici
funzionari, mostrarono, con la loro sollecitudine a esprimere le loro sentite
condoglianze al suo successore, come il suo ricordo, dopo undici anni
d’assenza, era ancora vivo in tutti i cuori».
La causa di padre Planchat, di padre Tuffier e dei loro compagni
Padre Henri Planchat, padre Policarpo Tuffier e gli altri tre padri di Picpus furono immediatamente considerati martiri; tale fama si mantenne nel tempo, portando all’apertura della loro causa di beatificazione per il riconoscimento del loro martirio.
Un primo processo informativo fu celebrato presso la Curia di Parigi dall’8
marzo 1897 all’8 agosto 1900, ma fu necessaria una nuova inchiesta diocesana
dal 29 ottobre 2015 al 4 maggio 2016. La Congregazione delle Cause dei Santi
emise il decreto di convalida giuridica degli atti il 27 ottobre 2016.
Il decreto sul martirio e la beatificazione
La “Positiio super martyrio”, consegnata nel 2020, è stata presentata ai Consultori Storici il 20 ottobre 2020, essendo la causa di tipo antico o storica.
L’11 maggio 2021 i Consultori Teologi della Congregazione delle Cause dei Santi espressero parere affermativo circa l’effettivo martirio dei sei religiosi. I Cardinali e Vescovi membri della stessa Congregazione, riuniti nella Sessione Ordinaria del 19 ottobre dello stesso anno, confermarono tale parere positivo.
Il 25 novembre 2021, ricevendo in udienza il cardinal Marcello Semeraro, Prefetto della Congregazione delle Cause dei Santi, papa Francesco autorizzò la promulgazione del decreto con cui padre Planchat, padre Tuffier e compagni venivano dichiarati martiri.
La Messa con il Rito della Beatificazione, presieduta dal cardinal Semeraro, fu
celebrata il 22 aprile 2023, nella chiesa di San Sulpizio a Parigi. La memoria
liturgica dei cinque Beati venne fissata al 26 maggio, giorno della loro
nascita al Cielo.
La memoria e il culto
Sul luogo del massacro di rue Haxo venne costruita, per mandato dei padri Gesuiti, una cappella provvisoria, a cui seguirono altre strutture, fino alla chiesa vera e propria, che nel 1961 divenne la chiesa parrocchiale intitolata alla Madonna degli Ostaggi (Notre-Dame des Otages).
I resti di padre Policarpo e dei suoi confratelli, dal 21 ottobre 2010, si
trovano nella cripta dei fondatori della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù
e di Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento
dell’Altare, nel cimitero di Picpus a Parigi.
Preghiera per ottenere grazie attraverso l’intercessione dei Martiri di Picpus
Dio, nostro Padre, Ti rendiamo grazie per i nostri
Fratelli: Ladislao, Marcellino, Frézal e Policarpo.
Li hai chiamati a vivere e morire al servizio
dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria.
Per amor Tuo, hanno deciso di lavorare con zelo
per la salvezza dei loro fratelli e delle loro sorelle,
fino al punto di accettare la prigione
e la morte violenta
in comunione con la Passione del Tuo Figlio,
che è morto per noi sulla croce.
In questo modo hanno partecipato
alle Sue sofferenze per il Suo Corpo che è la Chiesa.
Ti preghiamo per loro intercessione
di concederci le grazie che Ti chiediamo ....
Fa’ che non siamo mai separati dal Tuo Amore.
Aiutaci a superare tutte le nostre difficoltà
attraverso l’amore per Colui che per primo ci ha amati,
Gesù Cristo, nostro Signore. Amen.
Vi preghiamo gentilmente di informarci delle grazie ricevute
attraverso l’intercessione dei Martiri di Picpus:
Communauté Pierre Coudrin
P. Bernard Couronne SSCC
Vice-Postulateur
37, Rue de Picpus
75012 Paris – France
E-mail: berdcour@club-internet.fr
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Congregazione dei Sacri Cuori
Postulazione Generale
Via Rivarone, 85
00166 Roma – Italia
E-mail: postulazione@ssccpicpus.com
Internet: www.ssccpicpus.com
Autore: Emilia Flocchini
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/99959
Beato Marcellino
(Jean-Marie) Rouchouze Sacerdote e martire
Festa: 26 maggio
>>> Visualizza la
Scheda del Gruppo cui appartiene
Saint-Julien-en-Jarez,
Francia, 14 dicembre 1810 – Parigi, Francia, 26 maggio 1871
Jean-Marie Rouchouze
nacque il 14 dicembre 1810 a Saint-Julien-en-Jarez, nella regione francese
della Loira, primogenito di tre figli. Come i suoi fratelli e come suo padre,
una volta che quest’ultimo era rimasto vedovo, e uno zio, entrò nella
Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria nonché dell’Adorazione
Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare (ovvero i padri di Picpus),
prendendo il nome di fratel Marcellino. Pronunciò i voti religiosi nelle mani
di padre Pierre-Marie Joseph Coudrin, fondatore della Congregazione dei Sacri
Cuori (per il quale è in corso la causa di beatificazione) il 2 febbraio 1837.
Fu docente di latino, di matematica e di filosofia in varie strutture della
Congregazione, prima in Belgio, poi in Francia. Sebbene si considerasse per
umiltà indegno del presbiterato, fu convinto, anche dai consigli del Santo
Curato d’Ars, a essere ordinato sacerdote il 5 giugno 1852, a quasi quarantadue
anni. Nel 1865 fu chiamato a Parigi come segretario generale della
Congregazione da suo fratello padre Eutimio, diventato superiore generale, e
mantenne l’incarico anche dopo la morte di lui. In quella veste, fu uno dei
pochi religiosi a rimanere dopo l’evacuazione della Casa madre. Il 12 aprile,
però, venne arrestato e condotto, con gli altri tre consiglieri del superiore
generale, nella prigione della Conciergerie, quindi a quella di Mazas e,
infine, a quella de La Grande Rochelle. Padre Marcellino visse il carcere come
una scuola di silenzio. Venne fucilato, il 26 maggio dello stesso anno, presso
una villa in rue Haxo: insieme a lui e ai confratelli, c’erano tre padri
Gesuiti, un sacerdote diocesano, un seminarista diocesano e padre Henri
Planchat, dei Religiosi di San Vincenzo de’ Paoli. Con quest’ultimo e con i
confratelli è stato beatificato il 22 aprile 2023 a Parigi, nella chiesa di San
Sulpizio, sotto il pontificato di papa Francesco. I resti mortali dei quattro
padri di Picpus uccisi in rue Haxo sono venerati nella cripta dei fondatori,
presso il cimitero di Picpus a Parigi, mentre la loro memoria liturgica ricorre
il 26 maggio, giorno della loro nascita al Cielo.
Parente di religiosi
Jean-Marie Rouchouze nacque il 14 dicembre 1810 a Saint-Julien-en-Jarez, nella regione francese della Loira, primogenito dei tre figli di Barthélemy Rouchouze e Suzanne Clot.
Suo fratello François entrò nella Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare (ovvero i padri di Picpus), prendendo il nome di fratel Eutimio e diventando poi sacerdote. Anche la sorella minore, Anna, entrò nel ramo femminile, col nome di suor Anna-Régis: per quindici anni fu superiora a La Serena in Cile, dove morì nel 1884.
Rimasto vedovo, suo padre chiese di entrare nella stessa Congregazione come
religioso fratello. Aveva infatti affidato i figli alle cure di quei religiosi,
prima a Sarlat, poi a Mende, dove li aveva raggiunti lo zio padre Régis
Rouchouze.
Religioso a sua volta
Quanto a Jean-Marie, anche lui entrò nella stessa Congregazione, cominciando il noviziato il 9 agosto 1834; da allora in poi, fu fratel Marcellino. Il 15 settembre 1836 giunse alla casa madre di rue de Picpus a Parigi, dove emise i voti il 2 febbraio 1837 nelle mani del fondatore, padre Pierre-Marie-Joseph Coudrin, che morì qualche settimana dopo (per lui è in corso la causa di beatificazione).
Fu docente di latino, di matematica e di filosofia in varie strutture della
Congregazione, prima in Belgio, poi in Francia. Come prefetto degli studi, fu
coscienzioso, vigilante e dedito ai suoi alunni, che gli volevano molto bene.
I consigli del Santo Curato d’Ars lo orientano al presbiterato
Tuttavia, fratel Marcellino si riteneva indegno del presbiterato. Nel 1852 andò
a chiedere consiglio a don Jean-Marie Vianney, il Santo Curato d’Ars. Si sentì
rispondere: «Figlio mio, dovete essere sacerdote; il buon Dio ha dei disegni su
di voi». Accettò dunque l’ordinazione sacerdotale, che gli fu conferita il 5
giugno 1852; aveva quasi quarantadue anni.
Insegnante, poi segretario generale
Nel 1860 era a Poitiers, per ragioni di salute, come insegnante e prefetto degli studi. Costantemente apprezzato dai suoi allievi, dotato di semplicità ed entusiasmo, riusciva ad accattivarsi i giovani e a coinvolgerli nel loro apprendistato. Si metteva alla portata di quelli meno dotati e cercava di far compiere loro tutti i progressi possibili.
Nel 1865 il superiore generale, ovvero suo fratello padre Eutimio Rouchouze, lo
chiamò a Parigi come segretario generale della Congregazione: la delicatezza
che quel compito richiedeva corrispondeva perfettamente al suo amore per la
vita nascosta, al suo appassionato interesse per la comunità e al suo amore per
i dettagli. Con quello stesso incarico, padre Marcellino accompagnò il suo
superiore generale a Roma nel 1867. Nel 1870, infine, entrò a far parte del
Consiglio Generale della Congregazione, voluto in quel ruolo dal successore di
suo fratello.
Nella persecuzione della Comune di Parigi
Allo scoppio dell’insurrezione della Comune di Parigi, il 18 marzo 1871, padre Ladislao Radigue, il superiore della Casa madre, ebbe la lucidità di far evacuare la maggior parte dei confratelli della Casa madre, inviandoli fuori dalla capitale francese. Rimasero solo lui e pochi altri religiosi.
Il 12 aprile, mercoledì dell’Ottava di Pasqua, alle quattro del pomeriggio, la casa madre della Congregazione sia maschile sia femminile fu assaltata dagli insorti. Alle 23, furono arrestati dodici sacerdoti e un religioso fratello. Il 5 maggio, settantaquattro suore, compresa madre Beniamina le Blais, superiora generale, e dieci novizie, vennero arrestate e condotte alla prigione di Saint-Lazare.
Molti degli uni e delle altre vennero rilasciati o fuggirono, mentre rimasero
in carcere i quattro consiglieri del superiore generale: padre Ladislao, padre
Policarpo Tuffier, padre Marcellino e padre Frézal Tardieu.
La prigionia
Vennero condotti in carrozza, a due a due, accompagnati da un membro della Guardia Nazionale, fino alla prigione della Conciergerie. Vi giunsero a mezzanotte e vi trascorsero cinque giorni. La sera del 17 aprile, i quattro religiosi vennero trasferiti a Mazas.
In prigione, trovarono altri ecclesiastici, considerati ostaggi del popolo
parigino perché sospettati di connivenza col Governo di Adolphe Thiers, fuggito
a Versailles all’inizio dell’insurrezione. Di fatto, però, i comunardi
perseguitavano la Chiesa cattolica perché la ritenevano un’eredità del passato
regime monarchico e un ostacolo alle loro istanze sociali.
Nel carcere dei condannati a morte
Nei trentanove giorni seguenti, i prigionieri si trovarono in condizioni penose, senza la possibilità di celebrare Messa. Il 21 maggio, il direttore del carcere di Mazas ottenne il loro trasferimento a La Grande Roquette, sede del carcere per condannati a morte.
Lo stesso giorno, l’esercito regolare cinse d’assedio Parigi. Da quel momento
in poi, in tutta la città, infuriarono atroci battaglie, in quella che passò
alla storia come la “settimana sanguinante”.
La prigione, scuola di silenzio
L’isolamento a cui i detenuti erano costretti era sopportato tendenzialmente bene dai padri di Picpus. Padre Marcellino arrivò a scrivere: «La prigione è per me una vera scuola di silenzio. Del resto, avremmo torto a compiangerci. La santa e adorabile volontà di Dio sia fatta in tutto e dappertutto».
Si sentiva consolato dal fatto di aver mandato sue notizie alla sorella suor
Anne-Régis, scrivendole un mese prima di essere incarcerato, il 14 marzo 1871,
e raccontandole della comunità durante l’assedio di Parigi: «Quanto a me
personalmente, non sono mai stato indisposto durante l’assedio; al contrario,
per frenare ogni idea di paura o scoraggiamento, ho lavorato più duramente che
mai in questi cinque mesi, benché le esplosioni delle armi a volte facciano
vibrare il vetro della mia finestra; comunque, non sono stato meno felice o
meno tranquillo».
Il martirio
Il 26 maggio, lo scontro tra gli insorti e l’esercito regolare giunse al culmine. Alle 15 dello stesso giorno, il colonnello Emile Gois, addetto alla giustizia militare, si diresse alla prigione di La Grande Roquette, dove si trovavano più di cento ostaggi. Di propria iniziativa, comandò al direttore della prigione di consegnargli cinquanta detenuti.
Vennero selezionati trentatré guardie di Parigi, due gendarmi, quattro sospetti di spionaggio e dieci ecclesiastici, scelti a caso. Erano tre Gesuiti, ovvero i padri Jean Caubert, Pierre Olivaint e Anatole de Bengy; padre Henri Planchat, dei Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli, direttore del patronato di Sant’Anna; padre Marcellino e gli altri tre padri di Picpus; don Jean-Marie-Noël Sabatier, vicario della chiesa della Madonna di Loreto, e Paul Seigneret, allievo del Seminario di San Sulpizio.
Circondati dalle Guardie Nazionali del 173° Battaglione, i prigionieri
camminarono a piedi fino a Villa Vincennes, al civico 85 di rue Haxo,
strattonati, picchiati e insultati dalla folla, fino al muro che circondava un
terreno vuoto. Un colpo di pistola diede il via a una fucilazione
incontrollata; in meno di mezz’ora, i condannati vennero tutti uccisi.
La causa di padre Planchat, di padre Rouchouze e dei loro compagni
Padre Henri Planchat, padre Marcellino Rouchouze e gli altri tre padri di Picpus furono immediatamente considerati martiri; tale fama si mantenne nel tempo, portando all’apertura della loro causa di beatificazione per il riconoscimento del loro martirio.
Un primo processo informativo fu celebrato presso la Curia di Parigi dall’8
marzo 1897 all’8 agosto 1900, ma fu necessaria una nuova inchiesta diocesana
dal 29 ottobre 2015 al 4 maggio 2016. La Congregazione delle Cause dei Santi
emise il decreto di convalida giuridica degli atti il 27 ottobre 2016.
Il decreto sul martirio e la beatificazione
La “Positiio super martyrio”, consegnata nel 2020, è stata presentata ai Consultori Storici il 20 ottobre 2020, essendo la causa di tipo antico o storica.
L’11 maggio 2021 i Consultori Teologi della Congregazione delle Cause dei Santi espressero parere affermativo circa l’effettivo martirio dei sei religiosi. I Cardinali e Vescovi membri della stessa Congregazione, riuniti nella Sessione Ordinaria del 19 ottobre dello stesso anno, confermarono tale parere positivo.
Il 25 novembre 2021, ricevendo in udienza il cardinal Marcello Semeraro, Prefetto della Congregazione delle Cause dei Santi, papa Francesco autorizzò la promulgazione del decreto con cui padre Planchat, padre Tuffier e compagni venivano dichiarati martiri.
La Messa con il Rito della Beatificazione, presieduta dal cardinal Semeraro, fu
celebrata il 22 aprile 2023, nella chiesa di San Sulpizio a Parigi. La memoria
liturgica dei cinque Beati venne fissata al 26 maggio, giorno della loro
nascita al Cielo.
La memoria e il culto
Sul luogo del massacro di rue Haxo venne costruita, per mandato dei padri Gesuiti, una cappella provvisoria, a cui seguirono altre strutture, fino alla chiesa vera e propria, che nel 1961 divenne la chiesa parrocchiale intitolata alla Madonna degli Ostaggi (Notre-Dame des Otages).
I resti di padre Marcellino e dei suoi confratelli, dal 21 ottobre 2010, si
trovano nella cripta dei fondatori della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù
e di Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento
dell’Altare, nel cimitero di Picpus a Parigi.
Preghiera per ottenere grazie attraverso l’intercessione dei Martiri di Picpus
Dio, nostro Padre, Ti rendiamo grazie per i nostri
Fratelli: Ladislao, Marcellino, Frézal e Policarpo.
Li hai chiamati a vivere e morire al servizio
dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria.
Per amor Tuo, hanno deciso di lavorare con zelo
per la salvezza dei loro fratelli e delle loro sorelle,
fino al punto di accettare la prigione
e la morte violenta
in comunione con la Passione del Tuo Figlio,
che è morto per noi sulla croce.
In questo modo hanno partecipato
alle Sue sofferenze per il Suo Corpo che è la Chiesa.
Ti preghiamo per loro intercessione
di concederci le grazie che Ti chiediamo ....
Fa’ che non siamo mai separati dal Tuo Amore.
Aiutaci a superare tutte le nostre difficoltà
attraverso l’amore per Colui che per primo ci ha amati,
Gesù Cristo, nostro Signore. Amen.
Vi preghiamo gentilmente di informarci delle grazie ricevute
attraverso l’intercessione dei Martiri di Picpus:
Communauté Pierre Coudrin
P. Bernard Couronne SSCC
Vice-Postulateur
37, Rue de Picpus
75012 Paris – France
E-mail: berdcour@club-internet.fr
oppure:
Congregazione dei Sacri Cuori
Postulazione Generale
Via Rivarone, 85
00166 Roma – Italia
E-mail: postulazione@ssccpicpus.com
Internet: www.ssccpicpus.com
Autore: Emilia Flocchini
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/99960
Beato Frézal
(Jean-Pierre-Eugène) Tardieu Sacerdote e martire
Festa: 26 maggio
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Scheda del Gruppo cui appartiene
Chasseradès, Francia, 18
novembre 1814 – Parigi, Francia, 26 maggio 1871
Jean-Pierre-Eugène
Tardieu nacque a Chasseradès, nella regione francese dell’Occitania, il 18
novembre 1814. Allievo della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria
nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare (ovvero i
padri di Picpus), fu in essa accolto come novizio a Parigi il 2 giugno 1837 ed
emise i voti religiosi il 24 aprile 1839, assumendo il nome di fratel Frèzal.
Non è nota la data dell’ordinazione sacerdotale, ma presumibilmente avvenne tra
l’aprile e l’ottobre 1840. Fu maestro dei novizi a Vaugirard, a Lovanio in
Belgio e a Issy-les-Molineaux. Di carattere sensibile e compassionevole, fu
vicino ai poveri e ai bambini, avviando o sostenendo iniziative in loro favore.
Nel 1860 divenne membro del Consiglio generale, con residenza nella Casa madre
di rue de Picpus a Parigi, e incaricato d’insegnare Teologia Dogmatica ai
religiosi in procinto di diventare sacerdoti. In quella veste, fu uno dei pochi
religiosi a rimanere dopo l’evacuazione della Casa madre. Il 12 aprile, però,
venne arrestato e condotto, con gli altri tre consiglieri del superiore
generale, nella prigione della Conciergerie, quindi a quella di Mazas e,
infine, a quella de La Grande Rochelle. Padre Frézal visse la prigionia
rimpiangendo solo di non potersi dedicare abbastanza allo studio. Venne
fucilato, il 26 maggio dello stesso anno, presso una villa in rue Haxo: insieme
a lui e ai confratelli, c’erano tre padri Gesuiti, un sacerdote diocesano, un
seminarista diocesano e padre Henri Planchat, dei Religiosi di San Vincenzo de’
Paoli. Con quest’ultimo e con i confratelli è stato beatificato il 22 aprile
2023 a Parigi, nella chiesa di San Sulpizio, sotto il pontificato di papa
Francesco. I resti mortali dei quattro padri di Picpus uccisi in rue Haxo sono
venerati nella cripta dei fondatori, presso il cimitero di Picpus a Parigi, mentre
la loro memoria liturgica ricorre il 26 maggio, giorno della loro nascita al
Cielo.
I primi anni
Jean-Pierre-Eugène Tardieu nacque a Chasseradès, nella regione francese dell’Occitania, il 18 novembre 1814. Si conosce poco dei suoi primi anni di vita. Suo padre, di professione notaio, era stato eletto sindaco della cittadina.
Sua madre, Françoise-Michel, riusciva a partecipare quotidianamente alla Messa,
celebrata nella chiesa parrocchiale a pochi passi da casa, anche se doveva
badare alla casa e ai suoi cinque figli.
Religioso e sacerdote dei Padri di Picpus
Completò l’istruzione secondaria senza la garanzia di venire ammesso al collegio di Langogne, retto dalla Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare (ovvero i padri di Picpus). Entrò poi nel Seminario Maggiore di Mende, dove trascorse tre anni e imparò a conoscere ancora meglio la Congregazione.
Fu accolto come novizio a Parigi il 2 giugno 1837 ed emise i voti religiosi il
24 aprile 1839, assumendo il nome di fratel Frèzal, in onore di san Fredaldo,
vescovo di Mende e martire. Non è nota la data dell’ordinazione sacerdotale, ma
presumibilmente avvenne tra l’aprile e l’ottobre 1840.
Direttore di noviziato col cuore sensibile per i poveri
Dall’ottobre dell’anno successivo fu direttore del noviziato di Vaugirard, quindi, il 3 novembre 1843, di quello di Lovanio in Belgio. Il 6 maggio 1845 venne nominato superiore del medesimo noviziato.
Aveva un cuore molto sensibile e compassionevole: a Lovanio, si assunse come
missione quella di portare il conforto della fede alle famiglie disperate per
la perdita di un proprio caro. Provava compassione specialmente per i bambini e
per i poveri.
Umile e obbediente ai superiori
Amava dire che fosse meglio parlare a Dio che parlare di Dio; in nome di questo principio, lui stesso parlava molto poco. Era infatti capace di un’umiltà tale che non lasciò quasi nessuno scritto di natura personale.
Ci è però rimasta una sua lettera alla sorella Marie, datata 2 maggio 1841. In
essa esprimeva il desiderio di poterla rivedere, ma si rimetteva al permesso
dei superiori: «Non ho promesso perché non è mio potere prometterlo. Lo
desidero senza dubbio più ardentemente di te, ma questo desiderio non può essere
la mia unica guida. Dopotutto, in qualsiasi posto siamo, non siamo forse tutti
nelle mani di Dio? Lui ci ha separati per la sua maggior gloria e ci unirà
quando lo vorrà. Impariamo a soffrire qualcosa per Lui, sacrificandoGli anche i
nostri affetti più legittimi».
Sostenitore dell’Opera della Santa Infanzia
Si dedicò anche a diffondere l’Opera della Santa Infanzia, impegnandosi a far pregare i bambini per le missioni e per i missionari: riteneva, tra l’altro, che essa avrebbe prodotto a sua volta futuri missionari.
Per le famiglie povere di Lovanio fondò l’Associazione della Sacra Famiglia,
nella quale, aiutato da molti volontari, accoglieva bambini malnutriti,
provenienti dalla classe operaia. L’Associazione distribuiva pasti e oggetti
religiosi e si occupava anche dell’istruzione religiosa dei più piccoli.
Apostolato anche tramite la stampa
Padre Frézal riconosceva anche l’importanza della stampa: nel 1856 pubblicò due articoli sulla Rivista Cattolica dell’Università di Lovanio, nei quali parlava della missione della sua Congregazione nelle isole Hawaii, o Isole Sandwich com’erano chiamate al tempo.
Tre anni prima, aveva pubblicato, anonimamente, un’opera in due volumi sulle
apparizioni mariane a La Salette, basata sulle fonti contemporanee, che contò
due edizioni e una traduzione in lingua fiamminga.
La sua perseveranza nelle prove
Tuttavia, a causa di tutti questi impegni, fu denunciato da un confratello presso il Superiore generale, con l’accusa di non dedicarsi abbastanza ai novizi e di essere frequentemente assente. Padre Frézal replicò presentando le proprie ragioni.
Un’altra prova giunse quando fu rimproverato perché il noviziato a Lovanio
aveva finito col costare eccessivamente. Anche in quel caso, resistette per due
anni, finché non gli fu data pienamente ragione.
Nel noviziato di Issy-les-Molineaux
Alla fine del settembre 1858 venne chiamato alla Casa madre di Parigi e nominato vicedirettore del noviziato di Issy-les-Molineaux, in aiuto a padre Ladislao Radigue. A Issy padre Frézal poté rimettersi in salute, che del resto non era mai stata troppo buona, e dedicarsi nuovamente agli studi.
Tra i novizi che preparò alla professione perpetua ebbe il futuro padre Damiano
de Veuster, il quale venne poi inviato missionario nelle Hawaii, dove contrasse
la lebbra e ne morì (fu canonizzato nel 2009).
Membro del Consiglio generale, docente di Dogmatica, attento confessore
Nell’ottobre 1860, il Superiore generale, padre Eutimio Rouchouze, lo nominò membro del Consiglio generale, con residenza nella Casa madre di rue de Picpus a Parigi. Allo stesso tempo, l’incaricò d’insegnare Teologia Dogmatica ai giovani professi che si preparavano all’ordinazione presbiterale.
Pur non avendo alle spalle una carriera da docente, padre Frézal si gettò nella preparazione, facendo leva anche sui suoi contatti con l’università di Lovanio e sul proprio bagaglio culturale. Come docente sapeva farsi amare dai suoi studenti e gli piaceva stare tra loro durante le ricreazioni.
Anche a Parigi cercava di consolare quanti soffrivano e di compiere ogni carità
possibile, sia sul piano materiale, sia su quello spirituale; particolarmente,
in quest’ultimo caso, dedicandosi per ore al Sacramento della Riconciliazione,
a dispetto della sua fragile salute.
Nella persecuzione della Comune di Parigi
Allo scoppio dell’insurrezione della Comune di Parigi, il 18 marzo 1871, padre Ladislao Radigue, al tempo superiore della Casa madre, ebbe la lucidità di far evacuare la maggior parte dei confratelli della Casa madre, inviandoli fuori dalla capitale francese. Rimasero solo lui e pochi altri religiosi.
Il 12 aprile, mercoledì dell’Ottava di Pasqua, alle quattro del pomeriggio, la casa madre della Congregazione sia maschile sia femminile fu assaltata dagli insorti. Alle 23, furono arrestati dodici sacerdoti e un religioso fratello. Il 5 maggio, settantaquattro suore, compresa madre Beniamina le Blais, superiora generale, e dieci novizie, vennero arrestate e condotte alla prigione di Saint-Lazare.
Molti degli uni e delle altre vennero rilasciati o fuggirono, mentre rimasero
in carcere i quattro consiglieri del superiore generale: padre Ladislao, padre
Policarpo Tuffier, padre Marcellino Rouchouze e padre Frézal.
La prigionia
Vennero condotti in carrozza, a due a due, accompagnati da un membro della Guardia Nazionale, fino alla prigione della Conciergerie. Vi giunsero a mezzanotte e vi trascorsero cinque giorni. La sera del 17 aprile, i quattro religiosi vennero trasferiti a Mazas.
In prigione, trovarono altri ecclesiastici, considerati ostaggi del popolo parigino
perché sospettati di connivenza col Governo di Adolphe Thiers, fuggito a
Versailles all’inizio dell’insurrezione. Di fatto, però, i comunardi
perseguitavano la Chiesa cattolica perché la ritenevano un’eredità del passato
regime monarchico e un ostacolo alle loro istanze sociali.
Nel carcere dei condannati a morte
Nei trentanove giorni seguenti, i prigionieri si trovarono in condizioni penose, senza la possibilità di celebrare Messa. Il 21 maggio, il direttore del carcere di Mazas ottenne il loro trasferimento a La Grande Roquette, sede del carcere per condannati a morte.
Lo stesso giorno, l’esercito regolare cinse d’assedio Parigi. Da quel momento
in poi, in tutta la città, infuriarono atroci battaglie, in quella che passò
alla storia come la “settimana sanguinante”.
Lettere dal carcere
Durante la detenzione a Mazas, padre Frézal scrisse poche e brevi lettere. In
una di esse, indirizzata a una persona fidata, dichiarò: «È da Mazas che ti
scrivo. Sono chiuso quassù da lunedì con dodici miei confratelli. La mia cella
non è tanto grande come puoi immaginare, ma sarebbe sufficiente, se fossi
libero. Non ho mai avuto così tante persone al mio servizio come mi è accaduto
da quando sono qui. Trascorrerei il tempo senz’annoiarmi troppo, se avessi dei
libri. Devo dire che qualcuno mi ha offerto dei libri qui, ma quando non si
hanno a disposizione i libri che si studiano di solito, ci si sente isolati.
Sono calmo e dormo bene perché la mia coscienza non mi rimprovera nulla. Sono
solo sempre occupato con i miei studi e le mie lezioni».
Il martirio
Il 26 maggio, lo scontro tra gli insorti e l’esercito regolare giunse al culmine. Alle 15 dello stesso giorno, il colonnello Emile Gois, addetto alla giustizia militare, si diresse alla prigione di La Grande Roquette, dove si trovavano più di cento ostaggi. Di propria iniziativa, comandò al direttore della prigione di consegnargli cinquanta detenuti.
Vennero selezionati trentatré guardie di Parigi, due gendarmi, quattro sospetti di spionaggio e dieci ecclesiastici, scelti a caso. Erano tre Gesuiti, ovvero i padri Jean Caubert, Pierre Olivaint e Anatole de Bengy; padre Henri Planchat, dei Fratelli di San Vincenzo de’ Paoli, direttore del patronato di Sant’Anna; padre Marcellino e gli altri tre padri di Picpus; don Jean-Marie-Noël Sabatier, vicario della chiesa della Madonna di Loreto, e Paul Seigneret, allievo del Seminario di San Sulpizio.
Circondati dalle Guardie Nazionali del 173° Battaglione, i prigionieri
camminarono a piedi fino a Villa Vincennes, al civico 85 di rue Haxo,
strattonati, picchiati e insultati dalla folla, fino al muro che circondava un
terreno vuoto. Un colpo di pistola diede il via a una fucilazione
incontrollata; in meno di mezz’ora, i condannati vennero tutti uccisi.
Quasi un presentimento
Tra le carte personali di padre Frézal vennero trovate tre preghiere scritte di sua mano, senza data, ma riconducibili a sei o sette anni prima della morte. Una, in particolare, si conclude con un’invocazione a Dio che appare quasi anticipatrice della sua sorte (in francese usa il “voi”, ma noi lo rendiamo col “tu” che indica maggiore confidenza):
«Concedimi di tendere continuamente a te per amore e per riconoscenza, e di
arrivare a te mediante la palma del martirio, affinché io possa lodarti,
benedirti e cantare in eterno le tue misericordie! Amen».
La causa di padre Planchat, di padre Rouchouze e dei loro compagni
Padre Henri Planchat, padre Frézal Tardieu e gli altri tre padri di Picpus furono immediatamente considerati martiri; tale fama si mantenne nel tempo, portando all’apertura della loro causa di beatificazione per il riconoscimento del loro martirio.
Un primo processo informativo fu celebrato presso la Curia di Parigi dall’8
marzo 1897 all’8 agosto 1900, ma fu necessaria una nuova inchiesta diocesana
dal 29 ottobre 2015 al 4 maggio 2016. La Congregazione delle Cause dei Santi
emise il decreto di convalida giuridica degli atti il 27 ottobre 2016.
Il decreto sul martirio e la beatificazione
La “Positiio super martyrio”, consegnata nel 2020, è stata presentata ai Consultori Storici il 20 ottobre 2020, essendo la causa di tipo antico o storica.
L’11 maggio 2021 i Consultori Teologi della Congregazione delle Cause dei Santi espressero parere affermativo circa l’effettivo martirio dei sei religiosi. I Cardinali e Vescovi membri della stessa Congregazione, riuniti nella Sessione Ordinaria del 19 ottobre dello stesso anno, confermarono tale parere positivo.
Il 25 novembre 2021, ricevendo in udienza il cardinal Marcello Semeraro, Prefetto della Congregazione delle Cause dei Santi, papa Francesco autorizzò la promulgazione del decreto con cui padre Planchat, padre Tardieu e compagni venivano dichiarati martiri.
La Messa con il Rito della Beatificazione, presieduta dal cardinal Semeraro, fu
celebrata il 22 aprile 2023, nella chiesa di San Sulpizio a Parigi. La memoria
liturgica dei cinque Beati venne fissata al 26 maggio, giorno della loro
nascita al Cielo.
La memoria e il culto
Sul luogo del massacro di rue Haxo venne costruita, per mandato dei padri Gesuiti, una cappella provvisoria, a cui seguirono altre strutture, fino alla chiesa vera e propria, che nel 1961 divenne la chiesa parrocchiale intitolata alla Madonna degli Ostaggi (Notre-Dame des Otages).
I resti di padre Frézal e dei suoi confratelli, dal 21 ottobre 2010, si trovano
nella cripta dei fondatori della Congregazione dei Sacri Cuori di Gesù e di
Maria nonché dell’Adorazione Perpetua del Santissimo Sacramento dell’Altare,
nel cimitero di Picpus a Parigi.
Preghiera per ottenere grazie attraverso l’intercessione dei Martiri di Picpus
Dio, nostro Padre, Ti rendiamo grazie per i nostri
Fratelli: Ladislao, Marcellino, Frézal e Policarpo.
Li hai chiamati a vivere e morire al servizio
dei Sacri Cuori di Gesù e di Maria.
Per amor Tuo, hanno deciso di lavorare con zelo
per la salvezza dei loro fratelli e delle loro sorelle,
fino al punto di accettare la prigione
e la morte violenta
in comunione con la Passione del Tuo Figlio,
che è morto per noi sulla croce.
In questo modo hanno partecipato
alle Sue sofferenze per il Suo Corpo che è la Chiesa.
Ti preghiamo per loro intercessione
di concederci le grazie che Ti chiediamo ....
Fa’ che non siamo mai separati dal Tuo Amore.
Aiutaci a superare tutte le nostre difficoltà
attraverso l’amore per Colui che per primo ci ha amati,
Gesù Cristo, nostro Signore. Amen.
Vi preghiamo gentilmente di informarci delle grazie ricevute
attraverso l’intercessione dei Martiri di Picpus:
Communauté Pierre Coudrin
P. Bernard Couronne SSCC
Vice-Postulateur
37, Rue de Picpus
75012 Paris – France
E-mail: berdcour@club-internet.fr
oppure:
Congregazione dei Sacri Cuori
Postulazione Generale
Via Rivarone, 85
00166 Roma – Italia
E-mail: postulazione@ssccpicpus.com
Internet: www.ssccpicpus.com
Autore: Emilia Flocchini
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/99961
Lettres du père Henri
Planchat : https://dioceseparis.fr/lettres-du-pere-henri-planchat.html
et Lettre
du père Planchat (PDF)
Lettres des religieux des
Sacrés Cœurs : https://dioceseparis.fr/lettres-des-religieux-des-sacres.html
Le Père Henri Planchat
est bienheureux ! : https://r-s-v.org/chemin-de-saintete/serviteur-de-dieu-henri-planchat/<
Nihil sub sole novum : 26 May –
Martyrs of the Paris Commune, Massacre in the Rue Haxo :
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