Saint Odon de Cluny
Deuxième abbé de
Cluny (+ 942)
A la fin du IXe siècle, l'Eglise en Occident connaissait de graves difficultés dans son clergé. Les monastères n'observaient que de très loin les constitutions monastiques et, même à Rome, les Papes se succédaient presque tous les trois ans ne serait-ce qu'à cause de curieux accidents mortels.
Saint Odon était originaire de Tours et, en 910, il rejoint le monastère de Cluny que saint Bernon venait de réformer. Il en devient à son tour le Père abbé. Cet homme à la main de fer mais aussi d'une grande bonté et toujours joyeux, va organiser l'influence de son abbaye dans l'Eglise.
Il fera quatre voyages à Rome et c'est au retour de l'un d'eux qu'il meurt à Tours où il allait se "ressourcer" auprès de saint Martin.
- Saint Odon - 18 Novembre : vidéo du diocèse de Saint-Flour
Durant l'audience générale le 2 septembre 2009, le Saint-Père a repris le cycle catéchétique consacré aux grandes figures de l'Eglise médiévale en évoquant saint Odon de Cluny.
Né vers 880 et décédé en 942, Odon devint en 927 le second abbé du célèbre monastère, centre spirituel qui eut une large influence sur l'Europe monastique médiévale et diffusa le mode de vie inspiré par la règle de saint Benoît. Au nombre des vertus de saint Odon figuraient, a dit le Pape, 'la patience et le détachement des choses du monde, le zèle envers les âmes et l'engagement pour la paix..., le respect des commandements, l'attention aux pauvres, aux jeunes et aux personnes âgées... Face à un désintérêt diffus qu'il combattit énergiquement, il ne cessa de défendre la dévotion au Corps et Sang du Christ. Odon était convaincu de la présence réelle dans les espèces eucharistiques en vertu de la conversion substantielle du pain et du vin en chair et sang du Seigneur'.
Pour lui, 'seul qui est spirituellement uni au Christ peut dignement participer à l'Eucharistie. En cas contraire, se nourrir du Christ ne serait pas un profit mais une condamnation'. Puis Benoît XVI a rappelé que l'abbé clunisien 'fut un guide spirituel pour les fidèles de son temps, face à l'immensité des vices du monde, ainsi qu'il disait. Le remède qu'il proposait était un changement de vie radical, une existence basée sur l'humilité, l'austérité, le détachement des biens éphémères pour adhérer aux choses éternelles'.
Rappelant ensuite sa grande bonté d'âme et l'austérité de ses mœurs, le Saint-Père dit que saint Odon savait 'communiquer la joie qui le comblait... Il réussissait à faire progresser moines comme fidèles dans la voie de la perfection chrétienne'. En conclusion, il a souligné combien 'la bonté de l'abbé Odon et sa joie, qui découlait de la foi" est en mesure de "toucher nos cœurs, afin que nous puissions aujourd'hui encore trouver la source de béatitude que la bonté divine nous accorde".
(source: VIS 090902 410)
(abbaye de Cluny - GoogleMaps)
À Tours, en 942, le trépas de saint Odon, abbé de Cluny, qui réforma la vie
monastique selon la Règle de saint Benoît et la discipline de saint Benoît
d'Aniane. Il fut le premier des grands abbés qui firent de ce monastère le
foyer de la réforme de l'Église à cette époque.
Martyrologe romain
Dieu n'attend de toi que
ce qu'il t'a donné. Mais, si peu que tu penses avoir reçu, donne-le lui
totalement. Ne retiens rien, il est le tout de ta vie.
Lectionnaire Emmaüs
SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/164/Saint-Odon-de-Cluny.html
Saint Odon
Abbé de Cluny
(857-942)
Saint Odon était fils
d'un noble seigneur, et, fut, dès le berceau, consacré à saint Martin. Il
montra, jeune encore, un grand amour pour la prière. Sa piété lui faisait
regarder comme perdu le temps qu'il était forcé de donner à la chasse et aux
autres amusements du siècle. À l'âge de dix-neuf ans, il reçut la tonsure et
fut nommé à un canonicat de l'Église de Tours.
Après de brillantes et
solides études, où il montra, avec une haute intelligence, une vertu
extraordinaire, couchant sur une natte et ne prenant qu'un peu de nourriture
grossière, il fut séduit par la lecture de la Règle de Saint-Benoît et se
décida dès lors à embrasser la vie monastique.
Il fut plus tard élu abbé
de Cluny, où il fit fleurir toutes les vertus religieuses: le silence, l'obéissance,
l'humilité et le renoncement à soi-même. Ses exemples allaient de pair avec ses
conseils ou ses ordres. Il donnait tout aux pauvres, sans s'inquiéter du
lendemain. Les enfants étaient surtout l'objet de sa prédilection; il veillait
avec un soin paternel, une douceur de mère, sur les moeurs, les études, le
sommeil de tous ceux qui lui avaient été confiés.
À Cluny, la Règle de
Saint-Benoît était suivie avec zèle; les jeûnes, les abstinences, les chants,
les offices, le silence presque absolu, le travail, remplissaient les journées
des religieux. Les restes des repas étaient distribués aux pauvres et aux
pèlerins. On y nourrissait, de plus, dix-huit pauvres par jour, et la charité y
était si abondante, surtout dans le Carême, qu'à l'une de ces époques de
l'année on fit des distributions de vivres à plus de sept mille indigents.
Dans les voyages si
difficiles auxquels son zèle et ses fonctions l'obligèrent plus d'une fois,
Odon ne pensait qu'à secourir le prochain. Il descendait de son cheval pour faire
monter à sa place les indigents et les vieillards; on le vit même porter le sac
d'une pauvre femme. Pourtant malgré tant de fatigues, à son dernier voyage de
Rome, il lassait ses jeunes compagnons par la rapidité de sa marche, et ils
s'étonnaient qu'il eût, à soixante-sept ans, après une vie si austère, conservé
tant d'agilité et de vigueur.
Un jour, Dieu le
récompensa de sa ponctualité. La Règle de Saint-Benoît demande qu'au son de la
cloche on laisse même une lettre à demi formée. Odon, corrigeant un livre avec
un de ses religieux, laissa dehors, au son de la cloche, le livre ouvert. Il
plut toute la nuit abondamment; le lendemain, le livre, malgré les flots de
pluie, se trouva intact. Il en rapporta toute la gloire au glorieux saint
Martin, dont la vie était écrite en ce volume.
Abbé L. Jaud, Vie
des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950
SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_odon.html
Miniatura
con Sant'Oddone di Cluny (XI secolo)
Miniature,
13th century, from a codex (Lat. 17716, BnF), with Saint Odo of Cluny or Peter
the Venerable
BENOÎT XVI
AUDIENCE GÉNÉRALE
Mercredi 2 septembre 2009
Odon de Cluny
Chers frères et sœurs,
Après une longue pause,
je voudrais reprendre la présentation des grands écrivains de l'Eglise d'Orient
et d'Occident à l'époque médiévale, car, comme dans un miroir, nous voyons dans
leur vie et dans leurs écrits ce que signifie être chrétiens. Je vous propose
aujourd'hui la figure lumineuse de saint Odon, abbé de Cluny: celle-ci se situe
dans le Moyen-Age monastique qui vit la surprenante diffusion en Europe de la
vie et de la spiritualité inspirées par la Règle de saint Benoît. Il y eut au
cours de ces siècles une prodigieuse apparition et multiplication de cloîtres
qui, se ramifiant sur le continent, y diffusèrent largement la sensibilité et
l'esprit chrétiens. Saint Odon nous reconduit, en particulier, à un monastère,
Cluny qui, au Moyen-Age, compta parmi les plus illustres et célébrés et qui,
aujourd'hui encore, révèle à travers ses ruines majestueuses les signes d'un
passé glorieux en raison de l'intense attachement à l'ascèse, à l'étude, et, de
façon particulière, au culte divin, entouré de dignité et de beauté.
Odon fut le deuxième abbé
de Cluny. Il était né aux environs de 880, à la frontière entre le Maine et la
Touraine, en France. Il fut consacré par son père au saint évêque Martin de
Tours, à l'ombre bénéfique et dans la mémoire duquel Odon vécut ensuite toute
sa vie, la concluant à la fin auprès de son tombeau. Le choix de la
consécration religieuse fut précédé chez lui par l'expérience d'un moment
spécial de grâce, dont il parla lui-même à un autre moine, Jean l'Italien, qui
fut par la suite son biographe. Odon était encore adolescent, âgé environ de 16
ans, lorsque, au cours d'une veillée de Noël, il sentit s'élever spontanément
de ses lèvres cette prière à la Vierge: "Notre Dame, Mère de miséricorde
qui en cette nuit as donné à la lumière le Sauveur, prie pour moi. Que ton
enfantement glorieux et singulier soit, ô Très pieuse, mon refuge" (Vita
sancti Odonis, I, 9: PL 133, 747). L'appellation "Mère de
miséricorde", avec laquelle le jeune Odon invoqua alors la Vierge, sera
celle avec laquelle il aimera ensuite s'adresser à Marie, l'appelant également
"unique espérance du monde,... grâce à laquelle nous ont été ouvertes les
portes du paradis" (In veneratione S. Mariae Magdalenae: PL 133, 721). Il
lui arriva à cette époque de lire la Règle de saint Benoît et de commencer à en
observer certaines indications, "portant, pas encore moine, le joug léger
des moines" (ibid., I, 14: PL 133, 50). Dans l'un de ses sermons, Odon
célébrera Benoît comme "une lampe qui brille dans le stade ténébreux de
cette vie" (De sancto Benedicto abbate: PL 133, 725), et le qualifiera de
"maître de discipline spirituelle" (ibid., PL 133, 727). Il
soulignera avec affection que la piété chrétienne "fait mémoire avec une
plus grande douceur" de lui, dans la conscience que Dieu l'a élevé
"parmi les Pères suprêmes et élus de la Sainte Eglise" (ibid., PL
133, 722).
Fasciné par l'idéal
bénédictin, Odon quitta Tours et entra en tant que moine dans l'abbaye
bénédictine de Baume, pour ensuite passer à celle de Cluny, dont il devint abbé
en 927. De ce centre de vie spirituelle, il put exercer une vaste influence sur
les monastères du continent. En Italie également, différents ermitages
bénéficièrent de sa direction et de sa réforme, parmi lesquels celui de
Saint-Paul-hors-les-Murs. Odon se rendit plus d'une fois à Rome, allant jusqu'à
Subiaco, le Mont Cassin et Salerne. Ce fut précisément à Rome que, pendant
l'été 942, il tomba malade. Se sentant proche de la fin, il voulut à tout prix
revenir auprès de saint Martin à Tours, où il mourut pendant l'octavaire du
saint, le 18 novembre 942. Son biographe, en soulignant chez Odon la
"vertu de la patience", offre une longue liste de ses autres vertus,
telles que le mépris du monde, le zèle pour les âmes, l'engagement pour la paix
des Eglises. Les grandes aspirations de l'abbé Odon étaient la concorde entre
les rois et les princes, l'observance des commandements, l'attention envers les
pauvres, l'amendement des jeunes, le respect des personnes âgées (cf. Vita
sancti Odonis, I, 17: PL 133, 49). Il aimait la petite cellule dans laquelle il
résidait, "loin des yeux de tous, attentif à ne plaire qu'à Dieu"
(ibid., I, 14: PL 133, 49). Il ne manquait cependant pas d'exercer également,
comme "source surabondante", le ministère de la parole et de l'exemple,
"en pleurant ce monde comme étant immensément misérable" (ibid.,
i,17: PL 133, 51). Chez un seul moine, commente son biographe, se trouvaient
réunies les différentes vertus existant de manière dispersée dans les autres
monastères: "Jésus, dans sa bonté, puisant aux différents jardins des
moines, formait dans un petit lieu un paradis, pour irriguer par sa source le
cœur des fidèles" (ibid., I, 14: PL 133, 49).
Dans un passage d'un
sermon en l'honneur de Marie de Magdala, l'abbé de Cluny nous révèle comment il
concevait la vie monastique: "Marie qui, assise aux pieds du Seigneur,
écoutait sa parole avec l'esprit attentif, est le symbole de la douceur de la
vie contemplative, dont la saveur, plus on la goûte, pousse l'âme à se détacher
encore davantage des choses visibles et des tumultes des préoccupations du
monde" (In ven. S. Mariae Magd., PL 133, 717). C'est une conception
qu'Odon confirme et développe dans ses autres écrits, desquels transparaissent
l'amour de l'intériorité, une vision du monde comme étant une réalité fragile
et précaire dont il faut se détacher, une inclination constante au détachement
des choses ressenties, comme étant source d'inquiétude, une sensibilité aiguë
pour la présence du mal chez les différentes catégories d'hommes, une profonde
aspiration eschatologique. Cette vision du monde peut apparaître assez éloignée
de la nôtre, toutefois celle d'Odon est une conception qui, voyant la fragilité
du monde, valorise la vie intérieure ouverte à l'autre, à l'amour du prochain,
et précisément ainsi transforme l'existence et ouvre le monde à la lumière de
Dieu.
Une attention
particulière doit être portée à la "dévotion" au Corps et au Sang du
Christ qu'Odon, face à une négligence répandue qu'il déplorait vivement,
cultiva toujours avec conviction. Il était en effet fermement convaincu de la
présence réelle, sous les espèces eucharistiques, du Corps et du Sang du
Seigneur, en vertu de la transformation "substantielle" du pain et du
vin. Il écrivait: "Dieu, le Créateur de tout, a pris le pain, en disant
qu'il était son Corps et qu'il l'aurait offert pour le monde et il a distribué
le vin, en l'appelant son sang"; or, "c'est une loi de nature que la
transformation ait lieu selon le commandement du Créateur", et voilà donc
qu'"immédiatement, la nature change sa condition habituelle: sans retard,
le pain devient chair, et le vin devient sang"; à l'ordre du Seigneur
"la substance se transforme" (Odonis Abb. Cluniac. occupatio, ed. A.
Swoboda, Lipsia 1900, p. 121). Malheureusement, remarque notre abbé, ce
"sacro-saint mystère du Corps du Seigneur, qui constitue tout le salut du
monde" (Collationes, XXVIII: PL 133, 572) est célébré avec négligence.
"Les prêtres, avertit-il, qui accèdent à l'autel de manière indigne,
entachent le pain, c'est-à-dire le Corps du Christ" (ibid., PL 133,
572-573). Seul celui qui est uni spirituellement au Christ peut participer
dignement à son Corps eucharistique: dans le cas contraire, manger sa chair et
boire son sang ne serait pas un bienfait, mais une condamnation (cf. ibid. XXX,
PL 133, 575). Tout cela nous invite à croire avec une force et une profondeur
nouvelles à la vérité de la présence du Seigneur. La présence du Créateur parmi
nous, qui se remet entre nos mains et nous transforme comme il transforme le
pain et le vin, transforme ainsi le monde.
Saint Odon a été un
véritable guide spirituel tant pour les moines que pour les fidèles de son
temps. Devant "le grand nombre des vices" répandus dans la société,
le remède qu'il proposait avec fermeté était celui d'un changement de vie
radical, fondé sur l'humilité, l'austérité, le détachement des choses éphémères
et l'adhésion aux choses éternelles (cf. Collationes, XXX, PL 133, 613). Malgré
le réalisme de son diagnostic sur la situation de son temps, Odon n'est pas
tenté par le pessimisme: "Nous ne disons pas cela - précise-t-il - pour
précipiter dans le désespoir ceux qui voudront se convertir. La miséricorde
divine est toujours disponible; elle attend l'heure de notre conversion"
(ibid.: PL 133, 563). Et il s'exclame: "O ineffables entrailles de la
piété divine! Dieu poursuit les fautes et protège toutefois les pécheurs"
(ibid., PL 133, 592). Soutenu par cette conviction, l'abbé de Cluny aimait
s'arrêter en contemplation devant la miséricorde du Christ, le Sauveur, qu'il qualifiait
de manière suggestive d'"amant des hommes": "amator hominum
Christus" (ibid., LIII: PL 133, 637). Jésus a pris sur lui les fléaux qui
auraient dû nous être réservés - observe-t-il - pour sauver ainsi la créature
qui est son œuvre et qu'il aime (cf. ibid.: PL 133, 638).
Ici apparaît un trait du
saint abbé presque caché à première vue sous la rigueur de son austérité de
réformateur: la profonde bonté de son âme. Il était austère, mais surtout il
était bon, un homme d'une grande bonté, une bonté qui provient du contact avec
la bonté divine. Odon, comme nous le disent ses contemporains, diffusait autour
de lui la joie dont il était empli. Son biographe atteste n'avoir jamais
entendu sortir de bouche d'homme "tant de douceur en paroles" (ibid.,
I, 17: PL 133, 31). Il avait l'habitude, rappelle son biographe, d'inviter au
chant les jeunes enfants qu'il rencontrait sur la route pour ensuite leur faire
quelque petit don, et il ajoute: "ses paroles étaient pleines de joie...,
son hilarité communiquait à notre cœur un joie intime" (ibid., ii; 5: PL
133, 63). De cette manière, le vigoureux et aimable abbé médiéval, passionné de
réforme, à travers une action incisive alimentait chez les moines, comme aussi
chez les fidèles laïcs de son temps, l'intention de progresser d'un pas vif sur
le chemin de la perfection chrétienne.
Nous voulons espérer que
sa bonté, la joie qui provient de la foi, unies à l'austérité et à l'opposition
aux vices du monde, toucheront aussi notre cœur, afin que nous aussi puissions
trouver la source de la joie qui jaillit de la bonté de Dieu.
* * *
J’accueille avec joie les
pèlerins francophones. Je salue particulièrement les séminaristes de Brugge, en
Belgique, et leurs accompagnateurs ainsi que les nombreux pèlerins du diocèse
de Kaolack, au Sénégal, avec leur Evêque Mgr Ndiaye. Puissiez-vous tous suivre
généreusement le Christ chaque jour. Que Dieu vous bénisse!
Hier, nous avons rappelé
le 70 anniversaire du début de la deuxième guerre mondiale. Dans la mémoire des
peuples demeurent les tragédies humaines et l'absurdité de la guerre. Demandons
à Dieu que l'esprit du pardon, de la paix et de la réconciliation imprègne le
cœur des hommes. L'Europe et le monde d'aujourd'hui ont besoin d'un esprit de
communion. Construisons-la sur le Christ et sur l'Evangile, sur le fondement de
la charité et de la vérité. A vous ici présents, et à tous ceux qui contribuent
à édifier un climat de paix, je donne de tout cœur ma bénédiction.
© Copyright 2009 -
Libreria Editrice Vaticana
Saint Odon
Abbé de Cluny
(857-942)
Odon était fils d'un
noble seigneur, et, fut, dès le berceau, consacré à saint Martin. Il montra,
jeune encore, un grand amour pour la prière. À l'âge de dix-neuf ans, il reçut
la tonsure et fut nommé à un canonicat de l'Église de Tours.
Après de brillantes et
solides études, où il montra, une vertu extraordinaire, couchant sur une natte
et ne prenant qu'un peu de nourriture, il fut séduit par la lecture de la Règle
de saint Benoît et se décida dès lors à embrasser la vie monastique.
Il fut plus tard élu abbé
de Cluny, où il fit fleurir toutes les vertus religieuses : le silence,
l'obéissance, l'humilité et le renoncement à soi-même. Ses exemples allaient de
pair avec ses conseils ou ses ordres. Il donnait tout aux pauvres, sans
s'inquiéter du lendemain. Les enfants étaient surtout l'objet de sa
prédilection ; il veillait avec un soin paternel, une douceur de mère, sur les
mœurs, les études, le sommeil de tous ceux qui lui avaient été confiés.
À Cluny, la Règle de
saint Benoît était suivie avec zèle ; les jeûnes, les abstinences, les chants,
les offices, le silence presque absolu, le travail, remplissaient les journées
des religieux. Les restes des repas étaient distribués aux pauvres et aux
pèlerins. On y nourrissait, de plus, dix-huit pauvres par jour, et la charité y
était si abondante, surtout dans le Carême, qu'à l'une de ces époques de
l'année on fit des distributions de vivres à plus de sept mille indigents.
Dans les voyages si
difficiles auxquels son zèle et ses fonctions l'obligèrent plus d'une fois,
Odon ne pensait qu'à secourir le prochain. Il descendait de son cheval pour
faire monter à sa place les indigents et les vieillards ; on le vit même porter
le sac d'une pauvre femme. Pourtant malgré tant de fatigues, à son dernier
voyage de Rome, il lassait ses jeunes compagnons par la rapidité de sa marche,
et ils s'étonnaient qu'il eût, à soixante-sept ans, après une vie si austère,
conservé tant d'agilité et de vigueur.
Un jour, Dieu le
récompensa de sa ponctualité. La Règle de Saint-Benoît demande qu'au son de la
cloche on laisse même une lettre à demi formée. Odon, corrigeant un livre avec
un de ses religieux, laissa dehors, au son de la cloche, le livre ouvert. Il
plut toute la nuit abondamment ; le lendemain, le livre, malgré les flots de
pluie, se trouva intact. Il en rapporta toute la gloire au glorieux saint
Martin, dont la vie était écrite en ce volume.
SOURCE : https://levangileauquotidien.org/FR/display-saint/a4c4afdb-9846-4aaa-b3d8-6345d115976a
Saint Odon
Date : 18/11
Epoque : Xème s.
Pays : Cluny
L'itinéraire de ce saint a été marqué, du début à la fin, par la référence à saint Martin.
Originaire du Maine, vers 880, Odon devint chanoine de Tours. Dès son enfance,
il avait été consacré à saint Martin ; il devait devenir un grand voyageur.
Entré comme moine bénédictin à Baume-les-Messieurs, dans le Jura, il vivra
ensuite dans l'illustre abbaye de Cluny : il en devint Père Abbé en 929.
Vigoureux ascète à l'âme ardente, Odon était en même temps avec ses moines,
d'une extrême bonté et d'humeur toujours joyeuse. "En récréation, il
nous faisait rire aux larmes", témoignait l'un d'entre eux.
Saint Odon, abbé de Cluny
de 927 à 942, ne doit pas être confondu avec saint Odilon, qui fut également
abbé de Cluny mais de 994 à 1049. Saint Odon inaugure les fréquents
déplacements des Abbés de Cluny, sollicités de toutes parts pour activer la
réforme religieuse. Il donne en même temps à son abbaye une organisation
impeccable : par suite, Cluny exercera pendant deux siècles une influence
considérable, tant dans la vie ecclésiale que dans la politique des États
d'Europe. Cluny deviendra ainsi sous son gouvernement une prestigieuse Maison
mère, le nombre des communautés ralliées à sa réforme passant de 37 à 65.
L'abbé Odon, conseiller du Pape et des princes, va également contribuer à
l'instauration de la "Trêve de Dieu". St Odon de Cluny, se
trouvant à Rome pour la 4e fois, eut le pressentiment de sa fin prochaine. Ce
n'était pas dans la Ville éternelle qu 'il voulait terminer sa vie ! Il reprit
la direction de la France et de la ville de Tours pour y achever son pèlerinage
terrestre là même où il avait commencé : près du tombeau de saint Martin.
C'était le 18 novembre 942.
De nombreux saints ont illustré le prénom Odon, qui est d'origine germanique et signifie "richesse".
Saints du même jour
SOURCE : https://www.lejourduseigneur.com/saint/saint-odon
St Odon (879-942)
Jamais, semble-t-il,
l'état du clergé ne fut pire qu'à son époque. " Il n'y a pour ainsi
dire plus un seul monastère où la règle soit observée ", disait le pape
Jean XI en 931. Quant aux papes eux-mêmes, ils se succédaient à la cadence d'un
tous les trois ans, grâce au poison qu'on leur administrait ou aux autres
accidents mortels qui leur arrivaient. Ils furent alors trente-deux à occuper
la chaire de Pierre en un siècle (de 882 à 984). St Odon ne fit point cesser
cet état de choses, mais il contribua plus que personne à y remédier un peu et,
en tout cas, à empêcher qu'il ne s'aggrave. Son père, le seigneur Abbon,
l'avait dès le berceau consacré à St Martin. Quand il eut vingt ans, Odon
s'agrégea aux cent cinquante chanoines prébendés qui veillaient, à Tours, sur
son tombeau. Il se rendit ensuite à Paris pour étudier les belles-lettres et la
musique. En 909, il se fit moine à Baume-les-Messieurs (Jura). L'année
suivante, il rejoignit à Cluny (Saône-et-Loire) St Bernon qui venait d'y
établir sa réforme, et en 927, il recueillait sa succession. Ce fut lui qui
donna à Cluny cette organisation qui lui permit d'exercer, pendant deux
siècles, tant d'influence dans l'Église et dans la politique des États
européens. Ce grand homme, à la main de fer, était d'une bonté infinie et d'une
humeur toujours joyeuse. " En récréation, il nous faisait rire aux larmes
", écrit un de ses moines. Il versifia et fit de la musique toute sa vie.
Dans l'été de 942, se trouvant à Rome pour la quatrième fois, il eut le sentiment
de sa fin prochaine. Il partit aussitôt, car ce n'était pas là qu'il voulait
mourir. En cours de route, il s'attardait encore à apprendre des antiennes et
des cantiques aux pâtres des montagnes et les récompensait quand ils avaient
bien chanté. Il mourut, comme il le désirait, à peine arrivé à Tours, près du
tombeau de son cher St Martin.
SOURCE : http://www.peintre-icones.fr/PAGES/CALENDRIER/Novembre/18.html
Sermon pour la fête de
Saint Benoît Abbé
Par Saint Odon de Cluny
Ms Orléans 323 (F1) p. 34
53
La solennité du
bienheureux Benoît répand sa lumière par la grâce du Seigneur et, comme
toujours, elle augmente le sentiment de dévotion dans le cœur des fidèles et
leur apporte une joie spirituelle. C’est à bon droit que les mêmes fidèles se
réjouissent de la mémoire d’un tel Père afin que s’accomplisse cette parole
prophétique : « Dites au juste qu’il est heureux » (Is. III, 10) et encore : «
La mémoire du juste est en bénédiction ». (Prov. X, 7). Il apparaît en effet
que la piété des chrétiens entourera un saint d’une vénération d’autant plus
grande qu’ils auront reconnu qu’il est plus honoré de Dieu. C’est pourquoi, par
une sorte d’instinct divin, ils aiment ce Père d’une façon spéciale et célèbrent
sa mémoire avec plus d’affection. Car ils n’ignorent pas que le Dieu
Tout-Puissant l’a élevé merveilleusement au rang des pères les plus grands de
la sainte Eglise et l’a exalté de façon insigne parmi les fondateurs de la
sainte foi et les magistrats d’un genre de vie céleste. A la vérité, si le
charisme du Saint-Esprit l’a orné par l’éclat des miracles et par l’exercice
des vertus, c’est pour qu’il apparaisse digne aux yeux du monde de la multitude
d’un ordre si excellent. C’est pourquoi, chaque année, lorsqu’arrivent cette
solennité et les autres fêtes dédiées à ce nom si saint, il y a tant de foules
accourant à son saint tombeau avec tant de dévotion, tant de spontanéité et de
tant de lieux… C’est pourquoi tous confluent dans la joie : non seulement les paysans,
mais aussi le peuple de la ville et, en union étroite avec eux, des gens de la
noblesse, enfin des clercs illustres qui forment pour ainsi dire une couronne
de fleurs.
Comme si Dieu jugeait que
c’était peu pour des dévots que les fidèles, une fois par an seulement,
célèbrent la solennité de ce Père, il accorde d’autres motifs qui permettent,
par d’autres solennités, d’augmenter la joie des chrétiens. Il existe beaucoup
de documents relatant les miracles au sujet de la sainte translation et de son ensevelissement,
selon une disposition de la divine providence. [Note 123] Beaucoup se
souviennent de la translation du corps de Saint Benoît à Fleury et la plupart
en ont écrit le récit intégral. Voir la Bibliothèque de Fleury]. En ce lieu, de
si nombreux et de si grands miracles sont rapportés par écrit et sont accomplis
sous les yeux, que leur éclat pourrait ramener au respect même ceux qui sont
éloignés. Bien que ces miracles semblent tarir en ce temps proche de
l’Antéchrist car selon l’Ecriture, « l’indigence précède sa face » (Job XLI,
13) cependant, par les mérites du saint, on peut encore obtenir la santé la
plus importante : celle de l’âme. Ici comme ailleurs, c’est l’énormité de nos
péchés qui fait cesser les miracles divins : nous qui, après avoir reçu la
révélation de la grâce du Christ, sommes retournés en arrière. De notre
Seigneur Jésus-Christ lui-même, il est montré qu’à cause de l’aveuglement du
peuple infidèle, il ne put accomplir aucun miracle à Capharnaüm (Mt VI, 5).
Nous ne sommes donc pas dignes que ce père saint nous accorde sa faveur ou
daigne nous consoler, lui qui avait coutume de faire plaisir aux disciples
qu’il agréait. Pour des gens comme nous, le seul fait que nous puissions
assister à sa solennité et nous réjouir de l’espérance de sa miséricorde, doit
être considéré comme quelque chose de grand. Et pour lui, ce n’est pas une
puissance ou une bonté moindre que s’il multipliait les miracles. Mais tandis
que les signes cessent dans toute l’Eglise, il est nécessaire que soient manifestés
quels sont ceux qui s’attachent à la foi universelle en raison des miracles
présents en vue de la béatitude future. Ou plutôt, alors que le terrible
jugement est déjà imminent, ce sont les séides de l’Antéchrist qui feront des
signes pour tendre une embûche à ceux qui pèchent volontairement, comme il est
écrit (Ezéch. III, 20). Cependant les vrais miracles ne manquent pas encore
tout à fait, car, au sépulcre saint de ce Père, comme dans les autres lieux où
l’on célèbre sa mémoire, nous n’ignorons pas qu’il s’en produit.
En fait, ceux qui
cherchent des signes et qui pensent qu’un père saint, quel qu’il soit, est
puissant ou impuissant selon la rareté ou la multiplicité des signes, ceux-là
doivent prendre en considération ce reproche du Seigneur : « Cette génération
mauvaise et adultère recherche un signe » (I Cor. II, 22) et il ne tait pas
qu’ils sont « ennemis de Dieu » comme il le dit ailleurs (Rom. I, 30). Hérode
désirait voir un signe de lui (Luc XXIII, 8) mais il ne fut même pas digne de
recevoir une réponse de sa part. Par contre il a mis la foi du centurion
au-dessus de celle de tout Israël (Mt. VIII, 13) car il n’a pas douté qu’une
seule injonction serait suffisante pour la guérison de son serviteur. Pour ceux
qui exigent que ces signes leur soient donnés de l’extérieur, leur tiédeur se
refroidit complètement lorsqu’ils viennent à manquer. Que cette prérogative du
bienheureux Père nous suffise donc : lui qui brille d’un tel éclat que les
rayons émanent de son sein sur les sujets les plus éloignés de la chrétienté.
Et la cohorte des moines répandus sur toute la terre n’ignorent pas ce fait
sublime, eux qui s’attachent à cette sainte Institution de préférence à toutes
les autres, à tel point en effet que même dans les monastères où des Pères ont
édicté fidèlement et religieusement une norme de sainte vie, leurs sujets ont
préféré celle-là. Ils pensent à juste titre que Dieu a prédestiné celui-ci
comme un autre Moïse, pour établir les décrets de la loi monastique.
Il y en a d’autres, comme
cela a été dit, qui ont été des législateurs dans cette même institution, mais
il est dit à celui-ci comme à Moïse : « Je t’ai connu par ton nom ». Il a
brillé dans cette discipline céleste d’un éclat paisible. En effet, avant Moïse
les cérémonies sacrificielles et les rites de circoncision étaient déjà en
vigueur et on en faisait un fréquent usage, néanmoins elles furent établies de
façon particulière par Moïse (Exod. XXXV, 12 ; Gen. VIII, 20 ; Exod. XII, 3).
De même donc, notre bienheureux législateur n’a pas à subir de préjudice de la
part des autres pères qui ont détaillé les devoirs d’une sainte règle, mais ils
viennent plutôt en approbateurs pour confirmer ce qu’il a établi,. Et ce n’est
pas sans raison qu’il est comparé à Moïse lorsque l’un et l’autre accomplissent
en grand nombre des choses merveilleuses presque semblables.
S’ils sont séparés par la
majesté du mystère, car du temps de Moïse « toutes choses arrivaient seulement
en figure » (I Cor. X, 11), pour le reste tu trouveras que notre saint
aaccompli beaucoup de choses semblables faites comme sous l’impulsion d’un même
esprit. Et assurément ils ont ce privilège en commun qu’ils sont tous deux des
législateurs. Celui-là a persuadé la foule gémissante des Hébreux de sortir
d’Egypte, celui-ci a pour ainsi dire arraché à leurs ténèbres natives des
foules nombreuses du peuple racheté et les a introduit sous sa conduite dans la
terre des vivants. Celui-là a divisé la mer Rouge ; celui-ci, après Pierre –
miracle inusité – a fait courir son disciple sur les eaux. Dans l’un et l’autre
fait il est clair que la nature des choses est contredite, mais voyons lequel
des deux l’emporte, ou plutôt si ce n’est pas équivalent d’avoir divisé les
eaux et d’avoir couru sur elles à pied sec. Celui-là, dans des terres brûlées, a
tiré l’eau de la pierre pour un peuple assoiffé (Nom. XX, 10) ; celui-ci, d’une
roche aride, a fait couler de l’eau pour l’usage des moines et aujourd’hui,
elle s’écoule en rivière. Celui-ci, par la verge de la loi a maté les mœurs
brutales des Juifs qu’il nomme « incrédules et rebelles » ; celui-ci soumet au
joug suave du Christ la troupe des moines obéissant volontairement au son de sa
voix comme un seul homme ; (puisqu’il parle) comme à un cœur unique, il
l’appelle « mon fils ».
Bien d’autres choses pourraient
être dites par lesquelles leur ressemblance apparaîtrait clairement. C’est
surtout la législation qui rend le bienheureux Père comparable à Moïse. Mais la
grandeur des miracles et des signes ne nous le montre pas moins semblable à
d’autres hommes excellents. Ainsi nous l’a décrit ce remarquable narrateur de
sa vie – je veux dire le pape Grégoire – lui qui l’assimile à d’autres
personnages qu’il nomme explicitement, disant entre autres choses : Dans l’eau
produite de la pierre on reconnaît Moïse, dans le fer ramené des profondeurs :
Elisée ; dans la marche sur l’eau : Pierre ; dans l’obéissance du corbeau :
Élie ; dans les pleurs pour la mort de son ennemi, je vois et je nomme :David.
Cet homme fut rempli de l’esprit de tous les justes. On ne saurait taire qu’il
a été très perspicace soit par le don de prophétie, soit pour discerner les
pensées des hommes ou connaître leurs secrets jugements. Mais surtout, parmi
les multiples charismes d’en-haut, il fut très éloquent : il a écrit la règle
des moines avec une parole lumineuse, brillant surtout par la « discrétion »
(discernement) et nos oreilles en sont toutes réjouies, en effet, c’est une
grande joie pour les moines qui ont le goût de ce qui est sensé : la providence
céleste leur donne un chef et un précepteur si grand que le monde entier peut
le reconnaître digne et capable de promulguer la loi d’un genre de vie céleste.
Ils se réjouissent donc et, comme s’il allait devant eux, ils le suivent,
fixant sur lui la fine pointe de leur esprit. En militant sous sa conduite, ils
espèrent être introduits dans le palais du roi des cieux. Et comme ils ne
présument rien de leurs propres mérites, ils ont confiance d’y être admis,
grâce à l’intercession de ce chef.
Ils regardent souvent
vers cette lampe qui brille pour ainsi dire dans le « stade » obscur de cette
vie, et grâce à elle, ils voient où doit tendre la marche de leurs œuvres. Le
bienheureux Benoît est donc une lumière, une lumière dis-je, posée sur le
chandelier, pour que brillant et éclairant – ainsi que la Vérité l’atteste de
son précurseur – elle resplendisse pour tous ceux qui sont dans la maison
(Matth. V, 13 ; Jn V, 35). Est-ce que celui-ci n’a pas brûlé avec véhémence de
l’amour d’en-haut ? Est-ce que par la parole, par les œuvres autant que par la
splendeur des signes, il n’a pas réfléchi cette lumière ? C’est donc bien une
lampe. Mais comment les légions de moines appelleront-ils plus dignement leur
précepteur, mieux leur maître ? Maître, justement, de la même façon qu’Élie est
appelé maître d’Élisée, Que la piété filiale l’appelle donc affectueusement
lampe. Mais, comme si c’était trop peu, qu’il soit appelé aussi étoile. Et pas
n’importe laquelle, mais assez brillante pour éduquer des foules à la justice -
comme dit David – pour de perpétuelles éternités. Qu’il soit appelé aussi
soleil car il brillera comme un soleil avec les justes, maintenant dans
l’Église, et plus tard dans le royaume de leurs pères. Qu’on l’appelle aussi
ange car de sa bouche on recherche la loi. Finalement, qu’ils se réjouissent de
voir combien il est proprement appelé Béni (Benoît) lui que Dieu a béni à ce
point de toute bénédiction spirituelle et par qui tant de personnes posséderont
la bénédiction en héritage.
Je déclare que pour ceux
qui aiment ce père, il plaît que celui-ci soit appelé d’un tel vocable, car
dans l’habitude chrétienne, on a coutume de l’appliquer surtout au nom divin.
Qui en effet, parlant avec piété, ne dirait pas « Benoît » ou « bénédiction »
lorsqu’il a obtenu quelque chose ? D’autre part, faire résonner ses louanges
conviendrait de quelque manière à des hommes qui, selon l’apôtre, savent «
quelle est l’espérance de l’appel de Dieu. » (Ephés. I, 18) : c’est-à-dire ceux
qui ont reconnu être non seulement appelés à la foi commune aux autres
chrétiens, mais encore à gravir un degré supérieur institué par ce père pour
ceux qui « n’ont pas reçu en vain cette grâce » mais ont reconnu ce qui leur a
été donné par Dieu (II Cor. VI, 1). Et ceux-là, parce qu’ils ont un seul cœur
et une seule âme, Dieu les appelle un seul peuple lorsqu’il dit : « Ils
m’écoutent de leurs oreilles » Lui que nous avons l’ordre de « louer dans ses
saints » (Ps. XVII, 45 ; CL, 1). Mais quels doivent être ceux qui le louent, l’Écriture
ne le tait pas lorsqu’elle dit : « Vous qui craignez le Seigneur louez-le » et
de même : « Ils loueront le Seigneur ceux qui le cherchent » (Ps. XXI, 24,25).
Et à l’inverse elle dit : « La louange n’est pas belle dans la bouche des
pécheurs » (Eccl. XV, 9). Que penser de nous qui sommes pécheurs au-delà de
toute mesure et qui osons essayer de le louer ? Mais, espérant les richesses de
la divine bonté, nous avons cette audace en nous appuyant sur la miséricorde de
ce très indulgent « patron ».
En effet, la même
Écriture qui dit : « Que le louent les cieux » ajoute aussitôt « et la terre »
(Ps. Ps LXVIII, 35), afin que les pécheurs ne désespèrent pas. Car sa
miséricorde se multiplie à ce point qu’il sauve son seulement les hommes mais
les bêtes. Donc nous aussi, quoiqu’indignes, réjouissons-nous de louer ce père.
Et bien que ce ne soit pas à nous d’ouvrir la bouche dans notre confusion,
cependant que chacun de nous dise cette parole de Moïse : « Je sais que tu es
miséricordieux, Seigneur. » (Ps. XXXV, 8). Attendant dans la crainte et
l’espérance que selon la coutume propre aux rois, les coupables soient absous
au jour anniversaire de ceux-ci, de même, que ce prince de Dieu, à cause de la
joie de sa sainte solennité, délie nos liens. Nous revient également en mémoire
ce fait que, parmi les dons précieux des fils d’Israël, certains ont apporté
des poils de chèvres (Ex. XXV, 4). Et puisque par ceci est désigné la
confession des péchés, offrons du moins ce présent. En vérité, si manquent l’or
de la sagesse, l’argent d’une parole de louange, les pierres précieuses des
diverses vertus, si fait défaut, enfin, la pourpre de la chasteté, du moins
offrons ces poils de chèvres, parce qu’ils pourront plaire eux aussi,
accompagnés d’une confession sincère. Sincère bien entendu, car celui qui prend
encore plaisir à pécher avec consentement, il est faux de dire qu’il se repente
vraiment du passé. Mais pour parler d’une manière humaine, lorsque le père de
famille, après un temps d’absence, revient à la maison, toute la famille se
réjouit ; même les petits chiens sautent aussi et montrent qu’ils se
réjouissent par un mouvement de leurs membres. Et nous aussi, bien qu’à bon
droit nous soyons comparés à des bêtes, cependant si en l’honneur de cette
solennité qui représente d’une certaine manière le Seigneur, nous nous serons
réjouis, nous pourrons espérer des miettes de sa miséricorde comme les petits
chiens sous la table. Et cela, non à cause de nous, mais à cause de la bonté du
roi évangélique qui a daigné convier à son festin les aveugles et les boîteux
(Lc XIV, 13). Il agit avec bonté envers nous, ce même père de famille qui ne
dédaigne pas de nous faire participer à ses solennités. Ô combien y en a-t-il
qui habitent dans les régions les plus reculées au-delà des mers et qui se
réjouiraient grandement si leur était donné la possibilité, ne serait-ce qu’une
fois, de se rendre à son saint tombeau ! D’où il nous faut considérer ce qui
nous a été donné par Dieu. De peur que si nous sentions moins de révérence en
sa présence ou qu’avec un cœur souillé - ce qu’à Dieu ne plaise – nous
arrivions vides de tout bien devant lui présence, il ne dise cette parole du
prophète : « Mon âme n’est pas attachée à ce peuple » (Is. XV, 1) et de même :
« Tu es proche de leur bouche et loin de leurs reins » (Jer. XII, 2). C’est
pourquoi, lorsqu’il entrera comme le roi évangélique pour voir ceux qui
célèbrent la fête et qui sont attablés pour ainsi dire au festin, il ne
faudrait pas que quelqu’un d’entre nous risque d’offenser ses regards paternels
par le vêtement du cœur ou du corps (en effet, comme il est rempli de l’esprit
de Dieu, rien dans les créatures de Dieu ne peut lui échapper ». Il a dit
lui-même : « Toute exaltation s’apparente à la superbe » ; par elle, on se rend
abominable à Dieu au plus haut point ; l’Écriture le dit (Dt XXII, 5).
Rappelons-nous cependant que pour apaiser le juge d’en-haut ou les autorités du
ciel, le souvenir ou la confession des péchés est d’une singulière utilité
selon cette phrase : « Si tu as quelque chose, dis-le, afin d’être justifié »
(Is. XLIII, 26). « Mon iniquité – dit-il – moi je la connais ». Et c’est
pourquoi il demande avec une quasi-assurance : « Détourne ta face de mes péchés
» (Ps. L. 11). Mais celui qui veut voir quelle est la « face » de son mérite, il
faut qu’il regarde dans ce miroir, c’est-à-dire qu’il pèse avec soin les actes
de ce bienheureux confesseur. En inspectant ses actions, autant que notre
petitesse le peut, nous pourrons voir dans quel abîme nous sommes, ou bien,
combien lui-même est sublime. C’est pourquoi, de tout pénitent, il est écrit .
« Qu’il regarde les hommes – c’est-à-dire les saints – et qu’il dise j’ai
péché. » (Job, XXXIII, 27). Parce que, autant il considère leur beauté, autant
il se voit déformé. L’utilité que l’on tire de cette confession, cela est
signalé dans le même endroit lorsqu’il est dit : « Libérons-le de la superbe et
de ce qu’il commis afin qu’il n’aille pas à la perdition .» (Ibid. 17) . Mais
puisque l’Ecriture ordonne : « Le jour du Seigneur est saint, ne soyez pas
tristes » (II Esdr. VIII, 10), laissons tomber tout ce qui est triste en nous
ou de nous, et comme si l’époux était avec nous aujourd’hui, osons nous
réjouir. Offrant pour ainsi dire le présent de notre confession aux pieds de sa
paternelle bonté, relevons-nous pour le louer et l’admirer de toute notre
force. Les louanges, on les clamera d’une voix d’autant plus haute qu’on
l’aimera plus ardemment ou qu’on scrutera sa vie avec plus de soin, elle qui,
depuis le début, est digne de toute admiration. En effet, comme il est
magnifique, ce fait qu’ayant abandonné les richesses paternelles, il ait pris
le Saint-Esprit, pour ainsi dire, comme domicile dans sa sainte petite
poitrine, lui qui, avec une âme déjà grande, a osé affronter la vaste solitude
du désert. Et cela, Martin lui-même, si admiré du monde entier, ne l’a pas
fait, d’après ce qu’on rapporte de lui. Et parce qu’il a « porté le joug » non
seulement « depuis l’adolescence » mais depuis l’enfance (Lament. III, 25),
comme Jérémie le dit ensuite : « Il s’est assis solitaire » dans le céleste
capitole. Et il est clair que ce n’est pas sans un dessein providentiel de Dieu
qu’il a expérimenté en lui-même l’aiguillon si fort de la tentation. En effet,
de même que Pierre, le chef des bons, a d’abord été révélé à lui-même avant
d’être mis à la tête du troupeau de Dieu, de même pour celui-ci qui devait être
miséricordieux envers ceux qui lui sont soumis. Cependant il a vaincu fortement
dès le principe la violence de l’attaque à tel point qu’ensuite, il n’en a plus
rien ressenti. Avec quelle soumission et quelle netteté on doit préférer le
bien commun au bien privé, ce maître de discipline spirituelle le montre par
ses actes. Car à peine eut-il gagné cette chère solitude qu’il la quitta en se
vainquant lui-même pour satisfaire aux vœux des suppliants. Mais comme ses
actions saintes et admirables sont notoires, nous n’en parlerons pas pour le
moment. Cependant, pour son honneur, mentionnons que ce n’est pas n’importe
quel autre maître de l’Église qui a relaté la vie d’un tel père mais l’insigne
et très éloquent pape Grégoire : tout ce qu’il a écrit brille comme de l’or.
Par une disposition
divine, cet excellent législateur a été mis en évidence par Dieu de différentes
façons, ce qui assure le plus son autorité étant le fait que le souverain
pontife du siège apostolique a écrit sa vie. Et cette vie grâce au « Dialogue »
de ce pape sera connue de beaucoup, et pas seulement chez les latins mais aussi
chez les grecs. Et qu’on n’omette pas ceci qui doit être pour nous un grand
sujet de joie : le bon plaisir divin nous a donné qu’une telle splendeur soit
venue dans notre région du couchant. Et ce n’est pas sans raison, nous le
croyons, que se soit produit ceci :que le disciple aimé de façon unique, je
veux dire le bienheureux Maur, se soit dirigé de son vivant vers cet endroit et
qu’il ait voulu finalement s’y établir. Et puisque cet esprit sanctifié fut à
ce point dilaté qu’il voyait le monde entier ensemble, peut-être a-t-il choisi
ce lieu spécialement par quelque intention secrète. Quiconque aura vu combien
ce lieu est désirable pour toujours et pour tant de monde ne refusera pas
d’admettre en quelle haute estime on doit le tenir et avec quelle révérence il
doit être honoré. On a coutume d’évaluer le poids d’une accusation non
seulement en fonction du degré d’intelligence de l’inculpé et des
circonstances, mais aussi du lieu : par conséquent, la voix divine adresse un
plus grand reproche lorsqu’elle porte plainte contre l’impie en disant. « Dans
la terre des saints il a agi iniquement et il ne verra pas la gloire du
Seigneur » (Is. XXVI, 10) et de même : « Mon bien-aimé a fait le mal dans ma
maison. » (Jérém. XI, 15). Par ailleurs, celui que la présence d’un tel père
n’incline pas à la révérence semble participer à l’esprit de Judas. Lui dont ni
la vue, ni les paroles ni le partage de la table du seigneur en personne n’ont
ramolli la dureté. Examinons donc ce qui nous a été donné par Dieu et ne
recevons pas en vains la grâce offerte. Qu’un tel éclat illumine la cécité de
notre esprit, qu’une telle bonté amollisse notre dureté. Qu’une médecine si
puissante guérisse nos blessures. Si, encore petit enfant, il a réparé le
crible au point que la cassure ne soit même plus visible, nous qui par grâce
sommes appelés des vases d’honneur dans la maison de Dieu, vu que nous
souffrons de nombreuses fractures dues à nos péchés, nous pourrons être réparés
par le même médecin qui est déjà associé à son roi. Si la noirceur des crimes a
altéré notre couleur, ne soyons pas comme les Éthiopiens qui ne changent pas de
peau, mais, en ayant recours à sa mains secourable, demandons-lui, comme le
corbeau, une bouchée de miséricorde. Si à bon droit nous sommes comptés parmi
les individus injurieux, demandons-lui cette affection qui le fit pleurer pour
celui qui le haïssait. Et, malgré leur indignité, il n’aura pas d’aversion pour
ceux qui le supplient lui qui se lamentait pour celui qui persévérait dans la
malice. Réjouissons-nous donc et à l’égard de notre maître, manifestons nos
sentiments d’amour avec toute la force dont nous sommes capables. En effet de
nombreux péchés ont été remis à Marie parce qu’elle a beaucoup aimé (Luc VII,
47).
Finalement, chacun doit
désirer « ajouter aux louanges » de ce prince de Dieu selon l’expression du
psalmiste, mais s’il est en notre pouvoir de manifester notre affection, jamais
nous ne serons capables d’accomplir à la perfection une telle tâche. C’est
pourquoi, ce n’est pas seulement une voix, une seule assemblée, ni une seule
ville ou province qui proclame ses louanges, mais partout où l’Évangile est
répandu, la louange de Benoît est célébrée par les tribus, par les nations, par
les langues. Si « un peuple nombreux assure la notoriété d’un roi » comme le
dit Salomon (Prov. XIV, 28), quelle sera – pensons-nous – la notoriété de ce
roi suivi d’une armée de moines si nombreuse ? Quel roi ou quel empereur a
jamais commandé en tant de parties du monde ou a enrôlé des légions originaires
de nations si diverses, en dispose de si nombreuses engagées librement par
serment dans la milice du Christ, de tout sexe et âge ? Ils regardent vers lui
comme s’il était présent et en suivant l’étendard de son institution, ils
brisent virilement les lignes diaboliques. Cette parole prophétique leur
convient : « Tes yeux verront celui qui t’instruit » (Is. XXX, 20). Enfin c’est
une opinion digne de foi que chacun des saints se lèvera avec ceux-ci lors de
la régénération que le Seigneur nous a acquise. Lors donc que tous ceux qui ont
suivi cette institution seront convoqués en un seul lieu, quel signe pour
l’apostolat de Benoît constituera cette nombreuse armée ? Quel frémissement de
joie pour celui qui aura pu se mêler à ces cohortes ! Que tous maintenant
dirigent le regard de leur cœur vers lui, proches par le lieu ou par
l’affection. Il s’est fait tout à tous. Dans son enfance, les enfants trouvent
un modèle : qu’ils le suivent ! Afin que, ayant été offerts à Dieu à l’instar
d’Isaac, ils se gardent de laisser fermenter leurs prémices. Et ensuite, dans
la succession des années, qu’ils soient parfaits en bon sens afin que, nourris
par sa paternelle bonté, ils ne dégénèrent pas. De peur que s’ils tombent d’un
degré si excellent, leur chute ne soit d’autant plus lourde. Mais nous aussi
qui avons failli, quelque nous soyons, ne nous décourageons nullement d’espérer
dans sa clémence, parce que, de son vivant et après son décès, il a ressuscité
des morts, réparé ce qui était brisé, soigné ce qui était désespéré.
Et quoique nous n’ayons
pas fait sa volonté, invoquons-le comme notre maître et que nos yeux soient
toujours fixés sur ses mains jusqu’à ce que lui-même se tourne vers nous et aie
pitié de nous. Que Benoît soit toujours dans notre cœur, Benoît à la bouche,
Benoît dans nos actes afin que (pour emprunter le langage de l’apôtre) s’il y a
quelque vertu, quelque louange de conduite, que nous voyons en lui, que nous
entendons de lui ou par lui : nous suivions cela afin qu’il soit avec nous.
Dieu de paix par lui, pour les siècles des siècles ! Amen.
SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/benoit/sermon/odon.htm
Cécile Lanéry, « Anne-Marie Bultot-Verleysen, Odon de Cluny, Vita sancti Geraldi Auriliacensis. Édition critique, traduction française, introduction et commentaires. Bruxelles, Société des Bollandistes, 2009, XVIII-327 p., 25 cm, (« Subsidia hagiographica », 89), 75 €, ISBN 978-2-87365-023-0 »
Avec ce volume A.-M.
Bultot-Verleysen offre à la Vie de saint Géraud d’Aurillac, composée par Odon
de Cluny, sa première édition critique. Jusqu’alors, on ne disposait que du
texte publié en 1614 par la Bibliotheca cluniacensis, puis repris par
les Acta sanctorum et la Patrologie latine. Or, ce texte est précieux
à plus d’un titre : il retrace la vie d’un saint laïc, Géraud (855/856 –
909/920), qui fut une figure éminente de l’Auvergne carolingienne ; vassal
royal, fondateur de l’abbaye d’Aurillac, il était également familier du duc
Guillaume d’Aquitaine, et semble avoir bénéficié rapidement d’une réputation de
sainteté. Sa Vie (Bibliotheca Hagiographica Latina, n° 3411) fut composée
par Odon, abbé d’Aurillac et deuxième abbé de Cluny (927-942). Ce dernier composa
d’abord un sermon en l’honneur du saint (Sermo de festivitate S. Geraldi),
avant de rédiger, à la demande de Turpion, évêque de Limoges, et d’Aimon, abbé
de Tulle (puis de Saint-Martial de Limoges), cette Vita prolixior prima (VPP),
que l’éditrice date des années 927-931. Le texte de VPP fut ensuite
légèrement remanié, à Cluny, peut-être par Odon lui-même, ou sur ses
instructions : la Vita prolixior secunda (VPS), qui résulta de
ces retouches, alimenta par la suite la liturgie clunisienne ; plus tard,
divers abrégés, dont une Vita brevior (VB = BHL 3412-14)
du xe siècle, prirent le relais dans les légendiers, même si le culte
de saint Géraud demeura surtout régional.
2Parmi tous ces textes,
c’est certainement VPP qui présente le plus d’intérêt : de facture
élégante, elle est enrichie de très nombreuses citations bibliques et de
réminiscences patristiques (Grégoire, Augustin, Jérôme, S. Benoît,
etc.) ; on rencontre aussi, çà et là, quelques souvenirs de l’Énéide.
Surtout, VPP est basée sur une enquête approfondie d’Odon à Aurillac,
ce qui lui confère une crédibilité appréciable. Elle n’en échappe pas pour
autant, il est vrai, à la stylisation de rigueur dans le genre hagiographique.
Odon a même projeté sur son héros les préoccupations réformatrices qui lui
étaient propres, d’autant qu’il avait peine, semble-t-il, à concevoir l’idée
d’une sainteté purement laïque : aussi son Géraud apparaît-il bien souvent
comme un moine portant l’habit laïc, et non comme un noble carolingien.
3L’édition critique
de VPP est fondée sur les 5 manuscrits complets qui nous en sont
parvenus, sur un fragment conservé aux Archives d’Aurillac, ainsi que sur le
témoignage indirect de VPS (élaborée, semble-t-il, directement sur
l’archétype de VPP). Tous ces témoins sont français, échelonnés du xie au xive siècle ;
les autres manuscrits de VPP, incomplets, n’apportent rien de significatif
à l’établissement du texte. L’éditrice les avait d’ailleurs précédemment
décrits dans un article sur le dossier de saint Géraud (« Sources
hagiographiques de la Gaule, IV : Le dossier de Saint Géraud
d’Aurillac », Francia, t. 22, 1995, p. 173-206). Ajoutons
en passant que VPP était également connue à Clairvaux : on en
rencontre un extrait, passé inaperçu jusqu’ici, dans le légendier de Clairvaux,
vers 1170 (Montpellier, Bibl. Fac. Méd., 1, t. 2, f. 202v°-203r), à
la suite de VB (BHL 3412-3412a).
4L’édition de VPP par
Mme Bultot-Verleysen apporte des améliorations substantielles au texte
jadis publié d’après divers manuscrits par la Bibliotheca cluniacensis.
L’étude des manuscrits, de l’épître dédicatoire et des transitions ménagées par
Odon, permettent en outre de revoir la structure de l’œuvre : la Vita composée
par Odon n’était pas constituée de quatre livres, mais de deux, suivis d’un Liber
miraculorum ; le récit de la mort de Géraud (Transitus) ne formerait donc
pas un livre autonome, mais plutôt l’épilogue du deuxième livre. Quant au Liber
miraculorum, dont l’authenticité a parfois été partiellement discutée, il
serait bel et bien de la plume d’Odon, à l’exception des deux derniers
miracles, absents dans les manuscrits avant le xiie siècle, et
probablement ajoutés au récit en milieu limousin.
5Le remaniement VPS,
n’a, pour sa part, été conservé que de manière imparfaite. Outre quelques
leçons dans des témoins du lectionnaire clunisien, on dispose d’un manuscrit
plus complet, mais malheureusement mutilé (Paris, BnF, n.a.l. 2261 = C) ;
la matière de la Vita Geraldi y apparaît condensée, disposée en trois
livres, et précédée d’un prologue qui s’est substitué à l’épître dédicatoire et
à la préface de VPP. Dans la mesure où VPS (encore privée de
code propre dans la Bibliotheca hagiographica latina) demeure encore très
proche de son modèle, l’éditrice a estimé qu’il n’était pas nécessaire de lui
offrir une édition distincte. Aussi s’est-elle contentée d’indiquer en annexe
de son édition de VPP les leçons propres à VPS, d’après le
manuscrit C.
6L’édition proprement
dite est précédée d’une introduction fournie, précise et bien renseignée, tout
comme les notes qui l’accompagnent et apportent au texte un éclairage
supplémentaire. Tout au plus pourrait-on signaler un lapsus, p. 21 (il
faut lire « entre 936 et 942 » et non « entre 936 et 943 »,
puisque, comme le souligne justement l’éditrice, Odon est mort en 942, ce qui
fournit à VPP un terminus ante quem assuré). Aux nombreux
titres évoqués en bibliographie et en note, on pourrait aussi ajouter les
références suivantes, déjà anciennes, il est vrai : P. Lamma, Momenti
di storiografia cluniacense, Roma, 1961, p. 21-3 (Studi storici,
fasc. 42-4), et P. Rousset, « L’idéal chevaleresque dans
deux Vitae clunisiennes », dans Études de civilisation
médiévale. Mélanges E. R. Labande, Poitiers, 1974, p. 623-33.
L’édition elle-même est bien menée, cohérente avec le stemma codicum dressé
dans l’introduction à l’aide de la méthode mise au point par Jacques Froger. À
plusieurs endroits, le texte des manuscrits était corrompu, et l’éditrice a dû
faire des choix. Pour l’épître dédicatoire, elle s’est ainsi ralliée au titre
factice de la Bibliotheca cluniacensis (Auctoris epistola
nuncupatoria), contre le titre qui figurait dans le subarchétype de la
tradition manuscrite (Incipit Odonis prefatio patris amandi in uita domni
illustris uirtute Geraldi). Il est probable, en effet, que le texte sorti de
l’atelier d’Odon ne donnait aucun titre à cette épître ; mais il aurait
alors peut-être fallu mettre entre crochets le titre reconstitué par l’éditeur
de la Bibliotheca cluniacensis, certes approprié au contenu, mais nullement
originel. Ces broutilles formelles ne gâtent toutefois nullement l’acribie dont
fait preuve l’éditrice en maints autres endroits. Quant à la nouvelle
traduction qui accompagne l’édition, elle est fidèle et fluide (en I.12, dans
l’expression nec in reseruandis iniuriis tenax, on peut toutefois se
demander si reseruare n’a pas plutôt le sens de « conserver le
souvenir d’un dommage » plutôt que celui de « différer la poursuite
d’un dommage »), attentive à restituer les realia sociales,
religieuses et politiques, de la France méridionale à l’époque carolingienne.
Nul doute, en tout cas, que ce volume soigné, précieux pour les médiévistes,
constituera à l’avenir l’édition de référence de la Vita S. Geraldi d’Odon
de Cluny.
Référence électronique
Cécile Lanéry, « Anne-Marie Bultot-Verleysen, Odon
de Cluny, Vita sancti Geraldi Auriliacensis. Édition critique, traduction
française, introduction et commentaires », Revue de l’histoire des
religions [En ligne], 3 | 2012, mis en ligne le 04 octobre
2012, consulté le 14 janvier 2026. URL :
http://journals.openedition.org/rhr/7928 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rhr.7928
SOURCE : https://journals.openedition.org/rhr/7928
Also
known as
Oddone
Profile
Born to the nobility, the
son of Abbo. Raised in the courts of Count Fulk
II of Anjou and Duke William
of Aquitaine. Received the Order of Tonsure at age nineteen. Canon of
the church of Saint Martin
of Tours. Studied music and theology in Paris for
four years, studying under
Remigius of Auxerre.
Returning home, he spent years as a near-hermit in
a cell, studying and praying.
Benedictine monk at Baume, diocese of Besancon, France in 909,
bringing all his worldly possessions – a library of
about 100 books. Spiritual student of the abbot, Saint Berno
of Cluny. Headmaster of
the monastery school at Baume. Abbot of Baume in 924. Abbot of Cluny, Massey
and Deols in 927.
In 931, Pope John XI asked
Odo to reform all the monasteries in
the Aquitaine, northern France and Italy.
Negotiated a peace between Heberic of Rome and
Hugh of Provence in 936;
returned twice in six years to renegotiate the peace between them. Persuaded
many secular leaders to give up control of monasteries so
they could return to being spiritual centers, not sources of cash for the
state. Founded the monastery of Our Lady on
the Aventine in Rome. Wrote a
biography of Saint Gerald
of Aurillac, three books of essays on morality, some homilies, an
epic poem on
the Redemption, and twelve choral antiphons in
honour of Saint Martin
of Tours. Noted for his knowledge, his administrative abilities, his skills
as a reformer, and as a writer;
also known for his charity, he
has been depicted giving the poor the
clothes off his back.
Born
18 November 942 in
Tours, France of
natural causes while travelling to Rome, Italy
buried in
the church of Saint Julian
most relics burned
by Huguenots
in France
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Catholic
Encyclopedia, by Klemens Loffler
Lives
of the Saints, by Father Alban
Butler
Pope
Benedict XVI, General Audience, 2 September, 2009
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
Saints
and Their Attributes, by Helen Roeder
other
sites in english
Makers
of Christianity From Alfred the Great to Schleiermacher
Professor Plinio Corrêa de Oliveira
video
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
fonti
in italiano
nettsteder
i norsk
MLA
Citation
“Saint Odo of
Cluny“. CatholicSaints.Info. 7 March 2024. Web. 14 January 2026.
<https://catholicsaints.info/saint-odo-of-cluny/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-odo-of-cluny/
BENEDICT XVI
GENERAL AUDIENCE
Saint Odo of Cluny
Dear Brothers and
Sisters,
After a long pause, I
would like to resume the presentation of important writers of the Eastern and
Western Church in the Middle Ages because in their life and writings we see as
in a mirror what it means to be Christian. Today I present to you the luminous
figure of St Odo, Abbot of Cluny. He fits into that period of medieval
monasticism which saw the surprising success in Europe of the life and spirituality
inspired by the Rule of St Benedict. In those centuries there was a
wonderful increase in the number of cloisters that sprang up and branched out
over the continent, spreading the Christian spirit and sensibility far and
wide. St Odo takes us back in particular to Cluny, one of the most illustrious
and famous monasteries in the Middle Ages that still today reveals to us,
through its majestic ruins, the signs of a past rendered glorious by intense
dedication to ascesis, study and, in a special way, to divine worship, endowed
with decorum and beauty.
Odo was the second Abbot
of Cluny. He was born in about 880, on the boundary between the Maine and the
Touraine regions of France. Odo's father consecrated him to the holy Bishop
Martin of Tours, in whose beneficent shadow and memory he was to spend his
entire life, which he ended close to St Martin's tomb. His choice of religious
consecration was preceded by the inner experience of a special moment of grace,
of which he himself spoke to another monk, John the Italian, who later became
his biographer. Odo was still an adolescent, about 16 years old, when one
Christmas Eve he felt this prayer to the Virgin rise spontaneously to his lips:
"My Lady, Mother of Mercy, who on this night gave birth to the Saviour, pray
for me. May your glorious and unique experience of childbirth, O Most Devout
Mother, be my refuge" (Vita sancti Odonis, 1, 9: PL 133,
747). The name "Mother of Mercy", with which young Odo then invoked
the Virgin, was to be the title by which he always subsequently liked to
address Mary. He also called her "the one Hope of the world ... thanks to
whom the gates of Heaven were opened to us" (In veneratione S. Mariae
Magdalenae: PL 133, 721). At that time Odo chanced to come across
the Rule of St Benedict and to comment on it, "bearing, while
not yet a monk, the light yoke of monks" (ibid., I, 14, PL 133,
50). In one of his sermons Odo was to celebrate Benedict as the "lamp that
shines in the dark period of life" (De sancto Benedicto abbate: PL 133,
725), and to describe him as "a teacher of spiritual discipline" (ibid.,
PL 133, 727). He was to point out with affection that Christian piety,
"with the liveliest gentleness commemorates him" in the knowledge
that God raised him "among the supreme and elect Fathers of Holy
Church" (ibid., PL 133, 722).
Fascinated by the
Benedictine ideal, Odo left Tours and entered the Benedictine Abbey of Baume as
a monk; he later moved to Cluny, of which in 927 he became abbot. From that
centre of spiritual life he was able to exercise a vast influence over the
monasteries on the continent. Various monasteries or coenobiums were able to
benefit from his guidance and reform, including that of St Paul
Outside-the-Walls. More than once Odo visited Rome and he even went as far as Subiaco,
Monte Cassino and Salerno. He actually fell ill in Rome in the summer of 942.
Feeling that he was nearing his end, he was determined, and made every effort,
to return to St Martin in Tours, where he died, in the Octave of the Saint's
feast, on 18 November 942. His biographer, stressing the "virtue of
patience" that Odo possessed, gives a long list of his other virtues that
include contempt of the world, zeal for souls and the commitment to peace in
the Churches. Abbot Odo's great aspirations were: concord between kings and
princes, the observance of the commandments, attention to the poor, the
correction of youth and respect for the elderly (cf. Vita sancti Odonis, I,
17: PL 133, 49).
He loved the cell in
which he dwelled, "removed from the eyes of all, eager to please God
alone" (ibid., I, 14: PL 133, 49). However, he did not fail
also to exercise, as a "superabundant source", the ministry of the
word and to set an example, "regretting the immense wretchedness of this
world" (ibid., I, 17: PL 133, 51). In a single monk, his
biographer comments, were combined the different virtues that exist, which are
found to be few and far between in other monasteries: "Jesus, in his
goodness, drawing on the various gardens of monks, in a small space created a
paradise, in order to water the hearts of the faithful from its fountains"
(ibid., I, 14: PL 133,49). In a passage from a sermon in honour
of Mary of Magdala the Abbot of Cluny reveals to us how he conceived of
monastic life: "Mary, who, seated at the Lord's feet, listened attentively
to his words, is the symbol of the sweetness of contemplative life; the more
its savour is tasted, the more it induces the mind to be detached from visible
things and the tumult of the world's preoccupations" (In ven. S. Mariae
Magd., PL 133, 717). Odo strengthened and developed this conception
in his other writings. From them transpire his love for interiority, a vision
of the world as a brittle, precarious reality from which to uproot oneself, a
constant inclination to detachment from things felt to be sources of anxiety,
an acute sensitivity to the presence of evil in the various types of people and
a deep eschatological aspiration. This vision of the world may appear rather
distant from our own; yet Odo's conception of it, his perception of the
fragility of the world, values an inner life that is open to the other, to the
love of one's neighbour, and in this very way transforms life and opens the
world to God's light.
The "devotion"
to the Body and Blood of Christ which Odo in the face of a widespread neglect
of them which he himself deeply deplored always cultivated with conviction
deserves special mention. Odo was in fact firmly convinced of the Real
Presence, under the Eucharistic species, of the Body and Blood of the Lord, by virtue
of the conversion of the "substance" of the bread and the wine.
He wrote: "God, Creator of all things, took the bread saying that this was
his Body and that he would offer it for the world, and he distributed the wine,
calling it his Blood"; now, "it is a law of nature that the change
should come about in accordance with the Creator's command", and thus
"nature immediately changes its usual condition: the bread instantly
becomes flesh, and the wine becomes blood"; at the Lord's order, "the
substance changes" (Odonis Abb. Cluniac. occupatio, ed. A. Swoboda,
Leipzig 1900, p. 121). Unfortunately, our abbot notes, this "sacrosanct
mystery of the Lord's Body, in whom the whole salvation of the world
consists", (Collationes, XXVIII: PL 133, 572), is celebrated
carelessly. "Priests", he warns, "who approach the altar
unworthily, stain the bread, that is, the Body of Christ" (ibid., PL 133,
572-573). Only those who are spiritually united to Christ may worthily
participate in his Eucharistic Body: should the contrary be the case, to eat
his Flesh and to drink his Blood would not be beneficial but rather a
condemnation (cf. ibid., XXX, PL 133, 575). All this
invites us to believe the truth of the Lord's presence with new force and
depth. The presence in our midst of the Creator, who gives himself into our
hands and transforms us as he transforms the bread and the wine, thus
transforms the world.
St Odo was a true
spiritual guide both for the monks and for the faithful of his time. In the
face of the "immensity of the vices widespread in society, the remedy he
strongly advised was that of a radical change of life, based on humility,
austerity, detachment from ephemeral things and adherence to those that are
eternal (cf. Collationes, XXX, PL 133, 613). In spite of the realism
of his diagnosis on the situation of his time, Odo does not indulge in
pessimism: "We do not say this", he explains, "in order to
plunge those who wish to convert into despair. Divine mercy is always
available; it awaits the hour of our conversion" (ibid., PL 133,
563). And he exclaims: "O ineffable bowels of divine piety! God pursues
wrongs and yet protects sinners" (ibid., PL 133, 592). Sustained by
this conviction, the Abbot of Cluny used to like to pause to contemplate the
mercy of Christ, the Saviour whom he describes evocatively as "a lover of
men": "amator hominum Christus" (ibid., LIII: PL 133,
637). He observes "Jesus took upon himself the scourging that would have
been our due in order to save the creature he formed and loves (cf. ibid.,
PL 133, 638).
Here, a trait of the holy
abbot appears that at first sight is almost hidden beneath the rigour of his
austerity as a reformer: his deep, heartfelt kindness. He was austere, but
above all he was good, a man of great goodness, a goodness that comes from
contact with the divine goodness. Thus Odo, his peers tell us, spread around
him his overflowing joy. His biographer testifies that he never heard
"such mellifluous words" on human lips (ibid., I, 17: PL 133,
31). His biographer also records that he was in the habit of asking the
children he met along the way to sing, and that he would then give them some
small token, and he adds: "Abbot Odo's words were full of joy ... his
merriment instilled in our hearts deep joy" (ibid., II, 5: PL 133,
63). In this way the energetic yet at the same time lovable medieval abbot,
enthusiastic about reform, with incisive action nourished in his monks, as well
as in the lay faithful of his time, the resolution to progress swiftly on the
path of Christian perfection.
Let us hope that his
goodness, the joy that comes from faith, together with austerity and opposition
to the world's vices, may also move our hearts, so that we too may find the
source of the joy that flows from God's goodness.
To special groups
Dear Brothers and
Sisters,
I offer a warm welcome to
the English-speaking visitors present at today's Audience, including those from
England, Scotland, Ireland, Nigeria and the United States. My particular
greeting goes to the Servants of the Holy Spirit, as well as the young people
from the Holy Study House of Prayer. Upon all of you I invoke God's Blessings
of joy and peace!
I address a cordial
welcome to the Italian-speaking pilgrims. I greet in particular the
participants in the Inter-Christian Symposium sponsored by the Antonianum
Pontifical University and the Aristotle University of Thessaloniki, and I hope
that the common reflection between Catholics and Orthodox on the figure of St
Augustine will strengthen us on our way towards full communion.
Lastly, I address an
affectionate greeting to the young people, the sick and the newlyweds. I
invite you young people to welcome and live the word of God with
courage and the creativity typical of your age. I encourage you, dear sick
people, to preserve the Gospel teachings in your hearts to draw from them
strength, serenity and support in the trial of suffering. I hope that you newlyweds will
set out with generous fidelity on the way suggested by the Son of God, so that
your new family may be built upon the firm rock of his word.
© Copyright 2009 -
Libreria Editrice Vaticana
Copyright © Dicastery for
Communication
SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/en/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090902.html
Book of Saints –
Odo – 18 November
Article
(Saint) Abbot (November
18) (10th
century) A Frenchman of
noble birth who renounced a canonry at Tours in
order to embrace the Religious Life among the Cluniac Benedictines,
then in the first fervour of their famous Reform. Elected Abbot,
he by his piety and wisdom shone as a bright and shining light amid the
darkness of the age in which he lived. Having rendered priceless services both
to his Order and
to the Church at
large, he was called to his reward A.D. 940.
MLA
Citation
Monks of Ramsgate. “Odo”. Book of Saints, 1921. CatholicSaints.Info.
13 April 2016. Web. 15 January 2026.
<https://catholicsaints.info/book-of-saints-odo-18-november/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-odo-18-november/
St. Odo
Feastday: November 18
Patron: of rain
Birth: 878
Death: 942
Odo was born near Le
Mans, France. He was raised in the households of Count Fulk II of Anjou and
Duke William of Aquitaine, received the tonsure when
he was nineteen, received a canonry at St. Martin's in Tours, and then spent
several years studying at Paris, particularly music, under Remigius of Auxerre.
Odo became a monk under Berno at
Baume-les-Messieurs near Besancon in 909, was named director of the Baume
Monastery school by Berno, who became abbot of
the newly founded Cluny, and in 924 was named abbot of
Baume. He succeeded Berno as
second abbot of
Cluny in 927, continued Berno's work of reforming abbeys from Cluny, and in 931
was authorized by Pope John XI to
reform the monasteries of northern France and
Italy. Odo was called to Rome by
Pope Leo
VII in 936 to arrange peace between Alberic of Rome and
Hugh of Provence, who was besieging the city, and succeeded temporarily by
negotiating a marriage between Alberic and Hugh's daughter; Odo returned
to Rome twice
in the next six years to reconcile Alberic and Hugh. Odo spread Cluny's
influence to monasteries all over Europe, encountering and overcoming much
opposition, and successfully persuaded secular rulers to relinquish control of
monasteries they had been illegally controlling. He died at Tours on
the way back to Rome on
November 18. He wrote hymns, treatises on morality, an epic poem on the
Redemption, and a life of St. Gerald of
Aurillac. His feast
day is November 18th.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=796
Spiritual Bouquet:
"All who want to
live piously in Christ Jesus will suffer persecution."
St. Paul, II Tim. 3:12
Saint Odon
or Eudes of Cluny
Benedictine, abbot of Cluny
(† 942)
On Christmas Eve of the
year 877, a pious but childless Christian nobleman of Aquitaine implored Our
Lord, by the fecundity of His Holy Mother and His Incarnation, to grant him a
son. His prayer was heard; Odon was born, and his grateful father, in a prayer
offered him — still an infant in his arms — to Saint Martin of Tours (?400) to
be his spiritual son. Odon was later taught by a wise priest, then was placed
in the court of the Count of Anjou and that of the Duke of Aquitaine. There he
was influenced by the passions which reign in courts, and neglected his prayers
to think only of games, hunting, and military pursuits. But God did not abandon
him, and he was haunted in his dreams by the dangers of a disordered life. He
prayed to the Blessed Virgin and begged Her one Christmas Eve to lead him on
the narrow path of sanctity.
He was then sixteen years
old, and the next day he fell ill with a sickness which increased and for three
years kept him on the verge of death. When his father told him he had
consecrated him to Saint Martin, Odon renewed this consecration and promised to
enter into his service; suddenly then his headaches left him and he recovered
from his illness.
He went to Tours to serve
in the church of Saint Martin for a time. But when a hermitage was built nearby
he retired there to devote himself to prayer and study, while continuing to
visit the tomb of Saint Martin every night. He began to study the Scriptures
and abandoned all pagan readings. Later he was inspired to enter the monastery
of Baume in the diocese of Besançon, and there he received the habit from Saint
Bernon, the abbot, in the year 909. He was charged with the instruction of
novices and boarding students. When later he returned home on a visit to his
parents, they were so touched by his words that despite their age they
renounced the world and entered a monastery. When Odon returned to Baume he was
ordained a priest.
When Saint Bernon, who
had governed six monasteries, died, three of those were entrusted to Saint
Odon; these were Cluny, newly founded in 910, Massay, and Deols. He resided in
Cluny, of which he is often titled the Founder, because he organized and
enlarged this new house. His reputation attracted a large number of vocations.
His special care was for children; at that period the schools had taken refuge
in the cathedrals and monasteries. He watched with gentleness over the habits,
studies, and repose of these dear children. He personally taught them as well
as the monks. The Rule of Saint Benedict, providing for the education of
children as well as the formation of monks, was followed zealously. Many alms
were given to the poor, without concern for the morrow. The charity of Cluny
was so abundant that in one year food was distributed to more than seven
thousand indigent persons.
Saint Odon visited Rome
three times; there he reformed a monastery, and later in France he submitted
several abbeys to the discipline of Cluny. These were organized into a
federation under the sole abbot of Cluny, with great unity of statutes and
regime. It was said that from Benevent to the Atlantic Ocean, the most
important monasteries of Italy and Gaul rejoiced in being under his
commandment. After celebrating the feast of Saint Martin at Tours in 942, Saint
Odon fell ill; and having exhorted all the religious who had come there to see
him and learn how to be regular in their observance, he blessed them and gave
up his soul to God. He was buried at Tours in the church of Saint Julian.
Reflection: It needs
only for a Catholic to show devotion to any Saint, says Father Newman, in order
to receive special benefits from his intercession.
Les Petits Bollandistes:
Vies des Saints, by Msgr. Paul Guérin (Bloud et Barral: Paris, 1882), Vol.
13
SOURCE : https://sanctoral.com/en/saints/saint_odon_or_eudes_of_cluny.html
St. Odo
Second Abbot of Cluny,
born 878 or 879, probably near Le Mans; died 18
November, 942. He spent several years at the court of William, Duke of Martin
at Tours. About
909, he became a monk, priest, and superior of
the abbey school in Baume,
whose Abbot, Bl. Berno, was transferred to Cluny in 910. Authorized by a
privilege of John XI in
931, he reformed the monasteries in
Aquitaine, northern France,
and Italy. The
privilege empowered him to unite several abbeys under his
supervision and to receive at Cluny monks from abbeys not yet
reformed; the greater number of the reformed monasteries, however,
remained independent, and several became centres of reform. Between 936 and 942
he visited Italy several
times, founding in Rome the monastery of Our
Lady on the Aventine and reforming several convents, e.g. Subiaco and Monte Cassino. He was
sometimes entrusted with important political missions, e.g., when peace was
arranged between King Hugo of Italy and Alberic
of Rome. Among
his writings are: a biography of St. Gerald of
Aurillac, three books of Collationes (moral essays, severe and forceful) a few
sermons, an epic poem on the Redemption (Occupatio) in several books (ed.
Swoboda, 1900), and twelve choral antiphons in honour of St.
Martin.
Löffler, Klemens. "St.
Odo." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert
Appleton
Company, 1911. <http://www.newadvent.org/cathen/11209a.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by Christine J. Murray.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. February 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D.,
Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
SOURCE : https://www.newadvent.org/cathen/11209a.htm
November
18
St.
Odo, Abbot of Cluni, Confessor
ABBO, father
to this saint, was a nobleman of the first rank. Odo was born at Tours in 879,
and was brought up first in the family of Fulk II., count of Anjou, and
afterwards in that of William, count of Auvergne, and duke of Aquitain, who
some years after, founded the abbey of Cluni. From his childhood the saint was
much given to prayer, and piety made him regret the time that he threw away in
hunting and other amusements and exercises of a court life. At nineteen years
of age he received the tonsure, and was instituted to a canonry in St. Martin’s
church, at Tours, and from that time bade adieu to Virgil and other profane
authors, resolving only to read such books as tended to nourish in his heart
compunction, devotion, and divine love. However, he spent four years at Paris
in completing a course of theological studies. But, upon his return to Tours,
he shut himself up in a cell; determined to have no other employment but prayer
and meditation upon the holy scriptures. One day, in reading the rule of St.
Bennet, he was confounded within himself to see how much his life fell short of
the maxims and rules of perfection which are there laid down, and he determined
to embrace a monastic state. The count of Anjou, his patron, refusing to
consent, Odo spent almost three years in a cell, with one companion, in the
assiduous practice of penance and contemplation. At length, resolving that no
impediments should any longer withhold him from consecrating himself to God, in
a monastic state, he resigned his canonry, and secretly repaired to the
monastery of Beaume, in the diocess of Besançon, where the holy abbot, St.
Berno, admitted him to the habit, in 909. 1 He
brought nothing with him but his library, which consisted of about a hundred
volumes. The great abbey of Cluni was founded in 910, and committed to the care
of St. Berno, who was obliged to govern six other monasteries at the same time.
Upon his death, in 927, the bishops of that country established St. Odo abbot
of three of those monasteries, namely, Cluni, Massay, and Deols. The first he
made his residence; and the reputation of his sanctity, and of the regularity
and good discipline which he established, drew thither many illustrious and
fervent persons, who sincerely desired to serve God. The saint established there
the rule of St. Bennet in great purity, and endeavoured to carry its observance
to the highest perfection. It was his usual saying, that no one can be called a
monk who is not a true lover, and strict observer of silence, a condition
absolutely necessary for interior solitude and the commerce of a soul with God.
Silence and the most perfect practices of humility, obedience, and self-denial,
were the chief objects of his reformation. Many distant monasteries received
his regulations, and subjected themselves to his jurisdiction, so that the
congregation of Cluni became most numerous and flourishing; though the severity
which he established in it has been long since mitigated. The saint was
employed by popes and princes in several difficult public negotiations, in all
which he succeeded with admirable piety, address and prudence. Out of devotion
to St. Martin, he was desirous to die at Tours, and, being seized with his last
sickness, hastened thither, and there happily slept in our Lord on the 18th of
November, 942. He was buried in the church of St. Julian; but the Huguenots
burnt the greatest part of his remains. St. Odo is named in the Roman
Martyrology. See the life of St. Odo, written by John, his disciple, extant in
the library of Cluni, published by Marrier, and Duchesne; also in Mabillon,
with other pieces relating to the history of this saint, Sæc. 5, Ben.
Note
1. The situation of the monastery of Beaume
is frightful, and proper for a penitential retirement. It stands on a narrow
spot upon a rock, and nothing presents itself within its view but barren rocks.
The way to it lies on the narrow top of two steep rocks of an amazing height.
See Martenne and Durand, Voy. Lit. pp. 171, 172. [back]
Rev. Alban Butler
(1711–73). Volume XI: November. The Lives of the Saints. 1866.
Pictorial
Lives of the Saints – Saint Odo of Cluny,
On
Christmas-eve, 877, a noble of Aquitaine implored our Lady to grant him a son.
His prayer was heard; Odo was born, and his grateful father offered him to
Saint Martin. Odo grew in wisdom and in virtue, and his father longed to see
him shine at court. But the attraction of grace was too strong. Odo’s heart was
sad and his health failed, until he forsook the world, and sought refuge under
the shadow of Saint Martin at Tours. Later on, he took the habit of Saint
Benedict at Baume, and was compelled to become abbot of the great abbey of
Cluny, which was then building. He ruled it with the hand of a master and the
winningness of a Saint. The Pope sent for him often to act as peacemaker
between contending princes, and it was on one of those missions of mercy that
he was taken ill at Rome. At his urgent entreaty he was borne back to Tours,
where he died at the feet of “his own Saint Martin,” in 942.
Reflection – “It needs
only,” says Father Newman, “for a Catholic to show devotion to any Saint, in
order to receive special benefits from his intercession.”
SOURCE : https://catholicsaints.info/pictorial-lives-of-the-saints-saint-odo-of-cluny/
November 18 – He Started
the Cluniac Reform
November 17, 2025
St. Odo of Cluny
Odo was born in 879 in
Maine, and was the son of a pious and surprisingly learned layman, Abbo. Though
vowed by his father to St. Martin in babyhood, he was given a military training
and became a page at the court of Duke William. But the exercises of war and
hunting were unendurable to him, and he was permitted to fulfill his father’s
vow by becoming a canon of the church of St. Martin at Tours. In this office he
was in the companionship of worldly ecclesiastics. He revolted from the
careless life which for a time he had practiced with them, and studied Virgil,
till, warned by a dream of serpents in a jar, he abandoned the poets for the
Prophets and Apostles. With Bible study he now mingled an exaggerated
asceticism, keeping himself in a narrow and unfurnished cell.
He also read the
Benedictine Rule, and proposed to become a monk. But the life of the monks at
Tours, like that of the canons, was shocking to the earnest young ascetic. Odo
now spent a period at Paris in the study of logic and music, and then returned
to Tours to teach and write. But he soon set forth in quest of a suitable
monastic home and we find him, in 909, entering with a companion Berno’s
monastery at Baume. Here he distinguished himself by his humility, and in
recognition of his learning was appointed master of the cloister school. He
bore with invincible patience the hostility of unfaithful monks, and gained the
complete confidence of Berno. At Berno’s command he was ordained a priest. When
Berno died, early in 927, the monks of Cluny unanimously chose the saintly
teacher of Baume as their abbot; and the better element of the Baume community
followed him to Cluny.
With ripened gifts Odo
devoted himself to the upbuilding of the young institution. In his first year
of office he secured from Rudolph, the ruler of Burgundy, a charter which
reaffirmed the terms of Duke William’s donation, and strongly emphasized
Cluny’s immunity from all secular and ecclesiastical interference. The monks
were exempted from tolls in the markets, and numerous valuable manors were
added to the monastic property.
Secure in the control of
the monastery, Odo proceeded to erect suitable buildings, first completing a
church which was left unfinished by Berno. We know less of the buildings
constructed by Odo than of the difficulties faced in the task. The institution
was still distressingly poor and an empty treasury threatened to put an end to
the building enterprise. But John of Salerno, Odo’s biographer, in the
authentic style of medieval hagiographers, tells how St. Martin appeared, with
kindly, bearded face, to Odo, promising that help would be provided. Confidence
was restored; the hired workmen were retained; and funds were presently
supplied by a generous gift.
Inside the Abbey of Cluny
Gifts and privileges, the
world’s subversive reward to piety, now came to Cluny in a swelling stream.
Numerous charters granted by kings and popes multiplied the guarantees of the
monastery’s immunity from interference. Grants of property, villas with their
serfs, churches with their revenues, and other sources of income, were made by
wealthy laymen and women for the good of their souls. Bishops handed over
church properties on an arrangement of easy annual payments of dues. From King
Rudolph and the pope, the privilege of coining money was granted to the abbey.
And in 931 Pope John XI presented to Cluny the extraordinary privilege of
receiving from any disorderly monastery any monk who wished to amend his life,
and harboring him until such time as his own monastery should be reformed. John
XI was the son of the infamous Marozia; and there is a striking paradox in this
cooperation of the Papacy, debased and dishonored as it then was, in the
restoration of monastic discipline. There is a paradox, too, in the violation
of the letter of Benedict’s rule of stabilitas loci that a monk
should remain in his own monastery as a means of restoring the Benedictine
spirit.
It is not possible to
describe in detail the internal life of Cluny in Odo’s time, since the Customs
of the monastery which have been preserved belong to a later period. Probably
Odo was chiefly indebted to the regulations of Benedict of Aniane. Some of his
principles are exhibited in his own writings, and in the lives of Odo and his
early successors. He seems to have admitted Paul the Deacon’s interpretation of
the rule of labor, that it might be fulfilled by some other employment than
manual work. It is now held by good authorities that the monks of St.
Benedict’s own cloister had the more menial work done for them by servants. Odo
had a leaning toward study, and he laid the foundations of the later
considerable literary development of Cluny.
Odo’s writings include
a work called Conferences (Collationes, a title employed by
Cassian who expounded the principles of Egyptian monasticism for Western
readers about 430), which contains, amid much complaint of the wickedness of
the selfish rich and of the worldly clergy, vigorous denunciation of the possession
of private property by monks. At Cluny he enforced private poverty to the
letter. He also excluded the eating of meat; a flesh diet was thought to induce
fleshly sin. Yet his Life of Gerald of Aurillac is a panegyric upon a
saintly man who ate flesh and drank wine in moderation, and of whom no miracles
were recorded, but who was rich in good deeds, modest in apparel, and chaste in
mind and behavior. It may be noted that while Odo believed in miracles, and
many were alleged of him, he objected to making them the test of sainthood.
Cluny
John of Salerno notes the
practice of certain hours of silence; but this was modified by the use of a
language of signs, by which “grammarians of the fingers and eyes” might become
articulate. When St. Benedict in his Rule admitted the use of signs, he
probably did not foresee the expertness that would be attained in this art
where extended silences were enforced. “If the monks were deprived of the use
of the tongue,” John thinks, “those signs would suffice for all that they need
to convey.” (Detailed codes of the sign language are contained in the sources
of later monasticism; apparently some nunneries excelled in its use.) Great
care was taken for the dignity of the services, and in accordance with the
practice of Benedict of Aniane, the psalmody was extended beyond that of early
Benedictinism.
Cluny was mounting to
greatness. Pope John’s suggestion that degenerate monasteries were to be
reformed, was to be carried out in hundreds of instances through the influence
of the Cluniacs. Odo saw the beginning of this widespread restoration, and he
was the traveling organizer of the movement.
Romainmoutier near
Lausanne, Aurillac in southern Auvergne, and Fleury near Orleans
on the Loire, were the first houses to enjoy, or suffer, transformation at his
hands. He then went farther afield, to Sarlot, Tulle, Sens and Tours. His
visitations were made at the request of some earnest ruler or bishop, and
sometimes with the goodwill of a reforming minority of the monks. Each revived
monastery helped to spread the revival to others, and the circle of Odo’s
influence continued to widen. His work was sometimes violently resisted,
however. At Fleury the monks took pride in their early history and in their
possession of the relics of St. Benedict; they also took offense at the
supplies of fish which Odo brought to replace their stock of meat. They met him
with weapons; he withdrew only to return meekly riding on an ass. Then they
repented and received him with tears. Fleury became a powerful ally of Cluny in
the advance of reform.
Odo carried the movement
into Italy, where many abbeys had suffered from raiding Saracens and predatory
nobles. Alberic, then in control in Rome, and Pope Leo VII, invited him.
Alberic in so doing may have been chiefly concerned to take from the hands of his
political opponents the monastic properties they had seized. In the winter of
936, Odo, in peril and great hardship, first crossed the terrifying Alps. He
was accompanied by John of Salerno whose description of the journey shows high
admiration for the humility and charity of his master. The fame of Odo had
preceded him, and he was greeted by throngs of common people and beggars. He
became intimate with the folk, and liked to get children to sing in payment for
the alms he distributed. Once, to relieve poverty, he bought laurel berries at
an excessive price; and when asked by his companions what he intended to do
with the berries he uttered a torrent of amusing explanations, making them
laugh till they could not restrain their tears.
A mood of hilarity sometimes
seized this earnest saint; but it was not his prevailing mood. He habitually
walked with back bent and eyes fixed on the ground, a posture so suggestive of
a laborer with a spade that he was nick-named “the Digger.” The bent shoulders
carried heavy responsibilities.
Odo found Rome in a state
of turmoil, and measures of pacification had to precede reform. Before he died
he had made four protracted visits to Italy, and had achieved important
successes. In Rome three monasteries were restored, and one, St. Mary’s on the Aventine,
was founded by Odo. The historic house of St. Benedict at Monte Cassino, which
had been wrecked and deserted, was planted anew. The reform was extended to a
number of houses in southern Italy.
Enfeebled by malaria and
fatigue, and knowing that his work was ended, Odo set out from Rome to use all
his remaining strength in a journey to the shrine of his patron, St. Martin of
Tours, and there, November 18, 942, he died an edifying death.
It remained for Odo’s
great successors, Odilo (994-1048) and Hugh (1048-1109), to consolidate and
extend the empire of Cluny. Odilo wrought the enlarging connection into a
completely integrated order, monarchically controlled by the abbot of Cluny.
Hugh built the vast and impressive abbey church, that celebrated monument of
Romanesque architecture. The order grew till it included nearly a thousand
houses, and as many others felt the stimulus of its example.
Whatever we may think of
the desirability or undesirability in the abstract of monasticism, or of
monarchy, we can feel only gratitude to the men who, on the impulse of
religion, bore into the feudal chaos of the tenth century a conquering
principle of organization and discipline, and thus made possible the direction
of Western Europe into a course of cultural and social progress.
(from: Makers Of
Christianity From Alfred the Great To Schleiermacher, by John T. McNeill.
Publisher: Henry Holt And Company, New York, 1935)
Nobility.org comment:
St. Odo founded the Abbey
of Cluny, that great monastic institution that informed the Middle Ages.
Enraged mobs destroyed the abbey church and most of the abbey’s buildings
during the French Revolution. They understood what so many Catholics today seem
to have forgotten: Cluny’s pivotal role in bringing about that age of faith so
deserving of the praise of Pope Leo XIII: “There was a time when States were
governed by the philosophy of the Gospel. Then it was that the power and divine
virtue of Christian wisdom had diffused itself throughout the laws, institutions,
and morals of the people, permeating all ranks and relations of civil society.”
(Encyclical Immortale Dei, no. 21)
SOURCE : https://nobility.org/2025/11/november-18-he-started-the-cluniac-reform-7/
Sant' Oddone di
Cluny Abate
Festa: 18 novembre
Sec. X
Il futuro Abate di Cluny
era nato nella regione di Tours, verso l’880, da famiglia nobile. Suo padre,
privo di discendenza, aveva chiesto la grazia di un figlio e quando nacque lo
offrì a San Martino. Oddone venne però avviato alla vita da cavaliere e solo
dopo una grave malattia il padre is ricordò del voto e gli permise di
intraprendere la vita religiosa. Al tempo, però, la vita monastica era priva di
vera spiritualità e spesso si riduceva alla "gestione di una
rendita". Ma Oddone riprese la tradizione benedettina con la massima
serietà, rinunciando a tutti i privilegi economici spettanti a un abate. Fissò
la sua dimora a Cluny, da dove iniziò l’opera di riforma e addirittura di
rifondazione della vita monastica. Oddone morì nel 942, quando i monaci
cluniacensi erano sparsi in tutta Europa, salvando il patrimonio culturale del
Vecchio Continente e permettendone il progresso.
Emblema: Bastone
pastorale
Martirologio
Romano: A Tours in Neustria, sempre in Francia, transito di sant’Oddone,
abate di Cluny, che rinnovò l’osservanza monastica secondo i dettami della
regola di san Benedetto e la disciplina di san Benedetto di Aniane.
La memoria segnata oggi sul Calendario universale della Chiesa non è quella di un Santo, ma quella di due chiese insigni dedicate alla memoria di due grandissimi Santi, anzi delle due colonne del Cristianesimo: San Pietro e San Paolo. Viene cioè ricordato, in questo giorno, la dedica della basilica vaticana e quella della basilica ostiense, dedicata a San Paolo.
Ma non si può dimenticare che oggi cade anche la ricorrenza di un grande Abate francese: non fondatore, ma riformatore della celebre abbazia di Cluny. E dire Cluny, vuol dire il centro più importante di vita spirituale e anche intellettuale, religiosa e anche artistica nell'Europa dei secoli intorno al Mille.
Il futuro Abate di Cluny era nato nella regione di Tours, patria di San Martirio e di San Gregorio, verso l'880, da famiglia nobile. Suo padre, castellano ed esperto nel giure, veniva consultato nelle controversie e chiamato ad arbitrare le contese tra l'aristocrazia del paese. Ormai avanti con gli anni, e privo di discendenza, una notte di Natale chiese a Dio il dono di un figlio. Avutolo, lo offrì neonato a San Martino, promettendolo dunque alla vita religiosa. Ma più tardi, dimenticata l'offerta, lo fece studiare e inviò il proprio erede nelle corti più mondane, perché diventasse un perfetto cavaliere.
Sui diciotto anni, il giovane paggio si ammalò gravemente. Sembrò che dovesse morire. " O glorioso San Martino - esclamò il padre – ecco il voto che vi avevo offerto. Voi lo esigete con rigore ". Lasciò dunque che il paggio suo figlio prendesse la tonsura, abbandonando le cacce e i tornei.
Oddone poteva diventare uno di quegli Abati commendatari, che ricevevano le rendite delle Abbazie senza neppure visitarle. La vita monastica, dopo l'invasione dei Normanni, era ridotta a una larva di spiritualità, e le abbazie non differivano molto dai feudi temporali.
Ma Oddone riprese la tradizione benedettina con la massima serietà. Studiava e pregava, rinunziando a tutti i privilegi e soprattutto alle dispense, che avevano distrutto la disciplina monastica. Presto fu seguito dai migliori e da tutti coloro che videro in lui un Abate degno di questo nome, cioè un padre spirituale, non un feudatario mondano.
Egli fissò la sua dimora a Cluny, di dove iniziò l'opera di riforma e addirittura di rifondazione. La sua autorità si sparse per tutta la Francia, varcando anche i confini. Nonostante i suoi doveri di Abate, dava esempio di una prodigiosa attività non solo spirituale, ma intellettuale.
Compose molte opere, tra le quali perfino un poema epico, ispirato alla Bibbia, in esametri, intitolato Occupatio. Il segreto della vita monastica era infatti l'" occupazione ", cioè il contrario dell'ozio.
Tornando alla piena e serena " occupazione ", i monaci di Cluny furono i promotori di una nuova vita, spirituale e pratica, intellettuale e artistica. Attorno ai loro monasteri sorsero centri agricoli e artigianali, che favorirono il progresso civile della Francia e di tutta l'Europa.
Morendo verso i settant'anni, nel 942, Sant'Oddone poteva così benedire i suoi
monaci sparsi in tutte le abbazie cluniacensi, dopo aver rinnovato nel mondo il
miracolo benedettino. E i suoi monaci, avrebbero potuto ripetere per lui i
versi che Oddone aveva dedicato a San Martino: " Tu che per tre volte hai
vinto il caos, rialza quelli che son caduti nel peccato; come tu dividesti il
tuo mantello, rivestici della giustizia! ".
Fonte : Archivio
Parrochia
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/78200
BENEDETTO XVI
UDIENZA GENERALE
Sant’Oddone di Cluny
Cari fratelli e sorelle,
Dopo una lunga pausa,
vorrei riprendere la presentazione dei grandi Scrittori della Chiesa di Oriente
e di Occidente del tempo medioevale, perché, come in uno specchio, nelle loro
vite e nei loro scritti vediamo che cosa vuol dire essere cristiani. Oggi vi
propongo la figura luminosa di sant’Oddone, abate di Cluny: essa si colloca in
quel medioevo monastico che vide il sorprendente diffondersi in Europa della
vita e della spiritualità ispirate alla Regola di san Benedetto. Vi fu in
quei secoli un prodigioso sorgere e moltiplicarsi di chiostri che,
ramificandosi nel continente, vi diffusero largamente lo spirito e la
sensibilità cristiana. Sant’Oddone ci riconduce, in particolare, ad un
monastero, Cluny, che nel medioevo fu tra i più illustri e celebrati ed
ancora oggi rivela attraverso le sue maestose rovine i segni di un passato
glorioso per l’intensa dedizione all’ascesi, allo studio e, in special modo, al
culto divino, avvolto di decoro e di bellezza.
Di Cluny Oddone fu il
secondo abate. Era nato verso l’880, ai confini tra il Maine e la Touraine, in
Francia. Dal padre fu consacrato al santo Vescovo Martino di Tours, alla cui
ombra benefica e nella cui memoria Oddone passò poi l’intera vita,
concludendola alla fine vicino alla sua tomba. La scelta della consacrazione
religiosa fu in lui preceduta dall’esperienza di uno speciale momento di
grazia, di cui parlò egli stesso ad un altro monaco, Giovanni l’Italiano, che
fu poi suo biografo. Oddone era ancora adolescente, sui sedici anni, quando,
durante una veglia natalizia, si sentì salire spontaneamente alle labbra questa
preghiera alla Vergine: “Mia Signora, Madre di misericordia, che in questa
notte hai dato alla luce il Salvatore, prega per me. Il tuo parto glorioso e
singolare sia, o Piissima, il mio rifugio” (Vita sancti Odonis, I,9: PL 133,747).
L’appellativo “Madre di misericordia”, con cui il giovane Oddone invocò allora
la Vergine, sarà quello col quale egli amerà poi sempre rivolgersi a Maria,
chiamandola anche «unica speranza del mondo, … grazie alla quale ci sono state
aperte le porte del paradiso» (In veneratione S. Mariae Magdalenae: PL 133,721).
Gli avvenne in quel tempo di imbattersi nella Regola di san Benedetto e
di iniziarne alcune osservanze, «portando, non ancora monaco, il giogo leggero
dei monaci» (ibid., I,14: PL 133,50). In un suo sermone Oddone
celebrerà Benedetto come “lucerna che brilla nel tenebroso stadio di questa
vita” (De sancto Benedicto abbate: PL 133,725), e lo qualificherà
“maestro di disciplina spirituale” (ibid.: PL 133,727). Con affetto
rileverà che la pietà cristiana “con più viva dolcezza fa memoria” di lui,
nella consapevolezza che Dio lo ha innalzato “tra i sommi ed eletti Padri della
santa Chiesa” (ibid.: PL 133,722).
Affascinato dall’ideale
benedettino, Oddone lasciò Tours ed entrò come monaco nell’abbazia benedettina
di Baume, per poi passare in quella di Cluny, di cui nel 927 divenne abate. Da
quel centro di vita spirituale poté esercitare un vasto influsso sui monasteri
del continente. Della sua guida e della sua riforma si giovarono anche in
Italia diversi cenobi, tra i quali quello di San
Paolo fuori le Mura. Oddone visitò più d’una volta Roma, raggiungendo anche
Subiaco, Montecassino e Salerno. Fu proprio a Roma che, nell’estate del 942,
cadde malato. Sentendosi prossimo alla fine, con ogni sforzo volle tornare
presso il suo san Martino a Tours, ove morì nell’ottavario del Santo, il 18
novembre 942. Il biografo, nel sottolineare in Oddone la “virtù della
pazienza”, offre un lungo elenco di altre sue virtù, quali il disprezzo del
mondo, lo zelo per le anime, l’impegno per la pace delle Chiese. Grandi
aspirazioni dell’abate Oddone erano la concordia tra i re e i principi,
l’osservanza dei comandamenti, l’attenzione ai poveri, l’emendamento dei
giovani, il rispetto per i vecchi (cfr Vita sancti Odonis, I,17: PL 133,49).
Amava la celletta dove risiedeva, «sottratto agli occhi di tutti, sollecito di
piacere solo a Dio» (ibid., I,14: PL 133,49). Non mancava, però,
di esercitare pure, come “fonte sovrabbondante”, il ministero della parola e
dell’esempio, “piangendo come immensamente misero questo mondo” (ibid., I,17: PL 133,51).
In un solo monaco, commenta il suo biografo, si trovavano raccolte le diverse
virtù esistenti in stato sparso negli altri monasteri: “Gesù nella sua bontà,
attingendo ai vari giardini dei monaci, formava in un piccolo luogo un
paradiso, per irrigare dalla sua fonte i cuori dei fedeli” (ibid., I,14: PL 133,49).
In un passo di un sermone
in onore di Maria di Magdala l’abate di Cluny ci rivela come egli concepiva la
vita monastica: “Maria che, seduta ai piedi del Signore, con spirito attento
ascoltava la sua parola, è il simbolo della dolcezza della vita contemplativa, il
cui sapore, quanto più è gustato, tanto maggiormente induce l’animo a
distaccarsi dalle cose visibili e dai tumulti delle preoccupazioni del mondo” (In
ven. S. Mariae Magd., PL 133,717). E’ una concezione che Oddone
conferma e sviluppa negli altri suoi scritti, dai quali traspaiono l’amore
all’interiorità, una visione del mondo come di realtà fragile e precaria da cui
sradicarsi, una costante inclinazione al distacco dalle cose avvertite come
fonti di inquietudine, un’acuta sensibilità per la presenza del male nelle
varie categorie di uomini, un’intima aspirazione escatologica. Questa visione
del mondo può apparire abbastanza lontana dalla nostra, tuttavia quella di
Oddone è una concezione che, vedendo la fragilità del mondo, valorizza la vita
interiore aperta all’altro, all’amore del prossimo, e proprio così trasforma
l’esistenza e apre il mondo alla luce di Dio.
Merita particolare
menzione la “devozione” al Corpo e al Sangue di Cristo che Oddone, di fronte a
una estesa trascuratezza da lui vivacemente deplorata, coltivò sempre con
convinzione. Era infatti fermamente convinto della presenza reale, sotto le
specie eucaristiche, del Corpo e del Sangue del Signore, in virtù della
conversione “sostanziale” del pane e del vino. Scriveva: “Dio, il Creatore di tutto,
ha preso il pane, dicendo che era il suo Corpo e che lo avrebbe offerto per il
mondo e ha distribuito il vino, chiamandolo suo Sangue”; ora, “è legge di
natura che avvenga il mutamento secondo il comando del Creatore”, ed ecco,
pertanto, che “subito la natura muta la sua condizione solita: senza indugio il
pane diventa carne, e il vino diventa sangue”; all’ordine del Signore “la
sostanza si muta” (Odonis Abb. Cluniac. occupatio, ed. A. Swoboda, Lipsia
1900, p.121). Purtroppo, annota il nostro abate, questo “sacrosanto mistero del
Corpo del Signore, nel quale consiste tutta la salvezza del mondo” (Collationes,
XXVIII: PL 133,572), è negligentemente celebrato. “I sacerdoti,
egli avverte, che accedono all’altare indegnamente, macchiano il pane, cioè il
Corpo di Cristo” (ibid., PL 133,572-573). Solo chi è unito
spiritualmente a Cristo può partecipare degnamente al suo Corpo eucaristico: in
caso contrario, mangiare la sua carne e bere il suo sangue non sarebbe di
giovamento, ma di condanna (cfr ibid., XXX, PL 133,575). Tutto
questo ci invita a credere con nuova forza e profondità la verità della
presenza del Signore. La presenza del Creatore tra noi, che si consegna nelle
nostre mani e ci trasforma come trasforma il pane e il vino, trasforma così il
mondo.
Sant’Oddone è stato una
vera guida spirituale sia per i monaci che per i fedeli del suo tempo. Di
fronte alla “vastità dei vizi” diffusi nella società, il rimedio che egli
proponeva con decisione era quello di un radicale cambiamento di vita, fondato
sull’umiltà, l’austerità, il distacco dalle cose effimere e l’adesione a quelle
eterne (cfr Collationes, XXX, PL 133, 613). Nonostante il
realismo della sua diagnosi circa la situazione del suo tempo, Oddone non
indulge al pessimismo: “Non diciamo questo – egli precisa – per precipitare
nella disperazione quelli che vorranno convertirsi. La misericordia divina è
sempre disponibile; essa aspetta l’ora della nostra conversione” (ibid.: PL 133,
563). Ed esclama: “O ineffabili viscere della pietà divina! Dio persegue le
colpe e tuttavia protegge i peccatori” (ibid.: PL 133,592). Sostenuto
da questa convinzione, l’abate di Cluny amava sostare nella contemplazione
della misericordia di Cristo, il Salvatore che egli qualificava suggestivamente
come “amante degli uomini”: “amator hominum Christus” (ibid., LIII: PL 133,637). Gesù
ha preso su di sé i flagelli che sarebbero spettati a noi – osserva - per
salvare così la creatura che è opera sua e che ama (cfr ibid.: PL 133,
638).
Appare qui un tratto del
santo abate a prima vista quasi nascosto sotto il rigore della sua austerità di
riformatore: la profonda bontà del suo animo. Era austero, ma soprattutto era
buono, un uomo di una grande bontà, una bontà che proviene dal contatto con la
bontà divina. Oddone, così ci dicono i suoi coetanei, effondeva intorno a sé la
gioia di cui era ricolmo. Il suo biografo attesta di non aver sentito mai
uscire da bocca d’uomo “tanta dolcezza di parola” (ibid., I,17: PL 133,31). Era
solito, ricorda il biografo, invitare al canto i fanciulli che incontrava lungo
la strada per poi far loro qualche piccolo dono, e aggiunge: “Le sue parole
erano ricolme di esultanza…, la sua ilarità infondeva nel nostro cuore
un’intima gioia” (ibid., II, 5: PL 133,63). In questo modo il
vigoroso ed insieme amabile abate medioevale, appassionato di riforma, con
azione incisiva alimentava nei monaci, come anche nei fedeli laici del suo
tempo, il proposito di progredire con passo solerte sulla via della perfezione
cristiana.
Vogliamo sperare che la
sua bontà, la gioia che proviene dalla fede, unite all’austerità e
all’opposizione ai vizi del mondo, tocchino anche il nostro cuore, affinché
anche noi possiamo trovare la fonte della gioia che scaturisce dalla bontà di
Dio.
Saluti:
Chers frères et soeurs,
J’accueille avec joie les pèlerins francophones. Je salue particulièrement les
séminaristes de Brugge, en Belgique, et leurs accompagnateurs ainsi que les
nombreux pèlerins du diocèse de Kaolack, au Sénégal, avec leur Evêque Mgr
Ndiaye. Puissiez-vous tous suivre généreusement le Christ chaque jour. Que Dieu
vous bénisse!
Dear Brothers and Sisters,
I offer a warm welcome to the English-speaking visitors present at today’s
Audience, including those from England, Scotland, Ireland, Nigeria and the
United States. My particular greeting goes to the Servants of the Holy Spirit,
as well as the young people from The Holy Study House of Prayer. Upon all of
you I invoke God’s blessings of joy and peace!
Liebe Brüder und Schwestern!
Gerne grüße ich die Pilger und Besucher aus Deutschland, Österreich und
Luxemburg. Einen besonderen Gruß richte ich an die Teilnehmer am Fackellauf der
Schönstatt-Mannes-Jugend. Das Beispiel des heiligen Abtes und Reformers Odo
sporne uns an, uns ganz auf Gott auszurichten und auf dem Weg des christlichen
Lebens freudig voranzuschreiten. Der Herr behüte euch alle.
Queridos hermanos y hermanas:
Saludo cordialmente a los fieles de lengua española. En particular, a las hijas
de María Auxiliadora, a las Siervas de María Ministras de los enfermos y a las
Hermanas de la Caridad Dominicas de la presentación. Así como a los grupos
provenientes de Viña del Mar, Chile; de Venezuela; de Terrassa, España; y del
Movimiento de Schoenstatt en Argentina. Aliento a todos a aprovechar la visita
a Roma para profundizar en la fe y en el gozo de pertenecer a la Iglesia.
Muchas gracias.
Saúdo com amizáde e
gratidão tódos os peregrínos de língua portuguésa, nomeadaménte os grúpos do
Brasil. Viéstes a Roma para fortalecér os vínculos de fé, esperánça e amor que
únem a tódos os batizádos na Igreja, que Jesús quis fundár sóbre Pedro. Que as
vóssas vidas, iluminádas pela fé e perseverántes na esperánça, póssam sémpre
testemunhár o amor de Deus. Que as Suas bénçãos désçam abundántes sóbre vós e
vóssas famílias.
Saluto in lingua croata:
Srdačnu dobrodošlicu
upućujem dragim hrvatskim hodočasnicima, a posebno vjernicima iz župe Svetoga
Florijana iz Pribislavca, hodočasnicima iz Rijeke i Poreča te nastavnicima i
učenicima Nadbiskupijske klasične gimnazije iz Zagreba kao i Franjevačke
gimnazije iz Sinja. Baština i apostolski primjer svetih Petra i Pavla neka budu
temelj i poticaj vašega kršćanskog svjedočenja i življenja. Hvaljen Isus i
Marija!
Traduzione italiana:
Rivolgo un cordiale
benvenuto ai pellegrini croati, particolarmente ai fedeli della parrocchia di
San Florian di Pribislavac, ai pellegrini di Rijeka e di Porec ed ai professori
e studenti di Liceo Classico Arcivescovile di Zagreb come pure di Liceo
Classico Francescano di Sinj. L’eredità e l’esempio apostolico dei santi Pietro
e Paolo siano il fondamento e lo stimolo della vostra vita e testimonianza
cristiana. Siano lodati Gesù e Maria!
Saluto in lingua polacca:
Serdecznie pozdrawiam
pielgrzymów polskich. Wczoraj minęła siedemdziesiąta rocznica wybuchu II wojny
światowej. W pamięci narodów pozostaje wspomnienie tragedii ludzkich losów i
bezsens wojny. Prośmy Boga, by serca ludzi przenikał duch przebaczenia, pokoju
i pojednania. Europie i światu potrzebna jest dzisiaj wspólnota ducha. Budujmy
ją na Chrystusie i Jego Ewangelii, na fundamencie miłości i prawdy. Wam tu
obecnym i wszystkim, którzy tworzą klimat pokoju, z serca błogosławię.
Traduzione italiana:
Saluto cordialmente i
pellegrini polacchi. Ieri abbiamo ricordato il 70° anniversario dell’inizio
della II guerra mondiale. Nella memoria dei popoli rimangono le umane tragedie
e l’assurdità della guerra. Chiediamo a Dio che lo spirito del perdono, della
pace e della riconciliazione pervada i cuori degli uomini. L’Europa e il mondo
di oggi hanno bisogno di uno spirito di comunione. Costruiamola su Cristo e sul
suo Vangelo, sul fondamento della carità e della verità. A voi qui presenti e a
tutti coloro che contribuiscono a creare il clima della pace, imparto di cuore
la mia benedizione.
Saluto in lingua
slovacca:
Zo srdca pozdravujem pútnikov zo Slovenska, osobitne z Bratislavy a Nitry.
Bratia a sestry, milí mladí, v týchto dňoch sa začína nový školský rok. Vyprosujme si od Ducha Svätého jeho vzácne dary, predovšetkým pravú múdrosť. S týmto želaním vás žehnám.
Pochválený buď Ježiš Kristus!
Traduzione italiana:
Cordialmente saluto i pellegrini provenienti dalla Slovacchia, particolarmente quelli da Bratislava e Nitra.
Fratelli e sorelle, cari giovani, in questi giorni inizia il nuovo anno scolastico.
Imploriamo dallo Spirito Santo i suoi preziosi doni, specialmente la vera
sapienza. Con questo desiderio vi benedico.
Sia lodato Gesù Cristo!
Saluto in lingua
ungherese:
Most a magyar zarándokokat köszöntöm, Isten hozott Benneteket!
Ez a római út erősítsen meg hitetekben. Szívesen adom rátok apostoli áldásomat.
Dicsértessék a Jézus Krisztus!
Traduzione italiana:
Saluto cordialmente i
fedeli di lingua ungherese. Questo pellegrinaggio a Roma Vi conforti nella
fede.
Di cuore imparto a voi la Benedizione Apostolica! Sia lodato Gesù Cristo!
* * *
Rivolgo un cordiale
benvenuto ai pellegrini di lingua italiana. In particolare saluto i
partecipanti al Simposio Intercristiano promosso dalla Pontificia
Università Antonianum e dall’Università Aristoteles di Tessalonica
ed auspico che la riflessione comune tra cattolici e ortodossi sulla figura di
Sant’Agostino possa rafforzare il cammino verso la piena comunione. Saluto i
fedeli dell’Arcidiocesi di Salerno-Campagna-Acerno, qui convenuti così numerosi
con il loro Pastore Mons. Gerardo Pierro, in occasione del decimo anniversario
di inaugurazione del Seminario “Giovanni Paolo II”. Saluto i fedeli di Nuoro,
accompagnati dal loro Vescovo Mons. Pietro Meloni, come pure i fedeli della
parrocchia San Vito Martire di Gioia del Colle. Su tutti voi invoco la continua
assistenza del Signore, perché possiate rendere ovunque una convinta e generosa
testimonianza cristiana.
Rivolgo infine un
affettuoso saluto ai giovani, ai malati e agli sposi
novelli. Invito voi, giovani, ad accogliere e vivere la Parola del Signore
con il coraggio e la fantasia che contraddistinguono la vostra età. Incoraggio
voi, cari malati, a conservare nel cuore gli insegnamenti evangelici per
trarne forza, serenità e sostegno nella prova della sofferenza. Auguro a
voi, sposi novelli, di intraprendere con generosa fedeltà l'itinerario
suggerito dal Figlio di Dio, affinché la vostra nuova famiglia sia edificata
sulla salda roccia della sua Parola.
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la Comunicazione
SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/it/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090902.html
Den hellige Odo av Cluny
(~878-942)
Minnedag:
18. november
Skytshelgen for
kirkemusikere; mot tørke, for regn
Den hellige Odo (fr: Odon
eller Eudes) ble født ca år 878 i Tours i Frankrike som sønn av den frankiske
ridderen Abbo (Ebles) av Maine, som hersket over Déols på grensen mellom Poitou
og Lorraine, og hans hustru Hildegard. Han vokste opp først hos grev Fulk
(Foulques) II av Anjou og deretter hos hertug Vilhelm (Guillaume) le Pieux av
Aquitania, den fremtidige grunnlegger av klosteret Cluny. Han fikk sin
utdannelse ved katedralskolen ved St. Martin i Tours. Han startet trening for
en militær karriere, men som 19-åring ble han rammet av en uspesifisert sykdom,
og måtte oppgi de militære planene.
I stedet vendte han
tilbake til Tours og mottok tonsuren i St. Martinskirken i Tours. Han studerte
deretter i fem år i Paris og Reims, og var spesielt interessert i musikk, en
entusiasme som ble delt av hans lærer, den hellige Remigius av Auxerre.
Han vendte tilbake til Tours og ble kannik i St. Martin. Her leste han den
hellige Benedikts
regel for første gang. Dette gjorde at han i år 909 gikk av som kannik og ble
benediktinermunk (Ordo Sancti Benedicti - OSB) i Baume-les-Messieurs
i bispedømmet Besançon. Der ble reformen til den hellige abbeden Benedikt av Aniane strengt
overholdt. Han mottok drakten av den hellige abbed Berno, som året
etter ble den første abbed av Cluny.
Klosteret Cluny ved Mâcon
i Burgund nordvest for Lyon ble grunnlagt i 910 av Vilhelm av Aquitania og begynte
sitt liv som et reformert, men temmelig ukjent kloster. Det fulgte Benedikts
regel med en strenghet som var uvanlig på den tiden. Få ville ha spådd dets
raske vekst til å bli det viktigste klosteret i Europa. Klosteret ble senteret
for reformen og den åndelige fornyelsen av det vestlige munkevesenet på 1000-
og 1100-tallet.
Under abbed Berno ble Odo
snart gjort til leder av klosterskolen i Baume, og i 924 ble han abbed i
klosteret der. Før Berno døde i 927, utpekte han selv Odo til sin etterfølger og
Clunys andre abbed, og samtidig abbed for Déols og Massay, to andre av Bernos
seks klostre. Berno utnevnte sin nevø Guido til abbed av de tre andre: Gigny,
Baume og Ethice. Odo hadde med seg rundt hundre bøker som ble starten på det
store og berømte biblioteket i Cluny. Han fortsatte sin forgjengers arbeid, og
under hans ledelse nådde dette kristenhetens senter sitt første høydepunkt. En
av hans viktigste resultater var at han oppnådde pavelige og kongelige chartre
som anerkjente Clunys immunitet og frihet fra all verdslig innflytelse og
dominans.
I Odos embetsperiode
trakk Cluny til seg mange menn som ønsket å følge dets observans, og antallet
munker økte hurtig. Mange besøk i Roma satte ham dessuten i stand til å innføre
prinsippene for Cluny-observansen i viktige italienske klostre. Odo ble dermed
grunnlegger av den såkalte cluniacensiske bevegelse, som gikk over vesten de
neste århundrene. I 931 fikk han i oppdrag av pave Johannes XI (931-35) å
reformere klostrene i Aquitania, Nord-Frankrike og Italia. Han reformerte, ikke
uten vanskeligheter, en rekke franske klostre etter samme prinsipper, og
berømte franske klostre som Fleury-sur-Loire og Bourg-Dieu ble styrt direkte av
ham. Hans reformer ble innført i mange andre klostre i det sørøstlige og
sentrale Frankrike under pavelig innflytelse.
Pavens privilegium gjorde
ham i stand til å samle flere klostre under sin ledelse og å motta munker i
Cluny fra klostre som ennå ikke var reformert. De fleste av de reformerte
klostrene forble imidlertid uavhengige, og flere ble sentre for reform. I Roma
reformerte Odo på oppdrag fra pave Johannes XI klosteret St. Paulus utenfor
Murene og utøvde stor innflytelse over både Monte Cassino og Subiaco. I hans
tid som abbed sluttet 17 klostre seg til reformen. Selv grunnla han klosteret
for Vår Frue på Aventin-høyden i Roma.
For det indre liv i Cluny
og de tilknyttede klostrene insisterte Odo på taushet, enkel kost og en radikal
tilbakevending til Benedikts regel, et liv etter de evangeliske råd fattigdom,
kyskhet og lydighet, med korbønnen i sentrum. Mange klerikere praktiserte ikke
kyskhetsbudet på den tiden, men gjennom Cluny-bevegelsen ble idealene for
presteskapet skapt, og de skulle bli gjennomført med den gregorianske reformen.
Selv var han med sin asketiske og vennlige levemåte et stort forbilde for mange
geistlige på den tiden.
Fordi han trakk seg
tilbake fra verden og ikke hadde noen verdslige ambisjoner, ble han ofte
tilkalt for å opptre som upartisk megler i politiske disputter mellom menn med
makt, særlig mellom Hugo av Provençe, «konge av Italia», og den romerske
patricius Alberik (932-54) i 936 etter ordre fra pave Leo VII (936-39). Han
fikk til en midlertidig fred ved å arrangere et ekteskap mellom Alberik og en
datter av Hugo, men ble tvunget til å returnere til Roma for å lappe sammen
avtalen to ganger i løpet av de neste seks årene. Mot slutten av sitt liv var
Odo blitt enormt innflytelsesrik og høyt respektert. Han overtalte mange
verdslige herskere til å gi fra seg makten over klostre som de hadde
kontrollert ulovlig.
Det fortelles mange
anekdoter om Odo, om hvordan han forente den strengeste disiplin med et varmt
hjerte og en levende sans for humor. Han var ikke rigid av temperament, og han
var kjent for sin sjenerøsitet mot de fattige og for sin medfølelse med fanger.
To hendelser fortalt av hans biografer kaster lys over Odos personlighet og
stil. Da han først reiste til klosteret Fleury, kom munkene, som gikk mot dette
forsøket på å riste dem ut av sine avslappede vaner, ham i møte bevæpnet med
sverd og steiner, og noen av dem truet til og med å drepe ham hvis han krysset
deres terskel. Odo snakket rolig til dem, ga dem tre dager til å kjøle seg ned
og red deretter opp til inngangen på et esel som om ingenting hadde skjedd. «De
mottok ham som en far og hans følge hadde ikke annet å gjøre enn å dra bort».
En annen gang forsøkte en bonde, som sa at munkene i San Paolo fuori le Mura
skyldte ham penger, å drepe ham ved å kaste en stein på ham. Odo betalte ham
pengene og tenkte ikke mer over saken før han hørte at Alberik hadde dømt
mannen til å miste den høyre hånden for mordforsøk. Han gikk straks til fyrsten
for å få dommen annullert, og mannen ble satt fri.
Det var musikken som sto
den store abbeden nærmest, han komponerte mye og skapte seg også et navn som
musikkteoretiker. Han la stor vekt på en høytidelig liturgi og den liturgiske
sangen. Mange av våre vakreste gregorianske melodier er komponert av ham,
derfor æres han som kirkemusikernes skytshelgen. Noe av det siste han gjorde
før han døde, var å komponere en hymne til ære for den hellige Martin av Tours.
Det er også bevart en annen hymne og tolv metriske koralantifoner for St.
Martin. Han etterlot noen få skriftlige arbeider, blant dem en biografi om den
hellige samtidige Gerald av Aurillac og
et langt episk dikt om Kristi forløsning av
menneskeheten (Occupatio) i flere bind. Han skrev også tre bøker med
moralske essay (Collationes). Han skal også ha skrevet flere bøker om
musikk, men disse er ikke bevart, og de som bærer hans navn, er ikke hans.
I 942 dro Odo til Roma
enda en gang, og på veien tilbake stoppet han i klosteret Saint-Julien i Tours.
Den 11. november var han med på å feire festen for sin skytshelgen, Martin av
Tours. Like etter ble han syk, og han døde en uke senere, den 18. november 942.
Han ble bisatt i klosterkirken der, som var grunnlagt av kong Klodvig. I 1407
ble hans relikvier skrinlagt, og relikviene ble siden overført til
Isle-Jourdain. Ved Odos død var Cluny på god vei mot den meget store
innflytelse det oppnådde under hans etterfølgere, de hellige Majolus, Odilo og
Hugo.
Hans minnedag er 18.
november (noen steder 19. november). 11. mai nevnes også, men det er ellers
minnedagen til Majolus. Hans navn står i Martyrologium Romanum. Han fremstilles
som abbed med stav og/eller bok, hvor det gjerne står Statuta Cluniacens.
Da den romerske
kalenderen ble reorganisert i 1968, ble det etablert en minnedag den 29. april
som en felles minnedag for de syv hellige og salige abbeder som har ledet det
innflytelsesrike klosteret Cluny. De har alle fremdeles sine individuelle
minnedager i tillegg til denne fellesfesten. De seks andre er: De hellige Berno, Majolus, Odilo og Hugo og de
salige Aymard og Peter den Ærverdige.
Kilder: Attwater
(dk), Attwater/John, Attwater/Cumming, Farmer, Jones, Butler, Butler (XI),
Benedictines, Delaney, Bunson, Livingstone, Engelhart, Schauber/Schindler,
Melchers, CE, CSO, Kiefer, Encyclopedia Britannica - Kompilasjon og
oversettelse: p. Per Einar Odden -
Sist oppdatert: 2000-04-15 22:59
SOURCE : https://www.katolsk.no/biografier/historisk/ocluny
BENEDIKT XVI.
GENERALAUDIENZ
Mittwoch, 2. September
2009
Der hl. Odo von Cluny
Liebe Brüder und
Schwestern!
Nach einer langen Pause
möchte ich die Vorstellung der großen mittelalterlichen Kirchenschriftsteller
des Ostens und des Westens wieder aufnehmen, denn in ihrem Leben und in ihren
Schriften sehen wir wie in einem Spiegel, was es heißt, Christen zu sein. Heute
stelle ich euch die leuchtende Gestalt des hl. Odo, Abt von Cluny, vor Augen:
Sie hat ihren Platz in jenem monastischen Mittelalter, in dem das Leben und die
Spiritualität, die von der Regel des hl. Benedikt inspiriert sind,
eine außerordentliche Verbreitung erfuhren. In jenen Jahrhunderten entstand
eine erstaunliche Anzahl von Klöstern, die sich auf dem ganzen Kontinent immer
mehr verbreiteten und hier ihren Geist und die christliche Sensibilität
ausstrahlten. Der hl. Odo führt uns besonders zu einem Kloster, nach Cluny,
das im Mittelalter zu denen gehörte, die am meisten Ansehen und Ruhm besaßen.
Noch heute legen seine mächtigen Ruinen Zeugnis ab von einer glorreichen
Vergangenheit voll tiefer Hingabe an die Askese, an das Studium und ganz
besonders an die Liturgie, die von Würde und Schönheit geprägt war.
Odo war der zweite Abt
von Cluny. Er wurde um 880 geboren, im Grenzgebiet zwischen Maine und Touraine,
in Frankreich. Sein Vater weihte ihn dem heiligen Bischof Martin von Tours,
unter dessen wohlwollendem Schutz und in dessen Gedenken Odo dann das ganze
Leben verbrachte, das er schließlich in der Nähe seines Grabes beendete. Vor
seiner Entscheidung für die Ordensweihe erfuhr er einen besonderen Augenblick
der Gnade, von dem er selbst einem anderen Mönch – seinem späteren Biographen
Johannes von Salerno – berichtete. Noch als Jugendlichem, mit etwa 16 Jahren,
kam Odo während einer Weihnachtsvigil plötzlich dieses Gebet an die Jungfrau
Maria auf die Lippen: »Meine Herrin, Mutter der Barmherzigkeit, die du in
dieser Nacht den Retter zur Welt gebracht hast, bete für mich. Deine herrliche
und wunderbare Geburt, o gütigste Jungfrau Maria, möge meine Zuflucht sein« (Vita
sancti Odonis, I,9: PL 133,747). Mit dem Titel »Mutter der Barmherzigkeit «,
mit dem der junge Odo damals die allerseligste Jungfrau anrief, wird er sich
auch später immer wieder an Maria wenden, und er nennt sie auch »einzige
Hoffnung der Welt, … durch die uns das Tor zum Paradies geöffnet wurde« (In
veneratione S. Mariae Magdalenae: PL 133,721). In jener Zeit stieß er
auf die Regel des hl. Benedikt und begann, einiges davon zu befolgen.
So trug er »schon bevor er Mönch wurde, das Joch der Mönche, das nicht drückt«
(ebd., I,14: PL 133,50). In einer seiner Predigten rühmt Odo später
den hl. Benedikt als »Licht, das in der Dunkelheit dieses Lebens leuchtet« (De
sancto Benedicto abbate: PL 133,725) und bezeichnet ihn als »Meister
geistlicher Unterweisung« (ebd.: PL 133,727). Voll Zuneigung hebt er
hervor, daß die christliche Frömmigkeit seiner »mit aufrichtiger Liebe
gedenkt«, im Bewußtsein, daß Gott ihn »unter die großen und auserwählten Väter
der heiligen Kirche« erhoben hat (ebd.: PL 133,722).
Vom benediktinischen
Ideal angezogen verließ Odo Tours und trat als Mönch in die Benediktinerabtei
von Baume ein, um dann in die Abtei von Cluny überzuwechseln, deren Abt er im
Jahre 927 wurde. Von diesem Zentrum des geistlichen Lebens aus konnte er großen
Einfluß auf die Klöster des Kontinents ausüben. Seine Leitung und seine Reform
kamen auch in Italien verschiedenen Klöstern zugute, unter anderem dem
von Sankt
Paul vor den Mauern. Odo besuchte Rom mehr als einmal und kam auch nach
Subiaco, Montecassino und Salerno. In Rom erkrankte er im Sommer des Jahres
942. Da er das Ende herannahen fühlte, wollte er mit aller Kraft zu seinem hl.
Martin nach Tours zurückkehren, wo er am Oktavtag des Heiligen, am 18. November
942, starb. Der Biograph, der Odos »Tugend der Geduld« hervorhebt, listet
gleichzeitig viele andere seiner Tugenden auf, wie die Abkehr von der Welt, den
Seeleneifer, den Einsatz für den Frieden der Kirchen. Große Bestrebungen Abt
Odos waren die Eintracht unter den Königen und Fürsten, die Beachtung der
Gebote, die Fürsorge für die Armen, die Erziehung der Jugend und die Achtung
der alten Menschen (vgl. Vita sancti Odonis, I,17: PL 133,49).
Er liebte die kleine Zelle, in der er sich aufhielt, »aller Augen entzogen,
eifrig bemüht, nur Gott allein zu gefallen« (ebd., I,14: PL 133,49).
Er versäumte jedoch nicht, auch den Dienst des Wortes und des Vorbilds
wahrzunehmen, als »überfließende Quelle«, wobei er »diese Welt als unendlich
elend beklagte« (ebd., I,17: PL 133,51). In einem einzigen Mönch, so
sein Biograph, kamen die verschiedenen Tugenden zusammen, die in den anderen
Klöstern nur vereinzelt vorhanden waren: »In seiner Güte schöpfte Jesus aus den
verschiedenen Gärten der Mönche und schuf an einem kleinen Ort ein Paradies, um
aus seiner Quelle die Herzen der Gläubigen zu tränken« (ebd., I,14: PL 133,49).
In einer Predigt zu Ehren
von Maria von Magdala offenbart uns der Abt von Cluny, wie er das monastische
Leben verstand: »Maria, die zu Füßen des Herrn saß und aufmerksam sein Wort
hörte, ist das Symbol für den süßen Wohlgeschmack des kontemplativen Lebens –
je mehr man davon kostet, desto mehr führte er die Seele dazu, sich von den
sichtbaren Dingen und von der Unruhe weltlicher Sorgen zu lösen« (In ven. S.
Mariae Magd.: PL 133,717). Diese Auffassung bestätigt und entfaltet Odo
in seinen anderen Schriften, in denen die Liebe zur Innerlichkeit durchscheint
sowie eine Auffassung von der Welt als schwache und vergängliche Wirklichkeit,
von der man sich entfernen muß; eine stets vorhandene Neigung, sich von den
Dingen zu lösen, die als Quellen der Unruhe wahrgenommen werden; eine scharfes
Bewußtsein für die Gegenwart des Bösen bei den verschiedenen Menschen und eine
tiefe eschatologische Sehnsucht. Diese Weltanschauung mag der unseren zwar
ziemlich fernstehen, aber Odos Auffassung, die die Vergänglichkeit der Welt
sieht, hebt den Wert der Innerlichkeit hervor, die für den anderen, für die
Nächstenliebe offen ist. Gerade so verwandelt sie das Leben und öffnet die Welt
für Gottes Licht.
Besondere Erwähnung
verdient die »Verehrung « des Leibes und des Blutes Christi, die Odo angesichts
einer weitverbreiteten Nachlässigkeit, die er aufrichtig bedauerte, stets mit
Überzeugung förderte. Er war nämlich fest überzeugt von der wirklichen
Gegenwart von Leib und Blut des Herrn in den eucharistischen Gestalten, kraft
der Wesensverwandlung von Brot und Wein. Er schrieb: »Gott, der Schöpfer aller
Dinge, nahm das Brot und sagte, daß es sein Leib ist, den er für die Welt
hingibt, und er teilte den Wein aus und nannte ihn sein Blut«; nun »ist es Naturgesetz,
daß auf Befehl des Schöpfers die Verwandlung geschieht«, und daher »verwandelt
die Natur sofort ihre gewöhnliche Beschaffenheit: Das Brot wird unverzüglich zu
Fleisch und der Wein zu Blut«; auf Befehl des Herrn »verwandelt sich das Wesen«
(Odonis Abb. Cluniac. Occupatio, Hrg. A. Swoboda, Leipzig 1900, S. 121).
Leider, so schreibt unser Abt, wird dieses »hochheilige Geheimnis des Leibes
des Herrn, in dem das ganze Heil der Welt besteht« (Collationes, XXVIII: PL 133,572),
nachlässig gefeiert. »Die Priester«, so mahnt er, »die unwürdig an den Altar
treten, beflecken das Brot, also den Leib Christi« (ebd., PL 133,572–573).
Nur wer geistlich mit Christus vereint ist, kann würdig an seinem
eucharistischen Leib teilhaben: Im gegenteiligen Fall gereicht das Essen seines
Leibes und das Trinken seines Blutes nicht zum Nutzen, sondern zum Gericht
(vgl. ebd., XXX, PL 133,575). All das lädt uns ein, mit neuer Kraft
und Tiefe an die Wahrheit der Gegenwart des Herrn zu glauben. Die Gegenwart des
Schöpfers unter uns, der sich unseren Händen übergibt und uns verwandelt wie er
Brot und Wein verwandelt, verwandelt so die Welt.
Der hl. Odo war sowohl
für die Mönche als auch für die Gläubigen seiner Zeit ein wahrer geistlicher
Führer. Als Abhilfe gegen die »weit verbreitete Lasterhaftigkeit« in der
Gesellschaft schlug er mit Nachdruck eine radikale Änderung des Lebens vor, auf
der Grundlage der Demut, der Strenge, der Loslösung von den vergänglichen
Dingen und des Strebens nach den ewigen (vgl. Collationes, XXX, PL
133,613). Obwohl er die Situation seiner Zeit realistisch beurteilt, gibt Odo
nicht dem Pessimismus nach, sondern erklärt: »Wir sagen dies nicht, um jene,
die sich bekehren wollen, in Verzweiflung zu stürzen. Die göttliche
Barmherzigkeit ist stets bereit; sie wartet auf die Stunde unserer Bekehrung« (ebd.: PL 133,563).
Und er ruft aus: »O unergründliche Tiefe der göttlichen Barmherzigkeit! Gott
verfolgt die Schuld und schützt dennoch die Sünder« (ebd.: PL 133,592).
Von dieser Überzeugung getragen verweilte der Abt von Cluny gern bei der
Betrachtung der Barmherzigkeit Christi, des Retters, den er sehr eindrücklich
als den »die Menschen Liebenden « bezeichnete: »amator hominum Christus« (ebd.,
LIII: PL 133,637). Er sagt, daß Jesus die Geißelung, die uns
zugestanden hätte, auf sich genommen hat, um so das Geschöpf zu retten, das
sein Werk ist und das er liebt (vgl. ebd.: PL 133,638).
Hier erscheint ein
Charakterzug des heiligen Abtes, der auf den ersten Blick fast unter seinem
strengen Reformgeist verborgen bleibt: die tiefe Güte seines Herzens. Er war
zwar streng, vor allem aber war er gut, ein Mann von großer Güte, einer Güte,
die aus der Berührung mit der göttlichen Güte kommt. Odo, so sagen seine
Zeitgenossen, strahlte um sich herum die Freude aus, die ihn erfüllte. Sein
Biograph bezeugt, niemals aus dem Mund eines Menschen »so sanftmütige Worte«
vernommen zu haben (ebd., I,17: PL 133,31). Er pflegte – so der
Biograph – die Kinder, denen er auf der Straße begegnete, zum Singen
aufzufordern, um ihnen dann ein kleines Geschenk zu machen. Und er fügt hinzu:
»Seine Worte waren voller Jubel…, seine Heiterkeit brachte tiefe Freude in
unser Herz« (ebd., II,5: PL 133,63). Auf diese Weise nährte der
energische und gleichzeitig liebenswerte mittelalterliche Abt, dem die Reform
am Herzen lag, durch einprägsames Handeln sowohl bei den Mönchen als auch bei
den gläubigen Laien seiner Zeit den Vorsatz, eifrig auf dem Weg der
christlichen Vollkommenheit voranzuschreiten.
Wir wollen hoffen, daß
seine Güte, die Freude, die aus dem Glauben kommt, vereint mit der Strenge und
dem Widerstand gegen die Lasterhaftigkeit der Welt, auch unser Herz berühren,
damit auch wir die Quelle der Freude finden können, die aus Gottes Güte
entspringt.
Der heilige Abt Odo von
Cluny, über den ich heute sprechen möchte, zählt zu den großen Mönchsgestalten
des Mittelalters. Um 880 geboren, verbrachte der junge Odo einige Jahre in
Tours am Grab des heiligen Martin, unter dessen Schutz ihn sein Vater gestellt
hatte. Angezogen vom benediktinischen Mönchsideal, trat Odo als Dreißigjähriger
in die Abtei Baume ein. Im Jahre 927 wurde er der zweite Abt der Gründung in
Cluny, die zu einem Zentrum des geistlichen Lebens werden sollte. Als dessen
Leiter übte Odo großen Einfluß auf viele Benediktinerklöster in Europa aus, die
sich seiner Reform anschlossen. Mehrere Male besuchte Odo Rom und die
umliegenden Klöster. Hier erkrankte er auch und starb schließlich am 18.
November 942 in Tours, der Stadt seines Schutzheiligen Martin. Odo war eine
geistliche Führungsgestalt nicht nur für die Mönche, sondern auch für die
Gläubigen seiner Zeit. Ein Anliegen war ihm unter anderem die würdige Feier der
Eucharistie, in der das Heil der Welt geschenkt wird und Christus wirklich mit
Leib und Blut gegenwärtig ist. Odo rief die Menschen zu einem Leben in Demut,
in der Freiheit von den weltlichen Dingen und in der Liebe zu den ewigen Gütern
auf. Dabei vertraute er auf die göttliche Barmherzigkeit, die auf unsere Umkehr
wartet. So bezeichnete er Christus als „amator hominum“, der die Menschen
liebt und für sie ihre Lasten trägt, und nannte Maria vertrauensvoll „mater
misericordiae“, Mutter der Barmherzigkeit.
* * *
Gerne grüße ich die
Pilger und Besucher aus Deutschland, Österreich und Luxemburg. Einen besonderen
Gruß richte ich an die Teilnehmer am Fackellauf der Schönstatt-Mannes-Jugend.
Das Beispiel des heiligen Abtes und Reformers Odo sporne uns an, uns ganz auf
Gott auszurichten und auf dem Weg des christlichen Lebens freudig
voranzuschreiten. Der Herr behüte euch alle.
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BENEDICTO XVI
AUDIENCIA GENERAL
Miércoles 2 de septiembre
de 2009
San Odón, abad de Cluny
Queridos hermanos y
hermanas:
Tras una larga pausa,
quiero reanudar la presentación de los grandes escritores de la Iglesia de
Oriente y de Occidente de la época medieval, porque, como en un espejo, en sus
vidas y en sus escritos vemos lo que significa ser cristianos. Os propongo hoy
la figura luminosa de san Odón, abad de Cluny: se sitúa en el medievo monástico
que vio la sorprendente difusión en Europa de la vida y de la espiritualidad
inspiradas en la Regla de san Benito. Se produjo durante aquellos
siglos una prodigiosa aparición y multiplicación de claustros que,
ramificándose en el continente, difundieron en él ampliamente el espíritu y la
sensibilidad cristianas. San Odón nos conduce, en particular, a un
monasterio, Cluny, que durante la edad media fue uno de los más ilustres y
famosos, y todavía hoy revela a través de sus ruinas majestuosas las huellas de
un pasado glorioso por la entrega intensa a la ascesis, al estudio y, de modo
especial, al culto divino, rodeado de dignidad y belleza.
Odón fue el segundo abad
de Cluny. Había nacido hacia el 880, en los confines entre Maine y Turena, en
Francia. Su padre lo consagró al santo obispo Martín de Tours, a cuya sombra
benéfica y en cuya memoria Odón pasó toda su vida, concluyéndola al final cerca
de su tumba. La elección de la consagración religiosa estuvo en él precedida
por la experiencia de un momento de gracia especial, del que él mismo habló a
otro monje, Juan el Italiano, que después fue su biógrafo. Odón era aún
adolescente, de unos dieciséis años de edad, cuando, en una vigilia de Navidad,
sintió cómo le salía espontáneamente de los labios esta oración a la Virgen:
"Señora mía, Madre de misericordia, que en esta noche diste a luz al
Salvador, ora por mí. Que tu parto glorioso y singular sea, oh piadosísima, mi
refugio" (Vita sancti Odonis, I, 9: PL 133, 747). El apelativo
"Madre de misericordia", con el que el joven Odón invocó entonces a
la Virgen, será la forma que elegirá para dirigirse siempre a María, llamándola
también "única esperanza del mundo... gracias a la cual se nos han abierto
las puertas del paraíso" (In veneratione S. Mariae Magdalenae: PL 133,
721). En aquel tiempo empezó a profundizar en la Regla de san Benito y
a observar algunas de sus indicaciones, "llevando, sin ser monje todavía,
el yugo ligero de los monjes" (ib., I, 14: PL 133, 50). En uno
de sus sermones Odón se refirió a san Benito como "faro que brilla en la
tenebrosa etapa de esta vida" (De sancto Benedicto abbate: PL 133,
725), y lo calificó como "maestro de disciplina espiritual" (ib.: PL 133,
727). Con afecto destacó que la piedad cristiana "con más viva dulzura
hace memoria" de él, consciente de que Dios lo ha elevado "entre los
sumos y elegidos Padres de la santa Iglesia" (ib.: PL 133, 722).
Fascinado por el ideal
benedictino, Odón dejó Tours y entró como monje en la abadía benedictina de
Baume, para pasar después a la de Cluny, de la que se convirtió en abad en el
año 927. Desde ese centro de vida espiritual pudo ejercer una amplia influencia
en los monasterios del continente. De su guía y de su reforma se beneficiaron
también en Italia distintos cenobios, entre ellos el de San
Pablo extramuros. Odón visitó Roma más de una vez, llegando también a
Subiaco, Montecassino y Salerno. Fue precisamente en Roma donde, en el verano
del año 942, cayó enfermo. Sintiéndose próximo a la muerte, quiso volver a toda
costa junto a su san Martín, en Tours, donde murió durante el octavario del
santo, el 18 de noviembre del 942. Su biógrafo, al subrayar en Odón la
"virtud de la paciencia", ofrece un largo elenco de otras virtudes
suyas, como el menosprecio del mundo, el celo por las almas, el compromiso por
la paz de las Iglesias. Grandes aspiraciones del abad Odón eran la concordia
entre reyes y príncipes, la observancia de los mandamientos, la atención a los
pobres, la enmienda de los jóvenes, el respeto a las personas ancianas
(cf. Vita sancti Odonis, I, 17: PL 133, 49). Amaba la celdita en
la que residía, "alejado de los ojos de todos, preocupado por agradar sólo
a Dios"(ib., I, 14: PL 133, 49). No dejaba, sin embargo, de
ejercitar también, como "fuente sobreabundante", el ministerio de la
palabra y del ejemplo, "llorando este mundo como inmensamente mísero"
(ib., I, 17: PL 133, 51). En un solo monje, comenta su biógrafo, se
hallaban reunidas las distintas virtudes existentes de forma dispersa en los
otros monasterios: "Jesús, en su bondad, tomando en los diversos jardines
de los monjes, formaba en un pequeño lugar un paraíso, para regar desde su
fuente los corazones de los fieles" (ib., I, 14: PL 133, 49).
En un pasaje de un sermón
en honor de María Magdalena, el abad de Cluny nos revela cómo concebía la vida
monástica: "María que, sentada a los pies del Señor, con espíritu atento
escuchaba su palabra, es el símbolo de la dulzura de la vida contemplativa,
cuyo sabor, cuanto más se gusta, tanto más induce al alma a desasirse de las
cosas visibles y de los tumultos de las preocupaciones del mundo" (In ven.
S. Mariae Magd., PL 133, 717). Es una concepción que Odón confirma y
desarrolla en otros escritos suyos, de los que se trasluce su amor por la
interioridad, una visión del mundo como realidad frágil y precaria de la que
hay que desarraigarse, una inclinación constante al desprendimiento de las
cosas consideradas como fuente de inquietud, una aguda sensibilidad por la
presencia del mal en las diferentes categorías de hombres, una íntima
aspiración escatológica. Esta visión del mundo puede parecer bastante alejada
de la nuestra, y sin embargo la de Odón es una concepción que, viendo la
fragilidad del mundo, valora la vida interior abierta al otro, al amor por el
prójimo, y precisamente así transforma la existencia y abre el mundo a la luz
de Dios.
Merece particular mención
la "devoción" al Cuerpo y a la Sangre de Cristo que Odón, frente a
una difundida negligencia, que él deplora vivamente, cultivó siempre con
convicción. En efecto, estaba firmemente convencido de la presencia real, bajo
las especies eucarísticas, del Cuerpo y de la Sangre del Señor, en virtud de la
conversión "sustancial" del pan y del vino. Escribía: "Dios, el
Creador de todo, tomó el pan, diciendo que era su Cuerpo y que lo habría ofrecido
por el mundo, y distribuyó el vino, llamándolo su Sangre"; ahora bien,
"es ley de naturaleza que tenga lugar la transformación según el mandato
del Creador", y por tanto, he aquí que "inmediatamente la naturaleza
cambia su condición habitual: sin tardar el pan se convierte en carne, y el
vino se convierte en sangre"; a la orden del Señor "la sustancia se
transforma" (Odonis Abb. Cluniac. occupatio, ed. A. Swoboda, Lipsia 1900,
p. 121). Desgraciadamente, anota nuestro abad, este "sacrosanto misterio
del Cuerpo del Señor, en el que consiste toda la salvación del mundo" (Collationes,
XXVIII: PL 133, 572), es celebrado con negligencia. "Los
sacerdotes —advierte— que acceden al altar indignamente, manchan el pan, es
decir, el Cuerpo de Cristo" (ib.: PL 133, 572-573). Sólo el que
está unido espiritualmente a Cristo puede participar dignamente de su Cuerpo
eucarístico: en caso contrario, comer su carne y beber su sangre no le sería de
beneficio, sino de condena" (cf. ib., XXX, PL 133, 575).
Todo esto nos invita a creer con nueva fuerza y profundidad la verdad de la
presencia del Señor. La presencia del Creador entre nosotros, que se entrega en
nuestras manos y nos transforma como transforma el pan y el vino, transforma
así el mundo.
San Odón ha sido un
verdadero guía espiritual tanto para los monjes como para los fieles de su
tiempo. Ante el "gran número de vicios" difundidos en la sociedad, el
remedio que él proponía con decisión era el de un cambio radical de vida,
fundado en la humildad, la austeridad, el desapego de las cosas efímeras y la
adhesión a las eternas (cf. Collationes, XXX, PL 133, 613). A
pesar del realismo de su diagnóstico sobre la situación de su tiempo, Odón no
se rinde al pesimismo: "No decimos esto —precisa— para precipitar en la
desesperación los que quieran convertirse. La misericordia divina está siempre
disponible; ella espera la hora de nuestra conversión" (ib.: PL 133,
563). Y exclama: "¡Oh inefables entrañas de la piedad divina! Dios
persigue las culpas y sin embargo protege a los pecadores" (ib.: PL 133,
592). Sostenido por esta convicción, el abad de Cluny amaba detenerse en la
contemplación de la misericordia de Cristo, el Salvador que él calificaba
sugestivamente como "amante de los hombres": "amator hominum
Christus" (ib., LIII: PL 133, 637). Jesús tomó sobre sí los
flagelos que nos correspondían a nosotros —observa— para salvar así a la
criatura que es obra suya y a la que ama (cf. ib.: PL 133, 638).
Aparece aquí un rasgo del
santo abad a primera vista casi escondido bajo el rigor de su austeridad de
reformador: la profunda bondad de su alma. Era austero, pero sobre todo era
bueno, un hombre de una gran bondad, una bondad que proviene del contacto con
la bondad divina. Odón, como nos dicen sus contemporáneos, difundía a su
alrededor la alegría de la que rebosaba. Su biógrafo atestigua que no había
oído nunca salir de boca de hombre "tanta dulzura de palabra" (ib., I
17: PL 133, 31). Acostumbraba, recuerda su biógrafo, invitar a cantar
a los niños que encontraba por el camino para después hacerles algún pequeño
regalo, y añade: "Sus palabras estaban llenas de gozo..., su hilaridad
infundía en nuestro corazón una íntima alegría" (ib., II, 5: PL 133,
63). De esta forma el vigoroso y al mismo tiempo amable abad medieval,
apasionado por la reforma, con acción incisiva alimentaba en los monjes, como
también en los fieles laicos de su tiempo, el propósito de progresar con paso
diligente por el camino de la perfección cristiana.
Esperamos que su bondad,
la alegría que nace de la fe, unidas a la austeridad y a la oposición a los
vicios del mundo, toquen también nuestro corazón, a fin de que también nosotros
podamos hallar la fuente de la alegría que brota de la bondad de Dios.
Saludos
Ayer hemos recordado el
70° aniversario del comienzo de la segunda guerra mundial. En la memoria de los
pueblos permanecen las tragedias humanas y la absurdidad de la guerra. Pidamos
a Dios que el espíritu del perdón, de la paz y de la reconciliación se apodere
de los corazones de los hombres. Europa y el mundo de hoy necesitan un espíritu
de comunión. Construyámosla sobre Cristo y su Evangelio, sobre el fundamento de
la caridad y de la verdad. A vosotros aquí presentes y a todos los que
contribuyen a crear el clima de la paz imparto de corazón mi bendición.
(En español)
Saludo cordialmente a los fieles de lengua española. En particular a las Hijas
de María Auxiliadora, a las Siervas de María Ministras de los Enfermos y a las
Hermanas de la Caridad Dominicas de la Presentación. Así como a los grupos
provenientes de Viña del Mar, Chile; de Venezuela; de Terrassa, España; y del
movimiento de Schönstatt en Argentina. Aliento a todos a aprovechar la visita a
Roma para profundizar en la fe y en el gozo de pertenecer a la Iglesia. Muchas
gracias.
(En italiano)
Os invito a vosotros, jóvenes, a acoger y vivir la Palabra del Señor
con la valentía y la originalidad que caracterizan a vuestra edad. A vosotros,
queridos enfermos, os animo a conservar en el corazón las enseñanzas
evangélicas para sacar de ellas fuerza, serenidad y apoyo en la prueba del
sufrimiento. A vosotros, recién casados, os deseo que emprendáis con
generosa fidelidad el itinerario sugerido por el Hijo de Dios, a fin de que
vuestra familia se edifique sobre la roca firme de su Palabra.
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SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/es/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090902.html
PAPA BENTO XVI
AUDIÊNCIA GERAL
Quarta-feira, 2 de
Setembro de 2009
Santo Odon de Cluny
Queridos irmãos e irmãs
Depois de uma longa
pausa, gostaria de retomar a apresentação dos grandes Escritores da Igreja do
Oriente e do Ocidente da época medieval porque, como num espelho, nas suas
vidas e nos escritos vemos o que quer dizer ser cristão. Hoje proponho-vos a
figura luminosa de Santo Odon, abade de Cluny: ela insere-se naquela
idade média monástica que viu o surpreendente difundir-se na Europa da vida e
da espiritualidade inspiradas na Regra de São Bento. Naqueles séculos
houve um prodigioso surgir e multiplicar-se de claustros que, ramificando-se no
continente, difundiram amplamente o espírito e a sensibilidade cristã. Santo
Odon leva-nos, em particular, a um mosteiro, Cluny, que na idade
média foi um dos mais ilustres e celebrados, e ainda hoje revela através das suas
ruínas majestosas os sinais de um passado glorioso pela intensa dedicação à
ascese, ao estudo e, de modo especial, ao culto divino, repleto de decoro e de
beleza.
Odon foi o segundo abade
de Cluny. Nascera por volta de 880, nos confins entre o Maine e a Touraine, na
França. O seu pai consagrou-o ao santo bispo Martinho de Tours, sob cujas
sombra benéfica e memória, depois, Odon passou toda a sua vida, concluindo-a no
final junto do seu túmulo. Nele, a escolha da consagração religiosa foi
precedida pela experiência de um momento de graça especial, do qual ele mesmo
falou a outro monge, João, o Italiano, que depois foi seu biógrafo. Odon era
ainda adolescente, tinha cerca de 16 anos quando, durante uma vigília de Natal,
sentiu subir espontaneamente aos lábios esta oração à Virgem: "Minha
Senhora, Mãe de misericórdia, que nesta noite deste à luz o Salvador, intercede
por mim. Ó Piedosíssima, o teu parto glorioso e singular seja o meu
refúgio" (Vita sancti Odonis, I, 9: PL 133, 747). O
apelativo "Mãe de misericórdia", com que então o jovem Odon invocou a
Virgem, será aquele com que depois gostará de se dirigir a Maria, chamando-lhe
também "única esperança do mundo... graças à qual nos foram abertas as
portas do paraíso" (In veneratione S. Mariae Magdalenae: PL 133,
721). Nessa época, encontrou a Regra de São Bento e começou algumas
das suas observâncias, "carregando, quando ainda não era monge, o jugo
leve dos monges" (ibid., I, 14: PL 133, 50). Num dos
seus sermões, Odon celebrará Bento como "lâmpada que resplandece no
estádio tenebroso desta vida" (De sancto Benedicto abbate: PL 133,
725), e qualificá-lo-á como "mestre de disciplina espiritual" (ibid.:
PL 133, 727). Com afecto, relevará que a piedade cristã "com maior
docilidade faz memória" dele, na consciência de que Deus o elevou
"entre os sumos e eleitos Padres na santa Igreja" (ibid.:
PL 133, 722).
Fascinado pelo ideal
beneditino, Odon deixou Tours e entrou como monge na abadia beneditina de
Baume, e depois passou para a de Cluny, da qual se tornou abade em 927. Daquele
centro de vida espiritual pôde exercer uma vasta influência sobre os mosteiros
do continente. Da sua guia e da sua reforma beneficiaram também na Itália
diversos cenóbios, entre os quais o de São Paulo fora dos Muros. Odon visitou Roma
várias vezes, chegando também a Subiaco, Montecassino e Salerno. Foi
precisamente em Roma que, no Verão de 942, adoeceu. Sentindo-se próximo do fim,
com todos os esforços quis regressar depressa junto do seu São Martinho, em
Tours, onde faleceu no oitavário do Santo, no dia 18 de Novembro de 942. Ao
sublinhar em Odon a "virtude da paciência", o biógrafo oferece um
longo elenco de outras suas virtudes, como o desprezo pelo mundo, o zelo pelas
almas e o compromisso pela paz das Igrejas. Grandes aspirações do abade Odon
eram a concórdia entre os reis e os príncipes, a observância dos mandamentos, a
atenção aos pobres, o emendamento dos jovens, o respeito pelos idosos
(cf. Vita sancti Odonis, I 17: PL 133, 49). Gostava
da pequena cela onde residia, "subtraído aos olhos de todos, solícito em
agradar somente a Deus" (ibid., I 14: PL 133, 49).
Porém, não deixava de exercer também, como "fonte superabundante", o
ministério da palavra e do exemplo, "chorando este mundo como imensamente
miserável" (ibid., I 17: PL 133, 51). Num só monge,
comenta o seu biógrafo, encontravam-se reunidas as diversas virtudes existentes
de forma espalhada nos outros mosteiros: "Jesus na sua bondade,
haurindo dos vários jardins dos monges, formava num pequeno lugar um paraíso,
para irrigar a partir da sua fonte os corações dos fiéis" (ibid., I
14: PL 133, 49).
Num trecho de um sermão
em honra a Maria de Magdala, o abade de Cluny revela-nos como ele concebia a
vida monástica: "Maria que, sentada aos pés do Senhor, com espírito
atento ouvia a sua palavra, é o símbolo da docilidade da vida contemplativa
cujo gosto, quanto mais é saboreado, tanto mais induz a alma a desapegar-se das
coisas visíveis e dos tumultos das preocupações do mundo" (In ven. S.
Mariae Magd., PL 133, 717). É uma concepção que Odon confirma e desenvolve
nos outros seus escritos, dos quais transparecem o amor pela interioridade, uma
visão do mundo como de uma realidade frágil e precária da qual desarraigar-se,
uma inclinação constante ao desapego das coisas sentidas como fontes de
inquietação, uma sensibilidade perspicaz pela presença do mal nas várias
categorias de homens e uma íntima aspiração escatológica. Esta visão do mundo
pode parecer bastante distante da nossa, todavia a de Odon é uma concepção que,
vendo a fragilidade do mundo, valoriza a vida interior aberta ao outro, ao amor
pelo próximo, e precisamente assim transforma a existência e abre o mundo à luz
de Deus.
Merece particular menção
a "devoção" ao Corpo e ao Sangue de Cristo que Odon, diante de uma
difundida negligência por ele vivamente deplorada, sempre cultivou com
convicção. Com efeito, estava firmemente persuadido da presença real, sob as
espécies eucarísticas, do Corpo e do Sangue do Senhor, em virtude da conversão
"substancial" do pão e do vinho. Escrevia: "Deus, o
Criador de tudo, tomou o pão, dizendo que era o seu Corpo, e que o teria
oferecido pelo mundo, e distribuiu o vinho, chamando-lhe seu Sangue"; pois
bem, "é lei de natureza que se verifique a mudança segundo o mandamento do
Criador", e eis, portanto, que "imediatamente a natureza muda a sua
condição habitual: sem hesitação, o pão torna-se carne, e o vinho
torna-se sangue"; à ordem do Senhor, "a substância
transforma-se" (Odonis Abb. Cluniac. occupatio, ed. A. Swoboda,
Leipzig 1900, pág. 121). Infelizmente, anota o nosso abade, este
"sacrossanto mistério do Corpo do Senhor, no qual consiste toda a salvação
do mundo" (Collationes, XXVIII: PL 133, 572), é
celebrado com negligência. "Os sacerdotes, ele admoesta, que acedem ao
altar indignamente, mancham o pão, ou seja, o Corpo de Cristo" (ibid.: pl 133,
572-573). Só quem está unido espiritualmente a Cristo pode participar de modo
digno no seu Corpo eucarístico: caso contrário, comer a sua carne e beber
o seu sangue não seria um benefício, mas uma condenação (cf. ibid., XXX: PL 133,
575). Tudo isto nos convida a crer com nova força e profundidade na verdade da
presença do Senhor. A presença do Criador no meio
de nós, que se entrega nas nossas mãos e nos transforma como transforma o pão e
o vinho, assim transforma o mundo.
Santo Odon foi um
verdadeiro guia espiritual, quer para os monges quer para os fiéis do seu
tempo. Diante da "vastidão dos vícios" difundidos na sociedade, o
remédio que ele propunha com decisão era o de uma mudança de vida radical,
fundada sobre a humildade, a austeridade, o desapego das coisas efémeras e a
adesão às eternas (cf. Collationes, XXX: PL 133,
613). Não obstante o realismo do seu diagnóstico a respeito da situação da sua
época, Odon não se abandona ao pessimismo: "Não dizemos isto — esclarece
ele — para fazer precipitar no desespero quantos quiserem
converter-se. A misericórdia divina está sempre disponível; ela espera a hora
da nossa conversão" (ibid.: PL 133, 563). E exclama:
"Ó inefáveis vísceras da piedade divina! Deus persegue as culpas e todavia
protege os pecadores" (ibid.: PL 133, 592). Fortalecido por
esta convicção, o abade de Cluny gostava de se deter na contemplação da
misericórdia de Cristo, o Salvador que sugestivamente ele qualificava como
"amante dos homens": "amator hominum Christus" (ibid., LIII: PL 133,
637). Jesus assumiu sobre si os flagelos que seriam reservados a nós — observa — para
salvar assim a criatura, que é sua obra e que Ele ama (cf. ibid.:
PL 133, 638).
Aqui aparece uma
característica do santo abade, à primeira vista quase escondida sob o rigor da
sua austeridade de reformador: a profunda bondade da sua alma. Era
austero, mas sobretudo bom, um homem de grande bondade, uma bondade que provém
do contacto com a bondade divina. Odon, assim nos dizem os seus coetâneos,
difundia ao seu redor a alegria da qual estava repleto. O seu biógrafo
testemunha que jamais ouviu sair da boca de um homem "tanta docilidade de
palavra" (ibid., I, 17: PL 133, 31). O biógrafo
recorda que ele costumava convidar para o canto as crianças que encontrava ao
longo do caminho, para depois lhes oferecer um pequeno dom, e acrescenta:
"As suas palavras eram cheias de exultação... a sua hilaridade infundia no
nosso coração uma alegria íntima" (ibid., II, 5: PL 133,
63). Deste modo, o vigoroso e ao mesmo tempo amável abade medieval, apaixonado
pela reforma, com uma acção incisiva, alimentava nos monges, como
também nos fiéis leigos do seu tempo, o propósito de progredir com passo
diligente ao longo do caminho da perfeição cristã.
Esperamos que a sua
bondade, a alegria que provém da fé, unidas à austeridade e à oposição aos
vícios do mundo, sensibilizem inclusive o nosso coração, a fim de que também
nós possamos encontrar a fonte da alegria que jorra da bondade de Deus.
Saudações
Saúdo cordialmente os
peregrinos polacos. Ontem recordámos o 70º aniversário do início da Segunda
Guerra Mundial. Na memória dos povos permanecem as tragédias humanas e o
absurdo da guerra. Peçamos a Deus que o espírito do
perdão, da paz e da reconciliação permeie os corações dos homens. A Europa e o
mundo de hoje precisam de um espírito de comunhão. Edifiquemo-la sobre Cristo e
o seu Evangelho, sobre o fundamento da caridade e da verdade. A vós
aqui presentes e a todos aqueles que contribuem para criar um clima de paz,
concedo de coração a minha bênção.
Saúdo com amizade e
gratidão todos os peregrinos de língua portuguesa, nomeadamente os grupos do
Brasil. Viestes a Roma para fortalecer os vínculos de fé, esperança e amor que
unem a todos os batizados na Igreja, que Jesus quis fundar sobre Pedro. Que as
vossas vidas, iluminadas pela fé, e perseverantes na esperança, possam sempre
testemunhar o amor de Deus. Que as suas bênçãos desçam abundantes sobre vós e
vossas famílias.
© Copyright 2009 -
Libreria Editrice Vaticana
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