dimanche 18 novembre 2012

Saint ODON de CLUNY, abbé bénédictin et réformateur

Saint Odon de Cluny

Deuxième abbé de Cluny (+ 942)

A la fin du IXe siècle, l'Eglise en Occident connaissait de graves difficultés dans son clergé. Les monastères n'observaient que de très loin les constitutions monastiques et, même à Rome, les Papes se succédaient presque tous les trois ans ne serait-ce qu'à cause de curieux accidents mortels.

Saint Odon était originaire de Tours et, en 910, il rejoint le monastère de Cluny que saint Bernon venait de réformer. Il en devient à son tour le Père abbé. Cet homme à la main de fer mais aussi d'une grande bonté et toujours joyeux, va organiser l'influence de son abbaye dans l'Eglise.

Il fera quatre voyages à Rome et c'est au retour de l'un d'eux qu'il meurt à Tours où il allait se "ressourcer" auprès de saint Martin.

Saint Odon - 18 Novembre : vidéo du diocèse de Saint-Flour

Durant l'audience générale le 2 septembre 2009, le Saint-Père a repris le cycle catéchétique consacré aux grandes figures de l'Eglise médiévale en évoquant saint Odon de Cluny.

Né vers 880 et décédé en 942, Odon devint en 927 le second abbé du célèbre monastère, centre spirituel qui eut une large influence sur l'Europe monastique médiévale et diffusa le mode de vie inspiré par la règle de saint Benoît. Au nombre des vertus de saint Odon figuraient, a dit le Pape, 'la patience et le détachement des choses du monde, le zèle envers les âmes et l'engagement pour la paix..., le respect des commandements, l'attention aux pauvres, aux jeunes et aux personnes âgées... Face à un désintérêt diffus qu'il combattit énergiquement, il ne cessa de défendre la dévotion au Corps et Sang du Christ. Odon était convaincu de la présence réelle dans les espèces eucharistiques en vertu de la conversion substantielle du pain et du vin en chair et sang du Seigneur'.

Pour lui, 'seul qui est spirituellement uni au Christ peut dignement participer à l'Eucharistie. En cas contraire, se nourrir du Christ ne serait pas un profit mais une condamnation'. Puis Benoît XVI a rappelé que l'abbé clunisien 'fut un guide spirituel pour les fidèles de son temps, face à l'immensité des vices du monde, ainsi qu'il disait. Le remède qu'il proposait était un changement de vie radical, une existence basée sur l'humilité, l'austérité, le détachement des biens éphémères pour adhérer aux choses éternelles'.

Rappelant ensuite sa grande bonté d'âme et l'austérité de ses mœurs, le Saint-Père dit que saint Odon savait 'communiquer la joie qui le comblait... Il réussissait à faire progresser moines comme fidèles dans la voie de la perfection chrétienne'. En conclusion, il a souligné combien 'la bonté de l'abbé Odon et sa joie, qui découlait de la foi" est en mesure de "toucher nos cœurs, afin que nous puissions aujourd'hui encore trouver la source de béatitude que la bonté divine nous accorde".

(source: VIS 090902 410)

(abbaye de Cluny - GoogleMaps)

À Tours, en 942, le trépas de saint Odon, abbé de Cluny, qui réforma la vie monastique selon la Règle de saint Benoît et la discipline de saint Benoît d'Aniane. Il fut le premier des grands abbés qui firent de ce monastère le foyer de la réforme de l'Église à cette époque.

Martyrologe romain

Dieu n'attend de toi que ce qu'il t'a donné. Mais, si peu que tu penses avoir reçu, donne-le lui totalement. Ne retiens rien, il est le tout de ta vie.

Lectionnaire Emmaüs

SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/164/Saint-Odon-de-Cluny.html

Sant'Oddone di Cluny


Saint Odon

Abbé de Cluny

(857-942)

Saint Odon était fils d'un noble seigneur, et, fut, dès le berceau, consacré à saint Martin. Il montra, jeune encore, un grand amour pour la prière. Sa piété lui faisait regarder comme perdu le temps qu'il était forcé de donner à la chasse et aux autres amusements du siècle. À l'âge de dix-neuf ans, il reçut la tonsure et fut nommé à un canonicat de l'Église de Tours.

Après de brillantes et solides études, où il montra, avec une haute intelligence, une vertu extraordinaire, couchant sur une natte et ne prenant qu'un peu de nourriture grossière, il fut séduit par la lecture de la Règle de Saint-Benoît et se décida dès lors à embrasser la vie monastique.

Il fut plus tard élu abbé de Cluny, où il fit fleurir toutes les vertus religieuses: le silence, l'obéissance, l'humilité et le renoncement à soi-même. Ses exemples allaient de pair avec ses conseils ou ses ordres. Il donnait tout aux pauvres, sans s'inquiéter du lendemain. Les enfants étaient surtout l'objet de sa prédilection; il veillait avec un soin paternel, une douceur de mère, sur les moeurs, les études, le sommeil de tous ceux qui lui avaient été confiés.

À Cluny, la Règle de Saint-Benoît était suivie avec zèle; les jeûnes, les abstinences, les chants, les offices, le silence presque absolu, le travail, remplissaient les journées des religieux. Les restes des repas étaient distribués aux pauvres et aux pèlerins. On y nourrissait, de plus, dix-huit pauvres par jour, et la charité y était si abondante, surtout dans le Carême, qu'à l'une de ces époques de l'année on fit des distributions de vivres à plus de sept mille indigents.

Dans les voyages si difficiles auxquels son zèle et ses fonctions l'obligèrent plus d'une fois, Odon ne pensait qu'à secourir le prochain. Il descendait de son cheval pour faire monter à sa place les indigents et les vieillards; on le vit même porter le sac d'une pauvre femme. Pourtant malgré tant de fatigues, à son dernier voyage de Rome, il lassait ses jeunes compagnons par la rapidité de sa marche, et ils s'étonnaient qu'il eût, à soixante-sept ans, après une vie si austère, conservé tant d'agilité et de vigueur.

Un jour, Dieu le récompensa de sa ponctualité. La Règle de Saint-Benoît demande qu'au son de la cloche on laisse même une lettre à demi formée. Odon, corrigeant un livre avec un de ses religieux, laissa dehors, au son de la cloche, le livre ouvert. Il plut toute la nuit abondamment; le lendemain, le livre, malgré les flots de pluie, se trouva intact. Il en rapporta toute la gloire au glorieux saint Martin, dont la vie était écrite en ce volume.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_odon.html

Sant'Oddone di Cluny

Miniatura con Sant'Oddone di Cluny (XI secolo)

Miniature, 13th century, from a codex (Lat. 17716, BnF), with Saint Odo of Cluny or Peter the Venerable


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 2 septembre 2009

Odon de Cluny


Chers frères et sœurs,

Après une longue pause, je voudrais reprendre la présentation des grands écrivains de l'Eglise d'Orient et d'Occident à l'époque médiévale, car, comme dans un miroir, nous voyons dans leur vie et dans leurs écrits ce que signifie être chrétiens. Je vous propose aujourd'hui la figure lumineuse de saint Odon, abbé de Cluny: celle-ci se situe dans le Moyen-Age monastique qui vit la surprenante diffusion en Europe de la vie et de la spiritualité inspirées par la Règle de saint Benoît. Il y eut au cours de ces siècles une prodigieuse apparition et multiplication de cloîtres qui, se ramifiant sur le continent, y diffusèrent largement la sensibilité et l'esprit chrétiens. Saint Odon nous reconduit, en particulier, à un monastère, Cluny qui, au Moyen-Age, compta parmi les plus illustres et célébrés et qui, aujourd'hui encore, révèle à travers ses ruines majestueuses les signes d'un passé glorieux en raison de l'intense attachement à l'ascèse, à l'étude, et, de façon particulière, au culte divin, entouré de dignité et de beauté.

Odon fut le deuxième abbé de Cluny. Il était né aux environs de 880, à la frontière entre le Maine et la Touraine, en France. Il fut consacré par son père au saint évêque Martin de Tours, à l'ombre bénéfique et dans la mémoire duquel Odon vécut ensuite toute sa vie, la concluant à la fin auprès de son tombeau. Le choix de la consécration religieuse fut précédé chez lui par l'expérience d'un moment spécial de grâce, dont il parla lui-même à un autre moine, Jean l'Italien, qui fut par la suite son biographe. Odon était encore adolescent, âgé environ de 16 ans, lorsque, au cours d'une veillée de Noël, il sentit s'élever spontanément de ses lèvres cette prière à la Vierge: "Notre Dame, Mère de miséricorde qui en cette nuit as donné à la lumière le Sauveur, prie pour moi. Que ton enfantement glorieux et singulier soit, ô Très pieuse, mon refuge" (Vita sancti Odonis, I, 9: PL 133, 747). L'appellation "Mère de miséricorde", avec laquelle le jeune Odon invoqua alors la Vierge, sera celle avec laquelle il aimera ensuite s'adresser à Marie, l'appelant également "unique espérance du monde,... grâce à laquelle nous ont été ouvertes les portes du paradis" (In veneratione S. Mariae Magdalenae: PL 133, 721). Il lui arriva à cette époque de lire la Règle de saint Benoît et de commencer à en observer certaines indications, "portant, pas encore moine, le joug léger des moines" (ibid., I, 14: PL 133, 50). Dans l'un de ses sermons, Odon célébrera Benoît comme "une lampe qui brille dans le stade ténébreux de cette vie" (De sancto Benedicto abbate: PL 133, 725), et le qualifiera de "maître de discipline spirituelle" (ibid., PL 133, 727). Il soulignera avec affection que la piété chrétienne "fait mémoire avec une plus grande douceur" de lui, dans la conscience que Dieu l'a élevé "parmi les Pères suprêmes et élus de la Sainte Eglise" (ibid., PL 133, 722).

Fasciné par l'idéal bénédictin, Odon quitta Tours et entra en tant que moine dans l'abbaye bénédictine de Baume, pour ensuite passer à celle de Cluny, dont il devint abbé en 927. De ce centre de vie spirituelle, il put exercer une vaste influence sur les monastères du continent. En Italie également, différents ermitages bénéficièrent de sa direction et de sa réforme, parmi lesquels celui de Saint-Paul-hors-les-Murs. Odon se rendit plus d'une fois à Rome, allant jusqu'à Subiaco, le Mont Cassin et Salerne. Ce fut précisément à Rome que, pendant l'été 942, il tomba malade. Se sentant proche de la fin, il voulut à tout prix revenir auprès de saint Martin à Tours, où il mourut pendant l'octavaire du saint, le 18 novembre 942. Son biographe, en soulignant chez Odon la "vertu de la patience", offre une longue liste de ses autres vertus, telles que le mépris du monde, le zèle pour les âmes, l'engagement pour la paix des Eglises. Les grandes aspirations de l'abbé Odon étaient la concorde entre les rois et les princes, l'observance des commandements, l'attention envers les pauvres, l'amendement des jeunes, le respect des personnes âgées (cf. Vita sancti Odonis, I, 17: PL 133, 49). Il aimait la petite cellule dans laquelle il résidait, "loin des yeux de tous, attentif à ne plaire qu'à Dieu" (ibid., I, 14: PL 133, 49). Il ne manquait cependant pas d'exercer également, comme "source surabondante", le ministère de la parole et de l'exemple, "en pleurant ce monde comme étant immensément misérable" (ibid., i,17: PL 133, 51). Chez un seul moine, commente son biographe, se trouvaient réunies les différentes vertus existant de manière dispersée dans les autres monastères: "Jésus, dans sa bonté, puisant aux différents jardins des moines, formait dans un petit lieu un paradis, pour irriguer par sa source le cœur des fidèles" (ibid., I, 14: PL 133, 49).

Dans un passage d'un sermon en l'honneur de Marie de Magdala, l'abbé de Cluny nous révèle comment il concevait la vie monastique: "Marie qui, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole avec l'esprit attentif, est le symbole de la douceur de la vie contemplative, dont la saveur, plus on la goûte, pousse l'âme à se détacher encore davantage des choses visibles et des tumultes des préoccupations du monde" (In ven. S. Mariae Magd., PL 133, 717). C'est une conception qu'Odon confirme et développe dans ses autres écrits, desquels transparaissent l'amour de l'intériorité, une vision du monde comme étant une réalité fragile et précaire dont il faut se détacher, une inclination constante au détachement des choses ressenties, comme étant source d'inquiétude, une sensibilité aiguë pour la présence du mal chez les différentes catégories d'hommes, une profonde aspiration eschatologique. Cette vision du monde peut apparaître assez éloignée de la nôtre, toutefois celle d'Odon est une conception qui, voyant la fragilité du monde, valorise la vie intérieure ouverte à l'autre, à l'amour du prochain, et précisément ainsi transforme l'existence et ouvre le monde à la lumière de Dieu.

Une attention particulière doit être portée à la "dévotion" au Corps et au Sang du Christ qu'Odon, face à une négligence répandue qu'il déplorait vivement, cultiva toujours avec conviction. Il était en effet fermement convaincu de la présence réelle, sous les espèces eucharistiques, du Corps et du Sang du Seigneur, en vertu de la transformation "substantielle" du pain et du vin. Il écrivait: "Dieu, le Créateur de tout, a pris le pain, en disant qu'il était son Corps et qu'il l'aurait offert pour le monde et il a distribué le vin, en l'appelant son sang"; or, "c'est une loi de nature que la transformation ait lieu selon le commandement du Créateur", et voilà donc qu'"immédiatement, la nature change sa condition habituelle: sans retard, le pain devient chair, et le vin devient sang"; à l'ordre du Seigneur "la substance se transforme" (Odonis Abb. Cluniac. occupatio, ed. A. Swoboda, Lipsia 1900, p. 121). Malheureusement, remarque notre abbé, ce "sacro-saint mystère du Corps du Seigneur, qui constitue tout le salut du monde" (Collationes, XXVIII: PL 133, 572) est célébré avec négligence. "Les prêtres, avertit-il, qui accèdent à l'autel de manière indigne, entachent le pain, c'est-à-dire le Corps du Christ" (ibid., PL 133, 572-573). Seul celui qui est uni spirituellement au Christ peut participer dignement à son Corps eucharistique: dans le cas contraire, manger sa chair et boire son sang ne serait pas un bienfait, mais une condamnation (cf. ibid. XXX, PL 133, 575). Tout cela nous invite à croire avec une force et une profondeur nouvelles à la vérité de la présence du Seigneur. La présence du Créateur parmi nous, qui se remet entre nos mains et nous transforme comme il transforme le pain et le vin, transforme ainsi le monde.

Saint Odon a été un véritable guide spirituel tant pour les moines que pour les fidèles de son temps. Devant "le grand nombre des vices" répandus dans la société, le remède qu'il proposait avec fermeté était celui d'un changement de vie radical, fondé sur l'humilité, l'austérité, le détachement des choses éphémères et l'adhésion aux choses éternelles (cf. Collationes, XXX, PL 133, 613). Malgré le réalisme de son diagnostic sur la situation de son temps, Odon n'est pas tenté par le pessimisme: "Nous ne disons pas cela - précise-t-il - pour précipiter dans le désespoir ceux qui voudront se convertir. La miséricorde divine est toujours disponible; elle attend l'heure de notre conversion" (ibid.: PL 133, 563). Et il s'exclame: "O ineffables entrailles de la piété divine! Dieu poursuit les fautes et protège toutefois les pécheurs" (ibid., PL 133, 592). Soutenu par cette conviction, l'abbé de Cluny aimait s'arrêter en contemplation devant la miséricorde du Christ, le Sauveur, qu'il qualifiait de manière suggestive d'"amant des hommes": "amator hominum Christus" (ibid., LIII: PL 133, 637). Jésus a pris sur lui les fléaux qui auraient dû nous être réservés - observe-t-il - pour sauver ainsi la créature qui est son œuvre et qu'il aime (cf. ibid.: PL 133, 638).

Ici apparaît un trait du saint abbé presque caché à première vue sous la rigueur de son austérité de réformateur: la profonde bonté de son âme. Il était austère, mais surtout il était bon, un homme d'une grande bonté, une bonté qui provient du contact avec la bonté divine. Odon, comme nous le disent ses contemporains, diffusait autour de lui la joie dont il était empli. Son biographe atteste n'avoir jamais entendu sortir de bouche d'homme "tant de douceur en paroles" (ibid., I, 17: PL 133, 31). Il avait l'habitude, rappelle son biographe, d'inviter au chant les jeunes enfants qu'il rencontrait sur la route pour ensuite leur faire quelque petit don, et il ajoute: "ses paroles étaient pleines de joie..., son hilarité communiquait à notre cœur un joie intime" (ibid., ii; 5: PL 133, 63). De cette manière, le vigoureux et aimable abbé médiéval, passionné de réforme, à travers une action incisive alimentait chez les moines, comme aussi chez les fidèles laïcs de son temps, l'intention de progresser d'un pas vif sur le chemin de la perfection chrétienne.

Nous voulons espérer que sa bonté, la joie qui provient de la foi, unies à l'austérité et à l'opposition aux vices du monde, toucheront aussi notre cœur, afin que nous aussi puissions trouver la source de la joie qui jaillit de la bonté de Dieu.

* * *

J’accueille avec joie les pèlerins francophones. Je salue particulièrement les séminaristes de Brugge, en Belgique, et leurs accompagnateurs ainsi que les nombreux pèlerins du diocèse de Kaolack, au Sénégal, avec leur Evêque Mgr Ndiaye. Puissiez-vous tous suivre généreusement le Christ chaque jour. Que Dieu vous bénisse!

Hier, nous avons rappelé le 70 anniversaire du début de la deuxième guerre mondiale. Dans la mémoire des peuples demeurent les tragédies humaines et l'absurdité de la guerre. Demandons à Dieu que l'esprit du pardon, de la paix et de la réconciliation imprègne le cœur des hommes. L'Europe et le monde d'aujourd'hui ont besoin d'un esprit de communion. Construisons-la sur le Christ et sur l'Evangile, sur le fondement de la charité et de la vérité. A vous ici présents, et à tous ceux qui contribuent à édifier un climat de paix, je donne de tout cœur ma bénédiction.

© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090902_fr.html

Saint Odon

Abbé de Cluny

(857-942)

Odon était fils d'un noble seigneur, et, fut, dès le berceau, consacré à saint Martin. Il montra, jeune encore, un grand amour pour la prière. À l'âge de dix-neuf ans, il reçut la tonsure et fut nommé à un canonicat de l'Église de Tours.

Après de brillantes et solides études, où il montra, une vertu extraordinaire, couchant sur une natte et ne prenant qu'un peu de nourriture, il fut séduit par la lecture de la Règle de saint Benoît et se décida dès lors à embrasser la vie monastique.

Il fut plus tard élu abbé de Cluny, où il fit fleurir toutes les vertus religieuses : le silence, l'obéissance, l'humilité et le renoncement à soi-même. Ses exemples allaient de pair avec ses conseils ou ses ordres. Il donnait tout aux pauvres, sans s'inquiéter du lendemain. Les enfants étaient surtout l'objet de sa prédilection ; il veillait avec un soin paternel, une douceur de mère, sur les mœurs, les études, le sommeil de tous ceux qui lui avaient été confiés.

À Cluny, la Règle de saint Benoît était suivie avec zèle ; les jeûnes, les abstinences, les chants, les offices, le silence presque absolu, le travail, remplissaient les journées des religieux. Les restes des repas étaient distribués aux pauvres et aux pèlerins. On y nourrissait, de plus, dix-huit pauvres par jour, et la charité y était si abondante, surtout dans le Carême, qu'à l'une de ces époques de l'année on fit des distributions de vivres à plus de sept mille indigents.

Dans les voyages si difficiles auxquels son zèle et ses fonctions l'obligèrent plus d'une fois, Odon ne pensait qu'à secourir le prochain. Il descendait de son cheval pour faire monter à sa place les indigents et les vieillards ; on le vit même porter le sac d'une pauvre femme. Pourtant malgré tant de fatigues, à son dernier voyage de Rome, il lassait ses jeunes compagnons par la rapidité de sa marche, et ils s'étonnaient qu'il eût, à soixante-sept ans, après une vie si austère, conservé tant d'agilité et de vigueur.

Un jour, Dieu le récompensa de sa ponctualité. La Règle de Saint-Benoît demande qu'au son de la cloche on laisse même une lettre à demi formée. Odon, corrigeant un livre avec un de ses religieux, laissa dehors, au son de la cloche, le livre ouvert. Il plut toute la nuit abondamment ; le lendemain, le livre, malgré les flots de pluie, se trouva intact. Il en rapporta toute la gloire au glorieux saint Martin, dont la vie était écrite en ce volume.

SOURCE : https://levangileauquotidien.org/FR/display-saint/a4c4afdb-9846-4aaa-b3d8-6345d115976a

Saint Odon

Date : 18/11

Epoque : Xème s.

Pays : Cluny

L'itinéraire de ce saint a été marqué, du début à la fin, par la référence à saint Martin.

Originaire du Maine, vers 880, Odon devint chanoine de Tours. Dès son enfance, il avait été consacré à saint Martin ; il devait devenir un grand voyageur. Entré comme moine bénédictin à Baume-les-Messieurs, dans le Jura, il vivra ensuite dans l'illustre abbaye de Cluny : il en devint Père Abbé en 929. Vigoureux ascète à l'âme ardente, Odon était en même temps avec ses moines, d'une extrême bonté et d'humeur toujours joyeuse. "En récréation, il nous faisait rire aux larmes", témoignait l'un d'entre eux.

Saint Odon, abbé de Cluny de 927 à 942, ne doit pas être confondu avec saint Odilon, qui fut également abbé de Cluny mais de 994 à 1049. Saint Odon inaugure les fréquents déplacements des Abbés de Cluny, sollicités de toutes parts pour activer la réforme religieuse. Il donne en même temps à son abbaye une organisation impeccable : par suite, Cluny exercera pendant deux siècles une influence considérable, tant dans la vie ecclésiale que dans la politique des États d'Europe. Cluny deviendra ainsi sous son gouvernement une prestigieuse Maison mère, le nombre des communautés ralliées à sa réforme passant de 37 à 65. L'abbé Odon, conseiller du Pape et des princes, va également contribuer à l'instauration de la "Trêve de Dieu". St Odon de Cluny, se trouvant à Rome pour la 4e fois, eut le pressentiment de sa fin prochaine. Ce n'était pas dans la Ville éternelle qu 'il voulait terminer sa vie ! Il reprit la direction de la France et de la ville de Tours pour y achever son pèlerinage terrestre là même où il avait commencé : près du tombeau de saint Martin. C'était le 18 novembre 942.

De nombreux saints ont illustré le prénom Odon, qui est d'origine germanique et signifie "richesse".

Saints du même jour

Sainte Aude

SOURCE : https://www.lejourduseigneur.com/saint/saint-odon

St Odon (879-942)

Jamais, semble-t-il, l'état du clergé ne fut pire qu'à son époque. " Il n'y a pour ainsi dire plus un seul monastère où la règle soit observée ", disait le pape Jean XI en 931. Quant aux papes eux-mêmes, ils se succédaient à la cadence d'un tous les trois ans, grâce au poison qu'on leur administrait ou aux autres accidents mortels qui leur arrivaient. Ils furent alors trente-deux à occuper la chaire de Pierre en un siècle (de 882 à 984). St Odon ne fit point cesser cet état de choses, mais il contribua plus que personne à y remédier un peu et, en tout cas, à empêcher qu'il ne s'aggrave. Son père, le seigneur Abbon, l'avait dès le berceau consacré à St Martin. Quand il eut vingt ans, Odon s'agrégea aux cent cinquante chanoines prébendés qui veillaient, à Tours, sur son tombeau. Il se rendit ensuite à Paris pour étudier les belles-lettres et la musique. En 909, il se fit moine à Baume-les-Messieurs (Jura). L'année suivante, il rejoignit à Cluny (Saône-et-Loire) St Bernon qui venait d'y établir sa réforme, et en 927, il recueillait sa succession. Ce fut lui qui donna à Cluny cette organisation qui lui permit d'exercer, pendant deux siècles, tant d'influence dans l'Église et dans la politique des États européens. Ce grand homme, à la main de fer, était d'une bonté infinie et d'une humeur toujours joyeuse. " En récréation, il nous faisait rire aux larmes ", écrit un de ses moines. Il versifia et fit de la musique toute sa vie. Dans l'été de 942, se trouvant à Rome pour la quatrième fois, il eut le sentiment de sa fin prochaine. Il partit aussitôt, car ce n'était pas là qu'il voulait mourir. En cours de route, il s'attardait encore à apprendre des antiennes et des cantiques aux pâtres des montagnes et les récompensait quand ils avaient bien chanté. Il mourut, comme il le désirait, à peine arrivé à Tours, près du tombeau de son cher St Martin.

SOURCE :  http://www.peintre-icones.fr/PAGES/CALENDRIER/Novembre/18.html

Sermon pour la fête de Saint Benoît Abbé

Par Saint Odon de Cluny

Ms Orléans 323 (F1) p. 34 53

La solennité du bienheureux Benoît répand sa lumière par la grâce du Seigneur et, comme toujours, elle augmente le sentiment de dévotion dans le cœur des fidèles et leur apporte une joie spirituelle. C’est à bon droit que les mêmes fidèles se réjouissent de la mémoire d’un tel Père afin que s’accomplisse cette parole prophétique : « Dites au juste qu’il est heureux » (Is. III, 10) et encore : « La mémoire du juste est en bénédiction ». (Prov. X, 7). Il apparaît en effet que la piété des chrétiens entourera un saint d’une vénération d’autant plus grande qu’ils auront reconnu qu’il est plus honoré de Dieu. C’est pourquoi, par une sorte d’instinct divin, ils aiment ce Père d’une façon spéciale et célèbrent sa mémoire avec plus d’affection. Car ils n’ignorent pas que le Dieu Tout-Puissant l’a élevé merveilleusement au rang des pères les plus grands de la sainte Eglise et l’a exalté de façon insigne parmi les fondateurs de la sainte foi et les magistrats d’un genre de vie céleste. A la vérité, si le charisme du Saint-Esprit l’a orné par l’éclat des miracles et par l’exercice des vertus, c’est pour qu’il apparaisse digne aux yeux du monde de la multitude d’un ordre si excellent. C’est pourquoi, chaque année, lorsqu’arrivent cette solennité et les autres fêtes dédiées à ce nom si saint, il y a tant de foules accourant à son saint tombeau avec tant de dévotion, tant de spontanéité et de tant de lieux… C’est pourquoi tous confluent dans la joie : non seulement les paysans, mais aussi le peuple de la ville et, en union étroite avec eux, des gens de la noblesse, enfin des clercs illustres qui forment pour ainsi dire une couronne de fleurs.

Comme si Dieu jugeait que c’était peu pour des dévots que les fidèles, une fois par an seulement, célèbrent la solennité de ce Père, il accorde d’autres motifs qui permettent, par d’autres solennités, d’augmenter la joie des chrétiens. Il existe beaucoup de documents relatant les miracles au sujet de la sainte translation et de son ensevelissement, selon une disposition de la divine providence. [Note 123] Beaucoup se souviennent de la translation du corps de Saint Benoît à Fleury et la plupart en ont écrit le récit intégral. Voir la Bibliothèque de Fleury]. En ce lieu, de si nombreux et de si grands miracles sont rapportés par écrit et sont accomplis sous les yeux, que leur éclat pourrait ramener au respect même ceux qui sont éloignés. Bien que ces miracles semblent tarir en ce temps proche de l’Antéchrist car selon l’Ecriture, « l’indigence précède sa face » (Job XLI, 13) cependant, par les mérites du saint, on peut encore obtenir la santé la plus importante : celle de l’âme. Ici comme ailleurs, c’est l’énormité de nos péchés qui fait cesser les miracles divins : nous qui, après avoir reçu la révélation de la grâce du Christ, sommes retournés en arrière. De notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, il est montré qu’à cause de l’aveuglement du peuple infidèle, il ne put accomplir aucun miracle à Capharnaüm (Mt VI, 5). Nous ne sommes donc pas dignes que ce père saint nous accorde sa faveur ou daigne nous consoler, lui qui avait coutume de faire plaisir aux disciples qu’il agréait. Pour des gens comme nous, le seul fait que nous puissions assister à sa solennité et nous réjouir de l’espérance de sa miséricorde, doit être considéré comme quelque chose de grand. Et pour lui, ce n’est pas une puissance ou une bonté moindre que s’il multipliait les miracles. Mais tandis que les signes cessent dans toute l’Eglise, il est nécessaire que soient manifestés quels sont ceux qui s’attachent à la foi universelle en raison des miracles présents en vue de la béatitude future. Ou plutôt, alors que le terrible jugement est déjà imminent, ce sont les séides de l’Antéchrist qui feront des signes pour tendre une embûche à ceux qui pèchent volontairement, comme il est écrit (Ezéch. III, 20). Cependant les vrais miracles ne manquent pas encore tout à fait, car, au sépulcre saint de ce Père, comme dans les autres lieux où l’on célèbre sa mémoire, nous n’ignorons pas qu’il s’en produit.

En fait, ceux qui cherchent des signes et qui pensent qu’un père saint, quel qu’il soit, est puissant ou impuissant selon la rareté ou la multiplicité des signes, ceux-là doivent prendre en considération ce reproche du Seigneur : « Cette génération mauvaise et adultère recherche un signe » (I Cor. II, 22) et il ne tait pas qu’ils sont « ennemis de Dieu » comme il le dit ailleurs (Rom. I, 30). Hérode désirait voir un signe de lui (Luc XXIII, 8) mais il ne fut même pas digne de recevoir une réponse de sa part. Par contre il a mis la foi du centurion au-dessus de celle de tout Israël (Mt. VIII, 13) car il n’a pas douté qu’une seule injonction serait suffisante pour la guérison de son serviteur. Pour ceux qui exigent que ces signes leur soient donnés de l’extérieur, leur tiédeur se refroidit complètement lorsqu’ils viennent à manquer. Que cette prérogative du bienheureux Père nous suffise donc : lui qui brille d’un tel éclat que les rayons émanent de son sein sur les sujets les plus éloignés de la chrétienté. Et la cohorte des moines répandus sur toute la terre n’ignorent pas ce fait sublime, eux qui s’attachent à cette sainte Institution de préférence à toutes les autres, à tel point en effet que même dans les monastères où des Pères ont édicté fidèlement et religieusement une norme de sainte vie, leurs sujets ont préféré celle-là. Ils pensent à juste titre que Dieu a prédestiné celui-ci comme un autre Moïse, pour établir les décrets de la loi monastique.

Il y en a d’autres, comme cela a été dit, qui ont été des législateurs dans cette même institution, mais il est dit à celui-ci comme à Moïse : « Je t’ai connu par ton nom ». Il a brillé dans cette discipline céleste d’un éclat paisible. En effet, avant Moïse les cérémonies sacrificielles et les rites de circoncision étaient déjà en vigueur et on en faisait un fréquent usage, néanmoins elles furent établies de façon particulière par Moïse (Exod. XXXV, 12 ; Gen. VIII, 20 ; Exod. XII, 3). De même donc, notre bienheureux législateur n’a pas à subir de préjudice de la part des autres pères qui ont détaillé les devoirs d’une sainte règle, mais ils viennent plutôt en approbateurs pour confirmer ce qu’il a établi,. Et ce n’est pas sans raison qu’il est comparé à Moïse lorsque l’un et l’autre accomplissent en grand nombre des choses merveilleuses presque semblables.

S’ils sont séparés par la majesté du mystère, car du temps de Moïse « toutes choses arrivaient seulement en figure » (I Cor. X, 11), pour le reste tu trouveras que notre saint aaccompli beaucoup de choses semblables faites comme sous l’impulsion d’un même esprit. Et assurément ils ont ce privilège en commun qu’ils sont tous deux des législateurs. Celui-là a persuadé la foule gémissante des Hébreux de sortir d’Egypte, celui-ci a pour ainsi dire arraché à leurs ténèbres natives des foules nombreuses du peuple racheté et les a introduit sous sa conduite dans la terre des vivants. Celui-là a divisé la mer Rouge ; celui-ci, après Pierre – miracle inusité – a fait courir son disciple sur les eaux. Dans l’un et l’autre fait il est clair que la nature des choses est contredite, mais voyons lequel des deux l’emporte, ou plutôt si ce n’est pas équivalent d’avoir divisé les eaux et d’avoir couru sur elles à pied sec. Celui-là, dans des terres brûlées, a tiré l’eau de la pierre pour un peuple assoiffé (Nom. XX, 10) ; celui-ci, d’une roche aride, a fait couler de l’eau pour l’usage des moines et aujourd’hui, elle s’écoule en rivière. Celui-ci, par la verge de la loi a maté les mœurs brutales des Juifs qu’il nomme « incrédules et rebelles » ; celui-ci soumet au joug suave du Christ la troupe des moines obéissant volontairement au son de sa voix comme un seul homme ; (puisqu’il parle) comme à un cœur unique, il l’appelle « mon fils ».

Bien d’autres choses pourraient être dites par lesquelles leur ressemblance apparaîtrait clairement. C’est surtout la législation qui rend le bienheureux Père comparable à Moïse. Mais la grandeur des miracles et des signes ne nous le montre pas moins semblable à d’autres hommes excellents. Ainsi nous l’a décrit ce remarquable narrateur de sa vie – je veux dire le pape Grégoire – lui qui l’assimile à d’autres personnages qu’il nomme explicitement, disant entre autres choses : Dans l’eau produite de la pierre on reconnaît Moïse, dans le fer ramené des profondeurs : Elisée ; dans la marche sur l’eau : Pierre ; dans l’obéissance du corbeau : Élie ; dans les pleurs pour la mort de son ennemi, je vois et je nomme :David. Cet homme fut rempli de l’esprit de tous les justes. On ne saurait taire qu’il a été très perspicace soit par le don de prophétie, soit pour discerner les pensées des hommes ou connaître leurs secrets jugements. Mais surtout, parmi les multiples charismes d’en-haut, il fut très éloquent : il a écrit la règle des moines avec une parole lumineuse, brillant surtout par la « discrétion » (discernement) et nos oreilles en sont toutes réjouies, en effet, c’est une grande joie pour les moines qui ont le goût de ce qui est sensé : la providence céleste leur donne un chef et un précepteur si grand que le monde entier peut le reconnaître digne et capable de promulguer la loi d’un genre de vie céleste. Ils se réjouissent donc et, comme s’il allait devant eux, ils le suivent, fixant sur lui la fine pointe de leur esprit. En militant sous sa conduite, ils espèrent être introduits dans le palais du roi des cieux. Et comme ils ne présument rien de leurs propres mérites, ils ont confiance d’y être admis, grâce à l’intercession de ce chef.

Ils regardent souvent vers cette lampe qui brille pour ainsi dire dans le « stade » obscur de cette vie, et grâce à elle, ils voient où doit tendre la marche de leurs œuvres. Le bienheureux Benoît est donc une lumière, une lumière dis-je, posée sur le chandelier, pour que brillant et éclairant – ainsi que la Vérité l’atteste de son précurseur – elle resplendisse pour tous ceux qui sont dans la maison (Matth. V, 13 ; Jn V, 35). Est-ce que celui-ci n’a pas brûlé avec véhémence de l’amour d’en-haut ? Est-ce que par la parole, par les œuvres autant que par la splendeur des signes, il n’a pas réfléchi cette lumière ? C’est donc bien une lampe. Mais comment les légions de moines appelleront-ils plus dignement leur précepteur, mieux leur maître ? Maître, justement, de la même façon qu’Élie est appelé maître d’Élisée, Que la piété filiale l’appelle donc affectueusement lampe. Mais, comme si c’était trop peu, qu’il soit appelé aussi étoile. Et pas n’importe laquelle, mais assez brillante pour éduquer des foules à la justice - comme dit David – pour de perpétuelles éternités. Qu’il soit appelé aussi soleil car il brillera comme un soleil avec les justes, maintenant dans l’Église, et plus tard dans le royaume de leurs pères. Qu’on l’appelle aussi ange car de sa bouche on recherche la loi. Finalement, qu’ils se réjouissent de voir combien il est proprement appelé Béni (Benoît) lui que Dieu a béni à ce point de toute bénédiction spirituelle et par qui tant de personnes posséderont la bénédiction en héritage.

Je déclare que pour ceux qui aiment ce père, il plaît que celui-ci soit appelé d’un tel vocable, car dans l’habitude chrétienne, on a coutume de l’appliquer surtout au nom divin. Qui en effet, parlant avec piété, ne dirait pas « Benoît » ou « bénédiction » lorsqu’il a obtenu quelque chose ? D’autre part, faire résonner ses louanges conviendrait de quelque manière à des hommes qui, selon l’apôtre, savent « quelle est l’espérance de l’appel de Dieu. » (Ephés. I, 18) : c’est-à-dire ceux qui ont reconnu être non seulement appelés à la foi commune aux autres chrétiens, mais encore à gravir un degré supérieur institué par ce père pour ceux qui « n’ont pas reçu en vain cette grâce » mais ont reconnu ce qui leur a été donné par Dieu (II Cor. VI, 1). Et ceux-là, parce qu’ils ont un seul cœur et une seule âme, Dieu les appelle un seul peuple lorsqu’il dit : « Ils m’écoutent de leurs oreilles » Lui que nous avons l’ordre de « louer dans ses saints » (Ps. XVII, 45 ; CL, 1). Mais quels doivent être ceux qui le louent, l’Écriture ne le tait pas lorsqu’elle dit : « Vous qui craignez le Seigneur louez-le » et de même : « Ils loueront le Seigneur ceux qui le cherchent » (Ps. XXI, 24,25). Et à l’inverse elle dit : « La louange n’est pas belle dans la bouche des pécheurs » (Eccl. XV, 9). Que penser de nous qui sommes pécheurs au-delà de toute mesure et qui osons essayer de le louer ? Mais, espérant les richesses de la divine bonté, nous avons cette audace en nous appuyant sur la miséricorde de ce très indulgent « patron ».

En effet, la même Écriture qui dit : « Que le louent les cieux » ajoute aussitôt « et la terre » (Ps. Ps LXVIII, 35), afin que les pécheurs ne désespèrent pas. Car sa miséricorde se multiplie à ce point qu’il sauve son seulement les hommes mais les bêtes. Donc nous aussi, quoiqu’indignes, réjouissons-nous de louer ce père. Et bien que ce ne soit pas à nous d’ouvrir la bouche dans notre confusion, cependant que chacun de nous dise cette parole de Moïse : « Je sais que tu es miséricordieux, Seigneur. » (Ps. XXXV, 8). Attendant dans la crainte et l’espérance que selon la coutume propre aux rois, les coupables soient absous au jour anniversaire de ceux-ci, de même, que ce prince de Dieu, à cause de la joie de sa sainte solennité, délie nos liens. Nous revient également en mémoire ce fait que, parmi les dons précieux des fils d’Israël, certains ont apporté des poils de chèvres (Ex. XXV, 4). Et puisque par ceci est désigné la confession des péchés, offrons du moins ce présent. En vérité, si manquent l’or de la sagesse, l’argent d’une parole de louange, les pierres précieuses des diverses vertus, si fait défaut, enfin, la pourpre de la chasteté, du moins offrons ces poils de chèvres, parce qu’ils pourront plaire eux aussi, accompagnés d’une confession sincère. Sincère bien entendu, car celui qui prend encore plaisir à pécher avec consentement, il est faux de dire qu’il se repente vraiment du passé. Mais pour parler d’une manière humaine, lorsque le père de famille, après un temps d’absence, revient à la maison, toute la famille se réjouit ; même les petits chiens sautent aussi et montrent qu’ils se réjouissent par un mouvement de leurs membres. Et nous aussi, bien qu’à bon droit nous soyons comparés à des bêtes, cependant si en l’honneur de cette solennité qui représente d’une certaine manière le Seigneur, nous nous serons réjouis, nous pourrons espérer des miettes de sa miséricorde comme les petits chiens sous la table. Et cela, non à cause de nous, mais à cause de la bonté du roi évangélique qui a daigné convier à son festin les aveugles et les boîteux (Lc XIV, 13). Il agit avec bonté envers nous, ce même père de famille qui ne dédaigne pas de nous faire participer à ses solennités. Ô combien y en a-t-il qui habitent dans les régions les plus reculées au-delà des mers et qui se réjouiraient grandement si leur était donné la possibilité, ne serait-ce qu’une fois, de se rendre à son saint tombeau ! D’où il nous faut considérer ce qui nous a été donné par Dieu. De peur que si nous sentions moins de révérence en sa présence ou qu’avec un cœur souillé - ce qu’à Dieu ne plaise – nous arrivions vides de tout bien devant lui présence, il ne dise cette parole du prophète : « Mon âme n’est pas attachée à ce peuple » (Is. XV, 1) et de même : « Tu es proche de leur bouche et loin de leurs reins » (Jer. XII, 2). C’est pourquoi, lorsqu’il entrera comme le roi évangélique pour voir ceux qui célèbrent la fête et qui sont attablés pour ainsi dire au festin, il ne faudrait pas que quelqu’un d’entre nous risque d’offenser ses regards paternels par le vêtement du cœur ou du corps (en effet, comme il est rempli de l’esprit de Dieu, rien dans les créatures de Dieu ne peut lui échapper ». Il a dit lui-même : « Toute exaltation s’apparente à la superbe » ; par elle, on se rend abominable à Dieu au plus haut point ; l’Écriture le dit (Dt XXII, 5). Rappelons-nous cependant que pour apaiser le juge d’en-haut ou les autorités du ciel, le souvenir ou la confession des péchés est d’une singulière utilité selon cette phrase : « Si tu as quelque chose, dis-le, afin d’être justifié » (Is. XLIII, 26). « Mon iniquité – dit-il – moi je la connais ». Et c’est pourquoi il demande avec une quasi-assurance : « Détourne ta face de mes péchés » (Ps. L. 11). Mais celui qui veut voir quelle est la « face » de son mérite, il faut qu’il regarde dans ce miroir, c’est-à-dire qu’il pèse avec soin les actes de ce bienheureux confesseur. En inspectant ses actions, autant que notre petitesse le peut, nous pourrons voir dans quel abîme nous sommes, ou bien, combien lui-même est sublime. C’est pourquoi, de tout pénitent, il est écrit . « Qu’il regarde les hommes – c’est-à-dire les saints – et qu’il dise j’ai péché. » (Job, XXXIII, 27). Parce que, autant il considère leur beauté, autant il se voit déformé. L’utilité que l’on tire de cette confession, cela est signalé dans le même endroit lorsqu’il est dit : « Libérons-le de la superbe et de ce qu’il commis afin qu’il n’aille pas à la perdition .» (Ibid. 17) . Mais puisque l’Ecriture ordonne : « Le jour du Seigneur est saint, ne soyez pas tristes » (II Esdr. VIII, 10), laissons tomber tout ce qui est triste en nous ou de nous, et comme si l’époux était avec nous aujourd’hui, osons nous réjouir. Offrant pour ainsi dire le présent de notre confession aux pieds de sa paternelle bonté, relevons-nous pour le louer et l’admirer de toute notre force. Les louanges, on les clamera d’une voix d’autant plus haute qu’on l’aimera plus ardemment ou qu’on scrutera sa vie avec plus de soin, elle qui, depuis le début, est digne de toute admiration. En effet, comme il est magnifique, ce fait qu’ayant abandonné les richesses paternelles, il ait pris le Saint-Esprit, pour ainsi dire, comme domicile dans sa sainte petite poitrine, lui qui, avec une âme déjà grande, a osé affronter la vaste solitude du désert. Et cela, Martin lui-même, si admiré du monde entier, ne l’a pas fait, d’après ce qu’on rapporte de lui. Et parce qu’il a « porté le joug » non seulement « depuis l’adolescence » mais depuis l’enfance (Lament. III, 25), comme Jérémie le dit ensuite : « Il s’est assis solitaire » dans le céleste capitole. Et il est clair que ce n’est pas sans un dessein providentiel de Dieu qu’il a expérimenté en lui-même l’aiguillon si fort de la tentation. En effet, de même que Pierre, le chef des bons, a d’abord été révélé à lui-même avant d’être mis à la tête du troupeau de Dieu, de même pour celui-ci qui devait être miséricordieux envers ceux qui lui sont soumis. Cependant il a vaincu fortement dès le principe la violence de l’attaque à tel point qu’ensuite, il n’en a plus rien ressenti. Avec quelle soumission et quelle netteté on doit préférer le bien commun au bien privé, ce maître de discipline spirituelle le montre par ses actes. Car à peine eut-il gagné cette chère solitude qu’il la quitta en se vainquant lui-même pour satisfaire aux vœux des suppliants. Mais comme ses actions saintes et admirables sont notoires, nous n’en parlerons pas pour le moment. Cependant, pour son honneur, mentionnons que ce n’est pas n’importe quel autre maître de l’Église qui a relaté la vie d’un tel père mais l’insigne et très éloquent pape Grégoire : tout ce qu’il a écrit brille comme de l’or.

Par une disposition divine, cet excellent législateur a été mis en évidence par Dieu de différentes façons, ce qui assure le plus son autorité étant le fait que le souverain pontife du siège apostolique a écrit sa vie. Et cette vie grâce au « Dialogue » de ce pape sera connue de beaucoup, et pas seulement chez les latins mais aussi chez les grecs. Et qu’on n’omette pas ceci qui doit être pour nous un grand sujet de joie : le bon plaisir divin nous a donné qu’une telle splendeur soit venue dans notre région du couchant. Et ce n’est pas sans raison, nous le croyons, que se soit produit ceci :que le disciple aimé de façon unique, je veux dire le bienheureux Maur, se soit dirigé de son vivant vers cet endroit et qu’il ait voulu finalement s’y établir. Et puisque cet esprit sanctifié fut à ce point dilaté qu’il voyait le monde entier ensemble, peut-être a-t-il choisi ce lieu spécialement par quelque intention secrète. Quiconque aura vu combien ce lieu est désirable pour toujours et pour tant de monde ne refusera pas d’admettre en quelle haute estime on doit le tenir et avec quelle révérence il doit être honoré. On a coutume d’évaluer le poids d’une accusation non seulement en fonction du degré d’intelligence de l’inculpé et des circonstances, mais aussi du lieu : par conséquent, la voix divine adresse un plus grand reproche lorsqu’elle porte plainte contre l’impie en disant. « Dans la terre des saints il a agi iniquement et il ne verra pas la gloire du Seigneur » (Is. XXVI, 10) et de même : « Mon bien-aimé a fait le mal dans ma maison. » (Jérém. XI, 15). Par ailleurs, celui que la présence d’un tel père n’incline pas à la révérence semble participer à l’esprit de Judas. Lui dont ni la vue, ni les paroles ni le partage de la table du seigneur en personne n’ont ramolli la dureté. Examinons donc ce qui nous a été donné par Dieu et ne recevons pas en vains la grâce offerte. Qu’un tel éclat illumine la cécité de notre esprit, qu’une telle bonté amollisse notre dureté. Qu’une médecine si puissante guérisse nos blessures. Si, encore petit enfant, il a réparé le crible au point que la cassure ne soit même plus visible, nous qui par grâce sommes appelés des vases d’honneur dans la maison de Dieu, vu que nous souffrons de nombreuses fractures dues à nos péchés, nous pourrons être réparés par le même médecin qui est déjà associé à son roi. Si la noirceur des crimes a altéré notre couleur, ne soyons pas comme les Éthiopiens qui ne changent pas de peau, mais, en ayant recours à sa mains secourable, demandons-lui, comme le corbeau, une bouchée de miséricorde. Si à bon droit nous sommes comptés parmi les individus injurieux, demandons-lui cette affection qui le fit pleurer pour celui qui le haïssait. Et, malgré leur indignité, il n’aura pas d’aversion pour ceux qui le supplient lui qui se lamentait pour celui qui persévérait dans la malice. Réjouissons-nous donc et à l’égard de notre maître, manifestons nos sentiments d’amour avec toute la force dont nous sommes capables. En effet de nombreux péchés ont été remis à Marie parce qu’elle a beaucoup aimé (Luc VII, 47).

Finalement, chacun doit désirer « ajouter aux louanges » de ce prince de Dieu selon l’expression du psalmiste, mais s’il est en notre pouvoir de manifester notre affection, jamais nous ne serons capables d’accomplir à la perfection une telle tâche. C’est pourquoi, ce n’est pas seulement une voix, une seule assemblée, ni une seule ville ou province qui proclame ses louanges, mais partout où l’Évangile est répandu, la louange de Benoît est célébrée par les tribus, par les nations, par les langues. Si « un peuple nombreux assure la notoriété d’un roi » comme le dit Salomon (Prov. XIV, 28), quelle sera – pensons-nous – la notoriété de ce roi suivi d’une armée de moines si nombreuse ? Quel roi ou quel empereur a jamais commandé en tant de parties du monde ou a enrôlé des légions originaires de nations si diverses, en dispose de si nombreuses engagées librement par serment dans la milice du Christ, de tout sexe et âge ? Ils regardent vers lui comme s’il était présent et en suivant l’étendard de son institution, ils brisent virilement les lignes diaboliques. Cette parole prophétique leur convient : « Tes yeux verront celui qui t’instruit » (Is. XXX, 20). Enfin c’est une opinion digne de foi que chacun des saints se lèvera avec ceux-ci lors de la régénération que le Seigneur nous a acquise. Lors donc que tous ceux qui ont suivi cette institution seront convoqués en un seul lieu, quel signe pour l’apostolat de Benoît constituera cette nombreuse armée ? Quel frémissement de joie pour celui qui aura pu se mêler à ces cohortes ! Que tous maintenant dirigent le regard de leur cœur vers lui, proches par le lieu ou par l’affection. Il s’est fait tout à tous. Dans son enfance, les enfants trouvent un modèle : qu’ils le suivent ! Afin que, ayant été offerts à Dieu à l’instar d’Isaac, ils se gardent de laisser fermenter leurs prémices. Et ensuite, dans la succession des années, qu’ils soient parfaits en bon sens afin que, nourris par sa paternelle bonté, ils ne dégénèrent pas. De peur que s’ils tombent d’un degré si excellent, leur chute ne soit d’autant plus lourde. Mais nous aussi qui avons failli, quelque nous soyons, ne nous décourageons nullement d’espérer dans sa clémence, parce que, de son vivant et après son décès, il a ressuscité des morts, réparé ce qui était brisé, soigné ce qui était désespéré.

Et quoique nous n’ayons pas fait sa volonté, invoquons-le comme notre maître et que nos yeux soient toujours fixés sur ses mains jusqu’à ce que lui-même se tourne vers nous et aie pitié de nous. Que Benoît soit toujours dans notre cœur, Benoît à la bouche, Benoît dans nos actes afin que (pour emprunter le langage de l’apôtre) s’il y a quelque vertu, quelque louange de conduite, que nous voyons en lui, que nous entendons de lui ou par lui : nous suivions cela afin qu’il soit avec nous. Dieu de paix par lui, pour les siècles des siècles ! Amen.

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/benoit/sermon/odon.htm

Cécile Lanéry, « Anne-Marie Bultot-Verleysen, Odon de Cluny, Vita sancti Geraldi Auriliacensis. Édition critique, traduction française, introduction et commentaires. Bruxelles, Société des Bollandistes, 2009, XVIII-327 p., 25 cm, (« Subsidia hagiographica », 89), 75 €, ISBN 978-2-87365-023-0 »

Avec ce volume A.-M. Bultot-Verleysen offre à la Vie de saint Géraud d’Aurillac, composée par Odon de Cluny, sa première édition critique. Jusqu’alors, on ne disposait que du texte publié en 1614 par la Bibliotheca cluniacensis, puis repris par les Acta sanctorum et la Patrologie latine. Or, ce texte est précieux à plus d’un titre : il retrace la vie d’un saint laïc, Géraud (855/856 – 909/920), qui fut une figure éminente de l’Auvergne carolingienne ; vassal royal, fondateur de l’abbaye d’Aurillac, il était également familier du duc Guillaume d’Aquitaine, et semble avoir bénéficié rapidement d’une réputation de sainteté. Sa Vie (Bibliotheca Hagiographica Latina, n° 3411) fut composée par Odon, abbé d’Aurillac et deuxième abbé de Cluny (927-942). Ce dernier composa d’abord un sermon en l’honneur du saint (Sermo de festivitate S. Geraldi), avant de rédiger, à la demande de Turpion, évêque de Limoges, et d’Aimon, abbé de Tulle (puis de Saint-Martial de Limoges), cette Vita prolixior prima (VPP), que l’éditrice date des années 927-931. Le texte de VPP fut ensuite légèrement remanié, à Cluny, peut-être par Odon lui-même, ou sur ses instructions : la Vita prolixior secunda (VPS), qui résulta de ces retouches, alimenta par la suite la liturgie clunisienne ; plus tard, divers abrégés, dont une Vita brevior (VB = BHL 3412-14) du xe siècle, prirent le relais dans les légendiers, même si le culte de saint Géraud demeura surtout régional.

2Parmi tous ces textes, c’est certainement VPP qui présente le plus d’intérêt : de facture élégante, elle est enrichie de très nombreuses citations bibliques et de réminiscences patristiques (Grégoire, Augustin, Jérôme, S. Benoît, etc.) ; on rencontre aussi, çà et là, quelques souvenirs de l’Énéide. Surtout, VPP est basée sur une enquête approfondie d’Odon à Aurillac, ce qui lui confère une crédibilité appréciable. Elle n’en échappe pas pour autant, il est vrai, à la stylisation de rigueur dans le genre hagiographique. Odon a même projeté sur son héros les préoccupations réformatrices qui lui étaient propres, d’autant qu’il avait peine, semble-t-il, à concevoir l’idée d’une sainteté purement laïque : aussi son Géraud apparaît-il bien souvent comme un moine portant l’habit laïc, et non comme un noble carolingien.

3L’édition critique de VPP est fondée sur les 5 manuscrits complets qui nous en sont parvenus, sur un fragment conservé aux Archives d’Aurillac, ainsi que sur le témoignage indirect de VPS (élaborée, semble-t-il, directement sur l’archétype de VPP). Tous ces témoins sont français, échelonnés du xie au xive siècle ; les autres manuscrits de VPP, incomplets, n’apportent rien de significatif à l’établissement du texte. L’éditrice les avait d’ailleurs précédemment décrits dans un article sur le dossier de saint Géraud (« Sources hagiographiques de la Gaule, IV : Le dossier de Saint Géraud d’Aurillac », Francia, t. 22, 1995, p. 173-206). Ajoutons en passant que VPP était également connue à Clairvaux : on en rencontre un extrait, passé inaperçu jusqu’ici, dans le légendier de Clairvaux, vers 1170 (Montpellier, Bibl. Fac. Méd., 1, t. 2, f. 202v°-203r), à la suite de VB (BHL 3412-3412a).

4L’édition de VPP par Mme Bultot-Verleysen apporte des améliorations substantielles au texte jadis publié d’après divers manuscrits par la Bibliotheca cluniacensis. L’étude des manuscrits, de l’épître dédicatoire et des transitions ménagées par Odon, permettent en outre de revoir la structure de l’œuvre : la Vita composée par Odon n’était pas constituée de quatre livres, mais de deux, suivis d’un Liber miraculorum ; le récit de la mort de Géraud (Transitus) ne formerait donc pas un livre autonome, mais plutôt l’épilogue du deuxième livre. Quant au Liber miraculorum, dont l’authenticité a parfois été partiellement discutée, il serait bel et bien de la plume d’Odon, à l’exception des deux derniers miracles, absents dans les manuscrits avant le xiie siècle, et probablement ajoutés au récit en milieu limousin.

5Le remaniement VPS, n’a, pour sa part, été conservé que de manière imparfaite. Outre quelques leçons dans des témoins du lectionnaire clunisien, on dispose d’un manuscrit plus complet, mais malheureusement mutilé (Paris, BnF, n.a.l. 2261 = C) ; la matière de la Vita Geraldi y apparaît condensée, disposée en trois livres, et précédée d’un prologue qui s’est substitué à l’épître dédicatoire et à la préface de VPP. Dans la mesure où VPS (encore privée de code propre dans la Bibliotheca hagiographica latina) demeure encore très proche de son modèle, l’éditrice a estimé qu’il n’était pas nécessaire de lui offrir une édition distincte. Aussi s’est-elle contentée d’indiquer en annexe de son édition de VPP les leçons propres à VPS, d’après le manuscrit C.

6L’édition proprement dite est précédée d’une introduction fournie, précise et bien renseignée, tout comme les notes qui l’accompagnent et apportent au texte un éclairage supplémentaire. Tout au plus pourrait-on signaler un lapsus, p. 21 (il faut lire « entre 936 et 942 » et non « entre 936 et 943 », puisque, comme le souligne justement l’éditrice, Odon est mort en 942, ce qui fournit à VPP un terminus ante quem assuré). Aux nombreux titres évoqués en bibliographie et en note, on pourrait aussi ajouter les références suivantes, déjà anciennes, il est vrai : P. Lamma, Momenti di storiografia cluniacense, Roma, 1961, p. 21-3 (Studi storici, fasc. 42-4), et P. Rousset, « L’idéal chevaleresque dans deux Vitae clunisiennes », dans Études de civilisation médiévale. Mélanges E. R. Labande, Poitiers, 1974, p. 623-33. L’édition elle-même est bien menée, cohérente avec le stemma codicum dressé dans l’introduction à l’aide de la méthode mise au point par Jacques Froger. À plusieurs endroits, le texte des manuscrits était corrompu, et l’éditrice a dû faire des choix. Pour l’épître dédicatoire, elle s’est ainsi ralliée au titre factice de la Bibliotheca cluniacensis (Auctoris epistola nuncupatoria), contre le titre qui figurait dans le subarchétype de la tradition manuscrite (Incipit Odonis prefatio patris amandi in uita domni illustris uirtute Geraldi). Il est probable, en effet, que le texte sorti de l’atelier d’Odon ne donnait aucun titre à cette épître ; mais il aurait alors peut-être fallu mettre entre crochets le titre reconstitué par l’éditeur de la Bibliotheca cluniacensis, certes approprié au contenu, mais nullement originel. Ces broutilles formelles ne gâtent toutefois nullement l’acribie dont fait preuve l’éditrice en maints autres endroits. Quant à la nouvelle traduction qui accompagne l’édition, elle est fidèle et fluide (en I.12, dans l’expression nec in reseruandis iniuriis tenax, on peut toutefois se demander si reseruare n’a pas plutôt le sens de « conserver le souvenir d’un dommage » plutôt que celui de « différer la poursuite d’un dommage »), attentive à restituer les realia sociales, religieuses et politiques, de la France méridionale à l’époque carolingienne. Nul doute, en tout cas, que ce volume soigné, précieux pour les médiévistes, constituera à l’avenir l’édition de référence de la Vita S. Geraldi d’Odon de Cluny.

Référence électronique

Cécile Lanéry, « Anne-Marie Bultot-Verleysen, Odon de Cluny, Vita sancti Geraldi Auriliacensis. Édition critique, traduction française, introduction et commentaires », Revue de l’histoire des religions [En ligne], 3 | 2012, mis en ligne le 04 octobre 2012, consulté le 14 janvier 2026. URL : http://journals.openedition.org/rhr/7928 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rhr.7928

SOURCE : https://journals.openedition.org/rhr/7928


Saint Odo of Cluny

Also known as

Oddone

Memorial

18 November

Profile

Born to the nobility, the son of Abbo. Raised in the courts of Count Fulk II of Anjou and Duke William of Aquitaine. Received the Order of Tonsure at age nineteen. Canon of the church of Saint Martin of ToursStudied music and theology in Paris for four years, studying under Remigius of Auxerre. Returning home, he spent years as a near-hermit in a cellstudying and praying.

Benedictine monk at Baumediocese of BesanconFrance in 909, bringing all his worldly possessions – a library of about 100 books. Spiritual student of the abbotSaint Berno of ClunyHeadmaster of the monastery school at BaumeAbbot of Baume in 924Abbot of Cluny, Massey and Deols in 927.

In 931Pope John XI asked Odo to reform all the monasteries in the Aquitaine, northern France and Italy. Negotiated a peace between Heberic of Rome and Hugh of Provence in 936; returned twice in six years to renegotiate the peace between them. Persuaded many secular leaders to give up control of monasteries so they could return to being spiritual centers, not sources of cash for the state. Founded the monastery of Our Lady on the Aventine in RomeWrote a biography of Saint Gerald of Aurillac, three books of essays on morality, some homilies, an epic poem on the Redemption, and twelve choral antiphons in honour of Saint Martin of Tours. Noted for his knowledge, his administrative abilities, his skills as a reformer, and as a writer; also known for his charity, he has been depicted giving the poor the clothes off his back.

Born

c.879 at Le Mans, France

Died

18 November 942 in Tours, France of natural causes while travelling to RomeItaly

buried in the church of Saint Julian

most relics burned by Huguenots

Canonized

Pre-Congregation

Patronage

for rain

musicians

in France

Cluny

Tours

Additional Information

Book of Saints, by the Monks of Ramsgate

Catholic Encyclopedia, by Klemens Loffler

Lives of the Saints, by Father Alban Butler

Pictorial Lives of the Saints

Pope Benedict XVI, General Audience, 2 September2009

books

Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints

Saints and Their Attributes, by Helen Roeder

other sites in english

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Catholic Online

Les Petits Bollandistes

Makers of Christianity From Alfred the Great to Schleiermacher

Professor Plinio Corrêa de Oliveira

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Saints Stories for All Ages

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Martirologio Romano2001 edición

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Den katolske kirke

MLA Citation

“Saint Odo of Cluny“. CatholicSaints.Info. 7 March 2024. Web. 14 January 2026. <https://catholicsaints.info/saint-odo-of-cluny/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-odo-of-cluny/

BENEDICT XVI

GENERAL AUDIENCE

Paul VI Audience Hall
Wednesday, 2 September 2009 

Saint Odo of Cluny


Dear Brothers and Sisters,

After a long pause, I would like to resume the presentation of important writers of the Eastern and Western Church in the Middle Ages because in their life and writings we see as in a mirror what it means to be Christian. Today I present to you the luminous figure of St Odo, Abbot of Cluny. He fits into that period of medieval monasticism which saw the surprising success in Europe of the life and spirituality inspired by the Rule of St Benedict. In those centuries there was a wonderful increase in the number of cloisters that sprang up and branched out over the continent, spreading the Christian spirit and sensibility far and wide. St Odo takes us back in particular to Cluny, one of the most illustrious and famous monasteries in the Middle Ages that still today reveals to us, through its majestic ruins, the signs of a past rendered glorious by intense dedication to ascesis, study and, in a special way, to divine worship, endowed with decorum and beauty.

Odo was the second Abbot of Cluny. He was born in about 880, on the boundary between the Maine and the Touraine regions of France. Odo's father consecrated him to the holy Bishop Martin of Tours, in whose beneficent shadow and memory he was to spend his entire life, which he ended close to St Martin's tomb. His choice of religious consecration was preceded by the inner experience of a special moment of grace, of which he himself spoke to another monk, John the Italian, who later became his biographer. Odo was still an adolescent, about 16 years old, when one Christmas Eve he felt this prayer to the Virgin rise spontaneously to his lips: "My Lady, Mother of Mercy, who on this night gave birth to the Saviour, pray for me. May your glorious and unique experience of childbirth, O Most Devout Mother, be my refuge" (Vita sancti Odonis, 1, 9: PL 133, 747). The name "Mother of Mercy", with which young Odo then invoked the Virgin, was to be the title by which he always subsequently liked to address Mary. He also called her "the one Hope of the world ... thanks to whom the gates of Heaven were opened to us" (In veneratione S. Mariae Magdalenae: PL 133, 721). At that time Odo chanced to come across the Rule of St Benedict and to comment on it, "bearing, while not yet a monk, the light yoke of monks" (ibid., I, 14, PL 133, 50). In one of his sermons Odo was to celebrate Benedict as the "lamp that shines in the dark period of life" (De sancto Benedicto abbate: PL 133, 725), and to describe him as "a teacher of spiritual discipline" (ibid., PL 133, 727). He was to point out with affection that Christian piety, "with the liveliest gentleness commemorates him" in the knowledge that God raised him "among the supreme and elect Fathers of Holy Church" (ibid., PL 133, 722).

Fascinated by the Benedictine ideal, Odo left Tours and entered the Benedictine Abbey of Baume as a monk; he later moved to Cluny, of which in 927 he became abbot. From that centre of spiritual life he was able to exercise a vast influence over the monasteries on the continent. Various monasteries or coenobiums were able to benefit from his guidance and reform, including that of St Paul Outside-the-Walls. More than once Odo visited Rome and he even went as far as Subiaco, Monte Cassino and Salerno. He actually fell ill in Rome in the summer of 942. Feeling that he was nearing his end, he was determined, and made every effort, to return to St Martin in Tours, where he died, in the Octave of the Saint's feast, on 18 November 942. His biographer, stressing the "virtue of patience" that Odo possessed, gives a long list of his other virtues that include contempt of the world, zeal for souls and the commitment to peace in the Churches. Abbot Odo's great aspirations were: concord between kings and princes, the observance of the commandments, attention to the poor, the correction of youth and respect for the elderly (cf. Vita sancti Odonis, I, 17: PL 133, 49).

He loved the cell in which he dwelled, "removed from the eyes of all, eager to please God alone" (ibid., I, 14: PL 133, 49). However, he did not fail also to exercise, as a "superabundant source", the ministry of the word and to set an example, "regretting the immense wretchedness of this world" (ibid., I, 17: PL 133, 51). In a single monk, his biographer comments, were combined the different virtues that exist, which are found to be few and far between in other monasteries: "Jesus, in his goodness, drawing on the various gardens of monks, in a small space created a paradise, in order to water the hearts of the faithful from its fountains" (ibid., I, 14: PL 133,49). In a passage from a sermon in honour of Mary of Magdala the Abbot of Cluny reveals to us how he conceived of monastic life: "Mary, who, seated at the Lord's feet, listened attentively to his words, is the symbol of the sweetness of contemplative life; the more its savour is tasted, the more it induces the mind to be detached from visible things and the tumult of the world's preoccupations" (In ven. S. Mariae Magd., PL 133, 717). Odo strengthened and developed this conception in his other writings. From them transpire his love for interiority, a vision of the world as a brittle, precarious reality from which to uproot oneself, a constant inclination to detachment from things felt to be sources of anxiety, an acute sensitivity to the presence of evil in the various types of people and a deep eschatological aspiration. This vision of the world may appear rather distant from our own; yet Odo's conception of it, his perception of the fragility of the world, values an inner life that is open to the other, to the love of one's neighbour, and in this very way transforms life and opens the world to God's light.

The "devotion" to the Body and Blood of Christ which Odo in the face of a widespread neglect of them which he himself deeply deplored always cultivated with conviction deserves special mention. Odo was in fact firmly convinced of the Real Presence, under the Eucharistic species, of the Body and Blood of the Lord, by virtue of the conversion of the "substance" of the bread and the wine.
He wrote: "God, Creator of all things, took the bread saying that this was his Body and that he would offer it for the world, and he distributed the wine, calling it his Blood"; now, "it is a law of nature that the change should come about in accordance with the Creator's command", and thus "nature immediately changes its usual condition: the bread instantly becomes flesh, and the wine becomes blood"; at the Lord's order, "the substance changes" (Odonis Abb. Cluniac. occupatio, ed. A. Swoboda, Leipzig 1900, p. 121). Unfortunately, our abbot notes, this "sacrosanct mystery of the Lord's Body, in whom the whole salvation of the world consists", (Collationes, XXVIII: PL 133, 572), is celebrated carelessly. "Priests", he warns, "who approach the altar unworthily, stain the bread, that is, the Body of Christ" (ibid., PL 133, 572-573). Only those who are spiritually united to Christ may worthily participate in his Eucharistic Body: should the contrary be the case, to eat his Flesh and to drink his Blood would not be beneficial but rather a condemnation (cf. ibid., XXX, PL 133, 575). All this invites us to believe the truth of the Lord's presence with new force and depth. The presence in our midst of the Creator, who gives himself into our hands and transforms us as he transforms the bread and the wine, thus transforms the world.

St Odo was a true spiritual guide both for the monks and for the faithful of his time. In the face of the "immensity of the vices widespread in society, the remedy he strongly advised was that of a radical change of life, based on humility, austerity, detachment from ephemeral things and adherence to those that are eternal (cf. Collationes, XXX, PL 133, 613). In spite of the realism of his diagnosis on the situation of his time, Odo does not indulge in pessimism: "We do not say this", he explains, "in order to plunge those who wish to convert into despair. Divine mercy is always available; it awaits the hour of our conversion" (ibid., PL 133, 563). And he exclaims: "O ineffable bowels of divine piety! God pursues wrongs and yet protects sinners" (ibid., PL 133, 592). Sustained by this conviction, the Abbot of Cluny used to like to pause to contemplate the mercy of Christ, the Saviour whom he describes evocatively as "a lover of men": "amator hominum Christus" (ibid., LIII: PL 133, 637). He observes "Jesus took upon himself the scourging that would have been our due in order to save the creature he formed and loves (cf. ibid., PL 133, 638).

Here, a trait of the holy abbot appears that at first sight is almost hidden beneath the rigour of his austerity as a reformer: his deep, heartfelt kindness. He was austere, but above all he was good, a man of great goodness, a goodness that comes from contact with the divine goodness. Thus Odo, his peers tell us, spread around him his overflowing joy. His biographer testifies that he never heard "such mellifluous words" on human lips (ibid., I, 17: PL 133, 31). His biographer also records that he was in the habit of asking the children he met along the way to sing, and that he would then give them some small token, and he adds: "Abbot Odo's words were full of joy ... his merriment instilled in our hearts deep joy" (ibid., II, 5: PL 133, 63). In this way the energetic yet at the same time lovable medieval abbot, enthusiastic about reform, with incisive action nourished in his monks, as well as in the lay faithful of his time, the resolution to progress swiftly on the path of Christian perfection.

Let us hope that his goodness, the joy that comes from faith, together with austerity and opposition to the world's vices, may also move our hearts, so that we too may find the source of the joy that flows from God's goodness.

To special groups

Dear Brothers and Sisters,

I offer a warm welcome to the English-speaking visitors present at today's Audience, including those from England, Scotland, Ireland, Nigeria and the United States. My particular greeting goes to the Servants of the Holy Spirit, as well as the young people from the Holy Study House of Prayer. Upon all of you I invoke God's Blessings of joy and peace!

I address a cordial welcome to the Italian-speaking pilgrims. I greet in particular the participants in the Inter-Christian Symposium sponsored by the Antonianum Pontifical University and the Aristotle University of Thessaloniki, and I hope that the common reflection between Catholics and Orthodox on the figure of St Augustine will strengthen us on our way towards full communion.

Lastly, I address an affectionate greeting to the young people, the sick and the newlyweds. I invite you young people to welcome and live the word of God with courage and the creativity typical of your age. I encourage you, dear sick people, to preserve the Gospel teachings in your hearts to draw from them strength, serenity and support in the trial of suffering. I hope that you newlyweds will set out with generous fidelity on the way suggested by the Son of God, so that your new family may be built upon the firm rock of his word.

© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana

Copyright © Dicastery for Communication

The Holy See

SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/en/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090902.html

Book of Saints – Odo – 18 November

Article

(SaintAbbot (November 18) (10th century) A Frenchman of noble birth who renounced a canonry at Tours in order to embrace the Religious Life among the Cluniac Benedictines, then in the first fervour of their famous Reform. Elected Abbot, he by his piety and wisdom shone as a bright and shining light amid the darkness of the age in which he lived. Having rendered priceless services both to his Order and to the Church at large, he was called to his reward A.D. 940.

MLA Citation

Monks of Ramsgate. “Odo”. Book of Saints1921. CatholicSaints.Info. 13 April 2016. Web. 15 January 2026. <https://catholicsaints.info/book-of-saints-odo-18-november/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-odo-18-november/

St. Odo

Feastday: November 18

Patron: of rain

Birth: 878

Death: 942

Odo was born near Le Mans, France. He was raised in the households of Count Fulk II of Anjou and Duke William of Aquitaine, received the tonsure when he was nineteen, received a canonry at St. Martin's in Tours, and then spent several years studying at Paris, particularly music, under Remigius of Auxerre. Odo became a monk under Berno at Baume-les-Messieurs near Besancon in 909, was named director of the Baume Monastery school by Berno, who became abbot of the newly founded Cluny, and in 924 was named abbot of Baume. He succeeded Berno as second abbot of Cluny in 927, continued Berno's work of reforming abbeys from Cluny, and in 931 was authorized by Pope John XI to reform the monasteries of northern France and Italy. Odo was called to Rome by Pope Leo VII in 936 to arrange peace between Alberic of Rome and Hugh of Provence, who was besieging the city, and succeeded temporarily by negotiating a marriage between Alberic and Hugh's daughter; Odo returned to Rome twice in the next six years to reconcile Alberic and Hugh. Odo spread Cluny's influence to monasteries all over Europe, encountering and overcoming much opposition, and successfully persuaded secular rulers to relinquish control of monasteries they had been illegally controlling. He died at Tours on the way back to Rome on November 18. He wrote hymns, treatises on morality, an epic poem on the Redemption, and a life of St. Gerald of Aurillac. His feast day is November 18th.

SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=796

Spiritual Bouquet:

"All who want to live piously in Christ Jesus will suffer persecution."

St. Paul, II Tim. 3:12

Saint Odon
or Eudes of Cluny

Benedictine, abbot of Cluny

(† 942)

On Christmas Eve of the year 877, a pious but childless Christian nobleman of Aquitaine implored Our Lord, by the fecundity of His Holy Mother and His Incarnation, to grant him a son. His prayer was heard; Odon was born, and his grateful father, in a prayer offered him — still an infant in his arms — to Saint Martin of Tours (?400) to be his spiritual son. Odon was later taught by a wise priest, then was placed in the court of the Count of Anjou and that of the Duke of Aquitaine. There he was influenced by the passions which reign in courts, and neglected his prayers to think only of games, hunting, and military pursuits. But God did not abandon him, and he was haunted in his dreams by the dangers of a disordered life. He prayed to the Blessed Virgin and begged Her one Christmas Eve to lead him on the narrow path of sanctity.

He was then sixteen years old, and the next day he fell ill with a sickness which increased and for three years kept him on the verge of death. When his father told him he had consecrated him to Saint Martin, Odon renewed this consecration and promised to enter into his service; suddenly then his headaches left him and he recovered from his illness.

He went to Tours to serve in the church of Saint Martin for a time. But when a hermitage was built nearby he retired there to devote himself to prayer and study, while continuing to visit the tomb of Saint Martin every night. He began to study the Scriptures and abandoned all pagan readings. Later he was inspired to enter the monastery of Baume in the diocese of Besançon, and there he received the habit from Saint Bernon, the abbot, in the year 909. He was charged with the instruction of novices and boarding students. When later he returned home on a visit to his parents, they were so touched by his words that despite their age they renounced the world and entered a monastery. When Odon returned to Baume he was ordained a priest.

When Saint Bernon, who had governed six monasteries, died, three of those were entrusted to Saint Odon; these were Cluny, newly founded in 910, Massay, and Deols. He resided in Cluny, of which he is often titled the Founder, because he organized and enlarged this new house. His reputation attracted a large number of vocations. His special care was for children; at that period the schools had taken refuge in the cathedrals and monasteries. He watched with gentleness over the habits, studies, and repose of these dear children. He personally taught them as well as the monks. The Rule of Saint Benedict, providing for the education of children as well as the formation of monks, was followed zealously. Many alms were given to the poor, without concern for the morrow. The charity of Cluny was so abundant that in one year food was distributed to more than seven thousand indigent persons.

Saint Odon visited Rome three times; there he reformed a monastery, and later in France he submitted several abbeys to the discipline of Cluny. These were organized into a federation under the sole abbot of Cluny, with great unity of statutes and regime. It was said that from Benevent to the Atlantic Ocean, the most important monasteries of Italy and Gaul rejoiced in being under his commandment. After celebrating the feast of Saint Martin at Tours in 942, Saint Odon fell ill; and having exhorted all the religious who had come there to see him and learn how to be regular in their observance, he blessed them and gave up his soul to God. He was buried at Tours in the church of Saint Julian.

Reflection: It needs only for a Catholic to show devotion to any Saint, says Father Newman, in order to receive special benefits from his intercession.

Les Petits Bollandistes: Vies des Saints, by Msgr. Paul Guérin (Bloud et Barral: Paris, 1882), Vol. 13

SOURCE : https://sanctoral.com/en/saints/saint_odon_or_eudes_of_cluny.html

St. Odo

Second Abbot of Cluny, born 878 or 879, probably near Le Mans; died 18 November, 942. He spent several years at the court of William, Duke of Martin at Tours. About 909, he became a monkpriest, and superior of the abbey school in Baume, whose Abbot, Bl. Berno, was transferred to Cluny in 910. Authorized by a privilege of John XI in 931, he reformed the monasteries in Aquitaine, northern France, and Italy. The privilege empowered him to unite several abbeys under his supervision and to receive at Cluny monks from abbeys not yet reformed; the greater number of the reformed monasteries, however, remained independent, and several became centres of reform. Between 936 and 942 he visited Italy several times, founding in Rome the monastery of Our Lady on the Aventine and reforming several convents, e.g. Subiaco and Monte Cassino. He was sometimes entrusted with important political missions, e.g., when peace was arranged between King Hugo of Italy and Alberic of Rome. Among his writings are: a biography of St. Gerald of Aurillac, three books of Collationes (moral essays, severe and forceful) a few sermons, an epic poem on the Redemption (Occupatio) in several books (ed. Swoboda, 1900), and twelve choral antiphons in honour of St. Martin.

Löffler, Klemens. "St. Odo." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert Appleton Company, 1911. <http://www.newadvent.org/cathen/11209a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Christine J. Murray.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. February 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : https://www.newadvent.org/cathen/11209a.htm

November 18

St. Odo, Abbot of Cluni, Confessor

ABBO, father to this saint, was a nobleman of the first rank. Odo was born at Tours in 879, and was brought up first in the family of Fulk II., count of Anjou, and afterwards in that of William, count of Auvergne, and duke of Aquitain, who some years after, founded the abbey of Cluni. From his childhood the saint was much given to prayer, and piety made him regret the time that he threw away in hunting and other amusements and exercises of a court life. At nineteen years of age he received the tonsure, and was instituted to a canonry in St. Martin’s church, at Tours, and from that time bade adieu to Virgil and other profane authors, resolving only to read such books as tended to nourish in his heart compunction, devotion, and divine love. However, he spent four years at Paris in completing a course of theological studies. But, upon his return to Tours, he shut himself up in a cell; determined to have no other employment but prayer and meditation upon the holy scriptures. One day, in reading the rule of St. Bennet, he was confounded within himself to see how much his life fell short of the maxims and rules of perfection which are there laid down, and he determined to embrace a monastic state. The count of Anjou, his patron, refusing to consent, Odo spent almost three years in a cell, with one companion, in the assiduous practice of penance and contemplation. At length, resolving that no impediments should any longer withhold him from consecrating himself to God, in a monastic state, he resigned his canonry, and secretly repaired to the monastery of Beaume, in the diocess of Besançon, where the holy abbot, St. Berno, admitted him to the habit, in 909. 1 He brought nothing with him but his library, which consisted of about a hundred volumes. The great abbey of Cluni was founded in 910, and committed to the care of St. Berno, who was obliged to govern six other monasteries at the same time. Upon his death, in 927, the bishops of that country established St. Odo abbot of three of those monasteries, namely, Cluni, Massay, and Deols. The first he made his residence; and the reputation of his sanctity, and of the regularity and good discipline which he established, drew thither many illustrious and fervent persons, who sincerely desired to serve God. The saint established there the rule of St. Bennet in great purity, and endeavoured to carry its observance to the highest perfection. It was his usual saying, that no one can be called a monk who is not a true lover, and strict observer of silence, a condition absolutely necessary for interior solitude and the commerce of a soul with God. Silence and the most perfect practices of humility, obedience, and self-denial, were the chief objects of his reformation. Many distant monasteries received his regulations, and subjected themselves to his jurisdiction, so that the congregation of Cluni became most numerous and flourishing; though the severity which he established in it has been long since mitigated. The saint was employed by popes and princes in several difficult public negotiations, in all which he succeeded with admirable piety, address and prudence. Out of devotion to St. Martin, he was desirous to die at Tours, and, being seized with his last sickness, hastened thither, and there happily slept in our Lord on the 18th of November, 942. He was buried in the church of St. Julian; but the Huguenots burnt the greatest part of his remains. St. Odo is named in the Roman Martyrology. See the life of St. Odo, written by John, his disciple, extant in the library of Cluni, published by Marrier, and Duchesne; also in Mabillon, with other pieces relating to the history of this saint, Sæc. 5, Ben.

Note 1. The situation of the monastery of Beaume is frightful, and proper for a penitential retirement. It stands on a narrow spot upon a rock, and nothing presents itself within its view but barren rocks. The way to it lies on the narrow top of two steep rocks of an amazing height. See Martenne and Durand, Voy. Lit. pp. 171, 172. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73). Volume XI: November. The Lives of the Saints. 1866.

SOURCE : https://www.bartleby.com/lit-hub/lives-of-the-saints/volume-xi-november/st-odo-abbot-of-cluni-confessor

Pictorial Lives of the Saints – Saint Odo of Cluny,

On Christmas-eve, 877, a noble of Aquitaine implored our Lady to grant him a son. His prayer was heard; Odo was born, and his grateful father offered him to Saint Martin. Odo grew in wisdom and in virtue, and his father longed to see him shine at court. But the attraction of grace was too strong. Odo’s heart was sad and his health failed, until he forsook the world, and sought refuge under the shadow of Saint Martin at Tours. Later on, he took the habit of Saint Benedict at Baume, and was compelled to become abbot of the great abbey of Cluny, which was then building. He ruled it with the hand of a master and the winningness of a Saint. The Pope sent for him often to act as peacemaker between contending princes, and it was on one of those missions of mercy that he was taken ill at Rome. At his urgent entreaty he was borne back to Tours, where he died at the feet of “his own Saint Martin,” in 942.

Reflection – “It needs only,” says Father Newman, “for a Catholic to show devotion to any Saint, in order to receive special benefits from his intercession.”

SOURCE : https://catholicsaints.info/pictorial-lives-of-the-saints-saint-odo-of-cluny/

November 18 – He Started the Cluniac Reform

November 17, 2025

St. Odo of Cluny

Odo was born in 879 in Maine, and was the son of a pious and surprisingly learned layman, Abbo. Though vowed by his father to St. Martin in babyhood, he was given a military training and became a page at the court of Duke William. But the exercises of war and hunting were unendurable to him, and he was permitted to fulfill his father’s vow by becoming a canon of the church of St. Martin at Tours. In this office he was in the companionship of worldly ecclesiastics. He revolted from the careless life which for a time he had practiced with them, and studied Virgil, till, warned by a dream of serpents in a jar, he abandoned the poets for the Prophets and Apostles. With Bible study he now mingled an exaggerated asceticism, keeping himself in a narrow and unfurnished cell.

He also read the Benedictine Rule, and proposed to become a monk. But the life of the monks at Tours, like that of the canons, was shocking to the earnest young ascetic. Odo now spent a period at Paris in the study of logic and music, and then returned to Tours to teach and write. But he soon set forth in quest of a suitable monastic home and we find him, in 909, entering with a companion Berno’s monastery at Baume. Here he distinguished himself by his humility, and in recognition of his learning was appointed master of the cloister school. He bore with invincible patience the hostility of unfaithful monks, and gained the complete confidence of Berno. At Berno’s command he was ordained a priest. When Berno died, early in 927, the monks of Cluny unanimously chose the saintly teacher of Baume as their abbot; and the better element of the Baume community followed him to Cluny.

With ripened gifts Odo devoted himself to the upbuilding of the young institution. In his first year of office he secured from Rudolph, the ruler of Burgundy, a charter which reaffirmed the terms of Duke William’s donation, and strongly emphasized Cluny’s immunity from all secular and ecclesiastical interference. The monks were exempted from tolls in the markets, and numerous valuable manors were added to the monastic property.

Secure in the control of the monastery, Odo proceeded to erect suitable buildings, first completing a church which was left unfinished by Berno. We know less of the buildings constructed by Odo than of the difficulties faced in the task. The institution was still distressingly poor and an empty treasury threatened to put an end to the building enterprise. But John of Salerno, Odo’s biographer, in the authentic style of medieval hagiographers, tells how St. Martin appeared, with kindly, bearded face, to Odo, promising that help would be provided. Confidence was restored; the hired workmen were retained; and funds were presently supplied by a generous gift.

Inside the Abbey of Cluny

Gifts and privileges, the world’s subversive reward to piety, now came to Cluny in a swelling stream. Numerous charters granted by kings and popes multiplied the guarantees of the monastery’s immunity from interference. Grants of property, villas with their serfs, churches with their revenues, and other sources of income, were made by wealthy laymen and women for the good of their souls. Bishops handed over church properties on an arrangement of easy annual payments of dues. From King Rudolph and the pope, the privilege of coining money was granted to the abbey. And in 931 Pope John XI presented to Cluny the extraordinary privilege of receiving from any disorderly monastery any monk who wished to amend his life, and harboring him until such time as his own monastery should be reformed. John XI was the son of the infamous Marozia; and there is a striking paradox in this cooperation of the Papacy, debased and dishonored as it then was, in the restoration of monastic discipline. There is a paradox, too, in the violation of the letter of Benedict’s rule of stabilitas loci that a monk should remain in his own monastery as a means of restoring the Benedictine spirit.

It is not possible to describe in detail the internal life of Cluny in Odo’s time, since the Customs of the monastery which have been preserved belong to a later period. Probably Odo was chiefly indebted to the regulations of Benedict of Aniane. Some of his principles are exhibited in his own writings, and in the lives of Odo and his early successors. He seems to have admitted Paul the Deacon’s interpretation of the rule of labor, that it might be fulfilled by some other employment than manual work. It is now held by good authorities that the monks of St. Benedict’s own cloister had the more menial work done for them by servants. Odo had a leaning toward study, and he laid the foundations of the later considerable literary development of Cluny.

Odo’s writings include a work called Conferences (Collationes, a title employed by Cassian who expounded the principles of Egyptian monasticism for Western readers about 430), which contains, amid much complaint of the wickedness of the selfish rich and of the worldly clergy, vigorous denunciation of the possession of private property by monks. At Cluny he enforced private poverty to the letter. He also excluded the eating of meat; a flesh diet was thought to induce fleshly sin. Yet his Life of Gerald of Aurillac is a panegyric upon a saintly man who ate flesh and drank wine in moderation, and of whom no miracles were recorded, but who was rich in good deeds, modest in apparel, and chaste in mind and behavior. It may be noted that while Odo believed in miracles, and many were alleged of him, he objected to making them the test of sainthood.

Cluny

John of Salerno notes the practice of certain hours of silence; but this was modified by the use of a language of signs, by which “grammarians of the fingers and eyes” might become articulate. When St. Benedict in his Rule admitted the use of signs, he probably did not foresee the expertness that would be attained in this art where extended silences were enforced. “If the monks were deprived of the use of the tongue,” John thinks, “those signs would suffice for all that they need to convey.” (Detailed codes of the sign language are contained in the sources of later monasticism; apparently some nunneries excelled in its use.) Great care was taken for the dignity of the services, and in accordance with the practice of Benedict of Aniane, the psalmody was extended beyond that of early Benedictinism.

Cluny was mounting to greatness. Pope John’s suggestion that degenerate monasteries were to be reformed, was to be carried out in hundreds of instances through the influence of the Cluniacs. Odo saw the beginning of this widespread restoration, and he was the traveling organizer of the movement.

Romainmoutier near Lausanne, Aurillac in southern Auvergne, and Fleury near Orleans on the Loire, were the first houses to enjoy, or suffer, transformation at his hands. He then went farther afield, to Sarlot, Tulle, Sens and Tours. His visitations were made at the request of some earnest ruler or bishop, and sometimes with the goodwill of a reforming minority of the monks. Each revived monastery helped to spread the revival to others, and the circle of Odo’s influence continued to widen. His work was sometimes violently resisted, however. At Fleury the monks took pride in their early history and in their possession of the relics of St. Benedict; they also took offense at the supplies of fish which Odo brought to replace their stock of meat. They met him with weapons; he withdrew only to return meekly riding on an ass. Then they repented and received him with tears. Fleury became a powerful ally of Cluny in the advance of reform.

Odo carried the movement into Italy, where many abbeys had suffered from raiding Saracens and predatory nobles. Alberic, then in control in Rome, and Pope Leo VII, invited him. Alberic in so doing may have been chiefly concerned to take from the hands of his political opponents the monastic properties they had seized. In the winter of 936, Odo, in peril and great hardship, first crossed the terrifying Alps. He was accompanied by John of Salerno whose description of the journey shows high admiration for the humility and charity of his master. The fame of Odo had preceded him, and he was greeted by throngs of common people and beggars. He became intimate with the folk, and liked to get children to sing in payment for the alms he distributed. Once, to relieve poverty, he bought laurel berries at an excessive price; and when asked by his companions what he intended to do with the berries he uttered a torrent of amusing explanations, making them laugh till they could not restrain their tears.

A mood of hilarity sometimes seized this earnest saint; but it was not his prevailing mood. He habitually walked with back bent and eyes fixed on the ground, a posture so suggestive of a laborer with a spade that he was nick-named “the Digger.” The bent shoulders carried heavy responsibilities.

Odo found Rome in a state of turmoil, and measures of pacification had to precede reform. Before he died he had made four protracted visits to Italy, and had achieved important successes. In Rome three monasteries were restored, and one, St. Mary’s on the Aventine, was founded by Odo. The historic house of St. Benedict at Monte Cassino, which had been wrecked and deserted, was planted anew. The reform was extended to a number of houses in southern Italy.

Enfeebled by malaria and fatigue, and knowing that his work was ended, Odo set out from Rome to use all his remaining strength in a journey to the shrine of his patron, St. Martin of Tours, and there, November 18, 942, he died an edifying death.

It remained for Odo’s great successors, Odilo (994-1048) and Hugh (1048-1109), to consolidate and extend the empire of Cluny. Odilo wrought the enlarging connection into a completely integrated order, monarchically controlled by the abbot of Cluny. Hugh built the vast and impressive abbey church, that celebrated monument of Romanesque architecture. The order grew till it included nearly a thousand houses, and as many others felt the stimulus of its example.

Whatever we may think of the desirability or undesirability in the abstract of monasticism, or of monarchy, we can feel only gratitude to the men who, on the impulse of religion, bore into the feudal chaos of the tenth century a conquering principle of organization and discipline, and thus made possible the direction of Western Europe into a course of cultural and social progress.

(from: Makers Of Christianity From Alfred the Great To Schleiermacher, by John T. McNeill. Publisher: Henry Holt And Company, New York, 1935)

Nobility.org comment:

St. Odo founded the Abbey of Cluny, that great monastic institution that informed the Middle Ages. Enraged mobs destroyed the abbey church and most of the abbey’s buildings during the French Revolution. They understood what so many Catholics today seem to have forgotten: Cluny’s pivotal role in bringing about that age of faith so deserving of the praise of Pope Leo XIII: “There was a time when States were governed by the philosophy of the Gospel. Then it was that the power and divine virtue of Christian wisdom had diffused itself throughout the laws, institutions, and morals of the people, permeating all ranks and relations of civil society.” (Encyclical Immortale Dei, no. 21)

SOURCE : https://nobility.org/2025/11/november-18-he-started-the-cluniac-reform-7/

Sant'Oddone di Cluny


Sant' Oddone di Cluny Abate

Festa: 18 novembre

Sec. X

Il futuro Abate di Cluny era nato nella regione di Tours, verso l’880, da famiglia nobile. Suo padre, privo di discendenza, aveva chiesto la grazia di un figlio e quando nacque lo offrì a San Martino. Oddone venne però avviato alla vita da cavaliere e solo dopo una grave malattia il padre is ricordò del voto e gli permise di intraprendere la vita religiosa. Al tempo, però, la vita monastica era priva di vera spiritualità e spesso si riduceva alla "gestione di una rendita". Ma Oddone riprese la tradizione benedettina con la massima serietà, rinunciando a tutti i privilegi economici spettanti a un abate. Fissò la sua dimora a Cluny, da dove iniziò l’opera di riforma e addirittura di rifondazione della vita monastica. Oddone morì nel 942, quando i monaci cluniacensi erano sparsi in tutta Europa, salvando il patrimonio culturale del Vecchio Continente e permettendone il progresso.

Emblema: Bastone pastorale

Martirologio Romano: A Tours in Neustria, sempre in Francia, transito di sant’Oddone, abate di Cluny, che rinnovò l’osservanza monastica secondo i dettami della regola di san Benedetto e la disciplina di san Benedetto di Aniane.

La memoria segnata oggi sul Calendario universale della Chiesa non è quella di un Santo, ma quella di due chiese insigni dedicate alla memoria di due grandissimi Santi, anzi delle due colonne del Cristianesimo: San Pietro e San Paolo. Viene cioè ricordato, in questo giorno, la dedica della basilica vaticana e quella della basilica ostiense, dedicata a San Paolo.

Ma non si può dimenticare che oggi cade anche la ricorrenza di un grande Abate francese: non fondatore, ma riformatore della celebre abbazia di Cluny. E dire Cluny, vuol dire il centro più importante di vita spirituale e anche intellettuale, religiosa e anche artistica nell'Europa dei secoli intorno al Mille.

Il futuro Abate di Cluny era nato nella regione di Tours, patria di San Martirio e di San Gregorio, verso l'880, da famiglia nobile. Suo padre, castellano ed esperto nel giure, veniva consultato nelle controversie e chiamato ad arbitrare le contese tra l'aristocrazia del paese. Ormai avanti con gli anni, e privo di discendenza, una notte di Natale chiese a Dio il dono di un figlio. Avutolo, lo offrì neonato a San Martino, promettendolo dunque alla vita religiosa. Ma più tardi, dimenticata l'offerta, lo fece studiare e inviò il proprio erede nelle corti più mondane, perché diventasse un perfetto cavaliere.

Sui diciotto anni, il giovane paggio si ammalò gravemente. Sembrò che dovesse morire. " O glorioso San Martino - esclamò il padre – ecco il voto che vi avevo offerto. Voi lo esigete con rigore ". Lasciò dunque che il paggio suo figlio prendesse la tonsura, abbandonando le cacce e i tornei.

Oddone poteva diventare uno di quegli Abati commendatari, che ricevevano le rendite delle Abbazie senza neppure visitarle. La vita monastica, dopo l'invasione dei Normanni, era ridotta a una larva di spiritualità, e le abbazie non differivano molto dai feudi temporali.

Ma Oddone riprese la tradizione benedettina con la massima serietà. Studiava e pregava, rinunziando a tutti i privilegi e soprattutto alle dispense, che avevano distrutto la disciplina monastica. Presto fu seguito dai migliori e da tutti coloro che videro in lui un Abate degno di questo nome, cioè un padre spirituale, non un feudatario mondano.

Egli fissò la sua dimora a Cluny, di dove iniziò l'opera di riforma e addirittura di rifondazione. La sua autorità si sparse per tutta la Francia, varcando anche i confini. Nonostante i suoi doveri di Abate, dava esempio di una prodigiosa attività non solo spirituale, ma intellettuale.

Compose molte opere, tra le quali perfino un poema epico, ispirato alla Bibbia, in esametri, intitolato Occupatio. Il segreto della vita monastica era infatti l'" occupazione ", cioè il contrario dell'ozio.

Tornando alla piena e serena " occupazione ", i monaci di Cluny furono i promotori di una nuova vita, spirituale e pratica, intellettuale e artistica. Attorno ai loro monasteri sorsero centri agricoli e artigianali, che favorirono il progresso civile della Francia e di tutta l'Europa.

Morendo verso i settant'anni, nel 942, Sant'Oddone poteva così benedire i suoi monaci sparsi in tutte le abbazie cluniacensi, dopo aver rinnovato nel mondo il miracolo benedettino. E i suoi monaci, avrebbero potuto ripetere per lui i versi che Oddone aveva dedicato a San Martino: " Tu che per tre volte hai vinto il caos, rialza quelli che son caduti nel peccato; come tu dividesti il tuo mantello, rivestici della giustizia! ".

Fonte : Archivio Parrochia

SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/78200

BENEDETTO XVI

UDIENZA GENERALE

Aula Paolo VI
Mercoledì, 2 settembre 2009

Sant’Oddone di Cluny


Cari fratelli e sorelle,

Dopo una lunga pausa, vorrei riprendere la presentazione dei grandi Scrittori della Chiesa di Oriente e di Occidente del tempo medioevale, perché, come in uno specchio, nelle loro vite e nei loro scritti vediamo che cosa vuol dire essere cristiani. Oggi vi propongo la figura luminosa di sant’Oddone, abate di Cluny: essa si colloca in quel medioevo monastico che vide il sorprendente diffondersi in Europa della vita e della spiritualità ispirate alla Regola di san Benedetto. Vi fu in quei secoli un prodigioso sorgere e moltiplicarsi di chiostri che, ramificandosi nel continente, vi diffusero largamente lo spirito e la sensibilità cristiana. Sant’Oddone ci riconduce, in particolare, ad un monastero, Cluny, che nel medioevo fu tra i più illustri e celebrati ed ancora oggi rivela attraverso le sue maestose rovine i segni di un passato glorioso per l’intensa dedizione all’ascesi, allo studio e, in special modo, al culto divino, avvolto di decoro e di bellezza.

Di Cluny Oddone fu il secondo abate. Era nato verso l’880, ai confini tra il Maine e la Touraine, in Francia. Dal padre fu consacrato al santo Vescovo Martino di Tours, alla cui ombra benefica e nella cui memoria Oddone passò poi l’intera vita, concludendola alla fine vicino alla sua tomba. La scelta della consacrazione religiosa fu in lui preceduta dall’esperienza di uno speciale momento di grazia, di cui parlò egli stesso ad un altro monaco, Giovanni l’Italiano, che fu poi suo biografo. Oddone era ancora adolescente, sui sedici anni, quando, durante una veglia natalizia, si sentì salire spontaneamente alle labbra questa preghiera alla Vergine: “Mia Signora, Madre di misericordia, che in questa notte hai dato alla luce il Salvatore, prega per me. Il tuo parto glorioso e singolare sia, o Piissima, il mio rifugio” (Vita sancti Odonis, I,9: PL 133,747). L’appellativo “Madre di misericordia”, con cui il giovane Oddone invocò allora la Vergine, sarà quello col quale egli amerà poi sempre rivolgersi a Maria, chiamandola anche «unica speranza del mondo, … grazie alla quale ci sono state aperte le porte del paradiso» (In veneratione S. Mariae Magdalenae: PL 133,721). Gli avvenne in quel tempo di imbattersi nella Regola di san Benedetto e di iniziarne alcune osservanze, «portando, non ancora monaco, il giogo leggero dei monaci» (ibid., I,14: PL 133,50). In un suo sermone Oddone celebrerà Benedetto come “lucerna che brilla nel tenebroso stadio di questa vita” (De sancto Benedicto abbate: PL 133,725), e lo qualificherà “maestro di disciplina spirituale” (ibid.: PL 133,727). Con affetto rileverà che la pietà cristiana “con più viva dolcezza fa memoria” di lui, nella consapevolezza che Dio lo ha innalzato “tra i sommi ed eletti Padri della santa Chiesa” (ibid.: PL 133,722).

Affascinato dall’ideale benedettino, Oddone lasciò Tours ed entrò come monaco nell’abbazia benedettina di Baume, per poi passare in quella di Cluny, di cui nel 927 divenne abate. Da quel centro di vita spirituale poté esercitare un vasto influsso sui monasteri del continente. Della sua guida e della sua riforma si giovarono anche in Italia diversi cenobi, tra i quali quello di San Paolo fuori le Mura. Oddone visitò più d’una volta Roma, raggiungendo anche Subiaco, Montecassino e Salerno. Fu proprio a Roma che, nell’estate del 942, cadde malato. Sentendosi prossimo alla fine, con ogni sforzo volle tornare presso il suo san Martino a Tours, ove morì nell’ottavario del Santo, il 18 novembre 942. Il biografo, nel sottolineare in Oddone la “virtù della pazienza”, offre un lungo elenco di altre sue virtù, quali il disprezzo del mondo, lo zelo per le anime, l’impegno per la pace delle Chiese. Grandi aspirazioni dell’abate Oddone erano la concordia tra i re e i principi, l’osservanza dei comandamenti, l’attenzione ai poveri, l’emendamento dei giovani, il rispetto per i vecchi (cfr Vita sancti Odonis, I,17: PL 133,49). Amava la celletta dove risiedeva, «sottratto agli occhi di tutti, sollecito di piacere solo a Dio» (ibid., I,14: PL 133,49). Non mancava, però, di esercitare pure, come “fonte sovrabbondante”, il ministero della parola e dell’esempio, “piangendo come immensamente misero questo mondo” (ibid., I,17: PL 133,51). In un solo monaco, commenta il suo biografo, si trovavano raccolte le diverse virtù esistenti in stato sparso negli altri monasteri: “Gesù nella sua bontà, attingendo ai vari giardini dei monaci, formava in un piccolo luogo un paradiso, per irrigare dalla sua fonte i cuori dei fedeli” (ibid., I,14: PL 133,49).

In un passo di un sermone in onore di Maria di Magdala l’abate di Cluny ci rivela come egli concepiva la vita monastica: “Maria che, seduta ai piedi del Signore, con spirito attento ascoltava la sua parola, è il simbolo della dolcezza della vita contemplativa, il cui sapore, quanto più è gustato, tanto maggiormente induce l’animo a distaccarsi dalle cose visibili e dai tumulti delle preoccupazioni del mondo” (In ven. S. Mariae Magd., PL 133,717). E’ una concezione che Oddone conferma e sviluppa negli altri suoi scritti, dai quali traspaiono l’amore all’interiorità, una visione del mondo come di realtà fragile e precaria da cui sradicarsi, una costante inclinazione al distacco dalle cose avvertite come fonti di inquietudine, un’acuta sensibilità per la presenza del male nelle varie categorie di uomini, un’intima aspirazione escatologica. Questa visione del mondo può apparire abbastanza lontana dalla nostra, tuttavia quella di Oddone è una concezione che, vedendo la fragilità del mondo, valorizza la vita interiore aperta all’altro, all’amore del prossimo, e proprio così trasforma l’esistenza e apre il mondo alla luce di Dio.

Merita particolare menzione la “devozione” al Corpo e al Sangue di Cristo che Oddone, di fronte a una estesa trascuratezza da lui vivacemente deplorata, coltivò sempre con convinzione. Era infatti fermamente convinto della presenza reale, sotto le specie eucaristiche, del Corpo e del Sangue del Signore, in virtù della conversione “sostanziale” del pane e del vino. Scriveva: “Dio, il Creatore di tutto, ha preso il pane, dicendo che era il suo Corpo e che lo avrebbe offerto per il mondo e ha distribuito il vino, chiamandolo suo Sangue”; ora, “è legge di natura che avvenga il mutamento secondo il comando del Creatore”, ed ecco, pertanto, che “subito la natura muta la sua condizione solita: senza indugio il pane diventa carne, e il vino diventa sangue”; all’ordine del Signore “la sostanza si muta” (Odonis Abb. Cluniac. occupatio, ed. A. Swoboda, Lipsia 1900, p.121). Purtroppo, annota il nostro abate, questo “sacrosanto mistero del Corpo del Signore, nel quale consiste tutta la salvezza del mondo” (Collationes, XXVIII: PL 133,572), è negligentemente celebrato. “I sacerdoti, egli avverte, che accedono all’altare indegnamente, macchiano il pane, cioè il Corpo di Cristo” (ibid., PL 133,572-573). Solo chi è unito spiritualmente a Cristo può partecipare degnamente al suo Corpo eucaristico: in caso contrario, mangiare la sua carne e bere il suo sangue non sarebbe di giovamento, ma di condanna (cfr ibid., XXX, PL 133,575). Tutto questo ci invita a credere con nuova forza e profondità la verità della presenza del Signore. La presenza del Creatore tra noi, che si consegna nelle nostre mani e ci trasforma come trasforma il pane e il vino, trasforma così il mondo.

Sant’Oddone è stato una vera guida spirituale sia per i monaci che per i fedeli del suo tempo. Di fronte alla “vastità dei vizi” diffusi nella società, il rimedio che egli proponeva con decisione era quello di un radicale cambiamento di vita, fondato sull’umiltà, l’austerità, il distacco dalle cose effimere e l’adesione a quelle eterne (cfr Collationes, XXX, PL 133, 613). Nonostante il realismo della sua diagnosi circa la situazione del suo tempo, Oddone non indulge al pessimismo: “Non diciamo questo – egli precisa – per precipitare nella disperazione quelli che vorranno convertirsi. La misericordia divina è sempre disponibile; essa aspetta l’ora della nostra conversione” (ibid.: PL 133, 563). Ed esclama: “O ineffabili viscere della pietà divina! Dio persegue le colpe e tuttavia protegge i peccatori” (ibid.: PL 133,592). Sostenuto da questa convinzione, l’abate di Cluny amava sostare nella contemplazione della misericordia di Cristo, il Salvatore che egli qualificava suggestivamente come “amante degli uomini”: “amator hominum Christus” (ibid., LIII: PL 133,637). Gesù ha preso su di sé i flagelli che sarebbero spettati a noi – osserva - per salvare così la creatura che è opera sua e che ama (cfr ibid.: PL 133, 638).

Appare qui un tratto del santo abate a prima vista quasi nascosto sotto il rigore della sua austerità di riformatore: la profonda bontà del suo animo. Era austero, ma soprattutto era buono, un uomo di una grande bontà, una bontà che proviene dal contatto con la bontà divina. Oddone, così ci dicono i suoi coetanei, effondeva intorno a sé la gioia di cui era ricolmo. Il suo biografo attesta di non aver sentito mai uscire da bocca d’uomo “tanta dolcezza di parola” (ibid., I,17: PL 133,31). Era solito, ricorda il biografo, invitare al canto i fanciulli che incontrava lungo la strada per poi far loro qualche piccolo dono, e aggiunge: “Le sue parole erano ricolme di esultanza…, la sua ilarità infondeva nel nostro cuore un’intima gioia” (ibid., II, 5: PL 133,63). In questo modo il vigoroso ed insieme amabile abate medioevale, appassionato di riforma, con azione incisiva alimentava nei monaci, come anche nei fedeli laici del suo tempo, il proposito di progredire con passo solerte sulla via della perfezione cristiana.

Vogliamo sperare che la sua bontà, la gioia che proviene dalla fede, unite all’austerità e all’opposizione ai vizi del mondo, tocchino anche il nostro cuore, affinché anche noi possiamo trovare la fonte della gioia che scaturisce dalla bontà di Dio.

Saluti:

Chers frères et soeurs,

J’accueille avec joie les pèlerins francophones. Je salue particulièrement les séminaristes de Brugge, en Belgique, et leurs accompagnateurs ainsi que les nombreux pèlerins du diocèse de Kaolack, au Sénégal, avec leur Evêque Mgr Ndiaye. Puissiez-vous tous suivre généreusement le Christ chaque jour. Que Dieu vous bénisse!

Dear Brothers and Sisters,

I offer a warm welcome to the English-speaking visitors present at today’s Audience, including those from England, Scotland, Ireland, Nigeria and the United States. My particular greeting goes to the Servants of the Holy Spirit, as well as the young people from The Holy Study House of Prayer. Upon all of you I invoke God’s blessings of joy and peace!

Liebe Brüder und Schwestern!

Gerne grüße ich die Pilger und Besucher aus Deutschland, Österreich und Luxemburg. Einen besonderen Gruß richte ich an die Teilnehmer am Fackellauf der Schönstatt-Mannes-Jugend. Das Beispiel des heiligen Abtes und Reformers Odo sporne uns an, uns ganz auf Gott auszurichten und auf dem Weg des christlichen Lebens freudig voranzuschreiten. Der Herr behüte euch alle.

Queridos hermanos y hermanas:

Saludo cordialmente a los fieles de lengua española. En particular, a las hijas de María Auxiliadora, a las Siervas de María Ministras de los enfermos y a las Hermanas de la Caridad Dominicas de la presentación. Así como a los grupos provenientes de Viña del Mar, Chile; de Venezuela; de Terrassa, España; y del Movimiento de Schoenstatt en Argentina. Aliento a todos a aprovechar la visita a Roma para profundizar en la fe y en el gozo de pertenecer a la Iglesia. Muchas gracias.

Saúdo com amizáde e gratidão tódos os peregrínos de língua portuguésa, nomeadaménte os grúpos do Brasil. Viéstes a Roma para fortalecér os vínculos de fé, esperánça e amor que únem a tódos os batizádos na Igreja, que Jesús quis fundár sóbre Pedro. Que as vóssas vidas, iluminádas pela fé e perseverántes na esperánça, póssam sémpre testemunhár o amor de Deus. Que as Suas bénçãos désçam abundántes sóbre vós e vóssas famílias.

Saluto in lingua croata:

Srdačnu dobrodošlicu upućujem dragim hrvatskim hodočasnicima, a posebno vjernicima iz župe Svetoga Florijana iz Pribislavca, hodočasnicima iz Rijeke i Poreča te nastavnicima i učenicima Nadbiskupijske klasične gimnazije iz Zagreba kao i Franjevačke gimnazije iz Sinja. Baština i apostolski primjer svetih Petra i Pavla neka budu temelj i poticaj vašega kršćanskog svjedočenja i življenja. Hvaljen Isus i Marija!

Traduzione italiana:

Rivolgo un cordiale benvenuto ai pellegrini croati, particolarmente ai fedeli della parrocchia di San Florian di Pribislavac, ai pellegrini di Rijeka e di Porec ed ai professori e studenti di Liceo Classico Arcivescovile di Zagreb come pure di Liceo Classico Francescano di Sinj. L’eredità e l’esempio apostolico dei santi Pietro e Paolo siano il fondamento e lo stimolo della vostra vita e testimonianza cristiana. Siano lodati Gesù e Maria!

Saluto in lingua polacca:

Serdecznie pozdrawiam pielgrzymów polskich. Wczoraj minęła siedemdziesiąta rocznica wybuchu II wojny światowej. W pamięci narodów pozostaje wspomnienie tragedii ludzkich losów i bezsens wojny. Prośmy Boga, by serca ludzi przenikał duch przebaczenia, pokoju i pojednania. Europie i światu potrzebna jest dzisiaj wspólnota ducha. Budujmy ją na Chrystusie i Jego Ewangelii, na fundamencie miłości i prawdy. Wam tu obecnym i wszystkim, którzy tworzą klimat pokoju, z serca błogosławię.

Traduzione italiana:

Saluto cordialmente i pellegrini polacchi. Ieri abbiamo ricordato il 70° anniversario dell’inizio della II guerra mondiale. Nella memoria dei popoli rimangono le umane tragedie e l’assurdità della guerra. Chiediamo a Dio che lo spirito del perdono, della pace e della riconciliazione pervada i cuori degli uomini. L’Europa e il mondo di oggi hanno bisogno di uno spirito di comunione. Costruiamola su Cristo e sul suo Vangelo, sul fondamento della carità e della verità. A voi qui presenti e a tutti coloro che contribuiscono a creare il clima della pace, imparto di cuore la mia benedizione.

Saluto in lingua slovacca:

Zo srdca pozdravujem pútnikov zo Slovenska, osobitne z Bratislavy a Nitry.

Bratia a sestry, milí mladí, v týchto dňoch sa začína nový školský rok. Vyprosujme si od Ducha Svätého jeho vzácne dary, predovšetkým pravú múdrosť. S týmto želaním vás žehnám.

Pochválený buď Ježiš Kristus!

Traduzione italiana:

Cordialmente saluto i pellegrini provenienti dalla Slovacchia, particolarmente quelli da Bratislava e Nitra.

Fratelli e sorelle, cari giovani, in questi giorni inizia il nuovo anno scolastico. Imploriamo dallo Spirito Santo i suoi preziosi doni, specialmente la vera sapienza. Con questo desiderio vi benedico.
Sia lodato Gesù Cristo!

Saluto in lingua ungherese:

Most a magyar zarándokokat köszöntöm, Isten hozott Benneteket!

Ez a római út erősítsen meg hitetekben. Szívesen adom rátok apostoli áldásomat.

Dicsértessék a Jézus Krisztus!

Traduzione italiana:

Saluto cordialmente i fedeli di lingua ungherese. Questo pellegrinaggio a Roma Vi conforti nella fede.
Di cuore imparto a voi la Benedizione Apostolica! Sia lodato Gesù Cristo!

* * *

Rivolgo un cordiale benvenuto ai pellegrini di lingua italiana. In particolare saluto i partecipanti al Simposio Intercristiano promosso dalla Pontificia Università Antonianum e dall’Università Aristoteles di Tessalonica ed auspico che la riflessione comune tra cattolici e ortodossi sulla figura di Sant’Agostino possa rafforzare il cammino verso la piena comunione. Saluto i fedeli dell’Arcidiocesi di Salerno-Campagna-Acerno, qui convenuti così numerosi con il loro Pastore Mons. Gerardo Pierro, in occasione del decimo anniversario di inaugurazione del Seminario “Giovanni Paolo II”. Saluto i fedeli di Nuoro, accompagnati dal loro Vescovo Mons. Pietro Meloni, come pure i fedeli della parrocchia San Vito Martire di Gioia del Colle. Su tutti voi invoco la continua assistenza del Signore, perché possiate rendere ovunque una convinta e generosa testimonianza cristiana.

Rivolgo infine un affettuoso saluto ai giovani, ai malati e agli sposi novelli. Invito voi, giovani, ad accogliere e vivere la Parola del Signore con il coraggio e la fantasia che contraddistinguono la vostra età. Incoraggio voi, cari malati, a conservare nel cuore gli insegnamenti evangelici per trarne forza, serenità e sostegno nella prova della sofferenza. Auguro a voi, sposi novelli, di intraprendere con generosa fedeltà l'itinerario suggerito dal Figlio di Dio, affinché la vostra nuova famiglia sia edificata sulla salda roccia della sua Parola.

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La Santa Sede

SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/it/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090902.html

Den hellige Odo av Cluny (~878-942)

Minnedag:

18. november

Skytshelgen for kirkemusikere; mot tørke, for regn

Den hellige Odo (fr: Odon eller Eudes) ble født ca år 878 i Tours i Frankrike som sønn av den frankiske ridderen Abbo (Ebles) av Maine, som hersket over Déols på grensen mellom Poitou og Lorraine, og hans hustru Hildegard. Han vokste opp først hos grev Fulk (Foulques) II av Anjou og deretter hos hertug Vilhelm (Guillaume) le Pieux av Aquitania, den fremtidige grunnlegger av klosteret Cluny. Han fikk sin utdannelse ved katedralskolen ved St. Martin i Tours. Han startet trening for en militær karriere, men som 19-åring ble han rammet av en uspesifisert sykdom, og måtte oppgi de militære planene.

I stedet vendte han tilbake til Tours og mottok tonsuren i St. Martinskirken i Tours. Han studerte deretter i fem år i Paris og Reims, og var spesielt interessert i musikk, en entusiasme som ble delt av hans lærer, den hellige Remigius av Auxerre. Han vendte tilbake til Tours og ble kannik i St. Martin. Her leste han den hellige Benedikts regel for første gang. Dette gjorde at han i år 909 gikk av som kannik og ble benediktinermunk (Ordo Sancti Benedicti - OSB) i Baume-les-Messieurs i bispedømmet Besançon. Der ble reformen til den hellige abbeden Benedikt av Aniane strengt overholdt. Han mottok drakten av den hellige abbed Berno, som året etter ble den første abbed av Cluny.

Klosteret Cluny ved Mâcon i Burgund nordvest for Lyon ble grunnlagt i 910 av Vilhelm av Aquitania og begynte sitt liv som et reformert, men temmelig ukjent kloster. Det fulgte Benedikts regel med en strenghet som var uvanlig på den tiden. Få ville ha spådd dets raske vekst til å bli det viktigste klosteret i Europa. Klosteret ble senteret for reformen og den åndelige fornyelsen av det vestlige munkevesenet på 1000- og 1100-tallet.

Under abbed Berno ble Odo snart gjort til leder av klosterskolen i Baume, og i 924 ble han abbed i klosteret der. Før Berno døde i 927, utpekte han selv Odo til sin etterfølger og Clunys andre abbed, og samtidig abbed for Déols og Massay, to andre av Bernos seks klostre. Berno utnevnte sin nevø Guido til abbed av de tre andre: Gigny, Baume og Ethice. Odo hadde med seg rundt hundre bøker som ble starten på det store og berømte biblioteket i Cluny. Han fortsatte sin forgjengers arbeid, og under hans ledelse nådde dette kristenhetens senter sitt første høydepunkt. En av hans viktigste resultater var at han oppnådde pavelige og kongelige chartre som anerkjente Clunys immunitet og frihet fra all verdslig innflytelse og dominans.

I Odos embetsperiode trakk Cluny til seg mange menn som ønsket å følge dets observans, og antallet munker økte hurtig. Mange besøk i Roma satte ham dessuten i stand til å innføre prinsippene for Cluny-observansen i viktige italienske klostre. Odo ble dermed grunnlegger av den såkalte cluniacensiske bevegelse, som gikk over vesten de neste århundrene. I 931 fikk han i oppdrag av pave Johannes XI (931-35) å reformere klostrene i Aquitania, Nord-Frankrike og Italia. Han reformerte, ikke uten vanskeligheter, en rekke franske klostre etter samme prinsipper, og berømte franske klostre som Fleury-sur-Loire og Bourg-Dieu ble styrt direkte av ham. Hans reformer ble innført i mange andre klostre i det sørøstlige og sentrale Frankrike under pavelig innflytelse.

Pavens privilegium gjorde ham i stand til å samle flere klostre under sin ledelse og å motta munker i Cluny fra klostre som ennå ikke var reformert. De fleste av de reformerte klostrene forble imidlertid uavhengige, og flere ble sentre for reform. I Roma reformerte Odo på oppdrag fra pave Johannes XI klosteret St. Paulus utenfor Murene og utøvde stor innflytelse over både Monte Cassino og Subiaco. I hans tid som abbed sluttet 17 klostre seg til reformen. Selv grunnla han klosteret for Vår Frue på Aventin-høyden i Roma.

For det indre liv i Cluny og de tilknyttede klostrene insisterte Odo på taushet, enkel kost og en radikal tilbakevending til Benedikts regel, et liv etter de evangeliske råd fattigdom, kyskhet og lydighet, med korbønnen i sentrum. Mange klerikere praktiserte ikke kyskhetsbudet på den tiden, men gjennom Cluny-bevegelsen ble idealene for presteskapet skapt, og de skulle bli gjennomført med den gregorianske reformen. Selv var han med sin asketiske og vennlige levemåte et stort forbilde for mange geistlige på den tiden.

Fordi han trakk seg tilbake fra verden og ikke hadde noen verdslige ambisjoner, ble han ofte tilkalt for å opptre som upartisk megler i politiske disputter mellom menn med makt, særlig mellom Hugo av Provençe, «konge av Italia», og den romerske patricius Alberik (932-54) i 936 etter ordre fra pave Leo VII (936-39). Han fikk til en midlertidig fred ved å arrangere et ekteskap mellom Alberik og en datter av Hugo, men ble tvunget til å returnere til Roma for å lappe sammen avtalen to ganger i løpet av de neste seks årene. Mot slutten av sitt liv var Odo blitt enormt innflytelsesrik og høyt respektert. Han overtalte mange verdslige herskere til å gi fra seg makten over klostre som de hadde kontrollert ulovlig.

Det fortelles mange anekdoter om Odo, om hvordan han forente den strengeste disiplin med et varmt hjerte og en levende sans for humor. Han var ikke rigid av temperament, og han var kjent for sin sjenerøsitet mot de fattige og for sin medfølelse med fanger. To hendelser fortalt av hans biografer kaster lys over Odos personlighet og stil. Da han først reiste til klosteret Fleury, kom munkene, som gikk mot dette forsøket på å riste dem ut av sine avslappede vaner, ham i møte bevæpnet med sverd og steiner, og noen av dem truet til og med å drepe ham hvis han krysset deres terskel. Odo snakket rolig til dem, ga dem tre dager til å kjøle seg ned og red deretter opp til inngangen på et esel som om ingenting hadde skjedd. «De mottok ham som en far og hans følge hadde ikke annet å gjøre enn å dra bort». En annen gang forsøkte en bonde, som sa at munkene i San Paolo fuori le Mura skyldte ham penger, å drepe ham ved å kaste en stein på ham. Odo betalte ham pengene og tenkte ikke mer over saken før han hørte at Alberik hadde dømt mannen til å miste den høyre hånden for mordforsøk. Han gikk straks til fyrsten for å få dommen annullert, og mannen ble satt fri.

Det var musikken som sto den store abbeden nærmest, han komponerte mye og skapte seg også et navn som musikkteoretiker. Han la stor vekt på en høytidelig liturgi og den liturgiske sangen. Mange av våre vakreste gregorianske melodier er komponert av ham, derfor æres han som kirkemusikernes skytshelgen. Noe av det siste han gjorde før han døde, var å komponere en hymne til ære for den hellige Martin av Tours. Det er også bevart en annen hymne og tolv metriske koralantifoner for St. Martin. Han etterlot noen få skriftlige arbeider, blant dem en biografi om den hellige samtidige Gerald av Aurillac og et langt episk dikt om Kristi forløsning av menneskeheten (Occupatio) i flere bind. Han skrev også tre bøker med moralske essay (Collationes). Han skal også ha skrevet flere bøker om musikk, men disse er ikke bevart, og de som bærer hans navn, er ikke hans.

I 942 dro Odo til Roma enda en gang, og på veien tilbake stoppet han i klosteret Saint-Julien i Tours. Den 11. november var han med på å feire festen for sin skytshelgen, Martin av Tours. Like etter ble han syk, og han døde en uke senere, den 18. november 942. Han ble bisatt i klosterkirken der, som var grunnlagt av kong Klodvig. I 1407 ble hans relikvier skrinlagt, og relikviene ble siden overført til Isle-Jourdain. Ved Odos død var Cluny på god vei mot den meget store innflytelse det oppnådde under hans etterfølgere, de hellige Majolus, Odilo og Hugo.

Hans minnedag er 18. november (noen steder 19. november). 11. mai nevnes også, men det er ellers minnedagen til Majolus. Hans navn står i Martyrologium Romanum. Han fremstilles som abbed med stav og/eller bok, hvor det gjerne står Statuta Cluniacens.

Da den romerske kalenderen ble reorganisert i 1968, ble det etablert en minnedag den 29. april som en felles minnedag for de syv hellige og salige abbeder som har ledet det innflytelsesrike klosteret Cluny. De har alle fremdeles sine individuelle minnedager i tillegg til denne fellesfesten. De seks andre er: De hellige BernoMajolusOdilo og Hugo og de salige Aymard og Peter den Ærverdige.

Kilder: Attwater (dk), Attwater/John, Attwater/Cumming, Farmer, Jones, Butler, Butler (XI), Benedictines, Delaney, Bunson, Livingstone, Engelhart, Schauber/Schindler, Melchers, CE, CSO, Kiefer, Encyclopedia Britannica - Kompilasjon og oversettelse: p. Per Einar Odden - Sist oppdatert: 2000-04-15 22:59

SOURCE : https://www.katolsk.no/biografier/historisk/ocluny

BENEDIKT XVI.

GENERALAUDIENZ

Mittwoch, 2. September 2009

Der hl. Odo von Cluny


Liebe Brüder und Schwestern!

Nach einer langen Pause möchte ich die Vorstellung der großen mittelalterlichen Kirchenschriftsteller des Ostens und des Westens wieder aufnehmen, denn in ihrem Leben und in ihren Schriften sehen wir wie in einem Spiegel, was es heißt, Christen zu sein. Heute stelle ich euch die leuchtende Gestalt des hl. Odo, Abt von Cluny, vor Augen: Sie hat ihren Platz in jenem monastischen Mittelalter, in dem das Leben und die Spiritualität, die von der Regel des hl. Benedikt inspiriert sind, eine außerordentliche Verbreitung erfuhren. In jenen Jahrhunderten entstand eine erstaunliche Anzahl von Klöstern, die sich auf dem ganzen Kontinent immer mehr verbreiteten und hier ihren Geist und die christliche Sensibilität ausstrahlten. Der hl. Odo führt uns besonders zu einem Kloster, nach Cluny, das im Mittelalter zu denen gehörte, die am meisten Ansehen und Ruhm besaßen. Noch heute legen seine mächtigen Ruinen Zeugnis ab von einer glorreichen Vergangenheit voll tiefer Hingabe an die Askese, an das Studium und ganz besonders an die Liturgie, die von Würde und Schönheit geprägt war.

Odo war der zweite Abt von Cluny. Er wurde um 880 geboren, im Grenzgebiet zwischen Maine und Touraine, in Frankreich. Sein Vater weihte ihn dem heiligen Bischof Martin von Tours, unter dessen wohlwollendem Schutz und in dessen Gedenken Odo dann das ganze Leben verbrachte, das er schließlich in der Nähe seines Grabes beendete. Vor seiner Entscheidung für die Ordensweihe erfuhr er einen besonderen Augenblick der Gnade, von dem er selbst einem anderen Mönch – seinem späteren Biographen Johannes von Salerno – berichtete. Noch als Jugendlichem, mit etwa 16 Jahren, kam Odo während einer Weihnachtsvigil plötzlich dieses Gebet an die Jungfrau Maria auf die Lippen: »Meine Herrin, Mutter der Barmherzigkeit, die du in dieser Nacht den Retter zur Welt gebracht hast, bete für mich. Deine herrliche und wunderbare Geburt, o gütigste Jungfrau Maria, möge meine Zuflucht sein« (Vita sancti Odonis, I,9: PL 133,747). Mit dem Titel »Mutter der Barmherzigkeit «, mit dem der junge Odo damals die allerseligste Jungfrau anrief, wird er sich auch später immer wieder an Maria wenden, und er nennt sie auch »einzige Hoffnung der Welt, … durch die uns das Tor zum Paradies geöffnet wurde« (In veneratione S. Mariae Magdalenae: PL 133,721). In jener Zeit stieß er auf die Regel des hl. Benedikt und begann, einiges davon zu befolgen. So trug er »schon bevor er Mönch wurde, das Joch der Mönche, das nicht drückt« (ebd., I,14: PL 133,50). In einer seiner Predigten rühmt Odo später den hl. Benedikt als »Licht, das in der Dunkelheit dieses Lebens leuchtet« (De sancto Benedicto abbate: PL 133,725) und bezeichnet ihn als »Meister geistlicher Unterweisung« (ebd.: PL 133,727). Voll Zuneigung hebt er hervor, daß die christliche Frömmigkeit seiner »mit aufrichtiger Liebe gedenkt«, im Bewußtsein, daß Gott ihn »unter die großen und auserwählten Väter der heiligen Kirche« erhoben hat (ebd.: PL 133,722).

Vom benediktinischen Ideal angezogen verließ Odo Tours und trat als Mönch in die Benediktinerabtei von Baume ein, um dann in die Abtei von Cluny überzuwechseln, deren Abt er im Jahre 927 wurde. Von diesem Zentrum des geistlichen Lebens aus konnte er großen Einfluß auf die Klöster des Kontinents ausüben. Seine Leitung und seine Reform kamen auch in Italien verschiedenen Klöstern zugute, unter anderem dem von Sankt Paul vor den Mauern. Odo besuchte Rom mehr als einmal und kam auch nach Subiaco, Montecassino und Salerno. In Rom erkrankte er im Sommer des Jahres 942. Da er das Ende herannahen fühlte, wollte er mit aller Kraft zu seinem hl. Martin nach Tours zurückkehren, wo er am Oktavtag des Heiligen, am 18. November 942, starb. Der Biograph, der Odos »Tugend der Geduld« hervorhebt, listet gleichzeitig viele andere seiner Tugenden auf, wie die Abkehr von der Welt, den Seeleneifer, den Einsatz für den Frieden der Kirchen. Große Bestrebungen Abt Odos waren die Eintracht unter den Königen und Fürsten, die Beachtung der Gebote, die Fürsorge für die Armen, die Erziehung der Jugend und die Achtung der alten Menschen (vgl. Vita sancti Odonis, I,17: PL 133,49). Er liebte die kleine Zelle, in der er sich aufhielt, »aller Augen entzogen, eifrig bemüht, nur Gott allein zu gefallen« (ebd., I,14: PL 133,49). Er versäumte jedoch nicht, auch den Dienst des Wortes und des Vorbilds wahrzunehmen, als »überfließende Quelle«, wobei er »diese Welt als unendlich elend beklagte« (ebd., I,17: PL 133,51). In einem einzigen Mönch, so sein Biograph, kamen die verschiedenen Tugenden zusammen, die in den anderen Klöstern nur vereinzelt vorhanden waren: »In seiner Güte schöpfte Jesus aus den verschiedenen Gärten der Mönche und schuf an einem kleinen Ort ein Paradies, um aus seiner Quelle die Herzen der Gläubigen zu tränken« (ebd., I,14: PL 133,49).

In einer Predigt zu Ehren von Maria von Magdala offenbart uns der Abt von Cluny, wie er das monastische Leben verstand: »Maria, die zu Füßen des Herrn saß und aufmerksam sein Wort hörte, ist das Symbol für den süßen Wohlgeschmack des kontemplativen Lebens – je mehr man davon kostet, desto mehr führte er die Seele dazu, sich von den sichtbaren Dingen und von der Unruhe weltlicher Sorgen zu lösen« (In ven. S. Mariae Magd.: PL 133,717). Diese Auffassung bestätigt und entfaltet Odo in seinen anderen Schriften, in denen die Liebe zur Innerlichkeit durchscheint sowie eine Auffassung von der Welt als schwache und vergängliche Wirklichkeit, von der man sich entfernen muß; eine stets vorhandene Neigung, sich von den Dingen zu lösen, die als Quellen der Unruhe wahrgenommen werden; eine scharfes Bewußtsein für die Gegenwart des Bösen bei den verschiedenen Menschen und eine tiefe eschatologische Sehnsucht. Diese Weltanschauung mag der unseren zwar ziemlich fernstehen, aber Odos Auffassung, die die Vergänglichkeit der Welt sieht, hebt den Wert der Innerlichkeit hervor, die für den anderen, für die Nächstenliebe offen ist. Gerade so verwandelt sie das Leben und öffnet die Welt für Gottes Licht.

Besondere Erwähnung verdient die »Verehrung « des Leibes und des Blutes Christi, die Odo angesichts einer weitverbreiteten Nachlässigkeit, die er aufrichtig bedauerte, stets mit Überzeugung förderte. Er war nämlich fest überzeugt von der wirklichen Gegenwart von Leib und Blut des Herrn in den eucharistischen Gestalten, kraft der Wesensverwandlung von Brot und Wein. Er schrieb: »Gott, der Schöpfer aller Dinge, nahm das Brot und sagte, daß es sein Leib ist, den er für die Welt hingibt, und er teilte den Wein aus und nannte ihn sein Blut«; nun »ist es Naturgesetz, daß auf Befehl des Schöpfers die Verwandlung geschieht«, und daher »verwandelt die Natur sofort ihre gewöhnliche Beschaffenheit: Das Brot wird unverzüglich zu Fleisch und der Wein zu Blut«; auf Befehl des Herrn »verwandelt sich das Wesen« (Odonis Abb. Cluniac. Occupatio, Hrg. A. Swoboda, Leipzig 1900, S. 121). Leider, so schreibt unser Abt, wird dieses »hochheilige Geheimnis des Leibes des Herrn, in dem das ganze Heil der Welt besteht« (Collationes, XXVIII: PL 133,572), nachlässig gefeiert. »Die Priester«, so mahnt er, »die unwürdig an den Altar treten, beflecken das Brot, also den Leib Christi« (ebd., PL 133,572–573). Nur wer geistlich mit Christus vereint ist, kann würdig an seinem eucharistischen Leib teilhaben: Im gegenteiligen Fall gereicht das Essen seines Leibes und das Trinken seines Blutes nicht zum Nutzen, sondern zum Gericht (vgl. ebd., XXX, PL 133,575). All das lädt uns ein, mit neuer Kraft und Tiefe an die Wahrheit der Gegenwart des Herrn zu glauben. Die Gegenwart des Schöpfers unter uns, der sich unseren Händen übergibt und uns verwandelt wie er Brot und Wein verwandelt, verwandelt so die Welt.

Der hl. Odo war sowohl für die Mönche als auch für die Gläubigen seiner Zeit ein wahrer geistlicher Führer. Als Abhilfe gegen die »weit verbreitete Lasterhaftigkeit« in der Gesellschaft schlug er mit Nachdruck eine radikale Änderung des Lebens vor, auf der Grundlage der Demut, der Strenge, der Loslösung von den vergänglichen Dingen und des Strebens nach den ewigen (vgl. Collationes, XXX, PL 133,613). Obwohl er die Situation seiner Zeit realistisch beurteilt, gibt Odo nicht dem Pessimismus nach, sondern erklärt: »Wir sagen dies nicht, um jene, die sich bekehren wollen, in Verzweiflung zu stürzen. Die göttliche Barmherzigkeit ist stets bereit; sie wartet auf die Stunde unserer Bekehrung« (ebd.: PL 133,563). Und er ruft aus: »O unergründliche Tiefe der göttlichen Barmherzigkeit! Gott verfolgt die Schuld und schützt dennoch die Sünder« (ebd.: PL 133,592). Von dieser Überzeugung getragen verweilte der Abt von Cluny gern bei der Betrachtung der Barmherzigkeit Christi, des Retters, den er sehr eindrücklich als den »die Menschen Liebenden « bezeichnete: »amator hominum Christus« (ebd., LIII: PL 133,637). Er sagt, daß Jesus die Geißelung, die uns zugestanden hätte, auf sich genommen hat, um so das Geschöpf zu retten, das sein Werk ist und das er liebt (vgl. ebd.: PL 133,638).

Hier erscheint ein Charakterzug des heiligen Abtes, der auf den ersten Blick fast unter seinem strengen Reformgeist verborgen bleibt: die tiefe Güte seines Herzens. Er war zwar streng, vor allem aber war er gut, ein Mann von großer Güte, einer Güte, die aus der Berührung mit der göttlichen Güte kommt. Odo, so sagen seine Zeitgenossen, strahlte um sich herum die Freude aus, die ihn erfüllte. Sein Biograph bezeugt, niemals aus dem Mund eines Menschen »so sanftmütige Worte« vernommen zu haben (ebd., I,17: PL 133,31). Er pflegte – so der Biograph – die Kinder, denen er auf der Straße begegnete, zum Singen aufzufordern, um ihnen dann ein kleines Geschenk zu machen. Und er fügt hinzu: »Seine Worte waren voller Jubel…, seine Heiterkeit brachte tiefe Freude in unser Herz« (ebd., II,5: PL 133,63). Auf diese Weise nährte der energische und gleichzeitig liebenswerte mittelalterliche Abt, dem die Reform am Herzen lag, durch einprägsames Handeln sowohl bei den Mönchen als auch bei den gläubigen Laien seiner Zeit den Vorsatz, eifrig auf dem Weg der christlichen Vollkommenheit voranzuschreiten.

Wir wollen hoffen, daß seine Güte, die Freude, die aus dem Glauben kommt, vereint mit der Strenge und dem Widerstand gegen die Lasterhaftigkeit der Welt, auch unser Herz berühren, damit auch wir die Quelle der Freude finden können, die aus Gottes Güte entspringt.

Der heilige Abt Odo von Cluny, über den ich heute sprechen möchte, zählt zu den großen Mönchsgestalten des Mittelalters. Um 880 geboren, verbrachte der junge Odo einige Jahre in Tours am Grab des heiligen Martin, unter dessen Schutz ihn sein Vater gestellt hatte. Angezogen vom benediktinischen Mönchsideal, trat Odo als Dreißigjähriger in die Abtei Baume ein. Im Jahre 927 wurde er der zweite Abt der Gründung in Cluny, die zu einem Zentrum des geistlichen Lebens werden sollte. Als dessen Leiter übte Odo großen Einfluß auf viele Benediktinerklöster in Europa aus, die sich seiner Reform anschlossen. Mehrere Male besuchte Odo Rom und die umliegenden Klöster. Hier erkrankte er auch und starb schließlich am 18. November 942 in Tours, der Stadt seines Schutzheiligen Martin. Odo war eine geistliche Führungsgestalt nicht nur für die Mönche, sondern auch für die Gläubigen seiner Zeit. Ein Anliegen war ihm unter anderem die würdige Feier der Eucharistie, in der das Heil der Welt geschenkt wird und Christus wirklich mit Leib und Blut gegenwärtig ist. Odo rief die Menschen zu einem Leben in Demut, in der Freiheit von den weltlichen Dingen und in der Liebe zu den ewigen Gütern auf. Dabei vertraute er auf die göttliche Barmherzigkeit, die auf unsere Umkehr wartet. So bezeichnete er Christus als „amator hominum“, der die Menschen liebt und für sie ihre Lasten trägt, und nannte Maria vertrauensvoll „mater misericordiae“, Mutter der Barmherzigkeit.

* * *

Gerne grüße ich die Pilger und Besucher aus Deutschland, Österreich und Luxemburg. Einen besonderen Gruß richte ich an die Teilnehmer am Fackellauf der Schönstatt-Mannes-Jugend. Das Beispiel des heiligen Abtes und Reformers Odo sporne uns an, uns ganz auf Gott auszurichten und auf dem Weg des christlichen Lebens freudig voranzuschreiten. Der Herr behüte euch alle.

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Der Heilige Stuhl

SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/de/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090902.html

BENEDICTO XVI

AUDIENCIA GENERAL

Miércoles 2 de septiembre de 2009

San Odón, abad de Cluny


Queridos hermanos y hermanas:

Tras una larga pausa, quiero reanudar la presentación de los grandes escritores de la Iglesia de Oriente y de Occidente de la época medieval, porque, como en un espejo, en sus vidas y en sus escritos vemos lo que significa ser cristianos. Os propongo hoy la figura luminosa de san Odón, abad de Cluny: se sitúa en el medievo monástico que vio la sorprendente difusión en Europa de la vida y de la espiritualidad inspiradas en la Regla de san Benito. Se produjo durante aquellos siglos una prodigiosa aparición y multiplicación de claustros que, ramificándose en el continente, difundieron en él ampliamente el espíritu y la sensibilidad cristianas. San Odón nos conduce, en particular, a un monasterio, Cluny, que durante la edad media fue uno de los más ilustres y famosos, y todavía hoy revela a través de sus ruinas majestuosas las huellas de un pasado glorioso por la entrega intensa a la ascesis, al estudio y, de modo especial, al culto divino, rodeado de dignidad y belleza.

Odón fue el segundo abad de Cluny. Había nacido hacia el 880, en los confines entre Maine y Turena, en Francia. Su padre lo consagró al santo obispo Martín de Tours, a cuya sombra benéfica y en cuya memoria Odón pasó toda su vida, concluyéndola al final cerca de su tumba. La elección de la consagración religiosa estuvo en él precedida por la experiencia de un momento de gracia especial, del que él mismo habló a otro monje, Juan el Italiano, que después fue su biógrafo. Odón era aún adolescente, de unos dieciséis años de edad, cuando, en una vigilia de Navidad, sintió cómo le salía espontáneamente de los labios esta oración a la Virgen: "Señora mía, Madre de misericordia, que en esta noche diste a luz al Salvador, ora por mí. Que tu parto glorioso y singular sea, oh piadosísima, mi refugio" (Vita sancti Odonis, I, 9: PL 133, 747). El apelativo "Madre de misericordia", con el que el joven Odón invocó entonces a la Virgen, será la forma que elegirá para dirigirse siempre a María, llamándola también "única esperanza del mundo... gracias a la cual se nos han abierto las puertas del paraíso" (In veneratione S. Mariae Magdalenae: PL 133, 721). En aquel tiempo empezó a profundizar en la Regla de san Benito y a observar algunas de sus indicaciones, "llevando, sin ser monje todavía, el yugo ligero de los monjes" (ib., I, 14: PL 133, 50). En uno de sus sermones Odón se refirió a san Benito como "faro que brilla en la tenebrosa etapa de esta vida" (De sancto Benedicto abbate: PL 133, 725), y lo calificó como "maestro de disciplina espiritual" (ib.: PL 133, 727). Con afecto destacó que la piedad cristiana "con más viva dulzura hace memoria" de él, consciente de que Dios lo ha elevado "entre los sumos y elegidos Padres de la santa Iglesia" (ib.: PL 133, 722).

Fascinado por el ideal benedictino, Odón dejó Tours y entró como monje en la abadía benedictina de Baume, para pasar después a la de Cluny, de la que se convirtió en abad en el año 927. Desde ese centro de vida espiritual pudo ejercer una amplia influencia en los monasterios del continente. De su guía y de su reforma se beneficiaron también en Italia distintos cenobios, entre ellos el de San Pablo extramuros. Odón visitó Roma más de una vez, llegando también a Subiaco, Montecassino y Salerno. Fue precisamente en Roma donde, en el verano del año 942, cayó enfermo. Sintiéndose próximo a la muerte, quiso volver a toda costa junto a su san Martín, en Tours, donde murió durante el octavario del santo, el 18 de noviembre del 942. Su biógrafo, al subrayar en Odón la "virtud de la paciencia", ofrece un largo elenco de otras virtudes suyas, como el menosprecio del mundo, el celo por las almas, el compromiso por la paz de las Iglesias. Grandes aspiraciones del abad Odón eran la concordia entre reyes y príncipes, la observancia de los mandamientos, la atención a los pobres, la enmienda de los jóvenes, el respeto a las personas ancianas (cf. Vita sancti Odonis, I, 17: PL 133, 49). Amaba la celdita en la que residía, "alejado de los ojos de todos, preocupado por agradar sólo a Dios"(ib., I, 14: PL 133, 49). No dejaba, sin embargo, de ejercitar también, como "fuente sobreabundante", el ministerio de la palabra y del ejemplo, "llorando este mundo como inmensamente mísero" (ib., I, 17: PL 133, 51). En un solo monje, comenta su biógrafo, se hallaban reunidas las distintas virtudes existentes de forma dispersa en los otros monasterios: "Jesús, en su bondad, tomando en los diversos jardines de los monjes, formaba en un pequeño lugar un paraíso, para regar desde su fuente los corazones de los fieles" (ib., I, 14: PL 133, 49).

En un pasaje de un sermón en honor de María Magdalena, el abad de Cluny nos revela cómo concebía la vida monástica: "María que, sentada a los pies del Señor, con espíritu atento escuchaba su palabra, es el símbolo de la dulzura de la vida contemplativa, cuyo sabor, cuanto más se gusta, tanto más induce al alma a desasirse de las cosas visibles y de los tumultos de las preocupaciones del mundo" (In ven. S. Mariae Magd., PL 133, 717). Es una concepción que Odón confirma y desarrolla en otros escritos suyos, de los que se trasluce su amor por la interioridad, una visión del mundo como realidad frágil y precaria de la que hay que desarraigarse, una inclinación constante al desprendimiento de las cosas consideradas como fuente de inquietud, una aguda sensibilidad por la presencia del mal en las diferentes categorías de hombres, una íntima aspiración escatológica. Esta visión del mundo puede parecer bastante alejada de la nuestra, y sin embargo la de Odón es una concepción que, viendo la fragilidad del mundo, valora la vida interior abierta al otro, al amor por el prójimo, y precisamente así transforma la existencia y abre el mundo a la luz de Dios.

Merece particular mención la "devoción" al Cuerpo y a la Sangre de Cristo que Odón, frente a una difundida negligencia, que él deplora vivamente, cultivó siempre con convicción. En efecto, estaba firmemente convencido de la presencia real, bajo las especies eucarísticas, del Cuerpo y de la Sangre del Señor, en virtud de la conversión "sustancial" del pan y del vino. Escribía: "Dios, el Creador de todo, tomó el pan, diciendo que era su Cuerpo y que lo habría ofrecido por el mundo, y distribuyó el vino, llamándolo su Sangre"; ahora bien, "es ley de naturaleza que tenga lugar la transformación según el mandato del Creador", y por tanto, he aquí que "inmediatamente la naturaleza cambia su condición habitual: sin tardar el pan se convierte en carne, y el vino se convierte en sangre"; a la orden del Señor "la sustancia se transforma" (Odonis Abb. Cluniac. occupatio, ed. A. Swoboda, Lipsia 1900, p. 121). Desgraciadamente, anota nuestro abad, este "sacrosanto misterio del Cuerpo del Señor, en el que consiste toda la salvación del mundo" (Collationes, XXVIII: PL 133, 572), es celebrado con negligencia. "Los sacerdotes —advierte— que acceden al altar indignamente, manchan el pan, es decir, el Cuerpo de Cristo" (ib.: PL 133, 572-573). Sólo el que está unido espiritualmente a Cristo puede participar dignamente de su Cuerpo eucarístico: en caso contrario, comer su carne y beber su sangre no le sería de beneficio, sino de condena" (cf. ib., XXX, PL 133, 575). Todo esto nos invita a creer con nueva fuerza y profundidad la verdad de la presencia del Señor. La presencia del Creador entre nosotros, que se entrega en nuestras manos y nos transforma como transforma el pan y el vino, transforma así el mundo.

San Odón ha sido un verdadero guía espiritual tanto para los monjes como para los fieles de su tiempo. Ante el "gran número de vicios" difundidos en la sociedad, el remedio que él proponía con decisión era el de un cambio radical de vida, fundado en la humildad, la austeridad, el desapego de las cosas efímeras y la adhesión a las eternas (cf. Collationes, XXX, PL 133, 613). A pesar del realismo de su diagnóstico sobre la situación de su tiempo, Odón no se rinde al pesimismo: "No decimos esto —precisa— para precipitar en la desesperación los que quieran convertirse. La misericordia divina está siempre disponible; ella espera la hora de nuestra conversión" (ib.: PL 133, 563). Y exclama: "¡Oh inefables entrañas de la piedad divina! Dios persigue las culpas y sin embargo protege a los pecadores" (ib.: PL 133, 592). Sostenido por esta convicción, el abad de Cluny amaba detenerse en la contemplación de la misericordia de Cristo, el Salvador que él calificaba sugestivamente como "amante de los hombres": "amator hominum Christus" (ib., LIII: PL 133, 637). Jesús tomó sobre sí los flagelos que nos correspondían a nosotros —observa— para salvar así a la criatura que es obra suya y a la que ama (cf. ib.: PL 133, 638).

Aparece aquí un rasgo del santo abad a primera vista casi escondido bajo el rigor de su austeridad de reformador: la profunda bondad de su alma. Era austero, pero sobre todo era bueno, un hombre de una gran bondad, una bondad que proviene del contacto con la bondad divina. Odón, como nos dicen sus contemporáneos, difundía a su alrededor la alegría de la que rebosaba. Su biógrafo atestigua que no había oído nunca salir de boca de hombre "tanta dulzura de palabra" (ib., I 17: PL 133, 31). Acostumbraba, recuerda su biógrafo, invitar a cantar a los niños que encontraba por el camino para después hacerles algún pequeño regalo, y añade: "Sus palabras estaban llenas de gozo..., su hilaridad infundía en nuestro corazón una íntima alegría" (ib., II, 5: PL 133, 63). De esta forma el vigoroso y al mismo tiempo amable abad medieval, apasionado por la reforma, con acción incisiva alimentaba en los monjes, como también en los fieles laicos de su tiempo, el propósito de progresar con paso diligente por el camino de la perfección cristiana.

Esperamos que su bondad, la alegría que nace de la fe, unidas a la austeridad y a la oposición a los vicios del mundo, toquen también nuestro corazón, a fin de que también nosotros podamos hallar la fuente de la alegría que brota de la bondad de Dios.

Saludos

Ayer hemos recordado el 70° aniversario del comienzo de la segunda guerra mundial. En la memoria de los pueblos permanecen las tragedias humanas y la absurdidad de la guerra. Pidamos a Dios que el espíritu del perdón, de la paz y de la reconciliación se apodere de los corazones de los hombres. Europa y el mundo de hoy necesitan un espíritu de comunión. Construyámosla sobre Cristo y su Evangelio, sobre el fundamento de la caridad y de la verdad. A vosotros aquí presentes y a todos los que contribuyen a crear el clima de la paz imparto de corazón mi bendición.

(En español)

Saludo cordialmente a los fieles de lengua española. En particular a las Hijas de María Auxiliadora, a las Siervas de María Ministras de los Enfermos y a las Hermanas de la Caridad Dominicas de la Presentación. Así como a los grupos provenientes de Viña del Mar, Chile; de Venezuela; de Terrassa, España; y del movimiento de Schönstatt en Argentina. Aliento a todos a aprovechar la visita a Roma para profundizar en la fe y en el gozo de pertenecer a la Iglesia. Muchas gracias.

(En italiano)

Os invito a vosotros, jóvenes, a acoger y vivir la Palabra del Señor con la valentía y la originalidad que caracterizan a vuestra edad. A vosotros, queridos enfermos, os animo a conservar en el corazón las enseñanzas evangélicas para sacar de ellas fuerza, serenidad y apoyo en la prueba del sufrimiento. A vosotros, recién casados, os deseo que emprendáis con generosa fidelidad el itinerario sugerido por el Hijo de Dios, a fin de que vuestra familia se edifique sobre la roca firme de su Palabra.

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La Santa Sede

SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/es/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090902.html

PAPA BENTO XVI

AUDIÊNCIA GERAL

Quarta-feira, 2 de Setembro de 2009

Santo Odon de Cluny

Queridos irmãos e irmãs

Depois de uma longa pausa, gostaria de retomar a apresentação dos grandes Escritores da Igreja do Oriente e do Ocidente da época medieval porque, como num espelho, nas suas vidas e nos escritos vemos o que quer dizer ser cristão. Hoje proponho-vos a figura luminosa de Santo Odon, abade de Cluny:  ela insere-se naquela idade média monástica que viu o surpreendente difundir-se na Europa da vida e da espiritualidade inspiradas na Regra de São Bento. Naqueles séculos houve um prodigioso surgir e multiplicar-se de claustros que, ramificando-se no continente, difundiram amplamente o espírito e a sensibilidade cristã. Santo Odon leva-nos, em particular, a um mosteiro, Cluny, que na idade média foi um dos mais ilustres e celebrados, e ainda hoje revela através das suas ruínas majestosas os sinais de um passado glorioso pela intensa dedicação à ascese, ao estudo e, de modo especial, ao culto divino, repleto de decoro e de beleza.

Odon foi o segundo abade de Cluny. Nascera por volta de 880, nos confins entre o Maine e a Touraine, na França. O seu pai consagrou-o ao santo bispo Martinho de Tours, sob cujas sombra benéfica e memória, depois, Odon passou toda a sua vida, concluindo-a no final junto do seu túmulo. Nele, a escolha da consagração religiosa foi precedida pela experiência de um momento de graça especial, do qual ele mesmo falou a outro monge, João, o Italiano, que depois foi seu biógrafo. Odon era ainda adolescente, tinha cerca de 16 anos quando, durante uma vigília de Natal, sentiu subir espontaneamente aos lábios esta oração à Virgem:  "Minha Senhora, Mãe de misericórdia, que nesta noite deste à luz o Salvador, intercede por mim. Ó Piedosíssima, o teu parto glorioso e singular seja o meu refúgio" (Vita sancti Odonis, I, 9:  PL 133, 747). O apelativo "Mãe de misericórdia", com que então o jovem Odon invocou a Virgem, será aquele com que depois gostará de se dirigir a Maria, chamando-lhe também "única esperança do mundo... graças à qual nos foram abertas as portas do paraíso" (In veneratione S. Mariae Magdalenae:  PL 133, 721). Nessa época, encontrou a Regra de São Bento e começou algumas das suas observâncias, "carregando, quando ainda não era monge, o jugo leve dos monges" (ibid., I, 14:  PL 133, 50). Num dos seus sermões, Odon celebrará Bento como "lâmpada que resplandece no estádio tenebroso desta vida" (De sancto Benedicto abbate:  PL 133, 725), e qualificá-lo-á como "mestre de disciplina espiritual" (ibid.:  PL 133, 727). Com afecto, relevará que a piedade cristã "com maior docilidade faz memória" dele, na consciência de que Deus o elevou "entre os sumos e eleitos Padres na santa Igreja" (ibid.:  PL 133, 722).

Fascinado pelo ideal beneditino, Odon deixou Tours e entrou como monge na abadia beneditina de Baume, e depois passou para a de Cluny, da qual se tornou abade em 927. Daquele centro de vida espiritual pôde exercer uma vasta influência sobre os mosteiros do continente. Da sua guia e da sua reforma beneficiaram também na Itália diversos cenóbios, entre os quais o de São Paulo fora dos Muros. Odon visitou Roma várias vezes, chegando também a Subiaco, Montecassino e Salerno. Foi precisamente em Roma que, no Verão de 942, adoeceu. Sentindo-se próximo do fim, com todos os esforços quis regressar depressa junto do seu São Martinho, em Tours, onde faleceu no oitavário do Santo, no dia 18 de Novembro de 942. Ao sublinhar em Odon a "virtude da paciência", o biógrafo oferece um longo elenco de outras suas virtudes, como o desprezo pelo mundo, o zelo pelas almas e o compromisso pela paz das Igrejas. Grandes aspirações do abade Odon eram a concórdia entre os reis e os príncipes, a observância dos mandamentos, a atenção aos pobres, o emendamento dos jovens, o respeito pelos idosos (cf. Vita sancti Odonis, I 17:  PL 133, 49). Gostava da pequena cela onde residia, "subtraído aos olhos de todos, solícito em agradar somente a Deus" (ibid., I 14:  PL 133, 49). Porém, não deixava de exercer também, como "fonte superabundante", o ministério da palavra e do exemplo, "chorando este mundo como imensamente miserável" (ibid., I 17:  PL 133, 51). Num só monge, comenta o seu biógrafo, encontravam-se reunidas as diversas virtudes existentes de forma espalhada nos outros mosteiros:  "Jesus na sua bondade, haurindo dos vários jardins dos monges, formava num pequeno lugar um paraíso, para irrigar a partir da sua fonte os corações dos fiéis" (ibid., I 14:  PL 133, 49).

Num trecho de um sermão em honra a Maria de Magdala, o abade de Cluny revela-nos como ele concebia a vida monástica:  "Maria que, sentada aos pés do Senhor, com espírito atento ouvia a sua palavra, é o símbolo da docilidade da vida contemplativa cujo gosto, quanto mais é saboreado, tanto mais induz a alma a desapegar-se das coisas visíveis e dos tumultos das preocupações do mundo" (In ven. S. Mariae Magd., PL 133, 717). É uma concepção que Odon confirma e desenvolve nos outros seus escritos, dos quais transparecem o amor pela interioridade, uma visão do mundo como de uma realidade frágil e precária da qual desarraigar-se, uma inclinação constante ao desapego das coisas sentidas como fontes de inquietação, uma sensibilidade perspicaz pela presença do mal nas várias categorias de homens e uma íntima aspiração escatológica. Esta visão do mundo pode parecer bastante distante da nossa, todavia a de Odon é uma concepção que, vendo a fragilidade do mundo, valoriza a vida interior aberta ao outro, ao amor pelo próximo, e precisamente assim transforma a existência e abre o mundo à luz de Deus.

Merece particular menção a "devoção" ao Corpo e ao Sangue de Cristo que Odon, diante de uma difundida negligência por ele vivamente deplorada, sempre cultivou com convicção. Com efeito, estava firmemente persuadido da presença real, sob as espécies eucarísticas, do Corpo e do Sangue do Senhor, em virtude da conversão "substancial" do pão e do vinho. Escrevia:  "Deus, o Criador de tudo, tomou o pão, dizendo que era o seu Corpo, e que o teria oferecido pelo mundo, e distribuiu o vinho, chamando-lhe seu Sangue"; pois bem, "é lei de natureza que se verifique a mudança segundo o mandamento do Criador", e eis, portanto, que "imediatamente a natureza muda a sua condição habitual:  sem hesitação, o pão torna-se carne, e o vinho torna-se sangue"; à ordem do Senhor, "a substância transforma-se" (Odonis Abb. Cluniac. occupatio, ed. A. Swoboda, Leipzig 1900, pág. 121). Infelizmente, anota o nosso abade, este "sacrossanto mistério do Corpo do Senhor, no qual consiste toda a salvação do mundo" (Collationes, XXVIII:  PL 133, 572), é celebrado com negligência. "Os sacerdotes, ele admoesta, que acedem ao altar indignamente, mancham o pão, ou seja, o Corpo de Cristo" (ibid.:  pl 133, 572-573). Só quem está unido espiritualmente a Cristo pode participar de modo digno no seu Corpo eucarístico:  caso contrário, comer a sua carne e beber o seu sangue não seria um benefício, mas uma condenação (cf. ibid., XXX:  PL 133, 575). Tudo isto nos convida a crer com nova força e profundidade na verdade da presença do Senhor.  A  presença  do  Criador  no meio de nós, que se entrega nas nossas mãos e nos transforma como transforma o pão e o vinho, assim transforma o mundo.

Santo Odon foi um verdadeiro guia espiritual, quer para os monges quer para os fiéis do seu tempo. Diante da "vastidão dos vícios" difundidos na sociedade, o remédio que ele propunha com decisão era o de uma mudança de vida radical, fundada sobre a humildade, a austeridade, o desapego das coisas efémeras e a adesão às eternas (cf. Collationes, XXX:  PL 133, 613). Não obstante o realismo do seu diagnóstico a respeito da situação da sua época, Odon não se abandona ao pessimismo:  "Não dizemos isto — esclarece ele — para fazer precipitar no desespero quantos quiserem converter-se. A misericórdia divina está sempre disponível; ela espera a hora da nossa conversão" (ibid.:  PL 133, 563). E exclama:  "Ó inefáveis vísceras da piedade divina! Deus persegue as culpas e todavia protege os pecadores" (ibid.:  PL 133, 592). Fortalecido por esta convicção, o abade de Cluny gostava de se deter na contemplação da misericórdia de Cristo, o Salvador que sugestivamente ele qualificava como "amante dos homens":  "amator hominum Christus" (ibid., LIII:  PL 133, 637). Jesus assumiu sobre si os flagelos que seriam reservados a nós — observa — para salvar assim a criatura, que é sua obra e que Ele ama (cf. ibid.:  PL 133, 638).

Aqui aparece uma característica do santo abade, à primeira vista quase escondida sob o rigor da sua austeridade de reformador:  a profunda bondade da sua alma. Era austero, mas sobretudo bom, um homem de grande bondade, uma bondade que provém do contacto com a bondade divina. Odon, assim nos dizem os seus coetâneos, difundia ao seu redor a alegria da qual estava repleto. O seu biógrafo testemunha que jamais ouviu sair da boca de um homem "tanta docilidade de palavra" (ibid., I, 17:  PL 133, 31). O biógrafo recorda que ele costumava convidar para o canto as crianças que encontrava ao longo do caminho, para depois lhes oferecer um pequeno dom, e acrescenta:  "As suas palavras eram cheias de exultação... a sua hilaridade infundia no nosso coração uma alegria íntima" (ibid., II, 5:  PL 133, 63). Deste modo, o vigoroso e ao mesmo tempo amável abade medieval, apaixonado pela reforma, com uma acção incisiva, alimentava nos monges, como também nos fiéis leigos do seu tempo, o propósito de progredir com passo diligente ao longo do caminho da perfeição cristã.

Esperamos que a sua bondade, a alegria que provém da fé, unidas à austeridade e à oposição aos vícios do mundo, sensibilizem inclusive o nosso coração, a fim de que também nós possamos encontrar a fonte da alegria que jorra da bondade de Deus.

Saudações

Saúdo cordialmente os peregrinos polacos. Ontem recordámos o 70º aniversário do início da Segunda Guerra Mundial. Na memória dos povos permanecem as tragédias humanas e o absurdo da guerra. Peçamos a Deus que o espírito do perdão, da paz e da reconciliação permeie os corações dos homens. A Europa e o mundo de hoje precisam de um espírito de comunhão. Edifiquemo-la sobre Cristo e o seu Evangelho, sobre o fundamento da caridade e da verdade. A vós aqui presentes e a todos aqueles que contribuem para criar um clima de paz, concedo de coração a minha bênção.

Saúdo com amizade e gratidão todos os peregrinos de língua portuguesa, nomeadamente os grupos do Brasil. Viestes a Roma para fortalecer os vínculos de fé, esperança e amor que unem a todos os batizados na Igreja, que Jesus quis fundar sobre Pedro. Que as vossas vidas, iluminadas pela fé, e perseverantes na esperança, possam sempre testemunhar o amor de Deus. Que as suas bênçãos desçam abundantes sobre vós e vossas famílias.

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A Santa Sé

SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/pt/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090902.html