mercredi 30 janvier 2019

Bienheureux ALAIN de LILLE, moine cistercien, théologien, philosophe, poète et historien


Alain de Lille (Alanus de Insulis), théologien, philosophe, poète et historien du XIIesiècle, surnommé par ses contemporains Doctor universalis. Il est né à Lille entre 1114 et 1128 et il mourut à Cîteauxhttp://www.cosmovisions.com/monu.gif le 16 juillet 1202, selon la date donnée par Alberic de Trois-Fontaines et la Grande Chronique Belgique, et selon l'obituaire de Cîteaux , on peut placer sa mort entre le 14 avril 1202 et le 5 avril 1203. La vie de maître Alain est peu connue; il a été souvent confondu avec d'autres personnages du temps, notamment avec un Alain, évêque d'Auxerre, né comme lui, ou élevé à Lille. Il est donc assez difficile de tracer sa biographie. 

Si l'on en croit Henri de Gand, écrivain du XIIIe siècle, Alain aurait dirigé les écoles de Paris. Il aurait enseigné les sept arts libéraux (http://www.cosmovisions.com/btcf.gifTrivium et Quadrivium), les lois et les décrets. Il aurait eu la hardiesse de tenter l'explication du mystèrehttp://www.cosmovisions.com/rouer.gif de la Sainte Trinitéhttp://www.cosmovisions.com/rouer.gif et, pris de remords, se serait retiré à l'abbaye de Cîteaux. D'autre part, dom Brial, dans l'Histoire littéraire de la France, croit pouvoir identifier Alain de Lille avec un maître Alain dont parle Gervais, moine de Canterbury, qui écrivait au XIIesiècle. Suivant cette version, Alain aurait embrassé la règle de saint Benoît, serait devenu prieur du monastère de Canterbury, le 6 août 1479 et, après des démélés avec le roi d'Angleterre, aurait été nommé abbé de Tewksbury, dans le comté de Glocester. Puis, il serait revenu en France et aurait terminé ses jours à Cîteaux. Il est certain en effet qu'il fut enterré dans le cloître de cette abbaye. 


Dom Martène a laissé une description de son tombeau et relevé l'inscription suivante qui semble confirmer le dire d'Henri de Gand :


Alanum brevis hora, brevi tumulo sepelivit

Qui duo, qui septem, qui totum scibile scivit,
Scire suum moriens dare vel retinere nequivit.

Les poésies d'Alain de Lille sont parmi ses meilleures oeuvres : les vers en sont brillants, élégants, d'une bonne latinité. Elles ne manquent ni d'esprit ni d'agrément. Ses traités de polémique ont la rigueur logique, caractéristique de l'École. Quant à la philosophie d'Alain, elle est développée principalement dans l'Anti-Claudianus et le De planctu Naturae

"La recherche actuelle a montré l’importance d’Alain de Lille dans l’importance accordée à la raison naturelle : parent avec Richard de St Victor, ami de T. Becket, héritier de la théologie porrétaine et de l’école de Chartres, il est un véritable “carrefour” qui a su en demeurant dans l’orthodoxie donner à la scolastique un compendium de ces sources capitales dans les Règles de Théologie dont les innovations langagières permettent de mesurer l’importance.

Il est l’auteur d’un “sermon sur la sphère intelligible” qui sera l’une des bases de la conception cosmologique jusqu’à Nicolas de Cues qui permettant de comprendre cette sphère comme Dieu, ou mieux comme le cosmos prolongera l’effort d’Alain de Lille vers une rationalité systématique. Alain de Lille sur cette seule question, énoncée de façon synthétique en Reg Th 17 extrait le meilleur du Liber de Causis et de Boèce, et donc du néoplatonisme, tout en conservant l’héritage augustinien si présent dans la théologie victorine. (Jean Devriendt, Université P. Verlaine, Metz) "

Quelques idées d'Alain de Lille méritent d'être soulignées, car, à l'époque où elles se produisent, elles témoignent d'un grand progrès vers la liberté de pensée. Ainsi Alain enseigne que la Raison sous le contrôle de la Prudence peut, uniquement à l'aide des sens, découvrir toutes les vérités d'ordre physique. En ce qui concerne les vérités religieuses, la raison ne doit prendre d'autre guide que la foihttp://www.cosmovisions.com/rouer.gif; cependant il n'est pas interdit de leur chercher une explication-rationnelle; elles se peuvent démontrer d'une façon géométrique, comme des théorèmes qui se succèdent et qui sont enchaînés si rigoureusement les uns aux autres que prouver la vérité de l'un quelconque c'est prouver la vérité de la série tout entière. Cette méthode que Spinoza devait appliquer à son système philosophique a été employée par Alain, sur une échelle infiniment moins vaste, dans son traité De arte fidei. (R. S., merci à J. Devriendt pour ses remarques).

En bibliothèque. - De nombreux détails sont donnés dans les études de Françoise Hudry. Son excellente traduction des Règles de Théologie : suivi de, Sermon sur la sphère intelligible a été publiée aux éd. du Cerf en 1995, précédée d’une introduction à sa vie et sa pensée; une brève bibliographie s’y ajoute. 

Jean-Luc Solère, Anca Vasiliu et Alain Galonnier (éditeurs), Alain de Lille, le docteur universel  : philosophie, théologie et littérature au XIIe siècle : actes du XIe Colloque international de la Société Internationale pour l'Étude de la Philosophie médiévale, Paris, 23-25 octobre 2003.

Alain Lernould, Physique et théologie : lecture du "Timée" de Platon par Proclus, Presses universitaires du Septentrion, 2001

La liste des œuvres d’Alain de Lille se divise en : authentiques, pseudépigraphes, fortement douteuses, non attribuées mais conformes sur le fond et la forme. L’étude de M-Th. D’Alverny, datée de 1965, mais toujours citée comme référence, en a dressé une liste.



Poète et théologien, Alain de Lille (1120?-1202) fit partie de la réaction mystique de la deuxième moitié du XIIe siècle contre les premiers représentants de la philosophie scolastique. Son mysticisme, cependant, est loin d'être aussi absolu que celui des Victorins. En témoigne l' Anticlaudianus (traité sur la morale pastichant le Contre Rufin  du poète latin Claudien), son autre œuvre majeure avec La Plainte de la Nature : il y exprime l'idée que la raison, guidée par la prudence, peut par elle-même découvrir la plupart des vérités de l'ordre physique, mais pour l'appréhension des vérités religieuses elle doit se fier à la foi.


Le versant purement théologique de son œuvre en fait un représentant majeur de la grammaire spéculative appliquée à la théologie. Ayant vécu entre la Somme théologique de Pierre Lombard et les œuvres de Thomas d'Aquin, il reste durant les XIIIe et XIVe siècles une des autorités citées communément par tous les auteurs. Doté d’une plume alerte et d’une pensée riche, Alain de Lille assurait qu’il y avait toujours trois manières de goûter ses œuvres : « l’entendement puéril », qui cherche le plaisir, peut se contenter du sens littéral, ceux qui veulent profiter de la lecture ont à leur disposition un sens moral ; enfin, une intelligence plus fine trouve à s’aiguiser sur le sens allégorique

Alain de l'Isle

 (Also called ALAIN OF LILLE, ALANUS AB INSULIS, or DE INSULIS, ALAIN VON RYSSEL etc.).
Monk, poet, preacher, theologian, and eclectic philosopher, b. probably at Lille, whence his name, about 1128; d. at Cîteaux, 1203. Alain, there is reason to believe, studied and taught for some time in Paris. In 1179 he took part in the Third Council of the Lateran. Later he entered the Monastery of Cîteaux, where he died in 1202 or 1203. Alain attained extraordinary celebrity in his day as a teacher and a learned man; he was called Alain the Great, The Universal Doctor, etc. To this the legend alludes, according to which a scholar, discomfited in a dialectical contest, cried out that his opponent was "either Alain or the devil". Alain's principal work is "Ars Fidei Catholicæ", dedicated to Clement III, and composed for the purpose of refuting, on rational grounds, the errors of MohammedansJews, and heretics. With the same view he wrote "Tractatus Contra Hæreticos" and "Theologicæ Regulæ". He wrote two poems, "De Planctu Naturæ" and "Anticlaudianus". The only collection of Alain's works is Migne's somewhat uncritical edition, P.L., CCX. The two poems are published by Wright in "Satirical Poets of the Twelfth Century", II (Rerum Britannicarum Scriptores). There are several of Alain's treatises still unpublished for instance, "De Virtutibus et Vitiis" (Codex, Paris, Bibl. Nat., n. 3238). Alain's theology is characterized by that peculiar variety of rationalism tinged with mysticism which is found in the writings of John Scotus Erigena, and which afterwards reappeared in the works of Raymond Lully. The mysticism is, perhaps, more in the style than in the matter; the rationalism consists in the effort to prove that all religious truths, even the mysteries of faith, flow out of principles that are self-evident to the human reason unaided by revelation. His philosophy is a syncretism, or eclecticism, in which the principal elements are PlatonismAristoteleanism, and Pythagoreanism. He esteemed Plato as the philosopherAristotle he regarded merely as a subtle logician. His knowledge of Plato he derived from Martianus Capella Apuleius, Boethius, and the members of the school of Chartres; his first-hand acquaintance with the "Dialogues" being limited to Chalcidius's rendering of a fragment of the "Timæus". He was acquainted with some of Aristotle's logical writings and with the commentaries of Boethius and Porphyry. He derived his Pythagoreanism from the so-called Hermetical writers, Asclepius and Mercurius. Finally his mystic manner was influenced by Pseudo-Dionysius and John Scotus Erigena.
The effect of all these influences was an attempt on Alain's part to fuse into one system the various elements derived from different sources, without taking much pains to find a common basis or a principle of organic synthesis. Thus, in psychology he gives at different times three different divisions of the faculties of the soul: a twofold (ratio, sensualitas), a threefold (sapientia, voluntas, voluptas), and a fivefold (sensus, imaginatio, ratio, intellectus, intelligentia). The soul, he teaches, is spirit; the body, matter (in later Platonic sense); and the bond between them is a physical spirit (spiritus physicus). In cosmology he teaches that God first created "Nature", whose role it was to act as his intermediary (Dei auctoris vicaria) in the details of creating and organizing matter into the visible universe. At every step in this portion of his philosophy the influence of the neo-Pythagoreans appears. As a writer, Alain exhibited an unusual combination of poetic imaginativeness and dialectical precision. He modeled his style on that of Martianus Capella, though in his later years the influence of Boethius was, perhaps, predominant. He is to be enumerated among the medieval writers who influenced Dante.

Sources
BAUMGARTNER, Die Philos. d. Alanus de Insulis etc. in Beitr. z. Gesch. d. Philos; d. M.A., (Münster, 1896) Bd. II; BÄUMKER, Handschriftliches zu den Werken des Alanus (Fulda, 1894); UEBERWEG, Gesch. d. Philos., (Berlin, 1905), Bd II, 9 Ed., 214 sqq.; HAURÉAU, Hist. de la phil. scol. (Paris, 1872), I, 521 sq.; DE WULF, Hist. de la phil. scol. dans les Pays-Bas (Louvain, 1895), 41 sq.; TURNER, Hist. of Phil. (Boston, 1903), 301, 302.
Turner, William. "Alain de l'Isle." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company,1907. 29 Jan. 2019 <http://www.newadvent.org/cathen/01244e.htm>.
Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. March 1, 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Blessed Alan the Great of Lille


25 January 2019, 12:26 am

Also known as
  • Doctor Universalis
Profile

PhilosopherTheologian. Renowned professoruniversities at Paris and Montpellier in France. Joined the Cistercians and lived as a exemplary monk at Citeaux, FranceWrote a number of theologicalphilosophical and apologetic works as well as poetry.

Born

ALAIN DE LILLE [Alanus de Insulis] (c. 1128-1202), French theologian and poet, was born, probably at Lille, some years before 1128. Little is known of his life. He seems to have taught in the schools of Paris,, and he attended the Lateran Council in 1179. He afterwards inhabited Montpellier (he is sometimes called Alanus de Montepessulano), lived for a time outside the walls of any cloister, and finally retired to Citeaux, where he died in 1202. He had a very widespread reputation during his lifetime and his knowledge, more varied than profound, caused him to be called Doctor universals. Among his very numerous works two poems entitle him to a distinguished place in the Latin literature of the middle ages; one of these, the De planctu naturae, is an ingenious satire on the vices of humanity; the other, the Anticlaudianus, a treatise on morals, the form of which recalls the pamphlet of Claudian against Rufinus, is agreeably versified and relatively pure in its latinity. As a theologian Alain de Lille shared in the mystic reaction of the second half of the 12th century against the scholastic philosophy. His mysticism, how-ever, is far from being as absolute as that of the Victorines. In the Anticlaudianus he sums up as follows: Reason, guided by prudence, can unaided discover most of the truths of the physical order; for the apprehension of religious truths it must trust to faith. This rule is completed in his treatise, Ars catholicae fidei, as follows: Theology itself may be demonstrated by reason. Alain even ventures an immediate application of this principle, and tries to prove geometrically the dogmas defined in the Creed. This bold attempt is entirely factitious and verbal, and it is only his employment of various terms not generally used in such a connexion (axiom, theorem, corollary, etc.) that gives his treatise its apparent originality. Alain de Lille has often been con-founded with other persons named Alain, in particular with Alain, archbishop of Auxerre; Alan, abbot of Tewkesbury, Alain de Podio, etc. Certain facts of their lives have been attributed to him, as well as some of their works: thus the Life of St Bernard should be ascribed to Main of Auxerre and the Commentary upon Merlin to Alan of Tewkesbury. Neither is the philosopher of Lille the author of a Memoriale rerum difficilium, published under his name; and it is exceedingly doubtful whether the Dicta Alani de lapide philosophico really issued from his pen. On the other hand, it now seems practically demonstrated that Alain de Lille was the author of the Ars catholicae fidei and the treatise Contra haereticos. The works of Alain de Lille have been published by Migne, Patrologia Latina, vol. cex. A critical edition of the Anticlaudianus and of the De planctu naturae is given by Th. Wright in vol. ii. of the Anglo-Latin Satirical Poets and Epigrammatists of the Twelfth Century (London, 1872). See Haureau, Memoire sur la vie et quelques oeuvres d'Alain de Lille (Paris, 1885) ; M. Baumgartner, Die Philosophie des Alanus de Insulis (Munster, 1896). • (P. A.)

End of Article: ALAIN DE LILLE [Alanus de Insulis] (c. 1128-1202)


Beato Alano Magno di Lilla

Lille, Francia – 1120 circa – Citeaux, Francia, 6 luglio 1202

Filosofo e teologo, soprannominato “doctor universalis”, nacque a Lilla intorno al 1120. Fu professore di grido a Parigi e Montpellier, tanto che per la sua dottrina eccelsa venne considerato un essere superiore, alla stregua di Alberto Magno. Prese l’abito di converso a Citeaux, dove condusse vita esemplare e dove morì il 6 luglio 1202. Non si hanno tracce di una venerazione del suo sepolcro né di altra manifestazione di culto.

L’Ordine Benedettino lo festeggia il 30 gennaio. 


Filosofo e teologo, soprannominato « Doctor universalis », nacque a Lilla ca. il 1120; fu professore di grido a Parigi e a Montpellier; prese quindi l'abito di converso a Citeaux, dove condusse vita esemplare; ivi morì il 6 lugl. 1202. Non è da confondere con l'omonimo vescovo di Auxerre (+ 1185). Profondo assimilatore di dottrine plato­nico-aristoteliche, in gran parte attinte a Boezio, piuttosto che pensatore originale, fu seguace di Gilberto Porretano, ma immune da contatti con l'aristotelismo spagnolo e arabo. Eclettico in filo­sofia, è apprezzato come teologo per l'esposizione delle massime teologiche in forma aforistica, che lo distingue dalle contemporanee trattazioni. Get­tò inoltre le basi della terminologia teologica del suo tempo e polemizzò con una certa foga dialet­tica, ma senza un vero rigore razionale. Condusse il suo sforzo di sistemazione del sapere anche in opere in versi, e congiunse l'erudizione e l'acume alla pietà.


Le sue opere (in PL, CCX) si possono suddivi­dere in:

- Scritti filosofico-teologici : Contra haereticos, in 4 II. (contro i catari, i valdesi, gli ebrei, i maomettani) : espone le tesi avversarie e le con­futa alla luce dell'ortodossia, con argomenti ora fideistici ora logici; Regulae de sacra theologia (anche Regulae caelestis iuris ovv. Maximae theo-logiae) : serie di massime intorno a Dio, ai doveri morali, alle cause (conobbe Io pseudo-aristotelico De causis); Distinctiones dictionum theologicarum : repertorio alfabetico di termini, con spiegazioni letterali e metaforiche; Summa de arte praedicatoria: trattato normativo con esempi; oltre a Sermoni, a un De sex alis Cherubini, a una Eluci­datio in Cantica canticorum, traboccante di de­vozione alla Vergine, a un Liber poenitentialis d'interesse canonico, e ad altri scritti isolati o frammentari.

- Scritti poetici : Anticlaudianus : poema apolo-getico-enciclopedico in discreti esametri, a imita­zione e confutazione dell'In Rufinum di Claudio Claudiano (secc. IV-V), assai fortunato nel Medio­evo, ripetutamente commentato e — sembra — non privo d'influssi su Dante; De planctu natu-rae : attacco satirico polimetro, con parti in prosa, contro alcuni vizi personificati in allegorie; Doctrinale minus (o liber parabolarum) : antologia di parabole in distici elegiaci, anch'essa fortunata nel Medioevo. Alcuni scritti attribuiti ad Alano non sono suoi : in primo luogo il Liber de arte catholicae fidei (dov'è applicato il metodo matematico-dedut­tivo), di cui è probabile autore Nicola di Amiens.

L'eccezionale dottrina di Alano lo fece considerare un essere superiore, alla stregua di Alberto Ma­gno, e favorì la nascita d'una idealizzazione leg­gendaria. Non si hanno tracce d'una venerazione del suo sepolcro né d'altre manifestazioni di culto, ma egli è compreso nella Brevis quorundam sanctorum et beatorum sacri Cisterciensis ordinis enumeratio dell'abate Jean de Cirey (Digione 1491) e nei martirologi cistercensi e benedettini al 30 genn. e poi al 16 lugl. La sua immagine, che ri­corre nell'iconografia di alcune chiese cistercensi, è in Ranbeck, Kalendarium Annuale Benedictinum, Augusta 1677, al 30 gennaio.


Autore: Alfonso M. Zimmermann



Chesley Martin Hutchings. « L'Anticlaudianus d'Alain de Lille. Étude de chronologie », Romania  Année 1924  197  pp. 1-13 : https://www.persee.fr/doc/roma_0035-8029_1924_num_50_197_4571


jeudi 24 janvier 2019

Saint PAUL VI, NOSTRA AETATE



PAUL, ÉVÊQUE,
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU,
AVEC LES PÈRES DU SAINT CONCILE,
POUR QUE LE SOUVENIR S'EN MAINTIENNE À JAMAIS.



DÉCLARATION SUR LES RELATIONS DE L'ÉGLISE
AVEC LES RELIGIONS NON CHRÉTIENNES

NOSTRA AETATE


1. Préambule

À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et où les relations entre les divers peuples se multiplient, l’Église examine plus attentivement quelles sont ses relations avec les religions non chrétiennes. Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et aussi entre les peuples, elle examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée.

Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la face de la terre [1] ; ils ont aussi une seule fin dernière, Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s’étendent à tous [2], jusqu’à ce que les élus soient réunis dans la Cité sainte, que la gloire de Dieu illuminera et où tous les peuples marcheront à sa lumière [3].

Les hommes attendent des diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, agitent profondément le cœur humain : Qu’est-ce que l’homme? Quel est le sens et le but de la vie? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le péché? Quels sont l’origine et le but de la souffrance? Quelle est la voie pour parvenir au vrai bonheur? Qu’est-ce que la mort, le jugement et la rétribution après la mort ? Qu’est-ce enfin que le mystère dernier et ineffable qui embrasse notre existence, d’où nous tirons notre origine et vers lequel nous tendons ?

2. Les diverses religions non chrétiennes

Depuis les temps les plus reculés jusqu’à aujourd’hui, on trouve dans les différents peuples une certaine perception de cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou même d’un Père. Cette perception et cette reconnaissance pénètrent leur vie d’un profond sens religieux. Quant aux religions liées au progrès de la culture, elles s’efforcent de répondre aux mêmes questions par des notions plus affinées et par un langage plus élaboré. Ainsi, dans l’hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l’expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance. Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l’insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront acquérir l’état de libération parfaite, soit atteindre l’illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d’en haut. De même aussi, les autres religions qu’on trouve de par le monde s’efforcent d’aller, de façons diverses, au-devant de l’inquiétude du cœur humain en proposant des voies, c’est-à-dire des doctrines, des règles de vie et des rites sacrés.

L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses [4]. Elle exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec les adeptes d’autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux.

3. La religion musulmane

L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre [5], qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.

Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté.

4. La religion juive

Scrutant le mystère de l’Église, le saint Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée d’Abraham.

L’Église du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils d’Abraham selon la foi [6], sont inclus dans la vocation de ce patriarche, et que le salut de l’Église est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. C’est pourquoi l’Église ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique Alliance, et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l’olivier sauvage que sont les Gentils [7]. L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul [8].

L’Église a toujours devant les yeux les paroles de l’apôtre Paul sur ceux de sa race « à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, et de qui est né, selon la chair, le Christ » (Rm 9, 4-5), le Fils de la Vierge Marie. Elle rappelle aussi que les Apôtres, fondements et colonnes de l’Église, sont nés du peuple juif, ainsi qu’un grand nombre des premiers disciples qui annoncèrent au monde l’Évangile du Christ.

Selon le témoignage de l’Écriture Sainte, Jérusalem n’a pas reconnu le temps où elle fut visitée [9] ; les Juifs, en grande partie, n’acceptèrent pas l’Évangile, et même nombreux furent ceux qui s’opposèrent à sa diffusion [10]. Néanmoins, selon l’Apôtre, les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance [11]. Avec les prophètes et le même Apôtre, l’Église attend le jour, connu de Dieu seul, où tous les peuples invoqueront le Seigneur d’une seule voix et « le serviront sous un même joug » (So 3, 9) [12].

Du fait d’un si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs, le saint Concile veut encourager et recommander la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bibliques et théologiques, ainsi que d’un dialogue fraternel. Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ [13], ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S’il est vrai que l’Église est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la Parole de Dieu, de n’enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l’Évangile et à l’esprit du Christ.

En outre, l’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs.

D’ailleurs, comme l’Église l’a toujours tenu et comme elle le tient encore, le Christ, en vertu de son immense amour, s’est soumis volontairement à la Passion et à la mort à cause des péchés de tous les hommes et pour que tous les hommes obtiennent le salut. Le devoir de l’Église, dans sa prédication, est donc d’annoncer la croix du Christ comme signe de l’amour universel de Dieu et comme source de toute grâce.

5. La fraternité universelle excluant toute discrimination

Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu. La relation de l’homme à Dieu le Père et la relation de l’homme à ses frères humains sont tellement liées que l’Écriture dit : « Qui n’aime pas ne connaît pas Dieu » (1 Jn 4, 8). Par là est sapé le fondement de toute théorie ou de toute pratique qui introduit entre homme et homme, entre peuple et peuple, une discrimination en ce qui concerne la dignité humaine et les droits qui en découlent.

L’Église réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation dont sont victimes des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur condition ou de leur religion. En conséquence, le saint Concile, suivant les traces des saints Apôtres Pierre et Paul, prie ardemment les fidèles du Christ « d’avoir au milieu des nations une belle conduite » (1 P 2, 12), si c’est possible, et de vivre en paix, pour autant qu’il dépend d’eux, avec tous les hommes [14], de manière à être vraiment les fils du Père qui est dans les cieux [15].

Tout l’ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans cette déclaration ont plu aux Pères du Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué pour la gloire de Dieu.

Rome, à Saint-Pierre, le 28 octobre 1965.

Moi, Paul, évêque de l’Église catholique.




Moi, Paul, évêque de l’Église catholique.

† Ego ANTONIUS titulo S. Laurentii in Panisperna Presbyter Cardinalis GAGGIANO, Archiepiscopus Bonaërensis.

Ego PETRUS titulo S. Laurentii in Lucina Presbyter Cardinalis CIRIACI.

† Ego IOSEPHUS titulo S. Mariae de Victoria Presbyter Cardinalis SIRI, Archiepiscopus Ianuensis.

† Ego IACOBUS titulo S. Mariae in Transpontina Presbyter Cardinalis LERCARO, Archiepiscopus Bononiensis.

† Ego STEPHANUS titulo S. Mariae Trans Tiberim Presbyter Cardinalis WYSZYNSKI, 
Archiepiscopus Gnesnensis et Varsaviensis, Primas Poloniae.

† Ego BENIAMINUS titulo S. Vitalis Presbyter Cardinalis DE ARRIBA Y CASTRO, Archiepiscopus Tarraconensis.

† Ego FERDINANDUS titulo S. Augustini Presbyter Cardinalis QUIROGA Y PALACIOS, Archiepiscopus Compostellanus.

† Ego PAULUS AEMILIUS titulo S. Mariae Angelorum in Thermis Presbyter Cardinalis LEGER, Archiepiscopus Marianopolitanus.

† Ego VALERIANUS titulo S. Mariae in Via Lata Presbyter Cardinalis GRACIAS, Archiepiscopus Bombayensis.

† Ego IOANNES titulo S. Marci Presbyter Cardinalis URBANI, Patriarcha Venetiarum.

Ego PAULUS titulo S. Mariae in Vallicella Presbyter Cardinalis GIOBBE, S. R. E. Datarius.

† Ego IOSEPHUS titulo S. Honuphrii in Ianiculo Presbyter Cardinalis GARIBI Y RIVERA, Archiepiscopus Guadalajarensis.

† Ego ANTONIUS MARIA titulo S Chrysogoni Presbyter Cardinalis BARBIERI, Archiepiscopus Montisvidei.

Ego CAROLUS titulo S. Agnetis extra moenia Presbyter Cardinalis CONFALONIERI.

† Ego PAULUS titulo Ss. Quirici et Iulittae Presbyter Cardinalis RICHAUD, Archiepiscopus Burdigalensis.

† Ego IOSEPHUS M. titulo Ss. Viti, Modesti et Crescentiae Presbyter Cardinalis BUENO Y MONREAL, Archiepiscopus Hispalensis.

† Ego FRANCISCUS titulo S. Eusebii Presbyter Cardinalis KÖNIG, Archiepiscopus Vindobonensis.

† Ego IOSEPHUS titulo S. Athanasii Presbyter Cardinalis SLIPYI, Archiepiscopus Maior Ucrainorum.

† Ego LAURENTIUS titulo S. Leonis I Presbyter Cardinalis JAEGER, Archiepiscopus Paderbornensis.

† Ego IOSEPHUS titulo S. Crucis in via Flaminia Presbyter Cardinalis BERAN, Archiepiscopus Pragensis.

† Ego MAURITIUS titulo D.nae N.ae de SS. Sacramento et Martyrum Canadensium Presbyter Cardinalis ROY, Archiepiscopus Quebecensis, Primas Canadiae.

† Ego IOSEPHUS titulo S. Teresiae Presbyter Cardinalis MARTIN, Archiepiscopus Rothomagensis.

† Ego AUDOËNUS titulo S. Praxedis Presbyter Cardinalis MCCANN, Archiepiscopus Civitatis Capitis.

† Ego LEO STEPHANUS titulo S. Balbinae Presbyter Cardinalis DUVAL, Archiepiscopus Algeriensis.

† Ego ERMENEGILDUS titulo Reginae Apostolorum Presbyter Cardinalis FLORIT, Archiepiscopus Florentinus.

† Ego FRANCISCUS titulo Ss. Petri et Pauli in Via Ostiensi Presbyter Cardinalis ŠEPER, Archiepiscopus Zagrabiensis.

† Ego IOANNES titulo S. Silvestri in Capite Presbyter Cardinalis HEENAN, Archiepiscopus Vestmonasteriensis, Primas Angliae.

† Ego IOANNES titulo Ssmae Trinitatis in Monte Pincio Presbyter Cardinalis VILLOT, Archiepiscopus Lugdunensis et Viennensis, Primas Galliae.

† Ego PAULUS titulo S. Camilli de Lellis ad Hortos Sallustianos Presbyter Cardinalis ZOUNGRANA, Archiepiscopus Uagaduguensis.

† Ego LAURENTIUS I. titulo S. Clementis Presbyter Cardinalis SHEHAN, Archiepiscopus Baltimorensis.

† Ego HENRICUS titulo S. Agathae in Urbe Presbyter Cardinalis DANTE.

Ego CAESAR titulo D.nae N.ae a Sacro Corde in Circo Agonali Presbyter Cardinalis ZERBA.

† Ego AGNELLUS titulo Praecelsae Dei Matris Presbyter Cardinalis ROSSI, Archiepiscopus S. Pauli in Brasilia.

† Ego IOANNES titulo S. Martini in Montibus Presbyter Cardinalis COLOMBO, Archiepiscopus Mediolanensis.

† Ego GUILLELMUS titulo S. Patricii ad Villam Ludovisi Presbyter Cardinalis CONWAY, Archiepiscopus Armachanus, totius Hiberniae Primas.

† Ego MICHAEL DARIUS MIRANDA, Archiepiscopus Mexicanus, Primas Mexici.

† Ego FRANCISCUS MARIA DA SILVA, Archiepiscopus Bracharensis, Primas Hispaniarum.

† Ego PAULUS GOUYON, Archiepiscopus Rhedonensis, Primas Britanniae.

† Ego HUMBERTUS MALCHIODI, Archiepiscopus Episcopus Placentinus.
Sequuntur ceterae subsignationes.

Ita est.

† Ego PERICLES FELICI

Archiepiscopus tit. Samosatensis

Ss. Concilii Secretarius Generalis


† Ego IOSEPHUS ROSSI
Episcopus tit. Palmyrenus
Ss. Concilii Notarius

† Ego FRANCISCUS HANNIBAL FERRETTI
Ss. Concilii Notarius



[1Ac 17, 26.

[2Sg 8, 1 ; Ac 14, 17 ; Rm 2, 6-7 ; 1 Tm 2, 4.

[3Ap 21, 23-24.

[42 Co 5, 18-19.

[5] Saint Grégoire VII, Épître III, 21 ad Anzir (El-Nâsir), regem Mauritaniae, éd. E. Caspar in mgh, Ep. sel. II, 1920, I, p. 288, 11-15 ;PL 148, 451 A.

[6Ga 3, 7.

[7Rm 11, 17-24.

[8Ep 2, 14-16.

[9Lc 19, 44.

[10Rm 11, 28.

[11Rm 11, 28-29. – Conc. Vat. II, Lumen gentium : 16 AAS (1965), p. 57.

[12Is 66, 23 ; Ps 65, 4 ; Rm 11, 11-32.

[13Jn 19, 6.

[14Rm 12, 18.

[15Mt 5, 45.

SOURCE : http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decl_19651028_nostra-aetate_fr.html


Tapestry of Paul VI on the occasion of his beatification on 19 October 2014.
Arazzo esposto sulla facciata della Basilica di San Pietro in occasione della beatificazione di Paolo VI
Portret beatyfikacyjny Pawła VI na fasadzie Bazyliki świętego Piotra


DECLARATION ON 
THE RELATION OF THE CHURCH TO NON-CHRISTIAN RELIGIONS

NOSTRA AETATE

PROCLAIMED BY HIS HOLINESS
POPE PAUL VI
ON OCTOBER 28, 1965

1. In our time, when day by day mankind is being drawn closer together, and the ties between different peoples are becoming stronger, the Church examines more closely her relationship to non-Christian religions. In her task of promoting unity and love among men, indeed among nations, she considers above all in this declaration what men have in common and what draws them to fellowship.
One is the community of all peoples, one their origin, for God made the whole human race to live over the face of the earth.(1) One also is their final goal, God. His providence, His manifestations of goodness, His saving design extend to all men,(2) until that time when the elect will be united in the Holy City, the city ablaze with the glory of God, where the nations will walk in His light.(3)

Men expect from the various religions answers to the unsolved riddles of the human condition, which today, even as in former times, deeply stir the hearts of men: What is man? What is the meaning, the aim of our life? What is moral good, what is sin? Whence suffering and what purpose does it serve? Which is the road to true happiness? What are death, judgment and retribution after death? What, finally, is that ultimate inexpressible mystery which encompasses our existence: whence do we come, and where are we going?

2. From ancient times down to the present, there is found among various peoples a certain perception of that hidden power which hovers over the course of things and over the events of human history; at times some indeed have come to the recognition of a Supreme Being, or even of a Father. This perception and recognition penetrates their lives with a profound religious sense.

Religions, however, that are bound up with an advanced culture have struggled to answer the same questions by means of more refined concepts and a more developed language. Thus in Hinduism, men contemplate the divine mystery and express it through an inexhaustible abundance of myths and through searching philosophical inquiry. They seek freedom from the anguish of our human condition either through ascetical practices or profound meditation or a flight to God with love and trust. Again, Buddhism, in its various forms, realizes the radical insufficiency of this changeable world; it teaches a way by which men, in a devout and confident spirit, may be able either to acquire the state of perfect liberation, or attain, by their own efforts or through higher help, supreme illumination. Likewise, other religions found everywhere try to counter the restlessness of the human heart, each in its own manner, by proposing "ways," comprising teachings, rules of life, and sacred rites. The Catholic Church rejects nothing that is true and holy in these religions. She regards with sincere reverence those ways of conduct and of life, those precepts and teachings which, though differing in many aspects from the ones she holds and sets forth, nonetheless often reflect a ray of that Truth which enlightens all men. Indeed, she proclaims, and ever must proclaim Christ "the way, the truth, and the life" (John 14:6), in whom men may find the fullness of religious life, in whom God has reconciled all things to Himself.(4)

The Church, therefore, exhorts her sons, that through dialogue and collaboration with the followers of other religions, carried out with prudence and love and in witness to the Christian faith and life, they recognize, preserve and promote the good things, spiritual and moral, as well as the socio-cultural values found among these men.

3. The Church regards with esteem also the Moslems. They adore the one God, living and subsisting in Himself; merciful and all- powerful, the Creator of heaven and earth,(5) who has spoken to men; they take pains to submit wholeheartedly to even His inscrutable decrees, just as Abraham, with whom the faith of Islam takes pleasure in linking itself, submitted to God. Though they do not acknowledge Jesus as God, they revere Him as a prophet. They also honor Mary, His virgin Mother; at times they even call on her with devotion. In addition, they await the day of judgment when God will render their deserts to all those who have been raised up from the dead. Finally, they value the moral life and worship God especially through prayer, almsgiving and fasting.

Since in the course of centuries not a few quarrels and hostilities have arisen between Christians and Moslems, this sacred synod urges all to forget the past and to work sincerely for mutual understanding and to preserve as well as to promote together for the benefit of all mankind social justice and moral welfare, as well as peace and freedom.

4. As the sacred synod searches into the mystery of the Church, it remembers the bond that spiritually ties the people of the New Covenant to Abraham's stock.

Thus the Church of Christ acknowledges that, according to God's saving design, the beginnings of her faith and her election are found already among the Patriarchs, Moses and the prophets. She professes that all who believe in Christ-Abraham's sons according to faith (6)-are included in the same Patriarch's call, and likewise that the salvation of the Church is mysteriously foreshadowed by the chosen people's exodus from the land of bondage. The Church, therefore, cannot forget that she received the revelation of the Old Testament through the people with whom God in His inexpressible mercy concluded the Ancient Covenant. Nor can she forget that she draws sustenance from the root of that well-cultivated olive tree onto which have been grafted the wild shoots, the Gentiles.(7) Indeed, the Church believes that by His cross Christ, Our Peace, reconciled Jews and Gentiles. making both one in Himself.(8)

The Church keeps ever in mind the words of the Apostle about his kinsmen: "theirs is the sonship and the glory and the covenants and the law and the worship and the promises; theirs are the fathers and from them is the Christ according to the flesh" (Rom. 9:4-5), the Son of the Virgin Mary. She also recalls that the Apostles, the Church's main-stay and pillars, as well as most of the early disciples who proclaimed Christ's Gospel to the world, sprang from the Jewish people.

As Holy Scripture testifies, Jerusalem did not recognize the time of her visitation,(9) nor did the Jews in large number, accept the Gospel; indeed not a few opposed its spreading.(10) Nevertheless, God holds the Jews most dear for the sake of their Fathers; He does not repent of the gifts He makes or of the calls He issues-such is the witness of the Apostle.(11) In company with the Prophets and the same Apostle, the Church awaits that day, known to God alone, on which all peoples will address the Lord in a single voice and "serve him shoulder to shoulder" (Soph. 3:9).(12)

Since the spiritual patrimony common to Christians and Jews is thus so great, this sacred synod wants to foster and recommend that mutual understanding and respect which is the fruit, above all, of biblical and theological studies as well as of fraternal dialogues.

True, the Jewish authorities and those who followed their lead pressed for the death of Christ;(13) still, what happened in His passion cannot be charged against all the Jews, without distinction, then alive, nor against the Jews of today. Although the Church is the new people of God, the Jews should not be presented as rejected or accursed by God, as if this followed from the Holy Scriptures. All should see to it, then, that in catechetical work or in the preaching of the word of God they do not teach anything that does not conform to the truth of the Gospel and the spirit of Christ.

Furthermore, in her rejection of every persecution against any man, the Church, mindful of the patrimony she shares with the Jews and moved not by political reasons but by the Gospel's spiritual love, decries hatred, persecutions, displays of anti-Semitism, directed against Jews at any time and by anyone.

Besides, as the Church has always held and holds now, Christ underwent His passion and death freely, because of the sins of men and out of infinite love, in order that all may reach salvation. It is, therefore, the burden of the Church's preaching to proclaim the cross of Christ as the sign of God's all-embracing love and as the fountain from which every grace flows.

5. We cannot truly call on God, the Father of all, if we refuse to treat in a brotherly way any man, created as he is in the image of God. Man's relation to God the Father and his relation to men his brothers are so linked together that Scripture says: "He who does not love does not know God" (1 John 4:8).

No foundation therefore remains for any theory or practice that leads to discrimination between man and man or people and people, so far as their human dignity and the rights flowing from it are concerned.

The Church reproves, as foreign to the mind of Christ, any discrimination against men or harassment of them because of their race, color, condition of life, or religion. On the contrary, following in the footsteps of the holy Apostles Peter and Paul, this sacred synod ardently implores the Christian faithful to "maintain good fellowship among the nations" (1 Peter 2:12), and, if possible, to live for their part in peace with all men,(14) so that they may truly be sons of the Father who is in heaven.(15)

NOTES

1. Cf. Acts 17:26

2. Cf. Wis. 8:1; Acts 14:17; Rom. 2:6-7; 1 Tim. 2:4

3. Cf. Apoc. 21:23f.

4. Cf 2 Cor. 5:18-19

5. Cf St. Gregory VII, letter XXI to Anzir (Nacir), King of Mauritania (Pl. 148, col. 450f.)

6. Cf. Gal. 3:7

7. Cf. Rom. 11:17-24

8. Cf. Eph. 2:14-16

9. Cf. Lk. 19:44

10. Cf. Rom. 11:28

11. Cf. Rom. 11:28-29; cf. dogmatic Constitution, Lumen Gentium (Light of nations) AAS, 57 (1965) pag. 20

12. Cf. Is. 66:23; Ps. 65:4; Rom. 11:11-32

13. Cf. John. 19:6

14. Cf. Rom. 12:18

15. Cf. Matt. 5:45




PAOLO VESCOVO 
SERVO DEI SERVI DI DIO 
UNITAMENTE AI PADRI DEL SACRO CONCILIO 
A PERPETUA MEMORIA
DICHIARAZIONE SULLE RELAZIONI DELLA CHIESA 
CON LE RELIGIONI NON CRISTIANE 

NOSTRA AETATE

Introduzione

1. Nel nostro tempo in cui il genere umano si unifica di giorno in giorno più strettamente e cresce l'interdipendenza tra i vari popoli, la Chiesa esamina con maggiore attenzione la natura delle sue relazioni con le religioni non-cristiane. Nel suo dovere di promuovere l'unità e la carità tra gli uomini, ed anzi tra i popoli, essa in primo luogo esamina qui tutto ciò che gli uomini hanno in comune e che li spinge a vivere insieme il loro comune destino.

I vari popoli costituiscono infatti una sola comunità. Essi hanno una sola origine, poiché Dio ha fatto abitare l'intero genere umano su tutta la faccia della terra (1) hanno anche un solo fine ultimo, Dio, la cui Provvidenza, le cui testimonianze di bontà e il disegno di salvezza si estendono a tutti (2) finché gli eletti saranno riuniti nella città santa, che la gloria di Dio illuminerà e dove le genti cammineranno nella sua luce (3).

Gli uomini attendono dalle varie religioni la risposta ai reconditi enigmi della condizione umana, che ieri come oggi turbano profondamente il cuore dell'uomo: la natura dell'uomo, il senso e il fine della nostra vita, il bene e il peccato, l'origine e lo scopo del dolore, la via per raggiungere la vera felicità, la morte, il giudizio e la sanzione dopo la morte, infine l'ultimo e ineffabile mistero che circonda la nostra esistenza, donde noi traiamo la nostra origine e verso cui tendiamo.

Le diverse religioni

2. Dai tempi più antichi fino ad oggi presso i vari popoli si trova una certa sensibilità a quella forza arcana che è presente al corso delle cose e agli avvenimenti della vita umana, ed anzi talvolta vi riconosce la Divinità suprema o il Padre. Questa sensibilità e questa conoscenza compenetrano la vita in un intimo senso religioso.

Quanto alle religioni legate al progresso della cultura, esse si sforzano di rispondere alle stesse questioni con nozioni più raffinate e con un linguaggio più elaborato. Così, nell'induismo gli uomini scrutano il mistero divino e lo esprimono con la inesauribile fecondità dei miti e con i penetranti tentativi della filosofia; cercano la liberazione dalle angosce della nostra condizione sia attraverso forme di vita ascetica, sia nella meditazione profonda, sia nel rifugio in Dio con amore e confidenza. Nel buddismo, secondo le sue varie scuole, viene riconosciuta la radicale insufficienza di questo mondo mutevole e si insegna una via per la quale gli uomini, con cuore devoto e confidente, siano capaci di acquistare lo stato di liberazione perfetta o di pervenire allo stato di illuminazione suprema per mezzo dei propri sforzi o con l'aiuto venuto dall'alto. Ugualmente anche le altre religioni che si trovano nel mondo intero si sforzano di superare, in vari modi, l'inquietudine del cuore umano proponendo delle vie, cioè dottrine, precetti di vita e riti sacri.

La Chiesa cattolica nulla rigetta di quanto è vero e santo in queste religioni. Essa considera con sincero rispetto quei modi di agire e di vivere, quei precetti e quelle dottrine che, quantunque in molti punti differiscano da quanto essa stessa crede e propone, tuttavia non raramente riflettono un raggio di quella verità che illumina tutti gli uomini.

Tuttavia essa annuncia, ed è tenuta ad annunciare, il Cristo che è « via, verità e vita » (Gv 14,6), in cui gli uomini devono trovare la pienezza della vita religiosa e in cui Dio ha riconciliato con se stesso tutte le cose (4).

Essa perciò esorta i suoi figli affinché, con prudenza e carità, per mezzo del dialogo e della collaborazione con i seguaci delle altre religioni, sempre rendendo testimonianza alla fede e alla vita cristiana, riconoscano, conservino e facciano progredire i valori spirituali, morali e socio-culturali che si trovano in essi.

La religione musulmana

3. La Chiesa guarda anche con stima i musulmani che adorano l'unico Dio, vivente e sussistente, misericordioso e onnipotente, creatore del cielo e della terra (5), che ha parlato agli uomini. Essi cercano di sottomettersi con tutto il cuore ai decreti di Dio anche nascosti, come vi si è sottomesso anche Abramo, a cui la fede islamica volentieri si riferisce. Benché essi non riconoscano Gesù come Dio, lo venerano tuttavia come profeta; onorano la sua madre vergine, Maria, e talvolta pure la invocano con devozione. Inoltre attendono il giorno del giudizio, quando Dio retribuirà tutti gli uomini risuscitati. Così pure hanno in stima la vita morale e rendono culto a Dio, soprattutto con la preghiera, le elemosine e il digiuno.

Se, nel corso dei secoli, non pochi dissensi e inimicizie sono sorte tra cristiani e musulmani, il sacro Concilio esorta tutti a dimenticare il passato e a esercitare sinceramente la mutua comprensione, nonché a difendere e promuovere insieme per tutti gli uomini la giustizia sociale, i valori morali, la pace e la libertà.

La religione ebraica

4. Scrutando il mistero della Chiesa, il sacro Concilio ricorda il vincolo con cui il popolo del Nuovo Testamento è spiritualmente legato con la stirpe di Abramo.

La Chiesa di Cristo infatti riconosce che gli inizi della sua fede e della sua elezione si trovano già, secondo il mistero divino della salvezza, nei patriarchi, in Mosè e nei profeti.

Essa confessa che tutti i fedeli di Cristo, figli di Abramo secondo la fede (6), sono inclusi nella vocazione di questo patriarca e che la salvezza ecclesiale è misteriosamente prefigurata nell'esodo del popolo eletto dalla terra di schiavitù. Per questo non può dimenticare che ha ricevuto la rivelazione dell'Antico Testamento per mezzo di quel popolo con cui Dio, nella sua ineffabile misericordia, si è degnato di stringere l'Antica Alleanza, e che essa stessa si nutre dalla radice dell'ulivo buono su cui sono stati innestati i rami dell'ulivo selvatico che sono i gentili (7). La Chiesa crede, infatti, che Cristo, nostra pace, ha riconciliato gli Ebrei e i gentili per mezzo della sua croce e dei due ha fatto una sola cosa in se stesso (8). Inoltre la Chiesa ha sempre davanti agli occhi le parole dell'apostolo Paolo riguardo agli uomini della sua stirpe: « ai quali appartiene l'adozione a figli e la gloria e i patti di alleanza e la legge e il culto e le promesse, ai quali appartengono i Padri e dai quali è nato Cristo secondo la carne» (Rm 9,4-5), figlio di Maria vergine.

Essa ricorda anche che dal popolo ebraico sono nati gli apostoli, fondamenta e colonne della Chiesa, e così quei moltissimi primi discepoli che hanno annunciato al mondo il Vangelo di Cristo.

Come attesta la sacra Scrittura, Gerusalemme non ha conosciuto il tempo in cui è stata visitata (9); gli Ebrei in gran parte non hanno accettato il Vangelo, ed anzi non pochi si sono opposti alla sua diffusione (10). Tuttavia secondo l'Apostolo, gli Ebrei, in grazia dei padri, rimangono ancora carissimi a Dio, i cui doni e la cui vocazione sono senza pentimento (11). Con i profeti e con lo stesso Apostolo, la Chiesa attende il giorno, che solo Dio conosce, in cui tutti i popoli acclameranno il Signore con una sola voce e « lo serviranno sotto uno stesso giogo » (Sof 3,9) (12).

Essendo perciò tanto grande il patrimonio spirituale comune a cristiani e ad ebrei, questo sacro Concilio vuole promuovere e raccomandare tra loro la mutua conoscenza e stima, che si ottengono soprattutto con gli studi biblici e teologici e con un fraterno dialogo.

E se autorità ebraiche con i propri seguaci si sono adoperate per la morte di Cristo (13), tuttavia quanto è stato commesso durante la sua passione, non può essere imputato né indistintamente a tutti gli Ebrei allora viventi, né agli Ebrei del nostro tempo.

E se è vero che la Chiesa è il nuovo popolo di Dio, gli Ebrei tuttavia non devono essere presentati come rigettati da Dio, né come maledetti, quasi che ciò scaturisse dalla sacra Scrittura. Curino pertanto tutti che nella catechesi e nella predicazione della parola di Dio non si insegni alcunché che non sia conforme alla verità del Vangelo e dello Spirito di Cristo.

La Chiesa inoltre, che esecra tutte le persecuzioni contro qualsiasi uomo, memore del patrimonio che essa ha in comune con gli Ebrei, e spinta non da motivi politici, ma da religiosa carità evangelica, deplora gli odi, le persecuzioni e tutte le manifestazioni dell'antisemitismo dirette contro gli Ebrei in ogni tempo e da chiunque. In realtà il Cristo, come la Chiesa ha sempre sostenuto e sostiene, in virtù del suo immenso amore, si è volontariamente sottomesso alla sua passione e morte a causa dei peccati di tutti gli uomini e affinché tutti gli uomini conseguano la salvezza. Il dovere della Chiesa, nella sua predicazione, è dunque di annunciare la croce di Cristo come segno dell'amore universale di Dio e come fonte di ogni grazia.

Fraternità universale

5. Non possiamo invocare Dio come Padre di tutti gli uomini, se ci rifiutiamo di comportarci da fratelli verso alcuni tra gli uomini che sono creati ad immagine di Dio. L'atteggiamento dell'uomo verso Dio Padre e quello dell'uomo verso gli altri uomini suoi fratelli sono talmente connessi che la Scrittura dice: « Chi non ama, non conosce Dio » (1 Gv 4,8).

Viene dunque tolto il fondamento a ogni teoria o prassi che introduca tra uomo e uomo, tra popolo e popolo, discriminazioni in ciò che riguarda la dignità umana e i diritti che ne promanano.

In conseguenza la Chiesa esecra, come contraria alla volontà di Cristo, qualsiasi discriminazione tra gli uomini e persecuzione perpetrata per motivi di razza e di colore, di condizione sociale o di religione. E quindi il sacro Concilio, seguendo le tracce dei santi apostoli Pietro e Paolo, ardentemente scongiura i cristiani che, « mantenendo tra le genti una condotta impeccabile » (1 Pt 2,12), se è possibile, per quanto da loro dipende, stiano in pace con tutti gli uomini (14), affinché siano realmente figli del Padre che è nei cieli (15).

Tutte e singole le cose stabilite in questo Decreto, sono piaciute ai Padri del Sacro Concilio. E Noi, in virtù della potestà Apostolica conferitaci da Cristo, unitamente ai Venerabili Padri, nello Spirito Santo le approviamo, le decretiamo e le stabiliamo; e quanto stato così sinodalmente deciso, comandiamo che sia promulgato a gloria di Dio.

Roma, presso San Pietro, 28 ottobre 1965.

Io PAOLO Vescovo della Chiesa Cattolica.

Seguono le firme dei Padri.

SOSPENSIONE DELLA LEGGE PER I DECRETI PROMULGATI NELLA SESSIONE VII

Il Beatissimo Padre ha stabilito la dilazione della legge, quanto alle nuove leggi che sono contenute nei decreti ora promulgati, fino al 29 giugno 1966, cioè fino alla festa dei Ss. Apostoli Pietro e Paolo dell’anno prossimo.

Nel frattempo il Sommo Pontefice emanerà le norme per l’applicazione di dette leggi.

† PERICLES FELICI
Arcivescovo tit. di Samosata
Segretario Generale del SS. Concilio

Firme dei Padri

Io PAOLO Vescovo della Chiesa Cattolica

† Ego ANTONIUS titulo S. Laurentii in Panisperna Presbyter Cardinalis GAGGIANO, Archiepiscopus Bonaërensis.

Ego PETRUS titulo S. Laurentii in Lucina Presbyter Cardinalis CIRIACI.

† Ego IOSEPHUS titulo S. Mariae de Victoria Presbyter Cardinalis SIRI, Archiepiscopus Ianuensis.

† Ego IACOBUS titulo S. Mariae in Transpontina Presbyter Cardinalis LERCARO, Archiepiscopus Bononiensis.

† Ego STEPHANUS titulo S. Mariae Trans Tiberim Presbyter Cardinalis WYSZYNSKI, Archiepiscopus Gnesnensis et Varsaviensis, Primas Poloniae.

† Ego BENIAMINUS titulo S. Vitalis Presbyter Cardinalis DE ARRIBA Y CASTRO, Archiepiscopus Tarraconensis.

† Ego FERDINANDUS titulo S. Augustini Presbyter Cardinalis QUIROGA Y PALACIOS, Archiepiscopus Compostellanus.

† Ego PAULUS AEMILIUS titulo S. Mariae Angelorum in Thermis Presbyter Cardinalis LEGER, Archiepiscopus Marianopolitanus.

† Ego VALERIANUS titulo S. Mariae in Via Lata Presbyter Cardinalis GRACIAS, Archiepiscopus Bombayensis.

† Ego IOANNES titulo S. Marci Presbyter Cardinalis URBANI, Patriarcha Venetiarum.

Ego PAULUS titulo S. Mariae in Vallicella Presbyter Cardinalis GIOBBE, S. R. E. Datarius.

† Ego IOSEPHUS titulo S. Honuphrii in Ianiculo Presbyter Cardinalis GARIBI Y RIVERA, Archiepiscopus Guadalajarensis.

† Ego ANTONIUS MARIA titulo S Chrysogoni Presbyter Cardinalis BARBIERI, Archiepiscopus Montisvidei.

Ego CAROLUS titulo S. Agnetis extra moenia Presbyter Cardinalis CONFALONIERI.

† Ego PAULUS titulo Ss. Quirici et Iulittae Presbyter Cardinalis RICHAUD, Archiepiscopus Burdigalensis.

† Ego IOSEPHUS M. titulo Ss. Viti, Modesti et Crescentiae Presbyter Cardinalis BUENO Y MONREAL, Archiepiscopus Hispalensis.

† Ego FRANCISCUS titulo S. Eusebii Presbyter Cardinalis KÖNIG, Archiepiscopus Vindobonensis.

† Ego IOSEPHUS titulo S. Athanasii Presbyter Cardinalis SLIPYI, Archiepiscopus Maior Ucrainorum.

† Ego LAURENTIUS titulo S. Leonis I Presbyter Cardinalis JAEGER, Archiepiscopus Paderbornensis.

† Ego IOSEPHUS titulo S. Crucis in via Flaminia Presbyter Cardinalis BERAN, Archiepiscopus Pragensis.

† Ego MAURITIUS titulo D.nae N.ae de SS. Sacramento et Martyrum Canadensium Presbyter Cardinalis ROY, Archiepiscopus Quebecensis, Primas Canadiae.

† Ego IOSEPHUS titulo S. Teresiae Presbyter Cardinalis MARTIN, Archiepiscopus Rothomagensis.

† Ego AUDOËNUS titulo S. Praxedis Presbyter Cardinalis MCCANN, Archiepiscopus Civitatis Capitis.

† Ego LEO STEPHANUS titulo S. Balbinae Presbyter Cardinalis DUVAL, Archiepiscopus Algeriensis.

† Ego ERMENEGILDUS titulo Reginae Apostolorum Presbyter Cardinalis FLORIT, Archiepiscopus Florentinus.

† Ego FRANCISCUS titulo Ss. Petri et Pauli in Via Ostiensi Presbyter Cardinalis ŠEPER, Archiepiscopus Zagrabiensis.

† Ego IOANNES titulo S. Silvestri in Capite Presbyter Cardinalis HEENAN, Archiepiscopus Vestmonasteriensis, Primas Angliae.

† Ego IOANNES titulo Ssmae Trinitatis in Monte Pincio Presbyter Cardinalis VILLOT, Archiepiscopus Lugdunensis et Viennensis, Primas Galliae.

† Ego PAULUS titulo S. Camilli de Lellis ad Hortos Sallustianos Presbyter Cardinalis ZOUNGRANA, Archiepiscopus Uagaduguensis.

† Ego LAURENTIUS I. titulo S. Clementis Presbyter Cardinalis SHEHAN, Archiepiscopus Baltimorensis.

† Ego HENRICUS titulo S. Agathae in Urbe Presbyter Cardinalis DANTE.

Ego CAESAR titulo D.nae N.ae a Sacro Corde in Circo Agonali Presbyter Cardinalis ZERBA.

† Ego AGNELLUS titulo Praecelsae Dei Matris Presbyter Cardinalis ROSSI, Archiepiscopus S. Pauli in Brasilia.

† Ego IOANNES titulo S. Martini in Montibus Presbyter Cardinalis COLOMBO, Archiepiscopus Mediolanensis.

† Ego GUILLELMUS titulo S. Patricii ad Villam Ludovisi Presbyter Cardinalis CONWAY, Archiepiscopus Armachanus, totius Hiberniae Primas.

† Ego MICHAEL DARIUS MIRANDA, Archiepiscopus Mexicanus, Primas Mexici.

† Ego FRANCISCUS MARIA DA SILVA, Archiepiscopus Bracharensis, Primas Hispaniarum.

† Ego PAULUS GOUYON, Archiepiscopus Rhedonensis, Primas Britanniae.

† Ego HUMBERTUS MALCHIODI, Archiepiscopus Episcopus Placentinus.

Sequuntur ceterae subsignationes.
Ita est.
† Ego PERICLES FELICI
Archiepiscopus tit. Samosatensis
Ss. Concilii Secretarius Generalis
† Ego IOSEPHUS ROSSI
Episcopus tit.
Palmyrenus
Ss. Concilii Notarius
† Ego FRANCISCUS HANNIBAL FERRETTI
Ss. Concilii Notarius

NOTE

(1) Cf. At 17,26.

(2) Cf. Sap 8,1; At 14,17; Rm 2,6-7; 1 Tm 2,4.

(3) Cf. Ap 21,23-24.

(4) Cf. 2 Cor 5,18-19.

(5) Cf. S. GREGORIO VII, Epist., III, 21, ad Anazir (Al-Nãþir), regem Mauritaniae, ed. E. CASPAR in MGH, Ep. sel. II, 1920, I, p. 288, 11-15; PL 148, 451A.

(6) Cf. Gal 3,7.

(7) Cf. Rm 11,17-24.

(8) Cf. Ef 2,14-16.

(9) Cf. Lc 19,44.

(10) Cf. Rm 11,28.

(11) Cf. Rm 11,28-29; CONC. VAT. II, Cost. dogm. sulla Chiesa Lumen Gentium: AAS 57 (1965), p. 20 [pag. 151ss].

(12) Cf. Is 66,23; Sal 64,4; Rm 11,11-32.

(13) Cf. Gv 19,6.

(14) Cf. Rm 12,18.

(15) Cf. Mt 5,45.