samedi 2 décembre 2023

Saint CHROMACE d'AQUILÉE, évêque et Père de l'Église

 

Tiepolo, San Cromazio, affresco nel Palazzo Patriarcale di Udine.

Portrait de l'évêque dans la salle du trône du palais patriarcal d'Udine.


Saint Chromace d'Aquilée

Évêque d'Aquilée (+ v. 407)

Évêque d'Aquilée, ou Ravenne, il développa autour de lui une vie cléricale communautaire. Il écrivit plusieurs ouvrages de spiritualité qui font de lui un "Père de l'Eglise" et saint Jérôme, admiratif, lui dédia la traduction de plusieurs livres bibliques où il l'appelle "le plus saint et le plus docte des évêques."

De saint Chromace, on possède encore une quarantaine d'homélies et une soixantaine d'écrits consacrés en partie au commentaire de l'Évangile de Matthieu.

"Vous êtes la lumière du monde" Des Homélies sur l'Évangile de Matthieu, de saint Chromace, évêque d'Aquilée (Tract. 5, 1.3-4 ; CCL 9, 405-407)

Le 5 décembre 2007, durant l'audience générale, Benoît XVI a tracé un portrait de saint Chromace, un célèbre évêque d'Aquilea (Italie) du IVe siècle, qui eut à cœur de lutter contre les derniers foyers de l'arianisme.

"Saint Chromace a exercé son ministère dans l'antique Église d'Aquilée, sur l'Adriatique, qui connut son 'âge d'or' à l'époque où elle fut le siège d'un synode, en 381. C'est dans cette ville qu'il était né vers 345. Il reçut tout d'abord la foi dans sa famille et, vers 388, il devint Évêque d'Aquilée. Il reçut l'ordination épiscopale de saint Ambroise et il se consacra avec courage et énergie à un ministère important dans l'immensité du territoire qui lui était confié. Il fut l'un des Évêques les plus connus et les plus estimés de son temps. Il est sans doute mort en exil, à Grado, en 407, la même année que saint Jean Chrysostome.

Chromace voulut d'abord se mettre à l'écoute de la Parole de Dieu pour être capable de l'annoncer. Dans son enseignement, il part toujours de la Parole de Dieu et il y revient sans cesse. Plusieurs thèmes lui sont chers: avant tout le mystère trinitaire, dont il contemple la révélation tout au long de l'histoire du salut, puis l'Esprit Saint, et enfin il revient avec insistance sur le mystère du Christ, soulignant que le Sauveur a assumé intégralement la nature humaine pour lui faire le don de sa divinité. Pasteur zélé, son langage était frais, coloré et incisif, ayant recours à des images facilement compréhensibles par ses auditeurs."

Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

À Aquilée en Vénétie, vers 407, saint Chromace, évêque. Véritable artisan de paix, il procura des ressources pour les monastères détruits par Alaric, roi des Visigoths, et pour les populations dévastées et, excellent interprète des mystères de la parole de Dieu, il éleva les esprits vers les réalités d'en-haut.

Martyrologe romain

SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/210/Saint-Chromace-d-Aquilee.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 5 décembre 2007


Chers frères et sœurs!

Dans les deux dernières catéchèses nous avons suivi un parcours à travers les Eglises d'Orient de langue sémitique, en méditant sur Aphraate le Persan et sur saint Ephrem le Syrien; aujourd'hui, nous revenons au monde latin, au nord de l'empire romain, avec saint Chromace d'Aquilée. Cet Evêque exerça son ministère dans l'antique Eglise d'Aquilée, fervent centre de vie chrétienne situé dans la Dixième région de l'Empire romain, la Venetia et Histria. En 388, lorsque Chromace monta sur la chaire épiscopale de la ville, la communauté chrétienne locale avait déjà mûri une glorieuse histoire de fidélité à l'Evangile. Entre la moitié du troisième siècle et les premières années du quatrième siècle, les persécutions de Dèce, de Valérien et de Dioclétien avaient moissonné un grand nombre de martyrs. En outre, l'Eglise d'Aquilée s'était mesurée, comme tant d'autres Eglises de l'époque, à la menace de l'hérésie arienne. Athanase lui-même - le héraut de l'orthodoxie de Nicée, que les ariens avaient chassé en exil -, trouva refuge pendant quelques temps à Aquilée. Sous la direction de ses Evêques, la communauté chrétienne résista aux menaces de l'hérésie et renforça son adhésion à la foi catholique.

En septembre, 381 Aquilée fut le siège d'un Synode, auquel participèrent environ 35 Evêques des côtes de l'Afrique, de la vallée du Rhône et de toute la Dixième région. Le Synode se proposait de faire disparaître les résidus de l'arianisme en Occident. Le prêtre Chromace prit également part au Concile, en qualité d'expert de l'Evêque d'Aquilée, Valérien (370/1- 387/8). Les années de l'époque du Synode de 381 représentent "l'âge d'or" de la communauté d'Aquilée. Saint Jérôme, qui était né en Dalmatie, et Rufin de Concorde, parlent avec nostalgie de leur séjour à Aquilée (370-373), dans cette sorte de cénacle théologique que Jérôme n'hésite pas à définir tamquam chorus beatorum, "comme un chœur de bienheureux" (Chronique:  PL XXVIII, 697-698). Dans ce cénacle - qui rappelle par certains aspects les expériences communautaires conduites par Eusèbe de Vercelli et par Augustin - se formèrent les plus importantes personnalités des Eglises de la Haute Adriatique.

Mais Chromace avait déjà appris dans sa famille à connaître et à aimer le Christ. Saint Jérôme lui-même nous en parle, avec des termes pleins d'admiration, comparant la mère de Chromace à la prophétesse Anne, ses deux sœurs aux vierges prudentes de la parabole évangélique, Chromace lui-même et son frère Eusèbe au jeune Samuel (cf. Ep VII:  PL XXII, 341). Jérôme écrit encore à propos de Chromace et d'Eusèbe:  "Le bienheureux Chromace et saint Eusèbe étaient frères par les liens du sang, tout autant que par l'identité de leurs idéaux" (Ep. VIII:  PL XXII, 342).

Chromace était né à Aquilée vers 345. Il fut ordonné diacre et ensuite prêtre; puis il fut élu Pasteur de cette Eglise (avant 388). Ayant reçu la consécration épiscopale de l'Evêque Ambroise, il se consacra avec courage et énergie à une tâche démesurée en raison de l'ampleur du territoire confié à ses soins pastoraux:  en effet, la juridiction ecclésiastique d'Aquilée s'étendait des territoires actuels de la Suisse bavaroise, d'Autriche et de Slovénie, jusqu'à la Hongrie. On peut comprendre à quel point Chromace était connu et estimé dans l'Eglise de son temps à partir d'un épisode de la vie de saint Jean Chrysostome. Lorsque l'Evêque de Constantinople fut exilé de son siège, il écrivit trois lettres à ceux qu'il considérait comme les plus importants Evêques d'Occident, pour en obtenir l'appui auprès des empereurs:  il écrivit une lettre à l'Evêque de Rome, la deuxième à l'Evêque de Milan, la troisième à l'Evêque d'Aquilée, précisément Chromace (Ep. CLV:  PG LII, 702). Il s'agissait d'une époque difficile pour lui aussi, en raison de la situation politique précaire. Chromace mourut probablement en exil, à Grado, alors qu'il cherchait à échapper aux incursions barbares, en 407, l'année où mourut également Jean Chrysostome.

Le prestige et l'importance d'Aquilée en  faisait  la  quatrième ville de la péninsule italienne et la neuvième de l'empire romain:  c'est également pour cette raison qu'elle attirait les visées des Goths et des Huns. Les invasions de ces peuples causèrent non seulement de graves deuils et des destructions, mais compromirent gravement la transmission  des  œuvres des Pères conservées dans la bibliothèque épiscopale, riche de codex. Les écrits de Chromace furent eux aussi dispersés de part et d'autre, et ils furent souvent attribués à d'autres auteurs:  à Jean Chrysostome (également en raison des premières lettres de leurs noms qui étaient semblables, Chromatius comme Chrysostomus); ou bien à Ambroise et à Augustin; et également à Jérôme, que Chromace avait beaucoup aidé dans la révision du texte et dans la traduction latine de la Bible. La redécouverte d'une grande partie de l'œuvre de Chromace est due à des événements heureux et fortuits, qui ont permis au cours des récentes années de reconstruire un corpus d'écrits assez consistant:  plus d'une quarantaine de sermons, dont une dizaine  sont fragmentaires, et plus de soixante traités de commentaire à l'Evangile de Matthieu.

Chromace fut un maître sage et un pasteur zélé. Son premier et principal engagement fut celui de se mettre à l'écoute de la Parole, pour être capable d'en être ensuite l'annonciateur:  dans son enseignement, il part toujours de la Parole de Dieu et il revient toujours à celle-ci. Certaines thématiques lui sont particulièrement chères:  tout d'abord le mystère trinitaire, qu'il contemple dans sa révélation au cours de toute l'histoire du salut. Ensuite, le thème de l'Esprit Saint:  Chromace rappelle constamment les fidèles à la présence et à l'action de la troisième Personne de la Très Sainte Trinité dans la vie de l'Eglise. Mais le saint Evêque revient avec une insistance particulière sur le mystère du Christ. Le Verbe incarné est vrai Dieu et vrai homme:  il a intégralement assumé l'humanité, pour lui faire don de sa propre divinité. Ces vérités, réaffirmées avec insistance également avec une fonction antiarienne, déboucheront une cinquantaine d'années plus tard sur la définition du Concile de Chalcédoine. La forte insistance sur la nature humaine du Christ conduit Chromace à parler de la Vierge Marie. Sa doctrine mariologique est limpide et précise. Nous lui devons quelques descriptions suggestives de la Très Sainte Vierge:  Marie est la "vierge évangélique capable d'accueillir Dieu"; elle est la "brebis immaculée et inviolée", qui a engendré l'"agneau vêtu de pourpre" (cf. Sermo XXIII, 3:  Ecrivains du cercle de saint Ambroise 3/1, p. 134). L'Evêque d'Aquilée met souvent la Vierge en relation avec l'Eglise:  en effet, toute les deux sont "vierges" et "mères". L'ecclésiologie de Chromace se développe surtout dans le commentaire de Matthieu. Voici plusieurs concepts récurrents:  l'Eglise est unique, elle est née du sang du Christ; elle est le vêtement précieux tissé par l'Esprit Saint; l'Eglise est là où l'on annonce que le Christ est né de la Vierge, où fleurit la fraternité et la concorde. Une image à laquelle Chromace est particulièrement attaché est celle du navire sur une mer en tempête:  "Il ne fait pas de doute", affirme le saint Evêque, "que ce navire représente l'Eglise" (cf Tract. XLII, 5:  Ecrivains du cercle de saint Ambroise 3/2, p. 260).

En tant que pasteur zélé, Chromace sait parler à ses fidèles avec un langage frais, coloré et incisif. Bien que n'ignorant pas le parfait cursus latin, il préfère utiliser le langage populaire, riche d'images facilement compréhensibles. Ainsi, par exemple, à partir de l'image de la mer il fait une comparaison avec, d'une part, la pêche naturelle de poissons qui, tirés sur la rive, meurent; et, de l'autre, la prédication évangélique, grâce à laquelle les hommes sont sauvés des eaux boueuses de la mort et introduits dans la vraie vie (cf. Tract. XVI, 3:  Ecrivains du cercle de saint Ambroise 3/2, p. 106). Toujours dans l'optique du bon pasteur, à une période agitée comme la sienne, frappée par les incursions des barbares, il sait se placer aux côtés des fidèles pour les réconforter et pour ouvrir leur âme à la confiance en Dieu, qui n'abandonne jamais ses fils.

Citons enfin, en conclusion de ces réflexions, une exhortation de Chromace, encore aujourd'hui parfaitement valable:  "Prions le Seigneur de tout notre cœur et de toute notre foi - recommande l'Evêque d'Aquilée dans un de ses Sermons - prions-le de nous libérer de toute incursion des ennemis, de toute crainte des adversaires. Qu'il ne regarde pas nos mérites, mais sa miséricorde, lui qui par le passé également daigna libérer les fils d'Israël non en raison de leurs mérites, mais de sa miséricorde. Qu'il nous protège avec son amour miséricordieux constant, et qu'il accomplisse pour nous ce que le saint Moïse dit aux fils d'Israël:  "Le Seigneur combattra en votre défense, et vous resterez en silence. C'est lui qui combat, c'est lui qui remporte la victoire... Et afin qu'il daigne le faire, nous devons prier le plus possible. En effet, il dit lui-même par la bouche du prophète:  Invoque-moi au jour de l'épreuve; je te libérerai, et tu me rendras gloire"" (Sermo XVI, 4:  Ecrivains du cercle de saint Ambroise 3/1, pp. 100-102).

Ainsi, précisément au début du temps de l'Avent, saint Chromace nous rappelle que l'Avent est un temps de prière, où il faut entrer en contact avec Dieu. Dieu nous connaît, il me connaît, il connaît chacun de nous, il m'aime, il ne m'abandonne pas. Allons de l'avant avec cette confiance dans le temps liturgique qui vient de commencer.

Je vous souhaite la bienvenue, chers pèlerins de langue français. Je salue en particulier les diacres permanents du diocèse de Troyes et leurs épouses. A la suite de saint Chromace, je vous invite à prier le Seigneur de tout votre cœur, lui demandant de vous libérer de tout mal et de vous rendre dignes de participer un jour à sa gloire. Avec ma Bénédiction apostolique.

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

Copyright © Dicastero per la Comunicazione - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20071205.html

Benoît XVI évoque Saint Chromace d'Aquilée

L'Avent entrer en contact avec Dieu - Synthèse de la catéchèse du saint Père

Durant l'audience générale Salle-Paul VI, Benoît XVI a tracé un portrait de saint Chromatius, un célèbre évêque d'Aquileia (Italie) du IVè siècle. Soulignant que cette ville importante de la Vénétie antique, le Pape a rappelé qu'entre le milieu du III siècle et le début du suivant, les persécutions de Dèce, de Valérien et de Dioclétien avaient fait de très nombreux martyrs, tandis que l'Eglise d'Aquileia combattait l'hérésie arienne niant la divinité du Christ. En 381, Chromatius prit part comme expert de l'évêque Valérien au synode régional convoqué pour lutter contre les derniers foyers d'arianisme en occident.

Puis le Saint-Père a précisé que Chromatius naquit en 345 à Aquileia dont devint l'évêque en 388, consacré par Ambroise de Milan. Il se consacra avec énergie à sa charge, le siège d'Aquileia ayant alors juridiction sur des territoires qui se trouvent aujourd'hui en Suisse, Bavière, Slovénie et Autriche jusqu'aux confins de la Hongrie. Il mourut exilé à Grado en 407, la même année de saint Jean Chrysostome

De saint Chromatius on possède encore une quarantaine d'homélies et une soixantaine d'écrits consacrés en partie au commentaire de l'Evangile de Matthieu. Cet évêque, a ajouté le Saint-Père, "fut un maître sage et un pasteur éclairé dont l'enseignement reposait sur la Parole, à laquelle il retournait toujours. Il goûtait particulièrement le sujet du mystère trinitaire dont la révélation englobe toute l'histoire du salut, mais aussi celui de l'Esprit", mystère du Christ. Son intérêt se portait aussi à traiter le "Verbe incarné qui est Dieu véritable et véritable homme, qui a totalement assumé l'humanité à laquelle il a offert sa divinité".

Ensuite le Pape a indiqué que "son insistance sur la nature humaine du Christ conduisit Chromatius à traiter de Marie", décrite par lui comme la "Vierge évangélique accueillant Dieu" et mise en relation avec l'Eglise. "Toutes deux sont vierges et mères. Mais l'ecclésiologie de Chromatius se développe surtout dans le commentaire de Matthieu", où il écrit que "l'Eglise est unique et née du sang du Christ".

Ce "bon pasteur" sut parler à ses fidèles dans un langage vivace et incisif dans une période perturbée par les incursions barbares. Il demeurait auprès des gens pour les réconforter, les ouvrir à la confiance en Dieu, qui n'abandonne pas ses enfants.

En ce début d'Avent, a conclu Benoît XVI, Chromatius nous dit que c'est "un temps de prière qui nous invite à entrer en contact avec Dieu, qui connaît chacun de nous. Il ne nous abandonne pas et en confiance nous entrons dans cette attente liturgique. Bon Avent à tous!".

Texte intégral de la catéchèse du Saint Père ► Français -  Italien

  Benoît XVI s'adresse aux pèlerins francophones

  Benoît XVI rappelle la célébration de la solennité de la Vierge Immaculée

Chromace d'Aquilée, père de l'Église du IVème siècle.

Il était le premier auxiliaire de l'évêque Valérien au concile d'Aquiliée (ou Ravenne) en 381, il succéda à ce dernier sur le siège épiscopal. Il est ami de Jérome (1) et (2) , Rufin de saint Jean Chrisostome (1) et (2) et d'Ambroise de Milan qui le consacra en 388 et les encourage dans leurs études. Il fut évêque d'Aquilée et mourut vers 408, âgé d'environ 68 ans.

Né en Italie du nord, aux environs de l'an 340, Orphelin de père dès son plus jeune âge, sa mère l’élève dans la foi chrétienne en compagnie de ses frères et soeurs.

Ses prédications, tachygraphiées, traitent de christologie, d'ecclésiologie et de la vie spirituelle des fidèles à la lumière de l'Évangile.

Il a traité particulièrement les huit Béatitudes et prêché sur les dix-sept instructions des chapitres II, V et VI de l'Évangile selon saint Matthieu, avec une parole simple et proche des fidèles par les applications morales qui en découlent.

Ces ouvrages de spiritualité font de lui un Père de l'Église. Saint Jérôme,  admiratif, lui dédia la traduction de plusieurs livres bibliques où il l'appelle " le plus saint et le plus docte des évêques. "

Homélies sur l’Évangile de Matthieu, de saint Chromace, évêque d’Aquilée (Tract. 5, 1.3-4 ; CCL 9, 405-407) : Saint Chromace- Vous êtes la lumière du monde (Vatican)

La montagne des Béatitudes, figure de l’Église

Dans une interprétation toute spirituelle du texte, Chromace d’Aquilée, un contemporain de saint Jérôme, voit dans la montagne des Béatitudes une figure de l’Église.Cette montagne, sur laquelle le Seigneur a donné les bénédictions à ses disciples, préfigurait l’Église, comparable à une montagne pour cette raison que sa vie est dans les hauteurs. […] Veux-tu la preuve que la montagne est vraiment la figure de l’Église ? Écoute la divine Écriture : « Qui montera sur la montagne du Seigneur, ou qui se tiendra dans son lieu saint ? » (Ps 23, 3.) Ce n’est sûrement pas d’une quelconque montagne terrestre qu’elle pouvait dire : « Qui montera sur la montagne du Seigneur ? » alors que pareilles montagnes terrestres, non seulement les hommes, mais même les bêtes sauvages peuvent les gravir. Et on gravit une telle montagne, non par les efforts du corps, mais par la foi de l’âme intérieure (Sermon 5, 3, Sources chrétiennes, n° 154, p. 171).

Baptisé pour nous sanctifier

Homélie de saint Chromace d’Aquilée († 407)

En ce jour, comme nous venons de l’entendre par la lecture de l’Évangile, notre Seigneur et Sauveur a été baptisé par Jean dans le Jourdain, et c’est pourquoi cette solennité n’est pas petite, mais grande, et même très grande. Car, lorsque notre Seigneur a daigné se faire baptiser, l’Esprit Saint vint sur lui sous la forme d’une colombe, et l’on entendit la voix du Père qui disait: Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j’ai mis tout mon amour (Mt 3,17).Quel grand mystère dans ce baptême céleste ! Le Père se fait entendre du haut du ciel, le Fils est vu sur la terre, l’Esprit Saint se montre sous la forme d’une colombe. Car il .n’y a pas de vrai baptême ni de vraie rémission des péchés là où il n’y a pas la vérité de la Trinité; et la "rémission des péchés ne peut être donnée là où la foi en la Trinité n’est pas parfaite;

Le baptême que donne l’Église est unique et véritable : il n’est donné qu’une fois et, en y étant plongé une seule fois, on est purifié et renouvelé. Purifié, parce qu’on a déposé la souillure des péchés; renouvelé, parce qu’on ressuscite pour une vie nouvelle après avoir dépouillé la vieillerie du péché. Car ce bain du baptême rend l’homme plus blanc que neige, non quant à la peau de son corps, mais par la splendeur de son esprit et la pureté de son âme.

Donc les cieux se sont ouverts, au baptême du Seigneur, afin que, par le bain de la nouvelle naissance, on découvre que les royaumes des cieux sont ouverts aux croyants, selon cette sentence du Seigneur: Personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu (Jn 3,5). Il est donc entré, celui qui renaît et qui n’a pas négligé de préserver son baptême; et, semblablement, il n’est pas entré celui qui n’est pas rené.

Donc, parce que notre Seigneur était venu donner le baptême nouveau pour le salut du genre humain et la rémission de tous les péchés, lui-même a voulu être baptisé le premier, non pour dépouiller le péché, puisqu’il n’avait pas commis de péché, mais pour sanctifier les eaux du baptême afin de détruire les péchés de tous les croyants renés par le baptême. Lui, le Seigneur, fut donc baptisé dans l’eau pour que, par le baptême, nous soyons lavés de tous nos péchés. (Sermons sur l’Epiphanie, 34; CCL 9A, 156-157)

Le bonheur selon Dieu

Homélie de saint Chromace d’Aquilée († 407)Un jour où notre Seigneur et Sauveur parcourait de nombreuses villes et régions en prêchant et en guérissant toute maladie et toute infirmité dans le peuple, voyant, dit la lecture de ce jour, les foules qui l’entouraient, il gravit la montagne (Mt 5,1). Comme il convient, le Dieu très haut monte sur une hauteur afin de proclamer de sublimes paroles à l’adresse de ceux qui aspirent à s’élever aux plus hautes vertus. Et, comme la Loi a été donnée à Moïse sur une montagne, il sied que la loi nouvelle soit promulguée sur une montagne. Celle-là comportait les dix commandements, en vue de parvenir à la connaissance et à la sagesse dans la vie présente ; celle-ci comprend les huit béatitudes, car elle conduit ceux qui l’observent à la vie éternelle et à la patrie céleste.

Heureux les doux: ils hériteront de la terre (Mt 5,4). Il faut donc que les doux aient une âme pacifique et un cœur sincère. Le Seigneur montre clairement que leur mérite est considérable, quand il dit qu’ils hériteront de la terre. Il s’agit, sans aucun doute, de cette terre dont il est écrit : J’en suis sûr, je verrai la bonté du Seigneur sur la terre des vivants (Ps 26,13), si bien que l’héritage de cette terre-là, c’est l’immortalité du corps et la gloire de la résurrection éternelle.

Car la douceur ignore l’orgueil, elle ignore la vantardise, elle ignore l’ambition. Aussi le Seigneur exhorte-t-il ailleurs avec juste raison ses disciples en ces termes : Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes (Mt 11,29).Heureux ceux qui pleurent: ils seront consolés (Mt 5,5). Non ceux qui pleurent la perte d’êtres chers, mais ceux qui pleurent leurs péchés et lavent leurs fautes de leurs larmes; et sans doute ceux qui s’affligent de l’iniquité de ce monde ou gémissent sur les péchés d’autrui.

Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu (Mt 5,9). Voyez comme le mérite des artisans de paix est grand, puisqu’on ne les appelle plus serviteurs mais fils de Dieu. A juste raison, car celui qui aime la paix, aime le Christ, auteur de la paix, lui que l’Apôtre Paul a nommé paix, quand il a dit: C’est lui, en effet, qui est notre paix (Ép 2,14). Celui qui, au contraire, n’aime pas la paix, s’attache à la discorde, parce qu’il aime le diable, auteur de la discorde. Celui-ci, en effet, a fomenté au commencement la discorde entre Dieu et l’homme, puisqu’il a fait de l’homme un transgresseur du commandement divin.

Mais le Fils de Dieu est descendu du ciel pour condamner le diable, auteur de la discorde; pour établir la paix entre Dieu et l’homme en réconciliant l’homme avec Dieu, et en amenant Dieu à rendre sa grâce à l’homme. Et il nous faut devenir des artisans de paix afin de mériter le nom de fils de Dieu. Car, sans la paix, non seulement nous perdons le nom de fils de Dieu, mais même celui de serviteurs, selon ce que dit l’Apôtre: Aimez la paix (cf. He 12,14), sans laquelle aucun de nous ne peut plaire à Dieu (cf. He 11,6). (Sermon 39; CCL 9 A, 169-170).  

Sources:  www.vatican.va 071205 (440) - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 05.12.2007 - BENOÎT XVI

SOURCE : http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0512074_synthese_catechese

Vous êtes la lumière du monde 

"Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et lÂ’on allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Le Seigneur avait appelé ses disciples sel de la terre parce qu’ils ont relevé par la saveur de la sagesse céleste les cœurs affadis par le démon. Et maintenant il les appelle lumière du monde parce que, éclairés par lui, qui est la lumière éternelle et véritable, ils sont devenus à leur tour une lumière dans les ténèbres.  

Parce qu’il est lui-même le Soleil de justice il peut aussi appeler ses disciples lumière du monde; c’est par eux, comme prêtre des rayons étincelants, qu’il déverse la lumière de sa connaissance sur la terre entière; en effet, ils ont chassé les ténèbres de l’erreur loin du cœur des hommes, en montrant la lumière de la vérité. 

Éclairés par eux, nous-mêmes, de ténèbres que nous étions, sommes devenus lumière, comme dit saint Paul: Autrefois, vous n’étiez que ténèbres; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière; vivez comme des fils de la lumière. Et encore: Vous n’appartenez pas à la nuit, ni aux ténèbres; vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour. Saint Jean a eu raison d’affirmer dans sa lettre: Dieu est lumière, et: Celui qui demeure en Dieu est dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière. Aussi, puisque nous avons la joie d’être délivrés des ténèbres de l’erreur, nous devons vivre dans la lumière, comme des fils de lumière. Ce qui fait dire à l’Apôtre: Parmi eux, vous apparaissez comme des sources de lumière dans le monde, vous qui portez la parole de vie. 

Si nous n’agissons pas ainsi, on verra que, pour notre malheur comme pour celui des autres, nous couvrons et nous cachons par notre manque de foi comme par un voile les bienfaits de cette lumière si nécessaire. Aussi savons-nous, pour l’avoir lu dans l’Évangile, que nous encourons le châtiment mérité par celui qui avait reçu un talent pour gagner le ciel, et qui a mieux aimé le cacher que de le confier à la banque. 

C’est pourquoi cette lampe resplendissante, qui a été allumée pour servir à notre salut, doit toujours briller en nous. Nous avons en effet la lampe du commandement céleste et de la grâce spirituelle, ce dont David a témoigné ainsi: Ta parole est une lampe pour mes pas, une lumière pour ma route. Et Salomon a dit: Le précepte de la loi est une lampe. Cette lampe de la loi et de la foi, nous ne devons donc pas la cacher, mais l’installer toujours dans l’Église comme sur le lampadaire, pour le salut du grand nombre, afin de jouir nous-mêmes de la lumière de sa vérité, et d’en éclairer tous les croyants." 

Des Homélies sur l’Évangile de Matthieu, de saint Chromace, évêque d’Aquilée (Tract. 5, 1.3-4 ; CCL 9, 405-407)  

Prière 

Dieu qui nous a recréés par le baptême, fais-nous vivre toujours davantage du mystère pascal: que ta grâce nous accorde de toujours porter beaucoup de fruit et de parvenir aux joies de la vie éternelle. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen  

Préparé par le Département de Théologie Spirituelle de l’Université Pontificale de la Sainte-Croix

SOURCE : https://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010511_cromazio-vescovo_fr.html

Chromace d'Aquilée

335 - 408

Chromace d'Aquilée, personnalité marquante, était le premier auxiliaire de l'évêque Valérien au concile d'Aquilée de 381. À la mort de Valérien, il fut élu son successeur. Ami de Jérome, Rufin et Ambroise, l'évêque d'Aquilée encouragait leurs études, tandis qu'il se dédiait lui-même surtout aux tâches d'un pasteur des fidèles dans sa ville. Entre 390 et 410, l'Église jouit d'une paix qui se reflète dans les sermons et écrits de l'évêque d'Aquilée. La seule note de polémique assez vive concerne les Juifs.

Les Sermons de Chromace d'Aquilée

Tachygraphiés pendant la prédication, les sermons témoignent du souci de Chromace d’être un bon pasteur de ses fidèles. Dans un style paisible et équilibré, Chromace traite des questions de la christologie, de l’ecclésiologie et de la vie chrétienne.

Ces sermons, édités pour la première fois, sont attribués à Chromace, évêque d’Aquilée, d’après des recherches pointues sur les manuscrits.

Sermon sur Vous êtes la lumière du monde

"Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Le Seigneur avait appelé ses disciples sel de la terre parce qu’ils ont relevé par le saveur de la sagesse céleste les cœurs affadis par le démon. Et maintenant il les appelle lumière du monde parce que, éclairés par lui, qui est la lumière éternelle et véritable, ils sont devenus à leur tour une lumière dans les ténèbres.

Parce qu’il est lui-même le Soleil de justice il peut aussi appeler ses disciples lumière du monde; c’est par eux, comme prêtre des rayons étincelants, qu’il déverse la lumière de sa connaissance sur la terre entière; en effet, ils ont chassé les ténèbres de l’erreur loin du cœur des hommes, en montrant la lumière de la vérité.

Éclairés par eux, nous-mêmes, de ténèbres que nous étions, sommes devenus lumière, comme dit saint Paul: Autrefois, vous n’étiez que ténèbres; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière; vivez comme des fils de la lumière. Et encore: Vous n’appartenez pas à la nuit, ni aux ténèbres; vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour. Saint Jean a eu raison d’affirmer dans sa lettre: Dieu est lumière, et: Celui qui demeure en Dieu est dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière. Aussi, puisque nous avons la joie d’être délivrés des ténèbres de l’erreur, nous devons vivre dans la lumière, comme des fils de lumière. Ce qui fait dire à l’Apôtre: Parmi eux, vous apparaissez comme des sources de lumière dans le monde, vous qui portez la parole de vie.

Si nous n’agissons pas ainsi, on verra que, pour notre malheur comme pour celui des autres, nous couvrons et nous cachons par notre manque de foi comme par un voile les bienfaits de cette lumière si nécessaire. Aussi savons-nous, pour l’avoir lu dans l’Évangile, que nous encourons le châtiment mérité par celui qui avait reçu un talent pour gagner le ciel, et qui a mieux aimé le cacher que de le confier à la banque.

C’est pourquoi cette lampe resplendissante, qui a été allumée pour servir à notre salut, doit toujours briller en nous. Nous avons en effet la lampe du commandement céleste et de la grâce spirituelle, ce dont David a témoigné ainsi: Ta parole est une lampe pour mes pas, une lumière pour ma route. Et Salomon a dit: Le précepte de la loi est une lampe.

Cette lampe de la loi et de la foi, nous ne devons donc pas la cacher, mais l’installer toujours dans l’Église comme sur le lampadaire, pour le salut du grand nombre, afin de jouir nous-mêmes de la lumière de sa vérité, et d’en éclairer tous les croyants."

Des Homélies sur l’Évangile de Matthieu, de saint Chromace, évêque d’Aquilée (Tract. 5, 1.3-4 ; CCL 9, 405-407)

Suite du saint Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ selon Saint Matthieu (V, 1-12).

Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne[1]. Il s'assit[2], et ses disciples s'approchèrent[3]. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire[4]. Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur[5] : le Royaume des cieux est à eux ! Heureux les doux[6] : ils obtiendront la terre promise[7] ! Heureux ceux qui pleurent[8] : ils seront consolés[9] ! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice[10] : ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux[11] : ils obtiendront miséricorde ! Heureux les cœurs purs[12] : ils verront Dieu[13] ! Heureux les artisans de paix[14] : ils seront appelés fils de Dieu ! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice[15] : le Royaume des cieux est à eux ! Heureux êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi[16]. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Textes liturgiques © AELF, Paris

[1] Comment les malades pourraient-ils s’élever aux sommets escarpés ? La foule ne va pas dans les lieux élevés. Jésus, dans les régions inférieures, guérit les malades et, ensuite, leur donne la force qui leur permet de monter, nous donnant là un signe de cette bonté qui l’a porté à descendre vers nous pour penser nos blessures et par notre union avec lui nous amener à la communion avec la nature divine (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, V 46).

[2] Il s’assied pour enseigner, afin d’affirmer qu’il enseigne avec l’autorité d’un maître. Il va sans doute parler longtemps : préparons-nous à l’entendre aussi longtemps qu’il voudra nous parler, et que ce ne soit jamais trop longtemps pour nous (saint Augustin : « Du sermon sur la montagne », I 1).

[3] Cet empressement des disciples à se rapprocher de lui indique l’empressement qu’ils avaient déjà dans le cœur à accomplir ses préceptes (saint Augustin : « Du sermon sur la montagne », I 1).

[4] Seuls les chrétiens estiment les choses à leur vraie valeur, et ils n'ont pas les mêmes motifs de se réjouir et de s'attrister que le reste des hommes. A la vue d'un athlète blessé, portant sur la tête la couronne du vainqueur, celui qui n'a jamais pratiqué aucun sport considère seulement les blessures qui font souffrir cet homme. Il n'imagine pas le bonheur que lui procure sa couronne. Ainsi font les gens dont nous parlons. Ils savent que nous subissons des épreuves, mais ignorent pourquoi nous les supportons. Ils ne considèrent que nos souffrances ! Ils voient les luttes dans lesquelles nous sommes engagés et les dangers qui nous menacent. Mais les récompenses et les couronnes leur restent cachées, non moins que la raison de nos combats. Que voulait dire Paul en affirmant : « On nous croit démunis de tout, et nous possédons tout » (II Corinthiens, VI 10) ? Il entendait par là les biens terrestres et spirituels. Lorsque les villes le recevaient comme un ange, que les gens se seraient fait arracher les yeux pour les lui donner et qu'ils se seraient laissé couper la tête pour lui, n'avait-il pas toutes leurs richesses à sa disposition ? Et si tu veux considérer les biens spirituels, tu reconnaîtras qu'il les possédait aussi en abondance. Aimé du Roi de l'univers, du Maître des anges, au point de partager ses secrets, il était le plus riche de tous, et tout lui appartenait. Aucun démon n'était capable de résister à son autorité, aucune souffrance ni maladie ne pouvait lui imposer sa loi. Pour ce qui nous regarde, quand nous sommes soumis à l'épreuve à cause du Christ, supportons-la vaillamment, bien plus, avec joie. Si nous jeûnons, bondissons de joie comme si nous étions dans les délices. Si l'on nous outrage, dansons allègrement comme si nous étions comblés d'éloges. Si nous subissons un dommage, considérons-le comme un gain. Si nous donnons au pauvre, persuadons-nous que nous recevons. Celui qui ne donne pas de cette manière, ne donne pas de bon cœur. Aussi bien, quand tu veux faire un don à quelqu'un, ne considère pas seulement ce que cela te coûte. Songe plutôt que tu en retires un profit plus important, car ceci l’emporte sur cela. En faisant l'aumône, comme en pratiquant n'importe quelle vertu, pense à la douceur de la récompense, plutôt qu'à la dureté du sacrifice. Avant tout, rappelle-toi que tu combats pour le Seigneur Jésus. Alors tu entreras de bon cœur dans la lutte et tu vivras toujours dans la joie, car rien ne nous rend si heureux qu'une bonne conscience (saint Jean Chrysostome : homélie XII sur la Deuxième lettre aux Corinthiens, 4).

[5] La pauvreté nous rappelle que nous n’avons rien par nous-mêmes, que nous avons tout reçu de Dieu, que tous les biens sont communs ; elle nous anène à être soumis à Dieu, et dans cette soumission à partager tout ce que nous avons ; elle nous fait entrer en communion de la bonté divine, en attendant qu’elle nous fasse entrer en possession de sa gloire (saint Hilaire de Poitiers : commentaire de l’évangile selon saint Matthieu, IV 2).

   Que signifie : « les pauvres en esprit » ? Les humbles, ceux dont le cœur est contrit. L'esprit désigne ici l'âme, la volonté. En effet, il y a beaucoup de pauvres qui 1e sont involontairement et forcés par la nécessité ; ce n'est pas de ceux-là qu'il parle (ce ne serait pas pour eux un éloge) ; il proclame d'abord heureux ceux qui s'humilient et s'abaissent volontairement. Alors, pourquoi le Seigneur a-t-il dit : « Les pauvres », et non : « Les humbles » ? C'est parce que la pauvreté contient l'humilité. Il désigne par là les hommes qui craignent et respectent les préceptes de Dieu, ceux que, selon le prophète Isaïe (LXVI 2), Dieu accueille avec faveur : « Celui sur qui je jette les yeux, c'est le pauvre et le cœur contrit qui tremble à ma parole » (...) Mais, me direz-vous, pourquoi parler ainsi à ses disciples qui étaient de la plus humble condition ? Ils n'avaient aucune occasion de vaine gloire, eux, des pauvres, des pécheurs, de simples gens que rien ne distinguait. Même si cette leçon ne concernait pas les disciples, elle s'adressait à ceux qui étaient là présents et à ceux qui allaient la recevoir plus tard, en les

[6] La douceur chrétienne nous garde libres de toute agitation dans les contrariétés ; elle réprime tout désir de vengeance et détourne de se faire justice soi-même ; elle s’applique à ne jamais, autant que faire se peut, heurter ou froisser personne. Etendue au sens le plus évangélique, la douceur ne résiste pas au mal, elle cède aux méchants et elle s’applique à vaincre le mal par le bien nous (saint Augustin : « Du sermon sur la montagne », I 1).

[7] La terre sainte promise à Abraham est appelée une terre coulante de lait et de miel. Toute douceur y abonde ; c'est la figure du ciel et de l’Eglise. Ce qui rend l'esprit aigre, c'est qu'on répand sur les autres le venin et l'amertume qu'on a en soi-même. Lorsqu'on a l'esprit tranquille par la jouissance du vrai bien, et par la joie d'une bonne conscience, comme on n'a rien d'amer en soi, on n'a que douceur pour les autres ; la vraie marque de l'innocence, ou conservée, ou recouvrée, c'est la douceur. L'homme est si porté à l'aigreur, qu'il s'aigrit très souvent contre ceux qui lui font du bien

Presque tout le monde est malade de cette maladie-là ; c'est pourquoi on s'aigrit contre ceux qui nous conseillent pour notre bien, et encore plus contre ceux qui le font avec autorité, que contre les autres. Ce fond d'orgueil qu'on porte en soi en est la cause. Bienheureux donc ceux qui sont doux ils possèderont la terre, où abonde toute douceur, parce que la joie y est parfaite (J.-B. Bossuet : « Méditations sur l’Evangile », sermon de Notre Seigneur sur la montagne, III° jour).

[8] Il y a quatre sources où le juste puise ses larmes. Il pleure en pensant à ce qu’il a été et aux fautes qu’il a commises ; il pleure en pensant aux choses qui l’attendent, au jugement de Dieu ; il pleure en regardant ce qu’il est ; il pleure en levant les regards vers le séjour où il devrait être et qu’il comprend les gloires et les joies de la patrie. Dans le désir que l’âme a de la possession de Dieu, elle s’élève quelquefois jusqu’à lui par la grâce de la contemplation, et retombant sur terre, en face des misère qu’elle y retrouve, elle se croit abandonnée de Dieu et de là naissent ses larmes (saint Grégoire le Grand : Moralia in Job, XXII 21).

[9] O doux Jésus, donnez-moi un signe certain, de votre amour, une source de larmes coulant toujours au-dedans de moi, afin que mes larmes elles-mêmes vous disent mon amour. Je me souviens, ô Jésus, de cette humble femme, Anne, qui venant prier au tabernacle pour obtenir un enfant, partit, portant la paix sur son visage (...) Si elle a tant pleuré, cette femme qui désirait un enfant, comment doit pleurer une âme qui désire et cherche Dieu ? (...) Regardez-moi donc et ayez pitié de moi, parce que les douleurs de mon cœur se sont multipliées (...) Donnez-moi votre consolation céleste et donnez-moi d’abord ces larmes intérieures qui partent de l’amour, brisent les liens du péché et mènent à la consolation. Je me souviens aussi de la dévotion ardente d’une autre femme qui, dans son pieux amour, vous cherchait au tombeau où l’on vous avait déposé, qui, après le départ des disciples, ne s’en allait pas mais demeurait là, assise et pleurant, qui, après votre résurrection, avec beaucoup de larmes, explorait tous les coins de votre tombeau pour vous retrouver (...) Parce qu’elle aima plus que tous les autres, en aimant elle pleura, et en pleurant elle vous chercha, et, persévérant dans sa recherche, elle mérita de vous voir et de vous parler la première (...) Si elle pleura ainsi et persévéra dans ses larmes, cette femme qui cherchait parmi les morts celui qui était vivant, comment doit pleurer et persévérer dans ses pleurs celui qui vous connaît pour le Rédempteur, pour le roi du ciel et de la terre, et qui de tout son cœur aspire à vous voir ? (...) Donnez-moi la grâce des larmes car je ne puis l’avoir que par votre Esprit qui amolit les cœurs endurcis des pécheurs, afin que je puisse laver dans mes larmes la victime que je veux vous offrir (saint Anselme : oraison XVI).

[10] Je me suis délivré de mes fautes, j’ai réglé mes mœurs, j’ai pleuré mes péchés, je commence à avoir faim et soif de la justice. C’est un signe santé (saint Ambroise de Milan : commentaire de l’évangile selon saint Luc, V 56).

[11] La miséricorde naît des vertus précédentes. On ne peut arriver à une vraie compassion à l’égard des malheureux, si l’on n’a d’abord un sincère détachement de tout et une véritable humilité d’esprit, si l’ême ne s’est remplie de douceur par l’obéissance aux lois divines, si elle n’a commencé à pleurer ses péchés et à avoir soif de la justice (saint Anselme : homélie II).

[12] Qu’elle est belle, qu’elle est ravissante cette fontaine incorruptible d’un cœur pur ! Dieu se plaît à s’y voir lui-même comme dans un beau miroir : il s’y imprime lui-même dans toute sa beauté. Ce miroir devient un soleil par les rayons qui le pénètrent : il est tout resplendissant. La pureté de Dieu se joint à la nôtre, qu’il a lui-même opérée en nous, et nos regards épurés le verront briller en nous-mêmes, et y luire d’une éternelle lumière (J.-B. Bossuet : « Méditations sur l’Evangile », sermon de Notre Seigneur sur la montagne, VII° jour).

[13] Voilà le but de notre amour, la fin qui nous rend parfaits sans nous détruire. Il y a la fin de la nourriture et la fin du vêtement. La fin de la nourriture, c'est d'être détruite par la manducation ; la fin du vêtement, c'est d'être achevé par le tissage. Celui-ci comme celle-là arrivent à leur fin, mais la fin de l'une est sa destruction, tandis que celle de l'autre est son achèvement. Tout ce que nous faisons, tout ce que nous faisons de bon, tout ce que nous nous efforçons d'obtenir, toutes les causes dignes d'éloges pour lesquelles nous nous dépensons, tout ce que nous désirons d'honnête, nous ne le rechercherons plus quand nous serons parvenus à la vision de Dieu. Que pourrait bien chercher celui qui possède Dieu ? Qu'est-ce qui pourrait satisfaire celui qui ne se satisfait pas de Dieu ? Nous voulons voir Dieu, nous cherchons à le voir, nous désirons ardemment le voir. Qui n'a pas ce désir ? Mais remarque ce que dit l'évangile : « Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ! » Fais en sorte de le voir. Pour prendre une comparaison parmi les réalités matérielles, comment voudrais-tu contempler le soleil levant avec des yeux chassieux ? Si tes yeux sont sains, cette lumière sera pour toi un plaisir ; s'ils sont malades, elle sera pour toi un supplice. Assurément, il ne te sera pas permis de voir avec un cœur impur ce que l'on ne peut voir qu'avec un cœur pur. Tu en seras écarté, éloigné, tu ne verras pas. Heureux, en effet, les cœurs purs : ils verront Dieu ! (…) La vision de Dieu est promise quand il s'agit d'hommes au cœur pur. Cela n'est pas sans raison, puisque les yeux qui permettent de voir Dieu sont dans le cœur. Ce sont les yeux dont parle l'Apôtre Paul quand il dit : « Puisse-t-il illuminer les yeux de votre cœur » (Ephésiens, I 18). Dans le temps présent, ces yeux, en raison de leur faiblesse, sont donc illuminés par la foi ; plus tard, en raison de leur vigueur, ils seront illuminés par la vision (saint Augustin : sermon LIII, 6).

[14] C’est une bonne œuvre, celle qui consiste à rétablir la paix entre des frères divisés par les intérêts temporels, l’amour-propre ou la jalousie. cependant ceci est peu de chose au témoignage de Jésus-Christ, disant à des frères ainsi divisés : « Qui m’a établi juge entre vous ? » Déjà il avait donné ce conseil : « Ne revendiquez pas ce qui vous a été enlevé ». Il y a une œuvre de paix bien meilleure et bien plus haute, celle par laquelle les païens, ennemis de Dieu, par la puissance de la doctrine, sont amenés à la pénitence, à la réconciliation, à la paix avec dieu, celle par laquelle les hérétiques sont amenés à rompre avec leurs erreurs, celle par laquelle les schismatiques sont ramenés à l’unité dans le sein de l’Eglise (saint Chromace d’Aquilée : « Des huit béatitudes », sermon II).

[L’évêque Chromace d’Aquilée, mort en 407, était un ami de saint Ambroise et de saint Jean Chrysostome, en même temps que de saint Jérôme et de Rufin qu’il ne réussit pas à réconcilier. On conserve son sermon sur les huit béatitudes et dix-sept instructions sur les chapitres II, V et VI de saint Matthieu, remarquables par le sentiment de piété et les applications morales qui en découlent. Le style de Chromace d’Aquilée est agréable et sa pensée est originale. Avant d’être évêque, Chromace avait réuni autour de lui une communauté de clercs que fréquentaient de nombreux fidèles dont saint Jérôme ; Rufin qui y fut baptisé. Elu à la succession de l’évêque Valérien, il fut consacré par saint Ambroise de Milan, vers 388.]

[15] La persécution est l’occasion, pour ceux qui la subissent, de fuir plus complètement le mal, de s’en détacher et d’aller plus complètement à Dieu. Il est vraiment heureux celui que ses ennemis eux-mêmes aident à atteindre le bien. Il ne regarde plus à ce qu’il a abandonné, il regarde à ce qu’il qu’il désire ; il ne fait plus attention à la perte des biens terrestres et il se réjouit du gain des richesses éternelles ; il regarde le feu comme un élément qui purifie, le glaive comme brisant le lien qui enchaîne l’esprit à la matière, toute souffrance comme un antidote au poison de la volupté. Les tourments les plus variés étaient acceptés avec joie par les athlètes de la foi comme l’expiation du péché et comme le moyen de détruire les traces que le plaisir avait laissées dans leur cœur et leur âme (...) Tout ce qui vous attaque vous délivre, vous délivre du péché, pour vous établir en Dieu. Voilà quel est le fruit de la persécution : à cause du fruit, aimons donc la fleur (saint Grégoire de Nysse : « Des béatitudes », VIII).

[16] C'est comme s'il disait : « Même si l’on vous traite de séducteurs, de charlatans, de méchants, ou de n’importe quel nom, vous êtes heureux. » Que pourrait-il y avoir de plus étrange que ces préceptes, que les autres, dit-on, doivent fuir et redouter : mendier, pleurer, subir la persécution et l'insulte ? Et pourtant le Christ l'a dit, l'a persuadé, non à deux, à dix, à cent, à mille personnes, mais au monde entier. Et en écoutant des choses si terribles, si contraires aux habitudes du monde, les foules étaient frappées d'étonnement, tant était grande la puissance de celui qui parlait. Mais ne va pas croire qu'il nous suffit de recevoir des injures pour être bienheureux. A cela le Christ a posé deux conditions : que ces injures soient souffertes pour lui et qu'elles soient mensongères. S’il n’en est pas ainsi, celui qui les subit n'est pas heureux, il est même à plaindre (saint Jean Chrysostome : homélies sur l’évangile selon saint Matthieu, XV 8).

CHROMACE (Saint), Chromatius, père du martyr saint Tiburce, au troisième siècle, honoré le 11 août. L'Église honore aussi, le 2 décembre, saint Chromace, évêque d'Aquilée.

Homélies inédites de saint Chromace d'Aquilée. «RB» 72 (1962) 201-277.

Une des sources de l'homiliaire de Mondsee: un corpus d'homélies attribuables à saint Chromace d'Aquilée. «RB» 72 (1962) 132-135.

Homélies inédites de saint Chromace d'Aquilée. 2e série. «RB» 73 (1963) 181-243.

Un nouveau sermon de Saint Chromace d'Aquilée et fragments provenant d'homiliaires bavarois. «RB» 76 (1966) 7-40.

Chromace d'Aquilée, Sermons. Tome II (Sermons 18-41). Texte critique, notes et index. Traduction par Henri Tardif («SC» 164). Paris 1971.

Un fragment de sermon sur la passion de saint Pierre peut-être attribuable à Chromace d'Aquilée. «RB» 82 (1972) 105-109.

Un sermon inédit sur Mattieu 16,13-19 de l'École de Fulgence de Ruspe. «Revue des études augustiniennes» 18 (1972) 116-123.

Fragment d'un nouveau sermon inédit de Chromace d'Aquilée, in: FS Dekkers I. 1975, 201-209.

Un nouveau témoin important des 'Tractatus in Matthaeum' de saint Chromace d'Aquilée: l'homéliaire de San Silvestro de Fabriano. «Revue des études Augustiniennes» 23 (1977) 124-154.

Le sermon 34 de Chromace d'Aquilée pour l'Epiphanie. Nouvelle attestation dans l'homéliaire carolingien du pseudo-Bède. «Sacris erudiri» 33 (1992/93) 121-124.

www.JesusMarie.com Alexis@JesusMarie.com

SOURCE : https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.jesusmarie.com%2Fchromace_d_aquilee.html#federation=archive.wikiwix.com&tab=url

Pietro Antonio Novelli - San Cromazio predica nella Basilica di Aquileia - Sacrestia del Duomo di Udine.
Pietro Antonio Novelli, San Chromatius prêche dans la basilique d'Aquilée.


Saint Chromatius of Aquileia

Also known as

Cromazio

Memorial

2 December

Profile

Chromatius’ father died when the boy was an infant, and he was raised by his mother and large family of older siblings. Ordained c.387. Attended the Synod of Aquileia, and worked for the strong denunciation of Arianism that resulted from the synod. Bishop of Aquileia in 388.

He worked for peace with invading troops led by Alaric, and provided aid to those who suffered by being in his path. Active correspondent with Saint Ambrose of Milan. Friend of Saint Jerome, who dedicated several works to him. Influential in the translation of early Christian works into Latin for wider use. Financed Saint Jerome‘s translation of the Bible, and Rufinus’ translation of Eusebius’ Ecclesiastical HistoryWrote several respected scripture commentaries, seventeen of which survive. Friend of Saint John Chrysostom, supporting him and writing on his behalf against the unjust accusations of Emperor Arcadius.

Born

4th century at AquileiaItaly

Died

2 December 407 in Italy of natural causes

Canonized

Pre-Congregation

Additional Information

Catholic Encyclopedia

New Catholic Dictionary

Pope Benedict XVI: General Audience, 5 December 2007

Prologue to the Gospel of Matthew, by Saint Chromatius

books

Book of Saints, by the Monks of Ramsgate

Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints

other sites in english

Catholic Online

Letter to Chromatius, by Saint Jerome

Wikipedia

sitios en español

Martirologio Romano2001 edición

fonti in italiano

Cathopedia

Santi e Beati

Readings

You are the light of the world. A city set on a hill cannot be hidden. Nor do men light a lamp only to put it under a bushel basket; they put it on a stand where it gives light to all in the house. The Lord called his disciples to salt of the earth because they seasoned with heavenly wisdom the hearts of men, rendered insipid by the devil. Now he calls them the fight of the world as well, because they have been enlightened by him, the true and everlasting light, and have themselves become a light in the darkness. Since he is the Sun of Justice, he fittingly calls his disciples the light of the world. The reason for this is that through them, as through shining rays, he has poured out the light of the knowledge of himself upon the entire world. For by manifesting the light of truth, they have dispelled the darkness of error from the hearts of men. Moreover, we too have been enlightened by them. We have been made light out of darkness as the Apostle says: For once you, were darkness, but now you are light in the Lord; walk as children of light. He says another time: For you are not sons of the light and of darkness, but you are all sons of light and of the day. Saint John also rightly asserts in his letter: God is light, and whoever abides in God is in the light just as God himself is in the light. Therefore, because we rejoice in having been freed from the darkness of error, we should always walk in the light as children of light. This is why the Apostle says: Among them you shine as lights in the world, holding fast to the word of life. If we fail to live in the light, we shall, to our condemnation and that of others, be veiling over and obscuring by our infidelity the light men so desperately need. As we know from Scripture, the man who received the talent should have made it produce a heavenly profit, but instead he preferred to hide it away rather than put it to work and was punished as he deserved. Consequently, that brilliant lamp which was lit for the sake of our salvation should always shine in us. For we have the lamp of the heavenly commandment and spiritual grace, to which David referred: Your law, is a lamp to my feet and a light to my path. Solomon also says this about it: For the command of the law is a lamp. Therefore, we must not hide this lamp of law and faith. Rather, we must set it up in the Church, as on a lamp stand, for the salvation of many, so that we may enjoy the light of truth itself and all believers may be enlightened.” – from a treatise on the Gospel of Saint Matthew by Saint Chromatius

MLA Citation

“Saint Chromatius of Aquileia“. CatholicSaints.Info. 28 May 2022. Web. 1 December 2023. <https://catholicsaints.info/saint-chromatius-of-aquileia/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-chromatius-of-aquileia/

BENEDICT XVI

GENERAL AUDIENCE

Paul VI Audience Hall

Wednesday, 5 December 2007

Saint Chromatius of Aquileia


Dear Brothers and Sisters,

In the last two Catecheses we made an excursion through the Eastern Churches of Semitic tongue, meditating on Aphraates the Persian and Ephrem the Syrian. Today, we return to the Latin world, to the North of the Roman Empire with St Chromatius of Aquileia. This Bishop exercised his ministry in the ancient Church of Aquileia, a fervent centre of Christian life located in the Roman Empire's Decima regione, the Venetia et Histria. In 388 A.D., when Chromatius assumed the Episcopal throne of the city, the local Christian communities had already developed a glorious history of Gospel fidelity. Between the middle of the third century and the early years of the fourth, the persecution of Decius, Valerian and Diocletian had taken a heavy toll of martyrs. Furthermore, the Church of Aquileia, like so many other Churches of that time, had had to contend with the threat of the Arian heresy. Athanasius himself - a standard-bearer of Nicene orthodoxy whom the Arians had banished to exile - had for some time been in Aquileia, where he had taken refuge. Under the guidance of its Bishops, the Christian community withstood the snares of the heresy and reinforced their own attachment to the Catholic faith.

In September 381, Aquileia was the seat of a Synod that gathered about 35 Bishops from the coasts of Africa, the Rhone Valley and the entire Decima regione. The Synod intended to eliminate the last remnants of Arianism in the West. Chromatius, a priest, also took part in the Council as peritus for Bishop Valerian of Aquileia (370/1 to 387/8). The years around the Synod of 381 were the "Golden Age" of the inhabitants of Aquileia. St Jerome, a native of Dalmatia, and Rufinus of Concordia, spoke nostalgically of their sojourn in Aquileia (370-73), in that sort of theological cenacle which Jerome did not hesitate to define "tamquam chorus beatorum", "like a choir of blesseds" (Cronaca: PL XXVII, 697-698). It was in this Upper Room - some aspects of which are reminiscent of the community experiences directed by Eusebius of Vercelli and by Augustine - that the most outstanding figures of the Church of the Upper Adriatic were formed.

Chromatius, however, had already learned at home to know and love Christ. Jerome himself spoke of this in terms full of admiration and compared Chromatius' mother to the Prophetess Anna, his two sisters to the Wise Virgins of the Gospel Parable, and Chromatius himself and his brother Eusebius to the young Samuel (cf. Ep. VII: PL XXII, 341). Jerome wrote further of Chromatius and Eusebius: "Blessed Chromatius and St Eusebius were brothers by blood, no less than by the identity of their ideals" (Ep. VIII: PL XXII, 342).

Chromatius was born in Aquileia in about 345 A.D. He was ordained a deacon, then a priest; finally, he was appointed Bishop of that Church (388). After receiving episcopal ordination from Bishop Ambrose he dedicated himself courageously and energetically to an immense task because of the vast territory entrusted to his pastoral care: the ecclesiastical jurisdiction of Aquileia, in fact, stretched from the present-day territories of Switzerland, Bavaria, Austria and Slovenia, as far as Hungary. How well known and highly esteemed Chromatius was in the Church of his time we can deduce from an episode in the life of St John Chrysostom. When the Bishop of Constantinople was exiled from his See, he wrote three letters to those he considered the most important Bishops of the West seeking to obtain their support with the Emperors: he wrote one letter to the Bishop of Rome, the second to the Bishop of Milan and the third to the Bishop of Aquileia, precisely, Chromatius (Ep. CLV: PG LII, 702). Those were difficult times also for Chromatius because of the precarious political situation. In all likelihood Chromatius died in exile, in Grado, while he was attempting to escape the incursions of the Barbarians in 407, the same year when Chrysostom also died.

With regard to prestige and importance, Aquileia was the fourth city of the Italian peninsula and the ninth of the Roman Empire. This is another reason that explains why it was a target that attracted both Goths and Huns. In addition to causing serious bereavements and destruction, the invasions of these peoples gravely jeopardized the transmission of the works of the Fathers preserved in the episcopal library, rich in codices. St Chromatius' writings were also dispersed, ending up here and there, and were often attributed to other authors: to John Chrysostom (partly because of the similar beginning of their two names, Chromatius and Chrysostom); or to Ambrose or Augustine; or even to Jerome, to whom Chromatius had given considerable help in the revision of the text and in the Latin translation of the Bible. The rediscovery of a large part of the work of Chromatius is due to fortunate events, which has made it possible only in recent years to piece together a fairly consistent corpus of his writings: more than 40 homilies, 10 of which are fragments, and more than 60 treatises of commentary on Matthew's Gospel.

Chromatius was a wise teacher and a zealous pastor. His first and main commitment was to listen to the Word, to be able to subsequently proclaim it: he always bases his teaching on the Word of God and constantly returns to it. Certain subjects are particularly dear to him: first of all, the Trinitarian mystery, which he contemplated in its revelation throughout the history of salvation.
Then, the theme of the Holy Spirit: Chromatius constantly reminds the faithful of the presence and action in the life of the Church of the Third Person of the Most Holy Trinity. But the holy Bishop returns with special insistence to the mystery of Christ. The Incarnate Word is true God and true man: he took on humanity in its totality to endow it with his own divinity. These truths, which he also reaffirmed explicitly in order to counter Arianism, were to end up about 50 years later in the definition of the Council of Chalcedon. The heavy emphasis on Christ's human nature led Chromatius to speak of the Virgin Mary. His Mariological doctrine is clear and precise. To him we owe evocative descriptions of the Virgin Most Holy: Mary is the "evangelical Virgin capable of accepting God"; she is the "immaculate and inviolate ewe lamb" who conceived the "Lamb clad in purple" (cf. Sermo XXIII, 3: Scrittori dell'area santambrosiana 3/1, p. 134). The Bishop of Aquileia often compares the Virgin with the Church: both, in fact, are "virgins" and "mothers". Chromatius developed his ecclesiology above all in his commentary on Matthew. These are some of the recurring concepts: the Church is one, she is born from the Blood of Christ; she is a precious garment woven by the Holy Spirit; the Church is where the fact that Christ was born of a Virgin is proclaimed, where brotherhood and harmony flourish. One image of which Chromatius is especially fond is that of the ship in a storm - and his were stormy times, as we have heard: "There is no doubt", the Holy Bishop says, "that this ship represents the Church" (cf. Tractatus XLII, 5: Scrittori dell'area santambrosiana 3/2, p. 260).

As the zealous pastor that he was, Chromatius was able to speak to his people with a fresh, colourful and incisive language. Although he was not ignorant of the perfect Latin cursus, he preferred to use the vernacular, rich in images easy to understand. Thus, for example, drawing inspiration from the sea, he compared on the one hand the natural catching of fish which, caught and landed, die; and on the other, Gospel preaching, thanks to which men and women are saved from the murky waters of death and ushered into true life (cf. Tractatus XVI, 3: Scrittori dell'area santambrosiana 3/2, p. 106). Again, in the perspective of a good Pastor, during a turbulent period such as his, ravaged by the incursions of Barbarians, he was able to set himself beside the faithful to comfort them and open their minds to trust in God, who never abandons his children.

Lastly, as a conclusion to these reflections, let us include an exhortation of Chromatius which is still perfectly applicable today: "Let us pray to the Lord with all our heart and with all our faith", the Bishop of Aquileia recommends in one of his Sermons, "let us pray to him to deliver us from all enemy incursions, from all fear of adversaries. Do not look at our merits but at his mercy, at him who also in the past deigned to set the Children of Israel free, not for their own merits but through his mercy. "May he protect us with his customary merciful love and bring about for us what holy Moses said to the Children of Israel: The Lord will fight to defend you, and you will be silent. It is he who fights, it is he who wins the victory.... And so that he may condescend to do so, we must pray as much as possible. He himself said, in fact, through the mouth of the prophet: Call on me on the day of tribulation; I will set you free and you will give me glory" (Sermo XVI, 4: Scrittori dell'area santambrosiana 3/2, pp. 100-102).

Thus, at the very beginning of the Advent Season, St Chromatius reminds us that Advent is a time of prayer in which it is essential to enter into contact with God. God knows us, he knows me, he knows each one of us, he loves me, he will not abandon me. Let us go forward with this trust in the liturgical season that has just begun.

To special groups

I am pleased to welcome the Marist and Marianist Brothers visiting Rome for a programme of spiritual renewal. I also greet the African-Methodist Choir, with gratitude for their praise of God in song. Upon all the English-speaking pilgrims and visitors, especially those from Sweden and the United States, I invoke God's Blessings of joy and peace.

Lastly, I greet the young people, the sick and the newly-weds. We are preparing to celebrate in a few days time the Solemnity of the Immaculate Virgin. May it be she who guides you, dear young people, on your way of adherence to Christ. For you, dear sick people, may she be a support in your suffering and awaken new hope within you, and guide you, dear newly-weds, to increasingly discover Christ's love.

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

Copyright © Dicastero per la Comunicazione - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/en/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20071205.html

Regio X Venetia et Histria (10e région romaine).

Map of Regio X Venetia et Istria until the time of Augustus Caesar (Image:Shepherd_Map_of_Ancient_Italy,_Northern_Part.jpg)


St. Chromatius

Bishop of Aquileia, died about 406-407. He was probably born at Aquileia, and in any case grew up there. He became a priest of that church and about 387 or 388, after the death of Valerianus, bishop of that important city. He was one of the most celebrated prelates of his time and was in active correspondence with his illustrious contemporaries, St. AmbroseSt. Jerome, and Rufinus. Himself a scholarly theologian, he urged these three friends to the composition of many learned works. St. Ambrose was encouraged by him to write exegetical works; St. Jerome dedicated to him different translations and commentaries, which he had written at his suggestion (translations of the Books of Paralipomenon, Tobias, the books of Solomon, commentaries on the Prophecy of Habacuc). In the bitter quarrel between St. Jerome and Rufinus concerning Origenism, Chromatius, while rejecting the false doctrines of Origen, attempted to make peace between the disputants. He always maintained ecclesiastical communion with Rufinus and induced him not to answer the last attack of St. Jerome, but to devote himself to new literary works, especially to the translation of the "Ecclesiastical History" of Eusebius. Chromatius opposed the Arian heresy with much zeal and rooted it out in his diocese. He gave loyal support to St. John ChrysostomBishop of Constantinople, when unjustly oppressed, and wrote in his favour to Honorius, the Western emperor, who sent this letter to his brother, Arcadius. This intercession, however, availed nothing. Chromatius was also active as an exegete. There are preserved seventeen treatises by him on the Gospel according to St. Matthew (iii, 15-17; v-vi, 24), besides a fine homily on the Eight Beatitudes (counted as an eighteenth treatise). His feast is celebrated 2 December.

Kirsch, Johann Peter. "St. Chromatius." The Catholic Encyclopedia. Vol. 3. New York: Robert Appleton Company, 1908. <http://www.newadvent.org/cathen/03730a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Christine J. Murray.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. November 1, 1908. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Copyright © 2021 by Kevin Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.

SOURCE : https://www.newadvent.org/cathen/03730a.htm

New Catholic Dictionary – Saint Chromatius

Article

Confessor (c.387-406) Bishop of Aquileia. A scholarly theologian, he was in active correspondence with Rufinus, Saint Ambrose, and Saint Jerome, many of their works being written at his suggestion. He successfully combated Arianism in his own diocese. There are preserved 17 treatises by Saint Chromatius on Saint Matthew’s Gospel. Feast2 December.

MLA Citation

“Saint Chromatius”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info. 15 September 2012. Web. 2 December 2023. <http://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-chromatius/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-chromatius/

Sermons on the Gospel of Matthew – Prologue, by Saint Chromatius of Aquileia

1 The sacrament of our salvation and faith, though in all the divine scriptures, is especially contained in the evangelical preaching, in which the secret of the heavenly sanctuary is revealed to us even as the mystery of the Lord’s passion and resurrection is revealed to everyone. However, the transcribers the gospel (as it is divided into four books) are: Matthew, Mark, Luke, and John, who once had been prefigured and predestined to the duty of this divine work, as the blessed Luke reported: Inasmuch as many have undertaken to compose a narrative of the things that have been fulfilled among us. (Luke 1:1)

For Matthew is appointed by the divine authority and grace of the holy spirit to be the first to write down the gospel, then Mark and Luke, most recently of all John, after he came back, upon the death of Domitian Caesar, from Patmos, the island where he had been bound. After he had been posted on this island and written the Revelation, he was disclosed the gospel he was to write on account of the different heresies instigated by the devil that by then were beginning to spring up.

2 Matthew certainly and John too belong to the number of the twelve apostles, who not only were with the Lord before the passion but also kept company with him after the resurrection for forty days. They carefully recounted everything they saw and heard according to what John testified in his epistle, saying: as we have heard and saw with our eyes and by our hand have been examined, these things we declare to you. (1 John 1:1-3)

But Mark was Peter’s disciple and interpreter. He did not see the Lord in the flesh but he wrote the gospel, filled full of heavenly grace and the holy spirit. Luke also did not see the Lord in the flesh, but, because he was very educated in the law (since he was a companion of Paul in everything), he wrote down the gospel carefully in his own name, expounding from the very beginning everything in the order of the matters as he learned with respect to the apostles, as he himself testified, saying: as those who have been there all along and those who had been ministers of the message handed down to us. (Luke 1:2)

3 Therefore, the authority of these four evangelists is firm and steadfast, because they all composed by one principle. Of course, various principles are taught in their sure foundation, but they do not disagree among themselves on anything, because every one of them perceived the same thing by faith concerning the Lord’s incarnation, nativity, passion, resurrection, and also his twin advent. And because we endeavor to say some things about the gospels, the responsibility and situation of the matter advise us to test also the truth of the gospels prefigured from the law of the Old Testament, as surely the Apostle says: the law was a shadow of things to come (Heb 10:1), because neither can the new stand without the old nor could the old have any stability without the new. It is said that everything about them is more complete in their place when the message is to be from the two testaments.

4 Thus, both the type and the number of the four gospels are clearly described in the law and the prophets, as in the four rivers that flow from one source in Eden, or in the four rows of stones that Aaron wore woven in the priestly garment on his chest, or in the fourfold row of twelve calves that Solomon set up under the bronze sea in the temple. In all of these, the expressedexamples of the future truth cannot be doubted. Hence also Elijah the Tishbite—-not unknowing by the holy Spirit of the evangelical sacrament of the preaching to come, when he freed the people from error and turned them from idols to God—-poured four jugs of water in the sacrifice he offered when he put the burnt offering on the wood and made it three times in number. And fire came down from the sky, as he openly declared even then the image of the coming hope, that is the sacrament of the cross and the number of the gospels and the grace of baptism and the faith in the Trinity, in which we are baptized and made a worthy sacrifice for God, coming upon us with fire from the sky, that is, his holy Spirit presented to us as a gift.

5 But even clearer and plainer we find that through Ezekiel the prophet these gospels are depicted in the four living things whose appearance and shape are both described. Their likeness, he says, is the appearance of a human and the appearance of a lion and the appearance of a calf and the appearance of a flying eagle. (Ezek 1:10) Evident among these is certainly the form of the evangelists. Although they are depicted in different appearances for each changing principle, their preaching is nonetheless not different. In fact, the prophet, when he said that the appearances are specific to each, related that each of their four appearances is heavenly, that is, each living thing has the four appearances. The reason for this is not obscure, because it is meant that they are one, both individually and collectively. While he certainly distinguishes and separates them in connection with their appearances or number, the unity of preaching still makes them inseparable and whole, because you will find everything in each and the whole in all. But we must understand and get to know just this difference among the appearances. The appearance, he says, of a human, and the appearance of a lion and the appearance of a calf and the appearance of a flying eagle. The appearance of a human is understood as the gospel according to Matthew, a human since he began from the bodily birth of the Lord to make the introduction, saying: The book of the generation of Jesus Christ, son of David, son of Abraham, (Matt 1:1) etc. He announces his birth by this human origin. Because of that, it is thus described as the appearance of a human. Now, the appearance of a lion is understood to be the gospel according to John, because, when the other evangelists had said that Christ our God is made human according to the assumption of flesh and born of the virgin, he revealed his timeless and divine birth in just the beginning of his message, saying: In the beginning was the Word and the Word was with God and God as the Word, (John 1:1) etc. With this voice, the preacher of such divinity roared like a lion to frighten off the heresies.

6 The Apocalypse also mentioned these living things, but we must carefully examine why, when the prophet had said that the first appearance was of a human, then of a lion, did the Apocalypse put the appearance of the lion earlier in reversed order, saying The appearance of a lion and the appearance of a human (Rev 4:7), because we must point out it is so, not accidentally but for a particular reason. For Matthew has thus been described first in order in with the prophet in the appearance of a human, because he was to write down the first gospel. But John is brought earlier for this reason in the Apocalypse, because he surpassed everyone in preaching the timeless and coeternal Son of the Father by the excellent beginning of his preaching. Thus, he is placed later as to time or order, but he is regarded first as to faith since he would know the secret, divine mysteries from reclining on the Lord’s bosom. But the fact that John is preferred in connection with faith does not detract from the other evangelists since they all were directed by one and the same Spirit to the complete instruction of the Church and wrote about the Lord necessarily and completely. For, because many different heresies were to come, the holy spirit so impacted the writing of each as to expound the complete and perfect sacrament of the heavenly faith through all of them, by which it confuted all enemies of the truth together. Finally, the Holy Spirit at once opposes those wretched people who deny that the Son of God was born of a virgin for our salvation, judging this as unworthy for God, through Matthew and Luke. Through them, it clearly discloses both the birth of the Lord according to the flesh and the conception and labor of the virgin. However, those who dared blaspheme the true divinity of the Son of God and the unlimited nature of his eternity, denying in particular that he was born of the Father and is true God and had always been with the Father, St. John and Mark nonetheless oppose at once, condemning the infidelity of their blasphemy, testifying in the beginning of his gospel that the only-begotten Son of God is God.

7 But as we are all carefully following this along, I seem to have gone on longer than I intended to. Let us now go back to the order. Thus, St. John is described in the appearance of the lion, as best comprehended.

The gospel according to Luke, however, is recognized in the appearance of the calf, because he wrote according to the law as he began from the priesthood of Zacharias saying: In the days of Herod the king of Judea, there was a certain by the name of Zacharias from the order of Abijah and his wife of the sons of Aaron, etc.

For that reason, however, he has been represented by the person of the calf, because the law he wrote according to had decreed for a type of a future truth that, among other sacrifices, a calf be offered for the sins of the people. Hence, not undeservedly, only this evangelist made mention of this fattened calf, which was killed for the salvation and return of the lost son in the joy of the exulting father, because St. Luke so made mention as he declared that our Lord and Savior has suffered for the sins of the human race according to the preceding form of the law.

To be sure, the appearance of the flying eagle is understood as the gospel according to Mark, who began with a prophetic testimony saying: The beginning of the gospel of Jesus Christ Son of God, as is written in Isaiah: Behold I send my angel before my appearance. A voice crying in the wilderness: Prepare the ways of the Lord, make our God’s paths straight. (Mark 1:1-3)

And because the eagle is often described as the form of the holy spirit, who has been spoken in the prophets, he is thus depicted in the appearance of an eagle. For also only he reported that our Lord and Savior flew away to heaven, that is, wetn back to the Father, as David had said: He ascended above the Cherubim and flew; he flew above the feathers of the wind. (Ps 17:11 [18:10])

8 Finally, as we know that the reason for such a sacrament is arranged in each of the evangelists by the Holy Spirit, the same appearances also combine in the person of our Lord and God. For, he is understood to be a human because of the flesh that he took on from the virgin, and the calf because of what he himself offered as a sacrifice worthy of God for our sins, and a lion for the power of the virtue that defeated death in triumph, allowing in himself none of the brunt of outside fears, and an eagle because, when the mystery of the passion was completed as an eagle flew to heaven, the booty of human flesh it snatched from our jaws has been taken with him.

9 For the same reason in the prophet Zechariah we also read the foretold number of the evangelists, reported by the prophet like this: I saw, he said, four chariots going out of two mountains ,and these mountains, he said, were mountains of bronze. In the first chariot were red horses, and in the second chariot were black horsed, and in the third chariot were white horses, and in the fourth chariot were different and dappled horses. And I said to the angel who was speaking to me: What are these, lord? Responding he said to me: Do you not know what these are? And I said: No, lord. And he told me: These are the four winds of the sky that stand with God before the whole earth. (Zech 6:1-5) And so this is the number of the chariots.

In fact the following rationale, promulgated by prophetic reason, teaches us to perceive a type of the gospel truth: we notice that the gospels have also been clearly designated in these chariots. He declared that the four horses are described in four parts, as we best recall, because each of the gospels must be understood in the four and the four in each. Although the preaching of the evangelists would rightly seem to be in four portions, they still are undividedly of one mind for the unity of the faith. In fact, we know that the gospels were clearly prefigured in these chariots, because the prophet asked the angel speaking to him about what these were and he was told this: These are the four winds of the sky that stand with God before all the earth, which he reported by God’s command to have circled all the earth. And if we have not considered the saying about these winds (which blow through the lands and generate waves or brew up storms), it is simple enough to understand that, when they have been described in the prophets desiring only the divine and eternal heavenly things, the Lord deservedly adds more: These are the ones that circle the earth; they soften my fury (Zech 6:8). As we perceptively have recognized, the divine wrath, which was over people’s sins, cannot otherwise be appeased except through the gospel’s preaching, which runs throughout the globe and gives both the remission of sins and salvation to the human race.

10 Yet the arrangement of the world rests upon the rationale for this evangelical number: for we recognize the four seasons that the year progresses through and the four corners of the earth that the four guardian angels are assigned to, referring to the Apocalypse.

11 And although there are said to be four gospels because of the number of the evangelists, even though there is only gospel among them all, as the Lord said: And this gospel will be preached through the whole globe (Matt 24:14). He did not say gospels but gospel. The apostle described this too when he says: If anyone has preached to you a gospel other than what you have received, let them be accursed. (Gal 1:9) Hence, it is plain that there are certain four books of the gospels, but one gospel is counted in these four books. And for that reason one must not be prejudiced should we sometimes say “gospels” because of the number of evangelists or when we name the gospels in this way as the most important books or when we designate the number of the evangelists according to the usual custom of the majority. Indeed we both confess and believe that there is one true gospel according to the authority of the Lord or even the apostle.

12 Although we have wanted to establish the number of evangelists from a painstaking study of the various testimonies of the prophets, I have extended the sermon longer than I have intended to. But we strive to investigate the order of the gospel according to Matthew, even with little insight and a mediocre sermon.

– translated by Stephen C Carlson, 2005

SOURCE : https://catholicsaints.info/sermons-on-the-gospel-of-matthew-prologue-by-saint-chromatius-of-aquileia/

Letter to Chromatius, by Saint Jerome

Letter 7

To Chromatius, Jovinus, and Eusebius.

This letter (written like the preceding in 374 A.D.) is addressed by Jerome to three of his former companions in the religious life. It commends Bonosus (§3), asks guidance for the writer's sister (§4), and attacks the conduct of Lupicinus, Bishop of Stridon (§5).

1. Those whom mutual affection has joined together, a written page ought not to sunder. I must not, therefore, distribute my words some to one and some to another. For so strong is the love that binds you together that affection unites all three of you in a bond no less close than that which naturally connects two of your number. Indeed, if the conditions of writing would only admit of it, I should amalgamate your names and express them under a single symbol. The very letter which I have received from you challenges me in each of you to see all three, and in all three to recognize each. When the reverend Evagrius transmitted it to me in the corner of the desert which stretches between the Syrians and the Saracens, my joy was intense. It wholly surpassed the rejoicings felt at Rome when the defeat of Cannæ was retrieved, and Marcellus at Nola cut to pieces the forces of Hannibal. Evagrius frequently comes to see me, and cherishes me in Christ as his own bowels. Yet as he is separated from me by a long distance, his departure has gener ally left me as much regret as his arrival has brought me joy.

2. I converse with your letter, I embrace it, it talks to me; it alone of those here speaks Latin. For hereabout you must either learn a barbarous jargon or else hold your tongue. As often as the lines — traced in a well-known hand — bring back to me the faces which I hold so dear, either I am no longer here, or else you are here with me. If you will credit the sincerity of affection, I seem to see you all as I write this.

Now at the outset I should like to ask you one petulant question. Why is it that, when we are separated by so great an interval of land and sea, you have sent me so short a letter? Is it that I have deserved no better treatment, not having first written to you? I cannot believe that paper can have failed you while Egypt continues to supply its wares. Even if a Ptolemy had closed the seas, King Attalus would still have sent you parchments from Pergamum, and so by his skins you could have made up for the want of paper. The very name parchment is derived from a historical incident of the kind which occurred generations ago. What then? Am I to suppose the messenger to have been in haste? No matter how long a letter may be, it can be written in the course of a night. Or had you some business to attend to which prevented you from writing? No claim is prior to that of affection. Two suppositions remain, either that you felt disinclined to write or else that I did not deserve a letter. Of the two I prefer to charge you with sloth than to condemn myself as undeserving. For it is easier to mend neglect than to quicken love.

3. You tell me that Bonosus, like a true son of the Fish, has taken to the water. As for me who am still foul with my old stains, like the basilisk and the scorpion I haunt the dry places. Deuteronomy 8:15 Bonosus has his heel already on the serpent's head, while I am still as food to the same serpent which by divine appointment devours the earth. Genesis 3:14 He can scale already that ladder of which the psalms of degrees are a type; while I, still weeping on its first step, hardly know whether I shall ever be able to say: I will lift up my eyes unto the hills, from whence comes my help. Amid the threatening billows of the world he is sitting in the safe shelter of his island, that is, of the church's pale, and it may be that even now, like John, he is being called to eat God's book; Revelation 10:9-10 while I, still lying in the sepulchre of my sins and bound with the chains of my iniquities, wait for the Lord's command in the Gospel: Jerome, come forth. John 11:43 But Bonosus has done more than this. Like the prophet Jeremiah 13:4-5 he has carried his girdle across the Euphrates (for all the devil's strength is in the loins ), and has hidden it there in a hole of the rock. Then, afterwards finding it rent, he has sung: O Lord, you have possessed my reins. You have broken my bonds in sunder. I will offer to you the sacrifice of thanksgiving. But as for me, Nebuchadnezzar has brought me in chains to Babylon, to the babel that is of a distracted mind. There he has laid upon me the yoke of captivity; there inserting in my nostrils a ring of iron, 2 Kings 19:28 he has commanded me to sing one of the songs of Zion. To whom I have said, The Lord looses the prisoners; the Lord opens the eyes of the blind. To complete my contrast in a single sentence, while I pray for mercy Bonosus looks for a crown.

4. My sister's conversion is the fruit of the efforts of the saintly Julian. He has planted, it is for you to water, and the Lord will give the increase. 1 Corinthians 3:6 Jesus Christ has given her to me to console me for the wound which the devil has inflicted on her. He has restored her from death to life. But in the words of the pagan poet, for her

There is no safety that I do not fear.

You know yourselves how slippery is the path of youth — a path on which I have myself fallen, and which you are now traversing not without fear. She, as she enters upon it, must have the advice and the encouragement of all, she must be aided by frequent letters from you, my reverend brothers. And — for charity endures all things, 1 Corinthians 13:7 — I beg you to get from Pope Valerian a letter to confirm her resolution. A girl's courage, as you know, is strengthened when she realizes that persons in high place are interested in her.

5. The fact is that my native land is a prey to barbarism, that in it men's only God is their belly, that they live only for the present, and that the richer a man is the holier he is held to be. Moreover, to use a well-worn proverb, the dish has a cover worthy of it; for Lupicinus is their priest. Like lips like lettuce, as the saying goes — the only one, as Lucilius tells us, at which Crassus ever laughed — the reference being to a donkey eating thistles. What I mean is that an unstable pilot steers a leaking ship, and that the blind is leading the blind straight to the pit. The ruler is like the ruled.

6. I salute your mother and mine with the respect which, as you know, I feel towards her. Associated with you as she is in a holy life, she has the start of you, her holy children, in that she is your mother. Her womb may thus be truly called golden. With her I salute your sisters, who ought all to be welcomed wherever they go, for they have triumphed over their sex and the world, and await the Bridegroom's coming, Matthew 25:4 their lamps replenished with oil. O happy the house which is a home of a widowed Anna, of virgins that are prophetesses, and of twin Samuels bred in the Temple! Fortunate the roof which shelters the martyr-mother of the Maccabees, with her sons around her, each and all wearing the martyr's crown! 2 Maccabbees vii For although you confess Christ every day by keeping His commandments, yet to this private glory you have added the public one of an open confession; for it was through you that the poison of the Arian heresy was formerly banished from your city.

You are surprised perhaps at my thus making a fresh beginning quite at the close of my letter. But what am I to do? I cannot refuse expression to my feelings. The brief limits of a letter compel me to be silent; my affection for you urges me to speak. I write in haste, my language is confused and ill-arranged; but love knows nothing of order.

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Source. Translated by W.H. Fremantle, G. Lewis and W.G. Martley. From Nicene and Post-Nicene Fathers, Second Series, Vol. 6. Edited by Philip Schaff and Henry Wace. (Buffalo, NY: Christian Literature Publishing Co., 1893.) Revised and edited for New Advent by Kevin Knight. <http://www.newadvent.org/fathers/3001007.htm>.

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SOURCE : https://www.newadvent.org/fathers/3001007.htm

Duomo di Udine, busto contenente le reliquie di San Cromazio

Buste reliquaire de saint Chromace, cathédrale d'Udine.


San Cromazio d'Aquileia Vescovo

2 dicembre

Aquileia, Udine, 335/340 - 407/408

Cromazio fu vescovo di Aquileia dal 387/388 al 407/408, succedendo a Valeriano. È autore di un Commento al Vangelo di Matteo, rimasto probabilmente incompiuto e di numerosi Sermoni che sono un’importantissima testimonianza della fede e della vitalità dell’antica Chiesa aquileiese. Come esponente dell’ortodossia fu tra i promotori della sconfitta ariana: partecipò come presbitero al Concilio del 381. Fu animatore di un fervente cenacolo presbiterale al quale attinsero numerosi uoimini di fede e di cultura, tra cui S. Girolamo e Rufino. È il più documentato e valido esempio di vita cristiana e di impegno pastorale che ci giunge dall’antica Aquileia. Del suo zelo pastorale, della sua ardente carità e fermezza abbiamo testimonianza da S. Girolamo e S. Giovanni Crisostomo. Condivise fino alla morte le travagliate vicende del suo popolo a cause delle invasioni barbariche. Il suo culto ha ricevuto in questi decenni notevole impulso in seguito alla riscoperta e ampia trattazione dei suoi scritti, rimasti per secoli quasi del tutto sconosciuti.

Emblema: Bastone pastorale

Martirologio Romano: Ad Aquileia in Friuli, san Cromazio, vescovo, che, da vero costruttore di pace, pose rimedio alla condizione dei chiostri d’Italia distrutti da Alarico e alle sofferenze del popolo e, da sapiente interprete dei misteri del Verbo divino, elevò le menti alle più alte realtà.

Non l’ha canonizzato nessuno, che si sappia. Però il Martirologio romano lo ricorda come santo e «vero artefice di pace, pronto a elevare le menti verso le cose più amate», anche in mezzo alle rovine e ai lutti che colpivano il territorio friulano e la città. Aquileia, già colonia romana nel II secolo a.C. e sede di guarnigioni militari, è stata poi fortificata tra il 161 e il 180 dall’imperatore Marco Aurelio, che ne ha fatto un bastione contro le invasioni dall’Est. Secondo una tradizione, il cristianesimo vi sarebbe stato diffuso da san Marco evangelista. La cronologia dei vescovi è lacunosa nei primi tempi, e sicura dal 285 in avanti.

Cromazio nasce in una famiglia benestante. Sappiamo infatti che in casa sua (dove ci sono il fratello Eusebio e tre sorelle) s’incontrano sacerdoti e laici animati da lui: una sorta di gruppo ascetico culturale che verso il 370 accoglie anche un funzionario imperiale dimissionario: un dàlmata Girolamo. Questi arriva da Treviri, in Germania (sede stagionale degli imperatori), dove ha rinunciato alla sua carica. E in casa di Cromazio, tra letture, preghiere e discussioni, si prepara al cammino che lo condurrà in Oriente, e all’opera gigantesca di tradurre le Scritture in latino.

Il vescovo Valeriano di Aquileia ha ordinato sacerdote Cromazio, e si serve di lui per la difesa della dottrina cattolica contro l’arianesimo, che in Alta Italia ha ancora sostenitori, anche tra i vescovi. Proprio per giungere a un chiarimento generale in materia di dottrina, nel 381 si riunisce ad Aquileia un Concilio regionale; e Cromazio è uno dei più autorevoli ispiratori delle sue conclusioni.

Morto poi Valeriano, è lui a succedergli come vescovo di Aquileia, e riceve la consacrazione episcopale da sant’Ambrogio di Milano. Dall’Oriente, Girolamo lo definirà il vescovo «più santo e più dotto» del suo tempo. E sicuramente egli è pure uno dei più generosi verso il traduttore della Bibbia: gli manda lettere di incoraggiamento e anche aiuti in denaro; e Girolamo ricambia dedicandogli alcune delle sue versioni bibliche.

Ma nell’Impero, governato da due imperatori “colleghi” e spesso rivali a morte, per due volte in pochi anni la guerra arriva addosso al Friuli. Due battaglie e due vittorie di Teodosio (luglio 387 e settembre 394), con l’immediata uccisione dei rivali sconfitti e le solite devastazioni e rapine della truppa. Così Teodosio rimane imperatore unico, ma alla sua morte riecco un imperatore in Italia (Ravenna) e uno a Costantinopoli: Onorio e Arcadio, figli di Teodosio.

Nel 404, un avvenimento lontano sottolinea il prestigio di Aquileia e del suo vescovo. Il patriarca di Costantinopoli, Giovanni Crisostomo, è stato condannato un’altra volta all’esilio, e chiede aiuto a tre persone: papa Innocenzo I, Ambrogio di Milano e Cromazio di Aquileia. Il quale interviene presso Onorio, ma invano. Il patriarca morirà in esilio.

Le delusioni non fermano la sua operosità di promotore di cultura cristiana. Tra un’invasione e l’altra (anche i Visigoti, ora) aiuta e incoraggia studiosi; e uno se lo prende in casa, Rufino di Aquileia, per fargli continuare la Storia ecclesiastica di Eusebio di Cesarea. E quando Rufino e Girolamo polemizzano tra loro, fa di tutto per riconciliarli e riportarli allo scrittoio. Anche lui, Cromazio, studia e scrive: conosciamo una raccolta di suoi sermoni e un commento parziale al Vangelo di Matteo.

Autore: Domenico Agasso

SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/90492

BENEDETTO XVI

UDIENZA GENERALE

Aula Paolo VI
Mercoledì, 5 dicembre 2007

San Cromazio di Aquileia


Cari fratelli e sorelle,

nelle ultime due catechesi abbiamo fatto un’escursione attraverso le Chiese d’Oriente di lingua semitica, meditando su Afraate persiano e su sant’Efrem siro; oggi ritorniamo nel mondo latino, al Nord dell’Impero romano, con san Cromazio di Aquileia. Questo Vescovo svolse il suo ministero nell’antica Chiesa di Aquileia, fervente centro di vita cristiana situato nella Decima regione dell’Impero romano, la Venetia et Histria. Nel 388, quando Cromazio salì sulla cattedra episcopale della città, la comunità cristiana locale aveva già maturato una storia gloriosa di fedeltà al Vangelo. Tra la metà del terzo e i primi anni del quarto secolo le persecuzioni di Decio, di Valeriano e di Diocleziano avevano mietuto un gran numero di martiri. Inoltre, la Chiesa di Aquileia si era misurata, come tante altre Chiese del tempo, con la minaccia dell’eresia ariana. Lo stesso Atanasio – l’alfiere dell’ortodossia nicena, che gli ariani avevano cacciato in esilio –, per qualche tempo trovò rifugio ad Aquileia. Sotto la guida dei suoi Vescovi, la comunità cristiana resistette alle insidie dell’eresia e rinsaldò la propria adesione alla fede cattolica.

Nel settembre del 381 Aquileia fu sede di un Sinodo, che vide convenire circa 35 Vescovi dalle coste dell’Africa, dalla valle del Rodano e da tutta la Decima regione. Il Sinodo si proponeva di debellare gli ultimi residui dell’arianesimo in Occidente. Al Concilio prese parte anche il presbitero Cromazio, in qualità di esperto del Vescovo di Aquileia, Valeriano (370-388 ca.). Gli anni intorno al Sinodo del 381 rappresentano «l’età d’oro» della comunità aquileiese. San Girolamo, che era nativo della Dalmazia, e Rufino di Concordia parlano con nostalgia del loro soggiorno ad Aquileia (370-373), in quella specie di cenacolo teologico, che Girolamo non esita a definire quasi chorus beatorum, «come un coro di beati» (Chronache 11). In questo cenacolo – che ricorda per alcuni aspetti le esperienze comunitarie condotte da Eusebio di Vercelli e da Agostino – si formarono le più notevoli personalità delle Chiese dell’Alto Adriatico.

Ma già nella sua famiglia Cromazio aveva imparato a conoscere e ad amare Cristo. Ce ne parla, con termini pieni di ammirazione, lo stesso Girolamo, che paragona la madre di Cromazio alla profetessa Anna, le sue due sorelle alle vergini prudenti della parabola evangelica, Cromazio stesso e il suo fratello Eusebio al giovane Samuele (cfr Ep. VII,4). Di Cromazio e di Eusebio Girolamo scrive ancora: «Il beato Cromazio e il santo Eusebio erano fratelli per il vincolo del sangue, non meno che per l’identità degli ideali» (Ep. VIII).

Cromazio era nato ad Aquileia verso il 345. Venne ordinato diacono e poi presbitero; infine fu eletto Pastore di quella Chiesa (a. 388). Ricevuta la consacrazione episcopale dal Vescovo Ambrogio, si dedicò con coraggio ed energia a un compito immane per la vastità del territorio affidato alle sue cure pastorali: la giurisdizione ecclesiastica di Aquileia, infatti, si estendeva dai territori attuali della Svizzera, della Baviera, dell’Austria e della Slovenia fino all’Ungheria. Quanto Cromazio fosse conosciuto e stimato nella Chiesa del suo tempo, lo si può arguire da un episodio della vita di san Giovanni Crisostomo. Quando il Vescovo di Costantinopoli fu esiliato dalla sua sede, scrisse tre lettere a quelli che egli riteneva i più importanti Vescovi d’Occidente, per ottenerne l’appoggio presso gli imperatori: una lettera la scrisse al Vescovo di Roma, la seconda al Vescovo di Milano, la terza al Vescovo di Aquileia, Cromazio appunto (Ep. CLV). Quest’ultimo, però, si trovava pure lui in grande difficoltà a motivo della precaria situazione politica: molto probabilmente nello stesso anno 407, in cui Crisostomo soccombette ai travagli della sua deportazione, anche Cromazio morì in esilio, a Grado, mentre cercava di scampare alle scorrerie dei barbari.

Quanto a prestigio e importanza, Aquileia era la quarta città della penisola italiana, e la nona dell’Impero romano: anche per questo motivo essa attirava le mire dei Goti e degli Unni. Oltre a causare gravi lutti e distruzioni, le invasioni di questi popoli compromisero gravemente la trasmissione delle opere dei Padri conservate nella biblioteca episcopale, ricca di codici. Andarono dispersi anche gli scritti di san Cromazio, che finirono qua e là, e furono spesso attribuiti ad altri autori: a Giovanni Crisostomo (anche per l’equivalente inizio dei due nomi, Chromatius – Chrysostomus); oppure ad Ambrogio e ad Agostino, come anche a Girolamo, che Cromazio aveva aiutato molto nella revisione del testo e nella traduzione latina della Bibbia. La riscoperta di gran parte dell’opera di Cromazio è dovuta a felici e fortunose vicende, che hanno consentito solo in anni recenti di ricostruire un corpus di scritti abbastanza consistente: più di una quarantina di sermoni, dei quali una decina frammentari, e oltre sessanta trattati di commento al Vangelo di Matteo.

Cromazio fu sapiente maestro e zelante Pastore. Il suo primo e principale impegno fu quello di porsi in ascolto della Parola, per essere capace di farsene poi annunciatore: nel suo insegnamento egli parte sempre dalla Parola di Dio e ad essa sempre ritorna. Alcune tematiche gli sono particolarmente care: anzitutto il mistero trinitario, che egli contempla nella sua rivelazione lungo tutta la storia della salvezza. Poi il tema dello Spirito Santo: Cromazio richiama costantemente i fedeli alla presenza e all’azione della terza Persona della Santissima Trinità nella vita della Chiesa. Ma con particolare insistenza il santo Vescovo ritorna sul mistero di Cristo. Il Verbo incarnato è vero Dio e vero uomo: ha assunto integralmente l’umanità, per farle dono della propria divinità. Queste verità, ribadite con insistenza anche in funzione antiariana, approderanno una cinquantina di anni più tardi alla definizione del Concilio di Calcedonia. La forte sottolineatura della natura umana di Cristo conduce Cromazio a parlare della Vergine Maria. La sua dottrina mariologica è tersa e precisa. A lui dobbiamo alcune suggestive descrizioni della Vergine Santissima: Maria è la «vergine evangelica capace di accogliere Dio»; è la «pecorella immacolata e inviolata», che ha generato l’«agnello ammantato di porpora» (cfr Sermone XXIII,3). Il Vescovo di Aquileia mette spesso la Vergine in relazione con la Chiesa: entrambe, infatti, sono «vergini» e «madri». L’ecclesiologia di Cromazio è sviluppata soprattutto nel commento a Matteo. Ecco alcuni concetti ricorrenti: la Chiesa è unica, è nata dal sangue di Cristo; è veste preziosa intessuta dallo Spirito Santo; la Chiesa è là dove si annuncia che Cristo è nato dalla Vergine, dove fiorisce la fraternità e la concordia. Un’immagine a cui Cromazio è particolarmente affezionato è quella della nave sul mare in tempesta – e i suoi erano tempi di tempesta, come abbiamo sentito –: «Non c’è dubbio», afferma il santo Vescovo, «che questa nave rappresenta la Chiesa» (cfr Trattato XLII,5).

Da zelante Pastore qual è, Cromazio sa parlare alla sua gente con linguaggio fresco, colorito e incisivo. Pur non ignorando il perfetto cursus latino, preferisce ricorrere al linguaggio popolare, ricco di immagini facilmente comprensibili. Così, ad esempio, prendendo spunto dal mare, egli mette a confronto, da una parte, la pesca naturale di pesci che, tirati a riva, muoiono e, dall’altra, la predicazione evangelica, grazie alla quale gli uomini vengono tratti in salvo dalle acque limacciose della morte, e introdotti alla vita vera (cfr Trattato XVI,3). Sempre nell’ottica del buon Pastore, in un periodo burrascoso come il suo, funestato dalle scorrerie dei barbari, egli sa mettersi a fianco dei fedeli per confortarli e per aprirne l’animo alla fiducia in Dio, che non abbandona mai i suoi figli.

Raccogliamo infine, a conclusione di queste riflessioni, un’esortazione di Cromazio, ancor oggi perfettamente valida: «Preghiamo il Signore con tutto il cuore e con tutta la fede – raccomanda il Vescovo di Aquileia in un suo sermone –, preghiamolo di liberarci da ogni incursione dei nemici, da ogni timore degli avversari. Non guardi i nostri meriti, ma la sua misericordia, Lui che anche in passato si degnò di liberare i figli di Israele non per i loro meriti, ma per la sua misericordia. Ci protegga con il solito amore misericordioso e operi per noi ciò che il santo Mosè disse ai figli di Israele: “Il Signore combatterà in vostra difesa, e voi starete in silenzio” (cfr Es 14,14). È Lui che combatte, è Lui che riporta la vittoria … E affinché si degni di farlo, dobbiamo pregare il più possibile. Egli stesso infatti dice per bocca del profeta: “Invocami nel giorno della tribolazione; io ti libererò, e tu mi darai gloria” (cfr Sal 50,15)» (Sermone XVI,4).

Così, proprio all’inizio del tempo di Avvento, san Cromazio ci ricorda che l’Avvento è tempo di preghiera, in cui occorre entrare in contatto con Dio. Dio ci conosce, conosce me, conosce ognuno di noi, mi vuol bene, non mi abbandona. Andiamo avanti con questa fiducia nel tempo liturgico appena iniziato.

Saluti:

Je vous souhaite la bienvenue, chers pèlerins de langue français. Je salue en particulier les diacres permanents du diocèse de Troyes et leurs épouses. A la suite de saint Chromace, je vous invite à prier le Seigneur de tout votre cœur, lui demandant de vous libérer de tout mal et de vous rendre dignes de participer un jour à sa gloire. Avec ma Bénédiction apostolique.

I am pleased to welcome the Marist and Marianist Brothers visiting Rome for a programme of spiritual renewal. I also greet the African-American Methodist Choir, with gratitude for their praise of God in song. Upon all the English-speaking pilgrims and visitors, especially those from Sweden and the United States, I invoke God’s blessings of joy and peace.

Ein herzliches "Grüß Gott" sage ich allen deutschsprachigen Pilgern und Besuchern. Besonders heiße ich heute die Wallfahrer aus der Schönstattbewegung willkommen. Lassen wir uns vom heiligen Bischof Chromatius anleiten: Beten wir zum Herrn, wie er in der wirren Zeit gebetet hat, daß er uns die Furcht nehme und daß er uns Vertrauen schenkt, daß er uns die Gewißheit schenkt, daß Gott mit seinem Erbarmen einem jeden von uns nahe ist, daß er uns zum Guten führt und das Gute zum Sieg führt. Euch allen wünsche eine gesegnete Adventszeit!

Saludo cordialmente a los peregrinos de lengua española. En particular, al coro “Schola Gregoriana” de Madrid y a los grupos venidos de Sevilla, Murcia y de otros lugares de España y de Latinoamérica. A ejemplo de san Cromacio, invoquemos al Señor en medio de nuestras tribulaciones. Muchas gracias.

Saluto in lingua polacca:

Pozdrawiam serdecznie pielgrzymów polskich. Witam Ojców Marianów i wiernych, którzy dziękują Bogu za beatyfikację błogosławionego Stanisława Papczyńskiego. Niech zbawczy czas oczekiwania na Boże Narodzenie będzie dla nas okazją do refleksji nad życiem, do ewangelicznej czujności i duchowej przemiany. Polecam was Bogu w modlitwie i na dni Adwentu z serca błogosławię.

Traduzione italiana:

Saluto cordialmente i pellegrini polacchi. Dò il mio benvenuto ai Padri Mariani ed ai fedeli che rendono grazie a Dio per la beatificazione del beato Stanisław Papczyński. Il salvifico tempo di attesa del Natale, sia per noi un’occasione per riflettere sulla propria vita, per la vigilanza evangelica e per la metanoia spirituale. Vi raccomando al Signore nella mia preghiera e di cuore vi benedico per l’intera durata dell’Avvento.

* * *

Rivolgo un cordiale saluto ai pellegrini di lingua italiana. In particolare, saluto i fedeli della parrocchia San Cromazio d’Aquileia in Udine e quelli di Gorizia, guidati dall’Arcivescovo Mons. Dino De Antoni, qui convenuti in occasione  dell’apertura dell’Anno cromaziano. Saluto i membri del gruppo Follereau-de Foucauld, accompagnati dall’Arcivescovo di Pompei Mons. Carlo Liberati, e i rappresentanti dell’Istituto bancario Artigiancassa, di Roma. Saluto, inoltre, le Ancelle dell’Amore Misericordioso, che stanno celebrando in questi giorni il loro capitolo, e le incoraggio ad andare incontro a Cristo con la coerenza della fede per testimoniare con rinnovato ardore apostolico la divina misericordia.

Saluto, infine, i giovani, i malati e gli sposi novelli. Ci stiamo preparando a celebrare tra qualche giorno la solennità della Vergine Immacolata. Sia Lei a guidarvi, cari giovani, nel vostro cammino di adesione a Cristo. Per voi, cari malati, sia sostegno nella sofferenza e susciti in voi rinnovata speranza, e guidi voi, cari sposi novelli, a scoprire sempre più l’amore di Cristo.

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

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SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/it/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20071205.html

CROMAZIO (SAN) (? - 407)

VESCOVO DI AQUILEIASANTO

Il nome di Aquileia ricorre in tutte le opere fondamentali della patristica: Rufino di Aquileia infatti vi è sempre ricordato. Non altrettanto si può dire per C. – certamente uno dei più illustri vescovi della Chiesa latina – anche dopo la pubblicazione delle sue opere, frutto delle sostanziose scoperte di J. Lemarié e di R. Étaix che hanno messo in luce l’interiore grandezza e lo zelo pastorale del santo vescovo nell’impegno della catechesi. Del resto la prima pubblicazione organica dei Sermones di C. di Aquileia nei due volumi delle Sources Chrétiennes, stampati a Parigi rispettivamente negli anni 1969 e 1971 a cura del Lemarié, è senza dubbio una tappa importante per la conoscenza e per gli studi cromaziani; ormai non si potrà più omettere il nome di C. nelle patrologie, come auspicava il Lemarié a conclusione di un primo saggio sui frutti delle sue ricerche con queste parole: «Poche città dell’impero romano di quell’epoca hanno avuto l’onore di dare alla Chiesa due Padri di tale importanza [Rufino e C.]. E non è questa per Aquileia la gloria più limpida?». Come non rammaricarci però che Rufino, vissuto accanto a C. fra il 399 e il 407 ca., intimo del vescovo di Aquileia durante gli ultimi anni della sua vita e perciò ricco di tanti ricordi, non abbia progettato di lasciarci una Vita Chromatii, come fece Paolino per Ambrogio e Possidio per Agostino? Nella sua opera esegetica e anche nei suoi Sermones, inoltre, va rilevata l’assenza di ogni riferimento personale: C. infatti non ricorda mai episodi o casi occorsigli, come fa talvolta san Massimo di Torino. Così quel poco che sappiamo della sua vita siamo costretti a ricavarlo indirettamente dalle testimonianze epistolari o letterarie di uomini illustri, come Girolamo, Ambrogio, Giovanni Crisostomo, Rufino, che, per ragioni editoriali e scientifiche ovvero collegate all’esercizio del ministero o per amicizia, furono in contatto con lui. ... LEGGI

Giuseppe Cuscito

Bibliografia

PL, 28, 1323; PL, 25, 1273; J. LEMARIE, Indagini su San Cromazio d’Aquileia, «Aquileia nostra», 38 (1967), 151-176; Y.M. DUVAL, Les relations doctrinales entre Milan et Aquilée durant la seconde moitié du IV siècle. Chromace d’Aquilée et Ambroise de Milan, in Aquileia e Milano, Udine, Arti grafiche friulane, 1973 (Antichità altoadriatiche, 4), 171-234; G. TRETTEL, La “Parola di Dio” nei sermoni di Cromazio d’Aquileia, «MSF», 53 (1973), 12-29; ID., Terminologia esegetica nei sermoni di san Cromazio di Aquileia, «Revue des études augustiniennes», 20 (1974), 55-81; ID., “Figura” e “Veritas” nell’opera oratoria di san Cromazio vescovo di Aquileia, «La Scuola cattolica», 102 (1974), 3-23; A. DE NICOLA, La presenza della Bibbia nei Sermoni di Cromazio, «Aquileia nostra», 45-46 (1974-1975), 701-716; S. TRAMONTIN, Origini del cristianesimo nel Veneto, in Storia della cultura veneta, 102-123; L. CRACCO RUGGINI, Il vescovo Cromazio e gli ebrei di Aquileia, in Aquileia e l’Oriente mediterraneo, Udine, AGF, 1977 (Antichità altoadriatiche, 12), 353-381; G. CUSCITO, Cromazio di Aquileia (388-408) e l’età sua. Bilancio bibliografico-critico dopo l’edizione del Sermone e del Tractatus in Matthaeum, Aquileia. Associazione nazionale per Aquileia, 1980; G. TRETTEL, Mysterium e Sacramentum in S. Cromazio, Trieste, Centro studi storico-cristiani Friuli-Venezia Giulia, 1979; D. CORGNALI, Il mistero pasquale in Cromazio di Aquileia, Udine, La nuova base, 1979: l’A. tenta di dimostrare la ricchezza e l’originalità della teologia di C. fra i Padri del secolo IV-V, teologia che risentirebbe di una tradizione molto antica della Chiesa (risalente fino al secolo II) soprattutto in riferimento al mistero pasquale, per cui sono messi in rilievo dei parallelismi con Melitone di Sardi e con l’Anonimo Quartodecimano. Per pronunciate reminiscenze di motivi caratteristici della teologia quartodecimana relativamente al sacramento del battesimo e alla celebrazione pasquale: P.F. BEATRICE, La lavanda dei piedi. Contributo alla storia delle antiche liturgie cristiane, Roma, 1983, 85-98; Y.M. DUVAL, Chromace et Jérôme, in Chromatius episcopus 388-1988, Udine, AGF, 1989 (Antichità altoadriatiche, 34), 151-183; V. CIAN, L’anno liturgico nelle opere di S. Cromazio di Aquileia, Trieste, 1996; G. TRETTEL, La Vergine Maria in S. Cromazio, Trieste, 1991; ID., San Cromazio d’Aquileia. Il prologo al Vangelo di Matteo, «MSF», 83 (2003), 43-56.

SOURCE : https://www.dizionariobiograficodeifriulani.it/cromazio-san/

COMITATO NAZIONALE

XVI centenario di SAN CROMAZIO vescovo di Aquileia (408 - 2008)

Si è conclusa la mostra "Cromazio di Aquileia al crocevia di genti e religioni"

L’anno cromaziano si chiuderà ufficialmente il 2 dicembre con una solenne concelebrazione presieduta dal cardinale Angelo ScolaE’ calato il sipario sulla mostra “Cromazio di Aquileia al crocevia di genti e religioni” organizzata dal Comitato nazionale San Cromazio in occasione dell’anno cromaziano, che celebra il 16° centenario della morte di San Cromazio, vescovo di Aquileia dal 388 al 408, e che ha superato quota 10.000 visitatori. L’epilogo ufficiale dell’anno cromaziano avrà invece luogo il prossimo 2 dicembre, con una solenne concelebrazione nella Basilica di Aquileia alla quale saranno invitati tutti i vescovi dell'antica metropolia di Aquileia (Triveneto, Baviera, Austria, Slovenia, Croazia, Ungheria...), e che sarà presieduta dal Patriarca di Venezia, il cardinale Angelo Scola, presidente della Conferenza Episcopale Triveneta. Nell’occasione verranno inoltre presentati al pubblico gli atti del convegno internazionale realizzato la scorsa primavera.

“Siamo molto soddisfatti – spiega monsignor Duilio Corgnali, presidente del Comitato – sia dell’affluenza di visitatori alla mostra, fra cui molti sloveni e numerosi gruppi, segno che il linguaggio dell’arte è ancora molto efficace per raccontare un’epoca così importante per la nostra terra, sia dell’interesse mostrato dalla gente alle diverse iniziative dell’anno cromaziano. Gli stessi responsabili del ministero per i Beni culturali si sono complimentati con il Comitato per il lavoro svolto”.

Fra le ultime iniziative in programma prima della fine dell’anno cromaziano rientra, inoltre, il pellegrinaggio ad Alessandria e alle chiese e monasteri d’Egitto organizzato, dal 23 al 30 aprile dalla Pieve di San Pietro di Tarcento e volto a scoprire le radici cristiane di Aquileia. Il pellegrinaggio, guidato da monsignor Corgnali, prevede anche l’incontro con il Patriarca cattolico Antonios Naguib, che è stato ospite a Udine lo scorso ottobre.

SOURCE : https://web.archive.org/web/20091129045426/http://www.cromaziodiaquileia.it/cromazio_di_aquileia91_comunicati_sub96.htm

Bleiglasfenster in der katholischen Pfarrkirche St. Johannes in Thür, Darstellung: hl. Sebastianus und Chromatius


BENEDIKT XVI.

GENERALAUDIENZ

Mittwoch, 5. Dezember 2007

Der heilige Chromatius von Aquileia


Liebe Brüder und Schwestern!

In den letzten beiden Katechesen haben wir eine Reise zu den Kirchen des Ostens semitischer Sprache unternommen und über den Perser Aphrahat und den hl. Ephräm den Syrer nachgedacht; heute kehren wir mit dem hl. Chromatius von Aquileia in die lateinische Welt zurück, in den Norden des Römischen Reiches. Dieser Bischof übte seinen Dienst in der alten Kirche von Aquileia aus, einem blühenden Zentrum christlichen Lebens, das in der »Zehnten Region« des Römischen Reiches lag, der Region »Venetia et Histria«. Als Chromatius im Jahr 388 den Bischofsstuhl der Stadt bestieg, war in der christlichen Ortsgemeinde bereits eine ruhmreiche Geschichte der Treue zum Evangelium herangereift. Zwischen der Mitte des dritten und den ersten Jahren des vierten Jahrhunderts hatten die Verfolgungen unter Decius, Valerian und Diokletian eine große Zahl von Märtyrern gefordert. Darüber hinaus hatte sich die Kirche von Aquileia, wie viele andere Kirchen der damaligen Zeit, der Bedrohung durch die arianische Irrlehre gestellt. Athanasius selbst – der Vorkämpfer der nizänischen Rechtgläubigkeit, den die Arianer ins Exil verbannt hatten –, fand einige Zeit Zuflucht in Aquileia. Unter der Führung ihrer Bischöfe widerstand die christliche Gemeinde den Gefahren der Irrlehre und stärkte ihr Festhalten am katholischen Glauben.

Im September 381 war Aquileia Sitz einer Synode, zu der ungefähr 35 Bischöfe aus den Küstengebieten Nordafrikas, aus dem Rhônetal und aus der ganzen »Zehnten Region« zusammenkamen. Die Synode nahm sich vor, die letzten Reste des Arianismus im Westen zu beseitigen. An dem Konzil nahm auch der Priester Chromatius teil als Experte Valerians, des Bischofs von Aquileia (370/1–387/8). Die Jahre um die Synode von 381 waren »das goldene Zeitalter« der Gemeinde von Aquileia. Der aus Dalmatien stammende hl. Hieronymus und Rufinus von Concordia sprechen voll Nostalgie von ihrem Aufenthalt in Aquileia (370–373), in jener Art von theologischem Kreis, den Hieronymus, ohne zu zögern, »tamquam chorus beatorum« – »einen Chor der Seligen« –, nennt (Chronikon, PL XXVII, 697–698). Aus diesem Kreis – der in gewisser Hinsicht an die Gemeinschaftserfahrungen erinnert, die Eusebius von Vercelli und Augustinus gemacht hatten – erwuchsen die namhaftesten Persönlichkeiten der Kirchen nördlich der Adria.

Chromatius hatte aber schon in seiner Familie Christus kennen und lieben gelernt. Mit Worten voller Bewunderung spricht darüber Hieronymus selbst, der die Mutter des Chromatius mit der Prophetin Hanna, seine zwei Schwestern mit den klugen Jungfrauen im Gleichnis des Evangeliums, Chromatius selbst und seinen Bruder Eusebius mit dem jungen Samuel vergleicht (vgl. Ep. VII: PL XXII, 341). Von Chromatius und Eusebius schreibt Hieronymus noch: »Der selige Chromatius und der heilige Eusebius waren Brüder durch Blutsverwandtschaft, aber nicht weniger durch die Übereinstimmung in ihren Idealen« (Ep. VIII: PL XXII, 342).

Chromatius wurde um das Jahr 345 in Aquileia geboren. Er wurde zum Diakon und dann zum Priester geweiht; schließlich wurde er zum Bischof dieser Kirche gewählt (im Jahr 388). Nach Empfang der Bischofsweihe durch Bischof Ambrosius widmete er sich voll Mut und Tatkraft einer Aufgabe, die angesichts der Ausdehnung der seiner Hirtensorge anvertrauten Gebiete gewaltig war: Das kirchliche Jurisdiktionsgebiet von Aquileia erstreckte sich nämlich von den Gebieten der heutigen Schweiz über Bayern, Österreich und Slowenien bis nach Ungarn. Wie sehr Chromatius in der Kirche seiner Zeit bekannt war und geschätzt wurde, kann man einer Episode aus dem Leben des hl. Johannes Chrysostomus entnehmen. Als der Bischof von Konstantinopel von seinem Sitz verbannt wurde, schrieb er drei Briefe an diejenigen, die er für die bedeutendsten Bischöfe des Westens hielt, um deren Unterstützung bei den Kaisern zu erwirken: Einen Brief schrieb er an den Bischof von Rom, den zweiten an den Bischof von Mailand und den dritten an den Bischof von Aquileia, eben Chromatius (Ep. CLV: PG LII, 702). Auch für diesen waren es wegen der prekären politischen Situation schwierige Zeiten. Chromatius starb sehr wahrscheinlich 407 im Exil in Grado, während er versuchte, den Angriffen der Barbaren zu entkommen, im selben Jahr, in dem auch Chrysostomus starb.

Dem Ansehen und der Bedeutung nach war Aquileia die vierte Stadt der italienischen Halbinsel und die neunte des Römischen Reiches: Auch aus diesem Grund war sie ein verlockendes Ziel der Goten und der Hunnen. Abgesehen davon, daß die Invasionen dieser Völker schwere Opfer forderten und Zerstörungen verursachten, gefährdeten sie ernstlich die Überlieferung der Werke der Väter, die in der an Codices reichen bischöflichen Bibliothek aufbewahrt waren. Auch die Schriften des hl. Chromatius wurden an andere Orte zerstreut und oft anderen Autoren zugeschrieben: Johannes Chrysostomus (auch wegen des gleichen Beginns der beiden Namen: Chromatius wie Chrysostomus); oder Ambrosius und Augustinus; und auch Hieronymus, dem Chromatius sehr bei der Revision des Textes und bei der lateinischen Übersetzung der Bibel geholfen hatte. Die Wiederentdeckung des Großteils der Werke des Chromatius ist glücklichen und zufälligen Umständen zu verdanken, die es erst in jüngster Zeit ermöglicht haben, ein ziemlich reiches »Corpus« von Schriften zu rekonstruieren: mehr als vierzig Predigten, von denen ungefähr zehn als Fragmente erhalten sind, und sechzig kommentierende Abhandlungen zum Matthäusevangelium.

Chromatius war ein weiser Lehrer und eifriger Hirt. Sein erstes und vornehmliches Bemühen war es, auf das Wort zu hören, um fähig zu sein, dann zu dessen Verkünder zu werden: In seiner Lehre geht er stets vom Wort Gottes aus und kehrt immer wieder zu ihm zurück. Einige Themen sind ihm besonders wichtig: vor allem das Geheimnis der Dreifaltigkeit, das er in seiner Offenbarung durch die ganze Heilsgeschichte hindurch betrachtet. Dann das Thema des Heiligen Geistes: Chromatius weist die Gläubigen ständig auf die Gegenwart und das Wirken der dritten Person der Allerheiligsten Dreifaltigkeit im Leben der Kirche hin. Aber mit besonderer Beharrlichkeit kehrt der heilige Bischof zum Geheimnis Christi zurück. Das fleischgewordene Wort ist wahrer Gott und wahrer Mensch: Es hat die Menschheit ganz angenommen, um ihr seine Göttlichkeit zu schenken. Diese Wahrheiten, die auch gegen den Arianismus beharrlich hervorgehoben wurden, werden ungefähr fünfzig Jahre später zur Definition des Konzils von Chalzedon führen. Die starke Hervorhebung der menschlichen Natur Christi führt Chromatius dazu, von der Jungfrau Maria zu sprechen. Seine mariologische Lehre ist klar und genau. Ihm verdanken wir einige beeindruckende Beschreibungen der allerseligsten Jungfrau: Maria ist die »Jungfrau des Evangeliums, die fähig ist, Gott aufzunehmen«; sie ist das »unbefleckte und unversehrte Schaf«, das das »in Purpur gekleidete Lamm« gezeugt hat (vgl. Sermo XXIII,3: »Scrittori dell’area santambrosiana«, 3/1, S. 134). Der Bischof von Aquileia setzt häufig die Jungfrau in Beziehung zur Kirche. Beide sind nämlich »Jungfrauen« und »Mütter«. Die Ekklesiologie des Chromatius wird vor allem im Kommentar zu Matthäus entwickelt. Hier einige wiederkehrende Begriffe: Die Kirche ist eine, sie ist aus dem Blut Christi entstanden; sie ist wertvolles Gewand, durchwoben vom Heiligen Geist; die Kirche ist dort, wo verkündet wird, daß Christus von der Jungfrau Maria geboren wurde, wo Brüderlichkeit und Eintracht blühen. Ein Bild, dem Chromatius besonders innig zugetan ist, ist das Bild des Schiffes auf der stürmischen See – und seine Zeiten waren, wie wir gehört haben, Zeiten des Sturms –: »Es besteht kein Zweifel«, sagt der heilige Bischof, »daß dieses Schiff die Kirche darstellt« (vgl. Tract. XLII,5: a.a.O., 3/2, S. 260).

Als eifriger Hirt, der er ist, weiß Chromatius mit frischer, farbiger und einprägsamer Sprache zu seinen Leuten zu sprechen. Obwohl er die lateinische Sprache vollkommen beherrscht, zieht er es vor, auf die Volkssprache zurückzugreifen, die reich an leicht verständlichen Bildern ist. Indem er sich so zum Beispiel vom Meer anregen läßt, vergleicht er einerseits den natürlichen Fang von Fischen, die sterben, sobald sie ans Ufer gezogen worden sind, und andererseits die Verkündigung des Evangeliums, dank der die Menschen aus den schlammigen Wassern des Todes gerettet und in das wahre Leben eingeführt werden (vgl. Tract. XVI,3: a.a.O., 3,2, S. 106). Während er immer den Guten Hirten im Blick hat, versteht er es, sich in einer stürmischen, von den Übergriffen der Barbaren heimgesuchten Zeit wie der seinigen auf die Seite der Gläubigen zu stellen, um sie zu trösten und ihre Seele für das Vertrauen in Gott zu öffnen, der seine Kinder nie verläßt.

Nehmen wir zum Abschluß dieser Überlegungen eine Ermahnung des Chromatius auf, die noch heute voll gültig ist: »Bitten wir den Herrn aus ganzem Herzen und mit ganzem Glauben«, empfiehlt der Bischof von Aquileia in einer seiner Predigten, »bitten wir ihn, uns von jedem Übergriff der Feinde, von aller Furcht vor den Gegnern zu befreien. Er schaue nicht auf unsere Verdienste, sondern auf seine Barmherzigkeit, er, der sich auch in der Vergangenheit herabließ, die Kinder Israels nicht wegen ihrer Verdienste, sondern wegen seiner Barmherzigkeit zu befreien. Er behüte uns mit seiner barmherzigen Liebe und wirke für uns, was der heilige Mose den Kindern Israels sagte: ›Der Herr wird zu eurer Verteidigung kämpfen, und ihr werdet still sein.‹ Er ist es, der kämpft, er ist es, der den Sieg davonträgt… Und damit er sich herablasse, das zu tun, müssen wir soviel wie möglich beten. Er sagt nämlich selbst durch den Mund des Propheten: ›Rufe mich am Tag des Leidens an; ich werde dich befreien, und du wirst mir Herrlichkeit geben‹« (Sermo XVI,4: a.a.O., 3/1, S.100–102).

So erinnert uns der hl. Chromatius gerade zu Beginn der Adventszeit daran, daß der Advent eine Zeit des Gebetes ist, in der wir mit Gott in Berührung treten müssen. Gott kennt uns, er kennt mich, er kennt einen jeden von uns, er hat mich lieb, er verläßt mich nicht. Schreiten wir mit diesem Vertrauen voran in dieser liturgischen Zeit, die soeben begonnen hat.

In der Reihe der großen Gestalten der christlichen Antike wenden wir uns heute dem heiligen Chromatius von Aquileia zu, der in dieser einst bedeutenden Stadt Venetiens um 345 geboren wurde. Chromatius wuchs in einer christlichen Familie auf. Hieronymus, der einige Jugendjahre in Aquileia verbrachte, berichtet mit Bewunderung vom starken Glauben und tugendhaften Leben der Mutter und der Geschwister. Chromatius selbst wurde später zum Diakon und zum Priester geweiht. Er nahm auch an der bedeutenden Synode des Jahres 381 in Aquileia teil, die der Abwehr der Irrlehre des Arius galt, dessen Anhänger die Gottheit Christi leugneten. Schließlich wurde Chromatius im Jahre 388 zum Bischof von Aquileia gewählt, eine wegen der Weitläufigkeit dieses Bistums ungeheure Aufgabe, der er sich mit Mut und großem Eifer zuwandte. Gestorben ist Chromatius im Jahre 407 wahrscheinlich im Exil in Grado an der Adria, wo er sich vor den Streifzügen der Goten und der Hunnen zurückziehen mußte. Von seinen Werken blieben ungefähr 40 Predigten und etwa 60 Traktate eines Kommentars zum Matthäusevangelium erhalten. Sein Grundanliegen ist es, das Vertrauen der Gläubigen auf Gottes Güte zu wecken, die sich im Schoß der Kirche offenbart. Kirche ist dort, wo verkündet wird, daß Christus von der Jungfrau Maria geboren wird. Die Predigt des Evangeliums ist für Chromatius wie ein Fischzug, der aber nicht tötet, sondern die Menschen aus den Fluten des Todes errettet.

* * *

Ein herzliches "Grüß Gott" sage ich allen deutschsprachigen Pilgern und Besuchern. Besonders heiße ich heute die Wallfahrer aus der Schönstattbewegung willkommen. Lassen wir uns vom heiligen Bischof Chromatius anleiten: Beten wir zum Herrn, wie er in der wirren Zeit gebetet hat, daß er uns die Furcht nehme und daß er uns Vertrauen schenkt, daß er uns die Gewißheit schenkt, daß Gott mit seinem Erbarmen einem jeden von uns nahe ist, daß er uns zum Guten führt und das Gute zum Sieg führt. Euch allen wünsche eine gesegnete Adventszeit!

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

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SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/de/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20071205.html

Vue générale de la basilique Santa Maria Assunta à Aquilée

The basilica of the Assumption of St. Mary in Aquileia

La basilica patriarcale di Santa Maria Assunta è il principale edificio religioso di Aquileia (UD) e antica chiesa cattedrale del soppresso patriarcato di Aquileia.



BENEDICTO XVI

AUDIENCIA GENERAL

Miércoles 5 de diciembre de 2007

San Cromacio de Aquileya


Queridos hermanos y hermanas:

En las últimas dos catequesis hicimos una excursión por las Iglesias de Oriente de lengua semítica, meditando sobre Afraates el persa y san Efrén el sirio; hoy volvemos al mundo latino, al norte del Imperio romano, con san Cromacio de Aquileya. Este obispo desempeñó su ministerio en la antigua Iglesia de Aquileya, ferviente centro de vida cristiana situado en la décima región del Imperio romano, Venetia et Histria.

En el año 388, cuando san Cromacio subió a la cátedra episcopal de la ciudad, la comunidad cristiana local tenía ya una gloriosa historia de fidelidad al Evangelio. Entre mediados del siglo III y los primeros años del IV, las persecuciones de Decio, Valeriano y Diocleciano habían cosechado gran número de mártires. Además, la Iglesia de Aquileya había tenido que afrontar, al igual que las demás Iglesias de la época, la amenaza de la herejía arriana. El mismo san Atanasio, heraldo de la ortodoxia de Nicea, a quien los arrianos expulsaron al destierro, encontró refugio durante algún tiempo en Aquileya. Bajo la guía de sus obispos, la comunidad cristiana resistió a las insidias de la herejía y reforzó su adhesión a la fe católica.

En septiembre del año 381 Aquileya fue sede de un sínodo, en el que se reunieron unos 35 obispos de las costas de África, del valle del Ródano y de toda la décima región. El sínodo pretendía acabar con los últimos residuos de arrianismo en Occidente. En el concilio participó también el presbítero Cromacio, como perito del obispo de Aquileya, Valeriano (370/1-387/8). Los años en torno al sínodo del año 381 representan la "edad de oro" de la comunidad de Aquileya. San Jerónimo, que había nacido en Dalmacia, y Rufino de Concordia hablan con nostalgia de su permanencia en Aquileya (370-373), en aquella especie de cenáculo teológico que san Jerónimo no duda en definir tamquam chorus beatorum, "como un coro de bienaventurados" (Crónica: PL XXVII, 697-698). En ese cenáculo, que en ciertos aspectos recuerda las experiencias comunitarias guiadas por san Eusebio de Vercelli y san Agustín, se formaron las personalidades más notables de las Iglesias del alto Adriático.

Pero san Cromacio, ya en su familia, había aprendido a conocer y a amar a Cristo. Nos habla de ello, con palabras llenas de admiración, el mismo san Jerónimo, que compara a la madre de san Cromacio con la profetisa Ana, a sus dos hermanas con las vírgenes prudentes de la parábola evangélica, y a san Cromacio mismo y a su hermano Eusebio con el joven Samuel (cf. Ep VII: PL XXII, 341). San Jerónimo escribe también: "El beato Cromacio y el santo Eusebio eran hermanos tanto por el vínculo de sangre como por la identidad de los ideales" (Ep VIII: PL XXII, 342).

San Cromacio nació en Aquileya hacia el año 345. Fue ordenado diácono y después presbítero; por último, fue elegido pastor de aquella Iglesia (año 388). Tras recibir la consagración episcopal de manos del obispo san Ambrosio, se dedicó con valentía y energía a una ingente tarea por la extensión del territorio encomendado a su solicitud pastoral. En efecto, la jurisdicción eclesiástica de Aquileya se extendía desde los territorios actuales de Suiza, Baviera, Austria y Eslovenia, hasta Hungría.

Un episodio de la vida de san Juan Crisóstomo nos permite hacernos una idea de cuán conocido y estimado era san Cromacio en la Iglesia de su tiempo. Cuando el obispo de Constantinopla fue desterrado de su sede, escribió tres cartas a quienes consideraba los obispos más importantes de Occidente, para obtener su apoyo ante los emperadores: una carta la escribió al Obispo de Roma; la segunda, al Obispo de Milán; y la tercera, al obispo de Aquileya, es decir, a san Cromacio (Ep CLV: PG LII, 702). También para él eran tiempos difíciles a causa de la precaria situación política. Con toda probabilidad san Cromacio murió en el exilio, en Grado, mientras trataba de escapar de los saqueos de los bárbaros, en el mismo año 407 en el que también falleció san Juan Crisóstomo.

Por prestigio e importancia, Aquileya era la cuarta ciudad de la península italiana, y la novena del Imperio romano; también por este motivo llamaba la atención de los godos y de los hunos. Además de causar graves lutos y destrucción, las invasiones de estos pueblos pusieron en peligro la transmisión de las obras de los Padres conservadas en la biblioteca episcopal, rica en códices. También los escritos de san Cromacio se dispersaron y con frecuencia fueron atribuidos a otros autores: a san Juan Crisóstomo (en parte, a causa de que los dos nombres comenzaban igual: "Chromatius" y "Chrysostomus"); o a san Ambrosio y a san Agustín; e incluso a san Jerónimo, a quien san Cromacio había ayudado mucho en la revisión del texto y en la traducción latina de la Biblia. El redescubrimiento de gran parte de la obra de san Cromacio se debe a afortunadas vicisitudes, que sólo en los años recientes han permitido reconstruir un corpus de escritos bastante consistente: más de cuarenta sermones, de los cuales una decena en fragmentos, además de unos sesenta tratados de comentario al Evangelio de san Mateo.

San Cromacio fue un sabio maestro y celoso pastor. Su primer y principal compromiso fue el de ponerse a la escucha de la Palabra para poder convertirse en su heraldo: en su enseñanza siempre toma como punto de partida la palabra de Dios y a ella regresa siempre. Entre sus temas preferidos se encuentran, ante todo, el misterio de la Trinidad, que contempla en su revelación a través de la historia de la salvación; luego, el del Espíritu Santo: san Cromacio recuerda constantemente a los fieles la presencia y la acción de la tercera Persona de la santísima Trinidad en la vida de la Iglesia. Pero el santo obispo afronta con particular insistencia el misterio de Cristo. El Verbo encarnado es verdadero Dios y verdadero hombre: ha asumido integralmente la humanidad para entregarle como don su propia divinidad. Estas verdades, repetidas con insistencia, en parte en clave antiarriana, llevarían, unos cincuenta años después, a la definición del concilio de Calcedonia.

Al subrayar intensamente la naturaleza humana de Cristo, san Cromacio se siente impulsado a hablar de la Virgen María. Su doctrina mariológica es tersa y precisa. Le debemos algunas descripciones sugerentes de la Virgen santísima: María es la "virgen evangélica capaz de acoger a Dios"; es la "oveja inmaculada e inviolada" que engendró al "cordero cubierto de púrpura" (cf. Sermo XXIII, 3: Scrittori dell'area santambrosiana 3/1, p. 134).

El Obispo de Aquileya pone a menudo a la Virgen en relación con la Iglesia: ambas son "vírgenes" y "madres". La eclesiología de san Cromacio se desarrolla sobre todo en el comentario a san Mateo. He aquí algunos de sus conceptos más frecuentes: la Iglesia es única, nació de la sangre de Cristo; es un vestido precioso tejido por el Espíritu Santo; la Iglesia está donde se anuncia que Cristo nació de la Virgen, donde florece la fraternidad y la concordia. Una imagen que gustaba particularmente a san Cromacio es la de la barca en el mar durante la tempestad —y, como hemos visto, vivió en una época de tempestades—: "No cabe duda", afirma el santo obispo, "que esta barca representa a la Iglesia" (cf. Tract. XLII, 5: Scrittori dell'area santambrosiana 3/2, p. 260).

Como celoso pastor, san Cromacio sabe hablar a su gente con un lenguaje fresco, colorido e incisivo. Aunque conoce perfectamente el estilo latino clásico, prefiere recurrir al lenguaje popular, rico en imágenes fácilmente comprensibles. Así, por ejemplo, tomando pie del mar, compara la pesca natural de peces que, sacados a la orilla, mueren, con la predicación evangélica, gracias a la cual los hombres son salvados de las aguas enfangadas de la muerte, e introducidos en la verdadera vida (cf. Tract. XVI, 3: Scrittori dell'area santambrosiana 3/2, p. 106). Desde la perspectiva del buen pastor, en un período borrascoso como el suyo, azotado por los saqueos de los bárbaros, sabe ponerse siempre al lado de los fieles para confortarlos y para infundirles confianza en Dios, que nunca abandona a sus hijos.

Por último, como conclusión de estas reflexiones, recogemos una exhortación de san Cromacio que sigue siendo válida hoy: «Invoquemos al Señor con todo el corazón y con toda la fe —recomienda el Obispo de Aquileya en un Sermón—; pidámosle que nos libre de toda incursión de los enemigos, de todo temor de los adversarios. Que no tenga en cuenta nuestros méritos, sino su misericordia, él que en el pasado se dignó librar también a los hijos de Israel no por sus méritos, sino por su misericordia. Que nos proteja con su acostumbrado amor misericordioso, y que realice en nosotros lo que dijo el santo Moisés a los hijos de Israel: "El Señor combatirá en vuestra defensa y vosotros estaréis en silencio". Es él quien combate y es él quien obtiene la victoria. (...) Y para que se digne hacerlo, debemos orar lo más posible. Él mismo dice por labios del profeta: "Invócame en el día de la tribulación; yo te libraré y tú me glorificarás"» (Sermo XVI, 4: Scrittori dell'area santambrosiana 3/1, pp. 100-102).

Así, precisamente al inicio del tiempo de Adviento, san Cromacio nos recuerda que el Adviento es tiempo de oración, en el que es necesario entrar en contacto con Dios. Dios nos conoce, me conoce, conoce a cada uno, me ama, no me abandona. Sigamos adelante con esta confianza en el tiempo litúrgico recién iniciado.

Saludos

Saludo cordialmente a los peregrinos de lengua española. En particular, al coro "Schola Gregoriana" de Madrid y a los grupos venidos de Sevilla, Murcia y otros lugares de España y de Latinoamérica. A ejemplo de san Cromacio, invoquemos al Señor en medio de nuestras tribulaciones. Muchas gracias.

(A los fieles polacos)

Doy mi bienvenida a los Padres Marianos y a los fieles que dan gracias a Dios por la beatificación de Estanislao Papczynski. Que el tiempo salvífico de la espera de Navidad sea para nosotros ocasión para reflexionar sobre nuestra vida, para la vigilancia evangélica y para la "metanoia" espiritual. Os encomiendo al Señor en mi oración y de corazón os bendigo para todo el Adviento.

(En italiano)

Saludo, finalmente, a los jóvenes, a los enfermos y a los recién casados. Nos estamos preparando para celebrar dentro de algunos días la solemnidad de la Virgen Inmaculada. Que ella os guíe, queridos jóvenes, en vuestro camino de adhesión a Cristo. Que para vosotros, queridos enfermos, sea apoyo en el sufrimiento y suscite en vosotros esperanza renovada. A vosotros, queridos recién casados, os guíe a descubrir cada vez más el amor de Cristo.

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SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/es/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20071205.html

Voir aussi : https://la.wikisource.org/wiki/Scriptor:Chromatius_Aquileiensis

https://www.mariedenazareth.com/encyclopedie-mariale/les-grands-temoins-marials/du-iv-au-vi-siecle-les-heresies-et-les-grands-conciles/chromace-daquilee-345-407