Appel papal à la dévotion
mariale
Rédigé par un moine de
Triors le 19 février 2018 dans Religion
Le Pape s’est rendu à
l’église Sainte-Marie-Majeure à l’occasion de la fête commémorant la
translation de la fameuse image de la Vierge qui est vénérée à Rome comme la Salus
populi. Cette grande basilique est l’expression de la foi de Sixte III et de
tout le peuple romain après la proclamation du dogme de la maternité divine et
la condamnation de Nestorius à Éphèse en 431. Ce dogme engendra une liesse dans
tout le monde chrétien. Cette basilique dite aussi « libérienne » fut
érigée pour transmettre aux générations cette foi de l’Église et, comme sa
voisine Sainte-Marie-du-Transtévère, elle exprime la confiance que mettait le
peuple romain en la « Toute puissante suppliante » de Marie. De cette
époque date aussi la fameuse prière « Sub tuum præsidium » (Sous
votre protection) que commente ici le Pape.
L’unanimité des pères et
des maîtres spirituels recommande de recourir à la protection de Marie en se
réfugiant dans les pans de son manteau. Marie est un refuge. Tous ceux qui
souffrent, qui sont persécutés, qui affrontent le mal quelquefois dans une situation
apocalyptique ne le savent que trop. Marie est mère de compassion et mère de
chacun de nous dont elle reste si proche, même si elle aussi Reine du monde.
Car, comme le disait sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus elle « est plus mère
que reine ». Elle est une vraie poule pour ses poussins. Elle est refuge
des pécheurs. L’Orient chrétien a su magnifiquement représenter cette réalité
si chère au peuple (et pas seulement romain) dans ses icônes qui bien souvent
nous la montrent comme abritant sous son manteau l’humanité entière. Là où elle
réside, le diable n’a aucune prise. Il peut aboyer, hurler, mais sans jamais
pouvoir mordre. Marie repousse au loin peurs, inquiétudes et angoisses en tout
genre, car elle est l’arche sûre, le bateau amiral qui conduira toujours au
Port du salut. Les idéologies et la technique même la plus utile ne donneront
jamais le réconfort et l’espérance que peut donner une mère, et Marie est la
Mère par excellence, comme est la Femme par excellence.
L’antienne poursuit en
demandant à Marie de « ne pas mépriser nos prières, mais au contraire de
les accueillir avec empressement ». Le Pape fait remarquer qu’il s’agit du
même mot qu’a employé saint Luc pour raconter comment Marie partit visiter sa
cousine Elisabeth, « en hâte ». Cela veut dire que Marie ne tarde
jamais. Aussitôt, elle répond à Dieu : Me voici. C’est la parfaite
obéissance qui exige la promptitude absolue, celle-là même que saint Benoît
recommande à ses fils. Avec ce même empressement, Marie sollicita de son Fils
le miracle de Cana pour ne pas mettre en gêne le maître de maison. Sans citer
saint Bernard mais en s’inspirant de lui, le Pape rappelle que Marie agit ainsi
chaque fois que nous l’invoquons, fût-ce dans les tempêtes. Elle reste
attentive à tous et surtout nous comprend toujours, comme une vraie mère. Pas
besoin de dessin avec elle, il suffit de lui parler cœur à cœur. N’ayons donc
jamais honte de nous adresser à elle. Comme le père de l’enfant prodigue, elle
attend seulement que nous fassions le premier geste. Ce n’est d’ailleurs pas
pour rien que le mot hébreu qui désigne le sein maternel est l’un des termes
qui signifie miséricorde. Que l’on songe au jugement de Salomon face à la vraie
mère, et on apercevra un peu comment Marie peut prendre sur elle toutes les douleurs
de ses enfants, les consolant et les guérissant, tout en les éduquant. Ne
cessons donc jamais d’invoquer Marie. Sainte Marie Mère de Dieu priez pour nous
pauvres pécheurs.
MESSE
À L'OCCASION DE LA FÊTE DE LA TRANSLATION
DE L'IMAGE DE LA SALUS POPULI ROMANI
HOMÉLIE
DU PAPE FRANÇOIS
Basilique Sainte-Marie-Majeure
Comme peuple de Dieu en
marche, nous sommes ici faisant une halte dans le temple de la Mère. La
présence de la Mère fait de ce temple une maison familiale pour nous ses
enfants. Avec des générations et des générations de Romains, nous reconnaissons
en cette maison maternelle notre maison, la maison où nous trouvons repos,
consolation, protection, refuge. Le peuple chrétien a compris, depuis les
débuts, que dans les difficultés et dans les épreuves il faut recourir à la
Mère, comme l’indique l’antienne mariale la plus ancienne : Sous ta
protection nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu : ne méprise pas nos
prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais délivre-nous de tous les
dangers, ô Vierge glorieuse et bénie.
Nous nous refugions. Nos
Pères dans la foi ont enseigné que dans les moments difficiles il faut
s’abriter sous le manteau de la Sainte Mère de Dieu. Autrefois, les personnes
persécutées et dans le besoin cherchaient refuge auprès des femmes nobles
haut-placées : lorsque leur manteau, qui était considéré inviolable,
s’étendait en signe d’accueil, la protection était accordée. Il en est de même
pour nous avec la Vierge Marie, la plus haute femme du genre humain. Son
manteau est toujours ouvert pour nous accueillir et nous abriter. L’Orient
chrétien nous le rappelle bien, où beaucoup célébrent la Protection de la Mère
de Dieu, qui est représentée dans une belle icône tandis que, par son manteau,
elle abrite ses enfants et couvre le monde entier. Les moines de l’antiquité
recommandaient aussi, dans les épreuves, de se réfugier sous le manteau de la
Sainte Mère de Dieu : l’invoquer - comme ‘‘Sainte Mère de Dieu’’ -
était déjà une garantie de protection et d’aide et cette prière répétée :
« Sainte Mère de Dieu », « Sainte Mère de Dieu » …
Seulement ainsi.
Cette sagesse, qui vient
de loin, nous aide : la Mère protège la foi, elle protège les relations,
sauve dans les intempéries et préserve du mal. Là où la Vierge est chez elle,
le diable n’entre pas. Là où la Vierge est chez elle le diable n’entre pas. Là
où la Mère est présente, l’inquiétude ne prévaut pas, la peur ne l’emporte pas.
Qui parmi nous n’en a pas besoin, qui parmi nous n’est pas parfois troublé ou
inquiet ? Que de fois le cœur est une mer dans la tempête, où les vagues
des problèmes se chevauchent et les vents des préoccupations ne cessent pas de
souffler ! Marie est l’arche sûre au milieu du déluge. Ce ne seront pas
les idées ou la technologie qui nous donneront réconfort et espérance, mais le
visage de la Mère, ses mains qui caressent la vie, son manteau qui nous abrite.
Apprenons à trouver refuge, en allant chaque jour vers la Mère.
Ne méprise pas nos prières,
continue l’antienne. Quand nous la supplions, Marie supplie pour nous. Il y a
un beau titre en grec qui dit ceci : Grigorusa, c’est-à-dire ‘‘celle
qui intercède avec empressement’’. Et ce avec empressement est ce
qu’utilise Luc dans l’Evangile pour dire comment Marie est allée chez
Elisabeth : vite, immédiatement ! Elle intercède avec empressement,
elle ne traîne pas, comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, où elle
communique immédiatement à Jésus le besoin concret de ces gens :
« Ils n’ont pas de vin » (Jn 2, 3), rien de plus ! Ainsi
fait-elle chaque fois, quand nous l’invoquons : quand l’espérance
nous manque, quand la joie diminue, quand les forces s’épuisent, quand l’étoile
de la vie s’obscurcit, la Mère intervient. Et si nous l’invoquons elle
intervient plus. Elle est attentive aux peines, sensible aux difficultés – les
difficultés de la vie –, proche du cœur. Et jamais, jamais elle ne méprise nos
prières ; elle n’en laisse pas tomber ne serait-ce qu’une seule. Elle est
Mère, elle n’a jamais honte de nous, au contraire elle attend seulement de
pouvoir aider ses enfants.
Une anecdote peut nous
aider à le comprendre. Près d’un lit d’hôpital, une mère veillait sur son fils
souffrant après un accident. Cette mère était toujours là, jour et nuit. Une
fois, elle s’est plainte au prêtre, disant : ‘‘Mais, à nous les mères, le
Seigneur n’a pas accordé une chose !’’ ‘‘Quoi ?’’ – demanda le
prêtre. ‘‘Prendre sur nous la douleur de nos enfants’’, a répondu la femme.
Voilà le cœur d’une mère : il n’a pas honte des blessures, des faiblesses
de ses enfants, mais il veut les prendre sur lui. Et la Mère de Dieu et la
nôtre sait prendre sur elle, consoler, veiller, guérir.
Délivre-nous de tous les
dangers, continue l’antienne. Le Seigneur lui-même sait qu’il nous faut refuge
et protection au milieu de si nombreux dangers. C’est pourquoi, au moment le
plus critique, sur la croix, il a dit à son disciple bien-aimé, à chaque
disciple : « Voici ta Mère » (Jn 19, 27). La Mère n’est
pas en option, une chose optionnelle, elle est le testament du Christ. Et
nous avons besoin d’elle comme un pèlerin a besoin de repos, comme un enfant
d’être porté dans les bras. C’est un grand danger pour la foi que de vivre sans
Mère, sans protection, nous laissant balloter par la vie comme les feuilles par
le vent. Le Seigneur le sait et nous recommande d’accueillir la Mère. Ce sont
ne sont pas de bonnes manières spirituelles, c’est une exigence de vie.
L’aimer, ce n’est pas de la poésie, c’est savoir vivre. Car sans Mère, nous ne pouvons
pas être des enfants. Et nous, avant tout, nous sommes des enfants, des enfants
bien-aimés, qui ont Dieu pour Père et la Vierge pour Mère.
Le Concile Vatican
II enseigne que Marie est « signe d’espérance et de consolation pour
le Peuple de Dieu en marche » (Const. Lumen gentium, VIII, V). Elle
est un signe, elle est un signe que Dieu a placé pour nous. Si nous ne le
suivons pas, nous faisons fausse route. Car il y a une signalisation de la vie
spirituelle, qui doit être respectée. Elle nous indique, à nous « dont le
pèlerinage n’est pas achevé, et qui [nous trouvons] engagés dans les périls et
les épreuves » (ivi, n. 62), la Mère, qui est déjà parvenue au but. Qui,
mieux qu’elle, peut nous accompagner sur le chemin ?
Qu’attendons-nous ? Comme le disciple qui, au pied de la croix a reçu la
Mère, « la prit chez lui » dit l’Evangile (Jn 19, 27), nous
aussi, dans cette maison maternelle, invitons Marie chez nous, dans notre cœur,
dans notre vie. On ne peut pas rester neutre ou séparé de la Mère, autrement
nous perdons notre identité de fils et notre identité de peuple, et nous vivons
un christianisme fait d’idées, de programmes, sans confiance, sans tendresse,
sans cœur. Mais sans cœur, il n’y a pas d’amour et la foi risque de devenir une
belle fable d’un autre temps. La Mère, par contre, protège et éduque les
enfants. Elle les aime et les protège, afin qu’ils aiment et protègent le
monde. Faisons de la Mère l’hôte de notre vie quotidienne, la présence
constante chez nous, notre refuge sûr. Confions-lui chaque journée.
Invoquons-la en chaque difficulté. Et n’oublions de revenir chez elle pour la
remercier !
Maintenant en la
regardant, alors qu’elle vient de sortir de l’hôpital, regardons-la avec
tendresse et saluons-la comme les chrétiens d’Ephèse l’ont saluée. Tous
ensemble, trois fois : « Sainte Mère de Dieu ». Tous ensemble
« Sainte Mère de Dieu, Sainte Mère de Dieu, Sainte Mère de Dieu ».
SOURCE : https://www.hommenouveau.fr/2425/religion/appel-papal-a-la-devotion-mariale.htm
Salus Populi Romani
(Sainte Marie majeure)
A Rome,
la Vierge Marie
porte le titre "Salus Populi Romani" parce qu'à son intercession est
attribuée la protection d'une peste en 1660, et d'un tremblement de terre au début
du XVIII° siècle.
Une icône porte ce titre,
dont la signification s'étend à l'Eglise universelle
: Marie porte le Sauveur, et le salut,
à tous.
C'est devant cette icône
que le pape Pie XII déclara le dogme de
l'Assomption.
L’icône "Salus
populi romani" est du type "Hodigitria".
Cette icône est gardée,
comme dans un écrin, à Marie Majeure dans la chapelle Paoline ou Borghese (à
gauche de la nef centrale).
Le type iconographique du
"Salus populi romani" rappelle celui du Hodigitria (1).
L'icône Hodigitria est
d'origine orientale.
Hodigitria signifie
"Celle qui conduit".
Marie est "Celle qui
montre la voie: Jésus Christ".
Elle soutient l'Enfant
qui bénit et elle le désigne à
celui qui regarde ; son geste semble dire : “c’est lui le chemin”.
Ses grands yeux en amande
regardent intensément l'observateur. Le menton est nuancé. Le visage
dégage force et
confiance, ce qui justifie le nom de “Notre Dame du réconfort”.
L’icône "Salus
populi romani" est une variante qui évoque le sacrifice pascal.
La Vierge est
représentée aux deux tiers du buste et apparaît clairement en position debout.
Avec le bras gauche, elle soutient l'Enfant. La main droite, plutôt que de le
montrer, s'appuie sur la main gauche en forme de croix.
Le réalisme des mains
croisées était connu au temps de Jean VII,
au VIII° siècle : on peut y voir un rappel explicite du sacrifice pascal
du Seigneur.
Selon la tradition
byzantine, l'Hodigitria a aussi une connotation eucharistique.
Les icônes montrent à
l'Église terrestre, réunie en assemblée liturgique, la présence de l'Église
céleste, qui est, elle aussi, une assemblée qui, en permanence, prie et
célèbre.
En chacune des deux
assemblées, céleste et terrestre, la Vierge Marie
est la première, la reine des saints, la Mère du Seigneur des
saints.
L'art chrétien,
justement considéré comme "collaborateur de la liturgie" (Pie XII), a
vu et souligné le rapport théologique qui existe entre l'Eucharistie et Marie.
En tant qu’elle
"guide" vers le Seigneur;
la Vierge adresse
aux fidèles cette invitation triple:
- “Venez écouter le Christ,
le Verbe Sagesse,
le prophète et le maître !" (Liturgie de la Parole);
- “Venez célébrer et
le Seigneur,
le grand Prêtre du Père pour l'humanité !” (Prière eucharistique;
- “Venez, mangez et buvez
le Christ,
dans son pain de vie et dans le calice de l'Esprit !” (Rites de communion).
Du sein immaculé de
Marie, le Christ,
soleil de salut,
se lève.
De Marie, Trône royal de
la Sagesse divine
et incarnée, le Sauveur se révèle au monde.
Quotidiennement, le Seigneur est
célébré dans l'Eucharistie, mémorial de sa mort et de sa Résurrection, et Pain
de vie pour tous ceux qui l'accueillent docilement.
(1) À Rome il
existe différentes copies de l'icône Hodigitria. La plus ancienne est conservée
à S. Maria Nova (= S. Francesca al Foro Romano) et remonte au V-VI° siècle.
Elle est exposée sur le maître-autel. Une autre, datant du VII° siècle environ,
se trouve dans l'Église du Panthéon, une autre à S. Marie Majeure, à S. Marie
du Peuple, à S. Marie en Cosmedin, aux Saints Apôtres, en S. Augustin du Champ
de Mars, etc...
Sergio Gaspari
François et le miracle de
l'icône
Pourquoi le souverain
pontife a placé, au centre de la veillée pour la paix, la plus vénérée des
images de la Mère de Dieu conservées à Rome. Une histoire de foi qui remonte à
Grégoire le Grand. Le commentaire du père Innocenzo Gargano
par Sandro Magister
ROME, le 12 septembre 2013 – Après quelques jours, le caractère extraordinaire
de la veillée présidée par le pape François sur la place Saint-Pierre, le soir
du samedi 7 septembre, devient de plus en plus perceptible.
Tout d’abord son motif : une journée de jeûne et de prière pour demander la
paix en Syrie, au Moyen-Orient et partout où il y a la guerre. Avec la
participation non seulement de catholiques mais également d’hommes de toute
religion ou simplement "de bonne volonté". Pas uniquement à Rome mais
dans un grand nombre de villes du monde.
Ensuite la durée. On n’a pas le souvenir d’une autre veillée publique de prière
ayant duré quatre heures consécutives, depuis le coucher du soleil jusqu’à la
nuit noire, le pape étant constamment présent.
Mais aussi le silence. Pendant tout le temps de la veillée, le recueillement
des cent mille personnes qui remplissaient la place Saint-Pierre et ses
environs a été intense et plein d’émotion. En harmonie avec l'austérité accentuée
de la présence même du pape.
Il y a surtout la forme qu’a prise la prière. Celle-ci a commencé par la
récitation du chapelet, la plus évangélique et la plus universelle des prières
"populaires", et par une méditation prononcée par le pape François.
Elle s’est poursuivie par l'adoration du Saint-Sacrement. Elle a continué avec
l’office des lectures – c’est-à-dire la psalmodie nocturne des moines – et la
lecture de passages de Jérémie, de saint Léon le Grand et de l’Évangile de
Jean. Elle s’est conclue par le chant du "Te Deum" et par la
bénédiction eucharistique donnée par le pape.
Mais ce qui a le plus frappé les personnes présentes, c’est peut-être l’arrivée
sur la place, au début de la célébration, de l'icône mariale de la Vierge de
Rome "Salus Populi Romani", portée par quatre hallebardiers de la
Garde Suisse et précédée par deux petites filles tenant des bouquets de fleurs.
L'icône a été placée devant le pape François, qui l’a vénérée avec dévotion et
elle a été le point de référence de toute la veillée, à côté de l’autel.
*
La datation de cette icône représentant la Mère de Dieu, qui est conservée à la
basilique Sainte-Marie-Majeure et qui porte depuis le XIXe siècle le nom de
"Salus Populi Romani", est un sujet de controverse. Elle oscille
entre le VIIe et le XIIe siècle.
La tradition affirme qu’il s’agit d’une copie, peinte par l'évangéliste Luc,
d’une image représentant Marie et l’Enfant Jésus qui serait apparue
miraculeusement dans une église construite par les apôtres Pierre et Jean dans
la ville de Lydda.
On raconte que l’icône, qui avait d’abord été conservée à Byzance, arriva à
Rome par la mer et qu’elle fut accueillie par le pape Grégoire le Grand sur le
rivage du Tibre.
Le cardinal Cesare Baronio, historien de l’Église, écrivit que c’était le pape
Grégoire qui avait placé l'icône à la basilique Sainte-Marie-Majeure, en 590,
au terme d’une procession ayant pour but de demander la cessation de l’une des
plus graves épidémies de peste qui aient frappé la ville de Rome. À cette
occasion, on vit au-dessus du Mausolée d’Hadrien l'archange Michel qui
remettait son épée au fourreau. La peste cessa et le Mausolée prit le nom de
Château Saint-Ange.
Une autre épidémie de peste prit fin au XVIe siècle grâce à l'intercession de
la Vierge représentée sur cette icône, lorsque saint Pie V la porta en
procession jusqu’à la basilique Saint-Pierre.
Lorsque les jésuites partirent pour leurs premières missions, ils emportèrent
avec eux des reproductions de cette icône, pour laquelle ils éprouvaient une
très grande vénération.
Pie XII lui rendit hommage lorsqu’il proclama le dogme de l’Assomption en 1950
et il la couronna de nouveau à Saint-Pierre en 1954, lors du centenaire de la
proclamation du dogme de l’Immaculée Conception.
Jean-Paul II associa une copie de cette icône aux Journées Mondiales de la
Jeunesse organisées en 2000 à Rome.
Et, à partir de celles qui furent célébrées par Benoît XVI à Cologne, en 2005,
toutes les Journées Mondiales de la Jeunesse qui ont eu lieu ultérieurement ont
porté en pèlerinage, en même temps que la Croix, une copie de l'icône de la
Vierge "Salus Populi Romani".
Le pape François a lui aussi voulu qu’elle soit présente aux Journées Mondiales
de la Jeunesse organisées à Rio de Janeiro, au mois de juillet dernier.
Lorsqu’il a été élu pape, il s’est rendu, pour sa première sortie, à la
basilique Sainte-Marie-Majeure, afin de s’agenouiller et de prier devant cette
icône.
L'image qui y est représentée est celle de la Vierge "Hodigitria" :
celle-ci tient dans ses bras l’Enfant Jésus qui la regarde avec amour tandis
que, de sa main droite qui fait un geste de bénédiction, il semble indiquer la
route dont sa mère connaît bien la direction et le tracé.
Ce qui frappe, dans cette icône, c’est le regard intense de Marie, qui invite à
parcourir la route indiquée par le Fils. Elle regarde au loin, précisément dans
la direction qu’il indique. Sa main droite, qui soutient l’Enfant, répète le
geste de Jésus et l’amplifie.
Dans l'ancien rituel romain, lors de la fête de l'Assomption de Marie au ciel,
l'icône de la "Salus Populi Romani" accueillait, sur le seuil de la
basilique Sainte-Marie-Majeure, l'icône du Christ "acheiropoïète"
(non faite de main d'homme) conservée dans le "Sancta Sanctorum" de
la résidence du pape au Latran et qui avait été portée jusque là en procession.
En une sorte de danse entre les deux icônes, le Fils rendait hommage à sa Mère.
*
La décision du pape François de placer au centre de la veillée pour la paix
cette icône de la Mère de Dieu – non pas une copie, mais l'originale – porte
donc en soi toute la force de signification de son histoire. Le pape voit en
celle-ci la foi du peuple de Dieu qui, pendant des siècles, à tous les moments
de crise, s’est regroupé autour de cette icône pour demander au ciel un signe
de grâce, parce que "ce qui est impossible aux hommes n’est pas impossible
à Dieu".
Dans la note ci-dessous, le père Innocenzo Gargano analyse en profondeur la
signification de la présence de l'icône de la Vierge "Salus Populi
Romani" lors de la veillée ordonnée par le pape François.
Le père Gargano, moine camaldule, a été prieur du monastère romain de
Saint-Grégoire-au-Mont-Cœlius, fondé par le pape dont il porte le nom. Il a
beaucoup étudié les Pères de l’Église, en particulier cet illustre pontife,
auquel l’histoire de cette icône est particulièrement liée.
LE SALUT NON SEULEMENT DES ROMAINS MAIS DU MONDE ENTIER
par Innocenzo Gargano
L’ostension de l’icône authentique de la Vierge "Salus Populi
Romani" en conclusion du temps de jeûne qui avait été ordonné par le pape
François pour obtenir du Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie Mère
de Dieu, la paix en Syrie, au Moyen-Orient et sur toute la face de la terre, a
amené un très grand nombre de fidèles à s’interroger.
Quel pouvait être le sens de l’ostension de cette icône, placée à côté de
l’autel et du Saint-Sacrement, en présence d’un pape François presque
constamment agenouillé ?
On ne peut répondre qu’en rappelant qu’une icône ne peut jamais être considérée
uniquement comme un tableau, quel que soit le génie artistique qui l’a
produite, parce que, à la différence d’un simple tableau, qui incite celui qui
le regarde à en vérifier l’harmonie et la beauté, l’icône rend présente, à sa
manière, la personne même qui y est représentée.
Ce n’est pas tout. L’icône étant pleine de l’énergie de foi qui lui a été
communiquée par tous ceux qui, devant elle et grâce à elle, ont tourné leur
cœur vers le Seigneur, elle distribue ce qu’elle a elle-même reçu à tous ceux
qui s’approchent d’elle avec foi.
En particulier l’icône, cette icône – qui est reconnue par l’Église comme une
occasion de "mirabilia Dei" particuliers que nous appelons
habituellement "miracles" – reflète, reproduit et reverse dans
le cœur de ceux qui se tournent vers elle avec simplicité et avec une totale
disponibilité vis-à-vis de la volonté de Dieu les grâces mêmes dont la Vierge
Mère de Dieu a été pleinement gratifiée, cela en proportion de la foi de
chacun.
L’icône authentique de la Vierge "Salus Populi Romani" – il ne s’agit
donc pas d’une quelconque reproduction telle que celles que nous portons
souvent dans notre portefeuille – est pleine de tout cela. En effet elle porte
en elle l’héritage de foi des générations chrétiennes qui, sollicitées par
l’archétype auquel cette icône elle-même renvoie, c’est-à-dire la Vierge Mère
de Dieu, ont demandé et obtenu, en raison de leur foi, la paix, la sécurité et
la santé comme un acompte du salut promis à tous par Jésus Son Fils, le
Sauveur.
D’où l’importance particulière qu’ont eue, samedi 7 septembre, la présence et
l’ostension de l’icône de la "Salus Populi", qui devenait ainsi un
acompte sur le salut non plus seulement pour les Romains, mais pour le monde
entier, à l’issue du temps de jeûne demandé et obtenu par le pape François avec
la participation de millions de catholiques, de chrétiens, de croyants et
d’hommes de bonne volonté, qui recherchent l’harmonie du monde et la
paix.
Seule la basilique de Monreale, avec ses merveilleuses mosaïques, aurait pu
soutenir la comparaison avec la vision paradisiaque qu’offrait la place
Saint-Pierre, lors de cette veillée vécue par les peuples du monde entier
autour de l’autel et de la Parole de Dieu, le Saint-Sacrement étant exposé, en
compagnie de l’icône, en présence du pape.
La référence à Monreale que fait le père Innocenzo Gargano dans les dernières
lignes de son texte renvoie à un chef-d’œuvre absolu de l'art chrétien : la
basilique qui fut construite au XIIe siècle par les rois normands à Monreale,
sur les hauteurs qui dominent Palerme, et dont l’intérieur est entièrement
recouvert de mosaïques qui représentent tout le dessein de Dieu sur le monde et
sur l’Histoire.
Les mosaïques qui, à Monreale, représentent la création sont un sommet
artistique et théologique de tout le cycle. Dans la première de ces
représentations l’Esprit de Dieu fend l'abîme avec une énergie impressionnante,
créant l’"harmonie" là où il y avait précédemment le chaos.
Et c’est précisément l'harmonie originelle que la sagesse de Dieu a donnée à la
création et créée entre les êtres humains – avec laquelle contraste l'irruption
du péché et le meurtre d’Abel, dont les guerres sont le tragique héritage – qui
constitue le premier thème de la méditation prononcée par le pape François au
cours de la veillée du 7 septembre :
>
"Dieu vit que cela était bon"
Le père Innocenzo Gargano et l’historienne d’art Sara Magister ont présenté, en
douze épisodes captivants réalisés en 2013 pour TV 2000, la chaîne de
télévision des évêques d’Italie, la lettre et l’esprit de tout l’ensemble des
mosaïques de Monreale.
Ces douze épisodes, d’une durée d’une demi-heure chacun, peuvent être vus à
tout moment par ordinateur, sur le canal YouTube de TV 2000 :
>
Il "Credo" nei mosaici di Monreale
Et le premier épisode est celui dans lequel on peut admirer les merveilleuses
mosaïques qui représentent la création :
>
"Io credo in Dio, Padre onnipotente, creatore del cielo e della
terra"
Le livret contenant les textes, les chants et les prières de la veillée du 7
septembre, qui a été distribué aux personnes présentes sur la place
Saint-Pierre :
> Veglia di preghiera per la pace con il Santo Padre Francesco
Traduction française par Charles
de Pechpeyrou.
SOURCE : http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/135059775af.html?fr=y
Translation de l’icône
Salus populi Romani : explications du card. Rylko
L’icône mariale la plus
aimée et la plus honorée de Rome
JANVIER 26, 2018 16:58OCÉANE LE GALLROME
« Cette année la
cérémonie de la translation de la Salus populi Romani aura un
caractère spécial. Pour la première fois elle sera présidée par le pape
François, qui lui est très attaché » : le cardinal Stanislas Rylko,
archiprêtre de la basilique papale Sainte-Marie-Majeure, parle de l’icône
mariale la plus aimée et la plus honorée de Rome, dansL’Osservatore Romano daté
du 26 janvier 2018.
« La fête de la
translation du 28 janvier prochain aura d’autant plus un caractère particulier
qu’elle coïncidera avec le retour de l’icône à la basilique, après une longue
et minutieuse restauration des Musées du Vatican », souligne-t-il encore.
Il revient sur l’histoire de cette oeuvre d’art sacré.
Voici notre traduction du
texte du cardinal polonais, avec l’aimable autorisation du quotidien du
Saint-Siège.
La Vierge de Rome
La basilique papale de
Sainte-Marie-Majeure est le plus ancien sanctuaire marial non seulement de Rome
mais de tout l’occident. Construite par (le pape) Libère au IVème siècle, elle
fut ensuite restaurée et agrandie par Sixte III à l’occasion du concile
d’Ephèse (431), qui définit le dogme de la divine maternité de Marie. Elle est
la seule des basiliques papales romaines à avoir conservées intactes les
structures paléochrétiennes d’origine, bien qu’enrichies d’ajouts successifs.
Plus de seize siècles d’histoire donc, pour un monument extraordinaire de foi
et d’amour pour la Mère de Dieu.
Chaque année, le dernier
dimanche de janvier, la basilique accueille la célébration de la fête de la
Translation de l’icône Salus populi Romani, pour rendre grâce à cette
sainte image aux évidents caractères orientaux et caractérisée, selon la
tradition, par de nombreux événements miraculeux. La fête est très ressentie
par les romains qui y participent nombreux. Ils voient en cette icône leur
Vierge, leur vierge de Rome, l’icône mariale la plus aimée et la plus honorée,
au point de l’assimiler à un palladium, c’est-à-dire un bouclier pour la ville.
Dans la chapelle Pauline, où elle est conservée, il y a toujours quelqu’un en
prière et la basilique est parmi les lieux les plus fréquentés par les romains
et les pèlerins.
Pour comprendre la portée
spirituelle de cette image, il faut dire qu’il s’agit d’une icône, et d’une
icône très ancienne. L’icône n’est jamais qu’une image, mais une invitation à
aller au-delà de sa simple représentation pour entrer dans une autre dimension,
comme un pont entre l’humain et le divin. C’est là son secret le plus profond.
L’icône est ensuite une présence, en ce sens qu’elle rend présent ce qu’elle
représente. On peut donc parler d’une mystique particulière des icônes, qui
nous permet de vivre une vraie rencontre avec Dieu, avec Marie et avec les
saints.
Mais encore, les icones
regardent. Elles sont regardées, mais elles regardent aussi. Dans les icônes,
le regard de Jésus, de sa mère, est sérieux, pénétrant et, en même temps,
tendre et plein d’amour. C’est un regard capable de transformer la vie.
Ajoutons enfin, que chaque icône, entourée de la piété populaire, est une
invitation à la prière, car elle confirme la foi et l’espérance d’entières
générations de fidèles qui, tout au long de l’histoire, devant elle, ont prié
et ne sont pas restés déçus.
Ce préambule est
nécessaire pour comprendre le phénomène spirituel de l’icône de laSalus populi
Romani et l’extraordinaire dévotion, l’amour du peuple de Dieu, qui
l’entoure depuis des siècles.
L’image appartient à la
tradition des icones attribuées à saint Luc, mais en réalité selon des études
plus récentes, elle serait l’œuvre d’un auteur anonyme datée entre le IX et le
XIIème siècle. Elle représente Marie avec son Fils dans les bras qui, d’une
main bénit et de l‘autre tient le livre. Il s’agit d’une Vierge Hodigitria,
c’est-à-dire celle qui indique le chemin du Christ, son Fils. Les visages de la
Mère de Dieu et de l’Enfant Jésus sont d’une beauté fascinante : leurs
yeux nous fixent d’un amour pénétrant. Dans la main gauche, Marie, tient un
mouchoir, prête à sécher les larmes de ceux qui s’adressent à elle en pleurant
et lui demandent son secours. Les lettres grecques dans le fond sont les
abréviations de mèter theoù, « mère de Dieu », selon la
définition du concile d’Ephèse.
Cette sainte effigie est
liée à Sainte Marie Majeure. Depuis 1256 elle était placée dans la nef centrale
de la basilique, avant d’être déplacée en 1613 dans la chapelle Pauline
construite pour elle par Paul V. Le peuple de Rome s’adressait à la Vierge pour
lui présenter tous ses besoins, spécialement pendant les épidémies de peste,
les catastrophes naturelles ou les guerres, quand elle était portée en
procession dans les rues de la ville. Ainsi, les événements les plus importants
de la vie religieuse et de la vie civile ont trouvé écho devant la Salus
populi Romani. En 1931, pour le quinzième centenaire du concile d’Ephèse, Pie
XI organisa à Rome un congrès spécial pour honorer la Salus populi Romani.
Pie XII lui rendit hommage à l’occasion de la proclamation du dogme de
l’Assomption, en 1950 et puis, en 1954, lors de la première année mariale, il
couronna l’icône. Jean Paul II confia l’image aux jeunes pendant la journée
mondiale de la jeunesse à Rome en 2000. « Dorénavant, avec la Croix, celle-ci
accompagnera les Journées mondiales de la jeunesse. Elle sera le signe de la
présence maternelle de Marie, à côté des jeunes, appelés comme l’apôtre Jean, à
l’accueillir dans leur vie » annonça le pape à l’angélus du 13 avril 2003.
La Salus populi
Romani est une des icones mariales les plus connues et les plus répandues,
souvent sous des noms différents, souvent indiquée comme modèle pour
l’iconographie de la Vierge. En Pologne, par exemple, sont vénérées plus de 350
copies de cette image et 37 d’entre elles ont été couronnées par les papes. La
première copie officielle fut réalisée en 1569 avec la permission de Pie V, à
la demande de Francesco Borgia, préposé général des jésuites et grâce à l’appui
du Cardinal Charles Borromée, archiprêtre de la basilique. Cette copie est
conservée dans la cellule de saint Stanislas Kostka, en l’église Saint-André au
Quirinal. Francesco Borgia donnait une copie de l’icône à tous les jésuites qui
partaient en mission. Matteo Ricci l’emporta en Chine et l’offrit à l’empereur
chinois.
Cette année la cérémonie
de la translation de la Salus populi Romani aura un caractère
spécial. Pour la première fois elle sera présidée par le pape François, qui lui
est très attaché et qui, comme archevêque de Buenos Aires ne manquait pas de
visiter la basilique, durant ses visites à Rome. A peine élu pape, il s’est
rendu aussitôt à Sainte-Marie-Majeure pour confier à la Salus populi
Romani son pontificat et prier devant l’image dans la basilique, comme à
chaque fois avant et après ses voyages internationaux, en lui offrant des
fleurs. « Beau titre » que celui de l’image « pour que Marie nous sonne la
santé, elle est notre santé » et ce qu’a dit le pape le 4 mai 2013, moins de
deux mois après son élection : « elle est la mère qui nous donne la
santé durant la croissance, nous donne la santé pour affronter et surmonter les
problèmes, nous donne la santé pour nous rendre libres dans nos choix
définitifs ; la mère qui nous apprend à être féconds, à être ouverts à la
vie et à être toujours féconds de biens, féconds de joie, féconds d’espérance,
à ne perdre jamais l’espérance, à donner sa vie aux autres, la vie physique et
spirituelle ».
La fête de la translation
du 28 janvier prochain aura d’autant plus un caractère particulier qu’elle
coïncidera avec le retour de l’icône à la basilique, après une longue et
minutieuse restauration des Musées du Vatican. Après tant d’années, en effet,
il a fallu soumettre aussi cette vénérable icône à des travaux de restauration.
Le temps qui passe avait laissé des signes évidents de détérioration et avait
assombri le visage de la Vierge et celle du Fils. On a donc voulu redonner à
l’image son éclat d’antan, pour ensuite la placer dans l’autel de la chapelle
Pauline qui lui est consacrée, également restauré, en digne trône de la Mère de
Dieu.
Les romains ont accueilli
cette nouvelle avec grande joie et le 28 janvier prochain ils reviendront
témoigner leur foi et leur amour à leur Vierge Marie, invoquant son
intercession et priant pour Rome, pour l’Eglise et tout particulièrement pour
le pape François.
Traduction de Zenit,
Océane Le Gall
JANVIER 26, 2018 16:58ROME
SOURCE : https://fr.zenit.org/articles/translation-de-licone-salus-populi-romani-explications-du-card-rylko/
Salus Populi Romani
Protectress of the Roman
People (also translated: Health of the Roman People)
— M. Jean Frisk
The miraculous image,
Protectress of the Roman People, is perhaps the best loved and honored Marian
icon in Rome, Italy. It is located in the Cappella Paolina of Saint Mary Major
Basilica in Rome, known to English-speaking pilgrims as Lady Chapel. The
church, Saint Mary Major, is considered the third of the Roman patriarchal
basilicas. The church and its Marian shrine are under the special patronage of
the popes.
Some authorities claim
the Salus Populi Romani image can be traced to the post-iconoclastic
period of the eighth century. Others indicate that the image, as we know it
today is not found earlier than the thirteenth century. At latest by the
fifteenth century, it was honored as a miraculous image, and from that time on
it was considered an image particularly honored and subsequently used by the
Jesuits to foster devotion to the Mother of God.
The name given to this
type of Marian image in iconography is "Hodegetria," a word meaning
"Guide of the Way." The word, "Hodegetria" -- as applied
here -- originates from the monastery grounds of the "guides," the
"Hodegon," in Constantinople. It is thought that an image of this
type was once located in a chapel there.
As one notes on the icon,
Jesus rests on the left arm of Our Lady, his right arm slightly raised in
blessing. In his left hand he holds a book; he appears to be looking up at his
mother; Mary's gaze looks out to the people. Most Hodegetria images depict
Mary's right hand pointing to Christ. In the Salus Populi Romani, Mary's
right hand crosses over her left in a gentle embrace of the child. Mary is
depicted as the woman who looks to the people, drawing them with her gaze to
center on her divine son. Her son, Jesus, rests lightly, almost weightlessly on
her arm. He blesses the people she looks at, he looks at her, his mother, as
one of them, but particularly as the one who shared most intimately in his
Incarnation.
The image is five feet
high by three and a quarter feet wide. It is painted on a thick cedar slab.
Mary wears a gold-trimmed dark blue mantle over a red tunic.
Origin:
The Roman Breviary states,
"After the Council of Ephesus (431) in which the Mother of Jesus was acclaimed
as Mother of God, Pope Sixtus III erected at Rome on the Esquiline Hill, a
basilica dedicated to the honor of the holy Mother of God. It was afterward
called Saint Mary Major and it is the oldest church in the West dedicated to
the honor of the Blessed Virgin Mary." The Roman Pontifical gives
an additional account, "The Liberian basilica, today called Saint Mary
Major, was founded by Pope Liberius (352-366) and was restored and enlarged by
Sixtus III. ... Pope Liberius selected a venerated picture that hung in the
pontifical oratory. It had allegedly been brought to Rome by St. Helena."
Salus Populi Romani is
one of the so-called "Luke images." There are many throughout the
world which are attributed to Saint Luke. The origin of "Luke images"
is unknown, but a charming legend has prevailed through the ages. It
reveals that after the Crucifixion, when Our Lady moved to the home of St.
John, she took with her a few personal belongings – among which was a table
built by the Redeemer in the workshop of St. Joseph. When pious virgins of
Jerusalem prevailed upon St. Luke to paint a portrait of the Mother of God, it
was the top of this table that was used to memorialize her image. While
applying his brush and paints, St. Luke listened carefully as the Mother of
Jesus spoke of the life of her son, facts which the Evangelist later recorded
in his Gospel.
Legend also tells us that
the painting remained in and around Jerusalem until it was discovered by St.
Helena in the fourth century. Together with other sacred relics, the painting
was transported to Constantinople where her son, Emperor Constantine the Great,
erected a church for its enthronement." (Joan Carroll Cruz, Miraculous
Images of Our Lady, 1993, p. 137f.)
Contrary to the above,
and as stated earlier, this particular image itself cannot be traced earlier
than the thirteenth century, latest fifteenth, when it was generally honored as
miraculous and subsequently considered the Jesuit Madonna.
Miraculous Character
What makes this
particular image miraculous?
The answer is found in
the mysterious origins that lie shrouded in history, the fact that it has
endured, and the many miraculous stories of protection that are attributed to
Our Lady imaged therein. Cruz mentions the following:
During the pontificate of St. Gregory the Great (590-604) a plague viciously attacked the people of Rome, killing entire families. The pontiff fervently prayed to the Blessed Mother. During the Easter festivals he carried her image in solemn procession. Arriving at Hadrian's Mausoleum (now called San Angelo), an angelic choir was heard singing the joyful Resurrection hymn:
Without hesitation, the
holy Pontiff added:
Ora pro nobis Deum,
alleluia.
[Queen of Heaven,
rejoice, alleluia; for he whom you did merit to bear, alleluia; has risen as he
said, alleluia; pray for us to God, alleluia.]
After the Pontiff spoke
these words there appeared above Hadrian's Mausoleum an angel, believed to be
St. Michael, who replaced in his scabbard the sword of vengeance which he had
held over the city.
Devotion
Popes of the past and
present expressed their devotedness to Mary in front of the image; A. Rum
reminds us that "Paul VI prayed [at Saint Mary Major] to the Madonna whom
he had that day proclaimed Mother of the Church. 'With a spirit full of
trust and filial love,' he said, 'we raise our glance to you, despite our
unworthiness and our weakness. You who have given us Jesus, the source of
grace, will not fail to help your Church, at this time when she is flowering
because of the abundance of the gifts of the Holy Spirit and is committing
herself with renewed zeal to her mission of salvation." (Dictionary of
Mary, pp. 303-4)
Signs of papal interest
are the following coronations:
Clement VIII (1592-1605)
Gregory XVI (August 15, 1838) Pius XII (November 1, 1954: Marian Year for the
centenary of the dogmatic definition of the Immaculate Conception)
These papal coronations
honor Mary for her share in Christ's Incarnation and saving work. The Marian
coronation signifies recognition of Mary's heavenly victory, that is, her
holiness. In Roman Catholic liturgy there is a rite entitled, The Rite for
Crowning an Image of the Blessed Virgin Mary. The rite, promulgated by the
Church on March 25, 1981, shows Mary's queenship rooted in the Paschal Mystery
and a queenship based on love and service of Christ and his Church.
Others who were specially
devoted to Our Lady, Protectress of the Roman People, are St. Stanislaus
Kostka; St. Ignatius Loyola, founder of the Jesuits, who celebrated his first
Mass here on Christmas night in 1538; and St. Francis of Borgia, third general
of the Jesuits, who was the first to petition the pope for permission to
reproduce the image for the Jesuit houses of study.
With the permission to
duplicate the icon, the Jesuits had an effective pastoral method to foster love
for the church through love for Our Lady. As part of their plan for church
renewal from the grassroots in post-Reformation times, the sodalities were
formed. These were, in the first place, organizations within seminaries which
fostered the spiritual life through imitation of Marian faith and reliance on
her formative power. The sodality program later spread beyond seminary walls.
An example of this devotion is found at Ingolstadt, Germany. In the Bavarian
seminary there, the image became known as the Mater-admirabilis, later,
the Mater ter admirabilis, the Mother Thrice Admirable. A whole spirituality
developed from the theological implications of Mary as Mother of God, Mother of
the Redeemer, and Mother of the Redeemed.
The devotedness to Mary
through the Salus Populi Romani image became an assist, even if one
of secondary importance, to the Jesuit movement.
Of further interest is what is to be noted about "copying" an image.
The Roman image and the Ingoldstadt image can be compared here. (See pictures
above.) One notes the similiarity, but also the slight nuances that make the
"copy" unique to each place.
Another example is its
spread to China, where it was known as the Madonna of Singanfu. An exact
sixteenth-century Chinese copy is located in the Chicago Field Museum of
National History.
It is also interesting
that an image such as this may undergo title changes. Due to the legend of the
establishment of Saint Mary Major as a miracle of snow falling in August, the
image is also called Our Lady of the Snow or Our Lady of Snows.
Here in the United
States, it is the Oblate Fathers who established a National Shrine of Our Lady
of Snows in Belleville, Illinois in 1958. The desire to relate to the ancient
tradition of the first Marian shrine of the Roman church had a part to play in
selecting the name. The image is not the same, but the link nevertheless
remains.
Meditation
Mary, Mother of God, it
is our Christian belief that all who fashion their lives in imitation of your
son, Jesus Christ, and have placed their hope in him are gathered together in a
communion of saints. Those who have gone before us live in intimate communion
with Christ. You are the most eminent of them, for you were drawn into his life
and being as no other. You who gave him human life followed Jesus, the Way, the
Truth and the Life.
Mary, look at us. Look at
all who are centered on your son. At the present time some of his
disciples are pilgrims on earth. Others have died and are being purified, while
still others are in glory, contemplating 'in full light, God himself triune and
one, exactly as he is ' (Lumen Gentium, 49; See: Catechism of the Catholic
Church (CCC), #954). All of God's people hunger to be intimately one with him.
All of us, however, in
varying degrees and in different ways share in the same charity towards God and
our neighbors, and we all sing the one hymn of glory to our God. All, indeed,
who are of Christ and who have his Spirit form one Church and in Christ cleave
together. (Lumen Gentium 49; cf. Ephesians 4:16) ... So it is that the
union of the wayfarers with the brethren who sleep in the peace of Christ is in
no way interrupted, but on the contrary, according to the constant faith of the
Church, this union is reinforced by an exchange of spiritual goods. (Lumen
Gentium 49; See: CCC) #955.
Mary, we are the
wayfarers and we hunger for this exchange of spiritual goods with you who were
so intimately close to Jesus Christ. Your image, as protectress of the Roman
people, reminds us that you invite us to center on Christ. Your arms embrace
Jesus fully, effortlessly. Jesus, whose burden is light and yoke is easy,
wishes to be as close to every individual as he is to you. You are both
wayfarer and guide to us wayfarers on our pilgrimage of faith.
Teach us, Mary, to
embrace Christ fully, to make him our way, our truth, our life. Teach us, Mary,
to carry Christ to the world, and, each in our own way, to give him birth in
the hearts of many. Protect your people, Mary; protect your Church. These are
his people, the people of the Way.
SOURCE : https://udayton.edu/imri/mary/s/salus-populi-romani.php
L'icône Salus Populi Romani restaurée, 2 février 2018 : https://fsspx.news/fr/icone-salus-populi-romani-restauree-35361
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