BÉNÉDICTION URBI ET ORBI DU PAPE FRANÇOIS, 27 mars 2020
EWTN - LIVE: Pope Francis Urbi et Orbi amid coronavirus pandemic : https://www.youtube.com/watch?v=RvE1ncKned8)
Évangile selon Saint
MARC, IV ; 35-41
35 Ce jour-là, le soir
venu, il dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. »
36 Quittant la foule, ils
emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques
l’accompagnaient.
37 Survient une violente
tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se
remplissait.
38 Lui dormait sur le
coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
39 Réveillé, il menaça le
vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
40 Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la
foi ? »
41 Saisis d’une grande
crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »
SOURCE : https://www.aelf.org/bible/Mc/4
Le texte intégral de la
méditation du Pape lors de sa bénédiction Urbi et Orbi historique
Au milieu de la
« tempête » que peut représenter l’épidémie de covid-19, le Seigneur
souhaite « réveiller et raviver notre foi pascale », a souligné le
pape François vendredi 27 mars lors d’une méditation centrée sur le miracle de
la tempête apaisée prononcée sur place Saint-Pierre lors d’une veillée de
prière exceptionnelle et avant une bénédiction Urbi et Orbi historique
« Le soir venu » (Mc 4,
35). Ainsi commence l’Evangile que nous avons écouté. Depuis des semaines, la
nuit semble tomber. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos
villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence
assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage : cela
se sent dans l’air, cela se ressent dans les gestes, les regards le disent.
Nous nous retrouvons apeurés et perdus. Comme les disciples de l’Evangile, nous
avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous nous
nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et
désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à
ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. Dans cette
barque… nous nous trouvons tous. Comme ces disciples qui parlent d’une seule
voix et dans l’angoisse disent : « Nous sommes perdus » (v. 38), nous aussi,
nous nous nous apercevons que nous ne pouvons pas aller de l’avant chacun tout
seul, mais seulement ensemble.
Il est facile de nous
retrouver dans ce récit. Ce qui est difficile, c’est de comprendre le
comportement de Jésus. Alors que les disciples sont naturellement inquiets et
désespérés, il est à l’arrière, à l’endroit de la barque qui coulera en
premier. Et que fait-il ? Malgré tout le bruit, il dort serein, confiant dans
le Père – c’est la seule fois où, dans l’Evangile, nous voyons Jésus dormir –.
Puis, quand il est réveillé, après avoir calmé le vent et les eaux, il
s’adresse aux disciples sur un ton de reproche : « Pourquoi êtes-vous si
craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (v. 40).
La tempête démasque notre
vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles
nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités.
Cherchons à comprendre.
En quoi consiste le manque de foi de la part des disciples, qui s’oppose à la
confiance de Jésus ? Ils n’avaient pas cessé de croire en lui. En effet, ils
l’invoquent. Mais voyons comment ils l’invoquent : « Maître, nous sommes perdus
; cela ne te fait rien ? » (v. 38). Cela ne te fait rien : ils pensent que
Jésus se désintéresse d’eux, qu’il ne se soucie pas d’eux. Entre nous, dans nos
familles, l’une des choses qui fait le plus mal, c’est quand nous nous
entendons dire : “Tu ne te soucies pas de moi ?”. C’est une phrase qui blesse
et déclenche des tempêtes dans le cœur. Cela aura aussi touché Jésus, car lui,
plus que personne, tient à nous. En effet, une fois invoqué, il sauve ses
disciples découragés.
La tempête démasque notre
vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles
nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. Elle
nous démontre comment nous avons laissé endormi et abandonné ce qui alimente,
soutient et donne force à notre vie ainsi qu’à notre communauté. La tempête
révèle toutes les intentions d’“emballer” et d’oublier ce qui a nourri l’âme de
nos peuples, toutes ces tentatives d’anesthésier avec des habitudes apparemment
“salvatrices”, incapables de faire appel à nos racines et d’évoquer la mémoire
de nos anciens, en nous privant ainsi de l’immunité nécessaire pour affronter
l’adversité.
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? ». Seigneur, ce soir, ta Parole nous touche et
nous concerne tous. Dans notre monde, que tu aimes plus que nous, nous sommes
allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous
les domaines.
À la faveur de la
tempête, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos
“ego” toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois,
cette appartenance commune (bénie), à laquelle nous ne pouvons pas nous
soustraire : le fait d’être frères.
« Pourquoi êtes-vous si
craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Seigneur, ce soir, ta Parole
nous touche et nous concerne tous. Dans notre monde, que tu aimes plus que
nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et
capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissé
absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas
arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des
guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des
pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route,
imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade.
Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous t’implorons :
“Réveille-toi Seigneur !”.
Seigneur, tu nous
adresses un appel, un appel à la foi qui ne consiste pas tant à croire que tu
existes, mais à aller vers toi et à se fier à toi.
« Pourquoi êtes-vous si
craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Seigneur, tu nous adresses un
appel, un appel à la foi qui ne consiste pas tant à croire que tu existes, mais
à aller vers toi et à se fier à toi. Durant ce Carême, ton appel urgent résonne
: “Convertissez-vous”, « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Tu nous
invites à saisir ce temps d’épreuve comme un temps de choix. Ce n’est pas le
temps de ton jugement, mais celui de notre jugement : le temps de choisir ce
qui importe et ce qui passe, de séparer ce qui est nécessaire de ce qui ne
l’est pas. C’est le temps de réorienter la route de la vie vers toi, Seigneur,
et vers les autres. Et nous pouvons voir de nombreux compagnons de voyage
exemplaires qui, dans cette peur, ont réagi en donnant leur vie. C’est la force
agissante de l’Esprit déversée et transformée en courageux et généreux
dévouements. C’est la vie de l’Esprit capable de racheter, de valoriser et de
montrer comment nos vies sont tissées et soutenues par des personnes ordinaires,
souvent oubliées, qui ne font pas la une des journaux et des revues ni
n’apparaissent dans les grands défilés du dernier show mais qui, sans aucun
doute, sont en train d’écrire aujourd’hui les évènements décisifs de notre
histoire : médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés,
agents d’entretien, fournisseurs de soin à domicile, transporteurs, forces de
l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses et tant et tant d’autres qui ont
compris que personne ne se sauve tout seul. Face à la souffrance, où se mesure
le vrai développement de nos peuples, nous découvrons et nous expérimentons la
prière sacerdotale de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17, 21). Que de
personnes font preuve chaque jour de patience et insuffle l’espérance, en veillant
à ne pas créer la panique mais la coresponsabilité ! Que de pères, de mères, de
grands-pères et de grands-mères, que d’enseignants montrent à nos enfants, par
des gestes simples et quotidiens, comment affronter et traverser une crise en
réadaptant les habitudes, en levant les regards et en stimulant la prière ! Que
de personnes prient, offrent et intercèdent pour le bien de tous. La prière et
le service discret : ce sont nos armes gagnantes !
« Pourquoi avez-vous peur
? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Le début de la foi, c’est de savoir qu’on
a besoin de salut. Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons
naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs, des
étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs,
pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience
qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu :
orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il
apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais.
Le Seigneur nous
interpelle et, au milieu de notre tempête, il nous invite à réveiller puis à
activer la solidarité et l’espérance capables de donner stabilité, soutien et
sens en ces heures où tout semble faire naufrage.
Le Seigneur nous
interpelle et, au milieu de notre tempête, il nous invite à réveiller puis à
activer la solidarité et l’espérance capables de donner stabilité, soutien et
sens en ces heures où tout semble faire naufrage. Le Seigneur se réveille pour
réveiller et raviver notre foi pascale. Nous avons une ancre : par sa croix,
nous avons été sauvés. Nous avons un gouvernail : par sa croix, nous avons été
rachetés. Nous avons une espérance : par sa croix, nous avons été rénovés et
embrassés afin que rien ni personne ne nous sépare de son amour rédempteur.
Dans l’isolement où nous souffrons du manque d’affections et de rencontres, en
faisant l’expérience du manque de beaucoup de choses, écoutons une fois encore
l’annonce qui nous sauve : il est ressuscité et vit à nos côtés. Le Seigneur
nous exhorte de sa croix à retrouver la vie qui nous attend, à regarder vers
ceux qui nous sollicitent, à renforcer, reconnaître et stimuler la grâce qui
nous habite. N’éteignons pas la flamme qui faiblit (cf. Is 42, 3) qui ne s’altère
jamais, et laissons-la rallumer l’espérance.
Embrasser la croix, c’est
trouver le courage d’embrasser toutes les contrariétés du temps présent, en
abandonnant un moment notre soif de toute puissance et de possession, pour
faire place à la créativité que seul l’Esprit est capable de susciter. C’est
trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et
permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de
solidarité. Par sa croix, nous avons été sauvés pour accueillir l’espérance et
permettre que ce soit elle qui renforce et soutienne toutes les mesures et
toutes les pistes possibles qui puissent aider à nous préserver et à
sauvegarder. Étreindre le Seigneur pour embrasser l’espérance, voilà la force
de la foi, qui libère de la peur et donne de l’espérance.
« Pourquoi êtes-vous si
craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Chers frères et sœurs, de ce
lieu, qui raconte la foi, solide comme le roc, de Pierre, je voudrais ce soir
vous confier tous au Seigneur, par l’intercession de la Vierge, salut de son
peuple, étoile de la mer dans la tempête. Que, de cette colonnade qui embrasse
Rome et le monde, descende sur vous, comme une étreinte consolante, la
bénédiction de Dieu. Seigneur, bénis le monde, donne la santé aux corps et le
réconfort aux cœurs. Tu nous demandes de ne pas avoir peur. Mais notre foi est
faible et nous sommes craintifs. Mais toi, Seigneur, ne nous laisse pas à la
merci de la tempête. Redis encore : « N’ayez pas peur » (Mt 28, 5). Et nous,
avec Pierre, “nous nous déchargeons sur toi de tous nos soucis, car tu prends
soin de nous” (cf. 1P 5, 7).
Mark, IV, 35-41
35 With the coming of
evening that same day, he said to them, 'Let us cross over to the other side.'
36
And leaving the crowd behind they took him, just as he was, in the boat; and
there were other boats with him.
37
Then it began to blow a great gale and the waves were breaking into the boat so
that it was almost swamped.
38
But he was in the stern, his head on the cushion, asleep.
39
They woke him and said to him, 'Master, do you not care? We are lost!' And he
woke up and rebuked the wind and said to the sea, 'Quiet now! Be calm!' And the
wind dropped, and there followed a great calm.
40
Then he said to them, 'Why are you so frightened? Have you still no faith?'
41
They were overcome with awe and said to one another, 'Who can this be? Even the
wind and the sea obey him.'
SOURCE : https://www.catholic.org/bible/book.php?id=48&bible_chapter=4
FRANCIS
“When evening had come” (Mk 4:35).
The Gospel passage we have just heard begins like this. For weeks now it has
been evening. Thick darkness has gathered over our squares, our streets and our
cities; it has taken over our lives, filling everything with a deafening
silence and a distressing void, that stops everything as it passes by; we feel
it in the air, we notice in people’s gestures, their glances give them away. We
find ourselves afraid and lost. Like the disciples in the Gospel we were caught
off guard by an unexpected, turbulent storm. We have realized that we are on
the same boat, all of us fragile and disoriented, but at the same time
important and needed, all of us called to row together, each of us in need of
comforting the other. On this boat… are all of us. Just like those disciples,
who spoke anxiously with one voice, saying “We are perishing” (v. 38), so we
too have realized that we cannot go on thinking of ourselves, but only together
can we do this.
It is easy to recognize
ourselves in this story. What is harder to understand is Jesus’ attitude. While
his disciples are quite naturally alarmed and desperate, he stands in the
stern, in the part of the boat that sinks first. And what does he do? In spite
of the tempest, he sleeps on soundly, trusting in the Father; this is the only
time in the Gospels we see Jesus sleeping. When he wakes up, after calming the
wind and the waters, he turns to the disciples in a reproaching voice: “Why are
you afraid? Have you no faith?” (v. 40).
Let us try to understand.
In what does the lack of the disciples’ faith consist, as contrasted with
Jesus’ trust? They had not stopped believing in him; in fact, they called on
him. But we see how they call on him: “Teacher, do you not care if we perish?”
(v. 38). Do you not care: they think that Jesus is not interested in them,
does not care about them. One of the things that hurts us and our families most
when we hear it said is: “Do you not care about me?” It is a phrase that wounds
and unleashes storms in our hearts. It would have shaken Jesus too. Because he,
more than anyone, cares about us. Indeed, once they have called on him, he
saves his disciples from their discouragement.
The storm exposes our
vulnerability and uncovers those false and superfluous certainties around which
we have constructed our daily schedules, our projects, our habits and
priorities. It shows us how we have allowed to become dull and feeble the very
things that nourish, sustain and strengthen our lives and our communities. The
tempest lays bare all our prepackaged ideas and forgetfulness of what nourishes
our people’s souls; all those attempts that anesthetize us with ways of
thinking and acting that supposedly “save” us, but instead prove incapable of
putting us in touch with our roots and keeping alive the memory of those who
have gone before us. We deprive ourselves of the antibodies we need to confront
adversity.
In this storm, the façade
of those stereotypes with which we camouflaged our egos, always worrying about
our image, has fallen away, uncovering once more that (blessed) common
belonging, of which we cannot be deprived: our belonging as brothers and
sisters.
“Why are you afraid? Have
you no faith?” Lord, your word this evening strikes us and regards us, all
of us. In this world, that you love more than we do, we have gone ahead at
breakneck speed, feeling powerful and able to do anything. Greedy for profit,
we let ourselves get caught up in things, and lured away by haste. We did not
stop at your reproach to us, we were not shaken awake by wars or injustice
across the world, nor did we listen to the cry of the poor or of our ailing
planet. We carried on regardless, thinking we would stay healthy in a world
that was sick. Now that we are in a stormy sea, we implore you: “Wake up,
Lord!”.
“Why are you afraid? Have
you no faith?” Lord, you are calling to us, calling us to faith. Which is
not so much believing that you exist, but coming to you and trusting in you.
This Lent your call reverberates urgently: “Be converted!”, “Return to me with
all your heart” (Joel 2:12). You are calling on us to seize this time of
trial as a time of choosing. It is not the time of your judgement, but of
our judgement: a time to choose what matters and what passes away, a time to
separate what is necessary from what is not. It is a time to get our lives back
on track with regard to you, Lord, and to others. We can look to so many
exemplary companions for the journey, who, even though fearful, have reacted by
giving their lives. This is the force of the Spirit poured out and fashioned in
courageous and generous self-denial. It is the life in the Spirit that can
redeem, value and demonstrate how our lives are woven together and sustained by
ordinary people – often forgotten people – who do not appear in newspaper and
magazine headlines nor on the grand catwalks of the latest show, but who
without any doubt are in these very days writing the decisive events of our
time: doctors, nurses, supermarket employees, cleaners, caregivers, providers
of transport, law and order forces, volunteers, priests, religious men and
women and so very many others who have understood that no one reaches salvation
by themselves. In the face of so much suffering, where the authentic
development of our peoples is assessed, we experience the priestly prayer of
Jesus: “That they may all be one” (Jn 17:21). How many people every day
are exercising patience and offering hope, taking care to sow not panic but a
shared responsibility. How many fathers, mothers, grandparents and teachers are
showing our children, in small everyday gestures, how to face up to and
navigate a crisis by adjusting their routines, lifting their gaze and fostering
prayer. How many are praying, offering and interceding for the good of all.
Prayer and quiet service: these are our victorious weapons.
“Why are you afraid? Have
you no faith”?Faith begins when we realise we are in need of salvation. We are
not self-sufficient; by ourselves we founder: we need the Lord, like ancient
navigators needed the stars. Let us invite Jesus into the boats of our lives.
Let us hand over our fears to him so that he can conquer them. Like the
disciples, we will experience that with him on board there will be no
shipwreck. Because this is God’s strength: turning to the good everything that
happens to us, even the bad things. He brings serenity into our storms, because
with God life never dies.
The Lord asks us and, in
the midst of our tempest, invites us to reawaken and put into practice that
solidarity and hope capable of giving strength, support and meaning to these
hours when everything seems to be floundering. The Lord awakens so as to
reawaken and revive our Easter faith. We have an anchor: by his cross we have
been saved. We have a rudder: by his cross we have been redeemed. We have a
hope: by his cross we have been healed and embraced so that nothing and no one
can separate us from his redeeming love. In the midst of isolation when we are
suffering from a lack of tenderness and chances to meet up, and we experience
the loss of so many things, let us once again listen to the proclamation that
saves us: he is risen and is living by our side. The Lord asks us from his
cross to rediscover the life that awaits us, to look towards those who look to
us, to strengthen, recognize and foster the grace that lives within us. Let us
not quench the wavering flame (cf. Is 42:3) that never falters, and let us
allow hope to be rekindled.
Embracing his cross means
finding the courage to embrace all the hardships of the present time,
abandoning for a moment our eagerness for power and possessions in order to
make room for the creativity that only the Spirit is capable of inspiring. It
means finding the courage to create spaces where everyone can recognize that
they are called, and to allow new forms of hospitality, fraternity and
solidarity. By his cross we have been saved in order to embrace hope and let it
strengthen and sustain all measures and all possible avenues for helping us
protect ourselves and others. Embracing the Lord in order to embrace hope: that
is the strength of faith, which frees us from fear and gives us hope.
“Why are you afraid? Have
you no faith”?Dear brothers and sisters, from this place that tells of Peter’s
rock-solid faith, I would like this evening to entrust all of you to the Lord,
through the intercession of Mary, Health of the People and Star of the stormy
Sea. From this colonnade that embraces Rome and the whole world, may God’s
blessing come down upon you as a consoling embrace. Lord, may you bless the
world, give health to our bodies and comfort our hearts. You ask us not to be
afraid. Yet our faith is weak and we are fearful. But you, Lord, will not leave
us at the mercy of the storm. Tell us again: “Do not be afraid” (Mt 28:5).
And we, together with Peter, “cast all our anxieties onto you, for you care
about us” (cf. 1 Pet 5:7).
© Copyright - Libreria
Editrice Vaticana
Salus Populi Romani, Santa Maria
Maggiore Basilica, Roma
Vangelo secondo Marco,
IV, 35-41
35In quel medesimo
giorno, venuta la sera, disse loro: «Passiamo all’altra riva».
36E, congedata la folla,
lo presero con sé, così com’era, nella barca. C’erano anche altre barche con
lui.
37Ci fu una grande
tempesta di vento e le onde si rovesciavano nella barca, tanto che ormai era
piena.
38Egli se ne stava a
poppa, sul cuscino, e dormiva. Allora lo svegliarono e gli dissero: «Maestro,
non t’importa che siamo perduti?».
39Si destò, minacciò il
vento e disse al mare: «Taci, calmati!». Il vento cessò e ci fu grande
bonaccia.
40Poi disse loro: «Perché
avete paura? Non avete ancora fede?».
41E furono presi da grande timore e si dicevano l’un l’altro: «Chi è dunque costui, che anche il vento e il mare gli obbediscono?».
PRESIEDUTO DAL SANTO
PADRE
FRANCESCO
«Venuta la sera» (Mc 4,35). Così inizia il
Vangelo che abbiamo ascoltato. Da settimane sembra che sia scesa la sera. Fitte
tenebre si sono addensate sulle nostre piazze, strade e città; si sono
impadronite delle nostre vite riempiendo tutto di un silenzio assordante e di
un vuoto desolante, che paralizza ogni cosa al suo passaggio: si sente
nell’aria, si avverte nei gesti, lo dicono gli sguardi. Ci siamo trovati
impauriti e smarriti. Come i discepoli del Vangelo siamo stati presi alla
sprovvista da una tempesta inaspettata e furiosa. Ci siamo resi conto di
trovarci sulla stessa barca, tutti fragili e disorientati, ma nello stesso
tempo importanti e necessari, tutti chiamati a remare insieme, tutti bisognosi
di confortarci a vicenda. Su questa barca… ci siamo tutti. Come quei discepoli,
che parlano a una sola voce e nell’angoscia dicono: «Siamo perduti» (v. 38),
così anche noi ci siamo accorti che non possiamo andare avanti ciascuno per
conto suo, ma solo insieme.
È facile ritrovarci in
questo racconto. Quello che risulta difficile è capire l’atteggiamento di Gesù.
Mentre i discepoli sono naturalmente allarmati e disperati, Egli sta a poppa,
proprio nella parte della barca che per prima va a fondo. E che cosa fa?
Nonostante il trambusto, dorme sereno, fiducioso nel Padre – è l’unica volta in
cui nel Vangelo vediamo Gesù che dorme –. Quando poi viene svegliato, dopo aver
calmato il vento e le acque, si rivolge ai discepoli in tono di rimprovero:
«Perché avete paura? Non avete ancora fede?» (v. 40).
Cerchiamo di comprendere.
In che cosa consiste la mancanza di fede dei discepoli, che si contrappone alla
fiducia di Gesù? Essi non avevano smesso di credere in Lui, infatti lo
invocano. Ma vediamo come lo invocano: «Maestro, non t’importa che siamo
perduti?» (v. 38). Non t’importa: pensano che Gesù si disinteressi di loro, che
non si curi di loro. Tra di noi, nelle nostre famiglie, una delle cose che fa
più male è quando ci sentiamo dire: “Non t’importa di me?”. È una frase che
ferisce e scatena tempeste nel cuore. Avrà scosso anche Gesù. Perché a nessuno
più che a Lui importa di noi. Infatti, una volta invocato, salva i suoi
discepoli sfiduciati.
La tempesta smaschera la
nostra vulnerabilità e lascia scoperte quelle false e superflue sicurezze con
cui abbiamo costruito le nostre agende, i nostri progetti, le nostre abitudini
e priorità. Ci dimostra come abbiamo lasciato addormentato e abbandonato ciò
che alimenta, sostiene e dà forza alla nostra vita e alla nostra comunità. La
tempesta pone allo scoperto tutti i propositi di “imballare” e dimenticare ciò
che ha nutrito l’anima dei nostri popoli; tutti quei tentativi di anestetizzare
con abitudini apparentemente “salvatrici”, incapaci di fare appello alle nostre
radici e di evocare la memoria dei nostri anziani, privandoci così
dell’immunità necessaria per far fronte all’avversità.
Con la tempesta, è caduto
il trucco di quegli stereotipi con cui mascheravamo i nostri “ego” sempre
preoccupati della propria immagine; ed è rimasta scoperta, ancora una volta,
quella (benedetta) appartenenza comune alla quale non possiamo sottrarci: l’appartenenza
come fratelli.
«Perché avete paura? Non
avete ancora fede?». Signore, la tua Parola stasera ci colpisce e ci riguarda,
tutti. In questo nostro mondo, che Tu ami più di noi, siamo andati avanti a
tutta velocità, sentendoci forti e capaci in tutto. Avidi di guadagno, ci siamo
lasciati assorbire dalle cose e frastornare dalla fretta. Non ci siamo fermati
davanti ai tuoi richiami, non ci siamo ridestati di fronte a guerre e
ingiustizie planetarie, non abbiamo ascoltato il grido dei poveri, e del nostro
pianeta gravemente malato. Abbiamo proseguito imperterriti, pensando di
rimanere sempre sani in un mondo malato. Ora, mentre stiamo in mare agitato, ti
imploriamo: “Svegliati Signore!”.
«Perché avete paura? Non
avete ancora fede?». Signore, ci rivolgi un appello, un appello alla fede. Che
non è tanto credere che Tu esista, ma venire a Te e fidarsi di Te. In questa
Quaresima risuona il tuo appello urgente: “Convertitevi”, «ritornate a me con
tutto il cuore» (Gl 2,12). Ci chiami a cogliere questo tempo di prova come un
tempo di scelta. Non è il tempo del tuo giudizio, ma del nostro giudizio: il
tempo di scegliere che cosa conta e che cosa passa, di separare ciò che è
necessario da ciò che non lo è. È il tempo di reimpostare la rotta della vita
verso di Te, Signore, e verso gli altri. E possiamo guardare a tanti compagni
di viaggio esemplari, che, nella paura, hanno reagito donando la propria vita.
È la forza operante dello Spirito riversata e plasmata in coraggiose e generose
dedizioni. È la vita dello Spirito capace di riscattare, di valorizzare e di
mostrare come le nostre vite sono tessute e sostenute da persone comuni –
solitamente dimenticate – che non compaiono nei titoli dei giornali e delle
riviste né nelle grandi passerelle dell’ultimo show ma, senza dubbio, stanno
scrivendo oggi gli avvenimenti decisivi della nostra storia: medici, infermiere
e infermieri, addetti dei supermercati, addetti alle pulizie, badanti,
trasportatori, forze dell’ordine, volontari, sacerdoti, religiose e tanti ma
tanti altri che hanno compreso che nessuno si salva da solo. Davanti alla
sofferenza, dove si misura il vero sviluppo dei nostri popoli, scopriamo e
sperimentiamo la preghiera sacerdotale di Gesù: «che tutti siano una cosa sola»
(Gv 17,21). Quanta gente esercita ogni giorno pazienza e infonde speranza,
avendo cura di non seminare panico ma corresponsabilità. Quanti padri, madri,
nonni e nonne, insegnanti mostrano ai nostri bambini, con gesti piccoli e
quotidiani, come affrontare e attraversare una crisi riadattando abitudini,
alzando gli sguardi e stimolando la preghiera. Quante persone pregano, offrono
e intercedono per il bene di tutti. La preghiera e il servizio silenzioso: sono
le nostre armi vincenti.
«Perché avete paura? Non
avete ancora fede?». L’inizio della fede è saperci bisognosi di salvezza. Non
siamo autosufficienti, da soli; da soli affondiamo: abbiamo bisogno del Signore
come gli antichi naviganti delle stelle. Invitiamo Gesù nelle barche delle
nostre vite. Consegniamogli le nostre paure, perché Lui le vinca. Come i
discepoli sperimenteremo che, con Lui a bordo, non si fa naufragio. Perché
questa è la forza di Dio: volgere al bene tutto quello che ci capita, anche le
cose brutte. Egli porta il sereno nelle nostre tempeste, perché con Dio la vita
non muore mai.
Il Signore ci interpella
e, in mezzo alla nostra tempesta, ci invita a risvegliare e attivare la
solidarietà e la speranza capaci di dare solidità, sostegno e significato a
queste ore in cui tutto sembra naufragare. Il Signore si risveglia per
risvegliare e ravvivare la nostra fede pasquale. Abbiamo un’ancora: nella sua
croce siamo stati salvati. Abbiamo un timone: nella sua croce siamo stati
riscattati. Abbiamo una speranza: nella sua croce siamo stati risanati e
abbracciati affinché niente e nessuno ci separi dal suo amore redentore. In
mezzo all’isolamento nel quale stiamo patendo la mancanza degli affetti e degli
incontri, sperimentando la mancanza di tante cose, ascoltiamo ancora una volta
l’annuncio che ci salva: è risorto e vive accanto a noi. Il Signore ci
interpella dalla sua croce a ritrovare la vita che ci attende, a guardare verso
coloro che ci reclamano, a rafforzare, riconoscere e incentivare la grazia che
ci abita. Non spegniamo la fiammella smorta (cfr Is 42,3), che mai si ammala, e
lasciamo che riaccenda la speranza.
Abbracciare la sua croce
significa trovare il coraggio di abbracciare tutte le contrarietà del tempo
presente, abbandonando per un momento il nostro affanno di onnipotenza e di
possesso per dare spazio alla creatività che solo lo Spirito è capace di
suscitare. Significa trovare il coraggio di aprire spazi dove tutti possano
sentirsi chiamati e permettere nuove forme di ospitalità, di fraternità, di
solidarietà. Nella sua croce siamo stati salvati per accogliere la speranza e lasciare
che sia essa a rafforzare e sostenere tutte le misure e le strade possibili che
ci possono aiutare a custodirci e custodire. Abbracciare il Signore per
abbracciare la speranza: ecco la forza della fede, che libera dalla paura e dà
speranza.
«Perché avete paura? Non
avete ancora fede?». Cari fratelli e sorelle, da questo luogo, che racconta la
fede rocciosa di Pietro, stasera vorrei affidarvi tutti al Signore, per
l’intercessione della Madonna, salute del suo popolo, stella del mare in
tempesta. Da questo colonnato che abbraccia Roma e il mondo scenda su di voi,
come un abbraccio consolante, la benedizione di Dio. Signore, benedici il
mondo, dona salute ai corpi e conforto ai cuori. Ci chiedi di non avere paura.
Ma la nostra fede è debole e siamo timorosi. Però Tu, Signore, non lasciarci in
balia della tempesta. Ripeti ancora: «Voi non abbiate paura» (Mt 28,5). E noi,
insieme a Pietro, “gettiamo in Te ogni preoccupazione, perché Tu hai cura di
noi” (cfr 1 Pt 5,7).
Copyright © Dicastero per
la Comunicazione
Zenit.org : Urbi
et Orbi: « Le temps du choix » (texte complet) « Réorienter la
route de la vie vers toi, Seigneur, et vers les autres »Mars 27, 2020, - https://fr.zenit.org/2020/03/27/urbi-et-orbi-le-temps-du-choix-texte-complet/
UNTER VORSITZ DES
HEILIGEN VATERS
PAPST FRANZISKUS
»Am Abend dieses Tages« (Mk
4.35). So beginnt das eben gehörte Evangelium. Seit Wochen scheint es, als sei
es Abend geworden. Tiefe Finsternis hat sich auf unsere Plätze, Straßen und
Städte gelegt; sie hat sich unseres Lebens bemächtigt und alles mit einer
ohrenbetäubenden Stille und einer trostlosen Leere erfüllt, die alles im
Vorbeigehen lähmt: Es liegt in der Luft, man bemerkt es an den Gesten, die
Blicke sagen es. Wir sind verängstigt und fühlen uns verloren. Wie die Jünger
des Evangeliums wurden wir von einem unerwarteten heftigen Sturm überrascht.
Uns wurde klar, dass wir alle im selben Boot sitzen, alle schwach und
orientierungslos sind, aber zugleich wichtig und notwendig, denn alle sind wir
dazu aufgerufen, gemeinsam zu rudern, alle müssen wir uns gegenseitig
beistehen. Auf diesem Boot ... befinden wir uns alle. Wie die Jünger, die wie
aus einem Munde angsterfüllt rufen: »Wir gehen zugrunde« (vgl. V. 38), so haben
auch wir erkannt, dass wir nicht jeder für sich, sondern nur gemeinsam
vorankommen.
Leicht finden wir uns
selbst in dieser Geschichte wieder. Schwieriger ist es da schon, das Verhalten
Jesu zu verstehen. Während die Jünger natürlich alarmiert und verzweifelt sind,
befindet er sich am Heck, in dem Teil des Bootes, der zuerst untergeht. Und was
macht er? Trotz aller Aufregung schläft er friedlich, ganz im Vertrauen auf den
Vater – es ist das einzige Mal im Evangelium, dass wir Jesus schlafen sehen.
Als er dann aufgeweckt wird und Wind und Wasser beruhigt hat, wendet er sich
vorwurfsvoll an die Jünger: »Warum habt ihr solche Angst? Habt ihr noch keinen
Glauben?« (V. 40).
Versuchen wir zu
verstehen. Worin besteht der Glaubensmangel der Jünger, der im Kontrast steht
zum Vertrauen Jesu? Sie hatten nicht aufgehört, an ihn zu glauben, sie flehen
ihn ja an. Aber schauen wir, wie sie ihn anrufen: »Meister, kümmert es dich
nicht, dass wir zugrunde gehen?« (V. 38). Kümmert es dich nicht: Sie denken,
dass Jesus sich nicht für sie interessiert, dass er sich nicht um sie kümmert.
Im zwischenmenschlichen Bereich, in unseren Familien, ist es eine der
Erfahrungen, die am meisten weh tun, wenn einer zum anderen sagt: „Bin ich dir
egal?“ Das ist ein Satz, der schmerzt und unser Herz in Wallung bringt. Das
wird auch Jesus erschüttert haben. Denn niemand sorgt sich mehr um uns als er.
In der Tat, als sie ihn rufen, rettet er seine mutlosen Jünger.
Der Sturm legt unsere
Verwundbarkeit bloß und deckt jene falschen und unnötigen Gewissheiten auf, auf
die wir bei unseren Plänen, Projekten, Gewohnheiten und Prioritäten gebaut
haben. Er macht sichtbar, wie wir die Dinge vernachlässigt und aufgegeben
haben, die unser Leben und unsere Gemeinschaft nähren, erhalten und stark
machen. Der Sturm entlarvt all unsere Vorhaben, was die Seele unserer Völker
ernährt hat, „wegzupacken“ und zu vergessen; all die Betäubungsversuche mit
scheinbar „heilbringenden“ Angewohnheiten, die jedoch nicht in der Lage sind,
sich auf unsere Wurzeln zu berufen und die Erinnerung unserer älteren
Generation wachzurufen, und uns so der Immunität berauben, die notwendig ist,
um den Schwierigkeiten zu trotzen.
Mit dem Sturm sind auch
die stereotypen Masken gefallen, mit denen wir unser „Ego“ in ständiger Sorge
um unser eigenes Image verkleidet haben; und es wurde wieder einmal jene
(gesegnete) gemeinsame Zugehörigkeit offenbar, der wir uns nicht entziehen
können, dass wir nämlich alle Brüder und Schwestern sind.
»Warum habt ihr solche
Angst? Habt ihr noch keinen Glauben?« Herr, dein Wort heute Abend trifft
und betrifft uns alle. In unserer Welt, die du noch mehr liebst als wir, sind
wir mit voller Geschwindigkeit weitergerast und hatten dabei das Gefühl, stark
zu sein und alles zu vermögen. In unserer Gewinnsucht haben wir uns ganz von
den materiellen Dingen in Anspruch nehmen und von der Eile betäuben lassen. Wir
haben vor deinen Mahnrufen nicht angehalten, wir haben uns von Kriegen und
weltweiter Ungerechtigkeit nicht aufrütteln lassen, wir haben nicht auf den
Schrei der Armen und unseres schwer kranken Planeten gehört. Wir haben
unerschrocken weitergemacht in der Meinung, dass wir in einer kranken Welt
immer gesund bleiben würden. Jetzt, auf dem stürmischen Meer, bitten wir dich:
„Wach auf, Herr!“
»Warum habt ihr solche
Angst? Habt ihr noch keinen Glauben?« Herr, du appellierst an uns, du
appellierst an den Glauben. Nicht nur an den Glauben, dass es dich gibt,
sondern an den Glauben, der uns vertrauensvoll zu dir kommen lässt. In dieser
Fastenzeit erklingt dein eindringlicher Aufruf: »Kehrt um« (Mk 1,15); »kehrt um
zu mir von ganzem Herzen mit Fasten, Weinen und Klagen« (Joël 2,12). Du rufst
uns auf, diese Zeit der Prüfung als eine Zeit der Entscheidung zu nutzen. Es
ist nicht die Zeit deines Urteils, sondern unseres Urteils: die Zeit zu
entscheiden, was wirklich zählt und was vergänglich ist, die Zeit, das
Notwendige von dem zu unterscheiden, was nicht notwendig ist. Es ist die Zeit,
den Kurs des Lebens wieder neu auf dich, Herr, und auf die Mitmenschen
auszurichten. Und dabei können wir auf das Beispiel so vieler Weggefährten
schauen, die in Situationen der Angst mit der Hingabe ihres Lebens reagiert
haben. Es ist das Wirken des Heiligen Geistes, das in mutige und großzügige
Hingabe gegossen und geformt wird. Es ist das Leben aus dem Heiligen Geist, das
in der Lage ist, zu befreien, wertzuschätzen und zu zeigen, wie unser Leben von
gewöhnlichen Menschen – die gewöhnlich vergessen werden – gestaltet und
erhalten wird, die weder in den Schlagzeilen der Zeitungen und Zeitschriften
noch sonst im Rampenlicht der neuesten Show stehen, die aber heute zweifellos
eine bedeutende Seite unserer Geschichte schreiben: Ärzte, Krankenschwestern
und Pfleger, Supermarktangestellte, Reinigungspersonal, Betreuungskräfte,
Transporteure, Ordnungskräfte, ehrenamtliche Helfer, Priester, Ordensleute und
viele, ja viele andere, die verstanden haben, dass niemand sich allein rettet.
Angesichts des Leidens, an dem die wahre Entwicklung unserer Völker gemessen
wird, entdecken und erleben wir das Hohepriesterliche Gebet Jesu: »Alle sollen
eins sein« (Joh 17,21). Wie viele Menschen üben sich jeden Tag in Geduld und
flößen Hoffnung ein und sind darauf bedacht, keine Panik zu verbreiten, sondern
Mitverantwortung zu fördern. Wie viele Väter, Mütter, Großväter und Großmütter,
Lehrerinnen und Lehrer zeigen unseren Kindern mit kleinen und alltäglichen
Gesten, wie sie einer Krise begegnen und sie durchstehen können, indem sie ihre
Gewohnheiten anpassen, den Blick aufrichten und zum Gebet anregen. Wie viele
Menschen beten für das Wohl aller, spenden und setzen sich dafür ein. Gebet und
stiller Dienst – das sind unsere siegreichen Waffen.
»Warum habt ihr solche
Angst? Habt ihr noch keinen Glauben?« Der Anfang des Glaubens ist das
Wissen, dass wir erlösungsbedürftig sind. Wir sind nicht unabhängig, allein
gehen wir unter. Wir brauchen den Herrn so wie die alten Seefahrer die Sterne.
Laden wir Jesus in die Boote unseres Lebens ein. Übergeben wir ihm unsere
Ängste, damit er sie überwinde. Wie die Jünger werden wir erleben, dass wir mit
ihm an Bord keinen Schiffbruch erleiden. Denn das ist Gottes Stärke: alles, was
uns widerfährt, zum Guten zu wenden, auch die schlechten Dinge. Er bringt Ruhe
in unsere Stürme, denn mit Gott geht das Leben nie zugrunde.
Der Herr fordert uns
heraus, und inmitten des Sturms lädt er uns ein, Solidarität und Hoffnung zu
wecken und zu aktivieren, die diesen Stunden, in denen alles unterzugehen
scheint, Festigkeit, Halt und Sinn geben. Der Herr erwacht, um unseren
Osterglauben zu wecken und wiederzubeleben. Wir haben einen Anker: durch sein
Kreuz sind wir gerettet. Wir haben ein Ruder: durch sein Kreuz wurden wir freigekauft.
Wir haben Hoffnung: durch sein Kreuz sind wir geheilt und umarmt worden, damit
nichts und niemand uns von seiner erlösenden Liebe trennen kann. Inmitten der
Isolation, in der wir unter einem Mangel an Zuneigung und Begegnungen leiden
und den Mangel an vielen Dingen erleben, lasst uns erneut die Botschaft hören,
die uns rettet: Er ist auferstanden und lebt unter uns. Der Herr ruft uns von
seinem Kreuz aus auf, das Leben, das uns erwartet, wieder zu entdecken, auf die
zu schauen, die uns brauchen, und die Gnade, die in uns wohnt, zu stärken, zu
erkennen und zu ermutigen. Löschen wir die kleine Flamme nicht aus (vgl. Jes
42,3), die niemals erlischt, und tun wir alles, dass sie die Hoffnung wieder
entfacht.
Das eigene Kreuz
anzunehmen bedeutet, den Mut zu finden, alle Widrigkeiten der Gegenwart
anzunehmen und für einen Augenblick unser Lechzen nach Allmacht und Besitz
aufzugeben, um der Kreativität Raum zu geben, die nur der Heilige Geist zu
wecken vermag. Es bedeutet, den Mut zu finden, Räume zu öffnen, in denen sich
alle berufen fühlen, und neue Formen der Gastfreundschaft, Brüderlichkeit und
Solidarität zuzulassen. Durch sein Kreuz sind wir gerettet, damit wir die
Hoffnung annehmen und zulassen, dass sie alle möglichen Maßnahmen und Wege
stärkt und unterstützt, die uns helfen können, uns selbst und andere zu
beschützen. Den Herrn umarmen, um die Hoffnung zu umarmen – das ist die Stärke
des Glaubens, der uns von der Angst befreit und uns Hoffnung gibt.
»Warum habt ihr solche
Angst? Habt ihr noch keinen Glauben?« Liebe Brüder und Schwestern, von
diesem Ort aus, der vom felsenfesten Glauben Petri erzählt, möchte ich heute
Abend euch alle dem Herrn anvertrauen und die Muttergottes um ihre Fürsprache
bitten, die das Heil des Volkes Gottes und der Meerstern auf stürmischer See
ist. Von diesen Kolonnaden aus, die Rom und die Welt umarmen, komme der Segen
Gottes wie eine tröstende Umarmung auf euch herab. Herr, segne die Welt,
schenke Gesundheit den Körpern und den Herzen Trost. Du möchtest, dass wir
keine Angst haben; doch unser Glaube ist schwach und wir fürchten uns. Du aber,
Herr, überlass uns nicht den Stürmen. Sag zu uns noch einmal: »Fürchtet euch
nicht« (Mt 28,5). Und wir werfen zusammen mit Petrus „alle unsere Sorge auf
dich, denn du kümmerst dich um uns“ (vgl. 1 Petr 5,7).
Copyright © Dikasterium
für Kommunikation
PRESIDIDO POR EL SANTO
PADRE
FRANCISCO
«Al atardecer» (Mc 4,35). Así comienza el
Evangelio que hemos escuchado. Desde hace algunas semanas parece que todo se ha
oscurecido. Densas tinieblas han cubierto nuestras plazas, calles y ciudades;
se fueron adueñando de nuestras vidas llenando todo de un silencio que
ensordece y un vacío desolador que paraliza todo a su paso: se palpita en el
aire, se siente en los gestos, lo dicen las miradas. Nos encontramos asustados
y perdidos. Al igual que a los discípulos del Evangelio, nos sorprendió una
tormenta inesperada y furiosa. Nos dimos cuenta de que estábamos en la misma
barca, todos frágiles y desorientados; pero, al mismo tiempo, importantes y
necesarios, todos llamados a remar juntos, todos necesitados de confortarnos
mutuamente. En esta barca, estamos todos. Como esos discípulos, que hablan con
una única voz y con angustia dicen: “perecemos” (cf. v. 38), también nosotros
descubrimos que no podemos seguir cada uno por nuestra cuenta, sino sólo
juntos.
Es fácil identificarnos
con esta historia, lo difícil es entender la actitud de Jesús. Mientras los
discípulos, lógicamente, estaban alarmados y desesperados, Él permanecía en
popa, en la parte de la barca que primero se hunde. Y, ¿qué hace? A pesar del
ajetreo y el bullicio, dormía tranquilo, confiado en el Padre —es la única vez
en el Evangelio que Jesús aparece durmiendo—. Después de que lo despertaran y
que calmara el viento y las aguas, se dirigió a los discípulos con un tono de reproche:
«¿Por qué tenéis miedo? ¿Aún no tenéis fe?» (v. 40).
Tratemos de entenderlo.
¿En qué consiste la falta de fe de los discípulos que se contrapone a la
confianza de Jesús? Ellos no habían dejado de creer en Él; de hecho, lo
invocaron. Pero veamos cómo lo invocan: «Maestro, ¿no te importa que
perezcamos?» (v. 38). No te importa: pensaron que Jesús se desinteresaba de
ellos, que no les prestaba atención. Entre nosotros, en nuestras familias, lo
que más duele es cuando escuchamos decir: “¿Es que no te importo?”. Es una
frase que lastima y desata tormentas en el corazón. También habrá sacudido a
Jesús, porque a Él le importamos más que a nadie. De hecho, una vez invocado,
salva a sus discípulos desconfiados.
La tempestad desenmascara
nuestra vulnerabilidad y deja al descubierto esas falsas y superfluas
seguridades con las que habíamos construido nuestras agendas, nuestros
proyectos, rutinas y prioridades. Nos muestra cómo habíamos dejado dormido y
abandonado lo que alimenta, sostiene y da fuerza a nuestra vida y a nuestra
comunidad. La tempestad pone al descubierto todos los intentos de encajonar y
olvidar lo que nutrió el alma de nuestros pueblos; todas esas tentativas de
anestesiar con aparentes rutinas “salvadoras”, incapaces de apelar a nuestras
raíces y evocar la memoria de nuestros ancianos, privándonos así de la
inmunidad necesaria para hacerle frente a la adversidad.
Con la tempestad, se cayó
el maquillaje de esos estereotipos con los que disfrazábamos nuestros egos
siempre pretenciosos de querer aparentar; y dejó al descubierto, una vez más,
esa (bendita) pertenencia común de la que no podemos ni queremos evadirnos; esa
pertenencia de hermanos.
«¿Por qué tenéis miedo?
¿Aún no tenéis fe?». Señor, esta tarde tu Palabra nos interpela, se dirige a
todos. En nuestro mundo, que Tú amas más que nosotros, hemos avanzado
rápidamente, sintiéndonos fuertes y capaces de todo. Codiciosos de ganancias,
nos hemos dejado absorber por lo material y trastornar por la prisa. No nos
hemos detenido ante tus llamadas, no nos hemos despertado ante guerras e
injusticias del mundo, no hemos escuchado el grito de los pobres y de nuestro
planeta gravemente enfermo. Hemos continuado imperturbables, pensando en
mantenernos siempre sanos en un mundo enfermo. Ahora, mientras estamos en mares
agitados, te suplicamos: “Despierta, Señor”.
«¿Por qué tenéis miedo?
¿Aún no tenéis fe?». Señor, nos diriges una llamada, una llamada a la fe. Que
no es tanto creer que Tú existes, sino ir hacia ti y confiar en ti. En esta
Cuaresma resuena tu llamada urgente: “Convertíos”, «volved a mí de todo
corazón» (Jl 2,12). Nos llamas a tomar este tiempo de prueba como un momento de
elección. No es el momento de tu juicio, sino de nuestro juicio: el tiempo para
elegir entre lo que cuenta verdaderamente y lo que pasa, para separar lo que es
necesario de lo que no lo es. Es el tiempo de restablecer el rumbo de la vida
hacia ti, Señor, y hacia los demás. Y podemos mirar a tantos compañeros de
viaje que son ejemplares, pues, ante el miedo, han reaccionado dando la propia
vida. Es la fuerza operante del Espíritu derramada y plasmada en valientes y
generosas entregas. Es la vida del Espíritu capaz de rescatar, valorar y
mostrar cómo nuestras vidas están tejidas y sostenidas por personas comunes
—corrientemente olvidadas— que no aparecen en portadas de diarios y de
revistas, ni en las grandes pasarelas del último show pero, sin lugar a dudas,
están escribiendo hoy los acontecimientos decisivos de nuestra historia:
médicos, enfermeros y enfermeras, encargados de reponer los productos en los
supermercados, limpiadoras, cuidadoras, transportistas, fuerzas de seguridad,
voluntarios, sacerdotes, religiosas y tantos pero tantos otros que
comprendieron que nadie se salva solo. Frente al sufrimiento, donde se mide el
verdadero desarrollo de nuestros pueblos, descubrimos y experimentamos la
oración sacerdotal de Jesús: «Que todos sean uno» (Jn 17,21). Cuánta gente cada
día demuestra paciencia e infunde esperanza, cuidándose de no sembrar pánico
sino corresponsabilidad. Cuántos padres, madres, abuelos y abuelas, docentes
muestran a nuestros niños, con gestos pequeños y cotidianos, cómo enfrentar y
transitar una crisis readaptando rutinas, levantando miradas e impulsando la
oración. Cuántas personas rezan, ofrecen e interceden por el bien de todos. La
oración y el servicio silencioso son nuestras armas vencedoras.
«¿Por qué tenéis miedo?
¿Aún no tenéis fe?». El comienzo de la fe es saber que necesitamos la
salvación. No somos autosuficientes; solos nos hundimos. Necesitamos al Señor como
los antiguos marineros las estrellas. Invitemos a Jesús a la barca de nuestra
vida. Entreguémosle nuestros temores, para que los venza. Al igual que los
discípulos, experimentaremos que, con Él a bordo, no se naufraga. Porque esta
es la fuerza de Dios: convertir en algo bueno todo lo que nos sucede, incluso
lo malo. Él trae serenidad en nuestras tormentas, porque con Dios la vida nunca
muere.
El Señor nos interpela y,
en medio de nuestra tormenta, nos invita a despertar y a activar esa
solidaridad y esperanza capaz de dar solidez, contención y sentido a estas
horas donde todo parece naufragar. El Señor se despierta para despertar y
avivar nuestra fe pascual. Tenemos un ancla: en su Cruz hemos sido salvados.
Tenemos un timón: en su Cruz hemos sido rescatados. Tenemos una esperanza: en
su Cruz hemos sido sanados y abrazados para que nadie ni nada nos separe de su
amor redentor. En medio del aislamiento donde estamos sufriendo la falta de los
afectos y de los encuentros, experimentando la carencia de tantas cosas,
escuchemos una vez más el anuncio que nos salva: ha resucitado y vive a nuestro
lado. El Señor nos interpela desde su Cruz a reencontrar la vida que nos
espera, a mirar a aquellos que nos reclaman, a potenciar, reconocer e
incentivar la gracia que nos habita. No apaguemos la llama humeante (cf. Is
42,3), que nunca enferma, y dejemos que reavive la esperanza.
Abrazar su Cruz es
animarse a abrazar todas las contrariedades del tiempo presente, abandonando
por un instante nuestro afán de omnipotencia y posesión para darle espacio a la
creatividad que sólo el Espíritu es capaz de suscitar. Es animarse a motivar
espacios donde todos puedan sentirse convocados y permitir nuevas formas de
hospitalidad, de fraternidad y de solidaridad. En su Cruz hemos sido salvados
para hospedar la esperanza y dejar que sea ella quien fortalezca y sostenga
todas las medidas y caminos posibles que nos ayuden a cuidarnos y a cuidar.
Abrazar al Señor para abrazar la esperanza. Esta es la fuerza de la fe, que
libera del miedo y da esperanza.
«¿Por qué tenéis miedo?
¿Aún no tenéis fe?». Queridos hermanos y hermanas: Desde este lugar, que narra
la fe pétrea de Pedro, esta tarde me gustaría confiarlos a todos al Señor, a
través de la intercesión de la Virgen, salud de su pueblo, estrella del mar
tempestuoso. Desde esta columnata que abraza a Roma y al mundo, descienda sobre
vosotros, como un abrazo consolador, la bendición de Dios. Señor, bendice al
mundo, da salud a los cuerpos y consuela los corazones. Nos pides que no
sintamos temor. Pero nuestra fe es débil y tenemos miedo. Mas tú, Señor, no nos
abandones a merced de la tormenta. Repites de nuevo: «No tengáis miedo» (Mt
28,5). Y nosotros, junto con Pedro, “descargamos en ti todo nuestro agobio,
porque Tú nos cuidas” (cf. 1 P 5,7).
Copyright © Dicasterio
para la Comunicación
PRESIDIDO PELO PAPA
FRANCISCO
«Ao entardecer…» (Mc 4,
35): assim começa o Evangelho, que ouvimos. Desde há semanas que parece o
entardecer, parece cair a noite. Densas trevas cobriram as nossas praças, ruas
e cidades; apoderaram-se das nossas vidas, enchendo tudo dum silêncio
ensurdecedor e um vazio desolador, que paralisa tudo à sua passagem:
pressente-se no ar, nota-se nos gestos, dizem-no os olhares. Revemo-nos
temerosos e perdidos. À semelhança dos discípulos do Evangelho, fomos
surpreendidos por uma tempestade inesperada e furibunda. Demo-nos conta de estar
no mesmo barco, todos frágeis e desorientados mas ao mesmo tempo importantes e
necessários: todos chamados a remar juntos, todos carecidos de mútuo
encorajamento. E, neste barco, estamos todos. Tal como os discípulos que,
falando a uma só voz, dizem angustiados «vamos perecer» (cf. 4, 38), assim
também nós nos apercebemos de que não podemos continuar estrada cada qual por
conta própria, mas só o conseguiremos juntos.
Rever-nos nesta
narrativa, é fácil; difícil é entender o comportamento de Jesus. Enquanto os
discípulos naturalmente se sentem alarmados e desesperados, Ele está na popa,
na parte do barco que se afunda primeiro... E que faz? Não obstante a
tempestade, dorme tranquilamente, confiado no Pai (é a única vez no Evangelho
que vemos Jesus a dormir). Acordam-No; mas, depois de acalmar o vento e as
águas, Ele volta-Se para os discípulos em tom de censura: «Porque sois tão
medrosos? Ainda não tendes fé?» (4, 40).
Procuremos compreender.
Em que consiste esta falta de fé dos discípulos, que se contrapõe à confiança
de Jesus? Não é que deixaram de crer N’Ele, pois invocam-No; mas vejamos como O
invocam: «Mestre, não Te importas que pereçamos?» (4, 38) Não Te importas:
pensam que Jesus Se tenha desinteressado deles, não cuide deles. Entre nós, nas
nossas famílias, uma das coisas que mais dói é ouvirmos dizer: «Não te importas
de mim». É uma frase que fere e desencadeia turbulência no coração. Terá
abalado também Jesus, pois não há ninguém que se importe mais de nós do que
Ele. De facto, uma vez invocado, salva os seus discípulos desalentados.
A tempestade desmascara a
nossa vulnerabilidade e deixa a descoberto as falsas e supérfluas seguranças
com que construímos os nossos programas, os nossos projetos, os nossos hábitos
e prioridades. Mostra-nos como deixamos adormecido e abandonado aquilo que
nutre, sustenta e dá força à nossa vida e à nossa comunidade. A tempestade põe
a descoberto todos os propósitos de «empacotar» e esquecer o que alimentou a
alma dos nossos povos; todas as tentativas de anestesiar com hábitos
aparentemente «salvadores», incapazes de fazer apelo às nossas raízes e evocar
a memória dos nossos idosos, privando-nos assim da imunidade necessária para
enfrentar as adversidades.
Com a tempestade, caiu a
maquilhagem dos estereótipos com que mascaramos o nosso «eu» sempre preocupado
com a própria imagem; e ficou a descoberto, uma vez mais, aquela (abençoada)
pertença comum a que não nos podemos subtrair: a pertença como irmãos.
«Porque sois tão
medrosos? Ainda não tendes fé?» Nesta tarde, Senhor, a tua Palavra atinge e
toca-nos a todos. Neste nosso mundo, que Tu amas mais do que nós, avançamos a
toda velocidade, sentindo-nos em tudo fortes e capazes. Na nossa avidez de
lucro, deixamo-nos absorver pelas coisas e transtornar pela pressa. Não nos detivemos
perante os teus apelos, não despertamos face a guerras e injustiças
planetárias, não ouvimos o grito dos pobres e do nosso planeta gravemente
enfermo. Avançamos, destemidos, pensando que continuaríamos sempre saudáveis
num mundo doente. Agora nós, sentindo-nos em mar agitado, imploramos-Te:
«Acorda, Senhor!»
«Porque sois tão
medrosos? Ainda não tendes fé?» Senhor, lanças-nos um apelo, um apelo à fé.
Esta não é tanto acreditar que Tu existes, como sobretudo vir a Ti e fiar-se de
Ti. Nesta Quaresma, ressoa o teu apelo urgente: «Convertei-vos…».
«Convertei-Vos a Mim de todo o vosso coração» (Jl 2, 12). Chamas-nos a
aproveitar este tempo de prova como um tempo de decisão. Não é o tempo do teu
juízo, mas do nosso juízo: o tempo de decidir o que conta e o que passa, de
separar o que é necessário daquilo que não o é. É o tempo de reajustar a rota
da vida rumo a Ti, Senhor, e aos outros. E podemos ver tantos companheiros de
viagem exemplares, que, no medo, reagiram oferecendo a própria vida. É a força
operante do Espírito derramada e plasmada em entregas corajosas e generosas. É
a vida do Espírito, capaz de resgatar, valorizar e mostrar como as nossas vidas
são tecidas e sustentadas por pessoas comuns (habitualmente esquecidas), que
não aparecem nas manchetes dos jornais e revistas, nem nas grandes passarelas
do último espetáculo, mas que hoje estão, sem dúvida, a escrever os
acontecimentos decisivos da nossa história: médicos, enfermeiros e enfermeiras,
trabalhadores dos supermercados, pessoal da limpeza, curadores,
transportadores, forças policiais, voluntários, sacerdotes, religiosas e muitos
– mas muitos – outros que compreenderam que ninguém se salva sozinho. Perante o
sofrimento, onde se mede o verdadeiro desenvolvimento dos nossos povos,
descobrimos e experimentamos a oração sacerdotal de Jesus: «Que todos sejam um
só» (Jo 17, 21). Quantas pessoas dia a dia exercitam a paciência e infundem
esperança, tendo a peito não semear pânico, mas corresponsabilidade! Quantos
pais, mães, avôs e avós, professores mostram às nossas crianças, com pequenos
gestos do dia a dia, como enfrentar e atravessar uma crise, readaptando
hábitos, levantando o olhar e estimulando a oração! Quantas pessoas rezam, se
imolam e intercedem pelo bem de todos! A oração e o serviço silencioso: são as
nossas armas vencedoras.
«Porque sois tão
medrosos? Ainda não tendes fé?» O início da fé é reconhecer-se necessitado de
salvação. Não somos autossuficientes, sozinhos afundamos: precisamos do Senhor
como os antigos navegadores, das estrelas. Convidemos Jesus a subir para o
barco da nossa vida. Confiemos-Lhe os nossos medos, para que Ele os vença. Com
Ele a bordo, experimentaremos – como os discípulos – que não há naufrágio.
Porque esta é a força de Deus: fazer resultar em bem tudo o que nos acontece,
mesmo as coisas ruins. Ele serena as nossas tempestades, porque, com Deus, a
vida não morre jamais.
O Senhor interpela-nos e,
no meio da nossa tempestade, convida-nos a despertar e ativar a solidariedade e
a esperança, capazes de dar solidez, apoio e significado a estas horas em que
tudo parece naufragar. O Senhor desperta, para acordar e reanimar a nossa fé
pascal. Temos uma âncora: na sua cruz, fomos salvos. Temos um leme: na sua
cruz, fomos resgatados. Temos uma esperança: na sua cruz, fomos curados e
abraçados, para que nada e ninguém nos separe do seu amor redentor. No meio
deste isolamento que nos faz padecer a limitação de afetos e encontros e
experimentar a falta de tantas coisas, ouçamos mais uma vez o anúncio que nos
salva: Ele ressuscitou e vive ao nosso lado. Da sua cruz, o Senhor desafia-nos
a encontrar a vida que nos espera, a olhar para aqueles que nos reclamam, a
reforçar, reconhecer e incentivar a graça que mora em nós. Não apaguemos a
mecha que ainda fumega (cf. Is 42, 3), que nunca adoece, e deixemos que
reacenda a esperança.
Abraçar a sua cruz
significa encontrar a coragem de abraçar todas as contrariedades da hora atual,
abandonando por um momento a nossa ânsia de omnipotência e possessão, para dar
espaço à criatividade que só o Espírito é capaz de suscitar. Significa
encontrar a coragem de abrir espaços onde todos possam sentir-se chamados e
permitir novas formas de hospitalidade, de fraternidade e de solidariedade. Na
sua cruz, fomos salvos para acolher a esperança e deixar que seja ela a
fortalecer e sustentar todas as medidas e estradas que nos possam ajudar a
salvaguardar-nos e a salvaguardar. Abraçar o Senhor, para abraçar a esperança.
Aqui está a força da fé, que liberta do medo e dá esperança.
«Porque sois tão
medrosos? Ainda não tendes fé?» Queridos irmãos e irmãs, deste lugar que atesta
a fé rochosa de Pedro, gostaria nesta tarde de vos confiar a todos ao Senhor,
pela intercessão de Nossa Senhora, saúde do seu povo, estrela do mar em
tempestade. Desta colunata que abraça Roma e o mundo desça sobre vós, como um
abraço consolador, a bênção de Deus. Senhor, abençoa o mundo, dá saúde aos
corpos e conforto aos corações! Pedes-nos para não ter medo; a nossa fé, porém,
é fraca e sentimo-nos temerosos. Mas Tu, Senhor, não nos deixes à mercê da
tempestade. Continua a repetir-nos: «Não tenhais medo!» (Mt 14, 27). E nós,
juntamente com Pedro, «confiamos-Te todas as nossas preocupações, porque Tu
tens cuidado de nós» (cf. 1 Ped 5, 7).
Copyright © Dicastério
para a Comunicação
Bénédiction Urbi et
Orbi : les conditions pour bénéficier de l’indulgence plénière
Publié le 27/03/20|
Le don de l’indulgence
plénière est accordé à tous les fidèles qui suivront à la cérémonie de la
bénédiction « urbi et orbi » ce vendredi 27 mars, en s’engageant à
répondre aux conditions requises pour la recevoir.
Le pape François invite
les fidèles du monde entier « à participer spirituellement par les moyens
de communication » à la prière qu’il présidera sur le parvis de la
basilique Saint-Pierre ce vendredi 27 mars 2020 à 18h. Retransmis en direct sur Aleteia, entre autres, cet
événement décidé par le souverain pontife afin de prier pour la fin de
l’épidémie de coronavirus et les personnes touchées par cette maladie s’annonce
historique. La prière se conclura par une bénédiction historique urbi et orbi (« à
la ville et au monde »).
Comment se déroulera la
prière animée par le pape ?
C’est le pape lui-même
qui a annoncé le programme de ce temps de prière. Celui-ci comprendra une
lecture méditée de la Parole de Dieu, puis des intentions de prière
devant le crucifix de l’église Saint-Marcel-du-Corso vénéré par le pape
dimanche 15 mars. Ce moment sera suivi par une adoration silencieuse du
Saint-Sacrement avant de se conclure par la bénédiction urbi et orbi « à
laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l’indulgence plénière »,
comme l’a confirmé le pape François.
Lire aussi :
Ce
soir, le pape François va unir toute l’Eglise pour une prière extraordinaire
Le don de l’indulgence
plénière
L’indulgence plénière, à
ne pas confondre avec le pardon des péchés obtenu par le sacrement de
pénitence, est une grâce accordée exceptionnellement pour effacer les
conséquences du péché en guérissant ce que le péché a blessé en nous.
Comme lors de toutes les
bénédictions urbi et orbi, par exemple celles qui ont lieu habituellement à
Noël et Pâques, le don de l’indulgence plénière est accordé à certaines
conditions, rappelées par un décret
de la Pénitencerie apostolique. Il s’adresse tout d’abord aux fidèles unis par
les médias à la bénédiction donnée par le Saint-Père, autrement dit assistant à
la cérémonie devant leur smartphone, leur ordinateur, leur télévision ou
écoutant la radio. Il est accordé en particulier aux fidèles atteints du
coronavirus, à leurs familles, à leurs proches et à leurs soignants, comme à
tous ceux qui « à l’instar du bon Samaritain », s’exposent au risque
de contagion et assistent les malades du coronavirus.
Lire aussi :
Quelle
est la différence entre le pardon des péchés et le don des indulgences ?
Les conditions requises
pour recevoir l’indulgence plénière
Les conditions
habituelles requises pour recevoir l’indulgence plénière sont une confession
sacramentelle dès que possible, une communion eucharistique, une prière aux
intentions du Saint-Père. Dans les conditions exceptionnelles de la crise
sanitaire, il est demandé à tous les fidèles désirant recevoir le don des
indulgences plénières de s’unir à la bénédiction aux conditions
suivantes :
Manifester un esprit
désireux de se détacher de tout péché
S’unir spirituellement
par les médias à la célébration de la Sainte Messe, à la récitation du Rosaire
ou du chapelet de la Divine Miséricorde, à la pratique du Chemin de Croix ou à
d’autres formes de dévotion, par exemple la lecture de la Sainte Écriture pendant
au moins une demi-heure,
A défaut, réciter le
Credo, le Notre Père et une pieuse invocation à la Sainte Vierge Marie, en
offrant ses épreuves dans un esprit de foi en Dieu et de charité envers ses
frères et sœurs
Prier « pour
implorer de Dieu la fin de l’épidémie, le soulagement des affligés et le salut
éternel de ceux que le Seigneur a appelés à Lui »
S’engager à remplir les
conditions habituelles de l’indulgence plénière dès que possible :
confession sacramentelle, communion eucharistique et prière aux intentions du
pape.
C’est le cardinal Angelo
Comastri, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, qui prononcera la formule
pour la proclamation de l’indulgence.
Lire aussi :
Revivez
la prière et la bénédiction historique du pape François
AleteiaFR - Coronavirus : bénédiction « Urbi et orbi » historique du Pape
devant la place Saint Pierre déserte : https://www.youtube.com/watch?v=yM-z-UoB7vo






