Roma,
case romane del Celio - fenestella confessionis della basilica dei santi
Giovanni e Paolo
Saint Pammaque
Sénateur de
Rome (+ 410)
Sénateur romain qui convertit son palais en un véritable monastère.
À Rome, commémoraison de saint Pammachius, sénateur, remarquable par sa foi, sa
générosité envers les pauvres et sa piété envers Dieu, dont témoigne la
basilique qu'il construisit sur le mont Coelius . Il mourut en 410.
Martyrologe romain
SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/1759/Saint-Pammaque.html
Saint Pammaque, Sénateur
romain
Sénateur romain de foi
chrétienne, Pammaque devient moine en 387 et décide de consacrer sa vie pour
les pauvres. Il est un des fondateurs d’un hospice à l’embouchure du Tibre qui
accueille gratuitement pauvres et malades; il s’emploie pour la construction de
la Basilique SS. Jean et Paul au Celio.
SOURCE : https://www.vaticannews.va/fr/saint-du-jour/08/30.html
SAINT JERÔME
LETTRES AU SÉNATEUR
PAMMAQUE.
EPISTOLA LXVI. AD
PAMMACHIUM.
1 Un médecin qui,
après avoir guéri une plaie, entreprend de n'y laisser aucune cicatrice et de
rendre à la peau sa couleur naturelle, ne fait souvent qu'aigrir le mal. C'est
aussi pourquoi je crains de vous écrire sur la mort de votre femme, après un si
long délai. Le silence que j'ai gardé pendant. deux ans a été inopportun sans
doute, mais en le rompant, je crains d'être encore plus inopportun. Je n'ose
toucher la plaie de votre cœur, déjà cicatrisée par le temps et la raison, de
peur de renouveler votre douleur par le triste souvenir de la perte que vous
avez faite. Car quel homme, si dur et insensible qu'il fût, pût sans verser des
larmes entendre seulement prononcer le nom de votre chère Paulina? Qui pourrait
voir tranquillement tomber et sécher tout à coup cette rose naissante, ou
plutôt ce bouton qui n'avait pas eu le temps de s'épanouir et de paraître dans
toute sa beauté? Elle n'est plus, cette femme qu'un mérite rare et distingué
nous rendait si chère. Comme rien ne fait mieux apprécier le prix de la santé
que la maladie, aussi rien ne nous fait mieux connaître le prix d'un bien que
nous possédions que la douleur que nous cause sa perte.
2 Nous lisons dans
l'Evangile que la semence tombée dans la bonne terre ayant porté du fruit,
quelques grains rendirent cent pour un, d'autres soixante, et d'autres trente.
Je trouve dans cette parabole une figure de trois sortes de récompenses que
Jésus-Christ a accordées à trois personnes qui ne sont pas moins unies par la
vertu que par le sang. Eustochia cueille les fleurs de la virginité; Paula
mène, dans l'état des veuves, une vie pénible et laborieuse, et Paulina a
conservé avec soin la chasteté conjugale. C'est en vivant avec ses deux saintes
filles dans la pratique de toutes les vertus, que Paula a reçu sur la terre
tout ce que Jésus-Christ nous promet dans le ciel.
Mais pour montrer qu'une
même famille a été assez heureuse pour produire quatre personnes d'une sainteté
peu commune, et que les hommes n'y cèdent point aux femmes en vertu et en
mérite, joignons à ces trois chrétiennes un homme semblable au chérubin dont
parle Ezéchiel; je veux dire Pammaque, qu'elles aiment comme beau-frère, comme
gendre, comme époux (1), ou plutôt comme leur propre frère; car dans
les alliances spirituelles on ignore tous ces noms qui sont relatifs- au
mariage. Ces quatre personnes sont, pour ainsi dire, comme un char magnifique
attelé de quatre chevaux que Jésus-Christ lui-même prend soin de conduire.
C'est de ces chevaux que parle le prophète Abacuc lorsqu'il dit : « Vous
monterez sur vos chevaux, et ils seront le salut de votre peuple. » Ils courent
tous à la victoire, non pas avec une égale vitesse, mais avec le même esprit.
Quoiqu'ils ne soient pas de même poil, ils tirent néanmoins avec une égale
ardeur le joug auquel ils sont attachés; ils n'attendent pas pour marcher que
le cocher se serve du fouet; sa voix seule les anime, et ils hennissent, à
l'entendre.
3 Parlons un peu des
maximes des philosophes. Il y a selon les stoïciens quatre sortes de vertus,
savoir la prudence, la justice, la force et la tempérance, qui sont tellement
inséparables que, si on ne les a toutes ensemble, on n'en a aucune. Chacun de
vous en particulier possède toutes ces vertus, et les possède même dans un
souverain degré; cependant on vous attribue particulièrement la prudence, à
Paula la justice, à Eustochia la force, et à Paulina la tempérance. En effet,
est-il rien de plus sage que de mépriser comme vous avez fait toutes les folies
du monde, pour suivre Jésus-Christ, la vertu et la sagesse de Dieu? Est-il rien
de plus juste que la conduite de Paula, à l'égard de ses enfants, à qui elle a
donné tout son bien, afin de leur apprendre, par le mépris des richesses, à
quoi ils devaient s'attacher ? 556 Est-il rien qui égale la force et
le courage d'Eustochia, dont la virginité a prévalu contre la vanité et
l'orgueil d'une grande naissance, et qui la première a soumis au joug de la
charité ce que Rome a de plus noble et de plus illustre? Fut-il jamais une
modération plus grande que celle de Paulina? Persuadée de ce que dit l'apôtre
saint Paul : « Que le mariage est honorable, » et que « le lit nuptial est sans
tache, » ; d'ailleurs, n'osant aspirer ni au bonheur de sa sœur qui avait
embrassé la virginité, ni à la vertu de sa mère qui vivait dans la continence,
elle aima mieux assurer son salut en menant une vie commune que de l'exposer en
s'élevant à un état trop sublime.
Au reste dès qu'elle fut
mariée, elle forma le dessein, et ce dessein l'occupa jour et nuit, de vivre en
continence aussitôt que Dieu aurait béni son mariage, et d'engager son mari à
prendre le même parti; car elle ne voulait pas abandonner ce cher époux qui
marchait avec elle dans la 'voie du salut, et elle était résolue d'attendre
qu'il voulût bien suivre son exemple. Comme elle avait fait par plusieurs
fausses couches une triste expérience de sa fécondité, elle espéra toujours
d'avoir des enfants. Mais en cherchant, malgré son extrême faiblesse, à plaire
à sa belle-mère et à calmer l'inquiétude de son époux qui souhaitaient l'un et
l'autre avec passion qu'elle leur donnât des héritiers, elle a eu en quelque
façon le sort de Rachel; c'est-à-dire qu'au lieu d'un « fils de sa droite et de
sa douleur (2), » elle a enfanté, pour ainsi parler, son mari
à la vie monastique qu'elle avait dessein d'embrasser elle-même. J'ai appris,
de gens très dignes de foi, que Paulina n'avait jamais eu dessein d'user du
mariage, ni de s'assujettir à ce premier commandement que Dieu fit à l'homme :
« Croissez, multipliez-vous, et remplissez la terre; » mais qu'elle n'avait
désiré des enfants que pour donner des vierges à Jésus-Christ.
4 Nous lisons aussi
dans l'Écriture sainte que la femme de Phinée, sur la nouvelle que l'Arche du
Seigneur était prise, se sentit saisie tout à coup d'une douleur d'entrailles,
accoucha d'un fils qu'elle nomma « Ichabod» et mourut aussitôt. L'enfant de
Rachel fut nommé « Benjamin, » c'est-à-dire « le fils de ma force et de ma
droite; » et celui de la femme de Phinée, qui devait tenir un rang distingué
parmi les prêtres du Seigneur, reçut un nom (3) relatif à la prise de l'arche d'alliance par
les Philistins. Mais après la mort de Paulina, l’Eglise a enfanté à la vie
monastique Pammaque comme un enfant posthume; et ce grand homme, qui compte
parmi ses ancêtres et ceux de sa femme une longue suite de sénateurs,
s'enrichit aujourd'hui par ses aumônes et s'élève par son humilité.
Saint Paul écrivant aux
Corinthiens leur dit « Considérez, mes frères, ceux d'entre vous que Dieu a
appelés à la foi; il y en a peu de sages selon la chair, et peu de nobles selon
le monde. » Il était nécessaire que Dieu agit ainsi dans les commencements de
l'Église naissante, afin que « le grain de sénevé crût peu à peu, jusqu'à
devenir un grand arbre, » et que l'Église, semblable à « une pâte qui s'étend,
» se répandit par la prédication de l'Évangile. Rome voit de nos jours ce que
le monde n'avait point encore vu. Autrefois il était rare de voir des gens
sages, puissants et nobles selon le monde, embrasser la religion chrétienne;
aujourd'hui plusieurs personnes distinguées sous tous ces rapports embrassent
la vie monastique. Mon cher Pammaque est de ce nombre, lui qui est supérieur
aux autres par sa sagesse, par sa dignité et par sa naissance. Autrefois il
tenait le premier rang parmi les grands du monde, aujourd'hui il est le premier
et le plus illustre des solitaires.
Voilà les enfants que
Paulina nous a donnés morte, et qu'elle avait toujours désirés vivante. «
Réjouissez-vous, stérile, vous qui n'enfantiez point; chantez des cantiques de
louanges, et poussez des cris de joie, vous qui n'aviez point d'enfants, »
parce que vous avez mis au monde en un moment autant d'enfants qu'il y a de
pauvres dans Rome.
5 On emploie aujourd'hui
au soulagement des pauvres ces pierreries qui servaient à relever l'éclat de sa
beauté; ces habits de soie et brodés d'or sont changés en des habits de
laine 557 qui tiennent le corps chaudement, et qui ne le laissent pas
à demi nu, comme ces étoffes légères que les femmes ont coutume de porter pour
satisfaire leur vanité. On consacre maintenant aux usages de la vertu ce qui
servait autrefois à entretenir le luxe et la frivolité. Cet aveugle, qui
tendait la main pour recevoir l'aumône, et qui souvent la demandait à celui qui
ne pouvait la lui donner, partage aujourd'hui avec Pammaque la riche succession
de Paulina. C'est elle qui soutient en quelque façon de ses propres mains ce
malheureux estropié qui n'a ni pieds ni jambes pour marcher, et qui est obligé
de traîner tout son corps. La porte de sa maison d'où l'on voyait autrefois
sortir à tout moment une foule d'adorateurs et de courtisans, est aujourd'hui
assiégée sans cesse par une troupe de pauvres. L'un est un hydropique qui porte
la mort dans son sein; l'autre un muet, privé de la faculté de demander
l'aumône, mais qui la demande d'une manière d'autant plus touchante que la
parole lui manque ; ici c'est un enfant que l'on a estropié presque dès le
berceau, et qui demande la charité, non pas pour lui, mais pour ceux qui lui
ont cruellement ôté l'usage des membres; là, c'est un pauvre tout défiguré par
la jaunisse, et qui traîne partout après lui un cadavre vivant.
« Les cent voix de la
renommée ne suffiraient pas pour faire l'énumération des maux qu'ils endurent.
»
C'est parmi cette foule
de pauvres, qui le suivent partout, que Pammaque parait en public. Il console
et soulage Jésus-Christ en leur personne, et leurs haillons lui donnent un
nouvel éclat. Il tâche de gagner le ciel par les charités qu'il exerce envers
les malheureux et l'empressement qu'il a de se voir lui-même au nombre des
pauvres. Les autres maris jettent des fleurs sur les tombeaux de leurs femmes, afin
d'adoucir, par ces marques de tendresse, la douleur qu'ils ont de les avoir
perdues; mais Pammaque répand ses aumônes comme un baume précieux sur les
saintes reliques et les vénérables ossements de Paulina; c'est avec ces odeurs
qu'il parfume le tombeau où reposent ses cendres, sachant qu'il est écrit que «
l'aumône efface le péché, de même que l'eau éteint le feu. »
Saint Cyprien a composé
un traité où il s'est fort étendu sur les avantages et le mérite de l'aumône;
et Daniel fait assez connaître quelle est l'excellence de cette vertu lorsqu'il
conseille à un roi impie d'assurer son salut en donnant l'aumône aux pauvres.
Paula est ravie de ce que sa fille a eu pour héritier un homme qui sait faire
un si bon usage des biens qu'elle lui a laissés. Elle n'a point de regret de
voir passer en des mains étrangères des richesses qu'on emploie à soulager les
pauvres, à qui elle les avait destinées; ou plutôt elle est bien aise, qu’en
les distribuant selon ses désirs on lui ait épargné le soin et la peine de les
distribuer elle-même. Il est vrai que ces biens sont dispensés par d'autres
mains que les siennes, mais la dispensation qu'on en fait est toujours la même.
6 Qui eût jamais cru
que Pammaque, qui compte tant de consuls parmi ses ancêtres, et qui est lui-même
la gloire et l'ornement de la famille des Furius, dût paraître un jour avec un
habit brun parmi des sénateurs couverts de pourpre, sans craindre ni les
regards ni les railleries des personnes de son rang? «II est une confusion qui
conduit à la mort, et il est une confusion qui conduit à la vie. » La première
vertu d'un solitaire est de mépriser les jugements des hommes, et de se
souvenir toujours de ce que dit l'apôtre saint Paul : « Si je voulais encore
plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur de Jésus-Christ. » C'est dans ce
sens que le Seigneur dit aux prophètes qu'il « les avait établis comme une
ville d'airain et une colonne de fer, et qu'il leur avait donné un front plus
dur que le diamant, » afin qu'ils fussent à l'épreuve des injures et des outrages,
et que, par leur constance et leur inflexibilité, ils pussent prévaloir contre
une populace insolente et audacieuse. Les opprobres et les outrages
impressionnent un esprit bien fait moins que la crainte, et quelquefois ceux
que la rigueur des supplices n'a pu ébranler se laissent vaincre par la honte.
Le beau spectacle de voir
un homme distingué par sa naissance, par ses richesses et par son éloquence,
éviter de paraître sur les places publiques en la compagnie des grands du monde
; se mêler à la foule, s'attacher aux pauvres et à des hommes grossiers et se
dépouiller de toute sa grandeur pour vivre en simple citoyen ! Mais il trouva
dans ses abaissements un nouvel accroissement d'honneur et de gloire,
7 semblable, en
quelque manière, à une (558) perle précieuse et à un diamant très fin qui
brillent au milieu des ordures et jusque dans la boue. C'est ce que Dieu nous
promet dans l'Ecriture : « Je glorifierai, » disait-il, « ceux qui me
glorifient. » D'autres peuvent appliquer ce passage aux plaisirs de la vie
future qui doivent terminer nos maux, et à cette gloire immortelle qui doit
succéder aux humiliations passagères de la vie présente et que Dieu accorde à
ses saints dans le ciel; pour moi je trouve que les justes jouissent dès ce
monde de la gloire que le Seigneur leur promet.
Avant de se consacrer
tout-à-fait à Jésus-Christ, Pammaque était connu dans le sénat; mais il y en
avait bien d'autres que lui qui portaient les marques attachées à la dignité de
proconsul. Ces sortes de dignités ne sont, point rares, le monde en est rempli.
Pammaque se voyait élevé aux premières charges de l'empire; mais plusieurs
partageaient avec lui cet honneur, et s'il se voyait supérieur aux uns, il
était d'ailleurs inférieur aux autres. Il n'est point de poste, quelque
éclatant qu'il soit, qui ne perde une partie de son prix et de son éclat dès
qu'il est trop commun; et même les gens de bien regardent avec mépris les plus
grandes charges, quand elles sont remplies par des personnes sans mérite. De là
vient que Cicéron parlant à César dit admirablement qu'ayant voulu élever
certaines gens à de hauts emplois, il avait déshonoré les dignités sans faire
honneur aux personnes. Aujourd'hui le nom de Pammaque est dans toutes les
Eglises, et l'univers, qui jusques ici avait ignoré qu'il fût riche, ne peut
sans admiration le regarder dans la pauvreté. Est-il rien de plus grand et de
plus honorable que la dignité de consul? Au bout d'une année cependant on s'en
voit dépouillé, il faut céder la place à un autre et cesser d'être ce que l'on
était. Les lauriers se cachent dans la foule et souvent l'indignité du
triomphateur obscurcit la gloire du triomphe. Ces fonctions exercées auparavant
par les familles patriciennes, propriété exclusive de la noblesse, dont Marius,
ce vainqueur des Numides, des Teutons et des Cimbres, fut jugé indigne à cause
de l'obscurité de sa naissance; et que Scipion, tout jeune qu'il était, mérita
par son courage; ces fonctions, dis-je, n'appartiennent aujourd'hui qu'aux gens
de guerre, et l'on ne voit plus que des hommes rustiques porter la palme
triomphale.
Nous avons donc plus reçu
que nous n'avons donné ; ce que nous avons quitté n'est presque rien, et ce que
nous possédons est d'un prix infini. Jésus-Christ nous donne au centuple ce
qu'il nous a promis. C'était sur ces promesses qu'Isaac comptait autrefois, lui
qui, préparé à la mort, porta la croix évangélique avant l'Evangile.
8 « Si vous voulez
être parfait, » dit Jésus-Christ, « allez, vendez tout ce que vous avez,
donnez-le aux pauvres, puis venez et me suivez. » Les grandes choses sont
laissées à la volonté de ceux qui les comprennent. C'est pourquoi l'apôtre
saint Paul ne commande pas la virginité, parce que Jésus-Christ, parlant de
ceux qui se sont faits eunuques pour gagner le royaume du ciel, ajoute
aussitôt: « Que celui qui peut comprendre, comprenne; » car « cela ne dépend ni
de celui qui veut ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde, si
vous voulez être parfait. » On ne vous fait point une loi de cette perfection,
on en laisse à votre zèle tout le mérite. Si donc vous voulez être parfait et
vous rendre semblable aux prophètes, aux apôtres, à Jésus-Christ même, «
vendez, » non pas une partie de votre bien, de peur de tomber dans l'infidélité
par crainte de l'indigence, et de périr malheureusement comme Ananie et
Saphire; mais « vendez tout ce que vous avez,, et après que vous l'aurez vendu,
«donnez-en le prix aux pauvres, » et non pas aux riches ou aux orgueilleux.
Donnez au pauvre de quoi subvenir à ses nécessités, et non pas au riche de quoi
augmenter ses trésors. Quand vous lirez dans l'apôtre saint Paul « qu'on ne
doit point lier la bouche au bœuf qui foule le grain; que celui qui travaille
est digne du prix de son travail; que ceux qui servent à l'autel doivent avoir
part aux oblations de l'autel, » souvenez-vous en même temps de ce que dit
ailleurs le même apôtre: « Que nous devons être contents d'avoir de quoi nous
nourrir et de quoi nous vêtir. » Là où vous voyez les plats fumer, des oiseaux
de la Colchide cuire doucement; beaucoup d'argent, des chevaux fougueux; de
jeunes garçons à la chevelure longue et soignée; des habits précieux, de
magnifiques tapis; eh bien! celui à qui il faut donner est plus riche que le
donateur. C'est presqu'un sacrilège de ne pas donner aux pauvres ce qui leur
appartient.
Mais pour s'élever au
comble de la 559 perfection et acquérir une vertu consommée, il ne
suffit pas de mépriser les richesses, de distribuer tout son bien, de rejeter
ce que l'on peut et perdre et trouver en un moment. Cratès de Thèbes,
Anthistenès et plusieurs autres philosophes, hommes d'ailleurs très corrompus,
l'ont fait. Mais un disciple de Jésus-Christ doit faire plus que ces sages
esclaves de la vanité, et qui mendiaient l'estime et les applaudissements des
hommes. Si vous ne suivez Jésus-Christ, en vain mépriserez-vous toutes les
richesses de la terre. Or, suivre Jésus-Christ, c'est quitter le péché et
embrasser la vertu. Voilà ce trésor que l'on trouve dans le champ des saintes
Écritures, voilà cette perle précieuse pour laquelle on donne tout ce que l'on
possède. Que si vous aimez une captive, je veux dire la sagesse du siècle, si
vous vous êtes laissé gagner par les attraits de sa beauté, « coupez-lui les
cheveux et les ondes, (4) » retranchez-en ces vains ornements dont
l'éloquence a coutume de se parer, lavez-la avec ce maître dont parle un
prophète; après cela reposant avec elle, dites : « Elle met sa main gauche sous
ma tête, et elle m'embrasse de sa main droite. » Cette captive quittera Moab
pour entrer dans Israël, et récompensera par une heureuse fécondité
l'attachement que vous aurez pour elle. Jésus-Christ est en nous le principe de
cette sainteté sans laquelle personne ne verra Dieu; il est « notre rédemption,
» il est tout à la fois et notre Rédempteur et le prix de notre salut; il est
tout, afin que ceux qui ont tout quitté pour le suivre retrouvent aussi tout en
lui, et qu'ils puissent dire avec confiance. « Le Seigneur est mon partage. »
9 Je m'aperçois bien
que vous aimez passionnément l'Écriture sainte. Vous n'imitez pas certains
esprits présomptueux qui veulent apprendre aux autres ce qu'ils ignorent
eux-mêmes; vous voulez instruire avant que d'enseigner. Le style de vos
lettres, simple et naturel, se rapproche de celui des prophètes et des Apôtres;
vous n'affectez point une vaine et pompeuse éloquence; vous ne vous étudiez
point, comme un écolier, à finir vos périodes par des expressions brillantes et
ampoulées. Toute cette enflure, comme de l'écume, se dissipe en un moment, et,
quelque grande quelle soit, elle est toujours contraire au bon sens. Caton
disait, que « l'on fait toujours assez tôt ce que l'on fait assez bien. » Je
crois que vous vous rappelez qu'autrefois nous nous moquions de cette maxime
qu'un fameux orateur citait dans son exorde, et que tout le collège
retentissait des voix des écoliers qui disaient : « L'on fait toujours assez
tôt ce que l'on fait assez bien. » Que les arts seraient heureux, dit
Quintilien, s'il n'y avait que les gens du métier qui se mêlassent d'en juger.
Il faut être poète pour connaître toutes les beautés de la poésie; il faut
savoir les différents systèmes des philosophes pour bien entendre leurs écrits.
Personne ne juge mieux les ouvrages d'art que les artistes. Quant aux
écrivains, ce qu'il y a de plus fâcheux pour eux, c'est qu'ils sont obligés
d'abandonner leurs ouvrages au jugement du publie; et tel dans la foule se rend
redoutable par sa critique, qui dans un tête-à-tête serait méprisable par sa
faiblesse.
Je vous dis cela en
passant, afin que, content d'avoir l'approbation des savants et méprisant les
vains discours d'une populace ignorante, vous vous appliquiez tous les jours à
vous nourrir de l'esprit des prophètes et à vous entretenir, comme les
patriarches, de vérités et des mystères de Jésus-Christ.
10 Soit que vous
lisiez, soit que vous écriviez, soit crue vous veilliez, soit que vous dormiez,
que l'amour divin soit à votre égard comme une trompette qui retentisse sans
cesse à vos oreilles et qui excite dans votre cœur de nobles sentiments. Transporté
hors de vous-même par la vivacité de cet amour, « cherchez votre bien-aimé dans
votre lit, » et dites avec confiance : « Je dors, et mon cœur veille. » Quand
vous l'aurez trouvé, « arrêtez-le et ne le laissez point s'en aller. » Que s'il
vous échappe dans le temps que vous y penserez le moins, ne perdez pas pour
cela toute espérance de le retrouver, « allez le chercher dans les places
publiques, conjurez les filles de Jérusalem de vous en donner des nouvelles; »,
vous le trouverez, « parmi les troupeaux des autres pasteurs, couché à l'heure
de midi, fatigué, » enivré d'amour, « tout mouillé de la rosée qui est tombée
durant la nuit, » se 560 reposant à l'ombre des arbres du jardin, et
respirant la douce odeur de toutes sortes de plaides aromatiques. «Donnez-lui
là vos mamelles », afin qu'il suce le lait de la science dont vous vous êtes
rempli, et « qu'il repose au milieu de son héritage comme une colombe qui a les
ailes argentées, et dont les plumes de derrière sont éclatantes comme l'or. »
Cet enfant, « qu'on nourrit» de beurre et de lait, et qu'on élève « sur des
montagnes très fertiles, deviendra bientôt grand, et ne tardera guère à «
dépouiller vos ennemis, à enlever toutes les richesses de Damas et à triompher
du roi d'Assyrie. »
11 On m'a dit que vous
aviez fait bâtir un hôpital et planté sur les côtes d'Italie un rejeton de
l'arbre d'Abraham (5). Vous vous êtes campé, comme autrefois Enée,
sur les bords du Tibre, où cet illustre fugitif fut contraint par la faim à
manger les croûtes fatales qui lui servaient de table; là vous avez bâti une «
Bethléem (6), », c'est-à-dire une « maison de pain », où les
pauvres, après avoir souffert longtemps la faim, reçoivent sans aucun retard de
quoi subvenir à leurs besoins. Courage, mon cher Pammaque, votre vertu n'a rien
de la langueur et de la faiblesse des vertus naissantes ; vous voilà déjà au
nombre des parfaits ; dès vos premiers pas vous vous êtes élevé au comble de la
perfection. C'est imiter le premier des patriarches (7), que de tenir comme vous laites le premier rang
parmi les solitaires dans la première ville du monde. Que Lot, dont le nom
signifie « qui baisse, » choisisse le plat pays pour y établir sa demeure ;
qu'il prenne la gauche, et, qu'il marche dans ces routes faciles et agréables
figurées par la lettre de Pythagore. Pour vous, préparez-vous un tombeau avec
Sara dans des lieux escarpés et pierreux. Etablissez votre demeure proche la
ville des lettres; et après avoir exterminé les géants, fils d'Enoc, ayez, pour
héritier la joie et les ris (8). Abraham était riche en or, en argent, en
troupeaux, en terres, en meubles précieux. Il avait une famille si nombreuse
qu'en choisissant seulement les jeunes gens, il mit en un moment une armée sur
pied, et défit quatre rois qu'il avait poursuivis jusqu'à Dan, et auxquels cinq
autres rois n'avaient osé tenir tête. Après avoir souvent exercé l'hospitalité
envers toutes sortes d'étrangers, il mérita enfin de recevoir le Seigneur. Il
ne faisait pas servir ses hôtes par ses esclaves, de peur qu'ils ne dérobassent
quelque chose à sa charité; mais, regardant l'arrivée des étrangers comme une
bonne fortune, il leur rendait seul avec Sara tous les devoirs de
l'hospitalité, leur lavait les pieds, apportait sur ses épaules un veau gras de
son troupeau; se tenait debout comme un esclave pendant que ses hôtes
mangeaient, et n'ayant pas encore mangé lui-même, il leur servait les viandes
apprêtées par Sara.
12 L'amitié que j'ai
pour vous, mon très cher frère, m'engage à vous parler ainsi, afin qu'après
avoir donné tous vos biens à Jésus-Christ vous vous offriez encore vous-même à
lui « comme une hostie vivante, sainte et agréable à ses yeux, pour lui rendre
un culte raisonnable et spirituel; » et que vous imitiez le Fils de l'Homme,
qui « n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, » et qui a rendu à ses
serviteurs et à ses disciples, lui, leur maître et leur Seigneur, les mêmes
devoirs que le patriarche Abraham rendait aux étrangers. L'homme peut « donner
peau pour peau, et abandonner tout ce qu'il possède pour sauver sa vie ; »,
mais « frappez sa chair, » dit le démon au Seigneur, « et vous verrez s'il ne
vous maudira pas en face. » Notre ancien ennemi sait qu'il est plus difficile
de se refuser aux plaisirs qu'aux richesses. Nous quittons aisément ce qui est
hors de nous; mais la guerre que nous livrent les passions est plus à craindre.
Nous rompons sans beaucoup de peine les liens 561 qui nous attachent
aux objets extérieurs ; mais nous ne saurions, sans nous faire une extrême
violence, rompre ceux que la nature a formés. Zachée était riche, et les
apôtres étaient pauvres. Celui-là, après avoir rendu à ceux qu'il avait
injustement dépouillés quatre fois autant de bien qu'il leur en avait pris,
distribua aux pauvres la moitié de ce qu'il lui restait; et, en recevant
Jésus-Christ chez lui, il mérita de recevoir en même temps la grâce du salut.
Cependant, parce qu'il était petit, et qu'il ne pouvait pas s'élever jusqu'à la
perfection apostolique, il n'a pas été mis au nombre des apôtres. Ceux-ci n'ont
rien quitté si l'on a égard à ce qu'ils possédaient dans le monde; mais si l'on
envisage les dispositions de leur cœur, on peut dire qu'ils ont abandonné le
monde et tout ce qui le compose. Si nous offrons à Jésus-Christ. tout ce que
nous possédons et tout ce que nous sommes, notre offrande sera très agréable à
ses yeux ; mais si, contents d'abandonner les dehors à Dieu, nous réservons le
cœur pour le démon, ce partage sera injuste, et on nous dira : « Quoique votre
offrande soit bonne, l'injuste partage que vous en faites ne vous rend-il pas
criminel? »
Ne vous enorgueillissez
pas d'être le premier des sénateurs qui ait embrassé la vie monastique; cet
état ne doit vous inspirer que des sentiments d'humilité. Songez que le Fils de
Dieu s'est fait homme, et que vos humiliations, quelque profondes qu'elles
puissent être, ne sauraient jamais surpasser celles de Jésus-Christ. Marchez
pieds nus, portez une tunique commune, mêlez-vous aux pauvres, entrez dans leur
cabane, soyez l'œil des aveugles, la main des faibles, le pied des boiteux,
portez vous-même l'eau, fendez du bois, faites du feu: eh bien ! où sont les
draines? où sont les crachats? où sont les soufflets? où est la flagellation?
où est la croix? où est la mort? Mais quand bien même vous auriez fait tout ce
que je viens de dire, vous seriez toujours en cela beaucoup inférieur à Paulina
et à Eustochia. Si elles ne vous surpassent pas par leurs actions, du moins la
faiblesse de leur sexe donne à leur vertu une distinction que la vôtre n'a
point. Je n'étais pas à Rome du vivant de Toxotius (9), votre beau-père, et dans le temps que Paula et
ses filles voyaient encore le monde; je demeurais alors dans le désert, et plût
à Dieu que je n'en fusse jamais sorti! Mais j'ai appris que pour éviter la,
boue des rues, elles se faisaient porter par des esclaves; que, pour peu que le
chemin fût rude et inégal, elles avaient toutes les peines du monde à y
marcher; que les habits de soie leur paraissaient trop lourds, et la chaleur du
soleil insupportable. Aujourd'hui, négligées et défigurées, elles s'élèvent par
leur courage au-dessus des faiblesses de leur sexe, préparent les lampes,
allument le feu, balaient les appartements, apprêtent les légumes, mettent les
herbes au pot, dressent la table, versent à boire, servent les viandes, et
courent çà et là. Comme elles ont avec elles une nombreuse communauté de
vierges, ne pourraient-elles pas se reposer sur les autres de tous ces soins?
Mais elles ne veulent pas céder le mérite des exercices extérieurs à des filles
sur qui elles ont de si grands avantages par les vertus de l'esprit et du cœur.
En parlant ainsi, je ne
doute pas de la vivacité de votre zèle ; mon dessein est de vous exciter à
courir et à combattre l'ennemi que vous avez en tête.
14 Nous avons bâti
ici un monastère et un hospice, afin que si Joseph et Marie viennent encore à
Bethléem, ils puissent y trouver une retraite. Mais nous sommes tellement
accablés de solitaires qui viennent ici en foule de toutes les parties du
monde, que nous ne pouvons ni renoncer ni suffire à l’hospitalité. Comme nous
n'avons pas eu soin, selon la parabole de l'Évangile, de « supputer la dépense
qui était nécessaire pour achever la tour que nous avions dessein de bâtir, »
j'ai été obligé d'envoyer mon frère Paulinien en notre patrie pour vendre le
reste de notre patrimoine, qui a échappé à la fureur des Barbares; de peur que
l'ouvrage que nous avons entrepris en faveur des étrangers, venant à tomber,
nous ne soyons exposés aux railleries des envieux et des médisants.
15 En finissant ma
lettre, où j'ai parlé de Paula et d'Eustochia, de vous et de Paulina, je
m'aperçois que je n'ai rien dit de Blésilla, qui vous était si étroitement
unie, et par les liens du sang, et par la pratique de la vertu. J'ai presque
oublié de parler de celle qui est morte la 562 première. De cinq que
vous étiez, Blésilla et Paulina, sa sœur, sont devant Dieu ; pour vous, vous
irez aisément à Jésus-Christ en marchant dans les voies de la perfection entre
Paula et Eustochia.
(1) Pammaque était beau-frère d’Eustochia, gendre
de Paula et mari de Paulina.
(2) Saint Jérôme fait ici allusion à la mort de
Rachel, qui mourut en mettant au monde une enfant qu'elle appela pour ce sujet
Benoni, c’est-à-dire « le fils de ma douleur ; » et que Jacob nomma Benjamin,
c’est-à-dire « le fils de ma droite. »
(3) Ichabod en hébreu veut dire : « Qu'est devenue
la gloire ? » parce que les Israélites avaient perdu toute leur gloire en
perdant l'arche d'alliance.
(4) Saint Jérôme fait ici allusion à ce que Dieu
ordonne dans le Deutéronome, c. 21, v. 11. « Si parmi les prisonniers de guerre
vous voyez une femme qui soit belle, et que vous vouliez l'épouser, vous la
ferez entrer dans votre maison, où elle se rasera les cheveux et se coupera les
ongles... après cela vous la prendrez pour vous, et elle sera votre femme. »
(5) Saint Jérôme fait allusion à cet arbre dont il
est parlé dans la Genèse, c. 18, v. 14, sous lequel Abraham donna à manger aux
trois anges qui lui apparurent dans la vallée de Mambré. Ce Père dit dans
l’oraison funèbre de sainte Paula que cet arbre était un chêne dont on voyait
encore la place de son temps.
(6) Saint Jérôme donne à un hôpital où l'on
nourrit les pauvres le nom de Bethleem, qui signifie en hébreu « maison du
pain. »
(7) Abraham.
(8) Ce passage est chargé d'allusions, par
conséquent peu intelligible. » Par la ville des lettres » ( Il veut parler de
cariathsepher, qui veut dire en hébreu « ville des lettres, » comme il est
marqué au chap. des Juges, v. 11. Cette ville n’est pas éloignée d'Hébron, où
Sara mourut et fut ensevelie. Saint Jérôme fait allusion à Isaac, qui en hébreu
signifie ris, et qui fut héritier de Sara sa mère. Il se sert de toutes ces
allusions pour exhorter Pammaque à s'éloigner du monde, à s'appliquer à
l’étude, à vaincre ses passions, afin de goûter tranquillement les plaisirs
solides que donne la vertu.
(9) Toxotius était mari de sainte Paula et père de
Paulina, que Pammaque avait épousée.
Texte latin :
1. Sanato vulneri et
in cicatricem superductae cuti, si medicina colorem reddere voluerit, dum
pulchritudinem corporis quaerit, plagam doloris instaurat. Ita et ego serus
consolator, qui importune per biennium tacui, vereor ne nunc importunius
loquar, et attrectans vulnus pectoris tui, quod tempore et ratione curatum est,
commemoratione exulcerem. Quae enim aures tam durae, quae de silice excisa
praecordia, et Hyreanarum tygrium lacte nutrita, possunt sine lacrymis Paulinae
tuae audire nomen? Quis parturientem rosam et papyllatum corymbum, antequam in
calathum fundatur orbis, et tota rubentium foliorum pandatur ambitio [al. ambitione],
immature demessum aequis oculis marcescere videat? Fractum est pretiosissimum
margaritum. Virens smaragdi gemma contrita est. Quid boni habeat sanitas,
languor ostendit. Plus sensimus quod habuimus, postquam habere desivimus.
2. In agro terrae
bonae, tres fructus legimus, centesimum, sexagesimum, et tricesimum (Matth.
23). In tribus mulieribus et sanguine et virtute conjunctis, tria Christi
praemia recognosco. Eustochium virginitatis flores metit: Paula laboriosam
viduitatis aream terit: Paulina castum matrimonii cubile servat. Tali filiarum
mater fulta comitatu, totum sibi in terris vindicat quod Christus promisit in
coelo.
Et ut quadrigam domus una
emitteret sanctitatis, et feminarum virtutibus responderent viri, additur comes
Pammachius, verum Ezechielis Cherubim, cognatus, gener, maritus, imo frater
amantissimus, QUIA SANCTA consortia spiritus, vocabula non tenent nuptiarum.
Huic quadrigae Jesus praesidet. De his equis et Abacuc canit: Ascende super
equos tuos, et equitatio tua salus (Abac. 3. 8). Impari cursu, pari animo ad
palmam tenditur. Discolores equi, sed voluntate concordes, unum aurigae jugum
trabunt, non expectantes flagelli verbera, sed ad vocis hortamenta ferventes
3. Dicamus aliquid
et de Philosophis. Quatuor virtutes describunt Stoici, ita sibi invicem nexas,
et mutuo cohaerentes, ut qui unam non habuerit, omnibus careat: prudentiam,
justitiam, fortitudinem, temperantiam. Has omnes sic habetis singuli, ut tamen
emineatis in singulis. Prudentia in te, in matre justitia, in virgine
fortitudo, in nupta temperantia praedicatur. QUID ENIM EO sapientius, qui
contempta mundi stultitia, Christum secutus est, Dei virtutem et Dei
sapientiam? Quid matre justius, quae inter liberos opibus distributis, docuit
divitias contemnendo, quid filii amare deberent? Quid Eustochio fortius, quae
nobilitatis portas, et arrogantiam generis Consularis, virginali proposito
fregerit, et in urbe prima, primum genus subjugaverit pudicitiae? Quid Paulina
temperantius, quae legens illud Apostoli: Honorabiles nuptiae et cubile
immaculatum (Hebr. 13. 4), nec sororis felicitatem, nec matris
continentiam ausa appetere, maluit in humilioribus tuta pergere, quam pendulo
gradu in sublimioribus fluctuare?
quanquam illa semel inito
matrimonio, nihil aliud diebus ac noctibus cogitaverit, nisi ut reddito fructu
nuptiarum, secundum castimoniae gradum acciperet, et tanti dux femina
facti (Aeneid. 1), virum proposito suo jungeret, non relinquens salutis
comitem, sed exspectans. Dumque crebris abortiis, et experta fecunditate
conceptuum, non desperat liberos, et socrus aviditatem, maritique tristitiam
praeponit imbecillitati suae, passa est aliquid de Rachelis exemplo; et pro
filio doloris, ac dexterae (Gen. 35. 18), virum desiderii sui peperit haeredem.
Certisque auctoribus didici illam, non primae sententiae Dei: Crescite et
multiplicamini, et replete terram (Gen. 1. 28), nec officio conjugali servire
voluisse: sed ad hoc optasse filios, ut Christo virgines pareret.
4. Legimus et uxorem
sacerdotis Phinees, audita captivitate Arcae Domini, subito uteri dolore
correptam, edidisse filium Icabod (1. Reg. 19), et inter manus et officia
feminarum, animam emisisse cum prole. De prima Benjamin, hoc est, filius
virtutis ac dexterae; de secunda inclytus Sacerdos Dei, ex Arcae cognomine
nascitur. Nobis post dormitionem somnumque Paulinae, Pammachium Monachum
Ecclesia peperit posthumum, et patris et conjugis nobilitate patricium,
eleemosynis divitem, humilitate sublimem.
Apostolus scribit ad
Corinthios: Videte fratres vocationem vestram, quia non multi sapientes,
non multi nobiles (1. Cor. 1. 26). Hoc nascentis Ecclesiae rudimenta
poscebant, ut granum sinapis paulatim in arborem cresceret (Luc. 13. 19), ut
sensim et Evangelii fermentum totam Ecclesiae massam altius elevaret. Nostris
temporibus Roma possidet, quod mundus ante nescivit. Tunc rari sapientes,
potentes, nobiles, Christiani: nunc multi Monachi, sapientes, potentes,
nobiles. Quibus cunctis Pammachius meus sapientior, potentior, nobilior: magnus
in magnis, primus in primis, ἀχιστρατηγὸς Monachorum.
Tales Paulina morte sua
nobis liberos dedit, quos vivens concupiverat possidere. «Laetare sterilis quae
non paris, erumpe et clama, quae non parturis (Isai. 54. 1), quoniam quot Romae
sunt pauperes, tot filios repente genuisti.
5. Ardentes gemmae,
quibus ante collum et facies ornabantur, egentium ventres saturant. Vestes
sericae, et aurum in fila lentescens, in mollia lanarum vestimenta mutata sunt,
quibus repellatur frigus, non quibus nudetur ambitio, Deliciarum quondam
supellectilem virtus insumit. Ille caecus extendens manum, et saepe ubi nemo
est, clamitans, haeres Paulinae, cohaeres Pammachii est. Illum truncum pedibus,
et toto corpore se trahentem, tenerae [al. tenera] puellae sustentat
manus. Fores quae prius salutantium turbas vomebant, nunc a miseris obsidentur.
Alius tumenti aqualiculo mortem parturit: alius elinguis et mutus, et ne hoc
quidem habens unde roget, magis rogat, dum rogare non potest. Hic debilitatus a
parvo, non sibi mendicat stipem. Ille putrefactus morbo regio, supravivit
cadaveri suo.
Non mihi si linguae
centum sint, oraque centum;
Omnia poenarum percurrere nomina possim. (Aeneid. 6).
Hoc exercitu comitatus
incedit, in his Christum confovet, horum sordibus dealbatur. Muncrarius
pauperum, et egentium candidatus sic festinat ad coelum. Ceteri mariti super
tumulos conjugum sparguni violas, rosas, lilia, floresque purpureos: et dolorem
pectoris his officiis consolantur. Pammachius noster sanctam favillam ossaque
veneranda, eleemosynae balsamis rigat. His pigmentis atque odoribus fovet
cineres quiescentes, sciens scriptum: «Sicut aqua extinguit ignem, ita
eleemosyna peccatum (Eccli. 3. 33) .
Quantas vires habeat
misericordia, et quibus donanda sit praemiis, et beatus Cyprianus grandi
volumine prosequitur, et Danielis consilium probat, qui regem impiissimum si se
audire voluisset, scit pauperum sustentatione salvandum. Gaudet hujuscemodi
filiae mater haerede. Non dolet opes ad alium pervenisse, quas cernit iisdem
quibus ipsa voluerat, erogari. Quin potius gratulatur absque labore suo, sua
vota compleri. Non enim substantiae dimunitio, sed operarii commutatio est.
6. Quis enim hoc
crederet, ut Consulum pronepos, et Furiani germinis decus, inter purpuras
Senatorum, furva tunica pullatus incederet, et non erubesceret oculos sodalium,
ut deridentes se ipse derideret? «Est confusio quae ducit ad mortem: et est
confusio, quae ducit ad vitam» (Eccli. 4). Prima virtus est Monachi, contemnere
hominum judicia, et semper Apostoli recordari, dicentis: «Si adhuc hominibus
placerem [al. placere vellem], Christi servus non essem» (Galat. 1. 10).
Tale quid et Dominus loquitur ad Prophetas: quod posuerit faciem eorum, quasi
urbem aeneam, et lapidem adamantinum, et columnam ferream (Jerem. 1), ne
paverent ad injurias populi, sed impudentiam subsannantium, frontis rigore
contererent (Ezech. 3). Ingenia liberaliter educata, facilius verecundia, quam
metus superat. Et quos tormenta non vincunt, interdum vincit pudor.
Non est parum, virum
nobilem, virum disertum, virum locupletem, potentium in plateis vitare
comitatum, miscere se turbis, adhaerere pauperibus, rusticis copulari, de
principe vulgum fieri. Sed quanto humilior, tanto sublimior est.
7. Lucet margaritum
in sordibus, et fulgor gemmae purissimae, etiam in luto radiat. Hoc est quod
Dominus repromisit: «Glorificantes me, glorificabo» (1. Reg. 2. 30). Alii
hoc intelligant de futuro, quando moeror vertetur in gaudium, et transeunte
mundo, Sanctorum corona non transit: Ego et in praesentiarum video Sanctorum
promissa compleri.
Antequam Christo tota
mente serviret, notus erat in Senatu, sed multi alii habebant
insulas Proconsulares. Totus orbis hujuscemodi honoribus plenus est. Primus
erat, sed inter primos. Praecedebat alios dignitate; sed et alios sequebatur.
QUAMVIS CLARUS honor vilescit in turba: et apud viros bonos indignior fit ipsa
dignitas, quam multi indigni possident. Unde egregie de Caesare Tullius, cum
quosdam, ait, ornare voluit, non illos honestavit, sed ornamenta ipsa turbavit.
At nunc omnes Christi Ecclesiae Pammachium loquuntur. Miratur orbis pauperem,
quem hucusque divitem nesciebat. Quid Consulatu illustrius? Annuus honor est,
et postquam alius successerit, prior desinit. Latent in multitudine laureae, et
triumphi interdum triumphantium sordibus polluuntur. Quod ante per manus
patritias tradebatur, et sola nobilitas possidebat, quo Consul Marius, victor
Numidiae et Theutonum, atque Cimbrorum, ob ignobilitatem [al. novitatem]
familiae putabatur indignus: quod Scipio ultra annos pro virtute meruit, nunc
sola militia possidet, et agrestia dudum corpora, fulgens palma circumdat. Plus
ergo accepimus, quam dedimus.
PARVA DIMISIMUS, et
grandia possidemus. Centuplicato foenore Christi promissa redduntur. In tali et
Isaac quondam agro severat, qui paratus ad mortem, ante Evangelium, Evangelicam
portavit crucem.
8. «Si vis, inquit,
perfectus esse, vade et vende omnia quae habes, et da pauperibus, et veni,
sequere me» (Matth. 19. 21). Si vis perfectus esse. Semper grandia in audientium
ponuntur arbitrio. Et ideo virginitatem Apostolus non imperat, quia Dominus
disputans de eunuchis, qui se castrassent propter regna coelorum, ad extremum
intulit: «Qui potest capere, capiat» (Ibid. 12). «Non est enim volentis, neque
currentis, sed miserentis Dei» (Rom. 9. 16). Si vis perfectus esse. Non tibi
imponitur necessitas, ut voluntas praemium consequatur. Si vis ergo esse
perfectus, et desideras esse quod Prophetae, quod Apostoli, quod Christus est,
vende, non partem substantiae, ne timor penuriae infidelitatis occasio sit, et
cum Anania et Sapphira pereas; sed universa quae possides. Cumque vendideris,
da pauperibus, non locupletibus, non superbis. Da quo necessitas sustentetur,
non quo augeantur opes. Cumque legeris illud Apostoli: «Bovi trituranti os non
alligabis: Et, Dignus est operarius mercede sua» (1 Cor. 9. 9; 1. Tim.
5. 18): Et, «Qui altario ministrant, de altario participantur» (1. Cor. 9. 13);
memento quoque hujus sententiae: «Habentes victum et vestitum, his contenti
sumus» (1. Tim. 6. 8). Ubi videris fumare patinas, et Phasides aves lentis
vaporibus decoqui, ubi argenti pondus, ubi ferventes Mannos, comatulos
pueros, pretiosas vestes, picta tapetia, ibi ditior est largitore, cui
largiendum est. PARS SACRILEGII est, rem pauperum dare non pauperibus.
Et tamen non est satis
perfecto et consummato viro opes contemnere, pecuniam dissipare, et projicere
quod in momento et perdi, et inveniri potest. Fecit hoc Crates Thebanus, fecit
Antisthenes, fecerunt plurimi, quos vitiosissimos legimus. Plus debet Christi
discipulus praestare, quam mundi Philosophus, gloriae animal, et popularis
aurae atque rumorum venale mancipium. Tibi non sufficit opes contemnere, nisi
Christum sequaris. CHRISTUM AUTEM sequitur, qui peccata dimittit, et virtutum comes
est. Christum scimus sapientiam. Hic thesaurus in agro Scripturarum nascitur,
haec gemma multis emitur margaritis. Sin autem adamaveris captivam mulierem, id
est, sapientiam saecularem, et ejus pulchritudine captus fueris, decalva eam,
et illecebras crinium atque ornamenta verborum cum emortuis unguibus seca. Lava
eam Prophetali nitro, et tunc requiescens cum illa, dicito: «Sinistra ejus sub
capite meo, et dextra illius amplexabitur me» (Cant. 2. 6), et multos tibi
foetus captiva dabit, ac de Moabitide efficietur Israelitis. Christus
sanctificatio est, sine qua nemo videbit faciem Dei. Christus redemptio, idem
redemptor et pretium, Christus omnia, ut qui omnia propter Christum dimiserit,
unum inveniat pro omnibus, et possit libere proclamare: Pars mea Dominus (Ps.
72. 26).
9. Sentio te divinis
ardere doctrinis, nec temeritate quorumdam docere quod nescias; sed ante
discere, quod docturus sis. Simplices Epistolae tuae olent Prophetas, Apostolos
sapiunt. Non cothurnatam affectas eloquentiam; nec more puerorum argutas
sententiolas in clausulis struis. CITO TURGENS spuma dilabitur; et quamvis
grandis tumor, contrarius sanitati est. Scitum est illud quoque Catonis: Sat
cito, si sat bene. «Quod nos quondam adolescentuli, cum a perfecto Oratore in
Praefatiuncula diceretur, risimus.» Meminisse te puto erroris mutui, quando
omne Athenaeum Scholasticorum vocibus consonabat: Sat cito, si sat bene.
Felices, inquit Fabius, essent artes, si de illis soli artifices judicarent.
Poetam non potest nosse, nisi qui versum potest struere. Philosophos non
intelligit, nisi qui scit dogmatum varietates. Manufacta et oculis patientia,
magis probant artifices. Nostra quam dura sit necessitas, hinc potes
animadvertere, quod vulgi standum est judicio, et ille in turba metuendus, quem
cum videris solum, despicias.
Hoc praeteriens tetigi,
ut eruditis contentus auribus, non magnopere cures, quid imperitorum de ingenio
tuo rumusculi jactitent; sed Prophetarum quotidie medullas bibas, Christi
mystes, Patriarcharum symmistes.
10. Sive legas, sive
scribas, sive vigiles, sive dormias, Amos [al. amor] tibi semper buccina
in auribus sonet. Hic lituus excitet animam tuam: hoc amore furibundus, quaere
in lectulo tuo quem desiderat anima tua (Cant. 3. 1), et loquere confidenter:
«Ego dormio, et cor meum vigilat, (Ibid. 3. 2). Cumque inveneris eum et
tenueris, ne dimittas. Et si pauxillulum dormitanti elapsus fuerit e manibus,
noli protinus desperare. Egredere in plateas, adjura filias Jerusalem (Ibid. 3.
2), reperies eum cubantem in meridie, lassum, ebrium, noctis ore madefactum,
inter greges sodalium, in aromatum varietatibus, inter poma paradisi. Ibi ei de
mammillas tuas (Ibid. 7. 12), sugat de erudito pectore, requiescat inter medios
Cleros, pennae columbae deargentatae, et interiora ejus in fulgore auri (Ps.
67. 14). Parvulus iste et puer, qui butyro et melle saginatur (Isai. 7. 15),
qui inter caseatos nutritus est montes, cito crescit in juvenem, velociter in
te hostes spoliat, mature praedatur Damascum, et regem vincit Assyrium.
11. Audio te
Xenodochium in portu fecisse romano, et virgam de arbore Abraham in Ausonio
plantasse littore. Quasi Aeneas nova castra metaris, et super undam Tyberis,
ubi ille, cogente quondam penuria, crustis fatalibus et quadris patulis non
pepercit, tu viculum nostrum, id est, domum panis (Bethleem) aedificas: et
diuturnam famem repentina saturitate compensas. Euge: nostra initia
transgrederis; statum summum tenes: de radice pervenis ad cacumen; primus inter
monachos, in prima urbe, primum sequeris patriarcham. Lot, quod [al. qui]
interpretatur declinans, campestria eligat, et juxta Pythagorae litteram,
facilia magis ac sinistra sectetur. Tu in arduis et saxosis cum Sara tibi
monumentum para (Gen. 23). Juxta sit civitas litterarum, deletisque gigantibus,
filiis Enac [al. Enacim], haereditatem tuam, gaudium et risus excipiat.
Dives erat Abraham auro, argento, pecore, possessione, vestibus (Gen. 24):
tantam habebat familiam, ut ad subitos nuntios, juvenibus electis armare posset
exercitum, et quatuor reges, quos quinque reges fugerant, in Dan consecutus
occideret; et tamen post tam crebra hospitalitatis officia, dum non refutat
homines, suscipere meruit Deum. Non servis, et ancillulis imperabat, ut
ministrarent hospitibus, nec bonum quod exercebat, per alios minuit; sed quasi
reperta praeda, cum Sara sua humanitati solus incubuit. Ipse pedes lavit, ipse
pinguem vitulum portavit humeris de armento. Stetit ut servus, peregrinis
prandentibus, et Sarae manibus coctos
cibos jejunaturus apposuit.
12. Haec moneo,
frater carissime, pietate qua te diligo; ut non solum pecuniam, sed teipsum
Christo offeras, hostiam vivam, sanctam, placentem Deo, rationabile obsequium
tuum (Rom. 12. 1); et imiteris filium hominis, qui non venit ministrari, sed
ministrare (Matth. 20. 28). Et quod patriarcha alienis, hoc discipulis et
servis Magister exhibuit et Dominus. «Corium pro corio, et omnia quae homo
possidet, dare potest pro anima sua. Sed tange,» inquit diabobolus, «carnes
ejus, nisi in faciem benedixerit tibi» (Job 2. 4. 5). Scit hostis
antiquus, majus continentiae quam nummorum esse certamen. FACILE ABJICITUR,
quod haeret extrinsecus; intestinum bellum periculosius est. Conjuncta
disglutinamus, unita discindimus [al. dissuimus]. Zachaeus dives erat,
Apostoli pauperes. Reddidit ille quadruplum quod rapuerat, divisitque
pauperibus medietatem substantiae suae quae remanserat; suscepit Christum
hospitem, salus facta est domui ejus (Luc. 19); et tamen quia parvulus erat, et
apostolicae proceritati se non poterat extendere, non fuit in duodecim numero
Apostolorum. Apostoli autem quantum ad divitias nihil, quantum ad voluntatem,
totum mundum pariter reliquerunt. Si offeramus Christo opes cum anima nostra,
libenter suscipiet. Si autem quae foris sunt Deo, quae intus sunt, diabolo
demus, non est aequa partitio, et dicitur nobis: «Nonne si recte offeras, et
non recte dividas, peccasti?» (Genes. 4. 7. sec. LXX.) 13.
Quod patritii generis
primus inter primos, monachus esse coepisti, non tibi sit tumoris, sed humilitatis
occasio, scienti Filium Dei factum Filium hominis. QUANTUMCUMQUE te dejeceris,
humilior Christo non eris. Esto, incedas nudis pedibus, fusca tunica vestiaris,
aequeris pauperibus, inopum cellulas dignanter introeas; caecorum oculus sis,
manus debilium, pes claudorum; ipse aquam portes, ligna concidas, focum
exstruas, ubi vincula? ubi alapae? ubi sputa? ubi flagella? ubi patibulum? ubi
mors? Et eum omnia quae dixi feceris, ab Eustochio tua, Paulaque vinceris, si
non opere, at certe sexu. Ego quidem Romae non eram, et tunc me tenebat eremus
(atque utinam pertenuisset), quando socero tuo vivente Toxotio, saeculo
serviebant. Sed tamen audio, quae immunditias platearum ferre non poterant,
quae eunuchorum manibus portabantur, et inaequale solum molestius
transcendebant; quibus serica vestis oneri erat, et solis calor incendium, nunc
sordidatae et lugubres, et sui comparatione forticulae, vel lucernas
concinnant, vel succendunt focum, pavimenta verrunt, mundant legumina, olerum
fasciculos in ferventem ollam dejiciunt, apponunt mensas, calices porrigunt,
effundunt cibos, huc illucque discurrunt. Et certe magnus virginum chorus cum
illis habitat. Num hujuscemodi ministeria aliis imperare non poterant? SED
NOLUNT vinci ab his labore corporum, quas ipsae superant virtute animi.
Haec dico, non quod
de ardore mentis tuae quidquam dubitem, sed quo currentem impellam, et acriter
dimicanti, fervorem fervori augeam.
14. Nos in ista
provincia aedificato monasterio, et diversorio propter exstructo, ne forte et
modo Joseph cum Maria in Bethleem veniens, non inveniat hospitium (Luc. 2),
tantis de toto orbe confluentibus turbis obruimur monachorum; ut nec coeptum
opus deserere, nec supra vires ferre valeamus. Unde quia pene nobis illud de
Evangelio contigit, ut futurae turris non ante supputaremus expensas (Luc. 14),
compulsi sumus fratrem Paulinianum ad patriam mittere, ut semirutas villulas,
quae barbarorum effugerunt manus; et parentum communium census venderet, ne
coeptum Sanctorum ministerium deserentes, risum maledicis et aemulis
praebeamus.
15. In calce
Epistolae recordatus sum, quadrigae vestrae, et proposito quintam deesse
Blaesillam, pene oblitus de ea loqui, quae prima de vobis praecesserit ad
Dominum. Vere nunc quinque in tres, ac duas videmus esse divisas, illa cum
sorore Paulina dulci somno fruitur, tu duarum medius, ad Christum levius
subvolabis.
SOURCE : https://remacle.org/bloodwolf/eglise/jerome/pammaque.htm
Detail
of a painting of Saint Pammachius above a side altar in the Basilica of Ss.
Giovanni e Paolo, Rome
Mt.
Pamaki alivyochorwa, Roma.
Profile
Pious and learned
Roman senator and
proconsul; member of the noble Fuii family. Studied rhetoric
with Saint Jerome. Married to
Paulina, one of the daughters of Saint Paula,
in 385. Widower in 397,
Paulina dying in childbirth.
Following Paulina’s death,
Pammachius devoted his wealth and the rest of his life to study and charity. Cared
for sick pilgrims to Rome, Italy working
with Saint Fabiola to
build a hospital for
them, the first in the West, at Porto Romano. Built a church on the property
next to his home, and on the site of his home now sits the church of Saint John
and Paul in Rome.
Friend of Saint Paulinus
of Nola. Corresponded with Saint Jerome on
matters of faith, and
tried unsuccessfully to get Jerome to
tone down the language he used when referring to opponents.
Born
410 at Rome, Italy of
natural causes
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Lives
of the Saints, by Father Alban
Butler
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
other
sites in english
video
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
fonti
in italiano
nettsteder
i norsk
MLA
Citation
‘Saint Pammachius‘. CatholicSaints.Info.
26 September 2022. Web. 14 June 2026.
<https://catholicsaints.info/saint-pammachius/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-pammachius/
Article
(Saint)
(August
30) (5th
century) A Roman nobleman, the husband of Paulina, daughter of Saint Paula.
He thus came into the circle of Saint Jerome,
who esteemed him greatly, as we gather from the correspondence still extant.
After the death of his wife, Saint Pammachius
took Holy Orders and served the Church with great zeal. His Translations of
Origen’s works are of considerable value. He closed his holy and useful life,
A.D. 410.
MLA
Citation
Monks of Ramsgate.
“Pammachius”. Book of Saints, 1921. CatholicSaints.Info.
11 June 2016. Web. 14 June 2026.
<https://catholicsaints.info/book-of-saints-pammachius/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-pammachius/
Pammachius the Senator
(RM)
Died at Rome, Italy, in
410. The Roman senator, proconsul, and scholar, Pammachius, belonged to the
house of the Furii. In 385, he married Paulina, the second daughter of Saint
Paula. He spent much of his time in study and religious affairs. He was a great
friend of Saint Jerome, his former school fellow.
Pammachius was probably
one of the religious men who denounced to Pope Saint Siricius a certain man
named Jovinian, who maintained among other errors that all sins and their
punishments are equal; he certainly sent copies of the heretic's writings to
Jerome, who replied to them in a long treatise. This reply did not meet with
the entire approval of Saint Pammachius: he found its language too strong (a
failing to which Jerome was generally very inclined) and that it contained
exaggerated praise of virginity and depreciation of marriage; so he wrote and
told him so. Jerome replied in two letters, thanking him for his interest and
defending what he had written. Meanwhile, Jovinian was condemned at a synod at
Rome in 390 and by Archbishop Saint Ambrose of Milan.
When Paulina died in
childbirth in 397, Pammachius provided a banquet for all the poor of Rome
following her funeral Mass. He received a long letter of condolence from his
friend Saint Paulinus of Nola, who praised her goodness and her husband's faith
and fortitude. The letter ended: "Your spouse is now a pledge and a
powerful intercessor for you with Jesus Christ. She now obtains for you as many
blessings in heaven as you have sent her treasures [Masses] from hence, not
honoring her memory with fruitless tears, but making her partner of these
living gifts (i.e., by alms given for the repose of her soul); she is honored
by the merit of your virtues; she is fed by the bread you have given to the
poor." Saint Jerome tells us that Pammachius watered her ashes with the
balm of alms and mercy, which obtains the pardon of sins; that from the time of
her death he made the needy their coheirs.
Thus, Pammachius devoted
the balance of his life to study, prayer, and works of charity. (Some say that
he donned the monastic habit and received ordination to the presbyteriate, but
this seems unlikely.) Together with Saint Fabiola he built at Porto a large
hospice to shelter pilgrims coming to Rome, especially the poor and the sick.
This was the first such enterprise in the West. Pammachius and Fabiola spent
much time there personally tending to their guests.
Pammachius was enormously
disturbed by the bitter controversy between Jerome and Saint Rufinus over the
teachings of Origen. He wrote to Jerome urging him to undertake the translation
of Origen's De principiis, and gave Jerome very useful help in his
controversial writings, but he could not convince Jerome to tone down the
language of his works.
Pammachius also wrote to
the people living on his estates in Numidia in North Africa to urge them to
abandon the Donatist schism and return to the Church. This action drew a letter
of thanks from Saint Augustine in 401. Pammachius converted his home on the
Coelian Hill into the present Passionist church of Saint John and Saint Paul,
which was called the titulus Pammachii. Remains of the original house have been
found beneath the church (Attwater, Benedictines, Delaney, Encyclopedia,
Husenbeth, Walsh).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0830.shtml
St. Pammachius
Roman senator, d. about
409. In youth he frequented the schools of rhetoric with St.
Jerome. In 385 he married Paulina, second daughter of St.
Paula. He was probably among the viri genere optimi religione
præclari, who in 390 denounced Jovinian to Pope
St. Siricius (Ambrose, Ep. xli). When he attacked St. Jerorme's book
against Jovinian for
prudential reasons, Jerome wrote him two letters (Epp. xlviii-ix,
ed. Vallarsi)
thanking him; the first, vindicating the book, was probably intended for
publication. On Paulina's death in 397, Pammachius became a monk,
that is, put on a religious habit and gave himself up to works
of charity (Jerome, Ep. lxvi; Paulinus
of Nola, Ep. xiii). In 399 Pammachius and Oceanus wrote to St.
Jerome asking him to translate Origen's "De
Principiis", and repudiate the insinuation of Rufinus that St.
Jerome was of one mind with himself with regard to Origen. St.
Jerome replied the following year (Epp. lxxxiii-iv). In 401 Pammachius
was thanked by St.
Augustine (Ep. lviii) for a letter he wrote to the people of Numidia,
where he owned property,
exhorting them to abandon the Donatist schism.
Many of St.
Jerome's commentaries on Scripture were dedicated to
Pammachius. After his wife's death Pammachius built in conjunction with St.
Fabiola (Jerome, Epp. lxvi, lxxvii),
a hospice at Porto, at the mouth of the Tiber,
for poor strangers. The site has been excavated, and the excavations
have disclosed the plan and the arrangement of this only building of its
kind. Rooms and halls for the sick and poor were grouped around
it (Frothingham, "The Monuments of Christian Rome,"
p. 49). The church of SS. John and Paul was
founded either by Pammachius or his father.
It was anciently known first as the Titulus Bizantis, and
then as the Titulus Pammachii. The feast of Pammachius
is kept on 30 August.
Sources
CEILLIER, Hist. des
auteurs eccles., X, 99 sqq.; TILLEMONT, Mémoires, vol. X, p.
567; GRISAR, Storia di Roma, I, 73; LANCIANI, Pagan and
Christian Rome, 158-9; MARUCCHI, Eléments d'Archéol. chrét., 203.
Bacchus, Francis Joseph.
"St. Pammachius." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York:
Robert Appleton Company, 1911. 30 Aug. 2016
<http://www.newadvent.org/cathen/11436a.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by WGKofron. With thanks to Fr. John
Hilkert and St. Mary's Church, Akron, Ohio.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. February 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D.,
Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2026 by New Advent LLC.
Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/11436a.htm
August 30
St. Pammachius, Confessor
THIS holy man was a
Roman senator, and the ornament of the most illustrious family of the Camilli,
as he is styled by St. Jerom, whose schoolfellow he was in his youth. Those who
were intrusted with his education took care to season their instructions with
delight, in order to make him be in love with his studies; thus they led him
through flowery paths to the sources of eloquence; he was also initiated in
sacred literature. Coming out of school in 370, when St. Jerom.retired into the
desert, Pammachius entered the senate, and by his virtue and abilities was the
honour of that illustrious body. He was raised to the proconsular dignity, and
married Paulina, the second daughter of St. Paula. He was the first who
detected the impious errors of Jovinian, and denounced them to Pope Siricius,
who condemned that heresiarch in 390. Friendships begun in childhood, and
cemented by a sympathy of inclinations and studies, according to the remark of
Quintilian, are usually the most agreeable of all others, and hold out to the last,
especially when they are founded in virtue. Such was the union of hearts which
linked together St. Jerom and Pammachius. The latter assisted that holy doctor
in his works against Jovinian, and often consulted him in his own difficulties.
The younger Paulina died in 393, within a few years after her marriage.
Pammachius, after the holy sacrifice was offered for her, according to custom,
gave an entertainment to all the poor in Rome, as St. Paulinus mentions, 1 who
concludes his letter to him as follows: “Your spouse is now a pledge and a
powerful intercessor for you with Jesus Christ. She now obtains for you as many
blessings in heaven as you have sent her treasures from hence, not honouring
her memory with fruitless tears, but making her partner of these living
gifts—viz., by alms given for the repose of her soul; she is honoured by the
merit of your virtues; she is fed by the bread you have given to the poor,”
&c. St. Jerom 2 says,
that Pammachius watered her ashes with the balm of alms and mercy, which obtains
the pardon of sins; that from the time of her death he made the blind, the
lame, and the poor his coheirs, and the heirs of Paulina; and that he never
went abroad without being followed by a troop of such attendants. This saint
exhorted him to outdo himself in the perfection of his humility. Pammachius
built an hospital for strangers in the Roman port, and used to serve the sick
and the poor with his own hands. By his letters he converted all the farmers
and vassals upon his large estates in Numidia from the Donatist schism to the
Catholic communion; which zealous charity drew a letter of congratulation from
the great St. Austin in 401. 3 St.
Pammachius never seems to have entered holy orders, as some moderns have
imagined; but lived sequestered from the world, devoting himself entirely to
the exercises of devotion, penance, and charity. He died in 410, a little
before the sacking of Rome, and is commemorated in the Roman Martyrology on
this day. See St. Jerom, ep. 54, &c. Ceillier, t. 10. Fontanini Histor.
Litter. Aquileiensis, p. 225, &cNote 1. S. Paulin. ep. 13, p.
13. [back]
Note 2. St. Hieron.
ep. 54. [back]
Note 3. S. Aug. ep.
58, ad Pammach. t. 2, p. 145. [back]
Rev. Alban Butler
(1711–73). Volume VIII: August. The Lives of the Saints. 1866.
SOURCE : https://www.bartleby.com/lit-hub/lives-of-the-saints/volume-viii-august/st-pammachius-confessor
San Pammachio Senatore
Festa: 30 agosto
† Roma, 410
Martirologio
Romano: A Roma, commemorazione di san Pammachio senatore, uomo insigne per
lo zelo nella fede e per la generosità verso i poveri, alla cui pietà verso Dio
si deve la costruzione della basilica recante il suo titolo sul colle Celio.
È il personaggio
senatorio, uno dei capi del partito cristiano in Senato, cui si deve la
fondazione della basilica sull'antico titolo di Bizante al Celio, poi dei Ss.
Giovanni e Paolo. Le figure di Pammachio (cultor fidei, come lo indicava
un'epigrafe) e della moglie Paolina sono quasi certamente quelle che si vedono
ai piedi d'uno dei martiri eponimi, nel dipinto dell'oratorio sotterraneo. Ma
il ricordo di Pammachio è anche nel senodochio di Porto (Portus Traiani, presso
Ostia), i cui resti furono riveduti da G. B. de Rossi. Fu amico di S. Girolamo,
che di lui largamente fa cenno nell'epistolario, e con la pia consorte si
distinse assai per beneficenza e virtù domestiche. Morta Paolina, indossò la
tonaca degli asceti e si diede tutto al servigio dei poveri, spendendovi le sue
immense ricchezze. La fondazione dell'ospizio (398) è posteriore di circa due
anni alla morte di Paolina. Anche S. Paolino da Nola celebra questa pia cura di
Pammachio. Morì durante l'assedio di Alarico (410).
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/68070
Den hellige Pammachius av
Roma (~340-410)
Minnedag:
30. august
Andre sier at denne
kirken ble bygd over Byzantius’ eget hus. På 400-tallet nevnes presbyteri
tituli Byzantii (prester i Byzantius’ kirke) i en inskripsjon og blant de
undertegnede på det romerske konsilet i 499. Kirken ble også kalt Titulus
Pammachii eller Basilica Pammachiana. Den ble senere på et svært
tidlig tidspunkt kjent under navnet til de to martyrene, Titulus Sancti
Ioannis et Pauli. Dette er den nåværende kirke Santi
Giovanni e Paolo. Arkeologiske funn viser at det på stedet opprinnelig sto
tre romerske bolighus. Eierne innreddet et kristent kultsted i første etasje,
og over dette ble basilikaen reist.
Pammachius var en venn av
den hellige Hieronymus
(331-420) fra hans tidligere og mindre asketiske opphold i Roma, da de
begge studerte på den retoriske skolen, og som han flittig brevvekslet med
resten av livet. Han var en lærd og dyktig mann som tilbrakte mye av sin tid
med studier og religiøse anliggender. Han ble selv romersk senator, og med
tiden ble han en av lederne av «det kristne partiet» i senatet. Han var fetter
til den hellige Marcella, som
bodde på Aventin-høyden, deres felles morbror var Vesta-presten Ceionius
Caecina Albinus. Pammachius tilhørte dermed også den gamle adelige
slekten Gens Caeionia. Til slekten hørte også deres felles kusine, den
hellige Paula.
Pammachius giftet seg i 385 med Paulas andre datter Paulina. Hun døde i 397
etter å ha satt et dødfødt barn til verden. Pammachius fikk et langt
kondolansebrev både fra Hieronymus og fra den hellige Paulinus av Nola,
som priste hennes godhet og hans tro og mot.
Da Marcella ba Hieronymus
om å komme og holde forelesninger om kristendommen for en rekke adelige kvinner
fra hennes familie og vennekrets, var Pammachius en av de få menn som ble
innbudt til å delta, og han ble praktisk talt den eneste mannlige rekrutten til
Hieronymus’ semi-monastiske krets. Etter hustruens død viet han seg og sin
formue til studier og velgjørende arbeid for blinde, lamme og lutfattige.
Sammen med den hellige Fabiola grunnla
han i 396 et pilegrimsherberge og hospital i Porto ved Tiberens munning. Det
var bygd spesielt for de fattige og syke som kom til Roma. Denne institusjonen,
kjent som xenodochium, var den første i sitt slag i vesten, og den er siden
utgravd. Hieronymus priste den varmt, og Pammachius og Fabiola tilbrakte mye
tid der med å ta seg av sine gjester.
I Roma hadde Hieronymus
skrevet mot Helvidius om Jomfru Marias
vedvarende jomfruelighet. Helvidius hevdet at Maria hadde flere barn med Josef etter
Kristi fødsel. Disse og visse beslektede vranglærer ble tatt opp igjen av en
viss Jovinian (d. ca 405). Pammachius og andre jurister ble opprørt av hans nye
doktrine, og han var trolig blant de viri genere optimi religione
praeclari som i 390 anmeldte Jovinian til den hellige pave Siricius (384-99)
og sendte hans skrifter til Hieronymus, som i 393 skrev to bøker mot Jovinian.
De var skrevet i Hieronymus karakteristiske heftige stil, og visse uttrykk i
hans lovprisning av jomfrueligheten virket for noen i Roma alt for grove og
nedsettende overfor den respekt man skyldte ektestanden. Pammachius informerte
Hieronymus om hvilke anstøt han og mange tok av den.
Deretter skrev Hieronymus
sin Apologia ad Pammachium pro libris adversus Iovinianum, «Forsvarskrift
til Pammachius», noen ganger kalt hans tredje bok mot Jovinian. Han takket
Pammachius, men holdt fast ved sine synspunkter i en tone som knapt kan ha
tilfredsstilt hans kritikere. Mellom 395 og 400 var Hieronymus innblandet i en
strid om Origenes’
skrifter, hvor hans sjalusi og egosentrisitet førte til en bitter krangel.
Igjen skrev Pammachius til ham og irettesatte ham for hans voldsomme språkbruk.
Hieronymus, som selv var
en streng vakthund for ortodoksien, hadde gitt ut en revidert utgave av
Origenes’ prekener. Pammachius og Oceanus skrev i 399 til Hieronymus og ba ham
om å oversette Origenes’ filosofiske studier, Peri Archon eller De
Principiis («Hovedprinsipper») og tilbakevise Rufinus av Aquileias (ca
345-410) antydning om at Hieronymus var helt enig med ham når det gjaldt
Origenes. Men kjettere henviste nå til Origenes’ autoritet, og det var
uforskammet av Hieronymus’ gamle venn Rufinus å velge dette øyeblikket for en
renvaskende oversettelse av Peri Archon. Rufinus forklarte imidlertid at
siden et større navn hadde oversatt Origenes’ prekener, følte han seg
berettiget. Hieronymus, som nå bodde i Betlehem, angrep sin gamle venn bittert,
og hans innflytelsesrike krets i Roma var rasende. Da ble også Rufus rasende og
fortalte sitt lesende publikum rett ut at Hieronymus var en ærekrenker. Østen
var lamslått over denne ordkrigen, og en appell ble sendt til paven.
Pammachius skrev til
folket på sine eiendommer i Numidia og oppfordret dem innstendig til å forlate
det donatistiske skisma og vende tilbake til ortodoksien. Dette førte til et
takkebrev fra den hellige Augustin av Hippo i
401. Pammachius beskrives av og til som prest, men det finnes intet bevis for
dette.
Den 24. august 410
invaderte goterne under Alarik Roma nordfra og brøt seg inn i husene i byens
periferi, hvor de stjal rikdommene og myrdet beboerne. Høydene Aventin og Celio
ble nærmest lagt øde under denne invasjonen. Mange beboere rakk å flykte, men Marcella
falt i inntrengernes hender og ble pint under tortur for å fortelle hvor det
var gjemt rikdommer. Hun døde av denne behandlingen. Også Pammachius må ha dødd
under invasjonen, selv om vi ikke ved noe sikkert om det, men etter det hører
man ikke mer om ham, annet enn at Hieronymus i Bethlehem fikk brev fra Roma om
både Pammachius’, Marcellas og mange andre venners død.
Pammachius’ minnedag er
30. august.
Kilder: Attwater/John,
Attwater/Cumming, Butler (VIII), Benedictines, Delaney, Bunson, Melchers, KIR,
CE, CSO, Patron Saints SQPN, Infocatho, santiebeati.it, en.wikipedia.org,
zeno.org, annasromguide.dk - Kompilasjon og oversettelse: p. Per Einar Odden
Opprettet: 27. juni 1999
SOURCE : https://www.katolsk.no/biografier/historisk/pammachi
30 de agosto
SAN PAMAQUIO,
Dios os salve, María, Madre de Dios. En Vos está y estuvo todo la plenitud de la gracia y todo bien.
(San Francisco de Asís)
San
Pamaquio era senador romano, y presumiblemente un hombre felizmente casado (era
yerno de Santa Paula) edificó un hospicio en el que atendía personalmente a los
peregrinos que venían a Roma.
Cuando
Joviniano(1) empezó
a esparcir sus errores, San Pamaquio, junto con otros hombres piadosos de
Antioquía, se escandalizaron y enviaron los escritos de Joviniano a San
Jerónimo. Éste, como respuesta, escribió dos libros contra aquél en el año de
393. En el primero, demostraba las excelencias de la virginidad cuando se
practicaba por amor a la virtud, lo que había sido negado por Joviniano, y en
el segundo atacó los otros errores. Los tratados fueron escritos con el estilo
recio, característico de Jerónimo, y algunas de sus expresiones les parecieron
a las gentes de Roma demasiado duras y denigrantes para la dignidad del
matrimonio. San Pamaquio y otros con él, se sintieron ofendidos y así se lo
notificaron a Jerónimo; entonces, éste escribió la Apología a Pamaquio,
conocida también corno el tercer libro contra Joviniano.
1) Joviniano fue un
sacerdote y monje hereje del siglo IV. San Ambrosio, San Agustín y, Sobre todo
San Jerónimo, Combatieron sus herejías: "De Joviniano, un cierto monje,
proviene esta herejía, brotada en nuestro tiempo en los días de nuestra
juventud" (San Agustín: "De haeresibus"). Entre otras, sostuvo
estas dos herejías: a) La Virginidad y el Matrimonio tienen igual valor y son
igualmente meritorios ante Dios. b) Como lógica consecuencia de quienes niegan
la excelencia de la virginidad, Joviniano terminó negando la PERPETUA
VIRGINIDAD DE LA SANTÍSIMA VIRGEN.
SOURCE : https://geocities.ws/misa_tridentina01/agosto/30d.html