Saint Jean Ogilvie
Jésuite écossais,
martyr (+ 1615)
Converti du calvinisme à
l'Église catholique, à Louvain, il retourna en Écosse où il fut arrêté en
raison de sa fidélité à l'Église romaine. Malgré la torture, il ne livra aucun
de ses amis et fut condamné à être pendu à Glasgow. Il a été canonisé en 1976.
Benoît XVI a reçu le 5
février 2010 les membres de la Conférence épiscopale d'Écosse en conclusion de
leur visite Ad Limina. Devant ses hôtes il a souligné la coïncidence de l'Année
sacerdotale avec le 400e anniversaire de l'ordination sacerdotale du martyr
John Ogilvie, dont le courage doit être un exemple pour tout le clergé
d'Écosse. (source: VIS)
À Glasgow en Écosse, l’an
1615, saint Jean Ogilvie, prêtre de la Compagnie de Jésus et martyr. Après
plusieurs années passées en exil dans divers royaumes d’Europe à l’étude de la
théologie, une fois ordonné prêtre à Paris, il revint clandestinement dans sa
patrie, où il accomplit avec le plus grand soin le ministère pastoral auprès de
ses concitoyens jusqu’à ce que, sous le roi Jacques Ier, il fût jeté en prison,
torturé, condamné à mort pour haute trahison et conduit au gibet pour y
recevoir la palme du martyre.
Martyrologe romain
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/6117/Saint-Jean-Ogilvie.html
Saint Jean Ogilvie, prêtre et martyr
Converti du calvinisme à
l'Eglise catholique, à Louvain, il entra chez les jésuites, fut ordonné prêtre
et retourna en Ecosse où il fut arrêté en raison de sa fidélité à l'Église
romaine. Malgré la torture, il ne livra aucun de ses amis et fut condamné à être
pendu à Glasgow, en 1615.
14 octobre
Saint JOHN OGILVIE,
prêtre et martyr
Né en 1579 d'une noble
famille calviniste, près de Drum-na-Keith (Banflshire, Écosse), Jean Ogilvie
fut, encore jeune, envoyé parfaire son éducation sur le continent.
Converti à la foi
catholique par le P. Cornelius Van den Steen (Cornelius a Lapide), il fit ses
études supérieures au Collège des Ecossais de Louvain et en d'autres instituts
supérieurs. Entré dans la Compagnie le 5 novembre 1599, au terme des étapes
ordinaires de la formation, il fut ordonné prêtre à Paris en 1610.
Au prix de demandes
réitérées, il obtint de pouvoir retourner dans sa patrie ; il y exerça un bref
ministère à Glasgow. Arrêté à la suite d'une dénonciation, il fut cruellement
torturé ; il subit le martyre le 10 mars 1615, surtout pour avoir affirmé obstinément
et jusqu'au bout la primauté du Pontife Romain dans le domaine spirituel. Il a
été canonisé par le pape Paul VI le 17 octobre 1976
Mémoire
Il affirma avec constance
que la juridiction du Pape en matières spirituelles s'étendait aux territoires
du Roi, et offrit sa vie pour la défense de cette primauté.
« Interrogé sur son
identité, ce prêtre répondit qu'il se nommait Jean Ogilvie, fils de Walter de
Drum ; qu'il avait vécu hors de ce pays pendant vingt-deux ans, qu'il avait
étudié dans les collèges d'Olmutz et de Graz, à Olmutz pendant deux ans, à Graz
pendant cinq ans ; qu'il avait été ordonné prêtre à Paris. Que, revenu en
Ecosse, il y avait passé environ six semaines ; qu'il y était récemment revenu
au mois de mai dernier. Il a aussi reconnu que le coffret qu'on lui présentait
était bien à lui ; qu'il appartenait à l'Ordre des jésuites. Quand on lui
demanda si la juridiction du Pape en matières spirituelles s'étendait aux
territoires du Roi, il répondait avec constance par l'affirmative et offrit sa
vie pour la défense de cette primauté. »
Le courage et l'humilité
avec lesquels saint Jean se prépara au martyre nous sont bien connus
spécialement par une lettre que, peu avant son supplice, il écrivit secrètement
de sa prison au Père Général, Claude Acquaviva :
« Très cher et très aimé
vieillard (1), vous qui êtes le plus cher à mon cœur après le Christ et ses
saints : les supplices sont terribles, les tortures affreuses.
« Que votre
Paternité mette sa charité à prier pour moi, demandant que je donne
généreusement ma vie pour le Christ invincible. Que le Christ vous garde
longtemps, pour la protection de l'Eglise, à la tête de ses troupes d'élite. De
votre très révérée Paternité, l'humble serviteur dans le Christ et le très
indigne petit enfant. Jean Ogilvie. »
(Interrogatoire dans
: Original letters relating to the Ecclesiastical Affairs in
Scotland , vol, II, Edingburgh, 1851 ; n° 235. Lettre
dans : Relatio Incarcerationis et Martyrii P. Ioannis Ogilbaei ...
Duaci, 1615; pp. 5-6).
R/ Heureux serez-vous si
l'on vous insulte, si l'on vous persécute, et si l'on dit faussement toute
sorte de mal contre vous à cause de moi ; réjouissez-vous et soyez dans
l'allégresse.
* Car votre récompense
sera grande dans les cieux.
V/ Heureux ceux qui sont
persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux.
* Car votre récompense
...
Seigneur, tu as manifesté
la puissance de ton Esprit Saint dans le martyre de saint John Ogilvie.
Puissions-nous, fortifiés
par son exemple et sa prière, servir l'Eglise sous l'étendard de la Croix et
remplir, en tout lieu du monde, toute mission que le Souverain Pontife nous
aura confiée.
1. Durant les
persécutions contre les catholiques en Grande-Bretagne, on usait de cette
formule dans les lettres pour désigner le Père Général.
SOURCE : http://www.jesuites.com/histoire/saints/jeanogilvie.htm
Saint Jean OGILVIE
Nom: OGILVIE
Prénom: Jean (John)
Nom de religion: Jean
(John)
Pays: Ecosse
Naissance: 1579 à
Drum-na-Keith (conté de Banffshire)
Mort: 10.03.1615 à
Glasgow
Etat: Prêtre - Jésuite -
Martyr
Note: Converti du
presbytérianisme - Entre dans la Compagnie de Jésus en 1599 -Prêtre à Paris en
1610 - Apostolat à Edimbourg en 1613 - Pendu pour avoir refusé la juridiction
du roi en matière spirituelle.
Béatification:
22.12.1929 à Rome par Pie XI
Canonisation:
17.10.1976 à Rome par Paul VI
Fête: 10 mars
Réf. dans l’Osservatore
Romano:
Réf. dans la Documentation
Catholique: 1976 p.909
Notice
John Ogilvie naît en 1579
dans le Comté de Banffshire, dans l'une des plus anciennes familles d'Ecosse. Son
père, pasteur calviniste, l'envoie à douze ans à l'étranger pour compléter sa
formation. Il parcourt la France, l'Italie et l'Allemagne. Après une pénible
crise spirituelle, il s'oriente vers le catholicisme et il est reçu dans
l'Église à l'âge de 17 ans alors qu'il est étudiant à Louvain. Il entre alors
au noviciat des Jésuites de la province autrichienne, à Brno, en 1599. Il est
ordonné prêtre à Paris l'année suivante et exerce son ministère à Rouen avant
de retourner en Angleterre en novembre 1613. Arrêté le 14 octobre suivant parce
qu'il refuse la juridiction du roi en matière spirituelle, il est pendu à
Glasgow le 10 mars 1615. Il ne s'est jamais départi ni de sa franchise
intrépide, ni de son humour, C'est ainsi que du haut de l'échafaud, il jette son
chapelet sur la tête d'un assistant... qui se convertira 10 ans plus tard.
Comme pour tout martyr, le noyau de sa personnalité, c'est la foi et pour lui
en particulier, foi en l'Eucharistie et attachement au Magistère. Dans l'époque
troublée de l'après-réforme et celle pleine d'espérance de l'après-concile
tridentin, il s'impose comme un défenseur de la liberté religieuse. Il sera le
premier saint écossais canonisé après sept siècles d'interruption. A sa
canonisation, faite par Paul VI en 1976, assistaient des membres de la famille
Ogilvie.
SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0132.htm
Saint Jean Ogilvie
Jean Ogilvie était
issu des comtes d'Angus. Au XVIe siècle, le chef de la famille, lord Ogilvie,
est rangé parmi les barons catholiques du Nord, avec cette mention, « puissant
et belliqueux », magnarum virium et bellicosum. Jean Ogilvie naquit à Drum
en 1580, d'un prêtre protestant qui le fit élever dans la religion calviniste.
A l'âge de douze ans, le goût des voyages l'entraîna hors de l'Écosse, et sa
préoccupation déjà très vive des questions religieuses le conduisit dès lors à
interroger les plus doctes personnages en France, en Allemagne et en Italie.
Cependant il se trouvait amené presque au scepticisme et dans un grand
découragement. Il en sortit en se faisant catholique, et dès l'année 1596 il
entra au collège des Ecossais, à Louvain, d'où il passa à Ratisbonne et à
Olmütz. Il fut reçu au noviciat de la Compagnie de Jésus à Brunn. En 1613, il
fut ordonné prêtre à Paris et, après vingt-deux années d'absence, il rentra
dans son pays sous le nom de Watson. Il se rendit chez son frère qui était
hérétique. Il passa six semaines dans le nord, puis revint à Edimbourg, où il
passa l'hiver chez William Sinclair, avocat au Parlement. En 1614, il fit un
voyage à Londres et dès le mois de juin il était de retour à Edimbourg, où il
se livra au ministère apostolique. On a conservé les procès-verbaux de
l'interrogatoire de plusieurs personnes poursuivies pour avoir entendu la messe
du Père Ogilvie. Ils mentionnent, comme ayant entretenu des rapports avec le
jésuite, le comte d'Eglinton, lady Maxwell, sir James Kneilland de Monkland,
David Maxwell, William Maxwell de Cawglen, John Wallace de Corsflat, John
Mayne, Marion Walker, Robert Heygate, Sainclair. Un des témoins du procès de
canonisation affirme que, « peu avant son arrestation, le Père Ogilvie avait
reçu à Glascow cinq abjurations ». Calderwood dit « qu'à Glascow, Ogilvie reçut
dans l'Eglise nombre de jeunes gens et beaucoup de personnes du meilleur monde
». Au commencement d'octobre, Ogilvie vint à Glascow et il fut vendu le 14 du
même mois, à l'archevêque de Glascow, par le traître Adam Boyd.
*****
Ici commence le récit
adressé par le martyr à un de ses amis.
Mon ami[1],
Pax Christi.
Tu remettras cet écrit au
Père Recteur du premier collège de Jésuites que tu rencontreras, tu le prieras
d'en faire tenir des copies en bon état au Père Général Claude Aquaviva, et de
prier pour moi. Le danger d'être apprehendé m'empêche de recopier, d'écrire, de
corriger et d'ajouter beaucoup de faits. Mes frères voudront bien excuser mes
erreurs, les corriger et prier pour Jean Ogilvie et ses compagnons de captivité
pour la Foi.
Au lecteur catholique,
Pax Christi.
Il y a six mois j'arrivai
à Glascow afin de tirer cinq personnes de l'hérésie, et, la messe achevée, dès
le lendemain je fus livré par un de ceux que je devais agréger à l'Eglise, par
un homme riche et de bonne maison, qui m'avait été recommandé de divers côtés
en qualité de catholique et cherchant depuis longtemps l'occasion de rentrer
dans le sein de l'Église. J'avais marqué à cet homme un rendez-vous pour
l'instruire. Vers quatre heures du soir, je me promenais sur la place, en
compagnie du fils aîné du magistrat de la ville ; sur un signe du traître, un
gentilhomme, qui était au service de l'archevêque, accourt vers moi. Cet homme,
qui est grand et vigoureux, m'ordonne d'aller trouver son maître.
Je m'imagine que ce
maître, c'est le shériff, le neveu du traître, chez qui nous nous étions donné
rendez-vous, et je réponds que j'irai volontiers ; puis je me dispose à le
suivre. Mais le fils du juge s'y oppose et veut m'entraîner chez lui, malgré le
serviteur de l'archevêque. Pendant que je cherche à les mettre d'accord, un
attroupement de soldats et de passants se forme autour de moi. On se jette sur
mon épée, on me pousse, on m'entraîne. Je me demande ce qu'on me veut ; savent-ils
ce qu'ils font ? Ces hommes se sont pris de querelle, moi je n'y suis pour
rien. En deux mots, je me sens soulevé par le flot du peuple, et suis comme
porté dans une maison voisine sur les épaules du juge. On m'enlève mon manteau.
Je refuse alors d'avancer sans mon vêtement. Chacun m'offre le sien, mais c'est
le mien que je veux, et on finit par me le rendre. Je me récrie alors sur la
barbarie de ce peuple de furieux, et je les menace de dénoncer au monde entier
ces procédés sauvages et sommaires. Pendant ce temps on court avertir le
pseudo-archevêque, qui se trouve dans un autre quartier de la ville, et on lui
dit que ses envoyés sont tués, que l'on s'égorge et que toute la ville est
soulevée.
A cette nouvelle,
l'archevêque convoque les barons et les nobles qui se trouvent en ville et,
s'en faisant cortège, arrive à la place. Il trouve tout ce tumulte apaisé et
demande où je suis. Il fait déjà nuit. On lui répond que je suis chez le
magistrat élu ce jour-là. Il s'y rend avec sa suite et, m'apercevant entre le
mur et la table, me fait signe de venir à lui. J'obéis, mais lui me frappe à la
joue en me disant : « C'était par trop d'audace à vous de venir dire vos messes
dans une ville réformée. » Je lui réponds : « En me frappant vous agissez non
comme un évêque, mais comme un bourreau. » Il semble que l'on n'attende que ce
signal : c'est alors un déluge de soufflets qui s'abat sur moi; on m'arrache la
barbe, on me déchire la figure à coups d'ongles jusqu'à ce que le comte
Fleming, saisi d'horreur, mette un terme à ces violences, par persuasion et par
force. Alors, tandis que j'étais à peine revenu de l'émotion causée par ces
coups, on donne l'ordre de me fouiller et de me deshabiller. Aussitôt quelques
individus commencent à le faire. Au moment où ils vont m'arracher le dernier
vêtement, rappelé à mes sens par la pudeur, je m'écrie : Misérable ! que
fais-tu là ? Ne sais-tu pas, si tu es homme, que je suis fait comme toi !
On m'enlève mon bréviaire et un compendium de questions controversées
; on me vole l'or et l'argent que j'avais renfermés dans deux bourses séparées,
ainsi qu'une
petite boîte en argent,
une pierre de Bezoar et une pierre qui me servait à cacheter mes lettres. Le
lendemain on s'empara de mon cheval à l'auberge, on mit la main sur les
vêtements sacerdotaux ainsi que sur des lettres du Père Patrice [Anderson]
contenant la liste des objets restés en Écosse appartenant aux Jésuites et du
Pere Murdoch contenant une liste de noms. Si un traître n'avait pas parlé,
jamais on n'aurait trouvé ces papiers, mais un Français révéla le secret[2].
On me menaça des
extrémités[3].
Je ne fis que rire des menaces, des grimaces et des injures. On me menaça
du cippus (le filet) . Je le sollicite. On refuse invoquant
l'humanité. Je réponds : Mentir n'est point faire acte d'humanité. Pourquoi
promettez-vous ce que vous ne donnez pas ? Le geôlier déclare que je suis
étonnant : les autres prisonniers, dit-il, n'ont pas coutume de provoquer le
magistrat au châtiment, c'est tout le contraire. Je réponds : Et ils font
sagement, ceux dont la prison est un sujet de honte ou de regret, qui redoutent
d'être pris et châtiés. Mais moi je me glorifie et mon châtiment m'es un
triomphe. Il me dit là-dessus : « Fais attention à ce que tu fais et à qui tu
parles. » Je réponds : « J'y ai pris garde, et toi, ferme mon cachot et va
dormir jusqu'à demain. » Il s'en fut.
Le lendemain[4],
on me conduit au palais épiscopal[5],
qui est rempli de barons et de ministres : on y avait déjà mandé deux membres
du Parlement. J'y suis introduit, tout malade des coups reçus la veille et
dominé par un tremblement nerveux.
[Au banc des juges
siégeaient : John Spottiswood, archevêque de Glascow ; le comte d'Argyle, les
lords Kilsyth, Fleming et Boyd, le laird de Minto, sir George Elphingstone, le
prévôt James Hamilton et les baillifs Bell, Braidwood et Colin Campbell.]
Les ministres me pressent
de questions sur l'équivoque dans les serments et sur la restriction mentale ;
je réponds vivement (c'est le seul moyen de venir à bout de ces enragés) et
nous nous échauffons de part et d'autre, jusqu'à ce qu'ils en aient assez et
rougissent d'avancer des choses qu'ils ne peuvent soutenir. On me demande si je
suis de condition noble : « Oui, leur dis-je, comme mes ancêtres.
— Avez-vous dit la
messe sur les terres du roi ? »
Je réponds : « Si c'est
là un crime, il est inutile de me faire jurer ; c'est chose à prouver par
témoins.
— Aussi bien,
prouverons-nous que vous l'avez fait par le témoignage de ceux qui vous ont vu.
— Si ces
attestations vous suffisent, répliquai-je, que voulez-vous de plus ? Quant à
moi, je verrai ce que j'aurai à faire, et si je dois adopter ou combattre leurs
dépositions.
— Êtes-vous prêtre?
— Prouvez que j'ai
dit la messe, vous aurez par là-même prouvé que je suis prêtre.
— Quel est votre nom
?
— Pourquoi me
demandez-vous cela ? Si je suis suspect, dites de quoi vous m'accusez, prouvez
votre dire par témoins; mais je n'ai pas assez à me louer de vous, pour vous
faciliter la besogne. Je dirai ce que la loi m'oblige à dire, rien de plus.
— Reconnaissez-vous
le roi ?
— C'est un fait que
Jacques VI règne en Écosse. » A ce moment je fus fort inquiet ; mais eux, qui
ignoraient la procédure, ne savaient comment avancer. « Jurez, me disent-ils.
— Et pourquoi
voulez-vous que je jure ?
— Afin que ceux qui
sont ici, de par le roi, pour vous juger, sachent si vous avez conspiré contre
l'Etat. Disculpez-vous donc par serment, ou bien nous vous considérerons comme
coupable. »
Je réponds : « C'est
pécher que de jurer en vain. C'est violer le précepte : Tu ne prendras pas le
nom de Dieu en vain. Or c'est précisément ce que je ferais, si j'allais sans
raison prendre Dieu à témoin de mon innocence, sachant qu'aux yeux de la loi,
ce recours à Dieu ne peut me servir de rien. En effet, dans les causes
criminelles, la loi ne permet pas de déférer le serment à l'accusé, et elle a
raison, car l'intérêt de la conservation pousserait beaucoup d'hommes à se parjurer
et à perdre leur âme en sauvant leur vie. Aussi bien, pour éviter à la fois de
tromper les juges et d'exiger un serment, au risque de perdre une âme rachetée
par Jésus-Christ, on n'instruit les causes criminelles que sur l'attestation
des témoins. Vous ne pouvez donc m'obliger à me disculper par serment, ce
serait m'obliger à violer la loi de Dieu en jurant sans raison. A vous de
prouver par témoins ce que vous avancez. Si cela vous est impossible, pourquoi
tourmentez-vous un homme innocent ? »
Ils me disent alors :
« Refusez-vous oui ou non
de prêter serment au nom du Roi?
— Que voulez-vous
que je jure ?
— Que vous répondrez
à toutes nos questions, sans équivoque et sans restriction mentale.
— Eh bien, leur
dis-je, quoique rien ne m'y oblige, je jurerai que je dirai tout ce que je
croirai devoir dire. Quant à ce que je suis décidé à taire, si vous
m'interrogez, je vous répondrai franchement que je ne veux pas vous le dire.
— Et quelles sont ces
choses que vous ne voulez pas dire ?
— Tout ce qui
pourrait me nuire ou à d'autres personnes, qui n'ont rien fait de mal.
— Et pourquoi cette
restriction ?
— Parce que je ne
suis pas tenu de révéler ces choses et que je ne veux pas offenser Dieu.
D'abord, rien ne peut m'obliger à pécher, et ce serait pécher que de nuire à un
homme qui n'est pas coupable. En second lieu, toutes les lois ont pour base le
droit naturel, qui a toujours pour objet de sauvegarder à l'homme sa vie et ses
biens et ce serait aller contre ce droit et contre toute justice que de me
perdre de gaîté de coeur. Je ne dirai donc rien qui puisse nuire, soit à moi,
soit à toute autre personne innocente comme moi ; je ne veux pas faire de
serment compromettant. »
A la fin, après une
longue discussion, pour en finir et pour échapper à des questions artificieuses
et dangereuses, mes ennemis se contentent du serment tel que j'entendais le
prêter: je cédai et je répondis aux questions qu'on me fit sur mon nom, sur ma
famille, sur ma patrie, sur mes parents, sur mes études, sur l'ordre religieux
auquel j'appartenais et sur le rang que j'y occupais.
[Voici la
déposition :
Le prêtre déclara
s'appeler Jean Ogilvie, fils de Walter Ogilvie de Drum ; il dit qu'il avait été
absent de son pays pendant vingt-deux ans, qu'il avait étudié dans les collèges
d'Olmutz et de Gratz, deux ans à Olmutz et cinq ans à Gratz. Qu'il avait été
ordonné prêtre à Paris ; qu'il était venu une première fois en Ecosse et y
était demeuré six semaines environ, qu'il était revenu cette fois-ci en mai. Il
avoua que le sac pris entre ses mains était bien à lui, qu'il était un jésuite,
simple religieux.
On lui demanda si la
juridiction du pape en matières spirituelles embrassait le royaume de Sa
Majesté, il répondit que oui et qu'il était prêt à mourir pour en rendre
témoignage.
Signé : JOANNES
OGILBOEUS, Societatis Jesu.]
On me demanda de nouveau
si j'avais dit la messe sur les terres du roi. Je répondis que, puisque les
édits du roi décrets du Parlement, sortant de leur compétence, considéraient la
messe comme un crime pour moi et pour Ceux qui y auraient assisté, je n'étais
pas tenu de répondre à leur question; qu'aucune loi ne pouvait m'obliger à me
perdre et à perdre des innocents. Juges, ils avaient à connaître des causes
criminelles, et non d'un acte religieux comme le saint Sacrifice.
Au for du roi
ressortaient les vols, les abus de confiance, les homicides, les
empoisonnements et non les sacrements.
« Mais, dirent-ils, le
roi n'est pas une personne laïque.
— Le roi, répondis-je,
n'est pas prêtre, il n'est même pas tonsuré. »
On me demande alors :
« Pourquoi êtes-vous
venu en Écosse ?
— Pour désapprendre
l'hérésie à mes compatriotes. »
Ils voulurent savoir qui
m'avait donné la juridiction, puisque je ne pouvais la tenir ni du roi ni des
évêques.
Je répondis en souriant
que leurs évêques, comme le roi, n'étaient que des laïques et n'avaient pas une
ombre de juridiction; qu'ils faisaient eux-mêmes partie du troupeau confié à
Pierre ; que quiconque prétendait régir une partie de ce troupeau, devait d'abord
en recevoir la délégation du Siège apostolique, où, selon les promesses du
Christ, en vertu de l'assistance merveilleuse du Saint-Esprit et par la
succession ininterrompue des personnes, résident toujours l'autorité et la
puissance confiées au chef des apôtres, autorité qui a fait de Simon, fils de
Jean, le rocher sur lequel l'Eglise est bâtie, comme l'indique son nom de
Pierre. C'est de là, dis je, que découle ma juridiction, que je puis faire
remonter au Christ en passant par tous les pontifes romains.
«Mais, m'objectèrent-ils,
c'est ici un crime de lèse-majesté de soutenir que le pape possède une
juridiction spirituelle sur les terres du roi.
— Cette juridiction,
dis-je, il la possède, c'est pour nous un article de foi.
— Oseriez-vous
signer cela ?
— Oui, et au besoin,
même de mon sang ! » et je signai. On me dit alors :
« Le pape peut-il
déposer le roi ? »
Je réponds : « Il ne
peut déposer un roi légitime et qui se montre fils obéissant de l'Eglise.
— Et si ce roi est
hérétique ?
— Beaucoup de docteurs
prétendent que le pape peut déposer un roi hérétique.
— Mais vous, qu'en
dites-vous ?
— Je dis que quand
la chose sera définie et de foi, je donnerai ma vie pour la défendre : et quand
j'aurai le pouvoir de faire comparaître à ma barre le pape et le roi, je dirai
à l'un jusqu'où va son pouvoir et à l'autre ce qu'il mérite. Maintenant, pourquoi
dirai-je ce que je pense ? Je n'y suis pas tenu, à moins que je ne sois
juridiquement interrogé par celui qui est le juge des controverses religieuses,
c'est-à-dire par le pape ou son délégué. »
Interrogé au sujet de la
conspiration des poudres, je répondis que j'avais en horreur les parricides.
« Mais, dirent-ils,
les jésuites et les papistes enseignent qu'on peut tuer les princes hérétiques.
— Eh bien,
repliquai-je, lisez, si vous le voulez, les actes du concile de Constance, et
vous verrez que, si les hérétiques ont enseigné pareille doctrine, les
catholiques l'ont toujours condamnée. Wicleff enseigne que les sujets peuvent
tuer leurs maîtres, si ceux-ci sont coupables, vu qu'alors ils perdent tous
leurs droits. Il dit aussi que les prêtres perdent en péchant le caractère
sacerdotal : toutes choses que le concile a condamnées.
« La conjuration des
poudres a été le fait de quelques membres de la noblesse. Mais vous,
presbytériens, vous en pourriez dire autant de votre attentat du 17 septembre,
alors qu'envahissant le palais, en grand nombre, vous avez voulu tuer le roi
ainsi que les sénateurs, et vous auriez réussi, si les soldats, aidés du
peuple, n'eussent arraché Sa Majesté de vos mains. Il y a en ce moment à
Edimbourg 2.000 hommes qui ont pris les armes ce jour-là et qui tous pourraient
attester que les trois prédicants les exhortaient à aller en avant et criaient
Dieu et le Kirk ! tandis que, du côté opposé, on criait : Dieu et le
roi ! Edimbourg devait être brûlé en punition de cet attentat ; on se contenta
de lui imposer une amende énorme. Mais ce n'est pas tout : votre grand Achille,
votre premier prédicant, qui n'habite pas loin d'ici, Robert Bruce, écrivit au
père du marquis actuel de Hamilton pour le presser de venir enlever la couronne
à un roi, indigne de ce nom, et qui favorisait les papistes; ajoutant qu'il
pouvait compter sur lui et sur les siens. Mais le marquis livra la lettre au
roi, qui exila quelques prédicants. Il ne s'agit pas là d'un complot tramé dans
l'ombre par quelques nobles isolés, mais d'une conjuration à ciel ouvert,
ourdie par vos ministres. Contre les jésuites, vous ne pouvez alléguer que des
soupçons, imaginés par la haine ; les faits que je viens de citer, le roi et
des milliers de personnes qui y ont été mêlées en sont témoins oculaires. »
On me fit alors ,beaucoup
de questions sur le Père Garnet. Je répondis qu'il était innocent, et qu'il ne
pouvait, même pour sauver le monde, dénoncer ceux qui se confessaient à lui.
L'archevêque dit
alors :
« Si quelqu'un me
confiait qu'il veut attenter à la vie du roi, alors même que ce serait en
confession, je le dénoncerais.
— Eh bien alors, lui
dis-je, on fera bien de ne pas se confesser à vous.
— On dit que le pape
a canonisé le Père Garnet.
— Qui vous a dit
cela ? — C'est qu'à Rome il a son portrait parmi les martyrs de votre
Compagnie.
— Les peintres et
les potes font ce qu'il leur plaît, cela ne prouve rien. Je prétends bien,
cependant, qu'il est mort martyr, parce qu'il est pour le secret de la
confession ; et si le pape le déclarait martyr, je mourrais volontiers pour
soutenir qu'il l'est. »
L'archevêque dit alors :
« Laissez là toutes
vos suppositions. Il s'agit de ce que vous pensez maintenant.
— Eh bien !
repris-je, je dis que si ce qu'il a écrit de sa prison est vrai, et cette
déclaration, que j'ai lue à mon passage en Angleterre, a été signée par deux
ambassadeurs étrangers et par beaucoup de membres de la noblesse ; si, dis-je,
cet écrit dit la vérité, le Père Garnet est mort saintement et il n'a point eu
de part à la conspiration des poudres. »
On m'opposa alors les
actes publics.
Ces actes, repris-je,
rédigés par des ennemis, ne peuvent inspirer aucune confiance ; et je ne vois
pas pourquoi je ne leur préférerais pas les témoins autrement dignes de foi que
je vous cite. D'ailleurs, quoi qu'il en soit, ces choses ne me regardent pas :
je suis venu dans mon pays pour prêcher non le Père Garnet, mais Jésus-Christ.
J'ai à répondre de mes actes, comme il eut à répondre des siens : chacun pour
soi et Dieu pour tous.
Il y avait vingt-six
heures que je n'avais mangé, et j'avais la fièvre. Bien que la chaleur de la
discussion m'eût animé, je grelottais : pris de compassion, mes juges me firent
approcher du feu. Un montagnard écossais, voisin du lieu de ma naissance,
m'interpelle alors et me traite de misérable menteur et de parjure, qui me suis
affublé d'un faux nom pour mieux cacher mon infâme profession. — Qu'il saurait
bien m'empêcher de souiller ainsi le noble nom des Ogilvie, en l'associant au
titre honteux de jésuite ; et il ajouta que, si ce n'était la présence de tant
de nobles personnages et le lieu où nous nous trouvions, il m'aurait déjà jeté
dans le feu de la cheminée. — Je lui répondis que ce serait le moment de me
jeter dans le feu, puisque j'étais transi de froid ; qu'il prît garde pourtant
qu'il n'eût à réparer les dégâts que cela causerait. Je ne fis que sourire de
ce que déblatérait cet homme, et les assistants qui, tout à l'heure, voulaient
me cribler de coups., se moquèrent de lui. Lui-même, après une petite explication,
se calma et me quitta en bons termes.
Le lord prévôt de la
ville disait publiquement que je ne m'appelais pas Ogilvie, mais Stuart ; que
j'étais du-même endroit que lui ; que mon père était ministre et habitait près
de Glascow et que ma mère était à Glascow. Quelques habitants de Glascow
déposent en ce sens et rappellent, à l'appui, des vols et des escapades
d'enfant. Je nie, on insiste, et tous me regardent comme un parjure. Le
lendemain on fait venir ma prétendue mère ; elle refuse de me reconnaître, parce
que, dit-elle, je n'ai pas les doigts liés, ni l'intelligence lente comme son
fils et que j'ai trop d'esprit. C'est à mon tour de rire. On me ramène à la
prison et au bout de deux jours on me donne une chambre.
Peu après on me mit aux
fers, ceux-ci pesaient deux cents livres et m'étaient attachés au moyen de deux
anneaux, en sorte que je ne pouvais que demeurer assis ou couché et rien de
plus, sauf de me tenir debout quelques instants pour satisfaire aux besoins
naturels.
Sur ces entrefaites, il
arriva des ordres de Londres ordonnant de m'infliger la torture des
bottes [6] afin
de me faire avouer les noms et la demeure des catholiques. Les commissaires
royaux se présentent et condamnent à mort quatorze catholiques avec moi-même,
les uns au gibet, les autres à la roue ; l'exécution devant avoir lieu en
différentes localités. On m'emmena à Edimbourg, je fus attendu par la foule des
femmes et des amis des condamnés et accueilli par une avalanche de boue, de
boules de neige et de malédictions. Le juge provincial encourage la
manifestation ; les serviteurs de l'archevêque s'emploient à l'arrêter, les
ministres regardent. J'affecte de ne pas m'en soucier et je chevauche gaiement
à travers la ville. On s'étonne de mon calme, je me contente de répondre par un
proverbe écossais : On ne rit plus quand on ne sent plus sa tête sur ses
épaules. It's passed jocking, when the head'soff. Avez-vous encore quelque
chose à me dire ? Une vieille femme maudit ma vilaine figure. Je lui réponds :
« Que la bénédiction du ciel descende sur ton joli minois, » et la voilà qui
proteste qu'elle regrette ce qu'elle a fait et que jamais plus elle ne dira de
mal de moi. Les hérétiques remarquèrent que je paraissais joyeux au milieu de
ces furieux et que je bénissais ceux qui me maudissaient.
En arrivant à Edimbourg,
craignant d'être reconnu grâce à mon manteau, je le rejetai pour paraître en
habit de cavalier, mais ce fut une précaution inutile. Chaque jour on laissait
entrer qui voulait, demandant à chacun s'il m'avait déjà rencontré et avec qui.
Beaucoup dirent m'avoir vu en effet en tel ou tel lieu. On répandit dans le
peuple le bruit que j'avais livré les noms de tous mes amis. J'étais logé au
palais de l'archevêque. On apporta les « bottes » et chaque jour on m'en
menaçait afin de me faire trahir les noms. En ce cas la liberté et des
récompenses m'étaient promises; bien plus, si je me faisais hérétique, on me
promettait le bénéfice de Moffet, un mariage noble et les bienfaits du roi.
« Moffet, dis-je en riant, mais c'est au Père Moffat qu'il faut offrir
cela ; Moffat et Moffet iront bien ensemble (1) ! Essayez, cela lui conviendra
peut-être, mais cela ne peut faire l'affaire d'un Ogilvie. Il est trop simple,
répliqua-t-on. — Non, il est beaucoup plus capable que moi ; s'il ne peut faire
votre affaire, je la ferai encore moins que lui. »
[Le 12 décembre] les
commissaires royaux [lord Binning, lord Kilsyth, sir Gedeon Murray, trésorier,
sir William Oliphant, avocat général, l'archevêque Spottiswood] se réunirent.
« Quand êtes-vous
arrivé à Edimbourg, me demanda-t-on, et où êtes-vous descendu ? »
Je réponds que je ne suis
pas tenu de révéler les noms des personnes et des lieux. Des juges, si juges il
y a, ont le droit de connaître des crimes et non de ces détails.
« Mais le roi, me
dit-on, a le droit de s'enquérir chez qui vous avez demeuré, afin de savoir où
vous avez conspiré contre l'Etat.
— Si la question
m'était posée par un souverain purement politique, je répondrais; mais, ne
pouvant admettre la prétention du roi d'être juge spirituel, je ne puis
répondre, ma conscience me le défend.
— Mais c'est là une
question purement politique.
— Pas du tout ;
toute influence, toute puissance, s'apprécie par le but qu'elle se propose et
par le but où elle s'exerce. Le but que se propose le roi relève de l'ordre des
choses spirituelles, car c'est la haine de la foi qui lui a fait rechercher les
papistes pour les punir. On le voit bien du reste par les catholiques de
Glascow qu'il détient en prison[7].
Si je disais où je suis descendu, vous intimideriez ceux qui m'ont donné
l'hospitalité et vous arracheriez les noms de ceux qui sont entrés en rapport
avec moi pour les punir, et j'aurais à me reprocher d'avoir exposé tant de
malheureux à la mort ou à des tentations terribles. Je manquerais gravement à
ce que je dois à Dieu et au prochain : ce serait un grand crime. C'est donc un
devoir pour moi de ne pas répondre.
Alors vous refusez
d'obéir au roi ?
— Demandez-moi ce à
quoi le roi a droit et j'obéirai.
— Le roi défend de
dire la messe, et vous, vous la dites.
— Voyez vous-même si
je dois obéir de préférence au Christ ou au roi. Le roi, dites-vous, défend de
dire la messe ; or le Christ, comme l'atteste le chapitre XXII de saint Luc, a
institué le sacrifice de la messe et ordonné de le reproduire. Je vous le
prouverai quand vous voudrez. Si le roi condamne ce que Jésus-Christ a établi,
comment ne pas l'appeler un persécuteur ?
— Mais le roi de
France a bien interdit le sol français à ses sujets protestants et le roi
d'Espagne a brûlé des hommes pour cause de religion.
— C'est une erreur,
répondis-je ; ni le roi de France n'a interdit le sol français, ni le roi
d'Espagne n'a brûlé personne pour cause de religion, mais pour cause d'hérésie,
et l'hérésie n'est pas une religion, mais une révolte.
Le greffier regarda
l'archevêque avec un sourire, celui-ci fit un signe de tête, comme pour dire :
Cela m'est bien égal, et ne dit rien.
On me dit alors : « Vous
n'auriez pas dû venir en Écosse, malgré les ordres formels du roi.
— Le roi n'a pas le
droit de m'exiler sans raison suffisante de mon pays, car enfin je suis, par
droit de nature, sujet du royaume d'Ecosse aussi bien que lui est roi.
— Oui, mais,
dirent-ils, le roi redoute les complots des jésuites pour sa personne et pour
son royaume et ce n'est pas sans raison.
— Qu'il imite
seulement sa mère et tous ses prédécesseurs les rois d'Ecosse, et il n'aura pas
plus à redouter les jésuites que le roi d'Espagne ne les redoute. Quel devoir
avons-nous à l'égard du roi, que nos ancêtres n'aient eu à l'égard de ses
ancêtres ? Si c'est de ses ancêtres qu'il tient le droit de régner, d'où vient
qu'il exige plus que ses ancêtres ne lui ont jamais légué ? Jamais les rois d'Ecosse
n'ont eu ni réclamé la juridiction spirituelle ; jamais ils n'ont eu d'autre
foi que la foi catholique et romaine. »
Vexé de ces paroles, un
des commissaires me dit qu'ils n'étaient pas venus là pour discuter.
« Je ne discute pas,
j'expose simplement que je ne dois pas être condamné à n'avoir pas de patrie et
que le roi n'a pas le droit d'exiger que je réponde à vos questions, puisque je
n'ai commis aucun crime. Si j'en ai commis un, si j'ai conspiré contre l'Etat
ou lésé quoi que ce soit, qu'on le prouve par témoins. Et puisque vous ne le
pouvez pas, pourquoi me tourmentez-vous ?
— La meilleure
manière d'écarter tout soupçon de conspiration, dit un des membres du conseil,
c'est de nous dire ; j'ai été dans tel et tel lieu, en compagnie de tels et tels
; j'ai fait ceci ou cela en Ecosse, demandez aux personnes qui m'ont vu: et si
elles déposent contre moi, je nie reconnaîtrai coupable. Si vous épuisiez ainsi
la liste de ceux avec lesquels vous avez été en rapports, on ne pourrait plus
rien alléguer contre vous, tandis que votre silence confirme nos soupçons que
vous craignez d'être trahi par vos complices.
— Je ferai mon
profit de votre avis, quand j'y verrai mon avantage ; maintenant je ne
gagnerais rien à le suivre. D'abord, j'offenserais Dieu par cette trahison et
je donnerais la mort à mon âme. En second lieu, cette révélation ne me serait
pas seulement inutile, elle me nuirait beaucoup : par vos menaces et par la
séduction des récompenses royales, vous pourriez décider quelques personnes
craintives à imaginer un complot qui servirait d'excuse à votre cruauté et vous
permettrait de me tuer, tandis que maintenant vous n'osez pas me traiter comme
vous le voudriez, de peur de vous déshonorer.
— Mais le roi,
dirent-ils, ne met personne à mort pour cause de religion.
— Pourquoi donc,
alors, les prisonniers de Glascow ont-ils été condamnés à être roués ou pendus?
— Nous vous en
supplions, disent-ils, ne nous forcez pas à vous mettre à la torture, comme
nous en avons l'ordre du roi. »
Je répondis que je n'ajouterais
pas un mot.
On me demanda alors : «
Défendez-vous la doctrine de Suarez ?
— Je n'ai pas lu ce
que Suarez a écrit; s'il affirme des choses qui ne sont pas de foi, c'est à
ceux qui les enseignent à les défendre. Je ne suis pas un satellite de Suarez.
Du reste, ceux, qui veulent le réfuter n'ont qu'à
traiter le même sujet
mieux que lui.
— Il fait déjà noir,
me répondit-on, et nous avons autre chose à faire. Pour vous, réfléchissez
bien, d'ici notre prochaine séance, si vous voulez vous décider à obéir au roi,
ou subir le dernier supplice.
— J'y réfléchirai,
mais mon parti est pris, je vous l'ai fait connaître. »
On me congédia et on
délibéra sur la torture qu'il fallait m'infliger pour me faire parler. On
résolut d'essayer une veille forcée. Pendant huit jours et neuf nuits sans
interruption, on me tint éveillé en me piquant avec des stylets, en me pinçant,
en m'enfonçant dans les chairs des épingles et des aiguilles, en me fatiguant
par des menaces de tortures inouïes et par les promesses les plus séduisantes.
Bientôt il ne fut bruit dans toute l'Écosse que de ma veille forcée, et
beaucoup étaient indignés et s'apitoyaient sur mon sort. Je reçus alors la
visite de nombre de comtes et de barons, qui me pressèrent de donner
satisfaction au roi. Mais comme je réfutais tous leurs raisonnements par
d'autres raisonnements, on désespéra de me vaincre et l'archevêque dit qu'il
aurait donné beaucoup pour n'être pas mêlé à cette affaire. Un jour que
beaucoup de personnes étaient venues me voir, un gentilhomme, qui avait été
témoin de tout, dit tout haut que lui et ses gens me réservaient des supplices
plus atroces encore, et que le conseil suprême ne se séparerait pas que je
n'eusse perdu la vie dans d'horribles tortures et que ma tête ne fût piquée
au-dessus de la porte occidentale de la ville, comme châtiment de mon
obstination, pour faire un exemple.
« Horribles
bourreaux, leur criai-je, je vous méprise. Donnez cours à votre haine
d'hérétiques, je m'en moque. Je n'ai jamais rien demandé et je ne demanderai
jamais rien à personne; je vous ai toujours méprisés. Je puis et je veux
souffrir pour la cause que je défends plus que vous ne pouvez à vous tous
ensemble me faire souffrir, cessez donc de m'obséder de vos menaces ; gardez
ces épouvantails pour des femmes. Pour moi, de pareille choses m'animent au
lieu de m'abattre et je ne fais pas plus de cas de vol criailleries que si
j'étais pourchassé par des oies.»
Ces paroles furent
suivies d'un grand silence et, sans dire mot, le gentilhomme s'esquiva, me
laissant en compagnie des geôliers. Peu après, il s'approcha et me demanda d'un
air bienveillant si j'avais besoin de quelque chose.
« Oui, lui dis je,
d'un lit pour dormir. » Il me dit alors à voix basse que s'il avait parlé de la
sorte, c'était par pure politique, à cause des personnes présentes; mais je
connaissais mon homme, je savais de quelle haine sauvage il était animé, et je
lui répondis que peu m'importait, que je ne rétractais pas un mot et que je
savais parfaitement ce que je faisais et à qui j'avais affaire et comment il
fallait agir.
Le dixième jour, les
membres du Conseil suprême revinrent. On me manda.
J'étais si affaibli par
cette veille prolongée, qu'à plusieurs reprises, je savais à peine ce que je
disais, ce que je faisais, en quel endroit j'étais. Les ministres trouvant
l'occasion propice venaient alors à chaque instant.
Mais je reprends mon
récit : le Conseil me fait donc comparaître et on me fait remarquer combien on
a été doux pour moi en m'éloignant la torture des « bottes » et en se
contentant de la veille forcée.
Je répondis que si on
m'avait soumis à la torture des « bottes», j'aurais pu me faire porter à
l'école ou à l'église, et gagner ma vie en faisant la classe ou en entendant
les, confessions : mais maintenant qu'ils avaient, par cette veille forcée,
éteint et comme tué en moi la sensibilité et, à part la vie, ils m'avaient tout
enlevé, puisque, pour servir le Christ et son Église, je n'avais pas tant
besoin de mes jambes que de mon intelligence ; qu'ils s'efforçaient de me
convertir, conversion digne des ministres protestants, en faisant d'un homme de
bon sens un homme hors de lui, et d'un jésuite un sot. Et j'ajoute : « Vous
pouvez garder le bénéfice de Moffet, si on l'achète à ce prix.
— Vous en verrez de
plus dures, me dirent-ils, si vous n'obéissez pas au roi.
— Alors même,
répliquai-je, que je me résoudrais à parler, je n'obéirai pas, parce que je ne
veux pas céder à la force, ni me laisser conduire par la crainte de la
souffrance comme un chien, au lieu de suivre ma raison Comme un homme. Essayez
donc vos « bottes », et je vous montrerai, avec la grâce de Dieu, que je ne
fais pas plus de cas de mes jambes que de vos «bottes ». Ma destinée est trop
noble pour que je me laisse ainsi faire violence ; cependant je m'appuie non
sur ma propre force, mais sur la grâce de Dieu. » Je les priai alors de
renoncer à me faire rétracter ou ajouter quelque chose. S'ils voulaient encore,
Dieu le permettant, me faire souffrir, qu'ils ne me fassent pas languir. Je ne
leur demandais que cela ; d'en finir au plus vite.
L'archevêque me dit : «
C'est la passion qui vous fait parler ainsi : personne ne désire mourir si
vite, quand il peut vivre, comme vous le pouvez vous-même, en acceptant les
faveurs du roi.
— Non, ce n'est pas
la passion qui me fait parler, mais une résolution très arrêtée. Je sauverai ma
vie si je le puis, pourvu que ce ne soit pas en perdant Dieu. Mais, ne pouvant
concilier les deux choses, je sacrifierai avec joie le moindre bien pour sauver
le plus grand. »
Accablé par une longue
veille et fatigué d'être demeuré debout, je rentrai chez moi ; un baron, shérif
d'un district de Glascow, m'y attendait : il m'accabla d'injures, ne pouvant
concevoir comment j'avais le coeur assez dur, moi Écossais, pour refuser de
donner satisfaction à mon roi, et il ajouta : « Si j'étais le roi, je vous
ferais bouillir dans de la cire.» Voyant qu'il ne me fallait pas songer à
adoucir mon homme par de bonnes paroles, je lui dis en riant que Dieu, s'il
avait voulu le faire roi, lui aurait donné plus d'esprit. Je m'assis et voulus
boire à, sa santé, et comme il ne voulait pas accepter mon toast, je le
plaisantai un peu pour faire tomber sa colère et faire rire les autres.
L'évêque, qui riait plus fort que les autres, et tous les assistants convinrent
que j'avais fait son portrait, absolument comme si je l'avais connu dès
l'enfance. Le lendemain, je revins à Glascow où il nie fit visiter sa maison et
son parc et me traita fort bien. Avant que je fusse arrêté, lorsque j'étais
obligé de loger chez des hérétiques, je disais mon bréviaire la nuit ; certaine
personne qui m'avait entendu réciter des formules à voix basse, à la clarté
d'une lampe; répandit le bruit que je m'adonnais à la magie, et, après. mon
arrestation, on en parla à l'évêque ; de sorte que le bruit courait partout que
j'étais un sorcier, au grand amusement de ceux qui avaient un peu de bon sens.
Le brave homme ajoutait que j'avais autour de moi une foule d'animaux noirs qui
m'apportaient une nourriture mystérieuse et avec lesquels je m'entretenais.
J'éclatais de rire à la barbe des ministres qui me parlèrent de ces sottises et
je me contentai de dire pour toute réponse que je récitais mon bréviaire. Un
ministre dit qu'il ne savait encore qui j'étais et l'évêque reprit : « Si on
n'avait découvert les lettres et la caisse, on ne saurait rien de vous.
N'est-ce pas intolérable que vous ne vouliez rien dire alors qu'on se donne
tant de mal pour cela, et sans profit? » J'ai répondu en riant que j'en étais
désolé.
L'évêque des îles, André
Knox, me dit qu'il pouvait célébrer la messe tout comme moi. Je lui demandai
s'il était prêtre; il me dit que non; alors, dis-je, vous n'êtes pas évêque et
ne pouvez dire la messe. Il me répondit : « Si vous voulez abjurer toutes ces
inventions des hommes et suivre la vraie religion qu'ont prêchée les apôtres,
vous aurez tout ce que vous voudrez, parce que vous avez beaucoup de courage et
d'esprit.
— Mais, lui dis-je,
votre religion n'a seulement pas dix us, car lorsque j'étais enfant vous teniez
comme article de foi qu'il n'y a de chef dans l'Eglise que le Christ ; et
maintenant vous jurez et vous &rivez tous que le roi est le chef de
l'Église. Vous-même vous avez écrit et juré le contraire. Cela n'est pas
conforme à ce que dit l'Apôtre : « Si je détruis ce que j'ai bâti, je fais
oeuvre de prévarication. » Or, vous avez prêché à Paisley contre l'épiscopat,
et vous avez déclaré que vous dénonceriez comme un démon quiconque se ferait
ordonner évêque et que vous exciteriez tout le monde à lui cracher au visage :
quinze jours après, vous étiez vous-même nommé évêque, et non content de
l'évêché des îles, vous avez trouvé moyen d'y annexer un outre évêché en
Irlande. Même comédie pour William Cooper : il a publié un livre contre l'ordre
de l'épiscopat et il est maintenant évêque de Galloway. Est-ce que vous n'avez pas,
tous tant que vous êtes, Messieurs. les prédicants, signé et juré que
l'épiscopat est chose abominable dans l'Eglise de Dieu, et maintenant
n'enseignez-vous pas juste le contraire? N'ai-je pas le droit après cela de
vous traiter tous, avec saint Paul, de prévaricateurs ?
— Pas du tout, me
répondit-on ; mais à mesure qu'on avance, la vérité se dégage plus nettement :
nous voyons mieux qu'autrefois.
— C'est évident.
Comme évêque, vous voyez un revenu d'un millier de livres sterling, tandis que
comme prédicants, vous n'en voyiez à grand'peine qu'une centaine ; mais
dites-moi, comment vous arrangez-vous avec vos. articles de foi ? S'ils
étaient faux alors, comment sont-ils vrais maintenant, et s'ils étaient vrais
alors, comment sont-ils faux maintenant ? En ce temps-là, à vous entendre, vous
ne croyiez que la parole de Dieu : maintenant, c'est votre croyance qui est
devenue parole de Dieu. Qu'est-ce qu'une doctrine qui tour à tour admet et
repousse les mêmes dogmes ? et quel est ce Dieu contradictoire dont vous
prêchez la parole ? Vous disiez alors : Ce que nous vous prêchons, c'est la
lumière et la vérité ; si nous devions vous croire alors, de quel nom
demandez-vous de vous croire maintenant? Ou si nous devons vous croire
aujourd'hui, quelle autorité aviez-vous alors pour nous commander de croire ?
— Ou je suis fort
trompé, ou votre doctrine n'est que l'iniquité qui se ment à elle-même.
— Monsieur Ogilvie,
me dit l'évêque, vous avez beaucoup d'esprit : que je voudrais avoir autour de
moi des hommes de votre trempe ; comme je les emploierais bien !
— Je préfère cent
fois suivre le bourreau à la potence ; car vous allez droit au diable.
— Comment, dit
l'évêque, vous osez me parler ainsi ?
— Pardonnez-moi,
milord, je suis peu au fait des politesses de cour, et nous autres jésuites,
parlons comme nous pensons. Je hais la flatterie; j'honore en vous le pouvoir
civil dont vous êtes revêtu et je respecte vos .cheveux blancs; mais je me
moque de votre titre d'évêque et de votre religion. Car enfin, vous n'êtes
qu'un laïque et vous n'avez pas plus de juridiction spirituelle que votre
bâton. S'il vous déplaît d'entendre ce que je pense, imposez-moi silence, je ne
dirai plus un mot; mais si vous voulez que je parle, je dirai non ce qui peut
vous flatter, mais ce que je pense.
— Je regrette
beaucoup, dit l'évêque, que la faim vous ait fait quitter le protestantisme et
ait fait de vous un papiste.
— Vous me jugez à
votre aune, lui répliquai-je, et vous me croyez capable de faire ce que vous
avez fait, vous qui avez troqué deux articles de votre credo contre deux
évêchés. Moi, j'étais l'aîné de mes frères, j'appartenais à la noblesse et,
lors même que je n'eusse pas étudié, j'aurais fait quelque figure dans le
monde, et encore aujourd'hui, si je voulais faire comme vous et changer de
religion, j'obtiendrais la faveur du roi et de gros revenus. » L'évêque me
quitta tout en colère et je ris de bon coeur.
L'archevêque répondant au
chancelier en plein Conseil (je n'étais pas là), lui dit que jamais on n'avait
vu en Ecosse de prêtre comme moi. Il dit aussi quelque part en plein; dîner
qu'il aimerait mieux être pendu à ma place que: de me voir m'évader, parce que,
comme dit le proverbe : Je pourrais faire sauter la marmite.
Je ne sais ce qui va
m'arriver : devant moi, l'archevêque s'exprime avec bienveillance. Il ne pense
qu'à une chose, à trouver où j'ai pu habiter et chez qui, et à punir ceux qui
m'ont donné l'hospitalité. Ces gens-là sont très étonnés de voit que je
m'afflige de ce que souffrent les autres, tandis que je me réjouis de mes
propres souffrances.
On prend toutes les
précautions imaginables pour qu'on ne m'adresse la parole qu'en présence du
geôlier, et pour que personne ne me donne ni papier ni plume. On n'entre guère
chez moi que pour me dire des choses désagréables ou pour m'apporter ma
nourriture. Ceux qui viennent dans d'autres intentions éveillent les soupçons
et sont accueillis d'un air moqueur.
Je revins à Glascow la
veille de Noël et je fus attaché par les deux pieds à un anneau de fer rivé au
mur ; mais on craignit que d'être toujours couché sur le dos ne me rendît
malade, et maintenant je n'ai plus qu'un pied enchaîné. Le fer est fermé par un
verrou qu'assujettit une double chaîne.
On reçut de Londres de
nouveaux ordres, je fus mandé devant le Conseil suprême [8] et
mis en demeure de répondre. Sur la table sont les oeuvres de Bellarmin et de
Suarez.
On me demande si le pape
peut déposer un roi hérétique.
Je réponds: «Beaucoup de
docteurs le pensent, et c'est une opinion très soutenable. Quand la chose sera
définie comme de foi, je donnerai ma vie pour la défendre. Mais tant que rien
ne sera décidé, je ne suis pas forcé de dire ce que je pense, à moins que je ne
sois juridiquement interrogé par celui à qui il appartient de décider les
questions controversées.
— Mais, me dit-on,
peut-on en conscience, pour obéir au pape, tuer un roi qui serait excommunié ?
»
Je répondis : «Vous
n'avez aucune juridiction spirituelle sur moi; aussi, pour ne pas avoir l'air
de reconnaître la juridiction spirituelle que s'arroge le roi, je ne répondrai
à aucune question de doctrine. Si vous m'interrogiez pour vous éclairer, je
vous répondrais; mais ici vous m'interrogez comme juges, et dès lors je ne puis
plus en conscience vous dire ce que je pense. Du reste, j'ai déjà réprouvé les
deux serments de suprématie et d'obéissance qu'on veut imposer aux Anglais.
— Le pape,
dirent-ils alors, a-t-il juridiction sur le roi?
— Oui, si le roi est
chrétien et baptisé.
— Le pape peut-il
excommunier le roi ?
— Oui, il le peut. »
On me demanda alors
comment il se fait que le pape puisse excommunier un homme qui ne fait pas
partie de l'Église de Jésus-Christ.
Je répondis : «
L'hérétique reste soumis aux peines, bien qu'il se soit mis dans
l'impossibilité de recevoir aucune grâce. Dans la société civile, le roi a
droit d'emprisonner et de punir les bandits, les voleurs ; dans l'Église, le
pape a le droit et le devoir de châtier les hérétiques révoltés contre lui et
ceux qui quittent leur mère la sainte Église. Par le fait même, du baptême, le
pape acquiert juridiction sur un homme, parce que par là cet homme entre dans
l'Église et devient membre du corps mystique du Christ et brebis du troupeau
dont le pape est le pasteur.
— Une bonne raison,
dit l'archevêque, pour que beaucoup aient horreur du baptême.
— Oui, répondis-je,
ils en ont horreur, en effet, tous les orgueilleux qui méprisent le joug du
Christ, et qui, avec leur Père le diable, cherchent leur propre gloire et non
celle de Jésus-Christ. Mais les autres ne partagent pas ces idées. »
Ici finit la narration du
Père Jean Ogilvie.
RÉCIT DES COMPAGNONS DE
SA CAPTIVITÉ.
L'archevêque transmit au
roi les pièces du procès avec un rapport défavorable (il avait juré la mort du
Père) qu'il signa ainsi que les autres nobles. En outre, l'archevêque écarta le
geôlier, qu'il jugeait trop humain pour le prisonnier et le remplaça par son
intendant, personnage dur et cruel qui le laissait chargé de fers dans une
complète solitude. Ne se fiant pas aux fers qui lui enserraient les pieds, il
avait imaginé des fers recourbés qui s'entrelaçaient dans des anneaux, tant il
redoutait une évasion, quoique le martyr répétât que si ses liens étaient de
cire il ne voudrait pas les rompre, et que si on ouvrait les portes il ne les
franchirait pas, afin de ne pas se dérober, à une cause juste, jusqu'à ce que
la Providence eût fait connaître qu'elle en disposait autrement. On le garda à
vue nuit et jour et les habitants d'Edimbourg se relayaient pour cette besogne.
L'archevêque de cette ville s'apercevant que sa femme montrait une extrême
compassion au prisonnier — elle n'était ainsi que quand elle avait trop bu — la
fait appeler et lui interdit ces bontés. Enfin, on reçut les ordres royaux
condamnant à mort le prisonnier s'il ne reniait les points qu'il avait
souscrits. Le bruit s'en répandit et parvint au prisonnier. Les gardes lui
demandèrent comment il se trouvait ; il répondit : Comme un homme étendu par
terre sous le poids des fers.
Il leur demanda s'il y
avait des nouvelles, ils disent : «Non.» Et moi je vous en annonce une : «C'est
que demain ou après-demain un prêtre doit mourir. »
L'archevêque revint à
Edimbourg avec des nobles et d'autres comparses pour rendre le jugement. La
veille de sa mort, le martyr se fit laver les pieds et convia les assistants à
ses noces du lendemain. Le bruit que firent les gardes le priva du moyen de se
recueillir la nuit suivante, mais au matin il obtint un moment de solitude pour
prier. Le magistrat arriva avec une troupe de bourgeois armés, chercher le
prisonnier, à qui on demanda s'il était prêt. Il répondit qu'il était prêt
depuis longtemps et désirait cet instant. Au sortir de la prison, il était vêtu
d'un habit déchiré, le majordome de l'archevêque lui ayant volé son manteau. A
son passage,une foule de tout sexe et de tout rang l'attendait, les femmes et
les amis de ses compagnons de captivité, qui quelque temps auparavant l'avaient
assailli d'injures et de boules de neige le croyant cause de leurs malheurs,
mieux instruits aujourd'hui, sachant son innocence, sa fermeté, son refus de
dénoncer les catholiques, lui souhaitaient bonne chance. Tout le monde pleurait,
même les hérétiques. Introduit dans la chambre du Conseil, l'accusé s'assit et
demeura couvert. Lecture faite des noms des assesseurs, on lui demanda s'il
récusait quelque juré. Il répondit : « Si ce sont des amis, ils doivent être à
mes côtés ; s'ils sont mes ennemis, ils ne peuvent être juges équitables.
— Alors,lui
dit-on,c'est à Rome qu'il faut aller chercher des jurés, ou bien nous devrions
peut-être demander à ceux qui ont assisté à vos messes de venir siéger ici.
— Ces pauvres gens,
dit l'accusé, entendent mieux le petit négoce dont ils vivent, que les causes
criminelles. »
L'archevêque ayant
observé que, s'ils étaient pauvres, c'était la faute du Père, le martyr lui
réplique que c'était lui, archevêque, qui les avait ruinés en les emprisonnant
et en les pressurant. On savait qu'ils avaient été obligés, pour avoir la paix,
de lui abandonner tout ce qui leur restait. Quant à lui, Ogilvie, il n'avait
jamais été à charge à personne et n’avait jamais cherché qu'à venir en aide aux
âmes et à les sauver de l'hérésie.
« Vous mentez, dit
l'archevêque.
— Dites-nous alors,
dit le Père, si vous le pouvez, ce que c'est que le mensonge. Pour moi, je dis
ce que je pense et ce que je sais être vrai. »
[On le questionna sur
l'autorité du roi, le pouvoir attribué au pape de déposer les rois et de délier
les sujets du serment de fidélité.]
Le Père répondit à chaque
question comme il avait déjà fait. Quand vinrent ces deux questions, à savoir :
si le pape peut déposer un roi excommunié et s'il peut le livrer aux coups des
assassins, il déclara qu'il ne répondrait pas.
Les juges lui firent
observer que se taire sur un pareil point c'était s'avouer coupable. «
Jugez-moi, répondit-il, sur mes paroles et sur mes actes, et laissez le soin de
juger mes pensées à Dieu seul, à qui je dois en rendre; compte.
— Vous refusez donc,
lui dit-on, d'obéir au roi.
— En toutes choses
pour lesquelles je suis obligé d'obéir à Sa Majesté, je me soumettrai
joyeusement, et si son royaume était envahi, je le défendrais jusqu'à la
dernière goutte de mon sang; mais il y a d'autres droits, comme celui de la
juridiction spirituelle, que le roi s'arroge sans raison, et, sur ce point, je
ne lui obéirai pas. Je ne le dois ni ne le veux. Que le roi prenne garde, en
empiétant sur le droit d'autrui, de compromettre le sien.
« Je ne répondrai
pas à ces deux questions, puisque je ne puis le faire, sans supposer au roi une
juridiction qu'il n'a pas. J'agirais peut-être autrement si on m'interrogeait
pour me consulter.
— Eh bien ! moi, dit
un des jurés, je vous consulte sur ces questions : qu'avez-vous à me dire ?
— Je trouve par trop
ridicule, dit l'accusé, que vous qui devez être mon juge, vous veniez me
consulter précisément sur les points que vise l'accusation. Je ne répondrai
rien là-dessus tant que l'Eglise n'aura rien défini ; car vous n'avez qu'un
but, celui de me compromettre, afin de colorer par un semblant de justice une
haine qui a soif de ma mort. Vous me faites l'effet d'un essaim de mouches qui
se jettent sur un plat succulent, ou d'une troupe de pêcheurs qui cernent un
pauvre petit poisson.
On lui demanda s'il
approuvait le meurtre du roi ; il répondit qu'il l'abhorrait.
Les juges se réunirent
pour prononcer la sentence de condamnation. Alors le prisonnier leur rappela le
jugement de Dieu et condamna l'iniquité de leurs sentences à l'égard des
catholiques. L'archevêque lui demanda si, au cas où il serait exilé, il
reviendrait en Angleterre. « Si j'étais exilé pour un crime commis par moi, dit
le Père, je me garderais bien de revenir. Mais si je l'étais pour la cause que
je défends en ce moment, je reviendrais aussitôt. Plût à Dieu que je pusse
convertir à la vraie foi autant d'hérétiques que j'ai de cheveux sur la tête,
et vous tout le premier, seigneur archevêque... »
Les juges étant bien
rentrés de leur délibération, rapportèrent la peine de mort, décidant que le
condamné serait conduit à la potence dressée sur la place publique, qu'après y
avoir été pendu il aurait la tête coupée et que son corps coupé en quatre
serait exposé à la vue du peuple. Le martyr rendit grâces, bénit celui qui
prononça la sentence, et l'ayant embrassé, il remercia l'archevêque et les
autres, leur tendit la main et leur promit le pardon qu'il demandait à Dieu
pour lui-même. Il se recommanda aux prières des catholiques s'il s'en trouvait
là. Puis il se tourna vers la muraille et se donna à l'oraison, taudis que
l'archevêque donnait ordre qu'on lui interdît toute conversation avec les
spectateurs en sa qualité de condamné pour crime de lèse-majesté. Tandis que le
martyr priait [à l'hôtel de ville] les autres acteurs allèrent dîner. A ce
moment un serviteur de l'archevêque introduisit le shérif et le bourreau que le
martyr embrassa, réconforta et assura de son plein pardon. Le shérif livra le
Père au bourreau, qui le garrotta, et on se rendit au lieu du supplice. [Il
était à peu près une heure après midi.] Dès qu'on arriva au lieu de l'exécution
que remplissait la foule à laquelle il lui était défendu d'adresser la parole,
il regarda la potence, l'embrassa.
Sur [9] le
chemin de l'échafaud, Ogilvie avait rencontré un ministre hérétique qui lui
adressa la parole. Heureusement leur conversation fut entendue par John Browne
de Loch-Hill qui la rapporta à son fils, lequel l'a consignée dans un document
authentique.
Le ministre interpella le
Père et l'assura de l'intérêt qu'il lui portait. «Mon cher Ogilvie, lui dit-il,
comme je vous plains de vous obstiner de la sorte à finir par une mort infâme !
» Le Père lui répondit un peu comme un homme qui a peur : « Comme
s'il dépendait de moi de mourir ou de ne pas mourir ! Je n'y puis rien ;
on m'a déclaré coupable de haute trahison, et c'est pour cela que je
meurs. — Trahison, dit le ministre, il s'agit bien de cela ;
croyez-moi, abjurez le papisme et le pape, on vous pardonnera tout et on vous
comblera de faveurs. — Vous vous moquez de moi, dit le
Père. — Non, reprit le ministre, je parle sérieusement et j'ai
qualité pour le faire, car Monseigneur l'archevêque m'a chargé de vous offrir
sa fille en mariage avec la plus belle prébende du diocèse comme dot, si je
vous décidais à venir à nous. »
On était arrivé au pied
de l'échafaud. « Eh bien, dit Ogilvie, faites-moi le plaisir de répéter tout
haut et devant tous ce que vous venez de me dire. — Je ne demande pas
mieux, dit le ministre. — Écoutez, cria Ogilvie, ce que le ministre
veut nous dire ; et le ministre de dire tout haut : — Je promets
au sieur Ogilvie la vie, la fille de l'archevêque et une riche prébende s'il
veut être des nôtres. — Entendez-vous, dit le Père, et êtes-vous
prêts à en rendre témoignage si vous en êtes requis ?
Oui, nous avons entendu,
cria la foule, et nous témoignerons ! Descendez, sieur Ogilvie, descendez
de l'échafaud. » A ce moment les catholiques eurent un instant d'angoisse et
les hérétiques étaient radieux. « Alors, reprit Ogilvie, je n'aurai plus à
craindre d'être poursuivi pour haute trahison ? — Non, non. — Si je suis ici,
c'est donc uniquement pour cause de religion, c'est là mon seul crime ?
— Oui, la religion seule ! — Très bien, c'est plus que je n'en voulais. C'est
pour ma religion seule que je suis condamné à mort. Pour elle je donnerais
joyeusement cent vies si je les avais ; je n'en ai qu'une, prenez-la et faites
vite. Quant à ma religion, vous ne me l'arracherez pas. » A ces mots, les
catholiques relevèrent la tête triomphants, pendant que les hérétiques
rugissaient d'avoir été pris dans leurs filets. Le ministre surtout était hors
de lui ; il interrompit brutalement le Père Ogilvie qui allait ajouter quelque
chose et ordonna au bourreau de lui faire gravir l'échelle sans délai.
[La potence se dressait sur une plate-forme à
laquelle on accédait par une échelle que le martyr monta avec difficulté.
Abercrombie se trouvait sur la plate-forme.]
Un [10] ministre
[nommé Scott] criait à tue-tête : « Ogilvie va mourir, non parce qu'il est
catholique, mais parce 'qu'il a commis un crime de lèse-majesté. » Ogilvie fit
avec la tête un signe de dénégation. Il voulait parler, on l'en empêcha.
Abercrombie l'exhortait à la patience. « Jean, lui disait-il, ne vous chagrinez
pas de ces mensonges ; plus on vous fera tort, plus vous aurez de mérite. » Les
serviteurs de l'archevêque se jetèrent sur Abercrombie et le poussèrent, en
sorte qu'il tomba de la plate-forme la tête la première, en lui disant : «Qu'as
tu besoin, traître, de venir encourager ce traître ? » Il eût été tué sur le coup
s'il ne fût tombé sur la foule, très compacte en cet endroit.
A cette vue, le martyr
dit : « Votre conduite est vraiment étrange, vous m'empêchez de me
défendre et au même moment vous dénaturez tous les faits par vos mensonges. Car
vous mentez quand vous prétendez que j'ai parlé contre le roi : je n'ai jamais
rien dit ni rien fait qui pût lui nuire ; j'ai seulement affirmé que le pape
avait une juridiction spirituelle sur le territoire du roi comme dans le monde
entier, partout où il y a des chrétiens, et qu'il a le droit d'excommunier un
roi hérétique. Si j'ai dit autre chose, prouvez-le en présence de cette foule.
Ce que j'ai dit, je l'ai signé, et je suis prêt à mourir pour le défendre. Mais
vous, vous m'avez calomnié auprès du roi, et maintenant vous cherchez à me
déshonorer aux yeux du peuple. Sachez qu'un autre Ecossais et moi, nous avons
plus fait pour le service de Sa Majesté à l'étranger, que vous ne pouvez le
faire avec tous vos ministres, et que je donnerais volontiers ma vie pour lui.
Ainsi donc, c'est bien entendu, c'est pour la religion seule que je meurs. »
Le ministre lui demanda
s'il avait peur de la mort. « Non, dit-il ; puisqu'il faut mourir pour une
si sainte cause, je n'en ai pas plus peur que vous d'un bon dîner. »
On lui lia les mains
derrière le dos, et on serra la corde si fort que tous ses doigts en
tremblaient, puis on lui ordonna de gravir la seconde échelle. Pendant tout ce
temps il ne cessait de prier et de demander pour son âme les prières des
catholiques présents. Il invoqua la Vierge et les saints, plaçant son espérance
dans le sang du Christ, dit-il, et afin que tous l'entendissent, il répéta ses
invocations en latin et en écossais. Sur l'ordre réitéré du shérif, le bourreau
retira l'échelle et le corps resta suspendu en l'air.
Un grand tumulte s'éleva
dans la foule, suivi d'un murmure. Tous, hommes et femmes, déploraient cette
mort injuste et montraient combien ils détestaient la cruauté de l'archevêque
et des ministres, priant Dieu de venger l'innocent et de pardonner au peuple
resté étranger à sa mort. Dans la suite, les ministres dans leurs sermons
reprochèrent amèrement au peuple ses manifestations, lui faisant un crime de
pleurer un malfaiteur et un séducteur ; mais les braves gens, sans se soucier des
calomnies des ministres, gardèrent leurs sentiments, rappelant qu'au dernier
moment on avait, en effet, offert un bénéfice, un mariage et la protection du
roi à Ogilvie s'il apostasiait. Le bourreau et les fossoyeurs — les
catholiques n'osant approcher — mirent le corps en bière et
l'enterrèrent dans le cimetière des criminels.
Dans la soirée qui suivit
l'exécution, un cavalier s'arrêta à deux milles de la ville. Dès qu'il eut
appris la mort du Père, il s'éloigna rapidement. Pendant la nuit, qui fut
orageuse, on vit une quarantaine de cavaliers rôder autour de l'endroit où le
Père Ogilvie était enseveli et ion crut qu'ils enlevaient le corps. Le bruit
vint jusqu'au magistrat, qui dès le matin vint au cimetière avec une grande
foule. On trouva la terre fraîchement remuée et on examina si le cercueil était
enlevé en enfonçant en terre des tiges de fer. On trouva de la résistance, d'où
on conclut à la présence de la bière. Le magistrat ne laissa pas les recherches
aller plus avant. On s'en alla en disant que le corps n'avait pas été enlevé[11].
[1] John
Magne, compagnon de captivité, condamné à mort et gracié.
[2] On
lit dans le rapport officiel : « Son bagage (à Jean Ogilvie) avait été mis en
sûreté par un ami, puis fut remis le lendemain aux magistrats. On y trouva des
vêtements sacerdotaux, un calice, une pierre d'autel et autres niaiseries —
entre autres choses, le pouvoir de dispenser ceux qui avaient des biens
d'église, à la condition d'employer les revenus en oeuvres pies, du jugement du
confesseur. « Parmi les objets saisis se trouvait une relique consistant en une
touffe de cheveux de saint Ignace.
[3] Cette
première nuit se passa dans la prison appelée Tolbooth, aujourd'hui détruite ;
elle touchait la Croix de Glascow.
[4] Le
15 octobre.
[5] Situé
à côté de la cathédrale, à peu près où est l'hôpital actuel (infirmary), mais
plus en avant, masquant un peu la cathédrale.
[6] Cet
instrument de torture consistait en un appareil en forme de gouttière en fer
reliée à la jambe par des cercles de fer fortement vissés ; une violente
torsion imprimée à ces cercles par la pression des vis comprimait la jambe à
volonté et pouvait étrangler la jambe de manière à la casser et à faire jaillir
la moelle des os.
[7] Le
P. Moffat, jésuite, était alors prisonnier au château d'Edimbourg.
[8] 28
janvier 1615.
[9] Déposition
de F. Browne, S. J. — Stonyhurst mss.
[10] Nous
reprenons la relation.
[11] LES
MARTYRS : Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les
origines du christianisme jusqu'au XX° siècle ; traduites et publiées
par le R. P. Dom H. Leclercq, moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough.
SOURCE : http://nouvl.evangelisation.free.fr/john_ogilvie.htm
John
Ogilvie, Grabado de Melchior Küsel. Mathias Tanner, "Societas Jesu usque
ad sanguinis et vitae profusionem militans, in Europa, Africa, Asia, et
America, contra gentiles, Mahometanos, Judaeos, haereticos, impios, pro Deo,
fide, Ecclesia, pietate, sive, Vita, et mors eorum, qui ex Societate Jesu in
causa fide", Praga, 1675.
Profile
Walter Ogilvie was
a Scottish noble
who raised his son John in the state religion of Scotland, Calvinism.
John converted to Catholicism at
age 17 at Louvain, Belgium,
and then attended several Catholic educational institutions.
He joined the Jesuits soon
after in 1597,
and was ordained in Paris, France in 1610.
Sent to work in Rouen, France.
It was a time of great
persecution of Catholicism in Scotland. “Send
only those,” wrote the Earl of Angus to the Jesuit General, “who
wish for this mission and are strong enough to bear the heat of the day, for
they will be in exceeding danger.” Wholesale massacres of Catholics had
taken place in the past, but by this point the hunters concentrated on priests and those who
attended Mass.
The Jesuits were
determined to minister to the oppressed Catholic laity,
but when captured,
they were tortured for
information, then hanged,
drawn, and quartered.
Ogilvie repeatedly
requested assignment to his home Scotland,
and it was finally granted; he returned in November 1613.
He worked as an underground missionary in Edinburgh and Glasgow,
dodging the Queen‘s priest-hunters,
disguised as a soldier named Watson.
After 11 months in the field (and on the run), John was betrayed by a phony
Catholic, imprisoned,
interrogated, then tortured for
the names of active Catholics.
He gave no information. “Your threats cheer me; I mind them no more than
the cackling of geese,” he told his captors. Asked if he feared to die Father John
replied, “No more than you do to dine.”
After three trials he was
convicted of treason for being loyal to the Pope,
and denying the king‘s
supremacy in spiritual matters. He is the Church‘s
only officially recorded Scottish martyr.
Born
1579 at
Drum, Grampian, Scotland
hanged 10 March 1615 at Glasgow, Scotland
no relic of
his body has survived
30 November 1928 by Pope Pius XI (decree
of martyrdom)
22 December 1928 by Pope Pius XI
17 October 1976 by Pope Paul
VI
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Catholic
Encyclopedia, by Michael Barrett
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
A Scottish Knight-Errant:
A Sketch of the Life and Times of John Ogilvie, Jesuit by Mother Frances Monica
Alice Forbes and M. Cahill
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
other
sites in english
images
video
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
fonti
in italiano
Dicastero delle Cause dei Santi
Martirologio Romano, 2005 edition
nettsteder
i norsk
MLA
Citation
‘Saint John
Ogilvie‘. CatholicSaints.Info. 19 April 2024. Web. 13 March 2026.
<https://catholicsaints.info/saint-john-ogilvie/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-john-ogilvie/
Article
(Blessed) Martyr (17th
century) Born at Drum 1579 of Protestant parents, he became a Catholic and
withdrew to the Continent, where he joined the Society of Jesus. He returned to
Scotland as a priest in 1613, and after a short ministry in Glasgow was arrested,
put to the torture and finally executed on March 10th 1615.
MLA
Citation
Monks of
Ramsgate. “John Ogilvie”. Book of Saints, 1931. CatholicSaints.Info.
19 April 2024. Web. 13 March 2026.
<https://catholicsaints.info/book-of-saints-john-ogilvie/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-john-ogilvie/
St. John Ogilvie
Feastday: March 10
Birth: 1579
Death: 1615
Born in 1579, John Ogilvie
belonged to Scottish nobility. Raised a Calvinist, he was educated on the
continent. Exposed to the religious controversies of his day and impressed with
the faith of
the martyrs, he decided to become a Catholic. In 1596, at age seventeen he was
received into the Church at Louvain. Later John attended a
variety of Catholic educational
institutions, and eventually he sought admission into the Jesuits. He was
ordained at Paris in
1610 and asked to be sent to Scotland, hoping some Catholic nobles
there would aid him given his lineage. Finding none, he went to London, then
back to Paris, and finally returned to Scotland. John's work was quite
successful in bring back many people to the Faith. Some time later
he was betrayed by one posing as a Catholic. After his arrest he was tortured
in prison in an effort to get him to reveal the names of other Catholics, but
he refused. After three trials, John was
convicted of high treason because he converted Protestants to the Catholic Faith as
well as denied the king's spiritual jurisdiction by upholding the Pope's
spiritual primacy and
condemning the oaths of
supremacy and allegiance. Sentenced to death, the courageous priest was
hanged at Glasgow in
1615 at the age of thirty-six. His feast day is March 10.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=820
New
Catholic Dictionary – Saint John Ogilvie
Article
Martyr; born near Keith,
Scotland, 1580; died Glasgow, Scotland, 1615. He was converted from Calvinism
at Louvain, and having joined the Jesuits returned to the Scottish mission.
Some months later he was betrayed in Glasgow and hanged after torture.
Canonized in 1976.
MLA
Citation
“Saint John
Ogilvie”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info.
12 August 2017. Web. 13 March 2026.
<https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-john-ogilvie/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-john-ogilvie/
John Ogilvie, SJ M (RM)
Born in Banffshire, Scotland, c. 1579; died at Glasgow, Scotland, March 10,
1615; beatified in 1929; canonized by Pope Paul VI in 1976 (the first Scottish
saint since Margaret in 1250).
John Ogilvie, son of the Calvinist baron of Drum-na-Keith and Lady Douglas of
Lochleven, returned to the faith of his fathers and forsook his heritage in
this world as the result of a passionate course of theological studies and
ardent prayers for light. The laird of Drum-na-Keith had sent his eldest son
abroad so that his 13-year-old John could have the full benefit of French
Calvinism as he studied for a few years at Louvain.
This is characteristic of the violent religious turmoil of the age: the boy of
15 was entirely absorbed by an interest in religion--and wanted to be clear
about which faith was the 'true' one. He himself explained later that what
decided the question for him--and for me--was his experience that the Roman
Catholic Church included all kinds of people--emperors and kings, princes and
noblemen, as well as burghers, peasants, and beggars--but that it overtopped
them all--no man was above the Church.
John had also seen that the Church could impel people of all classes to
renounce the whole world to devote themselves entirely to God. And the final
reason, the one which in the end led to his conversion, was his having seen
that the men who gave their lives and their blood for Christ, those who had
died to spread Christianity among mankind, had been martyrs for the
Christianity of Rome and not for that of Geneva or Wittenberg.
At the age of 17 (1596), John Ogilvie returned to Catholicism, because he
wished to belong to the Church of the martyrs. Twenty years later, he himself
suffered the death of a martyr.
After his reception into the Catholic church at the Scots College at Louvain,
John continued his studies at Ratisbon (Regensburg) and Olmütz. In 1600, he
joined the Jesuit novitiate at Brünn (Brno), where he enjoyed the Jesuit
education in the liberal arts and sciences as well as religious studies and
spiritual formation. For ten years he worked in Austria, mainly at Graz and
Vienna, before he was assigned to the French province. Ogilvie was ordained at
Paris in 1610 and stationed in Rouen, where he learned of the persecution of
Catholics in his homeland. In 1613 received permission to go to Scotland to
minister to the persecuted Catholics there.
Using the alias John Watson, purportedly a horse trader and/or a soldier back
from the wars in Europe, he worked in Edinburgh, Renfrew, and Glasgow. He found
that most of the Scottish Catholic noblemen had conformed, at least outwardly,
and were unwilling to help a proscribed priest. Unable to make much of an
impression, he went to London to contact one of the king's ministers and then
to Paris for consultation. He was sharply told to return to Scotland, which he
did.
In Edinburgh Ogilvie stayed at the house of William Sinclair, a lawyer whose
son he tutored. He ministered to a congregation and visited imprisoned
Catholics. Eventually Ogilvie was successful in winning back a number of
converts to the Church. Soon he attracted the attention of Archbishop
Spottiswoode, once a Presbyterian but now carrying out in Scotland the
religious policies of James I and VI.
He was betrayed by a man named Adam Boyd, who trapped him by pretending to be
interested in the faith. He was imprisoned, treated to the French torture of
"the boot," and forcibly kept from sleep for eight days to compel him
to reveal the names of other Catholics--which he refused. Steadfastly, he remained
loyal to the crown in temporal matters. After months of torture he was found
guilty of high treason for refusing to acknowledge the supremacy of the king in
spiritual matters and for refusing to apostatize. He managed to write an
account of his arrest and treatment in prison, which was smuggled out by
visitors.
When Saint John appeared in court at Edinburgh in December 1613, he questioned
why Catholics were persecuted. He claimed the right to the faith that had not
only shown itself compatible with the order of society, but had been the main
factor in the creation of that order and in the birth of the nation. He said,
"Neither Francis [of France] has forbidden France, nor does Philip [of
Spain] burn for religion but for heresy, which is not religion but rebellion."
Heir of Drum-na-Keith, who had forsaken his family, his home, and his estate to
become a Jesuit and a priest, says to Spottiswoode and the other reformed
clergymen who owed their position and all they possessed to the favor of King
James:
"The King cannot forbid me my own country, since I am just as much a
natural subject as the King himself. . . . What more do we owe him than our
ancestors to his ancestors? If he has all his right to reign from his
ancestors, why does he ask for more than they have left him by right of
inheritance? They have never had any spiritual jurisdiction, nor have they ever
exercised any; nor held any other faith than the Roman Catholic."
Finally, John Ogilvie was
hanged at Glasgow (Attwater, Benedictines, Delaney, Farmer, Moore, Undset).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0310.shtml
Ven. John Ogilvie
Eldest son of Walter
Ogilvie, of Drum, near Keith, Scotland,
b. 1580; d. 10 March, 1615. Educated as
a Calvinist,
he was received into the Church at Louvain by Father
Cornelius a Lapide. Becoming a Jesuit at
the age of seventeen he was ordained priest in
1613, and at his own request was sent on the perilous Scottish mission. He
landed in Scotland in
November, 1613, and during nine months reconciled many with the Church in Edinburgh and Glasgow.
He was betrayed in the latter city, but, during a long imprisonment,
no tortures could force him to name any Catholics.
Though his legs were cruelly crushed, and he was kept awake for nine nights by
being continually pricked by needles, scarcely a sigh escaped him. Under
searching examinations, his patience, courage,
and gaiety won
the admiration of his very judges — especially of the Protestant Archbishop Spottiswood
— but he was condemned as a traitor and
hanged at Glasgow.
The customary beheading and quartering were omitted owing to undisguised
popular sympathy, and his body was hurriedly buried in
the churchyard of Glasgow cathedral.
He was declared venerable in the seventeenth century.
Sources
Authentic account of
Imprisonment and Martyrdom of Fr. John Ogilvie, S.J., translated from a Latin
pamphlet (Douai, 1615; London, 1877); Forbed-Leith, Narratives of Scottish
Catholics (Edinburgh, 1885); a Lapide, Comment. in Isaiam, c. 1, v.
7.
Barrett,
Michael. "Ven. John Ogilvie." The Catholic Encyclopedia. Vol.
11. New York: Robert Appleton Company, 1911. <https://www.newadvent.org/cathen/11223b.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by William D. Neville.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. February 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D.,
Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2023 by Kevin Knight.
Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/11223b.htm
Saint John Ogilvie
March 10 is the
liturgical memorial of Saint John Ogilvie, a 16th- and 17th-century
Scotsman who converted from Presbyterianism to Catholicism, served as a Jesuit
priest, and died as a martyr at the hands of state officials.
St. John was executed for
treason, refusing to accept King James I’s claim of supremacy over the Church.
Pope Paul VI canonized him in 1976, making him Scotland’s first canonized saint
for several hundred years.
In February 2010, during
a visit to Rome by the Scottish bishops’ conference, Benedict XVI asked the
bishops to promote devotion to St. John Ogilvie among priests – since the
Jesuit martyr had been “truly outstanding in his dedication to a difficult and
dangerous pastoral ministry, to the point of laying down his life.” Later that
year, during the Scottish segment of his U.K. visit, the Pope again encouraged
priests to look to the saint’s “dedicated, selfless and brave” example.
John Ogilvie was born in
1579, a member of a noble family. Some of his relatives had kept the Catholic
faith, while others adhered to John Calvin’s interpretation of Protestantism as
Presbyterians. Though raised as a Calvinist, John had doubts about the
compatibility of this system with Scripture. In particular, he could not reconcile
Calvin’s theology of predestination with Biblical passages teaching that God
loves all people and wills each of them to be saved.
This difficulty, coupled
with the contrast between Catholic unity and the multiple Protestant sects and
denominations, influenced John’s decision to enter the Catholic Church. He made
the decision at age 17 while studying in Belgium, and in 1599 he became a
novice in the Society of Jesus. After extensive study and training he was
ordained a Jesuit priest in Paris during 1610.
John greatly desired to
go back to his native country and encourage its return to the Catholic Church.
He served for a time as a priest in France, while requesting to be sent back to
Scotland. Others within his order made it clear to him that such a mission
would be dangerous and unlikely to produce much fruit. In 1613, however, John
obtained the assignment he desired.
He soon discovered the
truth of the warnings he had received from other Jesuits, about the difficulty
of Catholic evangelization in Scotland. Many members of the upper classes were
not interested in returning to the Church, though he did carry out pastoral
work among a largely poor population of Scots who had kept the faith. After a
period in England he returned to France, seeking directions on how to proceed
in light of his lack of success.
The French Jesuits
ordered John back to Scotland, however, where he resumed his ministry to the
underground Church as well as the smaller number of people interested in
converting. His arrest came about when one potential “convert” turned out to be
an informer, who had John arrested and interrogated.
The first criminal
accusation St. John Ogilvie faced was that of celebrating Mass within the
King’s realm. Unwilling to incriminate himself, he suffered two months of
imprisonment. An iron bar was attached to his feet to prevent him from moving
in his cell. Despite this ordeal, he strongly resisted pressure to give
evidence against other Scottish Catholics.
Severe torture was then
inflicted on John. His hair and fingernails were pulled out, and for a period
of nine days he was prevented from sleeping by continual stabbing with sharp
stakes. His jailers beat him, flung him to the floor of his cell, and shouted
in his ears. Nothing, however, could make him renounce his faith or betray his
Catholic countrymen to the authorities.
John’s tormentors were
impressed by his fortitude, and by the surprising sense of humor that he showed
in the face of the brutal punishments. But they could not spare his life,
unless the Jesuit priest gave an acceptable response to a series of questions
provided by King James I. Johndeclared his loyalty to the king, but steadfastly
rejected James’ claim to supremacy over the Church in religious matters. The
priest was eventually convicted on a charge of high treason.
Attempts to ply John with
bribery – in exchange for his return to Protestantism, and his betrayal of
fellow Catholics – continued even as he was being led to his execution. His own
defiant words are recorded: for the Catholic faith, he said, he would
"willingly and joyfully pour forth even a hundred lives. Snatch away that
one which I have from me, and make no delay about it, but my religion you will
never snatch away from me!"
Asked whether he was
afraid to die, the priest replied: “I fear death as much as you do your
dinner.” St. John Ogilvie was executed by hanging on March 10, 1615.
As a last gesture before
his hanging, St. John had tossed his Rosary beads into the crowd where they
were caught by a Calvinist nobleman. The man, Baron John ab Eckersdorff, later
became a Catholic, tracing his conversion to the incident and the martyr’s
beads.
SOURCE : http://www.catholicnewsagency.com/saint.php?n=173
2016-03-10 14:05:00
Scottish Saint John
Ogilvie and the Mission Oath
(Vatican Radio) This
week, the Pontifical Scots College marks the 400th anniversary since it became
a seminary for the formation of priests for Scotland.
The Scots College in
Rome, founded by Pope Clement VIII in 1600 as a place for Catholic education at
a time when it was illegal to provide it at home, was the home of sixteen
students in 1616. One year previously, on 10th March, the Scottish Jesuit John Ogilvie
was hanged and drawn at Glasgow Cross.
One year after his
execution, the students at the Scots College were presented with a biography of
the Jesuit. On hearing it, they agreed to take the Mission Oath, vowing to
return to Scotland as priests. It was on 10th March 1616 that the Pontifical
Scots College became a seminary.
Scotland’s Martyr
Ogilvie was born in 1579,
the son of a respected Calvinist. He was sent to the continent for an
education, and in the midst of the troubles in the Europe of his time, he
decided to become a Catholic in 1596. He joined the Society of Jesus e years
later, and in 1610 he was ordained as a priest in Paris.
He pleaded with his
superiors to be allowed to return to his own country, where the number of
Catholics was decreasing all of the time. In November 1613, he returned to
Scotland. His ministry lasted less than a year, though. He was discovered in
October 1614 and was arrested for celebrating clandestine Masses in the homes
of the few Catholics left in the area.
In the end, he refused to
pledge allegiance to King James VI (James I of England) and for this he was
tried. At the trial, he claimed that he would not acknowledge the King anymore
than an ‘old hat’ and accused him of deserting God.
In his final moments, he
entrusted his soul to the Blessed Virgin Mary and all the saints. His final
words were, “If there be here any hidden Catholics, let them pray for me, but
the prayers of heretics I will not have.” As he was pushed from the steps with
a noose around his neck, he threw the rosary beads he had been hiding in his
hand into the crowd. Legend has it that one of his enemies caught the beads and
soon after, became a devout Catholic. John Ogilvie was martyred at the age of
thirty six.
Pope Pius XI beatified
him in 1929, recognising him as a martyr. However, it was not until 1976 when a
man was miraculously cured of cancer that Saint John was canonised, by Pope
Paul VI. He is the only Scottish martyr from the time of the Reformation.
The Mission Oath
From 1616, all students
who entered the Pontifical Scots College in Rome would take the Mission Oath,
offering themselves to God as priests who would return to the Scottish mission.
An extract from the Oath reads: “I swear and promise that I will accept the
clerical state with the approval of my superiors, and advance to the holy
orders, including priesthood, whenever it shall seem best to those in charge.”
The last Mission Oath was
taken in 1939. After the Second World War, it was felt that it was no longer
necessary for every student to commit in such a formal way. However, as the
Oath required that the individual pledge commitment to his superiors, and to
return to his diocese as a priest whenever the superiors felt was right time,
the ideals are the same today as they were in 1616.
St. John Ogilvie is
Scotland’s Most Famous Martyr
The Church in Scotland
and the Society of Jesus observe John’s feast day on March 10, the day of his
martyrdom.
Thomas Craughwell BlogsMarch 10, 2018
For more than a century
the Church has beatified and canonized dozens of Reformation-era martyrs from
England and Wales. But Scotland has only one martyr from that period — St. John
Ogilvie (1579-1615), a Jesuit priest.
St. John was not raised
Catholic. His father, Walter Ogilvie, was a Calvinist and although he married
Agnes Elphinstone, a Catholic with two brothers who were members of the Society
of Jesus, it was John’s father who took charge of the boy’s religious
education. When his son turned 13, Walter sent him to a Lutheran school in
Germany. In Scotland, where the Catholic faith was outlawed and persecution was
rife, Catholics kept a low profile. Yet in Germany there were Lutheran
principalities and Catholic principalities. It’s likely that John would have
had many encounters with German Catholics. He may have gone to Mass. I’m
speculating, of course, but I think it is very likely that John met and
befriended Catholics because in 1596 he traveled to Louvain in what is now
Belgium and enrolled in the Scots College, a school for Scottish Catholic young
men. That same year he converted to the Catholic faith and became interested in
the Society of Jesus. Three years later, in 1599, he became a Jesuit novice.
The Jesuits trained their
candidates for the priesthood very carefully — 11 years of intense study passed
before John was ordained a priest. And that’s when he began to lobby his
superiors to send him as a missionary to Scotland to serve the beleaguered
Catholic Scots.
It was an especially
dangerous mission field. Led by John Knox, the fire-breathing leader of the
Reformation in Scotland, Scottish Calvinists had erased almost every trace of
Catholicism in the country. Only a handful of Scottish nobles had remained Catholic,
and the high concentration of Catholics was in the Highlands and on the
islands. Catholics in cities such as Edinburgh and Glasgow went underground.
Yet those are the Catholics Father Ogilvie sought out and served.
For 10 months Father
Ogilvie, always in disguise and using an alias (he passed himself off as a
horse dealer), slipped from one Catholic house to another, saying Mass, hearing
confessions and administering the other sacraments. He was betrayed in October
1614 by a man named Adam Boyd who had infiltrated the Catholic population of
Glasgow specifically to hand over a priest to the government and collect the
names of Catholics who had attended Mass.
In prison Father Ogilvie
was tortured to force him to reveal who had sheltered him and helped him elude
the priest-hunters. For nine days and nights he was kept awake. When he did
fall asleep, the torturers woke him by pricking him with needles and knives, or
dragging him around by his hair. After the nine sleepless days, Father Ogilvie
felt that because of the ordeal he had lost some of sanity. But he had not
betrayed any Catholic and he still refused to say that King James VI was
supreme head of the Church in Scotland. He was condemned for treason and
sentenced to be hanged, drawn and quartered.
Mercifully, he received a
reprieve from that terrible death and was simply hanged until dead. The
executioner did not mangle his body, either, but laid it intact in a coffin.
Several hours later it was taken outside Glasgow and buried in a place reserved
for plague victims and criminals. No one knows the site of his grave, so there
are no relics of this martyr.
Pope Paul VI canonized
St. John in 1976. He is the only Scottish martyr to have gone through the
formal canonization process. The Church in Scotland and the Society of Jesus
observe John’s feast day on March 10, the day of his martyrdom.
Keywords:
Thomas Craughwell A
prolific contributor to the National Catholic Register, Thomas J. Craughwell
was the author of numerous books, including Stealing Lincoln’s Body (which
was made into a History Channel documentary) and Thomas Jefferson’s Crème
Brûlée: How a Founding Father and His Slave, James Hemings, Introduced French
Cuisine to America. Thomas died June 13, 2018.
SOURCE : https://www.ncregister.com/blog/st-john-ogilvie-is-scotland-s-most-famous-martyr
The Last Martyr of
Scotland
By John Paul
Meenan, Editor March 11, 2020
Due to some technical and
other issues, we’re a day late on re-posting this piece, , on the last martyr
of the ‘Reformation’ – a term which I generally put in scare quotations, for
the real reformation was the also-inaptly-named Catholic ‘Counter-Reformation’,
led by the Society of Jesus, when they were all fresh and sound; now, like
produce in the grocery store, one has to ‘feel them out’ first. But I digress,
for today’s saint was indeed a Jesuit, a staunch and fearless one, as so many
were and have been throughout history. Editor.
John Ogilvie, born in
1579, was raised in his first formative years by a Calvinist father in
post-Reformation Scotland, but, as with many young noblemen, he was sent to the
Continent to be educated by the recently-founded Jesuits, who had already made
a name for themselves for having the best schools and curricula (adopting what
had always been considered a Catholic liberal arts program).
Young Sir John soon
realized the truth of Catholicism, in contrast to the obvious errors,
theological, historical and spiritual, of the renegade-priest John Knox’s
Presbyterianism, and, at the age of 17, was received into the Church. Soon
afterwards, he joined the Jesuits themselves in 1599, and, after a solid
formation, was ordained in 1610.
Father Ogilvie spent his
all-too brief priestly ministry as a missionary first in London, then Paris,
and finally in his native Scotland, where Catholicism and the sacraments were
outlawed under pain of death; it was here, not far from where he was born,
after working for a year clandestinely as a priest under the pseudonym ‘John
Watson, horse-trader’ that he was betrayed.
His virtue and discipline
shone forth during his brutal imprisonment, and his patience and kindness
converted many. The King’s Men strove to coerce him to betray his confidants,
renounce his faith, and swear allegiance to King James (the Sixth of Scotland,
and the First of England, the tragic Protestant son of the tragic Catholic
Mary, Queen of Scots, put to death when James was but an infant by the
also-tragic Elizabeth the First).
Father Ogilvie underwent
a number of tortures, being put in the ‘boots’, which crushed his feet, and the
jailers were ordered to keep him awake for a full ‘novena’, nine days without
sleep, towards the end of which they had to slash him with knives and drop him
on the floor to keep him awake. Physicians who examined him afterward declared
that one more day would have killed him, and the priest was never the same
afterward; as he confessed, his sharp mind was now somewhat confused.
During all of this
inhuman treatment, Father Ogilvie remained steadfast; the rumour that he ‘gave
away names’ (repeated on Wikipedia) is at the very least debatable, and what he
said during sleep deprivation was not under the sway of reason. Throughout it
all, Father Ogilvie refused to submit to the King or his heretical faith,
declaring that the King was playing ‘runagate from God’, and that he would no
more recognize him in his spiritual authority than an ‘old hat’.
Ogilvie was condemned to
the brutal death of being ‘hung, drawn and quartered’, a sentence carried out
on this day, March 10, 1615, ten years before another Jesuit by the name of
John, de Brebeuf, was sent on his own missionary work to New France, where he
would meet a similar fate.
As Father Ogilvie
ascended the scaffold at Glasgow Cross (where a monument to the saint now
stands), the priest embraced the hangman, urging him to ‘be of good cheer’,
confessing before the expectant crowd,
“In every duty which I
owe the King’s majesty I will show myself a most obedient subject; for if any
invade his temporal rights I would shed my last drop of blood in his defence”
Like Thomas More a
century before and four hundred miles south, Ogilvie died the King’s good
servant, but God’s first.
Father John Ogilvie was
canonized in 1976, becoming the last post-Reformation Scottish saint (so far!).
As Cardinal John Henry Newman was to predict two centuries afterward, no
country can keep its Christian identity without being fully Catholic, for Protestantism,
having no locus of authority and cohesion, eventually fragments into
agnosticism and secularism, in which Scotland, the rest of the ‘United
Kingdom’, and all of Europe, come to think of it, are now all immersed.
We pray for the return of
the faith to that beautiful and bonnie land, the land of my own birth, once so
Catholic. The blood of martyrs is the seed of faith, which, like the nation
itself, may yet rise again, some way, or another.
Saint John Ogilvie, ora
pro nobis!
John Paul Meenan
currently teaches Theology at Our Lady Seat of Wisdom College, with a
particular interest in the relationship between faith and reason, and how the
principles of our faith should impact and shape the human person and modern
culture.
SOURCE : https://catholicinsight.com/2020/03/11/last-martyr-scotland/
San Giovanni Ogilvie Sacerdote
gesuita, martire
Festa: 10 marzo
>>> Visualizza la
Scheda del Gruppo cui appartiene
Drum, Keith, Scozia, 1579
- Glasgow, Scozia, 10 marzo 1615
Scozzese nella Scozia
protestante, nato nel 1579, a 14 anni venne inviato in Francia per proseguire
con l'istruzione superiore. Qui incontrò alcuni giovani cattolici e lui decise
di vivere nella fedeltà al successore di Pietro, rinnegando la fede anglicana:
una scelta che, una volta tornato in patria, gli costò la vita. Per molti anni
girò diversi Paesi europei come studente e poi come docente: a 31 anni venne
ordinato sacerdote tra i gesuiti a Parigi. Nel 1614, poi, riuscì a coronare il
sogno di tornare in patria, ma la sua missione, vissuta in clandestinità, fu
interrotta dalla denuncia per tradimento: venne martirizzato a Glasgow nel
1615.
Emblema: Palma
Martirologio
Romano: A Glasgow in Scozia, san Giovanni Olgivie, sacerdote della
Compagnia di Gesù e martire: trascorsi molti anni nello studio della sacra
teologia esule per i regni di Europa, ordinato sacerdote, tornò di nascosto in
patria, dove con somma diligenza si dedicò alla cura pastorale dei suoi
concittadini, finché, messo in prigione sotto il re Giacomo VI e condannato a
morte, ricevette sul patibolo la gloriosa palma del martirio.
Giovanni Ogilvie (Ogilby) nacque nel 1579 a Drum in Scozia e di lui non si sa nulla con certezza prima del 1593, anno in cui fu inviato quattordicenne sul Continente a studiare, come molte famiglie facoltose della Gran Bretagna, facevano con i loro figli in quell’epoca.
Si convertì al cattolicesimo ed entrò nel Collegio scozzese di Douai in Francia; nel 1595 si trasferì a Lovanio in Belgio, dove viene affidato alla guida di padre Cornelio a Lapide. Tre anni dopo nel 1598, lasciò Lovanio per proseguire gli studi a Ratisbona, in Germania, nel Collegio dei benedettini scozzesi, poi presso i gesuiti ad Olmütz, dove sentì la chiamata di Dio allo stato religioso; ottenne così di essere ammesso al noviziato gesuita di Brunn in Moravia, in cui entrò il 24 dicembre 1599, aveva vent’anni.
Nel 1607 era a Vienna come docente di sacra eloquenza, compito tenuto per due anni, nel biennio successivo è di nuovo al Olmütz a studiare teologia; viene consacrato sacerdote a Parigi nel 1610 e destinato a Rouen.
Ma il suo desiderio sin dai tempi di Lovanio era quello di ritornare nella sua patria la Scozia, per lavorare nelle missioni cattoliche, bisogna ricordare che in tutta la Gran Bretagna era in corso la persecuzione anticattolica, attuata nel periodo della Riforma anglicana e che in quegli anni era sostenuta dal re Giacomo I Stuart (1566-1625), in Scozia pur essendo della stessa intensità nelle restrizioni e sofferenze, fece comunque pochissime vittime.
Dopo più di due anni di richieste, rivolte anche al generale gesuita Claudio Acquaviva, fu esaudito e nell’autunno del 1613 poté partire e sbarcare a Leith, un sobborgo di Edimburgo.
Dopo 22 anni di assenza riuscì finalmente ad entrare in Scozia con la falsa identità di ‘capitano Watson’. Prese ad operare nell’apostolato missionario ad Edimburgo, ospite di Guglielmo Sinclair, avvocato al Parlamento e fervente cattolico, celebrava clandestinamente le s. Messe frequentatissime, predicando fattivamente ai tanti cattolici che meditavano con interesse la sua parola; si spinse travestito, anche nelle carceri a confortare i molti cattolici prigionieri.
Si recò anche a Londra e Glasgow e fu proprio in questa città, che venne arrestato il 4 ottobre 1614, su denuncia di Adam Boyd, fatta all’arcivescovo protestante.
Subì per quattro mesi dolorosissime torture e restando sempre strettamente incatenato, tanto da poter compiere pochissimi movimenti, finì davanti ai giudici scozzesi per cinque volte, dal 1614 al 1615; rimangono due resoconti molto particolareggiati dei processi, uno redatto dallo stesso Giovanni Ogilvie e completato dai compagni di prigionia, l’altro è costituito dalla relazione ufficiale inglese fatta scrivere dall’arcivescovo protestante Spottiswood, subito dopo il supplizio del martire.
Il 10 marzo 1615, il sacerdote venne dichiarato reo di lesa maestà dal tribunale di Glasgow e condannato a morte mediante impiccagione; la sentenza venne eseguita nel pomeriggio dello stesso giorno, sulla forca innalzata al centro della città, nel crocevia detto “Glasgow Cross”.
Contrariamente agli altri condannati, gli fu risparmiato lo scempio dello squartamento dopo morto, non si finisce mai di restare sgomenti davanti alle efferatezze inventate dagli esseri umani contro i suoi stessi simili, lungo il corso dei secoli.
Fu subito sepolto nel cimitero dei condannati e dei suoi resti non se ne seppe più nulla. La sua causa di beatificazione fu associata nel 1922 a quelle di numerosi martiri inglesi, ma l’episcopato, il clero e i cattolici scozzesi, richiesero un trattamento separato per la gloria della Chiesa di Scozia.
Fu beatificato il 22 novembre 1929 da papa Pio XI e canonizzato da papa Paolo
VI il 17 ottobre 1976. Festa liturgica il 10 marzo.
Autore: Antonio Borrelli
Nella Scozia nativa frequenta solo le prime scuole. Poi, a 14 anni, i suoi lo mandano nel Continente per gli studi superiori, come fanno molte famiglie importanti. Degli Ogilvie sappiamo solo che a metà del ’500, abbandonato il cattolicesimo (come la maggior parte della popolazione), hanno aderito alla Chiesa presbiteriana del regno di Scozia, ispirata ai precetti di Giovanni Calvino, fondata da Giovanni Knox, e staccata da Roma; come la Chiesa anglicana, nata qualche tempo prima con Enrico VIII in Inghilterra.
Sbarcato in Francia, il ragazzo Ogilvie entra in amicizia con giovani inglesi e scozzesi di fede cattolica. Alcuni di loro, anzi, si preparano al sacerdozio e poi torneranno da clandestini in Gran Bretagna per sostenere le minoranze cattoliche e fare opera missionaria. Il campo-base culturale e spirituale per queste spedizioni si trova a Douai, nel Nord della Francia. E appunto qui, nel collegio scozzese, entra un giorno anche Giovanni Ogilvie, che si è convertito al cattolicesimo intorno ai quindici anni; e che per altri venti camminerà sulle strade d’Europa passando da un istituto religioso all’altro, prima come alunno e poi come insegnante: Francia, Belgio, Germania, Austria, Boemia e Moravia...Appunto in Moravia, a Brno, viene accolto come novizio nella Compagnia di Gesù. A 31 anni è ordinato sacerdote a Parigi: dopo tanta attesa, ora potrebbe essere giunto per lui il momento di ritornare in patria. Lo mandano invece a Rouen.
Lui si rivolge al generale della Compagnia, padre Claudio Acquaviva, che gli consente di partire. Travestito e con falso nome, sbarca nell’autunno del 1613 nel regno di Scozia, ora governato da Giacomo I Stuart, che è pure re d’Inghilterra, successore di Elisabetta I (quella che ha fatto decapitare sua madre, Maria Stuarda). A Edimburgo trova chi lo ospita; alle Messe clandestine partecipano fedeli rianimati dalla sua presenza e dal suo linguaggio di compatriota.
Va continuamente in giro travestito, in cerca di qualsiasi occasione per il colloquio e l’incoraggiamento. Questi fedeli, li vuole rianimare uno per uno, e va in cerca ostinatamente dei peccatori, riuscendo talvolta a penetrare anche in qualche prigione. Ma tutto questo dura poco: un anno appena. Poi arriva quello che lo denuncia, ed eccolo incarcerato nell’autunno del 1614. Aspetterà fino alla primavera dell’anno successivo, recluso e incatenato. La sua predicazione clandestina, le sue Messe segrete sono tradimento, attentato al re.
E Giacomo I in verità non ama comportarsi da repressore spietato. Ma c’è stata nel 1605, a Londra, la “congiura delle polveri”, ordita da un gruppo di cattolici e sventata all’ultimo momento: un’enorme esplosione avrebbe dovuto uccidere insieme il re e i membri del Parlamento riuniti con lui. E la colpa di quei pochi, col loro piano sanguinario, continua a ispirare severità.
Per Giovanni Ogilvie la condanna è alla morte, pronunciata e subito eseguita a Glasgow mediante impiccagione pubblica. Seppellito tra le fosse di altri giustiziati, il suo corpo non sarà più ritrovato. Canonizzandolo nel 1976, Paolo VI ha detto di lui: «Bisognerebbe conoscere meglio questo scozzese, che da calvinista si fa cattolico, poi gesuita, missionario nella sua patria, per rivendicare a quel popolo ciò che noi oggi, col tomo del Concilio alla mano, chiamiamo la libertà religiosa».
Autore: Domenico Agasso
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/44375
SOLENNE CANONIZZAZIONE IN
SAN PIETRO DEL BEATO GIOVANNI OGILVIE
OMELIA DI PAOLO VI
Domenica, 17 ottobre 1976
We have great joy in
being able to announce to all of God’s pilgrim Church on earth the glorious
name of a new Saint, that of John Ogilvie, who died a martyr in Glasgow, on 10
March 1615, and who has already been accorded the honour of beatification by
our venerable predecessor Pope Pius XI, on 22 December 1929.
Voi avete testé ascoltato
la lettura d’un breve profilo biografico di Giovanni Ogilvie, fatta dal
Cardinale Corrado Bafile, Prefetto della Sacra Congregazione per le Cause dei
Santi. Voi sapete dunque già molto di lui; sapete che era figlio della terra
benedetta dalla storia di altri Santi cari alla Chiesa, come San Columba e
Santa Margherita: era Scozzese; sapete che venuto nel Continente si era
risolutamente convertito al cattolicesimo; sapete che egli era un giovane
membro della Compagnia di Gesù, nel periodo originario (fine del secolo XVI e
principio del XVII) della sua ardente e feconda milizia apostolica; sapete che
il martirio troncò la vita di lui a trentacinque anni di età. E come avviene di
solito al momento in cui un cittadino mortale della terra è solennemente
riconosciuto cittadino immortale del cielo, cioè è canonizzato, la gioia così
prevale nei cuori fedeli, che ogni altro sentimento ne rimane quasi abbagliato,
e ogni altra considerazione superflua alla nostra spirituale letizia; è Santo,
noi diciamo, e tanto ci basta per ammirarne la figura, per tributargli la
nostra devozione, per invocarne la celeste intercessione.
Ma poi due momenti
succedono negli animi attenti, quello della riflessione agiografica e quello
dell’imitazione ascetica. E cioè la luce, che il nuovo Santo proietta d’intorno
a sé, ci invita ad osservare le vicende della sua vita ed a cercarne il
significato storico e spirituale: Santo, perché? ci si chiede. Quali sono i
titoli che giustificano l’attribuzione di questa somma prerogativa, ch’è la
santità? qual è il significato storico, psicologico e morale di questa vita
eccezionale? E alla fine il valore tipico di essa c’incanta, e la sua
irradiazione religiosa e morale ci fa ammiratori, discepoli, seguaci, amici del
Santo, al quale vorremmo essere legati da una qualche parentela spirituale.
Basta la vita d’un Santo,
osservata con amorosa intelligenza, per rivelarci molte cose del Regno di Dio.
Vi è sopra un bel colle romano, una villa ben nota al pellegrino, che
accostando l’occhio allo spiraglio della serratura della porta chiusa vede con
sorpresa profilarsi sul cielo la cupola perfetta e maestosa della Basilica di
San Pietro, quasi una visione d’oltremondo. Così la vicenda vissuta di chi,
come ogni Santo, lascia intravedere attraverso di sé il Cristo, che è suo e che
egli, in modo sempre personale e originale, rivela. Ed ecco che la breve
biografia del Santo, che noi oggi celebriamo, molte, moltissime cose d’immenso
interesse ci lascia intravedere! il quadro storico, per primo, caratterizzato
dalle grandi crisi delle varie espressioni della Riforma protestante, luterana,
anglicana, calvinista e presbiteriana, arginate con immensa, ma non invalida
fatica del Concilio di Trento, e con l’intensa ripresa della vita cattolica,
spesso tormentata da guerre, da lotte religiose e, anche, da decadenti costumi.
La cristianità si scompone, e sopporta ormai la permanenza d’insanabili
divisioni confessionali, a cui l’ecumenismo moderno vorrebbe porre qualche
risolutivo rimedio. La figura del nostro Santo non è comprensibile al di fuori
di questa agitata tempesta spirituale.
Ma non qui noi fermeremo
in questo momento la nostra attenzione, pensando bastare per la nostra
devozione la ricerca del punto focale della vita del nuovo Santo. Questo punto
è innanzi tutto soggettivo; è evidente; è il punto focale d’ogni martire,
quello che forma la ragione profonda della sua santità, e quindi della sua
gloria; e cioè: vi è nella vita umana un valore superiore alla vita stessa; vi
è un dovere che supera tutti gli altri; vi è una certezza che messa a confronto
con qualsiasi altra non può essere mai smentita; vi è una cosa necessaria per
la quale ogni altra cosa dev’essere posposta e, se occorre, sacrificata. Questo
valore, questo dovere, questa certezza, questa cosa necessaria è la fede, è la
verità della fede. Questa assolutezza riconosciuta alla fede è il nucleo
centrale della psicologia del martire, cioè del testimonio di Cristo. Lo è
anche per Giovanni Ogilvie.
Noi siamo spesso portati
a considerare nei martiri le sofferenze fisiche, le atroci e crudeli sofferenze
alle quali essi sono sottoposti, più che il loro motivo, tanto è l’orrore
ch’esse provocano nella nostra mente e nella nostra sensibilità. Ma non sono le
sofferenze il titolo supremo specifico della loro grandezza e della loro
autorità a nostro riguardo. Ce lo ricorda S. Agostino dicendo che non è la
pena, ma la loro causa che fa i martiri veri: «quod martyres veros non faciat
poena, sed causa» (S. AUGUSTINI Ep. 89: PL 2, 310).
E quale fu la causa del
martirio dell’Ogilvie? È facile scoprirla: la fede, dicevamo. Ma la fede è un
mondo: quale punto della fede, quale verità della fede fece da centro al
combattimento del suo martirio? La voce autorizzata da Cristo ad annunciarla:
«voi mi sarete testi» (Act. 1, 8), testimoni, araldi, martiri. «Andate e
insegnate» (Matth. 28, 19): «chi ascolta voi, ascolta me» (Luc. 10, 16) disse
Gesù. La Chiesa maestra, la fede insegnata da un’autorità, anteriore al libro
stesso che la documenta; noi, diremmo oggi l’ecclesiologia autentica, la quale
dalla Riforma in poi è diventata l’epicentro delle controversie che turbano
l’unità religiosa fondata da Cristo.
Scoperto questo punto
centrale e dolente della testimonianza di Giovanni Ogilvie noi non andremo
oltre nel nostro discorso; ci basterà registrare che la santità del nostro eroe
è caratterizzata dalla sua testimonianza di devozione al magistero della Chiesa
e di fede nella Messa, atto di culto che celebra la Parola di Dio e realmente
la rende presente. Ma ora noi vogliamo fare dell’elogio di Ogilvie un’apologia
polemica. Vogliamo piuttosto esprimere la sovrana speranza che il suo martirio
giovi a confermare la nostra fede nel magistero della Chiesa e nel prodigio
sacramentale e sacrificale dell’Eucaristia. La speranza che intorno a queste
somme verità testimoniate dal nuovo Santo convergano i passi, convergano i
cuori di quelli che allora, al momento del suo martirio, lo condannarono come
traditore della lealtà dovuta alla Potestà civile della sua patria, mentre
altro non fu che assertore dell’autonomia della Potestà religiosa secondo la
sentenza eterna di Cristo Signore: «Date a Cesare ciò ch’è di Cesare, e date a
Dio ciò ch’è di Dio» (Matth. 22, 21).
Così, che, con serena
comprensione dei drammi della storia passata, e con amico presagio d’una più
felice storia avvenire, noi possiamo oggi attribuire a gloria del nostro
Martire, con quanti altri soffrirono per la medesima causa, il merito d’aver
eroicamente contribuito col suo sacrificio a rivendicare alla civiltà la
libertà religiosa, quale il recente Concilio ha illustrata nella sua
dichiarazione «Dignitatis
Humanae»: nessuno dev’essere costretto, nessuno dev’essere impedito a
professare la religione, mentre per tutti esiste il grave obbligo morale di
cercare e seguire la verità, quella religiosa specialmente (Dignitatis Humanae,
2, 6, 9; S. AUGUSTINI Contra litteras Petiliani: PL 43, 315). Perciò
il Santo da noi venerato, lungi dall’essere emblema di discordia civile o
spirituale, placherà l’infausta memoria della violenza o dell’abuso d’autorità
per causa religiosa, e ci aiuterà tutti a risolvere le vertenze relative al
nostro credo rispettivo in propositi di mutuo rispetto, di serena ricerca e di
fedele adesione alla Verità per ricomporre quella sospirata unità di fede e di carità,
che Cristo ci insegnò essere espressione suprema del suo Vangelo (Cfr. Io.
17).
Ed affinché noi tutti
siamo resi degni di giungere a questo epilogo della nostra celebrazione
agiografica, ed a questa sorgente di ascetica imitazione, invocheremo umili e
fidenti: San Giovanni Ogilvie, prega per noi!
The conclusion of this
very simple talk of ours cannot be without a word of ardent satisfaction for
you, sons and daughters of Scotland, who have come to this solemn and
culminating canonization of the new Saint-the Saint whom you, above all others,
have the right to call your own.
We are happy to recognize
in this sympathetic and heroic figure of a man, a saint and a martyr the symbol
of your own religious, strong and generous land. And in Saint John Ogilvie we
willingly greet a glorious champion of your people, an ideal exemplar of your
past history, a magnificent inspiration for your happy future. We honour in
Saint John Ogilvie an outstanding member of that Society of Jesus which has
given so many other valiant soldiers like him to the cause of Christ and of
civilization. In him we jubilantly greet a beloved son of the Catholic Church,
a typical citizen of the world who is called to discover the light for its
harmony, progress and peace in the faith of Christ.
Honour to you, representatives of a Scotland that has given to humanity such a great hero of freedom and of faith.
Copyright © Dicastero per la Comunicazione
SOURCE : https://www.vatican.va/content/paul-vi/it/homilies/1976/documents/hf_p-vi_hom_19761017.html
John Ogilvie
(1579-1615)
Beatificazione:
- 22 dicembre 1928
- Papa Pio XI
Canonizzazione:
- 17 ottobre 1976
- Papa Paolo VI
- Basilica Vaticana
Memoria Liturgica:
- 10 marzo
Sacerdote e missionario
inglese della Compagnia di Gesù e martire: trascorsi molti anni nello studio
della sacra teologia esule per i regni di Europa, ordinato sacerdote, tornò di
nascosto in patria, dove con somma diligenza si dedicò alla cura pastorale dei
suoi concittadini, finché, messo in prigione sotto il re Giacomo VI e
condannato a morte, ricevette sul patibolo la gloriosa palma del martirio
" Io muoio dunque,
sì, ma soltanto per la mia fede"
Autunno 1613. Il capitano
Watson rimette piede sul molo di Leith, alle porte di Edimburgo, dopo 22 anni
di assenza. Fino a quel momento ha girato l’Europa in lungo e largo. Francia,
Belgio, Germania, Austria, Boemia e Moravia. È un uomo colto, il capitano
Watson, perché ha potuto studiare in tutte le città dove ha soggiornato. Adesso
però ha deciso di ritornare a casa e di proseguire lì il suo lavoro. Un lavoro
che non potrà fare alla luce del sole.
Perché il “capitano
Watson” è in realtà John Ogilby (Giovanni Ogilvie), un missionario gesuita
in incognito, sbarcato in una terra che gli è madre quanto
nemica. Vent’anni prima della sua nascita, avvenuta nel 1579, la Scozia è
diventata protestante e per i cattolici la vita si è fatta molto pericolosa.
Celebrare o partecipare a una Messa può comportare la perdita dei beni e
l’esilio, i recidivi pagano con la vita. Giovanni lo sa bene e nonostante i
superiori lo abbiano destinato a Rouen, in Francia, per due anni scrive e
supplica il preposito generale, padre Claudio Acquaviva, di poter tornare tra i
suoi connazionali. La spunta con la tenacia e l’11 novembre di quel 1613 il
clandestino del Vangelo comincia la sua nuova missione.
La quotidianità di padre
Giovanni è una sfida continua al sistema. Celebra la Messa prima dell’alba con
pochi fidati, poi visita i malati, i detenuti, incontra i neoconvertiti e anche
gli “eretici”, quei protestanti che stanno pensando di tornare al
cattolicesimo. Qualche volta pernotta da alcuni di loro e ha l’abitudine di
recitare il breviario nella stanza che lo ospita. “Qualcuno che mi aveva spiato
e udito bisbigliare a bassa voce, al lume di una candela, diceva che ero un
mago”, ricorda nelle sue memorie. A tradirlo è proprio un “eretico”, Adam Boyd,
gentiluomo di Glasgow, città dove il gesuita si reca nell’ottobre del 1614.
Boyd finge di volersi riconciliare con la Chiesa, invece segnala padre Giovanni
all’arcivescovo anticattolico della città, che lo fa arrestare.
Quello che segue ricorda
la notte di Gesù tra il Giovedì e il Venerdì Santo. Una notte che per padre
Giovanni dura quattro mesi. Processi inframmezzati a torture, costantemente in
catene e con i gambali di ferro che lo straziano, insultato e schiaffeggiato
anche dall’arcivescovo, padre Giovanni non cede di un millimetro anzi ribatte
punto su punto alle accuse. Gli piovono addosso anche le ingiurie delle
famiglie di alcuni cattolici, imprigionati per via una lista di nomi rinvenuti
tra le carte sequestrate al gesuita. Il quale però non tradisce nessuno e anzi
è spesso sferzante e ironico con chi vuole piegarlo. E quando la minaccia della
morte si fa concreta dice: “Salverei, se potessi, la mia vita ma non mai
perdendo Iddio: non potendo conciliare le due cose, sacrificherei il bene
minore per lucrare il più grande”.
Giacché la violenza non
riesce a spezzarlo tentano di sedurlo. Gli vengono offerte ricche prebende e la
mano della figlia dell’arcivescovo. Tutto scivola addosso al gesuita, che
rifiuta l’apostasia così come di disconoscere la supremazia spirituale del Papa
su quella del re, che riteneva di governare per diritto divino. A questo punto
Giacomo I Stuart interviene nella disputa, ordinando l’impiccagione di Ogilvie
qualora si ostini sulle sue posizioni. La condanna viene formalizzata la
mattina del 10 marzo 1615 ed eseguita nel pomeriggio.
Perfino sotto la forca,
riporta la cronaca ufficiale del processo, padre Giovanni ingaggia battaglia
contro chi lo diffama accusandolo di lesa maestà. “Quanto al re – esclama –
volentieri darei per lui la vita: e sappiate anche che io e un altro scozzese
mio amico abbiamo fatto a vantaggio del re all’estero cose tanto importanti che
voi con tutti i vostri ministri mai riuscirete a fare altrettanto. Io muoio
dunque, sì, ma soltanto per la mia fede”. Le sue spoglie vengono tumulate
assieme a quelle dei condannati e si perdono per sempre. Nel 1976 Paolo VI lo
proclama Santo.
SOURCE : https://www.causesanti.va/it/santi-e-beati/john-ogilvie.html
Statue
of St John Ogilvie, Scotland's only post-reformation Saint, Carfin Grotto,
North Lanarkshire, Scotland.
Den hellige John Ogilvie
(~1580-1615)
Minnedag:
10. mars
Den hellige John Ogilvie
ble født i 1580 (eller 1579) i Drum ved Keith i Banffshire i Skottland. Han kom
fra en adelig skotsk familie. I prosessen opplyste han at han var sønn av
Walter Ogilvie fra Drum, men forskning har vist at han sannsynligvis var medlem
av familien Ogilvie fra Milltown (Miltowne), som hadde sitt sete i
Drum-na-Keith, og ikke sønn av Walter Ogilvie fra Findlater, senere Lord
Deskford, som det ofte blir hevdet. Faren var embetsmann ved hoffet til Maria
Stuart og leder for den yngste grenen av familien Ogilvie med store territorier
i Banffshire. Hans mor var Agnes Elphinstone. Hennes bror George ble jesuitt
like etter Johns fødsel, og hennes bror William døde som novise hos jesuittene.
Agnes døde i 1582 da John
var bare to år gammel, og faren giftet seg igjen med Lady Mary Douglas av
Lochleven, som var datter av Lady Douglas av Lochleven, dronning Maria Stuarts
fangevokter. Familien Ogilvie var i likhet med mange skotske familier på den
tiden blandet presbyteriansk (kalvinistisk) og romersk-katolsk. Johns far gikk
over til den presbyterianske tro, og selv om han ikke var uvennlig overfor den
gamle tro, oppdro han sin eldste sønn John som kalvinist.
Som 13-åring ble John i
1591 eller 1592 sendt til utlandet av faren for å få full nytte av den franske
kalvinismen, og han gikk på en rekke fremstående skoler i Frankrike, blant
annet i Douai og Leuven/Louvain (Löwen) i det nåværende Belgia. Men dette førte
til at han kom i kontakt med de religiøse kontroversene som på den tiden og mye
lenger var populære i Frankrike og i land under fransk innflytelse. De beste
katolske og kalvinistiske talsmennene tok del i disse disputtene, som hadde
sterk innflytelse på den intellektuelle verden. Dette samt martyrenes
vitnesbyrd ble avgjørende for unge John, og han bestemte seg for å slutte seg
til martyrenes kirke. Etter en tid med meditasjon og studier konverterte han i
1596 som 17-åring til den katolske tro ved Scots College i Leuven etter å ha
fått undervisning av den berømte jesuittiske bibelforskeren Cornelius a Lapide.
De neste tre årene
tilbrakte John på forskjellige utdanningssentre på kontinentet. De to første
årene forble han i Leuven, men mangel på midler fikk p. Crichton, lederen for
Scots College, til å sende bort mange av sine studenter, inkludert John
Ogilvie, som i juni 1598 bega seg til kollegiet ved det skotske
benediktinerklosteret St. Jakob i Regensburg. Der ble han i seks måneder før
han i desember 1598 fortsatte til jesuittkollegiet i Olomouc (Olmütz) i Morava
(Mähren) i det nåværende Tsjekkia, hvor han begynte som legstudent. Siden var
John nært knyttet til jesuittene.
Innen et år ba han om å
bli opptatt i ordenen, men i samme øyeblikk fikk et utbrudd av pest
myndighetene til å stenge kollegiet. For ikke å bli forsinket fulgte den unge
mannen sin superior til Wien. Der fikk han superiorens tillatelse til å tre inn
i jesuittordenen (Societas Iesu – SJ), og etter en prøvetid ble han
til slutt den 5. november 1599 opptatt i jesuittenes novisiat i Brno i Morava.
Det var opprettet i 1570 til tross for husittisk motstand, og der hadde den
hellige jesuittmartyren Edmund Campion forberedt
seg på sin siste misjon til England.
I Brno fikk John nyte
godt av jesuittisk utdannelse innen klassiske og naturvitenskapelige fag i
tillegg til rigorøs religiøs opplæring og åndelig dannelse. Han avla sine
løfter som medlem av ordenen den 26. desember 1601. Deretter begynte han på
sitt treårige studium i filosofi i Graz i Østerrike. Deretter virket han som
lærer i Wien, før han vendte tilbake til Olomouc for sine teologistudier
(1609-10). Deretter ble han på direkte ordre fra jesuittgeneralen Aquaviva i
1609 overført til den franske provinsen, og i mot slutten av 1610 ble han
presteviet i Paris og stasjonert i Rouen.
Etter dronning Elisabeth
Is død den 24. mars1603 kunne Maria Stuarts sønn, kong Jakob (James) VI av
Skottland (1567-1625), uten vanskeligheter bestige den engelske tronen som
Jakob I av England (1603-25), fordi han var en etterkommer etter den første
Tudorkongen Henrik VII (1485-1509). Med tronbestigelsen var kongen også blitt
anglikaner. Han etablerte den episkopale (anglikanske) kirke i Skottland og
godkjente konsekrasjonen av skotske biskoper. For å dempe frykten hos
presbyterianerne, som var i flertall i Skottland og syntes de så en
tilbakevending til katolisismen, forsterket den skotske regjeringen
forfølgelsen av katolikker. De siste to jesuittene som arbeidet i Skottland ble
tvunget til å forlate landet i 1611.
I Rouen fikk John høre personlige
beretninger om den farlige situasjonen for Den katolske kirke i sitt fødeland
fra de to jesuittene som hadde vært misjonærer der og foretatt ekspedisjoner
dit og håpet fortsatt å vinne kong Jakob over ved hjelp av adelen. Fra nå av
var John bestemt på å reise tilbake til Skottland, og han skrev til
ordensgeneralen Claudio Aquaviva og tilbød seg til den skotske misjonen. Han la
mindre vekt på farene enn Aquaviva, som ikke ønsket å utsette ham for den klare
risikoen. Det ble et pinlig øyeblikk for dem begge da John, med det feilaktige
inntrykk at han lenge hadde vært utsett til den skotske misjonen, begynte å
gjøre sine forberedelser, men ble tvunget til å stanse dem da Aquaviva gjorde
sine ønsker kjent eksplisitt til den ivrige misjonæren. John aksepterte
avgjørelsen, men fortsatte å fremme sitt ønske.
Men først etter 2 ½ år
med engstelser og pågåenhet gikk Aquaviva med på ønsket, og den 21. mai 1613
fikk John og p. Patrick Anderson endelig ordre om å dra til Skottland. I
november samme år gikk John i land i Leith i Skottland og fikk endelig se igjen
sitt hjemland etter 22 år. Men hans tjeneste skulle bare vare rundt elleve
måneder. Straffelovene sa at katolske prester ikke hadde lov til å komme inn i
England og Skottland, så derfor reiste han hemmelig inn i Skottland under
navnet John Watson, forkledd av og til som hestehandler og av og til som soldat
som vendte tilbake fra de europeiske krigene.
Han dro straks nordover
til sine egne hjemtrakter i grevskapet Banffshire, hvor han håpet å sette nytt
liv i adelens lojalitet til Kirken. Men han fant at de fleste katolske skotske
adelsmennene som han hadde satt sin lit til, hadde blitt protestanter, i alle
fall utad, og alle unntatt noen få middelklassefamilier uten noen innflytelse
var uvillig til å hjelpe en forbudt prest. Han ble mottatt av markien av
Huntly, en kryptokatolikk (hemmelig katolikk), i hans slott i Strathbogie. Han
var i stand til å gjøre tjeneste for katolikkene i distriktet, men seks uker
senere forberedte han seg på å fortsette. Han tilbrakte en kort tid i Edinburgh
i hjemmet til den ivrige konvertitten William Sinclair, en advokat. Etter ikke
å ha gjort særlig inntrykk vendte han tilbake til de metodene som var brukt av
tidligere jesuitter og dro til London for å kontakte kongen eller en av kongens
ministre, som han foreslo et slags halvpolitisk prosjekt hvor detaljene har
gått tapt.
Deretter reiste han til
Paris for konsultasjoner med sin superior, p. Gordon. Han avviste prosjektet og
ga John en skarp reprimande for å ha forlatt sin misjon og sendte ham tilbake
til Skottland. Han vendte tilbake sammen med jesuitten Moffat og en
sekularprest ved navn Campbell. Da John kom tilbake til Edinburgh i april 1614,
bodde han i huset til William Sinclair, og var trolig lærer for hans eldste
sønn Robert, som senere ble jesuitt, og den yngre Roger. Her møtte han en
fransiskansk navnebror, og de to tjenestegjorde for de små menighetene som
møttes hjemme hos Sinclair, John Philipps og Robert Wilkie. Sinclair skulle få
betale dyrt for sin gjestfrihet til John, med både eksil og beslagleggelse av
all eiendom. Men hele tiden var han Johns mest lojale beundrer og skulle bli et
viktig vitne i saligkåringsprosessen.
John Ogilvie arbeidet
iherdig en tid og hans flokk økte til tross for den livsfaren katolikker svevde
i, og han ble berømt for å insistere på større hengivenhet blant katolikkene.
Etter hvert begynte han å utvide arbeidet i andre retninger, og han begynte å
besøke arresterte katolikker i fengslene. Dette var risikabelt på slike steder
hvor alle besøkende ble iakttatt, og han gikk til og med opp til festningen og
fikk tillatelse til å møte Sir James MacDouglas av øyene, som satt der med en
dødsdom. Han gjenkalte i erindringen sin ministrering selv etter alle årene som
var gått.
I sommermånedene i 1614
fikk John noen få konvertitter, og Sinclair holdt senere frem at antallet var
stort med hensyn til den korte tiden. I slutten av august reiste han til
Glasgow, hvor han fikk husly hos en enke ved navn Marion Walker, som endte sine
dager i fengsel for sin tro. I Glasgow lyktes han å komme i forbindelse med Sir
John Cleland og Lady Maxwell, som begge var hemmelige katolikker, og han klarte
også å gjenforsone flere medlemmer av lavadelen i Renfrewshire med Kirken.
Samtidig bygde han opp en menighet blant borgerskapet.
Kort etter at John var
kommet tilbake til Edinburgh, kom det nyheter om at fem andre personer i
Glasgow ønsket å bli gjenforsont med Kirken, og han skyndte seg tilbake til
Glasgow. Dit kom han den 3. oktober 1614, og dagen etter feiret han messe, og
en av de fem som ønsket å konvertere, Adam Boyd, var til stede. Han var en
tvilsom person som alltid var i pengenød. Etter messen sa han at han ønsket
instruksjon i troen, og ba presten om å komme klokken fire om ettermiddagen til
korset på markedsplassen, hvor en budbringer ville møte ham og bringe ham til
et trygt sted. John gikk med på det.
Men Boyd gikk direkte til
den protestantiske episkopale erkebiskopen Spottiswood, som hadde vært
presbyteriansk prest, men som nå gjennomførte den kirkelige politikken til kong
Jakob I (VI) i Skottland. Fra sin residens i Glasgow holdt han øye med både
katolikker og presbyterianere. Det ble bestemt at en av erkebiskopens mest
muskuløse tjenere, Andrew Hay, skulle møte Adam Boyd og John Ogilvie på
markedsplassen. Samtidig fortalte Boyd om alle han mistenkte for å stå i
forbindelse med Ogilvie.
Avtalen ble holdt, og
jesuittpresten kom til markedsplassen litt før klokken fire. Han møtte James
Stewart, en katolikk og sønn av den tidligere borgermesteren. De sto og snakket
sammen da Boyd ga et tegn til Hay om å nærme seg den umistenksomme presten.
Stewart kjente igjen Hay og prøvde å få Ogilvie til å vende hjem. Stewart og
Hay havnet i en krangel som endte med en nevekamp hvor også utenforstående
deltok, og til slutt ble Ogilvie båret av mengden til borgermesterens hus, selv
om han protesterte og sa at slåsskampen ikke angikk ham. I huset ventet
erkebiskopen på ham og slo jesuittpresten i ansiktet og sa: «Du er frekk nok
til å lese messer i en reformert by». Til dette svarte John: «Du oppfører deg
som en bøddel og ikke som en erkebiskop ved å slå meg». Deretter ble han brakt
til fengslet i bispepalasset.
Morgenen etter ble han
brakt for erkebiskopen og byretten i Glasgow, og han ble spurt: «Har du feiret
messe i kongens riker?» Fangen visste at dette kom inn under straffeloven, så
han svarte: «Hvis dette er en forbrytelse, må den bevises av vitner, ikke av
mine ord». Han nektet å svare på alle spørsmål som kunne diskreditere ham selv
eller sette andres liv i fare. Rettssaken trakk ut til han hadde vært uten mat
i 26 timer og skalv av feber.
Da myndighetene fant ut
at verken tortur eller løfter om kongens gunst kunne få fangen til å forråde de
ukjente katolikkene i Skottland, ble det bestemt å hindre ham i å sove for
dermed å svekke hans motstandsvilje. Han ble tvunget til å være våken i åtte
dager og netter på rad ved å bli stukket med spisse pinner, ved å bli dratt ut
av sengen, ved rop i øret på ham, ved å få håret revet ut og ved stadig å bli
kastet i gulvet. Han ble også utsatt for den franske torturen som ble kalt
«støvelen». Torturen fortsatte til legene påpekte at han ikke ville tåle stort
mer, og hvis de fortsatte i tre timer til, ville det bli fatalt. Dermed fikk
han en dags og en natts søvn.
Neste dag, den 12.
desember, ble han brakt til sitt andre forhør. Det fant sted i Edinburgh for en
kommisjon av lorder som kongen i et brev hadde utnevnt for forhøret og
rettssaken. Anklagene mot ham ble nå fullstendig endret. Myndighetene erklærte
nå at han var skyldig i høyforræderi ved å anerkjenne kongens jurisdiksjon i
åndelige spørsmål. I virkeligheten var formålet med rettssaken ikke å dømme ham
for å ha feiret messe, og ikke en gang dømme ham for å hevde den pavelige
jurisdiksjon over Skottland, men gjennom ham å oppdage hvilke skotter som var
forberedt på vende tilbake til den katolske tro.
Etter den andre
rettssaken ble Ogilvie den 24. desember tatt med tilbake til Glasgow, hvor han
ser ut til å ha blitt vennlig behandlet i begynnelsen. Rapporter om hans
heroisme hadde gått over hele Skottland, og til og med hans voktere, inkludert
erkebiskopen, ønsket ikke noe høyere enn at han skulle gi etter og akseptere
kongens overhøyhet. Men snart kom det brev fra kongen selv med spørsmål John
skulle stilles. Til disse fem spørsmålene, som utelukkende dreide seg om
forholdet mellom kirke og stat, kunne han i det neste forhøret den 18. januar
1615 bare gi svar som i praksis beseglet hans skjebne. Hele tiden holdt han
fast på sin lojalitet til kronen i verdslige spørsmål og anerkjente eksplisitt
Jakob som konge av Skottland og tok avstand på drapsforsøket på ham
(«Kruttkomplottet»), men han nektet å underlegge seg kronen i stedet for paven
i åndelige spørsmål.
Nå ble hans behandling i
fengselet mye hardere. Likevel fortsatte han å skrive en beretning på latin om
sin arrestasjon og tortur. Han klarte å skyve arkene ut i en sprekk mellom
døren og gulvet til personer som gikk forbi på utsiden, øyensynlig for å besøke
andre fanger. De smuglet beretningen ut av fengslet. Det rystende verket ble fullført
av noen øyenvitner og har tittelen Relatio incarcerationis, «Beretning fra
fengselet».
Selv om galgen allerede
var reist, måtte man først gå gjennom en slags rettssak. For siste gang ble p.
John Ogilvie ført frem for sine dommere. Han ble fortalt at han ikke var stilt
for retten for å feire messe, men for de svarene han hadde gitt på kongens
spørsmål. I henhold til dette ble han kl 11 den 10. mars 1615 etter den nye
kalenderen (28. februar etter den gamle) kjent skyldig i høyforræderi og dømt
til døden ved hengning.
Samme ettermiddag ble han
brakt til galgen for å bli hengt, buksprettet og partert («hanged, drawn and
quartered»), en forræders død, ved en offentlig henrettelse på Glasgows store
torg. Hans venn John Browne, som var hos ham helt til slutten, fortalte at han
til og med på skafottet enda en gang fikk tilbud om frihet og velstand hvis han
bare ville avsverge sin katolske tro. Dette var et klart bevis på at han ble
dømt for sin tro og ikke av politiske grunner. Men John nektet å avsverge troen,
og ble derfor hengt. Men sympatien for ham i den enorme folkemengden var så
stor at han ikke ble partert. John ble straks gravlagt på en kirkegård for
forbrytere utenfor byen, og det sies at katolske troende senere gravde opp hans
levninger. Men ingen relikvier er bevart.
Martyren John Ogilvie ble
erklært Venerabilis («ærverdig») på 1600-tallet, saligkåret den 22.
desember 1929 av pave Pius XI (1922-39) og helligkåret den 17. oktober 1976 av
pave Paul VI (1963-78) – den første skotske helgen på fem hundre år. Hans
minnedag er dødsdagen 10. mars. I Graz feires han den 7. september sammen med
fire andre martyrer fra jesuittkollegiet i Graz: de hellige Johannes Sarkander og
Kosice-martyrene Markus Stefan Krizin, Stefan Pongrácz og Melkior Grodziecki.
I jesuittordenen feirer de sin hellige medbror den 14. oktober.
Kilder:
Attwater/John, Attwater/Cumming, Farmer, Butler, Butler (III), Benedictines,
Delaney, Bunson, Tylenda, Engelhart, Schauber/Schindler, Dammer/Adam, Index99,
KIR, CE, CSO, Patron Saints SQPN, Infocatho, Bautz, Heiligenlexikon, University
of Detroit Mercy - Kompilasjon og oversettelse: p. Per Einar Odden -
Opprettet: 2000-03-11 09:50 - Sist oppdatert: 2006-01-05 23:39
SOURCE : https://www.katolsk.no/biografier/historisk/jogilvie