DIVINI REDEMPTORIS
LE COMMUNISME ATHÉE
1. La promesse d'un
Rédempteur illumine la première page de l'histoire humaine; aussi, la ferme
espérance de jours meilleurs adoucit le regret du paradis perdu et soutint le
genre humain cheminant au milieu des tribulations; mais, quand fut venue la
plénitude des temps, le Sauveur du monde, par son apparition sur terre, combla
l'attente et inaugura, dans tout l'univers, une nouvelle civilisation, la
civilisation chrétienne, autrement plus parfaite que tous les progrès réalisés
jusque-là, au prix de tant d'efforts, chez certains peuples privilégiés.
2. Mais, la lutte entre
le bien et le mal, triste héritage de la faute originelle, continua à sévir
dans le monde; l'ancien tentateur n'a jamais cessé, par ses promesses
fallacieuses, de tromper le genre humain. C'est pourquoi, au cours des siècles,
on a vu les bouleversements se succéder jusqu'à la révolution actuelle, qui est
déjà déchaînée ou qui devient sérieusement menaçante presque partout, peut-on
dire, et dépasse, par l'ampleur et la violence, ce qu'on a éprouvé dans les
persécutions antérieures contre l'Église. Des peuples entiers sont exposés à
retomber dans une barbarie plus affreuse que celle où se trouvait encore la
plus grande partie du monde à la venue du Rédempteur.
3. Ce péril si menaçant.
Vous l'avez déjà compris, Vénérables Frères, c'est le communisme bolchevique et
athée, qui prétend renverser l'ordre social et saper jusque dans ses fondements
la civilisation chrétienne.
I
ATTITUDE DE L'ÉGLISE EN
FACE DU COMMUNISME
CONDAMNATIONS ANTÉRIEURES
4. En face d'un pareil
danger, l'Eglise Catholique ne pouvait se taire et, en fait, elle n'a pas gardé
le silence. Le Siège Apostolique, qui a pour mission spéciale la défense de la
vérité, de la justice, de tous les biens éternels niés et combattus, par le
communisme, le Siège Apostolique. tout particulièrement, n'a pas manqué
d'élever la voix. Depuis l'époque où des groupes intellectuels prétendirent
libérer la civilisation humaine des liens de la morale et de la religion, Nos
prédécesseurs attirèrent l'attention du monde, d'une façon claire et explicite,
sur les conséquences de la déchristianisation de la société humaine. Quant au
communisme, déjà en 1846, Notre vénéré Prédécesseur, Pie IX, de sainte mémoire,
portait une condamnation solennelle, confirmée plus tard dans le Syllabus,
contre " cette doctrine néfaste qu'on nomme le communisme,
radicalement contraire au droit naturel lui-même ; pareille doctrine, une
fois admise, serait la ruine complète de tous les droits, des institutions, des
propriétés et de la société humaine elle-même " (1).
Plus tard. Notre
Prédécesseur, Léon XIII, d'immortelle mémoire, dans son Encyclique Quod
Apostolici muneris, définissait le communisme : " Une peste
mortelle qui s'attaque à la moelle de la société humaine et qui
l'anéantirait " (2). Avec clairvoyance Léon XIII montrait qu'à
l'origine de l'athéisme des masses, en cette époque de progrès technique, se
trouve une philosophie qui, depuis des siècles, tente de séparer la science et
la vie de la foi et de l'Eglise.
ACTES DU PRÉSENT
PONTIFICAT
5. Nous-même, durant
Notre pontificat, Nous avons souvent dénoncé, et avec une pressante insistance,
les courants d'athéisme qui croissent d'une façon alarmante. En 1924, quand
Notre mission de secours revenait des pays de l'Union Soviétique, Nous avons
protesté contre le communisme, dans une allocution spéciale, qui s'adressait au
monde entier (3).
Dans Nos Encycliques Miserentissimus
Redemptor (4), Quadragesimo anno (5), Caritate Christi (6), Acerba
animi (7), Dilectissima Nobis (8), Nous avons fait entendre une
solennelle protestation contre les persécutions déchaînées en Russie, au
Mexique et en Espagne.
On n'a pas encore oublié
les allocutions que Nous prononcions l'an dernier, lors de l'inauguration de
l'Exposition mondiale de la Presse catholique, dans l'audience accordée aux
réfugiés espagnols et dans Notre message à l'occasion de la fête de Noël.
Même les ennemis les plus
acharnés de l'Eglise, qui dirigent de Moscou cette lutte contre la civilisation
chrétienne, témoignent, par leurs attaques incessantes en paroles et en actes,
que la Papauté continue fidèlement, encore de nos jours, à défendre le
sanctuaire de la religion chrétienne et qu'elle a mis en garde contre le péril
communiste plus souvent et d'une manière plus persuasive que n'importe quel
autre pouvoir public de ce monde.
NÉCESSITÉ D'UN NOUVEAU
DOCUMENT SOLENNEL
6. Malgré ces
avertissements paternels plusieurs fois renouvelés et qu'à Notre grande
satisfaction Vous avez, Vénérables Frères, fidèlement communiqués et commentés
à Vos fidèles, en plusieurs Lettres pastorales récentes, même en des Lettres
collectives, malgré tout, propagé par d'habiles agitateurs, le danger va
s'aggravant de jour en jour. C'est pourquoi il est de Notre devoir,
croyons-Nous, d'élever à nouveau la voix en un document plus solennel, selon
l'habitude du Siège Apostolique, Maître de vérité; du reste, un pareil document
répond au désir de tout l'univers catholique. L'écho de Notre voix, Nous en
avons la ferme confiance, sera entendu partout où se trouvent des esprits
libres de préjugés et des coeurs sincèrement désireux du bien de l'humanité:
d'autant plus que Notre parole est aujourd'hui douloureusement confirmée par le
spectacle des fruits amers produits par les idées subversives. Les effets que
Nous avions prévus et annoncés se multiplient terriblement; ils se réalisent
dans les pays déjà dominés par le communisme ou ils menacent tous les autres
pays du monde.
7. Nous voulons donc
encore une fois, dans une brève synthèse, exposer les principes du communisme
athée, tels qu'ils se manifestent surtout dans le bolchevisme, et montrer ses
méthodes d'action. A ces faux principes, nous opposerons la lumineuse doctrine
de l'Eglise, Nous indiquerons de nouveau, avec insistance, par quels moyens la
civilisation chrétienne, la seule " Cité " vraiment
" humaine ", peut échapper à ce fléau satanique et se
développer encore davantage pour le véritable bien-être de l'humanité.
II
DOCTRINE ET FRUITS DU
COMMUNISME
LA DOCTRINE
Pseudo-idéal.
8. Le communisme
d'aujourd'hui, d'une manière plus accusée que d'autres mouvements semblables du
passé, renferme une idée de fausse rédemption. Un pseudo-idéal de justice,
d'égalité et de fraternité dans le travail, imprègne toute sa doctrine et toute
son activité d'un certain faux mysticisme qui communique aux foules, séduites
par de fallacieuses promesses, un élan et un enthousiasme contagieux,
spécialement en un temps comme le nôtre, où par suite d'une mauvaise
répartition des biens de ce monde règne une misère anormale. On vante même ce
pseudo-idéal, comme s'il avait été le principe d'un certain progrès économique:
quand il est réel, ce progrès s'explique par bien d'autres causes, comme
l'intensification de la production industrielle dans des pays qui en étaient
presque privés, la mise en valeur d'énormes richesses naturelles, l'emploi de
méthodes brutales pour faire d'immenses travaux à peu de frais.
Matérialisme
évolutionniste de Marx.
9. La doctrine, que le
communisme cache sous des apparences parfois si séduisantes, a aujourd'hui pour
fondement les principes du matérialisme dialectique et historique déjà prônés
par Marx; les théoriciens du bolchevisme prétendent en détenir l'unique
interprétation authentique. Cette doctrine enseigne qu'il n'existe qu'une seule
réalité, la matière, avec ses forces aveugles; la plante, l'animal, l'homme
sont le résultat de son évolution. De même, la société humaine n'est pas autre
chose qu'une apparence ou une forme de la matière qui évolue suivant ses lois;
par une nécessité inéluctable elle tend, à travers un perpétuel conflit de
forces, vers la synthèse finale : une société sans classe.
Dans une telle doctrine,
c'est évident, il n'y a plus de place pour l'idée de Dieu. il n'existe pas de
différence entre l'esprit et la matière, ni entre l'âme et le corps: il n'y a
pas de survivance de l'âme après la mort, et par conséquent nulle espérance
d'une autre vie. Insistant sur l'aspect dialectique de leur matérialisme, les
communistes prétendent que le conflit, qui porte le monde vers la synthèse
finale, peut être précipité grâce aux efforts humains. C'est pourquoi ils
s'efforcent de rendre plus aigus les antagonismes qui surgissent entre les
diverses classes de la société; la lutte des classes, avec ses haines et ses
destructions, prend l'allure d'une croisade pour le progrès de l'humanité.
Par contre, toutes les
forces qui s'opposent à ces violences systématiques, quelle qu'en soit la
nature, doivent être anéanties comme ennemies du genre humain.
Le sort de la personne
humaine et de la famille.
10. De plus, le
communisme dépouille l'homme de sa liberté, principe spirituel de la conduite
morale ; il enlève à la personne humaine tout ce qui constitue sa dignité,
tout ce qui s'oppose moralement à l'assaut des instincts aveugles. On ne
reconnaît à l'individu, en face de la collectivité, aucun des droits naturels à
la personne humaine; celle-ci, dans le communisme, n'est plus qu'un rouage du
système. Dans les relations des hommes entre eux, on soutient le principe de
l'égalité absolue, on rejette toute hiérarchie et toute autorité établie par
Dieu, y compris l'autorité des parents.
Tout ce qui existe de
soi-disant autorité et subordination entre les hommes dérive de la collectivité
comme de sa source première et unique. On n'accorde aux individus aucun droit
de propriété sur les ressources naturelles ou sur les moyens de production,
parce qu'ils sont l'origine d'autres biens, et que leur possession entraînerait
la domination d'un homme sur l'autre. Voilà précisément pourquoi ce genre de
propriété privée devra être radicalement détruit, comme la première source de
l'esclavage économique.
11. En refusant à la vie
humaine tout caractère sacré et spirituel, une telle doctrine fait
nécessairement du mariage et de la famille une institution purement
conventionnelle et civile, fruit d'un système économique déterminé. On nie par
conséquent l'existence d'un lien matrimonial de nature juridico-morale qui soit
soustrait au bon plaisir des individus ou de la collectivité et, par suite, on
rejette l'indissolubilité de ce lien. En particulier, le communisme n'admet
aucun lien spécial de la femme avec la famille et le foyer.
En proclamant le principe
de l'émancipation de la femme, il l'enlève à la vie domestique et au soin des
enfants pour la jeter dans la vie publique et dans les travaux de la production
collective au même titre que l'homme; le soin du foyer et des enfants est
dévolu à la collectivité. Enfin on retire aux parents le droit de l'éducation,
que l'on considère comme un droit exclusif de la communauté, c'est seulement au
nom de la communauté et par délégation que les parents peuvent encore l'exercer.
Ce que deviendrait la
société.
12. Que deviendrait donc
la société humaine fondée sur de tels principes matérialistes ? Elle serait une
collectivité sans autre hiérarchie que celle du système économique. Elle aurait
pour unique mission la production des biens par le travail collectif et pour
unique fin la jouissance des biens terrestres dans un paradis où chacun
" donnerait selon ses forces et recevrait selon ses
besoins ". C'est à la collectivité que le communisme reconnaît le
droit ou plutôt le pouvoir discrétionnaire d'assujettir les individus au joug
du travail collectif, sans égard à leur bien-être personnel, même contre leur
propre volonté, et quand il le faut, par la violence. L'ordre moral aussi bien
que l'ordre juridique ne serait plus, dès lors, qu'une émanation du système
économique en vigueur; il ne serait fondé que sur des valeurs terrestres,
changeantes et caduques.
Bref, on prétend ouvrir
une ère nouvelle, inaugurer une nouvelle civilisation résultant d'une évolution
aveugle : " une humanité sans Dieu ! "
13. Enfin quand l'idéal
collectiviste sera devenu pour tous une réalité, au terme utopique de cette
évolution, où la société ne connaîtra plus les différences de classes, l'Etat
politique, aujourd'hui instrument de domination des capitalistes sur les
prolétaires, perdra toute sa raison d'être et " disparaîtra de
lui-même ".
Cependant, en attendant
cet âge d'or, le communisme considère l'Etat et le pouvoir politique comme le
moyen le plus efficace et le plus universel pour arriver à ses fins.
14. Vénérables Frères,
voilà le nouvel Evangile que le communisme bolchevique et athée prétend
annoncer au monde, comme un message de salut et de rédemption ! Système rempli
d'erreurs et de sophismes, opposé à la raison comme à la révélation divine: doctrine
subversive de l'ordre social puisqu'elle en détruit les fondements mêmes,
système qui méconnaît la véritable origine, la nature et la fin de l'Etat,
ainsi que les droits de la personne humaine, sa dignité et sa liberté.
LA DIFFUSION
Promesses éblouissantes.
15. Mais comment se
fait-il qu'un tel système, depuis longtemps dépassé scientifiquement, et
démenti par la réalité des faits, puisse se répandre aussi rapidement dans
toutes les parties du monde ? C'est que bien peu de personnes ont su
pénétrer la vraie nature du communisme; le plus souvent on cède à la tentation
habilement présentée sous les plus éblouissantes promesses. Sous prétexte de ne
vouloir que l'amélioration du sort des classes laborieuses, de supprimer les
abus réels provoqués par l'économie libérale et d'obtenir une réparation plus
équitable des richesses (objectifs parfaitement légitimes, sans aucun doute),
en profitant de la crise économique mondiale, le communisme réussit à faire
pénétrer son influence même dans les milieux sociaux où par principe on rejette
le matérialisme et le terrorisme. Et comme toute erreur contient une part de
vrai, cet aspect de la vérité, auquel Nous avons fait allusion, a été mis
habilement en relief suivant les temps et les lieux pour cacher au besoin la
brutalité repoussante et inhumaine des principes et des méthodes du
communisme ; on séduit ainsi des esprits distingués au point d'en faire à
leur tour des apôtres auprès des jeunes intelligences trop peu averties pour
découvrir les erreurs intrinsèques au système. Les fauteurs de communisme ne
manquent pas non plus de mettre à profit les antagonismes de race, les
divisions et les oppositions qui proviennent des différents systèmes
politiques, enfin le désarroi qui règne dans le camp de la science séparée de
Dieu, pour s'insinuer dans les Universités et appuyer les principes de leur
doctrine sur des arguments pseudo-scientifiques.
Le libéralisme a frayé la
voie au communisme.
16. Pour comprendre
comment le communisme a réussi à se faire accepter sans examen par les masses
ouvrières, il faut se rappeler que les travailleurs étaient déjà préparés à
cette propagande par l'abandon religieux et moral où ils furent laissés par
l'économie libérale. Le système des équipes de travail ne leur donnait même
plus le temps d'accomplir les devoirs religieux les plus importants, aux jours
de fête: on ne s'est pas mis en peine de construire des églises à proximité des
usines ni de faciliter la tâche du prêtre ; au contraire, on a favorisé le
laïcisme et continué son oeuvre. On recueille donc l'héritage des erreurs tant
de fois dénoncées par Nos Prédécesseurs et par Nous-même; il n'y a pas à
s'étonner qu'en un monde déjà largement déchristianisé se propage l'erreur
communiste.
Propagande insidieuse et
étendue.
17. De plus, la diffusion
si rapide des idées communistes, qui s'infiltrent dans tous les pays grands et
petits, civilisés ou moins développés, au point qu'aucune partie du monde n'y
échappe, cette diffusion s'explique par une propagande vraiment diabolique,
telle que le monde n'en a peut-être jamais vue: propagande dirigée par un
centre unique et qui s'adapte très habilement aux conditions des différents
peuples; propagande qui dispose de grands moyens financiers, d'organisations
gigantesques, de Congrès internationaux, de forces nombreuses et bien
disciplinées; propagande qui se fait par des tracts et des revues, par le
cinéma, le théâtre et la radio, dans les écoles et même dans les Universités,
qui envahit peu à peu tous les milieux même les meilleurs, si bien que le poison
pénètre presque insensiblement et toujours davantage les esprits et les coeurs.
Conjuration du silence
dans la presse.
18. Un troisième facteur
contribue largement à la diffusion du communisme, c'est la conjuration du
silence dans une grande partie de la presse mondiale non catholique. Nous
disons conjuration, car on ne saurait expliquer autrement le fait qu'une presse
aussi avide de commenter les menus incidents de la vie quotidienne ait pu si
longtemps garder le silence au sujet des horreurs commises en Russie, au
Mexique et dans une grande partie de l'Espagne, qu'elle parle relativement peu
d'une organisation mondiale aussi vaste que le communisme dirigé par Moscou.
Cette conjuration est due en partie à des raisons inspirées par une politique à
courte vue; elle est favorisée par diverses organisations secrètes, qui depuis
longtemps cherchent à détruire l'ordre social chrétien.
CONSÉQUENCES DOULOUREUSES
Russie et Mexique.
19. Cependant les
douloureux effets de cette propagande sont sous nos yeux. Là où le communisme
a pu s'affirmer et dominer, - et ici Nous songeons avec une particulière
affection paternelle aux peuples de la Russie et du Mexique,- il s'est efforcé
par tous les moyens de détruire (et il le proclame ouvertement) la civilisation
et la religion chrétiennes jusque dans leurs fondements, d'en effacer tout
souvenir du coeur des hommes, spécialement de la jeunesse. Evêques et prêtres
ont été bannis, condamnés aux travaux forcés, fusillés et mis à mort de façon
inhumaine ; de simples laïques, pour avoir défendu la religion, ont été
suspectés, malmenés, poursuivis et traînés en prison et devant les tribunaux.
Horreurs du communisme en
Espagne.
20. Et là où, comme en
Notre chère Espagne, le fléau communiste n'avait pas eu le temps encore de faire
sentir tous les effets de ses théories, il s'est déchaîné, hélas ! avec
une violence plus furieuse. Ce n'est pas l'une ou l'autre église, tel ou tel
couvent qu'on a abattus, mais quand ce fut possible, ce sont toutes les églises
et tous les couvents et toute trace de la religion chrétienne qu'on a voulu
détruire, même quand il s'agissait des monuments les plus remarquables de l'art
et de la science ! La fureur communiste ne s'est pas contentée de tuer des
évêques et des milliers de prêtres, de religieux et de religieuses, s'en
prenant plus particulièrement à ceux et à celles qui justement s'occupaient
avec plus de zèle des ouvriers et des pauvres, mais elle fit un nombre beaucoup
plus grand de victimes parmi les laïques de toute classe, qui, encore maintenant,
chaque jour, peut-on dire. sont massacrés en masse pour le seul fait d'être
bons chrétiens ou du moins opposés à l'athéisme communiste. Et cette
épouvantable destruction est perpétrée avec une haine, une barbarie, une
sauvagerie qu'on n'aurait pas cru possibles en notre temps. Aucun particulier
de jugement sain, aucun homme d'Etat, conscient de sa responsabilité, ne peut,
sans frémir d'horreur, penser que les événements d'Espagne pourraient se
répéter demain en d'autres nations civilisées.
Fruits naturels du
système.
21. Or, on ne peut dire
que de telles atrocités soient de ces phénomènes passagers qui accompagnent
d'ordinaire toute grande révolution, des excès isolés d'exaspération comme il
s'en trouve dans toutes les guerres; non, ce sont les fruits naturels d'un
système qui est dépourvu de tout frein intérieur. Un frein est nécessaire à
l'homme pris individuellement comme à l'homme vivant en société. Même les
peuples barbares trouvèrent ce frein dans la loi naturelle gravée par Dieu dans
l'âme humaine. Et quand cette loi naturelle fut mieux observée, on vit des
nations anciennes monter à un niveau de grandeur qui étonne encore, plus qu'il
ne conviendrait, des observateurs superficiels de l'histoire. Mais lorsque du
coeur des hommes l'idée même de Dieu s'efface, leurs passions débridées les
poussent à la barbarie la plus sauvage.
Lutte contre tout ce qui
est divin.
22. C'est, hélas !
le spectacle qui s'offre à nous : pour la première fois dans l'histoire
nous assistons à une lutte froidement voulue et savamment préparée de l'homme
contre " tout ce qui est divin " (9). Le communisme est par
sa nature antireligieux et considère la religion comme " l'opium du
peuple ", parce que les principes religieux qui parlent de la vie
d'outre-tombe empêchent le prolétaire de poursuivre la réalisation du paradis
soviétique, qui est de cette terre.
Le terrorisme.
23. Mais on ne foule pas
aux pieds impunément la loi naturelle et son Auteur : le communisme n'a pu
et ne pourra réaliser son but, pas même sur le plan purement économique. Il est
vrai qu'en Russie il a contribué à secouer hommes et choses d'une longue et séculaire
inertie et à obtenir par des moyens souvent sans scrupules quelques succès
matériels; mais nous savons par des témoignages non suspects, dont certains
sont récents, que de fait, ce qu'il s'était promis, il ne l'a pas atteint; sans
compter l'esclavage que le terrorisme a imposé à des millions d'hommes. Même
sur le terrain économique, on ne peut se passer de la morale, du sentiment
moral de la responsabilité, pour lequel il n'y a pas de place dans un système
aussi matérialiste que le communisme. Pour en tenir lieu, il n'y a que le
terrorisme, tel que précisément nous le voyons maintenant en Russie, où les
anciens camarades de conspiration et de lutte se détruisent les uns les
autres : un terrorisme qui, au demeurant, ne réussit pas à endiguer la
corruption morale, ni même à empêcher la désorganisation de la structure
sociale.
UNE PENSÉE PATERNELLE
POUR LES PEUPLES OPPRIMÉS, EN RUSSIE
24. En parlant ainsi,
Nous ne voulons aucunement condamner en masse les peuples de l'Union
Soviétique, auxquels Nous portons une affection paternelle.
Nous savons que beaucoup
d'entre eux gémissent sous le joug qui leur est imposé de force par des hommes
souvent étrangers aux véritables intérêts du pays et Nous reconnaissons que
beaucoup d'autres ont été trompés par des espérances fallacieuses. Ce que Nous
accusons, c'est le système, ses auteurs et ses fauteurs, qui ont considéré la
Russie comme un terrain plus propice pour faire l'expérience d'une théorie
élaborée depuis des dizaines d'années, et qui de là continuent à la propager
dans le monde entier.
III
LA LUMINEUSE DOCTRINE DE
L'ÉGLISE
25. Après avoir exposé
les erreurs et les moyens d'action violents et trompeurs du communisme
bolchevique et athée, il est temps désormais, Vénérables Frères, de leur
opposer brièvement la vraie notion de la " Cité humaine ",
de la Société humaine, telle que Vous la connaissez, et telle que nous
l'enseignent la raison et la révélation par l'intermédiaire de l'Eglise Magistra
gentium.
LA RÉALITÉ SUPRÊME :
DIEU
26. Au-dessus de tous les
êtres, il y a l'Etre unique, suprême, souverain, c'est-à-dire Dieu, Créateur
tout-puissant de toutes choses, Juge infiniment sage et juste de tous les
hommes. Cette réalité suprême de Dieu est la condamnation la plus absolue des
impudents mensonges du communisme. Ce n'est point, en effet, parce que les
hommes croient en Dieu que Dieu existe; mais c'est parce que Dieu existe que
tout homme, ne fermant pas volontairement les yeux devant la vérité, croit en
Lui et Lui adresse ses prières.
NATURE DE L'HOMME ET DE
LA FAMILLE D'APRÈS LA RAISON ET LA FOI
27. Ce que la raison et
la foi disent de l'homme, Nous l'avons résumé, quant aux points fondamentaux,
dans l'Encyclique sur l'éducation chrétienne (10).
L'homme a une âme
spirituelle et immortelle ; il est une personne, admirablement pourvue par
le Créateur d'un corps et d'un esprit, un vrai
" microcosme ", comme disaient les anciens, c'est-à-dire un
petit monde, qui vaut (à lui seul) beaucoup plus que l'immense univers inanimé.
En cette vie et dans l'autre, l'homme n'a qu'un Dieu pour fin dernière; par la
grâce sanctifiante, il est élevé à la dignité de fils de Dieu et incorporé au
royaume de Dieu dans le corps mystique du Christ. C'est pourquoi Dieu l'a doté
de prérogatives nombreuses et variées : le droit à la vie, à l'intégrité
du corps, aux moyens nécessaires à l'existence; le droit de tendre à sa fin
dernière dans la voie tracée par Dieu; le droit d'association, de propriété, et
le droit d'user de cette propriété.
28. Comme le mariage et
le droit à son usage naturel sont d'origine divine, ainsi la constitution et
les prérogatives fondamentales de la famille ont été déterminées et fixées par
le Créateur lui-même, et non par les volontés humaines ni par les faits
économiques.
Dans l'Encyclique sur le
mariage chrétien (11) et dans Notre Encyclique, mentionnée plus haut, sur
l'éducation, Nous Nous sommes étendu longuement sur ces questions.
NATURE DE LA SOCIÉTÉ
Droits et devoirs mutuels
de l'homme et de la société.
29. En même temps Dieu
destina l'homme à vivre en société comme sa nature le demande. Dans le plan du
Créateur, la société est un moyen naturel, dont l'homme peut et doit se servir
pour atteindre sa fin, car la société est faite pour l'homme et non l'homme
pour la société. Ce qui ne veut point dire, comme le comprend le libéralisme
individualiste, que la société est subordonnée à l'utilité égoïste de
l'individu, mais que, par le moyen de l'union organique avec la société, la
collaboration mutuelle rend possible à tous de réaliser la vraie félicité sur
terre: cela veut dire encore que c'est dans la société que se développent
toutes les aptitudes individuelles et sociales données à l'homme par la nature,
aptitudes qui, dépassant l'intérêt immédiat du moment, reflètent dans la
société la perfection de Dieu, ce qui est impossible, si l'homme reste isolé.
Ce dernier but de la
société est lui-même, en dernière analyse, ordonné à l'homme, afin que,
reconnaissant ce reflet des perfections divines, par la louange et l'adoration,
il le fasse remonter à son Créateur. Seul l'homme, seule la personne humaine,
et non la collectivité en soi, est doué de raison et de volonté moralement
libre.
30. Ainsi de même que
l'homme ne peut se soustraire aux devoirs qui, selon la volonté de Dieu, le
lient envers la société civile, et que les représentants de l'autorité ont le
droit, dans les cas où l'individu s'y refuserait sans raison légitime, de le
contraindre à l'accomplissement de son devoir; de même la société ne peut
frustrer l'homme des droits personnels que le Créateur lui a concédés et dont
Nous avons signalé plus haut les plus importants; elle ne peut lui en rendre,
par principe, l'usage impossible. Il est donc conforme à la raison et à ses
exigences qu'en dernier lieu toutes les choses de la terre soient ordonnées à
la personne humaine, afin que, par son intermédiaire, elles retournent au
Créateur. A l'homme, à la personne humaine s'applique vraiment ce que l'Apôtre
des Gentils écrit aux Corinthiens sur l'économie du salut: " Tout est
à vous, mais vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu " (12).
Tandis que le communisme, renversant l'ordre des relations entre l'homme et la
société, appauvrit la personne humaine, voilà les hauteurs où s'élèvent la
raison et la révélation !
L'ordre économique et
social.
31. De l'ordre économique
et social Léon XIII a exposé les principes directeurs dans l'Encyclique sur la
question du travail (13), ces principes, dans Notre Encyclique sur la
reconstruction de l'ordre social (14).
Nous les avons adaptés
aux exigences du temps présent. De plus, insistant encore sur la doctrine
séculaire de l'Eglise touchant le caractère individuel et social de la
propriété privée, Nous avons précisé le droit et la dignité du travail, les
rapports de collaboration qui doivent exister entre ceux qui possèdent le
capital et les travailleurs, le salaire dû en stricte justice à l'ouvrier pour
lui et pour sa famille.
32. Dans cette même
Encyclique, Nous avons montré que les moyens de sauver le monde actuel de la
ruine dans laquelle le libéralisme amoral nous a plongés, ne consistent ni dans
la lutte des classes ni dans la terreur, beaucoup moins encore dans l'abus
autocratique du pouvoir de l'Etat, mais dans l'instauration d'un ordre
économique inspiré par la justice sociale et les sentiments de la charité
chrétienne. Nous avons montré comment une saine prospérité doit se baser sur
les vrais principes d'un corporatisme sain qui respecte la hiérarchie sociale
nécessaire, et comment toutes les corporations doivent s'organiser dans une
harmonieuse unité, en s'inspirant du bien commun de la société. La mission
principale et la plus authentique du pouvoir civil est précisément de
promouvoir efficacement cette harmonie et la coordination de toutes les forces
sociales.
Hiérarchie sociale et
prérogatives de l'Etat.
33. Afin d'assurer cette
collaboration organique et cette tranquille harmonie, la doctrine catholique
revendique pour l'Etat la dignité et l'autorité d'un vigilant et prévoyant
défenseur des droits divins et humains, dont les Saintes Ecritures et les Pères
de l'Eglise parlent si souvent. Il est faux que tous les hommes aient les mêmes
droits dans la société civile et qu'il n'existe aucune hiérarchie légitime.
Qu'il nous suffise de rappeler les Encycliques de Léon XIII, indiquées plus
haut, en particulier celle qui concerne le pouvoir de l'Etat (15) et celle qui
traite de la constitution chrétienne de l'Etat (16).
Ces Encycliques exposent
clairement au catholique les principes de la raison et de la foi qui le
rendront capable de se prémunir contre les erreurs et les dangers de la
conception bolchevique de l'Etat. La spoliation des droits et l'asservissement
de l'homme, la négation de l'origine première et transcendante de l'Etat et de
son pouvoir, l'horrible abus de l'autorité publique au service du terrorisme
collectiviste, tout cela est précisément le contraire de ce qu'exigent la
morale naturelle et la volonté du Créateur. La société civile et la personne
humaine tirent leur origine de Dieu et sont par lui mutuellement ordonnées
l'une à l'autre; aucune des deux, par conséquent, ne peut se soustraire à ses
devoirs envers l'autre, ni renier ou diminuer les droits de l'autre.
C'est Dieu qui a réglé
ces rapports mutuels dans leurs lignes essentielles; le communisme commet une
usurpation injuste quand il impose, au lieu de la loi divine basée sur les
principes immuables de la vérité et de la charité, un programme politique de
parti, provenant de l'arbitraire humain et tout rempli de haine.
BEAUTÉ DE LA DOCTRINE DE
L'ÉGLISE
34. Quand elle enseigne
cette lumineuse doctrine, l'Eglise n'a pas d'autre but que de réaliser
l'heureux message chanté par les anges sur la grotte de Bethléem, à la
naissance du Rédempteur: " Gloire à Dieu... et paix aux
hommes... " (17); paix véritable et vraie félicité, même ici-bas,
autant qu'il est possible, en vue de préparer la félicité éternelle, mais paix
réservée aux hommes de bonne volonté.
Cette doctrine se tient à
égale distance des erreurs extrêmes comme des exagérations des partis ou des
systèmes qui s'y rattachent: elle garde toujours l'équilibre de la justice et
de la vérité; elle proclame la juste mesure dans la théorie et en assure la réalisation
progressive dans la pratique, s'efforçant de concilier les droits et les
devoirs de tous, l'autorité avec la liberté, la dignité de l'individu avec
celle de l'Etat, la personnalité humaine du subordonné avec l'origine divine du
pouvoir; la juste soumission, l'amour ordonné de soi-même, de sa famille et de
sa propre patrie avec l'amour des autres familles et des autres peuples,
sentiment fondé sur l'amour de Dieu, père, premier principe et fin dernière de
tous les hommes. Elle ne sépare pas le souci modéré des biens temporels de la
sollicitude pour les biens éternels. Si elle subordonne les premiers aux
autres, suivant la parole de son divin fondateur: " Cherchez d'abord
le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît "
(18), elle est bien loin toutefois de se désintéresser des choses humaines et
d'entraver le progrès et les avantages matériels: au contraire, elle les aide
et les favorise de la manière la plus raisonnable et la plus efficace. Ainsi,
bien que l'Eglise n'ait jamais, sur le terrain économique et social, présenté
de système technique déterminé, ce qui d'ailleurs ne lui appartient pas, elle a
pourtant clairement indiqué, sur certains points, des directives qui, tout en
s'adaptant dans le concret à des applications diverses selon les différentes
conditions de temps, de lieux et de peuples, montrent la bonne voie pour
assurer l'heureux progrès de la société.
35. La sagesse, la valeur
de cette doctrine est admise par tous ceux qui la connaissent véritablement. Avec
raison, des hommes d'Etat éminents ont pu affirmer qu'après avoir étudié les
divers systèmes sociaux, ils n'avaient rien trouvé de plus sage que les
principes exposés dans les Encycliques Rerum novarum et Quadragesimo
anno. Jusque dans les pays non catholiques, et même non chrétiens, on reconnaît
la grande valeur sociale des doctrines de l'Eglise. C'est ainsi qu'un homme
politique éminent, non chrétien, de l'Extrême-Orient, n'hésitait pas à
proclamer, il y a un mois à peine, que l'Eglise avec sa doctrine de paix et de
fraternité chrétienne apporte une très précieuse contribution à l'établissement
et au maintien si laborieux de la paix entre les nations. Enfin, des rapports
authentiques arrivant au Centre de la Chrétienté affirment que les communistes eux-mêmes,
s'ils ne sont pas totalement corrompus, lorsqu'on leur expose la doctrine
sociale de l'Eglise, en reconnaissent la supériorité sur les doctrines de leurs
chefs et de leurs maîtres. Ceux que la passion aveugle et à qui la haine ferme
les yeux devant la lumière de la vérité, ceux-là seuls la combattent
obstinément.
EST-IL VRAI QUE L'ÉGLISE
N'A PAS AGI EN CONFORMITÉ AVEC SA DOCTRINE ?
36. Mais les ennemis de
l'Eglise, forcés de reconnaître la sagesse de sa doctrine, l'accusent cependant
de n'avoir pas su confronter ses actes à ses principes et affirment en
conséquence la nécessité de chercher d'autres voies. Combien cette accusation
est fausse et injuste, toute l'histoire du Christianisme le démontre.
Pour ne rappeler ici que
quelques faits caractéristiques, c'est le Christianisme qui, le premier,
proclama généreusement, avec une ardeur et une conviction inconnues aux siècles
précédents, la vraie et universelle fraternité de tous les hommes, à quelque
race ou condition qu'ils appartiennent; il contribua ainsi puissamment à
l'abolition de l'esclavage, non par des révoltes sanguinaires, mais par la
force intérieure de sa doctrine, en faisant voir à l'orgueilleuse patricienne
de Rome, dans son esclave, une soeur dans le Christ.
C'est le Christianisme
qui adore le Fils de Dieu fait homme par amour des hommes et devenu
" Fils du Charpentier ",
" Charpentier " lui-même (19) ; c'est le Christianisme
qui consacra la vraie dignité du travail manuel, tâche autrefois méprisée, au
point que l'honnête Marcus Tullius Cicéron, résumant l'opinion générale de son
temps, ne craignit pas d'écrire ces paroles qui, aujourd'hui, feraient honte à
n'importe quel sociologue : " Tous les artisans s'occupent de métiers
méprisables, car l'atelier ne peut rien avoir de noble (20) ".
37. Fidèle à ses
principes, l'Eglise a régénéré l'humanité. Sous son influence, ont surgi
d'admirables oeuvres de charité, des corporations puissantes d'artisans et de
travailleurs de toutes catégories: le libéralisme du siècle passé s'en est
moqué, parce qu'elles étaient des organisations du moyen âge; mais elles
s'imposent aujourd'hui à l'admiration de nos contemporains, qui, en divers
pays, cherchent à les faire revivre. Lorsque d'autres courants entravaient son
oeuvre et empêchaient son influence salutaire, l'Eglise, et cela jusqu'à nos
jours, ne cessait pas d'avertir les égarés. Il suffit de rappeler avec quelle
fermeté, quelle énergie et quelle constance Notre Prédécesseur Léon XIII a
revendiqué pour l'ouvrier le droit d'association, que le libéralisme régnant
dans les plus puissants Etats s'acharne à lui refuser. Même à l'heure actuelle,
la doctrine de l'Eglise exerce une influence plus grande qu'il ne paraît; car
le pouvoir des idées sur les faits est certainement considérable, bien qu'il
soit invisible à mesurer.
38. On peut dire en toute
vérité que l'Eglise, à l'imitation du Christ, a passé à travers les siècles en
faisant du bien à tous. Il n'y aurait ni socialisme ni communisme si les chefs
des peuples n'avaient pas dédaigné ses enseignements et ses maternels
avertissements. Mais ils ont voulu élever, sur les bases du libéralisme et du
laïcisme, d'autres constructions sociales, qui tout d'abord paraissaient
puissantes et grandioses; mais on vit bientôt qu'elles n'avaient pas de
fondements solides; elles s'écroulent misérablement l'une après l'autre, comme
doit s'écrouler fatalement tout ce qui ne repose pas sur l'unique pierre
angulaire qui est Jésus-Christ.
IV
REMÈDES ET MOYENS
39. Telle est, Vénérables
Frères, la doctrine de l'Eglise, la seule qui puisse apporter la vraie lumière,
dans les choses sociales comme dans les autres problèmes, la seule doctrine de
salut en face de l'idéologie communiste. Mais il faut que cette doctrine passe
dans la pratique de la vie, suivant l'avertissement de l'Apôtre saint
Jacques : " Agissez d'après cet enseignement, et ne vous
contentez pas de l'écouter, en vous abusant vous-même " (21) ;
voilà pourquoi la tâche la plus urgente, à l'heure actuelle, c'est d'appliquer
énergiquement les remèdes appropriés et efficaces pour détourner la révolution
menaçante qui se prépare.
Nous en avons la ferme
confiance, l'acharnement avec lequel les fils de ténèbres travaillent jour et
nuit à leur propagande matérialiste et athée sera du moins pour les fils de
lumière un stimulant de piété, leur inspirera un zèle égal et même plus grand
pour l'honneur de la Majesté divine.
40. Que faut-il donc
faire, quels remèdes employer pour défendre le Christ et la civilisation
chrétienne contre cet ennemi pernicieux ? Comme un père au milieu du cercle
de famille. Nous voudrions, pour ainsi dire dans l'intimité, vous entretenir
des devoirs que le grand combat d'aujourd'hui impose à tous les fils de
l'Eglise, et même aux enfants qui se sont éloignés d'elle Nous adressons ce
paternel avertissement.
RENOUVEAU DE VIE
CHRÉTIENNE
Remède fondamental.
41. Comme aux époques des
plus violentes tempêtes dans l'histoire de l'Eglise, aujourd'hui encore le
remède fondamental consiste dans une rénovation sincère de la vie privée et
publique selon les principes de l'Evangile chez tous ceux qui se glorifient
d'appartenir au Christ, afin qu'ils soient vraiment le sel de la terre et
préservent la société humaine de la corruption totale.
42. Avec un sentiment de
profonde reconnaissance envers le Père des lumières, de qui descend
" tout don excellent et toute grâce parfaite " (22), Nous
voyons partout les signes consolants de ce renouveau spirituel, non seulement
dans les âmes particulièrement choisies qui, à notre époque, se sont élevées
jusqu'au sommet de la plus sublime sainteté et dans les âmes toujours plus
nombreuses qui tendent généralement vers ces hauteurs de lumière, mais encore
dans une renaissance de piété sentie et vécue, au sein de toutes les classes
sociales, même les plus cultivées, comme Nous l'avons rappelé récemment dans
Notre Motu proprio In multis solaciis du 2 octobre dernier, à
l'occasion de la réorganisation de l'Académie Pontificale des Sciences (23).
43. Cependant, il faut
avouer que dans ce travail de rénovation spirituelle il reste encore beaucoup à
faire. Même dans les pays catholiques, un trop grand nombre de personnes ne
sont pour ainsi dire que des catholiques de nom. Tout en observant plus ou moins
fidèlement les pratiques les plus essentielles de la religion qu'ils se vantent
de professer, un trop grand nombre n'ont pas le souci de perfectionner leurs
connaissances religieuses, d'acquérir des convictions plus intimes et plus
profondes; ils s'appliquent encore moins à vivre de telle sorte qu'à
l'apparence extérieure corresponde vraiment la beauté intérieure d'une
conscience droite et pure, comprenant et accomplissant tous ses devoirs sous le
regard de Dieu. Cette religion de façade, vaine et trompeuse apparence, déplaît
souverainement au Divin Sauveur, car Il veut que tous adorent le Père
" en esprit et en vérité " (24). Celui qui ne vit pas
véritablement et sincèrement la foi qu'il professe ne saurait résister
longtemps au vent de persécution et à la tempête violente qui souffle
aujourd'hui; il sera misérablement emporté par le nouveau déluge qui menace le
monde, et, tout en se perdant lui-même, il fera du nom chrétien un objet de
dérision.
Détachement des biens de
la terre.
44. Ici, Vénérables Frères,
Nous voulons rappeler avec une particulière insistance deux préceptes de
Notre-Seigneur, qui s'appliquent tout spécialement aux conditions présentes du
genre humain: le détachement des biens de la terre et la loi de charité.
" Bienheureux
les pauvres en esprit ", telles furent les premières paroles tombées
des lèvres du Divin Maître, dans le sermon sur la montagne (25). Cette leçon
est plus nécessaire que jamais, à notre époque de matérialisme avide des biens
et des jouissances terrestres.
Tous les chrétiens,
riches ou pauvres, doivent tenir toujours leurs regards fixés vers le ciel, et
ne jamais oublier que " nous n'avons pas ici-bas de cité permanente,
mais nous cherchons celle qui est à venir " (26).
Les riches ne doivent pas
mettre leur bonheur dans les biens de la terre ni consacrer le meilleur de leur
effort à la conquête de ces biens; mais qu'ils se considèrent comme de simples
administrateurs tenus de rendre des comptes au Maître suprême, qu'il se servent
de leurs richesses comme de moyens précieux que Dieu leur accorde pour faire du
bien : qu'ils ne manquent pas de distribuer leur superflu aux pauvres,
selon le précepte évangélique (27). Sinon, ils verront se réaliser pour
eux-mêmes et leurs richesses le jugement sévère de l'Apôtre saint Jacques:
" A vous maintenant, riches ! Pleurez, éclatez en sanglots. à la
vue des misères qui vont fondre sur vous. Vos richesses sont pourries et vos
vêtements sont mangés de vers. Votre or et votre argent se sont rouillés et
leur rouille rendra témoignage contre vous, et comme un feu dévorera vos
chairs. Vous avez amassé des trésors de colère dans les derniers
jours " (28).
45. Quant aux pauvres,
tout en cherchant selon les lois de charité et de justice à se pourvoir du
nécessaire et même à améliorer leur sort, ils doivent toujours rester, eux
aussi. " des pauvres en esprit " (29), plaçant dans leur
estime les biens spirituels au-dessus des biens et des jouissances terrestres,
qu'ils se souviennent qu'on ne réussira jamais à faire disparaître de ce monde
les misères, les douleurs et les tribulations, qu'à cette loi personne
n'échappe. Il faut donc à tous la patience, cette patience chrétienne qui
réconforte le coeur par les promesses divines d'un bonheur éternel. " Prenez
donc patience, mes frères. - dirons-Nous encore avec saint Jacques, - jusqu'à
l'avènement du Seigneur. Voyez, le laboureur, dans l'espérance du précieux
fruit de la terre, attend patiemment jusqu'à ce qu'il reçoive la pluie de
l'automne et celle du printemps. Vous aussi, soyez patients, et affermissez vos
coeurs, car l'avènement du Seigneur est proche " (30). C'est ainsi
que s'accomplira la consolante promesse de Notre-Seigneur:
" Bienheureux les pauvres ! " Ce n'est pas une vaine
consolation ni une promesse trompeuse comme celles des communistes, mais ce
sont des paroles de vie et de vérité profonde, qui se réalisent pleinement
ici-bas et ensuite dans l'éternité. Dans ces paroles et dans l'espérance du
royaume céleste qui déjà leur appartient, " car le royaume de Dieu
est à vous " (31), a proclamé Notre-Seigneur, combien de pauvres
trouvent un bonheur que des riches cherchent en vain dans leur fortune,
toujours inquiets et tourmentés par le désir insatiable de posséder davantage.
La charité chrétienne.
46. Mais il y a un remède
encore plus efficace, qui doit atteindre plus directement le mal actuel, c'est
le précepte de la charité. Nous voulons parler de cette charité chrétienne
" patiente et bonne " (32). qui sait éviter les airs de
protection humiliante et toute ostentation; charité qui, depuis les débuts du
Christianisme, a gagné au Christ les plus pauvres d'entre les pauvres, les
esclaves. Nous remercions tous ceux qui se sont dévoués et se consacrent encore
aux oeuvres de miséricorde corporelle et spirituelle, depuis les Conférences de
Saint-Vincent de Paul jusqu'aux grandes organisations de service social
récemment établies. A mesure que les ouvriers et les pauvres ressentiront les
bienfaits de cet esprit d'amour, animé par la vertu du Christ, ils se
dépouilleront de ce préjugé que le Christianisme a perdu de son efficacité et
que l'Eglise est du côté de ceux qui exploitent le travail.
47. Mais quand Nous
voyons cette foule d'indigents accablés par la misère et pour des causes dont
ils ne sont pas responsables, et à côté d'eux, tant de riches qui se
divertissent sans penser aux autres, qui gaspillent des sommes considérables
pour des choses futiles, Nous ne pouvons Nous empêcher de constater avec
douleur que non seulement la justice n'est pas suffisamment observée, mais que
le commandement de la charité reste encore incompris et n'est pas vécu dans la
pratique quotidienne. Aussi, Vénérables Frères, Nous désirons que, par la
parole et la plume, on s'attache à faire mieux connaître ce précepte divin, signe
précieux et marque distincte des vrais disciples du Christ. En nous apprenant à
voir Jésus lui-même dans ceux qui souffrent, la charité nous fait un devoir
d'aimer nos frères comme le Divin Sauveur nous a aimés, jusqu'au renoncement,
et, s'il le faut, jusqu'au sacrifice de la vie. Que l'on médite souvent les
paroles consolantes mais en même temps terribles que le Juge Suprême prononcera
dans la sentence du Jugement dernier: " Venez, les bénis de mon Père:
- car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez
donné à boire. - En vérité, je votre le dis, toutes les fois que vous l'avez
fait au plus petit de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait " (33).
Et d'autre part: -
" Retirez-vous de moi. maudits, allez au feu éternel: - car j'ai eu
faim, et vous ne m'avez pas donné à manger; j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas
donné à boire. - En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l'avez pas
fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait " (34).
48. Ainsi donc, pour
mériter la vie éternelle, pour être en mesure de secourir efficacement les
pauvres, il faut revenir à une vie plus modeste, renoncer aux plaisirs, souvent
coupables, que le monde actuel offre si abondamment, en un mot, s'oublier
soi-même par amour du prochain. Le " commandement nouveau "
(comme l'appelle Notre-Seigneur)(35), la charité chrétienne contient une
puissance divine de régénération; si on l'observe fidèlement, elle fera naître
dans les âmes une paix intérieure que le monde ne connaît pas: elle apportera
un remède efficace aux maux qui tourmentent l'humanité.
Devoir de stricte
justice.
49. Mais pour être
authentiquement vraie, la charité doit toujours tenir compte de la justice.
L'Apôtre nous enseigne que " celui qui aime son prochain a accompli
la loi "; et il en donne la raison: " ces commandements: Tu
ne commettras point d'adultère ; tu ne tueras point; tu ne déroberas
point, et ceux qu'on pourrait citer encore, se résument dans cette parole: Tu
aimeras ton prochain comme toi-même " (36). Puisque selon l'Apôtre,
tous les devoirs se ramènent au seul précepte de la charité, cette vertu
commande aussi les obligations de stricte justice, comme le devoir de ne pas
tuer et de ne pas commettre de vol. Une prétendue charité qui prive l'ouvrier
du salaire auquel il a un droit strict n'a rien de la vraie charité, ce n'est
qu'un titre faux, un simulacre de charité. L'ouvrier ne doit pas recevoir à
titre d'aumône ce qui lui revient en justice; il n'est pas permis de se dérober
aux graves obligations imposées par la justice en accordant quelques dons à
titre de miséricorde. La charité et la justice imposent des devoirs, souvent
par rapport au même objet, mais sous un aspect différent: lorsqu'il s'agit des
obligations d'autrui envers eux, les ouvriers ont le droit de se montrer
particulièrement sensibles par conscience de leur propre dignité.
50. Aussi Nous Nous
adressons tout particulièrement à vous, patrons et industriels chrétiens, dont
la tâche est souvent si difficile parce que vous portez le lourd héritage des
fautes d'un régime économique injuste, qui a exercé ses ravages durant
plusieurs générations; songez à vos responsabilités. Il est malheureusement
trop vrai que les pratiques admises en certains milieux catholiques ont
contribué à ébranler la confiance des travailleurs dans la religion de
Jésus-Christ. On ne voulait pas comprendre que la charité chrétienne exige la
reconnaissance de certains droits qui appartiennent à l'ouvrier et que l'Eglise
lui a explicitement reconnus. Que faut-il penser des manoeuvres de quelques
patrons catholiques qui, en certains endroits, ont réussi à empêcher la lecture
de Notre Encyclique Quadragesimo anno, dans leur églises patronales?
Que dire de ces industriels catholiques qui n'ont cessé jusqu'à présent de se montrer
hostiles à un mouvement ouvrier que Nous avons Nous-même recommandé? N'est-il
pas déplorable qu'on ait parfois abusé du droit de propriété, reconnu par
l'Eglise, pour frustrer l'ouvrier du juste salaire et des droits sociaux qui
lui reviennent ?
Justice sociale.
51. En effet, outre la
justice commutative, il y a aussi la justice sociale, qui impose des devoirs
auxquels patrons et ouvriers n'ont pas le droit de se soustraire. C'est
précisément la fonction de la justice sociale d'imposer aux membres de la
communauté tout ce qui est nécessaire au bien commun. Mais de même que dans
l'organisme vivant on pourvoit aux besoins du corps entier en donnant à chacune
des parties et à chacun des membres ce qu'il leur faut pour remplir leurs
fonctions, ainsi dans l'organisme social, pour assurer le bien commun de toute
la collectivité, il faut accorder à chacune des parties et à chacun des
membres, c'est-à-dire à des hommes qui ont la dignité de personnes, ce qui leur
est nécessaire pour l'accomplissement de leurs fonctions sociales. La
réalisation de la justice sociale produira une activité intense de toute la vie
économique, dans la paix et dans l'ordre, manifestant ainsi la santé du corps
social, tout comme la santé du corps humain se reconnaît à l'harmonieuse et
bienfaisante synergie des activités organiques.
52. Mais la justice
sociale demande que les ouvriers puissent assurer leur propre subsistance et
celle de leur famille par un salaire proportionné ; qu'on les mette en
mesure d'acquérir un modeste avoir, afin de prévenir ainsi un paupérisme
général qui est une véritable calamité; qu'on leur vienne en aide par un
système d'assurances publiques ou privées qui les protègent au temps de la
vieillesse, de la maladie ou du chômage. En résumé. Nous réitérons la déclaration
que Nous avons faite dans l'Encyclique Quadragesimo anno: " L'organisme
économique et social sera sainement constitué et atteindra sa fin, alors
seulement qu'il procurera à tous et à chacun de ses membres tous les biens que
les ressources de la nature et de l'industrie, ainsi que l'organisation
vraiment sociale de la vie économique, ont le moyen de leur procurer. Ces biens
doivent être assez abondants pour satisfaire aux besoins d'une honnête
subsistance et pour élever les hommes à ce degré d'aisance et de culture qui,
pourvu qu'on en use sagement, ne met pas obstacle à la vertu, mais en facilite
au contraire singulièrement l'exercice " (37).
53. Comme il arrive de
plus en plus dans le salariat, la justice ne peut être observée par chacun que
si tous s'accordent à la pratiquer ensemble moyennant des institutions qui
relient les uns aux autres les employeurs afin d'éviter une concurrence
incompatible avec la justice due aux travailleurs; alors, le devoir des
entrepreneurs et des patrons est de promouvoir, de soutenir ces institutions
nécessaires qui deviennent le moyen normal par lequel la justice peut être
satisfaite. Mais que les travailleurs se souviennent aussi de leurs devoirs de
charité et de justice, c'est en respectant ces obligations qu'il pourront mieux
sauvegarder leurs propres intérêts.
54. Et si l'on considère
l'ensemble de la vie économique. - Nous l'avons dit déjà dans Notre Encyclique Quadragesimo
anno, - ce n'est que par un corps d'institutions professionnelles et
interprofessionnelles, fondées sur des bases solidement Chrétiennes, reliées
entre elles et formant sous des formes diverses, adaptées aux régions et aux
circonstances, ce qu'on appelait la Corporation, ce n'est que par ces
institutions que l'on pourra faire régner dans les relations économiques et
sociales l'entraide mutuelle de la justice et de la charité.
ETUDE ET DIFFUSION DE LA
DOCTRINE SOCIALE
55. Pour donner à cette
action sociale une plus grande efficacité, il est indispensable d'étudier et de
faire connaître toujours davantage les problèmes sociaux à la lumière de la
doctrine de l'Église, et sous l'égide de l'Autorité établie par Dieu dans
l'Eglise.
Si la conduite de
certains catholiques a laissé à désirer dans le domaine économique et social,
la cause en fut souvent que ces catholiques ne connaissaient pas assez,
n'avaient pas assez médité les enseignements des Souverains Pontifes sur ce
sujet. Aussi est-il absolument nécessaire de développer dans toutes les classes
de la société une formation sociale plus intense, en rapport avec les degrés
divers de la culture intellectuelle, et de n'épargner aucun soin, aucune
industrie pour assurer aux enseignements de l'Eglise la plus large diffusion,
surtout parmi la classe ouvrière. Que les esprits soient éclairés par la sûre lumière
de la doctrine catholique; que les volontés soient inclinées à la suivre et à
l'appliquer, comme norme de la vie morale, par l'accomplissement consciencieux
des multiples devoirs sociaux. On combattra ainsi cette incohérence, cette
discontinuité dans la vie chrétienne, que Nous avons déplorée tant de fois, et
qui fait que certains hommes, apparemment fidèles à remplir leurs devoirs
religieux, mènent, avec cela, par un déplorable dédoublement de conscience,
dans le domaine du travail, de l'industrie ou de la profession, dans leur
commerce ou leur emploi, une vie trop peu conforme aux exigences de la justice
et de la charité chrétienne; d'où scandale pour les faibles, et facile prétexte
offert aux méchants de jeter sur l'Eglise elle-même le discrédit.
56. A cette oeuvre de
rénovation, la presse catholique peut largement contribuer. La presse peut et
doit, tout d'abord, s'efforcer sous des formes variées et attrayantes, de faire
toujours mieux connaître la doctrine sociale: donner des informations exactes,
mais suffisamment abondantes, sur l'activité des ennemis, et des indications
sur les moyens de combat qui se sont révélés plus efficaces dans les divers
pays; enfin, proposer des suggestions utiles et mettre en garde contre les
ruses et les tromperies avec lesquelles les communistes s'appliquent et sont
déjà parvenus à gagner à leur cause des hommes qui sont pourtant de bonne foi.
SE PRÉMUNIR CONTRE LES
RUSES DU COMMUNISME
57. Sur ce dernier point,
Nous avons déjà insisté dans Notre allocution du 12 mai de l'année dernière,
mais Nous croyons nécessaire, Vénérables Frères, d'attirer de nouveau, d'une
façon spéciale, votre attention. Le communisme athée s'est montré au début, tel
qu'il était, dans toute sa perversité, mais bien vite il s'est aperçu que de cette
façon il éloignait de lui les peuples: aussi a-t-il changé de tactique et
s'efforce-t-il d'attirer les foules par toutes sortes de tromperies, en
dissimulant ses propres desseins sous des idées en elles-mêmes bonnes et
attrayantes. Ainsi, voyant le commun désir de paix, les chefs du communisme
feignent d'être les plus zélés fauteurs et propagateurs du mouvement pour la
paix mondiale; mais, en même temps, ils excitent à une lutte de classes qui
fait couler des fleuves de sang, et sentant le manque d'une garantie intérieure
de paix, ils recourent à des armements illimités. Ainsi encore, sous divers
noms qui ne font pas même allusion au communisme, ils fondent des associations
franchement catholiques et religieuses.
Ainsi, sans rien
abandonner de leurs principes pervers, ils invitent les catholiques à
collaborer avec eux sur le terrain humanitaire et charitable comme on dit, en
proposant parfois même des choses entièrement conformes à l'esprit chrétien et
à la doctrine de l'Eglise.
Ailleurs, ils poussent
l'hypocrisie jusqu'à faire croire que le communisme, dans les pays de plus
grande foi et de civilisation plus avancée, revêtira un aspect plus doux,
n'empêchera pas le culte religieux et respectera la liberté de conscience. Il y
en a même qui, s'en rapportant à certaines modifications introduites depuis peu
dans la législation soviétique, en concluent que le communisme est près
d'abandonner son programme de lutte contre Dieu.
58. Veillez, Vénérables
Frères, à ce que les fidèles ne se laissent pas tromper. Le communisme est
intrinsèquement pervers, et l'on ne peut admettre sur aucun terrain la
collaboration avec lui de la part de quiconque veut sauver la civilisation
chrétienne. Si quelques-uns, induits en erreur, coopéraient à la victoire du
communisme dans leur pays, ils tomberaient les premiers, victimes de leur
égarement; et plus les régions où le communisme réussit à pénétrer se
distinguent par l'antiquité et la grandeur de leur civilisation chrétienne,
plus la haine des " sans-Dieu " se montrera dévastatrice.
PRIÈRE ET PÉNITENCE
59. Mais " si
le Seigneur ne garde la cité, c'est en vain que veille son gardien "
(38). Aussi, comme dernier et très puissant remède, Nous vous recommandons,
Vénérables Frères, de promouvoir et d'intensifier, le plus efficacement possible,
dans vos diocèses, le double esprit de prière et de pénitence chrétienne.
Quand les Apôtres
demandèrent au Sauveur pourquoi ils n'avaient pu, eux, délivrer de l'esprit
malin un démoniaque, le Seigneur répondit: " De pareils démons ne se
chassent que par la prière et par le jeûne " (39). Le mal qui
aujourd'hui ravage l'humanité ne pourra de même être vaincu que par une sainte
et universelle croisade de prière et de pénitence. Et Nous recommandons tout
spécialement aux Ordres contemplatifs d'hommes et de femmes de redoubler leurs
supplications et leurs sacrifices, pour obtenir du Ciel en faveur de l'Eglise
un vigoureux appui dans les luttes présentes, grâce à la puissante intercession
de la Vierge Immaculée, elle qui écrasa jadis la tête de l'antique serpent et
reste toujours depuis lors, la sûre défense et l'invincible " Secours
des Chrétiens ".
V
MINISTRES ET AUXILIAIRES
DE CETTE OEUVRE SOCIALE DE L'ÉGLISE
LES PRÊTRES
60. Pour l'oeuvre
mondiale de salut dont Nous venons de tracer les grandes lignes, pour
l'application des remèdes que Nous avons indiqués brièvement, les ministres et
ouvriers évangéliques désignés par le divin Roi Jésus-Christ, ce sont en
premier lieu les prêtres. Par vocation spéciale, sous la conduite de la
hiérarchie et dans une union de filiale obéissance au Vicaire du Christ sur la
terre, les prêtres ont reçu la mission de garder allumé dans le monde le
flambeau de la foi, et d'infuser aux fidèles cette surnaturelle confiance avec
laquelle l'Eglise, au nom du Christ, a combattu, victorieusement, tant d'autres
combats: " la victoire qui vainc le monde, c'est notre
loi " (40).
61. Et en particulier,
Nous rappelons aux prêtres l'exhortation si souvent répétée, de Notre
Prédécesseur Léon XIII,. d'aller à l'ouvrier. Cette exhortation, Nous la
faisons Nôtre et la complétons: " Allez à l'ouvrier, spécialement à
l'ouvrier pauvre, et en général allez aux pauvres ", suivant en cela
les enseignements de Jésus et de son Eglise. Les pauvres, en effet, sont les
plus exposés aux pièges des fauteurs de troubles, qui exploitent leur condition
misérable pour allumer en eux l'envie contre les riches et les exciter à
s'emparer de vive force de ce qui leur semble injustement refusé par la
fortune. Et si le prêtre ne va pas vers les ouvriers pour les mettre en garde
contre les préjugés et les fausses doctrines ou pour les en détromper, ils
deviendront une proie facile pour les apôtres du communisme.
62. Nous reconnaissons
qu'un grand effort a été fait dans ce sens, surtout depuis les
Encycliques Rerum novarum et Quadragesimo anno, et c'est
avec une paternelle complaisance que Nous saluons le zèle industrieux de tant
d'Evêques et de prêtres, qui inventent, qui essayent (toujours avec les
précautions voulues) de nouvelles méthodes d'apostolat mieux adaptées aux
exigences modernes. Mais tout cela est encore trop peu pour les besoins de l'heure
présente. Quand la patrie est en danger, tout ce qui n'est pas strictement
indispensable ou directement ordonné à la pressante nécessité de la défense
commune passe au second plan. Ainsi, dans le cas présent, toute autre oeuvre,
si belle, si bonne qu'elle soit, doit céder la place devant la nécessité vitale
de sauver les bases mêmes de la foi et de la civilisation chrétienne. Que les
prêtres donc, dans les paroisses, sans préjudice bien entendu de ce que réclame
le soin ordinaire des fidèles, que les prêtres réservent la plus grande et la
meilleure partie de leurs forces et de leur activité pour regagner les masses
ouvrières au Christ et à l'Église et pour faire pénétrer l'esprit chrétien dans
les milieux qui y sont le plus étrangers. Ils trouveront dans les masses
populaires une correspondance, une abondance de fruits inattendue, qui les
récompensera du pénible labeur des premiers défrichements. C'est ce que Nous
avons vu et ce que Nous voyons à Rome et en bien d'autres grandes villes, où,
sitôt bâties de nouvelles églises dans les quartiers périphériques, on voit se
constituer des communautés paroissiales pleines de zèle et s'accomplir de vrais
miracles de conversions parmi des foules qui n'étaient hostiles à la religion
que faute de la bien connaître.
63. Mais le plus efficace
moyen d'apostolat auprès des pauvres et des humbles est l'exemple du prêtre,
l'exemple de toutes les vertus sacerdotales, telles que Nous les avons décrites
dans Notre Encyclique Ad catholici sacerdotii (41); dans le cas
présent, ce qu'il faut surtout, c'est un exemple lumineux de vie humble,
pauvre, désintéressée, copie fidèle de la vie du divin Maître, qui pouvait
proclamer avec une franchise divine: " Les renards ont des tanières
et les oiseaux du ciel ont des nids mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer
sa tête " (42). Un prêtre qui est vraiment, évangéliquement pauvre et
désintéressé fait des miracles de bien au milieu du peuple : tel un saint
Vincent de Paul, un Curé d'Ars, un Cottolengo, un Don Bosco et tant d'autres.
Au contraire, un prêtre avare et intéressé, comme Nous l'avons rappelé dans
l'Encyclique citée plus haut, même s'il ne se jette pas, comme Judas, dans
l'abîme de la trahison, sera tout au moins un vain " airain
sonore " et une inutile " cymbale retentissante "
(43), trop souvent même un obstacle au bien plutôt qu'un instrument de grâce
parmi le peuple.
Et si le prêtre séculier
ou régulier a par office l'administration de biens temporels, qu'il se
souvienne que non seulement il doit scrupuleusement observer les prescriptions
de la charité et de la justice, mais encore se montrer, d'une façon toute
spéciale, un vrai père des pauvres.
L'ACTION CATHOLIQUE
64. Après cet appel au clergé, Nous adressons Notre
invitation paternelle à Nos très chers fils du laïcat, qui militent dans les
rangs de cette Action catholique qui Nous est si chère, et que Nous avons
appelée, en une autre occasion (44) " une aide particulièrement
providentielle " à l'oeuvre de l'Eglise, en ces circonstances si
difficiles. L'Action catholique, en effet, est bien un apostolat social,
puisqu'elle vise à étendre le règne de Jésus-Christ non seulement chez les
individus, mais encore dans les familles et dans la société. Aussi doit-elle
s'appliquer d'abord avec un soin spécial à former ses membres et à les préparer
aux saints combats du Seigneur. A ce travail de formation, d'une nécessité plus
que jamais urgente, préliminaire obligé de l'action directe et effective,
serviront certainement les cercles d'étude, les Semaines sociales, les cours
méthodiques de conférences et toutes autres semblables initiatives, aptes à
faire connaître la solution chrétienne des problèmes sociaux.
65. Des militants de l'Action catholique ainsi bien
préparés et exercés seront immédiatement les premiers apôtres de leurs compagnons
de travail, et deviendront les précieux auxiliaires du prêtre pour porter la
lumière de .la vérité et soulager les détresses matérielles et spirituelles en
d'innombrables zones que des préjugés invétérés contre le clergé ou une
déplorable apathie religieuse ont rendues réfractaires à l'action des ministres
de Dieu. On coopérera ainsi, sous la conduite de prêtres particulièrement
expérimentés, à cette assistance religieuse à la classe ouvrière, qui Nous
tient tant à coeur, comme étant le moyen le plus apte pour préserver des
embûches communistes ces fils bien-aimés.
66. Outre cet apostolat individuel, bien souvent
caché, mais extrêmement utile et efficace, c'est le rôle de l'Action catholique
de répandre largement, par la parole et par la plume, tels qu'ils émanent des
documents pontificaux, les principes fondamentaux qui doivent servir à la
construction d'un ordre social chrétien.
ORGANISATIONS AUXILIAIRES
67. Autour de l'Action catholique se rangent les
organisations que Nous avons saluées autrefois comme ses auxiliaires. Elles
aussi, ces organisations si utiles, Nous les exhortons paternellement à se
consacrer à la grande mission dont Nous parlons, mission qui aujourd'hui prime
toutes les autres par son importance vitale.
ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES
68. Nous songeons également à ces organisations
professionnelles d'ouvriers, d'agriculteurs, d'ingénieurs, de médecins, de
patrons, d'étudiants, et autres organisations similaires d'hommes et de femmes,
vivant dans les mêmes conditions culturelles et que la nature même a groupés.
Ce sont justement ces groupes et ces organisations qui sont destinés à
introduire dans la société l'ordre que Nous avons eu en vue dans Notre
Encyclique Quadragesimo anno et à faire ainsi reconnaître la royauté
du Christ dans les divers domaines de la culture et du travail.
69. Que si, en raison des conditions nouvelles de la
vie économique et sociale, l'Etat s'est cru en devoir d'intervenir au point
d'assister et de réglementer, par des dispositions législatives particulières,
de semblables institutions (sans préjudice du respect dû à la liberté et aux
initiatives privées), même alors l'Action catholique n'a pas le droit de rester
étrangère à la réalité. Elle doit avec sagesse fournir sa contribution de la
pensée, en étudiant les problèmes nouveaux à la lumière de la doctrine
catholique, et sa contribution d'activité par la participation loyale et
dévouée de ses membres aux formes et aux institutions nouvelles. Ils y
porteront l'esprit chrétien qui est toujours principe d'ordre, de mutuelle et
fraternelle collaboration.
APPEL AUX OUVRIERS CHRÉTIENS
70. Et ici, Nous voudrions adresser une parole
particulièrement paternelle à Nos chers ouvriers catholiques, jeunes gens et
adultes. En récompense, sans doute, de leur fidélité parfois héroïque en ces
temps difficiles, ils ont reçu une mission très noble et très ardue, ce sont
eux qui doivent ramener à l'Eglise et à Dieu ces multitudes immenses de leurs
frères de travail qui, exaspérés de n'avoir pas été compris ni traités avec le
respect auquel ils avaient droit, se sont éloignés de Dieu. Que les ouvriers
catholiques, par leur exemple, par leurs paroles, fassent comprendre à leurs
frères égarés que l'Eglise est une tendre Mère pour tous ceux qui travaillent
et qui souffrent, et qu'elle n'a jamais manqué, ni ne manquera jamais à son
devoir sacré de Mère, qui est de défendre ses fils.
Si cette mission, qu'ils doivent accomplir dans les
mines, dans les usines, dans les chantiers, partout où l'on travaille, exige
parfois de grands renoncements, ils se souviendront que le Sauveur du monde
nous a donné l'exemple, non seulement du travail, mais encore du sacrifice.
NÉCESSITÉ DE LA CONCORDE ENTRE CATHOLIQUES
71. A tous Nos fils enfin, de toute classe, de toute
nation, de tout groupement religieux et laïque dans l'Eglise, Nous voulons
adresser de nouveau le plus pressant appel à la concorde. Bien des fois, Notre
coeur paternel a été navré des dissensions, futiles dans leurs causes, mais
toujours tragiques dans leurs conséquences, qui mettent aux prises les fils
d'une même Eglise. Et alors on voit les fauteurs de désordre, qui ne sont pas
tellement nombreux, profiter de ces discordes, les envenimer, et finir par
jeter les catholiques eux-mêmes les uns contre les autres. Après les événements
de ces derniers mois, Notre avertissement devrait paraître superflu. Pourtant
Nous le répétons une fois encore, pour ceux qui n'ont pas compris ou qui
peut-être ne veulent pas comprendre. Ceux qui travaillent à augmenter les
dissensions entre catholiques se chargent devant Dieu et devant l'Eglise d'une
terrible responsabilité.
APPEL À TOUS CEUX QUI CROIENT EN DIEU
72. Dans ce combat engagé dans la puissance des
ténèbres contre l'idée même de la Divinité, Nous gardons l'espérance que la
lutte sera vaillamment soutenue, non seulement par ceux qui se glorifient de
porter le nom du Christ, mais aussi par tous les hommes (et ils sont l'immense
majorité dans le monde) qui croient encore en Dieu et l'adorent. Nous
renouvelons donc l'appel lancé, il y a cinq ans, dans Notre Encyclique Caritate
Christi, que tous les croyants s'emploient avec loyauté et courage
" à préserver le genre humain du grave péril qui le
menace ". Car, disions-Nous alors, " la foi en Dieu est le
fondement inébranlable de tout ordre social et de toute responsabilité sur la
terre; aussi tous ceux qui ne veulent pas de l'anarchie et du terrorisme,
doivent travailler énergiquement à empêcher la réalisation du plan ouvertement
proclamé par les ennemis de la religion " (45).
DEVOIRS DE L'ÉTAT CHRÉTIEN
Aider l'Eglise.
73. Telle est la tâche positive, d'ordre à la fois
doctrinal et pratique, que l'Eglise assume, en vertu de la mission même que lui
a confiée le Christ: construire la société chrétienne, et, à notre époque,
combattre et briser les efforts du communisme; à cet effet, Nous adressons un
appel à toutes les classes de la société. A cette entreprise spirituelle de
l'Eglise, l'Etat chrétien doit concourir positivement en aidant l'Eglise dans
cette tâche, par les moyens qui lui sont propres; moyens extérieurs, sans
doute, mais qui n'en visent pas moins principalement le bien des âmes.
74. Les Etats mettront donc tout en oeuvre pour
empêcher qu'une propagande athée, qui bouleverse tous les fondements de
l'ordre, fasse des ravages sur leurs territoires. Car il ne saurait y avoir
d'autorité sur la terre, si l'autorité de la Majesté divine est méconnue, et le
serment ne tiendra pas s'il n'est pas prêté au nom du Dieu vivant. Nous
répétons ce que Nous avons dit souvent et avec tant d'insistance, en particulier
dans Notre Encyclique Caritate Christi: " Comment peut
tenir un contrat quelconque et quelle valeur peut avoir un traité, là où manque
toute garantie de conscience? Et comment peut-on parler de garantie de
conscience là où a disparu toute foi en Dieu, toute crainte de Dieu? Cette base
enlevée, toute foi morale s'écroule avec elle, et il n'y a plus aucun remède
qui puisse empêcher de se produire peu à peu, mais inévitablement, la ruine des
peuples, des familles, de l'Etat, de la civilisation même " (46).
Pourvoir au bien commun.
75. En outre, l'Etat ne doit rien négliger pour créer
ces conditions matérielles de vie, sans lesquelles une société ordonnée ne peut
subsister, et pour fournir du travail, spécialement aux pères de famille et à
la jeunesse. A cette fin, qu'on amène les classes possédantes à prendre sur
elles les charges sans lesquelles ni la société humaine ne peut être sauvée, ni
ces classes elles-mêmes ne sauraient trouver le salut. Mais les mesures prises
dans ce sens par l'Etat doivent être telles qu'elles atteignent vraiment ceux
qui, de fait, détiennent entre leurs mains les plus gros capitaux et les
augmentent sans cesse, au grand détriment d'autrui.
Prudence et sage administration.
76. Que l'Etat lui-même, songeant à sa responsabilité
devant Dieu et devant la société, serve d'exemple à tous les autres par une
administration prudente et modérée. Aujourd'hui plus que jamais, la très grave
crise mondiale exige que ceux qui disposent de fonds énormes, fruit du travail
et des sueurs de millions de citoyens, aient toujours uniquement devant les
yeux le bien commun et s'appliquent à le promouvoir le plus possible. De même,
que les fonctionnaires et tous les employés de l'Etat, par obligation de
conscience, remplissent leur devoir avec fidélité et désintéressement. Ils
suivront en cela les lumineux exemples, anciens et récents, d'hommes
remarquables, qui, dans un labeur sans relâche, ont sacrifié toute leur vie
pour le bien de la patrie. Enfin, dans les rapports des peuples entre eux, que
l'on s'applique instamment à supprimer les entraves artificielles de la vie
économique, effets d'un sentiment de défiance et de haine; et qu'on se rappelle
que tous les peuples de la terre forment une seule famille de Dieu.
Laisser la liberté à l'Eglise.
77. Mais en même temps l'Etat doit laisser à l'Eglise
la pleine liberté d'accomplir sa divine et toute spirituelle mission, pour
contribuer puissamment par là même à sauver les peuples de la terrible
tourmente du moment présent. De toutes parts, on fait aujourd'hui un appel
angoissé aux forces morales et spirituelles, et l'on a bien raison, car le mal
à combattre est avant tout, si on le regarde dans sa source première, un mal de
nature spirituelle, et c'est de cette source empoisonnée que sortent par une
logique infernale, toutes les monstruosités du communisme. Or, parmi les forces
morales et spirituelles, l'Eglise catholique occupe sans conteste une place de
choix, et c'est pourquoi le bien même de l'humanité exige que l'on ne mette pas
d'obstacle à son action.
78. Agir autrement, et prétendre quand même arriver au
but, avec les moyens purement économiques et politiques, c'est être victime
d'une dangereuse erreur. Quand on exclut la religion de l'école, de
l'éducation, de la vie publique, quand on expose à la dérision les
représentants de l'Eglise et ses rites sacrés, est-ce que l'on ne favorise pas
ce matérialisme dont le communisme est le fruit? Ni la force, même la mieux
organisée, ni les idéals terrestres, fussent-ils les plus grands et plus
nobles, ne peuvent maîtriser un mouvement qui plonge précisément ses racines
dans l'estime excessive des biens de ce monde.
79. Nous avons confiance que ceux qui ont en main le
sort des nations, pour peu qu'ils sentent le péril extrême dont les peuples
sont aujourd'hui menacés, sentiront toujours mieux le devoir capital de ne
point empêcher l'Eglise d'accomplir sa mission. D'autant plus qu'en
l'accomplissant, tout en visant le bonheur éternel de l'homme, elle travaille
inséparablement à son vrai bonheur temporel.
APPEL PATERNEL AUX ÉGARÉS
80. Nous ne pouvons terminer cette Encyclique sans
adresser une parole à ceux de Nos fils qui sont atteints déjà, ou presque, du
mal communiste. Nous les exhortons vivement à écouter la voix du Père qui les
aime; et Nous prions le Seigneur de les éclairer, afin qu'ils abandonnent la
voie glissante qui les entraîne tous à une immense catastrophe; qu'ils
reconnaissent eux aussi, que l'unique Seigneur est Notre-Seigneur Jésus-Christ,
" car il n'y a pas, sous le ciel, un autre nom donné aux hommes, dont
ils puissent attendre le salut " (47).
SAINT JOSEPH, MODÈLE ET PATRON
81. Et pour hâter cette paix tant désirée de tous, la
" Paix du Christ dans le règne du Christ " (48), Nous
mettons la grande action de l'Eglise catholique contre le communisme athée
mondial sous l'égide du puissant protecteur de l'Eglise, saint Joseph. Il
appartient, lui, à la classe ouvrière; il a fait la rude expérience de la
pauvreté, pour lui et pour la Sainte Famille, dont il était le chef vigilant et
aimant; il reçut en garde l'Enfant divin quand Hérode lança contre Lui ses
sicaires. Par une vie de fidélité absolue dans l'accomplissement du devoir
quotidien, il a laissé un exemple à tous ceux qui doivent gagner leur pain par
le travail manuel, et a mérité d'être appelé le Juste, modèle vivant de cette
justice chrétienne qui doit régner dans la vie sociale.
82. Les yeux tournés vers les hauteurs, notre foi
aperçoit les cieux nouveaux et la terre nouvelle dont parle Notre premier
prédécesseur, saint Pierre (49).
Et tandis que les promesses des faux prophètes
s'éteignent, sur cette terre, dans le sang et dans les larmes, resplendit d'une
céleste beauté la grande prophétie apocalyptique du Sauveur du monde:
" Voici que je fais toutes choses nouvelles " (50).
Il ne Nous reste plus, Vénérables Frères, qu'à élever
Nos mains paternelles, et à faire descendre sur Vous, sur Votre clergé et
Votre peuple, sur toute la grande famille catholique, la Bénédiction
apostolique.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, en la fête de saint Joseph, patron de l'Eglise universelle, le 19 mars 1937, l'an XVI de Notre Pontificat.
NOTES
(1) Lettre Encycl. Qui
pluribus, 9 nov. 1846 (Acta Pii IX vol. I, p. 13). Cf.
Syllabus. § IV (A. S. S., vol. III, p. 170).
(2) Lettre Encycl. Quod.
Apostolici muneris, 28 déc. 1878 (Acta Leonis XIII, vol. I, p.
46).
(3) 18 déc. 1924 : A. A. S., vol. XVI (1924), pp. 494, 495.
(4) 8 mai 1928 : A. A. S., vol. XX (1928), pp. 165-178.
(5) 15 mai 1931 : A.
A. S., vol. XXIII (1931), pp. 177-228.
(6) 3 mai 1932 : A.
A. S., vol. XXIV (1932), pp. 177-194.
(7) 29 sept. 1932 :
A. A. S., vol. XXIV (1932), pp. 321-332.
(8) 3 juin 1933 : A.
A. S., vol. XXV (1933), pp. 261-274.
(9) Cf. II Thess.
II, 4.
(10) Lettre Encycl. Divini
illius Magistri, 31 déc. 1929 (A. A. S., vol. XXI, 1930, pp. 49-86).
(11) Lettre Encycl. Casti
connubii, 31 déc. 1930 (A. A. S., vol. XXII, 1930, pp. 539-592).
(12) I Cor. III,
23.
(13) Lettre Encycl. Rerum
novarum, 15 mai 1891 (Acta Leonis XIII, vol. IV, pp. 177-209).
(14) Lettre Encycl. Quadragesimo
anno, 15 mai 1931 (A. A. S., vol. XIII, 1931, pp. 177-228).
(15) Lettre Encycl. Diuturnum
illud, 20 juin 1881 (Acta Leonis XIII, vol. I, pp. 210-222).
(16) Lettre Encycl. lmmortale
Dei, 1er nov. 1885 (Acta Leonis XIII, vol. II, pp.
146-168).
(17) Lc. II, 14.
(18) Mt. VI,
33.
(19) Cf. Mt. XIII,
55; Mc. VI, 3.
(20) De officiis, I,
XLII.
(21) Jac. I,
22.
(22) Jac. I,
17.
(23) A. A. S., vol.
XXVIII (1936), pp. 421-424.
(24) Jn, IV,
23.
(25) Mt. V, 3.
(26) Heb. XIII,
14.
(27) Cf. Lc. XI.
41.
(28) Jac. V.
1-3.
(29) Mt. V, 3.
(30) Jac. V. 7,
8.
(31) Lc. VI,
20.
(32) I Cor. XIII,
4.
(33) Mt. XXV,
34-40.
(34) Mt. XXV.
41-45.
(35) Jn. XIII,
34.
(36) Rom. XIII,
8, 9.
(37) Lettre Encycl. Quadragesimo
anno, 15 mai 1931 (A. A. S., vol. XXIII, 1931, p. 202).
(38) Ps. CXXVI, I.
(39) Mt. XVII,
21.
(40) I Jn. V,
4.
(41) 20 déc. 1935 (A. A.
S., vol. XXVIII, 1936, pp. 5-53).
(42) Mt. VIII,
20.
(43) I Cor. XIII,
I.
(44) 12 mai 1936.
(45) Lettre Encycl. Caritate
Christi, 3 mai 1932 (A. A. S., vol. XXIV, 1932, p. 184).
(46) Lettre Encycl. Caritate
Christi, 3 mai 1932 (A. A. S., vol. XXIV, 1932, p. 190).
(47) Act. IV.
12.
(48) Lettre Encycl. Ubi
arcano, 23 déc. 1922 (A. A. S., vol. XIV, 1922, p. 691).
(49) II Pi. III.
13. Cf. Is. LXV, 17 ; LXVI, 22. Apoc. XXI, I.
(50) Apoc. XXI, 5.
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pour la Communication
Ernani Costantini (1922–2007), Saint Joseph avec l’Enfant Jésus, 1956, 260 x 150, Istituto Costantino, Mirano, Venise
DIVINI REDEMPTORIS
Venerable Brethren,
Health and Apostolic Benediction.
The promise of a Redeemer
brightens the first page of the history of mankind, and the confident hope
aroused by this promise softened the keen regret for a paradise which had been
lost. It was this hope that accompanied the human race on its weary journey,
until in the fullness of time the expected Savior came to begin a new universal
civilization, the Christian civilization, far superior even to that which up to
this time had been laboriously achieved by certain more privileged nations.
2. Nevertheless, the
struggle between good and evil remained in the world as a sad legacy of the
original fall. Nor has the ancient tempter ever ceased to deceive mankind with
false promises. It is on this account that one convulsion following upon
another has marked the passage of the centuries, down to the revolution of our
own days. This modern revolution, it may be said, has actually broken out or
threatens everywhere, and it exceeds in amplitude and violence anything yet
experienced in the preceding persecutions launched against the Church. Entire
peoples find themselves in danger of falling back into a barbarism worse than
that which oppressed the greater part of the world at the coming of the
Redeemer.
3. This all too imminent
danger, Venerable Brethren, as you have already surmised, is bolshevistic and
atheistic Communism, which aims at upsetting the social order and at
undermining the very foundations of Christian civilization .
4. In the face of such a
threat, the Catholic Church could not and does not remain silent. This
Apostolic See, above all, has not refrained from raising its voice, for it
knows that its proper and social mission is to defend truth, justice and all
those eternal values which Communism ignores or attacks. Ever since the days
when groups of "intellectuals" were formed in an arrogant attempt to
free civilization from the bonds of morality and religion, Our Predecessors
overtly and explicitly drew the attention of the world to the consequences of
the dechristianization of human society. With reference to Communism, Our
Venerable Predecessor, Pius IX, of holy memory, as early as 1846 pronounced a
solemn condemnation, which he confirmed in the words of the Syllabus directed
against "that infamous doctrine of so-called Communism which is absolutely
contrary to the natural law itself, and if once adopted would utterly destroy
the rights, property and possessions of all men, and even society
itself."[1] Later on, another of Our predecessors, the immortal Leo XIII,
in his Encyclical Quod Apostolici Muneris, defined Communism as "the
fatal plague which insinuates itself into the very marrow of human society only
to bring about its ruin."[2] With clear intuition he pointed out that the
atheistic movements existing among the masses of the Machine Age had their origin
in that school of philosophy which for centuries had sought to divorce science
from the life of the Faith and of the Church.
5. During Our Pontificate
We too have frequently and with urgent insistence denounced the current trend
to atheism which is alarmingly on the increase. In 1924 when Our relief-mission
returned from the Soviet Union We condemned Communism in a special
Allocution[3] which We addressed to the whole world. In our Encyclicals Miserentissimus
Redemptor,[4] Quadragesimo Anno,[5] Caritate Christi,[6] Acerba
Animi,[7] Dilectissima Nobis,[8] We raised a solemn protest against the
persecutions unleashed in Russia, in Mexico and now in Spain. Our two
Allocutions of last year, the first on the occasion of the opening of the
International Catholic Press Exposition, and the second during Our audience to
the Spanish refugees, along with Our message of last Christmas, have evoked a
world-wide echo which is not yet spent. In fact, the most persistent enemies of
the Church, who from Moscow are directing the struggle against Christian
civilization, themselves bear witness, by their unceasing attacks in word and
act, that even to this hour the Papacy has continued faithfully to protect the
sanctuary of the Christian religion, and that it has called public attention to
the perils of Communism more frequently and more effectively than any other
public authority on earth.
6. To Our great
satisfaction, Venerable Brethren, you have, by means of individual and even
joint pastoral Letters, accurately transmitted and explained to the Faithful
these admonitions. Yet despite Our frequent and paternal warning the peril only
grows greater from day to day because of the pressure exerted by clever
agitators. Therefore We believe it to be Our duty to raise Our voice once more,
in a still more solemn missive, in accord with the tradition of this Apostolic
See, the Teacher of Truth, and in accord with the desire of the whole Catholic
world, which makes the appearance of such a document but natural. We trust that
the echo of Our voice will reach every mind free from prejudice and every heart
sincerely desirous of the good of mankind. We wish this the more because Our
words are now receiving sorry confirmation from the spectacle of the bitter
fruits of subversive ideas, which We foresaw and foretold, and which are in
fact multiplying fearfully in the countries already stricken, or threatening
every other country of the world.
7. Hence We wish to
expose once more in a brief synthesis the principles of atheistic Communism as
they are manifested chiefly in bolshevism. We wish also to indicate its method
of action and to contrast with its false principles the clear doctrine of the
Church, in order to inculcate anew and with greater insistence the means by
which the Christian civilization, the true civitas humana, can be saved
from the satanic scourge, and not merely saved, but better developed for the
well-being of human society.
8. The Communism of
today, more emphatically than similar movements in the past, conceals in itself
a false messianic idea. A pseudo-ideal of justice, of equality and fraternity
in labor impregnates all its doctrine and activity with a deceptive mysticism,
which communicates a zealous and contagious enthusiasm to the multitudes
entrapped by delusive promises. This is especially true in an age like ours,
when unusual misery has resulted from the unequal distribution of the goods of
this world. This pseudo-ideal is even boastfully advanced as if it were
responsible for a certain economic progress. As a matter of fact, when such
progress is at all real, its true causes are quite different, as for instance
the intensification of industrialism in countries which were formerly almost
without it, the exploitation of immense natural resources, and the use of the
most brutal methods to insure the achievement of gigantic projects with a
minimum of expense.
9. The doctrine of modern
Communism, which is often concealed under the most seductive trappings, is in
substance based on the principles of dialectical and historical materialism
previously advocated by Marx, of which the theoricians of bolshevism claim to
possess the only genuine interpretation. According to this doctrine there is in
the world only one reality, matter, the blind forces of which evolve into
plant, animal and man. Even human society is nothing but a phenomenon and form
of matter, evolving in the same way. By a law of inexorable necessity and
through a perpetual conflict of forces, matter moves towards the final
synthesis of a classless society. In such a doctrine, as is evident, there is
no room for the idea of God; there is no difference between matter and spirit,
between soul and body; there is neither survival of the soul after death nor
any hope in a future life. Insisting on the dialectical aspect of their
materialism, the Communists claim that the conflict which carries the world
towards its final synthesis can be accelerated by man. Hence they endeavor to
sharpen the antagonisms which arise between the various classes of society.
Thus the class struggle with its consequent violent hate and destruction takes
on the aspects of a crusade for the progress of humanity. On the other hand,
all other forces whatever, as long as they resist such systematic violence,
must be annihilated as hostile to the human race.
10. Communism, moreover,
strips man of his liberty, robs human personality of all its dignity, and
removes all the moral restraints that check the eruptions of blind impulse.
There is no recognition of any right of the individual in his relations to the
collectivity; no natural right is accorded to human personality, which is a
mere cog-wheel in the Communist system. In man's relations with other
individuals, besides, Communists hold the principle of absolute equality,
rejecting all hierarchy and divinely-constituted authority, including the
authority of parents. What men call authority and subordination is derived from
the community as its first and only font. Nor is the individual granted any
property rights over material goods or the means of production, for inasmuch as
these are the source of further wealth, their possession would give one man
power over another. Precisely on this score, all forms of private property must
be eradicated, for they are at the origin of all economic enslavement .
11. Refusing to human
life any sacred or spiritual character, such a doctrine logically makes of
marriage and the family a purely artificial and civil institution, the outcome
of a specific economic system. There exists no matrimonial bond of a
juridico-moral nature that is not subject to the whim of the individual or of
the collectivity. Naturally, therefore, the notion of an indissoluble
marriage-tie is scouted. Communism is particularly characterized by the
rejection of any link that binds woman to the family and the home, and her
emancipation is proclaimed as a basic principle. She is withdrawn from the
family and the care of her children, to be thrust instead into public life and
collective production under the same conditions as man. The care of home and children
then devolves upon the collectivity. Finally, the right of education is denied
to parents, for it is conceived as the exclusive prerogative of the community,
in whose name and by whose mandate alone parents may exercise this right.
12. What would be the
condition of a human society based on such materialistic tenets? It would be a
collectivity with no other hierarchy than that of the economic system. It would
have only one mission: the production of material things by means of collective
labor, so that the goods of this world might be enjoyed in a paradise where
each would "give according to his powers" and would "receive
according to his needs." Communism recognizes in the collectivity the
right, or rather, unlimited discretion, to draft individuals for the labor of
the collectivity with no regard for their personal welfare; so that even
violence could be legitimately exercised to dragoon the recalcitrant against
their wills. In the Communistic commonwealth morality and law would be nothing
but a derivation of the existing economic order, purely earthly in origin and
unstable in character. In a word. the Communists claim to inaugurate a new era
and a new civilization which is the result of blind evolutionary forces
culminating in a humanity without God.
13. When all men have
finally acquired the collectivist mentality in this Utopia of a really
classless society, the political State, which is now conceived by Communists
merely as the instrument by which the proletariat is oppressed by the
capitalists, will have lost all reason for its existence and will "wither
away." However, until that happy consummation is realized, the State and
the powers of the State furnish Communism with the most efficacious and most
extensive means for the achievement of its goal.
14. Such, Venerable
Brethren, is the new gospel which bolshevistic and atheistic Communism offers
the world as the glad tidings of deliverance and salvation! It is a system full
of errors and sophisms. It is in opposition both to reason and to Divine Revelation.
It subverts the social order, because it means the destruction of its
foundations; because it ignores the true origin and purpose of the State;
because it denies the rights, dignity and liberty of human personality.
15. How is it possible
that such a system, long since rejected scientifically and now proved erroneous
by experience, how is it, We ask, that such a system could spread so rapidly in
all parts of the world? The explanation lies in the fact that too few have been
able to grasp the nature of Communism. The majority instead succumb to its
deception, skillfully concealed by the most extravagant promises. By pretending
to desire only the betterment of the condition of the working classes, by
urging the removal of the very real abuses chargeable to the liberalistic
economic order, and by demanding a more equitable distribution of this world's
goods (objectives entirely and undoubtedly legitimate), the Communist takes
advantage of the present world-wide economic crisis to draw into the sphere of
his influence even those sections of the populace which on principle reject all
forms of materialism and terrorism. And as every error contains its element of
truth, the partial truths to which We have referred are astutely presented
according to the needs of time and place, to conceal, when convenient, the
repulsive crudity and inhumanity of Communistic principles and tactics. Thus
the Communist ideal wins over many of the better minded members of the
community. These in turn become the apostles of the movement among the younger
intelligentsia who are still too immature to recognize the intrinsic errors of
the system. The preachers of Communism are also proficient in exploiting racial
antagonisms and political divisions and oppositions. They take advantage of the
lack of orientation characteristic of modern agnostic science in order to
burrow into the universities, where they bolster up the principles of their
doctrine with pseudo-scientific arguments.
16. If we would explain
the blind acceptance of Communism by so many thousands of workmen, we must
remember that the way had been already prepared for it by the religious and
moral destitution in which wage-earners had been left by liberal economics.
Even on Sundays and holy days, labor-shifts were given no time to attend to
their essential religious duties. No one thought of building churches within
convenient distance of factories, nor of facilitating the work of the priest.
On the contrary, laicism was actively and persistently promoted, with the
result that we are now reaping the fruits of the errors so often denounced by
Our Predecessors and by Ourselves. It can surprise no one that the Communistic
fallacy should be spreading in a world already to a large extent
de-Christianized.
17. There is another
explanation for the rapid diffusion of the Communistic ideas now seeping into
every nation, great and small, advanced and backward, so that no corner of the
earth is free from them. This explanation is to be found in a propaganda so
truly diabolical that the world has perhaps never witnessed its like before. It
is directed from one common center. It is shrewdly adapted to the varying
conditions of diverse peoples. It has at its disposal great financial
resources, gigantic organizations, international congresses, and countless
trained workers. It makes use of pamphlets and reviews, of cinema, theater and
radio, of schools and even universities. Little by little it penetrates into
all classes of the people and even reaches the better-minded groups of the
community, with the result that few are aware of the poison which increasingly
pervades their minds and hearts.
18. A third powerful
factor in the diffusion of Communism is the conspiracy of silence on the part
of a large section of the non-Catholic press of the world. We say conspiracy,
because it is impossible otherwise to explain how a press usually so eager to
exploit even the little daily incidents of life has been able to remain silent
for so long about the horrors perpetrated in Russia, in Mexico and even in a
great part of Spain; and that it should have relatively so little to say
concerning a world organization as vast as Russian Communism. This silence is
due in part to shortsighted political policy, and is favored by various occult
forces which for a long time have been working for the overthrow of the
Christian Social Order.
19. Meanwhile the sorry
effects of this propaganda are before our eyes. Where Communism has been able
to assert its power - and here We are thinking with special affection of the
people of Russia and Mexico - it has striven by every possible means, as its
champions openly boast, to destroy Christian civilization and the Christian
religion by banishing every remembrance of them from the hearts of men,
especially of the young. Bishops and priests were exiled, condemned to forced
labor, shot and done to death in inhuman fashion; laymen suspected of defending
their religion were vexed, persecuted, dragged off to trial and thrown into
prison.
20. Even where the
scourge of Communism has not yet had time enough to exercise to the full its
logical effects, as witness Our beloved Spain, it has, alas, found compensation
in the fiercer violence of its attack. Not only this or that church or isolated
monastery was sacked, but as far as possible every church and every monastery
was destroyed. Every vestige of the Christian religion was eradicated, even
though intimately linked with the rarest monuments of art and science. The fury
of Communism has not confined itself to the indiscriminate slaughter of Bishops,
of thousands of priests and religious of both sexes; it searches out above all
those who have been devoting their lives to the welfare of the working classes
and the poor. But the majority of its victims have been laymen of all
conditions and classes. Even up to the present moment, masses of them are slain
almost daily for no other offense than the fact that they are good Christians
or at least opposed to atheistic Communism. And this fearful destruction has
been carried out with a hatred and a savage barbarity one would not have
believed possible in our age. No man of good sense, nor any statesman conscious
of his responsibility can fail to shudder at the thought that what is happening
today in Spain may perhaps be repeated tomorrow in other civilized countries.
21. Nor can it be said
that these atrocities are a transitory phenomenon, the usual accompaniment of
all great revolutions, the isolated excesses common to every war. No, they are
the natural fruit of a system which lacks all inner restraint. Some restraint
is necessary for man considered either as an individual or in society. Even the
barbaric peoples had this inner check in the natural law written by God in the
heart of every man. And where this natural law was held in higher esteem,
ancient nations rose to a grandeur that still fascinates - more than it should
- certain superficial students of human history. But tear the very idea of God
from the hearts of men, and they are necessarily urged by their passions to the
most atrocious barbarity.
22. This, unfortunately,
is what we now behold. For the first time in history we are witnessing a
struggle, cold-blooded in purpose and mapped out to the least detail, between
man and "all that is called God."[9] Communism is by its nature
anti-religious. It considers religion as "the opiate of the people"
because the principles of religion which speak of a life beyond the grave
dissuade the proletariat from the dream of a Soviet paradise which is of this
world.
23. But the law of nature
and its Author cannot be flouted with impunity. Communism has not been able,
and will not be able, to achieve its objectives even in the merely economic
sphere. It is true that in Russia it has been a contributing factor in rousing
men and materials from the inertia of centuries, and in obtaining by all manner
of means, often without scruple, some measure of material success. Nevertheless
We know from reliable and even very recent testimony that not even there, in
spite of slavery imposed on millions of men, has Communism reached its promised
goal. After all, even the sphere of economics needs some morality, some moral
sense of responsibility, which can find no place in a system so thoroughly
materialistic as Communism. Terrorism is the only possible substitute, and it
is terrorism that reigns today in Russia, where former comrades in revolution
are exterminating each other. Terrorism, having failed despite all to stem the
tide of moral corruption, cannot even prevent the dissolution of society
itself.
24. In making these
observations it is no part of Our intention to condemn en masse the
peoples of the Soviet Union. For them We cherish the warmest paternal
affection. We are well aware that not a few of them groan beneath the yoke
imposed on them by men who in very large part are strangers to the real
interests of the country. We recognize that many others were deceived by
fallacious hopes. We blame only the system, with its authors and abettors who
considered Russia the best-prepared field for experimenting with a plan
elaborated decades ago, and who from there continue to spread it from one end
of the world to the other.
25. We have exposed the
errors and the violent, deceptive tactics of bolshevistic and atheistic
Communism. It is now time, Venerable Brethren, to contrast with it the true notion,
already familiar to you, of the civitas humana or human society, as
taught by reason and Revelation through the mouth of the Church, Magistra
Gentium.
26. Above all other
reality there exists one supreme Being: God, the omnipotent Creator of all things,
the all-wise and just Judge of all men. This supreme reality, God, is the
absolute condemnation of the impudent falsehoods of Communism. In truth, it is
not because men believe in God that He exists; rather because He exists do all
men whose eyes are not deliberately closed to the truth believe in Him and pray
to Him.
27. In the Encyclical on
Christian Education[10] We explained the fundamental doctrine concerning man as
it may be gathered from reason and Faith. Man has a spiritual and immortal
soul. He is a person, marvelously endowed by his Creator with gifts of body and
mind. He is a true "microcosm," as the ancients said, a world in
miniature, with a value far surpassing that of the vast inanimate cosmos. God
alone is his last end, in this life and the next. By sanctifying grace he is
raised to the dignity of a son of God, and incorporated into the Kingdom of God
in the Mystical Body of Christ. In consequence he has been endowed by God with
many and varied prerogatives: the right to life, to bodily integrity, to the
necessary means of existence; the right to tend toward his ultimate goal in the
path marked out for him by God; the right of association and the right to
possess and use property.
28. Just as matrimony and
the right to its natural use are of divine origin, so likewise are the
constitution and fundamental prerogatives of the family fixed and determined by
the Creator. In the Encyclical on Christian Marriage[11] and in Our other
Encyclical on Education, cited above, we have treated these topics at
considerable length.
29. But God has likewise
destined man for civil society according to the dictates of his very nature. In
the plan of the Creator, society is a natural means which man can and must use
to reach his destined end. Society is for man and not vice versa. This must not
be understood in the sense of liberalistic individualism, which subordinates
society to the selfish use of the individual; but only in the sense that by
means of an organic union with society and by mutual collaboration the
attainment of earthly happiness is placed within the reach of all. In a further
sense, it is society which affords the opportunities for the development of all
the individual and social gifts bestowed on human nature. These natural gifts
have a value surpassing the immediate interests of the moment, for in society
they reflect the divine perfection, which would not be true were man to live
alone. But on final analysis, even in this latter function, society is made for
man, that he may recognize this reflection of God's perfection, and refer it in
praise and adoration to the Creator. Only man, the human person, and not
society in any form is endowed with reason and a morally free will.
30. Man cannot be
exempted from his divinely-imposed obligations toward civil society, and the
representatives of authority have the right to coerce him when he refuses
without reason to do his duty. Society, on the other hand, cannot defraud man
of his God-granted rights, the most important of which We have indicated above.
Nor can society systematically void these rights by making their use
impossible. It is therefore according to the dictates of reason that ultimately
all material things should be ordained to man as a person, that through his
mediation they may find their way to the Creator. In this wise we can apply to
man, the human person, the words of the Apostle of the Gentiles, who writes to
the Corinthians on the Christian economy of salvation: "All things are
yours, and you are Christ's, and Christ is God's."[12] While Communism
impoverishes human personality by inverting the terms of the relation of man to
society, to what lofty heights is man not elevated by reason and Revelation!
31. The directive
principles concerning the social-economic order have been expounded in the
social Encyclical of Leo XIII on the question of labor.[13] Our own Encyclical
on the Reconstruction of the Social Order[14] adapted these principles to
present needs. Then, insisting anew on the age-old doctrine of the Church
concerning the individual and social character of private property, We
explained clearly the right and dignity of labor, the relations of mutual aid
and collaboration which should exist between those who possess capital and
those who work, the salary due in strict justice to the worker for himself and
for his family.
32. In this same
Encyclical of Ours We have shown that the means of saving the world of today
from the lamentable ruin into which a moral liberalism has plunged us, are
neither the class-struggle nor terror, nor yet the autocratic abuse of State
power, but rather the infusion of social justice and the sentiment of Christian
love into the social-economic order. We have indicated how a sound prosperity
is to be restored according to the true principles of a sane corporative system
which respects the proper hierarchic structure of society; and how all the
occupational groups should be fused into a harmonious unity inspired by the
principle of the common good. And the genuine and chief function of public and
civil authority consists precisely in the efficacious furthering of this
harmony and coordination of all social forces.
33. In view of this
organized common effort towards peaceful living, Catholic doctrine vindicates
to the State the dignity and authority of a vigilant and provident defender of
those divine and human rights on which the Sacred Scriptures and the Fathers of
the Church insist so often. It is not true that all have equal rights in civil
society. It is not true that there exists no lawful social hierarchy. Let it
suffice to refer to the Encyclicals of Leo XIII already cited, especially to
that on State powers,[15] and to the other on the Christian Constitution of
States.[16] In these documents the Catholic will find the principles of reason
and the Faith clearly explained, and these principles will enable him to defend
himself against the errors and perils of a Communistic conception of the State.
The enslavement of man despoiled of his rights, the denial of the
transcendental origin of the State and its authority, the horrible abuse of
public power in the service of a collectivistic terrorism, are the very
contrary of all that corresponds with natural ethics and the will of the
Creator. Both man and civil society derive their origin from the Creator, Who has
mutually ordained them one to the other. Hence neither can be exempted from
their correlative obligations, nor deny or diminish each other's rights. The
Creator Himself has regulated this mutual relationship in its fundamental
lines, and it is by an unjust usurpation that Communism arrogates to itself the
right to enforce, in place of the divine law based on the immutable principles
of truth and charity, a partisan political program which derives from the
arbitrary human will and is replete with hate.
34. In teaching this
enlightening doctrine the Church has no other intention than to realize the
glad tidings sung by the Angels above the cave of Bethlehem at the Redeemer's
birth: "Glory to God . . . and . . . peace to men . . .,"[17] true
peace and true happiness, even here below as far as is possible, in preparation
for the happiness of heaven - but to men of good will. This doctrine is equally
removed from all extremes of error and all exaggerations of parties or systems
which stem from error. It maintains a constant equilibrium of truth and
justice, which it vindicates in theory and applies and promotes in practice,
bringing into harmony the rights and duties of all parties. Thus authority is
reconciled with liberty, the dignity of the individual with that of the State,
the human personality of the subject with the divine delegation of the
superior; and in this way a balance is struck between the due dependence and
well-ordered love of a man for himself, his family and country, and his love of
other families and other peoples, founded on the love of God, the Father of
all, their first principle and last end. The Church does not separate a proper
regard for temporal welfare from solicitude for the eternal. If she
subordinates the former to the latter according to the words of her divine
Founder, "Seek ye first the Kingdom of God and His justice, and all these
things shall be added unto you,"[18] she is nevertheless so far from being
unconcerned with human affairs, so far from hindering civil progress and material
advancement, that she actually fosters and promotes them in the most sensible
and efficacious manner. Thus even in the sphere of social-economics, although
the Church has never proposed a definite technical system, since this is not
her field, she has nevertheless clearly outlined the guiding principles which,
while susceptible of varied concrete applications according to the diversified
conditions of times and places and peoples, indicate the safe way of securing
the happy progress of society.
35. The wisdom and
supreme utility of this doctrine are admitted by all who really understand it.
With good reason outstanding statesmen have asserted that, after a study of
various social systems, they have found nothing sounder than the principles
expounded in the Encyclicals Rerum Novarum and Quadragesimo Anno.
In non-Catholic, even in non-Christian countries, men recognize the great value
to society of the social doctrine of the Church. Thus, scarcely a month ago, an
eminent political figure of the Far East, a non-Christian, did not hesitate to
affirm publicly that the Church, with her doctrine of peace and Christian
brotherhood, is rendering a signal contribution to the difficult task of
establishing and maintaining peace among the nations. Finally, We know from
reliable information that flows into this Center of Christendom from all parts
of the world, that the Communists themselves, where they are not utterly
depraved, recognize the superiority of the social doctrine of the Church, when
once explained to them, over the doctrines of their leaders and their teachers.
Only those blinded by passion and hatred close their eyes to the light of truth
and obstinately struggle against it.
36. But the enemies of
the Church, though forced to acknowledge the wisdom of her doctrine, accuse her
of having failed to act in conformity with her principles, and from this
conclude to the necessity of seeking other solutions. The utter falseness and
injustice of this accusation is shown by the whole history of Christianity. To
refer only to a single typical trait, it was Christianity that first affirmed
the real and universal brotherhood of all men of whatever race and condition.
This doctrine she proclaimed by a method, and with an amplitude andconviction,
unknown to preceding centuries; and with it she potently contributed to the
abolition of slavery. Not bloody revolution, but the inner force of her
teaching made the proud Roman matron see in her slave a sister in Christ. It is
Christianity that adores the Son of God, made Man for love of man, and become
not only the "Son of a Carpenter" but Himself a
"Carpenter."[19] It was Christianity that raised manual labor to its
true dignity, whereas it had hitherto been so despised that even the moderate
Cicero did not hesitate to sum up the general opinion of his time in words of
which any modern sociologist would be ashamed: "All artisans are engaged
in sordid trades, for there can be nothing ennobling about a
workshop."[20]
37. Faithful to these
principles, the Church has given new life to human society. Under her influence
arose prodigious charitable organizations, great guilds of artisans and
workingmen of every type. These guilds, ridiculed as "medieval" by
the liberalism of the last century, are today claiming the admiration of our
contemporaries in many countries who are endeavoring to revive them in some
modern form. And when other systems hindered her work and raised obstacles to
the salutary influence of the Church, she was never done warning them of their
error. We need but recall with what constant firmness and energy Our
Predecessor, Leo XIII, vindicated for the workingman the right to organize,
which the dominant liberalism of the more powerful States relentlessly denied
him. Even today the authority of this Church doctrine is greater than it seems;
for the influence of ideas in the realm of facts, though invisible and not
easily measured, is surely of predominant importance.
38. It may be said in all
truth that the Church, like Christ, goes through the centuries doing good to
all. There would be today neither Socialism nor Communism if the rulers of the
nations had not scorned the teachings and maternal warnings of the Church. On
the bases of liberalism and laicism they wished to build other social edifices
which, powerful and imposing as they seemed at first, all too soon revealed the
weakness of their foundations, and today are crumbling one after another before
our eyes, as everything must crumble that is not grounded on the one corner
stone which is Christ Jesus.
39. This, Venerable
Brethren, is the doctrine of the Church, which alone in the social as in all
other fields can offer real light and assure salvation in the face of
Communistic ideology. But this doctrine must be consistently reduced to
practice in every-day life, according to the admonition of St. .James the
Apostle: "Be ye doers of the word and not hearers only, deceiving your own
selves."[21] The most urgent need of the present day is therefore the
energetic and timely application of remedies which will effectively ward off
the catastrophe that daily grows more threatening. We cherish the firm hope
that the fanaticism with which the sons of darkness work day and night at their
materialistic and atheistic propaganda will at least serve the holy purpose of
stimulating the sons of light to a like and even greater zeal for the honor of
the Divine Majesty.
40. What then must be
done, what remedies must be employed to defend Christ and Christian
civilization from this pernicious enemy? As a father in the midst of his
family, We should like to speak quite intimately of those duties which the
great struggle of our day imposes on all the children of the Church; and We
would address Our paternal admonition even to those sons who have strayed far
from her.
41. As in all the stormy
periods of the history of the Church, the fundamental remedy today lies in a
sincere renewal of private and public life according to the principles of the
Gospel by all those who belong to the Fold of Christ, that they may be in truth
the salt of the earth to preserve human society from total corruption.
42. With heart deeply
grateful to the Father of Light, from Whom descends "every best gift and
every perfect gift,"[22] We see on all sides consoling signs of this
spiritual renewal. We see it not only in so many singularly chosen souls who in
these last years have been elevated to the sublime heights of sanctity, and in
so many others who with generous hearts are making their way towards the same
luminous goal, but also in the new flowering of a deep and practical piety in
all classes of society even the most cultured, as We pointed out in Our recent
Motu Proprio In multis solaciis of October 28 last, on the occasion
of the reorganization of the Pontifical Academy of Sciences.[23]
43. Nevertheless We
cannot deny that there is still much to be done in the way of spiritual
renovation. Even in Catholic countries there are still too many who are
Catholics hardly more than in name. There are too many who fulfill more or less
faithfully the more essential obligations of the religion they boast of
professing, but have no desire of knowing it better, of deepening their inward
conviction, and still less of bringing into conformity with the external gloss
the inner splendor of a right and unsullied conscience, that recognizes and
performs all its duties under the eye of God. We know how much Our Divine
Savior detested this empty pharisaic show, He Who wished that all should adore
the Father "in spirit and in truth."[24] The Catholic who does not
live really and sincerely according to the Faith he professes will not long be
master of himself in these days when the winds of strife and persecution blow
so fiercely, but will be swept away defenseless in this new deluge which
threatens the world. And thus, while he is preparing his own ruin, he is
exposing to ridicule the very name of Christian.
44. And here We wish,
Venerable Brethren, to insist more particularly on two teachings of Our Lord
which have a special bearing on the present condition of the human race:
detachment from earthly goods and the precept of charity. "Blessed are the
poor in spirit" were the first words that fell from the lips of the Divine
Master in His sermon on the mount.[25] This lesson is more than ever necessary
in these days of materialism athirst for the goods and pleasures of this earth.
All Christians, rich or poor, must keep their eye fixed on heaven, remembering
that "we have not here a lasting city, but we seek one that is to
come."[26] The rich should not place their happiness in things of earth
nor spend their best efforts in the acquisition of them. Rather, considering
themselves only as stewards of their earthly goods, let them be mindful of the
account they must render of them to their Lord and Master, and value them as
precious means that God has put into their hands for doing good; let them not
fail, besides, to distribute of their abundance to the poor, according to the
evangelical precept.[27] Otherwise there shall be verified of them and their
riches the harsh condemnation of St. James the Apostle: "Go to now, ye
rich men; weep and howl in your miseries which shall come upon you. Your riches
are corrupted, and your garments are moth-eaten; your gold and silver is
cankered; and the rust of them shall be for a testimony against you and shall
eat your flesh like fire. You have stored up to yourselves wrath against the
last days. . ."[28]
45. But the poor too, in
their turn, while engaged, according to the laws of charity and justice, in
acquiring the necessities of life and also in bettering their condition, should
always remain "poor in spirit,"[29] and hold spiritual goods in
higher esteem than earthly property and pleasures. Let them remember that the
world will never be able to rid itself of misery, sorrow and tribulation, which
are the portion even of those who seem most prosperous. Patience, therefore, is
the need of all, that Christian patience which comforts the heart with the
divine assurance of eternal happiness. "Be patient, therefore,
brethren," we repeat with St. .lames, "until the coming of the Lord.
Behold the husbandman waiteth for the precious fruit of the earth, patiently
bearing until he receive the early and the later rain. Be you therefore also
patient and strengthen your hearts, for the coming of the Lord is at hand."[30]
Only thus will be fulfilled the consoling promise of the Lord: "Blessed
are the poor!" These words are no vain consolation, a promise as empty as
those of the Communists. They are the words of life, pregnant with a sovereign
reality. They are fully verified here on earth, as well as in eternity. Indeed,
how many of the poor, in anticipation of the Kingdom of Heaven already
proclaimed their own: "for yours is the Kingdom of Heaven,"[31] find
in these words a happiness which so many of the wealthy, uneasy with their
riches and ever thirsting for more, look for in vain!
46. Still more important
as a remedy for the evil we are considering, or certainly more directly
calculated to cure it, is the precept of charity. We have in mind that
Christian charity, "patient and kind,"[32] which avoids all semblance
of demeaning paternalism, and all ostentation; that charity which from the very
beginning of Christianity won to Christ the poorest of the poor, the slaves.
And We are grateful to all those members of charitable associations, from the
conferences of St. Vincent de Paul to the recent great relief organizations,
which are perseveringly practicing the spiritual and corporal works of mercy.
The more the working men and the poor realize what the spirit of love animated by
the virtue of Christ is doing for them, the more readily will they abandon the
false persuasion that Christianity has lost its efficacy and that the Church
stands on the side of the exploiters of their labor.
47. But when on the one
hand We see thousands of the needy, victims of real misery for various reasons
beyond their control, and on the other so many round about them who spend huge
sums of money on useless things and frivolous amusement, We cannot fail to
remark with sorrow not only that justice is poorly observed, but that the
precept of charity also is not sufficiently appreciated, is not a vital thing
in daily life. We desire therefore, Venerable Brethren, that this divine
precept, this precious mark of identification left by Christ to His true disciples,
be ever more fully explained by pen and word of mouth; this precept which
teaches us to see in those who suffer Christ Himself, and would have us love
our brothers as Our Divine Savior has loved us, that is, even at the sacrifice
of ourselves, and, if need be, of our very life. Let all then frequently
meditate on those words of the final sentence, so consoling yet so terrifying,
which the Supreme Judge will pronounce on the day of the Last Judgment:
"Come, ye blessed of my Father . . . for I was hungry and you gave me to
eat; I was thirsty and you gave me to drink . . . Amen, I say to you, as long
as you did it to one of these my least brethren you did it to me."[33] And
the reverse: "Depart from me, you cursed, into everlasting fire . . . for
I was hungry and you gave me not to eat; I was thirsty and you gave me not to
drink . . . Amen, I say to you, as long as you did it not to one of these
least. neither did you do it to me."[34]
48. To be sure of eternal
life, therefore, and to be able to help the poor effectively, it is imperative
to return to a more moderate way of life, to renounce the joys, often sinful,
which the world today holds out in such abundance; to forget self for love of
the neighbor. There is a divine regenerating force in this "new
precept" (as Christ called it) of Christian charity.[35] Its faithful
observance will pour into the heart an inner peace which the world knows not,
and will finally cure the ills which oppress humanity.
49. But charity will
never be true charity unless it takes justice into constant account. The
Apostle teaches that "he that loveth his neighbor hath fulfilled the
law" and he gives the reason: "For, Thou shalt not commit
adultery, Thou shalt not kill, Thou shalt not steal . . . and if there be
any other commandment, it is comprised in this word: Thou shalt love thy
neighbor as thyself."[36] According to the Apostle, then, all the
commandments, including those which are of strict justice, as those which forbid
us to kill or to steal, may be reduced to the single precept of true charity.
From this it follows that a "charity" which deprives the workingman
of the salary to which he has a strict title in justice, is not charity at all,
but only its empty name and hollow semblance. The wage-earner is not to receive
as alms what is his due in justice. And let no one attempt with trifling
charitable donations to exempt himself from the great duties imposed by
justice. Both justice and charity often dictate obligations touching on the
same subject-matter, but under different aspects; and the very dignity of the
workingman makes him justly and acutely sensitive to the duties of others in
his regard.
50. Therefore We turn
again in a special way to you, Christian employers and industrialists, whose
problem is often so difficult for the reason that you are saddled with the
heavy heritage of an unjust economic regime whose ruinous influence has been
felt through many generations. We bid you be mindful of your responsibility. It
is unfortunately true that the manner of acting in certain Catholic circles has
done much to shake the faith of the working-classes in the religion of Jesus
Christ. These groups have refused to understand that Christian charity demands
the recognition of certain rights due to the workingman, which the Church has
explicitly acknowledged. What is to be thought of the action of those Catholic
employers who in one place succeeded in preventing the reading of Our
Encyclical Quadragesimo Anno in their local churches? Or of those
Catholic industrialists who even to this day have shown themselves hostile to a
labor movement that We Ourselves recommended? Is it not deplorable that the
right of private property defended by the Church should so often have been used
as a weapon to defraud the workingman of his just salary and his social rights?
51. In reality, besides
commutative justice, there is also social justice with its own set obligations,
from which neither employers nor workingmen can escape. Now it is of the very
essence of social justice to demand from each individual all that is necessary
for the common good. But just as in the living organism it is impossible to
provide for the good of the whole unless each single part and each individual
member is given what it needs for the exercise of its proper functions, so it
is impossible to care for the social organism and the good of society as a unit
unless each single part and each individual member - that is to say, each
individual man in the dignity of his human personality - is supplied with all
that is necessary for the exercise of his social functions. If social justice
be satisfied, the result will be an intense activity in economic life as a
whole, pursued in tranquillity and order. This activity will be proof of the
health of the social body, just as the health of the human body is recognized
in the undisturbed regularity and perfect efficiency of the whole organism.
52. But social justice
cannot be said to have been satisfied as long as workingmen are denied a salary
that will enable them to secure proper sustenance for themselves and for their
families; as long as they are denied the opportunity of acquiring a modest
fortune and forestalling the plague of universal pauperism; as long as they
cannot make suitable provision through public or private insurance for old age,
for periods of illness and unemployment. In a word, to repeat what has been
said in Our Encyclical Quadragesimo Anno: "Then only will the
economic and social order be soundly established and attain its ends, when it
offers, to all and to each, all those goods which the wealth and resources of
nature, technical science and the corporate organization of social affairs can
give. These goods should be sufficient to supply all necessities and reasonable
comforts, and to uplift men to that higher standard of life which, provided it
be used with prudence, is not only not a hindrance but is of singular help to
virtue."[37]
53. It happens all too
frequently, however, under the salary system, that individual employers are
helpless to ensure justice unless, with a view to its practice, they organize
institutions the object of which is to prevent competition incompatible with
fair treatment for the workers. Where this is true, it is the duty of contractors
and employers to support and promote such necessary organizations as normal
instruments enabling them to fulfill their obligations of justice. But the
laborers too must be mindful of their duty to love and deal fairly with their
employers, and persuade themselves that there is no better means of
safeguarding their own interests.
54. If, therefore, We
consider the whole structure of economic life, as We have already pointed out
in Our Encyclical Quadragesimo Anno, the reign of mutual collaboration
between justice and charity in social-economic relations can only be achieved
by a body of professional and inter professional organizations, built on
solidly Christian foundations, working together to effect, under forms adapted
to different places and circumstances, what has been called the Corporation .
55. To give to this
social activity a greater efficacy, it is necessary to promote a wider study of
social problems in the light of the doctrine of the Church and under the aegis
of her constituted authority. If the manner of acting of some Catholics in the
social-economic field has left much to be desired, this has often come about
because they have not known and pondered sufficiently the teachings of the
Sovereign Pontiffs on these questions. Therefore, it is of the utmost
importance to foster in all classes of society an intensive program of social
education adapted to the varying degrees of intellectual culture. It is
necessary with all care and diligence to procure the widest possible diffusion
of the teachings of the Church, even among the working-classes. The minds of
men must be illuminated with the sure light of Catholic teaching, and their
wills must be drawn to follow and apply it as the norm of right living in the
conscientious fulfillment of their manifold social duties. Thus they will
oppose that incoherence and discontinuity in Christian life which We have many
times lamented. For there are some who, while exteriorly faithful to the
practice of their religion, yet in the field of labor and industry, in the
professions, trade and business, permit a deplorable cleavage in their
conscience, and live a life too little in conformity with the clear principles
of justice and Christian charity. Such lives are a scandal to the weak, and to
the malicious a pretext to discredit the Church.
56. In this renewal the
Catholic Press can play a prominent part. Its foremost duty is to foster in
various attractive ways an ever better understanding of social doctrine. It
should, too, supply accurate and complete information on the activity of the
enemy and the means of resistance which have been found most effective in
various quarters. It should offer useful suggestions and warn against the
insidious deceits with which Communists endeavor, all too successfully, to
attract even men of good faith.
57. On this point We have
already insisted in Our Allocution of May 12th of last year, but We believe it
to be a duty of special urgency, Venerable Brethren, to call your attention to
it once again. In the beginning Communism showed itself for what it was in all
its perversity; but very soon it realized that it was thus alienating the
people. It has therefore changed its tactics, and strives to entice the
multitudes by trickery of various forms, hiding its real designs behind ideas that
in themselves are good and attractive. Thus, aware of the universal desire for
peace, the leaders of Communism pretend to be the most zealous promoters and
propagandists in the movement for world amity. Yet at the same time they stir
up a class-warfare which causes rivers of blood to flow, and, realizing that
their system offers no internal guarantee of peace, they have recourse to
unlimited armaments. Under various names which do not suggest Communism, they
establish organizations and periodicals with the sole purpose of carrying their
ideas into quarters otherwise inaccessible. They try perfidiously to worm their
way even into professedly Catholic and religious organizations. Again, without
receding an inch from their subversive principles, they invite Catholics to
collaborate with them in the realm of so-called humanitarianism and charity;
and at times even make proposals that are in perfect harmony with the Christian
spirit and the doctrine of the Church. Elsewhere they carry their hypocrisy so
far as to encourage the belief that Communism, in countries where faith and
culture are more strongly entrenched, will assume another and much milder form.
It will not interfere with the practice of religion. It will respect liberty of
conscience. There are some even who refer to certain changes recently
introduced into soviet legislation as a proof that Communism is about to
abandon its program of war against God.
58. See to it, Venerable
Brethren, that the Faithful do not allow themselves to be deceived! Communism
is intrinsically wrong, and no one who would save Christian civilization may
collaborate with it in any undertaking whatsoever. Those who permit themselves
to be deceived into lending their aid towards the triumph of Communism in their
own country, will be the first to fall victims of their error. And the greater
the antiquity and grandeur of the Christian civilization in the regions where
Communism successfully penetrates, so much more devastating will be the hatred
displayed by the godless.
59. But "unless the
Lord keep the city, he watcheth in vain that keepeth it."[38] And so, as a
final and most efficacious remedy, We recommend, Venerable Brethren, that in
your dioceses you use the most practical means to foster and intensify the
spirit of prayer joined with Christian penance. When the Apostles asked the
Savior why they had been unable to drive the evil spirit from a demoniac, Our
Lord answered: "This kind is not cast out but by prayer and
fasting."[39] So, too, the evil which today torments humanity can be
conquered only by a world-wide crusade of prayer and penance. We ask especially
the Contemplative Orders, men and women, to redouble their prayers and
sacrifices to obtain from heaven efficacious aid for the Church in the present
struggle. Let them implore also the powerful intercession of the Immaculate
Virgin who, having crushed the head of the serpent of old, remains the sure
protectress and invincible "Help of Christians."
60. To apply the remedies thus briefly indicated to the task of saving the world as We have traced it above, Jesus Christ, our Divine King, has chosen priests as the first-line ministers and messengers of His gospel. Theirs is the duty, assigned to them by a special vocation, under the direction of their Bishops and in filial obedience to the Vicar of Christ on earth, of keeping alight in the world the torch of Faith, and of filling the hearts of the Faithful with that supernatural trust which has aided the Church to fight and win so many other battles in the name of Christ: "This is the victory which overcometh the world, our Faith."[40]
61. To priests in a
special way We recommend anew the oft-repeated counsel of Our Predecessor, Leo
XIII, to go to the workingman. We make this advice Our own, and faithful to the
teachings of Jesus Christ and His Church, We thus complete it: "Go to the
workingman, especially where he is poor; and in general, go to the poor."
The poor are obviously more exposed than others to the wiles of agitators who,
taking advantage of their extreme need, kindle their hearts to envy of the rich
and urge them to seize by force what fortune seems to have denied them
unjustly. If the priest will not go to the workingman and to the poor, to warn
them or to disabuse them of prejudice and false theory, they will become an
easy prey for the apostles of Communism .
62. Indisputably much has
been done in this direction, especially after the publication of the
Encyclicals Rerum Novarum and Quadragesimo Anno. We are happy to
voice Our paternal approval of the zealous pastoral activity manifested by so
many Bishops and priests who have with due prudence and caution been planning
and applying new methods of apostolate more adapted to modern needs. But for
the solution of our present problem, all this effort is still inadequate. When
our country is in danger, everything not strictly necessary, everything not
bearing directly on the urgent matter of unified defense, takes second place.
So we must act in today's crisis. Every other enterprise, however attractive
and helpful, must yield before the vital need of protecting the very foundation
of the Faith and of Christian civilization. Let our parish priest, therefore,
while providing of course for the normal needs of the Faithful, dedicate the
better part of their endeavors and their zeal to winning back the laboring
masses to Christ and to His Church. Let them work to infuse the Christian
spirit into quarters where it is least at home. The willing response of the
masses, and results far exceeding their expectations, will not fail to reward
them for their strenuous pioneer labor. This has been and continues to be our
experience in Rome and in other capitals, where zealous parish communities are
being formed as new churches are built in the suburban districts, and real
miracles are being worked in the conversion of people whose hostility to
religion has been due solely to the fact that they did not know it.
63. But the most
efficacious means of apostolate among the poor and lowly is the priest's
example, the practice of all those sacerdotal virtues which We have described
in Our Encyclical Ad Catholici Sacerdotii.[41] Especially needful,
however, for the present situation is the shining example of a life which is
humble, poor and disinterested, in imitation of a Divine Master Who could say
to the world with divine simplicity: "The foxes have holes and the birds
of the air nests, but the Son of Man hath not where to lay His head."[42]
A priest who is really poor and disinterested in the Gospel sense may work
among his flock marvels recalling a Saint Vincent de Paul, a Cure of Ars, a
Cottolengo, a Don Bosco and so many others; while an avaricious and selfish
priest, as We have noted in the above mentioned Encyclical, even though he
should not plunge with Judas to the abyss of treason, will never be more than
empty "sounding brass" and useless "tinkling cymbal."[43]
Too often, indeed, he will be a hindrance rather than an instrument of grace in
the midst of his people. Furthermore, where a secular priest or religious is obliged
by his office to administer temporal property, let him remember that he is not
only to observe scrupulously all that charity and justice prescribe, but that
he has a special obligation to conduct himself in very truth as a father of the
poor.
64. After this appeal to
the clergy, We extend Our paternal invitation to Our beloved sons among the
laity who are doing battle in the ranks of Catholic Action. On another
occasion[44] We have called this movement so dear to Our heart "a
particularly providential assistance" in the work of the Church during
these troublous times. Catholic Action is in effect a social apostolate
also, inasmuch as its object is to spread the Kingdom of Jesus Christ not only
among individuals, but also in families and in society. It must, therefore,
make it a chief aim to train its members with special care and to prepare them
to fight the battles of the Lord. This task of formation, now more urgent and
indispensable than ever, which must always precede direct action in the field,
will assuredly be served by study-circles, conferences, lecture-courses and the
various other activities undertaken with a view to making known the Christian
solution of the social problem.
65. The militant leaders
of Catholic Action thus properly prepared and armed, will be the first and
immediate apostles of their fellow workmen. They will be an invaluable aid to
the priest in carrying the torch of truth, and in relieving grave spiritual and
material suffering, in many sectors where inveterate anti-clerical prejudice or
deplorable religious indifference has proved a constant obstacle to the
pastoral activity of God's ministers. In this way they will collaborate, under
the direction of especially qualified priests, in that work of spiritual aid to
the laboring classes on which We set so much store, because it is the means
best calculated to save these, Our beloved children, from the snares of
Communism.
66. In addition to this
individual apostolate which, however useful and efficacious, often goes
unheralded, Catholic Action must organize propaganda on a large scale to
disseminate knowledge of the fundamental principles on which, according to the
Pontifical documents, a Christian .Social Order must build.
67. Ranged with Catholic
Action are the groups which We have been happy to call its auxiliary forces.
With paternal affection We exhort these valuable organizations also tO dedicate
themselves to the great mission of which We have been treating, a cause which
today transcends all others in vital importance.
68. We are thinking likewise
of those associations of workmen, farmers, technicians, doctors, employers,
students and others of like character, groups of men and women who live in the
same cultural atmosphere and share the same way of life. Precisely these groups
and organizations are destined to introduce into society that order which We
have envisaged in Our Encyclical Quadragesimo Anno, and thus to spread in
the vast and various fields of culture and labor the recognition of the Kingdom
of Christ.
69. Even where the State,
because of changed social and economic conditions, has felt obliged to
intervene directly in order to aid and regulate such organizations by special
legislative enactments, supposing always the necessary respect for liberty and
private initiative, Catholic Action may not urge the circumstance as an excuse
for abandoning the field. Its members should contribute prudently and
intelligently to the study of the problems of the hour in the light of Catholic
doctrine. They should loyally and generously participate in the formation of
the new institutions, bringing to them the Christian spirit which is the basic
principle of order wherever men work together in fraternal harmony.
70. Here We should like
to address a particularly affectionate word to Our Catholic workingmen, young
and old. They have been given, perhaps as a reward for their often heroic
fidelity in these trying days, a noble and an arduous mission. Under the
guidance of their Bishops and priests, they are to bring back to the Church and
to God those immense multitudes of their brother-workmen who, because they were
not understood or treated with the respect to which they were entitled, in
bitterness have strayed far from God. Let Catholic workingmen show these their
wandering brethren by word and example that the Church is a tender Mother to
all those who labor and suffer, and that she has never failed, and never will
fail, in her sacred maternal duty of protecting her children. If this mission,
which must be fulfilled in mines, in factories, in shops, wherever they may be
laboring, should at times require great sacrifices, Our workmen will remember
that the Savior of the world has given them an example not only of toil but of
self immolation.
71. To all Our children,
finally, of every social rank and every nation, to every religious and lay
organization in the Church, We make another and more urgent appeal for union.
Many times Our paternal heart has been saddened by the divergencies - often
idle in their causes, always tragic in their consequences - which array in
opposing camps the sons of the same Mother Church. Thus it is that the
radicals, who are not so very numerous, profiting by this discord are able to
make it more acute, and end by pitting Catholics one against the other. In view
of the events of the past few months, Our warning must seem superfluous. We
repeat it nevertheless once more, for those who have not understood, or perhaps
do not desire to understand. Those who make a practice of spreading dissension
among Catholics assume a terrible responsibility before God and the Church.
72. But in this battle
joined by the powers of darkness against the very idea of Divinity, it is Our
fond hope that, besides the host which glories in the name of Christ, all those
- and they comprise the overwhelming majority of mankind, - who still believe
in God and pay Him homage may take a decisive part. We therefore renew the
invitation extended to them five years ago in Our Encyclical Caritate
Christi, invoking their loyal and hearty collaboration "in order to ward off
from mankind the great danger that threatens all alike." Since, as We then
said, "belief in God is the unshakable foundation of all social order and
of all responsibility on earth, it follows that all those who do not want
anarchy and terrorism ought to take energetic steps to prevent the enemies of
religion from attaining the goal they have so brazenly proclaimed to the
world."[45]
73. Such is the positive
task, embracing at once theory and practice, which the Church undertakes in
virtue of the mission, confided to her by Christ, of constructing a Christian
society, and, in our own times, of resisting unto victory the attacks of
Communism. It is the duty of the Christian State to concur actively in this
spiritual enterprise of the Church, aiding her with the means at its command,
which although they be external devices, have nonetheless for their prime
object the good of souls.
74. This means that all
diligence should be exercised by States to prevent within their territories the
ravages of an anti-God campaign which shakes society to its very foundations.
For there can be no authority on earth unless the authority of the Divine
Majesty be recognized; no oath will bind which is not sworn in the Name of the
Living God. We repeat what We have said with frequent insistence in the past,
especially in Our Encyclical Caritate Christi: "How can any
contract be maintained, and what value can any treaty have, in which every
guarantee of conscience is lacking? And how can there be talk of guarantees of
conscience when all faith in God and all fear of God have vanished? Take away
this basis, and with it all moral law falls, and there is no remedy left to
stop the gradual but inevitable destruction of peoples, families, the State,
civilization itself."[46]
75. It must likewise be
the special care of the State to create those material conditions of life
without which an orderly society cannot exist. The State must take every
measure necessary to supply employment, particularly for the heads of families
and for the young. To achieve this end demanded by the pressing needs of the
common welfare, the wealthy classes must be induced to assume those burdens
without which human society cannot be saved nor they themselves remain secure.
However, measures taken by the State with this end in view ought to be of such
a nature that they will really affect those who actually possess more than
their share of capital resources, and who continue to accumulate them to the
grievous detriment of others.
76. The State itself,
mindful of its responsibility before God and society, should be a model of
prudence and sobriety in the administration of the commonwealth. Today more
than ever the acute world crisis demands that those who dispose of immense
funds, built up on the sweat and toil of millions, keep constantly and singly
in mind the common good. State functionaries and all employees are obliged in
conscience to perform their duties faithfully and unselfishly, imitating the
brilliant example of distinguished men of the past and of our own day, who with
unremitting labor sacrificed their all for the good of their country. In
international trade-relations let all means be sedulously employed for the
removal of those artificial barriers to economic life which are the effects of
distrust and hatred. All must remember that the peoples of the earth form but
one family in God.
77. At the same time the
State must allow the Church full liberty to fulfill her divine and spiritual
mission, and this in itself will be an effectual contribution to the rescue of
nations from the dread torment of the present hour. Everywhere today there is
an anxious appeal to moral and spiritual forces; and rightly so, for the evil
we must combat is at its origin primarily an evil of the spiritual order. From
this polluted source the monstrous emanations of the communistic system flow
with satanic logic. Now, the Catholic Church is undoubtedly preeminent among
the moral and religious forces of today. Therefore the very good of humanity
demands that her work be allowed to proceed unhindered.
78. Those who act
otherwise, and at the same time fondly pretend to attain their objective with
purely political or economic means, are in the grip of a dangerous error. When
religion is banished from the school, from education and from public life, when
the representatives of Christianity and its sacred rites are held up to
ridicule, are we not really fostering the materialism which is the fertile soil
of Communism.? Neither force, however well organized it be, nor earthly ideals
however lofty or noble, can control a movement whose roots lie in the excessive
esteem for the goods of this world.
79. We trust that those
rulers of nations, who are at all aware of the extreme danger threatening every
people today, may be more and more convinced of their supreme duty not to
hinder the Church in the fulfillment of her mission. This is the more
imperative since, while this mission has in view man's happiness in heaven, it
cannot but promote his true felicity in time.
80. We cannot conclude
this Encyclical Letter without addressing some words to those of Our children
who are more or less tainted with the Communist plague. We earnestly exhort
them to hear the voice of their loving Father. We pray the Lord to enlighten
them that they may abandon the slippery path which will precipitate one and all
to ruin and catastrophe, and that they recognize that Jesus Christ, Our Lord,
is their only Savior: "For there is no other name under heaven given to
man, whereby we must be saved."[47]
81. To hasten the advent
of that "peace of Christ in the kingdom of Christ"[48] so ardently
desired by all, We place the vast campaign of the Church against world
Communism under the standard of St. Joseph, her mighty Protector. He belongs to
the working-class, and he bore the burdens of poverty for himself and the Holy
Family, whose tender and vigilant head he was. To him was entrusted the Divine
Child when Herod loosed his assassins against Him. In a life of faithful
performance of everyday duties, he left an example for all those who must gain
their bread by the toil of their hands. He won for himself the title of
"The Just," serving thus as a living model of that Christian justice
which should reign in social life.
82. With eyes lifted on high, our Faith sees the new heavens and the new earth described by Our first Predecessor, St. Peter.[49] While the promises of the false prophets of this earth melt away in blood and tears, the great apocalyptic prophecy of the Redeemer shines forth in heavenly splendor: "Behold, I make all things new."[50] Venerable Brethren, nothing remains but to raise Our paternal hands to call down upon you, upon your clergy and people, upon the whole Catholic family, the Apostolic Benediction.
Given at Rome, at St.
Peter's, on the feast of St. Joseph, patron of the universal Church, on the
19th of March, 1937, the 16th year of our Pontificate.
PIUS XI
1. Encycl. Qui
Pluribus, Nov. 9, 1864 (Acta Pii IX, Vol I, p. 13). Cf. Syllabus, IV,
(A.S.S., vol. III, p. 170).
2. Encycl. Quod
Apostolici Muneris, Dec. 28, 1928 (Acta Leonis XII, Vol. 1, p. 46).
3. Dec. 18, 1924: A.A.S.,
Vol. XVI (1924), pp. 494-495.
4. May 8, 1928: A.A.S.,
Vol. XX (1928), pp. 165-178.
5. May 15, 1931: A.A.S.,
Vol. XXIII (1931), pp. 177-228.
6. May 3, 1932: A.A.S.,
Vol. XXIV (1932), pp. 177-194.
7. Sept. 29, 1932:
A.A.S., Vol. XXIV (1932), pp. 321-332.
8. June 3, 1933: A.A.S.,
Vol. XXV (1933), pp. 261-274.
9. Cf. Thessalonians,
II, 4.
10. Encycl. Divini
Illius Magistri, Dec. 31, 1929 (A.A.S., Vol. XXII, 1930 pp. 47-86).
11. Encycl. Casti
Connubii, Dec. 31, 1930 (A.A.S., Vol. XX- II, 1930, pp. 539-592).
12. I Corinthians,
III, 23.
13. Encycl. Rerum
Novarum, May 15, 1891 (Acta Leonis XIII Vol. IV, pp. 177-209).
14. Encycl. Quadragesimo
Anno, May 15, 1931 (A.A.S., Vol. XXIII, 1931, pp. 177-228).
15. Encycl. Diuturnum
Illud, June 20, 1881 (Acta Leonis XIII, Vol. I, . 210-22).
16. Encycl. Immortale
Dei, Nov. 1, 1885 (Acta Leonis XIII, Vol. II, pp. 146-168).
17. St. Luke, 11, 14.
18. St. Matthew, VI, 33.
19. Cf. St. Matthew,
XIII, 55: St. Mark, Vl, 3.
20. Cicero, De
Officiis, Bk. I, c. 42.
21. St. James, I, 22.
22. St. James, I, 17.
23. A.A.S., vol. XXVIII
(1936); pp. 421424.
24. St. John, IV, 23.
25. St. Matthew, V, 3.
26. Hebrews, XIII, 14.
27. St. Luke, Xl, 41.
28. St. James, V, 1-3.
29. St. Matthew, V, 3.
30. St. James, V, 7, 8.
31. St. Luke, VI, 20.
32. I Corinthians,
XIII, 4.
33. St. Matthew, XXV,
34-40.
34. St. Matthew, XXV,
41-45.
35. St. John, XIII, 34.
36. Romans, XIII, 8, 9.
37. Encycl. Quadragesimo
Anno, May 15, 1931 (A.A.S., Vol. XXIII, 1931, p. 202).
38. Psalms, CXXVI, 1.
39. St. Matthew, XVII, 20
40. I Epist. St. John, V,
4.
41 Dec. 20, 1935, A.A.S.,
vol. XXVIII (1936), pp. 5-53. 42. St. Matthew, VIII, 20.
43. I Corinthians, XIII,
1.
44. May 12, 1936.
45. Encycl. Caritate
Christi, May 3, 1932 (A.A.S., vol. XXIV, p. 184).
46. Encycl. Caritate
Christi, May 3, 1932 (A.A.S., vol. XX-IV, 1932, p. 190).
47. Acts, IV, 12.
48. Encycl. Ubi
Arcano, Dec. 23, 1922 (A.A.S., Vol. XIV, 1922,p.691).
49. II Epist. St. Peter,
III, 13; cf. Isaias, LXV, 17 and LXVI, 22; Apoc., XXI, 1.
50. Apoc. XXI, 5.
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Le
Guerchin (1591–1666), San Giuseppe, 1648 ca., Pinacoteca Nazionale di
Bologna
Venerabili Fratelli,
salute e Apostolica Benedizione.
1. – La promessa di un
divino Redentore illumina la prima pagina della storia dell’umanità; e così la
fiduciosa speranza di tempi migliori lenì il rimpianto del « paradiso »[1] perduto e accompagnò il genere umano nel
suo tribolato cammino, « finché nella pienezza dei tempi »[2] il Salvatore del mondo, venendo sulla
terra, compì l’attesa e inaugurò una nuova civiltà universale, la civiltà
cristiana, immensamente superiore a quella che l’uomo aveva fino allora
laboriosamente raggiunto in alcune nazioni più privilegiate.
2. – Ma la lotta fra il
bene e il male rimase nel mondo come triste retaggio della colpa originale; e
l’antico tentatore non ha mai desistito dall’ingannare l’umanità con false
promesse. Perciò nel corso dei secoli uno sconvolgimento è succeduto all’altro
fino alla rivoluzione dei nostri giorni, la quale o già imperversa o seriamente
minaccia, si può dire, dappertutto e supera in ampiezza e violenza quanto si
ebbe a sperimentare nelle precedenti persecuzioni contro la Chiesa. Popoli
interi si trovano nel pericolo di ricadere in una barbarie peggiore di quella
in cui ancora giaceva la maggior parte del mondo all’apparire del Redentore.
3. – Questo pericolo tanto minaccioso, Voi l’avete già compreso, Venerabili Fratelli, è il « comunismo bolscevico » ed ateo che mira a capovolgere l’ordinamento sociale e a scalzare gli stessi fondamenti della civiltà cristiana.
CONDANNE ANTERIORI
4. – Di fronte a tale minaccia
la Chiesa Cattolica non poteva tacere e non tacque. Non tacque specialmente
questa Sede Apostolica, che sa essere sua specialissima missione la difesa
della verità e della giustizia e di tutti quei beni eterni che il comunismo
misconosce e combatte. Fin dai tempi in cui i circoli colti pretesero liberare
la civiltà umana dai legami della morale e della religione, i Nostri
Predecessori attirarono l’attenzione del mondo apertamente ed esplicitamente
alle conseguenze della scristianizzazione della società umana. E quanto al
comunismo, già fin dal 1846 il venerato Nostro Predecessore Pio IX di s. mem.
pronunciò solenne condanna, confermata poi nel Sillabo, contro « quella
nefanda dottrina del cosiddetto comunismo sommamente contraria allo stesso
diritto naturale, la quale, una volta ammessa, porterebbe al radicale
sovvertimento dei diritti, delle cose, delle proprietà di tutti, e della stessa
società umana »[3]. Più tardi, l’altro Nostro Predecessore
d’immortale memoria, Leone XIII, nell’Enciclica Quod
Apostolici muneris [4] lo definiva « peste distruggitrice,
la quale, intaccando il midollo della società umana, la condurrebbe alla rovina »;
e con chiara visione indicava che i movimenti atei delle masse nell’epoca del
tecnicismo traevano origine da quella filosofia, che già da secoli cercava
separare la scienza e la vita dalla fede e dalla Chiesa.
ATTI DEL PRESENTE
PONTIFICATO
5. – Noi pure durante il
Nostro pontificato abbiamo sovente e con premurosa insistenza denunziate le
correnti atee minacciosamente crescenti. Quando nel 1924 la Nostra missione di
soccorso ritornava dall’Unione Sovietica, Ci siamo pronunziati contro il comunismo in
apposita Allocuzione diretta al mondo intero [5]. Nelle Nostre Encicliche Miserentissimus
Redemptor [6], Quadragesimo
anno [7], Caritate
Christi [8], Acerba
animi [9], Dilectissima
Nobis [10], abbiamo elevato solenne protesta
contro le persecuzioni scatenate ora in Russia, ora nel Messico, ora nella
Spagna; né si è ancora spenta l’eco universale di quelle allocuzioni da Noi
tenute l’anno scorso in occasione dell’inaugurazione della Mostra mondiale
della stampa cattolica, dell’udienza ai profughi spagnuoli e del Messaggio
radiofonico per la festa del Santo Natale. Persino gli stessi più accaniti
nemici della Chiesa, i quali da Mosca dirigono questa lotta contro la civiltà
cristiana, con i loro ininterrotti attacchi a parole e a fatti rendono
testimonianza che il Papato, anche ai giorni nostri, ha continuato fedelmente a
tutelare il santuario della religione cristiana, e più frequentemente e in modo
più persuasivo che qualsiasi altra pubblica autorità terrena ha richiamato
l’attenzione sul pericolo comunista.
NECESSITÀ DI UN ALTRO
DOCUMENTO SOLENNE
6. – Ma nonostante questi
ripetuti avvertimenti paterni, che sono stati da Voi, Venerabili Fratelli, con
Nostra grande soddisfazione, così fedelmente trasmessi e commentati ai fedeli
con tante vostre recenti lettere pastorali anche collettive, il pericolo sotto
la spinta di abili agitatori non fa che aggravarsi di giorno in giorno. Perciò
Noi Ci crediamo in dovere di elevare di nuovo la Nostra voce con un documento ancora
più solenne, com’è costume di questa Sede Apostolica, maestra di verità, e come
lo rende naturale il fatto che un tale documento è nel desiderio di tutto il
mondo cattolico. E confidiamo che l’eco della Nostra voce giunga dovunque si
trovino menti scevre di pregiudizi e cuori sinceramente desiderosi del bene
dell’umanità; tanto più che la Nostra parola ora viene dolorosamente avvalorata
dalla vista dei frutti amari delle idee sovversive, quali Noi abbiamo previsti
e preannunziati e che si vanno paurosamente moltiplicando nei paesi già
dominati dal comunismo e che minacciosamente incombono agli altri paesi del
mondo.
7. – Noi, quindi,
vogliamo ancora una volta esporre in breve sintesi i princìpi del comunismo
ateo come si manifestano principalmente nel bolscevismo, con i suoi metodi di
azione, contrapponendo a questi falsi princìpi la luminosa dottrina della
Chiesa ed inculcando di nuovo con insistenza i mezzi con i quali la civiltà
cristiana, sola civiltà veramente umana, può essere salvata da questo satanico
flagello e maggiormente sviluppata, per il vero benessere dell’umana società.
DOTTRINA
Falso ideale
8. – Il comunismo di
oggi, in modo più accentuato di altri simili movimenti del passato, nasconde in
sé un’idea di falsa redenzione. Uno pseudo-ideale di giustizia, di uguaglianza
e di fraternità nel lavoro, pervade tutta la sua dottrina, e tutta la sua
attività d’un certo falso misticismo, che alle folle adescate da fallaci
promesse comunica uno slancio e un entusiasmo contagioso, specialmente in un
tempo come il nostro, in cui da una distribuzione difettosa delle cose di
questo mondo risulta una miseria non consueta. Si vanta anzi questo
pseudo-ideale come se fosse stato iniziatore di un certo progresso economico,
il quale, quando è reale, si spiega con ben altre cause, come con
l’intensificare la produzione industriale in paesi che ne erano quasi privi,
valendosi anche di enormi ricchezze naturali, e con l’uso di metodi brutali per
fare ingenti lavori con poca spesa.
Materialismo
evoluzionistico di Marx
9. – La dottrina che
il comunismo nasconde sotto apparenze talvolta così seducenti, in
sostanza oggi si fonda sui princìpi già predicati da C. Marx del materialismo dialettico
e del materialismo storico, di cui i teorici del bolscevismo
pretendono possedere l’unica genuina interpretazione. Questa dottrina insegna
che esiste una sola realtà, la materia, con le sue forze cieche, la quale
evolvendosi diventa pianta, animale, uomo. Anche la società umana non ha altro
che un’apparenza e una forma della materia che si evolve nel detto modo, e per
ineluttabile necessità tende, in un perpetuo conflitto delle forze, verso la
sintesi finale: una società senza classi. In tale dottrina, com’è evidente, non
vi è posto per l’idea di Dio, non esiste differenza fra spirito e materia, né
tra anima e corpo; non si dà sopravvivenza dell’anima dopo la morte, e quindi
nessuna speranza in un’altra vita. Insistendo sull’aspetto dialettico del
loro materialismo, i comunisti pretendono che il conflitto, che
porta il mondo verso la sintesi finale, può essere accelerato dagli uomini.
Quindi si sforzano di rendere più acuti gli antagonismi che sorgono fra le
diverse classi della società; e la lotta di classe, con i suoi odi e le sue
distruzioni, prende l’aspetto d’una crociata per il progresso dell’umanità.
Invece, tutte le forze, quali che esse siano, che resistono a quelle violenze
sistematiche, debbono essere annientate come nemiche del genere umano.
A che cosa si riducono
l’uomo e la famiglia
10. – Inoltre il
comunismo spoglia l’uomo della sua libertà, principio spirituale della sua
condotta morale; toglie ogni dignità alla persona umana e ogni ritegno morale
contro l’assalto degli stimoli ciechi. All’uomo individuo non è riconosciuto,
di fronte alla collettività, alcun diritto naturale della personalità umana,
essendo essa, nel comunismo, semplice ruota e ingranaggio del sistema. Nelle
relazioni poi degli uomini fra loro è sostenuto il principio dell’assoluta
uguaglianza, rinnegando ogni gerarchia e ogni autorità che sia stabilita da
Dio, compresa quella dei genitori; ma tutto ciò che tra gli uomini esiste della
cosiddetta autorità e subordinazione, tutto deriva dalla collettività come da
primo e unico fonte. Né viene accordato agli individui diritto alcuno di
proprietà sui beni di natura e sui mezzi di produzione, poiché, essendo essi
sorgente di altri beni, il loro possesso condurrebbe al potere di un uomo
sull’altro. Per questo appunto dovrà essere distrutta radicalmente questa sorta
di proprietà privata, come la prima sorgente di ogni schiavitù economica.
11. – Rifiutando alla
vita umana ogni carattere sacro e spirituale, una tale dottrina naturalmente fa
del matrimonio e della famiglia una istituzione puramente artificiale e civile,
ossia il frutto di un determinato sistema economico; viene rinnegata
l’esistenza di un vincolo matrimoniale di natura giuridico-morale che sia
sottratto al beneplacito dei singoli o della collettività, e, conseguentemente,
l’indissolubilità di esso. In particolare per il comunismo non esiste
alcun legame della donna con la famiglia e con la casa. Esso, proclamando il
principio dell’emancipazione della donna, la ritira dalla vita domestica e
dalla cura dei figli per trascinarla nella vita pubblica e nella produzione
collettiva nella stessa misura che l’uomo, devolvendo alla collettività la cura
del focolare e della prole [11]. È negato infine ai genitori il diritto
di educare, essendo questo concepito come un diritto esclusivo della comunità,
nel cui nome soltanto e per suo mandato i genitori possono esercitarlo.
Che cosa diventerebbe la
società
12 – Che cosa sarebbe
dunque la società umana, basata su tali fondamenti materialistici? Sarebbe una
collettività senz’altra gerarchia che quella del sistema economico. Essa
avrebbe come unica missione la produzione dei beni per mezzo del lavoro
collettivo e per fine il godimento dei beni della terra in un paradiso in cui
ciascuno « darebbe secondo le sue forze, e riceverebbe secondo i suoi
bisogni ». Alla collettività il comunismo riconosce il diritto, o
piuttosto l’arbitrio illimitato, di aggiogare gli individui al lavoro
collettivo, senza riguardo al loro benessere personale, anche contro la loro
volontà e persino con la violenza. In essa tanto la morale quanto l’ordine
giuridico non sarebbero se non un’emanazione del sistema economico del tempo,
di origine quindi terrestre, mutevole e caduca. In breve, si pretende di
introdurre una nuova epoca e una nuova civiltà, frutto soltanto di una cieca
evoluzione: « una umanità senza Dio ».
13. – Quando poi le
qualità collettive saranno finalmente acquisite da tutti, in quella condizione
utopistica di una società senza alcuna differenza di classi, lo Stato politico,
che ora si concepisce solo come lo strumento di dominazione dei capitalisti sui
proletari, perderà ogni sua ragione d’essere e si « dissolverà »; però, finché
questa beata condizione non sarà attuata, lo Stato e il potere statale sono per
il comunismo il mezzo più efficace e più universale per conseguire il suo fine.
14. – Ecco, Venerabili
Fratelli, il nuovo presunto Vangelo, che il comunismo bolscevico ed ateo
annunzia all’umanità, quasi messaggio salutare e redentore! Un sistema, pieno
di errori e sofismi, contrastante sia con la ragione sia con la rivelazione
divina; sovvertitore dell’ordine sociale, perché equivale alla distruzione
delle sue basi fondamentali, misconoscitore della vera origine della natura e
del fine dello Stato, negatore dei diritti della personalità umana, della sua
dignità e libertà.
DIFFUSIONE
Abbaglianti promesse
15. – Ma come mai può
avvenire che un tale sistema, scientificamente da lungo tempo sorpassato,
confutato dalla realtà pratica; come può avvenire, diciamo, che un tale sistema
possa diffondersi così rapidamente in tutte le parti del mondo? La spiegazione
sta nel fatto che assai pochi hanno potuto penetrare la vera natura del comunismo;
i più invece cedono alla tentazione abilmente presentata sotto le più
abbaglianti promesse. Con il pretesto che si vuole soltanto migliorare la sorte
delle classi lavoratrici, togliere abusi reali prodotti dall’economia liberale e
ottenere una più equa distribuzione dei beni terreni (scopi senza dubbio
pienamente legittimi), e approfittando della mondiale crisi economica, si
riesce ad attirare nella sfera d’influenza del comunismo anche quei
ceti della popolazione che per principio rigettano ogni materialismo e
ogni terrorismo. E siccome ogni errore contiene sempre una parte di vero,
questo lato della verità che abbiamo accennato, messo astutamente in mostra a
tempo e luogo per coprire, quando conviene, la crudezza ributtante e inumana
dei princìpi e dei metodi del comunismo, seduce anche spiriti non volgari,
fino a diventarne a loro volta gli apostoli presso giovani intelligenze ancora
poco atte ad avvertirne gli intrinseci errori. I banditori del comunismo sanno
inoltre approfittare anche degli antagonismi di razza, delle divisioni od
opposizioni di diversi sistemi politici, perfino del disorientamento nel campo
della scienza senza Dio, per infiltrarsi nelle Università e corroborare i
princìpi della loro dottrina con argomenti pseudo-scientifici.
Il liberalismo gli ha
preparato la strada
16. – Per spiegare poi
come il comunismo sia riuscito a farsi accettare senza esame da tante
masse di operai, conviene ricordarsi che questi vi erano già preparati
dall’abbandono religioso e morale nel quale erano stati lasciati dall’economia
liberale. Con i turni di lavoro anche domenicale non si dava loro tempo neppur
di soddisfare ai più gravi doveri religiosi nei giorni festivi; non si pensava
a costruire chiese presso le officine né a facilitare l’opera del sacerdote;
anzi si continuava a promuovere positivamente il laicismo. Si raccoglie dunque
ora l’eredità di errori dai Nostri Predecessori e da Noi stessi tante volte
denunciati, e non è da meravigliarsi che in un mondo già largamente
scristianizzato dilaghi l’errore comunista.
Propaganda astuta e
vastissima
17. – Inoltre la
diffusione così rapida delle idee comuniste, che si infiltrano in tutti i paesi
grandi e piccoli, colti e meno sviluppati, sicché nessun angolo della terra è
libero da esse, si spiega con una propaganda veramente diabolica quale forse il
mondo non ha mai veduto: propaganda diretta da un solo centro e che
abilissimamente si adatta alle condizioni dei diversi popoli; propaganda che
dispone di grandi mezzi finanziari, di gigantesche organizzazioni, di congressi
internazionali, di innumerevoli forze ben addestrate; propaganda che si fa
attraverso fogli volanti e riviste, nei cinematografi, nei teatri, con la
radio, nelle scuole e persino nelle Università, penetrando a poco a poco in
tutti i ceti delle popolazioni anche migliori, senza che quasi si accorgano del
veleno che sempre più pervade le menti e i cuori.
Congiura del silenzio
nella stampa
18 – Un terzo potente
aiuto al diffondersi del comunismo è una vera congiura del silenzio in grande
parte della stampa mondiale non cattolica. Diciamo congiura, perché non si può
altrimenti spiegare che una stampa così avida di mettere in rilievo anche i
piccoli incidenti quotidiani, abbia potuto per tanto tempo tacere degli orrori
commessi in Russia, nel Messico e anche in gran parte della Spagna, e parli
relativamente così poco d’una tanto vasta organizzazione mondiale quale è il
comunismo di Mosca. Questo silenzio è dovuto in parte a ragioni di una politica
meno previdente, ed è favorito da varie forze occulte le quali da tempo cercano
di distruggere l’ordine sociale cristiano.
DOLOROSI EFFETTI
Russia e Messico
19. – Intanto i dolorosi
effetti di quella propaganda ci stanno dinanzi. Dove il comunismo ha potuto
affermarsi e dominare — e qui Noi pensiamo con singolare affetto paterno ai
popoli della Russia e del Messico —, ivi si è sforzato con ogni mezzo di distruggere
(e lo proclama apertamente) fin dalle loro basi la civiltà e la religione
cristiana, spegnendone nel cuore degli uomini, specie della gioventù, ogni
ricordo. Vescovi e sacerdoti sono stati banditi, condannati ai lavori forzati,
fucilati e messi a morte in maniera inumana; semplici laici, per aver difeso la
religione, sono stati sospettati, vessati, perseguitati e trascinati nelle
prigioni e davanti ai tribunali.
Orrori del comunismo
nella Spagna
20. – Anche là dove, come
nella Nostra carissima Spagna il flagello comunista non ha avuto ancora il
tempo di far sentire tutti gli effetti delle sue teorie, vi si è, in compenso,
scatenato purtroppo con una violenza più furibonda. Non si è abbattuta l’una o
l’altra chiesa, questo o quel chiostro, ma quando fu possibile si distrusse
ogni chiesa e ogni chiostro e qualsiasi traccia di religione cristiana, anche
se legata ai più insigni monumenti d’arte e di scienza! Il furore comunista non
si è limitato ad uccidere Vescovi e migliaia di sacerdoti, di religiosi e
religiose, cercando in modo particolare quelli e quelle che proprio si
occupavano con maggior impegno degli operai e dei poveri; ma fece un numero
molto maggiore di vittime tra i laici di ogni ceto, che fino al presente
vengono, si può dire ogni giorno, trucidati a schiere per il fatto di essere
buoni cristiani o almeno contrari all’ateismo comunista. E una tale
spaventevole distruzione viene eseguita con un odio, una barbarie e una
efferatezza che non si sarebbero creduti possibili nel nostro secolo.
Non vi può essere uomo
privato, che pensi saggiamente, né uomo di Stato, consapevole della sua
responsabilità, che non rabbrividisca al pensiero che quanto oggi accade in
Ispagna non abbia forse a ripetersi domani in altre nazioni civili. Frutti
naturali del sistema
21. – Né si può dire che
tali atrocità siano un fenomeno transitorio solito ad accompagnarsi a qualunque
grande rivoluzione, isolati eccessi di esasperazione comuni ad ogni guerra; no,
sono frutti naturali del sistema, che manca di ogni freno interno. Un freno è
necessario all’uomo, sia individuo, sia in società. Anche i popoli barbari
ebbero questo freno nella legge naturale scolpita da Dio nell’animo di ciascun
uomo. E quando questa legge naturale venne meglio osservata, si videro antiche
nazioni assurgere ad una grandezza che abbaglia ancora, più di quel che
converrebbe, certi superficiali studiosi della storia umana. Ma se si strappa
dal cuore degli uomini l’idea stessa di Dio, essi necessariamente sono dalle
loro passioni sospinti alla più efferata barbarie.
Lotta contro tutto ciò
che è divino
22. – È quello che
purtroppo stiamo vedendo: per la prima volta nella storia stiamo assistendo ad
una lotta freddamente voluta, e accuratamente preparata dell’uomo contro
« tutto ciò che è divino »[12]. Il comunismo è per sua natura
antireligioso, e considera la religione come « l’oppio del popolo »
perché i princìpi religiosi che parlano della vita d’oltre tomba, distolgono il
proletario dal mirare al conseguimento del paradiso sovietico, che è di questa
terra.
Il terrorismo
23. – Ma non si calpesta
impunemente la legge naturale e l’Autore di essa: il comunismo non ha potuto né
potrà ottenere il suo intento neppure nel campo puramente economico. È vero che
nella Russia ha potuto contribuire a scuotere uomini e cose da una lunga e
secolare inerzia, e ottenere con ogni sorta di mezzi, spesso senza scrupoli, qualche
successo materiale; ma sappiamo per testimonianze non sospette, anche
recentissime, che di fatto neppur là ha raggiunto lo scopo che aveva promesso;
senza contare poi la schiavitù che il terrorismo ha imposto a milioni di
uomini. Anche nel campo economico è pur necessaria qualche morale, qualche
sentimento della responsabilità, che invece non trova posto in un sistema
prettamente materialistico come il comunismo. Per sostituirlo non rimane che il
terrorismo, quale appunto vediamo ora nella Russia, dove gli antichi compagni
di congiura e di lotta si dilaniano a vicenda; un terrorismo, il quale per
altro non riesce ad arginare né la corruzione dei costumi, e neppure il
dissolvimento della compagine sociale.
UN PATERNO PENSIERO AI POPOLI OPPRESSI IN RUSSIA
24. – Con questo però non
vogliamo in nessuna maniera condannare in massa i popoli dell’Unione Sovietica,
per i quali nutriamo il più vivo affetto paterno. Sappiamo che non pochi di
essi gemono sotto il duro giogo loro imposto con la forza da uomini in massima
parte estranei ai veri interessi del paese, e riconosciamo che molti altri
furono ingannati da fallaci speranze. Noi colpiamo il sistema e i suoi autori e
fautori, i quali hanno considerato la Russia come terreno più adatto per
introdurre in pratica un sistema già elaborato da decenni, e di là continuano a
propagarlo in tutto il mondo.
25. – Esposti così gli errori e i mezzi violenti e ingannevoli del comunismo bolscevico ed ateo, è tempo ormai, Venerabili Fratelli, di opporgli brevemente la vera nozione della civiltà umana, della umana Società, quale ce l’insegnano la ragione e la rivelazione per il tramite della Chiesa Magistra gentium, e quale Voi già conoscete.
SUPREMA REALTÀ: DIO!
26. – Al di sopra di ogni altra realtà sta il sommo, unico supremo Essere, Dio,
Creatore onnipotente di tutte le cose, Giudice sapientissimo e giustissimo di
tutti gli uomini. Questa suprema realtà, Dio, è la condanna più assoluta delle
impudenti menzogne del comunismo. E in verità, non perché gli uomini credono,
Dio è; ma perché Egli è, perciò lo crede e lo prega chiunque non chiuda
volontariamente gli occhi di fronte alla verità.
CHE COSA SONO L’UOMO E LA
FAMIGLIA SECONDO LA RAGIONE E LA FEDE
27. – Quanto a ciò che la
ragione e la fede dicono dell’uomo, Noi abbiamo esposto i punti fondamentali
nell’Enciclica
sull’educazione cristiana [13]. L’uomo ha un’anima spirituale e
immortale; è una persona, dal Creatore ammirabilmente fornita di doni di corpo
e di spirito, un vero « microcosmo » come dicevano gli antichi, un
piccolo mondo, che vale di gran lunga più di tutto l’immenso mondo inanimato.
Egli ha in questa e nell’altra vita solo Dio per ultimo fine; è dalla grazia
santificante elevato al grado di figlio di Dio e incorporato al regno di Dio
nel mistico corpo di Cristo. Conseguentemente Dio l’ha dotato di molteplici e
svariate prerogative: diritto alla vita, all’integrità del corpo, ai mezzi
necessari all’esistenza; diritto di tendere al suo ultimo fine nella via
tracciata da Dio; diritto all’associazione, alla proprietà, e all’uso della
proprietà.
28. – Come il matrimonio
e il diritto all’uso naturale di esso sono di origine divina, così anche la
costituzione e le prerogative fondamentali della famiglia sono state
determinate e fissate dal Creatore stesso, non dall’arbitrio umano né da
fattori economici. Nell’Enciclica
sul matrimonio cristiano [14] e nell’altra Nostra, sopra accennata,
sull’educazione, Ci siamo largamente diffusi su questi argomenti.
CHE COSA È LA SOCIETÀ
Mutui diritti e doveri
tra l’uomo e la società
29. – Ma Dio ha in pari
tempo ordinato l’uomo anche alla società civile, richiesta dalla sua stessa
natura. Nel piano del Creatore la società è un mezzo naturale, di cui l’uomo
può e deve servirsi per il raggiungimento del suo fine, essendo la società
umana per l’uomo, e non viceversa. Ciò non è da intendersi nel senso del
liberalismo individualistico, che subordina la società all’uso egoistico
dell’individuo; ma solo nel senso che, mediante l’unione organica con la
società, sia a tutti resa possibile per la mutua collaborazione l’attuazione
della vera felicità terrena; inoltre nel senso che nella società trovano
sviluppo tutte le doti individuali e sociali, inserite nella natura umana, le
quali sorpassano l’immediato interesse del momento e rispecchiano nella società
la perfezione divina: ciò nell’uomo isolato non potrebbe verificarsi. Ma anche
quest’ultimo scopo è in ultima analisi in ordine all’uomo, perché riconosca
questo riflesso della perfezione divina, e lo rimandi così in lode e adorazione
al Creatore. Solo l’uomo, la persona umana, e non una qualsiasi società umana,
è dotato di ragione e di volontà moralmente libera.
30. – Pertanto come
l’uomo non può esimersi dai doveri voluti da Dio verso la società civile, e i
rappresentanti dell’autorità hanno il diritto, quando egli si rifiutasse
illegittimamente, di costringerlo al compimento del proprio dovere, così la
società non può frodare l’uomo dei diritti personali, che gli sono stati
concessi dal Creatore, i più importanti dei quali sono stati da Noi sopra
accennati, né di rendergliene impossibile per principio l’uso. È quindi
conforme alla ragione e da essa voluto che alla fin fine tutte le cose
terrestri siano ordinate alla persona umana, affinché per mezzo suo esse
trovino la via verso il Creatore. E si applica all’uomo, alla persona umana,
ciò che l’Apostolo delle Genti scrive ai Corinti sull’economia della salvezza
cristiana: «Tutto è vostro, voi siete di Cristo, Cristo è di Dio »[15]. Mentre il comunismo impoverisce la
persona umana, capovolgendo i termini della relazione dell’uomo e della
società, la ragione e la rivelazione la elevano così in alto!
L’ordine
economico-sociale
31. – Sull’ordine
economico-sociale i princìpi direttivi sono stati esposti nell’Enciclica
sociale di Leone XIII sulla questione del lavoro [16], e nella Nostra
sulla ricostruzione dell’ordine sociale [17] sono stati adattati alle esigenze del
tempo presente. Poi, insistendo di nuovo sulla dottrina secolare della Chiesa,
circa il carattere individuale e sociale della proprietà privata, Noi abbiamo
precisato il diritto e la dignità del lavoro, i rapporti di vicendevole
appoggio e aiuto che devono esistere tra quelli che detengono il capitale e
quelli che lavorano, il salario dovuto per stretta giustizia all’operaio per sé
e per la sua famiglia.
32. – Nella
stessa Nostra Enciclica abbiamo mostrato che i mezzi per salvare il
mondo attuale dalla triste rovina prodotta dal liberalismo amorale non
consistono nella lotta di classe e nel terrore, e neppure nell’abuso
autocratico del potere statale, ma nella penetrazione della giustizia sociale e
del sentimento di amore cristiano nell’ordine economico e sociale. Abbiamo
mostrato come una sana prosperità deve essere ricostruita secondo i veri
princìpi di un sano corporativismo che rispetti la debita gerarchia sociale, e
come tutte le corporazioni devono unirsi in un’armonica unità, ispirandosi al
principio del bene comune della società. E la missione più genuina e principale
del potere pubblico e civile consiste appunto nel promuovere efficacemente
questa armonia e la coordinazione di tutte le forze sociali. Gerarchia sociale
e prerogative dello Stato
33. – In vista di questa
collaborazione organica per il conseguimento della tranquillità, la dottrina
cattolica rivendica allo Stato la dignità e l’autorità di un vigilante e
previdente difensore dei diritti divini e umani, sui quali le Sacre Scritture e
i Padri della Chiesa insistono tanto spesso. Non è vero che tutti abbiamo
uguali diritti nella società civile, e che non esista legittima gerarchia. Ci
basti richiamarCi alle Encicliche di Leone XIII, sopra accennate, specialmente
a quella sul potere dello Stato [18] e all’altra sopra la costituzione
cristiana dello Stato [19]. In esse il cattolico trova esposti
luminosamente i princìpi della ragione e della fede, che lo renderanno capace
di proteggersi contro gli errori e i pericoli della concezione statale
comunista. La spoliazione dei diritti e l’asservimento dell’uomo, il
rinnegamento dell’origine prima e trascendente dello Stato e del potere
statale, l’abuso orribile del potere pubblico a servizio del terrorismo
collettivista sono proprio il contrario di ciò che corrisponde all’etica
naturale e alla volontà del Creatore. Sia l’uomo sia la società civile traggono
origine dal Creatore, e sono da Lui mutuamente ordinati l’uno all’altra; quindi
nessuno dei due può esimersi dai doveri correlativi, né rinnegarne o menomarne
i diritti. Il Creatore stesso ha regolato questo mutuo rapporto nelle sue linee
fondamentali ed è ingiusta usurpazione quella che il comunismo si arroga,
d’imporre cioè in luogo della legge divina basata sugli immutabili princìpi
della verità e della carità, un programma politico di partito, che promana
dall’arbitrio umano ed è pieno di odio.
BELLEZZA DI TALE DOTTRINA DELLA CHIESA
34. – La Chiesa,
nell’insegnare questa luminosa dottrina, non ha altra mira che di attuare il
felice annunzio cantato dagli Angeli sulla grotta di Betlemme alla nascita del
Redentore: «Gloria a Dio… e… pace agli uomini… »[20]; pace vera e vera felicità, anche
quaggiù quanto è possibile, in vista e in preparazione della felicità eterna,
ma agli uomini di buona volontà. Questa dottrina è ugualmente lontana da tutti
gli estremi dell’errore come da tutte le esagerazioni dei partiti o sistemi che
vi aderiscono, si attiene sempre all’equilibrio della verità e della giustizia;
lo rivendica nella teoria, lo applica e lo promuove nella pratica, conciliando
i diritti e i doveri degli uni con quelli degli altri, come l’autorità con la
libertà, la dignità dell’individuo con quella dello Stato, la personalità umana
nel suddito con la rappresentanza divina nel superiore, e quindi la doverosa
soggezione e l’amore ordinato di sé, della famiglia e della patria, con l’amore
delle altre famiglie e degli altri popoli, fondato nell’amore di Dio, padre di
tutti, primo principio ed ultimo fine. Essa non disgiunge la giusta cura dei
beni temporali dalla sollecitudine degli eterni. Se quelli subordina a questi,
secondo la parola del suo divino Fondatore: «Cercate prima il regno di Dio e la
sua giustizia e tutto il resto vi sarà dato per giunta »[21], è lungi dal disinteressarsi delle cose
umane e dal nuocere ai progressi civili e ai vantaggi materiali; anzi li
sostiene e li promuove nella più ragionevole ed efficace maniera. Così, anche
nel campo economico-sociale, la Chiesa, benché non abbia mai offerto un
determinato sistema tecnico, non essendo questo compito suo, ha però fissato
chiaramente punti e linee che, pur prestandosi a diverse applicazioni concrete
secondo le varie condizioni dei tempi, dei luoghi e dei popoli, indicano la via
sicura per ottenere il felice progresso della società.
35. – La saggezza e la
somma utilità di questa dottrina vengono ammesse da quanti veramente la
conoscono. Ben a ragione insigni statisti poterono affermare che, dopo avere
studiato i diversi sistemi sociali, non avevano trovato nulla di più sapiente
che i princìpi esposti nelle Encicliche Rerum
novarum e Quadragesimo
anno. Ma anche in paesi non cattolici, anzi neppur cristiani, si riconosce
quanto siano utili per la società umana le dottrine sociali della Chiesa; così,
or fa appena un mese, un eminente uomo politico dell’estremo Oriente, non
cristiano, non dubitò di proclamare che la Chiesa con la sua dottrina di pace e
di fraternità cristiana porta un altissimo contributo allo stabilimento e al
mantenimento della pace operosa tra le nazioni. Perfino gli stessi comunisti,
come sappiamo dalle sicure relazioni che affluiscono da ogni parte a questo
Centro della Cristianità, se non sono ancora del tutto corrotti, quando viene
loro esposta la dottrina sociale della Chiesa, ne riconoscono la superiorità
sulle dottrine dei loro capi e maestri. Soltanto gli accecati dalla passione e
dall’odio chiudono gli occhi alla luce della verità e la combattono
ostinatamente.
È VERO CHE LA CHIESA NON HA AGITO CONFORME A TALE DOTTRINA?
36. – Ma i nemici della
Chiesa, pur costretti a riconoscere la sapienza della sua dottrina,
rimproverano alla Chiesa di non aver saputo agire in conformità di quei
princìpi, e perciò affermano di doversi cercare altre vie. Quanto questa accusa
sia falsa e ingiusta lo dimostra tutta la storia del Cristianesimo. Per non
accennare che a qualche punto caratteristico, fu il Cristianesimo a proclamare
per primo, in una maniera e con un’ampiezza e convinzione sconosciute ai secoli
precedenti, la vera e universale fratellanza di tutti gli uomini di qualunque
condizione e stirpe, contribuendo così potentemente all’abolizione della
schiavitù, non con sanguinose rivolte, ma per l’interna forza della sua
dottrina, che alla superba patrizia romana faceva vedere nella sua schiava una
sua sorella in Cristo. Fu il Cristianesimo, che adora il Figlio di Dio fattosi
uomo per amor degli uomini e divenuto come « Figlio dell’Artigiano »,
anzi « Artigiano » Egli stesso [22], fu il Cristianesimo ad innalzare il
lavoro manuale alla sua vera dignità; quel lavoro manuale prima tanto
disprezzato, che perfino il discreto Marco Tullio Cicerone, riassumendo
l’opinione generale del suo tempo, non si peritò di scrivere queste parole di
cui ora si vergognerebbe ogni sociologo: «Tutti gli artigiani si occupano in mestieri
spregevoli, poiché l’officina non può avere alcunché di nobile »[23].
37. – Fedele a questi
princìpi, la Chiesa ha rigenerato la società umana; sotto il suo influsso
sorsero mirabili opere di carità, potenti corporazioni di artigiani e
lavoratori d’ogni categoria, derise bensì dal liberalismo del secolo
scorso come cose da Medio Evo, ma ora rivendicate all’ammirazione dei nostri
contemporanei che cercano in molti paesi di farne in qualche modo rivivere il
concetto. E quando altre correnti intralciavano l’opera e ostacolavano
l’influsso salutare della Chiesa, questa fino ai giorni nostri non desisteva
dall’ammonire gli erranti. Basti ricordare con quanta fermezza, energia e
costanza il Nostro Predecessore Leone XIII rivendicasse all’operaio il diritto
di associazione, che il liberalismo dominante negli Stati più potenti
si accaniva a negargli. E questo influsso della dottrina della Chiesa anche al
presente è più grande che non sembri, perché grande e certo, benché invisibile
e non facilmente mensurabile, è il predominio delle idee sui fatti.
38. – Si può ben dire con
tutta verità che la Chiesa, a somiglianza di Cristo, passa attraverso i secoli
« facendo del bene » a tutti. Non vi sarebbero né socialismo né
comunismo se coloro che governavano i popoli non avessero disprezzato gli
insegnamenti e i materni avvertimenti della Chiesa: essi invece hanno voluto,
sulle basi del liberalismo e del laicismo, fabbricare altri edifici sociali,
che sulle prime parevano potenti e grandiosi, ma ben presto si videro mancare
di solidi fondamenti, e vanno miseramente crollando l’uno dopo l’altro, come
deve crollare tutto ciò che non poggia sull’unica pietra angolare che è Gesù
Cristo.
NECESSITÀ DI RICORRERE AI
RIPARI
39. – Questa, Venerabili
Fratelli, è la dottrina della Chiesa, l’unica che possa apportare vera luce,
come in ogni altro campo, così anche nel campo sociale, e possa recare salvezza
di fronte all’ideologia comunista. Ma bisogna che tale dottrina passi sempre
più nella pratica della vita, secondo l’avvertimento dell’Apostolo San Giacomo:
« Siate… operatori della parola e non semplici uditori, ingannando voi
stessi »[24]; perciò quello che più urge al presente
è adoperare con energia gli opportuni rimedi per opporsi efficacemente al
minaccioso sconvolgimento che si va preparando. Nutriamo la ferma fiducia che
almeno la passione con cui i figli delle tenebre giorno e notte lavorano alla
loro propaganda materialistica e atea, valga a santamente stimolare i figli della
luce ad uno zelo non dissimile, anzi maggiore, per l’onore della Maestà divina.
40. – Che cosa bisogna
dunque fare, di quali rimedi servirsi per difendere Cristo e la civiltà
cristiana contro quel pernicioso nemico? Come un padre nel cerchio della sua famiglia,
Noi vorremmo intrattenerci quasi nell’intimità sui doveri che la grande lotta
dei giorni nostri impone a tutti i figli della Chiesa, indirizzando il Nostro
paterno avvertimento anche a quei figli che si sono allontanati da essa.
RINNOVAMENTO DELLA VITA
CRISTIANA
Rimedio fondamentale
41. – Come in tutti i
periodi più burrascosi della storia della Chiesa, così ancor oggi il
fondamentale rimedio è un sincero rinnovamento di vita privata e pubblica
secondo i princìpi del Vangelo in tutti coloro che si gloriano di appartenere
all’Ovile di Cristo, affinché siano veramente il sale della terra che preservi
la società umana da una tale corruzione.
42. – Con animo
profondamente grato al Padre dei lumi, da cui discendono « ogni cosa
ottima data e ogni dono perfetto »[25], vediamo dappertutto consolanti segni
di questo rinnovamento spirituale, non solo in tante anime singolarmente elette
che in questi ultimi anni si sono innalzate al vertice della più sublime
santità e in tante altre sempre più numerose che generosamente camminano verso
la stessa luminosa meta, ma anche nel rifiorire di una pietà sentita e vissuta
in tutti i ceti della società, anche nei più colti, come abbiamo rilevato nel
Nostro recente Motu-proprio In
multis solaciis del 28 ottobre scorso, in occasione del riordinamento
della Pontificia Accademia delle Scienze [26].
43. – Non possiamo però
negare che molto ancora resta da fare su questa via del rinnovamento
spirituale. Anche in paesi cattolici, troppi sono coloro che sono cattolici
quasi solo di nome; troppi coloro che, pur seguendo più o meno fedelmente le
pratiche più essenziali della religione che si vantano di professare, non si
curano di conoscerla meglio, di acquistarne una più intima e più profonda
convinzione, e meno ancora di far sì che all’esterna vernice corrisponda
l’interno splendore di una coscienza retta e pura, che sente e compie tutti i
suoi doveri sotto lo sguardo di Dio. Sappiamo quanto il Divin Salvatore
aborrisse questa vana e fallace esteriorità, Egli che voleva che tutti
adorassero il Padre « in spirito e verità »[27]. Chi non vive veramente e sinceramente
secondo la fede che professa, non potrà oggi, mentre tanto gagliardo soffia il
vento della lotta e della persecuzione, reggersi a lungo, ma verrà miseramente
travolto da questo nuovo diluvio che minaccia il mondo, e così mentre si
prepara da sé la propria rovina, esporrà al ludibrio anche il nome cristiano.
Distacco dai beni terreni
44. – E qui vogliamo,
Venerabili Fratelli, insistere più particolarmente sopra due insegnamenti del
Signore, che hanno speciale connessione con le attuali condizioni del genere
umano: il distacco dai beni terreni e il precetto della carità. «Beati i poveri
di spirito » furono le prime parole che uscirono dalle labbra del Divino
Maestro, nel suo sermone della montagna [28]. E questa lezione è più che mai necessaria
in questi tempi di materialismo assetato dei beni e piaceri di questa terra.
Tutti i cristiani, ricchi o poveri, devono sempre tener fisso lo sguardo al
cielo, ricordandosi che « non abbiamo qui una città permanente, ma
cerchiamo quella avvenire »[29]. I ricchi non devono porre nelle cose
della terra la loro felicità né indirizzare al conseguimento di quelle i loro
sforzi migliori; ma, considerandosene solo come amministratori che sanno di
doverne rendere conto al supremo Padrone, se ne valgano come di mezzi preziosi
che Dio loro porge per fare del bene; e non lascino di distribuire ai poveri
quello che loro avanza, secondo il precetto evangelico [30]. Altrimenti si verificherà di loro e
delle loro ricchezze la severa sentenza di San Giacomo Apostolo: « Su via
adesso, o ricchi, piangete, urlate a motivo delle miserie che verranno sopra di
voi. Le vostre ricchezze si sono imputridite e le vostre vesti sono state ròse
dalle tignole. L’oro e l’argento vostro sono arrugginiti; e la loro ruggine
sarà una testimonianza contro di voi, e come fuoco divorerà le vostre carni.
Avete accumulato tesori d’ira, per gli ultimi giorni…»[31].
45. – Ma anche i poveri,
a loro volta, pur adoperandosi secondo le leggi della carità e della giustizia
a provvedersi del necessario e anche a migliorare la loro condizione, devono
sempre rimanere essi pure « poveri di spirito »[32], stimando più i beni spirituali che i
beni e i godimenti terreni. Si ricordino poi che non si riuscirà mai a fare
scomparire dal mondo le miserie, i dolori, le tribolazioni, alle quali sono
soggetti anche coloro che all’apparenza sembrano più fortunati. Quindi, per
tutti è necessaria la pazienza, quella pazienza cristiana che solleva il cuore
alle divine promesse di una felicità eterna. « Siate dunque pazienti, o
fratelli, — vi diremo ancora con San Giacomo — sino alla venuta del Signore.
Ecco, l’agricoltore aspetta il prezioso frutto della terra, e l’aspetta con
pazienza finché riceva le primizie e i frutti successivi. Siate anche voi
pazienti, e rinfrancate i vostri cuori, perché la venuta del Signore è
vicina »[33]. Solo così si adempirà la consolante
promessa del Signore: «Beati i poveri! » E non è questa una consolazione e
una promessa vana come sono le promesse dei comunisti; ma sono parole di vita
che contengono una somma realtà e che si verificano pienamente qui in terra e
poi nell’eternità. Quanti poveri, infatti, in queste parole e nell’aspettativa
del regno dei cieli, che è già proclamato loro proprietà: « perché il
regno di Dio è vostro »[34], trovano una felicità, che tanti ricchi
non trovano nelle loro ricchezze, sempre inquieti e sempre assetati come sono
di averne di più.
Carità cristiana
46. – Ancora più
importante, come rimedio del male di cui trattiamo, o certo più direttamente
ordinato a risanarlo, è il precetto della carità. Noi pensiamo a quella carità
cristiana, « paziente e benigna »[35], la quale evita ogni aria di avvilente
protezione e ogni ostentazione; quella carità che fin dagli inizi del
Cristianesimo guadagnò a Cristo i più poveri tra i poveri, gli schiavi; e
ringraziamo tutti coloro che nelle opere di beneficenza, dalle conferenze di
San Vincenzo de’ Paoli fino alle grandi recenti organizzazioni d’assistenza
sociale, hanno esercitato ed esercitano le opere della misericordia corporale e
spirituale. Quanto più gli operai e i poveri sperimenteranno in se stessi ciò
che lo spirito dell’amore animato dalla virtù di Cristo fa per essi, tanto più
si spoglieranno del pregiudizio che il Cristianesimo abbia perduto della sua
efficacia e la Chiesa stia dalla parte di quelli che sfruttano il loro lavoro.
47. – Ma quando vediamo
da un lato una folla di indigenti, che per varie ragioni indipendenti da loro
sono veramente oppressi dalla miseria, e dall’altro lato, accanto ad essi,
tanti che si divertono spensieratamente e spendono enormi somme in cose
inutili, non possiamo non riconoscere con dolore che non solo non è ben
osservata la giustizia, ma che pure il precetto della carità cristiana non è
approfondito abbastanza, non è vissuto nella pratica quotidiana. Desideriamo
pertanto, Venerabili Fratelli, che venga sempre più illustrato con la parola e
con gli scritti questo divino precetto, preziosa tessera di riconoscimento
lasciata da Cristo ai suoi veri discepoli; questo precetto, che c’insegna a
vedere nei sofferenti Gesù stesso e ci impone di amare i nostri fratelli come
il divin Salvatore ha amato noi, cioè fino al sacrificio di noi stessi e, se
occorre, anche della propria vita. Si meditino poi da tutti e spesso quelle
parole, per una parte consolanti ma per l’altra terribili, della sentenza
finale, che pronuncerà il Giudice Supremo nel giorno dell’estremo Giudizio:
«Venite, o benedetti dal Padre mio: … perché io ebbi fame, e voi mi deste da
mangiare; ebbi sete, e mi deste da bere… In verità vi dico che tutte le volte
che avete fatto qualche cosa a uno di questi minimi tra i miei fratelli,
l’avete fatta a me »[36]. E di contro: «Andate via da me,
maledetti nel fuoco eterno…: perché io ebbi fame, e voi non mi deste da
mangiare; ebbi sete, e non mi deste da bere… Io vi dico in verità che tutte le
volte che voi non l’avete fatto a uno di questi minimi tra i miei fratelli, non
l’avete fatto a me »[37].
48. – Per assicurarsi
dunque la vita eterna e poter efficacemente soccorrere gli indigenti, è
necessario ritornare ad una vita più modesta; rinunziare ai godimenti, spesso
anche peccaminosi, che il mondo oggi offre in tanta abbondanza; dimenticare se
stesso per l’amore del prossimo. Una divina forza rigeneratrice si trova in
questo « precetto nuovo » (come Gesù lo chiamava) di carità cristiana
[38], la cui fedele osservanza infonderà nei
cuori un’interna pace sconosciuta al mondo, e rimedierà efficacemente ai mali
che travagliano l’umanità. Doveri di stretta giustizia
49. – Ma la carità non
sarà mai vera carità se non terrà sempre conto della giustizia. L’Apostolo
insegna che « chi ama il prossimo, ha adempiuto la legge »; e ne dà la
ragione: « poiché il Non fornicare, Non uccidere, Non rubare, … e
qualsiasi altro precetto, si riassume in questa formula: Amerai il tuo prossimo
come te stesso »[39]. Se dunque, secondo l’Apostolo, tutti i
doveri si riducono al solo precetto della vera carità, anche quelli che sono di
stretta giustizia, come il non uccidere e il non rubare; una carità che privi
l’operaio del salario a cui ha stretto diritto, non è carità, ma un vano nome e
una vuota apparenza di carità. Né l’operaio ha bisogno di ricevere come
elemosina ciò che a lui tocca per giustizia; né si può tentare di esimersi dai grandi
doveri imposti dalla giustizia con piccoli doni di misericordia. Carità e
giustizia impongono dei doveri, spesso circa la stessa cosa, ma sotto diverso
aspetto; e gli operai, a questi doveri altrui che li riguardano, sono
giustamente sensibilissimi per ragione della loro stessa dignità.
50. – Perciò Ci
rivolgiamo in modo particolare a voi, padroni e industriali cristiani, il cui
compito è spesso tanto difficile perché voi portate la pesante eredità degli
errori di un regime economico iniquo che ha esercitato il suo rovinoso influsso
durante più generazioni; siate voi stessi memori della vostra responsabilità. È
purtroppo vero che il modo di agire di certi ambienti cattolici ha contribuito
a scuotere la fiducia dei lavoratori nella religione di Gesù Cristo. Essi non
volevano capire che la carità cristiana esige il riconoscimento di certi
diritti, che sono dovuti all’operaio e che la Chiesa gli ha esplicitamente
riconosciuti. Come è da giudicarsi l’operato di quei padroni cattolici, i quali
in qualche luogo sono riusciti ad impedire la lettura della Nostra Enciclica
Quadragesimo anno, nelle loro chiese patronali? o di quegli industriali
cattolici che si sono mostrati fino ad oggi gli avversari di un movimento
operaio da Noi stessi raccomandato? E non è da deplorare che il diritto di
proprietà, riconosciuto dalla Chiesa, sia stato talvolta usato per defraudare
l’operaio del suo giusto salario e dei suoi diritti sociali?
Giustizia sociale
51. – Difatti, oltre la
giustizia commutativa, vi è pure la giustizia sociale, che impone anch’essa dei
doveri a cui non si possono sottrarre né i padroni né gli operai. Ed è appunto
proprio della giustizia sociale l’esigere dai singoli tutto ciò che è
necessario al bene comune. Ma come nell’organismo vivente non viene provvisto
al tutto, se non si dà alle singole parti e alle singole membra tutto ciò di
cui esse abbisognano per esercitare le loro funzioni; così non si può
provvedere all’organismo sociale e al bene di tutta la società se non si dà
alle singole parti e ai singoli membri, cioè uomini dotati della dignità di
persone, tutto quello che devono avere per le loro funzioni sociali. Se si
soddisferà anche alla giustizia sociale, un’intensa attività di tutta la vita
economica svolta nella tranquillità e nell’ordine ne sarà il frutto e
dimostrerà la sanità del corpo sociale, come la sanità del corpo umano si
riconosce da una imperturbata e insieme piena e fruttuosa attività di tutto
l’organismo.
52. – Ma non si può dire
di aver soddisfatto alla giustizia sociale se gli operai non hanno assicurato
il proprio sostentamento e quello delle proprie famiglie con un salario
proporzionato a questo fine; se non si facilita loro l’occasione di acquistare
qualche modesta fortuna, prevenendo così la piaga del pauperismo universale; se
non si prendono provvedimenti a loro vantaggio, con assicurazioni pubbliche o
private, per il tempo della loro vecchiaia, della malattia o della
disoccupazione. In una parola, per ripetere quello che abbiamo detto nella
Nostra Enciclica Quadragesimo
anno: «Allora l’economia sociale veramente sussisterà e otterrà i suoi
fini, quando a tutti e singoli i soci saranno somministrati tutti i beni che si
possono apprestare con le forze e i sussidi della natura, con l’arte tecnica,
con la costituzione sociale del fatto economico; i quali beni debbono essere
tanti quanti sono necessari sia a soddisfare ai bisogni e alle oneste comodità,
sia a promuovere gli uomini a quella più felice condizione di vita, che, quando
la cosa si faccia prudentemente, non solo non è d’ostacolo alla virtù, ma
grandemente la favorisce »[40].
53. – Se poi, come
avviene sempre più frequentemente nel salariato, la giustizia non può essere
osservata dai singoli, se non a patto che tutti si accordino a praticarla
insieme mediante istituzioni che uniscano tra loro i datori di lavoro, per
evitare tra essi una concorrenza incompatibile con la giustizia dovuta ai
lavoratori, il dovere degli impresari e padroni è di sostenere e di promuovere
queste istituzioni necessarie, che diventano il mezzo normale per poter
adempiere i doveri di giustizia. Ma anche i lavoratori si ricordino dei loro
obblighi di carità e di giustizia verso i datori di lavoro, e siano persuasi
che con questo salvaguarderanno meglio anche i propri interessi.
54. – Se dunque si
considera l’insieme della vita economica, — come l’abbiamo già notato nella
Nostra Enciclica Quadragesimo anno, — non si potrà far regnare nelle relazioni
economico-sociali la mutua collaborazione della giustizia e della carità, se
non per mezzo di un corpo di istituzioni professionali e interprofessionali su
basi solidamente cristiane, collegate tra loro e formanti, sotto forme diverse
e adattate ai luoghi e circostanze, quello che si diceva la Corporazione.
STUDIO E DIFFUSIONE DELLA DOTTRINA SOCIALE
55. – Per dare a questa
azione sociale una maggiore efficacia, è assai necessario promuovere lo studio
dei problemi sociali alla luce della dottrina della Chiesa e diffonderne gli
insegnamenti sotto l’egida dell’autorità da Dio costituita nella Chiesa stessa.
Se il modo di agire di taluni cattolici ha lasciato a desiderare nel campo
economico-sociale, ciò spesso avvenne perché essi non hanno abbastanza
conosciuto e meditato gli insegnamenti dei Sommi Pontefici su questo argomento.
Perciò è sommamente necessario che in tutti i ceti della società si promuova
una più intensa formazione sociale corrispondente al diverso grado di cultura,
intellettuale, e si procuri con ogni sollecitudine e industria la più larga
diffusione degli insegnamenti della Chiesa anche tra la classe operaia. Siano
illuminate le menti dalla luce sicura della dottrina cattolica e inclinate le
volontà a seguirla e ad applicarla come norma del retto vivere, per
l’adempimento coscienzioso dei molteplici doveri sociali. Si combatta così quella
incoerenza e discontinuità nella vita cristiana da Noi varie volte lamentata,
per cui taluni, mentre sono apparentemente fedeli all’adempimento dei loro
doveri religiosi, nel campo poi del lavoro o dell’industria o della professione
o nel commercio o nell’impiego, per un deplorevole sdoppiamento di coscienza,
conducono una vita troppo difforme dalle norme così chiare della giustizia e
della carità cristiana, procurando in tal modo grave scandalo ai deboli e
offrendo ai cattivi facile pretesto di screditare la Chiesa stessa.
56. – Grande contributo a
questo rinnovamento può rendere la stampa cattolica. Essa può e deve dapprima
in vari e attraenti modi far sempre meglio conoscere la dottrina sociale,
informare con esattezza ma anche con la debita ampiezza sull’attività dei
nemici, riferire sui mezzi di combattere che si sono mostrati i più efficaci in
varie regioni, proporre utili suggerimenti e mettere in guardia contro le
astuzie e gli inganni coi quali i comunisti procurano, e sono già riusciti, ad
attrarre a sé uomini in buona fede.
PREMUNIRSI CONTRO LE
INSIDIE DEL COMUNISMO
57. – Su questo punto
abbiamo giù insistito nella Nostra Allocuzione del 12 maggio dell’anno scorso,
ma crediamo necessario, Venerabili Fratelli, di dover in modo particolare
richiamarvi sopra di nuovo la vostra attenzione. Il comunismo nel principio si
mostrò quale era in tutta la sua perversità, ma ben presto si accorse che in
tale modo allontanava da sé i popoli, e perciò ha cambiato tattica e procura di
attirare le folle con vari inganni, nascondendo i propri disegni dietro idee
che in sé sono buone ed attraenti. Così, vedendo il comune desiderio di pace, i
capi del comunismo fingono di essere i più zelanti fautori e propagatori del
movimento per la pace mondiale; ma nello stesso tempo eccitano a una lotta di
classe che fa correre fiumi di sangue, e sentendo di non avere interna garanzia
di pace, ricorrono ad armamenti illimitati. Così, sotto vari nomi che neppure
alludono al comunismo, fondano associazioni e periodici che servono poi
unicamente a far penetrare le loro idee in ambienti altrimenti a loro non
facilmente accessibili; anzi procurano con perfidia di infiltrarsi in
associazioni cattoliche e religiose. Così altrove, senza punto recedere dai
loro perversi princìpi, invitano i cattolici a collaborare con loro sul campo
così detto umanitario e caritativo, proponendo talvolta anche cose del tutto
conformi allo spirito cristiano e alla dottrina della Chiesa. Altrove poi
spingono l’ipocrisia fino a far credere che il comunismo in paesi di maggior
fede o di maggior cultura assumerà un altro aspetto più mite, non impedirà il
culto religioso e rispetterà la libertà delle coscienze. Vi sono anzi di quelli
che riferendosi a certi cambiamenti introdotti recentemente nella legislazione sovietica,
ne concludono che il comunismo stia per abbandonare il suo programma di lotta
contro Dio.
58. – Procurate,
Venerabili Fratelli, che i fedeli non si lascino ingannare! Il comunismo è
intrinsecamente perverso e non si può ammettere in nessun campo la
collaborazione con esso da parte di chiunque voglia salvare la civilizzazione
cristiana. E se taluni indotti in errore cooperassero alla vittoria del
comunismo nel loro paese, cadranno per primi come vittime del loro errore, e
quanto più le regioni dove il comunismo riesce a penetrare si distinguono per
l’antichità e la grandezza della loro civiltà cristiana, tanto più devastatore
vi si manifesterà l’odio dei « senza Dio ».
PREGHIERA E PENITENZA
59. – Ma « se il Signore
non sarà il custode della città, indarno veglia colui che la custodisce »[41]. Perciò, come ultimo e potentissimo
rimedio, vi raccomandiamo, Venerabili Fratelli, di promuovere e intensificare
nel modo più efficace nelle vostre diocesi lo spirito di preghiera congiunta
con la cristiana penitenza. Quando gli Apostoli chiesero al Salvatore perché
non avessero essi potuto liberare dallo spirito maligno un demoniaco, il
Signore rispose: «Demoni siffatti non si scacciano, se non con la preghiera e
col digiuno »[42]. Anche il male che oggi tormenta
l’umanità non potrà esser vinto se non da una universale santa crociata di
preghiera e di penitenza; e raccomandiamo singolarmente agli Ordini
contemplativi, maschili e femminili, di raddoppiare le loro suppliche e i loro sacrifici
per impetrare dal Cielo alla Chiesa un valido soccorso nelle lotte presenti,
con la possente intercessione della Vergine Immacolata, la quale, come un
giorno schiacciò il capo all’antico serpente, così è sempre il sicuro presidio
e l’invincibile « Aiuto dei Cristiani ».
I SACERDOTI
60. – Per l’opera
mondiale di salute che siamo venuti tracciando e per l’applicazione dei rimedi
che abbiamo brevemente indicati, ministri e operai evangelici designati dal
divino Re Gesù Cristo sono in prima linea i Sacerdoti. Ad essi, per vocazione
speciale, sotto la guida dei sacri Pastori e in unione di filiale obbedienza al
Vicario di Cristo in terra, è affidato il compito di tener accesa nel mondo la
fiaccola della fede e di infondere nei fedeli quella soprannaturale fiducia
colla quale la Chiesa nel nome di Cristo ha combattuto e vinto tante altre
battaglie: «Questa è la vittoria che vince il mondo, la fede nostra »[43].
61. – In modo particolare
ricordiamo ai sacerdoti l’esortazione del Nostro Predecessore Leone XIII, tante
volte ripetuta, di andare all’operaio; esortazione che Noi facciamo Nostra e
completiamo: « Andate all’operaio, specialmente all’operaio povero, e in
generale, andate ai poveri », seguendo in ciò gli ammaestramenti di Gesù e
della sua Chiesa. I poveri difatti sono i più insidiati dai mestatori, che
sfruttano la loro misera condizione per accenderne l’invidia contro i ricchi ed
eccitarli a prendersi con la forza quello che sembra loro ingiustamente negato
dalla fortuna; e se il sacerdote non va agli operai, ai poveri, per premunirli
o disingannarli dai pregiudizi e dalle false teorie, essi diventeranno facile
preda degli apostoli del comunismo.
62. – Non possiamo negare
che molto si è fatto in questo senso, specialmente dopo le Encicliche Rerum
novarum e Quadragesimo
anno; e con paterna compiacenza salutiamo le industriose cure pastorali di
tanti Vescovi e Sacerdoti, che vanno escogitando e provando, sia pure con le
debite prudenti cautele, nuovi metodi di apostolato meglio corrispondenti alle
esigenze moderne. Ma tutto questo è ancora troppo poco per il bisogno presente.
Come, quando la patria è in pericolo, tutto ciò che non è strettamente
necessario o non è direttamente ordinato all’urgente bisogno della difesa
comune, passa in seconda linea; così anche nel caso nostro, ogni altra opera,
per quanto bella e buona, deve cedere il posto alla vitale necessità di salvare
le basi della fede e della civiltà cristiana. E quindi nelle parrocchie i
sacerdoti, pur dando naturalmente quello che è necessario alla cura ordinaria
dei fedeli, riservino il più e il meglio delle loro forze e della loro attività
a riguadagnare le masse dei lavoratori a Cristo e alla Chiesa e a far penetrare
lo spirito cristiano negli ambienti che ne sono più alieni. Essi poi nelle
masse popolari troveranno una corrispondenza e un’abbondanza di frutti
inaspettata, che li compenserà del duro lavoro del primo dissodamento; come
abbiamo visto e vediamo in Roma e in molte altre metropoli, dove al sorgere di
nuove chiese nei quartieri periferici si vanno raccogliendo zelanti comunità
parrocchiali e si operano veri miracoli di conversioni tra popolazioni che
erano ostili alla religione solo perché non la conoscevano.
63. – Ma il più efficace
mezzo di apostolato tra le folle dei poveri e degli umili è l’esempio del
sacerdote, l’esempio di tutte le virtù sacerdotali, quali le abbiamo descritte
nella Nostra Enciclica Ad
catholici sacerdotii [44]; ma nel caso presente in modo speciale
è necessario un luminoso esempio di vita umile, povera, disinteressata, copia
fedele del Divino Maestro che poteva proclamare con divina franchezza:
« Le volpi hanno delle tane e gli uccelli dell’aria hanno dei nidi, ma il
Figlio dell’uomo non ha dove posare il capo »[45]. Un sacerdote veramente ed
evangelicamente povero e disinteressato fa miracoli di bene in mezzo al popolo,
come un San Vincenzo de’ Paoli, un Curato d’Ars, un Cottolengo, un Don Bosco e
tanti altri; mentre un sacerdote avaro e interessato, come abbiamo ricordato
nella già citata Enciclica, anche se non precipita come Giuda, nel baratro del
tradimento, sarà per lo meno un vano « bronzo risonante » e un
inutile « cembalo squillante »[46], e troppo spesso un impedimento
piuttosto che uno strumento di grazia in mezzo al popolo. E se il sacerdote
secolare o regolare per obbligo del suo ufficio deve amministrare dei beni
temporali, si ricordi che non soltanto deve scrupolosamente osservare tutto ciò
che prescrivono la carità e la giustizia, ma deve mostrarsi in modo particolare
veramente un padre dei poveri.
L’AZIONE CATTOLICA
64. – Dopo che al Clero,
Noi rivolgiamo il Nostro paterno invito ai carissimi figli Nostri del laicato,
che militano nelle file della tanto a Noi diletta Azione Cattolica, che già
dichiarammo in altra occasione « un sussidio particolarmente provvidenziale »
all’opera della Chiesa in queste contingenze tanto difficili. Infatti l’Azione
Cattolica è pure apostolato sociale, in quanto tende a diffondere il Regno di
Gesù Cristo non solo negli individui, ma anche nelle famiglie e nella società.
Deve perciò anzi tutto attendere a formare con cura speciale i suoi soci e
prepararli alle sante battaglie del Signore. A tale lavoro formativo, quanto
mai urgente e necessario, che si deve sempre premettere all’azione diretta e
fattiva, serviranno certamente i circoli di studio, le settimane sociali, corsi
organici di conferenze e tutte quelle altre iniziative atte a far conoscere la
soluzione dei problemi sociali in senso cristiano.
65. – Militi
dell’Azione Cattolica così ben preparati ed addestrati saranno i primi ed
immediati apostoli dei loro compagni di lavoro e diventeranno i preziosi
ausiliari del sacerdote per portare la luce della verità e sollevare le gravi
miserie materiali e spirituali in innumerevoli zone refrattarie all’azione del
ministro di Dio, o per inveterati pregiudizi contro il Clero o per deplorevole
apatia religiosa. Si coopererà in tal modo, sotto la guida di sacerdoti
particolarmente esperti, a quella assistenza religiosa alle classi lavoratrici,
che Ci sta tanto a cuore, come il mezzo più adatto per preservare quei Nostri
diletti figli dall’insidia comunista.
66. – Oltre a questo
apostolato individuale, spesse volte nascosto, ma oltremodo utile ed efficace,
è compito dell’Azione Cattolica fare con la propaganda orale e scritta una
larga seminagione dei princìpi fondamentali che servano alla costruzione di un
ordine sociale cristiano, quali risultano dai documenti Pontifici.
ORGANIZZAZIONI AUSILIARIE
67. – Attorno all’Azione
Cattolica si schierano le organizzazioni che Noi abbiamo già salutato come
ausiliarie della stessa. Anche queste così utili organizzazioni Noi esortiamo
con paterno affetto a consacrarsi alla grande missione di cui trattiamo, che
attualmente supera tutte le altre per la sua vitale importanza.
ORGANIZZAZIONI DI CLASSE
68. – Noi pensiamo
altresì a quelle organizzazioni di classe: di lavoratori, di agricoltori, di
ingegneri, di medici, di padroni, di studiosi, e altre simili; uomini e donne,
i quali vivono nelle stesse condizioni culturali e quasi naturalmente sono
stati riuniti in gruppi omogenei. Proprio questi gruppi e queste organizzazioni
sono destinate ad introdurre quell’ordine nella società, che Noi abbiamo avuto
di mira nella Nostra Enciclica Quadragesimo anno, e a diffondere così il
riconoscimento della regalità di Cristo nei diversi campi della cultura e del
lavoro.
69. – Che se, per le
mutate condizioni della vita economica e sociale, lo Stato si è creduto in
dovere di intervenire fino ad assistere e regolare direttamente tali
istituzioni con particolari disposizioni legislative, salvo il rispetto
doveroso delle libertà e delle iniziative private; anche in tali circostanze
l’Azione Cattolica non può tenersi estranea alla realtà, ma deve dare con
saggezza il suo contributo di pensiero, con lo studio dei nuovi problemi alla
luce della dottrina cattolica, e di attività con la partecipazione leale e
volonterosa dei suoi inscritti alle nuove forme ed istituzioni, portando in
esse lo spirito cristiano, che è sempre principio di ordine e di mutua e
fraterna collaborazione.
APPELLO AGLI OPERAI
CATTOLICI
70. – Una parola
particolarmente paterna vorremmo qui indirizzare ai Nostri cari operai
cattolici, giovani e adulti, i quali, forse in premio della loro fedeltà,
talvolta eroica in questi tempi tanto difficili, hanno ricevuto una missione
molto nobile e ardua. Sotto la guida dei loro Vescovi e dei loro sacerdoti,
essi devono ricondurre alla Chiesa e a Dio quelle immense moltitudini dei loro
fratelli di lavoro, i quali, esacerbati per non essere stati compresi o
trattati con la dignità alla quale avevano diritto, si sono allontanati da Dio.
Gli operai cattolici col loro esempio, con le loro parole, dimostrino a questi
loro fratelli traviati che la Chiesa è una tenera Madre per tutti quelli che
lavorano e soffrono, e non ha mai mancato, né mai mancherà al suo sacro dovere
materno di difendere i suoi figli. Se questa missione, che essi debbono
compiere nelle miniere, nelle fabbriche, nei cantieri, dovunque si lavora,
richiede alle volte dei grandi sacrifizi, si ricorderanno che il Salvatore del
mondo ha dato non solo l’esempio del lavoro, ma anche quello del sacrificio.
NECESSITÀ DELLA CONCORDIA
TRA I CATTOLICI
71. – A tutti i Nostri
figli poi, d’ogni classe sociale, d’ogni nazione, di ogni gruppo religioso e
laico nella Chiesa, vorremmo indirizzare un nuovo e più urgente appello alla
concordia. Più volte il Nostro cuore paterno è stato addolorato dalle
divisioni, spesso futili nelle loro cause, ma sempre tragiche nelle loro
conseguenze, che mettono alle prese i figli d’una stessa Madre, la Chiesa. Così
si vede che i sovversivi, che non sono tanto numerosi, approfittando di queste
discordie, le rendono più acute, e finiscono per gettare gli stessi cattolici
gli uni contro gli altri. Dopo gli avvenimenti di questi ultimi mesi, dovrebbe
sembrare superfluo il Nostro monito. Lo ripetiamo però una volta ancora per
quelli che non hanno capito, o forse non vogliono capire. Quelli che lavorano
ad aumentare discordie fra cattolici prendono sopra di sé una terribile
responsabilità dinanzi a Dio e alla Chiesa.
APPELLO A QUANTI CREDONO
IN DIO
72. – Ma a questa lotta
impegnata dal « potere delle tenebre » contro l’idea stessa della Divinità, Ci
è caro sperare che, oltre tutti quelli che si gloriano del nome di Cristo, si
oppongano pure validamente quanti (e sono la stragrande maggioranza
dell’umanità) credono ancora in Dio e lo adorano. Rinnoviamo quindi l’appello
che già lanciammo cinque anni or sono nella Nostra Enciclica Caritate
Christi, affinché essi pure lealmente e cordialmente concorrano da parte
loro « per allontanare dall’umanità il grande pericolo che minaccia tutti
». Poiché — come allora dicevamo, — siccome « il credere in Dio è il fondamento
incrollabile di ogni ordinamento sociale e di ogni responsabilità sulla terra,
perciò tutti quelli che non vogliono l’anarchia e il terrore devono
energicamente adoperarsi perché i nemici della religione non raggiungano lo
scopo da loro così apertamente proclamato »[47].
DOVERI DELLO STATO
CRISTIANO
Aiutare la Chiesa
73. – Abbiamo esposto,
Venerabili Fratelli, il compito positivo, d’ordine dottrinale insieme e
pratico, che la Chiesa si assume, per la sua stessa missione affidatale da
Cristo, di edificare la società cristiana e, ai nostri tempi, di oppugnare e
infrangere gli sforzi del comunismo; e abbiamo fatto appello a tutte e singole
le classi della società. A questa medesima impresa spirituale della Chiesa lo
Stato cristiano deve pure positivamente concorrere, aiutando in tale compito la
Chiesa coi mezzi che gli sono propri, i quali, benché siano mezzi esterni, non
mirano meno, in primo luogo, al bene delle anime.
74. – Perciò gli Stati
porranno ogni cura per impedire che una propaganda atea, la quale sconvolge
tutti i fondamenti dell’ordine, faccia strage nei loro territori, perché non si
potrà avere autorità sulla terra se non viene riconosciuta l’autorità della
Maestà divina, né sarà fermo il giuramento se non si giura nel nome del Dio
vivente. Noi ripetiamo ciò che spesso e così insistentemente abbiamo detto,
particolarmente nella Nostra Enciclica Caritate
Christi: « Come può sostenersi un contratto qualsiasi e quale valore
può avere un trattato, dove manchi ogni garanzia di coscienza? E come si può
parlare di garanzia di coscienza, dove è venuta meno ogni fede in Dio, ogni
timor di Dio? Tolta questa base, ogni legge morale cade con essa e non vi è più
nessun rimedio che possa impedire la graduale ma inevitabile rovina dei popoli,
della famiglia, dello Stato, della stessa umana civiltà »[48].
Provvedimenti di bene
comune
75. – Inoltre lo Stato
deve mettere ogni cura per creare quelle condizioni materiali di vita senza cui
un’ordinata società non può sussistere, e per fornire lavoro specialmente ai
padri di famiglia e alla gioventù. S’inducano a questo fine le classi
possidenti ad assumersi, per la urgente necessità del bene comune, quei pesi,
senza i quali la società umana non può essere salvata né essi stessi potrebbero
trovar salvezza. I provvedimenti però che lo Stato prende a questo fine, devono
essere tali che colpiscano davvero quelli che di fatto hanno nelle loro mani i
maggiori capitali e vanno continuamente aumentandoli con grave danno altrui.
Prudente e sobria
amministrazione
76. – Lo Stato medesimo,
memore della sua responsabilità davanti a Dio e alla società, con una prudente
e sobria amministrazione sia di esempio a tutti gli altri. Oggi più che mai la
gravissima crisi mondiale esige che coloro che dispongono di fondi enormi,
frutto del lavoro e del sudore di milioni di cittadini, abbiano sempre davanti
agli occhi unicamente il bene comune e siano intenti a promuoverlo quanto più è
possibile. Anche i funzionari dello Stato e tutti gli impiegati adempiano per
obbligo di coscienza i loro doveri con fedeltà e disinteresse, seguendo i
luminosi esempi antichi e recenti di uomini insigni, che con indefesso lavoro
sacrificarono tutta la loro vita per il bene della patria. Nel commercio poi
dei popoli fra loro, si procuri sollecitamente di rimuovere quegli impedimenti
artificiali della vita economica, che promanano dal sentimento della diffidenza
e dall’odio, ricordandosi che tutti i popoli della terra formano un’unica
famiglia di Dio.
Lasciare libertà alla
Chiesa
77. – Ma nello stesso
tempo lo Stato deve lasciare alla Chiesa la piena libertà di compiere la sua divina
e del tutto spirituale missione per contribuire con ciò stesso potentemente a
salvare i popoli dalla terribile tormenta dell’ora presente. Si fa oggi
dappertutto un angoscioso appello alle forze morali e spirituali; e ben a
ragione, perché il male che si deve combattere è prima di tutto, considerato
nella sua prima sorgente, un male di natura spirituale, ed è da questa sorgente
che sgorgano per una logica diabolica tutte le mostruosità del comunismo. Ora,
tra le forze morali e religiose eccelle incontestabilmente la Chiesa Cattolica;
e perciò il bene stesso dell’umanità esige che non si pongano impedimenti alla
sua operosità.
78. – Se si agisce
altrimenti e si pretende in pari tempo di raggiungere lo scopo con mezzi
puramente economici e politici, si è in balìa di un errore pericoloso. E quando
si esclude la religione dalla scuola, dall’educazione, dalla vita pubblica, e
si espongono a ludibrio i rappresentanti del Cristianesimo e i suoi sacri riti,
non si promuove forse quel materialismo donde germoglia il comunismo? Né la
forza, neppure la meglio organizzata, né gli ideali terreni, siano pur essi i
più grandi e i più nobili, possono padroneggiare un movimento, che getta le sue
radici proprio nella troppa stima dei beni del mondo.
79. – Confidiamo che coloro
che dirigono le sorti delle Nazioni, per poco che sentano il pericolo estremo
da cui oggi sono minacciati i popoli, sentiranno sempre meglio il supremo
dovere di non impedire alla Chiesa il compimento della sua missione; tanto più
che nel compierla, mentre mira alla felicità eterna dell’uomo, essa lavora
inseparabilmente anche per la vera felicità temporale.
APPELLO PATERNO AI
TRAVIATI
80. – Ma non possiamo
porre fine a questa Lettera Enciclica senza rivolgere una parola a quegli
stessi figli Nostri che sono già intaccati o quasi dal male comunista. Li
esortiamo vivamente ad ascoltare la voce del Padre che li ama; e preghiamo il
Signore che li illumini affinché abbandonino la via sdrucciolevole che travolge
tutti in una immensa catastrofica rovina e riconoscano anch’essi che l’unico
Salvatore è Gesù Cristo Signor Nostro: « perché non c’è sotto il cielo
alcun altro nome dato agli uomini, dal quale possiamo aspettarci d’esser
salvati » [49].
CONCLUSIONE
S. GIUSEPPE MODELLO E
PATRONO
81. – E per affrettare la
tanto da tutti desiderata pace di Cristo nel regno di Cristo [50], poniamo la grande azione della Chiesa
Cattolica contro il comunismo ateo mondiale sotto l’egida del potente
Protettore della Chiesa, San Giuseppe. Egli appartiene alla classe operaia ed
ha sperimentato il peso della povertà, per sé e per la Sacra Famiglia, di cui
era il capo vigile ed affettuoso; a lui fu affidato il Fanciullo divino, quando
Erode sguinzagliò contro di Lui i suoi sicari. Con una vita di fedelissimo
adempimento del dovere quotidiano, ha lasciato un esempio a tutti quelli che
devono guadagnarsi il pane col lavoro delle loro mani e meritò di essere
chiamato il Giusto, esempio vivente di quella giustizia cristiana, che deve
dominare nella vita sociale.
82. – Con gli occhi
rivolti in alto, la nostra fede vede i « nuovi cieli » e la
« nuova terra », di cui parla il primo Nostro Antecessore, San Pietro
[51]. Mentre le promesse dei falsi profeti
in questa terra si spengono nel sangue e nelle lacrime, risplende di celeste
bellezza la grande apocalittica profezia del Redentore del mondo: « Ecco,
Io faccio nuove tutte le cose »[52].
Non Ci resta, Venerabili
Fratelli, che alzare le mani paterne e fare scendere sopra di Voi, sopra il
Vostro clero e popolo, su tutta la grande famiglia cattolica, l’Apostolica
Benedizione.
Dato a Roma, presso San
Pietro, festa di San Giuseppe, Patrono della Chiesa Universale, il 19 marzo
1937, anno XVI del Nostro Pontificato.
PIUS PP. XI
[1] Gen., III, 23.
[2] Galat., IV, 4.
[3] Litt. Encycl. Qui pluribus, d. 9 Nov. 1846
(Acta Pii IX, vol. I, p. 13). Syll., § IV (A.S.S., vol. III, p. 170).
[4] 28 Dec. 1878 (Acta Leonis XIII, vol. I, pp.
170-183).
[5] Alloc. 18 Dec. 1924: A.A.S., vol. XVI,
pp. 494-495.
[6] 8 Maii, 1928: A.A.S., vol. XX, pp.
165-178.
[7] 15 Maii, 1931: A.A.S., vol. XXIII, pp.
177-228.
[8] 3 Maii, 1932: A.A.S., vol. XXIV, pp.
177-194.
[9] 29 Sept. 1932: A.A.S., vol. XXIV, pp.
321-332.
[10] 3 Iun. 1933: A.A.S., vol. XXV, pp.
261-274.
[11] Litt. Encicl. Casti
connubii, 31 Dec. 1930 (A.A.S., vol. XXII, p. 567).
[12] II Thessal., II, 4.
[13] Litt. Encycl. Divini
illius Magistri, 31 Dec. 1929 (A.A.S., vol. XXII, 1930, pp. 49-86).
[14] Litt. Encycl. Casti
connubii,, 31 Dec. 1930 (A.A.S., vol. XXII, pp. 539-592).
[15] I Cor., III, 22, 23.
[16] Litt. Encycl. Rerum
novarum, 15 Maii 1891 (Acta Leonis XIII, vol. XI, pp. 97-144.
[17] Litt. Encycl. Quadragesimo
anno, 15 Maii 1931 (A.A.S., vol. XXIII, pp. 177-228).
[18] Litt. Encycl. Diuturnum
illud, 29 Iun. 1881 (Acta Leonis XIII, vol. II, pp. 269-287.
[19] Litt. Encycl. Immortale
Dei, 1 Nov. 1885 (Acta Leonis XIII, vol. V, pp. 118-150).
[20] Luc., II, 14.
[21] Matth., VI, 33.
[22] Matth., XIII, 55; Marc., VI, 3.
[23] M. T. Cic., De officiis, 1. I, c. 42.
[24] Iac., I, 22.
[25] Iac., I, 17.
[26] A.A.S., vol. XXVIII, 1936, pp. 421-424.
[27] Io., IV, 23.
[28] Matth., V, 3.
[29] Hebr., XIII, 14.
[30] Luc., XI, 41.
[31] Iac., V, 1-3.
[32] Matth., V, 3.
[33] Iac., V, 7-8.
[34] Luc., VI, 20.
[35] I Cor., XIII, 4.
[36] Matth., XXV, 34-40.
[37] Matth., XXV, 41-45.
[38] Io., XIII, 34.
[39] Rom., XIII, 8, 9.
[40] Litt. Encycl. Quadragesimo
anno, 15 Maii 1931 (A.A.S., vol. XXIII, 1931, p. 202).
[41] Ps. CXXVI, 1.
[42] Matth., XVII, 20.
[43] I Io., V, 4.
[44] Die 20 Dec. anno 1935 (A.A.S., vol.
XXVIII, 1936, pp. 5-53).
[45] Matth., VIII, 20.
[46] I Cor., XIII, 1.
[47] Litt. Encycl. Caritate
Christi, 3 Maii 1932 (A.A.S., vol. XXIV, 1932, p. 184).
[48] Litt. Encycl. Caritate
Christi, 3 Maii 1932 (A.A.S., vol. XXIV, p. 190).
[49]Act., IV, 12.
[50] Litt. Encycl. Ubi
arcano, 23 Dec. 1922 (A.A.S., vol. XIV, p. 691).
[51] II Petr., III, 13; Is., LXV, 17,
LXVI, 22; Apoc., XXI, 1.
[52] Apoc., XXI, 5.
© Copyright - Libreria
Editrice Vaticana
Copyright © Dicastero per
la Comunicazione
Bartolomé Esteban Murillo (1617–1682),
San José y el Niño Jesús, circa 1665, 197 x 116,
Museo de Bellas Artes de Sevilla
A los patriarcas,
primados, arzobispos, obispos
y otros ordinarios, en paz y comunión con la Sede Apostólica
1. La promesa de un
Redentor divino ilumina la primera página de la historia de la humanidad; por
esto la confiada esperanza de un futuro mejor suavizó el dolor del paraíso
perdido (Cf. Gén 3,23) y acompañó al género humano en su atribulado
camino hasta que, en la plenitud de los tiempos (Gál 4,4), el Salvador del
mundo, apareciendo en la tierra, colmó la expectación e inauguró una nueva
civilización universal, la civilización cristiana, inmensamente superior a la
que el hombre había hasta entonces alcanzado trabajosamente en algunas naciones
privilegiadas.
2. Pero la lucha entre el
bien y el mal quedó en el mundo como triste herencia del pecado original. y el
antiguo tentador no ha cesado jamás de engañar a la humanidad con falaces
promesas. Por esto, en el curso de los siglos, las perturbaciones se han ido
sucediendo unas tras otras hasta llegar a la revolución de nuestros días, la
cual por todo el mundo es ya o una realidad cruel o una seria amenaza, que
supera en amplitud y violencia a todas las persecuciones que anteriormente ha
padecido la Iglesia. Pueblos enteros están en peligro de caer de nuevo en una
barbarie peor que aquella en que yacía la mayor parte del mundo al aparecer el
Redentor.
3. Este peligro tan
amenazador, como habréis comprendido, venerables hermanos, es el comunismo
bolchevique y ateo, que pretende derrumbar radicalmente el orden social y
socavar los fundamentos mismos de la civilización cristiana.
I. POSICIÓN DE LA IGLESIA
FRENTE AL COMUNISMO
Condenaciones anteriores
4. Frente a esta amenaza,
la Iglesia católica no podía callar, y no calló. No calló esta Sede Apostólica,
que sabe que es misión propia suya la defensa de la verdad, de la justicia y de
todos aquellos bienes eternos que el comunismo rechaza y combate. Desde que
algunos grupos de intelectuales pretendieron liberar la civilización humana de
todo vínculo moral y religioso, nuestros predecesores llamaron abierta y
explícitamente la atención del mundo sobre las consecuencias de esta
descristianización de la sociedad humana. Y por lo que toca a los errores del
comunismo, ya en el año 1846 nuestro venerado predecesor Pío IX, de santa
memoria, pronunció una solemne condenación contra ellos, confirmada después en
el Syllabus. Dice textualmente en la encíclica Qui pluribus: «[A
esto tiende] la doctrina, totalmente contraria al derecho natural, del llamado
comunismo; doctrina que, si se admitiera, llevaría a la radical subversión de
los derechos, bienes y propiedades de todos y aun de la misma sociedad humana»[1].
Más tarde, uno predecesor nuestro, de inmortal memoria, León XIII, en la
encíclica Quod Apostolici numeris, definió el comunismo como «mortal
enfermedad que se infiltra por las articulaciones más íntimas de la sociedad
humana, poniéndola en peligro de muerte»[2],
y con clara visión indicaba que los movimientos ateos entre las masas
populares, en plena época del tecnicismo, tenían su origen en aquella filosofía
que desde hacía ya varios siglos trataba ele separar la ciencia y la vida de la
fe y de la Iglesia.
Documentos del presente
pontificado
5. También Nos, durante
nuestro pontificado, hemos denunciado frecuentemente, y con apremiante
insistencia, el crecimiento amenazador de las corrientes ateas. Cuando en 1924
nuestra misión de socorro volvió de la Unión Soviética, Nos condenamos el
comunismo en una alocución especial dirigida al mundo entero[3].
En nuestras encíclicas Miserentissimus
Redemptor [4], Quadragesimo
anno[5], Caritate
Christi [6], Acerba
animi [7], Dilectissima
Nobis [8] Nos
hemos levantado una solemne protesta contra las persecuciones desencadenadas en
Rusia, México y España; y no se ha extinguido todavía el eco universal de las
alocuciones que Nos pronunciamos el año pasado con motivo de la inauguración de
la Exposición Mundial de la Prensa Católica [9],
de la audiencia a las prófugos españoles[10] y
del radiomensaje navideño[11].
Los mismos enemigos más encarnizados de la Iglesia, que desde Moscú dirigen
esta hucha contra la civilización cristiana, atestiguan con sus ininterrumpidos
ataques de palabra y de obra que el Papado, también en nuestros días, ha
continuado tutelando fielmente el santuario de la religión cristiana y ha
llamado la atención sobre el peligro comunista con más frecuencia y de un modo
más persuasivo que cualquier otra autoridad pública terrena.
Necesidad de otro
documento solemne
6, Pero, a pesar de estas
repetidas advertencias paternales, que vosotros, venerables hermanos, con gran
satisfacción nuestra, habéis transmitido y comentado con tanta fidelidad a los
fieles por medio de frecuentes y recientes pastorales, algunas de ellas
colectivas, el peligro está agravándose cada día más por la acción de hábiles
agitadores. Por este motivo, nos creemos en el deber de elevar de nuevo nuestra
voz con un documento aún más solemne, como es costumbre de esta Sede
Apostólica, maestra de verdad, y como lo exige el hecho de que todo el mundo
católico desea ya un documento de esta clase. Confiamos que el eco de nuestra
voz será bien recibido por todos aquellos que, libres de prejuicios, desean
sinceramente el bien de la humanidad. Confianza que se ve robustecida por el
hecho de que nuestros avisos están hoy día confirmados por los frutos amargos
cuya aparición habíamos previsto y anunciado, y que de hecho van
multiplicándose espantosamente en los países dominados ya por el mal y amenazan
caer sobre los restantes países del mundo.
7. Queremos, por tanto,
exponer de nuevo en breve síntesis los principios y los métodos de acción del
comunismo ateo tal como aparecen principalmente en el bolchevismo,
contraponiendo a estos falaces principios y métodos la luminosa doctrina de la
Iglesia y exhortando de nuevo a todos al uso de los medios con los que la
civilización cristiana, única civitas verdaderamente humana, puede
librarse de este satánico azote y desarrollarse mejor para el verdadero
bienestar ele la sociedad humana.
II. DOCTRINA Y FRUTOS DEL
COMUNISMO
Doctrina
Falso ideal
8. El comunismo de hoy,
de un modo más acentuado que otros movimientos similares del pasado, encierra
en sí mismo una idea de aparente redención. Un seudo ideal de justicia, de
igualdad y de fraternidad en el trabajo satura toda su doctrina y toda su
actividad con un cierto misticismo falso, que a las masas halagadas por falaces
promesas comunica un ímpetu y tu entusiasmo contagiosos, especialmente en un
tiempo come el nuestro, en el que por la defectuosa distribución de los bienes
de este mundo se ha producido una miseria general hasta ahora desconocida. Más
aún: se hace alarde de este seudo ideal, como si hubiera sido el iniciador de
un progreso económico, progreso que, si en algunas regiones es real, se explica
por otras causas muy distintas, como son la intensificación de la productividad
industrial en países que hasta ahora carecían de ella; el cultivo de ingentes
riquezas naturales, sin consideración alguna a los valores humanos, y el uso de
métodos inhumanos para realizar grandes trabajos con un salario indigno del
hombre.
Materialismo
evolucionista de Marx
9. La doctrina que el
comunismo oculta bajo apariencias a veces tan seductoras se funda hoy
sustancialmente sobre los principios, ya proclamados anteriormente por Marx,
del materialismo dialéctico y del materialismo histórico, cuya única genuina
interpretación pretenden poseer los teóricos del bolchevismo. Esta doctrina
enseña que sólo existe una realidad, la materia, con sus fuerzas ciegas, la
cual, por evolución, llega a ser planta, animal, hombre. La sociedad humana,
por su parte , no es más que una apariencia y una forma de la materia, que
evoluciona del modo dicho y que por ineluctable necesidad tiende, en un
perpetuo conflicto de fuerzas, hacia la síntesis final: una sociedad sin
ciases. En esta doctrina, como es evidente, no queda lugar ninguno para la idea
de Dios, no existe diferencia entre el espíritu y la materia ni entre el cuerpo
y el alma: no existe una vida del alma posterior a la muerte, ni hay, por consiguiente,
esperanza alguna en una vida futura. Insistiendo en el aspecto dialéctico de su
materialismo, los comunistas afirman que el conflicto que impulsa al mundo
hacia su síntesis final puede ser acelerado por el hombre. Por esto procuran
exacerbar las diferencias existentes entre las diversas clases sociales y se
esfuerzan para que la lucha de clases, con sus odios y destrucciones, adquiera
el aspecto de una cruzada para el progreso de la humanidad. Por consiguiente,
todas las fuerzas que resistan a esas conscientes violencias sistemáticas deben
ser, sin distinción alguna, aniquiladas como enemigas del género humano.
A qué quedan reducidos el
hombre y la familia
10. El comunismo, además,
despoja al hombre de su libertad, principio normativo de su conducta moral, y
suprime en la persona humana toda dignidad y todo freno moral eficaz contra el
asalto de los estímulos ciegos. Al ser la persona humana, en el comunismo, una
simple ruedecilla del engranaje total, niegan al individuo, para atribuirlos a
la colectividad, todos los derechos naturales propios de la personalidad
humana. En las relaciones sociales de los hombres afirman el principio de la
absoluta igualdad, rechazando toda autoridad jerárquica establecida por Dios,
incluso la de los padres; porque, según ellos, todo lo que los hombres llaman
autoridad y subordinación deriva exclusivamente de la colectividad como de su
primera y única fuente. Los individuos no tienen derecho alguno de propiedad
sobre los bienes naturales y sobre los medios de producción, porque. siendo
éstos fuente de otros bienes, su posesión conduciría al predominio de un hombre
sobre otro. Por esto precisamente, por ser la fuente principal de toda
esclavitud económica, debe ser destruida radicalmente, según los comunistas,
toda especie de propiedad privada.
11. Al negar a la vida
humana todo carácter sagrado y espiritual, esta doctrina convierte naturalmente
el matrimonio y la familia en una institución meramente civil y convencional,
nacida de un determinado sistema económico; niega la existencia de un vínculo
matrimonial de naturaleza jurídico-moral que esté por encima de la voluntad de
los individuos y de la colectividad, y, consiguientemente, niega también su
perpetua indisolubilidad. En particular, para el comunismo no existe vínculo
alguno que ligue a la mujer con su familia y con su casa. Al proclamar el
principio de la total emancipación de la mujer, la separa de la vida doméstica
y del cuidado de los hijos para arrastrarla a la vida pública y a la producción
colectiva en las mismas condiciones que el hombre, poniendo en manos de la
colectividad el cuidado del hogar y de la prole[12].
Niegan, finalmente, a los padres el derecho a la educación de los hijos, porque
este derecho es considerado como un derecho exclusivo de la comunidad, y sólo
en su nombre y por mandato suyo lo pueden ejercer los padres.
Lo que sería la sociedad
¿Qué sería, pues, la
sociedad humana basada sobre estos fundamentos materialistas? Sería, es cierto,
una colectividad, pero sin otra jerarquía unitiva que la derivada del sistema
económico. Tendría como única misión la producción de bienes por medio del
trabajo colectivo, y como fin el disfrute de los bienes de la tierra en un
paraíso en el que cada cual «contribuiría según sus fuerzas y recibiría según
sus necesidades».
12. Hay que advertir,
además, que el comunismo reconoce a la colectividad el derecho o más bien un
ilimitado poder arbitrario para obligar a los individuos al trabajo colectivo,
sin atender a su bienestar particular, aun contra su voluntad e incluso con la
violencia. En esta sociedad comunista, tanto la moral como el orden jurídico
serían una simple emanación exclusiva del sistema económico contemporáneo, es
decir, de origen terreno, mudable y caduco. En una palabra: se pretende
introducir una nueva época y una nueva civilización, fruto exclusivo de una
evolución ciega: «una humanidad sin Dios».
13. Cuando todos hayan
adquirido, finalmente, las cualidades personales requeridas para llevar a cabo
esta clase de humanidad en aquella situación utópica de una sociedad sin
diferencia alguna de clases, el Estado político, que ahora se concibe
exclusivamente come instrumento de dominación capitalista sobre el
proletariado, perderá necesariamente su razón de ser y se «disolverá»; sin
embargo, mientras no se logre esta bienaventurada situación, el Estado y el
poder estatal son para el comunismo el medio más eficaz y más universal para
conseguir su fin.
14. ¡He aquí, venerables
hermanos, el pretendido evangelio nuevo que el comunismo bolchevique y ateo
anuncia a la humanidad como mensaje de salud y redención! Un sistema lleno de
errores y sofismas, contrario a la razón y a la revelación divina; un sistema
subversivo del orden social, porque destruye las bases fundamentales de éste;
un sistema desconocedor del verdadera origen, de la verdadera naturaleza y del
verdadero fin del Estado; un sistema, finalmente, que niega los derechos, la
dignidad y la libertad de la persona humana.
Difusión
Deslumbradoras promesas
15. Pero ¿a qué se debe
que un sistema semejante, científicamente superado desde hace mucho tiempo y
refutado por la realidad práctica, se difunda tan rápidamente por todas las
partes del mundo? La explicación reside en el hecho de que son muy pocos los
que han podido penetrar la verdadera naturaleza y los fines reales del
comunismo; y son mayoría, en cambio, los que ceden fácilmente a una tentación
hábilmente presentada bajo el velo de promesas deslumbradoras. Con el pretexto
de querer solamente mejorar la situación de las clases trabajadoras, suprimir
los abusos reales producidos por la economía liberal y obtener una más justa
distribución de los bienes terrenos (fines, sin duda, totalmente legítimos), y
aprovechando principalmente la actual crisis económica mundial, se consigue
atraer a la zona de influencia del comunismo aun a aquellos grupos sociales que
por principio rechazan todo materialismo y todo terrorismo. Y como todo error
contiene siempre una parte de verdad, esta parte de verdad que hemos indicado,
expuesta arteramente en condiciones de tiempo y lugar, aptas para disimular,
cuando conviene la crudeza repugnante e inhumana de los principios y métodos
del comunismo bolchevique, seduce incluso a espíritus no vulgares, que llegan a
convertirse en apóstoles de jóvenes inteligentes poco preparados todavía para
advertir los errores intrínsecos del comunismo. Los pregoneros del comunismo
saben aprovecharse también de los antagonismos de raza, de las divisiones y
oposiciones de los diversos sistemas políticos y hasta de la desorientación en
el campo de la ciencia sin Dios para infiltrarse en las universidades y
corroborar con argumentos seudocientíficos los principios de su doctrina.
El liberalismo ha
preparado el camino del comunismo
16. Para explicar mejor
cómo el comunismo ha conseguido de las masas obreras la aceptación, sin examen,
de sus errores, conviene recordar que estas masas obreras estaban ya preparadas
para ello por el miserable abandono religioso y moral a que las había reducirlo
en la teoría y en la práctica la economía liberal. Con los turnos de trabajo,
incluso dominicales, no se dejaba tiempo al obrero para cumplir sus más
elementales deberes religiosos en los días festivos; no se tuvo preocupación
alguna para construir iglesias junto a las fábricas ni para facilitar la misión
del sacerdote; todo lo contrario, se continuaba promoviendo positivamente el
laicismo. Se recogen, por tanto, ahora los frutos amargos de errores
denunciados tantas veces por nuestras predecesores y por Nos mismo. Por esto,
¿puede resultar extraño que en un mundo tan hondamente descristianizado se
desborde el oleaje del error comunista?
Amplia y astuta
propaganda
17. Existe, además, otra
causa de esta tan rápida difusión de las ideas comunistas, infiltradas
secretamente en todos los países, grandes y pequeños, cultos e incivilizados, y
en los puntos más extremos de la tierra; una propaganda realmente diabólica,
cual el mundo tal vez nunca ha conocido; propaganda dirigida desde un solo
centro y adaptada hábilmente a las condiciones peculiares de cada pueblo;
propaganda que dispone de grandes medios económicos, de numerosas
organizaciones, de congresos internacionales, de innumerables fuerzas
excelentemente preparadas; propaganda que se hace a través de la prensa, de
hojas sueltas, en el cinematógrafo y en el teatro, por la radio, en las
escuelas y hasta en las universidades, y que penetra poco a poco en todos los
medios sociales, incluso en los más sanos, sin que éstos adviertan el veneno
que está intoxicando a diario las mentes y los corazones.
Conspiración del silencio
en la prensa
18. La tercera causa,
causa poderosa, de esta rápida difusión del comunismo es, sin duda alguna, la
conspiración del silencio que en esta materia está realizando una gran parte de
la prensa mundial no católica. Decimos conspiración porque no se puede explicar
de otra manera el hecho de que un periodismo tan ávido de publicar y subrayar
aun los más menudos incidentes cotidianos haya podido pasar en silencio durante
tanto tiempo los horrores que se cometen en Rusia, en México y también en gran
parte de España, y, en cambio, hable relativa.,mente tan poco de una
organización mundial tan vasta como es el comunismo moscovita. Este silencio,
como tos dos saben, se debe en parte a ciertas razones políticas, poco
previsoras, que lo exigen —así se afirma—, y está mandado y apoyado por varias
fuerzas ocultas que desde hace mucho tiempo tratan de destruir el orden social y
político cristiano.
Efectos dolorosos
Rusia y México
19. Mientras tanto, los
dolorosos efectos de esta propaganda están a la vista de todos. En las regiones
en que el comunismo ha podido consolidarse y dominar —Nos pensamos ahora con
singular afecto paterno en los pueblos de Rusia y de México—,se ha esforzado
con toda clase de medios por destruir (lo proclama abiertamente) desde sus
cimientos la civilización y la religión cristiana y borrar totalmente su
recuerdo en el corazón de los hombres, especialmente de la juventud. Obispos y
sacerdotes han sido desterrados, condenados a trabajos forzados, fusilados y
asesinados de modo inhumano; simples seglares, por haber defendido la religión,
han sido considerados como sospechosos, han sido vejados, perseguidos, detenidos
y llevados a los tribunales.
Horrores del comunismo en
España
20. También en las
regiones en que, como en nuestra queridísima España, el azote comunista no ha
tenido tiempo todavía para hacer sentir todos los efectos de sus teorías, se ha
desencadenado, sin embargo, como para desquitarse, con una violencia más
furibunda. No se ha limitado a derribar alguna que otra iglesia, algún que otro
convento, sino que, cuando le ha sido posible, ha destruido todas las iglesias,
todos los conventos e incluso todo vestigio de la religión cristiana, sin
reparar en el valor artístico y científico de los monumentos religiosos. El
furor comunista no se ha limitado a matar a obispos y millares de sacerdotes,
de religiosos y religiosas, buscando de un modo particular a aquellos y a
aquellas que precisamente trabajan con mayor celo con los pobres y los obreros,
sino que, además, ha matado a un gran número de seglares de toda clase y
condición, asesinados aún hoy día en masa, por el mero hecho de ser cristianos
o al menos contrarios al ateísmo comunista. Y esta destrucción tan espantosa es
realizada con un odio, una barbarie y una ferocidad que jamás se hubieran
creído posibles en nuestro siglo. Ningún individuo que tenga buen juicio,
ningún hombre de Estado consciente de su responsabilidad pública, puede dejar
de temblar si piensa que lo que hoy sucede en España tal vez podrá repetirse
mañana en otras naciones civilizadas.
Frutos naturales del
sistema
21. No se puede afirmar
que estas atrocidades sean un fenómeno transitorio que suele acompañar a todas
las grandes revoluciones o excesos aislados de exasperación comunes a toda
guerra; no, son los frutos naturales de un sistema cuya estructura carece de
todo freno interno. El hombre, como individuo y como miembro de la sociedad,
necesita un freno. Los mismos pueblos bárbaros tuvieron este freno en la ley
natural, grabada por Dios en el alma de cada hombre. Y cuando esta ley natural
fue observada por todos con un sagrado respeto, la historia presenció el
engrandecimiento de antiguas naciones, engrandecimiento tan esplendoroso que
deslumbraría más de lo conveniente a ciertos hombres de estudios que
considerasen superficialmente la historia humana. Pero, cuando se arranca del
corazón de los hombres la idea misma de Dios, los hombres se ven impulsados
necesariamente a la moral feroz de una salvaje barbarie.
Lucha contra todo lo
divino
22. Y esto es lo que con
sumo dolor estamos presenciando: por primera vez en la historia asistimos a una
lucha fríamente calculada y cuidadosamente preparada contra todo lo que es
divino (cf. 2Tes 2,4). Porque el comunismo es por su misma
naturaleza totalmente antirreligioso y considera la religión como el «opio del
pueblo», ya que los principios religiosos, que hablan de la vida ultraterrena,
desvían al proletariado del esfuerzo por realizar aquel paraíso comunista que
debe alcanzarse en la tierra.
El terrorismo
23. Pero la ley natural y
el Autor de la ley natural no pueden ser conculcados impunemente; el comunismo
no ha podido ni podrá lograr su intento ni siquiera en el campo puramente
económico. Es cierto que en Rusia ha contribuido no poco a sacudir a los
hombres y a las instituciones de una larga y secular inercia y que ha logrado
con el uso de toda clase de medios, frecuentemente inmorales, algunos éxitos
materiales; pero no es menos cierto, tenemos de ello testimonios cualifica-dos
y recentísimos, que de hecho ni siquiera en el campo económico ha logrado los
fines que había prometido, sin contar, por supuesto, la esclavitud que el
terrorismo ha impuesto a millones de hombres. Hay que repetirlo: también en el
campo económico es necesaria una moral, un sentimiento moral de la
responsabilidad, los cuales, ciertamente, no tienen cabida en un sistema
cerradamente materialista como el comunismo. Para sustituir este sentimiento
moral no queda otro sustitutivo que el terrorismo que presenciamos en Rusia,
donde los antiguos camaradas de conjuración y de lucha se eliminan mutuamente;
terrorismo que, por otra parte, no consigue contener, no ya la corrupción de la
moral, pero ni siquiera la disolución del organismo social.
Recuerdo paterno de los
pueblos oprimidos en Rusia
24. Sin embargo, no
queremos en modo alguno condenar globalmente a los pueblos de la Unión
Soviética, por los que sentimos el más vivo afecto paterno. Sabemos que no
pocos pueblos de Rusia gimen bajo el duro yugo impuesto a la fuerza por
hombres, en su mayoría, extraños a los verdaderos intereses del país, y
reconocemos que otros muchos han sido engañados con falaces esperanzas. Nos
condenamos el sistema, a sus autores y defensores, quienes han considerado a
Rusia como el terreno más apto para realizar un sistema elaborado hace mucho
tiempo y desde Rusia extenderlo por todo el mundo.
III. OPUESTA Y LUMINOSA
DOCTRINA DE LA IGLESIA
25. Expuestos los
errores y los métodos violentos y engañosos del comunismo bolchevique
y ateo, es hora ya, venerables hermanos, de situar brevemente frente a éste la
verdadera noción de la civitas humana, de la sociedad humana; esta
noción no es otra, como bien sabéis, que la enseñada por la razón y por la
revelación por medio de la Iglesia, Magistra gentium.
Suprema realidad: ¡Dios!
26. La afirmación
fundamental es ésta: por encima de toda otra realidad está el sumo, único y
supremo ser, Dios, Creador omnipotente de todas las cosas, juez sapientísimo de
todos los hombres. Esta suprema realidad, Dios, es la condenación más absoluta
de las insolentes mentiras del comunismo. Porque la verdad es que no porque los
hombres crean en Dios, existe Dios, sino que, porque Dios existe, creen en El y
elevan a El sus súplicas todos los hombres que no cierran voluntariamente los
ojos a la verdad.
El hombre y la familia
según la razón y la fe
27. En cuanto a lo que la
razón y la fe católica dicen del hombre, Nos hemos expuesto los puntos
fundamentales sobre esta materia en la encíclica sobre la educación
cristiana [13].
El hombre tiene un alma espiritual e inmortal; es una persona, dotada
admirablemente por el Creador con dones de cuerpo y de espíritu; es, en
realidad, un verdadero μιχρός χόσμος, como decían los antiguos, un «pequeño
mundo» que supera extraordinariamente en valor a todo el inmenso mundo
inanimado. Dios es el último fin exclusivo del hombre en la vida presente y en
la vida eterna; la gracia santificante, elevando al hombre al grado de hijo de
Dios, lo incorpora al reino de Dios en el Cuerpo místico de Cristo. Por
consiguiente, Dios ha enriquecido al hombre con múltiples y variadas
prerrogativas: el derecho a la vida y a la integridad corporal; el derecho a
los medios necesarios para su existencia; el derecho de tender a su último fin
por el camino que Dios le ha señalado; el derecho, finalmente, de asociación,
de propiedad y del uso de la propiedad.
28. Además, tanto el
matrimonio como su uso natural son de origen divino; de la misma manera, la
constitución y las prerrogativas fundamentales de la familia han sido
determinadas y fijadas por el Creador mismo, no por la voluntad humana ni por
los factores económicos. De estos puntos hemos hablado ampliamente en la
encíclica sobre el matrimonio cristiano [14] y
en la encíclica, ya antes citada, de la educación cristiana de la juventud.
Lo que es la sociedad
Derechos y deberes mutuos
entre el hombre y la sociedad
29. Pero Dios ha ordenado
igualmente que el hombre tienda espontáneamente a la sociedad civil, exigida
por la propia naturaleza humana. En el plan del Creador, esta sociedad civil es
un medio natural del que cada ciudadano puede y debe servirse para alcanzar su
fin, ya que el Estado es para el hombre y no el hombre para el Estado.
Afirmación que, sin embargo, no debe ser entendida en el sentido del llamado
liberalismo individualista, que subordina la sociedad a las utilidades egoístas
del individuo, sino sólo en el sentido de que, mediante la ordenada unión
orgánica con la sociedad, sea posible para todos, por la mutua colaboración, la
realización de la verdadera felicidad terrena, y, además, en el sentido de que
en la sociedad hallen su desenvolvimiento todas las cualidades individuales y
sociales insertas en la naturaleza humana, las cuales superan el interés
particular del momento y reflejan en la sociedad civil la perfección divina;
cosa que no puede realizarse en el hombre separado de toda sociedad. Pero
también estos fines están, en último análisis, referidos al hombre, para que,
reconociendo éste el reflejo de la perfección divina, sepa convertirlo en
alabanza y adoración del Creador. Sólo el hombre, la persona humana y no las
sociedades, sean las que sean, está dotado de razón y de voluntad moralmente
libre,
30. Ahora bien: de la
misma manera que el hombre no puede rechazar los deberes que le vinculan con el
Estado y han sido impuestos por Dios, y por esto las autoridades del Estado
tienen el derecho de obligar al ciudadano al cumplimiento coactivo de esos
deberes cuando se niega ilegítimamente a ello, así también la sociedad no puede
despojar al hombre de los derechos personales que le han sido concedidos por el
Creador —hemos aludido más arriba a los fundamentales— ni imposibilitar arbitrariamente
el uso de esos derechos. Es, por tanto, conforme a la razón y exigencia
imperativa de ésta, que, en último término, todas las cosas de la tierra estén
subordinadas corno medios a la persona humana, para que por medio del hombre
encuentren todas las cosas su referencia esencial al Creador. Al hombre, a la
persona humana, se aplica lo que el Apóstol de las Gentes escribe a los
corintios sobre el plan divino de la salvación cristiana: Todo es vuestro,
y vosotros de Cristo, y Cristo de Dios (1Cor 3,23). Mientras el
comunismo empobrece a la persona humana, invirtiendo los términos de la
relación entre el hombre y la sociedad, la razón y la revelación, por el
contrario, la elevan a una sublime altura.
El orden económico
-social
Ha la sido nuestro
predecesor, de feliz memoria, León XIII quien ha dado, por medio de su
encíclica social [15],
los principios reguladores de la cuestión obrera y de los problemas económicos
y sociales; principios que Nos personalmente, por medio de la encíclica sobre
la restauración cristiana del orden social, henos adaptado a las exigencias del
tiempo presente[16].
En esta encíclica nuestra, prosiguiendo la trayectoria de la doctrina secular
de la Iglesia sobre el carácter individual y social de la propiedad privada,
Nos hemos definido claramente el derecho y la dignidad del trabajo, las
relaciones de apoyo mutuo y de mutua ayuda que deben existir entre el capital y
el trabajo y el salario debido en estricta justicia al obrero para sí y para su
familia,
31. Hemos demostrado,
además, en la mencionada encíclica que los medios para salvar al Estado actual
de la triste decadencia en que lo ha hundido el liberalismo amoral no consiste
en la lucha de clases y en el terrorismo ni en el abuso autocrático del poder
del Estado, sino en la configuración y penetración del orden económico y social
por los principios de la justicia social y de la caridad cristiana. Hemos
advertido también que hay que lograr la verdadera prosperidad de los pueblos
por medio de un sano corporativismo que respete la debida jerarquía social; que
es igualmente necesaria la unidad armónica y coherente de todas las
asociaciones para que puedan tender todas ellas al bien común del Estado, y
que, por consiguiente, la misión genuina y peculiar del poder político consiste
en promover eficazmente esta armoniosa coordinación de todas las fuerzas
sociales.
Jerarquía social y
prerrogativas del Estado
32. Para lograr
precisamente este orden tranquilo por medio de la colaboración de todos, la
doctrina católica reivindica para el Estarlo toda la dignidad y toda la
autoridad necesarias para defender con vigilante solicitud, como frecuentemente
enseñan la Sagrada Escritura y los Santos Padres, todos los derechos divinos y
humanos. Y aquí se hace necesaria una advertencia: es errónea la afirmación de
que todos los ciudadanos tienen derechos iguales en la sociedad civil y no
existe en el Estado jerarquía legítima alguna. Bástenos recordara este
propósito las encíclicas de León XIII antes citadas, especialmente las
referentes a la autoridad política [17] y
a la constitución cristiana del Estado[18].
En estas encíclicas encuentran los católicos luminosamente expuestos los
principios de la razón y de la fe, que los capacitarán para defenderse contra
los peligrosos errores de la concepción comunista del Estado. La expoliación de
los derechos personales y la consiguiente esclavitud del hombre; la negación
del origen trascendente supremo del Estado y del poder político; el criminal
abuso del poder público para ponerle al servicio del terrorismo colectivo, son
hechos radical y absolutamente contrarios a las exigencias de la ética natural
y a la voluntad divina del Creador. El hombre, lo mismo que el Estado, tiene su
origen en el Creador, y el hombre y el Estado están por Dios mutuamente
ordenados entre sí; por consiguiente, ni el ciudadano ni el Estado pueden negar
los deberes correlativos que pesan sobre cada uno de ellos, ni pueden negar o
disminuir los derechos del otro. Ha sido el Creador en persona quien ha
regulado en sus líneas fundamentales esta mutua relación entre el ciudadano y
la sociedad, y es, por tanto, una usurpación totalmente injusta la que se
arroga el comunismo al sustituir la ley divina, basada sobre los inmutables
principios de la verdad y de la caridad, por un programa político de partido,
derivado del mero capricho humano y saturado de odio.
Belleza de esta doctrina
de la Iglesia
33. La Iglesia católica,
al enseñar los capítulos fundamentales de esta luminosa doctrina, no tiene otro
fin que el de realizar el feliz anuncio cantado por los ángeles sobre la gruta
de Belén al nacer el Redentor: Gloria a Dios... y paz a los
hombres (Lc 2,14), y procurar a los hombres, aun en esta vida
presente, toda la suma de paz verdadera y auténtica felicidad que son aquí
posibles como preparación para la bienaventuranza eterna; pero solamente para
los hombres de buena voluntad. Esta doctrina está igualmente alejada de los
pésimos efectos de los errores comunistas y de todas las exageraciones y
pretensiones de los partidos o sistemas políticos que aceptan esos errores,
porque respeta siempre el debido equilibrio entre la verdad y la justicia, lo
defiende en la teoría y lo aplica y promueve en la práctica. Cosa que consigue
la Iglesia conciliando armónicamente los derechos y los deberes de unos y
otros, como, por ejemplo, la autoridad con la libertad, la dignidad del
individuo con la dignidad del Estado, la personalidad humana en el súbdito, y,
por consiguiente, la obediencia debida al gobernante con la dignidad de quienes
son representantes de la autoridad divina; igualmente, el amor ordenado de sí
mismo, de la familia y de la patria con el amor de las demás familias y de los
demás pueblos, fundado en el amor de Dios, Padre de todos, primer principio y
último fin de todas las cosas. Esta doctrina católica no separa la justa
preocupación por los bienes temporales de la solicitud activa por los bienes
eternos. Si subordina el bien temporal al eterno, según la palabra de su divino
Fundador: Buscad primero el reino de Dios y su justicia, y todo lo demás
se os dará por añadidura (Mt 6,33) está, sin embargo, bien lejos de
desinteresarse de las cosas humanas y de perjudicar el progreso de la sociedad
y sus ventajas temporales; porque, todo lo contrario, esta doctrina sostiene y
promueve esta actividad del modo más racional y más eficaz posible. La Iglesia,
en efecto, aunque nunca ha presentado como suyo un determinado sistema técnico
en el campo de la acción económica y social, por no ser ésta su misión, ha
fijado, sin embargo, claramente las principales líneas fundamentales, que si
bien son susceptibles de diversas aplicaciones concretas, según las diferentes
condiciones de tiempos, lugares y pueblos, indican, sin embargo, el camino
seguro para obtener un feliz desarrollo progresivo del Estado.
34. La gran sabiduría y
extraordinaria utilidad de esta doctrina está admitida por todos los que
verdaderamente la conocen. Con razón han podido afirmar insignes estadistas
que, después de haber estudiado los diversos sistemas económicos, no habían
hallado nada más razonable que los principios económicos expuestos en las
encíclicas Rerum
novarum y Quadragesimo
anno. También en las naciones cristianas no católicas, más aún, en
naciones no cristianas, se reconoce la extraordinaria utilidad que para la
sociedad humana representa la doctrina social de la Iglesia; así, hace ahora
apenas un mes, un eminente hombre político no cristiano del Extremo Oriente ha
opinado sin vacilación que la Iglesia, con su doctrina de paz y de fraternidad
cristiana, aporta una contribución valiosísima al establecimiento y
mantenimiento de una paz constructiva entre las naciones. E incluso los mismos
comunistas —cosa que sabemos por relaciones fidedignas que afluyen de todas
partes a este centro de la cristiandad—, si no están totalmente corrompidos,
cuando oyen la exposición de la doctrina social de la Iglesia reconocen la
radical superioridad de ésta sobre las doctrinas de sus jerarcas y maestros.
Solamente los espíritus cegados por la pasión y por el odio cierran sus ojos a
la luz de la verdad y la combaten obstinadamente.
La Iglesia ha obrado
conforme a esta doctrina
35. Pero los enemigos de
la Iglesia, aunque obligados a reconocer la superior sabiduría de la doctrina
católica, acusan, sin embargo, a la Iglesia de no haber sabido obrar de acuerdo
con sus principios, y por esto afirman que hay que buscar otros caminos. Toda
la historia del cristianismo demuestra la falsedad y la injusticia de esta
acusación. Porque, limitando nuestra breve exposición a algún hecho histórico
característico, ha sido el cristianismo el primero en proclamar, en una forma y
con una amplitud y firmeza hasta entonces desconocidas, la verdadera y
universal fraternidad de todos los hombres, de cualquier condición y estirpe,
contribuyendo así poderosamente a la abolición eficaz de la esclavitud, no con
revoluciones sangrientas, sino por la fuerza intrínseca de su doctrina, que a
la soberbia patricia romana hacía ver en su esclava una hermana en Cristo.
36. Ha sido también el
cristianismo, este cristianismo que enseña a adorar al Hijo de Dios hecho
hombre por amor de los hombres y convertido en hijo del
artesano, más aún, hecho artesano El mismo
(Mt 13,55; Mc 6,3), el que elevó el trabajo del hombre a su
verdadera dignidad; ese trabajo que era entonces tan despreciado, que el mismo
M. T. Cicerón, hombre prudente y justo por otra parte, calificó, resumiendo la
opinión general de su tiempo, con unas palabras de las que hoy día se
avergonzaría cualquier sociólogo: «Todos los trabajadores se ocupan en oficios
despreciables, porque en un taller no puede haber nada noble» [19].
37. Basándose en estos principios,
la Iglesia regeneró la sociedad humana; con la eficacia de su influjo surgieron
obras admirables de caridad y poderosas corporaciones de artesanos y
trabajadores de toda categoría, corporaciones despreciadas como residuo
medieval por el liberalismo del siglo pasado, pero que son hoy día la
admiración de nuestros contemporáneos, que en muchos países tratan de hacer
revivir de algún modo su idea fundamental. Y cuando ciertas corrientes
obstaculizaban la obra de la Iglesia y se oponían a la eficacia bienhechora de
ésta, la Iglesia no cesó nunca, hasta nuestros días, de avisar a los
equivocados. Baste recordar la firme constancia con que nuestro predecesor, de
feliz memoria, León XIII reivindicó para las clases trabajadoras el derecho de
asociación, que el liberalismo dominante en los Estados más poderosos se
empeñaba en negarles. Y este influjo de la doctrina de la Iglesia es también
actualmente mayor de lo que algunos piensan, porque el influjo directivo de las
ideas sobre los hechos es muy grande, aunque resulte difícil la medida exacta
de su valoración.
38. Se puede afirmar, por
tanto, con toda certeza, que la Iglesia, como Cristo, su fundador, pasa a
través de los siglos haciendo el bien a todos. No habría ni socialismo ni
comunismo si los gobernantes de los pueblos no hubieran despreciado las
enseñanzas y las maternales advertencias de la Iglesia; pero los gobiernos
prefirieron construir sobre las bases del liberalismo y del laicismo otras
estructuras sociales, que, aunque a primera vista parecían presentar un aspecto
firme y grandioso, han demostrado bien pronto, sin embargo, su carencia de
sólidos fundamentos, por lo que una tras otra han ido derrumbándose
miserablemente, como tiene que derrumbarse necesariamente todo lo que no se
apoya sobre la única piedra angular, que es Jesucristo.
Necesidad de recurrir a
medios de defensa
39. Esta es, venerables
hermanos, la doctrina de la Iglesia, la única doctrina que, como en todos los
demás campos, también en el terreno social puede traer la verdadera luz y ser
la salvación frente a la ideología comunista. Pero es absolutamente necesario
que esta doctrina se proyecte cada vez más en la vida práctica, conforme al
aviso del apóstol Santiago: Poned en práctica la palabra y no os
contentéis sólo con oírla, engañándoos a vosotros mismos (St 1,22);
por esto, lo más urgente en la actualidad es aplicar con energía los oportunos
remedios para oponerse eficazmente a la amenazadora catástrofe que se está
preparando, Nos albergamos la firme confianza de que la pasión con que los
hijos de las tinieblas trabajan día y noche en su propaganda materialista y
atea servirá para estimular santamente a los hijos de la luz a un celo no
desemejante, sino mayor, por el honor de la Majestad divina.
40. ¿Qué es, pues, lo que
hay que hacer? ¿De qué remedios es necesario servirse para defender a Cristo y
la civilización cristiana contra este pernicioso enemigo? Como un padre con sus
hijos en el seno del hogar, Nos queremos conversar con todos vosotros en la
intimidad acerca de los deberes que la gran lucha de nuestros días impone a
todos los hijos de la Iglesia; avisos que deseamos dirigir también a todos
aquellos hijos que han abandonado la casa paterna.
Renovación de la vida
cristiana
Remedio fundamental
41. Como en todos los
períodos más borrascosos de la historia de la Iglesia, así también hoy el
remedio fundamental, base de todos los demás remedios, es una sincera
renovación de la vida privada y de la vida pública según los principios del
Evangelio en todos aquellos que se glorían de pertenecer al redil de Cristo,
para que sean realmente de esta manera la sal de la tierra que preserve a la
sociedad humana de la total corrupción moral.
42. Con ánimo
profundamente agradecido al Padre de las luces, de quien desciende todo
buen don y toda dádiva perfecta (St 1,17) vemos por todas partes
síntomas consoladores de esta renovación espiritual, no sólo en tantas almas
singularmente elegidas que en estos últimos años han subido a la alta cumbre de
la más sublime santidad, y en tantas otras, cada día más numerosas, que
generosamente caminan hacia esta misma luminosa meta, sino también en el
reconocimiento de una piedad sentida y vivida prácticamente en todas las clases
de la sociedad, incluso en las más cultas, como hemos hecho notar en nuestro reciente
«motu proprio» In multis solaciis, del 28 de octubre pasado, con ocasión
de la reorganización de la Academia Pontificia de las Ciencias [20].
43. No portemos, sin
embargo, negar que queda todavía mucho por hacer en este camino de la
renovación espiritual. Porque incluso en los mismos países católicos son
demasiados los católicos que lo son casi de solo nombre; demasiados los que, si
bien cumplen con mayor o menor fidelidad las prácticas más esenciales de la
religión que se glorían de profesar, no se preocupan sin embargo, de conocerla
mejor ni de adquirir una convicción más íntima y profunda, y menos aún de hacer
que a la apariencia exterior de la religión corresponda el interno esplendor de
una conciencia recta y pura, que siente y cumple todos sus deberes bajo la
mirada de Dios. Sabemos muy bien el gran aborrecimiento que el divino Salvador
siente frente a esta vana y falaz exterioridad, El que quería que todos
adorasen al Padre en espíritu y en verdad (Jn 4,23). Quien no
ajusta sinceramente su vida práctica a la fe que profesa, no podrá mantenerse a
salvo durante mucho tiempo hoy, cuando sopla tan fuerte el viento de la lucha y
de la persecución, sino que se verá arrastrado miserablemente por este nuevo
diluvio que amenaza al mundo; y así, mientras prepara su propia ruina, expondrá
también al ludibrio el honor del cristianismo.
Despego de los bienes
terrenos
44. Y aquí queremos,
venerable hermanos, insistir específicamente sobre dos enseñanzas del Señor,
que responde modo particular a la actual situación del género humano: el
desprendimiento de los bienes terrenos y el precepto de la
caridad. Bienaventurados los pobres de espíritu; éstas fueron la
primeras palabras pronunciadas por el divino Maestro en su Sermón de h Montaña
(Mt 5,3). Esta lección fundamenta es más necesaria que nunca en estos
tiempos de materialismo, sediento di bienes y placeres terrenales. Todos los
cristianos, ricos y pobres, deben tener siempre fija su mirada era el cielo,
recordando que no tenemos aquí ciudad permanente, sino que buscamos la
futura (Heb 13,14). Los ricos no deben poner su felicidad en las
riquezas de la tierra ni enderezar sus mejores esfuerzos a conseguirlas, sino
que, considerándose como simples administradores de las riquezas, que han de
dar estrecha cuenta de ellas al supremo dueño, deben usar de ellas cono de
preciosos medios que Dios les otorgó para ejercer la virtud, y no dejar de
distribuir a los pobres los bienes superfluos, según el precepto evangélico
(cf. Lc 11,41). De lo contrario, se cumplirá con ellos y en sus
riquezas la severa sentencia del apóstol Santiago: Vosotros, ricos, llorad
a gritos sobre las miserias que os amenazan. Vuestra riqueza está podrida;
vuestros vestidos, consumidos por la polilla; vuestro oro y vuestra plata,
comidos del orín, y el orín será testigo contra vosotros y roerá vuestras
carnes como fuego. Habéis atesorado [ira] para los últimos días (St 5,
1-3)
45. Los pobres, por su
parte, en medio de sus esfuerzos, guiados por las leyes de la caridad y de la
justicia, para proveerse de lo necesario y para mejorar su condición social,
deben también ellos permanecer siempre pobres de espíritu (Mt 5,3),
estimando más los bienes espirituales que los goces terrenos. Tengan además
siempre presente que nunca se conseguirá hacer desaparecer del mundo las
miserias, los dolores y las tribulaciones, a los que están sujetos también los
que exteriormente aparecen como más afortunados. La paciencia es, pues,
necesaria para todos; esa paciencia que mantiene firme el espíritu, confiado en
las divinas promesas de una eterna felicidad. Tened, pues, paciencia,
hermanos —os decimos también con el apóstol Santiago—, hasta la
venida del Señor. Ved cómo el labrador, con la esperanza de los frutos
preciosos de la tierra, aguarda con paciencia las lluvias tempranas y las
tardías. Aguardad también vosotros con paciencia, fortaleced vuestros
corazones, porque la venida del Señor está cercana (St 5,7-8).Sólo
así se cumplirá la consoladora promesa del Señor: Bienaventurados los
pobres. Y no es éste un consuelo vano, corno las promesas de los
comunistas, sino que son palabras de vida eterna, que encierran la suprema
realidad de la vida y que se realizan plenamente aquí en la tierra y después en
la eternidad. ¡Cuántos pobres, confiados en estas palabras y en la esperanza
del reino de los cielos proclamado ya como propiedad suya en el
Evangelio, porque vuestro es el reino de los cielos (Lc 6.20)—,
hallan en su pobreza una felicidad que tantos ricos no pueden encontrar en sus
riquezas, por estar siempre inquietos y siempre agitados por la codicia de
mayores aumentos.
Caridad cristiana
46. Más importante aún
para remediar el mal de que tratamos es el precepto de la caridad, que tiende
por su misma naturaleza a realizar este propósito. Nos nos referimos a esa
caridad cristiana, paciente y benigna (1Cor 13,4), que evita
toda ostentación y todo aire de envilecedor proteccionismo del prójimo; esa
caridad que desde los mismos comienzos del cristianismo ganó para Cristo a los
más pobres entre los pobres, los esclavos. Y en este campa damos las mayores
gracias a todos aquellos que, consagrados a las obras de beneficencia, tanto en
las Conferencias de San Vicente de Paúl como en las grandes y recientes
organizaciones de asistencia social, han ejercitado y ejercitan las obras de
misericordia corporal y espiritual. Cuanto más experimenten en sí mismos los
obreros y los pobres lo que el espíritu de caridad, animado por la virtud de
Cristo, hace por ellos, tanto más se despojarán del prejuicio de que la Iglesia
ha perdido su eficacia y de que está de parte de quienes explotan el trabajo
del obrero.
47. Pero cuando vemos,
por una parte, a una innumerable muchedumbre de necesitados que, por diversas
causas, ajenas totalmente a su voluntad, se hallan oprimidos realmente por una
extremada miseria, y vemos, por otra, a tantos hombres que, sin moderación
alguna, gastan enormes sumas en diversiones y cosas totalmente inútiles, no
podemos menos de reconocer, con un inmenso dolor, que no sólo no se respeta
como es debido la justicia, sino que, además, no se ha profundizado
suficientemente en las exigencias que el precepto de la caridad cristiana
impone al cristiano en su vida diaria.
48. Queremos, por tanto,
venerables hermanos, que se exponga sin descanso, de palabra y por escrito,
este divino precepto, precioso distintivo dejado por Cristo a sus verdaderos
discípulos; este precepto, que nos enseña a ver en los que sufren al mismo
Jesús en persona y que nos manda amar a todos los hombres como a nuestros
hermanos con el mismo amor con que el divino Salvador nos ha amado; es decir,
hasta el sacrificio de nuestros bienes y, si es necesario, aun de la propia
vida. Mediten todos con frecuencia aquellas palabras, consoladoras por una
parte, pero terribles por otra, de la sentencia final que pronunciará el juez
supremo en el día del juicio final: Venid, benditos de mi Padre..., porque
luce hambre, y me disteis de comer; tuve sed, y me disteis de beber... En
verdad os digo que cuantas veces hicisteis eso a uno de estos mis hermanos
menores, a mí me lo hicisteis (Mt 25,34-40). Y, por el
contrario: Apartaos de mí, malditos, al fuego eterno..., porque tuve hambre,
y no me disteis de comer; tuve sed, y no me disteis de beber... En verdad os
digo que, cuando dejasteis de hacer eso con uno de estos pequeñuelos, conmigo
no lo hicisteis (Mt 25, 41-45).
49. Para asegurar, por
tanto, la vida eterna y para socorrer eficazmente a los necesitados, es
absolutamente necesario volver a un tenor de vida más modesto; es necesario
renunciar a los placeres, muchas veces pecaminosos, que el mundo ofrece hoy día
con tanta abundancia; es necesario, finalmente, olvidarse de sí mismo por amor
al prójimo. Este precepto nuevo (Jn 13,34)de la caridad
cristiana posee una virtud divina para regenerar a los hombres, y su fiel
observancia infundirá en los corazones una paz interna desconocida para la vida
de sentidos de este mundo y remediará eficazmente los males que afligen hoy a
la humanidad.
Deberes de estricta
justicia
50. Pero la caridad no
puede atribuirse este nombre si no respeta las exigencias de la justicia,
porque, como enseña el Apóstol, quien ama al prójimo ha cumplido la
ley. El mismo Apóstol explica a continuación la razón ele este
hecho: pues «no adulterarás, no matarás, no robarás...», y cualquier otro
precepto en esta sentencia se resume: «Amarás al prójimo como a ti
mismo» (Rom 13,8-9) . Si, pues, según el Apóstol, todos los deberes,
incluso los más estrictamente obligatorios, como el no matar y el no robar, se
reducen a este único precepto supremo de la verdadera caridad, una caridad que
prive al obrero del salario al que tiene estricto derecho no es caridad, sino
nombre vano y mero simulacro de caridad. No es justo tampoco que el obrero
reciba como limosna lo que se le debe por estricta obligación de justicia; y es
totalmente ilícita la pretensión de eludir con pequeñas dádivas de misericordia
las grandes obligaciones impuestas por la justicia. La caridad y la justicia
imponen sus deberes específicos, los cuales, si bien con frecuencia coinciden
en la identidad del objeto, son, sin embargo, distintos por su esencia; y los
obreros, por razón de su propia dignidad, exigen enérgicamente, con todo
derecho y razón, el reconocimiento por todos de estos deberes a que están
obligados con respecto a ellos los demás ciudadanos.
51. Por esta razón, Nos
nos dirigimos de un modo muy particular a vosotros, patronos e industriales
cristianos, cuya tarea es a menudo tan difícil, porque habéis recibido la
herencia de los errores de un régimen económico injusto que ha ejercitado su
ruinoso influjo sobre tantas generaciones; tened clara conciencia de vuestra
responsabilidad. Es un hecho lamentable, pero cierto: la conducta práctica de
ciertos católicos ha contribuido no poco a la pérdida de confianza de los
trabajadores en la religión de Jesucristo. No quisieron estos católicos
comprender que la caridad cristiana exige el reconocimiento de ciertos derechos
debidos al obrero, derechos que la Iglesia ha reconocido y declarado
explícitamente como obligatorios. ¿Cómo calificar la conducta de ciertos
católicos, que en algunas partes consiguieron impedir la lectura de nuestra
encíclica Quadragesimo anno en sus iglesias patronales? ¿Cómo juzgar
la actitud de ciertos industriales católicos, que se han mostrado hasta hoy
enemigos declarados de un movimiento obrero recomendado por Nos mismo? ¿No es
acaso lamentable que el derecho de propiedad, reconocido por la Iglesia, haya
sido usurpado para defraudar al obrero de su justo salario y de sus derechos
sociales?
Justicia social
52. Porque es un hecho
cierto que, al lado de la justicia conmutativa, hay que afirmar la existencia
de la justicia social, que impone deberes específicos a los que ni los patronos
ni los obreros pueden sustraerse. Y es precisamente propio de la justicia
social exigir de los individuos todo lo que es necesario para el bien común.
Ahora bien: así como un organismo viviente no se atiende suficientemente a la
totalidad del organismo si no se da a cada parte y a cada miembro lo que éstos
necesitan para ejercer sus funciones propias, de la misma manera no se puede
atender suficientemente a la constitución equilibrada del organismo social y al
bien de toda la sociedad si no se da a cada parte y a cada miembro, es decir, a
los hombres, dotados de la dignidad de persona, todos los medios que necesitan
para cumplir su función social particular. El cumplimiento, por tanto, de los
deberes propios de la justicia social tendrá como efecto una intensa actividad
que, nacida en el seno de la vida económica, madurará en la tranquilidad del
orden y demostrará la entera salud del Estado, de la misma manera que la salud
del cuerpo humano se reconoce externamente en la actividad inalterada y, al
mismo tiempo, plena y fructuosa de todo el organismo.
53. Pero no se cumplirán
suficientemente las exigencias de la justicia social si los obreros no tienen
asegurado su propio sustento y el de sus familias con un salario proporcionado
a esta doble condición; si no se les facilita la ocasión ele adquirir un
modesto patrimonio que evite así la plaga del actual pauperismo universal; si
no se toman, finalmente, precauciones acertadas en su favor, por medio de los
seguros públicos o privados, para el tiempo de la vejez, de la enfermedad o del
paro forzoso. En esta materia conviene repetir lo que hemos dicho en nuestra
encíclica Quadragesimo
anno: «La economía social estará sólidamente constituida y alcanzará
sus fines sólo cuando a todos y a cada uno se provea de todos los bienes que
las riquezas y subsidios naturales, la técnica y la constitución social de la
economía pueden producir. Esos bienes deben ser suficientemente abundantes para
satisfacer las necesidades y honestas comodidades y elevar a los hombres a
aquella condición de vida más feliz que, administrada prudentemente, no sólo no
impide la virtud, sino que la favorece en gran número» [21].
54. Y si, como sucede
cada día con mayor frecuencia, en el régimen de salario los particulares no
pueden satisfacer las obligaciones de la justicia, si no es con la exclusiva
condición previa de que todos ellos convengan en practicarla conjuntamente
mediante instituciones que unan entre sí a los patronos —para evitar entre
éstos una concurrencia de precios incompatible con los derechos de los
trabajadores—, es deber de los empresarios y patronos en estas situaciones
sostener y promover las instituciones necesarias que constituyan el medio
normal para poder cumplir los deberes de la justicia. Pero también los
trabajadores deben tener siempre presente sus obligaciones de caridad y de
justicia para con los patronos, y deben convencerse de que de esta manera
pondrán a salvo con mayor eficacia sus propios intereses.
55. Quien considere, por
tanto, la estructura total de la vida económica —como ya advertimos en nuestra
encíclica Quadragesimo anno— , comprenderá que la conjunta colaboración de
la justicia y de la caridad no podrá influir en las relaciones económicas y
sociales si no es por medio de un cuerpo de instituciones profesionales e
interprofesionales basadas sobre el sólido fundamento de la doctrina cristiana,
unidas entre sí y que constituyan, bajo formas diversas adaptadas a las
condiciones de tiempo y lugar, lo que antiguamente recibía el nombre de
corporaciones.
Estudio y difusión de la
doctrina social
56. Para dar a esta
acción social mayor eficacia es absolutamente necesario promover todo lo
posible el estudio de los problemas sociales a la luz de la doctrina de la
Iglesia y difundir por todas partes las enseñanzas de esa doctrina bajo la
égida de la autoridad constituida por Dios en la misma Iglesia. Porque, si el
modo de proceder de algunos católicos ha dejado que desear en el campo
económico y social, la causa de este defecto ha sido con frecuencia la
insuficiente consideración de las enseñanzas dadas por los Sumos Pontífices en
esta materia. Por esto es sumamente necesario que en todas las clases sociales
se promueva una más intensa formación en las ciencias sociales, adaptada en su
medida personal al diverso grado de cultura intelectual; y es sumamente
necesario también que se procure con toda solicitud e industria la difusión más
amplia posible de las enseñanzas de la Iglesia aun entre a clase obrera. Que
las enseñanzas sociales de la Iglesia católica iluminen con la plenitud de su
luz a todos los espíritus y muevan las voluntades de todos a seguirlas y
aplicarlas como norma segura de vida que impulse al cumplimiento concienzudo de
los múltiples deberes sociales. Así se evitará esa inconsecuencia y esa
inconstancia en la vida cristiana que Nos hemos lamentado más de una vez y que
hacen que algunos católicos, aparentemente fieles en el cumplimiento de sus
estrictos deberes religiosos, luego en el campo del trabajo, de la industria y
de la profesión, o en el comercio, o en el ejercicio de sus funciones públicas,
por un deplorable desdoblamiento de la conciencia, lleven una vida demasiado
contraria a las claras normas de la justicia y de la caridad cristiana, dando
así grave escándalo a los espíritus débiles y ofreciendo a los malos un fácil
pretexto para desacreditar a la propia Iglesia.
57. A esta renovación de
la moral cristiana puede contribuir extraordinariamente la propagación de la
prensa católica. La prensa católica debe, en primar lugar, fomentar el
conocimiento más amplio cada día de la doctrina socia de la Iglesia de un modo
variado y atrayente; debe, en segundo lugar, denunciar con exactitud, pero
también con la debida extensión, la actividad de los enemigos y señalar los
medios de lucha que han demostrado ser más eficaces por la experiencia repetida
en muchas naciones; debe, por último, proponer útiles sugerencias para poner en
guardia a los lectores contra los astutos engaños con que los comunistas han
intentado y sabido atraerse incluso a hombres de buena fe.
Precaverse contra las
insidias que usa el comunismo
58. Aunque ya hemos
insistido sobre estos puntos en nuestra alocución de 12 de mayo del año pasado,
juzgamos, sin embargo, necesario, venerados hermanos, volver a llamar vuestra
atención sobre ellos de modo particular. Al principio, el comunismo se
manifestó tal cual era en toda su criminal perversidad; pero pronto advirtió
que de esta manera alejaba de sí a los pueblos, y por esto ha cambiado de
táctica y procura ahora atraerse las muchedumbres con diversos engaños,
ocultando sus verdaderos intentos bajo el rótulo de ideas que son en sí mismas
buenas y atrayentes.
59. Por ejemplo, viendo
el deseo de paz que tienen todos los hombres, los jefes del comunismo aparentan
ser los más celosos defensores y propagandistas del movimiento por la paz
mundial; pero, al mismo tiempo, por una parte, excitan a los pueblos a la lucha
civil para suprimir las clases sociales, lucha que hace correr ríos de sangre,
y, por otra parte, sintiendo que su paz interna carece de garantías sólidas,
recurren a un acopio ilimitado de armamentos. De la misma manera, con diversos
nombres que carecen de todo significado comunista, fundan asociaciones y
publican periódicos cuya única finalidad es la de hacer posible la penetración
de sus ideas en medios sociales que de otro modo no les serian fácilmente
accesibles; más todavía, procuran infiltrarse insensiblemente hasta en las
mismas asociaciones abiertamente católicas o religiosas. En otras partes, los
comunistas, sin renunciar en nada a sus principios, invitan a los católicos a
colaborar amistosamente con ellos en el campo del humanitarismo y de la
caridad, proponiendo a veces, con estos fines, proyectos completamente
conformes al espíritu cristiano y a la doctrina de la Iglesia. En otras partes
acentúan su hipocresía hasta el punto de hacer creer que el comunismo, en los
países de mayor civilización y de fe más profunda, adoptará una forma más
mitigada, concediendo a todos los ciudadanos la libertad de cultos y la
libertad de conciencia. Hay incluso quienes, apoyándose en algunas ligeras
modificaciones introducidas recientemente en la legislación soviética, piensan
que el comunismo está a punto de abandonar su programa de lucha abierta contra
Dios.
60. Procurad, venerables
hermanos, con sumo cuidado que los fieles no se dejen engañar. El comunismo es
intrínsecamente malo, y no se puede admitir que colaboren con el comunismo, en
terreno alguno, los que quieren salvar de la ruina la civilización cristiana. Y
si algunos, inducidos al error, cooperasen al establecimiento del comunismo en
sus propios países, serán los primeros en pagar el castigo de su error; y
cuanto más antigua y luminosa es la civilización creada por el cristianismo en
las naciones en que el comunismo logre penetrar, tanto mayor será la
devastación que en ellas ejercerá el odio del ateísmo comunista.
Oración y penitencia
61. Pero si el Señor
no guarda la ciudad, en vano vigilan sus centinelas (Sal 126,1).Por
esto os exhortamos con insistencia, venerables hermanos, para que en vuestras
diócesis promováis e intensifiquéis del modo más eficaz posible el espíritu de
oración y el espíritu de mortificación.
62. Cuando los apóstoles
preguntaron al Salvador por qué no habían podido librar del espíritu maligno a
un endemoniado, les respondió el Señor: Esta especie [de demonios] no
puede ser lanzada sino por la oración el ayuno (Mt 17,20). Tampoco
podrá ser vencido el mal que hoy atormenta a la humanidad si no se acude a una
santa e insistente cruzada universal de oración y penitencia; por esto
recomendamos singularmente a las Ordenes contemplativas, masculinas y
femeninas, que redoblen sus súplicas y sus sacrificios para lograr del cielo
una poderosa ayuda a la Iglesia en sus luchas presentes, poniendo para ello
como intercesora a la inmaculada Madre de Dios, la cual, así como un día
aplastó la cabeza de la antigua serpiente, así también es hoy la defensa segura
y el invencible Auxilium Christianorum.
V. MINISTROS Y AUXILIARES
DE ESTA OBRA SOCIAL DE LA IGLESIA
Los sacerdotes
63. Tanto para la obra
mundial de salvación, que hemos descrito hasta aquí, como para la aplicación de
los remedios, que hemos indicado brevemente, Jesucristo ha elegido y señalado a
sus sacerdotes como los primeros ministros y realizadores. A los sacerdotes les
ha sido confiada, por especial voluntad divina, la misión de mantener encendida
y esplendorosa en el mundo, bajo la guía de los sagrados pastores y en unión de
filial obediencia con el Vicario de Cristo en la tierra, la lumbrera de la fe y
de infundir en los fieles aquella confianza sobrenatural con que la Iglesia, en
nombre de Cristo, ha combatido y vencido en tantas batallas a lo largo de su
historia: Esta es la victoria que ha vencido al mundo, nuestra
fe (1Jn 5,4).
64. En esta materia
recordarnos de modo particular a los sacerdotes la exhortación, tantas veces
repetida por nuestro predecesor, de feliz memoria, León XIII de ir al obrero;
exhortación que Nos hacemos nuestra complementándola con esta aclaración: «Id
especialmente al obrero pobre; más todavía, id en general a los necesitados»,
como mandan las enseñanzas de Jesús y de su Iglesia. Los necesitados son, en
efecto, los que están más expuestos a las maniobras de los agitadores, que
explotan la mísera situación de los necesitados para encender en el alma de
éstos la envidia contra los ricos y excitarlos a tomar por la fuerza lo que,
según ellos, la fortuna les ha negado injustamente. Pero, si el sacerdote no va
al obrero y al necesitado para prevenirlo o para desengañarlo de todo prejuicio
y de toda teoría falsa, ese obrero y ese necesitado llegarán a ser fácil presa
de los apóstoles del comunismo.
65. No podemos negar que
se ha hecho ya mucho en este campo, especialmente después de las
encíclicas Rerum novarum y Quadragesimo anno; y saludamos con
paterno agrado el industrioso celo pastoral de tantos obispos y sacerdotes que,
con el uso prudente de las debidas cautelas, proyectan y experimentan nuevos
métodos de apostolado más adecuados a las exigencias modernas. Sin embargo, todo
lo hecho en este campo es aún demasiado poco para las presentes necesidades.
Así como, cuando la patria se halla en peligro, todo lo que no es estrictamente
necesario o no está directamente ordenado a la urgente necesidad de la defensa
común pasa a segunda línea, así también, en nuestro caso, toda otra obra, por
muy hermosa y buena que sea, debe ceder necesariamente el puesto a la vital
necesidad de salvar las bases mismas de la fe y de la civilización cristianas.
Por esta razón, los sacerdotes, en sus parroquias, conságrense naturalmente, en
primer lugar, al ordinario cuidado y gobierno de los fieles, pero después deben
necesariamente reservar la mejor y la mayor parte de sus fuerzas y de su
actividad para recuperar para Cristo y para la Iglesia las masas trabajadoras y
para lograr que queden de nuevo saturadas del espíritu cristiano las
asociaciones y los pueblos que han abandonado a la Iglesia. Si los sacerdotes
realizan esta labor, hallarán, como fruto de su trabajo, una cosecha superior a
toda esperanza, que será para ellos la recompensa del duro trabajo de la
primera roturación. Es éste un hecho que hemos visto comprobado en Roma y en
otras grandes ciudades, donde en las nuevas iglesias que van surgiendo en los
barrios periféricos se van reuniendo celosas comunidades parroquiales y se
operan verdaderos milagros de conversión en poblaciones que antes eran hostiles
a la religión por el solo hecho de no conocerla.
66. Pero el medio más
eficaz de apostolado entre las muchedumbres de los necesitados y de los humildes
es el ejemplo del sacerdote que está adornado de todas las virtudes
sacerdotales, que hemos descrito en nuestra encíclica Ad
catholici sacerdoti [22];
pero en la materia presente es necesario de modo muy especial que el sacerdote
sea un vivo ejemplo eminente de humildad, pobreza y desinterés que lo
conviertan a los ojos de los fieles en copia exacta de aquel divino Maestro que
pudo afirmar de sí con absoluta certeza: Las raposas tienen cuevas, y las
aves del cielo, nidos; pero el Hijo del hombre no tiene dónde reclinar su
cabeza (Mt 8,20).Una experiencia diaria enseña que el sacerdote pobre
y totalmente desinteresado, como enseña el Evangelio, realiza una maravillosa
obra benéfica en medio del pueblo; un San Vicente de Paúl, un Cura de Ars, un
Cottolengo, un Don Bosco y tantos otros son otras tantas pruebas de esta
realidad; en cambio, el sacerdote avaro, egoísta e interesado, como hemos
recordado ya en la citada encíclica, aunque no caiga, como Judas, en el abismo
de la traición, será por lo menos un vano bronce que resuena y un inútil
címbalo que retiñe (1Cor 13,1), y con demasiada frecuencia un
estorbo, más que un instrumento positivo de la gracia, entre los fieles. Y si
el sacerdote, lo mismo el secular que el regular, tiene que administrar bienes
temporales por razón de su oficio, recuerde que no sólo debe observar
escrupulosamente todas las obligaciones de la caridad y de la justicia, sino
que, además, debe mostrarse de manera especial como verdadero padre de los
pobres.
La Acción Católica
67. Después del clero
dirigimos nuestra paterna invitación a nuestros queridísimos hijos seglares que
militan en las filas de la Acción Católica, para Nos tan querida, y que, como
en otra ocasión hemos declarado, constituye «una ayuda particularmente
providencial» para la obra de la Iglesia en las difíciles circunstancias del
momento presente. En realidad, la Acción Católica realiza un auténtico
apostolado social, porque su finalidad última es la difusión del reino de
Jesucristo no sólo en los individuos, sino también en las familias y en la
sociedad civil. Por consiguiente, su obligación fundamental es atender a la más
exquisita formación espiritual de sus miembros y a la acertada preparación de
éstos para combatir en las santas batallas de Dios. A esta labor formativa, hoy
día más urgente y necesaria que nunca, y que debe preceder siempre como
requisito fundamental de toda acción directa y efectiva, contribuirán
extraordinariamente los círculos de estudio, las semanas sociales, los cursos
orgánicos de conferencias y, finalmente, todas aquellas iniciativas dirigidas a
solucionar con sentido cristiano, en el terreno práctico, los problemas
económicos.
68. Estos soldados de la
Acción Católica, así preparados, serán los primeros e inmediatos apóstoles de
sus compañeros de trabajo y los valiosos auxiliares del sacerdote para extender
por todas partes la luz de la verdad y para aliviar las innumerables y graves
miserias materiales y espirituales en innumerables zonas sociales refractarias
hoy día muchas veces a la acción del ministro de Dios por inveterados
prejuicios contra el clero o por una lamentable apatía religiosa. De esta
manera, los hombres de la Acción Católica, bajo la dirección de sacerdotes
experimentados, realizarán una enérgica y valiosa colaboración en la labor de
asistencia religiosa a las clases trabajadoras, labor que nos es tan querida,
porque consideramos esta asistencia religiosa como el medio más idóneo para
defender a los obreros, nuestros queridos hijos, de las insidias comunistas.
69. Además de este
apostolado individual, muchas veces oculto, pero utilísimo y eficaz, es también
misión propia de la Acción Católica difundir ampliamente, por medio de la
propaganda oral y escrita, los principios fundamentales, expuestos en los
documentos públicos de los Sumos Pontífices, para la administración de la cosa
pública según la concepción cristiana.
Organizaciones auxiliares
70. En torno a la Acción
Católica se alinean, como fuerzas combatientes, algunas organizaciones que Nos
hemos calificado en otra ocasión como auxiliares de aquélla. Con paterno afecto
exhortamos también a estas organizaciones a participar en la gran misión de que
tratamos, y que actualmente presenta una trascendencia no superada por
cualquier otra necesidad.
Organizaciones de clase
71. Nos pensamos también
en las organizaciones integradas por hombres y mujeres de la misma clase
social: asociaciones de obreros, de agricultores, de ingenieros, de médicos, de
patronos, de hombres de estudio, y otras semejantes, compuestas todas ellas por
personas que, teniendo un idéntico grado de cultura, se han unido, impulsadas
por la misma naturaleza, en agrupaciones sociales acomodadas a su situación.
Juzgamos que estas organizaciones tienen un papel muy importante que realizar,
tanto en la labor de introducir en el Estado aquel orden equilibrado que
tuvimos presente en nuestra encíclica Quadragesimo anno como en la
difusión y en el reconocimiento de la realeza de Cristo en todos los campos de
la cultura y del trabajo.
72. Y si, por las transformaciones
que han experimentado la situación económica y la vida social, el Estado ha
juzgado como misión suya la regulación y el equilibrio de estas asociaciones
por medio de una específica acción legislativa, respetando, como es justo, la
libertad y la iniciativa privadas, sin embargo, los hombres de la Acción
Católica, aunque deben tener siempre en cuenta las realidades de la situación
presente, deben también prestar su prudente contribución intelectual a la
cuestión, solucionando los nuevos problemas según las normas de la doctrina
católica, y consagrar su actividad participando recta y voluntariamente en las
nuevas formas e instituciones con la intención de hacer penetrar en éstas el
espíritu cristiano, que es siempre principio de orden en el aspecto político y
de mutua y fraterna colaboración en el aspecto social.
Llamamiento a los
obreros católicos
73. Una palabra
especialmente paterna queremos dirigir aquí a nuestros queridos obreros
católicos, jóvenes o adultos, los cuales, como premio de su heroica fidelidad
en estos tiempos tan difíciles, han recibido una noble y ardua misión. Bajo la
dirección de sus obispos y de sus sacerdotes, deben trabajar para traer de
nuevo a la Iglesia y a Dios inmensas multitudes de trabajadores que,
exacerbados por una injusta incomprensión o por el olvido de la dignidad a que
tenían derecho, se han alejado, desgraciadamente, de Dios. Demuestren los
obreros católicos, con su ejemplo y con sus palabras, a estos hermanos de
trabajo extraviados que la Iglesia es una tierna madre para todos aquellos que
trabajan o sufren y que jamás ha faltado ni faltará a su sagrado deber materno
de defender a sus hijos. Y como esta misión que el obrero católico debe cumplir
en las minas, en las fábricas, en los talleres y en todos los centros de
trabajo, exige a veces grandes sacrificios, recuerden los obreros católicos que
el Salvador del mundo ha dado no sólo ejemplo de trabajo, sino también ejemplo
de sacrificio.
Necesidad de concordia
entre los católicos
74. A todos nuestros
hijos de toda clase social, de toda nación, de toda asociación religiosa o
seglar en la Iglesia, queremos dirigir un nuevo y más apremiante llamamiento a
la concordia. Porque más de una vez nuestro corazón de Padre se ha visto
afligido por las divisiones internas entre los católicos, divisiones que, si
bien nacen de fútiles causas, son, sin embargo, siempre trágicas en sus
consecuencias, pues enfrentan mutuamente a los hijos de una misma madre, la
Iglesia. Esta es la causa de que los agentes de la revolución, que no son tan
numerosos, aprovechando la ocasión que se les ofrece, agudicen más todavía las
discordias y acaben por conseguir su mayor deseo, que es la lucha intestina
entre los mismos católicos. Después de los sucesos de estos últimos tiempos,
debería parecer superflua nuestra advertencia. Sin embargo, la repetimos de
nuevo para aquellos que o no la han comprendido o no la han querido comprender.
Los que procuran exacerbar las disensiones internas entre los católicos
incurren en una gravísima responsabilidad ante Dios y ante la Iglesia.
Llamamiento a todos los
que creen en Dios
75. Pero en esta lucha
entablada por el poder de las tinieblas contra la idea misma de la
Divinidad, esperamos confiadamente que colaborarán, además de todos los que se
glorían del nombre cristiano, todos los que creen en Dios y adoran a Dios, los
cuales son todavía la inmensa mayoría de los hombres.
76. Renovamos, por tanto,
el llamamiento que hace ya cinco años hicimos en nuestra
encíclica Caritate Christi, para que también todos los creyentes
colaboren leal y cordialmente para alejar de la humanidad el gravísimo peligro
que amenaza a todos.
77. Porque —como entonces
decíamos— , «siendo la fe en Dios el fundamento previo de todo orden político y
la base insustituible de toda autoridad humana, todos los que no quieren la
destrucción del orden ni la supresión de la ley deben trabajar enérgicamente
para que los enemigos de la religión no alcancen el fin tan abiertamente
proclamado por ellos» [23].
Deberes del Estado
cristiano
Ayudar a la Iglesia
78. Hemos expuesto hasta
ahora, venerables hermanos, la misión positiva, de orden doctrinal y práctico a
la vez, que la Iglesia ha recibido como propia en virtud del mandato a ella
confiado por Cristo, su autor y apoyo, de cristianizar la sociedad humana, y,
en nuestros tiempos, de combatir y desbaratar los esfuerzos del comunismo, y
hemos dirigido, en virtud de esta misión, un llamamiento a todas y a cada una
de las clases sociales.
79. Pero con esta misión
de la Iglesia es necesario que colabore positivamente el Estado cristiano,
prestando a la Iglesia su auxilio en este campo, auxilio que, si bien consiste
en los medios externos que son propios del Estado, repercute necesariamente y
en primer lugar sobre el bien de las almas.
80. Por esta razón, los
gobiernos deben poner sumo cuidado en impedir que la criminal propaganda atea,
destructora nata de todos los fundamentos del orden social, penetre en sus
pueblos; porque no puede haber autoridad alguna estable sobre la tierra si se
niega la autoridad de Dios, ni puede tener firmeza un juramento si se suprime
el nombre de Dios vivo. Repetimos a este propósito lo que tantas veces y con
tanta insistencia hemos dicho, especialmente en nuestra encíclica Caritate
Christi: «¿Cómo puede tener vigor un contrato cualquiera y qué vigencia
puede tener un tratado si falta toda garantía de conciencia, si falta la fe en
Dios, si falta el temor de Dios? Quitado este cimiento, se derrumba toda la ley
moral y no hay remedio que pueda impedir la gradual pero inevitable ruina de
los pueblos, de la familia, del Estado y de la misma civilización humana»[24].
Disposiciones exigidas
por el bien común
81. Además, los gobiernos
deben consagrar su principal preocupación a la creación de aquellos medios
materiales de vida necesarios para el ciudadano, sin los cuales todo Estado,
por muy perfecta que sea su constitución, se derrumbará necesariamente, y a
procurar trabajo especialmente a los padres de familia y a la juventud. Para
lograr estos fines, induzcan los gobiernos a las clases ricas a aceptar por
razón de bien común aquellas cargas sin cuya aceptación no puede conservarse el
Estado ni pueden vivir seguros los mismos ricos. Pero las disposiciones que los
gobiernos adopten con este fin deben ser tales que pesen efectivamente sobre
los ciudadanos que tienen en sus manos los grandes capitales y los aumentan
cada día con grave daño de las demás clases sociales.
Prudente y sobria
administración
82. Pero la
administración pública del propio Estado, de la cual es responsable el
gobernante ante Dios y ante la sociedad, debe necesariamente desenvolverse con
una prudencia y una sobriedad tan grandes, que sirva de ejemplo para todos los
ciudadanos. Hoy más que nunca, la gravísima crisis económica que azota al mundo
entero exige que los que disfrutan de inmensas fortunas, fruto del trabajo y
del sudor de tantos ciudadanos, pretendan exclusivamente el bien común y
procuren aumentar lo más posible este bien común. También los altos cargos
políticos del Estado y todos los funcionarios públicos de la administración
deben cumplir sus deberes por obligación de conciencia con fidelidad y
desinterés, siguiendo los luminosos ejemplos antiguos y recientes de tantos
hombres insignes que con un trabajo infatigable sacrificaron toda su vida por
el bien de la patria. Y en las relaciones mutuas de los pueblos entre sí deben
suprimirse lo más pronto posible todos esos impedimentos artificiales de la
vida económica que brotan principalmente de un sentimiento de desconfianza y de
odio, pues todos los pueblos de la tierra forman una única familia nacida de
Dios.
Libertad de la Iglesia
83. Pero, al mismo
tiempo, el Estado debe dejar a la Iglesia en plena libertad para que ésta
realice su divina misión sobre las almas, si quiere colaborar de esta manera en
la salvación de los pueblos de la terrible tormenta de la hora presente. En
todas partes se hace hoy día un angustioso llamamiento a las fuerzas morales
del espíritu, y con razón, porque el mal que hay que combatir es, considerado
en su raíz más profunda, un mal de naturaleza espiritual, y de esta corrompida
fuente ideológica es de donde brotan con una lógica diabólica todas las
monstruosidades del comunismo. Ahora bien: entre las fuerzas morales y
religiosas sobresale incontestablemente la Iglesia católica, y por esto el bien
mismo de la humanidad exige que no se pongan impedimentos a su actividad.
Proceder de distinta manera y querer obtener el fin espiritual indicado con
medios puramente económicos o políticos equivale a incurrir necesariamente en
un error sumamente peligroso. Porque, cuando se excluye la religión de los
centros de enseñanza, de la educación de la juventud, de la moral de la vida
pública, y se permite el escarnio de los representantes del cristianismo y de
los sagrados ritos de éste, ¿no se fomenta, acaso, el materialismo, del que
nacen los principios y las instituciones propias del comunismo? Ni la fuerza
humana mejor organizada ni los más altos y nobles ideales terrenos pueden
dominar los movimientos desordenados de este carácter, que hunden sus raíces
precisamente en la excesiva codicia de los bienes de esta vida.
84. Nos confiamos en que
los que actualmente dirigen el destino de las naciones, por poco que adviertan
el peligro extremo que amenaza hoy a los pueblos, comprenderán cada vez mejor
la grave obligación que sobre ellos pesa de no impedir a la Iglesia el
cumplimiento de su misión; obligación robustecida por el hecho de que la
Iglesia, al procurar a los hombres la consecución de la felicidad eterna,
trabaja también inseparablemente por la verdadera felicidad temporal de los
hombres.
Paterno llamamiento a los
extraviados
85. Pero Nos no podemos
terminar esta encíclica sin dirigir una palabra a aquellos hijos nuestros que
están ya contagiados, o por lo menos amenazados de contagio, por la epidemia
del comunismo. Les exhortamos vivamente a que oigan la voz del Padre, que los
ama, y rogamos al Señor que los ilumine para que abandonen el resbaladizo
camino que los lleva a una inmensa y catastrófica ruina, y reconozcan también ellos
que el único Salvador es Jesucristo Nuestro Señor, pues ningún otro nombre
nos ha sido dado bajo el cielo, entre los hombres, por el cual podamos ser
salvos (Hech 4,12).
CONCLUSIÓN
San José, modelo y
patrono
86. Finalmente, para
acelerar la paz de Cristo en el reino de Cristo [25],
por todos tan deseada, ponemos la actividad de la Iglesia católica contra el
comunismo ateo bajo la égida del poderoso Patrono de la Iglesia, San José.
87. San ,José perteneció
a la clase obrera y experimentó personalmente el peso de la pobreza en sí mismo
y en la Sagrada Familia, de la que era padre solícito y abnegado; a San José
fue confiado el Infante divino cuando Herodes envió a sus sicarios para
matarlo. Cumpliendo con toda fidelidad los deberes diarios de su profesión, ha
dejado un ejemplo de vida a todos los que tienen que ganarse el pan con el
trabajo de sus manos, y, después de merecer el calificativo
de justo (2Pe 3,13; cf. Is 65,17; Ap 2,1),
ha quedado como ejemplo viviente de la justicia cristiana, que debe regular la
vida social de los hombres.
88. Nos, levantando la
mirada, vigorizada por la virtud de la fe, creemos ya ver los nuevos
cielos y la nueva tierra de que habla nuestro primer antecesor, San Pedro.
Y mientras las promesas de los falsos profetas de un paraíso terrestre se
disipan entre crímenes sangrientos y dolorosos, resuena desde el ciclo con
alegría profunda la gran profecía apocalíptica del Redentor del mundo: He
aquí que hago nuevas todas las cosas (Ap 21,5).
No nos queda otra cosa,
venerables hermanos, que elevar nuestras manos paternas y hacer descender sobre
vosotros, sobre vuestro clero y pueblo, sobre la gran familia católica, la
bendición apostólica.
Dado en Roma, junto a San
Pedro, m la fiesta de San José, Patrono de la Iglesia universal, el día 19 de
marzo de 1937, año decimosexto de nuestro pontificado.
PÍO PP XI
Notas
[1] Pío
IX, Encl. Qui pluribus, 9 de noviembre de 1846 (Acta Pii IX, vol.I, p.13).
Cf. Syllabus c.4: ASS 3 (1865) 170.
[2] León
XIII, Encl. Quod Apostolicis muneris, 28 de diciembre de 1924: AAS 9
(1878) 369-376.
[3] Pío
XI, Aloc Nostis qua, 18 de diciembre de 1924: AAS 16 (1924) 494-495.
[4] 8
de mayo de 1928: AAS 20 (1928) 165-178.
[5] 15
de mayo de 1931: AAS 23 (1931) 177-228.
[6] 3
de mayo de 1932: AAS 24 (1932) 177-194.
[7] 29
de septiembre de 1932: AAS 24 (1932) 331-332.
[8] 3
de junio de 1933: AAS 25 (1937) 261-274.
[9] 12
de mayo de 1936: AAS 29 (1937) 130-144.
[10] Discurso
a los españoles prófugos con motivo de la guerra civil, 14 de septiembre de
1936, sobre las lecciones de la guerra española: AAS 28 (1936) 374-381.
[11] AAS
29 (1937) 5-9.
[12] Enc. Casti
connubii, 31 de diciembre de 1930: AAS 22 (1930) 567.
[13] Enc. Divini
illius Magistri, 31 de diciembre de 1929: AAS 22 (1930), p. 49-86.
[14] Enc. Casti
connubii, 31 de diciembre de 1930: AAS 22 (1930), p.539-592.
[15] Enc. Rerum
novarum, 15 de mayo de 1891 (Acta Leonis XIII, vol. IV, p.177-209).
[16] Enc. Quadragesimo
anno, 15 de mayo de 1931: AAS 23 (1931), p.177-288.
[17] Enc. Diuturnum
illud, 20 de junio de 1881 (Acta Leonis XIII, vol. I, p.210-222)
[18] Enc. Immortale
Dei, 1 de noviembre de 18856, (Acta Leonis XIII, vol. II, p.146-168)
[19] M.
T. Cicerón, De officiis I, 42.
[20] AAS
28 (1936) 421-424.
[21] Enc. Quadragesimo
anno, 15 de mayo de 1931: AAS 23 (1931) 2002.
[22] 20
de diciembre de 1935: AAS 28 (1936) 5-53.
[23] Enc. Caritate
Christi, 3 de mayo de 1932: AAS 24 (1932) 184.
[24] Enc. Caritate
Christi, 3 de mayo de 1932: AAS 24 (1932) 184.
[25] Cf. Ubi
arcano, 23 de septiembre de 1922: AAS (1922) 691.
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para la Comunicación
Capela
da Universidade São Judas Tadeu (Bairro Mooca, São Paulo (SP), Brasil
SOBRE O COMUNISMO ATEU
1. A promessa dum
Redentor divino ilumina a primeira página da história da humanidade; e assim a
firmíssima esperança de melhores dias, assim como suavizou a dor causada pela
perda do paraíso de delícias, assim foi acompanhando os homens
através do seu caminho de amarguras e inquietações, até que enfim, quando
chegou a plenitude do tempo, o nosso Salvador, vindo à terra, cumulou as ânsias
dessa tão longa expectação da humanidade e inaugurou para todos os povos uma
nova civilização cristã, que vence e quase imensamente supera a que algumas
nações mais privilegiadas atingiram, à custa dos maiores esforços e trabalhos.
2. Depois da miserável
queda de Adão, como conseqüência dessa mácula hereditária, começou a travar-se
o duro combate da virtude contra os estímulos dos vícios; e jamais cessou
aquele antigo e astuto tentador de enganar a sociedade com promessas falazes. É
por isso que, pelos séculos afora, as perturbações se têm sucedido umas às
outras até à revolução dos nossos dias, a qual ou já surge furiosa ou
pavorosamente ameaçada atear-se em todo o universo e parece ultrapassar em
violência e amplitude todas as perseguições que a Igreja tem padecido; a tal
ponto que povos inteiros correm perigo de recair em barbárie, muito mais
horrorosa do que aquela em que jazia a maior parte do mundo antes da vinda do
divino Redentor.
3. Vós, sem dúvida,
Veneráveis Irmãos, já percebestes de que perigo ameaçador falamos: é
do comunismo, denominado bolchevista e ateu, que se propõe como fim
peculiar revolucionar radicalmente a ordem social e subverter os próprios
fundamentos da civilização cristã.
I - ATITUDE DA IGREJA
PERANTE O COMUNISMO
CONDENAÇÕES ANTERIORES
4. Mas diante destas
ameaçadoras tentativas, não podia calar-se nem de fato se calou a Igreja
Católica. Não se calou esta Sé Apostólica, que muito bem conhece que tem por
missão peculiar defender a verdade, a justiça e todos os bens imortais, que o
comunismo despreza e impugna. Já desde os tempos em que certas classes de
eruditos pretenderam libertar a civilização e cultura humanística dos laços da
religião e da moral, os Nossos Predecessores julgaram que era seu dever chamar
a atenção do mundo, em termos bem explícitos, para as conseqüências da
descristianização da sociedade humana. E pelo que diz respeito aos erros dos
comunistas, já em 1846, o Nosso Predecessor de feliz memória, Pio IX, os
condenou solenemente, e confirmou depois essa condenação no Sílabo. São estas
as palavras que emprega na Encíclica Qui pluribus: “Para aqui (tende) essa
doutrina nefanda do chamado comunismo, sumamente contrária ao próprio direito
natural, a qual, uma vez admitida, levaria à subversão radical dos direitos,
das coisas, das propriedades de todos e da própria sociedade humana”
(Encíclica Qui pluribus, 9 de novembro de 1846: Acta Pii IX, vol. I, pág.
13. Cf. Sílabo, IV: A.A.S., vol. III, pág. 170). Mais tarde, outro Predecessor
Nosso de imortal memória, Leão XIII, na sua Encíclica Quod
Apostolici muneris (28 de dezembro de 1878: Acta Leonis XIII, vol. I,
pág. 40), assim descreveu distinta e expressamente esses mesmos erros: “Peste
mortífera, que invade a medula da sociedade humana e a conduz a um perigo
extremo”; e com a clarividência do seu espírito luminoso demonstrou que o
movimento precipitado das multidões para a impiedade do ateísmo, numa época em que
tanto se exaltavam os progressos da técnica, tivera origem nos desvarios duma
filosofia que de há muito porfia por separar a ciência e a vida da fé da
Igreja.
ATOS DO PRESENTE
PONTIFICADO
5. Nós também no decurso
do Nosso Pontificado, com insistente solicitude fomos várias vezes denunciando
as correntes desta impiedade que víamos crescendo e rugindo cada vez mais
ameaçadoras. Efetivamente, quando em 1924 voltava da Rússia a Nossa missão de
socorro, numa alocução especial dirigida ao universo católico (18 de dezembro
de 1924: A.A.S., vol. XVI (1924), págs. 494-495), condenamos os erros e
processos dos comunistas. E pelas Encíclicas Miserentissimus
Redemptor (8 de maio de 1928: A.A.S., vol. XX (1928), págs.
165-178), Quadragesimo
anno (15 de maio de 1931: A.A.S., vol. XXIII (1931), págs.
177-228), Caritate
Christi (3 de maio de 1932: A.A.S., vol. XXIV (1932), págs.
177-194), Acerba
animi (29 de setembro de 1932: A.A.S., vol. XXIV (1932), págs.
321-332), Dilectissima
Nobis (3 de junho de 1933: A.A.S., vol. XXV (1933), págs. 261-274),
levantamos a voz em solenes protestos contra as perseguições desencadeadas
contra o nome cristão, tanto na Rússia, como no México, como finalmente na
Espanha. E estão ainda bem frescas na memória as alocuções por Nós
pronunciadas, o ano passado, quer por ocasião da inauguração da Exposição
mundial da Imprensa Católica, quer na audiência concedida aos refugiados espanhóis,
quer também em Nossa Mensagem radiofônica pela festa do santo Natal. Até os
mais encarniçados inimigos da Igreja, que desde Moscou, sua capital, dirigem
esta luta contra a civilização cristã, até eles mesmos, com seus ataques
ininterruptos, dão testemunho, não tanto por palavras como por atos, que o Sumo
Pontificado, ainda em nossos tempos, não só não cessou de tutelar com toda a
fidelidade o santuário da religião cristã, mas tem dado voz de alarme contra o
enorme perigo comunista, com mais freqüência e maior força persuasiva que
nenhum outro poder público deste mundo.
NECESSIDADE DE UM NOVO
DOCUMENTO SOLENE
6. Não obstante, posto
que temos renovado tão repetidamente estas paternais advertências, que vós,
Veneráveis Irmãos, em tantas cartas pastorais, algumas delas coletivas,
diligentemente comentastes e transmitistes aos fiéis, ainda assim este perigo,
com o impulso de hábeis agitadores, mais e mais se vai agravando de dia para
dia. É por isso que julgamos dever Nosso levantar de novo a voz; e fá-lo-emos
por meio deste documento de maior solenidade, como é costume desta Sé
Apostólica, mestra da verdade; e com tanto maior satisfação o faremos, quando é
certo que assim correspondemos aos desejos de todo o universo católico.
Confiamos até que o eco da nossa voz será acolhido de bom grado por todos
aqueles que, de espírito liberto de preconceitos, desejem sinceramente o bem da
humanidade. Esta nossa confiança vem em certo modo aumentá-la o fato de vermos
estas Nossas admoestações confirmadas pelos péssimos frutos, que Nós prevíramos
e anunciáramos haviam de brotar das idéias subversivas, e que de fato se vão
pavorosamente multiplicando nas regiões já dominadas pelo comunismo, ou ameaçam
invadir rapidamente os outros países do mundo.
7. Queremos, pois, mais
uma vez expor, como em breve síntese, os sofismas teóricos e práticos do
comunismo, como eles se manifestam principalmente nos princípios e métodos da
ação do bolchevismo: a esses sofismas, todos falsidade e ilusão, contrapor a
luminosa doutrina da Igreja; e de novo exortar a todos insistentemente a lançar
mãos dos meios, com que é possível não somente livrar e salvaguardar deste
horrendo flagelo a civilização cristã, a única em que pode subsistir uma
sociedade verdadeiramente humana, mas ainda fazê-la avançar, a passo cada dia
mais acelerado, para o genuíno progresso da humanidade.
II - DOUTRINA E FRUTOS DO
COMUNISMO
DOUTRINA
Falso ideal
8. A doutrina
comunista que em nossos dias se apregoa, de modo muito mais acentuado que
outros sistemas semelhantes do passado, apresenta-se sob a máscara de redenção
dos humildes. E um pseudo-ideal de justiça, de igualdade e de fraternidade
universal no trabalho de tal modo impregna toda a sua doutrina e toda a sua
atividade dum misticismo hipócrita, que as multidões seduzidas por promessas
falazes e como que estimuladas por um contágio violentíssimo lhes comunica um
ardor e entusiasmo irreprimível, o que é muito mais fácil em nossos dias, em
que a pouco eqüitativa repartição dos bens deste mundo dá como conseqüência a
miséria anormal de muitos. Proclamam com orgulho e exaltam até esse
pseudo-ideal, como se dele se tivesse originado o progresso econômico, o qual,
quando em alguma parte é real, tem explicação em causas muito diversas, como,
por exemplo, a intensificação da produção industrial, introduzida em regiões
que antes nada disso possuíam, a valorização de enormes riquezas naturais,
exploradas com imensos lucros, sem o menor respeito dos direitos humanos, o
emprego enfim da coação brutal que dura e cruelmente força os operários a
pesadíssimos trabalhos com um salário de miséria.
Materialismo
evolucionista de Marx
9. Ora, a doutrina que
os comunistas em nossos dias espalham, proposta muitas vezes sob
aparências capciosas e sedutoras, funda-se de fato nos princípios do materialismo chamado
dialético e histórico, ensinado por Karl Marx, de que os teóricos do
bolchevismo se gloriam de possuir a única interpretação genuína. Essa doutrina
proclama que não há mais que uma só realidade universal, a matéria, formada por
forças cegas e ocultas, que, através da sua evolução natural, se vai
transformando em planta, em animal, em homem. Do mesmo modo, a sociedade
humana, dizem, não é outra coisa mais do que uma aparência ou forma da matéria,
que vai evolucionando, como fica dito, e por uma necessidade inelutável e um
perpétuo conflito de forças, vai pendendo para a síntese final: uma sociedade
sem classes. É, pois, evidente que neste sistema não há lugar sequer para a
idéia de Deus; é evidente que entre espírito e matéria, entre alma e corpo não
há diferença alguma; que a alma não sobrevive depois da morte, nem há outra
vida depois desta. Além disso, os comunistas, insistindo no método
dialético do seu materialismo, pretendem que o conflito, a que acima Nos
referimos, o qual levará a natureza à síntese final, pode ser acelerado pelos
homens. É por isso que se esforçam por tornarem mais agudos os antagonismos que
surgem entre as várias classes, da sociedade, porfiando porque a luta de
classes, tão cheia, infelizmente, de ódios e de ruínas, tome o aspecto de uma
guerra santa em prol do progresso da humanidade; e até mesmo, porque todas as
barreiras que se opõem a essas sistemáticas violências, sejam completamente
destruídas, como inimigas do gênero humano.
A que se reduzem o homem
e a família
10. Além disso, o
comunismo despoja o homem da sua liberdade na qual consiste a norma da sua vida
espiritual; e ao mesmo tempo priva a pessoa humana da sua dignidade, e de todo
o freio na ordem moral, com que possa resistir aos assaltos do instinto cego.
E, como a pessoa humana, segundo os devaneios comunistas, não é mais do que,
para assim dizermos, uma roda de toda a engrenagem, segue-se que os direitos
naturais, que dela procedem, são negados ao homem indivíduo, para serem
atribuídos à coletividade. Quanto às relações entre os cidadãos, uma vez que
sustentam o princípio da igualdade absoluta, rejeitam toda a hierarquia e
autoridade, que proceda de Deus, até mesmo a dos pais; porquanto, como
asseveram, tudo quanto existe de autoridade e subordinação, tudo isso, como de
primeira e única fonte, deriva da sociedade. Nem aos indivíduos se concede
direito algum de propriedade sobre bens naturais ou sobre meios de produção;
porquanto, dando como dão origem a outros bens, a sua posse introduz
necessariamente o domínio de um sobre os outros. E é precisamente por esse
motivo que afirmam que qualquer direito de propriedade privada, por ser a fonte
principal da escravidão econômica, tem que ser radicalmente destruído.
11. Além disto, como esta
doutrina rejeita e repudia todo o caráter sagrado da vida humana, segue-se por
natural conseqüência que para ela o matrimônio e a família é apenas uma
instituição civil e artificial, fruto de um determinado sistema econômico: por
conseguinte, assim como repudia os contratos matrimoniais formados por vínculos
de natureza jurídico-moral, que não dependam da vontade dos indivíduos ou da
coletividade, assim rejeita a sua indissolúvel perpetuidade. Em particular,
para o comunismo não existe laço algum da mulher com a família e com
o lar. De fato, proclamando o princípio da emancipação completa da mulher, de
tal modo a retira da vida doméstica e do cuidado dos filhos que a atira para a
agitação da vida pública e da produção coletiva, na mesma medida que o homem.
Mais ainda: os cuidados do lar e dos filhos devolve-os à coletividade. Rouba-se
enfim aos pais o direito que lhes compete de educar os filhos, o qual se
considera como direito exclusivo da comunidade, e por conseguinte só em nome e
por delegação dela se pode exercer.
Em que se converteria a
sociedade
12. Que viria a ser,
então, a sociedade humana, baseada em tais fundamentos materialistas? Viria a
ser uma coletividade, sem outra hierarquia mais do que a derivada do sistema
econômico. Teria por missão única a produção de riqueza por meio do trabalho
coletivo, e único fim o gozo dos bens da terra num paraíso ameníssimo de
delícias onde cada qual “produziria conforme as suas forças e receberia
conforme as suas necessidades”. É também de notar que o comunismo reconhece
igualmente à coletividade o direito, ou antes a arbitrariedade quase ilimitada,
de sujeitar os indivíduos ao jugo do trabalho coletivo, sem a menor
consideração do seu bem-estar pessoal; mais ainda, o direito de os forçar
contra a sua vontade e até pela violência. E nesta sociedade comunista
proclamam que tanto a moral como a ordem jurídica não brotam de outra fonte
mais do que do sistema econômico do tempo o que, por conseguinte, de sua
natureza são valores terrestres transitórios e mudáveis. Em suma, para
resumirmos tudo em poucas palavras, pretendem introduzir uma nova ordem de
coisas e inaugurar uma era nova de mais alta civilização, produto unicamente
duma cega evolução da natureza: “uma humanidade que tenha expulsado a Deus da
terra”.
13. E, quando as
qualidades e disposições de espírito, que se requerem para realizar semelhante
sociedade, tiverem sido alcançadas por todos em tal grau, que por fim tenha
surgido aquele ideal utópico de sociedade, que eles sonham, sem distinção de
classes então o Estado político, que ao presente unicamente se organiza como
instrumento de domínio dos capitalistas sobre os proletários, perderá
totalmente a razão de ser e, por necessidade natural, se dissolverá! Todavia,
enquanto se não tiver chegado a essa idade de ouro, os comunistas empregam o
governo e o poder público como o mais eficaz e universal instrumento, para
atingirem o seu fim.
14. Aqui tendes,
Veneráveis Irmãos, diante dos olhos do espírito, a doutrina que os comunistas
bolchevistas e ateus pregam à humanidade como novo evangelho, e mensagem
salvadora de redenção! Sistema cheio de erros e sofismas, igualmente oposto à
revelação divina e à razão humana; sistema que, por destruir os fundamentos da
sociedade, subverte a ordem social, que não reconhece a verdadeira origem,
natureza e fim do Estado; que rejeita enfim e nega os direitos, a dignidade e a
liberdade da pessoa humana.
DIFUSÃO
Promessas fascinadoras
15. Mas donde vem que tal
sistema, que a ciência já há muito ultrapassou e a realidade dos fatos vai cada
dia refutando, possa difundir-se tão rapidamente por todas as partes do mundo?
Facilmente poderemos compreender esse fenômeno, se refletirmos que são muito
poucas as pessoas que têm penetrado a fundo a verdadeira natureza e fim
do comunismo; ao passo que são muitíssimos os que cedem facilmente à
tentação, habilmente apresentada sob as promessas mais deslumbrantes. É que os
propagandistas deste sistema afivelam esta máscara de verdade, a saber: que não
querem outra coisa mais que melhorar a sorte das classes trabalhadoras; que pretendem
não somente dar remédio oportuno aos abusos provocados pela economia
liberal, mas também conseguir uma distribuição mais eqüitativa dos bens
terrenos: objetivos estes que certamente ninguém nega se possam atingir por
meios legítimos. Contudo os comunistas, por esses processos, explorando
sobretudo a crise econômica, que em toda a parte se sente, conseguem atrair ao
seu partido aqueles mesmos que, em virtude da doutrina que professam, abominam
os princípios do materialismo e os monstruosos crimes que não raro se
perpetram. E, como em qualquer erro há sempre qualquer centelha de verdade,
como acima vimos que sucedia até mesmo nesta questão, este aspecto de verdade
põem-no em relevo com requintada habilidade, com o fim de dissimularem e
ocultarem, quanto convém, aquela odiosa e desumana brutalidade dos princípios e
dos métodos de comunismo; e desse modo conseguem seduzir até espíritos
nada vulgares, os quais muitas vezes a tal ponto se deixam entusiasmar que eles
próprios se tornam uma espécie de apóstolos, que vão extraviar com esses erros
sobretudo os jovens, facilmente expostos a se deixarem enredar por esses
sofismas. Além disso, os arautos do comunismo não ignoram que podem
tirar partido, tanto dos antagonismos de raça como das dissensões e lutas em
que se entrechocam as diferentes facções políticas, como enfim daquela
desorientação que lavra no campo da ciência, onde a própria idéia de Deus
emudece, para se infiltrarem nas Universidades e corroborarem os princípios da
sua doutrina com argumentos pseudocientíficos.
O liberalismo preparou o
caminho ao comunismo
16. Mas, para mais
facilmente se compreender como é que puderam conseguir que tantos operários
tenham abraçado, sem o menor exame, os seus sofismas, será conveniente recordar
que os mesmos operários, em virtude dos princípios do liberalismo econômico,
tinham sido lamentavelmente reduzidos ao abandono da religião e da moral
cristã. Muitas vezes o trabalho por turnos impediu até que eles observassem os
mais graves deveres religiosos dos dias festivos; não houve o cuidado de
construir igrejas nas proximidades das fábricas, nem de facilitar a missão do
sacerdote; antes pelo contrário, em vez de se lhes pôr embargo, cada dia mais e
mais se foram favorecendo as manobras do chamado laicismo. Aí estão, agora, os
frutos amargosíssimos dos erros que os Nossos Predecessores e Nós mesmo mais de
uma vez temos preanunciado. E assim, por que nos havemos de admirar, ao vermos
que tantos povos, largamente descristianizados, vão sendo já pavorosamente
inundados e quase submergidos pela vaga comunista?
Propaganda astuta e
vastíssima
17. Além disso, a difusão
tão rápida das idéias comunistas que se vão sorrateiramente infiltrando por
países grandes ou pequenos, cultos ou menos civilizados, e até nas partes mais
remotas do globo, tem sem dúvida por causa esse fanatismo de propaganda
encarniçada, como talvez nunca se viu no mundo. E essa propaganda, emanada duma
fonte única, adapta-se astutamente às condições particulares dos povos; dispõe
de grandes meios financeiros, de inúmeras organizações, de congressos
internacionais concorridíssimos, de forças compactas e bem disciplinadas;
propaganda quer por jornais, revistas e folhas volantes, pelo cinema, pelo
teatro, pela radiofonia, pelas escolas enfim e pelas Universidades, pouco a
pouco vai invadindo todos os meios ainda os melhores, sem darem talvez pelo
veneno, que cada vez mais vai infeccionando os espíritos e os corações.
Conspiração do silêncio
na imprensa
18. Outro auxiliar
poderoso, que contribui para a avançada do comunismo, é sem dúvida a
conspiração do silêncio na maior parte da imprensa mundial, que não se conforma
com os princípios católicos. Conspiração dizemos: porque aliás, não se explica
facilmente como é que uma imprensa, tão ávida de esquadrinhar e publicar até os
mínimos incidentes da vida cotidiana, sobre os horrores perpetrados na Rússia,
no México e numa grande parte de Espanha pode guardar, há tanto tempo, absoluto
silêncio; e da seita comunista, que domina em Moscou e tão largamente se
estende pelo universo em poderosas organizações, fala tão pouco. Mas todos
sabem que esse silêncio é em grande parte devido a exigências duma política,
que não segue inteiramente os ditames da prudência civil; e é aconselhável e
favorecido por diversas forças ocultas que já há muito porfiam por destruir a
ordem social cristã.
DEPLORÁVEIS CONSEQÜÊNCIAS
Rússia e México
19. Entretanto, aí estão
à vista os deploráveis frutos dessa propaganda fanática. Porque, onde quer que
os comunistas conseguiram radicar-se e dominar, - e aqui pensamos com
particular afeto paterno nos povos da Rússia e do México, - aí, como eles
próprios abertamente o proclamam, por todos os meios se esforçaram por destruir
radicalmente os fundamentos da religião e da civilização cristãs, e extinguir
completamente a sua memória no coração dos homens, especialmente da juventude.
Bispos e sacerdotes foram desterrados, condenados a trabalhos forçados,
fuzilados, ou trucidados de modo desumano; simples leigos, tornados suspeitos
por terem defendido a religião, foram vexados, tratados como inimigos, e
arrastados aos tribunais e às prisões.
Horrores do comunismo em
Espanha
20. Até em países, onde -
como sucede na Nossa amadíssima Espanha - não conseguiu ainda a peste e o
flagelo comunista produzir todas as calamidades dos seus erros, desencadeou
contudo, infelizmente, uma violência furibunda e irrompeu em funestíssimos
atentados. Não é esta ou aquela igreja destruída, este ou aquele convento
arruinado; mas, onde quer que lhes foi possível, todos os templos, todos os claustros
religiosos, e ainda quaisquer vestígios da religião cristã, posto que fossem
monumentos insignes de arte e de ciência, tudo foi destruído até os
fundamentos! E não se limitou o furor comunista a trucidar bispos e muitos
milhares de sacerdotes, religiosos e religiosas, alvejando dum modo particular
aqueles e aquelas que se ocupavam dos operários e dos pobres; mas fez um número
muito maior de vítimas em leigos de todas as classes, que ainda agora vão sendo
imolados em carnificinas coletivas, unicamente por professarem a fé cristã, ou
ao menos por serem contrários ao ateísmo comunista. E esta horripilante
mortandade é perpetrada com tal ódio e tais requintes de crueldade e
selvajaria, que não se julgariam possíveis em nosso século.
Ninguém de são critério,
quer seja simples particular, quer homem de Estado, cônscio da sua
responsabilidade, ninguém absolutamente, repetimos, pode deixar de estremecer
de sumo horror, se refletir que tudo quanto hoje está sucedendo na Espanha,
pode amanhã repetir-se também em outras nações civilizadas.
Frutos naturais do
sistema
21. Nem se pode asseverar
que semelhantes atrocidades são conseqüências fatais de todas as grandes
revoluções, como excessos esporádicos de exasperação, comuns a qualquer guerra:
não, são frutos naturais do sistema, cuja estrutura não obedece a freio algum
interno. Um freio é necessário ao homem, tanto individualmente como socialmente
considerado; e é por isso que até os povos bárbaros reconheceram o vínculo da
lei natural, esculpida por Deus na alma de cada homem. E, quando a observância
dessa lei foi tida por todos como um dever sagrado, viram-se nações antigas
atingir um tal esplendor de grandeza, que espanta, ainda mais até do que é
razão, aqueles que só superficialmente compunham os documentos da história
humana. Mas quando se arranca das mentes dos cidadãos a própria idéia de Deus,
necessariamente os veremos precipitar-se na crueldade mais selvagem, e na
ferocidade dos costumes. Luta contra tudo o que é divino
Luta contra tudo o que se
chama Deus
22. É este o espetáculo
que atualmente com suma dor contemplamos: pela primeira vez na história estamos
assistindo a uma insurreição, cuidadosamente preparada e calculadamente
dirigida contra “tudo o que se chama Deus” (cfr. 2 Tess 1, 4).
Efetivamente, o comunismo por sua natureza opõe-se a qualquer religião, e a
razão por que a considera como o “ópio do povo”, é porque os seus dogmas e
preceitos, pregando a vida eterna depois desta vida mortal, apartam os homens
da realização daquele futuro paraíso, que são obrigados a conseguir na terra.
O terrorismo
23. Mas não é impunemente
que se despreza a lei natural e o seu autor, Deus; a conseqüência é que os
esforços dos comunistas, assim como nem sequer no campo econômico puderam até
hoje realizar o seu desígnio, assim também no futuro jamais o poderão
conseguir. Não negamos que esses esforços na Rússia contribuíram não pouco para
sacudir os homens e as suas instituições, daquela longa e secular inércia em
que jaziam, e que puderam, empregando todos os meios e processos; ainda mesmo
ilegitimamente, fazer alguma coisa para promover o progresso material; mas
sabemos por testemunhos absolutamente insuspeitos, e alguns bem recentes ainda,
que de fato nem sequer neste ponto se conseguiu o que tanto se prometera. E não
se esqueça, que aquela ditadura, toda terrorismo e crueldade, impôs a
inumeráveis cidadãos o jugo da escravidão. Porque é de notar que também no
terreno econômico é imprescindível alguma norma de probidade a que se conforme,
por dever de consciência, quem exerce algum cargo; ora isso é indiscutível que
o não podem dar os princípios comunistas, nascidos dos sofismas do
materialismo. Por conseguinte, nada mais resta do que aquele pavoroso
terrorismo que se está vendo na Rússia, onde os antigos camaradas de conspiração
e de luta se vão dando a morte uns aos outros; mas esse terrorismo criminoso,
longe de conseguir pôr um dique à corrupção dos costumes, nem sequer pode
evitar a dissolução da estrutura social. Um pensamento paternal para os povos
oprimidos da Rússia
UM PENSAMENTO PATERNAL
AOS POVOS OPRIMIDOS, NA RÚSSIA
24. Com isto, porém, não
é nossa intenção condenar em massa os povos da União Soviética, aos quais, pelo
contrário, consagramos o mais vivo afeto paterno. É que, de fato, sabemos que
muitos deles gemem sob o jugo da mais iníqua escravidão, que lhes foi imposta
por homens, pela maior parte estranhos aos verdadeiros interesses daquele povo;
e que muitos outros foram enganados por promessas e esperanças falazes. O que
Nós condenamos é o sistema e seus autores e fautores que consideraram aquela
nação como o terreno mais apto para lançarem a semente do seu sistema, há muito
tempo preparada, e de lá a disseminarem por todas as regiões do globo.
III - LUMINOSA DOUTRINA
DA IGREJA, OPOSTA AO COMUNISMO
25. Depois de termos
focado os erros e os processos sedutores e violentos do comunismo bolchevista e
ateu, é já tempo, Veneráveis Irmãos, de opor-lhe sumariamente a verdadeira
noção da “Cidade humana”, que é tal como perfeitamente sabeis, qual no-la
ensinam a razão humana e a revelação Divina, por intermédio da
Igreja, Mestra dos povos.
SUPREMA REALIDADE: DEUS!
26. E antes de mais nada
importa observar que acima de todas as demais realidades, está o sumo, único e
supremo Espírito, Deus, Criador onipotente de todo o universo, Juiz
sapientíssimo e justíssimo de todos os homens. Este Ser supremo, que é Deus, é
a refutação e condenação mais absoluta das impudentes e mentirosas falsidades
do comunismo. E na verdade, não é porque os homens crêem em Deus, que Deus
existe; mas porque Deus existe realmente, por isso crêem nele e lhe dirigem as
suas súplicas todos quantos não cerram pertinazmente os olhos do espírito à luz
da verdade.
QUE SÃO O HOMEM E A
FAMÍLIA, SEGUNDO A RAZÃO E A FÉ
27. Quanto ao homem, o
que a fé católica e a nossa razão ensinam, já Nós, ao explanarmos os pontos
fundamentais desta doutrina, o propusemos na Encíclica sobre a educação cristã
da juventude (Encíclica Divini
illius Magistri, 31 de dezembro de 1929: A.A.S., vol. XXII (1930), págs.
49-86). O homem tem uma alma espiritual e imortal; e, assim como é uma pessoa,
dotada pelo supremo Criador de admiráveis dons de corpo e de espírito assim se
pode chamar, como diziam os antigos, um verdadeiro “microcosmo”, isto é, um
pequeno mundo, por isso que de muito longe transcende e supera a imensidade dos
seres do mundo inanimado. Não somente nesta vida mortal, mas também na que há
de permanecer eternamente, o seu fim supremo é unicamente Deus; e, tendo sido
elevado pela graça santificante à dignidade de filho de Deus, é incorporado no
Reino de Deus, no corpo místico de Jesus Cristo. Conseqüentemente, dotou-o Deus
de múltiplas e variadas prerrogativas, tais como: direito à vida, à integridade
do corpo, aos meios necessários à existência; direito de tender ao seu último
fim, pelo caminho traçado por Deus; direito enfim de associação, de propriedade
particular, e de usar dessa propriedade.
28. Além disso, assim
como o matrimônio e o direito ao seu uso natural são de origem divina, assim
também a constituição e as prerrogativas fundamentais da família derivam, não
do arbítrio humano, nem de fatores econômicos, senão do próprio Criador supremo
de todas as coisas. Este assunto tratamo-lo já com suficiente desenvolvimento
na Encíclica sobre a santidade do matrimônio (Encíclica Casti
Connubii, 31 de dezembro de 1930: A.A.S., vol. XXII (1930), págs. 539-582),
e na Encíclica acima citada sobre a educação.
QUE É A SOCIEDADE
Mútuos direitos e deveres
entre o homem e a sociedade
29. Mas Deus destinou
igualmente o homem para a sociedade civil, que a sua mesma natureza reclama. É
que, no plano do Criador, a sociedade é um meio natural, de que todo o cidadão
pode e deve servir-se para a consecução do fim que lhe é proposto, pois a
sociedade civil existe para o homem e não o homem para a sociedade. Isto,
porém, não se deve entender no sentido do liberalismo individualista, que
subordina a sociedade à utilidade egoísta do indivíduo, mas sim no sentido que,
mediante a união orgânica com a sociedade, todos possam, pela mútua
colaboração, alcançar a verdadeira felicidade terrestre; e que, por meio da
sociedade, floresçam e prosperem todas as aptidões individuais e sociais, dadas
ao homem pela natureza, aptidões que transcendem o imediato interesse do
momento, e refletem na sociedade a perfeição divina: o que no homem isolado de
modo nenhum se pode verificar. Mas até este último objetivo da sociedade é, em
última análise, ordenado ao homem, para que reconheça este reflexo da perfeição
divina, e o desenvolva assim em louvor e adoração ao Criador. É que só o homem,
e não qualquer sociedade humana por si, é dotado de razão e de vontade
moralmente livre.
30. Portanto, assim como
o homem não pode furtar-se aos deveres que por vontade de Deus o ligam à
sociedade civil, e é por isso que os representantes da autoridade têm direito
de o forçar ao cumprimento do próprio dever, caso ele se recusasse
ilegitimamente; assim também não pode a sociedade privar o cidadão dos direitos
pessoais que o Criador lhe concedeu (os mais importantes apontamo-los acima
sumariamente) nem tornar-lhe impossível o seu uso. É, pois, conforme à razão e
às suas exigências naturais, que todas as coisas terrenas sejam para serviço e
utilidade do homem, e assim, por meio dele, voltem ao Criador. Aqui se aplica
perfeitamente o que o Apóstolo das Gentes escreve aos coríntios sobre a
economia da salvação cristã: “Tudo... é vosso, mas vós sois de Cristo, e Cristo
é de Deus” (1 Cor 3, 23). E assim, enquanto a doutrina comunista de
tal maneira diminui a pessoa humana, que inverte os termos das relações entre o
homem e a sociedade, a razão, pelo contrário, e a revelação divina elevam-na a
tão sublimes alturas.
A ordem econômico-social
31. Sobre a ordem
econômico-social e sobre a questão operária já o Nosso Predecessor, de feliz
memória, Leão XIII, na Encíclica Rerum
Novarum (15 de maio de 1891: Acta Leonis XIII, vol. XI,
págs. 97-144) deu normas eficazes: normas que Nós adotamos às condições e
exigências dos tempos presentes pela nossa Encíclica sobre a restauração cristã
da ordem social (Encíclica Quadragesimo
anno, 15 de maio de 1931: A.A.S., vol. XXIII (1931), págs. 177-228). Nessa
Encíclica, insistindo de novo com toda a força na secular doutrina da Igreja
acerca da natureza peculiar da propriedade privada no seu aspecto individual e
social, assinalamos com toda a clareza e precisão os direitos e a dignidade do
trabalho humano, as relações do mútuo apoio e auxílio que devem existir entre o
capital e o trabalho, e o salário, indispensável ao operário e a sua família,
que por justiça lhe é devido.
32. Nessa mesma Encíclica
mostramos também que a sociedade humana só então, poderá ser salva da
funestíssima ruína, a que é arrastada pelos princípios do liberalismo, alheios
a toda a moralidade, quando os preceitos da justiça social e da caridade cristã
impregnarem e penetrarem a ordem econômica e a organização civil; o que
indubitavelmente não podem conseguir nem a luta de classes, nem os atentados do
terror, nem o abuso ilimitado e tirânico do poder do Estado. Advertimos
outrossim, que a verdadeira prosperidade do povo se deve procurar segundo os
princípios dum são corporativismo, que reconheça e respeite os vários graus da
hierarquia social; e que é igualmente necessário que todas as corporações
operárias se organizem em harmônica unidade para poderem tender ao bem comum da
sociedade; e que, por conseguinte, a função genuína e peculiar do poder público
consiste em promover, quanto lhe seja possível, esta harmonia e coordenação de
todas as forças sociais.
Hierarquia social e
prerrogativas do Estado
33. Para assegurar esta
tranqüila harmonia pela colaboração orgânica de todos, a doutrina católica
confere aos governantes tanta dignidade e autoridade, quanta é necessária para
que eles com vigilante e previdente solicitude salvaguardem os direitos divinos
e humanos, que as Sagradas Escrituras e os Padres da Igreja tanto inculcam. E
neste passo é necessário observar que erram vergonhosamente os que sem
consideração atribuem a todos os homens direitos iguais na sociedade civil e
asseveram que não existe legítima hierarquia. Sobre este ponto baste-Nos
recordar as Encíclicas do Nosso Predecessor Leão XIII, acima mencionadas,
especialmente a que trata do poder do Estado (Encíclica Diuturnum
illud, 29 de junho de 1881: Acta Leonis XIII, vol. II, págs.
269-287) e a outra que versa sobre a constituição cristã do Estado
(Encíclica Immortale
Dei, 1 de novembro de 1885: Acta Leonis XIII, vol. V, págs.
118-150). Nelas encontram os católicos luminosamente expostos os princípios da
razão e da fé, que os tornarão aptos para as premunirem contra os erros e perigos
da concepção comunista acerca do Estado. A espoliação dos direitos e a
escravização do homem, a negação da origem primária e transcendente do Estado e
do poder do Estado, o abuso horrível do poder público ao serviço do terrorismo
coletivista, são precisamente o contrário do que é conforme à ética natural e à
vontade do Criador. Tanto o homem como a sociedade civil têm origem no Criador,
e foram por Ele mutuamente ordenados um para a outra; por isso nenhum dos dois
pode furtar-se a cumprir os deveres correlativos, nem recusar ou reduzir os
direitos. O próprio Criador regulou esta mútua relação nas suas linhas
fundamentais, e é injusta a usurpação, que o comunismo se arroga, de impor, em
lugar da lei divina baseada nos imutáveis princípios da verdade e da caridade,
um programa político de partido, que promana do capricho humano e ressuma ódio.
BELEZA DESTA DOUTRINA DA
IGREJA
34. A Igreja ao ensinar
esta luminosa doutrina, não tem outro fim mais que realizar o venturoso anúncio
cantado pelos Anjos sobre a gruta de Belém, no nascimento Redentor: “Glória a
Deus e... paz aos homens” (Lc 2, 14): paz verdadeira e verdadeira
felicidade, até mesmo na terra, quanto é possível, encaminhada a preparar a
felicidade eterna, mas paz reservada aos homens de boa vontade. Esta doutrina é
igualmente distante de todos os extremos do erro como de todas as exagerações
dos partidos ou sistemas que a eles aderem, conserva sempre o equilíbrio da
verdade e da justiça; reivindica-o na teoria, aplica-o e promove-o na prática,
conciliando os direitos e os deveres de um com os dos outros, como a autoridade
com a liberdade, a dignidade do indivíduo com a do Estado, a personalidade
humana no súdito com a representação divina no superior, e, por conseguinte, a
sujeição devida e o amor ordenado de si mesmo, da família e da pátria, com o
amor das outras famílias e dos outros povos, fundado no amor de Deus, pai de
todos, primeiro princípio e último fim. Nem separa a justa preocupação dos bens
temporais a palavra de seu divino Fundador: “Buscai primeiro o reino de Deus e
a sua justiça, e tudo o mais vos será dado por acréscimo” (Mt 6, 33), está
longe de se desinteressar das coisas humanas, de prejudicar os progressos da
sociedade e de impedir os adiantamentos materiais, que pelo contrário sustenta
e promove da maneira mais razoável e eficaz. E assim, até mesmo no campo
econômico-social, a Igreja, muito embora não tenha jamais apresentado como seu
um determinado sistema técnico, por não ser essa a sua missão, fixou contudo
claramente princípios e diretivas que, prestando-se a diversas aplicações
concretas segundo as várias condições dos tempos, dos lugares e dos povos,
assinalam o caminho seguro para obter o feliz progresso da sociedade.
35. A sabedoria e suma
utilidade desta doutrina é admitida por quantos verdadeiramente a conhecem. Com
justificada razão puderam afirmar eminentes Estadistas que, depois de terem
estudado os diversos sistemas sociais, nada haviam encontrado mais sábio que os
princípios expostos nas Encíclicas Rerum
Novarum e Quadragesimo
anno. Até em países não católicos, e nem sequer cristãos, se reconhece quão
vantajosas são para a sociedade humana as doutrinas sociais da Igreja; e assim,
há apenas um mês, um eminente homem político, não cristão, do Extremo Oriente,
não duvidou proclamar que a Igreja com a sua doutrina de paz e fraternidade
cristã traz uma altíssima contribuição para o estabelecimento e conservação da
paz construtiva entre as nações. Mas ainda: até os próprios comunistas, como
sabemos por autênticas relações que afluem de toda a parte a este Centro de
Cristandade, se não estão ainda de todo corrompidos, quando se lhes expõe a
doutrina social da Igreja, reconhecem a sua superioridade sobre as doutrinas
dos seus caudilhos e mestres. Somente os obcecados pela paixão e pelo ódio fecham
os olhos à luz da verdade e a combatem obstinadamente.
SERÁ VERDADE QUE A IGREJA
NÃO PROCEDEU SEGUNDO A SUA DOUTRINA?
36. Mas os inimigos da
Igreja, constrangidos embora a reconhecer a sabedoria da sua doutrina,
assacam-lhe o não ter sabido conformar os seus atos com aqueles princípios, e
afirmam por isso a necessidade de provocar outros caminhos. Quão falsa e
injusta seja esta acusação, demonstra-o toda a história do cristianismo. Para
não Nos referirmos senão a um ou outro ponto característico, foi o cristianismo
o primeiro a propagar, por uma forma e com uma amplitude e convicção
desconhecidas nos séculos precedentes, a verdadeira e universal fraternidade de
todos os homens de qualquer condição ou raça, contribuindo assim poderosamente
para a abolição da escravatura, não com revoltas sangrentas, senão pela força
interna da sua doutrina, que à orgulhosa patrícia romana fazia ver na sua
escrava uma irmã em Cristo. Foi o cristianismo, que adora o Filho de Deus feito
homem por amor dos homens e convertido em “Filho do carpinteiro”, mais ainda,
“carpinteiro” ele próprio (cfr. Mt 13, 55; Mc 6, 3), foi o
cristianismo que sublimou à sua verdadeira dignidade o trabalho manual: aquele
trabalho manual, antes tão desprezado que até o discreto Marco Túlio Cícero,
resumindo a opinião geral do seu tempo, não receou escrever estas palavras, de
que hoje se envergonharia qualquer sociólogo: “Todos os operários se ocupam em
misteres desprezíveis, pois a oficina nada pode ter de nobre” (M.T.
Cícero, De officiis, L. I, c. 42).
37. Fiel a estes
princípios, a Igreja regenerou a sociedade humana; sob a sua influência
surgiram admiráveis obras de caridade, poderosas corporações de artistas e
trabalhadores de todas as categorias. O liberalismo do século passado
zombou delas, é certo, como de velharias da Idade Média; elas, porém, impõem-se
hoje à admiração dos nossos contemporâneos que em muitos países procuram fazer
reviver de algum modo a sua idéia fundamental. E quando outras correntes
entravavam a obra e punham obstáculos ao influxo salutar da Igreja, esta até
nossos dias não cessou nunca de admoestar os extraviados. Basta recordar com
que firmeza, energia e constância o Nosso Predecessor Leão XIII reivindicou
para o operário o direito de associação, que o liberalismo dominante
nos Estados mais poderosos se obstinava em negar-lhe. E esta influência da
doutrina da Igreja ainda atualmente é maior do que parece, porque é grande e
certo, posto que invisível e difícil de medir, o predomínio das idéias sobre os
fatos.
38. Pode bem dizer-se com
toda a verdade que a Igreja à semelhança de Cristo, passa através dos
séculos, fazendo bem a todos. Não haveria nem socialismo nem
comunismo, se os que governam os povos não tivessem desprezado os ensinamentos
e as maternais advertências da Igreja; eles, porém, quiseram, sobre as bases do
liberalismo e do laicismo, levantar outros edifícios sociais que à primeira
vista pareciam poderosas e magníficas construções, mas bem depressa se viu que
careciam de sólidos fundamentos, e se vão miseravelmente desmoronando, um após
outro, como tem que desmoronar-se tudo quanto não se apoia sobre a única pedra
angular, que é Jesus Cristo.
NECESSIDADE DE RECORRER A
MEIOS DE DEFESA
39. Tal é, Veneráveis
Irmãos, a doutrina da Igreja, a única que, como em qualquer outro campo, assim
também no campo social, pode projetar verdadeira luz, a única doutrina de
salvação em face da ideologia comunista. Mas é necessário que esta doutrina se
realize cada vez mais na prática da vida, conforme o aviso do Apóstolo São
Tiago: “Sede... cumpridores da palavra e não simples ouvintes, enganando-vos a
vós mesmos” (Tg 1, 22), porquanto, o que na hora atual há de mais urgente
é aplicar com energia os remédios oportunos, para opor-se eficazmente à
revolução ameaçadora que se vai preparando. Alimentamos a firme confiança de
que ao menos a paixão com que dia e noite trabalham os filhos das trevas na sua
propaganda materialista e atéia, logre estimular santamente os filhos da luz a
um zelo igual, se não maior, da honra da Majestade divina. 40. Que é, pois,
necessário fazer, que remédios empregar, para defender a Cristo e a civilização
cristã contra aquele pernicioso inimigo? Como um pai no seio da família, Nós
quiséramos conversar, quase na intimidade, sobre os deveres que a grande luta
de nossos dias impõe a todos os filhos da Igreja, dirigindo também a Nossa
paternal advertência aos filhos que dela se afastaram.
RENOVAÇÃO DA VIDA CRISTÃ
Remédio Fundamental
41. Como em todos os
períodos mais tormentosos da história da Igreja, assim hoje também o remédio
fundamental é uma sincera renovação da vida privada e pública, segundo os
princípios do Evangelho em todos aqueles que se gloriam de pertencer ao Rebanho
de Cristo, a fim de serem verdadeiramente o sal da terra, que preserve a
sociedade humana de tal corrupção.
42. Com sentimentos de
profunda gratidão para com o Pai das luzes, de quem desce “toda a dádiva
excelente e todo o dom perfeito” (Tg 1, 17), vemos por toda a parte sinais
consoladores dessa renovação espiritual, não só em tantas almas singularmente
escolhidas, que nestes últimos anos se têm elevado ao cume da mais sublime
santidade, e em tantas outras, cada vez mais numerosa, que generosamente
caminham para a mesma luminosa meta, mas também no reflorescimento de uma piedade
sentida e vivida, em todas as classes da sociedade, até nas mais cultas, como
pusemos em relevo no Nosso recente Motu proprio In
multis solaciis, de 28 do passado outubro, por ocasião da reorganização da
Pontifícia Academia das Ciências (A.A.S., vol. XXVIII (1936), págs. 421-424).
43. Não podemos, contudo,
negar que muito resta ainda por fazer neste caminho da renovação espiritual.
Até mesmo em países católicos, demasiados são os que são católicos quase só de
nome; demasiados, aqueles que, seguindo embora mais ou menos fielmente as
práticas mais essenciais da religião que se ufanam de professar, não se
preocupam de melhor a conhecer, nem de adquirir convicções, mais íntimas e
profundas, e menos ainda de fazer que ao verniz exterior corresponda o interno
esplendor de uma consciência reta e pura, que sente e cumpre todos os seus
deveres sob o olhar de Deus. Sabemos quanto o Divino Salvador aborrece esta vã
e falaz exterioridade, Ele que queria que todos adorassem o Pai “em espírito e
verdade” (Jo 4, 23). Quem não vive verdadeira e sinceramente segundo a fé
que professa, não poderá hoje, que tão violento sopra o vento da luta e da
perseguição, resistir por muito tempo, mas será miseravelmente submergido por
este novo dilúvio que ameaça o mundo; e assim, enquanto se prepara por si mesmo
a própria ruína, exporá também ao ludibrio o nome cristão.
Desapego dos bens
terrenos
44. E neste passo
queremos, Veneráveis Irmãos, insistir mais particularmente sobre dois
ensinamentos do Senhor, que têm especial conexão com as atuais condições do
gênero humano: o desapego dos bens terrenos e o preceito da caridade.
“Bem-aventurados os pobres de espírito” foram as primeiras palavras que saíram
dos lábios do Divino Mestre no sermão da Montanha (Mt 5, 3). E esta lição
é mais que nunca necessária, nestes tempos de materialismo sedento de bens e
prazeres da terra. Todos os cristãos, ricos ou pobres, devem ter sempre fixo o
olhar no céu, recordando que “não temos aqui cidade permanente, mas vamos
buscando a futura” (Hbr 13, 14). Os ricos não devem pôr nas coisas da
terra a sua felicidade, nem dirigir à conquista desses bens os seus melhores
esforços; mas, considerando-se apenas como administradores que sabem terão de
dar contas ao supremo Senhor, sirvam-se deles como de meios preciosos que Deus
lhes concede para fazerem bem; e não deixem de distribuir aos pobres o
supérfluo, segundo o preceito evangélico (cfr. Lc 11, 41). Doutra
forma verificar-se-á neles e em suas riquezas a severa sentença de São Tiago
Apóstolo: “Eia, pois, ó ricos, chorai, soltai gritos por causa das misérias que
virão sobre vós. As vossas riquezas apodreceram, e os vossos vestidos foram
comidos pela traça. O vosso ouro e a vossa prata enferrujaram-se e a sua
ferrugem dará testemunho contra vós, e devorará as vossas carnes como um fogo.
Juntastes para vós um tesouro de ira para os últimos dias...” (Tg 5, 1-3).
45. Mas os pobres, por sua
vez, esforçando-se muito embora, segundo as leis da caridade e da justiça, por
se proverem do necessário e até mesmo por melhorarem de condição, devem também
permanecer sempre “pobres de espírito” (Mt 5, 3), estimando mais os bens
espirituais que os bens e gozos terrenos. Recordem-se, além disso, que jamais
se logrará fazer desaparecer do mundo as misérias, as dores, as tribulações, a
que estão sujeitos ainda aqueles que exteriormente parecem mais felizes. E
assim, a todos é necessária a paciência, aquela paciência cristã que eleva o
coração às divinas promessas de uma felicidade eterna. “Sede, pois, pacientes,
irmãos”, vos diremos ainda com São Tiago, “até à vinda do Senhor. Vede como o
lavrador espera o precioso fruto da terra, tendo paciência, até que receba o
(fruto) temporão e o serôdio. Sede, pois, pacientes também vós, e fortalecei os
vossos corações; porque a vinda do Senhor está próxima” (Tg 5, 7-8). Só
assim se cumprirá a consoladora promessa do Senhor: “Bem-aventurados os
pobres”. E não é esta uma consolação e promessa vã, como são as promessas dos
comunistas; mas são palavras de vida, que encerram uma realidade suprema,
palavras que se verificam plenamente aqui na terra e depois na eternidade. E na
verdade, quantos pobres, nestas palavras e na esperança do reino dos céus,
proclamando já propriedade sua: “porque vosso é o reino de Deus” (Lc 6,
20), encontram uma felicidade, que tantos ricos não logram em suas riquezas,
sempre inquietos e sempre torturados como andam pela sede de possuir ainda
mais.
Caridade cristã
46. Muito mais importante
ainda, como remédio do mal de que tratamos, ou pelo menos mais diretamente
ordenado a curá-lo, é o preceito da caridade. Queremos referir-Nos àquela
caridade cristã “paciente e benigna” (1 Cor 13, 4), que evita todos
os ares de proteção humilhante e qualquer aparência de ostentação; aquela
caridade, que desde os inícios do cristianismo ganhou para Cristo os mais
pobres dentre os pobres, os escravos; e testemunhamos o Nosso reconhecimento a
todos quantos nas obras de beneficência, desde as conferências de São Vicente
de Paulo até às grandes organizações recentes de assistência social, têm
exercido e exercem as obras de misericórdia corporal e espiritual. Quanto mais
experimentarem em si mesmos os operários e os pobres o que o espírito de amor,
animado pela virtude de Cristo, faz por eles, tanto mais se despojarão do
preconceito de que o cristianismo perdeu a sua eficácia e a Igreja está da
parte daqueles que exploram o seu trabalho.
47. Mas, quando vemos dum
lado uma multidão de indigentes que, por várias causas alheias à sua vontade,
estão verdadeiramente oprimidos pela miséria, e do outro lado, junto deles,
tantos que se divertem inconsideradamente e esbanjam enormes somas em
futilidades, não podemos deixar de reconhecer com dor que não é bem observada a
justiça, mas que nem sempre se aprofundou suficientemente o preceito da
caridade cristã nem se vive conforme a ele na prática cotidiana. Desejamos,
portanto, Veneráveis Irmãos, que seja mais e mais explicado por palavra e por
escrito este divino preceito, precioso distintivo deixado por Cristo a seus
verdadeiros discípulos, este preceito, que nos ensina a ver nos que sofrem a
Jesus em pessoa e nos impõe o dever de amar os nossos irmãos, como o divino
Salvador nos amou a nós, isto é, até ao sacrifício de nós mesmos e, se
necessário for, até da própria vida. Meditem, pois, todos e muitas vezes
aquelas palavras consoladoras, por um lado, mas temerosas por outro, da
sentença final que pronunciará o Juiz supremo no último dia: “Vinde benditos de
meu Pai...; porque tive fome, e me destes de comer, tive sede e me destes de
beber... Em verdade vos digo que todas as vezes que o fizestes a um destes meus
irmãos mais pequeninos, foi a mim que o fizestes” (Mt 25, 34-40). E pelo
contrário: “Apartai-vos de mim, malditos, para o fogo eterno... porque tive
fome, e não me destes de comer; tive sede, e não me destes de beber... Na
verdade vos digo: todas as vezes que o não fizestes a um destes mais
pequeninos, foi a mim que o não fizestes” (Mt 25, 41-45).
48. Para assegurar, pois,
a vida eterna, e poder eficaz mente socorrer os necessitados, é necessário
voltar a uma vida mais modesta; renunciar aos prazeres, muitas vezes até
pecaminosos, que o mundo hoje em dia oferece em tanta abundância; esquecer-se a
si mesmo por amor do próximo. Virtude divina de regeneração se encontra neste
“mandamento novo” (como lhe chamava Jesus) da caridade cristã (Jo 13, 34),
cuja fiel observância infundirá nos corações uma paz interna desconhecida do
mundo, e remediará eficazmente os males que afligem a humanidade.
Deveres de estrita
justiça
49. Mas a caridade jamais
será verdadeira caridade, se não tiver sempre em conta a justiça. O Apóstolo
ensina que “quem ama o próximo cumpre a lei”; e dá a razão: “por
quanto não cometerás adultério, não matarás, não furtarás... e qualquer outro
preceito se resume nesta fórmula: Amarás o teu próximo como a ti mesmo”
(Rom 13, 8-9). Se, pois, segundo o Apóstolo, todos os deveres se reduzem
ao único preceito da verdadeira caridade, ainda aqueles que são de estrita
justiça, como não matar, não roubar; uma caridade que prive o operário do
salário a que tem estrito direito, não é caridade mas um nome vão e uma vã
aparência de caridade. Nem o operário precisa de receber como esmola o que lhe
pertence por justiça; nem pode ninguém pretender eximir-se dos grandes deveres
impostos pela justiça com pequeninas dádivas de misericórdia. A caridade e a
justiça impõem deveres, muitas vezes acerca do mesmo objeto, mas sob aspectos
diversos; e os operários, a estes deveres que lhes dizem respeito, são
juntamente muito sensíveis, em razão da sua própria dignidade.
50. É por isso que de
modo especial Nos dirigimos a vós, patrões e industriais cristãos, cuja missão
é muitas vezes tão difícil, por carregardes com a herança dos erros de um
regime econômico iníquo que exerceu a sua ruinosa influência durante muitas
gerações. Lembrai-vos da vossa responsabilidade. Triste é dizê-lo, mas é muito
verdade que o modo de proceder de certos meios católicos contribui para abalar
a confiança dos trabalhadores na religião de Jesus Cristo. Não queriam eles
compreender que a caridade cristã exige o reconhecimento de certos direitos
devidos ao operário, e que Igreja explicitamente lhe reconheceu. Como julgar do
proceder de patrões católicos, que em algumas partes conseguiram impedir a
leitura da Nossa Encíclica Quadragesimo
anno em suas igrejas patronais? ou daqueles industriais católicos que
até hoje se têm mostrado adversários dum movimento que o direito de
propriedade, reconhecido pela Igreja, tenha sido por vezes empregado para
defraudar o operário do seu justo salário e dos seus direitos sociais?
Justiça Social
51. Efetivamente, além da
justiça comutativa, há a justiça social que impõe, também, deveres a que nem
patrões nem operários se podem furtar. E é precisamente próprio da justiça
social exigir dos indivíduos quanto é necessário ao bem comum. Mas, assim como
no organismo vivo não se provê ao todo, se não se dá a cada parte e a cada
membro tudo quanto necessitam para exercerem as suas funções; assim também se
não pode prover ao organismo social e ao bem de toda a sociedade, se não se dá
a cada parte e a cada membro, isto é, aos homens dotados da dignidade de
pessoa, tudo quanto necessitam para desempenharem as suas funções sociais. O
cumprimento dos deveres da justiça social terá como fruto uma intensa atividade
de toda a vida econômica, desenvolvida na tranqüilidade e na ordem, e se
mostrará assim a saúde do corpo social, do mesmo modo que a saúde do corpo
humano se reconhece pela atividade inalterada, e ao mesmo tempo plena e
frutuosa, de todo o organismo.
52. Não se pode, porém,
dizer que se satisfez à justiça social, se os operários não têm assegurada a
sua própria sustentação e a de suas famílias com um salário proporcionado a
este fim; se não se lhes facilita o ensejo de adquirir uma modesta fortuna,
prevenindo assim a praga do pauperismo universal; se não se tomam providências
a seu favor, com seguros públicos e privados, para o tempo da velhice, da
doença ou do desemprego. Numa palavra, para repetirmos o que dissemos na Nossa
Encíclica Quadragesimo
anno: “A economia social estará solidamente constituída e obterá seus fins,
só quando a todos e a cada um forem subministrados todos os bens que se podem
conseguir com as forças e subsídios naturais, com a técnica, com a organização
social do fator econômico. Esses bens devem ser em tanta quantidade, quanta é
necessária, assim para satisfazer às necessidades e honestas comodidades, como
para elevar os homens àquela condição de vida mais feliz, que, obtida e gozada
de modo regrado e prudente, não só não é de obstáculo à virtude, mas até a
favorece poderosamente” (Encíclica Quadragesimo
anno, 15 de maio de 1931: A.A.S., vol. XXIII (1931), pág. 202).
53. Se, pois, como sucede
cada vez mais freqüentemente no salariado, a justiça não pode ser observada
pelos particulares, a não ser que todos concordem em praticá-la conjuntamente,
mediante instituições que unam entre si os patrões, para evitar entre eles uma
concorrência incompatível com a justiça devida aos trabalhadores, o dever dos
empresários e patrões é sustentar e promover essas instituições necessárias, que
se tornam o meio normal para se poderem cumprir os deveres de justiça. Mas
lembrem-se também os trabalhadores dos seus deveres de caridade e justiça para
com os patrões e estejam persuadidos que assim salvaguardarão melhor até os
próprios interesses. 54. Assim, pois, se se considera o conjunto da vida
econômica, - como já notamos na Nossa Encíclica Quadragesimo
anno - não se conseguirá que nas relações econômico-sociais reine a
mútua colaboração da justiça e da caridade, senão por meio dum corpo de
instituições profissionais e interprofissionais sobre bases solidamente
cristãs, coligadas entre si e que constituam, sob formas diversas e adaptadas
aos lugares e circunstâncias, o que se chamava a Corporação.
ESTUDO E DIFUSÃO DA
DOUTRINA SOCIAL
55. Para dar a esta ação
social mais eficácia, é muito necessário promover o estudo dos problemas
sociais à luz da doutrina da Igreja e difundir os seus ensinamentos sob a égide
da autoridade de Deus, constituída na mesma Igreja. Se o modo de proceder de
alguns católicos deixou a desejar no campo econômico-social, isso aconteceu
muitas vezes por não conhecerem suficientemente nem meditarem o ensino dos
Sumos Pontífices sobre o assunto. Por isso, é sumamente necessário que em todas
as classes da sociedade se promova mais intensa formação social, correspondente
ao diverso grau de cultura intelectual, e se procure com toda a solicitude e
empenho a mais ampla difusão dos ensinamentos da Igreja também entre a classe
operária. Iluminem-se as mentes com a luz segura da doutrina católica e
inclinem-se as vontades a segui-la e a aplicá-la como norma reta de vida, pelo
cumprimento consciencioso dos múltiplos deveres sociais. Combata-se desse modo
aquela incoerência e descontinuidade na vida cristã, por Nós várias vezes
deplorada, pela qual alguns, enquanto aparentemente são fiéis no cumprimento
dos seus deveres religiosos, no campo do trabalho ou da indústria ou da
profissão, ou no comércio, ou no emprego, por um deplorável desdobramento de
consciência, levam uma vida muito em desarmonia com as normas tão claras da
justiça e da caridade cristã, dando assim grave escândalo aos fracos e
oferecendo aos maus fácil pretexto para desacreditarem a própria Igreja.
56. Grandemente pode
contribuir para esta renovação a imprensa católica, que pode e deve, de modo
variado e atraente, procurar dar a conhecer cada vez melhor a doutrina social,
informar com exatidão, mas também com a devida amplidão, acerca da atividade
dos inimigos, referir os meios de combate que se mostraram os mais eficazes em
diversas regiões, propor idéias úteis e gritar alerta contra as astúcias e
enganos com que os comunistas procuram, e com resultado, atrair a si até homens
de boa-fé.
PREMUNIR-SE CONTRA AS
CILADAS DO COMUNISMO
57. Sobre este ponto
insistimos na Nossa Alocução, de 12 de maio do ano passado, mas julgamos
necessário, Veneráveis Irmãos, chamar de novo sobre ele, de modo particular, a
vossa atenção. Ao princípio, o comunismo mostrou-se tal qual era em toda a sua
perversidade; mas bem depressa se capacitou de que desse modo afastava de si os
povos; e por isso mudou de tática e procura atrair as multidões com vários
enganos, ocultando os seus desígnios sob a máscara de ideais, em si bons e
atraentes. Assim, vendo o desejo geral de paz, os chefes do comunismo fingem
ser os mais zelosos fautores e propagandistas do movimento a favor da paz
mundial; mas ao mesmo tempo excitam a uma luta de classes que faz correr rios
de sangue, e, sentindo que não têm garantias internas de paz, recorrem a
armamentos ilimitados. Assim, sob vários nomes que nem por sombras aludem ao
comunismo, fundam associações e periódicos que servem depois unicamente para
fazerem penetrar as suas idéias em meios, que doutra forma lhe não seriam
facilmente acessíveis, procuram até com perfídia infiltrar-se em associações
católicas e religiosas. Assim, em outras partes, sem renunciarem um ponto a
seus perversos princípios, convidam os católicos a colaborar com eles no campo
chamado humanitário e caritativo, propondo às vezes, até coisas completamente
conformes ao espírito cristão e à doutrina da Igreja. Em outras partes levam a
hipocrisia até fazer crer que o comunismo, em países de maior fé e de maior
cultura, tomará outro aspecto mais brando, não impedirá o culto religioso e
respeitará a liberdade das consciências. Há até quem, reportando-se a certas
alterações recentemente introduzidas na legislação soviética, deduz que o
comunismo está em vésperas de abandonar o seu programa de luta contra Deus.
58. Procurai, Veneráveis
Irmãos, que os fiéis não se deixem enganar! O comunismo é intrinsecamente
perverso e não se pode admitir em campo nenhum a colaboração com ele, da parte
de quem quer que deseje salvar a civilização cristã. E, se alguns, induzidos em
erro, cooperassem para a vitória do comunismo no seu país, seriam os primeiros
a cair como vítimas do seu erro; e quanto mais se distinguem pela antiguidade e
grandeza da sua civilização cristã as regiões aonde o comunismo consegue
penetrar, tanto mais devastador lá se manifesta o ódio dos “sem-Deus”.
ORAÇÃO E PENITÊNCIA
59. Mas, “se o Senhor não
guarda a caridade, em vão vigiam aqueles que a guardam” (Sl 126, 1). Por
isso, como último e poderosíssimo remédio vos recomendamos, Veneráveis Irmãos,
que em vossas dioceses promovais e intensifiqueis, do modo mais eficaz, o
espírito de oração unido à penitência cristã. Quando os Apóstolos perguntaram
ao Salvador por que é que não tinham podido libertar do espírito maligno a um
endemoninhado, respondeu o Senhor: “Demônios desta raça não se expulsam senão
com a oração e com o jejum” (Mt 17, 20). Também o mal que hoje atormenta a
humanidade não poderá ser vencido senão com uma santa cruzada universal de
oração e penitência: e recomendamos singularmente às Ordens contemplativas,
masculinas e femininas, que redobrem as suas súplicas e sacrifícios, para
8impetrarem do céu para a Igreja um válido socorro nas lutas presentes, com a
poderosa intercessão da Virgem Imaculada, a qual, assim como um dia esmagou a
cabeça da antiga serpente, assim também é hoje e sempre segura defesa e
invencível “Auxílio dos Cristãos”.
V - MINISTROS E
AUXILIARES DESTA OBRA SOCIAL DA IGREJA
OS SACERDOTES
60. Para a obra mundial
de salvação que temos vindo traçando, e para a aplicação dos remédios que ficam
brevemente apontados, ministros e obreiros evangélicos designados pelo divino
Rei Jesus Cristo são em primeira linha os sacerdotes. A eles, por vocação
especial, sob a guia dos sagrados Pastores e em união de filial obediência com
o Vigário de Cristo na terra, foi confiada a missão de conservar aceso no mundo
o facho da fé e de infundir nos fiéis aquela sobrenatural confiança com que a
Igreja, em nome de Cristo, tem combatido e vencido tantas outras batalhas:
“Esta é a vitória que vence o mundo, a nossa fé” (1 Jo 5, 4).
61. De modo particular
recordamos aos sacerdotes a exortação de Nosso Predecessor, Leão XIII, tantas
vezes repetida, de ir ao operário; exortação que Nós fazemos Nossa e
completamos: “Ide ao operário, especialmente ao operário pobre, e em geral, ide
aos pobres”, seguindo nisto os ensinamentos de Jesus Cristo e da sua Igreja. Os
pobres, efetivamente são os que se acham mais expostos às ciladas dos
agitadores, que exploram a sua mísera condição, para lhes atear no peito a
inveja contra os ricos e excitá-los a tomarem pela força o que lhes parece que
a fortuna lhes negou injustamente; e, se o Sacerdote não vai aos operários, aos
pobres, para os prevenir ou desenganar dos preconceitos e das falsas teorias,
chegarão a ser fácil presa dos apóstolos, do comunismo.
62. Não podemos negar que
muito se tem feito já neste sentido, especialmente depois das Encíclicas Rerum
Novarum e Quadragesimo
anno; e com paterna complacência saudamos o industrioso zelo pastoral de
tantos bispos e sacerdotes, que vão excogitando e ensaiando, embora com a
devida prudência e cautela, novos métodos de apostolado que melhor correspondam
às exigências modernas. Mas tudo isto é ainda muito pouco para as presentes necessidades.
Assim como, quando a pátria está em perigo, tudo quanto não é estritamente
necessário ou não é diretamente ordenado à urgente necessidade da defesa comum,
passa a segunda linha; assim também em nosso caso, qualquer outra obra, por
mais bela e boa que seja, deve ceder o passo à vital necessidade de salvar as
próprias bases da fé e da civilização cristã. E assim, nas paróquias os
sacerdotes, dando embora materialmente o que é necessário à cura ordinária dos
fiéis, reservem o mais e o melhor das suas forças e da sua atividade à
reconquista das massas trabalhadoras para Cristo e para a Igreja e a fazer
penetrar o espírito cristão nos meios que lhe são mais refratários. Nas massas
populares, encontrarão uma correspondência e uma abundância de frutos inesperada,
que os compensará do duro trabalho do primeiro arroteamento; como temos visto e
vemos em Roma e em muitas outras metrópoles, onde, à sombra das novas igrejas,
que vão surgindo nos bairros periféricos, se vão organizando fervorosas
comunidades paroquiais e se operam verdadeiros milagres de conversão entre
populações que eram hostis à religião, só porque a não conheciam.
63. Mas o meio mais
eficaz de apostolado entre as multidões dos pobres e dos humildes é o exemplo
do sacerdote, o exemplo de todas as virtudes sacerdotais quais as descrevemos
em Nossa Encíclica Ad
Catholici Sacerdotii (20 de dezembro de 1935: A.A.S., vol. XXVIII
(1936), págs. 5-53); no presente caso, porém, de modo especial, é necessário um
luminoso exemplo de vida humilde, pobre, desinteressada, cópia fiel do Divino
Mestre que podia proclamar com divina franqueza: “As raposas têm os seus covis
e as aves do céu os seus ninhos; mas o Filho do homem não tem onde reclinar a
cabeça” (Mt 8, 20). Um sacerdote verdadeira e evangelicamente pobre e
desinteressado faz milagres de bem no meio do povo, como um São Vicente de
Paulo, um Cura d’Ars, um Cottolengo, um Dom Bosco e tantos outros; ao passo que
um sacerdote avaro e interesseiro, como recordamos na citada Encíclica, ainda
quando se não precipite, como judas, no abismo da traição, será pelo menos um
oco “bronze a ressoar” e um inútil “címbalo a retinir” (1 Cor 13, 1),
e muitas vezes antes obstáculo que instrumento de graça no meio do povo. E, se
o sacerdote secular ou regular, por dever de ofício, tem que administrar bens
temporais, lembre-se que não somente terá obrigação de observar
escrupulosamente tudo quanto prescrevem a caridade e a justiça, senão que de
modo particularmente deve mostrar-se verdadeiro pai dos pobres.
A AÇÃO CATÓLICA
64. Depois do clero
dirigimos o Nosso paternal convite aos nossos queridíssimos filhos leigos, que
militam nas fileiras da Ação Católica, que nos é tão cara e que, como já
declaramos em outra ocasião (13 de maio de 1936, A.A.S., vol. XXIX (1937),
págs. 139-144), é um “auxílio particularmente providencial”, para a obra da
Igreja nestas circunstâncias tão difíceis. De fato, a Ação Católica é também
apostolado social, enquanto tende a difundir o Reinado de Jesus Cristo não só
nos indivíduos mas também na família e na sociedade. Por isso deve, antes de
tudo, atender a formar com especial cuidado os seus membros e a prepará-los,
para as santas batalhas do Senhor. A este trabalho formativo, mais que nunca
urgente e necessário, que deve preceder a ação direta e efetiva, servirão
certamente os círculos de estudos, as semanas sociais, os cursos orgânicos de
conferências e todas as demais iniciativas aptas para dar a conhecer a solução
dos problemas sociais em sentido cristão.
65. Soldados da Ação
Católica tão bem preparados e adestrados serão os primeiros e imediatos
apóstolos dos seus companheiros de trabalho e tornar-se-ão os preciosos auxiliares
do Sacerdote, para levarem a luz da verdade e aliviarem as graves misérias
materiais e espirituais, em inumeráveis zonas refratárias à ação do ministro de
Deus, ou por inveterados preconceitos contra o clero ou por deplorável apatia
religiosa. Cooperar-se-á desse modo, sob a direção de Sacerdotes
particularmente experimentados, naquela assistência religiosa às classes
trabalhadoras, que temos tanto a peito, por ser o meio mais apto para preservar
aqueles Nossos amados filhos da cilada comunista.
66. Além deste apostolado
individual, muitas vezes oculto, mas sobremaneira útil e eficaz, é função da
Ação Católica disseminar amplamente, por meio da propaganda oral e escrita, os
princípios fundamentais que hão de servir para a construção de uma ordem social
cristã, como se depreendem dos documentos pontifícios.
ORGANIZAÇÕES AUXILIARES
67. Em torno da Ação
Católica cerram fileiras as organizações que Nós saudamos já como auxiliares da
mesma. Com paternal afeto exortamos também estas organizações tão prestimosas a
consagrarem-se à grande missão de que tratamos, que atualmente supera a todas
as outras pela sua vital importância.
ORGANIZAÇÕES DE CLASSE
68. Pensamos também nas
organizações de classe: de operários, de agricultores, de engenheiros, de
médicos, de patrões, de homens de estudo e outras semelhantes; homens e
mulheres, que vivem nas mesmas condições culturais e quase naturalmente se
reuniram em agrupamentos homogêneos. São precisamente estes grupos e estas
organizações que estão destinadas a introduzir na sociedade aquela ordem, que
tínhamos na mente na Nossa Encíclica Quadragesimo
anno, e a difundir assim o reconhecimento da realeza de Cristo nos diversos
campos da cultura e do trabalho.
69. E se, pela
transformação das condições da vida econômica e social, o Estado julgou dever
intervir até o ponto de assistir e regular diretamente tais instituições com
particulares disposições legislativas, salvo o respeito devido à liberdade e às
iniciativas particulares; também não pode nessas circunstâncias a Ação Católica
manter-se estranha à realidade, antes deve com prudência prestar a sua
contribuição de pensamento, com o estudo dos novos problemas à luz da doutrina
católica, e da atividade, com a participação leal e voluntária dos seus membros
nas novas formas e instituições, levando-lhes o espírito cristão, que é sempre
princípio de ordem e de mútua e fraterna colaboração.
APELO AOS OPERÁRIOS
CATÓLICOS
70. Uma palavra
particularmente paterna quiséramos dirigir aos Nossos queridos operários
católicos, jovens e adultos, os quais, talvez em prêmio da sua fidelidade por
vezes heróica nestes tempos tão difíceis, receberam missão muito nobre e árdua.
Sob a direção dos seus Bispos e Sacerdotes, é a eles que cumpre reconduzir à
Igreja e a Deus aquelas imensas multidões de irmãos seus de trabalho, os quais,
exacerbados por não haverem sido compreendidos nem tratados com a dignidade a
que tinham direito, se afastaram de Deus. Demonstrem os operários católicos com
seu exemplo, com suas palavras, a esses seus irmãos transviados que a Igreja é
Mãe cheia de ternura para todos os que trabalham e sofrem, e que jamais faltou
nem faltará a seu sagrado dever materno de defender seus filhos. Se esta
missão, que eles devem cumprir nas minas, nas fábricas, nos estaleiros, onde
quer que se trabalha, reclama por vezes grandes sacrifícios, lembrem-se que o
Salvador do mundo deu não só exemplo do trabalho, senão também o do sacrifício.
NECESSIDADE DE CONCÓRDIA
ENTRE OS CATÓLICOS
71. Assim pois, a todos
os Nossos filhos, de todas as classes sociais, de todas as nações, de todos os
grupos religiosos e leigos da Igreja, quiséramos dirigir um novo e mais urgente
apelo à concórdia. Muitas vezes Nosso coração paterno se tem afligido com as
divisões, fúteis muitas vezes em suas causas, mas sempre trágicas em suas
conseqüências, que põem em luta os filhos duma mesma Mãe, a Igreja. Assim se vê
que os agentes da desordem, que não são tão numerosos, aproveitando-se destas
discórdias, lhes exasperam o azedume, e acabam por lançar os mesmos católicos
uns contra os outros. Depois dos acontecimentos destes últimos meses, deveria
parecer supérfluo o Nosso aviso. Repetimo-lo, porém, uma vez mais para aqueles
que o não compreenderam, ou talvez não o querem compreender. Os que trabalham
por aumentar as distensões entre católicos, tomam sobre si uma tremenda
responsabilidade diante de Deus e da Igreja.
APELO A TODOS OS QUE
CRÊEM EM DEUS
72. Mas a esta luta,
empenhada pelo poder das trevas contra própria idéia da Divindade, é-Nos grato
esperar que, além de todos aqueles que se gloriam do nome de Cristo, se oponham
também denodadamente todos quantos crêem em Deus e o adoram, que são ainda a imensa
maioria da humanidade. Renovamos, por isso, o apelo que já, há cinco anos,
lançamos em Nossa Encíclica Caritate Christi, para que também eles leal e
cordialmente concorram de sua parte “para afastar da humanidade o grande perigo
que a todos ameaça”. Porquanto, - como então dizíamos -, se “a crença em Deus é
o fundamento inabalável de toda a ordem social e de toda a responsabilidade na
terra, todos os que não querem a anarquia e o terror devem trabalhar
energicamente para que os inimigos da religião não alcancem o fim que tão
abertamente proclamam” (Encíclica Caritate
Christi, 3 de maio de 1932: A.A.S., vol. XXIX (1932), pág. 184).
DEVERES DO ESTADO CRISTÃO
Ajudar a Igreja
73. Temos exposto,
Veneráveis Irmãos, a função positiva, de ordem, a um tempo, doutrinal e
prática, que a Igreja assume em virtude da mesma missão, que Jesus Cristo lhe
confiou, de edificar a sociedade cristã e, em nossos tempos, de combater e
desbaratar os esforços do comunismo; e fizemos apelo a todas e a cada uma das
classes da sociedade. Para esta mesma empresa espiritual da Igreja deve também
concorrer positivamente o Estado cristão, ajudando em seu empenho a Igreja com
os meios que lhes são próprios, os quais, embora externos, dizem também
respeito, em primeiro lugar, ao bem das almas.
74. Por isso os Estados
porão todo o cuidado em impedir que a propaganda atéia, que destrói todos os
fundamentos da ordem, faça estragos em seus territórios, porque não poderá
haver autoridade na terra, se não se reconhece a autoridade da Majestade
divina, nem será firme o juramento, que não se faça em nome do Deus vivo.
Repetimos o que tantas vezes e com tanta insistência temos dito, nomeadamente
na Nossa Encíclica Caritate Christi: “Como pode sustentar-se um
contrato qualquer, e que valor pode ter um tratado, onde falte toda a garantia
de consciência? E como pode falar-se de garantia de consciência, onde falte toda
a fé em Deus, todo o temor de Deus? Destruída esta base, desmorona-se com ela
toda a lei moral, e não haverá já remédio nenhum que possa impedir a gradual,
mas inevitável ruína dos povos, da família, do Estado, da própria civilização
humana” (Encíclica Caritate
Christi, 3 de maio de 1932: A.A.S., vol. XXIV (1932), pág. 190).
Providências do bem comum
75. Além disso, deve o
Estado pôr todo o cuidado em criar aquelas condições materiais de vida, sem as
quais não pode subsistir uma sociedade ordenada, e em procurar trabalho
especialmente aos pais de família e à juventude. Para esse fim induzam-se as
classes ricas a que, pela urgente necessidade do bem comum, tomem sobre si
aqueles encargos, sem os quais a sociedade humana não pode salvar-se, nem elas
próprias poderiam encontrar salvação. Mas as providências, que o Estado toma
para esse fim, devem ser tais que atinjam efetivamente os que de fato têm nas
mãos os maiores capitais e continuamente os vão aumentando com grave prejuízo
dos outros.
Prudente e sóbria
administração
76. O próprio Estado,
lembrando-se de suas responsabilidades diante de Deus e da sociedade, sirva de
exemplo a todos os demais com uma prudente e sóbria administração. Hoje mais
que nunca a gravíssima crise mundial exige que aqueles que dispõem de fundos
enormes, fruto do trabalho e do suor de milhões de cidadãos, tenham sempre
diante dos olhos unicamente o bem comum e procurem promovê-lo o mais possível.
Os funcionários do Estado e todos os empregados cumpram também, por dever de
consciência os seus deveres com fidelidade e desinteresse, seguindo os
luminosos exemplos antigos e recentes de homens insignes, que num trabalho sem
descanso sacrificaram toda a sua vida pelo bem da pátria. E no comércio dos
povos entre si, procure-se solicitamente remover aqueles obstáculos artificiais
da vida econômica, que brotam do sentimento da desconfiança e do ódio,
recordando que todos os povos da terra formam uma única família de Deus.
Deixar liberdade à Igreja
77. Mas, ao mesmo tempo,
deve o Estado deixar à Igreja plena liberdade de cumprir a sua missão divina e
espiritual, para contribuir assim poderosamente para salvar os povos da terrível
tormenta da hora presente. Por toda a parte se faz hoje um angustioso apelo às
forças morais e espirituais; e com toda a razão, porque o mal que se deve
combater é antes de tudo, considerado em sua primeira origem, um mal de
natureza espiritual, e desta fonte é que brotam, por uma lógica diabólica,
todas as monstruosidades do comunismo. Ora, entre as forças morais e
religiosas, sobressai incontestavelmente a Igreja Católica; e por isso o mesmo
bem da humanidade exige que não se ponham obstáculos à sua atividade.
78. Proceder de outro
modo e pretender ao mesmo tempo alcançar o fim com meios puramente econômicos e
políticos, é ficar à mercê de um erro perigoso. E quando se exclui a religião
da escola, da educação, da vida pública, e se expõem ao ludíbrio os
representantes do Cristianismo e seus sagrados ritos, não se promove porventura
aquele materialismo, donde germina o comunismo? Nem a força, ainda a mais bem
organizada, nem os ideais terrenos, por mais grandiosos e nobres que sejam,
podem dominar um movimento, que tem suas raízes precisamente na demasiada
estima dos bens da terra.
79. Confiamos que aqueles
que dirigem os destinos das nações, por pouco que sintam o perigo extremo que
ameaça hoje os povos, compreenderão cada vez melhor o supremo dever de não
impedir à Igreja o cumprimento da sua missão; tanto mais que, ao cumpri-la,
enquanto procura a felicidade eterna do homem trabalha também inseparavelmente
pela verdadeira felicidade temporal.
APELO PATERNO AOS
TRANSVIADOS
80. Mas não podemos pôr
termo a esta Carta Encíclica, sem dirigir uma palavra àqueles mesmos filhos
Nossos que estão já contagiados ou tocados do mal comunista. Exortamo-los
vivamente a que ouçam a voz do Pai que os ama; e rogamos ao Senhor que os
ilumine, para que deixem o caminho que os despenha a todos numa imensa e
catastrófica ruína, e reconheçam também eles que o único Salvador é Jesus
Cristo Senhor Nosso: “porque não há sob o céu nenhum outro nome dado aos
homens, pelo qual possamos esperar ser salvos” (At 4, 12).
SÃO JOSÉ, MODELO E
PATRONO
81. E, para apressar a
“Paz de Cristo no Reino de Cristo” (Encíclica Ubi
Arcano, 23 de dezembro de 1922: A.A.S., vol. XIV (1922), pág. 619), por
todos tão desejada, pomos a grande ação da Igreja Católica contra o comunismo
ateu mundial sob a égide do poderoso Protetor da Igreja, São José. Ele pertence
à classe operária e experimentou o peso da pobreza, em si e na Sagrada Família,
de que era chefe vigilante e afetuoso; a ele foi confiado o Deus Menino, quando
Herodes mandou contra ele os seus sicários. Com uma vida de fidelíssimo
cumprimento do dever cotidiano, deixou um exemplo de vida a todos os que têm de
ganhar o pão com o trabalho de suas mãos e mereceu ser chamado o Justo, exemplo
vivo daquela justiça cristã, que deve reinar na vida social.
82. Com os olhos no alto,
a nossa fé vê os novos céus e a nova terra; de que fala o Nosso
primeiro Antecessor, São Pedro (2 Pdr 3, 13; cf. Is 66,
22; Apc 21, 1). Enquanto as promessas dos falsos profetas da terra se
desvanecem em sangue e lágrimas, brilha com celeste beleza a grande profecia
apocalíptica do Redentor do mundo: “Eis que Eu renovo todas as coisas”
(Apc 21, 5).
Não Nos resta, Veneráveis
Irmãos, senão elevar as mãos paternas e fazer descer sobre Vós, sobre o vosso
Clero e povo, sobre toda a grande Família Católica, a Bênção Apostólica.
Dada em Roma, junto de
São Pedro, na festa de São José, Padroeiro da Igreja Universal, no dia 19 de
março de 1937, ano XVI do Nosso Pontificado.
PIO XI PP.
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