vendredi 23 décembre 2011

Quatrième mystère lumineux : LA TRANSFIGURATION DU SEIGNEUR JÉSUS


Transfiguration

24 Alors Jésus dit à ses disciples : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix et me suive.

25 Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra; et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera.

26 Quel profit en effet aura l'homme, s'il gagne le monde entier, mais perd son âme? Ou que donnera l'homme en échange de son âme ?

27 Car le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon ses œuvres.

28 Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici présents ne goûteront point la mort qu'ils n'aient vu le Fils de l'homme venant dans son règne. "

Chapitre 17

1 Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l'écart sur une haute montagne

2 Et il se transfigura devant eux : son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.

3 Et voilà que Moïse et Elie leur apparurent, conversant avec lui.

4 Prenant la parole, Pierre dit à Jésus : " Seigneur, il nous est bon d'être ici; si vous le voulez, je ferai ici trois tentes, une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie. "

5 Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse les couvrit, et voilà que du sein de la nuée une voix dit : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances : écoutez-le. "

6 En entendant, les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d'une grande frayeur.

7 Et Jésus, s'approchant, les toucha et dit : " Levez-vous, ne craignez point. "

8 Levant les yeux, ils ne virent plus que Jésus seul.

9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur fit ce commandement : " Ne parlez à personne de cette vision, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité des morts. "

10 Les disciples l'interrogèrent, disant : " Pourquoi donc les scribes disent-ils qu'il faut qu'Elie vienne d'abord? "

11 Il répondit : " Elie vient en effet, et il restaurera toutes choses.

12 Mais je vous dis qu'Elie est déjà venu; et ils ne l'ont pas reconnu, mais ils l'ont traité comme ils ont voulu. De même le Fils de l'homme doit souffrir par eux. "

13 Les disciples comprirent alors qu'il leur avait parlé de Jean le Baptiste.

14 Quand ils furent arrivés près de la foule, un homme s'approcha de lui et, tombant à genoux devant lui, dit :

15 " Seigneur, ayez pitié de mon fils, car il est lunatique et il est bien mal : en effet il tombe souvent dans le feu et souvent dans l'eau.

16 Je l'ai amené à vos disciples, et ils n'ont pas pu le guérir. "

17 Jésus répondit : " O génération incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous? Jusques à quand vous supporterai-je ? Amenez-le-moi ici. "

18 Et Jésus lui commanda avec force, et le démon sortit de lui, et l'enfant fut guéri à l'heure même.

19 Alors les disciples vinrent trouver Jésus, en particulier, et dirent : " Pourquoi n'avons
nous pas pu le chasser? "

20 Il leur dit : " A cause de votre manque de foi. En vérité, je vous le dis, si vous avez de la foi comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne : Passe d'ici là, et elle y passera, et rien ne vous sera impossible.

21 Mais ce genre (de démon) n'est chassé que par la prière et le jeûne. "

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XVI : 24- XVII : 1-21

Mosaïque byzantine de la Transfiguration. Monastère Sainte Catherine au Sinaï


1 Il leur dit : " Je vous le dis, en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici présents ne goûteront point la mort qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu venu avec puissance. "

2 Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène seuls à l'écart, sur une haute montagne. Et il se transfigura devant eux.

3 Ses vêtements devinrent étincelants, tout blancs, tels qu'aucun foulon sur la terre ne saurait blanchir ainsi.

4 Et Elie leur apparut avec Moïse, conversant avec Jésus.

5 Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : " Rabbi, il nous est bon d'être ici; faisons trois tentes, une pour vous, une pour Moïse, et une pour Elie. "

6 Il ne savait en effet quoi dire, l'effroi les ayant saisis.

7 Et il se fit une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée se fit entendre une voix : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le. "

8 Aussitôt, regardant tout autour, ils ne virent plus personne que Jésus, seul avec eux.

9 Comme ils descendaient de la montagne, il leur fit commandement de ne raconter à personne ce qu'ils avaient vu, sinon quand le Fils de l'homme serait ressuscité des morts.

10 Et ils gardèrent pour eux la chose, tout en se demandant entre eux ce que signifiait " ressusciter des morts ".

11 Ils l'interrogeaient, disant : " Pourquoi les scribes disent-ils qu'il faut qu'Elie vienne d'abord? "

12 Il leur dit : " Elie doit venir d'abord et restaurer toutes choses. Et comment est-il écrit du Fils de l'homme qu'il doit souffrir beaucoup et être méprisé ?

13 Mais je vous dis qu'Elie est venu, et ils l'ont traité comme ils ont voulu, selon qu'il est écrit de lui. "

14 Etant venus vers les disciples, ils virent une foule nombreuse autour d'eux, et des scribes qui discutaient avec eux.

15 Et aussitôt qu'elle l'eut vu, toute la foule fut stupéfaite, et elle accourut pour le saluer.

16 Il leur demanda : " Que discutez-vous avec eux ? "

17 Un de la foule lui répondit : " Maître, je vous ai amené mon fils, qui a un esprit muet.

18 Partout où il s'empare de lui, il le jette contre terre, et il écume, grince des dents et se raidit. Et j'ai dit à vos disciples de le chasser, et ils ne l'ont pu. "

19 Il leur répondit : " O génération incrédule, jusques à quand serai-je près de vous ? Jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi. "

20 Et ils le lui amenèrent. A sa vue, l'esprit le jeta aussitôt à terre, et tombé sur le sol, il se roulait en écumant.

21 Et il demanda au père : " Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ? — Depuis l'enfance, dit-il.

22 Et souvent il l'a jeté dans le feu et dans l'eau pour le faire périr. Mais, si vous pouvez quelque chose, venez à notre aide par pitié pour nous. "

23 Jésus lui dit : " Si vous pouvez ! Tout est possible à celui qui croit. "

24 Aussitôt le père de l'enfant s'écria : " Je crois ! Venez au secours de mon manque de foi ! "

25 Jésus, voyant accourir une foule, commanda avec force à l'esprit impur, lui disant : " Esprit muet et sourd, je te le commande, sors de lui et ne rentre plus en lui. "

26 Et ayant poussé un grand cri et l'ayant jeté à terre avec violence, il sortit; et il devint comme mort, si bien que beaucoup disaient : " Il est mort. "

27 Mais Jésus, l'ayant pris par la main, le fit lever, et il se tint debout.

28 Lorsqu'il fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier : " Pourquoi n'avons-nous pu le chasser ? "

29 Il leur dit : " Ce genre ne peut être chassé que par la prière [et le jeûne]. "

ÉVANGILE SELON SAINT MARC, IX : 1-29


23 Et, s'adressant à tous, il dit : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour et me suive.

24 Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra; et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la sauvera.

25 Quel profit en effet a l'homme qui a gagné le monde entier, mais qui s'est ruiné lui-même ou perdu ?

26 Celui qui aura eu honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui, lorsqu'il viendra dans sa gloire et celle du Père et des saints anges.

27 Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici présents ne goûteront point la mort qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu. "

28 Il se passa environ huit jours après (qu'il eut dit) ces paroles, et, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il monta sur la montagne pour prier.

29 Pendant qu'il priait, l'aspect de son visage devint autre, et son vêtement d'un blanc éblouissant.

30 Et voilà que deux hommes conversaient avec lui : c'étaient Moïse et Elie,

31 qui, apparaissant en gloire, parlaient de sa mort qu'il devait accomplir à Jérusalem.

32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, s'étant réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui.

33 Or, comme ils se séparaient de lui, Pierre dit à Jésus : " Maître, il nous est bon d'être ici; faisons trois tentes : une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie, " ne sachant pas ce qu'il disait.

34 Comme il disait cela, il se fit une nuée qui les couvrit de son ombre; et ils furent saisis de frayeur tandis qu'ils entraient dans la nuée.

35 Et de la nuée se fit entendre une voix qui disait : " Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le. "

36 Pendant que la voix parlait, Jésus se trouva seul Et ils gardèrent le silence, et ils ne racontèrent rien à personne, en ce temps-là, de ce qu'ils avaient vu.

37 Le jour suivant, lorsqu'ils furent descendus de la montagne, une foule nombreuse se porta à sa rencontre.

38 Et voilà que de la foule un homme s'écria : " Maître, je vous en prie, jetez un regard sur mon fils, car c'est mon unique.

39 Un esprit s'empare-t-il de lui qu'aussitôt il pousse des cris, et il l'abat en le faisant écumer, à grand'peine le quitte-t-il après l'avoir tout meurtri.

40 J'ai prié vos disciples de le chasser, et ils ne l'ont pu. "

41 Jésus répondit : " O génération incrédule et perverse, jusques à quand serai-je près de vous et vous supporterai-je? Conduis ici ton fils. "

42 Et comme il approchait, le démon le jeta par terre et l'abattit. Mais Jésus commanda avec force à l'esprit impur et guérit l'enfant, et il le rendit à son père.

43 Et tous étaient stupéfaits devant la grandeur de Dieu.

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, IX : 23-43


Transfiguration du Seigneur

(1er s.)

Au moment de commencer sa montée vers sa Passion, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène sur une montagne, le mont Thabor selon la tradition. Là, il est transfiguré devant eux et reçoit du Père ce témoignage: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé." Au jardin des Oliviers, au soir de son arrestation, ce sont les mêmes, Pierre, Jacques et Jean, que Jésus prendra avec lui. Ce n'est pas une coïncidence. Ceux qui allaient le voir défiguré ("il n'avait plus figure humaine" avait annoncé le prophète Isaïe) ce sont eux qui devaient, auparavant, l'avoir vu transfiguré: le Jésus Fils de Dieu est le même que le Jésus crucifié. La fête de la Transfiguration est très ancienne dans l'Orient chrétien. Elle fut très tôt fixée au 6 août, en plein été. Au Xe siècle, elle devint même, par décision de l'empereur, fête chômée dans tout l'empire byzantin. En Occident, après avoir été longtemps fête locale, elle fut constituée fête universelle après la victoire qui stoppa l'avance turque en 1456. La date liturgique de sa célébration fut choisie d'après la pratique des Églises orientales. Avec le Baptême du Christ, c'est une fête de théophanie, c'est-à-dire de manifestation du Christ comme Fils de Dieu. Elle est célébrée en ce jour par l'Église d'Occident et tous les Orientaux byzantins, syriens et coptes. L'Église arménienne la reporte au dimanche suivant.

La Transfiguration: 'avoir part un jour à sa gloire' (site des Jeunes Cathos) - homélie de saint Léon le Grand, pape au Ve siècle et docteur de l’Église

Fête de la Transfiguration du Seigneur, qui célèbre le jour où, sur le mont Thabor, le Christ Jésus, devant ses Apôtres Pierre, Jacques et Jean, manifesta sa gloire de Fils bien-aimé du Père, en présence de Moïse et d’Élie apportant le témoignage de la Loi et des Prophètes.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1633/Transfiguration-du-Seigneur.html


Descends, Pierre

Tandis que Pierre parlait survint une nuée lumineuse qui les couvrit de son ombre. Pierre désirait trois tentes : la réponse venue du ciel montra que nous n’en avons qu’une, que l’esprit humain voulait pourtant diviser. Le Verbe de Dieu est le Christ, le Verbe de Dieu est dans la Loi, le Verbe de Dieu est dans les Prophètes. Pourquoi, Pierre, cherches-tu à le diviser ? Tu devrais plutôt unir. Tu demandes trois tentes : comprends qu’il n’y en a qu’une.

Descends, Pierre. Tu désirais te reposer sur la montagne ? Le Seigneur te dit : « Descends pour peiner et servir en ce monde, pour être méprisé et crucifié en ce monde. » La vie est descendue pour être mise à mort, le pain est descendu pour endurer la faim, la voie est descendue pour se fatiguer sur le chemin, la source est descendue pour endurer la soif, et toi, tu refuses de souffrir ? Ne cherche pas ton profit. Pratique la charité, annonce la vérité. Tu parviendras alors à l’immortalité, et, avec elle, tu trouveras la paix.

St Augustin d’Hippone

Saint Augustin († 430) était évêque d’Hippone, en Afrique du Nord. / Sermon 78, 2-6, trad. dir. par H. Delhougne, Les Pères de l’Église commentent l’Évangile, Brepols, Turnhout, 1991, n° 215.

SOURCE : https://fr.aleteia.org/daily-prayer/dimanche-25-fevrier-2/meditation-de-ce-jour-1/

Giovanni Bellini. La Transfiguration, 1485, 115 x 152, Galleria Nazionale di Capodimonte


Transfiguration

The Transfiguration of Christ is the culminating point of His public life, as His Baptism is its starting point, and His Ascension its end. Moreover, this glorious event has been related in detail by St. Matthew (17:1-6), St. Mark (9:1-8), and St. Luke (9:28-36), while St. Peter (2 Peter 1:16-18) and St. John (1:14), two of the privileged witnesses, make allusion to it.

About a week after His sojourn in Cæsarea PhilippiJesus took with him Peter and James and John and led them to a high mountain apart, where He was transfigured before their ravished eyes. St. Matthew and St. Mark express this phenomenon by the word metemorphothe, which the Vulgate renders transfiguratus est. The Synoptics explain the true meaning of the word by adding "his face did shine as the sun: and his garments became white as snow," according to the Vulgate, or "as light," according to the Greek text.

This dazzling brightness which emanated from His whole Body was produced by an interior shining of His Divinity. False Judaism had rejected the Messias, and now true Judaism, represented by Moses and Elias, the Law and the Prophets, recognized and adored Him, while for the second time God the Father proclaimed Him His only-begotten and well-loved Son. By this glorious manifestation the Divine Master, who had just foretold His Passion to the Apostles (Matthew 16:21), and who spoke with Moses and Elias of the trials which awaited Him at Jerusalem, strengthened the faith of his three friends and prepared them for the terrible struggle of which they were to be witnesses in Gethsemani, by giving them a foretaste of the glory and heavenly delights to which we attain by suffering.

Location of the Transfiguration

Already in Apostolic times the mount of the Transfiguration had become the "holy mount" (2 Peter 1:18). It seems to have been known by the faithful of the country, and tradition identified it with Mount ThaborOrigen said (A.D. 231-54) "Thabor is the mountain of Galilee on which Christ was transfigured" (Comm. in Ps. lxxxviii, 13). In the next century St. Cyril of Jerusalem (Catechetical Lectures II.16) and St. Jerome (Epistles 4653 and 108) likewise declare it categorically. Later St. ProculusPatriarch of Constantinople (d. 447; Orat. viii, in Transfig.), Agathangelus (Hist. of Armenia, II, xvii), and Arnobius the Younger (d. 460; Comm. in Ps. lxxxviii, 13) say the same thing. The testimonies increase from century to century without a single dissentient note, and in 553 the Fifth Council of Constantinople erected a see at Mount Thabor (Notitif. Antioch. . . . patriarch.).

Some modern writers claim that the Transfiguration could not have taken place on Mount Thabor, which, according to Josephus, was then surmounted by a city. This is incorrect; the Jewish historian speaks neither of a city nor a village; he simply fortified, as he repeats three times, "the mount called Itabyrion" ("Bell. Jud.", II, xx, 6; IV, i, 8; Vita, 37). The town of Atabyrion of Polybius, the Thabor or Celeseth Thabor, the "flank of Thabor" of the Bible, is situated at the foot of Mount Thabor. In any case the presence of houses on a wooded height would not have made it impossible to find a place apart.

It is again objected that Our Lord was transfigured on Mount Hermon, since He was at that time in its vicinity. But the Synoptics are all explicit concerning the lapse of time, six days, or about eight days including those of departure and arrival, between the discourse in Cæsarea and the Transfiguration, which would infer a somewhat lengthy journey. Moreover the summits of Hermon are covered with snow as late as June, and even the lesser peaks of 4000 or 5000 feet are likewise snow-covered in February and March, the period of the Transfiguration. Finally, the ancients judged of the height of mountains by their appearance, and Thabor especially was considered a "high mountain", if not by David and Jeremias, at least by Origen and St. Jerome and the pilgrims who made the ascent.

Meistermann, Barnabas. "Transfiguration." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company, 1912. 13 Apr. 2020 <http://www.newadvent.org/cathen/15019a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Paul T. Crowley. Dedicated to Father Edward V. Rutowski.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1912. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Copyright © 2023 by Kevin Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/15019a.htm


The Transfiguration of Our Lord

Matt. xviii; Mark ix; Luke ix.

OUR Divine Redeemer, in order to show us that the sufferings of his servants are usually intermingled with frequent spiritual comforts, and to give us a sensible demonstration of the truth of his promises of an eternal glory reserved for us in the world to come, was pleased to manifest a glimpse of his majesty in the mystery of his Transfiguration. Being in Galilee, about a year before his sacred passion, he chose to be witnesses of his glory the same three beloved disciples who were afterwards to be witnesses of his bloody agony in the garden—namely, St. Peter, and the two sons of Zebedee, SS. James and John. He took three, that their evidence might be unexceptionable; but he would not publicly discover his glory, to teach his followers to love the closest secrecy in all spiritual graces and favours. All pretences contrary to this rule are suggested by blind self-love, not by the spirit of God; they are a disguised pride, and a dangerous illusion. Every true servant of God loves to be hidden and concealed; his motto in the divine gifts, even when he most ardently invites all creatures to magnify the Lord with him for all His unspeakable mercies, is: My secret to myself, my secret to myself. 1 He fears lest he should be at all considered or thought of in what purely belongs to God alone. Jesus therefore would exhibit this miracle in retirement, and he led these three apostles to a retired mountain, as he was accustomed to repair often to some close solitude to pray. The tradition of the Christians in Palestine, of which St. Cyril of Jerusalem, St. John Damascen, and other ancient fathers are vouchers, assures us, that this was mount Thabor, which is exceeding high and beautiful, and was anciently covered with green trees and shrubs, and was very fruitful. It rises something like a sugar loaf, in a vast plain, in the middle of Galilee. This was the place in which the Man-God appeared in his glory. He was transfigured whilst at prayer, because it is usually in this heavenly commerce that the soul receives the dew of divine consolations, and tastes how infinitely sweet and good God is to those who sincerely seek him. Many Christians indeed are strangers to this effect of that holy exercise, because they do not apply themselves to it with assiduity and fervour, or neglect to disengage their affections from creatures by perfect humility, self-denial, and mortification of the senses. Without a great purity of heart no man shall see God. A little bird-lime entangles the feathers of a bird, and holds down the strongest pinion from being able to raise the body in the air. So the least earthly dust clogs the wings of the soul, the least inordinate attachment to creatures is a weight which hinders the perfect union of her affections with God, and the full flow of his graces upon her; but a Christian worthily disposed and fitted by the Holy Ghost to receive the spirit of prayer, by assiduity in that holy exercise purifies his love more and more, transforms his affections, and renders them more and more spiritual and heavenly. Of this, the Transfiguration of our Divine Redeemer was, among other transcending prerogatives, a most noble and supereminent prototype.

Whilst Jesus prayed he suffered that glory which was always due to his sacred humility, and of which for our sake he deprived it, to diffuse a ray over his whole body. His face was altered, and shone as the sun, and his garments became white as snow. By this glorious transfiguration of his flesh he has animated our hope, that even our bodies will share with our immortal souls in the bliss which he has promised us, and will inherit his glory. Do we often bear in mind this comfortable truth? Can we believe it, and not always be employed in the thoughts of it? Can we think of it, and not be ravished out of ourselves with holy joy? Yes; this heavy lumpish flesh, these infirm corruptible bodies, at present so often subject to sickness, pain, and wants, will one day be raised from the dust, glorified, impassable; no more liable to heat, cold, diseases, torment, or tears; beautiful, transcending in lustre and brightness the sun and stars; endued with swiftness beyond that of light, and with strength equal to the angels; with the power of penetrating all bodies, as Christ did the stone of the sepulchre, and the doors when shut; with dazzling glory, with unspeakable pleasure in every part or organ; in a word, with all the communicable gifts and qualities of spirits, resembling the body of Christ glorified after his resurrection, which, as St. Paul tells us, is the model upon which ours shall be raised in glory. A glimpse of all this appeared in the splendour wherewith his adorable humanity was clothed in his Transfiguration.

Moses and Elias were seen by the three apostles in his company on this occasion, and were heard discoursing with him of the death which he was to suffer in Jerusalem. Moses represented the ancient patriarchs, and the first saints who lived under the law; Elias the later prophets; and they showed by their presence that all the just inspired by God from the beginning had given testimony to Christ as the true Messias. They had both been remarkable for their sufferings in the cause of virtue, Elias having been exceedingly persecuted by the wicked, and Moses having chosen rather to be afflicted with the people of God than to enjoy the greatest honours and pleasures of Pharaoh’s court; and the cross being the constant object of the most ardent desires of our blessed Redeemer out of the excess of his love for us, they spoke to him of nothing but of the stripes, thorns, reproaches, and cruel death which he was to suffer. Our loving Saviour, in part to moderate his ardour to complete his sacrifice by the triumph of his love in his death on the cross, had made it frequently the subject of his conversation with his disciples, and even in this joyful mystery, would entertain himself and the witnesses of his glory upon it. If we truly consider and understand the spiritual fruits and glory of mortification and suffering for Christ, we shall rejoice in wearing the livery of our crucified Redeemer. The three apostles were wonderfully delighted with this glorious vision, and St. Peter cried out to Christ: Lord, it is good for us to be here. Let us make three tents; one for thee, one for Moses, and one for Elias. This he spoke, not knowing what he said, being out of himself in a transport of holy admiration and joy; desiring never to be drawn from the sight of so glorious an object, and never to lose that sweetness and delight with which his soul was then overwhelmed. He truly knew not what he said, or he would never have desired that for the time of trial on earth which is reserved only for heaven. Neither would he have contented himself with beholding only the glorified humanity of Christ, which vision can bear no proportion to the beatific contemplation of the divinity itself. He tasted only a single drop of that overflowing river which inebriates the heavenly Jerusalem, and all its blessed inhabitants; yet was so much transported by it. What would he then have said if he had received into his soul the whole impetuous torrent of heavenly delights? He who has once tasted that spiritual sweetness which God sometimes bestows on souls in this life to strengthen their weakness, and to attract them to his love by the sweet odour of his ointments, must ever after live in bitterness, alleviated only by resignation and love, till he arrive at the fountain itself, which is God. No wonder therefore that St. Peter, after this foretaste was unwilling to return again to the earth. How little do the lovers of the world know the incomparable sweetness of divine love, or they would despise from their hearts those toys for which they deprive themselves of so great a good! Yet so depraved is the taste of many by their passions, that they would be content, were it possible, always to live here, and never think of the joys of heaven. “How can it be good for us to be here,” cries out St. Bernard, 2 “where everything in worldly pursuits is tedious, empty, or dangerous? Here is much malice, and very little wisdom, if even a little. Here all things are slippery and treacherous, covered with darkness, and full of snares, where souls are exposed to continual danger of perishing, the spirit sinks under affliction, and nothing is found but vanity and trouble of mind.” To the just this life is the time of trials and labour; heaven is our place of rest, our eternal sabbath, where our patience and tears will find their reward exceeding great. Why do we seek repose before the end of our warfare?

Whilst St. Peter was speaking, there came, on a sudden, a bright shining cloud from heaven, an emblem of the presence of God’s majesty, and from out of this cloud was heard a voice which said: This is my beloved Son, in whom I am well pleased; hear ye him. By this testimony the Father declared Christ his only begotten and co-eternal Son, sent by him into the world to be the remedy of our sins, our advocate and our propitiation, through whom alone we can find access to his offended majesty. If through him we approach the throne of his mercy, we cannot be rejected, he being in his humanity the object of the infinite complacency of the Father; through him we are invited to apply with confidence for mercy and every good gift. By the same voice the Father also declared him the perfect model of our virtues, and commands us to hear him, and attend to his example, in order to square by it our lives, and to form in our souls a new spirit grounded upon the pattern he hath set us of humility, meekness, charity, and patience. He commands us also to listen with the utmost respect and docility to his saving and most holy doctrine, which is the word of eternal life. The apostles who were present, upon hearing this voice, were seized with a sudden fear and fell upon the ground; but Jesus, going to them, touched them, and bade them to rise. They immediately did so, and saw no one but Jesus standing in his ordinary state. This vision happened in the night. As they went down the mountain early the next morning, Jesus gave them a charge not to discover to any one what they had seen till he should be risen from the dead. The Jews were unworthy to hear what many among them would have only blasphemed, and they had sufficient evidence by his miracles, to which they wilfully shut their eyes; but Jesus would by this give us a fresh lesson of humility, and teach us that secrecy with regard to divine graces, and the exercise of all extraordinary virtues, is the guardian of those gifts.

From the contemplation of this glorious mystery we ought to conceive a true idea of future happiness; if this once possess our souls, it will make us not to value any difficulties or labours we can meet with here, but to regard with great indifference all the goods and evils of this life, provided we can but secure our portion in the kingdom of God’s glory. Thabor is our encouragement by setting that bliss before our eyes; but Calvary is the way that leads to it. When Christ shall let us into the secrets of his love and cross, and make us taste that interior sweetness and secure peace which he hath hidden therein, and which the world knoweth not, then we shall find a comfort and joy in our sufferings themselves, and with St. Paul we shall think of nothing but of loving, and suffering in what manner it shall please God to make us tread in the footsteps of his divine Son, being solicitous only to walk in the continual exercise of pure love. The ninety-fourth sermon of St. Leo, which is on this mystery, shows this festival to have been observed at Rome in the middle of the fifth century. Pope Calixtus III. made it more universal and solemn by a bull, dated in 1457.

Note 1. Isa. xxiv. 16. [back]

Note 2. S. Bern. Serm. 6, in Ascens. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VIII: August. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/8/061.html


Trasfigurazione del Signore

6 agosto

La liturgia romana leggeva il brano evangelico riferito all'episodio della trasfigurazione il sabato delle Quattro Tempora di Quaresima, mettendo così in relazione questo mistero con quello della passione. Lo stesso evangelista Matteo inizia il racconto con le parole: «Sei giorni dopo» (cioè dopo la solenne confessione di Pietro e il primo annuncio della passione), «Gesù prese con sé Pietro, Giacomo e Giovanni, suo fratello, e li condusse sopra un alto monte, in disparte. E si trasfigurò davanti a loro: il suo volto risplendette come il sole e le sue vesti divennero candide come la luce». C'è in questo episodio una netta contrapposizione all'agonia dell'orto del Getsemani. La trasfigurazione, che fa parte del mistero della salvezza, è ben degna di una celebrazione liturgica che la Chiesa, sia in Occidente come in Oriente, ha comunque celebrato in vario modo e in date differenti, finché papa Callisto III elevò di grado la festa, estendendola alla Chiesa universale.

Martirologio Romano: Festa della Trasfigurazione del Signore, nella quale Gesù Cristo, il Figlio Unigenito, l’amato dell’Eterno Padre, davanti ai santi Apostoli Pietro, Giacomo e Giovanni, avendo come testimoni la legge ed i profeti, manifestò la sua gloria, per rivelare che la nostra umile condizione di servi da lui stesso assunta era stata per opera della grazia gloriosamente redenta e per proclamare fino ai confini della terra che l’immagine di Dio, secondo la quale l’uomo fu creato, sebbene corrotta in Adamo, era stata ricreata in Cristo.

Il 6 agosto la Chiesa fa memoria della Trasfigurazione di Nostro Signore. Gesù scelse di prendere con sé il primo Papa e «i figli del tuono» («Boanèrghes», Mc 3, 17) per salire sul Monte Tabor a pregare. Sei giorni prima aveva detto ai suoi discepoli: «vi sono alcuni tra i presenti che non morranno finché non vedranno il Figlio dell’uomo venire nel suo regno» (Mt 16, 28) ed ecco che Pietro, Giacomo e Giovanni furono scelti per assistere all’ineffabile: Cristo apparve nel suo Corpo glorioso.

Infatti, mentre pregava, «il suo volto cambiò d’aspetto e la sua veste divenne candida e sfolgorante» (Lc 9, 29) e due uomini, anch’essi apparsi nella loro gloria, parlavano con Lui del compimento in Gerusalemme del suo sacrificio: erano Mosè ed Elia che rappresentavano la Legge e i Profeti.

Sant’Agostino spiega, nel Discorso 78, che i suoi vestiti sono la sua Chiesa. «Se i vestiti non fossero tenuti ben stretti da colui che l’indossa, cadrebbero. Che c’è di strano se mediante il vestito bianchissimo viene simboleggiata la Chiesa, dal momento che sentite dire dal profeta Isaia: Anche se i vostri peccati fossero come scarlatto, lì farò diventare bianchi come neve (Is 1, 18)?». Dunque anche se i peccati commessi dagli uomini di Chiesa fossero di colore rosso scarlatto, la sua Sposa avrebbe comunque un abito candido e rilucente grazie al Sole, Cristo.

A tale visione Pietro esprime sentimenti soltanto umani, senza pensieri soprannaturali: «Maestro, è bello per noi stare qui. Facciamo tre tende, una per te, una per Mosè e una per Elia» e, a questo punto, l’evangelista Luca precisa: «Egli non sapeva quel che diceva»; Pietro, la pietra sulla quale Cristo avrebbe edificato la sua Chiesa, seppure di fronte alla bellezza della maestà del Salvatore, utilizza canoni di carattere terreno. Spiega ancora sant’Agostino: «È bello per noi, o Signore – dice – stare qui. Era infastidito dalla folla, aveva trovato la solitudine sul monte; lì aveva Cristo come cibo dell’anima.

Perché avrebbe dovuto scendere per tornare alle fatiche e ai dolori mentre lassù era pieno di sentimenti di santo amore verso Dio e che gl’ispiravano perciò una santa condotta? Voleva star bene». Di fronte a Cristo glorioso Pietro aveva trovato la felicità e non avrebbe più voluto muoversi da quel luogo. La risposta giunse mentre egli ancora parlava: arrivò una nube e li avvolse e da essa uscì una voce: «Questi è il Figlio mio, l’eletto; ascoltatelo», la stessa voce che si era udita quando San Giovanni Battista aveva battezzato Gesù sulle rive del Giordano: «Tu sei il Figlio mio prediletto, in te mi sono compiaciuto» (Mc 1,9-11).

E quando la voce cessò Gesù rimase solo. Il Vescovo di Tagaste afferma che Pietro cercava tre tende, ma la risposta venuta dal Cielo mostrò invece «che noi ne abbiamo una sola, mentre la mentalità umana voleva dividerla. Cristo è la Parola di Dio, Parola di Dio nella Legge, Parola di Dio nei Profeti. Perché, o Pietro, cerchi di dividerlo? È necessario piuttosto che tu rimanga unito a lui. Tu cerchi tre tende: devi comprendere ch’è una sola!». Sempre vere, sempre attuali le parole di questo Padre della Chiesa, il Papa è chiamato a non dividere Cristo: «Scendi, Pietro; desideravi riposare sul monte: scendi; predica la parola di Dio, insisti in ogni occasione opportuna e importuna, rimprovera, esorta, incoraggia usando tutta la tua pazienza e la tua capacità d’insegnare.

Lavora, affaticati molto, accetta anche sofferenze e supplizi affinché, mediante il candore e la bellezza delle buone opere, tu possegga nella carità ciò ch’è simboleggiato nel candore delle vesti del Signore. Poiché nell’elogio della carità, letto nella lettera dell’Apostolo, abbiamo sentito: Non cerca i propri interessi (1 Cor 13, 5). Non cerca i propri interessi perché dona quel che possiede».

Su quel monte il Padre si manifestò nella voce, il Figlio nella sua carne trasfigurata, lo Spirito Santo nella nube luminosa. E Pietro desiderava fare una tenda per il Re che non volle possedere neanche una pietra su cui posare il capo? Il Salvatore non venne per preparare case temporanee nella logica del mondo, ma per predisporre una splendida e perenne dimora nel Suo Regno, dove il grano ondeggerà nel Dio Uno e Trino.

Autore: Cristina Siccardi

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/21300

Troisième mustère lumineux : LA PROCLAMATION DU ROYAUME



Regni Dei proclamatio coniuncta cum invitamento ad conversionem

12 Quand Jésus eut appris que Jean avait été livré, il se retira en Galilée.

13 Et quittant Nazareth, il vint demeurer à Capharnaüm, sur les bords de la mer, aux confins de Zabulon et de Nephtali,

14 afin que s'accomplît cette parole du prophète Isaïe :

15 Terre de Zabulon et terre de Nephtali, vers la mer, pays au delà du Jourdain, Galilée des Gentils !

16 Le peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière; et pour ceux qui étaient assis dans la région de l'ombre de la mort, une lumière s'est levée !

17 Dès lors Jésus commença à prêcher, en disant : " Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est proche. "

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, IV : 12-17

14 Après que Jean eut été livré, Jésus vint en Galilée, prêchant l'évangile de Dieu et disant :

15 " Le temps est accompli, et le Royaume de Dieu est proche; repentez-vous et croyez à l'évangile. " 

ÉVANGILE SELON SAINT MARC, I : 14-15


14 Jésus retourna avec la puissance de l'Esprit en Galilée, et sa renommée se répandit dans toute la région.

15 Et il enseignait dans leurs synagogues, et tous publiaient ses louanges.

16 Il vint à Nazareth, où il avait été élevé, et il entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et il se leva pour faire la lecture.

17 On lui remit le livre du prophète Isaïe; et ayant déroulé le livre, il trouva l'endroit où il était écrit :

18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé publier aux captifs la délivrance, aux aveugles le retour à la vue, renvoyer libres les opprimés,

19 publier l'année favorable du Seigneur.

20 Ayant roulé le livre, il le rendit à l'employé et s'assit; et tous, dans la synagogue, avaient les yeux attachés sur lui.

21 Il se mit à dire à leur adresse : " Aujourd'hui cette Ecriture est accomplie devant vous. "

22 Et tous lui rendaient témoignage et admiraient les paroles toutes de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient : " N'est-ce pas là le fils de Joseph ? "

23 Et il leur dit : " Sans doute, vous me direz cet adage : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce que nous avons ouï dire que vous avez fait pour Capharnaüm, faites-le ici aussi, dans votre patrie. "

24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est en faveur dans sa patrie.

25 Je vous le dis, en vérité, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Elie, lorsque le ciel fut fermé pendant trois ans et six mois, quand il y eut une grande famine sur toute la terre;

26 et Elie ne fut envoyé vers aucune d'elles, mais à Sarepta de Sidon, vers une femme veuve.

27 Et il y avait beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Elisée; et aucun d'eux ne fut guéri, mais Naaman le Syrien. "

28 En entendant cela, ils furent tous remplis de colère dans la synagogue,

29 et s'étant levés, ils le poussèrent hors de la ville, et le menèrent jusqu'au sommet de la montagne, sur laquelle leur ville était bâtie, pour le précipiter.

30 Mais lui, passant au milieu d'eux, s'en alla.

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, IV : 14-30

Deuxième mystère lumineux : LE SIGNE DE CANA

HIERONYMUS BOSCH (circa 1450–1516). Les Noces de Cana, vers 1555,

 huile sur bois, 93 X 72, RotterdamMuseum Boijmans Van Beuningen 



Autorevelatio apud Cananense matrimonium

ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT JEAN

01 Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.

02 Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.

03 Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »

04 Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »

05 Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

06 Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).

07 Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord.

08 Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.

09 Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié

10 et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

11 Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

12 Après cela, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils demeurèrent là-bas quelques jours.

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/Jn/2

Marco d'Oggiono  (1470–). Nozze di Cana, fresque, 180 x 335, Pinacoteca del Castello Sforzesco


Textes de méditation sur les « Noces de Cana » de Saint Thomas d’Aquin :

Au sens mystique, les noces signifient l'union du Christ et de l'Église - « C'est là un grand mystère, je l'entends du Christ et de l'Église » (Ep 5,32). À la vérité, ces épousailles eurent leur commencement dans le sein de la Vierge, lorsque Dieu le Père unit la nature humaine à son Fils dans l'unité de la personne, en sorte que le lit nuptial de cette union - « Dans le soleil, il dressa sa tente » (Ps 18,5) - fut ce sein virginal. De ces noces il est dit : « Le Royaume des cieux ressemble à un roi qui fit les noces de son fils ». (Mt 22,2), ce qui se réalisa à l'heure où Dieu le Père a uni à son Verbe la nature humaine dans le sein virginal. Ce mariage fut rendu public lorsque l'Église s'est unie au Verbe par la foi - « Je t'épouserai dans la foi » dit le Seigneur (Os 2,22). De ces noces, l'Écriture dit : « Elles sont venues les noces de l'Agneau, et son épouse s'y est préparée » (Ap 19,7). Et ces épousailles seront consommées lorsque l'épouse, c'est-à-dire l'Église, sera introduite dans le lit nuptial de l'Époux, dans la gloire céleste : « Heureux ceux qui ont été appelés au repas des noces de l'Agneau » (Ap 19,9). Le fait que ces noces eurent lieu le troisième jour n'est pas sans signification. Le premier jour est en effet le temps de la loi naturelle, le second celui de la Loi écrite; quant au troisième, c'est le temps de la grâce où le Seigneur, né dans la chair, célébra ses noces - « Après deux jours, il nous rendra la vie; le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence » (Os 6,2). Au sens mystique, il faut comprendre qu'aux noces spirituelles, la Mère de Jésus, la Vierge bienheureuse, est présente en qualité de conseillère des noces, car c'est par son intercession que nous sommes unis au Christ par la grâce - « En moi est toute espérance de vie et de force » (Sir 24,25). Le Christ, Lui, y est présent en tant que véritable Époux de l'âme, comme le dit Jean Baptiste : « Celui qui a l'épouse est l'époux » (Jn 3,29). Quant aux disciples, ils sont là en qualité de compagnons des noces, pour unir l'Église au Christ, comme le dit l'un d'entre eux : « Je vous ai fiancés à un époux unique, comme une vierge pure à présenter au Christ» (2 Co 11,2).

(Textes extraits des commentaires sur l’Évangile de Saint Jean de Saint Thomas d’Aquin)

SOURCE : http://site-catholique.fr/index.php?post/Chapelet-Saint-Thomas-Mystere-Lumineux-Noces-de-Cana




(5-13 JUILLET 2015)

MESSE POUR LES FAMILLES

HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

Parc des Samanes, Guayaquil (Équateur)

Lundi 6 juillet 2015


Le passage de l’Évangile que nous venons d’entendre est le premier signe prodigieux qui se réalise dans le récit de l’Évangile de Jean. La préoccupation de Marie, devenue requête à Jésus : “Ils n’ont pas de vin” – lui a-t-elle dit - la référence à “l’heure”, cette préoccupation se comprendra grâce aux récits de la Passion.

Et c’est bien qu’il en soit ainsi, parce que cela nous permet de voir la détermination de Jésus à enseigner, à accompagner, à guérir et à donner la joie à partir de cet appel au secours de la part de sa mère : “Ils n’ont pas de vin’’.

Les noces de Cana se répètent avec chaque génération, avec chaque famille, avec chacun de nous et nos tentatives pour faire en sorte que notre cœur arrive à se fixer sur des amours durables, sur des amours fécondes, sur des amours joyeuses. Donnons à Marie une place ; ‘‘la mère’’ comme le dit l’évangéliste. Et faisons avec elle maintenant l’itinéraire de Cana.

Marie est attentive, elle est attentive à ces noces déjà commencées, elle est sensible aux besoins des fiancés. Elle ne se replie pas sur elle-même, elle ne s’enferme pas, son amour fait d’elle un ‘‘être vers’’ les autres. Elle ne cherche pas non plus des amies pour parler de ce qui est en train de se passer et critiquer la mauvaise préparation des noces. Et comme elle est attentive, avec sa discrétion, elle se rend compte que manque le vin. Le vin est signe de joie, d’amour, d’abondance. Combien de nos adolescents et jeunes perçoivent que dans leurs maisons depuis un moment il n’y a plus de ce vin ! Combien de femmes seules et attristées se demandent quand l’amour s’en est allé, quand l’amour s’est dérobé de leur vie ! Combien de personnes âgées se sentent exclues de la fête de leurs familles, marginalisées et ne s’abreuvant pas de l’amour quotidien de ses enfants, de ses petits-fils, de ses arrière-petits-fils. Le manque de ce vin peut aussi être l’effet du manque de travail, l’effet de maladies, de situations problématiques que nos familles dans le monde entier traversent. Marie n’est pas une mère ‘‘qui réclame’’, elle n’est pas non plus une belle-mère qui surveille pour s’amuser de nos incapacités, de nos erreurs ou manques d’attention. Marie est simplement mère ! Elle est là, pleine d’attention et de sollicitude. C’est beau d’écouter cela : Marie est mère ! Voulez-vous le dire tous ensemble avec moi ? Allons : Marie est mère ! Une fois encore : Marie est mère ! Une fois encore : Marie est mère !

Mais Marie, en ce moment où elle se rend compte qu’il manque du vin, recourt à Jésus en toute confiance : cela signifie que Marie prie. Elle s’adresse à Jésus, elle prie. Elle ne s’adresse pas au majordome ; directement, elle présente la difficulté des mariés à son Fils. La réponse qu’elle reçoit semble décourageante : « Et que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue » (v. 4). Cependant, entre temps, elle a déjà remis le problème entre les mains de Dieu. Sa hâte quand il s’agit des besoins des autres accélère l’‘‘heure’’ de Jésus. Et Marie fait partie de cette heure, depuis la crèche jusqu’à la croix. Elle qui a su « transformer une grotte pour des animaux en maison de Jésus, avec de pauvres langes et une montagne de tendresse » (Evangelii Gaudium, n. 286) et qui nous a reçus comme fils quand une épée a traversé le cœur. Elle nous enseigne à remettre nos familles entre les mains de Dieu ; elle nous enseigne à prier, en allumant l’espérance qui nous indique que nos préoccupations aussi sont celles de Dieu.

Et prier nous fait toujours sortir du périmètre de nos soucis, nous fait transcender ce qui nous fait mal, ce qui nous secoue ou ce qui nous manque à nous-mêmes et ce qui nous aident à nous mettre dans la peau des autres, à nous mettre dans leurs souliers. La famille est une école où la prière nous rappelle aussi qu’il y a un nous, qu’il y a un prochain proche, sous les yeux : qui vit sous le même toit, qui partage la vie et se trouve dans le besoin.

Et, enfin, Marie agitLes paroles « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (v. 5), adressées à ceux qui servaient, sont une invitation à nous aussi, invitation à nous mettre à la disposition de Jésus, qui est venu servir et non pour être servi. Le service est le critère du vrai amour. Celui qui aime sert, il se met au service des autres. Et cela s’apprend spécialement en famille, où nous nous faisons par amour serviteurs les uns des autres. Au sein de la famille, personne n’est marginalisé ; tous sont égaux.

Je me souviens qu’une fois, on a demandé à ma maman lequel de ses cinq enfants – nous sommes cinq frères – lequel de ces cinq enfants elle aimait le plus. Et elle a dit [elle montre la main] : comme les doigts, si l’on pique celui-ci cela me fait mal de la même manière que si l’on pique celui-là. Une mère aime ses fils tels qu’ils sont. Et dans une famille les frères s’aiment tels qu’ils sont. Personne n’est rejeté.

Là en famille « on apprend à demander une permission avec respect, à dire ‘‘merci’’ comme expression d’une juste évaluation des choses qu’on reçoit, à dominer l’agressivité ou la voracité, et là on apprend également à demander pardon quand on cause un dommage, quand nous nous querellons. Car dans toutes les familles il y a des querelles. Le problème, c’est demander pardon après. Ces petits gestes de sincère courtoisie aident à construire une culture de la vie partagée et du respect pour ce qui nous entoure » (Laudato si’, n. 213). La famille est l’hôpital le plus proche, quand on est malade on y soigné, tant que c’est possible. La famille, c’est la première école des enfants, c’est le groupe de référence indispensable des jeunes, c’est la meilleure maison de retraite pour les personnes âgées. La famille constitue la grande ‘‘richesse sociale’’ que d’autres institutions ne peuvent pas remplacer, qui doit être aidée et renforcée, pour ne jamais perdre le sens juste des services que la société prête à ses citoyens. En effet, ces services que la société prête aux citoyens ne sont pas une aumône, mais une vraie “dette sociale” à l’endroit de l’institution familiale, qui est la base et qui apporte tant au bien commun de tous.

La famille forme aussi une petite Église, nous l’appelons “Église domestique” qui, avec la vie, achemine la tendresse et la miséricorde divine. Dans la famille, la foi se mélange au lait maternel : en expérimentant l’amour des parents, on sent plus proche l’amour de Dieu.

Et dans la famille – nous en sommes tous témoins - les miracles se réalisent avec ce qu’il y a, avec ce que nous sommes, avec ce que l’on a à portée de main... bien souvent ce n’est pas l’idéal, ce n’est pas ce dont nous rêvons, ni ce qui “devrait être”. Il y a un détail qui doit nous faire réfléchir : le vin nouveau, ce vin si bon selon le majordome des noces de Cana provient des jarres de purification, c’est-à-dire de l’endroit où tous avaient laissé leurs péchés... Il provient du ‘‘pire’’ parce que “là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé” (Rm 5, 20). Et dans la famille de chacun d’entre nous et dans la famille commune que nous formons tous, rien n’est écarté, rien n’est inutile. Peu avant le début de l’Année Jubilaire de la Miséricorde, l’Église célébrera le Synode Ordinaire consacré aux familles, pour faire mûrir un vrai discernement spirituel et trouver des solutions et des aides concrètes aux nombreuses difficultés et aux importants défis que la famille doit affronter aujourd’hui. Je vous invite à intensifier votre prière à cette intention, pour que même ce qui nous semble encore impur, comme l’eau dans les jarres, nous scandalise ou nous effraie, Dieu – en le faisant passer par son “heure” – puisse le transformer en miracle. La famille a besoin aujourd’hui de ce miracle.

Et toute cette histoire a commencé parce qu’“ils n’avaient pas de vin”, et tout a pu se réaliser parce qu’une femme – la Vierge – était attentive, a su remettre dans les mains de Dieu ses préoccupations, et a agi avec bon sens et courage. Mais il y a un détail, le résultat final n’est pas moindre : ils ont goûté le meilleur des vins. Et voici la bonne nouvelle : le meilleur des vins est sur le point d’être savouré, le plus admirable, le plus profond et le plus beau pour la famille reste à venir. Le temps reste à venir, où nous savourerons l’amour quotidien, où nos enfants redécouvriront l’espace que nous partageons, et les personnes âgées seront présentes dans la joie de chaque jour. Le meilleur des vins est en espérance, il reste à venir pour chaque personne qui se risque à l’amour. Et en famille, il faut se risquer à l’amour, il faut se risquer à aimer. Et le meilleur des vins reste à venir même si tous les paramètres et les statistiques disent le contraire. Le meilleur vin reste à venir en ceux qui aujourd’hui voient tout s’effondrer. Murmurez-le jusqu’à le croire: le meilleur vin reste à venir. Murmurez-le chacun dans son cœur : le meilleur vin reste à venir. Et susurrez-le aux désespérés ou aux mal-aimés. Soyez patients, ayez de l’espérance, faites comme Marie, priez, agissez, ouvrez votre cœur, parce que le meilleur des vins va venir. Dieu s’approche toujours des périphéries de ceux qui sont restés sans vin, de ceux à qui il ne reste à boire que le découragement ; Jésus a un faible pour offrir en abondance le meilleur des vins à ceux qui pour une raison ou une autre, sentent déjà que toutes leurs jarres se sont cassées.

Comme Marie nous y invite, faisons “tout ce que Seigneur dira”. Faites ce qu’il vous dira. Et soyons reconnaissants que, à notre temps et à notre heure, le vin nouveau, le meilleur, nous fasse récupérer la joie de la famille, la joie de vivre en famille. Ainsi soit-il.

Intervention improvisée du Saint-Père à la fin de la Sainte Messe au Parc ‘‘Los Samanes’’, Guayaquil
Que Dieu vous bénisse, vous accompagne. Je prie pour la famille de chacun d’entre vous, et vous, faites comme Marie. Et, s’il vous plaît, je vous demande de ne pas oublier de prier pour moi.

Au revoir !

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Des Noces à Cana de Galilée
Saint Jean est le seul évangéliste à rapporter le premier signe de Jésus, lors de cette célébration à Cana. À la demande de la Sainte Vierge, il transforma l’eau en vin.
BIBLIOGRAPHIE ET ESSAIS12 déc. 2012

“Nuptiæ factæ sunt in Cana Galilææ” (Jn 2, 1).Il y eut des Noces à Cana de Galilée. Saint Jean est le seul évangéliste à rapporter le premier signe de Jésus, lors de cette célébration à Cana. À la demande de la Sainte Vierge, il transforma l’eau en vin. C’est aussi en cette localité de Galilée qu’il place le deuxième de ses miracles, la guérison du fils d’un fonctionnaire royal, malade à Capharnaüm (cf. Jn 4, 46-54).
La simplicité du récit de Cana, riche en nuances, est étonnante. « Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée. La mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples. Or il n’y avait plus de vin car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont plus de vin. » Jésus lui répondit : « Que me veux-tu, femme » ? Mon heure n’est pas encore venue ». Sa mère dit aux servants : « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le. » Il y avait là six jarres de pierre destinées aux rites de purification des Juifs ; elles contenaient chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux servants : « Remplissez d’eau ces jarres. » Ils les remplirent jusqu’au bord. « Puisez maintenant, leur dit-il et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Le maître du repas goûta l’eau changée en vin : comme il en ignorait la provenance— tandis que les servants la connaissaient, eux qui avaient puisé l’eau, — le maître du repas interpelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert d’abord le bon vin et, quand les gens sont gais, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. Tel fut le premier des signes de Jésus. Il l’accomplit à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en Lui. (Jn 2, 1-11).
De nombreux témoins parlent d’un sanctuaire construit par les chrétiens en mémoire de ce premier miracle de Jésus
Les récits chrétiens les plus anciens, évoquant Cana de Galilée comme un lieu de pèlerinage, situent cette localité près de Nazareth : « Pas loin de là, se trouve Cana, où l’eau fut transformée en vin » (Saint Jérôme, Épître XLVI. Paulae et Eustochiae ad Marcellam, 13), affirme saint Jérôme dans une lettre écrite entre 386 et 392. Dans un document postérieur, il laisse entendre que la ville était sur la route vers la mer de Génésareth :« On traversa d’un bon pas, Nazareth, la ville nourricière du Seigneur, Cana et Capharnaüm, témoins de ses miracles, le lac de Tibériade, sanctifié par les traversées du Seigneur et le désert où plusieurs milliers de personnes furent rassasiées avec quelques pains dont les restes remplirent autant de corbeilles qu’il y a de tribus en Israël » (Saint Jérôme, Épitre CVIII, Epitaphium Sanctae Paulae, 13).
De nombreux témoins parlent d’un sanctuaire construit par les chrétiens en mémoire de ce premier miracle de Jésus. Ils affirment aussi que l’on conserve une ou deux de ces jarres et qu’il y avait une source au village. C’est le récit d’un pèlerin anonyme du VIème siècle qui en est la preuve la plus ancienne. Il était parti de Sepphoris-Diocésarée : « Après avoir parcouru trois milles, nous sommes arrivés à Cana, où le Seigneur assista aux noces et nous nous sommes reposés en ce lieu. C’est là qu’indignement j’ai gravé le nom de mes parents. On y trouve encore deux jarres, j’en ai rempli une d’eau et j’y ai versé du vin. Je l’ai prise sur mon épaule et l’ai posée sur l’autel. Après nous nous sommes lavés à la source des bénédictions » (Itinerarium Antonini Piacentini, 4).
Deux lieux
Bien que ces deux témoignages aient une grande valeur, ils n’apportent pas de données définitives pour pouvoir situer Cana puisqu’ils peuvent aussi bien faire allusion aux deux lieux du même nom, au nord de Nazareth : les ruines de Khirbet Qana, un hameau déserté depuis sept siècles ; et la ville de Kefer Kenna, qui a aujourd’hui 17.000 habitants, dont un quart de chrétiens.
Khirbet Qana était au sommet d’une colline, sur la vallée de Netufa, près de la route qui reliait Acre à la mer de Génésareth. Elle était à neuf kilomètres de Sepphoris et à quatorze de Nazareth. Les fouilles archéologiques ont découvert les ruines d’un petit hameau qui a survécu jusqu’au XIIIème ou au XIVème siècles et où il y a une grotte avec des vestiges de culte chrétien d’époque byzantine et de nombreuses citernes creusées dans le roc pour retenir l’eau de pluie puisqu’il n’y avait pas de sources dans cette zone.
Kefer Kenna est à six kilomètres de Nazareth, sur la route qui descend vers Tiberias. Ce lieu alimenté par une source, datée au moins du IIème siècle avant le Christ. Il semble qu’au XVIème siècle, ses habitants, musulmans pour la plupart, gardaient la tradition du lieu où Jésus avait fait le miracle. Les pèlerins y trouvèrent une pièce souterraine à laquelle on avait accès à partir des ruines de ce qui semblait avoir été une église dont ils attribuèrent la construction à l’empereur Constantin et à sainte Hélène, sa mère. En 1641, des Franciscains arrivés en ce lieu ont fait des démarches pour récupérer ces vestiges qui ne leur furent octroyés qu’en 1879. En 1880, on bâtit une petite église qui fut agrandie entre 1897 et 1906. En 1886, on construisit aussi à cent mètres de là, une chapelle en l’honneur de saint Barthélemy, Nathanaël, qui était originaire de Cana (cf. Jn 21, 2).
À l’occasion du Jubilée de l’an 2000, le sanctuaire fut restructuré et on en profita pour faire des fouilles archéologiques pouvant compléter les recherches de 1969. Ces fouilles ont fait ressortir qu’avec l’église médiévale, il y a ce qui pourrait avoir été une synagogue des III ème et IV ème siècles, construite sur les ruines d’habitations précédentes remontant au Ier siècle. Cette synagogue avait un atrium pavé de mosaïques et un vestibule-portique avec une grande citerne au centre qui existe encore au sous-sol du temple actuel. Les colonnes et les chapiteaux du portique furent aussi utilisés pour la nef. Dans l’abside septentrionale de l’église on trouva une abside encore plus ancienne avec des sépultures des siècles V et VI. La tombe type semble indiquer une présence chrétienne sur ce lieu durant la période byzantine. Tout comme les témoignages historiques, l’archéologie n’a pas apporté de preuves concluantes pour situer Cana de Galilée, lieu où Jésus convertit l’eau en vin.
Signes
Depuis les plus anciens temps, la richesse et la densité du récit de saint Jean sur les premiers pas du Seigneur dans sa vie publique ont nourri la réflexion chrétienne. Grâce à ce récit si riche au point de vue théologique, et dont nous n’allons pas faire le tour en cet article, le miracle de Cana marque les débuts des signes messianiques, annonce déjà l’Heure de la glorification du Christ et manifeste la foi que les apôtres avaient en Lui. Aussi, est-il significatif que saint Jean ait parlé de la présence et de l’action de Notre Dame à ce moment-là.
En la fête de ces noces, Sainte Marie remarque que le vin vient à manquer et elle en parle à Jésus pour qu’il subvienne aux besoins des époux. « À première vue, écrit Benoît XVI, le miracle de Cana semble s’écarter un peu des autres signes utilisés par Jésus. Quel peut être le sens de ce signe où Jésus crée pour une fête privée une profusion de vin, environ 520 litres? » (Joseph Ratzinger/Benoît XVI, Jésus de Nazareth. Du Baptême à la Transfiguration, p. 276). Pour le saint-père, c’est le signe de la grandeur de l’amour qui est au centre de l’histoire du salut : Dieu « qui se prodigue lui-même pour la pauvre créature qu’est l’homme, (…). L’abondance de Cana est par conséquent un signe indiquant que la fête de Dieu avec l’humanité, le don de lui-même aux hommes, a commencé » (Joseph Ratzinger/Benoît XVI, Jésus de Nazareth. Du Baptême à la Transfiguration, p. 279)
Le cadre de cet épisode, un banquet de noces, devient ainsi à son tour l’image d’un « autre banquet, celui des noces de l’Agneau qui livre son Corps et son Sang à la demande de l’Église, son épouse » Catéchisme de l’Église catholique, n. 2618.
L’intercession de la Sainte Vierge
Le don du Seigneur aux hommes a son heure et elle n’est pas encore arrivée à Cana. Cependant, Jésus l’anticipe grâce à l’intercession de la Très Sainte Vierge : « Marie se place entre son Fils et les hommes dans la réalité de leurs privations, de leur indigence et de leurs souffrances. Elle se met « au milieu », c’est-à-dire qu’elle devient médiatrice non pas comme une étrangère mais dans son rôle de mère, consciente qu’en tant que telle elle peut —et qui plus est « elle a le droit de »— présenter à son Fils les nécessités des hommes ». (Jean-Paul II, Litt. enc. Redemptoris Mater, 25-III-1987, n. 21).
De ce fait, de nombreux auteurs ont eu raison de mettre en parallèle le miracle de Cana, où Notre Dame s’occupe avec une sollicitude maternelle de ceux qui l’entourent, et le moment du Calvaire, où saint Jean la reçoit comme mère de tous les hommes. En s’appuyant sur cette réalité, saint Josémaria l’appelait fréquemment « Mère de Dieu et notre Mère » et il suggérait de la traiter en tant que fils : « Marie tient assurément à ce que nous l’invoquions, à ce que nous nous approchions d’Elle en toute confiance, en faisant appel à sa maternité, en lui demandant de montrer qu’Elle est notre Mère. Or Elle est une mère qui ne se fait pas prier, voire qui devance notre supplication, parce qu’Elle connaît nos besoins et qu’elle vient nous aider promptement, en montrant par ses œuvres qu’elle pense constamment à ses enfants »
(Quand le Christ passe, n. 141).
Marie intervient comme médiatrice non pas comme une étrangère, mais dans son rôle de mère. En même temps, il y a un autre élément essentiel de sa maternité qui se dévoile quand elle s’adresse aux serviteurs : « Faites ce qu’Il vous dira » (Jn 2, 5). “Notre Dame, sans cesser d’agir en tant que Mère, sait placer ses enfants devant leurs responsabilités précises. À ceux qui s’en approchent et contemplent sa vie, Marie fait toujours l’immense faveur de les conduire vers la Croix, face à l’exemple du Fils de Dieu. Et c’est dans cette confrontation que la vie chrétienne se décide, Marie intercède pour que notre conduite aboutisse à une réconciliation du petit frère — toi et moi— avec le Fils Unique du Père.
Une rencontre avec Marie est à la source de beaucoup de conversions, de beaucoup de décisions de se livrer au service de Dieu. Notre Dame a cultivé cette envie de chercher, elle a activé maternellement l’inquiétude de l’âme, elle a fait que l’on aspire à un changement, à une nouvelle vie. Et son « Faites ce qu’Il vous dira » s’est transformé en des réalités de don de soi plein d’amour, en une vocation qui éclaire désormais toute notre vie personnelle » (Quand le Christ passe, n. 149).


Pseudo-Jacquemart  (fl. from 1380 until 1415 ), Les Grandes Heures du duc de Berry - Les Noces de Cana, 1407-1409, tempera on vellum, 40 x 30, Bibliothèque nationale de France  


Le vin miraculeux des noces de Cana

Marc Paitier - Publié le 01/09/21

Fruit de la vigne et du travail des hommes, le vin occupe une place importante dans la Bible. Plus de 440 passages mettent ainsi en scène le vigneron, la vigne et le vin. Alors que les vendanges commencent, le général Marc Paitier nous emmènent pendant plusieurs semaines à travers les Saintes Écritures afin de découvrir toute la richesse de cette image, symbole de l'amour de Dieu pour son peuple, qui s'accomplit ultimement dans le sacrifice de son Fils, la vigne véritable. Découvrez aujourd’hui les noces de Cana. (7/17)

Après trente ans de vie cachée, le temps vint où Jésus inaugura sa mission de Rédempteur. Il avait quitté sa mère depuis quelques semaines et revenait du Jourdain en Galilée où Il avait rencontré Jean-Baptiste. Il y avait avec lui les premiers disciples : Jean, Pierre, André, Philippe et Nathanaël. Avec eux, il se rend à Cana, petite bourgade située à six kilomètres de Nazareth sur la route du lac de Tibériade. Marie est là, invitée à un mariage. Sans doute est-elle la proche parente de l’un des époux. L’apôtre Jean a rapporté les faits dont il a été le témoin (Jn 2 1-11) :

Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.

Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.

Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »

Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »

Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).

Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord.

Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.

Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié

et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Le vin servi lors de ces noces provient vraisemblablement des collines autour de Cana ou du tout proche secteur du Mont-Carmel réputé pour son vignoble, Carmel signifiant « vigne de Dieu ».  Nous sommes dans une région viticole. Le vin est l’ornement indispensable des fêtes. Les époux des noces de Cana sont de condition modeste, tous les invités sont des personnes simples qui affrontent avec dignité les difficultés de la vie quotidienne. Cette fête qui regroupe toute la parenté et le voisinage, vient interrompre pour peu de temps, une vie de labeur et de renoncement, c’est la raison pour laquelle elle dure plusieurs jours, pas moins d’une semaine entière. Pour recevoir dignement les hôtes, veiller au bon déroulement du service lors des repas, il faut un majordome, un « maître du festin ». Sa mission consiste principalement à diriger les serviteurs. Il n’a pas la main sur la préparation des plats qui concerne les femmes mais il doit prévoir la quantité suffisante de vin, compte tenu de la participation et de la durée de la noce. Évaluation difficile quand il se présente davantage d’hôtes qu’on n’en attendait.

Marie souffre pour eux et veut leur éviter une humiliation. Elle, qui vraisemblablement n’en buvait pas, sait combien le vin participe à la joie des noces.

C’est ainsi que vers la fin des noces, le cinquième ou le sixième jour, le vin manqua. Marie est la première à se rendre compte que la provision de vin est épuisée ce qui indique qu’elle prête vraisemblablement son concours à la préparation du repas. Elle va trouver discrètement son Fils et lui dit : « Ils n’ont plus de vin ».Ces simples mots révèlent la délicatesse et la miséricorde du cœur de Marie. Elle est simplement émue par le désarroi de ses hôtes. Elle souffre pour eux et veut leur éviter une humiliation. Elle, qui vraisemblablement n’en buvait pas, sait combien le vin participe à la joie des noces. L’échange avec son fils se déroule à voix basse, loin des regards. Marie expose la situation en formulant un simple constat sans se perdre en considérations inutiles. Nulle explication, nulle demande. 

La réponse de Jésus est déconcertante « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue ». L’appellation « Femme » qui sonne froidement à nos oreilles est d’usage courant dans la vie de famille en Orient. C’est ici une manière solennelle de désigner celle qui est la Femme par excellence, la nouvelle Eve, celle à laquelle l’Ange a dit : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes. » Les paroles qui suivent, en revanche, pourraient paraître blessantes dans la bouche d’un fils s’adressant à sa mère. Elles doivent être considérées au regard de la mission divine du Christ-Jésus. Il y a deux parts dans sa vie, comme il y a deux natures dans sa personne. En tant qu’homme, il est l’enfant obéissant et aimant de Marie ; en tant que Dieu, Il ne relève que de son Père et considère que son heure, c’est-à-dire celle de sa vie publique pour accomplir l’œuvre de la Rédemption, n’est pas encore venue. Il attend pour cela un signe de son Père. Marie, non seulement ne s’en offusque pas, mais invite au miracle avec une ferme confiance. S’adressant aux serviteurs, elle leur dit « Faites tout ce qu’Il vous dira ». Pour Jésus, cette injonction est le signe attendu. Il ne peut rien refuser à cette mère choisie qui est ici la voix de son Père, la médiatrice. Il obtempère et donne ses ordres aux serviteurs. 

Notons qu’il n’est pas indifférent que le miracle se soit opéré dans des urnes destinées aux ablutions, c’est-à-dire à un rite de purification. Celles-ci, en effet, étaient maintenues dans un état de parfaite propreté ce qui exclut de penser – comme ceux qui nient le miracle – que l’eau ait pu prendre le goût du vin en se mélangeant avec de la lie que ces contenants auraient conservée. La « mesure » dont il est question dans cette péricope évangélique est une unité de volume qui correspond à quarante litres. Chaque urne avait donc une contenance de quatre-vingts ou cent vingt litres ; le Seigneur se manifeste généreusement dans ses bienfaits, distribuant en quantité ses largesses : pas moins de six cents litres de vin pour que les invités de la noce puissent continuer à profiter de la fête. Il faut souligner la docilité et l’obéissance des serviteurs qui font confiance à Jésus et suivent à la lettre les étranges instructions qu’Il leur transmet. Ils nous donnent une leçon de foi.

Quel était le goût du vin des noces de Cana ?

Quel était le goût du vin du miracle ? La question n’est pas aussi futile qu’il n’y paraît et il n’est pas interdit de tenter d’y répondre. Il s’agit d’évidence, d’un très grand vin. Il y a au moins deux bonnes raisons de l’affirmer. La première se trouve dans l’Évangile lui-même. Les convives dont les sens sont nettement affaiblis par les nombreuses libations qui ont précédé, ont pourtant été frappés par la qualité du vin qui leur était servi. Ils ont ressenti une vive émotion. Ils n’en avaient jamais dégusté d’aussi bon de toute leur vie. La seconde qui peut sembler pure spéculation, est une évidence pour l’homme de foi. Ce vin était l’œuvre de Dieu lui-même. Il ne pouvait pas s’agir d’un vin quelconque, ni même d’un simple bon vin. Ce ne pouvait être qu’une pure merveille, un nectar, un « grand cru » hors classe qui annonce le vin de l’Eucharistie et qui anticipe celui qui sera servi pour l’Éternité au banquet céleste. Son style, ses saveurs, sa texture, sa consistance sublimaient certainement les qualités des grands vins produits dans l’Empire romain. Les vins étaient alors, principalement élaborés à partir de raisins noirs. Ces raisins produisent naturellement un jus blanc. Le foulage qui s’effectuait avec les pieds prenait du temps et favorisait plus ou moins la libération des pigments colorants contenus dans les peaux. La robe du vin pouvait prendre une teinte allant d’une couleur très pâle proche du blanc au rouge très léger, que l’on peut comparer au vin clairet. Le vin rouge issu de longues macérations tel que nous le connaissons aujourd’hui n’existait pas. 

Compte tenu de la façon dont il est vinifié et élevé avec l’adjonction de nombreux ingrédients pour le stabiliser et le parfumer, il prend une couleur ambrée et cuivrée. C’est un vin épais et chaleureux combinant un goût oxydatif, une douceur sucrée et des notes épicées. Les Romains utilisent un mot grec pour définir cette saveur : « drimutès », qui correspond à la douce amertume des vins madérisés. Le vin de Cana dérouterait nos palais modernes. Il correspond aux canons de son époque. N’oublions pas que ces vins très consistants, imbuvables purs, étaient consommés, additionnés d’eau. 

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Le maître du festin agissant en qualité d’échanson était chargé de mettre plus ou moins d’eau dans le vin, selon sa force. C’est en procédant à cette opération que le maître du festin de Cana dira à l’Époux : « Tout le monde sert d’abord le bon vin, et, quand les gens sont enivrés, le moins bon ; mais toi tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant ! » C’était contraire à tous les usages et sans doute faut-il voir dans cette remarque une certaine ironie empreinte d’humour et d’incompréhension ; l’homme ayant été touché dans son amour propre de ne pas avoir été mis dans la confidence. Seuls Marie et les serviteurs qui ont suivi les consignes de Jésus connaissaient l’origine miraculeuse de ce vin qui a fait couler beaucoup d’encre depuis deux mille ans, don de la bonté toute-puissante de Jésus et de la prévenante charité de sa mère.

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SOURCE : https://fr.aleteia.org/2021/09/01/le-vin-miraculeux-des-noces-de-cana/?utm_campaign=NL_fr&utm_content=NL_fr&utm_medium=mail&utm_source=daily_newsletter

Fernando Gallego et atelier  (1440–1507), Las bodas de Caná / Changing the Water into Wine, vers 1480-1488, , tabla procedente del retablo de Ciudad Rodrigo, University of Arizona Museum of Art  , Cook collection, Samuel H. Kress Collection


Cana

A city of Galilee, Palestine, famous throughout all ages as the scene of Our Lord's first miracle, when He turned water into wine at the Marriage Feast (John 2). It is mentioned by the same Evangelist in two other passages, once (iv, 46) in connection with another miracle, when He cured the ruler's son at a distance, and once (xxi, 2) as the birthplace of Nathaniel, or St. Bartholomew. No direct indication can be gathered of its locality, except that it was not far from either Nazareth or Capharnaum, and higher than the latter city, as indeed all the land west of the Plain of Genesareth is; and that an ordinary traveler from Jerusalem to Nazareth would pass through or near it. It is not mentioned by either of the Synoptists, nor indeed anywhere else in the Scriptures. An old tradition identifies the site of Cana with modern Kefr' Kenna, a village of about 600 inhabitants. This lies some four or five miles northeast of Nazareth, on the road from thence to Tiberias, at the foot of a short, steep hill. The tradition dates back at least to the eighth century, and probably a good deal earlier, while the site fulfills all the requisite conditions mentioned above. At the time of the Crusades, or before, there was a church which was believed to be on the spot where the miracle of Our Lord was worked. This site is now in the hands of the Franciscans, who have built a large new church. In recent years some interesting excavations have been carried out within its walls, discovering parts of the old church beneath. The Greeks also have a church close by, inside which are two large jars, said to be the original "water pots of stone" in which the water was turned into wine; but the probability of their being genuine is not great. The fountain still existing in the village, however, must have been the actual source from which the water was drawn. The inhabitants of the village are very rough and uncivilized. About one-third of them are Christians, the majority belonging to the Greek Church.

Towards the far end of the town, there is a church dedicated to St. Bartholomew, said to be on the site of his house, though this tradition cannot be traced back very far. A curious light is thrown on the ease with which such traditions used to originate by the existence of a similar church on the supposed site of the house of Simon the Cananean. The name Cananean must have deceived some, who consequently sought for the site of his house, and the demand created the supply. In reality, however, the Chanaanites were a strict national sect among the Jews, and the name is wholly unconnected with Cana. The site of Kefr' Kenna held almost undisputed possession for many centuries. It is only in recent years that its authenticity has been seriously questioned. There are now two other claimants for the site. One of these, Kenet-el-Jalil, is some six miles further north, on the slope of a hill. There is nothing there now but ruins. Some remains of cisterns have been discovered but there is no fount or spring. It seems to have been known in quite early times as possibly the site of Cana, and has in its favor that the name is said to be a closer equivalent than that of Kefr' Kenna. Recently as third site has been put forward by Dr. Robinson, Ain Kana, which is somewhat nearer to Nazareth. The site is accepted by Dr. Condor; although the name is said to be still closer etymologically than either of the other two, there is no tradition whatever to support this hypothesis.

The miracle which has made Cana forever famous was worked by Christ before His public life had fully commenced. This is usually taken to be the meaning of the words "My hour is not yet come". He had however, already five disciples — Sts. Peter, Andrew, John, Phillip, and Bartholomew (Nathaniel). They had followed Him from the banks of the Jordan, but had received as yet no permanent call, such as is recorded later on in the other Gospels. Our Lord was on His way back to Nazareth when He passed by Cana. From the language of the Gospel we should infer that the marriage which was taking place was that of a close relative of the Blessed Virgin, for it is said without comment that she was there; and it was no doubt in her honor that Christ was invited. Again, the cause of the shortage of wine is not explained by St. John; but it has been inferred that it may have been due to the presence of Our Lord and the five Disciples that accompanied Him, who would have made a substantial increase in a small and modest party. If this was so, it would explain the confidence with which Our Lady appealed to Him when she noticed it. The answer of Christ, which has been variously rendered, has given rise to long discussion, and cannot be said to be even yet properly understood. The Greek ti emoi kai soi, gynai; is translated in the Vulgate, "Quid mihi et tibi est mulier?" In most English Catholic Bibles this is rendered "Woman, what is it to me and to thee?" The translation adopted in the Authorized and Revised Versions, "Woman, what have I to do with thee?", even if better idiomatically conveys a wrong impression, for it gives the idea of a rebuke which is totally against the context. Father Rickaby, S.J., in his short commentary on St. John suggests as a fair English equivalent, "Leave me alone, Lady". At any rate, she at once told the waiters to take orders from Our Lord. They filled the jars with water, which Jesus converted into wine. Taking the narrative as it stands, we have one of the best authenticated of Our Lord's miracles; for, unlike the case of the cure of bodily ailments, the waiters were comparatively disinterested parties, and yet they bore witness that the water had become wine and was even the best wine of the feast. Not only the miracle but also the whole incident of Christ's attendance at the marriage feast has always been taken as setting His seal on the sanctity of marriage, and on the propriety of humble rejoicing on such occasions. And if the bride or bridegroom was, as is believed, a relative of Our Lady, we may take it as an example of the sympathy which family ties should bring in the ordinary joys, no less than in the sorrows of life.

Sources

Ewing in Hast., Dict. of the Bible, s.v.; Thompson, The Land and the Book (1876), 425; Stanley, Sinai and Palestine; Sanday, Sacred Sites of the Gospel.

Ward, Bernard. "Cana." The Catholic Encyclopedia. Vol. 3. New York: Robert Appleton Company, 1908. 29 Jan. 2022 <http://www.newadvent.org/cathen/03226a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Tom Crossett.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. November 1, 1908. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Copyright © 2021 by Kevin Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.

SOURCE : https://www.newadvent.org/cathen/03226a.htm

Gérard David  (vers 1450/1460–1523), Les Noces de Cana, 100 x 128, musée du Louvre


Gli sposi di Cana

Narra l’evangelista Giovanni: «Tre giorni dopo, ci fu uno sposalizio a Cana di Galilea» (Gv 2,1-11). Sì, tre giorni dopo l’incontro a Betania di Gesù con Natanaele, il quale era appunto di Cana (cf. Gv 21,2). Allo sposalizio di quella coppia che conosceva sicuramente Gesù, c’era già sua madre, Maria, andata alla festa, anche a servire gli sposi novelli.

La Cana oggi comunemente visitata da pellegrini e turisti, è Kefr Kenna, a 10 chilometri a nord di Nazareth: siamo dunque nei luoghi dove Gesù era vissuto fino ad allora, come “figlio del carpentiere”, allo sguardo dei più. Quindi, giunto in Galilea, è invitato anche Lui con i suoi primi discepoli: Pietro, Andrea, Giovanni, Filippo, Natanaele. Le nozze di Cana erano i “nissu’ in” nel cerimoniale giudaico, in cui la sposa, dopo l’anno ufficiale di fidanzamento, veniva accolta nella casa dello sposo con la benedizione nuziale, il convito e la festa che durava più giorni.

Si è soliti dire che a Cana, Gesù ha cambiato l’acqua in vino che era venuto a mancare, e Maria Santissima era stata tra i primi, se non la prima, ad accorgersene. Il miracolo era stato “strappato”, anticipato da Maria, la Madre premurosa e sollecita, al suo Figlio Gesù. Si dice, anche sorridendo, che non era un miracolo né necessario né indispensabile, almeno a prima vista, così che Gesù si sarebbe reso complice del “farsi alticcio” da parte di qualche commensale. Ma ha la salvato la festa: senza vino che festa è? Manca qualcosa di davvero importante!

Altri commentatori, come si usa dire oggi, sottolineano che Gesù era un tipo assai conviviale, fino quasi a meritarsi l’accusa di farisei e scribi che lo dicevano “mangione e beone”, “amico dei pubblicani e delle donne di malaffare”, contrapponendolo all’austero suo precursore, Giovanni il Battista. Altri ancora dicono che a Cana avvenne il preludio (con la trasmutazione dell’acqua in vino) del Cenacolo, dove Gesù transustanziò il pane e il vino nel suo Corpo e Sangue santissimi offerti in sacrificio di espiazione al Padre.

Sono tutte “letture” vere, o che almeno contengono molto di vero. Ma io ho in mente la luminosa catechesi che il mio indimenticabile parroco don Renato Cellino (1910-1982) teneva quando questo Vangelo veniva letto nella II domenica dopo l’Epifania (oggi II domenica del Tempo Ordinario) o alla Messa per un matrimonio.

Gesù – diceva don Renato – era andato al fiume Giordano, dove il Battista battezzava con un battesimo di penitenza, per manifestare che Lui è venuto per addossarsi i peccati del mondo, degli uomini che stavano in fila con Lui, e iniziare con il riconoscimento da parte del Padre della sua missione di Redentore dell’umanità, ma anche per inaugurare il suo battesimo nell’acqua e nello Spirito Santo, la vera rinascita alla vita nuova di Dio, la grazia santificante. Insomma, per inaugurare il vero Battesimo, che ci fa figli di Dio e fratelli suoi: “La porta della Fede che tu credi”, come direbbe Dante.

Quindi Gesù già inizia la sua Chiesa con la prima chiamata di quelli che ne saranno le colonne, Pietro, Andrea, Giovanni... Non c’è forse in tutto questo – si domandava don Renato – l’ombra, l’immagine dell’Ordine sacro? E sì, che c’è! O si può intravedere!

Ed eccolo a Cana, dove c’è un matrimonio di suoi amici, che lo hanno invitato a venire da loro e a stare con loro, all’inizio della loro umana avventura di sposi. Ora contemplate la scena, l’icona, l’immagine suggestiva e avvincente. C’è lo sposo e la sua sposa. Ci sono i loro parenti e i loro amici. C’è la Madre di Gesù. E c’è Gesù, Lui in persona, Lui con la sua dolce umanità, la sua vera divinità, la sua santità, la sua benedizione, Lui che è la benedizione di tutte le genti.

Ecco, Gesù è andato alla festa degli sposi di Cana, per rendere santo l’inizio della loro vita coniugale e familiare, per fare del matrimonio voluto da Dio, fin dall’inizio dell’umanità, tra il primo uomo e la prima donna, una realtà santa, un sacramento che comunica la grazia divina agli sposi e dà la luce e la forza per camminare insieme nella vita fino al Paradiso.

Concludeva don Cellino: «Amici dilettissimi, per sposarsi, occorre essere in tre: lo sposo, la sposa e Gesù. Per questo, avete deciso di sposarvi non davanti al sindaco, tanto meno di andare a vivere insieme, “finché la barca va”, ma di sposarvi in questa nostra chiesa, davanti a Gesù, con Gesù che volete nella vostra casa, nel vostro amore, nella vostra vita».

Questa bella catechesi dell’antico “don” è stata uno dei tanti semi di Vangelo che ho ricevuto da quel parroco che credeva in Dio e nel Figlio suo Gesù Cristo, e a mia volta l’ho approfondita per conto mio e l’ho trasmessa ad altri ragazzi/e a scuola, in parrocchia, negli incontri personali, con qualche frutto di bene e che mi fa sorridere anche alla sera della vita.

L’ho detto a qualcuno, nei miei incontri, che Gesù a Cana ha reso santo, “ha sacramentalizzato” il matrimonio voluto da Dio fin dall’inizio. Rimango fermo nella mia convinzione, appoggiata dai Padri della Chiesa e da illustri commentatori del Vangelo, come il biblista padre Alberto Vaccari, SJ, il quale nelle sue note al Vangelo di Giovanni scrive: «Invitato alle nozze di Cana, Gesù volle così consacrare con la sua presenza uno degli avvenimenti più importanti della vita dell’uomo, il fondarsi di una famiglia, di un nuovo focolare domestico».

Altri esegeti autorevoli, riguardo alla pagina delle nozze di Cana affermano: «Per dimostrare la bontà di tutti gli stati di vita […] Gesù si degnò di nascere dal seno purissimo della Vergine Maria; appena nato, gradì le lodi che gli venivano dalle labbra profetiche della vedova Anna, così come da giovane invitato dagli sposi di Cana, onorò le nozze con la sua presenza divina». Questa presenza di Gesù alle nozze di Cana è segno che Egli benedice l’amore tra l’uomo e la donna, sigillato con il matrimonio. Dio infatti istituì il matrimonio all’inizio della creazione (cf. Gen 27-28) e Gesù Cristo lo ha confermato ed elevato alla dignità di Sacramento (cf. Mt 19,6).

Gesù aveva onorata e santificata la sua famiglia d’origine, con la sua obbedienza trentennale; ora che inizia il suo ministero pubblico uscendo dalla sua famiglia, vuole santificare alle nozze di Cana il suo principio morale costitutivo. Per questa ragione, Gesù, il nato da Vergine e che morirà vergine, interviene a nozze, al termine della sua vita privata e al cominciare di quella pubblica».

Ecco amici, questo è il matrimonio cristiano, fatto in tre; lo sposo, la sposa e Gesù. Gesù che non è un intralcio né un peso per la vita coniugale-familiare, ma la più grande risorsa per la medesima vita, per il medesimo amore, perché Lui è la Luce, Lui l’Amore vero, che non tramonta, e che rende durevole l’amore in eterno.

Uno dei giovani cui ho spiegato “Cana di Galilea”, dopo dieci anni di matrimonio felice, che oggi continua sempre più bello e più felice, nonostante le tribolazioni di questo mondo pazzo, ha saputo dare la definizione più bella del matrimonio cristiano, con queste parole: «Che cos’è per me il matrimonio? È Gesù vivo in me che ama la mia sposa, è Gesù vivo nella mia sposa che ama me».

Capito, amici? Se volete approfondire il discorso, leggete il libro del venerabile Fulton Sheen, Sposarsi in tre (Fede & Cultura, Verona) da cui facciamo nostro questo pensiero: «Non tu e io soltanto, abbiamo importanza l’uno per l’altro, ma anche quel Terzo – Gesù, l’Amore – che ci unì fin dal principio, sebbene una Luce abbagliante lo occultasse ai nostri occhi, quando noi due ci incontrammo, ed eravamo inconsapevoli che quel Terzo fosse più potente di ciascuno di noi. Ma adesso lo sappiamo. Egli si è rivelato a noi tra il tuo isolamento e il mio, e il nostro amore è diventato una testimonianza della nostra stessa impotenza ad amare; il legame che ci unisce si è fatto la rivelazione di Qualcuno che è al di sopra di noi. Ora lo conosciamo».

È il Cristo presente come a Cana, il Cristo che cambia l’egoismo in amore. Il Cristo che rende sempre più buono e inesauribile l’amore. Come l’acqua cambiata nel vino più buono che con Lui ci sarà sempre.

Autore: Paolo Risso

Fonte : www.settimanaleppio.it

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/99424