vendredi 9 décembre 2011

CREDO- SYMBOLE DES APÔTRES (VII) : descendit ad inferos


Albrecht Dürer. Descente du Christ aux Enfers, gravure, 1510

Article 5

" JESÚS-CHRIST EST DESCENDU AUX ENFERS, EST RESSUSCITE DES MORTS LE TROISIEME JOUR "

631 " Jésus est descendu dans les régions inférieures de la terre. Celui qui est descendu est le même que celui qui est aussi monté " (Ep 4, 9-10). Le Symbole des apôtres confesse en un même article de foi la descente du Christ aux enfers et sa Résurrection des morts le troisième jour, parce que dans sa Pâque c’est du fond de la mort qu’il a fait jaillir la vie :

Le Christ, ton Fils

qui, remonté des Enfers,

répandit sur le genre humain sa sereine clarté,

et vit et règne pour les siècles des siècles. Amen

(MR, Vigile Pascale 18 : Exsultet)

Paragraphe 1. LE CHRIST EST DESCENDU AUX ENFERS

632 Les fréquentes affirmations du Nouveau Testament selon lesquelles Jésus " est ressuscité d’entre les morts " (Ac 3, 15 ; Rm 8, 11 ; 1 Co 15, 20) présupposent, préalablement à la résurrection, que celui-ci soit demeuré dans le séjour des morts (cf. He 13, 20). C’est le sens premier que la prédication apostolique a donné à la descente de Jésus aux enfers : Jésus a connu la mort comme tous les hommes et les a rejoints par son âme au séjour des morts. Mais il y est descendu en Sauveur, proclamant la bonne nouvelle aux esprits qui y étaient détenus(cf. 1 P 3, 18-19).

633 Le séjour des morts où le Christ mort est descendu, l’Écriture l’appelle les enfers, le Shéol ou l’Hadès (cf. Ph 2, 10 ; Ac 2, 24 ; Ap 1, 18 ; Ep 4, 9) parce que ceux qui s’y trouvent sont privés de la vision de Dieu (cf. Ps 6, 6 ; 88, 11-13). Tel est en effet, en attendant le Rédempteur, le cas de tous les morts, méchants ou justes (cf. Ps 89, 49 ; 1 S 28, 19 ; Ez 32, 17-32) ce qui ne veut pas dire que leur sort soit identique comme le montre Jésus dans la parabole du pauvre Lazare reçu dans " le sein d’Abraham " (cf. Lc 16, 22-26). " Ce sont précisément ces âmessaintes, qui attendaient leur Libérateur dans le sein d’Abraham, que Jésus-Christ délivra lorsqu’il descendit aux enfers " (Catech. R. 1, 6, 3). Jésus n’est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés (cf. Cc. Rome de 745 : DS 587) ni pour détruire l’enfer de la damnation (cf. DS 1011 ; 1077) mais pour libérer les justes qui l’avaient précédé (cf. Cc. Tolède IV en 625 : DS 485 ; Mt 27, 52-53).

634 " La Bonne Nouvelle a été également annoncée aux morts... " (1 P 4, 6). La descente aux enfers est l’accomplissement, jusqu’à la plénitude, de l’annonce évangélique du salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase condensée dans le temps mais immensément vaste dans sa signification réelle d’extension de l’œuvre rédemptrice à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, car tous ceux qui sont sauvés ont été rendus participants de la Rédemption.

635 Le Christ est donc descendu dans la profondeur de la mort (cf. Mt 12, 24 ; Rm 10, 7 ; Ep 4, 9) afin que " les morts entendent la voix du Fils de Dieu et que ceux qui l’auront entenduevivent " (Jn 5, 25). Jésus, " le Prince de la vie " (Ac 3, 15), a " réduit à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et a affranchi tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort " (He 2, 14-15). Désormais le Christ ressuscité " détient la clef de la mort et de l’Hadès " (Ap 1, 18) et " au nom de Jésus tout genou fléchit au ciel, sur terre et aux enfers " (Ph 2, 10).

Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles (...). Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Eve, captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils (...) ‘Je suis ton Dieu, et à cause de toi je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, je suis la Vie des morts’ (Ancienne homélie pour le Samedi Saint : PG 43, 440A. 452C. 461).

EN BREF

636 Dans l’expression " Jésus est descendu aux enfers ", le symbole confesse que Jésus est mort réellement, et que, par sa mort pour nous, il a vaincu la mort et le diable " qui a la puissance de la mort " (He 2, 14).

637 Le Christ mort, dans son âme unie à sa personne divine, est descendu au séjour des morts. Il a ouvert aux justes qui l’avaient précédé les portes du ciel.

Catéchisme de l’Église Catholique

SOURCE : http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_P1O.HTM

Anonym (deutsche Schule), Christus in der Vorhölle, circa 1570, New York


Pourquoi le Christ descend-il aux enfers ? La réponse de Léon XIV

Antoine Mekary | ALETEIA

I.Media - publié le 24/09/25

Lors de sa catéchèse du 24 septembre, le pape Léon XIV a rappelé que la descente du Christ aux enfers révèle l’amour de Dieu qui rejoint l’humanité jusque dans ses ténèbres. Un geste radical de salut qui ne s’arrête pas au passé, mais éclaire nos solitudes, nos blessures et nos larmes aujourd’hui encore.

Si parfois nous avons l'impression de toucher le fond, rappelons-nous : c'est de là que Dieu est capable de commencer une nouvelle création.

La descente du Christ aux enfers "représente le geste le plus profond et le plus radical de l'amour de Dieu pour l'humanité", a expliqué le pape Léon XIV lors de l’audience générale du 24 septembre 2025, tenue sur la place Saint-Pierre devant des milliers de fidèles rassemblés sous un ciel très nuageux. Poursuivant sa série de catéchèses de l’Année sainte sur le thème "Jésus-Christ, notre espérance", le Pape s’est arrêté sur le mystère du Samedi saint.

Le jour du Samedi saint, "tout semble immobile et silencieux, alors qu'en réalité s'accomplit une action invisible de salut : le Christ descend dans le royaume des enfers pour annoncer la Résurrection à tous ceux qui étaient dans les ténèbres et l'ombre de la mort", a expliqué le Pape.

Ce thème montre l’attention du Christ pour l’humanité. "La fidélité de son amour a voulu nous chercher là même où nous nous étions perdus, là où peut pénétrer seule la force d'une lumière capable de traverser le domaine des ténèbres", a précisé Léon XIV.

Le concept biblique des "enfers" n’évoque pas réellement "un lieu" mais une "condition existentielle", a expliqué le Pape, en assurant qu'il s’agit de "cette condition dans laquelle la vie est affaiblie et où règnent la douleur, la solitude, la culpabilité et la séparation d'avec Dieu et des autres". "Le Christ nous rejoint même dans cet abîme, franchissant les portes de ce règne des ténèbres", a-t-il insisté.

Une descente aux enfers pour assécher les larmes

Le Fils de Dieu entre "dans la maison même de la mort, pour la vider, pour en libérer les habitants, en les prenant par la main un par un", a affirmé le chef de l’Église catholique, soulignant "l'humilité d'un Dieu qui ne s'arrête pas devant notre péché".

Se référant à un texte apocryphe, l'Évangile de Nicodème, le Pape a rappelé que "selon cette tradition, le Fils de Dieu s'est enfoncé dans les ténèbres les plus épaisses pour atteindre même le dernier de ses frères et sœurs, pour aussi y apporter sa lumière".

"Cette descente du Christ ne concerne pas seulement le passé, mais touche la vie de chacun de nous", a assuré Léon XIV, évoquant "l'enfer quotidien de la solitude, de la honte, de l'abandon, de la pénibilité de la vie. Le Christ entre dans toutes ces réalités obscures pour nous témoigner l'amour du Père. Non pas pour juger, mais pour libérer. Non pas pour culpabiliser, mais pour sauver", a insisté le Pape.

"Si parfois nous avons l'impression de toucher le fond, rappelons-nous : c'est de là que Dieu est capable de commencer une nouvelle création. Une création faite de personnes remises debout, de cœurs pardonnés, de larmes asséchées", a expliqué Léon XIV.

La présence de nombreux pèlerins d'Europe centrale a conduit le Vatican à organiser une traduction de l'audience en roumain, en hongrois et en slovaque, des langues qui ont donc été ajoutées exceptionnellement à celles déjà pratiquées habituellement lors de l'audience générale. Les catéchèses font habituellement l'objet d'une synthèse et de saluts spécifiques en italien, français, anglais, allemand, espagnol, portugais, chinois, arabe, et polonais.

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SOURCE : https://fr.aleteia.org/2025/09/24/pourquoi-le-christ-descend-il-aux-enfers-la-reponse-de-leon-xiv/?utm_campaign=Web_Notifications&utm_source=onesignal&utm_medium=notifications



"En effet, le Christ lui-même a souffert pour les péchés, une fois pour toutes, lui juste pour les injustes, afin de vous présenter à Dieu, lui mis à mort en sa chair, mais rendu à la vie par l'Esprit. C'est alors qu'il est allé prêcher même aux esprits en prison, aux rebelles d'autrefois, quand se prolongeait la patience de Dieu aux jours où Noé construisait l'arche, dans laquelle peu de gens, huit personnes, furent sauvés par l'eau. C'était l'image du baptême qui vous sauve maintenant: il n'est pas la purification des souillures du corps, mais l'engagement envers Dieu d'une bonne conscience; il vous sauve par la résurrection de Jésus Christ." 

SAINT PIERRE APÔTRE (1 Pierre 3,18-21).




"Ayant dépouillé tout l'enfer, et ouvert aux esprits des morts la porte qui ne permettait auparavant aucune issue, il planta là le diable abandonné et seul". 

SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE .Septième homélie pascale.

"Allant prêcher aux esprits en prison, le Christ a délivré ceux qui auraient cru en lui s'ils avaient vécu au temps de sa prédication publique sur la terre". 

SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE. Fragment sur l'épître de Pierre 3,19 –PG 74, col 1013.



Sur le tableau de Bartoloméo Bermejo, le Christ à peine drapé dans une tunique transparente, transparente comme la transfiguration, transparente comme la lumière claire d'un matin de Pâques,entraîne derrière lui Adam, Eve, les patriarches éblouis... Ils n'ont pas vu le jour depuis des siècles et des siècles, ils ne peuvent croire que le sauveur du monde se soit souvenu d'eux qui pleuraient dans l'ombre de la mort. Ils se prosternent et ils l'adorent "Mon Seigneur et mon Dieu". Le Christ vainqueur, la Croix à la main, tire du tombeau ceux qui s'étaient endormis avant même sa venue sur terre. Ceux qui criaient dans les profondeurs ont été rachetés... Pas un seul n'est oublié. Le Christ est venu pour tous les hommes, ceux d'hier comme ceux d'aujourd'hui ou de demain, Lui, le Salut du monde.

SOURCE : http://peresdeleglise.free.fr/textesvaries/epiphane.htm



Celui qui dit à Adam: "où es-tu? Celui-là volontairement a revêtu un corps de chair. Il est monté sur la croix, parce qu'il l'a voulu pour chercher le perdu. Il est descendu au shéol et l'a trouvé. Il l'a appelé et lui a dit: "viens donc mon image et ma ressemblance. Voici que je suis descendu vers toi pour te ramener à ton héritage".

SAINT EPHREM le Syrien, Hymne, office syriaque du 3è dimanche de Pâques



LXI. FRAGMENT SUR LA DESCENTE AUX ENFERS

Lorsque Jésus, poussant un grand cri, rendit sa très sainte âme, je la vis, semblable à une forme lumineuse. entrer en terre au pied de la croix ; plusieurs anges, parmi lesquels était Gabriel, l'accompagnaient. Je vis sa divinité rester unie avec son âme aussi bien qu'avec son corps suspendu sur la croix ; je ne puis exprimer comment cela se faisait. Je vis le lieu où l'âme de Jésus entra divisé en trois parties : c'étaient comme trois mondes ; j'eus le sentiment qu'ils étaient de forme ronde et que chacun d'eux avait sa sphère séparée.

Devant les limbes était un lieu plus clair et, pour ainsi dire, plus verdoyant et plus serein : c'est là que je vois entrer les âmes délivrées du purgatoire avant qu'elles soient conduites au ciel. Les limbes où se trouvaient ceux qui attendaient leur délivrance étaient entourés d'une sphère grisâtre et nébuleuse, et divisés en plusieurs cercles. Le Sauveur, resplendissant de lumière et conduit comme en triomphe par les anges, passa entre deux de ces cercles, dont celui de gauche renfermait les patriarches antérieurs à Abraham ; celui de droite, les âmes de ceux qui avaient vécu depuis Abraham jusqu'à saint Jean-Baptiste. Quand Jésus passa ainsi, ils ne le reconnurent pas encore, mais tout se remplit de joie et de désir, et il y eut comme une dilatation dans ces lieux étroits, séjour de l'attente et d'un désir plein d'angoisse. Jésus passa entre ces deux cercles jusque dans un lieu enveloppé de brouillards, où se trouvaient Adam et Eve ; il leur parla, et ils l'adorèrent avec un ravissement inexprimable. Le cortège du Seigneur, auquel s'était joint le premier couple humain, entra maintenant à gauche dans le cercle des patriarches antérieurs à Abraham : c'était une espèce de purgatoire. Parmi eux se trouvaient ça et là de mauvais esprits qui tourmentaient et inquiétaient de bien des manières les âmes de quelques-uns. Les anges frappèrent et ordonnèrent d'ouvrir, car il y avait là une entrée, une espèce de porte qui était fermée ; il me sembla que les anges disaient : « Ouvrez les portes » et Jésus entra en triomphe. Les mauvais esprits s'éloignèrent en criant : «  Qu'y a-t-il entre toi et nous ? que viens-tu faire ici ? Veux-tu aussi nous crucifier » ? Les anges les enchaînèrent et les chassèrent devant eux. Les âmes qui étaient en ce lieu n'avait qu'un faible pressentiment et une connaissance obscure de Jésus, il s'annonça à elles, et elles chantèrent ses louanges. L'âme du Seigneur se dirigea ensuite à droite, vers les limbes proprement dits ; il y rencontra l'âme du bon larron, conduite par les anges dans le sein d'Abraham, et celle du mauvais larron, que les démons menaient en enfer. L'âme de Jésus leur adressa la parole ; puis, accompagnée des anges, des âmes délivrées et des mauvais esprits captifs, elle entra dans le sein d'Abraham.

Ce lieu me parut un peu plus élevé ; c'est comme quand on monte de l'église souterraine dans l'église supérieure. Les démons enchaînés résistaient et ne voulaient pas entrer la, mais les anges les y forcèrent. Là se trouvaient tous les saints Israélites : à gauche, les patriarches, Moïse, les juges et les rois ; à droite, les prophètes, les ancêtres du Christ et ses parents, tels que Joachim, Anne, Joseph, Zacharie, Elisabeth et Jean. Il n'y avait point de mauvais esprits en ce lieu : la seule peine qu'on y éprouvât était l'ardent désir de l'accomplissement de la promesse, lequel se trouvait maintenant satisfait. Une joie et un bonheur inexprimables entrèrent dans toutes ces âmes, qui saluèrent et adorèrent le Rédempteur ; quant aux mauvais esprits enchaînés, ils furent forcés de confesser devant elles la honte de leur défaite. Plusieurs d'entre elles furent envoyées sur la terre pour reprendre momentanément leurs corps et rendre témoignage au Sauveur. Ce fut dans ce moment que tant de morts sortirent de leurs tombeaux à Jérusalem. Ils apparurent comme des cadavres errants, et déposèrent de nouveau leurs corps dans la terre, de même qu'un messager de la justice dépose son manteau officiel lorsqu'il a rempli l'ordre de ses supérieurs.

Je vis ensuite le cortège triomphal du Sauveur entrer dans une sphère plus profonde, où se trouvaient, dans une espèce de lieu de purification, les pieux païens qui avaient pressenti la vérité et l'avaient désirée. Il y avait de mauvais esprits parmi eux, car ils avaient des idoles. Je vis les démons forcés de confesser leur fraude, et ces âmes adorèrent le Seigneur avec une joie touchante. Les démons jurent encore ici enchaînés et emmenés captifs. Je vis ainsi Jésus traverser rapidement en triomphateur et en libérateur beaucoup de lieux où des âmes étaient renfermées et accomplir une infinité de choses ; mais mon triste état ne me permet pas de tout raconter.

Je le vis enfin s'approcher avec un air sévère du centre de l'abîme. L'enfer m'apparut sous la forme d'un édifice immense, effrayant, formé de noirs rochers brillant d'un éclat métallique, à l'entrée duquel étaient d'énormes portes noires fermées avec des serrures et des verrous et dont l'aspect faisait frémir. Un hurlement de désespoir se fit entendre, les portes furent enfoncées et un horrible monde de ténèbres apparut.

La céleste Jérusalem m'apparaît ordinairement comme une ville où les demeures des bienheureux se montrent sous la figure de palais et de jardins pleins de fleurs et de fruits merveilleux, selon leurs conditions de béatitude : de même, ici, je crus voir un monde tout entier, avec ses édifices, ses demeures et ses champs. Mais, dans le séjour des bienheureux, tout est disposé selon des rapports de pais infinie, d'harmonie et de joie éternelle : tout a la béatitude pour source et pour base, tandis qu'en enfer tout se trouve dans des rapports de colère éternelle, de discordes et de désespoir. Dans le ciel, ce sont des édifices diaphanes d'une beauté inexprimable, faits pour la joie et l'adoration, des jardins pleins de fruits merveilleux qui communiquent la vie. En enfer, ce sont des cachots et des cavernes, des déserts et des marais pleins de tout ce qui peut exciter l'horreur et le dégoût. Je vis des temples, des autels, des châteaux, des trônes, des jardins, des lacs, des fleuves, formes de la malédiction, de la haine, de l'abomination, du désespoir, de la contusion, de la peine et du supplice : de même que dans le ciel, tout est bénédiction, amour, concorde joie et béatitude. Ici, l'éternelle et terrible discorde des réprouvés ; là, l'union bienheureuse des saints. Toutes les racines de la corruption et de l'erreur produisent ici la douleur et le supplice dans un nombre infini de manifestations et d'opérations : chaque damné a cette pensée toujours présente que les tourments auxquels il est livré sont le fruit naturel et nécessaire de son crime : car tout ce qu'on voit et qu'on éprouve d'horrible dans ce lieu n'est que l'essence, la forme intérieure du péché démasqué, de ce serpent qui dévore ceux qui l'ont nourri dans leur sein. Je vis là une effrayante colonnade où tout se rapportait à la terreur et à l'angoisse comme dans le royaume de Dieu à la paix et au repos, etc. Tout cela peut se comprendre quand on le voit, mais c'est presque impossible à expliquer par des paroles.

Lorsque les portes eurent été enfoncées par les anges ce fut comme un chaos d'imprécations, d'injures, de hurlements et de plaintes. Je vis Jésus adresser la parole à l'âme de Judas. Quelques anges terrassèrent des armées entières de démons. Tous durent reconnaître et adorer Jésus, et ce fui le plus affreux de leurs supplices. Beaucoup furent enchaînés dans un cercle qui entourait d'autres, lesquels se trouvèrent aussi emprisonnés. Au milieu de l'enfer était un abîme de ténèbres : Lucifer y fut jeté chargé de chaînes, et de noires, vapeurs bouillonnèrent autour de lui. Tout cela se fit d'après certains décrets divins. J'appris que Lucifer doit être déchaîné cinquante ou soixante ans avant l'an 2000 du Christ, si je ne me trompe Beaucoup d'autres chiffres, dont je ne me souviens plus, furent indiqués. Quelques démons doivent être relâchés auparavant pour punir et tenter le monde. Quelques-uns, à ce que je crois, ont dû être déchaînés de nos jours, d'autres le seront bientôt après. Il m'est impossible de dire tout ce qui m'a été montré : il y a trop de choses pour que je puisse les mettre en ordre. D'ailleurs, je suis bien malade, et, quand je parle de ces objets, ils se représentent devant mes yeux, et leur vue pourrait faire mourir.

Je vis encore des troupes innombrables d'âmes rachetées s'élever du purgatoire et des limbes à la suite de l'âme de Jésus, jusqu'en un lieu de délices, au-dessous de la céleste Jérusalem. C'est il que j'ai vu, il y a peu de temps, un de mes amis décédé. L'âme du bon larron y vint et vit le Seigneur dans le paradis, selon sa promesse. Je vis qu'en ce lieu étaient préparées pour les âmes des tables célestes comme celles que je vois souvent dans des visions de consolation (1), et qu'elles y prenaient une nourriture qui les remplissait de force et de joie.

Je ne puis préciser dans tout cela aucun temps ni aucuns succession. Je ne saurais non plus raconter tout ce que j'ai vu et entendu ; il y a bien des choses que je ne comprends plus, il y en a d'autres qui seraient mal comprises si je les racontais. J'ai vu le Seigneur en différents endroits, notamment dans la mer : il semblait sanctifier et délivrer toute la création, Partout les mauvais esprits fuyaient devant lui et se précipitaient dans l'abîme. Je vis aussi son âme en différents endroits dans l'intérieur de la terre. Je la vis paraître dans le tombeau d'Adam, sous le Golgotha : les âmes d'Adam et d'Eve vinrent l'y trouver, et il leur parla Je le vis avec elles visitant sous la terre les tombeaux de plusieurs prophètes dont les âmes vinrent se joindre à lui, prés de leurs ossements. Puis, avec cette troupe élue dont David faisait partie, je le vis paraître en plusieurs lieux marqués par quelque circonstance de sa vie, leur expliquant avec un amour ineffable ce qui leur était arrivé de figuratif dans ces mêmes lieux et comment il avait accompli toutes les figures. Je la vis notamment expliquer aux âmes beaucoup d'événements figuratifs qui avaient eu lieu, sous l'ancienne loi, à l'endroit où il devait être baptisé, et je méditais avec une émotion profonde sur l'infinie miséricorde de Jésus qui les rendait, participants des fruits de son saint baptême. Il était singulièrement touchant de voir l'âme du Seigneur, accompagnée de ces âmes bienheureuses, passer comme un rayon de lumière à travers la terre, les rochers, les eaux et les airs, ou planer doucement sur la terre.

(1) Voir la note plus haut.

C'est là le peu que je puis me rappeler de mes visions sur la descente de Jésus aux enfers et sur la rédemption des âmes des patriarches accomplie après sa mort. Mais outre cet événement accompli dans le temps, je vis une image éternelle de la miséricorde qu'il exerce en ce jour envers les pauvres âmes. Je vis que, chaque anniversaire de ce jour, il jette, par l'intermédiaire de l'Eglise, un regard libérateur dans le purgatoire : aujourd'hui même, au moment où j'ai eu cette vision, il a tiré du lieu de purification les âmes de quelques personnes qui avaient péché lors de son crucifiement. J'ai vu la délivrance de beaucoup d'âmes connues et inconnues, mais je ne les nomme pas.

Aujourd'hui, la soeur étant dans son état extatique, dit encore à peu près ce qui suit : La première descente de Jésus aux limbes est l'accomplissement de figures antérieures et elle est à son tour une figure dont l'accomplissement est la rédemption actuelle. La descente aux enfers dont j'ai eu la vision, est un tableau appartenant à un temps qui n'est plus, mais la rédemption d'aujourd'hui est une vérité permanente : car la descente de Jésus aux enfers est la plantation d'un arbre de grâce, destiné à communiquer ses mérites aux âmes en souffrance. La rédemption continuelle et actuelle de ces âmes est le fruit que porte cet arbre dans le jardin spirituel de l'Eglise. Mais l'Eglise militante doit prendre soin de l'arbre et recueillir les fruits, afin de les communiquer à l'Eglise souffrante qui ne peut rien faire pour elle-même. Il en est ainsi de tous les mérites du Christ : il faut travailler avec lui pour y avoir part. Nous devons manger notre pain à la soeur de notre front. Tout ce que Jésus a fait pour nous dans le temps porte des fruits éternels ; mais nous devons les cultiver et les recueillir dans le temps, sans quoi nous ne pourrions en jouir dans l'éternité. L'Eglise est un père de famille accompli : son année est le jardin complet de tous les fruits éternels dans le temps. Il y a dans un an assez de tout pour tous. Malheur aux jardiniers paresseux et infidèles, s'ils laissent se perdre une grâce qui aurait pu guérir un malade, fortifier un faible, rassasier un affamé ! ils rendront compte du plus petit brin d'herbe au jour du jugement.

LA DOULOUREUSE PASSION DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST 

d'après les méditations d'ANNE CATHERINE EMMERICH. 

Publiées en 1854. Traduction de l'Abbé DE CAZALES

SOURCE : https://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/LaPassion/61fragm.html

Anastasis, fresque, v.1325, fresque du parecclésion, église de Cora, Istambul


St Epiphane de Salamine. Homélie sur l’ensevelissement du Christ (extraits)

"Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Dieu est mort dans la chair et les enfers ont tressailli. Dieu s’est endormi pour un peu de temps et il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers…

Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va, pour délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Eve, captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils. Descendons donc avec lui pour voir l’Alliance entre Dieu et les hommes… Là se trouve Adam, le premier Père, et comme premier créé, enterré plu profondément que tous les condamnés. Là se trouve Abel, le premier mort et comme premier pasteur juste, figure du meurtre injuste du Christ pasteur. Là se trouve Noé, figure du Christ, le constructeur de la grande arche de Dieu, l’Eglise… Là se trouve Abraham, le père du Christ, le sacrificateur, qui offrit à Dieu par le glaive et sans le glaive un sacrifice mortel sans mort. Là demeure Moïse, dans les ténèbres inférieures, lui qui a jadis séjourné dans les ténèbres supérieures de l’arche de Dieu. Là se trouve Daniel dans la fosse de l’enfer, lui qui, jadis, a séjourné sur la terre dans la fosse aux lions. Là se trouve Jérémie, dans la fosse de boue, dans le trou de l’enfer, dans la corruption de la mort. Là se trouve Jonas dans le monstre capable de contenir le monde, c’est-à-dire dans l’enfer, en signe du Christ éternel. Et parmi les Prophètes il en est un qui s’écrie : "Du ventre de l’enfer, entends ma supplication, écoute mon cri !" et un autre : "Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, écoute mon appel !" ; et un autre : "Fais briller sur nous ta face et nous serons sauvés…"

[…]

Mais, comme par son avènement le Seigneur voulait pénétrer dans les lieux les plus inférieurs, Adam, en tant que premier Père et que premier créé de tous les hommes et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres et avec le plus grand soin, entendit le premier le bruit des pas du Seigneur qui venait vers les prisonniers. Et il reconnut la voix de celui qui cheminait dans la prison, et s’adressant à ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla ainsi : "J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous." Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra, tenant les armes victorieuses de la croix. Et lorsque le premier Père, Adam, le vit, plein de stupeur, il se frappa la poitrine et cria aux autres : "Mon Seigneur soit avec vous !" Et le Christ répondit à Adam : "Et avec ton esprit." Et lui ayant saisi la main, il lui dit : "Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera." Je suis ton Dieu, et à cause de toi je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, je suis la Vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image. Lève-toi, partons d’ici, car tu es en moi et je suis en toi.. A cause de toi, moi ton Dieu, je suis devenu ton fils ; à cause de toi, moi ton Seigneur, j’ai pris la forme d’esclave ; à cause de toi, moi qui demeure au-dessus des cieux, je suis descendu sur la terre et sous la terre. Pour toi, homme, je me suis fait comme un homme sans protection, libre parmi les morts. Pour toi qui es sorti du jardin, j’ai été livré aux juifs dans le jardin et j’ai été crucifié dans le jardin…

[…]

Regarde sur mon visage les crachats que j’ai reçus pour toi afin de te replacer dans l’antique paradis. Regarde sur mes joues la trace des soufflets que j’ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Regarde sur mon dos la trace de la flagellation que j’ai reçue afin de te décharger du fardeau de tes péchés qui avait été imposé sur ton dos. Regarde mes mains qui ont été solidement clouées au bois à cause de toi qui autrefois as mal étendu tes mains vers le bois… Je me suis endormi sur la croix et la lance a percé mon côté à cause de toi qui t’es endormi au paradis et as fait sortir Eve de ton côté. Mon côté a guéri la douleur de ton côté. Et mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer. Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle des noces est préparée, les tentes et les demeures éternelles sont ornées, les trésors de tout bien sont ouverts, le Royaume des Cieux qui existait avant tous les siècles vous attend."

Extraits tirés du Lectionnaire pour les dimanches et pour les fêtes de Jean-René Bouchet, Cerf, pp. 186-189.

SOURCE : http://peresdeleglise.free.fr/textesvaries/epiphane.htm

Article 5 – JÉSUS-CHRIST EST DESCENDU AUX ENFERS (2) : LE TROISIÈME JOUR IL EST RESSUSCITÉ DES MORTS.

77. - Comme nous l’avons dit, la mort du Christ a consisté, comme pour les autres hommes, dans la séparation de son âme d’avec son corps mais la divinité était unie de façon si indissoluble au. Christ homme, que, malgré la séparation de son âme d’avec son corps, la divi­nité elle-même s’est trouvée toujours parfaite­ment présente et unie à l’un et à l’autre c’est pourquoi le Fils de Dieu fut dans le sépulcre avec son corps et il est descendu aux enfers avec son âme.

78. - Le Christ est descendu aux enfers avec son âme pour quatre motifs.

Le premier motif, ce fut de supporter toute la peine due au péché, afin, par là, de l’expier en­tièrement. Or la peine du péché de l’homme ne consistait pas seulement dans la mort du corps, mais aussi dans la souffrance de l’âme. L’âme, en effet, elle aussi avait péché, et elle était éga­lement punie par la privation de la vision de Dieu.

C’est pourquoi, avant l’avènement du Christ, tous, même les saints Patriarches, descendaient après leur mort aux enfers.

Le Christ, pour souffrir toute la peine due aux pécheurs, voulut donc, non seulement mourir, mais aussi descendre avec son âme aux enfers. Aussi déclare-t-il (Ps. 87, 5-6) : On me compte parmi ceux qui descendent dans Ici fosse : je suis comme un homme sans secours, libre parmi les morts. Les autres, en effet, étaient là comme des esclaves, mais le Christ y était comme une per­sonne jouissant de la liberté.

79. - Le second motif de la descente du Christ aux enfers, ce fut de secourir parfaite­ment tous ses amis. Il possédait en effet des amis non seulement dans le monde, mais aussi dans les enfers. Car vous êtes les amis du Christ, dans la mesure où vous avez la charité. (Or, dans les enfers, il y en avait beaucoup qui étaient morts avec la charité et la foi au Christ qui devait venir) : ce fut le cas, par exemple, d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Moïse, de David et des au­tres hommes justes et parfaits. Et parce que le Christ avait visité les siens dans le monde et les avait secourus par sa mort, il voulut aussi visi­ter les siens qui étaient dans les enfers, et les secourir par sa descente auprès d’eux. Je péné­trerai toutes les profondeurs de la terre, je visi­terai tous ceux qui dorment, et j’illuminerai tous ceux qui espèrent dans le Seigneur (Ecclésiastique 24, 45).

80. - Le troisième motif de la descente de Jésus aux enfers fut de triompher complètement du diable. En effet, quelqu’un triomphe complè­tement d’un adversaire, non seulement quand il l’emporte sur lui sur le champ de bataille, mais aussi quand il l’attaque jusque dans sa propre maison et qu’il la lui ravit ainsi que le siège même de son empire. Or le Christ avait triomphé dans sa lutte contre le diable et il l’avait vaincu sur la croix; c’est pourquoi il déclara (Jean 12, 31) : C’est maintenant le juge­ment de ce monde; c’est maintenant que le Prince de ce monde - à savoir le diable va être jeté dehors. Aussi pour triompher de lui complètement, il voulut lui enlever le siège de son royaume et l’enchaîner dans sa demeure, qui sont les enfers. C’est pourquoi il y descendit et il lui ravit tous ses biens, il l’enchaîna et lui enleva sa proie. Saint Paul écrit en effet aux Colossiens (2, 15) : "Il a dépouillé les Principau­tés et les Puissances et, avec résolution, il les a traînées dans le déploiement de son propre triomphe."

Le Christ avait reçu en sa possession le ciel et la terre, et toute puissance lui avait été donnée sur l’un et sur l’autre; pareillement, il voulut aussi recevoir les enfers en sa possession. Et ainsi s accomplit ce qu’écrira l’Apôtre aux Ph­ilippiens (2, 10) : Qu’au nom de Jésus, tout ge­nou fléchisse aux cieux, sur terre et aux enfers et Jésus lui-même avait dit : En mon nom, ils expulseront les démons (Mc 16, 17).

81. - Le quatrième et dernier motif de la des­cente du Christ aux enfers fut de délivrer les saints qui s’y trouvaient présents.

De même en effet que le Christ voulut souffrir la mort, pour délivrer les vivants de la mort, de même il voulut descendre aux enfers pour libé­rer ceux qui y demeuraient. Aussi pouvons-nous lui adresser les paroles du prophète Zacharie (9, 11) : Vous, Seigneur par le sang de votre alliance, vous avez retiré vos captifs de la fosse sans eau. Le Seigneur a accompli la parole du prophète Osée (13, 14) : O mort, je serai ta mort enfer, je serai ta morsure?"

En effet, bien que le Christ ait entièrement détruit la mort, il n’a pas complètement anéanti les enfers, mais il les a comme mordus; car il n’a pas libéré tous les captifs des enfers, mais ceux-là seuls qui étaient exempts du péché mor­tel et également du péché originel, soit que la circoncision les en ait délivrés quant à leur per­sonne, soit que, avant que. Dieu n’ait donné la circoncision aux Patriarches, ils aient été sauvés, - ou bien par la foi de leurs parents fidèles, s’ils étaient privés de l’usage de la raison, - ou bien, s’ils étaient adultes, par des sacrifices et par la foi au Christ qui devait venir : mais ils demeu­raient dans les enfers à cause du péché originel d’Adam, dont le Christ seul pouvait les libérer selon la nature.

C’est pourquoi le Christ laissa en enfer ceux qui y étaient descendus en état de péché mortel, ainsi que les enfants incirconcis. C’est la rai­son pour laquelle, s’adressant à l’enfer, il lui déclare : Je serai ta morsure, enfer.

Ainsi donc le Christ est descendu aux enfers, et pour les quatre motifs que nous venons d’ex­poser.

82. - Nous pouvons y puiser, pour notre ins­truction, quatre leçons.

Premièrement, une ferme espérance en Dieu, Car quelque grande que soit l’affliction dans la­quelle un homme est plongé, il doit cependant toujours espérer dans le secours de Dieu et met­tre sa confiance en lui. On ne peut pas en effet trouver d’état plus pénible que de demeurer dans les enfers. Si donc le Christ a délivré ceux qui s’y trouvaient, quiconque, s’il est l’ami de Dieu, doit avoir une grande confiance d’être déli­vré par lui de n’importe quelle détresse.

Il est écrit en effet au Livre de la Sagesse (10, 13-14) : La divine Sagesse n’abandonna pas le juste vendu; elle descendit avec lui dans la fosse et ne le quitta pas dans les chaînes. Et parce que Dieu vient spécialement en aide à ses serviteurs, l’homme qui sert Dieu doit vivre dans une grande sécurité. Celui qui craint le Seigneur, dit en effet l’Ecclésiastique (34, 16) : ne se troublera jamais, il n’aura pas peur, parce que Dieu est son espé­rance.

83. - En deuxième lieu, nous devons conce­voir de la crainte à l’égard de Dieu et bannir la présomption. En effet, bien que le Christ ait souffert pour les pécheurs et qu’il soit descendu aux enfers, il n’en a pas délivré tous les captifs, mais seulement, comme nous l’avons dit, les âmes exemptes de péché mortel. Il y laissa ceux qui étaient morts avec ce péché. Que tous ceux qui y descendent en cet état n’espèrent donc pas le pardon. Mais ils demeureront aussi longtemps dans les enfers que les saints dans le Paradis, c’est-à-dire éternellement. Le Christ a déclaré en effet (Math. 25, 46) : Les maudits s’en iront au supplice éternel, et les justes à la vie éternelle.

84. - En troisième lieu, nous devons faire preuve de grande vigilance, car le Christ est des­cendu aux enfers pour notre salut. Oui, nous devons être attentifs à y descendre fréquem­ment en esprit, pour considérer les peines qu’on y souffre, comme le faisait le saint roi Ezéchias, quand il déclarait (Is. 38, 10) : J’ai dit, au milieu de mes jours je m’en vais aux portes de l’enfer. Ceux en effet qui, durant leur vie, descendent souvent dans les enfers en pensée, n’y descen­dent pas facilement à l’heure de la mort car la considération attentive des tourments éter­nels retire l’homme du péché. Ne voyons-nous pas les habitants de ce monde se garder des mau­vaises actions dans la crainte des peines tempo­relles? Combien plus doivent-ils se détourner du mal, dans l’appréhension des peines de l’en­fer, car celles-ci surpassent grandement les souf­frances d’ici-bas par leur durée, leur amertume et leur multiplicité. Souviens-toi de ta fin, dit l’Ecclésiastique (7, 40), et lu ne pécheras jamais.

85. - En quatrième lieu, la venue du Christ aux enfers nous offre un exemple d’amour. Jésus est en effet descendu aux enfers pour délivrer les siens c’est pourquoi nous devons nous aussi nous y rendre en esprit pour venir en aide aux nôtres.

Les âmes du purgatoire en effet, ne peuvent rien faire pour elles-mêmes; notre devoir est donc de leur porter secours. Ne serait-il pas extrêmement cruel, celui qui se désintéresserait d’un être cher enfermé dans une prison terres­tre? Comme il n’y a aucune comparaison entre les peines de ce monde et les souffrances de ce lieu de purification, combien plus cruel ne sera pas celui qui laisserait sans secours un ami re­tenu dans le purgatoire? Ayez pitié de mai, ayez pitié de mai, vous du moins, mes amis, disait le saint homme Job (19, 21) : car ta main de Dieu m’a frappé. Et nous lisons au deuxième Livre des Macchabées (12, 46) : C’est une pensée sainte et salutaire de prier pour les défunts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés.

86. - D’après saint Augustin, on peut secou­rir les âmes du purgatoire principalement par trois bienfaits, à savoir par des messes, par des prières et par des aumônes. Saint Grégoire en ajoute un quatrième le jeûne. Il n’y a là rien d’étonnant, puisque même en ce inonde un ami peut satisfaire pour un ami.

87. - Il est nécessaire à l’homme de connaî­tre deux réalités à savoir la gloire de Dieu et le châtiment de l’enfer. Attirés, en effet par la gloire et effrayés par les châtiments, les hommes veillent sur eux-mêmes et se retirent du péché. Mais il est très difficile à l’homme de les con­naître. Ainsi, au sujet de la gloire, il est dit dans la Sagesse (9, 16) : Qui donc pénétrera ce qui est dans le ciel? C’est sans aucun doute une oeuvre difficile pour les habitants de la terre, car, dit saint Jean (3. 31) : Celui qui est de la terre parle de la terre’; tandis que découvrir ce qui est dans les cieux est chose facile pour les êtres spirituels. Le même saint Jean dit en effet (dans le même passage) : Celui qui vient d’en-haut est au-dessus de tous. Or c’est précisément pour nous ensei­gner les choses célestes que Dieu est descendu du ciel et s’est incarné.

Il était pareillement difficile de connaître les peines de l’enfer. Le Livre de la Sagesse met en effet cette parole dans la bouche des impies (2, 1) : On ne connaît personne qui soit revenu des enfers. Mais maintenant il n’est plus possible de tenir un tel propos; en effet, comme le Christ est descendu du ciel pour nous enseigner les choses célestes, de même il est ressuscité des enfers pour nous instruire au sujet des enfers. Il est donc nécessaire que nous croyions, non seulement à l’Incarnation du Christ et à sa mort, mais aussi à sa résurrection d’entre les morts. Et c’est pourquoi il est dit dans le Je crois en Dieu : Le troisième jour il est ressuscité des morts.

88. - Nous voyons dans l’Ecriture que nom­breux sont ceux qui ressuscitèrent d’entre les morts, comme par exemple Lazare, comme le fils de la veuve et la fille du chef de la synago­gue. Mais la résurrection du Christ diffère de la leur et des autres résurrections de quatre ma­nières.

Elle en diffère d’abord quant à la cause. Les autres ressuscités, en effet, ne ressuscitèrent pas par leur propre puissance, mais bien, soit par la vertu du Christ, soit grâce aux prières de quel­que saint. Quant au Christ, lui, il est ressuscité par sa propre puissance en effet, il n’était pas seulement homme; il était Dieu également et la divinité du Verbe ne fut jamais séparée ni de son âme ni de son corps c’est pourquoi son corps a repris son âme, et son âme son corps, quand il le voulut. Il l’a dit lui-même (Jean 10, 18) : J’ai le pouvoir de donner mon âme, et j’ai le pouvoir de la reprendre. Et bien que le Christ soit mort, ce ne fut pas en raison de sa faiblesse, ni par suite d’une nécessité, mais bien par sa propre puissance, car il mourut volontairement; ce qui le prouve bien, c’est qu’il rendit l’esprit en jetant un grand cri, ce que ne peuvent pas faire les autres hommes, car ceux-ci meurent en raison de leur faiblesse. Aussi le centurion dit : Vraiment cet homme était le Fils de Dieu (Mth. 27, 54). Et comme Jésus livra son âme par sa propre puissance, il la reprit de même par sa puissance; c’est pourquoi nous disons Le Christ ressuscita, sa résurrection étant son ouvrage à lui; et non il fut ressuscité, comme si sa résurrection était l’oeuvre d’un autre Je me suis couché et me suis endormi, puis je me suis levé (Psaume 3, 6) : Cette ma­nière de parler ne contredit pas saint Pierre, quand il dit aux Juifs (Actes 2, 32) : Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité en effet, et le Père a ressus­cité le Fils et le Fils s’est également ressuscité car le Père et le Fils ont une seule et même puissance.

89. - En second lieu, la résurrection du Christ diffère des autres résurrections par la vie à laquelle Jésus est ressuscité il est en effet res­suscité à une vie glorieuse et incorruptible, comme le déclare l’Apôtre aux Romains (6, 4) : Le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père. Quant aux autres ressuscités, ils le fu­rent à la vie qu’ils possédaient avant leur mort, comme on le voit clairement de Lazare et des autres.

90. - En troisième lieu, la résurrection de Jésus diffère des autres résurrections par son fruit et par son efficacité car tous ressuscitent par la puissance de la résurrection du Christ.

Nous lisons en effet en saint Matthieu (27, 52) : les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent. Et l’Apôtre écrit aux Corinthiens dans sa première Epître (15, 20) : Le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis.

Mais remarquez ceci Le Christ est parvenu à la gloire par sa passion, comme lui-même le déclare aux disciples d’Emmaüs (Luc 24, 26) : Ne fallait-il pas, leur dit-il, que le Christ endu­rât ses souffrances pour entrer dans la gloire? Il nous apprend par là comment nous-mêmes nous pouvons parvenir à la gloire. Comme l’en­seigne l’Apôtre (Actes 14, 21) : Il nous faut pas­ser par maintes tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu.

91. - Quatrièmement, la résurrection de Jésus diffère de celle des autres hommes par le temps auquel elle s’est effectuée. La résurrection des autres en effet, est différée jusqu’à la fin du monde, sauf pour quelques privilégiés pour les­quels elle a été anticipée il en fut ainsi pour la Bienheureuse Vierge, et, selon une pieuse croyance, pour saint Jean l’Evangéliste; mais le Christ Jésus ressuscita le troisième jour. Et la raison en est que sa résurrection, sa mort et sa nativité furent ordonnées à notre salut. Aussi il voulut ressusciter quand notre salut serait com­plètement réalisé. S’il était ressuscité aussitôt après sa mort, les hommes n'auraient pas cru que son âme s'était séparée de son corps. De même, s’il avait différé longtemps sa résurrec­tion, ses disciples ne seraient pas demeurés dans la foi et ainsi sa passion aurait été absolument inutile. En quoi mon sang (versé) : est-il utile si je descends dans le lieu de la corruption (Ps. 29, 10). Il est donc ressuscité le troisième jour, pour que nous ne doutions pas de sa mort et afin que les disciples ne perdent pas la foi.

92. - Or nous pouvons tirer quatre consé­quences des vérités que nous venons de rappor­ter au sujet de la résurrection du Christ Jésus.

La première est que nous devons nous appli­quer à ressusciter spirituellement de la mort de l’âme causée en nous par le péché, et nous devons, dis-je, ressusciter de cette mort à la vie de la justice, que nous acquérons par la péni­tence. Eveillez-vous, vous qui dormez, nous dit l’Apôtre (Eph. 5, 14) : levez-vous d’entre les morts et le Christ vous illuminera. Cette résur­rection de la mort du péché est la première résurrection. C’est d’elle que saint Jean dit dans l’Apocalypse (20, 6) : Bienheureux celui qui a part à la première résurrection.

93. - En second lieu, n’attendons pas l’heure de la mort pour ressusciter du péché, mais reve­nons vite à la vie de la grâce, puisque le Christ, lui, est ressuscité le troisième jour. Il est dit en effet dans l’Ecclésiastique (5, 8) : Ne tardez pas à vous convertir au Seigneur, et ne différez pas de jour en jour. Comment en effet pourrez-vous penser à l’affaire du salut, quand vous serez accablé par la faiblesse? D’autre part, votre per­sévérance dans le péché vous ferait perdre une partie de tous les biens qui se font dans l’Eglise et vous encourriez beaucoup de maux. D’ail­leurs le diable, dit saint Bède, se laisse dépossé­der d’autant plus difficilement de quelqu’un qu’il le possède depuis plus longtemps.

94. - Troisièmement, notre résurrection du péché doit être une résurrection à une vie incorruptible, de telle sorte que nous ne mourions plus à la vie de la grâce; nous devons, en effet, en ressuscitant nous proposer de ne plus pécher. Saint Paul écrit (Rom. 6, 9 et 11-13) : Le Christ ressuscité des morts ne meurt plus la mort sur lui n’aura plus d’empire. Et vous, de même, dit-il, regardez-vous comme morts au péché et comme vivants pour Dieu dans le Christ Jésus. Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel pour vous faire obéir à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres comme des instruments d’iniquité au service du péché; mais offrez-vous vous-mêmes à Dieu comme des vivants revenus de la mort.

95. - Quatrièmement, notre résurrection du péché doit être une résurrection à une vie nou­velle et glorieuse, de telle sorte que nous évitions désormais tout ce qui auparavant avait été pour nous occasions et cause de péché et de mort. Comme le Christ, dit saint Paul (Rom. 6, 4), est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi, de même, marchons dans une vie nouvelle. Cette vie nouvelle, c’est la vie de la justice qui renouvelle l’âme et la conduit à la vie de la gloire. Amen.

COMMENTAIRE DU CREDO PAR SAINT THOMAS D’AQUIN. Notes à partir de sermons donnés à Naples, carême 1273, prises de notes par Pierre de Andria. Traduction par un moine de Fontgombault, Nouvelles Editions Latines, 1969

Deuxième édition numérique, http ://docteurangelique.free.fr, 2008


Article 5

"HE DESCENDED INTO HELL. ON THE THIRD DAY HE ROSE AGAIN"

631 Jesus "descended into the lower parts of the earth. He who descended is he who also ascended far above all the heavens."475 The Apostles' Creed confesses in the same article Christ's descent into hell and his Resurrection from the dead on the third day, because in his Passover it was precisely out of the depths of death that he made life spring forth:

Christ, that Morning Star, who came back from the dead, and shed his peaceful light on all mankind, your Son who lives and reigns for ever and ever. Amen.476


Paragraph 1. CHRIST DESCENDED INTO HELL

632 The frequent New Testament affirmations that Jesus was "raised from the dead" presuppose that the crucified one sojourned in the realm of the dead prior to his resurrection.477 This was the first meaning given in the apostolic preaching to Christ's descent into hell: that Jesus, like all men, experienced death and in his soul joined the others in the realm of the dead. But he descended there as Saviour, proclaiming the Good News to the spirits imprisoned there.478

633 Scripture calls the abode of the dead, to which the dead Christ went down, "hell" - Sheol in Hebrew or Hades in Greek - because those who are there are deprived of the vision of God.479 Such is the case for all the dead, whether evil or righteous, while they await the Redeemer: which does not mean that their lot is identical, as Jesus shows through the parable of the poor man Lazarus who was received into "Abraham's bosom":480 "It is precisely these holy souls, who awaited their Saviour in Abraham's bosom, whom Christ the Lord delivered when he descended into hell."481 Jesus did not descend into hell to deliver the damned, nor to destroy the hell of damnation, but to free the just who had gone before him.482

634 "The gospel was preached even to the dead."483 The descent into hell brings the Gospel message of salvation to complete fulfilment. This is the last phase of Jesus' messianic mission, a phase which is condensed in time but vast in its real significance: the spread of Christ's redemptive work to all men of all times and all places, for all who are saved have been made sharers in the redemption.

635 Christ went down into the depths of death so that "the dead will hear the voice of the Son of God, and those who hear will live."484 Jesus, "the Author of life", by dying destroyed "him who has the power of death, that is, the devil, and [delivered] all those who through fear of death were subject to lifelong bondage."485 Henceforth the risen Christ holds "the keys of Death and Hades", so that "at the name of Jesus every knee should bow, in heaven and on earth and under the earth."486

Today a great silence reigns on earth, a great silence and a great stillness. A great silence because the King is asleep. the earth trembled and is still because God has fallen asleep in the flesh and he has raised up all who have slept ever since the world began. . . He has gone to search for Adam, our first father, as for a lost sheep. Greatly desiring to visit those who live in darkness and in the shadow of death, he has gone to free from sorrow Adam in his bonds and Eve, captive with him - He who is both their God and the son of Eve. . . "I am your God, who for your sake have become your son. . . I order you, O sleeper, to awake. I did not create you to be a prisoner in hell. Rise from the dead, for I am the life of the dead."487

IN BRIEF

636 By the expression "He descended into hell", the Apostles' Creed confesses that Jesus did really die and through his death for us conquered death and the devil "who has the power of death" (⇒ Heb 2:14).

637 In his human soul united to his divine person, the dead Christ went down to the realm of the dead. He opened heaven's gates for the just who had gone before him.


475 ⇒ Eph 4:9-10.

476 Roman Missal, Easter Vigil 18, Exsultet.

477 ⇒ Acts 3:15; ⇒ Rom 8:11; ⇒ I Cor 15:20; cf. ⇒ Heb 13:20.

478 Cf. ⇒ I Pt 3:18-19.

479 Cf. ⇒ Phil 2:10; ⇒ Acts 2:24; ⇒ Rev 1:18; ⇒ Eph 4:9; ⇒ Pss 6:6; ⇒ 88:11-13.


480 Cf. ⇒ Ps 89:49; ⇒ I Sam 28:19; ⇒ Ezek 32:17-32; ⇒ Lk 16:22-26.

481 Roman Catechism 1, 6, 3.

482 Cf. Council of Rome (745): DS 587; Benedict XII, Cum dudum (1341): DS 1011; Clement VI, Super quibusdam (1351): DS 1077; Council of Toledo IV

483 ⇒ I Pt 4:6.

484 ⇒ Jn 5:25; cf. ⇒ Mt 12:40; ⇒ Rom 10:7; ⇒ Eph 4:9.

485 ⇒ Heb 2:14-15; cf. ⇒ Acts 3:15.

486 ⇒ Rev 1:18; ⇒ Phil 2:10.

487 Ancient Homily for Holy Saturday: PG 43, 440A, 452C; LH, Holy
   Saturday, OR.

Catechism of the Catholic Church

Andreï Roublev. Descente aux Enfers, 1408-1410, Galerie Tretiakov


The Lord's descent into hell

"What is happening? Today there is a great silence over the earth, a great silence, and stillness, a great silence because the King sleeps; the earth was in terror and was still, because God slept in the flesh and raised up those who were sleeping from the ages. God has died in the flesh, and the underworld has trembled.

Truly he goes to seek out our first parent like a lost sheep; he wishes to visit those who sit in darkness and in the shadow of death. He goes to free the prisoner Adam and his fellow-prisoner Eve from their pains, he who is God, and Adam's son.

The Lord goes in to them holding his victorious weapon, his cross. When Adam, the first created man, sees him, he strikes his breast in terror and calls out to all: 'My Lord be with you all.' And Christ in reply says to Adam: ‘And with your spirit.’ And grasping his hand he raises him up, saying: ‘Awake, O sleeper, and arise from the dead, and Christ shall give you light.

‘I am your God, who for your sake became your son, who for you and your descendants now speak and command with authority those in prison: Come forth, and those in darkness: Have light, and those who sleep: Rise.

‘I command you: Awake, sleeper, I have not made you to be held a prisoner in the underworld. Arise from the dead; I am the life of the dead. Arise, O man, work of my hands, arise, you who were fashioned in my image. Rise, let us go hence; for you in me and I in you, together we are one undivided person.

‘For you, I your God became your son; for you, I the Master took on your form; that of slave; for you, I who am above the heavens came on earth and under the earth; for you, man, I became as a man without help, free among the dead; for you, who left a garden, I was handed over to Jews from a garden and crucified in a garden.

‘Look at the spittle on my face, which I received because of you, in order to restore you to that first divine inbreathing at creation. See the blows on my cheeks, which I accepted in order to refashion your distorted form to my own image.

'See the scourging of my back, which I accepted in order to disperse the load of your sins which was laid upon your back. See my hands nailed to the tree for a good purpose, for you, who stretched out your hand to the tree for an evil one.

`I slept on the cross and a sword pierced my side, for you, who slept in paradise and brought forth Eve from your side. My side healed the pain of your side; my sleep will release you from your sleep in Hades; my sword has checked the sword which was turned against you.

‘But arise, let us go hence. The enemy brought you out of the land of paradise; I will reinstate you, no longer in paradise, but on the throne of heaven. I denied you the tree of life, which was a figure, but now I myself am united to you, I who am life. I posted the cherubim to guard you as they would slaves; now I make the cherubim worship you as they would God.

"The cherubim throne has been prepared, the bearers are ready and waiting, the bridal chamber is in order, the food is provided, the everlasting houses and rooms are in readiness; the treasures of good things have been opened; the kingdom of heaven has been prepared before the ages."

A reading from an ancient homily for Holy Saturday

Prayer

Almighty, ever-living God, whose Only-begotten Son descended to the realm of the dead, and rose from there to glory, grant that your faithful people, who were buried with him in baptism, may, by his resurrection, obtain eternal life.(We make our prayer) through our Lord. (Through Christ our Lord.)

Prepared by Pontifical University Saint Thomas Aquinas

SOURCE :

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010414_omelia-sabato-santo_en.html

Andrea di Bonaiuto da Firenze (1343-1377), Discesa agli inferi, salle capitulaire du couvent de l'église de Santa Maria Novella, la Cappellone degli Spagnoli1,


CATECHISMO DELLA CHIESA CATTOLICA

PARTE PRIMA 
LA PROFESSIONE DELLA FEDE

SEZIONE SECONDA: 
LA PROFESSIONE DELLA FEDE CRISTIANA

CAPITOLO SECONDO 
CREDO IN GESU' CRISTO, UNICO FIGLIO DI DIO

ARTICOLO 5 
GESU' CRISTO « DISCESE AGLI INFERI, 
IL TERZO GIORNO RISUSCITO' DA MORTE »

631 Gesù « era disceso nelle regioni inferiori della terra. Colui che discese è lo stesso che anche ascese » (Ef 4,10). Il Simbolo degli Apostoli professa in uno stesso articolo di fede la discesa di Cristo agli inferi e la sua risurrezione dai morti il terzo giorno, perché nella sua pasqua egli dall'abisso della morte ha fatto scaturire la vita:

« Cristo, tuo Figlio,
che, risuscitato dai morti,
fa risplendere sugli uomini la sua luce serena,
e vive e regna nei secoli dei secoli. Amen ». 525

Paragrafo 1 : CRISTO DISCESE AGLI INFERI

632 Le frequenti affermazioni del Nuovo Testamento secondo le quali Gesù « è risuscitato dai morti » (1 Cor 15,20) 526 presuppongono che, preliminarmente alla risurrezione, egli abbia dimorato nel soggiorno dei morti. 527 È il senso primo che la predicazione apostolica ha dato alla discesa di Gesù agli inferi: Gesù ha conosciuto la morte come tutti gli uomini e li ha raggiunti con la sua anima nella dimora dei morti. Ma egli vi è disceso come Salvatore, proclamando la Buona Novella agli spiriti che vi si trovavano prigionieri. 528

633 La Scrittura chiama inferi, Shéol o Αιδην 529 il soggiorno dei morti dove Cristo morto è disceso, perché quelli che vi si trovano sono privati della visione di Dio. 530 Tale infatti è, nell'attesa del Redentore, la sorte di tutti i morti, cattivi o giusti; 531 il che non vuol dire che la loro sorte sia identica, come dimostra Gesù nella parabola del povero Lazzaro accolto nel « seno di Abramo ». 532 « Furono appunto le anime di questi giusti in attesa del Cristo a essere liberate da Gesù disceso all'inferno ». 533 Gesù non è disceso agli inferi per liberare i dannati 534 né per distruggere l'inferno della dannazione, 535 ma per liberare i giusti che l'avevano preceduto. 536

634 « La Buona Novella è stata annunciata anche ai morti... » (1 Pt 4,6). La discesa agli inferi è il pieno compimento dell'annunzio evangelico della salvezza. È la fase ultima della missione messianica di Gesù, fase condensata nel tempo ma immensamente ampia nel suo reale significato di estensione dell'opera redentrice a tutti gli uomini di tutti i tempi e di tutti i luoghi, perché tutti coloro i quali sono salvati sono stati resi partecipi della redenzione.

635 Cristo, dunque, è disceso nella profondità della morte 537 affinché i « morti » udissero « la voce del Figlio di Dio » (Gv 5,25) e, ascoltandola, vivessero. Gesù, « l'Autore della vita », 538 ha ridotto « all'impotenza, mediante la morte, colui che della morte ha il potere, cioè il diavolo », liberando « così tutti quelli che per timore della morte erano soggetti a schiavitù per tutta la vita » (Eb 2,14-15). Ormai Cristo risuscitato ha « potere sopra la morte e sopra gli inferi » (Ap 1,18) e « nel nome di Gesù ogni ginocchio » si piega « nei cieli, sulla terra e sotto terra » (Fil 2,10).

« Oggi sulla terra c'è grande silenzio, grande silenzio e solitudine. Grande silenzio perché il Re dorme: la terra è rimasta sbigottita e tace perché il Dio fatto carne si è addormentato ed ha svegliato coloro che da secoli dormivano. [...] Egli va a cercare il primo padre, come la pecora smarrita. Egli vuole scendere a visitare quelli che siedono nelle tenebre e nell'ombra di morte. Dio e il Figlio suo vanno a liberare dalle sofferenze Adamo ed Eva, che si trovano in prigione. [...] Io sono il tuo Dio, che per te sono diventato tuo figlio. [...] Svegliati, tu che dormi! Infatti non ti ho creato perché rimanessi prigioniero nell'inferno. Risorgi dai morti. Io sono la Vita dei morti ». 539

In sintesi

636 Con l'espressione « Gesù discese agli inferi » il Simbolo professa che Gesù è morto realmente e che, mediante la sua morte per noi, egli ha vinto la morte e il diavolo « che della morte ha il potere » (Eb 2,14).

637 Cristo morto, con l'anima unita alla sua Persona divina, è disceso alla dimora dei morti. Egli ha aperto le porte del cielo ai giusti che l'avevano preceduto. 

(525) Veglia pasquale, Preconio pasquale (« Exsultet »): Messale Romano (Libreria Editrice Vaticana 1993) p. 168.

(526) Cf At 3,15; Rm 8,11.

(527) Cf Eb 13,20.

(528) Cf 1 Pt 3,18-19.

(529) Cf Fil 2,10; At 2,24; Ap 1,18; Ef 4,9.

(530) Cf Sal 6,6; 88,11-13.

(531) Cf Sal 89,49; 1 Sam 28,19; Ez 32,17-32.

(532) Cf Lc 16,22-26.

(533) Catechismo Romano, 1, 6, 3: ed. P. Rodríguez (Città del Vaticano-Pamplona 1989) p. 71.

(534) Cf Concilio di Roma (anno 745), De descensu Christi ad inferos: DS 587.

(535) Cf Benedetto XII, Libello Cum dudum (1341), 18: DS 1011; Clemente VI, Lettera Super quibusdam (anno 1351), c. 15, 13: DS 1077.

(536) Cf Concilio di Toledo IV (anno 633), Capitulum, 1: DS 485; Mt 27,52-53.

(537) Cf Mt 12,40; Rm 10,7; Ef 4,9.

(538) Cf At 3,15.

(539) Antica omelia sul santo e grande Sabato: PG 43, 440. 452. 461.

SOURCE : http://www.vatican.va/archive/catechism_it/p122a5p1_it.htm#CRISTO%20DISCESE%20AGLI%20INFERI

Sur l’icône de l’Anastasis de Youssef al-Musawwer : http://www.narthex.fr/blogs/le-patrimoine-des-chretiens-dorient/l2019icone-de-l2019anastasis?fbclid=IwAR0ivgOGpYZuQwECGqMge05H4diNtAD1Am7T1TWtpXCg8XpWRCBlMzO-IB4

Pourquoi le Christ est-il descendu aux enfers ? Lecture sotériologique du Samedi saint chez Hans Urs von Balthasar, Étienne Vetö. Dans Revue des sciences philosophiques et théologiques 2015/3 (Tome 99), pages 493 à 514 : https://www.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2015-3-page-493.htm