mercredi 4 avril 2012

Saint ISIDORE de SÉVILLE, archevêque, confesseur et Docteur de l'Église


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 18 juin 2008

L'enseignement de saint Isidore de Séville sur les relations entre vie active et vie contemplative


Chers frères et sœurs,

Je voudrais parler aujourd'hui de saint Isidore de Séville: il était le petit frère de Léandre, évêque de Séville, et grand ami du Pape Grégoire le Grand. Ce fait est important, car il permet de garder à l'esprit un rapprochement culturel et spirituel indispensable à la compréhension de la personnalité d'Isidore. Il doit en effet beaucoup à Léandre, une personne très exigeante, studieuse et austère, qui avait créé autour de son frère cadet un contexte familial caractérisé par les exigences ascétiques propres à un moine et par les rythmes de travail demandés par un engagement sérieux dans l'étude. En outre, Léandre s'était préoccupé de prédisposer le nécessaire pour faire face à la situation politico-sociale du moment: en effet, au cours de ces décennies les Wisigoths, barbares et ariens, avaient envahi la péninsule ibérique et s'étaient emparé des territoires qui avaient appartenu à l'empire romain. Il fallait donc les gagner à la romanité et au catholicisme. La maison de Léandre et d'Isidore était fournie d'une bibliothèque très riche en œuvres classiques, païennes et chrétiennes. Isidore, qui se sentait attiré simultanément vers les unes et vers les autres, fut donc éduqué à développer, sous la responsabilité de son frère aîné, une très grande discipline en se consacrant à leur étude, avec discrétion et discernement.

Dans l'évêché de Séville, on vivait donc dans un climat serein et ouvert. Nous pouvons le déduire des intérêts culturels et spirituels d'Isidore, tels qu'ils apparaissent dans ses œuvres elles-mêmes, qui comprennent une connaissance encyclopédique de la culture classique païenne et une connaissance approfondie de la culture chrétienne. On explique ainsi l'éclectisme qui caractérise la production littéraire d'Isidore, qui passe avec une extrême facilité de Martial à Augustin, de Cicéron à Grégoire le Grand. La lutte intérieure que dut soutenir le jeune Isidore, devenu successeur de son frère Léandre sur la chaire épiscopale de Séville en 599, ne fut pas du tout facile. Peut-être doit-on précisément à cette lutte constante avec lui-même l'impression d'un excès de volontarisme que l'on perçoit en lisant les œuvres de ce grand auteur, considéré comme le dernier des Pères chrétiens de l'antiquité. Quelques années après sa mort, qui eut lieu en 636, le Concile de Tolède de 653 le définit: "Illustre maître de notre époque, et gloire de l'Eglise catholique".

Isidore fut sans aucun doute un homme aux contrastes dialectiques accentués. Et, également dans sa vie personnelle, il vécut l'expérience d'un conflit intérieur permanent, très semblable à celui qu'avaient déjà éprouvé Grégoire le Grand et saint Augustin, partagés entre le désir de solitude, pour se consacrer uniquement à la méditation de la Parole de Dieu, et les exigences de la charité envers ses frères, se sentant responsable de leur salut en tant qu'évêque. Il écrit, par exemple, à propos des responsables des Eglises: "Le responsable d'une Eglise (vir ecclesiasticus) doit d'une part se laisser crucifier au monde par la mortification de la chair et, de l'autre, accepter la décision de l'ordre ecclésiastique, lorsqu'il provient de la volonté de Dieu, de se consacrer au gouvernement avec humilité, même s'il ne voudrait pas le faire" (Sententiarum liber III, 33, 1: PL 83, col 705 B). Il ajoute ensuite, à peine un paragraphe après: "Les hommes de Dieu (sancti viri) ne désirent pas du tout se consacrer aux choses séculières et gémissent lorsque, par un mystérieux dessein de Dieu, ils sont chargés de certaines responsabilités... Ils font de tout pour les éviter, mais ils acceptent ce qu'ils voudraient fuir et font ce qu'ils auraient voulu éviter. Ils entrent en effet dans le secret du cœur et, à l'intérieur de celui-ci, ils cherchent à comprendre ce que demande la mystérieuse volonté de Dieu. Et lorsqu'ils se rendent compte de devoir se soumettre aux desseins de Dieu, ils humilient le cou de leur cœur sous le joug de la décision divine" (Sententiarum liber III, 33, 3: PL 83, coll. 705-706).

Pour mieux comprendre Isidore, il faut tout d'abord rappeler la complexité des situations politiques de son temps dont j'ai déjà parlé: au cours des années de son enfance, il avait dû faire l'expérience amère de l'exil. Malgré cela, il était envahi par un grand enthousiasme apostolique: il éprouvait l'ivresse de contribuer à la formation d'un peuple qui retrouvait finalement son unité, tant sur le plan politique que religieux, avec la conversion providentielle de l'héritier au trône wisigoth, Ermenégilde, de l'arianisme à la foi catholique. Il ne faut toutefois pas sous-évaluer l'immense difficulté à affronter de manière appropriée les problèmes très graves, tels que ceux des relations avec les hérétiques et avec les juifs. Toute une série de problèmes qui apparaissent très concrets aujourd'hui également, surtout si l'on considère ce qui se passe dans certaines régions où il semble presque que l'on assiste à nouveau à des situations très semblables à celles qui étaient présentes dans la péninsule ibérique de ce VI siècle. La richesse des connaissances culturelles dont disposait Isidore lui permettait de confronter sans cesse la nouveauté chrétienne avec l'héritage classique gréco-romain, même s'il semble que plus que le don précieux de la synthèse il possédait celui de la collatio, c'est-à-dire celui de recueillir, qui s'exprimait à travers une extraordinaire érudition personnelle, pas toujours aussi ordonnée qu'on aurait pu le désirer.

Il faut dans tous les cas admirer son souci de ne rien négliger de ce que l'expérience humaine avait produit dans l'histoire de sa patrie et du monde entier. Isidore n'aurait rien voulu perdre de ce qui avait été acquis par l'homme au cours des époques anciennes, qu'elles fussent païenne, juive ou chrétienne. On ne doit donc pas s'étonner si, en poursuivant ce but, il lui arrivait parfois de ne pas réussir à transmettre de manière adaptée, comme il l'aurait voulu, les connaissances qu'il possédait à travers les eaux purificatrices de la foi chrétienne. Mais de fait, dans les intentions d'Isidore, les propositions qu'il fait restent cependant toujours en harmonie avec la foi pleinement catholique, qu'il soutenait fermement. Dans le débat à propos des divers problèmes théologiques, il montre qu'il en perçoit la complexité et il propose souvent avec acuité des solutions qui recueillent et expriment la vérité chrétienne complète. Cela a permis aux croyants au cours des siècles de profiter avec reconnaissance de ses définitions jusqu'à notre époque. Un exemple significatif en cette matière nous est offert par l'enseignement d'Isidore sur les relations entre vie active et vie contemplative. Il écrit: "Ceux qui cherchent à atteindre le repos de la contemplation doivent d'abord s'entraîner dans le stade de la vie active; et ainsi, libérés des scories des péchés, ils seront en mesure d'exhiber ce coeur pur qui est le seul qui permette de voir Dieu" (Differentiarum Lib II, 34, 133: PL 83, col 91A). Le réalisme d'un véritable pasteur le convainc cependant du risque que les fidèles courent de n'être que des hommes à une dimension. C'est pourquoi il ajoute: "La voie médiane, composée par l'une et par l'autre forme de vie, apparaît généralement plus utile pour résoudre ces tensions qui sont souvent accentuées par le choix d'un seul genre de vie et qui sont, en revanche, mieux tempérées par une alternance des deux formes" (o.c., 134: ibid., col 91B).

Isidore recherche dans l'exemple du Christ la confirmation définitive d'une juste orientation de vie: "Le sauveur Jésus nous offrit l'exemple de la vie active, lorsque pendant le jour il se consacrait à offrir des signes et des miracles en ville, mais il montrait la voie contemplative lorsqu'il se retirait sur la montagne et y passait la nuit en se consacrant à la prière" (o.c. 134: ibid.). A la lumière de cet exemple du divin Maître, Isidore peut conclure avec cet enseignement moral précis: "C'est pourquoi le serviteur de Dieu, en imitant le Christ, doit se consacrer à la contemplation sans se refuser à la vie active. Se comporter différemment ne serait pas juste. En effet, de même que l'on aime Dieu à travers la contemplation, on doit aimer son prochain à travers l'action. Il est donc impossible de vivre sans la présence de l'une et de l'autre forme de vie à la fois, et il n'est pas possible d'aimer si l'on ne fait pas l'expérience de l'une comme de l'autre" (o.c., 135: ibid., col 91C). Je considère qu'il s'agit là de la synthèse d'une vie qui recherche la contemplation de Dieu, le dialogue avec Dieu dans la prière et dans la lecture de l'Ecriture Sainte, ainsi que l'action au service de la communauté humaine et du prochain. Cette synthèse est la leçon que le grand évêque de Séville nous laisse à nous aussi, chrétiens d'aujourd'hui, appelés à témoigner du Christ au début d'un nouveau millénaire.

* * *

Je suis heureux d’accueillir ce matin les pèlerins de langue française. Je salue particulièrement les étudiants de l’Institut de philosophie comparée, de Paris, la paroisse de Rodez, et tous les jeunes. Je vous invite à faire dans votre vie l’unité entre la contemplation de Dieu et le service de vos frères. Avec ma Bénédiction apostolique.

© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2008/documents/hf_ben-xvi_aud_20080618_fr.html

Saint Isidore, évêque et docteur de l'Église

Isidore de Séville (560-636) est le grand docteur de l'Espagne. Successeur de son frère Léandre comme évêque de Séville (601), il travailla à organiser l'Eglise dans le royaume wisigothique, spécialement en tenant des Conciles. Il aimait par-dessus tout enseigner. La somme des connaissances qu'il a recueillies servit de manuel scolaire durant des générations.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/04/04/5885/-/saint-isidore-eveque-et-docteur-de-l-eglise

Saint Isidore de Séville présentant le livre " De fide catholica contra judaeos " à sa soeur, sainte Florentine. 

Abbaye de Corbie. VIIIe


Saint Isidore de Séville

Docteur de l'Église - Évêque et confesseur (+ 636)

Son père Severianus avait dû fuir Carthagène devant les Wisigoths qui, non contents d'être des barbares (*), avaient adopté l'hérésie arienne et persécutaient les catholiques. Il se réfugia à Séville. Ses quatre enfants deviendront des saints : Léandre, FlorentineFulgence et Isidore. A la mort de ses parents, Isidore est encore bien jeune, mais son frère ainé, saint Léandre, devenu évêque de Séville, l'élève comme un fils. Isidore se nourrit, se gave, des livres dont regorge la bibliothèque fraternelle. En 599, à la mort de Léandre, Isidore lui succède comme évêque de Séville. Il présidera des conciles et travaillera à la conversion des Goths à la vraie foi. Son "Histoire des Goths" nous est très utile car, sans elle, nous ne saurions presque rien des Goths et des Vandales. Tout en gouvernant avec un grand dévouement son diocèse, il écrit sans relâche. Toutes les richesses de la culture classique qui ont enchanté sa jeunesse, il les sent menacées par les invasions barbares. Or ce sont des trésors qui peuvent être utiles pour une meilleure compréhension des Écritures. Il rédige donc de très nombreux ouvrages, dont le plus connu "les Étymologies" (de l'origine des choses) est une encyclopédie qui transmettra aux siècles suivants l'essentiel de la culture antique. C'est à lui, avant les Arabes, que l'Occident doit sa connaissance d'Aristote. Ce sera une des bases des études en Occident jusqu'à l'époque de la Renaissance. Il occupera le siège épiscopal de Séville durant quarante ans, y fonda de grands collèges et influença les conseils royaux. On le considère aussi comme l'un des initiateurs de la liturgie mozarabe. Il meurt dans sa cathédrale, étendu sur le sol, tout en continuant de parler à l'assistance.
(*) au sens étymologique du terme, c'est à dire parlant une autre langue que le grec.
- Le 18 juin 2008, Benoît XVI a consacré la catéchèse de l'audience générale à Isidore de Séville (560-636), défini en 653 par le concile de Tolède comme "la gloire de l'Église catholique": L'enseignement de saint Isidore de Séville sur les relations entre vie active et vie contemplative.
Un saint pour internet: Saint Isidore de Séville - portail des jeunes de l'Eglise catholique
Mémoire de saint Isidore, évêque et docteur de l'Église. Disciple de son frère saint Léandre, il lui succéda sur le siège de Séville en Espagne, écrivit beaucoup d'ouvrages d'érudition, convoqua et dirigea de nombreux conciles et se livra avec sagesse au zèle de la foi catholique et à l'observance de la discipline ecclésiastique. Il mourut à Séville en 636.

Martyrologe romain

SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/915/Saint-Isidore-de-Seville.html

Un saint pour internet : Saint Isidore de Séville

Le service d’observation d’internet, promu par le Vatican, a mené une enquête et a choisi comme saint patron, le plus apprécié dans le monde des informaticiens, Saint Isidore de Séville né en Espagne au VIème siècle.

Ce Saint devint le génie de la compilation en écrivant une oeœuvre encyclopédique admirable, “Etymologies”, et en donnant à son travail une structure proche du concept de la base de données, utilisé en informatique et dans l’Internet. D’autre part, il était en avance sur son temps et son œoeuvre constitua un pont culturel entre l’Antiquité et le Moyen Âge. Ces faits le rapprochent des internautes qui sont au tournant d’une nouvelle étape de l’Histoire.

Le Pape Innocent III conféra à Saint Isidore le titre de “docteur de l’Eglise”. En effet la culture espagnole bénéficia de la lumière de sa connaissance qui lui permit d’émerger des âges noirs du barbarisme. Mais plus célèbre encore que son esprit exceptionnel, était le génie de son coeœur qui lui permit de voir au-delà du rejet et du découragement, la joie et l’ouverture possible.

A l’aube de ce nouveau siècle, que nous enseigne Saint Isidore ? Venez et voyez comment Isidore de Séville réussit à réaliser ce pont entre deux époques en vivant ses engagements de chrétien au plus près des événements socio-politique et religieux du VIème siècle ; quelle place pouvons-nous donner à l’Internet, cet outil d’information universelle et de communication “sans frontières” ?

Sa vie : quelques points de repère

C’est en cette fin du VIème siècle, en Andalousie, la province d’Espagne la plus ouverte aux influences de l’orient et de l’Afrique, qu’Isidore est né et a vécu.

D’une famille de leaders et de fortes têtes, il subit l’éducation de son frère aîné impliquant force et punition. Blessé par le traitement de celui-ci, il sombra dans un sentiment d’échec et de rejet. Jusqu’au jour où son attention se posa sur l’eau tombant sur le rocher où il était assis : les gouttes d’eau qui tombaient de façon répétée sans force semblaient n’avoir aucun effet sur le roc ; puis avec le temps elles finirent par user et faire des trous dans la roche. C’est ainsi qu’Isidore pris conscience que ses petits efforts vraisemblablement seraient payants dans l’apprentissage. Ils le furent, son amour de l’étude fit de lui l’un des esprits les plus érudits de son temps. Avant Charlemagne, Isidore est connu comme “le Maître d’école du Moyen Age”.

Il choisit la carrière ecclésiastique, et monta sur le siège métropolitain de Séville. Tout au long des 35 années de son pontificat, il assista aux luttes pour l’unification nationale de l’Espagne, succédant à l’invasion des Wisigoths. Après la conversion des Wisigoths de l’arianisme au catholicisme, il usa de son autorité pour réorganiser l’Eglise catholique. Il conseilla les princes, participa à l’affermissement de la royauté wisigothique.

Par ses écrits et œuvres, il a recueilli et transmis tout le savoir de son temps, linguistique, historique, culturel et scientifique mais aussi théologique et profane du Moyen- âge. Il a le souci permanent d’apprendre autant que d’instruire. Son œoeuvre connaîtra une diffusion extraordinaire aux siècles suivants en Europe entière.

Se laisser enseigner chaque jour sous le regard de Dieu

Le Christ dit : “je suis la Vérité”.
Saint Paul dit “…transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu” (Rm 12, 2).
Nous avons à nous laisser enseigner pour que cette vérité qui est le Christ nous transforme. Une des devises de Saint Isidore de Séville est : ” Etudiez comme si vous deviez vivre toujours ; vivez comme si vous deviez mourir demain “.

Quand nous prions, nous parlons à Dieu ; mais quand nous étudions la Parole de Dieu, Dieu nous parle. C’est pourquoi Isidore nous incite à approfondir notre connaissance de l’héritage spirituel pour vivre fidèlement au Christ, idée qu’a repris le Saint Père dans son message aux jeunes du monde.

Celui qui ne cultive pas sa capacité intellectuelle donnée par Dieu en est réduit à mépriser ses dons et pêcher par paresse. Par contre, l’homme qui tente avec persévérance et labeur, d’acquérir la connaissance, est gratifié par l’extraordinaire puissance de Dieu et peut mettre ses talents au service des hommes par grâce.

Choisir et faire d’Internet, un lieu de croissance fraternelle

Internet ne peut-il pas être un outil d’Amour et de paix, de partage et de fraternité dans le monde ?

Comment utilisons-nous Internet ? Est-ce un outil d’apprentissage, de connaissance et de partage, ou un lieu de dispersion, de gaspillage de temps et de fuite de certaines réalités ? Par cet accès “facile” aux cultures diverses, à quoi sommes-nous sensibilisés ? Qu’engendrent ces informations en nous et autour de nous ? Ces informations, changent-elles notre façon d’être et d’agir dans notre quotidien ? Quels nouveaux liens pouvons-nous créer par cet outil ? Par ailleurs, restons-nous présents à ceux qui nous sont proches ?

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SOURCE : https://www.jeunes-cathos.fr/questions-de-foi/vie-pour-le-christ/un-saint-pour-linternet-saint-isidore-de-seville

St Isidore de Séville, évêque, confesseur et docteur

Mort à Séville le 4 avril 636. Culte immédiat en Espagne.

Innocent XIII inscrivit sa fête comme docteur, au rite double, en 1722.

Leçons des Matines avant 1960

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Isidore, Docteur illustre, était Espagnol de nation ; il naquit à Carthagène ; son père, Sévérien, était gouverneur de la province. Les saints Évêques, Léandre de Séville, et Fulgence de Carthagène, ses frères, prirent soin de lui enseigner la piété et les lettres. Formé aux littératures latine, grecque et hébraïque, et instruit dans les lois divines et humaines, il acquit à un degré éminent toutes les sciences et toutes les vertus chrétiennes. Dès sa jeunesse, il combattit avec tant de courage l’hérésie aérienne, depuis longtemps déjà répandue chez les Goths alors maîtres de l’Espagne, que peu s’en fallut qu’il ne fût mis à mort par les hérétiques. Léandre ayant quitté cette vie, Isidore fut élevé, malgré lui, au siège épiscopal de Séville, sur les instances du roi Récarède, avec l’assentiment unanime du clergé et du peuple. On rapporte que saint Grégoire le Grand ne se contenta pas de confirmer cette élection par l’autorité apostolique, mais qu’il envoya, selon l’usage, le pallium au nouvel élu, et l’établit son vicaire ainsi que celui du Siège apostolique dans toute l’Espagne.

Cinquième leçon. On ne peut dire combien Isidore fut, durant son épiscopat, constant, humble, patient, miséricordieux, zélé pour !a restauration des mœurs chrétiennes et de la discipline ecclésiastique, infatigable à les soutenir par ses paroles et ses écrits, remarquable enfin par l’éclat de toutes les vertus. Ardent promoteur et propagateur des institutions monastiques en Espagne, il construisit plusieurs monastères et édifia également des collèges, où, se livrant à la science sacrée et à l’enseignement, il instruisit un grand nombre de disciples qui affluaient vers lui, et parmi lesquels brillèrent saint Ildephonse, Évêque de Tolède, et saint Braulion, Évêque de Saragosse. Dans un concile rassemblé à Séville, il réprima et écrasa par une discussion vive et éloquente l’hérésie des Acéphales déjà menaçante. Isidore acquit auprès de tous une telle renommée de sainteté et de science, que seize ans à peine après sa mort, au milieu des applaudissements de tout un synode réuni à Tolède et composé de cinquante-deux Évêques, et avec le suffrage de saint Ildephonse, il mérita d’être appelé un Docteur excellent, la gloire la plus récente de l’Église catholique, l’homme le plus docte de la-fin des temps ; et les Prélats déclarèrent que son nom ne devait être prononcé qu’avec respect. Saint Braulion ne se contente pas de le comparer à saint Grégoire, mais il estime que le ciel l’avait donné à l’Espagne pour l’instruire, et tenir la place de l’Apôtre saint Jacques.

Sixième leçon. Isidore composa des livres sur les Étymologies, sur les Offices ecclésiastiques, et beaucoup d’autres ouvrages si utiles pour la discipline chrétienne et ecclésiastique, que le Pape Léon IV n’a pas hésité à écrire aux Évêques de Bretagne, que l’on doit faire le même cas des paroles d’Isidore que de celles de Jérôme et d’Augustin, lorsqu’il se présente une difficulté nouvelle qui ne peut être résolue par les Canons. On voit plusieurs sentences tirées de ses écrits placées parmi les lois canoniques de l’Église. Le saint Évêque de Séville présida le quatrième concile de Tolède, le plus célèbre de tous ceux d’Espagne. Enfin, après avoir banni de l’Espagne l’hérésie arienne, prédit publiquement sa mort et la dévastation du royaume par les armées des Sarrazins, et gouverné son Église environ quarante ans, il mourut à Séville l’an six cent trente-six. Son corps fut d’abord inhumé, comme lui-même l’avait demandé, entre son frère Léandre et sa sœur Florentine. Ferdinand Ier, roi de Castille et de Léon, l’ayant racheté à grand’peine d’Enète prince sarrazin alors maître de Séville, le transporta à Léon, et l’on a élevé en son honneur une église où ses miracles l’ont rendu célèbre, et où le peuple l’honore avec une grande dévotion.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 5, 13-19.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Vous êtes le sel de la terre. Que si le sel perd sa vertu, avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes. Et le reste.

Homélie de saint Isidore, Évêque.

Septième leçon. Celui qui a la charge d’instruire les peuples et de les former à la vertu doit de toute nécessité, avoir une sainteté accomplie, et se montrer absolument irrépréhensible. Car pour reprendre les pécheurs, il faut qu’il soit lui-même exempt de péché. Comment, en effet, oserait-il reprendre ses subordonnés, exposé qu’il serait à s’entendre répondre : Commencez par adresser à vous-même vos leçons de vertu. Celui qui se propose d’enseigner aux autres à bien vivre doit donc d’abord régler sa propre conduite. Qu’en tout il se montre un modèle de bonne vie, et que ses exemples comme sa doctrine engagent au bien tous les hommes. La science des Écritures lui est également nécessaire. Car la sainte vie de l’Évêque toute seule, ne serait profitable qu’à lui-même, mais s’il y joint la science et la parole, il pourra encore instruire les autres, donnant l’enseignement aux fidèles et combattant les ennemis de la foi qui, s’ils ne sont réfutés et convaincus de fausseté, peuvent trop facilement tromper les simples.

Huitième leçon. La parole de l’Évêque doit être pure, simple, claire, pleine de gravité et de noblesse, pleine de douceur et de grâce ; il doit traiter des mystères de la loi, de la doctrine de la foi, de la modération chrétienne, des règles de la justice. Son langage doit varier avec la profession, la qualité, les mœurs de ses auditeurs ; il doit à l’avance mesurer Si>n enseignement quant à l’objet, au temps, à la manière et aux personnes. Avant tout, il doit, pour accomplir son office, lire la sainte Écriture, étudier les Canons, imiter les exemples des Saints, s’adonner aux veilles, au jeûne, à la prière ; il doit garder la paix avec tous ses frères, et ne blesser aucun des membres du corps dont il est le chef, ne condamner personne sans preuve, n’excommunier personne sans examen. Il doit unir dans la prélature l’humilité à l’autorité ; qu’une humilité indiscrète ne favorise pas les vices de ses subordonnés, qu’une sévérité immodérée n’accompagne point l’exercice de sa puissance ; mais qu’envers ceux qui lui sont confiés, il se montre d’autant plus rempli de sollicitude qu’il doit redouter du Christ lui-même un examen plus sévère de sa vertu.

Neuvième leçon. Il conservera la charité, cette vertu qui s’élève au-dessus de tous les dons, et sans laquelle toutes les autres ne sont rien. Il mettra sa chasteté sous la garde de la charité ; et le lieu où cette gardienne habitera sera l’humilité. Il aura donc parmi tous ces biens l’excellence de la chasteté, afin que son âme, donnée entièrement à Jésus-Christ, soit pure et libre de toute souillure de la chair. Cependant il devra, prudent dispensateur, prendre soin des pauvres, nourrir les affamés, vêtir ceux qui sont nus, recevoir les étrangers, racheter les captifs, protéger les veuves et les orphelins montrer en tout une vigilante sollicitude, une prudence pleine de discrétion dans les distributions de chaque jour. Il exercera excellemment l’hospitalité, recevant toute sorte de personnes avec bonté et chanté ; car si tous les fidèles désirent entendre cette parole de l’Évangile : « J’ai été sans asile et vous m’avez donné l’hospitalité », combien plus l’Évêque, dont la demeure doit être un abri ouvert à tous ?

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

La sainte Église nous présente aujourd’hui la douce et imposante figure d’un de ses plus vertueux Pontifes. Isidore, le grand Évêque de Séville, le plus savant homme de son siècle, mais plus recommandable encore par les effets de son zèle sur sa noble patrie, vient nous encourager dans la carrière par ses exemples et par son intercession.

Entre toutes les provinces du Christianisme, il en est une qui a mérité par excellence le nom de Catholique : c’est l’Espagne. Dès le commencement du VIIIe siècle, la divine Providence la soumit à la plus dure épreuve, en permettant que l’inondation sarrasine la submergeât presque tout entière : en sorte qu’il fallut à ses héroïques enfants huit siècles de combats pour recouvrer enfin leur patrie. Les vastes contrées de l’Asie et de l’Afrique qui, à la même époque, subirent l’invasion musulmane, sont demeurées sous le joug de l’Islamisme. D’où vient que l’Espagne a triomphé de ses oppresseurs, et que le sentiment de la dignité humaine ne s’est jamais éteint dans la race qui l’habite ? La réponse est facile à donner : l’Espagne, au moment de l’invasion, était catholique ; la vie catholique animait cette vaste région ; tandis que les peuples qui succombèrent sous le cimeterre musulman avaient déjà rompu avec la chrétienté par l’hérésie ou par le schisme. Dieu les délaissa, parce qu’ils avaient repoussé la vérité de la Foi, l’unité de l’Église ; ils ne furent plus qu’une proie, et n’offrirent presque aucune résistance à leurs farouches vainqueurs.

L’Espagne cependant avait couru un immense danger. La race des Goths, en la subjuguant, avait en même temps déposé l’hérésie dans son sein. L’Arianisme élevait dans l’Ibérie ses autels sacrilèges ; mais Dieu ne permit pas que cette terre privilégiée demeurât longtemps sous le joug de l’erreur. Avant l’arrivée du Sarrasin, l’Espagne était déjà réconciliée avec l’Église ; une famille aussi illustre que sainte avait eu la gloire de consommer ce grand œuvre. Le voyageur qui parcourt, de nos jours encore, l’Andalousie, remarque avec un pieux étonnement, à chacun des quatre angles des places publiques, une statue correspondant à trois autres : ces statues représentent trois frères et une sœur : saint Léandre, Évêque de Séville ; saint Isidore que nous fêtons aujourd’hui ; saint Fulgence, Évêque de Carthagène ; et leur sœur, sainte Florentine, vierge consacrée à Dieu. Par les efforts du zèle et de l’éloquence de saint Léandre, le roi Récarède et toute la nation des Goths se réunirent à la foi catholique, au concile de Tolède, en 589 ; la science et le grand caractère de notre Isidore consolidèrent cette heureuse révolution ; Fulgence la soutint par ses vertus et par sa doctrine ; et Florentine apporta à cette œuvre si féconde pour l’avenir de sa patrie le tribut de ses soupirs et de ses prières.

Isidore, Pasteur fidèle, le peuple chrétien honore vos vertus et vos services ; il se réjouit de la récompense dont le Seigneur a couronné vos mérites ; soyez-lui donc propice en ces jours de salut. Sur la terre, votre vigilance n’abandonna jamais l’heureux troupeau qui lui était confié ; regardez-nous comme vos brebis, défendez-nous des loups ravissants qui nous menacent sans cesse. Que vos prières obtiennent pour nous la plénitude tics grâces qui nous sont nécessaires pour achever dignement cette sainte carrière qui s’avance vers sa fin. Soutenez notre courage ; animez notre ardeur ; préparez-nous à la célébration des grands mystères qui nous attendent. Nous avons regretté nos offenses, expié, quoique bien faiblement, nos fautes ; l’œuvre de notre conversion a fait un pas ; il faut maintenant qu’elle se consomme par la contemplation des souffrances et de la mort de notre Rédempteur. Assistez-nous, ô Pontife du Christ qui l’avez tant aime ; vous dont la vie fut toujours si pure, prenez soin des pécheurs, et écoutez la prière de l’Église qui se recommande à vous aujourd’hui. Du sein des joies éternelles, souvenez-vous aussi de votre patrie terrestre ; bénissez l’Espagne qui vous conserve un culte si fervent. Rendez-lui l’ardeur primitive de la foi ; renouvelez en son sein les mœurs chrétiennes ; faites disparaître l’ivraie qui s’est levée parmi le bon grain. L’Église entière honore cette contrée pour sa fidélité dans la garde du dépôt de la doctrine du salut ; sauvez-la de toute décadence, et arrêtez les maux dont elle souffre ; qu’elle soit toujours fidèle, toujours digne du beau nom que vous l’avez aidée à conquérir.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Le culte de ce vrai Patriarche (+ 636) de l’Espagne au temps de la domination visigothe est très ancien, et l’autorité dont il jouissait déjà dans l’Église durant le haut moyen âge fut si indiscutable que Bédé le Vénérable et les encyclopédistes de l’époque carolingienne lui sont en grande partie redevables de leur science ecclésiastique. Le VIIIe synode de Tolède en 653 fait l’éloge suivant de saint Isidore : Nostri saeculi doctor egregius, ecclesiae catholicae novissimum decus, praecedentibus aetate postremus, doctrinae comparatione non infimus, et, quod maius est, in saeculorum fine doctissimus [1].

Cependant, son office liturgique dans le calendrier du Siège apostolique date seulement de la Renaissance parce que, non seulement saint Isidore n’est pas Romain, mais l’anniversaire de sa mort tombe presque toujours en Carême ou durant la semaine pascale.

La messe est celle du Commun des Docteurs.

A Rome, un monastère de Saint-Isidore est mentionné dans la biographie de Léon III, qui l’enrichit d’un coffret d’argent du poids de deux livres. Une autre église de Saint-Isidore existait derrière la diaconie de Sainte-Marie in Domnica, et elle est mentionnée dans une bulle d’Innocent III [2]. Enfin, un oratoire de Saint-Isidore, également détruit à présent, s’élevait près des thermes de Dioclétien là où, autrefois, étaient les dépôts de grains confiés au praefectus annonae. Il s’agit donc d’un culte ancien et assez répandu dont le saint Docteur était autrefois l’objet dans la Ville éternelle ; c’est pourquoi la Renaissance, en insérant saint Isidore dans le Calendrier romain, n’a fait que rétablir une vieille et traditionnelle dévotion envers ce grand docteur de la catholique Espagne.

[1] Mansi, SS. Conc. Coll., X, 1215.

[2] ARMELLINI, op. cit., 503.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Recherchons l’enseignement liturgique.

Saint Isidore : Jour de mort : 4avril 636. — Tombeau : Il fut d’abord dans la cathédrale de Séville ; depuis 1063, il est dans l’église Saint-Isidore, à Léon (Espagne). Image : On le représente en évêque, souvent en compagnie de saint Léandre. Vie : Saint Isidore, frère du saint évêque Léandre, est considéré comme la figure la plus importante de l’Église d’Espagne à cette époque. Il fut, en raison de sa sainteté manifeste, très aimé de son peuple. On se pressait partout autour de lui dès qu’on l’apercevait. « Les uns venaient pour entendre son enseignement salutaire ; les autres, pour voir les miracles qu’il faisait au nom du Seigneur ; les malades venaient pour être guéris de leurs maux, car la force de Dieu sortait de lui et les guérissait tous » [3]. Il est considéré comme le restaurateur de l’Église d’Espagne après le retour des Wisigoths à la foi catholique. Il a aussi beaucoup fait pour la liturgie de rit espagnol. Isidore présida le quatrième concile provincial de Tolède (633), le plus important qui ait été tenu en Espagne. Il gouverna son Église pendant quarante ans et mourut, en 636, riche de mérites.

Pratique : L’oraison nomme saint Isidore un docteur de vie. Il fut, pour son temps, un interprète excellent et un docteur éminent de la liturgie, à laquelle il était attaché de toute son âme. C’est ce que nous voyons dans ses deux livres sur l’office liturgique. — La messe (In medio) est du commun des docteurs.

[3] Bollandistes, Avril I, 340.

SOURCE : http://www.introibo.fr/04-04-St-Isidore-de-Seville-eveque#nh2

José Alcoverro, Isidore de Seville, statue, 1892, Biblioteca Nacional de EspañaMadrid.


SAINT ISIDORE

Archevêque de Séville

(mort en 639)

Saint Isidore, frère et successeur de saint Léandre sur le siège archiépiscopal de Séville, était de famille princière; il eut aussi pour frère saint Fulgence, et pour soeur sainte Florentine, vierge et religieuse, illustre par ses chants sacrés.

On rapporte que la nourrice d'Isidore l'ayant laissé seul un instant dans le jardin de son père, il fut environné d'un essaim d'abeilles, dont quelques-unes se posèrent sur son visage et sur ses lèvres sans lui faire aucun mal: présage des flots de persuasive éloquence qui devaient couler un jour de la bouche du grand Docteur.

Il fut confié, jeune encore, à son frère aîné, Léandre, qui l'aimait comme un fils, mais qui usa envers lui d'une grande sévérité. Un jour, Isidore, découragé par l'insuccès de ses efforts et rebuté par les énergiques corrections de l'archevêque, s'enfuit de l'école de Séville. Après avoir erré quelque temps dans la campagne, exténué de soif et de fatigue, il s'assit auprès d'un puits et se mit à regarder avec curiosité les sillons qui en creusaient la margelle. Il se demandait d'où provenait ce travail, lorsqu'une femme qui venait chercher de l'eau au puits, touchée de la beauté et de l'humble innocence de l'écolier, lui expliqua que les gouttes d'eau, en tombant sans cesse sur le même endroit, avaient creusé la pierre. Alors l'enfant rentra en lui-même et se dit que si la dureté de la pierre se laissait ainsi creuser goutte à goutte par l'eau, son esprit finirait bien aussi par subir l'empreinte de l'enseignement.

Il retourna auprès de son frère et acheva son éducation de façon à posséder bientôt le latin, le grec et l'hébreu, et à devenir le collaborateur actif de Léandre dans l'oeuvre de la conversion des ariens. Son zèle et sa science irritèrent tellement ces hérétiques, qu'ils résolurent de le tuer; mais la Providence le tira de leurs mains. C'est alors que, pour approfondir encore davantage la science de la foi, il entra dans un monastère, où il s'adonna autant aux vertus religieuses qu'à l'étude.

A la mort de Léandre, il fut élu à sa place aux unanimes applaudissements du peuple. Pendant que tous se réjouissaient de son élévation, lui seul pleurait. Dès qu'il eut ceint la mitre et pris en main la houlette pastorale, sa vie ne fut plus qu'un perpétuel sacrifice, et il ne cessa de se dépenser pour son troupeau, au point qu'il est incompréhensible comment la vie d'un homme si occupé par le ministère extérieur a pu suffire à tant de savants écrits.

Prévenu par le Ciel de son prochain trépas, il se fit porter à l'église, se fit donner un cilice et mourut sur la cendre.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_isidore_de_seville.html

"Le désir de savoir était intense chez les peuples jeunes qui avaient envahi l’Empire romain; le premier qui s’efforça d’y satisfaire fut saint Isidore de Séville. Par son père, Sévérianus, gouverneur de Carthagène, Isidore descendait peut-être de l’antique race gréco-latine; mais sa famille avait mêlé son sang au sang visigoth; le roi des Visigoths, Léovigilde, avait épousé la sœur aînée d’Isidore. Isidore avait été instruit par son frère aîné Léandre; moine, évêque de Séville, apôtre de la conversion des Visigoths ariens, Léandre était allé à Byzance, afin de demander à l’empereur des secours pour les chrétiens contre la persécution des Ariens; à Byzance, Léandre prit contact avec la culture antique, et il voulut que son jeune frère n’ignorât ni le grec ni l’hébreu. En 601, Isidore succéda à son frère Léandre sur le trône épiscopal de Séville qu’il devait occuper jusqu’à sa mort, survenue en 636. Le souci de maintenir la foi contre les hérésies, de fixer la liturgie en constituant le rite mozarabe, ne nuisit pas, en lui, au désir de transmettre aux Visigoths ce qu’avaient conquis la philosophie et la science antiques; ce désir se marque par le décret que rendit, à son instance, le quatrième concile de Tolède; l’étude du grec et de l’hébreu, déjà florissante à Séville, fut étendue à toutes les églises épiscopales de l’Espagne. L’ambition qu’avait Isidore de sauver, en faveur des Barbares, les épaves de la pensée hellénique et latine, d’instruire les Goths de ce que le passé avait connu, inspire bon nombre des écrits de l’évêque de Séville et, en particulier, le grand traité qu’il a intitulé Les Étymologies ou Les Origines. Nul livre n’était mieux fait pour plaire à des intelligences encore enfantines et avides de tout connaître que cette encyclopédie, où tout est enseigné en vingt livres que subdivisent des chapitres nombreux et concis. La grammaire est le sujet du premier livre des Étymologies; la rhétorique et la logique occupent le second; le troisième est consacré aux sciences mathématiques et astronomiques; la médecine, le droit auquel l’auteur adjoint l’étude du calendrier, précèdent, suivant un ordre dont la règle ne se laisse guère percevoir, les livres consacrés à Dieu et à l’Église; puis les sciences naturelles se développent; anthropologie, zoologie, cosmographie, géographie, minéralogie, géologie, agronomie et botanique se succèdent, et cèdent la place à des livres qui traitent vraiment de omni re scibili, qui enseignent jusqu’à la cuisine, jusqu’aux outils de jardinage et d’équitation, dont l’étude met fin aux Étymologies. Les Origines d’Isidore de Séville sont comme le type sur lequel se modèleront plusieurs traités du Moyen Age, et de ceux qui auront le plus de vogue; (…). Lorsqu’au XIIIe siècle, l’encyclopédie du grand évêque espagnol aura vieilli à l’excès, de nouvelles compilations analogues verront le jour; Barthélemy l’Anglais, le premier, composera son De proprietatibus rerum, puis Vincent de Beauvais écrira son Speculum triplex, naturale, historiale, morale; ces deux livres, dont la vogue sera extrême, ne se borneront pas à reproduire maint chapitre des Étymologies; ils procéderont du même esprit que le traité d’Isidore; ils rivaliseront de succès avec ce traité, parce que, comme lui, ils s’efforceront de satisfaire à un désir, toujours ardent chez un grand nombre d’hommes, celui de posséder un livre où toute la Science soit condensée et emmagasinée, où l’on trouve sans peine réponse à tout."

PIERRE DUHEM, L’astronomie latine au Moyen Age (suite). Reproduit à partir de l’édition: Paris, Hermann, 1958, p. 3-4

Oeuvres, Traductions françaises

Étymologies (Etymologiae). Texte établi, traduit et commenté par Jacques André. Paris, Les Belles Lettres, 1981.

Traité de la nature (De natura rerum) [suivi de l'Épître en vers du roi Sisebut à Isidore]. Édité par Jacques Fontaine. Bordeaux, Féret et fils, 1960.

SOURCE : http://agora.qc.ca/Dossiers/Isidore_de_Seville

Saint Isidore 4 avril

(Isis : déesse égyptienne et Doron : en grec : cadeau) Isidore est donc « cadeau d'Isis »

Il y a 13 saints Isidore dont saint Isidore Laboureur, fêté le 10 mai, et saint Isidore de Séville, fêté le 4 avril.Isidore de Séville naquit à Carthagène, en Espagne, en 556. Son père s'appelait Sévérien et sa mère Théodora.

Il eut deux frères : saint Léandre et saint Fulgence, ainsi qu'une sur : Florentine.

Il était encore bébé lorsqu'un jour, sa nourrice l'avait laissé à dormir dans le jardin, il fut entouré d'un essaim d'abeilles. Certaines entraient dans sa bouche pour y déposer du miel. Les autres couraient sur son visage sans lui faire de mal. Cette aventure fut interprétée comme préfigurant sa douceur et son éloquence.

Son frère Léandre était évêque de Séville. Il avait pris la charge de l'éducation d'Isidore. Mais il était si sévère qu'un jour, n'y tenant plus, Isidore s'enfuit.

Il arriva près d'un puits dans lequel une dame avait jeté son seau pour y prendre de l'eau. Il fut frappé par les sillons creusés sur la margelle. La dame lui expliqua que les sillons étaient creusés dans la pierre par les gouttes d'eau qui coulaient toujours au même endroit.

Impressionné par l'obstination de l'eau, il pensa qu'elle pouvait lui servir de modèle et que l'assiduité à l'étude pouvait imprimer en lui la marque des sciences qu'on lui demandait d'apprendre.

Il retourna donc chez son frère qui le maintint longtemps en cellule afin qu'il ne soit pas distrait de ses travaux. Il travailla avec acharnement à l'étude des lettres latines, grecques et hébraïques.

Petit à petit, il devint très habile : remarquable orateur, savant philosophe, bon mathématicien et grand théologien.

Avec son frère Léandre, il combattit l'hérésie arienne.

Après l'affaiblissement des ariens, il se retira dans un monastère. Mais la mort de Léandre l'obligea à prendre en charge l'évêché de Séville, vers l'an 600.

La conduite excellente du diocèse ne l'empêcha pas de faire construire un grand collège et plusieurs monastères pour lesquels il composa une règle dite de saint Isidore. Il y prescrit l'étude obligatoire du grec et de l'hébreu.

Il présida le deuxième concile de Séville et le quatrième concile de Tolède.

Quatre jours avant sa mort il se fit conduire dans l'église de saint Vincent. Il donna la bénédiction au peuple puis se dépouilla de ses vêtements et revêtit le cilice en poils de chèvre et ceinture de crin.
Il fit venir tous ses débiteurs afin de leur remettre leurs dettes à condition que l'argent fût donné aux pauvres.

Les trois autres jours, il se fit porter à l'église. Le troisième jour il mourut devant une foule nombreuse. C'était le 4 avril 639.

Cet écrivain ecclésiastique fut un travailleur infatigable.

Prodigieusement érudit et orateur de premier ordre, il rédigea un ouvrage sur l'histoire des Goths, des Vandales et des Suèves. Vingt livres sur les Étymologies où il traite de la grammaire, de la logique, de l'astronomie, de la médecine, de l'agriculture, de la navigation, de la chronologie en passant par les outils de jardinage et l'équitation etc. Il y donne des définitions de chaque science puis les étymologies latines et grecques des mots.
Créateur de la liturgie Mozarabe, il écrivit sur les offices divins. Il écrivit d'autre part sur les différences et la propriété des verbes ou des discours ainsi que sur nombre d'autres thèmes.

Saint Braulion, un de ses collaborateurs et évêque de Saragosse dit de lui : « il avait une facilité d'élocution admirable et se proportionnait sans contrainte à l'intelligence de ceux qu'il avait à instruire. » Saint Ildefonse, évêque de Tolède ajoute « on aimait à l'entendre dire deux fois la même chose et quand même il l'aurait répétée plusieurs fois, on n'en eu pas été ennuyé. »

On lui a donné comme attributs les abeilles, une plume, un prince à ses pieds. Les abeilles symbolisent la douceur et le charme de sa parole en même temps sa diligence à butiner parmi les livres de l'Antiquité. La plume pour l'écrivain. Le prince à ses pieds représente le Goth arien réconcilié avec l'Église d'Espagne.

Depuis peu, on le désigne comme patron des informaticiens en raison de la logique de son oeuvre sur les étymologies.

SOURCE : http://carmina-carmina.com/carmina/Mytholosaints/isidores.htm


Saint Isidore of Seville

Also known as

Isidore the Bishop

Schoolmaster of the Middle Ages

Memorial

4 April

15 December (translation of relics)

26 April (Mozarabic Rite)

Profile

Son of Severianus and Theodora, people known for their piety. Brother of Saint Fulgentius of EcijaSaint Florentina of Cartagena, and Saint Leander of Seville, who raised him after their father‘s death. Initially a poor student, he gave the problem over to God and became one of the most learned men of his time. Priest. Helped his brother Leanderarchbishop of Seville, in the conversion the Visigoth AriansHermit.

Archbishop of SevilleSpain c.601, succeeding his brother to the position. Teacher, founder, reformer. Required seminaries in every diocese, and wrote a rule for religious orders. Prolific writer whose works include a dictionary, an encyclopedia, a history of Goths, and a history of the world beginning with creation. Completed the Mozarabic liturgy which is still in use in Toledo, Spain. Presided at the Second Council of Seville, and the Fourth Council of Toledo. Introduced the works of Aristotle to Spain.

Proclaimed Doctor of the Church by Pope Benedict XIV in 1722, and became the leading candidate for patron of computer users and the internet in 1999.

Born

c.560 at CartagenaSpain

Died

4 April 636 at SevilleSpain

Canonized

Pre-Congregation

Patronage

computer technicians

computer users

computers

the Internet

schoolchildren

students

CartagenaSpain

Representation

bees

bishop holding a pen while surrounded by a swarm of bees

bishop standing near a beehive

old bishop with a prince at his feet

pen

priest or bishop with pen and book

with Saint LeanderSaint Fulgentius, and Saint Florentina of Cartagena

with his Etymologia

Storefront

hand painted medals

Additional Information

Book of Saints, by Father Lawrence George Lovasik, S.V.D.

Book of Saints, by the Monks of Ramsgate

Catholic Encyclopedia, by John B O’Connor

Encyclopaedia Britannica

Lives of the Saints, by Father Alban Butler

New Catholic Dictionary

Pictorial Lives of the Saints

Pope Benedict XVI, General Audience, 18 June 2008

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Short Lives of the Saints, by Eleanor Cecilia Donnelly

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Prayer purifies us, reading instructs us. Both are good when both are possible. Otherwise, prayer is better than reading. If a man wants to be always in God’s company, he must pray regularly and read regularly. When we pray, we talk to God; when we read, God talks to us. All spiritual growth comes from reading and reflection. By reading we learn what we did not know; by reflection we retain what we have learned. Reading the holy Scriptures confers two benefits. It trains the mind to understand them; it turns man’s attention from the follies of the world and leads him to the love of God. The conscientious reader will be more concerned to carry out what he has read than merely to acquire knowledge of it. In reading we aim at knowing, but we must put into practice what we have learned in our course of study. The more you devote yourself to study of the sacred utterances, the richer will be your understanding of them, just as the more the soil is tilled, the richer the harvest. The man who is slow to grasp things but who really tries hard is rewarded, equally he who does not cultivate his God-given intellectual ability is condemned for despising his gifts and sinning by sloth. Learning unsupported by grace may get into our ears; it never reaches the heart. But when God’s grace touches our innermost minds to bring understanding, his word which has been received by the ear sinks deep into the heart. – from Book of Maxims by Saint Isidore

Heresy is from the Greek word meaning ‘choice’…. But we are not permitted to believe whatever we choose, nor to choose whatever someone else has believed. We have the Apostles of God as authorities, who did not…choose what they would believe but faithfully transmitted the teachings of Christ. So, even if an angel from heaven should preach otherwise, he shall be called anathema. – Saint Isidore

If a man wants to be always in God’s company, he must pray regularly and read spiritual books regularly. When we pray, we talk to God; when we read, God talks to us. – Saint Isidore

MLA Citation

“Saint Isidore of Seville“. CatholicSaints.Info. 4 April 2024. Web. 4 April 2024. <https://catholicsaints.info/saint-isidore-of-seville/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-isidore-of-seville/

BENEDICT XVI

GENERAL AUDIENCE

Wednesday, 18 June 2008

Saint Isidore of Seville


Dear Brothers and Sisters,

Today I would like to speak about St Isidore of Seville. He was a younger brother of Leander, Archbishop of Seville, and a great friend of Pope Gregory the Great. Pointing this out is important because it enables us to bear in mind a cultural and spiritual approach that is indispensable for understanding Isidore's personality. Indeed, he owed much to Leander, an exacting, studious and austere person who created around his younger brother a family context marked by the ascetic requirements proper to a monk, and from the work pace demanded by a serious dedication to study. Furthermore, Leander was concerned to have the wherewithal to confront the political and social situation of that time: in those decades in fact, the Visigoths, barbarians and Arians, had invaded the Iberian Peninsula and taken possession of territories that belonged to the Roman Empire. It was essential to regain them for the Roman world and for Catholicism. Leander and Isidore's home was furnished with a library richly endowed with classical, pagan and Christian works. Isidore, who felt simultaneously attracted to both, was therefore taught under the responsibility of his elder brother to develop a very strong discipline, in devoting himself to study with discretion and discernment.

Thus a calm and open atmosphere prevailed in the episcopal residence in Seville. We can deduce this from Isidore's cultural and spiritual interests, as they emerge from his works themselves which include an encyclopaedic knowledge of pagan classical culture and a thorough knowledge of Christian culture. This explains the eclecticism characteristic of Isidore's literary opus who glided with the greatest of ease from Martial to Augustine or from Cicero to Gregory the Great. The inner strife that the young Isidore had to contend with, having succeeded his brother Leander on the episcopal throne of Seville in 599, was by no means unimportant. The impression of excessive voluntarism that strikes one on reading the works of this great author, considered to be the last of the Christian Fathers of antiquity, may, perhaps, actually be due to this constant struggle with himself. A few years after his death in 636, the Council of Toledo in 653 described him as "an illustrious teacher of our time and the glory of the Catholic Church".

Isidore was without a doubt a man of accentuated dialectic antitheses. Moreover, he experienced a permanent inner conflict in his personal life, similar to that which Gregory the Great and St Augustine had experienced earlier, between a desire for solitude to dedicate himself solely to meditation on the word of God, and the demands of charity to his brethren for whose salvation, as Bishop, he felt responsible. He wrote, for example, with regard to Church leaders: "The man responsible for a Church (vir ecclesiasticus) must on the one hand allow himself to be crucified to the world with the mortification of his flesh, and on the other, accept the decision of the ecclesiastical order - when it comes from God's will - to devote himself humbly to government, even if he does not wish to" (Sententiarum liber III, 33, 1: PL 83, col 705 B). Just a paragraph later he adds: "Men of God (sancti viri) do not in fact desire to dedicate themselves to things of the world and groan when by some mysterious design of God they are charged with certain responsibilities.... They do their utmost to avoid them but accept what they would like to shun and do what they would have preferred to avoid. "Indeed, they enter into the secrecy of the heart and seek there to understand what God's mysterious will is asking of them. And when they realize that they must submit to God's plans, they bend their hearts to the yoke of the divine decision" (Sententiarum liber III, 33, 3: PL 83, coll. 705-706).

To understand Isidore better it is first of all necessary to recall the complexity of the political situations in his time to which I have already referred: during the years of his boyhood he was obliged to experience the bitterness of exile. He was nevertheless pervaded with apostolic enthusiasm. He experienced the rapture of contributing to the formation of a people that was at last rediscovering its unity, both political and religious, with the providential conversion of Hermenegild, the heir to the Visigoth throne, from Arianism to the Catholic faith. Yet we must not underestimate the enormous difficulty of coming to grips with such very serious problems as were the relations with heretics and with the Jews. There was a whole series of problems which appear very concrete to us today too, especially if we consider what is happening in certain regions in which we seem almost to be witnessing the recurrence of situations very similar to those that existed on the Iberian Peninsular in that sixth century. The wealth of cultural knowledge that Isidore had assimilated enabled him to constantly compare the Christian newness with the Greco-Roman cultural heritage, however, rather than the precious gift of synthesis it would seem that he possessed the gift of collatio, that is, of collecting, which he expressed in an extraordinary personal erudition, although it was not always ordered as might have been desired.

In any case, his nagging worry not to overlook anything that human experience had produced in the history of his homeland and of the whole world is admirable. Isidore did not want to lose anything that man had acquired in the epochs of antiquity, regardless of whether they had been pagan, Jewish or Christian. Hence, it should not come as a surprise if, in pursuing this goal, he did not always manage to filter the knowledge he possessed sufficiently in the purifying waters of the Christian faith as he would have wished. The point is, however, that in Isidore's intentions, the proposals he made were always in tune with the Catholic faith which he staunchly upheld. In the discussion of the various theological problems, he showed that he perceived their complexity and often astutely suggested solutions that summarize and express the complete Christian truth. This has enabled believers through the ages and to our times to profit with gratitude from his definitions. A significant example of this is offered by Isidore's teaching on the relations between active and contemplative life. He wrote: "Those who seek to attain repose in contemplation must first train in the stadium of active life; and then, free from the dross of sin, they will be able to display that pure heart which alone makes the vision of God possible" (Differentiarum Lib. II, 34, 133: PL 83, col 91A). Nonetheless, the realism of a true pastor convinced him of the risk the faithful run of reducing themselves to one dimension. He therefore added: "The middle way, consisting of both of these forms of life, normally turns out to be more useful in resolving those tensions which are often aggravated by the choice of a single way of life and are instead better tempered by an alternation of the two forms" (op. cit. 134; ibid., col 91B).

Isidore sought in Christ's example the definitive confirmation of a just orientation of life and said: "The Saviour Jesus offers us the example of active life when during the day he devoted himself to working signs and miracles in the town, but he showed the contemplative life when he withdrew to the mountain and spent the night in prayer" (op. cit. 134: ibid.). In the light of this example of the divine Teacher, Isidore can conclude with this precise moral teaching: "Therefore let the servant of God, imitating Christ, dedicate himself to contemplation without denying himself active life. Behaving otherwise would not be right. Indeed, just as we must love God in contemplation, so we must love our neighbour with action. It is therefore impossible to live without the presence of both the one and the other form of life, nor can we live without experiencing both the one and the other" (op. cit., 135; ibid. col 91C). I consider that this is the synthesis of a life that seeks contemplation of God, dialogue with God in prayer and in the reading of Sacred Scripture, as well as action at the service of the human community and of our neighbour. This synthesis is the lesson that the great Bishop of Seville has bequeathed to us, Christians of today, called to witness to Christ at the beginning of a new millennium.

To special groups

I am pleased to welcome the Missionary Sisters of Our Lady of Apostles gathered in Rome for their General Chapter, and the participants in the Rome Seminar of the Association of Catholic Colleges and Universities. I also warmly greet a group of survivors of the Holocaust who are present at today's Audience. Upon all the English-speaking pilgrims, especially those from England, South Africa, Australia, Vietnam and the United States, I cordially invoke God's blessings of joy and peace.

Lastly my thoughts go to the young people, the sick and the newly-weds. We are on the threshold of the summer period, a season of tourism and of pilgrimages, of holidays and of rest. Dear young people, as I think of your peers who are already facing their exams, I hope that you who are already on holiday will take advantage of the summer break for useful social and religious experiences. I hope that you, dear sick people, will find comfort and relief in the closeness of your relatives and to you, dear newly-weds, I address the invitation to use this summer period to consider ever more deeply the value of your mission in the Church and in society.

My thoughts now go to those taking part in the International Eucharistic Congress which is taking place in these days in Quebec City, Canada, on the theme: "The Eucharist, gift of God for the life of the world". I make myself present in spirit at this solemn ecclesial meeting, and I hope that for both the Canadian Christian Communities and for the universal Church it will be a powerful time of prayer, reflection and contemplation on the mystery of the Holy Eucharist.

May it also be a favourable opportunity to reaffirm the faith of the Church in the Real Presence of Christ in the Most Holy Sacrament of the Altar. Let us also pray that this International Eucharistic Congress will revive in believers, not only in Canada but in so many other Nations of the world, the awareness of those evangelical and spiritual values that have forged their identity throughout the course of history.

© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2008/documents/hf_ben-xvi_aud_20080618_en.html

Isidore of Seville B, Doctor (RM)

Born at Cartagena, Spain, c. 560; died in Seville, Spain, in April 4, 636; canonized by Pope Clement VIII in 1598; and declared a Doctor of the Church by Pope Innocent XIII in 1722.

Saint Isidore was born into a noble Hispano-Roman family, which also produced SS. Leander, Fulgentius, and Florentina. Their father was Severian, a Roman from Cartagena, who was closely connected to the Visigothic kings. Though Isidore became one of the most erudite men of his age, as a boy he hated his studies, perhaps because his elder brother, Saint Leander, who taught him, was a strict task master.

It is probably that Isidore assisted Leander in governing his diocese, because, in 601, Saint Isidore succeeded his brother Leander to the archiepiscopal see of Seville. During his long episcopate, Isidore strengthened the Spanish church by organizing councils, establishing schools and religious houses, and continuing to turn the Visigoths from Arianism. He presided over the Council of Seville in 619 and that of Toledo in 633, where he was given precedence over the archbishop of Toledo on the ground of his exceptional merit as the greatest teacher in Spain.

Aware of the great boon of education, Isidore insisted that a cathedral school should be established in every diocese in Spain-- centuries before Charlemagne issued a similar decree. He thought that students should be taught law and medicine, Hebrew and Greek, as well as the classics. These schools were similar to contemporary seminaries.

For centuries Isidore was known as 'the schoolmaster of the middle ages,' because he wrote a 20-volume Etymologies or Origins, an encyclopedia of everything that was known in 7th century Europe. His Chronica Majora summarized all the events in the world from creation to his own time drawn from other church historians but with the addition of Spanish history. Another book completed Saint Jerome's work of biographies of every great man and woman mentioned in the Bible plus those of many Spanish notables. His history of the Goths and Vandals is very valuable today. He also wrote new rules for monasteries, including one that bears his name and was generally followed throughout Spain, and books about astronomy, geography, and theology.

While not an original or critical thinker, Saint Isidore's works were highly influential in the middle ages as demonstrated by the very large number of manuscripts of his writings. Dante mentions him in the Paradiso (x, 130), in the company of the Venerable Bede and the Scottish Richard of Saint-Victor. In fact, at the time of his death, Bede was working on a translation of extracts from Isidore's book On the wonders of nature (De natura rerum).

Isidore longed to convert the Spanish Goths, who were Arians. He rewrote the liturgies and breviaries of the Church for their use (known as the Mozarabic Rite, which had been began by Leander), and never wearied of preaching and teaching those in error during his 37 years as archbishop. He also sought to convert the local Jews, but by highly questionable methods.

This extraordinary man loved to give to the poor, and towards the end of his life scarcely anyone could get into his house in Seville, crowded as it was with beggars and the unfortunate from the surrounding countryside.

When he felt that death was near, he invited two bishops to visit. Together they went to the church where one of them covered him with sackcloth and the other put ashes upon his head. Thus clad in the habit of a penitent, he raised his hands to heaven and prayed earnestly for forgiveness. Then he received the viaticum, asked for the prayers of those present, forgave those who had sinned against him, exhorted all to charity, bequeathed his earthly possessions to the poor, and gave up his soul to God.

The archbishop of Seville was considered the most learned man of his century. Not only for the reason that the Church was able to proclaim him Doctor a short time after his death, or because he is the author of the Etymologies, but because knowledge permeated his whole being. The nexus of sanctity and learning gladdens this heart.

Learning did not turn Saint Isidore away from sanctity. Indeed, it was sanctity that surely made such a learned man of him. The saint, possessed by God, is full of gifts of the Holy Spirit; and learning is one of them. This learning, the true science which contains all other sciences, favors new discoveries and multiplies it in every domain that is approached.

Saints are most exclusively the savants of God and their private works are no less important. And savants are a type of saint because any discovery discloses something of God. The philosopher as well as the painter, the seeker as well as the poet, is a savant.

Recall another Spanish saint, John of the Cross, whose works nearly brought a contemporary philosopher to the edges of sanctity. The bird in Braque's last painting is a figure of grace. This revelation leads me to believe that the patient hand that was the means of painting could not have been anything other than that of a man on the way to sanctity. One can paint birds without making them suggest such a presence as Braque's painting does. This presence is not that of the artist, he has absolutely effaced himself; it is the presence of that which finally transcends him, the presence of God.

The most learned persons have perceived the richness, the 'odor' of sanctity. Our age may see it flower; how could it have a taste for anything else after having plumbed the depths of nothingness and despair, if, of course, it still wants something to which it can aspire. Our generation needs something solid, substantial. It is dying of weariness and thirst.

A life-giving stream is still running, all we need to do is bend down to drink it in order to renew the ancient gestures and enter humbly, without hesitation or compromise, into that which does not go out of fashion and does not age: into this Church in which today we pray to Saint Isidore, who is the patron of savants. Saint Isidore, pray for us and for them (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Encyclopedia, Farmer, Walsh).

In art, Saint Isidore is an old bishop with a prince at his feet. At times he may be depicted (1) with pen and book (often his Etymologia); (2) with a beehive or bees (rare, but symbolizes oratorical eloquence); or (3) with his brothers and sister, SS. Leander, Fulgentius, and Florentina (Roeder).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0404.shtml

St. Isidore of Seville

Born at Cartagena, Spain, about 560; died 4 April, 636.

Isidore was the son of Severianus and Theodora. His elder brother Leander was his immediate predecessor in the Metropolitan See of Seville; whilst a younger brother St. Fulgentius presided over the Bishopric of Astigi. His sister Florentina was a nun, and is said to have ruled over forty convents and one thousand religious.

Isidore received his elementary education in the Cathedral school of Seville. In this institution, which was the first of its kind in Spain, thetrivium and quadrivium were taught by a body of learned men, among whom was the archbishopLeander. With such diligence did he apply himself to study that in a remarkably short time mastered Latin, Greek, and Hebrew. Whether Isidore ever embraced monastic life or not is still an open question, but though he himself may never have been affiliated with any of the religious orders, he esteemed them highly. On his elevation to the episcopate he immediately constituted himself protector of the monks. In 619 he pronounced anathema against anyecclesiastic who should in any way molest the monasteries.

On the death of Leander, Isidore succeeded to the See of Seville. His long incumbency to this office was spent in a period of disintegration and transition. The ancient institutions and classic learning of the Roman Empire were fast disappearing. In Spain a new civilization was beginning to evolve itself from the blending racial elements that made up its population. For almost two centuries theGoths had been in full control of Spain, and their barbarous manners and contempt of learning threatened greatly to put back her progress in civilization. Realizing that the spiritual as well as the material well-being of the nation depended on the full assimilation of the foreign elements, St. Isidore set himself to the task of welding into a homogeneous nation the various peoples who made up the Hispano-Gothic kingdom. To this end he availed himself of all the resources of religion and education. His efforts were attended with complete success.Arianism, which had taken deep root among the Visigoths, was eradicated, and the new heresy of Acephales was completely stifled at the very outset; religious discipline was everywhere strengthened. Like Leander, he took a most prominent part in the Councils of Toledo andSeville. In all justice it may be said that it was in a great measure due to the enlightened statecraft of these two illustrious brothers theVisigothic legislation, which emanated from these councils, is regarded by modern historians as exercising a most important influence on the beginnings of representative government. Isidore presided over the Second Council of Seville, begun 13 November, 619, in the reign ofSisebut. But it was the Fourth National Council of Toledo that afforded him the opportunity of being of the greatest service to his county. At this council, begun 5 December, 633, all the bishops of Spain were in attendance. St. Isidore, though far advanced in years, presided over its deliberations, and was the originator of most of its enactments. It was at this council and through his influence that a decree waspromulgated commanding all bishops to establish seminaries in their Cathedral Cities, along the lines of the school already existing atSeville. Within his own jurisdiction he had availed himself of the resources of education to counteract the growing influence of Gothicbarbarism. His was the quickening spirit that animated the educational movement of which Seville was the centre. The study of Greek andHebrew as well as the liberal arts, was prescribed. Interest in law and medicine was also encouraged. Through the authority of the fourthcouncil this policy of education was made obligatory upon all the bishops of the kingdom. Long before the Arabs had awakened to an appreciation of Greek Philosophy, he had introduced Aristotle to his countrymen. He was the first Christian writer to essay the task of compiling for his co-religionists a summa of universal knowledge. This encyclopedia epitomized all learning, ancient as well as modern. In it many fragments of classical learning are preserved which otherwise had been hopelessly lost. The fame of this work imparted a new impetus to encyclopedic writing, which bore abundant fruit in the subsequent centuries of the Middle Ages. His style, though simple and lucid, cannot be said to be classical. It discloses most of the imperfections peculiar to all ages of transition. It particularly reveals a growing Visigothic influence. Arévalo counts in all Isidore's writing 1640 Spanish words.

Isidore was the last of the ancient Christian Philosophers, as he was the last of the great Latin Fathers. He was undoubtedly the most learned man of his age and exercised a far-reaching and immeasurable influence on the educational life of the Middle Ages. His contemporary and friend, BraulioBishop of Saragossa, regarded him as a man raised up by God to save the Spanish people from the tidal wave of barbarism that threatened to inundate the ancient civilization of Spain, The Eighth Council of Toledo (653) recorded its admiration of his character in these glowing terms: "The extraordinary doctor, the latest ornament of the Catholic Church, the most learned man of the latter ages, always to be named with reverence, Isidore". This tribute was endorsed by the Fifteenth Council of Toledo, held in 688.

Works

As a writer, Isidore was prolific and versatile to an extraordinary degree. His voluminous writings may be truly said to constitute the firstchapter of Spanish literature. It is not, however, in the capacity of an original and independent writer, but as an indefatigable compiler of all existing knowledge, that literature is most deeply indebted to him. The most important and by far the best-known of all his writings is the "Etymologiae", or "Origines", as it is sometimes called. This work takes its name from the subject-matter of one of its constituent books. It was written shortly before his death, in the full maturity of his wonderful scholarship, at the request. of his friend Braulio, Bishopof Saragossa. It is a vast storehouse in which is gathered, systematized, and condensed, all the learning possessed by his time. Throughout the greater part of the Middle Ages it was the textbook most in use in educational institutions. So highly was it regarded as a depository of classical learning that in a great measure, it superseded the use of the individual works of the classics themselves. Not even the Renaissance seemed to diminish the high esteem in which it was held, and according to Arévalo, it was printed ten times between 1470 and 1529. Besides these numerous reprints, the popularity of the "Etymologiae" gave rise to many inferior imitations. It furnishes, abundant evidence that the writer possessed a most intimate knowledge of the Greek and Latin poets. In all, he quotes from one hundred and fifty-four authors, Christian and pagan. Many of these he had read in the originals and the others he consulted in current compilations. In style this encyclopedic work is concise and clear and in order, admirable. Braulio, to whom Isidore sent it for correction, and to whom he dedicated it, divided it into twenty books.

The first three of these books are taken up with the trivium and quadrivium. The entire first book is devoted to grammar, including metre. Imitating the example of Cassiodorus and Boethius he preserves the logical tradition of the schools by reserving the second book for rhetoric and dialectic.

Book four, treats of medicine and libraries;

book five, of law and chronology;

book six, of ecclesiastical books and offices;

book seven, of God and of the heavenly and earthly hierarchies;

book eight, of the Church and of the sects, of which latter he numbers no less than sixty-eight;

book nine, of languages, peoples, kingdoms, and official titles;

book ten, of etymology:

book eleven, of man;

book twelve, of beasts and birds;

book thirteen, of the world and its parts;

book fourteen, of physical geography;

book fifteen, of public buildings and roadmaking;

book sixteen, of stones and metals;

book seventeen, of agriculture;

book eighteen, of the terminology of war, of jurisprudence, and public games;

book nineteen, of ships, houses, and clothes;

book twenty, of victuals, domestic and agricultural tools, and furniture.

In the second book, dealing with dialectic and rhetoric, Isidore is heavily indebted to translations from the Greek by Boethius. CaeliusAurelianus contributes generously to that part of the fourth book which deals with medicine. Lactantius is the author most extensively quoted in the eleventh book, concerning man. The twelfth, thirteenth, and fourteenth books are largely based on the writings of Pliny andSolinus; whilst the lost "Prata" of Suetonius seems to have inspired the general plan of the "Etymologiae", as well as many of its details.

Similar in its general character to the "Etymologiae" is a work entitled "Libri duo differentiarum". The two books of which it is composed are entitled respectively, "De differentiis verborum" and "De differentiis rerum". The former is a dictionary of synonyms, treating of the differences of words with considerable erudition, and not a little ingenuity; the latter an exposition of theological and ascetical ideas, dealing in particular with the, Trinity and with the Divine and human nature of Christ. It suggests, and probably was inspired by, a similar work of Cato's, It is supplementary to the first two books of the "Etymologiae". The "Synonyma", or, as it is sometimes called on account of its peculiar treatment, "Liber lamentationum", is in a manner illustrative of the first book of the "Differentiae". It is cast in the form of a dialogue between Man and Reason. The general burden of the dialogue is that Man mourns the condition to which he has been reduced through sin, and Reason comforts him with the knowledge of how he may still realize eternal happiness. The second part of this work consists of a dissertation on vice and virtue. The "De natura rerum" a manual of elementary physics, was composed at the request of KingSisebut, to whom it is dedicated. It treats of astronomy, geography, and miscellanea. It is one of Isidore's best known books and enjoyed a wide popularity during the Middle Ages. The authenticity of "De ordine creaturarum" has been questioned by some critics, though apparently without good reason. Arévalo unhesitatingly attributes it to Isidore. It deals with various spiritual and physical questions, such as the Trinity, the consequences of sineternity, the ocean, the heavens, and the celestial bodies.

The subjects of history and biography are represented by three important works. Of these the first, "Chronicon", is a universal chronicle. In its preface Isidore acknowledges, his indebtedness to Julius Africanus; to St. Jerome's rendering of Eusebius; and to Victor of Tunnuna. The "Historia de regibus Gothorum, Wandalorum, et Suevorum" concerns itself chiefly with the Gothic kings whose conquests and government deeply influenced the civilization of Spain. The history of the Vandals and the Suevi is treated in two short appendixes. This work is regarded as the chief authority on Gothic history in the West. It contains the interesting statement that the Goths descended from Gog and Magog. Like the other Historical writings of Isidore, it is largely based on earlier works of history, of which it is a compendium. It has come down to us in two recensions, one of which ends at the death of Sisebut (621), and the other continues to the fifth year of the reign of Swintila, his successor. "De viris illustribus" is a work of Christian biography and constitutes a most interestingchapter in the literature of patrology. To the number of illustrious writers mentioned therein Braulio added the name of Isidore himself. A short appendix containing a list of Spanish theologians was added by Braulio's disciple, Ildephonsus of Toledo. It is the continuation of the work of Gennadius, a Semipelagian priest of Marseilles, who wrote between 467 and 480. This work of Gennadius was in turn, but the continuation of the work of St. Jerome.

Among the scriptural and theological works of St. Isidore the following are especially worthy of note:

"De ortu et obitu patrum qui in Scriptura laudibus efferuntur" is a work that treats of the more notable Scriptural characters. It contains more than one passage that, in the light of modern scholarship, is naive or fantastic. The question of authenticity has been raised, though quite unreasonably, concerning it.

"Allegoriae quaedam Sacrae Scripturae" treats of the allegorical significance that attaches to the more conspicuous characters ofScripture. In all some two hundred and fifty personalities of the Old and New Testament are thus treated.

"Liber numerorum qui in Sanctis Scripturis occurrunt" is a curious dissertation on the mystical significance of Scriptural numbers.

"In libros Veteris et Novi Testamenti prooemia", as its name implies, is a general introduction to the Scriptures, with special introductions for particular books in the Old and New Testament.

"De Veteri et Novo Testamento quastiones" consists of a series of questions concerning the Scriptures.

"Secretorum expositiones sacramentorum, seu quaestiones in Vetus Testamentum" is a mystical rendering of the Old Testamentbooks, of Genesis, Exodus, Leviticus, Numbers, Deuteronomy, JosueJudges, Kings, Esdras, and Machabees. It is based on the writings of the early Fathers of the Church.

"De fide catholica ex Veteri et Novo Testamento, contra Judaeos" is one of the best known and most meritorious of Isidore's works. It is of an apologetico-polemical character and is dedicated to Florentina, his sister, at whose request it is said to have been written. Its popularity was unbounded in the Middle Ages, and it was translated into many of the vernaculars of the period. It treats of the Messianic prophecies, the passing of the Old Law, and of the Christian Dispensation. The first part deals with the SecondPerson of the Blessed Trinity, and His return for the final judgment. The second part is taken up with the unbelief of the Jews, the calling of the Gentiles, and the passing of the Sabbath. In all, it is an appeal to the Jews to accept Christianity.

"Sententiarum libri tres" is a compendium of moral and dogmatic theologyGregory the Great and St. Augustine are the most generous contributors to its contents. The Divine attributes, creation, evil, and miscellanea are the subjects treated in the first book. The second is of a miscellaneous character; whilst the third deals with ecclesiastical orders, the judgment and the chastisement of God. It is believed that this work greatly influenced Peter Lombard in his famous "Book of Sentences",

"De ecclesiasticis officiis" is divided into two books, "De origine officiorum" and "De origine ministrorum". In the first Isidore treats of Divine worship and particularly the old Spanish Liturgy. It also Contains a lucid explanation of the Holy, Eucharist. The second treats of the hierarchy of the Church and the various states of life. In it much interesting information is to be found concerning the development of music in general and its adaptation to the needs of the Ritual.

"Regula monachorum" is a manner of life prescribed for monks, and also deals in a general way with the monastic state. The writer furnishes abundant proof of the true Christian democracy of the religious life by providing for the admission of men of every rank and station of life. Not even slaves were debarred. "God", he said, "has made no difference between the soul of the slave and that of the freedman." He insists that in the monastery all are equal in the sight of God and of the Church.

The first edition of the works of Isidore was published in folio by Michael Somnius (Paris, 1580). Another edition that is quite complete is based upon the manuscripts of Gomez, with notes by Perez and Grial (Madrid, 1599). Based largely upon the Madrid edition is that published by Du Breul (Paris, 1601; Cologne, 1617). The last edition of all the works of Isidore, which is also regarded as the best, is that of Arévalo (7 vols., Rome, 1797-1803). It is found in P.L., LXXXI-LXXXIV. The "De natura rerum" was edited by G. Becker (Berlin, 1857). Th. Mommsen edited the historical writings of St. Isidore ("Mon. Germ. Hist.: Auct. antiquiss.", Berlin, 1894). Coste produced a Germantranslation of the "Historia de regibus Gothorum, Wandalorum et Suevorum" (Leipzig, 1887).

O'Connor, John Bonaventure. "St. Isidore of Seville." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910. 3 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/08186a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Darl J. Dumont.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Copyright © 2023 by Kevin Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/08186a.htm

St. Isidore of Seville

St. Isidore was literally born into a family of saints in sixth century Spain. Two of his brothers, Leander and Fulgentius, and one of his sisters, Florentina, are revered as saints in Spain. It was also a family of leaders and strong minds with Leander and Fulgentius serving as bishops and Florentina as abbess.

This didn’t make life easier for Isidore. To the contrary, Leander may have been holy in many ways, but his treatment of his little brother shocked many even at the time. Leander, who was much older than Isidore, took over Isidore’s education and his pedagogical theory involved force and punishment. We know from Isidore’s later accomplishments that he was intelligent and hard-working so it is hard to understand why Leander thought abuse would work instead of patience.

One day, the young boy couldn’t take any more. Frustrated by his inability to learn as fast as his brother wanted and hurt by his brother’s treatment, Isidore ran away. But though he could escape his brother’s hand and words, he couldn’t escape his own feeling of failure and rejection. When he finally let the outside world catch his attention, he noticed water dripping on the rock near where he sat. The drops of water that fell repeatedly carried no force and seemed to have no effect on the solid stone. And yet he saw that over time, the water drops had worn holes in the rock.

Isidore realized that if he kept working at his studies, his seemingly small efforts would eventually pay off in great learning. He also may have hoped that his efforts would also wear down the rock of his brother’s heart. When he returned home, however, his brother in exasperation confined him to a cell (probably in a monastery) to complete his studies, not believing that he wouldn’t run away again.

Either there must have been a loving side to this relationship or Isidore was remarkably forgiving even for a saint, because later he would work side by side with his brother and after Leander’s death, Isidore would complete many of the projects he began including a missal and breviary.

In a time where it’s fashionable to blame the past for our present and future problems, Isidore was able to separate the abusive way he was taught from the joy of learning. He didn’t run from learning after he left his brother but embraced education and made it his life’s work. Isidore rose above his past to become known as the greatest teacher in Spain.

His love of learning made him promote the establishment of a seminary in every diocese of Spain. He didn’t limit his own studies and didn’t want others to as well. In a unique move, he made sure that all branches ofknowledge including the arts and medicine were taught in the seminaries.

His encyclopedia of knowledge, the Etymologies, was a popular textbook for nine centuries. He also wrote books on grammar, astronomy, geography, history, and biography as well as theology. When the Arabs brought study of Aristotle back to Europe, this was nothing new to Spain because Isidore’s open mind had already reintroduced the philosopher to students there.

As bishop of Seville for 37 years, succeeding Leander, he set a model for representative government in Europe. Under his direction, and perhaps remembering the tyrannies of his brother, he rejected autocratic decision- making and organized synods to discuss government of the Spanish Church.

Still trying to wear away rock with water, he helped convert the barbarian Visigoths from Arianism to Christianity.

He lived until almost 80. As he was dying his house was filled with crowds of poor he was giving aid and alms to. One of his last acts was to give all his possessions to the poor.

When he died in 636, this Doctor of the Church had done more than his brother had ever hoped; the light of his learning caught fire in Spanish minds and held back the Dark Ages of barbarism from Spain. But even greater than his outstanding mind must have been the genius of his heart that allowed him to see beyond rejection and discouragement to joy and possibility.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/st-isidore-of-seville/

April 4

St. Isidore, Bishop of Seville

From his works and those of SS. Braulio and Ildefonse his disciples. His life, compiled by Luke, bishop of Tuy, in Galicia, in 1236, extant in Mabillon, Sæc. Ben. 2. shows not that accuracy and judgment which we admire in the books of that author against the Albigenses: nor is it here made use of.

A.D. 606.

ST. ISIDORE is honoured in Spain as the most illustrious doctor of that church, in which God raised him, says St. Braulio, 1 to stem the torrent of barbarism and ferocity which every where followed the arms of the Goths, who had settled themselves in that kingdom, in 412. The eighth great council of Toledo, fourteen years after his death, styles him “the excellent doctor, the late ornament of the Catholic church, the most learned man, given to enlighten the latter ages, always to be named with reverence.” The city of Carthagena was the place of his birth, which his parents, Severian and Theodora, persons of the first quality in the kingdom, edified by the example of their extraordinary piety. His two brothers, Leander and Fulgentius, bishops, 2 and his sister Florentina, are also honoured among the saints. Isidore having qualified himself in his youth for the service of the church by an uncommon stock of virtue and learning, assisted his brother, Leander, archbishop of Seville, in the conversion of the Visigoths from the Arian heresy. This great work he had the happiness to see perfectly accomplished by his indefatigable zeal and labours, which he continued during the successive reigns of the kings Reccared, Liuba, Witeric, Gundemar, Sisebut, and Sisemund. Upon the decease of St. Leander, in 600, or 601, he succeeded him in the see of Seville. 3 He restored and settled the discipline of the church of Spain in several councils, of all which he was the oracle and the soul. The purity of their doctrine, and the severity of the canons enacted in them, drawn up chiefly by him, are incontestable monuments of his great learning and zeal. 4 In the council of Seville, in 619, in which he presided, he, in a public disputation, convinced Gregory (a bishop of the Acephali) of his error, who had come over from Syria; and so evidently did he confute the Eutychian heresy, that Gregory upon the spot embraced the Catholic faith. In 610, the bishops of Spain, in a council held at Toledo, agreed to declare the archbishop of that city primate of all Spain, as, they say, he had always been acknowledged; which decree king Gundemar confirmed by a law the same year; and St. Isidore subscribed the same. Yet we find that in the fourth council of Toledo, in 633, the most famous of all the synods of Spain, though Justus, the archbishop of Toledo, was present, St. Isidore presided, not by the privilege of his see, but on the bare consideration of his extraordinary merit; for he was regarded as the eminent doctor of the churches of Spain. The city of Toledo was honoured with the residence of the Visigoth kings.

  St. Isidore, to extend to posterity the advantages which his labours had procured to the church, compiled many useful works: in which he takes in the whole circle of the sciences, and discovers a most extensive reading, and a general acquaintance with the ancient writers, both sacred and profane. In the moral parts his style is pathetic and moving, being the language of a heart overflowing with sentiments of religion and piety: and though elegance and politeness of style were not the advantage of that age, the diction of this father is agreeable and clear. 5 The saint was well versed in the Latin, Greek, and Hebrew languages.

St. Ildefonse says, that this saint governed his church nearly forty years, but cannot mean above thirty-six or thirty-seven. When he was almost fourscore years old, though age and fatigues had undermined and broken his health, he never interrupted his usual exercises and labours. During the last six months of his life, he increased his charities with such profusion, that the poor of the whole country crowded his house from morning till night. Perceiving his end to draw near, he entreated two bishops to come to see him. With them he went to the church, where one of them covered him with sackcloth, the other put ashes on his head. Clothed with the habit of penance, he stretched his hands towards heaven, prayed with great earnestness, and begged aloud the pardon of his sins. He then received from the hands of the bishops the body and blood of our Lord, recommended himself to the prayers of all who were present, remitted the bonds of all his debtors, exhorted the people to charity, and caused all the money which he had not as yet disposed of to be distributed among the poor. This done, he returned to his own house, and calmly departed this life on the fourth day after, which was the 4th of April, in the year 636, as is expressly testified by Ædemptus, his disciple, who was present at his death. His body was interred in his cathedral, between those of his brother, St. Leander, and his sister, St. Florentina. Ferdinand, king of Castile and Leon, recovered his relics from the Moors, and placed them in the church of St. John Baptist, at Leon, where they still remain.

All who are employed in the functions of Martha, or of an exterior active life, must always remember that action and contemplation ought to be so constantly intermingled, that the former be always animated and directed by the latter, and amidst the exterior labours of the active life, we constantly enjoy the interior repose of the contemplative, and that no employments entirely interrupt the union of our souls to God; but those that are most distracting serve to make us more closely, more eagerly, and more amorously plunge our hearts in Him, embracing him in himself by contemplation, and in our neighbour by our actions.

Note 1. Prænot. lib. Isidor. 

Note 2. F. Flores proves this St. Fulgentius, bishop of Ecija, suffragan of Seville, to have never been translated to the see of Carthagena, as Card. Belluga and some others have advanced upon incompetent modern authorities. Flores, Espana Sagrada, t. 5. p. 97. Dissertacion Critica sobre si S. Fulgencio fue Obispo de Carthagena. 

Note 3. Not in 595, as Cave, &c. say; for St. Gregory wrote to St. Leander in 599. l. 9. ep. 60, 61. 

Note 4. See on the councils the dissertations of the learned cardinal d’Aguirre.

Note 5. The Latin and Greek languages are a necessary introduction to learning, they are requisite to open to us the sources of sacred studies, and are adopted by the church in her liturgies to prevent the inconveniences and dangerous consequences of continual alterations and variations: they are likewise the key which unlock to us the original and most accomplished masters of polite literature, and almost all the sciences. These and other reasons moved St. Isidore to cultivate the study of those languages. The Latin tongue, though degenerating from its purity ever since the reign of Domitian, still continued the living language among the old Roman inhabitants of Spain; but began to be debased by the mixture of the Goths: and this alteration was afterward much increased by the irruption of the Moors, and by the commerce of other barbarous nations. To preserve the knowledge of the Latin tongue, St. Isidore wrote several treatises on grammar. He compiled others on philosophy, on the holy scriptures, and on various subjects of piety; as on prayer, penance, and the contempt of the world. He has likewise left us a list of ninety-two ecclesiastical writers from Pope Sixtus III. with whom St. Jerom concluded his catalogue, a chronicle from the beginning of the world down to his own time, and a history of the Goths. F. Flores has favoured us with a new complete edition of St. Isidore’s book, De Viris Illustribus, with a preliminary dissertation, in an appendix to the fifth tome of his Espana Sagrada, p. 440. Also of this father’s Historia de Regibus Gothorum, Wandalorum et Suevorum, ibid. t. 6. Append. 12. p. 474. The most famous of St. Isidore’s works are twenty books of Etymologies, or Origins, in which he lays down the principles of the different sciences, beginning from grammar. His three books of the Sentences, or on the Summum Bonum, are a summary of theology on the divine attributes, on virtues and vices, consisting of sentences gleaned from the writings of SS. Austin, Gregory, &c. In his two books on the divine or ecclesiastical Offices, he explains the canonical hours, ceremonies, feasts, and fasts of the church. He says that our fathers established the festivals of the apostles and martyrs to excite us to an imitation of their virtues, to associate us to their merits, and that we may be assisted by their prayers; yet to none of them do we offer sacrifice, but only to the God of martyrs. (l. 1. c. 34.) Among the fast days he mentions two which are not now observed, viz. the first days of January and November. His monastic rule, which he addressed to the monks of Honori, resembles that of St. Bennet. In it he orders mass to be said for every deceased brother, and on Monday in Whitsun-week for all the faithful departed. He prescribes that the monks prostrate themselves at the end of each psalm in the divine office. St. Isidore put the finishing hand to the Mosarabic missal and breviary, which St. Leander had begun to revise. Le Brun thinks it was compiled by the latter. Floras takes it to have been the ancient Roman and African missal introduced among the Goths in Spain, by St. Leander, with some few things from the old Spanish liturgy. See Flores, Espana Sagrada, t. 3. De la Missa antiqua de Espagna, p. 187, 196. F. Lesley, a Jesuit, who has given a new edition of the Mosarabic liturgy at Rome, in 1755, with curious notes, brings many arguments to show that it was the old Spanish liturgy, used probably from the beginning of that church, with some additions, which St. Leander adopted for the use of the Goths. See Lesley, Præf. ib.

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume IV: April. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/4/041.html

Voir aussi http://www.traditioninaction.org/SOD/j174sd_IsidoreSeville4-04.html

http://webs.advance.com.ar/pfernando/DocsIglMed/Isidoro_Sevilla_bio-bibliografia.html