36 Alors Jésus arriva
avec eux dans un domaine appelé Gethsémani, et il dit à ses disciples :
" Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier. "
37 Ayant pris avec lui
Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à éprouver de la tristesse et
de l’angoisse.
38 Et il leur dit :
" Mon âme est triste jusqu’à la mort ; demeurez ici et veillez avec
moi. "
39 Et s’étant un peu
avancé, il se prosterna la face contre terre, priant et disant : "
Mon Père, s’il est possible, que ce calice passe loin de moi ! Cependant,
non pas comme je veux, mais comme vous voulez. "
40 Il vint ensuite à ses
disciples, et, les trouvant endormis, il dit à Pierre : " Ainsi, vous
n’avez pu veiller une heure avec moi !
41 Veillez et priez, afin
que vous n’entriez point en tentation ; l’esprit est prompt, mais la chair
est faible. "
42 Il s’éloigna une
seconde fois et pria ainsi : " Mon Père, si ce calice ne peut passer
sans que je le boive, que votre volonté soit faite ! "
43 Étant venu de nouveau,
il les trouva encore endormis, car leurs yeux étaient appesantis.
44 Il les laissa, et s’en
alla encore prier pour la troisième fois, disant les mêmes paroles.
45 Puis il revint à ses
disciples et leur dit : " Dormez maintenant et reposez-vous ;
voici que l’heure est proche, où le Fils de l’homme va être livré aux mains des
pécheurs. —
46 Levez-vous, allons,
celui qui me trahit est près d’ici. "
Évangile selon Saint
Matthieu, XXVI : 36-46
SOURCE : https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Matthieu#Bible_Crampon_1923/MatthieuCH26
26 Après le chant de
l’hymne, ils s’en allèrent au mont des Oliviers.
27 Alors Jésus leur
dit : " Je serai pour vous tous, cette nuit, une occasion de chute,
car il est écrit : Je frapperai le pasteur, et les brebis seront
dispersées.
28 Mais, après que je
serai ressuscité, je serai à votre tête, en Galilée. "
29 Pierre lui dit :
" Quand vous seriez pour tous une occasion de chute, vous ne le seriez
jamais pour moi. "
30 Jésus lui dit :
" Je te le dis, en vérité, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq
ait chanté deux fois, trois fois tu me renieras. "
31 Mais Pierre insistait
encore plus : " Quand il me faudrait mourir avec vous, je ne vous
renierai point. " Et tous dirent de même.
32 Ils arrivèrent à un
domaine appelé Gethsémani, et il dit à ses disciples : " Asseyez-vous
ici pendant que je prierai. "
33 Et ayant pris avec lui
Pierre, Jacques et Jean, il commença à sentir de la frayeur et de l’abattement.
34 Et il leur dit :
" Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici et veillez. "
35 S’étant un peu avancé,
il se jeta contre terre ; et il priait que cette heure, s’il se pouvait,
s’éloignât de lui.
36 Et il disait :
" Abba (Père), tout vous est possible, éloignez de moi ce calice ;
cependant, non pas ma volonté, mais la vôtre ! "
37 Il vint ensuite et
trouva ses disciples endormis ; et il dit à Pierre : " Simon, tu
dors ! Tu n’as pu veiller une heure !
38 Veillez et priez afin
que vous n’entriez point en tentation. L’esprit est prompt, mais la chair est
faible. "
39 Et, s’éloignant de
nouveau, il pria, disant les mêmes paroles.
40 Puis, étant revenu, il
les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis, et ils ne
savaient que lui répondre.
41 Il revint une
troisième fois et leur dit : " Dormez, maintenant, et reposez-vous. —
C’est assez ! L’heure est venue ; voici que le Fils de l’homme est
livré aux mains des pécheurs.
42 Levez-vous,
allons ; celui qui me trahit est près d’ici. "
Évangile selon Saint Marc,
XIV : 26-42
SOURCE: https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Marc#Bible_Crampon_1923/MarcCH14
35 Il dit encore à ses
disciples : " Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni
chaussures, avez-vous manqué de quelque chose ? —
36 De rien, " lui
dirent-ils. Il ajouta : " Mais maintenant, que celui qui a une bourse
la prenne, et de même celui qui a un sac ; et que celui qui n’a point
d’épée vende son manteau, et en achète une.
37 Car, je vous le dis,
il faut encore que cette parole de l’Écriture s’accomplisse en moi : Il a
été mis au rang des malfaiteurs. En effet, ce qui me concerne touche à sa fin.
"
38 Ils lui dirent :
" Seigneur, il y a ici deux épées. " Il leur répondit : "
C’est assez. "
39 Étant sorti, il s’en
alla, selon sa coutume, vers le mont des Oliviers, et ses disciples le
suivirent.
40 Lorsqu’il fut arrivé
dans ce lieu, il leur dit : " Priez, afin de ne point tomber en
tentation. "
41 Puis il s’éloigna
d’eux à la distance d’un jet de pierre ; et s’étant mis à genoux, il
priait,
42 disant : "
Père, si vous voulez, éloignez de moi ce calice ! Cependant que ce ne soit
pas ma volonté, mais la vôtre qui se fasse. "
43 Alors lui apparut du
ciel un ange qui le fortifiait.
44 Et se trouvant en
agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des gouttes de sang
découlant jusqu’à terre.
45 Après avoir prié, il
se leva et vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse.
46 Et il leur dit :
" Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin de ne point entrer
en tentation. "
Évangile selon Saint Luc,
XXII : 35-46
SOURCE : https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Luc#Bible_Crampon_1923/LucCH22
47 Il parlait encore,
lorsque Judas, l’un des Douze, arriva, et avec lui une troupe nombreuse de gens
armés d’épées et de bâtons, envoyée par les Princes des prêtres et les Anciens
du peuple.
48 Le traître leur avait
donné ce signe : " Celui que je baiserai, c’est lui, arrêtez-le.
"
49 Et aussitôt,
s’approchant de Jésus, il dit : " Salut, Maître ", et il le
baisa.
50 Jésus lui dit :
" Mon ami, Pourquoi est-tu ici ? " En même temps, ils
s’avancèrent, mirent la main sur Jésus et le saisirent.
51 Et voilà qu’un de ceux
qui étaient avec Jésus, mettant l’épée à la main, en frappa le serviteur du
grand prêtre et lui emporta l’oreille.
52 Alors Jésus lui
dit : " Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui se
serviront de l’épée, périront par l’épée.
53 Penses-tu que je ne
puisse pas sur l’heure prier mon Père, qui me donnerait plus de douze légions
d’anges ?
54 Comment donc
s’accompliront les Écritures, qui attestent qu’il en doit être ainsi ?
"
55 En même temps, Jésus
dit à la foule : " Vous êtes venus, comme à un voleur, avec des épées
et des bâtons pour me prendre. J’étais tous les jours assis parmi vous,
enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas saisi ;
56 mais tout cela s’est
fait, afin que s’accomplissent les oracles des prophètes. " Alors tous les
disciples l’abandonnèrent et prirent la fuite.
Évangile selon Saint
Matthieu, XXVI : 47-56
SOURCE : https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Matthieu#Bible_Crampon_1923/MatthieuCH26
43 Au même moment, comme
il parlait encore, arrive Judas, l’un des Douze, et avec lui une grande troupe
armée d’épées et de bâtons, envoyée par les Princes des prêtres, par les
Scribes et par les Anciens.
44 Le traître leur avait
donné ce signe : " Celui que je baiserai, c’est lui, saisissez-le, et
emmenez-le sûrement. "
45 Dès qu’il fut arrivé,
s’approchant de Jésus, il dit : " Maître ! " et il le
baisa.
46 Les autres jetèrent
les mains sur lui et l’arrêtèrent.
47 Un de ceux qui étaient
là, tirant l’épée, en frappa le serviteur du grand prêtre, et lui enleva
l’oreille.
48 Jésus, prenant la
parole, leur dit : " Vous êtes venus comme à un brigand, avec des
épées et des bâtons pour me prendre.
49 Tous les jours j’étais
parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas arrêté ; mais
c’est afin que les Écritures s’accomplissent. "
50 Alors tous ses
disciples l’abandonnèrent et prirent la fuite.
51 Un jeune homme le
suivait, couvert seulement d’un drap ; on se saisit de lui ;
52 mais il lâcha le drap,
et s’enfuit nu de leurs mains.
53 Ils emmenèrent Jésus
chez le grand prêtre, où s’assemblèrent tous les Princes des prêtres, les
Scribes et les Anciens.
Évangile selon Saint Marc,
XIV : 26-42
SOURCE: https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Marc#Bible_Crampon_1923/MarcCH14
47 Comme il parlait
encore, voici qu’une troupe de gens parut ; celui qu’on appelait Judas,
l’un des Douze, marchait en tête. Il s’approcha de Jésus pour le baiser.
48 Et Jésus lui
dit : " Judas, tu livres le Fils de l’homme par un baiser !
"
49 Ceux qui étaient avec
Jésus, voyant ce qui allait arriver, lui dirent : " Seigneur, si nous
frappions de l’épée ? "
50 Et l’un d’eux frappa
le serviteur du grand prêtre, et lui emporta l’oreille droite.
51 Mais Jésus dit :
" Restez-en là. " Et, ayant touché l’oreille de cet homme, il le
guérit.
52 Puis, s’adressant aux
Princes des prêtres, aux officiers du temple et aux Anciens qui étaient venus
pour le prendre, il leur dit : " Vous êtes venus comme après un
brigand, avec des épées et des bâtons.
53 J’étais tous les jours
avec vous dans le temple, et vous n’avez mis pas la main sur moi. Mais voici
votre heure et la puissance des ténèbres. "
54 S’étant saisis de lui,
ils l’emmenèrent et le conduisirent dans la maison du grand prêtre ;
Pierre suivait de loin.
Évangile selon Saint Luc,
XXII : 47-54
SOURCE : https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Luc#Bible_Crampon_1923/LucCH22
1 Après avoir ainsi
parlé, Jésus se rendit, accompagné de ses disciples, au delà du torrent de
Cédron, où il y avait un jardin, dans lequel il entra lui et ses disciples.
2 Judas, qui le
trahissait, connaissait aussi ce lieu, parce que Jésus y était souvent allé
avec ses disciples.
3 Ayant donc pris la
cohorte et des satellites fournis par les Pontifes et les Pharisiens, Judas y
vint avec des lanternes, des torches et des armes.
4 Alors Jésus, sachant
tout ce qui devait lui arriver, s’avança et leur dit : " Qui
cherchez-vous ? "
5 Ils lui
répondirent : " Jésus de Nazareth. — Il leur dit : " Jésus
de Nazareth, c’est moi. " Or, Judas, qui le trahissait, était là avec eux.
6 Lors donc que Jésus
leur eut dit : " C’est moi, " ils reculèrent et tombèrent par
terre.
7 Il leur demanda encore
une fois : " Qui cherchez-vous ? " Et ils dirent :
" Jésus de Nazareth. "
8 Jésus répondit :
" Je vous l’ai dit, c’est moi ; si donc c’est moi que vous cherchez,
laissez aller ceux-ci. "
9 Il dit cela, afin
que fût accomplie la parole qu’il avait dite : " Je n’ai perdu aucun
de ceux que vous m’avez donnés. "
10 Alors Simon-Pierre,
qui avait une épée, la tira, et frappant le serviteur du grand prêtre, il lui
coupa l’oreille droite : ce serviteur s’appelait Malchus.
11 Mais Jésus dit à
Pierre : " Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je donc pas le
calice que mon Père m’a donné ? "
12 Alors la cohorte, le
tribun et les satellites des Juifs se saisirent de Jésus et le lièrent.
13 Ils l’emmenèrent
d’abord chez Anne parce qu’il était beau-père de Caïphe, lequel était
grand-prêtre cette année-là.
14 Or, Caïphe était celui
qui avait donné ce conseil aux Juifs : " Il est avantageux qu’un seul
homme meure pour le peuple. "
Évangile selon Saint Jean,
XVIII : 1-14
SOURCE : https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Jean#Bible_Crampon_1923/JeanCH18
José de Madrazo, Le Christ devant Anân (Jn
18:22), 1803
19 Le grand-prêtre
interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine.
20 Jésus lui
répondit : " J’ai parlé ouvertement au monde ; j’ai toujours
enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s’assemblent,
et je n’ai rien dit en secret.
21 Pourquoi
m’interroges-tu ? Demande à ceux qui m’ont entendu, ce que je leur ai
dit ; eux, ils savent ce que j’ai enseigné. "
22 A ces mots, un des
satellites qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant :
" Est-ce ainsi que tu réponds au grand-prêtre ? "
23 Jésus lui
répondit : " Si j’ai mal parlé, fais voir ce que j’ai dit de
mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? "
24 Anne avait envoyé
Jésus lié à Caïphe, le grand-prêtre.
Évangile selon Saint Jean,
XVIII : 19-24
SOURCE : https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Jean#Bible_Crampon_1923/JeanCH18
Duccio di Buoninsegna, Le Christ devant
Caïphe, vers 1309, cathédrale de Sienne.
57 Ceux qui avaient
arrêté Jésus l’emmenèrent chez Caïphe, le grand prêtre, où s’étaient assemblés
les Scribes et les Anciens du peuple.
58 Pierre le suivit de
loin jusqu’à la cour du grand prêtre, y entra, et s’assit avec les serviteurs
pour voir la fin.
59 Cependant les Princes
des prêtres et tout le Conseil cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus
afin de le faire mourir ;
60 et ils n’en trouvèrent
point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin il en vint
deux
61 qui dirent :
" Cet homme a dit : Je puis détruire le temple de Dieu et le rebâtir
en trois jours. "
62 Le grand prêtre, se
levant, dit à Jésus : " Ne réponds-tu rien à ce que ces hommes
déposent contre toi ? "
63 Jésus gardait le
silence. Et le grand prêtre lui dit : " Je t’adjure par le Dieu
vivant de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu ? "
64 Jésus lui
répondit : " Tu l’as dit ; de plus, je vous le dis, dès ce jour
vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur
les nuées du ciel. "
65 Alors le grand prêtre
déchira ses vêtements, en disant : " Il a blasphémé, qu’avons-nous
encore besoin de témoins ? Vous venez d’entendre son blasphème :
66 que vous en
semble ? " Ils répondirent : " Il mérite la mort. "
67 Alors ils lui
crachèrent au visage, et le frappèrent avec le poing ; d’autres le
souffletèrent,
68 en disant :
" Christ, devine qui t’a frappé. "
69 Cependant Pierre était
dehors, assis dans la cour. Une servante l’aborda et lui dit : " Toi
aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. "
70 Mais il le nia devant
tous en disant : " Je ne sais ce que tu veux dire. "
71 Comme il se dirigeait
vers le vestibule, pour s’en aller, une autre servante le vit et dit à ceux qui
se trouvaient là : " Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth.
"
72 Et Pierre le nia une
seconde fois avec serment : " Je ne connais pas cet homme. "
73 Peu après, ceux qui
étaient là s’approchèrent de Pierre, et lui dirent : " Certainement,
tu es aussi de ces gens-là ; car ton langage même te faire reconnaître.
"
74 Alors il se mit à
faire des imprécations et à jurer qu’il ne connaissait pas cet homme. Aussitôt
le coq chanta.
75 Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : " Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois ; " et étant sorti, il pleura amèrement.
1 Dès le matin, tous les
Princes des prêtres et les Anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour
le faire mourir.
2 Et, l’ayant lié, ils
l’emmenèrent et le livrèrent au gouverneur Ponce Pilate.
Évangile selon Saint
Matthieu, XXVI : 57-75, XXVII: 1-2
SOURCE : https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Matthieu#Bible_Crampon_1923/MatthieuCH26
Fresques du procès de Jésus, église Saint-Jean-Baptiste de Iaroslavl
1 Alors toute l’assemblée
s’étant levée, ils menèrent Jésus devant Pilate,
2 et ils se mirent à
l’accuser, en disant : " Nous avons trouvé cet homme qui poussait
notre nation à la révolte, et défendait de payer les tributs à César, se disant
lui-même le Christ roi. "
3 Pilate l’interrogea,
disant : " Es-tu le roi des Juifs ? " Jésus lui
répondit : " Tu le dis. "
4 Pilate dit aux Princes
des prêtres et au peuple : " Je ne trouve rien de criminel en cet
homme. "
5 Mais redoublant leurs
instances, ils dirent : " Il soulève le peuple, répandant sa doctrine
dans toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu’ici. "
6 Quand Pilate entendit
nommer la Galilée, il demanda si cet homme était Galiléen ;
7 et ayant appris qu’il
était de la juridiction d’Hérode, il le renvoya à Hérode, qui se trouvait aussi
à Jérusalem, en ces jours-là.
8 Hérode eut une grande
joie de voir Jésus ; car depuis longtemps il en avait le désir, parce
qu’il avait entendu beaucoup parler de lui, et il espérait lui voir opérer
quelque prodige.
9 Il lui adressa beaucoup
de questions, mais Jésus ne lui répondit rien.
10 Or, les Princes des
prêtres et les Scribes se trouvaient là, l’accusant avec opiniâtreté.
11 Mais Hérode, avec ses
gardes, le traita avec mépris ; après s’être moqué de lui et l’avoir
revêtu d’une robe éclatante, il le renvoya à Pilate.
12 Le jour même, Hérode
et Pilate devinrent amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant.
13 Pilate, ayant assemblé
les Princes des prêtres, les magistrats et le peuple,
14 leur dit : "
Vous m’avez amené cet homme comme excitant le peuple à la révolte ; je
l’ai interrogé devant vous, et je n’ai trouvé en lui aucun des crimes dont vous
l’accusez ;
15 ni Hérode non plus,
car je vous ai renvoyés à lui, et, vous le voyez, rien qui mérite la mort n’a
été prouvé contre lui.
16 Je le relâcherai donc
après l’avoir fait châtier. "
17 [Pilate était obligé,
au jour de la fête, de leur accorder la délivrance d’un prisonnier].
18 Mais la foule tout
entière s’écria : " Fais mourir celui-ci, et relâche-nous
Barabbas : " —
19 lequel avait été mis
en prison à cause d’une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et d’un
meurtre.
20 Pilate, qui désirait
relâcher Jésus, les harangua de nouveau ;
21 mais ils répondirent
par ce cri : " Crucifie-le ! crucifie-le ! "
22 Pour la troisième
fois, Pilate leur dit : " Qu’a-t-il donc fait de mal ? Je n’ai
rien trouvé en lui qui mérite la mort. Ainsi je le ferai châtier et je le
renverrai. "
23 Mais ils insistèrent,
demandant à grands cris qu’il fût crucifié, et leurs clameurs allaient
grandissant.
24 Pilate prononça donc
qu’il serait fait comme ils demandaient.
25 Il relâcha celui
qu’ils réclamaient, et qui avait été mis en prison pour sédition et meurtre, et
il livra Jésus à leur volonté.
Évangile selon Saint Luc,
XXII I: 47-25
SOURCE : https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Luc#Bible_Crampon_1923/LucCH22
1 Alors toute l’assemblée
s’étant levée, ils menèrent Jésus devant Pilate,
2 et ils se mirent à
l’accuser, en disant : " Nous avons trouvé cet homme qui poussait
notre nation à la révolte, et défendait de payer les tributs à César, se disant
lui-même le Christ roi. "
3 Pilate l’interrogea,
disant : " Es-tu le roi des Juifs ? " Jésus lui
répondit : " Tu le dis. "
4 Pilate dit aux Princes
des prêtres et au peuple : " Je ne trouve rien de criminel en cet
homme. "
5 Mais redoublant leurs
instances, ils dirent : " Il soulève le peuple, répandant sa doctrine
dans toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu’ici. "
6 Quand Pilate entendit
nommer la Galilée, il demanda si cet homme était Galiléen ;
7 et ayant appris qu’il
était de la juridiction d’Hérode, il le renvoya à Hérode, qui se trouvait aussi
à Jérusalem, en ces jours-là.
8 Hérode eut une grande
joie de voir Jésus ; car depuis longtemps il en avait le désir, parce
qu’il avait entendu beaucoup parler de lui, et il espérait lui voir opérer
quelque prodige.
9 Il lui adressa beaucoup
de questions, mais Jésus ne lui répondit rien.
10 Or, les Princes des
prêtres et les Scribes se trouvaient là, l’accusant avec opiniâtreté.
11 Mais Hérode, avec ses
gardes, le traita avec mépris ; après s’être moqué de lui et l’avoir
revêtu d’une robe éclatante, il le renvoya à Pilate.
12 Le jour même, Hérode
et Pilate devinrent amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant.
13 Pilate, ayant assemblé
les Princes des prêtres, les magistrats et le peuple,
14 leur dit : "
Vous m’avez amené cet homme comme excitant le peuple à la révolte ; je
l’ai interrogé devant vous, et je n’ai trouvé en lui aucun des crimes dont vous
l’accusez ;
15 ni Hérode non plus,
car je vous ai renvoyés à lui, et, vous le voyez, rien qui mérite la mort n’a
été prouvé contre lui.
16 Je le relâcherai donc
après l’avoir fait châtier. "
17 [Pilate était obligé,
au jour de la fête, de leur accorder la délivrance d’un prisonnier].
18 Mais la foule tout
entière s’écria : " Fais mourir celui-ci, et relâche-nous
Barabbas : " —
19 lequel avait été mis
en prison à cause d’une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et d’un
meurtre.
20 Pilate, qui désirait
relâcher Jésus, les harangua de nouveau ;
21 mais ils répondirent
par ce cri : " Crucifie-le ! crucifie-le ! "
22 Pour la troisième
fois, Pilate leur dit : " Qu’a-t-il donc fait de mal ? Je n’ai
rien trouvé en lui qui mérite la mort. Ainsi je le ferai châtier et je le
renverrai. "
23 Mais ils insistèrent,
demandant à grands cris qu’il fût crucifié, et leurs clameurs allaient grandissant.
24 Pilate prononça donc
qu’il serait fait comme ils demandaient.
25 Il relâcha celui
qu’ils réclamaient, et qui avait été mis en prison pour sédition et meurtre, et
il livra Jésus à leur volonté.
26 Comme ils
l’emmenaient, ils arrêtèrent un nommé Simon, de Cyrène, qui revenait de la
campagne, et ils le chargèrent de la croix ; pour qu’il la portât derrière
Jésus.
27 Or, il était suivi
d’une grande foule de peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et se
lamentaient sur lui.
28 Se tournant vers
elles, Jésus dit : " Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi,
mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ;
29 car voici que des
jours viennent où l’on dira : Heureuses les stériles, et les entrailles
qui n’ont point enfanté et les mamelles qui n’ont point allaité !
30 Alors les hommes
commenceront à dire aux montagnes : Tombez sur nous, et aux
collines : Couvrez-nous.
31 Car, si l’on traite
ainsi le bois vert, que fera-t-on du bois sec ? "
32 Et l’on conduisait en
outre deux malfaiteurs, pour les mettre à mort avec Jésus.
33 Lorsqu’ils furent
arrivés au lieu appelé Calvaire, ils l’y crucifièrent, ainsi que les
malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche.
34 Mais Jésus
disait : " Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.
" Se partageant ensuite ses vêtements, ils les tirèrent au sort.
35 Le peuple se tenait là
et regardait. Les magistrats se joignaient à lui pour railler Jésus en
disant : " Il en a sauvé d’autres ; qu’il se sauve lui-même,
s’il est le Christ, l’élu de Dieu. "
36 Les soldats aussi se
moquaient de lui ; s’approchant et lui présentant du vinaigre ;
37 ils disaient :
" Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. "
38 Il y avait encore
au-dessus de sa tête une inscription portant, en caractères grecs, latins et hébraïques :
" Celui-ci est le roi des Juifs. "
39 Or, l’un des
malfaiteurs pendus à la croix l’injuriait, disant : " Puisque tu es
le Christ, sauve-toi toi-même et sauve-nous ! "
40 Mais l’autre le
reprenait, en disant : " Ne crains-tu donc pas Dieu, toi non plus,
condamné que tu es au même supplice ?
41 Pour nous, c’est
justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes ; mais lui, il n’a
rien fait de mal. "
42 Et il dit à
Jésus : " Seigneur, souvenez-vous de moi, quand vous serez parvenu
dans votre royaume. "
43 Jésus lui
répondit : " Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi
dans le Paradis. "
44 Il était environ la
sixième heure, quand des ténèbres couvrirent toute la terre jusqu’à la neuvième
heure.
45 Le soleil s’obscurcit,
et le voile du temple se déchira par le milieu.
46 Et Jésus s’écria d’une
voix forte : " Père, je remets mon esprit entre vos mains. " En
disant ces mots, il expira.
47 Le centurion, voyant
ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit : " Certainement, cet
homme était juste. "
48 Et toutes la multitude
qui s’était rassemblée pour ce spectacle, considérant ce qui était arrivé, s’en
retournait en se frappant la poitrine.
49 Mais tous les amis de
Jésus se tenaient à distance, avec les femmes qui l’avaient suivi de Galilée et
contemplaient tout cela.
Évangile selon Saint Luc,
XXIII : 1-49
SOURCE : https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Luc#Bible_Crampon_1923/LucCH22
Hans Memling (vers
1433 –1494). La Très Sainte Vierge marie présentant Jésus l’Homme de
douleur/ la Virgen María mostrando a su hijo Jesucristo como el Varón de Dolores, vers
1480, huile sur panneau de bois, 52 x 36, Capilla Real
1. Qui a cru ce que nous
avons entendu, et à qui le bras de Yahweh a-t-il été révélé?
2. Il s'est élevé devant
lui comme un frêle arbrisseau; comme un rejeton gui sort d'une terre desséchée;
il n'avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour
exciter notre amour.
3. Il était méprisé et
abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance, comme un
objet devant lequel on se voile la face; en butte au mépris, nous n'en faisions
aucun cas.
4. Vraiment c'était nos
maladies qu'il portait, et nos douleurs dont il s'était chargé; et nous, nous
le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié.
5. Mais lui, il a été
transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités; le châtiment
qui nous donne la paix a été sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous
sommes guéris.
6. Nous étions tous
errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie; et Yahweh a
fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous.
7. On le maltraite, et
lui se soumet et n'ouvre pas la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la
tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'ouvre point la
bouche.
8. Il a été enlevé par
l'oppression et le jugement, et, parmi ses contemporains, qui a pensé qu'il
était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des
péchés de mon peuple?
9. On lui a donné son
sépulcre avec les méchants, et dans sa mort il est avec le riche, alors qu'il
n'a pas commis d'injustice, et qu'il n'y a pas de fraude dans sa bouche.
10. Il a plu à Yahweh de
le briser par la souffrance; mais quand son âme aura offert le sacrifice
expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et le dessein de
Yahweh prospérera dans ses mains.
11. A cause des
souffrances de son âme, il verra et se rassasiera. Par sa connaissance le
juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d'hommes, et lui-même se chargera de
leurs iniquités.
12. C'est pourquoi je lui
donnerai sa part parmi les grands; il partagera le butin avec les forts. Parce
qu'il a livré son âme à la mort et qu'il a été compté parmi les malfaiteurs; et
lui-même a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs.
Livre d’Isaïe, chapitre
53
Traduction en français du
Chanoine Crampon
SOURCE : https://bible.catholique.org/livre-d-isaie/4678-chapitre-53
Antonello da Messina, La Crucifixion,
1475. Huile sur panneau, 52,5 x 42,5, Royal Museum of Fine Arts
Antwerp
59. - Comme il est
nécessaire au chrétien de croire à l’Incarnation du Fils de Dieu, il lui faut
croire également à sa passion et à sa mort "naître ne nous eût été utile
en rien, disait en effet saint Grégoire, si nous n’avions pas été
rachetés".
Or, le fait que le Christ
soit mort pour nous est une vérité très élevée que notre intelligence peut à
peine saisir; bien plus, elle ne viendrait même pas à l’esprit. C’est ce
qu’affirme saint Paul. (Actes 13, 41) : Je vais, dit Dieu, accomplir une oeuvre
en vos jours, une oeuvre quel vous ne croiriez pas, si on vous la racontait. Et
de même Habacuc (I, 5) : Une oeuvre a été accomplie en vos jours, que personne
ne croira quand on la lui racontera. La grâce de Dieu en effet et son amour
pour nous sont si grands que ce qu’il a fait pour nous dépasse ce que nous
pouvons comprendre.
60. - Cependant, nous ne
devons pas croire que le Christ a souffert la mort de telle manière que sa
divinité soit morte; en lui c’est sa nature humaine qui subit la mort. Il est
mort, en effet, non en tant que Dieu, mais en tant qu’homme.
Voici trois exemples qui
mettront en lumière cette vérité.
Nous puiserons le premier
en nous-mêmes. Lorsqu’un homme meurt, son âme en se séparant du corps ne meurt
pas, c’est son corps, sa chair, qui subit la mort. De même, dans la mort du
Christ, la divinité n’a pas été atteinte, mais bien la nature humaine.
61. - On peut objecter
que les Juifs n’ont pas tué la divinité du Christ, ils n’ont pas commis,
semble-t-il, un plus grand péché en mettant à mort Jésus, que s’ils avaient tué
un autre homme.
62. - Il faut répondre
Supposons un roi revêtu d’un vêtement Si quelqu’un souillait ce vêtement, il
tomberait dans une faute aussi grande que s’il souillait le roi en personne.
Ainsi les Juifs ils ne purent pas tuer Dieu mais, parce qu’ils mirent à mort la
nature humaine assumée par le Christ, ils furent châtiés aussi sévèrement que
s’ils avaient tué la divinité.
63. - Voici le troisième
exemple : Comme nous l’avons dit plus haut, le Fils de Dieu est le Verbe de
Dieu et on peut comparer ce Verbe (ou Parole) : de Dieu incarné à une parole de
roi écrite sur une feuille de papier. Si donc quelqu’un déchirait le papier où
est écrite la parole du roi, il ferait une faute aussi grave que s’il déchirait
la parole du roi. C’est pourquoi le péché des Juifs mettant à mort l’Homme-Dieu
est aussi grand que s’ils avaient tué le Verbe même de Dieu.
64. – Mais quelle
nécessité y avait-il à ce que le Verbe de Dieu souffrît pour nous? C’était très
nécessaire et nous pouvons donner deux raisons de cette nécessité. Les
souffrances du Christ, en effet, étaient nécessaires, en premier lieu comme remède
à nos péchés et, en second lieu, comme modèle de nos actions.
65. - Et d’abord, ses
souffrances nous sont un remède. En effet, dans la passion du Christ, contre
tous les maux que nous encourons par le péché, nous trouvons un remède.
Or, le péché nous fait
encourir cinq maux : 66. - Et premièrement : une souillure l’homme en effet,
par le péché, souille son âme car, comme la vertu est la beauté de l’âme, le
péché est sa souillure. D’où vient, Israël, est-il dit au Livre de Baruch (3,
10), d’où vient que tu es dans le pays de tes ennemis, que tu te souilles avec
les morts?
Mais cette souillure, la
passion du Christ la fait disparaître; le Christ, en effet, par sa passion, a
préparé un bain dans son sang pour y laver les pécheurs. Il nous a lavés de nos
péchés, dit saint Jean (Apoc. 1, 5), dans son sang.
Or l’âme est lavée par le
sang du Christ au baptême, car le baptême tire sa force régénératrice du sang
du Christ.
Aussi quiconque se
souille par le péché fait injure au Christ, et son péché est plus grand que
s’il avait été commis avant le baptême, suivant ces paroles de l’épître aux
Hébreux (10, 28-29) : Si celui qui a violé la Loi de Moïse est impitoyablement
mis à mort, sur la déposition de deux ou trois témoins, quel châtiment plus
grave ne pensez-vous pas que doive encourir celui qui a foulé aux pieds le Fils
de Dieu et tenu pour profane le sang de l’alliance?
67. - En second lieu : par
le péché nous encourons la disgrâce de Dieu. De même, en effet, que l’homme
charnel aime la beauté charnelle, ainsi Dieu, lui, aime la beauté spirituelle,
qui est la beauté de l’âme. Quand donc l’âme se souille par le péché, Dieu est
offensé et il prend en haine le pécheur. Dieu, dit en effet la Sagesse, (14, 9)
: hait l’impie et son impiété. Mais cette haine, le Christ l’efface par sa
passion. Par elle, en effet, il a satisfait à Dieu le Père pour le péché. Car
l’homme de lui-même ne pouvait pas satisfaire pour ses fautes; Jésus a bien
satisfait, parce que sa charité et son obéissance furent plus grandes que le
péché du premier homme et sa désobéissance. Alors que nous étions les ennemis
de Dieu, dit saint Paul (Rom. 5, 10) : nous avons été réconciliés avec lui par la
mort de son Fils.
68. - En troisième lieu, le
péché nous affaiblit. Car l’homme, après un premier manquement, croit pouvoir
ensuite se garder du péché mais tout le contraire lui arrive la première faute
en effet l’affaiblit et le rend plus enclin à pécher; ainsi le péché le domine
davantage et, autant qu’il dépend de lui, il se met dans une situation telle
que, sans la puissance divine, il ne peut se relever il est comme un homme qui
se jetterait dans un puits.
Après le péché notre
nature fut donc affaiblie et corrompue, et l’homme se trouva plus enclin à
pécher. Mais le Christ a diminué cette faiblesse et cette infirmité, bien qu’il
ne l’ait pas supprimée entièrement. Sa passion a fortifié l’homme et affaibli
le péché, si bien que nous ne sommes plus autant dominés par lui; aidés par la
grâce de Dieu, que nous confèrent les sacrements, dont l’efficacité vient de la
passion du Christ, nous pouvons faire des efforts efficaces pour nous dégager
du péché. Notre vieil homme, dit l’Apôtre (Rom. 6, 6), a été crucifié avec le
Christ, pour que fût détruit le corps de péché. Avant la passion du Christ, en
effet, on trouvait peu d’hommes vivant sans péché mortel, mais, après, beaucoup
vécurent et vivent exempts du péché mortel.
69. - En quatrième lieu, par
le péché, nous encourons l’obligation à une peine. La justice divine exige que
quiconque pèche soit puni, et ce châtiment doit se mesurer d’après la faute. Et
comme la faute du péché mortel est infinie -par elle, en effet, le pécheur
s’élève contre le bien infini, c’est-à-dire Dieu, dont il méprise les préceptes
- le châtiment dû au péché mortel sera lui-même infini. Mais le Christ, par sa
passion, nous a enlevé cette peine; lui-même l’a subie à notre place. Comme
l’écrit saint Pierre dans sa première épître (2, 24) : Il a porté lui-même dans
son corps nos péchés (c’est-à-dire la peine de nos péchés). Car la vertu de la
passion du Christ est si grande qu’elle suffirait à expier les péchés du monde
entier, même si leur nombre était infini. C’est pourquoi, les baptisés sont purifiés
de tous leurs péchés. De là vient aussi que le prêtre remet les péchés, et que
quiconque se conforme davantage à la passion du Christ reçoit un pardon plus
complet et mérite plus de grâce.
70. - En cinquième lieu, le
péché est cause de notre bannissement du royaume‘de Dieu. Ceux en effet qui
offensent les rois sont forcés de quitter leur royaume. Ainsi Adam, à cause de
son péché et aussitôt après l’avoir commis, fut chassé du paradis dont la porte
fut fermée. Mais le Christ par sa passion a ouvert cette porte et il a rappelé
les exilés dans le royaume.
En effet, quand le côté
du Christ fut ouvert, la porte du paradis le fut aussi et par l’effusion de son
sang la souillure du pécheur fut effacée, Dieu fut apaisé, la faiblesse de
l’homme guérie, sa peine expiée et les exilés rappelés dans le royaume. C’est
pourquoi le Christ déclara aussitôt au bon larron qui l’implorait (Luc 23, 43)
: Aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis. Ceci ne fut pas dit
auparavant à qui que ce soit, ni à Adam, ni à Abraham, ni à David; mais
"aujourd’hui", c’est-à-dire, dès que la porte du paradis fut ouverte,
le bon larron implora son pardon et l’obtint.
C’est pourquoi l’Apôtre
pouvait écrire aux Hébreux (10, 19) : Nous avons la liberté d’entrer avec
confiance dans le sanctuaire par le sang du Christ.
Comme nous venons de le
montrer, la passion du Christ était donc un remède très utile contre les maux
que nous encourons par le péché. Mais son utilité n’est pas moins grande pour
nous servir d’exemple.
71. - La passion du
Christ, dit saint Augustin, suffit à nous instruire complètement de la manière
dont nous devons vivre. Quiconque en effet veut mener une vie parfaite, n’a
rien d’autre à faire que de mépriser ce que le Christ a méprisé sur la croix
et de désirer ce qu’il a désiré.
72. - Il n’est pas en
effet un seul exemple de vertu que ne nous donne la croix.
Cherchez-vous un exemple
de charité? Personne, dit le Christ (Jean 15, 13), ne possède une charité plus
grande que celui qui livre sa vie pour ses amis. C’est ce que lui-même a
accompli sur la croix. Si donc il a donné sa vie pour nous, il ne doit pas nous
être pénible de supporter pour lui n’importe quel mal. Le Psalmiste n’a-t-il
pas chanté (Ps. 115, 12) : Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a
donné.
73. - Cherchez-vous un
exemple de patience? Vous en trouverez un très excellent sur la croix.
Deux caractères
manifestent la grandeur de la patience ou bien souffrir patiemment de grands
maux, ou endurer ceux qu’on pourrait éviter mais qu’on ne cherche pas à éviter.
Or le Christ sur la croix
a enduré de grandes souffrances. Aussi il peut s’appliquer les paroles de
Jérémie dans ses Lamentations (1, 12) : O vous tous, qui passez par le chemin,
regardez et voyez s’il y a une douleur semblable à ma douleur. Et ses grandes
souffrances, le Christ les a souffertes avec patience, lui qui, maltraité, dit
saint Pierre (I, 2, 23) : ne faisait pas de menaces. Il était, déclare Isaïe
(53, 7) : comme la brebis que l’on mène à la tuerie, et semblable à l’agneau
muet devant ceux qui le tondent.
En outre, le Christ
aurait pu éviter ses souffrances, et il ne l’a pas fait. Lui-même le dit à son
Apôtre Pierre lors de son arrestation à Gethsémani (Mt. 26, 53) : Crois-tu que
je ne puisse prier mon Père et il me donnerait aussitôt plus de douze légions
d’anges? Grande fut donc la patience du Christ sur la croix. Aussi l’Apôtre
écrit-il aux Hébreux (12, 1-2) : Courons avec patience vers le combat qui nous
est préparé, les yeux fixés sur Jésus, l’auteur de notre foi qui la conduit à
son achèvement, lui qui, alors que la joie lui était offerte, a souffert la
croix sans regarder à la honte.
74. - Cherchez-vous un
exemple d’humilité? Regardez le crucifié Dieu en effet voulut être jugé sous
Ponce-Pilate et mourir. Votre cause, Seigneur, pouvons-nous lui dire, a été
jugée comme celle d’un impie (cf. Job 36, 17). Oui, vraiment comme celle, d’un
impie, car ses ennemis ont pu se dire entre eux (Sag. 2. 20) : Condamnons-le
à une mort honteuse. Le Seigneur voulut donc mourir pour son serviteur et la
vie des anges, s’immoler pour l’homme.
Comme l’Apôtre l’écrit
aux Philippiens (2, 8) : Le Christ Jésus s’est abaissé lui-même, se faisant
obéissant jus qu’à la mort, et à la mort de la croix.
75. - Cherchez-vous un
exemple d’obéissance? Suivez celui qui s’est fait obéissant à son Père jusqu’à
la mort. L’Apôtre dit en effet aux Romains (5, 19) : De même que, par la
désobéissance d’un seul homme, la multitude fut constituée pécheresse, ainsi
par l’obéissance d’un seul la multitude sera constituée juste.
76. - Cherchez-vous un
exemple de mépris des biens, de la terre? Suivez celui qui est le Roi des rois,
le Seigneur des seigneurs, en qui, se trouvent tous les trésors de la sagesse (Col.
2, 3) : et qui, cependant, sur la croix, apparaît nu, objet de moquerie, est
conspué, frappé, couronne d’épines, abreuvé de fiel et de vinaigre et mis à
mort. Ne vous laissez donc pas émouvoir par les habits et par les richesses,
car les soldats se partagèrent mes vêtements (Ps. 21, 19). Ne vous laissez
pas émouvoir non plus, ni par les honneurs, car "moi, Jésus, j’ai été
l’objet de leurs risées et de leurs coups", ni par les dignités, parce
qu’ils tressèrent une couronne d’épines et la placèrent sur ma tête", ni
par les délices, car dans ma soif, ils me firent boire du vinaigre (Ps. 68,
22). Au sujet de ces paroles de l’épître aux Hébreux (12, 2) : Jésus, alors que
la joie lui était offerte, a souffert la croix sans regarder à la honte, saint
Augustin écrit : L’Homme-Dieu Jésus-Christ a méprisé tous les biens de la terre
pour nous apprendre que nous devons les mépriser.
COMMENTAIRE DU CREDO PAR SAINT THOMAS D’AQUIN. Notes à partir de sermons donnés à Naples, carême 1273, prises de notes par Pierre de Andria. Traduction par un moine de Fontgombault, Nouvelles Editions Latines, 1969. Deuxième édition numérique, http ://docteurangelique.free.fr, 2008. Les œuvres complètes de saint Thomas d'Aquin : http://docteurangelique.free.fr/livresformatweb/sermons/06credo.htm
SOURCE : http://docteurangelique.free.fr/livresformatweb/sermons/06credo.htm#_Toc200856049
OFFICE DES CELEBRATIONS LITURGIQUES DU SOUVERAIN PONTIFE - CHEMIN DE CROIX AU COLISÉE. VENDREDI SAINT 2005. MÉDITATIONS ET PRIÈRES DU CARDINALJOSEPH RATZINGER : https://www.vatican.va/news_services/liturgy/2005/documents/ns_lit_doc_20050325_via-crucis_fr.html










