Saint Clément Ier
Pape (4e) de 88 à 97 et
martyr (+ 97)
Disciple de saint Paul qui
en parle dans sa lettre aux Philippiens (4.3), il est l'un des premiers
successeurs de saint Pierre sur
le siège de Rome. Mais on sait peu de choses de son pontificat en ce temps de
l'Eglise naissante. Sa lettre aux Corinthiens est le premier document où l'on
voit l'Eglise de Rome intervenir dans une autre Eglise pour qu'y vive la
charité, document inappréciable par la fraîcheur du texte si proche des
rédactions des évangélistes. Selon la tradition, non vérifiée, il aurait été
exilé en Crimée à Cherson où il aurait subi le martyre par noyade. Ses
reliques furent ramenées à Rome par les saints
Cyrille et Méthode au IXe siècle.
Audience du pape Benoît XVI du 7 mars 2007 consacrée à Clément de Rome
Il reçut l'épiscopat de Rome le troisième à partir des Apôtres Pierre et Paul.
"Il avait vu, dit saint Irénée, les
Apôtres eux-mêmes et avait été en relation avec eux: leur prédication résonnait
encore à ses oreilles et leurs travaux étaient encore devant ses yeux". Un
grave dissentiment s'étant produit chez les chrétiens de Corinthe, il leur
écrivit une lettre remarquable pour rétablir entre eux la concorde et la paix.
Martyrologe romain
SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/19/Saint-Cl%C3%A9ment-Ier.html
Saint Clément I
Pape et martyr
(† 100)
Saint Clément était né à
Rome. Riche, instruit, ardent à chercher la vérité, il trouva dans la religion
chrétienne la satisfaction entière des exigences de sa raison et des
aspirations de son âme. Non seulement il se fit chrétien, mais il seconda les
Apôtres dans la prédication de l'Évangile; et saint Paul, dans son épître aux
Philippiens, rappelant les travaux de Clément, assure que son nom est écrit au
Livre de vie. Cet attachement de Clément aux Apôtres, ce zèle qu'il montra pour
la foi, l'on fait appeler par les Pères homme apostolique.
Élevé à l'épiscopat par
saint Pierre, il devait être son troisième successeur, vers l'an 91. Il vit la
chute et la mort de Néron, ainsi que la prise et la ruine de Jérusalem. Sons
l'empereur Vespasien, Clément fut conduit au tribunal du préfet, qui demeura
émerveillé de la sagesse de ses réponses; mais la volonté de l'empereur était
nette: "Que Clément sacrifie aux dieux ou soit exilé en Chersonèse!"
Quelle ne fut pas la joie du saint exilé, de trouver dans ce lointain pays deux
mille chrétiens! La consolation de ces chrétiens fut indicible: "Dieu,
leur dit l'humble Pontife, m'a fait une grâce dont je n'étais pas digne, en
m'envoyant au milieu de vous partager vos couronnes."
Les généreux confesseurs
de la foi, au milieu de leurs rudes travaux, étaient souvent privés d'eau et
devaient aller la chercher à une très forte distance. Plein de confiance en
Dieu, Clément dit aux chrétiens: "Prions le Seigneur, qui a fait jaillir
l'eau d'un rocher du désert; Il nous viendra en aide." Il se mit donc en
prière, et bientôt, levant les yeux, il aperçut sur la colline un agneau blanc
comme la neige, qui de son pied droit indiquait une source d'eau vive
jaillissant soudain. A partir de ce jour, les martyrs eurent de l'eau en abondance.
La nouvelle de ce miracle fit une grande impression dans tout le pays, les
conversions se multiplièrent, des églises se bâtirent, et quelques années plus
tard le paganisme était complètement détruit.
Saint Clément nous a
laissé dans ses lettres le plus charmant tableau de ses missions apostoliques.
Ce fut seulement sous Trajan, après plus de vingt ans d'exil, que le saint
Pape, devenu très suspect à cause de son zèle et de ses succès, fut jeté à la
mer, une ancre au cou. Les chrétiens priaient sur la plage. La mer se retira,
chose inouïe, d'une lieue et demi, et le corps du martyr parut à découvert,
dans une chapelle de marbre construite par les anges. Les marins ont pris saint
Clément pour patron.
Abbé L. Jaud, Vie
des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950
SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_clement_i.html
BENOÎT XVI
AUDIENCE GÉNÉRALE
Mercredi 7 mars 2007
Saint Clément, Evêque de
Rome
Chers frères et soeurs,
Nous avons médité au
cours des derniers mois sur les figures de chaque Apôtre et sur les premiers
témoins de la foi chrétienne, que les écrits du Nouveau Testament mentionnent.
A présent, nous consacrons notre attention aux Pères apostoliques, c'est-à-dire
à la première et à la deuxième génération dans l'Eglise après les Apôtres. Et
nous pouvons ainsi voir comment débute le chemin de l'Eglise dans l'histoire.
Saint Clément, Evêque de
Rome au cours des dernières années du premier siècle, est le troisième Successeur
de Pierre, après Lin et Anaclet. Sur sa vie, le témoignage le plus important
est celui de saint Irénée, Evêque de Lyon jusqu'en 202. Il atteste que Clément
"avait vu les Apôtres", "les avait rencontrés", et avait
"encore dans les oreilles leur prédication, et devant les yeux leur
tradition" (Adv. haer. 3, 3, 3). Des témoignages tardifs, entre le
quatrième et le sixième siècle, attribuent à Clément le titre de martyr.
L'autorité et le prestige
de cet Evêque de Rome étaient tels que divers écrits lui furent attribués, mais
son unique œuvre certaine est la Lettre aux Corinthiens. Eusèbe de Césarée, le
grand "archiviste" des origines chrétiennes, la présente en ces
termes: "Une lettre de Clément reconnue comme authentique, grande et admirable
nous a été transmise. Elle fut écrite par lui, de la part de l'Eglise de Rome,
à l'Eglise de Corinthe... Nous savons que depuis longtemps, et encore de nos
jours, celle-ci est lue publiquement au cours de la réunion des fidèles"
(Hist. Eccl. 3, 16). On attribuait à cette lettre un caractère presque
canonique. Au début de ce texte - écrit en grec - Clément regrette que
"les adversités imprévues, qui ont eu lieu l'une après l'autre" (1,
1), ne lui aient pas permis une intervention plus prompte. Ces "adversités"
doivent être comprises comme la persécution de Domitien: c'est pourquoi la date
de la rédaction de la lettre doit remonter à l'époque qui suivit immédiatement
la mort de l'empereur et la fin de la persécution, c'est-à-dire tout de suite
après 96.
L'intervention de Clément
- nous sommes encore au I siècle - était rendue nécessaire par les graves
problèmes que traversait l'Eglise de Corinthe: en effet, les prêtres des
communautés avaient été déposés par plusieurs jeunes contestataires. Cet
événement douloureux est rappelé, encore une fois, par saint Irénée, qui écrit:
"Sous Clément, un conflit important étant apparu parmi les frères de
Corinthe, l'Eglise de Rome envoya aux Corinthiens une lettre très importante
pour qu'ils se réconcilient dans la paix, qu'ils renouvellent leur foi et
annoncent la tradition, qu'ils avaient reçue des Apôtres depuis peu de
temps" (Adv. haer. 3, 3, 3). Nous pourrions donc dire que cette lettre
constitue un premier exercice du Primat romain après la mort de saint Pierre.
La lettre de Clément reprend des thèmes chers à saint Paul, qui avait écrit
deux longues lettres aux Corinthiens, en particulier la dialectique
théologique, éternellement actuelle, entre l'indicatif du salut et l'impératif
de l'engagement moral. Il y a avant tout l'heureuse annonce de la grâce qui
sauve. Le Seigneur nous prévient et nous donne le pardon, il nous donne son
amour, la grâce d'être chrétiens, ses frères et soeurs. C'est une annonce qui
remplit notre vie de joie et qui donne de l'assurance à notre action: le
Seigneur nous prévient toujours avec sa bonté et la bonté du Seigneur est
toujours plus grande que tous nos péchés. Il faut cependant que nous nous
engagions de manière cohérente avec le don reçu et que nous répondions à
l'annonce de salut par un chemin généreux et courageux de conversion. Par
rapport au modèle paulinien, la nouveauté est que Clément fait suivre la partie
doctrinale et la partie pratique, qui étaient constitutives de toutes les
lettres pauliniennes, par une "grande prière" qui conclut pratiquement
la lettre.
L'occasion immédiate de
la lettre donne à l'Evêque de Rome la possibilité d'une ample intervention sur
l'identité de l'Eglise et sur sa mission. S'il y eut des abus à Corinthe,
observe Clément, le motif doit être recherché dans l'affaiblissement de la
charité et d'autres vertus chrétiennes indispensables. C'est pourquoi il
rappelle les fidèles à l'humilité et à l'amour fraternel, deux vertus
véritablement constitutives de l'existence dans l'Eglise: "Nous sommes une
portion sainte", avertit-il, "nous accomplissons donc tout ce que la
sainteté exige" (30, 1). En particulier, l'Evêque de Rome rappelle que le
Seigneur lui-même "a établi où et par qui il désire que les services
liturgiques soient accomplis, afin que chaque chose, faite de façon sainte et
avec son accord, soit conforme à sa volonté... En effet, au prêtre suprême ont
été confiées des fonctions liturgiques qui lui sont propres, pour les prêtres a
été établie la place qui leur est propre, et aux lévites reviennent des
services spécifiques. L'homme laïc est lié à l'organisation laïque" (40,
1-5: notons qu'ici, dans cette lettre de la fin du I siècle, apparaît pour la
première fois dans la littérature chrétienne le terme grec "laikós"
qui signifie "membre du laos", c'est-à-dire "du peuple de
Dieu").
De cette façon, en se
référant à la liturgie de l'antique Israël, Clément dévoile son idéal d'Eglise.
Celle-ci est rassemblée par l'"unique Esprit de grâce répandu sur
nous" qui souffle dans les divers membres du Corps du Christ, dans lequel
tous, unis sans aucune séparation, sont "membres les uns des autres"
(46, 6-7). La nette distinction entre le "laïc" et la hiérarchie ne
signifie en aucune manière une opposition, mais uniquement ce lien organique
d'un corps, d'un organisme, avec ses diverses fonctions. En effet, l'Eglise
n'est pas un lieu de confusion, ni d'anarchie, où chacun peut faire ce qu'il
veut à tout instant: dans cet organisme, à la structure articulée, chacun
exerce son ministère selon la vocation reçue. En ce qui concerne les chefs de
la communauté, Clément explique clairement la doctrine de la succession
apostolique. Les normes qui la régissent découlent en ultime analyse de Dieu
lui-même. Le Père a envoyé Jésus Christ, qui à son tour a envoyé les Apôtres.
Puis, ceux-ci ont envoyé les premiers chefs des communautés et ils ont établi
que d'autres hommes dignes leur succèdent. Tout procède donc "de façon
ordonnée de la volonté de Dieu" (42). A travers ces paroles, avec ces
phrases, saint Clément souligne que l'Eglise possède une structure
sacramentelle et non une structure politique. L'action de Dieu qui vient à
notre rencontre dans la liturgie précède nos décisions et nos idées. L'Eglise
est surtout un don de Dieu et non pas notre créature, et c'est pourquoi cette
structure sacramentelle ne garantit pas seulement l'organisation commune, mais
également la pré-éminence du don de Dieu, dont nous avons tous besoin.
Finalement, la
"grande prière" confère un souffle universel aux argumentations
précédentes. Clément loue et rend grâce à Dieu pour sa merveilleuse providence
d'amour, qui a créé le monde et continue à le sauver et à le sanctifier.
L'invocation adressée aux gouvernants revêt une importance particulière. Après
les textes du Nouveau Testament, celle-ci représente la prière la plus antique
pour les institutions politiques. Ainsi, au lendemain de la persécution, les
chrétiens, bien conscients que les persécutions allaient se poursuivre, ne
cessent de prier pour les autorités mêmes qui les avaient condamnés
injustement. Le motif est avant tout d'ordre christologique: il faut prier pour
les persécuteurs, comme le fit Jésus sur la Croix. Mais cette prière contient
également un enseignement qui guide, au fil des siècles, l'attitude des
chrétiens à l'égard de la politique et de l'Etat. En priant pour les autorités,
Clément reconnaît la légitimité des Institutions politiques dans l'ordre établi
par Dieu; dans le même temps, il manifeste la préoccupation que les autorités
soient dociles à Dieu et "exercent le pouvoir que Dieu leur a donné dans
la paix et la mansuétude avec piété" (61, 2). César n'est pas tout. Une
autre souveraineté apparaît, dont l'origine et l'essence ne sont pas de ce
monde, mais "d'en haut": c'est celle de la Vérité, à laquelle revient
également le droit d'être écoutée par l'Etat.
Ainsi, la lettre de
Clément affronte de nombreux thèmes d'une actualité permanente. Celle-ci est
d'autant plus significative, qu'elle représente, depuis le premier siècle, la
sollicitude de l'Eglise de Rome qui préside à toutes les autres Eglise dans la
charité. Avec le même Esprit, nous faisons nôtres les invocations de la
"grande prière", là où l'Evêque de Rome se fait la voix du monde
entier: "Oui, ô Seigneur, fais resplendir sur nous ton visage dans le bien
de la paix; protège-nous de ta main puissante... Nous te rendons grâces, à
travers le Prêtre suprême et guide de nos âmes, Jésus Christ, au moyen duquel
nous te rendons gloire et louange, à présent et de génération en génération,
pour les siècles des siècles. Amen" (60-61).
***
Je salue cordialement les
pèlerins francophones présents ce matin, en particulier les pèlerins de
Montréal, avec Monsieur le Cardinal Jean-Claude Turcotte, leur archevêque,
ainsi que le groupe de pèlerins de Sens, guidé par Monseigneur Yves Patenôtre,
Archevêque de Sens-Auxerre. Que le Christ, qui marche vers sa Pâque, vous
entraîne à sa suite sur le chemin du don total, pour que vous soyez chaque jour
des témoins de l’amour plus fort que la mort !
© Copyright 2007 -
Libreria Editrice Vaticana
Cette lettre de saint
Clément qui permit d’éviter un schisme
Aliénor
Goudet - published on 22/11/21
À la fin du premier
siècle, l'Église de la ville de Corinthe est divisée entre les chrétiens
d’origine juive et les chrétiens d’origine païenne. Craignant un schisme, le
pape Clément leur écrit afin de mettre fin à leurs divisions, contraires au
message du Christ. Une belle apologie de l'unité.
Rome, an 96. Le temps est
agréable en cette matinée de printemps. Pourtant, le troisième successeur de
saint Pierre fait grise mine. Clément à reçu des nouvelles de Corinthe, et
celles-ci ne sont pas meilleures que les précédentes. Depuis quelque temps, les
chrétiens de Corinthe sont en proie à la division. Tous ont reconnu le Christ.
Mais les origines juives des uns et païennes des autres sèment la discorde. De
nombreux presbytres, chefs des communautés, se sont vu chasser de leurs
fonctions à la suite d’une révolte.
Un mauvais pressentiment
hante l’esprit du pape. L’Église de Corinthe pourrait subir une rupture
irréparable. Hors, il est de son devoir d’unir les chrétiens du monde sous la
bannière de Jésus.
L’épître aux
Corinthiens
Clément se doit de
ramener la sagesse dans le chaos. Sans attendre, il va écrire à la communauté.
Il commence sa
lettre en saluant dignement ses frères de foi. Puis, il remarque
l’importance de l’unité, qui doit être force et pilier de l’Eglise. Mais les
reproches ne tardent pas à suivre. Les presbytres chassés par les corinthiens
possèdent des vertus indéniables. Honte aux agitateurs qui s’en sont pris à eux
! N’ont-ils pas conscience de ce qu’ils ont fait ?
– Cela a fait naître un
schisme qui en a perverti beaucoup et en a jeté beaucoup dans le découragement,
beaucoup dans le doute, et la révolte continue.
Sans parler du fait que
cette division donne aux païens de quoi blasphémer de plus belle. Ce n’est pas
que Corinthe mais toute l’Eglise qui est affectée. Où est l’unité que le Christ
est venu établir ? Clément ponctue sa lettre d’exemple de la Bible pour parler
aux chrétiens d’origine juive. Pour ceux de culture hellénique, il puise dans
la mythologie et la philosophie païenne. Que la culture ne soit point un
obstacle mais un support !
Héritier de saint Paul
Humblement, Clément
continue sa lettre. Les Corinthiens ne sont pas les seuls fautifs. Tous les
chrétiens du monde sont pécheurs et doivent se reprendre lorsqu’ils s’égarent.
Mais comme le Christ est miséricordieux, il pardonne tout en toutes
circonstances.
– Aussi, soumettons-nous
à sa magnifique et glorieuse volonté, faisons-nous suppliants, lui demandant à
genoux sa pitié et sa bonté. Recourant à ses miséricordes, abandonnons les
vaines préoccupations et la jalousie qui mènent à la mort.
Charité, humilité, unité…
Ce sont les qualités que Dieu demande à ses enfants. Lorsque les envoyés de Clément
lisent la lettre, l’assemblé n’en perd pas une miette. Saint Paul s’est adressé
à eux de la même manière il y a quelques décennies. Les mots de Clément
saisissent les cœurs de tous ceux qui les entendent.
– Qu’il demeure donc
entier ce corps que nous formons en Jésus-Christ ! Que chacun respecte en son
prochain le charisme qu’il a reçu.
Le pape conclut sa lettre
par une prière pour l’Église de Dieu. Dès cet instant, les chrétiens se
repentent, et l’Église de Corinthe est de nouveau unie.
Lire aussi :La
conversion de saint Paul nous apprend à devenir des créatures nouvelles
Lire aussi :Ce
pape qui a arrêté Attila aux portes de Rome
23 novembre
Saint Clément,
pape et martyr
La plus ancienne liste
des évêques de Rome que nous tenons de saint Irénée de Lyon, donne saint
Clément de Rome comme le troisième successeur de saint Pierre : Ayant donc
fondé et édifié l'Eglise, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de
l'épiscopat ; c'est de lui que Paul parle dans ses lettres à Timothée ; il eut
Anaclet pour successeur. Après Anaclet, le troisième après les apôtres, Clément
obtint l'épiscopat. Telle est aussi l'opinion de l'historien Eusèbe de
Césarée, Clément fut le troisième évêque des Romains, qui date son
pontificat de 92 à 101. Le canon romain garde le même ordre : Lin, Clet,
Clément.
A la fin du deuxième
siècle, saint Irénée de Lyon, dans son Adversus haereses, dit que Clément
a connu les bienheureux apôtres et conversa avec eux ; il avait encore dans
l'oreille la prédication apostolique et leur souvenir devant les yeux.
Dans la première moitié
du troisième siècle, Origène, le réputé disciple des apôtres et
l'identifie avec ce collaborateur que saint Paul cite dans la lettre aux
Philippiens (IV 2-3) : Clément et mes autres collaborateurs dont les
noms se trouvent au Livre de vie. Dans le sillage d'Origène, Eusèbe de
Césarée note : la douzième année du règne de Domitien, Anaclet, ayant été
évêque des Romains douze ans, a pour successeur Clément que l'apôtre, dans sa
lettre aux Philippiens, désigne comme le compagnon de ses labeurs par ces mots
: " avec Clément et mes autres collaborateurs dont les noms sont au livre
de vie. " Il existe de celui-ci, acceptée comme authentique, une épître
longue et admirable. Elle a été écrite au nom de l'église de Rome à celle de
Corinthe à propos d'une dissension qui s'était alors élevée à Corinthe. En
beaucoup d'Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit
publiquement dans les réunions communes.
Encore que saint Irénée
de Lyon n'en dit rien, il existait à Rome une tradition du martyre de saint
Clément telle qu'elle affirmée par Rufin, les papes Télesphore (+ 136) Zosime
(+ 418) et le sixième concile de Vaison (442), cependant, il n'est jamais fait
mention de son tombeau.
Les actes de son martyre
sont une oeuvre poétique grecque du V° siècle qui, une fois le merveilleux
enlevé, peuvent néanmoins fournir des indications que la Tradition a retenues :
sous le règne de Trajan (98-117), le pape Clément, trop influent sur
l'aristocratie romaine, aurait été déporté au delà du Pont-Euxin, en Chéronèse
Taurique (Crimée) dans les mines du désert proche de Cherson (Sébastopol) et,
pour le punir de continuer son apostolat auprès des prisonniers, on lui aurait
attaché une ancre au cou avant de le précipiter dans la mer.
Ce que l'on a donc de
plus sûr sur saint Clément de Rome reste la lettre qu'il adresse aux
Corinthiens divisés, alors, écrit Eusèbe de Césarée que demeurait encore
en vie celui que Jésus aimait : Jean, à la fois apôtre et évangéliste, qui
gouvernait les Eglises d'Asie, après être revenu, à la mort de Domitien, de
l'île où il avait été exilé, ce que confirme saint Clément d'Alexandrie. On
notera que Corinthe, si proche de l'apôtre Jean qui, aux dires de saint Clément
d'Alexandrie, allait sur invitation dans les pays voisins, s'adresse au
successeur de Pierre, l'évêque de Rome, ou, du moins, si celui-ci, de son
propre chef, intervient dans ses affaires, c'est qu'il représente plus que
l'évêque d'une église locale. Il suffit d'ailleurs de considérer la lettre
clémentine pour voir que le pape est d'autant plus sûr de son autorité que le
ton y est tranquille et serein et que, loin d'expliquer pourquoi il intervient,
il se contente de s'excuser de n'avoir pu faire plus tôt son devoir. On se
souvient aussi que les Corinthiens reçurent bien cette épître romaine et que
les communautés antiques la mettront presque au rang des écritures comme le
souligne Eusèbe de Césarée : en beaucoup d'Eglises, depuis longtemps et
encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.
Le pape Clément, en bon
disciple des apôtres, s'appuie solidement sur les Ecritures qu'il connaît et
manie parfaitement dans de longues citations ; ceci étant, en bon lettré
helléniste autant que latin, il ajoute des exemples et des maximes qui relèvent
de l'univers antique où affleurent Platon, Sophocle et Cicéron ; enfin, en bon
romain, il admire la bonne administration romaine et l'ordre des légions qui la
fonde. Clément de Rome est en admiration devant l'harmonie et la beauté de la
création, sa prière est lyrique et son verbe délicat et sensible. Certes, il
commande sans hésitations mais aussi sans brusquerie, modérant son énergie par
une douceur soutenue et, graduellement, par de longs développements
il enveloppe ses lecteurs pour les mener patiemment jusqu'à l'acceptation
de la correction dont personne ne doit s'irriter.
SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/11/23.php
Saint Clément de Rome
Pape vers 88-97. Culte
attesté à la fin du IVème siècle. Commémoré ce même jour dans toutes les
liturgies occidentales (Afrique, Gaule, Hispanie), et le lendemain chez les
Byzantins
Son nom est ajouté au
canon romain au VIIème siècle.
Semidouble dans le
calendrier de saint Pie V (qui garde quelques répons médiévaux et fait refaire
les leçons de l’office). Double par Pie VII en 1804.
Leçons des Matines avant
1960
AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Quatrième leçon. Clément,
fils de Faustinien, naquit à Rome dans le quartier du mont Cœlius et fut
disciple du bienheureux Pierre. Saint Paul fait mention de lui dans son Épître
aux Philippiens : « Je te prie aussi, dit-il, toi, mon fidèle compagnon, aide celles
qui ont travaillé avec moi pour l’Évangile, avec Clément et mes autres
coopérateurs, dont les noms sont écrits dans le livre de vie. » II partagea la
ville de Rome en sept parties, qu’il attribua à sept notaires, assignant à
chacun l’une de ces sept régions, avec la charge de recueillir soigneusement
tout ce que l’on savait sur les souffrances et les actes des Martyrs, et de
consigner toutes ces choses par écrit. Il composa lui-même avec soin plusieurs
ouvrages utiles, qui ont répandu de l’éclat sur la religion chrétienne.
R/. Tandis que saint
Clément était en prière, l’Agneau de Dieu lui apparut. * Une source vive
jaillissait sous son pied, le cours d’un fleuve abondant réjouit la cité de
Dieu. V/. J’ai vu sur la montagne un Agneau debout. * Une.
Cinquième leçon. Comme il
convertissait beaucoup de monde à la foi du Christ par ses enseignements et par
la sainteté de sa vie, l’empereur Trajan l’envoya en exil, au delà du
Pont-Euxin, dans les déserts qui s’étendent autour de la ville de Cher-son ; il
y trouva deux mille Chrétiens, condamnés par ce même Trajan à extraire et à
tailler le marbre. Un jour qu’ils souffraient du manque d’eau, Clément, après
avoir prié, monta sur une colline voisine, au sommet de laquelle il vit un
Agneau, touchant du pied droit une source d’eau douce qu’il faisait jaillir ;
tous y étanchèrent leur soif. Beaucoup d’infidèles furent amenés à la foi de
Jésus-Christ par ce miracle, et commencèrent aussi à concevoir de la vénération
pour la sainteté de Clément.
R/. Ils dirent tous d’une
voix unanime : Saint Clément, priez pour nous, * Afin que nous devenions dignes
des promesses du Christ. V/. Ce n’est pas en raison de mes mérites que le
Seigneur m’a envoyé vers vous, pour devenir participant de vos couronnes. *
Afin.
Sixième leçon. Trajan,
irrité de ces conversions, fit partir des émissaires avec ordre d’attacher une
ancre au cou de Clément et de le précipiter dans la mer. L’ordre fut exécuté ;
mais les Chrétiens s’étant mis en prières sur le rivage, la mer se retira de
trois milles. S’y étant avancés, ils trouvèrent un petit édifice de marbre en
forme de temple. A l’intérieur se trouvait une arche de pierre, où était déposé
le corps du Martyr, et à côté, l’ancre avec laquelle il avait été jeté dans les
flots. Les habitants de la région, frappés de ce prodige, embrassèrent la foi
de Jésus-Christ Dans la suite, sous le pontificat de Nicolas 1er, le corps de
saint Clément fut transporté à Rome et enseveli dans l’église qui porte son
nom. Une église fut aussi dédiée sous son vocable au lieu même de l’île où la
fontaine avait miraculeusement jailli. Ce Pontife occupa le Saint-Siège neuf
ans, six mois et six jours. Il fit, au mois de décembre, deux ordinations dans
lesquelles il ordonna dix Prêtres, deux Diacres, et sacra quinze Évêques pour
divers lieux.
R/. Seigneur, vous avez
donné à Clément, votre Martyr, dans la mer, une demeure de marbre construite en
forme de temple et préparée par la main des Anges : * Vous avez ouvert un
chemin aux peuples du pays, afin qu’ils racontent vos merveilles. V/. Seigneur,
vous avez ouvert à vos saints une voie dans la mer, et au milieu des flots, un
sentier. * Vous. Gloire au Père. * Vous.
Dom Guéranger, l’Année
Liturgique
La mémoire de Clément se
présente entourée d’une auréole particulière dans les origines de l’Église de
Rome. A ce moment où les Apôtres ont disparu, il semble éclipser Lin et Clet,
qui cependant avaient reçu avant lui l’honneur de l’épiscopat. On passe comme
naturellement de Pierre à Clément, et les Églises orientales ne célèbrent pas
son souvenir avec moins d’honneur que l’Église latine. Il fut bien
véritablement le Pontife universel, et l’on sent déjà que l’Église tout entière
est attentive à ses actes comme à ses écrits. Cette haute réputation lui a fait
attribuer tout un cycle d’écrits apocryphes, qu’il est aisé de démêler de ses
écrits véritables ; mais il est à noter que les faussaires qui ont jugé à
propos de lui prêter leurs propres œuvres, ou de bâtir des romans à son sujet,
s’accordent à le faire naître de race impériale.
Le temps a fait
disparaître, sauf un seul, les documents qui attestent l’intervention de
Clément dans les affaires des Églises lointaines ; mais celui qui nous est
resté montre en plein exercice la puissance monarchique de l’évêque de Rome dès
cette époque primitive. L’Église de Corinthe était agitée de discordes
intestines, que la jalousie à l’égard de certains pasteurs avait suscitées. Ces
divisions dont on découvre le germe dès le temps de saint Paul, avaient détruit
la paix et causaient du scandale aux païens eux-mêmes. L’Église de Corinthe
finit par sentir le besoin d’arrêter un désordre qui pouvait être préjudiciable
à l’extension de la foi chrétienne, et, dans ce but, il lui fallait chercher du
secours hors de son sein. A ce moment, tous les Apôtres avaient disparu de ce
monde, hors saint Jean qui éclairait encore l’Église de sa lumière. De Corinthe
à Éphèse, où résidait l’Apôtre, la distance n’était pas considérable ; néanmoins
ce ne fut pas vers Éphèse, mais vers Rome que l’Église de Corinthe tourna ses
regards.
Clément prit connaissance
des débats que les lettres de cette Église renvoyaient à son jugement, et fit
partir pour Corinthe cinq commissaires qui devaient y représenter l’autorité du
Siège apostolique. Ils étaient porteurs d’une lettre que saint Irénée appelle
très puissante, potentissimas litteras [2]. Elle fut jugée si belle et si
apostolique à cette époque première, que longtemps on la lut publiquement dans
plusieurs Églises, comme une sorte de continuation des Écritures canoniques. Le
ton en est digne, mais paternel, selon le conseil que saint Pierre donne aux
pasteurs. Rien n’y sent l’esprit de domination ; mais, à la gravité et à la
solennité du langage, on reconnaît la voix du pasteur universel, auquel nul ne
saurait désobéir, sans désobéir à Dieu lui-même.
Ce langage si solennel et
si ferme obtint son effet : la paix se rétablit dans l’Église de Corinthe, et
les messagers de l’Église romaine ne tardèrent pas à en rapporter l’heureuse
nouvelle. Un siècle après, saint Denys, évêque de Corinthe, témoignait encore
au pape saint Soter la gratitude de son Église envers Clément pour le service
dont elle lui était redevable.
Élevé à l’école des
Apôtres, Clément avait retenu dans une certaine mesure leur style et leur
manière. On les remarque aussi dans ses deux Lettres aux vierges, dont on avait
la trace par saint Épiphane et par saint Jérôme, et qui furent retrouvées au
XVIIIe siècle, en la traduction syriaque, sur un manuscrit apporté d’Alep [3].
Sainte Cécile déjà nous
le rappelait hier : Le principe de la continence vouée à Dieu fut dès l’origine
l’une des bases du christianisme, et l’un des moyens les plus efficaces dans la
transformation du monde. Le Christ avait relevé le mérite supérieur de ce
sacrifice, et saint Paul, comparant les deux états de la femme, enseignait que
la vierge est toute au Seigneur, tandis que l’épouse, malgré sa dignité,
demeure divisée [4]. Clément eut à développer cette doctrine, et c’est ce qu’il
fait dans ces deux lettres. Avant saint Athanase, saint Ambroise, saint Jérôme,
saint Jean Chrysostome et saint Augustin, ces grands docteurs de la virginité
chrétienne, il développa les enseignements de Pierre et de Paul sur ce sujet si
grave. « Celui ou celle, dit-il, qui aspire à cette grandeur d’une vie
supérieure, doit vivre comme les Anges d’une existence divine et toute céleste.
La vierge s’isole des attraits sensuels ; non seulement elle renonce au droit
qu’elle aurait de les suivre en ce qu’ils ont de légitime ; mais elle aspire à
cette espérance que Dieu, qui ne saurait tromper, entretient par sa promesse,
et qui dépasse celle qu’ont les hommes d’avoir une postérité. En retour de leur
généreux sacrifice, leur partage au ciel est la félicité même des Anges. »
Tel était le langage du
disciple de Pierre, choisi par lui pour mettre la main au renouvellement de la
Babylone romaine. Il ne fallait pas moins que cette forte doctrine, pour lutter
avec avantage contre le débordement des mœurs de l’Empire. Si le christianisme
se fût contenté d’inviter les hommes à l’honnêteté, comme faisaient les
philosophes, ses efforts eussent été en pure perte. Le stoïcisme, en
surexcitant l’orgueil chez quelques-uns, pouvait amener à mépriser la mort ; il
était impuissant à faire reculer le sensualisme, dans lequel il faut
reconnaître le plus puissant auxiliaire de la tyrannie des Césars. L’idéal de
la chasteté, jeté au sein de cette société dissolue, pouvait seul arrêter le
torrent d’ignominie qui menaçait de submerger toute dignité humaine. Pour le
bonheur du monde, la morale chrétienne parvint à se faire jour, et les exemples
éclatants se joignant aux maximes, on dut enfin en tenir compte La corruption
romaine s’étonna en entendant parler de la virginité, comme de l’objet du culte
et de la pratique d’un grand nombre de sectateurs de la religion nouvelle, et
cela dans un moment où les plus beaux privilèges, joints aux plus terribles
châtiments, avaient peine à contenir dans le devoir les six vestales sur la
fidélité desquelles reposaient l’honneur et la sécurité de la Ville éternelle.
Vespasien et Titus eurent connaissance des infractions que ces gardiennes du
Palladium se permettaient à l’égard de leur premier devoir ; mais ils jugèrent
que le niveau auquel étaient descendues les mœurs ne permettait plus d’infliger
à ces infidèles les pénalités antiques.
Le moment devait
cependant arriver bientôt où les empereurs, le sénat, Rome tout entière,
allaient apprendre, en lisant la première Apologie de saint Justin, les
merveilles de pureté dont l’enceinte de Babylone était le théâtre. « Parmi
nous, en cette ville, leur disait l’apologiste, des hommes, des femmes, en
nombre considérable, ont atteint déjà l’âge de soixante à soixante-dix ans ;
mais élevés dès leur enfance sous la loi du Christ, ils ont persévéré jusqu’à
cette heure dans l’état de virginité, et il n’est pas de pays dans lequel je
n’en pourrais signaler de semblables. » Athénagore, dans son mémoire présenté à
Marc-Aurèle peu d’années après, pouvait dire à son tour : « Vous trouverez
parmi nous, tant chez les hommes que chez les femmes, une multitude de
personnes qui ont passé leur vie jusqu’à la vieillesse dans l’état de
virginité, n’ayant d’autre but que de s’unir à Dieu plus intimement. »
Clément était prédestiné
à la gloire du martyre ; une sentence d’exil le relégua dans la Chersonèse, sur
le Pont-Euxin. Les Actes qui détaillent les circonstances de ses souffrances
remontent à une haute antiquité ; nous n’avons pas à les discuter ici. Ils
racontent que Clément trouva dans cette presqu’île un nombre considérable de
chrétiens déportés avant lui, et employés à l’exploitation des carrières de
marbre, qui étaient riches et abondantes en Chersonèse. La joie des chrétiens à
la vue de Clément s’explique d’elle-même ; son zèle à propager la foi dans
cette lointaine contrée et les succès de son apostolat n’ont rien qui doive
surprendre. Le miracle d’une fontaine jaillissant de la roche à la parole de
Clément, pour désaltérer les confesseurs, est un fait analogue à cent autres
que l’on rencontre dans les Actes les plus authentiques des saints. Enfin
l’apparition d’un agneau mystérieux sur la montagne, où il marque de son pied
le lieu d’où l’eau va jaillit, reporte la pensée vers les premières mosaïques
chrétiennes sur lesquelles on voit encore le symbole de l’agneau debout sur un
monticule verdoyant. Au IX° siècle, Cyrille, l’apôtre des Slaves, retrouva près
de Cherson les restes précieux du Pontife Martyr ; Clément rentra dans Rome, et
l’insigne église qui, selon l’expression de saint Jérôme, gardait la mémoire de
son nom dans la Ville éternelle [5], posséda de lui désormais mieux qu’un
souvenir. Souvenir inestimable déjà cependant, non moins pour la science que
pour la piété : au témoignage d’antiques traditions, cette église était bâtie sur
l’emplacement de la demeure habitée par Clément dans la région du Cœlius qui
fut de son temps, on le sait par ailleurs, le quartier préféré de
l’aristocratie romaine ; or, les investigations archéologiques de ce dernier
demi-siècle ont permis de retrouver, sous l’abside môme de la basilique
primitive, et lui formant comme une sorte de confession ou d’hypogée, les
chambres d’une habitation privée dont le style et les ornements se révèlent
contemporains des Flaviens [6].
[2] Contra haereses, III,
III, 3.
[3] Bien que de récents
critiques aient mis en doute l’authenticité du texte reconnu par d’autres comme
étant celui de Clément aux vierges, le fait de l’intervention du saint Pape en
faveur de la virginité n’en reste pas moins appuyé par les témoignages
concordants de saint Épiphane (H. XXX, 15) et de saint Jérôme (Contra Jovinian.
I, 12).
[4] I Cor. 7.
[5] Hieron. De viris
illustr. XV.
[6] Mullooly, Saint
Clément, and his basilica ; De Rossi, Bulletin, 1863, 1870, etc.
Bhx Cardinal
Schuster, Liber Sacramentorum
Le titre de Clément est
déjà mentionné par saint Jérôme : Nomini eius memoriam usque hodie Romae
extructa ecclesia custodit [7] ; et il se rapporte très probablement à un
souvenir domestique de son titulaire dont le Liber Pontificalis nous dit en
effet qu’il était de regione Cœliomonte [8]. Les Actes de Clément sont, il est
vrai, apocryphes ; mais son martyre était indiscuté, à Rome, au IVe siècle, si
bien que Rufin, le pape Zosime et le Sacramentaire Léonien en témoignent. Il
n’y a donc aucune raison sérieuse d’en douter. Selon les Actes il aurait été
enseveli à Cherson en Crimée, et en effet, le pèlerin Théodose nous dit dans
son « Itinéraire » que ibi domnus Clemens martyrizatus est [9]. Un grand nombre
d’archéologues pensent que quelque confusion se sera produite entre Clément
romain et un martyr homonyme, de Sébastopol.
Lorsque, en 868, les deux
frères Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves, allèrent à Rome pour justifier
leur mission devant Adrien Ier, ils apportèrent avec eux, pour en faire don au
Pape, les reliques de saint Clément retrouvées par eux à Cherson. Une peinture
de l’antique basilique souterraine de Saint-Clément à Rome reproduit le cortège
triomphal du Pape, du peuple et du clergé romain accompagnant le corps de Saint-Pierre
jusqu’au vieux titre du Mont Cœlius.
Le dominicum clementis,
comme on le trouve nommé sur une médaille d’identité d’un esclave, mentionnée
par Baronius, se dresse au-dessus de toute une série d’édifices anciens
superposés. Au niveau primitif, on reconnaît un mur en opus quadratum du Ve ou
du vie siècle de Rome, et que J.-B. De Rossi estimait avoir appartenu à une
fabrique de monnaie ; la seconde stratification est représentée par une riche
maison du Ier siècle, laquelle peut très bien correspondre au lieu où Clément
réunissait ses disciples. A côté de cette maison, on a retrouvé un repaire des
adorateurs de Mithra. Sur ces édifices s’éleva, dans la première moitié du IVe
siècle, le dominicum clementis qui demeura debout jusqu’en 1084, époque où Robert
Guiscard, dans sa lutte contre Henri IV, mit à feu et à sang toute cette région
du mont Cœlius autour du Latran.
Enfin, au début du XIIe
siècle, un cardinal titulaire du nom d’Anastase fut chargé par Pascal II de
reconstruire la basilique — celle que nous voyons actuellement — et il conserva
les ambons et l’autel de l’église précédente. Les reliques du pape Clément et
celles d’Ignace d’Antioche, qu’une ancienne tradition dit être conservées en
cette église, sont mentionnées dans les vers suivants :
IMPIVS • INSANO • TE •
MERSIT • IN • AEQVORA • CAESAR
HIS • POSITIS • ARIS •
NVNC • PIA • ROMA • COLIT.
VICINVM • TIBI • PROBRA •
TVLIT • NVMEROSA • THEATRUM
HIC • TIBI • DELATVS •
PROBRA • REFENDIT • HONOS.
Un impie, César, eut la
folle pensée de te noyer dans la mer ;
maintenant Rome
prosternée devant ces autels te vénère.
Dans l’amphithéâtre
voisin (ô Ignace), tu fus accablé d’injures,
que veut à présent
compenser le culte honorifique qui t’est rendu.
L’introït semble formé de
différents passages d’Isaïe (LIX, 21 ; LVI, 7). « Le Seigneur dit : Ma parole
ne fera pas défaut sur tes lèvres, car ton nom y est engagé ; et tes sacrifices
seront agréés sur mon autel [10]. » Adest enim nomen tuum, ce qui comporte un
programme de clémence et de miséricorde.
Collecte. — « O Dieu, qui
nous donnez un sujet de joie dans la solennité annuelle de votre Martyr et
Pontife saint Clément, faites par votre bonté que, célébrant sa naissance au
ciel, nous imitions en même temps son courage dans les souffrances. »
Et quoi ? tous les
chrétiens sont-ils donc prédestinés au martyre, pour que l’Église, dans la
collecte que nous venons de transcrire, demande d’une façon générale : virtutem
passionis imitemur ? Non ; tous ne sont pas appelés à la grâce de verser leur
sang pour la foi ; mais la vie chrétienne elle-même, avec le frein qu’elle
impose aux passions, avec la mortification qu’elle exige, avec le renoncement à
nous-mêmes pour que le Christ vive en nous, est comparée par les Pères à un dur
et lent martyre.
La première lecture,
tirée de l’épître aux Philippiens (3, 17-21 ; 4, 1-3) est la même que le XXIIIe
dimanche après la Pentecôte. Ce passage a été choisi parce que l’Apôtre, après
avoir parlé des chrétiens adonnés aux plaisirs du monde, qui sont une ironie
pour la Croix du Christ, et leur opposant la vie toute d’humilité et de
mortification des vrais fidèles, mentionne parmi ses collaborateurs dans la
prédication de l’Évangile un Clément dont le nom est enregistré dans le livre
de vie. Est-ce le même que le Pape qui porta ce nom ? Beaucoup le supposent, et
il n’y a pas de sérieuses raisons pour le nier. Lorsque, durant sa première
captivité à Rome (61-62), saint Paul écrivit l’épître aux Philippiens, Clément
pouvait être encore jeune. Il mourut sous Trajan, vers le début du IIe siècle,
en sorte que, malgré son grand âge, le disciple de saint Paul n’aurait pas
dépassé pour cela la commune moyenne de la vie humaine.
Vers la fin du Ier
siècle, le nom de Clément reparaît dans la première partie du Poimên qu’Hermas,
frère de celui qui devait devenir le pape Pie Ier, rédigeait à Rome sur la
question, alors si agitée, de la pénitence. Clément fut chargé de répandre des
exemplaires de ce petit livre dans les villes étrangères : car cela est son
office. Nous voyons là une nouvelle preuve de la sollicitude universelle que
nourrissaient dès lors les premiers Pontifes pour le gouvernement de l’Église
catholique tout entière.
La lecture évangélique,
selon la liste de Würzburg, contient la parabole des talents partagés aux
serviteurs ; tandis que le Missel actuellement en usage [11] assigne un autre
passage de saint Matthieu (24, 42-47) affecté au Commun des Confesseurs
pontifes : Vigilate. Le verset de la Communion justifie d’ailleurs le choix de
ce second texte, que nous avons déjà rapporté le 25 mai, pour la fête de saint
Grégoire VII [12].
La mission de veiller est
imposée particulièrement aux évêques ; si bien que leur nom lui-même exprime en
grec la surveillance qu’ils doivent exercer sans cesse sur leur troupeau.
Secrète. — « Sanctifiez,
Seigneur, nos offrandes, et par leur efficacité et l’intercession du
bienheureux pontife et martyr Clément, purifiez-nous de nos péchés. » [13] Dans
cette antique prière est fort bien exprimé le fruit satisfactoire du divin
Sacrifice. Trop de chrétiens aujourd’hui l’oublient, et assistent à la messe
avec si peu de componction que leur conscience semble n’avoir aucun péché à
expier. Comme si l’autel n’était pas le trône de grâce érigé par Dieu au centre
de son Église militante elle-même !
[7] De viris illustr.,
XV. : Jusqu’à aujourd’hui une église construite à Rome garde la mémoire de son
nom.
[8] (Ed. Duchesne) I,
123.
[9] GEYER, Itinera, p.
143. : Là, le Seigneur Clément fut martyrisé
[10] Ce texte est celui
du Graduel, selon l’édition Vaticane, et non pas celui du Missel. Voir note
n°13
[11] Jusqu’en 1942 : lors
de l’imposition du [Commun des Souverains Pontifes->305, on lui substitua
l’évangile de ce commun, Matt. 16, 13-19.
[12] Ce verset de
Communion a lui aussi été changé en 1942, voir note précédente.
[13] Remplacée elle aussi
en 1942 par la secrète du Commun des Souverains Pontifes
Dom Pius Parsch, le Guide
dans l’année liturgique
“L’Agneau de Dieu lui
apparut, de dessous les pieds duquel jaillissait une source”
Saint Clément, disciple
de saint Pierre, régna comme pape de 90 à 101 ; saint Paul le mentionne (Phil.,
4, 3) comme son compagnon. Sa lettre aux Corinthiens est une vénérable relique
de ce Père Apostolique. Le bréviaire raconte ceci à son sujet : Son zèle pour
les âmes le fit bannir par l’empereur Trajan en Chersonèse (presqu’île de
Crimée), où il trouva 2000 chrétiens que ce même empereur y avait exilés. En
arrivant parmi eux, saint Clément se mit à les consoler : “Tous criaient d’une
seule voix : Priez pour nous, saint Clément, afin que nous soyons dignes des
promesses du Christ. Il leur dit : Ce n’est pas à cause de mes mérites que le
Seigneur m’a envoyé à vous pour me faire partager votre couronne” (5e répons).
Comme ils se plaignaient d’être forcés d’aller chercher de l’eau potable à six
milles de distance, il leur donna ce conseil : “Prions tous le Seigneur
Jésus-Christ d’ouvrir une source pour ses confesseurs” (Ant. de Magn. aux 1res
vêpres). “Pendant que saint Clément priait, l’Agneau de Dieu lui apparut, sous
les pieds duquel coulait une source d’eau vive” (4e répons). A ce miracle,
“tous les païens des environs embrassèrent la foi” (Ant.). Lorsque Trajan en
eut connaissance, il donna l’ordre de jeter Clément à la mer avec une ancre au
cou : “Quand il commença à se diriger vers la mer, le peuple s’écria d’une voix
forte : Seigneur Jésus-Christ, sauvez-le. Mais Clément disait en pleurant :
Père, recevez mon esprit” (Ant. de Ben.). Les chrétiens allèrent sur le rivage
prier Dieu de leur rendre le corps. Alors, la mer s’étant retirée à trois
milles, ils trouvèrent le corps du saint dans un sarcophage de pierre, placé à
l’intérieur d’une petite chapelle de marbre, et à côté de lui l’ancre. “Vous
avez, Seigneur, préparé dans la mer une demeure à votre martyr Clément, à la
manière d’un temple de marbre fabriqué par la main des anges” (6e répons). Le
corps de ce saint fut apporté plus tard, sous Nicolas 1er (858-67), à Rome par
les deux apôtres des Slaves, les saints Cyrille et Méthode, et déposé dans l’église
qui lui est dédiée (Saint Clément). Cette église est l’une des plus vénérables
de Rome parce qu’elle montre encore parfaitement l’ancienne ordonnance
liturgique de la primitive Église.
La Messe Dicit Dominus. —
La messe se compose en grande partie de textes du commun (autrement dit de
formules qui ne lui sont pas particulières) et, pour une part moins importante,
de textes propres (Introït et Épître). La messe nous montre le pontife, une
image du Pontife divin. A l’Introït, nous entendons le Seigneur conférer sa
mission à notre saint, comme il le fit pour les anciens prophètes. Dieu lui
parle : sa parole, qui est la parole de Dieu, et son sacrifice seront
efficaces. Le psaume que nous chantons est le “cantique de l’homme juste” ; ce
juste est saint Clément, qui fut fidèle à Dieu et miséricordieux envers ses
semblables. A l’Oraison, nous prions pour obtenir le courage dont il a fait
preuve dans sa passion. L’Épître (la même que celle du 23e dimanche après la
Pentecôte) a été choisie parce que le nom de saint Clément y figure : “Son nom
est inscrit dans le livre de vie.” Mais nous pouvons aussi considérer le
passage comme un sermon que le saint nous adresse et y souligner
particulièrement les pensées de la parousie. Dans les chants intermédiaires, le
“prêtre couronné” se tient devant nous. L’Évangile et la Communion nous
montrent le serviteur vigilant qui a pris fidèlement soin de sa famille et que
le Seigneur a trouvé vigilant (c’est notre saint Clément ; c’est aussi ce que
nous devons être, nous qui sommes mystiquement unis à lui). Ce passage a
d’autant plus de valeur pour nous qu’il se réfère aux paroles du Christ sur la
fin du monde. Il convient très bien pour les dernières semaines de l’année
ecclésiastique. L’office de saint Clément tout entier est enveloppé de
l’atmosphère de la parousie. L’Agneau sous les pieds duquel jaillit une source
est l’image du Saint-Sacrifice de la Messe qui nous apporte aussi le
rafraîchissement, à nous, enfants des hommes, exilés et assoiffés.
SOURCE : http://www.introibo.fr/23-11-St-Clement-Ier-pape-et#nh6
Richard de Montbaston,
Martyre de saint Clément dans la "Legenda aurea" de saint Jacques de Voragine XIVe
SAINT CLÉMENT *
Clément veut dire glorieux esprit, venant de cleos, gloire, et mens, esprit. En effet son esprit soit pur de toute tache, orné de tonte vertu, et décoré maintenant de toute félicité. Félicité. qui consiste, d'après saint Augustin, en son livre De la Trinité, en ce que notre être n'y sera pas sujet à la mort, notre science à l’erreur, et notre amour à contradiction. Ou bien Clément vient de clémence, parce qu'il fut clément et très miséricordieux. Ou bien encore Clément, ainsi qu'il est dit au Glossaire, signifie doux, juste, mûr et pieux. Il fut juste dans ses actions, doux dans ses paroles, mûr dans sa conduite, pieux dans ses intentions. Il a intercalé lui-même sa vie dans son itinéraire, principalement jusqu'à l’endroit où il montre comme il a succédé à saint Pierre dans son pontificat. Le reste est recueilli de ses gestes, qui se trouvent partout.
Clément, évêque, était d'une noble famille de Rome. Son père s'appelait Faustinien et sa mère Macidiane; il eut deux frères, Faustin et Fauste. Comme Macidiane était douée d'une merveilleuse beauté, le frère de son mari s'éprit vivement pour elle d'un amour criminel. Or, comme il la tourmentait tous les jours et qu'elle ne voulait consentir en rien en ses desseins, que d'ailleurs elle n'osait pas révéler ses poursuites à son mari, dans la crainte de susciter des inimitiés entre les deux frères, elle pensa un certain temps à quitter sa patrie, pour laisser calmer cet amour illicite, qu'enflammait sa présence. Afin d'en obtenir la permission de son mari, elle feignit, avec une grande adresse, d'avoir eu, un songe qu'elle lui raconta ainsi : « Un homme m’apparut et me commanda de quitter la, ville au plus tôt avec mes deux jumeaux, Faustinien et Fauste, et de rester absente jusqu'à ce qu'il me donnât l’ordre de revenir. Que si je ne le faisais pas,: je mourrais en même temps que mes deus fils. » En entendant ces paroles, Faustinien fut épouvanté; il envoya donc sa femme et; les deux enfants à Athènes avec de nombreux serviteurs. Quant au plus petit qui se nommait Clément, âgé seulement de cinq. ans, le père le garda auprès de soi comme un sujet de consolation. Or, comme la mère naviguait avec ses enfants, une nuit que le vaisseau fit naufrage elle fut jetée par les flots sur un rocher où elle se sauva sans eux. Dans la conviction qu»ils avaient péri, elle ressentit une si grande douleur qu'elle se serait précipitée au fond de la mer, si elle n'eût espéré recueillir leurs cadavres. Mais, quand elle vit qu'elle ne pouvait les retrouver ni vivants ni morts, elle se mit à pousser des clameurs et des hurlements extraordinaires, se déchirant les mains avec les dents; elle ne voulait accepter aucune consolation de qui que ce fût. Il y avait là beaucoup de femmes qui lui racontaient leurs propres infortunes, mais sans qu'elle reçût aucun soulagement. Alors se présenta une femme qui dit avoir perdu dans la mer son mari qui était un jeune matelot; elle, ajouta que, par amour pour lui, elle avait refusé de se remarier. Macidiane, ayant ressenti quelque consolation auprès de cette femme, resta chez elle en se procurant sa nourriture de chaque jour du travail de ses mains. Quelque temps après, ses mains qu'elle avait déchirées par ses morsures répétées, devinrent insensibles et paralysées, au point qu'elle ne pouvait plus s'en servir pour aucun travail. La femme qui l’avait reçue tomba percluse, et ne put quitter le lit. Alors Macidiane fut forcée à mendier, et elle se nourrissait avec son hôtesse de ce qu'elle avait pu trouver. Un an après que Macidiane avait quitté sa patrie avec ses enfants, son mari envoya des messagers à Athènes pour les rechercher et savoir ce qu'ils faisaient. Mais ceux qui avaient été envoyés ne revinrent pas. Enfin il en envoya d'autres qui lui rapportèrent n'avoir trouvé d'eux aucune trace. Alors Faustinien laissa son fils Clément à des tuteurs, et s'embarqua lui-même pour aller chercher sa femme et ses fils; mais il ne revint pas à son tour. Pendant vingt ans, saint Clément resta abandonné et dans l’impossibilité d'avoir aucun renseignement sur sort père, sa mère et, ses frères. Il s'adonna à l’étude des lettres, et devint un grand philosophe. Il s'appliquait tout spécialement à savoir comment il, pourrait acquérir la preuve de l’immortalité de l’âme. Pour cela il fréquentait les écoles des philosophes, et quand il en avait rencontré une où il avait découvert une preuve qu'il était immortel, il se trouvait dans le bonheur; mais si on venait. à conclure qu'il était mortel, il se retirait plein de tristesse.
Enfin saint Barnabé vint à Rome et prêcha la foi de J.-C. ; mais les philosophes se moquaient de lui comme d'un fou et d'un insensé. L'un d'eux (quelques-uns pensent que c'était le philosophe Clément qui se moquait de l’apôtre tout d'abord comme les autres, et qui méprisait sa prédication) posa cette question à saint Barnabé par dérision : « Le moucheron est un tout petit animal; comment se fait-il qu'il ait six pattes et encore des ailes, tandis que l’éléphant, qui est si gros, n'a pas d'ailes et seulement quatre pattes? » « Insensé, lui répondit Barnabé, je pourrais bien facilement répondre à votre question, si vous paraissiez rechercher à connaître la vérité : mais ce serait chose absurde de vous parler des créatures, puisque leur créateur vous est inconnu. Que si vous ne connaissez pas le créateur, il est juste que vous vous trompiez au sujet des créatures. » Cette parole se grava. au fond du coeur du philosophe Clément qui, ayant été instruit par Barnabé, reçut la foi en J.-C., et s'en alla quelque temps après dans la Judée trouver saint Pierre. Cet apôtre lui expliqua la foi chrétienne et lui démontra avec évidence l’immortalité de l’âme. En ce temps-là, Simon le magicien avait deux disciples, Aquila et Nicolas, qui, reconnaissant ses impostures, l’abandonnèrent pour se réfugier auprès de saint Pierre dont ils devinrent les disciples. Saint- Pierre ayant interrogé Clément sur sa famille, celui-ci lui raconta tout au long ce qu'il savait de sa mère et de ses frères, ensuite de son père ; il ajouta qu'il croyait que sa mère avait péri dans les flots avec ses frères, et que son père était mort de chagrin, ou bien aussi dans un naufrage. Quand saint Pierre entendit cela, il ne put retenir ses larmes. Une fois, saint Pierre vint avec ses disciples; à Antandros, et de là à une île éloignée de six milles, où restait Macidiane, la mère de Clément, et où se trouvaient des colonnes de verre d'une merveilleuse grandeur. Pierre étant à les admirer avec les autres, vit Macidiane qui mendiait, et lui fit des reproches de ce qu'elle ne préférait pas travailler de ses mains. Elle répondit : « Je parais bien avoir des mains, seigneur, mais elles ont été tellement affaiblies par les morsures qu'elles sont devenues tout à fait insensibles, et plût au ciel que je me fusse précipitée dans la mer pour ne plus vivre davantage. » « Que dites-vous là ? reprit saint Pierre; ne savez-vous pas que les àmes de ceux qui se suicident sont gravement punies? » « Plût à Pieu qu'il me soit prouvé que les âmes vivent après la mort : car je me tuerais bien volontiers afin que je puisse voir mes chers enfants, ne serait-ce qu'une heure ! » Alors saint Pierre lui ayant demandé la cause d'une si profonde tristesse, et Macidiane lui ayant raconté de point en point ce qui s'était passé, l’apôtre lui dit : « Il y a chez nous, un jeune homme nommé Clément qui prétend que ce que vous racontez est arrivé à sa mère et à ses frères. » En entendant cela, elle fut frappée d'une stupeur étrange et tomba évanouie. Revenue à elle-même, elle dit avec larmes : « C'est moi qui suis la mère du jeune homme. » Et se jetant aux pieds de saint Pierre, elle le pria de daigner lui faire voir au plus tôt son fils. Pierre lui dit « Quand vous verrez ce jeune homme, dissimulez un peu, jusqu'à que ce nous soyons sortis de l’île avec le vaisseau. » Après qu'elle eut promis de le faire, Pierre lui prit la main et la conduisit au vaisseau où était Clément. Quand Clément vit saint Pierre conduisant une femme par la main, il se mit à rire. Aussitôt que la femme fut près de Clément, elle ne put se contenir, se jeta à son cou et se mit à l’embrasser une infinité de fois. Clément, qui la prenait pour une folle, la repoussait avec une grande indignation, et il n'en ressentit pas une moins grande contre saint Pierre. Celui-ci lui dit : « Que fais-tu, Clément, mon fils ? ne repousse pas ta mère. » A ces mots, Clément tout en larmes tomba dans les bras de sa mère qui était pâmée et commença à la reconnaître. Pierre se fit amener la paralytique qui avait donné l’hospitalité à Macidiane et la guérit aussitôt. Ensuite la mère s'informa de son mari auprès de Clément qui lui répondit : « Il est parti pour vous chercher et il n'est plus revenu. » En l’entendant elle poussa un soupir: car l’extrême joie d'avoir retrouvé son fils la consolait des autres douleurs.
Sur ces entrefaites, arrivèrent Nicétas et Aquila qui, eu voyant une femme avec saint Pierre, demandèrent qui elle était. Clément leur. dit : « C'est ma mère que le Seigneur m’a rendue, par l’entremise de mon maître Pierre. » Après quoi saint Pierre leur raconta tout ce qui était arrivé. Quand Nicétas et Aquila eurent entendu ce récit, ils se levèrent subitement, saisis de surprise, et commencèrent à dire: « Seigneur Dieu créateur, est-ce vrai ce que nous avons ouï, ou bien est-ce un songe? » Pierre leur dit : « Mes enfants, nous ne sommes pas insensés, mais tous ces détails sont vrais. » Alors Nicétas et Aquila s'embrassant : « C'est nous qui sommes Faustin et Fauste que notre mère croit avoir été engloutis dans la mer. » Ils coururent se jeter dans les bras de leur mère et ne cessaient de l’embrasser. « Que signifie ceci, reprit Macidiane ? » Pierre répliqua : « Ce sont tes fils Faustin et Fauste que, tu croyais avoir péri dans la mer. » En entendant ces paroles, Macidiane, devenue, comme insensée, tomba en pâmoison ; et quand elle fut revenue à elle-même : « Je vous en conjure, dit-elle, mes très chers enfants, racontez-moi comment vous avez échappé. » « Après que le vaisseau eut été brisé, répondirent-ils, nous nous étions mis sur une table, quand des pirates, qui nous rencontrèrent, nous firent monter sur leur vaisseau, et après nous avoir fait changer de nom, ils nous vendirent à une honnête veuve appelée Justine, qui nous traita comme ses enfants et nous fit instruire dans les arts libéraux; enfin nous avons étudié la philosophie, et nous nous sommes attachés à Simon, un magicien qui avait été élevé avec nous: mais quand nous avons découvert ses fourberies, nous l’avons quitté tout à fait pour devenir les disciples de Pierre par l’entremise de Zachée. » Le lendemain saint Pierre prit les trois frères et descendit dans un lieu- retiré pour prier. Un vieillard vénérable, mais d'un extérieur qui indiquait la pauvreté, les harangua en ces termes : « J'ai compassion de vous, mes frères, parce que sous l’apparence de la piété, je vois que vous vous trompez lourdement car il n'existe point de Dieu, il ne doit donc exister aucun culte : ce n'est pas la providence c'est le hasard et la destinée dès le moment de la naissance qui font tout dans le monde; ainsi que je m’en suis convaincu moi-même, car je suis bien plus instruit que les autres dans la science des mathématiques Ne vous y trompez point, que vous priiez ou non, ce que votre horoscope contient; vous arrivera. » En regardant ce vieillard, Clément se sentait intérieurement touché, et il lui semblait qu'il l’avait vu quelque part ailleurs. Or, comme d'après l’ordre de saint Pierre, Clément, Aquila et Nicétas avaient longtemps discuté avec ce vieillard, et lui avaient démontré par des raisons évidentes l’existence de la providence, il leur était arrivé de l’appeler, par déférence, du nom de père, quand Aquila dit: « Qu'est-il besoin que nous l’appelions père, puisque sur la terre nous n'avons pas le droit de donner ce nom à personne ? » Puis regardant le vieillard: « Ne prenez pas comme une injure, père, le reproche que j'ai adressé à mon frère de vous avoir appelé père; car nous avons l’ordre de ne donner ce nom à personne. » Comme Aquila parlait ainsi tous ceux qui étaient présents se mirent à rire, le vieillard et saint Pierre ayant demandé pourquoi on riait : « C'est, lui dit Clément, que tu fais ce que tu reproches aux autres, en appelant le vieillard père. » Mais Aquila disait que non : « Au reste je ne sais, dit-il, si je l’ai appelé père. » Enfin quand on eut assez discuté sur la providence, le vieillard prit la parole : « Je croirais bien qu'il existe une providence, mais ma propre conscience m’empêche d'adhérer à cette croyance. En effet j'ai connu mon horoscope et celui de ma femme, et je sais que ce qu'il pronostiquait à chacun de nous est arrivé. Écoutez le thème de ma femme et vous trouverez ce qui devait lui arriver et qui lui est arrivé en effet. Elle eut Mars avec Vénus au centre, la lune était au couchant dans le rayon de Mars et le voisinage de Saturne. Pronostic qui indique l’adultère, l’amour de ses esclaves, les voyages lointains, la mort dans l’eau; or, c'est ce qui est arrivé réellement : car elle aima son esclave, et redoutant le péril et le mépris, elle s'enfuit avec lui et périt en mer. En effet, d'après ce que mon frère m’a rapporté, elle s'éprit d'abord de lui-même, mais comme il ne voulut point l’écouter, elle reporta son amour criminel sur un esclave ; il ne faut pourtant pas lui en faire un crime, parce que son horoscope l’a poussée à agir ainsi ; ensuite il me raconta qu'elle avait simulé un songe, les circonstances de son départ pour Athènes, avec ses enfants, enfin sa mort dans la mer. »
Les enfants voulaient se jeter à son cou et lui expliquer, ce qu'il en était, mais saint Pierre les en empêcha. «Restez tranquilles, leur dit-il, jusqu'à ce qu'il me plaise.» Puis il dit au vieillard : « Si aujourd'hui je te montrais ta femme, ayant toujours gardé la chasteté, de plus tes trois fils, croiras-tu que la destinée n’est rien ? » «Il t’est aussi impossible; répondit le vieillard, de montrer ce que tu m’as promis, qu'il est impossible que rien n'arrive contre les lois du Destin. » « Eh bien! lui dit saint Pierre, voici ton fils Clément, et voilà tes deux jumeaux Faustin et Fauste. » A ces mots le vieillard tomba pâmé et sans mouvement. Alors ses fils se précipitèrent pour l’embrasser; tout en craignant qu'il ne pût reprendre ses esprits. Enfin revenu à lui; il écouta les détails de tout ce qui était arrivé. Tout à coup sa femme arriva en criant avec larmes : « Ou est mon époux et mon maître? » Et comme elle criait cela ainsi que l’aurait fait une insensée, le vieillard accourut et l’embrassa avec larmes en la pressant, dans ses bras. Or, ils étaient encore ensemble quand arriva, une personne annonçant qu'Apion et Ambion, deux amis intimes de Faustinien, étaient logés avec Simon le magicien. Faustinien, très joyeux de leur arrivée, alla leur faire visite ; à l’instant un courrier vient annoncer que le ministre de César était à Antioche pour rechercher tous les magiciens et les punir de mort. Alors Simon, en haine des deux enfants qui l’avaient abandonné, fit prendre les traits de son visage à celui de Faustinien en sorte que tout le monde croyait voir Simon le magicien et non pas Faustinien. Ce qu'il fit pour que ce dernier fût appréhendé à sa place par les ministres de César et fût mis à mort. Quant à Simon il quitta le pays. Faustinien étant revenu vers saint Pierre et vers ses enfants, ceux-ci furent épouvantés de voir les traits de Simon, et d'entendre la voix de leur père. Saint Pierre seul voyait le visage naturel du vieillard. Ses enfants et sa femme le fuyaient et le maudissaient, tandis qu'il leur disait : « Pourquoi maudire votre père et le fuir? » Ils lui répondirent qu'ils le fuyaient parce qu'il apparaissait avec le visage de Simon le magicien. Et en effet Simon avait confectionné une espèce d'onguent dont il avait frotté la figure (362) de Faustinien et par la vertu de soir art magique, il lui avait fait prendre ses traits. Alors Faustinien se désolait : « Quel est donc, disait-il, mon malheur ! le même jour que je suis reconnu par ma femme et mes enfants, ne pourrais-je me réjouir avec eux? » Son épouse, les cheveux épars, et' ses enfants pleuraient beaucoup.
Or, Simon le magicien,
durant son séjour à Antioche, avait beaucoup décrié saint Pierre, en publiant
que c'était un magicien pernicieux et un homicide : enfin il avait tant excité
le peuple contre le saint apôtre que beaucoup tenaient à le trouver, afin de
déchirer sa chair avec les dents. Alors saint Pierre dit à Faustinien : «
Puisqu'on te prend pour Simon le magicien, vas à Antioche, et là, devant tout
le peuple, disculpe-moi, et rétracte tout ce qu'a dit Simon de son propre chef,
à mon sujet : après quoi j'irai à Antioche, et je ferai disparaître ce visage
qui n'est pas le tien, et devant tout le peuple, je te rendrai les traits qui
t'appartiennent. Il est toutefois absolument incroyable que saint Pierre eût
commandé de mentir, puisque Dieu n'a pas besoin de nos mensonges. Aussi
l’Itinéraire de saint Clément, où l’on trouve écrits ces détails, est-il un
livre apocryphe, et on ne doit pas y ajouter confiance dans des récits pareils,
quoi qu'en disent certaines gens: On peut l’excuser néanmoins, car si l’on pèse
bien les paroles de saint Pierre, on voit qu'il n'a pas dit à Faustinien de
s'annoncer comme étant Simon le magicien, mais de se montrer au peuple sous les
traits imprimés en sa figure et de recommander saint Pierre au nom de Simon, en
même temps qu'il démentirait toutes les méchancetés que Simon lui-même avait
répandues. Alors Faustinien dit qu'il était Simon, non pas quant à la réalité,
mais quant à l’apparence. Ainsi les paroles de Faustinien rapportées plus haut
: « Moi, Simon, etc. » doivent s'entendre ainsi, quand à l’apparence je parais
être Simon. Ce fut Simon... c'est-à-dire, qu'on le prit pour Simon. Faustinien;
père de Clément, alla donc à Antioche, et dit au peuple convoqué: « Moi, Simon,
je vous annonce et vous confesse que je vous ai trompés en tout point au sujet
de Pierre: non seulement ce n'est pas un séducteur ni un magicien, mais il a
été envoyé pour le salut du monde. En sorte que s'il m’arrivait encore de
parler contre lui, chassez-moi comme un séducteur et un malfaisant; aujourd'hui
je fais pénitence, et reconnais avoir mal parlé. Je vous avertis donc de le
croire, dans la crainte que vous et tous vos concitoyens ne périssiez ensemble.
» Après avoir exécuté tous les ordres de saint Pierre, en faveur duquel il
avait excité la bienveillance du peuple, l’apôtre vint le trouver, et après une
prière il fit disparaître à l’instant de sa figure le masque du visage de
Simon. Or, le peuple d'Antioche ayant reçu saint Pierre avec bonté et avec de
grands honneurs, l’éleva sur la chaire épiscopale. Quand Simon en fut instruit,
il alla à Antioche, convoqua, le peuple et dit : « Je m’étonne que vous ayant
donné des avis salutaires, et vous ayant prémuni contre Pierre, non seulement
vous ayez reçu ce séducteur, mais encore que vous l’ayez élevé sur le siège
épiscopal. » Alors tous lui dirent avec colère : « Tu n'es pour nous qu'un
monstre ; il y a trois jours tu nous disais que tu te repentais, et aujourd'hui
tu voudrais nous entraîner avec toi dans le précipice! » Ils se jetèrent donc
sur lui et le chassèrent aussitôt avec ignominie. Voilà tout ce que raconte de
soi Clément, dans sou livre, où il rapporte cette histoire.
Plus tard, saint Pierre
étant venu à Rome et voyant qu'il était menacé d'être mis à mort, ordonna
Clément pour être évêque après lui. Quand donc le prince des apôtres fut mort,
Clément, en homme prévoyant et craignant que plus tard chaque pape ne voulût,
appuyé sur cet exemple, se choisir un successeur et posséder le sanctuaire
comme un héritage, céda le siège pontifical d'abord à Lin, ensuite à Clet.
Quelques-uns avancent que ni Lin, ni Clet ne furent souverains pontifes, mais
seulement les coadjuteurs de l’apôtre saint Pierre; de là vient qu'ils n'ont
pas l’honneur de figurer dans le catalogue des papes. Après eux fut élu Clément
qui fut forcé de présider l’Eglise. Telle était la douceur de ses moeurs qu'il
était aimé des Juifs et des Gentils comme de tous les chrétiens. Il avait par
écrit le nom des pauvres de toutes les provinces et ceux qu'il avait purifiés
dans les eaux saintes du baptême, il ne souffrait pas qu'ils fussent réduits à
vivre de la mendicité publique. Après avoir donné le voile sacré à la vierge
Domitille, nièce de l’empereur Domitien, et avoir converti à la foi Théodora,
la femme de Sisinnius, l’ami de l’empereur, cette dernière ayant promis de
vivre dans la chasteté, Sisinnius se fit conduire à l’église où il entra en
cachette à là suite de sa femme, dans l’intention de savoir pour quel motif
elle fréquentait ainsi l’église. —Saint Clément fit alors une prière à laquelle
le peuple répondit, et à l’instant Sisinnius devint aveugle et sourd. Aussitôt
il dit à ses esclaves : « Prenez-moi vite et me mettez dehors. » Or, ses esclaves
le faisaient tourner autour de l’église, sans en pouvoir trouver la porte.
Théodora, qui les voyait ainsi égarés, commença par éviter leur rencontre dans
la pensée que son mari la pourrait reconnaître. Mais enfin elle leur demanda ce
que cela signifiait: «C'est, dirent-ils, que notre maître, en voulant voir et
entendre ce qui lui est défendu, est devenu aveugle et sourd. » Elle se mit
alors en prières pour que son mari pût sortir, et quand elle eut fini de prier,
elle dit aux esclaves : « Allez maintenant et conduisez votre maître à la
maison. » Quand ils furent partis, Théodora fit savoir à saint Clément ce qui
était arrivé. Alors le saint, à la demande de Théodora, vint trouver Sisinnius,
qui avait les yeux ouverts, sans pouvoir rien distinguer, et qui n'entendait
rien, Clément pria pour lui, et Sisinnius recouvra l’ouïe et la vue; mais en
voyant Clément à côté de sa femme, il devient furieux et soupçonne qu'il est le
jouet de la magie; il commande à ses esclaves de mettre la main sur Clément en
disant: «C'était pour avoir commerce avec ma femme qu'il m’a rendu aveugle par
ses sortilèges. » Alors il ordonna à ses sicaires de lier Clément et après
l’avoir lié de le traîner. Mais ces esclaves se mirent à lier des colonnes qui
étaient couchées par terre et même les pierres, pensant et Sisinnius aussi,
qu'ils garrottaient et traînaient saint Clément avec ses clercs. Clément dit à
Sisinnius : « Pour avoir appelé dieux ce qui n'est que des pierres, tu as
mérité de (366) traîner des pierres. » Mais Sisinnius qui le pensait réellement
garrotté, lui dit : « Je te ferai tuer. » Alors Clément se retira et pria
Théodora de ne pas discontinuer ses prières jusqu'à ce que le Seigneur eût
visité son mari. Or, pendant que Théodora était en prières, l’apôtre saint
Pierre lui apparut et lui dit : « Par toi, ton mari sera sauvé, afin que
s'accomplisse ce qu'a dit mon frère Paul : « Le mari infidèle sera sauvé par sa
femme fidèle. » En disant ces mots, il disparut. A l’instant, Sisinnius fit
venir sa femme auprès de lui et la conjura de prier pour lui et de faire venir
saint Clément. Celui-ci vint, l’instruisit dans la foi et le baptisa avec trois
cent treize personnes de sa maison. Par l’entremise de Sisinnius, beaucoup de
nobles et d'amis de l’empereur Nerva crurent au Seigneur. Alors celui qui était
chargé des récompenses sacrées distribua de l’argent à beaucoup de personnes et
excita contre saint Clément une très violente sédition.
Mamertin, préfet de la
ville, qui voyait avec peine une sédition semblable, se fit amener Clément.
Comme il le tançait et qu'il essayait de lui faire partager ses sentiments,
Clément lui dit : « Je désirerais bien te faire entendre raison. En effet, des
chiens en grand nombre auraient beau aboyer après nous et nous déchirer par
leurs morsures, jamais ils ne nous pourront enlever cette prérogative d'être
des hommes doués de la raison, tandis qu'ils ne sont, eux, que des chiens
privés de raison. Or, la sédition qui a été excitée par des insensés ne repose
sur aucun prétexte certain ni vrai. » Mamertin en référa par écrit à l’empereur
Trajan qui lui fit répondre que Clément devait sacrifier, ou bien qu'il fallait
l’envoyer en exil au delà du Pont-Euxin, en un désert proche de la ville de
Chersonèse. Ce fut alors que le préfet dit en pleurant à saint Clément: « Que
ton Dieu que tu honores si dignement, te soit en aide! » Ensuite il lui fournit
un navire et tout ce qui lui était nécessaire. Or, un grand nombre de clercs et
de laïques suivirent le saint eu exil. Arrivé dans l’île, il y trouva plus de
deux mille chrétiens condamnés depuis longtemps à scier le marbre. Quand ils
virent saint Clément, ils poussèrent des gémissements mêlés de larmes. Il leur
dit pour les consoler : « Ce n'est pas à mes mérites que je dois d'avoir été
envoyé vers vous par le Seigneur, pour partager, votre couronne. » Et quand ils
lui eurent raconté qu'ils étaient obligés de porter de l’eau sur leurs épaules
d'un endroit éloigné de six milles, il leur dit « Prions tous Notre-Seigneur
J.-C. d'ouvrir en ce lieu une fontaine et des veines d'eau. Que celui qui a
ordonné de frapper, dans le désert de Sinaï, le rocher d'où ont jailli des
torrents, daigne-nous accorder une source abondante, afin que nous puissions le
remercier de ses bienfaits. » Il fit donc une prière et ayant regardé çà et là
autour de lui, il vit un agneau debout qui levait le pied droit comme pour
indiquer un lieu à l’évêque. Il comprit alors que c'était Notre-Seigneur J.-C.
qui se faisait voir seulement à lui; il alla à cet endroit et dit : « Au nom du
Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, frappez ici. » Mais comme aucun ne
touchait à l’endroit où se tenait l’agneau, il prit lui-même un petit sarcloir
et frappa un léger coup sous le pied de l’agneau, et à l’instant jaillit une
très grande fontaine qui devint un fleuve (Bréviaire). Alors tous furent
remplis de joie et saint Clément dit : « Un fleuve impétueux réjouit la cité de
Dieu (Ps. XLV). » A cette nouvelle, une multitude de personnes accourut, et
plus de cinq cents reçurent le baptême des mains du saint : les temples des
idoles furent détruits dans toute la province et dans l’espace d'un an,
quatre-vingt-cinq églises furent construites. Trois ans après, l’empereur
Trajan (qui commença à régner l’an du Seigneur 106), informé de cela, y envoya
un général. Celui-ci, voyant que tous souffraient la mort de plein gré, laissa
là la multitude et fit précipiter dans la mer saint Clément seul, après l’avoir
lié par le cou à une ancre. « Maintenant, dit-il, ils ne pourront pas l’adorer
comme un Dieu. » Toute la multitude se tenait sur le rivage; alors Corneille et
Phébus, disciples du saint, commandèrent à tous les chrétiens de se mettre en
prières, afin que le Seigneur leur montrât le corps de son martyr. Aussitôt la
mer se retira de trois milles ; tous alors entrèrent à pied sec et trouvèrent
un édifice de marbre ayant la forme d'un temple que Dieu avait disposé, où
était, sous une voûte, le corps de saint Clément et l’ancre à côté de lui. Mais
il fut révélé à ses disciples de ne point en retirer son corps, et chaque
année, au temps de son martyre, pendant sept jours, la mer se retire à une
distance de trois milles et offre un chemin à sec pour ceux qui se rendent au
tombeau.
Or, dans une de ces
solennités, une femme y vint avec son tout petit enfant, et, la fête étant
terminée, l’enfant s'endormit, quand le bruit des eaux qui revenaient se fit
entendre tout à coup. La mère, effrayée, oublie son enfant et s'enfuit sur le
rivage avec la foule qui se trouvait là, Mais aussitôt, le souvenir de son fils
se présente à son esprit ; elle pleure en poussant des gémissements étranges ;
ses cris lamentables montaient jusqu'au ciel ; elle courait sur le rivage, en
jetant des clameurs et des plaintes, pour voir si, par hasard, les flots ne
rejetaient pas le corps de son fils ; mais, ayant perdu tout espoir, elle
revint chez elle, ou elle passa toute cette année dans le deuil et les larmes.
L'aimée suivante, quand la mer se fut retirée, elle devança tous les pèlerins
pour accourir en toute gâte au tombeau de saint Clément, dans l’espérance d'y trouver
quelque reste de son fils. S'étant donc mise en prière devant le tombeau, en se
levant, elle vit son enfant, qui dormait à l’endroit ou elle J'avait laissé.
Dans la pensée qu'il était mort, elle s'approcha de plus près, comme pour
ramasser un cadavre; mais s'étant aperçue qu'il n'était qu'endormi, elle
l’éveilla avec précipitation, et aux veux de tout le peuple, elle le leva sain
et sauf dans ses bras, puis elle lui demanda où il avait été pendant cette
année-là. L'enfant répondit qu'il ne savait pas si une année entière s'était
écoulée, mais qu'il pensait avoir dormi très tranquillement l’espace d'une
nuit. — Saint Ambroise dit dans sa préface : « La rage du persécuteur, excitée
par le diable, à accabler saint Clément dans les supplices, ne lui infligea pas
les tortures, mais lui procura le triomphe. Le martyr est jeté dans les flots,
pour être noyé, et c'est de là qu'il reçoit sa récompense, comme saint Pierre;
son maître, gagne le ciel. Tous les deux, au milieu de la mer, reçoivent les
encouragements de J.-C., qui appelle saint Clément du fond des eaux, pour le
faire jouir des honneurs du martyre, et qui soutient saint Pierre sur les
flots, pour qu'il ne fût pas englouti, afin de l’élever jusqu'au royaume des
cieux. » — Léon, évêque d'Ostie (Baronius rapporte ce passage en entier dans
ses Annales, an. 867), rapporte que du temps de Michel, empereur de la nouvelle
Rome, un prêtre qui, à cause de la sagacité de son esprit dès son jeune âge,
avait reçu le nom de Philosophe, vint à Chersonèse, et s'informa auprès des
habitants de ce pays de ce qui est rapporté dans l’histoire de saint Clément.
Ils lui répondirent qu'ils l’ignoraient, car ils étaient plutôt étrangers
qu'indigènes. En effet, depuis longtemps le miracle de la mer qui se retirait
n'avait plus lieu, par la faute des habitants; et, à l’époque où il s'opérait,
les barbares vinrent faire une incursion ; alors, le temple fut détruit, et la
châsse fut engloutie avec le corps dans les flots de la mer, en punition des
crimes des habitants. Philosophe, étonné de cela, vint en une petite ville
nommée Géorgie, avec l’évêque, le clergé et le peuple, et se dirigea vers une
île où l’on pensait que se trouvait le corps du martyr, afin d'en rechercher
les précieux restes. On se mit à fouiller, en chantant des hymnes et des
prières, et Dieu permit qu'on trouvât le corps de saint Clément et l’ancre avec
laquelle il avait été jeté à la mer ; on les porta à Chersonèse. Dans la suite,
Philosophe vint à Rome avec le corps de saint Clément, qui opéra une quantité
de miracles, et qui fut placé avec honneur dans l’église portant aujourd'hui le
nom du saint. On lit, cependant, dans une autre chronique, que la mer, ayant
laissé le lieu à sec, le corps de saint Clément fut porté à Rome par le
bienheureux Cyrille, évêque des Moraves.
* Dans la première
préface du Sacramentaire attribué à saint Léon le Grand, on trouve indiqués un
certain nombre de faits de la légende de saint Clément: on y voit qu'il quitta
sa famille et sa patrie; qu'il parcourut la, terre et la mer afin de trouver la
vérité auprès des apôtres. Alors que saint Pierre aurait été ; son maître, il
recouvra ses parents dans un pays étranger. Il y est déclaré le successeur de
saint Pierre, et enfin martyr. C'est le fond de toute la légende. Une seconde
préface du même office dit qu'il alla à la recherche de ses parents, qu'il les
trouva; qu'il s’attacha aux apôtres. Tout cela est pris de l’Itinéraire de
saint Clément, livre sur lequel les érudits se sont fort partagés et que
presque tous font remonter à la fin du IIe siècle ou du moins au IIIe.
La Légende dorée de
Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction,
notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine
honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de
Seine, 76, Paris mdccccii
SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome03/171.htm
Clément de Rome
Cours de patrologie de
soeur Gabriel Peters o.s.b., chapitre 2
Introduction
I. Clément de Rome
- 1. D’après les
témoignages
- 2. D’après l’épître aux
Corinthiens
- 3. D’après les
hypothèses
- 4. D’après les légendes
II. L’épître aux
Corinthiens
- 1. Occasion de la
lettre
- 2. Date de l’épître
- 3. Contenu de l’épître,
plan et textes
- 4. Importance de
l’épître
Conclusion : physionomie
morale de saint Clément
• Abandonnons les
recherches vides et vaines et rangeons-nous à la glorieuse et vénérable règle
de notre tradition.
(7, 2)
• Le Christ vient de Dieu
et les apôtres viennent du Christ : ces deux choses découlent en bel ordre de
la volonté de Dieu.(42, 2)
INTRODUCTION
1. Clément de Rome
Clément, évêque de Rome,
est l’auteur d’une épître aux Corinthiens. Cette lettre fut tenue en très
grande estime dans l’antiquité, et lue, jusqu’au IVe siècle, dans de nombreuses
Églises.
On attribue à tort à
Clément plusieurs autres écrits : une deuxième épître (elle date en réalité de
150 et S. Jérôme n’accepte pas l’attribution à S. Clément) et deux lettres aux
vierges (qui datent du IIIe siècle).
C’est sans doute entre
les années 92 ou 93 et 101 que Clément fut évêque. Voici l’ordre de succession
des évêques de Rome jusqu’à Clément : Pierre, Lin, Anaclet, Clément. Au dire de
saint Irénée (140-202), Clément aurait connu saint Pierre et saint Paul.
L’épître de Clément nous
renseignera, avec sobriété toutefois, sur la personnalité de son auteur.
Clément semble être citoyen romain. Serait-il Juif d’origine ? Sa culture peut
le faire penser : elle est celle du judaïsme hellénisant.
Le langage de Clément,
très romain d’allure, est empreint de calme modération. Il est certes celui
d’un évêque conscient de sa fonction et de son autorité, mais jamais il ne se
départit d’un accent de profonde bonté et de bienveillante douceur.
Orientée vers la louange,
l’âme de Clément est profondément religieuse et, au respect du Dieu qu’il
adore, s’ajoute le respect des âmes qu’il guide sans contraindre leur liberté.
2. L’épître aux
Corinthiens
L’épître aux Corinthiens
ne révélera pas une seule fois le nom de son auteur. Voici le début de
l’adresse :
• L’Église de Dieu qui
séjourne à Rome à l’Église de Dieu qui séjourne à Corinthe…
I, 1
Elle se présente comme
une intervention de l’Église de Rome, lors d’un scandale survenu à l’Église de
Corinthe :
• L’Église de Corinthe si
antique et si ferme s’est soulevée contre ses presbytres.
47, 6
L’auteur sait que son
exhortation sera lue dans l’assemblée des frères, aussi la destination de
l’épître en justifie-t-elle le caractère : provoquée par la sédition, la Prima
Clementis est une longue admonestation morale, s’adressant à toute l’Église de
Corinthe. Clément s’attache en particulier à combattre toute jalousie, à
prêcher l’humilité, la concorde et la charité.
Au point de vue
littéraire, la lettre est assez terne, le ton en est très uniforme. Une lecture
superficielle risque d’engendrer l’ennui. La lettre est très longue (65
chapitres) et le plan, bien qu’il ne soit pas apparent à première vue, est très
raisonné, très ordonné.
La noblesse religieuse de
l’ensemble est saisissante et au lecteur attentif, l’épître dévoile sa
richesse.
La lettre aux Corinthiens
est d’une grande importance au triple point de vue de l’étude : • de l’histoire
des dogmes, • de la liturgie, • de l’histoire de l’Église ancienne.
Bien que les protestants
le contestent, nombreux sont ceux qui, avec Mgr Batiffol, reconnaissent en ce
document « L’épiphanie de la primauté romaine » [1]. On ne peut exagérer cette
position, mais il est vrai de dire que l’Épître témoigne de l’importance de
l’Église de Rome.
I - CLÉMENT DE ROME
Toutes les affirmations
de la brève notice sur Clément de Rome reposent, soit sur des témoignages
solides et multiples, soit sur l’analyse de l’épître aux Corinthiens. Nous
allons donc les justifier. Parmi les témoignages, nous ne choisirons que les
principaux, ceux qui présentent la garantie la plus sérieuse d’authenticité.
Ensuite, nous examinerons quelques hypothèses formulées sur la personne de
Clément de Rome et nous dirons aussi, brièvement, comment, vu sa célébrité,
l’évêque, successeur de Pierre, est entré dans la légende.
1. d’après les
témoignages les plus autorisés
L’auteur de la lettre aux
Corinthiens est Clément.
a) Tous les manuscrits,
dont l’excellent Alexandrinus, et toutes les versions de l’épître portent comme
titre : « Epître de Clément aux Corinthiens ».
b) Eusèbe de Césarée nous
rapporte deux témoignages anciens très sérieux : celui d’Hégésippe et celui de
Denys de Corinthe.
Hégésippe (2e s.) est un
Oriental, Juif sans doute, qui, sous le Pape Anicet (155-166) entreprit un
voyage qui le mena à Corinthe et à Rome. Or, dans ses Mémoires, il parle de
l’épître de Clément aux Corinthiens [2].
Denys, évêque de
Corinthe, écrit en ces termes au Pape Soter (166-175) :
• Aujourd’hui, nous avons
célébré le saint jour du dimanche, auquel nous avons lu votre lettre. Nous
continuerons à la lire toujours comme un avertissement, ainsi du reste que la
première que Clément nous a adressée (H.E., IV, 23, 11).
c) Irénée vers 180,
Clément d’Alexandrie (150-215) et Origène (185-254) citent saint Clément en le
nommant expressément.
Nous aurons à citer plus
loin le très important texte d’Irénée qui en fait foi.
Clément d’Alexandrie dit
ceci : « Ainsi s’exprima Clément dans la lettre aux Corinthiens » (Stromates,
VI, 8, 65).
Origène parle de «
Clément, disciple des Apôtres » (De Principiis, 2, 3, 6).
Clément est évêque - Il
le fut sans doute entre 92 ou 93 et 101 - Il a connu les Apôtres.
Citons d’abord le texte
d’Irénée, texte d’une importance majeure - et sans cesse discuté - sur l’Église
de Rome.
• Mais puisqu’il serait
trop long… d’énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons la
très grande Église, très ancienne et connue de tous, fondée et constituée à
Rome par les deux très glorieux Apôtres Pierre et Paul ; nous montrerons que la
Tradition qu’elle tient des Apôtres et la foi quelle a annoncée aux hommes sont
parvenues jusqu’à nous par des successions d’évêques… C’est avec cette Eglise
de Rome, en raison de sa plus puissante autorité de fondation que doit
nécessairement s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles qui
proviennent de partout, elle en qui toujours, par ceux qui proviennent de
partout, a été conservée la Tradition qui vient des Apôtres.
Après avoir ainsi fondé
et édifié l’Église, les bienheureux Apôtres transmirent à Lin la charge de
l’épiscopat ; de ce Lin, Paul fait mention dans ses lettres à Timothée (2 Tim,
4, 21). Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu, à partir des
Apôtres, c’est à Clément qu’échoit l’épiscopat. Il avait vu les Apôtres
eux-mêmes, avait été en relation avec eux : leur prédication résonnait encore à
ses oreilles ; leur Tradition était encore devant ses yeux. D’ailleurs, il
n’était pas le seul ; il restait encore à l’époque beaucoup d’hommes qui
avaient été instruits par les Apôtres. Du temps donc de Clément, une dissension
assez grave se produisit entre les frères de Corinthe ; l’Eglise de Rome
adressa alors aux Corinthiens un écrit très important pour les réconcilier dans
la paix, ranimer leur foi et leur annoncer la Tradition qu’elle avait reçue
récemment des Apôtres :
un seul Dieu tout
puissant, créateur du ciel et de la terre,
qui a modelé l’homme,
produit le déluge, appelé
Abraham,
fait sortir son peuple
d’Égypte, parlé à Moïse,
établi l’économie de la
Loi, envoyé les Prophètes,
préparé le feu pour le
diable et ses anges.
Qu’un tel Dieu soit
annoncé par les Eglises comme étant aussi le Père de Notre-Seigneur
Jésus-Christ, tous ceux qui le veulent peuvent le constater d’après cet écrit
même. Ils peuvent ainsi connaître la Tradition apostolique de l’Église puisque
cette lettre est plus ancienne que les fauteurs des erreurs actuelles qui
inventent mensongèrement un autre Dieu supérieur au Démiurge, au Créateur de
notre univers.
A ce Clément succède
Evariste, etc. C’est maintenant Eleuthère à qui est échu l’épiscopat en
douzième lieu à partir des Apôtres.(Adversus haereses 3, 2, 3)
Eusèbe de Césarée
(263-339) et saint Jérôme adoptent l’ordre de succession établi par Irénée. Ce
dernier ayant séjourné à Rome, la valeur de son témoignage s’en accroît.
• Eusèbe de Césarée
fixera la chronologie et assignera à l’épiscopat de Clément ces dates : entre
92 ou 93 et 101. Au IVe s., dirons-nous, une telle reconstitution est bien
hasardeuse ! Peut-être, mais nous verrons que l’épître aux Corinthiens parle
dans le même sens et d’autre part, Eusèbe interrogeait le deuxième siècle,
ayant sous les yeux les Mémoires d’Hégésippe, aujourd’hui perdues :
• Etant venu à Rome
(après Corinthe), dit Hégésippe, j’ai établi une succession jusqu’à Anicet dont
Eleuthère était diacre ; Soter fut le successeur d’Anicet, et Eleuthère après
lui (vers 180). (H.E., IV, 22, 2)
Le but du voyage
d’Hégésippe était précisément de relever les successions épiscopales des
différentes Églises et de constater l’unanimité de la foi.
Signalons qu’il existe
dans l’Église ancienne d’autres traditions, mais d’un âge plus récent, sur
l’ordre de succession des premiers évêques de Rome.
Comme, d’après Tertullien
(155 - † après 220), Clément aurait été ordonné par Pierre, on en conclut volontiers
qu’il fut son successeur immédiat. Et les médaillons peints au Ve s. à la
demande de S. Léon le Grand († en 461) dans la basilique de Saint
Paul-hors-les-Murs, donnent l’ordre de succession suivant : Pierre, Clément,
Anaclet [3]. (Anaclet serait un dédoublement de Clet, né de la confusion). Le
Liber Pontificalis, de même, dans la partie qui fut compilée au VIe s., suit
cet ordre [4].
La lettre de Clément aux
Corinthiens fut tenue en très grande estime.
Le texte de Denys de
Corinthe cité plus haut nous le disait déjà et voici ce que dit Eusèbe de
Césarée :
• Il existe de Clément
une lettre longue et admirable, écrite au nom de l’Eglise de Rome à celle de
Corinthe à propos d’une discussion qui s’était alors élevée à Corinthe. En
beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et de nos jours encore, on la lit
publiquement dans les réunions. (H.E., 3, 16)
2. D’après l’épître aux
Corinthiens
Clément est sans doute
citoyen romain.
Clément aime Rome et
l’admire :
• onsidérons les soldats
qui servent sous nos chefs : quelle discipline, quelle docilité, quelle
soumission pour exécuter les ordres. (37, 2)
Clément prie pour les
princes : nos princes, dit-il, comme il a dit nos chefs :
• Rends-nous soumis à ton
Nom très puissant et très excellent, à nos princes et à ceux qui gouvernent sur
la terre. (60, 4)
Clément semble être Juif
d’origine.
Fond et forme, l’épître
semble être l’œuvre d’un Juif : les références à l’Ancien Testament abondent et
dénotent une connaissance très grande de la Bible. Les phrases elles-mêmes -
parallélismes, hébraïsmes - plaident en faveur de l’hypothèse. Les apocryphes
juifs eux aussi sont cités (Assomption de Moïse, apocryphe d’Ézéchiel).
De plus, comme le dit le
Père Lebreton, « La contemplation habituelle de l’œuvre créatrice, la paternité
divine conçue comme la relation qui relie le Démiurge à ses créatures plutôt
que comme le lien intime né de l’adoption divine : c’était là le cadre
traditionnel de la pensée religieuse des Juifs, Clément le reçoit et le
respecte » [5].
La culture de Clément est
celle du judaïsme hellénisant.
Clément cite l’Ecriture
dans la version des Septante. On relève dans l’épître des citations ou des
emprunts libres à Euripide, à Sophocle. Enfin et surtout, l’admiration si
marquée de Clément devant l’ordre et l’harmonie qui règnent dans la nature
(voir ch. 20 à 22) appartient au mode de la pensée stoïcienne.
3. D’après les hypothèses
Faut-il identifier
Clément de Rome au collaborateur de saint Paul dont parle l’épître aux
Philippiens ?
• Et toi aussi, mon fidèle
compagnon, je te prie de leur venir en aide (= à Evodie et à Syntiché) à elles
qui ont travaillé avec moi pour l’Évangile avec Clément et mes autres
coopérateurs dont les noms sont inscrits au livre de vie. (Phi 4, 3)
Origène (185-254) et à sa
suite Eusèbe de Césarée (H.E. 3, 15) proposent d’identifier Clément de Rome et
Clément, le collaborateur de Paul. L’antiquité chrétienne accepta généralement
cette identification. Elle n’est pas invraisemblable, mais rien ne peut la
prouver et l’Église de Philippes est éloignée de celle de Rome [6].
Clément serait-il l’auteur
de l’épître aux Hébreux ?
Clément utilise la lettre
aux Hébreux qui est donc certainement antérieure à son épître. En serait-il
lui-même l’auteur ? Origène et Eusèbe se posaient la même question… Texte
d’Eusèbe :
• L’auteur fait beaucoup
d’emprunts à l’épître aux Hébreux soit pour les pensées, soit même pour
certaines expressions qu’il rapporte textuellement… Paul, dit-on, s’était
adressé aux Hébreux dans leur langue maternelle. Sa lettre fut traduite par
l’évangéliste Luc selon les uns, et, selon les autres, par Clément. Des deux
hypothèses, celle-ci semblerait plutôt la vraie. D’une part, l’épître de
Clément et l’épître aux Hébreux conservent la même allure de style et, d’autre
part, les pensées dans les deux écrits ont une parenté qui n’est pas éloignée.
H.E., 3, 28, 1-3
On ne peut rien affirmer,
mais la parenté des écrits est indéniable. Il faut ici citer Clément :
• Telle est la voie, mes
bien-aimés, où nous avons trouvé notre salut, Jésus-Christ, le Grand-Prêtre de
nos offrandes, le protecteur et l’aide de notre faiblesse. Par Lui, nous fixons
nos regards sur les hauteurs des cieux ; par Lui, nous voyons comme dans un
miroir le visage immaculé et sublime de Dieu ; par Lui se sont ouverts les yeux
do notre cœur ; par Lui, notre intelligence, jusque là fermée et couverte de
ténèbres, s’épanouit dans la lumière ; par Lui, le Maître a voulu nous faire
goûter à la science immortelle, Lui qui étant le rayonnement de la majesté de
Dieu, est aussi élevé au-dessus des anges que le nom qu’il a hérité l’emporte
sur le leur.
36, 1-3
Clément de Rome est-il le
même personnage que le martyr Clément, c’est-à-dire le consul Flavius Clemens ?
Flavius Clemens, consul
de Rome, est le cousin de l’empereur Domitien ; il fut accusé d’athéisme et
quelques mois avant la mort de l’empereur, soit en 95 ou en 96, il fut décapité
« avec beaucoup d’autres citoyens qui avaient adopté les mœurs juives » (H.E.
3, 18, 4) [7]
Il n’y a pas lieu
d’attacher crédit à pareille identification : le silence unanime des meilleures
sources sur ce point serait par trop étonnant : si le pape Clément avait été
consul, s’il était un Flavien et le propre cousin de l’empereur, comment ne l’aurait-on
pas retenu et redit ?
De plus, le style de
l’épître, quoique romain d’allure comme nous l’avons dit, ne semble pas être
celui d’un authentique Romain de vieille souche, mais bien celui d’un Juif de
la Diaspora.
Ce qui est certain par
contre, c’est que le fait historique du martyre de Flavius Clemens a influencé
les récits légendaires qui tous font du pape Clément un martyr.
4. D’après les légendes
Il existe trois sources
différentes de légendes sur la vie de S. Clément de Rome : le roman syrien, la
passion romaine, le Liber Pontificalis.
Le roman syrien
Le roman syrien est formé
d’homélies et de « reconnaissances » (les recognitiones). Il peut être daté du
début du IIIe s.
Clément entreprend un
grand voyage, il parcourt le monde en quête de vérité. En route il s’égare,
perd la trace de tous ses parents, et demeure seul. Il rencontre alors saint
Pierre et devient son disciple. Il retrouvera successivement ensuite tous ses
parents perdus (d’où le titre de « Reconnaissances » : il « reconnaît » ses
parents).
La passion romaine.
Une passion romaine plus
tardive - elle date de la fin du Ve s. -, est absolument invraisemblable dans
ses détails [8]. Elle n’en est pas moins bien jolie. C’est elle qui nous
raconte le fait qu’a retenu le bréviaire.
Clément fut relégué en
exil dans la Chersonèse. Il y demeura trois ans parmi les chrétiens condamnés
comme lui à de durs travaux. Enfin, apprenant que Clément convertissait toute
la région, l’empereur Trajan ordonna qu’il fut jeté à la mer avec une ancre au
cou. Les chrétiens purent voir le temple de marbre édifié par les anges où
reposait, dans un sarcophage de pierre, le corps de Clément. Chaque année, la
mer se retirait pendant sept jours et les pèlerins affluaient. Une mère veuve
ayant perdu son fils, laissé auprès de la tombe du saint, le retrouva l’année
suivante, endormi.
Le Liber pontificalis.
Au VIe s. enfin, l’auteur
du Liber Pontificalis nous donne de nouveaux renseignements très précis - trop
précis -, sur Clément. Il eut pour père Faustinus, il partagea Rome en sept
régions, fit rechercher en chacune et recueillir avec grand soin les Actes des
Martyrs.
A Rome, la belle mosaïque
de l’église S. Clément nous montre l’auteur de l’épître aux Corinthiens, cet
évêque de Rome, qui tient une ancre. Il siège sur un trône à côté de S. Pierre
qui lui dit, en lui montrant le Christ qui siège tout en haut : « Regarde,
Clément, le Christ que je t’ai promis ».
Le symbolisme de l’image
e serait emparé de la légende pour en faire une profonde réalité. Mais on
suggère plutôt que c’est l’iconographie religieuse - l’ancre = l’espérance.
l’Agneau et la source d’eau vive [9] -, qui aurait donné naissance à la
légende.
II - L’ÉPITRE AUX
CORINTHIENS
La lettre aux Corinthiens
est disponible en version bilingue dans l’article Clément de Rome : Lettre aux
Corinthiens.
1. Occasion de la lettre
Les Corinthiens semblent
être gens bien turbulents ! À preuve, ces extraits des deux épîtres de Paul aux
Corinthiens :
• Qu’il n’y ait point
parmi vous de divisions… en effet, mes frères, il m’a été rapporté… qu’il y a
parmi vous des discordes. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, je
suis pour Paul », « et moi, pour Apollos », « et moi, pour Céphas », « et moi
pour le Christ ». Le Christ est-il divisé ?
1 Co 1, 10-12. En l’an
55.
• Je crains qu’à mon
arrivée, je ne vous trouve pas tels que je voudrais… qu’il y ait discorde,
jalousie, emportements, disputes, médisances, commérages, insolences,
désordres…
2 Co, 12, 20. En l’an 57.
Or, voici qu’à Corinthe a
éclaté un nouveau scandale, l’épître de Clément en témoigne :
• … Notre attention se
tourne bien tardivement à notre gré vers les affaires en litige parmi vous,
vers cette sédition inadmissible et déplacée chez les élus de Dieu, exécrable
et impie, qu’un petit nombre de meneurs téméraires et insolents ont allumée et
portée à un tel degré de démence que votre nom révéré, glorieux et aimable à
tous en est grandement décrié.
1, 1
Ce scandale est si grave qu’il
« dévoie bien des âmes ».
• Pourquoi parmi vous des
querelles, des emportements, des dissensions, des schismes et la guerre ?
N’avons-nous pas un même Dieu, un même Christ, un même Esprit de grâce répandu
sur nous, une même vocation dans le Christ ?
Pourquoi déchirer et
écarteler les membres du Christ ? Pourquoi être en révolte contre notre propre
corps ? Pourquoi en venir à cette folie d’oublier que nous sommes membres les
uns des autres Rappelez-vous les paroles de Jésus Notre-Seigneur qui a dit «
Malheur à cet homme ! Mieux vaudrait pour lui n’être pas né que de scandaliser
un seul de mes élus ; mieux vaudrait pour lui avoir une meule passée au cou et
être jeté à la mer que de pervertir un seul de mes élus. » (Mt 26, 24 et Lc 17,
2). Votre schisme a dévoyé bien des âmes : il en a jeté beaucoup dans
l’abattement, beaucoup dans le doute et nous tous dans la tristesse ! Et vos
dissensions se prolongent !
Reprenez l’épître du
bienheureux Paul apôtre. Que vous a-t-il écrit tout d’abord dans les
commencements de l’Évangile ? En vérité, c’est sous l’inspiration de l’Esprit
qu’il vous a écrit une lettre touchant Céphas, Apollos et lui-même parce que
dès lors vous formiez des cabales…
46, 5 à 47, 4
Que s’est-il donc passé ?
• Il est honteux, mes
bien-aimés, très honteux et indigne d’une conduite chrétienne d’entendre dire
que l’Église de Corinthe si antique et si ferme s’est soulevée contre ses
presbytres à cause d’un ou de deux personnages.
47, 6
Aussi, devant un tel
scandale, l’Église de Rome intervient :
• L’Église de Dieu qui
séjourne à Rome, à l’Église de Dieu qui séjourne à Corinthe, aux élus
sanctifiés selon la volonté de Dieu par Notre Seigneur Jésus-Christ.
1, 1
Voyons quels sages
conseils, l’Église de Rome donne à sa sœur indisciplinée. Nous remarquerons
qu’elle parle avec autorité, mais surtout et davantage avec douceur, bonté,
modération :
• Ce ne serait pas une
faute légère pour nous de démettre de l’épiscopat des hommes qui ont présenté
les oblations d’une façon pieuse et irréprochable… Vous (les) avez destitués du
ministère qu’ils exerçaient sans reproche et avec honneur.
44, 4 et 6
• Toutes les fautes que
nous a fait commettre un des partisans de l’ennemi, implorons-en le pardon… Il
vaut mieux pour un homme faire l’exomologèse de ses péchés que d’endurcir son
cœur…
51, 1, 3
Voici le passage
essentiel : l’exil est proposé aux coupables, le conseil, ils ont à l’accepter
librement, avec noblesse et générosité :
• Est-il parmi vous
quelqu’un de généreux, de compatissant, et rempli de charité ? Que celui-là
dise : si je suis cause de la sédition, de la discorde, des divisions, je
quitte le pays, je M’en vais où l’on voudra, j’exécute les décisions de la
multitude ; seulement que le troupeau du Christ vive en paix avec les
presbytres constitués ! Celui qui agira ainsi s’acquerra une grande gloire dans
le Christ…
54, 1-3
Il faut prier pour les
coupables. La correction fraternelle est un geste de douceur et d’humble
charité :
• Intercédons, nous
aussi, pour ceux qui sont coupables de quelque faute, que la douceur et
l’humilité leur soient accordées, afin qu’ils cèdent non pas à nous certes,
niais à la volonté de Dieu. De la sorte, le souvenir compatissant que nous
avons d’eux devant Dieu et les saints sera plein de fruit pour eux et de
perfection. Acceptons les corrections dont personne, mes bien-aimés, ne doit
s’indigner. La réprimande que nous nous adressons mutuellement est bonne et
très utile : elle nous attache à la volonté de Dieu.
56, 1-3
Clément s’adresse aux
coupables directement.
• Vous donc qui avez
causé le principe de la discorde, soumettez-vous aux presbytres, laissez-vous
corriger en esprit de pénitence, fléchissez les genoux de vos cœurs. Apprenez à
obéir, déposez votre superbe et orgueilleuse arrogance de langage : mieux vaut
pour vous être petits, mais comptés dans le troupeau du Christ que d’être, avec
une réputation d’excellence, exclus de l’espérance chrétienne.
57, 1-2
• S’il y en a qui
résistent aux paroles que Dieu leur adresse par notre intermédiaire, qu’ils
sachent bien qu’ils se fourvoient dans une faute et un danger grave. Pour nous,
nous serons innocents de ce péché…
59, 1
D’ailleurs, Clément
envoie des ambassadeurs pour rétablit l’ordre.
• Vous nous causerez en
effet joie et allégresse si vous obéissez aux conseils que nous vous avons
donnés par le Saint-Esprit… Nous vous avons envoyé des hommes fidèles et sages
qui ont vécu sans reproche au milieu de nous depuis la jeunesse jusqu’à la
vieillesse, ils seront témoins entre nous et vous. Nous avons fait cela pour
que vous sachiez que toute notre préoccupation a été et est encore de vous
amener promptement à la paix.
63, 24
• Renvoyez-nous
promptement en paix et avec joie nos députés, Claudius Ephebus et Valerius
Biton, ainsi que Fortunatus, afin qu’ils nous annoncent au plus tôt la paix et
la concorde si désirable et si désirée de nous, afin que nous nous réjouissions
nous aussi, le plus tôt possible du bon ordre parmi vous.
65, 1
2. Date de l’épître
L’épître est écrite avant
l’an 110, date approximative à laquelle l’évêque de Smyrne, Polycarpe, la cite.
D’autre part, elle est
écrite après la terrible persécution de Néron, en l’an 64, sur laquelle
d’ailleurs elle nous renseigne : il faut remarquer dans ce texte que la
persécution est envisagée comme toute récente :
• Mais, pour laisser de
côté les exemples des anciens, venons-en aux athlètes tout récents, prenons les
exemples de notre génération. C’est par l’effet de la jalousie et de l’envie
que furent persécutés ceux qui étaient les colonnes les plus élevées et les
plus justes et qu’ils combattirent jusqu’à la mort. Jetons les yeux sur les
excellents Apôtres : Pierre, qui, victime d’une injuste jalousie, souffrit non
pas une ou deux, mais de nombreuses fatigues, et qui après avoir ainsi accompli
son martyre, s’en est allé au séjour de gloire qui lui était dû. C’est par
suite de la jalousie et de la discorde que Paul a montré (comment on remporte)
le prix de la patience. Chargé sept fois de chaînes, banni, lapidé, devenu un
héraut en Orient et en Occident, il a reçu pour sa foi une gloire éclatante.
Après avoir enseigné la justice au monde entier, atteint les bornes de
l’Occident, accompli son martyre devant ceux qui gouvernent, il a quitté le
monde et s’en est allé au saint lieu, illustre modèle de patience. A ces hommes
dont la vie a été sainte vint s’adjoindre une grande foule d’élus, qui, par
suite de la jalousie, endurèrent beaucoup d’outrages et de tortures, et qui
laissèrent parmi nous un magnifique exemple. C’est poursuivies par la jalousie
que des femmes, les Danaïdes et les Dircés, après avoir souffert de terribles
et monstrueux outrages, ont touché le but dans la course de la foi et ont reçu
la noble récompense, toutes débiles de corps qu’elles étaient. (5, 1 à 6, 2)
Une nouvelle persécution
vient d’avoir lieu :
• Les malheurs, les
calamités soudaines qui nous ont frappés coup sur coup, frères bien-aimés, ont
été cause que notre attention se tourne bien tardivement à notre gré vers les
affaires en litige parmi vous. (1, 1)
Et la menace de son
renouvellement persiste, car aussitôt après l’évocation de la persécution de
Néron, Clément poursuit :
• …Nous sommes dans la
même arène que vous, le même combat nous attend. (7, 1)
Tout concorde donc pour
fixer la composition de l’épître vers la fin du règne de Domitien.
Voici quelle est la
succession des empereurs romains à l’époque : Néron (54-68), Vespasien (69-79),
Domitien (81-96), Nerva (96-98), Trajan (98-117).
La persécution reprit
alors, moins sanglante que du temps de Néron, mais rusée et chicanière. La
lettre serait donc écrite vers 95 ou 96.
Certains historiens
préfèrent en fixer la date de composition en 97 ou 98, soit sous l’empereur
Nerva, toute persécution ayant cessé sous son règne.
3. Contenu de l’épître :
plan et textes
La lettre de Clément est,
nous l’avons dit, fort longue : 65 chapitres. Après un assez bref prologue,
deux longues parties se succèdent : • la première toute générale - chapitres 4
à 38 -, est une exhortation à pratiquer les vertus propres à maintenir la paix
et la concorde entre les membres de la communauté. • la deuxième - chapitres 39
à 61 -, indique d’abord les remèdes qui rendront la paix à l’Église de Corinthe
- chapitres 39 à 59 -, une admirable prière s’y ajoute - chapitres 59 à 6 1. •
enfin, la conclusion - chapitres 62 à 65 -, résume la lettre et annonce l’envoi
de députés.
Vu l’importance de la
lettre de Clément, nous allons situer, dans cet ensemble, les textes
principaux.
LECTURE DE L’ÉPÎTRE
PROLOGUE
En contraste, Clément y
rappelle la sainteté passée de l’Église de Corinthe et y dénonce les graves
dangers actuels. II faut remarquer que le désordre est compris comme une
ingratitude : comblés de dons, les Corinthiens, comme des enfants trop gâtés,
regimbent.
Dans l’éloge des
Corinthiens, nous relevons cette admirable phrase :
• Contents des viatiques
du Christ et y appliquant votre âme, vous gardiez soigneusement ses paroles
dans votre cœur, et ses souffrances étaient devant vos yeux. C’est ainsi qu’une
paix profonde et joyeuse avait été donnée à tous avec un désir insatiable de
faire le bien, et une abondante effusion de l’Esprit Saint s’était répandue sur
tous. (2, 1-2)
C’est parce que la foi
s’est affaiblie que la paix s’est éloignée :
• Ainsi se sont éloignées
la justice et la paix, depuis que chacun a délaissé la crainte de Dieu,
affaibli les lumières de sa foi. (3, 4)
PREMIERE PARTIE :
EXHORTATION GENERALE
1. Clément énumère les
vertus nécessaires à la concorde d’une façon négative d’abord :
a) Bannir la jalousie
(chap. 4 à 6)
Ici, les exemples de
l’Ancien Testament abondent voyez par l’exemple de Caïn, d’Esaü, etc., combien
la jalousie a causé de maux. Le passage cité plus haut - « Venons-en aux
athlètes tout récents… » -, vient s’insérer à cette place.
b) Faire pénitence (ch. 7
et 8)
Citons ce bel appel à la
pénitence :
• Voyons ce qui est beau
aux yeux de notre Créateur, ce qui le charme, ce qui lui plait. Fixons nos
regards sur le sang du Christ, et connaissons combien il est précieux pour
Dieu, son Père, parce qu’ayant été versé pour notre salut, il a ménagé au monde
entier la grâce de la pénitence.
7, 3-4
Les exemples tirés de
l’Ancien Testament se poursuivent.
Les vertus nécessaires à
la concorde sont présentées maintenant d’une façon positive :
a) Pratiquer
l’obéissance, la foi, la piété, l’hospitalité (ch.9 à 12)
Toutes ces
recommandations sont morales, certes, mais que l’on en remarque l’accent
religieux :
• Obéissons donc à la
volonté magnifique et glorieuse, prosternons-nous en suppliant sa piété et sa
bonté, recourons à sa compassion, quittons les besognes vaines, les querelles,
la jalousie qui mène à la mort. Fixons nos regards sur ceux qui ont été les
serviteurs accomplis de sa magnifique gloire.
9, 1-2
Avec quelque monotonie,
les exemples tirés de l’Ancien Testament s’alignent : Hénoch, Noé, Abraham,
etc., sont ces « serviteurs accomplis de sa magnifique gloire ».
b) Pratiquer l’humilité à
l’exemple du Christ et des saints (ch.13 à 19)
Il faut noter la longueur
de cette partie : c’est avec complaisance que Clément s’attarde à parler de
l’humilité [10], c’est cette vertu qui répand dans les âmes, paix, douceur,
bonté :
• Soyons bons les uns
pour les autres, à l’exemple de notre miséricordieux et doux Créateur.
14, 3
C’est elle qui nous
conforme le mieux au Christ et nous unit à lui :
• Le Christ appartient
aux âmes humbles et non pas à ceux qui s’élèvent au-dessus de son troupeau. Le
sceptre de la majesté de Dieu, le Seigneur Jésus-Christ, n’est point venu avec
le train de la fierté et de l’orgueil, encore qu’il l’eût pu, mais avec
d’humbles sentiments.
16, 1-2
Faut-il le dire ? Ici
encore, les exemples tirés de l’Ancien Testament se multiplient. C’est là le
procédé choisi par Clément tout au long de sa lettre.
Relevons au passage cette
admirable formule :
• Les yeux fixés sur le
Père et le Créateur de l’univers, attachons-nous à ses présents magnifiques et
incomparables (nés) de la paix et à ses bienfaits.
19, 2 b
Les ch. 20 à 22
constituent la finale grandiose de cette exhortation aux vertus nécessaires à
la concorde : dans un passage très connu, Clément célèbre l’ordre qui règne
dans l’univers. Cette évocation solennelle et paisible est d’une réelle beauté.
C’est en ce passage que l’on reconnaît l’influence stoïcienne : le thème du
monde harmonieusement ordonné est propre aux stoïciens. Les chrétiens, on le
sait, seront plus volontiers frappés par le désordre du monde blessé par le
péché. « Toute la création gémit en travail d’enfantement » nous dit saint Paul
(Ro 8, 22). Tout ce long passage est à lire, nous en citons le début et la
magnifique finale :
• Les cieux mis en branle
par son ordre, lui obéissent en paix. Le jour et la nuit accomplissent la
course qu’il leur a prescrite, sans s’entraver l’un l’autre. Le soleil, la lune
et le chœur des astres parcourent, d’après son ordre, avec harmonie et sans
aucun écart, les orbites qu’il leur a marqués. La terre féconde, docile à sa
volonté, fournit en abondance, dans les saisons convenables, leur nourriture
aux hommes, aux animaux, à tous les êtres qui vivent à sa surface ; elle
n’hésite pas, elle ne change rien à ses décrets.
20, 14
• Le souverain Créateur
et Maître de l’univers a disposé que toutes ces choses resteraient dans la paix
et la concorde, bienfaisant qu’il est pour toutes ses créatures, mais plus que
prodigue envers nous qui recourons à ses miséricordes par Notre Seigneur
Jésus-Christ, à qui soit la gloire et la majesté dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
20, 11-12
De cette harmonie du
monde soumis à son Créateur, Clément dégage la leçon :
• Prenez garde,
bien-aimés, que les bienfaits de Dieu, si nombreux, ne soient pour nous tous un
sujet de condamnation, si nous ne vivons d’une manière digne de lui, opérant
dans la concorde ce qui est bien et agréable à ses yeux.
21, 1
• Il est donc juste que
nous ne quittions pas notre poste contre sa volonté.
21, 4
• Que nos enfants aient
part à l’éducation dans le Christ ; qu’ils apprennent quelle est auprès de Dieu
la puissance de l’humilité, le pouvoir du chaste amour, combien la crainte de
Dieu est belle et précieuse, comment elle sauve tous ceux qui marchent
saintement en elle avec une conscience pure. [11]
21, 8
2. Clément va s’efforcer
de ranimer la foi de ses auditeurs : qu’ils ne doutent pas des promesses de
Dieu, car la résurrection est certaine (ch. 23-30).
Dieu est d’une munificence
extraordinaire [12] :
• Le Père tout
compatissant et bienfaisant se sent des entrailles pour ceux qui le craignent ;
il répand ses grâces avec douceur et bonté sur ceux qui s’approchent de lui
avec un cœur simple. Aussi, défaisons-nous de la duplicité, et que notre âme ne
s’enfle point à cause de ses dons incomparables et magnifiques.
23, 1-2
Sans doute, et là est
l’épreuve de notre foi, toute maturité est graduelle :
• Insensés !
Comparez-vous à un arbre ; prenez un cep de vigne d’abord les feuilles tombent
; ensuite il pousse des bourgeons, puis du feuillage, puis la fleur, après cela
le raisin vert, enfin les grappes mûres sont là.
23, 4
Les prémices de notre
résurrection sont dans le Seigneur Jésus-Christ :
• Observons, mes
bien-aimés, comment le Maître nous représente continuellement la future
résurrection, dont il nous a donné les prémices dans le Seigneur Jésus-Christ,
quand il l’a ressuscité d’entre les morts.
24, 1
Le chapitre 25 est
consacré à l’étrange exemple de la résurrection du phénix. C’est la première
mention de cette légende dans la littérature chrétienne. Clément de Rome,
semblable en cela à ses contemporains, y croit comme à un fait d’histoire
naturelle. Dieu est fidèle, il accomplira ses promesses :
• Celui qui a défendu de
mentir, peut beaucoup moins mentir lui-même : rien n’est impossible à Dieu, sauf
le mensonge.
27, 2
Il nous faut aimer ce
Père si bon :
• Approchons-nous donc de
lui avec une âme sainte, levons vers lui des mains pures et sans souillure,
aimons ce Père indulgent et miséricordieux qui a fait de nous sa part choisie.
29, 1
3. « Voyons quelles sont
les voies » que prend la bénédiction de Dieu pour atteindre les hommes, annonce
Clément. Du ch. 31 à 36, il va nous les énumérer.
a) la foi, ch. 31 et 32
Les exemples tirés de
l’Ancien Testament se poursuivent. Mais c’est aux « dons de Dieu » qui
répondent à la foi que s’arrête la pensée de Clément :
• A les considérer un par
un, avec sincérité, l’on découvre la magnificence des dons accordés par Dieu.
32, 1
b) la charité, ch. 33 à
35, 3
Dieu a fait son travail
avec amour, il s’est appliqué à ses œuvres, nous aussi, « appliquons-nous » à
son exemple :
• … l’homme dont
l’intelligence fait l’excellence et la supériorité, il l’a formé de ses mains
sacrées et pures, comme une empreinte de sa propre image [13].
33, 4
• Possédant un pareil
modèle, appliquons-nous sans hésiter à sa volonté, et pratiquons de toutes nos
forces les œuvres de la justice.
33, 8
Les anges exécutent sa
volonté avec tant de zèle, tout en criant : Saint, Saint, Saint est le
Seigneur.
• Et nous aussi, réunis
par la communauté de sentiments dans la concorde en un seul corps, crions vers
lui avec instance comme d’une seule bouche, afin d’avoir part à ses grandes et
magnifiques promesses.
34, 7
• Qu’ils sont admirables
les dons de Dieu, mes bien-aimés !
35, 1
c) la voie par excellence
est « Jésus-Christ, le grand-prêtre de nos offrandes, le protecteur et l’aide
de notre faiblesse ». C’est en cheminant par la voie des vertus que nous
rencontrerons Jésus-Christ notre salut.
• Efforçons-nous donc, de
sorte que nous soyons trouvés au nombre de ceux qui l’attendent, afin d’avoir
part aux présents qu’il a promis. Mais comment y réussir, bien-aimés ? C’est en
fixant avec foi notre pensée en Dieu, en recherchant soigneusement ce qui lui
plaît et lui agrée, en accomplissant tels actes qui conviennent à sa volonté
pure, en suivant la voie de la vérité.
35, 4 et 5 a
Le passage essentiel, si
proche de l’épître aux Hébreux, a déjà été cité : la voie est Jésus-Christ (36,
1-3).
Les chapitres 37 et 38
forment une transition : avec Jésus-Christ, nous formons un corps où doit
régner l’unité. L’image de cette unité est très concrète et vive chez Clément.
Il l’évoque en deux exemples : la merveilleuse discipline des armées romaines
et l’unité du corps humain :
• Faisons campagne, ô
hommes, mes frères, avec toute l’application possible sous son commandement
irréprochable. Considérons les soldats qui servent sous nos chefs, etc..
37, 1-2
• Qu’il soit donc
conservé en intégrité le corps que nous formons en Jésus-Christ.
38, 1
Citons encore ce beau
passage : que l’action de grâces réponde aux bienfaits de Dieu :
• Calculons donc, frères,
de quelle matière nous avons été formés, quels nous étions en entrant dans le
monde, de quelle tombe, de quelles ténèbres, notre auteur et créateur nous a
fait passer dans le monde qui est le sien, où il nous avait préparé ses
bienfaits avant notre naissance. Puisque nous tenons tout de lui, nous avons le
devoir de lui rendre grâces de toutes choses. A lui la gloire dans les siècles
des siècles. Ainsi soit-il.
38, 34
DEUXIÈME PARTIE : LES
REMÈDES PRÉCIS PROPOSÉS A L’ÉGLISE DE CORINTHE, DANS LE DÉSORDRE ACTUEL
1. Dieu a voulu l’ordre
dans les fonctions de l’Ancienne et de la Nouvelle Loi. Cet ordre voulu par
Dieu et, pour la Nouvelle Loi, établi par Jésus-Christ et ses apôtres, il faut
le respecter (ch. 39 à 50).
Nous pouvons voir en ces
chapitres comment le culte est réglé dans l’Église :
• Or il nous a prescrit
de nous acquitter des offrandes et du service divin [14], non pas au hasard et
sans ordre, mais en des temps et à des heures fixées. Il a déterminé lui-même
par sa décision souveraine à quels endroits et par quels ministres ils doivent
s’accomplir, afin que toute chose se fasse saintement selon son bon plaisir, et
soit agréable à sa volonté.
40, 2-3
• Au grand-prêtre, des
fonctions particulières ont été confiées ; aux prêtres, on a marqué des places
spéciales ; aux lévites incombent des services propres ; les laïcs sont liés
par des préceptes particuliers aux laïcs.
40, 5
Mais, bien qu’il y ait
ici parallèle avec l’Ancienne Loi, il est évident que ces textes supposent une
ordonnance liturgique déjà nettement établie.
La hiérarchie est
d’ailleurs soigneusement indiquée dans ce texte important :
• Les apôtres ont été
dépêchés comme messagers de bonne nouvelle par le Seigneur Jésus-Christ.
Jésus-Christ a été envoyé par Dieu. Le Christ vient donc de Dieu et les apôtres
viennent du Christ : ces deux choses découlent en bel ordre de la volonté de
Dieu.
42, 1-2
Les apôtres ont désigné
les évêques qui leur succéderaient. Nous avons ici un témoignage de la
succession apostolique :
• Prêchant à travers les
villes et les campagnes, ils (= les apôtres) éprouvèrent dans le Saint-Esprit
leurs prémices, et les instituèrent comme évêques et comme diacres des futurs
croyants.
42, 1
• …Ils instituèrent ceux
que nous avons dits, et ensuite posèrent cette règle qu’après leur mort,
d’autres hommes éprouvés succéderaient à leur ministère.
44, 2 b
Ainsi, dès sa naissance,
nous voyons l’Église considérée comme le « corps du Christ » (Cf. 38, 1 : qu’il
soit donc conservé dans son intégrité le corps que nous formons en
Jésus-Christ) et comme une organisation hiérarchique visible et disciplinée.
Les deux points de vue ne se séparent pas.
Dans cette partie comme
dans la précédente, Clément ne cesse de faire appel aux exemples de l’Ancien
Testament : « C’est à ces modèles, frères, que nous devons nous tenir » (46,
1).
Et une nouvelle fois
revient avec une insistance douloureuse ce pathétique rappel :
• Pourquoi parmi vous des
querelles, des emportements, des dissensions, des schismes et la guerre ?
N’avons-nous pas un même Dieu, un même Christ, un même esprit de grâce répandu
sur nous, une même vocation dans le Christ ? Pourquoi déchirer et écarteler les
membres du Christ ? Pourquoi être en révolte contre notre propre corps ?
Pourquoi en venir à cette folie d’oublier que nous sommes membres les uns des
autres ?
46, 5-7 a
Clément recommande aux
Corinthiens de relire l’épître que leur écrivait dans les commencements de
l’Évangile le bienheureux Paul (la 1re aux Corinthiens).
Nous nous arrêtons ici à
citer une phrase qui, une fois de plus, à travers ses réminiscences
pauliniennes, ramène notre pensée vers un texte de la Règle de saint Benoît :
• Il (= celui qui est
fidèle, etc.) doit être d’autant plus humble qu’il paraît plus grand, il doit
chercher l’utilité commune de tous et non la sienne propre.
48, 6
En imitation de la belle
hymne de saint Paul à la charité (1 Co 13) : Clément entonne, mais avec moins de
lyrisme, les louanges de la charité, de son extrême beauté :
• Que celui qui a la
charité du Christ accomplisse les commandements du Christ. Qui peut expliquer
le lien de la charité divine ? Qui est capable d’exprimer son extrême beauté ?
La hauteur où la charité nous élève est ineffable. La charité nous unit
étroitement à Dieu, « la charité couvre la multitude des péchés », la charité
souffre tout, supporte tout ; rien de bas dans la charité, rien de superbe ; la
charité ne fait pas de schisme, la charité ne fomente pas de sédition, la
charité opère tout dans la concorde la charité consomme la perfection de tous
les élus de Dieu sans la charité, rien ne plaît à Dieu. C’est par la charité
que le Maître nous a élevés à lui ; c’est à cause de la charité qu’il a eue
pour nous que Jésus-Christ Notre Seigneur, docile à la volonté de Dieu, a donné
son sang pour nous, sa chair pour notre chair, son âme pour nos âmes. Vous
voyez, bien-aimés, combien la charité est une grande et admirable chose, et
qu’il n’y a pas de mots pour expliquer sa perfection.
49, 1 à 50, 1
2. Clément indique la
conduite à suivre par les responsables du schisme : conversion et exil
volontaire pour se sacrifier au bien commun. Ch. 51 à 58.
On s’est étonné parfois
de la sévérité du châtiment que propose Clément ; en fait, rien n’indique mieux
son respect de la liberté, de la grandeur humaine et aussi son sens du bien de
la communauté qui passe avant celui de l’individu.
Tous les passages
relatifs au schisme ont été cités plus haut.
Nous relevons un texte où
l’affirmation de la foi dans les trois personnes divines est si nette que ce
texte est fréquemment cité dans l’histoire du dogme de la Trinité. Saint Basile
le cite dans son Traité du Saint-Esprit [15].
• Acceptez notre conseil
et vous n’en aurez pas de repentir. Car aussi vrai que Dieu vit, et que vit le
Seigneur Jésus-Christ et le Saint-Esprit, la foi et l’espérance des élus, celui
qui accomplit les volontés et les commandements donnés par Dieu… sera rangé et
compté au nombre de ceux qui sont sauvés par Jésus-Christ, par lequel gloire
soit à Dieu dans les siècles des siècles.
58, 2
Il est continuel dans la
lettre de Clément que la mention de Dieu soit suivie, comme dans ce texte,
d’une doxologie. Il y a ici une coutume courante, mais le ton de la lettre entière
est celui de la louange.
La deuxième partie se
termine par une longue et admirable prière (ch. 59 à 61) qui constitue « un des
joyaux de la littérature chrétienne » (Hemmer). Les demandes qui s’y égrènent
comme dans une litanie sont enchâssées dans une hymne de louange qui s’achève
en action de grâces. Nous sommes ici au sommet de la lettre de Clément. Cette
prière est un document très important au point de vue liturgique, comme nous le
redirons [16].
CONCLUSION
Clément lui-même résume
la lettre, énumérant encore toutes les vertus qui conviennent « à ceux qui
veulent vivre dans la piété et la justice ». Ces vertus, il nous faut les
pratiquer « à l’exemple de nos pères que nous avons cités ».
Un souhait de paix et
l’annonce de l’envoi de députés termine l’épître.
4. Importance de l’épître
Au point de vue doctrinal
Comme le dit le Père
Lebreton [17] : « L’heure n’est pas venue encore des élaborations théologiques
ni des controverses ; mais déjà la révélation de Dieu a éclairé les âmes et,
sous l’action de la grâce, la foi est née ».
De cette foi, nous
pouvons trouver un raccourci saisissant dans la lettre de Clément : la foi aux
trois Personnes divines, à la divinité du Christ, à la rédemption par le sang
du Christ, à la résurrection du Christ, gage certain de notre résurrection future,
s’énonce clairement [18].
Mais c’est surtout la
doctrine de l’Église qui s’explicite :
• L’Église est une - «
N’avons-nous pas un même Dieu, un même Christ, un même Esprit de grâce répandu
sur nous, une même vocation dans le Christ ? (ch. 46) » - « Soyons réunis par
la communauté de sentiment dans la concorde en un seul corps (ch.34) ».
• L’Église est catholique
- « C’est au monde entier que Paul a prêché la justice (ch. 5) » - « Que le
Créateur de l’univers conserve intact le nombre compté de ses élus dans le
monde entier par son Fils bien-aimé Jésus-Christ (ch. 59) ».
• L’Église est le corps
du Christ - « Pourquoi déchirer et écarteler les membres du Christ ? (ch. 46)
».
• L’Église est apostolique
: sa hiérarchie est fondée sur l’autorité immédiate des apôtres (voir ch. 42,
14).
Clément affirme aussi
l’inspiration scripturaire : « Vous avez pâli sur les Écritures sacrées,
véridiques, dues au Saint-Esprit (ch. 45) » [19].
Clément a-t-il sous les
yeux les textes des Évangiles ? Il cite les « paroles du Seigneur », les logia,
les citations semblent se référer aux évangiles de Matthieu et de Luc, mais
elles ne sont pas littérales, et elles pourraient laisser supposer une
rédaction quelque peu différente. Les épîtres de Paul, la première de Pierre,
celle de Jacques et l’épître aux Hébreux sont citées.
Au point de vue
liturgique
« Frères, que chacun
d’entre nous, à son rang, plaise à Dieu par une bonne conscience, sans
transgresser les règles imposées à son office (ch. 41) ». Les deux mots grecs
employés sont « canon » (règle) et « liturgie » : sans transgresser le canon de
la liturgie.
Et, en effet,
l’ordonnance liturgique est ferme d’après la lettre de Clément : hiérarchie et
laïcat, - évêque ou presbytres et diacres -, la fonction première des
presbytres est d’offrir les dons, de présenter les offrandes (ch. 44).
Mais la plus importante
contribution à l’histoire de la liturgie que nous offre la lettre de Clément
est l’admirable prière finale.
Il semble, écrit Bardy
[20], que l’on assiste « au premier éveil de la prière officielle de l’Eglise
».
Saint Justin († vers 165)
dira après Clément, en parlant de l’assemblée qui se fait « le jour du soleil »
: « Celui qui préside fait monter vers Dieu ses prières et ses actions de
grâces autant qu’il en a la force » (Apologie, 1, 67, 5). Or, nous avons ici un
des plus beaux exemples de ces prières solennelles qu’improvise l’évêque. Nous
ne sommes pas loin de la prière juive de bénédiction, mais la prière chrétienne
s’y enracine, elle la renouvelle et la transforme.
Nous retrouvons le schème
des litanies ou encore celui qui fut à l’origine des grandes oraisons du
vendredi-saint : prières pour les opprimés, les malades, les captifs, prières
d’intercession.
L’accent solennel de la
prière est calme et tranquille. C’est déjà celui de la liturgie romaine.
Au point de vue de
l’Histoire de l’Église
Harnack (1851-1930), le
célèbre historien protestant de l’Eglise, voit dans la lettre de Clément « la
meilleure introduction à l’Histoire ancienne de l’Eglise » et cela vaut surtout
par la doctrine de l’Eglise que nous révèle l’épître et que nous avons
esquissée.
Rien ne peut effacer non
plus l’impression que ce document plaide en faveur d’une primauté de l’Église
de Rome. Les lettres d’Ignace vont bientôt nous prouver combien les liens des
différentes Eglises chrétiennes étaient étroits, mais une nouvelle fois, en
lisant la lettre d’Ignace aux Romains, nous nous trouverons mis en face d’une
certaine primauté : Rome est la première des Églises.
Le cinquième chapitre
nous fournit un témoignage sur le martyre de saint Pierre et de saint Paul et
confirme la thèse du voyage de Paul en Espagne [21] : Paul « a atteint les
bornes de l’Occident ».
CONCLUSION : PHYSIONOMIE
MORALE DE SAINT CLEMENT
Il est dans la Règle de
saint Benoît un emprunt quasi littéral à la lettre de Clément aux Corinthiens :
un zèle qui conduit à la mort (ch. 72 de la Règle et ch. 9 de Clément). De
plus, comme dans le Prologue de saint Benoît, le psaume 33 se trouve longuement
cité au ch. 22 de l’épître aux Corinthiens : « Venez, mes fils, écoutez-moi Je
vous enseignerai la crainte du Seigneur ».
Ce sont là de menus
rapprochements, mais il est tentant d’esquisser un parallèle entre ces deux
grandes figures religieuses : Clément et Benoît. Chez l’un comme chez l’autre
domine la crainte de Dieu. Cette crainte est maîtresse d’humilité, elle
engendre le respect de Dieu, respect qui s’exprime en louange, elle fait naître
aussi le respect des hommes qui est à la base de la discrétion, de la
modération, dans le beau sens religieux de ces mots.
D’une plume ferme,
Clément a retracé le programme de la charité fraternelle, de la concorde. Que
l’ordre règne dans l’Église de Dieu comme il règne dans la nature créée par ses
mains douces et puissantes. Ainsi Benoît demandera que tout soit en ordre dans
« la maison de Dieu » sagement administrée.
Saisi profondément par
l’idée de la grandeur de Dieu, Clément ne l’est pas moins par celle de sa
munificence : nous sommes comblés des dons divins et par des voies multiples,
la bénédiction de Dieu vient à nous, mais elle nous vient surtout par notre
grand-prêtre, Jésus-Christ, le sceptre de la majesté de Dieu.
Attentif par dessus tout
aux leçons que nous donne l’Ecriture, Clément, tout à la fois Juif et Romain,
ne rejette pas l’héritage cultuel des écrivains profanes, il demeure sensible
au spectacle grandiose de l’univers, il aime l’ordre et la paix et conserve
tout son loyalisme à l’égard des autorités établies, si injustes soient-elles.
Nous percevons dans l’âme
religieuse de Clément un tel équilibre des plus hautes valeurs humaines et
religieuses que nous nous sentons dominés par la grandeur de cette majestueuse
figure : tout y est sérénité, sagesse, modération, intelligence, charité.
Sources :
SOEUR GABRIEL
PETERS, Lire les Pères de l’Église. Cours de patrologie, chapitre 2, DDB,
1981.
Avec l’aimable autorisation
des Éditions Migne.
[1] Voir P. BATIFFOL,
L’Église naissante et le catholicisme, Paris, 1909, p. 146.
[2] H.E., IV, 22, I.
[3] Après l’incendie de
1823, on remplaça les anciennes peintures si vénérables par les actuelles
mosaïques qui représentent toute la succession des papes. Quarante portraits
(fresques) conservés datent du temps de saint Léon (ils ont été restaurés au
IXe et au XVIIIe s.). On les a relégués dans la galerie du premier étage du
monastère.
[4] Le Liber Pontificalis
est un recueil des biographies des papes. Il s’arrêtait au IXe s., on le
poursuivit jusqu’au XVe s.
[5] Voir J. LEBRETON, Histoire
du Dogme de la Trinité, Paris, 1928, tome 2, p. 281.
[6] Voir ORIGENE,
Commentaire sur saint Jean, 6, 36.
[7] Les chrétiens étaient
traités d’athées parce qu’ils n’adoraient pas les dieux de l’Empire.
[8] Pour de plus amples
détails, lire l’article consacré à Clément dans la Vie des Saints par les Pères
bénédictins de Paris, Paris, 1954, novembre, p. 774 et sv.
[9] Saint Clément aurait
vu un agneau lui indiquant de la patte, l’endroit où il devait faire jaillir
l’eau pour les chrétiens assoiffés.
[10] Il serait
intéressant de faire ici un rapprochement avec saint Benoît.
[11] En ce qui concerne
l’insistance de Clément sur la crainte de Dieu et sur l’humilité, il est normal
qu’un moine songe à un rapprochement avec la Règle de saint Benoît.
[12] Il faut relever tout
au long de l’épître combien cette pensée est habituelle et chère à Clément.
[13] Cf. IRENEE DE LYON :
« Quant à l’homme, c’est de ses propres mains (i.e. le Fils et l’Esprit Saint)
que Dieu le façonna en prenant de la terre ce qu’il y a de plus pur et de plus
fin et en mélangeant dans une juste mesure sa puissance avec la terre… il
dessina sur la chair façonnée sa propre forme de sorte que même ce qui est
visible portât la forme divine (Démonstration, 11).
[14] Service divin, le
mot grec utilisé est leitourgia (liturgie).
[15] Voir BASILE DE
CESAREE, Traité du Saint-Esprit, ch. 29,SC n° 17, p. 248.
[16] On la trouve citée
dans Prières des premiers chrétiens d’HAMMAN, p. 60 à 64, Paris, 1951.
[17] Voir J. LEBRETON,
Histoire du Dogme de la Trinité, Paris, 1928, tome 2, p. 280.
[18] Cf. IRENEE DE LYON,
Adv. haer., 3, 3 : « Qu’un tel Dieu créateur du ciel et de la terre soit
annoncé par les Églises comme étant aussi le Père de Notre-Seigneur
Jésus-Christ, tous ceux qui le veulent peuvent le constater d’après cet écrit
même (la lettre de Clément de Rome). »
[19] Il s’agit de
l’Ancien Testament.
[20] Voir G. BARDY, La
vie spirituelle d’après les Pères des trois premiers siècles, Paris, 1935, p.
53. Réédition en 1968, Desclée, Tournai. Le beau chapitre sur Clément de Rome
est à lire.
[21] Un très ancien
catalogue des livres du N.T. (publié en 1740 par Muratori et appelé, pour ce
motif, Canon de Muratori) qui date d’avant l’an 200, nous parle du voyage de
Paul en Espagne : « Luc laisse de côté la passion de Pierre et le voyage de
Paul en Espagne ». - Dans l’épître aux Romains, Paul parle de son projet
d’aller en Espagne : « J’ai un vif désir d’aller chez vous quand je me rendrai
en Espagne » (l5, 24 et 28).
SOURCE : http://www.patristique.org/Les-Peres-apostoliques-I-Clement-de-Rome.html
Giovanni Battista Tiepolo (1696–1770),
Visione di san Clemente I, 1730 ca., olio su tela; Londra, National
Gallery
Saint Clément de Rome
1. CLEMENT Ier DE ROME
(Saint). On étudiera successivement :
1° sa vie et sa lettre
authentique aux Corinthiens ;
2° la seconde lettre aux
Corinthiens qui lui a été attribuée ;
3° la littérature
apocryphe mise par des faussaires sous son nom.
I. CLEMENT Ier, VIE ET LETTRE AUTHENTIQUE.
I. Vie.
II. Ouvrage authentique.
III. Doctrine.
I. VIE. Le souvenir
traditionnel du pape saint Clément est, après celui des patres, le plus
imposant de toute l’antiquité chrétienne. Moins de cent ans après sa mort, la
figure de Clément est déjà entourée d’une auréole merveilleuse ; et nul doute
que ses qualités personnelles, mais plus encore ses fonctions de chef de
l’Eglise romaine ne lui aient valu de son temps une influence de premier ordre.
De sa vie pourtant, du matin et du soir de sa vie en particulier, nous ne
savons presque rien ; car nos informations ressortent plus en définitive de la
légende que de l’histoire. Saint Irénée, Cont hær., III, 3, II, 3, P. G., t.
VII, col. 849, nous apprend que Clément de Rome " avait connu saint Pierre
et saint Paul et s’était entretenu avec eux " ; à cela près, il n’y a sur
la jeunesse de Clément que ténèbres et incertitudes. Origène le premier, In
Joa., VI, 36, P. G., t. XIV, col. 293, a confondu, sans doute de la similitude
des noms, Clément de Rome avec le Clément que saint Paul, Phil., IV, 3, s’est
plu à nommer parmi ses auxiliaires ; on est allé depuis jusqu’à faire de la
ville de Philippes la patrie du futur pape. Celui-ci, au dire des
Pseudo-Clémentines, aurait été de la race sénatoriale et apparenté à la
dynastie des Flaviens. Quelques critiques modernes se sont mêmes avisés
d’identifier Clément de Rome et le consul Titus Flavius Clemens, ce cousin de
Domitien que l’empereur fit exécuter pour cause d’athéisme, c’est-à-dire très
probablement de christianisme. Mais comment s’expliquer, en ce cas, le silence
que les Pères ont gardé sur l’élévation d’un membre de la famille impériale à
la tête de l’Eglise romaine Voir Lightfoot, The Apostolic Fathers, Londres,
1890, part. I, t. I, p. 16-61 ; Funk, Kirchengesch. Abhandl. und Unters.,
Paderborn, 1897, t. I, p. 309-329. Il est plutôt à croire que saint Clément
était un affranchi ou le fils d’un affranchi de la maison du consul. Etait-ce
un judéo-chrétien ou un païen converti ? On ne sait. Il semble néanmoins que la
lettre aux Corinthiens, fond et forme, décèle un Juif d’origine. Voir
Tillemont, Mémoires, t. I ; De Rossi, Bullet. di arch. crist., 1863, p. 27, 39
; 1865, p. 20 ; Lightfoot, op. cit., t. I, p. 58-61 ; Nestle, dans Zeitschrift
für die neutest. Wissenschaft und die Kunde der Urchristentums, t. I (1900), p.
178-180. Dans saint Clément on a salué quelquefois, selon Origène, Eusèbe, H.
E., VI, 25, P. G., t. XX, col. 585, le principal rédacteur de l’Epître aux
Hébreux, quelquefois aussi, selon Eusèbe, op. cit., III, 38, col. 293, le
traducteur du texte araméen de cette Epître de saint Paul.
Ce qu’il y a de sûr,
c’est que Clément fut évêque de Rome. Mais quant à l’ordre de succession des
premiers pontifes romains, l’antiquité chrétienne n’est plus unanime. Tandis
que Tertullien, De præscript., 32, P. L., t. II, col. 45, et une bonne partie
des Latins tiennent Clément pour le successeur immédiat de saint Pierre à Rome,
saint Irénée, loc. cit., Eusèbe, III, 15, n. 34, P. G., t. XX, col. 249, 285 ;
saint Jérôme, De vir., 15, P. L., t. XXIII, col. 631 ; saint Epiphane, Hær.,
XXVII, 6, P. G., t. XLI, col. 373, rangent avant lui Lin et Anaclet ou Clet ;
et, s’éloignant également des uns et des autres, saint Augustin, Epist., LIII,
ad Generos, n. 2, P. L., t. XXXIII, col. 196 ; Optat de Milève, De Schism.
donat., II, 3, P. L., t. XI, col. 948 ; les Constitutions apostoliques, VII,
46, P. G., t. I, col. 1053, etc., assignent à Clément le troisième rang, de
sorte que Lin aurait succédé à saint Pierre, Clément à Lin, et Anaclet à
Clément. On a cherché, dès le IVe siècle, à concilier ces trois opinions.
Suivant Rufin, préface des Recognitions, P. G., t. I, col. 1207-1208, Lin et
Anaclet auraient été sacrés évêques du vivant même de saint Pierre, qui,
absorbé par les travaux de l’apostolat, se serait déchargé sur eux du soin
d’administrer l’Eglise de Rome ; en sorte qu’il serait vrai de dire à la fois
que Lin et Anaclet ont été les prédécesseurs de Clément et que celui-ci a été
le successeur immédiat du prince des apôtres. Saint Epiphane, de son côté, loc.
cit., s’appuyant sur I Clem., LIV, 2, Funk, Patres apostolici, Tubingue, 1901,
t. I, p. 168, tient que saint Pierre avait ordonné Clément pour lui succéder,
mais que Clément, par amour de la paix, avait abandonné son siège à Lin et
qu’il n’y était remonté qu’après la mort du successeur de Lin, Anaclet. Au
reste, et sans insister sur ces essais de conciliation, qui se sont prolongés
vainement jusque dans le moyen âge, le témoignage de saint Irénée paraît à tous
les égards le plus recevable. L’opinion contraire est évidemment puisée dans
les Pseudo-Clémentines, ce qui la rend très suspecte. Outre son antiquité,
l’évêque de Lyon mérité ici d’autant plus de créance qu’il s’est attaché, dans
sa lutte contre les gnostiques, à dresser des premiers papes un catalogue
parfaitement exact. Voir L. Duchesne, Le Liber pontificalis, Paris, 1886, t. I,
p. LXXI-LXXIII. De la date et la durée du pontificat de saint Clément, l’évêque
ne nous dit rien. Eusèbe, loc. cit., place le pontificat de Clément dans la
dernière décade du Ier siècle, de 92 à 101. M. Harnack, toutefois, Die
Chronologie der altchristl. Litter., Leipzig, 1897, t. I, p. 144 sq., 266,
révoque en doute l’authenticité de ces chiffres.
Les dernières années de
Clément de Rome s’enfoncent dans la nuit. Les Actes grecs du saint pape, une
œuvre du IVe siècle peut-être et qui foisonne en miracles, Funk, Patres
apostolici, Tubingue, 1901, t. II, p. 28-45, nous racontent que Clément fut
relégué, sous Trajan, au-delà du Pont-Euxia, dans une ville de la Chersonèse
Taurique, et plus tard, en punition du succès de son apostolat parmi les
condamnés aux mines, précipité dans la mer, une ancre au cou. Les fouilles
considérables faites en Crimée n’ont pas encore répandu sur ces Actes la lumière
que M. De Rossi en attendait. Voir P. Allard, Histoire des persécutions pendant
les deux premiers siècles, Paris, 1885, p. 169-176. Quoi qu’il faille penser du
silence des anciens auteurs, saint Irénée, Eusèbe, saint Jérôme, il est
indéniable que la tradition du martyre de saint Clément était établie à Rome
dès la fin du IVe siècle, et que Clément n’a subi à Rome le martyre. L’Eglise
latine, qui a inscrit son nom dans le canon de la messe, célèbre sa fête le 23
novembre.
II. OUVRAGE AUTHENTIQUE.
Le seul écrit d’une authenticité irrécusable est la longue et belle lettre aux
Corinthiens, ordinairement et improprement appelée Ia Clementis, P. G., t. I,
col. 201-328. Le texte grec, publié par Junius, en 1633, avec une grave lacune,
est intégralement restitué par Ph. Bryennios, dans son édition de 175. Une
bonne version syriaque, conservée dans un manuscrit de la bibliothèque de
l’université de Cambridge, a été éditée à Cambridge en 1899. Enfin, dom Germain
Morin a retrouvé, au séminaire de Namur, une traduction de cette lettre en
latin populaire, dans le latin de l’Itala, qui date du IIIe ou peut-être du IIe
siècle, et qui nous rend mot à mot un excellent texte grec. Voir Anecdota
Maredsolana, Maredsous, 1894, t. II, fasc. 1. La Ia Clementis ne porte pas le
nom de son auteur. Suivant l’usage de ces temps primitifs, elle est écrite au
nom de l’Eglise toute entière, clercs et fidèles, et adressée à l’Eglise de
Corinthe, envisagée de la même façon collective. Mais il n’y a qu’une voix dans
l’antiquité chrétienne pour y reconnaître la plume et l’esprit du pape saint
Clément, et, parmi les critiques modernes, il règne là-dessus, nonobstant les
objections soulevées par des préjugés confessionnels, une rare unanimité. Sur
la date précise de la lettre, l’unanimité cesse. De la lettre même, c. I, il
appert qu’elle fut écrite au sortir d’une persécution de l’Eglise de Rome. Mais
de quelle persécution s’agit-il de la persécution de Domitien ou celle de Néron
Le plus vieil historien de l’Eglise, Hégésippe, vers le milieu du IIe siècle,
plaçait cette lettre vers la fin du règne de Domitien. Eusèbe, H. E., III, 16 ;
IV, 22, P. G., t. XX, col. 249, 377. Ce que nous savons de l’époque du
pontificat de saint Clément, et le soin particulier que prend Clément de faire
ressortir la longue durée des deux Eglises de Rome et de Corinthe, c.
XLII-XLIV, XLVII, LXIII, tout s’accorde avec la donnée d’Hégésippe, et reporte
la composition de cette lettre à la dernière année du règne de Domitien, sinon
au début du règne de Nerva, 96-98. Voir Harnack, Die Chronologie, t. I, p.
251-255 ; Bardenhewer, Geschichte, t. I, p. 102.
Des troubles avaient
éclatés en somme, on ne sait pas au juste pourquoi, dans l’Eglise de Corinthe ;
des membres du collège presbytéral avaient été déposés. L’Eglise de Rome, instruite
de ces troubles, jugea de son devoir d’intervenir. Elle fit partir pour
Corinthe deux de ses membres, Claudius Ephebus et Valerius Vito, avec un
certain Fortunatus, un Corinthien peut-être, porteurs de la lettre qui nous
occupe et qui est d’un bout à l’autre une exhortation à la concorde.
Indépendamment de l’exorde et de la conclusion de la lettre, on y distingue
deux parties, la première avec le caractère homilétique plus prononcé. Après
avoir dépeint dans l’exorde, c. I-VI, l’ancienne prospérité de l’Eglise de
Corinthe et l’état déplorable où ses dissensions l’ont réduite, saint Clément,
dans la Ire partie, c. VII-XXXVI, prémunit contre l’envie et la jalousie,
rappelle l’obligation de la pénitence, recommande énergiquement l’humilité, la
soumission, et, d’une façon générale, la pratique de toutes les vertus
chrétiennes ; partout il emprunte à l’Ancien Testament des exemples ou des
figures de ces vertus. Avec la IIe partie, c. XXXVIII-LXI, l’auteur serre de
plus près son sujet. Il y met en relief l’institution divine de la hiérarchie
ecclésiastique et le précepte de l’obéissance à l’autorité légitime de l’Eglise
; il adjure tous les fidèles de s’entraimer, les fauteurs des désordres de se
repentir et de se soumettre. Dans les derniers chapitres enfin, c. LXII-LXV, il
résume les traits essentiels de sa lettre, recommande ses envoyés à la
bienveillance des Corinthiens, exprime l’espoir de voir bientôt la paix refleurir
dans l’Eglise de Corinthe.
L’espoir de saint Clément
ne fut pas déçu. Eusèbe, H. E., IV, 22, P. G., t. XX, col. 377. Ecrite d’un
style clair, simple et grave, tout à fait en rapport avec le sujet, empreinte à
la fois d’onction et de fermeté, d’une bonté paternelle et de ce sens du
pouvoir qui était le caractère distinctif de l’ancienne Rome, la lettre aux
Corinthiens est un modèle d’éloquence pastorale. Aussi, à peine a-t-elle paru
qu’on la voit entourée dans l’Asie Mineure et dans l’Egypte d’un éclatant
prestige. Mais, dès le IVe siècle, ce prestige s’évanouit, du moins en
Occident. Les écrivains latins, sauf saint Ambroise et saint Jérôme, ne sont,
lorsqu’ils en parlent, que les échos d’Eusèbe traduit par Rufin. Jean, diacre
de l’Eglise romaine, dans la seconde moitié du VIe siècle en avait cité un
passage, Expositum in Heptateuchum, 43, 44, dans Pitra, Spicilegium Solesmense,
t. I, p. 293. Le moyen âge l’ignora complètement. On ne l’a retrouvée qu’au
XVIIe siècle dans le célèbre Codex Alexandrinus, avec des lacunes que le Codex
Hierosolymitanus a comblées en 1875. L’édition d’une version syriaque, contenu
dans un ms. de Cambridge, addit. 1700, du XIIe siècle, a été préparée par
Bensly et publiée par Robert Kennett, The Epistles of St. Clement to the
Corinthians in syriac, Cambridge, 1899. Sur la version latine très ancienne
découverte par dom Morin dans un ms. du XIe siècle, de Namur, voir col. 50.
III. DOCTRINE. La lettre
aux Corinthiens, qui reflète la connaissance des hommes, l’habileté à manier
les esprits et les cœurs, l’art de la composition et une rare culture
intellectuelle, n’a cependant rien d’un corps de doctrine, d’une synthèse
théologique. N’en attendez pas une exposition de la foi ; le premier écrit
chrétien non inspiré n’est au fond qu’un récit de circonstance. L’auteur y veut
faire œuvre pratique, œuvre d’utilité actuelle et immédiate. Partant, des
vérités de la foi il n’allèguera que celles qui rentrent dans son cadre et
concourent à son but. En revanche, il appuiera sur les vérités de la foi ses
leçons et ses exhortations, qui toutes vont ramener les Corinthiens à l’obéissance
de leurs pasteurs légitimes, et, en dernière analyse, à la soumission aux
vouloirs divins. Il en appellera tour à tour, selon la marche de sa pensée et
les besoins de sa cause, aux dogmes de l’unité et de l’infinité de Dieu, à ceux
de la création, de la trinité, de l’incarnation, de la rédemption, de la grâce
et de l’Eglise. En sorte qu’à tout prendre, il nous offre un tableau des
croyances chrétiennes vers la fin du Ier siècle. Tableau raccourci, mais
tableau fidèle. Nulle préoccupation en effet, chez l’écrivain, soit de dire du
neuf, soit d’imposer aux Corinthiens ses idées personnelles. Aussi bien, la
seule apparence d’une divergence doctrinale entre l’évêque de Rome et l’Eglise
de Corinthe eût infailliblement ôté à la parole de Clément tout crédit, à sa
tentative toute chance de succès. Mais saint Clément n’est pas un homme de
parti non plus qu’un novateur. Il ne puise qu’aux deux sources authentiques et
surnaturelles de l’Ecriture et de la tradition ; toutefois, par un contraste
frappant avec saint Ignace et saint Polycarpe, pénétrés l’un et l’autre des
pensées, des figures, des expressions du Nouveau Testament, c’est dans l’Ancien
de préférence que Clément puise à pleines mains. Au reste la Ia Clementis, dans
tous les dogmes qu’elle énonce, insinue ou présuppose, n’est que le miroir et
l’écho de l’enseignement des apôtres.
Saint Clément, en parlant
de Dieu, fait ressortir ses principaux attributs, sa bonté, sa miséricorde, sa
puissance créatrice ; c’est un Dieu prodigue de son amour et de ses bienfaits,
c. XIX, un père, c. XXIII, XXIV, XXXV, en même temps qu’un maître.Non content
de combler l’homme de ses dons, il prépare aux justes une récompense qui sera
un épanouissement des biens de la grâce, c. XXXV, 2. Avec saint Pierre et saint
Paul, les justes iront aussitôt après la mort dans le lieu saint, c. V, 7, et
leurs mérites seront manifestés au jour du jugement, c. L, 3. Les corps mêmes
ressusciteront au dernier jour. Saint Clément fait voir dans les phénomènes de
la nature plus d’un symbole de la résurrection de la chair, dans l’exemple de
Jésus-Christ, notre chef, un clair présage, dans la parole de Dieu, un sûr
garant, c. XXIV-XXVI. Notons qu’en paraissant croire à la fin prochaine du
monde, saint Clément s’est gardé de verser dans les illusions du millénarisme.
Un dans sa nature, le
Dieu de la lettre aux Corinthiens n’est pas le Dieu solitaire et abstrait du
monothéisme populaire juif. Il peut porter et porte la Trinité chrétienne. De
ce mystère de la Trinité, la lettre parle en termes aussi simples que nets,
comme d’un dogme connu de tous les fidèles, c. XLVI, LVIII. Saint Basile de
Césarée, De Spiritu sancto, c. XXIX, P. G., t. XXXII, col. 201, opposera
précisément aux pneumatologues un texte du c. LVIII de la Ia Clementis : "
Dieu vit et le Seigneur Jésus-Christ, et le Saint-Esprit aussi. " Ainsi,
dans l’unité numérique de la nature divine, Clément reconnaît très nettement
trois personnes. A côté de Dieu, il place Jésus-Christ et le Saint-Esprit.
C’est par cet esprit qu’ont parlé les écrivains sacrés, c. VIII, 1 ; XLV, 2 ;
c’est par cet esprit que Clément lui-même écrit, c. LXIII, 2. Nous n’avons
dit-il, c. XLVI, 6, " qu’un Dieu, un Christ, un seul Esprit de grâce
répandu sur nous. " Dans une formule de serment, il invoque comme garants
de sa parole, c. LVIII, 2. Sans insister sur les relations intimes des trois
personnes, saint Clément ne laisse pas d’énoncer, c. XXXVI, 2, 5, en citant
l’Epître aux Hébreux, I, 3-13, le dogme de la génération du Fils, et l’on peut
dire qu’en plaçant toujours le Saint-Esprit après le Père et le Fils, non
au-dessus d’eux, et en saluant le Saint-Esprit comme l’organe de Jésus-Christ
dans l’Ecriture, c. XXII, LIII, il insinue la procession du Saint Esprit ex
utroque.
Toute imprégnée de la
doctrine et parfois même du langage de saint Paul, la lettre aux Corinthiens
proclame implicitement comme explicitement la divinité de Jésus-Christ, c. II,
XXXVI, XL, XLII, XLIV. Ainsi en Jésus-Christ deux natures, l’une divine,
puisqu’il est le Fils de Dieu, c. XXXV, 4, l’autre humaine, qu’il a prise,
corps et âme, dans le temps, puisqu’il vient d’Abraham, c. XXXII, 2, et qu’il
s’est inséparablement unie, c. XVI, XXXI, XLIX. Avec l’intégrité des deux
natures, saint Clément visiblement présuppose l’unité de la personne, c. XLVI.
Jésus-Christ, exempt de péché, nous a été sur la terre un modèle achevé de
toutes les vertus, c. III, XVI, XVII, et passim, et par sa mort sanglante, il a
racheté tous les hommes, c. VII. La mort de Jésus-Christ n’a pas été seulement
un modèle d’humilité, de patience, etc., elle a été le grand sacrifice de
réconciliation entre le ciel et la terre, c. XLIX, un sacrifice que le mourant
a librement offert à Dieu et dans lequel il était à la fois prêtre et victime,
c. VII, XLIX. Par son sang Jésus a racheté tous les hommes, c. XII, 7. IL est
donc notre salut, le pontife de nos offrandes, l’avocat de nos faiblesses, c.
XXXVI, 1, notre grand-prêtre, c. LXIV. C’est par lui qui nous rendons gloire à
Dieu et que nous le prions, c. LVIII, 2 ; LXIV, 3. Nous devons aussi l’honorer
lui-même, c. XXI, 6. La résurrection du Sauveur, c. XXIV, est la clef de voûte
du christianisme, c. XLII ; par là Jésus est glorifié, c. XXXVI, et, à la fin
des temps, il jugera souverainement le monde, c. XLVI, XLIX, L.
Le sang de Jésus-Christ,
rançon du genre humain, mérite à tous ceux et à ceux-là seuls qui ne le
rejettent pas, le pardon des péchés, la sainteté, l’amitié de Dieu. L’homme
peut toujours faire pénitence et se repentir, c. VII, 5-7 ; VIII, 2, 5. La
justification est le fruit de la foi et des œuvres tout ensemble. Avec saint
Paul, Clément enseigne que les élus n’ont pas obtenu la gloire par leurs
œuvres, mais par la volonté de Dieu. Ils ont été justifiés par la foi, c.
XXXII, 3, 4. La foi, telle que le saint l’entend, est au premier chef un acte
d’obéissance, qui implique l’espérance et, au moins dans un certain degré, la
charité. La foi est la base de notre justification c. XXXII, mais elle n’y
suffit point, c. IX-XX XXX. Sans la foi, pas de salut pour l’homme. Mais la foi
requiert et inspire les œuvres, c. XXXIII, XXXV, 2 ; XLIX. Les œuvres sont la
preuve extérieure de la foi, l’attestation de sa vitalité. Si Abraham a été
béni, c’est qu’il a accompli, par la foi, la justice et la vérité, c. XXXI.
Saint Clément se place ainsi au point de vue de saint Jacques et regarde comme
inefficace la foi sans les œuvres.
D’ailleurs, l’homme a
besoin de la grâce de Dieu, c. VIII, XXVI. Cette grâce, c’est l’action
surnaturelle de Dieu au-dedans de nous ; elle éclaire l’intelligence réconforte
la volonté, transforme l’âme, c. XXXVI, XXXVIII, et passim. Impossible, sans
cette grâce, de nous sauver, c. XVI, XVII et XVIII, L, et passim. Cette grâce
nous précède et nous escorte dans toutes les étapes de notre justification, c.
XXXII, XXXIII. Elle ne nous est pas due. Nécessaire, elle est entièrement
gratuite, c. VII, VIII, XLIX, L. Dieu toutefois ne l’a jamais refusée, même en
dehors d’Israël, c. XXIX, LXIII, ni ne la refuse à qui la demande et n’en abuse
point. Personne, dès l’origine du monde, qui n’ait pu se sauver par la foi, c.
XXXII.
Outre l’indication des
caractères généraux de l’Eglise unité foncière, c. XLVI, visibilité, c.
XLVI-XLVII, indestructibilité, c. XLVI, nécessité pour le salut, c. LVII la
lettre aux Corinthiens met en pleine lumière l’institution divine de la
hiérarchie ecclésiastique et la primauté du Saint-Siège. Il y a dans l’Eglise
deux éléments distincts, le clergé et les laïques, c. XL. Les apôtres,
dépositaires de l’autorité de Jésus-Christ, se sont donné des successeurs, afin
de s’assurer dans l’Eglise la perpétuité de leurs pouvoirs, c. XLII. Bien que
saint Clément, au c. XLII, ne parle que des évêques et des diacres, et
qu’ailleurs, il se serve indifféremment des termes d’évêque et de prêtre, il ne
laisse pas de distinguer trois ordres dans la hiérarchie sacrée : celui des
évêques, c. XLIV, dont l’office principal est de présenter " l’offrande
des dons " ; celui des prêtres, qui ont remplacé les prêtres des Juifs, c.
XL ; celui des diacres, qui sont pr?posés au soin des choses extérieures, et
qui sont aussi les ministres du sacrifice. Voir de Smedt, S. J., Congrès
scient. internat. des cathol., Paris, 1888, t. II, p. 303 sq.
Il faut être soumis aux
prêtres ; ils sont les chefs, c. I, 3 ; les guides des âmes, c. LXIII, 1. Il
faut les honorer au lieu de les priver sans raison de l’exercice de leur
charge, comme ont fait les Corinthiens, c. XLIV, 3, 4, 6 ; XLVII, 6. C’est
l’envie qui a produit chez eux les dissentiments, c. III, 4-VI. Point de
division dans le corps du Christ, c. XLVI, 6. L’obéissance et la charité, c.
XLIX, s’imposent à tout chrétien. Cf. A. Michiels, L’origine de l’épiscopat,
Louvain, 1900, p ; 157-161, 266-270.
L’intervention de la communauté romaine dans les troubles de Corinthe atteste enfin la suprématie de l’Eglise de Rome. Témoignage d’autant plus éclatant et décisif que l’intervention, selon toute apparence, était spontanée. Au premier siècle, du vivant de l’apôtre saint jean, le successeur de saint Pierre, c. V, se reconnaît le droit et le devoir de rétablir l’ordre dans toutes les églises particulières où l’ordre est troublé. Le ton de sa lettre respire d’un bout à l’autre cette intime conviction. Quand, par exemple, saint Clément exprime le regret de n’avoir pu s’occuper plus tôt de l’Eglise de Corinthe, c. I, XLVII, quand il déclare qu’au cas où la révolte continuerait, il aura, lui, la conscience d’avoir rempli sa mission, c ; LIX ; n’est-ce pas l’attitude d’un juge qui tient la place de Dieu ? N’est-ce pas là le langage d’un supérieur à ses subordonnés ? Cf. Schwane, Dogmengeschichte, 2e édit., Fribourg-en-Brisgau, t. I, p. 441-442 ; Harnack, Lehrbuch der Dogmengeschichte, 3e édit., Fribourg-en-Brisgau et Leipzig, 1894, t. I, p. 444.
Dans les c. LIX-LXI,
saint Clément formule une longue prière, qui nous fournit un exemple
remarquable de la prière liturgique à la fin du Ier siècle.
I. EDITIONS. L’édition
princeps de la lettre aux Corinthiens est celle de P. Junius (Young), Oxford,
1633 ; 2e édit., 1637. De nombreuses éditions ont été faites depuis lors jusqu’à
celle de Hilgenfeld, Novum Testamentum extra canonem receptum, in-8°, Leipzig,
1866. Editions modernes et plus complètes, par C. Tischendorf ; in-4°, Leipzig,
1873, par Mgr Bryennios, in-8° Constantinople, 1873, par von Gebhardt et
Harnack, dans Patrum apostolicorum opera, fasc. 1, 2e édit., Leipzig, 1876 ;
par Lightfoot, dans The Apostolic Fathers, part. I, Londres, 1890, t. I, p.
129-146 ; 421-474 ; texte syriaque, par Bensly-Kennett, in-8°, Cambridge, 1899
; par R. Knopf, Leipzig, 1899, dans Texte und Unters. zur Geschichte der
Altchristl. Litteratur, nouv. série, t. V, fasc. 1 ; par Funk, dans Patres
apostolici, in-8°, Tubingue, 1901, p. 98-184 ; par J. Vizzini, Rome, 1901 ; par
H. Hemmer, Paris, 1909.
II. TRAVAUX. Lipsius, De
Clementis Romani epistola ad Cor. priore disquisitio, 1856 ; Duchesne, Liber
pontificalis, Paris, 1886, t. I, p. 123-124 ; A. Lightfoot, The Apostolic
Fathers, part. I, S. Clement of Rome, Londres, 1890 ; Prolegomena des Patres
apostolici, de Funk, t. I, p. XXXII-L ; Brüll, Der erste Brief des Klemens von
Rom an die Corinther und seine geschichtl. Bedeutung, in-8°, Fribourg, 1883 ;
Wrede, Untersuchungen über den ersten Klemensbrief, in-8° Gœttingue, 1891 ;
Lemme, Das Judenchristentum der Urkirche und der Brief des Klemens Romanus,
dans Neue Jahrbücher für Deutsche Theologie, 1892, t. I, p. 325-488 ; Krüger,
Geschichte der altchristl. Literatur, Fribourg-en-Brisgau, 1895, § 7 ; Harnack,
dans Texte und Unters. . ., nouv. série, 1900, t. V, p. 70-80 ; Courtois,
L’Epître de Clément de Rome, in-8°, Montauban, 1894 ; Bang, Studien über den
Clemensbrief, dans Theol. Studien und Kritiken, 1898, t. LXXI, p. 431-486 ; J.
Gregg, The epistle of saint Clement, Londres, 1899 ; Heurtier, Le dogme de la
Trinité dans l’Epître de saint Clément de Rome et le Pasteur d’Hermas, in-8°,
Lyon, 1900 ; A. Ehrhard, Die altchristl. Literatur und ihre Erforschung von
1884-1900, Fribourg-en-Brisgau, 1900, p. 68-80 ; A. Stahl, Patristiche
Untersuchungen, Leipzig, 1901 ; Scherer, Der erste Klemensbrief an die Korinther,
Ratisbonne, 1902 ; Bruders, Die Verfassung der Kirche, Mayence, 1904 ; D.
Völter, Die apostolichen Väter neu untersucht, Leyde, 1904, t. I ; Bardenhewer,
Geschichte der altkirchlicher Litteratur, Fribourg-en-Brisgau, 1902, t. I, p.
98-113 ; Les Pères de L’Eglise, 2e édit. franç., Paris, 1904, t. I, § 8 ;
Hurter, Nomenclator, 3e édit., Inspruck, 1903, t. I, col. 4-7 ; J. Tixeront,
Histoire des Dogmes, Paris, 1905, t. I, p. 118-122 ; P. Montagne, La doctrine
de saint Clément de Rome sur la personne et l’œuvre du Christ, dans la Revue
thomiste, juillet-août 1905. Pour une bibliographie plus complète, voir Ul.
Chevalier, Répertoire. Bio-bibliographie, 2e édit., Paris, 1904, t. I, col.
948-951.
II. CLEMENT Ier (Homélie
ou prétendue seconde épître de saint). I. Non-authenticité et vrai caractère.
II. Lieu d’origine et auteur. III. Doctrine.
I. NON-AUTHENTICITE ET
VRAI CARACTERE. A la suite de la lettre authentique de saint Clément de Rome,
on trouve, dans les manuscrits grecs et syriaques, aussi bien que dans les
éditions, une vieille homélie, qu’on appelle en général, depuis le Ve siècle,
la seconde lettre de saint Clément aux Corinthiens, IIa Clementis. A l’ancienne
version latine près, la transmission des deux " lettres " est la même
; l’abbé Paulin Martin a publié en outre, avec une traduction latine, un
fragment syriaque de la IIa Clementis, provenant d’une autre source que le
manuscrit de Cambridge. J. B. Pitra, Analecta sacra, Paris, 1883, t. IV, p.
1-2, 276. Bien que le texte de l’Alexandrinus, édité par Junius en 1633,
s’arrêtât au c. XII, 5, P. G., t. I, col. 329-348, de pénétrants critiques,
notamment Dodwell et Grabe, ne laissèrent pas d’y reconnaître, nonobstant le
titre, un lambeau d’homélie. La découverte du Codex Hierosolymitanus (1875), en
nous rendant le texte complet de cette pièce, a mis hors de conteste le vrai
caractère de la IIa Clementis, instruction morale, c. XVII, 3, 5, sous la forme
d’un discours ?crit pour être lu à l’église, après la lecture de l’Ecriture
sainte. Par là s’explique sa présence dans les manuscrits de la Bible, tels que
l’Alexandrinus, et l’usage de la lire dans les églises. Les critiques modernes,
sauf toutefois Mgr Bryennios et M. Nirschl, Patrologie, Mayence, 1881, t. I, p.
70, en rejettent unanimement l’authenticité. Le fait que les anciens, pour
parler avec Eusèbe, H. E., III, 38, P.G., t. XX, col. 293 n’ont pas connu la
IIa Clementis, le contraste saisissant du style lourd et embarrassé de
l’opuscule avec le style du pape saint Clément, les citations empruntées par
l’auteur à l’Evangile des Egyptiens, et l’allusion, c. IX, P. G., t. I, col.
341 sq., aux théories gnostiques qui niaient la résurrection de la chair, tout
concourt à désavouer la paternité littéraire de Clément de Rome et à porter la
date de l’homélie vers le milieu de IIe siècle, où même un peu plus bas.
II. LIEU D’ORIGINE ET
AUTEUR. Mais, sur le lieu d’origine et l’auteur de l’homélie, l’accord cesse et
ne semble pas près de se refaire. L’étude des expressions caractéristiques du
texte, des sources de l’auteur et de l’histoire du canon du Nouveau Testament a
décidé M. Hilgenfeld, depuis la découverte et la publication de
l’Hierosolymitanus, Novum Testamentum extra canonem receptum, 2e édit.,
Leipzig, 1876, p. XLIX, à tenir la IIa Clementis pour une œuvre de la jeunesse
de Clément d’Alexandrie. . Renan, L’Eglise chrétienne, Paris, 1879, p. 399, et
M. Batiffol, La littérature grecque, Paris, 1897, p. 65, frappés de la
conformité de pensée et de langage qu’ils remarquent entre la IIa Clementis et
le Pasteur d’Hermas, inclinent à voir dans l’opuscule une œuvre, sinon de la
même main que le Pasteur, au moins du même milieu et du même temps. Selon M.
Stahl, Patristiche Untersuchungen, Leipzig, 1901, p. 280-290, Hermas en
personne aurait composé la IIa Clementis. M. Harnack, s’appuyant, d’une part
sur la lettre de saint Denis de Corinthe à l’Eglise de Rome, Eusèbe, H. E., IV,
23, 11, P. G., t. Xx, col. 388 sq., de l’autre sur la synonymie courante des
termes d’Epistula et de Tractatus, identifie l’opuscule avec le pape Soter
écrivit à Corinthe et qui, paraît-il, y fit une impression profonde. Die
Chronologie, t. I, p. 438 sq. ; Zum Ursprung des sog. II Clemensbrief, dans
Zeitschrift für die neutestament. Wissenschaft, 1905, t. I, p. 67-72. Soter,
après avoir prononcé son homélie à Rome, l’aurait envoyée, non probablement
sans quelques retouches, à Corinthe vers l’an 166, au début de son pontificat.
L’opinion vivement soutenue par Funk, dans Theol. Quartalschrift, 1902, p. 349
sq., et par M. Bardenhewer, Geschichte der altkirchl. Litt.,
Fribourg-en-Brisgau, 1902, t. I, p. 188 sq., et communément admise aujourd’hui,
se prévaut d’une allusion très probable aux jeux isthraiques, c. VII, P. G., t.
I, col. 337, pour faire de Corinthe le berceau de l’homélie : c’est à Corinthe
que la Iaet la IIa Clementis ont été accouplées, c’est de Corinthe qu’elles se
sont répandues ensemble dans le monde chrétien. Cette opinion à base étroite
n’est pas sans soulever des objections et éveiller des méfiances. Voir Erhard,
Die altchristl. Litt., part. I, Fribourg-en-Brisgau, 1900, p. 80 ; Turmel,
L’homélie clémentine, dans les Annales de philosophie chrétienne, février 1905,
p. 470.
III. DOCTRINE. 1° Morale.
L’auteur de l’homélie, quel qu’il soit et d’où qu’il soit, d’Alexandrie, de Rome
ou de Corinthe, parle surtout de morale. Sans un plan nettement tracé, il
exhorte en définitive ses auditeurs, qu’il appelle ses " frères et sœurs
", à la reconnaissance envers Dieu et à la vertu. Avec la nécessité des
bonnes œuvres qui nous servent à payer de retour les bienfaits de Dieu, c. I,
III, VI, VIII, XI, P. G., t. I, col. 331, 333, 335, 336, 342, 345, c. XVII,
XIX, il prêche la nécessité et l’efficacité de l’aveu, et de la pénitence, c.
VIII, IX, col. 341, 344, c. XIII, XIV ; mais, de l’aveu il ne dit qu’un mot,
tandis qu’il insiste sur la pénitence, elle aussi une que l’homme peut toujours
faire sur la terre, jamais au delà, c. VIII, col. 341, et dont l’aumône est
l’œuvre capitale, au-dessus du jeûne et de la prière, c. XVI ; nulle part il
n’est ici question de l’absolution sacramentelle.
2° Dogme. Dans l’homélie
la théologie dogmatique trouve néanmoins à glaner. La IIa Clementis, en effet,
s’ouvre par une affirmation énergique de la divinité de Jésus-Christ, c. I, P.
G., t. I, col. 329, et indique au passage sa double nature, c. IX, col. 341.
Jésus-Christ, envoyé aux hommes par le " le seul Dieu invisible ",
est le Sauveur du monde, c. XX ; il a beaucoup souffert pour nous, c. I, col.
332, ce qui semble bien impliquer chez l’auteur l’idée d’expiation ; il nous a
fait connaître " le Père de la vérité ", c. III, col. 333, et nous a
procuré l’immortalité, c. XX. On rencontre aussi deux fois le nom du
Saint-Esprit, c. XIV ; mais peut-être que l’auteur, après Hermas, confond le
Saint-Esprit et le Christ. Sub judice lis est. Le modalisme d’ailleurs a marqué
de son empreinte le langage de la IIa Clementis. Aux côtés de Jésus-Christ nous
apercevons l’Eglise, qui est l’Eve, l’épouse, la chair du Christ, préexiste
avec lui à la création de l’univers, et, avec lui, renferme la raison dernière
de la création, c. XIV. Eglise une, devenue visible de spirituelle et invisible
qu’elle était d’abord. En représentant le Christ et l’Eglise comme deux éons
célestes, et leurs rapports comme des rapports de sexe, l’homéliste a parlé
peut-être la langue de l’école de Valentin, pour payer son tribut à la mode du
temps. Il nomme le baptême d’un nom assez rare, un sceau, c. VII, VIII, qu’on
doit conserver pur et immaculé afin d’obtenir la vie éternelle et d’éviter
l’enfer, c. VI, VII. On le garde en observant les commandements de Dieu. Il
n’est fait mention que des presbytres, c. XVII ; Enfin, l’eschatologie de la
IIa Clementis se peut résumer dans la croyance millénariste à l’imminence de
l’épiphanie de Dieu, quoique le jour nous en demeure incertain, c. XII, col.
345 sq. ; dans la proclamation du dogme de la résurrection de la chair, c. IX,
col. 341 ; dans la foi à l’éternité de l’enfer, c. VI, col. 337, c. XV, XVII,
aussi bien qu’à l’éternité de la béatitude céleste, c. V, col. 335 ; c. XIX,
col. 8.
La IIa Clementis est
reproduite dans toutes les éditions des Pères apostoliques. Cf. Funk, Patres
apostolici, 2e édit., Tubingue, 1901, t. I, p. II-V. C’est l’édition princeps
de Cotelier (1672), qui se retrouve P. G., t. I. Pour les questions critiques,
contre les auteurs cités dans l’article, voir Funk, loc. cit., p. L-LIV ;
Bardenhewer, Geschichte der altkirchl., Litteratur, Fribourg-en-Brisgau, 1902,
p. 107 sq. ; Les Pères de l’Eglise, édit. franç., Paris, 1904, t. I, p. 58. Sur
la doctrine, Turmel, loc. cit., p. 472-480 ; J. Tixeront, Histoire des dogmes,
Paris, 1905, t. I, p. 132-134.
III. CLEMENT Ier (Ecrits
attribués à saint). Tel était dans l’Eglise primitive le prestige de saint
Clément de Rome, que nombre d’écrits anonymes se sont comme à l’envi couverts
de son nom. Il sera parlé des principaux, du roman ébionite des
Pseudo-Clémentines, des lettres aux vierges et de décrétales de saint Clément,
à l’article CLEMENTINS (Apocryphes). Les Constitutions Apostoliques, au Ve siècle,
sont censées rédigées par Clément, P. G., t. I, col. 557-1156. Voir
CONSTITUTIONS APOSTOLIQUES. Les 84 (85) canons grecs, dits des apôtres, étaient
attribués à saint Clément, disciple des apôtres, voir t. II, col. 1605-1612,
ainsi que les 127 canons coptes-arabes, qui ne sont qu’une partie de
l’Octateuque de Clément. Voir, t. II, col. 1612-1618. Plus tard encore, une
liturgie syriaque à l’usage des jacobites, distincte de la liturgie du VIIIe
livre des Constitutions apostoliques, se présenta sous le nom du même pape. Une
traduction latine, faite sur le ms. 3921 de Colbert (Bibliothèque nationale,
syriaque 76), a été publié par Renaudot, Liturg. oriental. collectio, Paris,
1716, t. II, p. 186-201, et rééditée, P. G., t. II, col. 603-616. Cf. Villien, L’abbé
Eusèbe Renaudot, Paris, 1904, p. 197.
P. GODET. Saint Clément
de Rome in Dictionnaire de Théologie Catholique
SOURCE : http://jesusmarie.free.fr/clement_de_rome.html
Also
known as
Clement of Rome
Clemens Romanus
10 November on
some calendars
4 January, 22 April, 10
September, 25 November on
various calendars in the East
Profile
Convert,
brought to Christianity either
by Saint Peter or
by Saint Paul.
One of the Seventy Apostles. Consecrated as a bishop by Saint Peter
the Apostle. Mentioned in Philippians 4:3. Fourth Pope. Apostolic
Father. The Basilica of Saint Clement in Rome, Italy,
one of the earliest parish churches
in the city, is probably built on the site of Clement’s home. Author of
the Epistle to the Corinthians. His name occurs in the Canon of the Mass. Origen and Saint Jerome identify
him as working with Saint Paul
the Apostle. Martyred in
the persecutions of Trajan.
Born
Papal Ascension
c.88
relics in
the basilica of
Saint Clement
in England
Worshipful
Company of Founders
in Italy
anchor (miraculously freed
when cast into the sea with an anchor bound
to him)
drowning man
kneeling before an altar
First
Epistle of Clement to the Corinthians
Additional
Information
Encyclopedia
Britannica: Pope Clement I
Encyclopedia
Britannica: Clementine Literature
Lives
and Times of the Popes, by Alexis-François Artaud de Montor
Lives
of the Saints, by Father Alban
Butler
Lives
of the Saints, by Father Francis
Xavier Weninger
Pope
Benedict XVI, General Audience, 7 March 2007
Saints
and Saintly Dominicans, by Blessed Hyacinthe-Marie
Cormier, O.P.
Saints
of the Canon, by Monsignor John
T McMahon
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
Short
Lives of the Saints, by Eleanor Cecilia Donnelly
books
Emblems of the Saints, by
F C Husenbeth and Augustus Jessopp
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
Saints
and Their Attributes, by Helen Roeder
Some Patron Saints, by
Padraic Gregory
other
sites in english
1001 Patron Saints and Their Feast Days, Australian
Catholic Truth Society
Catholic Cuisine: Chocolate Sea-Salt Clementines
Catholic Cuisine: Clementine Cranberry Tea Bread
Catholic Book Blogger
Saint Clement: Be Happy to be Corrected
Saint Clement: Tell Good Jokes from Bad
Saint Clement: Always Avoid Insults
Saint Clement: Don’t Blame God for What Bad People Do
Saint Clement: Everything in Good Order
Saint Clement: Nature Shows us the Resurrection
Saint Clement: The Harmony of the Universe
images
video
1st Epistle to the Corinthians (audiobook)
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
sites
en français
Abbé
Christian-Philippe Chanut
fonti
in italiano
Martirologio Romano, 2005 edition
Readings
Charity unites
us to God.
There is nothing mean in charity, nothing arrogant. Charity knows no schism, does
not rebel, does all things in concord. In charity all the elect of God have
been made perfect. – Pope Saint Clement
I
It was through jealousy
and envy that the greatest and most upright pillars of the Church were
persecuted and struggled unto death. Let us set before our eyes the good
apostles. First of all, Peter,
who because of unreasonable jealousy, suffered not merely once or twice but
many times, and, having thus given his witness, went to the place of glory that
he deserved. It was through jealousy and conflict that Paul showed
the way to the prize for perseverance. He was put in chains seven
times, sent into exile,
and stoned; a herald both in the east and the west, he achieved a noble fame by
his faith. He taught justice to all the world and, when he had reached the
limits of the western world, he gave his witness before those in authority;
then he left this world and was taken up into the holy place, a superb example
of endurance. Around these men with their holy lives there gathered a great
throng of the elect, who, though victims of jealousy, gave us the finest
example of endurance in the mist of many indignities and tortures.
We are writing this, beloved, not only for your admonition but also as a
reminder to ourselves; for we are placed in the same arena, and the same
contest lies before us. Hence we ought to put aside vain and useless concerns
and should consider what is good, pleasing and acceptable in the sight of him
who made us. Let us fix our gaze on the blood of Christ, realizing how precious
it is to his Father, since it was shed for our salvation and brought the grace
of repentance to all the world. – from a letter to the Corinthians
by Pope Saint Clement
I
MLA
Citation
“Pope Saint Clement
I“. CatholicSaints.Info. 16 June 2024. Web. 16 January 2026.
<https://catholicsaints.info/pope-saint-clement-i/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/pope-saint-clement-i/
New
Catholic Dictionary – Pope Saint Clement I
Derivation
Latin: clemens,
merciful, mild
Article
Reigned c.88 to c.97.
Born in Rome; died probably
in exile, c.99. The first Apostolic
Father, little is known of his life except that his “Epistle
to the Corinthians” is authentic. The work remains today one of
the valuable monuments of the sub-Apostolic age,
and a strong proof for the primacy of the Catholic
Church. His name occurs in the Canon of the Mass, and Origen and
Jerome identify him with Paul’s fellow worker (Philip 4). Patron of marble
workers, stone-cutters, and mariners. Feast, 23
November.
MLA
Citation
“Pope Saint Clement
I”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info.
19 May 2016. Web. 16 January 2026.
<https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-pope-saint-clement-i/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-pope-saint-clement-i/
Round
Portraits of Clemens I in Saint Paul Outside the Walls
BENEDICT XVI
GENERAL AUDIENCE
St Clement, Bishop of
Rome
Dear Brothers and
Sisters,
In these past months we
have meditated on the figures of the individual Apostles and on the first
witnesses of the Christian faith who are mentioned in the New Testament writings.
Let us now devote our
attention to the Apostolic Fathers, that is, to the first and second
generations in the Church subsequent to the Apostles. And thus, we can see
where the Church's journey begins in history.
St Clement, Bishop of
Rome in the last years of the first century, was the third Successor of Peter,
after Linus and Anacletus. The most important testimony concerning his life
comes from St Irenaeus, Bishop of Lyons until 202. He attests that Clement
"had seen the blessed Apostles", "had been conversant with
them", and "might be said to have the preaching of the apostles still
echoing [in his ears], and their traditions before his eyes" (Adversus
Haer. 3, 3, 3).
Later testimonies which
date back to between the fourth and sixth centuries attribute to Clement the
title of martyr.
The authority and
prestige of this Bishop of Rome were such that various writings were attributed
to him, but the only one that is certainly his is the Letter to the
Corinthians. Eusebius of Caesarea, the great "archivist" of
Christian beginnings, presents it in these terms: "There is extant an
Epistle of this Clement which is acknowledged to be genuine and is of
considerable length and of remarkable merit. He wrote it in the name of the
Church of Rome to the Church of Corinth, when a sedition had arisen in the
latter Church. We know that this Epistle also has been publicly used in a great
many Churches both in former times and in our own" (Hist. Eccl. 3,
16).
An almost canonical
character was attributed to this Letter. At the beginning of this text -
written in Greek - Clement expressed his regret that "the sudden and
successive calamitous events which have happened to ourselves" (1, 1) had
prevented him from intervening sooner. These "calamitous events" can
be identified with Domitian's persecution: therefore, the Letter must have been
written just after the Emperor's death and at the end of the persecution, that
is, immediately after the year 96.
Clement's intervention -
we are still in the first century - was prompted by the serious problems
besetting the Church in Corinth: the elders of the community, in fact, had been
deposed by some young contestants. The sorrowful event was recalled once again
by St Irenaeus who wrote: "In the time of this Clement, no small
dissension having occurred among the brethren in Corinth, the Church in Rome
dispatched a most powerful Letter to the Corinthians exhorting them to peace,
renewing their faith and declaring the tradition which it had lately received
from the Apostles" (Adv. Haer. 3, 3, 3).
Thus, we could say that
this Letter was a first exercise of the Roman primacy after St Peter's death.
Clement's Letter touches on topics that were dear to St Paul, who had written
two important Letters to the Corinthians, in particular the theological
dialectic, perennially current, between the indicative of salvation
and the imperative of moral commitment.
First of all came the
joyful proclamation of saving grace. The Lord forewarns us and gives us his
forgiveness, gives us his love and the grace to be Christians, his brothers and
sisters.
It is a proclamation that fills our life with joy and gives certainty to our
action: the Lord always forewarns us with his goodness and the Lord's goodness
is always greater than all our sins.
However, we must commit
ourselves in a way that is consistent with the gift received and respond to the
proclamation of salvation with a generous and courageous journey of conversion.
In comparison with the
Pauline model, the innovation is that Clement adds to the doctrinal and
practical sections, found in all the Pauline Letters, a "great
prayer" that virtually concludes the Letter.
The Letter's immediate
circumstances provided the Bishop of Rome with ample room for an intervention
on the Church's identity and mission. If there were abuses in Corinth, Clement
observed, the reason should be sought in the weakening of charity and of the
other indispensable Christian virtues.
He therefore calls the
faithful to humility and fraternal love, two truly constitutive virtues of
being in the Church: "Seeing, therefore, that we are the portion of the
Holy One", he warned, "let us do all those things which pertain to
holiness" (30, 1).
In particular, the Bishop
of Rome recalls that the Lord himself, "has established where and by whom
he wishes liturgical functions to be carried out, so that all may be devoutly
performed in accordance with his wishes and in a manner acceptable to him....
For his own peculiar services are assigned to the high priest, and their own
proper place is prescribed to the priests, and their own special ministries
devolve on the Levites. The layman is bound by the laws that pertain to
laymen" (40, 1-5: it can be noted that here, in this early first-century Letter,
the Greek word "laikós" appears for the first time in Christian
literature, meaning "a member of the laos", that is,
"of the People of God").
In this way, referring to
the liturgy of ancient Israel, Clement revealed his ideal Church. She was
assembled by "the one Spirit of grace poured out upon us" which
breathes on the various members of the Body of Christ, where all, united
without any divisions, are "members of one another" (46, 6-7).
The clear distinction
between the "lay person" and the hierarchy in no way signifies
opposition, but only this organic connection of a body, an organism with its
different functions. The Church, in fact, is not a place of confusion and
anarchy where one can do what one likes all the time: each one in this
organism, with an articulated structure, exercises his ministry in accordance
with the vocation he has received.
With regard to community
leaders, Clement clearly explains the doctrine of Apostolic Succession. The
norms that regulate it derive ultimately from God himself. The Father sent
Jesus Christ, who in turn sent the Apostles. They then sent the first heads of
communities and established that they would be succeeded by other worthy men.
Everything, therefore,
was made "in an orderly way, according to the will of God" (42). With
these words, these sentences, St Clement underlined that the Church's structure
was sacramental and not political.
The action of God who
comes to meet us in the liturgy precedes our decisions and our ideas. The
Church is above all a gift of God and not something we ourselves created;
consequently, this sacramental structure does not only guarantee the common
order but also this precedence of God's gift which we all need.
Finally, the "great
prayer" confers a cosmic breath to the previous reasoning. Clement praises
and thanks God for his marvellous providence of love that created the world and
continues to save and sanctify it.
The prayer for rulers and
governors acquires special importance. Subsequent to the New Testament texts,
it is the oldest prayer extant for political institutions. Thus, in the period
following their persecution, Christians, well aware that the persecutions would
continue, never ceased to pray for the very authorities who had unjustly
condemned them.
The reason is primarily
Christological: it is necessary to pray for one's persecutors as Jesus did on
the Cross.
But this prayer also
contains a teaching that guides the attitude of Christians towards politics and
the State down the centuries. In praying for the Authorities, Clement
recognized the legitimacy of political institutions in the order established by
God; at the same time, he expressed his concern that the Authorities would be
docile to God, "devoutly in peace and meekness exercising the power given
them by [God]" (61, 2).
Caesar is not everything.
Another sovereignty emerges whose origins and essence are not of this world but
of "the heavens above": it is that of Truth, which also claims a
right to be heard by the State.
Thus, Clement's Letter
addresses numerous themes of perennial timeliness. It is all the more
meaningful since it represents, from the first century, the concern of the
Church of Rome which presides in charity over all the other Churches.
In this same Spirit, let
us make our own the invocations of the "great prayer" in which the
Bishop of Rome makes himself the voice of the entire world: "Yes, O Lord,
make your face to shine upon us for good in peace, that we may be shielded by
your mighty hand... through the High Priest and Guardian of our souls, Jesus
Christ, through whom be glory and majesty to you both now and from generation
to generation, for evermore" (60-61).
To special groups
I offer a warm welcome to
all the English-speaking visitors and pilgrims present at today's Audience,
especially the groups from Scotland, Denmark, Japan, Canada and the United
States of America. May your pilgrimage renew your love for the Lord and his Church
and may God bless you all!
Lastly, my thoughts go to
the sick and to newly-weds. Dear sick people, by
taking part patiently and lovingly in the very suffering of the incarnate Son
of God, may you share from this moment in the joy of his Resurrection. And may
you, dear newly-weds, find support for your conjugal covenant and your
mission in the Church and in society in the Covenant which Christ made with his
Church at the price of his Blood.
© Copyright 2007 -
Libreria Editrice Vaticana
Copyright © Dicastery for
Communication
SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/en/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070307.html
Liber Pontificalis –
Clement I
Article
Clement, by nationality a
Roman, from the district of the Celian Hill, son of Faustinus, occupied the see
9 years, 2 months and 10 days. He was bishop in the time of Galba and Vespasian
from the consulship of Tragalus and Italicus (a.d. 68)
until the year when Vespasian was consul for the 9th time and Titus was consul
with him (a.d. 79).
He wrote many
books in his zeal for the faith of the Christian religion
and was crowned with martyrdom.
He created 7 districts
and assigned them to faithful notaries of the church that they might make
diligent, careful and searching inquiry, each in his own district, regarding
the acts of the martyrs.
He composed two epistles which are called catholic.
He, by direction of the
blessed Peter, undertook the pontifical office of governing the church, even as
Peter received the seat of authority from the Lord Jesus Christ; moreover in
the epistle which he wrote to James thou mayest learn in what manner the church
was entrusted to him by the blessed Peter. Therefore Linus and Cletus are
recorded before him for the reason that they were ordained bishops also by the
chief of the apostles to perform the priestly ministry.
He held two ordinations
in the month of December, 10 priests, 2 deacons and 15 bishops in divers
places.
He died a martyr in the
third year of Trajan.
He also was buried in
Greece, November 24.
And the bishopric was
empty 21 days.
MLA
Citation
Louise Ropes Loomis,
PhD., translator. “Clement I”. Liber Pontificalis, 1916. CatholicSaints.Info.
24 November 2015. Web. 16 January 2026.
<https://catholicsaints.info/liber-pontificalis-clement-i/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/liber-pontificalis-clement-i/
Pope St. Clement
Little is known of this
apostolic father beyond a few facts. He was a disciple of S. Peter, and perhaps
of S. Paul. It is thought that the Clement whom S. Paul praises as a faithful
fellow- worker, whose name is written in the Book of Life [Philippians 4:3],
was Clement, afterwards bishop of Rome. But there is great difficulty in
admitting this supposition. It is certain that Clement, the idol of the Petrine
party in the Primitive Church, about whom their myths and traditions circled
lovingly, was quite removed in feeling from the Pauline party.
According to Tertullian,
Clement succeeded S. Peter immediately in the episcopal government of the
Church at Rome. But in the list of bishops given us by Irenaeus and Eusebius he
occupies the third place after the apostle, that is, after Linus and Cletus
(Anacletus). It is, however, probable that the Church at Rome had at first two
successions, one Petrine, the other Pauline, but that they speedily merged into
one; and this will account for the confusion in the lists of the first bishops
of Rome. Clement probably was Petrine, and Cletus Pauline bishop, the former
ruling the converted Jews, the latter the Gentile converts.
We know nothing of the
events of his pontificate, except that there was a schism at Corinth, which
drew forth a letter from him which is preserved. S. Jerome and S. Irenaeus do
not say that he died a martyr’s death, but Rufinus and Zosimus give him the
title of martyr; but this title by no means implies that he had died for the
faith; it had anciently more extended signification than at present, and
included all who had witnessed a good confession, and suffered in any way for
their faith.
The legend of the
martyrdom of S. Clement relates that, in the reign of Trajan, when Mamertinus
was prefect of the city, and Toractianus count of the offices, a sedition arose
among the rabble of Rome against the Christians, and especially against
Clement, bishop of Rome. Mamertinus interfered to put down the riot, and having
arrested Clement, sent him to the emperor, who ordered his banishment to
Pontus, where he was condemned to work in the marble quarries. He found many
Christians among his fellow-convicts, and comforted and encouraged them. The
only spring of drinking water was six miles off, and it was a great hardship to
the convicts to have to fetch it all from such a distance. One day Clement saw
a lamb scraping at the soil with one of its forefeet. He took it as a sign that
water was there; dug, and found a spring.
As Clement succeeded in
converting many pagans, he was sent to Aufidianus, the prefect, who ordered him
to be drowned in the sea with an old anchor attached to his neck. His body was
recovered by his disciple Phoebus. The relics of S. Clement were translated to
Constantinople (860) by S. Cyril on his return from his mission to the Chazars,
whilst engaged in the Chersonese on his Slavonic translation of the Gospels.
Some of the relics found their way to Rome, and were deposited in the church of
San Clemente, where they are still reverently preserved. These consist of
bones, some reddened earth, a broken vase containing some red matter, a little
bottle similarly filled, and an inscription stating that these are the relics
of the Holy Forty Martyrs of Scilita, and also of Flavius Clement.
In art S. Clement of Rome
is represented as a Pope with an anchor at his side. [His death is placed at
about 100 A.D.]
SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-clement/
Clement I, Pope M (RM)
Died c. 100.
"O God, make us
children of quietness, and heirs of peace"
--Saint Clement.
"The strong must
make sure that they care for the weak. The rich must be certain to give enough
to supply all the needs of the poor. The poor must thank God for supplying their
needs . . . We all need each other: the great need the small, the small need
the great. In our body, the head is useless without the feet and the feet
without the head. The tiniest limbs of our body are useful and necessary to the
whole" --St. Clement.
Details of Saint
Clement's life are unknown. He may have been an ex-slave to the family of T.
Flavius Clemens, the cousin of Emperor Domitian, and he may have been of Jewish
descent. He is said to have been baptized by Saint Peter. Clement was the third
successor of Saint Peter (following Cletus) and governed the Church for about
ten years (AD 88-97). Origen and others refer to him as the Clement whom Paul
calls a fellow laborer (Phil. 4:3), but this is uncertain. Saint Irenaeus (c.
125-c. 203) says that Clement "had seen and consorted with the blessed
apostles."
His acta state that,
after converting a patrician named Theodora and her husband Sisinnius and 423
others, the people raised an opposition against him. He was banished by Emperor
Trajan to the Crimea where he was made to work in the quarries. The nearest
drinking water was six miles away, but Clement found a nearer spring for the
use of the Christian captives. It is said that he preached so zealously among
the prisoners working in the mines, that soon 75 churches were needed to serve
the converts.
Unfortunately, his
success drew further unwonted attention causing him to be condemned for his
faith.
He was said to have been
thrown into the Black Sea with an anchor tied around his neck, and that angels
came and built him a tomb beneath the waves, which once a year became visible
by a miraculous ebbing of the waves. It was Clement's Epistle to the fractious
Corinthians that made him so famous. "Under this Clement," says St.
Irenaeus, "no small sedition took place among the brethren at Corinth, and
the church of Rome sent a most sufficient letter to the Corinthians,
establishing them in peace and renewing their faith, and announcing the
tradition it had recently received from the apostles."
In the letter Clement
wrote:
"Through jealousy
and envy the greatest and most righteous pillars of the church were persecuted
and contended unto death. Look to the heroic apostles: Peter through
unrighteous jealousy endured not one or two, but many labors, and having thus
borne witness went on to his true place of glory. Paul through jealousy and
strife, displayed the prize of endurance: seven times in bonds, driven into
exile, stoned, a herald for the faith in east and west. . . . Associated with
these great men of holy life is a great multitude of believers, suffering many
tortures because of jealousy, some of them women who, though weak in body,
completed the race of faith."
Clement's constant
references to jealousy are to rebuke the church at Corinth, where hotheads had
overthrown the lawful Christian leaders and unbelievers were mocking the
Christian faith. Written in AD 95, the letter is even older than some parts of
the New Testament. Using Old Testament stories he demonstrates the evil
resulting from jealousy. He begs the Christians to show mutual tolerance and
love and to respect those set in authority over them. He said that peace must
be the aim of all who follow Jesus.
The letter is important
not only for its eloquence, historical allusions, and its evidence of Roman
prestige and authority at the end of the first century, but also as a model of
the pastoral letter and a homily on Christian life. It established the instance
of the bishop of Rome intervening authoritatively this early in the life of the
Church as the pre-eminent authority in the affairs of another apostolic church
to settle a dispute. It also provides evidence for the residence and martyrdom
of Peter and Paul at Rome.
The letter was
well-received by the Corinthians, who for many years used to have it read out
in their religious assemblies. Another letter (really a sermon) and other
writings bore Clement's name, but it is now known that they are not his. On the
strength of the authentic letter to the Corinthians, Clement is accounted the
first of the Apostolic Fathers.
Nothing of his martyrdom
or place of death are known. His death may have occurred in exile in the
Crimea, but the relics that Saint Cyril brought from there to Rome, after
having supposedly miraculously recovered them piece by piece, with the anchor,
are unlikely to have been his. These were deposited below the altar of San
Clemente on the Coelian.
He is the patron saint of
the Guild, Fraternity, and Brotherhood of the Most Glorious and Undivided
Trinity of London, i.e., "Trinity House," which was formerly called
St. Clement's, and is the authority responsible for lighthouses and lightships.
The legend of his watery martyrdom has also led to such marine dedications as
St. Clement's Isle in Mount's Bay (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney,
Encyclopedia, White).
In art, Saint Clement can
be recognized as a pope with an anchor and fish. Sometimes there is an addition
of (1) a millstone; (2) keys; (3) a fountain that sprung forth at his prayers;
or (4) with a book. He might be shown lying in a temple in the sea
(Roeder).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1123.shtml
Pope St. Clement I
Feastday: November 23
Patron: of Marble-Workers
Death: 100?
Little is known of this
apostolic father beyond a few facts. He was a disciple of
S. Peter, and perhaps of S. Paul. It is thought that the Clement whom S. Paul
praises as a faithful fellow- worker, whose name is written in the Book
of Life [Philippians
4:3], was Clement, afterwards bishop of
Rome. But there is great difficulty in admitting this supposition. It is certain
that Clement, the idol of the Petrine party in the Primitive Church, about whom
their myths and traditions circled lovingly, was quite removed in feeling from
the Pauline party.
According to Tertullian,
Clement succeeded S. Peter immediately in the episcopal government of the
Church at Rome. But in the list of bishops given
us by Irenaeus and Eusebius he occupies the third place after the apostle, that
is, after Linus and Cletus (Anacletus). It is, however, probable that the
Church at Rome had
at first two successions, one Petrine, the other Pauline, but that they
speedily merged into one; and this will account
for the confusion in the lists of the first bishops of
Rome. Clement probably was Petrine, and Cletus Pauline bishop, the former
ruling the converted Jews, the latter the Gentile converts. We know nothing of
the events of his pontificate, except that there was a schism at
Corinth, which drew forth a letter from him which is preserved. S. Jerome and
S. Irenaeus do not say that he died a martyr's death, but Rufinus and Zosimus give
him the title of martyr; but this title by no means implies that he had died
for the faith; it had anciently more extended signification than at present,
and included all who had witnessed a good confession,
and suffered in any way for their faith.
This is all that we know
of S. Clement. But imagination has
spun a web of romance about his person.
The Clementine
Recognitions and Homilies are an early romance representing the disputation of
S. Peter and Simon Magus; they have a story running through them to hold the
long disquisitions together, of which S. Clement is the hero. It is, however,
pure romance, with, perhaps, only this basis of truth in
it, that Clement is represented as the devoted adherent and disciple of
S. Peter. The Clementines are
thoroughly anti-Pauline, as are also the Apostolic Constitutions, in which
again S. Clement appears prominently.
The legend of the
martyrdom of S. Clement relates that, in the reign of Trajan, when Mamertinus
was prefect of the city, and Toractianus count of the offices, a sedition arose
among the rabble of Rome against
the Christians, and especially against Clement, bishop of
Rome. Mamertinus interfered to put down the riot, and having arrested Clement,
sent him to the emperor, who ordered his banishment to Pontus, where he was
condemned to work in the marble quarries. He found many Christians among his
fellow-convicts, and comforted and encouraged them. The only spring of drinking
water was six miles off, and it was a great hardship to the convicts to have to
fetch it all from such a distance. One day Clement saw a lamb scraping at the
soil with one of its forefeet. He took it as a sign that water was there; dug,
and found a spring.
As Clement succeeded in
converting many pagans, he was sent to Aufidianus, the prefect, who ordered him
to be drowned in the sea with an old anchor attached to his neck. His body was
recovered by his disciple Phoebus.
The relics of
S. Clement were translated to Constantinople (860)
by S. Cyril on his return from his mission to the Chazars, whilst engaged in
the Chersonese on his Sclavonic translation of the Gospels. Some of the relics found
their way to Rome, and were deposited in the church of San Clemente, where they
are still reverently preserved. These consist of bones, some reddened earth, a
broken vase containing some red matter, a little bottle similarly filled, and
an inscription stating that these are the relics of
the Holy Forty
Martyrs of Scilita, and also of Flavius Clement.
In art S. Clement
of Rome is
represented as a Pope with an anchor at his side. [His death is placed at about
100 A.D.]
From The Lives of the
Saints by the Rev. S. Baring-Gould, M.A., published in 1914 in Edinburgh.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=37
Pope St. Clement I
Pope Clement I (called CLEMENS ROMANUS to distinguish him from
the Alexandrian),
is the first of the successors of St. Peter of whom
anything definite is known, and he is the first of the "Apostolic
Fathers". His feast is
celebrated 23 November. He has left one genuine writing, a letter to the Church of Corinth,
and many others have been attributed to him.
The fourth pope
According to Tertullian,
writing c. 199, the Roman
Church claimed that Clement was ordained by St.
Peter (De Praescript., xxxii), and St.
Jerome tells us that in his time "most of the Latins"
held that Clement was the immediate successor of
the Apostle (Illustrious
Men 15). St.
Jerome himself in several other places follows this opinion, but here
he correctly states that Clement was the fourth pope.
The early evidence shows great variety. The most ancient list of popes is
one made by Hegesippus in the time of Pope Anicetus, c. 160
(Harnack ascribes it to an unknown author under Soter, c. 170), cited
by St.
Epiphanius (Haer., xxvii, 6). It seems to have been used by St.
Irenæus (Haer., III, iii), by Julius
Africanus, who composed a chronography in 222, by
the third- or fourth-century author of a Latin poem
against Marcion,
and by Hippolytus,
who see chronology extends
to 234 and is probably found in the "Liberian Catalogue" of 354. That
catalogue was itself adopted in the "Liber
Pontificalis". Eusebius in
his chronicle and history used Africanus;
in the latter he slightly corrected the dates. St.
Jerome's chronicle is a translation of Eusebius's,
and is our principal means for restoring the lost Greek of the
latter; the Armenian version
and Coptic epitomes of it are not to be depended on. The varieties of
order are as follows:
Linus, Cletus, Clemens (Hegesippus,
ap. Epiphanium, Canon of Mass).
Linus, Anencletus, Clemens (Irenaeus, Africanus ap. Eusebium).
Linus, Anacletus, Clemens (Jerome).
Linus, Cletus, Anacletus, Clemens (Poem
against Marcion),
Linus, Clemens, Cletus, Anacletus [Hippolytus (?),
"Liberian Catal."- "Liber. Pont."].
Linus, Clemens, Anacletus (Optatus, Augustine).
At the present time no
critic doubts that Cletus, Anacletus, Anencletus,
are the same person. Anacletus is
a Latin error; Cletus is
a shortened (and more Christian) form of Anencletus.
Lightfoot thought that the transposition of Clement in the
"Liberian Catalogue" was a mere accident, like the similar error "Anicetus,
Pius" for "Pius Anicetus", further on in the same list. But it
may have been a deliberate alteration by Hippolytus,
on the ground of the tradition mentioned by Tertullian. St.
Irenæus (III, iii) tells us that Clement "saw
the blessed Apostles and conversed with them, and had yet
ringing in his ears the preaching of the Apostles and had
their tradition before his eyes, and not he only for many were then
surviving who had been taught y the Apostles". Similarly Epiphanius tells
us (from Hegesippus) that Clement was a contemporary
of Peter and Paul. Now Linus and Cletus had
each twelve years attributed to them in the list. If Hippolytus found Cletus doubled
by an error (Cletus
XII, Anacletus XII),
the accession of Clement would appear to be thirty-six
years after the death of the Apostles.
As this would make it almost impossible for Clement to have been
their contemporary, it may have caused Hippolytus to
shift him to an earlier position. Further, St.
Epiphanius says (loc. cit.): "Whether he
received episcopal ordination from Peter in
the life-time of the Apostles, and declined the office, for he says in one
of his epistles 'I retire, I depart, let the people of God be
in peace', (for we have found this set down in certain Memoirs),
or whether he was appointed by the Bishop Cletus after he had
succeeded the Apostles, we do not clearly know."
The "Memoirs" were certainly those of Hegesippus. It
seems unlikely that he is appealed to only for the quotation from
the Epistle, c. liv; probably Epiphanius means
that Hegesippus stated that Clement had been ordained by Peter and
declined to be bishop,
but twenty-four years later really exercised the office for nine
years. Epiphanius could not reconcile these two facts; Hippolytus seems
to have rejected the latter.
Chronology
The date intended
by Hegesippus is not hard to restore. Epiphanius implies
that he placed the martyrdom of
the Apostles in the twelfth year of Nero. Africanus calculated
the fourteenth year (for he had attributed one year too little to the reigns
of Caligula and Claudius), and added the
imperial date for the accession of each pope;
but having two years too few up to Anicetus he could not get the
intervals to tally with the years of episcopate given
by Hegesippus. He had a parallel difficulty in his list of
the Alexandrian bishops.
|
Hegesippus |
Africanus (from Eusebius) |
Interval |
Real Dates A.D. |
||||
|
12 |
14 |
12 |
12 |
66 |
|||
|
Cletus |
12 |
Titus |
2 |
12 |
Vesp |
10 |
78 |
|
Clemens |
9 |
Dom |
12 |
(7) |
Dom |
10 |
80 |
|
Euaristus |
8 |
2 |
(10) |
Trajan |
2 |
99 |
|
|
Alexander |
10 |
12 |
10 |
10 |
107 |
||
|
10 |
Hadrian |
3 |
(9) |
Hadrian |
1 |
117 |
|
|
11 |
Hadrian |
12 |
(10) |
Hadrian |
11 |
127 |
|
|
Hyginus |
4 |
Anton |
1 |
4 |
Anton |
1 |
138 |
|
15 |
Anton |
5 |
15 |
Anton |
5 |
142 |
|
|
Anicetus |
Anton |
20 |
Anton |
20 |
157 |
If we start, as Hegesippus intended, with Nero 12
(see last column), the sum of his years brings us right for the
last three popes.
But Africanus has started two years wrong, and in order to
get right at Hyginus he has to allow one year too little to each of
the preceding popes, Sixtus and Telesphorus.
But there is one inharmonious date, Trajan 2,
which gives seven and ten years to Clement and Euaristus instead
of nine and eight. Evidently he felt bound to insert
a traditional date — and in fact we see that Trajan 2
was the date intended by Hegesippus. Now we know that Hegesippus spoke
about Clement's acquaintance with the Apostles, and said nothing
about any other pope until Telesphorus,
"who was a glorious martyr."
It is not surprising, then, to find that Africanus had, besides the
lengths of episcopate, two fixed dates from Hegesippus, those of the
death of Clement in the second year of Trajan,
and of the martyrdom of Telesphorus in
the first year of Antoninus
Pius. We may take it, therefore, that about 160 the death of St. Clement
was believed to have been in 99.
Identity
Origen identifies
Pope Clement with St.
Paul's fellow-labourer (Philippians
4:3), and so do Eusebius, Epiphanius,
and Jerome — but this Clement was probably a Philippian.
In the middle of the nineteenth century it was the custom to identity
the pope with
the consul of 95, T. Flavius Clemens, who was martyred by
his first cousin, the Emperor
Domitian, at the end of his consulship. But the ancients never suggest
this, and the pope is
said to have lived on till the reign of Trajan.
It is unlikely that he was a member of the imperial family.
The continual use of the Old
Testament in his Epistle has suggested to
Lightfoot, Funk, Nestle, and others that he was
of Jewish origin. Probably he was a freedman or son of a freedman of
the emperor's household, which included thousands or tens of thousands.
We know that
there were Christians in
the household of Nero (Philippians
4:22). It is highly probable that the bearers
of Clement's letter, Claudius Ephebus and Valerius
Vito, were of this number, for the names Claudius and Valerius occur
with great frequency in inscriptions among the freedmen of
the Emperor Claudius (and his two predecessors of the same gens)
and his wife Valeria Messalina. The two messengers are described as
"faithful and prudent men, who have walked among us from youth
unto old age unblameably", thus they were probably already Christians and
living in Rome before
the death of the Apostles about thirty years earlier.
The Prefect of Rome during Nero's persecution was Titus Flavius Sabinus,
elder brother of the Emperor
Vespasian, and father of the martyred Clemens. Flavia
Domitilla, wife of the Martyr, was a granddaughter of Vespasian,
and niece of Titus and Domitian;
she may have died a martyr to
the rigours of her banishment The catacomb of Domitilla is
shown by existing inscriptions to have been founded by her.
Whether she is distinct from another Flavia Domitilla, who is styled
"Virgin and Martyr",
is uncertain. (See FLAVIA
DOMITILLA and NEREUS
AND ACHILLEUS) The consul and his wife had two sons Vespasian and Domitian,
who had Quintilian for their tutor. Of their life nothing is known.
The elder brother of the martyr Clemens was
T. Flavius Sabinus, consul in 82, put
to death by Domitian,
whose sister he had married. Pope Clement is rep resented as his son in
the Acts of Sts. Nereus and Achilleus, but this would
make him too young to have known the Apostles.
Martyrdom
Of the life and
death of St, Clement nothing is known. The apocryphal Greek Acts of
his martyrdom were
printed by Cotelier in his "Patres Apost." (1724, I,
808; reprinted in Migne,
P.G., II, 617, best edition by Funk, "Patr. Apost.", II, 28).
They relate how he converted Theodora, wife of Sisinnius, a
courtier of Nerva, and (after miracles) Sisinnius himself
and four hundred and twenty-three other persons of
rank. Trajan banishes
the pope to
the Crimea, where he slakes the thirst of two thousand Christian confessors by
a miracle.
The people of the country are converted,
seventy-five churches are built. Trajan,
in consequence, orders Clement to be thrown into the sea with an
iron anchor. But the tide every year recedes two
miles, revealing a Divinely built shrine which contains the martyr's bones.
This story is not older than the fourth century. It is known to Gregory
of Tours in the sixth. About 868 St. Cyril, when in the Crimea on
the way to evangelize the Chazars, dug up some bones in a mound (not in
a tomb under
the sea), and also an anchor. These were believed to be
the relics of
St. Clement. They were carried by St. Cyril to Rome,
and deposited by Adrian
II with those of St.
Ignatius of Antioch in the high
altar of the basilica of St. Clement in Rome.
The history of this translation is evidently quite truthful, but
there seems to have been no tradition with regard to the mound, which
simply looked a likely place to be a tomb.
The anchor appears to be the only evidence of identity but we cannot
gather from the account that it belonged to the scattered bones.
(See Acta SS., 9 March, II, 20.) St. Clement is first mentioned as
a martyr by Rufinus (c.
400). Pope Zozimus in a letter to Africa in 417 relates the
trial and partial acquittal of the heretic Caelestius
in the basilica of St. Clement; the pope had
chosen this church because Clement had learned
the Faith from St. Peter, and had given his life for it (Ep.
ii). He is also called a martyr by
the writer known as Praedestinatus (c. 430) and by
the Synod of Vaison in
442. Modern critics think it possible that his martyrdom was
suggested by a confusion with his namesake, the martyred consul.
But the lack of tradition that he was buried in Rome is
in favour of his having died in exile.
The basilica
The church of
St. Clement at Rome lies
in the valley between the Esquiline and Coelian hills, on the direct road from
the Coliseum to the Lateran. It is now in the hands of the Irish Province of Dominicans.
With its atrium, its choir enclosed by a wall, its ambos,
it is the most perfect model of an early basilica in Rome,
though it was built as late as the first years of the twelfth century
by Paschal II, after the destruction of this portion of the city by
the Normans under Robert
Guiscard. Paschal II followed the lines of an
earlier church, on a rather smaller scale, and employed some of its
materials and fittings The marble wall of the present choir is of
the date of John
II (533-5). In 1858 the older church was unearthed, below
the present building, by the Prior Father Mulooly, O.P. Still lower
were found chambers of imperial date and walls of the Republican
period. The lower
church was built under Constantine (d. 337) or not much
later. St.
Jerome implies that it was not new in his time: "nominis
eius [Clementis] memoriam usque hodie Romae exstructa ecclesia custodit" (Illustrious
Men 15). It is mentioned
in inscriptions of Damasus (d. 383)
and Siricius (d. 398). De
Rossi thought the lowest chambers belonged to the house
of Clement, and that the room immediately under the altar was
probably the original memoria of the saint.
These chambers communicate with a shrine of Mithras,
which lies beyond the apse of
the church, on the lowest level. De
Rossi supposed this to be a Christian chapel purposely
polluted by the authorities during the last persecution.
Lightfoot has suggested that the rooms may have belonged to the house of
T. Flavius Clemens the consul, being later mistaken for the
dwelling of the pope;
but this seems quite gratuitous. In the sanctuary of Mithras a statue of
the Good Shepherd was found.
Pseudo-Clementine writings
Many writings have been falsely attributed to Pope St.
Clement I:
The
"Second Clementine Epistle to the Corinthians",
discussed under III.
Two "Epistles to
Virgins", extant in Syriac in an Amsterdam manuscript of
1470. The Greek originals are lost.
Many critics have believed them genuine, for they were
known in the fourth century to St.
Epiphanius (who speaks of their being read in the Churches) and
to St.
Jerome. But it is now admitted on all hands that they cannot be by the same
author as the genuine Epistle to the Corinthians. Some writers,
as Hefele and Westcott, have attributed them to the second half
of the second century, but the third is more probable (Harnack, Lightfoot).
Harnack thinks the two letters were originally one. They were first edited by
Wetstein, 1470, with Latin translation, reprinted by Gallandi,
"Bibl. vett. Patr.", I, and Migne,
P.G., I. They are found in Latin only in Mansi,
"Concilia", I, and Funk "Patres Apost.",
II. See Lightfoot, "Clement of Rome" (London, 1890), I
Bardenhewer, "Gesch. der altkirchl. Litt." (Freiburg im Br., 1902),
I; Harnack in "Sitzungsber. der k. preuss. Akad. der Wiss."
(Berlin, 1891), 361 and "Chronol." (1904), II, 133.
At the head of the Pseudo-Isidorian
decretals stand five letters attributed to St. Clement. The first is
the letter of Clement to James translated
by Rufinus (see III); the second is another letter to James,
found in many manuscripts of
the "Recognitions". The other three are the work of Pseudo-Isidore (See FALSE
DECRETALS.)
Ascribed
to Clement are the "Apostolical Constitutions",
"Apostolic Canons", and the "Testament of Our Lord",
also a Jacobite Anaphora (Renaudot, Liturg. Oriental.
Coll., Paris, 1716, II; Migne,
P.G., II). For other attributions see Harnack, "Gesch. der altchr.
Lit." I, 777-80. The "Clementines"
or Pseudo-Clementines. (q.v.)
The Epistle to the
Corinthians
The Church of Corinth had
been led by a few violent spirits into a sedition against its
rulers. No appeal seems to have been made to Rome,
but a letter was sent in the name of the Church of Rome by
St. Clement to restore peace and unity. He begins by explaining that his
delay in writing has been caused by the sudden calamities which, one
after another, had just been falling upon the Roman
Church. The reference is clearly to the persecution of Domitian.
The former high reputation of the Corinthian Church is
recalled, its piety and hospitality,
its obedience and discipline. Jealousy had caused the
divisions; it was jealousy that led Cain, Esau, etc.,
into sin,
it was jealousy to which Peter and Paul and
multitudes with them fell victims. The Corinthians are urged
to repent after the example of the Patriarchs, and to be humble like Christ himself.
Let them observe order, as all creation does. A curious passage on
the Resurrection is
somewhat of an interruption in the sequence:
all creation proves the Resurrection, and so does the
phoenix, which every five hundred years consumes itself, that its offspring may
arise out of its ashes (23-6). Let us, Clement continues,
forsake evil and
approach God with
purity, clinging to His blessing, which
the Patriarchs so richly obtained, for
the Lord will quickly come with His rewards, let us look
to Jesus
Christ, our High-Priest,
above the angels at
the right hand of the Father (36). Discipline and subordination
are necessary as
in an army and in the human body, while arrogance is absurd
for man is nothing. The Apostles foresaw feuds, and
provided for a succession of bishops and deacons;
such, therefore cannot be removed at pleasure. The just have always
been persecuted.
Read St.
Paul's first epistle to you, how he condemns party spirit.
It is shocking that a few should disgrace the Church of Corinth.
Let us beg for pardon; nothing is more beautiful than charity; it was
shown by Christ when
He gave His Flesh for our flesh, His Soul for
our souls;
by living in this love,
we shall be in the number of the saved through Jesus
Christ, by Whom is glory to God for
ever and ever, Amen (58).
But if any disobey, he is in great danger; but we will pray that
the Creator may preserve the number of His elect in the
whole world.--Here follows a beautiful Eucharistic prayer (59-61).
The conclusion follows: "We have said enough, on
the necessity of repentance, unity, peace, for we have been
speaking to the faithful,
who have deeply studied the Scriptures, and will understand the
examples pointed out, and will follow them. We shall indeed be happy if
you obey. We have sent two venerable messengers, to show how great is our
anxiety for peace among you" (62-4). "Finally may the
all-seeing God and Master of Spirits and Lord of
all flesh, who chose the Lord
Jesus Christ and us through Him for a peculiar people, grant unto
every soul that
is called after His excellent and holy Name faith, fear,
peace, patience, long-suffering, temperance, chastity, and soberness,
that they may be well-pleasing unto His Name through our High
Priest and Guardian. Jesus
Christ, through whom unto Him be glory and majesty, might
and honour,
both now and for ever and ever, Amen.
Now send ye back speedily unto us our messengers Claudius Ephebus and Valerius
Bito, together with Fortunatus also, in peace and with joy,
to the end that they may the more quickly report the peace and concord which
is prayed for
and earnestly desired by us, that we also may the more speedily rejoice over
your good order. The grace of our
Lord Jesus Christ be with you and with all men in all places
who have been called by God and
through Him, through whom is glory and honour,
power and greatness and eternal dominion, unto Him, from the ages
past and for ever and ever. Amen."
(64-5.)
The style of the Epistle is earnest and simple, restrained and
dignified, and sometimes eloquent. The Greek is correct, though not
classical. The quotations from the Old
Testament are long and numerous. The version of the Septuagint used
by Clement inclines in places towards that which appears in the New
Testament, yet presents sufficient evidence of independence; his readings
are often with A, but are less often opposed to B than are those in the New
Testament; occasionally he is found against the Septuagint with
Theodotion or even Aquila (see H. B. Swete, Introd. to the 0. T.
in Greek, Cambridge 1900). The New
Testament he never quotes verbally. Sayings of Christ are
now and then given, but not in the words of the Gospels. It cannot
be proved,
therefore, that he used any one of the Synoptic Gospels. He
mentions St.
Paul's First Epistle to the Corinthians, and appears to
imply a second. He knows Romans and Titus, and apparently
cites several other of St.
Paul's Epistles.
But Hebrews is most often employed of all New
Testament books. James, probably, and I Peter, perhaps, are
referred to. (See the lists of citations in Funk and
Lightfoot, Westcott, Introductions to Holy Scripture, such as those
of Cornely,
Zahn, etc., and "The New Test. in the Apost. Fathers", by a Committee
of the Oxford Society of Hist. Theology, Oxford, 1906.) The tone of authority with
which the letter speaks is noteworthy, especially in the later part (56, 58,
etc.): "But if certain persons should
be disobedient unto the words spoken by Him through us let them understand that
they will entangle themselves in no slight transgression and danger;
but we shall be guiltless of this sin"
(59). "It may, perhaps, seem strange", writes Bishop Lightfoot,
"to describe this noble remonstrance as the first step towards papal domination.
And yet undoubtedly this is the case." (I, 70.)
Doctrine
There is
little intentional dogmatic teaching in the Epistle, for it
is almost wholly hortatory. A passage on the Holy
Trinity is important. Clement uses the Old
Testament affirmation "The Lord liveth",
substituting the Trinity thus: "As God liveth, and
the Lord
Jesus Christ liveth and the Holy Spirit —
the faith and hope of the elect, so surely he that
performeth", etc. (58). Christ is frequently represented as
the High-Priest,
and redemption is
often referred to. Clement speaks strongly
of justification by works. His words on the Christian
ministry have given rise to much discussion (42 and 44):
"The Apostles received the Gospel for us from
the Lord
Jesus Christ; Jesus
Christ was sent from God.
So then Christ is from God,
and the Apostles from Christ. Both [missions] therefore came in
due order by the will of God.....
So preaching everywhere in country and town, they appointed their first-fruits,
having proved them
by the Spirit,
to be bishops and deacons for
those who should believe. And this in no new fashion, for it had indeed
been written from very ancient times about bishops and deacons;
for thus saith the Scripture: 'I will appoint their bishops in justice and
their deacons in faith"'
(a strange citation of Isaiah
60:17). . . . "And our Apostles knew through our
Lord Jesus Christ that there would be strife over the name of the
office of bishop.
For this cause therefore, having received complete foreknowledge, they
appointed the aforesaid persons,
and afterwards they have given a law, so that, if these should fall
asleep, other approved men should succeed to their
ministration." Rothe, Michiels (Origines
de l'episcopat, Louvain, 1900, 197), and others awkwardly understand "if
they, the Apostles, should fall asleep". For epinomen dedokasin,
which the Latin renders legem dederunt, Lightfoot reads epimonen
dedokasin, "they have provided a continuance". In any case the
general meaning is clear, that the Apostles provided for
a lawful succession of ministers. Presbyters are
mentioned several times, but are not distinguished from bishops.
There is absolutely no mention of a bishop at Corinth,
and the ecclesiastical
authorities there are always spoken of in the. plural.
R. Sohm thinks there was as yet no bishop at Corinth when Clement wrote
(so Michiels and many other Catholic writers;
Lightfoot leaves the question open), but that a bishop must
have been appointed in consequence of the letter; he thinks that Rome was
the origin of all ecclesiastical institutions
and laws (Kirchenrecht
189). Harnack in 1897 (Chronol., I) upheld the paradox that the Church of Rome was
so conservative as to be governed by presbyters until Anicetus;
and that when the list of popes was
composed, c. 170, there had been a bishop for
less than twenty years; Clement and others in the list were
only presbyters of
special influence.
The liturgical character of
parts of the Epistle is elaborately discussed by Lightfoot. The prayer (59-61)
already mentioned, which reminds us of the Anaphora of
early liturgies,
cannot be regarded, says Duchesne, "as a reproduction of
a sacred formulary but it is an excellent example of the style
of solemn prayer in
which the ecclesiastical leaders
of that time were accustomed to express themselves at meetings
for worship" (Origines du culte chret., 3rd ed., 50; tr., 50). The
fine passage about Creation, 32-3, is almost in the style of
a Preface, and concludes by introducing the Sanctus by the usual
mention of the angelic
powers: "Let us mark the whole host of the angels,
how they stand by and minister unto His Will. For
the Scripture saith: Ten thousand times ten thousand stood by Him,
and thousands of thousands ministered unto Him, and they cried
aloud: Holy holy, holy is the Lord of Sabaoth;
all creation is full of His glory. Yea, and let us ourselves
then being gathered together in concord with intentness of heart, cry
unto Him." The combination of Daniel
7:10 with Isaiah
6:3 may be from a liturgical formula.
It is interesting to note that the contemporary Apocalypse
of St. John 4:8 shows the four living creatures, representing
all creation, singing the Sanctus at
the heavenly Mass.
The historical references in the letter are deeply interesting:
"To pass from the examples of ancient days, let us come to those champions
who lived very near to our time. Let us set before us the noble examples
which belong to our generation. By reason of jealousy and envy the
greatest and most righteous pillars of the Church were persecuted,
and contended even until death. Let us set before our eyes
the good Apostles. There was Peter, who by reason of
unrighteous jealousy endured not one or two, but many labours, and
thus having borne his testimony went to his appointed Place of glory.
By reason of jealousy and strife Paul by his
example pointed out the prize of patient endurance. After that he had been seven
times in bonds, had been driven into exile, had been stoned, had preached
in the East and in the West, he won the noble renown which was
the reward of his faith having
taught righteousness unto the whole world and having reached the farthest
bounds of the West; and when he had borne his testimony before the rulers,
so he departed from the world and went unto the holy place having
been found a notable pattern of patient endurance (5). It is obvious that these
two Apostles are mentioned because they suffered at Rome.
It seems that St.
Paul went to Spain as
he intended (Romans
15:28) and as is declared by the
spurious Acts of Peter and by the Muratorian
fragment. "Unto these men of holy lives was
gathered a vast multitude of the elect who
through many indignities and tortures, being the victims of jealousy, set
a brave example
among ourselves. By reason of jealousy women being persecuted,
after that they had suffered cruel and unholy insults as Danaids and Dircae,
safely reached the goal in the race of faith,
and received a noble reward, feeble though they were in body" (6). The
"vast multitude" both of men and women "among
ourselves" at Rome refers
to the horrible persecution of Nero,
described by Tacitus, "Ann.", XV, xliv. It is in the recent past, and
the writer continues: "We are in the same lists, and the same contest
awaits us" (7)- he is under another persecution,
that of Domitian, covertly referred
to as a series of "sudden and repeated calamities and reverses",
which have prevented the letter from being written sooner. The martyrdom of
the Consul Clement (probably patron of the pope's own family)
and the exile of his wife will be among these disasters.
Date and authenticity
The date of the
letter is determined by these notices of persecution.
It is strange that even a few good scholars (such as
Grotius Grabe, Orsi,
Uhlhorn, Hefele, Wieseler) should have dated it soon
after Nero.
It is now universally acknowledged, after Lightfoot, that it was written about
the last year of Domitian (Harnack)
or immediately after his death in 96 (Funk). In 1996,
as Joseph Cardinal Ratzinger, Pope Benedict XVI
supported a date of A.D. 70, and by 2002 most scholars
a date earlier than 96, some agreeing with the A.D. 70 date. The Roman
Church had existed several decades, for the two envoys
to Corinth had lived in it from youth to age. The Church of Corinth is
called archai (47). Bishops and deacons have
succeeded to bishops and deacons appointed
by the Apostles (44).
Yet the time of the Apostles is "quite lately"
and "our own veneration" (5). The external evidence is in
accord. The dates given
for Clement's episcopate by Hegesippus are apparently
90-99, and that early writer states that the schism at Corinth took
place under Domitian (Eusebius, Church
History III.16, for kata ton deloumenon is meaningless if it
is taken to refer to Clement and not to Domitian;
besides, the whole of Eusebius's account
of that emperor's persecution,
III, xvii-xx, is founded on Hegesippus). St. Irenæus says
that Clement still remembered the Apostles, and so did
many others, implying an interval of many years after their
death. Volkmar placed the date in the reign
of Hadrian, because the Book of Judith is quoted, which he
declared to have been written in that reign. He was followed by Baur, but not
by Hilgenfeld. Such a date is manifestly impossible, if only because
the Epistle of Polycarp is entirely modelled on that
of Clement and borrows from it freely. It is possibly employed
by St. Ignatius, c. 107, and certainly in the letter of
the Smyrnaeans on the martyrdom of St.
Polycarp, c. 156.
The Epistle is in the name of the Church of Rome but
the early authorities always ascribe it
to Clement. Dionysius, Bishop of Corinth,
wrote c. 170 to the Romans in Pope Soter's time:
"Today we kept the holy day, the Lord's day, and on it
we read your letter- and we shall ever have it to give us
instruction, even as the former one written through Clement" (Eusebius, Church
History IV.30). Hegesippus attributed the letter to Clement. Irenaeus,
c. 180-5 perhaps using Hegesippus, says: "Under
this Clement no small sedition took place among the brethren at Corinth and
the Church of Rome sent
a most sufficient letter to the Corinthians, establishing them in peace,
and renewing their faith,
and announcing the tradition it had recently received from
the Apostles" (III, iii). Clement
of Alexandria, c. 200, frequently quotes
the Epistle as Clement's, and so do Origen and Eusebius.
Lightfoot and Harnack are fond of pointing out that we hear earlier of the
importance of the Roman
Church than of the authority of the Roman bishop.
If Clement had spoken in his own name, they would surely have noted
expressly that he wrote not as Bishop
of Rome, but as an aged "presbyter" who
had known the Apostles. St.
John indeed was still alive, and Corinth was rather nearer
to Ephesus than to Rome. Clement evidently
writes officially, with all that authority of the Roman
Church of which Ignatius and Irenaeus have
so much to say.
The Second Letter to the
Corinthians
An ancient homily by
an anonymous author has come down to us in the same two Greek manuscripts as
the Epistle
of Clement, and is called the Second
Epistle of Clement to the Corinthians. It is first mentioned by Eusebius (Church
History III.37), who considered it spurious, as being unknown to the
ancients; he is followed (perhaps not independently)
by Rufinus and Jerome. Its inclusion as a letter
of Clement in the Codex
Alexandrinus of the whole Bible in the fifth century is the
earliest testimony to a belief in
its authenticity; in the sixth century it is quoted by the Monophysite leaders Timothy of Alexandria and Severus of Antioch,
and it was later known to many Greek writers.
This witness is a great contrast to the very
early veneration paid to the genuine
letter. Hilgenfeld's theory that it is the letter of Pope
Soter to the Corinthians, mentioned by Dionysius in the
fragment quoted above, was accepted by many critics, until the discovery
of the end of the work by Bryennios showed that it was not a letter
at all, but a homily.
Still Harnack has again and again defended this view. An apparent reference to
the Isthmian Games in 7 suggests that the homily was
delivered at Corinth;
but this would be in character if it was a letter addressed
to Corinth. Lightfoot and others think it earlier than Marcion,
c. 140, but its reference to Gnostic views
does not allow us to place it much earlier. The matter of the sermon is
a very general exhortation, and there is no definite plan or sequence. Some
citations from unknown Scriptures are interesting.
Pope Clement I
(called CLEMENS ROMANUS to distinguish him from the Alexandrian),
is the first of the successors of St. Peter of whom
anything definite is known, and he is the first of the "Apostolic
Fathers". His feast is
celebrated 23 November. He has left one genuine writing, a letter to the Church of Corinth,
and many others have been attributed to him.
Sources
The editio princeps of
the two "Epistles to the Corinthians" is that of Patrick Young, 1633
(2d ed., 1637), from the famous Codex Alexandrinus (A) of the whole Bible in
Greek. A number of editions followed in the seventeenth and eighteenth
centuries (enumerated by Funk, Gebhardt, and Lightfoot). in the nineteenth we
may notice those of C. J. Hefele (Tübingen, 1st ed., 1839), Jacobson (Oxford,
1st ed., 1840, etc.), Dressel (Leipzig, 1857), in the editions of the Apostolic
Fathers by these writers. An edition by Bishop J. B. Lightfoot appeared in 1869
(London and Cambridge), one by J. C. M. Laurent in 1870 (Leipzig), and one by
0. von Gebhardt and A. Harnack in 1875 (Leipzig). All these editions are
founded on the one MS., which gives both letters incompletely, and not always
legibly. On its doubtful readings Tischendorf wrote in 1873 (Clementis Rom. Epistulae,
Leipzig), and he gave a so-called facsimile in 1867 (Appendix codicum
celeberrimorum Sinaitici et Vaticani, Leipzig). A photographic reproduction of
the whole codex was published at the British Museum in 1879. In 1875 the
complete text of both Epistles was published by Bryennios at Constantinople,
from-a MS. in the Patriarchal library of that city. It was used in Hilgenfeld's
"Clementis Romani Epistulae" (2d ed., Leipzig, 1876), in the second
edition of Gebhardt and Harnack (1876). In Lightfoot's edition of 1877 (London)
a Syriac version was also used for the first time. The MS. was written in 1170,
and is in the Cambridge University Library. It has been published in full by R.
L. Bensley and R. H. Kennett, "The Epistles of St. Clement to the Corinthians
in Syriac" (London, 1899). Dr. Funk's "Opera Patrum
Apostolicorum" first appeared in 1878-81 (Tübingen). The great and
comprehensive posthumous edition of Lightfoot's "Clement of Rome"
(which contains a photographic facsimile of the Constantinople MS.) was
published in 1890 (2 vols. London). The Greek text and English translation are
reprinted by Lightfoot, "The Apostolic Fathers" (1 vol., London,
1891). In 1878 Dom Germain Morin discovered a Latin translation of the genuine
Epistle in an eleventh-century MS. in the library of the Seminary of Namur
(Anecdota Maredsolana, 2 vols., "S. Clementis ad Corinthios Epistulae
versio antiquissima", Maredsous, 1894). The version is attributed to the
second century by Harnack and others. It has been employed to correct the text
in Funk's latest edition (1901), and by R. Knopf, "Der erste
Clemensbrief" (in "Texte und Unters.", New Series, Leipzig,
1899). Besides Lightfoot's excellent English rendering, there is a translation
of the two Epistles in "Ante-Nicene Chr. Lit." (Edinburgh, 1873, I).
Chapman, John. "Pope
St. Clement I." The Catholic Encyclopedia. Vol. 4. New
York: Robert Appleton Company,1908. 27 Apr.
2015 <http://www.newadvent.org/cathen/04012c.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by Gerard Haffner.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. Remy Lafort,
Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2023 by Kevin
Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/04012c.htm
St. Clement, Pope and
Martyr
See Tillemont, t. 2, p.
162; Ceillier, Wake, Pagi ad an. 100, n. 2; Schelstrate, Ant. Illustr. Diss. 3,
c. 2, p. 340; Adnotatores in Anast. Bibl. t. 2, p. 55, ed. an. 1723; Orsi, t.
1, l. 2.
A.D. 100
ST. CLEMENT, the son of Faustinus, a Roman by birth, was of Jewish extraction;
for he tells us himself, that he was of the race of Jacob. 1 He
was converted to the faith by St. Peter or St. Paul, and was so constant in his
attendance on these apostles, and so active in assisting them in their
ministry, that St. Jerom and other fathers call him an apostolic man; St.
Clement of Alexandria 2 styles
him an apostle; and Rufinus, 3 almost
an apostle. Some authors attribute his conversion to St. Peter, whom he met at
Cæsarea with St. Barnabas; but he attended St. Paul at Philippi in 62, and
shared in his sufferings there. We are assured by St. Chrysostom, 4 that
he was a companion of this latter, with SS. Luke and Timothy, in many of his
apostolic journeys, labours, and dangers. St. Paul (Phil. iv.
3,) calls him his fellow-labourer, and ranks him among those whose names
are written in the book of life: a privilege and matter of joy far beyond the
power of commanding devils. (Luke x.
17.) St. Clement followed St. Paul to Rome, where he also heard St. Peter
preach, and was instructed in his school, as St. Irenæus, 5 and
Pope Zozimus testify. Tertullian tells us, 6 that
St. Peter ordained him bishop, by which some understand that he made him a
bishop of nations, to preach the gospel in many countries; others, with
Epiphanius, 7 that
he made him his vicar at Rome, with an episcopal character to govern that
church during his absence in his frequent missions. Others suppose he might at
first be made bishop of the Jewish church in that city. After the martyrdom of
SS. Peter and Paul, St. Linus was appointed bishop of Rome, and after eleven
years was succeeded by St. Cletus. Upon his demise, in 89, or rather in 91, St.
Clement was placed in the apostolic chair. According to the Liberian Calendar
he sat nine years, eleven months, and twenty days.
At Corinth an impious and detestable division, as our saint called it, happened
amongst the faithful, like that which St. Paul had appeased in the same church;
and a party rebelled against holy and irreproachable priests, and presumed to
depose them. It seems to have been soon after the death of Domitian in 96, 8 that
St. Clement, in the name of the Church of Rome, wrote to them his excellent
epistle, a piece highly extolled and esteemed in the primitive church as an
admirable work, as Eusebius calls it. 9 It
was placed in rank next to the canonical books of the holy scriptures, and with
them read in the churches. Whence it was found in the very ancient Alexandrian
manuscript copy of the Bible, which Cyril Lucaris sent to our King James I.
from which Patrick Young, the learned keeper of that king’s library, published
it at Oxford in 1633. St. Clement begins his letter by conciliating the
benevolence of those who were at variance, tenderly putting them in mind, how edifying
their behaviour was when they were all humble-minded, not boasting of any
thing, desiring rather to be subject than to govern, to give than to receive,
content with the portion God had dispensed to them, listening diligently to his
word, having an insatiable desire of doing good, and a plentiful effusion of
the Holy Ghost upon all of them. At that time they were sincere, without
offence, not mindful of injuries, and all sedition and schism was an
abomination to them. The saint laments that they had then forsaken the fear of
the Lord, and were fallen into pride, envy, strife, and sedition, and
pathetically exhorts them to lay aside all pride and anger, for Christ is
theirs who are humble, and not theirs who exalt themselves. The sceptre of the
majesty of God, our Lord Jesus Christ, came not in the show of pride, though he
could have done so; but with humility. He bids them look up to the Creator of
the world, and think how gentle and patient he is towards his whole creation;
also with what peace it all obeys his will, and the heavens, earth, impassable
ocean, and worlds beyond it, 10 are
governed by the commands of this great master. Considering how near God is to
us and that none of our thoughts are hid from him, how ought we never to do any
thing contrary to his will, and honour them who are set over us, showing with a
sincere affection of meekness, and manifesting the government of our tongues by
a love of silence. “Let your children,” says the saint, “be bred up in the
instruction of the Lord, and learn how great a power humility has with God, how
much a pure and holy charity avails with him, and how excellent and great his
fear is.”
It appears by what follows, that some at Corinth boggled at the belief of a
resurrection of the flesh, which the saint beautifully shows to be easy to the
almighty power, and illustrates by the vine which sheds its leaves, then buds,
spreads its leaves, flowers and afterwards produces first sour grapes, then
ripe fruit; by the morning rising from night, and corn brought forth from seed.
The resurrection of the fabulous Phœnix in Arabia, which he adds, was at that
time very strongly affirmed and believed by judicious Roman critics, 11 and
might be made use of for illustration; and whether the author of this epistle
believed it or no, is a point of small importance, whatever some may have said
upon that subject. 12 The
saint adds a strong exhortation to shake off all sluggishness and laziness, for
it is only the good workman who receives the bread of his labour. “We must
hasten,” says he, “with all earnestness and readiness of mind, to perfect every
good work, labouring with cheerfulness; for even the Creator and Lord of all
things rejoices in his own works.” The latter part of this epistle is a
pathetic recommendation of humility, peace, and charity. “Let every one,” says
the saint, “be subject to another, according to the order in which he is placed
by the gift of God. Let not the strong man neglect the care of the weak; let
the weak see that he reverence the strong. Let the rich man distribute to the
necessity of the poor, and let the poor bless God who giveth him one to supply
his want. Let the wise man show forth his wisdom, not in words, but in good
works. Let him that is humble, never speak of himself, or make show of his
actions.—Let him that is pure in the flesh, not grow proud of it, knowing that
it was another who gave him the gift of continence. 13 They
who are great cannot yet subsist without those that are little; nor the little
without the great.—In our body, the head without the feet is nothing; neither
the feet without the head. And the smallest members of our body are yet both
necessary and useful to the whole.” 14 Thus
the saint teaches that the lowest in the church may be the greatest before God,
if they are most faithful in the discharge of their respective duties; which
maxim Epictetus, the heathen philosopher, illustrates by a simile taken from a
play, in which we inquire not so much who acts the part of the king, and who
that of the beggar, as who acts best the character which he sustains, and to
him we give our applause. St. Clement puts pastors and superiors in mind, that,
with trembling and humility, they should have nothing but the fear of God in
view, and take no pleasure in their own power and authority. “Let us,” says he,
“pray for all such as fall into any trouble or distress; that being endued with
humility and moderation, they may submit, not to us but to the will of God.” 15 Fortunatus,
who is mentioned by St. Paul, 16 was
come from the church of Corinth to Rome, to inform that holy see of their
unhappy schism. St. Clement says, he had despatched four messengers to Corinth
with him, and adds: “Send them back to us again with all speed in peace and
joy, that they may the sooner acquaint us with your peace and concord, so much
prayed for and desired by us: and that we may rejoice in your good order.”
We have a large fragment of a second epistle of St. Clement to the Corinthians,
found in the same Alexandrian manuscript of the bible: from which circumstance
it appears to have been also read like the former in many churches, which St.
Dionysius of Corinth expressly testifies of that church, 17 though
it was not so celebrated among the ancients as the other. In it our saint
exhorts the faithful to despise this world and its false enjoyments, and to
have those which are promised us always before our eyes; to pursue virtue with
all our strength, and its peace will follow us with the inexpressible delights
of the promise of what is to come. The necessity of perfectly subduing both the
irascible and concupiscible passions of our soul, he lays down as the
foundation of a Christian life, in words which St. Clement of Alexandria
enforces and illustrates. Besides these letters of St. Clement to the
Corinthians, two others have been lately discovered, which are addressed to
spiritual eunuchs, or virgins. Of these St. Jerom speaks, when he says of
certain epistles of St. Clement: 18 “In
the epistles which Clement, the successor of the apostle Peter, wrote to them,
that is, to such eunuchs, almost his whole discourse turns upon the excellence
of virginity.” Doctor Cave, 19 having
in his eye the letters of this saint to the Corinthians, is angry with St.
Jerom for these words, and accuses him of calling a period or two in this saint’s
first epistle to the Corinthians, in which virginity is commended, the whole
epistle. But this learned writer, and his friend Dr. Grabe, 20 founded
this false charge upon a gross mistake, being strangers to these two letters,
which were found in a manuscript copy of a Syriac New Testament, by John James
Westein, in 1752, and printed by him with a Latin translation at Amsterdam, in
1752, and again in 1757. 21 A
French translation of them has been published with short critical notes. These
letters are not unworthy this great disciple of St. Peter; and in them the
counsels of St. Paul concerning celibacy and virginity are explained; that
state is pathetically recommended, without prejudice to the honour due to the
holy state of marriage; and the necessity of shunning all familiarity with
persons of a different sex, and the like occasions of incontinence are set in a
true light. 22
St. Clement with patience and prudence got through the persecution of Domitian.
Nerva’s peaceable reign being very short, the tempest increased under Trajan,
who, even from the beginning of his reign, never allowed the Christian
assemblies. It was in the year 100, that the third general persecution was
raised by him, which was the more afflicting, as this reign was in other
respects generally famed for justice and moderation. Rufin, 23 Pope
Zosimus, 24 and
the council of Bazas in 452, 25 expressly
style St. Clement a martyr. In the ancient canon of the Roman mass, he is
ranked among the martyrs. There stood in Rome, in the eighth century, a famous
church of St. Clement, in which the cause of Celestius the Pelagian was
discussed. This was one of the titles, or parishes of the city: for Renatus,
legate from St. Leo to the false council of Ephesus, was priest of the title of
St. Clement’s. At that time only martyrs gave titles to churches. 26 Eusebius
tells us, that St. Clement departed this life in the 3d year of Trajan, of
Christ 100. From this expression some will have it that he died a natural
death. But St. Clement says of St. Paul, who certainly died a martyr, that “he
departed out of the world.” 27 It
is also objected, that St. Irenæus gives the title of martyr only to St.
Telesphorus among the popes before St. Eleutherius. 28 But
it is certain that some others were martyrs, whatever was the cause of his
omission. St. Irenæus mentions the epistle of St. Clement, yet omits those of
St. Ignatius, though in some places he quotes him. Shall we hence argue, that
St. Ignatius wrote none? When the Emperor Lewis Debonnair founded the great
abbey of Cava in Abruzzo, four miles from Salerno, in 872, he enriched it with
the relics of St. Clement, pope and martyr, which Pope Adrian sent him, as is
related at length in the chronicle of that abbey, with a history of many
miracles. These relics remain there to this day. 29 The
ancient church of St. Clement in Rome, in which St. Gregory the Great preached
several of his homilies, still retains part of his relics. It was repaired by
Clement XI. but still shows entire the old structure of Christian churches,
divided into three parts, the narthex, the ambo, and the sanctuary. 30
St. Clement inculcates, 31 that
the spirit of Christianity is a spirit of perfect disengagement from the things
of this world. “We must,” says he, “look upon all the things of this world, as
none of ours, and not desire them. This world and that to come are two enemies.
We cannot therefore be friends to both; but we must resolve which we would
forsake, and which we would enjoy. And we think, that it is better to hate the
present things, as little, short-lived, and corruptible; and to love those
which are to come, which are truly good and incorruptible. Let us contend with
all earnestness, knowing that we are now called to the combat. Let us run in
the straight road, the race that is incorruptible.—This is what Christ saith:
keep your bodies pure, and your souls without spot, that ye may receive eternal
life.”
Note 1. Ep. 1, ad Cor. [back]
Note 2. Strom. l. 4. [back]
Note 3. De Adulter. lib. Orig. [back]
Note 4. S. Chrys. Prol. in 1 Tim. et Hom. 13, in Phil. [back]
Note 5. L. 3, c. 3. [back]
Note 6. Prescr. c. 32. [back]
Note 7. Hær. 27, c. 6. [back]
Note 8. See Patr. Junius, or Young. (Annot. in ep. Clem. Cotelier, p. 82.
Ceillier, &c.) Yet Dodwell, (Appen. ad c. 6, Diss. ad Pearson, p. 219;
Cave, Hist. Lit. p. 28, t. 1; Archbp. Wake, pp. 12, 13, &c.; Grabe in
Spicilegio, t. 10, p. 245, &c.) think this epistle was written by St.
Clement, whilst the see of Rome was vacant, after the martyrdom of SS. Peter
and Paul; on which account they say he writes in the name of the Roman Church.
For in the beginning he speaks of troubles, (c. 1,) which seem to represent
Nero’s persecution; he speaks (c. 5,) of the martyrdom of SS. Peter and Paul as
recent; he mentions the services of the Jewish temple as subsisting, (c. 41,)
which were abolished in the year 70; and Fortunatus, who came from Corinth to
Rome with information of this schism, (c. 59,) was an old disciple in St.
Paul’s time.—1 Cor. xv.
16. [back]
Note 9. Eus. Hist. l. 3, c. 16. See S. Iræn. ap. Eus. l. 5, c. 6; S. Jerom
in Catal. c. 15; Photius, Cod. 126. [back]
Note 10. The British Isles, and other places separated from the continent
of the ancients by vast distances and a wide ocean, are called by them new
worlds. [back]
Note 11. Tacitus, Annul. l. 6, n. 28, &c. [back]
Note 12. See Tentzelius, Dissert. Select. de Phœnic. p. 33, et n. 16,
p. 45. [back]
Note 13. S. Clem. ep. 1. ad Cor. n. 38. [back]
Note 14. N. 37. [back]
Note 15. N. 56. [back]
Note 16. 1 Cor. xvi.
17. [back]
Note 17. Ap. Eus. l. 4, c. 23. [back]
Note 18. L. 1, adv. Jovinian. c. 7, p. 327. [back]
Note 19. Hist. Liter, t. 1, p. 29, ed. Noviss. [back]
Note 20. Spicil. Patrum, Sæc. 1, p. 262. [back]
Note 21. Mr. Westein answers the objections made by Henry Venema, a German
Lutheran, to the authenticity of these two letters, on which see the acts of
Leipsic, for January, 1756. Mr. Westein acknowledges that St. Clement differed
much in his opinion of celibacy from Martin Luther; “but it has not been
proved,” says this Protestant author, “that his opinion was wrong.” For, “if
any one denies himself what it is allowed him to enjoy, that he may better and
more freely apply himself to the care of the church, why ought he not to hope
to receive a great recompence in the life to come.” [back]
Note 22. Several forged works have appeared under the name of St. Clement.
First, the Recognitions of St. Clement came abroad in the middle of the second
century, and are mentioned by Origen. In them are contained a pretended
itinerary with disputations of St. Peter. The Ebionites inserted their errors
in this work: also in the nineteen Clementine sermons, &c., published by
Cotelier, under the title of Pseudo-Clementina. The impostor was a man of learning
and eloquence. Some have attributed to St. Clement the apostolic canons, which
were collected in the third century from various preceding councils; some from
those of the Re-baptizers in Africa. (See Beveridge in Canon, eccl. t. 1; Grabe
in Spicileg. t. 1, p. 290; Nourry, in Appar. t. 1; Cotelier, Patres Apostol.
and principally Fontanini, Hist. Litter. Aquil. l. 5, c. 10, p. 324.) The
apostolic constitutions are almost as old as the collection of the canons
aforesaid. They are quoted by St. Epiphanius, (hær. 45, 85,) but have been
altered since that time. They are a compilation of the regulations of many
ancient pastors, in some of which the author personates the apostles. The
liturgy is one of the most ancient extant. (See Ceillier, t. 13, p. 643.) The
dream of Whiston in ranking these counterfeit writings among the canonical
scriptures, deserves no notice. [back]
Note 23. De adulterat. Lib. Orig. [back]
Note 24. Ep. 2, (an. 417,) p. 945, ed. Coutant. [back]
Note 25. Conc. Vasens. can. 6, t. 1; Cone, ad Hardwin. p. 1788. [back]
Note 26. The Greek acts of the martyrdom of St. Clement in Taurica
Chersonesus, though as old as St. Gregory of Tours, are justly exploded by
Tillemont, Orsi, &c. [back]
Note 27. Ep. ad Cor. c. 5. [back]
Note 28. L. 3, c. 3. [back]
Note 29. Chron. Casauriense ap. Muratori inter Ital. Rer. Scriptor.
t. 2. part. 2, p. 776. [back]
Note 30. See Ficoroni Vestigia di Roma Antica, (an. 1744,) c. 14,
25. [back]
Note 31. Ep. 2, ad Cor. n. 5, 6. [back]
Rev. Alban Butler (1711–73). Volume XI: November. The
Lives of the Saints. 1866.
SOURCE : http://www.bartleby.com/210/11/231.html
Weninger’s
Lives of the Saints – Saint Clement, Pope and Martyr
Article
Whilst the holy Apostles,
Peter and Paul, were preaching the Gospel at Rome, there came to them Clement,
a son of Faustinus, who was related to the Emperor Domitian. After several
discourses with Saint Peter, he saw the error of Paganism in which he had been
born and educated, and became a convert to the Christian faith. He progressed
so rapidly in virtue and holiness, that he was of great help to Paul in
converting the heathen, as the holy Apostle testifies in his Epistle to the
Philippians. The unwearied zeal he manifested in such holy endeavors, his
purity and other bright virtues, raised him, after the death of Saints Linus
and Cletus, to the government of the entire Church of Christ. In this elevated
but burdensome dignity, his holy life was an example to his flock. He gave
several excellent laws to the Church, by one of which he divided the city into
seven districts, and placed in each a notary to record the deeds, virtues and
martyrdom of those who were persecuted for Christ’s sake, that posterity,
admiring their heroism, might be animated to follow their example. His sermons
were so full of deep thought and so powerful, that he daily converted several
heathens. Among these was Flavia Domitilla, a niece of the Emperor Domitian,
who not only became a zealous Christian, but refusing several advantageous
offers of marriage, vowed her virginity to God. He converted Sisinius, one of
the most influential men in the city, by a miracle. While yet a heathen,
Sisinius went unseen into the secret chapel where the Christians assembled, in
order to ascertain what they were doing, and to see whether his wife was among
them. God, however, punished him immediately with blindness in both eyes. He
discovered himself by calling for some one to lead him home; and Saint Clement,
who was present, went to him, and, restoring his sight after a short prayer, he
improved the occasion to explain to him the truths of Christianity.
Sisinius, being soon convinced,
received holy baptism, and many heathens followed his example. The Emperor
Trajan, being informed of this, commanded Saint Clement to be banished to the
Chersonesus, unless he consented to sacrifice to the gods. Nearly two thousand
Christians had already been banished to that region, where they were forced to
work in mines and quarries. The holy Vicar of Christ rejoiced to be thought
worthy to suffer for his Divine Master, and indignantly refused to comply with
the Emperor’s command to worship the Pagan idols. He was accordingly
transported, and condemned to labor like the others. This fate at first seemed
very hard to him, but the thought that he suffered it for Christ’s sake,
strengthened him. With the same thought he endeavored also to inspire his unhappy
companions, when he saw that they became discouraged and lost their patience.
He also frequently represented to them the reward which was awaiting them in
heaven. A miracle that God performed through him raised him to great
consideration even with the heathens. There was a great scarcity of water; and
the Christians suffered much from the thirst occasioned by their hard work.
Saint Clement, pitying them most deeply, prayed to God to help them. Rising
from his knees, he saw, on a high rock, a lamb, which seemed, with his raised
right foot, to point to the place where water could be found. The holy man,
trusting in the Almighty, seized an axe, and, lightly striking the rock,
procured a rich stream of clear water, which refreshed all the inhabitants of the
country, especially the poor persecuted Christians. So many heathens were
converted on account of this miracle, that, in the course of a year, almost all
the idolatrous temples were torn down, and Christian churches erected in their
stead. Some of the idolatrous priests complained of this to the Emperor, who
immediately sent Aufidian, a cruel tyrant, to force the Christians to forsake
their faith, and to put Saint Clement to death. The tyrant endeavored to induce
the holy man to forsake Christ, but finding that all words were useless, he
commanded the executioners to tie an anchor to the neck of Saint Clement, take
him out into the sea, and cast him into the deep, in order that nothing of him
should remain to comfort the Christians. The last words of the holy Pope were:
“Eternal Father! receive my spirit!” The Christians, who had been encouraged by
him to remain constant in their faith, stood on the sea-shore, until the tyrant
and his followers had departed, after the death of the Saint. They then knelt in
prayer, to beg of the Almighty that He would restore to them the body of their
beloved shepherd; and, whilst they prayed, the sea began slowly to retreat from
the shore. The Christians, following the retreating water, came to the place
where the Saint had been cast into the sea, and found, to their inexpressible
astonishment, a small marble chapel, and in it a tomb of stone, in which the
body of the holy Pope was reposing. At his side- lay the anchor which had been
tied around his neck. The joy and comfort that filled the hearts of the
faithful at this sight can more easily be imagined than described. They wished
to take the holy body away, but God made known to them that, for the present,
it should not be disturbed; and that every year the sea would retreat, during
seven days, so as to permit all to visit the shrine of the Saint. This took
place for several years, until, at last, by divine revelation, the relics were
transported to Rome.
Practical Considerations
Did you observe how Saint
Clement encouraged himself and his fellow captives in the hard labor they had
to perform? To work for the sake of Christ, and to expect for one’s work an
eternal reward in heaven, is surely enough to make all suffering and exertion
sweet Every man is bound to work according to his station, and it is quite sure
that we are in danger of losing our souls, if we do not work as we ought, but
lead an idle, luxurious and sensual life. One station, however, has harder and
more troublesome work than another, and there are numbers of people who earn
their bread by the sweat of their brow and have, day and night, hardly an hour
for rest. It is quite natural that these sometimes become impatient, as we see
in many servants, artisans and day-laborers. Their impatience goes so far that
they become dissatisfied with God’s providence in their regard, and murmur
against Him, curse their labor, or perform it unwillingly; and thus not only
lose all the merits which they might have earned, but incur heavy
responsibility. I would ask such people to recollect, that their work, if
performed with a good intention, in the grace of God and according to His will,
will merit for them great glory in heaven. They ought to arm, themselves
against the impatience which sometimes rises in them, with the thought of the
reward that awaits them in heaven; for God recompenses every man according to
his work, as Holy Writ teaches us. Ought not every one to work with pleasure,
when he expects an eternal reward?
MLA
Citation
Father Francis Xavier
Weninger, DD, SJ. “Saint Clement, Pope and Martyr”. Lives
of the Saints, 1876. CatholicSaints.Info.
26 May 2018. Web. 16 January 2026. <https://catholicsaints.info/weningers-lives-of-the-saints-saint-clement-pope-and-martyr/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/weningers-lives-of-the-saints-saint-clement-pope-and-martyr/
The
Lives and Times of the Popes – Saint Clement I – A.D. 91
Article
Saint Clement the first,
successor to Anacletus, was a native of Rome and a disciple of Saint Peter.
Saint Paul speaks of him in terms of warm interest in his Epistle to the
Philippians.
Clement appointed in Rome
seven notaries, who were charged with the duty of collecting the Acts of the
Martyrs, and registering them in the records of the Church. Thence originated
the institution of the assistant Apostolic Prothonotaries, who were increased
to the number of twelve by Sixtus V. To Clement have been attributed several
decretals, which are now recognized as spurious. In two ordinations he created
fifteen bishops, and ordained ten priests and eleven deacons. During the third
persecution he was exiled to Cherson, a city of Pontus, and there drowned in
the sea.
Saint Clement wrote two
epistles to the Corinthians. The first, which the learned supposed to be lost,
was published, almost entire, at Oxford, by Patrick Junius, from a manuscript
in the library of the King of England, which manuscript we owe to Thecla, a
noble Egyptian lady, who was contemporary with the first Council of Nice. It is
one of the finest monuments of antiquity. Tillemont ascribes to it “much
unction and strength; its style is lucid, and it greatly resembles the Epistle
to the Hebrews. We find in the one not only some of the sense, but also even
some of the very words of the other.” This fact has led some critics to believe
that Saint Clement was the translator of that epistle of Saint Paul. Many
authors also attribute to Saint Clement another letter to the Corinthians, of
which there remains a considerable fragment, which was published in Latin by
Godefroy Wendelin, and from the Greek by Patrick Junius. It seems, in fact,
that Saint Clement was the author of it. Saint Denis of Corinth mentions it in
his letter to Soter, and he testifies that from time immemorial it had been
read in his church. Saint Irenaeus pronounced it to be very powerful and very
persuasive. Clement of Alexandria cites it in his Stromates, and it agrees with
the fragment of it which we possess. Origen also cites it in his Commentary on
Saint John. Burigny says it is false, that Eusebius, Saint Jerome, and Photius
absolutely reject it.
There is a church in Rome
known as Saint Clement’s, which is said to occupy the site of the paternal
house of this pontiff; it is said to have been built in the reign of
Constantine, in memory of the disciple of Saint Peter. It was in that church,
the object of the especial veneration of the Romans, that, in 417, Celestius, a
disciple of the heresiarch Pelagius, was condemned by Pope Zozimus. It is
stated that its title was given to this church under Leo the Great. Before the
door is a small portico, supported by four granite columns. From that portico
we pass into the atrium, which is surrounded by other porticoes, and ornamented
by sixteen granite columns, six of which are on each side, and four opposite to
the door by which we enter the church. It is divided into three naves by
eighteen columns, which support, with two arches, the side walls. That church
gives us an idea of the primitive form of our Catholic basilicas. It is
asserted that it was in this church that the body of Saint Clement, brought
from the Crimea, rested for some time. Novaes mentions, in a note, authorities
which prove, in the terms of the Constitution XIX of Leo IX, that the body of
Saint Clement, pontiff and martyr, formed a part of the relics of the monastery
of Casaure, in the Abruzzi.
MLA
Citation
Alexis-François Artaud de
Montor. “Saint Clement I – A.D. 91”. The
Lives and Times of the Popes, 1911. CatholicSaints.Info.
25 July 2022. Web. 16 January 2026.
<https://catholicsaints.info/the-lives-and-times-of-the-popes-saint-clement-i-a-d-91/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/the-lives-and-times-of-the-popes-saint-clement-i-a-d-91/
Saints
and Saintly Dominicans – 23 November
Saint Clement, Pope and Martyr
Saint Peter, who
appreciated the lofty and practical qualities of Clement, formed in the faith
by Saint Paul, designated him as his successor in the government of the Church.
But the humble disciple, after the death of the Prince of the Apostles, esteemed
himself unworthy to be the Pastor of pastors, and fearing lest this example
should cause the pontifical dignity to be considered as hereditary by the
choice of the successor being left to the predecessor on expiring, refused to
accept it. He had, nevertheless, to submit to this burden, the heaviest on
earth, after Saint Linus and Saint Cletus had successively given their life for
the faith. He suffered under Trajan and his body was thrown into the ocean. At
the prayers of the Christians, however, the waters retreated and an elegant
chapel was seen to appear, built by the hand of an angel, in which reposed the
martyr’s body. The church in Rome which bears his name and guards his relics,
with those of Saints Cyril and Methodius,
the apostles of the Slavs, was given by Innocent
X to the Irish Dominicans,
persecuted in their own country (1667).
There it was that P. Lacordaire, already professed, admitted as his first
companions on choosing their names in religion, those picked men who seconded
him so well in his providential mission of restoring the Order of Friars
Preachers in France. (100)
Prayer
My Jesus, give me a sweet
and sure shelter in Thy Heart in the midst of the ocean of the world.
Practice
Contribute to prepare
some good religious vocations, be it for your own country or for the foreign
missions.
– taken from the
book Saints
and Saintly Dominicans, by Blessed Hyacinthe-Marie
Cormier, O.P.
SOURCE : https://catholicsaints.info/saints-and-saintly-dominicans-23-november/
San Clemente I Romano Papa
e martire
- Memoria Facoltativa
Clemente, quarto vescovo
di Roma dopo Pietro, Lino e Anacleto, è ricordato nel Canone Romano. La
lettera da lui indirizzata ai Corinzi per ristabilire la concordia degli animi,
appare come uno dei più antichi documenti dell'esercizio del primato. Lo
scritto testimonia il Canone dei libri ispirati e dà preziose notizie sulla
liturgia e sulla gerarchia ecclesiastica. Accenna anche alla gloriosa morte
degli apostoli pietro e Paolo e dei protomartiri romani nella persecuzione di
Nerone.
Etimologia: Clemente =
indulgente, generoso, dal latino
Emblema: Palma
Martirologio Romano: San
Clemente I, papa e martire, che resse la Chiesa di Roma per terzo dopo san
Pietro Apostolo e scrisse ai Corinzi una celebre Lettera per rinsaldare la pace
e la concordia tra loro. In questo giorno si commemora la deposizione del suo
corpo a Roma.
Risuonava ancora al suo orecchio la predicazione degli Apostoli. Così nel II secolo sant’Ireneo parla di Clemente, terzo successore di Pietro dopo Lino e Anacleto, e forse in gioventù collaboratore di Paolo. Ma di lui una sola cosa è certa: la profonda conoscenza (rivelata negli scritti) della Scrittura e anche dei testi ebraici e non canonici. Si ritiene perciò che sia venuto al cristianesimo dall’ebraismo. Sappiamo che il suo pontificato dura nove anni, sotto gli imperatori Domiziano, Nerva e Traiano. Ma il suo posto è grande nella vita della Chiesa, che lo venera come uno dei “Padri apostolici”, per la lettera alla comunità di Corinto, dove i pastori sono stati destituiti da giovani cristiani turbolenti.
Clemente non interviene finché dura la persecuzione ordinata da Domiziano nell’Impero. Tornata la pace, al tempo di Nerva, eccolo inviare a Corinto una lettera scritta da lui ma presentata come voce della Chiesa di Roma, cosciente della sua autorità e responsabilità. Essa ricorda l’origine divina dell’autorità ecclesiastica e le norme per la successione apostolica; condanna l’espulsione dei presbiteri di Corinto e disegna un’immagine dell’intera comunità cristiana come modello di fraternità. Infine, sebbene Clemente scriva dopo la persecuzione, rammenta con serenità il dovere dell’obbedienza ai prìncipi nelle cose terrene.
La lettera, detta poi Prima Clementis, afferma dopo i testi degli Apostoli l’autorità dei vescovi sui fedeli e il primato della Chiesa di Roma sulle altre. Sarà infatti definita “Epifania (cioè manifestazione) del primato romano”. Un documento che si diffonde in tutta la cristianità antica, e che resta valido in ogni tempo. La voce di Clemente parla "con una gravità saggia, paterna, cosciente delle proprie responsabilità, ferma nelle esigenze e al tempo stesso indulgente nei suoi rimproveri" (G. Lebreton). Ancora 70 anni dopo, a Corinto, il documento viene letto pubblicamente nelle riunioni eucaristiche domenicali, insieme alle Scritture.
Poco si sa degli ultimi anni di Clemente. Secondo una tradizione del IV secolo, sarebbe stato affogato con un’ancora al collo in Crimea, suo luogo d’esilio, per ordine di Nerva. Ma gli Atti relativi sono giudicati leggendari. D’altra parte lo storico Eusebio di Cesarea e san Girolamo concordemente dicono che Clemente muore nel 101, e non parlano affatto di esilio e di martirio.
Nel IV secolo gli viene dedicata sul colle Celio a Roma una basilica, che sarà poi devastata da un incendio nel 1084. E sui suoi resti, dopo il 1100, sorgerà la basilica nuova a tre navate, ampiamente restaurata poi nel secolo XVIII. Sotto la sua abside gli scavi ottocenteschi hanno fatto scoprire parti della basilica originale, con dipinti murali anteriori al 1084. In ogni tempo la Chiesa continua a venerarlo, col nome di Clemente Romano.
Autore: Domenico Agasso
SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/30150
BENEDETTO XVI
UDIENZA GENERALE
Saluto ai pellegrini
presenti nella Basilica Vaticana:
Cari fratelli e sorelle,
sono lieto di accogliervi
e rivolgo a ciascuno di voi il mio cordiale benvenuto. Saluto anzitutto i
pellegrini provenienti dalle Diocesi della Regione Ecclesiastica Piemontese,
che accompagnano i loro Vescovi nella Visita ad limina. Cari amici, la
fede cristiana si confronta, anche in Piemonte e Valle d’Aosta con molte sfide
dovute, nell’odierno contesto socio-culturale, alle tendenze agnostiche
presenti in campo dottrinale, come pure alle pretese di piena autonomia etica e
morale. Non è certo facile annunciare e testimoniare oggi il Vangelo. Tuttavia
permane nel popolo un solido substrato spirituale, che si manifesta tra l’altro
nell’attenzione alle istanze della vita cristiana, nell’intimo bisogno di Dio,
nella riscoperta del valore della preghiera, nella stima verso il sacerdote
zelante e il suo ministero. Si avverte, inoltre, da parte di fedeli laici e di
gruppi di impegno apostolico, una più sentita esigenza di tensione alla
santità, misura alta della vita cristiana. Mi rivolgo pure a voi, cari Fratelli
nell’Episcopato: di fronte alle difficoltà che a volte incontrano le comunità
ecclesiali affidate alle vostre cure, vi esorto a proseguire con coraggio
nell’aiutarle a seguire fedelmente il Signore, valorizzando le loro
potenzialità spirituali e i carismi di ciascuno. Ricordate loro che nessuna
difficoltà può separarci dall’amore di Cristo, come già affermava san Paolo
(cfr. Rm 8,35-39). Per questo, unendo le forze, voi Pastori insieme
ai sacerdoti, alle persone consacrate e ai fedeli laici testimoniate con
fervore la vostra comune adesione a Cristo ed edificate la Chiesa nella carità
e nella verità. La Madre Celeste, che il popolo piemontese invoca da sempre con
sentita devozione, vi assista, vi illumini e vi conforti.
Saluto ora i giovani qui
presenti, in particolare gli alunni della Scuola Don Carlo
Costamagna di Busto Arsizio e quelli della Scuola Don Giovanni
Bosco di Canonica d'Adda. Cari amici, il tempo di Quaresima, che stiamo
vivendo, sia per voi occasione propizia per riscoprire il dono della sequela di
Cristo e imparare ad aderire sempre, con il suo aiuto, alla volontà del Padre.
E così prendiamo la
strada giusta, la strada che ci apre il cammino al futuro.
* * *
San Clemente Romano
Cari fratelli e sorelle,
abbiamo meditato nei mesi
scorsi sulle figure dei singoli Apostoli e sui primi testimoni della fede
cristiana, che gli scritti neo-testamentari menzionano. Adesso dedichiamo la
nostra attenzione ai santi Padri dei primi secoli cristiani. E così possiamo vedere
come comincia il cammino della Chiesa nella storia.
San Clemente, Vescovo di
Roma negli ultimi anni del primo secolo, è il terzo successore di Pietro, dopo
Lino e Anacleto. Riguardo alla sua vita, la testimonianza più importante è
quella di sant’Ireneo, Vescovo di Lione fino al 202. Egli attesta che Clemente
«aveva visto gli Apostoli», «si era incontrato con loro», e «aveva ancora nelle
orecchie la loro predicazione, e davanti agli occhi la loro tradizione» (Contro
le eresie 3,3,3). Testimonianze tardive, fra il quarto e il sesto secolo,
attribuiscono a Clemente il titolo di martire.
L’autorità e il prestigio
di questo Vescovo di Roma erano tali, che a lui furono attribuiti diversi
scritti, ma l’unica sua opera sicura è la Lettera ai Corinti. Eusebio
di Cesarea, il grande «archivista» delle origini cristiane, la presenta in
questi termini: «E’ tramandata una lettera di Clemente riconosciuta autentica,
grande e mirabile. Fu scritta da lui, da parte della Chiesa di Roma, alla
Chiesa di Corinto ... Sappiamo che da molto tempo, e ancora ai nostri giorni,
essa è letta pubblicamente durante la riunione dei fedeli» (Storia Eccl. 3,16).
A questa lettera era attribuito un carattere quasi canonico. All’inizio di
questo testo – scritto in greco – Clemente si rammarica che «le improvvise
avversità, capitate una dopo l’altra» (1,1), gli abbiano impedito un intervento
più tempestivo. Queste «avversità» sono da identificarsi con la persecuzione di
Domiziano: perciò la data di composizione della lettera deve risalire a un
tempo immediatamente successivo alla morte dell’imperatore e alla fine della
persecuzione, vale a dire subito dopo il 96.
L’intervento di Clemente
era sollecitato dai gravi problemi in cui versava la Chiesa di Corinto: i
presbiteri della comunità, infatti, erano stati deposti da alcuni giovani
contestatori. La penosa vicenda è ricordata, ancora una volta, da sant’Ireneo,
che scrive: «Sotto Clemente, essendo sorto un contrasto non piccolo tra i
fratelli di Corinto, la Chiesa di Roma inviò ai Corinti una lettera
importantissima per riconciliarli nella pace, rinnovare la loro fede e
annunciare la tradizione, che da poco tempo essa aveva ricevuto dagli Apostoli»
(Contro le eresie 3,3,3). Potremmo quindi dire che questa lettera
costituisce un primo esercizio del Primato romano dopo la morte di san Pietro.
La lettera di Clemente riprende temi cari a san Paolo, che aveva scritto due
grandi lettere ai Corinti, e in particolare la dialettica teologica,
perennemente attuale, tra indicativo della salvezza e imperativo dell’impegno
morale. Prima di tutto c’è il lieto annuncio della grazia che salva. Il Signore
ci previene e ci dona il perdono, ci dona il suo amore, la grazia di essere
cristiani, suoi fratelli e sorelle. E’ un annuncio che riempie di gioia la
nostra vita e dà sicurezza al nostro agire: il Signore ci previene sempre con
la sua bontà, e la bontà del Signore è sempre più grande di tutti i nostri
peccati. Occorre però che ci impegniamo in maniera coerente con il dono
ricevuto e rispondiamo all’annuncio della salvezza con un cammino generoso e
coraggioso di conversione. Rispetto al modello paolino, la novità è che
Clemente fa seguire alla parte dottrinale e alla parte pratica, che erano
costitutive di tutte le lettere paoline, una «grande preghiera», che
praticamente conclude la lettera.
L’occasione immediata
della lettera schiude al Vescovo di Roma la possibilità di un ampio intervento
sull’identità della Chiesa e sulla sua missione. Se a Corinto ci sono stati
degli abusi, osserva Clemente, il motivo va ricercato nell’affievolimento della
carità e di altre virtù cristiane indispensabili. Per questo egli richiama i
fedeli all’umiltà e all'amore fraterno, due virtù veramente costitutive
dell’essere nella Chiesa: «Siamo una porzione santa», ammonisce, «compiamo
dunque tutto quello che la santità esige» (30,1). In particolare, il Vescovo di
Roma ricorda che il Signore stesso «ha stabilito dove e da chi vuole che i
servizi liturgici siano compiuti, affinché ogni cosa, fatta santamente e con il
suo beneplacito, riesca bene accetta alla sua volontà ... Al sommo sacerdote
infatti sono state affidate funzioni liturgiche a lui proprie, ai sacerdoti è
stato preordinato il posto loro proprio, ai leviti spettano dei servizi propri.
L’uomo laico è legato agli ordinamenti laici» (40,1-5: si noti che qui, in
questa lettera della fine del I secolo, per la prima volta nella letteratura
cristiana, compare il termine greco laikós, che significa «membro
del laós», cioè «del popolo di Dio»).
In questo modo,
riferendosi alla liturgia dell’antico Israele, Clemente svela il suo ideale di
Chiesa. Essa è radunata dall’«unico Spirito di grazia effuso su di noi», che
spira nelle diverse membra del Corpo di Cristo, nel quale tutti, uniti senza
alcuna separazione, sono «membra gli uni degli altri» (46,6-7). La netta
distinzione tra il «laico» e la gerarchia non significa per nulla una
contrapposizione, ma soltanto questa connessione organica di un corpo, di un
organismo, con le diverse funzioni. La Chiesa infatti non è luogo di confusione
e di anarchia, dove uno può fare quello che vuole in ogni momento: ciascuno in
questo organismo, con una struttura articolata, esercita il suo ministero
secondo la vocazione ricevuta. Riguardo ai capi delle comunità, Clemente
esplicita chiaramente la dottrina della successione apostolica. Le norme che la
regolano derivano in ultima analisi da Dio stesso. Il Padre ha inviato Gesù
Cristo, il quale a sua volta ha mandato gli Apostoli. Essi poi hanno mandato i
primi capi delle comunità, e hanno stabilito che ad essi succedessero altri
uomini degni. Tutto dunque procede «ordinatamente dalla volontà di Dio» (42).
Con queste parole, con queste frasi, san Clemente sottolinea che la Chiesa ha
una struttura sacramentale e non una struttura politica. L’agire di Dio che
viene incontro a noi nella liturgia precede le nostre decisioni e le nostre
idee. La Chiesa è soprattutto dono di Dio e non creatura nostra, e perciò
questa struttura sacramentale non garantisce solo il comune ordinamento, ma
anche questa precedenza del dono di Dio, del quale abbiamo tutti bisogno.
Al termine, la «grande
preghiera» conferisce un respiro cosmico alle argomentazioni precedenti.
Clemente loda e ringrazia Dio per la sua meravigliosa provvidenza d’amore, che
ha creato il mondo e continua a salvarlo e a santificarlo. Particolare rilievo
assume l’invocazione per i governanti. Dopo i testi del Nuovo Testamento, essa
rappresenta la più antica preghiera per le istituzioni politiche. Così,
all’indomani della persecuzione, i cristiani, ben sapendo che sarebbero
continuate le persecuzioni, non cessano di pregare per quelle stesse autorità
che li avevano condannati ingiustamente. Il motivo è anzitutto di ordine
cristologico: bisogna pregare per i persecutori, come fece Gesù sulla croce. Ma
questa preghiera contiene anche un insegnamento che guida, lungo i secoli, l’atteggiamento
dei cristiani dinanzi alla politica e allo Stato. Pregando per le autorità,
Clemente riconosce la legittimità delle istituzioni politiche nell’ordine
stabilito da Dio; nello stesso tempo, egli manifesta la preoccupazione che le
autorità siano docili a Dio e «esercitino il potere, che Dio ha dato loro,
nella pace e nella mansuetudine con pietà» (61,2). Cesare non è tutto. Emerge
un’altra sovranità, la cui origine ed essenza non sono di questo mondo, ma «di
lassù»: è quella della Verità, che vanta anche nei confronti dello Stato il
diritto di essere ascoltata.
Così la lettera di
Clemente affronta numerosi temi di perenne attualità. Essa è tanto più
significativa, in quanto rappresenta, fin dal primo secolo, la sollecitudine
della Chiesa di Roma, che presiede nella carità a tutte le altre Chiese. Con lo
stesso Spirito facciamo nostre le invocazioni della «grande preghiera», là dove
il Vescovo di Roma si fa voce del mondo intero: «Sì, o Signore, fa’ risplendere
su di noi il tuo volto nel bene della pace; proteggici con la tua mano potente
... Noi ti rendiamo grazie, attraverso il Sommo Sacerdote e guida delle anime
nostre, Gesù Cristo, per mezzo del quale a te la gloria e la lode, adesso, e di
generazione in generazione, e nei secoli dei secoli. Amen» (60-61).
Saluti:
Je salue cordialement les
pèlerins francophones présents ce matin, en particulier les pèlerins de
Montréal, avec Monsieur le Cardinal Jean-Claude Turcotte, leur archevêque,
ainsi que le groupe de pèlerins de Sens, guidé par Monseigneur Yves Patenôtre,
Archevêque de Sens-Auxerre. Que le Christ, qui marche vers sa Pâque, vous
entraîne à sa suite sur le chemin du don total, pour que vous soyez chaque jour
des témoins de l’amour plus fort que la mort !
Dear Brothers and
Sisters, I offer a warm welcome to all the English-speaking visitors and
pilgrims present at today’s audience, especially the groups from Scotland,
Denmark, Japan, Canada and the United States of America. May your pilgrimage
renew your love for the Lord and his Church, and may God bless you all!
Gerne grüße ich alle
Pilger und Besucher aus den Ländern deutscher Sprache, besonders die
Seminaristen und Diakone der Diözese Eichstätt. Als getaufte Christen sind wir
Glieder des einen Leibes Christi, der Kirche. Mit dem Beistand des Heiligen
Geistes wollen wir die Dienste und Aufgaben verrichten, zu denen uns der Herr
berufen hat. So können wir in dieser organischen Einheit des Leibes Christi,
jeder an seiner Stelle, glaubwürdig Gottes Liebe zu den Menschen bezeugen. Von
Herzen grüße ich euch alle, wünsche euch einen gesegneten Aufenthalt in Rom und
eine gesegnete Fastenzeit.
Me es grato saludar con
afecto a los visitantes de lengua española. En particular, saludo a los
formadores y seminaristas del Seminario mayor de León, así como a los distintos
grupos parroquiales y asociaciones venidos de España, México y otros países
latinoamericanos. Animo a todos a colaborar para que vuestras comunidades
eclesiales vivan en la unidad y en la caridad. ¡Gracias por vuestra visita!
Amados peregrinos de
língua portuguesa, uma cordial saudação para todos, nomeadamente para o grupo
referido de Portugal. Possa cada um de vós viver estes dias de peregrinação, em
plena Quaresma, como um generoso caminho de conversão à santidade que vos pede
e quer dar o Deus Santo! As suas bênçãos desçam abundantes sobre vós e vossas
famílias!
Saluto in lingua ceca:
Srdečně vítám poutníky z
Kutné Hory! Drazí, v této postní době prosme Pána o pravé a hluboké obrácení. K
tomu ze srdce žehnám vám i vašim drahým! Chvála Kristu!
Traduzione italiana del
saluto in lingua ceca:
Un cordiale benvenuto ai
pellegrini di Kutná Hora! Carissimi, in questo tempo di Quaresima chiediamo al
Signore una vera e profonda conversione. Con questi voti benedico di cuore voi
e i vostri cari! Sia lodato Gesù Cristo!
Saluto in lingua polacca:
Witam i pozdrawiam
pielgrzymów polskich. Pozdrawiam również waszych bliskich, którzy teraz, w
Wielkim Poście, uczestniczą w rekolekcjach parafialnych. Wiem, że chętnie biorą
w nich udział dorośli, dzieci, młodzież i studenci. Życzę, by ten czas
przemyśleń, modlitwy, spowiedzi, przemieniał wasze serca, wasze rodziny i całą
wspólnotę Kościoła. Niech będzie pochwalony Jezus Chrystus.
Traduzione italiana del
saluto in lingua polacca:
Do il mio benvenuto e il
mio saluto ai pellegrini polacchi. Saluto pure tutti i vostri cari che, durante
questa Quaresima, partecipano agli esercizi spirituali parrocchiali. So che a
questi esercizi partecipano volentieri sia gli adulti come i bambini, i giovani
e gli studenti. Auguro a tutti che questo tempo di riflessione e di preghiera,
con la grazia della confessione cambi i vostri cuori, quello delle vostre
famiglie e della comunità ecclesiale. Sia lodato Gesù Cristo.
Saluto in lingua
slovacca:
Zo srdca pozdravujem
pútnikov z Čadce a Gaboltova, Krušoviec a Piešťan, Krakovan a Levíc. Bratia a
sestry, Pôstna doba nás pobáda, aby sme uznali v Ježišovi Kristovi našu
najväčšiu nádej. Pozývam vás, aby ste boli vo svete vernými svedkami jeho
Radostnej zvesti o vykúpení. Ochotne žehnám vás i vaše rodiny. Pochválený buď
Ježiš Kristus!
Traduzione italiana del
saluto in lingua slovacca:
Saluto di cuore i
pellegrini provenienti da Čadca e Gaboltov, Krušovce e Piešťany, Krakovany e
Levice. Fratelli e sorelle, il tempo della Quaresima ci esorta a riconoscere
Gesù Cristo come nostra suprema speranza. Vi invito ad essere nel mondo
testimoni fedeli della Buona Novella della redenzione. Volentieri benedico voi
e le vostre famiglie. Sia lodato Gesù Cristo!
* * *
Rivolgo un cordiale
saluto ai pellegrini di lingua italiana. In particolare, saluto le Religiose
infermiere, che prendono parte all’incontro promosso dall’USMI. Care sorelle,
conservando dinanzi ai vostri occhi il volto sofferente di Cristo, impegnatevi
con umile coraggio ad essere testimoni del suo amore misericordioso ogni
giorno, a contatto con il vasto mondo della malattia e del dolore. Saluto poi i
militari della Scuola del Genio di Roma, come anche quelli dell’82°
Reggimento Fanteria “Torino” di Barletta. Cari amici, vi ringrazio per la
vostra presenza e vi assicuro la mia preghiera perché si rafforzi in voi il
fermo desiderio di testimoniare Gesù Cristo, unico Salvatore del mondo.
Il mio pensiero va infine ai malati e agli sposi novelli. Cari malati, partecipando con pazienza e amore alla stessa sofferenza del Figlio di Dio incarnato, possiate condividere fin d'ora la gloria e la gioia della sua risurrezione. E voi, cari sposi novelli, trovate nell'alleanza che, a prezzo del suo sangue, Cristo ha stretto con la sua Chiesa, il sostegno del vostro patto coniugale e della vostra missione nella Chiesa e nella società.
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BENEDIKT XVI.
GENERALAUDIENZ
Mittwoch, 7. März 2007
Ansprache von Papst
Benedikt XVI. an die Bischöfe und Gläubigen der Diözesen Piemont und Valle
d’Aosta in der Petersbasilika am 7. März:
Liebe Brüder und
Schwestern!
Es ist mir eine Freude,
euch zu empfangen, und ich heiße einen jeden von euch herzlich willkommen. Ich
grüße vor allem die Pilger aus den Diözesen der Kirchenprovinz Piemont, die
ihre Bischöfe beim »Ad-limina«-Besuch begleiten. Liebe Freunde, der christliche
Glaube steht auch in Piemont und im Aosta-Tal vielen Herausforderungen
gegenüber, die im heutigen soziokulturellen Kontext auf den agnostischen
Tendenzen beruhen, die sich im Hinblick auf die Lehre zeigen, sowie auf den
Forderungen nach voller ethischer und moralischer Unabhängigkeit. Es ist sicher
nicht leicht, heute das Evangelium zu verkünden und zu bezeugen. Dennoch – und
das konnte ich in all meinen Gesprächen und Begegnungen feststellen – ist im
Volk weiterhin eine feste geistliche Grundlage vorhanden, die sich unter
anderem in der Aufmerksamkeit für die Erfordernisse des christlichen Lebens
offenbart, in dem inneren Verlangen nach Gott, im Wiederentdecken der Bedeutung
des Betens, in der Hochschätzung gegenüber dem einsatzfreudigen Priester und seinem
Dienst. Zu spüren ist auch seitens der Laien und der im Apostolat tätigen
Gruppen ein verstärktes Bedürfnis, nach Heiligkeit zu streben, dem hohen
Maßstab des christlichen Lebens. Liebe Mitbrüder im bischöflichen Dienst, ich
wende mich jetzt an euch: Angesichts der Schwierigkeiten, denen die eurer
Hirtensorge anvertrauten kirchlichen Gemeinschaften begegnen, fordere ich euch
auf, mutig voranzugehen und ihnen zu helfen, daß sie dem Herrn treu nachfolgen,
indem ihr ihre geistlichen Fähigkeiten und die Charismen jedes einzelnen
fördert. Erinnert sie daran, daß uns – wie der Apostel Paulus schon bekräftig
hat – keine Schwierigkeit von der Liebe Christi trennen kann (vgl. Röm 8,35–39).
Bezeugt deshalb eifrig und mit vereinten Kräften, ihr Hirten zusammen mit den
Priestern, den geweihten Personen und den Laien, eure gemeinsame Zustimmung zu
Christus und erbaut die Kirche in der Liebe und Wahrheit. Die Gottesmutter, die
vom Volk in Piemont seit jeher mit inniger Verehrung angerufen wird, stehe euch
bei, sie erleuchte und stärke euch.
Mein Gruß geht nun an die
hier anwesenden Jugendlichen, vor allem die Schüler der Schule »Don Carlo
Costamagna« aus Busto Arsizio und die Schüler der Don-Bosco-Schule
aus Canonica d’Adda. Liebe Freunde, die Fastenzeit, in der wir stehen, soll für
euch eine gute Gelegenheit sein, das Geschenk der Nachfolge Christi zu
entdecken und zu lernen, mit seiner Hilfe immer dem Willen des göttlichen
Vaters zuzustimmen.
Und so gehen wir den
rechten Weg, den Weg, der uns in die Zukunft führt.
* * *
Der Hl. Clemens, Bischof
von Rom
Liebe Brüder und
Schwestern!
In den vergangenen
Monaten haben wir über die Gestalten der einzelnen Apostel und über die ersten
Zeugen des christlichen Glaubens nachgedacht, die die neutestamentlichen
Schriften erwähnen. Nun widmen wir unsere Aufmerksamkeit den Apostolischen
Vätern, das heißt der ersten und zweiten Generation der Kirche nach den
Aposteln. Und so können wir sehen, wie der Weg der Kirche in der Geschichte
beginnt.
Der hl. Clemens, Bischof
von Rom in den letzten Jahren des 1. Jahrhunderts, ist nach Linus und Cletus
der dritte Nachfolger des Petrus. Was sein Leben betrifft, ist das bedeutendste
Zeugnis jenes des hl. Irenäus, Bischof von Lyon bis 202. Er bestätigt, daß
Clemens »die Apostel gesehen hatte«, »mit ihnen zusammengetroffen war« und
»noch ihre Predigt in den Ohren und ihre Überlieferung vor Augen hatte« (Adv.
haer. 3,3,3). Spätere Zeugnisse, aus der Zeit zwischen dem 4. und 6.
Jahrhundert, schreiben Clemens den Titel eines Märtyrers zu.
Die Autorität und das
Ansehen dieses Bischofs von Rom waren derart, daß ihm verschiedene Schriften
zugeschrieben wurden; aber das einzig gesicherte Werk ist der Brief an die
Korinther. Eusebius von Cäsarea, der große »Archivar« der Anfänge des
Christentums, stellt ihn mit folgenden Worten dar: »Ein umfangreicher und
wunderbarer Brief des Clemens ist uns überliefert, der als echt anerkannt ist.
Er hatte ihn im Namen der Kirche von Rom an die Kirche von Korinth geschrieben…
Wir wissen, daß er seit langer Zeit und so auch in unseren Tagen noch während
der Versammlungen der Gläubigen öffentlich gelesen wird« (Hist. Eccl. 3,16).
Diesem Brief wurde ein gleichsam kanonischer Charakter zugeschrieben. Zu Beginn
dieses in griechischer Sprache geschriebenen Textes bedauert Clemens, daß »die
plötzlichen Unglücke, die sich Schlag auf Schlag ereignet haben« (1,1), ihn an
einem rechtzeitigen Eingreifen gehindert hätten. Diese »Unglücke« sind wohl mit
der Verfolgung unter Domitian gleichzusetzen: Deshalb muß das Datum der
Abfassung des Briefes auf die Zeit unmittelbar nach dem Tod des Kaisers und
nach dem Ende der Verfolgung, das heißt gleich nach dem Jahr 96, angesetzt
werden.
Das Eingreifen von
Clemens – wir befinden uns noch im 1. Jahrhundert – war aufgrund der
schwerwiegenden Probleme, in denen sich die Kirche von Korinth befand, dringend
erforderlich: Die Presbyter der Gemeinde waren nämlich von einigen jungen
Gegnern abgesetzt worden. Die traurige Begebenheit wird wiederum vom hl.
Irenäus erwähnt, der schreibt: »Als unter Clemens ein nicht kleiner Zwist unter
den Brüdern in Korinth ausgebrochen war, sandte die Kirche von Rom einen sehr
wichtigen Brief an die Korinther, um sie im Frieden zu versöhnen, ihren Glauben
zu erneuern und die Überlieferung zu verkünden, die sie vor kurzer Zeit von den
Aposteln empfangen hatte« (Adv. haer. 3,3,3). Wir könnten also sagen, daß
dieser Brief eine erste Ausübung des Römischen Primats nach dem Tod des hl.
Petrus darstellt. Der Brief des Clemens greift Themen wieder auf, die dem hl.
Paulus am Herzen lagen, der zwei große Briefe an die Korinther geschrieben
hatte: insbesondere die stets aktuelle theologische Dialektik zwischen dem Indikativ des
Heils und dem Imperativ des moralischen Bemühens. Allem voran steht
die frohe Verkündigung der rettenden Gnade. Der Herr kommt uns zuvor und
schenkt uns die Vergebung, er schenkt uns seine Liebe, die Gnade, Christen zu
sein, seine Brüder und Schwestern. Das ist eine Verkündigung, die unser Leben
mit Freude erfüllt und unserem Handeln Sicherheit gibt: Der Herr kommt uns
immer mit seiner Güte zuvor, und die Güte des Herrn ist immer größer als alle
unsere Sünden. Es ist jedoch notwendig, daß wir uns konsequent auf das
empfangene Geschenk einlassen und auf die Verkündigung des Heils mit einem
hochherzigen und mutigen Weg der Umkehr antworten. Im Vergleich zum Modell des
Paulus besteht die Neuheit darin, daß Clemens auf den lehrmäßigen und den
praktischen Teil, die fester Bestandteil aller Paulusbriefe waren, ein »großes
Gebet« folgen läßt, das den Brief praktisch abschließt.
Der unmittelbare Anlaß
des Briefes erschließt dem Bischof von Rom die Möglichkeit einer umfassenden
Darlegung über die Identität der Kirche und ihrer Sendung. Wenn es in Korinth
Mißbräuche gegeben habe – bemerkt Clemens –, müsse der Grund in der Schwächung
der Liebe und anderer unverzichtbarer christlicher Tugenden gesucht werden.
Deshalb ruft er die Gläubigen zur Demut und zur brüderlichen Liebe auf, zwei
wirklich grundlegende Tugenden des In-der- Kirche-Seins: »Wir sind ein heiliger
Teil«, so mahnt er, »wir erfüllen also alles das, was zur Heiligkeit gehört«
(30,1). Im besonderen erinnert der Bischof von Rom daran, daß der Herr selber
»bestimmt hat, wo und durch wen die liturgischen Dienste vollzogen werden
sollen, damit alles, was heilig und mit seinem Wohlgefallen verrichtet wird,
seinem Willen angenehm sei … Dem Hohenpriester sind nämlich eigene liturgische
Funktionen übertragen, den Priestern ist ein eigener Platz zugewiesen worden,
den Leviten obliegen ihnen eigene Dienste. Der Laie ist an die für die Laien
geltenden Vorschriften gebunden« (40,1–5): Man beachte, daß hier, in diesem
Brief am Ende des 1. Jahrhunderts, zum ersten Mal in der christlichen Literatur
der griechische Begriff »laikós« vorkommt, was »Glied des ›laos‹«, das heißt
»des Volkes Gottes«, bedeutet.
Indem sich Clemens auf
die Liturgie des alten Israel bezieht, enthüllt er auf diese Weise sein Ideal
der Kirche. Sie wird vereint von dem ȟber uns ausgegossenen einzigen Geist der
Gnade«, der in den verschiedenen Gliedern des Leibes Christi weht, in dem alle,
vereint ohne jede Trennung, »Glieder untereinander« sind (46,6–7). Die klare
Unterscheidung zwischen dem »Laien« und der Hierarchie bedeutet keineswegs
einen Gegensatz, sondern nur diese organische Verbindung eines Leibes, eines Organismus,
mit den verschiedenen Funktionen. Die Kirche ist in der Tat nicht ein Ort von
Verwirrung und Anarchie, wo einer in jedem Augenblick tun kann, was er will:
Jeder übt in diesem Organismus, der mit einer klar gegliederten Struktur
ausgestattet ist, entsprechend der empfangenen Berufung seinen Dienst aus. Was
die Vorsteher der Gemeinden betrifft, bringt Clemens klar die Lehre der
apostolischen Sukzession zum Ausdruck. Die Normen, die sie regeln, stammen im
letzten von Gott selbst. Der Vater hat Jesus Christus gesandt, der seinerseits
die Apostel ausgesandt hat. Diese entsandten dann die ersten Vorsteher der
Gemeinden und legten fest, daß ihnen andere würdige Männer nachfolgen sollten.
Alles erfolgt also »geordnet vom Willen Gottes« (42). Mit diesen Worten, mit
diesen Sätzen hebt der hl. Clemens hervor, daß die Kirche eine sakramentale und
keine politische Struktur hat. Das Wirken Gottes, das uns in der Liturgie
entgegenkommt, geht unseren Entscheidungen und unseren Ideen voraus. Die Kirche
ist vor allem Gabe Gottes und nicht unser Geschöpf, und deshalb gewährleistet
diese sakramentale Struktur nicht nur die gemeinsame Ordnung, sondern auch
diesen Vorrang der Gabe Gottes, derer wir alle bedürfen.
Schließlich verleiht das
»große Gebet« den vorhergehenden Argumentationen einen kosmischen Atem. Clemens
lobt und dankt Gott für seine wunderbare Vorsehung der Liebe, die die Welt
erschaffen hat und fortfährt, sie zu retten und zu heiligen. Besondere
Bedeutung nimmt die Anrufung für die Regierenden an. Nach den Texten des Neuen
Testaments stellt sie das älteste Gebet für die politischen Institutionen dar.
Kurz nach der Verfolgung hören somit die Christen, obwohl sie wissen, daß die
Verfolgungen weitergehen würden, nicht auf, für jene Obrigkeiten zu beten, die
sie ungerechterweise verurteilt hatten. Der Grund dafür ist vor allem
christologischer Natur: Man muß für die Verfolger beten, wie es Jesus am Kreuz
getan hat. Aber dieses Gebet enthält auch eine Lehre, die über die Jahrhunderte
hinweg die Haltung der Christen gegenüber der Politik und dem Staat leitet.
Indem Clemens für die Obrigkeiten betet, erkennt er die Legitimität der
politischen Institutionen in der von Gott festgelegten Ordnung an; gleichzeitig
äußert er die Sorge, daß die Obrigkeiten Gott gegenüber fügsam sein und »die
Macht, die Gott ihnen gegeben hat, in Frieden und Milde fromm ausüben mögen «
(61,2). Der Kaiser ist nicht alles. Es zeigt sich eine andere Hoheit, deren
Ursprung und Wesen nicht von dieser Welt sind, sondern »von dort oben«: Es ist
die Hoheit der Wahrheit, die auch gegenüber dem Staat das Recht einfordert,
gehört zu werden.
So setzt sich der Brief
des Clemens mit zahlreichen Themen von bleibender Aktualität auseinander. Er
ist um so bedeutsamer, da er vom 1. Jahrhundert an die Sorge der Kirche von Rom
darstellt, die gegenüber allen anderen Kirchen den Vorsitz in der Liebe führt.
Mit demselben Geist wollen wir uns dort, wo der Bischof von Rom sich zur Stimme
der ganzen Welt macht, die Anrufungen des »großen Gebets« zu eigen machen: »Ja,
o Herr, laß über uns dein Antlitz leuchten im Gut des Friedens; schütze uns mit
deiner mächtigen Hand … Wir danken dir durch den Hohenpriester und Führer
unserer Seelen, Jesus Christus, durch den dir sei Ehre und Lob, jetzt und von
Geschlecht zu Geschlecht und von Ewigkeit zu Ewigkeit. Amen« (60–61).
Nach den Katechesen über
die Apostel und die ersten Zeugen des Glaubens im Neuen Testament wollen wir
uns ab heute den „Apostolischen Vätern“ zuwenden. Dabei möchte ich mit dem
heiligen Papst Clemens I., dem dritten Nachfolger des Apostels Petrus, beginnen.
Clemens war Zeuge der
Verkündigung und des Wirkens der Apostel. Ein wertvolles Dokument ist
sein Brief an die Korinther, der nach der Verfolgung Kaiser Domitians um
das Jahr 96 abgefaßt wurde. Dieser Brief ist ein frühes Zeugnis der Sorge der
Kirche von Rom, die den Vorsitz in der Liebe führt, gegenüber den anderen
Kirchen. Innerhalb der Gemeinde von Korinth waren Konflikte und Spaltungen
aufgetreten. Clemens will die Christen in Korinth im Frieden versöhnen und sie
im Glauben und in der Treue zur apostolischen Überlieferung stärken. Er ermahnt
sie zur Demut und dazu, in brüderlicher Liebe alles zu tun, „was zur Heiligung
gehört“ (30,1). Zugleich erinnert Clemens daran, daß den einzelnen Gliedern des
Leibes Christi gemäß der empfangenen Berufung verschiedene Dienste und Aufgaben
zukommen. Die Unterscheidung der hierarchischen Ämter von den Diensten der
Gläubigen stellt dabei kein Problem dar. Beide stehen vielmehr in einer
organischen Einheit. Clemens beschließt seinen Brief mit einem Gebet, einem
Lobpreis der göttlichen Vorsehung und Liebe, durch die der Herr die Welt
erschaffen hat, sie weiter erhält und rettet.
* * * * *
Gerne grüße ich alle
Pilger und Besucher aus den Ländern deutscher Sprache, besonders die
Seminaristen und Diakone der Diözese Eichstätt. Als getaufte Christen sind wir
Glieder des einen Leibes Christi, der Kirche. Mit dem Beistand des Heiligen
Geistes wollen wir die Dienste und Aufgaben verrichten, zu denen uns der Herr
berufen hat. So können wir in dieser organischen Einheit des Leibes Christi,
jeder an seiner Stelle, glaubwürdig Gottes Liebe zu den Menschen bezeugen. Von
Herzen grüße ich euch alle, wünsche euch einen gesegneten Aufenthalt in Rom und
eine gesegnete Fastenzeit.
© Copyright 2007 -
Libreria Editrice Vaticana
Copyright © Dikasterium
für Kommunikation
SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/de/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070307.html
Juan Correa de Vivar, San
Clemente I papa, 1540 - 1545, olio su
tavola; Toledo (Spagna), Museo de Santa Cruz
BENEDICTO XVI
AUDIENCIA GENERAL
Sala Pablo VI
Miércoles 7 de marzo de 2007
(Palabras del Papa a los obispos de las
diócesis de Piamonte y peregrinos presentes en la Basílica de San Pedro)
Queridos hermanos y
hermanas:
Me alegra acogeros y os
doy a cada uno mi cordial bienvenida. Saludo ante todo a los peregrinos
procedentes de las diócesis de la región eclesiástica de Piamonte, que acompañan
a sus obispos en visita "ad limina".
Queridos amigos, también
en Piamonte y en el Valle de Aosta, la fe cristiana afronta muchos desafíos
debidos, en el actual contexto cultural, a las tendencias agnósticas presentes
en el ámbito doctrinal, así como a las pretensiones de plena autonomía ética y
moral. Ciertamente, hoy no es fácil anunciar y dar testimonio del Evangelio.
Sin embargo, —y esto lo he podido constatar en todos mis coloquios y
encuentros—, el pueblo sigue teniendo un sólido sustrato espiritual, que se
manifiesta, entre otras cosas, en la atención a las instancias de la vida
cristiana, en la íntima necesidad de Dios, en el redescubrimiento del valor de
la oración, en la estima por el sacerdote celoso y su ministerio. Además, los
fieles laicos y los grupos de compromiso apostólico manifiestan una profunda
exigencia de aspiración a la santidad, la alta medida de la vida cristiana.
Me dirijo también a
vosotros, queridos hermanos en el episcopado: ante las dificultades que a
veces encuentran las comunidades eclesiales encomendadas a vuestra solicitud
pastoral, os exhorto a continuar ayudándolas con valentía a seguir fielmente al
Señor, aprovechando sus potencialidades espirituales y los carismas de cada
uno. Recordadles que ninguna dificultad puede separarnos del amor de Cristo,
como afirmaba san Pablo (cf. Rm 8, 35-39). Por eso, uniendo las
fuerzas, vosotros, los pastores, juntamente con los sacerdotes, con las
personas consagradas y con los fieles laicos, testimoniad con fervor vuestra
—nuestra— adhesión común a Cristo y edificad la Iglesia en la caridad
y en la verdad.
La Madre celestial, a la
que el pueblo piamontés invoca desde siempre con profunda devoción, os asista,
os ilumine y os conforte.
Ahora os saludo a
vosotros, jóvenes aquí presentes, en particular a los alumnos de la
escuela Don Carlo Castamagna, de Busto Arsizio, y a los de la escuela Don Juan
Bosco, de Canónica d'Adda.
Queridos amigos, el
tiempo de Cuaresma, que estamos viviendo, sea para vosotros ocasión propicia
para redescubrir el don del seguimiento de Cristo y aprender a cumplir siempre,
con su ayuda, la voluntad del Padre.
Así vamos por el sendero
recto, el sendero que nos abre el camino futuro.
* * *
Sala Pablo VI
San Clemente Romano
Queridos hermanos y
hermanas:
Durante los meses pasados
hemos meditado en las figuras de cada uno de los Apóstoles y en los primeros
testigos de la fe cristiana mencionados en los escritos del Nuevo Testamento.
Ahora, dedicaremos nuestra atención a los padres apostólicos, es decir, a la
primera y a la segunda generación de la Iglesia después de los Apóstoles. Así
podemos ver cómo comienza el camino de la Iglesia en la historia.
San Clemente, obispo de
Roma en los últimos años del siglo I, es el tercer sucesor de Pedro, después de
Lino y Anacleto. El testimonio más importante sobre su vida es el de san
Ireneo, obispo de Lyon hasta el año 202, el cual atestigua que san Clemente
"había visto a los Apóstoles", "se había relacionado con
ellos" y "tenía todavía la predicación apostólica en sus oídos y su
tradición ante sus ojos" (Adversus haereses, III, 3, 3). Testimonios
tardíos, entre los siglos IV y VI, atribuyen a san Clemente el título de
mártir.
La autoridad y el
prestigio de este Obispo de Roma eran tan grandes, que se le atribuyeron varios
escritos, pero su única obra segura es la Carta a los Corintios. Eusebio
de Cesarea, el gran "archivero" de los orígenes cristianos, la
presenta con estas palabras: "Nos ha llegado una carta de Clemente
reconocida como auténtica, grande y admirable. Fue escrita por él, de parte de
la Iglesia de Roma, a la Iglesia de Corinto... Sabemos que desde hace mucho
tiempo y todavía hoy es leída públicamente durante la asamblea de los
fieles" (Hist. Eccl. 3, 16).
A esta carta se le
atribuía un carácter casi canónico. Al inicio de este texto, escrito en griego,
san Clemente se lamenta de que "las repentinas y sucesivas calamidades y
tribulaciones" (1, 1), le habían impedido una intervención en el tiempo
oportuno. Estas "adversidades" se identifican con la persecución de
Domiciano: por eso, la fecha de composición de la carta se debe remontar
a un tiempo inmediatamente posterior a la muerte del emperador y al final de la
persecución, es decir, inmediatamente después del año 96.
La intervención de san
Clemente —estamos todavía en el siglo I— era requerida por los graves problemas
por los que atravesaba la Iglesia de Corinto: en efecto, los presbíteros
de la comunidad habían sido destituidos por algunos jóvenes contestadores.
También san Ireneo alude a esa triste situación cuando escribe:
"Bajo el gobierno de Clemente se produjo entre los hermanos de Corinto una
divergencia de opiniones no pequeña; la Iglesia de Roma envió a los Corintios
una carta importantísima para reconciliarlos en la paz, renovar su fe y
anunciarles la tradición que ella había recibido recientemente de los Apóstoles"
(Adversus haereses, III, 3, 3).
Por tanto, podríamos
decir que esta carta constituye un primer ejercicio del Primado romano después
de la muerte de san Pedro. La carta de san Clemente retoma algunos temas muy
queridos por san Pablo, que había escrito dos grandes cartas a los Corintios,
en particular, la dialéctica teológica, perennemente actual, entre el indicativo de
la salvación y el imperativo del compromiso moral. Ante todo está la
buena nueva de la gracia que salva. El Señor nos previene y nos da el perdón,
nos da su amor, la gracia de ser cristianos, hermanos y hermanas suyos. Es una
buena nueva que llena de alegría nuestra vida y que da seguridad a nuestro
actuar: el Señor nos previene siempre con su bondad, y la bondad del
Señor es siempre más grande que todos nuestros pecados.
Sin embargo, debemos
comprometernos de manera coherente con el don recibido y responder al anuncio
de la salvación con un camino generoso y valiente de conversión. Con respecto
al modelo de san Pablo, la novedad está en que san Clemente, después de la
parte doctrinal y de la parte práctica, que constituían el núcleo de todas las
cartas de san Pablo, presenta una "gran oración", con la que
prácticamente concluye la carta.
La ocasión inmediata de
la carta permite al Obispo de Roma explicar con amplitud la identidad de la
Iglesia y su misión. Si en Corinto ha habido abusos, observa san Clemente, el
motivo hay que buscarlo en el debilitamiento de la caridad y de otras virtudes
cristianas indispensables. Por eso, invita a los fieles a la humildad y al amor
fraterno, dos virtudes que constituyen verdaderamente el ser en la Iglesia.
"Seamos una porción santa", exhorta, "practiquemos todo lo que
exige la santidad" (30, 1). En particular, el Obispo de Roma recuerda que
el mismo Señor "estableció dónde y por quiénes quiere que se realicen los
servicios litúrgicos, a fin de que, haciéndose todo santamente y con su
beneplácito, sea acepto a su voluntad... En efecto, al sumo sacerdote le
estaban encomendadas funciones litúrgicas propias; los sacerdotes ordinarios
tenían asignado su lugar propio; y los levitas tenían encomendados sus propios
servicios, mientras que el laico está sometido a los preceptos laicos"
(40, 1-5: obsérvese que en esta carta de finales del siglo I aparece por
primera vez en la literatura cristiana el término laikós, que significa
"miembro del laos", es decir, "del pueblo de Dios").
De este modo,
refiriéndose a la liturgia del antiguo Israel, san Clemente manifiesta su ideal
de Iglesia, congregada por "un solo Espíritu de gracia derramado sobre
nosotros", que sopla en los diversos miembros del Cuerpo de Cristo, en el
que todos, unidos sin ninguna separación, son "miembros los unos de los
otros" (46, 6-7). La neta distinción entre los "laicos" y la
jerarquía no significa en absoluto una contraposición, sino sólo la conexión
orgánica de un cuerpo, de un organismo, con sus diferentes funciones. En
efecto, la Iglesia no es un lugar de confusión y anarquía, donde uno puede
hacer lo que quiera en cada momento: en este organismo, con una
estructura articulada, cada uno ejerce su ministerio según la vocación
recibida.
Por lo que atañe a los
jefes de las comunidades, san Clemente explica claramente la doctrina de la
sucesión apostólica. Las normas que la regulan derivan, en última instancia, de
Dios mismo. El Padre envió a Jesucristo, quien a su vez mandó a los Apóstoles.
Estos, luego, mandaron a los primeros jefes de las comunidades y establecieron
que a ellos les sucedieran otros hombres dignos. Por tanto, todo procede "ordenadamente
por voluntad de Dios" (42). Con estas palabras, con estas frases, san
Clemente subraya que la Iglesia tiene una estructura sacramental y no una
estructura política. La acción de Dios, que sale a nuestro encuentro en la
liturgia, precede a nuestras decisiones y nuestras ideas. La Iglesia es, sobre
todo, don de Dios y no creación nuestra; por eso, esta estructura sacramental
no sólo garantiza el ordenamiento común, sino también la precedencia del don de
Dios, que todos necesitamos.
Por último, la "gran
oración" confiere una dimensión cósmica a las argumentaciones precedentes.
San Clemente alaba y da gracias a Dios por su maravillosa providencia de amor,
que creó el mundo y sigue salvándolo y santificándolo. Particular importancia
asume la invocación por los gobernantes. Después de los textos del Nuevo
Testamento, constituye la oración más antigua por las instituciones
políticas. Así, tras la persecución, los cristianos, aunque sabían
que continuarían las persecuciones, no dejaban de rezar por las mismas
autoridades que los habían condenado injustamente. El motivo es, ante todo, de
carácter cristológico: se debe orar por los perseguidores, como hizo
Jesús en la cruz.
Pero esta oración
encierra también una enseñanza que orienta, a través de los siglos, la actitud
de los cristianos ante la política y el Estado. Al orar por las autoridades,
san Clemente reconoce la legitimidad de las instituciones políticas en el orden
establecido por Dios; al mismo tiempo, manifiesta la preocupación de que las
autoridades sean dóciles a Dios y "ejerzan con paz, mansedumbre y piedad,
el poder que Dios les ha dado" (61, 2). El César no lo es todo. Existe
otra soberanía, cuyo origen y esencia no son de este mundo, sino "de
arriba": la de la Verdad, que con respecto al Estado tiene derecho a
ser escuchada.
Así, la carta de san
Clemente afronta numerosos temas de perenne actualidad. Es aún más
significativa en cuanto que representa, desde el siglo I, la solicitud de la
Iglesia de Roma, que preside en la caridad a todas las demás Iglesias. Con el
mismo Espíritu, hagamos nuestras las invocaciones de la "gran
oración", en las que el Obispo de Roma se hace portavoz del mundo
entero: "Sí, oh Señor, haz que resplandezca en nosotros tu rostro
por el bien de la paz; protégenos con tu mano poderosa... Te damos gracias, a
través del sumo Sacerdote y protector de nuestras almas, Jesucristo, por el
cual sea gloria y alabanza a ti, ahora y de generación en generación, por los
siglos de los siglos. Amén" (60-61).
Saludos
Me es grato saludar con
afecto a los visitantes de lengua española. En particular, saludo a los formadores
y seminaristas del seminario mayor de León, así como a los distintos grupos
parroquiales y asociaciones venidos de España, México y otros países
latinoamericanos. Animo a todos a colaborar para que vuestras comunidades
eclesiales vivan en la unidad y en la caridad. ¡Gracias por vuestra visita!
(En italiano)
Dirijo un cordial saludo a los peregrinos de lengua italiana. Saludo en
particular a las religiosas enfermeras, que participan en el encuentro
organizado por la Unión de superioras mayores de Italia. Queridas hermanas,
contemplando el rostro sufriente de Cristo, esforzaos con humilde valentía por
ser testigos de su amor misericordioso cada día, en contacto con el amplio
mundo de la enfermedad y del dolor.
Saludo también a los
militares de la "Escuela del Genio" de Roma, así como a los del 82°
Regimiento de Infantería "Turín" de Barletta. Queridos amigos, os
agradezco vuestra presencia y os aseguro mi oración para que se refuerce en
vosotros el firme deseo de dar testimonio de Jesucristo, único Salvador del
mundo.
Mi pensamiento va, por
último, a los enfermos y a los recién casados. Queridos enfermos, participando
con paciencia y amor en el mismo sufrimiento del Hijo de Dios encarnado,
compartid desde ahora la gloria y la alegría de su resurrección. Y vosotros,
queridos recién casados, hallad en la alianza que Cristo ha
establecido con su Iglesia, al precio de su sangre, el apoyo de vuestro pacto
conyugal y de vuestra misión en la Iglesia y en la sociedad.
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para la Comunicación
SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/es/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070307.html
PAPA BENTO XVI
AUDIÊNCIA GERAL
Quarta-feira, 7 de Março
2007
Saudação aos fiéis e
Bispos das Dioceses do Piemonte e Vale de Aosta antes da Audiência
Queridos irmãos e irmãs!
Sinto-me feliz por vos
receber e dirijo a cada um de vós as minhas cordiais boas-vindas. Saúdo antes
de tudo os peregrinos provenientes das Dioceses da Região Eclesiástica
Piemontesa, que acompanham os seus Bispos na visita ad Limina. Queridos
amigos, a fé cristã confronta-se, também no Piemonte e no Vale de Aosta, com
muitos desafios devidos, no actual contexto sócio-cultural, às tendências
agnósticas presentes em âmbito doutrinal, assim como às pretensões de plena
autonomia ética e moral. Certamente não é fácil anunciar e testemunhar hoje o
Evangelho.
Contudo e pude verificar
isto em todos os meus diálogos e encontros permanece no povo um sólido
substracto espiritual, que se manifesta entre outros, na atenção dedicada aos
organismos da vida cristã, na necessidade íntima de Deus, na redescoberta do
valor da oração, na estima pelo sacerdote zeloso e pelo seu ministério. Além
disso, sente-se por parte dos fiéis leigos e de grupos de compromisso
apostólico, uma exigência mais sentida de tensão para a santidade, medida alta
da vida cristã. Dirijo-me também a vós, queridos Irmãos no Episcopado: face às
dificuldades que por vezes encontram as comunidades eclesiais confiadas aos
vossos cuidados, exorto-vos a prosseguir com coragem a ajudá-las a seguir
fielmente o Senhor, valorizando as suas capacidades espirituais e os carismas
de cada um. Recordai-lhes que nenhuma dificuldade nos pode separar do amor de
Cristo, como já afirmava São Paulo (cf. Rm 8, 35-39). Por isso,
unindo as forças, vós Pastores juntamente com os sacerdotes, com as pessoas
consagradas e com os fiéis leigos testemunhai com fervor a vossa, a nossa comum
adesão a Cristo e edificai a Igreja na caridade e na verdade. A Mãe Celeste,
que o povo piemontês invoca desde sempre com sentida devoção, vos assista, vos
ilumine e vos conforte.
Saúdo agora os jovens
aqui presentes, em particular os alunos da Escola "Don Carlo
Costamagna" de Busto Arsizio e os da Escola "Don Giovanni Bosco"
de Cannonica d'Adda. Queridos amigos, o tempo de Quaresma, que estamos a viver,
seja para vós ocasião propícia para redescobrir o dom do seguimento de Cristo e
aprender a aderir sempre, com a sua ajuda, à vontade do Pai.
E assim entramos no
caminho justo, o caminho que nos leva ao futuro.
* * *
São Clemente Romano
Queridos irmãos e irmãs!
Meditámos nos meses
passados sobre as figuras de cada um dos Apóstolos e sobre as primeiras
testemunhas da fé cristã, que os textos neotestamentários mencionam. Agora
dedicamos a nossa atenção aos Padres apostólicos, isto é, à primeira e à
segunda geração na Igreja depois dos Apóstolos. E assim podemos ver o início do
caminho da Igreja na história.
São Clemente, Bispo de
Roma nos últimos anos do primeiro século, é o terceiro sucessor de Pedro,
depois de Lino e Anacleto. Em relação à sua vida, o testemunho mais importante
é o de Santo Ireneu, Bispo de Lião, até 202. Ele afirma que Clemente "tinha
visto os Apóstolos", "tinha-se encontrado com eles", e
"ainda tinha nos ouvidos a sua pregação e diante dos olhos a sua
tradição" (Adv. haer. 3, 3, 3). Testemunhos tardios, entre o
quarto e o sexto século, atribuem a Clemente o título de mártir.
A autoridade e o
prestígio deste Bispo de Roma eram tais, que lhe foram atribuídos diversos
textos, mas a sua única obra certa é a Carta aos Coríntios. Eusébio
de Cesareia, o grande "arquivista" das origens cristãs, apresenta-a
nestes termos: "É transmitida uma carta de Clemente reconhecida autêntica,
grande e admirável. Foi escrita por ele, por parte da Igreja de Roma, à Igreja
de Corinto... Sabemos que desde há muito tempo, e ainda nos nossos dias, ela é
lida publicamente durante a reunião dos fiéis" (Hist. Eccl. 3,
16). A esta carta era atribuído um carácter quase canónico. No início deste
texto escrito em grego Clemente lamenta que "as improvisas adversidades,
que aconteceram uma após outra" (1, 1), lhe tenham impedido uma
intervenção imediata. Estas "adversidades" devem identificar-se com a
perseguição de Domiziano: por isso a data de composição da carta deve remontar
a um tempo imediatamente sucessivo à morte do imperador e ao final da
perseguição, isto é, logo depois do ano 96.
A intervenção de Clemente
ainda estamos no século I era solicitada pelos graves problemas em que se
encontrava a Igreja de Corinto: de facto, os presbíteros da comunidade tinham
sido depostos por alguns jovens contestadores. A lamentável vicissitude é
recordada, mais uma vez, por santo Ireneu, que escreve: "Sob Clemente,
tendo surgido um contraste não pequeno entre os irmãos de Corinto, a Igreja de
Roma enviou aos Coríntios uma carta importantíssima para os reconciliar na paz,
renovar a sua fé e anunciar a tradição, que há pouco tempo tinha recebido dos
Apóstolos" (Adv. haer. 3, 3, 3). Portanto, poderíamos dizer que
esta carta constitui o primeiro exercício do Primado romano depois da morte de
São Pedro. A carta de Clemente retoma temas queridos a São Paulo, que escrevera
duas grandes cartas aos Coríntios, em particular a dialéctica teológica,
perenemente actual, entre indicativo da salvação e imperativo do
compromisso moral.
Antes de tudo há o feliz
anúncio da graça que salva. O Senhor previne-nos e dá-nos o perdão, o seu amor,
a graça de sermos cristãos, seus irmãos e irmãs. É um anúncio que enche de
alegria a nossa vida e dá segurança ao nosso agir: o Senhor previne-nos sempre
com a sua bondade e a bondade do Senhor é sempre maior do que todos os nossos
pecados. Mas é necessário que nos comprometamos de modo coerente com o dom
recebido e correspondamos ao anúncio da salvação com um caminho generoso e
corajoso de conversão. Em relação ao modelo paulino, a novidade é que Clemente
faz seguir à parte doutrinal e à parte prática, que eram contempladas em todas
as cartas paulinas, uma "grande oração" que praticamente conclui a
carta.
A ocasião imediata da
carta oferece ao Bispo de Roma a possibilidade para uma ampla intervenção sobre
a identidade da Igreja e sobre a sua missão. Se em Corinto se verificaram
abusos, observa Clemente, o motivo deve ser procurado no enfraquecimento da
caridade e de outras virtudes cristãs indispensáveis. Por isso ele convoca os
fiéis à humildade e ao amor fraterno, duas virtudes verdadeiramente
constitutivas do ser na Igreja: "Somos uma porção santa", admoesta,
"realizemos portanto tudo o que a santidade exige" (30, 1). Em
particular, o Bispo de Roma recorda que o próprio Senhor "estabeleceu onde
e de quem quer que os serviços litúrgicos sejam realizados, para que tudo, feito
santamente e com o seu consentimento, seja aprovado pela sua vontade... De
facto, foram confiadas ao sumo sacerdote as funções litúrgicas que lhe são
próprias, aos sacerdotes foi pré-ordenado o lugar que lhes é próprio, aos
levitas competem serviços próprios. O leigo está vinculado aos ordenamentos
leigos" (40, 1-5: observe-se que, nesta carta do final do século I, pela
primeira vez na literatura cristã, aparece a palavra grega "laikós",
que significa "membro do laos", isto é, "do povo de
Deus").
Deste modo, referindo-se
à liturgia do antigo Israel, Clemente revela o seu ideal de Igreja. Ela é
reunida pelo "único Espírito de graça derramado sobre nós", que sopra
nos diversos membros do Corpo de Cristo, no qual todos, unidos sem separação
alguma, são "membros uns dos outros" (46, 6-7). A clara distinção
entre o "leigo" e a hierarquia não significa absolutamente uma
contraposição, mas apenas esta ligação orgânica de um corpo, de um organismo,
com as diversas funções. De facto, a Igreja não é lugar de confusão e de
anarquia, onde cada qual pode fazer como lhe apetece em qualquer momento: cada
um neste organismo, com uma estrutura articulada, exerce o seu ministério
segundo a vocação recebida. Em relação aos chefes das comunidades, Clemente
explicita claramente a doutrina da sucessão apostólica. As normas que a regulam
derivam definitivamente do próprio Deus. O Pai enviou Jesus Cristo, o qual por
sua vez enviou os Apóstolos. Depois, eles enviaram os primeiros chefes das
comunidades, e estabeleceram que lhe sucedessem outros homens dignos. Portanto,
tudo se realiza "ordenadamente pela vontade de Deus" (42). Com estas
palavras, com estas frases, São Clemente ressalta que a Igreja tem uma
estrutura sacramental e não uma estrutura política. O agir de Deus que vem ao nosso
encontro na liturgia precede as nossas decisões e as nossas ideias. A Igreja é
sobretudo dom de Deus e não nossa criatura, e por isso esta estrutura
sacramental não garante apenas o comum ordenamento, mas também esta precedência
do dom de Deus, do qual todos necessitamos.
Finalmente, a
"grande oração" confere um alcance cósmico às argumentações
precedentes. Clemento louva e agradece a Deus pela sua maravilhosa providência
de amor, que criou o mundo e continua a salvá-lo e a santificá-lo. Assume um
realce particular a invocação pelos governantes. Depois dos textos do Novo
Testamento, ela representa a mais antiga oração pelas instituições políticas.
Assim, após as perseguições os cristãos, sabendo bem que elas iriam continuar,
rezam incessantemente por aquelas mesmas autoridades que os tinham condenado
injustamente. O motivo é antes de tudo de ordem cristológica: é preciso rezar
pelos perseguidores, como fez Jesus na cruz.
Mas esta oração contém
também um ensinamento que guia, ao longo dos séculos, a atitude dos cristãos em
relação à política e ao Estado. Rezando pelas autoridades, Clemente reconhece a
legitimidade das instituições políticas na ordem estabelecida por Deus; ao
mesmo tempo, ele manifesta a preocupação por que as autoridades sejam dóceis a
Deus e "exerçam o poder que Deus lhes concedeu na paz e na mansidão com
piedade" (61, 2). César não é tudo. Sobressai outra soberania, cuja origem
e essência não são deste mundo, mas "lá de cima": é a da verdade, que
se orgulha também em relação ao Estado pelo direito de ser ouvida.
Assim a carta de Clemente
trata numerosos temas de actualidade perene. Ela é muito significativa porque
representa, desde o primeiro século, a solicitude da Igreja de Roma, que
preside na caridade a todas as outras Igrejas. Com o mesmo Espírito façamos
nossas as invocações da "grande oração", onde o Bispo de Roma se faz
voz do mundo inteiro: "Sim, Senhor, faz resplandecer sobre nós a tua face
no bem da paz; proteje-nos com a tua mão poderosa... Nós te damos graças, através
do sumo Sacerdote e guia das nossas almas, Jesus Cristo, por meio do
qual te glorificamos e louvamos, agora, e de geração em geração, e por todos os
séculos. Amém" (60-61).
Saudação
Amados peregrinos
de língua portuguesa, uma cordial saudação para todos, nomeadamente para o
grupo referido de Portugal. Possa cada um de vós viver estes dias de
peregrinação, em plena Quaresma, como um generoso caminho de conversão à
santidade que vos pede e quer dar o Deus Santo! As suas bênçãos desçam
abundantes sobre vós e vossas famílias!
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