Épitre de Clément aux
Corinthiens - Clément de Rome
Les manuscrits et la
tradition de l’Eglise la plus ancienne et la plus unanime (Hégésippe, Denys de
Corinthe, Irénée) attribuent à Clément de Rome une lettre qui pourrait dater de
96-97 et serait la plus ancienne œuvre de la littérature chrétienne après les
écrits bibliques. Selon Eusèbe de Césarée, elle fut rédigée alors que "
demeurait encore en vie celui que Jésus aimait : Jean, à la fois apôtre et
évangéliste, qui gouvernait les Eglises d’Asie, après être revenu, à la mort de
Domitien, de l’île où il avait été exilé ", ce que confirme saint Clément
d’Alexandrie. La lettre était adressée à l’Eglise de Corinthe, que des troubles
agitaient après que de jeunes membres de la communauté se furent insurgés contre
les anciens presbytres et les eurent destitués. Ecrite dans une langue simple
et claire, elle est sans nul doute l’œuvre d’un auteur unique, même s’il parle
toujours au pluriel et s’il faut considérer la communauté romaine dans son
ensemble comme signataire. Clément, en bon disciple des apôtres, s’appuie
solidement sur les Ecritures qu’il connaît et manie parfaitement dans de
longues citations ; ceci étant, en bon lettré helléniste autant que latin, il
ajoute des exemples et des maximes qui relèvent de l’univers antique où
affleurent Platon, Sophocle et Cicéron.
La lettre compte
soixante-cinq chapitres. Un préambule (I-III) énonce brièvement les motifs de
la lettre. La première partie (IV-XXXIX) est composée de longues parénèses
contre l’envie et la jalousie à l’origine des dissensions, et d’exhortations à
l’humilité, à la concorde, à l’unité et à l’harmonie. Les dix-neuf chapitres
qui suivent (XL-LVIII) rappellent que l’ordre liturgique et hiérarchique dans
l’Eglise est voulu par Dieu, condamnent la destitution des presbytres et
appellent les auteurs des troubles à la conversion. La lettre s’achève sur une
prière, un résumé du contenu, des recommandations et la salutation finale
(LIX-LXV).
On ignore si Clément
intervint de son propre chef ou à la requête de l’Eglise de Corinthe. Certains
estiment qu’il ne se serait pas immiscé spontanément sans être préoccupée soit
de lutter contre l’hérésie, soit d’étendre l’influence de l’évêque de Rome. La
portée de la Lettre de Clément est donc discutée : s’agit-il uniquement d’un
écrit destiné à pacifier la communauté de Corinthe, ou bien d’un document
doctrinal statuant sur des problèmes ecclésiologiques et dogmatiques
fondamentaux ? Quoi qu’il en soit, la lettre fut utilisée dès le IIe siècle
comme document anti-hérétique faisant autorité, comme l’atteste Eusèbe de
Césarée, qui rapporte qu’" en beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et
encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes ".
L’Eglise catholique a
volontiers vu dans la Lettres de Clément un premier témoignage de la primauté
du siège de Rome. Néanmoins, l’autorité dont pouvait se prévaloir l’évêque de
Rome parmi les autres évêques était alors fidèle à la primauté dont Pierre
jouissait parmi les apôtres. Il ne pouvait s’agir, au Ier siècle, de
revendiquer la suprématie dont se prévaudra plus tard l’Eglise catholique, en
rupture avec l’ecclésiologie des premiers siècles. Hubertus R. Drobner rappelle
en outre que la prétention romaine à la primauté repose sur l’épiscopat
monarchique et de la juridiction nécessaire, qui faisaient alors défaut.
La Lettre de Clément est
suivie, dans les manuscrits, d’une Seconde Lettre de Clément. Le contenu ainsi
que le style montrent qu’il ne s’agit pas là d’une lettre mais d’une homélie,
la plus ancienne qui ait été conservée (vers 150) et que l’écrit n’est pas de
Clément. Elle pourrait venir de Corinthe, d’Alexandrie ou de Rome. Voir
l’intégralité de l’introduction sur le site de l’Eglise arménienne
L’ÉGLISE DE DIEU QUI
SÉJOURNE A ROME, A L’EGLISE DE DIEU QUI SÉJOURNE A CORINTHE, AUX ÉLUS
SANCTIFIÉS SELON LA VOLONTÉ DE DIEU PAR NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.QUE LA
GRACE ET LA PAIX VOUS VIENNENT EN ABONDANCE DU DIEU TOUT-PUISSANT PAR
JÉSUS-CHRIST !
I. Les malheurs, les
calamités soudaines qui nous ont frappés coup sur coup, frères bien-aimés, ont
été cause que notre attention se tourne, bien tardivement à notre gré, vers les
affaires en litige parmi vous, vers cette sédition inadmissible et déplacée
chez les élus de Dieu, exécrable et impie, qu’un petit nombre de meneurs
téméraires et insolents ont allumée et portée à un un tel degré de démence que
votre nom révéré, glorieux et aimable à tous, en est grandement décrié.
Quel est celui qui ayant
demeuré parmi vous n’a reconnu votre foi solide et riche en vertus, admiré
votre piété prudente et mesurée dans le Christ, publié votre habitude généreuse
d’hospitalité, déclaré bienheureuse votre science par- faite et sûre ?
Car vous agissiez en tout
sans acception de personnes, vous marchiez suivant les lois de Dieu, soumis à
vos chefs et rendant à vos anciens l’honneur qui leur est dû.
Aux jeunes gens vous
recommandiez la modération et la gravité. Aux femmes vous prescriviez
d’accomplir tous leurs devoirs avec une conscience irréprochable, digne et
pure, de chérir leurs maris comme il convient ; vous leur enseigniez a se tenir
dans la règle de l’obéissance, à gouverner dignement leur maison, a se montrer
discrètes en toutes choses.
II. Tous vous étiez
humbles, exempts de jactance, plutôt disposés à obéir qu’à commander, plus
heureux de donner que de recevoir. Contents des viatiques du Christ et y
appliquant votre âme, vous gardiez soigneusement ses paroles dans votre coeur,
et ses souffrances étaient devant vos yeux.
C’est ainsi qu’une paix
profonde et joyeuse avait été donnée à tous avec un désir insatiable de faire
le bien, et une abondante effusion de l’Esprit-Saint s’était répandue sur tous.
Remplis d’une résolution sainte, d’une belle ardeur, d’une pieuse confiance,
vous étendiez vos mains vers le Dieu tout-puissant, le suppliant de se montrer
propice si vous aviez commis quelque faute involontaire.
Vous luttiez jour et nuit
pour le groupe entier des frères, afin que, grâce à votre pitié et communauté
de sentiment, le nombre des élus de Dieu vint à être sauvé. Vous étiez
sincères, simples, sans rancune réciproque. Toute révolte, toute scission vous
faisait horreur ; vous pleuriez sur les péchés du prochain, vous estimiez que
ses manquements étaient les vôtres.
Vous ne vous repentiez
d’aucune bonne action, vous étiez « prêts à toute bonne oeuvre ». Une conduite
toute vertueuse et vénérable faisait votre ornement, vous accomplissiez toutes
vos actions dans la crainte de Dieu. Les commandements et les préceptes du
Seigneur étaient écrits sur toute l’étendue de votre coeur.
III. Toute sorte de
gloire et d’abondance vous a été donnée et cette parole de l’Écriture s’est
accomplie : « Le bien-aimé a mangé et bu, il a grossi et s’est engraissé et il
a regimbé ! » De là sont nées la jalousie et l’envie, les querelles et la
sédition, la persécution et le désordre, la guerre et la captivité.
C’est ainsi que se sont
insurgés « les hommes de rien contre les hommes les plus considérables », les
obscurs contre les illustres, les insensés contre les sages, les jeunes contre
les anciens. Ainsi se sont éloignées la justice et la paix, depuis que chacun a
délaissé la crainte de Dieu, affaibli les lumières de sa foi ; personne ne
marche plus dans la règle des commandements divins, ne mène plus une vie digne
du Christ ; chacun va suivant les désirs de son coeur dépravé, laissant revivre
en lui la jalousie injuste et impie par laquelle « la mort est entrée dans le
monde ».
IV. Voici en effet ce qui
est écrit : « Et, après bien des jours, il arriva que Caïn offrit des fruits de
la terre en sacrifice a Dieu ; Abel aussi offrit des premiers-nés de ses brebis
et de leur graisse. lit Dieu regarda favorablement Abel et ses présents ; mais
il ne lit point attention a Caïn ni à ses sacrifices. Caïn fut vivement
contristé, et son visage abattu. Alors Dieu dit a Caïn : Pourquoi es-tu triste
et pourquoi ton visage est-il abattu ? N’as tu pas péché, si en offrant
correcte- ment ton sacrifice tu n’en as pas fait correctement le partage ?
Apaise-toi : ton offrande te reviendra et tu en seras le maître. Et Caïn dit à
Abel son frère : Allons dans la plaine. Et lorsqu’ils furent dans la plaine,
Caïn se jeta sur Abel son frère et le tua. » Vous le voyez, mes frères, la
jalousie et l’envie ont commis un fratricide.
C’est à cause de la
jalousie que Jacob notre père a fui devant son frère Esaiï. C’est à cause de la
jalousie que Joseph a été persécuté à mort et réduit en servitude. C’est la
jalousie qui a contraint Moïse de fuir devant Pharaon, roi d’Égypte, le jour où
il entendit un de ses compatriotes lui dire : « Qui est-ce qui t’a établi notre
arbitre ou notre juge ? Est-ce que tu veux me tuer comme l’égyptien que tu as
tué hier ? ».
C’est à cause de la
jalousie qu’Aaron et Marie furent bannis du camp. C’est la jalousie qui
précipita tout vivants dans l’enfer Dalhan et Abiron, parce qu’ils s’étaient
soulevés contre Moïse, le serviteur de Dieu. C’est par suite de la jalousie que
David subit, non seulement l’envie dos étrangers, mais encore la persécution de
Saül, roi d’Israël.
V. Mais, pour laisser de
côté les exemples anciens, venons-en aux athlètes tout récents, prenons les
généreux exemples de notre génération. C’est par l’effet de la jalousie et de
l’envie que furent persécutés ceux qui étaient les colonnes les plus élevées et
les plus justes et qu’ils combattirent jusqu’à la mort. Jetons les yeux sur les
excellents Apôtres : Pierre, qui, victime d’une injuste jalousie, souffrit non
pas une ou deux, mais de nombreuses fatigues, et qui, après avoir ainsi
accompli son martyre, s’en est allé au séjour do gloire qui lui était dû. C’est
par suite de la jalousie et de la discorde que Paul a montré (comment on
remporte) le prix de la patience. Chargé sept fois de chaînes, banni, lapidé,
devenu un héraut en Orient et en Occident, il a reçu pour sa foi une gloire
éclatante. Après avoir enseigné la justice au monde entier, atteint les bornes
de l’Occident, accompli son martyre devant ceux qui gouvernent, il a quitté le
monde et s’en est allé au saint lieu, illustre modèle de patience.
VI. A ces hommes dont la
vie a été sainte vint s’adjoindre une grande foule d’élus qui, par suite de la
jalousie, endurèrent beaucoup d’outrages et de tortures, et qui laissèrent
parmi nous un magnifique exemple.
C’est poursuivies par la
jalousie, que des femmes, les Danaïdes et les Dircés, après avoir souffert de
terribles et monstrueux outrages, ont touché le but dans la course de la foi,
et ont reçu la noble récompense, toutes débiles de corps qu’elles étaient.
La jalousie a aliéné des
épouses a leurs maris, elle a altéré la parole d’Adam, notre père : « Voici
l’os de mes os et la chair de ma chair. » Jalousie et discorde ont détruit de
grandes villes, et anéanti de puissantes nations.
VII. Nous vous écrivons
tout ceci, bien-aimés, en manière, non seulement de réprimande pour vous, mais
encore d’avertissement pour nous-mêmes : car nous sommes dans la même arène que
vous, le même combat nous attend. Laissons donc là les soucis vains et
inutiles, rangeons-nous à la glorieuse et vénérable règle de notre tradition.
Voyons ce qui est beau
aux yeux de notre Créateur, ce qui le charme, ce qui lui plaît. Fixons nos
regards sur le sang du Christ, et con- naissons combien il est précieux pour
Dieu, son père, parce qu’ayant été versé pour notre salut, il a ménagé au monde
entier la grâce delà pénitence.
Passons en revue tous les
âges et apprenons que de génération en génération le Maître « a donné latitude
de faire pénitence » à tous ceux qui ont voulu se convertir à lui. Noé prêcha
la pénitence, et ceux qui l’écoutèrent furent sauvés. Jonas annonça leur ruine
aux Ninivites ; mais ceux-ci, ayant fait pénitence de leurs péchés, apaisèrent
Dieu par leurs supplications et obtinrent leur salut, bien qu’ils fussent des
étrangers pour Dieu.
VIII. Les ministres de la
grâce divine, inspirés par le Saint-Esprit, ont parlé de la pénitence. Et le
Maître de l’univers lui-même a dit de la pénitence avec serment :« Par ma vie,
dit le Seigneur, je ne yeux pas tant la mort du pécheur que sa pénitence. » Et
il ajoute cette sentence de bonté : « Repentez-vous, maison d’Israël, de votre
iniquité. Dis aux fils de mon peuple : Quand même vos péchés iraient de la
terre au ciel, quand ils seraient plus rouges que l’écarlate et plus noirs que
le sac, si vous vous tournez vers moi de tout votre coeur et me dites : Père !
je vous exaucerai comme un peuple saint. »
Et dans un autre endroit
il parle ainsi : « Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez sous mes yeux le mal de vos
âmes, mettez fin à vos méchancetés, apprenez à faire le bien, recherchez la
justice, délivrez l’opprimé, faites rendre son droit à l’orphelin et justice à
la veuve. Et alors venez et nous discuterons, dit le Seigneur ; vos péchés
fussent-ils comme la pourpre, je les rendrai blancs comme neige ; fussent-ils
comme l’écarlate, je les rendrai blancs comme laine. Si vous consentez et que
vous m’écoutiez, vous mangerez ce que la terre a de bon ; si vous ne con-
sentez pas et ne m’écoutez point, le glaive vous dévorera.
Car c’est la bouche du
Seigneur qui a ainsi prononcé. » Voulant que tous ceux qu’il aime participent à
la pénitence, il en a ainsi décidé par sa toute-puissante volonté.
IX. Obéissons donc à sa
volonté magnifique et glorieuse, prosternons-nous en suppliant sa pitié et sa
bonté, recourons à sa compassion, quittons les besognes vaines, les querelles,
la jalousie qui mène à la mort
. Fixons nos regards sur
ceux qui ont été les serviteurs accomplis de sa magnifique gloire. Prenons
Hénoch qui, trouvé juste dans l’obéissance, fut enlevé de ce monde sans qu’on
ait trouvé (trace de) sa mort. Noé, trouvé fidèle, eut pour ministère
d’annoncer au monde la renaissance, et le Seigneur sauva par lui les êtres
vivants qui entrèrent avec concorde dans l’arche.
X. Abraham, appelé l’ami
(de Dieu), fut trouvé fidèle pour avoir obéi aux paroles de Dieu. Il sortit par
obéissance de son pays, de sa parenté et de la maison de son père, de sorte que
laissant derrière soi un pays peu considérable, une faible parenté et une
petite maison, il eût en héritage les promesses de Dieu. Dieu lui dit en clïet
: « Sors de ton pays, de ta parenté et de la maison de ton père, pour aller
dans la terre que je te montrerai.
Je ferai de toi une
nation nombreuse, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu seras béni ;
je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai ceux qui te maudiront, et en toi
seront bénies toutes les tribus de la terre. ».Une autre fois, quand il se
séparait de Loth, Dieu lui dit : « Lève les yeux et regarde, du lieu où tu es,
vers le nord et le midi, vers l’orient et la mer : toute la terre que tu vois,
je te la donnerai, à toi et à ta race pour toujours. Je rendrai ta postérité
semblable au sable de la terre : si quelqu’un parvient à compter les grains de
sable de la terre, ta postérité aussi sera dénombrée. » Il est encore dit : «
Dieu conduisit Abraham au dehors et lui dit : Regarde le ciel et compte les
étoiles si tu y parviens : ainsi sera ta postérité. Et Abraham crut à Dieu et
cela lui fut imputé à justice. » A cause de sa foi et de son hospitalité, un
fils lui fut donné dans sa vieillesse, et par obéissance il l’offrit à Dieu en
sacrifice sur l’une des montagnes que Dieu lui avait montrées.
XI. Loth fut sauvé de
Sodome, à cause de son hospitalité et de sa piété, tandis que toute la région
environnante était châtiée par le feu et par le soufre : le Maître rendit
manifeste qu’il ne délaisse pas ceux qui espèrent en lui, mais qu’il inflige
aux réfractaires un châtiment et des supplices.
La femme de Loth qui
était sortie avec lui (de la ville), mais dans un autre sentiment et en
désaccord avec lui, fut établie comme un signe ; elle devint une statue de sel
jusqu’à ce jour afin qu’il fût notoire à tous que ceux qui ont l’âme double et
ceux qui doutent de la puissance de Dieu subiront une condamnation et serviront
d’exemple pour toutes les générations.
XII. C’est sa foi et son
hospitalité qui ont sauvé Rahab la courtisane. Quand Josué fils de Navé envoya
des espions à Jéricho, le roi du pays sut qu’ils étaient venus explorer la
région, et il envoya des hommes pour les saisir et une fois pris les faire
mourir. L’hospitalière Rahab les reçut chez elle et les cacha à l’étage
supérieur sous des chaumes de lin. Les émissaires du roi survinrent et lui
dirent : « Les espions venus dans notre pays sont entrés chez toi ; fais les
sortir ; c’est l’ordre du roi. » Elle répondit :
Il est vrai, les hommes
que vous cherchez sont entrés chez moi ; mais ils sont repartis aussitôt, et
ils s’en vont par ce chemin-là », ajouta-t-elle, en montrant la route opposée.
Puis elle dit aux espions : « Je sais assurément que le Seigneur Dieu vous
livre ce pays, car la terreur et l’épouvante se sont emparés à votre vue de ses
habitants. Lors donc que vous l’aurez conquis, sauvez-moi avec la maison de mon
père. ».
Les espions lui dirent :
« Il sera fait comme tu nous as dit. Sitôt donc que tu apprendras notre
arrivée, tu rassembleras tous les tiens sous ton toit, et ils seront sauvés ;
mais tous ceux qui seraient trouvés hors de la maison périront. » Ils lui
indiquèrent en outre un signal qui était de suspendre à sa maison une corde de
pourpre. C’était déclarer que le sang du Seigneur devait racheter tous ceux qui
croient et espèrent en Dieu. Vous le voyez, bien-aimés, en cette femme il n’y
avait pas seulement la foi, mais encore le don de prophétie.
XIII. Ayons donc, ô
frères, des sentiments humbles, rejetons de nous toute forfanterie, toute
enflure, toute déraison, tous emportements, et accomplissons les choses qui
sont écrites, car le Saint-Esprit a dit : « Que le sage ne se glorifie point
’de sa sagesse, ni le fort de sa force, ni le riche de sa richesse ; mais que
celui qui se glorifie, se glorifie, dans le Seigneur, de le chercher et de
pratiquer le droit et la justice. » _ Surtout rappelons-nous les paroles que le
Seigneur Jésus nous a dites pour nous enseigner l’équité et la longanimité. Il
a dit en effet : « Soyez miséricordieux afin d’obtenir miséricorde, par- donnez
afin d’être pardonnes ; selon que vous agissez, on agira envers vous ; selon
que vous donnez, on vous donnera ; selon que vous jugez, on vous jugera ; selon
que vous exercez la bienveillance, on l’exercera envers vous ; la mesure dont
vous vous servez sera celle dont on se servira pour vous. »
Par ce commandement et
par ces préceptes affermissons notre marche dans l’humble soumission à ses
saintes paroles. Car la sainte parole porte : « Oui regarderai-je, sinon
l’homme doux, pacifique et qui tremble à mes paroles. ».
XIV. Il est juste et
saint, mes frères, d’obéir à Dieu, plutôt que de suivre dans l’arrogance et
l’agitation les instigateurs d’une détestable rivalité. Car ce n’est point un
léger dommage, c’est un danger grave que nous subirons, si nous nous
abandonnons témérairement aux caprices de ces hommes qui se lancent dans les
querelles et les séditions pour nous rendre étrangers au bien. Soyons bons les
uns pour les autres, à l’exemple de notre miséricordieux et doux Créateur, car
il est écrit : « Les doux habiteront la terre, les innocents y seront laissés,
mais les pécheurs en seront exterminés. »
Il est dit aussi : « J’ai
vu l’impie exalté, élevé comme les cèdres du Liban ; j’ai passé ; voyez, il
n’était déjà plus ; j’ai cherché sa place et ne l’ai pas trouvée. Garde
l’innocence et observe la droiture : car il y a une postérité pour l’homme
pacifique. ».
XV. Adhérons à ceux qui
cultivent pieusement la paix non à ceux qui feignent de la vouloir. Il est dit
en effet quelque part : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur coeur est
loin de moi. » Et puis : « Leur bouche bénissait, mais leur coeur maudissait. »
Et encore : « Ils l’ont chéri de bouche et leur langue lui a menti ; leur coeur
n’était pas droit avec lui et ils ne sont pas restés fidèles à son pacte.
Aussi puissent-elles
devenir muettes, les lèvres trompeuses qui parlent injustement contre le juste.
» Il est dit également : « Puisse le Seigneur perdre toutes les lèvres
trompeuses, la langue aux propos orgueilleux, ceux qui disent : Nous rendrons
puissante notre langue, nos lèvres sont en notre pouvoir, qui serait notre
seigneur ? A cause de la misère de l’indigent et des gémissements du pauvre, je
vais me lever, dit le Seigneur ; je le mettrai en sûreté, j’agirai en toute
liberté avec lui. ».
XVI. Le Christ appartient
aux âmes humbles et non pas à ceux qui s’élèvent au-dessus de son troupeau. Le
sceptre de la majesté de Dieu, le Seigneur Jésus-Christ, n’est point venu avec
le train de la fierté et de l’orgueil, encore qu’il l’eût pu, mais avec
d’humbles sentiments, selon que le Saint-Esprit l’avait annoncé de lui, dans
ces termes : « Seigneur, qui a cru à notre parole ? A qui le bras du Seigneur
s’est-il révélé ? Nous l’avons annoncé en sa présence : (il est comme un petit
enfant, comme une racine dans une terre desséchée ; il n’a ni extérieur ni
gloire. Nous l’avons vu : il n’avait ni extérieur ni beauté, son aspect était
pitoyable, il n’avait plus forme humaine.
Homme tout chargé de
coups et de souffrances, exercé à supporter la langueur, il détourne sa face,
il est méprisé, on ne le compte plus. Il porte nos péchés et il souffre pour
nous : nous l’avons considéré comme voué aux peines, aux coups et aux mauvais
traitements. Il a été blessé pour nos péchés, meurtri pour nos iniquités ; le
châtiment qu’il a subi nous a valu paix, nous avons été guéris par ses plaies.
Nous allions tous a l’aventure comme des brebis, l’homme s’était égaré dans sa
route.
Et le Seigneur l’a livré
pour nos péchés. Quant a lui, tout maltraité qu’il est, il n’ouvre pas la
bouche. Comme une brebis il a été conduit à regorge- ment ; comme un agneau
sans voix devant le tondeur, il n’ouvre pas la bouche. Dans son humiliation, sa
con- damnation a été levée. Qui racontera sa génération, puisque sa vie est
retranchée de la terre ? Les iniquités de mon peuple l’ont conduit à la mort.
Je relâcherai les impies comme prix de sa sépulture, et les riches comme prix
de sa mort : car il n’a point commis l’iniquité et la tromperie ne s’est point
trouvée dans sa bouche. Et le Seigneur veut le purifier de ses plaies. Si vous
offrez (des sacrifices) pour le péché, votre âme verra une longue postérité.
Le Seigneur veut
l’arracher aux douleurs de son âme, lui montrer la lumière, le former avec
intelligence, justifier ce juste qui se fait le serviteur d’un grand nombre. Et
lui-même portera leurs péchés. Aussi une foule d’hommes seront son héritage et
il distribuera les dépouilles des forts, comme récompense de ce que son âme a
été livrée à la mort et qu’il a été compté parmi les scélérats. Il a porté les
péchés d’un grand nombre, et il a été livré à cause de leurs péchés. ».
Lui-même dit encore : « Quant à moi, je suis un ver et non un homme ; je suis
l’opprobre des hommes et l’abjection du peuple. Tous ceux qui m’ont vu se sont
moqués de moi, ils ont mur- muré des lèvres et hoché la tète : Il a espéré dans
le Seigneur ; que le Seigneur le délivre et le sauve, puisqu’il l’aime. » Vous
voyez, hommes bien-aimés, quel modèle nous est proposé : si le Seigneur s’est
ainsi humilié, que devons-nous faire, nous qui venons par lui sous le joug de
sa grâce ?
XVII. Imitons également
ceux qui ont circulé, vêtus de peaux de chèvres et de brebis, prêchant la venue
du Christ ; nous voulons dire les prophètes Élie, Elisée Èzéchiel, et avec eux
tous ceux qui ont reçu (de Dieu) un bon témoignage. Abraham a été honoré d’un
témoignage magnifique, il a été appelé l’ami de Dieu ; pourtant quand il fixa
ses regards sur la gloire de Dieu, il dit avec humilité : « Pour moi je suis
terre et cendre ». Et de Job il est écrit : « Job était juste, irréprochable,
véridique, religieux, éloigné de tout mal ». Néanmoins il s’accuse lui-même en
disant : « Personne n’est exempt de souillure, pas même si sa vie n’est que
d’un jour ». Moïse a été appelé un « serviteur fidèle dans toute la maison de
Dieu » ; c’est par son ministère que Dieu frappa l’Égypte des fléaux et des
douleurs qui fondirent sur les habitants.
Et néanmoins, si
grandement qu’il fût glorifié, il ne prononça point de paroles orgueilleuses ;
mais lors de l’oracle du buisson il dit : « Qui suis-je pour que tu m’envoies ?
Ma voix est grêle et ma langue embarrassée ». « Je ne suis, ajouta-t-il, qu’une
vapeur (s’échappant) d’une marmite. »
XVIII. Que dirons-nous de
David, qui avait reçu un si bon témoignage, à qui Dieu avait dit : « J’ai
trouvé un homme selon mon coeur, David, fils de Jessé ; je l’ai oint dans ma
miséricorde éternelle » ! Lui-même n’en dit pas moins à Dieu : « Aie pitié de
moi, mon Dieu, selon ta grande miséricorde ; et selon l’immensité de ta
compassion efface mon iniquité. Lave-moi de plus en plus de mon iniquité et
purifie-moi de mon péché : car je connais mon iniquité et mon péché est
toujours devant moi. Contre toi seul j’ai péché et j’ai fait le mal en ta
présence : (je l’avoue) pour que tu sois trouvé juste dans tes paroles, et que
tu triomphes si tu passes en jugement.
Voilà que j’ai été conçu
dans l’iniquité, et que ma mère m’a porté dans le péché. Vois, tu as aimé la
vérité : tu m’as dévoilé les obscurs secrets de ta sagesse. Tu m’aspergeras
avec l’hysope et je serai purifié ; tu me laveras et je deviendrai plus blanc
que la neige. Tu me feras entendre allégresse et joie, et mes os humiliés
jubileront. Détourne ton visage de mes péchés, et efface toutes mes iniquités.
Crée en moi un coeur pur, Ô Dieu, et mets à nouveau un esprit droit dans mes
entrailles. Ne me rejette pas de devant ta face, et ne retire pas de moi ton
esprit saint.
Rends-moi l’allégresse de
ton salut, et fortifie-moi par un esprit de générosité. »J’enseignerai tes
voies aux pécheurs, et les impies se convertiront à toi. Délivre-moi du sang
versé, Dieu, Dieu de mon salut. Ma langue célébrera toute joyeuse ta justice.
Seigneur, tu ouvriras ma bouche, et mes lèvres rediront ta louange., Si tu
avais désiré un sacrifice, je l’aurais offert ; mais tu ne prends pas plaisir
aux holocaustes.
Le sacrifice, pour Dieu,
c’est un esprit contrit ; un coeur contrit et humilié, Dieu ne le méprisera
pas. »
XIX. L’humilité,
l’abaissement de si grands et si saints personnages, qui ont reçu un témoignage
pareil, nous a rendus meilleurs par l’obéissance, non seulement nous, mais
aussi les générations qui nous ont précédés, tous ceux qui ont reçu les paroles
de Dieu dans la crainte et dans la vérité, Prenons donc notre part d’actions si
nombreuses, si grandes, si éclatantes, et revenons en hâte vers le but de la
paix qui nous a été proposé dès le commencement ; les yeux fixés sur le père et
le créateur de l’univers, attachons-nous à ses présents magnifiques et
incomparables (nés) de la paix et à ses bienfaits. Contemplons Dieu par la
pensée ; considérons des yeux de l’âme sa volonté pleine de patience ;
réfléchissons combien il est débonnaire envers toute sa création.
XX. Les deux, mis en
branle par son ordre, lui obéis- sent en paix. Le jour et la nuit accomplissent
la course qu’il leur a prescrite, sans s’entraver l’un l’autre. Le soleil, la
lune et les choeurs des astres parcourent, d’après son ordre, avec harmonie et
sans aucun écart, les orbites qu’il leur a marqués. La terre féconde, docile a
sa volonté, fournit en abondance, dans les saisons convenables, leur nourriture
aux hommes, aux animaux, à tous les êtres qui vivent à sa surface ; clic
n’hésite pas, elle ne change rien à ses décrets.
Les mêmes ordres
maintiennent les mystérieux jugements (rendus) dans les abîmes, les sentences
inexprimables (prononcées) dans les enfers. La mer immense dont son action
créatrice a creusé le lit en réservoir, ne franchit point les barrières qu’il a
établies, mais selon qu’il lui a ordonné, ainsi fait- elle. Il lui a dit : « Tu
viendras jusqu’ici et tes flots se briseront sur ton propre sein ».
L’océan infranchissable
aux hommes et les mondes qui sont au-delà de l’océan se dirigent par les mêmes
ordres du Maître. Les saisons du printemps, de l’été, de l’automne, de l’hiver
se suc- cèdent pacifiquement l’une à l’autre. Les vents, en leurs demeures,
accomplissent aux temps marqués leur office sans trouble ; les sources
intarissables, créées pour la jouissance et la santé, offrent aux hommes sans
s’épuiser leurs mamelles pleines de vie ; les moindres des animaux se réunissent
dans la paix et la concorde. Le souverain créateur et maître de l’univers a
disposé que toutes ces choses resteraient dans la paix et la concorde,
bienfaisant qu’il est pour toutes ses créatures, mais plus que prodigue envers
nous qui recourons à ses miséricorde par Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui
soit la gloire et la majesté dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
XXI. Prenez garde,
bien-aimés, que les bienfaits de Dieu, si nombreux, ne soient pour nous tous un
sujet de condamnation, si nous ne vivons d’une manière digne de lui, opérant
dans la concorde ce qui est bien et agréable à ses yeux. Il dit en effet
quelque part : « L’Esprit du Seigneur est un flambeau qui explore les
profondeurs des entrailles. ».
Considérons combien il
est proche de nous et que rien ne lui échappe de nos pensées et de nos
réflexions. Il est donc juste que nous ne quittions pas notre poste contre sa
volonté. Il vaut mieux nous heurter à des hommes sots, insensés, superbes et
enflés de leurs arrogantes paroles, plutôt qu’à Dieu. Révérons le Seigneur
Jésus-Christ dont le sang a été donné pour nous, respectons nos chefs, honorons
les anciens, instruisons les jeunes gens dans la crainte de Dieu, dressons nos
femmes au bien.
Qu’elles fassent voir
chez elles les moeurs aimables de la chasteté, qu’elles prouvent leur sincère
disposition à la douceur, qu’elles manifestent par le silence la modération de
leur langue ; qu’elles exercent saintement la charité, non d’après leurs
préférences mais sans partialité, à l’égard de tous ceux qui craignent Dieu.
Que nos enfants aient
part à l’éducation dans le Christ ; qu’ils apprennent quelle est auprès de Dieu
la puissance de l’humilité, le pouvoir du chaste amour, combien la crainte de
Dieu est belle et précieuse, comment elle sauve tous ceux qui marchent
saintement en elle avec une conscience pure.
Car il pénètre nos
pensées et nos désirs : c’est son souffle qui nous anime et il le reprend quand
il veut.
XXII. C’est toutes ces
choses que nous garantit la foi dans le Christ. Celui-ci en effet nous invite
ainsi par l’organe du Saint-Esprit : « Venez, enfants, écoutez-moi, je vous
enseignerai la crainte du Seigneur. Quel est l’homme qui veut avoir la vie, qui
aime voir d’heureux jours ? Préserve ta langue du mal, que tes lèvres ne
profèrent point de tromperie. Détourne-toi du mal et fais le bien. Recherche la
paix et poursuis-la. Les yeux du Seigneur sont ouverts sur les justes et ses
oreilles à leurs prières ; mais la face du Seigneur est aussi sur ceux qui
agissent mal, pour anéantir leur souvenir sur la terre. Le juste a crié : le
Seigneur l’a écouté et l’a délivré de toutes ses afflictions. Nombreuses sont
les afflictions du juste ; mais le Seigneur le délivrera de toutes. »
Il dit encore : «
Nombreux sont les fléaux des pécheurs ; mais sa merci environnera les hommes
qui espèrent dans le Seigneur. »’Malheureux ceux qui ont l’âme à double fond,
ceux qui doutent en leur coeur et qui disent : Nous avons déjà entendu dire
cela du temps de nos pères ; or voilà que nous avons veilli, et rien de tout
cela ne nous est arrivé. Insensés ! comparez-vous à un arbre ; prenez un cep de
vigne ; d’abord les feuilles tombent ; ensuite il pousse des bourgeons, puis du
feuillage, puis la fleur, après cela le raisin vert, enfin les grappes mûres
sont là ».
En peu de temps, vous le
voyez, le fruit de l’arbuste arrive à maturité. En vérité c’est avec
promptitude, c’est soudainement que s’accomplissent les desseins de Dieu, comme
l’atteste aussi l’Ecriture : « Il viendra prompte- ment et sans tarder ; il
viendra soudain, le Seigneur dans son temple, le saint que vous attendez ; »
XXIV. Observons, mes
bien-aimés, comment le Maître nous représente continuellement la future
résurrection, dont il nous a donné les prémices dans le Seigneur Jésus- Christ
quand il l’a ressuscité d’entre les morts.
Considérons, mes
bien-aimés, les résurrections qui s’opèrent en leur temps. Le jour et la nuit
nous montrent une résurrection : la nuit s’endort et le jour se lève ; le jour
fuit et la nuit lui succède. Prenons les fruits. Comment et de quelle façon les
semailles se font-elles ?
Le semeur sort pour jeter
en terre les différentes semences ; celles-ci, toutes sèches et nues, tombent
dans le sol pour s’y résoudre ; mais de leur dissolution même, la magnifique
providence du Maître les fait lever à nouveau et l’unique graine se multiplie
et porte fruit.
XXV. Considérons
l’étrange prodige qui s’opère dans les contrées de l’Orient, c’est-à-dire en
Arabie. On y voit un oiseau qu’on appelle phénix. Il est seul de son espèce et
vit cinq cents ans. A l’approche de sa fin, il se construit avec de l’encens,
de la myrrhe et autres aromates, un cercueil où il pénètre, son temps accompli,
pour y mourir. _ De sa chair en putréfaction naît un ver, qui se nourrit de la
pourriture de l’oiseau mort et se couvre de plumes ; puis, devenu fort, il
soulève le cercueil où reposent les os de son ancêtre et avec ce fardeau il
passe d’Arabie en Egypte, jusqu’à la ville d’Héliopolis.
Là, en plein jour, aux
yeux de tous, il va en volant le déposer sur l’autel du soleil ; après quoi, il
prend son vol pour le retour. Alors les prêtres, consultant leurs annales,
constatent qu’il est venu après cinq cents ans révolus.
XXVI. Trouverons-nous
donc étrange et étonnant que le Créateur de l’univers fasse revivre ceux qui
l’ont servi saintement et avec la confiance d’une foi parfaite, alors qu’il
nous fait voir dans un oiseau la magnificence de sa promesse ? Ne dit-il pas
quelque part : « Tu me ressusciteras et je te louerai ? » Et ailleurs : «
J’étais couché et endormi ; je me suis réveillé parce que tu es avec moi ? »
Job dit de son côté : « Tu ressusciteras ma chair qui a subi tous ces maux. »
XXVII. Dans cette
espérance, que nos âmes s’attachent donc à celui qui est fidèle dans ses
promesses et juste dans ses jugements Celui qui a défendu démentir peut
beaucoup moins mentir lui-même : rien n’est impossible à Dieu, sauf le
mensonge. Ranimons donc notre foi en lui, et considérons que tout lui est
facile.
D’un mot de sa
toute-puissance il a établi l’univers et d’un mot il peut le détruire. « Qui
lui demandera : qu’as-tu fait ? qui résistera à la vigueur de sa force ? » Il
fait tout quand et comme il le veut ; et rien ne passe de ce qu’il décrète.
Tout est présent à ses
yeux, rien n’échappe à son conseil, puisque « les deux racontent la gloire de
Dieu, et le firmament publie l’oeuvre de ses mains ; le jour le clame au jour,
et la nuit en donne connaissance à la nuit : ce n’est point là un langage, ce
ne sont point des paroles dont les accents ne soient pas entendus. »
XXVIII. Puisque Dieu voit
tout et entend tout, craignons-le, renonçons à l’impur désir des actions
criminelles, afin que sa miséricorde nous protège contre les jugements futurs.
Où fuir en effet pour échapper à sa main puissante ?
Quel monde recevra un
déserteur de Dieu ? L’Écriture ne dit-elle pas : « Où aller, où me dérober à ta
vue ? Si je monte au ciel, tu t’y trouves ; si je vais aux extrémités de la
terre, là est ta droite ; si j’étends ma couche dans les abîmes, là est ton
esprit. » Où donc se retirer ? Où fuir, loin de celui qui embrasse tout ce qui
existe ?
XXIX. Approchons-nous
donc de lui avec une âme sainte, levons vers lui des mains pures et sans
souillure, aimons ce père indulgent et miséricordieux qui a fait de nous sa
part choisie. Il est écrit en effet : « Quand le Très-Haut fit le partage des
nations et dissémina les enfants d’Adam, il posa les frontières des nations
d’après le nombre des anges de Dieu ; son peuple Jacob devint la portion du
Seigneur, Israël le terrain arpenté de son héritage. ».
Et dans un autre endroit
on lit : « Le Seigneur s’est réservé une nation parmi les nations, comme un
homme se réserve les prémices de son aire ; et de cette nation sortira le saint
des saints. »
XXX. Puisque nous formons
une portion sainte, accomplissons toutes les oeuvres de la sainteté ; fuyons
les médisances, les embrassements détestables et impurs, l’ivresse, le goût des
nouveautés, les sales désirs, l’odieux adultère, l’abominable orgueil. « Car
Dieu, est-il dit, résiste aux orgueilleux et donne la grâce aux humbles. ».
Attachons-nous donc à
ceux à qui Dieu donne sa grâce ; revêtons la concorde, l’humilité, la
continence ; tenons-nous loin de tous les chuchotements malveillants et des
médisances ; soyons justes en action plutôt qu’en parole. Car il est dit : «
Celui qui parle beaucoup devra écouter à son tour ; ou bien le beau parleur
pense-t-il être juste ? Béni celui qui, né de la femme, vit peu de temps : ne
te répands pas en paroles. ».
Que notre louange vienne
de Dieu et non pas de nous : car Dieu hait ceux qui se louent eux-mêmes. Que le
témoignage de nos bonnes oeuvres soit rendu par d’autres, ainsi qu’il a été
rendu à nos pères, les justes. La témérité, la présomption et l’audace
appartiennent à ceux que Dieu a maudits ; la modération, l’humilité et la
douceur à ceux que Dieu a bénis.
XXXI. Attachons-nous donc
a la bénédiction de Dieu et voyons quelles en sont les voies. Déroulons tous
les événements depuis le commencement.
Pourquoi Abraham, notre
père, fut-il béni ? n’est-ce pas pour avoir pratiqué la justice et la vérité
par la foi ? Isaac, connaissant l’avenir, se laissa emmener avec confiance et
avec joie en victime. Jacob s’enfuit avec humilité de son pays à cause de son
frère ; il alla chez La ban, se mit à son service, et il reçut les douze
sceptres d’Israël.
XXXII. A les considérer
un par un, avec sincérité, l’on découvre la magnificence des dons accordés par
Dieu. De Jacob, en effet, sont sortis tous les prêtres et lévites qui servaient
à l’autel de Dieu ; de lui est né selon la chair le Seigneur Jésus ; de lui
sont issus par Juda les rois, les princes et les chefs ; quant au reste de ses
tribus, elles ne sont pas en petit honneur, suivant la pro- messe de Dieu : « Ta
postérité sera comme les étoiles du ciel. »
Tous ont été revêtus de
gloire et de puissance, non point par eux-mêmes, ni par leurs oeuvres, ni par
la justice de leur conduite, mais par la volonté de Dieu. Nous aussi par
conséquent qui avons été appelés en Jésus-Christ par cette même volonté, ce
n’est point par nous-mêmes que nous sommes justifiés, ni par notre sagesse ou
notre intelligence, ou notre piété, ni par les oeuvres accomplies clans la
sainteté de notre coeur ; c’est par la foi ; et c’est par elle que le Dieu
tout-puissant a justifié tous les hommes depuis le commencement.
A lui soit la gloire
clans les siècles des siècles, Ainsi soit-il.
XXXIII Que ferons-nous
donc, frères ? Allons-nous cesser de faire le bien, délaisser la charité ? Le
Maître nous en préserve ! empressons-nous au contraire d’accomplir avec zèle et
ardeur toute sorte d’oeuvre bonne.
Car le Créateur lui-même
et Maître de l’univers se plaît à son travail. Il a affermi les deux par sa
souveraine puissance, et les a ornés avec son .incompréhensible sagesse ; il a
séparé la terre des eaux qui l’entourent, et l’a assise sur le fondement très
sûr de sa propre volonté ; les animaux qui vont et viennent a sa surface, il
les a par son ordre appelés à l’existence ; par sa puissance il a disposé
d’avance la mer et les êtres qui y vivent, et les a enclos dans leurs limites.
Ensuite, l’homme dont
l’intelligence fait l’excellence et la supériorité, il l’a formé de ses mains
sacrées et pures, comme une empreinte de sa propre image. Car Dieu s’exprime de
la sorte : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. Et Dieu
créa l’homme, mâle et femelle il les créa. »
Quand il eut achevé tous
ces êtres, Dieu les loua et les bénit, disant : « Croissez et multipliez-vous.
». Remarquons que tous les justes se sont parés de bonnes oeuvres, que le
Seigneur lui-même s’est paré de bonnes oeuvres et s’en est applaudi.
Possédant un pareil
modèle, appliquons-nous sans hésiter à sa volonté, et pratiquons de toutes nos
forces les oeuvres de la justice.
XXXIV. Le bon ouvrier
prend allègrement le pain (qui est le prix) de son travail ; mais l’ouvrier
paresseux et indolent n’ose regarder en face son employeur. Il faut donc nous
mettre de bon coeur à faire le bien : car c’est de Dieu que viennent toutes
choses. Il nous en a prévenus en effet : « Voici le Seigneur, et devant sa face
est le salaire destiné à récompenser chacun selon ses oeuvres. »
Il nous exhorte donc a
croire en lui de tout notre coeur et à ne demeurer ni oisifs ni insouciants à
l’endroit d’aucune « bonne oeuvre ». Mettons en lui notre gloire et notre
assurance, soumettons-nous à sa volonté, considérons avec quel zèle la
multitude entière de ses anges se tient prés de lui et exécute sa volonté.
L’Écriture dit en effet :
« Dix mille myriades d’anges se tenaient devant lui,et des milliers de milliers
le servaient ; et ils criaient : Saint, saint, saint est le Seigneur Sabaoth,
toute la création est remplie de sa gloire. » Et nous aussi, réunis par la
communauté de sentiment dans la concorde en un seul corps, crions vers lui avec
instance comme d’une seule bouche, aiin d’avoir part a ses grandes et
magnifiques promesses. Car il est dit : « L’oeil n’a pas vu, l’oreille n’a pas
entendu, et il n’est pas entré dans le coeur de l’homme quels biens Dieu a
préparés pour ceux qui l’attendent. »
XXXV. Qu’ils sont
opulents et admirables, les dons de Dieu, mes bien-aimés La vie dans
l’immortalité, la splendeur dans la justice, la vérité dans la franchise, la
foi dans la confiance, la continence dans la sainteté. Et ceux- là. dès
maintenant notre intelligence les saisit. Quels sont donc les biens à venir
qu’il a préparés à ceux qui demeurent dans l’attente ? Le créateur et père des
siècles, le Très-Saint en connaît seul le nombre et la beauté. Efforçons-nous
donc, de sorte que nous soyons trouvés au nombre de ceux qui l’attendent, afin
d’avoir part aux présents qu’il a promis. Mais comment y réussir, bien- aimés ?
C’est en fixant avec foi
notre pensée on Dieu, en recherchant soigneusement ce qui lui plaît et lui
agrée, en accomplissant tels actes qui conviennent a sa volonté pure, en
suivant la voie de la vérité, en rejetant loin de nous toute sorte d’injustice
et de méchanceté, d’avarice, de querelles, de malignité et de perfidies, de
murmures et de médisances, d’aversion pour Dieu, d’orgueil et de jactance, de
vaine gloire et de dureté pour les étrangers. Car ceux qui commettent ces
péchés sont détestés de Dieu ; et non seulement ceux qui les commettent, mais
encore ceux qui les approuvent.
L’Écriture porte en effet
: « Dieu a dit au pécheur : Pourquoi dire par le menu mes préceptes et avoir
mon pacte à la bouche, alors que tu as eu la discipline en horreur et que tu as
rejeté mes paroles derrière toi ? Si tu voyais un voleur, tu courais à lui ; tu
avais lié partie avec les adultères. Ta bouche était pleine de méchanceté, ta
langue tramait la tromperie. Tu siégeais pour parler contre ton frère, tu
plaçais des pièges au fils de ta mère. Tu as fait cela et je me suis tu ; et tu
as cru, méchant, que je suis pareil à toi. Je vais te confondre et te mettre
face à face avec toi-même. Comprenez ceci, vous qui oubliez Dieu, de peur qu’il
ne vous saisisse comme un lion, et que vous n’ayez point de libérateur. Le
sacrifice de louange m’honorera : là est la voie où je montrerai à celui (qui
l’offre) le salut de Dieu. »
XXXVI. Telle est la voie,
mes bien-aimés, où nous trouvons notre salut, Jésus-Christ, le grand-prêtre de
nos offrandes, le protecteur et l’aide de notre faiblesse.
Par lui nous tendons nos
regards vers les hauteurs des deux ; par lui nous voyons comme dans un miroir
le visage immaculé, plein de noblesse de Dieu ; par lui les yeux de notre coeur
se sont ouverts ; par lui notre intelligence (précédemment) incapable et
enténébrée s’épanouit dans la lumière ; par lui le Maître a voulu nous faire
goûter à la science immortelle : « rayonnement de la majesté divine, il est
aussi élevé au-dessus des anges que le nom qu’il a hérité l’emporte sur le
leur. ».
Il est écrit en effet (de
Dieu) : que « des vents il fait ses messagers, et des flammes brûlantes ses
serviteurs. ». Mais au sujet de son Fils, le Maître s’exprime ainsi : « ( Tu es
mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui ; demande-moi, et je te donnerai en
héritage les nations, et en propriété jusqu’aux extrémités de la terre. » Il
lui dit également : « Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes
ennemis l’escabeau de tes pieds. » Quels sont ces ennemis ? Les pervers, et
ceux qui s’opposent à la volonté de Dieu.
XXXVII. Faisons campagne,
ô hommes mes frères, avec toute l’application possible sous son commandement
irréprochable. Considérons les soldats qui servent sous nos chefs : quelle
discipline ! quelle docilité ! quelle soumission pour exécuter les ordres !
Tous ne sont pas préfets,
ni tribuns, ni centurions, ni cinquanteniers, et ainsi de suite ; mais chacun
en son rang exécute les ordres de l’empereur ou des chefs.
Les grands ne peuvent
être sans les petits, ni les petits sans les grands ; il y a en toute espèce de
chose un certain mélange, en quoi réside son utilité. Prenons (exemple de)
notre corps : la tète sans les pieds n’est rien ; de même les pieds, rien sans
la tête. Les moindres membres de notre corps sont
XXXVIII. Qu’il soit donc
conservé en son intégrité le corps que nous formons en Jésus-Christ ; que
chacun se subordonne à son voisin, selon le charisme dont il a été investi.
Que le fort prenne soin
du faible, que le faible respecte le fort ; que le riche fournisse aide au
pauvre, que le pauvre remercie Dieu de lui avoir donné quelqu’un pour suppléer
à son indigence.
Que le sage manifeste sa
sagesse, non par des paroles mais par de bonnes actions ; que l’homme humble ne
témoigne pas en sa propre faveur, mais qu’il laisse à un autre le soin de lui
rendre témoignage.
Que celui qui est chaste
dans sa chair ne s’en vante pas, sachant que c’est un autre qui lui accorde (le
don de) la continence.
Calculons donc, frères,
de quelle matière nous avons été formés, quels nous étions et qui nous étions
en entrant dans le monde, de quelle tombe, de quelles ténèbres, notre auteur et
créateur nous a fait passer dans le monde qui est le sien, où il nous avait
préparé ses bienfaits dès avant notre naissance. Puisque nous tenons tout de
lui, nous avons le devoir de lui rendre grâces de toutes choses. A lui la
gloire dans les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.
XXXIX. Ce sont des sots,
des insensés, des fous, des ignorants qui nous raillent et nous bafouent, avec
le désir de s’enller de leurs propres pensées. Car quel est le pouvoir d’un
mortel ? quelle est la force d’un enfant de la terre ? Il est écrit : « Mes
yeux n’apercevaient aucune figure, mais j’entendais un souffle et une voix (qui
disait) : Eh quoi ! un mortel sera-t-il pur devant le Seigneur ? ou l’homme
irréprochable dans ses oeuvres, quand il se défie de ses serviteurs et qu’il
remarque des travers dans ses anges ? Le ciel même n’est pas pur devant lui.
Combien moins ceux qui
habitent des maisons d’argile, du nombre desquels nous sommes, et (faits) de la
même boue ? 11 les a écrasés comme un ver ; du matin au soir ils ont passé ;
ils ont péri parce qu’ils n’avaient pas en eux la force de se secourir. Il a
soufflé sur eux et ils sont morts parce qu’ils n’avaient pas de sagesse. Pour
toi, appelle au secours, peut-être quelqu’un t’entendra, ou tu apercevras
quelqu’un des saints anges.
Car, en vérité, la colère
fait périr l’insensé, la jalousie fait périr l’égaré. J’ai bien vu des insensés
pousser des racines ; mais soudain leur prospérité a été dévorée. Puissent
leurs enfants être loin du salut ! puissent-ils être moqués à la porte des petits
! et il n’y aura personne qui les délivre. Les biens préparés pour eux, les
justes les consommeront ; mais eux, ils ne se dépêtreront pas de leurs maux. »
XL. Puisque ce sont là
des choses évidentes pour nous, puisque nous avons pénétré du regard les
profondeurs de la connaissance divine, nous devons faire avec ordre tout ce que
le Maître nous a prescrit d’accomplir en des temps déterminés.
Or il nous a prescrit de
nous acquit- ter des offrandes et du service divin non pas au hasard et sans
ordre, mais en des temps et à des heures fixés. Il a déterminé lui-même par sa
décision souveraine à quels endroits et par quels ministres ils doivent
s’accomplir, afin que toute chose se fasse saintement selon son bon plaisir, et
soit agréable a sa volonté.
Donc, ceux qui présentent
leurs offrandes aux temps marqués sont bien accueillis et bienheureux ; car, à
suivre les ordonnances du Maître, ils ne font pas fausse roule. Au grand-prêtre
des fonctions particulières ont été conférées ; aux prêtres, on a marqué des
places spéciales ; aux lévites incombent des services propres ; les laïques
sont liés par des préceptes particuliers aux laïques.
XLI. Frères, que chacun
d’entre nous, à son rang, plaise à Dieu, par une bonne conscience, sans
transgresser les règles imposées à son office, (agissant) avec gravité.
Ce n’est point partout,
mes frères, qu’on offre les sacrifices, soit le sacrifice perpétuel, soit le
votif, ou celui pour les péchés et les fautes, c’est seulement à Jérusalem ;
même en cette ville, ce n’est pas en tout lieu qu’on offre, mais en face du
sanctuaire, sur l’autel, après que l’offrande acte soigneusement inspectée par
le grand- prêtre et les ministres mentionnés plus haut.
Ceux qui agissent à
l’encontre de l’ordre conforme à la volonté de Dieu sont punis de mort. Vous le
voyez, frères ; plus haute est la connaissance dont nous avons été jugés
dignes, plus grave est le risque que nous encourons.
XLII. Les apôtres nous
ont été dépêchés comme messagers de bonne nouvelle par le Seigneur Jésus-Christ.
Jésus-Christ a été envoyé par Dieu. Le Christ vient donc de Dieu, et les
apôtres viennent du Christ : ces deux choses découlent en bel ordre de la
volonté de Dieu. Munis des instructions de Notre-Seigneur Jésus-Christ et
pleinement convaincus par sa résurrection, les apôtres, affermis par la parole
de Dieu, allèrent, avec l’assurance du Saint-Esprit, annoncer la bonne
nouvelle, l’approche du royaume de Dieu.
Prêchant à travers les
villes et les campagnes, ils éprouvèrent dans le Saint-Esprit leurs prémices,
et les instituèrent comme évoques et comme diacres des futurs croyants.
Ce n’était point là une
nouveauté : il y avait longtemps que l’Écriture parlait des évoques et des
diacres, puisqu’elle dit quelque part : « J’établirai leurs évoques dans la
justice et leurs diacres dans la foi. »
XLIII. Quoi d’étonnant si
ceux à qui Dieu confia cette grande oeuvre par le Christ, ont établi les
ministres mentionnés précédemment, quand on voit le bienheureux Moïse, « fidèle
serviteur établi sur toute la maison de Dieu », consigner dans les livres
saints tous les ordres qu’il avait reçus ; les autres prophètes l’ont suivi et
ont pareillement rendu témoignage aux institutions de sa loi.
Or, dès qu’une rivalité
surgit au sujet du sacerdoce, et que les tribus disputèrent entre elles pour
savoir qui obtiendrait l’honneur de ce titre glorieux, Moïse ordonna aux douze
chefs de tribu de lui apporter chacun une verge sur laquelle fût inscrit le nom
de sa tribu. Les ayant reçues, il les lia en faisceau, les scella avec les
anneaux des chefs, puis les déposa dans le tabernacle du témoignage, sur la
table de Dieu. Il ferma ensuite le tabernacle, il en scella les clefs, comme il
avait scellé les verges. Alors il dit aux chefs : Frères, la tribu dont la
verge germera est celle que Dieu a choisie pour exercer le sacerdoce et le
ministère.
Le matin venu, il
convoqua tout Israël, les six cent mille hommes, montra les sceaux aux chefs
des tribus, ouvrit le tabernacle du témoignage et en retira les verges. Or il
se trouva que la verge d’Aaron non seulement avait germé, mais portait fruit.
Qu’en pensez-vous, mes bien-aimés ? Moïse ne l’avait-il pas prévu ? Assurément,
il l’avait prévu ; mais il agit ainsi afin de prévenir l’agitation dans Israël,
et de glorifier le nom du Dieu véritable et unique.
A celui-ci soit la gloire
dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
XLIV. Nos apôtres aussi
ont su par Notre-Seigneur Jésus-Christ qu’il y aurait querelle au sujet de la
dignité de l’épiscopat. C’est bien pourquoi, dans leur prescience parfaite de
l’avenir, ils instituèrent ceux que nous avons dits, et ensuite posèrent cette
règle qu’après leur mort, d’autres hommes éprouvés succéderaient à leur
ministère. Ceux qui ont été ainsi mis en charge par les apôtres, ou plus tard
par d’autres personnages éminents, avec l’approbation de toute l’Église, qui
ont servi d’une façon irréprochable le troupeau du Christ avec humilité,
tranquillité et distinction, à qui tous ont rendu bon témoignage depuis
longtemps, nous ne croyons pas juste de les rejeter du ministère.
Et ce ne serait pas une
faute légère pour nous de démettre de l’épiscopat des hommes qui ont présenté
les oblations d’une façon pieuse et irréprochable. Heureux les presbytres qui
ont parcouru auparavant leur carrière et dont la fin s’est trouvée pleine de
fruit et de perfection ; ils n’ont plus à craindre que l’on vienne les expulser
de la place qui leur est assignée.
Car nous en voyons
quelques-uns qui vivaient dignement, et que vous avez destitués du ministère
qu’ils exerçaient sans reproche et avec honneur.
XLV. Vous rivalisez,
frères, et avez de l’ardeur dans les choses qui concernent le salut. Vous avez
pâli sur les Écritures sacrées, véridiques, ducs au Saint- Esprit. Vous savez
que rien de ce qui y est écrit n’est injuste, ni falsifié : Or vous n’y
trouverez pas que des justes aient été chassés par des saints. Il y a eu des
justes persécutés, mais par des pécheurs ; ils ont été emprisonnés, mais par
des impies ; lapidés, mais par des criminels ; tués, mais par des hommes ayant
conçu une jalousie détestable et inique.
Ces souffrances, ils les
ont endurées glorieusement. Eh quoi ! mes frères, dirons-nous que Daniel fut
jeté dans la fosse aux lions par des hommes qui craignaient Dieu ? Qu’Ananias,
Azarias et Misaël ont été enfermés dans la fournaise ardente par des hommes qui
pratiquaient le culte magnifique et glorieux du Très-Haut ?
En aucune façon ! Quels
étaient donc les auteurs de ces actes ? Des hommes exécrés, pleins de toute
espèce de malice, attisèrent leur rage au point de livrer aux tortures ceux qui
servent Dieu avec une intention sainte et irréprochable, ignorant que le
Très-Haut protège et défend ceux qui servent son saint Nom avec une conscience
pure.
A lui soit la gloire dans
les siècles des siècles. Amen.
Quant à ceux qui ont tout
enduré avec confiance, ils ont obtenu la gloire et l’honneur en héritage ; Dieu
les a exaltés et inscrits dans le livre qui conserve leur mémoire pour les
siècles des siècles. Ainsi soit-il.
XLVI. C’est à ces
modèles, frères, que nous devons nous tenir. Car il est écrit ; « Attachez-vous
aux saints, parce que ceux qui s’attachent à eux deviendront saints ». Et dans
un autre endroit : « Tu seras innocent avec l’innocent, élu avec l’élu, pervers
avec le pervers. » Attachons-nous donc aux innocents et aux justes, ils sont
les élus de Dieu.
Pourquoi parmi vous des
querelles, des emportements, des dissensions, des « schismes et la guerre ?
N’avons-nous pas un même Dieu, un même Christ, un même esprit de grâce répandu
sur nous, une même vocation dans le Christ ? Pourquoi déchirer et écarteler les
membres du Christ ? pour- quoi être en révolte contre notre propre corps ?
Pourquoi en venir à cette folie d’oublier que nous sommes membres les uns des
autres ?
Rappelez-vous les paroles
de Jésus, Notre-Seigneur, qui a dit : « Malheur à cet homme ! Mieux vaudrait
pour lui n’être pas né que de scandaliser un seul de mes élus ; mieux vaudrait
pour lui avoir une meule passée au cou et être jeté à la mer que de pervertir
un seul de mes élus ».
Votre schisme a dévoyé
bien des âmes : il en a jeté beaucoup dans l’abattement, beaucoup dans le
doute, et nous tous dans la tristesse. Et vos dissensions se prolongent !
XLVII. Reprenez l’épître
du bienheureux Paul apôtre. Que vous a-t-il écrit tout d’abord dans les
commencements de l’Évangile ? En vérité, c’est sous l’inspiration de l’Esprit
qu’il vous a écrit une lettre touchant Céphas, Apollos et lui-même, parce que
dès lors vous formiez des cabales. Mais une cabale était alors une moindre
faute, car vous vous rangiez au parti d’apôtres autorisés et d’un homme éprouvé
par eux. _ Aujourd’hui, au contraire, considérez quels hommes ont mis le
désordre chez vous, ont amoindri le lustre de votre charité fraternelle si
renommée. Il est honteux, mes bien-aimés, très honteux et indigne d’une
conduite chrétienne d’entendre dire que l’église de Corinthe, si antique et si
ferme, s’est soulevée contre ses presbytres a cause d’un ou deux personnages.
Et le bruit en est venu,
non seulement jusqu’à nous, mais encore à ceux qui ont d’autres sentiments que
les nôtres : si bien que votre folie provoque le blasphème contre le nom du
Seigneur et vous crée à vous-mêmes un péril.
XLVIII. Hatons-nous donc
de faire disparaître ce mal : jetons-nous aux pieds du Maître, supplions-le
avec larmes de nous redevenir propice, de se réconcilier avec nous, de nous
rétablir dans la religieuse et sainte pratique de la charité fraternelle. C’est
là une porte de justice qui s’ouvre vers la vie, selon qu’il est écrit : «
Ouvrez-moi les portes de la justice, j’y entrerai pour louer le Seigneur.
Celle-ci est la porte du
Seigneur, c’est par elle que les justes entreront. » Des nombreuses portes qui
sont ouvertes, c’est celle de la justice qui est celle du Christ ; bien heureux
tous ceux qui y sont entrés, qui dirigent leur marche « dans la sainteté et la
justice » et qui accomplissent toutes choses sans trouble !
Quelqu’un est-il fidèle,
capable d’exposer une (parole de) connaissance, sage dans le discernement des
discours, chaste dans les oeuvres ? Il doit être d’autant plus humble qu’il
paraît plus grand, il doit chercher l’utilité commune de tous et non la sienne
propre.
XLIX. Que celui qui a la
charité du Christ accomplisse les commandements du Christ. Qui peut expliquer
le lien de la charité divine ? Qui est capable d’exprimer son extrême beauté ?
La hauteur où la charité nous élève est ineffable.
La charité nous unit
étroitement à Dieu, « la charité couvre la multitude des péchés », la charité
souffre tout, supporte tout ; rien de bas dans la charité, rien de superbe ; la
charité ne fait pas de schisme, la charité ne fomente pas de sédition, la
charité opère tout dans la concorde ; la charité consomme la perfection de tous
les élus de Dieu ; sans la charité rien ne plaît à Dieu.
C’est par la charité que
le Maître nous a élevés à lui ; c’est à cause de la charité qu’il a eue pour
nous que Jésus-Christ, Notre-Seigneur, docile à la volonté de Dieu, a donné son
sang pour nous, sa chair pour notre chair, son âme pour nos Âmes.
L. Vous voyez, bien
aimés, combien la charité est une grande et admirable chose, et qu’il n’y a pas
(de mots) pour expliquer sa perfection. Qui est (de mérite) suffisant pour être
trouvé dans la charité, sinon celui que Dieu a voulu être digne ? Prions-le
donc ; demandons à sa miséricorde d’être trouvés dans la charité, éloignés de
toutes les cabales humaines et irréprochables.
Toutes les générations
depuis Adam jusqu’à ce jour, ont passé ; mais ceux qui par la grâce de Dieu ont
été consommés dans la charité, demeurent au séjour des saints, lesquels seront
manifestés quand apparaîtra le royaume du Christ. Car il est écrit : « Entrez
dans vos celliers pour un petit moment, jusqu’à ce que soient passées ma colère
et ma fureur ; et je me ressouviendrai d’un jour favorable et je vous ferai
sortir de vos tombeaux ».
Heureux sommes-nous, mes
bien-aimés, si nous observons les commandements de Dieu dans la concorde de la
charité afin que nos péchés nous soient pardonnes à cause de la charité. Car il
est écrit : « Heureux ceux dont les iniquités ont été remises et les péchés couverts
! Heureux l’homme à qui le Seigneur n’imputera pas sa faute, et dans la bouche
duquel il n’y a point de fraude ! »
Cette béatitude a été
articulée pour ceux que Dieu a élus par Jésus-Christ Notre-Seigneur, à qui soit
la gloire dans les siècles des siècles. Amen.
LI. Toutes les fautes que
nous a fait commettre un des partisans de ’’Ennemi, implorons-en le pardon.
Quant à ceux qui ont été les instigateurs de la sédition et du schisme, ils ont
le devoir de prendre en considération notre commune espérance.
Ceux qui se conduisent
avec crainte et charité, souhaitent de tomber eux-mêmes dans les peines plutôt
,que d’y voir leur prochain, et acceptent pour eux-mêmes le blâme plutôt que
d’y exposer l’harmonie qui a été si magnifiquement et si justement transmise
jusqu’à nous.
Il vaut mieux pour un
homme faire l’exomologèse [1] de ses péchés que d’endurcir son coeur, comme
l’ont endurci ceux qui se révoltèrent contre le serviteur de Dieu, Moïse, et
dont le châtiment fut si éclatant ; car « ils descendirent vivants dans l’enfer
», et la mort sera leur berger.
Pharaon, son armée et
tous les chefs de l’Egypte ne furent submergés dans la mer Rouge et n’y
périrent, avec les chars et ceux qui les montaient, que pour avoir endurci
leurs coeurs insensés, après les miracles et les prodiges opérés en Egypte par
Moïse, le serviteur de Dieu.
LII. Le Maître de
l’univers, frères, est exempt de besoin ; il ne désire rien de personne, sinon
qu’on lui fasse l’exomologèse. David son élu dit en effet : « Je ferai l’exomologèse
à Dieu, et cela lui plaira plus qu’un jeune veau à qui poussent les cornes et
les ongles. Que les pauvres le voient et se réjouissent ».
Il dit également : «
Offre à Dieu un sacrifice de louange, acquitte les voeux que tu as faits au
Très-Haut. Invoque-moi au jour de l’oppression, je te délivrerai et tu me
glorifieras. Car le sacrifice (convenable) pour Dieu, c’est un esprit contrit
».
LIII. Vous connaissez,
vous connaissez môme très bien les saintes Écritures, mes bien-aimés, vous avez
scruté les paroles de Dieu ; ce n’est donc que pour mémoire que nous écrivons
ceci. Quand Moïse fut monté sur la montagne et qu’il y eut passé quarante jours
et quarante nuits dans le jeûne et l’humiliation, Dieu lui dit : « Moïse,
Moïse, descends vite d’ici, car ton peuple, ceux que tu as tirés de la terre
d’Egypte ont péché : ils ont bien vite quitté la voie que tu leur avais
prescrite, ils se sont fondu des idoles ».
Et le Seigneur lui dit :
« Une fois déjà et même deux fois, je t’ai parlé en ces termes : J’ai considéré
ce peuple et je vois qu’il a le cou raide ; laisse- moi les exterminer,
j’effacerai leur nom de dessous le ciel, et je ferai sortir de toi-même une
nation grande, merveilleuse, plus nombreuse que la leur ».
Et Moïse répondit : « Non
pas, Seigneur, remets à ce peuple son péché, ou efface-moi aussi du livre des
vivants ». O la grande charité ! ô perfection qui ne se peut surpasser ! Un serviteur
s’exprime en toute liberté au Seigneur : il implore le pardon de la multitude,
ou prétend être supprimé avec elle.
Est-il parmi vous
quelqu’un de généreux, de compatissant, et rempli de charité ? Que celui-là
dise : Si je suis cause do la sédition, de la discorde, des divisions, je
quitte le pays, je m’en vais où l’on voudra, j’exécute les décisions de la
multitude ; seulement que le troupeau du Christ vive en paix avec les
presbyties constitués !
Celui qui agira ainsi,
s’acquerra une grande gloire dans le Christ, et tout lieu lui fera bon accueil
: « car la terre est au Seigneur avec tout ce qu’elle renferme ». Ainsi ont
fait, ainsi feront dans l’avenir ceux qui tiennent la conduite (qui est digne)
de Dieu et exempte de remords.
LIV. Mais, pour prendre
des exemples chez les païens : en temps de peste, bien des rois et des chefs,
avertis par des oracles, se sont livrés à la mort pour sauver les citoyens au
prix de leur sang ; beaucoup d’autres se sont exilés de leurs propres cités
pour mettre lin aux séditions.
Nous savons que beaucoup
des nôtres se sont mis volontairement dans les fers pour en racheter d’autres ;
un grand nombre aussi se sont vendus comme esclaves pour en nourrir d’autres
avec le prix. Bien des femmes, rendues fortes par la grâce divine, ont accompli
mainte action virile.
La bienheureuse Judith,
voyant sa ville assiégée, demanda aux anciens de lui permettre d’aller dans le
camp des étrangers. Elle s’exposa au péril, sortit de la ville pour l’amour de
sa patrie et de son peuple étroitement enserrés ; et le Seigneur livra
Holopherne dans la main d’une femme.
Esther, si parfaite dans
la foi, ne s’exposa pas à un moindre danger, pour sauver d’une mort menaçante
les douze tribus d’Israël. Elle supplia, dans le jeûne et dans l’humiliation,
le Maître qui voit tout, le Dieu des siècles, et celui-ci, voyant l’humilité de
son âme, sauva le peuple pour l’amour de qui elle s’était mise en péril.
LVI. Intercédons, nous
aussi, pour ceux qui sont coupables de quelque faute, que la douceur et
l’humilité leur soient accordées, afin qu’ils cèdent, non pas à nous certes,
mais à la volonté de Dieu. De la sorte le souvenir compatissant que nous avons
d’eux devant Dieu et les saints, sera plein de fruit pour eux et de perfection.
Acceptons les corrections dont personne, mes bien-aimés, ne doit s’indigner. La
réprimande que nous nous adressons mutuellement est bonne et très utile : elle
nous attache à la volonté de Dieu. En effet la Parole sacrée s’exprime ainsi :
« Le Seigneur m’a châtié avec rigueur et il ne m’a pas livré à la mort.
Car celui qu’il aime, le
Seigneur le châtie, il corrige tous les fils qu’il agrée. » « Le juste, est-il
dit, me corrigera avec miséricorde et me reprendra, mais pour l’huile des
pécheurs, que jamais elle n’oigne ma tête. » Et dans un autre endroit : «
Heureux l’homme que Dieu reprend ! ne repousse pas la réprimande du
Tout-Puissant ; car il fait souffrir et ensuite il remet en état. Il a frappé
et ses mains ont guéri. Six fois il t’arrachera aux souffrances ; la septième
fois le mal ne te touchera plus. Dans la famine il te sauvera de la mort, et
dans le combat de l’atteinte de l’épée. Il te mettra à l’abri des coups de
langue, et tu ne craindras pas les maux quand ils fondront sur toi. Tu te riras
des hommes injustes et méchants, tu ne redouteras point les bêtes sauvages. Car
les bêtes sauvages vivront en paix avec toi. Ensuite tu verras la paix régner
dans ta maison ; la prospérité de ta tente ne subira pas de revers. Mais tu
verras ta race se multiplier, et tes enfants semblables à l’herbe des champs.
Tu descendras au tombeau, pareil au blé mûr qu’on moissonne en la saison, ou
tel que le monceau sur l’aire qu’on rentre au temps voulu. ».
Vous voyez, bien-aimés,
quelle puissante protection s’étend sur ceux que le Maître châtie : en bon
père, il ne nous corrige que pour nous faire éprouver sa miséricorde par le
moyen de sa punition sainte.
LVII. Vous donc qui avez
causé le principe de la dis- corde, soumettez-vous aux presbyties, laissez-vous
corriger en esprit de pénitence, fléchissez ’ genoux de vos coeurs. Apprenez à
obéir, déposez voire superbe et orgueilleuse arrogance de langage : mieux vaut
pour vous être petits mais comptés dans le troupeau du Christ, que d’être, avec
une réputation d’excellence, exclus de l’espérance chrétienne. Car la toute
vertueuse Sagesse s’exprime ainsi : « Voici que j’émettrai pour vous une parole
de mon souffle et que je vous enseignerai mes paroles. Je vous ai appelés, et
vous n’avez pas obéi, j’ai développé longuement mes discours et vous n’y avez
pas fait attention ; mais au contraire vous avez rendu mes conseils inutiles,
vous n’avez pas cédé à mes reproches ; c’est pourquoi, a mon tour, je rirai de
votre perte ; je me réjouirai quand viendra votre ruine, quand le trouble
soudain fondra sur vous, quand sur- viendra la catastrophe pareille à
l’ouragan, quand vous serez opprimés, cernés de toute part.
Car il viendra un temps
où vous m’invoquerez et où je ne vous écouterai pas : les méchants me
chercheront et ne me trouveront pas, parce qu’ils ont haï la sagesse, ils n’ont
pas choisi la crainte du Seigneur ; ils n’ont pas voulu prêter attention a mes
conseils et ils narguaient mes réprimandes. Ils goûteront donc les fruits de
leur conduite, ils seront rassasiés de leur propre impiété. Pour avoir violenté
les petits enfants, ils seront mis à mort ; la recherche (qui en sera faite)
détruira les impies. Celui au contraire qui m’écoute, se reposera confiant dans
l’espérance, il vivra tranquille sans crainte d’aucun mal. »
LVIII. Obéissons donc à
son nom très saint et glorieux, afin d’échapper aux menaces proférées par la
sagesse contre les désobéissants et de nous reposer en toute confiance sur le
nom très saint de sa majesté. Acceptez notre conseil et vous n’en aurez pas de
repentir.
Car aussi vrai que Dieu
vit, et que vit le Seigneur Jésus-Christ et le Saint-Esprit, la foi et
4’espérance des élus : celui qui accomplit les volontés et les commandements
donnés par Dieu, avec humilité, avec douceur soutenue, sans négligence, sera
rangé et compté au nombre de ceux qui sont sauvés par Jésus-Christ, par lequel
gloire soit à Dieu dans les siècles des siècles. Amen.
LIX. S’il y en a qui
résistent aux paroles que Dieu leur adresse par notre intermédiaire, qu’ils
sachent bien qu’ils se fourvoient dans une faute et un danger graves. Pour
nous, nous serons innocents de ce péché ; mais par nos prières et nos
supplications assidues, nous demanderons :
Que le Créateur de
l’univers conserve intact le nombre compté de ses élus dans le monde entier,
par son fils bien-aimé Jésus-Christ, par qui il nous a appelés des ténèbres à
la lumière, de l’ignorance à la pleine connaissance de la gloire de son nom, à
l’espérance en ton nom, principe d’où procède toute créature.
Tu as ouvert les yeux de
nos coeurs afin qu’ils te connaissent,
Toi « le seul Très-haut
au plus haut des cieux,
Le Saint qui reposes au
milieu des Saints,
Toi qui abaisses
l’insolence des orgueilleux,
Qui déroutes les calculs
des peuples,
Qui exaltes les humbles
Et qui abaisses les
grands ;
Toi qui enrichis et qui
appauvris,
Qui tues, et qui sauves,
et qui vivifies,
Unique Bienfaiteur « des
esprits,
Et Dieu de toute chair ;
Contemplateur des abîmes,
Scrutateur des oeuvres
des hommes,
Secours des hommes dans
les dangers
Et leur Sauveur dans le
désespoir,
Créateur et Surveillant
(évêque) de tous les esprits !
Toi qui multiplies les
peuples sur la terre
Et qui as choisi au
milieu d’eux ceux qui t’aiment
Par Jésus-Christ ton Fils
bien-aimé
Par qui tu nous as
instruits, sanctifiés, honorés.
Nous t’en prions, ô
Maître !
Sois notre secours et
notre soutien
Sois le salut de nos
opprimés,
Prends pitié des humbles,
Relève ceux qui sont
tombés,
Montre-toi à ceux qui
sont dans le besoin,
Guéris les malades,
Ramène les égarés de ton
peuple,
Rassasie ceux qui ont
faim,
Délivre nos prisonniers,
Fais lever ceux qui
languissent,
Console les pusillanimes,
Que tous « les peuples
reconnaissent que tu es le seul Dieu,
Que Jésus-Christ est ton
fils,
Que nous sommes ton
peuple et les brebis de tes pâturages.
LX. Toi qui par tes
oeuvres as manifesté l’immortelle ordonnance du monde,
Toi, Seigneur, qui as
créé la terre,
Toi qui demeures fidèle
dans toutes les générations,
Juste dans tes jugements,
Admirable dans ta force
et ta magnificence,
Sage dans la création,
Avisé à affermir les
choses créées,
Bon dans les choses
visibles,
Fidèle envers ceux qui
ont confiance en toi,
Miséricordieux et
compatissant,
Remets-nous nos fautes et
nos injustices,
Nos chutes et nos
aberrations.
Ne compte pas les péchés
de tes serviteurs et de tes servantes,
Mais purifie-nous par ta
vérité
Et dirige nos pas
Pour que nous marchions dans
la sainteté du coeur
Et que nous fassions ce
qui est bon et agréable
A tes yeux et aux yeux de
nos princes
Oui, Maître, fais luire
sur nous ton visage,
Pour (nous faire jouir)
des biens en paix,
Nous protéger de ta «
main puissante,
Nous libérer de tout
péché par ton bras très fort,
Nous sauver de ceux qui
nous haïssent injustement.
Donne la concorde et la
paix,
A nous et à tous les
habitants de la terre,
Comme tu l’as donnée à
nos pères
Lorsqu’ils t’invoquaient
saintement dans la foi.
Rends-nous soumis à ta vérité.
A ton Nom très puissant
et très excellent,
A nos princes et à ceux
qui nous gouvernent sur la terre.
LXI. C’est toi, maître,
qui leur as donné le pouvoir de la royauté,
Par ta magnifique et
indicible puissance,
Afin que, connaissant la
gloire et l’honneur que tu leur as départis,
Nous leur soyons soumis
Et ne contredisions pas
ta volonté.
Accorde-leur, Seigneur,
la santé, la paix, la concorde, la stabilité,
Pour qu’ils exercent sans
heurt la souveraineté que tu leur as remise. Car c’est toi, Maître céleste, roi
des siècles,
Qui donnes aux fils des
hommes Gloire, honneur, pouvoir sur les choses de la terre.
Dirige, Seigneur, leur
conseil, suivant ce qui est bien,
Suivant ce qui est
agréable à tes yeux,
Afin qu’en exerçant avec
piété
Dans la paix et la
mansuétude,
Le pouvoir que tu leur as
donné,
Ils te trouvent propice.
Toi seul as la puissance
de faire cela
Et de nous procurer de
plus grands biens encore.
Nous te remercions par le
grand-prêtre
Et le patron de nos âmes,
Jésus-Christ,
Par qui soit à toi la
gloire et la grandeur,
Et maintenant et de
génération en génération
Et dans les siècles des
siècles. Amen.
LXII. Nous avons traité
suffisamment dans cette lettre, avec vous, frères, des dispositions convenables
à notre religion et les plus utiles, pour la vie vertueuse, à ceux qui veulent
vivre dans la piété et la justice.
Nous avons traité à fond
de la foi, de la pénitence, de la charité de bon aloi, de la continence, de la
chasteté, de la patience ; nous vous avons rappelé la nécessité de plaire à
Dieu tout-puissant par une vie sainte dans la justice, la vérité et la
longanimité, de maintenir la concorde en pratiquant l’oubli des injures, la
charité, la paix et une constante équité, à l’exemple de nos pères que nous
avons cités et qui ont plu par leur humilité envers le Père, Dieu et créateur,
et envers les hommes.
Et nous vous avons
rappelé ces choses d’autant plus volontiers que nous savions bien que nous
écrivions à des hommes fidèles, très considérés et qui ont approfondi les
maximes de la science divine.
LXIII. Il est donc juste
de nous appliquer tant de grands exemples, de courber la tête, de garder la
place assignée par l’obéissance, afin de cesser une vaine discorde et de
parvenir sans reproche au but qui nous est proposé dans la vérité. _Vous nous
causerez en effet joie et allégresse, si vous obéissez aux conseils que nous
vous avons donnés par le Saint-Esprit ; si vous coupez court à l’emportement
coupable de votre rivalité, selon l’invitation à la paix et à la concorde que
nous vous faisons dans cette lettre.
Nous vous avons envoyé
des hommes fidèles et sages qui ont vécu sans reproche au milieu de nous de-
puis la jeunesse jusqu’à la vieillesse : ils seront témoins entre vous et nous.
Nous avons fait cela pour que vous sachiez que toute notre préoccupation a été
et est encore de vous amener promptement à la paix.
LXIV. Du reste, que Dieu
qui voit tout, qui est « maître des esprits et seigneur de toute chair », qui a
choisi le Seigneur Jésus-Christ et nous en lui pour être son peuple
particulier, donne à toute Ame qui invoque son nom glorieux et saint, foi,
crainte, paix, patience, longanimité, continence, pureté et chasteté, afin
qu’elle puisse plaire a son nom par notre grand-prêtre et patron, Jésus-
Christ, par lequel soit à Dieu gloire et majesté, puissance et honneur,
maintenant et dans tous les siècles des siècles.
Amen.
LXV. Renvoyez-nous
promptement en paix et avec joie nos députés, Claudius Ephebus et Yalerius
Biton, ainsi que Fortunatus, afin qu’ils nous annoncent au plus tôt la paix et
la concorde si désirable et si désirée de nous ; afin que nous nous
réjouissions, nous aussi, le plus tôt possible, du bon ordre parmi vous.
Que la grâce de
Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous et en tout endroit avec tous ceux
que Dieu a appelés par Jésus-Christ. Par lequel soit à Dieu gloire, honneur,
puissance, majesté, règne éternel, depuis l’origine des siècles et pour les
siècles des siècles.
Amen.
• Notes :
[1] Confession des péchés
Publié le 26 juin
2010 par Jean-Baptiste Balleyguier
SOURCE : http://cathoweb.org/catho-bliotheque/lecture-spirituelle/autres-saints/epitre-de-clement-aux-corinthiens.html
Commencement
de la Première épître de Clément dans une
édition d'Oxford en 1633
Pope
Saint Clement I – The First Epistle to the Corinthians
The Church of God which
resides as a stranger at Rome to the Church of God which is a stranger at
Corinth; to those who are called and sanctified by the will of God through our
Lord Jesus Christ. May grace and peace from Almighty God flow to you in rich
profusion through Jesus Christ!
1. Owing to the suddenly
bursting and rapidly succeeding calamities and untoward experiences that have
befallen us, we have been somewhat tardy, we think, in giving our attention to
the subjects of dispute in your community, beloved. We mean that execrable and
godless schism so utterly foreign to the elect of God. And it is only a few
rash and headstrong individuals that have inflamed it to such a degree of
madness that your venerable, widely-renowned, and universally and deservedly
cherished name has been greatly defamed. Indeed, was there ever a visitor in
your midst that did not approve your excellent and steadfast faith? Or did not
admire your discreet and thoughtful Christian piety? Or did not proclaim the
magnificent character of your hospitality? Or did not congratulate you on your
perfect and secure fund of knowledge? You certainly did everything without an
eye to rank or station in life, and regulated your conduct by God’s
commandments. You were submissive to your officials and paid the older men
among you the respect due to them. The young you trained to habits of
self-restraint and sedateness. The wives you enjoined to discharge all their
duties with a conscience pure and undefiled, and to cherish a dutiful affection
for their husbands; you taught them also to stay within the established norm of
obedience in managing the household with decency and consummate prudence.
2. Moreover, you were all
in a humble frame of mind, in no way arrogant, practicing obedience rather than
demanding it, happier in giving than in receiving. Being content with, and
intent upon, the provisions which Christ allowed you for your earthly
pilgrimage, it was His words that you carefully locked up in your hearts, and
His sufferings were ever before your eyes. Thus all were blessed with a
profound and radiant peace of soul, and there was an insatiable longing to do
good, as well as a rich outpouring of the Holy Spirit upon the whole community.
Filled, moreover, with a desire for holiness, you stretched out your hands,
with ready goodwill and devout confidence, to Almighty God, imploring Him to
show mercy in case you had inadvertently failed in any way. Day and night you
vied with one another in behalf of the entire brotherhood, to further the
salvation of the full number of His elect by your compassion and
conscientiousness. Guileless and sincere you were, and bore one another no
malice. The very thought of insubordination and schism was an abomination to
you. Over the failings of your neighbors you mourned; their shortcomings you
judged to be your own. You had no regrets when you had been charitable, being
ready for any good deed. Decked with the jewel of a virtuous life that
commanded veneration, you fulfilled all your duties in the fear of the Lord,
whose precepts and ordinances were engraved upon the tablets of your heart.
3. All splendor and scope
for expansion were bestowed upon you, and then the Scripture was fulfilled: The
beloved ate and drank, and he waxed large and fat, and then he kicked out. From
this sprang jealousy and envy, strife and sedition, persecution and anarchy,
war and captivity. Then the dishonored rose up against the honored, the ignoble
against the highly esteemed, the foolish against the wise, the young against
their elders. For this reason piety and peace are far removed, because everyone
has abandoned the fear of God and lost the clear vision which faith affords,
and nobody regulates his conduct by the norms of His commandments, or tries to
make his life worthy of Christ. On the contrary, everyone follows the appetites
of his depraved heart, for they have absorbed that unjust and unholy jealousy
through which death came into the world.
4. For this is what the
Scripture says: And after some days Cain offered to God a sacrifice from the
fruits of the earth, and Abel, for his part, offered of the first-born of his
flock and of their fat. And God looked kindly on Abel and his gifts, but paid
no attention to Cain and his sacrifices. Then Cain was greatly disturbed, and
his countenance fell. And God said to Cain: “Why are you disturbed, and why has
your countenance fallen? When you offer rightly, but do not rightly
discriminate, do you not sin? Be calm: to you it will return, and you shall
dispose of it. “And Cain said to his brother Abel: “Let us go out into the
field.” And this is what happened when they were in the field: Cain set upon
his brother Abel and slew him. You see, brethren, jealousy and envy brought on
fratricide. Jealousy was the reason for our father Jacob’s flight from his
brother Esau. Jealousy caused Joseph to be persecuted with deadly intent and
finally to end in servitude. Jealousy compelled Moses to flee from Pharaoh,
king of Egypt, when he heard his fellow tribesman say: Who has appointed you to
be ruler and judge over us? Do you mean to kill me as you killed the Egyptian
yesterday?” Through jealousy Aaron and Miriam lodged outside the camp. Jealousy
sent Dathan and Abiron alive to Hades, because they had rebelled against Moses,
the servant of God. Because of jealousy David not only incurred the envy of
strangers, but was even persecuted by Saul, king of Israel.
5. But, to drop the
examples furnished by antiquity. Let us come to the athletes nearest to us in
time. Let us take the noble examples of our own generation. It was due to
jealousy and envy that the greatest and most holy pillars were persecuted and
fought to the death. Let us pass in review the good Apostles: a Peter, who
through unmerited jealousy underwent not one or two, but many hardships and,
after thus giving testimony, departed for the place of glory that was his due.
Through jealousy and strife Paul demonstrated how to win the prize of patient
endurance: seven times he was imprisoned; he was forced to leave and stoned; he
preached in the East and the West; and, finally, he won the splendid renown
which his faith had earned. He taught the right manner of life to the whole
world, traveled as far as the Western boundary, and, when he had given
testimony before the authorities, ended his earthly career and was taken up
into the holy place as the greatest model of patient endurance.
6. These men who had led
holy lives were joined by a great multitude Of the elect that suffered numerous
indignities and tortures through jealousy and thus became illustrious examples
among us. Owing to jealousy, persecuted Danaids and Dircae suffered frightful
and abominable outrages and, securely reaching the goal in the racecourse of
the faith, obtained a noble prize, in spite of the weakness of their sex.
Jealousy estranged wives from husbands, and thus perverted the saying of our
father Adam: This is now bone of my bones and flesh of my flesh. Jealousy and
strife have laid mighty cities low and uprooted powerful nations.
7. We are writing this,
beloved, not merely for your admonition, but also to serve as a reminder to
ourselves; for we are in the same arena and face the same conflict. Let us,
then, give up those empty and futile aspirations, and turn to the glorious and
venerable rule of our tradition. Let us attend to what is noble, what is
pleasing, what is acceptable in the sight of our Maker. Let us fix our gaze
upon the Blood of Christ and understand how precious it is to the Father,
because, poured out for our salvation, it brought to the whole world the grace
of conversion. Let us pass in review all the generations and learn the lesson,
that from generation to generation the Master has given an opportunity for
conversion to those who were willing to turn to Him. Noe preached the need of
conversion, and such as heeded him were saved. Jonas announced destruction to
the Ninevites: they did penance for their sins and by their prayers propitiated
God and gained salvation, although they were not of God’s own people.
8. The ministers of the
grace of God exhorted through the Holy Spirit to conversion, and the Master of
the universe Himself exhorted to conversion with an oath: As truly as I live,
says the Lord, I do not desire the death of the sinner, but his conversion; and
He added a kindly declaration: House of Israel, he converted from your
iniquity. Say to the children of my People: should your sins reach from earth
to heaven, and should they be redder than scarlet and blacker than sackcloth,
and should you turn to me with all your heart and say, “Father!” will listen to
you as a consecrated People. And in another passage He says as follows: Wash
and be cleansed and put away from your souls the wickedness which offends my
eyes, rid yourselves of your evil doings, learn to do good, strive for justice,
rescue the oppressed, sustain the rights of the orphan, and see justice done to
the widow. Then come and let us argue together, says the Lord; and should your
sins be like purple, I will make them white as snow; and should they be like
scarlet, I will make them white as wool; and if you are willing and listen to
me, you shall eat the good things of the land; but if you are not willing and
do not listen to me, the sword shall devour you. Thus has the mouth of the Lord
spoken It follows that He wants all His beloved to have a chance to be
converted, and this He has ratified by His Almighty Will.
9. Therefore let us
comply with His magnificent and glorious purpose, and let us crave His mercy
and loving kindness on bended knee, and turn to His compassion, after abandoning
our vain efforts and our strife and the jealousy which but leads to death. Let
us fix our gaze upon those who have ministered so perfectly to His transcendent
glory. Let us take Enoch who proved irreproachable in obedience and was
translated without a trace of his death. Noe proved faithful in discharging his
sacred duty and preached a rebirth for the world, and through him the Master
saved all those living beings that peacefully entered the Ark.
10. Abraham, called the
Friend, proved faithful in being obedient to the words of God. Through
obedience this man quit his country, his kith and kin, and his father’s house,
in order that by turning his back upon a little country, a slender
relationship, and a small home, he might inherit the blessings promised by God.
For He said to him: Quit your country, your kith and kin, and your father’s
house, and go to the country which I will point out to you; and I will make you
the father of a mighty nation, and bless and exalt you, and you shall be
blessed; and I will bless those that bless you, and curse those that curse you;
and through you all the tribes of the earth shall be blessed. And again, when
he separated from Lot, God said to him: Lift your eyes, and from the place
where you now are look toward the North and the South and the East and the
West; for all the land which you see I will give to you and your posterity to
hold forevermore. And I will make your posterity as numerous as the dust of the
earth: if anyone can number the dust of the earth, then your posterity also can
be numbered. And again it is said: God led Abraham out and said to him: “Look
up at heaven and count the stars if you can count them: so numerous shall your
posterity he! “Abraham believed God, and it was credited to him as justice. Because
of his faith and hospitality, a son was granted him in old age; and through
obedience he offered him as a sacrifice to God on one of the mountains He had
pointed out to him.”
11. Hospitality and piety
were the reason for Lot’s delivery from Sodom, while the whole surrounding
country was chastised by means of fire and brimstone. Thus the Master made it
clear that He does not abandon such as hope in Him, but those of a refractory
disposition He gives over to chastisement and torture. For example, his wife,
who was of a refractory nature and not in complete harmony with him, joined him
in going forth, yet she was made a permanent memorial: she was turned into a
pillar of salt to this day. It was to be made known to all that the
double-minded and those who question the power of God become a warning example
of condemnation to all generations.
12. Hospitality and faith
were the reason why the harlot Rahab was saved. For when spies had been sent
out to Jericho by Jesus, the son of Nave, the king of the land learned that
they had come to reconnoiter the territory, and he sent out men to intercept
them, so that they might be put under arrest and executed. Now, the hospitable
Rahab received the spies in her home and hid them upstairs under flax straw.
And when the king’s men confronted her and said: There are men in your house
who have come to spy out our country; bring them out, for such is the king’s
order, this woman replied: Yes, the men for whom you are looking did enter my
house; but they left at once and are now on their way; and then she pointed in
the opposite direction. And she said to the spies: I know for a certainty that
the Lord God is delivering this land into your hands, for alarm and fear of you
have seized its inhabitants. So, when you succeed in conquering it, save me and
my father’s house. And they said to her: Very well; your request shall be
granted. As soon, then, as you learn that we are approaching, gather all your
people under your roof, and they will be spared; for all that are found outside
the house shall perish. And they further gave her a sign: she was to hang out
of her window a scarlet cloth, whereby they made it clear to all that through
the Blood of the Lord all those that believe and hope in God would be redeemed.
You see, beloved, that the woman possessed not only faith but also the gift of
prophecy.
13. Let us, therefore,
brethren, be of a humble frame of mind, ridding ourselves of all arrogance and
haughtiness and foolishness and passion, and do what the Scripture says; for
the Holy Spirit declares: Let not the wise man boast of his wisdom, or the
strong man of his strength, or the rich man of his riches; but, if anyone
boasts, let his boast be in the Lord; thus he will seek and do what is right
and just. Especially let us be mindful of the words of the Lord Jesus which He
spoke when inculcating gentleness and long-suffering. This is what He said:
Show mercy, that you may be shown mercy; forgive, that you may be forgiven; as
you treat others, so you shall be treated; as you give, so you shall receive;
as you judge, so you shall be judged; as you show kindness, so kindness shall
be shown to you; the measure you use in measuring shall be used in measuring
out your share. With this commandment and these precepts let us strengthen
ourselves, that we may live in obedience to His holy words, with humility in
our hearts; for the Holy Scripture says: On whom shall I look but on him who is
gentle and meek and trembles at hearing my words?
14. It is right and holy,
therefore, brethren, that we should be submissive to God rather than follow
those who through arrogance and insubordination are the ringleaders in a
quarrel fomented by detestable jealousy. No ordinary harm, surely, but serious
danger shall we incur if we recklessly yield to the caprices of men who plunge
into strife and sedition to estrange us from the cause of right. Let us be kind
to one another in imitation of the compassion and goodness of our Maker. For
the Scripture says: The kind shall inhabit the land, and the innocent shall be
left in possession of it; but the transgressors shall be exterminated. And
again it says: I saw a godless man rear his head to unseemly heights like the
cedars of Lebanon; and I passed by, and behold, he was no
more! And I searched for his place, and I did not find it. Cherish
guilelessness and aim at sincerity, for posterity belongs to the peaceable man.
15. Therefore let us
associate with those who piously cultivate peace, and not with those whose
peaceful intentions are but a mask. For somewhere it is said: This people
honors me with its lips; but its heart is far away from me. And again: With
their lips they blessed, but with their hearts they cursed. And again it is
said: They loved Him with their lips, and with their tongue they lied to Him;
but their heart was not sincere with Him, nor did they prove faithful to His
covenant. Therefore struck dumb shall be the treacherous lips that speak evil
against the good man. And again: May the Lord destroy all the deceitful lips,
the boastful tongue, the men that say: “Great glory will we win by our tongue,
our lips are our own: who is lord over us?” Because of the wretchedness of the
needy and the sighs of the poor, I will now rise, says the Lord; I will bring
relief, and boldly will I act in bringing it.
16. For it is to the
humble-minded that Christ belongs, not to those who exalt themselves above His
flock. The Scepter of the Divine Majesty, the Lord Jesus Christ, did not, for
all His power, come clothed in boastful pomp and overweening pride, but in a
humble frame of mind, as the Holy Spirit has told concerning Him; for He says:
Lord, who has believed our teaching? And the arm of the Lord–to whom has it
been revealed? Looking at Him, we announced, as it were, a child, a root, as it
were, in thirsty ground; there is no shape, no comeliness in Him; yes, we saw
Him, and neither shape nor beauty did He have; but His shape was dishonorable
and shrunken beside the shape of men; a man covered with wounds and the marks
of hardship; one acquainted with infirmity; because His face is turned away, He
has been dishonored and held in disrespect. Our sins it is that this Man bears,
and for our sake He is in pain; and we regarded Him as one afflicted and
bruised and ill-treated. But He was wounded for our sins, and languishes
because of our iniquities; to give us peace He is under chastisement; by His
bruises we were healed. We all, like sheep, had gone astray; each man had
wandered from his path. And the Lord delivered Him up for our sins; yet He does
not, because He is abused, open His mouth. As a sheep He was led to the
slaughter, and as a lamb dumb before the shearer He does not open His mouth.
Because of His abasement His condemnation was taken away. As to His
generation–who can fathom their minds? From the land of the living is He
removed! Because of the iniquities of my people is He come to death! But I will
deliver up the wicked for putting Him in the grave, and the rich for putting
Him to death; for evil He has not done, nor was guile found on His lips. And
the Lord is pleased to free Him from His evil plight. If you make an offering
for sin, you will see a long-lived posterity. I And the Lord is pleased to take
away the torment of His soul, to show Him light, and mold Him through
understanding, and thus to render justice to a just man who served many well;
and He will take upon Himself the burden of their sins. For this reason He shall
count a numerous inheritance and divide the spoils taken from the strong,
because He was delivered up to death and classed among the lawless. And He took
upon Himself the sins of many, and to atone for their sins He was delivered up.
And again He says Himself: I am a worm and not a man, a disgrace among men and
the contempt of the people. All that saw me mocked at me; they hissed at me,
they shook their heads: “He trusted in the Lord: let the Lord deliver Him, let
Him save Him, for He likes Him.” YOU see, beloved, what the example is that has
been given us; for, if the Lord was so humble-minded, what ought we to do who
have come under the influence of His grace through Him?
17. Let us imitate the
example of those also who wandered about dressed in sheepskins and goatskins,
heralding the advent of Christ. We mean the Prophets Elias and Eliseus, as well
as Ezechiel; and in addition to these, the men of attested merit. Abraham’s
merit was magnificently attested, and he was styled a friend of God; still, fixing
his gaze upon the majesty of God, he said: But I am dust and ashes.
Furthermore, concerning Job the Scripture says: Job was good and
irreproachable, sincere, God-fearing, who refrained from all evil. Still, for
his part, he accused himself in these words: No man is clean from defilement,
even should his life last but one day. Moses was called faithful in all his
house, and God made use of his services to chastise Egypt with the shameful
scourges inflicted on them; but even he, though magnificently honored, did not
use boastful language; on the contrary, when granted a revelation from the
bush, he said: Who am I that Thou sendest me? I am feeble of speech and slow of
tongue. And again: I am but steam from a pot.
18. And what shall we say
of David and his attested merit? It was he of whom God said: I have found a man
after my own heart–David, the son of Jesse; in everlasting mercy have I
anointed him. But he, too, says to God: Have mercy on me, O God, according to
Thy great mercy; and according to the multitude of Thy compassions, blot out my
iniquity. Wash me more and more from my iniquity) and cleanse me from my sin;
for I acknowledge my iniquity, and my sin is ever before my eyes. Against Thee
alone have I sinned, and what is evil in Thy sight have I done. Thou,
therefore, art pronounced just in Thy words, and art acquitted when Thou art
tried. For, behold, I was conceived in iniquity, and in sin has my mother been
pregnant with me. Behold, Thou lovest sincerity of heart; the hidden secrets of
Thy wisdom hast Thou revealed to me. Sprinkle me with hyssop, and I shall be
cleansed; wash me, and I shall be whiter than snow. Fill my ears with joy and
gladness, and my battered bones shall exult for joy. Turn Thy face away from my
sins, and blot out all my iniquities. A pure heart create in me, God, and renew
a right spirit in my inmost soul. Do not reject me from Thy presence, and Thy
Holy Spirit do not take away from me. Restore to me the bliss of Thy salvation,
and with a princely spirit strengthen me. The wicked will I teach Thy ways, and
the impious shall be converted to Thee. Deliver me from bloodguiltiness, O God,
my Savior God! My tongue shall exult in Thy justice. Open my mouth, O Lord, and
my lips shall proclaim Thy praise. For, hadst Thou wished a sacrifice, I would
have offered it; but in whole burnt offerings Thou takest no delight. A
sacrifice to God is a contrite spirit; a contrite and humble heart God will not
despise.
19. The spirit of
humility and modesty, therefore, of so many and thus well- attested men has by
their obedience been helpful not only to us, but also to the generations before
us as well as to those who have received His words in fear and truth. And so,
since we are allowed to profit by so many glorious examples, let us hasten on
to the goal of peace handed down to us from the beginning, and let us fix our
gaze upon the Father and Creator of the whole world and hold fast to His
magnificent and superabundant gifts and blessings of peace. Let us see Him in
spirit, and contemplate with the eyes of the soul His forbearing disposition;
let us consider how unimpassioned He is in dealing with all of His creation.
20. The heavens revolve
by His arrangement and are subject to Him in peace. Day and night complete the
revolution ordained by Him, and neither interferes in the least with the other.
Sun and moon and the starry choirs, obedient to His arrangement, roll on in
harmony, without any deviation, through their appointed orbits. The earth bears
fruit according to His will in its proper seasons, and yields the full amount
of food required for men and beasts and all the living things on it, neither
wavering nor altering any of His decrees. The unsearchable decisions that
govern the abysses and the inscrutable decisions that govern the deeps are maintained
by the same decrees. The basin of the boundless sea, firmly built by His
creative act for the collecting of the waters, does not burst the barriers set
up all around it, and does precisely what has been assigned to it. For He said:
Thus far shalt thou come, and thy billows shall be turned to spray within thee.
The ocean, impassable for men, and the worlds beyond it are governed by the
same decrees of the Master. The seasons–spring, summer, autumn, and winter–make
room for one another in peaceful succession. The stations of the winds at the
proper time render their service without disturbance. Ever-flowing springs,
created for enjoyment and for health, without fail offer to men their
life-sustaining breasts. The smallest of the animals meet in peaceful harmony.
All these creatures the mighty Creator and Master of the universe ordained to
act in peace and concord, thus benefiting the universe, but most abundantly
ourselves who have taken refuge under His mercies through our Lord Jesus
Christ; to whom be the glory and majesty forever and evermore. Amen.
21. Take care, beloved,
that His blessings, numerous as they are, do not turn to our condemnation in
case we do not-through a life unworthy of Him–do with perfect accord what is
good and pleasing in His sight. For somewhere it is said: The Spirit of the
Lord is a lamp that searches the deep recesses of the soul. Let us understand
how nigh He is, and that none of the thoughts we entertain or the plans we
devise are hidden from Him. It is right, therefore, that we should not desert
the place His will has assigned to us. Rather than to God, let us give offense
to silly, unreasoning men, to men conceited and arrogantly indulging in
boastful speech. Let us reverence the Lord Jesus Christ, whose Blood was sacrificed
for us; respect our officials, honor the presbyters; subject the young to the
discipline of the fear of God; train our wives in all that is good. Let these
exhibit lovable and chaste manners, show forth a sincere and gentle
disposition; by their silence let them manifest their courtesy of speech;
without partiality let them perform their works of charity, and with a pure
intention bestow them equally on all that fear God. Our children must have
their share of a Christian upbringing; they must learn how effective with the
Lord is a humble frame of mind, what holy love can accomplish with God, how
honorable and excellent is the fear of Him, and how it brings salvation to all
who in this fear lead holy lives, with a conscience undefiled. For a searcher
is He of thoughts and designs. His breath indwells in us, and when it pleases
Him, He can take it away.
22. To all these precepts
the faith in Christ gives stability; for He Himself through the Holy Spirit
calls us to Him as follows: Come, children, listen to me: I will teach you the
fear of the Lord here is the man that desires life that loves to see good days
restrain thy tongue from evil speech. and thy lips from speaking guile turn
away from evil and do what is good. Seek peace and go in pursuit of it. The eyes
of the Lord rest upon the good, and His ears attend to their petition. But the
frown of the Lord is upon evildoers, to extirpate the memory of them. The good
man cried aloud, and the Lord heard him and delivered him from all his
afflictions. Many are the plagues of the sinner, but mercy will encompass those
that hope in the Lord.
23. The all-merciful and
beneficent Father has compassion on such as fear Him; willingly and with tender
regard He bestows His graces on such as approach Him single-minded. Therefore
let us not be double-minded, and let not our soul mistrust, seeing His gifts
are all-surpassing and glorious. May the Scripture text never apply to us that
says: Wretched are the double-minded who doubt in their heart and say: “We have
heard these things even in the days of our fathers; but, mark you, we have
grown old and nothing of all this has happened to us!” You fools! Compare
yourselves to a tree. Take a vine: first it sheds its foliage; then it puts
forth a bud; then a leaf; then a flower; and after that, a green, sour grape;
finally, there is a bunch of fresh, ripe grapes. You see, it takes but a short
time to bring the fruit of the plant to maturity. In truth, quickly and
suddenly will His will be accomplished, as also the Scripture testifies when it
says: Quickly will He come and will not tarry; and suddenly will the Lord come
to His temple–the Holy One, for whom you are looking.
24. Let us consider,
beloved, how the Master continually calls our attention to the future
resurrection, the first fruits of which He has made the Lord Jesus Christ by
raising Him from the dead. Let us consider, beloved, the kind of resurrection
that occurs at regular intervals. Day and night give us examples of
resurrection. The night sleeps, the day rises; the day departs, the night comes
on. Let us take the crops. The sowing–how and in what manner does it take
place? The sower goes out and puts each of the seeds into the soil: when they
fall on the soil, they are dry and bare, and decay. But once they have decayed,
the Master’s wondrous Providence makes them rise, and each one increases and
brings forth multiple fruit.
25. Let us consider the
strange and striking phenomenon which takes place in the East, that is, in the
regions of Arabia. There is a bird which is called the phoenix. It is the only
individual of its kind, and it lives five hundred years; and when it approaches
dissolution and its death is imminent, it makes itself a nest out of
frankincense and myrrh and the other spices; this it enters when the time is
fulfilled, and dies. But out of the decaying flesh a sort of worm is born,
which feeds on the juices of the dead animal until it grows wings; then, upon
growing strong, it takes up that nest in which the bones of the former bird
are, and these it carries all the way from Arabia to the Egyptian city called
Heliopolis; and there, in daytime, in the sight of all, it lights upon the
altar of the Sun and deposits them there, and then departs to its former home.
The priests then examine the public records, and find that it has come after
the lapse of five hundred years.
26. Do we, then, consider
it a great and remarkable thing if the Creator of the universe will bring about
a resurrection of those who have piously served Him in the assurance engendered
by honest faith, when He uses even a bird to illustrate the sublime nature of
His promise? For somewhere it is said: And Thou wilt raise me, and I will give
Thee praise: and, I lay down to sleep, and I slept; and I awoke again, for Thou
art with me. And, again, Job says: Thou wilt raise up this body of mine, which
has patiently endured all these things.
27. Supported, therefore,
by this hope, let our souls cling to Him who is faithful in His promises and
just in His judgments. He who has enjoined us not to lie will for that reason
be Himself all the less capable of lying; for nothing is impossible to God
except being untrue to Himself. Let, then, our faith in Him be fanned afresh in
us, and let us understand that all things are within His reach. By His majestic
command He established the universe, and by a command He can destroy it. Who
shall say to Him: “What hast Thou done?” Or who can resist His mighty strength?
When He wills and as He wills, He can do all things, and nothing once decreed
by Him can cease to exist. All things are face to face with Him, and nothing is
hidden from His counsel, since the heavens declare the glory of God, and the
firmament proclaims His handiwork; day speaks out to day, and night imparts
knowledge to night; and there is not a word, there is not a speech, hut its
voice is heard.
28. Since, then, all
things are seen and heard, let us stand in awe of Him, and abandon accursed
hankerings after evil deeds: thus shall we by His mercy find shelter from the
judgment to come. Indeed, whither can anyone of us flee from His mighty hand?
What world is there to receive anyone deserting Him? For somewhere the Writing
says: Whither shall I go, and where hide from His face? If I should mount to
heaven, Thou art there; if I should depart to the ends of the earth, Thy right
hand is there; if I should lie down in the abyss, Thy Spirit is there. Whither
then, can a man depart, or whither run away, from Him who embraces the
universe?
29. Let us, then,
approach Him in holiness of soul, raising pure and unsullied hands to Him,
loving our forbearing and compassionate Father, who has made us His chosen
portion. For thus the Scripture says: When the Most High was dividing the
nations and dispersing the sons of Adam, He fixed the bounds of the nations
according to the number of God’s angels; but Jacob, His People, became the
portion of the Lord, and Israel His apportioned inheritance. And in another
passage it says: Behold, the Lord made His own a people from among the nations,
just as a man reserves to himself the first fruits of his threshing floor; and
from that nation shall come forth the Holy of Holies.
30. Since, then, we are a
holy portion, let us do nothing but what makes for holiness, shunning slander,
foul and sinful embraces, drunkenness and revolutionary desires and abominable
passions, detestable adultery, and abominable pride. For God, it is said,
resists the proud, but gives grace to the humble. Let us therefore associate
with those on whom divine grace has been bestowed; let us with humble minds put
on the livery of concord, be self-restrained, keep ourselves free from all
backbiting and slanderous talk; and let us seek justification by actions, and
not just words. For it is said: He who speaks much is bound to hear much in
return; or does the idle talker imagine he is always right? Blessed is the
woman-born that is short-lived. Do not become a wordy babbler. Let our praise
rest with God, and not spring from ourselves; for God hates those that praise
themselves. Let the testimony to our good conduct be given by others, just as
it was given to our fathers, those holy men. Rashness, willfulness, and
boldness belong to such as are cursed by God; mildness, humility, and
gentleness are at home with those blessed by God.
31. Let us, then, cling
to His blessing, and study the ways and means of securing this blessing. Let us
unroll the records of antiquity. For what reason was our father Abraham
blessed? Was it not that he did what was right and lived up to the truth,
enabled by faith? With confidence because he knew the future, Isaac cheerfully
let himself be led to the altar. Jacob was humble enough to leave his country
because of his brother, and went to Laban and lived in servitude; and the
twelve tribes were given to him.
32. Whoever considers
these details without bias will appreciate the splendor of the gifts conferred
by Him. For to him all priests and Levites, the men that served the altar of
God, trace their origin; to him, too, the Lord Jesus according to the flesh; to
him kings and rulers and princes after Juda; nor are his other tribes in slight
esteem, since God had promised: Thy posterity shall be as numerous as the stars
of heaven. Consequently, all were honored and made great, not through
themselves or their own works or the holy lives they led, but through His will.
So we, too, who have been called by His will in Christ Jesus, are sanctified
not through ourselves, or through our wisdom or understanding or piety or any
works we perform in holiness of heart, but through the faith through which
Almighty God has sanctified all men from the beginning of time. To Him be the
glory forever and evermore. Amen.
33. What, then, are we to
do, brethren? Shall we rest from doing good, and give up love? May the Master
never permit that this should happen, at least not to us; but let us be eager
to perform every good work with assiduity and readiness. Why, the Creator and
Master of the universe Himself exults in His works. Thus, by His transcendent
might He established the heavens, and by His incomprehensible understanding He
ordered them: the earth He separated from the water now encircling it, and
firmly grounded it on the unshakable foundation of His own will; the creatures
which live and move in it He bade come into existence by His own command; to
the sea and the beings living in it He assigned, with foresight and by His own
power, definite bounds. Finally, the most excellent and greatest being, man, He
formed with His sacred and faultless hands in the likeness of His own image.
For this is what God says: Let us create man according to our own image and
likeness. And God created man; male and female He created them. And then, when
He had finished all these things, He praised and blessed them, and said:
Increase and multiply. Let us realize that everywhere holy men feel honored by
their good works, and that the Lord Himself rejoiced at having honored Himself
by good works. With this pattern before us, let us unhesitatingly submit to His
will: with all our strength let us achieve the work of sanctification.
34. The good workman with
assurance receives the bread of his labor; the slack and slothful cannot look
his employer full in the face. It is our duty, therefore, to be prompt to do
good; for on Him depends everything. Indeed, He says to us by way of warning:
Here comes the Lord, and with Him comes the award He makes, to pay each one
according to His work. He urges us on, therefore, to trust in Him with all our
heart and not to be slack and indolent in any good work. Let Him be our boast
and the ground of our confidence; let us be subject to His will; let us
consider the vast multitude of His angels, and see how they stand in readiness
to minister to His will. For the Scripture says: Ten thousand times ten
thousand stood ready before Him, and thousand times one thousand ministered to
Him, and cried out: “Holy, Holy, Holy is the Lord of hosts; the whole creation
is replete with His splendor. “And so we, too, being dutifully assembled with
one accord, should, as with one voice, cry out to Him earnestly, so that we may
participate in His great and glorious promises. For it is said: Eye has not
seen, and ear has not heard, and heart of man has not conceived, what He has
prepared for those that await Him patiently.
35. How blessed, beloved,
and marvelous are the gifts of God! Life with immortality; joyousness with
observance of the law; truth with boldness; faith with confidence; continence
with holiness! And all these blessings even now fall within our comprehension!
What, then, are the things that are prepared for those who wait patiently! The
Creator and Father of the ages, the All-holy, alone grasps their number and
beauty. Let us, therefore, exert ourselves to be found in the number of those
who patiently wait for Him, so that we may participate in the promised gifts.
But how, beloved, can this be done? If our mind is faithfully fixed on God; if
we seek out what is pleasing and acceptable to Him; if we carry out what His
irreprehensible will demands, and follow the way of truth, by ridding ourselves
of every vice and wickedness, of avarice, strife, malice and fraud, gossip and
slander, hatred of God, pride and arrogance, conceit and inhospitality. For
those who practice these things are hateful to God; and not only those that do
such things, but also those that countenance them. For the Scripture says: But
to the sinner God said: “Why do you speak of my ordinances and why do you have
my covenant on your lips? You hated discipline and paid no attention to my
words. Whenever you saw a thief, you ran along with him; and with adulterers
you threw in your lot. Your mouth brimmed over with malice, and your tongue
wove treacherous plots. There you sat backbiting and laying a snare for your
very brother. This you did, and I kept silent. You, man without principles,
supposed that I should be like you! I will put you in the wrong, and show you
to yourself in your true light! Now, take my words to heart, you who are
forgetting God; or else He will like a lion carry you off, with no one to
rescue YOU. A sacrifice of praise will honor me, and there is the way in which
I will show him the salvation of man.”
36. This, beloved, is the
way in which we found our salvation, Jesus Christ, the High Priest who offers
our gifts, the patron and helper in our weakness. It is through Him that we
look straight at the heavens above. Through Him we see mirrored God’s faultless
and transcendent countenance. Through Him the eyes of our heart were opened.
Through Him our unintelligent and darkened mind shoots up into the light.
Through Him the Master was pleased to let us taste the knowledge that never
fades; for, being Himself the radiance of His splendor, He towers as much above
the angels as the title He has inherited is superior to theirs. For thus the
Scripture says: He appointed winds to be His angels, and fiery flames His
ministers. But about His Son the Master spoke thus: Thou art my Son: this day
have I begotten Thee. Ask of me, and I will give Thee the nations for Thy
inheritance, and the vast, wide earth for Thy possession. And again He says to
Him: Be seated at my right hand, until I make Thy foes a footstool for Thy
feet. Now, who are the foes? The wicked and those who run counter to His will.
37. Let us, then,
brethren, do soldier’s duty in downright earnest under the banner of His
glorious commands. Let us observe those who are soldiering under our
commanders, and see how punctually, how willingly, how submissively they
execute the commands! Not all are prefects, or tribunes, or centurions, or
lieutenants, and so on; but each in his own rank executes the orders of the
emperor and the commanders. The great cannot exist without the small, nor can
the small without the great. A certain organic unity binds all parts, and
therein lies the advantage. Let us take our body. The head is nothing without
the feet, and the feet are nothing without the head. The smallest organs of our
body are necessary and valuable to the whole body; in fact, all parts conspire
and yield the same obedience toward maintaining the whole of the body.
38. Therefore let the
whole of our body be maintained in Christ Jesus, and let each submit to his
neighbor’s rights in the measure determined by the special gift bestowed on
him. Let the strong care for the weak, and the weak respect the strong; let the
rich support the poor, and the poor render thanks to God for giving them the
means of supplying their needs; let the wise man show his wisdom not in words
but in active help; the humble man must not testify for himself, but leave it
to another to testify in his behalf. He who is continent must not boast,
knowing that it is another who confers on him the ability to remain continent.
Let us therefore reflect, brethren, of what clay we were made, what and who we
were when we entered the world, out of what grave and darkness our Maker and
Creator has brought us into the world, where He had prepared His benefits
before our birth. Since, then, we owe all these blessings to Him, we are
obliged to thank Him in every way. To Him be the glory forever and evermore.
Amen.
39. Witless,
unintelligent, foolish, and uninstructed persons mock and sneer at us because
they have an overweening opinion of themselves. Really–what can a mortal do?
Or, what strength is there in an earth-born creature? For the Scripture says:
There was no shape before my eyes; but only a breath and sound I heard. How
could it be otherwise? Can a mortal be pure in the sight of the Lord, or a man
blameless in his actions, when He does not trust His servants and has noted
some perversity in His angels? Heaven is not pure in His sight–and we should
be!–we who are dwelling in houses of clay, the same clay of which we ourselves
are made! They are crushed as one crushes a moth, and they last not from morn
to eventide. Unable to help themselves, they perished. He breathed on them, and
they died because of their lack of wisdom. Raise your voice in appeal, and see
if anyone will answer you, if one of His holy angels you will behold! For
haughtiness destroys the witless man, and passion slays the wayward one. I have
seen it–uprooted is the fool, and his abode is suddenly consumed. Beyond the
reach of help his children are and insulted at the gates of lesser men, and
there is no one to deliver them. What they have hoarded up the good shall eat,
while they themselves shall not be rescued from calamity.
40. Since, therefore,
this is evident to all of us, and we have explored the depths of the divine
knowledge, we are obliged to carry out in fullest detail what the Master has
commanded us to do at stated times. He has ordered the sacrifices to be offered
and the services to be held, and this not in a random and irregular fashion,
but at definite times and seasons. He has, moreover, Himself, by His sovereign
will determined where and by whom He wants them to be carried out. Thus all
things are done religiously, acceptable to His good pleasure, dependent on His
will. Those, therefore, that make their offerings at the prescribed times are
acceptable and blessed; for, since they comply with the ordinances of the
Master, they do not sin. Special functions are assigned to the high priest; a
special office is imposed upon the priests; and special ministrations fall to
the Levites. The layman is bound by the rules laid down for the laity.
41. Each of us, brethren,
must in his own place endeavor to please God with a good conscience, reverently
taking care not to deviate from the established rule of service. Not
everywhere, brethren, are sacrifices offered–be they perpetual offerings, or
votive offerings, or sin offerings, or trespass offerings–but at Jerusalem
only; and there offerings are not made in every place, but in front of the
sanctuary, where the gift to be offered is inspected for blemishes by the high
priest and the aforesaid ministers. Those, therefore, that do anything contrary
to what conforms to His will suffer death as the penalty. You see, brethren,
that the greater the knowledge vouchsafed to us, the greater the risk we incur.
42. The Apostles preached
to us the Gospel received from Jesus Christ, and Jesus Christ was God’s
Ambassador. Christ, in other words, comes with a message from God, and the
Apostles with a message from Christ. Both these orderly arrangements,
therefore, originate from the will of God. And so, after receiving their
instructions and being fully assured through the Resurrection of our Lord Jesus
Christ, as well as confirmed in faith by the word of God, they went forth,
equipped with the fullness of the Holy Spirit, to preach the good news that the
Kingdom of God was close at hand. From land to land, accordingly, and from city
to city they preached, and from among their earliest converts appointed men
whom they had tested by the Spirit to act as bishops and deacons for the future
believers. And this was no innovation, for, a long time before the Scripture
had spoken about bishops and deacons; for somewhere it says: I will establish
their overseers in observance of the law and their ministers in fidelity.
43. What wonder, pray, if
those entrusted by God through Christ with such an office have appointed the
above mentioned officials, seeing that also the blessed Moses, the faithful
servant in all the house, has recorded in the sacred books all the injunctions
given him; and the other Prophets followed his example and joined him in
bearing testimony to the laws given by him. For, when the priesthood had become
an object of jealousy and the tribes were quarreling as to which of them had
been honored with that glorious dignity, he ordered the leaders of the twelve
tribes to bring him each a rod with the name of his tribe written upon it; and
he took the rods and bound them together and sealed them with the rings of the
tribe leaders, and then deposited them on the table of God in the Tabernacle of
Testimony. He then shut the Tabernacle and sealed the keys just as he had done
the rods, and said to them: “Brethren, God has chosen for His priestly service
that tribe the rod of which will bud.” When day broke, he called a meeting of
all Israel, six hundred thousand men in all, showed the seals to the leaders of
the tribes, opened the Tabernacle and produced the rods, and it was found that
the rod of Aaron had not only put forth buds but also borne fruit. What do you
think, brethren? Did not Moses know the outcome beforehand? He certainly did
know it; but he acted in this manner to prevent any insubordination in Israel,
so that the name of the true and only God might be glorified. To Him be the
glory forever and evermore. Amen.
44. Our Apostles, too,
were given to understand by our Lord Jesus Christ that the office of the bishop
would give rise to intrigues. For this reason, equipped as they were with
perfect foreknowledge, they appointed the men mentioned before, and afterwards
laid down a rule once for all to this effect: when these men die, other
approved men shall succeed to their sacred ministry. Consequently, we deem it
an injustice to eject from the sacred ministry the persons who were appointed
either by them, or later, with the consent of the whole Church, by other men in
high repute and have ministered to the flock of Christ faultlessly, humbly, quietly
and unselfishly, and have moreover, over a long period of time, earned the
esteem of all. Indeed, it will be no small sin for us if we oust men who have
irreproachably and piously offered the sacrifices proper to the episcopate.
Happy the presbyters who have before now completed life’s journey and taken
their departure in mature age and laden with fruit! They, surely, do not have
to fear that anyone will dislodge them from the place built for them. Yes, we
see that you removed some, their good conduct notwithstanding, from the sacred
ministry on which their faultless discharge had shed luster.
45. You are given to
wrangling, brethren, and are jealous in matters that bear- upon salvation. You
have looked deep into the sacred writings, which tell the truth and proceed
from the Holy Spirit. You know that nothing unjust or fraudulent is written in
them. You will not find that law-respecting men were ever repudiated by holy
men. Law-respecting men were persecuted of course, but only by lawless men.
They were put in prison, but only by unholy men. They were stoned to death by
contemners of the law. They were killed by men animated by unjust and
abominable jealousy. Under such ill- treatment they bore up gloriously. What
shall we say, brethren? Was Daniel thrown into the lion’s den by God-fearing
men? Or, were Ananias, Azarias, and Misael shut up in the fiery furnace by men
devoted to the glorious and exalted worship of the Most High? Let no such thing
be said! Who, then, were those that committed such acts? Hateful men and the
scum of the earth carried their love of strife to such a degree of fury that
they subjected to indignities men who were serving God with holy and
irreproachable steadfastness; they did not realize that the Most High is the
champion and shield of those who in perfect good faith worship His most holy
name. To Him be the glory forever and evermore. Amen. But those who confidently
persevered, inherited honor and glory: they were exalted and had their names
engraved by God in His memory forever and evermore. Amen.
46. It is our duty, then,
my brethren, to follow examples such as these. For the Scripture says: Follow
the saints for such as follow them shall be sanctified. And again, in another
passage, it says: With an innocent man Thou wilt be innocent and with an elect
Thou wilt be elect, and with one perverted Thou wilt deal perversely. Let us,
therefore, associate with the innocent and law-abiding; these are God’s elect.
Why are quarrels and outbursts of passion and divisions and schisms and war in
your midst? Or, do we not have one God and one Christ and one Spirit of grace,
a Spirit that was poured out upon us? And is there not one calling in Christ?
Why do we tear apart and disjoint the members of Christ and revolt against our
own body, and go to such extremes of madness as to forget that we are mutually
dependent members? Remember the words of Jesus our Lord. For He said: Utterly
wretched is that man; it would he better for him not to have been born than to
be an occasion of sin to one of my elect; it would be better for him to lie at
the bottom of the sea with a millstone hung
round his neck than to pervert one of my elect. Your schism has perverted many;
many it has thrown into discouragement, many it has bewildered, and to all of
us it has brought sorrow. And your schism persists!
47. Take up the epistle
of the blessed Apostle Paul. What is the most important thing he wrote to you in
the early days of gospel preaching? He was truly inspired when he wrote to you
regarding himself and Cephas and Apollos, because already at that time you had
engaged in factious agitation. But that display of factiousness involved you in
less guilt, for you took the part of Apostles, men of attested merit, and of a
man in good repute with them. But now consider who those are that have
perverted you and vilified the venerable character of your celebrated fraternal
charity. Disgraceful, beloved, indeed, exceedingly disgraceful and unworthy of
your training in Christ, is the report that the well-established and ancient
Church of the Corinthians is, thanks to one or two individuals, in revolt
against the presbyters. And this report has reached not only us, but also
people that differ from us in religion, with the result that, owing to your
folly, you heap blasphemy upon the name of the Lord and withal create a danger
to yourselves.
48. Let us, then, quickly
blot out this blemish and fall on our knees before the Master, and with tears
implore Him to have mercy on us and be reconciled to us and restore us to the
venerable and holy practice of brotherly love. For this is the gate of
observance of the law, which opens out into life, as the Scripture says: Open
to me the gates of observance of the law: I will go in by them and praise the
Lord. This is the gate of the Lord: observers of the law will go in by it. Of
the many open gates, therefore, this gate of observance of the law is the gate
of Christ: blessed are all those who enter by it and walk the straight path in
holiness and observance of the law, performing without disturbance all their
duties. Let a man be a man of faith, let him be able to utter knowledge, let
him be skilled in the discernment of discourses, let him be pure in his
conduct; surely, he must think all the less of himself, the higher he
apparently ranks, and seek the common good and not his personal advantage.
49. He who has love in
Christ must observe the commandments of Christ. The binding power of the love
of God who is able to set it forth? The radiance of His beauty–who can voice it
to satisfaction? The sublimity to which love leads up is unutterable. Love
unites us with God; love covers a multitude of sins; love endures everything,
is long-suffering to the last; there is nothing vulgar, nothing conceited, in
love; love creates no schism; love does not quarrel; love preserves perfect
harmony. In love all the elect of God reached perfection, apart from love
nothing is pleasing to God. In love the Master took us to Himself. Because of
the love which He felt for us, Jesus Christ Our Lord gave His Blood for us by
the will of God, His body for our bodies, and His soul for our souls.
50. You see, beloved, how
great and wonderful love is, and there is no setting forth its perfection. Who
is able to possess it, except those to whom God grants this privilege? Let us,
therefore, earnestly beg of His mercy, that we may be found to possess a love
unmixed with human partiality and above reproach. All the generations from Adam
down to this day have passed away; but those who are perfected in love in the
measure of God’s grace, have a place among the saints, and they will be made
manifest when the Kingdom of Christ comes to visit us. For the Scripture says:
Enter the chambers for a little while, until my anger and fury pass away; then
will I remember the good day, and will raise you from your graves. Happy are
we, beloved, if we observe the commandments of the Lord in the concord of love;
for thus our sins will be forgiven us through love. For the Scripture says:
Happy those whose iniquities have been forgiven, and whose sins have been
covered up; happy the man to whom the Lord will not impute his sin, and on
whose lips there is no guile. This blessing was pronounced on those chosen by
God through Jesus Christ our Lord, to whom be the glory forever and evermore.
Amen.
51. Let us, then, ask
pardon for our waywardness and for what we have done yielding to any wiles of
the adversary; but those, too, who were the ringleaders in this quarrel and
sedition, ought, for their part, to ponder on the common nature of our hope.
Surely, those who live in fear and love prefer that they themselves should
suffer indignities rather than their neighbors; they prefer to have reproach
cast on themselves rather than on that traditional concord so well and justly
established among us. It is better for a man to make a clean breast of his
failings than to harden his heart in imitation of those who, after rebelling
against God’s servant Moses, hardened their hearts, and whose condemnation was
brought to light: alive they went down to Hades, where death shall be their
shepherd. Pharaoh and his army and all the leaders of Egypt, including the
chariots and their riders, were swallowed up by the Red Sea and perished for no
other reason than that their foolish hearts were hardened after striking
exhibitions of power had been performed in Egypt by God’s servant Moses.
52. In need of nothing,
brethren, stands the Master of the universe; nothing does He ask of anyone,
except that confession should be offered Him; for David the chosen says: I will
confess to the Lord, and it will please Him better than a calf with budding
horns and hoofs. Let the poor see it and rejoice. And again he says: Sacrifice to
God a sacrifice of praise, and pay to the Most High your vows; call upon me in
the day of your affliction, and I will rescue you, and you will glorify me. For
a sacrifice to God is a crushed spirit.
53. Surely, you are
acquainted, beloved, and well acquainted, with the Sacred Scriptures, and have
explored the oracles of God; and therefore we write these things merely to
serve as a reminder. Now, when Moses had gone up the mountain and spent forty
days and forty nights in fasting and chastising himself, God said to him:
Descend in haste, for your people whom you led out of the land of Egypt, have
broken the law; they have quickly deviated from the way you had marked out for
them: they have made themselves molten images. And the Lord said to him: Once
and even twice have I spoken to you thus: I have looked at this people, and
behold, it is stiff-necked; suffer me to exterminate them, and I will wipe out
their name from under heaven; and I will make you the ruler of a nation mighty
and wonderful and much greater than this one. Then Moses said: No, no, Lord!
Forgive this people their sin, or else blot me also out of the book of the
living. great charity! O unsurpassed perfection! A servant speaks boldly to the
Lord; he asks forgiveness for the people, or else that he himself may be
blotted out with them!
54. Now, then, who among
you is noble, who compassionate, who full of charity? Let him say: “If I am the
cause of sedition and strife and schism, then I depart; I go wherever you wish;
I do whatever the majority enjoins: only let the flock of Christ have peace
with the appointed presbyters. He who acts thus will win great glory for
himself in Christ, and every place will welcome him; for the earth and all that
is in it are the Lord’s. Those who live as citizens of God’s Kingdom–a life
that never brings regrets–have acted thus and will act thus.
55. But let us also
adduce examples from the heathens. Many kings and rulers have during a time of
pestilence accepted the advice of oracles and given themselves up to death in
order to rescue by their own blood their fellow citizens. Many left their own
cities to prevent the spread of a schism. We know of many in our own midst who
gave themselves up to imprisonment in order to ransom others. Many gave
themselves up to slavery, and with the price they received for themselves,
furnished food for others. Many women, invested with power through the grace of
God, have accomplished many a manly deed. The blessed Judith, when the city was
under siege, asked of the elders leave for herself to go out into the camp of
the heathens. Exposing herself to danger, therefore, she went out for love of
her country and of her people that were in a state of siege, and the Lord
delivered Holofernes into the hands of a woman. Nor did Esther, that woman of
perfect faith, expose herself to less danger in order to rescue the twelve
tribes of Israel from imminent destruction; for by fasting and chastising her
body she implored the all-seeing Master, the God of the ages, and He, seeing
her self-abasement, rescued the people for whose sake she had incurred danger.
56. Let us, too,
therefore, pray for those who are guilty of some fault, that meekness and
humility may be granted them, and incline them to submit–not to us–but to the
will of God; thus our compassionate remembrance of them before God and the
saints will bear perfect fruit for them. Let us, beloved, accept correction,
which no one must take in bad part. A reproof which we administer to one
another is honorable and extremely helpful, for it unites us to the will of
God. For Holy Writ says as follows: Severely has the Lord chastised me, but He
did not give me over to death. For, him whom the Lord loves He chastises, and
He always scourges the son whom He takes to His heart. For, the good man, it says,
will chastise me with mercy and reprove me; but let not the oil of sinners
anoint my head. And again it says: Well for the man whom the Lord reproves; and
do not reject the correction of the Almighty; for He causes pain, but then He
sets things right again; He wounds, hut His hands heal again; six times He will
extricate you from distress, and the seventh time evil shall not touch you; in
famine He will rescue you from death, and in war He will deliver you from the
grip of the sword; and from the scourge of the tongue will He hide you, and you
shall not fear when evils approach; you will laugh at the wicked and lawless,
and of wild beasts you shall not he afraid; for wild beasts shall leave you in
peace. Then you will find that your house will be undisturbed, and the tent in
which you dwell shall not fail; YOU will find that your posterity will be
numerous, and your children will be like the herbs of the field; YOU will go
down into the grave like ripened corn to be harvested at the right time, or
like a heap on the threshing-floor that is garnered at the appointed time. You
see, beloved, what great protection awaits those who let themselves be
disciplined by the Master; for, being a kind Father, He disciplines us in order
that we may obtain mercy through His holy discipline.
57. You, therefore, the
prime movers of the schism, submit to the presbyters, and, bending the knees of
your hearts, accept correction and change your minds. Learn submissiveness, and
rid yourselves of your boastful and proud incorrigibility of tongue. Surely, it
is better for you to be little and honorable within the flock of Christ than to
be esteemed above your deserts and forfeit the hope which He holds out. For
thus the excellent Wisdom says: Behold, I will speak out the words of my spirit;
I will teach you my message. Since I called you and you did not listen, and
since I put forth my message and you paid no attention, but set my counsels at
naught and disobeyed my warnings: therefore will I in turn laugh at your
destruction; and I will exult when ruin overtakes you, and when you are seized
suddenly by dismay, and the catastrophe is at hand like a squall, or when
distress and siege come upon you. Yes, when you call upon me for help, I will
not listen to you. Seek me the wicked will, but they will not find me. For they
hated wisdom and did not choose the fear of the Lord, and they refused to
attend to my counsels and sneered at my reproofs. Therefore they shall eat the
fruits of their own way, and be glutted with their own impiousness. Because
they wronged the little ones, they shall be slaughtered; and a searching
inquiry shall destroy the impious. But he who listens to me will find shelter
in hope and confidence and will rest secure from every ill.
58. Let us, then, be
subject to His most holy and glorious name, and escape the threats which Wisdom
has uttered in advance against the disobedient. Thus we shall find shelter,
firmly reposing on the most holy name of His majesty. Accept our counsel, and
you shall have nothing to regret. For, as truly as God lives, as truly as the
Lord Jesus Christ and the Holy Spirit live, and the faith and the hope of the
elect, so truly will he who in a humble frame of mind, with eagerness to yield,
and unregretfully carries out the commandments and precepts given by God, be
enrolled and be in good standing among the number of those who are on the way
to salvation through Jesus Christ, through whom is to Him the glory forever and
evermore. Amen.
59. But should any
disobey what has been said by Him through us, let them understand that they
will entangle themselves in transgression and no small danger. But for our part
we shall be innocent of this sin, and will offer earnest prayer and
supplication that the Creator of the universe may preserve undiminished the established
number Of His elect in all the world through His beloved Son Jesus Christ,
through whom He has called us out of darkness into light, out of ignorance into
the full knowledge of the splendor of His name, that we may hope in Thy name
which gave existence to all creation. Open the eyes of our heart, that we may
know Thee who alone art Highest among the highest and Holy, reposing among the
holy; who humblest the pride of the haughty, destroyest the designs of the
heathens; who raisest up the lowly and humblest the lofty, makest rich and
makest poor, slayest and bringest to life; who alone art the Benefactor of
spirits and the God of all flesh. Thou gazest upon the deep, Thou beholdest the
works of men, the Helper in danger, the Savior in despair, the Creator and
Watcher of every spirit. Thou multipliest the nations upon the earth, and from
among all Thou hast chosen those that love Thee through Jesus Christ, Thy
beloved Son, through whom Thou hast instructed, sanctified, and honored us. We
beg Thee, O Master, to be our Helper and Protector: deliver those of us who are
in distress, raise up the fallen, show Thy face to those in need, heal the
infirm, bring back the erring of Thy people, feed the hungry, ransom our
prisoners, set the infirm upon their feet, comfort the fainthearted: let all
the nations know that Thou art the only God, that Jesus Christ is Thy Son, that
we are Thy people and the sheep of Thy pasture.
60. For Thou hast made
known the everlasting constitution of the world through the forces at work in
it. Thou, O Lord, hast created the world, Thou who art faithful in all
generations, right in Thy judgments, wonderful in strength and transcendent
greatness, wise in creating, and judicious in establishing what has come into
being, beneficent throughout the visible world and kind toward those that trust
in Thee. O merciful and compassionate one, forgive us our iniquities and
misdemeanors and transgressions and shortcomings! Do not consider every sin of
Thy servants and servant maids; but cleanse us as only Thy truth can cleanse,
and direct our steps to walk in holiness of heart and to do the things which
are good and pleasing in Thy sight and in the sight of our rulers. Yes, Master,
let Thy face beam upon us, that we may do good in peace and be sheltered under
Thy mighty hand and delivered from every sin by Thy uplifted arm, and deliver
us from such as hate us without cause. Grant concord and peace to us as well as
to all the inhabitants of the earth, just as Thou didst grant it to our fathers
when they piously called upon Thee in faith and truth; grant us to be obedient
to Thy almighty and glorious name, as well as to our princes and rulers on
earth.
61. Thou, O Master,
through Thy transcendent and indescribable sovereignty hast given them the power
of royalty, so that we, acknowledging the honor and glory conferred upon them
by Thee, may bow to them, without in the least opposing Thy will. Grant to
them, O Lord, health, peace, concord, and firmness, so that they may without
hindrance exercise the supreme leadership Thou hast conferred on them. For it
is Thou, O Master, O heavenly King of all ages, that conferrest upon the sons
of men glory and honor and authority over the things which are upon the earth.
Do Thou, O Lord, direct their counsels in accord with what is good and pleasing
in Thy sight, so that they may piously exercise in peace and gentleness the
authority Thou hast granted them, and thus experience Thy graciousness. To
Thee, who alone art able to bestow these and even greater blessings upon us, we
render thanks and praise through the High Priest and Ruler of our souls, Jesus
Christ, through whom be to Thee the glory and majesty now and for all
generations and forever and evermore. Amen.
62. What we have written
to you, brethren, sufficiently explains what concerns our worship and is most
helpful for a virtuous life to those who wish to live piously and dutifully.
For, concerning faith and repentance and genuine charity and self-control and
sobriety and patient endurance–we have touched upon every subject, and reminded
you that you are in duty bound to please Almighty God through piety and truth
and long-suffering: you are to live in concord, without bearing malice, in love
and peace, joined to constant forbearance. In this manner our forbears,
mentioned above, were acceptable and cherished a humble frame of mind toward
the Father and God and Creator and all mankind. And we have all the more
pleasure in recalling this to your memory because we are well aware that we are
writing to persons who are believers and highly distinguished and deeply versed
in the writings that contain God’s educative revelation.
63. It is right,
therefore, that we should adhere to so many and such notable examples and bow
the neck and discharge the duty of obedience, so that, ceasing from that futile
dissension, we may without any blame reach the goal set before us in truth. YOU
certainly will give us the keenest pleasure if you prove obedient to what we
have written through the Holy Spirit, and extirpate the lawless passion of your
jealousy in accordance with the pleas we have made in this letter for peace and
concord. We are sending trustworthy and prudent men, who have led blameless
lives among us from youth to old age, that they may be witnesses between you
and us. We do this to make you feel that our whole care has been, and is,
directed toward establishing speedy peace in your midst.
64. And now may the
all-seeing God and Master of spirits and Lord of all flesh, who chose the Lord
Jesus Christ and us through Him to be a people set apart for Himself, grant to
every soul that invokes His transcendent and holy name–faith, fear, peace,
patient endurance and long-suffering, self- control, holiness, and sobriety, so
that they may be well-pleasing to His Majesty through our High Priest and
Ruler, Jesus Christ, through whom be to Him glory and greatness, power and
honor, both now and forever and evermore. Amen.
65. As for our
representatives Claudius Ephebus and Valerius Bito, accompanied by Fortunatus,
send them back to us at an early convenience, full of peace and joy, that they
may without delay bring tidings of peace and concord – the object of our most
ardent desires – and that we in turn may without delay rejoice in your
tranquillity.
May the grace of our Lord
Jesus Christ be with you and with all that have anywhere in the world been
called by God and through Him, through whom be to Him glory and honor and power
and majesty and everlasting dominion, from eternity to eternity. Amen.
– Pope Saint Clement
I of Rome
SOURCE : https://catholicsaints.info/pope-saint-clement-i-the-first-epistle-to-the-corinthians/

