Michelangelo (1475–1564),
Ezechiel, 1508-1512, fresco, 355 x 380, Sistine Chapel ceiling, Sistine Chapel, Apostolic
Palace, Vatican City.
Michelangelo, Il profeta Ezechiele, volta della Cappella Sistina
Fresk w Kaplicy Syksyńskiej przedstawiający Sąd Ostateczny Michała Anioła.
Saint Ézéchiel
fils de Buzi, prêtre de
Jérusalem, Ancien Testament (Ve siècle av. J.-C.)
ou Ézékiel.
Quelques années avant la
chute de Jérusalem, il fut emmené en captivité à Babylone où il exerça la plus
grande partie de son ministère prophétique. Comme prêtre, il montra un grand
zèle pour le Temple et la Loi. Comme prophète, il centra sa prédication sur le
renouvellement intérieur du cœur. "Je leur donnerai, dit le Seigneur, un
seul cœur et je mettrai en eux un esprit nouveau. J'extirperai de leur corps le
cœur de pierre et je leur donnerai un cœur de chair. Ils seront mon Peuple et
je serai leur Dieu." (Ézéchiel 11. 19 et 20)
Livre
d'Ézéchiel - Bible de la liturgie.
Commémoraison de saint
Ézéchiel, prophète. Fils du prêtre Bouzi, il eut, au temps de l'exil au pays
des Chaldéens, la vision de la gloire du Seigneur qui l'établit comme guetteur
pour la maison d'Israël. Reprochant au peuple élu son infidélité, il annonça la
ruine de la cité sainte de Jérusalem et la déportation du peuple. Établi
lui-même au milieu des captifs, il entretint leur espérance et leur prophétisa
le retour à la vie des ossements desséchés.
Martyrologe romain
SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/947/Saint-Ezechiel.html
Miniatura
bizantina con Profeta Ezechiele (X secolo),
tratta dal Codex Parisianus
Le prophète Ezéchiel
« La trentième
année, au quatrième mois, le cinq du mois, … le ciel s'ouvrit et je fus témoin
de visions divines (Ezéchiel 1,1)... Je regardai : c'était un vent de tempête
soufflant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant, avec une lueur autour, et
au centre comme l'éclat du vermeil au milieu du feu. Au centre, je discernai
quelque chose qui ressemblait à quatre animaux dont voici l'aspect : ils
avaient une forme humaine. Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre
ailes (Ezéchiel 1, 4-6)... Au-dessus de la voûte qui était sur leurs têtes, il
y avait quelque chose qui avait l'aspect d'une pierre de saphir en forme de
trône, et sur cette forme de trône, dessus, tout en haut, un être ayant
apparence humaine (Ezéchiel 1,26)… je vis quelque chose comme du feu et une
lueur tout autour ; l'aspect de cette lueur, tout autour, était comme l'aspect
de l'arc qui apparaît dans les nuages, les jours de pluie. C'était quelque
chose qui ressemblait à la gloire de Yahvé. Je regardai, et je tombai la face
contre terre ; et j'entendis la voix de quelqu'un qui me parlait. Il me dit :
"Fils d'homme, tiens-toi debout, je vais te parler." L'esprit entra
en moi comme il m'avait été dit, il me fit tenir debout et j'entendis celui qui
me parlait. » (Ezéchiel 1, 27-28; 2,1)
Ezéchiel est représenté
sous les traits d’un vieil homme, l’air affligé, s’adressant à un jeune homme
sur sa gauche. Il fut le premier prophète d'Israël envoyé hors de son pays. Il
fut en effet déporté en exil à Babylone (environ 593 av. J.-C.) où il tenta de
rappeler les Israélites à leur responsabilité morale vis-à-vis de la
déportation en Mésopotamie et de la destruction de Jérusalem, causée par
l'infidélité à leur alliance avec Dieu. Le livre des prophéties d'Ezéchiel peut
être divisé en trois parties : la première, la dénonciation des péchés du
peuple élu qui porteront à l'inévitable châtiment de Dieu, arrivant à son
comble dans la chute de Jérusalem (Ezéchiel, chapitres 1-24). La deuxième
partie est l'annonce de la ruine des peuples idolâtres (chapitres 25-32). Dans
les derniers chapitres (33-48) le prophète reçoit de Dieu la mission de
rappeler le peuple israélite à la conversion de ses péchés (33,
10-20) et d'annoncer son avenir par la vision d'une nouvelle Jérusalem, la
fondation d'un nouveau culte et d'une nouvelle terre sous le guide d'un nouveau
pasteur, David.
SOURCE : http://mv.vatican.va/5_FR/pages/x-Schede/CSNs/CSNs_V_SibProf_04.html
Fra
Angelico (circa 1395–1455), La Vision d’Ézéchiel, Armadio degli Argenti, circa 1450 ,
tempera on panel. 39 x 39, Museum of San Marco, Piazza San Marco, Florence
SAINT EZECHIEL.
On oublie trop les saints
de l’Ancien Testament. II ne sera peut-être pas inutile d’esquisser la grande
figure d’Ezéchiel, que le martyrologe romain célèbre le 10 avril.
Ezéchiel veut dire Force
de Dieu, ou Empire de Dieu. II est souvent appelé Fils de l’Homme, car il fut
l’image de Jésus-Christ.
II est caractérisé dans
l’Écriture par une parole rarement prononcée, parole courte et mystérieuse qui
lui donne une place á part parmi les grands élus.
Ezechiel, qui vidi
conspectum gloriae.
Ezéchiel qui contempla
l’aspect de la gloire! Quel homme était-il donc pour avoir été ainsi désigné
par la parole sobre de l’Écriture, á qui l’emphase est inconnue ?
On croit qu’Ezéchiel
naquit en l’an du monde 3411. II avait vingt-quatre ans quand il fut conduit
captif á Babylone avec le roi Jéchonias.
Pendant qu’Ezéchiel
partait pour Babylone, Jérémie restait á Jérusalem. Mais il se passa entre eux
un merveilleux phénomène de lumière qui est très oublié,
Ezéchiel voyait á
Babylone ce que Jérémie voyait à Jérusalem. La même désolation remplissait
leurs deux âmes; les mêmes horreurs étaient placées devant les yeux de leur
esprit. L’un était en Chaldée, l’autre en Judée, mais les menaces qui partaient
de la Chaldée et les menaces qui partaient de la Judée étaient les mêmes
menaces. L’esprit prophétique disait á l’oreille d’Ezéchiel, le captif de
Babylone, les mêmes plaintes et les mêmes imprécations qu’à l’oreille de
Jérémie, le désolé de Jérusalem.
Ezéchiel voyait en esprit
ce qui se passait à Jérusalem et lançait sur les crimes de sa patrie, qu'il
voyait par les yeux de l’âme, les mêmes anathèmes que Jérémie, qui les voyait
par les yeux du corpa.
Ezécbiel était captif
depuis cinq ans, quand le don de prophétie lui fut fait.
Il était au milieu des
captifs, quand les cieux lui furent ouverts. II avait vingt-neuf á trente ans,
et l’on peut voir ici, entre cet âge et l’âge de Jésus-Christ, une certaine
ressemblance qui n’est pas sans mystère. Saint Jean-Baptiste et Jésus-Christ
avaient trente ans quand ils commencèrent à prêcher. Ezéchiel avait trente ans
quand il commença à voir. Voir pour lui, c’était prêcher.
II demeura á Babylone, au
milieu des Juifs endurcis et captifs, captif comme eux, non pas endurci comme
eux. La présence des Juifs á Babylone était un châtiment La présence d’Ezéchiel
au milieu des Juifs était une miséricorde. II était là pour adoucir par sa
captivité l’horreur de la captivité des autres. II était là pour avertir que
Dieu n’avait pas oublié son peuple.
Il était, dit le
Saint-Esprit, le prodige de son siècle, et le signe donné à la maison d’Israël.
Par sa voix, le souffle de Dieu passait encore sur la tête de ce peuple
infidèle, puní, rappelé, averti, caressé, menacé. Saint Jérôme nous dit que les
prophéties de Jérémie étaient envoyées de Jérusalem á Babylone, et les
prophéties d’Ezéchiel de Babylone á Jérusalem.
Ainsi les Juifs
échangeaient leurs trésors. Les coups et les contre coups de la lumière
allaient de la terre d’exil á la terre de la patrie, et de la terre de la
patrie á la terre d’exil. Et, par une magnifique concordance, les échos de
Babylone et les échos de Jérusalem se renvoyaient les uns aux autres les mêmes
lamentations, les mêmes supplications, les mêmes imprécations et les mêmes
espérances.
Dans le langage
symbolique, Jérusalem représente la cité de Dieu; Babylone, la cité de Satan.
Jérusalem et Babylone
sont les deux pôles du monde moral.
Ces deux voix
discordantes ont été, pour un moment, réduites á l’harmonie. C’est qu’à ce
moment-là, Ezéchiel était á Babylone, dépositaire sacré de l'esprit de
Jérusalem. Et á ce moment-là, Jérémie, qui était á Jérusalem, lançait sur elle
ses foudres, parce qu’il reconnaissait en elle l’esprit de Babylone.
L’esprit de Babylone
avait envahi Jérusalem, et c’est pourquoi les habitants de Jérusalem furent
condamnés á Babylone.
Mais parmi ces captifs,
voici Ezéchiel. Et, par lui, l’esprit de Jérusalem envahit Babylone, et les
Juifs, á la fois instruits et confondus, virent fondre sur eux, de droite et de
gauche, la même lumière et la même foudre.
Les deux nuages portaient
les mêmes mystères.
Les deux tonnerres
avaient les mêmes grondements.
Saint Grégoire dit
qu’Ezéchiel n’est pas seulement prophète, mais docteur. Ses prophéties ont le
caractère de prédications. Et, comme s’il eut voulu donner aux prédicateurs
futurs un enseignement muet et profond, Ezéchiel, avant de parler, pleura sept
jours en silence.
Il décrit le lieu où il
osa enfin élever la voix. C’était prés du fleuve Chobar, qui verse ses eaux
dans l’Euphrate, non loin de Circésium.
David semblait avoir
prophétisé ce prophète quand il disait : Nous nous sommes assis et nous avons
pleuré le long des fleuves de Babylone.
Super flumina Babylonis
illic sedimus et flevimus.
On dirait que la
tristesse d’Ezéchiel avait été devinée par l’âme de David et le fleuve Chobar
entrevu par les yeux de son esprit.
On dirait que la
mélancolie du captif contemplait dans l’eau courante la rapidité du torrent qui
emporte les choses humaines.
Le langage d’Ezéchiel est
superbe de liberté. Des imbéciles en ont ri au siècle dernier ; mais leur rire
ne s’entend plus. Et la parole d’Ezéchiel retentit toujours.
La vision du char
mystérieux traîné par quatre animaux promène de siècle en siècle les mystères
dont elle est remplie. Et si les échos de Jérusalem répondaient instantanément
aux échos de Babylone, par la voix de Jérémie, les échos de Pathmos leur ont
répondu plus tard, par la voix de saint Jean.
La résurrection
universelle apparut au prophète. Ezéchiel vit d’avance l’heure solennelle où
les terres et les océans rendront leurs morts.
« La main de Jéhova se
reposa sur moi et me transporta dans une plaine couverte d’ossements. »
Voici quelques traits de
cette scène grandiose :
« — Fils de ‘homme, me
demanda Jéhova, ces restes desséchés revivront-ils?
« Seigneur, vous le
savez.
« — Adresse-leur la
parole. Dis-leur : Ossements arides, écoutez l’ordre de Jéhova. Voici ce qu’a
dit l’Éternel : Mon souffle va vous pénétrer et vous vivrez. J’étendrai sur
vous des nerfs comme un réseau : je ferai croître les chairs ; j’inspirerai en
vous l’Esprit de Vie et vous ressusciterez.
« — Je pris la parole et
je répétai l’ordre.
« A ma voix un cliquetis sonore retentit parmi les ossements. Les os se rapprochaient des os; ils se couvrirent de leur réseau
nerveux ; voici la peau; voici des chairs nouvelles. Mais ils n’avaient pas
encore l’Esprit de Vie, et Jéhová me dit : — Fils de l’homme, parle á l’Esprit.
Dis-lui : Voici la parole du seigneur Adonaï : Esprit, accours des quatre vents
du ciel Souffle sur ces morts et qu’ils revivent!
« Ma voix répéta l’ordre,
et l’Esprit de Vie pénétra les cadavres; ils ressuscitèrent, et se dressant sur
leurs pieds, ils parurent devant moi comme une armée innombrable. »
D’après une tradition
recueillie par saint Isidore et saint Epiphane, Ezéchiel eut le don des
miracles. D’après cette tradition, il aurait conduit le peuple juif qui
l’aurait suivi á pied sec par le milieu du fleuve Chobar, comme autrefois Moïse
á travers la mer Rouge ; il aurait, dans une famine, suscité tout á coup un
nombre immense de poissons, etc. Mais l’Écriture est muette sur cette
tradition»
Enfin Ezéchiel mourut
martyr.
L’ouvrage attribué á
saint Epiphane sur la vie et la mort des martyrs, la tradition de saint
Isidore, évêque de Séville et le martyrologe romain, nous apprennent qu’il fut
tué á Babylone, parce qu’il reprochait son idolâtrie au magistrat chargé de
juger Israël captif.
Le martyrologe ajoute
qu’il fut enterré dans la sépulture de Sem et d’Arphaad, qui étaient les
ancêtres d’Abraham.
Saint Athanase, dans son
livre de l’Incarnation du Verbe, dit qu’Ezéchiel est mort pour la cause du
peuple. On ne sait s’il fut lapidé ou écartelé. Andricominius, dans son Théâtre
de la terre sainte, adopte ce dernier sentiment.
On voit encore
aujourd’hui, au lieu nommé Kiffel, le tombeau du prophète. Le lieutenant
Lepich, chargé par les Etats-Unis d’une mission en Palestine, rapporte sur ce
tombeau d’intéressants détails cités par M. l’abbé Darras, dans son Histoire
de l’Église (t. III, p. 344).
Le chef des tribus qui
habitent ce pays conduit les voyageurs dans une grande salle soutenue par des
colonnes. Au fond de cette salle une grande boîte contient une copie des cinq
livres de Moïse écrite sur un seul rouleau. Au sud, une pièce plus petite
contient le tombeau d’Ezéchiel. Le dôme de cette chambre est doré, et
continuellement illuminé par une grande quantité de lampes qui ne s’éteignent
ni jour ni nuit.
Telle est, dans sa forme
historique, et vue du côté de la terre, du côté des ténèbres, la grande figure
d’Ezéchiel.
Une certaine obscurité
plane sur les détails, comme il arrive aux hommes qui sont plus haut que les
lieux qui fixent ordinairement les yeux et le coeur de l’histoire.
Ernest HELLO. Physionomie
de saints,
SOURCE : https://archive.org/stream/PhysionomiesDeSaintsParErnestHello/physionomies%20de%20saints_djvu.txt
Raphael (1483–1520),
Ezekiel's Vision, 1518, oil on panel,
41 x 30, Galleria Palatina,
Palazzo Pitti, Florence,
Le livre d’Ezéchiel
Ézékiel est un prêtre du
temple de Jérusalem. Il fait partie des Israélites déportés à Babylone en 597
avant Jésus-Christ. Environ quatre ans plus tard, Dieu l'appelle à devenir son
prophète.
Le livre d’Ézéchiel
s’ouvre sur une vision grandiose et saisissante du prophète : celle du
«char de Yavhé» quittant le Temple dans un grand déploiement de splendeur
(Ézéchiel 1, 4-28). Ce char de Yavhé est composé de quatre Vivants – que la
tradition chrétienne assimilera aux quatre évangélistes – d’Anges aux
ailes déployées, de feu, d’éclairs, d’animaux et de pierres précieuses. Il
repose sur quatre roues démesurées qui lui donnent une étrange mobilité. Même
si la vision de ce «char de Yavhé» reste obscure, le sens général en est
parfaitement clair : la présence de Dieu n’est pas attachée à un lieu
déterminé, elle accompagne les Juifs fidèles dans leur exil.
Cette vision fait partie
du trésor de la mystique juive. Elle sera employée au 1er siècle par les
savants juifs pour comprendre comment survivre après la destruction du second
Temple par Titus. Yohannan Ben Zakkai, fondateur du judaïsme rabbinique en
sera, avec bien d’autres un adepte fervent. On retrouvera ce thème du «voyage
céleste» dans la Kabbale.
Ézéchiel est ensuite
conduit par Dieu lui-même dans un étonnant voyage initiatique et prophétique
qui lui permet de voir les abominations et les infidélités du peuple élu. Il a
été sacrilège, idolâtre, meurtrier, désormais Dieu le délaisse (chapitres 4 à
24). Quant aux nations, tout aussi infidèles, elles ne sont pas en reste en
fait de jugement et d’annonce de châtiments (chapitres 25 à 32).
Pourtant, un espoir
demeure pour Israël (chapitres 33 à 48) : l’Alliance ancienne doit être
remplacée par une Alliance éternelle et nouvelle plusieurs fois annoncée (16,
60 ; 23, 26). Mais Israël n’y aura aucun mérite. Il s’agira d’un pur don
de Dieu (16, 61-63). Le Messie annoncé par Ézéchiel ne sera plus un roi mais un
berger. (34, 23) Il ne s’agit plus de l’annonce d’une théocratie mais de la
mise en avant du rapport personnel de l’homme avec son Dieu, seul source de
salut. C’est ainsi qu’apparaissent deux thèmes tout à fait nouveaux :
celui de la rétribution personnelle et celui du renouvellement intérieur :
«J’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair».
(36, 26).
Cette spiritualisation de
la foi d’Israël est le grand apport d'Ézéchiel. Elle ouvre la voie au Judaïsme
moderne et au christianisme. Jésus est le bon pasteur annoncé par le prophète
et il annonce le culte «en esprit et en vérité» dont Jésus parlera à la
Samaritaine.
Jean-Pierre Rosa - 2014
SOURCE : http://www.croire.com/Definitions/Bible/Ezechiel/Le-livre-d-Ezechiel
EZECHIEL
Fils de Busi, prophète de
la race sacerdotale (Eze 1 :3), fut emmené captif à Babylone par
Nabuchodonosor, avec Jéchonias, roi de Juda, l'an du monde 3405, avant
Jésus-Christ 595, avant l'ère vulgaire 599. Dieu ne lui communiqua l'esprit de
prophétie que durant sa captivité ; car il ne paraît pas qu'avant son arrivée
dans la Mésopotamie, il eût encore prophétisé.
Il commença son ministère
la trentième année (Eze 1 :1) de son âge, selon plusieurs, ou plutôt, la
trentième année depuis le renouvellement de l'alliance avec le Seigneur, faite
sous le règne de Josias ; ce qui revient à la cinquième année de la captivité
d'Ezéchiel, du monde 3410 ; et il prophétisa pendant vingt ans, jusqu'en 3430,
qui était la quatorzième année après la prise de Jérusalem, avant Jésus-Christ
570, avant l'ère vulgaire 574.
Un jour donc qu'Ezéchiel
était au milieu des captifs, sur le fleuve de Chobar, ou Chaboras, il eut une
vision, où le Seigneur lui apparut sur un trône ou une espèce de chariot, porté
par quatre chérubins, appuyés sur quatre manières de roues (Eze 1). Le Seigneur
lui fit entendre sa voix ; et l'envoya annoncera son peuple ce qui devait leur
arriver (Eze 2). Il lui sembla qu'on lui présentait un livre en rouleau, et
qu'il le mangeait. Après cela, il se trouva au milieu des captifs (Eze 3), et y
demeura assis sur le fleuve Chobar pendant sept jours, ne cessant de pleurer.
Alors le Seigneur lui adressa sa parole, et l'établit sentinelle de son peuple.
En même temps le Seigneur lui apparut de nouveau dans sa gloire, et lui ordonna
de s'enfermer dans sa maison, et lui prédit qu'on l'y arrêterait, et qu'on l'y
lierait avec des chaines comme un furieux. Ce qui arriva en effet.
Pendant qu'il était ainsi
arrêté dans son logis (Eze 4), Dieu lui dit de dessiner sur une brique, ou sur
une pièce de terre molle, la ville de Jérusalem assiégée et environnée de
remparts, suivant la manière ancienne d'assiéger les villes ; de mettre entre
la ville et lui une plaque de fer ; d'avoir les yeux arrêtés sur cette ville ;
de demeurer trois cent quatre-vingt-dix jours couché sur son côté gauche, pour
marquer les iniquités des enfants d'Israël ; et, après cela, de se retourner et
de demeurer quarante jours couché sur son côté droit, pour marquer les
iniquités de Juda. Ces quatre cent trente jours marquaient la durée du siège de
Jérusalem par Nabuchodonosor et celle de la captivité des dix tribus ; qui
devait être de trois cent quatre-vingt-dix ans ; et celle de Juda, qui devait
être de quarante ans, à commencer à la dernière prise de Jérusalem, sous
Sédécias, ou plutôt à la quatrième année d'après ce siège, lorsque Nabuzardan
enleva ce qui testait de Juifs dans le pays, et les transporta à Babylone (Jer
52 :30), l'an du monde 3420, et en les finissant, à la mort de Balthazar,
vers l'an 3466, selon Ussérius ; ou, mettant le commencement à la prise de
Jérusalem en 3416 et la fin en 3457, qui est la première année de Cyrus à
Babylone, selon notre supputation.
Dieu lui dit ensuite (Eze
4 :9,10) de prendre du froment, de l'orge, des fèves, des lentilles, du
millet et de la vesce ; de s'en faire autant de pains qu'il devait demeurer de
jours couché, sur son côté, et de frotter ces pains avec des excréments qui
sortent du corps de l'homme. Ezéchiél ayant témoigné sa répugnance sur ce
dernier article, Dieu lui permit de prendre en la place de la fiente de bœuf.
Tout cela était une figure de ce qui devait arriver dans Jérusalem, où les
Israélites devaient être réduits pendant le siége à manger du pain souillé, et
encore en petite quantité, et dans des frayeurs et des inquiétudes
continuelles. Après cela, Dieu lui dit de se couper les cheveux (Eze 5), d'en
faire trois parts, d'en brûler une partie, d'en couper une autre partie avec
l'épée, et de jeter le reste auvent, pour marquer que les habitants de
Jérusalem seraient, les uns consumés par la peste et par la famine, les autres
mis à mort par le glaive, et les troisièmes dispersés en divers endroits du
monde.
L'année suivante,
Ezéchiel fut transporté en esprit à Jérusalem (Eze 8), et Dieu lui fit voir les
abominations et les idolâtries que les Juifs y commettaient, et qui devaient
attirer sur eux les plus terribles effets de la vengeance du ciel. Comme il
était encore dans le temple, Dieu ordonna à cinq anges, qui portaient chacun un
instrument de mort, de tuer dans Jérusalem tous ceux qui ne seraient point
marqués du signe de vie (Eze 9); et en même temps il ordonna à un ange, qui
était avec les cinq autres, de passer au milieu de la ville, et de marquer d'un
T tous ceux qui gémissaient et qui étaient affligés des désordres de
Jérusalem. Tout cela fut exécuté, et la vengeance commença par le temple du
Seigneur, qui fut bientôt rempli de sang et de carnage. Le Seigneur, ayant de
nouveau paru dans sa gloire (Eze 10), ordonna au même ange qui avait imprimé le
caractère de vie sur ceux qui devaient être, sauvés, de prendre des charbons du
milieu des chérubins qui portaient le trône du Seigneur, et de répandre ces
charbons sur la ville qui marquait le feu de la guerre et de la vengeance
divine qui devait bientôt tomber sur elle.
Cinq ans avant le dernier
siége de Jérusalem, le Seigneur dit à Ezéchiel (Eze 12) : « Préparez-vous comme
un homme qui quitte son pays pour aller ailleurs ; vous ferez transporter vos
meubles devant votre peuple en plein jour, et vous passerez d'un lieu, en un
autre devant leurs yeux, pour voir s'ils y feront attention. Percez la muraille
de votre maison et sortez-en par l'ouverture que vous aurez faite. Vous
aurez des hommes qui vous porteront sur leurs épaules durant l'obscurité, et
vous aurez un voile sur les yeux, afin que ce spectacle attire leur attention.
Vous leur direz que ce que vous faites s'exécutera lorsque l'ennemi aura pris
Jérusalem, et que le roi Sédécias sera ainsi traité et emporté de son palais. »
Il ajouta : que ces choses n'étaient point éloignées, et que bientôt on enverrait
l’accomplissement. Enfin il invective fortement contre les faux prophètes, et
les fausses prophétesses, et contre ceux qui, se laissaient séduire à leurs
vaines prédictions (Eze 13 Eze 14).
Pendant que ces choses se
passaient dans la Mésopotamie, Sédécias, roi de Juda, prenait des mesures
sécrètes avec les rois d'Égypte, d'Edom, et quelques autres princes voisins,
pour se révolter contre Nabuchodonosor, roi de Babylone. Ce prince marcha
contre Jérusalem, et en fit le siège l'an du monde 3414, avant Jésus-Christ
556, avant l'ère vulgaire 590, le dixième jour du dixième mois de la neuvième
année de Sédécias. Le même jour et la même année, Ezéchiel, qui était en
Mésopotamie, à plus de deux cents lieues de Jérusalem, annonça cet événement
aux Juifs qui étaient avec lui en captivité (Eze 14) ; il représenta la ruine
future de Jérusalem et de ses habitants sous la figure d'une chaudière pleine
de chair et d'os, laquelle est mise sur le feu jusqu'à ce que la chair et les
os soient consumés et que le cuivre même de la chaudière soit fondu et brûlé.
En même temps, la femme du prophète étant morte, Dieu lui défendit de la
pleurer et d'en faire le deuil. Le peuple ayant demandé au prophète ce que
voulaient dire toutes ces actions figuratives, il leur répondit que Dieu leur
allait ôter tout ce qu'ils avaient de plus cher : leur temple, leur ville, leur
patrie, leurs parents et leurs amis; et qu'ils n'auraient pas même la triste
consolation de les pleurer.
Pendant le siège de
Jérusalem, Ezéchiel prophétisa contre l'Égypte (Eze 19 :16 Eze 30 Eze 31)
et contre Tyr (Eze 24). Il apprit la prise de Jérusalem le cinquième jour du
dixième mois (Eze 33 :21), de l'an du monde 3417, environ six mois après
que la ville avait été rendue ; ce qui fait juger que la demeure de ce prophète
était dans un endroit fort reculé de la province, et fort éloigné de Babylone,
où cette nouvelle fut sans doute bientôt portée. Dès la veille du jour auquel
le messager arriva, le Seigneur avait ouvert la bouche au prophète, et lui
avait fait prédire que les restes du peuple qui étaient demeurés dans la Judée,
et qui se flattaient encore d'un prompt rétablissement, seraient aussi
dispersés, comme il arriva en effet quatre ans après (Jer 52 :30). Ce fut
apparemment en, ce même temps qu'il prédit les malheurs des Sidoniens, des
Tyriens, des Iduméens, des Ammonites (Eze 25), qui arrivèrent cinq ans après la
ruine de Jérusalem.
Le siège de la ville de
Tyr (Eze 26 Eze 27) et la guerre de Nabuchodonosor contre l'Égypte (Eze 25)
sont, après les affaires des Juifs, ce qui se fait le plus remarquer dans
Ezéchiel. Après ces visions fâcheuses, Dieu lui fit voir des objets plus
consolants : le retour de la captivité, le rétablissement de la ville et du
temple, du royaume et des villes de Juda et d'Israël ; leurs victoires centre
leurs ennemis, et leur état nouveau plus florissant que le premier. Tout cela
est compris dans les chapitres XXXVI, XXXVII XXXVIII et les suivants, jusqu'à
la fin du livre.
Saint Jérôme croit que
comme Jérémie prophétisait à Jérusalem en même temps qu'Ezéchiel au delà de
l'Euphrate, on envoyait les prophéties de celui-ci à Jérusalem, et réciproquement
celles de Jérémie dans la Mésopotamie, afin de consoler et d'affermir les Juifs
captifs dans leur exil. On dit qu'Ezéchiel fut mis à mort par le prince de son
peuple, parce qu'il l'exhortait à quitter l'idolâtrie. On ne voit guère quel
pouvait être ce prince du peuple juif sur le Chaboras, où demeurait Ezéchiel.
On assure aussi que son corps fut mis dans la même caverne où avaient été mis
Sem et Arphaxad, sur le bord de l'Euphrate. Benjamin de Tudèle dit que ce
tombeau est derrière la synagogue, entre l'Euphrate et le Chaboras ; qu'il est
placé sous une fort belle voûte bâtie par le roi Jéchonias; que les Juifs y
entretiennent une lampe qui brûle toujours, et qu'ils se vantent d'y conserver
le livre écrit de la main de ce prophète, qu'ils lisent tous les ans au jour de
l'Expiation solennelle.
Josèphe dit qu'Ezéchiel
laissa deux livres sur la captivité de Babylone. Il dit ailleurs que, ce
prophète ayant prédit la ruine du temple et que Sédécias ne verrait pas
Babylone, cet écrit fut envoyé à Jérusalem. Il est vrai qu'Ezéchiel, (Eze
XII :13), prédit que ce prince serait mené à Babylone, et qu'il ne la
verrait point. Mais on ne lit pas dans les ouvrages d'Ezéchiel que nous avons
aujourd'hui, que cet écrit ait été envoyé à Babylone. Saint Athanase a cru que
l'un des deux volumes d'Ezéchiel ne subsistait plus. Spinoza croit que ce que
nous avons de ce prophète n'est que le débris d'un plus grand écrit. Mais nous
ne voyons aucune bonne preuve de tout cela ; et nous ne savons d'où Josèphe
avait appris ce qu'il dit de ces deux prétendus ouvrages d'Ezéchiel.
Les oeuvres de ce
prophète ont toujours été reconnues pour canoniques, et on ne les lui a point
contestées. Toutefois les Juifs disent que le sanhédrin délibéra longtemps si
l'on mettrait son livre dans le canon. On lui objectait l'obscurité du commencement
et de la fin de sa prophétie, et ce qu'il dit (Eze XVIII, 2, 20), que le fils
ne porterait plus l'iniquité de son père; ce qui est contraire à Moïse (Ex
34 :7 ; 20 :5), qui dit que le Seigneur venge l'iniquité des
pères sur les enfants jusqu'à la troisième et quatrième génération.
Saint Clément
d'Alexandrie dit que quelques-uns croient que Nazaratus, Assyrien, précepteur
de Pythagore, était le même qu'Ezéchiel. Mais pour lui il n'est nullement de
cet avis. Il ne croit pas que Pythagore ait jamais vu Ezéchiel Ce philosophe a
vécu assez longtemps après notre prophète. Saint Epiphane et Dorothée racontent
diverses choses dans la vie d'Ezéchiel qui passent pour fabuleuses dans
l'esprit des plus savants critiques. Ils disent, par exemple, que ce prophète
fit plusieurs miracles dans la Chaldée; qu'il partagea les tribus de Dan et de
Gad dans Babylone; qu'il envoya contre eux des serpents, qui dévorèrent leurs
enfants et leur bétail, en punition de leur idolâtrie; qu'il ramena le peuple à
Jérusalem pour confondre les incrédules ; enfin qu'il fut enterré dans le pays
des Spyres, apparemment des Sapires. Quoi qu'en disent certains auteurs, le
temps et le genre de sa mort sont incertains. Les Juifs ne permettaient pas la
lecture, au moins du commencement de ce prophète, avant l'âge de trente ans.
Les Juifs ont parlé
d'Ezéchiel d'une manière fort méprisante. Ils disent qu'il était Serviteur ou
garçon, puer, de Jérémie; qu'il était l'objet des railleries et des
moqueries de son peuple : d'où vient qu'on lui donna le nom de fils de Buzi,
c'est-à-dire, fils du mépris, ou du méprisé. Ils l'accusent d'avoir enseigné
plus d'une chose contraire à Moïse, par exemple sur la matière des sacrifices,
et d'avoir dit que Dieu ne ferait pas passer la peine du péché des pères aux
enfants ; au lieu que Moïse la fait descendre jusqu'à la troisième et quatrième
génération (Comp Ex 20 :5 Eze 18 :2-4). Sous ce prétexte, le
sanhédrin délibéra un jour de le rayer du nombre des écrivains sacrés et de
retrancher ses ouvrages du canon des livres saints.
Une autre raison qui fit
balancer de supprimer ses ouvrages fut leur obscurité, principalement la vision
du chariot mystérieux au chapitre premier. Les suffrages allaient presque tous
à le condamner, si le rabbin Chananias, qui vivait alors, ne se fût offert d'en
lever toutes les difficultés. On y consentit, et, pour l'aider dans son
travail, on lui fit présent de trois cents tonneaux d'huile pour allumer ses
lampes, et pour l'éclairer pendant qu'il travaillerait à cet ouvrage. On
comprend bien que tout cela n'est qu'une hyperbole des talmudistes, pour
exagérer la difficulté d'expliquer les prophéties d'Ezéchiel ; et il est à
croire que tout ce qu'ils racontent de la délibération du sanhédrin à ce sujet
est une pure fable.
Benjamin de Tudèle
raconte dans ses voyages qu'il a vu, à quelques lieues de Bagdad, un superbe
mausolée, au-dessus duquel était une fameuse bibliothèque. Le mausolée était le
tombeau du prophète Ezéchiel, qui était fréquenté tous les ans par tous les
chefs de la captivité, qui s'y rendaient avec une nombreuse suite. C'est un
lieu de dévotion, non-seulement pour les Juifs, mais aussi pour les Perses, les
Mèdes, et quantité de musulmans, qui y vont faire leurs présents et s'acquitter
de leurs voeux. Ces peuples ont ce lieu en une singulière vénération; les
armées mêmes n'y touchent jamais. Une lampe luit continuellement sur son
tombeau, et c'est le chef de captivité de Bagdad qui fournit de quoi
l'entretenir. Ce pèlerinage continue encore aujourd'hui avec beaucoup de
dévotion.
Quant à la bibliothèque
qu'on voyait au même lieu, il dit qu'elle était très-nombreuse, et que tous
ceux qui mouraient sans enfants l'augmentaient, en y envoyant de leurs livres.
On y voyait même, dit-on, l'original des prédictions de ce prophète, qu'il
avait écrit de sa main. Voilà qui paraît fort circonstancié, et qui a assez
l'air de vrai.
Cependant un auteur assez
ancien dit qu'il fut tué par le commandant de sa nation, irrité de la censure
que le prophète faisait de sa conduite, et qu'il fut enterré dans la caverne où
reposaient Sein et Arphaxad, ancêtres d'Abraham. Un auteur qui vivait du temps
de Constantin dit qu'Ezéchiel est enterré à Bethléem, dans le même lieu que
Jessé, David et Salomon.
On sait qu'Ezéchiel parle
d'une résurrection fameuse (Eze 37 :1), et qu'un jour ayant été mené dans
un champ plein d'os, l'esprit de Dieu lui ayant fait faire le tour du champ,
lui dit: Croyez-vous que ces os ressusciteront? En même temps il lui dit :
Prophétisez sur ces os, et dites-leur : Os arides, écoutez la parole du
Seigneur; je vais répandre dans vous l'esprit de vie, et vous vivrez. En effet,
comme le prophète parlait, tous ces os commencèrent à se remuer et à se
rejoindre, et enfin ils ressuscitèrent. On a fort disputé sur cet événement
s'il était réel, ou s'il était seulement figuratif et arrivé en esprit pour
marquer au prophète d'une manière plus vive et plus expresse le retour de la
captivité des Juifs. Plusieurs rabbins ont cru que la chose était arrivée dans
la rigueur comme le raconte le prophète; mais la plupart des commentateurs
croient que le tout se passa en idée et en vision.
Voici comme les
mahométans la racontent : La petite ville de Davardan, qui est de la dépendance
de la ville de Vassith, ayant été attaquée de la peste, plusieurs des habitants
quittèrent leurs demeures et conservèrent leur vie. Une autre année, la peste
s'y fit sentir de nouveau, et tous les habitants en sortirent avec leurs
troupeaux. Comme ils furent arrivés dans une profonde vallée, deux anges
apparurent aux deux extrémités de la vallée, qui leur annoncèrent la mort de la
part dè Dieu. Ils moururent tous avec leurs bestiaux. Les habitants du
voisinage en ayant été informés, s'y rendirent pour leur donner la sépulture;
mais le nombre des morts était si grand, qu'ils n'en purent venir à bout. Ils
fermèrent la vallée de deux murailles aux deux bouts, et laissèrent une grande
partie des cadavres sur la terre, où ils furent bientôt consumés, et il n'en
resta que les os. Le prophète Ezéchiel, passant par là quelques années après,
fit cette prière à Dieu : Seigneur, de même qu'il vous a plu manifester
sur ceux-ci votre puissance avec terreur, regardez-les maintenant d'un oeil de
clémence et de miséricorde. Dieu exauça ses prières, et les ressuscita. Voilà
quel est le caractère de ces peuples orientaux ; il n'y a presque aucune
histoire qu'ils ne déguisent, et qu'ils n'embellissent à leur manière. Les
musulmans font succéder Ezéchiel à Caleb, fils de Jéphoné, qui jugea Israël
après la mort de Josué. Voila un anachronisme des plus forts.
SOURCE : http://456-bible.123-bible.com/calmet/E/ezechiel.htm
Sammlung der Predigten des Hl. Gregor von Nazianz, Szene: Vision des Ezechiel, circa 800, Bibliothèque nationale de France MS Grc 510, folio 438v
Introduction à Ezéchiel
Les circonstances
historiques et politiques au sein desquelles Ezéchiel a commencé son
ministère ont été, pensons-nous, suffisamment esquissées dans l'introduction au
livre de Jérémie. Nous y renvoyons d'une manière générale, nous bornant à
rappeler ici ce qui importe plus particulièrement au sujet actuel.
A Jéhojakim, dont la
rébellion avait amené l'armée de Nébucadnetsar sous les murs de Jérusalem,
succéda Jéhojachin, qui ne régna que trois mois. Le nouveau roi était monté sur
le trône au milieu des embarras et des misères du siège. Ce fut sans doute
l'arrivée du monarque chaldéen en personne devant sa capitale, qui le décida à
conclure une capitulation. La ville fut épargnée ; mais en se rendant, le
roi ne sauva que sa vie. Il fut emmené à Babylone avec dix mille habitants de
Jérusalem, environ tous ceux qui, en cas de nouvelles complications, pouvaient
se rendre redoutables par leur position, leur intelligence ou leur connaissance
des armes (2 Rois 24.15 et suivants). Ces choses se passaient en 599 avant J-C.
Tandis que Jéhojachin
était conduit à Babylone, où il demeura en prison durant de longues années
(comparez 2 Rois 25.27), une partie des captifs, emmenés avec lui, furent
transportés sur les bords du fleuve Kébar, en Mésopotamie. C'est au nombre de
ces derniers que se trouvait l'homme de Dieu dont nous allons étudier la
personne et le ministère.
II
Ezéchiel, dont le nom
signifie : Dieu fortifie, était fils d'un sacrificateur nommé Buzi (1.3).
Nous ne connaissons rien de sa vie antérieure. De la manière dont il parle du
temple, et généralement de sa connaissance de la vie sacerdotale (chapitres
8 ; 40 et suivants), on peut conclure qu'il avait exercé à Jérusalem,
pendant un certain temps, les fonctions sacrées. Nous pouvons calculer jusqu'à
un certain point la durée de son activité. Il fut appelé au ministère
prophétique cinq ans après sa déportation en Chaldée (1.2,3, vers l'an 595
avant J-C), six ans par conséquent avant la ruine de Jérusalem. D'après 29.17,
celui de ses discours qui porte la date la plus tardive a été prononcé la
vingt-septième année de la captivité ; nous devons donc attribuer à son
ministère une durée de vingt-deux ans au moins. Nous ne savons rien de sa mort.
Une légende juive prétend qu'il fut tué par un des princes de Juda auquel il
avait reproché son idolâtrie ; mais rien de moins certain que ces
traditions extra-bibliques. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que l'on ne
découvre dans son livre absolument rien qui puisse faire supposer qu'il ait vu
lui-même le retour de la captivité et l'accomplissement des promesses par
lesquelles il avait si souvent relevé le courage du peuple captif.
Son livre jette quelque
lumière sur son genre de vie au milieu de ses frères de la captivité. Il était
marié (24.18) ; il jouissait d'une grande considération auprès de ses
compatriotes qui l'entouraient ; on le consultait volontiers (8.4 ;
14.1 ; 33.31). Son activité avait quelque analogie avec le ministère
évangélique. Nous recueillons dans le livre d'Ezéchiel les renseignements
suivants sur la situation extérieure et l'état moral de la colonie israélite.
La localité où
les exilés se trouvaient groupés s'appelait Tel-Abib, colline des
épis (3.15), nom qui paraît indiquer la fertilité. Les exilés jouissaient
d'une assez grande liberté. Leurs relations avec la mère-patrie n'étaient pas
entravées. Ils possédaient des maisons et des terres (8.1 et Jérémie 29.5). Ils
étaient administrés par leurs propres anciens (14.1 ; 20.1),
sans doute sous la surveillance d'un représentant du roi. Les exilés formaient
l'élite de la nation, au point de vue intellectuel et social (voir plus haut),
aussi bien qu'au point de vue religieux. C'est ce qui ressort de la vision des
deux paniers de figues (Jérémie 24.1 et suivants). Mais cette supériorité ne
pouvait être que relative. Les illusions auxquelles se livrait la portion du
peuple demeurée à Jérusalem et qui allaient lui être si fatales, n'avaient pas
pris fin tout d'un coup chez les premières victimes de la captivité. Aussi Dieu
lui-même dépeint-il à Ezéchiel ses compagnons comme une race rebelle, en face
de laquelle il rendra son front dur comme le diamant. Sous le respect extérieur
pour Jéhova et pour son prophète (33.31), se retrouvaient chez eux les
dispositions qui allaient causer la ruine de Jérusalem. L'influence des faux
prophètes (chapitre 13) contrebalançait celle de l'envoyé de Dieu. L'idolâtrie
persistait sous une forme ou sous une autre (14.3 et suivants), et le tableau
des moeurs de la colonie, tracé dans des passages comme 23.25-26, justifie
l'assertion du prophète que le nom de l'Eternel était blasphémé à cause
d'Israël au milieu des païens, 36.20,21. En un mot, ce commencement de
châtiment n'avait pas plus produit ses fruits sur la terre d'exil qu'à
Jérusalem, et il devenait toujours plus évident que, pour être profitable, le
jugement devait s'exécuter jusqu'au bout.
III
Quelle était, dans ces
circonstances, la tâche du prophète ?
Etrangers au milieu d'une
grande nation idolâtre, sans culte, sans lien religieux avec le centre de la
vie israélite, les exilés étaient exposés à perdre rapidement la connaissance
vivante du vrai Dieu et par là tout espoir de restauration. Il était
nécessaire, pour parer à ce danger, de suppléer autant que possible, aux moyens
de grâce qui leur manquaient. C'est à ce besoin que Dieu pourvoit par les
révélations accordées au prophète qu'il suscite au sein de l'exil. Il se révèle
à lui dans une apparition magnifique, à la suite de laquelle le prophète fait
entendre aux exilés de nombreuses prédictions, d'une étonnante précision de
détail et d'une forme symbolique très riche, en harmonie avec le milieu où ils
vivent, et décrit enfin, dans le tableau du nouveau temple, la perfection
sublime des derniers temps.
Un fait capital partage
en deux parties le ministère d'Ezéchiel : c'est la ruine de Jérusalem. Jusqu'à
ce moment le prophète parle à son peuple un tout autre langage que celui qu'il
emploiera plus tard. Le patriotisme religieux des Israélites se révoltait à la
pensée qu'un jugement de Dieu pût détruire la ville sainte. Il fallait préparer
les esprits à cette catastrophe, et pour cela leur faire sentir jusqu'à quel
point elle était méritée. Voilà ce que Dieu fait en Babylonie par le ministère
d'Ezéchiel, en même temps qu'à Jérusalem par celui de Jérémie. C'est dans ce
but que notre prophète accumule dans la première partie de son livre les
descriptions des crimes de Jérusalem, de son idolâtrie, de son immoralité. Il
travaille ainsi à renverser la chimérique attente d'un retour prochain des exilés
dans leur patrie et l'espérance, plus folle encore, d'une victoire remportée
par le peuple de Jérusalem sur les Chaldéens. Par là il prévient en même temps
le découragement qui aurait pu si facilement saisir les exilés au moment de la
ruine de Jérusalem, et il prouve que dans cette catastrophe tout est à la
charge du peuple rebelle, et que rien ne peut être imputé à l'impuissance ou à
l'infidélité de Dieu lui-même.
Mais dès que fut arrivée
la fatale nouvelle (23.21), les prédications du prophète prirent un tout autre
caractère. Aux censures de la sainteté succèdent les promesses. Ezéchiel
s'adresse maintenant au résidu croyant, à ce « saint reste, » dont avait parlé
Esaïe, qui a su reconnaître « qu'il y avait un prophète au milieu d'eux. »
Devant ce peuple humilié, qu'il faut désormais garder d'abattement, il étale
les perspectives du relèvement ; il décrit l'avènement du vrai Berger
prenant la place des pasteurs indignes, l'effusion de l'Esprit et la conversion
des coeurs, la résurrection nationale et le triomphe de la théocratie restaurée
sur tous ses futurs ennemis. Préparées comme elles l'avaient été par la
première partie de son ministère, ces promesses purent tomber dans un sol bien
préparé et être saisies par la foi, sans que les illusions de l'orgueil ou d'un
patriotisme faussé risquassent d'en dénaturer le sens.
IV
A cette double tâche du
prophète correspond l'ordonnance de son livre. Dans tout
l'Ancien Testament il n'est pas d'écrit dont le plan et la pensée intime
ressortent avec plus de clarté. Il se divise en deux parties principales,
chapitres 1 à 24 et chapitres 33 à 48, datant l'une d'avant, l'autre d'après la
ruine de Jérusalem. Entre ces deux parties en est intercalée une d'un caractère
spécial (chapitres 25 à 32), qui comprend les prophéties dirigées contre les
peuples étrangers. Dans l'introduction à cette partie intermédiaire, nous
indiquerons les raisons pour lesquelles elle a été ainsi placée.
Chacune de ces trois
grandes portions peut se diviser en un certain nombre de sections qui, sauf
dans la partie intermédiaire, se suivent dans un ordre strictement
chronologique.
Dans la première partie,
le premier groupe (chapitres 1 à 7) est daté de la cinquième année de la
captivité. Il renferme le tableau de la vocation du prophète (chapitre 1 à
3.15), puis l'annonce de la ruine de Jérusalem dans une série d'emblèmes
d'abord, puis dans un discours prophétique (3.16 à chapitre 7).
Le second groupe
(chapitres 8 à 19) porte la date, de l'année suivante. Ezéchiel nous transporte
avec lui à Jérusalem dans le temple même, où son regard prophétique contemple
les cérémonies païennes qui s'y pratiquent. L'Eternel donne l'ordre de détruire
la ville ; et la nuée, symbole de sa gloire, abandonne par degrés le
sanctuaire profané (chapitres 8 à 11). Suivent des menaces dirigées contre les
habitants de Jérusalem, contre Sédécias et contre les faux prophètes, des
avertissements adressés aux exilés, enfin une complainte sur les princes
d'Israël (chapitres 12 à 19).
Le groupe suivant
(chapitres 20 à 23), qu'une indication chronologique rapporte à la septième
année, commence par des censures suivies de promesses ; puis le prophète
annonce la marche de l'armée chaldéenne contre Jérusalem et rappelle, d'abord
en termes propres, puis sous une forme allégorique, les crimes de Jérusalem, en
les rapprochant de ceux de Samarie.
Enfin, deux ans plus tard
(chapitre 24), le prophète annonce la ruine imminente de Jérusalem ; puis
il se renferme dans le silence, en attendant la confirmation de cette menace.
Ainsi se termine la première partie.
La partie intermédiaire
(chapitre 25 à 32) se compose de prédictions prononcées en différents temps
contre des peuples étrangers. Ces peuples sont au nombre de sept : les
Ammonites, les Moabites, les Edomites, les Philistins, Tyr et Sidon, enfin
l'Egypte.
La dernière partie du
livre est introduite par une parole de Dieu à Ezéchiel, qui précède
immédiatement le message annonçant la ruine de Jérusalem (33.21). Le prophète
proclame ensuite le jugement des chefs d'Israël et des ennemis de la théocratie,
menaces qui se transforment en promesses pour le peuple converti (chapitres 34
à 36) ; puis il trace le tableau magnifique de la résurrection d'Israël
(chapitre 37), et annonce sa victoire sur un dernier ennemi (chapitres 38 et
39).
Le livre se termine par
une triple vision : d'abord celle d'un temple nouveau ; Ezéchiel le décrit
avec les détails les plus précis, ainsi que le culte nouveau que l'on y
célébrera (chapitres 40 à 46) ; en second lieu, la vision du torrent
d'eaux vives sortant du temple et portant partout la fécondité (47.1-14) ;
enfin, celle de la répartition nouvelle du pays entre les douze tribus
restaurées (47.15 à 48).
Aucun livre de l'Ancien
Testament, peut-être, n'a été arrangé avec un soin si scrupuleux. Presque tous
les discours sont accompagnés de leur date, et dans les deux parties
principales, du moins, comme nous l'avons dit, ils sont placés selon l'ordre
chronologique ; comparez 1.2 (5e année) ; 8.1
(6e année) ; 20.1 (7e année) ; chapitre 24
(9e année) ; chapitre 40 (25e année) ; de sorte que l'on ne
peut guère douter que la rédaction définitive du livre ne soit l'oeuvre
d'Ezéchiel lui-même. Aussi, ni son authenticité, ni son intégrité n'ont-elles
été mises en doute. Il y a, sous ce rapport, contraste complet entre l'écrit du
troisième grand prophète et ceux de deux de ses prédécesseurs.
V
Etudions enfin de plus
près les caractères particuliers de ce livre, au double point de
vue religieux et littéraire.
Le trait dominant dans la
conception religieuse d'Ezéchiel nous paraît être la puissance
illimitée de l'action divine. Esaïe avait fait ressortir surtout
la sainteté du caractère de Dieu, en opposition à l'hypocrisie de
l'observance extérieure et aux abominations idolâtres auxquelles se livraient
tour à tour les contemporains de ce prophète. Dans les discours de Jérémie,
c'est la justice de Dieu qui fait entendre sa voix sévère. Le peuple,
définitivement condamné, n'a plus qu'à courber la tête sous le châtiment ;
et le prophète, en ce moment douloureux, a pour tâche de lui montrer l'hommage
qu'il doit rendre à Dieu par l'acceptation humble du jugement mérité. Au temps
d'Ezéchiel, le peuple captif est profondément découragé ; sa dernière
espérance s'évanouit ; Jérusalem est tombée ; l'exil se prolonge.
Comment les captifs de Juda reviendraient-ils jamais de cette terre
étrangère ? Ce serait une vraie résurrection des morts. Inutile de rien
attendre de pareil ! « Et quand vous seriez morts, morts depuis des
siècles, l'Eternel vous relèvera ; sa puissance n'a pas de
bornes » : tel est le message d'Ezéchiel, surtout dans la seconde période de
son ministère. Le prophète entretient ainsi l'étincelle de la foi chez ce
pauvre « reste, » qui se croit abandonné pour toujours ; et il rend par là
possible son rétablissement. Tel est, nous semble-t-il, le trait saillant de la
prophétie d'Ezéchiel.
On a cru découvrir chez
lui un autre caractère, dont l'école critique la plus récente a cherché à se
prévaloir. On trouve dans le livre d'Ezéchiel un esprit
essentiellement légal, et l'on fait de ce prophète le précurseur de ce
judaïsme sacerdotal et rituel qui commença à régner dès le retour de la
captivité et qui aboutit au pharisaïsme du temps de Jésus. « Soit qu'il
revendique une vieille règle méconnue ou tombée en désuétude, soit qu'il en
crée une nouvelle, dit M. Reuss, Ezéchiel est le chef de file »...des Esdras,
des Néhémie et de leurs nombreux successeurs, qui ont imprimé au peuple juif
des derniers siècles avant notre ère son caractère étroitement légal. Et comme
l'on avait été conduit à placer à l'époque du retour de l'exil la composition
du Pentateuque et spécialement celle de toute la partie cérémonielle de ce
livre, on fit de celui d'Ezéchiel une sorte de transition entre la grande et
libre période prophétique qui avait fini avec la captivité et la période de
servile littéralisme qui a suivi la restauration.
C'est dans l'Introduction
au Pentateuque que nous devrons étudier de front cette hypothèse, qui renverse
de fond en comble l'histoire du peuple d'Israël, telle qu'elle a été jusqu'ici
comprise. Nous ne pouvons nous occuper ici que de ce qui concerne spécialement
le prophète Ezéchiel. On fait de lui l'inventeur du sacerdotalisme et de la
légalité judaïques. Nest-ce pas lui, en effet, qui trace, chapitres 40 à 48, le
tableau du temple qui doit être construit et du sacerdoce qui doit être établi
après l'exil ? Ces institutions ne diffèrent-elles pas sur plusieurs
points et du tabernacle et du culte décrits dans le Pentateuque ? Or,
dit-on, Ezéchiel n'aurait rien pu changer à tous ces statuts, s'ils eussent été
consignés dans un code vénéré et reçu de tous, comme l'aurait été un écrit de
Moïse lui-même. Cette objection renferme un grand malentendu et une
non moins grande inconséquence. On s'imagine que dans la description du
temple nouveau, Ezéchiel a tracé le modèle du sanctuaire qui devait être
matériellement élevé lorsque le peuple serait rentré dans son pays. Mais s'il
eût songé à imposer une tâche semblable au peuple restauré, il n'eût pas fait
entrer dans ce tableau du sanctuaire futur des choses complètement
irréalisables. Qu'est-ce, par exemple, que ce torrent qui sort du seuil de ce
temple, qui n'atteint dans le parvis qu'à la cheville du pied du prophète, mais
qui grossit par degrés, quoique sans affluent, tellement qu'un peu plus loin Ezéchiel
ne peut plus le traverser qu'en ayant de l'eau jusqu'aux genoux, puis jusqu'aux
reins ; et qu'enfin il est obligé de le traverser à la nage ? Comment
ce torrent naît-il et grossit-il de la sorte ? Comment croissent sur ses
bords deux rangées d'arbres pareils à ceux d'Eden ? Comment parvient-il à
l'est jusqu'à la plaine que le Jourdain traverse avant de se jeter dans la mer
Morte, alors que cette plaine est séparée de la vallée située au pied du temple
par un dos de terrain infranchissable ? Par quelle vertu l'eau de ce
torrent, en arrivant dans la mer Morte, purifie-t-elle ses eaux saumâtres et
les rend-elle habitables pour des êtres vivants ? (chapitre 47) Tous ces
traits, interprétés littéralement, n'ont aucun sens. Ils conviennent, non à un
torrent matériel, mais à un fleuve de vie spirituelle, qui, partant d'un
sanctuaire spirituel comme lui, doit renouveler l'humanité. Ezéchiel pense si
peu au temple que devra rebâtir le peuple à son retour, qu'entre la
restauration et la construction de cet édifice il place une crise nouvelle, une
terrible invasion étrangère, celle de Gog et Magog (chapitre 38 et 39). Aussi
aucun des chefs du peuple après le retour de la captivité n'a-t-il pensé à
prendre pour modèle du nouveau sanctuaire celui dont Ezéchiel a tracé le plan.
On a imité aussi fidèlement que possible l'ancien temple de Salomon, mais sans
songer un instant à réaliser même approximativement le tableau d'Ezéchiel. Le
caractère tout spirituel du sanctuaire décrit par ce prophète ressort du reste
de plusieurs changements significatifs qu'il apporte à l'ordonnance du
tabernacle. Il remplace le voile entre le Lieu saint et le Lieu très saint par
une porte à battants, et fait de l'autel d'or, dans le Lieu saint,
la table de l'Eternel (41.22-24). Ces nouvelles dispositions sont
destinées à indiquer un progrès dans la relation de Jéhova avec les siens,
progrès que l'alliance nouvelle, déjà annoncée par Jérémie (31.31 et suivants),
doit réaliser sur l'ancienne, et auquel correspondent ces paroles d'Ezéchiel lui-même
: « Je vous donnerai un coeur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau...;
je mettrai mon Esprit au-dedans de vous...et vous serez mon peuple et je serai
votre Dieu » (36.26-28).
A ce malentendu, qui
transforme de magnifiques promesses en commandements inexécutables et absurdes,
se joint chez les défenseurs de cette hypothèse une très grande inconséquence.
Ils prétendent qu'Ezéchiel ne peut s'être permis de changer quelque chose au
code mosaïque, si déjà il existait. Mais peut-on nier que le temple de
Jérusalem n'ait existé avant l'exil et n'ait possédé aux yeux du prophète le
caractère d'une institution divine ? Et cependant il en modifie le plan
très librement, comme nous l'avons vu, en traçant le tableau de son temple
idéal. Bien plus, il annonce une répartition de la Terre Sainte entre les douze
tribus, qui diffère absolument du partage exécuté sous Josué (chapitre 48).
Pour être conséquents, les auteurs de l'hypothèse devraient conclure de là que
ce partage antérieur n'avait point eu lieu et que par conséquent toute
l'histoire du peuple depuis Josué jusqu'à l'exil n'a été qu'un rêve des
historiens sacrés !
Nous pouvons donc d'ores
et déjà, et avec la plus parfaite quiétude, nous inscrire en faux contre
l'hypothèse récente de la critique, au moins en ce qui concerne le rôle
attribué à Ezéchiel dans cette nouvelle construction de l'histoire sainte.
Au point de
vue littéraire, le livre d'Ezéchiel frappe dès l'abord par un déclin
manifeste de la langue ; l'influence de l'araméisme se fait fortement sentir.
Des répétitions fatigantes pour notre oreille occidentale, une prolixité
étrange, des tournures absolument prosaïques, marquent une différence absolue
entre cet écrit et la seconde partie d'Esaïe, par exemple, tout en accusant une
ressemblance relative avec Jérémie. D'autre part, une abondance d'images
saisissantes et un symbolisme riche et grandiose, révèlent chez lui une nature
de feu, qui se livre tout entière à la puissance de l'Esprit dont elle est
saisie. Ces images, ces emblèmes, ne sont pas en effet chez Ezéchiel de simples
ornements de style ; sa personne elle-même est constamment en jeu dans ces
allégories par lesquelles il décrit à l'avance le sort de son peuple ; il
est lui-même, comme il le dit, « un signe » prophétique (24.9-4,27). C'est là
ce que signifie l'acte étrange qu'il doit accomplir au commencement de son
ministère (3.3,14,15) et qui représente la fusion la plus intime de sa personne
et de son oeuvre. En face de ces faits, comment a-t-on pu songer à faire
d'Ezéchiel une sorte d'écrivain savant, d'homme de cabinet, « parlant à la
postérité qui lira des discours que personne n'aura entendus » (M. Reuss). Ce
genre imagé, symbolique, où l'allégorie prend des dimensions colossales et se
revêt en même temps des contours les plus minutieux et les plus précis,
répondait on ne peut mieux aux besoins des auditeurs d'Ezéchiel, familiarisés
depuis leur séjour en Babylonie avec les figures de ces animaux fantastiques
dont les Chaldéens aimaient à peupler l'entrée de leurs temples et les vestibules
de leurs palais. Rien donc de plus actuel que ce style d'Ezéchiel, dans lequel
on prétend voir une oeuvre artificielle, destinée à la postérité plutôt qu'à
des auditeurs immédiats.
Ezéchiel se trouve placé
sur la limite d'un passé, l'ancienne théocratie visible qui s'en va, et d'un
avenir qui doit sortir de ces ruines. Jérémie avait en quelque sorte inhumé
l'ancien ordre de choses ; Ezéchiel inaugure le nouveau. Mais qu'on ne s'y
trompe pas ! Cet avenir qu'Ezéchiel contemple et prépare, n'est pas celui qui
se réalisera immédiatement après la restauration. Le regard du prophète passe
par-dessus les cinq siècles qui sépareront la captivité de l'économie
spirituelle. Quand Ezéchiel dit : « J'ôterai du dedans de vous le coeur de
pierre et je mettrai à la place un coeur de chair » (36.26), ce n'est pas
assurément l'oeuvre du judaïsme légal et pharisaïque qu'il décrit de la sorte,
mais celle du Christ. La loi n'est que l'ombre, après aussi bien qu'avant
l'exil ; Christ est le corps (Colossiens 2.17), la réalité
promise.
SOURCE : http://www.lueur.org/textes/ba-ezechiel.html
Pierre Paul Rubens (1609-1610), Le
prophète Ézéchiel, circa 1602, 46 x 38, musée du Louvre, département des Arts graphiques.
Also
known as
Ezechiel
10 April (on
some calendars)
Article
Prophet, son of Buzi,
exiled to Babylon about 598 BC. He began to prophesy five years later and
continued for over twenty years. His prophecies form one of the books of the
Old Testament and are given in forty-eight chapters. After a vision of the
glory of the Lord, under various symbols, he foretells the fall of Jerusalem,
its transgression, and the mark of those who are to be saved. He utters the
destruction that will come on pagan nations
and prophesies the restoration of Theocracy. God will demand penance, triumph
over Gog and Magog, and establish a new kingdom of His own in which the city
will be called, “The Lord is there” (Ezechiel 48). He is often quoted by Saint
John in the Apocalypse; indeed there are many points of similarity between the
writings of the Prophet and of the Apostle. He was buried in
the sepulchre of Sem and Arphaxad, ancestors of Abraham. Many people were in
the habit of going to his tomb to pray. Passages from the prophecy are read in
the Divine Office during the first weeks of November.
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Roman Martyrology
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
other
sites in english
images
video
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
sites
en français
fonti
in italiano
MLA
Citation
‘Ezekiel the
Prophet‘. CatholicSaints.Info. 14 March 2026. Web. 2 June 2026.
<https://catholicsaints.info/ezekiel-the-prophet/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/ezekiel-the-prophet/
Julius Schnorr von Carolsfeld (1794–1872), La Vision du prophète Ézéchiel, circa 1851, Gravure en bois
Article
(Saint) Prophet (April
10) (6th century B.C.) One of the Four Greater Prophets and the writer of a
canonical Book of Scripture. The tradition is that he was put to death, while
in captivity in Babylon with the rest of his nation, by one of the Jewish
Headmen who had turned Pagan (B.C. 525), and was buried there in the tomb of
the Patriarchs Sem and Arphaxad. His grave was for the early Christians a place
of pilgrimage.
MLA
Citation
Monks of Ramsgate.
“Ezechiel”. Book of Saints, 1921. CatholicSaints.Info.
24 August 2017. Web. 2 June 2026. <https://catholicsaints.info/book-of-saints-ezechiel/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-ezechiel/
Detail von der Mariensäule (Köln): Prophet Ezechiel. Entwurf: Edward von Steinle, Ausführung: Peter Fuchs.
Ezekiel, Prophet (RM)
(also known as Ezechiel)
6th century BC. Ezekiel is one of the four major prophets of the Old Testament.
Tradition says that he was put to death, while in captivity in Babylon, by one
of the Jewish judges who had apostatized, and that he was buried there in the
tomb of Shem. He grave was a site of pilgrimage for the early Christians
(Benedictines, Encyclopedia). Raphael painted this Vision of Ezekiel.
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0410.shtml
William
Blake (1757–1827), "I take away from thee the Desire of thine
Eyes, [E]zekiel xxiv", "Publishd October 27 1794 by W Blake No 13
Hercules Buildings Lambeth". British Museum
Prophet Ezekiel
" In the thirtieth
year, in the fourth month, on the fifth day of the month,... the heavens were
opened, and I saw visions of God (Ezekiel 1,1)...As I looked, behold a stormy
wind came out of the north, and a great cloud, with brightness round about it,
and fire flashing forth continually, and in the midst of the fire, as it were
gleaming bronze. And from the midst of it came the likeness of four living
creatures. And this was their appearance: they had the form of men, but each
had four faces and each of them had four wings (Ezekiel 1, 4-6)... And above
the firmament over their heads there was the likeness of a throne, in appearance
like sapphire; and seated above the likeness of a throne was a likeness as it
were of a human form (Ezekiel 1,26)...Like the appearance of the bow that is in
the cloud on the day of rain, so was the appearance of the brightness round
about. Such was the appearance of the likeness of the glory of the Lord. And
when I saw it, I fell upon my face, and I heard the voice of one speaking. And
he said to me, 'Son of man, stand upon your feet, and I will speak to you'. And
when he spoke to me, the Spirit entered into me and set me upon my feet; and I
heard him speaking to me." (Ezekiel 1, 28; 2,1)
Ezekiel is portrayed as
an old man in deep conversation with a young man on his right. He was the first
prophet of Israel and was active outside his land. He was in fact deported into
exile in Babylon (approx. 593 BC) where he tried to call the Jews to their
moral responsibility for the deportation in Mesopatamia and for the destruction
of Jerusalem, caused by their unfaithfulness to the alliance with God. The book
of the prophecies of Ezekiel can be divided into three sections. The first
includes the exposure of the sins of the chosen people which will lead to
unavoidable punishment by God, that will reach its apex in the fall of
Jerusalem (Ezekiel, ch. 1-24). The second regards the announcement of the ruin
of the idolatrous people (ch. 25-32), while in the last chapters (33-48) God
entrusts the prophet with the task of calling the Jewish people to conversion
from their sins (33,
10-20) and of announcing their future with the vision of a new Jerusalem,
the founding of a new cult and of a new land under the leadership of a new
shepherd, that is David.
SOURCE : http://mv.vatican.va/3_EN/pages/x-Schede/CSNs/CSNs_V_SibProf_04.html
William Blake (1757–1827), The Whirlwind: Ezekiel's Vision of the Cherubim and Eyed Wheels (Illustration to the Old Testament, Ezekiel I 4–28), circa 1803, inchiostro, acquerello, grafite e carta, 39.4 x 29.5, Museum of Fine Arts Boston
Ezekiel
Ezekiel, whose name,
Yehézq'el signifies "strong is God", or
"whom God makes
strong" (Ezek. i, 3; iii, 8), was the son of Buzi, and was one of
the priests who,
in the year 598 B.C., had been deported together
with Joachim as prisoners from Jerusalem (2
Kings 24:12-16; cf. Ezekiel
33:21, 40:1).
With the other exiles he settled in Tell-Abib near the Chobar (Ezek.
i,1; iii, 15) in Babylonia,
and seems to have spent the rest of his life there.In the fifth year after
the captivity of Joachim, and according to some, the thirtieth
year of his life, Ezekiel received his call as a prophet (Ezek.
i, 2, 4 etc) in the vision which he describes in the beginning of
his prophecy (Ezek. i,4; iii, 15). From Ezek. xxix, 17 it
appears that he prophesied during at least twenty-two years.
Ezekiel was called to
foretell God's faithfulness in
the midst of trials, as well as in the fulfilment of His promises. During the
first period of his career, he foretold the complete destruction of
the kingdom of Juda, and the annihilation of the city
and temple. After the fulfilment of these predictions, he was commanded to
announce the future return from exile, the re-establishment of the people in
their own country and, especially, the triumph of the Kingdom of
the Messiah,
the second David,
so that the people would not abandon themselves
to despair and perish as a nation, through contact with the Gentiles,
whose gods had apparently triumphed over the God of Israel.
This is the principal burden of Ezekiel's prophecy, which is divided
into three parts. After the introduction, the vision of the calling
of the prophet (Ezek.
i-iii, 21), the first part contains
the prophecies against Juda before the fall of Jerusalem (Ezek.
iii, 22-xxiv). In this part the prophet declares
the hope of saving the city, the kingdom, and
the temple to be vain, and announces the approaching judgment of God upon Juda.
This part may be subdivided into five groups of prophecies.
After a
second revelation, in which God discloses
to the prophet His
course of action (iii, 22-27), the prophet foretells
by symbolic acts (iv, v) and in words (vi-vii), the siege and
capture of Jerusalem,
and the banishment of Juda.
In
a prophetic vision, in the presence of the elders of Israel, God reveals to
him the cause of these punishments.
In spirit he witnesses the idolatry practiced
in and near the temple (viii); God commands
that the guilty be punished and the faithful be spared (ix); God's majesty
departs from the temple (x), and also, after the announcement of
guilt and punishment, from the city. With this the judgment which
the prophet communicates
to the exiles ends (xi).
In the third group
(xii-xix) many different prophecies are brought together, whose sole
connection is the relation they bear to the guilt and punishment of Jerusalem and Juda. Ezekiel prophesies by symbolic actions the
exile of the people, the flight of Sedecias, and the devastation of the land
(xii, 1-20). Then follow Divine revelations regarding belief in false prophecies,
and disbelief in the very presence of true prophecy.
This was one of the causes of the horrors (xiii, 21-xiv, 11), to be
visited upon the remnant of the inhabitants of Jerusalem (xiv,
12-23). The prophet likens Jerusalem to
the dead wood of the vine, which is destined for the fire (xv); in an
elaborate denunciation he represents Juda as a shameless
harlot, who
surpasses Samaria and Sodom in malice (xvi), and
in a new simile, he condemns King Sedecias (xvii). After a discourse on
the justice of God (xviii),
there follows a further lamentation over the princes and the people
of Juda (xix).
In the presence of the
elders the prophet denounces the
whole people of Israel for
the abominations they practiced in Egypt,
in the Wilderness, and in Canaan (xx).
For these Juda shall be consumed by fire, and Jerusalem shall
be exterminated by the sword (xxi). Abominable is
the immorality of Jerusalem (xxii),
but Juda is more guilty than Israel has
ever been (xxiii).
On the day on which the
siege of Jerusalem began,
the prophet represents,
under the figure of the rusty pot, what was to befall the inhabitants of the
city. On the occasion of the death of his wife, God forbids
him to mourn openly, in order to teach the exiles that they should be willing
to lose that which is dearest to them without grieving over it (xxiv).
In the second part
(xxv-xxxii), are gathered together the prophecies concerning
the Gentiles.
He takes, first of all, the neighbouring peoples who had been exalted through
the downfall of Juda, and who had humiliated Israel.
The fate of four of these, the Ammonites,
the Moabites,
the Edomites,
and the Philistines,
is condensed in chapter xxv. He treats more at length of Tyre and
its king (xxxvi-xxviii,19), after which he casts a glance at Sidon (xxviii,
20-26). Six prophecies against Egypt follow,
dating from different years (xxix-xxxii. The third part (xxxiii-xlviii), is
occupied with the Divine utterances on the subject of Israel's restoration.
As introduction, we have a dissertation from the prophet,
in his capacity of authorized champion of the mercy and justice of God,
after which he addresses himself to those remaining in Juda, and to the
perverse exiles (xxxiii). The manner in which God will restore
His people is only indicated in a general way.
The Lord will cause the evil shepherds
to perish; He will gather in, guide, and feed the sheep by means of the
second David,
the Messiah (xxxiv).
Though Mount Seir
shall remain a waste, Israel shall
return unto its own. There God will purify
His people, animate the nation with a new spirit, and re-establish it in
its former splendour for the glory of His name (xxxv-xxxvii). Israel,
though dead, shall rise again, and the dry bones shall be covered
with flesh and endowed with life before the eyes of
the prophet. Ephraim and Juda shall,
under the second
David, be united into one kingdom, and the Lord shall dwell
in their midst (xxxvii). The invincibleness and indestructibility of the
restored kingdom are then symbolically presented in
the war upon Gog,
his inglorious defeat, and the annihilation of his armies (xxxviii-xxxix). In
the last prophetic vision, God shows
the new temple (xl-xliii), the new worship (xliii-xlvi),
the return to their own land, and the new division thereof among the twelve
tribes (xlvii-xlviii), as a figure of His foundation of
a kingdom where He shall dwell among His people, and where He shall
be served in His tabernacle according to strict rules, by priests of
His choice, and by the prince
of the house of David.
From this review of the
contents of the prophecy, it is evident that
the prophetic vision, the symbolic actions and
examples, comprise a considerable portion of the book. The completeness of the
description of the vision, action and similes, is one of
the many causes of the obscurity of the book of Ezekiel. It is
often difficult to distinguish between what is essential to
the matter represented, and what serves merely to make the image more
vivid. On this account it happens that, in the circumstantial descriptions,
words are used, the meaning of which, inasmuch as they occur in Ezekiel
only, is not determined. Because of this obscurity, a number of copyist
mistakes have crept into the text, and that at an early date,
since the Septuagint has
some of them in common with the earliest Hebrew text we have.
The Greek version, however, includes several readings which help to
fix the meaning. The genuineness of the book of Ezekiel is
generally conceded. Some few consider chapters xl-xlviii to
be apocryphal,
because the plan there described in the building of the temple was
not followed, but they overlook the fact that Ezekiel here gives
a symbolic representation of the temple, that was to
find spiritual realization in God's
new kingdom. The Divine character of the prophecies was
recognized as early as the time of Jesus the son
of Sirach (Eccles. xlix, 10, 11). In the New
Testament, there are no verbatim references, but allusions to
the prophecy and figures taken from it are prominent.
Compare St. John x etc. with Ezek. xxxiv, 11 etc.; St.
Matthew xxii, 32, with Ezek. xvii, 23. In particular St. John,
in the Apocalypse, has often
followed Ezekiel. Compare Apoc. xviii-xxi with Ezek. xxvii,
xxxviii etc., xlvii etc.
Schets,
Joseph. "Ezekiel." The Catholic Encyclopedia. Vol.
5. New York: Robert Appleton Company, 1909. 10 Apr.
2016 <http://www.newadvent.org/cathen/05737b.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by Sean Hyland.
Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. May 1, 1909. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2026 by New Advent LLC.
Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/05737b.htm
Matthaeus
(Matthäus) Merian (1593-1650), Engraved illustration of the "chariot
vision" of the Biblical book of Ezekiel, chapter 1, "Icones
Biblicae" (a.k.a. "Iconum Biblicarum")
Ezekiel – Prophets and Prophecy
30 November, 1999
Sean Goan sees the book
of Ezekiel, characterised by prophecies based on four strange visions, as one
of the most interesting and challenging in the Old Testament.
Ezekiel is the only
prophet to have received his calling outside the land of Israel. The prophet
was a priest in the Jerusalem temple at a time of considerable political and
religious upheaval. The Babylonians were the dominant world power but the
leaders in Judah were hoping, through alliances with Egypt, to escape their
clutches. Jeremiah had warned them that this strategy would end in disaster but
he was ignored. In 597, to show their power and dominance, the Babylonians took
many of the citizens of Jerusalem into exile and replaced the king with one of
their own choosing. Among those sent into exile in Babylon was Ezekiel whose
calling to be a prophet is described in chs 1-3 of his book. He explains an
experience he had as a “vision of the likeness of the glory of the Lord” (1
:4-28). God speaks to him calling him “son of man” and telling him to prophesy
to “rebellious Israel” and with these phrases two of the characteristic
features of the book are established. The Prophet is a mere mortal (the meaning
of the term son of man) and the Israelites who have been called into covenant
with God are only rebels who have not sought to do God’s will. His vocation as
a prophet is then described using the symbolism of a scroll:
“It was then I saw a hand
stretched out to me, in which was a written scroll which was unrolled before
me. It was covered with writing front and back and on it was written:
Lamentation wailing and woe! He said to me: Son of man, eat what is before you;
eat this scroll then go, speak to the house of Israel. So I opened my mouth and
he gave me the scroll to eat…and it was as sweet as honey in my mouth. He said:
Son of man, go now to the house of Israel and speak my words to them.”
(2:9-3:4)
The paradox of Ezekiel’s
mission is summed up in this imagery. The word of God he has to preach involves
much lamentation and woe as he points out to rebellious Israel that it is their
own sinfulness that has brought them to this crisis. However he will also
preach a word of hope that looks forward to a new day when the faithful
Israelites will return to a restored temple.
These two aspects of his
preaching are reflected in the structure of the Book. Chapters 4-24 are made up
of oracles up to the time of the final destruction of the temple by the
Babylonians in 587. These are hard-hitting pronouncements of judgement on
Israel for her unfaithfulness. The next part of the book (25-32) is made up of
prophecies against the nations that played a part in Israel’s downfall or that
were willing to take advantage of her weakened position. After that the message
changes dramatically to one of hope and consolation as the prophet contemplates
God’s plan for his people now that Jerusalem and its temple have been
destroyed. Finally the last section of the book (40-48) is a vision of a new
Israel worshipping at a new temple in Jerusalem.
The Four Visions
Ezekiel’s visions are
found at important moments in the book and represent a new way of presenting
the prophetic message. While beforehand the tendency was simply to begin a
prophecy with: “Thus says the Lord”, in Ezekiel God’s pronouncements are
preceded by dramatic visions that communicate the divine message in a new way.
The visions happen because the “hand of the Lord” comes upon the prophet and in
this state he is allowed to see the divine plan unfold in a symbolic
representation. This way of revealing God’s intention will soon develop into a
genre of its own known as “apocalyptic” i.e. the drawing aside of the veil.
When the era of the prophets is over it is followed by the age of apocalyptic
and the finest example of this writing in the OT is to be found in the book of
Daniel.
The Vision of God (1:
1-3:15)
In this vision which
marks the opening of his book, Ezekiel describes how he saw a storm coming from
the north and in the midst of the storm he saw four living creatures with
bizarre appearances each with four faces and four wings. Accompanying the
creatures were gleaming wheels within wheels and above these was a throne on
which was seated one who had the appearance of a man. All of this he describes
as the likeness of the glory of the Lord and that is as near as we come in the
OT to someone claiming to see God. The symbolism of the vision expresses a
theme that is important throughout the book: the glory and transcendence of God
which is, at one and the same time entirely beyond human knowledge and yet has
been revealed to Israel. As part of the vision, Ezekiel is given the scroll to
eat and feels that the spirit has seized him. The whole experience leaves him
in a stupor for seven days.
The Vision of Jerusalem
(8:1-10:23)
This vision is the description
of a great turning point in the history of Israel. Since the time of Solomon
some 400 years earlier the temple of Jerusalem has been thought of as the
dwelling place of God on earth. Traditions had grown up which regarded it as
God’s inviolable sanctuary that would endure forever. However, Jeremiah had
warned against such presumption and now with this vision of Ezekiel it becomes
clear why the Jerusalem temple cannot endure. The Spirit of God brings the
prophet to the temple and shows him several ways in which it is being
desecrated: idol worship by the elders, women participating in the rites of the
Babylonians, sun worship by the priests. All of this means that the wrath of
God will be unleashed against the city and its temple. However before this the
glory of the Lord must depart and the prophet is allowed to witness this event.
Once again the description is of bizarre creatures and gleaming wheels and a
throne. It departs from the city and stands on the Mount of Olives to the east.
The symbolism is designed to show that while the glory of the Lord did indeed
rest on the house of God, this presence could no longer remain because of the
sins of Israel. With his departure the way is cleared for the inevitable
destruction of the sanctuary.
The Valley of the Bones
(37:1-14)
Probably the best known
of the visions in Ezekiel, this belongs to that part of the book that seeks to
give hope to the exiles. After their darkest hour, a new day is dawning and
this will be the work of the Lord who gives life to all living things. Once
again Ezekiel is brought out “in the spirit of the Lord” and he sees an
enormous collection of dry bones, the very epitome of lifelessness. The only
way they can be brought to life is by the breath of God (in Hebrew the same word ruah is
used for spirit and breath) and that is what happens. The valley of the dry
bones becomes a place where a vast army stands upright. The vision is then
explained as God raising his people out of their graves in order to bring them
back home. Those who have been without hope now find themselves renewed by the
spirit of God that has breathed life back into them.
The New Temple in
Jerusalem (40-48)
In this the longest and
most detailed of the visions the catastrophe of the destruction of the temple
is finally undone. Ezekiel is brought to a high mountain from which he can see
the new city and temple that the Lord is building. As he witnessed the glory of
the Lord leaving the temple, so now he witnesses the return. The vision not
only describes a new place of worship but also a renewed sense of the
life-giving presence of the God who dwells there. The water that from flows
from the temple has the power to transform even the Dead Sea. There is healing
for the people in the leaves of the trees that grow along its bank and there is
constant and abundant nourishment in their fruit. The vision shows how when God
is truly at the centre of the lives of his people then they flourish and grow.
In his own time Ezekiel
described the disastrous destruction of the Temple in Jerusalem in terms of the
glory of the Lord departing from the city (11 :22). Likewise in showing the
faithfulness of God who will restore his people and bring them to life again he
describes the glory of the Lord returning to the Temple (43:1-6). The suffering
that the people endured with the Babylonian captivity was understood by Ezekiel
as a punishment for sin; however if the people were to be obliterated
altogether what would that say about their God? So the prophet argued that
while each individual must accept responsibility for his or her sins, the God
of Israel also had to act for the sake of his name. Thus God would act to save
his people who were as good as dead, he would bring them to life through the
Spirit which would be breathed into them.(Ezek 37, 39:27-29). From the restored
temple where the glory of God abides would flow the waters of life bringing
abundance of growth and healing (47:1-12). Though the destruction of Jerusalem
was a catastrophic event the prophet saw in it a new stage in the development
of the unique relationship between Israel and its God. In this way Ezekiel made
a profound contribution to the theology and faith of Israel and his message
inspires hope to this day.
This article first
appeared in The
Word (January 2004), a Divine Word Missionary Publication.
SOURCE : http://www.catholicireland.net/ezekiel-prophets-and-prophecy/
Russian icon of the Prophet Ezekiel holding a scroll with his prophecy and pointing to the "closed gate", 18th century, Iconostasis of Kizhi monastery, Russia
Prophet Ezekiel
Commemorated on July
21
The Holy Prophet Ezekiel
lived in the sixth century before the birth of Christ. He was born in the city
of Sarir, and descended from the tribe of Levi; he was a priest and the son of
the priest Buzi. Ezekiel was led off to Babylon when he was twenty-five years
old together with King Jechoniah II and many other Jews during the second
invasion of Jerusalem by the Babylonian king Nebuchadnessar.
The Prophet Ezekiel lived
in captivity by the River Chebar. When he was thirty years old, he had a vision
of the future of the Hebrew nation and of all mankind. The prophet beheld a
shining cloud, with fire flashing continually, and in the midst of the fire,
gleaming bronze. He also saw four living creatures in the shape of men, but
with four faces (Ez. 1:6). Each had the face of a man in front, the face of a
lion on the right, the face of an ox on the left, and the face of an eagle at
the back (Ez. 1:10). There was a wheel on the earth beside each creature, and
the rim of each wheel was full of eyes.
Over the heads of the
creatures there seemed to be a firmament, shining like crystal. Above the
firmament was the likeness of a throne, like glittering sapphire in appearance.
Above this throne was the likeness of a human form, and around Him was a
rainbow (Ez. 1:4-28).
According to the
explanation of the Fathers of the Church, the human likeness upon the sapphire
throne prefigures the Incarnation of the Son of God from the Most Holy Virgin
Mary, who is the living Throne of God. The four creatures are symbols of the
four Evangelists: a man (St Matthew), a lion (St Mark), an ox (St Luke), and an
eagle (St John); the wheel with the many eyes is meant to suggest the sharing
of light with all the nations of the earth. During this vision the holy prophet
fell down upon the ground out of fear, but the voice of God commanded him to
get up. He was told that the Lord was sending him to preach to the nation of
Israel. This was the begining of Ezekiel’s prophetic service.
The Prophet Ezekiel
announces to the people of Israel, held captive in Baylon, the tribulations it
would face for not remaining faithful to God. The prophet also proclaimed a
better time for his fellow-countrymen, and he predicted their return from
Babylon, and the restoration of the Jerusalem Temple.
There are two significant
elements in the vision of the prophet: the vision of the temple of the Lord,
full of glory (Ez. 44:1-10); and the bones in the valley, to which the Spirit
of God gave new life (Ez. 37:1-14). The vision of the temple was a mysterious
prefiguring of the race of man freed from the working of the Enemy and the
building up of the Church of Christ through the redemptive act of the Son of
God, incarnate of the Most Holy Theotokos. Ezekiel’s description of the shut
gate of the sanctuary, through which the Lord God would enter (Ez. 44: 2), is a
prophecy of the Virgin giving birth to Christ, yet remaining a virgin. The
vision of the dry bones prefigured the universal resurrection of the dead, and
the new eternal life bestowed by the Lord Jesus Christ.
The holy Prophet Ezekiel
received from the Lord the gift of wonderworking. He, like the Prophet Moses,
divided the waters of the river Chebar, and the Hebrews crossed to the opposite
shore, escaping the pursuing Chaldeans. During a time of famine the prophet
asked God for an increase of food for the hungry.
Ezekiel was condemned to
execution because he denounced a certain Hebrew prince for idolatry. Bound to
wild horses, he was torn to pieces. Pious Hebrews gathered up the torn body of
the prophet and buried it upon Maur Field, in the tomb of Sim and Arthaxad,
forefathers of Abraham, not far from Baghdad. The prophecy of Ezekiel is found
in the book named for him, and is included in the Old Testament.
St Demetrius of Rostov
(October 28 and September 21) explains to believers the following concepts in
the book of the Prophet Ezekiel: if a righteous man turns from righteousness to
sin, he shall die for his sin, and his righteouness will not be remembered. If
a sinner repents, and keeps God’s commandments, he will not die. His former
sins will not be held against him, beause now he follows the path of
righteousness (Ez. 3:20; 18:21-24).
SOURCE : http://oca.org/saints/lives/2012/07/21/102064-prophet-ezekiel
Duccio di Buoninsegna (1255–1319), Ezechiele / Natività tra i profeti Isaia ed Ezechiele, 1308, Predella, Maestà del Duomo di Siena, tempera su legno, National Gallery of Art, Washington
Duccio di Buoninsegna (1255–1319), Natività tra i profeti Isaia ed Ezechiele, 1308, Predella, Maestà del Duomo di Siena, tempera su legno, National Gallery of Art, Washington
Sant' Ezechiele Profeta
Ezechiele viene
considerato il profeta che fa da ponte tra due diverse epoche della storia
d'Israele, quella pre-esilica e quella post-esilica; è situato tra Geremia e
Daniele; la sua attività sociale e religiosa si svolge fra i deportati, in
particolare a Tell-Abib o Colle delle spighe. Egli stesso descrive le sue
vicissitudini: nel 597, quando aveva circa venticinque anni, venne deportato da
Nabucodonosor in Babilonia insieme a diecimila persone fra le quali il re
Ioakin, la corte, notabili, sacerdoti, artigiani. Dalla bocca di Ezechiele gli
esuli, sistemati lungo il gran canale fra Babilonia e Nippur a coltivare i
campi, ascoltavano i messaggi di Jahweh. Delle molteplici visioni di Ezechiele
alcune sono state ripetutamente rappresentate in opere d'arte. Fra di loro è
singolarmente significativa quella, grandiosa, del campo cosparso di ossa
secche che al soffio di Dio riprendono vita rivestendosi di carne. Se per i
giudei tale visione è simbolo della sicura restaurazione nazionale a gloria di
Dio e a dimostrazione della sua potenza, per i cristiani è assurta a simbolo
della resurrezione della carne. (Avvenire)
Etimologia: Ezechiele
= Dio è la mia forza, dall'ebraico
Martirologio
Romano: Commemorazione di sant’Ezechiele, profeta, che, figlio del
sacerdote Buzì, al tempo dell’esilio nella terra dei Caldei fu onorato della
visione della gloria del Signore e, posto come sentinella sulla casa di
Israele, rimproverò l’infedeltà del popolo eletto, predicendo la distruzione
ormai prossima della città santa di Gerusalemme e la deportazione del popolo;
presente egli stesso in mezzo ai prigionieri, tenne viva la loro speranza,
profetizzando che le loro ossa inaridite sarebbero risorte a nuova vita.
Secondo la cultura
ebraica, con il termine “profeta” non si indica tanto qualcuno in grado di
prevedere il futuro, quanto piuttosto una persona che abbia una cognizione
profonda della volontà divina e della sua presenza nel mondo; una persona di
morale e rettitudine cristalline. Non fa eccezione Ezechiele, uno dei quattro
profeti definiti “maggiori” nell’Antico Testamento: il più duro nel linguaggio
e il più efficace quanto a simbolismi.
Esule tra gli esuli
Ezechiele nasce intorno
alla metà del 600 a.C. a Sarara, in Palestina, nella tribù di Levi: è,
pertanto, un sacerdote. All’epoca a Roma regna ancora da Tarquinio Prisco,
mentre a Babilonia, Nabucodonosor; non è un bel periodo per gli ebrei,
costretti a sottostare alla tirannide dei figli di Assur. Nel 597 Ezechiele
viene deportato in Babilonia assieme ad altri diecimila destinati al lavoro nei
campi ed è a questo punto della sua vita che Dio gli si manifesta con visioni
profetiche che lo accompagneranno fino alla morte. Ezechiele rivela queste
visioni al suo popolo, lo conforta con le parole che gli vengono da Jahweh e
perciò, ben presto, godrà di una certa autorevolezza tra la gente di Israele.
Non manca di operare prodigi e miracoli e ogni suo gesto ha un obiettivo ben
preciso: avendo profetizzato la caduta di Gerusalemme, esorta il popolo alla
penitenza; in seguito lo consolerà con la promessa della liberazione e del
ritorno all’amata patria. Muore da martire per mano di un capo del popolo che
aveva rimproverato per la sua idolatria.
Un linguaggio duro ma
efficace
Il libro di Ezechiele
nella Bibbia si pone tra quelli dei profeti maggiori, dopo Geremia, e conta 48
capitoli in cui vengono narrate le profezie e le rivelazioni che Jahweh fa al
profeta durante la cattività babilonese. Tra le visioni più potenti che vengono
descritte, c’è quella al capitolo 37 in cui Dio mostra a Ezechiele uno
sterminato campo disseminato di ossa rinsecchite che al Suo soffio riprendono
vita rivestendosi di carne. Un’immagine certamente molto forte e altrettanto
criptica per i contemporanei, che l’hanno interpretata come la profezia della
restaurazione del potere d’Israele e la ricostruzione del Tempio nella gloria
di Dio; per i cattolici, invece, simboleggia la Risurrezione di Cristo e dunque
la costruzione del vero Regno, quello nei cieli. Storicamente Ezechiele si pone
come un ponte tra due epoche della storia di Israele: quella prima e quella
dopo l’esilio; dal punto di vista delle Scritture, infine, tra Geremia e
Daniele. Il suo linguaggio è ardito, intriso di simbolismi, a tratti duro, ma
dal potere evocativo potente e particolarmente efficace. La sua venerazione
come Santo è stata introdotta molto presto nella Chiesa latina.
(Vatican News)
Pietro
Gagliardi (1809-1890), Ezechiele, circa1860, Sant'Agostino, Roma
Nella chiesa latina il
suo culto è stato introdotto presto, al 10 aprile già dal martirologio di Beda.
Il Martirologio Romano conferma la data ricordando dettagli sulla morte e sulla
sepoltura del profeta quale quello, ripreso da antica tradizione, che vuole
Ezechiele ucciso in Babilonia da un capo del popolo di Israele, capo da lui
ripreso per la sua idolatria.
Ezechiele viene
considerato il profeta che fa da ponte tra due diverse epoche della storia
d'Israele, quella pre-esilica e quella post-esilica; è situato tra Geremia e
Daniele; la sua attività sociale e religiosa si svolge fra i deportati, in
particolare a Tell-Abib o Colle delle spighe.
Egli stesso descrive le
sue vicissitudini: nel 597, quando aveva circa venticinque anni, venne
deportato da Nabucodonosor in Babilonia insieme a diecimila persone fra le
quali il re Ioakin, la corte, notabili, sacerdoti, artigiani. Dalla bocca di
Ezechiele gli esuli, sistemati lungo il gran canale fra Babilonia e Nippur a
coltivare i campi, ascoltavano i messaggi di Iahweh.
Questi messaggi si
traducono, attraverso profezie e visioni, in verità eterne raccordate alla
storia concreta di quei tempi: la maestà e l'onnipotenza di Dio infinita e
universale che si stende anche qui sui deportati; la potenza e la giustizia di
Dio fino alla distruzione nel 586 di Gerusalemme e dello stesso Tempio; la
profonda misericordia di Dio che impone il pentimento e la conversione.
Delle molteplici visioni
di Ezechiele alcune sono state ripetutamente rappresentate in opere d'arte. Fra
di loro è singolarmente significativa quella, grandiosa, del campo cosparso di
ossa secche che al soffio di Dio riprendono vita rivestendosi di carne. Se per
i Giudei tale visione è simbolo della sicura restaurazione nazionale a gloria
di Dio e a dimostrazione della sua potenza, per i Cristiani è assurta a simbolo
della resurrezione della carne nell'ultimo giudizio.
Autore: Mario
Benatti
SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/49200
Giuseppe
Graziosi, Il profeta Ezechiele, 1908-1911; 205 x 70, Modena, Gipsoteca Giuseppe
Graziosi - Francesca Piccinini, Maria Canova, Il Fondo Giuseppe Graziosi,
Franco Cosimo Panini, 2007
EZECHIELE
di Leone TONDELLI -
Alfredo Vitti
Enciclopedia Italiana
(1932)
EZECHIELE (ebr. Yĕḥezqē'l;
i Settanta, 'Ιεξεκιήλ; Volgata, Ezechiel)
E il terzo, in ordine di
tempo, dei Profeti maggiori. Fu contemporaneo di Geremia (v.), essendo nato
nell'anno 627 a. C., se col Kugler ed altri esegeti si computi il trentesimo
anno dell'indicazione cronologica del c. I, 1 dalla sua nascita. L'ultima profezia
datata è dell'anno 573, né abbiamo ulteriori notizie di lui. Era di stirpe
sacerdotale: abituato dall'infanzia nelle rigorosità delle osservanze legali e
religiose (IV, 14). Della famiglia che s'era formata non abbiamo che una
traccia nel commovente accenno alla morte improvvisa della sua sposa,
trasformata essa stessa in simbolo (XXIV, 15-27).
Esercitò continuamente il
ministero profetico in terra d'esilio. Fu deportato dai conquistatori
babilonesi nella bassa Mesopotamia nell'anno 597 col re Gioacchino assieme al
fiore dell'aristocrazia giudaica e al popolo atto alla guerra, dieci anni
avanti la completa rovina di Gerusalemme. Tel Abib "collina delle
spighe" era il centro d'una delle comunità principali degli esuli, i quali
per i rapporti loro interni avevano potuto nominarsi un numero di anziani che
troviamo qualche volta radunati attorno al profeta per sentire da lui le
risposte di Dio. Nella valle del fiume Kebar, da identificarsi indubbiamente
col grande canale Nâr Kabari che passava attraverso l'antica Nippur nella Bassa
Caldea, E. ebbe la prima comunicazione divina (circa 594-3). Come in visioni
iniziali ebbero la missione profetica Isaia (c. VI) e Geremia (c. I), cosi pure
E.: ma egli conformemente al suo stile si diffonde nell'esposizione della grandiosa
visione avuta del cocchio divino trascinato da Cherubini (v.) e del trono su
cui Dio gli apparve. Da quella visione, che lo lasciò come impietrito per sette
giorni, la vita intera di E. ha un indirizzo e un fine nuovi. La sua parola non
risuona che parole di Dio, e quando non gli sia possibile parlare, azioni
simboliche, gesti espressivi, le sue vicende stesse personali e famigliari
annunciano, in una maniera ancora più impressiva, i disegni divini.
Fra i deportati egli
godeva d'una certa libertà, che gli permetteva di comunicare coi rimasti in
patria e coi popoli più lontani. A ottenergli quella libertà dové contribuire
il suo perfetto lealismo verso i Babilonesi, determinato dal rispetto suo per i
patti convenuti e giurati (XVII,1-16) e dalla costante tradizione politica del
profetismo, secondo la quale il popolo di Dio doveva vivere isolato nella
singolarità del suo monoteismo e nella fiducia dell'aiuto divino. I profeti
sentivano che ogni alleanza con altri popoli era un canale d'infiltrazione di
idee e culti politeistici. A quella preoccupazione religiosa si aggiungeva una
visione limpida ed equilibrata di quelle che erano le forze in lotta. E. nella
Mesopotamia poteva contemplare la grandiosità, l'ordine, la forza dei
Babilonesi, contro i quali non potevano tentare una ribellione non solo Giuda,
ma città e popoli ben più forti, come Tiro e l'Egitto.
Il libro. - L'opera
letteraria di E. comprende nella divisione attuale 48 capitoli. Come le altre
opere profetiche, il libro di E. non ha una unità organica, ma è la raccolta
degli oracoli composti nel corso della vita. E. anzi mette cura, a volte
meticolosa, per datare la loro origine. Le profezie decorrono dal 594-3 al 573.
È da ritenersi che E. stesso raccogliesse, prima in gruppi e poi in più completo
lavoro, il complesso dei suoi scritti. Le date infatti dovettero essere apposte
ai diversi oracoli al momento del loro raggruppamento: ora esse hanno un
carattere personale costante: "or avvenne l'anno XI, il primo del mese che
il Signore mi comunicò la sua parola" (XXVI, 1 e in ugual forma sempre).
Il punto di partenza delle date è invariabilmente quello della sua deportazione
(elementi sincronistici sono forniti solo da I, 1-2 e XL,1). Ciò conferma
l'autenticità delle profezie raccolte nel suo libro. Le dubbiezze in proposito,
sollevate nel secolo scorso dal Geiger, dal Westzstein, dal Vernes e più
recentemente dal Hölscher, sono dagli ultimi studiosi, quali il Bertholet, il
Kraetzchmar, il Heinisch e il Herrmann, giudicate non meritevoli di discussione
dettagliata. In qualche oracolo si congetturano ancora dal Bertholet aggiunte
posteriori, come in XI, 10; XIV, 21 s.; XXI, 33: il profeta stesso le avrebbe
introdotte conformandosi alla realtà successiva. Similmente egli giudicava
interpolazione la descrizione del commercio di Tiro (XXVII, 9 b -25),
perché cuneo prosastico immesso in un brano d'altissima poesia. Ma nei primi
brani la congettura non ha la conferma di motivi stilistici o letterarî, e
nell'ultimo caso la spiegazione si ha in una particolarità letteraria d'E. Non
è questa infatti l'unica volta che nell'opera sua un componimento poetico è
interrotto da brani prosastici: questi potevano introdursi a fine di varietà e
anche per dare riposo alla voce, mutando tono e sostituendo al canto un recitativo,
quando gli oracoli venivano cantati dal profeta sulle piazze (XXXIII, 12).
Il testo di Ezechiele ha
molto sofferto, come provano le divergenze dell'ebraico dal greco. Il
Kraetzschmar le ha spiegate con l'ipotesi di due recensioni del libro, dovute
al profeta stesso. Il Heinisch e il Hermann sono più prudenti nel valutare il
guasto del testo, dovuto a cause svariate. Il codice Marchaliano (Q) che ci ha
conservato il testo delle Esaple di Origene con gli asterischi e gli obeli,
permette sovente di eliminare le glosse e le addizioni.
Il Thackeray, studiando
la versione greca detta dei Settanta, arrivò alla conclusione che i traduttori
dovessero essere due, in accordo fra loro: il primo volse in greco I - XXVII e
XL - XLVIII; il secondo XXVIII-XXXIX. Meglio si riterrà che il primo traduttore
pensasse di tralasciare le profezie "contro le genti" forse raccolte
a parte, a ogni modo più difficili e anche politicamente meno convenienti a
tradursi, contenendo diversi oracoli contro l'Egitto, e che un altro completasse
l'opera rimasta incompiuta.
Le profezie di E. si
dividono in tre gruppi: il primo comprende gli oracoli anteriori alla caduta di
Gerusalemme (I-XXIV) e l'ultimo gli oracoli posteriori (XXXIII-XLVIII). Fra
questi due gruppi sono incuneati gli oracoli "contro le genti"
(XXV-XXXII) raccolti a parte come nel libro di Geremia.
Le profezie del primo
gruppo sono dirette, più che non ai deportati, ai rimasti in Palestina, ai
quali E. predice l'assedio e l'ultima rovina di Gerusalemme. Rimprovera ad essi
l'idolatria, il sentimento di gioia egoistica e crudele per l'inattesa fortuna
del possesso delle case e delle terre abbandonate dall'aristocrazia condotta in
esilio, l'albagia e la violenza della nuova improvvisata classe dirigente,
l'incostanza delle direttive politiche, l'inganno di falsi profeti e di
menzognere profetesse che intralciano il lavoro di restaurazione spirituale del
popolo promettendo la sicurezza e la pace. Termina col racconto della morte
della sua sposa, emblema della caduta di Gerusalemme, di cui gli era stato
rivelato in anticipo il giorno e le cui notizie vengono al profeta recate da un
fuggitivo un anno dopo il disastro.
Le profezie contro le
genti sono letterariamente tra le migliori del profeta. Le principali sono
dirette contro Tiro (un breve oracolo contro Sidone si trova in XXVIII, 20-24)
e contro l'Egitto. La descrizione della immensa ricchezza della città fenicia,
delineata sotto l'immagine d'una nave possente e lussuosa che viene
d'improvviso sprofondata negli abissi dal vento d'oriente (Babilonia), è non
solo d'una bellezza e grandiosità impareggiabili, ma è assieme uno degli
elementi fondamentali per le nostre conoscenze dei traffici di Tiro e del mondo
civile contemporaneo, come della geografia etnologica del tempo. Che realmente
Tiro, come E. sembra predire, fosse conquistata d'assalto da Nabucodonosor,
viene negato da parecchi per il silenzio delle fonti e sulla base stessa
d'altro oracolo d'E. il quale promette al re babilonese il saccheggio
dell'Egitto come compenso del lavoro fatto per Iahvè contro Tiro: "tutte
le teste sono calve e spellate le spalle, e non ritrasse (Nabuconodosor)
compenso alcuno da Tiro né per sé né pel suo esercito pel servizio prestatomi
contro di esso" (XXIX, 18). Arriano (Anab., II, 18,3) narra che quando
Alessandro il Macedone per prendere lo scoglio su cui s'ergeva la Tiro
marittima costruì un terrapieno, trovò facilitato il compito da un simile
tentativo precedente, e S. Girolamo accetta quella testimonianza, aggiungendo
che il re babilonese non ebbe il bottino della città, perché i Fenici rimanendo
padroni del mare avevano portato via prima della resa tutte le loro ricchezze.
Giuseppe Flavio, che riporta la durata dell'assedio prolungatosi per 13 anni
(Contra Apionem, I, 143 e 156; Ant. Iud., X, 11, 1), non parla però
di una conquista di Tiro da parte di Nabuconodosor, ma solo della sua
sottomissione. E che effettivamente Tiro si sottomettesse ai Caldei si può
dedurre anche dal fatto riferitoci da Erodoto, II, I61, che il faraone Âpries
combatté contro Tiro e Sidone. Egli che trovava nei condottieri babilonesi i
più fieri avversarî, non avrebbe combattuto contro le due città fenicie se esse
non si fossero sottomesse ai Caldei. Si è discusso ugualmente se Nabucodonosor
(Nebukadnezar) penetrasse in Egitto. Lo si era negato similmente pel silenzio
delle fonti; ma una campagna di lui contro il faraone Amasis è testimoniata ora
da un frammento di annali babilonesi per l'anno 568, il 47° di Nabucodonosor.
Il testo, ridotto a parole e frasi staccate, non permette di asserire di più;
ma consiglia di usare prudenza e di non abbandonarsi a negazioni recise.
L'ultima parte, composta
dopo la caduta di Gerusalemme, è intenta a sollevare lo spirito della nazione,
col rinnovamento delle antiche promesse. Notevole fra le altre la visione del
campo ricoperto d'ossami che si ripopola di viventi (c. XXXVII). Sulle labbra
degl'Israeliti vengono messe le parole: "Le ossa nostre inaridiscono, la
nostra speransa è perduta", ma il Signore assicura che trarrà dai sepolcri
il suo popolo. Sulla profezia misteriosa dei c.XXXVIII-XXXIX, v. gog. Gli
ultimi capi, XL-XLVIII, contengono una visione dell'Israele rinnovato e ricondotto
nella sua terra. Vi si stabiliscono la forma e le norme che devono presiedere
alla costruzione del tempio, le leggi del culto e del nuovo sacerdozio, le
attribuzioni del principe, la divisione della Terra promessa fra le diverse
tribù israelite. Un nuovo fiume ne renderà prodigiosamente feconda la terra:
esso scaturirà dalla soglia del santuario come modesta fonte e crescerà di
mille in mille cubiti di lunghezza a ruscello e poi a fiume impetuoso scendendo
verso il Mar Morto che sarà popolato di pesci come il Mar Grande. La nuova
capitale, costruita su un monte d'immaginazione, non avrà più nome Gerusalemme,
ma "Qui vi è il Signore". Con l'indicazione di questo nome della
città della restaurazione si chiude il libro.
Profezie messianiche. -
Il contributo dato da E. all'aspettazione del tempo messianico è inferiore a
quello d'Isaia, ma rimane notevole. L'idea d'Isaia di un "residuo"
della nazione, che sfuggirà allo sterminio del popolo e sarà il ceppo del
popolo santo dei tempi futuri, è ripresa da E. (XIV, 21 segg.). Similmente è
ripresa la tradizione d'Isaia, XI, del rampollo della radice di Iesse che
perpetuerà con eterni meravigliosi destini la dinastia davidica. "Cosi
dice il Signore Iahvè: Pur io prenderò un virgulto del cedro sublime... e lo
pianterò sopra un monte elevato e prominente. Sul monte sublime d'Israele lo
pianterò: ed eleverà le sue fronde e farà i suoi frutti e diventerà un cedro
vigoroso; e verranno tutti gli uccelli ad abitare sotto di esso, e ogni specie
di volatili tra le fronde dei suoi rami farà il suo nido" (XVII, 22-24).
Il monte elevato e prominente richiama Isaia II, 2-4 e Michea IV, 1-3.
L'universalità del regno è simboleggiata dagli uccelli d'ogni specie che
faranno nido sul cedro (cfr. per l'interpretazione: Daniele, IV, 17-19 e
Matteo, XIII, 31-32). Le profezie della terza parte, scritte all'indomani del
disastro della patria, hanno una forma più direttamente nazionale. Israele,
cioè le tribù dei due regni, si radunerà sotto un unico pastore, "il mio
servo David" (XXXIV, 23-24); ma sarà purificato avanti d'entrare nella sua
terra (XXXVI, 24-27). L'importante profezia di Geremia che oppone all'alleanza
antica la predizione di una alleanza novella (XXXI, 31-37) è qui richiamata
nella sua sostanza.
Negli ultimi capi,
XL-XLVIII, parecchi critici veggono in parte una descrizione apocalittica e in
parte un disegno ideale della legislazione futura. Sotto il primo aspetto E.
sarebbe stato, con questi capitoli e con quelli riferentisi all'invasione e
distruzione delle schiere di Gog (XXXVIII-XXXIX), il precursore degli scritti a
forma d'apocalissi che fiorirono dal sec. III a. C. in terra palestinese,
invadendo anche le origini cristiane. E sotto il secondo aspetto al profeta si
dovrebbe il primo saggio di quelle ricostruzioni legali, formate a mente
libera, che avrebbero poi trovato lo sbocco nel Pentateuco. Molti però
persistono a interpretare quei capitoli come simboli del futuro ed espressione
d'una maggiore santità da esso richiesta. F. S. Kugler ha messo in grande
rilievo come il simbolismo sia una caratteristica di tutta l'attività
letteraria e profetica d'E. Un tratto ha evidentemente esclusivo valore di
simbolo: quello delle acque sgorganti dal tempio di Dio a fecondare la terra
palestinese e a risanare il Mar Morto. Più che predire una realtà futura E.
vuole esprimere un concetto. La previsione dei particolari architettonici e
delle misure, l'accuratezza delle leggi sacerdotali e cultuali non devono fare
illusione: quella meticolosità è nello stile d'E. che descriverà con uguale
minutezza i cherubini apparsigli, come introdurrà nella magnifica allegoria di
Tiro l'indicazione dei diversi paesi trafficanti con essa e delle merci di loro
scambio.
E., ancor più di Geremia,
risente del decadimento nazionale: su lui gravavano inoltre le condizioni
penose dell'esilio, poco propizie alle ricercatezze letterarie. Lo stile è
spesso cascante, minuzioso e meticoloso nelle descrizioni. Alla pura e vivace
vena d'Isaia si sostituisce spesso la prosa e una maggiore abbondanza di azioni
allegoriche. Tuttavia i componimenti poetici sono da ritenersi più numerosi di
quanto non appaia nelle versioni anche moderne: il guasto del testo e sovente
la libertà eccessiva del metro non consentono sempre una ricostruzione poetica.
Né mancano le composizioni degne, per vigoria di forma e grandiosità di
concetti, del periodo classico della letteratura ebraica.
L'attaccamento al
monoteismo, la mente pervasa di Dio, il dolore e l'ambascia per le vicende che
attraversa il suo popolo divenuto la "Casa della Ribellione" (Beth
Mĕrī), il continuo atteggiamento minaccioso dei dieci anni avanti la
distruzione di Gerusalemme rendono grandiosamente tragica la sua figura. Si può
dire che un solo tratto di tenerezza addolcisce le asprezze del carattere del
suo libro: il ricordo della morte della sua sposa e della caduta finale del
tempio di Gerusalemme.
Storicamente E. ha contribuito assai alla formazione dell'Israele nuovo, purificato nel crogiolo dell'esilio. Iahvè, che ha abbandonato il Tempio di Gerusalemme, si è trasportato nella terra degli esiliati (XI, 16). La fedeltà a lui viene mantenuta e ravvalorata. La distruzione della città era necessaria per purificare Gerusalemme dalle lordure e dalla ruggine che la rendevano immonda dinnanzi a Dio. La religione, severamente monoteistica, continua ancora a distinguere gli Ebrei dai popoli fra cui sono dispersi, e lo spirito nazionale si mantiene saldo nella certezza dell'avvenire messianico. Del resto, in tutto ciò E. non fa che seguire la tradizione profetica.
Alcuni critici attribuiscono
ancora all'opera di E. il prevalere d'un atteggiamento individualistico della
religione che caratterizza il nuovo Israele e favorirà lo sviluppo della
dottrina delle retribuzioni individuali nell'oltretomba. Si attribuisce altresì
e si rimprovera a lui una deformazione del profetismo anteriore, alieno da
preoccupazioni cultuali e rituali quando non fosse a esse ostile. Con le sue
ultime visioni dell'avvenire, che pongono a centro il Tempio e sono pervase
dall'ansia d'una esteriore santità del sacerdozio e del popolo, egli sarebbe
uno dei creatori delle tendenze che trovarono forma giuridica nel cosiddetto
codice Sacerdotale del Pentateuco, e un antenato nello spirito del giudaismo
rabbinico.
Le tinte della realtà
sembrano però meno cariche. L'individualismo religioso era un prodotto delle
circostanze più che dell'opera di E. Disseminati per tutte le terre, lontani
duemila miglia dalla patria, i deportati in Babilonia non potevano essere
corresponsabili dei traviamenti dei rimasti in Palestina: la solidarietà
nazionale era momentaneamente spezzata. Quindi il principio d'E.: ciascuno
individuo avrà il premio o il castigo delle proprie azioni individuali.
Le preoccupazioni
cultuali e di purità effettivamente si tradiscono in E. - a dire il vero solo negli
ultimi capitoli - più che non presso gli altri profeti: ma egli le aveva
ereditate dall'infanzia (IV, 14) più che create. Egli era di stirpe
sacerdotale, e la pietà delle funzioni del Tempio vissuta nella sua giovinezza
riviveva spontaneamente nelle aspettazioni del futuro. Quella legge sacerdotale
il cui spirito informatore si vuol ritrovare in E. indubbiamente risaliva,
almeno per gran parte, a tempi anteriori all'esilio. D'altra parte il
rabbinismo tardivo troverà appunto difficoltà ad accettare come canonico il
libro di Ezechiele, per le divergenze tra le sue disposizioni e quelle della
legge mosaica. Rabbi Hananyah, secondo un racconto talmudico, aveva dovuto
consumare 300 anfore d'olio nelle sue veglie per trovare un accordo tra il
profeta e la Legge. Effettivamente l'accordo manca su parecchi punti, per
questo stesso che per il tempo messianico occorreva una santità maggiore di
quella preesistente. Le disposizioni sono lontane da quelle della storia
anteriore come da quelle dell'Israele rimpatriato perché rappresentano un
ideale e ancor più un simbolo delle misteriose realtà future che l'antica
tradizione profetica aveva già tentato di delineare sotto le più svariate e
luminose immagini.
Bibl.: Pel testo ebraico
si consultino le edizioni critiche di S. Baer, Liber Ezechielis, Lipsia
1884; di C. H. Toy, The book of the Prophet Ezekiel, Lipsia 1899; di C. D.
Ginsburg, Ezechiel diligenter revisus iuxta Masorah, Londra 1910; di J. W.
Rothstein, nella Biblia Hebraica di R. Kittel. Importanti contributi
alla ricostruzione del testo, oltre ai commenti recentissimi, dànno C. H.
Cornill, Das Buch des Propheten Ezechiel, Lipsia 1886, e A. B.
Ehrlich, Randglossen zur hebräischen Bibel, V, Lipsia 1912. Sui traduttori
greci l'articolo del Thackeray, in Journal of theol. Studies, VI (1903),
pp. 398-411. Una versione aramaica fu pubblicata da S. Silbermann, Das
Targum zu Ezechiel nach einer südarab. Handschrift, Strasburgo 1910.
Nell'antichità cristiana commentarono Ezechiele: Origene di cui ci sono
perveute 14 omilie in versione di S. Gerolamo (Patr. gr., XIII, 665-768) e
brani d'altro commento in 25 libri nella Philocalia, c. 11; Teodoreto di
Ciro, S. Efrem, S. Girolamo e S. Gregorio Magno. Nel Medioevo si hanno due
libri di commentarî di Ruperto di Deutz, postille di Niccolò di Lira e di
Riccardo da S. Vittore.
Nell'epoca moderna sono
soprattuto notevoli: H. Pradi e J. B. Villapandi, in Ezechielen
explanationes, voll. 3, Roma 1596-1604 (con magnifici disegni, talvolta
abbelliti di fantasia, del tempio delineato da Ezechiele); J. Maldonatus, Commentarii
in Prophetas, Tours 1611 e i commentari del card. Gaetano, di Cornelio a
Lapide, di A. Calmet. - Fra i recenti A.-M. Le Hir, Les grands Prophètes,
Parigi 1876; J. Knabenbauer, Commentarius in Ez. prophetam, 2ª ed., Parigi
1907; R. Kraetzchmar, Das Buch Ezechiel, Gottinga 1900; J. Skinner, The
Book of Ezechiel, Londra 1895; J. Herrmann, Ezechiel, Lipsia 1924; P.
Heinisch, Das Buch Ezechiel, Bonn 1923; L. Tondelli, Le Profezie
d'Ezechiele, Reggio Emilia 1930. Studî particolari: A. Klostermann, Ezechiel.
Ein Beitrag zur beseren Würdigung seiner Person und seiner Schrift, in Theol.
Studien u. Kritiken, IV (1877), pagine 420-431; D. Buzy, Les symboles
prophéties d'Ezéchiel, in Rev. Biblique, XXIX-XXX (1920-21); P.
Cheminant, Les Prophétiques d'Ez. contre Tyr, Parigi 1912; J.
Plessis, Les Prophéties d'Ez. contre l'Égypte, Parigi 1912; L. Durr, Die
Stellung des Profet Ez. in der israelitisch-jüdischen Apokalyptik, Münster
1923; W. Neuss, Das Buch Ezechiel, in Theologie u. Kunst, 1912; G.
Richter, Der Ezechielische Tempel, Gütersloh 1912; E. Klamroth, Die
jüdischen Exulanten in Babylonien, Lipsia 1912.
L'Apocrifo di Ezechiele.
Registrato nella sua
Sticometria da Niceforo (sec. IX), come "pseudepigrafo", fu trovato
in frammenti, disperso tra le citazioni di taluni scrittori ecclesiastici: il
brano più lungo è quello riportato da S. Epifanio (v.) nel suo Panarion
haer., LXIV, 70, 5 segg., con la nota introduttoria esplicita: τὰ ὑπὸ 'Ιεζεκιὴλ
του5 προϕήτου ἐν τῷ ἰδίῳ ἀποκρύϕῳ ῥηϑέντα περὶ ἀξαστάσεως.
È un apologo sui rapporti
tra l'anima e il corpo, ambedue correi nel male, come cooperatori nel bene,
laonde ambedue da punire o premiare nell'eternità: due disgraziati, un cieco e
un zoppo, saccheggiano il giardino d'un re; presi nell'atto stesso che - lo
zoppo sulle spalle del cieco - compivano la loro malefatta, si volevano
scagionare buttando la colpa l'uno sull'altro, il cieco sull'occhio dello zoppo
e viceversa; essi furono fustigati insieme l'uno addosso all'altro.
Sull'origine di tal frammento non si sa dire se non che lo si trova preso dal
Talmud babilonese, Sanhedrin, 91 a. b. Con ciò non si hanno dati che
valorizzano l'opinione di Giuseppe Flavio, Antiq. Iud., X, 5, 1, che
il profeta E. abbia composto due libri.
Bibl.: M. R. James, The
apocryphal Ezechiel, in Journ. theol. stud. XV (1914), pp. 236-243;
K. Holl, Das apokryphe Ezechiel, in Aus Schrift und Geschichte A.
Schlatter dargebracht, Stoccarda 1922, pp. 85-92.
© Istituto della
Enciclopedia Italiana fondata da Giovanni Treccani - Riproduzione riservata
SOURCE : https://www.treccani.it/enciclopedia/ezechiele_(Enciclopedia-Italiana)/
EZÉCHIEL (Prophète) : https://topbible.topchretien.com/dictionnaire/ezechiel-prophete/