vendredi 9 décembre 2011

CREDO- SYMBOLE DES APÔTRES (X) : sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis

Jean Bourdichon. La Sainte Trinité, Grandes Heures d'Anne de Bretagne, vers 1507, miniature, 30 x 19,5, Latin 9474, folio 155 verso, Bibliothèque nationale de France



13 En lui, vous aussi, après avoir écouté la parole de vérité, l’Évangile de votre salut, et après y avoir cru, vous avez reçu la marque de l’Esprit Saint. Et l’Esprit promis par Dieu

14 est une première avance sur notre héritage, en vue de la rédemption que nous obtiendrons, à la louange de sa gloire.

15 C’est pourquoi moi aussi, ayant entendu parler de la foi que vous avez dans le Seigneur Jésus, et de votre amour pour tous les fidèles,

16 je ne cesse pas de rendre grâce, quand je fais mémoire de vous dans mes prières :

17 que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse qui vous le révèle et vous le fasse vraiment connaître.

18 Qu’il ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel, la gloire sans prix de l’héritage que vous partagez avec les fidèles,

19 et quelle puissance incomparable il déploie pour nous, les croyants : c’est l’énergie, la force, la vigueur

20 qu’il a mise en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux.

21 Il l’a établi au-dessus de tout être céleste : Principauté, Souveraineté, Puissance et Domination, au-dessus de tout nom que l’on puisse nommer, non seulement dans le monde présent mais aussi dans le monde à venir.

22 Il a tout mis sous ses pieds et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Église

23 qui est son corps, et l’Église, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens, I, 13-23

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/Ep/1

01 À BIEN DES REPRISES et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ;

02 mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes.

03 Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux ;

04 et il est devenu bien supérieur aux anges, dans la mesure même où il a reçu en héritage un nom si différent du leur.

Lettre aux Hébreux, I, 1-4

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/He/1

01 Et voici l’essentiel de ce que nous voulons dire : c’est bien ce grand prêtre-là que nous avons, lui qui s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les cieux,

02 après avoir accompli le service du véritable Sanctuaire et de la véritable Tente, celle qui a été dressée par le Seigneur et non par un homme.

Lettre aux Hébreux, VIII, 1-2

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/He/8

05 Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps.

06 Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ;

07 alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.

08 Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir.

09 Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second.

10 Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

11 Tout prêtre, chaque jour, se tenait debout dans le Lieu saint pour le service liturgique, et il offrait à maintes reprises les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais enlever les péchés.

12 Jésus Christ, au contraire, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu.

13 Il attend désormais que ses ennemis soient mis sous ses pieds.

14 Par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie.

Lettre aux Hébreux, X, 5-14

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/He/10

01 Ainsi donc, nous aussi, entourés de cette immense nuée de témoins, et débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée,

02 les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice, et il siège à la droite du trône de Dieu.

03 Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement.

04 Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché,

05 et vous avez oublié cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches.

06 Quand le Seigneur aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons ; il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils.

07 Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ?

08 Si vous êtes privés des leçons que tous les autres reçoivent, c’est que vous êtes des bâtards et non des fils.

Lettre aux Hébreux, XII, 1-8

SOURCE : https://www.aelf.org/bible/He/12

Article 7 – DE LA (c’est-à-dire de la droite du Père), JÉSUS VIENDRA JUGER LES VIVANTS ET LES MORTS.

101. - Juger fait partie de l’office des rois et des seigneurs. Nous lisons en effet dans les Pro­verbes (20, 8) : Le Roi, assis sur le trône de la justice, par son regard, dissipe tout mal. Or le Christ est monté au ciel et est assis à la droite de Dieu, comme le Seigneur de toutes les créatures; le jugement lui appartient donc mani­festement. C’est pourquoi, dans la règle de la foi catholique nous confessons que Jésus vien­dra juger les vivants et les morts.

C’est aussi ce que dirent les Anges au moment de l’ascension (Act. I. 11) : Ce Jésus qui vient d’être enlevé au ciel, du milieu de vous, en reviendra de la même manière que vous l’avez vu y aller.

102. - Il y a lieu d’observer trois choses à propos de ce jugement : Premièrement sa forme Deuxièmement la crainte qu’il doit nous inspirer; Troisièmement le genre de préparation qu’il requiert d’en nous.

1. De la forme du jugement du Christ.

103. - Trois réalités concourent à la forme d’un jugement : 1° la personne du juge, 2° les personnes jugées, 3° les matières sur lesquelles celles-ci sont jugées.

104. – 1° Or donc, le Christ est Juge. C’est lui, dit saint Pierre (Actes 10, 42), qui a été constitué par Dieu juge des vivants et des morts, soit que nous comprenions par morts les pécheurs, et par vivants les justes, soit que nous entendions au sens littéral par vivants ceux qui vivront au moment du jugement et par morts tous ceux qui, effectivement, seront morts.

Or le Christ Jésus est juge non seulement en tant qu’il est Dieu, mais aussi en tant qu’homme.

Et cela pour trois motifs : Voici le premier motif : il est nécessaire que ceux qui sont jugés voient leur juge. Or la divi­nité possède un tel attrait qu’on ne peut la voir sans éprouver de la joie; aucun damné ne pourra donc la voir parce qu’alors il se réjouirait. Afin que notre juge soit vu de tous les hommes, il faut donc qu’il apparaisse sous la forme d’un homme. Parlant de lui, Jésus dit en effet aux Juifs (Jean 5, 27) : Le Père a donné au Fils le pouvoir d’exercer le jugement parce qu’il est Fils de l’homme.

En second lieu, le Fils de Dieu est juge uni­versel en tant qu’homme, parce qu’il a mérité précisément en tant qu’e tel cet office de juge.

C’est comme homme en effet qu’il fut injuste­ment jugé; aussi fut-il constitué par Dieu juge du monde entier. Votre cause, lisons-nous dans l’e Livre de Job (36, 17), votre cause a été jugée comme celle d’un impie : aussi vous recevrez le jugement.

En troisième lieu, le jugement fut donné au Christ en tant qu’il est homme, afin que les hom­mes, étant jugés par un homme, cessent de désespérer. Si en effet Dieu seul était leur juge, dans leur effroi ils se livreraient au désespoir. Jésus dit dans l’Evangile (Luc 21, 27) : On verra le Fils de l’homme venir dans la nuée. Il jugera tous ceux qui existent, ont existé et existeront.

Il faut en effet, déclare l’Apôtre (2 Cor. 5, 10), que tous nous comparaissions devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû aux bonnes ou aux mauvaises actions qu’il aura faites pendant qu’il était revêtu de son corps.

105. – 2° Au sujet de ceux qui sont jugés, il y a, d’après saint Grégoire, une quadruple diffé­rence. D’abord, les uns sont bons, les autres, mauvais.

Ensuite, parmi les mauvais, certains seront condamnés, mais ne seront pas jugés ce sera le cas de ceux qui ont refusé la foi; leurs actions ne seront pas soumises à un examen, car qui ne croit pas, dit Jésus (Jean 3, 18), est déjà jugé, perce qu’il n’a pas voulu croire au nom du Fils unique de Dieu.

Les autres méchants, eux, seront jugés et con­damnés, comme les fidèles morts en état de péché mortel. L’Apôtre dit, à propos de ces pécheurs et de leur péché (Rom. 6, 23) : Le salaire du péché, c’est la mort, Ils ne seront pas en effet exclus du jugement, à cause de la foi qui était dans leur intelligence.

Quant aux bons, certains seront sauvés, mais ne seront pas jugés; ce seront ceux qui auront possédé l’esprit de pauvreté, par amour pour Dieu. Bien loin de passer par le jugement, ils jugeront les autres. Vous qui m’avez suivi, déclare Jésus (Mat. 19, 28), lors de la régénération, quand le Fils de l’homme aura pris place sur son trône de gloire, vous siégerez vous aussi sur douze trônes, pour juger les douze tribus d’Israël. Ces paroles visent non seulement les dis­ciples mais aussi tous ceux qui ont l’esprit de pauvreté autrement, saint Paul qui travailla plus que tous les autres, ne serait pas de leur nombre; oui assurément, elles visent, ces paro­les, tous ceux qui suivirent les Apôtres et les hommes apostoliques. Aussi l’Apôtre écrit-il aux Corinthiens (1, 6, 3) : Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges? Et nous lisons en Isaïe (3, 14) : Le Seigneur viendra pour le jugement avec les anciens et les princes de son peuple.

Les autres bons, à savoir ceux qui mourront dans la justice, seront sauvés, mais ils seront jugés. En effet bien qu’ils aient quitté cette vie justifiés, ils ont commis quelques fautes au milieu de leurs occupations temporelles. Ils seront donc jugés, mais ils obtiendront le salut.

106. - 30 Les hommes seront jugés sur tou­tes leurs actions bonnes et mauvaises.

L’Ecclésiaste (11, 9) : dit en effet : Suis les voies de ton coeur, mais sache que pour tout cela, Dieu te fera venir en jugement. Et (12, 14) : Oui, Dieu citera en jugement toutes les oeuvres des hom­mes, soit bonnes soit mauvaises. Même sur nos paroles inutiles nous serons examinés. Je vous le déclare, dit le Seigneur (Mat. 12, 36), les hom­mes rendront compte au jugement de toute parole vaine. Et il en sera de même de nos pensées. La Sagesse (1, 9) : affirme en effet que Dieu fera une enquête sur l’es pensées de l’impie.

2. De la crainte que doit nous inspirer le juge­ment de Jésus-Christ.

107. - Nous devons craindre ce jugement pour quatre raisons.

Le premier motif de le redouter, c’est la sagesse du Juge. Jésus en effet n’ignore absolument rien de nos pensées, de nos paroles et de nos actions. Tout est à nu et à découvert à ses yeux. (Heb. 4, 13) : et toutes les voies de l’homme n’ont pas la moindre obscurité pour les yeux du Seigneur (Prov. 16, 2). Il connaît également toutes nos paroles : son oreille jalouse entend tout (cf. Sag. 1, 10). Le Seigneur pareillement n’ignore rien de nos pensées. Le prophète Jérémie en effet nous rapporte ces paroles de Dieu (17, 9-10) : Le coeur de l’homme est dépravé et impénétrable. Qui le connaîtra? Moi, le Seigneur qui scrute les coeurs et sonde les reins, qui donne à chacun Selon ses voies et le fruit de ses pensées et de ses oeuvres. Là sera un témoin infaillible : la propre conscience des hommes. L’Apôtre écrit aux Romains (2, 15-16) : Leur conscience leur rend témoignage par la diversité des réflexions qui les accusent ou qui les défendent, au jour où Dieu jugera ce qui est caché dans le coeur des hom­mes.

108. - En second lieu il nous faut craindre le jugement à cause de la puissance du juge, car il est par lui-même tout-puissant. Voici, dit Isaïe (40, 10), voici que le Seigneur Dieu viendra avec puissance. Et il est également tout-puissant sur l’es autres, car l’ensemble de la création, à l’heure du jugement, sera avec lui. L’univers entier, dit en effet la Sagesse (5, 21), combattra avec lui contre les insensés. C’est pourquoi Job déclarait (10, 7) : Personne n’est capable de délivrer de ta main, et de son côté le psalmiste (Ps. 138, 8) : chante ces paroles : Si je monte au ciel, tu y es; Si je descends en enfer, tu y es encore.

109. - En troisième lieu il faut redouter le jugement à cause de l’inflexible justice du juge. Actuellement, en effet, c’est le temps de la misé­ricorde, mais alors, ce sera uniquement le temps de la justice. Et c’est pourquoi, maintenant, c’est notre heure à nous, mais alors, ce sera exclusi­vement l’heure de Dieu. Au temps que j’aurai fixé, dit le Seigneur (Ps. 74, 3), je ferai parfaite justice. Et nous lisons dans les Proverbes (6, 34-35) : Au jour de la vengeance, son zèle et sa fureur seront sans pitié, il n’écoutera les prières de personne et il ne recevra pas les dons nom­breux offerts pour le rachat des coupables.

110. - Enfin, le quatrième motif de redouter le jugement, c’est la colère du juge. Si en effet le juge doit apparaître aux justes plein de douceur et de charmes, puisque, selon Isaïe (33, 17), ils contempleront le roi dans sa beauté, il paraîtra par contre aux méchants si dur et ai courroucé qu’ils crieront aux montagnes Tombez sur nous et dérobez-nous à la colère de l’Agneau, comme il est dit dans l’Apocalypse (6, 16). Mais quand l’Ecriture parle de colère, elle n’entend pas signi­fier qu’en Dieu il y aura un mouvement de colère; elle a en vue seulement ce qui parait être un effet de la colère, à savoir la peine éternelle infligé aux pécheurs.

Le second remède contre la crainte du juge­ment, c’est la confession et la pénitence des péchés que l’on a commis. Pour cette confession et cette pénitence, trois conditions sont requises, grâce auxquelles la peine éternelle est expiée, ce sont la douleur dans la pensée, la honte dans l’aveu, la rigueur dans la pénitence.

Le troisième remède est l’aumône qui purifie tout. Le Seigneur a dit à ses disciples (Luc 16, 9) : Avec le malhonnête argent, faites-vous des amis, pour que, le jour où il viendra à manquer, ceux-ci vous reçoivent dans les tentes éternelles.

Parlant de cette peine éternelle, Origène écrit qu "étroites à l’extrême seront au jour du juge­ment les voies des pécheurs…"

111. - Nous devons utiliser quatre remèdes contre la crainte du jugement.

Le premier consiste dans les bonnes oeuvres. Saint Paul en effet écrit aux Romains (13, 3) : Veux-tu n’avoir pas à craindre l’autorité? Fais le bien et tu en recevras des éloges.

Le quatrième remède contre la crainte du juge­ment c’est la charité, c’est-à-dire l’amour de Dieu et du prochain : la charité, en effet, fait dis­paraître la multitude des péchés (I Pierre 4, 8 et Prov. 10, 12).

COMMENTAIRE DU CREDO PAR SAINT THOMAS D’AQUIN. Notes à partir de sermons donnés à Naples, carême 1273, prises de notes par Pierre de Andria. Traduction par un moine de Fontgombault, Nouvelles Editions Latines, 1969. Deuxième édition numérique, http ://docteurangelique.free.fr, 2008. Les œuvres complètes de saint Thomas d'Aquin : http://docteurangelique.free.fr/livresformatweb/sermons/06credo.htm

SOURCE : http://docteurangelique.free.fr/livresformatweb/sermons/06credo.htm#_Toc200856049