Rémond Constant, Saint Gérard de Toul, évêque de Toul, 1625, Cathédrale St Étienne de Toul (Cathédrale de Toul), Meurthe-et-Moselle, France
Rémond Constant, Saint Gérard de Toul, évêque de Toul, 1625, Cathédrale St Étienne de Toul (Cathédrale de Toul), Meurthe-et-Moselle, France
Rémond Constant, Saint Gérard de Toul, évêque de Toul, 1625, Cathédrale St Étienne de Toul, Meurthe-et-Moselle, France
Saint Gérard de Toul
Évêque (+ 994)
Confesseur et évêque de
Toul. Il se dévoua tout spécialement aux œuvres de bienfaisance en établissant
écoles et hôpitaux dans son diocèse.
Né à Cologne vers 930, il
succède à Saint Gauzelin comme
évêque de Toul le 29 mars 963.
Passionné de Dieu ,
Gérard l’aime pour lui-même, dans ses frères, dans son Église et dans ses
Saints. Il fait transférer les reliques de Saint Élophe à Cologne et celles de
Saint Goëry à Épinal.
Prédicateur zélé et
infatigable de l’Évangile, ce Père des pauvres meurt le 23 avril 994, après
plus de trente ans d’épiscopat. Il est canonisé par Saint Léon IX, l’un
de ses successeurs.
(diocèse
de Saint-Dié)
À Toul, en 994, saint
Gérard, évêque, qui, pendant trente-et-un ans munit la cité de lois
excellentes, nourrit les pauvres, vint au secours du peuple par ses prières et
ses jeûnes en temps de peste, fit la dédicace de sa cathédrale, et ne se
contenta pas d’aider de ses moyens les monastères, mais les garnit aussi de
saints disciples.
Martyrologe romain
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1025/Saint-Gerard-de-Toul.html
Saint Gérard, évêque
Gérard naquit à Cologne
et entra au chapitre Saint-Pierre de cette ville où il fut ordonné prêtre.
Distingué pour sa science et sa piété, il fut, en 963, choisi pour succéder à
l’évêque de Toul, saint Gauzelin. Il reçut la consécration épiscopale à
Cologne, le 29 mars.
Sur le siège de Toul, il
déploya les plus grands talents. Il reconstruisit dans de plus vastes
proportions son église cathédrale. Soucieux de maintenir dans la ferveur les
monastères anciens, il fonda aussi un nouvel établissement dans sa ville épiscopale,
la collégiale Saint-Gengoult. Son activité en faveur des paroisses est moins
bien connue, mais elle fut sans doute également féconde. Ce qui est certain,
c’est que Gérard donna pendant tout son épiscopat l’exemple d’une rare vertu.
Dès sa mort, survenue le 23 avril 994, il fut honoré comme un saint. Son
tombeau, au milieu du chœur de la cathédrale qu’il avait reconstruite, devint
le but d’un pèlerinage fréquenté, et on rapporte de nombreux miracles qui s’y
produisirent. Le 20 mai 1050, le pape Léon IX, qui lui avait succédé à Toul,
canonisa solennellement saint Gérard et, le 22 octobre suivant, lui consacra un
autel dans la cathédrale, après avoir procédé à l’élévation de ses reliques.
Quand plus tard on refit à nouveau l’édifice, on respecta le tombeau de saint
Gérard, qui est toujours à la même place dans le chœur. Le souvenir laissé par
ce saint évêque fut si grand, qu’au cours des siècles l’imagination populaire
se plut à lui attribuer un certain nombre d’actions dont il n’était pas
responsable, telles que la fondation du pèlerinage de Sion ou l’obtention de la
relique du saint Clou.
SOURCE : http://www.introibo.fr/Saint-Gerard-eveque
SAINT GÉRARD DE TOUL
Seigneur, tu as choisi l’évêque saint Gérard
pour te bâtir des églises,
mais surtout pour rénover la fidélité de ton peuple ;
Accorde-nous, par son intercession,
d’être ici-bas le temple de ta grâce et d’entrer un jour dans la demeure
de ta gloire.
Nous avons vu comment le
Français, Saint Gauzelin, avait contribué à infléchir vers l’Empire
l’orientation politique de la Lorraine. On en trouve aussitôt une illustration
significative dans le fait que son successeur même, Saint Gérard, nous viendra
des bords du Rhin. Celui-ci va même ouvrir la longue série des évêques de Toul
d’origine rhénane. Il faudra, en effet, attendre près de trois siècles, après
Saint Gauzelin, pour retrouver, avec Renaud de Bouthelier-Senlis en 1210, un
évêque français sur le siège de Toul.
Juridiquement, la
succession de Saint Gauzelin allait donc se faire de la même manière que son
accession : par désignation du souverain, à cela près que, Charles le
Simple ayant disparu, l’initiative était passée à l’Empereur Othon Ier. Comme
il se trouvait alors en Italie, le Chapitre de Toul envoya, à l’automne 962,
une délégation auprès de l’archevêque de Cologne.
Brunon reçut ces Lorrains
avec une déférence paternelle et se souvenant qu’il était à la fois évêque,
responsable du spirituel et lieutenant de l’Empereur, voulut choisir un homme
capable tout ensemble de diriger l’Église de Toul dans les voies de Dieu et de
maintenir dans la fidélité à l’Empire ce vaste diocèse sur des confins où
s’éveillait la France capétienne. Remarquons, en passant, que le règne de son
fondateur, Hugues Capet (987-996) devait, en effet, coïncider avec la fin de
l’épiscopat de Saint Gérard (963-994).
Brunon prit donc la chose
très au sérieux et consulta le conseil presbytéral de Cologne qui fut unanime à
lui recommander un prêtre, jeune encore, nommé Gérard, qui dans l’humilité
d’une vie active et studieuse se préparait sans le savoir à la double et délicate
mission qui l’attendait.
Gérard était né à Cologne
vers 930 d’une vieille famille chrétienne ; Ingramne et Emma, ses parents,
jouissaient d’une grande considération dans la cité. La mère veilla avec
sollicitude à son éducation religieuse ; le père de son côté, soucieux de
lui assurer une instruction solide, le mit à l’école que tenait le Chapitre
auprès de la cathédrale. Le jeune Gérard, élève exemplaire, se sentit bientôt
appelé au sacerdoce et s’adonna aux sciences sacrées. Devenu prêtre, il poursuit
ses études, tout en s’initiant à la prédication dans les paroisses de la ville
et en remplissant les fonctions de cellérier du Chapitre. Dans ces activités si
variées, il fit preuve de talents remarquables et d’une grande puissance de
travail ; il était par ailleurs d’une exquise urbanité, généreux et très
humble.
Le choix de l’archevêque
le surprit donc, mais sans le décontenancer, car il accepta en toute simplicité
d’aller là où le Seigneur l’appelait. Il fut sacré à Trèves, comme déjà Saint
Gauzelin, le 29 mars 963 et, quelque temps après, faisait son entrée solennelle
dans sa ville de Toul. Les fidèles ne tardèrent pas à vérifier tout ce que
disaient du jeune évêque les chanoines depuis leur retour de Cologne.
Quant aux autorités
civiles, elles se flattaient de trouver dans ce patricien rhénan un zélé
promoteur de l’influence germanique. Or le premier trait de sainteté du nouveau
pasteur fut précisément de décevoir les politiques et de combler les vœux de la
chrétienté touloise, dût-il pour cela rompre avec des attaches trop humaines.
Responsable avant tout d’un diocèse, il entend bien n’être que l’homme de Dieu,
entièrement donné à ses ouailles. Et pour en témoigner, il se montra à Toul tel
qu’il avait été à Cologne, n’ajoutant rien à son train de vie, ne retranchant
rien de ses austérités, ni de ses veilles.
Au moment d’aborder ce
fécond épiscopat de plus de trente ans, précisons qu’il nous est connu, dans le
détail et avec certitude, grâce à Widric, l’érudit abbé de Saint-Epvre, que
nous avons déjà rencontré. S’il n’a certes pas connu son personnage, il en
était encore assez proche, au début du XIᵉ siècle, pour en être le chroniqueur
averti et documenté. Il le fit d’ailleurs à la demande même de Brunon de
Dagsbourg, le futur Pape Saint Léon IX encore évêque de Toul. Nous suivrons
donc Widric, négligeant toutefois les nombreux miracles, trop complaisamment
rapportés dans un but d’édification et repris au siècle dernier, par l’abbé
L’Hôte dans sa « Vie des Saints du diocèse ». Ce faisant, nous ne
pensons ternir aucunement la mémoire de ce grand Evêque qui manifesta sa
sainteté bien autrement que par les miracles qu’il a pu accomplir en réalité et
que requièrerait aujourd’hui une canonisation en cour de Rome. Passionné de
Dieu, Saint Gérard L’aima pour Lui-même et concrètement dans ses frères les
hommes ; sur un autre plan, il aima Dieu dans son église et dans ses
Saints. C’est sous ces quatre aspects que nous étudierons sa vie et
découvrirons sa sainteté. _ 1. Saint Gérard eut à son suprême degré le sens de
l’amour de Dieu. De sa formation première, il devait garder toute sa vie une
foi ardente et une profonde piété. La prière fut son occupation favorite, en
son oratoire où il passait de longues heures. Il multiplia les offices, les
cérémonies qu’il présidait dans les églises de sa ville ou du diocèse, heureux
de joindre sa prière à celle des fidèles, affectionnant davantage encore, dans
les abbayes, l’office monastique auquel il était assidu jadis à Cologne. De
cette piété qui impressionnait, nous retrouverons maints témoignages dans le
culte fervent qu’il voua aux Saints de Toul, tout au long de son épiscopat. _
Il avait, de par sa foi, une confiance d’enfant dans la miséricorde et la
toute-puissance de Dieu, estimant que c’était encore Lui rendre gloire que de
Lui forcer la main, par la prière et la pénitence, dans les situations les plus
désespérées. Et la Providence elle-même allait lui en fournir souvent
l’occasion.
_ 2. Les misères et les
calamités qui, dans l’histoire, assombrissent tragiquement les approches de
l’an mil, mirent en admirable relief l’amour que Saint Gérard, avec tendresse,
ne cessa de porter à son peuple.
Chaque jour, il recevait
des indigents à sa table, après leur avoir lavé les pieds ; il les servait
lui-même avec un sourire qui les mettait à l’aise.
Survienne une famine, les
greniers de l’évêché, alimentés par la dîme, étaient aussitôt mis à la
disposition des habitants et entièrement vidés. Pour empêcher les abus du
« marché noir » (les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets),
il réglementa la vente des grains et des vins, car déjà en ce temps-là le petit
« gris de Toul » était apprécié et l’objet de trafic. Il fixa pour
ces marchandises des mesures qui furent en usage jusqu’à l’avènement du système
métrique et qu’on appelait « mesures de Saint Gérard ».
Toujours dans le même
esprit de bienfaisance et de sens social, il réglementa l’administration de la
justice et de la police dans la cité. Bien que doté, au titre de Comte de Toul
décerné à son prédécesseur immédiat, de pouvoirs considérables au temporel, il
s’en remit à son propre frère Ancelin et personnellement n’en usa jamais qu’en
faveur des petites gens, majorité privilégiée de son troupeau.
Au cœur de la ville de
Toul, il fonda, non loin de la cathédrale, un hospice en faveur des malades et
des voyageurs. Il lui donna le nom de « Maison-Dieu » , en confia la
gestion à cinq chapelains, qui avaient à leur disposition le dixième des
revenus de l’évêché. Toujours en service, depuis mille ans, l’Hôtel-Dieu de Toul
fait honneur à Saint Gérard.
Il avait en outre créé un
centre d’accueil au profit des étrangers que la misère chassait de leur pays,
venant parfois de très loin : d’Écosse, d’Irlande, voire de Grèce, au
témoignage de Widric. L’évêque les visitait tous les jours ; soucieux de
l’âme de ces diocésains de passage, il les invitait à prier et à chanter sur le
mode de leur pays ; si l’un d’eux venait à mourir, il ne manquait jamais
d’assister à ses funérailles.
L’amour des pauvres fut
l’une des caractéristiques de sa vie et sa préoccupation constante. On en
trouve un exemple curieux à propos de Bouxières. Afin d’affermir la fondation
de son prédécesseur Saint Gauzelin, il fit don à cette abbaye de plusieurs
domaines : Dommarie, près de Vézelise, Pompey, puis Saint-Dizier, aux
portes de Nancy, village qui fut démoli au XVIIe siècle pour agrandir la ville
vers l’Est, mais dont la grande artère qu’est la rue Saint-Dizier garde encore
le souvenir. Cette triple donation comportant des revenus, Saint Gérard eut
soin d’en faire « la part à Dieu », avec cette clause, imposée aux
religieuses, d’un banquet annuel qui serait servi à douze pauvres « pour
la prospérité de son peuple et de la sainte Église ».
Lorsque la peste, des
sécheresses ou des inondations s’abattaient sur la Lorraine, l’Évêque
préconisait des neuvaines de jeûne, des processions qu’il présidait lui-même
derrière les châsses de Saint-Mansuy et de Saint Epvre. Solennelles suppliques
que le Ciel exauçait parfois de façon vraiment miraculeuse. Et le prélat d’en
reporter le mérite aux bons vieux Saints du Toulois, au pouvoir de leurs
reliques ; mais le bon peuple dans sa reconnaissance n’hésitait pas à
l’attribuer à la sainteté de son Évêque.
3. L’amour de
l’Église ! Il apparaît par le détail de sa vie, par toutes les manifestations
de sa piété, que Saint Gérard en a reçu le charisme de façon exceptionnelle au
jour de son sacre à Trêves.
La liturgie de ce sacre,
dont l’essentiel existait déjà bien avant l’an mil, fait du nouvel élu le
successeur direct des douze Apôtres, le rattachant ainsi intimement à l’Eglise
fondée par le Sauveur. Saint Gérard le comprit et le vécut pleinement sur les
deux plans, qui se confondent : l’Église catholique romaine et son Église
de Toul. Zélé défenseur de l’Église romaine, il s’attacha à poursuivre l’action
de son prédécesseur pour la rénovation spirituelle des monastères, à prévenir
vigoureusement le retour aux pratiques dissolvantes qui les avaient tant
affaiblis. _ Il se montra le gardien vigilant du dépôt de la foi, en face des
sursauts de paganisme dans les campagnes, des courants de pensée ou de doctrine
lancés par des novateurs qui trouvaient leur bouillon de culture dans ces temps
de désordres et de guerres endémiques. Au plus fort de l’action qu’il menait
ainsi, il put en 984 réaliser le rêve de sa vie et faire le pèlerinage de Rome.
Il se choisit parmi les prêtres et les moines de son diocèse douze compagnons
en l’honneur des douze Apôtres. Widric nous conte la cérémonie solennelle de
départ en procession jusqu’au delà des remparts de Toul. On suit la pieuse
caravane au long de sa route à travers les Alpes. A l’escale de Pavie, Saint
Gérard aura la joie de rencontrer Saint Mayeul, abbé de Cluny, et Saint
Adelbert, évêque de Prague. Belle occasion de se réconforter et de traiter ensemble
de la réforme monastique et des problèmes d’évangélisation qui se posaient, les
mêmes qu’en Lorraine, aux confins opposés de l’Empire. _ Parvenu en la Ville
Éternelle, Saint Gérard fait aussitôt sa visite « ad limina ». Le
narrateur, très attentif au pittoresque du voyage, mais peu soucieux de
chronologie comme on l’était de son temps où l’on ne disposait pas d’agenda, ni
d’éphémérides, ne précise pas le mois de ce séjour à Rome, ni le nom du pape
qui a pu le recevoir. Nous ne pouvons même pas le conjecturer, la mort de
Benoit VII et l’avènement de Jean XIV se situant dans le cours de cette année
984.
Par contre, nous sommes
bien renseignés sur la visite à la Confession de Saint Pierre. Episode qui
dénote le genre littéraire de Widric et dépeint sur le vif notre saint évêque.
Celui-ci, désirant célébrer la messe en ce lieu, on lui fait remarquer que
c’est là un privilège réservé au pape. Il ne se tient pas pour battu et fait
vœu de donner 300 livres à la Basilique de Saint-Pierre s’il obtient cette
faveur. Mais aussitôt, humble autant qu’impulsif, et sans doute canoniste par
surcroît, il reconnaît publiquement qu’il y a dans sa dévotion quelque vaine
complaisance entachée de simonie, il s’en repent et retire sa supplique. Trop
heureux de pouvoir célébrer à l’autel de Sainte-Pétronille, Vierge romaine
convertie par Saint Pierre et inhumée à côté de lui. Saint Gérard s’apprête à
monter à l’autel, lorsque fait irruption une troupe de soldats étrangers, pas
des gardes pontificaux ! qui ne respectaient pas la sainteté du
lieu ; il s’empare de sa crosse et les chasse de la crypte, avec la fougue
de Notre-Seigneur au Temple.
Avant de regagner la
Lorraine, il ira avec sa suite prier longuement sur la tombe de l’empereur
Othon II, décédé à Rome l’an passé. Geste de loyauté à l’égard de son suzerain,
parfaitement conciliable avec la piété que nous lui connaissions déjà.
Sa chère Église de Toul,
Saint Gérard vécut avec la conviction profonde qu’il l’avait, au jour de son
sacre, épousée de façon à la fois mystique et réelle, l’anneau qu’il portait
étant pour lui symbole d’amour et de fidélité.
Si, sur le plan temporel,
il acceptait aisément, lui enfant de Cologne, que son évêché-comté de Toul fût
imbriqué dans le Saint Empire romain germanique, il entendait, d’autant plus,
qu’au spirituel son Église touloise fût partie intégrante et vivante de la
Sainte Église catholique et romaine.
Sa première démarche
d’évêque, en arrivant de Trèves, fut de se rendre au tombeau de Saint Mansuy,
en la chapelle Saint Pierre, où il reposait, hors des remparts est de la ville.
Dans cet élan de piété qui le porta toujours, nous le verrons par la suite, à
vénérer les Saints avec tant de confiance, il se consacra avec tout son diocèse
à cet auguste prédécesseur qui avait jadis fondé l’œuvre dont il était
désormais responsable.
Afin de ranimer la
dévotion des fidèles envers l’Apôtre du pays, Saint Gérard commence par
demander à Adson, écrivain bien connu, d’en retracer la vie, ouvrage
d’édification que les curés liraient à leurs ouailles au jour de sa fête. Dans
cette optique, Adson composa une biographie dont le contenu historique est très
pauvre, il le reconnaît lui-même, mais où la légende reflète amplement
l’imagination et la piété populaires. Et ce, sur un point très particulier qui
mérite d’être relevé ici.
Comme ses collègues,
auteurs de la Vie de Saint Clément de Metz ou de Saint Lazare d’Autun, Adson y
recueille cette ferme croyance que Saint Mansuy était venu directement de Rome,
au premier siècle, envoyé par Saint Pierre personnellement pour évangéliser le
pays des Leuques. Pure légende, c’est largement prouvé aujourd’hui, mais si
belle qu’elle plut infiniment à Saint Gérard, confirmant en lui le sentiment
qu’il avait à juste titre, nous le disions à l’instant, de la filiation de
l’Eglise de Toul par rapport à celle de Rome. Et la dédicace même par Saint
Mansuy de cette première chapelle à Saint Pierre, n’était-elle pas à ses yeux
une preuve de plus de l’apostolicité de son Église qu’il aimait tant
déjà ?
Tandis qu’Adson
s’acquittait de sa tâche, Saint Gérard résolut de mettre davantage en honneur
les reliques de Saint Mansuy. Il fonda, hors les murs, une abbaye nouvelle
dédiée à son nom et releva du sarcophage de la crypte les restes précieux qu’il
plaça dans une châsse. Celle-ci fut confiée à la garde d’une communauté de
bénédictins, détachée de l’abbaye Saint-Epvre, sous la direction d’Adalbert
rentrant de Moyenmoutier, où il avait fait du si bon travail, au temps de Saint
Gauzelin. Le diplôme d’Othon II ratifiant la chose le 2 juin 965 conférait à
l’œuvre un certain prestige. Il atteste aussi que Saint Gérard est allé vite en
besogne : c’est la seconde année de son épiscopat.
A l’intérieur de la
ville, il voulut avoir une belle cathédrale, qui incarnât l’Église spirituelle
de Toul. Depuis la fondation de celle-ci, à la fin du IVe siècle, plusieurs
cathédrales successives avaient été bâties dont on trouve mention dans les
textes, mais pas la moindre trace archéologique. Partant des fondations de la
dernière en date, érigée par l’évêque Ludelme (895-906), bien délabrée par
l’invasion hongroise de 954, Saint Gérard entreprit un vaste édifice sur un
plan qui se laisse deviner dans la cathédrale, reprise au XIIIe siècle et
toujours en place. Ayant vu très grand, il ne put en élever que le chœur et le
transept, richement ornés néanmoins de peintures et de sculptures, de mobilier
précieux. Il eut la joie d’en faire la consécration en 981, ayant obtenu des
reliques de Saint Etienne de Thierry de Hamelant, évêque de Metz, dont la
cathédrale est également consacrée au premier Martyr. On s’attendrait presque
que pour Toul c’eût été Saint Mansuy : mais notre évêque était bien trop
respectueux de la tradition. On sait que Saint Etienne est en France le
titulaire des plus vieilles cathédrales, le premier après Notre Dame.
Non content d’avoir ainsi
doté sa ville épiscopale de deux protecteurs insignes, le pieux évêque eût
l’idée originale d’installer en sentinelle le Prince même de la milice céleste.
Il y avait au nord de Toul une fière colline dominant la cité. En 971, il la
dédia à Saint Michel, bâtissant à son sommet une église et un prieuré qui
devinrent un centre de pèlerinage. A noter qu’en 962 la même dédicace venait de
se faire au Puy, à la pointe du célèbre Saint-Michel-d’Aiguilhe. C’est donc depuis
Saint Gérard que les Lorrains ont eu leur Mont-Saint-Michel, la colline de Bar
ayant changé de nom, on le vérifie sur toutes les cartes, notamment sur celles
d’état-major, où un fort, pièce maîtresse du camp retranché, a remplacé
l’antique chapelle.
Ainsi pour ce qui touche
au culte des Saints, il venait de prendre décidément un bon départ, dans sa
ville même.
4. Saint Gérard,
avons-nous dit en préambule, aima Dieu, très spécialement et avec une ferveur
soutenue, dans ses Saints, sans savoir d’ailleurs qu’il allait lui-même en
allonger la liste. Ce fut vraiment la caractéristique de sa piété, comme
l’idée-force de tout son épiscopat.
Il nous plaît d’aborder
ce dernier aspect de sa sainteté ; parce que notre évêque-pèlerin s’est
rendu de la sorte populaire entre tous en Lorraine.
Parce qu’il annonce déjà
le Moyen Age, lequel a vécu sa foi et aimé son Dieu à travers les Saints du
paradis, sollicitant par leur intermédiaire, avec une confiance jamais lassée,
l’infinie bonté du Tout-Puissant ; par contraste enfin — car cela donne du
relief à l’Histoire ! — avec la désaffection à l’égard des Saints de notre
spiritualité contemporaine.
A son arrivée, le jeune
évêque avait appris avec un vif intérêt qu’au-delà de Toul et sur la même voie
romaine qui l’avait de Cologne amené à Trèves, puis à Toul, on vénérait un
certain Saint Elophe. Celui-ci avait jadis payé de son sang les prémices
d’évangélisation au pays des Leuques. Aussi voyons-nous Saint Gérard prendre
dès 965 son bâton de pèlerin et venir prier sur la tombe du premier martyr de
tout son diocèse, contemporain d’ailleurs de Saint-Euchaire de Pompey.
Ayant conté dans le
détail précédemment cette visite mémorable qui marque le départ du culte de
Saint Elophe avec une « succursale » inattendue à Cologne, nous n’y
reviendrons pas. Il est bon toutefois de replacer dans le contexte de la vie de
Saint Gérard le pieux larcin qui avait marqué le pèlerinage. Il est clair qu’en
l’occurrence son culte des Saints était entaché de chauvinisme candide, ce
qu’exploiterait joliment de nos jours « l’avocat du diable » dans un
procès de canonisation. Mais peut-être Saint Gérard entrevoyait-il — et
l’avenir lui a donné raison — un surcroît de gloire pour notre martyr, dans je
ne sais quelle perspective de la communion des Saints, de
« l’internationalisation » de leur culte. Il y eut aussi, en cette
affaire, l’excuse d’une sauvegarde en faveur de deux monastères vosgiens.
Et ceci nous amène à un
exploit du même genre concernant précisément ces derniers et qui semblerait à
première vue ternir la mémoire de Saint Gérard. Au retour d’une visite faite
sur la tombe de Saint Dié et de Saint Hydulphe, il emporta à Toul les deux
crosses que l’on conservait aux Jointures et à Moyenmoutier en souvenir des
fondateurs. Par ce geste, il entendait d’abord faire acte de possession des
deux abbayes, restituées au comté de Toul par Frédéric, duc de Haute Lorraine,
à l’occasion même du transfert des reliques de Saint Elpohe à Cologne. C’était
aussi dans sa pensée, un geste de piété, car les dites crosses étaient fort
simples ; il les rehaussa d’orfèvreries, y inclut des reliques et les fit
garder au trésor de sa cathédrale. Depuis lors elles ont disparu, comme toutes
les œuvres d’art accumulées au cours des siècles aussi bien à Toul qu’à
Saint-Diè et à Moyenmoutier. D’ailleurs, on ne voit pas, dans les textes, que
le Chapitre de Saint Dié, lorsqu’il se fut émancipé de la tutelle de son
évêque, ait jamais réclamé cette crosse qui, au trésor de Toul, eût paru
maintenir une juridiction évanouie.
A deux reprises déjà,
nous avons suivi Saint Gérard pérégrinant dans cette portion de son diocèse qui
forme aujourd’hui le nôtre. Il va y revenir encore, mais sans que cette visite
donne lieu à la moindre critique. Il nous y apparaît au contraire sous un jour
sympathique : penché sur le berceau d’Epinal nouveau-né.
On nous excusera de
développer ici c que nous ne ferons qu’esquisser à propos de Saint Goëry.
Dans le dernier tiers du
Xe siècle, Thierry de Hamelant avait fondé un monastère de bénédictines sur un
domaine du temporel de l’évêque de Metz, au point où la Moselle sort de la
montagne vosgienne. Ayant aussitôt édifié une église et voulant donner un gage
de prédilection à la cité qui venait ainsi de naître, Thierry décide de
transférer à Epinal le corps de Saint Goëry, son lointain prédécesseur, mort
évêque de Metz en 643. En veine de gentillesse, il invita Saint Gérard à
présider cette translation et à consacrer la nouvelle église.
De la cérémonie nous
n’avons d’autre détail que la date du 5 février, conservée de façon précise
jusqu’à nos jours pour célébrer la dédicace de notre église spinalienne. Quant
à l’année, elle n’a pas été retenue, lapsus maintes fois remarqué. Par
suppositions toutefois, les historiens estiment que ce fut dans les dernières
années de Thierry mort en 984.
L’événement, par contre,
est attesté clairement dans un privilège accordé par la suite au Chapitre des
Dames d’Epinal, par l’évêque de Toul, Riquin de Commercy, le 30 mai 1119 :
« Nous ne voulons pas que ceux qui viendront après nous ignorent que
l’église que Saint Gérard avait dédiée fut détruite, parce que trop petite,
qu’elle fut réédifiée et dédiée par le bienheureux Léon, alors qu’il était déjà
revêtu de la dignité apostolique ... » (Il s’agit du pape Saint Léon IX.)
Revenant à Saint Gérard,
on devine qu’il s’était rendu avec joie à une telle invitation. A Epinal il
était déjà un peu chez lui, ce domaine du temporel de Metz formant une enclave
dans son diocèse. De plus, il lui plaisait de recevoir et d’honorer ainsi les
restes d’un saint évêque voisin et de remercier du même coup Thierry, qui lui
avait naguère accordé si libéralement des reliques de Saint Etienne pour la
dédicace de sa propre cathédrale.
Peu de temps après, une
terrible épidémie le « mal des Ardents », venant à ravager la
Lorraine, Saint Goëry fut mis à contribution et les malades accoururent de
partout, de Bourgogne et d’Alsace, auprès de sa châsse pour obtenir leur
guérison. Les miracles nombreux, aussitôt obtenus, déterminèrent l’essor
d’Epinal sur le double plan spirituel et économique. Le document de Riquin y
fait allusion : tandis qu’on bâtissait une église plus vaste, un hôpital
était construit par les Dames, sur le parvis, spécialement destiné aux malades,
un peu comme notre Hospitalité de Lourdes.
En sorte que Saint Gérard
se trouve avoir consacré la première église d’Epinal et présidé à la naissance
d’un des plus anciens pèlerinages curatifs en Lorraine.
En vertu d’une tradition
immémoriale et tenace, Saint Gérard passe pour être le fondateur du pèlerinage
de Sion. Nous n’avons là-dessus, même dans Widric, aucun texte précis ;
ajoutons qu’au départ l’affaire apparaît bien complexe, fondée sur un double
paradoxe territorial, comme on en rencontre souvent dans l’organisation des
diocèses au haut Moyen Age.
Ainsi la colline de Sion,
pièce maîtresse du Xaintois, le vieux « pagus Suentensis »,
appartenait encore à l’évêché de Langres, constituant une enclave dans le
diocèse de Toul. Réciproquement ce dernier possédait l’abbaye de
Saint-Gengoult, de Varennes-sur-Amance, enclave lorraine dans le diocèse de
Langres.
Saint Gauzelin, au prix
de longues tractations, avaient décidé de réduire cette anomalie en échangeant
avec Achard, évêque de Langres, Varennes pour Sion. Parti intelligent qui
replaçait les choses dans l’ordre et qu’allait exploiter Saint Gérard. Très
attaché, nous l’avons vu, au culte des Saints, le pieux évêque professait une
dévotion plus tendre encore envers la Vierge Marie. On lui prête donc d’avoir
repris le projet de son prédécesseur, détourné vers Bouxières.
Sur la colline de Sion
existait déjà une chapelle antique dédiée à la Vierge, aux lieux mêmes où les
Gallo-Romains vénéraient la déesse Rosemarta, avant l’évangélisation de la
contrée. Des stèles votives découvertes à Soulosse en témoignent au Musée
d’Epinal. Il est regrettable que nous n’ayons aucune preuve que Saint Gérard
ait aménagé les lieux et élevé l’église qui, plusieurs fois reconstruite, et
transformée encore l’été dernier, allait devenir, avec son « image
miraculeuse », le pèlerinage marial le plus populaire de toute la
Lorraine.
Nous sommes bien mieux
renseignés sur une autre création, typiquement personnelle et qui se présente
comme un corollaire de l’œuvre de Sion. En souvenir de l’abbaye Saint-Gengoult
de Varennes, rendue à Langres, notre évêque voulut implanter à Toul même le
culte de ce Saint déjà répandu en Lorraine. Aujourd’hui encore Saint Gengoult
est titulaire de dix églises au diocèse de Nancy et de sept dans le
nôtre : Hadol, Harsault, Hurbache, Pierrepont, Ruppes, La Voivre,
Xaffévillers.
Possédant une relique
insigne de ce Saint, le pieux évêque décida en 986 la fondation d’une
collégiale qui en assurerait la garde. Il y installa une communauté de clercs
réguliers, laquelle par la suite devait s’ériger en Chapitre, distinct de celui
de la cathédrale et dont le prévôt fut au Moyen Age le second personnage du
diocèse. Cette fondation lui tenant à cœur, il l’avait en effet richement
dotée, lui attribuant les revenus du domaine de Sion. Puisque ce dernier était
la rançon de Varennes, c’était encore, dans sa pensée, faire hommage à ce Saint
« naturalisé »lorrain ! On s’explique dès lors l’ampleur de
l’église actuelle de Saint-Gengoult de Toul (XIIIe siècle) et la richesse
architecturale de son cloître (XVIe siècle).
Le zèle qui portait
inlassablement Saint Gérard à célébrer la mémoire des Saints devait le mettre
en relation avec le diocèse de Verdun, après celui de Metz. Il lui semblait bon
de resserrer davantage les liens qui unissaient les trois Églises lorraines,
les Trois Évêchés historiques.
Humbert, abbé de
Saint-Vanne de Verdun, qui venait d’ouvrir une filiale bénédictine à
Flavigny-sur-Moselle, renouvela le geste récent de Thierry à Epinal. Il obtint
en effet d’y transporter le corps de Saint Firmin, un des premiers évêques du
pays verdunois. La translation donna lieu à une solennelle procession, présidée
par Brunon, archevêque de Cologne et qui, de Verdun, devait passer par Toul.
Saint Gérard accueillit avec enthousiasme – c’était un enrichissement pour son
diocèse !- les restes du vieil évêque, natif justement de Toul. Il présida
la veillée en l’abbatiale Saint-Epvre et le lendemain se joignit au cortège qui
remonta la Moselle jusqu’à Flavigny.
Une autre fois, il
répondit à une invitation pour Ligny-en-Barrois et vint y consacrer à Saint
Epvre l’église qui allait devenir un centre de pèlerinage célèbre en l’honneur
de Notre-Dame des Vertus. On y vénère toujours l’image miraculeuse, un tableau
de l’école de Sienne, qui aurait été donné par le pape Urbain IV, ancien évêque
de Verdun.
Au soir de sa vie, Saint
Gérard accepta en 992 de consacrer la collégiale de Bar-le-Duc, d’autant plus
volontiers qu’elle était dédiée à Saint-Etienne, le patron de sa
cathédrale.
Par piété personnelle et
par amour pour sa bonne ville de Toul, il institua une cérémonie annuelle qui
donnerait à tous ses clercs l’occasion de se grouper autour de l’évêque pour
prier et chanter ensemble. A la Saint Etienne d’été, fête de la translation du
corps du premier Martyr, le 7 mai étant plus indiqué que le 26 décembre !
Il réunissait tout le chapitre de la cathédrale, celui de Saint-Gengoult, les moines
des abbayes Saint-Epvre, Saint-Léon et Saint-Mansuy, pour une procession dans
les galeries du cloître. Si ce dernier, évidemment reconstruit, avait déjà, les
proportions de celui du XIII siècle — c’est le plus grand de France — ce devait
être une cérémonie imposante pour les fidèles massés sur la perlouse centrale.
L’évêque y prenait la parole, comme il faisait à chacun des innombrables
pèlerinages et offices pontificaux qui ont marqué sa vie pastorale. Au reste
admirablement doué pour l’éloquence, il l’exerçait avec autant de distinction
que de zèle apostolique. Au témoignage de son biographe, « dans toute la
Gaule Belgique, il n’y avait point d’évêque qui l’égalât dans l’art de la
prédication ».
Une vie aussi active
compromit assez vite la robustesse de son tempérament. Il approchait seulement
de la soixantaine, lorsqu’il sentit ses forces diminuer dangereusement ;
mais il ne voulut rien retrancher de son ministère ni de ses
mortifications.
Entre-temps, il avait
pris ses précautions. Le domaine de Tranqueville-Graux avec son église dédiée à
Saint-Epvre, faisant partie du temporel de Toul, Saint Gérard en fit don au
Chapitre cathédral constitué son héritier, avec charge de célébrer à perpétuité
une messe d’anniversaire et de faire avec le surplus aumône aux pauvres de la
ville. Fondation toute simple qui attache à sa mémoire un petit village de
notre Plaine vosgienne.
Parmi les étrangers qu’il
hébergeait au centre d’accueil depuis son avènement, un Écossais qu’il avait
pris en affection vint un jour lui révéler la date de sa mort. Il remercia le
brave homme, illuminé ou prophète, mais n’en continua pas moins à assister à
matines avec les chanoines de la cathédrale. Un soir de printemps, il
s’affaissa subitement ; on le ramena à l’évêché pour l’entourer des plus
grands soins. Dans ses souffrances, il eut cette parole admirable, rapportée
par son biographe et qui dépeint si bien le grand évêque bâtisseur :
« Puisque mon corps doit servir de pierre dans l’édifice de la Jérusalem
céleste, il faut bien tailler cette pierre et la polir par la
souffrance ! »
Ayant reçu les derniers
sacrements avec toute sa piété lucide, il donna sa bénédiction à l’entourage et
l’étendit à tous les fidèles de son cher diocèse. Le 23 avril 994, Saint Gérard
s’endormait dans la paix du Seigneur en la trente et unième année de son
épiscopat.
La nouvelle de la mort de
Saint Gérard se répandit très vite, non seulement par la ville, mais dans toute
la Lorraine. A en croire Widric, plusieurs saints personnages en furent avertis
miraculeusement, ce qui après tout, n’était qu’un mode d’information très
valable pour l’époque ; les contemporains n’en étaient pas plus surpris
que nous ne le sommes d’apprendre les nouvelles par satellites de télévision.
Évêques et princes se
joignirent à la foule pour faire au pontife vénéré des funérailles grandioses.
Il fut inhumé à la croisée du transept de la cathédrale qu’il avait commencée.
Privilège étonnant que la postérité devait, nous le verrons, sanctionner de multiples
manières.
On serait tenté
d’imaginer que Saint Gérard, avant de mourir, avait fait à Dieu la même prière
que Sainte Thérèse de Lisieux, car il obtint de poursuivre de là-haut le
ministère de bonté et de miséricorde qui avait marqué sa vie. Sur sa tombe,
malades et malheureux affluèrent aussitôt et les miracles fleurirent à tel
point que Widric renonce à les rapporter tous.
Culte de Saint Gérard
Un demi-siècle se passa
de la sorte et sa sainteté allait être officiellement reconnue par son cinquième
successeur , Brunon de Dagsbourg, devenu le pape Saint Léon IX. Ce fut
l’occasion d’un triduum demeuré célèbre dans les fastes de l’histoire de Toul.
Auparavant le pape aurait
promulgué une bulle de canonisation en bonne et due forme, lors du synode tenu
à Rome le 2 mai 1050. Cette assertion figure aujourd’hui au propre des deux
diocèses de Nancy et de Saint-Dié (23 avril). Mais elle est inexacte, fondée
seulement sur une vieille tradition chère à la piété des Toulois. Une savante
étude de l’abbé Choux le prouve scientifiquement (« Semaine Religieuse de
Nancy », 1963, p. 91-92 ).
Par contre — et cela
suffit bien à la gloire de notre Saint — la démarche de Saint Léon à Toul est
historiquement certaine, circonstanciée par une foule de détails intéressants.
C’est au cours du second
de ses voyages au-delà des Alpes que le pape repassa à Toul en octobre 1050. Il
y arriva accompagné d’une brillante escorte : Halinard, archevêque de
Lyon. Hugues de Salins, archevêque de Besançon, dont il venait de consacrer la
cathédrale, Georges, archevêque de Colocza (Hongrie), Fromont, évêque de
Troyes, et Herbert, d’Auxerre, un évêque anglais dont le nom ni le siège n’ont
été retenus, des princes enfin et des « gens fort
considérables ».
La foule des fidèles
avait envahi la ville, au point que le pape décida de procéder la nuit, toutes
portes closes, à l’ouverture du tombeau, en présence du clergé seul. Le samedi
soir donc, 20 octobre, l’office pontifical commença à la tombée de la nuit. On
se rendit processionnellement dans le transept à la lumière des flambeaux, dans
la fumée de l’encens. « On leva la pierre sépulcrale et le corps de Saint
Gérard apparut en vêtements pontificaux, les cheveux blancs, les yeux clos,
comme endormi dans l’attente de la résurrection. »
Toute la journée du
dimanche 21, le corps resta exposé à la vénération des fidèles et c’est le
lundi seulement qu’on le plaça dans une châsse sur un autel au croisillon nord
du transept appelé, depuis lors, transept de Saint-Gérard. Et pour clôturer
dignement ces fêtes, le pape procéda à la consécration en son honneur de cet
autel, situé précisément à l’endroit où le pieux évêque s’était effondré
mourant.
Dans cette imposante
cérémonie de l’élévation des reliques, nous retrouvons, une fois de plus,
l’équivalent canonique et traditionnel, en ce temps-là, d’une authentique
canonisation. Elle survenait 56 ans après la mort de Saint Gérard.
L’hommage exceptionnel
qu’un pape lorrain venait ainsi de décerner à un de ses proches prédécesseurs
ne pouvait qu’accroître la ferveur des fidèles et favoriser l’expansion de son
culte.
Pour éclairer la piété
des pèlerins, qui se pressaient à la cathédrale, on mettait à leur disposition
la Vie du Saint et le récit des miracles, consignés au fur et à mesure qu’ils
se produisaient.
Dans les trois siècles
qui suivirent, aucun document ne nous enseigne sur la disposition,
l’aménagement du tombeau en vue de ce culte. Mais nous savons qu’en 1350, Ferry
de Void, doyen du Chapitre, fit ériger de ses deniers (300 florins) un
magnifique mausolée de cuivre : quatre colonnes ouvragées supportaient
l’effigie du saint, représenté en gisant, vêtu des ornements pontificaux avec
le surhuméral, insigne particulier alors des évêques de Toul. La description,
qui seule nous est restée, de ce mausolée, laisse supposer qu’entre les
colonnes les pèlerins pouvaient descendre dans le tombeau sous le gisant, selon
une pratique dont nous avons encore un exemple à Saint-Elophe.
C’est auprès de ce
tombeau que le Chapitre se réunissait pour réciter l’office de Prime ; et
de même s’y faisait la bénédiction des cierges et des palmes, à la Chandeleur
et aux Rameaux.
Plus encore qu’à ce
mausolée, la piété des fidèles allait d’instinct à l’autel Saint-Gérard où se
trouvaient les reliques. Aucun autre Évêque de Toul n’ayant ainsi son autel
particulier à la cathédrale, on en célébrait la dédicace chaque année, le 22
octobre figurant désormais au calendrier liturgique en souvenir de la cérémonie
de 1050.
Il est à croire, d’après
un document de 1298, que l’autel Saint-Gérard était somptueusement orné. Il
devait, hélas ! disparaître au XVIIIe siècle pour faire place à un
monument dans le goût du jour, et il changea même de titulaire. Construit grâce
aux largesses du roi Stanislas, en 1763, il fut en effet dédié au Sacré-Cœur —
ce fut le premier en Lorraine — à la demande de Marie Leckzenska, à l’exemple
de ce qu’elle venait de faire en la chapelle du château de Versailles. Et c’est
à l’occasion de ces travaux « d’embellissement » que les chanoines
firent stupidement disparaître le mausolée de cuivre, jugé barbare, puisque
gothique.
Le souvenir de Saint
Gérard s’est, au cours des siècles, si fortement incrusté dans sa cathédrale
que l’on appelle encore tour de Saint-Gérard la tour nord de la façade, à
gauche du portail. En réalité, ce nom populaire lui vient de ce que —
particularité assez rare — le rituel toulois comportait la dédicace des tours
de la cathédrale. L’office se faisait le 22 octobre, soit au lendemain de la
translation de Saint Gérard. A l’étage de cette tour existait une chapelle
haute, dédiée à Saint Michel, où le Chapitre célébrait la messe de ladite
dédicace.
Autre attribution pieuse
et gratuite à propos du siège appelé « fauteuil de Saint Gérard »,
qu’on voit toujours dans le chœur. Il s’agit d’une cathèdre en pierre finement
sculptée qui ne date que du XIIIe siècle. Elle servait pour l’intronisation des
évêques ; mais lors des offices d’action de grâces, les miraculés de Saint
Gérard avaient même le privilège de s’y asseoir ; ce qui suffit à
expliquer l’appellation populaire.
Les princes lorrains, à
leur tour, ont parfois manifesté leur dévotion au grand saint toulois. Par
testament, Ferry II, comte de Vaudémont, enjoignit à son fils de « faire
pèlerinage à Monsieur Saint Gérard de Toul ». René II accomplit pieusement
ce vœu, inaugurant ainsi son règne qui devait ouvrir une belle page d’histoire
lorraine.
En raison de la grande
popularité du Saint, sa châsse fut souvent ouverte pour des prélèvements de
reliques en faveur d’insignes églises du diocèse, reliques qui ont pu en grande
majorité échapper aux ravages de la Révolution. La cathédrale de Toul conserve
le chef et se partage avec Saint-Gengoult la plupart des grands ossements.
Citons encore à Nancy l’église Saint-Sébastien et la chapelle des Religieuses
de la Doctrine Chrétienne, fondée précisément par le chanoine Vatelot, du
Chapitre de Toul.
Mais voici un transfert
de reliques qui nous intéresse davantage. On sait que Gérardmer s’honore de
porter le nom du grand évêque, lequel est patron de son église conjointement
avec Saint Barthélemy. Il convient de signaler ici que, parmi les princes qui
assistaient à Toul aux fêtes présidées par Saint Léon IX, figurait Gérard
d’Alsace, duc de Haute Lorraine, accompagné de son écuyer Bilon. Or ce dernier,
impressionné par les cérémonies et touché par la grâce, décida sur-le-champ de
se faire ermite. Il vint s’installer au bord du lac de Longemer, y érigeant une
chapelle dont on a découvert en 1960 de remarquables vestiges, authentiquement
du XIe siécle. Ce point d’histoire apporte la justification, aussi rare que
précise, du patronage d’une paroisse.
La destruction de
l’église de Gérardmer, le 22 juin 1940, ayant entraîné la perte de la relique
de Saint Gérard, qu’elle possédait depuis le XVIIIe siècle, la paroisse adressa
une supplique à Mgr Lallier, évêque de Nancy, pour en obtenir une nouvelle. A
l’occasion des fêtes du IXe centenaire, célébrées à Toul en mai 1951, Mgr
Lallier, procédant à un regroupement des reliques, eut la gentillesse de
prélever une rotule qui fut enchâssée dans un charmant reliquaire en bronze
doré, de forme moderne à parois translucides. Et pour l’accueillir Gérardmer
fit grandement les choses.
Le reliquaire ayant été
amené de Toul à Saint-Dié, on organisa une émouvante « route de Saint
Gérard ». Après une messe célébrée en l’église Notre-Dame de Saint-Dié, au
petit matin du 5 juillet 1952, la relique s’achemina vers Gérardmer, portée sur
un brancard orné. S’y relayèrent une centaine de Gérômois, des jeunes en
majorité, puisque la route se faisait à pied, avec une navette de voitures
assurant la relève. Pour 40 km, six étapes : Traintrux, Vanémont,
Corcieux, Gerbépal, Martimpré, Longemer jalonnèrent cette route carillonnée,
que nous pûmes suivre en partie, dans la joie de retrouver le cheminement plein
de ferveur des pèlerins d’antan. Au crépuscule, le cortège, qui s’était bien
étoffé sur la fin, parvint à Gérardmer et s’arrêta à la chapelle du Calvaire,
premier centre paroissial, dédié à Saint Gérard en 1540, où se fit la veillée
des reliques. Le lendemain, dimanche 6 juillet, sur le parvis de l’église,
messe pontificale de Saint Gérard, célébrée par Mgr Brault avec homélie
vibrante de Mgr Lallier. La pose de sa première pierre, au chevet sortant à
peine de terre, clôtura dignement ces fêtes.
Ainsi Gérardmer, si
éloigné de Toul au cœur de nos montagnes, avait bien mérité de Saint Gérard,
étant la seule paroisse des Vosges à le revendiquer comme patron. Dans la
plaine toutefois, trois chapelles ont été érigées à sa mémoire : à
Houéville, à Jubainville et à Repel. Au diocèse actuel de Nancy, il n’est
titulaire que de trois paroisses : Flainval et Sommerviller, près de
Saint-Nicolas- de-Port, Praye, l’escale ferroviaire des pèlerins de Sion.
La particularité signalée
à propos de l’office canonial sur sa tombe à la cathédrale atteste cette sorte
de prédilection qui a valu à Saint Gérard une place à part dans la liturgie
touloise. Seul parmi les dix-huit évêques de Toul honorés comme saints à avoir
son autel spécial, il compte trois fêtes au calendrier : 23 avril, anniversaire
de sa mort, « dies natalis », 21 octobre, translation de ses reliques
avec office propre au bréviaire et une longue séquence octosyllabe au missel,
22 octobre, dédicace de son autel. Son nom figure également dans les litanies
de la bénédiction des fonts, le samedi saint. (Missel de 1516, au Grand
Séminaire de Saint-Dié.)
ICONOGRAPHIE
Elle est en somme assez
réduite du fait peut-être que tout se trouvait centré sur la ville de Toul. Par
ailleurs les ravages du temps et des hommes, fussent-ils chanoines, nous
l’avons vu, ont saccagé un patrimoine artistique considérable. La plus belle
pièce est une peinture à fresque, découverte en 1892 derrière les boiseries du
chœur de la cathédrale. En date du XVe siècle elle représente l’évêque debout
en habits pontificaux, dont le surhuméral en relief s’ornait jadis de pierres
précieuses à la manière des icônes. A ses pieds, dans une attitude pittoresque,
les trois heureux pèlerins miraculeusement guéris le 21 octobre 1050, en
présence du pape ; un paralytique, un pauvre à la jambe de bois et le
paysan frénétique de Pagney. Cette fresque a été reproduite comme carte
philatélique du neuvième centenaire (3 mai 1951). Un autre tableau sur toile
s’insère dans le décor du chœur (1625), œuvre de Jessé Drouyn au même titre que
le monumental retable de l’église des Dames de Remiremont.
En vitrail, Saint Gérard
paraît d’abord en 1503 dans l’immense fenêtre du transept nord, en grandeur
naturelle, accompagnant la Vierge avec Saint Etienne et Saint
Jean-Baptiste ; puis dans la rose de la même époque au-dessus de
l’orgue ; dans les deux cas, il a été seul retenu pour représenter la
lignée des saints évêques de Toul. En vitrail plus récent, il figure encore
deux fois à Gérardmer : chapelle du Calvaire (XIXe siècle) et transept
nord de l’église (1956).
La seule statue de pierre
comme se voyait jadis au premier pilier de gauche à la cathédrale ; une
dalle de marbre noir, posée sur la tombe en 1854, le représente gravé au trait
en mitre et crosse, encadré par une inscription commémorative en latin. A l’église
de Xonrupt se voit le médaillon moderne de Dié Mallet : Saint Gérard en
buste porte le surhuméral bien rendu. Mais c’est à tort qu’on lui fait tenir la
monstrance du Saint Clou, insigne relique de la Passion, qu’il aurait obtenue à
Trèves : car Widric n’en parle pas, lui si prodigue de ces détails, de
plus le culte n’en apparaît que sous Mgr Henri de Ville-sur-Illon
(1409-1436).
Bien que les armoiries ne
datent que de la fin du XIIe siècle, Saint Gérard en fut généreusement doté par
les soins du Chapitre : « d’argent à la fasce de
gueules » ; à voir dans le vitrail de 1503 et sur le campanile de
« la boule d’or » qui surmonte l’horloge entre les deux tours.
O Au terme de cette
étude, une brève conclusion voudrait justifier l’ampleur que nous lui avons donnée,
peut-être à la surprise de nos lecteurs.
Nous disposions d’un fond
historique solide et de multiples notes recueillies « en passant par la
Lorraine ». Et puis, faut-il l’avouer, Saint Gérard nous a paru une
personnalité si attachante !
Ce pontife rhénan a
réellement conquis de son vivant le cœur des Lorrains, faisant sienne
d’instinct, sans l’avoir peut-être jamais connue, l’appréciation du poète
latin : « Optima gens, Leuci ! _ De bien braves gens, ces
Toulois ! » (Lucain, « La Pharsale »). Saint Gérard a
marqué de façon indéniable l’histoire du diocèse et déjà sa ville même de Toul
avec ses monuments (la cathédrale, Saint Gengoult et leurs cloîtres) qu’elle
lui doit au départ et dont elle reste fière.
Il a marqué surtout,
profondément, la spiritualité touloise, comme le chante l’hymne de
Laudes :
« Prisca nostrorum
pietas avorum
Fluxit ex illo... »
C’est en lui qu’a trouvé
sa source la piété de nos aïeux ! Au point qu’ayant aimé son Dieu dans son
Eglise de Toul, Saint Gérard nous semble avoir, plus qu’aucun de nos saints
évêques, assumé et vécu la noble devise de la ville : « Pia, prisca,
fidelis ! Pieuse, antique et fidèle ! »
SOURCE : http://www.catholique-vosges.fr/saint-gerard-eveque-de-toul,3259
Saint
Gérard, bishop of Toul, with Gérard de Haraucourt; Saint Francis with Françoise
d'Anglure; Colored, stained, and enameled glass; Lorraine, 1529; the couple's
cousin Hesse de Linange commissioned the panels and their counterparts
(depicting himself and his wife Madeleine de Grandpré), for the chapel of the
church of the Franciscan convent of the Sœurs Grises in Ormes-et-Ville,
Lorraine; Bequest of George Blumenthal, 1941; 41.190.447,.448
Also
known as
Gerhard
Profile
Born to the nobility, he
was known as a pious boy,
and received a good education in Cologne, Germany. Priest.
Following the death of
his mother by
a lightning strike,
Gerard wanted a life of quiet prayer and
penance, and became canon of
the cathedral in Cologne.
His reputation for piety spread, however, and he was chosen bishop of Toul, France on 3
March 963.
Fought to prevent secular authority from interfering in Church matters.
Rebuilt the cathedral there,
and established many religious houses
in his diocese.
The houses had associated schools taught by Greek and Irish monks.
Noted for his active prayer life
and endless study of scripture and the saints,
and as an effective preacher who
did extensive work with the poor.
Born
interred in the choir
loft of the Cathedral of Toul
Gerardmer, France
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Lives
of the Saints, by Father Alban
Butler
Roman
Martyrology, 1914 edition
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
books
Our
Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
other
sites in english
images
sitios
en español
Martirologio
Romano, 2001 edición
fonti
in italiano
nettsteder
i norsk
MLA
Citation
“Saint Gerard of
Toul“. CatholicSaints.Info. 6 June 2020. Web. 29 May 2025.
<https://catholicsaints.info/saint-gerard-of-toul/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-gerard-of-toul/
Book of Saints –
Gerard of Toul
Article
(Saint) Bishop (April 23)
(10th century) A native of Cologne who, in his youth, having seen his own
mother struck dead by lightning, embraced a life of penance. Made Bishop of
Toul (A.D. 963), he rebuilt his Cathedral and otherwise benefited his Diocese.
A learned man himself, he gathered Greek and other scholars around him. He died
A.D. 994, in the odour of sanctity, and was canonised by Pope Saint Leo IX, who
had been one of his successors in the See of Toul.
MLA
Citation
Monks of Ramsgate.
“Gerard of Toul”. Book of Saints, 1921. CatholicSaints.Info.
11 July 2013. Web. 29 May 2025.
<https://catholicsaints.info/book-of-saints-gerard-of-toul/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-gerard-of-toul/
St. Gerard, Bishop of
Toul
Born at Cologne,
935; died at Toul, 23 April, 994. Belonging to a wealthy and
noble family,
he received an excellent education in
the school for clerics at Cologne,
and throughout his youth was a model of obedience and piety.
He was eventually ordained to
the priesthood,
in which office his virtues were
a source of edification to the city of Cologne. At the death
of Gauzelin, Bishop of
Toul (963), he was appointed to succeed him by the Archbishop of Cologne,
was well received by the clergy and
people of Toul, and bore the burdens of his episcopal office without
any of its comforts. Although he avoided paying long visits to the court of
the Emperor Otto
II, who was desirous of keeping Gerard near him, he nevertheless obtained
from the emperor the confirmation of the privilege in
virtue of which Toul, although united to the empire about 925, formed an
independent state of which the Emperor Henry the Fowler reserved to
himself only the protectorate, abandoning to Gerard's
predecessor, Gauzelin, the therefore rightly considered as the true founder
of the temporal power of the bishops of
Toul. He was energetic in his opposition to powerful personages who
were inimical to his authority, and governed his county wisely, promulgating administrative
measures, traces of which subsisted to the time of the French
Revolution. He died at the age of fifty-nine, and was buried with
pomp in the choir of his cathedral. Leo
IX, one of his successors in
the See of Toul, canonized him
in 1050.
Clugnet,
Léon. "St. Gerard, Bishop of Toul." The Catholic
Encyclopedia. Vol. 6. New York: Robert Appleton
Company, 1909. 23 Apr.
2015 <http://www.newadvent.org/cathen/06466a.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by Gerard Loiselle.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. September 1, 1909. Remy Lafort,
Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2020 by Kevin
Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/06466a.htm
St. Gerard, Bishop of
Toul
Born at Cologne, 935;
died at Toul, 23 April, 994. Belonging to a wealthy and noble family, he
received an excellent education in
the school for clerics at Cologne, and throughout his youth was a model
of obedience and
piety. He was eventually ordained to the priesthood, in which office his
virtues were a source of edification to the city of Cologne. At the death of
Gauzelin, Bishop of
Toul (963), he was appointed to succeed him by the Archbishop of
Cologne, was well received by the clergy and people of Toul, and bore the
burdens of his episcopal office without any of its comforts. Although he
avoided paying long visits to the court of the Emperor Otto II, who was
desirous of keeping Gerard near him, he nevertheless obtained from the emperor
the confirmation of
the privilege in virtue of
which Toul, although united to the empire about 925, formed an independent
state of which the Emperor Henry the Fowler reserved to himself only the
protectorate, abandoning to Gerard's predecessor, Gauzelin, the therefore
rightly considered as the true founder of the temporal power of the bishops of
Toul. He was energetic in his opposition to powerful personages who were
inimical to his authority, and governed his county wisely, promulgating
administrative measures, traces of which subsisted to the time of
the French Revolution. He died at the age of fifty-nine, and was buried with
pomp in the choir of
his cathedral. Leo IX, one of his successors in the See of Toul, canonized him
in 1050.
SOURCE : https://www.catholic.org/encyclopedia/view.php?id=5081
GERARD OF TOUL, ST.
Bishop; b.
Cologne, c. 935; d. Toul, France, April 23,994. Having been a canon
in Cologne, he was designated by Abp. Bruno of Cologne to replace Bishop
gauzelin of toul in 963. Gerard completed there the foundation of Saint-Mansuy
Abbey, begun by his predecessor. He erected a convent for women in honor of St.
Gengoult, transformed c. 986 into a chapter of canons. The founding
of the Maison–Dieu of Toul is also attributed to him. The cathedral consecrated
in 981, a vast edifice characteristic of Ottonian art, was rebuilt through his
care. His pastoral activity on behalf of parish life is not well known but
seems to have been fruitful. His successor at Toul, Bruno of Egisheim, who
became Pope leo ix, arranged for the elevation of Gerard's relics on Oct. 21, 1050.
Feast: April 23.
Bibliography: Bibliotheca
hagiographicae latina antiquae et mediae aetatis 1:3431–34. Acta
Sanctorum April 3:207–215. A. Michel, Die Akten Gerhards von Toul als
Werk Humberts und die Anfänge der päpstlichen Reform (Munich 1957). E. Martin, Histoire
des diocèses de Toul, de Nancy et de Saint–Dié 3 v. (Nancy 1900–03) V.L.
P. Viard, Catholicisme 4: 1870–71.
[J. Choux]
New Catholic Encyclopedia
SOURCE : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/gerard-toul-st
April 23
St. Gerard, Bishop of Toul, Confessor
GERARD was descended of a noble family, and born at Cologne. His father’s name
was Ingranne: his mother, who was called Emma, was struck dead with lightning.
Gerard, then in his youth, was much afflicted at this accident, and from that
time consecrated himself entirely to a life of penance and devotion. Some time
after he took the clerical tonsure, and entered himself in a community of
clergy, who performed the divine office in the church of St. Peter, which was
the cathedral, and followed the institute of the regular canons, probably
either of St. Chrodegang or of Aix-la-Chapelle. The reputation of Gerard’s
fervent piety reached the imperial court, and whilst he was cellarer in this
community he was promoted to the bishopric of Toul, vacant by the death of St.
Gauzlin, in the beginning of the year 963. Bruno, archbishop of Cologne and
duke of Lorrain, prime minister or general lieutenant of the empire to his
brother Otho I., advanced him to that dignity, which the saint accepted only by
compulsion and in obedience to his superiors. He recited every day thirteen
canonical hours by joining the office of the monks with that of the canons, of
which we have several other examples in that age. The holy scriptures and the
lives of the saints he read daily, and meditated on them a good part of the
night. He had an extraordinary talent at preaching, which he exercised with
great assiduity, often sending zealous clergymen to preach in country parishes.
He rebuilt his cathedral, dedicated to St. Stephen, in 981, though the
structure which we now see, was only raised in 1447. The monastery of St. Evre,
or Aper (which had been founded by that holy bishop of Toul towards the end of
the fifth century,) was enriched by our saint, in which his predecessor, St.
Gauzlin, had settled the rule of St. Bennet, till then unknown in that
province, says Widric. Le Cointe, and F. Benoit, the Capuchin, 1 think
the rule of Agaunum, or rather that of St. Columban, was before observed in
that house. St. Gauzlin had founded in another suburb of Toul, a new monastery
in honour of St. Mansuy or Mansuet, the first apostle of that country. This St.
Gerard took particularly under his protection, and became its principal and
most munificent founder. The church of St. Gengou and Toul, and some others,
were also founded by St. Gerard, who, out of devotion to St. Martin, whom he
regarded as his principal patron and model, was a particular benefactor to the
monastery of St. Martin, on the Meuse, near Sorcy, in his diocess. In 981 he
made a pilgrimage to Rome, and in 982 exerted his charity in a wonderful manner
in relieving the poor in his diocess in the time of a great famine, and
afterwards under a dreadful pestilence. All the abbeys of the country were
recommended to his care by the Emperor Otho II. in 974, and he founded the
great hospital at Toul; also a community of Scottish (or Irish) and Greek
monks. The reputation of the Scottish monks, whom St. Cadroe had lately placed
at St. Clement’s, at Metz, and in other parts, was such, that St. Gerard
thought something wanting to his diocess till he had procured a settlement for
some of these servants of God in it. These Greek monks established schools in
their language, which were very useful and remarkable, as appears by the great
progress which Cardinal Humbert, in his youth a monk at Moien-Moutier, in
Lorraine, and many others, made in that literature. The Scots also taught the
sciences: for, by the great encouragement which St. Gauzlin and St. Gerard gave
to learned men and to useful studies, during the sixty years which they
successively governed the diocess of Toul, it became one of the most
flourishing provinces in the church for learning and piety. 2 St.
Gerard dreaded that learning, which makes not men more humble and more
virtuous. To shun this fatal rock, upon which so many students split, he took
great care that all scholars, especially those who were destined to the church,
applied themselves still with greater solicitude and assiduity to all the
exercises of an interior life than to their studies. By making this the
constant rule of his own conduct, he had not the regret which a certain great
man 3 is
said to have expressed in his last moments, for having taken more pains to
cultivate his understanding with science than to correct and improve his will
by virtue. By mortification, compunction, and heavenly contemplation, he
nourished in his soul a constant spirit of devotion, which is the spring of a
spiritual life, and which consists in a close uninterrupted union of the heart
to God. By this he daily forgot the world, and banished its love more and more
perfectly out of his heart, purified more and more its affections, and raised
his soul continually to higher degrees of perfection in the divine love, and in
all other virtues. In his heavenly contemplations he found, by his own
experience, in a manner which words can never teach, that in the lowest degree
of this exercise God often communicates himself to a soul with such excess of
sweetness, that a thousand years spent in all the pleasures which the world can
afford, bear no proportion to what a soul tastes in one minute with her God.
His conversation had such charms to him, and his divine love filled his soul
with such inexpressible chaste delights, that it seemed as it were impossible
to him for his soul to love any other thing but God, or to find any
satisfaction but in him, and in his love and holy will. St. Gerard passed from
these exercises and labours to the full possession of God in the eternal
kingdom of his glory, on the night between the 22nd and 23rd of April, in the
year 994, having been bishop thirty-one years. Widric, the learned and pious
abbot of St. Aper’s, or Evre’s, at Toul, and reformer of that and several other
great abbeys in those parts, by order of Bruno, who was made bishop of Toul in
1026, wrote the life of St. Gerard. Bruno being raised to the popedom in 1048,
under the name of Leo IX., canonized St. Gerard with great pomp in a council
which he held at Rome, in 1050. 4 Being
at Toul the same year he caused his body to be taken up and enshrined on the
30th of October. 5 After
this ceremony Widric added a second book to the life of St. Gerard, on his
canonization; and afterwards a third, on the translation of his relics, with an
account of some miracles. This work, which is edifying and well written, is
given imperfect by Henschenius, 6 but
entire by Dom. Martenne, 7 and
by Dom. Calmet, in his proofs of his history of Lorraine. 8 It
had been before published in French, with long notes, by F. Benedict Picard,
the Capuchin, in 1700, in 12mo. That author reprinted the same in his
Ecclesiastical and Civil History of Toul, which he published in that city in
1707.
Note 1. Benoit Picard, Hist. de Toul, p. 234. [back]
Note 2. See Dom. Clemencez, Hist. Liter. t. 6, p. 29 and 57. [back]
Note 3. Cardinal du Perron. [back]
Note 4. See his decretal for this canonization in Widric. l. 2, Mabillon,
Sæc. 5, Ben. et Annal. t. 4. Item in Novo Codice canonizationum, et Conc. t. 6,
part 1, ed. regiæ Paris, 1714. [back]
Note 5. Bened. XIV. de Canoniz. l. 1, c. 8, n. 8, t. 1, p. 63. [back]
Note 6. Bolland. t. 3, Apr. p. 206, 213. [back]
Note 7. Anec. t. 3, p. 1048. [back]
Note 8. Apo. Mon. t. 4. pt. 2, p. 137. [back]
Rev. Alban Butler (1711–73). Volume IV: April. The Lives
of the Saints. 1866.
SOURCE : http://www.bartleby.com/210/4/233.html
Gerald of Toul B (RM)
(also known as Gerard,
Geraud)
Born in Cologne, Germany, 935; died at Toul in 994; canonized in 1050 by Pope
Saint Leo IX, who succeeded him as bishop of Toul. Gerald was born into a noble
family headed by his father Ingranne. Gerald was educated at the cathedral
school in Cologne. After his mother, Emma, was killed by lightning, he
understood the precariousness of life and devoted himself to God. When his
reputation for piety reached the ears of Archbishop Bruno of Cologne, Gerald
was removed from the semi-monastery of the Canons of Saint Peter in Cologne
and, in 963 at the age of 28, compelled to accept consecration as bishop of
Toul, which he governed for 31 years. His zeal never slackened. Along with
executing the duties of his office, each day Gerald recited thirteen canonical
hours because he joined the office of the monks with that of the canons. The
holy scriptures and the lives of the saints he read daily, and meditated on
them good part of the night.
Gerald was a noted preacher himself, and sent likewise talented clergymen to
preach in the countryside. He made Toul a center of learning by bringing Irish,
Scottish, and Greek monks into the diocese. Dreading the intellectual hubris
that often accompanies erudition, Gerald ensured that all scholars, especially
those studying for the priesthood, applied themselves with greater fervor to
the development of their interior life than to their studies. This was his own
rule of conduct; thus, he did not have the regret that some men have expressed
in their last moments that they took more pains to cultivate understanding of
science than to correct and improve their will by virtue. By mortification and
sweet contemplation, Gerald nourished in his soul a constant spirit of
devotion.
Gerald also rebuilt churches (including the cathedral of St. Stephen) and
monasteries (including Evre or Aper, Saint Mansuet, and Saint Martin near
Sorcy), and founded the Hôtel-Dieu Hospital in Toul. His charity was recognized
by Emperor Otto II, who placed all the monasteries of the country under the
care of Gerald, who had worked hard to relieve the famine of 982 and the victims
of the plague that followed. Gerald also obtained from the emperor a
confirmation of the privilege granted his predecessor which recognized the
independence of Toul under its bishop.
Gerald's vita was written by Abbot Widric of Saint Aper's Abbey in 994. On
October 30, after his canonization in 1050, Pope Leo had Gerald's body exhumed
and enshrined. After this ceremony Widric added a second book to the life of
Saint Gerard (about his canonization), and later added a third on the
translation of his relics, with an account of some miracles (Benedictines,
Delaney, Encyclopedia, Husenbeth).
SOURCE : http://www.roman-catholic-saints.com/saint-adalbert.html
Dalle
tombale de saint Gérard dans le chœur de la cathédrale de Toul
Tombstone
of saint Gerard in the choir of the cathedral of Toul
San Gerardo di Toul Vescovo
Colonia, 935 ca. - Toul,
23 aprile 994
Martirologio
Romano: A Toul in Lotaringia, nell’odierna Francia, san Gerardo, vescovo,
che per trentuno anni dotò la città di ottime leggi, nutrì i poveri, venne in
soccorso del popolo in tempo di peste con preghiere e digiuni, dedicò la
cattedrale e aiutò i monasteri non solo materialmente, ma popolandoli anche di
santi discepoli.
Nato a Colonia verso il
935, Gerardo (lat. Gerardus) era canonico del capitolo di san Pietro in questa
stessa città, quando Brunone, arcivescovo di Colonia e duca di Lorena (fratello
di Ottone I) lo scelse per sostituire il vescovo di Toul, Gozelino.
Fu consacrato a Treviri
il 29 marzo 963 ed uno dei suoi primi pensieri fu quello di portare a termine
la costruzione dell’abbazia di St-Mansuy (San Mansueto), iniziata da
Gozelino. Nella sua città episcopale fondò in onore di san Gengolfo
(Gengoult), martire borgognone, un monastero femminile, sostituito nel 986 da
un capitolo di canonici. Gli si attribuisce anche la fondazione della
Maison-Dieu di Toul.
La sua attività in favore
delle parrocchie non è molto nota, ma pare sia stata feconda. Soprattutto egli
legò il suo nome alla ricostruzione della sua cattedrale che consacrò nel 981;
l’edificio attuale, costruito nel XIII o nel XIV secolo ha conservato la
planimetria della cattedrale di Gerardo ed ha rispettato la sua tomba.
Verso il 984 fece un
pellegrinaggio a Roma seguito da chierici e monaci. Sotto il suo episcopato
furono portate a Deutz (presso Colonia) le reliquie di sant'Elofo, martire
locale, e al priorato di Flavigny-sur-Moselle quelle di san Firmino, vescovo di
Verdun.
Malato e sentendo
imminente la morte, Gerardo si recò, come di consueto, all’Ufficio notturno
nella sua cattedrale; qui cadde, colpito da vivo dolore alla testa. Fu portato
sul suo letto dove morì il 23 aprile 994 dopo avere ancora una volta esortato e
benedetto il suo clero.
Fu sepolto nel coro della
cattedrale; il 21 ottobre 1050 il suo successore, Bruno di Dabo, divenuto papa
con il nome di Leone IX, procedette all’elevazione delle reliquie.
Gerardo fu il più celebre
e il più venerato dei vescovi di Toul e tale celebrità fu dovuta ad un certo
numero di documenti falsi, fabbricati più tardi per porre sotto il suo
piattonato diverse fondazioni. Si fabbricò anche nell'XI secolo una pretesa
Bolla di canonizzazione ad opera di Leone IX, inserita in una delle biografie
di questo papa.
La festa di Gerardo è
fissata al 23 aprile malgrado la coincidenza con quella di san Giorgio.
Autore: Jacques
Choux
SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/50580
Statue
de Saint-Gérard. Façade de l'église de Praye. Meurthe-et-Moselle
Den hellige Gerhard av
Toul (935-994)
Minnedag:
23. april
En tid senere mottok han
den klerikale tonsuren. Han motiv for å tre inn i den geistlige stand var ikke
å få rike embeter, men fordi han søkte etter fullkommenhet med stor iver. Han
ble kannik ved katedralen og levde et halvmonastisk liv sammen med kannikene
ved St Peter, og han var kommunitetens kjellermester. Men hans ry for fromhet
nådde snart ørene til den hellige erkebiskop Bruno
I den store av Köln (925-65), som også var hertug av
Lothringen/Lorraine og yngre bror av keiser Otto I (936-73).
Bispesetet i Toul var
ubesatt etter den hellige biskop Gosselins
død den 7. september 962. Presteskapet og folket i Toul visste ikke hvor de
skulle henvende seg for å foreslå en etterfølger som var verdig til å bli
presentert for kongen av Tyskland, av frykt for å fornærme makthaverne. Byens
kanniker sendte utsendinger til erkebiskop Bruno av Köln, som da var
generalløytnant av imperiet mens hans bror Otto var i Italia.
De ba ham om å gi dem en
biskop etter hans eget valg. Bruno konsulterte de mest fremtredende medlemmer
av hans kirke om denne utnevnelsen, som ble ansett som svært viktig, siden byen
Toul, som lå nær grensen til kongeriket Frankrike, først 37 år tidligere var
blitt knyttet til imperiet. Det synes som om elven Meuse var grensen mellom de
to landene. Der trengtes det en prelat som var i stand til å være trofast mot de
nye makthaverne. Etter forslag fra dekanen ved kapittelet i Köln utnevnte
erkebiskopen den 3. mars 963 Gerhard til den 33. biskop av Toul i Lorraine
(963-94), bare 28 år gammel. Denne forfremmelsen overrasket ham, og i sin
ydmykhet avslo han først utnevnelsen og søkte forgjeves etter unnskyldninger
for ikke å akseptere en slik fremtredende post, men han måtte i lydighet adlyde
ordren fra erkebiskopen.
Det nye embetet betydde
en betydelig mengde sivil administrasjon for ham i tillegg til sine pastorale
plikter, men han fortsatte sitt liv i bønn og bot. Han leste tretten tidebønner
daglig, både munkenes og kannikenes. I tillegg viet han hver dag tid til
studier av Skriften og helgenbiografier, og han mediterte over disse skriftene
en god del av natten. Han hadde et ekstraordinært talent for prekenvirksomhet,
som han utøvde med stor iherdighet, og han sendte ofte nidkjære prester for å
preke i landsens sogn.
Et av Gerhards mål var å
gjøre Toul til et sentrum for lærdom, og alle klosteret i bispedømmet ble i 974
anbefalt i hans varetekt av keiser Otto II (973-83), og han grunnla det store
hospitalet i Toul. Han grunnla også klostre med klosterskoler i bispedømmet, og
han inviterte lærde fra hele Europa for å studere og undervise i Toul, særlig
grekere og irske («skotske») munker. De «skotske» (egentlig irske) munkene som
den hellige Cathróe
av Waulsort (ca 900-71) nylig hadde plassert i klosteret St Klemens i
Metz og i andre deler, hadde et slikt ry at Gerhard syntes at det var noe som
manglet i hans bispedømme inntil han hadde sørget for en grunnleggelse for noen
av dem i det. De greske munkene etablerte skoler i deres språk, og disse var
svært nyttige og bemerkelsesverdige, noe som viser seg i den store fremgangen i
denne litteraturen som kardinal Humbert, i sin ungdom munk i Moyenmoutier i
Lorraine, og mange andre hadde. De irske munkene underviste også i naturfag,
for gjennom den store oppmuntringen som biskopene Gosselin og Gerhard ga til
lærde menn og til nyttige studier i de til sammen seksti årene de ledet
bispedømmet Toul, og det ble en av de mest blomstrende provinsene i Kirken for
lærdom og fromhet.
Gerhard fryktet den
lærdommen som ikke gjør mennesker mer ydmyke og gudfryktige. For å styre unna
denne fatale klippen som så mange studenter kløyves mot, var han svært
omhyggelig med at alle lærde, spesielt de som skulle bli prester, konsentrerte
seg med enda mer omhu og iherdighet til alle øvelsene til et indre liv enn til
sine studier.
Under Gerhards styre var
de fattige livegne på landet immune mot sine herrers sjikane, og de lave og
undertrykte sluttet aldri å finne en mektig beskytter i ham. Hans rettferdige
og faste opptreden mot alle gjorde ham straks hatet av adelen i landet, som hadde
vennet seg til å aldri bli stoppet av noen i sine tyranniske krav.
To herrer blant andre,
Oldéric og Richard, viste sin misnøye mot prelaten på den mest hissige måte og
kjempet selv med den mest klanderverdige vold. De begynte å spre bakvaskelse og
prøve å hisse opp folk ved å insinuere at biskopen under påskudd av
veldedighet, ikke hadde noen annen hensikt enn å frata dem deres eiendeler. Og
ettersom Gerhard var taus overfor slikt bedrag, prøvde de å forklare til folket
at hans taushet var bevis på det som de hevdet. Det var da han tenkte at det
var tid for handling, og at videre moderasjon kunne forårsake uopprettelige
ulykker og skandaler. Så Gerhard, en årvåken hyrde, ekskommuniserte høytidelig,
foran folket og presteskapet, Oldéric og Richard. Denne vreden fra Kirken bidro
bare til å øke forbitrelsen i opprørernes hjerter, og de ble ikke holdt tilbake
av noen barriere, og fra da av unnfanget de det kriminelle prosjektet om å
drepe biskopen ved første anledning som bød seg.
Det varte ikke lenge før
anledningen meldte seg, for Gerhard skulle dra til Manoncour, en landsby åtte
kilometer fra Toul. Oldéric dro dit ledsaget av noen kriminelle, fikk dem til å
identifisere huset hvor biskopen var og prøvde å trenge seg inn med makt. Da de
ble avvist av biskopens folk, kommanderte han dem til å sette fyr på huset, og
på et øyeblikk ble det slukt av flammene. Gerhard hadde vært i stand til å
snike seg ut og han søkte tilflukt i kirken som var i nærheten. Der ba han
inderlig til Gud mens han prostrerte seg på trinnene opp til alteret. Der
stormet den rasende Oldéric mot ham, bevæpnet med en dolk, og uten respekt for
det hellige sted, og heller ikke prelatens karakter, grep han ham, overveldet
av raseri, og truet med å drepe ham hvis han ikke øyeblikkelig opphevet
ekskommunikasjonen. Gerhard var ikke urolig, men for å hindre Oldéric i å begå
en stor forbrytelse, og ikke av frykt for døden, gikk han med på hans anmodning
på den betingelse at han skulle sone for sin beryktede opptreden med en hard
bot. Oldéric lovte det og fikk sin syndsforlatelse. Dette løftet hadde ingen
effekt, og Oldéric gjorde seg skyldig i opprør igjen. Da ble han ekskommunisert
for andre gang, ikke bare av sin biskop, sier Vidric, men av alle biskoper i
Frankrike og av paven selv.
Gerhard gjenoppbygde også
mange kirker, spesielt katedralen Saint-Étienne (St Stefan)
i Toul i 981, men den nåværende strukturen ble reist først i 1447. Han utvidet
det gamle klosteret Saint-Evre, som var blitt grunnlagt av den hellige
biskop Aprus
av Toul (fr: Evre) (500-07), hvor hans forgjenger Gosselin hadde
innført den hellige Benedikts
regel, som til da hadde vært ukjent i den provinsen, opplyser Gerhards biograf
Vidric. Forskere mener at regelen fra Agaunum, eller snarere den hellige Kolumbans
regel, var den som tidligere var observert i dette klosteret.
Biskop Gosselin hadde i
en annen forstad til Toul grunnlagt et nytt kloster (Saint-Mansuy) til ære for
den hellige Mansuetus (fr:
Mansuy), områdets apostel og den første biskop av Toul. Dette klosteret
fullførte Gerhard og tok det spesielt under sin beskyttelse, og han ble dets
fremste og mest gavmilde grunnlegger. Kirken Saint-Gengoult (St Gengulfus) i
Toul og noen andre kirker ble også grunnlagt av Gerhard, som på grunn av sin
spesielle andakt for den hellige Martin
av Tour, som han betraktet som sin fremste skytshelgen og modell, var en
spesiell velgjører for klosteret Saint-Martin ved elven Meuse nær Sorcy i hans
bispedømme.
Ifølge Vita Sancti
Gerardi fikk Gerhard relikviene av biskopene Mansuetus og Aprus, tidligere
biskoper av Toul, brakt innenfor bymurene og plassert i kirken
Saint-Jean-Baptiste mens han var syk. Gerhard overførte relikviene av den
hellige Elifius
av Toul (fr: Élophe) (d. 362) til Köln og de av den hellige Goericus
av Metz (fr: Goëry) (ca 570-643) til Épinal.
I lang tid hadde Gerhard
kjent et sterkt ønske om å foreta en reise til Roma for å besøke apostlenes
graver, og i 981 var tiden kommet da han var i stand til å realisere denne
fromme planen. Før han dro, tok han seg tid til å fylle sine hvetemagasiner til
overflod, for at de fattige skulle være sikret sitt levebrød og at de ikke
skulle lide på grunn av hans fravær. Han valgte seg tolv ledsagere blant
prester og munker, og dette lille selskapet dro fra Toul i retning hovedstaden
i den kristne verden, hele veien til fots og med korset i spissen, mens de
underveis sang lovsanger.
Ryktet om den hellige
biskopens dyder hadde gått foran ham til Roma, og presteskapet som kom for å
møte ham, viste ham en dyp ærbødighet. Det første Gerhard gjorde etter å ha
ankommet målet for reisen, var å gå for å be ved graven til keiser Otto II
(973-83), som hadde vært en stor velgjører mot ham. Keiser Otto I med tilnavnet
den store døde i 973, og Otto II, hans sønn som etterfulgte ham på den tyske
tronen, donerte til Gerhard flere viktige områder, bekreftet hans eiendomsrett
til noen få rike klostre og ga Saint-Dié tilbake til ham. Den samme kongen
ratifiserte avståelsen som var gjort av hans bestefar Henrik fuglefangeren til
biskopene av Toul, av grevskapet til denne byen, og forbød enhver utenlandsk
adelsmann å holde hoff eller utøve noen myndighet på land som tilhørte
bispedømmet. Otto II døde i Roma i 983.
Gerhard besøkte
Peterskirken og viste sin hengivenhet. Til slutt, etter å ha bodd i Den evige
stad i så lang tid det var nødvendig for hans hjerte, slik at han kunne hengi
seg til alle sine fromhetsøvelser, la prelaten ut på veien tilbake til sitt
bispedømme, på samme måte som han hadde kommet.
Under hans fravær hadde
kong Lothar av Frankrike (954-86) dratt nytte av den uroen som rystet Tyskland
mens Otto III var mindreårig, og han marsjerte mot Lorraine i 984 med den
hensikt å ta denne provinsen tilbake fra keiserriket. Han rykket frem til
Verdun, som han beleiret og vant etter noe motstand. Så sendte han sin hær ut
for å herje landet rundt. Noen av Lothars soldater trengte seg inn i Toul,
plyndret alle forsyninger av mat som byen og området rundt hadde, og det oppsto
en slik nød at en stor del av innbyggerne ble nødt til å reise bort for å søke
levebrød i andre land. Disse flyktningene var på vei til Italia og hadde
allerede nådd grensene til Lombardia da de ble møtt av Gerhard, som var på vei
tilbake fra Roma. Biskopen overtalte dem lett til å følge ham på veien tilbake
til hjemlandet, og han fulgte dem helt til Toul. Hungersnøden herjet, og
Gerhard viet seg fullstendig til å lindre folkets nød. Han delte ut alt det
kornet som var i hans palass og som hadde unngått plyndring av Lothars tropper.
Han kjøpte også korn fra nabolandene og klarte å opprettholde folks levebrød
helt til neste høst. Gerhards ry for kjærlighet til de fattige ble enda større
etter hans gavmildhet under hungersnøden.
Gerhards nestekjærlighet
fikk anledning til å manifestere seg igjen en gang senere, da pesten slik det var
vanlig etter en hungersnød, rammet folk i hans bispeby. Pesten raste i Toul på
den mest grusomme måte, likene lå i hauger i gatene og det fantes ingen hus som
ikke hadde noen døde eller døende. Midt i denne forferdelige dødelighet holdt
Gerhard seg alltid seg nær sin flokk, ga dem en fars kjærlige omsorg og en
kristen hyrdes søte trøst. Da pesten fortsatte sine herjinger, ga den fromme
prelaten ordre om en allmenn prosesjon for å berolige Guds vrede. Han bar selv
høytidelig levningene av de hellige biskopene av Toul. Under denne prosesjonen,
og før de hadde kommet til kirken Saint-Mansuy, døde plutselig seksten
mennesker som fulgte prosesjonen, tre andre bukket under senere da de kom inn i
kirken Saint-Èvre, men disse var de siste ofrene for pesten. Gerhard
hengivenhet for å lindre menneskelige ulykker ga ham for alltid folket i Touls
ærbødighet. Da beviste han hvilken kjærlighet og oppofrelse en apostlenes
etterfølger er i stand til når han for Kristi skyld har forlatt alt jordisk
gods og brukte det bare for å stille andres nød. Han beholdt sin sedvanlige
strenghet mot seg selv hele sitt liv. Gerhard sies å ha foreslått å bruke
skvallerkål (Aegopodium podagraria) som omslag for å behandle
podagra, og derfor var den tidligere kjent som Herbe de saint Gérard.
Han grunnla sykehuset
Hôtel-Dieu, det eldste i Toul. I bispedømmet fortsatte han selv utrettelig de
apostoliske arbeidene og livet til sin forgjenger, den hellige Gosselin,
grunnla kirker og klostre og sørget for dyktige forvaltere av prekenembetet.
Katedralen i Toul lot han bygge opp på nytt (den nåværende ble reist i 1447) og
ga den betydelige inntekter. Litteraturhistorien kjenner ham som en ivrig venn
og fremmer av vitenskapen.
Biskop Gerhard bygde også
en kirke på fjellet Bar nær Toul, i dag Côte Saint-Michel og ville at den
skulle tjene som sognekirke for en liten landsby som het Barville, som da
trolig eksisterte i en av fjellsidene. Han ga som kirkegård for innbyggerne i
Barville et firkantet område hvor kirken lå i midten. Han lot dette sognet
betjenes av landsbyens tiende og alle vinstokker plantet ved foten av fjellet,
og han donerte til kirken eiendom og eiendeler som var avhengig av
benediktinerne i Saint-Mansuy, forutsatt at en av dem hele tiden bodde på
toppen av Mont Saint-Michel og at det bekostes av deres kloster. Landsbyen
Barville har ikke eksistert i uminnelige tider, og kirken som ble bygd av
Gerhard, hadde blitt erstattet av et lite kapell som fortsatt er synlig på
toppen av åsen Saint-Michel.
Gerhard døde stille
klokken ett eller to natten til den 23. april 994 i Toul etter 31 år på
bispestolen og ble bisatt i byens katedral Saint-Étienne. Ved sin død ble han
æret som en helgen. Hans grav midt i koret i katedralen han hadde gjenreist,
ble et populært pilegrimsmål, og rapporterer mange mirakler som skjedde der.
Det er ingen tvil om at Gerhard er den best kjente og høyest ærede biskopen av
Toul. Han ble etterfulgt som biskop av den hellige Stefan
de Lunéville av Toul (fr: Étienne) (994-95), som døde året etter i en
ulykke i klosteret Moyenmoutier. Etter den hellige Mansuetus er
det Gerhard blant biskopene i Toul som har etterlatt seg de dypeste minner om
hellighet.
Gerhards helligkåring er
interessant fordi den var en av de første som ble utført av en pave. En lærd og
from munk i klosteret Saint-Èvre i Toul ved navn Vidric, som senere ble
klosterets abbed og reformator av både det og andre store klostre i nærheten,
skrev en biografi om Gerhard en gang mellom 1027 og 1049. Vidric dediserte sin
bok til biskop Bruno av Toul (1026-52), for denne boken ble skrevet på hans
anmodning og i hans episkopat, det vil si tretti til førti år etter Gerhards
død i 994. Den den er trykt i sin helhet i første bind av l’Histoire de
Lorraine av don Calmet. P. Benoît Picard skrev også en biografi om Gerhard
i 1700, med kommentarer og historiske notater om bispedømmet.
I 1050 ble biskop Bruno
valgt til pave og ble den hellige pave Leo
IX (1049-54). Han innkalte en bispesynode i Roma senere samme år.
Vidrics biografi ble brukt for å underbygge en anmodning om helligkåring. Det
kan være at paven ikke ville virke altfor ivrig etter å helligkåre en
forgjenger, og han nølte. De forsamlede biskopene ble da fortalt om en visjon
som en av de deltakende munkene hadde hatt av Gerhard i herlighet, og de
erklærte: «Den samme herre Gerhard er en hellig mann som Gud regner med blant
helgenene, og han burde telles med og æres blant de hellige også av mennesker».
Dette var tilstrekkelig for Leo, og han utstedte en helligkåringsbulle den 2.
mai 1050. Blant andre ting sier bullen at Gerhard hadde vært gjenstand for stor
folkelig venerasjon i Toul – Vidric hadde sagt det samme, men la til at Gerhard
ikke var blitt behandlet som hellig i liturgien.
Leo vendte tilbake til
Toul for å overføre Gerhards legeme til et nytt alter som han konsekrerte til
formålet. Dette skjedde den 21. oktober, og etter denne seremonien skrev Vidric
et bind to av biografien, denne gang om helligkåringen. Senere tilføyde han en
tredje bok om translasjonen med en beretning om noen av miraklene. Hans verk
kalles «oppbyggelig og velskrevet».
Det er litt merkelig at
Leo ikke hadde gjort noe med saken i de 22 årene hadde vært biskop i Toul, og
det kan ha vært en del av planen til en pave opptatt av reform og
sentralisering om å gi pavedømmet kontrollen over helligkåringer. Selv om
Gerhard hadde vært gjenstand for en folkelig kult, ble han ikke betraktet som
helgen før Leo hadde erklært ham hellig.
Gerhard ble frem til 1960
feiret den 24. april i bispedømmet Nancy-Toul, men hans minnedag i den nyeste
utgaven av Martyrologium Romanum (2004) er 23. april:
Tulli in Lotharíngia,
sancti Gerárdi, epíscopi, qui annos trigínta et unum civitátem óptimis légibus
munívit, páuperes nutrívit, précibus et ieiúniis pópulo témpore pestis
subvénit, ecclésiam cathedrálem dedicávit ac monastéria non modo ópibus iuvit,
sed et sanctis discípulis instrúxit.
I Toul i Lorraine [i dagens Frankrike], den hellige Gerhard, biskop, som i 31
år ga byen gode lover, næret de fattige, kom folket til unnsetning med bønn og
faste i tider med pest, vigslet katedralen og hjalp klostrene, ikke bare
materielt, men også ved å fylle dem med hellige disipler.
Hans translasjonsfest
(1051) feires den 21. oktober.
Gerhard er avbildet i
apsis i katedralen i Toul sammen med fjorten andre helgener, Aprône (Apronia),
Gauzelin (Gosselin),
Amo (Ammon),
Étienne (Stefan),
Pierre (Peter),
Ursule (Ursula),
Joseph (Josef),
Ambroise (Ambrosius), Augustin,
Mansuy (Mansuetus),
Jean-Baptiste (Johannes
Døperen), Grégoire (Gregor),
Jérôme (Hieronymus)
og Léon (Leo).
En fest for alle
hellige biskoper i Toul ble feiret i bispedømmet Nancy og Toul den 4.
september. frem til 1955 (Commemoratio omnium Ss. Episcoporum Ecclesiae
Tullensis). Men ved den omfattende kalenderreformen i bispedømmet i 1955, ble
de fleste hellige biskopene av Toul fjernet fra den liturgiske kalenderen i
likhet med kjente helgener som de hellige Genovefa (fr:
Geneviève) (ca 422-ca 500) og Klothilde (fr:
Clotilde) (ca 474-545). Også festen for alle biskopene forsvant.
Det ryet som denne
hellige biskopen hadde etterlatt seg, var så stort at gjennom århundrene
tilskrev folkefantasien ham en rekke handlinger som han ikke var ansvarlig for,
som grunnleggelsen av valfartene til Sion eller anskaffelsen av
pasjonsrelikvien Den hellige nagle. Hvert år arrangeres i Toul «Markedet for
den hellige nagle» (Foire du saint clou). For Toul har en nagle som
oppbevares på et hemmelig sted, som er ingen ringere enn en av naglene som ble
brukt til korsfestelsen av Jesus! Vi kjenner historien om Likkledet i Torino,
som skal ha bildet av Kristus og som lenge har skapt kontroverser, eller tornekronen
som ble kjøpt av den hellige kong Ludvig
IX av Frankrike og som fortsatt er i skattkammeret i katedralen Notre
Dame de Paris. Men de såkalte «pasjonsrelikviene», forskjellige gjenstander som
ble brukt ved korsfestelsen, er mer tallrike. Disse omfatter deler av korset og
den hellige lanse som gjennomboret hans side, men den mest kjente er kanskje
den hellige svetteduken som han skal ha blitt vasket med, og altså naglene som
han ble spikret til korset med.
Alle disse relikviene ble
oppdaget på Golgata av den hellige keiserinne Helena (ca
250-330) tidlig på 300-tallet. Helena var mor til keiser Konstantin den store,
den første kristne romerske keiseren. På slutten av sitt liv dro Helena til Det
hellige land og fant disse relikviene som var blitt gravd ned på stedet av
tidlige kristne å hindre dem fra å bli ødelagt. Men dette er ikke noe
trosspørsmål, så selvfølgelig kan man stille spørsmål ved deres autentisitet.
I henhold til en bok av
biskop André du Saussay, den 88. biskop av Toul (1655-75), ble en av naglene
brukt til å lage munnbittet i bisselet til keiser Konstantins hest. Dette
«hellige munnbitt» (saint-mors) er nå i Carpentras i departementet
Vaucluse i regionen Provençe-Alpes-Côte d’Azur sørøst i Frankrike. En annen
nagle, som var på Konstantins hjelm for å beskytte ham, er nå i kirken Det
hellige kors i Jerusalem (Basilica di Santa Croce in Gerusalemme) i
Roma. Den tredje naglen ble kastet i Adriaterhavet av Helena for å roe
elementene da skipet møtte en voldsom storm. Den fløt imidlertid opp til
overflaten og ble deretter gitt til byen Trier, byen hvor hun bodde. Det var
altså tre nagler, en til hver hånd og en som gikk gjennom begge føttene, slik
det ofte avbildes på bilder fra korsfestelsen. Ifølge andre teorier ble en
nagle smeltet om til mange små, og en av dem skal være i Monza i Italia (i
nærheten av Milano), en region hvor hengivenhet for slike relikvier er mer
vanlig.
Da biskop Gerhard av Toul
på 900-tallet bestemte seg for å bygge en ny katedral på tuftene av den
daværende, ønsket han å utstyre den med prestisjetunge relikvier. Han henvende
seg til sin overordnede. som var erkebiskopen av Trier, og ba om å få naglen!
Erkebiskopen nektet å skille seg av med sin juvel, noe som fikk Gerhard til å
bryte ut i gråt. I det øyeblikket ble på mirakuløst vis spissen av neglen
splittet, og biskopen av Toul kunne bringe med seg tilbake den edleste delen,
selve spissen. En ting er sikkert, spissen av naglen i Toul passer godt sammen
med den i Trier!
I århundrene som fulgte,
ble den hellige naglen vist ærbødighet på den andre søndag (eller fredag,
avhengig av kilder) etter påske. Noen vitnesbyrd attesterer at noen kom seksti
til åtti kilometer for å ære relikvien. Suvenirbutikker fantes ikke, så
pilegrimer kom med en nagle i lommen, berørte den hellige nagle med den og
skaffet seg dermed en personlig «relikvie». Det ble også sagt at naglen skal ha
forårsaket mirakler, som å helbrede de syke som kom for å ære den.
Det var i denne perioden
at «markedet for den hellige nagle» først ble avholdt. I middelalderen gikk
ofte religiøse og kommersielle festligheter hånd i hånd. I Toul i dag er dette
markedet den siste resten av denne historien. Den hellige nagle kommer bare svært
sjelden ut fra skrinet hvor den oppbevares. Om denne naglen, fem centimeter
lang og syv millimeter bred ved basen, har en verdi i dag, er det hovedsakelig
fordi den er satt i et praktfullt gullsmedarbeid, blant de mest kjente skrin
laget av gullsmeder i Paris på 1400-tallet. Naglens siste offisielle utstilling
fant sted i 2002, under tusenårsfeiringen for den hellige pave Leo
IX (1002-54), den eneste biskopen av Toul som har vært pave (1049-54).
Kilder:
Attwater/Cumming, Butler (IV), Benedictines, Delaney, Bunson,
Schauber/Schindler, MR2004, KIR, CE, CatholicSaints.Info, Infocatho,
Heiligenlexikon, santiebeati.it, en.wikipedia.org, fr.wikipedia.org, Butler
1866, zeno.org, heiligen-3s.nl, nominis-cef.fr, mylorraine.fr, introibo.fr,
Thiéry - Kompilasjon og oversettelse: p.
Per Einar Odden
Opprettet: 11. oktober
2001
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