Il regarda Jésus avec confiance en confessant son péché et mérita d’être le premier saint canonisé, non par le jugement infaillible de l’Église mais par la Parole de Dieu lui-même, quand le Crucifié lui promit : « Aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis". Celui auquel la tradition a donné le nom de « saint Dismas » nous enseigne ce qu’est l’acte de foi, nous indique la véritable source de la sainteté, nous fait goûter la miséricorde de Dieu et nous guérit de toutes désespérance vis-à-vis de nous mêmes et des autres.
Saint Dismas
le Bon Larron qui, en Croix, reconnut Jésus comme le Messie (1er s.)
Il confessa le Christ sur la croix et, pour cela, il est le premier saint
canonisé, "Tu seras avec moi dans le paradis", lui dit le Christ
avant de mourir. S'ajoute à ce passage de l'Évangile, une belle légende qui
mérite d'être contée. Elle date des tout-premiers temps de l'Église. Lors de la
fuite en Égypte, deux brigands dévalisèrent la Sainte Famille de son argent et
de son âne, mais Dismas intervint et les leur fit restituer, parce que
c'étaient des pauvres gens sur la route de l'exil. L'Enfant-Jésus l'en remercia
lui promettant qu'il lui revaudrait çà à l'occasion. Dismas continua à être un
larron, mais Jésus ne l'oublia pas à la dernière minute.
Commémoraison du bon Larron, qui confessa le Christ sur la croix et mérita
d’entendre de lui ces paroles: “Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le
paradis.”
Martyrologe romain
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/857/Saint-Dismas.html
XL. CRUCIFIXION DES LARRONS
Pendant qu'on crucifiait Jésus, les deux larrons,
ayant toujours les mains attachées aux pièces transversales de leurs croix,
qu'on leur avait placées sur la nuque, étaient couchés sur le dos, près du
chemin, au côté oriental du Calvaire, et des gardes veillaient sur eux. Accusés
d'avoir assassiné une femme juive et ses enfants qui allaient de Jérusalem à
Joppé, on les avait arrêtés dans un château où Pilate habitait quelquefois
lorsqu'il exerçait ses troupes, et où ils s'étaient donnés pour de riches marchands.
Ils étaient restés longtemps en prison avant leur jugement et leur
condamnation. J'ai oublié les détails. Le larron de gauche était plus âgé :
c'était un grand scélérat, le maître et le corrupteur de l'autre. On les
appelle ordinairement Dismas et Gesmas ; j'ai oublié leurs noms véritables :
j'appellerai donc le bon, Dismas, et le mauvais, Gesmas. Ils faisaient partie
l'un et l'autre de cette troupe de voleurs établis sur les frontières d'Égypte
qui avaient donné l'hospitalité, pour une nuit à la sainte Famille, lors de sa
fuite avec l'enfant Jésus. Dismas était cet enfant lépreux que sa mère, sur
l'invitation de Marie, lava dans l'eau où s'était baigné l'enfant Jésus, et qui
fut guéri à l'instant. Les soins de sa mère envers la sainte Famille furent récompensés
par cette purification, symbole de celle que le sang du Sauveur allait
accomplir pour lui sur la croix. Dismas était tombé très bas ; il ne
connaissait pas Jésus, mais comme son cœur n'était pas méchant, tant de
patience l'avait touché. Couché par terre comme il l'était, il parlait sans
cesse de Jésus à son compagnon : " ils maltraitaient horriblement le
Galiléen, disait-il ; ce qu'il a fait en prêchant sa nouvelle loi doit être
quelque chose de pire que ce que nous avons fait nous-mêmes, mais il a une
grande patience et un grand pouvoir sur tous les hommes, ce à quoi Gesmas
répondit : « Quel pouvoir a-t-il donc ? S'il est aussi puissant qu'on le
dit, il pourrait nous venir en aide ? » C'est ainsi qu'ils parlaient entre
eux. Lorsque la croix du Sauveur fut dressée, les archers vinrent leur dire que
c'était leur tour, et les dégagèrent en toute hâte des pièces transversales,
car le soleil s'obscurcissait déjà, et il y avait un mouvement dans la nature
comme à l'approche d'un orage. Les archers appliquèrent des échelles aux deux
croix déjà plantées, et y ajustèrent les pièces transversales. Après leur avoir
fait boire du vinaigre mêlé de myrrhe, on leur ôta leurs misérables tuniques,
puis on leur passa des cordes sous les bras et on les hissa en l'air à l'aide
de petits échelons où ils posaient leurs pieds. On lia leurs bras aux branches
de la croix avec des cordes d'écorce d'arbre ; on attacha de même leurs
poignets, leurs coudes, leurs genoux et leurs pieds, et on serra si fort les
cordes, que leurs jointures craquèrent et que le sang en jaillit. Ils
poussèrent des cris affreux, et le bon larron dit au moment où on le hissait :
" Si vous nous aviez traités comme le pauvre Galiléen, vous n'auriez pas
eu la peine de nous élever ainsi en l'air ".
Pendant ce temps, les exécuteurs avaient fait
plusieurs lots des habits de Jésus afin de les diviser entre eux. Le manteau
était plus large d'en bas que d'en haut et il avait plusieurs plis ; il était
doublé à la poitrine et formait ainsi des poches. Ils le déchirèrent en
plusieurs pièces, aussi bien que sa longue robe blanche, laquelle était ouverte
sur la poitrine et se fermait avec des cordons. Ils firent aussi des parts du
morceau d'étoffe qu'il portait autour du cou, de sa ceinture, de son
scapulaire, et du linge qui avait enveloppé ses reins, tous ces vêtements
étaient imbibés de son sang. Ne pouvant tomber d'accord pour savoir qui aurait
sa robe sans couture, dont les morceaux n'auraient pu servir à rien, ils
prirent une table où étaient des chiffres, et y jetant des dés en forme de
fèves, ils la tirèrent ainsi au sort. Mais un messager de Nicodème et de Joseph
d'Arimathie vint à eux en courant et leur dit qu'ils trouveraient au bas de la
montagne des acheteurs pour les habits de Jésus, alors ils mirent tous ensemble
et les vendirent en masse, ce qui conserva aux chrétiens ces précieuses
dépouilles.
XLI. JESUS CRUCIFIE ET LES DEUX LARRONS
Le choc terrible de la croix, qui s'enfonçait en
terre, ébranla violemment la tête couronnée d'épines de Jésus et en fit jaillir
une grande abondance de sang, ainsi que de ses pieds et de ses mains. Les
archers appliquèrent leurs échelles à la croix, et délièrent les cordes avec
lesquelles ils avaient attaché le corps du Sauveur pour que la secousse ne le
fasse pas tomber. Le sang, dont la circulation avait été gênée par la position
horizontale et la compression des cordes, se porta avec impétuosité à ses blessures
: toutes ses douleurs se renouvelèrent jusqu'à lui causer un violent
étourdissement. Il pencha la tête sur sa poitrine et resta comme mort pendant
près de sept minutes. Il y eut alors une pause d'un moment : les bourreaux
étaient occupés à se partager les habits de Jésus, le son des trompettes du
Temple se perdait dans les airs, et tous les assistants étaient épuisés de rage
ou de douleur. Je regardais, pleine d'effroi et de pitié, Jésus, mon salut, le
salut du monde : je le voyais sans mouvement, presque sans vie, et moi-même, il
me semblait que j'allais mourir. Mon cœur était plein d'amertume, d'amour et de
douleur : ma tête était comme entourée d'un réseau de poignantes épines et ma
raison s'égarait ; mes mains et mes pieds étaient comme des fournaises ardentes
; mes veines, mes nerfs étaient sillonnés par mille souffrances indicibles qui,
comme autant de traits de feu, se rencontraient et se livraient combat dans
tous mes membres et tous mes organes intérieurs et extérieurs pour y faire
naître de nouveaux tourments. Et toutes ces horribles souffrances n'étaient
pourtant que du pur amour, et tout ce feu pénétrant de la douleur produisait
une nuit dans laquelle je ne voyais plus rien que mon fiancé, le fiancé de
toutes les âmes, attaché à la croix, et je le regardais avec une grande
tristesse et une grande consolation. Son visage, avec l'horrible couronne, avec
le sang qui remplissait ses yeux, sa bouche entrouverte, sa chevelure et sa
barbe, s'était affaissé vers sa poitrine, et plus tard il ne put relever la
tête qu'avec une peine extrême, à cause de la largeur de la couronne. Son sein
était tout déchiré ; ses épaules, ses coudes, ses poignets tendus jusqu'à la
dislocation ; le sang de ses mains coulait sur ses bras. Sa poitrine remontait
et laissait au-dessous d'elle une cavité profonde ; le ventre était creux et
rentré. Ses cuisses et ses jambes étaient horriblement disloquées comme ses
bras ; ses membres, ses muscles, sa peau déchirée avaient été si violemment
distendus, qu'on pouvait compter tous ses os ; le sang jaillissait autour du
clou qui perçait ses pieds sacrés et arrosait l'arbre de la croix ; son corps
était tout couvert de plaies, de meurtrissures, de taches noires, bleues et
jaunes ; ses blessures avaient été rouvertes par la violente distension des
membres et saignaient par endroits ; son sang, d'abord rouge, devint plus tard
pâle et aqueux, et son corps sacré toujours plus blanc : il finit par
ressembler à de la chair épuisé de sang. Toutefois, quoique si cruellement
défiguré, le corps de Notre Seigneur sur la croix avait quelque chose de noble
et de touchant qu'on ne saurait exprimer : oui, le Fils de Dieu, l'amour
éternel s'offrant en sacrifice dans le temps, restait beau, pur et saint dans
ce corps de l'Agneau pascal mourant, tout brisé sous le poids des péchés du
genre humain.
Le teint de la sainte Vierge, comme celui du Sauveur,
était d'une belle couleur jaunâtre où se fondait un rouge transparent. Les
fatigues et les voyages des dernières années lui avaient bruni les joues
au-dessous des yeux.
Jésus avait une large poitrine ; elle n'était pas
velue comme celle de Jean-Baptiste qui était toute couverte d'un poil
rougeâtre. Ses épaules étaient larges, ses bras robustes, ses cuisses
nerveuses, ses genoux forts et endurcis comme ceux d'un homme qui a beaucoup
voyagé et s'est beaucoup agenouillé pour prier ; ses jambes étaient longues et
ses jarrets nerveux ; ses pieds étaient d'une belle forme et fortement
construits : la peau était devenue calleuse sous la plante à cause des courses
nombreuses qu'il avait faites, pieds nus, sur des chemins cahoteux ; ses mains
étaient belles, avec des doigts longs et effilés, et, sans être délicates,
elles ne ressemblaient point à celles d'un homme qui les emploie à des travaux
pénibles. Son cou était plutôt long que court, mais robuste et nerveux, sa tête
d'une belle proportion et pas trop forte, son front haut et large ; son visage
formait un ovale très pur ; ses cheveux d'un brun cuivré, n'étaient pas très
épais : ils étaient séparés sans art du haut du front et tombaient sur ses
épaules ; sa barbe n'était pas longue, mais pointue et partagée au-dessous du
menton. Maintenant sa chevelure était arrachée en partie et souillée de sang ;
son corps n'était qu'une plaie, sa poitrine était comme brisée, ses membres
étaient disloqués, les os de ses côtés paraissaient par endroits à travers sa
peau déchirée ; enfin son corps était tellement aminci par la tension violente
à laquelle il avait été soumis, qu'il ne couvrait pas entièrement l'arbre le la
croix. La croix était un peu arrondie par derrière, aplatie pal devant, et on
l'avait entaillée à certains endroits, sa largeur étalait à peu près son
épaisseur. Les différentes pièces qui la composaient étaient de bois de
diverses couleurs, les unes brunes, les autres jaunâtres ; le tronc était plus
foncé, comme du bois qui est resté longtemps dans l'eau.
Les croix des deux larrons, plus grossièrement
travaillées, s'élevaient à droite et à gauche de celle de Jésus : il y avait
entre elles assez d'espace pour qu'un homme à cheval pût y passer ; elles
étaient placées un peu plus bas, et l'une à peu près en regard de l'autre. L'un
des larrons priait, l'autre insultait Jésus qui dominait un peu Dismas en lui
parlant. Ces hommes, sur leur croix, présentaient un horrible spectacle,
surtout celui de gauche, hideux scélérat, à peu près ivre, qui avait toujours
l'imprécation et l'injure à la bouche. Leurs corps suspendus en l'air étaient
disloqués, gonflés et cruellement garrottés. Leur visage était meurtri et
livide : leurs lèvres noircies par le breuvage qu'on leur avait fait prendre et
par le sang qui s'y portait, leurs yeux rouges et prêts à sortir de leur tête.
La souffrance causée par les cordes qui les serraient leur arrachait des cris
et des hurlements affreux ; Gesmas jurait et blasphémait. Les clous avec
lesquels on avait attaché les pièces transversales les forçaient de courber la
tête ; ils étaient agités de mouvements convulsifs, et, quoique leurs jambes
fussent fortement garrottées, l'un d'eux avait réussi à dégager un peu son
pied, en sorte que le genou était saillant.
Skulptur
Rechter Schächer. Kalvarienberg / Kreuzweg, Lilienfeld, Niederösterreich
XLII. PREMIERE PAROLE DE JESUS SUR LA CROIX
Lorsque les archers eurent mis les larrons en croix et
partagé entre eux les habits de Jésus, ils vomirent encore quelques injures
contre le Sauveur et se retirèrent. Les Pharisiens aussi passèrent à cheval
devant Jésus, lui adressèrent des paroles outrageantes et s'en allèrent. Les
cent soldats romains furent remplacés à leur poste par une nouvelle troupe de
cinquante hommes. Ceux-ci étaient commandés par Abénadar, Arabe de naissance,
baptisé depuis sous le nom de Ctésiphon ; le commandant en second s'appelait
Cassius, et reçut depuis le nom de Longin : il portait souvent les messages de
Pilate. Il vint encore douze Pharisiens, douze Sadducéens, douze Scribes et
quelques anciens. Parmi eux se trouvaient ceux qui avaient demandé vainement à
Pilate de changer l'inscription de la croix : il n'avait pas même voulu les
voir, et son refus avait redoublé leur rage. Ils firent à cheval le tour de la
plate-forme et chassèrent la sainte Vierge, qu'ils appelèrent une mauvaise
femme ; elle fut ramenée par Jean vers les saintes femmes ; Marthe et Madeleine
la reçurent dans leurs bras lorsqu'ils passèrent devant Jésus, ils secouèrent
dédaigneusement la tête en disant : « Eh bien ! Imposteur, renverse le
Temple et rebâtis-le en trois jours ! » « Il a toujours voulu
secourir les autres et ne peut se sauver lui-même ! » « Si tu es le
fils de Dieu, descends de la croix ! » « S'il est le roi d'Israël,
qu'il descende de la croix, et nous croirons en lui ! » « Il a eu
confiance en Dieu, qu'il lui vienne maintenant en aide ! » Les soldats
aussi se moquaient de lui, disant : " Si tu es le roi des Juifs sauve toi
maintenant toi-même ".
Lorsque Jésus tomba en faiblesse, Gesmas, le voleur de
gauche, dit : " Son démon l'a abandonné ". Alors, un soldat mit au
bout d'un bâton une éponge avec du vinaigre et la présenta aux lèvres de Jésus
qui sembla y goûter : on ne cessait pas de le tourner en dérision. " Si tu
es le roi des Juifs, dit le soldat, sauve-toi toi-même ". Tout ceci se
passa pendant que la première troupe faisait place à celle d'Abénadar. Jésus
leva un peu la tête et dit : " Mon père, pardonnez-leur, car ils ne savent
ce qu'ils font ". Puis il continua à prier en silence. Gesmas lui cria :
" Si tu es le Christ, sauve-toi et sauve-nous " ! Les insultes ne
cessaient pas, mais Dismas, le bon larron, fut profondément touché lorsque
Jésus pria pour ses ennemis. Quand Marie entendit la voix de son fils, rien ne
put la retenir elle se précipita vers la croix, suivie de Jean, de Salomé et de
Marie de Cléophas. Le centurion ne les repoussa pas Dismas, le bon larron,
obtint par la prière de Jésus, au moment où la sainte Vierge s'approcha, une
illumination intérieure : il reconnut que Jésus et sa mère l'avaient guéri dans
son enfance, et dit d'une vois forte et distincte : « Comment pouvez-vous
l'injurier quand il prie pour vous ? Il s'est tu ; il a souffert patiemment
tous vos affronts, et il prie pour vous ; c'est un prophète, c'est notre roi,
c'est le fils de Dieu. » A ce reproche inattendu sorti de la bouche d'un
misérable assassin sur le gibet, il s'éleva un grand tumulte parmi les
assistants ; ils ramassèrent des pierres et voulaient le lapider sur la croix :
mais le centurion Abénadar ne le souffrit pas ; il les fit disperser et
rétablit l'ordre. Pendant ce temps, la sainte Vierge se sentit fortifiée par la
prière de Jésus, et Dismas dit à son compagnon qui injuriait Jésus :
« N'as-tu donc pas crainte de Dieu, toi qui es condamné au même supplice !
Quant à nous, c'est avec justice ; nous subissons la peine que nos crimes ont
méritée : mais celui-ci n'a rien fait de mal. Songe à ta dernière heure et
convertis-toi. » Il était éclairé et touché : il confessa ses fautes à
Jésus, disant : « Seigneur, si vous me condamnez, ce sera avec
Justice, mais ayez pitié de moi. » Jésus lui dit : « Tu éprouveras ma
miséricorde. » Dismas reçut pendant un quart d'heure la grâce d'un profond
repentir. Tout ce qui vient d'être raconté se passa entre midi et midi et demi,
quelques minutes après l'exaltation de la croix ; mais il y eut bientôt de
grands changements dans l'âme des spectateurs, car, pendant que le bon larron
parlait, il y eut dans la nature des signes extraordinaires qui les remplirent
tous d'épouvante.
XLIII. ECLIPSE DE SOLEIL, DEUXIEME ET TROISIEME
PAROLES DE JESUS SUR LA CROIX.
Jusque vers dix heures, moment où le jugement de
Pilate fut prononcé, il tomba un peu de grêle, puis le ciel fut clair jusqu'à
midi, après quoi il vint un épais brouillard rougeâtre devant le soleil. Vers
la sixième heure, selon la manière de compter des Juifs, ce qui correspond à
peu près à midi et demi, il y eut une éclipse miraculeuse de soleil. Je vis
comment cela avait lieu, mais malheureusement je ne l'ai pas bien retenu, et je
n'ai pas de paroles pour l'exprimer. Je fus d'abord transportée comme hors de
la terre : je voyais les divisions du ciel et les routes des astres se croisant
d'une manière merveilleuse. Je vis la lune à l'un des côtés de la terre : elle
fuyait rapidement semblable à un globe de feu. Je me retrouvais ensuite à
Jérusalem, et je vis de nouveau la lune apparaître pleine et pâle sur le Mont
des Oliviers : elle vint de l'Orient avec une grande vitesse se placer devant
le soleil déjà voilé par la brume. Je vis au côté occidental du soleil un corps
obscur qui faisait l'effet d'une montagne et qui le couvrit bientôt tout
entier. Le disque de ce corps était d'un jaune sombre : un cercle rouge,
semblable à un anneau de fer rougi au feu, l'entourait. Le ciel s'obscurcit et
les étoiles se montrèrent, jetant une lueur sanglante. Une terreur générale
s'empara des hommes et des animaux : les bestiaux beuglaient et s'enfuyaient ;
les oiseaux cherchaient des coins où s'abriter et s'abattaient en foule sur les
collines qui entouraient le Calvaire ; on pouvait les prendre avec la main.
Ceux qui injuriaient Jésus baissèrent le ton. Les Pharisiens essayaient encore
de tout expliquer par des causes naturelles, mais cela leur réussissait mal, et
eux aussi furent intérieurement saisis de terreur ; tout le monde avait les
yeux levés vers le ciel. Plusieurs personnes frappaient leur poitrine et se
tordaient les mains en criant : « Que son sang retombe sur ses
meurtriers! » Beaucoup de près et de loin, se jetèrent à genoux, implorant
leur pardon, et Jésus, dans ses douleurs, tourna les yeux vers eux. Comme les
ténèbres s'accroissaient et que la croix était abandonnée de tous, excepté de
Marie et des plus chers amis du Sauveur, Dismas, qui était plongé dans un
profond repentir, leva la tête vers Jésus avec une humble espérance et lui dit
: « Seigneur, pensez à moi quand vous serez dans votre royaume ». Jésus
lui répondit : « En vérité, Je te le dis, tu seras aujourd'hui avec moi
dans le paradis ».
La mère de Jésus, Madeleine, Marie de Cléophas et Jean
se tenaient entre la croix du Sauveur et celles des larrons et regardaient
Jésus. La sainte Vierge, dans son amour de mère, priait intérieurement pour que
Jésus la laissât mourir avec lui. Alors le Sauveur la regarda avec une ineffable
tendresse, puis tourna les yeux vers Jean, et dit à Marie : ì Femme, voilà
votre fils. Il sera votre fils plus que si vous l'aviez enfanté î. Il fit
encore l'éloge de Jean et dit : « Il a toujours eu une foi inébranlable
et ne s'est jamais scandalisé, si ce n'est quand sa mère a voulu qu'il fût
élevé au-dessus des autres. » Puis il dit à Jean : « Voilà la
mère. » Jean embrassa respectueusement, sous la croix du Rédempteur
mourant, la mère de Jésus, devenue maintenant la sienne. La sainte Vierge fut
tellement accablée de douleur à ces dernières dispositions de son fils, quelle
tomba sans connaissance dans les bras des saintes femmes qui l'emportèrent à
quelque distance, la firent asseoir un moment sur le terrassement en face de la
croix, puis la conduisirent hors de la plate-forme, auprès de ses amies.
Je ne sais pas si Jésus prononça expressément toutes
ces paroles ; mais je sentis intérieurement qu'il donnait Marie pour mère à
Jean et Jean pour fils à Marie. Dans de semblables visions, on perçoit bien des
choses qui ne sont pas écrites, et il y en a très peu qu'on puisse rendre
clairement avec le langage humain, quoiqu'en les voyant on croie qu'elles
s'entendent d'elles-mêmes. Ainsi, on ne s'étonne pas que Jésus s'adressant à la
sainte Vierge ne l'appelle pas « ma mère », mais «
femme » ; car elle apparaît comme la femme par excellence, qui doit
écraser la tête du serpent, surtout en cet instant où cette promesse
s'accomplit par la mort de son fils. On ne s'étonne pas non plus qu'il donne
Jean pour fils à celle que l'ange salua en l'appelant « pleine de
grâce », parce que le nom de Jean est un nom qui signifie la grâce, car
tous sont ici ce que leur nom signifie : Jean était devenu un enfant de Dieu,
et le Christ vivait en lui. On sent aussi que Jésus en la donnant pour mère à
Jean la donne pour mère à tous ceux qui croient en son nom, qui deviennent
enfants de Dieu, qui ne sont pas nés de la chair et du sang ni de la volonté de
l'homme, mais de Dieu. On sent encore que la plus pure, la plus humble, la plus
obéissante des femmes qui, après avoir dit à l'Ange : « Voici la servante
du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole », devint mère du Verbe
fait chair. apprenant aujourd'hui de son fils mourant qu'elle doit devenir la
mère spirituelle d'un autre fils, a répété ces mêmes paroles avec une humble
obéissance, dans son cœur déchiré par les angoisses de la séparation, et
qu'elle a adopté pour enfants tous les enfants de Dieu, tous les frères de
Jésus-Christ, Tout cela est plus facile à ressentir par la grâce de Dieu qu'à
exprimer avec des paroles, et je pense alors à ce que me dit une fois mon
fiancé céleste : « Tout est écrit dans les enfants de l'Eglise qui
croient, qui espèrent, qui aiment (1) »
(1) Ceci se rapporte à une vision qu'eut la Sœur le 3
novembre de la troisième année de la prédication de Notre-Seigneur, vingt-huit
jours après la résurrection de Lazare et cinq mois avant la mort du Sauveur.
Elle le vit à la frontière orientale de la Terre promise, dans une petite ville
située au nord d'un endroit plus considérable qu'elle nommait Cédar ; il y
enseigna pendant plusieurs jours, à l'occasion d'une noce, sur l'importance et
la sainteté du mariage. Dans cette vision, dit la Sœur, j'étais comme un des
assistants et j'allais çà et là comme eux. Les discours de notre Sauveur me
parurent si beaux, si importants et si applicables à notre misérable époque,
que je m'écriais dans mon cœur : Ah ! Pourquoi cela n'est-il pas écrit,
pourquoi n'y a-t-il pas ici de disciples pour l'écrire, afin que l'univers entier
le sache. Alors mon fiancé céleste se tourna tout à coup vers moi et me dit :
« Je cultive la vigne là où elle porta des fruits. Si ceci était écrit, ce
serait négligé ou mal interprété comme une grande partie de ce qui est écrit.
Cet enseignement et une infinité d'autres qui n'ont pas été écrits ont porté
plus de fruit que ce qui est écrit. La loi écrite n'en est pas plus suivie pour
cela. Tout est écrit dans les enfants de l'Eglise qui croient, qui espèrent,
qui aiment ».
LA DOULOUREUSE PASSION DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST D'APRES LES MEDITATIONS D'ANNE CATHERINE EMMERICH. Publiées en 1854. Traduction de l'Abbé DE CAZALES
SOURCES : : https://www.icrsp.org/Calendriers/La%20Pensee%20du%20Jour/Semaine%20Sainte/Douloureuse-Passion.htm
http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/LaPassion/40crucif.htmlSaint Dismas
Le Bon Larron
Fête le 25 mars
Il confessa le Christ sur la croix et, pour cela, il est le premier saint
canonisé, "Tu seras avec moi dans le paradis", lui dit le Christ
avant de mourir. S'ajoute à ce passage de l'Evangile, une belle légende qui
mérite d'être contée. Elle date des tout-premiers temps de l'Eglise. Lors de la
fuite en Egypte, deux brigands dévalisèrent la Sainte Famille de son argent et
de son âne, mais Dismas intervint et les leur fit restituer, parce que
c'étaient des pauvres gens sur la route de l'exil. L'Enfant-Jésus l'en remercia
lui promettant qu'il lui revaudrait çà à l'occasion. Dismas continua à être un
larron, mais Jésus ne l'oublia pas à la dernière minute.
« Après que le Seigneur qui n'était plus qu'une plaie eut été crucifié, afin
que les clous ne se détachassent point et que le corps divin ne tombât à terre,
ces monstres de cruauté jugèrent bon de les river par derrière. Ils
commencèrent donc par élever la croix pour la renverser sens dessus-dessous, et
appuyer ainsi contre la terre Jésus crucifié. Cette nouvelle cruauté fit frémir
tous les assistants, et il s'éleva un grand bruit dans la foule touchée de
compassion. La mère affligée recourut au Père éternel pour cette inconcevable
cruauté, afin qu'il ne permît qu'elle se fit selon l'intention des bourreaux,
et elle commanda aux anges de venir au secours de leur créateur. Dès qu'ils
eurent fini, ils élevèrent la croix et la firent tomber dans le trou creusé à
cet effet, mais ces monstres soutinrent le corps avec leurs lances et lui
firent de profondes blessures sous les bras, en enfonçant le fer dans la chair
pour aider à dresser la croix. A ce spectacle si cruel, le peuple redoubla ses
cris et le bruit et la confusion augmentèrent, de sorte que le coeur de la
pauvre mère était entièrement accablé de douleur. Les juifs le blasphémaient,
les dévots le pleuraient, les étrangers étaient confondus d'étonnement, et
quelques uns n'osaient pas le regarder par l'horreur qu'ils en éprouvaient,, et
le corps sacré répandait son sang en abondance par les blessures qui avaient
été faites et les plaies qui avaient été renouvelées. Ils crucifièrent
également les deux voleurs, et ils dressèrent leurs croix l'une à droite
l'autre à gauche, ils le placèrent au milieu, afin qu'il fut considéré comme le
chef et le plus grand des scélérats. Les pontifes et les pharisiens branlaient
la tête avec des gestes de mépris, ils l'insultaient et lui jetaient de la
poussière et des pierres , en disant; toi qui détruis le temple de Dieu et le
rebâtis en trois jours, sauve- toi toi-même. Les deux voleurs l'injuriaient
aussi et lui disaient; si tu es le fils de Dieu, sauve-toi toi-même et nous
aussi. Cependant la sainte Vierge à genoux adorait son divin fils, elle pria le
Père éternel de faire éclater l'innocence de Jésus-Christ. Sa prière fut
exaucée la terre trembla, le soleil s'éclipsa, la lune s'obscurcit et les
éléments furent dans la confusion, les montagnes se, fendirent ainsi que le
voile du temple, les tombeaux s'ouvrirent ‘et les bourreaux se retirèrent
contrits, gémissants et convertis, parce que Jésus en agonie, proféra ces
paroles qui renferment l'excès de la charité : Mon père, pardonnez leur, car
ils ne savent ce qu'ils font.
L'un des voleurs appelé Dismas, entendant ces paroles, et la sainte Vierge près
de laquelle il était intercédant en même temps pour lui, il fut éclairé
intérieurement et par cette divine lumière, il fut touché de contrition pour
ses péchés, il reprit son compagnon et défendit l'honneur de Jésus-Christ, il
se recommanda au Sauveur et le paradis lui fut promis. Le bon larron ayant été
justifié, Jésus jeta un regard plein de tendresse sur sa mère, et proféra la
troisième parole : femme voilà votre fils, en lui montrant saint Jean, et il
dit à celui-ci : voilà votre mère. Il était près de trois heures et il adressa
à son père la quatrième parole: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez vous
abandonné, s'affligeant de ce que la divinité avait suspendu les divines
influences à sa sainte humanité, et aussi parce qu'il voyait un grand nombre de
méchants, qui quoique devenus ses membres, et malgré son sang versé avec une si
surabondante profusion, devaient se séparer de son corps divin et se damner.
C'est pourquoi il proféra la cinquième parole : j'ai soif. Il avait soif de
voir tous les hommes correspondre au salut par la foi et la charité qu'ils lui
devaient. Mais les méchants lui présentèrent à l'extrémité d'un roseau une
éponge trempée de fiel et de vinaigre. A la prière de la sainte Vierge, il
refusa pour ne pas martyriser sa sainte bouche. Il prononça la sixième parole :
Consummatum est, pour annoncer que la grande oeuvre de la rédemption du monde
était accomplie. Enfin il ajouta; mon père, je remets mon. âme entre vos mains,
il prononça ces divines paroles d'une voix forte èt sonore, en élevant au ciel
ses yeux pleins de sang, et inclinant sa tête divine, il expira. Si la divine
mère n'expira pas aussi ce fut par un miracle de la toute-puissance de Dieu.
Lucifer et tous les siens par la vertu de ces dernières paroles fut vaincu et
précipité dans l'enfer, et son empire fut détruit. La sainte Vierge demeura au
pied de la croix jusqu'à la fin du jour, où l'on ensevelit le corps du
rédempteur. Et en récompense de cette dernière douleur la très-pure mère fut
toute spiritualisée dans le peu de l'être terrestre, que son corps virginal
avait encore. Chaque père de famille fait son testament avant de mourir, ainsi
Jésus-Christ avant de prononcer les sept paroles fit son testament sur la croix
concerté avec le Père éternel, il resta scellé et caché pour les hommes, il ne
fut ouvert qu'à la divine mère comme coadjutrice de la rédemption. il la
déclara héritière, et exécutrice testamentaire pour accomplir sa divine
volonté, et tout fut remis dans ses mains par le divin maître, comme le Père
avait tout remis dans celles du fils. Ainsi notre grande reine dut distribuer
les trésors dus à son fils parce qu'il est Dieu, et acquis par ses mérites
infinis. Elle fut déclarée donc la dépositaire de toutes les richesses, dont
son fils, notre rédempteur nous cède les droits auprès du Père éternel, afin
que les secours, les grâces, et les faveurs soient accordés par la sainte
Vierge et qu'elle les distribue de ses mains miséricordieuses et libérales.
Extrait de la Vie Divine de la Sainte Vierge, Maria d'Agreda, chapître 24
Voir : http://www.maria-valtorta.org/Personnages/Dismas.htm
Dismas, the good felon crucified to the right of Jesus, depicted here in Italy, South Tyrol, Badia/Abtei, Heilig-Kreuz-Kirche/Santa Croce/La Crusz,
Prière au Bon Larron
Saint Bon Larron, toi qui, malgré tes péchés passés fus assuré d’une entrée
immédiate au Ciel, par la gratuité de l’Amour de Dieu, qui en un instant t’a
transformé en un saint, demande, je t’en supplie, à Jésus mon Sauveur, de faire
tomber sur moi ce même regard de miséricorde, qui fera plonger mes yeux dans
les siens, pour en recevoir le pardon et la sainteté. Ainsi, envahi par le feu
de l’Amour Divin consumant et transformant, je pourrai entendre à mon tour la
promesse que Jésus t’a faite : « Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le
Paradis. » Amen.
Approuvé par Mgr François Lapierre, 24 février 2004
SOURCE : http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2009/04/20/13453047.html
Der
gute Schächer (Dismas) zur Rechten Jesu. Burgkapelle der Burg Herzberg in der Gemeinde Breitenbach am Herzberg im
Landkreis Hersfeld-Rotenburg (Hessen), aus dem 13. Jahrhundert, Rest einer
Wandmalerei der Kreuzigung Christi aus dem 16. Jh.
Le bon Larron
Fête le 24 avril
O admiranda Latronis
conversio ! Crucifixum videt et Regem prœdicat. Alleluia.
O admirable conversion du
Larron ! Il voit le Crucifié et il proclame qu’il est Roi. Alleluia. (Ant.
De l’office).
Canonisation
Le Bon Larron a été mis
au nombre des saints par Notre Seigneur lui-même sur la Croix, lorsque le
Sauveur lui dit : En vérité, je te le déclare, tu seras aujourd’hui
avec moi en paradis.
Cette canonisation,
extraordinaire entre toutes, doit exciter une vive dévotion pour ce voleur
pénitent. L’Eglise lui a consacré un office et une messe le 24 avril, et son
nom figure au martyrologe au jour du 25 mars, qui fut à la fois la date de
l’Incarnation à Nazareth et de la mort du Sauveur à Jérusalem. Nous dirons plus
loin les différents motifs qu’on a de l’invoquer et les circonstances où il
convient de le faire.
D’après la tradition la
plus autorisée, le Bon Larron s’appelait Dismas et le mauvais larron Gestas. On
ne connaîtra l’histoire de leur vie qu’au jugement dernier, lorsqu’ils se
retrouveront, comme au vendredi saint, à la droite et à la gauche de
Jésus ; toutefois, le pardon du Sauveur ayant effacé d’une façon toute
royale les crimes de Dismas, le monde assemblé ne pénétrera de son histoire que
ce qui lui fait honneur et gloire.
Peut-être serons-nous
émerveillés de voir alors au milieu de cette vie de crimes, des élans de l’âme
pour répondre à la grâce, qui eussent largement suffi à le convertir, si cette
grâce avait été aussi abondante pour lui que pour nous. N. S., qui voulait
conquérir cette âme, laissait accumuler ses premiers bons mouvements pour les
inonder au Calvaire, des mérites de son sang.
Ce qu’une tradition assez
autorisée nous rapporte des premières années de Dismas nous démontre en effet
dès lors au milieu même de ses désordres, l’objet des prévenances de Jésus.
Cette tradition est rapportée par Saint Anselme, il la raconte à l’une de ses
sœurs à propos d’une méditation sur l’enfance de Jésus, et il la donne comme
une légende, sinon certaine, du moins très répandue de son temps.
Première rencontre de
Jésus avec Dismas
C’était à l’époque du
massacre des Innocents ; Joseph, Marie et Jésus fuyaient la colère
d’Hérode, brigand illustre qui usurpait le pouvoir pour commettre de grands
crimes.
Lorsque la Sainte Famille
eut dépassé la région de Bethléem, elle entra sur les terres d’Egypte. L’Egypte
est dans l’Ecriture Sainte le pays du péché, d’où Dieu retire son peuple, et
c’est pour cela qu’il convenait que Jésus portant la similitude du péché, fût
envoyé en Egypte et vécût au milieu de ce monde ennemi, qu’il venait racheter à
force de pardon.
Or, dans cette fuite vers
le pays du démon, Jésus, Marie et Joseph pénétrèrent en une forêt où vivaient
des brigands, et parmi eux Dismas.
Dismas, déjà dans la
force de l’âge était assassin, de profession, disait Saint Anselme ; ce
qui explique ce malheur, c’est qu’il avait pour père le chef d’une nombreuse
troupe de malfaiteurs qui vivaient en ce lieu. Il avait donc été nourri dans le
crime comme d’autres sont nourris dans la vertu, mais semblable à ces âmes que
le souffle d’une éducation toute mondaine ne parvient pas à corrompre
complètement, il conservait au fond de son cœur les grâces cachées du remords.
Or, un jour où il se
tenait en embuscade, attendant l’occasion de faire quelque mauvais coup et de
se souiller d’un nouveau méfait, il vit arriver le vieillard, la jeune femme et
le petit enfant ; ces trois voyageurs portaient quelque bagage, peut-être
les dons des mages, dons réservés par la Providence pour ce lointain voyage.
Dismas jugea que cette
faible caravane n’opposerait aucune résistance ; le bâton de Saint Joseph,
qu’on vénère aujourd’hui avec amour à Florence, ne l’effrayait guère, et il
s’avança vers les voyageurs pour les maltraiter et les dépouiller. Ses
compagnons étaient là.
Quand il fut proche de la
Sainte Famille, son regard rencontra le visage du petit Jésus, et cette
physionomie lui apparut si merveilleusement illuminée de beauté, qu’au lieu de
frapper, il recula attendri, et pris de commisération, non seulement il ne
dépouilla pas les pauvres voyageurs, mais après avoir renvoyé ses compagnons,
il leur offrit l’hospitalité dans la caverne qu’il habitait.
C’est ainsi que le moment
d’angoisse auquel la Sainte Famille venait d’être soumise se terminait, comme
dans les angoisses précédentes, par la consolation. En effet, la route était
longue, le soir descendait et ils étaient sans abri ; or, voici qu’au lieu
d’un ange, pour les secourir, il trouvait un voleur prêt à les massacrer, mais
tout à coup ce voleur attendri se transformait en bon ange.
Dès qu’ils furent en
cette caverne, comme naguère à Bethléem, les dons abondèrent. Dismas, qui avait
renvoyé ses mauvais complices sans tenir compte sans doute de leurs blasphèmes,
se prodiguait à ses hôtes ; cet homme, armé jusqu’aux dents pour le
meurtre, regardait avec tendresse l’enfant Jésus ; celui-ci daignait se
laisser caresser par ce brigand qu’il voulait sauver, et Marie admirait ce
spectacle sans terreur.
L’hospitalité de l’Orient
est frugale, on partagea quelques fruits ; c’étaient les fruits de la
forêt, car la Sainte Famille n’a certainement jamais touché à ce qui devait
provenir du vol ; c’était le lait des chèvres et le produit de la
chasse : on étendit les meilleures nattes et l’on reposa, mais
l’empressement de Dismas montrait qu’il voulait donner avec sa pauvre caverne,
son cœur plus pauvre encore.
Le lendemain, Marie
considérant le respect et l’affection du brigand pour l’enfant qu’il ne cessait
de regarder rendit grâces, puis, elle l’assura avec solennité, qu’il serait
récompensé avant sa mort. Dismas conserva le souvenir de cette promesse, et au
milieu de ses débordements, il en attendait l’accomplissement avec une
invincible espérance.
Quiconque secourt un
pauvre sur la route, lui sacrifie son repas et sa maison, reçoit Jésus ;
et Marie, continuée par l’Eglise, est là pour lui promettre qu’il sera
récompensé avant sa mort.
La Sainte Famille
poursuivit sa route vers l’Egypte, laissant partout des traces de ses bienfaits
et jetant des germes de salut dans les âmes ; mais l’heure de prêcher la
vérité n’était pas venue, et le Sauveur, s’il eût parlé, aurait pu, comme à
Cana, répondre à sa mère qui promettait un miracle : « Ne savez-vous
pas que mon heure n’est pas encore venue ! »
Seconde rencontre de
Jésus avec Dismas.
Que se passa-t-il pour le
brigand de la forêt pendant les trente-trois ans qui suivirent ? nous ne
savons rien, sinon que lui, Gestas et Barabbas se trouvaient l’an 33 dans les
prisons de Jérusalem comme d’insignes coquins, condamnés pour leurs crimes
innombrables au supplice infamant de la croix.
Barabbas fut délivré par
l’acclamation universelle, et les deux autres portèrent la croix à la suite de
Jésus.
Ces deux larrons furent
accolés au cortège de Jésus pour le couvrir d’infamie ; comme la couronne
d’épines et le sceptre de dérision, ils étaient des instruments destinés à grandir
le supplice et ils accomplissaient, dit l’Evangile, la prophétie
d’Isaïe : cum sceleratis reputatus est, il a été mis au rang des
scélérats.
Mais ce fut une bien
grande grâce pour eux que de faire ainsi le chemin de la Croix avec Jésus, d’en
suivre toutes les lamentables stations, tandis que les Apôtres, en fuite,
eurent le regret de n’en avoir pas été les témoins.
Dismas vit le long de ce
chemin la tête blonde du petit enfant de la forêt couronnée d’épines
sanglantes, elle était plus belle encore qu’en Egypte ; l’innocence de la
face divine le toucha peut-être, mais il ne reconnut ni Jésus ni Marie. Les
crimes avaient épaissi son regard.
Jésus fut cloué sur la
croix. Dismas entendit avec Marie les coups de marteau, et les deux larrons
furent attachés avec des cordes. Ils admiraient qu’on les épargnât, tandis que
tant de fureurs, de flagellations et de raffinements étaient dirigés contre Jésus,
et cependant ils se mêlaient tous les deux aux blasphémateurs.
Les trois croix furent
élevées entre le ciel et la terre, l’un des larrons à droite, l’autre à gauche,
et le tableau du crucifiement devant lequel l’humanité entière demeure depuis
dix-huit siècles en adoration, apparut dans sa réalité. Dismas en fait partie.
Du haut de sa croix,
durant trois heures, Dismas fut associé à Jésus pour voir le spectacle de cette
foule qui représentait le monde entier et qui blasphémait, il vit les soldats se
diviser les vêtements, jouer la robe sans couture ; Marie qui avait tissé
cette robe était debout au pied de la croix.
On attacha le
titre : Celui-ci est Jésus, rois des Juifs, et il y eu un cri de
joie ; la foule pleine de sarcasmes disait en hochant la tête et en se
moquant :
- Toi qui détruis le
temple de Dieu et le relèves en trois jours, sauve-toi toi-même. Si tu es le
fils de Dieu descends de la croix.
- Descends, et nous
croirons ! répétait le peuple.
Et, chose affreuse !
les deux larrons et Dismas lui-même, entraînés par ce spectacle, disaient comme
le peuple et le maudissaient (S. Mathieu et S. Marc).
Marie, entendant ces
blasphèmes, le regarda, reconnût sans doute Dismas, et pria pour lui.
Conversion du larron.
Cependant la sixième
heure, celle des ténèbres, approchait, l’ombre de la croix de Jésus
s’allongeait sur la colline et elle passa sur le corps de Dismas ; à ce
moment l’autre larron blasphémait avec fureur, disant :
- Si tu es le Christ,
sauve-toi toi-même et nous aussi (Luc, XXIII, 39).
Mais l’ombre des plaies
divines pénétrait au cœur de Dismas et on l’entendit répondre :
- Ne crains-tu pas Dieu
parce que tu as été condamné au même supplice que lui ?
« Pour nous c’est
juste, car nous recevons un châtiment mérité par nos crimes, mais celui-ci n’a
point fait de mal. » (Luc, XXIII, 40 et 41). Gestas le mauvais larron fut
surpris, Barabbas, s’il était dans la foule, fut étonné, les pharisiens
sentirent comme une morsure.
Puis cette confession
suprême faite avec contrition, le larron, devenu le Bon Larron, prononça un
acte sublime de foi, d’espérance et d’amour en se tournant vers Jésus :
- Seigneur, dit-il,
souvenez-vous de moi, lorsque vous entrerez dans votre royaume. (Luc, XXIII,
42.)
Et Jésus, sur ce tribunal
où il siégeait en juge, quoique les hommes aient cru le mettre parmi les
condamnés, Jésus prononça la sentence et lui dit :
- En vérité, je te le
déclare, tu seras avec moi aujourd’hui en paradis. (Luc, XVIII, 43).
Hodie mecum eris in
paradisio
Si la légende de l’Egypte
est vraie, Jésus, à ce moment, a rempli la promesse de Marie, et sans doute,
Dismas reconnut enfin la Mère qui lui fit la promesse lorsque le sauveur
mourant s’adressant à elle lui dit :
Femme voici votre fils.
Ce fils c’était Jean,
mais c’était Dismas aussi et tous les pécheurs convertis.
Il était midi ; une
nuit de trois heures se répandit sur toute la terre, le voile du temple se
déchira et le désarroi se mit dans la foule consternée.
Gestas entra dans un
affreux désespoir, Dismas priait et il entendit : Eli, Eli lamma
sabbacthani ; c’étaient les dernières paroles de Jésus ; le soldat
lui présenta le vinaigre, le Sauveur poussa un grand cri et expira.
La mort du Bon Larron
Le soleil éclairait à
nouveau la scène de désolation. Les juifs préparaient le temple et
disaient : c’est demain le grand sabbat de la Pâque, il ne faut pas que
ces corps restent sur les croix. Ils allèrent trouver Pilate et lui demandèrent
qu’on brisât les os des condamnés et qu’on enlevât les cadavres.
Des soldats arrivèrent
donc à nouveau au Calvaire, le centurion qui avait conduit ceux du crucifiement
s’était converti.
Ces nouveaux soldats
brisèrent les jambes et les cuisses et sans doute tous les os de Dismas et de
Gestas ; ils étaient mourants, lorsque ces soldats se tournant vers Jésus
et voyant qu’il était déjà mort, ne prirent point la peine de les briser, mais
l’un d’eux, Longin, fit au côté droit une profonde ouverture avec la lance.
Cette plaie du côté
droit, s’ouvrait du côté du Bon Larron expirant, elle allait jusqu’aux
profondeurs du Cœur de Jésus et elle versa l’eau et le sang du pardon. Dismas
purifié, mourut ; il avait reçu les prémisses de la Rédemption.
La croix du Bon Larron,
retrouvée par Ste Hélène en même temps que celle du Sauveur fut longtemps
honorée à Chypre ; aujourd’hui elle est à Rome, à Ste-Croix de Jérusalem,
sur l’autel où s’exposent la vraie Croix, le clou et les épines.
Son patronage
Le Bon Larron est le
patron des condamnés à mort ; mais à ce titre, il n’aurait pas assez de
clients.
Il est de plus le patron
des malheureux dont les affaires sont douteuses, qui ne savent pas comment
restituer et ne voudraient pas mourir voleurs impénitents, et à ce titre,
combien de chrétiens sont les débiteurs insolvables de l’Église !
Le Bon Larron est la
planche de salut de tant de grands coupables qui blasphèment Jésus et qui,
tombant dans le malheur, se tourneront enfin vers leur Créateur.
Il y a des pays où à ce
titre, on devrait lui dresser des autels sur les places publiques.
Il est le patron des
grands pécheurs, des enfants prodigues, et il délivre de l’impénitence finale.
« L’impiété de
l’impie ne lui nuira point, au jour quelconque où il sera détourné de son
impiété et converti. » (Antienne du Magnificat, à l’office du Bon
Larron).
Le Bon Larron est aussi
le patron des âmes qui se découragent, soit parce qu’elles ont péché, soit
parce que tout va mal dans leurs entreprises, soit surtout parce que la
persécution triomphe.
« Le Bon Larron, dit
S. Jean Chrysostome en l’office de la fête, a vu le Sauveur non sur le trône
royal, non adoré au temple, non point parlant du haut de son ciel et commandant
à ses anges, mais il l’a vu dans les tourments, et il l’adore comme s’il était
dans la gloire ; il le voit sur la Croix et il le prie comme s’il était
puissant au Ciel. Il voit le condamné et il invoque le roi, disant :
Seigneur, souvenez-vous de moi lorsque vous arriverez dans votre royaume. Tu
vois le Crucifié et tu lui annonces le Roi. Tu le vois suspendu au gibet, et à
ce spectacle, tu penses au royaume des cieux. O admirable conversion du
Larron ! (Leçon II de l’office.)
Autrefois, on l’invoquait
beaucoup contre les voleurs, et le moyen âge nous a transmis une antienne
versifiée que récitaient en son honneur les personnes dont les biens sont
exposés à la rapacité des larrons. Nous en donnons la traduction :
« Pour des raisons
différentes, trois corps sont suspendus au gibet : Dysmas d’un côté,
Gestas de l’autre, au milieu, le Dieu tout-puissant, Dysmas monte aux cieux,
Gestas descend aux abîmes. Que la souveraine puissance nous conserve nous et nos
biens. Récite ces vers pour ne pas perdre, par le vol, ce qui
t’appartient. »
Voici maintenant
l’oraison solennelle de l’Eglise pour son office :
Oraison du Bon Larron
Dieu tout-puissant et
miséricordieux, qui justifiez les impies, nous vous en prions et vous en
supplions, dirigez vers nous, pour exciter nos cœurs à la pénitence, le doux
regard de votre Fils, qui lui gagna le cœur du Bienheureux larron ; et
daignez nous accorder à nous-mêmes la gloire éternelle qu’il lui promit. Nous
vous le demandons par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Statue of St Dismas (1750) on a bridge in Březnice, Příbram District, Czech Republic.
Le saint bon larron
Evangile selon saint Luc (XXIII 39-43)
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! Mais l'autre lui fit de vifs reproches : Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. Et il disait : Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne. Jésus lui répondit : Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis.
Dieu de puissance et de miséricorde, toi qui justifie les pécheurs, nous te supplions humblement : par le regard aimant de ton Fils qui attira le bon larron, appelle-nous à la vraie pénitence et donne-nous cette gloire éternelle dont il reçut alors la promesse. Par Jésus-Christ, ton fils unique, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec toi, dans l'unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. - Amen.
Homélie sur la Croix et le Bon Larron
« Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras
inaugurer ton Règne » (Luc, XXIII 42). Le larron n'a pas osé faire cette
prière avant d'avoir déposé par son aveu le fardeau de ses péchés. Tu vois,
chrétien, quelle est la puissance de la confession ! II a avoué ses péchés et
le paradis s'est ouvert. II a avoué ses péchés et il a eu assez d'assurance
pour demander le Royaume après ses brigandages.
Songes-tu à tous les bienfaits que la croix nous
procure ? Tu veux connaître le Royaume ? Dis-moi : Que vois-tu donc ici qui y
ressemble ? Tu as sous les yeux les clous et une croix, mais cette croix même,
disait Jésus, est bien le signe du Royaume. Et moi, en le voyant sur la croix,
je le proclame roi. Ne revient-il pas à un roi de mourir pour ses sujets ?
Lui-même l'a dit : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis »
(Jean X 11). C'est également vrai pour un bon roi : lui aussi donne sa vie pour
ses sujets. Je le proclamerai donc roi à cause du don qu'il a fait de sa vie. «
Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume ».
Comprends-tu maintenant comment la croix est le signe
du Royaume ? Si tu le veux, voici encore une autre preuve. Le Christ n'a pas
laissé sa croix sur la terre, mais il l'a soulevée et emportée avec lui dans le
ciel. Nous le savons parce qu'il l'aura près de lui quand il reviendra dans la
gloire. Tout cela pour t'apprendre combien est vénérable la croix qu'il a
appelée sa gloire (...)
Lorsque le Fils de l'homme viendra, « le soleil
s'obscurcira et la lune perdra son éclat » (Matthieu XXIV 29). Il régnera
alors une clarté si vive que même les étoiles les plus brillantes seront
éclipsées. Les étoiles tomberont du ciel. « Alors paraîtra dans le ciel le
signe du Fils de l'homme » (Matthieu XXIV 29-30).
Tu vois quelle est la puissance du signe de la croix !
(...) Quand un roi entre dans une ville, les soldats prennent les étendards,
les hissent sur leurs épaules et marchent devant lui pour annoncer son arrivée.
C'est ainsi que des légions d'anges et d'archanges précéderont le Christ,
lorsqu'il descendra du ciel. Ils porteront sur leurs épaules ce signe
annonciateur de la venue de notre Roi.
Saint Jean Chrysostome
SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/10/12.php
Jacopo Bassano (1510–1591). Le Bon
Larron, seconda metà del XVI sec., Museo del Louvre
Qui
est saint Dismas, le bon Larron ?
Publié le : 09/01/2020 - Catégories : Anges
et saints , Tous les articles
Sur notre boutique religieuse nous proposons une icône
qui représente le visage du Christ et qui est intitulée Le regard au bon Larron
; cette icône est une reprise d'une statue réalisée par le frère Marie Bernard
de la Grande Trappe.
Cette icône se rapporte bien évidemment à la cène du bon Larron alors que Jésus était en croix.
Le
bon Larron dans les Évangiles
Mais qui est ce bon Larron ? Les Évangiles nous ne
disent rien de plus sinon qu'il fut un voleur condamné à mort et crucifié avec
Jésus ; voici les différents textes :
On menait aussi deux autres, des malfaiteurs, pour
être exécutés avec lui. Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire, ils
l'y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche.
(st Luc, 23, 32 - 33)
C'est là qu'ils le crucifièrent, et deux autres avec
lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. (St Jn, 19, 18)
Les brigands aussi, crucifiés avec lui, l'insultaient
de la même manière. (st Math, 27, 44)
Or, l'un des malfaiteurs, mis en croix l'injuriait,
disant: " N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même et sauve-nous! "
Mais l'autre le reprenait, disant: " Tu n'as pas même la crainte de Dieu,
toi qui subis la même condamnation! Pour nous, c'est justice, car nous recevons
ce que méritent les choses que nous avons faites; mais lui n'a rien fait de
mal. " Et il dit: " Jésus, souvenez-vous de moi, quand vous serez
dans votre royaume. " Et il lui dit: " Je te le dis en vérité,
aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. " (st Luc, 23, 39 - 43)
Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les
jambes du premier, puis de l'autre qui avait été crucifié avec lui. (St Jn, 19,
32)
Le bon Larron Dismas, d'après Anne-Catherine
Emmerich
Cette fin admirable du bon Larron nous le rend
attachant et nous aimerions en savoir plus à son sujet. Heureusement la tradition
nous a transmis d'autres informations, qui aideront à mieux connaître ce saint.
La tradition nous a conservé le nom des deux larrons,
Gesmas pour le mauvais, et le bon larron s'appelait Dismas. Ce nom signifie
"Celui qui a du coeur".
La bienheureuse Anne-Catherine Emmerich nous donne
dans ses révélations un certain nombre de détails. Dismas était le fils d'une
famille de brigands. La sainte Famille, durant la fuite en Egypte fut accueilli
par les parents de Dismas alors qu'il était encore petit enfant mais atteint de
la lèpre. Il fut guéri miraculeusement par l'eau que la sainte Vierge avait
utilisée pour laver l'Enfant Jésus, et dans laquelle la mère de Dismas plongea
son enfant. Ce miracle sensible se produisit une nouvelle fois d'une manière
spirituelle sur la croix quand, par son propre sang, Jésus purifia Dismas de la
lèpre du péché.
Anne-Catherine écrit que les deux larrons avaient été
arrêtés lors d'une attaque de brigandage. Gesmas en avait été l'instigateur et
aurait entraîné Dismas à voler. Elle décrit Dismas comme dépravé mais sans
méchanceté.
Quoiqu'il en soit les deux voleurs se trouvaient à la
droite et à la gauche du Sauveur au sommet du Golgotha.
Guter Schächer Dismas (17.Jhdt.). Maria Bründl (
Putzleinsdorf / Oberösterreich ). Kreuzweg - Kreuzigungskapelle
Les
dispositions intérieures du bon Larron Dismas
Il est intéressant de remarquer qu'au début le bon
larron insultait le Christ comme le faisaient les pharisiens et Gesmas. Mais
peu à peu, éclairé par une grâce intérieure, il fut impressionné de la patience
du Sauveur et la première parole du Christ en croix, "mon Père, pardonnez
leur car ils ne savent pas ce qu'ils font" fut comme le coup de grâce qui
amena Dismas, illuminé par une lumière intérieure, à cette héroïque acte de foi
où il reconnaissait le Christ comme le Fils de Dieu.
La courte harangue de Dismas à Gesmas, manifeste
l'intensité de son repentir et la profondeur de sa foi :
- il reconnait la Justice de Dieu.
- il a manifesté sa charité fraternelle en
encourageant son compagnon d'infortune à reconnaître la justice de leur sort et
en blâmant les calomniateurs.
- il a imité le Sauveur en supportant avec patience
les souffrances.
- il a élevé vers le Ciel, une prière humble et
confiante pleine de foi.
Le
repentir de Dismas
Le Bon Larron est l'exemple du repentir. Avec dégoût,
il se détourne des égarements de sa vie passée et reconnaît publiquement son
ancienne adhésion au péché, mais aussi son amour total pour le Christ. Il
accepte les terribles souffrances de la crucifixion et les tourments de la
mort. Il reconnaît publiquement qu'il a mérité tout cela. Dismas est la preuve
vivante de la puissance inimaginable du Sang du Christ et de l'infinie
miséricorde de Dieu. Par la force de son Sang, répandu sur la Croix, le Christ
provoque la transformation intérieure de Dismas et, en l'espace de trois
heures, fait d'un malfaiteur un saint...
Dismas confesse Jésus-Christ avec courage. Il est
l'avocat du Crucifié et blâme les calomniateurs. Il annonce ouvertement
l'innocence de Jésus et reconnaît le Christ comme son Seigneur et son Dieu.
Du haut de sa croix, le Bon Larron devient un maître
de la prière et un apôtre de la foi au Christ. Humblement, plein d'espoir
et de foi, il prie le Seigneur de l'accueillir dans son Royaume. Sa prière
pénètre jusqu'au Cœur divin de Jésus. Il craint Dieu et il est rempli
d'humilité, de foi et de confiance.
Dismas est aussi la consolation de Jésus crucifié et
de sa douloureuse Mère. Alors que Jésus est bafoué par ceux qui l'entourent, le
Larron se convertit grâce aux mérites des souffrances amères du Christ et des
supplications puissantes de Marie. Il reçoit le regard de grâce du visage du
Christ. Le Larron, crucifié à la droite du Seigneur, trouve, par le Fils de
Dieu, le chemin vers le Père.
Saint
Dismas et ses divers patronages
Cette admirable cène ou Jésus promet le Ciel au Larron
repentant ne laisse indifférent personne. La parole du Christ est comme un
décret de canonisation que l'Eglise, ne pouvait que ratifier : saint Dismas est
fêté le 25 mars et de nombreux patronages lui ont été reconnus :
• Protecteur des condamnés à mort.
• Intercesseur pour une bonne confession.
• Intercesseur pour obtenir un repentir sincère et
plein d'amour.
• Intercesseur contre l'impénitence et la confession
sacrilège.
• Intercesseur pour les pauvres pécheurs et les
conversions difficiles.
• Protecteur contre les vols, les violences, les
attaques, les calomnies, le désespoir et les enlèvements criminels.
• Patron des conducteurs de véhicules divers.
• Protecteur des mourants, des agonisants.
• Protecteur du foyer et des biens matériels.
Basilica di Santa Croce in Gerusalemme, Roma. Reliques de la vraie Croix et de la Passion dans la chapelle Sainte-Hélène. La chapelle des Reliques contient des morceaux de la Croix du "bon larron", crucifié aux cotés de Jésus (la traverse de la croix de Dismas est une poutre exposée à gauche du reliquaire), des fragments de la vraie Croix, une partie de l'inscription de la Croix ; INRI (Jésus de Nazareth roi des Juifs), deux épines de la couronne du Christ, le doigt de Saint-Thomas, un clou de la Passion, et d’autres reliques.
Dans l'église "Santa Croce" de Rome, on conserve une traverse de la croix de saint Dimas : une poutre à gauche du reliquaire.
Prières
à saint Dismas, le bon Larron
Pour
terminer nous vous indiquons quelques prières
Confiance
en la Miséricorde
Saint Dismas, Bon Larron, toi qui par ta courageuse
profession de foi et ton humble pardon dans la souffrance, fus proclamé saint
par le Christ crucifié, nous te prions d'obtenir pour nous une confiance sans
faille en la Miséricorde du divin Cœur de Jésus.
Nous recommandons à ta protection nos biens et notre
vie. Préserve-nous de toute violence, de toute ruse et protège particulièrement
la jeunesse si exposée au danger et aux tentations du Malin.
Obtiens aux agonisants la grâce d'un parfait repentir
de leurs péchés, afin qu'à ton exemple, ils puissent percevoir ces paroles
consolantes : "Aujourd'hui même, tu seras avec moi en Paradis." Amen.
Prière
pour obtenir l'esprit de pénitence
Très bon Jésus, toi qui dans ton infinie Miséricorde
pour le meurtrier se trouvant à ta droite sur la croix, ce grand pécheur, n'en
fis pas seulement un pénitent, mais en si peu d'heures un saint, accorde-nous
que, par son intercession et le secours de ta grâce, nous éprouvions un
véritable regret de nos fautes ; qu'à l'heure de notre mort, nous soyons
fortifiés par le sacrement des mourants et que nous soyons rendus dignes
d'entrer dans l'éternelle joie du Paradis. Toi qui vis et règnes avec Dieu le
Père et l'Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen.
Prière
pour obtenir la patience dans les souffrances
Saint Dismas, toi qui sur le Calvaire, à la droite du
Seigneur, eus la grâce d'expier tes crimes, je te prie d'obtenir pour moi la
grâce de supporter toutes mes souffrances par amour pour Dieu. Obtiens-moi
aussi, qu'avant ma mort, j'expie mes nombreuses et lourdes fautes et qu'au jour
du jugement, je sois au nombre des élus. Amen.
Vous trouverez plus d'informations sur le bon Larron dans le livret "Saint Dismas, le Bon Larron", aux éditions Bénédictines : www.editionsbenedictines.com
SOURCE : https://www.traditions-monastiques.com/fr/blog/qui-est-saint-dismas-le-bon-larron--n238
Joseph Bergler the Younger. Saint Dismas as penitent sinner in chains. Pilgrim's
church Mariahilf: Altar of the Lamentation of Christ (1774), Passau (Lower
Bavaria).
Joseph Bergler dem Jüngeren. Sankt Dismas als reuiger
Sünder. Wallfahrtskirche Mariahilf: Altar der Beweinung Christi (1774). Passau
(Niederbayern).
La vie de saint Dimas, le bon larron, entre légende et vérité
La rédaction d'Aleteia - Publié le 02/06/16
Le 12 octobre, nous fêtons le bon larron. Cet heureux
coupable peut nous en apprendre beaucoup sur le repentir et la miséricorde.
Selon l’une des légendes populaires les plus anciennes
du christianisme, le bon larron crucifié aux côtés du Christ,
s’appelait Dimas. Il serait né dans une caverne de voleurs, fils du
chef de la bande et, encore tout petit, il avait contracté la lèpre. Toujours
selon la légende, durant la fuite en Égypte, la Sainte Famille avait trouvé
refuge dans cette grotte pour passer la nuit. Le lendemain matin, la femme du
chef de bande lava son petit garçon avec la même eau que la Vierge Marie
avait utilisée pour laver l’Enfant Jésus – et la lèpre disparut aussitôt.
Cependant, le petit garçon devint un voleur comme son
père. Finalement arrêté à l’âge adulte, il fut conduit à Jérusalem et condamné
à mort par Ponce Pilate. C’est alors que Dimas put voir le Seigneur
portant sa Croix et crucifié à côté de lui. Il se rendit à la grâce de Dieu et
proclama cet acte de foi et d’amour qui sera enregistré à jamais dans
l’Évangile ; un geste de foi qui lui valut la promesse la plus sublime du Fils
de Dieu.
« Aujourd’hui tu seras avec moi dans le
Paradis »
En fait, il s’agit de la seule information historique
sur cet homme connu sous le nom du « Bon Larron ». Si tout son passé
reste un mystère que l’imagination pieuse a cherché à peindre avec la légende
rapportée ci-dessus, son avenir éternel est une certitude de foi !
Sur l’épisode spécifique narré dans l’Évangile, saint
Augustin, docteur de l’Église, fait ce commentaire :
« si l’Évangile nous fournit l’exemple d’un pécheur converti au
moment de sa mort, c’est pour nous empêcher de tomber dans le désespoir ; et,
afin que nous ne présumions pas de la Miséricorde de Dieu, cet exemple est le
seul qui nous soit proposé ».
SOURCE : https://fr.aleteia.org/2016/06/02/la-vie-de-saint-dimas-le-bon-larron-entre-legende-et-verite/
Dismas,
der gute Schächer. Kreuzigungsaltar ( 1450 ) Altarbild ( Detail ). Kath.
Pfarrkirche Mariä Himmelfahrt. Hallstatt ( Oberösterreich ).
Dismas,
the good felon. Altar of crucifixion ( 1450 ) Altar painting ( detail ). Assumption
of Mary parish church. Hallstatt ( Oberösterreich ).
Christiane Klapisch-Zuber
(2015). Le voleur de paradis. Le Bon larron dans l’art et la société
(XIVe-XVIe siècles), Paris, Alma, 384 pages,
54 illustrations, 29 €
Jean-Claude Zancarini
Disons-le d’emblée :
ce livre est un grand livre, à lire toutes affaires cessantes ! Christiane
Klapisch-Zuber nous fait parcourir, sur les traces du « voleur de
paradis », un voyage de plusieurs siècles, dont la production artistique
toscane des xive-xvie siècles est le centre, mais qui touche bien
d’autre lieux et moments, avec une approche qui mêle analyse iconographique,
histoire sociale, lecture des récits de pèlerinage et des archives des
compagnies qui réconfortaient les condamnés. Cela avec une érudition
exceptionnelle par son ampleur et cependant jamais pédante, dans une langue
précise et maîtrisée où les touches d’humour ne sont pas rares : outre le
plaisir de la connaissance, ce livre procure un vrai plaisir de lecture.
Le titre de l’ouvrage,
quelque peu intrigant en un premier temps, est une belle trouvaille qui
s’inspire d’une remarque de Bernardin de Sienne dans un de ses sermons :
« Forza di ladro ! Il primo che furò il regno di Dio fu egli. »
Ce « sacré larron » – tellement fort qu’il fut le premier à
voler le royaume de Dieu ! – est, d’après l’évangile de Luc, un des
deux brigands crucifiés avec le Christ. Mais alors que l’un d’eux nargue Jésus
incapable de se sauver lui-même, se faisant ainsi l’écho des moqueries des
juifs et des soldats romains, l’autre réplique : « Pour nous c’est
justice, nous payons nos actes, mais lui n’a rien fait de mal », et ajoute
en s’adressant au Christ : « Souviens-toi de moi, lorsque tu viendras
avec ton royaume ». Alors Jésus lui répond : « Aujourd’hui tu
seras avec moi dans le Paradis » (Hodie mecum eris in paradiso). Celui qui
vola le royaume de Dieu par la reconnaissance de ses fautes et sa foi dans le
Sauveur est l’occasion d’un voyage dans l’imaginaire occidental auquel ce livre
nous invite.
L’ouvrage commence par un
inventaire des « recettes iconographiques » héritées de l’Orient
chrétien et des artistes byzantins, mais aussi des textes qui, comme L’Evangile
de Nicodème, donnent très vite au Bon larron un nom (Dismas), une attitude sur
sa croix (il regarde le Christ, alors que son compagnon d’infortune fait tout
pour s’éloigner de la Croix du Christ et éviter son regard), des
aventures post mortem (Dismas attend, devant la porte du paradis, les
justes que Jésus est allé libérer de l’Hadès : l’ange qui garde la porte,
en voyant la croix symbole de son martyre, ouvre sans rechigner la porte du
royaume de Dieu au brigand de grand chemin). La Vie de Jésus en arabe lui
donne aussi une histoire : lors de la fuite en Égypte de la Sainte Famille,
il l’aurait protégée contre ses propres compagnons. Ces images et ces
traditions textuelles traverseront les siècles et serviront aux interprétations
picturales occidentales, d’autant qu’un texte aussi important pour
l’iconographie que la Légende dorée de Jacques de Voragine va
reprendre les données textuelles forgées en Orient pour le Bon larron.
Mais, nous dit Christiane
Klapisch-Zuber, l’Occident « ne se contenta pas d’hériter, il rénova
profondément l’iconographie de la Passion à partir du xiie siècle ».
Les deux innovations principales sont liées à la façon dont les ordres
mendiants conçoivent désormais la dévotion moderne et elles portent, d’une
part, sur la mise en évidence dans les œuvres artistiques de la souffrance du
Christ (le Christus patiens) et, d’autre part, sur la volonté
d’historiciser la représentation du Calvaire en mettant en scène tous les
acteurs et participants de la passion. Ces deux innovations vont de pair avec
deux expériences sociales, individuelles et collectives, qui sont des
« viviers d’émotions fortes, liées à la mort et au sentiment de
culpabilité » : l’exercice public de la justice qui fait des
supplices un spectacle public (avec pour corollaire l’activité de confréries
chargées d’accompagner les condamnés); la visite des lieux saints par les
pèlerins.
Un ricordo trouvé
dans les archives florentines est le point de départ du chapitre sur le
spectacle public des exécutions (« Justice humaine, justice
divine »), mais sans doute aussi de l’enquête même sur le Bon larron et
son parcours dans l’art et la société. Ce bref ricordo de 1361, écrit
par la personne qui exécuta la dernière volonté du testateur, exprime le
souhait d’un condamné à mort, d’une famille de citoyens florentins « non
médiocres », de faire peindre à Orsanmichele, « sur le pilier proche
de l’oratoire, une image du Bon larron, afin que celui-ci prie Dieu de montrer
à son égard, lors de son dernier souffle, la même miséricorde qui avait fait de
lui un bienheureux ». Cette déclaration du condamné avait été faite à un
frère de la compagnia dei Neri, qui assistait et accompagnait les
condamnés à mort dans leurs derniers moments. L’exemple du Bon larron sert
alors à convaincre les condamnés de faire le choix d’une « bonne
mort » en acceptant leur sort et leur châtiment et en se repentant, car
ils pourront ainsi non seulement bénéficier de la miséricorde de Dieu mais
aussi, comme le brigand crucifié à la droite de Jésus, aller directement au
Paradis sans passer par les tourments du Purgatoire, ceux qu’il aura subi sur
terre jouant le rôle de purgation nécessaire. On note en effet qu’au moment
même où la vérité théologique tend à affirmer que l’âme doit inéluctablement
passer par le Purgatoire avant qu’elle ne puisse accéder à la vision
béatifique, les confortatori ne font aucune allusion ni à ce dernier
ni au jugement universel, mais affirment bien que la bonne mort peut permettre
le passage direct de la vie pécheresse au paradis, par la repentance et la foi…
Et Christiane Klapisch-Zuber précise d’ailleurs qu’il faudra attendre la
Contre-Réforme pour que les traités des confortatori fassent allusion
au Purgatoire.
Les récits de pèlerinage
montrent que l’expérience directe des Lieux saints, la volonté de les mesurer,
de les cartographier afin d’en ramener une image la plus précise possible pour
ceux qui n’ont pas pu accomplir le voyage, modifient profondément la
scénographie de la passion : ces visions rapportées en Occident,
profondément marquées par la spiritualité franciscaine, puisque ce sont les
franciscains qui prennent en main les visites des lieux saints, modifient en
retour les représentations que les artistes fixeront dans leurs œuvres. La
naissance des sacri monti qui, comme celui de Varallo, reproduisent
les lieux de la Passion « comme si on y était », est complètement
liée aux expériences à la fois visuelles et spirituelles de ces voyages en
Terre sainte. Quant aux larrons, leur place dans le dispositif s’en est trouvée
précisée : « Les places respectives des croix des deux bandits ont
été identifiées et inscrites dans le rocher, les gestes, les paroles
appropriées ont singularisé la dévotion due au Bon larron ».
Le livre débouche alors
sur les effets de ces expériences sociales sur la peinture des xive-xvie siècles ;
dans cette partie, intitulée « Les peintres et Dismas »,
particulièrement riche en analyses iconographiques rigoureuses et précises,
Christiane Klapisch-Zuber montre qu’alors « les peintres de crucifixions
ramènent la Rédemption universelle signifiée par la mort du Christ au niveau de
l’individu pécheur. Ils reportent l’attention des fidèles sur les salut des
malfaiteurs en tant qu’individus, en tant qu’âmes pécheresses dignes
d’intérêt ». Ainsi offrent-ils aux croyants, avec l’image du Bon larron,
« un modèle auquel s’identifier ». Le chapitre « Le départ de
l’âme » permet de comprendre comment les artistes ont ouvert au Bon larron
une voie directe vers le ciel alors que l’âme du mauvais larron était enlevé
par les diables, en ne laissant qu’une seule alternative, Enfer ou Paradis,
diables ou anges, sans jamais faire mention du Purgatoire, tranchant ainsi à
leur tour, comme les confortatori qui accompagnaient des condamnés
l’avaient fait, dans le débat théologique difficile qui naissait de « la
coexistence des deux Jugements – le jugement particulier dès la mort et le
jugement universel à la fin des temps ». Dans le chapitre « Le
Calvaire en perspective », l’auteure explique comment la
« diagonalisation » de la scène qui a remplacé la vision frontale des
trois crucifiés des premières représentations permet de mettre en évidence le
dialogue entre le Christ et Dismas qui désormais dépasse « le spectacle de
la souffrance et de la rédemption par le martyre : la foi (et l’espérance)
prévalent sur la contrition et le repentir ».
Dismas, au terme de son
voyage, est passé « du gibet à l’autel », il est le compagnon de
Jésus dans l’au-delà, voire son double dans la Descente aux Limbes ou
l’Apparition du Christ ressuscité à sa mère ; il peut, dans le Jugement
dernier de la Chapelle Sixtine, être peint par Michel-Ange comme un
« colosse, véritable athlète de Dieu, lavé des souillures du supplice… qui
tient pleinement son rôle d’élu ». Le Bon larron est devenu, au terme de
ce parcours magistralement retracé par Christiane Klapisch-Zuber, « une
image convaincante de la promesse de salut faite au moindre croyant ».
Jean-Claude Zancarini, « Christiane Klapisch-Zuber (2015). Le voleur de paradis. Le Bon larron dans l’art et la société (XIVe-XVIe siècles) », Laboratoire italien [Online], 2015, Online since 18 November 2015, connection on 25 March 2016. URL : http://laboratoireitalien.revues.org/916
SOURCE : http://laboratoireitalien.revues.org/916
Christiane Klapisch-Zuber, Le
voleur de paradis. Le Bon Larron dans l’art et la société (xive-xvie siècles). Paris,
Alma Éditeur, 2015
François Bœspflug, Université
de Strasbourg.
Voici un ouvrage de
science, fruit d’une enquête méthodique. Le titre principal, pourtant, pouvait
faire douter de sa qualité. Il a beau s’autoriser de l’étymologie
(« larron » provient du latin latro, « voleur ») et se
réclamer de Bernardin de Sienne (15, 99‑100) voire de la Légende
dorée (299), il ne convainc pas le lecteur tant soit peu théologien, car
le Bon Larron de Luc (Lc 23,39‑49), nommé Dismas par l’Évangile de
Nicodème (42), n’a rien volé mais tout reçu, par grâce. La dédicace à
Jacques Le Goff, déjà, donne le « la » en parlant de « Ce
personnage douteux qui boycotta le purgatoire… » (7). Il faut s’y faire,
le style de l’A., pourtant exceptionnellement dense et sobre, semble payer
tribut à l’esprit du temps qui veut, en France notamment, que l’on s’excuse de
parler de sujets religieux en s’octroyant le droit au jeu de mot imprévisible,
au trait d’esprit, à la virevolte. En veut-on des exemples ? L’A. parle d’
« un véritable court-circuit dans l’économie ordinaire du salut »
(105), du bon larron comme de « l’homme à tout faire
des confortatori » (108), du « kidnapping de l’âme enfantine de
Dismas… » (225), de « trois paquets de damnés liés en bottes comme
des asperges » (230), de « l’agenda chargé de Jésus avant son
Ascension » (296), ajoutant que « le Christ a cambriolé
l’enfer » (299), et que le Bon Larron a été jugé « digne d’un
certificat d’assez bonne conduite pour monter [sic !] sur
quelques autels » (327), etc.
Je m’en voudrais de faire
un florilège de ces formules incongrues qui émaillent un livre qui pouvait s’en
passer. Car j’ai hâte de souligner plutôt combien il est original, solide,
puissant, savantissime et bien mené, même si son plan comporte des surprises
(on ne s’attend pas à trouver un chapitre sur le pèlerinage en Terre Sainte
(114‑124), mais c’est requis par celui sur le Golgotha, exigé à son tour par
celui sur le Bon Larron…). Un livre ample (350 pages), érudit (plus de 1000
notes), destiné à servir (deux index, un « index bibliographique » et
un « index général », sans index scripturaire, dommage…), bien
illustré (54 figures, certaines en pleine page, d’autres il est vrai dans un
format trop petit (fig. 16, 21, 41), focalisé sur la figure du Bon Larron
dans l’art, italien surtout, des xive-xvie siècles (18), recouvrant
en fait une étude approfondie de la Crucifixion et de la Descente aux limbes.
La dernière précision du sous-titre (« …dans l’art et la société »)
avertit qu’il ne s’agit pas d’un livre d’art stricto sensu :
« j’ai considéré non pas les œuvres en tant que telles, comme le font les
historiens de l’art, mais les situations sociales qui se nouaient autour
d’elles » (20), autrement dit, en quoi elles correspondaient à autant
d’« expériences sociales » et reflétaient et/ou modifiaient des idées
que l’on se faisait à cette époque, entre autres, de la faute et du châtiment
publiquement exécuté, de la peine de mort, de la bonne mort et de l’après-mort.
Un ouvrage aussi dense
est rarement impeccable. Mais comme il peut espérer une nouvelle édition, voici
quelques suggestions. Les défauts d’espaces sont innombrables, on se demande
pourquoi, en particulier entre les phrases, chroniquement dépourvues d’espace
intercalaire après le point final. Il sera ensuite facile de remédier à
quelques accidents typographiques : la « cacathédrale » de
Fribourg (83), davantace (89), « de du » (143), 1440‑1141 (149). Si
Benoît XIV (pape de 1740 à 1758, auteur du De Canonisatione
sanctorum) a pu refuser au Bon Larron d’être appelé un « martyr » au
sens propre, ce n’est pas en 1590‑1591 (321)… L’image de
la fig. 32 reproduite p. 215 ne correspond pas à sa légende
(c’est un détail de la fig. 2 de la p. 34), et p. 226 il
est renvoyé par erreur à la fig. 12, au lieu de la fig. 11 de la
p. 63 ; quant à la p. 205, elle renvoie aux deux larrons de la
fig. 31, où ils sont absents…
Voici quelques
inexactitudes portant maintenant sur le fond. Si Longin perce le côté du
Christ, ce n’est pas pour l’achever (50) : il était déjà mort au moment du
coup de lance (Jn 19,34). Il est inexact que « pour les médiévaux, l’âme
possède une matérialité » (209) : le fait de représenter l’âme comme
une figure humaine à échelle réduite est une convention picturale, non
l’affirmation d’une certaine corporéité, et parler d’une « corporéité
iconographique » (210) relève du pléonasme. L’infusion de l’âme de Jésus
en Marie lors de son Incarnation amène l’A. à une alternative qui n’en est pas
une (212 : infusion de l’âme en Marie ou Incarnation du Verbe), et je me
permets de renvoyer à mon étude sur les Annonciations à homoncule dans Le
Dieu des peintres et des sculpteurs. L’Invisible incarné, Paris, 2010,
p. 77‑104.
J’ai enfin un problème de
fond, qui est à présenter à la tradition chrétienne plutôt qu’à l’A., j’en
conviens, avec l’intercession (cf. 73‑74, 95‑100, 112‑113) et surtout avec la
sainteté de Dismas, tenu pour un martyr (268 et suiv.). Cette qualité lui sera
refusée au sens propre par Benoît XIV (321), ce qui me rassure. C’est bien
à l’A., en revanche, que je m’adresse en contestant que l’on puisse qualifier
le Bon Larron, comme elle le fait, de « premier converti chrétien »
(273, 296). On doit se faire l’objection : et les saints innocents (274,
ces « martyrs non baptisés », bien avant Dismas) ? Et
Jean-Baptiste, qui a identifié l’Agneau de Dieu et a précédé Dismas dans le
martyr ? (278‑279).
Abstraction faite de ces
remarques, Le Voleur de paradis n’aura certes pas volé l’admiration
qu’on lui vouera. Non que la lecture du livre soit délectable à tout moment.
Les pages sur la douleur des suppliciés (198‑203) sont cruelles, à cause même
de leur sujet. Mais c’est le plaisir de la lecture qui l’emporte haut la main,
tant sont nombreux les paragraphes instructifs et bien troussés, tels ceux qui
sont consacrés respectivement à la différence, dans l’art allemand, entre les
croix à peine ébranchées des larrons et celle dûment équarrie du Christ (58‑67),
aux différentes formules de la mise à mort et du spectacle public
« édifiant » (87) qu’elle constituait (76‑87), à la question de
savoir si le repentir d’un condamné in extremis lui donnait accès à
la vision béatifique dès son exécution achevée, en le dispensant de tout séjour
dans le purgatoire, d’où le « boycott » (100‑108), à la forme et aux
mesures de la vraie croix (138‑145), à cet « exercice d’érudition
microscopique », selon les mots mêmes de l’A., autour des trous et des
piliers du Golgotha (146‑151). Au risque de paraître doubler la table des
matières placée en tête du volume, je continue l’énumération de mes découvertes
heureuses : les pages sur l’imagination des pèlerins et leur souci de
prendre des mesures pour pouvoir à leur retour de Terre Sainte nourrir celle de
tous ceux qui n’avaient pas les moyens de s’y rendre (162‑173) ; la mise
au point sur la nudité totale du Christ dans les scènes de sa Passion et des
deux larrons (178‑188). Sur l’orientation et la disposition des trois croix sur
le mont Calvaire compte tenu de son exiguïté supposée, je n’avais jamais rien
lu d’aussi précis ni d’aussi parlant (248‑257). De même, l’exposé portant sur
le rôle de Dismas dans l’Anastasis, comme acolyte ou assistant du Christ dans
« son expédition au royaume infernal » (269 et suiv.) est remarquable
– bravo d’avoir repéré et reproduit l’œuvre de Giotto (280, fig. 45)
conservée à Munich, où Dismas, une fois n’est pas coutume, est penché vers les
Justes comme le Christ et apparaît comme son double, en
« coadjuteur » et « parfait imitateur du Christ » (298‑303).
Les pages du livre sur sa présence au côté du Ressuscité apparaissant à sa Mère
sont de nouveau très originales (290 et suiv.) et comportent une belle analyse
du tableau du Titien (294‑95). On est étonné, pour finir, à la lecture des
faits multiples qui ont abouti à « hisser sur les autels le bandit
repenti », à faire des restes de sa croix une relique (ou plutôt
plusieurs : 312‑320), à décrocher son droit à l’auréole (320‑326), du
moins en Italie : « les gens du Nord ont été plus chiches que les
Latins dans l’attribution de cette marque de sainteté » (325), ce qui n’a
pas empêché que « Dismas » soit parfois attribué comme prénom de
baptême à un enfant noble dans l’Autriche ou la Haute Bavière
du xviiie siècle (329)…
On l’aura deviné :
tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à l’histoire de cet archi-sujet
de l’art chrétien qu’est la Crucifixion auront intérêt à se procurer et à
potasser cet ouvrage très bien documenté, rendu aisément utilisable par ses index
et la netteté de ses élaborations. Certains auteurs, en s’aventurant hors du
champ qui leur était familier, prennent des risques et se fourvoient. D’autres
administrent la preuve que le savoir-enquêter, le savoir-réfléchir et le
savoir-dire ne se laissent pas arrêter aux frontières que les spécialistes se
font habituellement un devoir de respecter. De ce point de vue, si tant est que
ce livre soit pour son auteure un coup d’essai, il est assurément un coup de
maître.
Référence papier
François Bœspflug,
« Christiane Klapisch-Zuber, Le voleur de paradis. Le Bon Larron
dans l’art et la société (xive-xvie siècles) », Revue de
l’histoire des religions, 1 | 2017, 167-170.
Référence électronique
François Bœspflug,
« Christiane Klapisch-Zuber, Le voleur de paradis. Le Bon Larron
dans l’art et la société (xive-xvie siècles) », Revue de
l’histoire des religions [En ligne], 1 | 2017, mis en ligne le
24 mars 2017, consulté le 21 novembre 2020. URL :
http://journals.openedition.org/rhr/8696 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rhr.8696
SOURCE : https://journals.openedition.org/rhr/8696
Maîtresse-vitre de la collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux (35). Détail. Le bon larron.
LA FIN DE MARS.
Il y a tant de choses à
dire sur la fin de mars, que nous nous trouvons dans la nécessité de choisir.
C'est la fête de l’Annonciation; mais c’est aussi la fête de l’Incarnation. Car
l’Incarnation, après l’Annonciation, ne s’est pas fait attendre ; c'est donc la
fête de ce moment suprême, prédit depuis tant de siècles, c’est la fête désirée
par les patriarches et les prophètes, celle dont Abraham a désiré de voir le
jour. L’Incarnation était appelée par toutes les grandes voix inspirées
qu’avait entendues le monde; et les gentils eux-mêmes, agités par un instinct
confus, la désiraient sans la connaître. Virgile élevait la voix au milieu des
angoisses et des espérances du monde païen ; et la Sybille rendit des
témoignages qui sont acceptés. L’églogue de Virgile a cela d'étrange qu’elle
part du centre même de la civilisation, du centre poli et lettré. Souvent les
hommes civilisés, raffinés et instruits, dans le sens vulgaire de ce dernier
mot, sont plus sourds et plus muets que les foules ignorantes, quand il s’agit
d’instinct divin. Cependant le bruit sourd qui se faisait dans le monde fut
entendu au pied du trône d’Auguste, dans cette Rome fière d’elle-même, occupée
de sa gloire et pleine de sa vanité. Virgile n’était pas dans les conditions où
l’on entend les choses profondes. Pourtant il se chargea de rendre témoignage et
de dire en vers élégants qu’il avait entendu quelque chose. Plus loin Isaïe,
Jérémie, Ezéchiel, Daniel, le grand Daniel, l’homme de désirs. Et Balaam ? Que
dire de ce personnage extraordinaire, qui parlait malgré lui ? Et Abraham, et
Isaac, et Jacob, et Israël ? Dans l’intervalle Moïse.
Toutes les grandes voix
s’étaient donné un rendez-vous suprême. L’écho de toutes les montagnes, de
toutes les vallées, de toutes les collines, répétait la même promesse. Il
répétait et ne se répétait pas; car la promesse, uniforme en elle-même, variait
sans cesse dans les points de vue, dans les aspects, dans les paroles, dans les
détails. C’était la même promesse; mais elle ne retentissait pas partout de la
même manière : l’écho des montagnes n’est pas celui des vallées. Elle disait
toujours la même chose, et jamais ne se ressemblait à elle-même.
Que dût-il se passer dans
l’âme de la Vierge, quand l’ange lui apparut ? quand l’ange, lui apparaissant,
lui apprit que le moment était venu, le moment que son désir avait appelé après
tant d'autres désirs ? Mais que dût-il se passer dans l’âme de la Vierge, quand
l’ange lui annonça que le moment était venu non-seulement pour elle, mais par
elle, que c’était elle, elle-même, qui était la Mère du Messie ? Et
non-seulement il lui annonça la chose, mais il la lui proposa. Il attendit son
acceptation. Le cardinal de Bérulle fait ici une assez singulière remarque. Il
constate que rien n’était plus facile à Marie que de deviner qu’elle était
elle-même la Mère du Messie. Elle savait les promesses ; elle savait que les
temps de l'accomplissement étaient venus; elle savait que le Messie sortirait
de la maison de David ; elle savait qu’elle était de la maison de David. Elle
savait qu’une Vierge concevrait et enfanterait. Elle savait qu’elle avait fait
voeu de virginité, et qu’elle était la seule qui eût fait ce voeu contraire aux
pensées des Juives. Elle pouvait voir se réunir sur sa tête prédestinée toutes
les conditions requises pour cette prédestination ; elle pouvait voir converger
vers elle tous les rayons de la lumière prophétique. Eh bien ! elle ne voyait
pas ! elle ne comprenait pas ! Elle ne savait pas ! elle ne devinait pas ! elle
était aveugle sur elle-même et ne reconnaissait pas en elle la personne
désignée, quoiqu’elle connût toutes les clauses de la désignation. On dit même
qu’elle demandait comme un honneur suprême d’être la servante de la Mère du
Messie et que l’idée d’en être elle-même la Mère ne s’était pas présentée à son
esprit.
Quoi qu’il en soit, elle
dit : Fiat !
Une ancienne tradition
veut que le monde ait été créé en Mars. Le Fiat lux avait retenti
dans ce mois. Le mot Fiat est plein de mystères, et ce sont des
mystères de création ou des mystères de rénovation. Ce sont aussi des mystères
de consommation ; car la fin du monde pourrait avoir lieu à l’époque de la
création du monde. Quoi qu’il en soit de ce dernier point, il est bien
remarquable que le mot Fiat ait donné à la lumière naturelle et à la
lumière surnaturelle l’ordre ou la permission de briller. A peu près à la même
époque, à peu près au moment où le Fils de Dieu s incarna et où le Fils de Dieu
mourut, se groupent quelques personnages dont la fête, presque ignorée, se
place un peu capricieusement : par exemple Melchisédech, Isaac, le bon Larron.
Leurs fêtes varient du 25 mars au 15 avril. Les Éthiopiens honorent
Melchisédech le 12 avril et Isaac le 1er mai ; mais d’autres placent ces
fêtes moins loin. Le bon Larron arrive aussi vers le temps de Pâques ; mais le
jour est incertain.
Ces personnages, grands
et mystérieux, sont groupés autour des jours où le Sauveur s’incarne et meurt,
parce qu’ils ont avec lui de profondes et mystérieuses relations.
Qu’est-ce que Melchisédech ?
Personne ne le sait au juste. Mai sa grandeur, constatée par saint Paul, semble
attestée, témoignée, glorifiée par le mystère même où est plongé son nom. Il
est sans père et sans mère, sans généalogie. Le voisinage où il est de
l’éternité permet de le déclarer sans commencement et sans fin. Quelle attitude
sublime que la sienne ! Il apparaît, dans le lointain de l’histoire, comme Roi
de justice ! Il est Roi de la Cité de Paix! Roi de Salem, c’est-à-dire de
Jérusalem, avant que Jérusalem n’eût reçu son dernier nom ! Il est Roi et il
est Prêtre. Il est Pontife éternel ! Roi de justice signifie : Melchisédech.
Melchisédech signifie : Roi de justice. De sorte que cet homme ne peut
être nommé, sans que la justice soit nommée en même temps. La justice s’est
assimilée à lui. Elle a pénétré son nom.
Ce roi nous apparaît comme
Roi de justice et comme Prêtre. Quant à l’exercice de ses fonctions, nous le
connaissons peu. Cependant nous voyons l’offrande et la bénédiction.
Quelle scène grandiose !
Ces personnages semblent dépasser de beaucoup la taille humaine ! Abraham, le
père des croyants, celui dont la postérité sera nombreuse comme les étoiles,
vient de délivrer Loth des mains des rois ses voisins. Mélchisédech vient à sa
rencontre, offrant le pain et le vin, car il était prêtre du Très-Haut. Il est,
je crois, le premier auquel la qualité de prêtre soit attribuée dans
l’Écriture. C’est pourquoi il offre le pain et le vin, solennellement et
prophétiquement. Il annonce l’Eucharistie et donne sa bénédiction. Sa
bénédiction est simple et solennelle comme l’offrande. Que le Dieu Très-Haut,
qui a fait le ciel et la terre, bénisse Abraham ! Que béni soit le Dieu
Très-Haut qui a mis les ennemis d’Abraham entre les mains d’Abraham !
Du reste, aucune
connaissance bien précise ne nous est donnée. Peut-être le vague du nom de
Melchisédech convient-il à sa grandeur. L’Église ne lui assigne pas de fête
universellement célébrée. Mais elle le place, dans le canon de la messe, à côté
d’Abraham et d’Abel. M. Olier a écrit de belles choses sur les ressemblances et
les différences de ces trois sacrificateurs et des sacrifices offerts par leurs
mains.
Le plus illustre est
Abraham. Son sacrifice est devenu populaire, parce qu’il remue la nature
humaine plus profondément. La fête d’Isaac se place à peu près au même moment
que celle de Melchisédech. Comme elle, elle est locale et variable.
Le nom d’Isaac signifie
: Rire.
Quand le Seigneur annonça
sa naissance, Sara rit; car elle était vieille. Elle se cacha pour rire; elle
rit derrière la porte.
Et le Seigneur dit :
Pourquoi Sara a-t-elle ri ? Est-ce que quelque chose est difficile à Dieu?...
-Je n’ai pas ri, dit Sara
épouvantée.
-Il n’en est pas ainsi,
dit le Seigneur: vous avez ri.
Et l’enfant, quand il
naquit, fut appelé Rire.
-Le Seigneur, dit Sara,
est l’auteur de mon rire. Quiconque entendra mon histoire rira avec moi.
Le mot rire, qui
apparaît à chaque instant quand il est question d’Isaac, est un des mots les
plus absents de l’Écriture Sainte. L’Écriture en est prodigue à propos d’Isaac
; partout ailleurs elle en est avare. Et même, quand elle l’emploie, c’est dans
un sens figuré. Il s’agit de l’ironie ; il s’agit de l’impiété des hommes ou
des colères du Seigneur. Mais le rire ordinaire, le rire proprement dit, ne
reparaît pas, je crois, après la naissance d’Isaac, qui est un des premiers
faits de l’histoire humaine racontés par l’Écriture.
Qu’arriva-t-il sur la
montagne du sacrifice ? C’est ce que personne ne sait précisément. Jusqu’où
alla la douleur d’Abraham ? Ce Fils si longtemps désiré, ce Fils tellement
inespéré que la promesse de sa naissance faisait rire Sara, ce Fils dont la
naissance était le chef-d’œuvre de l’Invraisemblable, ce Fils était celui qu’il
fallait immoler ! Sa naissance avait ressemblé à une victoire de Dieu sur les
lois de la nature. Et quand ce Fils bien-aimé, né contre la vraisemblance, est
devenu un jeune homme, il faut lui donner la mort, à lui qui porte l’Espérance
et la Promesse d’une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel ! Il faut
tuer ce germe de vie si chèrement acheté, si désiré, si précieux.
Quelles pensées
tumultueuses devaient gronder au fond d’Abraham ! quelle tempête ! Cependant il
obéit avec une telle simplicité, que cette simplicité remplit seule le récit de
l’Écriture. Pas de réflexions, rien que le fait; mais le fait est si terrible
qu’il sous-entend tous les sentiments humains.
Saint Ephrem fait une
remarque intéressante.
Abraham, quand il voit la
montagne du sacrifice, dit aux serviteurs : Attendez ici avec l’âne ; moi et
l’enfant, quand nous aurons adoré, nous reviendrons vers vous.
Abraham ne croyait pas ce
qu’il disait. Et cependant il disait la vérité, mais la disait sans la
connaître. Il avait l’intention de tuer l’enfant. Il ne savait pas que l’enfant
reviendrait avec lui. Et cependant il le disait, comme s’il avait prévu le
dénouement qu’il ne prévoyait pas. Il prophétisait sans le savoir. Ses lèvres,
dit saint Ephrem, prononçaient ce que son esprit ne savait pas. Et elles
prononçaient la vérité.
Un instant après, seul
avec son père, Isaac fait une question déchirante pour Abraham.
Mon père ! - Que veux-tu
mon fils ? - Voici le feu et le bois; mais où donc est la victime? - Dieu se
fournira à lui-même la victime, mon fils.
Abraham prophétise encore
et prophétise sans le savoir. Il annonce l’apparition de l’ange et la rencontre
du bélier qu’il ignorait toutes les deux.
L’Écriture est tellement
féconde, qu’elle apparaît constamment jeune. Le sacrifice d’Abraham est un
drame, dont l’émotion a traversé les siècles sans diminuer. Il est impossible
de constater comme elle le mérite la simplicité du récit. Cette simplicité est
redoutable. Moins elle dit de choses, plus elle en fait deviner. La question
d’Isaac est d’une ignorance qui déchire le coeur. La réponse d’Abraham est
d’une science qui le déchire aussi. Car cette science prophétique n'était que
sur ses lèvres; et ses paroles, quoique vraies, ne pénétraient pas son esprit.
D’Isaac au bon Larron il
n’y a pas de transition visible. Ces deux personnages ne se ressemblent pas et
sont séparés par bien des siècles. Mais tout se tient tellement dans l’économie
de la Rédemption, que l’art heureux des transitions y est absolument
inutile. Isaac est la figure du pécheur racheté.
Et le bon Larron n’est-il
pas le type du pécheur pardonné ? Isaac était innocent, le Larron était
coupable. Le coupable est près de Jésus-Christ physiquement, dans le temps et
dans l’espace. L’innocent symbolise Jésus-Christ de loin, à travers le temps et
l’espace.
D’après la tradition, le
bon Larron s’appelait Dismas.
Saint Anselme raconte son
histoire, non comme un fait authentique, mais comme une légende très accréditée.
D’après le récit de saint
Anselme, Dismas vivait dans une forêt au moment de la fuite en Égypte. Il était
fils du chef des assassins qui étaient là, en Bande, dévalisant les voyageurs.
La Sainte Famille paraît. Voyant l’homme, la femme et l’enfant, il se prépara à
les attaquer. Mais quand il approche, il est saisi d’un respect affectueux et
tendre; il offre l’hospitalité aux voyageurs ; il leur donne tout ce qui leur
est nécessaire ; il accable l’enfant de caresses. Marie le remercie et lui
promet une grande récompense.
Jésus-Christ mourant
tient la promesse de sa Mère. Dismas fut récompensé sur la croix des procédés
qu’il avait eus dans la forêt.
Quoi qu’il en soit de la
légende racontée par saint Anselme, le bon Larron est une des figures les plus
singulières de l’histoire des Saints. Voleur et assassin, il est canonisé par
les lèvres de Jésus-Christ. Il est placé à la droite du Fils; par là il
représente tous les élus.
Le Calvaire figure le
jugement dernier. Donc le bon Larron est la figure du peuple prédestiné.
Ouvrier de la dernière heure, il éprouve la magnificence de Celui qu’il invoque
et qu’il adore. Il reconnaît le Crucifié, son voisin, comme juge des vivants et
des morts. Et le Crucifié répond.
D’après le Père Ventura,
les deux Larrons donnent aux hommes deux leçons capitales. Le bon Larron,
chargé de crimes et armé seulement d’un repentir très court, dit au genre
humain :
Il ne faut jamais
désespérer.
Le mauvais larron, dans
des conditions en apparence identiques, meurt tout près de Jésus et dit au genre
humain :
Il ne faut jamais
présumer.
Le bon Larron est
spécialement invoqué contre la torture, contre l’impénitence finale et contre
les voleurs.
Ernest HELLO. Physionomies
de saints, Paris, Victor Palmé, 1875.
SOURCE : https://archive.org/stream/PhysionomiesDeSaintsParErnestHello/physionomies%20de%20saints_djvu.txt
Also
known as
The Good Rogue
The Good Thief
The Penitent Thief
Demas
Desmas
Dimas
Disma
Dysmas
Rach
Titus
Zoatham
date derived from
tradition that this was the calendar date of the Crucifixion,
though the Passover and Easter celebrations
move from year to year
17
February on some calendars
Profile
One of the thieves crucified with
Jesus, the other being traditionally known as Gestas; Dismas is the Good
Thief, the one who rebuked the other, and asked for Christ’s blessing.
An old legend from an
Arabic infancy gospel says that when the Holy
Family were running to Egypt,
they were set upon by a band of thieves,
including Dismas and Gestas. One of the highwaymen realized
there was something different, something special about them, and ordered his
fellow bandits to leave them alone; this thief was
the young Dismas.
Przemysl, Poland, archdiocese of
man carrying his cross immediately
behind Christ
man crucified at
Christ’s right hand
naked man, holding his
cross, often with his hand on his heart to signify penitence
tall cross
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
books
Our
Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
Oxford
Dictionary of Saints, by David Hugh Farmer
Saints
and Their Attributes, by Helen Roeder
Some Patron Saints, by
Padraic Gregory
other
sites in english
1001
Patron Saints and Their Feast Days, Australian Catholic Truth Society
images
video
sitios
en español
Martirologio
Romano, 2001 edición
sites
en français
Abbé
Christian-Philippe Chanut
fonti
in italiano
nettsteder
i norsk
Readings
Now one of the criminals
hanging there reviled Jesus, saying, “Are you not the Messiah? Save yourself
and us.” The other, however, rebuking him, said in reply, “Have you no fear of
God, for you are subject to the same condemnation. And indeed, we have been
condemned justly, for the sentence we received corresponds to our crimes, but
this man has done nothing criminal.” Then he said, “Jesus, remember me when you
come into your kingdom.” He replied to him, “Amen, I say to you, today you will
be with me in Paradise.” – Luke 23:39-43
MLA
Citation
“Saint
Dismas“. CatholicSaints.Info. 16 June 2024. Web. 26 January 2026.
<https://catholicsaints.info/saint-dismas/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-dismas/
Article
(March 25) (1st century)
Our Lord’s words on the Cross promising him Paradise have entitled the Good
Thief to be registered among the Saints honoured by the Catholic Church.
Apochryphal Gospels and other ancient writings assign to him the name of
DISMAS, and give various details concerning him. But we have nothing in any way
historical to allege. His Feast, though kept on various days, is put in the
Roman Martyrology. as by the Greeks, on March 25, from an old belief that Our
Lord’s Crucifixion, and therefore the Good Thief’s confession, fell on that day
in the year of the T^ocsioti
MLA
Citation
Monks of Ramsgate. “Good
Thief”. Book of Saints, 1921. CatholicSaints.Info.
11 August 2018. Web. 20 November 2020.
<https://catholicsaints.info/book-of-saints-good-thief/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-good-thief/
New Catholic
Dictionary – Good Thief
Article
Traditionally known as
Dismas, one of the thieves crucified with Christ, who rebuked his companion for
demanding that Christ should save them, prayed instead a share in His Kingdom,
and received the assurance: “This day thou shalt be with Me in paradise.” A
portion of the cross on which he died is
preserved in the Chapel of Relics, Santa Croce in Gerusalemme, Rome. He is
patron of persons condemned to death.
MLA
Citation
“Good Thief”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info.
15 August 2018. Web. 20 November 2020.
<https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-good-thief/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-good-thief/
Katholische
Pfarrkirche St. Johannes Baptist in Bergkirchen im Landkreis Dachau
(Bayern/Deutschland), heiliger Dismas am Hauptaltar
St. Dismas
Feastday: March 25
All that is known of
Dismas is that he is the Good Thief
crucified with Christ on
Calvary. The other thief is known as Gestas. A completely unsubstantiated myth
from the Arabic Gospel of the Infancy that enjoyed great popularity in the West
during the Middle
Ages had two thieves who held up the Holy Family on
the way to Egypt. Dismas bought off Gestas with forty drachmas to leave them
unmolested, whereupon the Infant predicted that they would be crucified with
Him in Jerusalem, and that Dismas would accompany Him to Paradise. His feast day is March 25th.
SOURE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=114
Crucifix
between the felons sculptures atop Fóti Kálvária (1860) in the cemetery of Fót,
Hungary
St. Dismas
St. Dismas was the
so-called Good Thief who was crucified along with another thief (later named
Gestas) and Jesus on the hill called Golgotha on the outskirts of Jerusalem.
Writing centuries apart, two Church Fathers, Tertullian and Augustine, claimed
that the three died on March 25, the date that was designated as Dismas’s feast
day.
The Gospel of Luke relates Jesus’ conversation with the two thieves, though it
does not name them. After having been mocked by both the Jewish authorities and
the Roman soldiers, Jesus is taunted by one thief, who challenges Jesus, “Are
you not the Messiah? Save yourself and us.” (Luke 23:39) But the other thief,
the Good Thief, takes the opposite view.
The Good Thief recognizes that Jesus is innocent and has done nothing wrong He
also acknowledges that Jesus is the Messiah, by saying to Him, “Jesus, remember
me when you come into your kingdom.” (Luke 23:42) To which Jesus replies,
“Amen, I say to you today, you will be with me in paradise.” (Luke 23:43)
St. Dismas is the patron Saint of those condemned to Death.
SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-dismas/
Christus
am Kreuz; Ausschnitt: Dismas, der gute Schächer. Katholische Kirche Saint-Pierre in Dreux im Département Eure-et-Loir (Centre-Val de
Loire/Frankreich), Bleiglasfenster aus dem 16. Jahrhundert in der
Martinskapelle
Dismas the Good Thief
(RM)
1st century. The Good Thief, who was crucified with Christ on Calvary, was
given the name Dismas; the other thief is known as Gestas (Luke 23:39-42). A
popular myth during the Middle Ages in the Arabic Gospel of the Infancy said
that the two thieves held up the Holy Family on their flight into Egypt. In
this tale, Dismas bought off Gestas with forty drachmas to leave them
unmolested, whereupon the Infant Jesus predicted that they would be crucified
with him in Jerusalem and that Dismas would accompany him to paradise.
Tradition assumes that because Jesus told Dismas: "Today you will be with
me in Paradise," his salvation was assured and he could therefore be
invoked as a saint. Because so little is known of Saint Dismas--not even his
name, which means "dying"--perhaps the Mass for his feast can give us
some insights.
Introit: Psalm 130:6: "My soul waited for the Lord, more than the night
watchmen wait for the dawn." Psalm 121:1, "I rejoiced when I heard
them say, 'Let us go up to the house of the Lord.'"
Reading from Ezekiel 33:11-12: "I am living says the Lord. It is not the
death of the sinner that I want. What I want is that he be converted, and that
he live. Be converted, be converted, change your way of life! And why would I
condemn you to die? Let the prophet say to his people: 'The just are just in
vain, for it is not his justice which will save him, if one day he sin. And it
is not for his sin that the sinner will be judged, if one day he is
converted.'"
Gospel from Luke 23:39-43 [RSV]: "One of the criminals who were hanged
railed at him, saying, `Are you not the Christ? Save yourself and us!' But the
other rebuked him, saying, `Do you not fear God, since you are under the same
sentence of condemnation? And we indeed justly; for we are receiving the due
reward of our deeds; but this man has done nothing wrong.' And he said, `Jesus,
remember me when you come into your kingdom.' And he said to him, `Truly, I say
to you, today you will be with me in Paradise.'"
Communion antiphon: "Happy is he who sees his debts paid, and whose sins
are forgiven! Happy is the man whom the Lord does not punish as he deserves,
and who does not try to defraud him" (Psalm 31:1-2) (Attwater2,
Benedictines, Delaney, Encyclopedia, Farmer).
In art, Dismas is
represented as carrying his cross immediately behind Christ in pictures of the
Harrowing of Hell. He may also be shown (1) crucified at Christ's right hand,
or (2) naked, holding his cross, often with his hand on his heart to signify
penitence (Roeder). Dismas is the patron of criminals, condemned men, and
thieves (Farmer, Roeder).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0325.shtml
Le
bon larron. Calvaire. Lanrivain Bretagne (Côtes-d'Armor)
The Good Thief, Dismas
The Roman Martyrology, on the 25th of March, makes mention of the Good Thief,
who, according to tradition, is called Dismas, in the following words:
"At Jerusalem, on this day, is the Feast of the Good Thief, who acknowledged
Christ on the Cross, and from Him deserved to hear the words: 'This day shalt
thou be with Me in Paradise.' The sudden change and conversion (for Dismas from
a sinner became a penitent and Saint) has been rightly attributed to the
prayers of our Blessed Lady. Mary, say the holy Fathers, had obtained the soul
of the malefactor, as a recompense of her sorrows, and the price of her
compassion. Saint Peter Damien assures us, that Mary prayed for the thief who
was on the right side of the Cross, on which side she also stood, and exhorted
him to hope in Jesus, and to do penance. Saint Anselm, in a treatise on the
youth of Jesus, relates the following pathetic incident about the early years
of Saint Dismas, which we will give to our readers as a pious legend: -----
" 'Dismas was living in a forest on the confines of Egypt, when Mary went
thither with the Child Jesus, to escape the rage of Herod. He was a highwayman,
and the son of the chief of a band of robbers. One day, as he lay in ambush, he
saw a man, a young woman, and a little Child approaching, from whom he rightly
expected no opposition. Therefore, he went towards them, with his comrades,
with the intention to ill-treat them. But he was at once so charmed with the
supernatural beauty and grace which shone on the countenance of Jesus, that
instead of doing them harm, he gave them hospitality in the cave which he
inhabited, and made ready for them everything of which they stood in need. Mary
was grateful for the tenderness and care which the robber bestowed on her
Beloved Son, and warmly thanking him, she assured him that he would be rewarded
before his death. This promise was fulfilled later, when Dismas was crucified
with the Saviour of the World, and obtained the grace of repentance in his last
hour, openly confessing Jesus Christ's Divinity. When the Apostles had fled, he
had the happiness to receive the first fruits of the Redeemer's Sacrifice, and
soon after, entered the Heavenly Kingdom with his Saviour.'
"Saint Dismas is considered as the Patron of penitents, and is especially
invoked for the conversion of hardened and obstinate sinners, and always with a
favorable result. The Catholic Church has indeed sanctioned the veneration
given to this Saint, by instituting a special Feast, with a most beautiful
Office, in his honour, as also, a proper Mass. This Feast is allowed in many
Dioceses and religious Orders."
SOURCE : http://www.catholictradition.org/Mary/blessings18.htm
Ermitage
Sant Dimes, Montserrat, Catalogne, Espagne
Ermita
de Sant Dimes, Muntanya de Montserrat. Vista des de la Miranda de Fra Garí,
Catalogne, Espagne
Ermitage
Sant Dimes, Montserrat, Catalogne, Espagne
Ermita
de Sant Dimes, Muntanya de Montserrat. Vista des de la Miranda de Fra Garí,
Catalogne, Espagne
Mar 25 – St Dismas – the
Good Thief
25 March, 2012
"Jesus, remember me
when you come into your kingdom"
Summary: After
listing the Annunciation for this day, The Roman Martyrology, in the second
paragraph says: “At Jerusalem, the commemoration of the good thief who
confessed Christ on the cross, and who deserved to hear from him these words:
‘This day shalt thou be with me in paradise.’ March 25th is the supposed
date of the Crucifixion.
Patrick
Duffy retells what is known about St Dismas.
The Good Thief
The Christian tradition
of Saint Dismas (or, more correctly, Dysmas) is based on the story of The Good
Thief, as told in Luke 23:39-43. One of the criminals crucified with Jesus
abused him saying: “Are you not the Christ? Save yourself, and us as
well”. But the other rebuked him, saying: “Have you no fear of god at all?
You got the same sentence as he did, but in our case we deserved it. but this
man has done nothing wrong.” Then he said: “Jesus, remember me when you come
into your kingdom”. Jesus replied, “Indeed, I promise you, today you
will be with me in Paradise”.
Apocryphal gospels
The name is used in the
narrative of this incident in the apocryphal Gospel of Nicodemus (10.2). The
word may be derived from a Greek word dusme meaning “sunset” or
“death”. An Arabic Gospel of the Infancy further embellishes the story by
identifying the Good Thief with Titus, one of a band of robbers who captured
the Holy Family during the flight into Egypt, but later released them.
Dismas’s prayer in the
liturgy
The prayer of
Dismas, “Jesus, remember me when you come into your kingdom” has a prominent
place in the Orthodox Liturgy of St John Chrysostom, where it is repeated three
times as part of the Prayer before Communion. It is occurs in a beautiful
and popular Taizé chant, often used also as a recessional in Christian
funerals.
Patron of prisoners and
thieves
In the Middle Ages
Dismas came to be regarded as the patron saint of prisoners and thieves. His
feast day is given in the Roman Martyrology as 25th March is the supposed date
of the crucifixion. In 1959 in the USA Fr Charles Dismas Clark SJ and attorney
Morris Shenker founded Dismas House, a half-way house which offers ex-convicts
a temporary home, counselling and help to find a job. Fr Clark’s story was
dramatised in the 1961 film The Hoodlum Priest. Today there are many
Dismas Houses throughout the US.
CatholicIreland.net ©
2020. All Rights Reserved.
SOURCE : https://www.catholicireland.net/saintoftheday/st-dismas-the-good-thief/
Scuola
di Mosca, San Disma con la sua croce, 1560 ca.
Anonyme
(École de Moscou). Le Bon Larron, Благоразумный разбойник, vers 1560, Kremlin
El Buen
Ladrón representado como santo en el paraíso. Icono ruso del siglo XVI, actualmente en
la catedral de la Anunciación de Moscú
The Dolorous Passion of Our Lord Jesus Christ by Anne Catherine Emmerich. CHAPTER XL. Crucifixion of the Thieves.
DURING the time of the
crucifixion of Jesus, the two thieves were left lying on the ground at some
distance off; their arms were fastened to the crosses on which they were to be
executed, and a few soldiers stood near on guard. The accusation which had been
proved against them was that of having assassinated a Jewish woman who, with
her children, was travelling from Jerusalem to Joppa. They were arrested, under
the disguise of rich merchants, at a castle in which Pilate resided
occasionally, when employed in exercising his troops, and they had been
imprisoned for a long time before being brought to trial. The thief placed on
the left-hand side was much older than the other; a regular miscreant, who had
corrupted the younger. They were commonly called Dismas and Gesmas,
and as I forget their real names I shall distinguish them by these terms,
calling the good one Dismas, and the wicked one Gesmas. Both the one and the
other belonged to a band of robbers who infested the frontiers of Egypt; and it
was in a cave inhabited by these robbers that the Holy Family took refuge when
flying into Egypt, at the time of the massacre of the Innocents. The poor
leprous child, who was instantly cleansed by being dipped in the water which
had been used for washing the infant Jesus, was no other than this Dismas, and
the charity of his mother, in receiving and granting hospitality to the Holy
Family, had been rewarded by the cure of her child; while this outward
purification was an emblem of the inward purification which was afterwards
accomplished in the soul of Dismas on Mount Calvary, through that Sacred Blood
which was then shed on the cross for our redemption. Dismas knew nothing at all
about Jesus, but as his heart was not hardened, the sight of the extreme
patience of our Lord moved him much. When the executioners had finished putting
up the cross of Jesus, they ordered the thieves to rise without delay, and they
loosened their fetters in order to crucify them at once, as the sky was
becoming very cloudy and bore every appearance of an approaching storm. After
giving them some myrrh and vinegar, they stripped off their ragged clothing,
tied ropes round their arms, and by the help of small ladders dragged them up
to their places on the cross. The executioners then bound the arms of the
thieves to the cross, with cords made of the bark of trees, and fastened their
wrists, elbows, knees, and feet in like manner, drawing the cords so tight that
their joints cracked, and the blood burst out. They uttered piercing cries, and
the good thief exclaimed as they were drawing him up, This torture is dreadful,
but if they had treated us as they treated the poor Galil?an, we should have
been dead long ago.
The executioners had divided the garments of Jesus, in order to draw lots for them; his mantle, which was narrow at the top, was very wide at the bottom, and lined over the chest, thus forming a pocket between the lining and the material itself; the lining they pulled out, tore into bands, and divided. They did the same with his long white robe, belt, scapular, and under-garment, which was completely saturated with his Sacred Blood. Not being able to agree as to who was to be the possessor of the seamless robe woven by his Mother, which could not be cut up and divided, they brought out a species of chessboard marked with figures, and were about to decide the point by lots, when a messenger, sent by Nicodemus and Joseph of Arimathea, informed them that there were persons ready to purchase all the clothes of Jesus; they therefore gathered them together and sold them in a bundle. Thus did the Christians get possession of these precious relics.
SOURCE : https://www.ecatholic2000.com/anne/passion55.shtml
The Dolorous Passion of Our Lord Jesus Christ by Anne Catherine Emmerich. CHAPTER XLI. Jesus hanging an the Cross between two Thieves.
THE tremendous concussion
caused by the fall of the cross into the hole prepared for it drove the sharp
points of the crown of thorns, which was still upon the head of our dear
Saviour, still deeper into his sacred flesh, and blood ran down again in
streams, both from it and from his hands and feet. The archers then placed
ladders against the sides of the cross, mounted them and unfastened the ropes
with which they had bound our Lord to the cross, previous to lifting it up,
fearing that the shock might tear open the wounds in his hands and feet, and
that then the nails would no longer support his body. His blood had become, in
a certain degree, stagnated by his horizontal position and the pressure of the
cords, but when these wore withdrawn, it resumed its usual course, and caused
such agonising sensations throughout his countless wounds, that he bowed his
head, and remained as if dead for more than seven minutes. A pause ensued; the
executioners were occupied with the division of his garments; the trumpets in
the temple no longer resounded; and all the actors in this fearful tragedy
appeared to be exhausted, some by grief, and others by the efforts they had
made to compass their wicked ends, and by the joy which they felt now at having
at last succeeded in bringing about the death of him whom they had so long
envied. With mixed feelings of fear and compassion I cast my eyes upon
Jesus,--Jesus my Redeemer,--the Redeemer of the world. I beheld him motionless,
and almost lifeless. I felt as if I myself must expire; my heart was
overwhelmed between grief, love, and horror; my mind was half wandering, my
hands and feet burning with a feverish heat; each vein, nerve, and limb was
racked with inexpressible pain; I saw nothing distinctly, excepting my beloved
Spouse hanging on the cross. I contemplated his disfigured countenance, his
head encircled with that terrible crown of thorns, which prevented his raising
it even for a moment without the most intense suffering, his mouth parched and
half open from exhaustion, and his hair and beard clotted with blood. His chest
was torn with stripes and wounds, and his elbows, wrists, and shoulders so
violently distended as to be almost dislocated; blood constantly trickled down
from the gaping wounds in his hands, and the flesh was so torn from his ribs
that you might almost count them. His legs and thighs, as also his arms, were
stretched out almost to dislocation, the flesh and muscles so completely laid
bare that every bone was visible, and his whole body covered with black, green,
and reeking wounds. The blood which flowed from his wounds was at first red,
but it became by degrees light and watery, and the whole appearance of his body
was that of a corpse ready for interment. And yet, notwithstanding the horrible
wounds with which he was covered, notwithstanding the state of ignominy to which
he was reduced, there still remained that inexpressible look of dignity and
goodness which had ever filled all beholders with awe.
The complexion of our
Lord was fair, like that of Mary, and slightly tinted with red; but his
exposure to the weather during the last three years had tanned him
considerably. His chest was wide, but not hairy like that of St. John Baptist;
his shoulders broad, and his arms and thighs sinewy; his knees were strong and
hardened, as is usually the case with those who have either walked or knelt
much, and his legs long, with very strong muscles; his feet were well formed,
and his hands beautiful, the fingers being long and tapering, and although not
delicate like those of a woman, still not resembling those of a man who had
laboured hard. His neck was rather long, with a well-set and finely
proportioned head; his forehead large and high; his face oval; his hair, which
was far from thick, was of a golden brown colour, parted in the middle and
falling over his shoulders; his beard was not any great length, but pointed and
divided under the chin. When I contemplated him on the cross, his hair was
almost all torn off, and what remained was matted and clotted with blood; his
body was one wound, and every limb seemed as if dislocated.
The crosses of the two thieves were placed, the one to the right and the other to the left of Jesus; there was sufficient space left for a horseman to ride between them. Nothing can be imagined more distressing than the appearance of the thieves on their crosses; they suffered terribly, and the one on the left-hand side never ceased cursing and swearing. The cords with which they were tied were very tight, and caused great pain; their countenances were livid, and their eyes inflamed and ready to start from the sockets. The height of the crosses of the two thieves was much less than that of our Lord.
SOURCE : https://www.ecatholic2000.com/anne/passion56.shtml
Le
bon larron, Calvaire, Laz (Bretagne, Finistère)
The Dolorous Passion of Our Lord Jesus Christ by Anne Catherine Emmerich. CHAPTER XLII. First Word of Jesus on the Cross.
As soon as the
executioners had crucified the two thieves and divided the garments of Jesus
between them, they gathered up their tools, addressed a few more insulting
words to our Lord, and went away. The Pharisees, likewise, rode up to Jesus,
looked at him scornfully, made use of some opprobrious expressions, and then
left the place. The Roman soldiers, of whom a hundred had been posted round
Calvary, were marched away, and their places filled by fifty others, the
command of whom was given to Abenadar, an Arab by birth, who afterwards took
the name of Ct?siphon in baptism; and the second in command was Cassius, who,
when he became a Christian, was known by the name of Longinus: Pilate
frequently made use of him as a messenger. Twelve Pharisees, twelve Sadducees,
as many Scribes, and a few Ancients, accompanied by those Jews who had been
endeavouring to persuade Pilate to change the inscription on the Cross of
Jesus, then came up: they were furious, as the Roman governor had given them a
direct refusal. They rode round the platform, and drove away the Blessed
Virgin, whom St. John led to the holy women. When they passed the Cross of
Jesus, they shook their heads disdainfully at him, exclaiming at the same time,
Vah! thou that destroyest the temple of God, and in three days buildest it up
again, save thyself, coming down from the Cross. Let Christ, the King of
Israel, come down now from the Cross, that we may see and believe.' The
soldiers, likewise, made use of deriding language.
The countenance and whole
body of Jesus became even more colourless: he appeared to be on the point of
fainting, and Gesmas (the wicked thief) exclaimed, The demon by whom he is
possessed is about to leave him.' A soldier then took a sponge, filled it with
vinegar, put it on a reed, and presented it to Jesus, who appeared to drink. If
thou art the King of the Jews,' said the soldier, save thyself, coming down
from the Cross.' These things took place during the time that the first band of
soldiers was being relieved by that of Abenadar. Jesus raised his head a
little, and said, Father, forgive them, for they know not what they do.' And
Gesmas cried out, If thou art the Christ, save thyself and us.' Dismas (the
good thief) was silent, but he was deeply moved at the prayer of Jesus for his
enemies. When Mary heard the voice of her Son, unable to restrain herself, she
rushed forward, followed by John, Salome, and Mary of Cleophas, and approached
the Cross, which the kind-hearted centurion did not prevent. The prayers of
Jesus obtained for the good thief a most powerful grace; he suddenly remembered
that it was Jesus and Mary who had cured him of leprosy in his childhood, and
he exclaimed in a loud and clear voice, How can you insult him when he prays
for you? He has been silent, and suffered all your outrages with patience; he
is truly a Prophet--he is our King--he is the Son of God.' This unexpected
reproof from the lips of a miserable malefactor who was dying on a cross caused
a tremendous commotion among the spectators; they gathered up stones, and
wished to throw them at him; but the centurion Abenadar would not allow it.
The Blessed Virgin was much comforted and strengthened by the prayer of Jesus, and Dismas said to Gesmas, who was still blaspheming Jesus, Neither dost thou fear God, seeing thou art under the same condemnation. And we indeed justly, for we receive the due reward of our deeds; but this man hath done no evil. Remember thou art now at the point of death, and repent.' He was enlightened and touched: he confessed his sins to Jesus, and said: Lord, if thou condemnest me it will be with justice.' And Jesus replied, Thou shalt experience my mercy.' Dismas, filled with the most perfect contrition, began instantly to thank God for the great graces he had received, and to reflect over the manifold sins of his past life. All these events took place between twelve and the half-hour shortly after the crucifixion; but such a surprising change ad taken place in the appearance of nature during that time as to astonish the beholders and fill their minds with awe and terror.
SOURCE : https://www.ecatholic2000.com/anne/passion57.shtml
The Dolorous Passion of Our Lord Jesus Christ by Anne Catherine Emmerich. CHAPTER XLIII. Eclipse of the Sun.--Second and third Word of Jesus on the Cross.
A LITTLE hail had fallen
at about ten o'clock,--when Pilate was passing sentence,--and after that the
weather cleared up, until towards twelve, when the thick red-looking fog began
to obscure the sun. Towards the sixth hour, according to the manner of counting
of the Jews, the sun was suddenly darkened. I was shown the exact cause of this
wonderful phenomenon; but I have unfortunately partly forgotten it, and what I
have not forgotten I cannot find words to express; but I was lifted up from the
earth, and beheld the stars and the planets moving about out of their proper
spheres. I saw the moon like an immense ball of fire rolling along as if flying
from the earth. I was then suddenly taken back to Jerusalem, and I beheld the
moon reappear behind the Mountain of Olives, looking pale and full, and
advancing rapidly towards the sun, which was dim and overshrouded by a fog. I
saw to the east of the sun a large dark body which had the appearance of a
mountain, and which soon entirely hid the sun. The centre of this body was dark
yellow, and a red circle like a ring of fire was round it. The sky grew darker
and the stars appeared to cast a red and lurid light. Both men and beasts were
struck with terror; the enemies of Jesus ceased reviling him, while the
Pharisees endeavoured to give philosophical reasons for what was taking place,
but they failed in their attempt, and were reduced to silence. Many were seized
with remorse, struck their breasts, and cried out, May his blood fall upon his
murderers!' Numbers of others, whether near the Cross or at a distance, fell on
their knees and entreated forgiveness of Jesus, who turned his eyes
compassionately upon them in the midst of his sufferings. However, the darkness
continued to increase, and every one excepting Mary and the most faithful among
the friends of Jesus left the Cross. Dismas then raised his head, and in a tone
of humility and hope said to Jesus, Lord, remember me when thou shalt come into
thy kingdom.' And Jesus made answer, Amen, I say to thee, This day thou shalt
be with me in Paradise.' Magdalen, Mary of Cleophas, and John stood near the
Cross of our Lord and looked at him, while the Blessed Virgin, filled with
intense feelings of motherly love, entreated her Son to permit her to die with
him; but he, casting a look of ineffable tenderness upon her, turned to John
and said, Woman, behold thy son;' then he said to John, Behold thy mother.'
John looked at his dying Redeemer, and saluted this beloved mother (whom he
henceforth considered as his own) in the most respectful manner. The Blessed
Virgin was so overcome by grief at these words of Jesus that she almost
fainted, and was carried to a short distance from the Cross by the holy women.
I do not know whether Jesus really pronounced these words, but I felt interiorly that he gave Mary to John as a mother, and John to Mary as a son. In similar visions a person is often conscious of things which are not written, and words can only express a portion of them, although to the individual to whom they are shown they are so clear as not to require explanation. For this reason it did not appear to me in the least surprising that Jesus should call the Blessed Virgin Woman,' instead of Mother.' I felt that he intended to demonstrate that she was that woman spoken of in Scripture who was to crush the head of the serpent, and that then was the moment in which that promise was accomplished in the death of her Son. I knew that Jesus, by giving her as a mother to John, gave her also as a mother to all who believe in him, who become children of God, and are not born of flesh and blood, or of the will of man, but of God. Neither did it appear to me surprising that the most pure, the most humble, and the most obedient among women, who, when saluted by the angel as full of grace,' immediately replied, Behold the handmaid of the Lord, be it done to me according to thy word,' and in whose sacred womb the Word was instantly made flesh,--that she, when informed by her dying Son that she was to become the spiritual mother of another son, should repeat the same words with humble obedience, and immediately adopt as her children all the children of God, the brothers of Jesus Christ. These things are much easier to feel by the grace of God than to be expressed in words. I remember my celestial Spouse once saying to me, Everything is imprinted in the hearts of those children of the Church who believe, hope, and love.
SOURCE : https://www.ecatholic2000.com/anne/passion58.shtml
Beato Angelico, Crocifissione di Gesù Cristo e santi (part. San Disma), 1441 - 1442 ca., affresco; Firenze, Museo Nazionale di San Marco
San Dismas, il Buon
Ladrone
I secolo
La tradizione evangelica
narra che Cristo venne crocifisso tra due malfattori, condannati al medesimo
supplizio per essersi macchiati del gravissimo peccato dell'assassinio a scopo
di rapina. San Luca (23, 39-43) narra che uno dei due ladroni si unì al
coro di ingiurie e scherni rivolti dalla folla a Gesù, mentre l'altro, quello a
destra, dopo aver ammesso le proprie colpe e pentendosi dei peccati commessi,
implorò il Figlio di Dio affinché si ricordasse di lui una volta giunto nel suo
regno. Cristo accolse la sua preghiera e lo confortò promettendogli il
Paradiso.
I testi apocrifi
aggiungono allo scarno racconto evangelico molti particolari giungendo perfino
a dare un nome ai due ladroni: Gestas, il primo, e Dismas o Dimas il secondo,
divenuto ben presto molto popolare. Nel Medioevo fu venerato in molti luoghi, a
volte con il nome di Buon Ladrone, talora con il nome di Dismas.
Patronato: Condannati
a morte
Martirologio
Romano: Commemorazione del santo ladrone, che, avendo professato la fede
in Cristo sulla croce, meritò di udire da lui: «Oggi con me sarai nel
paradiso».
Se i santi potessero
provare invidia, sentimento molto diffuso tra i comuni mortali, certamente di
lui avrebbero buon diritto di essere invidiosi. Perché mentre gli inquilini
aureolati del Paradiso più “antichi” sono stati proclamati santi dal vescovo
locale e per la canonizzazione degli altri ci ha pensato il Vicario di Cristo
in terra (cioè il Papa), solo lui potrebbe vantarsi (anche questo sentimento
non degno di un santo) di essere stato canonizzato da Cristo stesso. E non
nello splendore della Gloria del Bernini, ma nel momento di maggior desolazione
e di strazio umano, sul calvario stesso. Parliamo di uno dei due “malfattori”
crocifissi insieme a Gesù in quel lontano Venerdì Santo. Della sua vita i
Vangeli nulla dicono, e delle non encomiabili azioni che deve aver compiuto
possiamo solo immaginare la gravità dal tipo di pena capitale che gli venne
riservata. Però hanno conservato tutta la drammaticità della confessione
estrema, che ha fatto di lui il primo “pentito” della storia, senza ottenere
con ciò sconti di pena, garanzie o protezioni, ma qualcosa di ben più
importante, almeno per un cristiano: il perdono e l’ingresso immediato in
paradiso. E con una procedura “per direttissima” che rasserena e conforta: da
quel momento in poi nessuno, per quanto male abbia utilizzato i suoi giorni
quaggiù, può dubitare di ottenere il perdono e di salvare l’anima. A condizione
che abbia il coraggio di gridare ad alta voce la sua fede in Cristo, confessare
umilmente i suoi peccati, sperare che anche per lui ci sia un posto nel “suo
Regno”. Proprio come ha fatto il “malfattore pentito”. Che, in mancanza di dati
anagrafici certi, si è visto affibbiare un nome e un “curriculum vitae” che
ovviamente appartengono alla leggenda, anche se con tradizioni millenarie. Per
comodità, o anche solo perché non ci piace definirlo “ladrone” anche se
accompagnato dall’aggettivo “buono, lo chiameremo quindi anche noi Disma, o
meglio San Disma, visto che ci ha pensato Gesù stesso a proclamarlo tale. Nulla
diciamo sulla sua poca onorevole professione, perché ci dovremmo affidare solo
alla leggenda. Di sicuro era un uomo che molto ha sbagliato e che per questo ha
pagato, come il “collega” crocifisso con lui, ma, a differenza di questo, senza
disperare, che Gesù anche in extremis avrebbe potuto cambiargli il cuore e
regalargli un destino nuovo oltre la morte. Di sicuro c’è un giorno per
festeggiarlo, il 25 marzo; un grande santuario a san Josè dos Campos, in
Brasile; una devozione abbastanza diffusa in varie parti del mondo. In
particolare è il protettore degli agonizzanti, soprattutto di quelli la cui
conversione nell'ultimo momento sembra più difficile; gli affidano la
protezione delle case e delle proprietà contro i ladri; lo invocano nelle cause
difficili, specialmente nei problemi finanziari, per la conversione e la
correzione degli alcolizzati, dei giocatori d'azzardo e dei ladri; è il
protettore dei prigionieri e delle carceri, dei cocchieri e dei conducenti di
veicoli.
Autore: Gianpiero Pettiti
Titian (1490–1576). Le Christ et le bon
larron, circa 1566, 137 x149, Pinacoteca Nazionale di Bologna
«Commemorazione del santo ladrone che, avendo
confessato Cristo sulla croce, meritò di sentirsi dire da lui: “Oggi sarai con
me in Paradiso”». Così leggiamo nell’elenco universale dei santi, il
Martirologio romano, alla data del 25 marzo; e le Chiese orientali lo ricordano
due giorni prima, il 23. È l’uomo che solitamente chiamiamo Buon Ladrone, e che
si venera come santo. Un santo, possiamo anche dire, canonizzato per voce
stessa di Gesù.
Non conosciamo il suo
nome con certezza. Lo si chiama Disma negli Atti di Pilato, che sono un testo
non canonico, ossia non accolto dalla Chiesa fra le Scritture sacre. E nulla di
certo sappiamo della sua vita, se non che per i suoi delitti è stato condannato
a morte insieme a un altro. Tutti e due, apprendiamo dai Vangeli, vengono messi
in croce sul Calvario insieme con Gesù: uno alla sua destra, l’altro alla sua
sinistra, come precisano Matteo, Marco e Luca. Quest’ultimo ci dà poi la
narrazione più diffusa di quei momenti (Luca 23, 39-43). Uno dei due
condannati, dalla sua croce, si mette a gridare insulti contro Gesù,
deridendolo come fanno anche i soldati-carnefici: «Non sei il Cristo? Salva te
stesso e anche noi!». Ed ecco il rimprovero dell’altro condannato per quelle
ingiurie: «Neanche tu hai timor di Dio, benché condannato alla stessa pena? Noi
giustamente, poiché riceviamo il giusto per le nostre azioni; egli invece non
ha fatto nulla di male».
A questo punto l’uomo ha
già meritato la qualifica di “buon ladrone”. È uno, infatti, che sa
riconoscere di meritare per i suoi delitti la pena massima e infamante. Un
pentito, insomma, ma che si pente espiando; non per scansare l’espiazione.
Infine, un uomo che nel suo soffrire è anche capace di compassione per i dolori
di Gesù, che è stato condannato pur essendo innocente.
In genere l’attenzione
per l’uomo si ferma qui. Ma lui parla ancora, rivolgendosi direttamente a Gesù:
«Ricordati di me quando entrerai nel tuo regno». E questo è il suo tranquillo e
totale “attodi fede” in Gesù, che in questo momento non sta compiendo miracoli
come quelli che meravigliavano le folle e incoraggiava noi discepoli: ora Gesù
pende agonizzante dalla croce, tra ingiurie e disprezzo. Ma lui gli parla come
a un sovrano in trono. Lo riconosce Signore di un regno nel quale supplica di
essere accolto, senza una parola di rimpianto per la sua vita terrena che sta
finendo. Ha quella fede che Gesù si sforzava di instillare nei suoi discepoli,
e che ora egli premia nel ladrone con la breve risposta: «Oggi sarai con me nel
paradiso».
Nell’antichità cristiana
si sono diffuse molte leggende sul Buon Ladrone. Secondo una di esse, egli
avrebbe partecipato al sequestro di Maria e Giuseppe col piccolo Gesù, durante
la loro fuga in Egitto. Anche queste narrazioni fantasiose confermano
l’importanza che fin dai primissimi tempi il mondo cristiano gli ha attribuito,
venerandolo subito come santo.
Autore: Domenico
Agasso
SOURCE : http://www.santiebeati.it/Detailed/90746.html
Lovis
Corinth, Il buon ladrone crocifisso, 1883
Lovis Corinth (1858–1925). Le
Bon Larron, 1883, 180 x 80, Gerhart Hauptmann (1862-1946) (Villa
Hauptmann in Agnetendorf
Den hellige Dismas (d.
33)
Minnedag:
25. mars
Den hellige Dismas
(Desmas, Dysmas, Dimas) er det navnet som Nikodemus-evangeliet ga «den gode
røveren» som hang på korset ved siden av Jesus på Golgata. Den andre røveren
fikk navnet Gestas/Gesmas. Noen forfattere ga dem navnene Zoathan og Chammatha,
mens andre igjen kaller den gode røveren Gesmas og den onde Jesmas.
Evangelisten Lukas forteller:
En av forbryterne som
hang der, spottet ham også og sa: «Er ikke du Messias? Frels da deg selv og
oss!» Men den andre bebreidet ham og sa: «Frykter du ikke Gud, enda du har
samme dom over deg? For oss er dommen rettferdig, vi får bare igjen for det vi
har gjort. Men han har ikke gjort noe galt.» Og han sa: «Jesus, husk på meg når
du kommer i ditt rike!» Jesus svarte: «Sannelig, jeg sier deg: I dag skal du
være med meg i Paradis.» (Luk 23,39-43)
Man mente tradisjonelt at
Frelserens ord ved den anledning betydde at røverens frelse var sikret og at
han dermed kunne anropes som helgen. Dermed var dette den første helligkåring,
foretatt av Kristus selv. Men bortsett fra det, vet man ingen ting om ham. Dismas’
ord på korset: «Jesus, husk på meg når du kommer med ditt rike!» har en
fremtredende plass i den bysantinske messen.
Liturgien på hans
minnedag kan kanskje gi oss et bilde av ham:
Introitus: Min sjel
lenges etter Herren, * mer enn vekteren lenges etter morgenrøden. (Sal 130,6)
Jeg frydet meg da de sa: * «La oss gå opp til Herrens hus.» (Sal 122,1)
Lesning: Så sant jeg
lever, sier Herren Gud, jeg vil ikke at den ugudelige skal dø, men at han skal
vende om fra sin onde ferd og leve. Vend om, vend om fra det onde livet dere
fører! Hvorfor vil dere dø, israelitter? Du menneske, si til dine landsmenn:
Når den rettferdige synder, kan hans rettferd ikke berge ham. Og når den
ugudelige vender om fra sin ondskap, skal hans ondskap ikke felle ham. Den
rettferdige kan ikke leve ved sin rettferd når han synder. (Esek 33,11-12)
Evangelium: Luk 23,39-43
(se over)
Kommunionsvers: Salig den
hvis overtredelser er forlatt, * hvis synd er tilgitt. / Salig det menneske som
er uklanderlig for Herren, * som er funnet uten svik. (Sal 32,1-2)
Navnet Dismas kommer av
det greske ordet dysme (døende) i det apokryfe Nikodemus-evangeliet.
Et arabisk «Barndommens Evangelium» (Evangelium Infantiae Christi), som
var svært populært i vesten i middelalderen, utbroderer historien videre ved å
hevde at Den gode røveren var identisk med Titus, et medlem av en røverbande
som tok Den hellige Familie til fange på flukten til Egypt, mens den onde
røveren ble kalt Dumachus. Men de satte dem senere fri, etter at Titus skal ha
betalt Dumachus førti drakmer, og da forutsa den nyfødte Jesus at de begge
skulle korsfestes sammen med ham i Jerusalem og at Titus/Dismas skulle bli med
ham til Paradis.
I middelalderen kom
Dismas til å bli betraktet som en spesiell skytshelgen for tyver og fanger,
spesielt de som er dømt til døden. Han minnes i Martyrologium Romanum den 25.
mars, som ifølge tradisjonen er hans og Frelserens dødsdag i år 33, som
Tertullian og Augustin forteller.
Østkirken minnes «Den gode røveren» den 23. mars, men 12., 23. og 27. oktober
nevnes også som minnedag. Hans attributt er et stort kors. Han æres spesielt på
Kypros og Bologna – til Kypros skal hans kors ha kommet og til Bologna ulike
deler av korset. Tverrbjelken fra hans kors oppbevares i basilikaen Santa Croce
in Gerusalemme i Roma. Han ble også spesielt æret av fransiskanerne.
Se The Arabic Gospel of the
Infancy of the Saviour.
Kilder:
Attwater/John, Attwater/Cumming, Farmer, Hallam, Butler (III), Benedictines,
Delaney, Bunson, Kaas, Schauber/Schindler, KIR, CSO, Patron Saints SQPN,
Infocatho, Bautz, Heiligenlexikon, santiebeati.it, zeno.org,
stthomasirondequoit.com - Kompilasjon og oversettelse: p. Per Einar Odden
Opprettet: 17. juli 2005
SOURCE : https://www.katolsk.no/biografier/historisk/dismas
Saint
Dismas, Basílica de Nuestra Señora de Zapopan, Jalisco, Mexico
La Palabra del Sacerdote
¿Por qué Dimas, “el buen ladrón”, fue canonizado por la Iglesia?
PREGUNTA
Quisiera saber: ¿por qué
Dimas fue canonizado por la Iglesia? ¿Cuáles fueron sus virtudes a lo largo de
la vida? Cabe recordar que solamente un evangelista menciona su conversión (Lc
23, 43).
Todos los días miles de
personas “aceptan” a Jesús en sus momentos postreros, pero ello no los acredita
para recibir la canonización.
RESPUESTA
Sería necesario comenzar
por decir que San Dimas —el “buen ladrón”— no fue canonizado por la Iglesia,
sino por el mismo Jesucristo, Nuestro Señor. Esta “canonización” se encuentra
registrada en el lugar preciso indicado por el consultante, es decir, Lc 23,
43: “Jesús le dijo: En verdad te digo: hoy estarás conmigo en el paraíso”.
Ahora bien, en un sentido genérico, santos son todos aquellos que sabemos con
certeza que están en el cielo. Hasta las almas del purgatorio, que están
destinadas al cielo después de un período de purificación, son llamadas “santas
almas del purgatorio”. Por ello, es justo atribuir a Dimas el título de santo.
Se trata de entender, con
profundidad de horizontes, lo que pasó: la aceptación de Jesucristo por el
“buen ladrón” no fue una aceptación cualquiera, sino una aceptación en
circunstancias muy especiales, que revelaron, de parte de él, una alta densidad
de fe, de esperanza y de caridad, virtudes teologales que se encuentran en el
ápice de todas las virtudes. Su actitud valiente y sublime, en aquel momento,
será rememorada y conmemorada en el cielo por todos los santos, por toda la
eternidad.
Analicemos la situación:
Jesús estaba clavado en la Cruz. De abajo, provenían los insultos de todos los
que clamaban por su muerte, conforme lo describe San Mateo: “Los que
pasaban lo injuriaban, y meneando la cabeza, decían: Tú que destruyes el templo
y lo reconstruyes en tres días, sálvate a ti mismo; si eres Hijo de Dios, baja
de la cruz. Igualmente los sumos sacerdotes con los escribas y los ancianos se
burlaban también diciendo: A otros ha salvado y él no se puede salvar. ¡Es el
Rey de Israel!, que baje ahora de la cruz y le creeremos. Confió en Dios, que
lo libre si es que lo ama, pues dijo: Soy Hijo de Dios” (Mt 27, 39-43).
No era, por lo tanto,
apenas la turbamulta que insultaba a Jesús: allí estaban los representantes
máximos del pueblo judío, los príncipes de los sacerdotes y los ancianos.
San Lucas añade un dato
que no es registrado por los otros evangelistas: “Se burlaban de él
también los soldados, que se acercaban y le ofrecían vinagre, diciendo: Si eres
tú el rey de los judíos, sálvate a ti mismo” (Lc 23, 36-37). De aquel
modo, los soldados romanos, representando de alguna manera a la gentilidad,
participaban del rechazo a Jesucristo.
¿Y dónde estaban los
discípulos de Cristo? Todos habían huido. Apenas uno de ellos se había
recompuesto y estaba allí, a los pies de la Cruz, con la Santísima Virgen, la
Madre de Jesús, y algunas santas mujeres que la acompañaban. Por lo tanto, la
fidelidad también estaba presente, representada superlativamente por María
Santísima, que condensó en sí la fidelidad de toda la humanidad.
Por fin, en el ambiente
de hostilidad general, toman posición los dos ladrones que estaban siendo
crucificados junto con Jesús. La escena es descrita por San Lucas: “Uno de
los malhechores crucificados lo insultaba, diciendo: «¿No eres tú el Mesías?
Sálvate a ti mismo y a nosotros». Pero el otro, respondiéndole e increpándolo,
le decía: «¿Ni siquiera temes tú a Dios, estando en la misma condena? Nosotros,
en verdad, lo estamos justamente, porque recibimos el justo pago de lo que
hicimos; en cambio, éste no ha hecho nada malo». Y decía: «Jesús, acuérdate de
mí cuando llegues a tu reino». Jesús le dijo: «En verdad te digo: hoy estarás
conmigo en el paraíso»” (Lc 23, 39-43).
El mal ladrón, llamado
Gestas, estaba interesado en que Jesús usara de sus poderes divinos para que,
salvándose a sí mismo, lo salvara a él, ladrón. El “buen ladrón” toma la
defensa de Jesús y hace un acto de fe en la persona de Él y en la vida futura,
pidiéndole que se acuerde de él cuando haya entrado en su reino. ¡Qué
diferencia! ¡Cuánta grandeza de alma en asociarse a Aquel que todos insultaban!
¡Cuánto valor en disociarse de los que insultaban a Jesús y, por lo tanto, lo
rechazaban! ¡Cuánta humildad y reverencia, cuánta comprensión de la
superioridad de aquel ser divino que sufría injustamente un suplicio análogo al
suyo, pero aún mayor!
Y aquí entramos en el
fondo del problema: el discernimiento de los espíritus, por un lado; la dureza
de corazón, por otro.
“Aquí hay uno que es más
que Salomón”
Éste es un problema
tratado con cierta frecuencia por Nuestro Señor Jesucristo en su predicación, y
registrado por los evangelistas. Nos limitaremos a un trecho de San
Lucas: “Esta generación es una generación perversa. Pide un signo, pero no
se le dará más signo que el signo de Jonás. Pues como Jonás fue un signo para los
habitantes de Nínive, lo mismo será el Hijo del hombre para esta generación. La
reina del Sur se levantará en el juicio contra los hombres de esta generación y
hará que los condenen, porque ella vino desde los confines de la tierra para
escuchar la sabiduría de Salomón, y aquí hay uno que es más que Salomón. Los
hombres de Nínive se alzarán en el juicio contra esta generación y harán que
los condenen; porque ellos se convirtieron con la proclamación de Jonás, y aquí
hay uno que es más que Jonás” (Lc 11, 29-32).
La reina del Sur es la
reina de Saba, referida en el primer libro de los Reyes (10, 1-13). Pasamos la
palabra al comentarista de la Biblia Comentada, de la Biblioteca de Autores
Cristianos: Jesús “utiliza ahora otra imagen. Es la figura de Salomón, el
rey por excelencia sabio. No sólo sus súbditos, sino que hasta de la lejana
Saba viene su reina a escucharlo. Por eso, ante su sola evocación, la
conclusión se imponía: si una reina viene ‘desde los confines de la tierra’ a
escuchar su sabiduría, la generación judía presente [del tiempo] de
Cristo estaba más obligada a escuchar eficazmente su ‘Buena Nueva’, pues no
necesitaban venir de lejos, y, sobre todo, porque Él era ‘más que Salomón’” (Manuel
de Tuya O.P., BAC, Madrid, 1964, tomo V, p. 298). Sin embargo, ¿qué sucedió?
¡Los judíos no sólo no quisieron escuchar a Nuestro Señor, sino que lo
crucificaron! — ¿Por qué? A causa de la dureza de sus corazones, que llevó a la
ceguera de las mentes. Ahora bien, fue precisamente ésta la gracia que recibió
Dimas, el “buen ladrón”. La gracia que tocó su corazón volviéndolo capaz de ver
que aquel que moría a su lado, ¡era el Hombre Dios, en el patíbulo de la cruz!
Lo proclamó delante de todos, y oyó de los propios labios de Jesús el “decreto”
de su canonización: “Hodie mecum eris in Paradiso” (Lc 23, 43).
Ojos para ver a quien
está a nuestro lado
La dureza de corazón es
un fenómeno más común de lo que se piensa. Es conocido el hecho ocurrido por
ocasión de la muerte de Santa Teresita del Niño Jesús, una santa que brilló en
los cielos de la Iglesia sobre todo a comienzos del siglo XX y hasta hoy atrae
muchos corazones. Una pequeña y gran santa, declarada Doctora de la Iglesia en
1997. Cuando estaba en el lecho de muerte, oyó un comentario de una de sus
hermanas de hábito, el cual provenía de la cocina que estaba próxima: “¡No
sé lo que nuestra Madre Priora va a decir en la nota necrológica de esta monja
que nunca hizo nada que la destacara!”
Así puede ser la cerrazón
de nuestros corazones hacia personas que merecerían nuestra dedicación si nos
diésemos cuenta de sus virtudes. Pidamos a San Dimas que nos obtenga una gracia
semejante a la suya, para discernir el mérito de las personas con las cuales
convivimos. Por contraste, sabremos también evaluar con justicia los defectos
de muchos a los cuales prodigamos elogios que no merecen…
Aclaraciones oportunas
En los primordios de la
Iglesia, la “canonización” resultaba del consenso de los fieles. Con el correr
del tiempo, para evitar juicios errados, y poder indicar a los fieles los
verdaderos santos como modelos de perfección cristiana, la Santa Iglesia
reglamentó las condiciones para el reconocimiento de la santidad de alguien.
En cuanto al “buen
ladrón”, los Evangelios no proporcionan ni siquiera su nombre. Dimas llegó a
nosotros gracias a la tradición. Una vez que no hay cómo saberlo por los
escritos, aceptamos lo que la tradición nos transmitió.
Por fin, el hecho de que apenas uno de los evangelistas mencione su confesión de la divinidad de Cristo, no es absolutamente razón para negarlo. Lamentablemente, algunos espíritus críticos aplican el principio de “substracción” de los evangelistas, cuando es más sapiencial el de “adición”. Esto es, sumemos lo que ellos registraron, y no sustraigamos. Los evangelistas nos transmitieron lo que recogieron en sus indagaciones. Aceptemos con fe y gratitud el trabajo que ellos hicieron, guiados por el Espíritu Santo.SOURCE : https://www.tesorosdelafe.com/articulo-782-por-que-dimas-el-buen-ladron-fue-canonizado-por-la-iglesia
Saint Dismas, le bon
larron : https://www.nd-chretiente.com/dossiers/pdf/articles/2004_saint%20dismas%20le%20bon%20larron.pdf
St. Dismas – March 25. Prof. Plinio Corrêa de Oliveira : https://www.traditioninaction.org/SOD/j238sd_Dismas_03_12.html







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